Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 395 – Juin 2020

 

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

TEMPS MODERNES

RÉVOLUTION

1er EMPIRE

De 1815 à 1914

De 1914 à nos jours

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

RÉGIONALISME

PARIS

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  AMBELAIN (Robert). Crimes et secrets d'Etat, 1785-1830. Laffont, 1979, gr. in-8°, 341 pp, 4 pl. de gravures hors texte, tableaux généalogiques, pièces justificatives, biblio, broché, bon état

            25

Balzac ne l'a pas dissimulé : “Il y a deux Histoires: I'histoire officielle que l'on enseigne ; et l'histoire secrete, ou sont les véritables causes des événements.”... Marie-Antoinette, Fersen, Louis XVII, Madame Royale, le juge Fualdès, le duc de Berri, etc. (Parois, 12)

2.                  AMBELAIN (Robert). Drames et secrets de l'Histoire, 1306-1643. Laffont, 1980, gr. in-8°, 342 pp, 8 pl. de gravures et documents hors texte, qqs gravures, tableaux généalogiques et fac-similés dans le texte, annexes, biblio, broché, bon état

            25

Le secret de Philippe Le Bel ; Le cercle intérieur secret des Templiers ; L'affaire de la tour de Nesle : la vérité ; L'énigme de Jean Ier le posthume ; Jeanne la Pucelle, princesse royale ; La Dame des Armoises : la fin d'une épopée ; L'énigme de la naissance de Charles VIII ; Les véritables assassins de Henri IV ; Henri IV, son "grand dessein" et les Rose-Croix.

3.                  AMBELAIN (Robert). La Chapelle des damnés. La véritable Affaire des poisons, 1650-1703. Laffont, 1983, gr. in-8°, 288 pp, 4 pl. de gravures hors texte, une carte et un croquis, broché, bon état

            25

Fouquet le régicide ; Le complot des Protestants et le rôle du Masque de fer ; Poisons et Messes noires à la Cour ; Les origines liturgiques de la femme nue sur l'autel. — On croyait avoir tout dit sur le procès de Fouquet, les révoltes protestantes des XVIe et XVIIe siècles, le Masque de fer et l'Affaire des poisons. Il n'en était rien ! D'un dépouillement attentif des archives de la Bastille, des Affaires étrangères et de documents d'époque à la Bibliothèque nationale ou à celle de l'Arsenal, Robert Ambelain nous apporte en ce nouvel ouvrage la preuve que Fouquet ne fut pas qu'un ministre malhonnête et jouisseur, mais qu'il complota avec les ministres de Charles II d'Angleterre l'empoisonnement de Louis XIV et de Colbert, sans pour cela négliger le recours aux messes noires, qu'utilisa également contre son époux Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans... Le complot du chef protestant Roux de Marcilly impliquant l'invasion par la Hollande, l'Angleterre, l'Espagne et la Suisse, devait réduire la France de deux tiers en la ramenant à un petit royaume intérieur, sans aucun débouché sur la mer. Et là encore la mort du Roi-Soleil était décidée, ainsi que son remplacement par son aîné "légal", bâtard adultérin d'Anne d'Autriche, futur “Masque de fer”, sur lequel des précisions nouvelles sont apportées. Quant à la sinistre Affaire des poisons, que l'auteur analyse en détail, l'ouvrage nous livre un authentique document jusque-là ignoré : l'origine liturgique de la femme nue sur l'autel, chez certaines sectes chrétiennes des premiers siècles, en Syrie. Un troisième ouvrage d'histoire insolite, aussi passionnant que les deux précédents : Crimes et secrets d'Etat (1785-1830) et Drames et secrets de l'histoire (1306-1643).

4.                  BISKUPSKI (Prof. Dr Ludwik). L'Origine et l'historique de la représentation officielle du Saint-Siège en Turquie (1204-1967). Istanbul, chez l'Auteur, en vente à la librairie Hachette, 1968, fort in-12, 365 pp, 32 pl. de photos hors texte, sources et références, index, broché, couv. lég. défraîchie, bon état

            30

"L'auteur, qui est professeur de français à l'Université d'Istanbul, a profité du voyage que le pape Paul VI a fait en Turquie en juillet 1967 pour exposer les relations de ce pays avec le Saint-Siège. Elles commencent en 1204 avec l'établissement du patriarcat latin. Après la conquête du pays par les Turcs (1453), le St-Siège fut représenté par des vicaires patriarcaux. Celui qui exerça la plus grande influence fut certainement Mgr Ange-Joseph Rocalli qui, pendant les dix ans de sa mission (1935-1945), sut gagner la confiance des autorités et travailler à établir des relations diplomatiques entre le St-Siège et Ankara ; elles aboutirent en effet après son départ. La situation était assez nette pour que fût entamée la question du voyage de S. Sainteté Paul VI, dont le but essentiel était la rencontre avec le patriarche grec Athénagoras. Le gouvernement d'Ankara fit preuve d'un grand libéralisme. Le président de la République Cevdet Sunay accueillit le pape à son arrivée à Istanbul, puis il le reçut à Yildiz et chaque fois tous deux échangèrent des paroles de courtoisie et d'estime. Il l'accompagna même dans une courte visite en ville et dans une rapide promenade dans son yacht sur le Bosphore. Le pape alla au Phanar où le patriarche Athénagoras le reçut en frère très aimé. Il eut aussi une entrevue avec les patriarches arméniens catholique et grégorien, le chef de la communauté syrienne et le grand rabbin de Turquie; il accueillit aussi le corps diplomatique. Le lendemain, à son départ, Paul VI fut encore salué par le président de la République et répondit avec émotion à son discours. A 12 h 35 il arrivait à l'aérodrome d'Izmir, où il fut reçu par les autorités locales, puis il se rendit à Éphèse pour vénérer les restes de la basilique du concile de 431 et la « Maison de la Vierge ». Dans la nuit, il rentrait à Rome, fatigué, mais heureux de ces deux journées de rencontres. La presse turque fut aimable en général et fit ressortir l'importance pour le pays de ce voyage qui montrait la place de la Turquie dans les relations internationales. L'auteur en donne des extraits des journaux, puis pour montrer la cordialité des rapports il cite les discours échangés au Vatican lors de la présentation des lettres diplomatiques des ambassadeurs turcs (1960, 1961, 1966) et pour la visite officielle du ministre des Affaires Étrangères de Turquie (20 mars 1963). L'auteur profite de l'occasion pour exposer aux lecteurs peu au courant des affaires religieuses ce qu'est le Vatican, avec son organisation et ses multiples services el ses relations avec les Sociétés internationales. Divers textes montrent le grand prestige dont jouit la Papauté dans le monde entier (encyclique de Jean XXIII Pacem in terris ; adresse de Paul VI à l'O.N.U. (4 oct. 1965) ; déclaration conciliaire sur les relations de l'Église catholique avec les religions non chrétiennes, etc.). Il faut remercier l'auteur du soin qu'il a pris de faire connaître le rôle de la Papauté dans le monde et son influence auprès des élites de tout pays." (R. Janin, Revue des études byzantines, 1969)

5.                  BLANQUART (Paul). Une histoire de la ville. Pour repenser la société. La Découverte, 1997, in-8°, 193 pp, biblio, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état

            20

La ville est aujourd'hui malade, la société aussi. Et il semble qu'elles souffrent d'une même maladie. C'est pourquoi l'action politique, dont l'objet est d'assurer la viabilité d'une société, se proclame souvent ces temps-ci "politique de la ville" ou "politique sociale". Force est pourtant de constater que celles-ci se ramènent trop à des catalogues de mesures parcellaires, souvent déjà usées. A quoi tient un tel manque d'envergure et d'imagination ? Comment aller plus loin ? C'est pour répondre à ces interrogations que Paul Blanquart propose cette originale histoire de la ville, de l'Antiquité à nos jours. L'intérêt de son approche réside dans la démonstration qu'une ville, une société, ce fut toujours, inséparablement, de la pensée. Tribus nomades et communautés villageoises, leurs pierres levées et leurs cercles centrés, relèvent d'un esprit religieux. La forme pyramidale organise les sociétés à castes et les villes antiques. De vifs débats intellectuels accompagnent les transformations, spatiales et sociales, de l'Athènes classique et de la cité médiévale. La raison cartésienne, géométrique et mécanique, est à l'œuvre dans la ville royale et son fonctionnement techno-administratif. Tout comme l'est la thermodynamique dans la ville industrielle et ses conflits de classes. Il se dégage de cette histoire une leçon très claire : à nouvelle façon de faire ville et société, nouvelle manière de penser. A l'âge des flux de toutes sortes qui disloquent nos villes et dualisent nos sociétés, dissolvent les frontières héritées et nos références mentales, il s'agit d'opposer à la logique du trans-, actuellement régnante, une logique de l'inter-, inspirée des sciences de la vie et de l'intelligence. — "Magnifique méditation sur la ville, ce livre, qui semble écrit d'une traite, a dû au contraire procéder par soustraction pour maîtriser une formidable documentation et garder l'essentiel." (Revue Esprit)

6.                  BLUCHE (François). Dictionnaire des mots historiques de César à Churchill. Editions de Fallois, 1992, pt in-8°, 402 pp, broché, bon état

            20

Alliant érudition et humour, l'auteur aborde l'histoire, de César à Churchill, sous un angle inhabituel et stimulant. Qu'en est-il au juste de ces phrases célèbres, retentissantes, décisives ? De ces répliques inoubliables et si bien trouvées ? Que faut-il penser de ces « mots », authentiques ou reforgés, héroïques ou plaisants, qui jalonnent l'histoire et qui sont les témoins de l'imaginaire des nations et des peuples ? Beaucoup de ces mots sont en effet totalement faux, inventés après coup, apocryphes. Quant aux mots authentiques, on ne sait pas toujours leur origine. Avec la rigueur de l'historien, en prenant de multiples exemples, de Simon de Montfort au Général Leclerc, de Danton au général américain McAuliffe, sans oublier les plus célèbres et les plus populaires, François Bluche fait passer aux mots historiques une triple épreuve : l'authenticité, l'historicité et l'intégrité.

7.                  BOUSSEL (Patrice)( dir). Histoire de la vie française, conçue par Roger Allégret et réalisée sous la direction de Patrice Boussel, présentée par le duc de Lévis-Mirepoix. Editions de l'Illustration, 1971-1973, 8 vol. in-4°, 2720 pp, très nombreuses illustrations, chronologie et bibliographie dans chaque volume, reliures skivertex noir de l'éditeur, titre et fers dorés aux dos, médaillons or aux 1ers plats, mors fragiles (abîmés sur deux des volumes), état correct

            100

Par Patrice Boussel, Eugène Jarry, Raymond Cazelles, Henriette Vannier, Hélène Michaud, Jean Jacquart, Georges Mongrédien, Michel Richard, Jacques Wilhelm, René Héron de Villefosse, Jacques Levron, Jean Bruhat, Jean Tulard, Jean Vidalenc, André Armengaud, Pierre Labracherie, Romi, etc. — Table : I : Les Origines jusqu'au XIe siècle. II : La Foi (XIIe, XIIIe, XIVe, XVe siècles). III. L'Espoir (XVIe siècle). IV : L'Equilibre (XVIIe siècle). V : L'Esprit (XVIIIe siècle). VI : Les Révolutions (1789-1871). VII : L'Essor (1871-1914). VIII : Le Devenir (1914 - horizon 1980).

8.                  BOUTEILLER (Paul)( dir). Histoire du ministère de l'Intérieur de 1790 à nos jours, par un groupe de préfets et de hauts fonctionnaires du Ministère. P., La Documentation française, 1993, gr. in-8°, 325 pp, préface de Paul Bouteiller, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Ouvrage rédigé par le groupe d'histoire du ministère de l'Intérieur. Dirigée par Paul Bouteiller, préfet honoraire et archiviste paléographe, cette instance, où se côtoient hauts fonctionnaires du ministère et responsables de la mission des Archives nationales auprès du ministère de l'Intérieur, y apporte nombre d'informations toujours sûres, mais que l'on voudrait parfois moins factuelles. L'ouvrage comporte deux parties, l'une chronologique, de 1790 à nos jours, et l'autre thématique (décentralisation, police, cultes, Algérie), la première étant nettement plus substantielle. Les structures du ministère et leur évolution au fil du temps sont clairement indiquées (les organigrammes sont repris en annexe). Pour brèves qu'elles soient, les notices consacrées à la personnalité et à l'œuvre des ministres (dont la liste complète est reprise en annexe) apportent des précisions utiles sur des figures qui méritent souvent mieux que l'oubli dans lequel elles sont tombées. Ainsi en est-il de Persigny, à qui l'on doit sous le Second Empire l'installation place Beauvau, et aussi l'impulsion donnée à l'établissement d'inventaires des archives départementales. Avec une bibliographie solide et judicieusement placée après chaque chapitre, cet ouvrage collectif, récemment couronné par le prix « Histoire et mémoire », est un jalon de qualité, dans un domaine où l'histoire des préfets était bien mieux connue que celle de leur ministère de rattachement. (Michel Denieul, Bibliothèque de l'École des chartes)

9.                  CHAUVIN (Rémy). Le Monde des fourmis. Un univers de science-fiction. Plon, 1969, in-8°, 285 pp, 8 pl. de photos hors texte, 42 figures, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            20

L'amateur de théâtre trouverait son bonheur à observer la société des fourmis. De la tragédie grecque : une reine esclavagiste, surgissant dans une cité étrangère, commence par supprimer sa rivale, ou plutôt, comble de raffinement, semble inciter les ouvrières à tuer leur propre mère. Du Grand-Guignol : l'épouse coupe son mari en deux au paroxysme de leur étreinte. Du mélodrame : des ouvrières prennent goût à la liqueur toxique distillée par un parasite et, bientôt esclaves de cette drogue, négligent leurs rejetons pour s'occuper des oeufs de l'intrus, dont les larves dévoreront ceux de la fourmilière, désormais condamnée. Du Vaudeville : certaines fourmis palpent l'arrière-train de pucerons dodus pour en obtenir des sucreries... Cependant, c'est surtout la science-fiction qu'évoque ce monde, à la fois inhumain, surhumain et trop humain, avec ses colonies voire ses fédérations, ses super-cités monumentales, ses soldats et ses ouvriers – être asexués créés sur commande –, ses esclaves et ses hôtes indésirables.. La fourmilière ne tombe jamais en panne et semble déjouer avec une intelligence subtile les pièges les plus destructeurs. Une organisation à faire pâlir d'envie les ingénieurs responsables de nos réseaux de communication. Et de là à imaginer des applications pour un travail en environnement hostile ou sur des planètes inexplorées, il n'y a qu'un pas, vite franchi. La science des fourmis n'est pas finie... elle vient à peine de commencer.

10.              COE (Sophie D. & Michael D.). The True History of Chocolate. London, Thames and Hudson, 1996, gr. in-8°, 280 pp, 84 illustrations dans le texte, 13 illustrations en couleurs sur 8 pl. hors texte, notes, biblio, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            25

Quels furent les premiers peuples à cultiver le cacao ? Comment ce breuvage a-t-il gagné l'Europe jusqu'à devenir le produit de consommation courante que nous appelons " chocolat " ? Pour la première fois, des spécialistes de la civilisation pré-colombienne retracent cette histoire, vieille de trois mille ans, qui commence avec les vestiges de la culture maya. Leur étude minutieuse des textes et hiéroglyphes nous révèle les usages du cacao, à la fois plante médicinale, monnaie d'échange et symbole religieux. Ils suivent ensuite son voyage en Europe, depuis les salons du XVIIIe siècle, jusqu'aux usines de Van Houten et Lindt. L'analyse des vignettes, réclames, poèmes montre la place singulière qu'il occupe dans la culture occidentale : entre récompense pour enfants, boisson miracle et folie gourmande. Plus qu'un récit, il s'agit d'une étude où se mêlent botanique, archéologie et anthropologie. L'histoire du chocolat est en même temps l'histoire de l'esclavage, des illusions médicales, des mœurs et des modes. Des hiéroglyphes mayas aux tablettes de supermarchés, c'est une véritable ethno-histoire du chocolat que proposent Sophie et Michael D. Coe. — Sophie et Michael D.Coe, docteurs de l'Université de Harvard, anthropologues et historiens, ont consacré l'essentiel de leurs travaux à la civilisation pré-colombienne et à l'histoire culinaire.

11.              Collectif - Loyrette (Henri), Michael Pantazzi, Ségolène Le Men, Edouard Papet. Daumier 1808-1879. P., Réunion des Musées Nationaux, 1999, in-4°, 600 pp, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, chronologie, biblio, index, reliure éditeur, jaquette illustrée (pt accroc sans gravité à un coin de la jaquette), bon état

            70

Catalogue de l´exposition présentée au Musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa (juin-septembre 1999), au Grand Palais à Paris (octobre 1999-janvier 2000) et à la Phillips Collection à Washington (février-mai 2000). Rétrospective de l´oeuvre, accompagnée des contributions d'Henri Loyrette (Situation de Daumier), Michael Pantazzi (« Son rêve, en effet, a été la peinture »), Ségolène Le Men (Daumier et l'estampe), Edouard Papet (« Il fait aussi de la sculpture... »), et de Michel Melot (Daumier, l'art et la politique). Catalogue thématique de 369 oeuvres, reproduites et commentées. — On n'a longtemps retenu de Daumier que le caricaturiste faisant trembler les puissants ou le chroniqueur satirique des mœurs de la bourgeoisie du XIXe siècle. En réalité, le talent de cet artiste, qui a abordé avec un égal bonheur la peinture, le dessin, la sculpture et la lithographie, transcende les classifications, sans jamais cesser de dénoncer les stéréotypes. Doué d'un sens de l'observation hors du commun, il s'est attaché à peindre le quotidien le plus ordinaire pour lui donner une dimension universelle. Daumier n'écrivait pas, parlait peu, a rarement été exposé de son vivant et mourut, presque dans l'indifférence. Sa place marginale dans l'histoire de l'art français et la reconnaissance tardive de son œuvre justifient la rétrospective qui lui est aujourd'hui consacrée. Cet ouvrage qui l'accompagne propose de montrer dans toute son étendue le génie créateur d'un artiste que Baudelaire considérait comme "l'un des hommes les plus importants [...] de l'art moderne".

12.              Collectif – FEMIA (Rocco), Laure Teulières, Maurizio Targa, François-Régis Lorenzo. Cette Italie qui m'en chante. Histoires et chants d'Italie. Editalie éditions, 2005, in-8° étroit, 175 pp, 107 illustrations et photos en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Un ouvrage sur l'histoire de la chanson italienne regroupant les chants populaires les plus connus. L'histoire italienne est liée à la musique de manière presque ancestrale.

13.              COLOMB (Denise). Portraits d'artistes : les années 50/60. P., Editions 666, 1986, in-4°, (120) pp, 49 photographies imprimées en héliogravure : Artaud, Vieira Da Silva, Calder, Zao Wou Ki, Picasso, Arp, De Staël, Villon, Miro, Soulages, Lam, etc., reliure toile grise, jaquette illustrée, non paginé, bon état. Bel album peu courant

            120

Les meilleurs portraits d'artistes de Denise Colomb réalisés pour la plupart à Paris dans les années 1950 : Adam, Arp, Artaud, Bazaine, Bissière, Brauner, Braque, Calder, César, Chagall, Delaunay, Dodeigne, Duault, Dubuffet, Ernst, Etienne-Martin, Fini, Giacometti, Gilioli, Gontcharova, Hantaï, Hartung, Hélion, Jacobsen, Kallos, Lam, Laurens, Loeb, Magnelli, Manessier, Masson, Mathieu, Matta, Miró, Picasso, Poliakoff, Richier, Riopelle, Soulages, da Silva, de Staël, Tinguely, Villon, Ubac, Van Velde, Vasarely, Zao Wou-Ki, Denise Colomb (autoportrait). — "Si la photographe Denise Colomb (1902-2004) n'avait réalisé que les portraits de Nicolas de Staël (1954) et d'Antonin Artaud (1947), la postérité lui serait déjà acquise. Modèles du genre par la clarté de leur style et par leur beauté tragique, ces portraits possèdent une dimension visionnaire. Quelques mois plus tard, le peintre se jettera de la terrasse de son atelier d'Antibes et l'écrivain décédera à l'hôpital d'Ivry, rongé par la maladie. Admirable portraitiste, essentiellement durant les années 1950, de toute une génération d'artistes, Denise Colomb est aussi connue pour ses photographies d'Indochine, des Antilles ou encore de Paris. Son nom est associé à la photographie humaniste française, aux côtés de Robert Doisneau, Édouard Boubat ou Willy Ronis. Denise Colomb, née Denise Loeb à Paris en 1902, découvre la photographie au cours d'un séjour en Indochine, de 1935 à 1937. Destinés à illustrer des carnets de voyage ethnographiques, ses premiers clichés sont déjà empreints d'une touche de réalisme poétique. À la fin des années 1940, Denise Colomb réalise ses premiers portraits d'artistes, par l'entremise de son frère Pierre Loeb, qui possède une galerie réputée à Paris..." (Universalis.fr)

14.              DAUDET (Ernest). Dans les Palais des Rois. Récits d'histoire, d'après des documents inédits. Hachette, 1914, in-12, 270 pp, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et vermillon, fleurons dorés, couv. conservée, bon état

            40

Sept études : I. Le complot d'une reine (comment la reine de Suède, Louise-Ulrique, sœur du roi de Prusse, Frédéric II, et femme du roi Adolphe-Frédéric, essaya, en juin 1756, de se débarrasser de la Diète) ; II. L'assassinat de Gustave III, roi de Suède (mars 1792) ; III. Une vie de diplomate à la fin du XVIIIe siècle, 1764-1803 (Arcadii de Markoff, accrédité par Catherine II auprès du roi de Suède, Gustave III, plus tard par Alexandre Ier auprès de Bonaparte) ; IV. Autour de Marie-Antoinette (la reine et Barnave, d'après la correspondance publiée par O.-G. de Heidenstam) ; V. Le meurtre de Paul Ier, empereur de Russie, 1801 ; VI. L'empereur Alexandre Ier après 1812 (d'après l'ouvrage du grand-duc Nicolas Mikhaïlovitch et l'ouvrage de P. Pierling) ; VII. La mort du duc d'Orléans et l'Europe en 1842 (lettres de condoléance envoyées par les diverses cours à Louis-Philippe ; seul, le tzar Nicolas Ier ne désarma pas).

15.              DELORME (Philippe). Les Rois assassinés. Bartillat, 2002, in-8°, 294 pp, préface de Jacques de Bourbon Busset, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Nombreux furent les souverains marqués par une fin tragique. De Jules César au tsar Nicolas II, d'Henri IV à Elisabeth d'Autriche, certains ont frappé l'imagination populaire au point de passionner le grand public. D'autres moins connus, Carlos 1er de Portugal, Murat, en tant que roi de Naples, Gustave III de Suède ou, plus près de nous Fayçal II d'Irak et Sri Savang Vatthana du Laos, n'en sont pas moins captivants. Philippe Delorme s'est penché longuement sur douze de ces rois assassinés par le poignard, le poison, la hache ou le peloton d'exécution. Dans un style alerte et précis, il nous fait revivre heure par heure avec passion ces grands drames de l'Histoire.

