Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 372 – Décembre 2017

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  AÏT SABBAH (Fatna) [pseudonyme de Fatima MERNISSI]. La Femme dans l'inconscient musulman. Albin Michel, 1986, in-8°, 224 pp, nouvelle édition augmentée et refondue (1ère éd. Le Sycomore 1981), broché, couv. illustrée, bon état

            25

Dans ce livre, la sociologue Fatima Mernissi étudie l’amour, le désir et la représentation des femmes dans divers discours en islam. Entre autres, le discours érotique religieux médiéval décrit les femmes comme des personnes concupiscentes et dotées d’une intelligence destructrice et rusée. En revanche, le discours orthodoxe expose un monde hiérarchisé, qui s’articule autour du rapport de domination qu’entretient le croyant avec la croyante. Exclues du pouvoir et soumises à la volonté du mari, les femmes représentent donc les éléments inférieurs de cet ordre. — Pourquoi la question féminine cristallise-t-elle à ce point les passions dans le monde musulman ? Comment en est-elle venue à incarner toutes les peurs des milieux conservateurs face à la modernité ? Pour répondre à ces questions et, éventuellement, proposer des solutions, il ne suffit pas d'en rester au niveau de l'histoire des faits : il faut se plonger dans l'histoire des représentations, y compris les plus obscures et les plus inconscientes. Ce livre explore l'image de la femme dans le discours orthodoxe : subalterne, tentatrice... Mais elle dévoile aussi un pan méconnu de la littérature musulmane : son "discours érotique religieux" qui révèle une femme "omnisexuelle, animale et insatiable" à laquelle, l'homme, réduit à un phallus, est à jamais incapable de donner pleine satisfaction. Mêlant analyse sociologique et science des textes, cette étude fit scandale lors de sa parution.

2.                  [Atlas] – DARBY (H.C.) et Harold FULLARD. The New Cambridge Modern History : Atlas. Cambridge, Cambridge University Press, 1978, gr. in-8°, xiv-319 pp, 2e édition revue et corrigée, 288 cartes en couleurs, index, broché, couv. illustrée, bon état (The New Cambridge Modern History, Vol. XIV). Texte en anglais

            30

3.                  BARDÈCHE (Maurice) et Robert BRASILLACH. Histoire du cinéma. Nouvelle édition avec cent quarante-deux illustrations hors-texte. Givors, André Martel, 1948, fort gr. in-8°, 572 pp, 142 illustrations sur 76 planches hors texte, index, reliure pleine toile rouge, dos lisse avec titres dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), un mors en partie fendu, bon état

            60

4.                  BAYET (Albert). Histoire de France. Edition revue et mise à jour. P., Editions du Sagittaire, 1947, in-8°, 337 pp, index, broché, bon état

            25

Parlant de cette nouvelle histoire de France, Edouard Herriot écrit : « A chacune de ses pages, elle oblige à réfléchir, elle contraint à penser ».

5.                  BRICARD (Isabelle). Dictionnaire de la mort des Grands Hommes. France Loisirs, 1996, gr. in-8°, 453 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            20

Il n'est pas de sujet plus vivant qu'un dictionnaire qui répertorie le dernier quart d'heure de quelque 1200 hommes et femmes célèbres de l'Antiquité à nos jours. Pas de sujet plus divers non plus, car la mort, si elle est universelle, n'est pas uniforme pour autant, et il existe mille et une façons de passer de vie à trépas : dans son lit, au champ d'honneur, sans oublier les accidents, tous stupides, surprenants parfois, et les assassinats où le machiavélisme le dispute à l'ingéniosité. Les derniers mots de ces illustres moribonds résonnent souvent comme une sorte d'ultime chef-d'oeuvre : à l'instar du savoir-vivre, il y a bien, et ce livre le prouve, un savoir-mourir.

6.                  [BROGLIE, Louis de]. Louis de Broglie, physicien et penseur. Albin Michel, 1952, in-8°, xi-497 pp, un portrait photo en frontispice, biblio, broché, bon état (Coll. Les Savants et le monde)

            30

Un volume d'hommages au grand physicien pour ses soixante ans, réunis par André George : 44 mémoires érudits par Albert Einstein, Erwin Schrödinger, Wolfgang Pauli, Carl-F. von Weizsaecker, Irène et Frédéric Joliot-Curie, Werner Heisenberg, etc.

7.                  CARON (François), Fabienne CARDOT, Maurice LÉVY-LEBOYER et Henri MORSEL ( dir). Histoire de l'Electricité en France. Fayard, 1991-1996, 3 forts vol. gr. in-8°, 999, 1438 et 1196 pp, 186 planches hors texte de gravures et photos (dont 10 en couleurs), biblio, index, reliures toile verte de l'éditeur, jaquettes illustrées, traces de mouillure ancienne au 1er plat du tome 1 et au premiers feuillets du tome 2, état correct. On joint des coupures de presse de l'époque sur les trois livres

            100

1. Espoirs et conquêtes, 1881-1918. – 2. L'interconnexion et le marché, 1919-1946. – 3. Une oeuvre nationale : L'équipement, la croissance de la demande, le nucléaire, 1946-1987. — LA grande fresque sur l'histoire de l'électricité. Les thématiques qui s'y déroulent se font sous des entrées variées qui disent à elles seules la révolution à l'œuvre, dans des aspects techniques, économiques, entrepreneuriaux, étatiques, bref dans une histoire sociétale, totale.

8.                  CHASTEL (André). L'Art italien. Flammarion, 1982, in-8°, 832 pp, 512 reproductions et schémas, une carte des musées et 3 cartes régionales des monuments, biblio, index, broché, couv. illustrée, dos lég. sali, qqs rares soulignures crayon, bon état

            15

On ne présente plus “L'art italien” d'André Chastel. C'est sans doute le livre le plus célèbre de son plus éminent spécialiste : un classique incontournable quand on veut aborder l'Italie et ses innombrables trésors artistiques. Dans un style brillant et précis, où les indications personnelles et sensibles interviennent autant que la plus vaste érudition, cet ouvrage réussit le tour de force de proposer une synthèse passionnante de tous les arts – peinture, sculpture, architecture, urbanisme, gravure, orfèvrerie, etc., mais aussi cinéma et photographie – des origines à nos jours. Il reste un ouvrage de référence, pourvu d'index développés et commentés (biographique et topographique) et d'une bibliographie raisonnée (par régions et par genres). Il constitue enfin un guide d'art pratique, pour tous ceux qui voudront bien se laisser guider par le plus prestigieux des “ciceroni”. — "Une histoire complète de l'art italien, de toutes les formes de l'art italien (architecture, sculpture, peinture, etc.) et qui couvre tout le champ d'une activité singulièrement variée et attachante. Quant à la valeur du texte, j'aurais tout dit en nommant son auteur, André Chastel, l'un des meilleurs connaisseurs de l'art italien pris dans sa totalité : de l'art des Catacombes au futurisme. C'est précisément ce caractère « complet » de l'ouvrage qu'il faut tout d'abord souligner. Nous avions, nous avons des livres, gros ou petits sur telle période de la peinture, de la sculpture, de l'architecture, du théâtre, de l'art des jardins en Italie. André Chastel nous dote d'une somme. Et comme il est tout autre chose qu'un compilateur, on s'en doute, dans cette somme tout s'éclaire par tout. Tout se tient. Tout s'explique. (...) Il faut remercier André Chastel – dont on sait l'aptitude à traiter des sujets difficiles et philosophiques – d'avoir donné ses soins à un pareil ouvrage. Je n'hésite pas à dire qu'il doit être, pour vérification, sous la main de tous ceux qui aiment et connaissent l'art italien – de même qu'il doit être dans la poche de tous les visiteurs intelligents de la péninsule et figurer sur les rayons de tous les étudiants, de tous les apprentis." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1961)

9.                  CHAUPRADE (Aymeric). Géopolitique. Constantes et changements dans l'histoire. Ellipses, 2001, gr. in-8°, 911 pp, 110 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            35

Nombreux sont les livres qui narrent les relations internationales : peu sont ceux qui cherchent à en faire comprendre les mécanismes propres. L'objectif de cet ouvrage est de donner au lecteur une méthode de raisonnement à appliquer à n'importe quelle situation historique ou d'actualité ; de rendre intelligible les savoirs proposés et d'en permettre donc une mémorisation durable ; de dévoiler, sans complaisance ni jugement de valeur, les enjeux et les intérêts des Etats et des acteurs internationaux. Après une première partie consacrée à l'histoire des idées géopolitiques, l'ouvrage s'attache à éclairer les grandes permanences de l'histoire : la dualité centre-périphérie, l'opposition terre-mer, l'enclavement, l'insularité, le relief, l'ethnie, la langue, la religion, les représentations territoriales et civilisationnelles, les catégories socio-économiques, la quête des ressources fondamentales – comme l'eau ou le pétrole –, le poids des dynamiques démographiques... Il s'agit ensuite de comprendre ce qui arrache l'histoire à la pesanteur des déterminismes, et modifie les données de la puissance : les grandes révolutions géographiques, les conséquences des progrès techniques, les effets de la montée en force des acteurs transnationaux licites ou criminels, la signification de la mondialisation et de la régionalisation... 110 cartes éclairent les situations étudiées. Un index permet une recherche géographique, historique et thématique aisée. D'abondantes sources sont fournies près du texte à l'attention de ceux qui souhaitent approfondir davantage les explications proposées. Ecrit pour les officiers du Collège Interarmées de Défense – ex-Ecole de Guerre –, ce manuel s'adresse également à ceux qui sont amenés à manier les données de l'histoire, de la géographie, de la science politique, et des relations internationales, pour bâtir des raisonnements géopolitiques : diplomates, étudiants, enseignants, chercheurs, et public intéressé par le décryptage de l'actualité internationale...

10.              CHRISTIAN (P.). L'Homme rouge des Tuileries. Illustré de 22 figures kabbalistiques. Guy Trédaniel, Editions de la Maisnie, 1983, in-12, 453 pp, 22 figures, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Originellement publié par l'auteur en 1863. — "Peu commun. Cet ouvrage aujourd'hui fort recherché contient les plus profonds mystères de l'astrologie. – Il est illustré de 22 figures cabbalistiques, qui constituent à elles seules un document des plus précieux. L'astrologie onomantique, si inconnue, est exposée ici avec la plus grande clarté, et les mystères des nombres et de la Kabbale y sont soigneusement analysés. – On y trouve encore une foule d'anecdotes historiques les plus piquantes et les plus extraordinaires, et l'on peut disséquer avec son aide le mécanisme des lois qui régissent le monde, expérimentalement démontrées par les concordances historiques. L'histoire et l'étude du Tarot, y sont aussi longuement traitées, En un mot, ce merveilleux ouvrage permet à tous de pénétrer les plus profonds arcanes de l'ésotérisme, privilège qu'on ne pouvait obtenir dans l'antiquité qu'après avoir subi de longues et terribles épreuves et acquis un haut degré d'initiation. — Par Christian Pitois, historien, littérateur, bibliographe et journaliste, plus connu sous son pseudonyme de P. Christian ; bibliothécaire à l'Arsenal ; rédacteur du « Moniteur du Soir », de Paris de 1850 à 1852 ; célèbre surtout par ses profondes recherches sur la Science des Mages Egyptiens." (Caillet, Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes, t. 3, 8708)

11.              DESCHAMPS (Hubert). Histoire de la traite des Noirs, de l'Antiquité à nos jours. Fayard, 1972, in-8°, 338 pp, 7 cartes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'Histoire sans frontières). Edition originale, ex. du SP

            30

"M. Hubert Deschamps rend service à l'histoire, non seulement par ses travaux de première main, qui font de lui, notamment, le maître des études malgaches, mais aussi par le don de synthèse qui lui permet de projeter sur la matière de son choix, un ordre, une clarté, une élégante précision qui font merveille. L'étudiant lui en sait gré. L'homme cultivé s'y enrichit. L'historien s'y réfère. La traite des Noirs n'est pas un sujet vierge. Raison supplémentaire pour tenter un bilan des faits acquis. Mais il y a plus. Les historiens attirés par l'aspect économique, politique, humanitaire du problème se sont surtout occupé de la traite atlantique des XVIIIe et XIXe siècles. M. Deschamps se garde de lui enlever la première place mais il a le grand mérite de replacer le phénomène dans son cadre universel. C'est ainsi qu'on aura dans le livre de M. Deschamps un aperçu de la traite des Noirs dans l'Antiquité et une étude aussi serrée qu'il est possible de la traite musulmane, en Afrique orientale, principalement au XIXe siècle. Bien qu'il soit difficile de l'évaluer, la traite intérieure aura également sa place marquée. Il faut avouer qu'on sort de cette lecture comme on se réveille d'un cauchemar et que l'esclavage, en lui-même et par les horreurs de son « recrutement », jette un coup de projecteur sur d'inexplicables problèmes psychologiques. Ces aspects humains n'ont pas échappé à l'auteur et la lente prise de conscience dont il faut faire à une élite européenne est étudiée dans un long chapitre qu'il intitule « la contestation »..." (Carlo Laroche, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1972)

12.              DESPLAT (Christian). Charivaris en Gascogne. La “morale des peuples” du XVIe au XXe siècle. Berger-Levrault, 1982, in-8°, 28 pp, 11 illustrations, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Territoires)

            25

Au temps où les solidarités communautaires s'exprimaient avec éclat, toutes les grandes étapes de la vie des individus étaient ainsi soumises à la vigilance collective. Le charivari qui sanctionnait les remariages et les unions mal assorties, était inspiré à la communauté par le souci de préserver son équilibre démographique et moral. Mais les Etats et les Eglises, pour qui il était un concurrent ancien et redoutable, tentèrent de remplacer cette tradition populaire orale par des codes et des lois écrites. Pourtant sa vigueur est encore attestée sous des formes diverses – théâtre, chansons, mascarades – dans les Pyrénées et en Gascogne. Là, un environnement culturel bien préservé, une certaine permanence familiale et sociale lui ont permis d'échapper à ses adversaires et au temps. — "Etude après étude, avec labeur, patience et réussite Christian Desplat ne cesse de faire mieux connaître le Béarn des XVIIe-XIXe siècles, et même l'occasion, comme cette fois-ci, du XXe siècle. Le présent ouvrage est tout à fait remarquable et constitue la meilleure étude d'histoire régionale consacrée aux charivaris : un modèle d'enquête et d'utilisation critique des sources dans la longue durée. Un bel exemple également de saine et probe histoire culturelle." (Jean-Pierre Poussou, Annales du Midi) — "Le mot «charivari », dont l’étymologie est mal connue, n’évoque plus pour nous qu’un désordre anodin et festif, orchestré par la jeunesse du pays. Il a pourtant désigné pendant longtemps une pratique rituelle fondamentale dans la culture populaire de la plupart des pays d’Europe : la sanction collective et bruyante des infractions aux règles de la vie communautaire, notamment celles qui régissent les alliances matrimoniales et les relations sexuelles. Fruit de la fréquentation assidue des archives judiciaires et consulaires d’Ancien Régime aussi bien que des recueils de récits, proverbes et dictons, ou encore de la collecte de nombreux témoignages oraux, l’étude de Christian Desplat s’inscrit dans une anthropologie historique désormais classique. Cet «ethno-historien », c’est ainsi qu’il se définit, offre à son lecteur une analyse très personnelle et volontiers anticonformiste de la société gasconne, observée ici à travers le prisme d’un rituel communément partagé dans les Pyrénées, du Moyen Âge à nos jours. Pour le plus grand bonheur des passionnés d’histoire sociale et culturelle, il accompagne son récit d’une généreuse moisson documentaire. Délibérations et arrêtés, poèmes et chansons, extraits de mémoires et transcriptions de témoignages étayent un développement organisé en trois temps : le premier porte sur le mariage et ses contraintes communautaires, le deuxième aborde les permanences et mutations du charivari du XVIIIe au XXe siècle, tandis que le dernier est consacré au théâtre charivarique pyrénéen." (Sylvie Mouysset, Annales du Midi)

13.              DUCHAUSSOY (Jacques). Le Bestiaire divin ou la symbolique des animaux. Le Courrier du Livre, 1973, in-8°, 220 pp, deuxième édition revue et augmentée, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

Le cheval blanc - Le grand cerf - L'ère du sanglier - Le taureau - Le bélier - Antagonisme du taureau et du bélier - Le serpent - Le cygne - L'oie - La colombe - Le corbeau - L'aigle - Le chien - Le loup - Le chat - La chèvre et le bouc - Le scorpion - Les poissons - Le lion - L'écrevisse - L'homme. "Nous avons tenté de confronter des contes, des mythes, des traditions folkloriques ou métaphysiques qui souvent ne semblent avoir aucun rapport entre eux mais qui, à l'examen, se révèlent porteurs d'un symbolisme commun. Nous avons vu que le même mythe peut cacher des renseignements très différents suivant l'angle d'où il est étudié, nous montrant ainsi que la langue symbolique a été conçue à une époque où la mentalité était totalement différente de celle de nos chercheurs modernes. Cette langue synthétique fut l'œuvre de sages aux connaissances universelles et non de savants spécialisés."

14.              Encyclopaedia Universalis – Collectif. Dictionnaire des littératures de langue française, XIXe siècle. Encyclopaedia Universalis, Albin Michel, 1998, in-8°, 837 pp, texte sur 2 colonnbes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Encyclopaedia Universalis)

            25

Plus de 365 articles dressent un vaste panorama de l'ensemble des littératures de langue française du XIXe siècle : non seulement les écrivains de langue française (France, Belgique, Canada, Suisse...) mais aussi les journalistes et fondateurs de journaux, les critiques littéraires, les lexicographes, et même les caricaturistes ou les illustrateurs de livres ou de journaux, ainsi que des thèmes, des genres littéraires, des mouvements ou des groupes. S'y ajoutent des articles sur les principaux savants, philosophes, hommes d'Eglise ou théologiens, orientalistes, historiens, économistes... dont les travaux et les écrits ont profondément marqué ce siècle. Un tableau chronologique des auteurs du XIXe siècle complète ce dictionnaire. Environ 170 auteurs, dont Patrick Berthier, Claude Burgelin, Antoine Compagnon, Michel Crouzet, Max Milner, Jean-Luc Steinmetz, Anne Ubersfeld, Paul Viallaneix.

15.              Encyclopaedia Universalis. Encyclopaedia Universalis. P., Encyclopaedia Universalis, 1990-1991, 30 vol. in-4°, environ 30.000 pages, environ 30.000 illustrations : 10.000 photographies en noir et blanc, 5000 en couleurs sur des planches hors texte, 85.000 titres d’ouvrages référencés en bibliographie, texte sur 3 colonnes, reliures en simili-cuir havane, titre doré aux 1er plats, pièces de titre et de tomaison vertes aux dos, très bon état

            300

Encyclopédie alphabétique d'articles, 4 grands domaines de la connaissance (Arts et littératures, Sciences et techniques, Sciences humaines, Histoire et géographie). 30 vol. comprenant : – un corpus de 23 volumes (6.000 articles de fond, 30.000 illustrations) ; – 4 vol. de Thesaurus-Index, ou «réseau de pistes» avec 52.000 entrées et 16.000 notices ; – 3 vol. de Symposium (2 vol. «Enjeux» contenant près de 180 essais organisés en huit grandes parties et 1 vol. «Chiffres du monde», atlas statistique de 212 cartes et 1200 tableaux). – Il n'existe plus d'édition papier depuis fin 2012, mais une diffusion payante exclusivement en ligne. Le dernier prix public de la collection (2012) était de 3660 euros... — Compte-tenu du poids important de l'ensemble, nous serons amenés à demander des frais d'expédition plus importants en cas d'envoi.

16.              GRAVES (Charles). Gros jeu. Histoire secrète de Monte-Carlo. Amiot-Dumont, 1953, in-8°, 221 pp, traduit de l'anglais (“The Big Gamble”), broché, couv. lég. piquée, jaquette illustrée, bon état

            25

"Monte-Carlo est plus connu du grand public que certaines capitales d'Europe ; et, cependant, sa superficie est inférieure à celle de Hyde-Park à Londres ou à celle du Bois de Boulogne à Paris. Charles III, prince de Monaco au siècle dernier, a donné son propre nom à ce promontoire baigné par la méditerranée ; et d'innombrables films, pièces de théâtre, romans policiers ou histoires d'amour sont venus chercher ici leur thème ou leur décor. Voici, pour la première fois, brossé dans son ensemble par l'homme qui initia au « craps » les croupiers du Casino, l'étrange tableau du passé et du présent de ce petit monde exceptionnel. La vie secrète du Casino est produite ici en pleine lumière, sous tous ses aspects : voici les physionomistes professionnels qui filtrent les visiteurs à l'entrée des salles de jeux et dont le doyen, M. Le Brocq, est capable d'identifier 60.000 visages ; voici les croupiers et leurs écoles, les jeux divers qui se pratiquent ou qui ont été essayés au Casino ; voici les joueurs célèbres – célèbres par leur chance ou par leur infortune – et puis les « licenciés ès roulette et baccara », avec leurs martingales, leurs systèmes de jeu, sur lesquels les théoriciens ne réussissent pas à s'accorder ; voici les vedettes du Privé et de la grande table, les aventuriers du tapis vert, voici la rubrique des suicidés. Et c’est aussi le monde et le demi-monde de Monte-Carlo que l'auteur fait défiler devant nous, depuis les membres des familles royales jusqu’à des vedettes cosmopolites telles que l’Aga Khan, Sir Bazil Zaharoff, Diaghilew, la belle Otero ou Serge Lifar." (Hommes et mondes, mai 1953)

17.              HANSEN (Henny Harald). Histoire du costume. Traduit du danois par Jacqueline Puissant. Dessins de Ebbe Sunesen, Mogens Bryder et Kaj Norregaard. Flammarion, 1956, pt in-4°, 160 pp, texte sur 2 colonnes, 685 costumes en couleurs sur 96 planches (pp. 9 à 104) et 51 dessins en noir, reliure toile éditeur, jaquette illustrée (pt manques à la jaquette), bon état

            25

18.              JOUVENEL (Bertrand de). Du Pouvoir. Histoire naturelle de sa croissance. Hachette, 1972, in-8°, 462 pp, broché, couv. à rabats, bon état

            25

Conçu en pleine débâcle de la Seconde Guerre mondiale, ce livre offre une analyse détaillée du Pouvoir, ce Minotaure, sous tous ses aspects : sa métaphysique, son origine, sa nature, sa croissance. Bertrand de Jouvenel y exprime sa colère contre l'absurdité de la guerre et des pouvoirs qui l'ont engendrée et essaie de mettre à jour les constantes de tout pouvoir politique. Cette longue réflexion sur les rapports Guerre-Pouvoir-Etat aborde les grands problèmes de la philosophie politique : formes des pouvoirs, droit, liberté, sécurité, ordre, etc. Un ouvrage classique de la pensée politique moderne. — "La première édition du livre de Bertrand de Jouvenel, chez Constant Bourquin à Genève, date de mars 1945. 'Du pouvoir' a contribué à assurer à son auteur la notoriété que l'on sait. Il fait aujourd'hui l'objet d'une réédition sans autre modification que l'introduction d'un bref avant-propos : Bertrand de Jouvenel y marque une certaine réserve à l'égard du « principe de la colère qui anime l'ouvrage, en a fait le succès et en explique certains excès ». (...) A la lumière des développements ultérieurs, les « racines aristocratiques de la liberté » ont trouvé une terre nouvelle : celle de l'explication théorique. Dépouillé de sa doctrine, ce vieux livre sur le pouvoir annonce une théorie moderne de « l'esprit de liberté »." (Evelyne Pisier-Kouchner, Revue française de science politique, 1973)

19.              KELEN (Jacqueline). L'éternel masculin. Traité de chevalerie à l'usage des hommes d'aujourd'hui. Laffont, 1994, gr. in-8°, 354 pp, biblio, index des héros et des mythes masculins, broché, couv. illustrée, bon état

            20

À une époque où l'identité masculine parait vacillante, noyée dans l'uniformisation générale, réduite à des faits biologiques ou à des concepts psychanalytiques, Jacqueline Kelen ose s'interroger sur l'éternel masculin. Un éternel masculin nourri de mythes héroïques, de chevaliers et de troubadours, d'enchanteurs et d'esthètes, d'hommes sauvages, d'hommes de coeur et de courage, de séducteurs défiant Dieu, de "ravis", de fous et de rois magnifiques. Un livre somptueusement écrit, avec force et poésie, stimulant pour tout homme conscient de son devoir d'homme et source de désir pour toutes les femmes ; car elles rêvent de ces êtres mythiques ou, comme l'écrit l'auteur, de cet homme chimérique qui seul donne envie parce qu'il appelle au large et à l'imprévisible. Un livre de grande culture, traversé par plus de soixante-dix mythes masculins, dont Jacqueline Kelen propose une nouvelle lecture, parfois surprenante et toujours passionnée.

20.              LEPAGE (François-Albin). Recherches historiques sur la médecine des Chinois. Thèse présentée et soutenue à la Faculté de Médecine de Paris le 31 août 1813. Sans lieu ni nom, s.d., in-4°, 104 pp, broché, dos toilé, bon état. Réédition en fac-similé (photocopie)

            25

F.-A. Lepage (1788-1875) s'intéressa surtout à la sphygmologie ; l'étude du pouls, et l'étudia dans la médecine chinoise. Le diagnostic des maladies par le pouls était le pont le plus solide entre la médecine européenne et la médecine chinoise, puisque aux deux extrémités de l'Eurasie, le diagnostic et le pronostic se faisaient par la prise du pouls. — "En comparant avec attention tout ce que les voyageurs nous ont appris sur la médecine des Chinois, on ne voit partout que la répétition des principes les plus ridicules et des théories les plus obscures ; et l'on est fâché de ne trouver que de loin en loin quelques-unes de ces choses qui paraissent dictées par l'expérience ou la raison. Mais, lorsqu'on entreprend d'exposer l'état et les progrès d'une science chez un peuple, on n'est point maître d'augmenter l'intérêt à volonté, et l'on doit, si l'on ne veut point manquer le but, se restreindre dans les bornes de la vérité, et dire les choses comme on les voit, et non point comme on voudrait les voir." — "Au reste, si les systèmes de médecine imaginés par les Chinois peuvent plutôt amuser par leur bizarrerie que présenter un intérêt réel, nous trouverons par la suite dans quelques pratiques particulières à ces peuples, ainsi que dans la considération de leur climat et de leur manière de vivre, relativement à leur influence sur la santé, la matière de quelques discussions assez intéressantes."

21.              LUCIUS (Pierre). Un siècle et demi de révolution, 1789-1936. Librairie de l'Arc, s.d. (1936), in-12, 209 pp, broché, bon état, envoi a.s. (nom du destinataire découpé)

            25

"Pour beaucoup de Français, les élections de 1936 et la naissance d’un Ministère de « Front populaire à direction socialiste » sont une conséquence accidentelle de la crise économique et de l'impérialisme soviétique. Cette vue simpliste est contredite par l'histoire. L’étude des doctrines politiques et des révolutions qui ont bouleversé la France depuis cent cinquante ans incite même à penser qu’il y a chez nous une cause permanente de désordre. Cette cause est d’ordre idéologique..." — En étudiant quatre révolutions sur un siècle et demi (1789, 1830, 1848 et 1870), l'auteur essaie d'identifier les facteurs qui ont mené à la désintégration sociale et politique de la France qui a culminé avec le Front Populaire de 1936.

22.              MOYNAHAN (Brian). Les Anglais. La traversée du siècle. France Loisirs, 1997, in-4°, 304 pp, plus de 300 photographies en noir (iconographie : Sarah Jackson et Annabel Merullo), biblio, index, reliure simili-cuir de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Plus de trois cent photographies exceptionnelles, tirées d'archives privées et souvent inédites.

23.              NOAILLES (Anna, comtesse Mathieu de). L'Honneur de souffrir. Grasset, 1939, in-12, 191 pp, broché, trace d'humidité ancienne sur les plats, la photocopie d'un envoi a.s. de la comtesse de Noailles est collée sur le faux-titre, état correct

            15

24.              OLDENBOURG (Zoé). Le Bûcher de Montségur. 16 mars 1244. Gallimard, 1977, in-8°, 452 pp, 31 pl. de gravures hors texte, chronologie, biblio, index, broché, bande éditeur conservée, rhodoïd, bon état (Coll. Trente journées qui ont fait la France)

            25

"Le vrai visage de la croisade des Albigeois." — En ce temps-là le Languedoc était pour l'Eglise un danger : ses chefs y toléraient la religion cathare. Pour la France du Nord et la monarchie capétienne, cette province riche, jalouse de son indépendance et de sa culture, mais désunie, était une proie convoitée. Quand le pape Innocent III, en 1209, prêcha la croisade contre l'hérésie cathare, commença une longue guerre de conquête : armées de croisés, puis armées royales déferlèrent sur le Languedoc. Les efforts conjugués de la Royauté, de la Papauté et de l'Inquisition eurent raison de la résistance occitane. Le 16 mars 1244, Montségur, dernier sanctuaire du catharisme, tombait après un siège de dix mois. Dans une Occitanie annexée à la couronne, il n'y eut plus de tentative de révolte religieuse ni nationale.

25.              RAMBERT (Charles). Histoire de l'architecture civile française. P., L'Information du Bâtiment, 1962, gr. in-8°, 103 pp, préface de Albert Laprade, 174 figures (dessins, plans, gravures et photos), biblio, broché, bon état

            30

26.              RÉGENT (Frédéric). La France et ses esclaves. De la colonisation aux abolitions (1620-1848). Grasset, 2007, in-8°, 358 pp, chronologie, 6 cartes, 35 tableaux, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Pendant plus de deux siècles, des terres françaises ont porté quatre millions d'esclaves. Deux millions d'entre eux sont nés en Afrique et ont été transportés par des navires négriers dans les colonies, les deux autres millions y sont nés. Il existe des histoires de la colonisation française, des histoires de chaque colonie, des histoires générales de la traite, mais il n'existait aucune histoire de l'esclavage français, dans l'ensemble des colonies, sur toute la période coloniale. Le livre de Frédéric Régent grâce au renouvellement de l'historiographie sur le fonctionnement des sociétés esclavagistes françaises comble un vide et permet de répondre à de nombreuses questions : Pourquoi des Français ont-ils été amenés à devenir des esclavagistes ? Pourquoi ont-ils choisi de recourir à la traite négrière ? Comment les notions de Blancs et de Noirs ont-elles été inventées ? Quel bénéfice la France tire-t-elle de l'économie esclavagiste ? Quelles sont les limites à l'exploitation des esclaves ? Pourquoi la France rétablit-elle l'esclavage après l'avoir aboli ? Quel rôle jouent respectivement les esclaves et les abolitionnistes dans le processus d'émancipation ? Un ouvrage essentiel, au cœur d'une nouvelle approche de l'histoire de France.

27.              SINGER (Charles), E. J. Holmyard, A. R. Hall and Trevor I. Williams. A History of Technology. Oxford, The Clarendon Press, 1957-1978, 7 forts vol. pt in-4°, avec des frontispices en couleurs sur les 5 premiers volumes, 204 planches hors texte de gravures et photos, 2900 figures dans le texte, bibliographie et index dans chaque volume, reliures pleine toile bleue de l'éditeur, bon état. Texte en anglais

            300

Rare complet des 7 volumes, les tomes I à V ayant été publiés de 1954 à 1958, et les tomes VI et VII seulement vingt ans plus tard, en 1978. — Volume I : From Early Times to Fall of Ancient Empires. – II : The Mediterranean Civilizations and the Middles Ages, c. 700 B.C. to A.D. 1500. – III : From the Renaissance to the Industrial Revolution, 1500-1750. – IV : The Industrial Revolution, 1750-1850. – V : The Late Nineteenth Century, 1850-1900. – VI et VII : The Twentieth Century, 1900-1950.

28.              VALLAUD (Dominique). Dictionnaire historique. GLM/Fayard, 2004, fort pt in-8°, 1016 pp, texte sur 2 colonnes, 43 cartes dans le texte, reliure souple illustrée de l'éditeur, état correct

            25

D'un faible encombrement, ce 'Dictionnaire historique' fournit en quelques 4.000 notices concises la définition des institutions et des faits nécessaires à l'intelligence de l'histoire universelle, donne la biographie de ceux – dirigeants politiques, artistes, penseurs... – qui ont marqué le destin des hommes, relate les événements clefs et les périodes décisives du passé, accordant une large place aux civilisations, aux faits de société, aux religions de toutes les époques et sous toutes les latitudes. Il servira d'aide-mémoire au chercheur chevronné comme à l'amateur éclairé, de guide clair et sûr à l'étudiant comme au simple curieux. Il sera l'irremplaçable vade mecum de quiconque aura, par plaisir ou par nécessité, affaire avec l'histoire.

29.              WOUTAZ (Fernand). Le Grand Livre des sociétés et confréries gastronomiques de France. P., Dominique Halévy Editeur, 1973, gr. in-8°, 319 pp, préface de Jacques de Lacretelle, une grande planche dépliante hors texte en couleurs représentant les costumes des confréries, nombreuses gravures et photos, reliure pleine toile illustrée de l'éditeur, bon état. Edition originale, ex. nominatif numéroté sur offset bouffant

            40

Des sociétés et confréries dont l'objet social revendiqué est de sauvegarder et de propager les traditions de la cuisine française, d'en développer le goût et d'en faciliter la pratique... — "Je ne sais si l'auteur de ce livre se doute qu'en faisant l'inventaire de nos clubs gastronomiques il a tracé un portrait accompli du Français, de ses moeurs, de ses manies et de ses rêves. C'est une suite de tableautins historiques ou de « scènes de genre » qui eût enchanté Balzac. Paris et la province s'y enchaînent comme dans la Comédie humaine. On y danse et on y chante. On s'y hausse du col avec esprit..." (Jacques de Lacretelle, préface)

30.              ZEGHIDOUR (Slimane). La Vie quotidienne à la Mecque, de Mahomet à nos jours. Hachette, 1989, in-8°, 446 pp, 16 pl. de photos hors texte, 6 cartes et plans, glossaire, biblio, annexes, broché, bon état

            15

Tous les jours qu'Allah fait, une bonne partie des neuf cents millions de musulmans se tourne vers La Mecque pour prier. Plus d'un million et demi d'entre eux se rendent chaque année au pied de la Pierre noire, consacrée jadis par Mahomet. Ils y accomplissent le pèlerinage (hadj), qui est en même temps l'un des cinq piliers de la foi islamique et le plus grand rassemblement populaire mondial. Capitale religieuse du Royaume d'Arabie Séoudite, La Mecque est avant tout la métropole de l'islam. Les pèlerins accomplissent pendant cinq jours des rites immuables depuis quinze siècles : exode au désert, lapidation de Satan, sacrifice du mouton... Antique et futuriste, sainte et profane, ouverte et surveillée, telle est apparue à l'auteur la Ville sainte au cours de son pèlerinage. Maniant tour à tour l'émotion, l'érudition et une tendresse parfois non dénuée d'humour, il nous conduit au coeur même de la spiritualité islamique, dévoilant aux non-musulmans mais aussi aux musulmans maints aspects insoupçonnés, religieux ou quotidiens de la vie à La Mecque. (4e de couverture)

ANTIQUITÉ

 

31.              BOISSIER (Gaston). L'Afrique romaine. Promenades archéologiques en Algérie et en Tunisie. Hachette, s.d. (1926), in-12, 365 pp, mention de 9e édition, une carte et 3 plans hors texte, reliure demi-toile grise à coins, dos lisse, pièce de titre chagrin havane, couv. conservées, dos lég. sali, bon état (Coll. Bibliothèque d'histoire)

            45

"Je n'ai pas à insister ici sur les études que M. Boissier a publiées dans la “Revue des deux mondes” sur l'Afrique romaine : tout le monde les a lues et on les relira maintenant qu'elles sont réunies en un volume. C'est une bonne fortune pour les archéologues africains de voir un écrivain célèbre présenter un tableau si vivant de leurs recherches, les éclairer d'une critique si sûre et en montrer si bien l'intérêt historique ; il est certain que ce beau livre attirera de nombreuses recrues à nos études." (Stéphane Gsell, Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1895)

32.              BOISSIER (Gaston). La Fin du paganisme. Etude sur les dernières luttes religieuses en Occident au quatrième siècle. Hachette, s.d., 2 vol. in-12, 394 et 452 pp, mention de 9e édition, index, reliures pleine toile verte, dos lisses, pièces de titre basane noire, couv. conservées, bon état (Coll. Bibliothèque d'histoire)

            80

"Le nom seul de l'auteur recommande suffisamment son nouvel ouvrage, où l'on retrouvera tout son talent, encore affermi par la bienfaisante influence d'une persistante et sincère étude. L'entreprise, purement historique d'abord, est devenue, par la seule pente d'un esprit élevé, littéraire et morale : c'est-à-dire que l'histoire est présentée ici par ses côtés les plus intéressants, par ses traits les plus réels, par ceux qui sont les plus sensibles aux lecteurs habitués à réfléchir. « Chez M. Gaston Boissier, on l'a fort bien dit et avec une extrême justesse, l'humaniste précède l'historien et apporte avec bonheur à l'histoire la contribution des lettres. C'est par l'examen des livres qu'il pénètre dans le vif des mœurs, des idées et des sentiments. Il excelle à tirer des écrits qu'il analyse le secret des âmes ». Ajoutons qu'ici encore, tout comme dans ses Promenades archéologiques à Rome et dans ce livre charmant : Cicéron et ses amis, on a les preuves toujours nouvelles de cette familiarité intime avec l'antiquité classique qui donne aux œuvres de M. Boissier un charme auquel le lecteur vraiment lettré se laisse aller avec une sécurité parfaite, laquelle est pour lui un nouveau plaisir." (Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1891)

33.              BRION (Marcel). La Résurrection des Villes mortes. Payot, 1938, 2 vol. in-8°, 308 et 320 pp, préfaces du Dr. G. Contenau et de René Grousset, une carte, biblio, brochés, couv. illustrées, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            50

Tome I : Mésopotamie. Syrie. Palestine. Egypte. Perse. Hittites. Crète. Chypre. – Tome II : Chine. Inde. Asie centrale. Indochine. Afrique du Sud. Amérique du Nord. Les Mayas. Mexique. Pérou. Ile de Pâques.

34.              CABANES (Pierre). Les Illyriens de Bardylis à Genthios (IVe-IIe siècles avant J.-C.). SEDES, 1988, in-12, 342 pp, 6 cartes et plans, 14 photos, broché, couv. illustrée, soulignures crayon, bon état (Coll. Regards sur l'histoire)

            25

"La collection “Regards sur l'histoire” nous a habitués à des publications régulières et de qualité au rythme des nouvelles questions au programme des concours d'enseignement. Cette fois, il revient à P. Cabanes, spécialiste de l'Epire et véritable proxène auprès des autorités culturelles albanaises, de proposer une synthèse claire et bien à jour sur ces régions périphériques du monde grec, quasiment inconnues des étudiants, et souvent mal connues des enseignants eux-mêmes. C'est dire déjà l'utilité de cet ouvrage qui d'ailleurs renouvelle la problématique : alors que les études précédentes, comme celle de Holleaux dans la “Cambridge Ancient History”, subordonnent les Illyriens aux problèmes de la colonisation grecque, de l'expansion macédonienne, et surtout à ceux de la conquête romaine à partir du règne d'Agron et de Teuta, P. Cabanes choisit, lui, les Illyriens par eux-mêmes et pour eux-mêmes, en enrichissant son approche par des comparaisons avec les peuples voisins, Epirotes, Thraces et Macédoniens. (...) Les notes constituent à elles seules à la fois une chronique bibliographique des recherches sur l'Illyrie, et un recueil des sources littéraires pour l'histoire de cette région et même des régions limitrophes. On ne s'étonnera pas non plus que le style à la fois simple et solide reflète les qualités du savant et du pédagogue." (Jean-Luc Lamboley, Revue des Études Anciennes, 1990)

35.              CHAMOUX (François). La Civilisation grecque à l'époque archaïque et classique. Arthaud, 1965, fort in-8° carré, 477 pp, 229 illustrations reproduites en héliogravure et 8 pl. en couleurs hors texte, 34 cartes et plans, chronologie, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations)

            40

"Ce n'est pas tâche aisée que de brosser pour un public très vaste et de connaissances inégales une image de la civilisation grecque depuis l'époque mycénienne jusqu'à la veille des conquêtes d'Alexandre. Il y faut une science étendue, en des matières que la spécialisation nécessaire à notre époque tend de plus en plus à isoler les unes des autres, il y faut surtout une maturité d'esprit qui permette à l'auteur de discerner les traits essentiels, les faits caractéristiques, ceux qui recréent pour le lecteur le climat même dans lequel aux différentes époques ont vécu et pensé les Anciens. (...) La seconde partie de l'ouvrage est d'une conception particulièrement intéressante. L'auteur envisage en cinq chapitres les aspects de cette civilisation qui lui paraissent le plus caractéristiques, et de fait, il brosse ainsi une tableau qui semble correspondre à ce qui constituait la vie même des Grecs. Dans des Etats jaloux de leur autonomie et perpétuellement en contestation les uns avec les autres, la guerre occupait l'activité et la pensée de façon plus intense encore que de nos jours : il n'était pas rare que chaque année une bonne partie de la population fût mobilisée : nous pouvons suivre grâce aux citations littéraires et aux documents figures comment se déroulaient ces guerres, quelles incidences elles avaient sur la vie de chacun." (Pierre Devambez, Journal des savants, 1965)

36.              CLOCHÉ (Paul). La dislocation d'un Empire. Les premiers successeurs d'Alexandre le Grand (323-281/280 avant J.-C.). Payot, 1959, in-8°, 302 pp, 2 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            30

Un remarquable ouvrage où l'auteur retrace l'histoire mouvementée des quarante-deux années qui suivirent la mort d'Alexandre le Grand. — "Dans la première partie (pp. 9-77), Paul Cloché examine le problème de la succession d'Alexandre, la première répartition des satrapies (323), l'échec de l'insurrection hellénique (323-322), les conflits entre Perdiccas et la plupart des anciens généraux d'Alexandre, la chute de Perdiccas et la nouvelle répartition des satrapies (322-321). Dans la deuxième partie (pp. 79-137), l'auteur décrit les conflits de la période 321-316 : Antigone commence par remporter plusieurs victoires sur Eumène et ses alliés, tandis que Ptolémée accroît ses possessions (fin 321 -été 319) ; par ses intrigues, Cassandre provoque en Grèce de nouvelles luttes, mais finit par conquérir l'hégémonie de la Macédoine et de la Grèce (319-316) ; Antigone renforce ses positions en Asie Mineure, écrase Eumène et procède à l'occupation d'une partie de l'Asie centrale (319-316). La troisième partie (pp. 139-220) est consacrée aux conflits entre diadoques de 316-315 à 301 ; une partie des successeurs d'Alexandre se coalise dans le but d'abattre Antigone, satrape de Grande Phrygie et de Lycie, qui était devenu le maître de la plus grande partie de l'Asie. En 301, l'armée de Lysimaque et de Séleucos écrase à Ipsos, en Phrygie, l'ambitieux Antigone, qui meurt dans la bataille. La quatrième et dernière partie (pp. 221-287) décrit les conflits de la période 301-281/280. Le fils d'Antigone, Demetrios Poliorcète, rétablit d'abord sa situation, qui décline ensuite au bénéfice de Pyrrhus, roi d'Épire, de Ptolémée et de Séleucos. Lysimaque, maître de l'Asie Mineure, étend largement son hégémonie en Grèce, en Macédoine et en Thrace aux dépens de Pyrrhus et d'Antigone Gonatas, fils et successeur de Demetrios (285-282). Après une période de tension fort confuse, Lysimaque et Séleucos s'affrontent en une lutte qui est fatale au roi de Thrace. Quelques mois plus tard, Séleucos, dernier des diadoques, est assassiné par un obscur aventurier (281-280). L'empire d'Alexandre reste divisé en trois royaumes : l'Egypte des Lagides (descendants de Ptolémée), la «Syrie» (composée de l'Asie Mineure, de la Thrace et d'une partie de l'Asie Centrale) des Séleucides et la Macédoine des Antigonides. (...) Un remarquable ouvrage, dont il nous reste à souligner les qualités maîtresses : étonnante pondération des jugements, esprit critique et objectivité pénétrante fondée sur une connaissance précise des textes anciens et de la critique moderne, clarté magistrale qui permet à l'auteur de dégager avec une aisance inégalée les lignes de faîte de cette période confuse." (Pierre Salmon, L'antiquité classique, 1960)

37.              CLOCHÉ (Paul). Le Monde grec aux temps classiques (500-336 avant J.-C.). Payot, 1958, in-8°, 335 pp, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

Par Paul Cloché (1881-1961). — "Il est bon que de temps à autre quelqu'un écrive une nouvelle histoire de Grèce. La masse des travaux partiels s'amplifie tant, les chercheurs sont tellement retranchés dans leur parcelle que l'on salue avec respect l'audacieux qui entreprend de refaire une synthèse en tenant compte des nouvelles acquisitions. Paul Cloché, lui, intitule son nouveau travail : “Le monde grec aux temps classiques”. Par là il entend nous conter la Grèce continentale, maritime et sicilienne de 500 – ce qui est parfait – jusqu'à la mort de Philippe (336), non jusqu'à la mort de Démosthène – ce qui peut surprendre. Disons le tout de suite : cet historien connaît rudement bien tout ce qui se rapporte à l'Hellade classique ; non seulement il manie les annales en se jouant, mais il explique la pensée des philosophes et laisse parfois percer son enthousiasme pour telle œuvre d'art..." (Martin Van den Bruwaene, Revue belge de philologie et d'histoire, 1960) — "Dans ses derniers ouvrages, outre une sage synthèse, genre dans lequel il excelle, Le monde grec aux temps classiques de 500 à 336, il s'est surtout attaché à l'étude de la dynastie macédonienne... Nous n'avons indiqué qu'un choix parmi tous les ouvrages que signa Paul Cloché. Ce fut un savant infatigable et il sut toujours travailler honnêtement, s'informant avec soin, rédigeant avec clarté." (Pierre Chantraine, Eloge funèbre de M. Paul Cloché)

38.              DHORME (Edouard, en religion Paul). La Religion assyro-babylonienne. Librairie Lecoffre, J. Gabalda & Cie, 1910, in-12, xi-319 pp, notes, index, reliure toile bleue, dos lisse avec titres dorés, C. de bibl., bon état (Coll. Etudes palestiniennes et orientales). Peu courant

            50

Conférences données à l'Institut catholique de Paris. I. Les sources ; II. La conception du divin ; III. Les dieux ; IV. Les dieux et la cité ; V. Les dieux et les rois ; VI. Les dieux et les hommes ; VII. La loi morale ; VIII. La prière et le sacrifice ; IX. Le sacerdoce. — "... De parti pris, l'auteur a laissé à l'arrière-plan les aspects trop secondaires de la mythologie, de la magie et de la divination, pour ne s'attacher qu'au fond même « de la psychologie religieuse, à savoir les idées sur la divinité et sur les rapports qui existent entre elle et le monde, les sentiments que font naître ces idées dans le coeur de l'homme, les désirs de rendre plus étroites les relations entre l'humanité et les êtres supérieurs ». Le docte assyriologue croit avoir coordonné « suffisamment de textes pour que le lecteur puisse espérer se rendre compte de ce qu'ont pensé les riverains du Tigre et de l'Euphrate sur ces matières si hautes et si dignes d'attirer l'attention ». Nous le félicitons sincèrement d'avoir réalisé d'une manière parfaite son programme si nettement objectif. En fermant le livre, le lecteur a la satisfaction de posséder une petite Somme dogmatique sur les trois triades Anou, Bel Ea (le ciel, la Terre, le dieu de l'Apsou, vaste océan qui entoure la terre) ; Sin, Shamash, Ishtar (la Lune, le Soleil, Vénus) ; Nin-ib, Mardouk, Ashour (dieux de Shoumer, de Babylone, de l'Assyrie) ; sur Nergal, le dieu des enfers, ou Kigallu, « la terre sans retour » ; sur Gilgamès, le demi-dieu fondateur d'Erech, sur Ea-bani, son compagnon et ami ; sur les génies bons et les génies mauvais, la formation du corps de l'homme du limon de la terre, l'arbre de vie, l'Edimmu ou mâne de l'homme qu'il faut apaiser par le repas funèbre ou kippu, etc. Cette Somme dogmatique, que termine le traité du sacerdoce, se complète par une petite Somme morale, où nous apprenons les devoirs cultuels et sociaux que la religion nationale imposait aux Assyro-Babyloniens. Des tables alphabétiques renvoient aux noms de lieux, de souverains et autres personnages divers de divinités et héros, de sanctuaires et choses sacrées, des mots sumériens, babyloniens, assyriens." (A. Catoire, Echos d'Orient, 1910)

39.              DROYSEN (J.-G.). Histoire d'Alexandre le Grand. Traduit de l'allemand et préfacé par Jacques Benoist-Méchin. Grasset, 1935, fort in-8°, 572 pp, tiré sur papier Alfax Navarre, une carte dépliante de l'empire d'Alexandre, broché, couv. illustrée, dos passé, bon état. Première traduction française (fausse mention de 4e édition au 2e plat)

            30

"Imaginez le monde en sa prime jeunesse... Imaginez, dans ce décor, le plus jeune conquérant que le monde ait connu, entraînant tous les peuples de la Grèce vers les sources du soleil, vers cet Orient fabuleux où n'avait pénétré avant lui que le cortège des Bacchantes. Telle est la vie d'Alexandre le Grand... Imaginez enfin un jeune homme enflammé par l'étude de l'Antiquité classique, chez qui une érudition très sûre coordonnerait et vérifierait sans cesse les données de l'imagination ; qui tenterait à vingt-cinq ans une des tâches intellectuelles les plus périlleuses qui soient ; qui nous donnerait d'emblée une vie d'Alexandre, qui serait un chef-d'oeuvre de compréhension, de lucidité et de ferveur ; - ne diriez-vous pas qu'un tel livre, s'il existait, serait un des plus beaux du monde ? Eh bien, il existe : c'est l'histoire d'Alexandre le Grand par Droysen. Il est parti en 1833 et en dépit des progrès de la science moderne, les plus grands savants s'inclinent devant lui. Ce livre, on peut le lire comme une épopée antique, comme le récit d'une existence fabuleuse... On peut aussi le lire comme une des plus puissantes synthèses historiques que nous ait léguée le XIXe siècle, comme un ouvrage à placer sur le même rayon que Mommsen ou Burckhardt, Carlyle ou Michelet." (Jacques Benoist-Méchin, préface)

40.              GRIMAL (Pierre). A la recherche de l'Italie antique. Hachette, 1961, in-8°, 362 pp, 24 pl. de photos hors texte, 2 cartes, broché, couv. illustrée, état correct

            25

"C'est un ouvrage d'une lecture captivante que M. Grimal vient de nous donner dans ce volume, où avec autant d'enthousiasme et de pouvoir d'évocation que de science, il a relaté d'une plume alerte l'histoire des fouilles les plus intéressantes qui ont été conduites en Italie et présenté leurs résultats en les replaçant dans le contexte de civilisation qui permet d'en mieux dégager la signification et en insistant sur les problèmes de méthode avec toute la compétence que l'on peut attendre en cette matière d'un ancien Membre de l'École française de Rome. Devant une tâche d'une telle ampleur bien d'autres eussent reculé ou mulitplié les volumes. M. Grimal, lui, a su dans la masse des documents qui s'offraient à lui pratiquer l'art du choix avec aisance..." (Charles Delvoye, L'antiquité classique, 1961)

41.              HURAULT (Louis). Guide de Terre Sainte. Routes bibliques. Les Chemins de la Parole. Fayard, 2000, gr. in-8°, 512 pp, 79 cartes, 32 pl. de photos en couleurs hors texte, chronologie biblique, lexique, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Livre d'ouverture à l'archéologie si riche de la Terre Sainte, livre d'histoire situant constamment l'expérience de la foi dans le cadre existentiel qui fut celui d'Israël et de l'Eglise naissante, “Routes bibliques” s'attarde sur chacun des sites visités lors d'un pèlerinage en Terre Sainte, et conduit le lecteur à mieux accueillir les textes sacrés dans leur double dimension de Parole de Dieu et de parole d'homme.

42.              KAST (Pierre). La Mémoire du tyran. Treize miroirs pour l'empereur Tibère. Roman. JC Lattès, 1981, in-8°, 303 pp, chronologie, tableau généalogique, broché, couv. illustrée, bon état

            15

De l'empereur Tibère, les historiens latins ont tracé le sombre portrait d'un vieillard lubrique et cruel, d'un tyran sournois et mystérieux. Un chef de guerre qui fit régner la paix, un souverain détaché du pouvoir, un homme curieux des mystères du monde, tel est le Tibère que nous fait découvrir Pierre Kast... Un remarquable roman par le réalisateur, scénariste et romancier Pierre Kast (1920-1984).

43.              LACARRIÈRE (Jacques). Alexandre le Grand. La vie légendaire, traduite du grec, présentée et commentée par Jacques Lacarrière, avec une étude de Christiane Raynaud sur les enluminures du manuscrit fr. 9342 de la Bibliothèque nationale de Paris. Editions du Félin, 1993, pt in-4°, 232 pp, 51 illustrations en noir dans le texte et à pleine page et 32 planches hors texte en couleurs reproduisant des miniatures médiévales, reliure pleine toile noire, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Palimpsestes)

            40

Roi de Macédoine à vingt ans, Alexandre conquiert l'empire perse à vingt-cinq, une partie de l'Inde à trente, avant de mourir à Babylone trois ans plus tard. Epopée fulgurante propre à stimuler les imaginations. Plus tenace que l'histoire, la légende d'Alexandre le Grand s'est installée dans les esprits, véhiculant non seulement la mémoire du réel, mais aussi le merveilleux qu'elle a fait naître. Jacques Lacarrière met en scène le texte écrit en Egypte au IVe siècle, repris par la suite dans tout le monde médiéval. Il nous invite à suivre une histoire qui se déroule à la façon d'un grand récit initiatique dont le héros n'est plus un roi engagé dans l'aventure militaire, mais un conquérant de l'Absolu qui, tel Héraclès, Gilgamesh ou Ulysse, tente d'élucider le secret du monde.

44.              SLOSMAN (Albert). Moïse l'Egyptien. Laffont, 1981, in-8°, 452 pp, biblio, broché, couv. illustrée, état correct

            40

Il est rare que, en deux mots, un titre exprime aussi totalement le contenu du livre qu'il recouvre. Il ne s'agit pas d'une bravade : l'autorité qui s'attache désormais aux travaux d'Albert Slosman, reconnue à Jérusalem comme à Rome, à Paris comme au Caire, ne laisse pas de doute sur l'importance de la version que donne l'auteur de la "Trilogie des Origines" de la mission d'une des plus grandes figures de l'histoire universelle. C'est à la tête d'un peuple unique, Juifs et Égyptiens confondus sous le même joug d'un usurpateur pharaonique, que Moïse partit à la recherche de la Terre Promise – cela est ici montré et démontré de la manière la plus vivante et la plus éclatante. Et ainsi est administrée la preuve formelle que Juifs et Égyptiens, bien plus que cousins éloignés, sont frères de sang. On mesure à cette affirmation la véritable révolution que cet ouvrage introduit dans l'histoire officielle et les conséquences que sa publication peut avoir dans le conflit fratricide qui divise aujourd'hui le Proche-Orient. Ajoutons que la forme qu'Albert Slosman a donnée au récit de cette immense aventure en rend la lecture aussi passionnante qu'éclairante.

45.              SYME (Ronald). La Révolution romaine. Gallimard, 1967, fort in-8°, 657 pp, traduit de l'anglais, notes, index, 7 tableaux généalogiques hors texte in-fine, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. La Suite des temps). Première édition française, ex. du SP

            30

“La Révolution romaine” n'a pas cessé, depuis sa parution en 1939, d'être saluée comme un des ouvrages d'histoire romaine les plus importants depuis Mommsen. Ronald Syme retrace la crise de ces trois quarts de siècle où, du consulat de César à la mort d'Auguste (60 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.), s'édifia l'Empire sur les ruines de la République. Période dramatique des guerres civiles qui voit Pompée, César, Antoine, Octave s'affronter pour le pouvoir suprême en une lutte qui n'a d'issue que dans la mort sans gloire ou le triomphe sans pardon. Mais derrière les calculs des héros, reconstitués ici dans leur déroulement presque quotidien, ce sont les partis et les groupes, les forces sociales et la politique des grandes familles sénatoriales que Ronald Syme fait revivre avec une intensité qui fait de ce livre une magistrale étude de science politique. Avec la restauration du monde ébranlé, l'ordre augustéen s'élabore. Mise au pas de cette vieille «nobilitas» en une génération déchue, promotion d'une nouvelle classe de grands commis dévoués au princeps, développement d'un ordre monarchique derrière la façade républicaine, mesures destinées à fonder la société sur de nouvelles bases morales et religieuses, remaniements idéologiques dont Virgile et Horace multiplient l'écho : voici l'Empire. — "A l'origine, des rois gouvernaient à Rome et pour finir, comme le destin l'avait voulu, Rome revenait à la monarchie. La monarchie apportait avec elle la concorde. Pendant les guerres civiles, chaque parti et chaque chef faisait profession de défendre la cause de la liberté et de la paix. Ces idéaux étaient incompatibles. Quand la paix vint, ce fut la paix du despotisme. Cum domino pax ista venit." (Ronald Syme)

MOYEN AGE

 

46.              ALLMAND (Christopher). La Guerre de Cent Ans. L'Angleterre et la France en guerre, 1300-1450. Payot, 1989, in-8°, 284 pp, traduit de l'anglais, 3 cartes, biblio, chronologie, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Comment la guerre de Cent Ans a-t-elle été vécue en France et en Angleterre ? Derrière les événements militaires et politiques, comment les populations ont-elles réagi au conflit ? En retard dans le domaine des finances et de l'organisation militaire, la France commença par essuyer de nombreux revers avant de retourner la situation à son profit. Mais, loin du champ de bataille, c'est dans les sociétés elles-mêmes que les changements et les évolutions furent les plus profonds. A travers une étude comparative des deux nations, Christopher Allmand s'attelle ainsi à déchiffrer ce que la guerre signifia pour les hommes des XIVe et XVe siècles, tandis que, peu à peu, on voit émerger de part et d'autre de la Manche les prémices d'un sentiment national.

