Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 387 – Juillet 2019

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  ADAMS (John). Paquebots du monde, 1820-1970. 150 ans d'histoire. EPA Editions, 1994, in-4°, 211 pp, traduit de l'anglais, richement illustré de gravures et photos en noir et en couleurs, liste chronologique des navires, index des noms de navire, reliure pleine toile bordeaux bleue de l'éditeur, jaquette illustrée (très lég.abîmée), bon état

            30

Cette histoire, somptueusement illustrée, des Grands paquebots à vapeur débute avec le Savannah de 1819 et via les 83.850 tonnes du Oueen Elizabeth de 1940, se termine avec le dernier vrai paquebot à vapeur lancé en 1969, le Hamburg de 25.000 tonnes. La vapeur, énergie motrice reine du XIXe siècle et du début du XXe, fut appliquée à la navigation alors même que les machines fixes étaient encore des raretés dans les industries européennes et américaines débutantes. Jusqu'à l'avènement de la chauffe au mazout dans les années 1920, le charbon resta la source unique d'énergie calorifique pour les chaudières des navires, et les impératifs logistiques engendrés par Ia nécessité de transporter suffisamment de combustible pour assurer tes traversées les plus longues influencèrent profondèment la conception des premiers navires à vapeur. Au début, les voiles furent toujours de rigueur pour utiliser le vent comme force motrice complémentaire jusqu'à ce que les navires fussent assez grands pour emporter le tonnage de charbon necessaire aux grandes traversées sans escales. Le ravitaillement en charbon constitua d'ailleurs longtemps un problème sur les routes maritimes du Pacifique. Les idées appliquées en 1852 au navire à vapeur Leviathan de Brunel (qui avait envisagé des bateaux capables d'embarquer 15.000 tonnes de charbon) laissaient présager les 19.000 tonnes du Great Eastern lancé en 1858... et responsable des faillites de ses propriétaires successifs ! Cette histoire unique en son genre, couvrant 150 ans de navigation maritime a vapeur, réunit détails techniques et historiques sur environ quatre cents paquebots. Copieusement illustré en noir et blanc et en couleurs, cet ouvrage comprend aussi des reproductions de documents jusque-là jamais publiés rappelant cette époque enthousiasmante des grands paquebots alliant luxe et vitesse et des grandes compagnies maritimes qui los exploitaient.

2.                  APOLLINAIRE (Guillaume), Fernand FLEURET et Louis PERCEAU. L'Enfer de la Bibliothèque Nationale. Bibliographie méthodique et critique de tous les ouvrages composant cette célèbre collection, avec une préface, un index des titres et une table des auteurs. Nouvelle edition. P., Bibliothèque des Curieux, 1919, in-8°, 415 pp, tables, justification du tirage (n° 617), broché, état correct

            70

Catalogue des ouvrages conservés sous la cote "Enfer" à la Réserve du département des Imprimés. 930 livres décrits avec souvent des commentaires et la collation des planches. Cette nouvelle édition ne diffère que par la préface de la précédente, publiée en 1913 par le Mercure de France. Classement dans l'ordre des cotes. Table des titres, index des noms d'auteurs, préfaciers, annotateurs, traducteurs et illustrateurs. — Jusqu’au début du XXe siècle les livres de l’Enfer de la BN n’étaient signalés dans aucun catalogue et n’étaient donc consultables que par quelques rares initiés. On doit à Guillaume Apollinaire, fin connaisseur et collectionneur d’ouvrages érotiques, ce premier catalogue de 415 pages, publié en 1913 au Mercure de France. Il fut rédigé avec Fernand Fleuriet et Louis Perceau, sans l’assentiment de la BN mais grâce à la complicité de certains bibliothécaires. Compte tenu du sujet considéré comme sulfureux à l’époque, les journaux lui font peu de publicité. Pourtant une seconde édition parait en 1919, à la “Bibliothèque des Curieux”.

3.                  BARBAUDY-NGOMA (Brigitte). Marie-Madeleine et le Grand-Œuvre. P., Le Miel de la Pierre, 2001, in-8°, 100 pp, préface de Christian David, 10 illustrations, 4 photos, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, envoi a.s.

            20

"L'histoire est un squelette dont la chair est à jamais perdue" (Paul Veyne). Nous ne saurons jamais quelle a été la véritable figure de Marie-Madeleine. Après sa mort, la légende lui a donné de multiples visages : pécheresse dont le Christ a chassé sept démons, riche courtisane, avec son vase à parfums et ses aromates, pénitente, premier témoin éploré de la résurrection, sainte chevelue et nue, rachetée par son amour et ravie par les anges à la Sainte-Baume. Dans cet ouvrage, des mythologues, des historiens de l'art, des cabalistes et un alchimiste tentent, à travers une approche plurielle, de retrouver le sens de son mystère et des mythes qu'elle a cristallisés. — Ecrit en collaboration avec : un Alchimiste, Marie-José Barbaudy, Antoine Plussihem, Richard Khaitzine et Gilles Peyrache.

4.                  BARIÉTY (Maurice) et Charles COURY. Histoire de la médecine. Fayard, 1963, fort in-8°, 1217 pp, chronologie synoptique, glossaire, biblio, index, reliure pleine toile bleue de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, rhodoïd, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            50

Un des classiques de l'histoire de la médecine.

5.                  BERRALL (Julia S.). Histoire illustrée des jardins. P., Pont Royal, 1968, in-4°, 347 pp, traduit de l'anglais, 203 illustrations sur 160 planches hors texte (28 pl. en couleurs et 132 pl. en noir reproduites en héliogravure), 117 gravures en noir dans le texte et à pleine page, glossaire, reliure pleine toile verte de l'éditeur, do slisse avec titre doré, gravure dorée estampée au 1er plat, jaquette illustrée (déchirure réparée au 1er plat de la jaquette), bon état

            30

Des pharaons à nos jours, voici une anthologie des plus beaux jardins du monde, des jardins royaux du bord du Nil aux labyrinthes et aux « chinoiseries » du XVIIIe siècle, des jardinets précieux de l'Islam aux arabesques de Vaux-le-Vicomte...

6.                  BONNEROT (Jean). Les Routes de France. P., Henri Laurens, 1921, gr. in-8°, 167 pp, 48 gravures (36 planches hors texte et 12 photos dans le texte), broché, état correct (Coll. Les Evocations françaises)

            20

"On trouvera dans ce volume non pas la description détaillée du réseau des routes ni le récit documenté des transformations qu'elles ont subies au cours des siècles, mais un aperçu sommaire et coloré de leurs destinées ; du rôle qu'elles ont joué et qu'elles jouent encore dans la vie nationale. L'auteur connaît à merveille son sujet et il n'aurait pas eu de peine à transformer cette esquisse en un traité d'amples proportions et de solide érudition. S'adressant au grand public, il s'est borné à choisir quelques faits essentiels et quelques illustrations caractéristiques dont son commentaire fait ressortir l'intérêt et la portée. Depuis les premiers sentiers tracés à l'époque préhistorique au travers des forêts jusqu'aux voies ferrées de nos jours, il montre comment les hommes, les produits, les idées ont circulé ; il évoque tour à tour les voies romaines rayonnant autour de Lyon, les chemins du moyen âge suivis par les pèlerins et les héros des chansons de geste, les marchands allant de foire en foire et les armées en campagne, les pavés du roi sur lesquels les diligences roulaient à grand fracas ; il n'oublie pas les rivières et canaux, ces chemins qui marchent, ni les voies sacrées de la grande guerre, bordées de tombes. La route a été mêlée à tous les événements importants de notre passé. Le livre de M. Bonnerot nous donne comme un raccourci de l'histoire même de la France, considérée du point de vue spécial de l'évolution des moyens de communication." (Maurice Besnier, Journal des Savants) — "Si nous sommes en humeur de rêver à ces routes merveilleuses de la soie, de l'ambre et de l'étain tracées jadis par les marchands orientaux à travers la forêt primitive ; aux innombrables pistes gauloises, tranchées plus tard par le tracé rectiligne des larges voies romaines ; aux chemins de pèlerins que les cathédrales jalonnaient comme des reposoirs ; aux destinées des villes grandissant autour d'un gué, d'un bac, d'un pont, d'un port; au piétinement de tant d'invasions sur les chaussées lorraines ou picardes ; au charme accueillant des vieilles hôtelleries le long du pavé du Roi ; aux diligences, aux malles-postes sonores, il faut lire ce livre, illustré de belles photographies. Il est plein d'un grand amour pour notre pays, et l'on surprend à tout instant dans le style frémissant de l'écrivain la trace d'un souvenir personnel." (R. Cohen, Revue Historique, 1922)

7.                  BOUCHERON (Patrick)(dir.). Histoire mondiale de la France. Seuil, 2017, gr. in-8°, 790 pp, index, broché, couv. à rabats, bon état

            20

Voici une histoire de France, de toute la France, en très longue durée. Une histoire qui mène de la grotte Chauvet aux événements de 2015, sans s'embarrasser de la question des origines. Une histoire qui prend au large le destin d'un pays qui n'existe pas séparément du monde, même si parfois il prétend l'incarner tout entier. Une histoire qui n'abandonne pas pour autant la chronologie ni le plaisir du récit, puisque c'est par dates qu'elle s'organise et que chaque date est traitée comme une petite intrigue. Réconciliant démarche critique et narration entraînante, l'ouvrage réunit un collectif d'historiennes et d'historiens, tous attachés à rendre accessible un discours engagé et savant. Son enjeu est clair : tout en revisitant les lieux de mémoire du récit national, il s'agit de déplacer, de dépayser et d'élargir notre histoire. Prendre la mesure d'une histoire mondiale de la France, c'est la rendre simplement plus riche et plus intéressante !

8.                  CASSIN (Barbara). Sophistique, performance, performatif. Vrin, 2007, in-8°, 48 pp, broché, bon état (Bulletin de la Société française de philosophie, 100e année, n° 4, octobre-décembre 2006)

            10

Exposé de Barbara Cassin, suivi d'une discussion avec Francis Jacques, Catherine Kintzler, Sandra Laugier, François Marty, Simone Rinzler et Isabelle Thomas-Fogiel.

9.                  CASSIN (Barbara)(dir.). Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles. Seuil, Le Robert, 2004, pt in-4°, xxiv-1532 pp, 4 index, reliure cartonnée de l'éditeur, bon état

            60

L'un des problèmes les plus urgents que pose l'Europe est celui des langues. On peut choisir une langue dominante, dans laquelle se feront désormais les échanges, ou bien jouer le maintien de la pluralité, en rendant manifestes le sens et l'intérêt des différences. Ce “Vocabulaire” s'inscrit dans la seconde optique. Il a l'ambition de constituer une cartographie des différences philosophiques européennes, en capitalisant le savoir des traducteurs. Il explore le lien entre fait de langue et fait de pensée, et prend appui sur ces symptômes que sont les difficultés de passer d'une langue à l'autre – avec “mind”, entend-on la même chose qu'avec “Geist” ou qu'avec “esprit” ? “Pravda”, est-ce “justice” ou “vérité” ? Et que se passe-t-il quand on rend “mimêsis” par “imitation” ? Chaque entrée part ainsi d'un fait d'intraductibilité, et procède à la comparaison des réseaux terminologiques, dont la distorsion fait l'histoire et la géographie des langues et des cultures. C'est un instrument de travail d'un type nouveau, indispensable à la communauté scientifique élargie qui cherche à se constituer, en même temps qu'un guide de l'Europe philosophique pour les étudiants, les enseignants, les chercheurs, les curieux de leur langue et de celles des autres.

10.              CHIANTARETTO (Jean-François) et Régine ROBIN (dir.). Témoignage et écriture de l'histoire. Décade de Cerisy 21-31 juillet 2001. L'Harmattan, 2003, in-8°, 480 pp, broché, bon état

            30

Le témoignage a pris au vingtième siècle une actualité engageant le futur, bien au-delà du champ professionnel des historiens. Il s'agit d'un enjeu décisif face à un double danger : l'amnésie généralisée qui vide la pensée de toute historicité, les passions patrimoniales et identitaires. L'écriture de l'histoire est ici interrogée dans une perspective pluridisciplinaire, à partir des différentes formes de témoignage, dans le champ exclusif du vingtième siècle. Quatre grandes questions sont principalement abordées : le statut de la singularité dans le témoignage, le traitement historien du témoignage, la conservation des traces et la transmission testimoniale, la multiplicité des registres et genres testimoniaux.

11.              Collectif. Famille et société. Systèmes familiaux - Familles en fiches - Normes et déviances. Armand Colin, Annales ESC, 1972, gr. in-8°, (436) pp, paginé 799-1234-xxxvi, graphiques et tableaux, un grand dépliant hors texte, broché, bon état

            25

22 études érudites. — Important numéro spécial des "Annales" constitué d’une vingtaine d’articles d'historiens (Georges Duby et son important article sur "Lignage, noblesse et chevalerie", Emmanuel Le Roy Ladurie, Peter Laslett, Christiane Klapish, André Burguière, François Lebrun, J.-C. Perrot, Jacques Depauw...), de démographes (Louis Henry, Jacques Dupaquier), de sociologues (Pierre Bourdieu), d'anthropologues (Jean Cuisenier)... Détail : Systèmes familiaux : G. Duby, Lignage, noblesse et chevalerie au XIIe siècle dans la région mâconnaise ; E. Le Roy-Ladurie, Pour une anthropologie structurale de la France d'Ancien Régime ; P. Laslett, La famille et le ménage : approches historiques ; Ch. Klapisch, « A uno pane e uno vino » : la famille rurale toscane au début du XVe siècle ; W. Kula, La seigneurie et la famille paysanne en Pologne ; D. Sabean, Famille et tenure paysanne : aux origines de la Guerre des Paysans en Allemagne ; A. Collomp, Famille nucléaire et famille élargie en Haute-Provence au XVIIIe siècle ; M. Baulant, La famille en miettes : sur un aspect de la démographie du XVIIe siècle ; J. Cuisenier, Parenté et organisation sociale dans le domaine turc. — Familles en fiches : L. Henry, La fécondité des mariages dans le quart Sud-Ouest de la France, de 1720 à 1829 (II) ; J. Dupaquier, Ce qui fait les familles nombreuses ; Y. Daubèze et J.-C. Perrot, Un programme d'étude démographique sur ordinateur ; A. Schofiefd, La reconstitution des familles par ordinateur : un exemple anglais ? ; A. Chamoux, La reconstitution des familles : espoirs et réalités. — Normes et déviances : P. Bourdieu, Les stratégies matrimoniales dans le système des stratégies de reproduction ; E. Ortigues, La psychanalyse et les institutions familiales ; A. Burguière, Le mariage tardif et l'esprit d'entreprise ; J.-M. Gouesse, Parenté, famille et mariage en Normandie aux XVIIe et XVIIIe siècles ; F. Lebrun, Naissances illégitimes et abandons d'enfants en Anjou au XVIIIe siècle ; J. Depauw, Amour illégitime et société à Nantes au XVIIIe siècle ; H. G. GuTman, Le phénomène invisible. La composition de la famille et du foyer noir après la Guerre de Sécession ; F. Lautman, Différences ou changement dans l'organisation familiale. — Comptes rendus : Démographie et sociologie de la famille.

12.              COURTHIADE (Marcel). Petite histoire du peuple rrom. Première diaspora historique de l'Inde. Le Bord de l'eau, 2019, gr. in-8°, 223 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            18

L'ignorance et les malentendus au sujet du peuple rrom continuent de freiner l'intégration citoyenne de ces 12.000.000 d'Européens et 500.000 Français. Il ne s'agit pas toujours d'une mauvaise volonté de la part des autres populations, ni bien sûr des Rroms, mais d'une cruelle absence d'information à la fois synthétique et fiable sur le sujet. Le présent ouvrage vise à combler cette lacune. Premier travail proposant une vision d'ensemble de l’histoire du peuple rrom, de l'Inde antique à la dispersion en Europe et au Brésil, s'appuyant le plus souvent sur des sources directes, il présente les faits historiques et culturels en lien avec le contexte social, idéologique, économique, militaire, religieux des époques respectives. Sa première rédaction a été faite en langue rromani mais il s'est vite avéré que le contenu convenait tout à fait pour un public bien plus large. On constate la présence de Rroms à l'intersection de nombreux événements majeurs de l'histoire et l'ouvrage contribue à faire sauter les barrières reposant sur des singularités plus imaginaires que réelles de ce peuple – qu'elles soient accusatrices ou romantiques. Le survol historique est fait surtout par "empires" et tente de relier la question des Rroms avec l'actualité des autres peuples en fonction des grandes interrogations des diverses époques. Quel est le poids de l’identité religieuse et culturelle ? Quels sont les bons ou les mauvais pauvres ? Comment émerge le racisme dont ils peuvent être l’objet ? Comment les Rroms sont-ils traités par les régimes, totalitaires ou démocratiques ? Quand les programmes politiques les concernent, comment sont ils appliqués et vécus par les Rroms ? Cet ouvrage apportera une lumière utile à la réduction des préjugés contre les Rroms.

13.              DAMPIERRE (Jacques de)(dir.). Annuaire général de la France et de l'Etranger pour l'année 1919, publié sur l'initiative du Comité du Livre, Association nationale sous le haut patronage du Gouvernement de la République. P., Comité du Livre, 1919, fort pt in-8°, xxxix-1222 pp, 4 portraits hors texyte (Poincaré, Clemenceau, Joffre, Foch), nombreux tableaux, index et tables, reliure percaline bleue de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, encadrement à froid au 1er plat, bord des feuillets jauni, bon état. Peu courant

            60

Jacques de Dampierre publia 8 éditions de cet utile “Annuaire général de la France et de l'étranger” de 1919 à 1928. — "II nous manquait en France un livre court, clair et dense où l'on pût retrouver, sans quitter sa table de travail, les données essentielles de la vie économique, autrement dispersées dans les innombrables publications des statistiques spéciales. Nous n'avions pas chez nous d'équivalent du précieux “Statesman's Year Book” de J. Scott Keltie. Ce livre, attendu, vient de paraître pour la première fois en 1919, sous le titre d' “Annuaire général de la France et de l'Etranger”, en un moment où l'on aurait pu croire que les difficultés de la documentation et de l'impression s'opposaient à pareille réalisation. Nous devons être reconnaissants à M. J. de Dampierre qui a eu l'idée de cette publication et en dirigé l'exéculion. Après une brillante introduction de M. J. Brunhes, l'Annuaire comprend une première partie : “La France politique et sociale”, pleine de renseignements utiles, mais étrangère à la géographie. C'est dans la seconde et la troisième partie : “La France économique et sociale”, et “Les Puissances étrangères”, que les géographes trouveront le précieux “vade-mecum” dont ils avaient besoin. On a réuni, dans ces chapitres de nature économique, résumés par des tableaux de chiffres et commentés en des notices substantielles, les données fondamentales relatives aux richesses et aux forces productives de la France : agriculture (céréales, cultures industrielles, cheptel, industrie laitière, viticulture, industries de l'alimentation, industries de la pêche) ; industrie (situation du fait de la guerre, industrie minière, industrie sidérurgique, forces hydrauliques, industrie électrique, industries de luxe) ; commerce (commerce extérieur, foires, moyens et voies de communication, estuaires et ports de commerce, marine marchande). Pour nos colonies et pour les pays étrangers, l'Annuaire contient d'autres notices, moins longues que pour la France, mais rédigées dans le même esprit et avec la même méthode. A presque tous les chapitres fait suite un appendice, contenant une bibliographie sommaire, un choix de périodiques à consulter ou bien une liste de groupements industriels et commerciaux, en un mot, des indications indispensables pour étendre, le cas échéant, une recherche et une enquête. Nous avons l'espoir que ce livre, très réussi en lui-même, réussira auprès du public et qu'ainsi sa périodicité annuelle sera assurée pour le plus grand profit des travailleurs qui chaque année attendront son apparition avec impatience." (A. Demangeon, Annales de géographie, 1920) — "Cet Annuaire comprend une introduction géographique sur la France, par M. Jean Brunhes, et trois parties : 1) la France politique et sociale ; 2) la France économique et coloniale ; 3) les puissances étrangères, plus un index et des tables. Dans un supplément sont présentées les pertes de la guerre et les destructions subies par la France (« si la Belgique et l'Italie du Nord ont subi quelques destructions analogues, la France, qui a souffert plus qu'aucun des Alliés dans sa chair et dans son sol, reste aussi la plus cruellement atteinte de tous dans son patrimoine d'art et d'histoire ») ; les compensations que nous apporte la désannexion de l'Alsace et de la Lorraine ; l'organisation de la Conférence de la Paix à Paris. L'ouvrage a été commencé en 1917, continué sans défaillance sous les obus allemands et terminé le 28 juin 1919, date de la signature du traité de paix avec l'Allemagne. M. Jacques de Dampierre, directeur responsable de la publication, s'est acquitté de sa tâche avec une intelligence et un dévouement qu'on ne saurait trop louer." (Ch. Bémont, Revue Historique, 1920)

14.              DEMARTRES (Pierre). Les Terre-Neuvas. Payot, 1930, in-8°, 185 pp, préface de J. Duhamel, 32 photos sur 16 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. d'études, de documents et de témoignages pour servir à l'histoire de notre temps), ex. signé par l'auteur

            30

Ce n'étaient pas des pêcheurs comme les autres. Embarqués à moins de quinze ans, ils ont passé la moitié de leur vie dans les eaux glacées qui s'étendent entre l'Islande et Terre-Neuve. Ils connaissaient l'excitation du poisson qui mord et l'orgueil du retour les cales pleines, mais aussi, surtout, les mers démontées, les tempêtes de neige, la mort tapie dans la brume. On les appelait les « bagnards de l'océan » ou les « galériens des brumes »...

15.              DUVERGER (Maurice). Les Partis politiques. Armand Colin, 1954, in-8°, xii-476 pp, 2e édition revue et mise à jour, , 45 tableaux et graphiques, note bibliographique, broché, bon état

            20

"[Il faut] admirer le solide travail que M. Duverger a su mener à bien ; car il a réussi une forte synthèse, alors que ses prédécesseurs n'avaient pu que présenter des esquisses partielles ; synthèse qui rassemble une foule de fines analyses. Soit un plan très simple : d'abord ce qu'est le parti ; ici trois problèmes : celui de l'armature, celui de la composition, celui de la direction ; ensuite, comment les partis constituent des familles, ou, mieux encore, des « systèmes », et là encore trois grandes questions : le nombre des partis, leurs rapports, leur rôle et leur action. Dans le détail, une minutieuse investigation qui semble ne rien laisser à l'abri du regard de l'indiscret. Un ensemble qui, grâce à la fluidité de l'écriture, se lit le plus agréablement du monde, sans jamais rebuter par l'abus de l'abstraction ou de la technicité. Ajoutons aussitôt : un texte que rendent plus intelligible encore une foule de graphiques, de schémas et de tableaux, toujours clairs, précis, ingénieux : quarante-cinq figures très neuves et pédagogiquement excellentes." (Robert Scnerb, Annales, 1952)

16.              GARREAU-DOMBASLE (Man'Ha). Aztlan. Songes mexicains. P., La Porte Etroite, 1952, pt in-8°, 154 pp, broché, bon état

            60

Man'Ha Garreau-Dombasle (1898-1999) fut l'un des derniers témoins de tout un siècle, comme le montrent ses amitiés littéraires avec Claudel, Gide ou Saint-John Perse. En 1940, elle suit dans la Résistance son mari, futur ambassadeur de France, Maurice Garreau-Dombasle, qui fut l'un des premiers diplomates à quitter son poste pour rejoindre le général de Gaulle à Londres. Saluée par Benjamin Péret et Roger Caillois, elle est l'auteur de plusieurs ouvrages dont : “le Jardin du scarabée”, “Masque” et “Aztlan”. Elle a traduit du bengali “les Amours de Radha et de Krishna” et publié des recueils de poèmes, en particulier “Mahève“ et “Images”.

17.              GARREAU-DOMBASLE (Man'Ha). Images. Stock, 1987, in-8°, 146 pp, broché, bon état

            30

"Ces poèmes, écrits par ma grand-mère au cours de sa toute jeunesse, je les ai découverts alors qu'elle les avait oubliés, et je les ai aimés ! Quand je vécus auprès d'elle, elle avait parcouru le monde et me le racontait: elle était née poète et l'est restée. Ce recueil, simplement intitulé “Images”, nous rend un temps, disparu semble-t-il, où l'on avait davantage celui de vivre en résonance avec la nature, de transposer ses signes, de rêver avec elle et en elle... Aux éblouissements de ses heureux éveils se mêlent les ombres des tristes saisons et celles projetées par l'aile mystérieuse de la mort planant toujours sur notre monde. Je souhaite que le lecteur de ces chants puisse, comme moi, les aimer en tant que reflets des enchantements et de la magie de l'Univers." (Arielle Dombasle)

18.              IDEL (Moshe). Le Golem. Editions du Cerf, 1992, gr. in-8°, 426 pp, traduit de l'anglais, préface de Henri Atlan, biblio, index, broché, couv. illustrée, pt accroc au dos, bon état (Coll. Patrimoines-Judaïsme), ex. du SP

            60

"Le Golem est une créature ou plutôt un être humain fabriqué artificiellement grâce à un procédé magique faisant appel aux saints noms de Dieu. La conception selon laquelle il serait possible de créer des êtres vivants de cette manière se retrouve à travers les doctrines magiques d'un grand nombre de peuples. L'exemple le plus connu est celui des idoles et des images auxquelles les Anciens prétendirent avoir conféré le pouvoir de la parole. Chez les Grecs et les Arabes, ces activités sont parfois mises en rapport avec des spéculations astrologiques qui consistent à capter la spiritualité des étoiles et à l'insuffler à des créatures sublunaires. Toutefois, le développement de l'idée du Golem dans le judaïsme est indépendant de l'astrologie ; cette idée est davantage liée à l'exégèse magique du Sefer Yetsirah et à des conceptions qui admettent le pouvoir créatif du langage et des lettres." (Gerschom Scholem) — "La légende du Golem – cet homme artificiel fabriqué par l'homme – plonge ses racines dans l'antiquité païenne, même si elle n'a été vulgarisée qu'à partir du XVIe siècle par des penseurs juifs et chrétiens. Disciple de Gershom Scholem, Moshe Idel retrace à partir de textes juifs, l'évolution de ce mythe depuis l'antiquité à nos jours. Il le rattache au Sefer Yetsira, l'un des textes fondamentaux de la mystique juive rédigé par un auteur anonyme probablement au IIe siècle. Selon la tradition juive, le Golem est un anthropoïde formé de poussière et animé par une combinaison des lettres hébraïques. Analysant un corpus volumineux de textes dont les plus anciens remontent à la Bible et au Talmud, l'auteur compare les différentes techniques de la fabrication du Golem et étudie les relations entre la mystique, la magie et la science." (Doris Bensimon, Archives de Sciences Sociales des Religions, 1993)

19.              JEANNENEY (Jean-Marcel) et Elizabeth BARBIER-JEANNENEY. Les économies occidentales du XIXe siècle à nos jours. 1. Diagrammes. – 2. Commentaires. Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1985, 2 vol. gr. in-8°, 327 et 311 pp, biblio, brochés, bon état

            45

Cet ouvrage contient dans son tome I deux cent vingt-six planches, où sont tracées près de 2.500 courbes ou figures qui fournissent une somme d'informations statistiques jamais encore rassemblées sur les principales économies occidentales. Ces planches retracent les croissances des populations, des productions, des masses monétaires, des revenus et des consommations pendant plus d'un siècle et demi. Elles décrivent les variations des prix, l'alourdissement des finances publiques, l'intensification des relations économiques internationales. Elles permettent de faire des comparaisons dans le temps et l'espace et d'apercevoir “l'étroit enchaînement des choses et l'intime corrélation qu'il y a entre elles” (Marc-Aurèle). Dans le tome II, Jean-Marcel Jeanneney commente les diagrammes et figures publiés dans le tome 1, sans aucun parti pris doctrinal. Mais il les fait précéder d'opinions et de réflexions personnelles sur la marche séculaire de nos économies. La bibliographie comprend plus de deux cent cinquante titres d'ouvrages ou de périodiques, qui constituent un inventaire inédit des sources statistiques les plus accessibles. Aux hommes politiques et aux administrateurs, aux dirigeants d'entreprise et aux syndicalistes ce livre apportera matières à réflexion. Aux économistes et aux historiens il proposera des données générales où situer leurs recherches particulières. Aux étudiants il donnera des images précises de faits sur lesquels portent les enseignements. — "La volonté de diagnostic et de comparaison utiles anime le fort recueil de données que commentent sans parti pris doctrinal J.-M. Jeanneney et E. Barbier-Jeanneney. Un premier volume, Diagrammes, contient 226 planches où s'étalent environ 2.500 courbes : de 1820 à nos jours, elles visualisent les croissances des populations, des productions, des masses monétaires, des revenus et des consommations. Sans oublier le détail des prix, les avatars des finances publiques et toutes les balances des échanges internationaux. Le second volume, Commentaires, se lit page après page en confrontation avec les courbes et les chiffres. Et une série d'index très complets rend la matière parfaitement accessible. Cet ensemble, fruit du travail collectif du Service d'étude de l'activité économique et de l'Observatoire français des conjonctures économiques de la Fondation nationale des sciences politiques, est le seul recueil en langue française de statistiques mondiales sélectionnées dans un souci pédagogique sans manichéisme. C'est dire qu'il est, d'entrée, un outil de travail et de réflexion indispensable." (Jean-Pierre Rioux, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1986)

20.              JULLIARD (Jacques). Les gauches françaises, 1762-2012 : Histoire, politique et imaginaire. Flammarion, 2012, gr. in-8°, 943 pp, sélection bibliographique, index, broché, bon état

            20

Ce livre est la première synthèse sur les gauches françaises, du XVIIIe siècle à nos jours, des philosophes des Lumières à François Hollande. Il montre ce que la gauche a retenu de chaque période historique : l'idée de progrès du XVIIIe siècle finissant, les droits de l'homme de la Révolution, le parlementarisme de la monarchie censitaire, le suffrage universel de 1848, la laïcité de la IIIe République, la civilisation du travail du Front populaire, la patience du pouvoir de François Mitterrand. Pour finir, il distingue quatre gauches : libérale, jacobine, collectiviste, libertaire. L'arrière-plan intellectuel de chaque période est éclairé par des "portraits croisés", à l'imitation de Plutarque – de Voltaire et Rousseau en passant par Robespierre et Danton, Lamartine et Hugo, Clemenceau et Jaurès, jusqu'à Sartre et Camus, et enfin Mendès France et Mitterrand... Une vision à la fois historique et anthropologique.

21.              KUPCIK (Ivan). Cartes géographiques anciennes. Evolution de la représentation cartographique du monde de l'Antiquité à la fin du XIXe siècle. P., Gründ, 1981, in-4°, 240 pp, 30 planches hors texte en couleurs et 75 illustrations en noir, biblio, index, reliure toile moutarde illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            35

"Le lecteur francophone se réjouira de la publication de cette histoire de la cartographie occidentale qui constitue le premier essai du genre en français... Il s'agit, en fait, de la traduction, dans notre langue, d'un ouvrage rédigé en tchèque et dont l'auteur est un disciple du spécialiste bien connu, Karel Kuchar. On se félicitera de la présentation presque luxueuse du livre, de la profusion des illustrations, de l'utilité de l'index. On appréciera aussi les annexes qui font le point sur les grandes collections de cartes anciennes, sur la conservation et la muséographie de ces documents, sur les séries de fac-similés, sur les diverses publications spécialisées." (Numa Broc, Annales de géographie, 1983)

22.              LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Existences d'artistes. De Molière à Victor Hugo. Grasset, 1946, in-12, 342 pp, 6 gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La petite Histoire, 11)

            25

"Les “Existences d'artistes”, de G. Lenotre (Grasset), sont un choix de ses chroniques relatives à la vie privée de quelques grands hommes des arts ou des lettres. Ces pages n'ont pas perdu leur fraîcheur, et permettent d'espérer que plusieurs recueils posthumes pourront être encore édités du plus amusant des historiens." (André Thérive, “Le Temps”, 10 janvier 1941)

23.              LITTRÉ (É.). Dictionnaire de la langue française. P., Librairie Hachette et Cie, 1882-1883, 5 vol. gr. in-4°, lix-2080, ii-2628, iv-375-vii-84 pp, reliures demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et caissons dleuronnés dorés, doubles filets dorés sur les plats (rel. de l'époque), plats lég. frottés, qqs rousseurs aux premiers et derniers feuillets des volumes, bon état. Bon exemplaire très bien relié et très frais

            250

Tome premier : A-C. – Tome deuxième : D-H (tomes 1 et 2 en pagination continue : lix-2080 pp) – Tome troisième : I-P. – Tome quatrième : Q-Z (tomes 3 et 4 en pagination continue : ii-2628 pp) – Supplément (iv-375-vii-84 pp). — Les cinq volumes sont en très bon état, propres et solidement reliés, ne montrant que de l'usure assez légère ici et là sur les plats. Les intérieurs sont en excellent état sans rien à signaler, ni inscriptions, ni annotations, ni soulignures. Compte tenu du poids de l'ensemble, des frais d'envoi supplémentaires sont à prévoir. — Le “Dictionnaire de la langue française” est publié par Hachette entre 1863 et 1872 pour la première édition. Il compte quatre volumes, auxquels s'est ajouté un Supplément, comprenant des néologismes et des ajouts, suivi d'un dictionnaire étymologique des mots d'origine orientale (arabe, hébreu, persan, turc, malais), par Marcel Devic. Il s'agit d'un dictionnaire ancien : ses vedettes comme ses définitions s'appliquent à une langue française qui a beaucoup évolué en près de 150 ans. Certains passages portent l'empreinte de cette époque et doivent se lire dans ce contexte historique. Le sport était alors un néologisme, et le cafard semblait religieux ; la science collectionnait les planètes téléscopiques, doutait de l'avenir du tout nouveau téléphone et inventait le délicat stasimètre. Le mot race n'avait pas le même sens qu'aujourd'hui. En ce temps déjà lointain on s'emberlucoquait, barguignait, faisait la bobe, se guédait, blézimardait, morguait, pour enfin s'acagnarder avec bonheur. À la différence d'ouvrages purement explicatifs, ce dictionnaire est très littéraire, truffé de citations de toutes sortes et de toutes époques, et agrémenté de conseils d'utilisation, ou de réprimandes aux auteurs célèbres qui prennent des libertés avec la langue française. Le rapport d'Émile Littré aux mots est souvent très affectueux, allant jusqu'à défendre des barbarismes pour que la poésie ancienne n'en soit pas gâtée. Le Littré peut se feuilleter avec délices pendant des journées entières...

24.              MALRAUX (André). Le Musée Imaginaire de la sculpture mondiale, tome I : La statuaire. P., N.R.F., 1952, pt in-4° (18 x 23), 832 pp, 704 illustrations en héliogravure en noir dans le texte et à pleine page et sur 15 planches en couleurs hors texte, 11 cartes, reliure percaline blanche de l'éditeur (lég. salie), dos lisse avec titres dorés, sans la jaquette, bon état (Coll. La Galerie de la Pléiade). Edition originale

            30

Documentation archéologique de Raymond Lantier, André Parrot, Jacques Vandier, Jean Charbonneaux, Vadime Elisseeff, Jacques Soustelle, Denise Paulme-Schaeffner, Françoise Girard et Marcel Aubert.

25.              MALRAUX (André). Les Voix du silence. P., N.R.F., 1953, pt in-4° (18 x 23), 657 pp, 427 illustrations en héliogravure en noir dans le texte et à pleine page et sur 15 planches en couleurs hors texte, index, reliure percaline blanche de l'éditeur (lég. salie), dos lisse avec titres dorés, sans la jaquette, bon état (Coll. La Galerie de la Pléiade)

            30

D'abord publiés chez Skira en trois volumes, parus de 1947 à 1949, intitulés “Psychologie de l'art” – Le Musée imaginaire, La Création artistique, La Monnaie de l'absolu –, les grands textes sur l'art d'André Malraux (1901-1976), recomposés et retouchés, deviennent, en 1951, chez Gallimard, un imposant livre illustré divisé en quatre parties, “Les Voix du silence”. — "Sous ce titre se trouvera enfin réuni l'ensemble des textes qui composent la Psychologie de l'art, dont ce sera l'édition complète et définitive. Aux divers essais : Le Musée imaginaire, La Création artistique, La Monnaie de l'Absolu, s'ajoutent plus de deux cents pages inédites (accompagnées de cent soixante planches nouvelles), qui apportent la conclusion d'une œuvre unique en son genre, poursuivie depuis 1935 par l'illustre écrivain. L'exécution des gravures qui a nécessité plus d'un an de travail a été l'objet de soins tout particuliers, grâce auxquels l'intérêt documentaire et artistique de cet ouvrage ne sera pas inégal à son exceptionnelle valeur littéraire." (L'Editeur)

26.              MARGOLIS (Max L.) et Alexandre MARX. Histoire du peuple juif. Payot, 1930, in-8°, 750 pp, traduit de l'anglais, biblio, index, reliure demi-chagrin vert, dos lisse, titres dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            70

"L'Histoire du peuple juif de MM. Margolis et Marx va des origines jusqu'à nos jours. Elle cherche à mettre en relief le déplacement des centres principaux qui ont joué un rôle dans le développement de la vie intérieure et extérieure du peuple juif : Palestine, Centre Oriental, Europe occidentale, nouveaux centres pour les réfugiés allemands et espagnols, âge de l'émancipation. Les auteurs ont bien su dégager de l'histoire générale les faits qui concernent le peuple juif ; leur récit, quoique succinct, demeure vivant; et, pourtant, le nombre des renseignements contenus dans ce livre dépasse ce que tout lecteur en attend : film, aux visions rapides, auquel on aime à se reporter pour en étudier les détails. C'est avec une grande satisfaction que je recommande ce livre, dont l'heureuse traduction est due à M. J. Robillot : une excellente table analytique fait de ce volume une véritable encyclopédie, de consultation facile." (P. Synave, Revue des sciences philosophiques et théologiques, 1932)

27.              Mélanges Gilbert Gidel. Mélanges en l'honneur de Gilbert Gidel. Librairie Sirey, 1961, gr. in-8°, xv-605 pp, préface de Pierre Vellas, une photo de G. Gidel en frontispice, broché, bon état

            60

38 études érudites : L'action militaire franco-britannique en Egypte et le Droit des Nations Unies (Suzanne Bastid) ; La neutralité de la Franche-Comté au XVIe et au XVIIe siècle (René Dollot) ; Guillaume de Rennes et les origines de la science du droit de la guerre (L. Ehrlich) ; Bolingbroke et Hegel ou la monarchie démocratique (J. N. Lambert) ; etc. — « C'est au public à qui il est destiné, de juger de la valeur d'un ouvrage ; il n'est tenu de prendre souci ni des efforts que sa composition a demandés à l'auteur, ni du temps qu'il y a consacré, ni des buts qu'il s'est proposé d'atteindre. Il appartient au livre lui-même de témoigner de tout cela » écrivait jadis Gilbert Gidel en préface au premier tome de son “Droit international public de la mer”. Les Mélanges que lui offraient ses disciples, et qui sont aujourd'hui dédiés à sa mémoire et à son œuvre, peuvent passer au crible de ces critères sévères : ils resteront. (Jean-Maurice Dehousse, Annuaire Français de Droit International, 1961)

28.              MOURRE (Michel). Le Petit Mourre. Dictionnaire de l'Histoire. Larousse, 1998, fort gr. in-8°, ix-1232 pp, 64 pl. de cartes en couleurs, texte sur 2 colonnes, reliure souple illustrée de l'éditeur, dos creusé, bon état

            30

Le Dictionnaire encyclopédique d'histoire universelle de Michel Mourre est un ouvrage unique en langue française. Constamment amélioré, depuis sa première parution (1978) jusqu'à la nouvelle édition en cinq volumes (1996), il s'est progressivement imposé comme le Dictionnaire de référence dans le domaine de l'Histoire, au point d'être connu désormais comme « le Mourre ». Le “Petit Mourre” reprend sous une forme abrégée le texte original de la dernière édition. Une sélection a été effectuée parmi les articles. Ce choix s'efforce d'embrasser l'histoire mondiale, de l'origine de l'homme à nos jours, et présente des articles consacrés : – à la préhistoire, aux grandes civilisations, aux principaux peuples, etc. ; – aux royaumes, dynasties, Etats, provinces et régions, historiques et contemporains ; – aux grandes religions et aux courants religieux ; – aux grandes idéologies et leurs institutions ; partis politiques et mouvements, syndicats, grands organismes nationaux et internationaux, etc. ; – aux grands événements : découvertes du monde, guerres, batailles, révolutions, coups d'Etat, crises, traités, accords, pactes, élections, conciles, affaires célèbres, etc. ; – aux biographies de tous les personnages ayant joué un rôle important dans l'histoire du monde. Des ajouts, des mises à jour, des articles nouveaux, rendus nécessaires par l'actualité, ont été effectués. Un ensemble de plus de soixante cartes historiques en couleur vient enrichir l'ouvrage. Ainsi le “Petit Mourre”, le plus complet et le plus sûr des dictionnaires d'histoire universelle en un volume, se présente comme l'usuel indispensable à l'amateur d'Histoire.

29.              OUAKNIN (Marc-Alain). Symboles du judaïsme. Assouline, 1995, in-4°, 128 pp, 60 photos à pleine page, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Comprendre une religion à travers ses symboles rituels et culturel, est une approche nouvelle. Ce voyage initiatique au coeur du judaïsme, commenté par le rabbin Marc-Alain Ouaknin, répond à toutes les questions avec grande clarté. Pourquoi la Kipa ? Pourquoi le châle de prière ? Quel est le rôle du parchemin à l'entrée des maisons ? Pourquoi les rouleaux de la Loi sont-ils écrits à la plume ? Depuis le Jour de l'an (Roch-Hachana), les chapitres suivent le calendrier hébraïque, expliquant toutes les fêtes qui rythment l'année. Ce livre inaugure une série d'ouvrages consacrés aux symboles qui unissent et rassemblent les hommes de même religion. Pourquoi les juifs pieux portent-ils une calotte ? Depuis quand l'"étoile de David" est-elle le symbole du peuple juif ? Que signifient les franges accrochées aux quatre coins du châle de prière ?

30.              PACAUT (Marcel). Histoire de la Papauté, des origines au concile de Trente. Fayard, 1976, in-8°, 397 pp, 3 cartes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            25

"Marcel Pacaut est un historien du moyen âge, aussi n'est-il pas étonnant que son Histoire de la Papauté de l'origine au concile de Trente ne prenne vraiment chair et vie qu'à partir de S. Grégoire le Grand « qui, ouvrant réellement la période de la Papauté médiévale, doit être rangé parmi les plus importants de l'histoire de l'Église » (p. 51). Les quarante premières pages sont moins détaillées et, disons le franchement, moins satisfaisantes que la suite. Le portrait de Grégoire est très évocateur. A partir du début du VIIe s. jusqu'au XVe, nous avons une histoire précise de l'institution papale, dont les grands moments sont liés à des hommes de la stature de Grégoire VII, Alexandre III, Innocent III, Grégoire IX..." (Yves Congar, Revue des Sciences philosophiques et théologiques,1976)

31.              PELLIER (Louis-Charles). Essai élémentaire sur l'Art de l'Equitation. Deuxième édition, publiée par François Leblanc, son élève. P., Leblanc, 1837, in-8°, 112 pp, broché, couv. papier muette de l'époque, qqs rousseurs, bon état

            100

Essai peu courant composé par Louis-Charles Pellier (1767-1846). Ce dernier avait été écuyer du duc d’Enghien, à qui il sauva la vie, et professeur à l’École impériale d’équitation de la ville de Paris. Cet ouvrage fut entrepris sur les conseils du comte de Thermes pour concourir à la place de professeur de l’École royale et militaire de Saint-Cyr. Divisé en quatre leçons, il débute par un Avant-propos contenant quelques observations faites en 1815 sur la décadence de l'art de l'Equitation. L’auteur, qui pensait « qu’une pratique raisonnée et suivie (était) infiniment préférable à une théorie », propose les principes essentiels de l’équitation. L'ouvrage de Louis-Charles Pellier est beaucoup moins élémentaire que son titre ne le laisse supposer, car il mène son élève jusqu'aux airs assez compliqués de la vieille équitation française et de l'Ecole de Versailles dont ce respectable écuyer fut à peu près le dernier représentant. Ecuyer et professeur d'équitation, il était fils de Louis Pellier, qui avait été Ecuyer de la Grande Ecurie du Roi Louis XV et élève de son père et du Comte d'Abzac. A la Révolution, il émigra puis rentra en France et devint professeur à l'Ecole Impériale d'Equitation de la ville de Paris... En 1822, il fut replacé au Manège royal de Paris où il demeura jusqu'à la suppression de cet établissement.

32.              RAGON (Michel). Histoire de la Littérature ouvrière. Du Moyen Age à nos jours. Editions Ouvrières, 1953, pt in-8°, 222 pp, préface par Edouard Dolléans, broché, sans la jaquette, bon état (Coll. Masses et militants)

            25

"Par le recul dans le passé, par l'étendue de l'information et par le désir de sacrifier le mieux connu au moins connu, ce volume nous apporte du nouveau. Nous ne faisons pas nôtre le regret d'Edouard Dolléans, qui, dans sa Préface, se plaint que George Sand n'occupe pas la place qu'elle mérite : à notre sens, il est bon que l'on révèle plutôt les Norbert Truquin, les Martin Nadaud, puisque les exigences de l'édition obligent à des sacrifices. Soyons reconnaissants à M. Ragon de nous faire connaître soit des auteurs inconnus du grand public lettré, soit le côté « peuple » de certains écrivains dits « bourgeois ». Surtout ce livre fait penser. Le problème est de savoir si un ouvrier peut « monter » et « rester soi » et inversement si un écrivain qui vit en prolétaire peut vraiment prendre l'âme ouvrière. Autre aspect de la même question : une littérature ouvrière mérite-t-elle d'être considérée comme une littérature ? Oui, répond Michel Ragon, car « où trouver plus de délicatesse que dans les pages de Perdiguier, de Marguerite Audoux, de Lucien Jean, de Navel ? Où trouver plus de vraie noblesse que dans les œuvres de Norbert Truquin, de Martin Nadaud, de Pierre Hamp, de Lucien Bourgeois, de Guillaume, de Georges David ? Quel écrivain montre moins d'arrivisme, reste aussi fidèle à lui-même que ne le font un Poulaille ou un Prugnot ? Où trouver une simplicité aussi émouvante que celle de Malva ou de Mougin » ? Et de conclure : « Alors, direz-vous, vos écrivains-ouvriers, ce sont des saints? » – Non. Ce sont des hommes. Une voix pour ceux qui n'en ont pas, disait Dabit. Et le peuple fut longtemps sans voix." (Robert Schnerb, Annales, 1954)

33.              RECLUS (Elisée). Nouvelle Géographie universelle. La terre et les hommes. P., Hachette, 1876-1894, 12 vol. in-4°, 76 cartes en couleurs tirées à part hors texte, 2122 cartes dans le texte et 935 gravures sur bois, notes et sources, index, reliures demi-chagrin maroquiné vert bouteille à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, têtes dorées (rel. de l'époque), dos lég. frottés, qqs rousseurs, bon état

            400

Les 12 premiers tomes (sur 19) de la prodigieuse “Nouvelle Géographie universelle” qu'Élisée Reclus rédigea seul, en Suisse. — Détail : t. I, L’Europe méridionale (Grèce, Turquie, Roumanie, Serbie, Italie, Espagne et Portugal), 1876, 1012 p., 4 cartes en couleurs, 174 cartes et 78 gravures. – t. II, La France, 1881, 959 p., 10 cartes en couleurs, 234 cartes et 69 gravures, une grande carte de la France in fine. – t. III, L’Europe centrale (Suisse, Austro-Hongrie, Allemagne), 1884, 982 p., 10 cartes en couleurs, 210 cartes et 78 gravures. – t. IV, L’Europe du Nord-Ouest (Belgique, Hollande, îles Britanniques), 1887, 970 p., 6 cartes en couleurs, 205 cartes et 81 gravures. – t. V, L’Europe scandinave et russe, 1885, 944 p., 9 cartes en couleurs, 200 cartes et 76 gravures. – t. VI, L’Asie russe, 1881, 919 p., 8 cartes en couleurs, 182 cartes et 89 gravures. – t. VII, L’Asie orientale, 1882, 884 p., 7 cartes en couleurs, 162 cartes et 90 gravures. – t. VIII, L’Inde et l’Indo-Chine, 1883, 983 p., 7 cartes en couleurs, 203 cartes et 84 gravures. – t. IX, L’Asie antérieure, 1884, 950 p., 5 cartes en couleurs, 155 cartes et 85 gravures, pt accroc sans gravité au 1er plat. – t. X, L’Afrique septentrionale, première partie (Bassin du Nil : Soudan égyptien, Éthiopie, Nubie, Égypte), 1885, 641 p., 3 cartes en couleurs, 111 cartes et 57 gravures. – t. XI, L’Afrique septentrionale, deuxième partie (Tripolitaine, Tunisie, Algérie, Maroc, Sahara), 1886, 919 p., avec un Glossaire géographique de l’Afrique septentrionale : mots arabes, mots berbères, mots tibbou p. 883-893, 4 cartes en couleurs, 160 cartes et 83 gravures. – t. XII, L’Afrique occidentale (archipels atlantiques, Sénégambie et Soudan occidental), 1887, 751 p., 3 cartes en couleurs, 126 cartes et 65 gravures.

34.              RIALS (Stéphane)(dir.). Le Miracle capétien, 987-1789. Perrin, 1987, in-8°, 402 pp, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Une évocation et un bilan des 800 ans de règne des Capétiens. Publié à l'occasion du millième anniversaire de l'élection d'Hugues Capet. Une trentaine d'études, thème par thème, par 23 historiens dont J. Barbey, C. Beaune, F. Bluche, A. Corvisier, O. Guillot, J. Meyer, J. Richard, B. Schnerb, J.-F. Solnon, E. Taillemite, J. Tulard, J. de Viguerie, etc. — "987-1987 : mille ans se sont écoulés depuis l'élection et le sacre royal de Hugues Capet et deux siècles seulement depuis la Révolution française. Pendant huit cents ans, par-delà les drames et les crises, avant comme après l'apparition du sentiment national, l'histoire de la France est restée liée à celle d'une seule dynastie : les Capétiens. Continuité, solidarité et complicité uniques en leur genre. C'est ce temps long - très long - que les auteurs de ce livre ont voulu évoquer. Avec le recul du temps, une fois oubliées les polémiques d'un autre âge, notre pays n'a pas à rougir du bilan. Le "miracle capétien" est aussi celui de la France ; il fait à jamais partie du patrimoine commun de tous les Français. Sous la direction de Stéphane Rials et de Frédéric Bluche, quelques-uns des meilleurs spécialistes actuels du Moyen Age et de l'Ancien Régime ont analysé, thème par thème, de Hugues Capet à Louis XVI, les fondements dynastiques, spirituels et juridiques de la continuité capétienne, l'action et l'évolution du pouvoir royal sur tous les plans : justice, armée, administration, instruction, arts et lettres, religion, législation, économie et finances. Des annexes importantes consacrées à la symbolique et à la généalogie des rois de France contribuent à faire de ce "livre du millénaire" une indispensable contribution à la compréhension de ces huit cents ans qui ont forgé le territoire, l'âme et le prestige de la France." (4e de couverture)

35.              RIOUX (Jean-Pierre). Les Centristes. De Mirabeau à Bayrou. Fayard, 2010, in-8°, 314 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Toujours placés, jamais gagnants. Railler ainsi les centristes procure une intense jubilation à tous ceux que rassure le simplisme binaire du droite-gauche. Pourtant, depuis deux siècles, cela n’a jamais découragé ces entêtés du gouverner au mieux. De Mirabeau à Jules Ferry, de Marc Sangnier à Jean Lecanuet, de François Guizot à Raymond Barre, leur ambition commune, ici racontée par Jean-Pierre Rioux, a été de faire progresser la démocratie et l’État de droit. En préférant le contrat au fracas, le rassemblement à l’exclusion, la reconstruction à la table rase et, surtout, les valeurs aux idéologies. À cette obsession du « bon gouvernement », Jean-Pierre Rioux donne à la fois sa profondeur historique et sa pertinence actuelle...

36.              SCHMIDT (Charles). Les Sources de l'Histoire de France depuis 1789 aux Archives Nationales. P., Honoré Champion, 1907, in-8°, 288 pp, lettre-préface de A. Aulard, biblio, tableaux, index, broché, bon état

            40

"Notre confrère M. Schmidt a rendu un service signalé à tous ceux qui s'occupent d'histoire contemporaine. Beaucoup de travailleurs provinciaux ignorent trop souvent les documents départementaux qui sont conservés dans les fonds des Archives nationales ; M. Schmidt leur donne l'indication de toutes les séries départementales qu'ils peuvent y consulter et qui compléteront les renseignements locaux déjà recueillis par eux. Les historiens de la politique générale ou ceux qui s'occupent de l'évolution des institutions, des transformations économiques ou intellectuelles de la France au XIXe siècle trouveront d'autre part dans le livre de M. Schmidt la liste des documents de toute espèce où s'enregistrent l'action prévue ou imprévue des lois et les effets incoercibles de tous les facteurs sociaux pour une région donnée ou pour l'ensemble du pays. C'est dire que le livre de M. Schmidt s'adresse à tous les travailleurs consciencieux et qu'il doit être leur vade mecum. La plus grande partie en est occupée par la « liste par ordre alphabétique des séries des Archives où se trouvent les documents relatifs à l'histoire contemporaine, avec l'indication des classements départementaux actuellement inventoriés et communicables ». On sera tout à fait reconnaissant à M. Schmidt des renseignements qu'il donne sur l'importante sous-série de la police générale (F7). Cette liste des séries, fort claire, et, autant qu'il semble, fort complète, est précédée de renseignements minutieux, très commodes, concernant le mode de rédaction des demandes de recherche, trop souvent confuses et vagues, les instruments de travail mis à la disposition du public et la répartition logique et chronologique des séries à consulter pour des sujets donnés d'histoire générale ou départementale. Un tableau récapitulatif, une liste des 130 départements de l'Empire français, un état des ressorts des cours judiciaires et des départements qui les composent, un index alphabétique, un index bibliographique complètent intelligemment ce volume, qui mérite tous les éloges de la lettre-préface de M. Aulard et auxquels je suis heureux d'ajouter les miens." (Georges Bourgin, Bibliothèque de l'École des chartes, 1907) — Table : Les demandes de recherches ; La salle de travail ; Les inventaires ; Les sources de l'histoire d'un département, d'un arrondissement, d'un canton ou d'une commune aux Archives nationales ; Les séries départementales...