16.              EISENBERG (Josy). Une histoire du peuple juif. Fayard, 1974, in-8°, 568 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

"Des temps bibliques à l'époque contemporaine, l'auteur retrace le devenir des Juifs en contact avec les civilisations de l'Islam et de la chrétienté. Les deux premières parties du livre sont consacrées à l'Israël antique. L'A. décrit ensuite la symbiose judéo-arabe de l'époque médiévale ainsi que la condition humiliée des Juifs en pays de chrétienté. Au XVe siècle, les Juifs sont expulsés de la plupart des pays d'Europe occidentale. L'Europe de l'Est et surtout la Pologne d'une part, l'Empire ottoman de l'autre deviennent les principales aires de peuplement juif. Aux XVIe et XVIIe siècles, l'histoire des Juifs est dominée par ces deux grands centres où se développent des communautés très différentes du point de vue socio-économique et socio-culturel. En même temps l'écart se creuse entre les Sépharadim, descendant des Juifs d'Espagne installés surtout en pays d'islam et les Achkénazim d'origine allemande créant en Europe orientale des judaïcités florissantes. Malgré les expulsions, quelques communautés juives survivent en Europe occidentale. Elles jouent un rôle politique important dans la lutte pour l'émancipation que leur accordera la Révolution française. La deuxième partie de l'ouvrage est consacrée aux conséquences de cette émancipation, à la naissance d'un antisémitisme qui connaîtra son expression la plus virulente dans le fascisme hitlérien. Mais dès le XIXe siècle, on assiste aussi surtout en Europe orientale à l'éveil du sentiment national juif qui s'exprime dans le sionisme et qui aboutit à la création de l'Etat d'Israël. En même temps naissent de nouvelles judaïcités en Amérique. Cette histoire du peuple juif est un ouvrage de synthèse s'appuyant sur les meilleurs travaux des chercheurs contemporains. L'A. ne décrit pas seulement les principaux événements qui ont jalonné l'histoire quatre fois millénaire des Juifs, mais étudie aussi leur évolution politique, sociale, économique et culturelle. Il s'attache plus particulièrement à l'étude des osmoses entre la civilisation que transportaient les Juifs et celles que leur offraient les divers milieux d'accueil. Il montre ainsi les liens étroits entre l'histoire du peuple juif et l'histoire universelle. Ecrite avec talent pour le grand public, complétée par une bibliographie sélective, cette Histoire du Peuple juif est certainement l'un des meilleurs ouvrages d'initiation en langue française." (Doris Bensimon, Archives des sciences sociales des religions, 1974)

17.              FIGUIER (Louis). Le Lendemain de la mort, ou la vie future selon la science. Hachette et Cie, 1889, in-12, 473 pp, 9e édition, 10 figures d'astronomie dans le texte, reliure demi-basane verte, dos à 5 nerfs, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos et plats frottés, coiffe sup. lég. abîmée, bon état

            30

"Ce que l'on trouvera dans cet ouvrage, ce n'est pas seulement une tentative de solution, par la science, du problème de la vie future, mais encore l'exposé de toute une théorie de la nature, une véritable philosophie de l'univers." (Introduction) — "C'est à la suite de la mort de son fils que l'auteur a écrit ce livre qui pourrait s'appeler le spiritualisme démontré par la science. Nature intime de l'homme ; Le corps, l'âme et la vie ; L'être surhumain ; Morts, résurrections et incarnations ; Le soleil séjour définitif des âmes ; L'homme planétaire ; Pluralité des existences humaines ; Souvenirs des existences antérieures ; Impressions des mourants." (Caillet, 3924)

18.              GERHARDS (Agnès). Dictionnaire historique des ordres religieux. Fayard, 1998, fort gr. in-8°, 624 pp, préface de Jacques Le Goff, 304 articles. 136 illustrations en noir dans le texte et 27 illustrations en couleurs sur 16 pl. hors texte, index thématique, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, sous emboîtage illustré (pt trace de choc en coin), bon état

            50

Cet ouvrage exceptionnel, fruit d’un travail de plus de six ans, s’adresse non pas aux experts mais aux étudiants et à un large public, amenés tôt ou tard à devoir comprendre cette facette d’un passé déterminant pour notre civilisation. Qui distingue, par exemple, le moine – du grec monachos, celui qui vit seul, au sens d’une vie sans femme et non d’une vie dans le désert – du frère, le religieux qui n’est pas prêtre ? Qui connaît la différence entre règle et constitution dans le gouvernement d’un ordre ? Sont examinés tous les ordres principaux, et les grands noms qui leur sont liés, entre le IVe siècle et la fin du XVIIIe. La Révolution française va décréter la suppression du clergé régulier – par opposition à clergé séculier, indépendant de tout institut religieux –, ce qui n’empêchera pas le monachisme traditionnel et les ordres plus ou moins intellectuels (jésuites, dominicains, et franciscains) de connaître de beaux renouveaux aux XIXe et XXe siècles, et même de nos jours. Dans ce livre, le monde monastique régulier et féminin est largement représenté, sa grandeur est enfin reconnue. De par le style adopté, ces quelque six cents pages se lisent aisément. Entre autres exemples, il ne faut pas manquer l’histoire de l’abbaye de Fontevraud et de son fondateur Robert d’Arbrissel. Lequel a été un féministe avant l’heure, allant confier l’ensemble de sa communauté, hommes et femmes, à une abbesse. (Florence Beaugé, Le Monde diplomatique, 1999)

19.              GRATALOUP (Christian). L'Invention des continents. Larousse, 2009, gr. in-8° carré, 224 pp, 120 illustrations dans le texte et à pleine page, la plupart en couleurs, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

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La figure de la Terre parait indiscutable. L’image de la planète, démultipliée par la presse et la publicité, délimite des formes familières que nous appelons « continents ». Leur évidence s’impose naturellement et nous n’avons que rarement l’occasion de la remettre en cause. Pour autant, rien de moins naturel. Au nombre de cinq si on est Français (Afrique, Amérique, Asie, Europe et Océanie). Mais pour un Britannique ou un Américain, il faut aller jusqu’à sept : on compte alors deux Amériques et on n’oublie pas l’Antarctique. Pour d’autres ce peut-être six, avec une seule Amérique. Grâce à une iconographie très riche qui comprend non seulement des cartes anciennes, mais aussi de nombreuses représentations artistiques, cet ouvrage entend montrer que le découpage des parties du monde est totalement un fait de culture et que les continents ont une histoire... — Pourquoi, lorsque nous cherchons à nous orienter, les boussoles indiquent-elles la direction du Nord ? Qui a découvert l'Océanie ? Combien y a-t-il de continents ? Cinq, comme le pensent les Français, ou six, comme le croient les Anglais ?La Turquie fait-elle partie de l'Europe ? S'il y a bien une chose qui semble aller de soi, c'est notre traditionnelle représentation du monde. Le schéma semble simple : les continents seraient de très grandes îles, donc un fait de nature. Et pourtant, ce découpage a une histoire, il s'est imposé peu à peu, et a toujours été affaire de points de vue (ceux des explorateurs, ceux des géographes, ceux des commerçants ou des colonisateurs), nécessairement réducteurs dans leur classification : Je ne peux comprendre, écrivait Hérodote, pourquoi la terre qui est une a reçu trois noms, qui sont des noms de femmes... Des fascinantes mappemondes médiévales aux plafonds baroques, des allégories de la Renaissance aux sculptures impérialistes des chambres de commerce, c'est à un formidable voyage à travers notre vision de la planète, fragmentaire, contradictoire, contestable et sans cesse retouchée, que Christian Grataloup nous convie. — "Cela faisait bien longtemps que les continents suscitaient quelque doute. Déjà en 1904, Halford Mackinder s’interrogeait sur le bien-fondé des limites communément admises de l’Europe. Oui, mais les continents ont la vie dure car nous sommes tous tombés dedans étant petits. Par ailleurs, il est des inclinations auxquelles il est bien difficile d’échapper : diviser, nommer. Par ces opérations réalisées collectivement, nous construisons des représentations sociales sans lesquelles il serait impossible de donner du sens au monde et de communiquer. C’est le postulat de Christian Grataloup : partant du constat qu’elles sont bien là, dans nos imaginaires, et qu’il est difficile d’échapper à leur cadre conventionnel, il tente d’en faire la généalogie. Pour cela, il invite le lecteur à remonter jusqu’aux Pères de l’Église dont l’interprétation de certains écrits antiques a durablement influencé nos représentations. Plus étonnant, les « grandes découvertes » ont bouleversé la vision du monde des contemporains sans modifier le découpage conventionnel en continents hérité de la pensée médiévale. Même la délimitation de l’Océanie, bien que très tardive, fut conditionnée par des traditions anciennes postulant l’existence d’un continent antipodique." (L'Espace géographique, 2010) — "Bien que (parce que ?) Christian Grataloup ne propose pas un nouveau système de découpage du monde, L’invention des continents est un livre indispensable, non seulement pour les géographes mais aussi pour le grand public. Au second, il permettra de comprendre que notre vision du monde n’a rien de naturelle et que par conséquent elle n’est pas incontestable. Aux premiers, il rappellera qu’être géographe procure une responsabilité. Notre discipline est en effet trop souvent utilisée pour naturaliser (légitimer) des discours. Ainsi, dans le débat sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, la géographie a servi de prétexte. En effet, l’« utilisation de l’évidence supposée naturelle des continents permet ainsi d’éviter diplomatiquement de s’exprimer en termes d’aires culturelles, de civilisations »." (Lionel Gauthier, Géographie et cultures, 2010)

20.              GUICHARD (Alain). Les Juifs. Le Cercle du Nouveau Livre, Jules Tallandier, 1971, in-8°, 237 pp, notes, annexe sur la presse juive, biblio, reliure pleine toile moutarde de l'éditeur, rhodoïd, bon état

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« Les Juifs », d'A. Guichard, journaliste au “Monde”, constituent l'étude générale la plus actuelle sur la communauté juive de France. L'auteur a mené son enquête en interrogeant des informateurs et en dépouillant patiemment la presse juive ainsi qu'une abondante documentation écrite. Alain Guichard retrace d'abord l'histoire de la communauté juive de France et décrit ses dimensions actuelles. Il analyse ensuite la notion de l'identité juive, les relations des Juifs de France avec l'Etat d'Israël, les rapports judéo-chrétiens. L'approche est intéressante, mais on regrette qu'elle soit si rapide. Certaines questions soulevées par l'auteur, telles que les préférences politiques des Juifs français, les structures communautaires de cette minorité ethno-religieuse ou son comportement religieux, mériteraient d'être reprises dans des recherches plus systématiques." (Doris Bensimon, L'Année sociologique, 1972) — Ce livre n'est pas un essai sur le problème juif mais une étude de la communauté juive de France – la plus importante d'Europe – dont la physionomie est si complexe qu'on devrait parler de plusieurs populations juives, sans oublier les individualités. Quel rapport y a-t-il entre un israélite de Passy, dont la famille est installée en France depuis toujours, et son coreligionnaire constantinois récemment rapatrié ? En France – après la Révolution qui les émancipa – les israélites s'étaient intégrés à la vie nationale et beaucoup d'entre eux s'étaient détachés de la foi ou du moins des traditions de leurs pères. S'ils se sont posé la question de leur identité, c'est que leurs ennemis, sinon leurs bourreaux, les obligeaient à se la poser. L'affaire Dreyfus suscita le premier mouvement sioniste, les persécutions nazies amenèrent les Juifs de France à se sentir solidaires de leurs coreligionnaires allemands ou polonais. Après la Seconde Guerre mondiale qui l'avait décimée, la communauté juive de France s'est métamorphosée avec l'arrivée des Juifs d'Afrique du Nord. D'autre part la renaissance d'Israël – qui a bousculé les préjugés des non-Juifs – a créé un problème chez les Juifs les plus "assimilés". De ce judaïsme français en quête de lui-même, Alain Guichard, journaliste au “Monde”, fait une analyse objective qui intéressera les Juifs comme les chrétiens. (L'Editeur)

21.              JACQUES (Francis) et Simone GOYARD ( dir). Le Droit, le juste, l'équitable. P., Salvator, 2014, in-8°, 313 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Ce livre ne présente pas une théorie du droit, mais le résultat de la réflexion que chaque auteur de ce collectif conduit sur un plan personnel, autour des lieux où se fécondent mutuellement l'essentiel philosophique et l'essentiel chrétien. Il réunit de grands noms autour de Francis Jacques et Simone Goyard-Fabre, comme Guy Coq, Mireille Delmas-Marty, Jean-François Mattéi, François Terré. Comment une philosophie du droit peut-elle être ouverte à la Révélation ? — Saint Louis sous son chêne symbolise à tout jamais la majesté quasiment sacrée du geste qui consiste à « dire le droit » et à « rendre la justice ». Le droit, le juste et l'équitable font partie des plus grandes idées et des plus beaux espoirs qu'ont nourris les hommes à travers les siècles. Les articles que rassemble ce recueil entendent refléter cette grande idée et cette sublime espérance. Ils ne proposent pas une « théorie du droit », mais se présentent comme le résultat de la réflexion que chacun des auteurs a conduite selon son point de vue personnel. Ils obéissent cependant à une ligne éditoriale commune où se croisent et se fécondent mutuellement « l'essentiel philosophique » et « l'essentiel chrétien ». Pour « l'essentiel chrétien », le droit et l'oeuvre de la Création sont liés. S'il est vrai que c'est la Révélation qui révèle ce qu'est l'homme avec ses oeuvres - dont le droit qui est destiné à régler les rapports mutuels - c'est la Révélation aussi qui lui assigne sa portée et sa valeur. L'Évangile n'est pas venu abroger la Loi mais la parfaire (Mt 5, 17). L'équité désigne un dépassement du droit par la morale, alors que la charité désigne un dépassement de la justice humaine par la religion. L'idéal évangélique relève de la charité dont Pascal dit qu'elle est d'un tout autre ordre que celui de la justice temporelle. Mais quel système catégorial serait à frayer pour donner droit de cité juridique à la justice de Dieu ?

22.              JAUBERT (Hippolyte François). Glossaire du centre de la France, suivi du Supplément. Genève, Slatkine Reprints, 1970, fort in-8°, xvi-732-iv-159-(1) pp, une carte dépliante hors texte, reliure percaline verte de l'éditeur, dos lisse, titres dorés, bon état (réimpression de l'édition de Paris, 1864-1869)

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Un monument de l’érudition du XIXe siècle. — "L'histoire de la langue française a deux sources : les documents écrits et les idiomes populaires. Les documents écrits peuvent attendre un Ducange, à l'abri de nos archives et de nos bibliothèques ; mais chaque jour, chaque heure enlève quelque chose aux idiomes populaires. L'instituteur, cet ennemi né du patois, travaille à arracher les expressions originales du champ des vieilles langues parlées. Le recrutement fait un Français du Basque et du Normand, de l'Auvergnat et du Breton : les chemins de fer achèvent de confondre et d'emporter dans le même mouvement tous les intérêts de la France. On peut prévoir le jour où, malgré la résistance des habitudes prises, les dialectes de nos provinces disparaîtront comme ont déjà disparu les costumes de nos campagnes. Plusieurs savants ont essayé de conjurer le péril qui menaçait les patois : M. Honnorat, dans le Dictionnaire de la langue d'oc ancienne et moderne ; MM. du Méril, dans le Dictionnaire du patois normand ; M. l'abbé Corblet, dans le Glossaire du patois picard ancien et moderne, M. le comte Jaubert, enfin, dans le Glossaire du centre de la France. Les éloges les plus mérités ont accueilli ce dernier ouvrage : l'Institut l'a honoré d'une récompense solennelle. Je voudrais en faire sentir tout le mérite. (...) Le Glossaire est le procès-verbal du patois berrichon : procès-verbal dressé dans les foires et dans les marchés, dans les villes et les campagnes, avec le soin et l'autorité d'un officier public. M. Jaubert rédige l'acte de naissance de chaque expression; il lui donne l'authenticité. Il ne mêle pas le dialecte ancien et le patois moderne : il enregistre seulement les expressions qui sont encore employées aujourd'hui. De même qu'un botaniste marque le lieu qui produit une plante, M. Jaubert note la contrée où il rencontre l'expression : mais le botaniste ne se contente pas de classer et d'étiqueter, il décrit encore la plante découverte, et c'est ainsi que M. Jaubert a essayé de décrire et d'expliquer les expressions recueillies. (...) Si l'on voulait définir le caractère de l'idiome berrichon, on pourrait dire avec M. Jaubert qu'il est rabelaisien. Pour dix expressions gracieuses ou élégantes, on en rencontre cent grossières ou narquoises. Figurez-vous la langue d'un paysan, plaisante dans son tour, triviale dans sa franchise, bravant les convenances et même l'honnêteté, gaiement et en français. Le Berry plus qu'aucune province de France paraît avoir été la terre favorite des sobriquets. Tantôt la malice populaire les applique aux familles, tantôt aux hameaux. (...) Il n'était guère possible d'assigner au Glossaire des limites géographiques bien tranchées. M. Jaubert a pris pour base de ses recherches cette contrée naturelle, ce grand pays du centre, borné à l'est par la crête du Morvan, au sud par les dernières ramifications des montagnes de l'Auvergne et de la Marche, au nord par la Loire, à l'ouest par le Poitou et la Touraine, La nature et la configuration du sol exerce sur l'état moral et physique des hommes une influence incontestable, et M. Jaubert ne peut être assez loué pour avoir circonscrit dans les limites d'une contrée naturelle l'étude du patois, que j'oserai appeler aussi une langue naturelle. Le livre qu'il nous a donné est donc à bon droit appelé le Glossaire du centre de la France. Je m'estimerais heureux si ces quelques lignes avaient suffi pour inspirer à quelqu'un le désir de vérifier mes éloges." (Louis Passy, Bibliothèque de l'École des chartes, 1857)

23.              KOESTLER (Arthur). Les Somnambules. Essai sur l'histoire des conceptions de l'Univers. Calmann-Lévy, 1960, fort in-8°, 582 pp, traduit de l'anglais par Georges Fradier, qqs figures dans le texte, tables chronologiques, notes, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale sur papier d'édition de cette traduction (il n'y a eu que 85 grands papiers)

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Avec “Les Somnambules”, Arthur Koestler entame l'oeuvre monumentale dans laquelle il analyse la grandeur et les misères de la condition humaine. Les Somnambules, ce sont les hommes de science – Copernic, Kepler, Brahé, Galilée – qui, progressant péniblement parmi les brouillards des thèses erronées, ont ouvert la voie à l'univers newtonien. En suivant les longs détours du savoir en marche, Arthur Koestler retrace l'histoire des conceptions de l'Univers, et démontre comment la scission entre la science et la religion a placé l'humanité devant un tragique dilemme dont elle doit sortir. Le salut se trouve, sans doute, dans une synthèse, car science et religion ne sont pas totalement contradictoires dans leur inspiration profonde. Prenant le contre-pied des idées traditionnelles, Arthur Koestler nous donne une réflexion entièrement novatrice en même temps qu'un historique passionnant.

24.              LAMY (Etienne). Témoins de jours passés. Calmann-Lévy, s.d. (1907), in-12, 276 pp, broché, couv. muette, sinon bon état. Peu courant

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"Dans “Témoins de jours passés”, Etienne Lamy, de l'Académie française, commente des Mémoires qui sont de véritables dépositions sur des heures brillantes ou tragiques de notre histoire : l'Emigration, l'Empire, la Commune" (Journal des débats politiques et littéraires, 9 juillet 1907) — Table : En émigration ; Les derniers jours du Consulat ; Sous le Premier Empire ; A l'Assemblée nationale, 1871-1875.

25.              LAMY (Etienne). Témoins de jours passés. Deuxième série. Calmann-Lévy, s.d. (1913), in-12, 319 pp, broché, couv. lég. salie, bon état. Peu courant

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"Dans ce volume, M. Lamy a réuni trois études : 1) Un négateur de la souveraineté populaire, Nicolas Bergasse ; il s'agit de l'avocat lyonnais qui fut l'adversaire de Beaumarchais dans l'affaire Gœtzmann, qui, sous la Révolution, combattit avec force les idées de désorganisation politique et sociale alors triomphantes, qui enfin, après la chute de l'Empire, joua un rôle dans les préliminaires mystiques de la Sainte-Alliance ; l'ami de Mesmer et de Mme de Krüdener mourut à Lyon en 1832. – 2) La psychologie d'un révolutionnaire : le conventionnel André Dumont. – 3) La renaissance de l'État bulgare, d'après les notes prises par M. Queillé à Sofia même et dans les alentours immédiats du tsar Ferdinand. Ce dernier article, écrit avant la guerre des Balkans, traite surtout des rapports du prince Ferdinand avec la Russie. Dans les deux autres, l'auteur a étudié l'esprit révolutionnaire et contre-révolutionnaire. Livre distingué, éloquent par endroits, d'une forme toujours très académique." (Ch. Bémont, Revue Historique, 1914)

26.              LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). De Belzébuth à Louis XVII. Affaires étranges. Grasset, 1950, in-12, 300 pp, 4 gravures hors texte, reliure demi-basane fauve mordorée, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre basane vermillon et verte, fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. La Petite Histoire, 13)

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"Une série de chroniques parues dans “le Temps” de 1899 à 1914. Les dons habituels de G. Lenotre n'y manquent pas. Lenotre estime que Louis XVII a dû s'évader du Temple, mais que l'évasion n'a jamais été démontrée scientifiquement. Quant à Naundorff, son imposture ne fait pas l'ombre d'un doute." (Georges Huisman, Hommes et mondes, 1951)

27.              LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Dossiers de police. Grasset, 1935, in-12, 278 pp, 4 gravures hors texte, reliure demi-basane fauve mordorée, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre basane vermillon et noire, fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. La petite Histoire, 6)

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Dans cet ouvrage richement documenté, G Lenotre nous présente 35 histoires de police qui ont défrayé la chronique, depuis l'assassinat d'Henri IV jusqu'à des histoires aussi stupéfiantes que celle de Vrain-Lucas, audacieux faussaire qui vendit à prix d'or des lettres de Vercingétorix et autres célébrités antiques écrites en français (!) à un membre éminent de l'académie... La lecture de ce livre nous fait passer du rire à l'horreur, mais toujours avec plaisir tant le style de l'auteur est fluide et sa connaissance de l'histoire pointue. Un chapitre, p. 142-146, intitulé : l'évasion de « Bibi », est consacré à Michelot Moulin, le fameux chouan normand, qui s'échappa du fort de Joux où l'avait fait incarcérer le Premier Consul.

28.              MASSAIN (Robert). Chimie et chimistes. Editions Magnard, 1982, gr. in-8°, xiii-392 pp, 5e édition, préface de Louis de Broglie, nombreuses illustrations, portraits et fac-similés, index des noms de savants cités, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

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"M. Massain a écrit pour les élèves des grandes classes des lycées une histoire de la chimie illustrée de nombreuses figures et de textes originaux. La Première partie est l'histoire de la chimie ; depuis les pratiques chimiques de l'antiquité jusqu'à la période actuelle, l'auteur retrace en 260 pages environ toute l'évolution de la chimie. Les périodes sont bien découpées et bien interprétées. M. Massain restitue convenablement leur caractère et leur importance historique. A côté des idées et des principes, il montre le rôle de la pratique, note l'apparition des applications industrielles, leur développement lié à l'essor général de l'industrie. M. Massain fait une large place à la biographie des grands chimistes. Les lecteurs garderont certainement le souvenir du nom et de la personnalité de certains d'entre eux ; des notes bibliographiques permettront aux plus curieux de prendre contact, plus tard, avec des biographies détaillées. La Deuxième partie de l'ouvrage est composée de textes originaux. Ces textes sont en général bien choisis et évocateurs. – Un livre fort utile, digne de figurer dans toutes les bibliothèques." (Maurice Daumas, Revue d'histoire des sciences, 1953)

29.              PUGLIESE CARRATELLI (Giovanni)( dir). Grecs en Occident. De l'âge mycénien à la fin de l'Héllenisme. Milan, Bompiani, 1996, in-4°, 799 pp, 1600 illustrations et documents en noir et en couleurs dans le texte et à pleine page, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Superbe ouvrage publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Palazzo Grassi à Venise (mars-décembre 1996) réunissant une cinquantaine d'études illustrées de 1600 documents. L'étude la plus complète et documentée à ce jour sur le sujet. — "Sous l'égide du ministère de la culture italien et d'un comité scientifique prestigieux présidé par l'archéologue Giovanni Pugliese Carratelli, l'exposition « Les Grecs en Occident » présente au public italien, et au-delà, européen, la civilisation grecque née dans les colonies d'Occident, un patrimoine commun à la source de la culture européenne. L'aventure coloniale grecque commence au milieu du VIIIe siècle av. J.-C., lorsque les premiers groupes d'habitants quittent la Grèce continentale et les îles pour fonder de nouvelles « polis » sur des rives lointaines. Sous la houlette d'un « oikiste » – le plus jeune d'une famille aristocratique qui devient le héros fondateur –, des paysans avides de nouvelles terres, des commerçants à la recherche de marchés, des aventuriers et des mécontents, implantent ainsi les dieux et institutions politiques de la cité mère en Italie du Sud, en Sicile, en Cyrénaïque, en Provence et sur la péninsule ibérique. Autonomes, ces colonies maintiennent cependant des liens solides et constants avec leur cité mère, sur le mode des influences réciproques. Ces échanges, l'adaptation de l'apport grec au nouveau monde et la rencontre avec les traditions des peuples indigènes, forgent peu à peu une civilisation occidentale commune, particulièrement créatrice et entreprenante. Certaines de ces « polis », comme Syracuse, Agrigente, Paestum, Crotone ou Tarente, deviennent des centres urbains étendus et peuplés, riches en bâtiments monumentaux et oeuvres d'art. Une culture artistique, littéraire, philosophique et scientifique s'y développe, faisant parfois de l'ombre aux cités de la vieille Grèce. « Les Grecs en Occident » raconte la constitution et l'évolution de cette civilisation qui atteint son apogée aux VIe et Ve siècles av. J.-C. Sans apporter d'éléments nouveaux – excepté les résultats des fouilles les plus récentes –, l'exposition du Palazzo Grassi offre cependant pour la première fois un panomara complet de cette civilisation. Deux ans et demi ont été nécessaires pour rassembler plus de mille oeuvres produites entre le VIIIe et le IIe siècle av. J.-C. dans les colonies grecques : éléments architecturaux, statues de pierre ou de bronze, vases en céramique peints, bijoux en métal précieux et ambre, armes et pierres tombales peintes proviennent des musées de toute l'Italie, surtout de la Sicile, et d'une vingtaine d'institutions étrangères, dont le Louvre et le musée d'Histoire de Marseille pour la France." (Isabelle Duriez, La Croix)

30.              RIESMAN (David). La Foule solitaire. Anatomie de la société moderne. Arthaud, 1968, in-8°, 379 pp, traduit de l'américain, préface d'Edgar Morin, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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“La Foule solitaire” de David Riesman, professeur de sciences sociales à l'université de Harvard, est une des tentatives les plus célèbres pour préciser le sens de l'évolution de la société moderne. Etudiant l'évolution du caractère social de l'homme occidental depuis le Moyen Age, David Riesman distingue deux révolutions essentielles : en premier lieu celle de la Renaissance qui met fin à la tradition sociale antérieure basée sur la famille et sur le clan. A partir du début du XXe siècle, elle s'efface devant une autre révolution où le mythe de la consommation l'emporte en importance sur celui de la production. A chaque période correspond – et c'est le mérite de Riesman de l'avoir défini – un homme nouveau. Actuellement, les deux types de caractères, ou plutôt les deux tendances, coexistent, causant heurts et incompréhensions dans de nombreux secteurs de la vie moderne que l'auteur étudie sous un angle original : éducation, presse, télévision, formation des partis politiques, méthodes de gouvernement, relations au sein de la famille ou de l'entreprise. — "Ce livre est d'une valeur unique. Il invite à appréhender l'époque contemporaine et y aide en proposant une analyse du caractère social, systématique mais non sans nuances..." (Colette Ysmal, Revue française de science politique, 1967)

31.              RORTY (Richard). L'Espoir au lieu du savoir. Introduction au pragmatisme. Albin Michel, 1995, gr. in-8°, 150 pp, notes, broché, bon état (Bibliothèque du Collège international de philosophie)

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Le pragmatisme représente-t-il la « philosophie indépassable » de notre époque démocratique ? Le plus connu des philosophes américains, Richard Rorty, professeur à l'université de Virginie, apporte une réponse nuancée à cette question. En récusant les oppositions traditionnelles entre réalité et apparence, absolu et relatif, langage et pensée, le pragmatisme, après la crise darwinienne, renonce à la connaissance de la vérité en elle-même au profit de la recherche d'un accord commun entre les hommes. Mais il entend également substituer la volonté d'améliorer l'état futur des choses au savoir d'un monde figé en essences et redonner à l'espoir sa place en politique. Ce livre, par son exceptionnelle clarté, constitue une véritable initiation à ce courant dominant de la pensée américaine.