47.              BIENVENU (Jean-Marc). L'étonnant fondateur de Fontevraud, Robert d'Arbrissel. Nouvelles Editions Latines, 1981, in-8°, 189 pp, 4 pl. de photos hors texte, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Fondateur de l'Abbaye de la Roë puis de l'Ordre double de Fontevraud dont, jusqu'à la Révolution, les abbesses eurent autorité sur des moniales et sur des frères assujettis à celles-ci, Robert d'Arbrissel fut un des plus prestigieux ascètes et prédicateurs itinérants de son temps (XIe et XIIe siècles). Un des plus étonnants et des plus controversés aussi. Un aspect curieux de son ascèse, la recherche de la tentation charnelle pour mieux la surmonter, lui valu de son vivant de sérieuses admonestations et a largement contribué à ce qu'il soit tenu à l'écart des décisions officielles de l'Eglise.

48.              CARCO (Francis). Le Roman de François Villon. Edition définitive. Albin Michel, 1951, in-12, 317 pp, broché, bon état

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Qu'un mauvais étudiant, un truand, assassin peut-être, ait été le premier des poètes français et peut-être le plus grand, quel prodige ! Francis Carco, le romancier-poète de la pègre et des mauvais garçons, ne pouvait qu'être fasciné par l'insaisissable Maître François, voyou de génie, croyant et maudit, toujours entre l'église, le bordel et la prison. Avec le vaurien légendaire, il partageait la tendresse et la révolte, la fantaisie, le goût des prostituées et les déceptions amoureuses, l'amour du Paris louche et de son argot, la hantise de la mort. Lointain "frère humain" de Villon, Carco fut le premier à comprendre que seul le roman pouvait approcher le mythe et le mystère de cette vie pathétique et extraordinaire d'insolence, de gaieté et de désespoir. Pour nous donner, dès 1926, ce chef-d'œuvre fraternel, naïf et raffiné.

49.              CHRISTIANSEN (Erik). Les Croisades nordiques. La Baltique et la frontière catholique, 1100-1525. Editions Alerion, 1996, in-8°, 444 pp, traduit de l'anglais, 6 cartes, chronologie, notes, broché, couv. illustrée, qqs soulignures stylo, trace de choc au 2e plat, sinon bon état

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L'Occident médiéval à la conquête des peuples de l'Est, 1100-1525. — A la fin de l'An 1000, le Christianisme s'est imposé à la totalité de l'Europe occidentale jusqu'à l'Islande, qui vient de se convertir en 999. Hasard ou conséquence, pendant la même période, les peuples païens baltes, slaves et asiatiques ont progressé massivement vers l'ouest, repoussant Celtes et Germains christianisés jusqu'à Hambourg. A partir du onzième siècle, la Papauté, changeant de politique, entreprend la reconquête des territoires et la conversion des populations du nord-est européen. Peu d'ouvrages ont tenté de reconstituer l'imbroglio de cette aventure médiévale qui va bouleverser l'histoire de l'Europe pendant cinq siècles. L'auteur explique avec précision la complexité et les raisons de ces assauts successifs qui repousseront les limites de l'Occident chrétien jusqu'à Novgorod. Sont évoqués les enjeux économiques, stratégiques et spirituels, les conditions climatiques, la vie quotidienne des tribus, les luttes d'influence des monarchies du nord, celles des moines-chevaliers et des commerçants, les chocs de cultures que provoquent les incursions religieuses et militaires aux confins orientaux de l'Europe, juqu'à l'affrontement avec les Orthodoxes, l'apparition de la Réforme et l'épuisement des combattants, au début du seizième siècle. Nous assistons à la naissance des actuels pays du nord-est, autour de la Baltique (Pologne, Prusse, Lituanie, Lettonie, Biélorussie, Estonie, Carélie, Dalécarlie, etc.) dont la constitution montre que les enjeux géopolitiques d'hier n'ont pas varié depuis mille ans.

50.              D'HAENENS (Albert). L'Europe de la mer du Nord et de la Baltique. Le monde de la Hanse. Albin Michel-Fonds Mercator, 1984, gr. in-4°, 427 pp, 511 illustrations et cartes en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, biblio, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Albert d'Haenens, à son habitude, a su concilier son goût de l'image signifiante et l'élégance de l'écriture pour brosser un portrait historique de la Hanse. Ce n'est pas un livre d'art mais tout été y a fait avec art et les reproductions et photographies sont autant de documents de première qualité qui enrichissent de leur vie et de leur dynamisme l'imagination du lecteur. (...) Un livre aux qualités exceptionnelles." (Jean-Claude Hocquet, Annales ESC, 1986)

51.              DEMURGER (Alain). Les Templiers. Une chevalerie chrétienne au Moyen Age. Seuil, 2005, gr. in-8°, 662 pp, 20 illustrations sur 16 pl. hors texte, 3 cartes et plans, généalogies, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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C’est la totalité de l’histoire des Templiers qui est ici étudiée. Créé en 1120 par quelques chevaliers installés à Jérusalem pour incarner durablement les idéaux de la croisade, l’ordre du Temple s’est développé dans tout l’Occident. Ses missions l’ont porté sur le « front » de la Terre sainte et de l’Espagne de la Reconquista, soit les terrains d’affrontement, mais aussi de coexistence avec l’islam. Riche (mais pas autant qu’on l’a cru, même de son temps), puissant (mais beaucoup moins qu’on ne le dit, surtout de nos jours), il a mené jusqu’au bout son combat pour Jérusalem, même après la chute d’Acre en 1291. Il est supprimé en 1312, victime d’un procès fabriqué par les soins du roi de France Philippe le Bel et de ses conseillers.

52.              DUBY (Georges) et Michelle PERROT ( dir). Histoire des femmes en Occident. 2. Le Moyen Age. Sous la direction de Christiane Klapisch-Zuber. Plon, 1991, gr. in-8°, 576 pp, 68 illustrations, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Par Jacques Dalarun, Claude Thomasset, Carla Casagrande, Silvana Vecchio, Diane Owen Hugues, Suzanne Fonay Wemple, Paulette L'Hermitte-Leclercq, Georges Duby, Claudia Opitz, Françoise Piponnier, Chiara Frugoni, Danielle Regnier-Bohler. — "Ces femmes du Moyen Age, à qui maîtres, époux et censeurs dénient la parole avec tant de constance, ont finalement laissé plus de textes et d'échos de leur dire que de traces proprement matérielles. Le millénaire que couvre ce volume laisse, vers son début et vers sa fin, passer, un peu plus assurée, la parole même des femmes, bien qu'il faille tendre l'oreille pour la saisir, assourdie, dans le brouhaha immense du chœur des hommes. Leur discours, leurs témoignages ou leur cri nous permettent simplement de percevoir comment ont mûri en elles les modèles que directeurs de conscience ou maîtres du savoir leur imposaient, les images que les hommes leur renvoyaient d'elles-mêmes, parfois leur refus de cette vision déformée, et toujours la manière dont ces «images» se sont inscrites dans leur vie et leur chair. L'histoire tout court a tout à gagner à prendre en compte sa part féminine." (C. K.-Z.)

53.              DUBY (Georges). Le Chevalier, la femme et le prêtre. Le mariage dans la France féodale. Hachette, 1981, in-8°, 312 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Force des Idées). Edition originale

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Que sait-on des origines et de l'histoire de l'institution du mariage ? La cellule conjugale, cadre consacré, contrôlé par le clergé, ne s'impose qu'après une longue lutte qui culmine au XIIème siècle, entre les guerriers et l'Eglise. C'est l'histoire de ce conflit, long et spectaculaire, contre les prérogatives des seigneurs que retrace ce livre, pour déboucher sur un nouvel équilibre : celui de l'amour conjugal et de l'amour courtois. Une des oeuvres maîtresses de Georges Duby.

54.              DUFOURCQ (Ch.-E.) et J. GAUTIER DALCHÉ. Histoire économique et sociale de l'Espagne chrétienne au Moyen Age. Armand Colin, 1977, gr. in-8°, 288 pp, biblio, glossaire, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U)

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"Cet ouvrage dense – un « manuel » mais de haut niveau – ne laisse guère de place aux digressions oiseuses. Dès l'introduction nous abordons le cadre géopolitique des Espagnes médiévales et nous voyons s'opposer « les deux Espagnes » ; la centrale, castillane, et la périphérique, aragonaise et navarraise. Tout le livre est bâti sur leur opposition y compris la conclusion où l'on voit la Péninsule basculer aux XVe et XVIe siècles de la Méditerranée et de l'Aragon à l'Atlantique et à la Castille. Ce livre est une synthèse d'autant plus utile qu'elle est récente et à jour et qu'ailleurs on nous raconte souvent l'Histoire politique, militaire et, à la rigueur, religieuse, du Moyen Age espagnol mais nous trouvons difficilement un tableau de son évolution géo-socio-économique. Ici même les aspects religieux et culturels ne sont pas négligés, comme le prouve par exemple, ce chapitre de la page 173 sur l'Eglise et le syncrétisme culturel catalano-aragonais. Après des thèses aussi brillantes que celles, par exemple, de Claude Carrère et de Pierre Bonnassie, les auteurs, orfèvres en la matière, ont choisi un moment opportun pour nous donner ce tableau d'ensemble bien venu, commode et réussi. "(Frédéric Mauro, Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, 1977)

55.              GOUGAUD (Henri). Poèmes politiques des troubadours. Bélibaste, 1969, in-8°, 160 pp, biblio, reliure toile beige de l'éditeur, titres en vert au 1er plat et au dos, bon état

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Guillaume de Poitiers, Marcabrun, Bertrand de Born, Peire Vidal, La chanson de la Croisade, Peire Cardenal, Bernard Sicart de Marvejols, Guilhem Montanhagol, Guilhem Figueira, Guiraut Riquier, Jordi de San Jordi.

56.              GUILLAUME de MACHAUT. La Fontaine amoureuse. Texte établi, traduit et présenté par Jacqueline Cerquiglini-Toulet. Stock, 1997, in-8°, 210 pp, index, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures et annotations crayon, bon état (Coll. Moyen Age). Edition bilingue avec texte en ancien français et traduction en français en regard

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Guillaume de Machaut, né probablement à Machault, près de Reims, vers 1300 et mort à Reims en 1377, est un des plus grands poètes et musiciens du XIVe siècle. “La Fontaine amoureuse” (“Dit de la Fonteinne amoureuse, ou Livre de Morphée”), un de ses textes majeurs (2848 vers), fut écrit pour Jean de Berry vers 1360. – Le récit, pour la première fois accessible en français moderne, explore les pouvoirs du songe et de la poésie : le narrateur rencontre un amant désespéré qui doit se séparer de sa dame ; les deux hommes se rendent devant une fontaine magique où ils s'endorment, et en rêve la dame vient consoler son amant.

57.              HAPEL (Bruno). L'Ordre du Temple. Les textes fondateurs. Guy Trédaniel éditeur, 1991, in-8°, 94 pp, broché, bon état

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58.              HOMO (Léon). Rome médiévale, 476-1420. Histoire, civilisation, vestiges. Payot, 1956, in-8°, 327 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"... Le médiéviste que je suis s'en voudrait de ne pas signaler le volume de Léon Homo sur La Rome médiévale, dont il faut noter un chapitre très neuf sur la topographie et les monuments de la Rome médiévale..." (Charles-Edmond Perrin)

59.              LE GOFF (Jacques). La naissance du Purgatoire. Gallimard, 1981, in-8°, 509 pp, 4 pl. d'illustrations hors texte, biblio, broché, pt accroc au 1er plat, dos passé, état correct (Coll. Bibliothèque des Histoires)

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Dès les premiers siècles, les chrétiens ont cru confusément en la possibilité de racheter certains péchés après la mort. Mais dans le système dualiste de l'au-delà, entre Enfer et Paradis, il n'y avait pas de lieu pour l'accomplissement des peines purgatoires. Il fallut attendre la fin du XIIe siècle pour qu'apparaisse le mot Purgatoire, pour que le Purgatoire devienne un troisième lieu de l'au-delà dans une nouvelle géographie de l'autre monde. Le Purgatoire s'inscrit dans une révolution mentale et sociale qui remplace les systèmes dualistes par des systèmes faisant intervenir la notion d'intermédiaire et qui arithmétisent la vie spirituelle. Ce Purgatoire, c'est aussi le triomphe du jugement individuel au sein des nouvelles relations entre les vivants et les morts. Cette enquête suit les avatars de la naissance du Purgatoire de l'Antiquité à La Divine Comédie de Dante. Cette naissance est un des grands épisodes de l'histoire spirituelle et sociale de l'Occident.

60.              LOISELEUR (Jules). La doctrine secrète des Templiers. Cazilhac, Belisane, 1999, in-8°, 199 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Réimpression de l'édition d'Orléans, 1873

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Les Templiers ont-ils professé une doctrine secrète en opposition avec celle de l'Eglise ? Cette doctrine fut-elle générale dans l'ordre ? Quels furent ses dogmes, ses sources, ses relations avec les grandes hérésies du treizième siècle ? Constituait-elle un danger social assez menaçant pour justifier les mesures par lesquelles l'Eglise et la Royauté parvinrent à détruire l'ordre du Temple ? Ces problèmes ont fait longtemps le désespoir des historiens. L'abbé Vertot y voyait "l'énigme la plus impénétrable que l'histoire ait laissé à déchiffrer à la postérité," et Napoléon ne croyait pas qu'on pût jamais parvenir à les résoudre. "Comment, disait-il, à cinq cent ans de distance, serait-il possible de prononcer que les Templiers étaient innocents ou coupables, lorsque les contemporains eux-mêmes sont partagés ? "...

61.              MACEK (Josef). Le Mouvement hussite en Bohême. Prague, Editions Orbis, 1965, pt in-8°, 134 pp, 24 pl. d'illustrations et 2 cartes (dont une dépliante) hors texte, broché, couv. à rabats, bon état

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Une mise au point suggestive sur le mouvement hussite en Bohême.

62.              MARIE (Abbé Jean). Henri II Plantagenêt. La gloire, le drame et la tristesse. Bayeux, Heimdal, 1976, in-8°, 117 pp, 10 gravures et photos, 4 tableaux généalogiques, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            20

63.              MILLER (Edward) et John HATCHER. Medieval England: Rural Society and Economic Change, 1086-1348. London and New York, Longman, 1994, in-8°, xviii-302 pp, notes, biblio, index, broché, bon état. Texte en anglais

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"Les deux historiens économistes de Cambridge, auteurs l'un et l'autre d'excellentes monographies (sur les domaines d'Ely pour E. Miller, sur l'économie rurale de la Cornouailles pour J. Hatcher) ont été chargés du volume concernant l'économie rurale du XIe au XIIIe siècle dans la nouvelle collection que dirige, chez Longman, Asa Brigg : le tableau qu'ils entendent dresser est celui d'une expansion dans le cadre d'un sous-développement qui aboutit, en fin de compte, à une situation de crise. Une vision maintenant classique donc, mais leur manuel est sans doute le plus précis, le plus clair et le mieux informé dont on dispose pour l'Angleterre. Pour l'étudiant français, c'est en tout cas le livre qu'il faudra aborder en priorité." (Jean-Philippe Genet, Annales ESC, 1981)

64.              MINELLA (Alain-Gilles). Alienor d'Aquitaine. L'amour, le pouvoir et la haine (1122-1204). Perrin, 2004, in-8°, 358 pp, chronologie, généalogies, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Elle a 29 ans, il en a 19 et leur rencontre fut un coup de foudre. Ainsi commence une extraordinaire histoire d'amour et de politique, celle d'Aliénor d'Aquitaine, reine de France, mal mariée à Louis VII, qu'elle va bientôt quitter pour Henri, le jeune fils du comte d'Anjou. Au-delà de cette union passionnée, Henri et Aliénor ont un sens inné de la politique. Ensemble, ils vont bâtir un empire, l'empire Plantagenêt qui, à son apogée, s'étendra de l'Irlande et l'Angleterre à la Normandie, la Bretagne, et jusqu'à la Guyenne. Ils auront huit enfants dont deux régneront sur l'Angleterre : Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre.

65.              MOR. Les Cathares. La colombe et le fer. Cazilhac, Belisane, 2009, in-8°, 77 pp, 24 illustrations de l'auteur dans le texte et à pleine page, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Au XIIe siècle, la nouvelle religion cathare s'est implantée avec ferveur et amour dans le Midi de la France. L'Eglise de Rome, pour conjurer cette hérésie, lance ses armées sur les traces des Cathares. Au cri de « Dieu le Veult ! » C'est la croisade !... Emprisonnements, traques, meurtres, bûchers sont désormais l'avenir des parfaits. Respectés et aimés des uns, haïs et pourchassés par les autres, ils vont par les routes, pauvres et inspirés, enseignant malgré la tourmente la délivrance des âmes... de toutes les âmes !

66.              MOREAU (Marcel). La Tradition celtique dans l'art roman. Avant-propos de Maxime Gorce. Préface de Eugène Canseliet. Le Courrier du livre, 1975, in-8°, 190 pp, nouvelle édition revue et corrigée, nombreux dessins et figures dans le texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

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"Une expérience millénaire avait légué aux druides de sérieuses notions sur la formation de l'univers, l'importance des minéraux et de leurs radiations, le mouvement des astres et leurs effets, les solstices, les equinoxes, les mesures du temps, les lois d'attraction, de gravitation, de rayonnement, la science des nombres. Ils ne dévoilaient leurs secrets qu'à un nombre limité d'initiés, pour lesquels ils donnaient la clé des symboles, souvent très simples, bien qu'incompréhensibles au vulgaire. Il y eut dès les origines du christianisme des affinités certaines avec le druidisme ; opposés farouchement à l'invasion romaine, les druides semblent avoir favorisé la religion nouvelle qui sapait le matérialisme dispensé par Rome. Les anciens symboles de la tradition primitive se superposent quelquefois d'une façon suggestive ; par exemple, l'iconographie chrétienne ne représente-t-elle pas Saint-Jean tenant en main une coupe d'où se dresse un serpent ? N'est-ce pas là un des plus vieux symboles : la coupe, symbole du cœur et de la vie physique, l'ancien chaudron de Koridwen où se préparait la mutation des mondes, devenue par la suite le Graal du Christianisme, d'où sort le serpent, cette grande figuration ancienne de lumière créatrice de vie, matérielle et spirituelle. Notre civilisation a su conserver dans ses cathédrales et ses plus modestes églises les premiers et puissants symboles qui ont guidé l'humanité. C'est ainsi que l'art roman, lorsque il prit sa personnalité, puis s'imposa dans l'édification des églises, recourut volontiers, lui aussi, aux symboles empruntés à diverses influences, et même il adopta ceux du druidisme qui pouvaient être utilisables pour des fins chrétiennes. L'auteur a découvert cette influence celtique en de nombreux monuments romans, notamment dans le Bourbonnais, l'Auvergne et le Berry ; par cette influence peut être expliqué le sens symbolique des sculptures ou chapiteaux énigmatiques. La démonstration et l'argumentation de l'auteur nous offrent des aperçus fort intéressants : les fonctions mystiques du compagnonnage, les tracés régulateurs des édifices (exemple la crypte romane de Sainte-Bénigne à Dijon), les lois des nombres, le Nombre d'Or, le symbolisme de certains nombres (l'octogone et la croix à huit branches). La construction romaine semble basée sur la connaissance et l'application de la science des Nombres. Mais il y a plus, les vieux symboles de la civilisation des dolmens, tels que la croix, la fleur de lys, le coq, le cœur, le cheval et le serpent, réapparaissent étroitement unis avec la même signification dans l'Art roman. En définitive, il semble que le Christianisme n'ait pas cherché à abolir les mystères anciens, mais plutôt à les réexpliquer, en les sortant de l'idolâtrie dans laquelle ils avaient sombré ; et l'auteur conclut que l'Art roman est un art ordonné et dirigé, profondément symbolique, dont une partie de la grandeur vient précisément de ce qu'il a, au maximum, tiré parti de ses possibilités symboliques." (Revue archéologique du Centre de la France, 1964)

67.              PACAUT (Marcel). Frédéric Barberousse. Fayard, 1967, in-8°, 316 pp, cartes, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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"... Frédéric Barberousse n'est pas seulement le plus grand Empereur du Moyen Age, il est resté le héros national allemand, le plus prestigieux de tous peut-être dans l'imagination populaire. L'Allemagne qui lui était remise, il l'a aimée profondément. Empereur et roi durant trente-huit ans, il est mort par accident en conduisant une nouvelle croisade pour délivrer Jérusalem retombée au pouvoir de l'Islam. Sa disparition soudaine dans les eaux du Sélif le fit comparer à Moïse mourant avant d'atteindre la terre promise et servit sa légende plus qu'elle ne lui a nui. Le héros, dirent les poètes, n'était pas mort. Il était seulement endormi dans une caverne des montagnes. Un berger l'avait vu. Il sommeillait le coude appuyé sur une table de marbre. Sa barbe déjà avait fait neuf fois le tour de la table. Réveillé par le bruit des pas, il demanda : "Les corbeaux volent-ils encore autour de la montagne ? ". Sur la réponse affirmative du pâtre, il se rendormit. Son heure n'était pas encore venue. Cet homme de légende fut un homme d'action, un politique, un ambitieux. Il s'est heurté aux communes lombardes, éprises de liberté, à un grand féodal Henri-le-Lion, le Guelfe, à des grands papes, Adrien IV, Alexandre III. Sa vie fut une lutte constante. Quelles idées l'ont mené ? Quels desseins a-t-il poursuivis ? Pour raconter cette vie, expliquer l'empire, faire revivre Barberousse, ses conseillers, ses adversaires, transporter le lecteur dans ce XIIe siècle, si riche, si mouvementé, si tragique, il fallait un historien qui fût un grand germaniste et un écrivain." (L'éditeur) — "M. Pacaut s'est déjà distingué par de nombreuses publications et surtout par ses ouvrages sur le pape Alexandre III et sur Louis VII, roi de France, qui constituent une contribution importante aux recherches sur l'histoire politique et religieuse de l'Europe au XIIe s. Avec son récent ouvrage sur Frédéric Barberousse il continue ces travaux. Comme il n'existe en langue française jusqu'aujourd'hui aucun livre sur l'empereur, l'auteur veut combler en même temps une lacune dans l'historiographie française. Son ouvrage n'est donc pas destiné uniquement aux historiens proprement dits, il s'adresse expressément au public cultivé auquel il veut faire comprendre la personnalité et l'oeuvre de l'empereur. (...) Malgré la densité du texte, l'auteur a su nous donner un tableau vivant de la personnalité de l'empereur et de son oeuvre. Très utiles sont les tables généalogiques et les cartes qui accompagnent le livre." (Karl Jordan, Cahiers de civilisation médiévale, 1969)

68.              PACAUT (Marcel). Louis VII et son royaume. P., SEVPEN, 1964, gr. in-8°, 258 pp, préface de Robert Fawtier, 2 cartes dépliantes hors texte, biblio, index, broché, trace de mouillure ancienne sur la couverture, état correct. Rare

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"Marcel Pacaut nous a donné un livre dont le titre embrasse tout le règne et tout le royaume. Pour traiter en détail cet énorme sujet, un livre de 260 pages est forcément succinct et tributaire de travaux d'érudition déjà publiés. Au contraire, la partie vraiment originale de l'ouvrage est le commentaire et l'utilisation des documents domaniaux, notamment du compte de 1202-1203, et elle apporte une quantité de connaissances neuves et précises. C'est une contribution extrêmement importante à l'histoire du XIIe siècle. Il semble que le tableau du reste du royaume et le récit des événements du règne soient là pour éclairer et faire mieux comprendre cette étude qui procède directement des sources. Mais celle-ci est un morceau de choix, solide et fouillé, et les historiens auront une très grande reconnaissance à M. Pacaut de leur avoir donné là des résultats définitifs." (J. Boussard, Revue belge de philologie et d'histoire, 1966)

69.              TUNC (Suzanne). Les Femmes au pouvoir. Deux abbesses de Fontevraud au XIIe et XVIIe siècles. Editions du Cerf, 1993, in-8°, 200 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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"Il est bien connu que l'ordre double de Fontevraud eut l'originalité d'être gouverné par des abbesses ayant autorité tant sur les moniales que sur les frères. S. Tunc s'est penchée sur le cas de deux des plus éminentes, la première, Pétronille de Chemillé (1115-1149), et la trente-troisième, Gabrielle de Rochechouart de Mortemart (1670-1704). (...) Féministe convaincue, l'A. – après avoir longuement insisté sur la misogynie ecclésiastique aux XIe et XIIe s. (p. 29 et ss) et déploré (p. 46) qu'en 1210 la papauté ait jugé « absurde » le fait que des abbesses puissent confesser leurs moniales – conclut son ouvrage par un vibrant plaidoyer en faveur de l'ordination sacerdotale des femmes. Cet excès mis à part, ce petit livre n'en constitue pas moins une très agréable vulgarisation." (J.-M. Bienvenu, Cahiers de civilisation médiévale, 1995)

70.              VILLON (François). Le Testament Françoys Villon de Paris, orné de figures du temps. Se vend à Paris, à la Sirène, 1918, in-12, 143 pp, 80 reproductions de gravures sur bois tirées d'ouvrages datant de 1478 à 1533 dont on trouve les titres en fin de volume, glossaire, imprimé sur papier bouffant, broché, couv. rempliée, bon état. Peu courant

            40

"Cette nouvelle édition de Villon est un essai de restitution d'une époque par son imagerie, à la faveur d'un poème immortel." — "C'est une heureuse idée que d'avoir cherché à faire renaître, en marge même du Testament et pour en illustrer le texte, « les visages, les attitudes, les modes, voire les décors familiers du XVe siècle ». Il y a 80 gravures (toutes empruntées à des livres de l'époque) dont les plus anciennes datent de 1478 et les plus récentes nous reportent dans le premier tiers du XVIe siècle. On ne chicanera pas l'éditeur sur cette définition un peu large du XVe siècle. Il est certain que dans l'ensemble ces « images » donnent une impression d'unité et s'accordent avec le ton général de l'œuvre de Villon. De même, sauf quelques-unes un peu vagues ou parfois même obscures, chacune d'elles prise en particulier est vraiment topique ; elles font tomber sur ces strophes du XVe siècle comme un rayon de clarté contemporaine. Si nous nous étions représenté un peu autrement la Belle Heaulmière, nous avons goûté les gravures qui sont tirées des différentes éditions de Villon et du Roman de la Rose. Celle des trois pendus, qui illustre les vers « Mal des ames et bien du corps, Gardez vous tous de ce mau hasle », est saisissante. C'est un excellent commentaire de la strophe CXLVI et qui nous fait bien voir comment la « Ballade de Bonne Doctrine à ceux de mauvaise vie » prépare en effet et annonce l'admirable « Ballade des Pendus ». Le texte est celui de la collection des Classiques français (1914) avec quelques lectures empruntées au Villon de M. Pierre Champion." (L. Foulet, Romania, 1918)

71.              YRIARTE (Charles). Françoise de Rimini dans la légende et dans l'histoire. P., J. Rothschild, 1883, in-8°, 144 pp, ouvrage illustré de vignettes et dessins inédits d'Ingres et d'Ary Scheffer dans le texte et à pleine page, imprimés en sépia et compris dans la pagination, et d'un portrait-frontispice de Dante Alighieri, bandeaux, lettrines et cul-de-lampes, un fac-similé, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs filetés, titres dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état. Edition originale imprimée à 600 exemplaires, un des 500 ex. numérotés sur papier du Japon

            70

Une étude sur le fait historique très controversé qui a servi de texte à l'épisode célèbre du Ve Chant de l'Enfer de la Divine Comédie : le meurtre de Francesca di Rimini et celui de Paolo Malatesta par Giovanni, époux de Francesca et frère de Paolo.

72.              [Zodiaque] – DESCHAMPS (Paul). Terre Sainte Romane. Zodiaque, 1964, gr. in-8°, 323 pp, 130 héliogravures et 8 pl. en couleurs hors texte, cartes et plans, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, étui carton, bon état (la Nuit des Temps, 21)

            50

"Il faut certainement se féliciter de voir paraître dans la collection « La nuit des temps », éditée par l'abbaye de La Pierre-qui-Vire, ce livre sur l'art « roman » en Terre sainte, dont le texte est tout entier de M. Paul Deschamps. Que l'auteur ait été obligé de briser un peu le cadre de la collection, qui se veut exclusivement romane, était fatal : le Crac des chevaliers est en grande partie gothique, Margat ne peut passer pour une œuvre romane ; quels sont d'ailleurs les critères qui distinguent roman et gothique dans le domaine de l'architecture militaire ? Il importe peu que le titre soit quelque peu inadéquat au sujet, pourvu que le sujet soit bien traité, et il l'est, comme on pouvait s'y attendre. Et il est singulièrement utile d'avoir, de la main d'un spécialiste éminent, un ouvrage facilement accessible où l'on trouvera des études, brèves mais précises, sur quelques monuments de Terre sainte pour lesquels il fallait se reporter à des ouvrages devenus introuvables. (...) Le texte de M. Paul Deschamps dont on voit assez l'intérêt, s'accompagne d'un grand nombre de plans très précieux et, comme il est habituel dans cette collection, d'admirables photos tant en noir qu'en couleur. Leur nombre et leur qualité réjouiront les archéologues qui n'ont pas facilement sous la main des vues de ces monuments lointains. Les éditeurs de Zodiaque n'ont pas hésité à faire le pèlerinage de Terre sainte pour cette fructueuse campagne photographique. Il convient de les en remercier chaleureusement." (Francis Salet, Bulletin Monumental, 1965)

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

73.              CARRÉ (Lt.-Col. Henri). Gabrielle d'Estrées, presque reine (1570-1599). Hachette, 1935, pt in-8°, 252 pp, broché, couv. illustrée, bon état. On joint un tableau généalogique manuscrit à l'encre des trois enfants d'Henri IV et Gabrielle d’Estrées

            20

Grand amateur de femmes, Henri IV est bien connu pour avoir eu de très nombreuses maîtresses et favorites. L’une d’elle tient une place à part dans la vie du roi : c’est Gabrielle d’Estrées, avec laquelle il vit une passion amoureuse pendant huit ans. Elle lui donne trois enfants qu’il légitime. Séparé de Marguerite de Valois (la reine Margot), Henri IV n’a plus qu’un souhait pour parfaire son bonheur : épouser Gabrielle et la hisser sur le trône de France. Mais certains ne voient pas ce mariage d’un très bon œil car Gabrielle n’est pas de sang royal. Face à la raison d’État, on l’incite à épouser Marie de Médicis. C’est à ce moment que Gabrielle disparaît dans des circonstances tragiques...

74.              CARRÉ (Lt.-Col. Henri). La duchesse de Bourgogne. Une princesse de Savoie à la cour de Louis XIV, 1685-1712. Hachette, 1934, pt in-8°, 244 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"M. le lieutenant-colonel Henri Carré vient de consacrer à la Duchesse de Bourgogne un ouvrage d'une belle tenue littéraire. Malgré sa vénération pour son héroïne, il n'est guère parvenu à rendre celle-ci sympathique. De son livre se dégage une figure juvénile, gracieuse, plaisante, assez semblable à celle que laissa, dans l'histoire de la cour de Louis XIV, Madame (Henriette d'Angleterre), duchesse d'Orléans, mais bien plus futile encore, bien plus superficielle et bien moins touchante ; car, au contraire d'Henriette d'Angleterre, Adélaïde de Savoie ne possédait aucune culture d'esprit, n'avait d'autre goût que celui du plaisir, n'était capable de rendre à la couronne aucun service d'ordre politique. Tandis que la première eut de sérieuses raisons de mépriser son époux, la seconde trompa le sien, qui péchait par excès de vertu, sans motifs vraiment plausibles. La grande gloire d'Adélaïde de Savoie consista, en définitive, à avoir pris tout le cœur de Louis XIV, éveillé en celui-ci la fibre paternelle qui n'avait guère vibré, avant sa venue à la cour. Elle était fille de Victor-Amédée II, duc de Savoie, et d'Anne d'Orléans, princesse française. Elle atteignait l'âge de onze ans quand le roi de France négocia son mariage avec son petit-fils, le duc de Bourgogne à peine adolescent, dans le but d'empaumer le Savoyard plutôt enclin à soutenir les intérêts de l'Autriche. La petite princesse, dotée par Sa Majesté de 200.000 écus d'or, survint en France dans un éclat d'apothéose. Elle n'était point belle à proprement parler, mais intelligente, rieuse, mignoteuse et, d'instinct, diplomate. Elle sut, tout de suite, en le cajolant, émouvoir le vieux souverain, apprivoiser la coriace marquise de Maintenon qu'elle appela sa tante. On la mit, pour achever son éducation, au couvent de Saint-Cyr, mais elle n'y apprit guère que balivernes. Elle entrevoyait, de temps à autre, son fiancé, le duc de Bourgogne, prince dont le duc de Beauvilliers, son gouverneur, et Fénelon, son précepteur, entraînaient si fâcheusement l'esprit vers la dévotion qu'ils étouffèrent, sous celle-ci, tous ses dons. Elle l'épousa en décembre 1697, chapitrée par Mme de Maintenon. Elle fut vivement aimée de cet adolescent virginal qui connut, pour la première fois, par elle, les délices de la chair. L'aima-t-elle ? On en peut douter. Avec les années le duc, dégénéré au physique, devint quasiment bossu, tourna vers l'ascétisme, prit dans les affaires militaires fort importantes qui lui furent confiées, une figure lamentable de vaincu. Il ne lui fit pas honneur. A ce docte en toutes sortes de sciences, à ce bigot, toujours en oraisons et toujours prêchant, qu'elle ne pouvait endurer dans sa couche, elle préféra le marquis de Nangis, beau comme un berger de l'Astrée, et même le marquis de Maulevrier, un fol, qui se suicida pour elle. M. le lieutenant-colonel Henri Carré tient, dans son livre, avec complaisance et agrément, la gazette des divertissements de son héroïne, choqué parfois cependant de découvrir tant de puérilité dans l'esprit de cette princesse. La duchesse de Bourgogne fut grande joueuse, gaspillant des sommes immenses les cartes en mains ; elle fut également ardente danseuse de ballets et de mascarades et furieuse chasseresse ; dans les derniers temps de sa vie, elle osa même monter sur les tréteaux de la cour et y interpréter des rôles de comédie. Le goût de la maternité ne l'animait guère ; elIe eut, par ses imprudences, de nombreuses fausses-couches. Le dernier de ses enfants, le duc d'Anjou, survécut seul de tous les héritiers de Louis XIV et devint le roi Louis XV..." (Emile Magne, Mercure de France, 1934)

75.              CASTRIES (Duc René de). Le Maréchal de Castries (1727-1800). Flammarion, 1956, in-8°, 281 pp, préface du duc de Lévis Mirepoix, sources et biblio, pièces justificatives, broché, couv. illustrée, qqs rares annotations crayon, bon état (Coll. Les Grandes biographies)

            25

Ouvrage couronné par l'Académie française. "Excellent tacticien, Castries se révéla un stratège de large envergure, un grand administrateur, à la tête du ministère de la Marine et l'un des principaux artisans du concours apporté par les armées françaises à l'indépendance des Etats-Unis. Ce sera l'un de ses titres de gloire d'avoir été l'homme de confiance, dans cette oeuvre si méconnue et pourtant si personnelle, de Louis XVI."

76.              CHASTEL (André). Le Sac de Rome, 1527. Du premier maniérisme à la contre-Réforme. Gallimard, 1984, gr. in-8° carré, 369 pp, 79 illustrations, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque illustrée des histoires)

            30

Le sac de Rome n'étudie pas l'expédition guerrière du connétable de Bourbon qui a ravagé Rome, dernière manifestation des grandes razzias médiévales ; ce qui intéresse André Chastel, professeur d'histoire de l'art au Collège de France, décédé en 1990, ce sont les retentissements de l'événement et ses significations symboliques, le bouleversement des esprits et de la production artistique. Pour la première fois dans l'histoire, au lendemain de l'invention de l'imprimerie, une «presse à sensation» intervient avec l'explosion des libelles, des estampes, des feuilles volantes répandus en France et en Allemagne, la diffusion dans le Nord germanique des pamphlets de propagande, qui dénoncent la Babylone diabolique de la Chrétienté. Toutes ces données qu'on avait jusqu'ici négligé de regrouper commandent la nouvelle étude du drame militaire, politique et religieux qui aboutit à la catastrophe sanglante de mai 1527. Vasari enregistrait comme un fait remarquable la dispersion des peintres, graveurs, architectes frappés par l'invasion de Rome et obligés de fuir à Gênes, à Sienne, à Venise ou même, comme le Rosso, en France. Et à sa suite, la tradition voulait que l'événement marquât le passage, en Italie, de la haute Renaissance au Baroque. Pour André Chastel, ce que le sac a tué, c'est plutôt la première naissance du maniérisme : une quantité d'œuvres d'art ont été pillées, brisées, souvent perdues. Un style original et élégant se manifestait, dès 1525, dans les œuvres de Pierino dei Vaga, de Peruzzi, de Polidoro, du Parmesan ou du Rosso, style clémentin inspiré d'un retour à l'antique et brisé en plein essor. La rentrée à Rome, en 1528, d'un pape qui porte la barbe pénitentielle marque le temps des réconciliations et des mesures expiatoires parmi lesquelles, à certains égards, Le Jugement dernier de Michel-Ange, conclusion riche en interprétations multiples sur la catastrophe. Statues, médailles, fresques et tombeaux : les œuvres d'art révèlent la sanction durable du drame restitué dans sa complexité. — "En choisissant pour objet de ses recherches et de sa méditation le célèbre et sanglant événement qui bouleversa la Chrétienté et qui est connu sous le nom de « Sac de Rome », A. Chastel n'a pas voulu seulement, après bien d'autres – la vaste bibliographie en fait foi – reprendre le récit des faits à partir de sources nouvelles et d'un nouveau regard sur les hommes et les choses d'alors. Historien de l'art, il interroge surtout les artistes. Style d'une époque, d'une sensibilité, d'une religiosité, que le choc brutal ou le réveil du printemps 1527 devait opposer à une tout autre sensibilité, à un tout autre style : celle et celui des « Barbares », en l'occurrence les troupes impériales conduites par le duc de Bourbon, mais aussi, et plus secrètement, la sensibilité et le style de la puissance matérielle, anti-littéraire, anti-humaniste, païenne et révolutionnaire. Mais la Rome de Clément VII n'était-elle pas dénoncée par les humanistes eux-mêmes, et par Erasme en particulier, comme étant un nid de corruption et de paganisme ? Et, une fois passé le frisson d'épouvanté, et comptabilisés les ruines et les massacres accumulés en quelques jours, les troupes de Charles Quint n'allaient-elles pas apparaître, aux yeux de quelques esprits à l'âme prophétique et nourris de l'Apocalypse, comme l'instrument de la colère de Dieu, donnant aux peuples, aux princes, aux prélats et au Vicaire du Christ, de grandes et terribles leçons ? Chastel « emblématise » l'événement, qui acquiert dès lors une dimension hautement intellectuelle et morale..." (Jean-Claude Margolin, Revue de l'histoire des religions, 1985)

77.              [COURTILZ de SANDRAS, Gatien de]. Mémoires de Mr. L. C. D. R. contenant ce qui s'est passé de plus particulier sous le ministère du cardinal de Richelieu et du cardinal Mazarin, avec plusieurs particularités remarquables du règne de Louis le Grand. La Haye, Henry van Bulderen, 1688, in-12, (16)-456 pp, jolie reliure demi-veau glacé fauve, dos à 5 petits nerfs guillochés et caissons ornés dorés, pièce de titre basane carmin, tranches rouges (rel. du XIXe), bon état

            300

Seconde édition corrigée et revue de ces mémoires romancés par Courtilz de Sandras qui inspirerons le personnage du comte de Rochefort à Alexandre Dumas. De tous les mémoires supposés, c'est celui dont le contenu historique est le plus important. La trame principale s'articule autour du destin de Rochefort, une fusion de deux personnages historiques, Jean-Baptiste de Rochefort, qui fut aide de camp de Turenne, et le marquis de Rochefort, maréchal de France. — "Courtilz avait lu Varillas, comme l'atteste l'éloge dans la préface de son « Histoire de Coligny », et a appliqué certaines règles de cette « histoire cachée », en les transposant sur un plan romanesque. Très souvent l'auteur emploie l'anecdote pour montrer des grands personnages dans des situations embarrassantes voire compromettantes. Il remarque que les plus grands hommes sont sujets aux mêmes faiblesses et aux mêmes passions que tous les hommes. (...) Ce mémoires apocryphe fut le chef-d'oeuvre de l'auteur. Avec vingt-cinq rééditions, l'ouvrage connut un succès attesté par les contemporains tandis que la célébrité relative des « Mémoires de d'Artagnan » dut attendre l'oeuvre d'Alexandre Dumas." (Steve Uomini, L'apocryphe authentique : L'histoire dans les mémoires de M.L.C.D.R. de Courtilz de Sandras) — Les Mémoires de Mr. L. C. D. R. seront poursuivis et interdits. (Anne Sauvy, Livres saisis à paris entre 1678 et 1701). — Écrivain à succès, Gatien de Courtilz de Sandras (1644-1412) vécut une existence assez tumultueuse en raison de ses écrits polémistes. Attaquant la politique française, « La hardiesse de sa plume lui valut douze années de Bastille. » (Quérard), il livre dans ses écrits un tableau coloré de la fin du grand siècle, riche en anecdotes, scandales et détails croustillants.

78.              DULONG (Claude). Mazarin. Perrin, 1999, gr. in-8°, 417 pp, 8 pl. de gravures hors texte, annexes, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Mazarin est à la fois l'un des plus grands hommes d'Etat que la France ait connus et l'un des plus décriés. Sa qualité d'étranger, sa modeste extraction, son enrichissement, ses méthodes mêmes, qui préféraient l'intrigue, le charme et la persuasion aux coups d'autorité, rendirent sa réussite insupportable à la classe politique et à l'opinion française de son temps. Pour raconter l'histoire de cette ascension, qui commence en 1601 dans un village des Abruzzes, il fallait un auteur qui connût aussi bien le personnage que la société du temps, le contexte international, la cour de France et la reine Anne d'Autriche, sans laquelle Mazarin ne fût pas devenu premier ministre. Claude Dulong donne avec ce livre la quintessence d'années de recherches consacrées à l'énigme Mazarin. Elle nous fait revivre ses débuts de jeune diplomate pontifical ; elle souligne l'importance décisive de sa rencontre en 1630 avec Richelieu qui fut son maître à penser et le convertit aux intérêts de la France. Naturalisé en 1639, cardinal (sans être prêtre) en 1640, Mazarin, après avoir été le confident et l'agent de Richelieu, devient son successeur moins de trois ans plus tard et le reste pendant près de vingt ans. On découvre avec quelle habileté il obtint le constant appui d'Anne d'Autriche, régente au nom de son fils mineur, Louis XIV, et les documents inédits exploités par l'auteur éclairent d'un jour nouveau la liaison de la reine et de son ministre. On suit, comme dans un roman, les péripéties politiques et diplomatiques de l'époque, dominées à l'intérieur du royaume par la Fronde, et à l'extérieur par les négociations des deux grands traités de Westphalie et des Pyrénées, qui mirent fin, pour le plus grand profit de la France, à une guerre de vingt-cinq ans avec la maison d'Autriche. On mesure, avec les "mazarinades", l'importance naissante de la propagande et contre-propagande dans la vie politique française. On admire le goût du cardinal à travers ses palais, ses oeuvres d'art, ses pierreries, sa bibliothèque, tout cela sans doute mal acquis, mais dont il légua une bonne part à la France. Ainsi, grâce à Claude Dulong, le lecteur peut enfin porter un jugement équilibré sur celui qui, à sa mort en 1661, avait fixé les frontières de la France et sauvé le trône de Louis XIV.

79.              FORNERON (H.). Louise de Kéroualle, duchesse de Portsmouth, 1649-1734. Plon, 1886, in-12, 278 pp, un portrait d'après P. Lely en frontispice et un fac-similé d'autographe dépliant hors texte, lettres de la duchesse de Portsmouth en appendice, reliure demi-percaline chocolat à la bradel, dos lisse avec titres dorés, C. de bibl., bon état. Peu courant

            60

La vie de cette favorite de Charles II, dont le rôle est capital dans l'histoire des relations anglo-françaises de 1670 à 1685. Née en 1649, d'une ancienne famille bretonne, Louise de Kéroualle devient, à vingt ans, fille d'honneur d'Henriette d'Angleterre. En 1670, à Douvres, où elle a suivi Madame, sans que rien prouve qu'elle ait été « destinée » à Charles II, elle est remarquée par le roi. Revenue en France, laissée sans place ni protection par la mort de Madame, elle est ramenée en Angleterre par Buckingham, attaché à l'alliance française, et qui tient la jeune fille pour capable d'y fixer Charles II. Quelques semaines après son arrivée à Londres, Colbert de Croissy, ambassadeur de France, s'avise qu'elle peut être utile, et en informe Louvois, qui, jusque-là, quoi qu'on en ait dit, ne s'est pas occupé d'elle. C'est à la suite d'une intrigue menée pendant un an par Colbert de Croissy et le ministre Arlington, que Louise de Kéroualle se donne à Charles II. Si son rôle dans la déclaration de guerre à la Hollande a été exagéré, son influence s'affirme nettement, dès 1672, dans l'affaire du mariage du duc d'York. En 1673, elle est naturalisée anglaise, devient duchesse de Porthsmouth, et Charles II obtient pour elle de Louis XIV, qui la suit et la ménage, la terre ducale d'Aubigny-sur-Nièvre en Berry. Désormais, si l'on néglige quelques courtes périodes de moindre crédit, sa toute-puissance se maintient constante, contre les jalousies des ex-maîtresses du roi ou de celles qui aspirent à le devenir, malgré le danger que lui fait courir la venue en Angleterre (1675) de la belle Hortense de Mazarin, en dépit de la haine dont la poursuit le peuple anglais. Sans doute, elle profite largement de la faveur royale ; elle reçoit et dépense des sommes énormes. Néanmoins, ce n'est pas une intrigante vulgaire. Si elle règne sur Charles II, c'est autant par les qualités de l'esprit que par celles du corps, et elle paraît n'avoir point manqué, surtout au début, de certaine délicatesse morale. (Revue d'histoire moderne et contemporaine)

80.              GRIMMER (Claude). La Femme et le bâtard. Amours illégitimes et secrètes dans l'ancienne France. Presses de la Renaissance, 1983, gr. in-8°, 281 pp, introduction d'Emmanuel Le Roy Ladurie, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Dans ce livre admirablement documenté, foisonnant d'anecdotes et de détails curieux, Claude Grimmer nous fait vivre les amours secrètes de l'Ancien Régime, celles du manant comme celles du roi, du noble, du prêtre ou du bourgeois. Elle nous entraîne à sa suite dans tous les lieux de plaisir où se conçoivent les futurs bâtards, depuis le misérable bordel de campagne jusqu'aux alcôves de Versailles. Elle retrace ce que sera le destin de ces enfants illégitimes, selon leur catégorie sociale, dans un Etat dominé par la morale chrétienne. Précédé d'une très belle introduction d'Emmanuel Le Roy Ladurie, cet ouvrage lève le voile sur les comportements les plus intimes de la société française avant la Révolution. Témoignage objectif et nuancé, il fait apparaître une nouvelle image de la femme.

81.              GUILLERM (Luce). Sujet de l'écriture et traduction autour de 1540 : la traduction française des quatre premiers livres de l'« Amadis de Gaule » : le discours sur la traduction en vulgaire. (Thèse). Sans lieu ni nom, s.d. (1987), gr. in-8°, v-609 pp, 8 illustrations hors texte, biblio, broché, qqs marques et annotations crayon en marges, bon état. Thèse sous la direction de G. Mathieu-Castellani

            45

La traduction apparaît au XVIe siècle en France comme un instrument de l'ajustement des stratégies d'appropriation intertextuelle, à la faveur duquel peut se repérer l'affleurement d'une présence du "sujet de l'écriture". Pour éclairer cette évolution, on a fait converger deux analyses complémentaires. Dans la traduction de l'« Amadis de Gaule », l'inscription de l'auteur-sujet apparaît d'abord comme un effet de texte. Poussant à l'extrême les tendances qui dans les récritures romanesques antérieures organisent progressivement l'économie narrative "vraisemblable", cette version choisit d'exhiber ludiquement les écarts qui résultent de ce traitement même, et se présente comme un montage de textes hétérogènes spectaculairement renvoyés l'un à l' autre par un montreur qui se désigne lui-même à l'origine de ces jeux, allant jusqu'à glisser dans le texte sa signature. C'est au même moment, vers 1540, que le discours sur la traduction met en place une appréciation dévalorisée de cette activité par rapport à l' "invention" originale, et corrélativement une nouvelle représentation de l'auteur : inventeur libre et propriétaire de son œuvre. On tente de montrer, en suivant les glissements des images et des topoï qui disent les relations du traducteur à son modèle et à la langue française, que la figure du poète, telle que la propose la « Deffence et illustration », est l'aboutissement de cette évolution. Tandis que l'homologie du geste individuel par lequel le poète va s'approprier les modèles, et de celui par lequel le prince, confisquant et annoblissant à la fois le "travail" des traducteurs, ressuscite les grands textes et les rend productifs, laisse percevoir les enjeux idéologiques plus vastes par rapport auxquels situer cette nouvelle position symbolique assignée à l'écrivant.

82.              JANZÉ (Alix de, Vicomtesse de Choiseul-Gouffier). Les Financiers d'autrefois. Fermiers généraux. P., Ollendorff, 1886, in-8°, 360 pp, broché, couv. factice sur laquelle on a collé le 1er plat de couv. original, dos muet, état correct. Peu courant

            40

"Biographies de Samuel Bernard, les frères Paris, La Popelinière, Dupin, Helvétius, Bouret, Boutin, etc., fournissant de nombreux détails sur les moeurs et le genre de vie des fermiers généraux." (René Stourm, Bibliographie des finances de la France)

83.              KER (Jean). L’apogée de “l'Affaire” de la Louisiane. Texte original de 1721. Montréal (Canada), Société historique du Lac Saint-Louis, 1982, in-8°, 40 pp, une page de présentation, suivi du fac-similé du texte de Jean Ker, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Les Mémoires de Jean Ker tracent un aperçu de la politique en Écosse, en Angleterre et sur le continent. Ce livre contient la reproduction d'un extrait de ces Mémoires où il donne un compte rendu contemporain, fascinant et enthousiaste de la manière dont on s'imaginait en fait la Louisiane. Cet extrait sur la Louisiane est tiré des "Mémoires de Mr. Jean Ker de Kersland ; contenant des réflexions & des particularités intéressantes, sur la puissance des François dans l'Ile d'Hispaniola & sur leurs établissemens dans le Mississipi ; sur la décadence des manufactures de laine en Angleterre ; sur les dépendances serviles en Écosse; & sur la disgrace du duc de Ripperda, premier ministre d'Espagne. Seconde partie publiée suivant les orders exprès, & traduite de l'Anglois. A Rotterdam, Chez Jean Daniel Beman, 1727" et reproduit en fac-similé.

84.              KOCH (Christian Guillaume de). Abrégé de l'histoire des traités de paix entre les Puissances de l'Europe depuis la paix de Westphalie. Basle (Bâle), J. Decker ; P., Onfrot et Charles Pougens, 1796-1797, 4 vol. in-8°, x-352, 301, vi-339-(4) et 244-(4)-80 pp, index, tables chronologiques des traités de paix, reliures demi-parchemin crème pour les tomes 1 et 2 et plein papier crème pour les tomes 3 et 4, pièces de titre basane bordeaux, tranches rouges (rel. de l'époque, sauf pour le tome 1, en reliure moderne à l'imitation des 3 autres tomes), bon état. Edition originale. Peu courant

            400

Tome I : 1648-1715. [Abrégé de l'histoire des traités de paix entre les Puissances du Midi (Espagne, Portugal, France, Grande-Bretagne, Hollande, Allemagne, Etats d'Italie). 1ère partie : Depuis la paix de Westphalie en 1648, jusqu'aux traités d'Utrecht et la Barrière en 1715]. – Tome II : 1717-1785. [Abrégé de l'histoire des traités de paix entre les Puissances du Midi. 2ème partie : Depuis la Triple-Alliance en 1717, jusqu'à la paix de Fontainebleau en 1785]. – Tome III : Traités de paix entre les puissances du Nord, 1579-1773. [Abrégé de l'histoire des traités de paix entre les Puissances du Nord (Suède, Danemark, Russie, Pologne) depuis la paix de Stettin de 1570 jusqu'aux traités relatifs au partage de la Pologne de 1773]. – Tome IV : Traités de paix entre les puissances chrétiennes et les Turcs, 1669-1784. [Abrégé de l'histoire des traités de paix entre les Puissances Chrétiennes et les Turcs, depuis la paix de Carlowitz en 1699 jusqu'au traité de Constantinople en 1784]. On trouve aussi une collection des traités de paix, de neutralité, d'alliance de commerce ou autres, conclus par la République françaises pendant la guerre de la Révolution au tome IV. — Christian Guillaume de Koch (1737-1813), professeur de droit public à Strasbourg, fut député à la Législative et membre du Tribunat.

85.              LA GUETTE (Catherine Meurdrac, dame de). Mémoires de Madame de La Guette, écrits par elle-même (1613-1676). Edition établie, présentée et annotée par Micheline Cuénin. Mercure de France, 1982, in-8°, 195 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            25

Au XVIIe siècle, les mémoires féminins sont rares. Ils s'intéressent généralement à la vie privée : les grandes dames s'y font connaître ou s'intéressent aux vedettes de l'actualité de l'époque. Rien de tel chez Mme de La Guette, riche en naissance mais modeste en biens. Ses Mémoires constituent un témoignage important sur la vie quotidienne durant la guerre de Trente ans. Les joies simples de la paix dans la campagne briarde s'effacent rapidement devant les malheurs de la Fronde au cours desquels cette femme manifeste une volonté, un courage et une abnégation peu communs : elle défend non seulement ses enfants, mais tous ses "gens", et parfois tous les villageois en détresse. En outre, elle prend la plume presque trente ans après les faits, forte d'une expérience acquise en un demi-siècle. Son humour inimitable, son étonnante mémoire visuelle et sa langue juste et savoureuse font d'elle une grande conteuse. — Ce texte est une révélation sur le plan historique et littéraire : vie quotidienne durant la Guerre de Trente ans, puis la Fronde au cours de laquelle cette femme intrépide manifestera ses capacités de tous ordres et son invincible humour. "Mariée en 1635 à Jean Marius dit de La Guette, elle fut séparée de lui pendant la Fronde. Tandis que son mari suivait le parti de Condé, elle restait fidèle au roi et vivait à Sussy en Brie dans un manoir qu'elle eut à défendre contre des bandes de pillards. En 1672, elle alla rejoindre ses fils en Hollande où elle écrivit ses mémoires. Son récit vaut comme peinture de moeurs, surtout pour la période de la Fronde" (Bourgeois et André II, 809).

86.              LÉOUZON LE DUC (Louis). L'Empereur Alexandre II. Souvenirs personnels. P., Michel Lévy, 1867, in-12, 365 pp, 2e édition, reliure demi-toile verte, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), coins émoussés, bon état. Peu courant

            50

Très intéressant ouvrage. En 1855, peu de mois après l'avénement d'Alexandre II au trône de Russie, Louis-Antoine Léouzon Le Duc (1815-1889) fit paraître un volume de souvenirs personnels sur le nouveau souverain. Alexandre avait alors trente-sept ans, il était dans la force de l'âge. Léouzon Le Duc, journaliste, écrivain, historien et diplomate, a traité en particulier dans ses œuvres des pays nordiques et de la Russie, pays où il fut chargé de mission.