37.              SÉDILLOT (René). Histoire des marchands et des marchés. Fayard, 1964, in-12, 475 pp, notes de lecture, index, broché, couv. à rabats lég. salie, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Prix Thérouanne de l'Académie française 1965

            25

38.              WEBER (Eugen). Une histoire de l'Europe. Hommes, cultures et sociétés de la Renaissance à nos jours. 1. De la Renaissance au XVIIIe siècle. – 2. Des Lumières à nos jours. Fayard, 1986-1987, 2 forts vol. in-8°, 522 et 876 pp, 17 cartes, biblio, index, brochés, couv. illustrées à rabats, bon état

            50

Grande synthèse de l'affirmation de l'Europe comme personnalité historique, économique et culturelle de la fin du Moyen Age à la création du Marché commun, cette histoire, remise à jour pour l'édition française, se réclame de la libre subjectivité de l'historien (c'est bien une histoire, et non l'Histoire de l'Europe). Si les faits et les dates sont évidemment scrupuleusement respectés, c'est leur choix qui fait tout le prix de cette histoire. Celle-ci préfère souvent à l'écume des batailles le récit minutieux des plaisirs de l'esprit et des jours des Européens. Car l'Europe est ici d'abord conçue comme un héritage séculaire légué au monde : les grandes figures militaires devront donc partager le devant de la scène avec les gens de lettres, les rois avec les marchands, les papes avec les gens du commun, bâtisseurs anonymes des puissances économiques européennes. Une histoire de l'Europe est l'étonnant théâtre tant de Cervantès que de Pierre le Grand, de Goya que d'Hitler, de Galilée, que de la Grande Catherine, de Luther que de Tolstoï. Mais surtout, l'attention prêtée par Eugen Weber aux conditions sociales, intellectuelles, voire géographiques, de l'évolution de l'Europe se traduit par un goût du détail, un usage de la description et une prédilection pour l'anecdote exemplaire qui ne manquent pas de charmer le lecteur. Cette vaste fresque ne recourt pas seulement aux recherches fécondes des grands disciplines - démographie, économie, histoire de l'art, histoire des techniques - elle puise aussi son inspiration dans les écrits du temps, chartes comme journaux intimes, mémoires comme récits de voyage. L'Europe est bien ici l'œuvre de tous, à commencer par les Européens sans qualités. — "L'ouvrage se veut « un compromis entre le récit historique, la synthèse et l'analyse ». Une plume alerte, court au long de ce récit de cinq siècles « d'hégémonie » européenne, considérée « comme une œuvre achevée », pour offrir « pas seulement l'épopée des hauts faits collectifs mais la texture du temps, pas seulement les événements mais leurs protagonistes et leurs circonstances » : une sorte de « Montaillou » à l'échelle du continent. Les filiations sont celles de Lucien Febvre et Marc Bloch. Point de thèse dominante dans ce récit personnalisé mais une interprétation nécessairement sélective. Il serait étonnant qu'un lecteur exigeant ne trouve dans cette sorte de saga quelque information étonnante et matière à réflexion. (...) Une vision globale et transversale de l'Europe, impressionniste aussi, qui rend compte de la richesse de l'histoire sociale et culturelle du continent (plus de la moitié des développements). Le style direct comme l'absence de notes de bas de pages facilitent la lecture « grand public » d'une œuvre pourtant d'érudition. En témoigne la bibliographie d'une trentaine de pages, ordonnée et commentée, nourrie de sources de langue anglaise et française. Un index des noms propres renforce le confort de cette lecture passionnante." (Marie-Françoise Labouz, Politique étrangère, 1988)

39.              WOLDERING (Irmgard). Egypte. L'art des Pharaons. Albin Michel, 1963, pt in-4°, 265 pp, 63 planches en couleurs (reproductions contrecollées), 79 dessins, 3 cartes, biblio, index, reliure toile brique éditeur, étui cartonné illustré, bon état (Coll. “L'Art dans le monde”. Fondements historiques, sociologiques et religieux. Collection de monographies des grandes civilisations)

            25

"L'art égyptien continue à faire l'objet d'ouvrages et d'albums qui, le plus souvent, ne font que répéter ce qui a été dit cent fois et à reproduire des œuvres que l'on trouve partout. Un nouvel ouvrage d'ensemble fait exception par l'importance de l'illustration en couleurs. Le texte est bon, clair et sans pathos et montre que l'auteur a du goût. Le texte suit l'ordre chronologique. La bibliographie est presque exclusivement allemande. Les dessins et plans sont bons et on félicitera l'auteur sur le choix des œuvres reproduites en couleurs. Outre 7 pièces du musée de Hanovre dont elle est conservatrice, il y en a une vingtaine tirées des musées américains et des petits musées d'Europe. C'est dire qu'on trouvera ici des pièces de qualité, peu connues. Une bonne chose est que la date et les dimensions des œuvres reproduites sont toujours données. Il y a un utile glossaire." (Henry de Morant, Annales ESC, 1966)

ANTIQUITÉ

 

40.              AYMARD (André) et Jeannine AUBOYER. Rome et son Empire. PUF, 1967, fort gr. in-8° carré, 783 pp, 48 planches hors texte en héliogravure, 32 cartes et plans, un tableau synchronique, biblio, index, reliure pleine toile bleue décorée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Histoire générale des civilisations)

            25

"Les 6 septièmes du livre, écrits par A. Aymard, sont consacrés à la civilisation romaine, et une centaine de pages – oeuvre de Mlle Auboyer – sont réservées à l'étude des civilisations de l'Asie orientale du début de l'ère chrétienne à la fin du IVe siècle. Disons d'emblée que le livre est de très haute qualité. Par la clarté de l'exposé et l'élégance du style, l'ouvrage reste à la portée du grand public auquel il est destiné et chez lequel il rencontrera certainement un succès mérité ; mais il forme aussi une synthèse très originale qui séduira l'historien de métier par un grand nombre de vues nouvelles..." (S. J. de Laet, Revue belge de philologie et d'histoire) — "... Seul un maître ayant derrière lui de nombreuses années d'enseignement supérieur, s'étant livré à de longues recherches personnelles, s'étant davantage encore strictement tenu au courant de tous les progrès scientifiques et de toutes les découvertes archéologiques était capable d'assumer pareille tâche. M. Aymard s'en est acquitté avec un talent auquel tous les historiens, non seulement spécialisés, rendront hommage. Il est impossible de dire ce qui frappe le plus : sûreté de jugement, clarté de l'exposition, ordonnancement des idées... L'émerveillement ressenti devant le destin de Rome, dont parle M. Aymard dans sa conclusion, on l'éprouve devant ton travail à lui qui a su mettre sous nos yeux, avec science et habileté, l'histoire de cette ville « centre d'un petit canton rural, devenue maîtresse, puis capitale d'un monde, avant de céder à l'assaut désordonné parti d'un autre monde ». Nulle part M. Aymard ne sacrifie à la facilité. Toutes les hypothèses émises jusqu'alors sont pesées, jugées, parfois avec rigueur, toujours avec équité..." (L. Jacob, Revue du Nord)

41.              BOSC (Ernest) et Lionel BONNEMÈRE. Histoire nationale des Gaulois sous Vercingétorix. Firmin-Didot, 1882, in-8°, xvi-466 pp, 158 gravures dans le texte, biblio, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et caissons fleuronnés dorés, filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            80

La patrie gauloise. – La guerre des Gaules. — "Dans nos lycées, dans nos collèges, dans tous nos établissements d'instruction, les professeurs semblent prendre à tâche d'exalter et de glorifier César, le grand perturbateur romain, le destructeur de l'indépendance nationale de nos pères. D'après ces maîtres, les Gaulois n'étaient que des sauvages, ne possédant aucun art, aucune littérature, en un mot, des barbares indignes de tout intérêt. D'après ces mêmes maîtres, imbus d'un classissisme outré, nos pères n'auraient possédé les éléments de la civilisation qu'après et grâce à la conquête des Gaules par les Romains. Et si d'un côté nos professeurs sont si durs pour les Gaulois, d'un autre côté ils ne tarissent pas en fait d'éloges sur la civilisation romaine. Elle était considérable en effet cette civilisation, elle avait atteint, il est vrai, un haut degré d'intensité, surtout au moment de l'entrée en scène de César. Mais était-elle donc si remarquable, si enviable cette civilisation romaine ?" (Introduction)

42.              CÉSAR (Jules). Les Commentaires de César. Traduction nouvelle. Suivie d'un examen de l'Analyse critique que M. Davon a faite de ses guerres. Par M. de Vaudrecourt, Major du Régiment d'Infanterie de Rouergue. P., Chez Didot, fils aîné et Jombert jeune, 1787, 2 vol. in-8°, 459 et 624 pp, reliures demi-chagrin vert, dos lisses à faux nerfs ornés de filets dorés, titre doré (rel. du XIXe s.), trace de mouillure ancienne au tome I, bon état

            200

Edition originale de cette traduction ou chaque campagne est suivie d'une analyse critique. "M. Davon ayant entrepris de critiquer toutes les guerres de César jusqu'à la bataille de Pharsale exclusivement, M. de Vaudrecourt examine ici avec impartialité l'entreprise hardie du critique de César ; et comme, en gêneral, c'est de la discussion et des avis opposés que naissent l'instruction et la lumière pour le plus grand nombre des hommes, on jugera aisement combien doit faciliter l'étude des antiquités militaires, le double travail de MM. Davon et de Vaudrecourt, qui accompagne cette nouvelle traduction d'un ouvrage considéré jusqu'ici comme un modèle du genre. Ces deux volumes, très bien imprimés, ont pour introduction une description libre des mœurs des Gaulois et des Germains, tirée du sixième livre des Commentaires de César." (Catalogue Anselin et Pochard, mai 1825)

43.              DUMÉZIL (Georges). Jupiter, Mars, Quirinus. Essai sur la conception indo-européenne de la société et sur les origines de Rome. Gallimard, 1941, in-12, 264 pp, broché, dos abîmé, couv. lég. salie, état correct. Edition originale

            20

"L'étude des traditions indienne et iranienne établit comme un bien commun de ces deux rameaux indo-européens, une conception tripartite de la société : dans l'Inde, le système des castes la perpétuera, en la rendant à la fois plus rigide et plus compliquée. Si nous nous transportons à l'autre bout du monde indo-européen, chez les Romains, il s'agit de voir si cette division n'a point laissé quelque trace. Or, il apparaît qu'il en est ainsi dans certains faits religieux ou sociaux d'un caractère plus spécialement archaïque, qui sont à Rome des survivances mal comprises des Romains eux-mêmes. Avant tout il s'agit de la triade divine Jupiter, Mars, Quirinus, dont le culte, comme on sait, est célébré par les trois flamines majeurs, et de la répartition ancienne du peuple romain dans les trois tribus des Ramnes, Tities et Luceres. Dans l'étude de la triade divine, faite avec la belle clarté, la subtile dialectique, qui font le charme de toutes les œuvres de M. Dumézil, la grande nouveauté est assurément l'interprétation de Quirinus. En face de Jupiter, qui représente la classe des prêtres, et Mars celle des guerriers, lui correspond à celle des « éleveurs-agriculteurs ». La grande nouveauté est notamment dans la méthode. Ce Dieu, dont la philologie latine, laissée à ses seules ressources, s'avoue impuissante à déchiffrer l'énigme, ne laisse apparaître ses caractères propres que grâce à la comparaison..." (P. Boyancé, Revue des Études Anciennes, 1942)

44.              DUMÉZIL (Georges). Le Problème des Centaures. Etude de mythologie comparée indo-européenne. P., Paul Geuthner, 1929, gr. in-8°, viii-278 pp, 2 planches hors texte, broché, bon état (Annales du Musée Guimet, Bibliothèque d'études, tome 41)). Edition originale

            200

Bel exemplaire de cette édition originale de toute rareté. L'immense spécialiste de la mythologie comparée qu'est Georges Dumézil (1898-1986) publia cet ouvrage important cinq ans après ses thèses consacrées au "Festin d'Immortalité" et au "Crime des Lemniennes".— "Il ne suffit pas de dire que Georges Dumézil a fait progresser, dans le domaine qui est le sien, la recherche et l'interprétation ; ce sont en réalité des habitudes de pensée, une vision intellectuelle de l'homme, de la vie et du monde qu'il nous a obligés à revoir de fond en comble. Par là, il se range parmi les grands créateurs dans les disciplines que sont la philologie, l'étude des mentalités, l'histoire des religions, auxquelles il a définitivement conféré leurs titres de noblesse. Commencée avec ses thèses de doctorat, publiés en 1924, l'une consacrée au “Festin d'immortalité”, étude mythologique comparée indo-européenne, l'autre au “Crime des Lemniennes”, rites et légendes du monde égéen, l'oeuvre de G. Dumézil se poursuit avec en 1929, “le Problème des Centaures”, où il inaugure ce qu'il appelle l'« étude comparative des religions des peuples indo-européens ». Sa rencontre avec Marcel Granet, en 1933, l'aide à prendre conscience de l'existence de mécanismes, de « structures » mentales profondes qui dictent, chez des peuples différents – quoique reliés les uns aux autres par des filiations génétiques, – des comportements et des attitudes homologues. Il préfère par la suite, suite aux abus de langage (mais toutes les disciplines, surtout nouvelles, en sont victimes) le participe passé « structuré » aux vocables « structures » et « structuralisme »." (Régis Boyer, Encyclopedia Universalis)

45.              GRIMAL (Pierre). Rome devant César. Mémoires de T. Pomponius Atticus. Larousse, 1967, in-4°, 245 pp, 32 pl. en couleurs hors texte, 500 illustrations en noir, index des témoignages, index, reliure simili-cuir bordeaux décorée de l'éditeur, sans la jaquette, pt mques au dos, bon état

            20

"C'est un très beau livre. M. P. Grimal a eu l'heureuse idée d'imaginer que le célèbre Atticus, l'ami et le correspondant de tant de lettres que lui a adressées Cicéron et qui ainsi tient une place non négligeable dans la littérature latine et dans l'histoire de Rome, avait rédigé sur ses vieux jours des mémoires fort intéressants qui méritaient d'être mieux appréciés par le grand public cultivé. L'idée de M. P. Grimal était d'autant plus justifiée que le personnage d'Atticus est intéressant à bien des titres puisqu'il vécut à une période dramatique de Rome, celle de la fin de la république. Ainsi ce sont les grands personnages de cette époque qui sont évoqués et avant tout celui de Cicéron. Enfin, c'est la vie publique, sociale, économique, intellectuelle de Rome au seuil de l'empire qui nous est révélée avec exactitude, précision et aussi beaucoup de charme. On serait tenté de dire que dans sa traduction du texte latin d'Atticus, ainsi miraculeusement retrouvée M. P. Grimai a su, tout en restant fidèle au texte, restituer le ton, le mouvement, la couleur que l'on trouve et apprécie dans les Mémoires de l'ami de Cicéron. Traduction aisée, mais simple, dénuée de ce modernisme du français écrit actuel, et qui par conséquent n'est ni lourde, ni fatigante, ni infidèle à la pensée profonde de l'auteur latin." (Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1967)

46.              GUY (Jean-Claude) et François REFOULÉ. Chrétiennes des Premiers Temps. Textes recueillis et présentés. Editions du Cerf, 1965, in-12, 220 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Chrétiens de tous les temps)

            15

"Les Éditions du Cerf présentent dans ce petit livre un recueil de textes sur la vie et la spiritualité d'un certain nombre de chrétiennes aux premiers siècles de l'Église : martyres ou moniales, vierges ou mères de famille, patriciennes ou esclaves. Sont ainsi rassemblés les récits des martyres de Blandine, Perpétue et Félicité, les témoignages de saint Augustin sur sa mère, de saint Jérôme sur Marcella et Paula, la vie de Mélanie, et les notes spirituelles d'une femme au désert, Synclétique. Pourtant, les Pères de l'Église n'ont pas toujours eu beaucoup d'indulgence pour les femmes, et on a pu reprocher au Christianisme naissant d'avoir eu facilement pour la femme et la condition féminine trop de méfiance et de dédain. Peut-être. Mais il faudra aussi faire la part de l'influence des diverses philosophies et d'un certain platonisme en particulier. Surtout, au-delà des doctrines et des systèmes, il faudra chercher à voir quelle a été la place réelle des femmes dans l'Église des premiers temps... Mais là, on aura quelques surprises, comme on en a toujours quand on va aux textes." (André Wartelle, Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1966)

47.              JACOB (Paul Lacroix, dit le bibliophile Jacob). Les Courtisanes de la Grèce, d'après les auteurs grecs et latins. Nice, chez J. Gay et fils, éditeurs, 1872, pt in-12, vii-208 pp, bandeaux, lettrines et culs-de-lampe, reliure demi-percaline verte à coins, dos lisse, pièce de titre chagrin carmin et date dorée en queue, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Tirage à 300 ex. numérotés seulement (n° 283). Peu courant (Vicaire II, 642)

            90

Des différentes catégories de prostituées athéniennes ; Les 55 hétaires en réputation à Athènes ; Les peintres de courtisanes ; Les joueuses de flûte ; Les concubines athéniennes ; Aspasie ; Archippe la Chouette ; Laïs à Corinthe.

48.              LUMLEY (Henry de)(dir.). Art et civilisations des chasseurs de la Préhistoire. 34 000-8 000 av. J.-C. P., Muséum national d'histoire naturelle, 1984, gr. in-8°, 415 pp, 199 photos et figures en noir et en couleurs, lexique, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Catalogue de l'exposition du Musée de l'Homme (1er octobre 1984-31 décembre 1985) organisée par le Laboratoire de Préhistoire du Musée de l'Homme en collaboration avec le Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye.

49.              MARKALE (Jean). La Grande déesse. Mythes et sanctuaires. De la Vénus de Lespurgue à Notre-Dame de Lourdes. Albin Michel, 1997, gr. in-8°, 300 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Les préhistoriens s'accordent pour dire que, dans une longue période s'étageant du paléolithique au mégalithique, les peuples d'Europe et du Moyen-Orient adoraient une Grande Déesse primordiale : des gravures sur pierre et des sculptures innombrables la représentant ont été retrouvées sur des sites archéologiques indéniablement cultuels. Par son exploration des zones d'ombre de cette épopée mutimillénaire, Jean Markale nous convie à faire connaissance avec cette Dame divine, déesse de fécondité et de renouveau. Passant en revue les sanctuaires et les sites présumés, il nous explique ces cultes où la féminité essentielle se trouvait vénérée et nous en montre les prolongements à travers l'Age du bronze, l'Antiquité, le Moyen Age chrétien, et jusqu'à nos jours. Remplacée dans le christianisme par Notre-Dame, la mère du Christ, l'image de la Grande Déesse continue de nous parler dans ce livre, passionnante fresque de rituels religieux qui, même s'ils changent de noms et de formes, vénèrent toujours l'éternel féminin et sa puissance créatrice.

50.              PARROT (André). L'aventure archéologique. Laffont, 1980, gr. in-8°, 297 pp, 16 pl. de photos hors texte, 2 cartes et 4 plans, glossaire, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Un des plus grands archéologues de ce temps raconte sa vie presque entièrement consacrée à la mise au jour de quelques-unes des plus vieilles civilisations, notamment dans l'ancienne Mésopotamie. Il s'est particulièrement illustré à Larsa, l'ancienne rivale d'Our, à Lagash (Tello), au confluent du Tigre et de l'Euphrate, où il a poursuivi avec succès les fouilles commencées au siècle dernier qui ont permis la découverte de l'étonnante civilisation sumérienne du troisième millénaire avant J. -C. Enfin, depuis quarante ans, au Tell Harriri sur le moyen Euphrate, près de la frontière de l'Irak, il a retrouvé et ressuscité l'une des plus prestigieuses capitales de l'Orient ancien dont on ignorait presque tout : Mari... — "Mémoires du grand archéologue André Parrot (1901-1980), qui restera aux yeux de tous, savants et grand public, celui qui a découvert le site royal de Mari. Cette découverte extraordinaire fut le point de départ d'une brillante carrière d'orientaliste, d'une oeuvre abondante. Mari ne doit pas faire oublier tout ce que lui doivent l'archéologie mésopotamienne et l'archéologie en général." (Pierre Demargne)

51.              PROVOST (Michel). Angers gallo-romain. Naissance d'une cité. Editions des Jeunes Andecaves, 1978, in-8°, 175 pp, 10 pl. de photos hors texte, 16 figures dans le texte, un plan dépliant in fine, glossaire, repères chronologiques, index topographiques, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

"La ville gallo-romaine d'Angers était assez mal connue ; et l'on espérait, depuis plusieurs années, voir un chercheur capable, à la fois de réaliser la synthèse des travaux du siècle dernier à la lumière des connaissances actuelles, et de les faire progresser par une exploitation scientifique de toutes les découvertes réalisées depuis une dizaine d'années. Michel Provost a concrétisé ce rêve dans un ouvrage de 600 pages, aboutissement de cinq années de travail (Thèse de Doctorat du 3e cycle) ; il en a tiré, pour notre agrément, l'essentiel condensé en un peu plus d'une centaine de feuillets, accompagnés de photographies, inédites pour la plupart, et de plans originaux, cet ouvrage dévoile de nombreux aspects inconnus ou méconnus depuis la naissance et les premières périodes de Juliomagus jusqu'à la « Cité du Moyen Age »..." (Revue archéologique du Centre de la France, 1978)

52.              RAMBAUX (Claude). Tertullien face aux morales des trois premiers siècles. (Thèse). Les Belles Lettres, 1979, gr. in-8°, 518 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. d'Etudes anciennes)

            80

"À travers sept grands chapitres qui vont de l'amour au martyre en passant par la crainte et l'intérêt, la lutte contre les mauvais désirs, contre les violences, bonté et pardon, la patience, vertu suprême, l'auteur analyse en détail les positions morales de Tertullien et les compare systématiquement à celles du Nouveau Testament, du judaïsme et du paganisme. La méthode est simple, exhaustive et servie par une érudition surprenante, une finesse remarquable et une tranquille indépendance dans le jugement. L'ensemble en acquiert une force démonstrative qui pourrait bien difficilement être remise en question. Les conclusions, dans leur précision, sont largement nouvelles. Tout en croyant évidemment être fidèle au Nouveau Testament, Tertullien s'en écarte largement, parfois même beaucoup plus que les penseurs païens : c'est que chez lui, l'amour, la bonté, le pardon n'ont pas la primauté, mais viennent nettement derrière la crainte et l'intérêt, pour ne mentionner qu'un des grands aspects de cette étude. Il en ressort aussi que l'évolution de Tertullien est fort relative, l'essentiel de ses positions étant précisé ou clairement impliqué très tôt, bien avant son passage au montanisme. Ne s'expliquant guère par des influences subies, la doctrine de Tertullien doit se comprendre en dernière analyse par sa personnalité même. (...) Il s'agit d'un livre exceptionnel par sa richesse, sa rigueur, sa nouveauté. Il n'intéressera pas seulement les spécialistes de Tertullien, mais tous ceux que retient la morale antique : une masse considérable de données et de textes y sont traités qu'on ne retrouverait pas ailleurs en un seul volume." (Robert Joly, l'Antiquité Classique, 1980)

53.              STEVENSON (William Seth). A Dictionary of Roman Coins, Republican and Imperial. Revised, in part, by C. Roach Smith and completed by Frederic W. Madden. Illustrated by upwards of seven hundred engravings on wood. London, B. A. Seaby Ltd, 1964, fort gr. in-8°, viii-929 pp, texte sur 2 colonnes, plus de 700 illustrations dans le texte, reliure pleine toile brique de l'éditeur, bon état (Réimpression de l'édition de 1889)

            70

54.              SVOBODA (Franz). L'Art Royal. L'initiation dans l'Egypte ancienne ou Source principale de l'Art Royal. Editions du Signal, 2013, in-8°, 361 pp, nombreux dessins de l'auteur dans le texte, hiéroglyphes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Ce livre aurait pu être écrit hier. Et pourtant... Nous sommes en 1913, au Caire, une ville moderne, cosmopolite, n'ayant rien à envier aux capitales européennes. Franz Svoboda est ethnologue, depuis quelques années en poste en Égypte, mandaté par le gouvernement austro-hongrois. Et il est franc-maçon. Dès son arrivée, témoin émerveillé des découvertes éblouissantes d'un siècle d'archéologie, il se lance dans une synthèse de ces connaissances nouvelles, révélant les origines égyptiennes de l'expérience maçonnique, une histoire commencée il y a plus de 5000 ans. En 1913, il met la dernière main à son manuscrit, qu'il dédie à Idris bey Ragheb, patron de presse, homme politique, et grand-maître de la franc-maçonnerie égyptienne. Son destinataire reçut-il ce document ? nul ne le sait. Le manuscrit sera confié à un commerçant suisse, « pendant ou peu après la première guerre mondiale », qui le conservera soixante ans dans une malle, puis le remettra à un éditeur lausannois, disparu avant de l'avoir publié. Et c'est dans ses archives qu'il sera découvert, plus de trente ans après, encore inédit. Le franc-maçon trouvera ici le chemin des origines égyptiennes de l'Art Royal. Et le profane pourra lever le voile de différents mystères, allant des motivations de la franc-maçonnerie, une société discrète mais pas secrète, jusqu'à une intuition du sens de la vie dans l'univers.

55.              WARRY (John). Warfare in the Classical World: An illustrated encyclopedia of weapons, warriors and warfare in the ancient civilizations of Greece and Rome. London, Salamander Books, 1980, in-4°, 224 pp, nombreuses illustrations en couleurs d'uniformes, armes, équipement, navires de guerre, machines de siège, 16 cartes en couleurs, 50 plans de bataille et diagrammes tactiques, plus de 120 photos en noir et en couleurs, glossaire, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            30

La guerre dans le monde de l'Antiquité classique de la naissance de Mycène (1600 av. J.-C.) au déclin de l'Empire romain (800 ap. J.-C.). Ce livre superbement illustré en couleurs décrit la genèse de l'art militaire depuis l'Antiquité classique jusqu'aux temps de l'Empire d'Occident. On y trouvera 50 plans de batailles et diagrammes tactiques, ainsi que 45 tableaux reproduisant les armes, l'équipement des guerriers, les machines de guerre et les navires de combat.

MOYEN AGE

 

56.              Anonyme. Journal d'un bourgeois de Paris sous Charles VI et Charles VII. Livre Club du Libraire, s.d. (1962), in-8°, xxii-262 pp, préface d'André Mary, texte établi en français moderne par R. H. Guerrand, 16 gravures hors texte (provenant d'éditions du XVe siècle conservées à la Réserve de la Bibliothèque Nationale) imprimées sur papier kraft brun, reliure pleine toile écrue illustrée de l'éditeur, gardes illustrées, rhodoïd, imprimé sur papier Offset Prioux et numéroté, bon état. Belle édition

            25

"C'est une des plus curieuses chroniques du XVe siècle. L'auteur, resté anonyme à ce jour, est bourguignon passionné jusqu'en 1420 puis se montre sévère pour Philippe Le Bon. Longtemps hostile à Charles VII et aux Armagnacs, la lourdeur du joug anglais le rallie à la cause du roi légitime. Mais il se plaint du mauvais gouvernement, des abus du pouvoir et censure la conduite des grands et de la cour. Dans une forme abrupte et sans apprêt il peint la misère du temps et ses propres infortunes. C'est l'une des meilleures chroniques du temps. On peut la comparer au fameux journal de l'Estoile." (Molinier IV, 4149). — Journal attribué par Auguste Longnon à Jean Beaurigout, et par Alexandre Tuetey à Jean Chuffart.

57.              BAKHTINE (Mikhaïl). L'Oeuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Age et sous la Renaissance. Gallimard, 1978, in-8°, 471 pp, traduit du russe, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des Idées)

            25

“L'œuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Age et sous la Renaissance” est considéré, à juste titre, comme un ouvrage d'une importance capitale qui fait date dans les études rabelaisiennes. La méthode d'investigation littéraire de Mikhaïl Bakhtine, fondée sur les principes d'un marxisme vivant et enrichissant, lui a permis d'éclairer sous un jour totalement nouveau l'œuvre de notre grand écrivain, sur la base d'une étude approfondie de ses sources populaires. "Si Rabelais, explique l'auteur, nous fait l'effet d'un solitaire qui ne ressemble à nul autre parmi les grands noms de la littérature des quatre derniers siècles, au contraire, sur la toile de fond du trésor populaire convenablement mis au jour, ce sont ces quatre siècles d'évolution littéraire qui risquent plutôt de nous paraître spécifiques, privés de ressemblance avec quoi que ce soit, tandis que les images de Rabelais nous apparaîtront tout à fait à leur place dans l'évolution millénaire accomplie par la culture populaire." Afin de comprendre Rabelais il faut se débarrasser de toutes les conceptions et notions artistiques ancrées dans l'esprit des contemporains, situer sa place et son rôle dans le vaste flot de la culture comique populaire qui s'est opposée à la culture sérieuse, officielle, des classes dominantes. Dans ce but, l'auteur analyse à tour de rôle les différents éléments constituants de la culture comique populaire dans l'œuvre de Rabelais : le vocabulaire, le banquet, l'image grotesque du corps, le bas matériel et corporel, et enfin, les images de Rabelais et la réalité de son temps.

58.              BEZZOLA (Reto R.). Les origines et la formation de la littérature courtoise en Occident (500-1200). Troisième partie : La société courtoise : Littérature de cour et littérature courtoise. Tome I : La cour d'Angleterre comme centre littéraire sous les rois angevins (1154-1199). P., Champion, 1963, gr. in-8°, 311 pp, notes, broché, bon état

            40

Tome 3.1 seul (sur 2), complet en soi. Le tome 3.2 concerne les cours du Midi, avec le Limousin, l'Auvergne et surtout le Languedoc, où Toulouse est le plus brillant foyer occitan, la Provence, l'Espagne (Catalogne et Aragon) et l'Italie (marquisat de Montferrat, etc.), et enfin les cours au Nord de la France. — "Voici la dernière partie du grand ouvrage que le savant zurichois consacre à l'essor de la littérature courtoise européenne. Rappelons que la première partie allait de la fin de l'antiquité au XIe siècle, que la deuxième étudiait l'infuence de la nouvelle société féodale sur les lettres et sur la formation de l'idéal courtois jusqu'au XIIe siècle. Ce dernier volet du triptyque retrace la phase décisive de l'évolution, jusqu'à l'an 1200. Deux pays jouent alors un rôle de premier plan : l'Angleterre et la France. En Angleterre, c'est le règne d'Henri II (1154-1189) qui va donner l'impulsion : à cette cour aussi splendide que puissante s'affirme l'idéal du chevalier courtois, mais c'est à la reine Aliénor et à son entourage plus qu'au roi, peu raffiné et peu galant, qu'en revient le mérite. Ici un Jean de Salisbury prodigue, en vers, des conseils pour une spirituelle conversation (ils seront suivis dans tant de pages savoureuses des romans français) ; le De. principis instrnetionc de Giraud de Barri propose le portrait du prince modèle, à la fois guerrier et lettré, et pour qui la vraie noblesse est celle de l'âme. Le Brut de Wace ajoute aux qualités prônées par son prédécesseur Geoffroy de Monmouth la courtoisie, il invente la Table ronde, et une nouvelle conception de la femme, « corteise, sage et bêle ». Aliénor a été la grande protectrice de la poésie, surtout depuis son mariage avec le jeune comte d'Anjou et duc de Normandie, qui sera bientôt Henri II ; elle groupe autour d'elle la deuxième génération des troubadours (Bernard de Ventadour lui adresse une chanson), André le Chapelain lui attribue trois « jugements d'amour » dans son Traité ; d'après Layamon, le traducteur anglais de Wace, celui-ci lui aurait dédié son Brut en 1155. C'est enfin à cette même cour anglaise qu'auraient vu le jour, selon M. Bezzola, les romans antiques, qui accordent une place importante à la peinture de l'amour : Thèbes, écrit en un français teinté de poitevin ; Eneas (vers 1160), plus marqué encore par l'influence d'Ovide et par celle de l'amour selon les troubadours, plus porté en outre à l'analyse minutieuse des sentiments ; Troie (amours de Troïlus et de Briseïs, etc.) Thomas d'Angleterre, Marie de France, Chrétien de Troyes à ses débuts (jusqu'à Érec y compris) se rattachent selon toute vraisemblance à ce même milieu. Le thème de la chevalerie au service de la dame, généralement inconnu à la lyrique occitane, devient le thème central du roman courtois français. Ainsi ce genre nouveau « est issu de l'historiographie dynastique en langue romane, qui elle-même est un produit de la cour normano-angevine d'Angleterre et provient de l'historiographie latine cultivée à la cour normande d'un côté, à la cour des comtes d'Anjou de l'autre ». (...) Belle et vaste fresque, à coup sûr. M. Bezzola s'appuie à chaque instant sur les textes, les analyse ; il en fait connaître d'assez peu connus. Son érudition est immense, mais il ne se laisse jamais accabler par elle, et l'on suit avec grand intérêt l'histoire de ces familles princières ou souveraines qui ont contribué à des titres divers au rayonnement littéraire de ce XIIe siècle..." (Alexandre Micha, Cahiers de Civilisation Médiévale, 1964)

59.              BLOCH (Marc). Les Rois thaumaturges. Etude sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale particulièrement en France et en Angleterre. Gallimard, 1983, fort in-8°, xli-542 pp, préface de Jacques Le Goff, 5 pl. de gravures hors texte, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des histoires)

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De 1944, date de sa mort héroïque, au début des années soixante-dix, Marc Bloch est surtout apparu comme le cofondateur (avec Lucien Febvre) de la Revue Annales, qui renouvela la méthode historique, et l'auteur d'une grande synthèse, La Société féodale (1939-1940). Depuis une dizaine d'années les historiens et les chercheurs en sciences humaines et sociales pensent de plus en plus que le grand livre de Marc Bloch, c'est son premier vrai livre : Les Rois thaumaturges (1924). Il est consacré à l'étude d'un rite curieux : la guérison miraculeuse, par simple toucher des mains, des écrouelles ou scrofules (adénite tuberculeuse). L'attribution de ce pouvoir aux rois de France et d'Angleterre remonte probablement au XIIe siècle ; elle va durer en Angleterre jusqu'au début du XVIIIe siècle, en France jusqu'en 1825, date du sacre de Charles X. Comment se déroulait le rituel du toucher royal ? Quelle était la vraie nature du pouvoir monarchique : les rois étaient-ils des personnages sacrés, des sorciers faiseurs de miracles ? Pourquoi enfin a-t-on cru puis cessé de croire au miracle royal ? Trois questions qui ont amené Marc Bloch à explorer les chemins de la psychologie collective, des rites et des mythes, des croyances populaires. Pour éclairer le phénomène, il a eu recours à l'anthropologie et à son plus grand théoricien d'alors, Frazer, au comparatisme avec les sociétés les plus diverses, aux arcanes de la médecine populaire traditionnelle. C'est un jalon essentiel dans l'exploration des mentalités et l'invention d'une anthroplogie historique. Dans son importante préface, Jacque Le Goff s'efforce de préciser les raisons personnelles et les milieux intellectuels qui ont amené Marc Bloch a écrire ce livre exceptionnel, gros d'avenir, puis à abandonner cette voie, et fait le point sur la situation des Rois thaumaturges dans la recherche historique et anthropologique aujourd'hui, dont ce livre est l'un des phares. — "On sait que les rois de France étaient censés posséder le pouvoir de guérir les écrouelles par l'imposition des mains. C'est cette puissance surnaturelle, qu 'ils partageaient d'ailleurs avec les souverains d'Angleterre. que l'historien français Marc Bloch, assasiné par les nazis en 1944, avait étudiée dans l'ouvrage qui se trouve ici réédité. Publié en 1924, ce livre exceptionnel marquait le début d'une carrière d'historien dont Jacques Le Goff précise la portée dans une préface originale." (Lectures n° 14, juillet-août 1983)

60.              BOGLIONI (Pierre)(dir.). La Culture populaire au Moyen Age. Etudes présentées au Quatrième colloque de l'Institut d'études médiévales de l'Université de Montréal, 2-3 avril 1977. Montréal, L'Aurore, 1979, in-8°, 264 pp, 69 gravures, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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"Onze études constituent la matière de ce recueil, remarquable non seulement par la qualité des articles, mais par le souci de l'éditeur , P. Boglioni, et de plusieurs des auteurs, de contribuer à une réflexion théorique sur la culture populaire médiévale." (J.-C. Schmitt, Annales ESC, 1979)

61.              BONENFANT (Paul). Philippe le Bon. Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1955, in-12, 154 pp, 3e édition revue, une carte des états de Philippe le Bon en 1467 en frontispice, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Notre passé)

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Philippe le Bon régnait au XVe siècle, sur un royaume allant des Pays-Bas, englobant la Belgique et une partie de la Champagne, et bien sûr, de la Bourgogne. — "En abordant la personnalité de Philippe le Bon, M. Bonenfant assumait la lourde tâche de résumer une vie extraordinairement remplie, dont l'activité dépasse largement le cadre des Pays-Bas. Il a pleinement réussi dans son propos. Ce qui est très neuf, c'est la tendance générale de l'ouvrage, le jugement d'ensemble qu'il porte sur son héros. Pirenne nous avait habitués à un portrait assez conventionnel, toujours copié depuis quarante ans ; il voyait en Philippe le « fondateur de la Belgique », faisait de lui le premier prince de sa maison qui, se dégageant des préoccupations trop uniquement françaises de ses prédécesseurs, avait eu conscience de diriger un Etat « néerlandais ». Pour M. Bonenfant, Philippe reste un prince français dont le but suprême est de reprendre dans le gouvernement des Valois la place qu'y ont tenue ses prédécesseurs. Au début de son règne, il ne se résoud à l'alliance anglaise qu'après bien des hésitations et parce qu'elle lui permettra d'écraser les Armagnacs détestés. Ecarté du pouvoir par Henri V, il ne soutient les Lancastre qu'autant que, par un effort militaire suffisant, ils lui permettront d'abattre ses ennemis. Le traité d'Arras lui donne l'illusion qu'il va enfin gouverner au nom de Charles VII. Objectera-t-on qu'il s'y fait dispenser de tout hommage au roi de France ? Mais c'est pour ne pas s'humilier devant l'assassin de son père ; car, aussitôt Louis XI couronné, il s'empresse de lui prêter hommage, pour bien marquer son désir de renouer avec le passé bourguignon..." (Edouard Perroy, Revue du Nord, 1944)

62.              BORNERT (René). Les Commentaires byzantins de la Divine Liturgie du VIIe au XVe siècle. (Thèse). P., Institut français d'Etudes byzantines, 1966, gr. in-8°, 292 pp, notes bibliographiques, sources et biblio, index, broché, bon état (Archives de l'Orient Chrétien). Edition originale

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"La thèse de Dom R. Bornert constitue un apport appréciable à l'étude de la liturgie byzantine et, plus généralement, de la liturgie eucharistique. Après un premier chapitre consacré à l'exégèse spirituelle et à l'initiation sacramentaire chez les Pères grecs, on trouvera dans les cinq autres chapitres la présentation des grands commentaires : la Mystagogie de S. Maxime le Confesseur (628-630), l'Historia ecclesiastica, dont la première rédaction remonte à S. Germain de Constantinople (mort en 733), la Protheoria, qu'il faudrait attribuer à Nicolas d'Andida (entre 1055 et 1063), l'Explication de la divine liturgie de Nicolas Cabasilas (milieu XIVe s.), enfin les deux traités de Syméon de Thessalonique (vers 1420). Ces commentaires mystagogiques qui apparaissent au VIIe s. dans l'Orient byzantin sont destinés à la fois aux clercs et aux fidèles. Pour les premiers, ils constituent une sorte de manuel du célébrant, pour les seconds une initiation aux « mystères auxquels ils sont invités à prendre part » (p. 31). On saisit tout de suite l'importance de ces commentaires pour connaître l'histoire des rites liturgiques et la théologie byzantine, ils sont en effet des témoins privilégiés de l'évolution des rites qu'ils influenceront parfois. C'est ainsi que S. Maxime décrit une synaxe eucharistique demeurée fidèle à la simplicité de l'âge patristique, alors que les autres commentaires nous révèlent les développements dont telle prière ou tel rite est devenu l'objet (v. g. rites de la prothèse ou de l'entrée, litanies diaconales...). Ces commentaires à portée essentiellement pastorale nous font toucher la sensibilité eucharistique de l'Orient byzantin pendant plus de sept siècles, aussi constituent-ils des lieux théologiques de première importance. On appréciera également le sérieux de la méthode avec laquelle R. B. conduit son travail. Sans doute un autre liturgiste devrait-il faire une étude analogue des commentaires latins de la Messe au moyen âge." (Pierre Raffin, Revue des Sciences philosophiques et théologiques, 1971)

63.              FRANCASTEL (Pierre)(dir.). L'Art mosan. Recueil de travaux publié par Pierre Francastel. Armand Colin, 1953, in-8°, 220 pp, préface de Lucien Febvre, 94 illustrations sur 32 planches hors texte, une carte des relations lointaines des pays mosans entre le VIIIe et le XIe siècle dépliante hors texte, broché, bon état (Bibliothèque générale de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, VIe Section)

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23 études érudites. - "... A la fin de son avertissement au lecteur, notre collaborateur et ami Pierre Francastel, qui a joué un rôle décisif dans ces journées d'études, nous dit qu'elles ont traité d'un problème entre tous passionnant : celui des centres de culture, de leur formation et de leurs voies de liaison. C'est pour cela que le volume s'ouvre par un mémoire de toute première importance, intitulé : La Route de la Meuse et les relations lointaines des pays mosans entre le VIIIe et le XIe siècle. Maurice Lombard a écrit là une page magnifique sur le rôle de la route créatrice de vie économique, commerciale, guerrière, religieuse, et par quoi circulent, – en même temps que les hommes, les marchandises et les monnaies – des idées, des techniques, des formations architectoniques et des répertoires décoratifs. Ici, fait frappant : l'art mosan révèle une autonomie et marque une avance nette et incontestable sur les œuvres que nous montrent les régions de la Moselle et du Rhône, limitrophes du pays mosan et qui, d'une manière générale, forment cependant avec lui ce qu'on pourrait appeler le complexe historique, économique et artistique lotharingien. (...) La période qui correspond à la formation, aux premières réussites de l'art mosan et aux débuts de son expansion – disons, la période qui s'étend du VIIe au XIe siècle – représente pour l'Occident un moment capital. C'est l'éveil, ou le réveil, des activités économiques et urbaines, signe d'un renouveau de la civilisation matérielle et de la civilisation tout court. Il s'accompagne d'une profonde transformation dans la structure des échanges. (...) On n'attend pas de moi que j'analyse toutes les communications faites par des érudits de divers pays – en tête naturellement par nos amis belges, associant leur effort à celui de Français comme Ëlie Lambert, André Grabar, Louis Réau, Mme Gauthier de Limoges, etc. Il faut remercier le Centre National de la Recherche Scientifique d'avoir facilité la publication de ces travaux solides, sérieux et vivants." (Lucien Febvre, Annales, 1954)

64.              GANSHOF (François-L.). La Flandre sous les premiers comtes. Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1949, in-12, 134 pp, 3e édition revue, un portrait de Charles le Bon en frontispice, un tableau généalogique des premiers comtes de Flandre, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Notre passé)

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Cette synthèse, courte mais substantielle, sera la bienvenue au moment où des travaux récents ont renouvelé en bien des points l'histoire primitive de la Flandre. Elle s'adresse au public cultivé, mais les historiens – surtout ceux qui, n'entendant point le Néerlandais, n'auront pu prendre connaissance des excellentes études de la jeune école gantoise – en feront également leur profit. Le guide est on ne peut plus sûr : il connaît mieux qu'homme en Belgique l'histoire du comté durant cette période, il lui a consacré lui-même de nombreux travaux et son information est, comme on sait, impeccable. M. Ganshof a condensé en quelques pages tout ce que l'état actuel de la science nous permet de savoir sur la Flandre du IXe au XIIe siècle. L'exposé s'arrête en 1128, au moment de l'accession au trône de la maison d'Alsace, après le meurtre de Charles le Bon. Ces événements marquent l'entrée en scène des communes : aube des temps nouveaux, dit à juste titre M. Ganshof, car alors prend fin la période strictement féodale de l'histoire de la Flandre. Cette histoire politique s'accompagne d'excellents tableaux de la civilisation du comté du IXe au XIIe siècle. (H. Nowé, Revue belge de philologie et d'histoire, 1945)

65.              MOLLAT (Michel). Les Pauvres au Moyen Age. Etude sociale. Hachette, 1978, in-8°, 395 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Le Temps et les hommes)

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"M. Mollat apporte une contribution exceptionnelle à l'histoire sociale du Moyen Age. Ouvrage magistral, au vrai sens du terme, car il est d'un vrai maître, qui a l'expérience de toute l'histoire médiévale, économique, politique, religieuse... L'auteur souligne, dans l'introduction, l'ambiguïté du terme “pauper”, malgré ses divers équivalents et synonymes, et note que le mot, s'il se réfère fondamentalement à un état économique (et donc social), n'est pas du tout étranger, dans la signification qu'on lui donne et la perception qu'on en a, à des situations politiques et de même sans cesse, mais par des voies multiples, lié à des considérations morales et religieuses, voire à des impératifs moraux et religieux. Il ordonne ensuite sa réflexion et son exposé autour de quatre périodes principales. (...) Une telle étude, une telle somme n'appelle aucune critique, à peine quelques réserves. (...) Ce grand et beau livre d'histoire sociale contient aussi une excellente méditation sur l'histoire des civilisations." (Marcel Pacaut, Revue de l'histoire des religions, 1980)

66.              PERNOUD (Régine). Aliénor d'Aquitaine. Albin Michel, 1968, in-8°, 295 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Historia)

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La chronique scandaleuse s'est emparée très tôt du personnage d'Aliénor d'Aquitaine. Les Français ne lui auraient-ils pas gardé rancune d'avoir abandonné la couronne de France pour celle d'Angleterre ? Quoi qu'il en soit, la réputation fâcheuse qu'on lui a faite aura marqué, pour la postérité, une personnalité féminine hors pair. Admirablement attentive à son temps, toujours prête à faire face aux situations, si tragiques fussent-elles, elle se montra au cours d'une vie particulièrement mouvementée, capable d'organiser la défense d'une forteresse, d'administrer non seulement son duché, mais tout un royaume, de prévoir l'importance qu'allait prendre, au XIIIe siècle, la bourgeoisie des villes. En suivant pas à pas une vie romanesque s'il en fut, Régine Pernoud nous a donné avec Aliénor d'Aquitaine un livre remarquable qui a été couronné par le Grand Prix littéraire de la Ville de Bordeaux et par le prix Historia.

67.              PERNOUD (Régine). Christine de Pisan. Calmann-Lévy, 1982, in-8°, 227 pp, 2 tableaux généalogiques, biblio, broché, couv. illustrée, C. de bibl., bon état

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Personnage attachant que celui – encore méconnu – de Christine de Pisan : à travers ses écrits, en vers et en prose, la fille de l'astrologue-astronome de Charles V, née en 1365, n'hésite pas à revendiquer sa condition de femme ; elle est sans doute la première féministe avant la lettre... Et pourtant, le sort lui est contraire ; devenue veuve à vingt-cinq ans, tombée en disgrâce au sein de la Cour, elle doit affronter, tour à tour, la morgue des nantis, la servilité des gens de justice, et la mesquinerie des universitaires parisiens (de l'époque !) qui se refusent à admettre qu'une femme – c'est-à-dire, à leurs yeux, « une créature inférieure » – puisse avoir accès au savoir... Un peu à la façon d'une belle histoire, elle aura toutefois la satisfaction de voir, à la fin de sa vie, surgir une femme qui réveillera les passions et redonnera foi au peuple de France. Christine de Pisan, qui s'est tue depuis onze ans, reprendra la plume pour célébrer celle que nous appelons Jeanne d'Arc... — "Avec Régine Pernoud (1909-1998), a disparu une personnalité de premier plan, connue d'un large public en France et à l'étranger, auteur de dizaines d'ouvrages, parfois traduits à l'étranger, sur saint Martin de Tours (1996), sur Héloïse et Abélard (1970), sur Hildegarde de Bingen (1994), sur Aliénor d'Aquitaine (1966), sur Richard Cœur-de-Lion (1988), sur Blanche de Castille (1972), sur saint Louis (1985), sur Christine de Pisan (1982), sur les hommes de la croisade (1984), sur les saints au Moyen Age (1984), sur la femme au temps des cathédrales (1990)... Autant de livres composés avec simplicité et élégance, où se manifestent sa familiarité avec les chroniques, la littérature et l'art du Moyen Age, mais aussi sa profonde et touchante sympathie pour les siècles qu'elle évoque." (Philippe Contamine, Bibliothèque de l'École des chartes, 2000)

68.              PERNOUD (Régine). Les Hommes de la Croisade. Tallandier, 1977, in-8°, 340 pp, 8 pl. de gravures hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Figures de proue)

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Il ne manque ni d'histoires des Croisades ni de biographies des principaux protagonistes de ce qui fut la grande épopée du Moyen Age. Mais il n'y avait pas de livre retraçant la manière de vivre, la vision du monde, l'organisation matérielle de tous ceux qui tentèrent l'aventure, qu'ils fussent rois ou pauvres, barons, clercs, femmes, marchands ; qu'ils eussent la foi ou qu'ils fussent animés par l'esprit de conquête ou l'appât du gain. Le tableau vivant que dresse Régine Pernoud nous restitue l'étonnement des Chrétiens devant les mœurs des Musulmans, les mille épreuves qu'ils durent subir en traversant des pays inconnus, la façon remarquable dont ils surent ensuite s'adapter, coloniser le pays, bâtir des églises et des forteresses, et "tenir" pendant deux siècles face à un adversaire inifiniment supérieur en nombre. C'est toute une page méconnue de notre histoire qui se révèle à nous.

69.              SCOONES (Stewart). Les noms de quelques officiers féodaux des origines à la fin du XIIe siècle. Klincksieck, 1976, gr. in-8°, 186 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque française et romane)

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"Rien n'est plus nécessaire pour certains domaines de la recherche que la collaboration entre historiens et philologues. Par exemple, comme dans ce livre qui n'est pas sans mérites, pour retracer au mieux l'histoire d'institutions, de fonctions comme celles de prévôt, de maire ou d'avoué, trois des offices dont l'ouvrage traite. L'idée centrale des recherches de l'auteur est très séduisante : retracer la genèse, le développement jusqu'à la fin du XIIe siècle d'un certain nombre d'offices, « féodaux » écrit l'auteur encore que beaucoup fussent plutôt seigneuriaux. (...) ce livre est plein d'intérêt. Son index des termes latins dépasse très largement, déjà, la courte liste des offices qu'il a pu étudier. La qualité de cet ouvrage est un gage de futures réussites." (Guy Fourquin, Revue belge de philologie et d'histoire, 1980)

70.              TESSIER (Jules). Etienne Marcel. P., Alcide Picard & Kaan, s.d. (1889), gr. in-8°, 216 pp, 2e édition, 15 planches hors texte d'illustrations de Frédéric Massé, un plan de Paris en 1380, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 faux-nerfs soulignés à froid, titres et fleurons très ornés dorés, encadrements à froid sur les plats, fer doré de la ville de Paris au 1er plat (rel. de l'époque), bon état (Coll. Picard - Bibliothèque d'éducation nationale)

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"En 1886, J. Tessier a cherché à laver Etienne Marcel de l'accusation d'avoir voulu livrer Paris à Charles de Navarre ; il s'attache à prouver que le récit des Grandes chroniques n'est qu'une version officielle, et que la mort du prévôt fut ourdie par le régent, de concert avec quelques bourgeois hostiles à Marcel. Cette thèse a été vivement combattue par N. Valois ; d'où une polémique assez acrimonieuse que nous indiquons pour mémoire. De la thèse de Tessier, il reste tout au moins que le récit de Pierre d'Orgemont est un récit arrangé en vue de justifier le régent ; mais d'autre part on ne saurait nier, quelles qu'aient été les circonstances de la mort de Marcel, les relations assez louches de celui-ci avec les Anglais et avec le roi de Navarre." (Auguste Molinier, Sources, 3279)

71.              VAN WERVEKE (Hans). Jacques van Artevelde. Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1943, in-12, 122 pp, une planche en frontispice, biblio, broché, bon état (Coll. Notre passé)

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Jacob van Artevelde, né à Gand vers 1287, est un membre de la haute bourgeoisie gantoise qui a fait fortune dans l'industrie drapière au début du XIVe siècle. Ses différents contacts avec le pouvoir comtal en ont fait l'un des porte-paroles de sa ville d'abord, des communes flamandes ensuite, dans les diverses négociations avec le comte de Flandre Louis de Nevers. En 1336, Édouard III, qui veut obliger les villes flamandes à se tourner vers l'Angleterre, interdit l'exportation des laines anglaises vers la Flandre. Celle-ci entre en crise : les profits baissent, le chômage augmente. Les travailleurs et les drapiers ne voient que les agents du fisc venir de France et les émeutes commencent à se multiplier. Le 3 janvier 1338, van Artevelde se fait confier la direction de Gand par les échevins de la ville et organise, en avril, une conférence des grandes villes de Flandre au monastère d'Eeckoutte. À partir de ce moment, c'est lui qui assume le gouvernement du comté de Flandre. Il est assassiné lors d'une émeute le 17 ou le 24 juillet 1345... — "Hans van Werveke nous trace de son héros un portrait excellent. Nous ne pouvons qu'en recommander la lecture. on y verra comment un véritable historien, sans enjoliver jamais son modèle, en restant toujours aussi près des textes que possible, peut cependant donner la très vive impression de ce que fut un homme, et de ce que fut son œuvre." (Lucien Febvre, Annales, 1943)

72.              VAUCHEZ (André). La Sainteté en Occident aux derniers siècles du Moyen Age. D'après les procès de canonisation et les documents hagiographiques. (Thèse). Rome, Ecole française de Rome, 1988, fort gr. in-8°, x-771 pp, édition revue et mise à jour, 3 cartes, 34 tableaux, 52 figures, biblio, index, reliure illustrée de l'éditeur, bon état

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L'ambition de ce livre a été de faire entrer dans le territoire de l'historien cette terra incognita qu'a longtemps constitué la sainteté médiévale. L'auteur a étudié le processus qui a conduit l'Eglise romaine, entre la fin du XIIe et le début du XVe siècle, à promouvoir des modèles de perfection à travers les procès de canonisation qui sont apparus et se sont développés à cette époque. L'enjeu était de taille, car la sainteté était la valeur suprême dans la chrétienté médiévale et les pouvoirs attribués aux saints étaient considérables. Ce livre, qui a suscité depuis sa publication de nombreuses recherches, met en lumière les efforts déployés par la papauté médiévale pour étendre le contrôle de l'Eglise à tous les aspects de la vie religieuse des fidèles, y compris le choix de leurs protecteurs célestes. — "Vauchez nous donne une nouvelle approche de la Sainteté, originale et féconde, appuyée par l'extrême richesse de sa documentation. Tous les historiens y trouveront matière à réflexion." (Geneviève Hasenohr, Bibliothèque de l'Ecole des chartes)

73.              VAUCHEZ (André)(dir.). La religion civique à l'époque médiévale et moderne (Chrétienté et Islam). Actes du colloque de Nanterre (21-23 juin 1993). Rome, Ecole française de Rome, 1995, gr. in-8°, 571 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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La notion de « religion civique » est d'un usage courant pour l'Antiquité grecque et romaine, caractérisée par l'existence de liens étroits entre les cultes et la cité. Elle paraît a priori moins adaptée aux religions du Livre, en particulier au christianisme et à l'islam dans lesquels le lien religieux est d'ordre personnel et spirituel, même s'il est médiatisé par l'Église ou la communauté des croyants. Néanmoins, dans certains contextes politiques et sociaux que le présent volume s'est efforcé d'identifier avec précision, le Moyen Âge et les Temps modernes ont vu s'épanouir des manifestations religieuses que l'on peut qualifier de civiques dans la mesure où l'autorité politique ou administrative locale y a joué un rôle déterminant et a mis la main, à travers elles, sur la gestion du sacré. En Italie et dans les pays méditerranéens, le culte des saints a constitué le cadre privilégié - mais non exclusif - de l'affirmation des particularismes locaux au sein d'une religion qui se voulait universelle. Mais l'islam a également connu des phénomènes de ce type qui sont ici étudiés dans une perspective comparatiste.

74.              VINATIER (Jean). La vie quotidienne en Limousin au siècle de Jeanne d'Arc. Tulle, Lemouzi, 1983, gr. in-8°, 140 pp, avec le concours pour la transcription des manuscrits de Tibor Pataki, 6 pl. de photos hors texte, qqs ill., fac-similés et 18 blasons communaux de la Corrêze dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

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"Un texte agréable à lire. On peut discuter le « mariage » de Jeanne d'Arc avec le Limousin. L'auteur a eu l'heur de trouver une source de grand intérêt (et, en la personne de Tibor Pataki, un collaborateur pour la déchiffrer) : deux manuscrits d'un notaire de La Chapelle-Spinasse. Il en tire des détails savoureux, mais ne fait qu'effleurer la vie quotidienne en Limousin au XVe siècle." (L. Pérouas, Revue d'histoire de l'Église de France, 1984)

75.              WOLFRAM (Herwig). Histoire des Goths. Albin Michel, 1990, fort in-8°, 574 pp, préface de Pierre Riché, 8 cartes, biblio, supplément bibliographique français, index, broché, couv. illustrée, très bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité)

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L'histoire des Goths appartient aux mythes les plus connus de l'Occident. Venus de Scandinavie, ils se divisent en deux groupes : les uns, les Ostrogoths, poursuivant leur migration en Italie du Nord, les autres, les Wisigoths, en Gaule et en Espagne. Herwig Wolfram ouvre le dossier de manière neuve et enlevée en étudiant de l'intérieur la vie et le fonctionnement de cette société. Mentionnés pour la première fois en l'an 7 avant J.-C. en Poméranie, ils disparaissent de la scène en 711 à Tolède. Célèbres par leurs invasions (le sac de Rome en 410), ils ne furent pas seulement assoiffés de conquêtes, mais surent recevoir et assimiler les influences étrangères durant leurs différentes migrations, conservant bien des traits de leur civilisation primitive. Tribus ou royaumes, un mode de vie original apparaît : comme le dit Pierre Riché dans sa préface, "les Goths ont refusé l'intégration mais leurs princes ont eu l'habileté de se faire passer pour les successeurs des empereurs romains". La présence des Goths dans l'Empire romain finissant est un moment unique dans l'histoire de l'Occident. Histoire, mais aussi sociologie et politique, ce livre allie la maîtrise des sources imprimées avec les découvertes archéologiques les plus récentes. L'Histoire des Goths de Herwig Wolfram, professeur à l'université de Vienne, offre une magistrale synthèse sur l'aurore de notre civilisation.

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

76.              ARNAULD (Antoine) et Claude LANCELOT. Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal. Précédée d'un Essai sur l'Origine et les Progrès de la Langue Françoise par M. Petitot ; et suivie du commentaire de M. Duclos, auquel on a ajouté des notes. P., Bossange et Masson, et R. Madame Mère, 1810, in-8°, (4)-464 pp, seconde édition, reliure plein veau marbré, dos lisse richement orné, pièce de titre chagrin vert, roulette dorée en queue, plats encadrés de filets et motifs dorés (feuilles de vigne et grappes de raisin), tranches mouchetées, coupes filetées (rel. de l'époque), petits manques de cuir sur les plats, bon état (ex-libris gravé Marquis de Vaulchier)

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La Grammaire de Port-Royal aborde des aspects de la grammaire du français, et des éléments de philosophie du langage, inspiré des Règles pour la direction de l'esprit de Descartes. L'ouvrage sera suivi de la Logique de Port-Royal. Les deux ouvrages portent le nom du haut-lieu du jansénisme Port-Royal des Champs. ''La Grammaire générale, connue sous le nom de Grammaire de Port-Royal est fort estimée''. (Brunet). Antoine Arnauld regrette que la plupart des grammaires du XVIe siècle ne soient que des inventaires se contentant de repérer des similitudes entre des formes et offrir un classement, reprenant de façon constante les grammaires précédentes, position qu'il qualifie de « savoir pauvre » et « condamné à ne connaître toujours de la même chose, mais à ne la connaître qu'au terme jamais atteint d'un parcours indéfini. ». Parallèlement à la mise en place d'un système d'enseignement, il écrit avec Claude Lancelot une grammaire. En lieu et place de suivre la position du XVIe siècle, la Grammaire de Port-Royal aborde la question sous l'angle de la philosophie du langage et tâche de déterminer le problème de la présentation. Arnauld ne voit pas dans l'idiome tant une série de règles simples et immuables, comme l'algèbre, mais une évolution naturelle.

77.              CAMPARDON (Emile). Marie-Antoinette et le procès du Collier, d'après la procédure instruite devant le parlement de Paris. Ouvrage orné de la gravure en taille-douce du collier, et enrichi de divers autographes inédits du Roi, de la Reine, du comte et de la comtesse de Lamotte. Plon, 1863, gr. in-8°, viii-452 pp, un frontispice (une gravure du fameux collier) et 4 fac-similés hors texte, index, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs pointillés, titres et caissons dorés (rel. de l'époque), coiffe sup. lég. frottée, bon état. Edition originale (Tourneux, “Marie-Antoinette devant l'histoire”, 156 ; Vicaire II, 34)

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Première tentative d'éclaircir rigoureusement la fameuse "Affaire du Collier". Nul n'était mieux placé pour cela qu'Emile Campardon (1837-1915), qui fut chef de la section judiciaire des Archives Nationales de 1857 à 1908. — "Le procès du Collier est un événement qui a eu un retentissement immense. On sait ses funestes conséquences pour l'avenir d'une reine, jeune et brillante, et qui devait avoir une fin si fatale. Un jeune et courageux historien, M. Campardon soutient hautement la thèse de la complète innocence de Marie-Antoinette. A cet effet, il s'appuie avant tout sur les actes authentiques, il remonte aux témoignages contemporains et les soumet de nouveau à un sévère contrôle. Il s'attelle à « Démontrer que le collier de diamants, acheté au nom et à l'insu de Marie-Antoinette par le cardinal de Rohan, a été volé, dépecé et vendu par le comte et la comtesse de Lamotte-Valois » ; « Arriver à cette preuve par l'examen critique de la procédure instruite par le parlement de Paris dans cette malheureuse affaire » ; « Venger la reine des calomnies que ses contemporains ont répandues contre elle, et dont quelques historiens modernes se sont trop complaisamment faits les échos » ; « Dire enfin la vérité sur le fameux procès du Collier. » Au fond, rien de plus simple que cette affaire, grandie par des passions, qui étaient déjà révolutionnaires, jusqu'aux proportions d'une sorte de fantôme gigantesque et terrifiant. Un collier de diamants, de la valeur énorme de seize cent mille livres, est offert à la reine, qui le refuse, avec une noble réponse. Un cardinal, déchu de ses espérances et comptant par là rentrer en grâce, l'achète au nom de la reine et en donne un reçu fabriqué, à son insu, par la comtesse de Lamotte. Aveuglé par cette habile intrigante, il en vient jusqu'à prendre une fille opéra pour la reine de France. De là la juste colère du roi, de là l'arrestation et le jugement du cardinal. Mais il est acquitté, et le Parlement a donné, par cet acquittement scandaleux, le premier coup de sape au monument auguste, qui bientôt va s'écrouler... C'est dans le livre de M. Campardon qu'il faut lire le détail de cette douloureuse affaire. Nous n'aurions pas le courage d'y entrer. Il nous suffira de dire que l'auteur, s'appuyant d'une part sur les pièces officielles, et de l'autre sur les mémoires contemporains, suit pas à pas ce fameux procès, depuis la scène si dramatique de l'arrestation du cardinal jusqu'à son acquittement. Un des mérites du livre, c'est de nous donner de courtes mais curieuses biographies des acteurs de ce drame : le cardinal de Rohan, la comtesse de Lamotte-Valois et son mari, le comte de Cagliostro, Réteaux de Villette, le bras droit de l'intrigante comtesse, et jusqu'à la fille Leguay d'Oliva. Les pièces justificatives, qui ne comportent pas moins de 240 pages, contiennent les interrogatoires du cardinal de Rohan, de la comtesse de Lamotte, de Cagliostro et de Réteaux de Villette ; enfin, des documents très-curieux, à l'aide desquels la police de Paris a cherché à établir, lors du procès du Collier, que Cagliostro n'était autre qu'un aventurier nommé Joseph Balsamo, qui avait séjourné à Paris en 1772..." (Bibliothèque de l'École des chartes, 1864)

78.              CARMONA (Michel). Richelieu. L'ambition et le pouvoir. Fayard, 1984, in-8°, 783 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 8 cartes, chronologie, biblio, index, broché, bon état

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L'homme en habit vert de bouffon, qui danse la sarabande devant la Reine Anne d'Autriche, vous connaissez ? Il s'appelle Armand Jean du Plessis de Richelieu, cardinal, Premier ministre de Louis XIII, Roi de France et de Navarre. Se souvient-il du brillant cavalier qu'il fut jeune homme, avant que l'impérieux devoir de famille n'en fasse un évêque de Luçon, l' "évêché le plus crotté de France" ? Il a goûté la faveur, l'amertume de l'exil, l'équivoque fierté que donne la certitude d'une intelligence hors pair. Patient et impulsif, persévérant dans l'adversité, dévoré par l'anxiété, la maladie, l'ambition, il forge un Etat, une nation. Pourquoi, pour qui ce labeur immense, cette volonté implacable, la tête de Chalais puis celle de Cinq-Mars, les morts de La Rochelle et les pendus d'Avranches ? Richelieu, père de la France moderne ? L'Histoire vraie, plus passionnante qu'un roman, d'un homme et de son époque. Une invitation à réfléchir sur l'art difficile de gouverner les Français.

79.              CLOULAS (Ivan). Diane de Poitiers. Fayard, 1997, in-8°, 432 pp, tableaux généalogiques, chronologie, sources et biblio, notes, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Parmi les personnages historiques de la Renaissance, Diane de Poitiers symbolise le triomphe du pouvoir féminin. Son mariage avec un grand dignitaire de quarante ans son aîné semble la cantonner dans un rôle honorifique mais sans éclat. Elle en sort avec panache lorsqu'elle obtient de François Ier la grâce de son père condamné à mort pour trahison: elle révèle alors la puissance de sa personnalité et subjugue le dauphin Henri. Sous le règne d'Henri II, elle occupe la première place, laissant dans l'ombre Catherine de Médicis, la jeune reine. Anet et Chenonceau sont tour à tour le théâtre de sa grandeur. Artistes et poètes la célèbrent à l'égal de l'antique déesse, maîtresse de l'astre des nuits qu'elle a pris, comme son amant, pour emblème. Mais cette réussite l'oblige à mener une bataille continuelle dans l'univers impitoyable de la cour. Aux armes de la séduction Diane ajoute celles de l'intelligence et se transforme en conseillère politique. Les alliances qu'elle a su se ménager avec les plus puissantes familles du royaume lui permettent d'échapper aux vengeances lorsque survient la mort accidentelle du roi. Son image exemplaire demeure celle d'une femme qui sut, par son propre génie, accéder à la plus haute destinée.