32.              SCHILLING (Kurt). Histoire des idées sociales. Individu - Communauté - Société. Payot, 1962, in-8°, 333 pp, traduit de l'allemand, broché, bon état (Coll. Bibliothèque historique). Première édition française

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"Etude des rapports entre l'homme et la société depuis l'antiquité. K.S. divise son ouvrage en quatre parties : préhistoire et monde gréco-romain ; moyen-âge ; temps modernes (Utopie de Thomas Moore, Campanella et Bacon, Rousseau, Kant, Fichte, Hegel) ; âge industriel (socialisme prémarxiste, Marx, Nietzsche)." (Revue française de science politique, 1963) — "La “Bibliothèque historique” Payot vient de s'enrichir d'un nouveau volume : une “Histoire des idées sociales” de K. Schilling, professeur à l'Université de Munich. L'ouvrage se compose de quatre parties : L'Antiquité, Christianisme et Moyen Age, Les Temps modernes, l'Age industriel. Comme il est dit à la fin de l'lntroduction (p. 16) : “L'histoire des idées sociales est non seulement une partie de l'histoire de la philosophie ; elle est en même temps l'histoire des expériences qu'ont faites les peuples et les Etats dans leur réflexion sur l'origine des différents ordres sociaux.” C'est dire que, partant de la préhistoire et finissant par s'interroger sur la vie politique à notre époque industrialisée, l'oeuvre est sociologique et philosophique, plutôt qu'étroitement politique ou économique. Elle ne cesse de faire la jonction entre les conceptions et l'expérience réelle des hommes et dégage finement bien des contradictions qui menacent les perspectives les mieux intentionnées. Un ouvrage bien documenté et d'une lecture agréable." (André Jacob, Les Études philosophiques, 1962)

33.              SEIGNOBOS (Charles). Histoire sincère de la nation française. Essai d'une histoire de l'évolution du peuple français. PUF, 1946, in-12, 373 pp, index, broché, bon état

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Cet ouvrage devenu classique est paru en 1933. L'expression d'un authentique tempérament d'historien. — "Le dernier dont la compétence fut universelle" selon André Siegfried. — "M. Seignobos a composé son œuvre en se conformant rigoureusement à une méthode dont il nous indique, aux premières pages du volume, les traits principaux. Il a délibérément renoncé à l'usage du style historique et raconte les faits dans une langue simple et familière ; il a insisté sur les sentiments, les croyances, les habitudes, les idées du peuple français plus qu'il n'est d'usage dans les livres d'histoire. Convaincu que l'autorité politique et aussi que les accidents ont exercé une influence décisive sur l'évolution de son pays, il leur a fait la part large, tout en se bornant à mentionner – quand il ne les passe pas sous silence – les événements qui n'ont, à son avis, produit aucun effet durable. Il a étudié avec un soin tout particulier les questions religieuses, la religion ayant dominé les pensées pendant quinze siècles ; il a relégué à un rang secondaire les lettres, les arts, les sciences parce que leur action a été faible sur la masse de la nation ; il a au contraire décrit avec quelque détail les usages de l'agriculture, de l'industrie, du commerce. (...) On peut critiquer la méthode de M. Seignobos ; mais on ne peut nier la richesse de son information, l'abondance des faits qu'il a su exposer en cinq cents pages, l'originalité de certaines de ses affirmations, contraires à la tradition acceptée par nombre d'historiens français. Et il faut tirer hors de pair les chapitres ou les paragraphes consacrés à l'histoire religieuse, à la vie populaire, au régime agraire, à la technique, à l'activité économique, aux caractères des classes sociales, à la Renaissance et à la Réforme, aux mouvements de la population auxquels – avec raison – M. Seignobos attache une grande importance historique. Au soir d'une carrière laborieuse et féconde, qui nous a valu une Histoire politique de l'Europe contemporaine, devenue justement classique, ce vétéran donne à ses cadets un bel exemple de labeur scientifique en leur offrant, ainsi qu'au grand public, le résultat de ses recherches et de ses réflexions sur le passé de son pays." (L. Leclère, Revue belge de philologie et d'histoire, 1933) — "Le mérite de cet ouvrage, c'est d'être la somme et le témoin d'un âge de l'historiographie, l'illustration d'un certain esprit historique, qui n'est plus le nôtre, mais dont nous sommes, parfois inconscients ou ingrats, les héritiers." (Guy-P. Palmade)

34.              SEPHIHA (Haim Vidal). Le Ladino (judéo-espagnol calque). Deutéronome. Versions de Constantinople (1547) et de Ferrare (1553). Edition, étude linguistique et lexique. P., Centre de recherches hispaniques, 1973, fort in-8°, 617 pp, 20 pl. hors texte, lexique, biblio, bien complet du feuillet d'errata, bon état

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Le ladino, langue liturgique résultant de la traduction mot à mot des textes hébreux et araméens de la bible et des livres de prières en un castillan remontant, semble-t-il, au XIIIe siècle, constitue un très curieux échantillon d'une langue que l'auteur appelle langue calque, ici le judéo-espagnol calque différent du judéo-espagnol vernaculaire que continuent de parler certains des Séphardim descendants des juifs expulsés d'Espagne en 1492.

35.              SITWELL (Edith). Les Excentriques anglais. Le Promeneur, 1988, in-8°, 263 pp, traduit de l'anglais, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Quelques strictes, voire splendides attitudes devant la mort, quelques outrances dans les manières courantes de la vie", tel pourrait être le dénominateur commun aux personnages, plus curieux les uns que les autres, qui peuplent ce livre. "L'excentricité, explique Edith Sitwell, est un fait particulier aux Anglais, tout spécialement selon moi parce qu'ils sont convaincus de leur propre infaillibilité, emblème et patrimoine de la nation britannique." Dans ce recueil célèbre, publié à l'origine en 1939 et dont c'est ici la première traduction française, Edith Sitwell, elle-même excentrique notoire, recueille toutes les conséquences de cette infaillibilité, amassant force détails, biographies improbables, hauts faits et coups de folie dans une prose somptueuse, ironique. De Lord Rokeby, personnage amphibie qui ne quittait jamais son bain, à la comtesse de Desmond, centenaire qui escalada un pommier, le royaume a depuis longtemps érigé en art les extravagances de ses sujets.

36.              VERDUN (Jean). La Réalité maçonnique. Flammarion, 1992, in-8°, 212 pp, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

Livre culte. Un classique de la Franc-Maçonnerie. Récit et approfondissement d'une expérience vécue, ce livre de Jean Verdun, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France, est l'oeuvre d'un écrivain qui, par la limpidité de sa pensée et de son écriture, sait nous mettre en contact direct avec la réalité de la Franc-Maçonnerie. Dès sa parution en 1982, cet ouvrage devenu une source privilégiée d'informations pour tous ceux qu'intéresse le sens réel de l'initiation maçonnique, il fait toujours référence dans toutes les obédiences maçonniques. On aime son écriture, sa simplicité, sa lucidité, son humour.

37.              VILLEY (Michel). La Formation de la pensée juridique moderne. Cours d'histoire de la philosophie du droit. Nouvelle édition corrigée. P., Editions Montchrétien, 1975, pt in-8°, 419 pp, 4e édition, texte dactylographié, broché, couv. très lég. défraîchie, bon état

            45

Comment le droit est-il conçu à l'époque moderne et selon quels critères y pense-t-on la justice ? Quels sont les penseurs et les travaux qui ont jalonné cette discipline, de l'Antiquité jusqu'au rationalisme de Descartes et au positivisme de Hobbes ? Quels ont été les apports respectifs des philosophes antiques et des théologiens du Moyen Âge et de la Renaissance dans la gestation de la pensée juridique moderne ? Ce manuel retrace la formation de la pensée juridique durant plus d'un millénaire. Présentant chacune des influences qu'elle a subies jusqu'à l'époque moderne et analysant les entrelacements qui ont abouti à la conception moderne de la justice, Michel Villey en livre ici un exposé clair et réaliste. Loin de s'affranchir de tous défauts, elle n'a au contraire, nous dit-il, pas su résister « aux charmes de philosophies extrinsèques [...] élaborées dans la méconnaissance du droit ». — "Servi par une connaissance rare et vivante du latin, nourri de lectures nombreuses, difficiles et souvent peu répandues, doté d'une science sans équivalent des grandes œuvres scolastiques de saint Thomas à Suarez, riche, comme par héritage, des savoirs seiziémistes de son père, Pierre Villey, grand spécialiste et insurpassable éditeur de Montaigne, très bon connaisseur de quelques grands anciens et de quelques grands modernes, d'un certain nombre de moindres auteurs aussi, juriste solide et singulièrement romaniste, fort, encore et surtout, d'une puissante pensée personnelle propre à faire revivre, sur le mode d'un mythe impressionnant et persuasif, un monde de controverses ensevelies et pourtant toujours présentes, Michel Villey, le plus grand penseur des facultés de droit françaises au XXe siècle, était le seul à pouvoir donner une telle œuvre. Nul aujourd'hui ne saurait le faire avec une telle élégante puissance." (Stéphane Rials) — "Poursuivant l'histoire de la philosophie du droit entreprise par lui en 1961, M. Villey étudie, dans ses cours de 1964-1965, l'humanisme et le droit. Le Moyen Age avait vécu sous la prédominance de la pensée d'Aristote, remise en honneur par saint Thomas. Les humanistes s'en éloignent, et vont chercher leur inspiration dans les philosophies hellénistiques qu'ils retrouvent à travers Cicéron. Le cours de M. Villey étudie principalement, pour cette raison, les doctrines en question : celles des stoïciens, des sceptiques, des épicuriens. Il montre la dénaturation complète que ces doctrines apportent à l'idée classique du droit naturel. A la conception d'une justice distributive, et à la recherche de la solution que, dans chaque cas, recommande un ordre naturel, vont se substituer des règles abstraites que l'on prétendra déduire de la nature de l'homme, mais qui seront en définitive fondées sur une morale très favorable aux intérêts des nantis. La propriété, les engagements contractuels seront considérés comme des valeurs absolues, aux dépens de ce que l'on considérait auparavant, et de ce que M. Villey considère comme étant la justice et la vraie méthode du droit. Le droit aura « gagné en certitude au détriment de sa justice » (p. 547). (...) En nous montrant la diversité des conceptions qui se sont succédé dans notre pays même, et le lien qui les unit à certaines philosophies, M. Villey rend un immense service aux comparatistes, qu'il prépare et qu'il aide à comprendre certains modes de pensée, et certains droits, étrangers. Son cours est ce que j'ai lu de plus intéressant, depuis quelques années, de mon point de vue de comparatiste, dans la doctrine juridique française." (René David, Revue internationale de droit comparé, 1966)

ANTIQUITÉ

 

38.              [Atlas historique] – BENGTSON (Hermann), Vladimir MILOJCIC. Grosser historischer Weltatlas. I. Teil : Vorgeschichte und Altertum. München, Bayerischen Schulbuch-Verlag, 1954, in-4° (24 x 34), viii pages, un tableau chronologique comparatif dépliant et 44 planches de cartes en couleurs (certaines doublées d'un calque imprimé pour bien voir les évolutions), plus 15 pages d'index, cart. illustré de l'éditeur avec dos toilé, bon état. Légendes des cartes en allemand

            40

Excellent atlas historique. — "Le Grosser historischer Weltatlas est considérable. Beaucoup moins étroitement scolaire que d'autres atlas. Des croquis clairs et sérieusement établis..." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1955)

39.              BASANOFF (V.). Evocatio, étude d'un rituel militaire romain. (Thèse). PUF, 1947, gr. in-8°, vii-230 pp, 32 illustrations sur 7 planches hors texte, index, broché, bon état (Bibliothèque de l'Ecole des Hautes-Etudes, sciences religieuses, vol. LXI)

            70

Dans ce livre Vsevolod Basanoff (1897-1951), spécialiste de l'histoire religieuse de Rome, expose les résultats de ses longues recherches sur un rituel romain peu connu, l'« evocatio », qui a pour but d'appeler les dieux hors de leurs sièges (e-vocare) au moyen d'une prière solennelle et la promesse d'ériger pour eux des sanctuaires nouveaux et plus importants. — "C'est un problème fascinant que M. Basanoff a choisi comme sujet de thèse. L'étude de ce rituel militaire romain, sur lequel un chapitre difficile de Macrobe, un récit romancé de Tite-Live et quelques brèves allusions chez les historiens, les poètes et leurs commentateurs n'avaient permis jusqu'ici à Pernice et Wissowa que des conclusions fragmentaires et vite dépassées, méritait assurément d'être reprise à fond. D'ailleurs la publication plus récente de deux textes hittites, attestant l'existence d'un rite semblable à Hatti, permettait d'espérer un élargissement imprévu des données. Mais M. Basanoff a conçu son dessein d'une façon plus ambitieuse encore: il ne s'est pas proposé seulement de retracer l'histoire de l'evocatio dans la conscience religieuse romaine et d'en saisir le développement de la sphère du magique au domaine du juridique ; il a prétendu poser et percer à jour, à propos de l'evocatio, les deux énigmes les plus indéchiffrables de l'antiquité, le nom secret de la divinité tutélaire de Rome et le nom secret de l'Urbs : etiam doctissimis ignoratum. « En fait, annonce- t-il dans son introduction, je crois avoir découvert ces deux noms ». C'est dire avec quel intérêt passionné on suit la marche d'une enquête menée avec tous les dons qui s'étaient affirmés dans le mémoire de M. Basanoff sur le Pomerium Palatinum et dans ses livres sur le Regifugium et les Dieux des Romains : une patiente ingéniosité dans l'interprétation des textes, une attention multiple aux acquis récents – ou aux hypothèses – de la linguistique et de l'archéologie, un sens original et séduisant de la religion romaine, une subtilité..." (Jacques Heurgon, Latomus, 1949)

40.              BAYET (Jean). Littérature latine. Armand Colin, 1984, gr. in-8°, 541 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U)

            25

Les lettres latines sont ici étudiées dans tout leur développement, depuis les origines jusqu'au Ve siècle après Jésus-Christ. Voulant être vraiment historique et vraiment littéraire, ce livre vise à recréer les milieux du passé, à retracer une évolution continue et à faire apprécier des oeuvres. Dans chaque chapitre, le lecteur trouvera également de belles pages des textes latins les plus importants dont la traduction est due à Jean Bayet. Ceux-ci sont annotés et précédés d'un commentaire. Les notes se limitent aux indications indispensables : elles donnent les renseignements historiques, géographiques, mythologiques, que réclame l'intelligence du morceau. Les, commentaires, préparant les voies à l'interprétation littéraire, indiquent brièvement de quels points de vue chaque extrait peut être étudié. Des bibliographies détaillées, augmentées et mises à jour pour cette neuvième édition, à la fin de chaque chapitre permettront à qui le voudra de pousser plus loin son étude. Cette Littérature latine, devenue justement classique, est le guide sûr et stimulant du latiniste comme du lecteur. — "On ne peut résumer un tel ouvrage ; mais je voudrais au moins, par quelques exemples, donner une idée de la méthode suivie. L'étude va des origines au Ve siècle après J.-C, avec des divisions nouvelles et opportunes : la littérature claudienne, la renaissance constantino-théodosienne. Les faits sont exposés avec sûreté et brièveté ; les jugements sont bien frappés. Ils sont fondés sur de très longs extraits dont l'auteur a tenu à faire les traductions lui-même ; ce sont de vrais modèles, et bien des textes n'ont jamais été traduits de façon comparable en notre langue : Ennius (« Se souciant en grand souci... »), Caton (« Le père de famille doit avoir âme de vendeur, non d'acheteur »), Manilius, Ausone, Prudence, etc. Ces traductions sont accompagnées non seulement des notes indispensables, mais aussi de commentaires ; voici celui qui fait suite au tableau de la bataille d'Actium dans l'Enéide : « Équilibre difficile entre la description (de goût alexandrin) d'une scène figurée immobile et la progression d'une action animée (préparatifs, bataille, dénouement). — Précision expressive et mythologie convenue (mais soutenue par le souvenir d'oeuvres d'art). — Sentiment patriotique italien » ; que de choses en peu de mots, et bien classées ! Les candidats à la licence et à l'agrégation, les futurs professeurs apprendront ainsi qu'il ne suffit pas de traduire pour faire une bonne explication. L'illustration est celle que pouvait choisir un archéologue aussi averti qui a fait l'effort de puiser dans les revues savantes des toutes dernières années pour apporter enfin du nouveau..." (Marcel Durry, Revue des Études Anciennes, 1935)

41.              BOITEL (Julien) et Emile JOLIVET. Les Littératures anciennes. Extraits traduits des plus grands écrivains de la Grèce et de l'Italie ancienne, reliés par une petite histoire des littératures anciennes et des analyses. Hachette, 1922, fort in-12, vii-484 pp, 7e édition revue, notes, biblio, index, reliure demi-toile bleue, titres en noir au dos et au 1er plat, état correct

            25

Littérature grecque : Homère, Hésiode, Tyrtée, Pindare, Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, Xénophon, Platon, Aristote, Hérodote, Thucydide, Eschine, Démosthène, Théocrite, Plutarque, Lucien. – Littérature latine : Lucrèce, Catulle, Jules César, Salluste, Cicéron, Virgile, Horace, Ovide, Tite-Live, Lucain, Perse, Juvénal, Tacite, Sénèque, Quintilien, Pline le Jeune.

42.              BORDET (Marcel). Précis d'histoire romaine. Armand Colin, 1971, gr. in-8°, 327 pp, seconde édition, revue et mise à jour, 7 cartes et tableaux, biblio, index, cart. éditeur, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. U)

            20

Cet ouvrage propose une initiation au monde romain, de la fondation de l'Urbs à la disparition de l'Empire en Occident en 476. L'auteur dégage les lignes essentielles du récit des événements, bannissant l'anecdotique au profit de développements clairs qui veulent, non pas accumuler des informations, mais expliquer les faits et parfois discuter certaines interprétations. L'accent est mis sur l'évolution des institutions qui, nées dans la Cité, surent s'adapter au gouvernement du monde, et sur leur contexte économique, social et culturel. La netteté du style délivré des expressions trop techniques, la concision, les annexes (chronologie, tableaux généalogiques, orientation bibliographique) font de cet ouvrage une introduction indispensable aux études de l'Antiquité romaine.

43.              BRAEMER (François). Les Stèles funéraires à personnages de Bordeaux, Ier-IIIe siècles. Contribution à l'histoire de l'art provincial sous l'Empire romain. Picard, 1959, in-4°, 156 pp, 36 planches hors texte, 2 plans, index, broché, bon état. Edition originale

            30

"C'est à une tâche bien utile que s'est astreint M. François Braemer en menant à bien l'étude exhaustive des stèles funéraires à personnages de Bordeaux, portraits de défunts s'échelonnant du Ier au IIIe siècles. On pourrait croire à première vue à une production banale, tant ce type de monuments est répandu de la Gaule du Nord à la Narbonnaise, de la Norique à la Germanie. Mais il n'en est rien. Chaque région, bien que répondant à des impératifs généraux, venus, suivant les périodes, de Rome ou de Grèce, présente d'indéniables caractéristiques, qu'il s'agisse de la matière, de la technique, du style ou du symbolisme funéraire des bas-reliefs. Ce sont précisément ces caractéristiques que M. Braemer est arrivé à déterminer en ce qui concerne les stèles retrouvées à Bordeaux..." (G. Faider-Feytmans, L'Antiquité Classique Année, 1960)

44.              BRISSON (Jean-Paul). Spartacus. Club Français du Livre, 1959, in-8°, 279 pp, 9 gravures, chronologie, biblio, reliure pleine toile brique décorée de l'éditeur, bon état (Coll. Portraits de l'histoire). Edition originale, numérotée. Bien complet de la carte volante de l'Italie romaine

            25

"Jean-Paul Brisson étudie les révoltes d'esclaves en les rattachant : 1) au problème agraire , c'est-à-dire aux profondes et brusques transformations de l'économie italienne entraînant de nouveaux modes d' exploitation de la main-d'oeuvre servile, essentiellement dans l'agriculture : nombre sans cesse croissant d'esclaves de fraîche date aux mains d'une minorité de maîtres puissants, etc. ; 2) Aux conflits politico-économiques que l'agitation servile engendrait chez les hommes libres (activité de Ti. Gracchus ; reve de G. Gracchus d'établir une démocratie de type grec ; soulèvement de Saturninus et Glaucia ; réforme militaire de Marius ; guerre sociale) (...) En bref, c'est un apport remarquable par ses conceptions historiques et par son style que Jean-Paul Brisson offre à la connaissance des révoltes d'esclaves et une esquisse politique, sociale et économique de Rome de 140 à 70 av. J.-C." (Alb. Deman, Latomus, 1960)

45.              COHEN (Robert). La Grèce et l'hellénisation du monde antique. PUF, 1948, fort pt in-8°, xlvii-695 pp, nouvelle édition, biblio, index, reliure pleine toile vert bouteille, dos lisse avec titre en noir (rel. de l'époque), bon état (Coll. Clio)

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"Ce volume fait partie d'une collection de manuels conçus selon un plan nouveau, en vue de servir d' « introduction aux études historiques ». Il ne contient pas seulement, ce qui serait déjà très précieux, un exposé objectif, bien informé, bien ordonné, des faits qui se sont déroulés pendant les sept siècles d'histoire qu'il étudie. Ce volume est, avant tout, un instrument de travail pour les étudiants en histoire, et pour ceux qui entreprennent des recherches historiques. Une large introduction bibliographique fournit les bases de la documentation générale en matière d'histoire grecque. En outre, chaque chapitre du livre est suivi d'une note très complète, dont chacune s'étend sur plusieurs pages de texte serré et qui donne les sources (épi graphiques, narratives, etc.) des sujets abordés dans le chapitre, la bibliographie critique qui s'y rapporte et enfin un « état des questions » c'est-à-dire une mise au point de ce qui est, actuellement, tenu pour acquis ou de ce qui est controversé avec un exposé objectif des litiges en instance et des arguments confrontés. On ne saurait assez admirer la conscience avec laquelle cet ouvrage a été établi. Muni d'un pareil instrument de travail, l'étudiant le plus novice pourra se diriger à travers les milles difficultés de l'histoire grecque, apprendre comment on en aborde les problèmes, et surtout se rendre compte qu'il existe, précisément, des problèmes à résoudre, ce qui est essentiel à toute culture supérieure. Si une réédition du livre de M. Cohen doit se faire prochainement, nous souhaiterions seulement qu'il y ajoutât une chronologie et quelques cartes qui achèveraient l'œuvre si utile et si magistrale qu il nous a donnée." (Roger Picard, Revue d'histoire économique et sociale) — "L'auteur ne s'est pas borné à esquisser de main de maître l'histoire grecque depuis l'époque préhellénique, jusqu'à l'intervention romaine, en consacrant par une heureuse innovation, plus du tiers de son ouvrage à la période hellénistique trop négligée, « époque où, grâce à l'hellénisme, s'opère la fusion de deux mondes, de l'Orient et de l'Occident ». Il a fait précéder cette histoire d'une bibliographie générale et surtout intercalé, entre les différents chapitres, des notes divisées en trois parties : la première énumère et apprécie les sources ; la deuxième est une bibliographie sélectionnée et raisonnée ; dans la troisième est brièvement exposé « l'état actuel des questions », ce qui est encore la meilleure façon d'orienter les recherches. La préface de M. Charléty semble dire que l'ouvrage s'adresse surtout aux étudiants. Prétention trop modeste : l'ouvrage rendra sûrement service à tous ceux qui s'intéressent, à un titre quelconque, à l'histoire de la Grèce." (Paul Graindor, Revue belge de philologie et d'histoire)

46.              HERM (Gerhard). Les Héritiers de l'Empire d'Alexandre : les Diadoques. Belfond, 1981, in-8°, 315 pp, traduit de l'allemand, cartes, généalogies, broché, couv. illustrée, qqs marques au crayon en marges, bon état

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Emporté par son rêve – égaler les exploits d'Achille – Alexandre édifie en quelques années un empire qui s'étend de l'Adriatique à l'Indus, du Nil à la mer Noire. Sa fulgurante épopée, sa volonté d'unifier les peuples, d'accorder à tous, vainqueurs et vaincus, les mêmes droits, de fondre dans un seul creuset les cultures grecques et orientales, ont exalté l'imagination des générations passées et présentes. Alexandre demeure l'une des grandes figures de tous les temps. Mais fort peu d'ouvrages ont étudié la vie de ses successeurs, les Diadoques. Ce livre fait revivre dans tout son éclat la prodigieuse explosion artistique et intellectuelle de cette période de trois siècles qui sépare la mort d'Alexandre (323 avant J.-C.) de la conquête romaine de l'Asie (30 avant J.-C.). Après bien des guerres, les Diadoques se partagent l'Empire et fondent de grandes dynasties : les Ptolémées en Egypte, les Séleucides en Asie, les Attalides à Pergame, les Antigonides en Grèce. A Alexandrie, à Pergame, à Antioche, à Priène, partout survit l'idéal alexandrin : les Diadoques favorisent les arts, la littérature, la philosophie, les sciences. Euclide et Archimède établissent les théories mathématiques sur lesquelles l'Occident vivra pendant deux millénaires, Zénon de Chypre enseigne le stoïcisme alors qu'Epicure cherche "à éviter la douleur"...