87.              MINARD (Philippe). La Fortune du colbertisme. Etat et industrie dans la France des Lumières. Fayard, 1998, gr. in-8°, 505 pp, 17 cartes et graphiques, notes, biblio, broché, couv. illustrée, qqs annotations crayon, bon état

            25

Le fantôme du colbertisme n'en finit pas de hanter l'histoire de l'économie française. Colbert serait le fondateur d'une tradition de tutelle et d'intervention dont le pays n'aurait su se défaire. L'Etat aurait étouffé l'esprit d'entreprise. Philippe Minard rouvre le dossier et montre que l'opposition traditionnelle entre des fonctionnaires, toujours tatillons, et des entrepreneurs, naturellement libéraux, relève d'une idée reçue. Il nous conduit dans les ateliers et manufactures du XVIIIe siècle à la suite des agents du roi : à la fois contrôleurs et techniciens-conseils, ces inspecteurs sont l'œil et la main de l'Etat dans les provinces. Mais ils se révèlent des esprits éclairés conscients des défis de leur temps et capables de se remettre en cause. Les petits soldats du colbertisme sont loin d'être les serviteurs aveugles d'un Etat-Léviathan. Leurs enquêtes dessinent le tableau coloré d'une France industrielle et marchande qui oscille entre institution et marché. Parmi les fonctionnaires et les entrepreneurs, beaucoup se demandent s'il faut maintenir les règles et les normes qui soutiennent la confiance ou simplement laisser faire. A l'heure où notre société s'interroge sur le rôle de l'Etat dans l'économie, ce livre propose une relecture de la genèse du libéralisme en France.

88.              MONGRÉDIEN (Georges). La Journée des Dupes. 10 novembre 1630. Gallimard, 1961, in-8°, xxiv-276 pp, 32 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, rhodoïd, bande éditeur conservée, bon état (Coll. Trente journées qui ont fait la France)

            25

La journée des Dupes désigne les évènements des dimanche 10 et lundi 11 novembre 1630 au cours desquels le jeune roi de France Louis XIII, âgé de 29 ans, réitère contre toute attente sa confiance à son ministre Richelieu, élimine ses adversaires politiques et contraint la reine-mère Marie de Médicis à l'exil.

89.              MONOD (Alain). Vauban ou la mauvaise conscience du roi. Riveneuve, 2010, in-8°, 236 pp, 4 gravures et une carte, repères chronologiques, repères biographiques, biblio, annexes, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            15

Aucun des grands commis de Louis XIV n'osa s'adresser au Roi Soleil avec une telle liberté, frisant l'impertinence, en bousculant toutes les étiquettes, les règles et les lâchetés des grands courtisans du monarque absolu. Vauban, ce maréchal proche du pouvoir, nécessaire au pouvoir, fidèle au pouvoir, interpelle avec vigueur le plus puissant monarque que la France ait jamais connu. Contre l'indigne oppression religieuse et l'expulsion des protestants, au nom du credo "un roi, une loi, une foi". Pour la liberté d'opinion et de conscience qu'il revendique avec fermeté. Contre les iniquités et les injustices qui frappent un peuple plongé dans la misère. Pour une réforme profonde de la fiscalité fondée sur une contribution générale éliminant tous les "traitants" et autres intermédiaires véreux. En rupture avec son siècle, il est le premier à afficher officiellement une exigence morale devenue universelle. Vauban "hors les murs" apparaît ainsi comme un personnage exceptionnel qui marche, tout botté et encuirassé qu'il est, vers le siècle qui vient, le siècle des Lumières et le temps d'une Révolution dont il craignait la fatale conclusion.

90.              MORREN (Pierre). La vie lausannoise au XVIIIe siècle, d'après Jean Henri Polier de Vernand, lieutenant baillival. Genève, Labor et Fides, 1970, gr. in-8°, 625 pp, 8 pl. de gravures et un plan replié de Lausanne en 1721 hors texte, un tableau généalogique dépliant hors texe de la famille Polier, biblio, index, broché, bon état

            40

"Durant trente-sept ans, de 1754 à 1791, un haut magistrat lausannois parcourut quotidiennement sa ville, de la rue de Bourg où il résidait à la Cité où il travaillait. ... Il observe les mœurs de ses combourgeois au travers des audiences judiciaires, dans les Conseils de la ville, au prêche ou au théâtre. Chaque soir, il rédigea avec un soin méticuleux son "Mémorial". De ces documents, miraculeusement conservés, M. Morren a extrait foison de renseignements économiques et sociaux du plus haut intérêt, dévoilant sans pitié les mœurs de nos prédécesseurs. Un vrai régal pour tous les curieux de notre passé vaudois !" (Olivier Dessemontet, directeur des Archives cantonales vaudoises) — "Jean-Henri Polier (1715-1791), lieutenant baillival de Lausanne de 1754 à sa mort, a laissé un « Mémorial » ou Journal de plus de vingt-six mille pages, à côté de nombreuses lettres et feuilles éparses. Ce trésor, déposé désormais aux Archives cantonales vaudoises, a été présenté par M. Pierre Morren en un gros volume dans lequel il a donné à ses lecteurs, par tranches d'une dizaine d'années, un tableau de tout ce que le lieutenant baillival a relevé dans les innombrables pages de Journal qu'il tenait chaque soir avec une grande régularité. M. Morren a fait suivre ces tranches de vie lausannoise de chapitres spéciaux sur les étrangers, la justice, le théâtre, la médecine, les banquiers, etc. Parler de cette publication, c'est d'abord souligner la valeur exceptionnelle de cet ensemble de renseignements sur la vie lausannoise pendant près d'un demi-siècle. On saura gré à M. Morren d'avoir signalé d'une façon si abondante la richesse de cette source de données précieuses. Les historiens, alertés par cet ouvrage, sauront qu'on ne peut faire désormais l'histoire de Lausanne dans la seconde moitié du XVIIIe siecle sans aller faire des recherches dans les cahiers de l'infatigable lieutenant baillival." (Louis Junod, Revue historique vaudoise, 1971)

91.              PETITFILS (Jean-Christian). L'affaire des Poisons. Crimes et sorcellerie au temps du Roi-Soleil. Perrin, 2009, in-8°, 380 pp, 8 pl. en couleurs hors texte, table des personnages impliqués, repères chronologiques, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

            15

En 1679, à l'apogée du règne de Louis XIV, éclate l'une des plus vastes affaires criminelles de tous les temps : l'affaire des Poisons. D'un seul coup se révèle l'envers sinistre du décor : les crimes de la Voisin, les sortilèges, les conjurations démoniaques, les messes noires, les sacrifices rituels... Affaire stupéfiante, ténébreuse, touffue, aux ramifications gigantesques, dans laquelle se trouvent mêlées des centaines de personnes, dont les plus grands noms de la cour de France, notamment la favorite, Mme de Montespan, à tel point que le roi lui-même, pris d'inquiétude, tente d'étouffer le procès. De l'officine des alchimistes au repaire des sorcières, des marchands de philtres d'amour aux fabricants de poisons, en passant par le cabinet du magistrat instructeur, La Reynie, c'est l'enquête policière complète sur l'une des plus étranges et irritantes énigmes de l'Histoire qui est ici offerte au lecteur. Mettant en lumière les moeurs et les mentalités d'une époque qui n'a pas été seulement celle des splendeurs de Versailles et de la culture classique, l'ouvrage de Jean-Christian Petitfils, fruit de longues recherches, présente des découvertes et des explications très convaincantes.

92.              TEYSSEDRE (Bernard). L'Histoire de l'art vue du Grand Siècle. Recherches sur l'Abrégé de la Vie des Peintres, par Roger de Piles (1699), et ses sources. (Thèse complémentaire). Julliard, 1964, gr. in-8°, 400 pp, 16 planches de gravures hors texte, biblio, index, broché, bon état (Coll. Histoire de l'art). Edition originale

            60

Cet ouvrage s'efforce de reconstituer l'image qu'un contemporain de Louis XIV se donnait d'une histoire de la peinture. L'auteur s'efface derrière les textes qu'il cite, les estampes qu'il reproduit, même (ou surtout) si les maîtres du passé y apparaissent sous un jour étrangement déformé : Léonard de Vinci l'Académicien, Michel-Ange le Libertin, coloris et furie du Tintoret, Dürer bon dessinateur au goût près, Rembrandt ou la séduction dangereuse. Roger de Piles, allégué pour témoin sur toute une époque, marque ses jugements de son emprunte propre : amateur et théoricien, partisan des Vénitiens et de Rubens, adversaire de la tradition académique, il prend position à l'égard de ses contemporains - Félibien surtout - mais aussi d'auteurs italiens comme Vasari, Ridolfi, Bellori ou Malvasia, flamands comme Karel van Mander ou Coreneille de Bie, allemands comme Sandrart. L'histoire de l'art apparaît ici doublement réfractée : à travers cette variante qu'est le goût propre à un "curieux" particulièrement averti, original, sensible, Roger de Piles

93.              ZYLBERBERG (Michel). Capitalisme et catholicisme dans la France moderne. La dynastie Le Couteulx. (Thèse). Publications de la Sorbonne, 2001, gr. in-8°, 377 pp, généalogie, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            70

Pendant longtemps, on a pensé que les hommes d'affaires catholiques, contrairement aux protestants dont on estimait qu'ils étaient plus capables, ne songeaient qu'à quitter les activités marchandes en essayant de s'anoblir. On considérait qu'il s'agissait d'une "trahison" de la bourgeoisie. Or ceci, depuis quelque temps, a été remis en cause. Nombreux ont été les catholiques, Français ou étrangers, qui n'ont pas abandonné le monde des affaires dont leur maîtrise était indiscutable. L'étude de la dynastie Le Couteulx, qui après avoir été attirée par le protestantisme est revenue au catholicisme dans les années qui suivent l'Edit de Nantes, en est une preuve supplémentaire. Après être devenus marchands-drapiers à Rouen dans les premières décennies du XVIe siècle, les Le Couteulx fondèrent une banque privée à Paris dans les années 1670, qui fut considérée par Boisguilbert, au début du XVIIIe siècle, comme « la banque la plus fameuse de France» et le demeura jusqu'au début de la Révolution, tandis qu'un membre de la dynastie fut un des fondateurs de la Banque de France. — "Tout en s’inscrivant dans la lignée des recherches consacrées aux dynasties de grands marchands et entrepreneurs industriels à la suite des “Danse et Motte de Beauvais” de P. Goubert (1959) et des “Dolle et Raby de Grenoble” de P. Léon (1963), M. Zylberberg a voulu aller plus loin à propos de ces négociants occupés surtout de banque, d’origine normande, installés tôt à Paris et qui vont être parmi les maîtres de la finance privée. (...) M. Zylberberg ici, en dépit des importantes lacunes dans les sources, en se plaçant sous l’angle du collectif et de la longue durée, dresse tout de même le portrait de quelques figures vivantes et dessine l’ample comédie au sens balzacien du terme qu’est la montée et la puissance de la famille Le Couteulx. Chemin faisant, il traite de grands problèmes en utilisant les bonnes vieilles méthodes de l’histoire quantitative, mais élargies et affinées depuis quarante ans. Donc une réussite." (Guy Lemarchand, Annales historiques de la Révolution française, 2002)

RÉVOLUTION

 

94.              BENOIT (Michel). Portraits de révolutionnaires ardennais. Quand les Ardennes étaient Sans-Culottes ! Dominique Guéniot, 2002, in-8°, 127 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

De Charleville à Asfeld, de Givet à Mouzon, de l'abbaye d'Orval à Rethel, l'auteur nous fait suivre le parcours de ces ardennais humanistes ou monstrueux, idéalistes ou criminels, partisans de la monarchie ou précurseurs de la jeune République, qui finiront tragiquement dans la charrette du bourreau Sanson pour effectuer leur dernier voyage. Par ces hommes, véritables ardennais, l'auteur vous fera revivre les grandes heures de la première République ; le procès de Fouquier-Tinville, le secret de Pache, maire de Paris, la fuite de Varennes et la disparition des bijoux de la Reine, la journée du 10 août 1792, la répression contre les prêtres, la vie dans les prisons du Mont-Dieu à la Conciergerie.

95.              BENOIT (Michel). Saint-Just. L'apogée d'un silence, dernier regard. Suivi de : Quand la Nièvre était Sans-Culottes, sept portraits de Nivernais sous la Révolution. Dominique Guéniot, 2003, in-8°, 203 pp, 11 photos, gravures et fac-similés, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Il est dix neuf heures trente. Deux tombereaux montent la rue du Rocher en direction du cimetières des Errancis près de la barrière de Montceaux. Il est tard, on jette pêle-mêle dans la fosse les vingt deux corps des suppliciés du jour. Parmi eux, Louis Antoine Saint-Just, né à Decize, il y a vingt six ans. Nous sommes le dix thermidor de l'An II. – La Nièvre a elle aussi donné naissance à des hommes dont l'action fut essentielle durant cette période, tels que Chaumette de Nevers et Lefiot de Lormes. Elle fut le théâtre tragique du passage de Joseph Fouché et le témoin de la vie fantastique de femmes et d'hommes inconnus ou presque à ce jour ; Révolutionnaires, monarchistes, militaires au grand coeur, aventuriers. Ils périront tragiquement à Paris après avoir été jugés sommairement par un tribunal qui n'avait plus de révolutionnaire bien souvent que le nom. Ce sont les derniers instants de ces hommes qui, par leur force, leur courage et aussi leur faiblesse, ont contribué à l'histoire de notre République, dont la terre nivernaise fut l'un des théâtre sanglants.

96.              BOULOISEAU (Marc). Le Séquestre et la vente des biens des émigrés dans le district de Rouen (1792–An X). (Thèse). P., Maurice Lavergne, 1937, gr. in-8°, xvi-377 pp, biblio, broché, bon état. Rare

            150

"C’est Albert Mathiez qui a proposé, en 1930, à Marc Bouloiseau de travailler sur les biens nationaux de seconde origine. La thèse principale et la thèse secondaire, soutenues à Paris en 1935, sont publiées dès 1937. Devenu un membre influent de la “Commission Jaurès”, Marc Bouloiseau a continué de s’intéresser aux biens nationaux. Ses travaux sont à situer dans le courant historiographique dirigé par Georges Lefebvre qui fut d’ailleurs son directeur de thèse. On lui doit d’abord la première étude sur les biens de seconde origine que les historiens des biens nationaux ne considèrent que “comme un appendice”, un complément à leurs précédentes recherches, paraissant ainsi méconnaître la place originale que les propriétés confisquées sur les émigrés, déportés, condamnés et étrangers tenaient dans l’ensemble des ventes. Il choisit le district de Rouen et aboutit aux conclusions suivantes : le calendrier des ventes s’étale du 12 décembre 1793 à 1809, 776 lots sont vendus (une centaine d’immeubles et près de 4200 ha, soit près de 5% du sol) la majeure partie (716 lots et 95% des terres) est liquidée avant la fin de 1795 ; les domaines ont été divisés tardivement ; des prête-noms se distinguent, les bourgeois et urbains emportent la majeure partie des biens, ce qui n’empêche pas de nombreux petits acquéreurs de devenir propriétaires ; aucun individu ne profite des bons de 500 livres. Les familles ont su protéger efficacement leur patrimoine dont elles récupèrent plus du tiers mais la noblesse sort cependant très affaiblie. L’opération ne fut pas d’un bon rapport pour la République, les dépenses représentant plus de 40% des recettes. Si le travail comporte de nombreux tableaux statistiques, on peut toutefois regretter l’absence de cartes et la non-étude du milliard des émigrés sur lequel André Gain avait mis l’accent et auquel se réfère souvent Bouloiseau. Un complément à leurs précédentes recherches, paraissant ainsi méconnaître la place originale que les propriétés confisquées sur les émigrés, déportés, condamnés et étrangers tenaient dans l’ensemble des ventes. L’intérêt de la thèse de Bouloiseau ne réside pas seulement dans les résultats qu’il obtient. Il se livre à une analyse très complète du phénomène vente de biens nationaux de seconde origine, ne négligeant aucun des aspects, depuis le séquestre jusqu’à la fin des ventes, en passant par la législation, l’adjudication du mobilier, les partages de présuccession, le bilan financier…" (Bernard Bodinier, « Marc Bouloiseau et les biens nationaux », Annales historiques de la Révolution française, 2000).

97.              BROGLIE (Gabriel de). Le Général de Valence, ou l'insouciance et la gloire. D'après les papiers inédits de Mme de Montesson, de Mme de Genlis, du général et de la comtesse de Valence. Perrin, 1972, in-8°, 449 pp, 16 pl. de gravures et fac-similés hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

En marge du manuscrit du général de Gaulle, La France et son armée, on peut lire, de la main du maréchal Pétain: "Qui est Valence ?" En effet cet homme, qui toute sa vie a occupé le devant de la scène, est pourtant resté dans les coulisses de l'histoire. Cyrus, vicomte puis comte de Valence, amant de Mme de Montesson, gendre de Mme de Genlis, homme à la mode sous Louis XVI, général de la Révolution, contraint à l'exil en 1793 en compagnie du futur roi Louis-Philippe, sénateur, général de Napoléon, fut employé en Espagne, en Russie, combattit les Alliés en mars 1814 à Besançon, commanda la défense de Paris pendant les Cent-Jours et négocia l'armistice avec Wellington au lendemain de Waterloo. Il acheva sa riche carrière comme pair de France de Louis XVIII. Disposant d'archives familiales complètes, l'auteur a su restituer une époque et faire revivre un homme attirant, séduisant, présent dans tous les salons comme sur tous les champs de bataille.

98.              CARDENAL (L. de). La Province pendant la Révolution. Histoire des clubs jacobins (1789-1795). Payot, 1929, in-8°, 519 pp, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            45

L'auteur s'est proposé de nous donner la synthèse de l'histoire des sociétés populaires depuis le début de la Révolution jusqu'à la fin de la Convention. Disposant de multiples travaux spéciaux, consacrés à l'activité locale de certains de ces « engins politiques », il a examiné successivement la vie de tous les jours (origine, avatars, décadence des clubs et leur organisation intérieure), la vie politique (envisagée dans ses rapports avec l'évolution du régime révolutionnaire), les idées (ternaire de la Révolution, problème religieux et question militaire), les moyens d'action embrassant l'éducation civique et l'action économique des sociétés populaires, aussi bien que les relations de celles-ci avec les autorités et la représentation nationale.

99.              CASTELNAU (Jacques). Madame Tallien. Révolutionnaire, favorite, princesse. Hachette, 1938, in-8°, 253 pp, biblio, reliure demi-basane marron glacé à bandes, dos lisse avec titres et fleuron doré, couv. illustrée conservée, bon état

            30

Thérésia Cabarrus (1773-1835), épouse d'un marquis d'assez fraîche date et fille d'un banquier espagnol comte de plus fraîche date encore (1789), compagne de Tallien venu contrôler Bordeaux au nom de la politique du Comité de Salut public, puis maîtresse du banquier Ouvrard et merveilleuse en vue avant de finir princesse de Chimay, incarne « la femme manquante », celle qui se situe précisément au coeur de configurations de pouvoir... (Maité Bouyssy)

100.          Collectif – Jean-Daniel PARISET ( dir). La naissance de la Souveraineté nationale. P., Archives nationales, 1989, gr. in-8° carré, 255 pp, 490 numéros décrits avec notices érudites, 185 gravures et fac-similés, repères chronologiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Bien complet du dépliant volant en couleurs du “Jeu de la Révolution française tracé sur le plan du jeu d'Oye renouvelé des Grecs” (le jeu comporte 63 cases depuis « l'entrée de la Liberté ou prise de la Bastille », jusqu'à « L'Assemblée nationale ou Palladium de la Liberté »...)

            35

Superbe catalogue, abondamment illustré, de l'exposition organisée par la Direction des Archives de France à l'hôtel de Rohan, entre février et avril 1989. Préface par Jean Favier, catalogue par Jean-Daniel Pariset.

101.          COSTA de BEAUREGARD (Henri-Joseph, marquis). Le Roman d'un royaliste sous la Révolution. Souvenirs du comte de Virieu. Plon, 1892, in-8°, xvii-414 pp, 2 portraits gravés hors texte sous serpentes du comte et de la comtesse de Virieu, broché, couv. lég. défraîchie, bon état

            50

Biographie composée d'après les notes du comte Henry de Virieu et les souvenirs de sa fille. Noble dauphinois, libéral, Virieu fut député de la noblesse aux États-Généraux. Effrayé par les excès des patriotes, il rejoignit après la Constituante le camp de la contre-révolution, où il joua un rôle de premier plan en 1792 et 1793. Il se trouvait à Lyon lors de l'insurrection contre les Jacobins. A la tête d'une petite armée, il tenta de s'échapper de la ville dans la nuit du 8 au 9 octobre 1793. Intercepté, et anéanti par une armée républicaine, Virieu fut tué par un boulet de canon au cours du combat. — "Très intéressant pour l'histoire du rôle joué par les royalistes avant et pendant le siège de Lyon." (Charléty, Bibliographie critique de l'histoire de Lyon, 3273) — "Le royaliste dont il est ici question est cet ardent et chevaleresque comte de Virieu qui fut à la Constituante à la fois le défenseur passionné du trône et l'apôtre de la liberté de conscience, et qui mourut dans la sortie désespérée des derniers défenseurs de Lyon, laissant un fils destiné à être le confident et l'ami de Lamartine. La forme de son livre est colorée et vivante. Elle témoigne en outre d'une indiscutable bonne foi. L'auteur hait la Révolution, et c'est son droit, mais il la hait avec loyauté et franchise et parfois dit rudement la vérité à ses coreligionnaires..." (Louis Farges, Revue historique, 1892)

102.          DIESBACH (Ghislain de). Madame de Staël. Perrin, 1983, in-8°, 611 pp, 39 gravures sur 16 pl. hors texte, biblio, index, reliure skivertex bordeaux de l'éditeur, bon état

            25

"Je dois dire que cette biographie de Madame de Staël est intéressante et agréable à lire. L'auteur s'est bien documenté dans l'immense correspondance de Germaine, dont une grande partie a été publiée. Dans son Avant-propos, l'auteur nous prévient qu'il s'est « proposé d'écrire une biographie réduite aux faits et gestes de Mme de Staël, à l'existence qu'elle a menée, sans se livrer à une exégèse de son œuvre, ni à l'étude de son influence, si déterminante sur les mouvements littéraires qui se sont inspirés d'elle, ou sur les conceptions politiques ou sociales du XIXe siècle ». (...) Tout ce qu'il écrit de Benjamin Constant me paraît fort juste. C'était un ambitieux cynique, dont on a du mal à comprendre qu'il ait aujourd'hui tant d'admirateurs..." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1983)

103.          DU BOSCQ de BEAUMONT (G.) et M. BERNOS. La famille d'Orléans pendant la Révolution, d'après sa correspondance inédite. P., Emile-Paul frères, 1913, in-12, 290 pp, reliure demi-percaline chocolat, dos lisse, pièce de titre basane noire, un mors fendu, sinon bon état. Peu courant

            50

"Les lettres inédites dont nous publions ici des extraits furent saisies parmi les papiers de Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, au moment de l'arrestation de ce prince en 1793. Une partie de ces papiers étant tombée entre les mains de Claude Beugnot, son petit-fils les légua en 1900 à la bibliothèque de l'Institut où ils sont conservés sous le nom de Fonds d'Orléans. Une note manuscrite du donateur établit de la façon suivante l'authenticité de ces précieux documents : « Mon grand-père, député constitutionnel de l'Aube à l'Assemblée législative, fut emprisonné à la Force pendant toute la Terreur ; sauvé par le 9 thermidor, il resta quelque temps à Paris, cherchant à reprendre sa place au barreau ; à cette époque, il rencontra souvent M. J. Fiévée, journaliste très connu... C'est Fiévée qui donna, en 1795, à mon grand-père ces documents auxquels, à cette époque, on ne pouvait attacher aucune importance... Comment ces papiers étaient-ils tombés dans les mains de Fiévée ?... Je l'ignore, et mon père ne le savait pas davantage ; mais voici ce qui semble certain : Philippe Egalité fut arrêté à Paris et enfermé à l'Abbaye le 5 avril 1793, dès que la nouvelle de la défection de son fils Charles (Louis-Philippe) avec Dumouriez arriva dans la capitale. Le père avait été pris comme otage au lieu et place du fils décrété d'accusation et mandé à la barre de la Convention ; au moment où il fut arrêté, on saisit évidemment chez lui, à Paris, tous les papiers qui furent transportés à la Commune ou au domicile de l'accusateur public. Après le 9 thermidor, la réaction fit également vider les tiroirs des hommes de la Terreur, et on passa de mains en mains, avec le désordre et le manque absolu de contrôle de l'époque, les papiers provenant de ces perquisitions... » (Cte Beugnot, 28 avril 1896)." (Introduction)

104.          DU BUS (Charles). Stanislas de Clermont-Tonnerre et l'échec de la Révolution monarchique (1757-1792). (Thèse). Félix Alcan, 1931, gr. in-8°, xix-52 pp, 18 pl. de gravures et une carte hors texte, 2 tableaux généalogiques repliés (la Maison de Clermont-Tonnerre au XVIIIe siècle et la famille de Rosières-Sorans), biblio, index, broché, couv. lég. défraîchie, sinon bon état

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"M. Du Bus consacre à Stanislas de Clermont-Tonnerre une importante étude de plus de 500 pages. Clermont-Tonnerre n'est pas une personnalité de premier plan, mais il caractérise un milieu : il appartient à cette noblesse franc-maçonne, éprise des idées de Montesquieu et rêvant d'établir en France une monarchie « à l'anglaise ». Très tôt rallié au Tiers, ce groupe attend beaucoup de la Révolution, mais bien vite celle-ci le dépasse ; effrayés des progrès d'un mouvement qu'ils ne comprennent plus, après septembre ces libéraux philosophes deviennent conservateurs et, bien qu'ils se défendent d'être réactionnaires, le peuple les considère comme tels. Défenseurs de la royauté, leur impopularité croit avec la sienne et pour elle comme pour eux le 10 août sonnera le glas. (...) M. D. B. a retracé beaucoup plus qu'une simple biographie de son héros, il a émaillé son récit de vues personnelles parfois fort intéressantes. (...) L'œuvre est intéressante, la présentation en est parfaite et les planches qui l'illustrent feront la joie de plus d'un connaisseur." (A. Hennebert, Revue belge de philologie et d'histoire, 1932)

105.          DUCOS (Comte). La Mère du duc d’Enghien, 1750-1822. Ouvrage accompagné d’un portrait en héliogravure et d’un fac-similé d’autographe. Plon, 1900, in-8°, ii-442 pp, un portrait héliogravé en frontispice et un fac-similé d'autographe en 2 planches hors texte, index, reliure demi-chagrin bleu-nuit, dos à 5 nerfs, titres dorés, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état. Peu courant

            100

"Louise-Marie-Thérèse-Bathilde d'Orléans, duchesse de Bourbon et mère des deux princes avec qui, si tragiquement, s'est éteinte la race des Condé, n'a guère, jusqu'à présent, attiré l'attention des historiens, bien que sa physionomie, ses sentiments, ses idées, comme aussi les circonstances, rares et émouvantes, qu'elle a traversées, soient, ce semble, de nature à faire naître et exciter l'intérêt." (Chapitre 1) — "Née en 1750, fille du petit-fils du Régent, Louis-Philippe, duc de Chartres, et de Henriette de Bourbon-Conti, elle fut mariée à vingt ans au duc de Bourbon, qui n'en avait que quatorze, et le duc d'Enghien vint au monde en 1772. Jusqu'en 1789, elle mena, à la Cour ou à Chantilly, la vie qui convenait à son rang. Le merveilleux était alors en vogue, avec Pasqualis, Mesmer, Saint-Martin ; la princesse se prit, pour leurs théories, d'un vif engouement, qui, changeant de nature à la suite de chagrins intimes, se transforma en une sorte de mysticisme religieux où elle était plongée lorsque survint la Révolution. Emprisonnée au fort Saint-Jean, à Marseille, en 1793, elle fut expulsée de France après le 18 fructidor, et se réfugia en Espagne. Elle était détachée du monde, et ses malheurs l'affectèrent peu ; au moment même où les révolutionnaires la persécutaient, elle les jugeait avec une indulgence qui contriste son biographe ; elle apprit avec indifférence la mort de son fils, et Napoléon, qui refusa de la laisser revenir en France, fut, de sa part, l'objet d'une vive admiration. En 1814, elle rentra à Paris, et y mourut le 10 janvier 1822." (Pierre Caron, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1900)

106.          EGRET (Jean). La Révolution des Notables. Mounier et les Monarchiens (1789). Armand Colin, 1950, gr. in-8°, 244 pp, biblio, reliure pleine toile verte, pièce de titre chagrin noir, couv. et dos conservés, qqs soulignures crayon, bon état

            80

"Nous appelons Révolution des Notables une conception de la Révolution française qui fut défendue en 1789 par un groupe de députés des trois Ordres dont le Dauphinois Mounier fut le chef incontesté. La carrière révolutionnaire de Mounier, commencée en 1788, s'est terminée par son émigration, en mai 1790." (Avant-propos)

107.          ESPINCHAL (Thomas, comte d'). Journal d'émigration du comte d'Espinchal, publié d'après les manuscrits originaux par Ernest d'Hauterive. Perrin, 1912, in-8°, ix-559 pp, un portrait et un fac-similé hors texte, index, broché, bon état. Edition originale

            70

Première édition, donnée par Ernest d'Hauterive, de l'essentiel de l'énorme journal du comte d'Espinchal. — "Le comte d'Espinchal commença à tenir un journal au moment des Etats généraux pour l'arrêter en février 1793. L'ensemble, conservé à la Bibliothèque municipale de Clermont-Ferrand, fait 13 volumes et près de 5.000 pages. Espinchal émigre dès le 19 juillet 1789, se rend en Allemagne, en Italie, séjourne à Venise en 1790-1791, puis en Suisse et sur le Rhin avant de rejoindre l'armée de Condé. Il y crée une compagnie de gentilhommes d'Auvergne et fait la campagne de 1792, sans toutefois être à Valmy. Il revient en France en 1801." (Fierro, 518)

108.          FRÉNILLY (Baron de). Souvenirs du baron de Frénilly, Pair de France (1768-1828), publiés avec introduction et notes par Arthur Chuquet. Plon, 1909, in-8°, xix-560 pp, un portrait héliogravé en frontispice, index, reliure demi-basane acajou, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, pièces d'auteur et de titre basane chocolat, tranches mouchetées, bon état

            120

"Monarchiste ultra, admirateur de Charles X, mais très critique à l'égard de Louis XVI et de Louis XVIII, il manifeste une hostilité sans faille à la Révolution. Au 10 août, il fait partie des troupes qui protègent la retraite du roi vers l'Assemblée et le récit qu'il en fait est de premier ordre. Réfugié après les massacres de septembre à Loches, il n'émigre pas et décrit le mouvement révolutionnaire jusqu'au bout, de 1789 à 1800." (Fierro, 575) – "Les mémoires de Frénilly (1768-1828), nous donnent le point de vue d'un royaliste sur Napoléon. Ils évoquent la vie du Faubourg Saint-Honoré sous l'Empire : difficultés financières, salons parisiens, rapports avec les ralliés." (Tulard, 573) – "Le baron François-Auguste Fauveau de Frenilly (1768-1848) brosse des portraits pleins d'esprit et souvent très critiques de la cour et de la société de la Restauration. Son témoignage est intéressant et la franchise du personnage le préserve des semi-vérités." (Bertier, 438)

109.          LACRETELLE (Charles-Jean-Dominique de). Dix années d'épreuves pendant la Révolution. Mémoires. GLM/Tallandier, 2011, in-8°, 296 pp, introduction et notes d'Eric Barrault, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Journaliste hostile à la Convention, Lacretelle fut proscrit. Arrêté après le 18 fructidor, il passa deux années dans les prisons de La Force et du Temple. Nommé membre du Bureau de la Presse en 1801, il publia des ouvrages d'histoire, ce qui lui valut d'être nommé à l'Université et d'entrer à l'Académie française. Il fut un des premiers à se rallier aux Bourbons en 1814." (Fierro, 787) — « Je parcourais Paris comme une ville étrangère ; le signe de la terreur avait marqué tous les fronts. Chacun semblait se glisser dans l'ombre... » C'est avec bonheur que le jeune Charles de Lacretelle s'installe à Paris en 1787 où il entreprend une carrière de journaliste. Acquis aux idées d'égalité et de liberté, il milite avec fougue pour une révolution émancipatrice. Mais bien vite, horrifié par les violences, rejeté par ses amis de la veille, il se voit livré à une existence de proscrit pour échapper à la guillotine. Ses mémoires paraissent en 1842. C'est donc un royaliste sincère, adepte du « juste milieu », membre de l'Académie française qui se penche avec attendrissement sur ses souvenirs de jeunesse alors qu'il demeure l'un des derniers témoins de cette période marquée du sceau indélébile de la Terreur. (Evelyne Lever)

110.          MATHIEZ (Albert). La Réaction thermidorienne. Armand Colin, 1929, in-8°, viii-324 pp, 16 pl. de gravures hors texte, index, reliure demi-chagrin brun fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin acajou, couv. conservée (rel. de l'époque), dos et mors lég. frottés, papier lég. jauni comme toujours, bon état

            50

"Ce très intéressant volume fait suite aux trois volumes bien connus sur “La Révolution”, de la collection Armand Colin. Mais, contrairement à ceux-ci, il contient beaucoup de notes et de références précises, qui montrent combien l'auteur est maître de son sujet. Pour la première fois, cette période si curieuse de l'histoire de la Révolution est traitée, dans son ensemble, d'une façon scientifique. M. Mathiez montre très fortement que les conjurés de Thermidor, qui appartenaient cependant à des opinions très diverses, ont été fatalement et de plus en plus entraînés vers une réaction politique et sociale. En ce qui concerne la Bretagne, on aura grand profit à lire les excellentes pages que l'auteur a consacrées à la pacification de l'Ouest, aux origines de la chouannerie et à l'expédition de Quiberon. Le volume est embelli par d'intéressantes illustrations, reproductions d'estampes du temps." (Henri Sée, Annales de Bretagne)

111.          PÉAN (Pierre). Les Chapellières. Une terre, deux destins en pays chouan. Albin Michel, 1987, in-8°, 360 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Les Chapellières est le nom d'un domaine au nord de la Loire entre Ancenis et Châteaubriand. L'histoire de deux hommes que la Révolution va opposer : le seigneur Jacques Defermon et son métayer Jean Terrien qui devient le redoutable chef chouan, Coeur de Lion. Une chronique historique qui court sur un siècle, de 1754 à 1855.

112.          ROBESPIERRE (Maximilien et Augustin). Correspondance de Maximilien et Augustin Robespierre, recueillie et publiée par Georges Michon. Tome II. P., Librairie Nizet et Bastard, 1941, gr. in-8°, 184 pp, index, broché, 1er plat piqué, bon état. Rare

            70

Le tome I a été publié chez Félix Alcan en 1926. Ce volume contient 108 lettres et notes en grande partie inédites : lettres omises par Courtois dans son rapport du 16 nivôse an III - Documents relatifs au 9 thermidor - Dénonciations et lettres diverses adressées à Robespierre et trouvées dans ses papiers - Lettres d'Augustin Robespierre ou qui lui furent adressées dans sa mission à l'armée d'Italie (sept. 1793 - juin 1794) - Lettres publiées depuis 1926 dans divers ouvrages et revues.

113.          VAST (Dr Albert). Sur le chemin de Varennes. Vieux souvenirs du 21 juin 1791, d'après de nouveaux documents et les relations de témoins oculaires. P., Picard, 1907, in-8°, xv-358 pp, 6 pl. de gravures hors texte, reliure toile verte, dos lisse, pièce de titre chagrin noir, couv. et dos conservés, qqs soulignures crayon, bon état. Rare

            90

"M. le Dr Vast descend de Viet, maître de poste à Châlons, en 1791, auquel M. G. Lenôtre, dans son ouvrage récent sur Le drame dé Varennes, a prêté un rôle équivoque. Il a entrepris de défendre la mémoire de son aïeul. A cet effet, il s'est livré à des recherches approfondies aux Archives nationales et dans les archives locales, et il soumet aujourd'hui au public le résultat de son enquête. On trouvera dans son livre un récit consciencieux du voyage de la famille royale, depuis le départ, de Paris jusqu'à l'arrivée à Varennes. M. V. relève, dans l'exposé de M. Lenôtre, d'assez nombreuses inexactitudes ou assertions aventureuses, et il semble bien que, la plupart du temps, il ait raison contre lui. (...) Les détails de la fuite à Varennes, si dramatiques qu'ils puissent être, n'ont pas pour l'histoire générale un très grand intérêt : ce qui est capital, c'est, en lui-même, le fait de la fuite et la dépopularisation qui en fut la conséquence pour la monarchie. Les sept derniers chapitres, consacrés à des points particuliers, contiennent la reproduction d'un certain nombre de documents inédits." (Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1907)

114.          ZORGBIBE (Charles). Mirabeau. GLM, 2008, gr. in-8°, 524 pp, 16 pl. de gravures en noir et en couleurs hors texte, biblio, index, broché, reliure souple illustrée de l'éditeur, qqs soulignures crayon, bon état

            20

Aristocrate désargenté, traînant de prisons en procès, accaparé par des amours tumultueuses, Honoré-Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, devient, en 1789, un homme public et le chef de file de la Révolution. En réalité, l'homme public Mirabeau n'a jamais cessé de se construire au prix d'une constante gymnastique de la volonté. Il a toujours été un homme d'Etat : lorsque, incarcéré à Vincennes, il voulait réformer le système pénitentiaire ; lorsque, faisant fléchir le balancier de la Bourse au fil de ses pamphlets, il se rêvait en grand argentier du royaume ; lorsque, séjournant à Berlin, il se posait en conseiller de Frédéric-Guillaume de Prusse. Il avait déjà revêtu l'armure de l'homme d'Etat ; ne lui manquait que la rencontre avec l'Histoire. 1789 allait l'ériger en annonciateur du jugement dernier de l'Ancien Régime. Ce Provençal, issu d'une "famille de frénétiques", son père parle d'une "race effrénée", son oncle du "salpêtre" qui est dans le sang des Mirabeau -, ce "monsieur Ouragan" ou "La Bourrasqu ", selon son père, ce "Mirabeau-Tonnerre", selon Camille Desmoulins, a toujours refusé le "piétinement sur place" de l'homme de pure réflexion. Grand intellectuel des Lumières, il nous apparaît finalement comme un intellectuel-homme d'action, comme tous les grands politiques. Si Mirabeau avait survécu, aurait-il été une des premières victimes de la Terreur ? Ou aurait-il réussi à établir cette monarchie constitutionnelle qu'il imaginait ?

PREMIER EMPIRE

 

115.          Anonyme. Organisation militaire des Armées françaises de 1791 à 1815. P., Librairie du monde militaire G. Kleiner, 1900, in-8°, iii-172 pp, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et aigle napoléonien dorés, bon état. Rare

            80

" (...) Nous avons été amené à produire cette étude par le désir de doter les candidats à l'Ecole de guerre d'un travail aussi complet que possible, d'un résumé clair et précis de l'évolution militaire de la France, de façon à leur éviter les longues recherches parmi les grands volumes qu'ils trouvent dans les bibliothèques : les ouvrages des généraux Thoumas, Susane, le baron Poisson, Courrent, le duc d'Aumale, pour ne citer que les principaux." (Introduction)

116.          BERTRAND (Général H. G.). Lettres à Fanny, 1808-1815. Annotées et présentées par Suzanne de la Vaissière-Orfila. Albin Michel, 1979, fort in-8°, 509 pp, préface de Jean Tulard, 16 pl. de gravures hors texte, 8 documents, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            35

Publication de lettres inédites. Une vision originale d'un grand personnage de l'Empire. Ces lettres familières et intimes à son épouse, Fanny Dillon, de vieille noblesse irlandaise mais aussi de souche martiniquaise (des liens familiaux l'unissent aux Tascher de la Pagerie, donc à Joséphine) tracent un tableau humain du général Bertrand, un proche de l'Empereur et ce depuis la campagne d'Egypte.

117.          [Bibliothèque historique et militaire] – LISKENNE (Ch.) et J.-B. SAUVAN. L'Empire, pour faire suite aux mémoires de Napoléon. P., Administration, 1853, fort pt in-4°, (10)-1143 pp, texte sur 2 colonnes, tableaux, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres (“Campagnes de l'Empire, 1805-1815”) et aigle napoléonien dorés, dos uniformément passé, bon état (tome septième de la “Bibliothèque historique et militaire dédiée à l'Armée et la Garde nationale de France”)

            120

"L'obligation qui nous fut imposée d'imprimer notre sixième volume dans l'ordre des dictées publiées précédemment par les généraux de Saint-Hélène, ne nous a pas permis de coordonner, comme nous l'aurions voulu, ces matériaux d'ailleurs si précieux. Ici, nous nous trouvons plus libres, et nous présentons les faits par campagnes, qui se suivent depuis Austerlitz jusqu'à Waterloo. (...) Il ne faut point oublier que ces Campagnes sont présentées comme un canevas purement militaire, comme de simple relations ordonnées par Napoléon, pour écrire un jour ses Commentaires. Elles doivent être considérée comme d'excellents matériaux, pour étudier l'histoire de ces époques, surtout à cause des documents qui ont servi à leur rédaction, ou qui se trouvent insérés dans le texte..." (avant-propos)

118.          BIVER (Marie-Louise). Pierre Fontaine, premier architecte de l'Empereur. Préface du vicomte Paul Fleuriot de Langle. Plon, 1964, gr. in-8°, 234 pp, 54 illustrations hors texte, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s. à André Castelot

            60

On lui doit notamment, à Paris, l'ouverture de la rue de Rivoli, l'Arc de triomphe du Carrousel, la Chapelle expiatoire.

119.          BRÉBISSON (Jean de). Fouché, duc d'Otrante. Républicain, impérialiste, royaliste, 1759-1820. Etude sur sa vie politique, d'après des documents inédits. P., Beauchesne, 1906, gr. in-8°, 298 pp, un portrait en frontispice et 10 pl. de gravures hors texte, reliure demi-basane rouge, dos à 3 nerfs guillochés et à grand caisson orné, couv. conservée (rel. de l'époque), coins émoussés, bon état

            80

"Histoire très intéressante, appuyée sur de précieux documents, des variations politiques du conventionnel Fouché." (La Croix, 20 avril 1906)

120.          CHEVALIER (Lieutenant Jean-Michel). Souvenirs des guerres napoléoniennes. Publiés d'après le manuscrit original par Jean Mistler et Hélène Michaud. Hachette, 1970, in-8°, 341 pp, 8 planches d'illustrations de l'auteur hors texte, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et aigle napoléonien dorés, gravure contrecollée de la reliure éditeur conservée, dos uniformément passé, bon état

            80

Bons mémoires jusque là inédits d'un lieutenant de la Garde. Jean-Michel Chevalier est né en 1780 à Versailles, fils de Garde-Chasse. Il est apprenti apothicaire à Paris en 1792, où il assiste dans la rue au massacre de prisonniers par la populace. Après quelques “petits boulots”, il s’engage à la 7e demi-brigade d’artillerie en 1795 et commence ses “vingt ans de campagnes”... et ses notes quotidiennes qui l’aideront plus tard à rédiger ses mémoires, qu’il illustrera de dizaines de dessins, naïfs certes, mais issus de ce qu’il avait vu. — "La campagne de Calabre, celle de 1809, le désastre de Russie et l'effondrement de l'Empire forment l'essentiel de ces vivants souvenirs."(Tulard, 318)

121.          CLARKE (Stephen). Comment les Français ont gagné Waterloo. Albin Michel, 2015, in-8°, 282 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de gravures en couleurs hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Tout le monde sait qui a perdu la bataille de Waterloo. Même les Français doivent bien admettre que, le 18 juin 1815 au soir, sa Grande Armée en lambeaux, Napoléon Ier a capitulé. Il avait misé sur une grande confrontation avec ses ennemis et il a tout perdu. Personne ne peut le contester sérieusement. Enfin, presque... Avec un humour très british, Stephen Clarke, interroge ces frondeurs d'hier et d'aujourd'hui qui refusent toujours d'admettre l'évidence. Analysant Waterloo du point de vue des grognards, des romanciers, des historiens et même des hommes politiques contemporains, il montre que, pour les Français, comme le dit Dominique de Villepin, la défaite française « brille d'une aura victorieuse ». Comment expliquer que deux siècles après, Waterloo fasse encore débat ? Déni ? Excès de patriotisme ? Anomalie spécifiquement française ? Publié à l'occasion du 200e anniversaire de la bataille de Waterloo, ce livre aussi brillant que spirituel tente d'y répondre.

122.          COIGNET (Jean-Roch). Les Cahiers du capitaine Coignet. Edition conforme au manuscrit original. Etablissement du texte et préface par Jean Mistler. Hachette, Le Livre de poche, 1972, in-12, xx-441 pp, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et aigle napoléonien dorés, couv. illustrées conservées, dos uniformément passé, bon état (Coll. Le livre de poche)

            30

La meilleure édition selon Jean Tulard : "D'une lecture indispensable pour comprendre la mentalité des grognards." (Tulard, 336) — Parus pour la première fois en 1851, les Cahiers du capitaine Coignet ont connu à chacune de leur édition un succès comparable à celui des Mémoires du sergent Bourgogne. Ils figurent parmi les témoignages le plus souvent cités sur les guerres de l'Empire. Jean-Roch Coignet (16 août 1776-11 décembre 1865) commence sa carrière militaire à vingt-trois ans. Campagne d'Italie, admission dans la Garde, Austerlitz, Iéna, Friedland. Chevalier de la première promotion de la Légion d'honneur (15 juillet 1804), caporal en 1807, sergent en 1809, lieutenant pendant la campagne de Russie, il est nommé capitaine en 1813. Retiré à Auxerre après la première abdication, il rejoint l'Aigle lors de son retour triomphal de l'île d'Elbe. Il se battra encore à Fleurus, et enfin à Waterloo. Le 31 octobre 1815, il est renvoyé comme "demi-solde" dans ses foyers, à Auxerre, où il mourra dans son lit, après avoir participé à quarante-huit batailles sans jamais recevoir une seule blessure.

123.          CURRIE (Laurence). The Bâton in the Knapsack : New Light on Napoleon and His Marshals. London, John Murray, 1934, in-8°, 224 pp, un portrait de Napoléon en frontispice et 15 pl. de portraits hors texte, index, cartonnage pleine toile rouge de l'éditeur, bon état

            25

124.          DUCREST (Georgette). Mémoires sur l'Impératrice Joséphine. La cour de Navarre et la Malmaison. Illustrés d'estampes et tableaux des plus grands artistes du XVIIIe siècle. Introduction et notes de MM. Maurice Vitrac et Arnould Galopin. Fayard, s.d. (1906), gr. in-8°, 158 pp, 98 gravures dans le texte et hors texte, cartonnage souple illustré, dos toilé rouge, bon état

            50

"Le retour d'émigration, la formation de la maison de l'impératrice, l'affaire Cadoudal, Madame de Staël, le divorce, la mort de Joséphine, etc. Beaucoup d'anecdotes prouvant que l'auteur (Mme Bocher, nièce de Mme de Genlis) était bien informée." (Tulard, 456).

125.          FAIN (Agathon Jean-François, baron). Mémoires du baron Fain. Présentés par Christophe Bourachot. Arléa, 2001, in-8°, 273 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Lorsque, le 27 octobre 1795, le général Bonaparte s'installe à l'hôtel de la première division militaire, rue des Capucines, à Paris, il y trouve un adolescent de dix-sept ans : Agathon-Jean-François Fain. Durant le Directoire, le Consulat et l'Empire, Fain ne quittera plus le consul, puis l'empereur. En 1806, devenu secrétaire-archiviste, il est désormais un des proches de Napoléon. "Dans le cabinet je me taisais, si depuis je me suis mis à écrire, c'est qu'il m'a semblé que j'avais un dernier devoir à remplir", déclare Fain. Avec le baron Fain, nous pénétrons dans le cabinet de travail de l'empereur, mais aussi dans ses appartements privés. Nous suivons Napoléon au conseil des ministres ou au Conseil d'Etat, nous sommes en voiture lorsque le secrétaire accompagne l'empereur dans cette France aux cent trente départements, ou en campagne, sur le théâtre de ses conquêtes. Fain ouvre grands les yeux, entend tout, note tout. Rien ne lui échappe, et son témoignage sur Napoléon – le souverain, l'homme d'Etat, mais aussi l'homme privé – est tout à fait exceptionnel. — "Secrétaire de Napoléon de 1806 à 1814, puis en 1815, Fain (1778-1837) décrit l'organisation de son cabinet intérieur, les conseils (conseil des ministres, conseils d'administration, conseil d'Etat), les audiences, les voyages en temps de paix et en temps de guerre, l'entourage des Tuileries. ...Ces mémoires s'achèvent par un portrait de l'Empereur. Une source de tout premier ordre pour l'histoire de l'Empire." (Tulard, 522).

126.          GOTTERI (Nicole). Le Maréchal Soult. Bernard Giovanangeli, 2000, in-8°, 805 pp, 2e édition, revue et augmentée, 8 gravures et photos, 19 cartes, notes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            50

La longue vie du maréchal Soult (1769-1851) embrasse l'époque allant des débuts de la Révolution à la fin de la Deuxième République. Soldat de l'an II aux armées du Rhin, il atteint le sommet de la hiérarchie militaire à la fin du Directoire. L'Empire lui apporte dignités et honneurs. Il est l'homme du camp de Boulogne et de la prise du plateau de Pratzen à Austerlitz. Il est également celui qui tirera le dernier coup de canon, en 1814, à la bataille de Toulouse. Mis à l'écart sous la Restauration, il est ministre de la Guerre et président du Conseil sous la Monarchie de Juillet et dote la France d'une législation militaire remarquable, servant l'Etat tout en se maintenant à l'écart de tout engagement politique. Bibliophile et amateur d'art, à la fois secret et passionné, goûtant les vastes entreprises et dénué de préjugés, ce Languedocien est d'Empire, au sens romain du terme. L'étude de son itinéraire et de sa personnalité a bénéficié de l'ouverture d'archives familiales jusque-là réservées et de la communication de documents inédits. — Archiviste-paléographe, ancien élève de l'Ecole française de Rome et docteur en histoire, Nicole Gotteri est conservateur du Patrimoine et vice-présidente de l'Institut Napoléon. Elle a publié les Mémoires du général Auguste Petiet (1996), Claude Petiet, ministre de la Guerre et ses fils (1999), La police secrète du Premier Empire sous le ministère Savary (4 volumes parus).

127.          GRAF de LA GARDE (August). Gemälde des Wiener Kongresses 1814-1815. Erinnerungen Feste-Sittenschilderungen Anekdoten. Mit einem Vorwort und zahlreichen Anmerkungen neu herausgegeben von Gustav Gugitz. Munich, Georg Müller, 1912, 2 vol. pt in-8°, 403 et 440 pp, 56 planches hors texte, index, reliures demi basane verte à coins, dos lisses très ornés, pièces de titre chagrin bordeaux (rel. de l'époque), bon état. Texte en allemand

            80

128.          GUILHERMY (Jean-François-Cesar, baron de). Papiers d'un émigré, 1789-1829. Lettres et notes extraites du portefeuille du baron de Guilhermy, député aux Etats Généraux, conseiller du comte de Provence, attaché à la Légation du Roi à Londres, etc.., mises en ordre par le colonel de Guilhermy. P., Plon, 1886, gr. in-8°, ii-511 pp, reliure demi-chagrin bleu-nuit, dos lisse orné d'un fleuron, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

            120

"Député aux Etats généraux, émigré en 1791, Guilhermy (1761-1829) fut un des agents les plus actifs du comte de Provence. Il revint en France à la Restauration, fut envoyé comme intendant à la Guadeloupe de 1814 à 1816, puis nommé président de la Cour des comptes. En Angleterre à partir de 1801, il décrit surtout les intrigues désordonnées des émigrés désunis : Cadoudal, le comte d'Artois, le duc d'Orléans, Puisaye, Antraigues..." (Fierro 682, Tulard 667, Bertier 502).

129.          HAEGELE (Vincent). Napoléon et Joseph Bonaparte. Le pouvoir et l'ambition. Tallandier, 2010, in-8°, 638 pp, préface de Patricia Tyson Stroud, annexes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque napoléonienne)

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Personnage contrasté, souvent incompris, malheureux dans sa carrière militaire, Joseph Bonaparte souffre d'une image particulièrement négative au regard de la légende qui auréole la statue de son cadet, Napoléon. "Roi dilettante" ou simple paresseux, le "meilleur des frères" apparaît comme un homme faible acceptant "deux couronnes arrachées à deux familles étrangères légitimes". Et pourtant, l'aîné de l'Empereur fut un pilier du nouveau régime instauré après le coup d'Etat du 18 brumaire. Devenu roi de Naples puis roi d'Espagne, Joseph tente, sans succès, de marier le principe de solidarité familiale et ses propres conceptions du pouvoir. Ne parvenant pas à éviter les tensions avec le maître de l'Europe, il se mue peu à peu en un opposant résolu. C'est la relation complexe, et parfois violente, du roi et de l'empereur que présente et explique cette étude. Vincent Haegele, à partir d'archives personnelles et d'une abondante correspondance, aborde leur éducation, leur parcours sous la Révolution, le "laboratoire" napolitain et l'échec espagnol ainsi que les jours sombres de la campagne de France. Voici enfin une lecture précise des liens qui unissaient Joseph et Napoléon Bonaparte ; l'histoire fascinante de deux frères dont les vies furent intimement mêlées à celle de la France de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle.

130.          HÉRUBEL (Michel). Surcouf. Titan des mers. Perrin, 1989, in-8°, 291 pp, 8 pl. de gravures hors texte, annexes, chronologie, glossaire, sources, biblio, reliure skivertex éditeur, jaquette illustrée (très lég. abîmée), bon état

            15

Robert Surcouf, le plus célèbre des Malouins, entre dans la légende à vingt-trois ans, en 1796, quand, avec un équipage de dix-neuf hommes, il prend à l'abordage un grand vaisseau britannique, trois fois plus important et trois fois plus armé que le sien. Né à Saint-Malo le 12 décembre 1776, il avait embarqué pour la première fois à treize ans. Trois ans plus tard, le 24 juin 1789, il arrive en vue de Port-Louis de l'île de France (Maurice). Sa fabuleuse histoire commence. Capitaine à vingt ans, il est d'abord négrier pour les planteurs de l'île Bourbon (la Réunion) et de l'île de France. Puis il se lance dans la guerre de course. En prenant à l'abordage les navires de commerce ennemis chargés de riz, de thé, mais aussi de soie et d'or, il réussit à rompre le blocus dont sont victimes les îles françaises. Ainsi, alors que la Révolution a laissé dépérir la belle marine construite par Louis XVI, Surcouf émerge comme une exception qui parvient à perturber la sérénité britannique sur la grande route des Indes. Surcouf aura navigué sous l'Ancien Régime, la Révolution, le Directoire et l'Empire. Napoléon en fera l'un des premiers chevaliers de la Légion d'honneur. A partir de 1809, il abandonne la course sur les océans et devient l'un des plus riches armateurs de France. Il meurt dans sa ville natale, en 1827, à cinquante-quatre ans. Son corps, déposé dans une barque voilée de noir, traverse la rade de Saint-Malo avant d'être inhumé.

131.          HOUSSAYE (Henry). 1815. La première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent Jours. Perrin, 1914, in-12, ii-642 pp, reliure demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), encadrements à froid sur les plats, bon état

            40

L'auteur a publié par la suite un second volume sur Waterloo et un troisième sur la Seconde abdication et la Terreur blanche. — "Dans ce livre, qui est moins un chapitre de la vie de l'Empereur que l'histoire de la France pendant une année tragique, j'ai cherché à peindre les sentiments des Français de 1815 et à marquer leur action sur les événements. Napoléon, Louis XVIII, Talleyrand, Fouché, Ney, Davout, Carnot, restent au premier plan, mais non loin d'eux on voit les paysans, les bourgeois, les ouvriers, les soldats... J'ai tenté d'exprimer les idées et les passions de cette époque troublée avec le langage du temps. Quand je dis des mousquetaires les soldats d'antichambre, des vendéens les brigands et des prêtres les calotins, je parle comme les officiers à la demi-solde et les maçons du quai de Gêvres. Quand j'appelle Napoléon l'usurpateur ou l'aventurier Corse, les maréchaux de l'empire les va-nu-pieds et les conventionnels, les assassins ou les buveurs de sang, je parle comme les amis du comte d'Artois. De même, j'ai reproduit dans toute leur atrocité les propos sanguinaires des fédérés bonapartistes contre les nobles et les monstrueuses menaces de répression proférées à Grand et à Londres par les émigrés. L'historien ne doit pas seulement raconter les événements, il doit aussi, selon le mot de Saint-Marc-Girardin, « faire revivre les passions qu'on n'a plus »." (Extrait de la Préface) Le “1815” de Henry Houssaye est un ouvrage inouï où l'on suit, au jour le jour, parfois même d'heure en heure, le déroulement haletant des événements. Par son style alerte, sa précision éclairante du détail, sa minutie, son souffle dans l'évocation, sa documentation faramineuse et toujours édifiante, “1815” (dont voici le premier volume) donne la fascinante impression de remonter deux siècles de temps et d'être immergé au cour de l'Histoire aux instants décisifs et précis durant lesquels elle se déroule le plus intensément. C'est certainement un des plus brillants, des plus complets et des plus compréhensibles ouvrages sur la chute du Premier Empire. Henry Houssaye, né à Paris (1848-1911), est un historien initialement spécialisé dans la Grèce antique ; après la guerre de 1870 (à laquelle il participe brillamment comme officier), il se consacre totalement à l'histoire militaire de Napoléon Ier et publie sur le sujet deux monumentaux ouvrages définitifs : “1814” (en 1888) (près d'une centaine d'éditions !), et “1815”, (en trois volumes). Il est élu à l'Académie française en 1894.