80.              DELUMEAU (Jean) et Thierry WANEGFFELEN. Naissance et affirmation de la Réforme. PUF, 1998, in-8°, 441 pp, 5 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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Selon Luther, l’homme reste toute sa vie indigne du salut, le péché originel a été trop grave. C’est la doctrine de la « justification par la foi ». Cet ouvrage la replace dans son contexte historique et en suit la diffusion dans la partie de la chrétienté devenue protestante. Pour la première fois dans l’histoire, une hérésie chrétienne a tenu en échec l’autorité romaine.

81.              DUCHET (Michèle) et Michel LAUNAY (dir.). Entretiens sur “Le Neveu de Rameau”. P., A. G. Nizet, 1967, in-8°, x-412 pp, préface de Jean Fabre, note bibliographique, index, broché, couv. lég. salie, qqs rares marques au stylo en marges, état correct

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"Fruit d'une recherche collective entreprise, sous la direction de Mme Duchet et de M. Launay, avec l'appui de M. J. Fabre, à l'Ecole Normale Supérieure et à la Faculté des Lettres de Paris, ce fort volume, consacré à l'œuvre de Diderot qui reste la plus mystérieuse, mérite d'abord de retenir l'attention par son intérêt pédagogique : il offre le premier exemple de ce que peuvent être les méthodes, la fécondité et les limites d'une recherche menée en commun au sein de l'Université. Les résultats ainsi obtenus ne sont pas minces : on retiendra en premier lieu l'établissement de l'Index exhaustif des noms, adjectifs, verbes et adverbes du Neveu, qui, à lui seul, rend ce livre indispensable pour toute recherche à venir (p. 287-402). (...) Au total, un livre appelé à faire date, dans l'histoire de la critique « diderotiste ». La qualité des exposés présentés par les étudiants qui participaient au séminaire (ceux notamment de F. Levaillant, de R. Guerdet, de J.Y. Pouilloux) illustre bien la fécondité d'une telle démarche." (M. Roelens, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1968)

82.              FEDERN (C.). Mazarin, 1602-1661. Payot, 1978, fort in-8°, 586 pp, traduit de l'allemand, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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L'existence de Mazarin est sans équivalent dans l'histoire. C'est la carrière la plus prodigieuse qu'un étranger ait fait en France. Toute la vie de cet habile Napolitain est ressuscitée dans ce livre passionnant, dû à un spécialiste du XVIIe siècle qui lui a consacré une bonne douzaine d'années. On retiendra tout particulièrement les chapitres consacrés à la Fronde. Tous ceux qui participèrent à ce double mouvement, révolutionnaires et réactionnaires, revivent dans ces pages. L'on voit comment les deux Frondes, mal dirigées, furent mises en échec par Mazarin, qui en sortit prodigieusement grandi, devenu le dictateur de la nation, "protecteur du roi", "usufruitier du royaume de France", et quelques années après l'homme le plus riche de la chrétienté. Mazarin fut l'un des premiers hommes d'État qui aient mélangé la politique et les affaires à la façon moderne, c'est-à-dire en étant actionnaire, commanditaire, administrateur de sociétés, armateur, spéculateur, marchand de céréales, d'épices, de savon, de titres de noblesse ou de biscuits pour l'armée. Il fournissait aux troupes jusqu'à de l'eau en en tirant bénéfice. D'où cette fortune immense, ces amas d'or et de pierreries qu’il entassait dans le donjon de Vincennes et qu’il faisait garder avec le plus grand soin. Le livre excelle à faire revivre cette carrière prodigieuse de l'un des hommes les plus fascinants de l'histoire. — "... On a beaucoup trop tendance à passer sous silence, où à expédier d'un mot dédaigneux, le très solide (mais inégal) Mazarin de Carl Federn, écrit avant 1914 sur des bases inébranlables bien qu'incomplètes et parfois curieusement interprétées, paru en allemand à Munich en 1922, traduit en français en 1934, réédité en 1978..." (Pierre Goubert, Mazarin, 1990)

83.              FERRARA (Orestes). Philippe II. Albin Michel, 1961, in-8°, 449 pp, broché, couv. illustrée, bon état, ex. du SP

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Le Philippe II de M. Ferrara est un maître-livre. L'auteur a puisé aux archives de Simancas et chez les contemporains de son personnage en particulier dans les rapports des ambassadeurs de Venise, les éléments essentiels de cette véritable résurrection d'un homme et d'une époque. Avec quel art, il sait peindre en pied le souverain qui, au siècle de la Réforme, de la contre-Réforme et des luttes religieuses en Allemagne et en France apparut comme le prince le plus puissant de l'Europe !

84.              GAZIER (Cécile). Un apôtre oublié du XVIIe siècle : Claude Bernard et le Séminaire des Trente-trois. dans le Correspondant, 1929, gr. in-8°, 16 pp, broché, bon état

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On trouve dans le même numéro des Lettres inédites de Béranger à Lebrun (29 pp) ; des articles sur L'Irlande de 1915 à 1924 (24 pp) ; Le maréchal de Saint-Arnaud (de Lanzac de Laborie, 18 pp) ; etc.

85.              HAUSER (Henri). La Prépondérance espagnole (1559-1660). PUF, 1948, in-8°, 592 pp, troisième édition, biblio, index, broché, pt morceau de scotch au bas du dos, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

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"Ecrit d'une plume alerte et dû à un seul auteur, ce volume met en relief, par son titre et son contenu, le rôle prépondérant de l'Espagne dans la politique européenne pendant un siècle. Il s'impose à notre attention, et il la mérite..." (Georges Cirot, Bulletin Hispanique, 1934) — "Quand j'étais jeune étudiant ma forme d'esprit s'adaptait assez mal aux ouvrages de la collection Halphen et Sagnac. L'un deux faisant exception à la règle : c'était 'La prépondérance espagnole' d'Henri Hauser. Bien construit, agréable à lire, désencombré de détails inutiles, c'était une réussite de l'esprit. On comprend donc qu'à la différence des autres, il ait été réédité sans modification. Dans son introduction Pierre Chaunu montre que le « Hauser » n'a vieilli que sur deux points : L'histoire démographique et celle des mentalités. Tous ceux qui veulent comprendre l'importance de l'Espagne en Europe dans cette période et ainsi mieux comprendre ce que fut la civilisation espagnole doivent lire ce guide précieux." (Frédéric Mauro, à propos de la réédition de 1973)

86.              JENKINS (Elizabeth). Elizabeth the Great. New York, Time Incorporated, 1964, pt in-8°, xv-375 pp, introduction par A. L. Rowse, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs guillochés soulignés à froids, titres dorés, couv. illustrée conservée, tranches mouchetées (rel. de l'époque), bon état. Texte en anglais

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Bonne biographie de Elizabeth Tudor (1533-1603), reine d'Angleterre et d'Irlande de 1558 à 1603. Elisabeth était la fille du roi Henri VIII d'Angleterre. Sa mère Anne Boleyn, exécutée trois ans après sa naissance lui fit perdre son titre de princesse, reçu à sa naissance entériné par le Second Acte de Succession. Son demi-frère Édouard VI nomma comme successeur, par lettre patente sa cousine Jeanne Grey, ce qui écarta ses demi-sœurs Marie et Élisabeth de la succession au trône. Neanmoins, cette lettre patente d'Édouard VI fut interprétée comme acte de trahison et Jeanne Grey fut exécutée. Marie – fille d'Henri VIII et de la catholique Catherine d'Aragon – devint reine en juillet 1553. Élisabeth lui succéda cinq ans plus tard, après avoir passé près de deux mois en prison en raison de son soutien supposé aux rebelles protestants et plus de quatre ans en résidence surveillée, entre le Palais de Woodstock et Hatfield Palace...

87.              L'ESTOILE (Pierre de). Journal pour le règne de Henri IV, tome II (1601-1609). Texte intégral présenté et annoté par André Martin. Gallimard, 1958, fort in-8°, 676 pp, notes, index, broché, bon état (Coll. Mémoires du passé pour servir au temps présent)

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Henri IV avait conquis sa couronne, mais le royaume n'était pas encore complètement rétabli des guerres de religion : il fallut la volonté tenace du souverain pour conduire la France jusqu'à sa place normale en Europe. Se tenant systématiquement à l'écart des violences catholiques et réformées, servi par quelques courtisans dévoués, le roi était le chef du parti des « politiques ». L'Estoile, plein d'admiration, assista, de 1601 à 1609, à l'accomplissement de la tâche royale. Avec le soin d'un bourgeois attentif et curieux, il notait tous les faits dont il avait connaissance. Il signalait aussi les pamphlets nouveaux, les documents qui lui étaient communiqués ; il inscrivait sur ses registres les crimes et les pendaisons, les maladies et les orages. La trahison et l'exécution de Biron figure dans le journal aussi bien que le récit des farces de carnaval. C'est donc un tableau complet de la vie parisienne que l'on trouvera parmi ces pages. Dans son style simple et bien vivant, notre auteur offre à chacun une collection fort abondante de renseignements et une lecture aussi agréable que pittoresque.

88.              L'ESTOILE (Pierre de). Journal pour le règne de Henri IV, tome III, et le début du règne de Louis XIII (1610-1611). Oeuvres diverses. Texte intégral présenté et annoté par André Martin. Gallimard, 1960, fort in-8°, 652 pp, notes, index, broché, bon état (Coll. Mémoires du passé pour servir au temps présent)

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Pierre de l'Estoile a toujours manifesté une grande admiration pour Henri IV, le roi de l'Édit de Nantes, qui avait su imposer la paix entre les Français et conquérir pour son royaume une place honorable en Europe. La mort du roi fut donc, à ses yeux, une redoutable catastrophe, aussi le Journal de l'année 1610 prend-il une importance toute particulière: on y voit le trouble jeté par le crime dans les esprits de tous, courtisans et gens du peuple : avec sa curiosité coutumière l'Estoile note tout ce qu'il a appris sur l'assassinat, sur le prix de l'exécution de Ravaillac aussi bien que sur l'établissement brusque de la régence de Marie de Médicis. Il s'agit là d'un document de premier ordre. À ces intéressantes pages ont été joints d'abondants extraits des recueils que notre auteur avait soigneusement constitués, anecdotes, pamphlets, répertoires divers, qui montrent bien la curiosité d'esprit de ce bourgeois érudit et lettré : il puisait dans ces recueils les réflexions dont il imageait son journal.

89.              LAGET (Mireille). Naissances. L'accouchement avant l'âge de la clinique (16-18e siècles). Seuil, 1982, in-8°, 346 pp, préface de Philippe Ariès, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

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"L'accouchement : un acte d'importance pour l'individu, la famille, la communauté, l'Etat. C'est un passage difficile, pour la mère et l'enfant, et ce moment a des résonances dans les domaines de la médecine, de la religion, de la démographie, et d'une façon générale, il est révélateur de croyances et de mentalités fort anciennes. Mireille Laget montre ici, dans une tentative d’histoire globale, comment était vécu l’enfantement par les femmes et par la collectivité dans la société traditionnelle (XVIe-XVIIIe siècles). A la lire, on se rend compte à quel point l’accouchement dépend – dans ses pratiques comme dans les rites et les croyances qui l’entourent – beaucoup plus des facteurs culturels que des facteurs biologiques. La médicalisation de l’accouchement, qui s’ébauche à la fin du XVIIIe siècle et s’achève au milieu du XXe siècle, traduit bien un changement de société – où l’efficacité et la sécurité des personnes l’ont emporté – mais comme au détriment de la chaleur et des solidarités humaines." — "Précédé d'une préface, comme toujours suggestive, de Philippe Ariès, voici l'essentiel de l'importante thèse de Mireille Laget, “Naissance et conscience de la vie : procréation, enfantement, obstétrique en Languedoc aux XVIIe et XVIIIe siècles”. Le travail est basé sur les recherches languedociennes et se situe essentiellement entre 1650 et 1790. Nous avons là une percée historique et donc, pour les XVIIe et XVIIIe siècles, un ouvrage de référence auquel il faut désormais se reporter. Désormais, pour tout ce qui touche à la procréation, à l'enfantement et à l'obstétrique, il conviendra de consulter Mireille Laget : « une nouvelle conquête de l'histoire », comme l'écrit Ph. Ariès. Il est tout à fait heureux que ses principales conclusions soient désormais à la portée d'un large public ; nul doute que la démographie historique en tirera de substantiels bénéfices." (J.-P. Poussou, Annales de Démographie historique)

90.              LEVRON (Jacques). Trois soeurs pour un roi, ou la cour de Versailles au début du règne de Louis XV. Perrin, 1981, in-8°, 282 pp, 16 pl. de gravures hors texte, annexes, généalogie, sources et biblio, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

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Il était une fois cinq soeurs – les filles du marquis de Mailly-Nesle – dont trois, au moins, se succédèrent dans le coeur du roi ! Jacques Levron ressuscite Versailles dans tout son enchantement, mais il évoque aussi, en contrepoint, la vie de la France et des Français pendant les premières années du règne de Louis XV. Car, précise-t-il, les Français, à cette époque, étaient infiniment plus sensibles aux variations du prix du pain qu'aux amours du Bien-Aimé...

91.              MAN (C. de). Beaumarchais, espion du roi (1732-1799). Le théâtre hermétique. Villeselve, Editions Ramuel, 1997, in-8°, 82 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Une étude des aspects politique, maçonnique et alchimique du "Mariage de Figaro".

92.              MARION (Marcel). Dictionnaire des institutions de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Picard, 1923, fort in-8°, ix-564 pp, texte sur 2 colonnes, 1108 articles, broché, bon état. Edition originale

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L'auteur, professeur au Collège de France, nous a laissé sous forme de dictionnaire une véritable histoire du gouvernement et de l'administration française sous les rois Bourbons, de l'avènement d'Henri IV à la chute de Louis XVI. Chaque article est le résultat de recherches précises sur le sujet traité et offre une matière extrêmement riche. Un tel dictionnaire constitue un précieux répertoire qui dispense de recourir à 1000 ouvrages touffus et dispersés. — "Ancien, mais non remplacé." (Michel Antoine)

93.              MOUTON (Léo). Un Demi-Roi, le duc d'Epernon. — Le Duc et le Roi : d'Epernon, Henri IV, Louis XIII. Perrin, 1922-1924, 2 vol. in-8°, xii-275 et xi-306 pp, 7 gravures et portraits hors texte, brochés, bon état

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Excellente étude sur le duc d'Epernon (1554-1642). — "Dans un premier volume, intitulé "Un Demi-Roi", M. Léo Mouton, conservateur-adjoint à la Bibliothèque Nationale, étudiait la fortune d'un cadet de Gascogne. Le soldat aux gardes Caumont, parti de son pays, léger d'argent et sans protection, réussissait à se faire remarquer de Henri III, et à capter la bienveillance royale. Dès lors, honneurs et richesses pleuvaient sur sa tête. Il devenait duc d'Epernon et colonel-général de l'infanterie. La morgue du personnage s'accroissait de jour en jour. Déjà d'humeur difficile quand il était pauvre, son insolence ne connaissait plus de bornes. Le coup de couteau de Jacques Clément arrêtait la faveur croissante de ce parvenu. C'est la seconde partie de cette vie qu'analyse aujourd'hui avec beaucoup d'intéressants détails, le même auteur. La lecture de cette biographie turbulente, accidentée, pleine d'incidents, présente la variété d'un roman de cape et d'épée. Un personnage de cette trempe, à la tête chaude, à la susceptibilité chatouilleuse, devait forcément mener une existence agitée, sous le régne de Henri IV, quand la noblesse marchandait sa soumission à un monarque mal affermi sur son trône, ou à une régente, comme Marie de Médicis, en proie à des intrigants, tels que Concini ou la Galigaï. Mais, si le duc d'Epernon était ombrageux, prompt à se fâcher, ravi de clouer son adversaire par un bon mot, if restait cauteleux ; son audace se tempérait de prudence ; s'il rompait en visière, c'était quand il était certain de demeurer le plus fort ou quand il s'était ménagé une retraite sûre d'où il pouvait attendre les événements. La psychologie de ce mauvais coucheur, à la fois vindicatif et timoré, est démêlée avec beaucoup de dextérité et de finesse par son historien. On trouve aussi dans ce livre des passages assez gais, notamment un chapitre sur un conflit entre Sourdis, archevêque de Bordeaux, et d'Epernon, gouverneur de Guyenne..." (François Rousseau, Revue des études historiques, 1924)

94.              MUCHEMBLED (Robert). Culture populaire et culture des élites dans la France moderne (XVe-XVIIIe siècles). Flammarion, 1978, in-8°, 398 pp, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. L'histoire vivante)

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Ce livre décrit la culture populaire paysanne à son apogée, vers 1400-1550, ainsi que ses variantes urbaines déjà modifiées, dévalorisées et qualifiées de « superstitions » barbares par les élites citadines. Une seconde partie est consacrée à la lente mise à mort, aux XVIIe et XVIIIe siècles pour l'essentiel, de ce qui avait été un système complet et cohérent d'explication du monde, et donc d'action sur ce dernier. Une véritable révolution culturelle conduite par les élites, dans le sillage de l'établissement du pouvoir centralisateur devait ainsi fabriquer le consentement de millions d'hommes, faire d'eux des sujets très soumis et des producteurs dociles. De ce passé, il reste des traces dans la vie quotidienne des Français de la fin du XXe siècle.

95.              NECKER (Jacques). De l'administration des finances de la France. Nouvelle édition corrigée. Tome I. Sans lieu, sans nom d'éditeur, 1785, in-8°, iv-cxxxii-303 pp, un tableau remplié, reliure demi-veau moucheté, dos lisse avec pièce de titre (“Administration des finances”) et de tomaison basane vermillon et noire (rel. de l'époque), coiffe sup. abîmée, intérieur frais, bon état

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Tome I seul (sur 3) — Ouvrage majeur d'économie politique de Jacques Necker (1732-1804), alors ex-ministre des finances et ex-principal ministre d'État de Louis XVI. Après avoir été obligé de démissionner en 1781 de son poste de Contrôleur des Finances, ayant été discrédité auprès du Roi, Necker composa ce fameux traité qui devint dès sa parution un immense succès populaire. Ce livre, devenu classique en son genre, se vendit à 80.000 exemplaires en quelques jours. Il créa un choc dans l'opinion et fut à l'origine du premier exil de Necker. — "Critique indirecte des procédés déprédateurs de Calonne qui avait remplacé Necker au ministère, et qui achevait gaiement le désastre de la fortune publique, berçant une cour crédule de promesses et d'espérances auxquelles il était peu probable qu'il eut lui-même quelque foi" (Quérard, VI, 392)

96.              NECKER (Jacques). De l'administration des finances de la France. Nouvelle édition corrigée. Tome III. Sans lieu, sans nom d'éditeur, 1785, in-8°, 410-viii pp, reliure demi-veau moucheté, dos lisse avec pièce de titre (“Administration des finances”) et de tomaison basane vermillon et noire (rel. de l'époque), intérieur frais, qqs rares rousseurs, bon état

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Tome III seul (sur 3)

97.              NOLHAC (Pierre de). Marie-Antoinette à Versailles. Flammarion, 1932, gr. in-12, 126 pp, 2 gravures et 4 portraits en héliogravure sur 4 pl. hors texte, reliure demi-chagrin havane à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, bon état (Coll. Hier et aujourd'hui)

            30

"Le grand public a pris le goût de l’histoire ou du molns de l’histoire anecdotique. C’est pourquoi, sans doute, la librairie Flammarion vient de lancer une nouvelle collection que dirige M. Octave Aubry, le vivant et savant historien du Second Empire. Dans d’agréables petits volumes à 3.75 fr. et sous ce titre « Hier et aujourd’hui », elle a déjà fait paraître toute une série d’ouvrages infiniment agréables. « L'impératrice Eugénie et sa Cour », par Octave Aubry ; « Deux combats navals », par Claude Farrère et Paul Chack ; « Marie-Antoinette à Versailles », par Pierre de Nolhac ; « Le Fort de Vaux », par Henry Bordeaux. Cette collection est agréablement illustrée." (Revue Pourquoi pas ?, 1932)

98.              RAMBAUD (Alfred). Russes et Prussiens. Guerre de Sept Ans. P.-Nancy, Berger-Levrault, 1895, in-8°, xii-400 pp, 10 planches d'uniformes par Henry Ganier, 4 cartes et 7 plans de batailles dépliants hors texte, biblio, reliure pleine percaline bleu-nuit de l'éditeur, titres argentés au 1er plat et au dos, fer doré de prix au 1er plat, couv. illustrée conservée, qqs rares rousseurs, très bon état. Rare

            150

"... Ce n'était pas à tort que Frédéric II redoutait d'avoir à combattre la Russie. Jouée par l'Angleterre au traité du 30 septembre 1755, la tsarine s'était empressée d'entrer dans la coalition contre Frédéric, et ce sont ses armées qui mirent le grand capitaine dans le plus cruel embarras : elles lui prirent la Prusse orientale, l'arrêtèrent à Zorndorf et le battirent à plate couture à Runersdorf ; elles entrèrent les premières à Berlin et, si les Russes avaient pu pousser la guerre à fond, Frédéric eût sans doute succombé. Cette guerre des Russes contre les Prussiens, de 1756 à 1762, a été excellemment retracée par M. Alfred Rambaud. Les documents qu'il avait à sa disposition, allemands et russes, étaient fort nombreux. Maintenant nous connaissons la composition de l'armée russe au temps d'Elisabeth et de Pierre III, nous savons quelles étaient sa force numérique et sa valeur morale, comment elle était commandée. Tout cela est en grande partie nouveau. M. Rambaud, qui est un habile écrivain, a mis beaucoup d'art dans le récit des campagnes conduites par les Russes jusqu'au cœur du Brandebourg ; il a donné un saisissant relief aux physionomies des chefs russes : Apraxine, le vainqueur de Jaegersdorf ; Fermor, que Frédéric II ne put vaincre complètement à Zorndorf ; Soltykof, qui lui infligea un lamentable échec ; Tottleben, qui lui vendit en 1761 le secret des opérations militaires, etc. Si les Russes n'achevèrent pas le désastre de la Prusse, c'est qu'ils furent mal secondés par leurs alliés autrichiens, jaloux d'eux de loin et de près trop circonspects ; du moins déployèrent-ils des vertus militaires qui placèrent sans contredit la Russie au rang des grandes puissances européennes. C'est le seul profit qu'elle retira de ses grands sacrifices en hommes et en argent, puisqu'elle ne garda rien de ses conquêtes, mais elle avait montré de quels efforts elle était capable. La guerre de Sept ans avait commencé par le renversement des alliances ; elle se terminait par le déplacement de l'équilibre européen." (Ch. Bémont, Revue Historique, 1895)

99.              RETZ (Jean-François-Paul de Gondi, cardinal de). Lettres et Mémoires sur les affaires de Rome. Edité par R. Chantelauze. Hachette, 1882, fort in-8°, xl-603 pp, introduction, pièces justificatives, imprimé sur vergé, reliure pleine toile écrue, dos lisse avec pièce de titre basane vemillon (“Lettres et Mémoires sur les affaires de Rome”), couv. conservées, bon état (Collection Les Grands écrivains de la France)

            60

Forme le tome VII, complet en soi, des "Oeuvres du Cardinal de Retz" dans la collection des Grands écrivains de la France (10 volumes), remarquable travail de correction et de collation des textes manuscrits ou imprimés. — "Il y a quelques années, en poursuivant mes recherches sur le cardinal de Retz, dans les archives du ministère des Affaires étrangères, j'y trouvai une importante correspondance du prélat avec Louis XIV et avec plusieurs personnages de la cour, surtout avec le secrétaire d'État Hugues de Lionne. Retz était alors réconcilié avec le Roi, et avait été chargé par lui de régler avec le Pape certaines affaires, pour la plupart très graves. C'est sur ces diverses négociations que roule cette correspondance. De ces précieux documents inédits je composai une étude que je publiai sous ce titre : “le Cardinal de Retz et ses missions diplomatiques à Rome”, et j'y mêlai quelques fragments des dépêches du Cardinal. Aujourd'hui, c'est pour la première fois que toutes ces dépêches (avec les lettres et instructions de Louis XIV, de Lionne, etc., en appendice) paraissent dans un recueil des OEuvres de Retz. On verra qu'un grand soin a été apporté au commentaire. Un tel travail, disons-le, n'était pas sans difficulté car, d'une part, pour ces documents en si grande partie inédits, il était neuf ou presque neuf, et, d'autre part, les faits particuliers et les circonstances dont il s'agit dans les dépêches n'ont laissé, en général, que de faibles traces dans les annales du temps. Non seulement il fallait élucider les questions qu'eut à traiter le cardinal de Retz, déterminer quelle fut sa part d'action, de quelle manière il négocia ces grandes, ces difficiles affaires, et quelle en fut la conclusion, mais encore donner sur bien des personnes et des événements oubliés aujourd'hui les éclaircissements désirables." (R. Chantelauze, Avertissement)

100.          SABATIER (Pierre). Une éducatrice : Madame Campan, d'après ses lettres inédites à son fils. dans le Correspondant, 1929, gr. in-8°, 25 pp, broché, bon état

            8

On trouve dans les mêmes numéros un article sur Le premier roi Bourbon, Henri IV (Lanzac de Laborie, 14 pp) ; etc.

101.          TRIPHOOK (Robert)(éd.). Marottes à vendre ou Triboulet tabletier, dont la Gibecière, après avoir été égarée pendant plusieurs siècles, nous est enfin heureusement parvenuë, munie d'un rare assemblage de hochets, breloques, colifichets et babioles de toutes espèces ; d'un travail non commun, et possédants mille propriétés et vertus, non moins utiles et recherchées, que délectables et difficiles à trouver. Au Parnasse burlesque, ex officina de la Banque du Bel Esprit, à l'Enseigne de la Facéciosité (Londres, Harding and Wright, for R. Triphook), L'an premier de la nouvelle ère (1812), pt in-8°, [8]-288 pp, impression à petit nombre, sur papier vélin, reliure demi-vélin à coins, pièce de titre de maroquin rouge, tête dorée, bon état. Bel exemplaire (Gay-Lemonnyer, III, 68-69)

            200

Recueil facétieux extrêmement rare, contenant 353 pièces en vers et en prose piochés çà et là dans divers ouvrages. — "Ce recueil renferme des extraits de différents ouvrages rares" (Brunet, III, 1466). Première édition de ce charmant recueil de textes burlesques français publiés pour le marché anglais par Robert Triphook. L'éditeur Triphook est particulièrement connu pour ses éditions de textes insolites de ce type (une « marotte » est un bonnet de fou à clochettes). Les textes proposés sont des contes facétieux mettant en scène divers rois de l’ancien régime (particulièrement Henri IV), comtes et présidents, médecins et avocats...

102.          VALENSI (Lucette). Fables de la mémoire. La glorieuse bataille des Trois Rois (1578). Seuil, 1992, in-8°, 312 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

            25

"Fraîchement arrivée au pouvoir, dans un contexte marqué par la résistance contre les Portugais installés en plusieurs points du littoral marocain, la jeune dynastie saadienne est secouée par des conflits de succession dans lesquels intervient, entre autres, la géopolitique régionale. En 1576, Muhammad al-Mutawakkil est chassé du trône par son oncle Abd al-Mâlik soutenu par la Sublime Porte. Deux ans plus tard, le prince déchu se tourne vers les monarques de la péninsule Ibérique, et c'est le monarque portugais Sébastien qui accepte de lui prêter main-forte. Jeune et sans descendance, ce neveu de Philippe II règne sur un grand empire. Animé par l'esprit de croisade, il débarque sur le littoral du Nord-Ouest marocain avec une armée de 17 000 hommes. Le 4 août 1578 c'est la bataille des Trois Rois. Une seule journée, un seul affrontement de quelques heures, et trois morts illustres, à savoir Sébastien lui-même, Abd al-Mâlik et al- Mutawakkil. Celui-ci est retrouvé noyé, il est empaillé et promené dans plusieurs villes marocaines. Par contre, Ahmad, frère et lieutenant de Abd al-Mâlik, est couronné à l'issue de la bataille. Victoire éclatante pour le Maroc qui en sort enrichi, prend l'allure d'une puissance régionale, et se donne les moyens de se prémunir contre la domination turque. Désastre pour le Portugal qui subit d'énormes pertes, et se retrouve annexé à l'Espagne en 1580 pour une durée de soixante ans. C'est donc un événement-repère qui fait évoluer les deux pays dans deux directions inverses ; c'est aussi un événement qui impressionne les contemporains, d'autant plus que les trois rois ont péri dans des circonstances troubles. Voilà donc, à grands traits, les contours de cette guerre mémorable. Dans l'ouvrage de Lucette Valensi, il ne s'agit pas de narrer la bataille, mais plutôt de faire l'histoire des différentes narrations dont elle a fait l'objet, chez les vainqueurs et les vaincus, la "mise en intrigue" étant considérée ici comme processus lié au fonctionnement de la mémoire collective. L'auteur se propose d'analyser la formation des rumeurs et "leur insertion dans le légendaire" ainsi que "le passage de l'action au mythe"..." (Sebti Abdelahad, Annales, 1995)

RÉVOLUTION

 

103.          BLOCH (Camille). L'Instruction publique dans l'Aude pendant la Révolution, 1790-1800. Armand Colin, 1894, gr. in-8°, 68 pp, tableaux, broché, rousseurs éparses, bon état

            25

"M. Camille Bloch, archiviste départemental de l'Aude vient de faire paraître une étude très intéressante, très bien documentée sur l'histoire de l'nstruction publique dans l'Aude pendant la Révolution. Nous sommes heureux de recommander à nos lecteurs cet excellent travail, que nous aurons souvent occasion d'utiliser et de citer." (F.-A. Aulard, Revue “La Révolution française”, 1894) — Par Camille Bloch (1865-1949), frère du linguiste et lexicologue Oscar Bloch (1877-1937). Ses goûts le conduisirent à l'Ecole Nationale des Chartes, où il entra après avoir fait de solides études aui lycée Condorcet, et après avoir conquis, à la Sorbonne, le diplôme de licencié es lettres. A sa sortie de l'Ecole des Chartes, il fut nommé successivement archiviste de l'Aude, archiviste du Loiret, enfin inspecteur général des Archives et Bibliothèques. En même temps, il devenait professeur à l'Ecole des Hautes Etudes Sociales et se voyait chargé d'un cours à la Faculté des Lettres de Paris. Directeur de la Bibliothèque et du Musée de la Guerre de 1921 à 1934, il reste surtout connu pour son livre sur “Les causes de la guerre mondiale”.

104.          Collectif. Voies nouvelles pour l’histoire de la Révolution française. P., Bibliothèque nationale, 1978, gr. in-8°, 402 pp, préface par Albert Soboul, broché, bon état (Commission d'histoire économique et sociale de la Révolution Française, Mémoires et Documents, t. XXXV)

            45

"Cet ouvrage, présenté par M. Soboul, est un livre à portée générale puisqu'il s'agit des actes du colloque Albert Mathiez-Georges Lefebvre, tenu à Paris à la fin de l'année 1974. Il comporte plusieurs communications de synthèse dont la lecture s'avère indispensable : « Voies nouvelles pour l'histoire économique de la Révolution » (J. Cl. Perrot) ; « Voies nouvelles pour l'histoire militaire de la Révolution » (J. P. Bertaud) ; « Le fait religieux dans l'histoire de la Révolution. Objet, méthodes, voies nouvelles » (B. Plongeron) ; « Sur le sens et la fonction de la politique dans la Révolution» (Cl. Mazauric). Certaines appelleront d'ailleurs des discussions, voire des critiques, notamment celle de M. Mazauric, qui ne saurait emporter l'adhésion de tous. D'autre part, même lorsqu'il s'agit de communications consacrées à d'autres régions – par exemple l'Ain ou la Bretagne – le lecteur méridional y trouvera des exemples de méthodes. Enfin, plusieurs textes apportent des données précieuses pour l'histoire de la France méridionale. Ainsi les cartes et le texte des communications de MM. Chassagne (« L'industrie lainière en France à l'époque révolutionnaire et impériale ») et Woronoff (« Problèmes de la sidérurgie française à l'époque du Directoire ») permettent de bien situer les activités méridionales. De même, nos départements figurent parmi les tableaux publiés par Mme Berg-Hamon et M. Dupâquier sous le titre : «Voies nouvelles pour l'histoire démographique de la Révolution. Le mouvement de la population de 1785 à 1800» ; en quelques pages, nous avons là un instrument de travail très commode. Quant à MM. Bourdelais et Raulot, ils ont voulu tirer des enseignements de l'évolution du rythme saisonnier et hebdomadaire des mariages en prenant comme exemple le Blayais : « Mariage et révolution au village. Deux exemples : Blayais et Vexin » (p. 79-94). Ils montrent que les différences très nettes de rythmes entre ces deux régions fort éloignées, se sont fortement estompées à la suite de l'épisode révolutionnaire, lequel a incontestablement joué « un rôle d'uniformisation entre provinces », au point que « la ressemblance entre les deux mouvements journaliers de mariages de 1811 à 1820 est frappante, voire stupéfiante ». Il y a donc eu un déclin des particularismes locaux. Ajoutons que cette étude est, pour sa partie consacrée au Blayais, très neuve au niveau du Sud-Ouest." (Jean-Pierre Poussou, Annales du Midi, 1980)

105.          DHOTEL (Dr. Yves). Joseph Le Bon ou Arras sous la Terreur. Essai sur la psychose révolutionnaire. P., Editions Hippocrate, 1934, gr. in-8°, xv-202 pp, préface du professeur Laignel-Lavastine, 26 gravures et portraits dont 12 hors texte, biblio, broché, couv. lég. salie, bon état

            50

106.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Babet l'empoisonneuse... ou l'empoisonnée. Perrin, 1927, in-12, 236 pp, broché, bon état (Coll. Enigmes et drames judiciaires d'autrefois)

            20

Une sordide histoire criminelle pendant la Révolution et le Premier Empire. L’ouvrage retrace l’histoire d’Elizabeth Leverd, dite « Babet », venue s’installée à Choisy à l’été 1803 avec son époux le comte Charles de Normont et sa tante Françoise Leverd, dite Françoise de Mellertz. L'histoire reste une énigme : Elizabeth a-t-elle été la proie malheureuse de sa tante ou, au contraire, une habile manipulatrice ?

107.          LEVASSEUR (René). Mémoires de R. Levasseur (de la Sarthe), ex-conventionnel. Edition préfacée par Michel Vovelle, présentée et annotée par Christine Peyrard. Messidor/Editions Sociales, 1989, fort in-8°, 759 pp, broché, couv. très lég. salie, bon état

            60

Cette édition reprend intégralement l'édition en 4 volumes de 1829-1831, avec quelques modifications de détail : réorganisation de quelques chapitres et changement de leur titre, mise en annexes des textes de lois cités. Les Mémoires de Levasseur, partisan inconditionnel de Robespierre, sont la première réhabilitation publique du jacobinisme. A leur première parution en 1829, les tomes I et II furent interdits ; ce n'est qu'après la Révolution de Juillet que les deux derniers purent paraître. Ces Mémoires sont d'un très grand intérêt historique ; ils apportent un témoignage vivant qui fait de cette œuvre une source essentielle pour l'étude du jacobinisme. (Fierro, 905)

108.          [Louis XVII] – FRIEDRICHS (Otto)(dir.). La Question Louis XVII. Etude historique. Le Dauphin Louis XVII n'est pas mort au Temple ; Preuves irrécusables de son identité avec Naundorff. P., Société anonyme La Plume, 1899, gr. in-8°, 180 pp, 36 illustrations comprenant des reproductions de gravures du temps, des médailles et des portraits, un en-tête par Emil Causé, un portrait du duc de Normandie en frontispice, lettre autographe de Naundorff, texte sur 2 colonnes, reliure demi-percaline bleu-nuit, dos lisse avec titre doré et filets à froid, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), coupes frottées, bon état

            70

On joint 20 coupures de presse des années 1900 à 1950, certaines avec photos, sur Naundorff et la question Louis XVII.

109.          MANSEL (Philip). Le Prince de Ligne. Le charmeur de l'Europe (1735-1814). Nouvelle édition corrigée et augmentée de lettres inédites. Perrin, 2002, in-8°, 333 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de gravures hors texte, généalogies, biblio, broché, bon état

            25

Paul Valéry l'appelait "le divin prince", Paul Morand voyait en lui "l'incarnation du XVIIIe siècle". Né dans les Pays-Bas autrichiens (l'actuelle Belgique), Français de langue, Européen de cœur et d'esprit - il se sentait chez lui aussi bien à Vienne qu'à Paris ou à Saint-Pétersbourg -, Charles-Joseph de Ligne, prince du Saint Empire romain germanique, charma tous ceux qu'il croisa sur son chemin. Il correspondit avec Voltaire, Casanova, Goethe, Mme de Staël. Il réussit l'exploit unique d'être le favori de Marie-Antoinette, de Joseph II, de Frédéric le Grand, du roi de Pologne et de Catherine II. Curieux de tout, s'il goûta les plaisirs du monde auquel il appartenait, il n'en fut pourtant ni la dupe ni le prisonnier. En attestent une innombrable correspondance et ses mémoires, Fragments de l'histoire de ma vie, spirituels, impertinents. Toujours la plume à la main, il sautait d'une capitale à l'autre, guerroyait contre les Turcs, multipliait les aventures galantes, jouait les émissaires secrets pour le compte des Habsbourg, soupait, discourait. Il tenait table ouverte dans sa petite maison de Vienne, pendant les travaux du Congrès, en 1814, quand la mort le surprit.

110.          MARTIN (Jean-Clément). Nouvelle histoire de la Révolution française. Perrin, 2012, gr. in-8°, 636 pp, biblio, index des principaux protagonistes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Pour l'Histoire), envoi a.s. à un académicien

            25

La Révolution n'a pas été la réalisation d'un seul projet, incarné par un seul groupe, mais la rencontre de projets réformateurs et utopiques concurrents, dans un pays fragmenté par de fortes identités régionales, religieuses et politiques. Ce livre, appuyé sur une vaste bibliographie tant française qu'étrangère et laissant la place aux apports anglo-saxons, invite à une nouvelle lecture des années 1770 à 1802 autour de quatre grands moments qui ont donné à la France cette histoire à la fois chaotique et exceptionnelle. La révolution par le haut, initiée par Louis XV et maladroitement reprise par Louis XVI, échoue sur le coup de force magistral de 1789. S'ouvre alors cette "révolution-régénération" attendue par la quasi-totalité des Français, dernière des révolutions du monde atlantique. La véritable révolution commence en 1792, conduite par des hommes qui inventent de nouvelles règles de vie. La violence, qui échappe au contrôle de l'Etat, permet la victoire nationale mais ruine l'unité du pays. Après l'élimination de Robespierre, la stabilisation recherchée par des groupes rivaux réussit à souder la nation mais bute sur des révolutions de palais jusqu'à confier l'Etat à un général charismatique. C'est en rendant compte de cette complexité que le présent ouvrage montre comment la France et au-delà le monde entrent dans la modernité.

111.          MAZAURIC (Claude). Babeuf et la Conspiration pour l'Egalité. Editions Sociales, 1962, in-8°, 246 pp, 2 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"La conspiration pour l'Egalité a suscité depuis les temps héroïques où Buonarrotti en écrivait le premier récit l'attention de bien des historiens mais les recherches récentes, en particulier celles de M. Dommanget, ont précisé la personnalité de Babeuf, des publications de lettres ont permis de préciser l'évolution de sa pensée et, aspect souvent négligé par les premiers historiens, les aspects sociaux du recrutement des adhérents au complot babouviste ont été étudiés systématiquement. Ajoutant à toute cette documentation le résultat de ses recherches personnelles, M. Mazauric apporte une mise au point particulièrement utile pour comprendre ce mouvement dont l'importance semble grandir avec le recul du temps et qui joua un rôle incontestable dans la formation de l'idéologie, et même de la technique révolutionnaire au cours du XIXe siècle. Après une introduction dans laquelle l'auteur retrace la place du principe égalitaire dans les idées mises en relief par la Révolution, un premier chapitre rapporte l'évolution générale du pays entre la crise de Thermidor et la formation de la conspiration des Egaux. Un deuxième chapitre retrace la carrière des personnalités les plus marquantes du groupe, de Babeuf, de Buonarrotti, de quelques autres aussi, comme Antonelle Drouet ou Sylvain Maréchal. Le troisième chapitre rappelle l'histoire de la conspiration, depuis la crise de l'automne de l'an IV jusqu'à l'essor du Club du Panthéon, et à sa fermeture. Le chapitre IV étudie la doctrine babouviste et met en relief son caractère communiste. Le dernier chapitre examine enfin la courte histoire de la conspiration, menée dans des conditions difficiles par des cadres trop peu nombreux, et souvent trop bien connus de la police. La conclusion met en relief l'originalité du babouvisme et son influence sur les révolutionnaires du début du XIXe siècle." (Jean Vidalenc, Revue d'histoire économique et sociale, 1963)

112.          MOREL de SAINT-DIDIER (A.). Le dernier fils de Louis XVI. P., Daragon, 1909, in-8°, 80 pp, broché, bon état

            25

Edition conforme a celle de 1836. A. Morel de Saint-Didier était commissaire du Prince en 1834, auprès de S. A. R. Madame, duchesse d'Angoulême. — "Morel de Saint-Didier était, comme on sait, un des tenants les plus ardents et les plus accrédités de Naündorf. (...) Lors du procès Hébert, en 1834, le gardien Lasne affirma solennellement, et à plusieurs reprises, que le Dauphin était mort dans ses bras, le 8 juin 1795. L'incident le plus curieux des débats fut l'apparition d'un personnage à cheveux blancs, vêtu de noir, porteur d'un grand pli aux armes de France, qui déclara se nommer Morel de Saint-Didier. Il venait protester, au nom de l'autre duc de Normandie, Charles-Louis (Naündorf,) contre les prétentions de Louis-Charles (Richemont). (...) Au moment du procès de Richemont devant la Cour d'assises de la Seine [en 1834]. On sait quel rire homérique accueillit l'apparition à la barre de Morel de Saint-Didier, venant gravement, en habit noir et un grand pli cacheté de cire rouge à la main, réclamer pour Naündorf le titre de Louis XVII. La réclamation donnait à Naündorf les prénoms de Charles-Louis, et Richemont fit très justement observer que le Dauphin portait ceux de Louis-Charles..." (L. de La Sicotière, Les Faux Louis XVII, 1882)

113.          NOËL (Léon). Enigmatique Talleyrand. Avec des inédits du Vatican et d'ailleurs. Fayard, 1975, in-8°, 251 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Un jour de mars 1812, Talleyrand demanda à Mme de Kielmansegge : « Quelle opinion croyez-vous que la postérité aura de moi ? » La belle comtesse saxonne, admiratrice de Napoléon , lui répondit : « Que vous avez voulu être un homme autour de qui les opinions se seront toujours disputées. » Et le prince de Bénévent de lui répliquer : « Oui ! oui ! c'est bien cela, c'est tout à fait cela. Je veux que pendant des siècles on continue à discuter sur ce que j'ai été, ce que j'ai pensé et ce que j'ai voulu. » Le vœu du prince de Talleyrand s'est réalisé, comme le prouve l'ouvrage de Léon Noël, qui traite, en une série d'études, de quelques épisodes et aspects de la vie de Talleyrand particulièrement controversés – et ce, à la lumière des découvertes effectuées par l'auteur aux Archives nationales, au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale, et, surtout, à l'Archivio segreto du Vatican. Ces découvertes ont permis à Léon Noël de se prononcer sur la question de savoir si Talleyrand fut prêtre malgré lui, d'apporter la preuve que l'ex-évêque d'Autun trouva moyen de faire bénir par un prêtre son mariage avec Mme Grand, catholique, mariée à l'église et divorcée, de montrer qu'au Congrès de Vienne il fut, avant tout, préoccupé de ses intérêts personnels et de ses aventures galantes, de prouver que, si à son lit de mort le vieux prince se réconcilia avec l'Église, il ne consentit pas à la rétractation que Rome attendait de lui. On trouvera également dans ces pages une étude sur « la ténébreuse affaire Maubreuil » et une analyse de la légende qui fait d'Eugène Delacroix un fils de Talleyrand. Enfin, le lecteur prendra intérêt à suivre Sainte-Beuve dans l'enquête menée par l'auteur des Lundis en vue de la publication de Monsieur de Talleyrand. — "... Pour renforcer sa légende, il comptait aussi sur ses Mémoires. Sous prétexte de ne porter préjudice à aucun de ceux qui s'y trouvent mentionnés, il interdit à ses héritiers de les publier tant que trente années ne se seraient pas écoulées après sa disparition. Sans doute pensait-il que, passé ce laps de temps, l'absence de témoins de ses faits et gestes conférerait à son apologie posthume les plus grandes chances d'efficacité. Edités en 1891 par le duc Albert de Broglie, ces Mémoires ont compliqué davantage encore la tâche de ses biographes. Ils ne contiennent aucune des révélations qu'on en avait attendues. Des faits historiques avérés y sont outrageusement déformés. Les principaux des actes de Talleyrand s'y trouvent présentés avec une insigne mauvaise foi ou, tout simplement , passés sous silence. Cependant, ces Mémoires constituent un irremplaçable témoignage sur la psychologie de leur auteur. Par la façon dont il s'est appliqué à présenter sa vie et ses actes à la postérité, comme il s'était employé déjà à les faire apparaître à ses contemporains, ils jettent une lumière pénétrante sur les traits essentiels de son caractère et sur ses arrière-pensées secrètes..." (Léon Noël)

114.          OZOUF (Mona). Varennes. La mort de la royauté. 21 juin 1791. France Loisirs, 2006, in-8°, 433 pp, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Les Journées qui ont fait la France)

            20

L'équipée de Varennes ne figure pas dans le canon des "journées révolutionnaires" : ni foules anonymes en fureur, ni sang versé, ni exploits individuels, ni vaincus. À Varennes, un roi s'en est venu, un roi s'en est allé, avant de retrouver une capitale sans voix et une Assemblée nationale appliquée à gommer la portée de l'événement. Autant dire une journée blanche. Et pourtant, ce voyage apparemment sans conséquence fait basculer l'histoire révolutionnaire : il éteint dans les esprits et les cours l'image paternelle longtemps incarnée par Louis XVI ; met en scène le divorce entre la royauté et la nation ; ouvre inopinément un espace inédit à l'idée républicaine ; et, pour finir, projette la Révolution française dans l'inconnu. Le livre de Mona Ozouf reconstitue cette histoire à la fois énigmatique et rebattue. Il en éclaire les zones obscures, pénètre les intentions des acteurs et observe le démenti que leur inflige la fatalité ; avant d'interroger les lendemains politiques d'une crise qui contraint les révolutionnaires à "réviser" la Révolution. Réapparaissent ainsi des questions aujourd'hui encore irrésolues : y a-t-il une politique distincte du roi et de la reine ? Peut-on faire de Varennes l'origine de la Terreur ? Quelle figure de république voit-on se dessiner dans le chaos des passions du jour ? Ce moment tourmenté, écrit l'auteur, ouvre une vraie fracture dans l'histoire de France. Il allonge déjà sur le théâtre national l'ombre tragique de l'échafaud. Dix-huit mois avant la mort de Louis XVI, Varennes consomme l'extinction de la royauté.

115.          REINHARD (Marcel). Le Grand Carnot. Lazare Carnot, 1753-1823. Hachette, 1994, gr. in-8°, viii-709 pp, préface de Charles C. Gillispie, biblio, notes, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            40

Biographie magistrale. — "M. Marcel Reinhard estime que son personnage, « acteur vigoureux, témoin attentif..., tint une place telle qu'on connaît mal l'histoire de son temps si l'on ne tient pas compte de son action et de ses écrits ». Sa méthode est celle du chercheur le plus averti. Non seulement ses recherches ont été très étendues – telles qu'il appert de l'avant-propos et des notes érudites – mais, se refusant à asséner des assertions, il discute, confronte ses témoignages, constate l'incertain, rejette le douteux, nuance sans cesse, n'avance en somme qu'avec prudence et à la condition de comprendre. Belle leçon de critique en vérité, qui fait honneur à la probité et à la sagacité de l'auteur. (...) Un livre riche en aperçus lucides et ingénieux sur tous les problèmes de l'époque." (Robert Schnerb, Annales ESC, 1953)

116.          ROUX (Georges). Monsieur de Buonaparte. Fayard, 1964, in-8°, 316 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée lég. abîmée, bon état

            20

"Des vingt-sept premières années de Napoléon, années obscures de formation, d'intrigues et d'aventures, il n'y a plus beaucoup à apprendre aujourd'hui, car les quelques points non élucidés risquent de le demeurer toujours. Mais reste le travail d'interprétation, d'explication. Et là les divergences ne manquent pas entre historiens. M. Georges-Roux ne se range ni parmi les détracteurs, ni parmi les admirateurs sans réserve. Sa voie moyenne doit donc assez souvent côtoyer la vérité." (E. Tesson, Etudes, 1964)

117.          SAULX-TAVANES (Duchesse de). Mémoires inédits. Russie et Pologne (1795), publiés avec un avant-propos et des notes par Guy de Valous. dans le Correspondant, 1929, gr. in-8°, 27 pp, broché, qqs pâles rousseurs, bon état

            10

La duchesse est une Choiseul-Gouftler, fille de l'ambassadeur de France à Constantinople ; elle épousa Charles-Marie-Casimir de Saulx-Tavanes en 1786, emigra en 1791, passa en Russie en 1795, revint en France au temps du Consulat. Elle a noté les souvenirs de sa vie errante. On trouve ici deux extraits de ses mémoires : l'un sur la cour de Russie vers la fin du règne de Catherine II : l'autre sur la Pologne. Au retour, elle traversa Olmütz quand La Fayette était détenu dans la citadelle. « J'avoue », écrit-elle, « que je restai parfaitement insensible à son sort ». — On trouve dans le même numéro des articles sur Le catholicisme dans la Grande Roumanie (Pierre Delattre, 22 pp) ; Sainte-Beuve artiste et son "Port-Royal" (Victor Giraud, 10 pp) ; Charles Morice et François Coppée (Jean Monval, 18 pp) ; etc.

118.          SOBOUL (Albert). La Révolution française. Nouvelle édition revue et augmentée du Précis d'histoire de la Révolution française. Avant-propos de Claude Mazauric, bibliographie de l'œuvre d'Albert Soboul par Françoise Brunel. Editions Sociales, 1983, fort in-8°, 609 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Terrains)

            30

"L'A. s'était engagé, quelques mois avant sa mort, dans la publication d'une édition revue et augmentée de son célèbre “Précis d'histoire de la Révolution française”, traduit en une dizaine de langues et édité, pour la première fois, aux Éditions Sociales en 1962. Françoise Brunel, Guy Lemarchand et Claude Mazauric ont mené à terme une entreprise déjà très avancée et à laquelle l'A., toujours soucieux de fournir à un vaste public une mise à jour synthétique sur l'histoire sociale de la Révolution française, tenait beaucoup. Au delà du simple changement de titre, cet ouvrage comprend, par rapport au “Précis”, les modifications suivantes : une bibliographie de l'œuvre de l'A. (25 pages !) rassemblée par F. Brunel, de nombreux remaniements et rajouts rédigés par G. Lemarchand et C. Mazauric avec l'approbation de l'A., enfin deux études récentes de l'A. (« Violence collective et rapports sociaux, les foules révolutionnaires (1789-1795) », « Qu'est-ce que la Révolution ? ») dont il comptait se servir dans la réécriture de divers passages. Ce premier volume de la Bibliothèque du Bicentenaire de la Révolution française aux Éditions Sociales met l'accent sur un aspect majeur de l'œuvre et de l'enseignement de Soboul, souvent dénigré par ses adversaires, la vulgarisation de ses recherches et de celles de ses nombreux élèves. Associé à la dernière synthèse que l'A. nous a laissée (le tome II de la “Civilisation de la Révolution française” chez Arthaud) cet ouvrage témoigne de la vitalité de la tradition progressiste de l'historiographie de la Révolution française." (Jacques Guilhaumou, Dix-Huitième Siècle, 1984)

119.          TRUC (Louis). Histoire et légende de Louis XVII. Chez l'auteur, à l'enseigne Le Troll, 1965, pt in-8°, 280 pp, broché, jaquette illustrée, bon état

            20

On trouve en fin de volume, une généalogie d’après les survivantistes Naundorff et une bibliographie sommaire. L’objectif de cet ouvrage est de « permettre une vue d’ensemble à ceux dont l’enchevêtrement de textes touffus et contradictoires décourage la curiosité ». Selon Parois, il s’agit d’une « mise au point qui se veut impartiale où l’auteur ne prend position pour aucune thèse en particulier » (Parois, 1041).

120.          TULARD (Jean et Marie-José). Les Égéries de la Révolution. Laffont, 2019, in-8°, 356 pp, 8 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Séduire au risque d'en mourir : tel fut le sort de plusieurs héroïnes de ce livre dont le rôle politique sous la Révolution s'acheva sur l'échafaud. Ainsi d'Olympe de Gouges ou de Mme Roland... On l'a oublié ou négligé : de grandes figures féminines tentèrent d'infléchir le cours de la Révolution dans un sens ou dans un autre. La plupart s'efforcèrent d'influencer des hommes politiques du temps – de là leur nom d' "égéries" – faute de pouvoir se faire entendre à la tribune et participer aux grandes décisions. Une revendication que les révolutionnaires ne cessèrent d'étouffer. Et pourtant, n'étaient-ce pas les femmes qui avaient ramené le roi de Versailles à Paris ou contribué à la chute de la monarchie ? Voici l'histoire de la Révolution vue sous un autre jour, expliquant, entre autres, le renoncement du duc d'Orléans à la régence après la fuite du roi ou la chute inattendue de Robespierre le 9 Thermidor. Dans les coulisses de la scène politique, ne fallait-il pas chercher l'égérie ?

121.          VIAL (Charles-Eloi). La famille royale au Temple. Le remords de la Révolution, 1792-1795. Perrin, 2018, gr. in-8°, 438 pp, 8 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 5 plans hors texte, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Le 10 août 1792, l'émeute parisienne renverse le trône fragile de Louis XVI. Trois jours plus tard, la famille royale est enfermée au Temple, dans un donjon édifié au XIIIe siècle. Dans ce lieu sinistre périront successivement le roi, sa femme Marie-Antoinette, sa soeur Madame Elisabeth, tous trois guillotinés ; et enfin son fils, le dauphin "Louis XVII". Seule survivante, la fille du couple royal, Marie-Thérèse de France, sera finalement libérée le 19 décembre 1795, après une détention de plus de mille jours. Entre-temps, les thermidoriens ont tenté de terminer la Révolution en faisant oublier la Terreur, avant que le Directoire ne remplace la Convention. Pour la première fois, un historien se penche sur l'histoire globale de cette captivité. Nourri de nombreuses archives encore inexploitées, Charles-Eloi Vial raconte avec un sens rare de la narration le quotidien des captifs et brosse le portrait de l'ensemble des protagonistes du drame, la famille royale au premier chef, mais aussi les geôliers, les employés, les gardes et les visiteurs, sans oublier les figures politiques souvent rivales à l'instar d'Hébert et de Robespierre. Ce récit prenant interroge enfin la Révolution, et plus précisément la Terreur, sur l'antinomie entre la grandeur de ses principes et certains de ses actes. Un grand livre sur un lieu d'histoire et de mémoire, qui incarne et marque l'origine de la guerre entre les deux France.

PREMIER EMPIRE

 

122.          CAVAIGNAC (Godefroy). La Formation de la Prusse contemporaine. Les origines – Le ministère de Stein (1806-1808). P., Hachette, 1891, gr. in-8°, viii-510 pp, reliure pleine toile écrue, dos lisse, pièce de titre basane vermillon, bon état (Prix Thiers 1892, décerné par l'Académie française)

            60

Premier volume seul (sur 2) — "... Ce premier volume s'arrête au mois de décembre 1808 ; Stein, contraint de prendre sa retraite, à la veille d'être mis au ban de l'Europe par Napoléon, quitte les affaires. C'est, à proprement parler, la période de Stein. Stein personnifie, dans la réforme de la Prusse et la création de l'Allemagne moderne, l'esprit essentiellement allemand, l'esprit d'évolution, l'esprit de tradition, l'esprit anti-français; il est l'homme de la révolution allemande en Allemagne. M. Cavaignac ne méconnaît pas en lui le héros ; mais dans la gloire de ce héros il découvre beaucoup de légende et de préjugé national. Hardenberg, à ses yeux, est le véritable homme d'Etat, le véritable créateur, et il personnifie l'influence de la Révolution française en Prusse. Quant au roi Frédéric-Guillaume III, sa figure réelle disparaît sous l'auréole dont l'a entouré l'histoire nationale. Dans le livre de M. Cavaignac, il s'évanouit pour ainsi dire de sa propre histoire..." (Albert Sorel, Journal des Savants, 1900) — "Travail compact et consciencieux." (Edouard Driault)

123.          GEOFFROY de GRANDMAISON (Charles). Napoléon et les Cardinaux noirs (1810-1814). Perrin, 1895, in-12, iv-291 pp, index, reliure demi-chagrin vert, dos à nerfs avec titres et aigle napoléonien doré, couv. conservées, rousseurs éparses, bon état

            35

Les Cardinaux noirs sont les membres du Sacré Collège qui refusèrent d'assister à la cérémonie religieuse du mariage de Napoléon avec Marie-Louise en 1810, au motif que le pape ne s'était pas prononcé sur l'invalidité de la première union de l'empereur avec Joséphine de Beauharnais. Furieux, Napoléon ordonne que les biens des 13 cardinaux soient confisqués, et qu'eux-mêmes soient privés de leur rang. Les prélats doivent alors se vêtir de noir comme de simples prêtres, gagnant ainsi le surnom de « cardinaux noirs ». — "On désigne par le nom de cardinaux noirs les cardinaux qui, ayant refusé de reconnaître la légalité du divorce de Napoléon Ier, et par conséquent la légitimité de son union avec Marie-Louise, furent dépouillés de leur dignité cardinalice et exilés. M. Geoffroy de Grandmaison a raconté dans quelles circonstances ils furent frappés, quelle fut leur existence dans les villes où ils furent internés, comment ils y furent secrètement secourus par le dévouement charitable d'un petit nombre de prêtres et de laïques appartenant pour la plupart aux plus illustres familles de l'ancien régime. Rappelés auprès du pape quand celui-ci fut amené à Fontainebleau pour y recevoir les ordres de l'empereur concernant le Concordat de 1813, ils furent exilés de nouveau quand le pape eut été remis en liberté. L'avènement de Louis XVIII les délivra enfin de la demi-captivité où ils languissaient depuis quatre ans. Triste et inutile persécution, dont M. de Grandmaison a pu reconstituer les péripéties à l'aide de documents en partie inédits ; on en connaissait bien les traits principaux, et depuis longtemps la conduite de l'empereur avait été jugée avec la sévérité qui convenait ; nous en avons maintenant le détail, fort instructif et tout de première main. M. de Grandmaison a montré que, si dans toute cette affaire l'Empereur agit avec une brutalité digne d'un véritable despote, ses agents furent pour la plupart aussi courtois envers les cardinaux suspects que leurs fonctions le permettaient. Savary exécuta durement, comme à l'ordinaire, les volontés du maître, mais Pasquier et Réal furent au moins polis avec les victimes et ne déployèrent pas de zèle exagéré. Si le cardinal Maury mena résolument la campagne contre ses collègues intransigeants du sacré-collège, Fesch, au contraire, ne cessa d'alimenter par d'importants subsides la caisse fondée pour venir en aide aux malheureux exilés. Ceux-ci enfin rencontrèrent dans leur détresse assez de compassion et de dévouements pour leur faire oublier après leur départ de France les mauvais traitements qu'ils y avaient endurés." (Ch. Bémont, Revue Historique, 1895)

124.          GEOFFROY de GRANDMAISON (Charles). Napoléon et ses récents historiens. Perrin, 1896, in-12, ix-347 pp, index, reliure pleine toile pétrole, dos lisse, titres dorés, bon état

            30

"Ainsi que le titre l'indique, cet ouvrage est une sélection habilement faite de tous les récits, de toutes les anecdotes, de toutes les appréciations, concernant l'histoire de Napoléon Ier, commençant à Madame Mère, par le baron Larrey, et finissant à Sainte-Hélène, aux dernières lettres de Montchenu. La vogue très justifiée, qui accueille en ce moment toutes les histoires ou plutôt tous les récits documentés sur la période si troublée de la fin du règne de Louis XV à l'avènement de Charles X, était bien faite pour solliciter la constitution d'un résumé, sorte de sommaire d'une histoire approfondie de l'Empereur. La personnalité de l'auteur est singulièrement rehaussée par le tact exquis qui a présidé à ses recherches et à ses choix..." (Georges Sénéchal, La Nouvelle revue, 1896). — Table : La mère de Napoléon. La formation intellectuelle de Napoléon,. Le portrait de Napoléon. Le Pape et l'Empereur. La journée de Napoléon. Soldats du premier Empire. Les Français en Belgique (1795-1814). Les Français en Dalmatie (1806-1813). L'Empereur et le Tzar (l'alliance russe sous le premier Empire). Le cardinal Fesch. Le Concile national de 1811. Les conspirations militaires contre Napoléon. Les souvenirs du maréchal Macdonald. Le retour de l'île d'Elbe. La trahison du maréchal Ney. La captivité de Sainte-Hélène.