47.              JAGU (Armand). Epictète et Platon. Essai sur les relations du Stoïcisme et du Platonisme à propos de la Morale des Entretiens. (Thèse). Vrin, 1946, gr. in-8°, 175 pp, index bibliographique, index analytique, broché, bon état

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"Ce volume constitue la thèse principale de l'auteur. L'ouvrage est divisé en trois parties. Dans la première (Platonicisme et Stoïcisme), l'A. définit ce qu'on a pu appeler « la préfiguration de l'éthique stoïcienne » dans la morale de Platon. Dans la deuxième partie, l'A. cherche proprement les traces de l'influence de Platon sur Épictète. Il les découvre dans les allusions à Socrate dont fourmillent les Entretiens et dans le portrait que le stoïcien se fait du sage attique, puis, tour à tour, dans l'intellectualisme moral, le rigorisme moral, le spiritualisme, l'ascétisme et la religion d'Épictète. La troisième partie, plus technique, concerne la manière dont Épictète utilise Platon. Suivent, en appendice, le relevé des textes platoniciens utilisés par Épictète et la liste des principaux thèmes diatribiques communs à Platon et à Épictète. Dans l'ensemble, l'A. a fort bien réussi à prouver sa thèse : « l'influence des dialogues de Platon sur les Entretiens est ...indéniable » (p. 153). Mais, comme l'A. le marque à plusieurs reprises, les dialogues de Platon ont été utilisés surtout à des fins pratiques. C'est d'abord l'image de Socrate qui s'est imposée à Épictète ; il s'est senti une vocation pareille à celle du grand éducateur d'Athènes, et de là vient que ses emprunts directs sont presque tous tirés des dialogues dits socratiques. Mais il y a une autre sorte d'emprunts, non plus littéraux, dont témoigne une même façon d'entendre les problèmes spirituels et religieux. Il ne paraît pas douteux que, sur ce point, Épictète n'ait subi l'influence de la religiosité cosmique du dernier platonisme : tout en restant stoïcien orthodoxe, et précisément dans la mesure où il se montre fidèle aux enseignements par exemple de Cléanthe en son hymne à Zeus, il manifeste un élan vers le Dieu, maître du monde..." (A. J. Festugière, Revue des Études Grecques, 1946)

48.              KEVERS-PASCALIS (Claude). L'Oeil du roi. Presses Universitaires de Nancy/Editions du Cerf, 1989, in-8°, 368 pp, notice historique, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Le récit de la vie de Cyrus II le Grand, contée par un haut dignitaire de sa cour, sous forme de mémoires apocryphes qui respectent la vérité historique. — "Claude Kevers-Pascalis s’est reconverti dans l’orientalisme et dans l’histoire de la Perse. Sa méthode de travail : confronter les sources, mettre en présence les historiens, en l’occurrence Xénophon et Hérodote, pour obtenir un portrait romancé du grand Cyrus, héros principal de L’oeil du roi. Claude Kevers-Pascalis avait commencé son oeuvre littéraire avec un Crésus. Ses références, le soin qu’il met à établir une table des événements historiques et un tableau des faits imaginés, les précautions de la datation, garantissent un travail de véritable historien ; mais, là aussi, c’est le roman qui a été choisi et l’auteur parle de faits imaginés « pour les besoins du récit »." (Lucien Guissard, Roman et Histoire, Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 1990)

49.              LACONIS (Théodore de). Sanglante Bible. Faits divers et faits de guerre dans l'Ancien et le Nouveau Testament. Editions Grancher, 2006, in-8°, 214 pp, 250 photos en noir et en couleurs, reliure cartonnée illustré de l'éditeur, bon état

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On parle beaucoup du Coran, en évoquant sa violence, supposée ou réelle... Mais qu'en est-il de notre Bible ? La réalité est la suivante : texte sacré, fondateur des principales religions et des civilisations, la Bible comprend des passages très nombreux où les plus sordides faits divers succèdent aux textes de guerre les plus sanglants: exécutions sommaires, tueries, extermination complète de villes et de populations, combats à mort, scènes d'anthropophagie. Dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, les actes barbares et violents se suivent à un rythme infernal ! – “Faisons boire notre père, couchons avec lui” (Genèse 19.32). “Tuez tous les petits enfants mâles et toutes les femmes qui ont couché. Mais les petites filles qui n'ont pas connu de mâle, laissez-les vivre. Elles sont à vous” (Nombres 31.17). “Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le baptiseur. (...) Le garde alla le décapiter dans sa prison, rapporta la tête sur un plat et la donna à la jeune fille, qui la donna à sa mère” (Marc 6.25-28). – La plupart des auteurs de ces actes sanglants et criminels figurent au Panthéon de la foi : Moïse, David, Samson, Judith, Jésus, Pierre, mais aussi Dieu lui-même qui, directement ou par ses émissaires, est à l'origine de centaines de milliers de morts violentes. Ce livre présente, avec humour et détachement, les passages sanglants qui émaillent ces textes sacrés.

50.              PAUL (André). Le Monde des Juifs à l'heure de Jésus : histoire politique. Desclée, 1981, in-8°, 263 pp, 4 cartes, index, broché, bon état (Petite bibliothèque des sciences bibliques. Nouveau Testament, 1)

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"Dans ce livre, André Paul, reprenant un cours donné de 1969 à 1977 à l'Institut catholique de Paris, déroule le film des événements de l'histoire politique des Juifs d'Alexandre le Grand à Hadrien, puis rassemble une foule d'informations d'ordre non seulement politique, mais aussi bien économique et culturel, qu'on ne trouve guère rassemblées ailleurs sinon dans les trois gros volumes de E. Schûrer ou dans les deux de “The Jewish People in the First Century des Compendia Rerum ludaicarum ad Novum Testamentum” (Assen 1974). A lire cet ouvrage, on découvre l'interpénétration des cultures hellénique et hébraïque aussi bien dans la Diaspora que sur la terre nationale juive, cf. par ex. les notices brèves sur les cités hellénistiques de Cisjordanie et de Transjordanie à l'époque romaine." (Revue des Sciences religieuses, 1983)

51.              PICARD (Charles). La sculpture antique, de Phidias à l'ère byzantine. P., H. Laurens, 1926, gr. in-8°, 552 pp, ouvrage illustré de 202 gravures, tables chronologiques, index, reliure demi-toile éditeur, bon état (Coll. Manuels d'histoire de l'art)

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"Dépouillement d'une extrême richesse, classement net et méthodique à souhait, sûreté du goût artistique, exposition dont l'élan rapide entraîne, toutes ces qualités de fond et de forme se retrouvent dans le beau manuel de M. Charles Picard. Celui-ci est divisée en cinq livres : 1. Le style « sévère » (Phidias et ses successeurs, Alcamène, Paeonios, Callimaque, balustrade du Pyrgos et statuaire de l'Érechthéion, Céphisodote, monument des Néréides, sarcophages de Sidon) ; II. Les maîtres du IVe siècle (Scopas et ses contemporains, Timothée, Bryaxis et Léocharès, le Mausolée, Praxitèle et les œuvres praxitéliennes, la Vénus de Miio, Lysippe) ; III. La sculpture hellénistique (survivances classiques, Niké de Sarnothrace, les écoles d'Asie, Pergame, Rhodes, Extrême-Orient, l'alexandrinisme) ; IV. L'Étrurie (les bronzes, Louve du Capitole, Chimère d'Arezzo, les ivoires, les terres cuites) ; V. La sculpture romaine (origines, ère flavienne et période antonine, décadence de l'art latin et préludes de la technique byzantine). Les pièces maîtresses qu'analyse M. Charles Picard dans ce volume s'échelonnent, de Périclès à Théodose, sur huit siècles et demi (450 avant J.-C.-395 après). Autour de la Grèce, qui est le foyer central, elles rayonnent à l'est jusqu'en Chine, à l'ouest, jusqu'aux pays que baigne l'Atlantique. On ne saurait trop admirer l'aisance avec laquelle l'auteur passe d'une discussion sur la Vénus de Milo (p. 150-153) à des remarques sur l'art gréco-bouddhique du Gandhara (p. 270-272), de l'Arringatore de Florence (p. 314) au « Tombeau des Jules » (p. 368), de l'Ara pacis Augustae (p. 372-376) au style dit de Sidamara (p. 463-465), dont s'inspire la grande décoration architecturale de l'époque dioclétienne (p. 468), et à la « grammaire » ornementale sassanide (p. 484). En somme, un ouvrage plein de faits et d'idées : avec son opulente bibliographie et ses tables chronologiques, il constitue un instrument de travail hors de pair que les fervents de l'Antiquité auront tous à portée de la main." (Georges Radet, Revue des Etudes anciennes, 1926)

52.              POLIGNAC (François de). La naissance de la cité grecque. Cultes, espace et société, VIIIe-VIIe siècles avant J.-C. (Thèse). La Découverte, 1984, in-8°, 190 pp, préface de Claude Mossé, biblio, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Textes à l'appui)

            30

"Cet ouvrage se propose de mettre en évidence un facteur jusqu'ici négligé dans la naissance de la polis aux VIIIe et VIIe siècles, le rôle à la fois religieux et politique des sanctuaires et des cultes extra-urbains, à côté de ceux qui se sont établis au cœur de la cité. Pour l'auteur, c'est le peu d'importance de ce facteur dans le cas d'Athènes qui expliquerait qu'il n'ait pas encore été estimé à son juste prix. (...) L'ouvrage est clair, fort bien informé et bien écrit, et la thèse est dans l'ensemble convaincante. On pourra trouver çà et là quelques interprétations un peu aventureuses et une tendance peut-être excessive à réduire l'importance des cultes poliades en dehors d'Athènes, mais F. de Polignac a bien montré par l'analyse et la confrontation de nombreux exemples l'importance d'un phénomène encore mal perçu. On ajoutera que le livre s'achève par une bibliographie développée (par thèmes, puis par sites) qui rendra de grands services." (François Jouan, Revue de l'histoire des religions, 1988)

53.              PONTAUMONT (M. de). Tableau historique des Gaules. Cherbourg, Impr. de Marcel Mouchel, 1852, in-12, vii-254 pp, précédé d'une Vie de Thomas Langevin de Pontaumont, conseiller du roi au présidial de Carentan, écrivain latin du XVIIe siècle, par A. Regnault, bibliothécaire du Conseil d'Etat (pp. 1-10), traduction en français suivie du texte latin de “Galliarum historiœ tabula” par T. L. de Pontaumont (1658-1713), reliure demi-basane cerise, dos lisse avec titre, fleurons, filets et palette dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale. Peu courant

            80

Traduction d'un ouvrage latin du bisaïeul de M. de Pontaumont, publié à Paris en 1713 et reproduit dans ce même volume. — Emile Le Chanteur de Pontaumont (1807-1892) était membre de la Société des antiquaires de Normandie : "Ce tableau historique des Gaules est une sorte d'introduction à l'Histoire de France, puisqu'il retrace les événements qui ont précédé, dans les provinces Gallo-Romaines, la fondation de notre nationalité." — "Cet opuscule a été rédigé d'après « Galliarum historiœ tabula , auctore T. L. de Pontaumont, régis consiliario pro sede Carentani » (Paris, 1713) ; le texte latin de ce dernier traité se trouve réimprimé à la fin du « Tableau historique des Gaules. » (Bibliothèque de l'École des chartes, 1853)

54.              SAMIVEL. Le Soleil se lève en Grèce. Arthaud, 1962, pt in-4°, 262 pp, illustré de 110 photographies en noir reproduites en héliogravure et 5 en couleurs de Samivel et de Michel Gidon, une carte, broché, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            25

"La Grèce classique, celle de Périclès, du Parthénon, d'Eschyle, de Sophocle, de Phidias, est l'aboutissement d'une suite de civilisations et d'époques. D'abord, la civilisation minoenne, celle de Crète et de la mer Egée, puis la civilisation mycénienne, celle des Achéens, la « nuit dorienne »... Cette succession, l'auteur de ce livre l'expose dans son texte d'après les meilleures sources de l'archéologie contemporaine, mais aussi en artiste, séduit par tout ce que les civilisations primitives révèlent d'originalité dans l'invention aussi bien que d'aspirations vers une beauté de plus en plus parfaite. Texte qui commente admirablement la belle et abondante illustration ; celle-ci présente les aspects si variés de la Grèce et des îles qui s'y rattachent mais aussi les œuvres d'art créées sur le sol grec, art primitif et naïf tout d'abord ; il évoque Cnossos en Crète avec ses fresques qui semblent d'un modernisme stupéfiant ; les vieilles cités achéennes de l'Argolide aux épaisses murailles, les vestiges grandioses et imposants de Delphes et d'Olympie, de Ségeste, de Sélinonte et d'Agrigente en Sicile." (Revue des Deux Mondes, 1960)

55.              SARTRE (Maurice). L'Anatolie hellénistique de l'Egée au Caucase (334-32 av. J.-C.). Armand Colin, 2003, gr. in-8°, 312 pp, 3 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Libération de la tutelle perse pour les uns, changement de maître pour les autres : la conquête d'Alexandre modifie profondément la situation politique de l'Anatolie à partir de 334 av. J.-C. La mise en place de nouveaux États après sa mort, l'émergence de royaumes indigènes hellénisés au nord et à l'est, le maintien de rares cités indépendantes, les invasions galates constituent autant de sources de conflits, au point que la guerre paraît omniprésente dans l'histoire de l'Anatolie hellénistique. Mais les bouleversements politiques ne signent pas la mort de la cité grecque, qui parvient le plus souvent à trouver sa place dans le concert des Etats hégémoniques : le modèle civique reste suffisamment enviable pour que de nombreuses communautés indigènes cherchent à obtenir des rois le statut privilégié de polis. L'irruption de Rome dans les affaires d'Asie Mineure au début du IIe siècle modifie encore une fois la situation. Le cycle d'exploitation qui s'ouvre après la création de la province d'Asie entraîne des violences sans fin (guerres de Mithridate) qui laissent les cités exsangues à la veille de la bataille d'Actium en 31 av. J.-C.

56.              SEVERYNS (Albert). Les Dieux d'Homère. PUF, 1966, in-12, xii-143 pp, références, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mythes et religions)

            20

"Comme son titre l’indique, le petit livre que voici n’a pas pour objet la religion, c’est-à-dire l’ensemble de croyances, de pratiques par quoi l’homme honore la Divinité. Il se propose de découvrir dans l’œuvre homérique non pas de quoi camper l’homme devant le divin, mais bien plutôt l’inverse : les dieux devant l’humain. Circonscrite à l’Iliade et à l’Odyssée, l’enquête présente deux aspects : les dieux chez eux, les dieux chez les hommes. Elle fait appel au dire du poète en les replaçant chaque fois dans leur contexte. Ceci requiert une vigilance permanente, un contrôle perpétuel de ce qu’on croit savoir ou se rappeler des poèmes homériques. Négliger ce recours constant à la source même, c’est risquer de gauchir les perspectives, de réduire à une commune mesure des facteurs disparates dans l’espace et le temps – bref de dénaturer l’image qu’Homère nous laisse des dieux." (avant-propos) — "Les dieux d'Homère : Le titre doit être pris à la lettre : non pas la religion au temps d'Homère, l'attitude des hommes de cette époque envers le divin, mais les dieux tels qu'Homère les représente dans l'Iliade et dans l'Odyssée. (...) En un temps où l'obscurité et la prétention du style passent trop pour les critères du sérieux dans l'histoire des religions, c'est un plaisir de lire sur les dieux d'Homère cet ouvrage alerte, clair, précis, animé d'un humour latent, d'une alacrité de conteur ionien..." (Georges Roux, L'Antiquité classique, 1966)

57.              SLOSMAN (Albert). Moïse l'Egyptien. Laffont, 1981, in-8°, 452 pp, biblio, broché, couv. illustrée, état correct

            40

Il est rare que, en deux mots, un titre exprime aussi totalement le contenu du livre qu'il recouvre. Il ne s'agit pas d'une bravade : l'autorité qui s'attache désormais aux travaux d'Albert Slosman, reconnue à Jérusalem comme à Rome, à Paris comme au Caire, ne laisse pas de doute sur l'importance de la version que donne l'auteur de la "Trilogie des Origines" de la mission d'une des plus grandes figures de l'histoire universelle. C'est à la tête d'un peuple unique, Juifs et Égyptiens confondus sous le même joug d'un usurpateur pharaonique, que Moïse partit à la recherche de la Terre Promise – cela est ici montré et démontré de la manière la plus vivante et la plus éclatante. Et ainsi est administrée la preuve formelle que Juifs et Égyptiens, bien plus que cousins éloignés, sont frères de sang. On mesure à cette affirmation la véritable révolution que cet ouvrage introduit dans l'histoire officielle et les conséquences que sa publication peut avoir dans le conflit fratricide qui divise aujourd'hui le Proche-Orient. Ajoutons que la forme qu'Albert Slosman a donnée au récit de cette immense aventure en rend la lecture aussi passionnante qu'éclairante.

58.              STOBAEUS (Joannes) - [Jean STOBÉE ou Jean de STOBI]. Loci communes sacri et profani sententiarum omnis generis ex autoribus graecis plus quam trecentis congestarum per Joannem Stobaeum, et veteres in Graecia monachos Antonium & Maximum : à Conrado Gesnero Tigurino Latinitate donati, & nunc primum in unum volumen Graecis ac Latinis è regione positis coniuncti. Francofurti (Francfort), André Wechel, 1581, in-folio, (10) ff., 962 pp., (3) ff., marque de G. Weschel sur le titre et au verso du dernier feuillet. Signatures ã6 4 [A-Z]6 [Aa-Zz]6 [AA-ZZ]6 [Aaa-LII]6 Mmm4. Traces de mouillures anciennes, galerie de vers sur une trentaine de feuillets avec perte de quelques lettres, reliure plein veau marbré, dos à 6 nerfs guillochés, caissons ornés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges (reliure du XVIIIe), coiffes frottées, bon état

            600

Bonne édition grecque avec la traduction latine en regard de Conrad Gessner (1516-1565). Elle est augmentée par rapport à l'édition bilingue de 1543 (Zürich) des collections de S. Maxime et d'Antoine Melissa. Ce recueil d'apophtegmes et fragments d'auteurs grecs fut rassemblé au VIe siècle de notre ère par Jean Stobée et publié pour la première fois par Trincavelli à Venise en 1535. Le livre est une anthologie d'extraits d'auteurs grecs, en quatre livres, dont les sujets sont respectivement la philosophie et la physique, la rhétorique et la poésie, l'éthique et la politique. Il contient un grand nombre de fragments d'ouvrages aujourd'hui perdus. C'est ce qui en fait la valeur. L'ouvrage de Stobée exerça une grande influence parmi les humanistes du XVIe siècle. — « L'une de nos principales sources pour l'histoire de la philosophie grecque antique. » (George Sarton) ; (Graesse VI, 500 ; Adams S1880 ; Sarton I, 405)

59.              YOURCENAR (Marguerite). Pindare. Grasset, 1932, pt in-8° (13,5 x 21), 290 pp, bibliographie sommaire, broché, couv. illustrée lég. salie avec trace de décharge de scotch en haut du dos et des plats, charnières recollées, bon état. Edition originale dont il n'a été tiré que 21 exemplaires sur grand papier. Exemplaire du service de presse sur alfax Navarre, enrichi d'un rare envoi autographe signé de l'auteur (nom du destinataire découpé)

            300

Un essai de Marguerite Yourcenar, rédigé entre 1926 et 1929 et paru en 1932 aux éditions Grasset. Elle y évoque la figure du poète Pindare sous la forme d'une étude biographique. Elle parle de la religion, de l'histoire, des femmes, de la société, des guerres, du sport, de l'art, etc. On a l’impression par moments que Pindare n’est qu’un prétexte pour présenter la civilisation grecque. Yourcenar en fit pourtant interdire la publication, le jugeant « imprudemment bâclé » et il ne sera republié qu'en 1991 dans “Essais et mémoires” (Pléiade). « Chez Pindare, nous n'avons de l’humain que ce qu’il a de parfait, de l'éphémère que ce qu'il a d'éternel. » (M. Yourcenar)

MOYEN AGE

 

60.              BOULENGER (Jacques). Les Romans de la Table Ronde. Renouvelés par Jacques Boulenger. Préfacés par Joseph Bédier. Club Français du Livre, 1952, in-8°, (12)-252-266 pp, reliure pleine toile crème de l'éditeur, bon état

            25

Merlin l'Enchanteur ; Les Enfances de Lancelot du Lac ; Les Amours de Lancelot du Lac ; Le Château Aventureux ; La Quête du Saint-Graal ; La Mort d'Artus. — "Notre confrère J. Boulenger nous donne une nouvelle rédaction des Romans de la Table Ronde. La besogne n'était pas commode de dépouiller de toutes ses longueurs le texte ancien qui, dans la Vulgate publiée par H. Oskar Sommer, ne forme pas moins de sept forts volumes in-4°, de le condenser et d'en faire un récit qui se lise facilement. On peut dire que J. Boulenger y a pleinement réussi : il a su conserver toute la saveur d'autrefois, tout en rendant les paragraphes plus courts, les phrases plus nerveuses, l'allure plus vivante ; du vocabulaire ancien, il a eu le tact de garder les termes que chacun peut entendre aujourd'hui sans et ce n'est pas un mince mérite. Grâce à lui, la génération qui vient connaîtra ces romans qui ont fait la joie de nos aïeux et qui, depuis le XVIe siècle, faute d'une édition à la portée de tous, étaient sortis du domaine de la lecture courante. Elle saura les sortilèges de Merlin l'Enchanteur, la vie et les aventures de Lancelot du Lac, les merveilles du saint Graal, et ainsi elle comprendra mieux quelle était l'âme de notre moyen âge français, et, la comprenant mieux, elle l'aimera davantage et s'efforcera de la mieux connaître. Aussi devons-nous être reconnaissants à ceux qui mettent leur talent à polir et limer ces adaptations ; leur peine n'est pas perdue, car, en éduquant le goût du public, ils l'invitent à se reporter aux sources, à essayer de lire et de comprendre les originaux." (Henri Lemaître, Bibliothèque de l'École des chartes, 1924)

61.              CLOULAS (Ivan). Les Borgia. Fayard, 1987, in-8°, 522 pp, 8 pl. de gravures hors texte, une carte, généalogie, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Venus de Valence, les Borgia sont devenus à partir de 1450 et pour un siècle les maîtres de Rome et, au-delà, l'une des familles les plus influentes de la chrétienté. Voici la vraie histoire des Borgia. On y croise le pape Alexandre VI, qui achète son élection à grand prix, peuple le Vatican de cardinaux immoraux, de courtisanes et d'enfants naturels – l'inquiétant César et la belle Lucrèce. De l'habile évêque Alonso, vainqueur du Grand Schisme, à saint François, petit-fils du pape scandaleux, la chaîne est longue et variée de ces personnalités hors du commun dont Ivan Cloulas saisit la dimension historique.

62.              DÉCARREAUX (Jean). Les Moines et la civilisation en Occident. Des invasions à Charlemagne. Arthaud, 1962, in-8°, 396 pp, 20 pl. d'héliogravures hors texte, 5 cartes, un tableau chronologique, biblio, index, broché, jaquette illustrée (recouverte d'un film transparent autocollant), décharges de scotch sur les gardes, bon état (Coll. Signes des Temps)

            25

La naissance de la civilisation chrétienne sur les ruines de la culture antique. — "Une excellente initiation au monachisme occidental." (Jacques le Goff, Annales ESC, 1966) — "L'auteur présente l'histoire du monachisme d'une manière très vivante en s'étendant sur quelques personnalités particulièrement représentatives : les saints Basile, Jérôme, Paulin de Noie, Augustin, Martin, Grégoire de Tours, Patrick, Colomban, Benoît, Grégoire le Grand, Wilfrid, Boniface, ainsi que sainte Radegonde et le lettré Cassiodore. L'exposé s'appuie sur les sources utilisées avec beaucoup de doigté, mais les citations ne sont ni trop longues, ni pesantes ; l'auteur ne craint pas de s'amuser aux dépens du « jargon chantourné » de Cassiodore (p. 227) et de bien d'autres, ou de nous montrer le grand pape Grégoire comme un administrateur avisé donnant de judicieux conseils à l'administrateur chargé du bétail des domaines de l'Église (p. 239). Un tel livre révèle au grand public l'intérêt et la valeur de l'histoire monastique, et peut être utile aux spécialistes." (Jacques Dubois, Revue d'histoire de l'Église de France, 1963)

63.              FAVIER (Jean). Les Papes d'Avignon. Fayard, 2006, in-8°, 826 pp, 12 pl. de photos en noir et en couleurs hors texte, 5 tableaux généalogiques, 6 cartes et plans, sources et biblio, chronologie, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Tout pousse Clément V, le Gascon sujet du Capétien et fidèle du Plantagenêt, à retarder son voyage vers Rome. Porté à la temporisation, effrayé par les troubles qui ne cessent d'agiter Rome, soucieux d'en finir d'abord avec tant d'affaires qui concernent la France et de les mettre à l'ordre du jour d'un concile, il s'installe en 1309 à Avignon, hors du royaume de France mais aux portes de celui-ci. Ses successeurs trouveront commode d'y demeurer. Ils en feront la capitale d'une énorme machine politique, administrative et financière largement dominée par les Français mais non aux ordres du roi de France. La cour pontificale sera le foyer d'un rayonnement intellectuel et artistique sans précédent. Mais le pape d'Avignon, c'est d'abord le pape. Et "là où est le pape, là est Rome". Les choses changent en 1378, quand une double élection donne à l'Eglise deux papes. Il en est un à Rome, un à Avignon. Ce Grand Schisme d'Occident sera pendant trente ans l'une des plus terribles épreuves de l'Eglise. L'Occident chrétien en sortira changé.