132.          HOUSSAYE (Henry). Iéna et la campagne de 1806. Perrin, 1912, in-12, lxiii-274 pp, introduction par Louis Madelin, 2 cartes dépliantes hors texte de la bataille d'Iéna et d'Auerstædt et des marches des armées prussiennes et françaises, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et aigle napoléonien dorés, dos uniformément passé, bon état

            50

La campagne napoléonienne de 1806 est exemplaire. En trente-neuf jours, la Prusse est mise hors de combat en Allemagne. La marche stratégique de la Grande Armée, la journée glorieuse d'Iéna et d'Auerstaedt, l'entrée triomphale de Napoléon à Berlin, les débris de l'armée prussienne acculés à la Baltique, Henry Houssaye raconte tous ces épisodes en maître de l'histoire militaire. Qui mieux que le grand historien de 1814 et 1815 a su peindre l'homme de guerre Napoléon et ses héroïques soldats ? Edité pour la première fois en 1912, Iéna et la campagne de 1806 est un classique des études napoléoniennes.

133.          KIELMANNSEGGE (Charlotte de). Mémoires de la comtesse de Kielmannsegge sur Napoléon 1er. P., Editions Victor Attinger, 1928, 2 vol. in-8°, 206 et 213 pp, 32 portraits et fac-similés hors texte, 2 tomes réunis en un volume in-8, reliure demi-toile verte, pièce de titre basane verte, couvertures conservées, dos uniformént passé, bon état

            80

Saxonne, Charlotte vécut à la cour impériale de 1809 à 1813 (Tulard, 779).

134.          LACHOUQUE (Commandant Henry). Napoléon en 1814. P., Editions Haussmann, 1959, gr. in-8°, 462 pp, préface du Maréchal Juin, nombreuses gravures etfac-similés dans le texte, une carte dépliante hors texte, biblio, index, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et aigle napoléonien dorés, dos uniformément passé, bon état

            80

« Ce fut en vain que l'on essaya de détacher de sa personne et de sa gloire l'Armée et la Nation » cite le commandant Henry Lachouque en conclusion de l'étude, vivante et précise, qu'il consacre à « Napoléon en 1814 ». C'est, en effet, une analyse psychologique autant que tactique que nous donne l'auteur en faisant revivre les soixante-cind jours où le destin de Napoléon se sépare de celui de la France... (Préface)

135.          MALLERET (Louis). La Giberne et les Étoiles. La vie et la carrière du général J. Rabusson, baron d'Empire. Suivi d'une étude généalogique de la famille Rabusson. Gannat, Société Culturelle et de Recherches du Pays Gannatois, 1972, in-12, 40 pp, 2 pl. de gravures hors texte, biblio, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"(...) Il était sous-lieutenant dans je ne sais quel corps. L'empereur, passant une revue, laissa tomber son chapeau, que M. Rabusson s'empressa de ramasser. « Merci, mon capitaine, dit l'empereur sans faire attention au grade de celui auquel il s'adressait. — Dans quel régiment, sire ? — Ah ! c'est juste, dans ma Garde, » répondit Napoléon riant de sa méprise et du sang-froid de son interlocuteur. Il demanda son nom, apprit qu'il était brave, que plusieurs actions d'éclat lui avaient mérité la croix. Depuis lors, il eut toujours l'œil sur lui, lui donna des occasions périlleuses de se signaler, dont il se tira toujours avec honneur, et lui accorda successivement plusieurs récompenses. Je ne sais s'il est certain que le général Rabusson soit le héros de cette anecdote ; mais il est positif qu'il est digne de l'emploi qu'il occupe aujourd'hui, par une valeur froide et raisonnée qui lui a fait affronter les dangers tout en les calculant, et par un caractère généralement estimé. " (Georgette Ducrest, Mémoires sur l'impératrice Joséphine, 1828)

136.          MARIE-LOUISE. Marie-Louise et Napoléon (1813-1814). Lettres inédites de l'Impératrice avec les lettres déjà connues de Napoléon à la même époque. Réunies et commentées par C. F. Palmstierna. Stock, 1955, in-8°, 312 pp, un portrait de l'Impératrice Marie-Louise en frontispice, un portrait de Désirée Bernadotte (Clary) et 2 fac-similés hors texte, qqs autres fac-similés dans le texte, notices sur les personnages cités établie par Jean Savant, broché, papier jauni comme toujours, bon état

            25

137.          MASSON (Frédéric). Cavaliers de Napoléon. Albin Michel, s.d. (1921), in-8°, iii-367 pp, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et aigle napoléonien dorés, dos uniformément passé, bon état

            80

Importante étude sur les cavaliers de Napoléon : leur recrutement, leur carrière, les écoles militaires qui les forment, la garde d'honneur. Distinction de trois cavaleries différentes : la cavalerie de réserve (carabiniers, grenadiers), la cavalerie de ligne (dragons, chevau-légers), la cavalerie légère (hussards, chasseurs).

138.          [MAXWELL, William Hamilton]. The Victories of Wellington and the British Armies. New Edition completed to the present time. London, Henry G. Bohn, 1852, in-12, vi-528 pp, un frontispice et 4 planches de portraits gravés hors texte, index, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et aigle napoléonien dorés, bon état. Texte en anglais

            80

Le dernier chapitre est consacré aux dernières Campagnes indiennes contre les Afghans, les Biluchis et les Sikhs de 1838 à 1846.

139.          MERLIN (Comtesse). Souvenirs et mémoires. Souvenirs d'une Créole (1789-1852). Préface d'Hector Bianciotti, introduction et notes de Carmen Vásquez. Mercure de France, 1990, in-8°, ix-475 pp, index, broché, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            30

Maria de las Mercedes Santa Cruz y Montalvo naquit le 5 février 1789 à La Havane. Fille du comte et de la comtesse de Jaruco et de Mompox, qui vivaient plus souvent à Madrid qu'à Cuba, elle prit part aux conversations du salon de sa mère, que fréquentaient Goya, Moratin, Quintana et Meléndez Valdès. Après l'installation du gouvernement des Bonaparte, elle fréquenta les milieux des nouveaux arrivés. En 1809 elle épousa le comte Merlin, un des commandants des troupes de l'armée d'Espagne. En 1814, après la mémorable retraite qu'elle raconte dans ses Souvenirs, la comtesse arriva à Paris, ville où elle vécut jusqu'à sa mort. Son salon, situé rue de Bondy, aujourd'hui rue René-Boulanger, où elle recevait des personnalités comme Madame Malibran, Rossini, Alfred de Musset, le comte d'Orsay, devint célèbre et elle fut digne de figurer dans le recueil collectif Les Belles Femmes de Paris et de la province, paru en 1839 et 1840. En 1836, elle publia, sous le titre de Souvenirs et mémoires de Madame la comtesse Merlin, et avec le sous-titre Souvenirs d'une créole, ce témoignage unique d'une époque et d'une personne qui s'affirma par une triple identité culturelle - la cubaine, l'espagnole, la française.

140.          [MONNIER, A. D. B.]. Une Année de la vie de l'Empereur Napoléon, ou Précis historique de tout ce qui s'est passé depuis le 1er avril 1814 jusqu'au 20 mars 1815, relatif à S. M. et aux braves qui l'ont accompagnée ; contenant son départ de Fontainebleau, son embarquement à Saint-Rapheau prés Fréjus, son arrivée à Porto-Ferrajo, son séjour à l'île d'Elbe et son retour à Paris. Par A. D. B. M***, lieutenant de grenadiers. P., Alexis Eymery, 1816, in-8°, 204 pp, troisième édition, reliure demi-veau raciné à coins, dos lisse à filets et fleurons dorés, pièce de titre chagrin brun (rel. de l'époque), bon état

            180

(Tulard, 1039. Bibliothèque du baron Charles d'Huart, 1099).

141.          NAGYOS (Christophe). Madame Sans-Gêne. Une femme du peuple à la cour de Napoléon. Strasbourg, La Nuée Bleue, 2001, in-8°, 238 pp, 8 illustrations, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Dans l'extraordinaire galerie de portraits des acteurs de l'épopée napoléonienne, la femme du maréchal Lefèbvre occupe une place sans pareil, grâce au surnom que lui a donné, soixante ans après sa mort, Victorien Sardou : Madame Sans-Gêne. Destin fabuleux que celui de Catherine Hubscher, née en 1753 au fond d'une vallée alsacienne, envoyée comme domestique à Paris, fille du peuple parvenue aux sommets de l'Etat durant la Révolution et l'Empire. Elle adorait Napoléon, qui avait fait de son mari un maréchal et un duc, mais elle méprisait la cour, futile et méchante. Les beaux esprits moquaient ses maladresses et son langage, colportant mille ragots désobligeants. Mais elle faisait rire l'Empereur, qui appréciait son bon sens et son honnêteté. Refusant le rôle de courtisane ou de faire-valoir, la maréchale Lefèbvre se tenait à l'écart, soutenant son mari aux heures difficiles, aidant ses proches dans le besoin, faisant face avec dignité aux drames répétés de la mort de ses quatorze enfants. Au-delà du pittoresque, la vie de Madame Sans-Gêne éclaire d'un jour inédit la place des femmes dans l'univers très masculin de la société napoléonienne ; et donne, au milieu des ors éphémères, et des rêves brisés, une belle leçon d'humanité.

142.          PÉRIVIER (A.). Napoléon journaliste. Plon, 1918, in-8°, iii-434 pp, 2 fac-similés dépliants hors texte, broché, état correct

            40

"On sait, par de nombreux témoignages, que Napoléon a constamment dirigé et inspiré les rédacteurs du Moniteur, qu'il a même dicté, sinon écrit, un grand nombre d'articles. La commission chargée par Napoléon III de publier la correspondance et les oeuvres diverses de son oncle avait fait rechercher et mettre à part les articles qui pouvaient avec certitude être attribués à l'Empereur. Mais cette collection a péri dans l'incendie de l'imprimerie du Moniteur, et on est réduit aujourd'hui à juger d'après les apparences et notamment le style. Cette circonstance ôte du prix aux observations de M. Périvier sur les qualités de journaliste de Napoléon. Si caractéristique que soit la « griffe » de l'Empereur, il est bien aventureux de se fier, pour la reconnaître dans une collection d'articles anonymes, à son seul jugement. (...) D'autre part, on a quelquefois, en lisant le livre de M. Périvier, le sentiment que l'auteur s'écarte de son sujet pour traiter des rapports de Napoléon avec la presse en général ou du moins avec la presse périodique, ce qui est une matière infiniment plus vaste..." (Revue Historique, 1919)

143.          PERRIN (Eric). Le Maréchal Ney. Perrin, 1993, in-8°, 378 pp, 3 cartes, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Dans le cycle de l'épopée napoléonienne, le maréchal Ney (1769-1815) occupe la place d'un Roland ou d'un Bayard. Duc d'Elchingen et prince de la Moskowa par la grâce de l'Empereur, surnommé le "brave des braves", il s'illustre par sa vaillance et par une audace pas toujours réfléchie. Déifié par la légende, Ney l'a été aussi en raison de sa fin tragique. Il est fusillé au début de la seconde Restauration pour s'être rallié à Napoléon pendant les Cent Jours, au lieu de le ramener dans une "cage de fer", ainsi qu'il l'avait promis à Louis XVIII. Le maréchal Ney rejoint, à la barre des grands procès de l'histoire de France, Louis XVI, Bazaine, Dreyfus, Pétain. Cassure politique, le procès Ney a suscité une vive polémique, habilement exploitée par les bonapartistes, les orléanistes et les républicains. L'exécution du "brave des braves", un matin gris du mois de décembre 1815, au carrefour de l'Observatoire, fait oublier l'irritabilité de ce "mauvais coucheur", sa nature mobile, et cette opinion sévère de Napoléon : "Il était bon sur un champ de bataille, mais je n'aurais pas dû le nommer maréchal." L'exploration du fonds Ney aux Archives nationales met en lumière, à côté de sa vaillance, les contradictions et les faiblesses du plus célèbre maréchal de Napoléon qui, à défaut d'avoir été "un esprit", fut incontestablement un "caractère". Fils d'un modeste artisan de Sarrelouis, il manifeste de l'orgueil pour ce qu'il est et du mépris pour ce qu'il a été. Le "Lion rouge", comme on le baptisa, rugira de colère, une ultime fois, à Waterloo, avant de faire face au peloton d'exécution.

144.          PION DES LOCHES (Antoine-Augustin). Mes campagnes (1792-1815). Notes et correspondance du colonel d'artillerie Pion des Loches, mises en ordre et publiées par Maurice Chipon et Léonce Pingaud. P., Firmin-Didot, 1889, pt in-8°, xxviii-520 pp, un portrait en frontispice, index, carte dépliante hors texte, broché, couv. imprimée, dos fendu, qqs rares rousseurs sinon intérieur propre. Rare

            200

"Attachants mémoires, surtout sur la campagne de Russie qui présentent un type d'officier écartelé entre l'attrait de la gloire militaire et les plaisirs de la vie conjugale. Bonne édition critique." (Tulard, 1159).

145.          PRADT (M. de). Histoire de l'Ambassade dans le Grand Duché de Varsovie en 1812. Huitième édition revue et corrigée. P., Pillet, 1815, in-8°, xxii-239 pp, reliure demi-veau glacé havane époque, dos à 5 larges nerfs soulignés à froid, fleurons à froid (rel. de l'époque), dos recollé sinon bon état (Tulard, 1184)

            75

Véritables mémoires sur la mission de Pradt en Pologne. Il s'agit d'un plaidoyer de l'archevêque de Malines que Napoléon devait juger très sévèrement lorsqu'il le lut à Sainte-Hélène. (Tulard 1184).

146.          PULITZER (Albert). Une idylle sous Napoléon Ier. Le roman du Prince Eugène. P., Firmin-Didot, s.d. (1895), gr. in-8°, viii-422 pp, un portrait du Prince Eugène en frontispice, 2 pl. hors texte (portraits de la Princesse Auguste de Bavière et des enfants du Prince Eugène), reliure demi-toile brique, couv. conservées, rel. lég. frottée, bon état

            70

D'après les lettres envoyées par Eugène entre 1808 et 1815 à sa femme, la princesse Augusta de Bavière, riches d'informations sur les campagnes de Russie et d'Allemagne.

147.          RIVAZ (Charles-Emmanuel de). Mémoires historiques sur l'occupation militaire en Valais par le général Turreau, par le Grand-Baillif de Rivaz. Sion, Imprimerie F. Aymon, 1890, in-8°, iv-iii-384 pp, un portrait, reliure demi-chagrin brun à coins, dos lisse à triples filets (rel. de l'époque), dos et coins lég. frottés, état correct

            200

"L'occupation du Valais par Turreau présentée sous la forme d'une étude et non de mémoires." (Tulard, 1250).

148.          RIVOLLET (Georges). Général de bataille Charles Antoine Louis Morand, comte d'Empire (1771-1835). Généraux Friant et Gudin du 3e corps de la Grande Armée. J. Peyronnet, 1963, in-8°, 306 pp, préface du général Ruby, 12 pl. de gravures hors texte, 8 cartes, index, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et aigle napoléonien dorés, bon état

            120

149.          SÉGUR (Général comte de). La Campagne de Russie. Mémoires. Les Amis de l'Histoire, 1958, gr. in-12, 287 pp, 7 portraits et 2 gravures hors texte, 2 cartes et 2 plans, imprimé sur papier Bouffant de luxe, reliure pleine basane éditeur, dos lisse, titres dorés au dos et sur le 1er plat, bon état

            25

La destinée de certains livres célèbres est aussi bizarre que celles de certains hommes illustres. “La Campagne de Russie” de Ségur en est un mémorable exemple. La publication de l'ouvrage en 1824 fut une date littéraire. Il eut d'innombrables éditions et fut traduit dans toutes les langues. Cinquante ans plus tard, en 1873, c'est-à-dire à une époque où le nom même de Napoléon était l'objet de l'exécration des Français, le vieillard nonagénaire fit paraître ses Mémoires en huit volumes, en y incorporant l'oeuvre de sa jeunesse. Les Mémoires passèrent inaperçus au milieu de l'indifférence générale. Les générations nouvelles qui se passionnent pour tout ce qui touche à Napoléon rendront justice à l'oeuvre de Ségur et la remettront à son rang qui doit être le premier. “La Campagne de Russie”, narration par un témoin oculaire, aide de camp de l'Empereur, d'une des catastrophes les plus épouvantables de l'histoire, est un des classiques de la littérature napoléonienne. Tels épisodes, l'incendie de Moscou, le passage de la Bérésina, sont d'une saisissante beauté. Car cet historien est un merveilleux écrivain.

150.          SILVESTRE (J.). De Waterloo à Sainte-Hélène (20 juin-16 octobre 1815). La Malmaison, Rochefort, Sainte-Hélène. Félix Alcan, 1904, in-12, xi-304 pp, reliure demi-basane carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état. Peu courant

            100

"Le volume de M. J. Silvestre, “De Waterloo à Sainte-Hélène”, est un bon résumé de l'épilogue de la tragédie impériale. Ses six tableaux accompagnent Napoléon depuis son retour à l'Elysée jusqu'au débarquement à Sainte-Hélène. C'est un exposé consciencieux des faits patents et connus tant par les sources françaises que les documents de provenance anglaise, et tout ce que l'auteur nous dit de l'affaissement indiscutable de Napoléon lui-même, de l'attitude contradictoire des populations et des autorités en province, des intrigues qui s'entrecroisaient au siège du gouvernement à Paris est exact, impartialement et lucidement raconté. Ce que notre auteur démontre, c'est que Napoléon ne s'engagea pas vis-à-vis des Anglais sans être averti de ce qui l'attendait, sans savoir qu'il n'avait aucune garantie pour l'avenir. C'est par énervement, bien plus que par confiance en la grandeur d'âme de ses ennemis, qu'il est monté sur le Bellérophon..." (Rod. Reuss, Revue historique, 1904)

151.          SPINOSA (Antonio). Pauline Bonaparte, princesse Borghèse. Tallandier, 2004, in-8°, 291 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque napoléonienne)

            20

Couturière, artiste à Marseille dans des spectacles pour marins, partenaire d'un "mariage de garnison" avec le général Leclerc, épouse désemparée lorsque ce dernier est emporté par la fièvre jaune, Pauline Bonaparte (1780-1825) s'unit en secondes noces au prince Camille Borghèse, dont elle constate trop tard les limites physiques et intellectuelles... Qu'à cela ne tienne, Pauline est encore jeune, jolie et coquette. D'autres sauront la consoler. Révolution, Empire, Restauration, cette existence baroque, échevelée et sulfureuse va se dessiner sur fond d'histoire européenne. En contrepoint permanent, bien sûr, de celle de son célèbre frère devenu empereur. La vie et le rôle de "Paoletta", impériale collectionneuse d'amants, cette soeur fantasque, excessive, la plus proche de Napoléon, fait ici l'objet d'une étude approfondie. Antonio Spinosa, s'appuyant sur de nombreuses sources italiennes, donne de la "Vénus triomphante" un portrait psychologique, ironique et impertinent.

152.          TERSEN (Emile). Napoléon. Club Français du Livre, 1959, in-8°, 385 pp, 22 gravures, un tableau généalogique dépliant de Charles Bonaparte et Marie-Laetitia Ramolino, biblio, reliure toile brique ornée de l'éditeur, état coorect (Coll. Portraits de l'histoire)

            20

"Cet ouvrage, d'une présentation matérielle fort satisfaisante, fait le point, à l'intention de l'honnête homme, des connaissances sur Napoléon, telles qu'elles ressortent de la déjà considérable bibliographie napoléonienne. Quel­ques titres de cette bibliographie sont rappelés à la fin de l'ouvrage, cependant que des illustrations, des dépliants ou encarts donnent de l'époque et de la vie de Napoléon une image très concrète." (Revue française de science politique, 1960)

153.          THIRY (Jean). Eylau - Friedland - Tilsit. Berger-Levrault, 1964, in-8°, 278 pp, 4 cartes dépliantes hors texte, biblio, index, broché, bon état (Coll. Napoléon Bonaparte)

            40

"L'auteur bien connu de la Collection Napoléon Bonaparte, qui récemment nous a donné « Ulm - Trafalgar - Austerlitz » et « léna », nous parle maintenant de la période d'« Eylau - Friedland - Tilsit ». C'est un intéressant exposé des événements politiques et militaires de la fin de 1806, du début du Blocus continental à la paix de Tilsit. Il se prolonge jusqu'en août 1807 et se termine par une description fort bien faite de la situation de l'Empire et des réalisations de Napoléon à cette date. On constate, une fois de plus, l'activité débordante de l'Empereur qui conduit, parallèlement et avec la plus grande facilité, son armée, la politique et l'administration de l'Etat, comme aussi ses amours avec Marie Walewska. C'est peut-être là, au début du moins, qu'il éprouve le plus de peine pour arriver à ses fins ! M. Jean Thiry est plus à l'aise dans la narration, la description et les commentaires des faits politiques, anecdotiques – de pure histoire – où il excelle, que dans la relation des opérations militaires. Au demeurant, cet ouvrage s'adresse au grand public auprès duquel il convient de le recommander. C'est un tableau d'ensemble, clair et complet, écrit dans un style coulant, de la période où l'Empire, l'Empereur, étaient à l'apogée de la puissance et de la gloire." (Revue militaire suisse, 1965)

154.          THIRY (Jean). La guerre d'Espagne. Berger-Levrault, 1965, in-8°, 352 pp, 2 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Napoléon Bonaparte)

            35

"Que le lecteur ne cherche pas dans cet ouvrage, malgré son titre, un récit « militaire » de la Guerre d'Espagne. L'auteur brosse, mais d'une manière assez détaillée, une toile de fond de la situation politique de l'Europe en 1807, 1808, début de 1809, et décrit les opérations d'Espagne, en exposant les répercussions de la situation générale sur la situation particulière et réciproquement. Ecrit d'une plume alerte et dans un style coulant, l'étude de M. Jean Thiry est d'une lecture fort attrayante." (Revue militaire suisse, 1966)

155.          THIRY (Jean). Ulm - Trafalgar - Austerlitz. Berger-Levrault, 1962, in-8°, 392 pp, 5 cartes et croquis hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Napoléon Bonaparte)

            35

156.          TURQUAN (Joseph). The Wife of General Bonaparte. London, John Lane The Brodley Head, 1912, in-8°, xvi-372 pp, translated from the French by Violette Montagu, un frontispice et 16 pl. de gravures hors texte, index, cartonnage pleine toile violine de l'éditeur, état correct. Texte en anglais

            20

157.          VAN DEDEM DE GELDER (Antoine-Baudouin Gisbert). Un général hollandais sous le Premier Empire. Mémoires du général baron de Dedem de Gelder, 1774-1825. Plon, 1900, in-8°, vi-414 pp, un portrait en héliogravure en frontispice, broché, bon état. Edition originale. Rare (Tulard, 1452)

            180

"La mission diplomatique en Westphalie et à Naples, l'annexion de la Hollande et l'expédition de Russie, la campagne d'Allemagne. Nombreux détails sur les atrocités françaises en Russie, la retraite, la mort de Duroc, la désertion de Jomini jugée très sévèrement." (Tulard, 1452) — "Ces mémoires, très intéressants et d'ailleurs bien annotés, comprennent en somme trois parties. Dans la première, Dedem, fils de l'ambassadeur des Provinces Unies à Constantinople, retrace ce qu'il a vu en Orient ; le voyage qu'il fit en Egypte avec M. Fauvel est particulièrement attachant. La deuxième partie nous le montre ministre plénipotentiaire du roi Louis de Hollande près du roi de Westphalie et du roi de Naples ; le portrait du roi Jérôme et des personnages qui l'entouraient est vivant ; piquante, la description de la cour de Piombino ; instructive, la peinture de Naples sous Murat. La troisième partie représente Dedem devenant, de général-major au service de Hollande, général de brigade dans les armées de Napoléon et tenant si bien son nouveau rôle qu'il s'étonne et se fâche de n'être pas général de division. Ses jugements sur les hommes de guerre qu'il fréquente alors, ont du prix. Il fait un grand éloge de Davout, bourru, malhonnête, brutal, mais nullement cruel ; « il n'était pas toujours aimable, mais je suis fier d'avoir servi sous ses ordres, d'avoir été chez lui à une école instructive ; avec lui, on est sûr d'être bien commandé, ce qui est quelque chose et de petits desagréments sont compensés par de grands avantages. » Il voit dans Priant un vrai manœuvrier mais un homme de peu d'esprit. Il trouve que Ney avait le sens droit et jugeait bien sur le champ de bataille, mais « dans les moments difficiles autres que ceux de la guerre, tombait dans le vague et l'incertitude ». Son récit de la campagne de 1812 renferme plus d'un curieux détail : il note, par exemple, que Napoléon était cruellement trompé par les rapports qu'on lui faisait et qu'on osa lui dire officiellement avant Moscou que la division Priant avait des vivres pour dix-sept jours alors qu'elle était réduite aux expédients ; il remarque qu'on eut tort à la Moskowa de ne pas pousser en avant dès le matin l'aile droite de l'armée pour déborder l'ennemi et que la faute est due au manque de bonnes cartes et à l'ignorance complète des localités ; il assure qu'il y avait à Moscou de grands approvisionnements, qu'avec un peu d'ordre on aurait pu distribuer des vivres pour trois mois, mais que la discipline n'existait plus ; lui aussi est d'avis que l'empereur eut mieux fait de rester à Smolensk, d'empêcher ainsi la Porte de faire la paix, de réorganiser les troupes et d'entrer en campagne l'année d'après ; mais l'empereur « ne savait ni négocier ni temporiser ». Dedem l'a observé pendant la retraite : « Il était calme sans colère, mais aussi sans abattement ; c'était l'homme qui voit le désastre et reconnaît tout ce que sa position offre de difficile, mais qui se dit : c'est un échec, il faut s'en aller, mais on me retrouvera. » Durant la campagne de 1813, Dedem appartint à la division Girard. Il loue la bravoure de ses soldats ; presque tous avaient la gale ; mais, disaient-ils, « si nous sommes sales, nous nous battrons bien ». Et, en effet, ces jeunes gens se battirent bien. Mais après la lutte, ils étaient comme « ahuris » et « pétrifiés » : leur coup d'essai avait été trop violent, et s'ils avaient dû recommencer vingt-quatre heures après, ils n'auraient rien valu : « peu à peu ils reprirent de la gaieté, mais il ne fallait point leur donner le loisir de réfléchir, car ils retombaient dans la tristesse, et par la suite ils gagnèrent tout à fait le spleen, » Une courte narration de la seconde journée de Leipzig et des opérations de l'armée d'Italie sur la ligne du Taro termine le volume. Quoi qu'on puisse penser de certaines appréciations de Dedem et bien qu'il nous paraisse un ambitieux qui, bien qu'aristocrate et dédaigneux des « simagrées plébéiennes » accepte de la démocratie honneurs et emplois, il avait, comme il dit lui-même, de la perspicacité et de la finesse ; ses mémoires ne sont pas du tout à dédaigner." (Revue critique d'histoire et de littérature, 1900)

158.          VIAENE (Antoine). Napoléon et Marie-Louise à Bruges (mai 1810). Editions Universitaires, s.d. (v. 1960), pt in-8°, 85 pp, 12 gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

159.          AMAURY-DUVAL. Souvenirs (1829-1830). Intérieur de ma famille. Salon de Charles Nodier. Soirées du Quai Conti. Voyage en Morée. Lettres du maréchal Pélissier. Retour en France. Révolution de Juillet. Plon, 1885, in-12, vi-256 pp, broché, ex-libris collé au dos de la page de faux-titre, bon état. Edition originale

            70

Souvenirs du peintre Amaury-Duval (1808-1885), l'un des premiers élèves à être admis dans l'atelier de Jean Auguste Dominique Ingres. En 1829, il fait partie de la commission d'artistes et de savant désignée par Charles X pour aller aux cotés des troupes militaires en Grèce lors de l'Expédition de Morée, comme dessinateur dans la section archéologie. — "Il décrit le salon littéraire de Nodier à l'Arsenal et celui de sa soeur au Quai Conti. Puis, il part accompagner l'expédition de Morée. A son retour, il trouve Paris plongé dans la Révolution." (Bertier, 368)

160.          ARNAUD (René). Le 2 décembre. Hachette, 1967, in-8° carré, 155 pp, abondamment illustré de 94 gravures et reproductions d'affiches dans le texte et à pleine page, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. L'histoire par l'image)

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Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 est l’acte par lequel, en violation de la légitimité constitutionnelle, Louis-Napoléon Bonaparte, Président de la République française depuis trois ans, conserve le pouvoir à quelques mois de la fin de son mandat, alors que la Constitution de la Deuxième République lui interdisait de se représenter. — Table : A l'Elysée, le soir du 1er décembre 1851 – L'exécution du coup d'Etat – L'Assemblée contre le Président – Paris se soulève – La fusillade du boulevard – Les soulèvements en province – La répression – Le plébiscite approuve le coup d'Etat.

161.          AUBERT (Alfred). Un grand libéral : Prévost-Paradol. Sa vie, son oeuvre politique et littéraire, son suicide. Bibliothèque-Charpentier, Fasquelle éditeurs, 1931, in-12, 192 pp, un portrait en frontispice, sources et biblio, broché, bon état

            25

Lucien-Anatole Prévost-Paradol (Paris, 1829 - Washington, 1870) est un journaliste et essayiste républicain. Il publie, en 1868, ce qui reste son œuvre majeure : “La France nouvelle”, qualifié de « bible de l'orléanisme » par l'historien Gabriel de Broglie. Devenu référence du libéralisme français, ce livre commente, entre autres, le système de représentation proportionnelle inventé par Thomas Hare et défendu par John Stuart Mill. Il y défend également le bicaméralisme, le Sénat devant servir de contre-poids face à la représentation des masses à l'Assemblée nationale. Avec l'arrivée au pouvoir d'Emile Ollivier, Prévost-Paradol croit à une évolution libérale de l'Empire et accepte le poste de ministre plénipotentiaire de France aux Etats-Unis, ce qui lui vaut de violentes attaques de la part du parti républicain. À peine est-il installé dans son poste que la guerre franco-prussienne de 1870 éclate. C'est la guerre qu'il a annoncée et redoutée dans “La France nouvelle”. Désespéré, Prévost-Paradol se suicide d'un coup de revolver...

162.          AUBRY (Octave). Le Second Empire. Fayard, 1946, fort in-12, 697 pp, biblio, reliure demi-basane chocolat, dos à 5 larges nerfs, titres dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            25

"L'ouvrage de M. Aubry sur le Second Empire se lit avec le plus grand agrément et peut être tenu pour une bonne mise au point, à l'usage des honnêtes gens, des recherches faites sur cette période. Tous ceux qui aiment les aspects psychologiques de l'histoire sauront gré à l'auteur de ces portraits, tracés d'un crayon alerte et original, qui font revivre les hommes petits et grands (M. Aubry pense qu'il y en eut peu de réellement grands dans le personnel du Second Empire), et disent mieux que de longues démonstrations leur influence sur le cours des événements..." (André Latreille, Revue d'histoire de l'Église de France, 1939) — L'auteur juge « sereinement » le Second Empire dans ce bon ouvrage, où Napoléon III, en dépit de ses « erreurs propres » et du « caprice du sort » qui furent causes de son échec, est décrit comme un « précurseur » des « grands Européens », ayant accompli, pas si mal que cela près tout, sa « tâche française ». Une réhabilitation du régime impérial qui tend à faire de Napoléon III un monarque moderne, un anti-Bismarck, précurseur de l'Europe des nations...

163.          BARBIER (J.-B.). Silences sur le Second Empire. P., La Librairie Française, 1962, in-12, 286 pp, broché, couv. illustrée, qqs marques au crayon en marges, bon état

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Les réalisations de Napoléon III. — “Nous avons à dessein de présenter l'actif considérable d'un règne dont les immenses bénéfices positifs sont généralement passés sous silence...” (Avant-propos)

164.          BARBIER (Jean-Pierre). Juliette Drouet. Sa vie, son œuvre. Par des documents inédits. P., Bernard Grasset, 1913, in-12, 168 pp, un portrait en frontispice, broché, dos abîmé recollé, couv. lég. salie, état correct

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Juliette Drouet, de son vrai nom Julienne Gauvain (Fougères, 10 avril 1806 - Paris, 11 mai 1883) est une actrice, passée à la postérité pour avoir été la compagne de Victor Hugo pendant près de cinquante ans. — Table : Juliette Drouet – Sa vie ; Son oeuvre ; L'insurrection de février 1848 ; Jersey.

165.          BÉGUIN (André). La Bataille de Sedan, 1er septembre 1870. Bruxelles, Editions Myg, 2017, in-4°, 535 pp, préface de Jean Tulard, nombreuses cartes, broché, couv. illustrée, bon état

            54

La bataille de Sedan eut lieu le 1er septembre 1870 entre l’armée dite de Châlons, parce que c’est au camp militaire de Châlons que s’étaient reconstitués les débris de l’armée d’Alsace, désorganisée par la défaite de Frœschwiller le 6 août 1870, et, d’autre part, une forte partie de l’armée allemande, commandée par le général de Moltke. Les forces françaises étaient d’environ 120.000 hommes et les forces allemandes de plus de 200.000. Mais qu’est-ce que Sedan ? Une petite place du Nord fortifiée, derrière laquelle, le 31 août 1870, est venue s’entasser l’armée de Châlons commandée par le maréchal de Mac Mahon. Cette armée représente moins de la moitié des forces françaises ; l’autre plus forte moitié, l’armée du maréchal Bazaine, est déjà plaquée contre les murs de Metz, que cernent 200.000 Allemands. Elle sera contrainte de capituler dans moins de deux mois. L’armée de Châlons est donc la seule force opérationnelle qui reste à la France pour lutter contre l’armée du général de Moltke, déjà très avancée sur le territoire national... L'ouvrage d’André Béguin est une relation très précise qui s’appuie sur les documents français et allemands les plus authentiques ; cette relation est accompagnée de nombreuses cartes qui suivent les mouvements des armées françaises et allemandes. L’ouvrage convient aussi bien au lecteur qui désire avoir une connaissance générale de la bataille qu’au chercheur qui y trouvera les références nécessaires. La bataille elle-même est précédée de la description des opérations militaires qui se sont déroulées au mois d’août et est suivie de l’analyse de toutes les suites et des conséquences engendrées par ce qui fut une catastrophe pour la France et une victoire pour l’Allemagne. — "Une étude exhaustive, désormais l'ouvrage de référence sur les combats de septembre 1870." (Jean Tulard) — "Un travail de recherche et de mise en perspective exceptionnel." (Général Vincent Desportes) — "Un travail considérable." (Gérard Chaliand)

166.          BENEDETTI (Vincent, comte). Ma mission en Prusse. Plon, 1871, gr. in-8°, 446 pp, reliure demi-chagrin noir à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, tête dorée (rel. de l'époque), coins légèrement frottés, bel exemplaire

            80

Vincent Benedetti (1817-1900) fut nommé en 1864 ambassadeur à Berlin. Cette "mission en Prusse" fut le grand événement de sa vie. Ce fut lui qui fut chargé par le gouvernement français de la fameuse démarche entreprise le 13 juillet 1870, auprès de Guillaume Ier qui prenait les eaux à Ems, qui devait aboutir à la guerre. Cet ouvrage est en fait un recueil de documents – lettres et dépêches confidentielles – par lequel il cherche à justifier sa conduite et démonte les accusations que certains ont porté contre lui, notamment d'avoir mal informé le gouvernement français sur la volonté et la capacité de la Prusse à entrer en guerre et sur les réalités diplomatiques de l'Europe à la veille du conflit. — « Paru en septembre 1871, un an après la chute du Second Empire, cet excellent document est en fait un recueil de lettres et de dépêches confidentielles. Le comte de Benedetti, ambassadeur de France à Berlin, décrit la situation en Prusse à la veille de la guerre de 1866, il met en évidence les causes de ce conflit et ses répercussions dans la diplomatie européenne. Ce volume contient en appendice plusieurs documents venant compléter le témoignage du consciencieux Benedetti. » (Bourachot, 38) — Table : Origines de la guerre de 1866 ; Traité d'alliance offensive et défensive signé à Berlin entre la Prusse et l'Italie ; Dernières négociations en 1866 – ouverture des hostilités ; Les différents projets de traités qui ont fait l'objet de pourparlers confidentiels à Berlin ; Rapports de la France avec la Prusse de 1866 à 1870 ; La candidature du prince de Hohenzollern et ma mission à Ems.

167.          BERMOND (Daniel). Gustave Eiffel. Perrin, 2002, gr. in-8°, 502 pp, 8 pl. de photos hors texte, liste des travaux d'Eiffel jusqu'en 1893, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Une biographie très informée de celui qui ne fut pas seulement le maître d'oeuvre de la tour qui porte son nom depuis 1889. Où l'on verra un jeune bourguignon, avide de promotion sociale, se muer en ingénieur audacieux, se compromettre dans les affaires du Panama et s'enflammer pour l'aviation naissante, avant de s'éteindre en 1923 en patriarche bien entouré. — La vie et l'œuvre de Gustave Eiffel (1832-1923) ne se limitent pas à la tour du Champ-de-Mars. Même si elle en est le couronnement et même si elle a puissamment contribué à élever son constructeur au rang d'un mythe. Derrière l'image trop lisse de cet homme de la Belle Epoque se cache pourtant une aventure industrielle étonnante, commencée dans la douleur sous le Second Empire avant que les premiers succès fassent d'Eiffel un des ingénieurs les plus remarquables par son goût de l'audace et son souci d'allier toujours performance et esthétique. La République encore vacillante utilise son prestige pour s'affirmer. En ce sens, la carrière d'Eiffel se confond aussi avec les grandes polémiques de son temps. Il en est même la victime lors de l'affaire de Panama au point que sa réputation va longtemps souffrir des accusations qui le conduisent en prison en 1893. L'homme de la Tour devient alors une des personnalités les plus haïes de France, ce qui a été jusqu'ici occulté par ses biographes. Eiffel, c'est aussi, dès 1900, un des précurseurs de l'aviation, inexplicablement négligé dans les meilleures études sur le sujet : Bréguet, Voisin, Esnault-Pelterie, Farman, Blériot, tous sont venus dans son laboratoire d'Auteuil faire des essais de moteurs, d'ailes et d'hélices. Au-delà du stratège hors pair qui sait pousser le risque aussi loin que possible (l'aventure de la Tour est un modèle du genre), Eiffel apparaît comme une personnalité exclusive, prisonnière des passions et des préjugés qui l'animent. Du jeune Bourguignon fier et maladroit qui cherche à épouser une fille de la bonne société bordelaise au patriarche aimant à s'entourer d'une cour dans son hôtel particulier à Paris, Daniel Bermond, à l'aide d'archives inédites, brosse le siècle d'un homme dont le nom incarne Paris et le génie français. (4e de couverture)

168.          CHATEAUBRIAND (François-René de). Mémoires, lettres et pièces authentiques touchant la vie et la mort de S.A.R. Monseigneur Charles-Ferdinand-d'Artois, Fils de France, Duc de Berry. Seconde édition. P., Le Normant, 1820, in-8°, (4)-ii-302 pp, reliure plein veau naturel, dos lisse très orné, pièce de titre basane vermillon (rel. de l'époque), un cachet à moitié effacé sur la page de titre, mors proprement recollés, bon état

            120

Seconde édition, parue la même année que l'originale, de cette célèbre et vibrante relation commandée à Chateaubriand par la Cour en hommage au duc de Berry. On trouve in fine le texte célèbre : "Il s'élève derrière nous une génération impatiente de tous les jougs, ennemie de tous les Rois ; elle rêve la république, et est incapable, par ses mœurs, des vertus républicaines". Le duc de Berry, deuxième fils du comte d’Artois (le futur Charles X) était sous la Restauration le chef du parti ultra-royaliste et l’espoir de la continuité dynastique des Bourbons. Il fut assassiné à la sortie du théâtre le 14 février 1820 par un fanatique isolé, Louvel.

169.          [Commune]. Journal des journaux de la Commune. Tableau résumé de la presse quotidienne du 19 mars au 24 mai 1871. Lois, décrets, proclamations, rapports et informations militaires, etc., reproduits d'après le Journal Officiel de Paris, extraits des autres journaux, organes ou défenseurs de la Commune. Le tout controlé par les dépêches, circulaires et avis du Gouvernment, et par les extraits du Journal Officiel publié à Versailles. P., Garnier frères, 1872, 2 vol. in-12, xxiii-469 et 647 pp, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titre et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état. Edition originale (Le Quillec, 1328 ; Le Quillec II, 2485)

            200

La Commune de Paris de 1871 fut la période pendant laquelle le plus de journaux furent créés. Si la liberté de la presse fut restreinte, si de nombreux journaux furent supprimés, la Commune n'empêcha jamais la parution de nouveaux journaux. Ainsi, les journaux supprimés pouvaient reparaître sous un nouveau titre dès le lendemain... Tome I : 19 mars-19 avril ; tome II : 20 avril-24 mai. — "L'ouvrage que nous publions a pour but de mettre sous les yeux du lecteur un résumé de la presse quotidienne pendant la Commune." (Introduction)

170.          DEMONET (Michel). Tableau de l'agriculture française au milieu du 19e siècle. L'enquête de 1852. P., EHESS, 1990, gr. in-8°, 304 pp, préface d'Emmanuel Le Roy Ladurie, postface de Gabriel Brown, 82 cartes, 48 tableaux, 11 graphiques, broché, couv. illustrée, bon état, ex. du SP

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Mathématicien devenu historien, M. Demonet traite la masse d´informations que la Statistique Générale de la France avait dû en 1852 se contenter d´accumuler faute de moyens de calcul efficaces. De l’exploitation de cette source unique, riche et utilisée dans son intégralité, il brosse un tableau détaillé de l’agriculture française et qui aborde tous les aspects de la réalité agricole : les structures sociales, les techniques, les productions tant animales que végétales, les mécanismes de développement.

171.          DUCROT (Général Auguste Alexandre). La Vie militaire du général Ducrot, d'après sa correspondance (1839-1871), publiée par ses enfants. Plon, 1895, 2 vol. in-8°, iv-466 et 477 pp, deuxième édition, 3 portraits gravés (Ducrot en 1839 et en 1870, Joseph Karam) et une carte du Liban en couleurs dépliante hors texte, brochés, C de bibl., bon état

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Cet ouvrage rassemble la correspondance importante du général de 1838 à 1870 (parfois une lettre par jour durant les campagnes qu'il effectue). Ducrot est engagé en Algérie de 1838 à 1851, dans la Baltique en 1854, puis en Italie. Il commande ensuite l'expédition de Syrie, puis un Corps d'armée en 1870. Il commande brièvement l'armée à Sedan. Evadé, il rejoint Paris, mais ses souvenirs du siège ne sont pas détaillés. — "Chacun connaît la brillante carrière du général Ducrot et la part qu'il prit à la préparation de la guerre franco-allemande, puis à cette guerre elle-même ; mais suivre pas à pas, jour par jour, toute la vie militaire du général ; être guidé par lui-même dans les méandres d'une existence des plus actives, voilà la rare fortune qui nous est offerte par ce livre. En 1839, 1840, 1841, 1842, le sous-lieutenant Ducrot est en Algérie ; après un court repos, il repart en 1843 ; c'est en cette année, au mois de mai, qu'il appuie avec ses hommes la cavalerie du duc d'Aumale à la poursuite de la smalah d'Abd-el-Kader. En 1845 et pendant les années suivantes, nous assistons aux poursuites exécutées contre Abd-el-Kader lui-méme, en une série de coups de main heureux, dans lesquels le capitaine Ducrot joua un rôle des plus importants, comme chef des affaires indigénes du général Yusuf... En 1859, il est en Italie... En 1860, le général Ducrot fait partie de l'expédition envoyée en Syrie pour la défense des populations chrétiennes du Liban. Il envoie, le 13 septembre, une courte mais curieuse description de Malte. Il donne des détails sur le rôle de la France dans ces événements si compliqués d'Orient. Ses lettres sont, pleines d'aperçus intéressants, de vues larges et étendues. Le deuxième volume débute par la constatation des faiblesses du second Empire en Syrie, de 1860 à 1862, puis nous montre le général à Nevers, de 1861 à 1864. En 1864, le général Ducrot fut envoyé de nouveau en Algérie, où venait d'éclater l'insurrection de Si-Hamga ; les années 1864 et 1865 se passent à guerroyer. Le général voyait clairement comment il fallait, pour en finir, organiser le pays. Les propositions qu'il fit alors à l'empereur à ce sujet ont servi de base à l'organisation actuellement en vigueur... Le 20 juillet 1870, le général Ducrot insiste auprès du maréchal de Mac-Mahon pour qu'une ou deux têtes de pont soient établies sur la rive droite du Rhin, à Kehl, à Vieux-Brisach. Le maréchal repousse ces propositions, qui cependant auraient pu changer la face des choses en permettant l'offensive par la droite pendant la mobilisation des Allemands. Le 6 août, à la première heure, le général Ducrot fit tout ce qu'il put, d'accord avec le général Raoult, commandant la 2e division du 1er corps (dont le général Ducrot commandait la 1ère, pour déterminer le maréchal de Mac-Mahon à porter le corps d'armée le dos aux Vosges, pour livrer bataille sans que la disproportion des forces fût aussi préjudiciable ; ils y arrivaient quand, l'ennemi attaquant, le maréchal changea d'avis..." (Revue des Questions historiques, 1896)

172.          DUMAS (Alexandre). La terreur prussienne à Francfort. Episode de la guerre en 1866. Paris, Naumbourg s/S., chez G. Paetz, libraire-éditeur, 1868, 4 vol. in-16, 160, 160, 160 et 173-(3) pp, les 4 tomes reliés ensemble en un volume demi-basane verte, dos à 4 faux-nerfs pointillés, titre doré (rel. de l'époque), dos et mors lég. frottés, bon état. Rare

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Très rare édition de ce roman publié en feuilleton par Alexandre Dumas dans “La Situation”, le journal de l'ancien roi de Hanovre à Paris, à partir du 20 août 1867. Ce roman avait été commandé à Dumas comme propagande antiprussienne.

173.          ENGELS (Friedrich). Anti-Dühring. (M. E. Dühring bouleverse la science). Editions Sociales, 1963, in-8°, 511 pp, traduction d'Emile Bottigelli, 2e édition revue, notes, index des noms cités, index des matières, reliure simili-cuir carmin de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état

            25

L'ouvrage Anti-Dühring est un essai publié en 1878 par Friedrich Engels. Sous couvert de polémique avec le philosophe allemand Eugen Dühring, il s'agit d'un des exposés les plus complets de la vision marxiste du monde et de la politique.

174.          ERGAL (Yves-Michel) et Marie-José STRICH. La Comtesse de Ségur. Perrin, 1990, in-8°, 532 pp, 16 pl. de gravures hors texte, un fac-similé, biblio, reliure skivertex éditeur, bon état

            30

Etonnante Comtesse de Ségur, née Sophie Rostopchine, qui épouse en 1819 le comte Eugène de Ségur ! Une fois grand-mère, elle se lance alors dans une vocation tardive d'écrivain. Sa première tentative “Les Nouveaux Contes de fées” (1856) remporte un succès considérable, grâce aux éditions Hachette qui viennent de créer la Bibliothèque rose. Par la suite, elle se consacre à de nombreux romans pour l'enfance dont le large succès perdure jusqu'à nos jours, avec parmi ses titres les plus célèbres : “Les Petites Filles modèles” (1858), “Les Malheurs de Sophie” (1859), “Les Mémoires d'un âne” (1860), “L'Auberge de l'Ange gardien” (1863), “Le Général Dourakine” (1863). Reflet de son temps, l'œuvre de la Comtesse de Ségur n'est pas seulement un monument de la littérature pour la jeunesse, elle est aussi une incarnation vivante des mentalités du XIXe siècle, ce que parviennent à décrire avec talent Yves-Michel Ergal et Marie-José Strich. Cette importante biographie cerne au plus près l'exceptionnelle personnalité d'un auteur hors du commun. Les livres de la comtesse de Ségur sont marqués par l'influence de son fils aîné, Gaston de Ségur, prélat appelé aux plus hautes fonctions auprès de Napoléon III. Outre de nombreuses lettres inédites, cette biographie révèle la profonde relation affective qui a existé entre la comtesse, son fils Gaston et sa fille Sabine.

175.          GUILLEMIN (Henri). Lamartine en 1848. PUF, 1948, in-12, 89 pp, reliure demi-basane noire, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et d'auteur basane beige, papier lég. jauni comme toujours, bon état (Coll. Centenaire de la Révolution de 1848)

            40

Avec reliés à la suite : “Plaidoyer pour Lamartine”, par André François-Poncet (“Nouvelles Littéraires” du 15 mai 1952 - Article collé sur pages blanches avec une illustration, 10 pp) et “1848, une révolution”, par Henri Lardaàs (Hachette, 1948, 176 pp)

176.          GUILLEMIN (Henri). Zola, légende et vérité. Lausanne, Editions Rencontre, s.d. (1960), pt in-8°, 193 pp, 16 pl. de photos et gravures hors texte, reliure simili-cuir éditeur, bon état

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Le premier chapitre est centré sur l'intervention de Zola dans l'Affaire Dreyfus. Le second, le plus important, est intitulé Zola et le catholicisme. Le troisième évoque avec humour l'intérêt de la police à l'égard du romancier et le quatrième considère quelle aurait pu être l'influence de Zola sur Claudel, présentant quelques rapprochements fort intéressants. — "Vigilant ennemi des images d'Epinal littéraires, Henri Guillemin se penche sur un écrivain illustre et pourtant méconnu : Emile Zola. Qu'il nous restitue avec sa rigoureuse méthode. Et nous découvrons l'homme véritable, hypersensible, idéaliste blessé : le jeune homme romantique qui tenta de sauver une prostituée. De même, nous révèle Henri Guillemin, au moment de l'Affaire Dreyfus, le romancier célèbre qui briguait l'Académie, l'homme déchiré entre deux amours non seulement obéit à sa conviction profonde, mais encore veut se racheter et se justifier à ses propres yeux en se compromettant totalement et dangereusement pour la cause de la justice. Les autres essais contenus dans ce volume – Zola et le catholicisme, Zola et la police, Claudel et Zola – restaurent tout aussi brillamment le portrait de l'auteur des Rougon-Macquart..."

177.          HENRY (Paul). Napoléon III et les peuples. A propos d'un aspect de la politique extérieure du Second Empire. Gap, Publications de la Faculté des Lettres de l'Université de Clermont, 1943, in-8°, 127 pp, biblio, broché, bon état. Peu courant

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La pensée impériale avant 1852 ; La guerre d'Orient et le Congrès de Paris ; Des Carpathes aux Alpes. – Premières suites du Congrès de Paris (1856-1861) : Napoléon III et le Proche-Orient, Napoléon III et l'Italie ; Elargissement et déboires de la politique impériale : la Chine et la Syrie, la guerre du Mexique, l'Italie, le Royaume arabe, la crise de l'insurrection polonaise de 1863 ; Napoléon III et la Prusse : De la guerre d'Italie à Sadowa (1860-1866), de Sadowa à Sedan (1866-1870).

178.          LALLIARD (François). La fortune des Wagram, de Napoléon à Proust. Perrin, 2002, gr. in-8°, 491 pp, 4 figures et 30 tableaux, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, bon état

            25

A partir de l'extraordinaire destin du maréchal Berthier, devenu prince de Wagram par son talent militaire et la grâce de Napoléon, ce livre raconte de façon claire et vivante l'ascension d'une famille, depuis l'arrière-grand-père du maréchal, simple laboureur, jusqu'à ses arrière-petits-enfants, aristocrates parisiens de haut rang. Car la rencontre avec Napoléon puis l'aventure impériale changèrent le destin des Berthier, puisque l'Empereur couvrit d'une pluie d'or son chef d'état-major tout en l'élevant au titre de prince de Wagram. On découvrira ainsi l'extraordinaire luxe de sa vie quotidienne à Paris comme dans son château de Grosbois. La dynastie Wagram, dans la première moitié du XIXe siècle, c'est la transformation d'un nom héroïque en notable, politique et surtout social. À travers l'histoire des fêtes, des chasses, des démêlés d'un immense propriétaire avec ses fermiers, toute la société aristocratique du temps se déploie, celle qui nourrit Balzac, Maupassant ou Barbey d'Aurevilly. La 3e et la 4e génération des Wagram semblent sorties d'un roman : le fils désargenté et noceur fait la plus brillante des fins en épousant une Rothschild. Les Wagram deviennent les piliers du tout-Paris et les modèles de la Recherche de Proust. Enfin, le XXe siècle voit la ruine grandiose et tragique de la dynastie. Le dernier prince de Wagram, collectionneur de peintures, brocanteur d'occasion, amateur de voitures rapides et capitaine d'industrie maladroit, saisit toutes les occasions de dilapider sa fortune dans la France de la Belle Epoque. Mais la guerre le fauche à 35 ans sans héritier, laissant Grosbois à sa sueur qui, après avoir mené un train ébouriffant dans les années folles, continua jusqu'en 1960 à maintenir au château une tradition de fêtes multiséculaires.

179.          LE SUR (Charles Louis). La France et les Français en 1817. Tableau moral et politique, précédé d'un coup d'oeil sur la Révolution. P., H. Nicolle, Fantin, Delaunay, 1817, pt in-8°, xxxviii-496 pp, reliure demi-basane fauve, dos lisse, pièces d'auteur et de titre chagrin vert empire, qqs rousseurs, pt trace d'humidité ancienne en marges sup., bon état. Edition originale

            120

Après un tableau de la Révolution, Le Sur expose les dangers de l'invasion de 1815 puis s'attache à détailler l'organisation de la population française, les règles du gouvernement et enfin la situation de la France en Europe et ses rapport avec les différentes nations qui la compose. "Enfin la sagesse a prévalu dans le conseil des rois ; les principes conservateurs des Etats l'ont emporté sur la fureur des partis. Il a été permis de regarder vers l'avenir, et c'est alors que nous avons entrepris de considérer la France telle que la Révolution nous l'a faite".

180.          MARIN (Capitaine Paul). Dreyfus ? P., Librairie illustrée, s.d. (1897), in-12, 540 pp, lettre-préface à Drumont, broché, pt manque au 2e plat et au dos, état correct. Edition originale. Peu courant

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Documents ; Hypothèses ; Comptes rendus officiels ; Polémiques de presse ; Expertises d' écritures ; L'Affaire Weyl ; Campagnes de 1895-1896-1897 ; Intrigues et manoeuvres souterraines ; Scheurer-Kestner, Monod, Zola, etc., etc.

181.          MONTENON (Jean de)( dir). La France et la presse étrangère en 1816 : Mission confiée à Baudus par le duc de Richelieu. Correspondance secrète inédite publiée dans La Nouvelle Revue par Jean de Montenon. P., Perrin, 1933, gr. in-8°, x-186 pp, introduction d'Albert Rivaud, un portrait de Amable de Baudus de Villenove en frontispice, broché, bon état

            50

Après Waterloo, le comte d'Hauterive proposa au duc de Richelieu la création à l'étranger d'un journal "sérieux", modéré, où les intérêts français seraient prudemment et intelligemment défendus ; Amable de Baudus de Villenove (1761-1822), qui fut chargé de missions analogues sous le Consulat, est tout désigné, par sa connaissance des hommes et des choses, pour le diriger. Il ne fera pas de "propagande" à l'aveuglette, sans connaître les résistances, les ennemis à combattre, les amis éventuels à encourager et à soutenir... (Introduction)

182.          NIJINSKA (Bronislava). Mémoires, 1891-1914. Ramsay, 1983, gr. in-8°, 453-(13) pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, état correct, envoi a.s. (en français) de sa fille Irina Nijinska (1913-1991), danseuse de ballet elle aussi et nièce de Vaslav Nijinski, qui a traduit et mis en forme l'autobiographie de sa mère

            50

Soeur de Nijinski, Bronislava Fominitchna Nijinska (1891-1972) fut la première femme chorégraphe. Fille d'un couple de danseurs polonais et sœur du célèbre danseur Vaslav Nijinski, Bronislava Nijinska est formée par Enrico Cecchetti puis à l'école impériale de ballet de Saint-Pétersbourg. Elle acquiert ses premières expériences professionnelles avec le ballet du Théâtre Mariinsky. Dès 1909 elle fait partie, comme son frère Vaslav, des Ballets russes de Serge de Diaghilev. Elle chorégraphie divers ballets pour la compagnie, dont Les Noces en 1923, Le Train bleu en 1924, Les Biches en 1924 et surtout Boléro de Maurice Ravel en 1928, pour la première de l'œuvre. En 1921 elle ouvre une école de danse à Kiev, le jeune Serge Lifar sera l'un de ses premiers élèves. De 1932 à 1937 elle dirige sa propre compagnie de danse puis déménage à Los Angeles pour y ouvrir une école de danse et pour y travailler en tant que chorégraphe invitée par d'autres compagnies et théâtres. C'est après 1945 qu'elle sera à nouveau amenée à travailler en Europe avec, entre autres, le marquis de Cuevas. Bronislava Nijinska s'éteint aux Etats-Unis en 1972.

183.          PANGE (Comtesse Jean de). Comment j'ai vu 1900. Grasset, 1962-1973, 4 vol. pt in-8°, 252, 239, 254 et 272 pp, 45 pl. de photos hors texte, brochés, couv. illustrées, pt trace d'humidité ancienne au 1er plat du tome 2, sinon bon état, envoi a.s. à Me Henry Germain-Martin aux tomes 1 et 2

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Bien complet du quatrième volume, assez peu courant. 1. Comment j'ai vu 1900. ~ 2. Comment j'ai vu 1900. Confidences d'une jeune fille. ~ 3. Comment j'ai vu 1900. Derniers bals avant l'orage. ~ 4. Comment j'ai vu 1900. 1900 s'éloigne. Derniers souvenirs publiés avec une introduction et des notes par son fils le comte Victor de Pange.