125.          LALO (Désiré-Joseph). Cahiers inédits du capitaine Lalo, ou les campagnes d'un officier de Napoléon (1807-1814). Texte présenté et annoté par Paul Vernière. Belfond, 1988, in-8°, 211 pp, un frontispice, un portrait et 6 cartes dans le texte, 3 documents reproduits en annexes, reliure simili-cuir vert, dos lisse avec titres, filets et aigle napoléonien dorés, couv. illustrée conservée, bon état, ex-libris Jean-Jacques Pattyn. Edition originale

            50

"Ecrits sous la forme d'un itinéraire sec et précis, les cahiers du père du compositeur Edouard Lalo relatent sa vie militaire au sein de l'armée d'Italie (1807-1812), puis sa campagne de Saxe en 1813, pendant laquelle il est fait prisonnier. (L'insurrection d'Andreas Hoffer, la bataille de Leipzig)." (Tulard, 821)

126.          LIEDEKERKE BEAUFORT (Christian de). Le Comte Hilarion. Souvenirs et biographie du premier comte de Liedekerke Beaufort. P., Copedith, 1972, gr. in-8°, vi-335 pp, préface de Paul Guth, 22 planches de gravures hors texte, reliure pleine basane chocolat, dos lisse, titres, filets et fleurons dorés, 1er plat et dos conservés, bon état, ex-libris Jean-Jacques Pattyn

            80

Le Liégeois Hilarion de Liedekerke Beaufort (1762-1841) fut page du comte de Provence (1775), officier au Royal Comtois puis au Royal Liégeois ; sous le Consulat et l'Empire, il commande le 2e escadron de la Garde d'Honneur ; après 1814, il est grand maréchal de la cour de Guillaume Ier, premier roi des Pays-Bas, et après 1830 surintendant des palais royaux de Belgique. – L'auteur a également publié un second volume qui est une étude généalogique et biographique sur des personnages de sa famille.

127.          MADELIN (Louis). Fouché, 1759-1820. Perrin, 1969, in-8°, 441 pp, 16 pl. de gravures hors texte, reliure skivertex carmin éditeur, bon état

            25

"Fouché a fait en 1901 l'objet de la thèse quasi exhaustive, de Louis Madelin, en deux volumes. Cet ouvrage a été condensé par l'auteur en un volume d'accès plus facile. L'étude de Madelin n'a pas été dépassée et n'a guère été complétée, toutes les biographies de Fouché, publiées depuis 1901 ne sont que des démarquages du livre de Madelin..." (Jacques Godechot, Revue belge de philologie et d'histoire, 1976)

128.          MASSÉNA (Maréchal). Mémoires d'André Masséna, duc de Rivoli, prince d'Essling, maréchal d'Empire, rédigés d'après les documents qu'il a laissés et ceux du dépôt de la guerre et du dépôt des fortifications, recueillis par le général Koch. P., Jean de Bonnot, 1966-1967, 7 vol. in-8°, cxxiii-311-(78), 544, 508, 400-(102), 448-(69), 451-(50) et 614 pp, 7 portraits gravés en frontispices, pièces justificatives, tableaux, reliures plein cuir carmin de l'éditeur, dos orné de caissons dorés, pièces de titre basane noire, encadrement ornemental dans le style Empire et motif central représentant des symboles impériaux (bâton de maréchal, sabre, fusil) dorés frappés sur les plats, têtes dorée, signets, imprimés sur papier vergé filigrané, coiffes sup. lég. abîmées, bord du plat sup. du tome 2 abîmé, état correct. SANS le volume d'atlas

            80

Les mémoires de Masséna sont parmi les plus rares concernant l'Empire. Il s'agit ici de la véritable seconde édition, l'édition originale, parue en 1849-1850, étant rarissime et quasiment introuvable. Ces souvenirs n'ont pas été rédigés par Masséna lui-même. Il s'agit plutôt d'un récit des campagnes auxquelles il a participé. (Tulard, 974). Masséna est généralement considéré comme l'un des plus grands, sinon le plus grand et le plus brillant des maréchaux de l'Empire avec Davout et Soult. Voici le portrait qu'en a laissé Napoléon à Sainte-Hélène : « Masséna était d'un rare courage et d'une ténacité remarquable. Son talent croissait par l'excès du péril. Vaincu, il était toujours prêt à recommencer comme s'il eut été vainqueur. C'était un homme très supérieur, qui, par un privilège tout particulier, possédait au milieu du feu une des qualités les plus essentielles à un général d'armée : l'équilibre moral qui semblait lui naître au milieu du danger ». — Tome 1. Campagne de l'an II ou de 1794. Campagne de l'an III ou de 1795. – 2. Campagne de l'an IV ou de 1796. Campagne de l'an V ou de 1797. – 3. Campagne de l'an VI ou de 1798. Campagne de l'an VII ou de 1799. – 4. Campagne de l'an VIII ou de 1800. – 5. Campagne de 1805. Campagne de 1806. Campagne de 1807. – 6. Campagne de 1809 en Bavière et en Autriche. – 7. Campagnes de 1810 et 1811 au Portugal et en Espagne.

129.          ROCAL (Georges). De Brumaire à Waterloo en Périgord. Tome II. P., Floury, 1942, 2 vol. gr. in-8°, xxii-349 et 367 pp, sources et biblio, broché, bon état

            50

Tome II seul (sur 2) : Action religieuse. Santé publique. Economie sociale. — "De Brumaire à Waterloo en Périgord, « film documentaire d'un intérêt prodigieux », comme l'a écrit si judicieusement M. le duc de La Force en terminant la préface qu'il a rédigée de cet ouvrage, ou bien encore petits tableaux bien dessinés, notes très vivantes dont la réunion permet au lecteur de se faire une idée juste de ce que fut la vie politique, intellectuelle, religieuse et sociale du Périgord au début du XIXe siècle, sous la dictature de Napoléon. L'œuvre se divise en sept livres répartis entre deux volumes : Consulat, Empire, Restauration et Cent jours, consacrés à la politique, Instruction publique, Action religieuse, Santé publique, Economie sociale. Tout cela est fondé sur l'étude scrupuleuse des documents. Pour cet ouvrage comme pour les précédents, qui traitent de l'histoire du Périgord jusqu'en 1848, Georges Rocal a consulté jusqu'aux fonds d'archives les moins connus. L'ouvrage est écrit dans la langue savoureuse et imagée à laquelle nous a habitué l'auteur du “Vieux Périgord” et de “Croquants en Perigord”." (Guy Duboscq, Revue d'histoire de l'Église de France, 1944) — "L'étude de M. Georges Rocal sur la Dordogne étudie l'histoire politique et le personnel administratif, l'économie, les routes, les hôpitaux, et surtout l'enseignement et les cultes. Les renseignements d'intérêt local y sont très abondants." (G. Lefebvre, Revue Historique, 1946)

130.          ROCHECHOUART (Général Comte de). Souvenirs sur la Révolution, l'Empire et la Restauration. Mémoires inédits publiés par son fils. Plon, 1892, in-8°, xi-541 pp, 2 portraits gravés hors texte sous serpente, broché, bon état. Edition originale

            80

Louis Victor Léon, comte de Rochechouart (1788-1850), émigré et passé au service de Russie, aide de camp du duc de Richelieu et de l'empereur Alexandre Ier, entra à Paris en 1814 sous l'uniforme russe avant de commander la place jusqu'en 1823. — "Très intéressants mémoires d'un émigré passé au service du Tsar et qui participa du côté russe à la campagne de 1812, à la campagne d'Allemagne et à l'invasion de la France." (Tulard, 664) — "Le général de Rochechouart est né le 14 septembre 1788. C'est dire que la partie de ses mémoires relative à la Révolution est fort brève, et d'ailleurs sujette à caution. Après des aventures nombreuses et pittoresques qui se lisent avec beaucoup d'intérêt, le jeune comte de Rochechouart alla rejoindre sa mère émigrée à Odessa, en 1804. Il devait y rester huit ans durant, au service de la Russie, dans l'entourage du célèbre duc de Richelieu. Cette partie des mémoires du général est extrêmement instructive. Elle nous fait connaître à la fois la vie des émigrés français en Russie et surtout l'œuvre immense accomplie par le duc de Richelieu à Odessa. En octobre 1812, le comte de Rochechouart rejoint l'armée russe dans laquelle il sert comme aide de camp du Tsar, ce qui lui permet d'avancer rapidement. A la fin de la campagne il est général de brigade. A cette époque il n'a que 26 ans. Grâce à la protection d'Alexandre Ier, les alliés le nomment en leur nom commandant de la place de Paris en 1814. C'est alors qu'il entre au service de Louis XVIII en conservant son grade. Il suit le roi à Gand en 1815, et après Waterloo, Rochechouart est nommé de nouveau, mais cette fois au nom du gouvernement français, commandant de la place de Paris. Ce volume fournira bien des détails utiles aux historiens." (Jacques Godechot)

131.          SÉGUR (Général comte Philippe de). La Campagne de Russie. I. La marche vers Moscou. – II. La retraite. Edition augmentée d'extraits de la réfutation du général Gourgaud. Préface et notes par Jean Burnat. Le Meilleur Livre d'Histoire, s.d. (v. 1960), 2 vol. gr. in-12, 284 et 285 pp, gravures, reliures pleine toile verte de l'éditeur, rhodoïds, bon état

            30

Mémoires du général comte de Ségur. Réédition de l'ouvrage paru en 1825 sous le titre "Histoire de Napoléon et de la Grande-Armée pendant l'année 1812".

132.          SIX (Georges). Les Généraux de la Révolution et de l'Empire. Bordas, 1948, in-8°, 364 pp, 52 pl. de gravures hors texte dont 4 en couleurs (24 personnages en uniforme), une carte, tableaux, index, broché, bon état

            50

La Révolution et l'Empire ont vu beaucoup de militaires se hisser au plus haut niveau de la hiérarchie. Vingt-trois années de guerre conjuguées à de formidables bouleversements sociaux ont favorisé cette ascension exceptionnelle. L'origine locale et sociale de ces officiers généraux, le déroulement de leurs carrières, leur moralité, leurs décorations, sont autant d'aspects qui ont constitué un magnifique sujet d'étude, auquel Georges Six a consacré les dernières années de sa vie. Impartial et méthodique, l'auteur ne s'en tient pas uniquement aux traits de gloire. Il met en évidence le caractère de ces soldats et souligne leurs vices tout autant que leurs vertus. — "Tous les historiens de la Révolution et de l'Empire pratiquent maintenant le « Dictionnaire bigoraphique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire », que notre regretté confrère publia en 1934 : c'est un instrument de travail devenu classique. Des innombrables dossiers que Six avait constitués en suivant leurs carrières, il tira le grand ouvrage qu'on signale aujourd'hui et qu'il n'eut pas la joie de voir présenter au public. De biographies, il n'est plus question cette fois : Six a fait œuvre, non d'érudit, mais d'historien, en dégageant les traits généraux qui lui ont paru caractériser cette génération de chefs militaires. Cette synthèse n'avait jamais été tentée : la contribution suprême de notre ami à la bibliographie de la période est donc de haute valeur. Il faut spécifier en outre qu'elle prend place dans l'histoire institutionnelle par un chapitre consacré à la réglementation de l'avancement sous l'Ancien Régime et pendant la période qui suivit; par la description des uniformes et des décorations. Retiendront particulièrement l'attention les chapitres qui traitent de l'origine des généraux. Sur 2248 qui commandèrent du 20 avril 1792 au 5 avril 1814, 632 étaient sûrement nobles, dont 214 titrés, lesquels disparurent assez vite. Malgré l'épuration de 1793, la proportion s'en trouvait encore de 20 % au premier janvier 1794 ; elle remonte à 30 dans les dernières années du Directoire, mais elle se retrouve à 20 quand l'Empire prend fin. Pour 100 généraux, la qualification originelle reste douteuse ; restent donc 1516 roturiers. 87 seulement d'entre eux travaillaient primitivement comme ouvriers ou domestiques, et 90 comme cultivateurs. Les généraux de la Révolution et de l'Empire sortaient donc de la bourgeoisie et de la petite noblesse : ils figurent l'ascension de la classe moyenne, le privilège nobiliaire ayant disparu... (...) L'origine géographique prête à des observations d'intérêt sociologique. (...) La destinée des généraux a aussi préoccupé Six. (...) Enfin, Six caractérise les qualités et les défauts de l'ensemble du corps. Ces généraux sont généralement braves : c'est le trait qui assure l'ascension rapide ; leur capacité stratégique est presque toujours médiocre ou faible : ce sont souvent de bons exécutants, rarement des hommes capables de commander en chef..." (G. Lefebvre, Annales historiques de la Révolution française, 1950)

133.          SOREL (Albert). Le Traité de Paris du 20 novembre 1815. P., Germer Baillière, 1872, in-8°, 153 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos frotté, coins émoussés, bon état. Rare

            50

I. Les Cent-Jours. – II. Les projets de démembrement. – III. La Sainte-Alliance. Les traités du 20 novembre.

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

134.          AUGUSTIN-THIERRY (A.). Un salon anglais à Paris. Lady Hollond et ses amis. Avec des lettres inédites. dans le Correspondant, 1925, 3 vol. gr. in-8°, 19, 21 et 21 pp, brochés, bon état

            15

Lady Hollond, amie d'Augustin Thierry, Renan, Henri Martin, Mignet, Barthélemy-Saint-Hilaire, etc. — On trouve également dans un des numéros un article sur La renaissance allemande en 1924 (Jacques de Préchac, 20 pp) ; etc.

135.          BASHKIRTSEFF (Marie). Journal. P., Bibliothèque Charpentier, 1891, 2 vol. in-12, 401 et 591 pp, mention de 7e mille, un portrait en frontispice, reliures demi-percaline bleu ciel, pièces de titres et de tomaisons basane acajou, signet (rel. de l'époque), papier lég. jauni, qqs rares et pâles rousseurs, coupes frottées, bon état

            100

Marie Bashkirtseff, née Maria Konstantinovna Bashkirtseva (1858-1884), est une diariste, peintre et sculpteur d'origine ukrainienne. Née dans une famille noble, elle grandit à l'étranger, voyageant avec sa mère à travers l'Europe. Elle parlait couramment en plus du russe le français, l'anglais et l'italien. Sa soif de connaissance la poussa à étudier les auteurs classiques et contemporains. En outre, elle étudia la peinture en France à l'Académie Julian, l'une des rares en Europe à accepter des étudiantes (on y trouvait des jeunes femmes venant même des Etats-Unis). Une autre étudiante y était Louise Breslau, que Marie considérait comme sa seule rivale. À 15 ans, elle commença à tenir son journal intime, rédigé en français ; elle lui doit beaucoup de sa célébrité. Il fera d'elle une des figures les plus touchantes de la Belle Epoque, une figure romanesque du nomadisme inquiet et de l'égotisme passionné qui ne pouvait que toucher la génération décadente, qui se reconnut en elle. A Barrès, évoquant ses errances et son insatisfaction, elle devra son surnom de "Notre Dame du Sleeping-Car". Marie Bashkirtseff, jeune ukrainienne qui fit fureur à Paris, mourut à 24 ans, et fournit maints exemples à Simone de Beauvoir pour “le Deuxième Sexe” – ce qui lui confère une place dans des préoccupations très contemporaines. "Jamais une vie ne fut vécue avec plus de fièvre, plus de soif de vivre", écrivait Hugo von Hofmannsthal.

136.          BERTIER de SAUVIGNY (Guillaume). Les Titans du capitalisme américain. Plon, 1992, in-8°, 386 pp, préface de Claude Fohlen, 8 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"La série de 18 monographies consacrée par G. de Bertier à de grands entrepreneurs américains du XIXe siècle s'inscrit dans l'histoire traditionnelle du capitalisme américain. L'auteur a le souci de situer son sujet dans le cadre d'une société où l'argent est un critère majeur dans l'appréciation de la position sociale d'un individu. Ses portraits, rédigés dans un style alerte, n'en sont pas moins émaillés de nombreux jugements de valeur qui tendent à étayer l'image des “robber barons” diffusée par les “muckrackers” du début de ce siècle. Ces monographies ont le mérite de mettre à la portée d'un large public de langue française quantité d'informations utiles et parfois pittoresques sur des personnages dont le nom reste dans la mémoire au travers d'entreprises (Morgan), de fondations (Rockefeller, Carnegie), de musées (Guggenheim, Frick), voire de marques publicitaires (Heinz). Le lecteur y fera ample moisson sur la mythologie du self-made man si profondément enracinée dans la mentalité américaine." (Ginette Kurgan-van Hentenryk, Revue belge de philologie et d'histoire, 1995)

137.          BOUILLÉ DU CHAROL (Louis-Joseph-Amour, marquis de). Commentaires politiques et historiques sur le Traité du Prince de Machiavel, et sur l'Anti-Machiavel de Frédéric II. P., Ambroise Dupont, 1827, in-8°, 328 pp, (les XII premières pages en romain), un feuillet non chiffré d'errata, broché, dos recollé, rousseurs, état correct

            50

Edition originale de cet essai politique peu connu. Le marquis Louis-Joseph de Bouillé (1769-1850) était le fils de François-Claude-Amour de Bouillé (1739-1800), si connu pour avoir été l'organisateur malchanceux de la fuite de Varennes.

138.          CARON (Jean-Claude). La France de 1815 à 1848. Armand Colin, 1996, in-8°, 190 pp, 33 cartes, graphiques et encadrés, broché, bon état (Coll. Cursus)

            12

Dans cette histoire générale de la France à l'époque de la monarchie constitutionnelle, fondée sur les dernières recherches publiées, l'accent a été mis sur l'histoire politique, sociale et culturelle, ainsi que sur la politique extérieure. Elle modifie sensiblement l'approche traditionnelle des années 1815-1848 en montrant qu'elles sont essentielles et novatrices dans l'histoire politique : par la mise en place du jeu parlementaire (majorité opposition), par la qualité des débats, par l'importance des questions soulevées (droit de vote, liberté de la presse, égalité de la femme, droit à l'instruction), par l'élaboration d'idéologies (libéralisme, socialisme, communisme). Période essentielle aussi pour l'histoire sociale avec la "découverte" de la question sociale, les revendications ouvrières, la lutte pour le droit de grève ou le droit d'association. Période clef, enfin, pour l'histoire culturelle avec le romantisme, le plus fort mouvement littéraire, artistique, scientifique, philosophique que l'Europe et la France aient connu depuis la Renaissance.

139.          CHAPPUIS (Jean-Pierre). Croisade en Crimée. La guerre qui arrêta les Russes (1854-1855). Société de Production Littéraire, 1978, gr. in-8°, 262 pp, biblio, broché, bon état

            25

Le 8 juin 1854, à Constantinople, le prince Napoléon harangue l'avant-garde de l'armée d'Orient : "... Vous êtes les premiers soldats français qui depuis les croisades faîtes votre entrée dans ce pays..." Avec leurs alliés protestants anglais, les soldats de Napoléon III sont venus défendre, aux côtés des musulmans turcs, la papauté de Rome contre la papauté des tsars. A 3.000 kilomètres de Notre-Dame, dans cette presqu'île de Crimée labourée par l'histoire ; sous les murs de Sébastopol, d'où la flotte russe menace la Méditerranée et la route des Indes, "les croisés de la civilisation," vont lutter sans peur ; en face d'eux, les guerriers intrépides d'un autre empereur qui défendent leur terre natale et les images sacrées que les popes passent avant chaque assaut entre les rangs agenouillés. Une guerre oubliée. Il n'en reste trop souvent que des dessins de zouaves chapardeurs et des images de bombes à mèche qui ressemblent à des bombes de conspirateurs mexicains. Une guerre étrange. Entre les sorties sanglantes, poitrine contre poitrine, des trêves pour la récupération des blessés et le relèvement des morts. La Croix-Rouge avant Dunant. Une guerre moderne. Le boulet laisse la place à l'obus ; la batterie flottante imaginée par Napoléon III annonce le cuirassé. Une guerre trahie par l'histoire. Sébastopol a été effacé par la défaite de 70. Le livre de Jean-Pierre Chappuis rend leur gloire aux conquérants de Malakoff ensevelis sous Sedan, aux héros de l'Alma enfermés avec Bazaine, aux vainqueurs d'Inkermann désarmés comme Bourbaki.

140.          FLAMMARION (Camille). Histoire du Ciel. P., Hetzel, 1872, pt in-4°, xi-467 pp, un frontispice et 20 planches illustrées par Benett, nombreux dessins et figures dans le texte, une grande carte des constellations in-fine, reliure percaline carmin, dos orné, 1er plat illustré de motifs noirs et dorés, représentant la constellation de la Grande Ourse, tranches dorées (rel. de l'éditeur), manque au dos sur 5 cm, sinon bon état. Edition originale

            60

Par l'astronome Camille Flammarion (1842-1925), un des plus grands vulgarisateurs des sciences de son époque et le frère aîné de l'éditeur parisien Ernest Flammarion. — "L'éditeur Hetzel a parfaitement compris les services que peut rendre la littérature destinée à la jeunesse. Son catalogue s'enrichit chaque année de productions nouvelles où il s'applique à réunir tout ce qui doit éclairer l'esprit. Secondé par les artistes les plus renommés, il a formé une bibliothèque où la morale, la science, l'histoire, l'aimable fiction, obtiennent une large part. L'Histoire une bouchée de pain de M. J. Macé est depuis longtemps populaire. Les voyages ingénieux de M. J. Verne, Cinq semaines en ballon , Vingt mille lieues sous les mers, sont plus instructifs et certes beaucoup plus amusans que ne le sont la plupart des récits de voyages. Cette année même, la collection de ces ouvrages s'est augmentée de l'Histoire du ciel, beau volume où M. Camille Flammarion expose les problèmes de l'astronomie..." (C. Lavollée, Revue des Deux Mondes, 1873)

141.          GAULTIER (Jean). Emile de Saint-Auban. dans le Correspondant, 1927, gr. in-8°, 11 pp, broché, bon état

            8

Le fameux avocat de Jean Grave et d'Edouard Drumont. — On trouve dans le même numéro des articles sur L'Italie et l'Asie mineure (Roger Labonne, 29 pp) ; Les Pères du désert (Henri Brémont, 17 pp) ; Une ambassade en Perse en 1839 (Comte de Luppé, 8 pp) ; etc.

142.          GEOFFROY de GRANDMAISON (Charles). L'Expédition française d'Espagne en 1823. Plon, 1928, in-12, iii-273 pp, avec onze lettres inédites de Chateaubriand, broché, bon état

            30

"M. G. de Grandmaison donne, d'après les sources françaises presque exclusivement, un récit, quasi apologétique, de l'Expedition d'Espagne en 1823. Ce petit volume, qui est de lecture aisée, sera surtout utile parce qu'il contient, en appendice, onze lettres inédites de Chateaubriand a Mathieu de Montmorency, écrites de mai à décembre 1822." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1931) — "Si l'expédition d'Espagne est défendable du point de vue national c'est, quand on la considère, ainsi que Chateaubriand l'a fait, comme la rentrée active de la France dans le concert européen, le premier acte d'une politique qui devait rapprocher la France de la Russie, et lui mériter l'appui de cette puissance. On sait que Chateaubriand prétendait, en franchissant les Pyrénées, faciliter le retour des provinces rhénanes à la France. Sans doute s'illusionnait-il... la suite des événement le lui prouva. Mais, du moins y avait-il là une politique ! Quant aux lettres inédites de Chateaubriand au « noble vicomte » de Montmorency son ami, elles sont la paraphrase de celles qu'on connaissait déjà ; elles montrent « René » sous un bien vilain jour : l'ambassadeur ambitieux qui, sous les plus brillants dehors, n'a de cesse de tromper son ministre et ami et de le supplanter..." (Pierre Rain, Revue des Etudes historiques, 1928)

143.          GOYAU (Georges). Frédéric Ozanam. dans le Correspondant, 1925, 2 vol. gr. in-8°, 17 et 23 pp, brochés, bon état

            12

I. La maturité. De l'Ecole de Droit à la chaire de Sorbonne. – II. Les dernières années. La Révolution de 1848. La mort. La vie posthume. — On trouve dans les mêmes numéros des articles sur Le cardinal Consalvi (P. de La Gorce, 14 pp) ; La question turque vue d'Asie (L. de Contenson, 13 pp) ; etc.

144.          HALÉVY (Daniel). Degas parle... P.-Genève, La Palatine, 1960, in-12, 187 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grands papiers)

            30

Intime de la famille Breguet durant son adolescence, Degas devint ensuite intime de la famille Halévy : Ludovic, sa femme, Louise Breguet, et leurs deux fils Élie et Daniel. Celui-ci, dès sa quinzième année, voit en Degas son maître en noblesse de caractère, et note tous ses propos. Daniel Halévy n’a jamais cessé de s’interroger sur la tristesse de Degas, sur l’évolution de son œuvre, sur les raisons de sa rupture avec les Halévy au moment de l’Affaire Dreyfus. Il n’a jamais cessé de penser à Degas comme celui qui lui avait appris la grandeur. À la fin de sa vie, en 1960, alors qu’il a près de 88 ans, il compose, à partir des extraits de son Journal, son dernier livre : “Degas parle...” témoignage émouvant et capital, utilisé par tous les spécialistes du peintre.

145.          HASLAN (Henri). Légendes et Vérités. Guerre franco-allemande. P., Ollendorff, 1902, in-12, 235 pp, mention de 2e édition, broché, dos abîmé recollé, état correct. Peu courant

            20

Les Chefs – La bataille de Froeschviller – Vers Sedan. Plan de Palikao – Le coefficient de combativité – Autour de Metz – La leçon politique de 1870 – Leçon militaire de 1870 – Logique des faits.

146.          LACOTTE (Daniel). La Vie extraordinaire de Lord Seymour, dit Milord l'Arsouille. Albin Michel, 1989, in-8°, 245 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Dans ce Paris de la première moitié du XIXe siècle, où le luxe et le plaisir côtoient la misère et le choléra, Lord Seymour se plaît à défrayer la chronique. Toutes les folies et tous les scandales du jour lui sont imputés. Sans doute ce dandy d'origine anglaise possède-t-il les meilleurs atouts de l'excentricité. Fabuleusement riche, doté d'une force peu commune, passionné par les femmes, le jeu, les chevaux, il sait être extravagant avec grâce, impertinent sans grossièreté, généreux et spirituel. Le Tout-Paris l'imite...

147.          LA FOURNIÈRE (Xavier de). Louise Michel, matricule 2182. Perrin, 1986, in-8°, 348 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, 18 pages d'une ébauche d'autobiographie inédite, écrite par Louise Michel en 1901, en fac-similé in fine, broché, couv. illustrée, bon état

            25

« Amoureuse repoussée de Ferré, sorcière, fée, soeur de charité, pétroleuse », ainsi Maurice Barrès résumait-il la complexité de Louise Michel. Xavier de La Fournière s’est justement attaché à restituer cette diversité d’un personnage trop souvent figé dans les mémoires en Jeanne d’Arc de la Révolution. Ni son enfance heureuse ni son éducation classique ne la destinaient à devenir une pourfendeuse de l’ordre bourgeois. Mais, devenue institutrice libre à Paris, son amour des déshérités la conduisit à fréquenter les milieux républicains. Et, en 1870, sa passion non partagée pour Théophile Ferré la poussa à s’engager de plus en plus activement dans la contestation. Son rôle durant la Commune fut relativement secondaire, mais elle fit le coup de feu contre la troupe, ce qui n’était pas commun pour une femme. Ainsi naquit une légende qu’elle fortifia par son attitude devant le tribunal de Versailles. Elle provoqua les juges, revendiqua hautement plus de crimes qu’elle n’en commit et alla jusqu’à réclamer la peine de mort. Au retour de la déportation en Nouvelle-Calédonie (1880), cette mystique de la lutte sociale multiplia les tournées de propagande, les dénonciations de l’injustice et les provocations, paraissant toujours rechercher la condamnation qui ferait d’elle une martyre, et finissant par s’attirer des sympathies, même chez l’adversaire. Rétive à l’embrigadement de l’Internationale socialiste, éprise de liberté autant que de justice, elle apparaît finalement plus comme une anarchiste que comme une révolutionnaire. Xavier de La Fournière, auteur chez Perrin d’une biographie très remarquée de Tocqueville, découvrit au hasard d’une vente un petit cahier d’écolier où courait l’écriture de Louise Michel. Ce manuscrit inédit fut le point de départ de ce livre. C’est le portrait vivant, nuancé, d’une femme prête – un temps – à tuer et surtout à mourir pour l’amour des autres. (4e de couverture)

148.          [LALLEMENT, Guillaume]. Choix de rapports, opinions et discours prononcés à la Chambre des députés par MM. Benjamin Constant, Foy, Manuel, Casimir Perrier, Girardin, Camille Jordan, Lafayette, Dupont (de l'Eure), Pasquier, de La Bourdonnaye, de Serre, Lainé, de Villèle, etc., etc. Session de 1819. P., chez les principaux libraires, 1832, in-8°, 10-746 pp, un portrait gravé en frontispice, reliure demi-veau glacé havane, dos lisse orné en long, titre doré (rel. de l'époque), dos uniformément passé, coiffe sup. arasée, bon état

            50

149.          LANZAC de LABORIE (L. de). Chateaubriand sous la Restauration. dans le Correspondant, 1929, gr. in-8°, 22 pp, broché, bon état

            10

On trouve dans le même numéro un article sur Georges Clemenceau (Edouard Trogan, 8 pp) ; etc.

150.          LAUTREC (Gabriel de, Prince des humoristes). Souvenirs des jours sans souci. P., Editions de la Tournelle, 1938, gr. in-8°, 124 pp, 30 portraits et caricatures dans le texte et à pleine page de Joseph Hémard, Joseph Apoux, Georges Villa, Adolphe Willette, et B. Moloch (Hector Colomb dit), broché, couv. imprimée avec un dessin de Joseph Hémard, broché, bon état

            30

Souvenirs et anecdotes sur Verlaine, Leconte de Lisle, Raoul Ponchon Marcel Schwob, Alphonse Allais, Colette et Willy, Curnonsky, Courteline, Dorgelès, Barrès, Adolphe Retté, etc. — "Gabriel de Lautrec est né à Béziers le 20 février 1867. Il était apparenté aux Toulouse-Lautrec, branche cadette des comtes de Toulouse. Célèbre humoriste des années 1900-1920, compagnon d’Alphonse Allais au Chat Noir (1889-1893), dans lequel il publie ses premières proses, puis à la Vie drôle (à partir de 1893), il fréquente le Tout-Paris littéraire, des rédacteurs du Mercure de France à la jeune génération des soirées du Lapin agile : Pierre Mac Orlan, Max Jacob, Paul-Jean Toulet, André Salmon et Francis Carco. Monté à Paris au début des années 1890, Lautrec fait plusieurs rencontres décisives, Allais bien sûr, mais surtout Marcel Schwob. Parallèlement à une carrière d’écrivain orientée vers l’humour et la fantaisie, commence alors une activité de traducteur. En 1920, il est élu Prince des humoristes par ses pairs : Courteline, Auriol et Docquois. En 1929, il prend sa retraite de professeur de latin et de grec. Au début des années 30, il échoue à la candidature à l’Académie française. Peu de temps avant sa mort à Paris le 25 juillet 1938, il publie son autobiographie, Souvenirs des jours sans souci (en 1937 dans Le Courrier d’Épidaure, puis en volume en 1938), qui rendent imparfaitement compte de l’intense activité littéraire de ses débuts. Entre 1890 et 1911, il prétend, en effet, avoir publié plus de deux cents nouvelles, chroniques et fantaisies, sans parler de ses textes pour enfants dans un grand nombre de revues comme Le Chat Noir, La Vie drôle, Le Rire, Fantasio, La Revue blanche, Le Sourire, Le Mercure de France, etc." (X. Legrand-Ferronnière)

151.          LEBLOIS (Louis). L'Affaire Dreyfus. L'iniquité, la réparation. Les principaux faits et les principaux documents. P., Librairie Aristide Quillet, 1929, in-8°, 1086 pp, une photo de l'auteur par Gerschel en frontispice et 3 fac-similés dépliants in fine, dont le diagramme de Bertillon, chronologie, biblio, index, broché, qqs rousseurs, bon état. Edition originale

            100

L'un des meilleurs ouvrages publiés sur l'affaire Dreyfus, par l'avocat alsacien Louis Leblois, ami d'enfance de Picquart, qui fut un des artisans les plus utiles et les plus persévérants de la révision. (Lispschutz, n° 316) — "Dans le présent ouvrage, M. Leblois retrace les grandes lignes de l'affaire Dreyfus. « L'officier israélite » avait, on le sait, été condamné, pour trahison, à la déportation perpétuelle (22 decembre 1894). La poursuite n'avait eu d'autre base qu'une ressemblance entre son écriture et celle d'une lettre (le bordereau), soustraite à l'ambassade d'Allemagne à Paris, dont le destinataire était l'attaché militaire de Schwartzkoppen et dont l'auteur était un chef de bataillon nommé Walsin-Esterhazy. Bien que l'injustice et l'illégalité de la condamnation, que le ministre de la Guerre Mercier et certains de ses collaborateurs obtinrent par les moyens les plus coupables, soient connues depuis longtemps, il y avail lieu de donner une fois de plus la preuve de ces agissements. Il convenait également de rappeler que la verité fut découverte par le lieutenant-colonel Picquart, et qu'au risque d'une disgrace qui ne lui fut pas épargnée, cet officier s'efforça d'obtenir de ses chefs la réparation de l'erreur commise par les juges. M. Leblois établit ensuite la nécessité de l'initiative qu'il prit lui-même, comme ami et avocat du colonel. Il met en vive lumière l'action de Scheurer-Kestner et celle des deux autres principaux champions de la réparation, Zola et Jaurès. Il relate, d'autre part, les grands procès qui se sont succédé : le procès Esterhazy ; le procès Zola ; la première instance en révision, – engagée après les aveux et le suicide du lieutenant-colonel Henry, faux témoin et faussaire ; – le procès de Rennes, aboutissant, le 9 septembre 1899, à une condamnation à dix ans de détention, et l'éclatante réhabilitation prononcée, le 12 juillet 1906, par les Chambres réunies de la Cour de cassation. A cette revue des principaux événements, font suite les documents essentiels de l'Affaire. Diverses annexes viennent accroître l'utilité de l'ouvrage : une chronologie et une bibliographie succinctes, un index alphabétique des noms cités et quelques fac-similés d'écritures." (Avertissement des Editeurs)

152.          LONGFORD (Elizabeth). Victoria, reine d'Angleterre, impératrice des Indes. Fayard, 1966, in-8°, 607 pp, traduit de l'anglais, broché, couv. à rabats, bon état

            25

E. Longford nous donne une biographie extrêmement fouillée et complète de la grande reine. L'auteur a eu le privilège de puiser à de multiples sources peu connues, d'avoir une complète liberté d'accès aux Archives royales et de pouvoir consulter les pages inédites du journal intime de la reine Victoria. E. L. a eu ainsi toutes les données pour nous présenter son modèle, dont la vie restait par bien des côtés faussée par la légende, sous le double aspect de femme et de souveraine. (...) Le livre d'E. L. n'est pas seulement une biographie d'une haute portée historique, mais la chronique vivante d'un siècle de politique mondiale.

153.          MONTREVEL (Charles de). Nouvelle histoire de la Commune de Paris en 1871. D'après les documents les plus authentiques et les plus récents. P., Librairie Bloud et Barral, s.d. (1885), in-8°, vi-213 pp, reliure pleine toile saumon, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, encadrements à froid sur les plats, fer doré de l'Ecole Saint Ignace au 1er plat (rel. de l'époque), dos uniformément passé, reliure salie, pt travail de vers en marges des derniers feuillets (sans atteinte au texte), état correct (Le Quillec II, 3253)

            30

La plus formidable insurrection connue ; Enlèvement des canons de Montmartre ; Proclamation de la Commune ; La haine contre l'Eglise et le clergé ; Les opérations militaires ; La liberté de la presse ; L'administation de la Commune ; L'attaque du corps de place ; Chasse aux refractaires ; Les incendies ; Les prisons encombrées ; Attitude pitoyable des chefs du mouvenement ; etc.

154.          MOREAU (Pierre). Brunetière et le classicisme, d'après des documents inédits. dans le Correspondant, 1929, gr. in-8°, 17 pp, broché, bon état

            8

On trouve dans le même numéro des articles sur Le drame intérieur de Théodore Aubanel (Armand Praviel, 17 pp) ; Ombres et lumières de la préhistoire (E. Magnin, 26 pp) ; etc.

155.          MOREAU (Pierre). Chateaubriand écrivain. dans le Correspondant, 1927, gr. in-8°, 17 pp, broché, bon état

            8

On trouve dans le même numéro des impressions de voyage au M'zab (Arnaud de Vogüé, 12 pp) ; un article sur le centenaire de Beethoven (Arthur Honegger, 12 pp) ; etc.

156.          NOEL (Bernard). Dictionnaire de la Commune. P., Fernand Hazan, 1971, gr. in-8°, 367 pp, iconographie et légendes de Marie-José Villotte, texte sur 2 colonnes, 800 articles, 92 illustrations, chronologie, biblio, reliure toile noire de l'éditeur avec titres en rouge, jaquette illustrée, bon état

            45

 ... Plus d'un millier d'articles à propos des événements, des acteurs et des idées du mouvement insurrectionnel ..." — Mars-mai 1871 : trois mois qui, avec le trésor perdu d'un désir de révolution durement réprimé, ne cessent de nourrir la réflexion politique d'aujourd'hui. A Paris, les révoltés idéalistes s'opposent au pouvoir de la République de Jules Grévy, président, et de Louis Adolphe Thiers, chef du pouvoir exécutif, qui gouvernent la France après l'écrasante défaite de Sedan. Varlin, Ferré, Vallès et tant d'autres créent et animent la Commune de Paris sur les principes des penseurs collectivistes, tels que Proudhon et Fourier. A travers le pays, d'autres villes sont le siège de rebellions identiques qui revendiquent elles aussi l'appellation de "communes". Dans la capitale, les Communards détruisent les symboles du pouvoir bourgeois (la colonne Vendôme) et mettent en place des réformes égalitaires : séparation de l'Eglise et de l'Etat, reconnaissance juridique des enfants naturels et des "concubines"... Repliés à Versailles, Thiers et l'armée entrent en guerre avec le mouvement libertaire et populaire. La répression par les troupes "versaillaises" est impitoyable. Au cours de la "Semaine sanglante", du 21 au 28 mai, des milliers de Communards – entre 20.000 et 35.000 – sont exécutés. Des milliers d'autres sont arrêtés et déportés. "Les hommes, les faits, les sentiments, les idées, la vie quotidienne sont les principaux matériaux de ce “Dictionnaire de la Commune”. Sa composition affiche l'arbitraire de l'ordre alphabétique et démonte par là le récit même qu'elle appelle et alimente : c'est un texte sans hiérarchie, sans chronologie et, par nature, pluriel. L'événement s'y démultiplie et retourne à cet état de chantier que l'histoire a pour habitude de nier en faisant de lui un monument fini. Sur ce chantier le texte demeure en état de travail : il permet d'établir des rapports entre toutes les parties de l' "histoire" mais il n'achève aucun de ces rapports afin de s'en approprier l'intelligence et le mérite – ceux-là sont laissés au lecteur. Pas de vérité toute faite, uniquement des relations que la lecture établit pour s'en aller à la recherche de la vérité.

157.          ORIANO (Michel). Les Travailleurs de la frontière. Etude socio-historique des chansons de bûcherons, de cowboys et de cheminots américains au XIXe siècle. Payot, 1980, in-8°, 347 pp, biblio, éléments de discographie, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Broquette-Gonin de l'Académie française 1981), ex. du SP

            25

"Michel Oriano a abordé de façon nouvelle l'étude de la « classe ouvrière » sur la Frontière, à partir du corpus de chansons qu'ils ont laissé. Elles sont conservées dans diverses phonothèques universitaires, privées et surtout à la Library of Congress. L'approche est à la fois linguistique (étude de la langue, du vocabulaire de ces chansons), sociologique et ethnologique. Trois catégories professionnelles sont concernées, les bûcherons, les cowboys, les chemineaux." (Claude Fohlen, Revue Historique, 1984) — "L'historien saura gré à Michel Oriano d'avoir eu l'idée d'utiliser les chansons des bûcherons, des cheminots et des cow-boys américains comme des documents sur la vie et la conscience des ouvriers des Etats-Unis au XIXe siècle et au début du XXe siècle. L'auteur présente un corpus précis et cohérent : chants propres à certains travailleurs, et non création syndicaliste. Bûcherons, cow-boys et cheminots sont des hommes sans femmes, travaillant sur des chantiers longtemps isolés, dans de grands espaces ou l'homme même est rare. L'utilisation discrète mais sûre d'acquis linguistiques donne plus de finesse aux analyses documentaires. Enfin la chronologie est suffisamment nette pour sortir du flou des images mythiques. A partir de 1820, commence la saga des bûcherons, celle des cow-boys est la plus inscrite dans le temps historique (1865-1890), celle des cheminots porte la marque industrielle et démarre apres la Guerre de Secession. Michel Oriano montre que les fonctions du chant sont multiples : rythmer le travail souvent, combattre la solitude, preserver la dignité du travailleur que son métier use et finit souvent par tuer (ce livre est aussi une chronique lancinante des accidents du travail, et de la hantise qu'ils suscitent)... L'ouvrage de Michel Oriano est aussi une riche anthologie bilingue des chants etudiés et, de « l'alphabet du bucheron » au cycle de John Henry, c'est tout l'envers du « capitalisme sauvage » américain qui se deploie : la vermine, la peine, l'alcool remplaçant le succès et le conte rose de l'ascension sociale à portée d'energie..." (Jeanine Brun, Revue française d'études américaines, 1981)

158.          PANGE (Comtesse Jean de). Comment j'ai vu 1900. Grasset, 1963, pt in-8°, 252 pp, 8 planches de photos hors texte, broché, couv. illustrée, qqs annotations crayon, bon état

            25

Premier volume (sur 4 parus de 1962 à 1973) des souvenirs délicieux et vifs de Pauline de Broglie, arrière-arrière-petite-fille de Madame de Staël et de Necker, petite-fille du fameux ministre de la "République des Ducs", petite-nièce de la comtesse de Ségur et sœur des grands physiciens Maurice et Louis de Broglie. — Pauline a grandi dans une famille vivant dans une tradition au parfum d'Ancien Régime, tout en ayant su entrer dans le monde moderne. Dans un hôtel particulier, deux valets gardent l'escalier d'honneur, un maître d'hôtel commande à quatorze domestiques et les repas sont aussi solennels qu'à la cour de Versailles. Un temps où l'on savait vivre heureux : l'hiver à Paris, dans de vastes demeures ; les jeux, les fiacres, les soirées somptueuses ; puis la transhumance estivale vers Dieppe, les demeures à la campagne, les déjeuners sur l'herbe... On a peine à croire qu'on ait pu vivre ainsi, au début du XXe siècle : on perçait alors les Champs Elysées pour y bâtir les deux palais de l'exposition universelle ; on rêvait que bientôt le métropolitain gronderait sous les pavés, et que des arches franchiraient la Seine d'un seul bond... C'était l'avenir. C'était 1900 !

159.          PANGE (Comtesse Jean de). Comment j'ai vu 1900. Tome IV : 1900 s'éloigne. Derniers souvenirs publiés avec une introduction et des notes par son fils le comte Victor de Pange. Grasset, 1973, pt in-8°, 272 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. On joint une coupure de presse nécrologique sur l'auteur

            30

Quatrième et dernier volume, assez rare, des souvenirs de Pauline de Broglie, comtesse de Pange (1888-1972), descendante directe de Madame de Staël et de Necker, petite-fille du fameux ministre de la "République des Ducs", petite-nièce de la comtesse de Ségur et sœur des grands physiciens Maurice et Louis de Broglie.

160.          PLOCQ (A.) et F.-A.-Thédore LAROCHE. Exploitation des ports. Organisation, outillage et réglementation. Etude sur les principaux ports de commerce de l'Europe septentrionale. Mission accomplie en 1878. P., Imprimerie Nationale, 1882, 2 vol. gr. in-4° (24,5 x 32), un volume de 395 pages + un atlas de 15 planches dépliantes, doubles ou triples, montées sur onglets. Le volume de texte est broché, couv. imprimée, le volume de planches est en cartonnage de l'éditeur, premier plat imprimé, bon état. Rare

            350

Les planches représentent les plans des ports suivants : Anvers, Amsterdam, Rotterdam, Brême-Bremerhafen, Hambourg (plan général), Hambourg (plan des bassins), Londres, Hull, Great-Grimsby, Newcastle, Glasgow, Liverpool, Bristol, plus une planche triple avec une très belle gravure des Docks Clark et Stanfield, et une planche triple de Machines à eau sous pression.

161.          PORTAL (Pierre-Barthélémy). Mémoires du baron Portal (Pierre-Barthélemy d'Albarèdes), grand-croix de la Légion d'honneur, pair de France, ministre de la Marine et des Colonies, et ministre d'Etat sous les rois Louis XVIII et Charles X, contenant ses plans d'organisation de la puissance navale de la France. P., Amyot, 1846, in-8°, iv-378 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état. Rare

            250

"Ces Mémoires sont consacrés à peu près exclusivement aux années 1818-1821 durant lesquelles Portal fut ministre de la Marine, et ne concernent que son activité et ses projets avortés à la tête de ce ministère." (Bertier, 823) — "... On a publié à Paris, en 1846, les Mémoires de ce ministre. Les souvenirs personnels tiennent peu de place en ce volume, mais les travaux sur la marine et la politique ont un développement assez étendu." (Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne)

162.          ROUX (Georges). La guerre de 1870. Fayard, 1966, in-12, 374 pp, chronologie, 6 cartes, broché, couv. à rabats, pt morceau de scotch au bas du dos, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            20

"Ce récit de la guerre de 1870 n'apporte guère d'éléments nouveaux : l'auteur expose de façon claire et suivie le déroulement du conflit, en manifestant une hostilité marquée pour la Commune de Paris." (Revue française de science politique, 1967)

163.          [SAINT-SIMON]. Doctrine saint-simonienne. Exposition. Première année 1828-1829. – Deuxième année 1829-1830. P., Librairie nouvelle, 1854, in-12, viii-495 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titre et date en queue dorés (rel. de l'époque), coiffes lég. frottées, bon état

            100

Le texte fondamental pour l'histoire de l'école saint-simonienne. Cet ouvrage anonyme est la principale œuvre de Saint-Simon dont le contenu, mis au point au cours de conférences, et la rédaction, sont en réalité l’œuvre collective d’un collège de ses disciples : Barthélémy-Prosper Enfantin, Hippolyte Carnot, Henri Fournel et Charles Duveyrier. — "L’histoire du mouvement saint-simonien peut être structurée en trois temps principaux. Le premier moment, de 1825 à 1831, vise une reformulation de la doctrine, sa diffusion et la création de l’Église. Le deuxième plus bref, de la fin de l’année 1831 à 1832, est une période de crise et de transition, marquée par la séparation des deux « pères », Bazard et Enfantin. Le troisième moment très long, de 1833 à 1870, est le passage à la pratique, inaugurée par une nouvelle séparation, celle de Chevalier et d’Enfantin, permettant la réalisation effective de réseaux de circulation du savoir, de l’argent et de communication, par les ingénieurs et financiers saint-simoniens..." (Pierre Musso, Le mouvement Saint-Simonien, 1825-1870) — "Nous répondons à un voeu qui nous a été souvent exprimé, en rassemblant sous le titre de : Exposition de la doctrine saint-simonienne, des documents qui, jusqu'à ce jour, avaient été publiés séparément, et dont une partie même était devenue très rare dans le commerce de la librairie. L'éclat qu'a jeté le saint-simonisme avant et depuis 1830, la vive impulsion qu'il a imprimée aux intelligences, les hautes questions qu'il a soulevées, les hommes distingués qu'il a produits, tout nous fait espérer que ce livre trouvera sa place dans la bibliothèque des amis des études philosophiques, de tous ceux qui aiment à suivre le mouvement de la pensée contemporaine." (Avant-propos des éditeurs)

164.          SAMSON (Joseph-Isidore). Mémoires de Samson de la Comédie-Française. P., Ollendorff, 1882, in-12, xxi-338 pp, mention de troisième édition, un portrait de Samson dessiné par G. Jacquet en frontispice, reliure demi-chagrin noir, dos lisse orné en long, titre doré (rel. de l'époque), qqs rousseurs éparses, bon état

            70

Mémoires du célèbre acteur romantique (1793-1871), publiés par sa fille, fourmillant d'anecdotes utiles pour l'historien (par exemple le récit de l'investissement de Paris par les alliés en 1814). Sociétaire (1827-1863), puis à partir de 1842 doyen de la Comédie-Française, Samson fut un professeur remarquable. On compte parmi ses élèves la célèbre tragédienne Rachel. — "Les souvenirs de théàatre de ce comédien nous emmènent à l'époque de la Restauration à Dijon, Besançon, Rouen, enfin à Paris, où Samson entre à la Comédie-Française, pp. 118-273." (Bertier, 909)

165.          SARRANS (Bernard). Histoire de la révolution de Février 1848, par B. Sarrans, représentant du peuple. Ouvrage splendidement illustré de gravures sur acier. P., Administration de Librairie, 1851, 2 vol. gr. in-8°, 480 et 560 pp, 8 belles gravures sur acier hors texte in fine, les 2 tomes reliés ensemble en un fort volume demi-veau glacé cerise, dos lisse orné en long avec pièce de titre noire (rel. de l'époque), dos lég. passé, bon état. Bel exemplaire finement relié et sans rousseurs

            180

Par Bernard Sarrans (1796-1874), représentant du peuple pour le département de l'Aude à l'Assemblée nationale de 1848, il vécut en Angleterre de 1820 à 1826 il fit des cours de littérature à l'Athénée de Londres de 1822 à 1826. Rentré en France en 1827, il collabora au Commerce et au Journal des Electeurs, feuilles de l'opposition libérale, et dénonça, dans ce dernier journal, en 1829, la vénalité des députés qui touchaient mille francs par mois sur la cassette royale. Partisan de la révolution de 1830, il fut nommé aide de camp de La Fayette, mais ne tarda pas à passer de nouveau à l'opposition. Rédacteur à la Nouvelle Minerve, dans laquelle Cormenin publia ses Portraits parlementaires, il fut frappé de plusieurs condamnations. Il s'était lié à Londres avec le prince Louis-Napoléon qu'il reçut plusieurs fois en secret chez lui, et fut un des confidents des diverses tentatives bonapartistes. Après avoir échoué à la députation dans le 1er collège de l'Aude (Carcassonne), le 9 juillet 1842 et, le 1er août 1846, il fut finalement élu, le 23 avril 1848, représentant de l'Aude à l'Assemblée constituante. Il fit partie du comité des affaires étrangères, protesta contre les proscriptions en masse qui suivirent les journées de juin 1848, et vota avec la gauche, pour le bannissement de la famille d'Orléans, contre les poursuites contre Louis Blanc, contre l'incompatibilité des fonctions, pour l'amendement Grévy, contre la sanction de la Constitution par le peuple, pour l'ensemble de la Constitution, contre la proposition Rateau, contre l'interdiction des clubs et contre l'expédition de Rome. Non réélu à la Législative, il rentra au Journal des Communes et à la Semaine sous le pseudonyme de Nicolas. (Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français)

166.          SIMONEY (J.). L'Avortement de 1789. Les deux diocèses. P., Degorce-Cadot, s.d; (1868), in-12, xiv-236 pp, lettre-préface de Guizot, broché, état moyen. Edition originale

            20

"Notre âge nous a permis de voir quelques révolutions, et notre esprit de juger celles dont nous n'avons pu être témoin. Nous avons donc assisté par le fait à ce travail tartaréen qui s'appelle la Révolution française ; dix fois au moins nous avons vu retomber avec fracas le lourd rocher soulevé par le géant populaire; dix fois aussi nous l'avons vu tout près de toucher au sommet escarpé et sublime. Encore aujourd'hui, après tant de vaines épreuves, il nous est facile de prévoir, à la tension effrayante des muscles, et aux larges gouttes de sueur de l'infatigable athlète, que ses forces vont l'abandonner de nouveau et trahir l'espoir suprême de tous. En ce moment critique et solennel, il nous a parti opportun de rechercher la cause première de toutes ces chutes, et le moyen d'en prévenir le retour, c'est-à-dire, d'assurer à tout jamais le triomphe de la Révolution française. (...) Grâce au ciel, nous sommes de ceux qui ont tiré quelque profit de la connaissance du passé. Ce que nous avons vu jusqu'à ce jour, c'est le parti triomphant imposer sa loi au vaincu. (...) Pour combattre ces tendances funestes de la démocratie, nous avons dû prendre à partie ceux qu'elle reconnaît comme ses chefs, et exécuter à fond de train une charge décisive sur certaines doctrines conçues en dehors et presque en haine du lien moral et religieux. Nous les avons attaquées avec d'autant plus d'énergie, que toutes, par une fatalité inhérente aux conceptions qui s'écartent du principe chrétien, aboutissent au despotisme. C'est par ce côté saillant et malheureux, selon nous, que le parti libéral se rapproche de la faction ultramontaine, et que, par l'identité du but, poursuivi en sens contraire, s'est produit le dualisme affligeant qui tient en échec toutes les forces de la société contemporaine..." (Avant-propos)

167.          STERN (Fritz). L'Or et le Fer. Bismarck, Bleichröder et la construction de l'empire allemand. Fayard, 1990, fort et gr. in-8°, 736 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Le premier, Bismarck, issu de la caste guerrière et terrienne qui avait bâti la Prusse – les junkers –, rêvait d'une Allemagne unifiée. Le second, Bleichröder, né dans une communauté déracinée et sévèrement tenue en lisière – les Juifs –, voulait la richesse et la considération. Un monde les séparait, jamais ils ne s'aimèrent, et pourtant ils lièrent leur sort – et leurs intérêts personnels – jusqu'à former un couple indissociable. Certes, l'Allemagne nouvelle ne fut pas seulement leur oeuvre mais ils y prirent chacun une part considérable. L'historiographie, si elle n'a jamais négligé Bismarck, a depuis toujours rejeté Bleichröder dans les ténèbres. Pourtant, des centaines de lettres inédites – échangées par les deux hommes entre eux ou avec les plus grands noms de la finance et de la politique – esquissent l'histoire de trente années d'une collaboration dissimulée au plus grand nombre, et elles montrent l'Allemagne du IIe Reich sous un jour insoupçonné. Ainsi révèlent-elles comment Bleichröder aida Bismarck, alors jeune diplomate sans fortune, puis favorisa le financement des trois guerres grâce auxquelles celui-ci, à la tête du gouvernement prussien, conduisit l'Allemagne à l'unité. Elles soulignent l'irremplaçable soutien apporté ensuite par Bleichröder à l'équipement (chemins de fer, mines), à l'industrialisation et à l'expansion de la nouvelle puissance économique allemande. Elles jettent, avec mille détails, une lumière crue sur l'alliance nouée (mais jamais avouée) par la noblesse et la haute bourgeoisie protestantes avec les forces de l'argent. Elles redonnent sa vraie place sur l'échiquier européen à Bleichröder, banquier et agent discret ou secret : il participa aux négociations sur le paiement de l'indemnité de guerre française ; disposant dans toutes les capitales d'un excellent réseau d'informateurs et de correspondants en vue, il permit souvent au chancelier de contourner la diplomatie officielle. Le Rothschild allemand devint un jour si influent qu'il put exercer – ou faire exercer – des pressions économiques pour obtenir l'émancipation des Juifs de Roumanie...

168.          THOMAS (Edith). Les “Pétroleuses”. Gallimard, 1963, in-8°, 288 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Suite des temps)

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Une étude historique sur les femmes et le féminisme sous le Second Empire et la Commune : l'Union des Femmes, les clubs, une grande journaliste : André Léo, ambulancières, cantinières, soldats, Louise Michel, etc. — "E. T., qui milita avant la guerre dans le mouvement antifasciste et participa dans la Résistance au comité directeur de l'Union des femmes françaises, se penche en historienne mais non sans passion, sur le destin des femmes de la Commune. E. T. fait revivre les « premiers rôles », Louise Michel, Andrée Léo, Paule Minck, Marguerite Tinayre, qui luttèrent pour que la libération de la femme se confonde avec la révolution sociale." (Revue française de science politique, 1964) — "Le titre que Mlle Thomas, sans doute un peu par bravade, a donné à son récent livre, risque de tromper le lecteur. On pourrait croire, en effet, que cette étude est consacrée uniquement à la participation des femmes aux incendies des derniers jours de la Commune, alors qu'en réalité l'auteur a brossé un tableau d'ensemble de l'activité des femmes durant toute la période d'insurrection parisienne. Le problème proprement dit des "pétroleuses", problème qui passionnait jadis, mais qui paraît bien mince à l'époque du napalm et des bombes au phosphore, n'a été traité que dans un bref chapitre final. (...) Beaucoup plus intéressante et neuve est, sans conteste possible, l'étude du comportement et de l'apport des femmes dans la vie sociale, intellectuelle et politique de la Commune. Pour beaucoup de nos contemporains, tout, dans ce domaine, se limite au seul nom de Louise Michel. Si celle-ci demeure la figure la plus hardie et la plus attachante des femmes de la Commune, il faut savoir gré à Mlle Thomas d'avoir fait revivre devant nous bien d'autres personnages, comme la journaliste André Léo ou Elisabeth Dmitrieff, fondatrice de l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, qui forme avec Anna Jaclard, née Krukovskaïa, l'avant-garde des femmes révolutionnaires russes, et tant d'autres plus modestes, jetées brusquement dans un tourbillon d'événements à la fois violents et exaltants et dont seuls les dossiers des conseils de guerre de 1871 nous ont conté les brèves et souvent tragiques aventures. (.) Le rôle de l'Union des femmes, en fait la section féminine française de l'Internationale où, par l'entremise d'Elisabeth Dmitrieff, l'influence de Karl Marx se fait jour, fut très important dans l'organisation du travail des femmes. Les solutions apportées furent neuves et hardies. L'expérience des ateliers nationaux de 1848 n'avait laissé que d'amers souvenirs. L'Union des femmes proposa la création d'associations productives libres, exploitant au profit collectif de ses membres telle ou telle activité industrielle. Ce système coopératif d'organisation du travail est très original, et l'auteur en étudie minutieusement les quelques réalisations pratiques auxquelles la « semaine sanglante » mit fin rapidement. Mais l'idée ne devait pas être perdue. Dans l'enseignement, c'est la société l'Éducation nouvelle qui proposa à la Commune des formules neuves, résultat des travaux d'une commission de six membres dont trois femmes. Les bases d'un enseignement gratuit, obligatoire et laïc sont jetées, ce qui constitue un bouleversement, surtout dans l'enseignement des jeunes filles. Nouveauté peut-être encore plus grande, l'enseignement technique professionnel féminin est pris en considération ; des ateliers-écoles pour jeunes filles sont créés. Au milieu des combats et des massacres, trois membres de la Société des amis de l'enseignement se penchent sur le problème des crèches - particulièrement utiles lorsque les femmes sont au travail ou dans la lutte - et proposent des programmes pédagogiques qui ne verront leur application que beaucoup plus tard. (.) Tout le livre est parcouru par un chaud courant de sympathie en faveur de la Commune. Chartiste, Mlle Thomas s'appuie sur des textes d'archives sûrs et contrôlés. Elle les fait revivre et les anime d'un style coloré et élégant." (Robert Marquant, Bibliothèque de l'école des chartes, 1966)

169.          TUDESQ (André-Jean). L'élection présidentielle de Louis-Napoléon Bonaparte, 10 décembre 1848. Armand Colin, 1965, in-12, 272 pp, 63 illustrations, 3 cartes, broché, très bon état (Coll. Kiosque. Les faits, la presse, l'opinion)

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"Mieux qu'un simple dossier de presse, c'est une véritable étude de la première élection présidentielle au suffrage universel que nous donne A.-J. T. ; son livre replace la victoire de Louis-Napoléon dans le cadre de la légende napoléonienne et de l'esprit de 1848 et rappelle qu'elle commença à être envisagée, crainte ou espérée plus tôt qu'on ne le croit souvent. A.-J. T. insiste d'autre part sur l'échec de la presse, des partis et des élus qui n'ont cessé de contribuer, tout au long de l'année 1848, aux succès électoraux du futur empereur." (Revue française de science politique, 1966)

170.          VALLOTTON (Henry). Metternich (1773-1859). Fayard, 1965, in-12, 424 pp, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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Vilipendé, honni, traîné dans la boue par les uns, loué, admiré, porté aux nues par les autres, aucun homme d'Etat ne fut aussi discuté que Metternich, de son vivant et après sa mort. Qu'on en juge : Napoléon l'appelait « le plus grand menteur du siècle » ; la princesse Lieven voyait en son ex-amant « le plus grand fourbe du monde ». Et pour demeurer dans les superlatifs, le prétendu Sealsfield écrivit que le chancelier était « l'homme le plus détesté de l'univers ». (Avant-propos) — Henry Vallotton a déjà donné à la collection des « Grandes études historiques » plusieurs biographies qui ont, toutes, connu un très grand succès : Catherine II, Pierre le Grand, Ivan le Terrible, Bismarck, Marie-Thérèse. C'est d'abord que les livres de M. Vallotton reposent sur un dépouillement étendu et méthodique des documents en toutes langues. C'est ensuite que l'auteur possède le don bien rare de redonner la vie à ses personnages. Pour Metternich, il a eu recours, non seulement aux sources imprimées, qui sont nombreuses et importantes, mais encore aux archives diplomatiques de plusieurs capitales. Comme Metternich écrivait beaucoup, qu'il aimait discuter, démontrer, philosopher, prophétiser par écrit, M. Vallotton s'est le plus souvent effacé derrière son héros que l'on voit vivre et que l'on entend ! On ne trouvera pas ici une histoire politique de l'Europe au temps de Napoléon, ni de 1815 à 1848. Certes, elle compose le fond du tableau. On verra surtout un homme, un homme divers, prodigieusement vaniteux, mais sincèrement, profondément européen, ennemi de la guerre et conservateur, non par égoïsme, mais par raison : Metternich amoureux, homme du monde, ambassadeur, chancelier, rival et vainqueur de Napoléon, organisateur de l'Europe. ennemi des révolutions, abattu enfin par l'une d'elles. Déchu de tout pouvoir, il termina sa vie assez philosophiquement, tantôt à Vienne, tantôt dans sa vigne du Johannisberg, très respecté au dehors, ne pouvant s'empêcher d'observer et de juger les événements politiques. Ce ne fut ni le prophète infaillible qu'il prétendait être, ni le réactionnaire obtus qu'ont prétendu ses ennemis, mais un homme de bonne volonté, dévoué à son pays, négociateur habile, créateur de l'Europe des États, sinon des patries qui, en 1815, fut le premier à comprendre qu'une France prospère était indispensable à la paix. Un quotidien du Valais définissait ainsi M. Henry Vallotton : « M. H. Vallotton, après avoir été un brillant avocat d'assises et le premier magistrat du pays… s'est attribué dans les lettres un rayon bien à lui. Il y excelle, il y réussit à coup sûr. Ce rayon, c'est celui des grandes monographies historiques, des portraits en pied des personnages, dont la mémoire demeure vive dans l'imagination populaire, l'évocation aussi des grandes aventures sentimentales… À travers l'histoire, l'écrivain, ici, saisit le côté humain, sa révélation par les destinées individuelles. C'est l'homme, en d'autres termes, sur la toile de fond de son temps… L'homme, son caractère, sa sensibilité, sa force et ses faiblesses. » Ajoutons que M. Vallotton, qui a été ministre de la Confédération à Bruxelles, possède une expérience personnelle du travail, des usages et du monde diplomatiques, qui l'ont aidé à pénétrer l'esprit et à comprendre les réactions de ce maître-diplomate que fut Metternich.