64.              FROISSART (Jean). Chroniques de J. Froissart, publiées pour la Société de l'Histoire de France par Léon et Albert Mirot. Tome 13 : 1386-1387. P., Klincksieck, 1957, gr. in-8°, lxxxv-285 pp, broché, dos bruni, bon état

            40

65.              FROISSART (Jean). Chroniques de J. Froissart, publiées pour la Société de l'Histoire de France par Albert Mirot. Tome 14 : 1386 (1325)-1388. P., Klincksieck, 1966, gr. in-8°, lvi-240 pp, broché, bon état

            30

"Froissart peint avec une merveilleuse exactitude la société au milieu de laquelle il a vécu, il est le chroniqueur fidèle du monde chevaleresque vu et aimé par lui, et s'il n'a guère vu que l'extérieur des hommes et des choses, il nous a du moins exactement reproduit l'impression faite par les uns et par les autres sur un spectateur bienveillant et d'esprit ouvert." (Molinier, Sources IV, 3094).

66.              GRAT (Félix), Jeanne VIELLIARD et Suzanne CLÉMENCET. Annales de Saint-Bertin. Publiées pour la Société de l'Histoire de France, avec une introduction et des notes par Léon Levillain. P., Klincksieck, 1964, gr. in-8°, lxxviii-295 pp, 4 fac-similés hors texte, index, broché, bon état

            60

Les Annales dites de Saint-Bertin, du nom de l'abbaye bénédictine (Saint-Omer, Pas-de-Calais) dont provient le manuscrit le plus ancien, couvrent la période 830-882. Elles sont une continuation anonyme, rédigée au IXe s., des "Annales regni Francorum", pour la partie occidentale de l'empire carolingien. Le manuscrit recense les événements survenus dans le monde connu et dans le royaume carolingien, de 830 à 882. La première partie est anonyme, l'auteur de la 2e partie est Prudence de Troyes, l'auteur de la 3e partie est Hincmar. — "Réclamée depuis celle de l'abbé C. Dehaisnes (1871), dont l'insuffisance avait été dénoncée dans les importants comptes rendus de G. Monod et G. Waitz, projetée par F. Lot, qui ne put la mener à bien, la nouvelle édition des Annales de Saint-Bertin est l'œuvre successive de F. Grat, élève de Lot, qu'une mort brutale enleva à son travail bien avant son achèvement, de Levillain, qui, reprenant les notes de son prédécesseur, s'attacha à mettre au point l'introduction et l'annotation, de Mlîe J. Vielliard et de Mme S. Clémencet, enfin, qui mirent la dernière main à l'établissement définitif du texte et à la préparation du volume pour l'impression. La publication comporte une introduction d'un peu moins de quatre-vingts pages, l'édition proprement dite et une table alphabétique des noms de personnes et de lieux. L'introduction traite successivement de l'œuvre et des manuscrits. Les Annales sont présentées en quelques pages remarquablement claires (v-xvi) qui reprennent des résultats acquis souvent depuis longtemps, mais exposés ici avec une vigueur nouvelle, car précisés ou complétés. On doit même à Levillain de mieux connaître l'auteur de la première partie (années 830- 835) qu'il attribue, sans preuve formelle, mais avec la plus grande vraisemblance, à l'archichapelain Foulques ou à l'un de ses surbordonnés, clerc de la chapelle, alors qu'on la considérait jusqu'à présent comme l'œuvre d'un inconnu, « originaire peut-être de l'ancienne Gaule Belgique » (M. Ganshof, à la suite de Monod et Waitz). (...) Il existe maintenant pour les Annales de Saint-Bertin une édition excellente à laquelle tous les spécialistes du IXe siècle seront tenus de se référer." (Pierre Botineau, Bibliothèque de l'École des chartes, 1967)

67.              GRÉGOIRE de TOURS. L'Histoire des rois francs. Précédé d'un texte d'Erich Auerbach. Gallimard, 1992, in-8°, 200 pp, traduit du latin par J.J.E. Roy, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'aube des peuples)

            30

"Grégoire de Tours est né en 538. Après avoir étudié la Bible à Clermont-Ferrand, il a été élu évêque de Tours à l'âge de trente-quatre ans. Cette ville était un centre religieux et politique que se disputaient les Mérovingiens. Pendant vingt ans, Grégoire a gouverné ce diocèse que troublaient sans cesse les luttes fratricides de nos rois. Il trouvait néanmoins le temps d'écrire l'histoire à laquelle il était mêlé de près. Quand il est mort en 594, il laissait donc un témoignage hors pair sur ce VIe siècle si peu connu et si important. C'est l'époque où l'esprit francien succède à la mentalité gallo-romaine. Une nouvelle langue orale se forme, et le latin de Grégoire en épouse les mouvements naturels, les juxtapositions brutales, la rude vitalité : « Nous tenons en haute estime ta manière d'écrire, parce que le peuple peut la comprendre.» (Jean Grosjean)

68.              GROUSSET (René). L'épopée des Croisades. Plon, 1961, in-8°, 385 pp, 10 gravures hors texte et une carte, broché, dos très lég. sali, bon état

            25

Après avoir publié sa monumentale et prestigieuse Histoire des croisades et du Royaume franc de Jérusalem, en trois volumes, René Grousset avait écrit (en 1936) cette Epopée des Croisades, une synthèse destinée naturellement à un plus vaste public, qui devint, elle aussi, un classique dont chaque ligne est précieuse. René Grousset nous conduit de la prédication d'Urbain II à Clermont – en novembre 1095 – à ce 28 mai 1291 qui vit les 200.000 hommes du sultan El Achraf Khalil réduire les dernières défenses de Saint-Jean-d'Acre, ultime bastion de ce qui avait été le royaume franc d'Orient. Il raconte avec une clarté, une concision et une qualité de style admirables les neuf croisades qui jalonnèrent ces deux siècles extraordinaires dans l'histoire de l'Occident chrétien et de l'Islam. Un ouvrage qui reste une référence. — René Grousset (1885-1952), de l'Académie française, est toujours considéré comme un des plus grands historiens de l'Orient, proche et extrême.

69.              HIGOUNET (Charles). Les Allemands en Europe centrale et orientale au Moyen Age. Aubier, 1989, in-8°, 454 pp, 5 cartes + 36 plans et photos sur 32 pl. hors texte, notes, 2 index, broché, couv. illustrée, bon état

            45

L'affrontement des Germains et des Slaves, le contact de deux types de civilisations et la poussée vers l'Est du peuple allemand. — "En Occident, en France en particulier, on a souvent tendance à considérer que l'histoire de l'Allemagne médiévale est pour l'essentiel celle au sud du Main. De cette région sont originaires presque toutes les dynasties régnantes, de là partirent les empereurs pour leurs chevauchées italiennes et leur couronnement à Rome. Or cet aspect politique s'efface avant même le début de l'époque moderne. Bien plus profond et durable a été le phénomène de civilisation de la « poussée vers l'est » (Drang nach Osten), qui a eu pour effet la germanisation du pays entre Elbe et Oder jusqu'à nos jours, et même au-delà jusqu'en 1945. Si cette grande question a été jadis quelque peu négligée, cela s'explique en partie par l'absence d'un ouvrage sérieux en langue française. Cette lacune est aujourd'hui comblée par le livre de Ch. Higounet. On peut dire que ce livre est l'œuvre d'une vie. En effet, il a été commencé en 1940-43, alors que l'auteur était prisonnier de guerre en Silésie : il put alors observer, sur le terrain même, le phénomène de l'occupation du sol dans ses variétés. Continué plus tard, notamment au cours de séjours en Allemagne, l'ouvrage a été achevé peu avant la mort de son auteur soit une quarantaine d'années après avoir été entrepris. (...) Grâce à une vingtaine de plans suggestifs, l'auteur montre la variété des formes de colonisation, villages en tas, ronds, en rue, à pré communal central, à parcelles agricoles et forestières très allongées, etc. Les villes ont un plan moins varié. (...) Dans l'ensemble, cette colonisation s'accomplit pacifiquement, les seigneurs slaves trouvant leur intérêt dans l'établissement d'Allemands sur leurs domaines. Toutefois, il faut signaler une exception d'importance, celle de l'Ordre des chevaliers teutoniques, qui s'établit au milieu du XIIIe s. sur les bords de la Vistule inférieure. Dans la Prusse orientale voisine, les Prutènes et, au-delà, les Lituaniens étaient encore païens. L'Ordre entreprit des croisades répétées contre eux, tout en installant des colons allemands et polonais. Mais sa puissance s'effondra après la défaite de Tannenberg et les guerres incessantes au XVe s... Ainsi, grâce au patient effort de Ch. Higounet, nous possédons désormais un ouvrage en français qui embrasse la totalité du phénomène de l'immigration allemande à l'est au moyen âge. Ouvrage impartial, minutieux, complet sur cette question capitale, trop longtemps délaissée au profit des expéditions italiennes. C'est dire que cet exposé magistral est assuré d'une audience durable." (Philippe Dollinger, Cahiers de Civilisation Médiévale, 1993)

70.              LECAT (Jean-Philippe). Quand flamboyait la Toison d'or. Fayard, 1990, gr. in-8°, 398 pp, repères chronologiques, un tableau généalogique, une carte des Etats de Bourgogne hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état

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La guerre de Cent Ans, les Armagnacs et les Bourguignons, le bûcher de Jeanne d'Arc, la lutte de Louis XI et du "Téméraire" : c'est l'histoire de France. Ce n'est qu'en partie celle des hommes et des femmes qui, de 1360 à 1482, entre la Saône et le Zuydersee, la mer du Nord et le Rhin, ont vécu, du règne d'un enfant à celui d'une jeune fille, sous quatre grands ducs implacables: Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles de Bourgogne. Vignerons, corsaires, bergers, ouvriers du charbon et du sel, princes et musiciens, seigneurs brigands, dames et chevaliers, tisserands de drap et de toile, marchands, béguines et ymagiers, écorcheurs, coquillards et sorciers : les voici, comme nous-mêmes, entre deux âges du monde. De la peste noire à la lumière de Van Eyck, des massacres des guerres féodales à l'aube de la Renaissance, de Paris insurgé à la naissance des nations, c'est la couleur du temps où flamboyait la Toison d'or.

71.              MUSSET (Lucien). Les Invasions : le second assaut contre l'Europe chrétienne (VIIe-XIe siècles). PUF, 1971, pt in-8°, 304 pp, 2e édition mise à jour, 5 cartes, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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"Dans la collection La Nouvelle Clio, M. Lucien Musset, professeur à la Faculté des lettres de Caen, vient de faire paraître un volume sur la seconde vague d'invasions contre l'Europe chrétienne, vague qui suit parfois de plusieurs siècles l'implantation des peuples barbares dans l'ancien empire romain. Il s'agit là d'un domaine fort peu connu. Les chapitres relatifs à l'invasion des Hongrois et à leur installation en Europe centrale et à « l'obscure progression des slaves » sont particulièrement révélateurs pour des Français en général peu au courant de ces problèmes. M. Musset qui est un spécialiste de l'histoire scandinave et normande s'est efforcé le plus souvent d'étudier les envahisseurs plutôt que leurs victimes. Une tentative de classement à la fois chronologique et logique des différents types d'expéditions en se plaçant de ce point de vue est très neuve..." (G. Devailly, Annales de Bretagne, 1966) — "Le propos de ce livre – présenter une vue d’ensemble des dernières grandes invasions qui ont affecté l’Europe – s’éloigne des cadres que l’on adopte traditionnellement pour exposer l’histoire du Moyen Age. Il oblige l’auteur à tenir une gageure : regrouper selon ses propres lumières une masse d’événements et de notions qui n’ont guère été abordés qu’en ordre très dispersé, sans la sécurité qu’offrirait un nombre suffisant de tentatives antérieures. Prévenons donc le lecteur que le présent volume est un essai plus qu’une synthèse et qu’un coefficient personnel y affecte des chapitres essentiels. L’état des connaissances lui-même comporte une part assez considérable d’hypothèses de travail, surtout lorsqu’il s’agit des Vikings. Il faut s’attendre à des révisions amples et profondes des thèses qui sont suggérées, avant que ne s’achève la présente génération. Afin de ne pas donner de ces invasions, issues de tous les points cardinaux et des milieux les plus différents, une image incohérente, il importait de les suivre au-delà du moment où leur aspect agressif, le plus apparent, s’estompe sous nos yeux. Presque toutes ont débouché sur des fondations d’États qui imitent les modèles offerts par la chrétienté latine ou grecque, et qui présentent de substantielles analogies. Ils constituent la seconde génération des États médiévaux. En Hongrie, en Pologne ou en Norvège, la naissance de monarchies nouvelles pose des problèmes voisins. A ce niveau, la convergence des résultats du second assaut contre l’Europe chrétienne devient évidente. Notre exposé devait aller jusqu’à ce terme, même s’il nous fallait mordre quelque peu sur l’histoire intérieure de l’Europe du Nord et de l’Est." (Introduction)

72.              NEVEUX (François). L'évêque Pierre Cauchon. Denoël, 1987, gr. in-8°, 349 pp, 2 cartes, notes, sources et biblio, chronologie, index, broché, couv. illustrée, qqs cahiers débrochés, traces de mouillures sur la couv., état correct, mais bel envoi a.s. à Jean Favier

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Pour avoir dirigé le procès de Jeanne d'Arc et procédé à sa condamnation, en 1431, Pierre Cauchon est depuis cinq siècles voué à l'enfer de l'Histoire, comme traître et comme "bourreau". La personnalité de l'évêque de Beauvais vaut mieux que cette exécution sommaire. Brillant universitaire parisien, il prend, comme beaucoup d'autres, parti pour le duc de Bourgogne, auquel, plus que d'autres, il restera fidèle, le suivant dans l'alliance anglaise. Ce politique fut aussi un prélat actif, soucieux des intérêts de l'Église alors profondément divisée. À soixante ans, il se saisit de l'affaire Jeanne d'Arc. Il conduit scrupuleusement la procédure, en pleine conformité avec les normes judiciaires de l'époque. À l'issue de cette rude tâche, il vivra encore plus de dix ans, et finira évêque de Lisieux. Son malheur fut d'être confronté à la personnalité exceptionnelle de la Pucelle, que le parti opposé ne fit d'ailleurs rien pour sauver. Immergé dans une période tumultueuse où la royauté française était en perdition, cet homme de culture et de caractère avait fait le mauvais choix, en tenant pour légitime un roi de France venu d'Angleterre. Cet ouvrage, première biographie complète de Pierre Cauchon, permet, sinon de le réhabiliter, du moins de le comprendre. — "L'auteur explique fort bien dans sa préface les raisons qui l'ont amené à écrire cette biographie d'un homme surtout connu par le procès et la mort de Jeanne d'Arc, épisode fugitif dans une longue carrière, mais qui a noirci définitivement sa mémoire. François Neveux s'est demandé qui était l'homme (évêque de Beauvais, puis de Lisieux où il repose dans la cathédrale), quelle avait été sa vie, son action et s'il méritait vraiment la réputation qui est la sienne depuis le procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc (1450-1456). Il s'agit, non d'une tentative de réhabilitation, mais du désir de comprendre P. Cauchon, en le replaçant dans son époque, en « faisant pour un temps abstraction de Jeanne d'Arc ». Disons tout de suite que l'auteur a fort bien réussi son propos. (...) Le présent livre est un effort extrêmement méritoire d'objectivité à propos d'un sujet difficile, selon une méthode historique stricte et une analyse précise de la documentation. Au fil du livre on saisit la réalité d'un homme, ni meilleur ni pire que tant d'autres : intelligent, cultivé, travailleur, fort soucieux de ses intérêts matériels, de sa carrière, d'ailleurs pieux, habile négociateur, soucieux de faire triompher les causes qu'il estime justes (celle du roi d'Angleterre entre autres). F. Neveux, spécialiste des villes normandes au moyen âge, et notamment de Lisieux, a fini, on le sent, par éprouver de la sympathie pour son personnage, sans que cela nuise en rien à celui de Jeanne d'Arc. Il nous donne une contribution fort intéressante à l'histoire du XVe siècle et une biographie de valeur d'un homme certainement mal jugé." (André Debord, Annales de Normandie, 1988)

73.              PERNOUD (Régine). Pour en finir avec le Moyen Age. Seuil, 1977, in-8°, 160 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

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Pour en finir avec le "Moyen Age", c'est-à-dire avec cette notion aussi injuste que stupide qu'il y aurait un millénaire – du Ve au XVe siècle – tout d'un bloc, compris comme une époque ténébreuse et barbare entre les siècles de gloire de l'Antiquité et la Renaissance. En dépit d'une redécouverte du "Moyen Age" qui a commencé avec les romantiques, le préjugé demeure – c'est-à-dire le double préjugé, selon lequel le "Moyen Age" constiturait un tout, et que ces siècles-là sont comme le nadir de l'histoire universelle. Dans ce livre coloré, alerte et vigoureux, Régine Pernoud, qui connaît son affaire, fait un sort des balivernes, dégonfle les baudruches et dépoussière nos souvenirs flous d'écoliers. Le Moyen Age est mort, vive le Moyen Age ! — Par Régine Pernoud (1909-1998), diplômée de l'École des Chartes et de l'École du Louvre, conservateur du musée de Reims puis aux Archives nationales, elle a fondé le centre de documentation historique Jeanne-d'Arc, à Orléans.

74.              PERNOUD (Régine). Vie et Mort de Jeanne d'Arc. Les Témoignages du Procès de Réhabilitation, 1450-1456. Hachette, 1953, pt in-8°, 284 pp, annexe, biblio, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et vermillon, fleurons dorés, couv. conservée, bon état

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"Il devenait fort difficile au grand public de se reporter à ces incomparables témoignages du Procès de Réhabilitation, car les volumes de J. Fabre et de E. O'Reilly étaient depuis longtemps introuvables. Il convient de remercier Mlle R. Pernoud d'avoir mis sa science d'archiviste à contribution pour donner en ce volume un choix des textes les plus intéressants contenus dans les enquêtes de 1450, 1452 et 1456. On sait que ce sont plus de 150 contemporains de Jeanne qui déposèrent sous la foi du serment devant les évêques et docteurs délégués par le pape. Si l'on veut se faire une conviction éclairée, il n'est que de se reporter à ces témoignages. Ils sont ici traduits fidèlement et présentés dans le cadre historique qui les explique. Tandis que se multiplient les publications de fantaisie, parfois impudente, voici un ouvrage qui met le lecteur en face des textes. Rien ne vaut le retour aux sources..." (Paul Doncoeur, Etudes, 1954)

75.              ROMERO (Anne-Marie). Saint-Denis, la montée des pouvoirs. Presses du CNRS, 1992, gr. in-8°, 128 pp, 91 illustrations en noir et en couleurs dans le texte et à pleine page, 2 plans en couleurs, chronologie des abbés de Saint-Denis et des rois de France, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Patrimoine au présent)

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Cet ouvrage démêle, pour les éclairer, les phénomènes politiques, religieux et économiques qui, dès le IIIe siècle, ont convergé autour de ce lieu consacré de l’Ile-de-France qu’est Saint-Denis, pour en faire un symbole du pouvoir royal et le temple du culte monarchique. Dans cette grande entreprise "médiatique" de mise en valeur d'une légende, qui n'a reculé devant rien, pas même devant la falsification de documents, pour s'imposer, quel fut le rôle de l'Eglise et quel fut celui de la Royauté ? Y eut-il un gagnant et un perdant ? Par quels moyens matériels et spirituels les deux protagonistes ont-ils réussi à maintenir leurs intérêts si étroitement liés pendant près d'un millénaire, pour la plus grande gloire de chacun d'eux ? Et pour quelles raisons ce paissant symbole s'est-il un jour effrité ? L'Archéologie et l'Histoire s'associent pour répondre à toutes ces questions. — "Patrimoine au présent" se propose de retrouver l'esprit des lieux, de les faire revivre à travers leur histoire, de susciter, à partir de vestiges et de monuments du présent, l'imagination du passé. Chaque ouvrage de la collection, s'appuyant sur les acquis les plus récents de la recherche, s'organise autour d'un thème privilégié, pour ajouter au plaisir d'une découverte active du site.

TEMPS MODERNES

 

76.              BODINEAU (Pierre). L'Urbanisme dans la Bourgogne des Lumières. (Thèse). Dijon, Université de Bourgogne, Publications du Centre Georges Chevrier pour l'histoire du droit, 1986, in-8°, 284-li pp, 17 pl. de plans anciens, gravures et fac-similés hors texte, sources et biblio, broché, jaquette illustrée, soulignures crayon, bon état

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"Il s'agit essentiellement d'une étude institutionnelle, par ailleurs très bien menée. L'auteur examine très attentivement les différents « pouvoirs » et leurs interférences pour conclure que le maître-d'œuvre est la Municipalité, sous le contrôle généralement étroit de l'Intendant, que les « Cours », Parlements et Bureau de Finances ont été plus ou moins éliminés et que le rôle des États (ce qui est exceptionnel en Bourgogne) est généralement médiocre. Celui des « techniciens » (ingénieurs et « voyers ») devient capital, tandis que l'opinion publique est souvent divisée. Les finalités de cette politique sont diverses : alignement des rues, assainissement, création de places et de percées, de promenades, de quais, de portes monumentales. On dresse des plans « prospectifs » notamment à Dijon. Mais le respect des intérêts privés et de la propriété est très relatif, beaucoup moins assuré en tous cas que de nos jours. L'auteur étudie ensuite les problèmes d'adjudications et de leurs techniques, le coût des travaux et les limites des possibilités communales et de leurs ressources toujours insuffisantes. Bibliographie très soignée. Travail fort intéressant, agréable à lire, même pour le non-juriste et qui comble une lacune." (D. Ligou, Dix-Huitième Siècle, 1987)

77.              BOEHME (Jacob). Confessions. Précédé de Le « Philosophe teutonique » ou l'esprit d'aventure, par Alexis Klimov. Fayard, 1973, in-8°, xxvi-304 pp, sources, biblio, index, broché, couv. à rabats, trace de pliure au 1er plat, bon état

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Anthologie d'oeuvres traduites avec préface, notes et commentaires par Alexis Klimov. Jacob Boehme (1575-1624) est le fondateur d'une théologie mystique connue sous le nom de théosophie. Le discours théosophique, ce n'est pas seulement le discours de l'homme sur la manifestation divine, c'est aussi et d'abord le discours de Dieu qui s'exprime dans ses œuvres. Le discours de Dieu est réexprimé par le discours de l'homme en qui Dieu s'est engendré. Ainsi se forme le corps spirituel qui est le terme de la révélation.

78.              BOURBON-PARME (Isabelle de). Lettres à l'archiduchesse Marie-Christine 1760-1763 – "Je meurs d'amour pour toi..." Présentées par Elisabeth Badinter. Tallandier, 2008, in-8°, 202 pp, copieuse introduction par Elisabeth Badinter (pp. 9-61), broché, couv. illustrée, bon état

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Petite-fille de Louis XV et de Philippe V d'Espagne, Isabelle de Bourbon-Parme (1741-1763) est une femme exceptionnelle, qui appartient au club très fermé des princesses philosophes. Mariée en 1760 au futur empereur Joseph II, elle séduit toute la famille impériale et tombe elle-même éperdument amoureuse de sa belle-soeur, l'archiduchesse Marie-Christine. Ses lettres et ses petits billets révèlent un caractère, des sentiments et une intelligence hors du commun ; ils lèvent aussi le voile sur certains secrets de la cour de Vienne. Elle meurt à 22 ans.

79.              BRIAN-CHANINOV (Nicolas). Catherine II, impératrice de Russie (1729-1796). Payot, 1932, in-8°, 278 pp, 8 pl. de portraits hors texte, chronologie des principaux événements de la vie et du règne de Catherine II, index, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et vermillon, fleurons dorés, couv. illustrée conservée, dos lég. frotté, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"On a énormément écrit sur Catherine, mais relativement assez peu sur son règne." (Avant-propos) — "Le gouvernement soviétique a rendu publique une grande quantité de matériel historique qui était enfermée dans les archives des tsars. L’accès à ce nouveau matériel est l’excuse de l’auteur pour écrire ce livre à ajouter à la collection déjà considérable de biographies de l’impératrice russe. Il est ainsi en mesure, par exemple, de donner une image plus complète et une meilleure évaluation du soulèvement de Pougatchev. La biographie est écrite en tenant compte de la scène historique, tant interne qu’externe, de la Russie dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Bien qu’il ne soit pas un admirateur enthousiaste de la Tzaritza, l’auteur s’abstient de juger sa personnalité ou ses réalisations politiques. Les huit reproductions de portraits de Catherine, à différentes périodes de sa vie, sont un précieux et agréable ajout au livre." (Nathan Altshiller Court, Books Abroad, 1933)

80.              BRIENNE (Comte de) et Etienne Charles de LOMENIE de BRIENNE. Journal de l'Assemblée des notables de 1787, par le comte de Brienne et Etienne-Charles de Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse (bureau de Monsieur et bureau du comte d'Artois). Texte publié avec introduction, notes et index pour la Société de l'Histoire de France, par Pierre Chevallier. P., Klincksieck, 1959, in-8°, xxxviii-145 pp, index, broché, bon état

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"Malgré quelques études et publications, l'histoire de l'Assemblée des Notables de 1787 n'est pas encore vraiment écrite, en dépit de son importance pour connaître la crise de la fin de l'Ancien Régime. La présente publication, préparée avec un soin exemplaire, apporte des documents essentiels. L'introduction de M. Chevallier donne toutes les précisions souhaitables sur les manuscrits publiés et les renseignements qu'ils fournissent, notamment sur le rôle de Loménie de Brienne ; les notes contiennent de nombreuses références sur des documents complémentaires ou la bibliographie. La publication comprend deux mémoires préparatoires à l'Assemblée – l'un « Sur la Dixme royale », l'autre sur les Assemblées provinciales –, le Journal du Bureau de Monsieur, allant du 22 février au 17 avril 1787 et celui du Bureau d'Artois, allant du 30 mars au 30 avril 1787, et enfin diverses pièces annexes. Grâce aux notes sur les personnages cités et aux index qui accompagnent les textes, les historiens disposent d'une information de premier ordre et d'une documentation essentielle sur une période mal connue sur de nombreux points." (Michel Reulos, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962)

81.              CHAUSSINAND-NOGARET (Guy). La Vie quotidienne des Français sous Louis XV. Hachette, 1985, in-8°, 377 pp, biblio, broché, couv. illustrée, qqs marques au stylo en marges, bon état

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Pour écrire l'histoire des Français au temps du Bien-Aimé, et non celle d'un roi ni celle d'un règne, Guy Chaussinand-Nogaret a demandé leur témoignage aux 24 millions de Français que comptait alors le royaume. Il est allé à eux pour les interroger dans leurs travaux et leurs plaisirs, dans le quotidien de leurs occupations, de leurs pensées et de leurs rêves, dans la raideur de leurs poses ou le laisser-aller de leur intimité. A travers les mémoires de Madame Roland, de Marmontel, ou de Rétif de la Bretonne, nous voyons vivre une France unifiée mais diverse qui conjugue, sans trop se soucier de justice, le faste et la misère, et joint dans un tempérament assez typiquement national, la grandeur et la fantaisie, la vanité la plus sotte et la gouaille la plus spontanée. Si quelques esprits lucides, tels d'Argenson, les Encyclopédistes et Beaumarchais perçoivent les approches d'un orage, la plupart savourent, sans anxiété, mais à des degrés de bonheur très inégaux, le temps de la douceur de vivre. — Guy Chaussinand-Nogaret, docteur d'Etat ès-Lettres enseigne à l'École des Hautes Études en Sciences sociales. Auteur de nombreux ouvrages sur le XVIIIe siècle, il a aussi publié les biographies de grandes figures de la Révolution, Mirabeau, Madame Roland, et un essai, La Bastille est prise.