184.          RENOUVIN (Pierre). Histoire des relations internationales. Tome VI : Le XIXe siècle, 2e partie : De 1871 à 1914. L'Apogée de l'Europe. Hachette, 1955, in-8°, 401 pp, 5 cartes, index, broché, bon état

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"Ce n'est pas une histoire détaillée des conflits diplomatiques, mais « une recherche des explications » de l'évolution générale. Pourquoi de 1870 à 1914, l'Europe est-elle maîtresse du monde ? pourquoi cette Europe divisée contre elle-même a-t-elle glissé sur la pente terrible d'une guerre qui a sonné le glas de son règne ? La division en trois livres, le premier traitant des années 1871 à 1893, le deuxième de 1893 à 1913, le troisième réservé à une remarquable et très neuve étude intitulée « L'Europe et le monde en 1914 » se justifiait dès lors que l'auteur voulait répondre aux deux questions capitales qu'il s'était proposé de résoudre. Dans chacune des deux premières parties, l'expansion européenne d'une part, l'essor et le conflit des impérialismes à travers le monde d'autre part, sont bien mis en évidence, sans que soient négligés les classiques conflits franco-allemand ou méditerranéens. (...) On souhaiterait disposer d'ouvrages de semblable valeur pour l'histoire politique interne ou pour l'histoire économique de la même période." (Robert Demoulin, Revue belge de philologie et d'histoire, 1956)

185.          ROMANOVSKY-KRASSINSKY (S.A.S. la Princesse). Souvenirs de la Kschessinska, Prima Ballerina du Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg. Plon, 1960, in-8°, 340 pp, 52 photos sur 8 planches hors texte, reliure toile carmin, pièce de titre chagrin carmin, couv. illustrée conservée, bon état

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Souvenirs de 1880 à 1951 de Mathilde Kschessinska, étoile de la danse devenue la Princesse Romanovsky-Krassinsky : la Russie impériale, Nijinsky, Diaghilev, la Révolution russe, l'exil, etc.

186.          ROSENTAL (Paul-André). Les Sentiers invisibles. Espaces, familles et migrations dans la France du 19e siècle. P., EHESS, 1999, in-8°, 255 pp, 23 tableaux, 16 figures, 13 généalogies, annexes, biblio, broché, bon état (Coll. Recherches d'histoire et de sciences sociales)

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L’exode rural, simple écume dans le flot des migrations du XIXe siècle ? Mobilisant des données originales, l’ouvrage traque les fausses évidences statistiques et suit à la loupe des lignées entières de paysans dans leurs trajectoires migratoires. Il fait émerger une France rurale inédite, où la mobilité était le lot commun et s’orientait le long de « sentiers invisibles ». Dans un monde rural agité et actif, la sédentarité se révélait minoritaire et les déplacements internes de longue distance durablement comparables aux migrations vers les villes. Liant projet migratoire et saisie globale d’une société, ce livre renouvelle nos conceptions de la mobilité et de ses acteurs. — Disons d'emblée que ces “Sentiers invisibles” constituent un maître livre, qui renouvelle profondément l'analyse traditionnelle des migrations rurales au cours du XIXe siècle, et donne l'exemple – encore bien rare – d'une mise à l'épreuve des réflexions théoriques menées par les historiens se réclamant de la micro-analyse. (...) “Les Sentiers invisibles” seront incontournables pour les ruralistes. Ils guideront toutes les recherches à venir sur les migrations. Et gageons qu'ils seront très fréquemment empruntés par nombre d'historiens soucieux de prendre en compte la liberté des acteurs et de repenser la dialectique liberté/déterminismes pour mieux comprendre et analyser les sociétés du passé. (Jean-Claude Farcy, Annales ESC, 2001) — "Quels que soient les côtés par lesquels on l'aborde, ce livre est un maître livre. Par la méthode tout d'abord qui mêle l'usage judicieux de l'interdisciplinarité, la mise en perspective du champ historiographique, et la rigueur d'exposition dans la construction d'un modèle d'analyse et de son application. Mais aussi sur le fond, puisqu'il ne s'agit rien moins que de jeter un regard radicalement neuf sur un élément central de l'histoire de la France du XIXe siècle, celui de l'exode rural et de la mobilité des populations rurales..." (Edouard Lynch, Ruralia, 2000)

187.          ROUX (François de). La Jeunesse de Lyautey. Calmann-Lévy, 1952, pt in-8°, 217 pp, notes, broché, bon état

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"Je n'ai pas voulu que ce petit ouvrage fut exactement un récit de la jeunesse de Lyautey. J'ai écrit vingt et un chapitres où sont relatés en détail les épisodes essentiels de la vie de Lyautey jusqu'à quarante ans, c'est-à-dire jusqu'au jour de 1894 où le hasard lui fit entreprendre une carrière coloniale. Ainsi la jeunesse y est bien tout entière – du moins je l'espère. (...) J'ai souhaité que l'on trouvât dans ce livre une relation aussi complète que possible de ce que je crois être la période la moins connue de la vie de Lyautey et aussi que l'on pût saisir tout ce que les réalisations de son âge mûr – et de sa vieillesse – durent à ses jeunes années." (Avant-propos)

188.          SCHLUMBERGER (Gustave). Mes souvenirs (1844-1928). Plon, 1934, 2 vol. in-8°, iii-394 et 419 pp, 3 portraits et 2 photos hors texte, brochés, bon état

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Gustave Schlumberger (1844-1929) était la bête noire de Proust, qui l'appelait le 'buffle préhistorique'. Il avait quitté en octobre 1897 le salon de Mme Straus, après que Joseph Reinach y avait défendu l'innocence de Dreyfus. Son neveu Jean Schlumberger créera la NRF avec Gallimard, Gide et Copeau.

189.          SCHWERER (Amiral). Souvenirs de ma vie maritime, 1878-1914. P., A l'Etoile, 1933, in-12, 188 pp, préface de Charles Maurras, broché, bon état

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Antoine Schwerer (1862-1936) relate son expérience de marin : premier voyage à la Martinique ; Terre-Neuve ; en Chine avec l'amiral Courbet ; en Afrique ; Lockroy ; Delcassé ; etc.

190.          THOMAS (Edith). Rossel, 1844-1871. Gallimard, 1967, in-8°, 495 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, index, reliure demi-chagrin acajou à bandes, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, 1er plat de couv. illustré d'une photo de Rossel conservé (rel. de l'époque), pt épidermure sans gravité au bas du dos, bon état (Coll. Leurs figures)

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Louis-Nathaniel Rossel, Délégué à la guerre de la Commune, fut fusillé le 28 novembre 1871. — "En 1870, Rossel, alors à Bourges, demanda et obtint d'aller servir à Metz. Avec de jeunes officiers et le général Clinchant, il conspira pour la patrie contre Bazaine. A l'heure de la reddition, il s'évada et gagna Tours. Nommé colonel par Gambetta, il s'entendit mal avec Freycinet et ne fut guère employé. Il prépara alors la résistance à la capitulation imminente, mais ne put évidemment rien faire. Quand éclate le soulèvement du 18 mars, il écrit au ministre de la guerre, qu'entre les deux partis, il se « range sans hésitation du côté de celui qui n'a pas signé la paix et ne compte pas dans ses rangs de généraux coupables de capitulations ». Sa vie appartient ensuite à l'histoire générale. Adjoint à Cluseret, puis son successeur comme ministre de la guerre de la Commune ; le général Rossel est lié à des dirigeants : Benoît Malon et Charles Gérardin et à la bohème littéraire : les rédacteurs du Père Duchêne et Cavalier, dit Pipe-en-bois. Son état-major est composé de professeurs, de normaliens : Paul Martine, Georges Renard, Emile Thomas, Louis Seguin. Dépassé par un désordre insurmontable, il conspire, puis démissionne et se retire. Il va peut-être rester cependant le conseiller militaire secret de son successeur, le vieilllard héroïque Delescluze pour lequel il éprouvait un grand respect. Les Versaillais ont pris Rossel caché dans Paris et, après deux condamnations à mort, l'ont fusillé à Satory avec Ferré et le sergent Bourgeois le 28 novembre 1871, malgré une grande campagne d'opinion. Telle est, sèchement résumée, la biographie de Rossel. Edith Thomas a écrit le récit de cette vie avec un grand talent d'écrivain mis au service d'une sympathie ardente pour le héros tragique. L'ouvrage n'en est pas moins un travail de sérieuse érudition. L'auteur reprend l'oeuvre de ses devanciers, opère un grand dépouillement d'archives et utilise des documents privés restés jusqu'à nos jours inexploités. L'appareil critique : notes, bibliographie, index, garantit la qualité du travail. L'illustration hors-texte présente une iconographie en partie neuve. Rossel est un grand sujet d'étude et Edith Thomas en a fait un beau livre." (H. Dubief, Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français, 1967)

191.          THOMAS (Edmond). Voix d'en bas. La poésie ouvrière du XIXe siècle. Maspero, 1979, in-8°, 463 pp, traduction des poèmes occitans par Jean-Marie Petit, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Actes et mémoires du peuple)

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Dès les premières années du XIXe siècle, une littérature faite exclusivement par des prolétaires a vu le jour en France. Elle a pris de multiples formes, de la critique sociale aux mémoires en passant par le manuel professionnel. Sa première manifestation a été la poésie. Elle n'a pas produit de très grands écrivains ni de très grands poètes, mais elle a suscité des centaines de talents et des milliers de livres ou recueils. Largement reconnue entre 1830 et 1848, elle est tombée lentement dans l'oubli sous le Second Empire pour retrouver, à travers de nouveaux représentants, une certaine audience entre les deux guerres mondiales. Généralement ignorée des historiens, cette littérature révèle un aspect essentiel de la culture et de la vie ouvrières, montre l'existence d'un véritable mouvement littéraire ouvrier, l'existence d'un phénomène social indispensable à connaître pour comprendre les erreurs, les hésitations, les combats et les espoirs du prolétariat. Cette anthologie, novatrice et unique en son genre, groupe environ cent vingt poètes, paysans et artisans du XIXe siècle, avec, pour chacun, une notice biographique.

192.          THOMPSON (Edward P.). La Formation de la classe ouvrière anglaise. Gallimard/Le Seuil, 1988, gr. in-8°, 791 pp, traduit de l'anglais, présentation par Miguel Abensour, index, reliure toile éditeur, jaquette, bon état

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En 1792, lorsque la monarchie est renversée à Paris, les jacobins anglais ne sont qu'une poignée. Leurs sociétés seront vite interdites et William Pitt les pourchassera sans relâche. Et c'est à la taverne que le gentilhomme réformateur et l'artisan se réfugieront pour lire les “Droits de l'homme” de Thomas Paine. Cinquante ans plus tard, le radicalisme structure un monde ouvrier diversifié, mais organisé et conscient de ses droits. Entre ces deux moments, la révolution industrielle s'impose, au prix du fer et du sang. Pour saisir la conscience ouvrière dans sa formation, E.P. Thompson a puisé à toutes les sources de la culture populaire. Et ce grand classique d'histoire sociale est avant tout une somme d'érudition critique. — En France, peu d'historiens ont joué un rôle politique et intellectuel équivalent à celui qu'a tenu Edward Palmer Thompson en Grande-Bretagne et, plus largement, dans le monde. Peu de livres ont exercé une influence aussi profonde sur l'écriture de l'histoire contemporaine que cette somme publiée une première fois en anglais en 1963, traduite en français vingt-cinq ans plus tard. Ce livre foisonnant et engagé, d'une richesse exceptionnelle, qui tente de tisser ensemble de multiples fils afin de restituer l'expérience vécue par les contemporains de la "révolution industrielle" demeure d'une extraordinaire actualité. Comme l'écrit Thompson lui-même dans sa préface : "Certaines causes perdues de la révolution industrielle peuvent nous éclairer sur des plaies sociales encore ouvertes aujourd'hui". En reconstituant la vie des pauvres tisserands à bras, des artisans "utopistes" et radicaux, des luddistes brisant les machines, en s'efforçant de les "sauver de l'immense condescendance de la postérité", Thompson a écrit un chapitre décisif de notre passé. Près de cinquante ans après, la lecture de ce grand livre peut encore nous aider à nous orienter face aux bouleversements et aux incertitudes du présent. — "Relire le livre d'Edward P. Thompson trente ans après sa première parution, c'est d'abord saluer une œuvre qui a marqué l'histoire sociale du vieux continent. “The Making of the English Working Class” fut en effet un livre pionnier, remarquable par la somme des informations qu'il contenait et par le souci de son auteur de diversifier les sources de l'histoire sociale. Le tableau ainsi dressé par Thompson a permis de comprendre la complexité de la sociabilité politique des ouvriers décrits. Ceci a constitué un formidable enrichissement par rapport aux propos simplificateurs du marxisme vulgaire. Pour cette raison et pour les ouvertures qu'il a permises dans l'écriture de l'histoire ouvrière, l'ouvrage de Edward P. Thompson mérite des retours réguliers..." (Yannick Le Marec, Actes de la recherche en sciences sociales, 1993)

193.          TOSI (Guy). D'Annunzio en Grèce. “Laus Vitae” et la croisière de 1895. D'après des documents inédits. Calmann-Lévy, 1947, in-8°, 198 pp, 17 illustrations hors texte, biblio, index, broché, couv. rempliée, bon état. Edition originale, un des 1000 ex. numérotés sur Alfa mousse des Papeteries Navarre

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“Laus vitae” ou “Maia” est un poème allégorique qui trouve son origine dans la croisière de d’Annunzio en Grèce. Il comporte 8400 vers. Un poème pour lequel d’Annunzio ne donna jamais le bon à tirer, et qui ne vit la lumière qu’en 1946, grâce à l’édition de Guy Tosi.

194.          VALLERY-RADOT (Maurice). Pasteur. Perrin, 1995, gr. in-8°, 443 pp, préface de Luc Montagnier, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Si le mot "pasteurisé" est connu de tout le monde, bien peu connaissent la vie et la personnalité de Pasteur (1822-1895), l'immensité et la diversité de ses travaux. Ils ont exercé une formidable influence sur l'hygiène, l'alimentation, la santé et pour tout dire sur le bien-être de l'humanité. Ils ont renouvelé la médecine et la chirurgie. Bénéficiant de la correspondance fort peu exploitée de Pasteur, archives familiales, de souvenirs inédits, son arrière-petit-neveu Maurice Vallery-Radot a fait revivre tel qu'il était dans sa famille, au laboratoire, dans la cité, ce fils d'un tanneur franc-comtois, ce normalien qui, à trente-deux ans, était doyen de la faculté des Sciences de Lille, et à trente-cinq ans directeur des Etudes scientifiques à l'Ecole normale supérieure. Pionnier de la cristallographie, découvreur du monde microbien comme agent de maladies humaines et animales, il transforme par ses recherches des industries entières (brasserie, sériciculture, vinaigrerie, industrie laitière, élevage des volailles) et, pour tout dire, l'agro-alimentaire.Il trouve le vaccin contre le charbon, maladie mortelle des ovins et des équidés. Sa découverte de micro-organismes (comme les staphylocoques et les streptocoques) et de leur rôle dans les maladies infectieuses est une révolution.Grâce à lui, l'asepsie et l'antisepsie deviennent une évidente nécessité. C'est un formidable gain de la vie sur la mort. L'invention du vaccin contre la rage, expérimenté pour la première fois en 1886, sera l'apothéose d'une oeuvre phénoménale aux prolongements sans fin. Ce savant révolutionnaire fougueux, impulsif, sans modestie mais sans orgueil, l'auteur le montre aussi dans ses rapports avec l'argent, avec le pouvoir (Napoléon III, la IIIe République), avec la foi. Ce livre raconte en somme l'épopée d'un génie, du Français le plus illustre de son temps, dont Fleming, l'inventeur de la pénicilline, dira: "Sans Pasteur, je ne serais rien."

195.          VILLEFOSSE (Louis de). Abraham Lincoln. Club Français du Livre, 1956, in-8°, 303 pp, 20 illustrations, 4 cartes, biblio, reliure toile brique de l'éditeur, bon état. Edition originale, numérotée. Bien complet du dépliant volant contenant 4 cartes

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20e SIÈCLE

 

196.          AZEAU (Henri). Révolte militaire. Alger, 22 avril 1961. Plon, 1961, in-8°, 277 pp, broché, bon état

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Un des premiers ouvrages écrits immédiatement après le putsch des généraux Challe, Jouhaud, Salan et Zeller du 22 au 25 avril 1961. — Ce livre consacré à la « révolte des généraux » a paru quelques semaines après celui de Jacques Fauvet et Jacques Planchais. H. Azeau s'attache moins à raconter les événements qu'à en présenter un essai d'interprétation. On lira avec intérêt les développements consacrés à la conjoncture internationale et à l'illusion, chez certains auteurs du putsch, qu'il serait possible d' « otaniser » le conflit algérien et de forcer la main aux Occidentaux. Voir aussi le chapitre sur la révolte du contingent et le texte intitulé « Confession d'un meneur ». Malgré certaines inadvertances (une allusion p. 117 à la démission du « contrôleur Jacomet ») et beaucoup d'affirmations incontrôlables, le livre mérite d'être lu. (Revue française de science politique, 1962) — "En avril 1961, des officiers français s'insurgaient contre le pouvoir, et tentaient d'arracher la politique algérienne de la France des mains du gouvernement. Cette dramatique affaire n'a pas encore livré tous ses secrets. Il est trop tôt, cependant, pour vouloir écrire l'Histoire. Aussi bien Henri Azeau n'a pas la prétention de chercher à tout dire. Du moins s'attache-t-il, en s'appuyant sur des faits reconnus et contrôlés, à approfondir le sujet, rechercher les mobiles, examiner les conséquences. Bref, raisonner sans passion et sans préjugés. Pour cela il possédait une information hors de pair que son activité de journaliste lui a permis d'amasser patiemment. Cette information puise à des sources diverses et vérifiables que l'auteur a d'ailleurs eu à souci de citer. Mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il a disposé également, des deux côtés de la barricade, de renseignements inédits qu'il a su recouper avec toute la prudence voulue et qui ne manqueront pas de renouveler notre connaissance de ce putsch manqué. Voici donc, à ce jour, le point fait d'une entreprise dont nous n'avons pas fini d'éprouver les conséquences..." (4e de couverture)

197.          BARRÉ (Jean-Luc). Jacques et Raïssa Maritain. Les mendiants du Ciel. Biographies croisées. Stock, 1995, gr. in-8°, 658 pp, 16 pl. de photos hors texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le couple Maritain, converti au catholicisme à vingt ans, fut le centre de gravité de la vie spirituelle et littéraire durant le premier XXe siècle, point de ralliement des générations perdues et des poètes maudits. Confidents de Mauriac, Green, Cocteau et Maurice Sachs, amis de Péguy, Mounier et Paul VI, Jacques (1882-1973) et Raïssa (1883-1960) se firent mendiants du ciel au nom d'un nouvel humanisme chrétien. Unis par un amour fou et liés par un voeu de chasteté, les Maritain, philosophes et acteurs engagés dans un monde en proie à la tragédie, livrèrent leur existence à Dieu, au prix d'une bouleversante solitude. Un itinéraire sublime, retracé dans une langue superbe.

198.          BÉDARIDA (François). Will Thorne. La voie anglaise du socialisme. Fayard, 1987, in-8°, 299 pp, 3 cartes, répertoire biographique, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Inconnus de l'histoire), bel envoi a.s.

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"F. Bédarida présente dans cet ouvrage la biographie d'un des hommes qui ont fait le travaillisme britannique au tournant du siècle dernier. Leader important du « nouvel unionisme », comme Tom Mann, Ben Tillett ou John Burns, Will Thorne a été aussi député pendant quarante ans, de 1906 à 1946. Il présente bien la double face du travaillisme, l'action syndicale et le socialisme parlementaire. Selon le principe de la collection « Les inconnus de l'histoire », Will Thorne est ainsi un « personnage miroir » qui nous introduit dans la réalité du monde ouvrier britannique. F. Bédarida, qui a déjà consacré plusieurs études à caractériser le socialisme anglais, arrive à faire comprendre au lecteur de manière concrète et sensible les déterminants d'une histoire. La fidélité à la classe ouvrière, dont fera toujours preuve Will Thorne, trouve sa raison dans une jeunesse qui en fit « un prolétaire d'entre les prolétaires ». Au travail dès l'âge de six ans, sans avoir jamais fréquenté l'école, il fut un de ces travailleurs non qualifiés qui ont renouvelé le syndicalisme britannique. Meneur d'hommes et de grèves, sa chance toutefois fut d'adhérer à la Fédération sociale démocrate où il fit son éducation politique, et de rencontrer Eleanor Marx. La première période militante de Will Thorne culmine avec la création du Syndicat des gaziers. Les pages les plus suggestives de l'ouvrage sont consacrées à cette période où se forge l'alliance de l'action directe et de la négociation collective. Dirigeant syndical, Will Thorn part ensuite à la conquête des mandats électifs, municipaux et législatifs. L'auteur nous donne donc une description approfondie d'un quartier populaire de Londres, le West Ham. La réalité communautaire du travaillisme peut être saisie de cette manière. Le livre, enfin, cerne les grandes étapes de la carrière et de la vie d'un « notable » du mouvement travailliste, la première guerre mondiale et le choix patriotique qu'il fait, l'après-guerre agitée et l'adaptation difficile aux nouvelles réalités, les années 1930 et l'éloignement des responsabilités, la digne fin d'un « patriarche » travailliste. L'intérêt de la biographie de Will Thorne vient au fond de ce qu'il a été une personnalité constamment enracinée dans la vie ouvrière britannique, suffisamment active pour avoir été un créateur d'histoire, mais toujours fidèle à un style de vie modeste, à une culture populaire." (Alain Bergounioux, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1988)

199.          BERTIN (Célia). La dernière Bonaparte. Perrin, 1982, in-8°, 433 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio des oeuvres de Marie Bonaparte, liste des manuscrits consultés, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Un siècle après sa naissance, vingt ans après sa mort, voici la première biographie de Marie Bonaparte. Un livre exceptionnel pour une personnalité elle-même exceptionnelle, complexe, passionnée. Pour s'en convaincre, il suffit d'imaginer, dans le contexte de l'Europe d'hier, une princesse, riche héritière, mariée à un fils de roi, devenant disciple et amie intime de Freud, puis l'une des plus célèbres psychanalystes de son temps, fascinée par les assassins et travaillant à explorer et à libérer la sexualité féminine. Quel roman peut valoir ce destin qui ne s'invente pas ? L'enfance de celle qui se disait "la dernière Bonaparte" – elle est l'arrière-petite-fille de Lucien Bonaparte – fut solitaire et cloîtrée, hantée par la disparition de sa mère, près d'un père géographe, botaniste et lointain. Mariée au prince Georges de Grèce, elle eut aussi plusieurs liaisons importantes, notamment avec un célèbre homme d'État. Mais c'est par la rencontre du maître de Vienne que "Notre princesse", comme la désignait Freud avec affection, trouva le chemin de sa vie. Si ce portrait est riche en précisions inédites sur l'entourage royal de Marie Bonaparte et sur les ressorts cachés des drames qui la marquèrent, grâce notamment à l'étude de ses papiers personnels et de son journal, c'est aussi le récit du combat courageux d'une femme à la quête d'elle-même que l'on trouvera dans ces pages, d'une femme qui regarda sa vie en face et qui ne faiblit jamais dans la recherche lucide de sa vérité.

200.          BIDAULT (Georges). Algérie, l'oiseau aux ailes coupées. La Table Ronde, 1958, in-12, 227 pp, broché, bon état

            20

Ce livre paraît au lendemain de la Conférence de Tanger et du spectacle renouvelé de la confusion politique en France. A Tanger, les trois partis nationalistes du Maghreb ont proclamé la solidarité de toute l'Afrique du Nord. Elle existait sous notre égide. Nous l'avions oublié pour nous faire bien voir. On nous la rappelle pour nous expulser de la position centrale d'Algérie d'où, du moins jusqu'à présent, aucune tentative de démoralisation ni aucun conseil extérieur ne nous ont persuadés de déguerpir. L'heure à laquelle nous sommes parvenus est une des plus graves qu'ait connues la nation...

201.          BLUM (Léon). Les Problèmes de la paix. Stock, 1931, in-12, viii-213 pp, C.de bibl. sur la page de titre, broché, bon état

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Réunion d'articles relatifs pour la plupart aux problèmes de la sécurité collective, du désarmement et de la révision du traité de Versailles. On sait qu'en 1923, Léon Blum s'opposa vigoureusement à la politique de Poincaré et à la réoccupation de la Ruhr.

202.          BRAYARD (Florent). Comment l'idée vint à M. Rassinier. Naissance du révisionnisme. Fayard, 1996, gr. in-8°, 464 pp, préface de Pierre Vidal-Naquet, sources et biblio, index, broché, bon état (Coll. Pour une histoire du XXe siècle)

            20

Comment naît une idée, même incongrue, même fausse ? Pourquoi, au sortir de la guerre, se trouve-t-il un homme pour émettre un doute sur la réalité des chambres à gaz ? Et pourquoi est-ce un déporté pour fait de Résistance, un responsable fédéral de la S.F.I.O. de tendance pacifiste, député lors de la seconde Constituante ? Pourquoi Paul Rassinier (1906-1967) ? Comment, pourquoi ce qui n'est au départ qu'un doute se transforme-t-il peu à peu en hypothèse de travail, puis en quasi-certitude ? Se peut-il qu'une simple idée, même incongrue, même fausse, puisse bouleverser une vie ? Quelle est la part de l'idéologie, de la psychologie, voire de la manipulation dans un tel discours ? Est-il digne d'intérêt ou simplement inadmissible ? Comment se construit-il ? Sur quel malentendu ou quelle malhonnêteté ? Quelles sont ses lignes de fracture et ses lignes de fuite ? Pourquoi ce discours, à peine émis, trouve-t-il un fort écho ? Pourquoi le scandale a-t-il duré ? Qu'en reste-t-il ? — Telles sont les questions que l'étude du révisionnisme – cette mise en doute radicale de la réalité du génocide juif et de son instrument, les chambres à gaz – invite à se poser. A toutes ces questions, Florent Brayard apporte de nombreux éléments de réponse. Chemin faisant, il fait également un sort à la prétendue scientificité de ce discours qui pourrait bien n'être, au bout du compte, que l'avatar moderne du vieil antisémitisme. Loin de ne concerner que l'histoire de ce phénomène marginal, son ouvrage apporte un éclairage nouveau sur de nombreux aspects de notre histoire contemporaine.

203.          BUTLER (Ewan) et Gordon YOUNG. Goering tel qu'il fut. Fayard, 1963, in-8°, 317 pp, traduit de anglais (“Marshal without glory. The troubled life of Hermann Goering”), reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Maréchal du Reich, morphinomane, un des pilotes les plus prestigieux de la guerre 14-18 (sa photo en carte postale était sur le cœur de toutes les jeunes Allemandes), pilote acrobate après 1918, commis voyageur en avions, parfait homme du monde, pilleur des musées français, dernier défenseur de la paix dans l'entourage de Hitler en août 1939, satrape oriental qui pour se calmer plongeait ses mains dans des coupes emplies de pierres précieuses, bâtisseur de l'aviation allemande, naufrageur de l'aviation allemande, grand veneur, ministre, Maréchal du Reich... Oui était réellement Gœring, successeur officiel de Hitler, chef de l'économie allemande et de la Luftwaffe ? Pour le savoir, les auteurs de cet ouvrage ont suivi sa carrière de sa naissance au procès de Nuremberg. Ils le montrent mêlé aux débuts obscurs de l'hitlérisme, participant au putsch de Munich où il est gravement blessé, soignant ses blessures dans une cachette, projeté au premier plan de la diplomatie internationale par les victoires des nazis, bâtissant l'arme aérienne qui écrasera la Pologne et la France, la lançant follement à l'assaut de l'Angleterre, s'effondrant dans le désastre de mai 45 pour ressurgir une dernière fois à.la barre du procès de Nuremberg, plus arrogant et insolent que jamais à l'instant du jugement des hommes. Qui était Gœring ?

204.          CAHN (Jean-Paul) et Klaus-Jürgen MÜLLER. La République fédérale d'Allemagne et la guerre d'Algérie (1954-1962). Perception, implication et retombées diplomatiques. Editions du Félin, 2003, gr. in-8°, 505 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Entre 1954 et 1963 la République fédérale d’Allemagne a connu une période de mutations importantes sur fond de tensions internationales. La guerre d’Algérie y fut perçue comme une menace pour ses relations avec la France : alors que Paris exerçait de fortes pressions afin d’obtenir une solidarité sans faille, Bonn se trouva progressivement exposée à celles des États arabes, éléments de sa politique et de son commerce extérieurs. La marge de manœuvre de Konrad Adenauer était d’autant plus étroite que la RFA ne pouvait apparaître comme un suppôt du colonialisme quand la RDA apportait aux Algériens un soutien spectaculaire apprécié du tiers-monde. L’arrivée d’Algériens sur son territoire multiplia les problèmes : des Allemands s’engagèrent en faveur de l’indépendance, des incidents se produisirent, le territoire devint une plaque tournante du trafic d’armes à destination de l’ALN, le nombre important d’Allemands dans la Légion étrangère créait une insatisfaction chronique... Largement répercutés par les médias, divers incidents, dont les agissements de Main Rouge, les arraisonnements répétés de navires allemands par la Royale, perçus comme un terrorisme d’État et une atteinte à la souveraineté, finirent par discréditer la cause française dans l’opinion, situation que n’améliora pas l’arrivée de membres de l’OAS. Adenauer se trouva contraint de louvoyer. En dépit de la crise de Berlin, Bonn évolua d’une priorité française évidente vers une position plus équilibrée – ce qui ne fut possible qu’à travers une répartition des tâches entre gouvernement et parlementaires, y compris de l’opposition.

205.          CHARUEL (Marc). L'affaire Boudarel. Editions du Rocher, 1991, in-8°, iv-234 pp, préface de Jean Lartéguy, 16 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, mque la page de titre, bon état

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Comment un traître peut-il redevenir un citoyen au-dessus de tout soupçon, ou le parcours troublant de Georges Boudarel : du jeune professeur de Saint-Etienne, sa ville natale, à l'agitateur opiomane en Indochine, jusqu'au commissaire politique dans les camps de la mort viêt-minh. Trois ans après le départ du corps expéditionnaire français, il continue d'évoluer dans les arcanes du pouvoir vietnamien, puis à Prague, en pleine guerre froide, il est recruté par la Fédération syndicale mondiale (l'une des plus importantes machines de désinformation créée par l'URSS). En 1971, cet ancien agent de l'appareil clandestin du Parti communiste est accueilli à bras ouverts par l'Université française. Vingt ans plus tard, l'Affaire Boudarel éclate. Chef d'accusation : crime contre l'Humanité.

206.          Collectif. Les Torturés d'El Harrach. Préface d'Henri Alleg. Introduction de Robert Merle. Editions de Minuit, 1966, in-12, 115 pp, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. Documents). Edition originale sur papier d'édition (Vignes, 494)

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"Récit des tortures endurées par les opposants au coup d'Etat du 19 juin 1965. L'ouvrage paraît à l'initiative du Comité pour la défense de Ben Bella et des autres victimes de la répression en Algérie, formé par un collectif d'intellectuels et d'artistes composé de Simone de Beauvoir, Jacques Berque, André Breton, Jean Lurçat, François Mauriac, Robert Merle, Yves Montand, Jean Orcel, Françoise Sagan, Jean-Paul Sartre, Laurent Schwartz et Simone Signoret." (Henri Vignes) — "Le petit livre, présenté par Alleg, “Les Torturés d'El-Harrach”, Éditions de Minuit, Paris, 1966, est un témoignage important parmi beaucoup d'autres." (Pierre Vidal-Naquet)

207.          COSNIER (Colette). La Bolchevique aux bijoux. Louise Bodin. Editions Pierre Horay, 1988, gr. in-8°, 198 pp, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état, envoi a.s. et carte de visite a.s. de l'auteur à Nina Companeez

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En pleine guerre de 14-18, elle écrivait, ainsi que Séverine et Marcelle Capy, « les rares articles de courage et de bon sens » qui, selon Romain Rolland, consolaient de la presse française, belliciste et chauvine. On connaît bien Séverine, un peu moins Marcelle Capy, et pas du tout Louise Bodin. On cherche vainement son nom dans les histoires du féminisme ou du journalisme. Oubli ? Amnésie de l'Histoire ? ou censure ? Pourquoi ce silence autour de celle qui fut rédactrice de “La Voix des femmes” et qui publia plus de cinq cents articles dans le “Populaire”, “L'Humanité”, “La France”, “L'Ouvrière”, “Les Hommes du jour”, “La Pensée bretonne”, etc. ? Qui dérange-t-elle encore pour qu'il soit si difficile de reconstituer son histoire ? Dans les années 20, pour les militants ouvriers rennais, elle était « la bonne Louise ». Pour ceux qui ne comprenaient pas qu'on pût être à la fois belle, cultivée, issue d'un milieu bourgeois, épouse d'un professeur à l'école de Médecine de Rennes, et secrétaire dès 1921 – à un moment où les femmes ne votaient pas encore – de la Fédération communiste d'Ille-et-Vilaine, elle était « la bolchevique aux bijoux ». Louise Bodin : née à Paris en 1877, morte à Rennes en 1929. Une vie brève hantée par le remords d'être une privilégiée et par la foi en une Révolution qui ne devra s'arrêter qu'à la perfection du bonheur pour les plus défavorisés, une vie de combat contre toutes les injustices, pour toutes les grandes causes de son temps. Suffragiste, féministe, pacifiste, socialiste, communiste, sympathisante trotskyste : autant d'engagements successifs qui marquent l'itinéraire de Louise Bodin, figure exemplaire de la première génération d'intellectuels, fondateurs du Parti communiste français puis dissidents. Mais aussi autant de ruptures de plus en plus douloureuses pour une femme que minent la maladie et l'impuissance à venir à bout de toute la misère du monde. C'est la voix d'une authentique journaliste qu'il nous est enfin permis d'entendre après plus d'un demi-siècle d'oubli, une voix caustique ou amusée pour dire la vie à Rennes avant 1914, une voix bouleversante pour crier la détresse des femmes et des mères pendant la guerre, une voix indignée pour protester contre la loi de 1920, une voix impitoyable pour décrire un congrès : la voix d'une femme témoin de son temps, qui a sa place dans l'Histoire des femmes aux côtés de Séverine, de Nelly Roussel, de Marguerite Durand.

208.          DESCHAMPS (Hubert). Roi de la brousse. Mémoires d'autres mondes. Berger-Levrault, 1975, in-8°, 360 pp, 6 cartes, 16 photos, broché, couv. illustrée, état correct

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"Quel itinéraire ! Depuis le « mutin de la mer Noire » jusqu'à la chaire d'histoire africaine en Sorbonne, en passant par le poste de gouverneur des Somalis, nommé par Mandel pour lutter contre le fascisme italien en Afrique orientale, à celui de gouverneur de la Côte d'Ivoire et du Sénégal, nommé par Vichy et épuré par de Gaulle ; et tout au long de ce chemin, la fidélité inconditionnelle d'un militant au Parti socialiste. Car voilà bien le paradoxe. Comment pouvait-on être à la fois colonial et socialiste ? Bien sûr, Hubert Deschamps ne représente pas la majorité de ceux qui exerçaient le singulier métier d'administrateur des Colonies, mais ils étaient quelques-uns, comme lui..." (Jean Rouch, Journal des africanistes, 1976) — "Si le philosophe de l'humain trouve ample matière à réflexion à la lecture de ces pages qui, suivant le fil de la Parque, nous conduisent de la Charente-Maritime à la parisienne rue Jacob à travers un zigzaguant périple aux quatre coins de l'Afrique (si j'ose ainsi m'exprimer en parlant de Vangaindrano, Djibouti, Abidjan et Saint- Louis) et maintes escapades vers l'Asie continentale et insulaire, les cabinets et l'enseignement, l'historien fera en outre son miel du coeur du volume, les livres V et VI qui traitent de la période 1938-1944 et notamment du chapitre intitulé : « l'An 40 ». Il y a là, vu de l'intérieur, un témoignage mesuré par un acteur de premier plan, sur les drames de l'heure et leurs protagonistes..." (Marie-Antoinette Menier, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1975)

209.          DESGRANGES (Pierre). Au service des marchands d'armes. P., Alexis Rédier, 1934, in-12, 250 pp, préface de l'archiduc Guillaume Lorraine-Habsbourg, broché, couv. lég. salie, état moyen

            15

L'auteur était officier du 2e Bureau de l'état-major de l'Armée, attaché au cabinet du sous-secrétaire d'Etat de la Marine marchande et avait été Chef de mission secrète en Allemagne de 1915 à 1918 sous le nom de Joseph Crozier.

210.          DIOUDONNAT (Pierre-Marie) et Sabine BRAGADIR. Dictionnaire des 10 000 dirigeants politiques français, décrivant la carrière politique de toutes les personnes qui ont joué un rôle depuis 1967 (les candidats à l'Assemblée nationale, au Sénat et à la présidence de la République, les dirigeants des partis politiques, les membres des gouvernements et des cabinets ministériels) ; et précédé d'un dictionnaire des organisations politiques, groupes parlementaires et étiquettes électorales. 1ère édition 1977-1978. P., Sedopols, 1977, gr. in-8°, 755 pp, texte sur 2 colonnes, reliure toile verte de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état

            50

211.          DULONG (Claude). La Vie quotidienne à l'Elysée au temps de Charles de Gaulle. Hachette, 1974, in-8°, 265 pp, sources et biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Par Marguerite-Claude Badalo-Dulong, dite Claude Dulong, diplômée de l'Ecole des chartes en 1945. Elle se tourne rapidement vers la recherche et abandonne le Moyen Age pour le XVIIe siècle, alternant ouvrages de fond et de vulgarisation. Parallèlement, elle épouse Jean Sainteny et fréquente les cercles politiques gaullistes, ce qui lui permet de publier en 1974 un excellent “La Vie quotidienne à l'Elysée au temps de Charles de Gaulle”.

212.          EDEN (Sir Anthony). Mémoires de Anthony Eden, comte d'Avon. Face aux dictateurs, 1935-1945 – L'épreuve de force, 1938-1945 – La vérité sur l'affaire de Suez, 1945-1957. Plon, 1960-1965, 3 vol. in-8°, 684, 584 et ii-658 pp, traduit de l'anglais, brochés, jaquettes illustrées, bon état

            150

Complet en 3 volumes. — "Ce premier volume des mémoires d'Anthony Eden, est un document de grande valeur. Son auteur a travaillé aux affaires étrangères de la Grande-Bretagne de 1931 jusqu'en 1938, d'abord comme sous-secrétaire au Foreign Office et dans d'autres postes et, à partir de la fin de 1935, comme ministre des affaires étrangères ; il a donc suivi de près toute cette évolution politique qui a finalement abouti à la deuxième guerre mondiale. Il nous en donne une description très détaillée, appuyée par de nombreuses citations de lettres et de télégrammes échangés entre son office et des hommes d'Etat étrangers et des diplomates et par des résumés des conversations avec ceux-ci, notamment avec Hitler, Mussolini et Staline, ainsi qu'avec les représentants du gouvernement français. On revit ainsi toutes ces grandes crises provoquées par les dictateurs, telles que l'agression italienne contre l'Abyssinie, l'intervention fasciste et national-socialiste dans la guerre civile en Espagne, la violation continue de traités et de promesses données et le réarmement massif de l'Allemagne. Ce qui frappe, c'est le manque de collaboration efficace entre les autres pays, surtout entre la France et la Grande-Bretagne, et les graves divergences d'opinion au sein du gouvernement britannique même, ainsi que la faiblesse de la Société des Nations... Cet ouvrage est une contribution très importante à l'histoire de cette époque." (Colonel Frick, Revue militaire suisse, 1964) — "L'épreuve de force s'ouvre sur la démission d'Anthony Eden en février 1938, qui refuse de s'associer plus longuement à la politique d'apaisement du cabinet de Neville Chamberlain. II s'étend jusqu'à la défaite du parti conservateur en août 1945. Dès le début de la guerre, Eden rentre au gouvernement comme secrétaire d'Etat aux Dominions. Secrétaire d'Etat à la guerre dans le cabinet Churchill dès mai 1940, puis aux Affaires étrangères, de décembre 1940 à la fin des hostilités, ce témoin capital fonde son exposé sur les notes prises au jour le jour tout au long de la guerre et contrôlées par la suite sur les archives officielles britanniques et sur les Souvenirs et documents déjà publiés. Vingt ans après les événements, alors que Churchill et que les généraux britanniques ont déjà fait paraître leurs mémoires sur la seconde guerre mondiale, l'auteur n'a plus à en faire la synthèse. II décrit, sobrement, son rôle personnel, dépeint les personnalités avec lesquelles il a collaboré, éclaire certains événements auxquels il a été étroitement mêlé. Un seul exemple : le 17 octobre 1942, Eden apprend que l'amiral Darlan a fait savoir aux Américains qu'il était prêt à prendre le commandement de toute expédition alliée en Afrique du Nord, et les a assurés qu'il rallierait sans peine toutes les troupes françaises à la cause alliée. Cette démarche, restée ignorée, explique mieux la présence de l'amiral à Alger en novembre 1942, et la facilité avec Iaquelle les militaires américains acceptent de le voir jouer un rôle de premier plan à leurs côtés. L'auteur dépeint ses compagnons de route : Neville Chamberlain et ses rancunes, Staline dont il admire la lucidité, Roosevelt, qui sûr de son pouvoir de persuasion pense inutile d'étudier en détail les problèmes de l'Europe d'après guerre, et s'obstine à méconnaître la situation réelle de la France. Surtout, il nous montre comment s'établit une collaboration confiante et pourtant mouvementée avec Winston Churchill. Le premier britannique apparaît avec ses sautes d'humeur, son imagination versatile, son impulsivité, son énergie, ses repentirs, sa générosité. Sous cet angle, les mémoires d'A. Eden, sont le meilleur complément aux mémoires de Churchill sur la seconde guerre mondiale." (Paul-Louis Pelet, Revue militaire suisse, 1965) — Le témoignage du Premier ministre britannique sur la crise de Suez et plus généralement sur la période de 1951 à 1956 (du retour des conservateurs au pouvoir à l'échec de Suez).

213.          FRIEDLÄNDER (Saul). Reflets du nazisme. Seuil, 1982, in-8°, 139 pp, broché, bon état, envoi a.s. (“Pour Monique, Saul, 1.III.82”)

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Depuis la fin des années soixante, pour bon nombre de cinéastes et de romanciers européens, le nazisme n'est plus ce qu'il était. Saul Friedländer décèle à travers leurs œuvres – sans qu'il y ait volonté apologétique – le renouveau d'une certaine fascination dont le ressort, hier comme aujourd'hui, est un réseau d'émotions contradictoires. Il découvre aussi une impossibilité totale à affronter l'inacceptable, d'où un recours à l'exorcisme, à l'inversion des signes et des situations dont le dernier avatar est la négation même de l'holocauste. L'exposition des fantasmes et le refoulement des faits, indissociablement liés, autorisent cette fascination qui, dès lors, peut tracer son chemin dans nos consciences. Sans porter de jugement de valeur, sans aucun discours moralisant, Saul Friedländer constate que les jeux ne sont plus interdits. Est-ce dire qu'ils ne sont plus dangereux ?

214.          GEISMAR (Alain). Mon Mai 1968. Perrin, 2008, in-8°, 249 pp, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Geismar, Cohn-Bendit, Sauvageot : leur photo, poing levé ou mégaphone aux lèvres, à la tête d'une marée humaine, a fait le tour du monde voilà quarante cinq ans et incarne encore aujourd'hui Mai 68. Au moment où certains croient judicieux de caricaturer ce moment capital de notre histoire récente, Alain Geismar a souhaité livrer son témoignage, expliquer ses choix et ses attentes, faire partager ce que fut, pour lui et des milliers d'autres, le lumineux mois de mai. On apprendra ici quantité de détails inconnus, mais surtout on comprendra comment s'est levée la vague de mai, pourquoi elle a eu cette ampleur, les obstacles sur lesquels elle a buté et les prolongements qu'elle a connus, via l'aventure de la Gauche prolétarienne. Sans complaisance, ni tentation autojustificatrice, Alain Geismar livre un témoignage indispensable à l'histoire du temps présent.

215.          GENET (Lucien). Précis d'histoire contemporaine, 1919-1939. Hatier, 1946, in-8°, 251 pp, avant-propos de Victor-L. Tapié, 11 photos, broché, pt. manque au dos, bon état

            20

"Ce petit livre sera d'un secours précieux à tous ceux qui désirent une meilleure intelligence du proche passé." (Victor L. Tapié)

216.          GRUNWALD (Constantin de). Les nuits blanches de Saint-Pétersbourg. Berger-Levrault, 1968, in-8°, 243 pp, 3 photos de l'auteur à pleine page (à Saint-Pétersbourg, au début du XXe siècle ; sur les champs de bataille de Mandchourie, pendant la guerre russo-japonaise ; à sa table de travail en 1967), broché, couv. illustrée, bon état, ex. du SP

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Les souvenirs autobiographiques de Constantin de Grunwald sur la Russie du début du XXe siècle. — "Les mémoires valent ce que vaut le mémorialiste : combien de souvenirs, écrits par des octogénaires ayant vécu de grandes choses, se révèlent d'une consternante banalité ! Tel n'est certes pas le cas de Constantin de Grunwald, né en 1881, dans “Les nuits blanches de Saint-Pétersbourg”. On admirera la jeunesse d'esprit de cet écrivain qui fait revivre pour nous un étudiant, puis un fonctionnaire du temps des tsars ; nous dépeint la campagne de 1905 en Mandchourie puis celle de 1914 en Prusse orientale : et se livre en fin de compte à une analyse, impitoyable et attendrie à la fois, de la société russe d'ancien régime." (J. Willequet, Revue belge de philologie et d'histoire, 1971)

217.          HANS (Marie-Françoise). Les Femmes et l'argent. Histoire d'une conquête. Grasset, 1988, in-8°, 349 pp, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, bon état

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Achetées et vendues, dépensières et dépendantes, cigales chez les riches et fourmis chez les pauvres : depuis toujours le rapport entre les femmes et l'argent est objet de phantasmes et de clichés de toute sorte. Mêlant les rappels historiques aux témoignages d'aujourd'hui, cet essai alerte et vivant propose pour la première fois un tableau de la condition pécuniaire des femmes en Occident, et explore la mutation récente qui a renouvelé les mentalités, tant masculines que féminines. Loin du pamphlet féministe et revendicateur, cette histoire d'une conquête est aussi un guide indispensable des faits, des droits, des lois. Le seul ouvrage existant sur ce sujet.

218.          HERNÁNDEZ (Jesus). La Grande trahison. P., Fasquelle, 1953, in-8°, 254 pp, traduit par Pierre Berthelin, reliure demi-basane carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), pt accroc en tête, bon état

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L'histoire de la guerre d'Espagne et un règlement de compte sévère des relations entre Russes et républicains espagnols durant la guerre civile de 1936 par Jesús Hernández Tomás (1907-1971), membre du PCE, ministre de l'instruction publique de la République espagnole jusqu'à sa mutation en avril 1938 au poste de commissaire politique en chef pour l'Armée de la région centrale, ancien membre de l'exécutif du Komintern. En 1953, Hernández publia ses mémoires sous le titre “Yo fui ministro de Stalin. Memoriad de la guerra civil Espanola 1936-39”. La traduction française fut publiée sous le titre “La Grande trahison”. Le livre révélait le supplice et l'assassinat d'Andrès Nin, les procès de Moscou, etc. Hernández révèlait également qu’au cours de la guerre civile 5000 enfants furent « évacués » des zones républicaines en Union soviétique : 2000 moururent en Sibérie... Dans ses mémoires, Dolores Ibárruri le cite comme "l'autre ministre communiste", sans jamais donner son nom.

219.          LACOUTURE (Jean). Cinq hommes et la France. Seuil, 1961, in-8°, 371 pp, tableau chronologique, broché, couv. illustrée, bon état

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"Jean Lacouture est décidément un grand journaliste. Aucun des lecteurs de son dernier livre ne pourra manquer d’admirer l’acuité de perception et la sorte d’intensité esthétique avec lesquelles sont rendues certaines scènes capitales de la décolonisation : Ho Chi Minh parlant à la foule houleuse et rétive place du Théâtre à Hanoï pour lui faire accepter les accords de 1946 avec la France, ou bien la dramatique confrontation De Gaulle-Sékou Touré à Conakry... Il faut lire la description de Mahommed V recevant le général Juin : toute une situation coloniale résumée dans l'habillement et l’attitude du Sultan. L’art de saisir les destins au moment où ils se font, à travers des contradictions qui sont obscures d’abord pour celui qui les traverse, telle est la qualité la plus évidente de ce livre. (...) Si Jean Lacouture a choisi d’aborder la décolonisation de l’Empire francais à travers cinq destins exemplaires (Ho Chi Minh, Bourguiba, Ferhat Abbas, Mohammed V et Sékou Touré), c’est que cette évolution est pour lui affaire d’hommes, affaire de choix, dramatique. En effet, si l’on met à part le vieux leader communiste vietnamien dont les options furent à la fois précoces et radicales, ces récits nous montrent des hommes vivant au rythme de leur peuple, se faisant, se découvrant en meme temps que lui ; les moments de solitude et de doute, vécus dans les palais ou les prisons, préparent la certitude des rencontres triomphales comme celles que connurent un Bourguiba ou un Mahommed V..." (Paul Thibaud, Esprit, 1961)

220.          LAURENS (Henry). L'Orient arabe à l'heure américaine. De la Guerre du Golfe à la guerre d'Irak. Armand Colin, 1989, gr. in-8°, 302 pp, biblio, broché, bon état

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Désordre installé en Irak, violence extrême et quotidienne entre Israéliens et Palestiniens, terrorisme endémique, onde de choc étendue à tous les Etats de la région... Le Proche-Orient est bien devenu, au fil des années, la zone la plus instable et la plus dangereuse de la planète, où la guerre est promue, par tous les acteurs et irrémédiablement semble-t-il, comme l'ultime avatar de la politique. Dans ce paysage compliqué, comment trouver des points de repères, des éléments de réflexion et de comparaison ? Quel pronostic porter sur l'avenir ? A travers la chronique précise et documentée des événements qui se sont succédé depuis la guerre du Golfe jusqu'à la guerre d'Irak, Henry Laurens nous donne les clefs pour comprendre les enjeux de ces conflits à répétition, et les mécanismes qui leur permettent de se perpétuer. A l'heure de la domination américaine, les réflexions d'un historien sur un chaos érigé en système géopolitique.

221.          LECOMTE (Bernard). Jean-Paul II. Gallimard, 2003, fort in-8°, 637 pp, 59 photos sur 32 pl. hors texte, chronologie, biblio, glossaire, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Jean-Paul II restera le dernier "géant" de notre époque. Au cours d'un pontificat exceptionnellement long, le premier pape polonais de l'Histoire aura joué un rôle à la fois majeur et contradictoire. D'une part, contre toutes les modes, il a obstinément défendu la tradition, la liturgie, le dogme de l'Église catholique, ce qui lui vaut parfois une image conservatrice, voire réactionnaire, notamment sur le plan moral. Mais à l'aube du IIIe millénaire de l'ère chrétienne, il a surtout modernisé et "mondialisé" cette Église d'un milliard de fidèles ; il a replacé l'Homme, sa dignité et sa responsabilité, au centre du message évangélique contemporain ; sur le plan politique, il fut un des principaux acteurs de la chute du communisme en Europe et n'a cessé de se battre pour la paix et les droits de l'homme ; il a effectué quelque cent voyages apostoliques, souvent spectaculaires, y compris dans le monde musulman ; il a multiplié les rassemblements de jeunes, même dans les sociétés les plus déchristianisées comme la France ; il a spectaculairement dénoncé les fautes passées de l'Église, et a contribué à la réconcilier avec le monde juif. Qui est donc le vrai Jean-Paul II ? Élu pape le 16 octobre 1978 à l'âge de cinquante-huit ans, Karol Wojtyla avait été tour à tour comédien, poète, journaliste, aumônier, philosophe, professeur et archevêque dans une Pologne victime successivement du nazisme et du communisme. Ce passé riche et contrasté, qui a demandé à l'auteur plusieurs années d'enquête, éclaire la personnalité et l'oeuvre d'un pape hors du commun.

222.          LÉNINE (V. I.). Matérialisme et empiriocriticisme. Notes critiques sur une philosophie réactionnaire. Moscou, Editions du Progrès, 1970, in-12, 543 pp, une photo de Lénine jeune en frontispice, 7 pl. de documents hors texte, notes, reliure toile éditeur, jaquette illustrée d'un portrait de Lénine, bon état

            20

" (...) Je me suis donné pour tâche, dans ces notes, de rechercher où se sont égarés les gens qui nous offrent, sous couleur de marxisme, quelque chose d'incroyablement incohérent, confus et réactionnaire." (Préface)

223.          LORENZ (Marita) et Wilfried Huismann. Cher Fidel. Mon amour, ma trahison... L'Archipel, 2001, in-8°, 259 pp, traduit de l'allemand, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Maîtresse de Fidel Castro à 19 ans, et ex-agent double, Marita Lorenz, la Mata Hari des Caraïbes, a vécu une vie incroyable entre amour fou et espionnage. — Il est des vies qui semblent des romans. Celle de Marita Lorenz, tout particulièrement. Née à Brême en 1939 d'une Américaine et d'un Allemand, Marita est emprisonnée au camp de Bergen-Belsen où elle ne survit que par miracle. Libérée par les Américains, elle est victime d'un viol à l'âge de sept ans. Dès lors, elle tente de fuir la réalité en embarquant sur les paquebots que commande son père, le capitaine Heinrich Lorenz. En 1959, lors d'une escale à La Havane, Fidel Castro, jeune chef de la révolution cubaine, monte à bord du “Berlin”. C'est le coup de foudre. Mais le capitaine refuse de lui accorder la main de sa fille. Celle-ci s'enfuit et devient la compagne du “lider maximo”, dont elle attend bientôt un enfant... Des événements tragiques l'obligent pourtant à regagner seule les États-Unis. Marita est aussitôt enrôlée par la CIA qui, après lui avoir fait subir un lavage de cerveau, la convainc d'accomplir une mission ultrasecrète : retourner à Cuba et empoisonner Castro. Un contrat que, par amour, elle ne mènera pas à bien. Suivent d'autres missions, dont l'une la mène à Dallas où, quelques jours seulement avant l'assassinat du président Kennedy, le 22 novembre 1963, elle est vue en compagnie de Lee Harvey Oswald. Très vite, le FBI veut l'interroger... — Récit biographique à deux voix, “Cher Fidel” mêle les confessions de Marita Lorenz et l'enquête de Wilfried Huismann. Le.journaliste a retrouvé Marita, qui réside aujourd'hui dans la banlieue de New York, ainsi que nombre de ses proches, à Brême, à Cuba et aux États-Unis. Leurs témoignages ancrent dans l'Histoire ce destin hors du commun.

224.          MAESER (Thomas). Antonin Artaud. Plon, 1978, gr. in-8°, 315 pp, traduit de l'américain, 32 pl. de photos hors texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Comédien inspiré ou histrion sans envergure, metteur en scène génial ou provocateur en mal de publicité, poète fou ou simulateur adroit..., que n'a-t-on pas dit et écrit sur Antonin Artaud ! Depuis sa mort en 1948, il exerce la même fascination sur ses disciples et ses détracteurs, et chaque année voit au moins une publication lui être consacrée. Un jeune universitaire américain, Thomas Maeder, intrigué par le phénomène, cherchant à le comprendre, subit à son tour cette fascination. Durant deux années, il a vécu en France, interrogeant tous ceux qui ont connu Artaud, s'imprégnant de son oeuvre, retrouvant des lettres inédites. Avec une tendresse filiale, sans chercher pourtant à voiler ses errements, Thomas Maeder retrace la vie du poète maudit : ses relations avec toute l'intelligentsia parisienne entre 1920 et 1948, la création du théâtre Jarry, les manifestations du surréalisme, l'existence affreuse des internés dans les asiles d'aliénés durant la guerre, les amitiés fidèles qu'i suscita. Qui était Artaud ? Ses traits sont restés familiers aux cinéphiles. Mais sa véritable nature transparaît-elle derrière le masque grimaçant de Marat, dans le Napoléon d'Abel Gance, ou derrière le visage lumineux de Frère Massieu dans la Passion de Jeanne d'Arc de Carl Dreyer ? Thomas Maeder s'est efforcé de répondre en toute lucidité : ni ange ni démon, Artaud n'était qu'un homme, mais un homme qui choisit de vivre toutes les passions jusqu'à l'absolu.