20e SIÈCLE

 

171.          ALPHAND (Hervé). L'Etonnement d'être. Journal 1939-1973. Fayard, 1977, gr. in-8°, 614 pp, index, broché, couv. à rabats, bon état

            25

1939-1973 : un tiers de siècle dont Hervé Alphand est tantôt un acteur, tantôt un témoin. Il assiste impuissant et désespéré aux tentatives dérisoires des gouvernements vacillants de la Troisième République à la veille du deuxième conflit mondial, l’un des premiers, sinon le premier inspecteur des Finances à rallier la France Libre. Il est à Alger, à Washington, à Londres. Puis c’est le retour à Paris, l’immense effort de reconstruction, la naissance de l’Europe. Un an aux Nations unies, neuf d’ambassade aux Etats-Unis, au milieu des crises de Suez, de l’Algérie, de Cuba, de Berlin, du Vietnam, de l’OTAN et tant d’autres, sous les présidences successives d’Eisenhower, de Kennedy, de Johnson, sept ans de secrétariat général au Quai d’Orsay et de missions au Moyen-Orient, en URSS, en Inde, en Chine, en Algérie... Au-delà des révélations historiques, notamment sur la politique étrangère du général de Gaulle, des anecdotes et des portraits psychologiques, Hervé Alphand trace son autoportrait, celui de l’homme qui réagit devant ces évènements démesurés, étonné d’être ou simplement de regarder et d’entendre.

172.          ANDREU (Pierre) et Frédéric GROVER. Drieu la Rochelle. Hachette, 1979, fort gr. in-8°, 587 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

"Pierre Andreu et Frédéric Grover possèdent une longue familiarité avec l'auteur de Gilles puisqu'ils lui ont consacré leurs premiers essais voici une trentaine d'années. Portés par leur connaissance intime de la vie et de l'oeuvre de Drieu, ils nous donnent une biographie classique, avec bonheur doit-on dire : l'homme, l'oeuvre, les engagements politiques, ces trois aspects sont étroitement associés dans un même mouvement. Nulle contradiction éventuelle, mais des morceaux de vie qui s'emboîtent, au fond, harmonieusement les uns dans les autres et que n'altèrent pas vraiment les incertitudes, les hésitations ou les interrogations du héros, car Drieu est ici lui-même un héros de roman. A la lecture de sa vie, Drieu peut apparaître comme l'imposteur-né : de milieu bourgeois declassé, il affecte le comportement de la certitude et de l'aisance sociales ; à la fois couvé matériellement et rejeté au plan affectif par sa mère, il se comporte en passionné des femmes auprès desquelles son comportement d'échec fait merveille ; à ses écrits romanesques répondent des écrits politiques d'autant plus vigoureux et virils que les premiers sont empreints du sentiment de l'échec et parés des charmes de la décadence... Un ouvrage remarquable de probité et alimenté aux meilleures sources." (Jean-Paul Cointet, Revue Historique)

173.          Anonyme. La Renaissance militaire de l'Allemagne. dans le Correspondant, 1925, 2 vol. gr. in-8°, 20 et 20 pp, une carte, brochés, bon état

            12

I. L'armée régulière et les armements clandestins. II. Le potentiel de la nation.

174.          AURIOL (Vincent). Mon septennat 1947-1954. Notes de journal présentées par Pierre Nora et Jacques Ozouf. Gallimard, 1970, fort in-8°, viii-606 pp, 22 photos sur 4 pl. hors texte, notice biographique, index, broché, couv. illustrée d'une photo de Vincent Auriol, état correct (Coll. Témoins)

            20

Qui savait que le président Auriol avait, tous les jours de son septennat si actif, accumulé des notes quotidiennes, avec l'intention d'écrire des Mémoires qui auraient conservé la forme d'un Journal. Après sa mort, cette masse documentaire d'un exceptionnel intérêt et d'une ampleur considérable – 10.000 feuillets – a été confiée par Mme Auriol à Pierre Nora pour en faire, avec Jacques Ozouf, deux éditions différentes : l'une intégrale et savante, de plus de 5000 pages, en sept volumes, l'autre, abrégée, en un volume. Ce volume contient l'essentiel des conversations de l'Elysée pendant les sept ans qui vont du départ des communistes à la mort de Staline, de l'investiture manquée de Léon Blum à celle de Mendès France, du début de la guerre d'Indochine à la veille de Diên Biên Phu ; un document d'un exceptionnel intérêt politique et historique, unique dans les annales de la République.

175.          BACHOUD (Andrée). Franco, ou la réussite d'un homme ordinaire. Fayard, 1997, in-8°, 526 pp, chronologie, bibllio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Plus de vingt ans après sa disparition, Franco suscite en Espagne et ailleurs les mêmes jugements tranchés que de son vivant. Ses délateurs ne tiennent plus le haut du pavé, mais nombreux sont ceux qui lui reconnaissent au moins le mérite d'avoir fait d'un pays politiquement et matériellement arriéré une puissance économique mûre pour la démocratie. Certains en revanche ne désarment pas, lui vouant toujours la haine des premières heures de la guerre civile, soulignant à l'envi les traits fascisants et le caractère constamment répressif de son régime. Tous en fait non seulement assignent à ses propos et à ses actes un rôle décisif, mais lui prêtent une idéologie structurée voire un grand dessein. Or l'homme fut manifestement en deça de son destin. S'il offre dès l'adolescence l'image d'un catholique rigoureux et d'un patriote entêté, il ne construira pas le moindre système et restera étranger à toute passion, y compris la plus innocente... Tacticien mais non stratège, il saura cependant cultiver l'art de durer dans sa carrière comme dans sa conduite de l'Etat, souvent servi par les circonstances. C'est sans doute là que résident les ressorts de la réussite – car il y a incontestablement réussite – d'un homme au fond très ordinaire. Isolée par les certitudes du Caudillo, l'Espagne, meurtrie par la guerre civile, demeure à l'écart du conflit mondial et tire profit de l'antagonisme Est-Ouest pour conjurer la réprobation des démocraties, puis pour bénéficier des fruits de la croissance des Trente Glorieuses. On peut certes douter que Franco ait imaginé ou voulu l'Espagne démocratique et moderne d'aujourd'hui, mais on ne saurait comprendre les événements récents sans les rapporter à sa longue dictature. Sous ce rapport, le contraste avec cette vie sans relief et une nation en train de renaître malgré tout offre à l'historien de fascinantes perspectives.

176.          BAR-ZOHAR (Michel). Ben Gourion, le prophète armé. Fayard, 1966, in-8°, 412 pp, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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"Ce livre retrace la vie de David Ben Gourion, en une biographie que l'auteur a voulu complète mais dans laquelle il n'a pas prétendu à une objectivité qu'il juge impossible dans ce cas. Il s'affirme en effet un admirateur de l'ancien président d'Israël, qu'il s'est efforcé de décrire sous son aspect d' « homme vivant », en utilisant notamment son journal intime." (Revue française de science politique, 1967)

177.          BAR-ZOHAR (Michel). Histoire secrète de la guerre d'Israël. Fayard, 1968, in-8°, 326 pp, une carte, biblio, broché, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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"Cet ouvrage vient s'ajouter à tous ceux qui ont été écrits sur la guerre des six jours. Conçu sous forme de journal, il relate les principaux événements diplomatiques de cette époque et évoque l'atmosphère qui régnait alors en Israël, au Caire et dans les pays de l'Est. Vivant et clair, le récit, incontestablement intéressant, doit-être utilisé avec précaution : M. B.-Z. en effet a utilisé de nombreux documents secrets, dont, pour des raisons évidentes, il ne peut indiquer la source. Il se fonde également sur le témoignage d'un grand nombre de personnalités dont, pour les même raisons, il ne peut donner qu'une liste partielle." (Revue française de science politique, 1969)

178.          BARTOLI (Domenico). Victor Emmanuel. SFELT, 1946, in-12, 275 pp, traduit de l'italien, notes bibliographiques, broché, scotch au dos, papier jauni, état correct. On joint 3 coupures de presse

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Victor-Emmanuel III (1869-1947).

179.          BENNASSAR (Bartolomé). Franco. Perrin, 1995, in-8°, 409 pp, 16 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Qui était le général Franco ? Vingt ans après sa mort, Bartolomé Bennassar analyse l’étonnant destin du Caudillo. Bartolomé Bennassar a divisé son livre en deux parties : d’une part l’histoire d’une vie au fil de la chronologie, d’autre part les clefs pour comprendre Franco : les frustrations de la jeunesse ; la “baraka” ; le culte du moi ; le sens de la manipulation des hommes : la passion du pouvoir pour le pouvoir, la crainte implicite du pays de voir renaître la folie collective qui avait produit la guerre civile, dont le spectre fut longuement entretenu par le régime franquiste.

180.          BLOCH (Charles). Le IIIe Reich et le monde. Imprimerie Nationale, 1986, gr. in-8°, 545 pp, 122 photos et illustrations dans le texte, 15 illustrations en couleurs sur 8 pl. hors texte, 4 cartes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée recouverte d'un film plastique transparent, C. de bibl., bon état (Coll. Notre siècle)

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"La conquête de "l'espace vital", voire la domination, avec l'aide de certaines puissances, du monde entier, tel était le rêve fou d'Hitler, objectif final du IIIe Reich dès que le Führer eut consolidé son pouvoir personnel. Pourquoi ce rêve était-il irréalisable, comment l'Allemagne nazie parvint-elle néanmoins à obtenir des succès ? Quels enseignements l'Europe en a-t-elle tirés ? Charles Bloch dans une analyse fine, souvent percutante et toujours objective, étudie du point de vue de la politique étrangère comment le IIIe Reich, héritier d'une longue tradition nationaliste, a d'abord joui d'un consensus quasi général en Allemagne autour de l'abolition du Traité de Versailles, puis usa de l'aide indirecte que lui apporta l'Angleterre jusqu'en 1939 pour atteindre ses trois objectifs : la chute du bolchevisme, l'anéantissement des Juifs et l'asservissement de la France. Si la politique de Londres rendit possible les succès d'Hitler jusqu'à la conflagration, c'est Hitler lui-même, avec Ribbentrop, qui créa l'antagonisme anglo-allemand vouant ainsi son "programme" à l'échec. En forgeant l'unité des peuples contre lui, en commettant des fautes stratégiques et politiques lors de la campagne de Russie, en limitant sa vision militaire à l'Europe, il commit trois erreurs capitales. En effet, le manque de coordination avec le Japon excluait la possibilité – si toutefois elle existait – de faire front à l'Amérique et à ses immenses ressources. 1945 est une profonde rupture dans l'histoire de l'Allemagne. La plupart des principaux acteurs de l'impérialisme allemand ont été définitivement brisés, la mentalité a profondément évolué et la réconciliation franco-allemande est un des résultats les plus spectaculaires de la seconde guerre mondiale." (4e de couverture) — "Dans ce superbe ouvrage, écrit directement en français, Charles Bloch (né à Berlin en 1921), professeur d'histoire contemporaine à Tel Aviv et à Nanterre, engage une réflexion érudite et stimulante sur la continuité et la rupture en politique extérieure. Il souligne que la spécificité du IIIe Reich est d'aspirer à la conquête brutale d'autres pays, pour les coloniser et les soumettre en exterminant une partie de leur population. Il analyse dans ses moindres détails le plan d'Hitler qui était d'abattre la France, de conquérir l'espace vital à l'Est, d'acquérir des colonies en Afrique, de lutter pour l'hégémonie mondiale contre les Etats-Unis d'Amérique, de dominer le monde en partie ou totalement, en association avec certaines puissances, selon des critères racistes. 'Le IIIe Reich et le monde' donne une vue d'ensemble très complète des conceptions de politique étrangère des principales personnalités dirigeantes du NSDAP, du ministre des Affaires étrangères et des milieux industriels. Il analyse de façon méthodique les grandes étapes de cette politique : la consolidation (1933-1936), la marche vers la conflagration (1936-1939), la guerre et la défaite (1939-1945). Il insiste beaucoup sur le rôle ambigu de l'Angleterre, au moins jusqu'en 1935, toujours prête à accepter une prépondérance allemande en Europe mais opposée à une domination absolue du IIIe Reich. « C'est la politique de Londres qui rendit possible les succès d'Hitler jusqu'à la grande conflagration ». La crainte puis le mépris de la France est une donnée constante de la politique allemande de 1933 à 1945. L'anticommunisme fut la principale caractéristique de la politique intérieure et extérieure de l'éphémère successeur d'Hitler, l'amiral Dônitz, en mai 1945. Charles Bloch estime que la politique extérieure du IIIe Reich est dans l'ensemble cohérente et jouit d'un consensus presque unanime dans le pays, jusqu'en 1936. Ensuite les divergences s'affirment entre les adeptes de l'impérialisme « wilhelmien » et les partisans fanatiques de l'« espace vital », comme Hitler. Selon l'auteur, l'entreprise de ce dernier était vouée à l'échec car l'Allemagne ne pouvait coloniser des espaces trop vastes. Aussi s'étonne-t-il des succès du Führer et du peu de résistance de la part des autres Etats jusqu'en 1939." (Henri Ménudier, Revue française de science politique, 1987)

181.          BOLY (Joseph). De Gaulle et la République des Lettres. Bruxelles, Cercle d'études Charles-de-Gaulle, 1990, in-8°, préface de Philippe de Saint Robert, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Les rencontres intellectuelles et littéraires du général de Gaulle illustrent l'éclectisme de sa pensée. Après Charles de Gaulle écrivain, publié en 1978, l'auteur reprend le sujet en le développant pour faire place à Barrès, Bergson, Bernanos, Gide, Green , Malraux, Maritain, Mauriac, Montherlant, Saint-Exupéry, Sartre, Senghor, Teilhard de Chardin, Valéry et beaucoup d'autres, avec des notices et des précisions bibliographiques fort utiles aux chercheurs qui entendent replacer la littérature dans la chronique de nos temps troublés. L'ouvrage illustre l'histoire d'un homme d'Etat en relation avec la république des lettres." (Lectures, 1991)

182.          BONTE (Florimond). La Guerre de Demain : aérienne, chimique, bactériologique. Ses monstrueux massacres des masses humaines sans distinction d'âge ni de sexe. Lille, Les Editions prolétariennes, 1929, pt in-8°, 112 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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"Un point de vue communiste, hostile aux « illusions pacifistes » avec quelques traits originaux : la guerre s’accompagnerait d’une « terreur (...) des plus atroces » contre le mouvement révolutionnaire ; on ne pourrait la supprimer qu’en supprimant le capitalisme, en « passant sur le cadavre de la social-démocratie », acolyte de la bourgeoisie « dans l’organisation du massacre »." (Jean-Marie Moine, “Un mythe aéronautique et urbain dans la France de l’entre-deux-guerres : le péril aérochimique”, 2009) — "L'auteur rappelle le bilan de la guerre, et esquisse, en s'aidant d'indications recueillies un peu au hasard dans la presse, « les effroyables perspectives de la guerre de demain » : attaques massives de l'aviation, ravages des gaz toxiques, etc... Il dénonce le « grave danger des illusions pacifiques » pour exalter « le drapeau soviétique, drapeau de la paix », et dénoncer la « social-démocratie, instrument de l'impérialisme ». L'auteur a négligé de donner dans sa brochure les effectifs de l'armée, de la flotte, de l'aviation soviétiques et le montant du budget de guerre de l'URSS. C'est une lacune qu'il aura certainement à cœur de combler dans sa prochaine édition." (Edmond Laskine, Revue d'histoire économique et sociale, 1930)

183.          BOUCHOT (Jean). L'impérialisme soviet en Chine. Son histoire, son état présent, ses tendances. dans le Correspondant, 1925, gr. in-8°, 25 pp, broché, dos abîmé, état correct

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On trouve dans le même numéro des articles sur l'abbé Rousselot et la phonétique expérimentale (Robert de Souza, 26 pp) ; M. Guignebert en cinquième (féroce article critique de Jean Guitton sur le chapitre consacré aux premiers temps du christianisme par Ch. Guignebert dans un manuel scolaire destiné aux éléves de cinquième, 17 pp) ; etc.

184.          BOZO (Frédéric). Histoire secrète de la crise irakienne. La France, les Etats-Unis et l'Irak, 1991-2003. Perrin, 2013, gr. in-8°, 408 pp, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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En mars 2003, les États-Unis de George W. Bush, soutenus par la Grande-Bretagne de Tony Blair, envahissaient l'Irak pour mettre à bas le régime de Saddam Hussein, leur bête noire depuis le conflit du Golfe en 1991. Une guerre menée sans l'autorisation des Nations unies et au terme d'une crise internationale sans précédent qui les avait spectaculairement opposés à la France de Jacques Chirac. Point d'orgue de cet affrontement diplomatique planétaire, le discours de Dominique de Villepin à l'ONU, le 14 février 2003, est resté dans les annales. Ce livre retrace l'histoire de cette crise franco-américaine d'une intensité inégalée depuis le défi lancé aux États-Unis par le général de Gaulle. Il montre pourquoi et comment l'Irak en est venu à opposer les deux plus anciens alliés du monde occidental et à diviser l'Europe, l'Alliance atlantique et la communauté internationale dans son ensemble. Nourrie de documents d'archives inédits et d'entretiens avec des dizaines d'acteurs et témoins de ces événements, c'est l'histoire secrète d'une des plus grandes crises internationales de l'époque contemporaine qui est ici racontée.

185.          CARBUCCIA (Horace de). Les Racines de l'enfer, 1934-1939. Le Massacre de la victoire, II. Plon, 1978, in-8°, 304 pp, 8 pl. de photos hors texte, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Second et dernier volume des virulents Mémoires de l'ancien directeur du journal “Gringoire”. — Les Mémoires d’Horace de Carbuccia, écrits “d’un style d’acier”, selon les termes du duc de Lévis Mirepoix, sont irremplaçables pour l’intelligence de l’entre-deux-guerres : années brillantes, scandaleuses et catastrophiques, où les illusions de la victoire de 1918 se transformèrent en mobilisation pour la défaite de 1940. Directeur d’une maison d’édition et de “Gringoire”, le plus important hebdomadaire français politique et littéraire, député de la Corse, gendre du préfet de police Jean Chiappe, l’auteur nous explique qu'il mena activement le combat qui opposa les patriotes lucides à ceux qui allaient devenir les responsables de la défaite et de l’occupation. Ce second volume montre Mussolini, le chancelier Dollfuss, les coups de force hitlériens, les erreurs du Front populaire, Staline, Gamelin, le jeu parlementaire... qui menèrent au plus grand effondrement de notre histoire. Un témoignage qui démystifie beaucoup d'idées reçues.

186.          CHARUEL (Marc). L'affaire Boudarel. Editions du Rocher, 1991, in-8°, iv-234 pp, préface de Jean Lartéguy, 16 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Comment un traître peut-il redevenir un citoyen au-dessus de tout soupçon, ou le parcours troublant de Georges Boudarel : du jeune professeur de Saint-Etienne, sa ville natale, à l'agitateur opiomane en Indochine, jusqu'au commissaire politique dans les camps de la mort viêt-minh. Trois ans après le départ du corps expéditionnaire français, il continue d'évoluer dans les arcanes du pouvoir vietnamien, puis à Prague, en pleine guerre froide, il est recruté par la Fédération syndicale mondiale (l'une des plus importantes machines de désinformation créée par l'URSS). En 1971, cet ancien agent de l'appareil clandestin du Parti communiste est accueilli à bras ouverts par l'Université française. Vingt ans plus tard, l'Affaire Boudarel éclate. Chef d'accusation : crime contre l'Humanité.

187.          CHASTENET (Jacques). Winston Churchill et l'Angleterre du XXe siècle. Fayard, 1961, in-12, 594 pp, 11 cartes, biblio, broché, jaquette, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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"Après ses livres justement appréciés sur William Pitt, sur Wellington, sur la reine Victoria, J. C. nous offre aujourd'hui deux livres en un seul : une biographie de Churchill et un tableau de l'Angleterre au XXe siècle. L'auteur connaît admirablement l'Angleterre et son livre se lit avec agrément, dans la meilleure tradition des « Grandes études historiques »." (Revue française de science politique)

188.          CHEVENEMENT (Jean-Pierre). Passion de la France. Laffont, 2019, fort pt in-8°, 1568 pp, broché, couv. illustrée, mque la page de titre, bon état

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Jean-Pierre Chevènement jouit dans l'opinion d'une estime qui dépasse tous les clivages. On reconnaît à son caractère et à sa pensée une force et une cohérence qui lui valent respect et admiration. Ses livres sont inspirés par sa connaissance de la société française et par une vision de notre histoire en relation avec celle des autres peuples. Ce volume illustre les moments forts de son expression publique, tout au long d'un demi-siècle de vie politique, et regroupe les grands thèmes qui donnent sens à son engagement : la Nation et la République, l'Etat et le citoyen, l'Europe et la relation franco-allemande, le défi de l'islam radical... Le lecteur pourra ainsi apprécier l'évolution de la pensée de Jean-Pierre Chevènement et sa continuité depuis qu'adolescent il s'est irrésistiblement senti attiré par la politique. Son sens, pour lui, n'a jamais changé : c'était l'Histoire en train de se faire, et pas n'importe quelle histoire, celle de la France. On ne naît pas impunément en 1939. C'est de la brûlure suscitée par une défaite sans précédent qu'est née sa "passion" de la France, au sens premier du terme : une souffrance naturellement sublimée. Jean-Pierre Chevènement revient ici sur cinquante ans d'engagement politique inspiré par l'idée d'une République de justice et d'exigence. Il évoque son admiration pour Charles de Gaulle, ses relations complexes avec François Mitterrand, ses combats, au sein et en dehors du Parti socialiste, une fois reconnues "les impasses de la gauche", jusqu'à l'élection d'Emmanuel Macron, dont il fournit ici une subtile analyse. En un temps de grande incertitude, en France comme dans le monde, cet ouvrage offre à nos dirigeants comme à chaque citoyen le solide ancrage d'une conception républicaine de la nation, à la fois rempart contre l'extrémisme et tremplin d'une refondation.

189.          CLUZEL (Jean). Au service du Bourbonnais et de la France. Témoignage 1940-2018. Sans lieu ni nom, 2018, in-8°, 283 pp, une pl. en couleurs hors texte, photos dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

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"Quarante-sept ans près “Au service du Bourbonnais”, Jean Cluzel a choisi d’intituler son dernier ouvrage “Au service du Bourbonnais et de la France”. Un livre qui prend des accents de testament politique et à propos duquel le journaliste Mathieu Villeroy écrit : “Un livre dense comme autant de facettes de l’action d’un homme. Jean Cluzel imprègne son dernier ouvrage du souffle de vie. Toujours visionnaire mais aussi lucide”. À bientôt 95 ans, le fondateur du club de réflexion Positions (1955), ancien président du conseil général (1970-1976 et 1985-1992) et ancien sénateur de l’Allier (1971-1998), membre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis 1991, fondateur de la radio web Canal Académie, a renoué avec l’écriture. Il le fait à travers “une forme de témoignage politique, ordonnant le champ des actions pour leur donner toute leur unité et leur densité. Un sens, voire une forme d’universalité”, poursuit le journaliste. Dans un Bourbonnais géographiquement écartelé entre ses trois “grandes villes”, qui cultive à l’envi la (les) division(s), Jean Cluzel se présente comme celui qui s’est évertué à jouer les rassembleurs pendant plus d’un demi siècle. Au fil des pages, il brosse une série de portraits, “autant de personnalités d’hier et d’aujourd’hui qui ont façonné son quotidien et l’histoire contemporaine”." (“Vu du Bourbonnais”, 12 oct. 2018)

190.          COBLENTZ (Paul). Georges Mandel. P., Editions du Bélier, 1946, pt in-8°, 248-xxxvi pp, broché, bon état

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"Paul Coblentz a rassemblé, autour de la silhouette de Georges Mandel, une documentation abondante, souvent inédite. Une première partie de ce livre nous fait revivre l'enfance et la jeunesse de celui qui, dès son âge le plus tendre, aspirait de toutes ses forces à la vie publique. Puis Paul Coblentz nous le montre faisant ses débuts dans la carrière journalistique. Il raconte par quel concours d'heureuses circonstances il fut donné à Mandel d'approcher « le Tigre », dont il fut l'admirateur passionné bien avant de devenir son incomparable lieutenant. L'auteur évoque alors le rôle de Georges Mandel, chef de cabinet de Clemenceau, pendant la guerre 1914-1918, en quelques récits qui paraîtront aux lecteurs d'autant plus palpitants qu'ils leur révèlent des documents jusqu'alors inédits. Il s'agit, en particulier, de la rivalité de Briand et de Clemenceau. La partie la plus émouvante de l'ouvrage retrace le calvaire et la mort de l'ancien ministre de l'Intérieur. L'auteur a pu se servir de notes trop rares laissées par Mandel et auxquelles des mains pieuses lui ont permis de se documenter. “Georges Mandel” apporte à l'histoire de la troisième République une contribution importante. Et c'est un tribut pathétique et original à la mémoire d'une grande figure politique française." (Hommes et mondes, 1947)

191.          COSTON (Henry). Dictionnaire de la Politique française. Publications Henry Coston, 1979-1982, 4 forts vol. gr. in-8°, 1088, 782, 742 et 735 pp, très nombreux documents, photos et illustrations, texte sur 2 colonnes, reliures toile rouge de l'éditeur, titres dorés aux 1er plat et aux dos, bon état

            200

Très souvent pillé, mais rarement cité, le monumental “Dictionnaire de la Politique française” a été réalisé et publié à compte d'auteur par Henry Coston (1910-2001), figure de l'extrême droite antisémite française, au cours de la période 1967-1982. Il comporte 4 tomes, soit plus de 3.300 pages et près de 12.500 notices. Si certaines notices se retrouvent dans divers tomes, c'est qu'elles complétent ou précisent les informations antérieurement données. Ces 4 ouvrages présentent une documentation très importante sur les principaux acteurs (revues, mouvements, partis, idéologies, clubs, loges maçonniques) des droites et des gauches françaises depuis le XIXe siècle jusqu'à 1982 (les écrivains, les hommes politiques, les partis, les journaux et leurs commanditaires, les journalistes, les revues, les groupes, les clubs...). Dans chaque tome, les notices sont classées par ordre alphabétique. — "Un ouvrage indispensable à l'historien, à condition de l'utiliser avec précaution (...). Parfois cité, souvent pillé, le “Dictionnaire de la Politique française” est en effet une mine d'information sur la presse et les mouvements politiques, les journalistes et les politiciens de l'entre-deux-guerres et l'Occupation." (Pierre Assouline, L'Histoire, n° 148, octobre 1991) — "Les quatre volumes de son “Dictionnaire de la Politique française” constituent – pourvu qu'on prenne soin d'en vérifier les références, lesquelles d'ailleurs sont assez souvent exactes – une source non négligeable de renseignements." (Simon Epstein, “Les Dreyfusards sous l'Occupation”, 2001)

192.          COSTON (Henry). Dictionnaire des dynasties bourgeoises et du monde des affaires. Editions Alain Moreau, 1975, gr. in-8°, 599 pp, 24 pl. de photos et documents hors texte, nombreux tableaux généalogiques, qqs gravures et fac-similés, reliure toile rouge de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état

            60

"Coston publie en 1975 son grand oeuvre, le “Dictionnaire des dynasties bourgeoises et du monde des affaires”, une reconstitution méticuleuse des entrelacs familiaux du monde de l'argent. Fondé sur une grosse documentation, mais bourré d'approximations, c'est un pamphlet haineux. Son fanatisme apparaît d'autant plus insupportable qu'il est fortement coloré d'antisémitisme." (Jean Garrigues, “Les patrons et la politique : 150 ans de liaisons dangereuses”, 2011)

193.          COURTOIS (Stéphane)(dir.). Du passé faisons table rase ! Histoire et mémoire du communisme en Europe. Laffont, 2002, gr. in-8°, 576 pp, index, broché, bon état

            20

“Le Livre noir du communisme”, publié en 1997 et traduit dans vingt-cinq pays, a ouvert un large débat international, accompagné d'inévitables polémiques. Ce nouvel ouvrage collectif complète, prolonge et approfondit l'indispensable travail de bilan et d'analyse inauguré voilà quelques années, en se consacrant spécifiquement aux crimes du communisme en Europe. Seize historiens et / ou témoins d'Europe et d'Amérique mettent au jour des tragédies qui trop souvent ont été sous-estimées, voire délibérément ignorées. Le voile est enfin déchiré... Face à un tel panorama de l'abominable, comment expliquer qu'aujourd'hui encore, à l'Ouest et plus particulièrement en France, la mémoire du communisme soit si glorieuse et son histoire apologétique ? — Par Stéphane Courtois, Joachim Gauck, Alexandre Iakovlev, Martin Malia, etc.

194.          CROZIER (Brian). Franco. Biographie. Mercure de France, 1969, in-8°, 609 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, 18 cartes, annexes, sources, index, broché, couv. illustrée à rabats, pt accroc au dos, bon état

            25

"Volumineuse biographie très favorable au chef de l'Etat espagnol, dans laquelle B. C. s'attache à démontrer que le régime franquiste et la personnalité de Franco possèdent des qualités qui surpassent largement leurs défauts. Pour ce travail, B. C. a eu accès à des documents officiels restés jusqu'alors inédits ; il a également obtenu des interviews du général Franco lui-même." (Revue française de science politique)

195.          DAYAN (Moshe). Histoire de ma vie. Fayard, 1976, gr. in-8°, 616 pp, 16 pl. de photos hors texte, 11 cartes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Indépendamment de l'irritation qu'on peut éprouver devant ce que cette autobiographie laisse apparaître d'auto-complaisance, cet ouvrage trouve place dans la bibliographie d'Israël non seulement par ce qu'il révèle de la psychologie et de l'action d'un des protagonistes de l'histoire israélienne, mais aussi par ce qu'il nous apprend de certains épisodes de cette histoire. Le lecteur, en revanche, sera moins sensible au plaidoyer pro domo et pré-électoral que constituent les deux dernières parties du livre consacrées à la guerre d'octobre et à ses retombées." (Revue française de science politique, 1977)

196.          DELAHOCHE (Jacques). Images de guerre, efforts de paix. Souvenirs et anecdotes, 1889-1954. Dinard, chez l'auteur, 1954, in-12, 204 pp, 4 pl. de photos hors texte, broché, couv. lég. salie, bon état. Edition originale, un des 1000 ex. numérotés sur vélin d'alfa

            20

Souvenirs de Jacques Delahoche, le président de la Ciamac (Conférence internationale des associations de mutilés de guerre et anciens combattants), qui déclarait en 1937 : « Notre pacifisme est d'origine patriotique ». — La Belle Epoque ; La guerre de 1914 ; On repart à zéro ; La Ciamac (Conférence internationale des associations de mutilés de guerre et anciens combattants) ; A travers l'Europe ; La guerre de 1940 ; Le Ministère de l'Intérieur en septembre 1944 avec Adrien Tixier et René Cassin ; A la poursuite de la Paix.

197.          DEUTSCHER (Isaac). Staline. Edition revue et augmentée. Gallimard, 1973, fort in-8°, 638 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, couv. à rabats, broché, bon état

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"Biographe passionné de Trotsky, I. Deutscher a pourtant su échapper à l'emprise de ses idées pour étudier Staline. Encore qu'il n'ait pas disposé ici de matériaux particuliérement originaux. il a brossé un tableau de Staline qu'il importait d'offrir au public français. Ce que Deutscher analyse ici, c'est le processus de l'ascension stalinienne vers le pouvoir, en méme temps que le processus de développement et de renforcement de l'Etat confondu avec le parti, et de son pouvoir. A la version dictée à Trotsky par les conditions de la lutte avec Staline, montrant un Staline peu intelligent. paresseux. révolutionnaire inconnu avant 1917, et à la limite à peine révolutionnaire, Deutscher substitue un autre portrait : Staline durci, mûri par une action clandestine tout entière menée en Russie, connaissant parfaitement (à la différence des « émigrés » et de Trotsky) la situation réelle de son pays et certains problèmes fondamentaux que son expérience caucasienne enrichissait (problème national, problème agraire, problème du prolétariat russe). Cette expérience. le travail acharné de Staline expliquent selon I. Deutscher sa vision réaliste des faits (qu'il oppose aux vues trop générales de ses adversaires), son pessimisme quant à la popularité du socialisme et à l'esprit révolutionnaire du prolétariat, qui l'amenèrent à édifier un pouvoir toujours croissant. (...) Le démontage du phénomène stalinien par Deutscher est à la fois l'oeuvre d'un excellent historien et l'une des plus remarquables études de science politique qui aient été publiées sur ce sujet." (H. Carrère d'Encausse, Revue française de science politique)

198.          DOSSE (François). Pierre Nora, Homo historicus. Perrin, 2011, gr. in-8°, 657 pp, 8 pl. de photos hors texte, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

De l'enfant juif traqué par la Gestapo jusqu'à l'académicien français, Pierre Nora a connu une extraordinaire trajectoire qui l'a propulsé sur le devant de la scène française et internationale. Universitaire, éditeur, écrivain, il a profondément marqué le paysage intellectuel, et même moral, des dernières décennies. Pilier de la maison Gallimard, il a inventé, avec des collections comme "Archives", "Témoins", la "Bibliothèque des sciences humaines" et la "Bibliothèque des histoires", une autre façon de concevoir et d'écrire l'histoire, l'anthropologie, la sociologie. "Les Lieux de mémoire", gigantesque chantier de sept volumes, sont passés dans le langage courant, et la revue Le Débat, qu'il a fondée et continue d'animer, est le creuset des idées nouvelles. On voit dans ce livre passer tous les personnages qui ont compté dans l'intelligentsia, mais on découvre aussi l'homme, son exceptionnelle famille, les drames de sa jeunesse, ses amitiés fortes et diverses, ses engagements courageux sous une apparence parfois mondaine, et cette figure de l'intellectuel passionnément attaché à la France et à la République. Pierre Nora est aujourd'hui une personnalité centrale du monde des idées.

199.          DUJARRIC de la RIVIÈRE (René). Souvenirs. Dessins d'Elisabeth Dujarric de la Rivière. Périgueux, Pierre Fanlac, 1962, pt in-8°, 236 pp, 6 dessins et 9 pl. de photos hors texte, broché, bon état. Edition originale, un des 500 ex. numérotés sur vélin bibliophile

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Mémoires d'un médecin biologiste (1885-1969) : la vie rurale en Périgord vers 1900, Paris, le Quartier latin et Montmartre, de 1904 à 1914, la Grande Guerre, l'Institut Pasteur et la vie de laboratoire dans les années 1930, etc.

200.          DUROSELLE (Jean-Baptiste). Histoire diplomatique de 1919 à nos jours. 5e édition prolongée jusqu'à 1970. Dalloz, 1971, fort in-8°, 807 pp, biblio, index, broché, bon état

            25

"L'un des grands ouvrages d'histoire des relations internationales. La période embrassée est considérable et dépourvue d'unité, ne serait-ce que du fait de la cassure de la Seconde Guerre mondiale et de l'émergence d'un système international comprenant plus de 150 Etats. L'oeuvre de J.B. Duroselle unit clarté et précision : le récit, remarquable puzzle, part des événements, les analyse et reconstitue avec minutie les enchaînements chronologiques. Enfin, le livre est doté de tableaux, d'index et d'une bibliographie, qui en font un instrument de travail exceptionnel." (Philippe Moreau Defarges, Politique étrangère)

201.          FABRE-LUCE (Alfred). j'ai vécu plusieurs siècles. Fayard, 1974, in-8°, 403 pp, broché, couv. illustrée, dos lég. abîmé, bon état

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"Rien, en ce siècle, n'aura échappé à la curiosité de M. Alfred Fabre-Luce : l'Ancien Régime, le Front populaire, l'Europe allemande sous Hitler, de Gaulle, la bombe atomique, la Chine, l'Église et ses métamorphoses, l'an 2000, la mort..., tout l'intéresse, tout le séduit, tout excite son imagination. Cet héritier d'une grande fortune et d'une grande culture aurait pu s'enfermer dans sa tour d'ivoire ; or nul ne s'est montré plus curieux du monde et des autres, voyageant aux extrémités de la Terre, évoquant dans ses ouvrages Caillaux et D.H. Lawrence, Talleyrand ou mai 1968... (...) Toute sa vie, il a chéri une « certaine idée » de lui-même qui lui a paru préférable à tout. Il a voulu vivre – et il a vécu – en « homme de qualité », comme on disait au Grand Siècle. Et, de fait, passant du Londres de 1920 au Berlin de 1923 ou au Moscou de 1927, puis, gagnant la Chine de 1930 (celle des Seigneurs de la Guerre) et revenant trente ans plus tard dans cette même URSS, dans cette même Chine métamorphosées par le communisme, M. Fabre-Luce garde la mentalité d'un aristocrate bienveillant, d'un observateur de Sirius venu se pencher sur les Pygmées. (...) Parfois, une figure se détache : ainsi celle de Marthe Bibesco. « Marthe aurait pu se contenter d'être belle, et princesse, et parée d'émeraudes merveilleuses. Mais plus que le luxe, plus même que le désir des hommes, elle goûtait la qualité des esprits... J'ai dîné chez Marthe avec Maurice Barrés, mais c'est elle aussi qui m'a conduit chez Léon Blum. » Ainsi, toujours, tout ramène M. Fabre-Luce à la politique. On voit défiler Mussolini, Churchill, Gandhi, Oppenheimer, Ben Gourion... et combien d'autres. Sévère envers Malraux (un « charlatan »), envers Aragon, l'auteur devrait être aussi sévère envers lui-même. Il ne nous explique pas pourquoi il avait accueilli avec ce frémissement d'espérance l'invasion de la Russie soviétique par les troupes hitlériennes. Lui, qui se montre si prolixe sur le chapitre de ses prisons, est trop discret sur ce chapitre-là. Mai 1968 a fasciné l'indestructible jeune homme qui, sous le masque du vieillard et du grand bourgeois, est demeuré à l'affût des forces neuves de l'Histoire. (...) Le livre se termine sur un « au delà de la Politique » où l'auteur aborde le problème de la foi et la transformation du sentiment religieux. M. Fabre-Luce est devenu, sur le tard, un croyant qui se penche sur les métamorphoses de l'Église..." (Pierre de Boisdeffre, Revue des Deux Mondes)

202.          FAUVET (Jacques). Histoire du Parti communiste français. Fayard, 1964-1965, 2 vol. in-8°, 286 et 404 pp, annexes, 4 cartes, tableau des principaux évènements, biblio, index, brochés, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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Tome I : De la guerre à la guerre, 1917-1939 ; Tome II : Vingt-cinq ans de drames, 1939-1965. — "Deux éléments frappent à la lecture du premier volume, la place relativement limitée accordée au contexte international, celle considérable faite à Maurice Thorez. Certes à aucun moment, J. Fauvet ne détache l'histoire du PCF de Moscou ; tout au contraire il ne cesse, à juste titre, d'insister sur la force et la permanence du lien qui, de 1920 à ces toutes dernières années, les a unis, sur la soumission constante des dirigeants du PCF au PCUS, même après 1956, alors que partout ailleurs ce lien se distendait. Mais, jusqu'en 1930, au moins, plus que Moscou c'est le Komintern qui, par ses débats, ses décisions, exerce une influence décisive sur le mouvement communiste. (...) A partir de la guerre, la résistance à la guerre, la Résistance elle-même, la période du tripartisme, la guerre d'Algérie sont autant d'occasions pour le parti de substituer à l'inexistence de conditions révolutionnaires une activité qui s'intègre (sauf la résistance à la guerre) dans la vie politique française et lui permet par là même d'échapper au dilemme où il est engagé depuis sa création. Cette adéquation du parti aux réalités françaises a marqué toute la période 1940-1965, qui est celle que couvre le second tome. Ceci explique probablement que l'on y trouve une aisance nouvelle. Les auteurs sont portés par les événements et donnent un récit passionnant des années 1939-1965. (...) Il est incontestable que cet ouvrage, fondé sur une vaste documentation, éclaire bien la place tenue par le Parti communiste dans la vie politique française, grâce la connaissance approfondie qu'en ont ses auteurs." (Hélène Carrère d'Encausse, Revue française de science politique, 1966)

203.          FLETCHER (William C.). L'église clandestine en Union soviétique. Alain Moreau, 1972, in-8°, 370 pp, traduit de l'anglais (“The Russian Orthodox Church Underground, 1917-1970”), biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Ceux qui s'intéressent à la situation religieuse en URSS avaient à leur disposition jusqu'à maintenant deux excellents ouvrages en français : celui de Nikita Struve : Les chrétiens en URSS (Seuil, 1963) et celui, plus récent, d'André Martin : Les croyants en URSS (Fayard, 1970). Le livre de W. Fletcher les complète en mettant particulièrement en relief la vie religieuse clandestine à l'écart de l'Eglise orthodoxe officielle. Il apporte ainsi une contribution très importante à la connaissance d'un phénomène mal connu et sur lequel les Soviétiques tout autant que les étrangers ont des idées assez vagues. Fletcher procède méthodiquement et prudemment, avec un souci évident de rigueur et d'impartialité. Il a rassemblé un grand nombre de renseignements et de témoignages de toutes parts. Il montre clairement comment la clandestinité a été la conséquence directe de la politique du gouvernement soviétique, dont il retrace les différentes étapes, depuis la Révolution jusqu'à nos jours (tentatives pour diviser l'Eglise orthodoxe en incarcérant massivement ses prêtres et en inspirant le mouvement de l' « Eglise vivante » pendant les années 20, persécution brutale et destruction des structures de l'Eglise pendant la décennie suivante, malgré l'acte d'allégeance du Métropolite Serge en 1927, qui déchira les fidèles et en poussa un grand nombre dans la clandestinité ; puis, après une période de tolérance inaugurée par la guerre, consolidée en 1943 et qui dura grosso modo jusqu'à la mort de Staline, reprise de la lutte antireligieuse avec une violence accrue qui se poursuit de nos jours (fermeture massive d'églises, de séminaires et de monastères, internements fréquents de croyants dans des camps ou des hôpitaux psychiatriques, etc.)... Cet ouvrage sur l'Eglise clandestine en Union Soviétique est beaucoup plus qu'une étude sérieuse et objective d'histoire et de sociologie religieuse. Elle nous fait mieux sentir le courage indomptable de ceux qui luttent dans l'ombre en risquant tout pour que ne leur soit pas arrachée la racine de leur vie, leur foi en Dieu." (Hélène Zamoyska, Revue Esprit, 1973)

204.          FOLLIET (Joseph). Bourrage et débourrage des crânes : propagande, publicité, action psychologique. Lyon, Chronique sociale de France, 1963, pt in-8°, 205 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Fond du problème)

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"L'ouvrage vaut mieux que son titre, même s'il n'évite pas toujours une certaine facilité. J. F. y recense les moyens d'action sur l'opinion dans tous les domaines – économie, politique, religion même – et tente de dégager les grandes lignes d'une pédagogie de la liberté." (Revue française de science politique, 1964)

205.          FRANCO SALGADO-ARAUJO (Francisco). Franco au jour le jour. Journal intime de mes conversations (1954-1971). Gallimard, 1978, in-8°, 479 pp, traduit de l'espagnol, 27 photos sur 16 pl. hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

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C'est un Franco spontané, insolite et surpris dans l'intimité de sa vie quotidienne, un Franco qui s'exprime sur les hommes, les principes, l'histoire et l'actualité, un Franco qui justifie au jour le jour ses actes et ses choix, avouant sans arrêt ses passions et ses haines que nous livre cet étrange journal, dont la parution en Espagne, au lendemain de la mort du dictateur, provoqua un énorme scandale. Son auteur, le général Francisco Franco Salgado-Araujo, est le cousin germain du Caudillo. Chef de la maison militaire après avoir participé activement à ses côtés au soulèvement contre la République, homme de confiance investi d'une mission générale d'observation et d'information, surtout sur le monde extérieur et chargé d'apporter tous les jours l'air du temps, cet homme qui voyait quotidiennement Franco quelques minutes a occupé ses journées, pendant près de trente ans, à consigner les propos de son auguste parent, les seuls libres propos que l'Espagne pouvait alors entendre... Trouvera-t-on dans ces conversations à bâtons rompus le mystère mal déchiffrable de cet homme sans mystère ? Elles constituent en tout cas un document unique et de première importance sur les fondements idéologiques de la dictature, sur le fonctionnement du régime et ses péripéties, sur les lézardes et les failles de ce système de béton qui ne devait disparaître qu'avec son fondateur, sur ce qu'il faut bien appeler aussi la « longue marche » du roi Juan Carlos.

206.          FRANCOIS-PONCET (André). Au Palais Farnèse. Souvenirs d'une Ambassade à Rome, 1938-1940. Fayard, 1961, in-12, 187 pp, broché, couv. rempliée, bon état (Coll. Les Quarante)

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"Le petit livre de souvenirs sur son ambassade à Rome que M. François-Poncet publie dans la collection les Quarante apporte une confirmation précieuse à ce que les milieux informés connaissaient déjà des circonstances qui conduisirent à l’entrée en guerre de l’Italie contre la France et l’Angleterre aux côtés de l’Allemagne hitlérienne et des personnes qui la préparèrent ou cherchèrent à s’y opposer. L’ancien ambassadeur insiste avec raison sur le rôle conciliateur de Ciano, véritable promoteur de la non-belligérance en 1939, comme il l’indique lui-même dans son Journal..." (Le Monde diplomatique, 1961)

207.          GOLDSCHMIDT (Bertrand). Les Rivalités atomiques, 1939-1966. Fayard, 1967, in-8°, 340 pp, 12 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. à rabat, bon état (Coll. Les grandes études contemporaines)

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"Les rivalités atomiques sont peut-être le principal fait politique de notre temps : la force militaire reste un facteur déterminant dans les relations internationales et la possession d’armes atomiques est devenue la condition d’un véritable statut de grande puissance. On comprend que les gouvernements qui en sont pourvus veillent jalousement sur leurs secrets de fabrication et s’efforcent de s’en assurer le monopole. L’auteur, qui avait commencé à s’occuper de recherches sur l’atome sous la direction de Mme Curie, puis les poursuivit aux Etats-Unis et au Canada, retrace dans cet ouvrage les répercussions de la découverte des nouvelles armes sur le plan international. Directeur aujourd’hui des relations publiques au Commissariat à l’énergie atomique, il sait expliquer en termes simples des problèmes complexes ; de plus, son récit est rendu plus vivant par les éléments autobiographiques qui font apparaître ci et là son rôle personnel." (François Honti, Le Monde diplomatique, 1967)

208.          GORKI (Maxime). Lénine et le Paysan russe. Gallimard, 1925, in-12, 187 pp, traduits du russe avec l'autorisation de l'auteur par Michel Dumesnil de Gramont, broché, bon état

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Exemplaire de la première édition française, aux éditions du Sagittaire, avec une couverture de relais et une nouvelle page de titre de chez Gallimard. Témoignage d'une époque où l'on ne pilonnait pas facilement les livres... — "Le titre de ce livre pourrait donner à croire qu'il s'agit d'une étude des doctrines agraires de Lénine ; il n'en est rien. L'éditeur a réuni ici deux essais de Maxime Gorki, l'un qui est une biographie psychologique, l'autre un travail de psychologie collective. Les pages consacrées à Lénine nous le représentent comme un génie prodigieusement intelligent et actif, comme l'un des surhommes de l'époque contemporaine. Le portrait est tracé avec tout l'art dont Gorki sait user pour camper un personnage de roman ; il n'y manque que les ombres ou les demi-teintes. Mais il n'a voulu voir en son héros que l'homme et non l'homme politique. Quant à l'étude du caractère et des mœurs du paysan russe, elle nous donne du moujik une image bien différente de celle qu'a propagée chez nous, à la fin du siècle dernier et au début de celui-ci, le roman russe. Les paysans russes, vus par Gorki, apparaissent comme de tristes brutes, au cerveau vide d'idées mais bourré de superstitions, farouchement égoïstes, incroyablement routiniers et dominés surtout par une férocité dont nous pouvons à peine nous faire une idée. La haine du paysan russe contre les autres classes sociales de son pays, sa cruauté naturelle expliquent, selon Gorki, les horreurs d'une révolution auprès desquelles nos guerres civiles de religion paraissent de vraies berquinades. A la fin de de son essai, Gorki laisse entrevoir que, par suite des bouleversements que sa vie a subies la paysannerie russe pourra développer son éducation économique, mais il serait très prématuré de prévoir la date de son avènement à la culture intellectuelle ou même au simple respect de l'intelligence. Tout cela est assez affligeant." (Roger Picard, Revue d'histoire économique et sociale, 1925)

209.          GREY (Marina) et Jean BOURDIER. Les Armées blanches. Stock, 1968, in-8°, 284 pp, 16 pl. de photos hors texte, 3 cartes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale

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L'odyssée blanche, 1917-1920. Kornilov. Les cosaques. Dénikine et Koltchak. Tchèques et Français. Massacres en Sibérie. Wrangel. — "En décembre 1917, le pouvoir bolchevik n'est pas encore fortement assis. De puissantes résistances se manifestent : particularismes locaux (l'Ukraine se déclare indépendante), refus idéologiques (monarchistes et démocrates sont nombreux), refus militaire : un certain nombre d'officiers ne peut admettre que la lutte cesse et que la France soit abandonnée. Ce dernier refus sera l'origine de l'armée des volontaires, dirigée par le général Kornilov. Elle agit dans la région du Don et du Kouban, avec l'appui des Cosaques, guerriers fantasques et qui n'aiment guère s'éloigner de leur territoire. Kornilov tué, le général Denikine deviendra le chef de l'armée du Sud, tandis qu'en Sibérie une autre résistance s'amorce. Un gouvernement s'installe sous la direction de l'amiral Koltchak. Il existera même un éphémère front du nord-ouest. Un moment les armées blanches occuperont plus de la moitié de la Russie, et menaceront Leningrad et Moscou. Lénine se croit perdu. « La commune de Paris a tenu quelques semaines, nous aurons tenu quelques mois ». Mais faute d'organisation, faute d'avoir mis en avant une idée force qui eût cristallisé l'appui populaire, les Blancs s'effondrent. En Sibérie, les Alliés trahissent Koltchak, qui est fusillé. Au Sud, Wrangel remplace Denikine, mais échoue à son tour. Le sort est jeté. Peu de gens comprennent alors l'importance de ce qui vient de se passer. Nous en calculons mieux la portée. Le livre de Marina Grey et de Jean Bourdier, très solidement documenté, est fort clair malgré la complexité du sujet, et d'une lecture passionnante." (Revue des Deux Mondes, 1968)

210.          GUÉNO (Jean-Pierre). Paroles de torturés. Editions Jacob-Duvernet, 2011, gr. in-8°, 287 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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La guerre d'Algérie s'est accompagnée dans les deux camps de toutes les horreurs, de tous les excès, de toutes les exactions : sévices corporels, maltraitances psychologiques, tortures. Des acteurs – torturés, simples témoins, et parfois tortionnaires – ont témoigné : civils ordinaires, appelés d'Algérie, militaires, étudiants algériens, résidant en Métropole ou en Algérie, qui envoyaient leurs témoignages à des journaux ou à la justice. Cinquante ans après la fin de cette guerre, des lettres remontent aujourd'hui à la surface. Elles semblent surgir d'un autre âge, celui des ténèbres de l'Inquisition. Celui de la barbarie la plus noire. Elles nous parlent pourtant de la fin des années 50. d'une époque récente, de la seconde moitié du XXe siècle, de la toute fin du Baby Boom qui vit l'apparition des premiers ordinateurs français, la généralisation de la troisième semaine de congés payés, l'arrivée sur notre territoire des premiers disques d'Elvis Presley, le triomphe de Dalida, la naissance de l'Europe des six et les premiers jaillissements de pétrole dans le Sahara. Le contraste est saisissant ! Après la lecture de ces lettres, de ces témoignages inédits sur la torture, le regard que l'on porte sur cette partie sombre de notre Histoire ne sera plus le même.

211.          ISTRATI (Panaït), Victor Serge, Boris Souvarine. Vers l'autre flamme. 1. Après seize mois dans l'URSS. – 2. Soviets 1929. – 3. La Russie nue. P., Rieder, 1929, 3 vol. in-12, 284, 213 et 334 pp, mentions d'édition, brochés, dos lég. abîmés, mque le 2e plat du second volume, couv. piquées, état correct

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"1927. Panaït Istrati, écrivain roumain de langue française, ci-devant peintre en bâtiment, trimardeur, photographe ambulant, devenu un auteur célèbre, découvre la "Mecque du communisme". A l'enthousiasme succède la désillusion. Attaché à l'expérience soviétique pour un certain temps encore, il rédige naïvement deux lettres à la Guépéou pour dire ce qui ne va pas. Romain Rolland lui conseille de ne pas les publier. Éclate alors une banale affaire qui conduit l'innocent vieux papa Roussakov en prison. Panaït Istrati tente de le sauver en vain, intervenant auprès des plus hautes autorités : rien ne peut arrêter la machine bureaucratique soviétique. L'écrivain rentre à Paris le 15 février, malade, totalement revenu de ses illusions, désorienté. Après d'interminables discussions, Boris Souvarine et lui finissent par s'entendre sur la préparation et la publication de trois manuscrits sous la signature de Panaït Istrati. Boris Souvarine, dans une brochure intitulée “Panaït Istrati et le communisme” (Champ Libre, 32 p), révèle aujourd'hui l'histoire inconnue de ces trois livres. Le dossier “Soviets 1929” est dû à Victor Serge, “La Russie nue” est de Souvarine. Ces deux dossiers révèlent deux perspectives critiques différentes. Seul, dans cette trilogie, le volume “Vers l'autre flamme” est de la plume de Panaït Istrati. L'ensemble de la publication lui valut une furieuse campagne de haine et de calomnies, de la part d'hommes comme Henri Barbusse. Mais Istrati souffrit surtout de sa rupture avec Romain Rolland, à qui il vouait une réelle vénération, et qui, en retour, lui avait témoigné une non moins réelle amitié." (E. A. El Maleh, “Le Monde”, 14 août 1981)

212.          KENNAN (George F.). La Russie soviétique et l'Occident. Quarante années d'histoire. Calmann-Lévy, 1962, in-8°, 362 pp, broché, couv. à rabats, pt morceaux de scotch en haut et en bas du dos, bon état. Edition originale française de "Russia and the West under Lenin and Stalin".

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"L'essai de G. F. Kennan se recommande par une série de rares qualités : rien n'est plus libre et moins académique que ce survol de quarante années d'histoire. Les deux premiers tiers, pleins d'érudition, ne nous mènent que jusqu'à Rapallo, et le dernier tiers constitue plutot les réflexions d'un diplomate de carrière qui cherche à se rendre compte, avec un remarquable sens du concret, de quelle façon les choses se sont passées. Cette histoire s'adresse à un certain public américain comme une leçon de réalisme politique : il faut apprendre « à négocier avec le démon ». Kennan se montre naturellement un adversaire déclaré du système soviétique, mais ne ménage pas non plus ses critiques à l'Occident, et le ton général est celui d'une polémique vigoureuse pleine de jugements neufs, d'idées personnelles, d'éloquence persuasive. II n'est certes pas facile de rendre compte de cet ouvrage touffu, mais passionnant, qui semble écrit au fil de la plume et qui multiplie à plaisir les digressions..." (Alain Besançon, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1963)

213.          KERSAUDY (François). Winston Churchill. Le pouvoir de l'imagination. Tallandier, 2000, fort in-8°, 612 pp, 8 pl. de photos hors texte, 4 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Nous sommes tous des vers", avait modestement confié le jeune Winston à une amie, "mais je crois que moi, je suis un ver luisant !" Le mot n'est pas trop fort : Alexandre Dumas aurait pu inventer un personnage de ce genre, mais dans le cas de Winston Leonard Spencer-Churchill, la stricte réalité dépasse de très loin la fiction. Jusqu'à vingt-six ans, les aventures du jeune officier et du reporter évoquent immanquablement celles de Tintin ; mais ensuite, le personnage devient une synthèse de Clemenceau et de De Gaulle, l'humour et l'alcool en plus... ainsi qu'une imagination sans limites : "Winston, disait le président Roosevelt, a cent idées par jour, dont quatre seulement sont bonnes... mais il ne sait jamais lesquelles !" C'est pourtant le général de Gaulle qui l'a le mieux jugé lorsqu'il a dit de lui : "Il fut le grand artiste d'une grande histoire." Cette vie a été un roman ; elle est racontée comme tel, sans un mot de fiction. Se fondant sur des recherches dans les archives de huit pays, la consultation de quelque quatre cents ouvrages et l'interview de nombreux acteurs et de témoins, ce récit épique montre comment un homme solitaire, longuement façonné par d'exceptionnels talents et de singulières faiblesses, a pu infléchir le cours de notre siècle, avec la complicité d'un destin qui s'est radicalement départi de son impartialité...