82.              DEL PERUGIA (Paul). Louis XV. Albatros, 1976, gr. in-8°, 754 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure simili-cuir bleu-nuit de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état

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"Il existe peu d'ouvrages renouvelant, à l'aide d'une documentation si riche, un règne que l'on croyait bien connaître. Le livre de P. del Perugia est rapide et très vivant." (Jean-Baptiste Bourienne, Revue des Deux Mondes, 1976) — "La thèse de l'auteur est simple : Louis XV avait toutes les vertus publiques et privées (« Un travail acharné, une information très précise, des connaissances historiques et techniques étendues, une mémoire classant les hommes et les faits »), mais il a été victime, pour son malheur et celui de la France, d'une coalition groupant à la fois le parti prêtre et les amis du progrès s'acharnant à le déconsidérer auprès du bon peuple en montant en épingle le scandale de sa vie privée : « Ce fut l'Eglise – ou du moins certains de ses clans – qui fut à l'origine de la vague de calomnies dont Louis XV demeure de nos jours déshonoré, alors qu'il fut l'un de nos chefs d'Etat les plus modérés sur le chapitre des femmes. » M. Del Perugia a sans doute raison de dénoncer les exagérations colportées au XIXe siècle par les historiens tant libéraux que catholiques et de ramener à de justes proportions les débauches du Bien-Aimé. Mais plutôt que de ramener toute l'histoire du règne à ce prétendu complot, il aurait été mieux inspiré s'il avait essayé d'analyser la nature des liens unissant, jusqu'en juin 1791, les Français à leur roi : comment, par quels canaux la personne du Roi Très-Chrétien, son pouvoir, ses faits et gestes étaient connus, ressentis, jugés par les plus modestes habitants des campagnes. Il y avait là un grand problème historique singulièrement plus important que celui posé par la personne même de Louis XV. En voulant à tout prix canoniser celui-ci pour mieux anathématiser la Révolution, M. Del Perugia s'est fait hagiographe. Il ne convaincra que ceux qui le sont d'avance." (François Lebrun, Revue Historique, 1977)

83.              DESCIMON (Robert) et José Javier RUIZ IBANEZ. Les Ligueurs de l'exil. Le refuge catholique français après 1594. Seyssel, Champ Vallon, 2005, in-8°, 309 pp, une carte, graphiques, dictionnaire des ligueurs réfugiés, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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A la fin du XVIe siècle, des Français, surnommés les ligueurs, refusent de vivre sous l'autorité d'Henri IV et quittent le royaume pour s'installer en Belgique, territoire espagnol à l'époque. Les auteurs étudient le parcours des exilés à travers les rapports qu'ils entretenaient avec les autorités qui les rétribuaient et tentaient de les utiliser. — "En 1585, à la mort du duc d'Anjou, frère d'Henri III, l'héritier du trône devint le roi de Navarre (futur Henri IV), chef du parti protestant. Après un quart de siècle de guerre civile, cette perspective était inacceptable pour les catholiques radicaux. Ils formèrent une Ligue, que dirigeaient les Guise, d'où le nom de ligueurs que l'histoire leur a attaché. Mais ce fut Henri IV qui remporta la victoire militaire et politique, au prix, il est vrai, de sa conversion au catholicisme. Alors, en 1594, certains de ces ligueurs choisirent l'exil plutôt que de vivre sous l'autorité d'un "hérétique relaps". Ils étaient si attachés à une conception intransigeante du catholicisme qu'ils s'installèrent sur les terres du roi d'Espagne (le "roi catholique"), à Bruxelles surtout. Après la paix entre l'Espagne et la France, en 1598, le sort de ces exilés devint de plus en plus sombre et le sens de leur attachement à la "liberté de conscience" (c'était leur propre terme) de plus en plus mystérieux. Beaucoup rentrèrent au pays, où eux et leur famille connurent un net déclassement social, beaucoup restèrent en Flandres jusqu'à leur mort. Ce livre scrute l'aventure de ces exilés, surtout à travers les rapports qu'ils entretenaient avec les autorités espagnoles qui les pensionnaient et tâchaient de les utiliser. Toute une passionnante galerie de portraits est ainsi esquissée : du duc d'Aumale, ce grand seigneur malheureux à la guerre (mais excellent catholique), au maréchal de Rosne qui mourut au combat alors qu'il commandait l'armée espagnole au siège de Hulst, de Bussy-Leclerc, l'ancien gouverneur de la Bastille, qui exaspérait le monde avec son gros chapelet rouge, à Godin, l'ancien maire de Beauvais estropié par les nobles de son propre parti... Tous ces hommes peinaient à former une communauté, mais ils étaient unis par le souvenir des luttes passées et par leur commun attachement à un catholicisme absolu qui refusait toute cohabitation avec une autre religion, surtout si elle se prétendait chrétienne. Au fur et à mesure de leurs recherches dans les archives de Bruxelles, Simancas, Madrid, Milan, Paris, Lille.,., une évidence s'imposa aux auteurs à travers la confrontation de leurs cultures historiques (l'un est espagnol, l'autre français) : ils finirent par devoir reconnaître que ces exilés qui avaient fui la France d'Henri IV n'étaient pas seulement des fanatiques, condamnés depuis le XVIIe siècle par la tradition, qu'elle soit royale, libérale ou nationale, mais qu'ils avaient été aussi porteurs d'un message religieux et politique qui avait sa logique et a même eu, on peut le regretter, une postérité."

84.              DESSERT (Daniel). La Royale. Vaisseaux et marins du Roi-Soleil. Fayard, 1996, gr. in-8°, 393 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"La Royale" compte parmi les fleurons du Grand Siècle. Duquesne, Tourville, Jean Bart, Duguay-Trouin, Forbin, par leurs succès et leurs exploits, ont écrit quelques-unes des plus belles pages de notre histoire maritime. Tout ce lustre doit beaucoup aux efforts acharnés d'une poignée de ministres compétents, d'administrateurs actifs, de financiers entreprenants. Le résultat ne laisse d'étonner: pour la première fois, la marine française dispute le sceptre des mers aux plus illustres nations maritimes. Sa genèse n'allait point de soi et représente l'une des grandes aventures politiques et gestionnaires du règne de Louis XIV. Construire, armer, équiper, radouber puis combattre mobilise quasiment tout le royaume. Derrière de brillantes apparences se manifestent cependant des contradictions, des insuffisances congénitales qui vont engendrer bien des mécomptes et qui expliquent, par-delà les siècles, un destin trop souvent contrarié.

85.              DURAND (Yves). Finance et mécénat. Les fermiers généraux au XVIIIe siècle. Hachette, 1976, in-8°, 319 pp, qqs tableaux, biblio et sources, broché, bon état (Coll. Le Temps et les hommes)

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Au XVIIIe siècle, les fermiers généraux perçoivent plus de la moitié des revenus de l'Etat. Ils prêtent au gouvernement et leur crédit est souvent meilleur que celui du roi. Aussi, mémorialistes et historiens, hostiles à la monarchie absolue et à la société d'ordres n'ont-ils cesé de les vilipender. En répondant à diverses questions : comment devenait-on fermier général ? Coment les financiers vivaient-ils ? Comment ont-il réagi en face des grandes options de leur temps : la philosophie des Lumières, la franc-maçonnerie, l'opposition parlementaire, les rapports de l'Eglise avec le siècle ? Yves Durand fait revivre le fermier général dans toutes ses activités, à l'Hôtel des Fermes comme dans les salons parisiens...

86.              DURRY (Marie-Jeanne). Madame de La Fayette. Mercure de France, 1962, in-12, 75 pp, broché, bon état, envoi a.s. (nom du destinataire découpé)

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87.              ERLANGER (Philippe). Diane de Poitiers. Gallimard, 1959, in-12, 372 pp, 4 pl. de portraits et 4 tableaux généalogiques dépliants hors texte, biblio, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et vermillon, fleurons dorés, couv. illustrée conservée, bon état (Coll. Leurs figures)

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Sur Diane enfant nous ne possédons qu'un renseignement précis : son père l'emmenait à la chasse quand elle avait six ans. Dès le premier âge, le futur modèle du Primatice suivit les traces de la déesse, sa patronne, et soumit son corps aux saines disciplines dont elle devait être si bien récompensée. Pendant son existence entière, Diane se lèvera avec le jour, prendra des bains d'eau froide, chevauchera fougueusement à travers bois. Les nobles animaux qui contribueront à immortaliser ses images, elle ne perdra jamais le goût de les forcer.

88.              ERLANGER (Philippe). Louis XIV. Fayard, 1965, fort in-12, 683 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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Avant d'être le Roi-Soleil, Louis XIV fut un enfant humilié, souffrant du froid, de la faim et des horreurs de la guerre civile. Un jeune homme ombrageux, convaincu du caractère sacré de sa mission. Un souverain intraitable – mais aussi un malade harcelé par les médecins. Pour Philippe Erlanger, c'était l'occasion de tracer un portrait nuancé, souvent inattendu, de ce personnage longtemps considéré comme un caractère monolithique. Et, surtout, de le replacer dans son temps en le comparant avec le nôtre. Un livre d'histoire qui se lit comme un roman. Marcel Pagnol a écrit de Philippe Erlanger qu'il était « le Simenon de l'Histoire » et Jean Cocteau que « non content d'instruire, il savait faire rêver ».

89.              ESPAGNAC (Jean Baptiste Joseph de Sahuguet d'Amarzit d'). Histoire de Maurice, comte de Saxe, duc de Courlande et de Sémigalle, maréchal-général des camps et armées de sa majesté très-chrétienne, par M. le baron d'Espagnac, gouverneur de l'hôtel royal des Invalides. A Utrecht, aux dépens de la Compagnie, 1774, 2 vol. in-12, (8)-302 et (4)-411 pp, reliures demi-percaline carmin à la bradel, dos lisse avec pièces de titre basane noire et fleuron doré (reliures de la fin du XIXe s.), bon état

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La meilleure biographie ancienne de Maurice de Saxe (1696-1750) et l'histoire de ses campagnes, de la bataille de Malplaquet en 1709 au siège de Maëstricht en 1748, écrite par un de ses lieutenants également connu comme écrivain militaire. Pendant la guerre de Succession d'Autriche, Maurice de Saxe dirige l'armée française qui envahit les Pays-Bas autrichiens et la Hollande. Cette campagne est marquée par une succession ininterrompue de victoires : siège de Tournai, bataille de Fontenoy (11 mai 1745), bataille de Rocourt (en Belgique, près de Liège), et le fit considérer comme le plus grand militaire de son temps. Joseph de Sahuguet d'Armarzit, baron d'Espagnac, naquit à Brive le 28 mars 1713 et mourut à Paris en 1783, en l'hôtel des Invalides dont il était gouverneur. A dix-sept ans, il embrassa la carrière des armes. Il fut l'aide de camp et l'ami du maréchal Maurice de Saxe dont il se fit l'historien . Une des "petites" éditions de cette biographie classique, parue un an après l'originale.

90.              GAXOTTE (Pierre). Frédéric II. Fayard, 1947, in-12, 548 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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Excellente biographie de Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand, publiée en 1938 et dédiée à Madeleine Dumézil.. Pierre Gaxotte montre ici l'envers du décor de rêve de l'éducation des princes. Celui qui allait devenir la plus illustre figure de la Prusse, né le 24 janvier 1712, le Grand Frédéric, connut des débuts dramatiques. Les violences et les colères de son père le conduisirent même à la désertion, ce qui marquera la personnalité du jeune prince. De la tyrannie paternelle, de sa tentative de désertion et son emprisonnement, de son accession au pouvoir, ses guerres et ses alliances à ses relations avec son entourage en particulier les diplomates et philosophes français, puis la vieillesse, c’est tout le parcours, haut en couleurs, passionnant et pittoresque à la fois, que celui de Frédéric II qui nous est conté ici. — "Le Frédéric II de M. Pierre Gaxotte est à mettre au premier rang. La conscience de l'exploration historique dans une matière extrêmement touffue, le recours aux sources, aux inédits, aux travaux récents des spécialistes, la justesse et la précision de la mise au point, dans les questions sur lesquelles une controverse est suspendue (par exemple, celle du renversement des alliances), l'art enfin de l'écrivain, lumineux et vif, simple et fort, qui donne à un tel travail toute sa valeur, il n'est rien dans ce Frédéric qui ne concoure à faire un ouvrage magistral. M. Gaxotte est l'homme du dix-huitième siècle. Il considère le siècle de Louis XV comme l'époque où la civilisation louis-quatorzienne a porté tous ses fruits.". (André Rousseaux, Le Figaro, 17 décembre 1938)

91.              GOURREAU de LA PROUSTIÈRE (Philippe). Mémoires de Philippe Gourreau de la Proustière, chanoine de Saint-Victor de Paris et curé de Villiers-le-Bel (1611-1694). Texte établi et annoté par Béatrix de Buffévent. Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Ile-de-France, 1990, gr. in-8°, 623 pp, avant-propos de Jean Jacquart, préface de François Lebrun, 4 pl. de gravures hors texte, un tableau généalogique, index, broché, couv. à rabats, bon état

            60

Rédigés de 1653 à 1691, ces Mémoires sont un précieux témoignage sur la vie religieuse de la capitale à l'époque de la Réforme catholique triomphante et sur la pastorale dans les campagnes proches. Ils reflètent la mentalité d'un religieux modéré face aux problèmes de l'Eglise de France. Curieux de tout, bibliophile averti, le P. Gourreau a laissé un récit très vivant de son séjour en Italie à l'occasion du conclave de 1655. C'est un nouveau regard sur la vie religieuse du Siècle des Saints. — Élève de Jean Meuvret et de Pierre Goubert, Béatrix de Buffévent, Conservateur en chef de la Bibliothèque administrative de la Ville de Paris, Docteur en histoire, est l'auteur de “L'économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle” (Pontoise, 1984).

92.              GUTH (Paul). Mazarin. Flammarion, 1972, fort in-8°, 811 pp, 8 pl. de gravures hors texte, chronologie, biblio, index, reliure pleine toile vermillon de l'éditeur, bon état

            25

Cardinal et homme politique français d'origine italienne. Il servit la France après sa rencontre en 1630 avec Richelieu, qui le fit nommer cardinal alors qu'il n'était pas ordonné prêtre et en fit son principal collaborateur après la mort du Père Joseph. Son intelligence, son habileté, sa souplesse lui valurent de se voir confier par Louis XIII la direction du Conseil à la mort de Richelieu. A la stupeur de la cour, il resta le principal ministre d'Anne d'Autriche régente (1643) et fut selon toute vraisemblance son amant et peut-être son mari. Il dut immédiatement faire face à l'hostilité des Grands (cabale des Importants). La période de répit intérieur qui suivit ci dura jusqu'en 1648 lui permit des réussites extérieures : après les victoires de Rocroi, Nördlingen, Lens, fut conclu le traité de Westphalie. Mais la guerre aggrava les difficultés financières et il dut multiplier les mesures fiscales. C'est l'une d'entre elles qui déclencha la Fronde parlementaire. Il résista et parvint à diviser ses adversaires et à conclure la paix de Rueil (1649). L'arrestation de Condé provoqua une recrudescence des hostilités et il fut obligé de s'exiler deux fois pendant la Fronde des princes sans pour autant cesser d'exercer le pouvoir par l'entreprise d'Anne d'Autriche et de ses collaborateurs. Sorti vainqueur de l'épreuve, il resta seul maître jusqu'à sa mort. Le mariage de Louis XIV et de l'infante Marie-Thérèse et le traité des Pyrénées mit fin à la Guerre d'Espagne. Mazarin fut un mécène éclairé mais il acquit aussi une immense fortune et fit celle de toute sa famille.

93.              HENRI-ROBERT. Malesherbes. Flammarion, 1927, gr. in-12, 203 pp, broché, dos factice, rousseurs éparses, bon état (Coll. Les Grands Cœurs), envoi a.s. à Maurice Bourdet, créateur du journal parlé à la radio

            25

Par Robert Henri, dit Henri-Robert (1863-1936), ancien bâtonnier et membre de l’Académie française, une biographie de son lointain prédecesseur Guillaume-Chrétien de Lamoignon de Malesherbes (1721-1794), élu en 1775 au fauteuil 38. — "Henri-Robert, membre de l’Académie française et éminent avocat, nous livre une biographie vraiment remarquable de cet autre éminent avocat Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes. Libéral, équilibré, impartial, Malesherbes se démarque de manière frappante avec les hésitations et la violence qui ont caractérisé la période de la Révolution française. En même temps, libéral et royaliste, il a fini par être exécuté pour son manque même de sectarisme. Ayant aidé par ses vues libérales à mettre en mouvement ces forces que sa modération était impuissante à contenir, il alla calmement partager le sort du roi qu’il ne pouvait sauver. Le point central de son caractère est l’intégrité ; son attitude quelque part plus élevée et plus impersonnelle que l’héroïsme." (Eugenia Kaufman, Books Abroad, 1929)

94.              LAFAYETTE (Madame de). Romans et Nouvelles. Textes revus sur les éditions originales avec une introduction, une bibliographie et des notes par Emile Magne. Garnier, 1958, in-12, xxxvi-453 pp, 4 gravures hors tete, biblio, notes, reliure demi-veau glacé blond à la bradel, dos lisse avec titres dorés très orné, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire très bien relié

            80

“La Princesse de Clèves” est l'une de ces oeuvres qui traversent les siècles en conservant un prestige extraordinaire. La critique peut tenter d'analyser cette fabuleuse réussite: chercher dans “La Princesse de Clèves” un grand roman d'amour qui renvoie à tout l'imaginaire occidental, ou une page d'histoire, « des mémoires de cour », comme disait Madame de Lafayette, ou un conte didactique, dont les analyses et la morale gardent toute leur valeur... Soyons sûrs que La Princesse de Clèves restera fascinante, mais ce roman ne fut pas une oeuvre isolée, il naquit dans un contexte précis. Il n'est pas inutile de préciser ce contexte et, pour cela, de lire d'abord les autres « romans et nouvelles » de Madame de Lafayette. On ne doit pas seulement y chercher des documents qui éclairent La Princesse de Clèves: ces oeuvres moins connues ont leur valeur et leur originalité...

95.              LANGLOIS (Marcel). Madame de Maintenon. Plon, 1932, in-12, v-291 pp, 6 gravures hors texte, index, broché, bon état

            20

"Les ouvrages de M. l'abbé Langlois ne laissent jamais les lecteurs indifférents. Projetant de publier une édition critique des lettres de Mme de Maintenon, l'auteur a voulu faire connaître, à l'avance, le résultat de ses patientes recherches et mettre en lumière certains traits relatifs au caractère d'un personnage encore énigmatique. Ce n'est donc pas, à proprement parler, une biographie qu'il a entendu écrire. Il laisse parler Mme de Maintenon elle-même en citant de très nombreuses phrases, extraites de ses lettres ou de ses instructions et, à l'occasion, les opinions de contemporains, Fénelon, Godet des Marais, etc. Bannissant tout ce qu'il considère comme relevant de la légende, il s'appuie sur ces textes pour émettre des jugements, parfois bien curieux. Pour lui, Mme de Maintenon aurait entrepris seulement en 1686 de convertir Louis XIV, dont le zèle se serait rapidement refroidi : le mariage n'aurait pas eu plus de succès, parce que « chacun n'avait pensé qu'à soi et trouvait un autre qui voulait le bonheur à sa manière » ; la fausse position dans laquelle elle était à la cour et le caractère du roi auraient obligé Mme de Maintenon à dissimuler « par nécessité de situation », à avancer « mystérieusement à pas feutrés » ; de là, l'accusation d'hypocrisie, lancée par plusieurs écrivains de son temps, etc. Ces idées, et beaucoup d'autres encore, sont neuves, très différentes de celles qui ont été adoptées depuis longtemps. Le débat ne pourra être tranché que par la publication des lettres elles-mêmes, et, en ce faisant, M. l'abbé Langlois rendra un réel service à l'histoire." (Louis André, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1933)

96.              LEBRUN (François). Le XVIIe siècle. Armand Colin, 1969, gr. in-8°, 378 pp, seconde édition revue, 8 cartes dont 2 hors texte, 3 tableaux, repères chronologiques, biblio, cart. éditeur, bon état (Coll. U, série Histoire moderne, dirigée par Pierre Goubert)

            25

Excellent manuel. — Qu'est-ce que le 17e siècle ? Depuis longtemps déjà, les historiens cherchent, au-delà des récits traditionnels de l'histoire politique, les réalités plus complexes d'une histoire totale. Totale parce que, ne se limitant plus à la seule Europe, voire à la seule France, elle veut faire leur place légitime aux autres continents. Totale parce que, sans négliger l'événement, elle entend mettre l'accent sur toute la vie du passé, s'efforçant d'en éclairer tous les aspects. Ce "nouveau" 17e siècle, ne peut se ramener à une image simple, pas même selle du Roi-Soleil. C'est à la fois le siècle de Cromwell et de Louis XIV, des procès de sorcellerie et de Descartes, de Calderon et de Racine, de Rubens et de Rembrandt, et aussi d'Aureng-Zeb et de K'ang-hi, des "réductions" jésuites et des débuts de la traite des Noirs. Siècle foisonnant, complexe...