225.          MANSTEIN-CHIRINSKY (Anastasia). La Dernière escale. Le siècle d'une exilée russe à Bizerte. Tunis, Sud-Editions, 2004, gr. in-8°, 309 pp, 36 photos dans le texte, appendice sur la flotte russe à Bizerte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Rare, surtout enrichi d'un envoi a.s. (daté du 10-12-2006 à Bizerte)

            100

Le 22 décembre 1920, après plus d'un mois de navigation et de haltes, l'ensemble de l'escadre russe entre en rade de Bizerte. L'auteur, fille de l'amiral Manstein, a huit ans. Elle raconte les événements tragiques, méconnus ou faussés dont elle a été témoin et livre ainsi une page d'histoire. Anastasia Manstein-Chirinsky (1912-2009), aura été le dernier témoin de l'évacuation des navires de l'escadre de la mer Noire de Crimée vers la ville de Bizerte pendant la guerre civile de 1918-1922. En 1920, elle débarque dans le port tunisien avec 6388 autres réfugiés à bord des restes de l’escadre impériale russe. Elle passe ses premières années d’exil au bord d’un torpilleur puis d’un cuirassé amarré dans la baie de Bizerte. Anastasia Chirinsky passera la majeure partie sa vie dans la ville côtière. Après des études en Allemagne, elle décroche une licence en mathématiques. De retour à sa ville d’adoption, la jeune enseignante formera plusieurs générations de Français, d’Italiens et de Maltais et de Tunisiens, dont l'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë, natif de Bizerte.

226.          MORIN (Edgar), Véronique Grappe et Haim Vidal Sephiha. Vidal et les siens. Seuil, 1989, gr. in-8°, 372 pp, 16 pl. de photos hors texte, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Avec Vidal Nahoum mourut, à La Turbie (Alpes-Maritimes), en 1984, l’un des survivants du monde englouti de la Salonique séfarade où il était né en 1894. Son grand-père venait de Toscane et parlait italien, sa langue maternelle était l’espagnol du XVe siècle, mais, tout jeune, il sut s’exprimer en français et en allemand. Adolescent, il rêvait de vivre en France : il y fut conduit dans une « prison » d’où le libéra le président du Conseil d’alors, Aristide Briand. Naïf et malin, animé d’un optimisme et d’une gaieté sans faille, d’un sens de la famille quasi religieux et d’un goût inépuisable pour la nourriture, il traversa les guerres balkaniques, l’écroulement de l’Empire ottoman et les deux guerres mondiales. Comme tout point singulier d’un hologramme qui contient l’information de la totalité où il s’inscrit, l’histoire unique de Vidal Nahoum porte en elle l’épanouissement, le crépuscule et la mort de la culture judéo-espagnole, le passage de la cité d’Empire à l’État-Nation, la complexité des relations modernes entre juifs et « gentils », entre Orient et Occident. A partir de documents historiques et personnels, Edgar Morin, son fils, nous restitue son histoire irremplaçable et celle des hommes et femmes de sa famille.

227.          NEMER (Monique). Émile, patriarche des Servan-Schreiber. Eyrolles, 2014, gr. in-8°, 317 pp, préface de Jean-Noël Jeanneney, 13 photos sur 8 pl. hors texte, un tableau généalogique, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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A travers la vie d'Émile Servan-Schreiber qui a fondé et dirigé pendant 55 ans le quotidien économique “Les Echos”, cet ouvrage retrace l'histoire des Servan-Schreiber, famille française d'origine prussienne et juive qui s'est illustrée au cours du XXe siècle dans le journalisme et la politique. Né pendant l'Affaire Dreyfus, Émile est un esprit libre, épris des valeurs humanistes et passionné de progrès. Il traversa avec les siens un demi-siècle de fureur et de barbarie entre les hécatombes de la Première Guerre mondiale et la menace d'extermination de la Seconde. Son insatiable curiosité et son « goût des autres » le conduiront à parcourir tous les continents pour en rapporter articles, conférences, livres. Amoureux de l'écriture, il a pratiqué avec bonheur le journalisme et a fondé une dynastie de presse française.

228.          OAKLEY (Jane). Raspoutine. P., Hermé, 1990, gr. in-8° carré, 208 pp, traduit de l'anglais, plus de 150 photographies et illustrations en noir et en couleurs, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Une biographie, abondamment illustrée, de l'un des protagonistes les plus célèbres de l'histoire contemporaine.

229.          PAJAUD (Henri). La Révolution d'Alger. Les 4 fils Aymon, 1958, pt in-8°, 153 pp, 32 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, état correct

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Une analyse des causes et une rélation des faits qui rejoingnent le point de vue des "révoltés" d'Alger. "Les conspirations, les intrigues et les ambitions qui se font jour ou restent voilées appartiennent à la petite histoire, je ne manquerai pas de leur faire place dans mon récit, sans prendre parti, par souci d'information. Ce qui importe d'abord, c'est d'analyser les faits, les causes émotionnelles qui conduisent à cette grande colère."

230.          PAOLESCHI (Marie). Le Milieu et moi. Récit recueilli par Jean Bazal. P., Fanval, 1987, in-8°, 239 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Il y a une dizaine d'années, un médecin marseillais d'origine corse fit connaître Marie Paoleschi, dite “Marie la Jolie”, au journaliste-écrivain Jean Bazal, auteur de plusieurs ouvrages sur le Milieu marseillais. – “Vous verrez, Marie, c'est le véritable Argus du Milieu. Elle a tout vu ; elle a tout entendu ; elle sait tout. Elle est la veuve d'un caïd.” Jean Bazal l'a constaté : Marie est plus qu'un Bottin de la haute pègre. Elle a vécu soixante ans dans ce monde marginal dont elle saisit tous les tenants et les aboutissants. Le temps venu de la prescription faisant son oeuvre, elle se moque aujourd'hui d'être traitée de “Balance”. Elle ne se gêne plus pour parler. (...) Depuis le règne de ses cousins Graziani sur Toulon jusqu'aux frères Guérini, empereurs des nuits de Marseille, en passant par les légendaires Carbone et Spirito, l'affaire des bijoux de la Bégum avec Paulot Leca, le roi de l'alibi, les effroyables vendettas du Combinatie et de l'Ange, la prodigieuse confession de Marie Paoleschi constitue la saga inédite d'un Milieu dont on parle beaucoup et trop souvent sans en percevoir la notion exacte.

231.          PÉAN (Pierre). Une jeunesse française : François Mitterrand, 1934-1947. Fayard, 1994, gr. in-8°, 615 pp, 16 pl. de photos hors texte, nombreux documents en annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Admiré ou détesté, l'homme qui en mai 1981 inaugure une des plus longues périodes de pouvoir personnel de l'Histoire contemporaine demeurait, à bien des égards, une énigme. La parution de ce livre fut un événement de l'automne 1994. L'ancien chef de l'Etat jugea bon de s'expliquer publiquement sur les révélations qu'il apportait. Sympathisant des Croix-de-Feu, prisonnier de guerre, fonctionnaire du gouvernement de Vichy, résistant, membre du gouvernement insurrectionnel de la Libération, François Mitterrand, alias Morland, tisse durant ces années sombres un réseau d'amitiés et de fidélités aussi ténébreux qu'ambigu, dont témoignera la polémique sur ses rapports avec René Bousquet, ancien haut responsable de la police pétainiste. Pierre Péan fait avec une exemplaire rigueur la part de la réalité et de la rumeur, des faits établis et des zones d'ombre. Et cet itinéraire romanesque d'un jeune homme brillant et ambitieux nous livre une véritable radiographie des drames, des déchirures et des tabous de notre société dans une péeiode dont les enjeux sont encore brûlants.

232.          PELLISSIER (Pierre). Salan. Quarante années de commandement. Perrin, 2014, gr. in-8°, 600 pp, 12 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Homme secret et controversé, à la fois dernière grande figure de la France coloniale et chef de l'OAS, la personnalité du général Salan est à bien des égards un mystère. Son action, pourtant, est connue. Elle illustre l'histoire militaire de la France au XXe siècle, des tranchées de la Première Guerre mondiale à la bataille d'Alger. Aspirant en 1918, le conflit de 1940-1945 le trouve partout où un officier peut combattre. Vient ensuite le temps des incertitudes coloniales : en Indochine, il frôlera les sommets de la hiérarchie, sans jamais réunir sous son nom l'autorité civile et militaire. Salan ne séduit pas le pouvoir politique, qui lui refuse renforts et moyens. Il renâcle mais reste discipliné. La question algérienne change tout : il entre pratiquement en rébellion contre les derniers gouvernements de la IVe République, pour rejoindre ceux qui appellent au retour de Charles de Gaulle. Les évolutions de celui-ci, sa démarche incertaine, troublent et exaspèrent Salan. Il choisit alors l'exil avant d'aller compléter le « quarteron » de généraux révoltés puis de prendre la tête de l'OAS ; ce qui le conduira dans les prisons de la République. Pierre Pellissier, en racontant ce parcours unique, livre les clés de lecture d'un homme passé de l'obéissance à la dissidence et, grâce à des archives inédites, lève le voile qui recouvre la personnalité d'un soldat admiré puis honni par la République.

233.          PIERRARD (Pierre). Georges Guérin. Une vie pour la JOC. Editions de l'Atelier, 1997, in-8°, 318 pp, 22 photos et documents reproduits, sources et biblio, index, reliure demi-chagrin roux, dos à 4 nerfs filetés, titres dorés, couv. conservées, bon état

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Parmi les figures de prêtres qui ont façonné l'histoire de l'Eglise de France dans ce siècle, Georges Guérin occupe une place particulière. Inspirateur de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) en France, il a marqué de son empreinte l'un des courants majeurs du christianisme contemporain : l'Action catholique. L'auteur, Pierre Pierrard, nous invite à suivre l'itinéraire singulier d'un jeune ouvrier, adepte du Sillon de Marc Sangnier. Formé par l'exigeante spiritualité de la société Saint-Labre, Georges Guérin devient prêtre après avoir affronté l'épreuve de la Première Guerre mondiale. Cette biographie nous convie à vivre l'aventure spirituelle de la fondation et de l'essor de la JOC. A partir de 1927, date de la formation du premier groupe jociste français à Clichy, la vie de Georges Guérin va se confondre, quarante-cinq ans durant, avec celle de la JOC. Discret mais tenace, plus intuitif que théoricien, viscéralement convaincu que le Christ est présent au coeur de la vie de chaque jeune travailleur, le premier aumônier de la JOC, traversera débats, tempêtes et moments d'enthousiasme avec une mystique de l'Incarnation chevillée au corps. Soixante-dix ans après la fondation de la JOC, cette première biographie de Georges Guérin, fruit d'une recherche historique de grande ampleur, révèle un modèle de chrétien et de prêtre qui choisit d'être serviteur plutôt que leader.

234.          PLONCARD d'ASSAC (Jacques). Doctrines du nationalisme. P., La Librairie française, 1958, in-12, 350 pp, broché, bon état. Edition originale sur papier courant (il n'y a eu que 25 ex. numérotés sur Alfama)

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"Une sorte de bréviaire des grands textes du nationalisme européen dans la première moitié du XXe siècle, de Barrès à Corradini et de Maurras à Salazar en passant par Hitler et José Antonio Primo de Rivera. Le choix est abondant, dense, relativement suggestif. On regrette toutefois que les perspectives ne dépassent jamais les limites de la stricte dogmatique maurrassienne, et qu'il ne présente aucun essai sérieux d'interprétation historique des textes qu'il rassemble." (Revue française de science politique, 1959) — "On n'attendait pas, de la part de J. P. A., ancien conseiller écouté du Dr Salazar, une analyse scientifique des doctrines nationalistes, mais un plaidoyer “pro domo”. C'est bien en effet ce que constitue cet ouvrage. Il ne manquera pas d'intéresser non seulement les nostalgiques et les admirateurs du régime du Dr Salazar, mais aussi les spécialistes des théories de MM. Ledesma Ramos, Redondo et Sardinha. Le reste de l'ouvrage, résumant les doctrines de Drumont, Barrès, Bourget, Maurras, Pétain, Corradini, Mussolini, Hitler et Primo de Rivera, se contente de rappeler les positions du nationalisme traditionaliste français vis-à-vis de ces théories, de la manière la plus « orthodoxe »." (Revue française de science politique, 1978, à propos de la réédition de 1978)

235.          REICH (Ilse Ollendorff). Wilhelm Reich. Belfond, 1970, in-8°, 215 pp, traduit de l'anglais, broché, couv. à rabats, bon état

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Wilhelm Reich est mort dans un pénitencier de Pennsylvanie, USA, en 1957. Vers la fin de sa vie, il était devenu pour beaucoup un héros infaillible, alors que pour d'autres il n'était que « ce savant fou obsédé par le sexe ». Mais tous ceux qui connaissaient l'homme et son oeuvre étaient certains d'une chose : Reich était un génie... Assistant de Freud à Vienne, Reich s'écarta rapidement des méthodes de l'inventeur de la psychanalyse, préférant une thérapeutique plus active appliquée tant au physique qu'au psychisme du sujet... Un portrait par sa femme et son assistante pendant quinze ans.

236.          SÉRIGNY (Alain de). La Révolution du 13 mai. Avec les témoignages inédits des principaux acteurs. Plon, 1958, in-8°, 180 pp, 29 photos et une carte, broché, bon état

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Par Alain de Sérigny, directeur de "L'Echo d'Alger".

237.          STORCK-CERRUTY (Marguerite). J'étais la femme de Jean Moulin. P., Régine Deforges, 1977, in-8°, 198 pp, lettre-préface de Robert Aron, 14 pl. de photos et documents hors texte, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. On joint un carton d'invitation pour le 60ème anniversaire de la Première réunion du Conseil National de la Résistance (Paris, Mairie du 6e, 27 mai 2003, 4 pp format 15 x 21, avec une photo de Jean Moulin)

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C'est l'histoire d'un amour mêlant passion, violence, bals de sous-préfecture, promenades en barque, qui sera détruit par l'incompréhension des parents et amis, que nous raconte ici Marguerite Storck-Cerruty. Rien que de très banal, si l'ami, l'époux, l'amant, n'était Jean Moulin. Un Jean Moulin intime si différent du héros de la Résistance ; mais combien plus émouvant, plus proche de nous. (4e de couverture) — Elle s’appelle Marguerite Cerruti. Son père, trésorier-payeur-général, est mort pendant la Grande Guerre. Sa mère appartient à la bourgeoisie savoyarde. Au cours du bal donné à la préfecture de Chambéry, elle rencontre le jeune sous-préfet Jean Moulin. En cette année 1926, il a vingt-sept ans, elle en a dix-neuf. Le 27 septembre de la même année, ils s’épousent. En 1976, les éditions SECLE-Régine Desforges publient : « J’étais la femme de Jean Moulin », écrit par Marguerite Storck-Cerruty, avec la collaboration de Jean Seveyrat. Marguerite raconte comment le jour de son mariage, Jean Moulin a pleuré : « …Au moment de prendre congé de nos parents respectifs, cette émotion arrive à son comble. Maman a trouvé des mots simples mais aimables. Laure (la sœur de Jean) s’est contentée d’une formule banale, sa mère nous a serrés dans ses bras. C’est son père qui s’avance à présent : « je suis heureux pour vous, mes enfants. Sachez l’être toute votre vie autant que vous m’avez paru l’être aujourd’hui ». Mais pourquoi Laure prend-elle cette mine effarée ? Qu’elle n’approuve pas les paroles de son père n’est pas pour me surprendre. Elle a toujours été du nombre des personnes opposées à notre mariage. Elle qui n’a eu ni mari ni enfant, a reporté depuis longtemps ses sentiments maternels sur son jeune frère dont elle a d’abord voulu parachever l’éducation, puis qu’elle a ensuite prétendu guider sur la voie du bonheur. N’était-elle pas sa confidente quand il rêvait d’épouser Jeannette ? Avec moi, les choses se sont passées différemment. En raison de l’éloignement imposé par la nomination de Jean à Chambéry. Laure n’a été mise qu’au dernier moment au courant de nos amours. Elle n’a pas pardonné à son frère son silence de deux années. Aussi l’étrangère que j’étais pour elle a-t-elle eu droit à son hostilité. Ma jeunesse, bien que réelle (mais surtout par rapport à son âge) n’a été qu’un prétexte pour elle. Mais pourquoi cette mine effarée ? Je me retourne vers mon mari de fraîche date, et comprends : sur sa joue gauche, une larme, une seule, glisse doucement. Que m’importe les conclusions que ne va pas manquer d’en tirer Laure. Personnellement, je demeure muette, bouleversée : Jean pleure de bonheur ! Cela se dira dans le village. De cette larme, combien de fois entendrons-nous reparler avec sympathie et attendrissement !... » Marguerite Cerruti n’est restée la femme de Jean Moulin que jusqu’au jugement de divorce prononcé le 19 juin 1928 par le Tribunal de Chambéry : « Attendu que Moulin a fait assigner sa femme en divorce – en exposant qu’en mars 1928 il avait fait avec elle un voyage à Paris pour dissiper un malaise persistant qu’il sentait dans son mariage, que la femme avait prétexté un futile motif de toilette pour rester quarante-huit heures de plus à Paris, laissant le mari rentrer à Albertville où l’appelaient ses fonctions et que depuis, loin de revenir, elle avait disparu sans laisser d’adresse. Attendu que la Dame Cerruti fait défaut faute de comparaître, ni personne pour elle, mais qu’il résulte du dossier qu’elle a connaissance de l’action dirigée contre elle et qu’elle ne veut pas constituer avoué, ne voulant par suite pas faire connaître la raison pour laquelle elle n’a pas rejoint le domicile conjugal. Attendu qu’étant donné ces circonstances, ce refus de rejoindre doit être considéré comme une injure grave pour le mari qui justifie le divorce aux torts et griefs de la femme... » Dans son livre publié en 1976, Marguerite Cerruti ne fait nullement état de ce voyage à Paris. Elle raconte simplement comment au retour d’un voyage à Val d’Isère, un pneu de l’Amilcar rouge grand sport que conduisait Jean Moulin a éclaté, précipitant les passagers dans un précipice et qu’au cours de sa convalescence, parce qu’elle restait blessée au pied et dépendait d’autrui pour remonter dans les étages, elle est restée un soir trop longtemps à l’air humide, qu’elle en a attrapé une pneumonie, puis : « …sans crier gare, la fièvre s’est de nouveau emparée de moi, une fièvre qui me fait claquer des dents malgré les lainages les plus épais. Moi qui , depuis mon enfance, ai toujours eu les poumons délicats, ne suis-je pas cette fois gravement malade ? L’affolement me gagne : Jean étant loin d’Albertville pour la journée, auprès de qui trouver le réconfort dont j’ai tant besoin ? J’agis comme une automate : la gare, l’interminable voyage, l’arrivée à Chambéry... Je débarque chez ma mère ! Epuisée, je me laisse mettre au lit, border, cajoler. Le docteur va venir... Le docteur est là : Rechute broncho-pneumonie ». Marguerite raconte encore pourquoi elle refusera de retourner à Albertville et comment Jean Moulin en viendra à la solution du divorce : « Dans les deux camps rivaux que constituent nos familles, il se trouve des gens pour applaudir à ce dénouement. En plus de ma mère, la sœur de Jean est du nombre. Laure Moulin qui trouve pour moi une ultime revanche : elle exige la restitution immédiate de son cadeau de mariage. Qu’était-ce au juste ? Une trousse de toilette ». (L'Idiot International, 1991)

238.          THIRION (André). Révolutionnaires sans révolution. Laffont, 1972, gr. in-8°, 580 pp, 16 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. à rabats illustrée d’un dessin de Man Ray, bon état

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L'auteur de « Révolutionnaires sans révolution » a été formé par la guerre, le « Manifeste du communisme » et le « Manifeste du surréalisme ». À vingt ans, il a tout abandonné pour suivre la voie révolutionnaire que lui désignaient Marx, Lénine et André Breton. Au rebours de tant d'autres, il n'était pas poussé par le besoin de croire, mais par celui d'agir et de transformer. Militant politique et syndicaliste, il s'est trouvé au premier rang lors des grandes disputes théoriques qui ont agité le surréalisme dans les années 30. Anti-fasciste déterminé, combattant de la Résistance, il a participé, depuis l'âge de dix-sept ans, à toutes les luttes dont la liberté était l'enjeu. Il n'en a guère retiré d'autre avantage que celui de pouvoir publier librement ce volume, soit, à tout prendre, l'essentiel. Chef-d'oeuvre de l'autobiographie, « Révolutionnaires sans révolution » est une description fidèle des interrogations, des croyances, des hésitations, des ralliements qui ont marqué la vie de l'auteur et des hommes qu'il a approchés. On y voit vivre Maurice Thorez et Aragon, Dali et Breton, Georges Sadoul et Jacques Prévert. On voit s'assembler le tissu de la politique, de l'amour, de la poésie, de l'amitié et de la mort, tel qu'il se déroula pour la génération intransigeante de l'entre-deux guerres. Les détails familiers y tiennent leur place car ils expliquent parfois des comportements solennels. (4e de couverture) — "L'écrivain surréaliste André Thirion, né en 1907 à Baccarat, en Meurthe-et-Moselle, est décédé jeudi dernier à Levallois-Perret. Après avoir été syndicaliste puis communiste (il adhère au parti en 1925), ses convictions politiques et son tempérament rebelle l'entraînent dans l'aventure surréaliste en 1928. Il collabore ainsi activement à la revue le Surréalisme au service de la révolution, se bat pour le film de Buñuel l'Age d'or (1930), signe des manifestes tels que «Ne visitez pas l'Exposition coloniale» (1931) ou s'engage contre Aragon lorsque ce dernier veut quitter le surréalisme au profit du communisme, en 1932. Les années 30 le voient s'éloigner du parti et il rejoint durant la guerre la résistance gaulliste, avant de devenir député du XXe arrondissement de Paris sous l'étiquette RPF. Son principal ouvrage, une autobiographie, Révolutionnaires sans révolution (paru en 1972), retrace cette période et constitue, par ses portraits sans concession, un document précieux sur le groupe surréaliste. Il continue ce travail de mémorialiste mordant avec Béatrice (1975), qui raconte le passage de la IVe à la Ve République sous forme de mélodrame, ou Révisions déchirantes (1987), qui assure la défense de Breton et assassine à nouveau Aragon. Mais Thirion est aussi connu pour un des romans politico-érotiques qui firent les beaux jours de la contre-culture: le Grand ordinaire, sa première fiction, écrite en 1943 et qui trouva son public en 1970 aux éditions Losfeld. Le dernier ouvrage de cet écrivain discret, en 1993, reprenait les mêmes ingrédients «inconvenants» en mettant oedipe au bordel." (Eric Loret, Libération, 2001)

239.          TURPIN (Frédéric). André Diethelm, 1896-1954. De Georges Mandel à Charles de Gaulle. Les Indes savantes, 2004, gr. in-8°, 277 pp, préface de George-Henri Soutou, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Parmi les plus proches collaborateurs du général de Gaulle à Londres, André Diethelm est à ce jour resté dans l'ombre ; sa mort prématurée n'a guère favorisé l'engouement historiographique que d'autres connaissent encore. Et pourtant cet ardent patriote d'origine alsacienne (1896-1954) fut un acteur privilégié de son temps. Normalien, combattant de la Grande guerre, inspecteur des finances en mission à Belgrade et en Indochine, directeur des services financiers des usines Renault puis directeur de cabinet de Georges Mandel, il rejoint en 1941 la France libre. A Londres, à Alger puis à Paris, il occupe successivement différents commissariats nationaux, en particulier celui de l'Intérieur où il rencontre plusieurs fois Jean Moulin. Proche collaborateur du général de Gaulle, il officie en 1944-1945 à la tête du ministère de la Guerre. Ce gaulliste historique poursuit sous la IVe République une carrière politique et parlementaire dans les rangs du RPF. Président du groupe gaulliste au Palais du Luxembourg, puis au Palais Bourbon, il milite sans relâche pour le retour au pouvoir du général de Gaulle. Fruit de plusieurs années de recherche, cette biographie a notamment bénéficié de l'utilisation des archives du général de Gaulle ainsi que de témoignages et papiers personnels inédits.

240.          VARENNE (Francisque). Georges Mandel, mon patron. Editions Défense de la France, 1948, in-12, 230 pp, un fac-similé et une planche dépliante hors texte représentant le personnel du Ministère des Colonies en 1938, broché, bon état, envoi a.s.

            30

241.          VERCORS (Jean Bruller, dit). Les Nouveaux jours. Esquisse d’une Europe. Briand-l’oublié (1942-1962) . Plon, 1984, gr. in-8°, 460 pp, 16 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état (Cent ans d'histoire de France, 3)

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"La trilogie “Cent ans d'Histoire de France” constitue la deuxième et dernière écriture autobiographique assumée de Vercors, après “La Bataille du silence” (1967). Vu le caractère tardif de cette édition, nous pourrions d'emblée penser au fait que Vercors, âgé, éprouve, comme nombre d'écrivains, le besoin de s'épancher sur son passé et de faire le bilan d'une vie. C'est sans doute une hypothèse fort plausible, mais elle n'est pas la seule. Ces mémoires ultimes se veulent en effet une double chronique, historique et biographique. De prime abord, cette trilogie a de quoi dérouter par son caractère insolite. Le premier tome de 1981 s'intitule en effet “Moi Aristide Briand. Essai d’autoportrait. Cent ans d’Histoire de France. L’apogée de la République (1862-1932)” ! Vercors entend faire un autoportrait de cet homme politique qu'il admire depuis les années 20 pour ses actions en faveur du pacifisme. Sa chronique débute donc en 1862, année de naissance de Briand, sous la forme originale d'une autobiographie de celui qui fut autant l'homme de Verdun que celui de Locarno. C'est fictivement Briand qui parle, pourvu du pronom personnel "je" revendiqué. Dans le préambule, Vercors explique avoir préféré cette utilisation du pronom personnel de première personne pour lever les ambiguïtés. Il faut au contraire percevoir toute la filiation personnelle et professionnelle de ces deux hommes dont les patronymes Briand/Bruller sonnent comme une similitude. Et c'est d'autant plus perceptible que la mort de cet homme en 1932, qui clôture ce premier volet, laisse la place dans le deuxième tome à Jean Bruller, alors au sommet de sa maturité personnelle et artistique, prêt bientôt à participer dans son milieu intellectuel à défendre le pacifisme dont il est animé. Dans les tomes 2 et 3, le lecteur assiste ainsi à l'engagement de ce dessinateur devenu l'écrivain Vercors sous l'Occupation, avec la création des Editions de Minuit clandestines et l'écriture du célèbre Silence de la mer. Dans cette chronique de cent ans, le dernier volet s'arrête en 1962, au moment où le combat de Vercors en faveur d'une Algérie indépendante trouvait sa conclusion dans les accords d'Evian. Ainsi, par rapport à “La Bataille du silence”, Vercors a couvert en plus des années de l'Occupation celles d'après-guerre, jusqu'au début des années 60. On remarque néanmoins que son récit autobiographique reste rivé aux années de guerre l'ayant si profondément marqué, et rejette dans l'ombre l'enfance, les années 20, et les années 60-80. Vercors se livre donc tout en restant mystérieux, car peu prolixe sur de larges pans de sa vie. Le lecteur curieux n'a pas d'autre choix que de lire sa production entière pour traquer les éléments biographiques manquants, en se heurtant cependant aux doutes et aux interrogations – on hésite toujours sur la part du réel et du fictionnel dans des récits qui de toute façon n'ont pas vocation au pacte de vérité de l'autobiographie." (Nathalie Gibert-Joly, site Jean Bruller-Vercors)

242.          WILLEM (Docteur Jean-Pierre). Médecin au Viêt-Nam en feu. France-Empire, 1978, pt in-8°, 366 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Mémoires de l'auteur, qui arrive au Vietnam en 1968 et y exerce la médecine pendant cinq mois à la Plantation des Terres Rouges près de la base américaine de Quan Loï (pp 29-45). Puis, il est médecin à la Plantation de Chup, au Cambodge, et il assiste, en 1970, au coup d'Etat de Lon Nol, au massacre des communautés vietnamiennes et à la prise de contrôle des plantations par les Khmers Rouges et les Nord-Vietnamiens (pp 47-122). Après un court séjour en France, il repart à ses frais au Sud-Vietnam, sans contrat ni engagement, et s'occupe des rescapés de l'enfer cambodgien entassés dans des camps de réfugiés, de façon clandestine car les autorités sud-vietnamiennes lui refusent l'autorisation d'exercer la médecine et il travaille dès lors dans une société pharmaceutique. En 1975, il soigne ceux qui fuient devant la ruée des blindés nord-vietnamiens et il assiste à la chute de Saïgon. Le nouveau régime refusant l'aide des médecins occidentaux, il quitte Saïgon.

1ère GUERRE MONDIALE

 

243.          ARMAU de POUYDRAGUIN (Général d'). La Bataille des Hautes-Vosges, février–octobre 1915. Colmar, Mémorial du Linge, 1982, in-8°, 208 pp, 14 gravures sur bois par le commandant Journet, 16 pl. de photos hors texte, 9 croquis, broché, couv. illustrée, bon état. Réimpression de l'édition Payot de 1937

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"Un éclatant témoignage du courage et de la ténacité des chasseurs alpins dans la guerre de montagne." (Général Gamelin)

244.          BACH (André). Fusillés pour l'exemple, 1914-1915. Tallandier, 2003, in-8°, 617 pp, notes, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Les Poilus ne sont pas tous tombés au champ d’honneur, fauchés par les balles allemandes ou par un obus de 155 mm fabriqué dans une usine de la Ruhr. Certaines de ces armes étaient françaises, elles avaient pour "ambition" de rétablir la discipline, de faire passer l’envie aux survivants de baisser les armes, de crier leur lassitude d’une guerre qui les laminait… La condamnation puis l’exécution de soldats français sont longtemps restées associées aux mutineries de l’année 1917, après l’échec de l’offensive du Chemin des Dames. En réalité, cette justice d’exception a été appliquée dès les premiers temps du conflit, après la Marne, lorsque l’état-major redoutait de voir les hommes flancher face à l’enlisement du conflit. — André Bach est le premier historien à avoir eu accès à l’ensemble des dossiers militaires de ces poilus de la honte. Fusillés pour l’exemple revient sur la fin tragique de ces hommes, mutilés volontaires, mutins, déserteurs, brisés par une guerre absurde et qui, bien souvent, n’ont pas pu défendre leur position face à des juges inflexibles... Couronnement d’une vie consacrée à la chose militaire, l’ouvrage du général Bach a durablement marqué l’historiographie de la Grande Guerre. En détaillant un à un les dossiers de ces Poilus de la honte, en recoupant sources et données, l’ancien chef du service historique de l’armée de terre décrit la guerre à l’état brut, dans sa violence nue. Un livre gênant mais nécessaire.

245.          BINOIS (Laurent) et Jean-Luc KALUZKO. Vaux, histoire d'un fort. La construction du fort de Vaux et les événements de 1916. Louviers, Ysec, 2003, gr. in-8°, 80 pp, 58 photos en noir et en couleurs dans le texte, une carte et 8 croquis, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

246.          BOUTEFEU (Roger). Les Camarades. Soldats français et allemands au combat, 1914-1918. Fayard, 1966, in-8°, 459 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Pour rédiger son livre, Roger Boutefeu avait organisé avec de nombreux journaux de province un concours qui lui a fourni 425 témoignages. "Une juxtaposition de témoignages recueillis par l'auteur, constituant par la suite une source du travail d'Antoine Prost sur les anciens combattants." (Alexandre Lafon)

247.          CANINI (Gérard). Combattre à Verdun. Vie et souffrance quotidiennes du soldat, 1916-1917. Presses Universitaires de Nancy, 1988, gr. in-8°, 160 pp, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'ouvrage retrace, selon un plan thématique, les différents moments du soldat combattant dans le secteur de Verdun en 1916 et 1917. Il s'appuie sur les témoignages de combattants : livres, carnets inédits déposés au Service historique de l'armée de terre de Vincennes, notations extraites de correspondances analysées par le contrôle postal. L'auteur parvient fort bien à décrire de manière exhaustive la vie matérielle des combattants, et de tous les combattants puisque les Allemands ne sont pas oubliés : celle-ci est rendue avec précision et exactitude, dans des pages parfois insoutenables..." (Stéphane Audoin-Rouzeau, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1989)

248.          CARTIER (Raymond et Jean-Pierre). La Première Guerre mondiale. 1. 1914-1915. – 2. 1916-1918. Presses de la Cité, 1982-1984, 2 vol. gr. in-8°, 344 et 350 pp, 13 cartes, biblio, brochés, couv. illustrée, bon état

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Nul n'ignore aujourd'hui l'oeuvre immense de Raymond Cartier, de ce journaliste-historien-essayiste qui n'a cessé de scruter le destin de l'Europe, qui sous ses yeux tentait de se construire. Il a interrogé le présent et le passé proche. Ses ouvres maîtresses demeurent « L'Histoire mondiale de l'après-guerre », « La Seconde Guerre mondiale », « Le monde entre deux guerres ». Cela ne suffisait pas. Il fallait remonter à la source, à l'immense cassure de l'histoire européenne, à ces années 1914-1918 où, l'Europe devenue champ de bataille, la puissance du vieux monde a basculé. Des articles virent le jour, sur les batailles de la Marne, les attaques d'Artois et de Champagne, sur Verdun et la grande offensive de Ludendorff en 1918. Jean-Pierre Cartier, de son côté, avait recueilli une lourde et étrange moisson, il avait interrogé acteurs et témoins survivants, visité les hauts lieux des combats, lu récits, carnets de campagne, mémoires. De tout cela, il fallait faire un livre, pour tout dire, pour ne rien oublier. Pour faire revivre les événements politiques et militaires au jour le jour, mais aussi la vie quotidienne des combattants, leurs peurs, leurs angoisses, leurs grandes et leurs petites misères. Et cela sur tous les fronts, sur terre, sur et sous la mer, dans les airs. Pour comprendre et faire comprendre que cette guerre fut, pour l'Europe naissante, un véritable suicide, non pas une guerre des nations, mais une stupide guerre civile européenne.

249.          CHAMBE (Général). Route sans horizon. Les eaux sanglantes du beau Danube bleu. Plon, 1981, gr. in-8°, 311 pp, 32 pl. de photos hors texte, une carte, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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Souvenirs vécus du capitaine Chambe sur le front roumano-russe en 1917, témoin du début de la Révolution russe. Chambe est désigné en 1916 pour partir pour la Roumanie afin d’y mettre au point l’aviation de chasse roumaine encore inexistante et y prendre le commandement d'une première escadrille de chasse franco-roumaine constituée avec des avions français (Nieuport). Il prend part à toutes les opérations de guerre de la Roumanie, avec l’escadrille N1 de chasse qu’il a constituée (3 pilotes français, 3 pilotes roumains, 1 pilote anglais, 2 pilotes russes). Il connaît ainsi les premiers succès en Bulgarie, et Transylvanie, puis les revers d’Olténie, la retraite dans les boues de Valachie, l’arrivée de la neige, l'hiver rude de 1916-1917. Mais l’escadrille N1 n’a pas cessé de combattre. Elle abat de nombreux avions allemands ou autrichiens. L’été revenu, la Roumanie tente de reprendre l’offensive. En août 1917, Chambe (nommé capitaine le 25 décembre 1916) est blessé en combat aérien, puis évacué vers la France. Il repart ainsi, seul avec deux cannes, à travers la Russie, en proie déjà à la révolution russe, en octobre 1917.

250.          CHAMBE (René). Adieu, cavalerie ! La Marne, Bataille gagnée... Victoire perdue. Plon, 1979, gr. in-8°, 284 pp, 16 pl. de photos hors texte, 6 cartes dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le général René Chambe était sous-lieutenant de cavalerie d'active lorsque éclata la guerre de 1914. Il a participé de bout en bout à la Bataille de la Marne. Il nous la fait revivre de manière saisissante à ses côtés. Sa relation personelle écrite sur place constitue un témoignage irremplaçable. C'est la cavalerie française qui, le 14 septembre 1914, au cours d'une action décisive autant qu'imprévue, aurait dû stopper la guerre naissante. Il a simplement manqué à cette arme magnifique d'avoir eu les commandants en chef jeunes, ardents et intrépides qu'elle méritait. Voici le procès de la plus grande bataille des temps modernes.

251.          CHAPATTE (Auguste). Souvenirs d'un poilu du 15-2. Hartmannswillerkopf 1915-1916. Bernard Giovanangeli, 2013, in-8°, 157 pp, présentés par Bernard Giovanangeli, broché, couv. illustrée, bon état

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L'Hartmannswillerkopf est un haut lieu de la Grande Guerre. Ce belvédère, dont les pentes retombent dans la plaine d'Alsace, a été en 1915 l'enjeu de combats acharnés entre Français et Allemands. Sa sanglante mémoire hanta les survivants. Parmi les unités françaises engagées à l'Hartmann, le 152e régiment d'infanterie s'est distingué par les sacrifices qu'il y a consentis. Vainqueur dans l'offensive du 21 décembre 1915, il fut tout entier anéanti le lendemain. Auguste Chapatte est un de ces poilus du 15-2 qui ont repris deux fois le sommet de la montagne à l'ennemi. Ses souvenirs, marqués par la camaraderie et l'esprit de corps, portent témoignage du climat moral de la France de 1914, de l'état d'esprit des vétérans dans les années trente et de cette tragédie qu'a été la Grande Guerre.

252.          CLAUDEL (Jean-Paul). La bataille des frontières. Vosges 1914-1915. Gérard Louis/Editions de l'Est, 2008, gr. in-8°, 223 pp, 49 photos et 5 cartes dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Comment imaginer, en arpentant les chaumes vosgiennes, les atroces combats qui ont agité le massif au début de la Première Guerre mondiale ? A partir du 4 août 1914, les affrontements firent rage entre les armées française et allemande. Des hauteurs de Mulhouse jusqu'au Lunévillois, la ligne de front suivait alors la crête des Vosges, sillonnant les paysages dévastés par des batailles aux noms devenus tristement célèbres : Morhange, Charmes, Grand Couronné. Metzeral. Hartmanswillerkopf... Prisonniers d'un relief accidenté, dans des conditions précaires de survie, des milliers de civils et de militaires perdirent la vie dans cette absurde guerre de position. La nature efface lentement les traces de ce douloureux passé. Cicatrices de l'histoire, les bornes-frontières des Vosges sont les témoins figés de batailles oubliées. Au col du Linge, à La Chipotte, les mémorials rappellent au passeur d'aujourd'hui la cruauté et la folie d'une guerre parmi les plus meurtrières de tous les temps. Jean-Paul Claudel retrace la chronologie minutieuse des événements qui ont marqué la « bataille des frontières » jusqu'en septembre 1915, S'appuyant sur des témoignages et des documents, il évoque le quotidien des soldats - les futurs Poilus -, tiraillés par la faim et le froid au coeur d'un hiver des plus rigoureux.

253.          DAVY (Edmond). Impressions d’Orient. Carnet de route inédit d’un soldat dessinateur de l’aviation envoyé sur le front de Macédoine. 19 mai – 6 septembre 1917. La Ferté-Vidame, Editions Les Temps neufs, 2017, in-8°, xxxi-113 pp, présentation historique et carte de l’itinéraire suivi par l’éditeur, 8 pl. d'illustrations hors texte en couleurs (8 photos et 2 cartes), 11 croquis de l'auteur dans le texte, index des lieux, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale sur papier courant tirée à 200 ex. seulement

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Au troisième printemps de la Grande Guerre, un an après l’échec de la grande offensive allemande sur Verdun et le mois suivant l’entrée en guerre des États-Unis, le soldat Edmond Davy (1896-1980), originaire du littoral vendéen, est envoyé en renfort de l’armée d’Orient sur ce front encore secondaire, aux confins de la Grèce et de la Serbie, en Macédoine. Débute ainsi à vingt ans un voyage en train depuis le casernement du deuxième groupe d’aviation de Lyon-Bron par Marseille, Vintimille et Rome jusqu’à Tarente, poursuivi par voie maritime le long des côtes du Péloponnèse par Corfou, Navarin et Milo jusqu’à Salonique, où sont cantonnées les troupes de l’armée française d’Orient ; puis c’est l’acheminement en train vers le front, au sud-est de Monastir. Jour après jour, Edmond raconte cette marche vers la guerre qu’il vit aussi comme une aventure, livre ses impressions, ses émotions même, et continue sa relation les premiers mois de son stationnement au camp de Batch, à la direction de l’Aviation française d’Orient. Un récit personnel et humain, écrit dans un style soigné et précis, rehaussé par un regard artiste, souvent haut en couleur et non dénué d’humour, quelquefois lyrique. Illustré de la main de l’auteur.

254.          DENIZOT (Alain). Des Poilus aux Doughboys. Saint-Mihiel 1914-1918. Nouvelles Editions Latines, 1998, gr. in-8°, 264 pp, 32 pl. de photos hors texte, 33 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Cette étude du saillant de Saint-Mihiel montre les tentatives allemandes d'encerclement de la place de Verdun, la résistance du fort de Troyon, les vaines tentatives du commandement français pour débloquer un front cristallisé pendant quatre ans. On ne passe pas mais il faut attaquer, toujours les mêmes lieux tristement célèbres : les Eparges, la forêt d'Apremont, le bois le Prêtre. Il faut attendre 1918 pour que l'armée américaine réduise le saillant, après seulement quelques mois de formation.

255.          DUCASSE (André), Jacques MEYER et Gabriel PERREUX. Vie et mort des Français 1914-1918. Simple histoire de la Grande Guerre. Hachette, 1959, fort in-8°, 512 pp, présentation de Maurice Genevoix, 7 cartes dans le texte et 16 pl. de photos hors texte, qqs illustrations dans le texte, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Bien que les contours de la guerre 1914-1918 se modifient avec le recul du temps, l'ouvrage des trois normaliens rescapés de cette épreuve rend assez fidèlement l'image traditionnelle qui s'en est faite en 40 ans. Il y a, en somme, deux parties entremêlées : des documents et des commentaires généraux, constituant un récit. La première partie, fort solide, est sans doute la meilleure de l'ouvrage. Ce n'est pas que le récit lui-même soit dénué de valeur, loin de là ; il permet à un profane de s'initier fort convenablement à ces années extraordinaires (...) C'est une œuvre importante qui vient d'être réussie." (Alfred Sauvy, Population, 1961)

256.          FAUVEAU (Alain). Le vagabond de la Grande Guerre. Souvenirs de la guerre 1914-1918 de Charles de Berterèche de Menditte, officier d'infanterie. Geste Editions, 2008, gr. in-8°, xviii-301 pp, 16 pl. de photos hors texte, 34 croquis et cartes dans le texte, biblio, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Pour Charles de Menditte, la Grande Guerre va durer six années. Après Charleroi, Guise, la bataille de la Marne et Craonne au début de la guerre, il connaît le front oriental en Roumanie et la révolution russe de 1917. Revenu en France, il participe à la dernière offensive menée entre le 9 et le 11 novembre 1918 sur la Meuse. Un fait d'arme mémorable mais resté dans l'oubli. Après l'Armistice, envoyé en Syrie, c'est aux troupes arabes de l'émir Fayçal qu'il se trouve confronté en 1919 et 1920. Ce n'est donc pas sans raison qu'il se qualifie de "vagabond de la Grande Guerre". L'intérêt de son témoignage, basé notamment sur ses carnets de campagne, n'en a que plus d'importance. Dans ces épisodes souvent dramatiques transparaissent le caractère intègre de cet officier exceptionnel et les valeurs morales, spirituelles et humaines auxquelles cet homme d'action était profondément attaché : le sens du devoir et de l'honneur avec lesquels on ne transige pas, une foi dans la Providence à toute épreuve, et un sens profond des responsabilités vis-à-vis des hommes dont il avait la charge.

257.          FRÉMEAUX (Jacques). Les Colonies dans la Grande Guerre. Combats et épreuves des peuples d'Outre-Mer. 14-18 Editions, 2006, in-8°, 393 pp, 2 cartes in fine, biblio, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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Entre 1914 et 1918, la nation, plongée dans la Première Guerre mondiale, n'a guère mesuré l'ampleur des efforts et des sacrifices de ce qui était alors son empire colonial. De nos jours encore, ces efforts et ces sacrifices sont largement méconnus. Jacques Frémeaux entend ici remédier à cette ignorance. Dans les histoires générales de la France contemporaine, l'empire colonial n'occupe le plus souvent qu'une place limitée, circonscrite à quelques paragraphes, au mieux à un chapitre unique. C'est sans doute une preuve des faibles rapports que la masse des Français ont entretenus avec l'épisode colonial. Lorsque la question bénéficie de plus longs développements, c'est, le plus souvent, à l'occasion de débats sur l'immigration en France ou sur le devenir des anciennes colonies, trop actuels pour ne pas biaiser les faits. Il n'est question ni de bâtir une légende dorée, ni de nourrir des rancœurs, mais d'aider, si possible, les descendants des combattants et des travailleurs de toutes origines, à mieux connaître les éléments communs de leur histoire, et, par-delà les clichés et les caricatures, à mieux se comprendre.

258.          GIBAULT (François). Le barreau de Paris dans la Grande Guerre. Gallimard, 2016, in-8°, 297 pp, index, broché, bon état

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"Cent ans après la déclaration de la Grande Guerre, qui allait durer quatre ans, tuer plus d'un million trois cent mille français, et en blesser trois millions, il appartenait au Barreau de Paris de rendre hommage à ceux de ses membres qui sont morts pour la France durant le conflit ou plus tard, des suites de leurs blessures. Ce livre, voulu par Monsieur le Bâtonnier Pierre-Olivier Sur, est composé de 233 portraits d'avocats, très jeunes pour la plupart, dont 35 Anciens Secrétaires de la Conférence, qui ont donné leur vie pour la Patrie, sacrifice d'autant plus remarquable que, en 1914, l'Ordre de Avocats de Paris ne comptait guère plus de 2.500 membres, inscrits au Grand tableau ou stagiaires. Certains de ces portraits sont sommaires, les plus poignants sans doute, de jeunes confrères peu connus, sans famille, presque sans amis, sans personne pour témoigner au Bâtonnier Henri Robert, en fonction pendant toute la durée de la guerre, et à ses successeurs, de leur valeur et de la peine qu'ils ont éprouvée en apprenant leur disparition." (François Gibault)

259.          MACCAS (Léon). Les Cruautés allemandes. Réquisitoire d'un neutre. Nouvelle Librairie Nationale, 1915, in-12, xv-308 pp, préface de Paul Girard, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. La guerre de 1914)

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"Dans un livre remarquable qui vient de paraître, sous le litre : Les Cruautés allemandes, M. Maccas, docteur en droit de l'Université d'Athènes, après avoir énuméré, d'après les témoignages et les documents officiels, les attentats commis en Belgique et en France par les troupes allemandes, dresse la liste déjà longue des chefs qui doivent en être tenus pour responsables. Cette nomenclature était nécessaire, Les criminels au pilori ! C'est une première satisfaction aux impérieuses exigences de la conscience universelle." (Journal des Débats, 23 mai 1915)

260.          MIQUEL (Pierre). "Je fais la guerre". Clemenceau, le père la victoire. Editions de la Seine, 2005, in-8°, 388 pp, biblio, couv. illustrée à rabats, bon état

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13 novembre 1917. Le gouvernement Painlevé vient de tomber. La situation de la France est critique. Au même moment, les soldats français s'enfoncent dans la boue de Verdun et les divisions allemandes s'apprêtent à percer le front occidental. Poincaré souhaite, à la tête du gouvernement, un patriote irréprochable. Quel autre choix que le "Tigre", cet homme de 76 ans, républicain, ancien dreyfusard ? La situation exige Clemenceau, lequel n'a qu'une idée en tête : faire la guerre et la gagner. Sur tous les fronts, sur la scène politique comme dans les tranchées, Clemenceau entre dans l'Histoire.

261.          MIQUEL (Pierre). Le Gâchis des généraux. Les erreurs de commandement pendant la guerre de 14-18. Plon, 2001, in-8°, 243 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Quatre millions de morts, allemands et français, durant la guerre de 14-18. Une Europe dévastée, deux nations exsangues. Qui est responsable de ces tueries, de ces massacres ? Mettre en cause l'aveuglement et l'incompétence des généraux fut longtemps hors de question. C'était mettre en doute l'honneur et la crédibilité de l'armée, la légitimité même de la République. Quand la voix de Clemenceau s'élevait, on criait à la trahison. En 1914, Gamelin ordonne l'offensive : 250 000 morts en deux mois. Nivelle n'encourt aucune sanction après l'échec du Chemin des Dames. S'appuyant sur des archives et des témoignages inédits, Pierre Miquel analyse l'engrenage effrayant de l'obstination des gouvernements, des stupidités stratégiques et de l'inévitable boucherie, dans un ouvrage saisissant qui nous fait comprendre le mécanisme de l'horreur en uniforme.

262.          NICLOUX (Colonel Jean-François). Les Diables de fer. Le 29e bataillon de chasseurs à pied, 1914-1918. Leur sang et leur gloire, Tome 2 : du 25 septembre 1915 au 4 janvier 1919. L'àpart éditions, 2013, gr. in-8°, 448 pp, préface du général Allain Bernède, 56 pl. de photos en noir et en couleurs hors texte, 45 croquis et cartes dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Tome 2 seul (sur 2). Dans ce nouveau volume, le lecteur accompagne les "diables" du 29e BCP entre septembre 1915 et novembre 1918 sur tous les champs de bataille, de la Champagne à Verdun, puis de la Somme à l'Aisne. Avec le brio et la précision qui caractérisaient le premier tome, ce récit n'oublie rien, ni la vie quotidienne, ni les heures de gloire, les douleurs ou les peines de ces hommes dont le destin résume celui de tous les "poilus". Un livre d'histoire aux multiples rebondissements, qui se lit comme un roman.

263.          OFFENSTADT (Nicolas)( dir). Le Chemin des Dames. De l'événement à la mémoire. Stock, 2004, gr. in-8°, 500 pp, 32 pl. de photos en noir et en couleurs hors texte, 11 cartes dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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« Rien ne poussera plus sur cette terre » écrit le simple soldat Clerfeuille en évoquant le Chemin des Dames et les ravages de l'artillerie, pourtant deux semaines avant le déclenchement de la fameuse offensive du 16 avril 1917. Après deux ans et demi de guerre, et malgré la défiance de plusieurs généraux, le gouvernement soutient le plan du commandant en chef Nivelle : prendre le plateau du Chemin des Dames, percer le front et l'emporter. Près d'un million d'hommes sont rassemblés pour cette immense opération qui eut des conséquences fondamentales sur le déroulement de la guerre et même au-delà en façonnant le mythe Pétain (celui qui redresse les erreurs de Nivelle). Car, dès les premières heures, la bataille se transforme en un épouvantable calvaire pour les soldats, confrontés à des positions allemandes en contre-haut, bien organisées dans un dédale de galeries et cavernes, insuffisamment détruites par l'artillerie : 135 000 hommes sont hors de combat en dix jours… Les assauts dans la boue et la neige, face à des pentes imprenables, transforment l'espoir en boucherie. L'échec de l'offensive ouvre rapidement la voie à de nombreux débats et discussions et rend la mémoire de l'événement particulièrement trouble. D'emblée très gênante, la bataille ne parvient pas à être nommée. Selon les objectifs elle est bataille de l'Aisne, du Chemin des Dames, offensive Nivelle… On nie d'abord l'échec évident du projet ; on écarte ou minimise l'événement dans l'écriture de la guerre, de nos jours encore, d'autant plus qu'il fut à l'origine des mutineries - ici revisitées - qui secouèrent l'armée française peu après. Pour saisir toute la portée de l'événement, jusqu'à aujourd'hui, il fallait un travail d'équipe : 17 historiens, entre l'archive et le terrain, ont mené une enquête qui est un essai d'histoire totale : tous les aspects de l'expérience combattante sont passés au crible de l'analyse la plus à jour : bombardements, corps à corps, combats aérien ; les bouleversements sur le site même sont étudiés à travers la reconstruction et la constitution du site en lieu de mémoire. Sans doute fallait-il aussi la fiction et l'image pour dire ce que fut le « Chemin des Dames » : Didier Daeninckx et Arlette Farge ont prêté leur plume pour y contribuer.

264.          PARSEVAL (Capitaine de frégate de). La Bataille Navale du Jutland (31 mai 1916). Payot et Cie, 1919, in-12, 190 pp, 8 croquis et 4 figures, broché, bon état. Peu courant

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"La bataille du Jutland fut, au cours de la Grande Guerre, l'unique rencontre des forces navales ennemies. Il est donc logique qu'elle ait été étudiée à fond, discutée avec passion. Et cependant, en dehors du très intéressant ouvrage de M. Guihéneuc, à qui on ne peut guère reprocher que de n'avoir pas été écrit par un marin, il n'existait pas, dans la littérature de guerre française, d'étude militaire sur cette bataille, jusqu'au jour où a paru le volume du commandant de Parseval. Le brillant officier a tracé un exposé documentaire précis et complet, condensant les éléments épars dans le livre récent de Lord Jellicoe et utilisant les renseignements de langue allemande. La bataille du Jutland a montré une fois de plus que le trident de Neptune est le sceptre du monde, car ses conséquences ont été aussi importantes que celles de la bataille de Trafalgar ; mais, en outre, on peut en tirer de précieux enseignements, principalement en étudiant, ainsi que l'a fait l'auteur de ce volume, la tactique des deux forces opposées. Un relevé des pertes termine cet intéressant ouvrage." (Polybiblion, 1920)

265.          PERCIN (Général). Le Massacre de notre Infanterie, 1914-1918. Albin Michel, s.d. (1921), in-12, 301 pp, annexes, broché, bon état

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"Selon l'auteur, par suite d'une conception fausse du principe de l'offensive, par suite d'un manque de liaison de l'artillerie et de l'infanterie, par suite d'un emploi irrationnel de l'artillerie lourde, 75.000 Français ont été fauchés par notre propre artillerie. Une partie importante des Annexes est le « complément des récits contenus dans le paragraphe 1er du chapitre II » (l'infanterie massacrée par l'artillerie amie). Il contient de nombreux témoignages (pp. 221-296) d'une valeur très inégale et souvent contestable..." (A. Crapet, Revue du Nord, 1922)

266.          PRUD'HOMME (René). Le Fusil et le pinceau. Souvenirs du poilu René Prud'homme, 124e R.I., présentés et annotés par André Ligné. Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, 2007, gr. in-8°, 187 pp, 24 dessins de l'auteur sur 16 pl. hors texte, 44 dessins de l'auteur et 35 photos dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Le sergent René Prud'homme nous livre, dans ses souvenirs de Poilu, une vision de la guerre où le sensible le dispute à la cruauté de certains faits quotidiens. Son journal offre d'autant plus d'intérêt que, dessinateur de talent, il l'a illustré d'une très belle série d'aquarelles et de dessins à la plume. En outre, André Ligné, en présentant et en annotant ce récit, a habilement choisi de le confronter avec la sécheresse des comptes rendus du Journal des marches et des opérations de son régiment, le 124e R.I., qui a combattu en plein coeur de la boucherie : Virton, Andechy, Verdun... Enfin, ces éléments sont complétés par des photographies prises sur le front par un autre combattant, Maurice Normand, affecté au 117e R.I., régiment qui a combattu aux côtés du 124e R.I.

267.          RAWLING (Bill). Une façon de faire la guerre. La prise de Cambrai, octobre 1918. Outremont (Québec), Athéna Editions, 2006, gr. in-8°, 232 pp, 23 photos et 4 cartes dans le texte, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoire militaire)

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La bataille, qui débuta avec la traversée du canal du Nord le 27 septembre 1918 et se termina avec la prise de Cambrai le 10 octobre, décrit bien la complexité qu'avait prise la guerre au début du XXe siècle. Elle est aussi exemplaire de la façon de faire du corps d'armée canadien, formation qui n'existait que depuis trois ans et qui, pourtant, avait remporté des victoires spectaculaires à la crête de Vimy et à la côte 70. Étudier la bataille du canal du Nord/Cambrai et les autres engagements des Cent Jours (comme on a appelé depuis cette période), permet de tirer une leçon qui va bien au-delà de la tactique et de la technique. Il arriva un moment où les membres du corps d'armée canadien cessèrent d'être des hommes à sacrifier et devinrent des techniciens, utilisant leurs connaissances pour vaincre l'armée allemande. Ils n'étaient plus le symbole de l'esprit de détermination du Dominion du canada, mais des hommes exécutant une tâche qu'il fallait protéger et non plus envoyer, par milliers, à une mort certaine. Bill Rawling livre ici une histoire magistrale d'une bataille méconnue dans l'historiographie militaire canadienne.