214.          KROLL (Hans). Mémoires d'un ambassadeur. Fayard, 1968, in-8°, 434 pp, traduit de l'allemand, index, broché, couv. illustrée à rabats très lég. salie, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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"Comme un bon fonctionnaire, H. Kroll a servi les régimes successifs de son pays depuis son entrée dans la carrière diplomatique en 1920 ; mais il a toujours refusé de s'inscrire au parti nazi. Il a donc occupé, à titres divers, de nombreux postes, par le monde. Les plus importants furent celui d'Ankara de 1930 à 1943, particulièrement pendant l'ambassade de von Papen et celui de Moscou, de 1958 à 1962 comme ambassadeur. Là, il s'est trouvé mêlé aux négociations de cette période agitée ; c'était le temps de Khrouchtchev ; celui-ci allait aux Etats-Unis, en France, rencontrait J. F. Kennedy à Vienne, etc. Cité comme témoin à décharge au procès de von Papen, à Nuremberg, H. Kroll nous confie qu'il a dit la vérité mais pas toute la vérité. Il est probable qu'il en est de même ici, Mais il en raconte assez pour laisser entrevoir les pensées secrètes des diplomates allemands après la dernière guerre. Elles suscitent bien des réflexions." (E. Tesson, Etudes, 1969) — "Un peu plus de la moitié du livre est consacrée aux années passées à Moscou par H. K. comme ambassadeur de la République fédérale, et pendant lesquelles il a assisté à des crises graves (ultimatum de N. Krouchtchev à propos de Berlin, construction du Mur de Berlin...), mais aussi à certaines tentatives de négociations germano-soviétiques. Par les relations qu'il avait nouées avec les plus hauts représentants de l'Etat et du Parti soviétiques, H. K. exerçait une certaine influence sur la politique allemande de l'U.R.S.S. Mais ses tentatives pour faire progresser les rapports entre Moscou et Bonn ont souvent été mises en échec par les milieux conservateurs de la C.D.U. – d'où de nombreux malentendus avec le chancelier Adenauer et les ministres des Affaires étrangères von Brentano et Schroeder. Ce livre apporte ainsi un témoignage très vivant sur l'élaboration de la politique étrangère allemande sous Adenauer et sur les idées qui l'ont dominée. Ambitieux et très suffisant, sans aucun doute un diplomate hors du commun, H. K. a un peu trop cru qu'il était l'homme de la réconciliation germano-soviétique." (Revue française de science politique, 1969)

215.          LACOUTURE (Jean). Pierre Mendès France. Seuil, 1981, gr. in-8°, 548 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Quel nom, dans notre histoire contemporaine, éveille autant d'échos, pour avoir été si brièvement associé au pouvoir ? On dirait que ce nom de Mendès France exprime ce qui aurait dû être plus encore que ce qui a été. Voici un homme qui, n'ayant exercé l'autorité de l'État que quelques semaines en 1938 sous l'égide de Léon Blum, puis de 1943 à 1945 dans la mouvance de Charles de Gaulle, et huit mois en 1954 et 1955 au sommet des responsabilités, a su néanmoins s'imposer comme le symbole d'une conception de la vie publique, démontrant que l'action politique n'est pas avilissante par nature, ni le pouvoir pervers par essence. L'histoire de Pierre Mendès France pose dans sa plénitude les problèmes de la signification du "métier" politique, de la fin et des moyens, et des rapports entre la morale et l'exercice d'un mandat public.

216.          LE CLÈRE (Marcel). Le 6 février. Hachette, 1967, in-8°, 238 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'envers de l'histoire), prière d'insérer, envoi a.s.

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– A Paris, en 1934, la dernière émeute romantique prépare la chute de la IIIe République. – Les causes lointaines et secrètes d'un complot qui fit 28 morts et de nombreux blessés. – Place de la Concorde : 30.000 manifestants conspuent le gouvernement et le Parlement. – Le rôle de l'Action Française, des ligues de droite, et le front des vieux partis. – Que voulaient les Croix de Feu, les Camelots du Roi, les Anciens Combattants ? – Les complicités politiques, les rivalités policières et les défaillances du service d'ordre. – Les vrais responsables de la journée : documents et témoignages inédits. (4e de couverture) — "Commissaire aux délégations judiciaires et professeur à l'Institut de criminologie de la Faculté de Droit de Paris, Marcel Le Clère était très particulièrement désigné pour mettre au point une chronique précise des journées quasi révolutionnaires de février 1934. Son récit, vraiment captivant, s'appuie sur les sources les plus sérieuses, utilisées avec un constant souci d'objectivité. Un certain mystère continue à planer cependant sur les tenants et aboutissants de ce 6 février ; en particulier les dessous de l'affaire Stavisky, qui bouleversa les Français de 1934, demeurent obscurs. Faut-il alors admettre avec l'auteur que les événements du 6 février furent la conséquence d'un véritable complot ? Au lecteur d'en décider." (J. Villain, Etudes, 1967)

217.          LETAMENDIA (Pierre). Le Mouvement Républicain Populaire. Le MRP. Histoire d'un grand parti français. (Thèse). Beauchesne, 1995, gr. in-8°, 381 pp, préface de François Bayrou, tableaux dans le texte, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. de François Bayrou

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"Spécialiste récemment décédé de la démocratie-chrétienne dont il était aussi un militant, Pierre Letamendia avait soutenu en 1975 une thèse de science politique sur l'histoire du MRP, ici tardivement publiée. La première partie retrace l'histoire du MRP à travers une série de sondages d'opinion et de résultats électoraux qui mettent surtout en valeur la dégradation de son image dans l'opinion. La deuxième partie est consacrée à une analyse de ses structures, la troisième s'attache à son apport à la vie politique française, en des pages qui préfigurent à certains égards les travaux plus récents sur le concept de culture politique. L'idée que le MRP a permis la réintégration des catholiques dans la vie politique française est finement discutée : le gaullisme peut être crédité du même rôle, et cette réintégration était largement entamée dès l'entre-deux-guerres. L'auteur, qui voulait tirer de l'échec du MRP des enseignements pour l'avenir de sa famille politique, avait bien compris la difficulté pour un parti enraciné dans le catholicisme politique de s'inscrire dans le clivage droite-gauche, et la manière dont la dérive droitière à laquelle le contraignirent la bipolarisation et la guerre froide entra en contradiction avec un projet originel marqué par les ambitions sociales de l'Action catholique. Il faut donc lire ce livre qui facilite l'accès à une documentation utile et abondante comme un outil de travail, souvent éclairant... (Denis Pelletier, Vingtième Siècle". Revue d'histoire, 1996) — "Pierre Letamendia était un savant qui riait. Il avait appris avec les angoisses et les souffrances de la vie que l'humour seul et l'acide de l'ironie permettaient d'échapper au plus lourd des choses. Il s'approcha de moi en riant ce jour de décembre où venait de s'accomplir avec son aide un des événements les plus émouvants de ma vie : mon élection à la tête de la famille politique à laquelle j'avais consacré plus de vingt années d'itinéraire militant. « Maintenant tu es qualifié pour écrire la préface à ma thèse sur le MRP ! » Il avait quelques titres à me le demander : vingt années plus tôt, c'est lui qui accueillait le jeune agrégé intimidé que j'étais au sein de la fédération du Centre démocrate des Pyrénées-Atlantiques. Pendant ces vingt années, il ne s'est rien passé en politique, rien dans chacune de nos vies personnelles et familiales, que nous n'ayons vécu ensemble. Rien que nous n'ayons aimé et dont nous n'ayons ri ensemble… Le lecteur comprendra donc ce que ces quelques lignes de préface représentent d'intime et d'émouvant pour moi qui les écris avec son visage devant les yeux, et le visage des siens. Il convient pourtant que je souligne ce que la thèse de Pierre Letamendia a d'exceptionnel. D'abord parce que son sujet était un peu de son histoire personnelle. Pierre Letamendia a rencontré la démocratie chrétienne alors qu'il était, avec sa famille basque, émigré au Chili. Rentré en France pour commencer ses études supérieures, il est un des plus jeunes adhérents du Mouvement Républicain Populaire et ne cessera de militer dans les rangs de cette famille politique, au travers des différentes dénominations qu'elle adopta… Et en même temps, le scientifique et l'universitaire ne cessait de porter sur la réalité politique un regard critique, d'une absolue liberté. Jamais sans doute homme ne fut si proche du « spectateur engagé » dont parle Raymond Aron, sinon qu'il eût fallu l'écrire à l'envers, « engagé spectateur », tant sa vie était enracinée dans le témoignage et l'action. Et puis, il était un savant scrupuleux, travailleur et sagace, un remarquable analyste… Il avait vécu et compris ce qu'avait d'unique l'aventure du MRP. Ce mouvement a assumé une part essentielle du redressement national, de la reconstruction de la France et du rétablissement de la République. L'inspiration politique est toujours vivante. Il me semble même qu'elle a fait naître des surgeons vivaces et prometteurs. Pierre Letamendia aura donné sa grande générosité et son grand talent à cette renaissance. Que ces pages témoignent, pour ses lecteurs, de notre gratitude et de notre amitié." (François Bayrou, préface)

218.          LLABRES (Claude). Les Tribulations d'un iconoclaste sur la planète rouge. Calmann-Lévy, 1993, in-8°, 242 pp, broché, bon état

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C'est sa mémé qui l'avait baptisé “lo trop polit”, pour dire dans sa langue d'oc qu'il était trop joli. La vieille avait du goût : il était joli, presque trop. C'est aussi sa mémé qui avait, clandestinement, organisé le vrai baptême. Il avait fallu cacher aux hommes ce passage éclair à l'église des Salins, car les hommes de la famille étaient communistes. Comment un gamin de la place des Carmes, à Toulouse, apprend la vie dans les jupes des femmes, rejoint à seize ans le Parti communiste, grimpe dans la hiérarchie et devient révolutionnaire professionnel. Comment, débarquant sur la place Rouge pour faire ses classes à l'école des cadres, il dépose le drapeau d'un régiment de la Commune de Paris aux pieds de Lénine. Comment notre héros visite, dans la banlieue moscovite, une division de blindés enterrée, fin prête pour la guerre en Europe. Comment un jeune militant découvre les véritables ressources financières du Parti, et continue la tradition en ce domaine. Comment une photographie publiée dans Révolution provoque les foudres du secrétaire général et l'affolement de sa garde rapprochée... “Les Tribulations d'un iconoclaste sur la planète rouge” est le récit picaresque et insolent de trente années passées au cœur du communisme d'après-guerre. Avec ce livre, Claude Llabres meurt à la politique comme il y a vécu, l'épée brandie contre la grisaille.

219.          MARTY (André). Les Heures glorieuses de la Mer Noire. Editions du Parti communiste français, s.d. (1949), in-8°, 96 pp, 16 photos, une carte, broché, bon état

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Quatrième édition, parue à l’occasion du 30e anniversaire de la révolte de la mer Noire. Par André Marty (1886-1956), surnommé le Mutin de la mer Noire, depuis sa participation aux incidents qui avaient agité la flotte française envoyée en 1919 au secours de l'Armée blanche de Denikine, pour combattre la Révolution russe. Du 10 au 20 avril 1919, il y eut en effet des mutineries sur les navires en rade d'Odessa, à la suite de la révolte, en mer, de l'équipage du “Protet”, dont le principal meneur était l’officier mécanicien André Marty. L'escadre française dut être ramenée à Toulon et les meneurs furent sévèrement condamnés, avant d'être tous amistiés le 27 juillet 1922, à l’exception d’André Marty. Devant la campagne populaire grandissante en sa faveur, le Conseil des ministres le gracia le 20 juillet 1923.

220.          MASSIS (Henri). Notre ami Psichari. Flammarion “Les Amateurs du Livre choisi”, 1940, in-12, 249 pp, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. Chefs de file)

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"La vie fulgurante et merveilleusement dense d'Ernest Psichari exerce sur ceux qui l'ont connue, ou mieux, partagée, une fascination dont ils ne se déprennent pas. M. Henri Massis, en particulier, garde à cet ami de sa jeunesse, à ce frère spirituel de sa vingt-cinquième année une fidélité constante, ardente, active, qui lui fait reprendre la plume sans cesse à son sujet. (...) Car la vie d'Ernest Psichari, si elle n'est pas une vie de saint (quoique son directeur lui répétât « Vous devez être un saint ») est à tout le moins une vie de héros. Mais c'est un héros d'une espèce particulière, issu de la vie intellectuelle..." (André Rousseaux, Le Figaro, 1936)

221.          MAURRAS (Charles). Les Idées royalistes sur les partis, l'Etat, la nation. P., Service des publications de l’Action Française, 1919, pt in-8°, 32 pp, nouvelle édition, broché, couv. imprimée, C. de bibl. (“Etudiants d'Action Française - Paris”), bon état

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Réponse de Charles Maurras à une enquête de la “Revue Hebdomadaire” publiée le 5 mars 1910. Ce texte sera édité par la Librairie d'Action Française en 1910 et en 1917 (“Idées royalistes”), puis sous le titre “Les Idées royalistes sur les partis, l'Etat, la nation” en 1919. — "Une brochure excellente qui fournit en peu de pages un spécimen typique de la manière très efficace et « percutante » de M. Maurras et peut être recommandée à tous." (La Revue catholique des idées et des faits)

222.          MENDÈS FRANCE (Pierre), Françoise GIROUD, Jean-Jacques SERVAN-SCHREIBER. La politique soumise à l'intelligence. Correspondances croisées (1953-1981). Présentées par Eric Roussel. Annotées par Vincent Laniol. Laffont, 2011, in-8°, 358 pp, annexes, broché, bon état

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Françoise Giroud, Pierre Mendès France, Jean-Jacques Servan-Schreiber : trois noms mythiques qui ont symbolisé pour des générations de Français une certaine idée de la modernité, le combat contre la guerre d'Algérie, une conception neuve de la politique. Trois personnages aussi dont l'association a donné naissance, il y a soixante ans, à un hebdomadaire radicalement différent de tous les autres : “L'Express”. Voici révélée leur correspondance inédite avec, pour sommet, les lettres magnifiques que Jean-Jacques Servan-Schreiber écrivit à Pierre Mendès France durant l'été et l'automne 1956 lorsque, rappelé sous les drapeaux en tant que réserviste, il était lieutenant en Algérie. À Mendès France, en qui il voit une sorte de père spirituel, Jean-Jacques Servan-Schreiber confie ses plus intimes pensées, son dégoût de ce qu'il est amené à observer sur le terrain, ses espoirs enfin. Entre responsables politiques, rares sont les échanges possédant une telle intensité.

223.          MILZA (Pierre). Mussolini. Fayard, 1999, fort in-8°, vii-985 pp, 12 pl. de photos hors texte, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, qqs marques au crayon en marges, état correct

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Entre le Mussolini de ceux qui le prennent pour une marionnette de l'histoire, celui des nostalgiques du fascisme qui ressassent là propagande des années 20 et 30, des amateurs d'anecdotes qu'intéresse uniquement la vie sentimentale (agitée) du Duce et celui dont une érudition parfois accablante risque d'estomper les traits, la véritable personnalité de l'une des figures noires du siècle qui s'achève demeure pour beaucoup d'Européens une énigme. Comment saisir les sinuosités d'une carrière commencée à l'ombre de Garibaldi et Mazzini, de Proudhon, Marx et Nietzsche et achevée dans la fange de la République de SA ? Pourquoi un fils du peuple devenu militant ouvrier et journaliste, héraut de l'intervention dans la Première Guerre mondiale et numéro 2 du PSI, s'est-il métamorphosé en un nationaliste à tous crins ; comment l'agitateur s'est-il fait le promoteur d'un régime d'ordre, comment le futuriste a-t-il fini par prôner le retour à la Rome antique ? Pour quelles raisons un homme de longue date hostile à l'Allemagne et indifférent aux problèmes "raciaux" a-t-il pu être l'alter ego latin du Führer, jetant son pays dans une nouvelle guerre, mal préparée, et se faisant le complice du génocide ? Qui est cet anticlérical signant les accords du Latran, cet anticolonialiste conquérant l'Ethiopie, ce républicain offrant au roi le titre d'empereur, cet adepte de l'union libre exaltant la famille traditionnelle ? Etc., etc. Ces contradictions, ces revirements, ces reniements, Mussolini les a assumés et même voulus, car il s'est très tôt persuadé qu'il était à lui seul le salut de l'Italie, et cette certitude l'habita jusqu'à la fin ou presque. La passivité voire le soutien (au moins jusqu'au milieu des années 30) des Italiens firent le reste en le confortant dans cette idée.

224.          MOLTCHANOV (Nikolaï). Le Général de Gaulle. Moscou, Editions du Progrès, 1988, in-8°, 405 pp, traduit du russe, 24 pl. de photos hors texte, reliure simili-cuit vert de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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La vie et l'oeuvre du général de Gaulle, vues par un historien russe. — "Le livre du professeur Nikolaï Moltchanov “Le Général de Gaulle” est unique dans l'abondante littérature ayant trait à la vie et à l'œuvre d'une des grandes figures politiques de la France, pour autant qu'il est le seul à considérer là personnalité du général de Gaulle et le phénomène du gaullisme à la lumière du marxisme-léninisme. Il est dû à la plume très sûre d'un historien et publiciste soviétique dont les ouvrages sont appréciés tant en Union Soviétique qu'à l'étranger. Ils se signalent en particulier par une approche sociologique originale des événements de notre temps. Le livre n'a rien perdu de son actualité et offre une illustration convaincante de la vigueur du principe léniniste de la coexistence pacifique." (2e plat de la jaquette)

225.          MORAND (Paul). L'allure de Chanel. P., Hermann, 1977, gr. in-8°, 166 pp, illustré de cinq photographies en noir et blanc à pleine page d'Henri Cartier-Bresson et d’une de Robert Capa, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Paul Morand faisait partie des proches de Chanel. Son dernier livre, écrit à partir des conversations qu'il eut avec la modiste, restitue, dans la langue étincelante de ce grand conteur, l'insaisissable Coco Chanel. Nous suivons, racontées à la première personne, son enfance chez des tantes qui lui donneront le goût de l'épure et le sens de l'argent, ses rencontres avec les providentiels M. B. et Boy Capel ; puis la création de sa maison, ses luttes contre les excentricités vestimentaires des dames du monde, ses succès, ses amitiés... Revivent, sous la plume exquise et vive de Paul Morand, Radiguet, Satie, Picasso, Churchill... Salué par la presse dès sa parution comme un livre de fête, un joyau raffiné et étincelant, “L'allure de Chanel” demeure la plus flamboyante des œuvres consacrées à Chanel.

226.          MOREEL (Léon). Catroux le méditerranéen. P., Editions Inter-Nationales, 1959, pt in-8°, 137 pp, 3 photos hors texte, broché, bon état

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« La vie du général Catroux fait partie de la geste française au même titre que celles de Bayard, de Turenne, de Mortier ou de Gouraud ». — "M. Moreel donne, d'après les œuvres de ce dernier surtout, une petite biographie du général Catroux." (H. Brunschwig, Revue Historique, 1960)

227.          [Münzenberg, Willi]. Dimitroff contre Goering. 2ème Livre Brun. P., Editions du Carrefour, 1934, in-12, 356 pp, qqs documents et fac-similés, 2 plans, broché, tout petit manque angulaire au 1er plat, bon état

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Document antinazi sur le procès de l'incendie du Reichstag en 1933 à Leipzig, réalisé par Willi Münzenberg et ses collaborateurs. Münzenberg (1889-1940) est un militant communiste allemand, cadre de l'Internationale communiste, qui établit de nombreuses associations dans le but de favoriser la cause de l’URSS. Son plus grand succès fut de soutenir la thèse que l’incendie du Reichstag est en fait dû aux Nazis. — Après l'incendie du Reichstag, les nazis décident d'exploiter immédiatement l'événement, et présentent l'incendie comme le signe avant-coureur d'un vaste « complot communiste ». Dès l'annonce de l'incendie et avant tout début d'enquête, la radio affirme que les communistes ont mis le feu au Reichstag. Cette thèse est immédiatement reprise par Hermann Göring et Adolf Hitler ; elle sert de prétexte pour suspendre, via une législation d'exception, les libertés individuelles et elle constitue une base au procès qui s'ouvre à Leipzig le 21 septembre 1933. Sur le banc des accusés figurent, outre Marinus van der Lubbe, le président du groupe communiste au Reichstag, Ernst Torgler, et trois communistes bulgares, dont Vasil Tanev et Georgi Mikhailov Dimitroff. — "Le procès mettra en relief la défense courageuse et astucieuse de Dimitroff devant ses accusateurs. La scène est célèbre où il confondit Gôring quand celui-ci vint porter son témoignage. Par contre, Torgler resta silencieux et finit par se soumettre au régime national-socialiste. Van der Lubbe, le seul coupable, avait été manipulé par les nazis pour mettre le feu et selon toute apparence était drogué pendant le procès. L'affaire stimula les émigrés antifascistes allemands et les incita à une riposte vigoureuse. Ils réussirent à organiser un contre-procès à Londres auquel des juristes éminents du monde entier et dans lequel les mensonges de l'hitlérisme furent démasqués. Ils organisèrent des meetings de protestation dans tous les pays contre la terreur et les machinations nazies. L'activité fut puissante en France où elle fut dirigée par Munzenberg. Cette agitation trouva partout un large écho et ainsi le Tribunal de Leipzig fut contraint à acquitter les accusés, sauf van der Lubbe qui fut condamné à mort et exécuté. On sait que Dimitroff fut libéré, devint ultérieurement général du Komintern et, après la Deuxième Guerre mondiale, chef du gouvernement de Bulgarie." (Charles Bloch, Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1985)

228.          NOBÉCOURT (Jacques). Le Colonel de La Rocque, 1885-1946, ou les pièges du nationalisme chrétien. Fayard, 1996, fort in-8°, 1194 pp, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le colonel de La Rocque, président des Croix de feu puis du Parti social français qui regroupa près de trois millions de membres à la veille de la guerre... Rarement personnage politique des années 1930-1945 supporta autant de notoriété sulfureuse ! Il disait : "le progrès est à gauche", mais le premier geste du Front populaire fut de dissoudre ses Croix de feu suspectées de comploter contre la République. Tout autant haï par l'extrême droite, il passe pourtant dans la mémoire collective pour le "fasciste français". Pris pour l'annonciateur et l'inspirateur de Vichy, il n'en fut pas moins arrêté par les nazis pour faits de résistance et déporté - en 1961, le général de Gaulle rendra justice à son combat pour la France contre l'occupant. Mais, dès son retour des camps, le gouvernement de la Libération maintint La Rocque en détention jusqu'à sa mort, sans jamais l'inculper. A travers le personnage de cet officier réprouvé par la politique, Jacques Nobécourt fait revivre toute une histoire refoulée de la France de l'entre-deux-guerres. Familier de l' "histoire immédiate", il retrouve à partir de quantité d'archives inédites une pièce maîtresse égarée de notre puzzle politique, pour reconstituer un large courant populaire que la démocratie-chrétienne et le gaullisme représenteront sous la IVe et la Ve République.

229.          PAYNE (Robert). Vie et mort d'Adolf Hitler. Buchet/Chastel, 1974, fort gr. in-8°, 571 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Le lecteur ne trouvera dans cet ouvrage ni une analyse des structures politiques, économiques et sociales du IIIe Reich, ni un récit de la seconde guerre mondiale. L'auteur s'est proposé plutôt d'écrire une biographie du dictateur allemand, avec lequel il avait eu une brève entrevue en 1937, en s'efforçant de détruire les légendes qui entourent habituellement ce sujet. Son étude ne repose pas sur des documents d'archives à l'exception de microfilms conservés à Stanford en Californie. Robert Payne a utilisé principalement les écrits et les discours de Hitler, les mémoires et les témoignages de certains contemporains du Führer ainsi que les nombreux ouvrages dejà publiés sur la personne du dictateur, le IIIe Reich et la seconde guerre mondiale. (...) Le livre présente un intérêt : il permet de dégager les différents éléments qui composèrent la physionomie complexe du dictateur. (...) Cet ouvrage présente également de l'intérêt dans la mesure ou l'auteur met l'accent sur les incohérences qui apparurent dans la conduite de la guerre. Ces insuffisances peuvent être imputées en partie à l'aversion que la caste militaire inspirait à Hitler. Cette haine était d'autant plus forte que le dictateur n'ignorait pas les sentiments hostiles de certains ofliciers supérieurs à l'égard du national-socialisme. Hitler ne tenait d'ailleurs pas toujours compte des avis formulés par ses généraux. Ainsi décida-t-il de son propre chef de déclencher une double offensive dirigée à la fois contre Stalingrad et contre les gisements de pétrole caucasiens. Le Führer assuma d'ailleurs la conduite de la guerre d'une manière de plus en plus arbitraire et intransigeante. Sa méfiance grandissait simultanément à l'égard de ses généraux, dans lesquels il voyait des traîtres en puissance. (...) Cette biographie de Hitler est utile dans la mesure où il importe de connaître la personnalité du dictateur dans le régime qui fut celui du IIIe Reich. La complexité de la psychologie hitlérienne est d'ailleurs ici bien dégagée. Quelques textes sont en outre placés à la fin du volume, notamment le testament politique du 29 avril 1945." (N. Pietri, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1976) — "Plus de vingt-cinq ans après sa mort, l'ombre d'Hitler assombrit encore le vingtième siècle. Même ceux à qui fut épargnée l'horreur de ses atrocités doivent se demander comment cet homme put envoûter l'Allemagne et conquérir la plus grande partie de l'Europe. Beaucoup de livres ont paru sur Hitler mais celui de Payne peut être considéré comme le grand livre sur Hitler tellement attendu. L'auteur révèle l'enchevêtrement du cours de sa vie publique et de sa vie privée. Nous voyons le petit garçon auquel un père, fonctionnaire des douanes mûrissant, s'efforçait d'inculquer les. vertus bourgeoises, au besoin par la menace, et que sa jeune mère entourait de tendresse ; l'écolier défiant déjà l'autorité en ridiculisant ses professeurs. Le jeune homme qui se voulait artiste, mais doué de si peu de talent qu'il ne fut accepté par aucune école des beaux-arts ; le vagabond famélique et solitaire errant dans les rues de Vienne ; l'estafette volontaire de caporal au cours de la Première Guerre mondiale ; puis nous voyons l'ancien combattant se rendant compte. peu à peu. que son pouvoir de fascination sur les habitués de brasserie pouvait mener, après tant d'échecs, à une réussite politique. Malgré son aspect caricatural. avec sa moustache à la charlot et sa mèche mèche folle, Robert Payne nous montre un Hitler doué d'un immense charme personnel qui agissait autant sur les hommes que sur les femmes. “Vie et mort d'Adolf Hitler” n'est pas tant l'histoire d'un homme corrompu par le pouvoir que celle d'un homme corrompu, qui se hissa au faîte du pouvoir et l'exerça d'une façon cynique. Avec un tel homme et un tel destin, point n'est besoin d'en rajouter. La vérité suffit, qui souvent inimaginable dépasse toutes les légendes. La voici enfin, après plus le vingt-cinq ans de recherches et de témoignages." (4e de couverture)

230.          PINEAU (Christian). 1956, Suez. Laffont, 1976, gr. in-8°, 233 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Jusqu'à ce témoignage, celui du ministre des Affaires étrangères d'alors, on ne savait pas la vérité sur l'expédition de Suez. Christian Pineau rompt après vingt ans le silence et révèle toutes les données de l'attaque contre l'Égypte après la nationalisation du canal de Suez décidée par Nasser. Il révèle par exemple les conditions de la négociation avec les Israéliens, raconte le rendez-vous et l'accord secrets de Sèvres entre les ministres français dirigés par Guy Mollet et Ben Gourion et Dayan. Il évoque aussi l'arrestation en plein ciel de Ben Bella et des autres chefs du FLN, et dévoile les divergences qui éclatent entre ministres français à ce propos. Son récit du conseil des ministres, ce qu'il dit de l'attitude du Président de la République René Coty, surprendront. Enfin, sur l'attitude des Américains à l'égard de l'initiative franco-britannique, il apporte des précisions inédites. L'un des épisodes essentiels de l'histoire contemporaine, peut-être le dernier sursaut des anciennes grandes puissances coloniales, est ainsi éclairé. Les révélations de Christian Pineau permettent enfin de comprendre ce qui s'est passé, réellement, en 1956.

231.          PLUMYÈNE (Jean) et Raymond LASIERRA. Les Fascismes français, 1923-1963. Seuil, 1963, in-8°, 319 pp, notes bibliographiques, chronologie, biblio, index, reliure pleine basane noire, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), bon état

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Le fascisme ne s'est pas imposé à la France comme à l'Allemagne et à l'Italie – ou, sous des formes bâtardes, à l'Espagne ou au Portugal. Il lui a fallu l'occupation allemande pour se saisir par effraction d'une partie du pouvoir... Qu'est-ce donc, en France, que le fascisme ? De Georges Valois à Marcel Déat, de Doriot à Bardèche, de Drieu La Rochelle à Susini et aux hommes de l'O.A.S., Jean Plumyène et Raymond Lasierra recensent, à travers un demi-siècle d'histoire de France, les effectifs, les techniques et les thèmes du fascisme français. Sans céder aux commodités du conformisme antifasciste ils décrivent ici les avatars d'une idéologie. — "La France de l'entre-deux guerres n'a pas connu les bouleversements économiques et sociaux de l'Italie et de l'Allemagne. La révolution a avorté dans l'œuf. Si l'on admet en schématisant, selon la thèse d'un ouvrage récent (“Les fascismes français 1923-1963”), que le fascisme a été l'expression d'une crise nationale dans des pays en proie à une rapide transformation industrielle, la France n'a connu ni l'un, ni l'autre. En revanche, la stagnation économique lui a valu un bouleversement qui, pour être silencieux, n'a pas été moins profond..." (Pierre Nora, Annales ESC, 1964)

232.          POIDEVIN (Raymond). L'Allemagne de Guillaume II à Hindenburg, 1900-1933. P., Editions Richelieu, 1972, gr. in-8°, 408 pp, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, 10 cartes, biblio, index, reliure simili-cuir carmin de l'éditeur, bon état (Coll. L'Univers contemporain)

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"R. P. retrace l'histoire de l'Allemagne déçue par deux régimes successifs : l'empire qui la mena à la défaite et la république qui la conduisit à la dictature hitlérienne. Le choix de 1900 comme date de départ pourrait être critiqué. Sans remonter au début du règne de Guillaume II (1888), on fait plus souvent commencer la période en 1890, c'est-à-dire au moment où l'Empereur se débarrasse de Bismarck pour entamer une politique personnelle. Mais choisir 1900 se justifie sur le plan économique. C'est en effet à partir de ce moment-là que l'Allemagne devient une grande puissance industrielle et commerciale qui va bientôt, en plusieurs domaines, ravir la deuxième place mondiale à l'Angleterre. On ne peut d'ailleurs que se féliciter de la place réservée précisément dans l'ouvrage à l'essor économique, qui est un des traits les plus marquants de l'histoire allemande, et qui n'est pas toujours suffisamment développé. Il faut signaler également une remarquable iconographie, souvent inédite : le choix de caricatures, de photos, d'affiches permet à lui seul de comprendre la période et les transformations traversées. Conformément aux principes de la collection, cet ouvrage, plutôt que le fruit de recherches originales, est un livre de synthèse, solidement documenté et susceptible d'intéresser un large public." (Revue française de science politique, 1976)

233.          POUYDRAGUIN (Jean de). L'Allemagne durant l'année 1928. I. La politique intérieure. La crise des partis. dans le Correspondant, 1929, gr. in-8°, 22 pp, broché, bon état

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On trouve dans le même numéro des articles sur les batailles de l'abbé de Rancé. I. A l'assaut des Cisterciens mitigés (Henri Brémont, 19 pp) ; Monseigneur Pierre Batiffol, historien de l'Eglise (Jules Lebreton, 12 pp) ; etc.

234.          RANGEL (Carlos). L'Occident et le Tiers-Monde. De la fausse culpabilité aux vraies responsabilités. Laffont, 1982, in-8°, 221 pp, préface de Jean-François Revel, index, broché, bon état

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"Dans “L'Occident et le Tiers-Monde” de Carlos Rangel, le sous-titre du livre annonce immédiatement le message : « de la fausse culpabilité aux vraies responsabilités ». Il y dénonce l'attitude d'une partie de la gauche qui a reporté sur le tiers-mondisme son imagination idéologique et son besoin de culpabilité, sources d'un désir d'omnipotence éternelle. Le sous-développement ne provient pas d'un prétendu « pillage du Tiers-Monde ou d'inégalités des termes de l'échange », mais bien d'une série de blocages internes qui se traduisent par une impossibilité à générer un processus interne de création, d'organisation, de gestion, d'expansion des richesses et, à l'échelle internationale, de leur échange. S'appuyant sur les études de William H. Mc Neill, au sujet des “Epidémies dans l'histoire”, certaines constatations de Myrdal dans le “Drame de l'Asie” et un certain nombre de faits historiques, Carlos Rangel semble réduire le sous-développement au double phénomène du choc, non résorbé totalement, du passage de la société tribale à la société ouverte, encore récent sur le plan biologique et de la non-libération de larges groupes humains d'un certain nombre de parasites et autres agents infectieux qui demeurent le fléau des régions tropicales. Certes ces facteurs ont leur importance, mais on ne saurait les ranger au rang de causes explicatives uniques ou prépondérantes comme, à l'opposé, on ne peut admettre la prépondérance de l'école de la dépendance. Victime de bien d'illusions, en attente d'une libération, le Tiers-Monde aborde en millénarismes, variantes du courant eschatologique chrétien, mais sa variété, la pluralité des voies qu'ont empruntées ses membres depuis près de trente ans montre que la réalité est plus complexe." (Eugène Berg, Politique étrangère, 1982)

235.          RAPPOPORT (Charles). Une vie révolutionnaire, 1883-1940. Les mémoires de Charles Rappoport. Texte établi par Harvey Goldberg et Georges Haupt. Edition achevée et présentée par Marc Lagana. P., Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991, in-8°, v-513 pp, 6 illustrations, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"La vie de Charles Rappoport comporte bien des charmes romanesques : ce juif lituanien rompit à quinze ans avec sa trop pieuse famille, s'engagea dans la double voie des études et du combat révolutionnaire, conspira avec Léo Jogiches comme avec Pilsudski et dut fuir à l'étranger après la découverte d'un projet d'attentat contre le Tsar. Un des fondateurs du Parti socialiste révolutionnaire, il soutint Jaurès au moment de l'affaire Dreyfus puis rejoignit les guesdistes. Son évolution politique s'accompagna d'une mutation intellectuelle puisqu'il s'affirma marxiste après avoir été l'ami de Pierre Lavrov et le contradicteur d'Engels. Habitué de la Bibliothèque nationale et des réunions publiques, C. Rappoport devint une figure du mouvement socialiste, auteur prolixe et orateur populaire, mais toujours un peu marginal, parfois moqué pour son goût immodéré des calembours et de la polémique. Isolé après son intempestive attaque contre Jaurès au congrès de Saint-Quentin, il fut pourtant remis au premier plan de la scène militante par sa biographie du fondateur de L'Humanité et son combat précoce contre la guerre. Il joua un rôle important au moment de Tours et des premières années du PCF. de Tours et des premières années du PCF. Intime de Rakovsky et en relations amicales avec plusieurs dirigeants bolcheviques, il fut cependant écarté des cercles dirigeants dès 1925 et se décida à rompre au moment des Grands Procès. Réfugié dans le Lot, il mourut en 1941 après avoir écrit ses Souvenirs d'une vie révolutionnaire. (...) Ces mémoires ne se limitent pas à une série de portraits enlevés, d'anecdotes amusantes ou significatives, de témoignages émouvants, ils apportent beaucoup à la connaissance du mouvement révolutionnaire, de son mode de fonctionnement et de la psychologie de ses militants..." (Gilles Candar, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1992)

236.          ROBRIEUX (Philippe). Histoire intérieure du Parti communiste. Tome II : 1945-1972 : De la Libération à l'avènement de Georges Marchais. Fayard, 1982, fort gr. in-8°, 735 pp, annexes, broché, bon état (tome 2 sur 4). On joint 3 coupures de presse dont la nécrologie de Ph. Robrieux, 1936-2010 (“Le Monde”, 8-10-2010)

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"Une histoire du PCF qui surclasse toutes ses devancières. (.) La méthode de Philippe Robrieux a été très discutée et son objectivité mise en cause : on l'a accusé de régler un compte personnel avec le parti et d'utiliser des sources douteuses ou invérifiables (entretiens personnels, confidences de militants anonymes...) Une telle objection ne peut être retenue : Philippe Robrieux a récemment versé à l'Institut d'histoire du temps présent ses archives personnelles et ses détracteurs n'ont jamais pu le prendre en flagrant délit de falsification. Sur un sujet particulièrement épineux il a cherché à rester objectif et y est largement parvenu, sous réserve toutefois de son engagement personnel : il reste attaché au socialisme et au mouvement ouvrier, ce qui le conduit à embellir quelque peu les débuts du mouvement communiste et à avoir tendance à faire retomber toute la responsabilité de sa dégénérescence sur Staline." (Hervé Coutau-Bégarie, Politique étrangère, 1984)

237.          ROBRIEUX (Philippe). Histoire intérieure du Parti communiste. Tome III : 1972-1982 : Du programme commun à l'échec historique de Georges Marchais. Fayard, 1982, fort gr. in-8°, 544 pp, broché, couv. illustrée, bon état correct (tome 3 sur 4). On joint la nécrologie de Ph. Robrieux, 1936-2010 (“Le Monde”, 8-10-2010)

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"Une histoire du PCF qui surclasse toutes ses devancières. (.) La méthode de Philippe Robrieux a été très discutée et son objectivité mise en cause : on l'a accusé de régler un compte personnel avec le parti et d'utiliser des sources douteuses ou invérifiables (entretiens personnels, confidences de militants anonymes...) Une telle objection ne peut être retenue : Philippe Robrieux a récemment versé à l'Institut d'histoire du temps présent ses archives personnelles et ses détracteurs n'ont jamais pu le prendre en flagrant délit de falsification. Sur un sujet particulièrement épineux il a cherché à rester objectif et y est largement parvenu, sous réserve toutefois de son engagement personnel : il reste attaché au socialisme et au mouvement ouvrier, ce qui le conduit à embellir quelque peu les débuts du mouvement communiste et à avoir tendance à faire retomber toute la responsabilité de sa dégénérescence sur Staline." (Hervé Coutau-Bégarie, Politique étrangère, 1984)

238.          ROBRIEUX (Philippe). Histoire intérieure du Parti communiste. Tome IV : Biographies, chronologie, bibliographie. Fayard, 1984, fort gr. in-8°, 974 pp, annexes, broché, bon état (tome 4 sur 4). on joint 2 coupures de presse

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"Le tome IV de Philippe Robrieux constitue le terme d'une histoire du PCF qui surclasse toutes ses devancières. Les trois premiers tomes représentaient le texte proprement dit. Celui- ci contient un « avant et arrière- propos », qui est une réflexion personnelle de l'auteur sur les difficultés qu'il a rencontrées et une réponse aux critiques de tous les bords, une chronologie, une bibliographie intelligemment classée et commentée, et surtout des notices biographiques sur tous les personnages importants ou simplement notables de cette histoire. Certaines de ces notices sont de véritables essais qui peuvent atteindre trente pages. On peut évidemment critiquer certaines omissions (Annie Besse, devenue plus tard Annie Kriegel, aurait mérité une notice, tout comme plusieurs historiens aujourd'hui célèbres qui ont quitté le parti après 1956 et apporté sur lui des témoignages précieux ; dans un autre genre, B. Bajanov aurait pu aussi recevoir les honneurs de ce dictionnaire), mais l'essentiel y est, et comme l'auteur ne s'est pas limité aux seuls communistes français, mais a inclus les grands noms du communisme contemporain, ce « who's who » est d'un intérêt capital pour tous ceux qui s'intéressent au mouvement communiste international. La méthode de Philippe Robrieux a été très discutée et son objectivité mise en cause : on l'a accusé de régler un compte personnel avec le parti et d'utiliser des sources douteuses ou invérifiables (entretiens personnels, confidences de militants anonymes...) Une telle objection ne peut être retenue : Philippe Robrieux a récemment versé à l'Institut d'histoire du temps présent ses archives personnelles et ses détracteurs n'ont jamais pu le prendre en flagrant délit de falsification. Sur un sujet particulièrement épineux il a cherché à rester objectif et y est largement parvenu, sous réserve toutefois de son engagement personnel : il reste attaché au socialisme et au mouvement ouvrier, ce qui le conduit à embellir quelque peu les débuts du mouvement communiste et à avoir tendance à faire retomber toute la responsabilité de sa dégénérescence sur Staline. On a du mal à le suivre sur ce terrain. Quand il fait l'éloge de Trotski, « le grand révolutionnaire » qui a été l'un des premiers à dénoncer le Goulag, il omet de dire que c'est ce même Trotski qui a écrasé dans le sang la mutinerie des marins de Kronstadt et organisé la terreur. De même, la notice consacrée à Lénine ressemble un peu trop à une absolution..." (Hervé Coutau-Bégarie, Politique étrangère, 1984)

239.          ROBRIEUX (Philippe). Maurice Thorez. Vie secrète et vie publique. Fayard, 1975, fort in-8°, 660 pp, sources et biblio, annexes biographiques, broché, couv. illustrée à rabats, état correct

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"Le livre de Ph. Robrieux vaut à coup sûr beaucoup mieux que le succès que lui a fait la presse sensation alléchée par le parfum de scandale... Il est vrai que dans le cas de M. Thorez, la distance entre le personnage réel et l'image mythique qui en fut progressivement construite est énorme : la plupart des fragments biographiques qui furent utilisés pour forger la figure légendaire de Thorez ont été inventés ou remaniés et les hautes qualités prêtées au Secrétaire général sont le plus souvent démesurément grossies ou franchement imaginaires. Lorsque Ph. Robrieux montre que Thorez n'était pas le fils d'un mineur, qu'il ne fut jamais lui-même mineur, qu'il n'était pas l'auteur du livre qu'il signa, que ses décisions politiques les plus importantes lui furent en réalité soufflées par le Slovaque Fried et que cet homme qui tranchait péremptoirement des problèmes théoriques ne connaissait guère le marxisme qu'a travers la vulgate du Komintern, il s'agit de bien autre chose que de petite histoire. (...) toutes les critiques resteront minces au regard de l'ampleur des informations qu'il apporte sur son personnage et sur la manière de fonctionner de l'univers totalitaire qui l'avait façonné." (Pierre Souyri, Annales ESC, 1978)

240.          ROUCAUTE (Yves). Histoires socialistes. Editions Ledrappier, 1987, gr. in-8°, 450 pp, 3 tableaux, biblio, index, broché, bon état

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En bataillon serrés, toutes couleurs levées, les chefs socialistes se préparent à l'affrontement. Mitterand va-t-il se présenter ? Rocard, Fabius, Chevènement, Poperen, Delors, Mauroy se pressent en tout cas dans l'arène, prêts à briguer la succession. Pour comprendre cette guerre fratricide, il faut revenir au passé. Le livre d'Yves Roucaute débute au moment de la Commune de Paris et passe en revue toute l'histoire du « poing et de la rose ». Pas de doute, le socialisme français est pluriel. La S.F.I.O. , et plus présentement le P.S., ne sont-ils pas avant tout une juxtaposition de sensibilités. Mais derrière ces courants et leurs oripeaux idéologiques, y a-t-il vraiment autre chose qu'une lutte acharnée pour le pouvoir ? Cynisme ? Pour celui qui croit aux chimères politiques, le désenchantement est grand. Mais Yves Roucaute, membre du P.S. , refuse les compromis avec la vérité. D'où un plaisir presque voltairien à lire cette libre pensée.

241.          SACHS (Maurice). Lettres. P., Le Bélier, 1968, in-8°, 109 pp, préface de Jean Alley, un portrait photographique de l'auteur en frontispice, broché, bon état. Edition originale, tirage limité à 1595 exemplaires numérotés, un des 1550 ex. sur vélin d’Annonay

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Préface de Jean Alley (pp. 9-25) ; Lettres d'Amérique (1932) (pp. 29-40) ; Lettres à sa grand-mère (1939) (pp. 41-49) ; Lettres de Hambourg (1942-1943) (pp. 51-108). — "Les amis de ce rêveur remuant et instable le retrouveront sans doute avec émotion dans ces quelques pages inédites. Quant aux simples lecteurs et aux historiens, ils trouveront dans cette bonne vingtaine de lettres (à Madame Jean Alley, à Madame Alice Bizet, sa grand-mère, à M. et Mme Castaing, à Maître Moncorgé), – à côté de réflexions originales sur, par exemple, Montherlant, Balzac, Drieu la Rochelle, Élémir Bourges, – un certain nombre de descriptions et de portraits qui laissent entrevoir un « tableau des mœurs de ce temps »." (Marcel De Grève, Revue belge de philologie et d'histoire, 1969)

242.          SADOUNI (Brahim). Le Drapeau. Ecrit d'un harki. L'Harmattan, 1990, in-8°, 176 pp, préface de Georges Fleury, glossaire, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Ecritures arabes), exemplaire signé par l'auteur

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Récit romancé. L'auteur, témoin de la guerre d'Algérie, retrace le sort des familles écartelées.

243.          SAMPSON (Anthony). Les Sept Soeurs. Les grandes compagnies pétrolières et le monde qu'elles ont créé. Rombaldi, 1977, pt in-8°, 507 pp, traduit de l'anglais par Pierre Birman, postface de Philippe Simonnot, précédé d'un entretien avec l'auteur, 8 pl. de photos hors texte, 3 cartes, index, reliure skivertex vert bouteille ornée de l'éditeur, bon état

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"L’ouvrage d’Anthony Sampson, “les Sept Soeurs”, va plus loin que son titre ne le laisserait croire. Il ne décrit pas seulement la naissance et la croissance des sept plus grandes sociétés pétrolières du monde, mais aussi la formation de l’Amérique moderne, la constitution de méga-fortunes, celles de Rockefeller ou de Gulbenkian, la lente évolution des mentalités qui président aux rapports entre le monde surdéveloppé consommateur et le tiers-monde producteur, etc. Ces quelque cinq cents pages constituent une remarquable enquête, au fil de laquelle l’auteur égrène posément les périties et les arguments..." (Alain-Marie Carron, Le Monde diplomatique, 1976)

244.          SCHAPIRO (Leonard). Les Bolchéviks et l'opposition. Origines de l'absolutisme communiste. Premier stade 1917-1922. P., Les Iles d'Or, 1958, in-8°, 396 pp, traduit de l'anglais (The origin of the communist autocracy), biblio, index, broché, bon état

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Excellent livre sur l’élimination des oppositions par les bolcheviks. — "Après avoir analysé les circonstances historiques de la prise du pouvoir par les Soviets, L. S. divise les oppositions en deux familles, suivant qu'elles sont extérieures ou intérieures au parti. Il montre que ces groupements ne pouvaient se poser en rivaux sérieux du parti bolchevik, étant donné leurs scrupules envers l'action violente, la faiblesse de leurs leaders, leurs hésitations ou leur incapacité à distinguer le moment opportun pour une action efficace. Lorsque la victoire sur les forces blanches fut assurée, les dissensions se transportèrent à l'intérieur du parti et atteignirent une amplitude dramatique avec les soulèvements du printemps 1921 ; c'est pourquoi Lénine préféra mettre un terme aux causes les plus criantes du mécontentement en instaurant la N.E.P. L'impartialité et le sérieux de l'étude en font un complément précieux à la connaissance que l'on a de cette période ; de très nombreuses notes, une bibliographie exhaustive et des annexes chronologiques ajoutent à son utilité." (Revue française de science politique, 1961)

245.          SÉRANT (Paul). René Guénon. Le Courrier du Livre, 1977, in-8°, 230 pp, deuxième édition revue et augmentée, biblio, broché, bon état

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La destinée posthume de René Guénon (1886-1951) ne donne qu'une faible idée de l'impact qu'eut de son vivant ce penseur hors normes, ni écrivain, ni professeur, pour reprendre les deux figures classiques du « clerc » à la française. Métaphysicien condamnant toute la philosophie depuis Descartes, doctrinaire de l'ésotérisme et ennemi de toutes les écoles occultistes, franc-maçon dénonçant la dégénérescence de la Maçonnerie, admirateur de l'Orient en désaccord avec tous les orientalistes, catholique rallié à l'Islam : René Guénon échappe à toutes les catégories habituelles et à toutes les classifications établies. Cette deuxième édition contient une longue postface de mise à jour (pp. 194-226).

246.          SOUDOPLATOV (Pavel et Anatoli). Missions spéciales. Mémoires du maître-espion soviétique Pavel Soudoplatov. Préface de Robert Conquest. Seuil, 1994, gr. in-8°, 612 pp, 16 pl. de photos hors texte, notices biographiques, index, broché, bon état

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Sur ordre de Staline, P. Soudoplatov, grand coordonnateur du contre-espionnage soviétique, a planifié des centaines d'assassinats dont celui de Trotski. Cette autobiographie accumule les révélations : assassinat de Kirov, de Trotski, affaire Rosenberg, chute de Béria, etc... — "Je m'appelle Pavel Soudoplatov, mais je m'attends pas à ce que mon nom vous rappelle quelque chose car, pendant cinquante huit-ans, il est resté l'un des secrets les mieux gardés de l'Union soviétique. Peut-être vous est-il arrivé d'entendre parler de moi sous d'autres noms, le Centre, le Directeur, dont on se servait pour me désigner à l'Ouest. Le département des Missions spéciales que j'ai dirigé s'occupait des actes de sabotage, des enlèvements et de l'assassinat de nos ennemis hors de nos frontières. C'était une unité particulière au sein du Service de sécurité soviétique. C'est moi qui ai organisé l'assassinat de Trotski. Après la guerre, j'ai continué à diriger des réseaux clandestins à l'étranger, notamment ceux qui avaient pour objectif de saboter les installations américaines et celles de l'OTAN. J'ai également assumé la direction des activités de l'espionnage soviétique qui visaient à percer les secrets atomiques détenus par Robert Oppenheimer, Enrico Fermi, Klaus Fuchs et d'autres." (Pavel Soudoplatov) — Pendant des décennies, Pavel Soudoplatov a été au cœur des secrets d'État de l'ex-URSS : assassinat de Kirov, élimination des opposants à l'étranger, assassinat de Trotski, "Orchestre rouge" à Berlin, affaire Rosenberg, coulisses de Yalta, disparition de Wallenberg, "complot des blouses blanches", chute de Beria. Son autobiographie constitue un document unique, un témoignage désormais irremplaçable sur les années du stalinisme triomphant.

247.          SULZBERGER (Cyrus). En observant De Gaulle. Plon, 1962, in-8°, 188 pp, traduit de l'américain ("The Test: De Gaulle and Algeria"), broché, bon état

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Cyrus Sulzberger (1912-1993), correspondant du New York Times à Paris depuis 1944, bon connaisseur de la politique française, explique la politique algérienne du Général. Un portrait admiratif, parfois sévère... De Gaulle révèle au journaliste américain : « Bergson m'a profondément influencé parce qu'il m'a fait comprendre la philosophie de l'action. Bergson a exposé le rôle de l'intelligence, de l'analyse. (...) Mais l'intellect seul ne peut agir. (...) L'instinct également est important. L'instinct plus l'impulsion. (...) Bergson a montré que l'action provient de l'action combinée de l'intelligence et de l'instinct, tous deux travaillant ensemble. Toute ma vie, j'ai été conscient de l'importance essentielle de cette application. »

248.          TOURNOUX (J.-R.). Secrets d'Etat. Dien Bien Phu - Les Paras - L'Algérie - L'affaire Ben Bella - Suez - La Cagoule - Le 13 mai - De Gaulle au pouvoir. Plon, 1960, in-8°, 514 pp, index, broché, bon état, rare bande éditeur (illustration par Daumier) conservée

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"S’il est un livre d’histoire qui soit d’actualité, c’est bien celui-là. De Dien-Bien-Phu à Alger en passant par Suez, ces “Secrets d’Etat” sont d’abord ceux d’une armée devenue un Etat dans l’Etat. Après d’autres, moins indiscrets, les témoignages rapportés par Jean-Raymond Tournoux achèvent de nous convaincre que Dien-Bien-Phu a bien été le Sedan de la IVe République. Avant de succomber le 13 mai à Alger, le régime précédent avait été touché à mort en Indochine. Prisonniers ou non, les officiers français y avaient appris les secrets de l’action psychologique et de la guerre révolutionnaire pratiquées par l’adversaire, tandis que faisant la même découverte, les sous-officiers musulmans placés sous leurs ordres allaient la mettre au service de la rébellion algérienne. Ayant combattu ensemble, ils s’affronteraient d’autant plus durement qu’ils se serviraient des mêmes armes à des fins contraires. A quoi se sont ajoutés pour les uns le ressentiment, l’humiliation de la défaite, et pour les autres l’espoir, la volonté d’une libération. Mais l’intérêt de ce livre de près de cinq cents pages, qui se lisent aisément d’une traite, n’est pas seulement dans de nombreuses notations, souvent inédites, sur des événements connus ; il est aussi, il est surtout, dans la révélation d’archives parfois officielles, de véritables secrets d’Etat et... de coups d’Etat. “Secrets d’Etat” apporte des éléments essentiels à l’histoire mouvementée de la fin de la IVe République, comme à celle des débuts de la Ve, puisque de l’une à l’autre, les mêmes noms reviennent et les mêmes épisodes se renouvellent de 1956 à 1960 en passant par 1958." (Jacques Fauvet) — "... Ce livre sensationnel révèle les dessous de la politique française entre 1946 et 1959..." (J. Galtier-Boissière, Le Crapouillot)

249.          TRIBOULET (Raymond). Un gaulliste de la IVe. Plon, 1985, gr. in-8°, 352 pp, qqs fac-similés, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Premier volume des mémoires de l'auteur,jusqu'en 1958. — "Comment un homme de droite, catholique fervent, séduit par la monarchie, sensible aux sirènes de l'extrême droite des années trente, trouve son chemin de Damas après Munich et la débâcle de 1940 pour devenir, via la Résistance, sous-préfet de Bayeux et des arrondissements libérés en juin 1944. Tel est l'objet de la première partie des mémoires politiques de Raymond Triboulet. Gaulliste de stricte fidelité, l'auteur va ensuite, douze ans durant, appartenir aux trois Assemblées de la Quatrième République, dans lesquelles il se sent fort à l'aise et accomplit un consciencieux travail législatif. L'ouvrage révèle un homme engagé par conviction dans la vie publique, soucieux de servir à ce poste son pays et ses idées qui sont celles du conservatisme intégral. Limites qui expliquent sans doute que Raymond Triboulet soit demeuré en marge des événements fondamentaux, cantonné dans un rôle secondaire, aussi bien dans une Quatrième République où son gaullisme le marginalise qu'au sein du mouvement gaulliste où sa fonction essentielle semble avoir été de présider aux destinées du groupe des Républicains-sociaux, à l'époque de la décadence du RPF. (...) Raymond Triboulet insiste avec force sur les convictions européennes des gaullistes en s'indignant que les historiens ne considèrent comme Européens que les partisans de l'Europe des fonctions en oubliant les champions de l'Europe des institutions confédérales. Par ailleurs, Journal officiel a l'appui, il date de manière convaincante du 16 mai 1958 le ralliement de Guy Mollet à la candidature du général de Gaulle." (Serge Berstein, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1985)

250.          TRIBOULET (Raymond). Un ministre du Général. Plon, 1986, gr. in-8°, 364 pp, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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"Deuxième tome des Mémoires de R.T. qui évoque cette fois les années gouvernementales des débuts de la Ve République sous M. Debré (dont le portrait est fort élogieux) et G. Pompidou (qui a au contraire droit à toutes les férocités de l'auteur). Ministre des Anciens Combattants ou ministre de la Coopération (ministère dont la jeune existence a bien du mal à s'affirmer face à l'impérialisme des Affaires étrangères), R.T. se présente d'abord comme un vieux parlementaire, un véritable homme politique dont le métier est d'abord la capacité à convaincre, par opposition aux technocrates qui ont envahi la Ve République. Préoccupé de son avenir personnel plutôt que de bonne gestion, G. Pompidou est présenté comme oscillant entre la platitude du courtisan et la morgue du fondé de pouvoir, sans compter l'étrange dialogue de l'homme avec la santé, puisqu'il aurait d'autant mieux supporté ses ministres qu'il les croyait atteints d'un mal incurable (ce qui expliquerait le terrible carnet noir de la politique française de 1969 à 1974). « Démissionné » en 1966, R.T. s'en va assuré de « l'estime » du Général (lettre en annexe) et décidé à se consacrer à des oeuvres d'intérêt général (la sécurité routière ou l'enseignement supérieur catholique)." (Revue française de science politique, 1987)

251.          VALLUY (Général J.-E.). Se défendre ? contre qui ? pour quoi ? et comment ? Plon, 1960, in-8°, 236 pp, broché, couv. salie, bon état (Coll. Tribune libre)

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"Se défendre contre qui ? Contre la subversion communiste et le péril jaune. Pour quoi ? Pour le respect inconditionnel de la personne humaine. Comment ? Avec des armes modernes, grâce à un « service national », dans le cadre d'une « nouvelle et plus grande patrie ». Telles sont les questions et les réponses que l'ancien commandant en chef des Forces alliées Centre-Europe s'efforce de préciser au cours de dialogues imaginaires, réunissant tantôt un « communiste russe » et un « non-communiste français », tantôt un « militaire », un « universitaire de tendance progressiste » et un « chrétien »." (Revue française de science politique, 1961)

252.          VILLEMAREST (Pierre de). La Marche au pouvoir en URSS. De Lénine à Brejnev, 1917-1969. Fayard, 1969, in-8°, 465 pp, annexes, sources et biblio, index, couv. à rabats, broché, pt morceaux de scotch en haut et en bas du dos, état correct (Coll. Les Grandes études historiques)

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"La marche au pouvoir, dans les Etats totalitaires est toujours mystérieuse ; elle résulte des complots ourdis par des hommes qui se jalousent et se trompent plus ou moins cyniquement. Le régime communiste qui sévit en URSS, depuis plus d'un demi-siècle, est le témoignage le plus éclatant de ces luttes intestines, quelque secrètes qu'elles s'efforcent d'être. M. de Villemarest suit cette lutte pour le pouvoir pas à pas. Si Lénine a eu facilement raison du régime de Kerenski, on sait que c'est pour avoir prêché la capitulation sous certaines conditions devant l'Allemagne à ce moment victorieuse ; à sa mort, Staline a dû louvoyer plusieurs mois avant de recueillir une succession que Lénine ne lui réservait certainement pas. C'est trente ans après que les luttes s'enveniment et que l'auteur s'efforce d'en percer tous les détails et c'est surtout le rôle de Khrouchtchev qu'il met en vedette, dressant contre ce maître intrigant un véritable réquisitoire qui dans ce gros volume apparaît bien mérité. La mort, plus ou moins mystérieuse de Staline déclenche un Thermidor dont on ne peut s'étonner, mais la Terreur se poursuit sous le règne de Khrouchtchev ; les arrestations, les disparitions mystérieuses sont, au dire de M. de Villemarest, plus nombreuses après la disparition de Staline, mais la manière d'agir de celui qui, non sans difficulté d'ailleurs, lui a succédé est plus habile. La façon dont il se débarrasse du maréchal Joukov est un exemple typique de sa méthode. Ainsi au milieu d'intrigues continuelles, il se maintient au pouvoir pendant huit années. Brejnev, Kossiguine emploient contre lui les mêmes armes dont il s'est servi lui-même pour triompher. Cette étude se termine par d'intéressantes annexes rappelant l'organisation du pouvoir en URSS par des tableaux précis qu'on consultera avec profit." (Revue des Deux Mondes, 1969)

253.          YXEMERRY (Ambroise). Fosse commune. Editions de Paris, 1955, in-8°, 229 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Reportage sur l’univers carcéral par Ambroise Yxemerry, pseudonyme de Raymond Jacquet, journaliste, romancier et essayiste né en 1917. "Quelques physionomies de truands exhumés de la Fosse commune pénitentiaire." — "La vie dans les prisons a provoqué toute une littérature. Ce n'est pas cette littérature qu'enrichit le livre récent d'Yxemerry, mais nous tous. Il n'est pas littéraire et il nous touche. La « Fosse commune » est l'espace pénitentiaire avec tout son contenu de vice, de souffrance, de malheur et de vertus, d'humanité. Yxemerry ne décrit pas ce qu'il a éprouvé lui-même mais, avec fidélité, ce qu'il a vu. Non par prudence, il n'y a pas plus de retenue que d'exhibitionnisme dans son livre, mais parce qu'il parle des autres et non de lui. Il n'en est pas moins présent. Pour retracer aussi simplement, aussi vivement, l'existence de ses compagnons de détention, il faut beaucoup de tendresse et beaucoup d'humilité. Sa colère, c'est la colère des victimes mais aussi, par moment, la colère des bourreaux, des tortionnaires. Une description sans concessions évoque les concessions, viles ou émouvantes, les conflits, éclatants ou retenus, l'étrange copulation physique et morale qui pourrit ceux qui y sont livrés, c'est-à-dire tous les habitants de ces lieux maudits. L'imposture de la répression, la dégradation de l'homme, le plaisir recherché de plus en plus bas dans une quête qui a sa grandeur et aussi de belles figures, de beaux actes qui ne sont pas dans l'ouvrage pour l'orner mais parce qu'ils se trouvent dans la réalité. La plus belle, la plus simple, la plus complète collection de détenus. Tout fait mouche dans le livre d'Yxemerry, sans aucune de ces intentions qui flattent le lecteur pour provoquer son intérêt pas toujours respectable. Pour Yxémerry, il ne s'agit pas d'une intention mais d'une volonté qu'il communique à tous ses lecteurs par son livre, la volonté la plus révolutionnaire qui soit, la volonté de voir les choses telles qu'elles sont..." (Casamayor, Revue Esprit, 1956) — Raymond Jacquet, alias Ambroise Yxemerry, obtient en 1938 une licence ès lettres et commence une carrière de journaliste. En 1939, il embarque sur un croiseur et découvre le monde, objet de ses premiers romans d'aventure. Il écrit pour les revues de la Marine ("Cols bleus" et "Marine nationale") et fonde, dans les années 1950, "Le Courrier des Etablissements français d'Océanie", premier journal officiel de l'île de Tahiti. (EGO 39-45)

254.          ZWEIG (Stefan). Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen. Belfond, 1993, gr. in-8°, 531 pp, traduction nouvelle de Serge Niémetz, broché, bon état

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Rédigé en 1941, alors que, émigré au Brésil, Stefan Zweig avait déjà décidé de mettre fin à ses jours, Le Monde d'hier est l'un des plus grands livres-témoignages de notre époque. Zweig y retrace l'évolution de l'Europe de 1895 à 1941, le destin d'une génération entière d'homme confrontés plus brutalement que d'autres à l'Histoire et à toutes les "catastrophes imaginables". Chroniqueur de l'âge d'or européen, Zweig évoque avec bonheur sa vie de bourgeois privilégié dans la Vienne d'avant 1914 et quelques grandes figures qui furent ses amis : Schnizler, Rilke, Romain Rolland, Freud ou Valéry. Mais il donne aussi à voir la montée du nationalisme, le formidable bouleversement des idées qui suit la Première Guerre mondiale, puis l'arrivée au pouvoir de Hitler, l'horreur de l'antisémitisme d'Etat et, pour finir, le "suicide de l'Europe". "J'ai été témoin de la plus effroyable défaite de la raison", écrit-il. Analyste de l'échec d'une civilisation, Zweig s'accuse et accuse ses contemporains. Mais, avec le recul du temps, la lucidité de son testament intellectuel frappe le lecteur d'aujourd'hui, de même que l'actualité de sa dénonciation des nationalismes et de son plaidoyer pour l'Europe, que la nouvelle traduction de Serge Niémetz restitue dans toute sa vigueur.