97.              LOTH (David). Philippe II, 1527-1598. Payot, 1933, in-8°, 347 pp, 4 gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée , bon état (Coll. Bibliothèque Historique)

            25

Ce fis de Charles Quint fut l'un des souverains les plus discutés de l'histoire. En effet, le règne de Philippe II d'Espagne n'a pas eu une importance seulement nationale mais a influé sur le destin de l'Europe pendant plusieurs générations. Champion de la Contre-Réforme, il intervint sans cesse dans les affaires européennes, assurant l'hégémonie de l'Espagne en Italie, engageant la croisade contre les Turcs, envoyant l'Invincible Armada contre Elizabeth d'Angleterre, s'efforçant enfin d'hispaniser les Pays-Bas. Appuyé sur l'Inquisistion, il réussit à extirper le protestantisme d'Espagne et à y instaurer l'absolutisme. Malgré un bilan politique inférieur à ses ambitions, son règne marqua le début du « Siècle d'or » de la civilisation espagnole, avec les premières œuvres de Lope de Vega et de Cervantes, la peinture du Greco ou la musique de Victoria. — "Livre impartial et agréable." (Revue Historique, 1933)

98.              MANDROU (Robert). Louis XIV en son temps, 1661-1715. PUF, 1973, in-8°, 579 pp, 20 cartes, biblio, index, reliure toile verte de l'éditeur, jaquette illustrée (lég. salie), bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

            30

"Encore un Louis XIV ! pourrait-on murmurer du dernier ouvrage de Robert Mandrou. Soyons rassuré : si le vieux roi de France a suscité bien des historiettes croustillantes, des éloges enthousiastes et des pamphlets rageurs, il trouve ici sa véritable vocation. Avec une précision étonnante et une élégance non moins remarquable, Robert Mandrou sait poser les vrais problèmes du grand homme dans l'histoire : Louis XIV n'est pas observé pour lui-même ; il est confronté à son royaume et à son époque, à l'Europe et aux « mondes lointains » (p. 72). Robert Mandrou éclaire ainsi le grand siècle d'une lumière originale et passionnante. (...) En expliquant les raisons de la mort du grand siècle, Robert Mandrou l'a fait magistralement revivre." (N. Ferrier, Revue d'Histoire littéraire de la France)

99.              MARTIN (Marie-Madeleine). Sully le Grand. Bruxelles, Gregg Associates, s.d., in-8°, 405 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état. Réimpression anastatique de l'édition du Conquistador, 1959

            25

"Les biographes de Sully le Grand ne parlent guère de ses convictions religieuses. La plupart se contentent de mentionner qu'il fut le seul membre protestant du Conseil d'Etat de Henri IV, à l'exception de l'ouvrage de Marie-Madeleine Martin, Sully le Grand, qui donne une bonne idée d'ensemble de la question. Et pourtant cette question est de grande importance pour l'histoire politique et religieuse du règne, car l'expression permanente par le ministre du point de vue huguenot contre-balançait au sein du Conseil l'influence des conseillers favorables à l'Espagne." (David Buisseret et Bernard Barbiche, Bibliothèque de l'école des chartes)

100.          MARTINO (Pierre). L'Orient dans la littérature française au XVIIe et au XVIIIe siècle. (Thèse). Hachette, 1906, in-8°, 378 pp, index, reliure pleine toile carmin, dos lisse avec titres dorés, couv. conservée, C. de bibl., bon état. Edition originale

            60

"A quelle époque la France a-t-elle commencé à se préoccuper des choses d'Orient et quel fut le principe de cette curiosité nouvelle ? Comment cette connaissance, si superficielle d'abord, a-t-elle gagné en étendue et en précision ? Quel est le chemin parcouru, et quelles sont les étapes successives entre les premières Turqueries du XVIIe siécle et l'Orientalisme d'Anquetil du Perron ou de Burnouf ? Quelle est, enfin, dans ce progrès, la part qui doit revenir aux œuvres d'imagination ? – M. Martino a essayé de répondre à ces questions complexes. Récits des voyageurs, développement des relations coloniales, ambassades françaises en Orient et ambassades orientales en France, missions religieuses, travaux des orientalistes : il a tâché de ne négliger aucune des sources. L'enquête est sérieusement conduite ; on y trouvera nombre de renseignements utiles. M. Martino remarque très justement que l 'Orient littéraire n'est pas l'Asie. – Une deuxième partie traite de l'exotisme dans la littérature et l'art des XVIIe et XVIIIe siècles." (Jules Marsan, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1906) — Ouvrage de base, source de toute information sur l’exotisme dans la littérature française des dix-septième et dix-huitième siècles. D’excellents chapitres sont consacrés à la connaissance de l’Orient au milieu du dix-septième siècle, aux voyages, aux relations commerciales, coloniales et politiques, aux missions religieuses. Description de l’état des études orientales en France, les progrès, les phases et les modes de la connaissance de l’Orient. Une analyse détaillée est consacrée à l’exotisme tel qu’il se manifeste dans les différents genres littéraires, tragédies, comédie, satire, oeuvres philosophiques et notamment roman. Les contes orientaux et le roman. Les Mille et une Nuits et les Mille et un Jours : raisons de leurs succès, imitations, contrefaçons. Les contes de fées. Succès persistant du genre. Tentative de réaction Hamilton et Crébillon. Formation d’un nouveau type de roman : le Sopha. Ses imitations. Fantaisie et inconvenance ; le faux Orient ; Crébillon et Van Loo. Autres formes du roman oriental : Romans pornographiques, historiques, galants, moraux. Romans à clef : l’Orient railleur. Passage du roman à la satire pure.

101.          MINOT (Paul). La Princesse Palatine et sa soeur. Hachette, 1970, in-8°, 190 pp, broché, couv. illustrée, état correct

            20

Ce livre raconte les aventures des deux filles de Charles Ier, duc de Nevers et de Mantoue, Marie et Anne de Gonzague. La première deviendra reine de Pologne et la seconde princesse Palatine...

102.          MONTPENSIER (Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de). Mémoires de la Grande Mademoiselle. Mercure de France, 2005, gr. in-8°, 432 pp, édition présentée et annotée par Bernard Quilliet, notes, biblio, index des noms, index des lieux, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            30

Petite-fille d'Henri IV, cousine germaine de Louis XIV, Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, née en 1627, est le plus beau parti du royaume, mais son fol engagement dans la Fronde brise ses ambitions et ses projets matrimoniaux. Pardonnée par Louis XIV, elle retrouvera sa place auprès du roi après un long exil. Cependant, une malheureuse histoire d'amour, qui fera les gorges chaudes de la cour, ridiculisera cette femme qui méritait d'être aimée. Les Mémoires qu'elle a laissés ont le privilège de la rareté : les princes se racontent rarement et Mademoiselle est la première mémorialiste à s'exprimer en son nom propre. Ses souvenirs sont de véritables confessions, où elle n'hésite pas à livrer ses états d'âme avec une émouvante sincérité. Elle s'étend longuement sur ses goûts, ses habitudes, ses caprices, ses peines de cœur ; elle démêle les intrigues de l'entourage royal, révèle des secrets d'alcôve, et dévoile ce que les grands pensent du peuple. Ce classique de la littérature française demeure un témoignage capital sur la sensibilité féminine au XVIIe siècle. — "Pendant la Fronde, la Grande Mademoiselle fut d'abord du parti de la cour ; mais bientôt, poussée par son esprit aventureux, elle se rangea au côté de Condé et prit une part active à la lutte. Exilée par Mazarin à Saint-Fargeau en 1652, elle n'en revint qu'en 1657. Après avoir refusé des princes et des rois, elle s'éprit d'un cadet de Gascogne, Lauzun : elle l'épousa après avoir dû abandonner tous ses biens au duc du Maine, mais elle ne fut pas heureuse en ménage. Ses Mémoires rédigés sans notes et, pour partie longtemps après les faits comportent des incohérences, des erreurs et des longueurs. Mais, venant d'un témoin oculaire, les renseignements fournis sont très précieux." (Bourgeois & André II, 801)

103.          NAKAM (Géralde). Au lendemain de la Saint-Barthélémy : Guerre civile et famine. – Histoire mémorable du Siège de Sancerre (1573) de Jean de Léry. P., Anthropos, 1975, in-8°, xii-398 pp, présentation par Géralde Nakam, 2 cartes et 11 fac-similés, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            60

Ce livre constitue un document d'une qualité historique – et même poétique – exceptionnelle. Assiégés par les troupes royales de janvier à août 1573, les habitants (hommes et femmes, catholiques et protestants, bourgeois, artisans, vignerons), solidaires des réfugiés (gens de guerre, savants, ministres du culte) organisent, démocratiquement, avec cet esprit de « commune » qui se fit jour, un temps, dans la Réforme française, leur défense armée puis, quand la famine les étreint, leur survie. Tandis que Paris célèbre des fêtes somptueuses, la faim tue à Sancerre. — "Géralde Nakam, Maître-assistant à l'Université de Paris III, présente en ce livre le texte de sa thèse de doctorat de l'Université de Paris-Sorbonne, soutenue en 1970. Venue à Jean de Léry par l'étude du chapitre de Montaigite consacré aux Cannibales, elle avait estimé que la narration du siège de Sancerre méritait une considération égale à celle que d'ordinaire on porte au Voyage fait en la terre de Brésil. Il est vrai que cette "histoire mémorable" est bien remarquable et qu'une édition nouvelle s'imposait. Géralde Nakam a reproduit avec le plus grand soin (respectant en particulier la ponctuation originale, ce qui devrait être un exemple à suivre) la première et unique édition du XVIe siècle (1574, s.l.). Elle fait précéder son édition d'une très substancielle introduction de 170 pages où la plupart des questions que le lecteur peut se poser trouvent une réponse. Après une utile mise au point bibliographique, Mlle Nakam rappelle les causes et le déroulement du blocus de Sancerre, de février à août 1573, avant d'étudier la narration qu'en fait Jean de Léry, Ce ministre protestant, qui avait connu à 23 ans les splendeurs des côtes brésiliennes, est contraint au lendemain de la Saint-Barthélémy de se réfugier dans la citadelle des bords de Loire. Abandonnant le récit de son voyage au Nouveau-Monde pour celui des souffrances de ses compatriotes, il découvre que les barbares ne sont pas ceux que l'on croit. Son coeur se serre, il ne cache pas ses sentiments devant la passion des Sancerrois, qu'il partage. Mais il fait effort pour décrire en "anthropologue" ce qu'il voit et ce qu'il entend. Par scrupule d'historien, et peut-être aussi un peu pour dominer son chagrin, il apporte à sa narration un souci maniaque de l'exactitude et de la précision. Il est, à cet égard, un des premiers historiens du quantitatif ; à elles seules en témoigneraient les surprenantes listes qui figurent à la fin de son livre, comme autant de "pièces justificatives" : jour par jour, le nombre de coups de canon tirés contre Sancerre, le catalogue des blessés, celui des morts qui est aussi martyrologue. Géralde Nakam dégage parfaitement les traits essentiels de cette méthode historique : rigueur intellectuelle, rapprochements et comparaisons, acuité de l'observation, constant souci de ne pas se laisser guider par la haine, un certain refus d'être "écrivain". Elle montre comment Léry a su rythmer son récit, pourtant étroitement dépendant de la chronologie, en mettant à profit un talent certain de l'esquisse, en sachant par périodes susciter l'émotion du lecteur, comme en ces chapitres X et XI où il isole le phénomène de la faim "et les aspects qu'il revêt au cours de six terribles semaines : son extraordinaire ingéniosité, ses manifestations économiques, sociales, cliniques, pathologiques même". Peu à peu les assiégés perdent le sens du réel et s'abandonnent aux actes les plus sauvages ; seul Léry paraît conserver la tête lucide, soutenu par la conviction que les présentes épreuves sont comme la projection.de celles que connut jadis le peuple hébreu (Sancerre, nouvelle Jérusalem), et par la certitude que l'échec est signe d'élection et de victoire. Homme généreux, attentif aux autres, et qui à chaque ligne rend manifestes son amour de la vie et son élan vers toutes ses richesses. Un homme dont la devise résume bien le caratère : "Plus voir qu'avoir". Le travail de Géralde Nakam, accompagné d'un glossaire, d'un index (qui malheureusement ne renvoie qu'à l'introduction), de pièces justificatives, de cartes et d'une bibliographie, permettra de faire connaître cet auteur un peu oublié dont "la sensibilité et l'énergie sont d'un grand prix en cette période malade" qu'est le dernier tiers du XVIe siècle." (Claude Longeon, Université de Saint-Etienne)

104.          PILASTRE (Edouard). Lexique sommaire de la langue du duc de Saint-Simon. Librairie de Paris, Firmin-Didot et Cie, 1905, in-8°, v-148 pp, broché, couv. lég. salie, bon état, envoi a.s.

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"Le Lexique sommaire de la langue du duc de Saint-Simon que M. E. Pilastre vient de publier n'est, ainsi que le titre l'indique, qu'un relevé succinct des principales expressious de Saint-Simon, dont il note les tours de langage les plus caractéristiques. Il donne une idée suffisamment juste de la langue de Saint-Simon, si personnelle à la fois et si énergique. Les exemples recueillis par M. Pilastre sont d'ordinaire bien choisis et typiques." (Revue d'Histoire littéraire de la France, 1905)

105.          PRESLES (Claude des). Suffren dans l'Océan Indien g Economica, 1999, gr. in-8°, 240 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 8 cartes, annexes, tableaux et ordres de bataille, biblio, index des personnages, index des navires, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Campagnes & stratégies)

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L'empire des Indes à la portée du roi de France. En 1781 Louis XVI confie à Suffren, capitaine de vaisseau dans la marine royale, l'escadre qui va être envoyée aux Indes. De 1782 à 1783, il livre un certain nombre de batailles victorieuses contre l'escadre anglaise de Hugues. A son retour triomphal, il est promu vice-amiral et ambassadeur de Malte à Versailles. Il meurt le 8 décembre 1788 peu avant les débuts de la Révolution.

106.          PRÉVOT (Jacques). L'utopie éducative. Coménius. Belin, 1981, in-8°, 286 pp, une dizaine de bois gravés et 4 pl. de gravures hors texte, postface de Jean Piaget, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Fondateurs de l'Education)

            25

"J. Prévôt retrace la vie, l'œuvre et les doctrines de Coménius. Né en 1592, en Moravie, ce « fou de l'éducation » restera toujours marqué, tant par son éducation religieuse que par les guerres et troubles politiques auxquels sa vie quotidienne fut perpétuellement mêlée. Parcourant toute l'Europe, il établit des écoles et publie des traités nombreux, aux sujets diversifiés. J. Prévôt a rassemblé les extraits les plus significatifs de ces diverses œuvres ; comme le souligne J. Piaget dans sa postface, les conceptions de Coménius s'inscrivent dans tout un système philosophique général, dans lequel l'éducation aurait une place privilégiée. Au XVIIe siècle, Coménius ose proposer « un art universel qui permette d'enseigner à tous ». Dans ce large projet, il s'intéresse autant au développement général de la personnalité de l'enfant ou de l'adolescent qu'aux détails de l'emploi du temps d'une journée de ses écoliers, ou au contenu de l'enseignement distribué dans tous les domaines." (B. Basdevant-Gaudemet, Revue historique de droit français et étranger, 1982) — "Qui connaît en effet l'œuvre immense de Comenius, récapitulée dans la bibliographie qu'en donne J. Prévot ? Pourtant l'homme, proscrit qui partagea à l'époque les persécutions subies par les Frères Moraves, et l'œuvre eurent en leur temps une renommée européenne. En 1640, ce perpétuel exilé qui perd à plusieurs reprises tout ou partie de sa bibliothèque ou de ses manuscrits, est invité en France, où il n'ira pas, en Amérique où on lui offre la direction du collège de Harvard, en Angleterre et en Suède ; il meurt finalement à Amsterdam, où il s'était réfugié depuis treize ans. Bien connue, son œuvre n'est cependant que partiellement publiée. Souvent anachronique sur le plan scientifique, spontanément conservateur, utopiste dont la Panorthosie propose un monde pacifique et pyramidal étroitement gouverné par une poignée de chefs éclairés, il n'en est pas moins véritable novateur de la pédagogie. Prenant le contre-pied de l'enseignement de son temps, il met l'accent sur l'impossibilité à de séparer l'intellect et la perception, les mots et les choses, le mental et le manuel, le savoir et le savoir-faire..." (Jean Quéniart, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1982)

107.          PRÉVOT (Jacques). La première institutrice de France : Madame de Maintenon. Belin, 1981, in-8°, 287 pp, préface de Dominique Desanti, 4 pl. de gravures hors texte, documents, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Fondateurs de l'Education)

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"J. Prévôt étudie l'organisation de l'école Saint-Louis de Saint-Cyr par Mme de Maintenon, devenue épouse légitime de Louis XIV. De famille noble mais ruinée, Mme de Maintenon consacra toute sa vie à l'éducation des jeunes filles de l'aristocratie pauvre. Tel fut l'objet de la création en 1686 de l'école de Saint-Cyr, située suffisamment près de Versailles pour que Mme de Maintenon s'y rende quotidiennement. Les demoiselles admises dans l'institution devaient apprendre à devenir de bonnes épouses et de bonnes mères. La pédagogie était à la fois traditionnaliste et novatrice. Les valeurs anciennes de la noblesse et la morale chrétienne voisinaient avec une pédagogie séculière, voire mondaine, conduisant à faire jouer des pièces de Racine, au risque de « tourner la tête à ces demoiselles ». L'institution était aussi le lieu de discussions libres et ouvertes. Mais cette ouverture au monde, voulue par la fondatrice, n'était pas sans danger et, à partir de 1690, Mme de Maintenon, reniant quelque peu son propre projet, ramena l'éducation des demoiselles à des domaines plus classiques. Les textes cités sont riches ; tous écrits entre 1674 (avant même la création de l'école) et 1716, ils sont de nature diversifiée : instructions données par Mme de Maintenon aux institutrices et éducatrices ; mémoires de ces éducatrices décrivant la vie quotidienne de l'institution; modèles de « conversation » témoignant du souffle libéral qui animait l'école, etc. Ces documents illustrent un système d'éducation et constituent en même temps une peinture précise de la condition des jeunes filles nobles, ruinées, à l'époque de Louis XIV." (B. Basdevant-Gaudemet, Revue historique de droit français et étranger, 1982) — "A travers les lettres de Mme de Maintenon et les « Mémoires des Dames » qui constituent la plus grande partie des textes présentés par J. Prévôt, c'est toute l'histoire de Saint-Cyr avec ses crises (danger d'une formation trop mondaine qui conduit dès 1692 à faire prononcer aux Dames des vœux solennels, affaire du quiétisme) qui revit, mais aussi l'intérêt constant de sa fondatrice pour une institution où elle se rendait à certaines périodes chaque jour, et ne dédaignait pas d'enseigner elle-même." (J. Quéniart)

108.          RIBBE (Charles de). Une grande dame dans son ménage au temps de Louis XIV, d'après le Journal de la comtesse de Rochefort (1689). P., Victor Palmé, 1889, in-12, 384 pp, notes, reliure demi-basane fauve mordorée, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre basane vermillon et noire, fleurons dorés, bon état

            70

"M. de Ribbe a eu cent fois raison de dire en tête de son Introduction. « Parmi les plus curieux textes domestiques que nous ayons rencontrés, en voici un d'un ordre et d'un intérêt tout à fait à part.» C'est un véritable trésor que le registre de 82 feuillets intitulé “Journal de ce que j'ay fait depuis le 17 mai 1689, jour du départ de Monsieur le comte de Rochefort”, communiqué à l'auteur de tant de beaux travaux sur les livres de raison par un collectionneur Avignonnais, M. Coulondres. M. de Ribbe, en homme habitué à tirer de ses trouvailles le plus heureux parti, a su mettre admirablement en relief les révélations et les enseignements du journal de Madeleine des Porcellets, femme de André de Brancas, comte de Rochefort. Après avoir rapidement examiné, dans l'introduction, le précieux document, il l'étudie en tous ses détails dans une série de chapitres, tous plus intéressants les uns que les autres : I. Comment Madeleine des Porcellets porta en dott à André de Brancas la baronnie de Rochefort ; II. Comment André de Brancas, ayant été appelé à l'arrière-ban en 1689, laissa à Madeleine des Porcellets de grands embarras d'affaires ; III. Comment et dans quel but Madeleine des Porcellets entreprit son journal ; IV. Le ménage de Jeanne de Chantai à Bourbilly à la fin du XVIe siècle ; V. Madeleine des Porcellets réglant et gouvernant sa maison ; VI. Madeleine des Porcellets dans son ménage des champs ; VII. Comment, après de cruelles épreuves, Madeleine des Porcellets vit ses affaires se relever, et promit à Dieu de bien élever ses enfants. – L'ouvrage est complété par un appendice divisé en trois parties : I. Madame Calvet (Marguerite-Mathilde de Cabassole), d'après son livre de raison (1718) et celui de son fils (1737) ; II. Les Grimoard de Beauvoir, d'après le livre de raison de Jacques de Beauvoir (1638-1702) ; III. Document justificatif. Extraits du journal de Madeleine des Porcellets, comtesse de Rochefort (17 mai 1689-31 décembre 1690)." (Revue des Questions historiques, 1889)

109.          ROY (J.-J.-E.). Histoire de Anne de Bretagne, reine de France. Tours, Alfred Mame et Fils, 1874, in-8°, 192 pp, nouvelle édition, une gravure en frontispice, cartonnage percale brique de l'époque, dos lisse avec titre doré et décor à froid, décor d'encadrement à froid sur les plats, tranches rouges, bon état

            30

Anne de Bretagne, née le 25 ou 26 janvier 1477 à Nantes et morte le 9 janvier 1514 (à 36 ans) à Blois, est duchesse de Bretagne et comtesse de Montfort (1488-1514) et d'Étampes (1512-1514) et, par ses mariages, reine des Romains (1490-1491), puis de France (1491-1498), puis de nouveau reine de France (1499-1514) et reine de Naples (1501-1503) et duchesse de Milan (1499-1500 et 1501-1512). La reine est un enjeu central dans les luttes d’influence qui aboutissent après sa mort à l’union de la Bretagne à la France en 1532.

110.          SANGER (Ernest). Isabelle de Bourbon-Parme, petite-fille de Louis XV. P.-Louvain-la-Neuve, Duculot, 1991, gr. in-8°, 387 pp, 32 pl. de gravures hors texte, tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Née Infante, Isabelle de Bourbon passe son enfance dans les châteaux de ses grands-parents Philippe V et Élisabeth Farnèse, s'amuse pendant un an à Versailles chez son grand-père Louis XV qui la choie, et le quitte pour devenir princesse de Parme, capitale du duché francophone de don Philippe, que sa mère, Madame Première, transforme en "petit Paris". À l'âge de dix-huit ans, elle devient archiduchesse et le chouchou de sa belle-mère, l'impératrice Marie-Thérèse, à Schönbrunn. L'auteur nous fait suivre pas à pas l'épanouissement du caractère à multiples facettes de cette princesse extraordinaire ; ses dons laissent prévoir qu'elle deviendra un jour une grande impératrice réformiste aux côtés de Joseph II qui l'aima passionnément, alors qu'elle, de son côté, ne l'aimait pas, sans qu'il s'en soit jamais aperçu : elle était éperdument éprise de sa belle-sœur, l'archiduchesse Marie-Christine. Les affres causées par le conflit entre sa religiosité et ses relations lesbiennes avec sa belle-sœur la font succomber, dans la fleur de l'âge, à la mort qu'elle avait appelée de ses vœux.

111.          SOLNON (Jean-François). La Cour de France. Fayard, 1987, gr. in-8°, 649 pp, généalogies, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Loin d'être un archaïsme ou un lieu de frivolité, la cour de France est, depuis François Ier, l'un des rouages essentiels de l'Etat moderne. Instrument de pacification nobiliaire, elle a permis à la monarchie de s'affermir. Foyer de culture et de civilisation, elle a été pour l'Europe entière un modèle envié, imité, mais jamais égalé. Trois siècles durant, les Valois puis les Bourbons ont ainsi forgé une subtile mécanique rayonnante, portée à son apogée par Louis XIV, mais dénaturée sous ses successeurs. Jean-François Solnon nous offre la seule synthèse qui met en lumière les facettes politiques, culturelles, sociales et civilisationnelles de la cour. Un ouvrage de référence écrit d'une plume alerte.

112.          SPANHEIM (Ezechiel). Relation de la cour de France en 1690. Mercure de France, 1973, in-8°, 427 pp, édition établie et annotée par Emile Bourgeois et présentée par Michel Richard, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            30

En 1680, quand Spanheim arrive à la Cour, l'étoile de Louis XIV est à son zénith. On vient de lui décerner solennellement le titre de Louis le Grand. Saint-Simon a cinq ans. Envoyé du Grand Électeur de Brandebourg, Spanheim est par son ascendance huguenote aux trois quarts français. Fort bien introduit, excellent observateur par goût et par métier, il rédige à la fin de sa mission un véritable panorama de la Cour, mais aussi de la France entière, de son administration, de ses finances, de son église et de son armée. Spanheim quitte la Cour de Versailles au moment où Saint-Simon y entre et la Relation constitue en quelque sorte une introduction aux Mémoires de l'illustre duc. Mais alors que celui-ci est le témoin de la décadence, des deuils et des guerres perdues, Spanheim nous montre le roi dans la force de l'âge et la Cour dans sa splendeur. — "Le représentant de l'électeur de Brandebourg à Paris a écrit sa relation sur l'ordre de son maître, désireux d'être exactement et amplement renseigné sur les ressources de la France avant de prendre parti contre elle. Tout en tenant compte de cette circonstance, ce rapport est une oeuvre d'histoire par l'exactitude, l'impartialité et la clairvoyance : tableau remarquable de la France dans la seconde partie du règne de Louis XIV." (André, Sources VIII, 8120)

113.          TALLEMANT des RÉAUX. Rois, grandes dames et beaux esprits d'autrefois, d'après Tallemant des Réaux, avec appendices et notes par A. Meyrac. Albin Michel, s.d. (1909), 2 vol. in-8°, iv-349 et 363 pp, 30 pl. de gravures et portraits hors texte, reliures demi-basane chocolat, dos lisses ornés en long, têtes dorées, bon état (Chroniques indiscrètes et galantes d'autrefois). Rare complet des 2 volumes

            80

Premier volume : Henri IV (1553-1610), le duc de Sully (1559-1641), Louis XIII (1601-1643), Conrart (1602-1675), le petit père André (1578-1657) – Second volume ; François de Malherbe (1555-1628), Ménage (1613-1692), Vincent Voiture (1597-1648), la marquise de Rambouillet (1588-1665), Madame Pilou (Anne Baudesson, femme de Jean Pilou, procureur au Châtelet, 1580-1668).