268.          TRENKER (Luis). La Guerre au Tyrol. Combats dans les Dolomites (1915-1918). Payot, 1934, in-8°, 280 pp, 10 photos et 2 croquis hors texte, reliure demi-toile noire, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            70

"L'auteur a su dépeindre dans une suite de tableaux pleins de vie toutes les activités du soldat en guerre : mobilisation, concentration, marche à l'ennemi, premier combat, victoire, puis retraite dans les plaines boueuses de la Pologne et en montagne, puisqu'il s'agit de cela surtout, patrouilles hardies, rudes transports de matériel à dos d'hommes par des sentes abruptes et périlleuses autant par la nature du terrain que par le feu ennemi, installation sur des crêtes aussi incommodes qu'inabordables et pourtant attaquées. Il en est de même des divers états d'âmes du soldat souffrant des intempéries, de l'inconfort, de la faim, de la fatigue, des échecs et des revers, de la carence des nouvelles du chez soi et surtout de l'angoisse de la mort, la mort par le bombardement ou la mitraille, par la foudre, par l'avalanche, par le gel et la plus terrible de toutes : savoir que le rocher qu'on défend est miné et sautera à plus ou moins bref délai et qu'il faut y rester pour que les survivants s'y maintiennent à outrance. Mais, par bonheur, il y a des moments de détente, où la plaisanterie, la bonne humeur, même la « rosserie » renaissent et raniment les coeurs : mais il y a surtout pour les ranimer le sentiment du grand devoir de défendre la patrie et l'amour ardent du sol natal, de ce sol tyrolien avec ses belles et sauvages montagnes qui nourrissent un peuple aussi fort moralement que physiquement, Le héros principal de l'histoire, Florian Dimaï, sergent aux chasseurs impériaux tyroliens et au civil guide de montagne hardi et sûr, est un noble caractère, comme sa femme Pia, comme son chef le capitaine Kall, comme son ennemi et ami à la fois, le capitaine d'Alpini, comte Franchini, qui se détachent en beauté, un peu idéalisée, peut-être, au-dessus de la foule, en général sympathique, des autres acteurs du drame de guerre qui se poursuit dans la célèbre contrée de Cortina d'Ampezzo. Nous n'en dirons pas davantage, laissant au lecteur le plaisir de suivre les péripéties par lesquelles passent Dimaï et ses camarades, depuis le jour où il quitte Montanel et dit adieu au capitaine Franchini (2 août 14) après une ascension périlleuse avec lui, à la Tofana, jusqu'au jour où, après la guerre, ils se retrouvent ensemble sur une cime voisine, contemplant à nouveau dans une atmosphère de paix, les belles montagnes des Dolomites striées de cicatrices de guerre, mais restées au fond inchangées et immuables." (Revue militaire suisse, 1935)

2ème GUERRE MONDIALE

 

269.          ARON (Robert). Histoire de Vichy, 1940-1944. Fayard, 1954, fort in-8°, 766 pp, annexe, biblio, broché, état correct (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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"Robert Aron développera dans son “Histoire de Vichy”, la thèse du «bouclier» et de l'«épée». (...) Son “Histoire de Vichy”, écrite avec Georgette Elgey, s'est fondée avant tout sur une grande quantité de témoignages et sur les comptes rendus des procès de Haute Cour, inaccessibles au commun des chercheurs. Robert Aron a d'ailleurs abondamment utilisé, pour tous ses ouvrages, une documentation inédite, fournie par des personnalités du monde politique avec lesquelles il entretenait d'excellentes relations : ses archives regorgent ainsi de documents ou de récits que l'on ne trouve pas en d'autres lieux plus officiels... Mais ses sources ont toujours le défaut majeur de leur qualité d'«inédit» : elles ont été longtemps incontrôlables, faute d'appareil scientifique dans ses livres, faute pour d'autres d'y avoir accès. Enorme synthèse de plus de 700 pages, l' “Histoire de Vichy” décrit, presque au jour le jour, l'évolution de l'Etat français. D'où son caractère de référence pendant une période de plus de quinze ans. Ecrite dans un contexte encore peu propice à la distance académique et prenant à contre-courant l'hostilité dominante, imprégné par la vision des témoins, essentiellement d'anciens ministres ou proches du gouvernement, elle a proposé une version «minimaliste» du régime et de sa politique. Sa thèse se résume en une position simple : il existe deux Vichy, celui de Pétain et celui de Laval. Par exemple, sur un point essentiel, les entrevues de Montoire des 22 et 24 octobre 1940, loin d'y voir le point de départ de la collaboration d'Etat (un fait admis aujourd'hui par la plupart des historiens, et confirmé par les archives de Vichy), il distingue soigneusement le chef de l'Etat du chef de gouvernement: "Pour le Maréchal, l'armistice n'était, ne pouvait être qu'une pause... Pour Laval, au contraire, l'armistice devait permettre un retournement des alliances dont Montoire, de façon définitive allait marquer le début... (p.308-309)". De ce point de vue, la collaboration n'est qu'un «malentendu». «Equivoque», le régime l'est plus dans ses déclarations officielles que dans les faits - «Mais les Français ne pouvaient pas le savoir». Robert Aron insistant sur les «négociations clandestines» avec les Alliés, a développé, à l'envie, la thèse du double-jeu. Au passif du régime, il admet, toutefois, des erreurs de jugement, en particulier sur l'opportunité d'une refonte de la société française en un tel moment. Il sous-estime, en ce sens, l'impact de la Révolution nationale et sa volonté de s'inscrire dans la durée, c'est-à-dire, dans le cadre d'une Europe allemande." (Henry Rousso, Le Syndrome de Vichy)

270.          AUZOLLES (Guy) et Albert GIRY. Femmes et hommes de Romainville. De la Résistance à la Libération. Lieux de mémoire. Ville de Romainville, 1999, in-4°, 244 pp, 210 portraits, photos, illustrations et fac-similés, 2 cartes, biblio, liste des sigles utilisés, index des noms cités, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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271.          BARDY (Gérard). Les moines-soldats du Général. Plon, 2012, gr. in-8°, 268 pp, 8 pl. de photos hors texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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L'histoire bouleversante et héroïque – jamais racontée – des quinze religieux qui sauvèrent l'honneur de l'Église pendant la Seconde Guerre mondiale et à qui le courage a valu de figurer au panthéon des Compagnons de la Libération. — Engagés derrière le général de Gaulle dans l'aventure de la France Libre ou de la Résistance, ces quinze religieux – missionnaires, prêtres ou évêque – ont participé aux combats, secouru des soldats sous les balles ennemies, porté la parole des Évangiles face à la barbarie nazie, organisé des réseaux clandestins, soustrait des Juifs de la déportation... Parfois jusqu'au sacrifice de leur vie. Leur foi en Dieu n'avait d'égal que leur amour de la patrie. Certains sont connus, comme Thierry d'Argenlieu, amiral de la Flotte de la France Libre, ou Mgr Jules Saliège, archevêque de Toulouse. D'autres sont restés dans l'ombre : en tant qu'aumônier de l'armée d'Orient à Bir Hakeim, ou auprès de Leclerc dans la 2e DB ou encore dans le Commando Kieffer. En attribuant à ces « moines-soldats » la plus prestigieuse des distinctions – la croix de Compagnon de la Libération –, le général de Gaulle a gravé à jamais dans le marbre de l'Histoire les noms de ces hommes de Dieu prêts à mourir pour la France. A partir d'archives pour la plupart jamais ouvertes, la vie de ces religieux patriotes nous est racontée de façon captivante dans un livre qui plonge le lecteur dans les grandes heures de la Seconde Guerre mondiale.

272.          BAYET (Albert). Pétain et la Cinquième Colonne. Editions Franc-Tireur, octobre 1944, in-12, iv-101 pp, broché, bon état

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Edition complétée de cet ouvrage paru d'abord dans la clandestinité durant l'Occupation par le sociologue Albert Bayet (1880-1961), gendre de l’historien Alphonse Aulard et président de la Fédération nationale de la presse française du 25 août 1944 à sa mort en 1961, après avoir été président de la Fédération nationale de la presse clandestine en 1943 et 1944.

273.          BEAU (Raymond). 4 années de guerre sur tous les fronts : La Croisière héroïque. Du Tchad à Strasbourg ; De Bir-Hakeim à Paris. P., Recueil Sirey, 1945, in-4°, 69 pp, préface du gouverneur P. O. Lapie, 50 photos sur 24 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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274.          BEZYMENSKI (Lev). Les Généraux allemands avec Hitler et sans lui. Moscou, Editions du Progrès, s.d. (1964), in-8°, 583 pp, traduit du russe, 29 photos, 13 documents en fac-similé, 4 cartes, cart. éditeur, bon état

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Le grand complot, de la Reichswehr à la Wehrmacht jusqu'en 1939. – Hitler et ses généraux pendant la Seconde Guerre mondiale. – Les généraux sans Hitler, de la Wehrmacht à la Bundeswehr. — "Une curieuse façon d'expliquer l'histoire allemande depuis les années 1930 par le rôle des seules Reichswehr, Wehrmacht et Bundeswehr. Sans méconnaître l'influence des deux premières sur les événements politiques et sans vouloir ignorer le problème de l'origine des cadres de la troisième et de leur idéologie, on ne peut cependant se contenter d'explications aussi simplistes, qui taisent systématiquement un certain nombre de réalités. Notons également que toute la période 1939-1945 est surtout consacrée à la guerre contre l'URSS." (Revue française de science politique, 1966)

275.          BIHAN (Robert) et Jean NORMAND. Ils étaient sept petits navires... Grenoble, Arthaud, 1945, in-12, 204 pp, 8 pl. de photos et une carte en dépliant hors texte, une carte dans le texte, annexes, broché, jaquette illustrée, bon état

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"Rédigé en 1943, cet ouvrage retrace les opérations de sept chasseurs de sous-marins dans la Manche et la mer du Nord, depuis la période de la drôle de guerre coïncidant avec l'achèvement de la construction, suivie par les opérations en Hollande, l'évacuation de Dunkerque et jusqu'à la débâcle. Ecrit à la gloire de la Marine, il ne laisse passer aucune occasion d'en mettre l'action en valeur, fût-ce en critiquant les autres armes." (J. Vidalenc, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1951)

276.          BITOUN (Pierre). Les Hommes d'Uriage. La Découverte, 1988, gr. in-8°, 295 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Qui sait aujourd'hui ce qu'ont en commun Hubert Beuve-Méry, le fondateur du journal “Le Monde”, Paul Delouvrier, le créateur de La Villette, Jean-Marie Domenach, le philosophe personnaliste, Joffre Dumazedier, le sociologue de la civilisation des loisirs, Jacques Douai, le chanteur, Gilbert Gadoffre, l’organisateur des colloques de Royaumont, Simon Nora, l'ancien conseiller de Pierre Mendès France, Yves Robert, le cinéaste de “La guerre des boutons”, etc. ? La réponse tient en un mot : Uriage. Et c’est un conte bien étrange que celui d'Uriage. Un conte qui commence en 1940 dans le château de Bayard et sous la tutelle du secrétariat de la Jeunesse de Vichy, se poursuit dans la Résistance aux côtés des maquisards du Vercors et se prolonge dans la construction de la France et de l'Europe modernes. En nous racontant la vie des hommes et des femmes d'Uriage de 1930 à nos jours, c'est à un voyage à la fois vivant, varié et original dans l’histoire de la France contemporaine que nous convie Pierre Bitoun. Vivant parce que le livre mélange les interviews des anciens d'Uriage, les témoignages d'autres acteurs et les commentaires de l'auteur. Varié parce que l'on y évoque aussi bien le Front populaire et les auberges de jeunesse de l'avant-guerre, Vichy et la Résistance, Mai 68, la révolution informatique que les préoccupations quotidiennes des hauts fonctionnaires, des journalistes, des militants associatifs, des artistes et des intellectuels. Original enfin, car de cette diversité d'approches se détache peu à peu une histoire de France bien différente de celle qui nous est habituellement contée...

277.          BLET (Pierre). Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, d'après les archives du Vatican. Perrin, 1997, gr. in-8°, 339 pp, aperçu bibliographique, index, broché, couv. illustrée, bande éditeur conservée (“La vérité”), bon état

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Dans le débat passionné suscité par l'attitude ambiguë du pape Pie XII et par l'action de ses services durant la Seconde Guerre mondiale, ce livre se fonde exclusivement sur les douze volumes d'archives de la Secrétairerie d'Etat. On y trouve, au jour le jour, les informations reçues au Vatican, les propositions du secrétaire d'Etat et de ses collaborateurs, les décisions prises par le pape, les instructions expédiées aux nonces, les notes remises aux ambassadeurs. C'est le tableau le plus crédible qui ait été dressé du comportement de Pie XII et de ses services au fil des 55 mois de conflit face aux informations qui leur parvenaient, aux recours qui leur étaient adressés, aux belligérants, à la diversité des situations. Cet ouvrage constitue une contribution décisive à l'histoire de la Seconde Guerre. — Le pape Pie XII fut au lendemain de sa mort, le 9 octobre 1958, l'objet d'un concert d'hommages admiratifs et reconnaissants. Quelques années plus tard, il devint le héros d'une légende noire : durant la guerre, il aurait assisté impassible et silencieux aux crimes contre l'humanité, qu'un discours de ses lèvres aurait arrêtés (!). Pour revenir de la fiction à la réalité, de la légende à l'histoire, il n'existe qu'un moyen : recourir aux documents originaux, qui expriment directement l'action du pape. D'où la décision prise en 1964 par Paul VI d'autoriser la publication des documents du Saint-Siège relatifs à la guerre. Les archives de la Secrétairerie d'État conservent en effet les dossiers dans lesquels on peut suivre, souvent au jour le jour, parfois d'heure en heure, l'activité du pape et de ses services. C'est ce matériel qui a été rassemblé et publié de 1965 à 1982 par le père Blet et trois de ses confrères dans les 12 volumes des Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale. Mais le contenu, sinon même l'existence de cette publication, a encore échappé à beaucoup de ceux qui écrivent sur le Saint-Siège pendant la guerre. C'est pourquoi l'auteur s'est attaché à donner une idée de leur teneur en un seul volume, accessible au grand public. Fidèle aux documents, évitant de se faire juge et avocat, se gardant de tout a priori et de tout anachronisme, le père Blet apporte une contribution majeure à l'Histoire.

278.          BOLLORÉ (Gwenn-Aël, dit Bollinger). Commando de la France libre. Normandie 6 juin 1944. France-Empire, 1983, gr. in-8°, 280 pp, préfaces de Jean Marin et de Lord Lovat, 14 cartes et dessins, 20 pl. de photos hors texte et leurs commentaires par Maurice Chauvet, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Gwenn-Aël Bolloré a été l'un des cent soixante-dix-sept Français qui ont débarqué le 6 juin 1944. Ces volontaires du commando Kieffer étaient intégrés au N°4 Commando britannique sous l'autorité du général de brigade Lord Lovat. La mission de cette unité d'élite consistait durant ce « Jour le plus long » à neutraliser le casino-bunker de Ouistreham, avant de prendre le contrôle de la ville, puis à faire la jonction avec les troupes aéroportées du général Gale qui tenaient le pont – désormais célèbre – de Pegasus Bridge : une promenade de dix-sept kilomètres sous le feu de l'ennemi. L'objectif fut atteint au prix de pertes sévères. Ce livre nous raconte, de façon vivante et émouvante, l'odyssée de Gwenn-Aël Bolloré, alors âgé de dix-sept ans, qui avait choisi de gagner l'Angleterre et de s'engager dans les commandos de fusiliers marins. À travers ce témoignage sur l'une des plus audacieuses et des plus grandes opérations militaires de tous les temps, nous pouvons mieux imaginer ce que furent ces journées décisives.

279.          CHURCHILL (Winston S.). Mémoires sur la Deuxième Guerre mondiale. Plon, 1948-1954, 12 vol. in-8°, 5309 pp, 146 cartes, 3 graphiques, 2 schémas et 2 fac-similés, index des noms, brochés, bon état

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Tome I.1 : L'Orage approche. D'une Guerre à l'autre, 1919-1939 – I.2 : L'Orage approche. La « drôle de Guerre » (3 septembre 1939–10 mai 1940) – II.1 : L'Heure tragique. La chute de la France (mai-décembre 1940) – II.2 : L'Heure tragique. Seuls (mai-décembre 1940) – III.1 : La Grande Alliance. La Russie envahie (1er janvier–22 juin 1941) – III.2 : La Grande Alliance. L'Amérique en guerre (22 juin 1941–17 janvier 1942) – IV.1 : Le Tournant du destin. La ruée japonaise (18 janvier–3 juillet 1942) – IV.2 : Le Tournant du destin. L'Afrique sauvée (4 juillet 1942–5 juin 1943) – V.1 : L'Etau se referme. L'Italie capitule (6 juin–12 novembre 1943) – V.2 : L'Etau se referme. De Tehéran à Rome (13 novembre 1943–5 juin 1944) – VI.1 : Triomphe et tragédie. La Victoire (6 juin 1944–3 février 1945) – VI.2 : Triomphe et tragédie. Le Rideau de fer (4 février 1945–26 juillet 1945). — Ces Mémoires de Guerre ont été écrits dans des conditions particulières : ayant bien d’autres occupations, même dans l’opposition, Churchill s’est appuyé sur une demi-douzaine d’assistants, fort capables au demeurant, chargés des recherches et de la rédaction des canevas de chaque chapitre ; à cela s’ajoutaient les souvenirs de guerre dictés par le grand homme, ainsi que des quantités de documents d’archives, qui auraient dû rester secrets pendant trente ans au moins, mais que le gouvernement travailliste avait autorisé Churchill à utiliser. Enfin, une fois tous ces éléments assemblés, sir Winston a « churchillisé » l’ensemble, ce qui en a fait un chef d’œuvre, en raison du style très particulier de cet écrivain compulsif – et remarquablement talentueux. C’est cette oeuvre plus que toute autre qui a permis à Winston Churchill d’obtenir le prix Nobel de Littérature en 1953. — "M. Winston Churchill ne se borne pas à fixer des souvenirs, des impressions personnelles : son témoignage est rendu pour l'histoire. Il est à la fois de premier ordre et de première main." (Léon Blum)

280.          COUDERC (Frédéric). Les R.G. sous l'Occupation. Quand la police française traquait les résistants. Olivier Orban, 1992, gr. in-8°, 185-(72) pp, 68 pp de fac-similés en annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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En août 1944, dans la pagaille de la Libération, les archives des Brigades spéciales disparaissent. Trente-six ans plus tard, un journaliste, membre du parti communiste français, confie à l'auteur ces documents ultra-secrets, frappés du sceau des Renseignements généraux. Filatures, manipulations d'informateurs, comptes-rendus d'arrestations et d'interrogatoires : ces policiers très spéciaux apparaissent en chair et en os, courant Paris et la province à la poursuite des communistes, des "terroristes", des Juifs, bref de quiconque se dressait contre l'occupant nazi. On découvre ainsi comment les techniques de la police scientifique conduisent au démantèlement des réseaux les plus hermétiques, comme celui des Jeunesses communistes ou de la MOI dirigée par Manouchian. Les nombreux documents reproduits ici pour la première fois permettent de mesurer l'ampleur de la chasse menée par les RG, ainsi que l'intensité de la lutte opposant les policiers résistants à leurs collègues. Les Brigades spéciales ont bien constitué le fer de lance de la police allemande. Or, mises à part quelques condamnations pour l'exemple, ces policiers de l'horreur ont été, après guerre, libérés, amnistiés voire réintégrés dans leurs fonctions. Ce n'est pas la moindre révélation de ce livre-événement qui plonge au cœur des années noires.

281.          DEBU-BRIDEL (Jacques). De Gaulle et le Conseil National de la Résistance. France-Empire, 1978, gr. in-8°, 277 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Ce livre, "De Gaulle et le C.N.R." fournit bien des éclaircissements et même d'utiles précisions sur ces rapports du Chef de la France Libre et du Comité national de la Résistance qui avaient prêté jusqu'alors à tant de controverses. Celles-ci se dissipent désormais puisque l'auteur nous apporte, confirmé par des documents d'archives, pour la plupart inédits, un témoignage direct sur des événements qu'il a vécu étant donné qu'il fut l'un des seize membres fondateurs du C.N.R...

282.          DEICH (Friedrich). Cahier d'un psychiatre. La Table Ronde, 1964, in-8°, 273 pp, traduit de l'allemand, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Un psychiatre doit examiner un autre psychiatre. C'est la fin de la dernière guerre – sur le front d'Italie. Un médecin allemand, expert-psychiatre auprès du général commandant la Luftwaffe dans la péninsule, est arrêté pour avoir favorisé, en abusant de sa science médicale, l'évasion d'un prisonnier politique. Soumis à l'examen d'un de ses confrères, il rédige lui-même le récit de son expérience de praticien et des réflexions qui l'ont conduit là.

283.          DELESTRE (Antoine). Uriage, une communauté et une école dans la tourmente, 1940-1945. Presses Universitaires de Nancy, 1989, gr. in-8°, 333 pp, 25 photos et un fac-similé, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"A. Delestre a travaillé sérieusement sur l'école et l'équipe d'Uriage. Voulant « comprendre et clarifier ce qui s'est passé dans cette école », il a associé aux témoignages des acteurs des lectures variées et la consultation d'archives. Il en a tiré une chronique vivante, qui retrace les faits, présente les personnages et décrit à grands traits l'esprit et la pensée de l'équipe. Deux chapitres sont consacrés à la création de l'Ecole et à ses premières activités en 1940, puis un chapitre à chacune des cinq années 1941-1945. Un cahier de photographies et un utile index des noms terminent le livre (...) Les témoignages sont présentés sobrement, le récit est mené avec aisance, dans un souci d'objectivité critique et de reconstitution du climat de l'époque. (...) L'auteur donne une bonne idée de l'expérience vécue par l'équipe d'Uriage et de son action." (Bernard Comte, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1989)

284.          DOMENACH-LALLICH (Denise). Une jeune fille libre. Journal (1939-1944). Présenté par Christine Mital. GLM, 2005, in-8°, 293 pp, 32 pl. de photos et documents hors texte en noir et en couleurs, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Adolescente en 1939, Denise Domenach a tenu un journal de 1939 à 1944, jusqu'à la libération de Lyon. Elle consigne dans son journal les hauts et les bas de sa vie d'adolescente, mais aussi les événements de l'Histoire, notamment son engagement dans la Résistance au côté de son frère Jean-Marie. Suivi d'un portrait de cette jeune fille libre réalisé par Christine Mital. — "Un trésor dormait au fond d'une armoire : trois cahiers retrouvés par hasard, en rangeant des papiers. Aussitôt, Denise a été rattrapée par son histoire. À l'époque où elle s'appelait encore Domenach à la ville et Duplessys pour la Résistance. Quand, de 1939 à 1944, elle a tenu son journal... Ce document est publié tel qu'il a été écrit, en secret. Il y a du “Journal d'Anne Frank” dans ce texte, qui passe de la gravité au caprice, avec les hauts et les bas d'une adolescente. L'intime et l'Histoire se mêlent à chaque page. Car Denise s'engage très tôt dans la Résistance, sous l'influence de son frère, Jean-Marie Domenach, futur directeur de la revue Esprit, et de Gilbert Dru, héros chanté par Aragon dans “La Rose et le réséda”. A la fin de la guerre, clandestine à Lyon, elle échappe de justesse à l'arrestation. Nombre de ses amis sont torturés, fusillés ou déportés. L'amour, l'aventure, le courage... toutes les émotions se bousculent. Christine Mital est allée à la rencontre de Denise. Pour combler les blancs et répondre à ses propres interrogations sur l'Histoire. De ces échanges entre celle qui y était et celle qui n'y était pas, de cette confrontation entre deux regards, naît un portrait juste et tendre, qui passionnera toutes les générations. Celui d'une jeune fille libre."

285.          DRIEU LA ROCHELLE (Pierre). Chronique politique, 1934-1942. Gallimard, 1943, in-8°, 390 pp, broché, couv. salie et lég. abîmée, pt manque au dos, état correct. Edition originale sur (mauvais) papier d'édition, ex. du SP. Il n'a pas été imprimé de grands papiers

            40

286.          DU MOULIN de LABARTHETE (Henry). Le Temps des illusions. Souvenirs (Juillet 1940 - Avril 1942). A l'enseigne du Cheval Ailé, 1946, in-8°, 436 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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Par l'homme de confiance et l'éminence grise du maréchal Pétain, du moins pendant l’année 1940 et la première moitié de 1941. — "Auteur d’un ouvrage, 'Le temps des illusions', où il se donne souvent le beau rôle, largement utilisé par tous les historiens de la période en raison de sa précision et de sa hauteur de vue, Du Moulin est un esprit « extrêmement brillant », ainsi que le précise Joseph Barthélemy dans son ouvrage 'Ministre de la Justice, Vichy 1941-1943'. Aimant l’intrigue, exerçant une forte influence sur le maréchal qu’il a bien connu à l’ambassade d’Espagne avant la guerre, il demeure un personnage ambigu, malgré la constance de ses convictions antiallemandes. Très fidèle au maréchal Pétain, ennemi du Paris de la collaboration, il est l’un des inspirateurs des grands thèmes de la Révolution nationale. Son brio tant à l’écrit qu’à l’oral, sa faconde gasconne séduisent infiniment le maréchal qui l’a vu à l’œuvre. Et qui connaît ses convictions religieuse, nationaliste et antiparlementariste. Bref les deux hommes se sont reconnus parce qu’ils partagent la même idéologie malgré la différence d’âge..." (Philippe Valode, Les hommes de Pétain, 2013)

287.          DUPREZ (Henri). 1940-1945, même combat dans l'ombre et la lumière. Episodes de la Résistance dans le Nord de la France. Témoignages et souvenirs. La Pensée universelle, 1979, in-8°, 279 pp, index des noms cités, broché, bon état, envoi a.s.

            30

Henri Duprez, chef résistant de la première heure, signe là un récit émouvant et détaillé des réalités et des difficultés de la Résistance, avec le cortège de sacrifices et de souffrances endurés par des anonymes juste guidés par l'humanisme.... en n'oubliant pas de souligner le cynisme des états majors... Une lecture émouvante, sans pathos, et avec des références précises. — "... Le réseau Caviar a utilisé, au moins au début, la ligne Roubaix-Lille- Marseille, aboutissant au capitaine Garrow, remplacé ensuite par le belge Guérisse, dit «Pat O'Leary». Le groupe roubaisien de l'industriel Henri Duprez, ami de Catrice, a travaillé pour «Pat», logeant les évadés dans un cercle paroissial ou dans des familles souvent modestes, presque toutes bénévoles. Jusqu'au jour où la trahison du Britannique Harold Cole, envoyé pour diriger le réseau dans le Nord, provoqua la capture de nombreux agents. Une trentaine en sont morts, tel le négociant roubaisien Edouard Pieters, principal convoyeur depuis septembre 1940, arrêté en avril 1941, ainsi que sa femme. Ils étaient en relation avec le groupe Didry de Saint-Omer..." (André Caudron, Roubaix «capitale de la Résistance» (été 1940-printemps 1941), Revue du Nord, 1994)

288.          FOUCARD (Denise). Des rires qui cachent les larmes. Les Points sur les i éditions, 2004, in-8°, 139 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Pour conter sa participation à la résistance Denise Foucard a choisi de nous faire rire : "Eh bien oui, nous pouvions rire parce que nous avions entre 17 et 20 ans, que nous aimions la vie, la liberté, l'amour et que notre révolte était la seule voie pour soustraire la France au déshonneur". Denise a choisi treize moments de son action de résistance à Toulouse de 1940 à la Libération. Nous ne l'imaginions pas, notre amie et camarade, courageuse et pleine d'à propos. Et pourtant nous tremblons pour elle. La voilà agent de liaison, avec une valise bourrée de chargeurs de revolvers. Un homme galant se propose de porter ce lourd bagage. Pas de chance, la milice fouille. L'inconnu persiste et présente sa carte de la milice. Sauvée mais figée, notre Denise doit se débarrasser de l'encombrant colis. Plus tard elle nous fait partager son départ précipité d'un refuge de l'Armée Secrète. Ne laisser aucune trace est impératif " Par une impulsion miraculeuse", comme elle dit, Denise contrôle une dernière fois. Au mur une photo punaisée. Il faut la prendre. Stupéfaction : c'est son portrait qu'un amoureux parti trop vite avait oublié. Dès lors elle nous conte ses interventions dans les établissements scolaires, les interrogations et l'intérêt que portent les jeunes générations. Elle relate les débats à Paris, Bordeaux, Martigues, Tours, Champigny, Créteil, le Kremlin Bicêtre... Une référence à Guy Môcquet ne manque pas de piment tout comme le rôle des immigrés dans la résistance qui, là aussi, permet de remettre quelques pendules à l'heure... Une façon émouvante et particulière de nous faire traverser ces quatre années noires de l'occupation. Quatre années de la jeunesse de nos aînés à qui nous devons tant.

289.          GOLDSCHMITT (François). Tragédie vécue de la population des marches de l'Est (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle) sous l'occupation nazie. Rech, Chez l'Auteur, 1947, in-12, 47 pp, 12 portraits sur 2 planches hors texte, broché, bon état

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François Goldschmitt était curé à Rech-les-Sarralbe (Moselle). Il fut interné à Dachau jusqu'en avril 1945.

290.          GRENIER (Fernand). La Marche radieuse. Editions Sociales, 1951, in-12, 187 pp, broché, bon état, envoi a.s.

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Un éloge vibrant de l'U.R.S.S. — "Fernand Grenier est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'Union soviétique : “U.R.S.S.” (1935),“ Au pays de Staline” (1949) , “La marche radieuse” (1951), etc. Ces livres nous informent davantage sur l'évolution de l'attitude des dirigeants du P.C.F. que sur l'Union soviétique elle-même." (Revue française de science politique)

291.          JOFFROY (Pierre). L'Espion de Dieu. La Passion de Kurt Gerstein. Seghers, 1992, gr. in-8°, 453 pp, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Vulgarisée par la pièce de Hochhut, “le Vicaire”, la figure de Gerstein n'a pas fini d'intriguer. S. Friedländer nous avait déjà permis de mieux connaître le caractère et le destin singuliers de ce chrétien militant qui, après avoir souffert des prisons de Hitler, s'engage dans les S.S. pour en espionner les agissements, devient, grâce à ses compétences scientifiques, témoin direct des procédés d'extermination des Juifs, cherche par tous les moyens à alerter l'opinion mondiale et finit pendu, en juillet 1945, dans la prison du Cherche-Midi. Pierre Joffroy a travaillé pendant deux ans et huit mois à retrouver les traces de celui qui s'était ainsi senti investi de la mission impossible d'être « l'espion de Dieu ». Il a interrogé tous ceux qui avaient pu le connaître aux différentes étapes de son incroyable existence. Les résultats de cette patiente enquête nous sont présentés sous la forme de flashes et d'interviews. Le livre est construit comme un film. Et l'on doit dire que le genre cadre parfaitement avec l'histoire racontée : celle de cet homme en perpétuel mouvement, qui échappe, au moment où l'on croit arriver à le saisir, qui se joue de ceux qui mettent en lui leur confiance ou leur admiration, et n'arrive pas à se faire reconnaître par ceux auxquels il veut livrer sans ménagement la vérité qui le torture. Kierkegaard vécu au sein de la plus gigantesque tragédie mondiale. Un livre passionnant." (R. Marlé, Etudes, fév. 1970)

292.          JOUBERT (Marie-Agnès). La Comédie-Française sous l'Occupation. (Thèse). Tallandier, 1998, gr. in-8°, 444 pp, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Prix du meilleur livre sur le théâtre décerné par le Syndicat de la critique dramatique)

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Au cœur du Paris occupé, sous la férule de Vichy, la Comédie-Française assure contre vents et marées le rayonnement du patrimoine littéraire français. Malgré les alertes, le froid, le prix des places et le couvre-feu, les Parisiens se bousculent rue de Richelieu. Simple désir d'oublier les difficultés de la vie quotidienne ? Ou manifestation d'une résistance passive ? L'attitude de Vichy à l'égard du théâtre fut ambiguë. L'Etat est brutalement intervenu pour appliquer les mesures anti-juives et évincer des sociétaires trop « gênants », mais curieusement, il a peu influencé la programmation des pièces et n'a jamais refusé de les subventionner. Pour contrecarrer les exigences allemandes en matière de collaboration culturelle (réception du Schiller Theater de Berlin, entrée au répertoire d'une pièce de Gerhart Haupmann, etc.), les administrateurs de la Comédie-Française (Copeau, puis surtout Vaudoyer) ont su habilement naviguer entre ces écueils politiques afin d'éviter à la maison de Molière de servir d'instrument de propagande. Aucun travail historique ne s'était jusqu'à présent intéressé au sort de la Comédie-Française sous l'Occupation. Cet ouvrage étayé de documents pour la plupart inédits, lève enfin le voile sur l'histoire de la maison de Molière durant les années noires.

293.          JOUKOV (Maréchal G.). Mémoires. Fayard, 1970, 2 vol. in-8°, 532 et 494 pp, traduit du russe, 12 cartes et plans, index, reliures percaline jaune de l'éditeur (lég. salies), bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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Tome I : Des années de jeunesse à la bataille de Moscou, 1896-1942. – Tome II : De Stalingrad à Berlin, 1942-1946. — "G. Joukov est né en 1896 d'une famille de paysans pauvres. Incorporé en 1915 dans un régiment de cavalerie, il est envoyé suivre un peloton d'élèves sous-offlciers, et c'est ainsi que les circonstances le dirigent vers une carrière militaire à laquelle, apparemment, rien ne le destinait. Après s'être battu, sans enthousiasme, nous dit-il, dans l'armée du tsar, il s'engage en 1918 dans l'Armée Rouge, prend part aux combats contre Koltchak et Denikine, et cela lui permet de devenir officier. Désormais, son avancement sera rapide. En 1937, il commande un corps de cavalerie ; en 1940, il est général d'armée et commande la région militaire de Kiev. En janvier 1941, il est chef d'état-major général, fonction qu'il perdra en juillet 1941 lorsqu'il annoncera à Staline qu'il faut abandonner Kiev. Mais il retrouvera la faveur du « commandant suprême » en août 1942, en devenant son adjoint, après avoir commandé divers fronts. Dès lors, il est associé à toutes les grandes décisions, et à la conduite de la guerre, qui le mènera jusqu'à la prise de Berlin et au Conseil interallié en Allemagne. Ses souvenirs couvrent toute cette tranche de vie. Mis à part les premiers chapitres, où est évoquée de façon attachante la vie dans un village russe, puis à Moscou avant 1914, ils portent essentiellement sur l'activité professionnelle de leur auteur. C'est une juxtaposition de récits, de souvenirs, parfois d'anecdotes, puis de réflexions personnelles, politiques ou militaires, qui ne va pas sans une certaine confusion, ni même parfois sans contradictions. L'ensemble est dominé, en effet, par une solide foi dans le Parti, le régime, et l'« homme soviétique », une exaltation tranquille et quelque peu naïve de l'URSS..." (J. M. d'Hoop, Revue historique, 1973)

294.          KAPLAN (Chaïm A.). Chronique d'une agonie. Journal du Ghetto de Varsovie. Découvert et présenté par Abraham I. Katsh. Calmann-Lévy, 1966, in-8°, 422 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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De tous les témoignages qu’a suscités le drame du ghetto de Varsovie, « Chronique d’une agonie » est sans doute le plus bouleversant. Chaim A. Kaplan prend chaque jour le risque de relater les événements dans son journal. « Registre des larmes et du sang », il devient une véritable « mission historique » et un témoignage que Kaplan souhaite transmettre aux générations futures. Chaim A. Kaplan écrit jusqu’à la veille de son arrestation (4 août 1942). Grâce à son courage et à sa persévérance, nous connaissons mieux ce que fut la survie dans le ghetto de Varsovie, cet îlot de quelques kilomètres carrés. Les cahiers d’écolier sur lesquels il reporte les expériences quotidiennes ont été sortis à temps, juste avant la destruction complète du ghetto. Découverts par Abraham I. Katsh, ils ont été publiés en 1965. Le ghetto de Varsovie condense toutes les phases de la catastrophe juive du XXe siècle. C’est aussi ce qui fait le prix de ce document, souvent cité par les historiens.

295.          KEEGAN (John). Six Armies in Normandy. From D-Day to the Liberation of Paris, June 6th–August 25th, 1944. New York, The Viking Press, 1982, gr. in-8°, xx-365 pp, 43 photos sur 20 pl. hors texte, 8 cartes, biblio, index, reliure demi-toile éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état. Texte en anglais

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Il y a soixante ans, les forces armées alliées débarquaient en Normandie ; la libération de la France commençait. Il fallut seulement trois mois pour que la défense allemande s'effondre en Normandie et moins d'un an pour que les plans d'Hitler quant au continent européen soient anéantis. L'ouvrage de l'historien britannique John Keegan, spécialiste de l'histoire militaire, restitue les combats acharnés que durent affronter les combattants, des atterrissages des unités aéroportées américaines à la contre-attaque de Mortain en passant par le verrouillage de la poche de Falaise avec les Polonais, jusqu'à la libération triomphale de Paris avec la 2e D.B. de Leclerc...

296.          LAURENT (Jacques) et Gabriel Jeantet. Année 40. Londres, de Gaulle, Vichy. La Table Ronde, 1965, in-8°, 411 pp, broché, couv. à rabats, bon état

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Plus de la moitié de l'ouvrage est constitué d'annexes (documents, extraits, témoignages...) L'académicien et romancier Jacques Laurent, neveu du cagoulard Eugène Deloncle, plus tard abattu par la Gestapo, assura plusieurs missions de liaison entre des fonctionnaires de Vichy et des chefs de maquis (cf. son autobiographie : Histoire égoïste). Gabriel Jeantet fut l'un des deux parrains de François Mitterrand pour l'attribution de la Francisque.

297.          LEPOTIER (Capitaine de vaisseau). La Victoire vint de la mer. Editions Mirambeau, 1946, in-12, 255 pp, cartes, broché, fragile couv. illustrée abîmée, papier lég. jauni, état correct. Peu courant

            20

298.          LEPOTIER (Commandant Adolphe). Cap sur la Corse. France-Empire, 1951, pt in-8°, 301 pp, préface du vice-amiral d'escadre Lemonnier, 8 pl. de photos hors texte, 7 cartes, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

"Les heures brûlantes de septembre 1943 où une poignée de soldats, de marins et d'aviateurs s'élançaient pour libérer le premier département français. Une occasion extraordinaire se présentait : il fallait la saisir. Tous les Français ont entendu parler des épisode de la libération de l'île : le rush du Fantasque et du Terrible apportant à 40 noeuds le fameux bataillon de choc, les raids successifs des croiseurs et des torpilleurs venant chaque nuit débarquer leur contingent, les actions audacieuses et efficaces du maquis et surtout l'extraordinaire odyssée du Casablanca. Très nombreux sont ceux qui ont lu, sous la plume même du prestigieux l'Herminier, les aventures étonnantes de ce sous-marin, nouveau cheval de Troie, dont la coque s'ouvrit une belle nuit, le long des quais d'Ajaccio, pour laisser s'échapper les 109 fantassins qui constituaient la première avant-garde du corps expéditionnaire français." — Par le commandant Lepotier : à 19 ans, embarqué sur l'escorteur Batailleuse, il est lancé dans la première "Bataille de l'Atlantique" au cours du terrible hiver de guerre sous-marine 1917-1918, et participe au sauvetage des équipages de deux cargos torpillés. Au cours de la deuxième guerre mondiale, il commande pendant 40 mois les torpilleurs Trombe puis Tempête qui, sous son commandement, ont parcouru 130.000 kilomètres en opérations, soit plus de trois fois le tour du Monde. En 1945, nommé capitaine de vaisseau, il commande le croiseur Montcalm. En 1946, il est appelé à l’état-major général de la Marine comme chef du bureau des opérations et devient ensuite chef de la section militaire à l'Institut des hautes études de défense nationale.

299.          LIFTON (Betty Jean). Janusz Korczak. Le roi des enfants. Laffont, 1989, gr. in-8°, 404 pp, traduit de l'américain, 8 pl. de photos hors texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le Polonais Janus Korczak, écrivain et éducateur, est presque aussi connu en Europe qu'Anne Frank. Comme elle, il mourut dans l'holocauste et laissa un journal. C'est le 6 août 1942 que Korczak entre dans la légende, au début de la liquidation du ghetto de Varsovie par les nazis. Ce jour-là les S.S. l'obligent à regrouper les deux cents orphelins dont il s'occupe pour les emmener à Treblinka. Refusant de sauver sa vie comme il en aurait eu la possibilité, Korczak accompagnera les enfants jusque dans la mort. Homme hors du commun, Korczak n'est pas seulement un martyr. Il fut un grand éducateur qui traduisit dans ses oeuvres la pédagogie moderne et posa les bases d'une éducation fondée sur la confiance, l'autonomie et le respect des droits de chacun.

300.          LOISEAU (Ivan). Souvenirs et témoignages : Raguse, Moulins, La Sauge, Paris, Rome, Vienne, Varsovie, Londres. Un témoin naturel et quotidien du Gouvernement de Vichy, 1940-1945. Moulins, Editions des Cahiers Bourbonnais, 1974, gr. in-8°, 276 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Souvenirs du secrétaire général de la Compagnie fermière de Vichy, un observateur privilégié.

301.          MIKOLAJCZYK (Stanislas, ancien Premier Ministre de Pologne). Le Viol de la Pologne. Un modèle d'agression soviétique. Plon, 1949, pt in-8°, 371 pp, un portrait de l'auteur en frontispice, broché, bon état

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"M. Mikolajczyk, leader connu du parti paysan polonais, fit la guerre de 1939 comme simple soldat ; il réussit à passer en Hongrie, et de là à gagner la France, où le général Sikorski le chargea de réunir à Paris un parlement polonais dont il devint vice-président. Ministre de l'intérieur dans le cabinet Sikorski, il fut, de par sa fonction, fréquemment en relations avec la résistance intérieure polonaise ; il devint président du conseil du gouvernement polonais à Londres en juillet 1943, après l'accident qui coûta la vie au général Sikorski. A ce titre, il mena les négociations avec les Anglo-Saxons et les Russes sur les frontières et le régime de la Pologne d'après guerre ; il alla deux fois en Russie, dut donner sa démission de premier ministre le 24 novembre 1944 ; en désaccord avec ses collègues, il accepta d'entrer dans le premier gouvernement de la Pologne libérée, mais dut quitter à nouveau son pays en octobre 1947. Le but de M. Mikolajczyk, dans son livre de souvenirs, n'est pas d'écrire l'histoire de la Pologne pendant la guerre. Il donne, toutefois, d'intéressantes précisions sur l'effort militaire polonais après la défaite de septembre 1939. En 1940, l'armée polonaise en France se montait à 84.000 hommes ; deux divisions furent écrasées sur la ligne Maginot, une troisième passa en Suisse ; deux autres purent être transportées en Angleterre ainsi que la brigade de retour de Narwick. (Notons, en passant, que M. Mikolajczyk se plaint amèrement que le général Weygand ait englobé la capitulation des forces polonaises dans celle de l'armée française.) D'autres précisions sont apportées, de çà de là, sur la Résistance intérieure polonaise. Elle avait réussi à fabriquer des armes dans de petites usines souterraines ; quelques jours avant l'insurrection de Varsovie, les Allemands découvrirent 40.000 grenades dans une cachette ; sur les 40.000 hommes qui se soulevèrent à Varsovie, 20.000 étaient armés de fusils et de mitraillettes. Par contre, M. Mikolajczvk ne dit rien, ni de l'effort militaire polonais à l'Ouest, ni de l'existence du gouvernement polonais à Londres. Son propos est ailleurs. Il est devenu premier ministre peu après que l'affaire de Katyn ait fourni aux Russes l'occasion de rompre les relations diplomatiques avec le gouvernement polonais de Londres ; peu avant que, à Téhéran, Churchill et Roosevelt aient accordé à Staline que la ligne Curzon servirait de frontière orientale à la Pologne. Sa tâche n'était pas facile ; c'est à raconter ses difficultés et à justifier son attitude qu'il consacre le plus de pages ; la majeure partie l'étant d'ailleurs à la politique qu'il a suivie à l'égard des Russes et du comité de Lublin après la fin de la guerre..." (Henri Michel, Cahiers d'histoire de la guerre, 1950)

302.          NYISZLI (Dr Miklos). Médecin à Auschwitz. Souvenirs d'un médecin déporté. Julliard, 1965, pt in-8°, 250 pp, préface et traduction du hongrois par Tibère Kremer, un document en fac-similé hors texte, broché, couv. lég. salie, état correct. Première édition en français, ex. du SP. Le titre original (en hongrois) est "J'étais médecin anatomiste du Dr Mengele au crématorium d'Auschwitz".

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Déporté à Auschwitz en 1944, le médecin hongrois M. Nyiszli fut nommé par Mengele – médecin-chef du camp – médecin légiste et anatomiste des commandos spéciaux des crématoriums.

303.          POISSON (Georges). Le retour des cendres de l'Aiglon. Nouveau Monde éditions, 2006, in-8°, 172 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Rocambolesque et mystérieux épisode de la Seconde Guerre mondiale, la destitution de Laval par Pétain en décembre 1940 fut déclenchée par un événement méconnu : le retour des cendres de Napoléon II, jusque-là conservées en Autriche et réclamées à plusieurs reprises par la France. Ce caprice de Hitler, admirateur de Napoléon et convaincu qu'un tel geste susciterait l'adhésion des Français, provoqua surtout d'intenses manipulations entre l'entourage de Laval, désireux d'attirer Pétain à Paris pour lui imposer un nouveau gouvernement collaborationniste, et les ministres de Pétain, décidés à en finir avec l'homme qui "souhaitait la victoire de l'Allemagne". Dans un récit alerte, l'auteur retrace les quelques journées décisives précédant cette cérémonie, les revirements de Pétain, les réunions clandestines à l'hôtel du Parc à Vichy, le double jeu de certains acteurs et, finalement, le piège se refermant sur Laval, trop sûr d'avoir déjà gagné la partie. Le récit de ces journées capitales, au cours desquelles la France frôla l'invasion de sa zone sud par les Allemands, met en lumière les différentes factions qui se disputaient alors le pouvoir, et le fonctionnement chaotique et bouffon de l'Etat français dans ces heures sombres.

304.          RENOULT (Bruno) et Geneviève Havelange. Yvelines-Nord, août 1944. Derniers combats : Saint Germain-en-Laye, Mantes, Poissy. Houdan, Epone, Flins, Les Mureaux, Orgeval, Beynes, Crespieres, Versailles. Magnanville, Chez l'Auteur, 2000, in-4°, 160 pp, plus de 500 photos, cartes et documents, biblio, une carte en couleurs sur une garde, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

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Excellent livre retraçant les combats de la Libération dans le Nord des Yvelines. On connaissait les évènements de la libération de Paris. On connaît moins bien ceux du Grand Ouest parisien face à l’arrivée des Alliés en Ile-de- France. Dans le chaos de l’insurrection, le général von Choltitz commandant la place de Paris, parvient à rassembler des forces combattantes qu’il lance face aux Américains que l’on signale du côté d’Orgeval près de Saint Germain-en-Laye. Des blindés, des groupes de combat, sont constitués en hâte et dirigés au sud de la Seine à Saint Germain, ainsi qu’au nord du fleuve. Mission : barrer la route de Paris et repousser la tête de pont américaine à Mantes. Avec la contre-attaque sur Mantes, la région ne sera libérée que plusieurs jours après Paris. Echouant devant Epône, le sursaut allemand va engendrer une semaine de combats et d’incertitudes. L’histoire de ce secteur n’avait jusqu’à présent retenu que quelques faits de guerre, il aura fallu faire appel aux archives des belligérants et à la recherche des témoignages, pour apprécier les évènements dans toute leur ampleur.

305.          ROBICHON (Jacques). Le Débarquement de Provence. 15 août 1944. Laffont, 1962, gr. in-8°, 373 pp, 32 pl. de photos et 5 cartes hors texte, sources, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

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15 août 1944 : soixante-dix jours après le jour J en Normandie, les plages de Provence sont en flammes. Aux côtés des Alliés, des soldats français font irruption sur le rivage, libérant leur propre sol, s'emparant de Toulon et de Marseille pour remonter la vallée du Rhône à la rencontre des divisions débarquées dans la Manche. Le débarquement de Provence, complémentaire de celui du 6 juin, répondait à un but précis : enfermer dans une solide tenaille le plus grand nombre possible d'Allemands en France, avant la ruée des armées d'Eisenhower en direction de l'Allemagne. Par une chaude et brumeuse journée d'été, 100 000 Américains, Français, Canadiens et Anglais abordèrent la côte de Provence, à Cavalaire, Sainte-Maxime et Saint-Raphaël, pour allumer aux flancs des collines des Maures et de l'Esterel cette guerre sous les pins, dans un décor où précisément on ne l'imagine pas : les palmiers se balançant dans le ciel bleu d'août dans l'intarissable grésillement de milliers de cigales. Comme dans Jour en Afrique et Le Corps expéditionnaire français en Italie, Jacques Robichon fait revivre les événements du 15 août 1944 par le maximum d'acteurs et de témoins, soldats et marins alliés, généraux et combattants allemands, civils et résistants français du Jour J-Provence. Tour à tour, le lecteur pénètre dans les coulisses de la conférence de Téhéran, au QG d'Hitler en Prusse-Orientale, chez le général Wiese à Avignon, à l'état-major de la 19e armée allemande. Il se trouve à bord du SG-21 qui, le premier, signala l'armada alliée au large de Saint-Tropez, et saute avec les parachutistes du général Frederick autour de Draguignan ; il participe à l'assaut de la falaise du cap Nègre avec les commandos d'Afrique, ainsi qu'à la sanglante odyssée du Groupe naval d'assaut français près du Trayas, et aux combats des îles d'Hyères, précédant de quelques heures les débarquement à Cavalaire et à Pampelonne, à la Nartelle et à Val d'Esquières, au Dramont et à Anthéor, tandis qu'à deux cents kilomètres de là se déroule la dramatique course contre la montre des chars de la 11e Panzer pour traverser le Rhône. Jacques Robichon retrace l'émouvante arrivée des divisions françaises du général de Lattre de Tassigny sur le sol natal, la capitulation de l'amiral Ruhfus à Toulon et celle du général Schaefer à Marseille, la rencontre historique du 12 septembre 1944, près de Dijon, des premiers soldats alliés venus de Normandie et de Provence, ainsi que bien d'autres épisodes, histoires de mort, d'amour et d'héroïsme.

306.          SALISBURY (Harrison). Les 900 jours. Le Siège de Léningrad. Albin Michel, 1970, fort in-8°, 653 pp, 16 pl. de photos hors texte, 3 cartes, sources, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Dimanche 22 juin 1941 : de la Baltique à la mer Noire, la Wermacht envahit la Russie. A Moscou, Staline s'effondre, traumatisé par le choc. Pendant plusieurs jours, il sera incapable d'assumer ses fonctions. Pourtant, il aurait dû s'attendre à l'attaque allemande, annoncée depuis des mois par un flot d'informations sûres, précises, concordantes. Si Staline n'y a pas cru, c'est qu'il ne voulait pas y croire, à telle enseigne qu'il avait interdit jusqu'aux précautions les plus élémentaires. D'où les sanglants revers de l'Armée rouge, tout au long de cet été terrible. Dès les premiers jours de la guerre, Léningrad se trouve en première ligne. L'orgueilleuse capitale du nord, berceau de la révolution, paraît sur le point de succomber, d'autant que Staline s'est toujours méfié de cette rivale de Moscou qui se voulait, qui se veut encore la fenêtre ouverte sur l'Occident. Pas question d'envoyer à Léningrad ne serait-ce qu'une fraction des forces rassemblées en hâte pour tenter de sauver Moscou. L'ancienne Saint-Pétersbourg se battra avec les seuls moyens dont elle dispose, jusqu'à la dernière cartouche. Et Léningrad se battra, admirablement, farouchement. Encerclée aux trois-quarts – seules les eaux grises du lac Ladoga lui permettent encore de communiquer avec l'arrière-pays – bombardée nuit et jour, dans le froid inhumain de l'hiver nordique et la faim meurtrière. Souffrances indicibles qui transforment les uns en héros, les autres en bêtes féroces. La résistance se poursuivra pendant 900 jours – jusqu'à la victoire. Afin de présenter ce qui fut sans doute le plus grand drame de la guerre, l'auteur a dépouillé une impressionnante masse de documents, soviétiques comme allemands, presque tous encore inédits. Grand journaliste dans le meilleur sens du terme, sachant recréer les faits aussi bien que l'atmosphère, il évoque de façon magistrale les horreurs de la guerre, la terreur stalinienne, et l'incomparable héroïsme du peuple russe.

307.          SERGG (Henry). Joinovici. L'empire souterrain du chiffonnier milliardaire. French Pulp Editions, 2016, in-8°, 300 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Les Féroces)

            15

Comment faire fortune quand on ne sait ni lire ni écrire ? Facile : il suffit de s'appeler Joseph Joinovici et de n'avoir aucun scrupule. Chiffonnier puis ferrailleur dans la France des années 30, cet orphelin illettré va connaître une ascension fulgurante : collabo, juif décoré Aryen d'honneur, il accumulera une fortune colossale en dénonçant des centaines de malheureux pour revendre leurs biens... avant de se faire bombarder Grand Résistant en août 1944 ! Véritable araignée, il aurait pu prospérer longtemps, et pourtant il va chuter, victime de la vengeance de ceux que l'on n'attendait pas...

308.          SPEER (Albert). Au coeur du Troisième Reich. Fayard, 1971, fort in-8°, 816 pp, traduit de l'allemand, 32 pl. de photos et documents hors texte, index, reliure toile éditeur, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            25

Militant national-socialiste dès 1931, architecte officiel du Reich, ami personnel de Hitler, ministre de l'armement et chef de l'organisation Todt en 1942, Albert Speer fut condamné à 20 ans de réclusion par le tribunal de Nuremberg. — "Né en 1905 à Mannheim dans un milieu de la grande bourgeoisie, libéré le 1er octobre 1966 de la prison de Spandau à la suite du jugement de Nuremberg, A. S. a bien été « au cœur du Troisième Reich » à deux titres au moins : comme architecte du Fûhrer et, en février 1942, après la mort de Todt, comme ministre de l'Armement. Appartenant au cercle des compagnons intimes d'Hitler, il est en mesure de fournir des détails inédits sur le milieu dirigeant, ses faiblesses, ses calculs et ses intrigues : il est bien placé pour décrire dans toute son ampleur l'effarante mégalomanie architecturale de son maître. Mais surtout il est un témoin incomparable de la façon dont la guerre a été menée par le système hitlérien, condamné à la défaite en raison même de la démesure de ses objectifs. A ce titre, le livre d'A. S. apporte une utile documentation sur la politique militaire et économique d'Hitler, de même que sur ses conceptions culturelles. Mais, par la façon même dont il décrit ses rapports avec le Troisième Reich, A. S. n'a pas contribué à éclaircir le problème de son rôle dans la dictature nazie : comment peut-il en effet continuer à se considérer comme un « apolitique » alors qu'il détenait des fonctions hautement politiques ? Comment prétendre être lucide si on ne s'interroge pas sur les finalités du régime que l'on sert ?" (Revue française de science politique, 1971) — Les mémoires d'Albert Speer sont un document exceptionnel à plus d'un titre : témoignage d'un des plus hauts dignitaires nazis, il relate en détail le fonctionnement de l'appareil d'Etat vu de l'intérieur, avec le mélange de rationalité bureaucratique et de soumission à l'arbitraire du chef qui le caractérise. Comment les décisions se prennent-elles, à quel niveau, comment sont-elles appliquées ? Mais c'est aussi l'itinéraire d'un homme brillant, architecte de talent, qui est rapidement séduit personnellement par Hitler et qui va progressivement mettre son intelligence et ses compétences au service de la machine de guerre nazie et d'une idéologie totalitaire. Ce n'est que dans les tous derniers mois du régime que ses yeux se dessillent et qu'il manifeste quelques velléités d'indépendance : il aura auparavant, comme ministre de l'armement, organisé la production d'armes et de munitions avec une efficacité redoutable, n'hésitant pas à mettre en oeuvre le travail forcé des prisonniers de guerre, de ceux des camps de concentration et des recrues du travail obligatoire. Ce livre lucide ne cherche ni à justifier, ni à amoindrir la responsabilité de l'auteur qui affirme : "je n'ai pas seulement voulu raconter, mais aussi comprendre". Rapportant le nazisme à une perversion de la logique technicienne de notre époque il nous livre aussi une interrogation sur l'énigme de l'aveuglement et de la servitude volontaire.

309.          WOLIKOW (Serge), avec la collaboration de Marianne Zuzula. La Seconde Guerre mondiale à travers les archives du Val-de-Marne. Tome 1 : 1939-1942. Le Cherche Midi, 2004, in-4°, 310 pp, environ 150 documents et qqs photos en noir dans le texte, cart. illustré de l'éditeur, bon état

            30

Cet ouvrage présente sous une forme attrayante l’histoire de la société française pendant la Seconde Guerre mondiale au niveau des populations locales et des communes de l’actuel département du Val-de-Marne. L’originalité du livre réside dans l’édition de documents provenant pour l’essentiel des archives publiques. Ces documents ont été découverts et révélés à l’issue d’un long travail d’investigation qui permet aujourd’hui de renouveler une documentation ouverte sur la vie quotidienne et l’expérience historique vécue par les habitants de la région parisienne. Le lecteur trouvera dans ce livre une présentation synthétique des événements, mais aussi des débats historiques liés à la connaissance de cette période de guerre, de répression, mais aussi de combats, de résistance et d’espoir. En regard du récit figurent des documents, légendés et commentés, qui viennent éclairer de manière concrète et locale l’histoire de cette époque.