1ère GUERRE MONDIALE

 

255.          AUTIN (Jean). Foch, ou le triomphe de la volonté. Perrin, 1998, in-8°, 427 pp, 7 cartes, 16 pl. de photos hors texte, 4 tableaux généalogiques, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Après avoir contribué en septembre 1914 à la victoire de la Marne, Ferdinand Foch (1851-1929) est entré dans la légende quand, jugé plus conciliant que le général Pétain, il fut nommé en mars 1918 généralissime des Armées Alliées qu'il conduisit à la victoire. Elevé en août 1918 à la dignité de maréchal de France, il présida le 11 novembre à la signature de l'Armistice. Jean Autin, partant de documents partiellement inédits et d'une scrupuleuse étude des sources disponibles, a fait revivre un type d'homme qui prend ses racines en plein cœur du XIXe siècle dans une famille pyrénéenne et se transforme peu à peu en pionnier du renouveau. De garnisons en états-majors, de l'Ecole supérieure de Guerre au maréchalat, c'est une destinée exemplaire qui nous est contée, mais aussi un caractère fait essentiellement de volonté, de rigueur morale, d'énergie, d'indépendance et de confiance en Dieu. C'est également toute une époque depuis la Commune jusqu'au redressement de Poincaré en 1926, en passant par le Boulangisme, l'affaire Dreyfus, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la longue saignée de 1914-18, la paix manquée et les signes avant-coureurs du drame de 1940.

256.          BERGER (Marcel) et Paul ALLARD. Les Secrets de la Censure pendant la Guerre. Editions des Portiques, 1932, in-12, 382 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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257.          Le même, broché, couv. factice muette, bon état

            15

Dès le début de la Première Guerre mondiale, le 2 août 1914, la censure est proclamée en France via un décret instaurant l'état de siège. La propagande et la désinformation remplacent alors la liberté d'expression. Lettres du front et articles de presse : tout est vérifié et validé par l'État par crainte de démoralisation de la population ou de démobilisation des troupes. L'ouvrage de Marcel Berger et Paul Allard nous éclaire sur la mise en place de ce système autoritaire dans un pays fondé sur les libertés démocratiques. Un contrôle de l'opinion qui n'alla pas sans contestations mais qui fut maintenu jusqu'en 1919, au nom des intérieurs supérieurs de la nation. — "C’est en janvier 1915 que le bureau de la presse du ministère de la Guerre trouve son organisation définitive à Paris. De 1914 à 1919, il a compté au total plus de 400 censeurs affectés de quelques mois à plusieurs années, plus de 150 personnes y étant affectées en permanence. L’organisation du bureau de la presse distingue trois sections : les quotidiens ; les périodiques et les livres ; les télégrammes, avec environ 2.400 télégrammes traités en moyenne par jour dès 1915, les équipes de censeurs se relayant toutes les douze heures..." (Olivier Forcade, Voir et dire la guerre à l’heure de la censure, 1914-1918) — Table : Central télégraphique ; La mise en train de la machine ; Verdun ; “L'Homme enchaîné” de Clemenceau et “L'Oeuvre” de Gustave Téry ; Dans la galère des « Périodiques » ; Première nuit aux quotidiens ; « Nuit historique » ; La « grande offensive » ratée ; La fin du “Bonnet rouge” ; Le chemin de Clemenceau ; Clemenceau contre Caillaux ; La Paix sacrifiée ; Sous le règne de la Bertha ; Les Américains à la rescousse ! ; Les Armistices.

258.          CLEMENCEAU (Georges). Grandeurs et misères d'une victoire. Plon, 1930, in-8°, iv-374 pp, 3 fac-similés hors texte : une page du manuscrit, une lettre du maréchal Foch à Clemenceau, une page de la copie dactylographiée du manuscrit corrigée par l'auteur, reliure demi-percaline bleue, dos lisse avec titres et fleuron dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état

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Dix ans après, un géant de la Grande Guerre, le maréchal Foch, en attaque un autre, Georges Clemenceau, qui riposte par un livre magnifique, “Grandeurs et misères d'une victoire”, paru en avril 1930, peu après sa mort. A la fois mémoires et plaidoyer pour son action à la tête du gouvernement, l'ouvrage ultime du prodigieux lutteur présente un témoignage majeur sur le drame de la guerre et de la paix, la grandeur de l'engagement et la solitude du pouvoir. — "Ce livre d'outre-tombe a passionné l'opinion. Il porte la marque vigoureuse de l'esprit qui l'a conçu ; on y retrouve l'emportement, la fougue, l'orgueil, l'entêtement et l'exaltation patriotique qui ont marqué, pendant plus d'un demi-siècle de vie publique, la carrière de Clemenceau. Ce qui domine, dans ces pages vraiment frémissantes, c'est une sorte d'indignation justicière d'homme qui s'irrite d'avoir vu son autorité contestée, ses sentiments travestis et surtout sa politique abandonnée. Aussi à côté des ripostes d'ordre personnel – qui font tout le piquant et tout le pathétique du livre – trouve-t-on ici de longs chapitres de critique ou d'apologie politique. Les jugements sur les hommes et les choses de ce temps abondent, dans ce livre ; ils sont, le plus souvent, sévères. Les deux personnalités le plus souvent prises à partie sont le maréchal Foch et M. Poincaré ; le premier accusé de mollesse dans l'exercice du haut commandement, d'insubordination à l'égard de son ministre et de son gouvernement et de duplicité ; le second, traité avec une colère dédaigneuse, se voit reprocher d'avoir suscité ou approuvé les insubordinations du Maréchal et de n'avoir rien compris aux événements de la guerre, au point qu'à trois semaines de l'armistice il aurait considéré comme une quasi trahison le fait de se préparer à poser les armes. Ce reproche ne doit nullement laisser croire que l'esprit belliqueux ait abandonné Clemenceau, à aucun moment. Loin de là. Il a conservé, dans son livre, non seulement l'esprit de guerre, mais jusqu'à la phraséologie spéciale dont on a tant abusé ; tout le chapitre intitulé : « Sensibilité allemande » en est une preuve topique. Il accepte, d'un cœur facile, sinon joyeux, l'hypothèse d'une prochaine guerre (p. 334 : « Si l'Allemagne... persiste... et bien, que le sort en soit jeté. Nous reprendrons l'affreuse guerre où nous l'avons laissée, etc... ».) Il est inutile de souligner que l'auteur est resté obstinément fermé à toute compréhension de la politique internationale d'apaisement poursuivie depuis dix ans. Elle n'est pour lui que du défaitisme, c'est-à-dire de la trahison et il ne ménage pas l'injure à ceux qui ont servi ou conduit cette politique. Il n'est pas douteux que les personnages attaqués dans ce livre véhément se défendront ou trouveront des défenseurs, qu'on discutera la version des faits, l'appréciation des événements, telles que les donne Clemenceau. Il reste que son livre apparaît comme un document considérable pour l'histoire psychologique de la guerre. Peut être est-il prématuré de chercher à démêler ce qu'il contient d'objectif et de subjectif. Il suffit de se laisser prendre par ces pages vigoureuses, émouvantes (l'avant-propos est pathétique) et de s'amuser à voir la consternation où il a plongé ceux qui se sont efforcés de nous présenter la guerre en légende dorée et la vie des chefs en images d'Epinal. Cette lutte entre « demi-dieux », avec les apostrophes de Clemenceau et les insinuations du Mémorial déconcerte, proprement, ceux qu'on appelait naguère les « bourreurs de crâne », mais elle divertit les pacifistes, qui n'en demandaient pas tant !" (Roger Picard, Revue d'histoire économique et sociale, 1930) — "La complexité de la personnalité de Clemenceau, telle qu'elle s'est forgée depuis sa jeunesse, s'éclaire ici. Son pessimisme sur les comportements ordinaires des hommes, sur l'inanité de beaucoup de gestes accomplis se mêle à la conviction que, d'effort en effort, l'humanité finira par s'arracher peu à peu, grâce aux progrès du droit, aux ténèbres primitives de la barbarie (...). Ainsi fonctionnent les grands caractères dans l'action : passionnément injustes parfois, magnifiquement déterminés sur l'essentiel, capables toujours d'adapter leur jugement à cette multiplicité des rythmes dont l'Histoire est constituée. Ainsi en va-t-il de Clemenceau, et c'est pour cela que son livre ultime vibre encore et qu'il nous arrache à toute tentation d'indifférence envers un monde qu'on aurait pu croire, à l'étourdie, tellement éloigné du nôtre." (Jean-Noël Jeanneney)

259.          DAILLE (Général Marius). Histoire de la Guerre mondiale. 2. Joffre et la guerre d'usure, 1915-1916. Payot, 1936, in-8°, 467 pp, 11 croquis, notes bibliographiques, index, broché, qqs pt taches au 1er plat, bon état (Coll. de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

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Tome II seul (sur 4) — "Le deuxième des quatre tomes d'une Histoire de la guerre mondiale, confiée par la maison Payot à quatre écrivains militaires : Joffre et la guerre de mouvement, par le général Duffour ; Joffre et la guerre d'usure, par le général Daille ; Le commandement de Nivelle et de Pétain, par le général Hellot ; Foch et la victoire des alliés, par le général Tournès." (E. Mayer, Revue d'histoire moderne, 1938) — "L'Histoire de la guerre mondiale, en quatre volumes a pour auteurs quatre officiers généraux qui ont paru notamment qualifiés pour un travail de pareille envergure, en raison des emplois qu'ils ont tenus pendant la guerre dans les grands états-majors. Ces officiers se sont efforcés de dégager, dans chacun des deux camps, pour les puissances de l'Entente comme pour les Empires Centraux, les faits et les enseignements qui ont trait à la direction de la guerre par les gouvernements et à la direction des opérations par les généraux commandants en chef." (Revue militaire suisse, 1937)

260.          GALTIER-BOISSIÈRE (Jean). Histoire de la Grande Guerre, 1914-1918. Avec le concours de René Lefebvre, archiviste du Crapouillot. Les Productions de Paris, s.d. (1959), fort in-8° carré, 603 pp, 2 dessins de poilus par Dunoyer de Segonzac en frontispices, très nombreuses photos et cartes dans le texte et hors texte, texte sur 2 colonnes, reliure pleine toile bleue de l'éditeur décorée d'une vignette représentant les cinq médailles de la 1ère Guerre mondiale, bon état

            30

Par Jean Galtier-Boissière soldat pendant 7 ans (classe 11), guerre aux 31e et 405e d'infanterie, fondateur du Crapouillot. Le Crapouillot naquit en août 1915, dans les tranchées, 40 numéros de guerre. Il reparaîtra en avril 1919. Le texte est la version remaniée de celui paru dans les numéros du Crapouillot de mai 1932, août 1932 et janvier 1933 titrés "Histoire de la guerre" et du numéro de mai 1933 titré "Histoire de la paix". Comme l’indiquent les titres de ses parties : « Origines et causes secrètes », « La guerre », « La paix », le traitement du sujet conserve l’approche appréciée par les lecteurs du Crapouillot même s’il adopte un ton plus conventionnel.

261.          GUYOT (Yves). Les Causes et les Conséquences de la Guerre. Deuxième édition corrigée, avec nouvelle préface. P., Félix Alcan, 1916, in-8°, xxv-422 pp, index, broché, bon état

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"Dans son livre substantiel et d'une inspiration si positive et si réaliste, M. Yves Guyot, après avoir montré les causes politiques et diplomatiques, lointaines ou proches, du grand conflit européen, consacre une centaine de pages lumineuses et vivantes à ses causes économiques. « Toute l'organisation économique de l'Allemagne, écrit M. Yves Guyot, a en vue la production sans s'occuper des besoins et du pouvoir d'achat des consommateurs si les consommateurs font défaut, ils sont coupables. Donc, l'Allemagne jettera le surplus de sa production chez les étrangers et si ceux-ci ont la mauvaise grâce de ne pas le recevoir avec enthousiasme, le Kaiser tes menacera de sa colère. » Ainsi la guerre a eu des causes économiques, et l'Allemagne, voyant arriver l'an 1917, époque où expirait son traité de commerce avec la Russie, avait intérêt à battre cet Empire pour lui imposer un autre traité. (...) Il faut écraser le militarisme prussien : voilà la solution politique. Au point de vue économique, il faudra se garder d'entretenir l'esprit de revanche parmi nos ennemis vaincus, car, comme l'écrit M. Yves Guyot. si nous faisons la guerre, c'est pour avoir la paix." (Octave Aubert, L'Ouest-Éclair, 22 août 1916)

262.          MANGIN (Général). Comment finit la guerre. Plon, 1929, pt in-8°, xiii-330 pp, 11 cartes hors texte, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs pointillés, titres dorés, tête rouge (rel. de l'époque), bon état

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"... La Grande Guerre avait montré le rôle que les colonies pouvaient jouer dans la défense de la nation, mais, pour que celles-ci soient, de façon durable, un élément de cette politique, il fallait aller plus loin et, en particulier, faire en sorte que les ressortissants des territoires coloniaux se sentent véritablement concernés. C’est ce que devait exposer le général Mangin dans un ouvrage paru en 1920 et qui avait pour titre “Comment finit la guerre”. Dans ce livre, Mangin développe notamment deux idées principales. D’une part, il souligne la nécessité de considérer l’espace des territoires coloniaux et celui de la métropole comme une seule entité stratégique, dans une perspective qui annonce celle du général de Gaulle vingt ans plus tard. D’autre part, il insiste sur les réformes qu’il convient d’entreprendre si l’on veut que les peuples des territoires coloniaux participent à cette nouvelle conception de la défense nationale." (Bernard Mouralis, L’Afrique dans l’histoire de la France contemporaine : enjeux mémoriels et politiques, 2016)

263.          MIQUEL (Pierre). Poincaré. Fayard, 1961, fort in-12, 636 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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Une biographie de Raymond Poincaré, homme de l'Est, président de la République pendant la Grande Guerre, qui décrit, avec toutes les informations nécessaires, la vie d'un président confronté à ce grand drame national. Mais surtout parce qu'elle analyse le cheminement de cet homme du centre, venu de l'Est, dans les grands problèmes politiques de son temps – l'école, l'affaire Dreyfus, la guerre, la crise de l'après-guerre. Comment rester républicain et libéral dans l'accumulation des épreuves ? Cela fut le problème de Raymond Poincaré. — "Le Poincaré de P. M. n'est pas seulement le personnage conventionnel que l'on a souvent représenté : le Lorrain patriote, l'homme des économies et de la rigueur budgétaire, le gardien des institutions républicaines; il a en même temps un caractère d'exception : deux fois sauveur de la France, en des périodes particulièrement déterminantes pour l'histoire du pays, et ne cessant pourtant de lutter contre le mythe que la presse donnait de lui à l'opinion publique, il apparaît à travers les archives parlementaires, les documents personnels et les témoignages de ses contemporains, les articles de journaux et les caricatures, comme un personnage solide, tenace, sans compromission et en même temps un caractère complexe, secret, difficile à saisir. Faut-il l'ajouter, P. M. lui témoigne une sympathie très admirative." (Revue française de science politique, 1961)

264.          PIERREFEU (Jean de). G.Q.G. Secteur 1. Trois ans au Grand Quartier Général, par le rédacteur du “Communiqué”. Tome 1 : L'Etat-Major de la Victoire. Le crépuscule de Joffre. La tragique aventure de Nivelle. – Tome 2 : Pétain organisateur de la Victoire. Foch et Pétain. P., L'Edition française Illustrée, 1920, 2 vol. in-12, viii-280 et 249 pp, fac-similé d''un communiqué à la presse manuscrit du 11 novembre 1918 signé Pétain, index, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres, tomaisons et fleurons dorés (rel. de l'époque), papier lég. jauni, bon état

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"M. de Pierrefeu rapporte avec la plus entière liberté ce qu'il a observé pendant les trois années qu'il a passées au Grand Quartier Général comme rédacteur du communiqué officiel. Il a un tempérament d'observateur, il écrit agréablement. Il a tenté de rassembler une collection de petits faits exacts et d'en tirer des réflexions d'ordre général. Il a réussi à faire sur la guerre un ouvrage extrêmement vivant dont les deux volumes vous tiennent comme un roman passionnant. Sous le trait piquant, derrière l'anecdote cueillie sur le vif et parfois plaisante, la bonne foi du témoin est indiscutable ; on retrouve la sympathie vraie et fréquemment l'admiration qui l'animaient quand il prenait les notes qui composent ces souvenirs. Aucun sentiment de rancune ni d'ambition déçue. Le tour pittoresque de nombreuses scènes et le mouvement de la vie qu'il sait retrouver en les évoquant n'empêchent pas l'œuvre de conserver un caractère historique. (...) Je ne résiste pas au plaisir de reproduire un dernier extrait qui me fournira une manière de conclusion : « Voilà comment on écrira l'histoire dans cinquante ans, quand, les témoins étant morts, les historiens consciencieux désireux de remonter aux bonnes sources, liront les archives de l'Etat-Major ! Crions-leur tout de suite « Casse-cou ». Mettons-les en garde contre cette vaste entreprise d'atténuation de la vérité que j'ai vu s'accomplir jour à jour, sous mes yeux. Et s'ils n'en tiennent pas compte, ils nous feront douter de l'histoire tout entière. Quand je vois un historien aussi averti que Louis Madelin, consulter gravement les archives officielles, se faire remettre et ouvrir avec un saint respect les archives du G. Q. G. ; bien plus, y croire aveuglément sans essayer de les contrôler, de les critiquer par des témoignages ou, simplement par les comptes rendus des comités secrets qui ont une valeur certaine puisque, le Ministre de la guerre y assistant, la contre-partie existe, je ne peux m'empêcher d'être déçu. Ah ! l'Etat-Major aura eu la chance d'avoir sous la main un historien de grand talent pour soutenir à la face du monde toutes ses thèses. Louis Madelin se console, peut-être, en disant qu'il fait une oeuvre utile à la France. Il se trompe, c'est la vérité seule qui est utile au pays ; quand il verra les mêmes erreurs se reproduire, peut-être regrettera-t-il sa fidélité et son esprit d'obéissance. Il est mauvais qu'un historien ait été mobilisé ; il reste toujours en lui du sous-lieutenant qui obéit à ses chefs « sans observation, ni murmure ». Et M. de Pierrefeu ajoute : Et tous les autres, hélas, à de rares exceptions près, ne sont-ils point pareils ? »." (Aristote Crapet, Revue du Nord, 1921)

265.          RENOUVIN (Pierre). L'Armistice de Rethondes. 11 novembre 1918. Gallimard, 1968, in-8°, 486 pp, 37 photos et fac-similés sur 24 pl. hors texte, chronologie, biblio, index, broché, bon état (Coll. Trente journées qui ont fait la France)

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Quarante ans après sa publication, “L'Armistice de Rethondes” n'a pas pris une ride. Ce chef-d'œuvre reste le meilleur livre sur l'épisode capital qui clôt quatre années de guerre meurtrière et ruineuse. Avec la maîtrise incomparable d'une documentation océanique, Pierre Renouvin restitue d'une plume limpide l'histoire enchevêtrée de ces quelques semaines haletantes. Il en explore les enjeux politiques, stratégiques, diplomatiques, économiques, et fait découvrir les raisons, les contraintes, les arrière-pensées, les bons ou les mauvais calculs qui ont conduit les différents protagonistes à mettre fin à cette guerre, sans issue. Fallait-il conclure l'armistice le 11 novembre ou attendre une ultime offensive alliée ? Fallait-il arrêter les hostilités avant d'entrer en Allemagne ? Comment, d'un côté comme de l'autre, militaires et politiques ont-ils analysé la situation au jour le jour, mais aussi les propositions, ultimatums, rebondissements et volte-face qui allaient déboucher sur la signature de l'armistice ? Comment situer Rethondes par rapport au traité de Versailles ? Telles sont, avec tant et tant d'autres, les questions auxquelles ce livre magistral s'efforce de répondre.

266.          ROMAINS (Jules). Verdun. Flammarion, 1956, in-8°, 363 pp, broché, jaquette illustrée, bon état

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Tout en se rattachant à l'immense fresque des « Hommes de Bonne Volonté », "Prélude à Verdun" et "Verdun", que l'auteur a réuni ici sous le titre général de "Verdun", forment à eux seuls un tout et constituent une saisissante synthèse de l'énorme matière historique qui vit le jour après la guerre 14-18.

267.          ROSMER (A.) et MODIANO. Union sacrée 1914. Spartacus, 1948, in-12, 64 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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"La légende de l’accord unanime du peuple français pour la guerre, en août, est une légende mensongère, mais puissante. L’intérêt, historique et pratique, de l’ouvrage d’Alfred Rosmer sur “Le mouvement ouvrier pendant la guerre” est, d’abord, de faire comprendre comment cette légende s’est établie, pourquoi elle s’est imposée et perpétuée, quel avantage elle procurait aux responsables de la faillite du mouvement ouvrier, à la fois pour maquiller leurs responsabilités d’alors et pour faciliter le recommencement éventuel de la même besogne. En fait, aux premières heures de la guerre, Rosmer le montre clairement, avant la résignation pour les uns et, pour les autres, une acceptation désespérée, il n’y eut guère dans le prolétariat qu’un immense désarroi, un désarroi très opportunément préparé par l’assassinat de Jaurès..." (Marcel Martinet) — "Cette brochure ne prétend pas à l’originalité. Toute la documentation est tirée du livre magnifique d’Alfred Rosmer : “Le mouvement ouvrier pendant la guerre. De l'Union sacrée à Zimmerwald”. Les dimensions de cet ouvrage, qui ne devait pas être plus mince, son prix, qui ne pouvait pas être moins élevé, restreignent malheureusement sa diffusion. Notre seule ambition est de faire connaître à un public aussi large que possible quelques-uns des faits saillants, des documents essentiels, des enseignements principaux qui se dégagent du livre de Rosmer. (...) On avait pu oublier beaucoup de choses. Après la tragédie (sanglante de 1914, l’heure tant attendue du règlement de comptes, contrairement à toute prévision, fut escamotée. En revenant du front, ceux qui y avaient réellement été pensaient peut-être à demander compte à demander comptes à certains de leurs trahisons ou de leurs défaillances. Mais de nouveaux et plus vastes problèmes s’imposèrent à ceux. La révolution mondiale devenue soudain possible, le problème russe, la reconstitution de l’Internationale absorbèrent toute l’activité et toute la pensée des militants ouvriers. On n’avait plus le courage de détruire, après la grande destruction. Mais aujourd’hui… Le moment est venu de se replonger dans l’abominable passé, le moment est venu d’étudier, de comprendre, de dénoncer et de condamner..." (René Modiano)

268.          TRANIN (Edmond). Les Rouliers de la mer (1914-1918). Payot, 1928, in-8°, 223 pp, préface de M. Georges Leygues, ancien président du Conseil, ministre de la Marine, 2 photos dans le texte, une carte et un croquis du gréement d'un voilier sur double page, reliure toile bleue, dos lisse, pièce de titre basane carmin, couv. conservées, bon état (Collection de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

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"Les commandants du Kronprinz Wilhelm, du Moewe ou du légendaire voilier Seeadler, dont les exploits sont narrés, en 1928, par Edmond Tranin dans “Les Rouliers de la mer”, malgré le pavillon honni qu'ils arborent, sont ainsi jugés avec respect par l'auteur qui rappelle que « des deux côtés, des hommes se sont battus sur mer, loyalement »." (J.-B. Bruneau, in Histoire des pirates et des corsaires, CNRS, 2016)

2ème GUERRE MONDIALE

 

269.          ANDREAS-FRIEDRICH (Ruth). A Berlin sous les nazis. Une allemande contre Hitler. Flammarion, 1965, in-8°, 299 pp, traduit de l'allemand, broché, couv. illustrée, bon état

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« Un journal tenu de 1938 à 1945 », tel est le sous-titre que Ruth Andreas Friedrich, journaliste et écrivain, a donné à son livre. Un carnet de bord, tenu par une Allemande opposée au régime nazi, commencé l'année où les synagogues brûlèrent et se terminant en août 1945, peu après l'entrée des Alliés dans Berlin...

270.          ARON (Robert). Les Grands dossiers de l'histoire contemporaine. Perrin, 1962, in-8°, 313 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, cart. éditeur, rhodoïd, bon état

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L'évasion de de Lattre de Tassigny. – Procès et exécution de Pierre Pucheu. – L'assassinat de Georges Mandel. – La tragédie d'Oradour-sur-Glane. – L'occupation des îles Anglo-Normandes. – Le procès Brasillach. – Pierre Laval, sa carrière politique. – Pierre Laval, procès et mort. – Le maréchal Pétain, sa carrière. – Le maréchal Pétain, procès et condamnation. – Les origines de la rebellion algérienne.

271.          BARADUC (Jacques). Pierre Laval devant la mort. 15 octobre 1945. Plon, 1970, in-8°, 246 pp, préface de Jean Jardin, une photo de Laval et de son avocat Maître Baraduc et 8 pl. hors texte de documents en fac-similé, broché, bon état

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Les notes, prises au jour le jour, par l'avocat de Laval, depuis sa première rencontre avec celui-ci, jusqu'à son exécution, le 15 octobre 1945. — Avec ses confrères Albert Naud et Yves-Frédéric Jaffré, Jacques Baraduc est commis d'office pour plaider la défense de Pierre Laval lors de son procès devant la Haute Cour de Justice en août 1945. Il a par la suite publié plusieurs ouvrages : “Dans la cellule de Pierre Laval” (1948), “Tout ce qu'on vous a caché. Les Archives secrètes du Reich” (1949), préfacé par la fille de Pierre Laval, Josée Laval de Chambrun, et enfin “Pierre Laval devant la mort” (1970).

272.          BARTHE (Edouard). La Ténébreuse affaire du "Massilia" : Une page d'histoire (18 Juin 1940-Octobre 1940). P., Imp. Paul Dupont, 1945, in-8°, 47 pp, broché, bon état

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"Edouard Barthe, député socialiste de l'Hérault, est le questeur de la Chambre depuis 1924. A partir de notes prises heure par heure durant les journées des 19-20 juin et des 9-10 juillet 1940, le parlementaire entend "servir la vérité", considérant avoir été "déshonoré devant l'opinion" (Introd.) lors de l'affaire du Massilia. Rendant compte des tractations et réunions initiées par des proches de Pierre Laval et du maréchal Pétain, il prend résolument parti pour les députés qui souhaitent rejoindre l'Afrique du Nord et dénonce la campagne fomentée à l'encontre des parlementaires exilés dans le but unique de faciliter les négociations d'armistice et la prise du pouvoir à Vichy en juillet 1940." (Françoise Passera, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 1939-1945)

273.          BEEVOR (Antony). Stalingrad. Editions de Fallois, 1999, in-8°, 443 pp, 31 photos sur 16 pl. hors texte, 6 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Un tableau complet de l'affrontement qui changea les donnes de la Seconde Guerre mondiale, la bataille de Stalingrad (hiver 1942-43), basé sur les archives soviétiques, celles de la Wehrmacht et des témoignages de survivants allemands. — "Stalingrad est sans doute le tournant capital de la Seconde Guerre mondiale. Sa chute aurait livré à Hitler les pétroles du Caucase. Et quel symbole que de prendre la ville qui portait le nom du "petit père des peuples"... De ces enjeux résulta un des plus gigantesques – et des plus atroces – affrontements militaires de l'Histoire. La Wehrmacht en ressortit brisée, l'Armée rouge y forgea la légende d'un communisme libérateur. Pour conter cette épopée, où l'héroïsme et la barbarie se côtoient à chaque page, l'historien britannique Antony Beevor a pu accéder, le premier, aux archives soviétiques, jalousement tenues secrètes jusqu'à la chute du régime, qu'il a confrontées aux archives allemandes ainsi qu'à d'innombrables témoignages. Opérations militaires, relations entre les hauts gradés et le pouvoir politique, souffrances quotidiennes des combattants des deux bords et des civils : à tous les niveaux, ce récit rigoureux et inspiré apporte des révélations et des éclairages nouveaux. Il nous fait revivre au jour le jour une bataille où se joua le sort du monde. On sort de ce bilan magistral abasourdi par l'ampleur et l'horreur des destructions humaines... mais aussi par le temps qu'il a fallu à l'Histoire pour qu'elle reprenne, sur un tel sujet, ses droits. Voilà qui est fait." (Pierre Daix, Le Figaro littéraire)

274.          BEHR (Edward). Hiro-Hito. L'empereur ambigu. Laffont, 1989, gr. in-8°, 526 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, 2 cartes, un plan, 2 tableaux généalogiques, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"La qualité des ouvrages disponibles en langue française sur le Japon n'est pas telle que l'on puisse aisément se passer de cette biographie de l'empereur Hiro-Hito. C'est un travail de journaliste, qui n'hésite pas devant l'anecdote et le sentiment. Mais de journaliste sérieux : cette biographie met à profit de bonnes sources historiques, surtout d'origine américaine. E.B. met en évidence de façon irréfutable les responsabilités de Hiro-Hito dans la politique militariste du Japon, mais décrit de façon nuancée et vivante sa personnalité et celle de ses proches. Derrière le personnage de l'empereur, il brosse une bonne fresque du Japon au XXe siècle." (Revue française de science politique, 1989)

275.          BOLDT (Gerhard). La Fin de Hitler. P., Corrêa, 1949, in-12, 172 pp, traduit de l'allemand, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

276.          Le même, broché, couv. salie, pt morceau de scotch au bas du dos, bon état

            18

L'auteur, capitaine de cavalerie, a vécu les derniers mois de la guerre dans l'entourage direct d'Hitler. Il a connu l'effondrement du front oriental, la bataille de Berlin et la fin de ses défenseurs. Il réusit à s'enfuir de Berlin peu de temps avant l'entrée des Russes dans l'abri du Führer. — "Il était là, Gerhard Boldt, aux derniers instants du Gotterdammerung. Il a assisté heure par heure à l'agonie du Grand Reich, aux progrès de la folie sanguinaire dans le cerveau de celui qui fut son maître, à cette fin de bête acculée, terrée dans une caverne close comme aux premiers jours du monde Officier d'ordonnance du général Guderian, le capitaine Boldt avait reçu l'ordre de suivre Hitler dans l'abri bétonné de le Chancellerie, et d'y mourir avec lui. II ne discuta pas. Mais il a survécu. Alors, il témoigne. Une sorte de présence hallucinante se dégage de ce récit tout simple, plus poignant d'être écrit par un soldat qui, dans son langage précis, rend compte. «Je n'ai pas le don des mots, mais je dis la vérité ». Et c'est ainsi que le lecteur imagine Mme Goebbels escaladant les escaliers comme si elle n'avait pas un souci au monde, Hanna Reisch recevant du poison des mains de Hitler avec un sourire de gratitude, et tous ceux dont la soif de puissance fit trembler le monde vivant leurs derniers instants chacun selon son caractère. “La Fin de Hitler” est le seul document authentique écrit par un témoin."

277.          BORIS (Jean-Mathieu). Combattant de la France Libre. Perrin, 2012, in-8°, 219 pp, préface de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, broché, couv. illustrée, bon état

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« Jean-Mathieu Boris est l'un des héros de l'épopée militaire de cette France Libre hétérogène, mais unie par une passion qui en a fait la plus grande aventure collective française du XXe siècle. » (Jean-Louis Crémieux-Brilhac) — Au mois de juin 1940, alors que le sort de la France semble avoir définitivement basculé, quelques hommes refusent de baisser les armes face à l'hydre nazie et la compromission de Pétain. Cette poignée d'hommes va constituer la France Libre. Jean-Mathieu Boris est l'un d'eux. A 19 ans, il rejoint Londres où le général de Gaulle vient de créer les Free French Forces. Devenu aspirant puis sous-lieutenant d'artillerie, il est de tous les combats d'Afrique du Nord au sein de la 1re division française libre du général Koenig, notamment ceux de Bir Hakeim et d'El-Alamein. Après le débarquement allié au Maroc, il participe à la création du 1er commando de France et prend le commandement d'un peloton qui combattra dans les Vosges et en Allemagne, où son courage sera toujours salué. Par ce témoignage vivant et sensible, souvent bouleversant et toujours poignant, Jean-Mathieu Boris montre toute l'humanité de ces combattants passionnés animés par l'amour inconditionnel de la France et de la liberté. — Jean-Mathieu Boris (1921-2017) fut l'un des derniers grands témoins de la France Libre et de la bataille de Bir Hakeim. Commandeur de la Légion d'honneur, décoré à maintes reprises (4 croix de guerre, croix du combattant volontaire de la résistance, croix du combattant...), il raconte pour la première fois son histoire. — Les mémoires d'un Français Libre qui, de 1940 à 1945 et de l'Afrique du Nord à l'Allemagne, combattra pour la liberté et l'honneur. Un récit "éclatant, empoignant, élevant" (Alain Duhamel, Le Point).

278.          BRAUN (Sam). Personne ne m'aurait cru, alors je me suis tu. Entretien avec Stéphane Guinoiseau. France Loisirs, 2009, in-8°, 323 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Sam Braun avait 16 ans quand il fut arrêté avec ses parents et sa petite soeur par des miliciens français à Clermont-Ferrand. Leur crime ? Ils étaient juifs dans la France occupée par les nazis. Ils seront conduits à Drancy, puis déportés à Auschwitz. Sam reviendra seul. Plus de 60 ans plus tard, après s'être longtemps tu, Sam Braun répond avec simplicité et intelligence aux questions précises d'un professeur de lettres, devenu son ami. Un récit d'une densité extraordinaire qui raconte avec précision et sincérité l'expérience des camps et le difficile retour à la parole...

279.          BRET (Paul-Louis). Au feu des événements. Mémoires d'un journaliste. Londres-Alger, 1929-1944. Plon, 1959, in-8°, 443 pp, broché, pt morceaux de scotch en coins, bon état

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En 1940, Paul-Louis Bret prit avec Pierre Bourdan la direction du bureau Havas de Londres, qui devint l'Agence Française Indépendante (AFI). — "Chef d'Havas-Londres pendant plus de dix ans, l'auteur donne ici un témoignage intéressant à plus d'un titre : d'abord pour la connaissance du rôle que jouèrent les correspondants d'Havas-Information dans les grandes capitales, au cours des années qui précédèrent la deuxième guerre mondiale : ensuite à cause des événements eux-mêmes (de l'approche de l'agression hitlérienne à la prise du pouvoir du général de Gaulle, en passant par Londres et Alger." (Revue française de science politique, 1960)

280.          CALIC (Edouard). Himmler et son empire. Stock, 1966, fort in-8°, 682 pp, 16 pl. de photos hors texte, un plan, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Les principes et les méthodes de la terreur en régime nazi nous semblent maintenant bien connus par deux sortes d'ouvrages : les souvenirs des persécutés, bouleversants mais surtout descriptifs, et quelques études scientifiques malheureusement trop rares. L'ambition d'Edouard Calic a été de combiner les deux genres. Journaliste yougoslave à Berlin, il fut arrêté en 1942 et passa le reste de la guerre à Sachsenhausen. C'est donc d'abord le témoignage d'un rescapé des camps de concentration qui nous est offert. Mais ce camp servait de centrale administrative, et les prisonniers pouvaient y savoir beaucoup de choses, soit en compulsant les archives, soit en bavardant avec des compagnons de malheur venus de toute l'Europe. Rendu à la liberté, E. Calic a cherché à combiner ses souvenirs avec d'abondantes lectures pour faire œuvre vraiment scientifique. Une grande partie du livre est consacrée aux enquêtes que l'auteur, retournant courageusement les relations entre prisonnier et persécuteur, a voulu conduire en policier perspicace sur les sources plus ou moins occultes du pouvoir d'Himmler, ses machinations en Allemagne et à l'étranger... Mais l'apport du livre est ailleurs, dans la minutieuse description de la bureaucratie, des finances, de l'industrie... bref de l'État S.S., à peu près autonome et autarcique au sein du grand Reich. On a souvent remarqué que le nazisme avait mis les techniques les plus modernes – la radio, le moteur, l'organisation du travail – au service d'un idéal fondamentalement réactionnaire et anti-moderne. Les S.S. poussent cette contradiction jusqu'au paroxysme : ils imaginent et commencent même à bâtir une société de seigneurs et d'esclaves sur le modèle d'un Moyen Age de convention, mais cette mythologie agraire ne prend corps que par l'industrialisation du travail forcé et de la mort même ; le culte de l'irrationnel se célèbre dans la paperasse..." (Pierre Ayçoberry, Annales ESC, 1969)

281.          CATHALA (Jean). Sans fleur ni fusil. Albin Michel, 1981, gr. in-8°, 403 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Jean Cathala de Tallin au Kremlin : Mémoires d'un vacciné. — En juin 1940, au moment où la France est envahie par les forces de la Wehrmacht, Jean Cathala assiste à une autre occupation, qui a peu retenu l'attention, mais inaugure le sort réserve à la moitié de l'Europe : l'annexion des États baltes. L'existence de l'auteur de ce livre se poursuit alors sous le signe de l'exceptionnel : transféré d'un camp à l'autre sur le territoire russe, confronté aux souffrances physiques, Jean Cathala découvre, tout au long de ses pérégrinations, un peuple broyé par les terribles épreuves de la guerre. Il réussit enfin à prendre contact avec la France Libre, dont il deviendra membre de la délégation diplomatique en URSS. Cet autre aspect du récit de Jean Cathala n'est pas le moins passionnant : les révélations abondent sur ce milieu, très peu connu, des Français qui poursuivent la guerre du côté russe, sur Maurice Thorez et les exilés du Parti communiste français, sur le régime lui-même, le Goulag dont il comprend qu'il n'est pas l'envers d'une société, mais qu'il s'inscrit dans la logique de cette société. Jean Cathala est le témoin d'événements politiques aussi considérables que la rencontre entre de Gaulle et Staline, ici décrits "sur le vif", dans l'affrontement d'une négociation dramatique où fut scellé le destin de la Pologne, et la signature des accords de décembre 1944 entre la France et l'Union soviétique. Sans fleur ni fusil : un itinéraire unique à travers l'apocalypse de la Seconde Guerre mondiale. — Jean Cathala est né en 1905. En poste à l'étranger depuis 1927 : Tchécoslovaquie, Estonie, et URSS à partir de 1940. A été, au fil des événements, professeur de lettres, correspondant du Temps, attaché de presse, chômeur, déporté en Russie d'Europe et d'Asie, diplomate de la France Libre et de la IVe République, journaliste communiste, traducteur de Soljénitsyne, de Cholokhov, d'Eisenstein, de Dombrovski, d'Alexis Tolstoï, d'Edouard Kouznetsov, et auteur de travaux sur les rapports de la littérature et du pouvoir en URSS. Rentre à Paris en 1973, immunisé par trente-trois ans d'expérience soviétique partagée avec Lucia Cathala.

282.          CHÉZAL (Maréchal des Logis Guy de). En auto-mitrailleuse. A travers les batailles de mai 1940. Plon, 1941, in-12, 241 pp, avant-propos de Marcel Berger, une carte et un croquis, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Montyon 1942 de l'Académie française)

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L'épopée héroïque d'une AMD (auto-mitrailleuse de découverte) Panhard 178 durant la campagne de mai 1940... De Dunkerque à Rosendale en Hollande jusqu'à Charleroi en Belgique pour terminer dans le nord de la France, toujours à la recherche du renseignement sur l'ennemi dans un fouillis inextricable d'unités désemparées, de réfugiés de toutes nationalités... De l'audace, de l'intelligence, du mordant... — L'auto-mitrailleuse Panhard était en 1940 un des engins les plus réussis de l'armée française. D'une stabilité parfaite en tous terrains, elle était capable, sur route, grâce à son puissant moteur, fignolé dans les usines d'Ivry, d'atteindre 100 km à l'heure. Elle devait à sa mobilité d'échapper aux obus des chars, à ses huit tonnes d'acier comme à ses périscopes d'être invulnérable aux balles. Du 10 au 24 mai 1940, “La Drôlesse” franchit des centaines de kilomètres sous le couvert de la nuit, se faufile entre les colonnes allemandes, assure seule la défense d'un pont de l'Oise, pénètre dans la poche de Dunkerque et en ressort, massacre les fantassins qu'elle rencontre, échappe aux Panzers et aux bombes des Stukas, se dérobe, repart de plus belle, meurt enfin dans une forêt de Picardie, toutes missions accomplies, en laissant ses quatre occupants sains, saufs et libres. Le récit de cette chevauchée héroïque, dicté par Guy de Chézal dans le feu de l'action, est le document le plus vrai, le témoignage le plus passionnant que l'on possède sur les batailles de mai 1940.

283.          CLARK (Alan). La Guerre à l'Est, 1941-1945. Laffont, 1966, gr. in-8°, 531 pp, traduit de l'anglais, 24 pl. de photos hors texte, cartes, broché, couv. illustrée à rabats, pt morceaux de scotch en haut et en bas du dos, bon état

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"L'ouvrage d'Alan Clark est d'une lecture attrayante, passionnante même et d'une présentation parfaite : croquis simples et clairs, schémas explicatifs, photographies bien choisies. Mais, à la vérité, ce n'est pas une « histoire totale du plus gigantesque affrontement de l'histoire ». Certaines phases du conflit germano-russe sont incomplètement traitées ou ignorées. Cependant, il convient de reconnaître que Clark éclaire singulièrement le comportement de Hitler vis-à-vis du Haut Commandement allemand, les raisons de ses attitudes parfois contradictoires, le role joué par ses seconds..." (Colonel Costantini, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1967)

284.          CLOSSET (René). Franz Stock, aumônier de l'enfer. Le Sarment-Fayard, 1995, in-8°, 301 pp, 4 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Né en 1904, en Westphalie, Franz Stock est ordonné prêtre et devient aumônier de la paroisse allemande de Paris. Appelé auprès des prisonniers arrêtés par la Gestapo, il sera chargé, la guerre finie, de former des séminaristes allemands. — "Je revois cet homme encore jeune, au clair et pénétrant regard, entrer dans nos cellules pour nous confesser et nous donner la Sainte Communion", dira plus tard l'un des prisonniers. "Certes, il évitait de critiquer le régime dont nous étions victimes, mais nous le sentions attentif à nos misères, compatissant à nos peines et à celles de notre patrie. De lui émanait une extraordinaire distinction, reflet d'une âme surnaturelle. Il était avant tout prêtre : Jésus-Christ vivait en lui. Je n'ai jamais relevé un mot de lui qui ait pu heurter l'âme la plus délicate. Nous devinions le martyre qu'endurait cet homme en constatant tous les jours l'atrocité du régime païen qui opprimait son peuple, comme toute l'Europe alors asservie. C'est lui qui accompagnait au Mont Valérien les condamnés à mort." Nommé aumônier des prisons parisiennes tenues par la Gestapo pendant la guerre, le jeune abbé Franz Stock se dépense sans compter. On lira dans son journal son souci du salut de toutes les âmes, son émerveillement devant celles qui s'ouvraient à Dieu, son humiliation de sujet allemand, son dégoût devant tant de cruauté, son émotion de prêtre devant ceux qui offraient leur vie. La guerre finie, rappelant que "le Christ sera toujours prisonnier quelque part dans le monde", l'abbé Stock sent que son rôle est de rester auprès de ses concitoyens en détention et se constitue prisonnier volontaire. Peu après, les autorités ecclésiastiques françaises lui confient la formation des séminaristes allemands en détention. Durant deux ans, Franz Stock dirigea le Séminaire des barbelés, faisant régner parmi les 950 séminaristes, prêtres, frères et enseignants, une atmosphère exceptionnelle. "L'archange des prisons" ou "l'aumônier de l'enfer" reste encore aujourd'hui, ainsi que Jean XXIII l'a nommé, l' "apôtre de la paix".

285.          Collectif. Les Françaises à Ravensbrück. Par l'Amicale de Ravensbrück et l'Association des Déportées et Internées de la Résistance. Gallimard, 1966, in-8°, 350 pp, 15 pl. de photos hors texte, un plan du camp hors texte, lexique, liste des convois et liste des témoins in fine, broché, couv. à rabats, bon état

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Cet ouvrage exceptionnel est le témoignage collectif qui réunit pour la première fois les signatures d'anciennes déportées de toutes tendances. Il présente une documentation et un ensemble de témoignages sans précédent qui donnent une vision aussi complète et exacte que possible de la déportation des femmes. Si les faits sont déjà bouleversants par eux-mêmes, la manière dont ils sont perçus et ressentis par celles qui les ont vécus frappe encore davantage. Les anciennes déportées du comité de rédaction ont uni leurs propres souvenirs à ceux d'un grand nombre de leurs camarades, et c'est la voix multiple de la foule anonyme des déportées qui semble se faire entendre. Les quatorze chapitres restent anonymes, chacun est rédigé par un ou deux des membres du comité de rédaction. Édifié vingt ans après la Libération, l'ouvrage situe Ravensbrück dans son contexte historique. Il évoque en même temps la naissance de la Résistance des femmes et celle du camp qui devait les détruire. Le lecteur, qui pénètre dans la vie quotidienne du camp, assiste au choc brutal des premières découvertes. Les aspects les plus tragiques ne sont pas dissimulés : les punitions spéciales, les sélections, le martyre des enfants. Après de telles épreuves, la réadaptation à une vie normale a été, pour beaucoup, un véritable drame. Les déportées ont voulu conclure également sur un dernier témoignage d'union et de solidarité. Dans une réflexion commune, elles dégagent les valeurs qui les unissent encore malgré leurs différences : les épreuves de Ravensbrück ont créé entre elles des liens indestructibles.

286.          COOKRIDGE (E. H.). Mettez l'Europe à feu. Organisation et action du S.O.E. en Europe occidentale, 1940-1945. Fayard, 1968, in-8°, xi-559 pp, traduit de l'anglais, 66 photos sur 16 pl. hors texte, broché, couv. à rabats lég. défraîchie, bon état

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Traduction d'un ouvrage sur les activités en Europe occupée des agents anglais et des résistants travaillant en coopération avec eux. — "Le 19 juillet 1940, après la chute de la France, Winston Churchill crée le S.O.E. (Spécial Opérations Executive), service chargé d'organiser la subversion, le sabotage et l'espionnage au cœur de l'Europe occupée. C'est l'histoire de cette organisation secrète, menée à quelques exceptions près par des amateurs, que E.H. C. a entrepris de relater. Il fallut de nombreuses années de recherches et la levée de l'interdit officiel pour que les faits, les lieux, les noms, les dates soient divulgués et que l'histoire se révèle plus stupéfiante que la fiction. Ce volume de près de six cents pages, écrit par un des membres du S.O.E. avec un rare talent et une émouvante sobriété, apporte des éléments inédits et de grand intérêt aux annales de la deuxième guerre mondiale et ne pourra être ignoré des spécialistes de cette période." (Revue française de science politique, 1967) — "En 1940, après la défaite française, Sir Winston Churchill crée le S.O.E. (Spécial Opération Executive), réseau clandestin anglais chargé de combattre l'ennemi sur le soi de l'Europe occupée. L'activité principale de cet organisme est le sabotage et la désorganisation des services allemands dans les pays envahis. A peu d'exceptions près, les hommes qui formaient le S.O.E. étaient de simples civils. Peu considérés par le War Office et par les professionnels de l'Intelligence Service, ils parachutèrent leurs premiers agents - tous volontaires - ou les firent débarquer de l'autre côté de la Manche et de la Mer du Nord de nuit par des sous-marins ou des barques à moteur. Ces agents secrets, hommes ou femmes, rejoignirent les groupes de résistants, créèrent des unités, leur fournirent des armes parachutées clandestinement et contribuèrent ainsi pour une part importante à la libération de l'Europe. Le livre de E.H. Cookridge a pour but de présenter pour la première fois un exposé complet de l'activité du S.O.E. et de la coopération que ses agents établirent avec leurs camarades de la Résistance."

287.          COSTELLO (John). Les dix jours qui ont sauvé l'Occident. Olivier Orban, 1991, fort gr. in-8°, 650 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Les tentatives de négociation de paix avec l'Angleterre menées par l'Allemagne du 10 mai au 4 septembre 1940. — Vendredi 10 mai 1940 : Hitler envahit la Belgique et la Hollande, Churchill et Reynaud entrent en scène. Ainsi commence le premier des dix jours qui, tout au long de cet été précoce, vont déterminer le sort de la Seconde Guerre mondiale et conduire la mystérieuse mission de Rudolph Hess en Écosse, exactement un an plus tard. John Costello a passé quatre ans à fouiller les archives, publiques ou secrètes, des belligérants, à interroger les témoins et à reconstituer les tournants cruciaux du conflit. Premier historien à avoir eu accès aux archives du KGB, il révèle les complots des uns, les chimères des autres, les manigances des chancelleries. En dix étapes s'écrit la nouvelle histoire de l'Occident en guerre : – Quel rôle joue ce mystérieux espion arrêté le 20 mai à l'ambassade américaine, au moment où les panzers foncent vers la Manche ? – Pourquoi Hitler arrête-t-il ses chars devant Dunkerque, alors que les alliés d'hier se déchirent ? – Quel est le sens de l'Opération Dynamo et des avances en direction de Mussolini ? – L'affaire de Mers-EI-Kébir est-elle une tragique erreur ou un choix délibéré de Churchill ? – Enfin, pourquoi Churchill voulait-il arracher à toutes forces des navires de guerre à Roosevelt ? Et quel était le rôle exact de Staline dans cette histoire ? – John Costello, auteur d'une “Guerre du Pacifique” qui fait autorité, répond à ces questions et dévoile les véritables enjeux de ce terrible été.

288.          DORMANDI (Laszlo) et Jacques LORRAINE. Notre temps. Histoire du Monde, 1930-1947. Editions de Notre Temps, 1947, gr. in-8°, 304 pp, préface de Vercors, 800 photos d'actualités, broché, dos lég. abîmé avec pt mque, fragile jaquette illustrée conservée (sauf le dos), état correct

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"Le plus formidable reportage photographique de l'histoire." — Recueil d'environ 800 photographies sur l'entre-deux-guerres et la seconde guerre mondiale.

289.          DREYFUS (François-Georges). Le patriotisme des Français sous l'Occupation. Dossier établi par François-Georges Dreyfus. Editions de Paris, 2000, in-8°, 357 pp, 2 cartes, biblio, glossaire, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état

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Cet ouvrage est issu d'une suggestion du club Témoin, fondé par des anciens résistants qui, revenus de déportation, sont restés, après la guerre, fidèles à leur engagement. Depuis quelques années une certaine historiographie américaine met en doute le patriotisme des Français pendant l'Occupation. Or, la France occupée a tenu dans le combat contre le totalitarisme nazi un rôle considérable qui aurait pu être encore plus déterminant si les Alliés avaient intégré dans leurs calculs stratégiques les forces vives de la nation. Les lecteurs en jugeront à la lecture de cette œuvre collective à laquelle ont collaboré des témoins éminents : Aimé Aubert, Chantal Benoist-Lucy, Albert Chambon, le général Compagnon, Alain Griotteray, le général de Lauzières, Jean Mialet, les colonels Paillole et Souyris-Rolland, Henri Yrissou, des historiens et des universitaires : Isabel Boussard, Gérard Cholvy, François-Georges Dreyfus, Jean-Paul Le Flem, Gérard Le Marec, Émile Poulat.

290.          DULLES (Allen W.). L'Allemagne souterraine. Genève-Paris, Editions des Trois Collines, 1947, in-8°, 267 pp, index, broché, couv. à rabats, pt mque au dos, scotch en haut et en bas du dos, bon état

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Histoire des Allemands qui, de 1938 à 1944, tentèrent en vain de renverser le régime nazi, par le chef du Service secret américain, l'O.S.S., à Berne (Suisse) de 1942 à 1944. Le rapport direct et précis de Allen W. Dulles est un document de première importance pour celui veut connaître les dessous de l'expérience hitlérienne. — "Avec l'« Allemagne souterraine », lit-on dans la presse américaine. Allen W. Dulles a écrit un livre dramatique, parfois ahurissant, toujours du plus vif intérêt... M. Dulles sait de quoi il parle. De novembre 1942 à octobre 1945, il dirigea le fameux Bureau des services stratégiques ou O.S.S. sur le continent européen. Dans l'espace d'un an, il établit un réseau efficace d'information politique dont les ramifications s'étendaient Jusqu 'en Allemagne, en Yougoslavie, en Tchécoslovaquie, en Bulgarie, en Hongrie, en Espagne, en Pologne et qui couvrait entièrement la France, l'Italie et l'Autriche... S'il est encore des gens qui doutent de l'existence d'un puissant mouvement clandestin en Allemagne même à l'apogée de la puissance hitlérienne, voici un livre qui fera autorité et qui dissipera ces doutes." (Feuille d'Avis de Neuchâtel, 29 janvier 1948)

291.          DUMONT (Jean). Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale et de ses origines. Historama, 1971, 2 vol. in-12, 251 et 252 pp, 31 pl. de photos et une carte hors texte, reliures skivertex noir décorées de l'éditeur, gardes illustrées, bon état. Edition hors commerce réservée aux amis d'Historama

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292.          EHRENBOURG (Ilya). La Nuit tombe. Gallimard, 1966, in-8°, 366 pp, traduit du russe par Vladimir Volkoff, 15 photos sur 8 pl. hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, qqs annotations crayon, état correct (Coll. L'Air du Temps)

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Dans “La Nuit tombe”, son nouveau volume de souvenirs, Ilya Ehrenbourg raconte le crépuscule menaçant que furent, pour le monde entier, les années 30 de ce siècle. En France, c'est le Front Populaire, les jours sombres de février 36, la révolution imminente. En Espagne, c'est une lutte sans merci à laquelle Ehrenbourg prend part de bout en bout, comme correspondant des Izvestia. Puis en France de nouveau, c'est la drôle de guerre, la débandade des gouvernements et des ambassades, l'entrée des Allemands à Paris. En Russie, c'est la terreur stalinienne qui s'appesantit, les hommes qui disparaissent tous les jours, le silence et l'épouvante qui s'installent. Avec son style tranchant et coloré de grand journaliste, Ehrenbourg raconte ce qu'il a vu – et il a presque tout vu – de cette époque déjà historique et pourtant si proche encore de la nôtre. Gide, Malraux, Hemingway, Companys, Machado ont été ses amis. Il les évoque parmi cent autres personnages célèbres, défunts ou vivants, qu'il traite tantôt avec toute l'affection du compagnon d'armes, tantôt avec la causticité piquante de l'homme de lettres.

293.          FÉNELON (Fania). Sursis pour l'orchestre. Témoignage recueilli par Marcelle Routier. Stock, 1976, in-8°, 397 pp, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Au camp d'Auschwitz, il y avait un orchestre de femmes dirigé par Alma Rose, la nièce de Gustav Mahler. Fania Fenelon a fait partie de cet orchestre ; elle en est une des rares survivantes. C'est cette histoire, un des épisodes les plus étranges de l'Holocauste, qu'elle évoque dans ce livre : qu'on imagine le sinistre Docteur Mengele veillant entre deux expériences à ce que l'orchestre accueille en musique les trains acheminant un nouveau convoi de déportés ; ou le commandant du camp pleurant en écoutant la Rêverie de Schuman après avoir envoyé encore un contingent de prisonniers vers les chambres à gaz. Pour faire revivre ce cauchemar, Fania Fenelon a su trouver le ton qu'il fallait : une force sobre qui n'exclut pas une infinie compassion pour ses compagnes d'infortune, un humour aussi qui sans doute lui a permis de survivre.

294.          FOUCAUCOURT (Henri de). Naissance du mythe gaulliste. Chiré en Montreuil, Editions de Chiré, 1984, in-8°, 420 pp, 20 photos et 2 pp. de fac-similés sur 16 pl. hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale

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Henri de Foucaucourt né en 1905, sort de Saint-Cyr en 1925. En Syrie, il commande des partisans druzes, le hasard d'un diner à Beyrouth avec le commandant De Gaulle sera à l'origine de ces pages... L'armistice le trouve dans le Sud Tunisien. En congé de l'armée, ouvrier à Constantine, il participe à la formation de l'Armée de la Revanche. Après le débarquement américain au Maroc et en Algérie en 1942, il rejoint notre armée d'A.F.N., qui pauvrement équipée, va bloquer les chars allemands rapidement parvenus en Tunisie. En Italie, cavalier à 4 galons, il obtient le commandement d'une simple compagnie fer de lance du 8e Tirailleurs Marocains, seule unité qui cassera la position allemande incluant Cassino et couvrant Rome. La France le verra en de rudes actions à la tête d'un groupe de Commandos parachutistes. Il démissionne en 1947, exerce 11 métiers allant de la banque à des reportages en Amérique du Sud (correspondant du Monde et du Correo de Manha argentin) et de la fabrication d'usines en Algérie à celle de chaussures en France. Enfin, ce sont les premières années de liberté : sept années consacrées aux Eskimos du Grand Nord Canadien et aux populations souffrantes du Sahel Sénégalais. Aujourd'hui il vous apporte des témoignages sur le grand homme d'Etat et sa fallacieuse légende.