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

 

310.          [Cavalerie] – [Maréchal Alexandre Berthier]. Ordonnance provisoire sur l'exercice et les manoeuvres de la cavalerie, rédigée par ordre du Ministre de la Guerre du 1er Vendémiaire an XIII. P., Magimel, An XIII (1804-1805), 2 vol. pt in-8°, xxiii-540 et 12-(123) pp, seconde édition, 28 partitions musicales sur 4 planches dépliantes à la fin du volume de texte, le volume de planches contient 123 planches indiquant les manoeuvres hors texte (sur 128 ; deux sont numérotées 19 bis et 19 ter), un grand nombre dépliantes, reliures demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et aigle napoléonien dorés, auréole ancienne sur les 2 premiers feuillets du volume de texte, bon état

            300

Fondamental pour l'étude de la cavalerie sous le Premier Empire. — "... Les escadrons d'un même régiment seront désignés par les noms de premier, second, troisième, et quatrième, en commençant par la droite. (...) La formation à pied comme à cheval sera ordinairement sur deux rangs. On choisira les cavaliers les plus grands, les plus intelligens, et qui se tiennent le mieux à cheval, pour composer le premier rang ; et ces cavaliers seront montés sur les chevaux les plus élevés et les plus sages ; autant que faire se pourra. On observera de mettre sur les ailes des pelotons les chevaux les plus formés à la manoeuvre et les plus légers. L'escadron sera formé sur deux rangs, et la distance d'un rang à l'autre sera de deux tiers de mètre (ou deux pieds), à compter de la croupe des chevaux du premier rang à la tête de ceux du second. Lorsque l'escadron devra être exercé, il sera habituellement de quarante-huit files, par conséquent chaque division sera composée de vingt-quatre files, et chaque peloton de douze ; mais quand il y aura possibilité, on élevera le nombre de files de l'escadron à soixante-quatre. Lorsque les escadrons seront formés, et après qu'on aura pris un diviseur carré dans chaque peloton, s'il reste quelques files, elles seront placées à la gauche du régiment, et le colonel en disposera comme il le jugera convenable. La formation des rangs à pied aura ordinairement lieu par rang de taille..."

311.          CHACK (Paul). Au Tonkin. Editions de France, 1942, in-12, 153 pp, 17 dessins de Léon Haffner à pleine page, 2 cartes dont une sur double page, broché, couv. illustrée en couleurs par Haffner, bon état (Coll. La Mer et notre Empire)

            25

Pierre Poivre ; Le commandant Rivière ; Le pirate Hoang-Tham. – L'histoire authentique, légèrement romancée, de Hoang Hoa Tham, dit Dé Doc Tham ou Dé Tham, fameux "pirate" du Haut Yen-thé (Tonkin), qui lutta contre les Français de 1886 à 1909. — L'auteur, fameux écrivain de la mer ayant écrit de nombreux ouvrages sur les batailles navales, sera un des responsables pendant l'occupation de la Ligue antibolchévique, antimaçonnique et antisémite et sera fusillé en janvier 1945.

312.          Collectif. Ecrivains militaires genevois. Choix de textes et de documents, Ouvrage publié par la Société militaire du Canton de Genève avec la collaboration de l'Association Semper Fidelis. Lausanne, Editions Ovaphil, 1978, pt in-4°, 168 pp, 16 portraits, gravures et cartes, notes, index, reliure skivertex havane de l'éditeur, dos lisse avec titre doré, titre et fleuron dorés au 1er plat, bon état (Coll. Ecrivains militaires de Suisse romande)

            25

Conçu et réalisé par un groupe d'historiens, ce volume rappelle ou dévoile l'existence d'une dizaine d'écrivains militaires genevois. Sont présentés (vie, oeuvre, extraits de textes) Jacques-Barthélemy Micheli du Crest (1690-1766), Gabriel Pictet (1710-1782), Tissot-Grenus (1732-1810), Charles Pictet de Rochemont (1755-1824), Guillaume-Henri Dufour (1787-1875), Rilliet de Constant (1794-1856), Ernest Grosselin (1869-1955), Robert de Traz (1884-1951) et Marcel Montfort (1892-1971).

313.          Collectif. Ecrivains militaires valaisans. Choix de textes et de documents, Ouvrage publié par l'Association Semper Fidelis. Lausanne, Editions Ovaphil, 1983, pt in-4°, 168 pp, 24 portraits, gravures et cartes, notes, index, reliure skivertex havane de l'éditeur, dos lisse avec titre doré, titre et fleuron dorés au 1er plat, rhodoïd, bon état (Coll. Ecrivains militaires de Suisse romande)

            25

Conçu et réalisé par un groupe d'historiens, ce volume rappelle ou dévoile l'existence d'une dizaine d'écrivains militaires valaisans. Sont présentés (vie, oeuvre, extraits de textes) Pierre-Emmanuel-Jacques de Rivaz (1745-1833), Louis-François-Régis de Courten (1746-1817), Chrétien Gattlen (1777-1866), Hyacinthe Clemenso (1781-1862), Antoine Kaempfen (1784-1856), Louis Robatel (1788-1877), Charles-Louis de Bons (1809-1879), Louis Couchepin (1896-1952) et Jacques Calpini (1907-1977).

314.          Collectif. Ecrivains militaires vaudois. Choix de textes et de documents, Ouvrage publié à l'occasion du 150e anniversaire de la société Vaudoise des Officiers avec la collaboration de l'Association Semper Fidelis. Lausanne, Editions Ovaphil, 1975, pt in-4°, 170 pp, 23 portraits, gravures, photos et cartes, 4 pp de fac-similé, notes, index, reliure skivertex havane de l'éditeur, dos lisse avec titre doré, titre et fleuron dorés au 1er plat, rhodoïd, bon état (Coll. Ecrivains militaires de Suisse romande)

            30

Ce volume présente Antoine-Henri Jomini (1779-1869), le principal et le plus illustre des écrivains militaires vaudois, et huit autres auteurs particulièrement représentatifs de leur temps. — "La parution du volume « Ecrivains militaires vaudois » est un événement dans la littérature militaire suisse. Nombre de Vaudois ont en effet contribué à la formation et à l'enrichissement de la pensée militaire suisse et européenne : Gamaliel de la Tour (1591-1645), Charles-Emmanuel de Warnéry (1720-1786), Noé-Antoine-Abraham Bonjour (1731-1807), Antoine-Henri Jomini (1779-1869), Ferdinand Lecomte (1825-1899), Edouard Secretan (1848-1917), Ferdinand Feyler (1863-1931), Paul de Vallière (1877-1959), Bernard Barbey (1900-1970). Mais leurs oeuvres, épuisées de longue date, sont aujourd'hui pratiquement inaccessibles, sauf dans de rares bibliothèques spécialisées. D'autre part, leur production, riche et variée, est d'un intérêt considérable, mais inégal. Une réédition des passages les plus significatifs de chaque auteur s'imposait. L'ouvrage s'attache à replacer chaque auteur choisi dans le contexte de son époque et à dégager de son oeuvre les fragments essentiels, dans une présentation claire et abondamment illustrée, accompagnée pour chaque écrivain d'une chronologie et d'une biographie sommaires." (Revue militaire suisse, 1975)

315.          DICK de LONLAY (Georges Hardouin, dit). L'Armée Russe en campagne. Souvenirs de guerre et de voyage par un volontaire du 26e régiment de Cosaques du Don. P., Garnier Frères, 1888, in-8°, 364 pp, 28 dessins de l'auteur dans le texte, modeste reliure demi-toile brique, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), reliure salie, intérieur propre, état correct

            80

La Guerre Russo-Turque de 1877-1878 : Djouranli - Eski-Zara - Schipka - Pélichat - Lovtacha - Plevna - Gorny-Doubnick, par Dick de Lonlay, pseudonyme de Georges Hardouin (1846-1893).

316.          GUILLAUME (Lieutenant de vaisseau Pierre). Mon âme à Dieu, mon corps à la patrie, mon honneur à moi. Mémoires. Plon/XO Editions, 2006, gr. in-8°, 395 pp, écrit en collaboration avec Elisabeth Escalle, 16 pl. de photos hors texte, qqs fac-similés, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Pierre Guillaume, c'est le Crabe-Tambour, immortalisé par Pierre Schoendoerffer. Marin d'exception, il a vécu l'Indochine légendaire, celle des fumeries d'opium et des accrochages sur le réseau fluvial. Il a pris part à certains des épisodes les plus émouvants de la fin de la présence française, comme le sauvetage des catholiques du Tonkin. Au moment du départ des troupes, il choisit de rejoindre la France en jonque. Commence alors un périple de six mois, au terme duquel il s'échoue et devient l'hôte forcé d'une tribu somalienne. Délivré au terme d'une aventure rocambolesque, il reprend sa place dans la marine, jusqu'au jour où, son frère ayant été tué en Algérie, il est encore l'auteur d'une première : il demande à changer d'arme pour le remplacer à la tête de son commando. Arrêté pour sa participation au putsch des généraux, il profite de son sursis pour repartir en Algérie et rejoindre l'OAS, engagement qui lui vaudra l'emprisonnement. Rendu à la vie civile, il continue de vivre sa passion pour la mer en renflouant et affrétant des navires. Ces mémoires sont ceux d'un homme d'honneur, qui a toujours suivi sa conscience. Disparu en 2002, Pierre Guillaume avait souhaité que ce livre, fruit de plusieurs années d'entretiens avec Elisabeth Escalle, soit publié après sa mort.

317.          LARTÉGUY (Jean). Les Centurions. Presses de la Cité, 1960, in-8°, 415 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée (pt mque au dos), bon état

            20

"Les héros de ce roman sont des officiers français, qui ont fait la guerre en Indochine, ont été capturés par le Vietminh après la chute de Dien Bien Phu, et, après leur libération à la suite des accords de Genève, ont été engagés dans les opérations d'Algérie. Le récit, non dépourvu de qualités littéraires, repose apparemment sur une documentation de première main qui en fait un témoignage digne d'attention. Il présente une interprétation suggestive de l'évolution psychologique de ces officiers, profondément marqués par l'expérience de leur séjour dans les camps du Vietminh avant de faire celle de la campagne d'Algérie, déçus à plusieurs reprises par le comportement de leurs compatriotes, et finalement disposés à leur faire sentir le poids de leur colère." (Revue française de science politique, 1960) — "Les Centurions, son grand roman sur les parachutistes d'Indochine en Algérie, inspiré de Bigeard et ses hommes a été porté à l'écran sous le titre Lost command par Mark Robson, avec Alain Delon, Anthony Quinn, Michèle Morgan et Claudia Cardinale... Le manuel de contre-insurrection du général David Petraeus, commandant de la Coalition militaire en Irak avant de prendre le commandement des troupes de l'Otan en Afghanistan, est inspiré d'un chapitre des Centurions ; celui-là même où Bigeard alias Raspeguy, tirant les leçons de sa détention dans les geôles du Vietminh, décide d'adapter ses paras en Algérie à une guerre non-conventionnelle où il faut d'abord couper son adversaire de la population dès lors qu'elle lui fournit ravitaillement et informations. C'est un traité vivant et vécu de guerre contre-insurrectionnelle, dans lequel la dimension politique et psychologique, basée sur la primauté du renseignement, l'emporte sur l'aspect purement militaire des opérations..." (Pierre Assouline, Le Monde)

318.          MONTAGNON (Pierre). La Guerre d'Algérie. Genèse et engrenage d'une tragédie. GLM/Pygmalion, 1984, gr. in-8°, 450 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 3 cartes, glossaire, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Par son ampleur et son énorme documentation, “La Guerre d'Algérie” de Pierre Montagnon est l'un des plus authentiques témoignages historiques jamais écrits sur un conflit dont les traces subsisteront longtemps dans la société française, touchée au cœur de ses structures politiques et sociales. S'adressant aux jeunes générations comme à ceux qui, de près ou de loin, ont vécu ce drame, ce livre répond à toutes leurs questions. Pourquoi cette terre n'a-t-elle pas constitué une nation au milieu du XXe siècle ? Pourquoi l'insurrection a-t-elle éclaté le 1er novembre 1954 ? Pourquoi et comment s'est-elle développée ? Non seulement Pierre Montagnon relate les faits, mais il remet aussi dans leur juste perspective le pouvoir et les marges d'action dont disposèrent les principaux acteurs et décideurs de l'époque. Il explique ainsi pourquoi un éclairage excessif a été porté sur certains hommes tandis que d'autres, au contraire, sont restés dans l'ombre. “La Guerre d'Algérie” de Pierre Montagnon s'impose aujourd'hui comme un livre fondamental. Il a été couronné par l'Académie française.

319.          RAPHAEL-LEYGUES (Jacques). Ponts de lianes. Missions en Indochine, 1945-1954. Hachette, 1976, in-8°, 286 pp, préface d'André Chamson, une carte, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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« Dès la fin de 1945, les troupes françaises reprennent pied en Indochine. Durant neuf ans, elles vont s’y abîmer dans une guerre sans issue, jalonnée d’épisodes sanglants : massacre de Haïphong et de Hanoï, désastre de Cao-Bang, tragédie de Dien Bien Phu. L'aveuglement de certains chefs militaires, la démission du personnel politique, les intérêts financiers et tous les conservatismes prolongent interminablement le conflit... » (4e de couverture) — "Elevé dans le souvenir de G. Leygues et du monde républicain du Sud-Ouest, J. R.-L. est cet officier qui démissionna de la marine pour pouvoir crier son sentiment sur la politique indochinoise de la Quatrième République. Devenu conseiller de l'Assemblée de l'Union Française, il participa à des missions exploratoires dont la plus prometteuse devait être celle du professeur B. Huoi, qui, en mars 1953, espérait encore pouvoir construire un « pont de lianes » entre la France et l'Extrême-Orient. A mi-chemin entre le journal et le livre de souvenirs, l'ouvrage n'est pas tendre. Occasions manquées, ministres irresponsables, chefs militaires obsédés par leur prestige : tout le petit monde de la politique est croqué avec une sévérité à laquelle n'échappent que P. Messmer, rescapé du Vietminh, Leclerc et de Lattre, lucides et courageux, Pierre Mendès-France, enfin, dont l'heure trop tardive fut trop courte. Plus grave encore, une accusation globale est lancée contre le personnel de la Quatrième République : n'a-t-il pas prolongé une guerre qui, éloignant et immobilisant l'armée, a de la même façon éloigné et immobilisé le général de Gaulle en le tenant loin des affaires ?" ( Revue française de science politique, 1978)

320.          SANGUINETTI (Alexandre). Histoire du soldat, de la violence et des pouvoirs. Ramsay, 1979, gr. in-8°, 365 pp, broché, bon état

            25

"Bayard : je ne partage pas du tout le goût général pour ce personnage. Il était brave dit-on. C'est la moindre des choses pour un professionnel. Seulement, en Italie, il faisait pendre tout goujat trouvé porteur d'une arquebuse, parce qu'il n'admettait pas qu'on puisse tuer par ce procédé un brave chevalier à trente pas. Eh bien, il est mort d'une arquebuse, et dans les reins encore, tirée par un routier espagnol. (...) C'est le genre de militaires qui encombrent notre Histoire de leurs hauts faits, mais qui auraient refusé en 70 le canon se chargeant par la culasse, en 14 la mitrailleuse et le canon lourd, en 40 le char de combat et l'aviation, enfin en 60 l'armement nucléaire." – Dans un récit haut en couleurs, riche d'anecdotes et d'irrespect, Alexandre Sanguinetti (1913-1980) démontre, de l'antiquité à nos jours, la fonction du soldat et le rôle des armes dans la violence des sociétés. — Pour le général Poirier, la pertinence de cet ouvrage est forte : "Ne nous y trompons pas : pour Alexandre Sanguinetti, la justification du guerrier par sa fonction historique n'absout pas les médiocres, aux pouvoirs usurpés, qui ne se montrent pas à la hauteur d'une action à laquelle les délèguent les peuples. Les siècles rappelant que l'intelligence de la violence et le bon usage des armes ne sont pas choses banales ; que à moins de s'interroger sur les trop fréquents lapsus des acteurs du "drame effrayant et passionné" (Jomini) et sur leurs causes, on risque d'abandonner la violence à sa pente et la politique à l'improvisation." Une vision du combattant, qui de guerrier passe au statut de soldat. Son étude "historique", des premiers âges de l'antiquité à la bombe atomique, qui donne des aperçus du pouvoir militaire, veut montrer le rôle des armes dans la violence des sociétés. Volontiers pessimiste sur la nature humaine, se plaçant d'emblée dans une logique où les guerres ne se livrent pas forcément entre Etats, montrant souvent dans des pages aérées, par exemple sur la Révolution française ou les deux guerres mondiales, plutôt la réalité que l'idéologie qui s'y rattachent, pas tendre autant pour le militarisme et pour l'anti-militarisme, l'auteur a le mérite d'introduire, au gré de chapitres faciles à lire, au rôle et au statut du soldat dans la société.

321.          SHEEHAN (Neil). L'innocence perdue. Un Américain au Vietnam. Seuil, 1990, gr. in-8°, 660 pp, traduit de l'américain, 4 pl. de photos hors texte, cartes, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

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A travers l'itinéraire de John Paul Vann, conseiller « spécial » au Vietnam de 1962 à 1972, l'auteur retrace toute l'histoire de ce conflit dans lequel l'Amérique perdit son innocence, en s'appuyant sur une masse de documents, privés, officiels et même secrets, ainsi que sur les témoignages de 385 témoins. Neil Sheehan, lui-même ancien journaliste au Vietnam, a mis seize ans pour écrire cet ouvrage qui a reçu en 1988 le National Book Award pour non-fiction et, en 1989, le prestigieux prix Pulitzer pour meilleure œuvre journalistique. Longtemps best-seller aux Etats-Unis, le livre a reçu de la presse américaine un accueil enthousiaste : « Un récit inoubliable (...). Une chronique de guerre grandiose. » (New York Review of Books) – « Superbe ! Si vous ne lisez qu'une seule histoire de la guerre du Vietnam, ce doit être celle-là, admirable et exaltante. » (John Le Carré) – « Le livre définitif sur le Vietnam en même temps que l'histoire authentique d'un homme aussi complexe que Laurence d'Arabie, lui aussi marqué par le sordide. » (Jane Fonda) – « Sheehan mêle avec tant de talent anecdotes et histoire, souvenirs personnels et portraits psychologiques que ce livre semble avoir été écrit par un romancier, un journaliste et un historien réunis en une seule personne. » (David Shipler, The New York Times)

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

 

322.          ALAUX (Gustave) et Albert t'SERSTEVENS. Cahiers de Louis-Adhémar-Timothée Le Golif, dit Borgnefesse, capitaine de la flibuste, publiés par G. Alaux, présentés par A t'Serstevens. Grasset, 1952, pt in-8°, 222 pp, une photo du manuscrit en frontispice, broché, couv. illustrée, état correct

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Borgnefesse a définitivement pris sa place à côté des plus notoires corsaires et boucaniers de l'île de la Tortue. Bien dans la tradition, notre flibustier narre avec brio, forfanterie et cynisme candide ses conquêtes galantes, ses rixes, ses batailles, ses abordages, ses ripailles : tout ce que peut comporter d'histoires de guerre et d'amour la course sur la mer des Antilles au temps du Roi Soleil. C'est ainsi que Borgnefesse est entré dans la grande légende des Caraïbes.

323.          [Algérie et Tunisie] – RICARD (P.). Algérie, Tunisie. Hachette, 1938, in-12, lxxxviii-518 pp, édition refondue et révisée par P. Ricard, 30 cartes et 37 plans (dont une carte dépliante in fine), index, reliure percaline bleue de l'éditeur, titres dorés au premier plat et au dos, encadrement à froid sur les plats, reliure défraîchie, intérieur propre, état correct (Coll. des Guides bleus)

            30

Aperçu géographique ; Aperçu historique ; Algérie centrale ; Algérie occidentale ; Les Kabylies ; Algérie orirntale ; Le Sahara français ; Tunisie septentrionale ; Tunisie moyenne ; Sud tunisien.

324.          ALLEAUME (Ghislaine)( dir). L’Égypte dans le siècle, 1901-2000. Editions Complexe, Cedej – Égypte/Monde arabe n° 4-5, 2000-2001, 2003, gr. in-8°, 340 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            30

C'est un siècle de vie égyptienne tourmenté et riche événements qu'évoque la présente livraison d'Égypte/Monde arabe. Entre 1901 et 2000, l'Égypte a connu le sultanat, la monarchie, la révolution et le présidentialisme autoritaire ; des combats pour la liberté et pour la religion, d'autres – moins nombreux mais tout aussi acharnés – pour la laïcité et le libéralisme. Ce siècle fut aussi fait de guerres : la guerre perdue de 1948, pour la Palestine, la défaite de 1967 contre Israël et, enfin, la victoire de 1973. A plusieurs reprises, les Égyptiens espérèrent maîtriser leur économie et réformer leur société ; à plusieurs reprises, ils tentèrent d'établir des régimes politiques stables, passant de la monarchie constitutionnelle au socialisme autoritaire puis à l'autoritarisme libéral ; à plusieurs reprises, la religion s'empara de la vie publique mais sans jamais parvenir à la brider. L'Égypte du siècle maintenant passé est traversée de courants d'idées, de débats et de vastes espérances. Elle a ses figures et ses hommes : le Journaliste, le Musicien, l'Officier libre, le Frère musulman, l'Intellectuel, Zaghloul, Farouk, Nasser, Sadate et bien d'autres. Certes, il est impossible de peindre, en quelques trois cents pages, le tableau foisonnant d'un siècle. Aussi, comme le jeu de l'oie de Golo qui figure en couverture, ce numéro est-il le fait de vignettes juxtaposées dont le déroulement devrait parvenir, sinon à restituer le XXe siècle égyptien, du moins à donner une idée de son extraordinaire richesse.

325.          BORDEAUX (Henry). L'Epopée noire. La France en Afrique occidentale. Denoël et Steele, 1936, in-12, 125 pp, 14 photos et gravures hors texte, une carte, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Dans ce vibrant ouvrage, écrit à l'occasion de la fête du Souvenir Africain à Dakar, l'éminent écrivain exalte le dévouement, l'esprit de sacrifice et le courage de ceux qui firent l'épopée noire : missionnaires, soldats, administrateurs et colons. Un livre à lire et à faire lire." (L'éditeur) — "L'auteur, à l'occasion de l'inauguration, le 2 février, de la basilique de Dakar, consacrée aux 200.000 soldats noirs morts au service de la France, évoque les hautes figures de Faidherbe, Mangin, Marchand, Gouraud, Mgr Jalabert, Mgr Audouard et retrace l'histoire du rayonnement français en A.O.F." (Les Nouvelles Littéraires, 1er février 1936)

326.          BOTEY (Francesc). Le Peuple gitan, une culture folk parmi nous. Toulouse, Privat, 1971, in-8°, 147 pp, traduit de l'espagnol, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"F. Botey a vécu pendant huit années comme prêtre et enseignant au Camp de la Bota à Barcelone, bidonville peuplé de gitans. Ce livre est une réflexion sur cette expérience, réflexion nourrie d'ailleurs par une solide formation ethnologique. Après un rapide rappel historique, F. B. analyse les différents aspects de la culture gitane dont les valeurs sont différentes de celles des sociétés occidentales dans lesquelles les tziganes mènent une existence pauvre et méprisée. Selon l'A., le gitan est l'incarnation d'un type homme primitif réfractaire aux exigences de la société urbaine et industrielle. Néanmoins, aujourd'hui, le gitan ne peut rester étranger aux sollicitations de cette société. Aussi vit-il le conflit tragique de tout minoritaire qui, s'il accepte la culture environnante, perd sa propre identité. Cet ouvrage dépasse, en définitive, le problème gitan : il présente une critique pertinente de la société occidentale, impersonnelle, utilitaire et ségrégative." (Doris Bensimon, Archives de sociologie des religions, 1972)

327.          BRÉMOND (Général Edouard). Berbères et Arabes. La Berbérie est un pays européen. Payot, 1942, in-8°, 392 pp, 4 croquis, 22 tableaux chronologiques, broché, couv. illustrée lég. défraîchie, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            40

Dans cet ouvrage l'auteur bouleverse totalement toutes les idées reçues sur les populations berbères et arabes d'Afrique du Nord et d'Arabie. Son objectif est de relater comment le mouvement musulman s'est répandu depuis l'Orient jusqu'en Gaule en passant par l'Afrique du Nord et l'Espagne. La première partie montre comment l'Islam s'est répandu en Orient (Syrie, Perse, Egypte, Libye). La deuxième partie concerne son développement en Afrique du Nord, puis en Espagne et enfin en Gaule... Dans la dernière partie, il met en relief quelques points particuliers pour en tirer des conclusions plus générales, concernant par exemple les vêtements, les coutumes, l'administration, etc., du Maghreb ancien. Un ouvrage au regard original, appuyé sur une trés solide érudition et sur l'observation rigoureuse des faits.

328.          CALDERON (Ventura Garcia)(publiés par). Récits de la vie américaine (Amérique latine). Payot, 1925, in-12, 294 pp, traduit de l'espagnol, broché, couv. illustrée, état correct

            20

Un choix de pittoresques récits par J.-S. Alvarez, H. Quiroga, A. Maya, J. de Viana, R.-J. Payro, A. Arinos, M. Leguizamon, D.-F. Sarmiento, C. Hispano, A. Rangel, L. Lugones, A. Hernandez Cata, R. Palma, R. Fernandez Guardia, M. Bernardez, C. Reyles, Magón, A. Sux, J.-C. Davalos. — C'est à Paris où son père, homme d'État péruvien exilé, s'est installé après avoir subi la prison, que Ventura Garcia Calderón voit le jour le 23 février 1886. Sa famille regagne la terre natale six mois après sa naissance. Le futur écrivain suit les traces de son père et fait carrière dans la diplomatie. Ventura Garcia Calderon sera nommé ensuite ambassadeur du Pérou à Bruxelles avant l’éclatement de la guerre de 40. Calderón est l'auteur d'une œuvre abondante, écrite en espagnol et partiellement traduite en français, mais aussi rédigée directement en français. En 1925, la traduction de La Vengeance du condor fait figure d'évènement. Cette suite de contes, genre dans lequel Calderón va trouver sa véritable vocaion d'écrivain, révèle au public un auteur à l'observation aiguë, utilisant les reliefs dramatiques avec un art consommé. Le Pérou est l'âme de ces récits, un Pérou qui incarne plusieurs civilisations à la fois, de l'empire des Incas à la conquête espagnole liée à la recherche de l'or, de la subtile alliance entre un passé grandiose révolu et une terre de traditions qui veut s'ouvrir à la société moderne. Il meurt en 1959.

329.          CASTEX (Louis). Les Secrets de l'Ile de Pâques. Hachette, 1966, in-8°, 208 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

L'île de Pâques, des origines à l'époque contemporaine : le peuplement de l'île, les statues et “bois-parlants”, le culte de l'homme-oiseau, la découverte de l'île par les Européens, etc. — "Le Colonel Louis Castex,1896-1968, « Aviateur et homme politique » annoncent à son sujet les dictionnaires biographiques, qui auraient également pu ajouter : homme de lettres, tellement était ouvert l'éventail des activités du colonel Castex, aviateur de la première guerre mondiale, conseiller de l'Union Française en 1952. Dans cette assemblée, ce toulousain actif devint rapidement membre de la Commission de l'Aviation Civile. A ce titre, il exécuta de nombreuses missions de reconnaissance à travers le monde. C'est au cours d'une de ces missions qu'il participe à la première liaison aérienne entre Papeete et les îles Marquises, en octobre 1953, à bord d'un avion amphibie « Grumman-Maillard ». Il sent vite l'importance économique et touristique d'un aérodrome à Tahiti et se fait à Paris – aussi bien dans la presse que dans les milieux politiques – le défenseur de ce qui deviendra Faaa. Un peu plus tard, il s'attaque au problème de la liaison entre l'Amérique du Sud, l'Australie et le Japon. Il fait alors campagne pour l'aérodrome de l'île de Pâques qui, lui aussi « plaque tournante » du Pacifique Sud, sera inauguré en 1967. Il développait ses idées, racontait ses voyages, et les popularisait en des livres écrits avec aisance et qui trouvaient de nombreux lecteurs." (Patrick O'Reilly, Journal de la Société des océanistes, 1969)

330.          CHEVERNY (Julien). Eloge du colonialisme. Essai sur les révolutions d'Asie. Julliard, 1961, in-8°, 373 pp, documents en annexe, reliure pleine toile caramel à la bradel, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), bon état

            25

"Sous ce titre trompeur (C. est anticolonialiste de longue date) est décrite, non sans clairvoyance et courage, l'évolution des pays d'Extrême-Orient depuis leur indépendance. Leur développement rencontre de grandes difficultés, dues notamment à la corruption des administrations. La sévérité de C. s'exerce aussi à l'égard des pays développés et, notamment, des États-Unis. (...) Des documents et statistiques sur le développement et l'aide extérieure complètent cet ouvrage de fort bonne tenue." (Alfred Sauvy, Population, 1961)

331.          DEMAREST (Arthur). Les Mayas. Grandeur et chute d'une civilisation. GLM/Tallandier, 2006, in-8°, 414 pp, traduit de l'anglais, 14 photos en couleurs sur 8 pl. hors texte, 78 illustrations dans le texte, notes, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Dans l'océan de la jungle gisent les ruines affaissées de palais magnifiques, de temples élevés, de monuments admirables. Qui étaient les Mayas, ce peuple bâtisseur ? Pourquoi leurs grandes cités de la forêt furent-elles abandonnées, il y a plus d'un millénaire ? Ces questions ont préoccupé les savants et le public depuis deux siècles, donnant lieu à autant de révélations que de réponses erronées. Arthur Demarest ressuscite ici la civilisation perdue des anciens Mayas. Il met en lumière, grâce aux acquis récents de l'archéologie, de la paléoécologie et de l'épigraphie, l'extraordinaire adaptation des Mayas à la forêt subtropicale humide, qui explique seule l'épanouissement de leur brillante civilisation dans un milieu difficile et fragile, et la spiritualité omniprésente qui imprégnait tous les aspects de leur vie quotidienne. Les cités-Etats des Mayas abritaient des populations nombreuses et des élites turbulentes, justifiant leur position par la guerre et les alliances, par les fêtes et les rites. Leur lutte incessante pour le prestige nous a légué un immense trésor d'édifices, de monuments, d'œuvres d'art et de savoirs, qui nous fascine aujourd'hui encore. En explorant ces sociétés complexes et cette histoire versatile, l'auteur nous livre les clefs du prétendu "effondrement" maya.

332.          DERLON (Pierre). Gitan. P., Fayolle, 1978, in-8°, 168 pp, une illustration, qqs figures et un plan, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Intervalle). Peu courant

            25

"Gitan : ce titre lapidaire du livre de Pierre Derlon résume le cri d'alarme que lance l'auteur contre le « génocide avorté », de la part des polices, des missionnaires, de tous les assimilateurs forcenés que connaît notre système, qui, à son avis menacent le peuple gitan. Généreux, ce livre offre aussi un historique agréable à lire." (Droit et Liberté n° 373, octobre 1978)

333.          DUVERNEY (Jacques) [pseud. de Casimir CHEVALIER]. Un Tour en Suisse. Histoire, science, monuments, paysages. Illustrations par Karl Girardet. Tours, Alfred Mame et Fils, 1869, 2 vol. in-12, 281 et 273 pp, 24 illustrations gravées par Karl Girardet, les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-chagrin carmin, dos à 4 faux-nerfs, titres et caissons ornés dorés, encadrement à froid sur les plats, tranches dorées (rel. de l'époque), bon état

            50

Plaisant et intéressant récit de voyage, bien complet des 24 planches hors texte en xylogravure dessinées par Karl Girardet : Morgarten, Bâle, Chute du Rhin, Cathédrale de Constance, Source du Rhin, Zürich, Einsiedeln, Eboulement de Goldau, Rigi vu de Lucerne, Le lion de Lucerne, Gersau, Intérieur de chalet, Défilé de Dazio-Grande, Environs de Gutlanen, Cathédrale de Milan, Village des Bains de Louèche, Lac de Dauben sur la Gemmi, Le Staubbach, Brienz, Fribourg, Lausanne, Le Mont-Blanc et Chamounix, La Tête-Noire, Château de Chillon ; où l'auteur décrit son plan dès l'introduction : "Le public ne trouvera donc point ici d'évènements extraordinaires. Nous n'avons pas rencontré le plus petit ours dans nos excursions, et nous n'en avons vu que dans les fosses de Berne, aussi laids et aussi inoffensifs que l'ours Martin de Paris. Nous n'avons même pas mangé le fameux bisteck d'ours qui a défrayé tant d'anecdotes, et nous n'avons pas goûté non plus (il m'en coûte beaucoup de l'avouer) les crêpes renommées de Realp. Enfin notre héroïsme n'est point allé jusqu'à escalader le mont Blanc, et nous ne sommes tombés dans aucune crevasse de glacier. Notre excursion en Suisse a été beaucoup moins accidentée." Ce petit extrait donne assez bien le ton général de l'ouvrage qui se veut fort agréable à lire et fort piquant sur de nombreux détails pittoresques.

334.          ELISSEEFF (Danielle et Vadime). La Civilisation de la Chine classique. Arthaud, 1979, fort gr. in-8° carré, 629 pp, 218 héliogravures et 15 pl. en couleurs hors texte, 42 cartes et plans, biblio, chronologie, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations)

            50

Le cadre géographique et chronologique de la Chine est immense. Cet ouvrage centre l’étude de la civilisation sur trois périodes clés qui, avant la grande invasion mongole, ont dominé cette longue histoire : les périodes dynastiques des Han, des T’ang et des Song, « classicisme en trois volets ». Les Han consacrent la fondation de l’empire unitaire ; sous les Souei et les T’ang, l’urbanisation s’accélère, les liens s’affermissent entre la Chine du Nord et la Chine du Sud et le grand courant de la pensée bouddhique se répand comme un fleuve. Puis apparaît, avec les Song du Nord et ceux du Sud, l’aurore de l’époque moderne et l’imprimerie commence à diffuser le savoir. Bien des thèmes traités ici sont riches de substance. L’attention se porte particulièrement sur les phénomènes d’acculturation entre nomades des steppes et Chinois, sur le maintien d’un système d’écriture fort harmonieux mais d’une rare complexité, et, plus généralement sur la force extrême d’une tradition qui résiste à toutes les vicissitudes. Une croyance profonde dans l’unité cosmique rend compte du sentiment éprouvé par chacun de contribuer par son travail et par son art à l’harmonie de l’Univers.

335.          ELISSEEFF (Danielle et Vadime). La Civilisation japonaise. Arthaud, 1974, fort gr. in-8° carré, 671 pp, 211 héliogravures et 8 pl. en couleurs hors texte, 64 cartes, figures et plans, chronologie, index documentaire, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations)

            50

"Cet ouvrage considérable, parfaitement édité et illustré, représente un apport extrêmement riche pour l'homme cultivé désireux de se familiariser avec une civilisation lointaine comme pour l'étudiant qui désire en faire sa spécialité. Entre les études hautement spécialisées et les publications à vocation touristique, rien en effet ne venait dans notre langue présenter aux uns ou aux autres une image globale, précise et lisible, de la civilisation japonaise et cette lacune se trouve, grâce aux auteurs, largement comblée. Quatre parties ordonnent l'exposé : la première (trois chapitres) présente l'évolution historique du Japon dans son ensemble ; viennent ensuite quatre chapitres consacrés aux structures mentales, famille, être impérial, vie religieuse et enseignement. Les quatre chapitres suivants traitent des arts et la dernière partie évoque en une cinquantaine de pages le théâtre et la littérature. Cartes, croquis, schémas divers illustrent le texte comme font, à intervalles très brefs, des séries de photographies pour la plupart excellentes." (Jacques Pezeu-Massabuau, Annales ESC)

336.          FARRERAS (Joaquim Nadal) et Philippe WOLFF ( dir). Histoire de la Catalogne. Toulouse, Privat, 1982, gr. in-8° carré, 559 pp, introduction de Pierre Vilar, 48 pl. de gravures et photos hors texte, 16 illustrations et cartes dans le texte, chronologie, biblio, index, reliure pleine toile éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale, un des ex. numérotés sur vélin spécial Sept Lacs

            60

L'ouvrage de référence en français.

337.          FERNANDEZ (Jean-Marc). « Roussette » ou Secrets d'un bagnard. Nouméa, Editions Sudocéan, 2017, in-8°, 283 pp, cartes et plans, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L'histoire du bagne français ; L'histoire du bagne de Nouvelle-Calédonie ; Un bagnard bien secret ; L'héritage parisien ; L'enquête parisienne ; Le trésor bagnard ; La condamnation aux travaux forcés ; La conduite vers le bagne calédonien ; Le sort des bagnards calédoniens ; Une évasion réussie ; L'oeuvre des bagnards ; Bibliographie. — L’univers du bagne apparaît de nos jours comme un monde irréel, tant il semble inimaginable que des hommes aient pu subir un tel sort, dans les conditions particulières que l’on peut imaginer. Ce n’était pourtant, à l’époque, à partir de 1748, que la « peine logique » infligée à ceux qui enfreignaient la Loi. La présence de ces « indésirables », concentrés dans les centres de Brest et de Toulon, étant susceptible de déranger l’opinion publique, il fut décidé de s’en débarrasser en les transférant dans les colonies de Guyane, à partir de 1852, et de Nouvelle-Calédonie, à partir de 1864. Il s’agissait en même temps d’utiliser cette disposition, pour imposer le peuplement de ces pays par l’implantation contrainte de colons français. Le personnage principal de notre histoire, condamné aux travaux forcés pour un vol, vivra ce terrible drame en Nouvelle-Calédonie, où il affrontera les affres de sa condition de forçat avec patience et résignation. L’aventure et les faits des plus inattendus auxquels il devra faire face le feront surnommer « Roussette », du nom d’une chauve-souris locale endémique. Enfin, le destin le conduira à survivre à cette épreuve, et à choisir de s’installer définitivement dans ce pays pour y fonder une famille. Devenu, un « pionnier », pour sa participation à la construction de cette colonie des « antipodes », il léguera à ses descendants, comme nombre de bagnards, un passé exceptionnel, dont ils revendiqueront l’héritage avec fierté. (4e de couverture)

338.          GAILLARD (Philippe). Le Cameroun. L'Harmattan, 1989, 2 vol. in-8°, 256 et 240 pp, 16 pl. de photos hors texte, 4 cartes, 15 tableaux et graphiques, chronologie, biblio, index, brochés, couv. illustrées, qqs marques au crayon, bon état

            30

"Il s'agit là du meilleur ouvrage de synthèse sur l'histoire contemporaine du Cameroun, et de la meilleure introduction possible à la connaissance de ce pays si particulier. Soutenues par une brillante écriture, les qualités du journaliste y resplendissent, avec d'une part, dès le survol initial de la situation, son esprit synoptique, qui éclaire les divers dynamismes souvent indépendants, mais simultanés, à l'œuvre dans la production de l'événement ; et d'autre part le sens du détail pittoresque, parlant, qui vivifie cette longue histoire, et qu'à ma connaissance on ne trouvera nulle part ailleurs. Ce talent de donner la vie culmine dans les portraits toujours réussis, souvent esquissés en quelques mots, souvent plus développés (d'Alexandre Douala Manga Bell, de Soppo Priso à Roland Pré, Messmer, Mbida et bien sûr Ahidjo). Mais la « grande » politique n'est jamais perdue de vue, et cet ouvrage la présente d'une façon lumineuse, qu'il s'agisse des menées syndicales, de la multitude des partis ou des remous « upécistes » autour de l'indépendance, du foisonnement des intérêts divers, de la « digestion » du Cameroun anglophone par le jacobinisme des francophones, de la réussite initiale d'Ahidjo sur le plan politique, mais de son insuffisance dans le domaine des droits de l'homme et de l'économie, puis de son échec final. L'ouvrage se termine par un tableau raisonnablement optimiste de l'acquis et des perspectives économiques, diplomatiques et culturelles qui s'offrent à un pays sur lequel on sent tout l'intérêt et l'attachement de l'auteur. Plusieurs cartes, des tableaux, de nombreuses photos judicieusement choisies, une chronologie, une bibliographie, un précieux index, font effectivement de cet ouvrage le manuel de base pour aller « à la rencontre » du Cameroun." (Philippe Laburthe-Tolra, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1991)

339.          GAUTIER (Hippolyte). Les Français au Tonkin, 1787-1884. Sans lieu ni nom, s.d., pt in-8°, viii-464 pp, reproduction en phototypie de la quatrième édition (1886), un portrait de Francis Garnier en frontispice et 5 cartes hors texte (sur 6 annoncées), cartonnage demi-toile avec la page de titre reproduite au 1er plat, pages 424-425 et 429-430 interverties, cachets d'une bibliothèque de Hanoï, bon état

            30

L'ouvrage, après un rapide chapitre historique, est essentiellement consacré aux expéditions de Francis Garnier, Dupuis, Dupré, Rivière, Courbet, et Millot. Une des cartes présente les forteresses du Tonkin.

340.          GERVAIS (Albert). Aesculape dans la Chine en révolte. Gallimard, 1953, in-12, 317 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Passionnant témoignage sur l'invasion japonaise de la Chine pendant la Seconde Guerre mondiale, du débarquement japonais à l'embouchure du Wang-poo au bombardement de Nagasaki. L'auteur, médecin français, professeur à l'école de médecine d'une ville chinoise de l'intérieur, se trouve à son poste quand le Japon déclare la guerre aux Etats-Unis. Peu à peu, il est entraîné par ses amis chinois à la résistance contre l'envahisseur nippon...

341.          GONDA (Jan). Les religions de l'Inde, II : L'Hindouisme récent. Payot, 1965, in-8°, 422 pp, traduit de l'allemand par L. Jospin, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique - Les religions de l'humanité)

            45

"C'est la traduction française de “Der jüngere Hinduismus”, paru à Stuttgart en 1963, et la suite du volume consacré au Védisme et à l'Hindouisme ancien. Celui-ci traite de l'évolution de l'Hindouisme depuis les premiers siècles de notre ère jusqu'à nos jours et il est divisé en quatre parties. La première définit les grandes phases de l'Hindouisme après la période épique, c'est-à-dire les religions des non-aryens, le tantrisme et le çaktisme, les grands traits de l'Hindouisme postépique et l'influence de l'Islam sur ce dernier. Les deuxième et troisième parties décrivent longuement l'histoire du Vichnouïsme et du Civaïsme sous leurs diverses formes. La dernière partie est consacrée à l'Hindouisme des XIXe et XXe siècles, sa pratique, ses différents courants, l'influence de l'Occident, le nationalisme religieux et la renaissance de l'Hindouisme. Un tableau chronologique et un index détaillés terminent l'ouvrage. Comme le volume précédent, celui-ci représente certainement la plus récente et la meilleure synthèse de la grande religion de l'Inde. Aucun autre ouvrage de ce type adressé au public cultivé ne présente de celle-ci un tableau aussi complet, aussi exact, aussi riche de données précises, appuyées sur une vaste documentation, et d'interprétations judicieuses reposant sur une profonde connaissance de cette religion si complexe dont l'influence est encore nettement prédominante sur la pensée et la vie de tous les Indiens d'aujourd'hui." (A. Bareau, Revue de l'histoire des religions, 1966)

342.          HEARN (Lafcadio). Au Japon spectral. Mercure de France, 1929, in-12, 277 pp, traduit de l'anglais par Marc Logé, broché, papier lég. jauni, état correct. Edition originale de la traduction française sur papier courant

            25

Première édition française. — Sur le Japon et la culture japonaise. "Sur l'invitation de son ami ambassadeur du Japon, Hearn débarque à Yokohama en 1890 et trouve un emploi de journaliste pour la presse anglophone. Au Japon, Hearn fait la connaissance de la fille d'un samouraï, Koizumi Setsuko. Il l'épouse et prend en 1896 la citoyenneté japonaise et le nom de Koizumi Yakumo".

343.          HEARN (Lafcadio). Contes des Tropiques. Mercure de France, 1927, in-12, 245 pp, traduit de l'anglais par Marc Logé, mention de 6e édition, broché, état correct

            20

La Pelée ; Ti Canotié ; La fille de couleur ; Bête-ni-pié ; Ma Bonne ; Pa combiné, Ché ! ; Yé ; Lys.

344.          HEARN (Lafcadio). Fantaisies créoles, suivi de Rêveries floridiennes. Mercure de France, 1938, in-12, 196 pp, traduit de l'anglais par Marc Logé, broché, dos jauni, bon état. Edition originale de la traduction française sur papier d'édition

            25

345.          HEARN (Lafcadio). Kokoro. Au coeur de la vie japonaise. P., Dujarric et Cie, s.d. (1906), in-12, 309 pp, traduit de l'anglais par Mme Léon Raynal, broché, couv. de relais des éditions Albin Michel, état correct

            25

346.          HEARN (Lafcadio). Kotto. Mercure de France, 1912, in-12, 256 pp, traduit de l'anglais par Joseph de Smet, mention de 3e édition, broché, ex. numéroté, état correct

            20

Les neuf récits qui suivent sont tirés de quelques vieux recueils japonais, notamment du Shin-Chomon-Shû, du Hyaku Monogatori et du Uji-Jûi-Monogatari-Sho. Ils sont destinés à mettre en relief, à titre de curiosités, certaines croyances singulières. — "Non loin du village de Kurosaka, dans la province de Koki, se trouve une chute d'eau que l'on nomme le Yurei-Daki ou cascade des esprits. J'ignore pour quel motif on l'appelle ainsi. Au pied de la chute se trouve un petit sanctuaire Shinto consacré à la divinité locale, que les gens du peuple désignent sous le nom de Taki-Daïmyojin, et devant l'autel on voit un tronc de petite dimension, ou Saïsen bako, destiné à recevoir les offrandes des fidèles..."

347.          HEARN (Lafcadio). La Lumière vient de l'Orient. Essais de psychologie japonaise. Mercure de France, 1926, in-12, 353 pp, traduit de l'anglais et préfacé par Marc Logé, mention de 4e édition, lexique des termes japonais employés, broché, qqs annotations crayon, état moyen

            15

Le Songe d'un jour d'été (la Légende) ; Chez les étudiants de Kyûshu (Les Idées) ; A Hakata (la Croyance) ; A Propos de l'éternel féminin (le Sentiment) ; Fragments sur la vie et sur la mort (les Moeurs) ; Le Bouddha de Pierre (la Philosophie) ; Jiujutsu (la Défense nationale) ; Les Noces rouges (le double Suicide amoureux) ; Un Voeu exaucé (le Patriotisme) ; A Yokohama (la Religion) ; Yuko, un souvenir (le Loyalisme).

348.          HERSKOVITS (Melville J.). L'Afrique et les Africains. Entre hier et demain. Le facteur humain dans l'Afrique en marche. Payot, 1965, in-8°, 315 pp, bibliographie et références, broché, couv. ullustrée, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique)

            25

"L'ouvrage du Pr. Herskovits se présente comme un panorama général des problèmes actuels de l'Afrique Noire. Il résulte d'observations et d'analyses menées depuis plus de trente ans dans cette partie du monde. Tous les grands thèmes sont abordés. (...) Il s'agit, sans aucun doute, de la meilleure synthèse sur l'Afrique actuelle, émanant d'un homme connaissant bien ses problèmes et les traitant avec sympathie." (Robert Badouin, Tiers-Monde, 1966) — "L'auteur trace l'évolution qui marqua la naissance de tant de jeunes nations africaines. Ethnologue, il s'est surtout intéressé aux populations, en fondant son étude sur le concept d'aire culturelle qui groupe les facteurs écologiques et institutionnels ; il classe ainsi tous les modes de vie et considère, à l'échelle du continent africain, les ressemblances et les différences entre les cultures. Étudiant successivement l'agriculture, la religion, l'école, la ville, les transformations politiques, économiques et sociales, les traditions artistiques et la littérature, il montre comment les Africains se trouvent pris entre le maintien des coutumes établies et les changements apportés par la colonisation..." (Population, 1966)

349.          IZARD (Michel). Le Yatenga précolonial. Un ancien royaume du Burkina. Karthala, 1985, gr. in-8°, 164 pp, 2 cartes, généalogie royale du Yatenga, chronologie, biblio, lexique, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"On se réjouira de trouver enfin accessibles au grand public ces travaux si complets et si précis du spécialiste français des Mossi. Cet ouvrage se présente sous la forme d'une chronique des divers règnes depuis l'origine (fin du XVe siècle) jusqu'à la fin de l'indépendance du royaume avec la mise en place du protectorat français (1895). L'épilogue nous mène jusqu'en 1912. (...) Il s'agit pour une part d'histoire événementielle, avec une reconstitution minutieuse de la chronologie et des portraits pittoresques comme celui de Naba Kango (qui, chassé du trône par un usurpateur, y remonte en force) ; mais il s'agit aussi d'une histoire moderne qui prend en compte le quotidien et tâche de chiffrer toutes les données politiques et économiques, comme le taux annuel de création de maîtrises de terre ou de quartiers de forgerons. (...) Un lexique et des cartes complètent utilement ce précis de l'histoire du Yatenga." (Philippe Laburthe-Tolra, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1988)

350.          KALWA (Piotr) et Marian RECHOWICZ ( dir). Le Millénaire du Catholicisme en Pologne. – Poland's Millennium of Catholicism. Lublin, Société des lettres et des sciences de l'Université catholique de Lublin, 1969, gr. in-8°, 627 pp, 16 planches hors texte, dont 4 en couleurs, reliure toile éditeur, jaquette, pt trace de choc au bas du dos, bon état. Toutes les contributions sont en français, sauf 3 en anglais et une en allemand

            40

"Le livre du Millénaire a d'abord paru en version polonaise : trois volumes, 29 contributions (La société religieuse, l'apport de l'Eglise dans les sciences et dans l'art, l'Eglise dans le cadre de la société et de l'Etat). La version en langues étrangères a sélectionné 14 contributions, groupées en un volume unique. Les plus intéressantes de notre point de vue : Zygmunt Sulowski, “Le Baptême de la Pologne” (p. 31-86) ; Mgr Marian Rechowicz, “La pensée théologique polonaise jusqu'à la fondation de la faculté de théologie à Cracovie” (p. 223-243) ; Karol Gorski, “L'histoire de la spiritualité polonaise” (p. 279-354) ; Mgr Wincenty Urban, “L'oeuvre des missions de l'Eglise catholique en Pologne” (p. 355-409) ; Andrzej Wojtkowski, “Données historiques sur l'enseignement catholique pour laïques” (p. 461-497) ; F. Hieronim Feicht, “An Outline of the History of Polish Religious Music” (p. 499-553) ; Witold Sawicki, “Rôle de l'Eglise dans l'organisation et l'administration de l'Etat polonais avant les partages (966-1795)” (p. 555-588) ; Czeslaw Strzeszewski, “The Catholic Church in Poland and Socio-economic Problems (966-1918)” (p. 589-627). Mais l'attention sera surtout retenue par un travail collectif conduit sous la direction de Jerzy Kloczowski, professeur à l'Université et directeur de l'Institut de Géographie historique de l'Eglise, “Esquisse du développement de l'organisation ecclésiastique en Pologne” (p. 87-143) : avec huit chercheurs, J. K. a entrepris de retracer l'histoire des structures de la communauté polonaise de rite latin en terre polonaise depuis le Xe siècle, avec un intérêt spécial pour les paroisses et les familles religieuses. Ensemble, ils élaborent un atlas historique du christianisme polonais dont j'ai pu apprécier sur place la qualité, et qui permettra une connaissance toute nouvelle de la Pologne catholique." (Emile Poulat, Archives de sociologie des religions, 1970)

351.          KAVKA (Frantisek). La Tchécoslovaquie, histoire lointaine et récente. Prague, Editions Orbis, 1963, in-8°, 187 pp, traduit du tchèque, 32 pl. de gravures et photos et une grande gravure en dépliant hors texte, 7 cartes en 2 couleurs, chronologie, index, broché, bon état

            20

352.          LASTIC SAINT-JAL (Pierre Henri Alfred, Vicomte de). Petite histoire du Canada illustrée. Poitiers, chez l'Auteur et chez Mothe, 1875, in-12, viii-375 pp, gravures et portraits dans le texte et hors texte, reliure demi-toile noire, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            80

Un bon livre, bien documenté et aujourd'hui assez rare, où l'auteur ne peut s'empêcher de déplorer la perte de notre ancienne colonie.

353.          LEGER (François). Les Influences occidentales dans la révolution de l'Orient. Inde, Malaisie, Chine (1850-1950). Plon, 1954, 2 vol. in-12, x-300 et 267 pp, 4 cartes, brochés, couv. défraîchies, état correct (Coll. Civilisations d'hier et d'aujourd'hui). Edition originale, ex. du SP, envoi a.s. (Prix Paul-Michel Perret, décerné par l'Académie des Sciences morales et politiques, 1957)

            35

"Après un séjour de plusieurs années en Asie, Léger a entrepris de décrire la révolution qui s’y est produite depuis un siècle. L’Inde et le Pakistan, la Chine sont aujourd’hui des nations, la Malaisie où l’introduction de l’hévéa a changé le paysage, représente une puissance économique : si le temps a marché si vite depuis 1850, ce peut être en partie sous l’influence de l’Occident. Mais l’auteur nous fait assister, en historien et en psychologue, à ce qu’il appelle “le travail de désacralisation de l’Occident” dans ces pays, qui s’est opéré à la suite des succès japonais sur la Russie en 1905, et des deux guerres mondiales. Le départ des Anglais de l’Inde, leur retour en Malaisie, la chute de la Chine nationaliste malgré l’aide américaine, ouvrent de vastes perspectives à la réflexion. On peut se demander, en particulier, si le retrait de l’influence occidentale dans ces pays ne marque pas le prélude à des transformations profondes dans les structures sociales, dans l’évolution démographique notamment, analogues à celles que connut l’Occident." (Population, 1955)

354.          LIVINGSTONE (David et Charles). Explorations dans l'Afrique australe et dans le bassin du Zambèse depuis 1840 jusqu'à 1864. Ouvrage traduit par Mme Henriette Lobeau, abrégé par J. Belin de Launay. Hachette, 1883, in-12, xx-339 pp, 7e édition, 4 gravures et une carte dépliante hors texte, cart. percaline rouge de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés et caissons à froid, encadrements à froid sur les plats, fer doré de prix au 1er plat, cart. lég. sali, qqs rousseurs, qqs marques au crayon, état correct

            30

Missionnaire, explorateur et médecin écossais, David Livingstone contribua à la lutte contre la traite esclavagiste et à l'évangélisation du sud du continent africain. Il participa au mouvement d'exploration et de cartographie de l'intérieur du continent africain précédant le « partage de l'Afrique » entre grandes puissances européennes. Il fut notamment le premier Européen à découvrir la vallée du Zambèze et consacra une partie de sa vie à rechercher les sources du Nil.

355.          [Loti] – MASSE (Danièle). Pierre Loti, pacha d'Istanbul. Textes rassemblés et présentés par Danièle Masse. Magellan & Cie, 2010, gr. in-8°, 142 pp, nombreuses illustrations en sépia et en couleurs, chronologie, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Traces & Fragments)

            15

Lorsque la frégate “La Couronne” quitte Toulon pour Salonique, le 17 février 1876, le jeune officier de marine Julien Viaud (1850-1923), surnommé Loti depuis un voyage en Océanie en 1872, ne sait pas encore que ce voyage sera déterminant pour son avenir. Il est séduit par la Turquie au point d'en adopter les coutumes, d'en porter le costume et d'en apprendre la langue... Il se sentait l'« âme musulmane ». La culture intellectuelle l'intéressant peu – il affirmait lui-même qu'il ne lisait jamais –, c'est plutôt par la sensation. l'impression, le rêve ou l'imagination que Pierre Loti découvre Istanbul. guidé par Aziyadé – en réalité Hakidjé – qui inspirera son premier roman. Analysant le parcours de cet officier amoureux de l'Orient, Danièle Masse nous entraîne à sa suite et nous aide à percer les secrets d'Istanbul, la magnifique. Cette cité du désir, du fantasme et du mystère, nous est ici enfin révélée.

356.          MERLIER (Michel) [pseudonyme de Auguste MAUREL]. Le Congo de la colonisation belge à l'indépendance. Maspero, 1962, in-8°, 352 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Cahiers libres). Edition originale

            25

Le nom de “Michel Merlier” (Auguste Maurel) est connu de tous ceux qui ont été concernés par la décolonisation du Congo belge. Quel enseignant, quel chercheur, quel homme politique n'a pas consulté ou lu "son Merlier" dans le Congo post-colonial de 1962 ? Un ouvrage important qui propose une analyse cohérente et rigoureuse concernant l'ensemble de l'histoire de la colonisation, de la décolonisation et du néo-colonialisme. L'économie de traite de l'Etat Indépendant de Léopold II, la question agraire et l'exploitation de la paysannerie, la formation du prolétariat, la montée d'une bourgeoisie-classe dirigeante, la contre-offensive des forces coloniales, et la chute de Lumumba, tels sont les thèmes de cet ouvrage qui a gardé tout son intérêt.

357.          MOUEZY (Henri). Histoire et coutumes du Pays d'Assinie et du Royaume de Krinjabo (Fondation de la Côte d'Ivoire). P., Larose, 1942, in-8°, 228 pp, préface du général Gouraud, 5 planches et une carte hors texte, broché, couv. lég. abîmée, dos factice, état correct. Edition originale, envoi a.s. Rare

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Monographie très complète sur les origines de la Côte d'Ivoire coloniale et en particulier sur l'histoire du cercle d'Assinie : séjour du prince noir Aniaba à la cour de Louis XIV ; histoire de l'évangélisation de la Côte d'Ivoire et du cercle d'Assinie. Cet ouvrage met en lumière le rôle des premiers pionniers : Arthur Verdier, Amédèe Brétignière, Treich-Laplène. — Par le Révérend Père Mouëzy (1899-1963) des Missions Africaines de Lyon.

358.          MZALI (Mohamed). Un Premier ministre de Bourguiba témoigne. Jean Picollec, 2004, in-8°, 694 pp, 12 pl. de photos hors texte, une carte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Tout responsable politique s