295.          GARDER (Michel). La Guerre secrète des services spéciaux français (1935-1945). Plon, 1967, in-8°, 520 pp, cart. éditeur, sans la jaquette, bon état

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L'auteur est un ancien officier de Renseignement, ayant participé lui-même, au sein du Contre Espionnage Offensif (T.R.), à cette "guerre secrète" de 1940 à 1943, qui a connu personnellement la plupart des officiers de l'ancien S.R. français. "La partie la plus nouvelle est celle qui traite de l'action clandestine des services de renseignements et du contre-espionnage entre 1940 et 1942." (Revue française de science politique, 1967) — "Ce livre est à la fois un récit et un témoignage : récit, parce que l'auteur raconte effectivement la vie et l'action des services spéciaux chargés de fournir aux autorités militaires les renseignements susceptibles de les éclairer, mais aussi témoignage, car, bien qu'il ne précise pas quelles y ont été ses fonctions, il a de toute évidence appartenu à ces services. Cette circonstance présente des avantages, visibles surtout dans la première partie du livre, celle qui expose l'activité des services spéciaux jusqu'en 1940. L'auteur prend bien soin d'expliquer en quoi consistent ces services. Essentiellement militaires par leur organisation comme par leur orientation, ils se chargent à la fois de se procurer, aussi bien et peut-être même davantage en temps de paix qu'en temps de guerre, tous les renseignements possibles sur les armées des autres puissances, et en même temps d'empêcher leurs rivaux – « la maison d'en face » – d'obtenir les mêmes renseignements sur l'armée française. C'est pourquoi ils sont a la fois « défensifs » et « offensifs » et se considèrent comme en état de guerre permanent. Ils n'exploitent d'ailleurs pas les renseignements qu'ils se procurent ; ils se contentent de les analyser, d'en faire la critique et de les transmettre à ceux qui les utiliseront de la manière qui conviendra le mieux à leur « idée de manoeuvre » : c'est alors un autre aspect du travail d'état-major, différent de la recherche du renseignement. Les services spéciaux se contentent de suivre l'évolution de l'armée adverse, la composition des unités, leurs déplacements, les modifications du commandement, etc... Leur satisfaction est totale lorsqu'ils ont dressé un ordre de bataille exact et précis, dont on pourra peut-être déduire les intentions de l'adversaire. C'est ce qu'ils ont fait avec beaucoup de bonheur, semble-t-il, de 1935 à 1940, et l'auteur nous montre bien de quelle manière, en démontant les rouages de cette organisation et en indiquant, tout en leur laissant naturellement l'anonymat, quelques-unes de ses sources. II apparaît qu'à cette époque le Service de renseignements français se relevait d'une longue période de médiocrité et obtenait, sous l'impulsion de son chef, le colonel Rivet, des résultats brillants. II suivait avec une attention toute particulière l'activité de la Wehrmacht et il a pu ainsi prévoir la remilitarisation de la Rhénanie, l'Anschluss, l'action contre la Tchécoslovaquie, puis contre la Pologne. En avril 1940, il avait signalé la possibilité d'une attaque allemande sur les Ardennes et il avait constaté que l'Abwehr s'intéressait avec insistance à toutes les particularités d'une zone comprise entre Sedan et Dunkerque. (...) Pour la periode 1940-1945, le livre prend un autre ton. Dans cette période trouble, les officiers du Service de renseignements sont désorientés et il est significatif de constater leur satisfaction lorsque, dans l'hiver 1944-1945, ils retrouvent, avec l'armée de Lattre, l'organisation familière, les « schémas classiques », le « travail orthodoxe », avec un « deuxième Bureau digne de ce nom ». Auparavant, ce sont les années sombres et le ton est de plus en plus celui d'un témoignage ou l'auteur est personnellement engagé. II y affirme que le Service de renseignements est toujours demeuré antiallemand. Pour lui, « la guerre continue », et il n'a qu'une hâte, se reconstituer clandestinement et recommencer à récolter des renseignements. Mais à l'intention de qui ? Laval, Darlan, Hunziger sont suspects. De Gaule, il n'en est pas question. Quelques renseignements passent aux Anglais, mais on a bien l'impression qu'il s'agit, au total, d'une activité stérile. Le système fonctionne bien, mais il ne sert a rien. A quoi bon être renseigné sur l'armée allemande, si ce n'est pour en faire profiter ceux qui se battent contre elle ? Ce n'est plus qu'un jeu d'esprit, sans application pratique. Et l'arrivée des Alliés, puis de de Gaule en Afrique du Nord n'arrange pas les affaires, loin de là. Le Service de renseignements est giraudiste, comme peuvent l'être les milieux de l'armée active : le colonel Rivet ne voit rien d'autre entre Giraud et de Gaulle que des « querelles de mots », des rivalités personnelles qui doivent céder le pas à l'action contre l'ennemi commun. II est cependant entraîné dans un conflit qui se traduit, à son niveau, par une lutte âpre contre le BCRA. Ici, l'auteur prend parti avec amertume, car il est du côté des vaincus, contre les « personnages douteux », les « aventuriers » du BCRA, puis contre « la foire d'empoigne de l'épuration ». Si on passe sur ce ton parfois polémique, on trouvera dans ce livre beaucoup de renseignements qui sont souvent de première main." (J.-M. d'Hoop, Revue Historique, 1968)

296.          GOLDSCHMIDT (André). L'Affaire Joinovici. Collaborateur, résistant et... bouc émissaire. Toulouse, Privat, 2002, in-8°, 206 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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D'après des archives inédites allemandes et françaises. — Joseph Joinovici a la "tête de l'emploi". Un journaliste le surnomme même la "nouvelle bête du Gévaudan". De 1947 à 1958, cet homme est honni par une grande partie de la presse française : ferrailleur, juif d'origine russe, il est accusé d'avoir été l'un des principaux acteurs du pillage économique de la France de 1940 à 1944. Néanmoins, son engagement dans la Résistance et son intervention pour sauver de nombreuses personnes arrêtées par les Allemands ou la police de Vichy sont tout aussi réels. Entre docteur Jekyll – Joinovici-résistant – et Mr Hyde – Joinovici- "collabo" –, cet ouvrage pose une question essentielle : les crimes de Joinovici ont-ils été à la mesure de l'anathème dont il a fait l'objet ? Intrigué par la véhémence de la plupart des écrits de l'époque, André Goldschmidt a voulu savoir si cette violence, où transparaissent xénophobie et antisémitisme, est justifiée par les faits. Il a donc décidé de donner, pour la première fois, la parole à la défense comme à l'accusation. Il a analysé diverses sources écrites : archives des services allemands et de la préfecture de police de Paris, documents de la police judiciaire, procès-verbaux de l'instruction, notes des Renseignements généraux. Elles permettent de démontrer que, dans le contexte extrêmement sensible de la Libération, l'opprobre qui a couvert Joinovici était assez unanime et consensuelle. L'auteur ne plaide pas pour une réhabilitation intégrale et aveugle du personnage, mais proposé de rétablir la réalité des faits tels qu'ils ont été consignés dans les archives. Souhaitant déjouer les manipulations de l'histoire, il nous fait revivre "l'affaire Joinovici" qui reste d'une étonnante actualité...

297.          GUÉRARD (Jacques). Criminel de paix. Nouvelles Editions Latines, 1953, in-12, 158 pp, broché, scotch au dos, sinon bon état

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Mémoires de Vichy à Sigmaringen, de 1940 à 1945, et essai de justification de la politique de Laval par un haut fonctionnaire de l'Etat français, ancien secrétaire général du Gouvernement. Jacques Guérard décrit minutieusement le parcour de Laval de 1940 à 1944. C’est toute la vie de Vichy vue de l’intérieur, pas à pas avec ses principaux acteurs. En octobre 1940, J. Guérard est le chef de cabinet puis Directeur du bureau du Ministère des Affaires étrangères de Paul Baudoin. En 1941, sur ordre de Darlan, il accompagne en Syrie et au Liban le diplomate allemand Rudolph Rahn. De 1942 à 1944 il est Secrétaire général du gouvernement Laval (Présidence du Conseil). En 1944 J. Guérard accompagne Laval à Sigmaringen, et se réfugie au Portugal puis ensuite en Espagne où il s’établit comme industriel. Il est condamné à mort par contumace. Il rentre en France en 1955, rejugé en 1958 il est condamné à cinq ans de dégradation nationale et aussitôt relevé de cette peine.

298.          GUIERRE (Maurice). L'Epopée du « Surcouf » et le commandant Louis Blaison. Editions Bellenand, 1952, in-8°, 249 pp, 24 pl. de photos hors texte, pièces annexes, reliure demi-chagrin acajou à bandes, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée conservés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Edition originale sur papier courant

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"Le double drame d'un marin et d'un sous-marin des Forces navales de la France Libre". Blaison rallie les Forces françaises libres en juin 1940 et prend en octobre 1941 le commandement du Surcouf, alors le plus grand sous-marin militaire du monde. Après avoir participé à l’escorte de convois en Atlantique et au ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France libre, le Surcouf disparaît dans le golfe du Mexique dans la nuit du 18 au 19 février 1942, coulé par accident ou par méprise.

299.          HASSELL (Ulrich von). D'une autre Allemagne. Journal posthume 1938-1944. Neuchâtel, Editions de la Baconnière, 1948, in-8°, 374 pp, traduit de l'allemand, 2 photos hors texte, fac-similés, index, broché, couv. à rabats, scotch au bas du dos, bon état

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Ancien ambassadeur d'Allemagne à Rome limogé par Ribbentrop, figure de la résistance allemande à Hitler, Ulrich von Hassell fut exécuté après l'attentat du 20 juillet 1944. — "Le diplomate Ulrich von Hassell, ancien ambassadeur à Rome, mis à pied par les nazis, puis fusillé en 1944 parmi les conspirateurs du 20 juillet, a laissé une espèce de journal intime, récemment publié en Suisse et qui complète fort utilement celui de Gisevius, autre « conspirateur » au sein même de la Gestapo et dont la basse âme policière se manifeste déjà dans le style : nos journaux du soir devraient publier des extraits de son livre qui relate en détail les intrigues de palais chez les hitlériens..." (Robert Minder, Annales ESC, 1948)

300.          HEFTLER (Nadine). Si tu t'en sors... Auschwitz, 1944-1945. La Découverte, 1993, in-8°, 189 pp, préface de Pierre Vidal-Naquet, un plan d'Auschwitz, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Cahiers libres)

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"En 1946, de retour d'Auschwitz, seule puisque ses parents y ont péri, Nadine Heftier écrit ses souvenirs publiés aujourd'hui sans retouches. Elle a alors dix-huit ans. Petite bourgeoise française dont le père a été baptisé, elle se trouve projetée dans l'univers carcéral, puis concentrationnaire. Son récit peut se lire, note Pierre Vidal-Naquet, comme une « initiation », au sens donné par les anthropologues à ce terme : adaptation à un univers nouveau et entrée dans l'âge adulte." (Annales ESC, 1993) — « Tu sais, si tu t'en sors, c'est une bien belle école... » Ces mots qui ont fourni son titre au livre de Nadine Heftler furent les derniers qu'elle entendit de son père, Gaston Heftler, sur la rampe de Birkenau, le 2 juin 1944. Je pense qu'il était nécessaire, qu'il était indispensable de publier ce livre, et je voudrais dire pourquoi. C'est le récit des onze mois passés par cette jeune fille dans les camps nazis et publié tel qu'elle l'a écrit en 1946, peu après son retour en France. Elle l'a écrit en quelque sorte en dialogue avec ses parents, avec son père dont elle fut séparée immédiatement, avec sa mère qui, épuisée, fut selon ce qui a été dit, sur place, à Nadine, gazée le 14 octobre 1944. Elle l'a écrit comme on rédige, pour ceux que l'on aime, le texte d'une stèle funéraire, un écrit, pour ceux qui n'ont pas de tombe. Ce texte, il fallait le publier tel quel, avec simplement quelques minuscules corrections relevant de l'orthographe ou de la syntaxe. Car il faut considérer ce livre d'abord comme un document, comme un fossile qui réapparaît après un enfouissement de plusieurs décennies. c'est d'abord à ce titre qu'il peut et doit intéresser, voire passionner, le lecteur d'aujourd'hui. Nadine Heftler n'est ni David Rousset, ni Primo Levi. Et pourtant, par delà le divers historique, elle nous apporte quelque chose d'essentiel et de nouveau : quoi ? Elle même. Qui est-elle ? Une enfant, une bourgeoise française de quinze ans. Qu'il y ait eu chez elle « initiation » au sens que les anthropologues donnent à ce mot, initiation à un monde dans lequel elle a voulu, avec acharnement, survivre, ne fait absolument aucun doute. Initiation au double sens de ce mot : adaptation à un univers nouveau, et changement de classe d'âge, entrée dans l'âge adulte. L'épisode central, celui qui donne la clef et le sens de tout le livre est évidemment la séparation d'avec la mère, suivie de la mort de celle-ci. « Jusque-là, en réalité, je n'existais pas, je n'avais aucune personnalité, aucune force en moi-même. Maman partie, j'avais la sensation de naître subitement à la vie. De zéro que j'étais, le mot n'est pas trop fort, il fallait que je devienne en quelques minutes une unité. » (Extraits de la préface de Pierre Vidal-Naquet)

301.          HEGER (Heinz). Les Hommes au Triangle Rose. Journal d'un déporté homosexuel, 1939-1945. Persona, 1981, in-8°, 160 pp, traduit de l'allemand, préface de Guy Hocquenghem, broché, couv. illustrée, état correct

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C'est un témoignage capital et bouleversant qu'il nous est donné de lire dans ce livre. Parce qu'il est homosexuel, Heinz Heger est arrêté par la Gestapo le 12 mars 1939, emprisonné puis déporté au camp de Sachsenhausen. Là-bas, il apprendra à se servir de sa jeunesse et de son charme, et il survivra. Des années plus tard, il raconte le sort effroyable réservé aux "hommes au triangle rose" par le régime nazi. Mais son discours, loin du politiquement correct – en particulier sur la sexualité dans les camps –, choque et dérange encore dans les sociétés d'après-guerre dont aucune n'a alors abandonné les lois répressives contre l'homosexualité. Cette parole, si précieuse pour comprendre les combats d'aujourd'hui, se devait d'être remise à la portée du plus large public.

302.          HÉROLD-PAQUIS (Jean Hérold, dit Jean). L'Angleterre, comme Carthage. P., Inter-France, 1944, in-12, 220 pp, préface de Xavier de Magallon, broché, un trait au stylo sur la couv., bon état

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Recueil de chroniques diffusées sur Radio-Paris de février 1943 à mars 1944. – "Hérold-Paquis a sans conteste été une des VOIX de la collaboration, avec Philippe Henriot." (Henry Rousso).

303.          HOESS (Rudolf). Le Commandant d'Auschwitz parle. Julliard, 1959, pt in-8°, 252 pp, traduit de l'allemand par Constantin de Grunwald, broché, bon état

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Première édition française. En 1959, le Comité international d'Auschwitz présentait ainsi ce livre : Rudolf Hoess a été pendu à Auschwitz en exécution du jugement du 4 avril 1947. C'est au cours de sa détention à la prison de Cracovie, et dans l'attente du procès, que l'ancien commandant du camp d'Auschwitz a rédigé cette autobiographie sur le conseil de ses avocats et des personnalités polonaises chargées de l'enquête sur les crimes de guerre nazis en Pologne. [...] — "Conçu dans un but de justification personnelle, mais avec le souci d'atténuer la responsabilité de son auteur en colorant le mieux possible son comportement, celui de ses égaux et des grands chefs SS, ce document projette une lumière accablante sur la genèse et l'évolution de la "Solution finale" et du système concentrationnaire. Ce "compte rendu sincère" représente l'un des actes d'accusation les plus écrasants qu'il nous ait été donné de connaître contre le régime dont se réclame l'accusé, et au nom duquel il a sacrifié, comme ses pairs et supérieurs, des millions d'êtres humains en abdiquant sa propre humanité." (Geneviève Decrop) — "Autobiographie écrite par R. H. avant son exécution en Pologne, le 4 avril 1947. On y retrouve les étapes de la genèse d'un nazi : une enfance austère, le front d'Orient à quinze ans en 1916, les corps francs, la prison, les S.S., Dachau, Auschwitz. Il faut que ce tableau inhumain du camp d'extermination soit connu, et que soit rappelée l'horreur de la bureaucratie de la mort." (Revue française de science politique, 1960)

304.          HOFMANN (Paul). Rome, ville occupée. Payot, 1985, in-8°, 264 pp, traduit de l'américain, broché, couv. illustrée, bon état

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Mémoires d'un journaliste viennois, militant antinazi, enrôlé de force dans la Wehrmacht et désigné comme interprète des deux commandants allemands successifs de la place de Rome. Passionnant récit des neuf derniers mois de l'occupation de la ville, jusqu'à l'arrivée des Alliés par un témoin privilégié. Antifasciste convaincu, il rejoindra les Alliés pour devenir correspondant du New York Times à Rome.

305.          HOHNE (Heinz). Canaris. La véritable histoire du chef des renseignements militaires du IIIe Reich. Balland, 1981, gr. in-8°, 594 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, marque de bibl. au dos, bon état

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L'amiral Canaris, le mystérieux maître-espion d'Adolf Hitler. — Peu avant de se suicider, Adolf Hitler a fait exécuter celui qui, de 1935 à 1944, avait dirigé les services de renseignements de l'armée (l'Abwehr) : l'amiral Wilhelm Canaris. Depuis, il s'est bâti une légende autour de cet homme qui, tout en créant un réseau d'espionnage, terreur des armées alliées, serait devenu le champion de la résistance intérieure au nazisme. Le portrait qu'en trace Heinz Höhne, grâce à des documents d'archives inédits, est beaucoup plus nuancé. Homme de droite, nostalgique de l'ordre et de la discipline, et en cela très représentatif de la caste militaire prussienne, Canaris est resté très longtemps fasciné par Hitler, même s'il n'en a pas partagé toute l'idéologie. Intelligent, secret, rusé, il avait une vision romanesque de l'espionnage ; il aimait l'action, supportait difficilement les tâches bureaucratiques et a laissé par là-même se développer une sorte d'anarchie dans les différents départements de l'Abwehr, dont certains ont effectivement eu pour chef des anti-nazis acharnés. Lorsqu'il a compris que l'Allemagne était perdue, Canaris a tenté d'éviter le pire, pris contact avec ses homologues anglais et américains (dans des circonstances qui n'avaient jamais été racontées jusqu'à présent), mais si ses plans prévoyaient l'élimination des nazis et la destitution d'Hitler, il n'a jamais participé aux différents complots ourdis contre la personne même du Führer, et notamment pas à celui monté par Stauffenberg, qui devait pourtant entraîner l'amiral dans sa chute. Telle est donc cette personnalité complexe que Heinz Höhne a remarquablement su faire revivre, apportant ainsi une contribution importante à l'histoire du IIIe Reich.

306.          IRVING (David). A bout portant sur Londres. La vérité sur les armes secrètes allemandes. Laffont, 1967, in-8°, 459 pp, 12 pl. de photos hors texte, croquis et plans, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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A quelques semaines près, Londres et peut-être une grande partie de l’Angleterre auraient pu être anéanties par les armes secrètes que les Allemands achevaient de construire à la fin de la guerre. Les V1 et les V2, aux effets déjà terrifiants, ne constituaient que l’avant-garde d’une série d’armes absolues dont Hitler, par ses hésitations et ses contrordres, retarda heureusement la mise au point. C’est ce que révèle David Irving, l’auteur de "La destruction de Dresde" dans ce premier récit complet du duel hallucinant que se livrèrent, durant les derniers mois du conflit, les Ingénieurs allemands employés à la construction des nouvelles armes de mort et les agents et aviateurs anglais chargés de les en empêcher à tout prix. Longtemps, certains responsables anglais crurent qu’il ne s’agissait que d’un bluff de la part de Hitler. Mais la découverte des Installations des rockets de Peenemünde, en Allemagne, fit comprendre qu’II fallait tout mettre en œuvre pour Interdire aux Nazis la réalisation de leur plan. Près de 3000 aviateurs britanniques devaient trouver la mort en un an ; après la destruction de Peenemünde, ce furent, au lendemain du débarquement, les raids massifs effectués sur les bases du Pas-de-Calais d’où étalent lancés les V1. Quelques semaines plus tard, alors que les Londoniens se croyaient sortis du cauchemar, les premiers V2 commençaient à tomber sur la banlieue de la capitale... C’est à partir de documents anglais et allemands, restés secrets jusqu’à présent, que, dans "A bout portant sur Londres", David Irving a reconstitué l’histoire d’un des épisodes les plus mal connus de la dernière guerre, dont une issue différente aurait eu des conséquences incalculables. (4e de couverture)

307.          ISORNI (Jacques). Le Procès de Robert Brasillach (19 janvier 1945). Flammarion, 1956, in-12, viii-220 pp, broché, bon état, envoi a.s.

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Le livre détaille les chefs d’accusation à l’encontre de l’écrivain qui après jugement et condamnation à mort, le menèrent au poteau d’exécution. Isorni ne connaissait pas Brasillach avant de le défendre. Il le voit pour la première fois au parloir de la prison de Fresnes en octobre 1944. Isorni décrit Brasillach : “Les longues journées de détenu, il les passait à lire et à écrire, la plupart du temps assis par terre. (…) Il partageait sa celule avec un conseiller municipal, brave homme sans culture (…)" C’est en prison que Brasillach est devenu le poète retenu par la postérité. Il remettait à Maître Isorni ses poèmes recopiés de sa petite écriture en pattes de mouches sur les feuilles quadrillées d’un carnet d’écolier (…). Le poème pouvait alors commencer “sa course clandestine”. Mais en cellule, Brasillach travaillait aussi à son procès. Il le “préparait comme un oral de concours”. Brasillach ne voulait pas se renier, il voulait rester lui-même. “Il ne ressentait que pitié ou quelquefois même un peu de tristesse à l’égard d’autres (inculpés) qui croyaient forcer le sort au prix d’abandons publics et qui ont perdu, tout à la fois, la vie et la face.” L’Instruction n’avait comporté qu’un seul interrogatoire, affirme Maître Isorni. Les pièces du dossier étaient constituées par les articles de Brasillach qui ne contestait pas en être l’auteur. Il se passa trois mois avant que le procès soit fixé au 19 janvier 1945. Personne ne se souciait de l’envoyer à la mort...

308.          KAGENECK (August von). Lieutenant sous la tête de mort. La Table Ronde, 1968, in-8°, 204 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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J'avais cinq ans quand je dus retirer, dans ma Rhénanie natale, ma casquette devant le drapeau tricolore. Onze ans lorsque Hitler prit le pouvoir. Quatorze quand les soldats allemands revinrent sur notre rive gauche du Rhin. Dix-sept lorsque j'entrai au Régiment de Cavalerie de Bamberg. Dix-huit quand je pénétrai en Russie comme lieutenant de Panzers. Vingt-trois lorsque la guerre me recracha sur le sol de la paisible ferme de mon père, dans l'Eifel... Le comte August von Kageneck, aujourd'hui, témoigne. La tête de mort, c'était l'insigne des tankistes de Hitler. L'ancien lieutenant de panzers raconte avec une extraordinaire sincérité comment son éducation de patriote allemand l'a conduit de la Hitlerjugend aux steppes de Russie et des ivresses de la victoire à l'humiliation de la défaite.

309.          KUBY (Erich). Les Russes à Berlin. Cercle du Nouveau Livre d'Histoire, 1967, gr. in-8°, 395 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de photos hors texte, un plan du bunker de Hitler, reliure toile éditeur avec une vignette illustrée au 1er plat, bon état

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"1945 : la chute du IIIe Reich, l'occupation soviétique. Ce que les Allemands n'avaient jamais voulu dire." — "Les débats qui se poursuivent depuis plus de vingt ans sur les derniers mois de la guerre en Allemagne, sur la prise et l'occupation de Berlin, ont amené Erich Kuby à reconstituer l'atmosphère dans la capitale du Reich où, selon lui, l'Armée rouge aurait pu entrer dès février 1945, les hitlériens ont fini dans l'anarchie la plus lamentable et les vainqueurs ont eu envers la population une attitude moins brutale que ne l'a affirmé la propagande antisoviétique ; son livre, qui date de 1965, vient d'être traduit en français." (Revue des Études Slaves, 1968)

310.          LAMBERT (Jacques). L'antisémitisme dans le monde des arts et de la culture (1900-1945). Editions de Paris-Max Chaleil, 2019, gr. in-8°, 303 pp, 12 pl. de photos hors texte, notes, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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L'antisémitisme n'est certes pas né en 1900 (l'affaire Dreyfus en porte témoignage), mais il s'est développé parmi une importante fraction de l'opinion publique et chez de nombreux intellectuels dès le début du XXe siècle. L'installation à Paris – à Montmartre, puis à Montparnasse – de jeunes artistes juifs venus des pays de l'Est (Chagall, Soutine, Kisling, Pascin, etc.) ou d'Italie (Modigliani) contribue à créer un courant d'hostilité, car ils révolutionnent la perception des formes et des couleurs contre certaines traditions picturales françaises. Cet ostracisme n'affecte pas que les peintres. Il répond à une idéologie de rejet d'individus supposés être peu travailleurs, âpres au gain, intrigants... Ce que reprennent des hommes politiques, des journalistes, des écrivains. Mais c'est entre 1940 et 1944, sous l'Occupation (partie la plus importante du livre), que se déchaînent les extrémistes à la radio, dans la presse, dans la littérature : notamment Céline, Brasillach, Rebatet, Léon Daudet... Dans ce livre, Jacques Lambert, se référant à des faits précis, traite de la littérature, de l'art, du cinéma, du théâtre, du music-hall, de la chanson, du journalisme,... qui n'échapperont pas, surtout durant la Seconde Guerre mondiale, à ce phénomène de l'antisémitisme qui va diviser les Français : certains, à des degrés divers, collaboreront avec les représentants de l'Allemagne nazie, d'autres entreront en résistance, en particulier plusieurs Juifs courageux tels que les époux Aubrac, Jean-Pierre Aumont ou Jeanne Modigliani, fille du peintre...

311.          LE ROY LADURIE (Jacques). Mémoires, 1902-1945. Texte établi et présenté par Anthony Rowley et Emmanuel Le Roy Ladurie. Flammarion/Plon, 1997, in-8°, 498 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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L'agriculture chevillée à l'âme, Jacques Le Roy Ladurie fut ministre de Pétain avant d'entrer en résistance. Il a milité au sein de l'Union nationale des syndicats agricoles durant les années 1930. On lui doit quelques ouvrages consacrés à la politique et au syndicalisme paysan. Il est proche de Gaston Bergery, et soutient les accords de Munich. Il rencontre Pétain, ancien camarade de promotion de son père, qui, dès 1940, lui propose le Ministre de l'Agriculture. Après un premier refus, lié à la question du ravitaillement, il accepte de devenir ministre de l'agriculture et du ravitaillement sous le Régime de Vichy, dans le gouvernement Laval, dont il s'éloigne progressivement pour se rapprocher de la Résistance rejoignant en janvier 1943 l'Organisation civile et militaire (OCM), et combattant sous le nom de capitaine Lempereur avec des FFI dans les maquis d'Orléans. Cela lui permet d'obtenir un non-lieu de la commission d'instruction de la Haute Cour de justice après une incarcération à la Libération. Il fut également député du Calvados de 1951 à 1955 et de 1958 à 1962. Il est le père du célèbre historien Emmanuel Leroy Ladurie qui a édité une partie de ses Mémoires dans ce volume. — "Entre vaudeville et tragédie, le microcosme de Vichy s'est épuisé dans la médiocrité et le cynisme de ses personnages. Ephémère ministre de l'Agriculture et du Ravitaillement, Jacques Le Roy Ladurie, le père d'Emmanuel, l'historien, jette un regard sans illusion sur ce théâtre d'ombres où passent un Laval tout à son ambition de dépouiller l'Angleterre de ses colonies, un Bousquet convaincu très tôt de « finir au poteau », un Fernand de Brinon fort empressé auprès des vainqueurs du moment. Fidèle à Pétain, Jacques Le Roy Ladurie, disparu en 1988, sait toute l'infâmie qui s'attache à la fonction qu'il aura abandonnée sous la pression, dit-il, de l'occupant. Il aura tenu cinq mois, cinq mois de trop. Son fils, l'auteur de “Montaillou”, et l'éditeur Anthony Rowley préviennent opportunément qu'il n'entrait pas dans leur projet, à travers ce texte qu'ils ont relu et ordonné, d'entamer une quelconque entreprise de réhabilitation. Exploitant agricole, Jacques Le Roy Ladurie comprit trop tard qu'il n'y avait pas place à Vichy pour les belles âmes. Son passage dans la Résistance ne suffit pas à lui éviter la Haute Cour en 1945. Le non-lieu qui s'ensuivit ne pouvait racheter ce qui restera, quelle que fût la pureté de ses intentions, une compromission." (Daniel Bermond, Lire, 1997)

312.          LÉVY (Gilles) et Francis CORDET. A nous Auvergne ! La vérité sur la Résistance en Auvergne, 1940-1944. Presses de la Cité, 1974, in-8°, 493 pp, 71 photos et documents sur 32 planches hors texte, une carte (réduits du mont Mouchet et de la Truyère), sources et biblio, annexes, copieux index (p. 465-488), cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Les régions montagneuses de la France ont été les bastions privilégiés de la Résistance. Il y a eu le Vercors et chacun en connaît l'héroïque histoire. Il y a eu aussi l'Auvergne dont l'épopée est moins connue. Cette lacune est aujourd'hui comblée. “A nous, Auvergne !” écrit par deux authentiques résistants, fait revivre au jour le jour la lutte contre l'occupant. Un ouvrage solide, fruit d'une longue enquête non seulement auprès des survivants, mais aussi auprès des adversaires d'hier. Le témoignage authentique et définitif sur la Résistance en Auvergne.

313.          MABIRE (Jean). La Division Charlemagne. Les combats des SS français en Poméranie. Fayard, 1974, gr. in-8°, 501 pp, 24 pl. de photos hors texte, 4 cartes, annexes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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A l'automne 1944, les Alliés sont arrivés aux frontières du Reich, dont la défaite s'avère de jour en jour plus inéluctable. Pourtant, au camp de Wildflecken, près de Fulda, dans la Rhön, plus de sept mille Français endossent l'uniforme allemand et prêtent serment à Adolf Hitler, d'être « fidèles et braves jusqu'à la mort ». Venus de la Légion des Volontaires français contre le bolchevisme, de la Brigade d'assaut SS n° 7 « Frankreich », ils sont, sur l'ordre personnel de Heinrich Himmler, regroupés dans une seule unité française, la 33 Waffen-Grenadier-Division der SS « Charlemagne ». En trois mois, ces hommes aux origines, aux mobiles et aux caractères les plus divers, sont entraînés au combat selon les méthodes impitoyables de la SS. A la mi-février 1945, ils sont lancés sur le front de Poméranie, que les Russes viennent de crever dans une ruée irrésistible, de la Vistule à l'Oder. La division « Charlemagne » sera engagée au point le plus exposé, sans appui, sans équipement, sans matériel, sans réserves. Le premier combat se soldera par cinq cents morts et mille disparus en un seul engagement. Reformés à Neustettin et dirigés sur Belgard, les SS français participeront aux combats désespérés pour Körlin et pour Kolberg. La division « Charlemagne », ayant à sa tête le général Puaud, sera presque entièrement anéantie le 5 mars 1945 dans la plaine de Belgard. Seul, un bataillon de marche réussira à franchir les lignes russes et à rejoindre Swinemünde sur la mer Baltique. Des sept mille hommes de la division « Charlemagne », il ne reste, au 21 mars 1945, que sept cents combattants. Neuf sur dix des hommes qui avaient rejoint ses rangs à Wildflecken sont morts, blessés ou prisonniers. Les survivants mourront à Berlin, dans la dernière semaine de la bataille pour la capitale.

314.          MABIRE (Jean). La Brigade Frankreich. La tragique aventure des SS français. Fayard, 1979, gr. in-8°, 468 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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En août 1944, le premier bataillon de la Sturmbrigade, la Brigade d'assaut des volontaires français de la Waffen SS, se trouve engagé sur le front des Carpates. Sur un millier de combattants, on comptera cent trente tués, plus de six cent soixante blessés et une cinquantaine de prisonniers, en moins de deux semaines de combat. Pourquoi de jeunes français ont-ls voulu s'engager dans les troupes d'assaut du Reich et comment se sont-ils battus dans un des plus terribles secteurs du front de l'Est ? C'est à cette double question que répond le livre de Jean Mabire, La Brigade Frankreich, une fresque historique particulièrement haute en couleur.

315.          MABIRE (Jean). Mourir à Berlin. Les SS français, derniers défenseurs du bunker d'Adolf Hitler. Fayard, 1979, gr. in-8°, 339 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Sur les trois cents Français partis "mourir pour Berlin" le 24 avril 1945, il n'en reste plus qu'une trentaine qui voient s'écrouler l'univers national-socialiste dans le décor même du crépuscule des dieux. Ce livre raconte leur histoire du piège de Poméranie aux derniers combats dans Berlin. Dernier volet d'une trilogie sur les Français engagés dans la Waffen SS.

316.          MABIRE (Jean). Les Panzers de la Garde noire. Presses de la Cité, 1985, gr. in-8°, 332 pp, 16 pl. de photos hors texte, 3 cartes, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Troupes de choc)

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Forte d'une simple compagnie en 1933, la garde personnelle d'Adolf Hitler, la "Leibstandarte", est devenue, une dizaine d'années plus tard, une Panzerdivision qui fut parmi les plus redoutables de la Waffen SS. Cette troupe d'élite, formée de jeunes soldats sélectionnés pour leur stature, leur fanatisme et leur courage, a combattu sur tous les fronts de la Seconde Guerre mondiale. Commandée par le légendaire lansquenet bavarois "Sepp" Dietrich, elle a participé aux offensives les plus triomphales comme aux combats les plus désespérés. En Pologne, en Hollande, en Macédoine, en Grèce, en Ukraine, en Normandie, dans les Ardennes ou en Hongrie, les hommes de la Garde Noire du Führer ont toujours été à la pointe de l'armée allemande. A l'approche de la défaite, ses Panzers ont vainement tenté de forcer la décision, et le sacrifice des régiments de la "Leibstandarte" achève l'aventure militaire du IIIe Reich.

317.          MACMILLAN (Harold). La Grande tourmente. Mémoires de guerre 1939-1945. Plon, 1968, fort in-8°, 624 pp, 16 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Un récit copieux et détaillé. Au début de la guerre, Macmillan est simplement un député conservateur qui soutient Churchill contre Chamberlain, son rôle est modeste. C'est en mai 1940 qu'il commence à exercer des responsabilités plus importantes ; son témoignage prend alors davantage de valeur et on peut y distinguer deux grandes parties. Jusqu'à la fin de 1942, il est en Grande-Bretagne, en sous-ordre, comme secrétaire parlementaire au ministère de la Production industrielle, puis au Colonial Office. La tâche était vaste et complexe ; il fallait organiser la production de ce qui était nécessaire a l'Armée, et en partie à la Marine et à la Royal Air Force, contrôler les productions privées, acheter a l'extérieur ce qui manquait et répartir le tout entre les parties prenantes. Les fonctions de Macmillan l'amenaient à répondre aux questions et aux critiques des députés, donc à être au courant de tout. C'est le 1er janvier 1943 que sa carrière s'oriente différemment et prend une dimension nouvelle. En effet, Churchill lui offre alors le poste de ministre résident auprès du quartier general allié en Afrique du Nord, qu'il accepte avec joie. II n'est pas familier des problèmes diplomatiques et il ignore tout de la situation militaire, mais il est enchanté de jouer un rôle actif et de pouvoir faire preuve d'initiative. Au début, il se heurte à la méfiance des militaires envers un civil, et des Américains envers un Anglais ; mais il gagne rapidement la confiance d'Eisenhower, aussi ignorant que lui de l'imbroglio nord-africain, et l'amitié de Murphy, auquel il rend hommage pour la véracité de son livre de souvenirs. Desormais, il est mêlé à tous les événements politiques essentiels dont l'Afrique du Nord et l'ltalie sont le centre. En ce qui concerne la France, que ce soit à la conférence de Casablanca, lors de la constitution du C.F.L.N. ou de sa reconnaissance, son attitude demeure toujours la même. II est visiblement impressionné par de Gaulle, il fait un grand effort pour le comprendre et le soutenir. II mesure Giraud à sa juste valeur, et il s'irrite des positions de Roosevelt, dont la politique frangaise, dit-il, est trop souvent fondée sur des individus plutôt que sur des principes. II s'oppose parfois même a Churchill, par exemple lorsque celui-ci lui donne comme instruction de s'emparer de la flotte française immobilisée à Alexandrie « par la force ou par la ruse ». II préfère négocier avec l'amiral Godfroy et régler le problème par la diplomatie. Après la capitulation italienne, les affaires françaises passent pour lui au second plan. Son rôle de conseiller politique, il l'exerce désormais dans la commission de contrôle alliée pour l'ltalie, où la situation lui paraît au moins aussi compliquée, par suite des divergences de vues entre Roosevelt et Churchill et des conflits de partis et de personnes en Italie... Au total, ces mémoires rendront de grands services pour la connaissance notamment des événements de 1943, année cruciale à bien des points de vue." (J.-M. d'Hoop, Revue Historique, 1970)

318.          MARMAIN (Jacques) et Georges SOURINE. Trois fois héros. Editions de la Fontaine, 1956, in-8°, 217 pp, 16 photos sur 8 pl. hors texte, 25 dessins d'avions (avec fiches techniques), broché, jaquette illustrée, très bon état. Rare.

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La chasse soviétique au combat, ses héros, ses avions. Dans la première partie, Trois pilotes racontent leurs exploits : Kojedoub, Pokrychkine et Maressiev. La seconde partie est consacrée à l'équipement : Les différents appareils en service, les principaux constructeurs et les moteurs. Entre les deux, un petit chapitre consacré au Normandie-Niémen, avec le tableau des victoires et deux photos. — "Depuis la fin de la guerre, une abondante littérature a été publiée sur les exploits des as de la chasse de toutes les nations combattantes, sauf l'URSS En effet, en dehors du livre admirable de Polevoï (“Un homme véritable”), aucun texte, aucun document sur la chasse soviétique n'a été édité. “Trois fois héros” comble cette lacune. Trois pilotes, Kojedoub, Pokrychkine, Maressiev vous font part, chacun dans leur style particulier, de leurs espoirs, de leurs souffrances. Le premier est un pilote plein de fougue, ardent au combat ; le second, est un homme calme, réfléchi, qui traduit tous ses combats par des équations, c'est un meneur d'hommes. L'histoire du troisième, par la plume de Polevoï, est peut-être le plus beau récit d'endurance physique et morale jamais publié. Enfin, pour la première fois au monde, ce livre vous offre une documentation inédite sur l'équipement de la chasse soviétique, illustrée de 26 dessins et 16 photos. La seule partie technique de cet ouvrage a demandé aux auteurs de longues années de recherches C'est ainsi qu'on peut y trouver des renseignements précis et contrôlés sur le développement même de la technique de l'avion de chasse en URSS, sur l'armement, les moteurs, les tactiques de combat, les ingénieurs de l'aéronautique. Un chapitre est, bien entendu, consacré aux pilotes français du glorieux régiment de chasse « Normandie-Niemen ». Ecrit sans passion politique aucune, “Trois fois héros” est, non seulement un hommage au courage, mais aussi un livre de travail, un recueil de références indispensable à tous les « mordus » de l'aviation." (L'Editeur)

319.          MEE (Charles L.). Potsdam, le sort du monde. Laffont, 1976, gr. in-8°, 322 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le temps des révélations)

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"Comment, à Potsdam, au mois de juillet 1945, Churchill, Staline et Truman, réunis pour reconstruire le monde brisé, l'engagent dans la guerre froide." — Potsdam : juillet 1945. La guerre en Europe vient de finir. Mais le Japon continue la lutte. Les Grands se réunissent à quelques kilomètres de Berlin en ruine. Staline, Churchill, Truman vont débattre du sort du monde. Cette conférence mal connue, Charles L. Mee en restitue tous les dessous. Il brosse le portrait de ces leaders qui s’affrontent : Churchill dont la santé décline et que le leader travailliste Attlee va remplacer, Truman qui n’a jamais rencontré Staline et qui vient de prendre la décision de faire lancer la première bombe atomique sur le Japon, Staline soupçonneux, soucieux d’abord d’étendre la domination de l’URSS sur l’Europe. Interviewant les témoins, dépouillant les archives, Charles L. Mee fait revivre ces journées capitales qui, loin de faire entrer le monde dans une ère de paix, le poussent dans la guerre froide. Le sort du monde contemporain s’est, pour plusieurs années, joué à Potsdam.

320.          NACHIN (Lucien). Charles de Gaulle, général de France. Editions Colbert, 1944, in-12, 122 pp, 2 photos de Charles de Gaulle dont une en frontispice, fac-similé d'un autographe et liste des ouvrages du Général, broché, pt mque au dos, état correct. Achevé d'imprimer du 25 août 1944. Edition originale avec mention fictive de 30e édition au 2e plat de couverture (mais pas sur la page de titre)

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"16 juillet 1945 : Procès des éditeurs Jacques Bernard et Jean d’Agraives. Directeur des Editions Colbert et collaborateur à Radio-Paris de 1940 à 1941, Frédéric Causse dit Jean d’Agraives est accusé d’avoir publié cinq traductions de l’allemand et un seul ouvrage collaborationniste. Mais il a aussi employé des résistants, dont Jean Blanzat, l’un des fondateurs du CNE, et fourni du papier destiné à l’impression d’un journal clandestin. Quant à l’ouvrage du colonel Lucien Nachin (“Charles de Gaulle, général de France”) qu’il a publié en septembre 1944 et dont la presse lui a fait grief, c’est dès 1942 qu’il l’avait commandé à l’auteur. Le journal "Franc-Tireur" publie un article à ce sujet : « Un livre ? Non : un alibi ! On ne saurait admettre qu’une telle étude paraisse sous la plume des Editions Colbert, qui étaient et demeurent, même sous camouflage "français", une maison allemande dont les dirigeants ont tous eu des attaches nettes et notoires avec les occupants nazis ». Jean d’Agraives est condamné à huit mois de prison et à cinq ans d’indignité nationale. Il est mort le 21 octobre 1951." (Henri Thyssens)

321.          NITTI (Francesco F.). Chevaux 8 – Hommes 70. Toulouse, Editions Chantal, 1945, in-12, 116 pp, préface de Jean Cassou, un portrait de l'auteur en frontispice, broché, couv. lég. salie, bon état. Peu courant

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Le 3 juillet 1944, un des derniers trains de déportés quitte Toulouse. À son bord, entassés dans une centaine de wagons à bestiaux, sept cents détenus, dont soixante femmes, résistants et républicains espagnols, prisonniers du camp du Vernet d'Ariège et de la prison Saint-Michel de Toulouse. Beaucoup sont juifs. Le voyage jusqu'à Dachau doit mettre trois jours. Il durera huit semaines. Parmi les prisonniers, certains réussiront à s'évader, dont Francesco Nitti, antifasciste italien, déjà échappé des îles Lipari, engagé dans la Guerre d'Espagne parmi les Brigades internationales avant de rejoindre la Résistance en France. Sous le titre “Chevaux 8 – Hommes 70”, il publiera quelques mois après son évasion le récit de ce voyage, lent comme une agonie, le plus long de l'histoire de la déportation française. Les survivants de cette effroyable odyssée baptisèrent leur convoi le train fantôme. — "Le 3 juillet 1944, un convoi part de Toulouse pour conduire 800 femmes et hommes vers le camp de Dachau. Le calvaire des résistants va durer deux mois, dans le chaos de l’été 1944. Le convoi est mitraillé par les avions alliés, des otages sont extraits à Bordeaux et fusillés, le trajet interrompu par des rails inutilisables, marqué par de longs kilomètres à pied, dans la canicule de l’été, pour rejoindre une autre voie. Ce « train fantôme » a été le dernier voyage de nombreux résistants, comme Jacob Insel, Albert Lautman, Robert Borios, François Lafforgue. Il a également été le témoin de multiples évasions par le plancher du wagon de résistants de la 35ème Brigade FTP-MOI, dont Claude et Raymond Lévy. Neveu d’un ancien président du Conseil, Francesco Fausto Nitti s’engage en 1917, alors qu’il n’a pas 18 ans, dans un régiment d’artillerie de l’armée italienne. Décoré de la Croix de guerre au mérite en 1920, il reprend ses études. En 1922, la maison de son oncle est saccagée par les milices de Mussolini, sous l’oeil bienveillant de la police. L’épisode l’incitera à passer dans la résistance active contre le régime fasciste en place. Arrêté en 1926 et condamné à la déportation, il se retrouve à l’isolement aux îles Lipari, dont il s’évadera en 1929. Un épisode retentissant à l’époque, que Nitti décrit en 1930 dans son livre publié en France “Nos prisons et notre évasion” ; le livre sera traduit aux Etats-Unis, en Allemagne, en Espagne et en Suède. Réfugié en France, Nitti fonde un mouvement antifasciste clandestin Giustizia et Libertà, très actif sur le territoire italien. En 1937, il s’engage parmi les volontaires étrangers pour la défense de la République espagnole. Il commandera un bataillon d’infanterie successivement engagé dans des batailles en Aragon et en Catalogne, au cours desquelles il sera blessé. Début 1938, il est à la tête d’un groupe d’artillerie avec lequel il prend part à l’offensive républicaine du mois de juillet sur l’Ebre. Pendant la Retirada, il est interné aux camps de Gurs et d’Argelès. Incarcéré au fort de Collioure, il est libéré après l’intervention de la Ligue des droits de l’homme et du Comité de défense des Séquestrés de Collioure et aux interventions d’hommes politiques français et italiens. Libéré, Nitti reprend en France son engagement avec la Ligue italienne des droits de l’homme ainsi que son activité au sein du Parti socialiste italien. Membre du réseau de résistance Bertaux, il est condamné en 1942 à un an de prison, au terme duquel il est déféré dans les camps de Saint-Sulpice-La-Pointe puis du Vernet-d’Ariège. C’est là que commence le récit de déportation et d’évasion du Train fantôme décrit dans “Chevaux 8 – Hommes 70”. Après son évasion en Haute-Marne, Nitti rejoint le maquis du groupe “Charles”, où il demeure jusqu’à l’arrivée des Alliés. Après être rentré en Italie, Nitti renouvelle ses liens avec le Parti socialiste. En 1946, il est nommé directeur général du ministère de l’Assistance d’après-guerre et il assure le rapatriement de 800 000 Italiens, militaires et civils, détenus dans les camps de prisonniers et d’internés des pays alliés. Élu conseiller municipal de Rome en 1947, il occupe, après le changement de cadre politique du pays, diverses fonctions au sein du Parti socialiste. Son livre “Il maggiore é un rosso” (Le commandant est un rouge), publié en 1953, retrace ses dramatiques expériences de la guerre d’Espagne, a obtenu le prix littéraire italien Prato." (Philippe Poisson)

322.          PAULUS (Maréchal). Stalingrad. Lettres et documents inédits rassemblés par Walter Görlitz. Genève, Edito-Service, s.d. (1972), in-8°, 325 pp, traduit de l'allemand, avant-propos d'Ernst Alexander Paulus, 32 pl. de photos hors texte, 7 cartes, reliure simili-cuir décorée de l'éditeur, bon état

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"Les mémoires de l'un des protagonistes essentiels de la « catastrophe de Stalingrad » devaient, bien entendu, susciter une légitime curiosité et alimenter les discussions allemandes sur les causes de la destruction de la VIe Armée. Les documents rassemblés par Walter Görlitz comportent les papiers posthumes du maréchal, mort en février 1957, en République démocratique allemande, à Dresde, et prêtés à l'éditeur par son fils, Ernst Alexander Paulus ; ils consistent en notes personnelles et esquisses militaires, rédigées par le maréchal Paulus durant sa captivité en URSS, vraisemblablement en vue d'interrogatoires par les autorités soviétiques, en notices prises par le capitaine Ernst Alexander Paulus, au cours de conversations avec son père, à Dresde, et en références concernant la carrière du maréchal, conservées dans les archives de la famille Paulus. Afin de compléter le tableau, l'éditeur a ajouté un certain nombre de documents inédits, de provenance diverse : un certain nombre de documents relatifs à la tentative de dégagement de la VIe Armée, en décembre 1942, en possession du Dr H. A. Jacobsen, le journal de guerre du Feldsmarschall von Bock, qui commanda, jusqu'à la mi-juillet 1942, la « Heeresgruppe Süd » à laquelle la VIe Armée était subordonnée, celui du Freiherr von Richthofen, chef de la « Luftflotte 4 », et du journal opérationnel de cette unité ; Walter Görlitz cite aussi le dernier chef de l'Etat-Major de la VIe Armée, le Generalleutnant Arthur Schmidt, ainsi que divers collaborateurs du défunt maréchal..." (M. Adler-Bresse, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale)

323.          PAXTON (Robert O.). La France de Vichy, 1940-1944. Seuil, 1973, in-8°, 375 pp, traduit de l'américain, préface de Stanley Hoffmann, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Univers historique). Edition originale. On joint 3 coupures de presse sur Robert Paxton et ses livres

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Est-il aujourd'hui possible d'écrire une histoire politique du régime de Vichy ? Un universitaire américain, Robert O. Paxton, répond ici par l'affirmative : refusant de prendre au pied de la lettre la kyrielle des témoignages pro domo dont la littérature politique s'est enrichie, passé la guerre et la libération, il a appuyé toute son étude sur les écrits contemporains des événements et surtout mise à profit la richesse des archives allemandes et américaines qui remettent en question, sur tant de points, les assertions de ceux qui avaient voulu, à la faveur d'une défaite nationale et sous l'œil de l'occupant, entreprendre une nouvelle restauration. Cet ouvrage iconoclaste est devenu un classique. — "Un livre iconoclaste. Un livre fort, dru, rafraîchissant." (Marc Ferro, La Quinzaine littéraire) – "Enfin, le grand livre sur "Vichy" que nous attendions" (F. Fonvieille-Alquier, Témoignage chrétien) – "Un ouvrage d'une rare rigueur." (Jean-François Kahn, Le Figaro) – "Voilà enfin une véritable "Histoire de Vichy"... Le livre de Paxton est impitoyable, et d'abord parce que sur chaque point il multiplie les références les plus sérieuses." (Jean-Charles, Nouvelle Critique) – "Paxton est un témoin désintéressé. Il fait de l'histoire sans souvenirs personnels et sans fièvre. (...) Il nous apporte objectivement le résultat d'une enquête... conduite avec minutie, uniquement soucieuse de coller sans cesse au réel et d'apprendre la vérité." (Henri Guillemin, La Tribune de Genève).

324.          PEDRAZZANI (Jean-Michel). La France en Indochine, de Catroux à Sainteny. Arthaud, 1972, in-8°, 216 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Témoignages)

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"Récit des évènements de la vie indochinoise durant la Seconde Guerre mondiale. Intéressantes informations sur la naissance et l'action anti-japonaise du Viet Minh. Le récit s'achève au lendemain du 6 mars 1946." (Ruscio, La guerre "francaise" d'Indochine 1945-54) – "En juin 1940, la France vaincue en Europe a peine à maintenir sa présence en Indochine. L’armée est divisée, incapable de faire face à une éventuelle attaque du Japon alors en guerre avec la Chine. Après Catroux qui cherche à rallier le camp gaulliste, Decoux qui lui succède sous le régime de Vichy tente d’écarter le danger à force de concessions. A la faveur de ces circonstances exceptionnelles, la résistance intérieure vietnamienne s’organise, entame en force la lutte pour l’indépendance. L’attaque japonaise se déclenche enfin mais la victoire alliée vient à nouveau bouleverser les positions des différents protagonistes. Tout le drame vietnamien est en puissance dans cette situation. Le passionnant récit de Jean-Michel Pedrazzani, fondé sur une documentation renouvelée et les interviews de nombreux responsables, éclaire et explique l’ampleur et la complexité d’un conflit élargi aujourd’hui à l’échelle mondiale." (4e de couv.)

325.          ROBERTSON (Terence). Sous-marin d'attaque. Jacques Grancher, 1983, gr. in-8°, 226 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Le commandant Kretschmer et le U-99 dans la Bataille de l'Atlantique. Excellent ouvrage relatant la guerre sous marine contre les convois alliés.

326.          RUDEL (Hans Ulrich). Pilote de Stukas. "Trotzdem". Corrêa, 1953, in-8°, 285 pp, traduit de l'allemand, préface de Pierre Clostermann, 13 photos hors texte, plan d'un Stuka, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

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"Du premier au dernier jour, de Stalingrad à Berlin, Hans Ulrich Rudel ne cessa de se battre contre les Russes. Ce fut lui qui, en septembre 1941, coula le cuirassé de 22 000 tonnes « Marat » dans le port de Cronstadt, ainsi que deux autres croiseurs. Dès 1943, il se spécialise dans les combats contre les chars, fonçant de façon foudroyante jusqu'à quelques mètres du sol. Grièvement blessé, amputé d'une jambe, il refuse néanmoins le commandement de toute l'aviation de combat et malgré les ordres de Hitler et de Goering qui lui interdisaient de voler davantage, il rejoint sa formation et reprend le combat jusqu au bout, – jusqu'au bout de la défaite. Poussés jusque-là, l'héroïsme, le désintéressement, la camaraderie, l'ardeur au combat n'ont plus de patrie. « Pilote de stukas » est le récit passionnant des combats et des aventures d'un pur héros, de celui qui reste dans l'opinion des aviateurs alliés « le plus grand de nos adversaires ». Dans sa simplicité, son dynamisme, sa vérité, c'est un témoignage bouleversant." (4e de couverture) — Un pilote de légende : Rudel a réalisé plus de deux mille sorties sur presque tous types de Ju 87 et environ 400 à bord du Focke-Wulf 190, soit un total de 2530 missions de combat. Il a détruit près de 2000 cibles au sol (dont au moins 500 chars), un cuirassé, deux croiseurs et un destroyer. Il a remporté 9 victoires aériennes homologuées. Il a été descendu 32 fois derrière les lignes ennemies, mais est toujours parvenu à s'échapper...

327.          SERRANO SUNER (Ramon). Entre les Pyrénées et Gibraltar. Dix ans de politique espagnole (1936-1946). Genève, Editions du Cheval Ailé, 1947, in-8°, 342 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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Notes et réflexions sur la politique espagnole depuis 1936 par l'ancien ministre espagnol des Affaires étrangères. Ramón Serrano Suñer, beau-frère de Francisco Franco, le soutint après le déclenchement de la Guerre d'Espagne, pendant laquelle il fut à la tête de la Phalange. En juillet 1936, il fut arrêté et enfermé dans une prison républicaine. Il s'évada en octobre 1936, déguisé en femme. Il rejoignit la France sur un navire argentin, puis se rendit à Salamanque où siégeait le gouvernement provisoire de Franco, et travailla à ses côtés pendant toute la durée du conflit. Ses deux frères furent fusillés par les Républicains. De 1937 à 1940, il fut ministre de l'Intérieur, et cumula ce portefeuille avec celui de ministre de la Presse et de la Propagande de 1939 à 1940. De 1940 à 1942, il fut ministre des Affaires étrangères, et parvint à mettre en place des relations solides avec Mussolini. En 1940, Suñer et Franco rencontrèrent Hitler à Hendaye pour discuter d'un engagement éventuel de l'Espagne dans la Seconde Guerre mondiale. Suñer tenta de convaincre Franco de rejoindre l'Axe, mais l'Espagne resta neutre tout au long du conflit. Hitler fut déçu que Suñer n'insiste pas plus pour que Franco soutienne l'Allemagne, et le décrivit comme "creusant la tombe de l'Espagne nouvelle". En 1942, il dut renoncer à sa charge de ministre des Affaires étrangères et de président du conseil de la Phalange.

328.          SKORZENY (Otto). La Guerre inconnue. Albin Michel, 1975, in-8°, 442 pp, 12 pl. de photos hors texte, 12 documents, cartes et plans dans le texte, index, broché, couv. à rabats, 2e plat illustré d'une photo de l'auteur, bon état

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Voici un document au plein sens du terme. Le colonel Otto Skorzeny, que la légende considère encore aujourd'hui comme "l'homme le plus dangereux de l'Europe", n'est certes pas seulement cet officier allemand qui s'est rendu célèbre en "enlevant" Mussolini au Gran Sasso en 1943. Il est aussi celui qui inventa une nouvelle stratégie – laquelle est enseignée notamment à l'Ecole de Guerre de Jérusalem. A cet égard, quatre officiers généraux des armées alliées de l'Ouest ont examiné l'action du colonel Skorzeny et de ses unités à destination spéciale durant la Seconde Guerre mondiale. Tous quatre ont rendu hommage aux résultats surprenants et exceptionnels obtenus par celui qui fut bien plus qu'un "haut aventurier". En tous cas cette guerre, telle que Skorzeny lui-même nous la raconte ici à la fois en acteur et en témoin, mérite bien d'être appelée : La Guerre inconnue. Car s'il parle, dans la première partie du livre, de la guerre classique qu'il a connue jusque devant Moscou, il montre ensuite, à la lumière d'un certain nombre d'opérations ("Ulm", "Truite", "Franz", "Griffon", "Panzerfraust", etc.), comment il a appliqué une nouvelle conception stratégique qui va au-delà des théories de Clausewitz. Otto Skorzeny raconte aussi son éducation autrichienne, qui l'a placé dès son plus jeune âge sous le signe de l'Anschluss et a tout naturellement fait de lui – ses diplômes d'ingénieur passés – un soldat allemand. Et il nous donne un témoignage de première main sur ce que fut le combat quotidien de ce soldat. Il n'est pas inutile, d'ailleurs, de signaler que La Guerre inconnue est dédiée "aux simples soldats allemands et russes". Enfin, après l'étonnant récit de l'enlèvement de Mussolini, ce livre nous éclaire sur le rôle déterminant de Skorzeny dans le rétablissement de la situation à la suite de l'attentat contre Hitler du 20 juillet 1944. Voici donc à la fois l'un des plus étonnants romans d'aventures qui ait jamais été écrit et une contribution non négligeable à l'Histoire de notre temps. Sans renier des opinions qui reflètent la mentalité profonde d'une époque, Otto Skorzeny nous raconte les épisodes de cette guerre qui l'a vu sur les différents fronts d'Europe, et fait réflexion, trente ans après, sur les grands moments d'une Histoire qu'il a lui-même vécue en combattant.

329.          SPERCO (Willy). L'écroulement d'une dictature. Choses vues en Italie durant la guerre 1940-1945. Hachette, 1946, in-8°, 292 pp, broché, bon état

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L'effondrement du régime mussolinien par Willy Sperco, pseudonyme de Guglielmo Sperco (1887-1978), journaliste témoin de l'époque fasciste. — "Une contribution à l'histoire : ces notes s'étendent de 1940 à 1945 Bien des faits que nous ignorions nous sont révélés, grâce à des documents inédits. La mort de Ciano, la fin ignominieuse de Mussolini, l'attitude de Franco, qui résista à l'Axe en lui interdisant l'accès de Gibraltar, tout cela et bien d'autres choses jettent un jour nouveau sur cette période de la guerre en Italie." (Henri Gal, Revue des conférences françaises en Orient, 1947)

330.          TOLAND (John). L'Empire du Soleil Levant. Gloire et chute, 1936-1945. Calmann-Lévy, 1972, gr. in-8°, 345 pp, traduit de l'américain, 16 pl. de photos hors texte, 8 cartes, broché, bon état

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L'originalité du livre de Toland est d'être écrit du point de vue japonais. L'auteur a bénéficié de l'aide de sa femme, japonaise. — "Ce livre est surtout un récit vivant des principaux épisodes de la guerre du Pacifique destiné à un large public. L'auteur a puisé une information sérieuse dans les archives japonaises et américaines ainsi que dans les témoignages des principaux acteurs et simples survivants du drame. Partant de la mutinerie du 26 février 1936, l'ouvrage relate rapidement l'extension de la conquête japonaise en Chine et l'évolution politique qui conduit à l'attaque sur Pearl Harbour. La conquête des Philippines par l'armée japonaise, les combats de Guadalcanal et des Mariannes, la bataille du golfe de Leyte, la défense des Ryukyu, la destruction d'Hiroshima et de Nagasaki, et la capitulation du Japon sont décrits avec détail, dans un style sobre et évocateur. Si les événements politiques occupent moins de place que les opérations militaires, J. Toland a eu néanmoins le souci d'en présenter la trame. Il souligne, à juste titre, comment le panasiatisme que propageait le Japon rencontrait certaines aspirations profondes des peuples d'Asie orientale, et combien la guerre menée par les États-Unis en Europe contre une nation occidentale et sa conception nazie différait de celle entreprise par eux en Asie, qui n'était pas seulement une lutte contre une nation agressive se battant pour survivre en tant que puissance moderne, mais « un combat idéologique contre un continent entier ». L'analyse demeure certes limitée ; cependant, la qualité du récit, la sûreté de l'information et la pondération des jugements confèrent à cet ouvrage une réelle utilité pour un sujet sur lequel la bibliographie en français est particulièrement indigente." (Marianne Bastid-Bruguière, Revue française d'histoire d'Outre-Mer, 1974)

331.          TROUILLÉ (Pierre). Journal d'un Préfet pendant l'Occupation. Gallimard, 1964, in-8°, 240 pp, 2 cartes dépliantes hors texte, broché, couv. à rabats lég. salie, bon état

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"Préfet de la Corrèze mis en place par Vichy en février 1944, l'auteur, favorablement connu de la Résistance dans un département où elle était puissante, livre ici les notes prises au jour le jour de février à août 1944. Il donne ainsi un passionnant témoignage sur l'attitude de certains cadres supérieurs de l'Etat, sur les rapports qui s'établirent en zone libre entre Résistance et milice, entre administration et maquis." (Revue française de science politique, 1965)

332.          VALLAT (Xavier). Charles Maurras, numéro d'écrou 8.321. Plon, 1953, in-8°, 290 pp, non coupé, broché, couv. illustrée d'une photo de Maurras, bon état

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Souvenirs de captivité de l'ancien commissaire aux Affaires juives : il y donne essentiellement, sous forme de journal, son témoignage sur l'activité et les préoccupations de Charles Maurras à la prison de la Santé et à la maison centrale de Clairvaux en 1948 et 1949.

333.          VALODE (Philippe) et Robert ARNAUT. Les dossiers secrets de la Seconde Guerre mondiale. First Editions, 2010, in-8°, 335 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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En regardant ces "photos jaunies" de la Seconde Guerre mondiale, les auteurs de ce document ont découvert des personnages et des événements qui ont échappé à l'histoire. Par exemple, cette première bataille secrète de l'eau lourde qui, en pleine défaite de 1940, fut le départ de la grande aventure nucléaire conduisant à la victoire. Les pages de ce livre posent surtout des questions : où sont passés les milliards de la Résistance ? Qui a tué le général Delestraint, le chef de l'Armée secrète ? Pourquoi cette haine "amicale" entre Hitler et Rommel ? Connaissez-vous l'homme qui a sauvé Londres des V1 et a pesé sur le cours de la guerre ? Traîtres ou héros, aventuriers et savants, bourreaux ou victimes, pacifistes et chefs de guerre... tous les personnages qui peuplent ces chapitres ont chacun vécu une aventure insoupçonnée, extraordinaire, que seule la guerre pouvait susciter.

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