114.          TEMPLE (Chevalier Guillaume) – LA FAYETTE (Madame de) – LA FARE (Charles-Auguste, marquis de) – BERWICK (J. Fitz-James, duc de) – CAYLUS (Marthe Marguerite de Villette de Murçay, marquise de). Mémoires de ce qui s'est passé dans la Chrétienté, au commencement de la guerre en 1672, jusqu'à la paix conclue en 1679 ; par le Chevalier Temple, seigneur de Sheene, Baronnet, Ambassadeur du roi de la Grande-Bretagne auprès de Messeigneurs les Etats-généraux des Provinces-Unies, et au traités de paix d'Aix-la-Chapelle en 1668 et de Nimègue en l'an 1678 – Histoire de Madame Henriette d'Angleterre, première femme de Philippe de France, duc d'Orléans, par Madame de La Fayette ; Mémoires de la Cour de France, pendant les années 1688 et 1689, par la même – Mémoires et réflexions sur les principaux événemens du règne de Louis XIV, et sur le caractère de ceux qui y ont eu la principale part ; par le marquis de La Fare – Mémoires du Maréchal de Berwick, écrits par lui-même ; avec une suite abrégée depuis 1716 jusqu'à sa mort en 1734 ; précédés de son portrait par Milord Bolingbroke, et d'une ébauche d'éloge historique par le président de Montesquieu – Souvenirs de Madame de Caylus. P., Foucault, 1828, 3 vol. in-8°, 472, 439 et 488 pp, reliures demi-veau glacé caramel à coins, dos à 4 larges nerfs filetés, caissons à froid, pièces de titre et tomaison basane noire, roulette dorée en queue, tranches marbrées (rel. de l'époque), C. de bibl., un mors faible au tome 1, étiquettes en queue, bon état (Coll. complète des Mémoires relatifs à l'histoire de France, depuis le règne de Philippe-Auguste, jusqu'au commencement du dix-septième siècle ; avec des notices sur chaque auteur, et des observations sur chaque ouvrage, par messieurs A. Petitot et Monmerqué). Exemplaires trés bien reliés à l'époque

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"Ambassadeur en Hollande, auteur de la Triple alliance de La Haye en 1668, Temple déteste Louis XIV et la France, tandis qu'il admire avec ferveur Guillaume d'Orange." (Bourgeois & André, Sources VIII, 8247) – "Madame de La Fayette raconte les événements généraux, depuis la question de l'electorat de Cologne jusquà l'expédition d'Irlande et son échec. On y retrouve un écho lointain de l'esprit de la Fronde, mais fort atténué et rectifié. Elle sait amener le lecteur à accepter ses jugements en lui rendant la tâche facile par l'habileté avec laquelle elle groupe les événements et mêle au récit des anecdotes agréables." (Bourgeois & André, Sources II, 877) – "Plus connu comme ami de Chaulieu et comme auteur de poésies légères, La Fare commence sa carrière comme militaire. Il participe à la campagne contre les Turcs et à la bataille de Saint-Gothard (1664). De 1665 à 1677 il combat soit en Flandre, soit sur le Rhin, et assiste aux batailles de Senef et de Turkheim. Peu aimé de Louvois, il quitte le service et entre au service du duc d'Orléans comme capitaine des gardes. Ses mémoires sont écrits avec une grande franchise de langage. La Fare raconte ce qu'il a vu sans détours." (Bourgeois & André, Sources II, 838) – "Les mémoires du maréchal de Berwick sont très utiles pour l'histoire de la guerre pour la succession d'Espagne et de la révolte des Camisards. Provenant d'un esprit calme et sincère, ces mémoires permettent de juger la conduite des principaux personnages de l'époque. Ils expriment parfois l'opinion qu'un homme impartial pouvait alors avoir sur le gouvernement de la France." (Bourgeois & André, Sources II, 889) – "Les souvenirs de Madame de Caylus sont une galerie de portraits de la plupart des personnages qui ont joué un rôle dans la vie de Louis XIV. Ils sont dépeints d'une touche légère et fine, où l'éloge n'est jamais outré et où le blâme est dissimulé sous les formes les plus polies et les plus aimables." (Bourgeois & André, Sources II, 895)

115.          VALENTINO (Henri). Madame de Condorcet. Ses amis et ses amours (1764-1822). Perrin, 1950, in-12, un portrait en frontispice, broché, bon état (Prix Eugène Carrière de l'Académie française 1955)

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En 1786, Sophie de Grouchy épousait le marquis de Condorcet. Mariage d'amour, non pas ; mais la jeune femme admirait son mari, le savant et le philosophe, dont elle partageait les idées novatrices. Quand éclata la Révolution, Mme de Condorcet rallia le parti républicain. Elle poussa son mari à agir et à se compromettre avec les Girondins, et tint à Paris un salon égal en influence à celui de Mme Roland. Après la fin tragique de son mari sous la Terreur, Mme de Condorcet se consacra à l'oeuvre du disparu. Elle fit la connaissance de Mailla Garat et se révéla la plus passionnée des amantes. Passion hélas ! mal partagée qui s'achève par un drame sentimental. Mme de Condorcet ne pouvait se résigner à la solitude. Sa rencontre avec le jeune savant Claude Fauriel sera pour elle le baume qui cicatrisera sa blessure. Avec lui, Mme de Condorcet recevra, dans son salon de la Grande Rue Verte, l'élite intellectuelle de son temps...

116.          VIALLON (Marie F.). Venise et la Porte Ottomane, 1453-1566. Un siècle de relations vénéto-ottomanes, de la prise de Constantinople à la mort de Soliman. Economica, 1995, gr. in-8°, viii-294 pp, 32 illustrations sur 16 pl. hors texte, 9 cartes et plans, chronologie, glossaire turc, généalogie des sultans Osmanlis, généalogie des doges de Venise, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Campagnes & stratégies)

            20

"Le très agréable et savant livre de Marie F. Viallon sur Venise et la Porte Ottomane, 1453-1566, dresse un bilan nuancé et exhaustif des relations vénéto-ottomanes, de la prise de Constantinople à la mort du grand Soliman. En effet, Marie F. Viallon, dans sa première partie, présente « Venise née des eaux » d'une part, et d'autre part le Turc, « fils des steppes » depuis ses origines nomades évoquées autrefois par René Grousset et Robert Mantran, jusqu'à la prise de Constantinople. Elle met ensuite face à face la Dominante – la ville, son activité économique, ses institutions, sa vie intellectuelle – et la Sublime Porte, en des pages merveilleusement colorées où revivent fonctionnaires du palais, janissaires, esclaves et négociants. La troisième partie, plus « événementielle », rend compte des conséquences de la prise de Constantinople, avec les rêves de croisade de Pie II, les guerres d'Italie, le siège de Vienne, l'annexion de la Hongrie, les courses. Dans sa conclusion, Marie F. Viallon ouvre, pour le plus grand bonheur de l'historien des idées et des mentalités, des perspectives fécondes : elle relève, à la suite de Jean Delumeau, l'apparition à Venise d'un « point de vue laïc de la politique », d'un type d'homme et d'un mode de penser pragmatiques et positifs qui nourriront le rationalisme bourgeois ; elle note également que les Vénitiens ont su évaluer avec objectivité leurs partenaires-adversaires « sans tomber dans l'archétype diabolisé du barbare scélérat et cruel ». Utile leçon que Marie F. Viallon propose dans cet essai – rendu accessible au grand public par diverses chronologies, des index et un judicieux glossaire turc ! – si clairement conçu, agréablement rédigé et illustré." (François Berriot, Réforme, Humanisme, Renaissance, 1997)

RÉVOLUTION

 

117.          Anonyme. Marie-Adélaïde Champion de Cicé, 1749-1818. P., Maison Généralice de la Société des Filles du Coeur de Marie, 1961, in-8°, 306 pp, préface de S. E. le cardinal Valerio Valeri, 2 planches en couleurs hors texte et 78 gravures et photos sur 48 pl. hors texte reproduites en héliogravure, qqs illustrations et fac-similés dans le texte, une carte en 2 couleurs, reliure toile éditeur, bon état. Ouvrage imprimé par les Presses monastiques de Zodiaque à la Pierre-qui-Vire

            25

D'une famille de gentilshommes bretons, originaires de Bruz, Marie Adélaïde de Cicé sera la collaboratrice du Père Picot de Clorivière. En 1791, elle fonde les Filles du Coeur de Marie. En 1799, la police du Directoire la fit emprisonner au motif de « fanatisme ». Après l’attentat de la rue Saint-Nicaise perpétré le 24 décembre 1800 contre le Premier Consul, elle fut inquiétée pour avoir donné l'asile à un des affidés du complot. Jugée en avril 1801, elle fut finalement acquittée. — "Cette Bretonne timide et de faible santé est une des grandes figures de l'Eglise de France durant la période révolutionnaire. Sous la conduite du P. de Clorivière, avec qui elle demeura en contact, même durant son long internement à la prison du Temple, elle fonda, en pleine Révolution, alors que toute forme de vie religieuse était abolie, une société religieuse, dont le projet audacieux demeure le prototype de nos actuels instituts séculiers. Âme d'oraison et d'humilité, elle eut tous les courages et toutes les audaces. La présente biographie, illustrée de nombreuses et élégantes photographies, insiste sur sa vie intérieure et sur son activité de fondatrice. Un chapitre final évoque brièvement les développements de la Société des Filles du Coeur de Marie au lendemain de la mort de la Fondatrice et jusqu'à nos jours." (H. Holstein, Etudes, 1962)

118.          BERNARD (Daniel) et Jacques TOURNAIRE. L'Indre pendant la Révolution française. La vie quotidienne de 1789 à 1799. Limoges, Lucien Souny, 1989, gr. in-8°, 244 pp, 20 gravures et portraits sur 8 pl. hors texte, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Comment les habitants de l'Indre ont-ils vécus les dix années de la Révolution française ? A l'aide d'écrits peu accessibles au grand public, grâce à l'étude de témoignages, de lettres, de rapports et de comptes-rendus conservés dans les archives publiques ou privées, les auteurs évoquent les divers aspects de la vie pendant la Révolution. La quête du blé au marché, la pénurie d'argent, l'enrôlement pour la défense de la patrie, l'engagement religieux et la célébration des fêtes officielles, le service de la garde nationale, les séances du club ou les soirées à la salle de comédie constituent les multiples fils qui forment la trame du vécu des habitants du Bas-Berry.

119.          BROGLIE (Gabriel de). Le Général de Valence, ou l'insouciance et la gloire. D'après les papiers inédits de Mme de Montesson, de Mme de Genlis, du général et de la comtesse de Valence. Perrin, 1972, in-8°, 449 pp, 16 pl. de gravures et fac-similés hors texte, annexe sur les archives Valence, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

En marge du manuscrit du général de Gaulle, “La France et son armée”, on peut lire, de la main du maréchal Pétain: "Qui est Valence ?" En effet cet homme, qui toute sa vie a occupé le devant de la scène, est pourtant resté dans les coulisses de l'histoire. Cyrus, vicomte puis comte de Valence, amant de Mme de Montesson, gendre de Mme de Genlis, homme à la mode sous Louis XVI, général de la Révolution, contraint à l'exil en 1793 en compagnie du futur roi Louis-Philippe, sénateur, général de Napoléon, fut employé en Espagne, en Russie, combattit les Alliés en mars 1814 à Besançon, commanda la défense de Paris pendant les Cent-Jours et négocia l'armistice avec Wellington au lendemain de Waterloo. Il acheva sa riche carrière comme pair de France de Louis XVIII. Disposant d'archives familiales complètes, l'auteur a su restituer une époque et faire revivre un homme attirant, séduisant, présent dans tous les salons comme sur tous les champs de bataille. — "Gabriel de Broglie examine le destin du général de Valence. Fils d'un général, il est lui-même général au début de la Révolution et participe à la campagne de 1792. Mais il suit Dumouriez lorsque celui-ci rejoint le camp autrichien. Dès lors, c'est l'exil jusqu'en 1800, mais Valence ne retrouvera un commandement, secondaire d'ailleurs, qu'en 1807 ; il fera les campagnes d'Espagne et de Russie. En réalité, ce qui donne de l'intérêt à la biographie de Valence, c'est sa femme Pulchérie, fille de la célèbre Mme de Genlis. Elle le trompa d'ailleurs sans vergogne. Mais, par les Genlis, Valence a gravité dans l'entourage de la famille d'Orléans et Gabriel de Broglie, en utilisant les papiers Valence-Genlis (propriétés de la famille du maréchal Gérard qui avait épousé une fille de Valence et de Pulchérie), a, dans une certaine mesure, renouvelé le sujet." (Jacques Godechot, Revue Historique, 1975) — Bien né et reçu partout, jeune courtisan à la mode, franc-maçon orléaniste, le comte de Valence a attiré l'attention de Gabriel de Broglie. Sa biographie dévoile les secrets de ce modèle de succès mondain. Celui qui a servi Louis XVI, puis les jacobins régicides, puis Napoléon, avant d'entrer à la Chambre des pairs sous la Restauration, est aussi le parangon des girouettes. Grâce à d'exceptionnelles archives familiales, Gabriel de Broglie suit, pas à pas, le jeune noble ambitieux d'une femme à une autre, puis le vieil aristocrate impotent d'un régime au suivant, toujours occupé à régner sur les salons et les cercles. Une certaine idée de la gloire. (Yves Bruley, Historia)

120.          BRUNEAU (Marcel). Les Débuts de la Révolution dans les départements du Cher et de l'Indre (1789-1791). (Thèse). Genève, Slatkine-Mégariotis, 1977, in-8°, li-468 pp, une carte dépliante hors texte, index, reliure simili-cuir vert de l'éditeur, bon état (réimpression de l'édition de 1902)

            60

"La thèse de doctorat de M. B. est à la fois un ouvrage d'histoire locale et d'histoire générale. Un ouvrage d'histoire locale, parce qu' « il a pour objet d'exposer quelles furent, dans la région qui est devenue les départements du Cher et de l'Indre, les formes et les conséquences de la Révolution à ses débuts, pendant la durée de l'Assemblée constituante » ; – d'histoire générale, parce que, comme le dit l'auteur aux premières lignes de son Introduction, « on ne connaîtra complètement et définitivement la Révolution française dans toutes ses manifestations et dans tous ses effets que lorsqu'on la connaîtra province par province, département par département ». Ce livre peut être divisé en trois parties : la première, la plus courte, est un rapide coup d'œil sur la convocation des États généraux dans le Berry, les préliminaires et les conditions de cette convocation, le mouvement électoral, les rapports entre les trois ordres, les vœux manifestés dans les cahiers. La deuxième (chap. II-VII), étudie « la Révolution populaire et spontanée » et va de la réunion des États généraux à l'installation des municipalités. L'auteur y montre l'effet produit dans le Berry par les premiers événements de la Révolution, la prise de la Bastille, la « grande peur » ; les premières manifestations de l'effervescence populaire, la disparition de l'autorité royale en la personne de l'intendant. Enfin la troisième partie, la plus considérable (chap. VIII-XXVI), étudie « la Révolution décrétée et organisée par l'Assemblée constituante ». Le Berry cesse d'exister pour faire place aux deux départements du Cher et de l'Indre. L'auteur étudie dans chacun d'eux la marche de l'esprit public et le fonctionnement des administrations nouvelles : municipalités, districts, départements ; il consacre une série de chapitres à l'étude des réformes judiciaires et financières, aux biens nationaux, aux Sociétés populaires, aux services publics : armée, instruction, assistance et institutions de charité, travaux publics ; à l'industrie, au commerce et à l'agriculture. Il montre ensuite l'attitude des populations rurales vis-à-vis de la noblesse : aucune violence ne fut commise contre les seigneurs en 1789 et 1790 ; ce n'est qu'en 1791 que le progrès des passions politiques et religieuses amena un mouvement qui put inspirer quelques inquiétudes aux habitants des châteaux. Aussi le mouvement d'émigration fut faible pendant toute cette période ; il ne prit un peu d'intensité qu'en septembre-octobre 1791. Enfin, M. B. termine son livre par une étude de la politique religieuse, l'attitude du clergé en face de la Constitution civile expliquant en grande partie l'histoire de la région pendant cette période : les nouveautés introduites dans l'ordre religieux détachèrent de la Révolution une partie des prêtres qui, en 1789, avaient contribué à son succès ; en apportant la division dans les esprits, elles furent une cause de troubles et de difficultés ; « la révolution religieuse compliqua et mit en péril la révolution politique. » Tel est le plan de cet ouvrage, plan méthodique, net, complet. L'indication très minutieuse des sources, manuscrites et imprimées remplit 32 pages imprimées en petits caractères, et montre quelle somme de travail représente l'étude d'une pareille matière. Ce livre, très consciencieux, très méthodique, abondamment documenté, se range parmi les bons ouvrages sur la Révolution en province." (P. Mautouchet, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1902)

121.          CHALLAMEL (Augustin). Histoire-Musée de la République française depuis l'Assemblée des notables jusqu'à l'Empire. Avec les estampes, costumes, médailles, caricatures, portraits historiés et autographes les plus remarquables du temps. P., Challamel, 1842, 2 vol. gr. in-8°, viii-391 et 396 pp, 150 gravures et fac-similés d'autographes hors texte, nombreuses vignettes dans le texte, reliures demi-chagrin noir à coins, dos à 4 larges nerfs soulignés à froid, titre et tomaisons dorés et caissons à froid, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), qqs pages brunies ou avec rousseurs, bon état. Edition originale (Vicaire, II, 166-167)

            200

L'une des meilleures iconographies de la Révolution française. Conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, l'historien Jean Baptiste Augustin Challamel (1818-1892) publia de nombreux ouvrages de vulgarisation, qui rencontrèrent un grand succès. La valeur de ses ouvrages était renforcée par de nombreuses illustrations, comme son “Histoire-musée de la République française”, de 1789 à 1804, dont l'intérêt demeure grâce à sa très riche iconographie.

122.          CLÉRY (Jean-Baptiste Hanet, dit). La Famille royale au Temple. Journal de la captivité. Introduction et notes de Maurice Vitrac et Arnould Galopin. Fayard, s.d. (1907), gr. in-8°, 142 pp, texte sur deux colonnes, illustré par 104 portraits, gravures, plans et documents du temps dans le texte et à pleine page, reliure percaline bordeaux décorée de l'éditeur, couv. illustrées conservées, bon état

            40

Avec les "Dernières heures de Louis XVI, par l'abbé Edgeworth de Firmont, son confesseur": p. [129]-142. — La mort de Louis XVI, la captivité de la famille royale au Temple, le mystère Louis XVII : cette suite d'événements où l'histoire touche au mythe est par elle-même légendaire. Pour les connaître dans leur réalité quotidienne, il faut retourner aux rares pièces authentiques. Voici donc rassemblés ici deux témoignages majeurs : ceux de Cléry, le valet de chambre du roi, et d'Edgeworth de Firmont, le confesseur du roi.

123.          GASTINE (Louis). La Vie licencieuse de Mirabeau. P., Les Editeurs Associés, s.d. (1935), in-12, 127 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

            25

124.          GUILLOIS (Antoine). La Marquise de Condorcet, sa famille, son salon, ses amis, 1764-1822. P., Ollendorff, 1897, in-8°, v-255 pp, un portrait sous serpente en frontispice, pièces annexes, index, reliure demi-basane aubergine à la bradel, dos lisse avec titres dorés (“Bibliothèque historique. Mémoires et souvenirs. IX. Antoine Guillois. La Marquise de Condorcet”), tête dorée (rel. de l'époque), dos uniformément passé avec pt accroc, coiffes frottées, bon état

            60

"Marie-Sophie de Grouchy naquit au château de Villette en 1764. En 1786, Condorcet l'épouse et l’emmène à Paris, Aussitôt la voilà charmant de sa grâce et de sa beauté les savants et les littérateurs que la haute position de mari – secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, membre de l'Académie française et inspecteur des monnaies – attire en son salon. Ceux qui n’y venaient encore que par obligation y reviennent par plaisir. Cela dure cinq ou six années. Survient la Révolution, Condorcet, mis hors la loi, s’enfuit et s’empoisonne Ses biens sont confisqués. Elle se cache rue Saint-Honoré, au fond d une boutique de lingerie, puis à Auteuil, et gagne sa vie en peignant secrètement des miniatures. Enfin, le calme revient. Elle rassemble ce qu’elle peut réunir de sa fortune, achète à Meulan la Maisonnette et s'y installe, tandis que son frère Grouchy suit les armées et que Cabanis, qui vient d’épouser sa sœur, se fixe à Villette. Cest là désormais quelle vivra, n’allant plus faire à Paris que de courts séjours pendant la mauvaise saison. Deux ou trois amls sont presque toujours là. C’est d'abord Fauriel, avec qui selon l’heureuse expression de M. Guillois elle a contracté « une sorte d’union morganatique ». Puis c'est aussi Mlle Julie Beccarie – la fille de Beccaria qui a épousé.le comte Manzoni – accompagnée de son fils, déjà poète, et de son ami Imbonati... L’intérêt de cette étude résulte surtout des nombreux documents inédits qui ont été fournis à M. G. par les descendants de Mme de Condorcet." (Raoul Rosières, Revue critique d'histoire et de littérature, 1897)

125.          LA MARLE (Hubert). Philippe Egalité, « Grand Maître » de la Révolution. Nouvelles Editions Latines, 1989, fort in-8°, 831 pp, 16 pl. de gravures hors texte, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            50

Quel homme public fut Philippe Egalité ? Il fut d'abord un prince de sang royal comblé d'honneurs et de richesses. Lieutenant-général de la marine en 1778, il devint colonel-général des hussards la même année ; à la succession de son père en 1785, premier prince du sang et gouverneur du Dauphiné, il reçut cinq régiments, ainsi que le droit de siéger au Parlement de Paris. Il hérita aussi d'une fortune prodigieuse. Une banque, deux compagnies de coches et diligences, une société de négoce, une écurie de huit cents chevaux complétaient un patrimoine et un apanage qui gageaient aisément de colossaux emprunts pour soixante-quatorze millions. Il percevait des revenus d'un total de vingt cinq millions de livres au moins pour les trois années 1786 à 1788. Il faut croire que celte situation enviable ne convenait pas à Philippe qui, de jeune prince contestataire, – c'est le second aspect du personnage –, devint rapidement un agitateur chevronné et un adversaire implacable du roi, son cousin. Grand maître du Grand Orient de France, il ne tarda pas à prendre la tête de l'opposition aux cabinets successifs, à la reine et enfin à Louis XVI. Dans son action pendant la Révolution, tout fut caché. Le prince apparut rarement en public, fuit les premières places, agit sans cesse par hommes de confiance interposés qu'il rémunérait ou non : en particulier le comte de Mirabeau, Choderlos de Laclos et Danton. Peu d'écrits laissés à la postérité, de discrètes conversations, beaucoup d'argent répandu, une politique changeante relayée par des groupes fermés, souvent inconnus des contemporains, voici de quoi justifier un regard neuf sur un sujet captivant.

126.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Monsieur de Charette, le roi de Vendée. Hachette, 1924, gr. in-8°, 296 pp, un portrait en frontispice sous serpente, reliure percale verte de l'éditeur, dos lisse avec titres et fleuron dorés, titres, fleuron et encadrements dorés au 1er plat, bon état (Coll. Figures du passé)

            40

"C'est une épopée dont M. Lenôtre s'est fait l'historien dans son nouveau livre : Monsieur de Charette, le roi de Vendée. Il y suit, et l'on suit avec lui, d'un intérêt passionné, son héros, de Machecoul à « la cour de Légé », à travers la terre vendéenne, par les marais, les bois et les landes. Epopée qui ne ressemble à aucune autre et qui est faite de 100 combats : Torfou, Montaigu, Saint-Fulgent, la prise de Noirmoutier, l'attaque de Nantes, Sainte-Honorine, etc., guerre d'embuscades, chasse à l'homme, où, après avoir été le chasseur, Charrette fut le gibier. M. Lenôtre raconte impartialement les faits il ne veut être et n'est l'apologiste de personne ; il prend ses témoins aussi bien dans les rangs des républicains que dans les rangs des royalistes ; il rend justice à qui le mérite. II constate simplement ce qu'il voit, ce qu'il entend ; le mouvement de la Vendée a été un mouvement spontané, un mouvement populaire..." (Charles Baussan, La Croix, 1925)

127.          MASSIN (Jean). Robespierre. Club Français du Livre, 1963, in-8°, 318 pp, 19 gravures, biblio, reliure toile brique de l'éditeur, ex. numéroté, bon état. Bien complet du dépliant volant contenant un plan des sections de Paris et 2 cartes

            25

"Jean Massin fait une part importante à l'activité de l'homme politique. Son récit est bien documenté et au courant des nombreuses études qui ont été publiées sur Robespierre (...) Ses conclusions nous semblent fort pertinentes. Quel est le bilan de Robespierre ? demande Jean Massin. « Contre la plus grande partie de la bourgeoisie elle-même, répond-il, Robespierre a conduit à la victoire la Révolution bourgeoise. » « II a sauvé la France de l'invasion étrangère. Il a maté suffisamment la contre-révolution monarchique et aristocratique pour qu'elle devienne impuissante à effectuer aucune restauration durable. Il a poussé la démocratie encore bourgeoise des droits de l'homme jusqu'aux extrêmes limites de l'égalité dont elle est susceptible. Il a amorcé une trajectoire d'égalité sociale et de limitation du droit de propriété qui rendra possible à ses successeurs d'aller jusqu'au socialisme... » II a pour la première fois expérimenté la dictature révolutionnaire." (Jacques Godechot, Annales ESC, 1957)

128.          MATHIEZ (Albert). La Révolution française. Tome I. La chute de la royauté. Tome II. La Gironde et la Montagne. Tome III. La Terreur. Club Français du Livre, 1967, 3 vol. in-8° étroits, 280, 293 et 310 pp, 24 scènes en couleurs peintes à la gouache par les frères Le Sueur et réunies pour la première fois ensemble sur 24 doubles planches hors texte, nombreux portraits des hommes de la Révolution dans le texte, reliures pleine toile rouge d'éditeur avec vignettes contrecollées aux 1er plats, titres dorés aux dos, rhodoïds (maquette de Jacques Daniel), bon état. Très jolie réalisation.

            60

"L'ouvrage (1922) resté fondamental dans une "mise en livre" vivante, originale, très élégante." (Le Monde, 9 décembre 1967)

129.          NEVIASKI (Alexis). Les Martyres d'Orange. Elles montèrent à l'échafaud en pardonnant à leurs bourreaux. Editions Artège, 2019, in-8°, 296 pp, liste des martyres, chronologie, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Le rideau s'ouvre en 1788 : une nouvelle supérieure vient d'être élue au monastère du Saint-Sacrement de Bollène. Madeleine de la Fare, en religion soeur du Coeur du Marie, est une femme de caractère. Et il en faudra pour mener la communauté à travers la tourmente révolutionnaire qui s'annonce... Bientôt rattachées à la France, les terres pontificales du Comtat Venaissin sont touchées par les lois qui persécutent l'Eglise, et somment les religieuses d'apostasier. Mais celles-ci répondent : "La loi humaine ne peut me commander des choses opposées à la loi divine". En refusant de prêter le serment de "liberté-égalité " devant la commission populaire d'Orange, elles savent leur mort certaine. Cependant, aucune des détenues n'hésite et leur courage édifie jusque sur l'échafaud. Les 32 martyres d'Orange ont été béatifiées en 1925. Alors que s'ouvre leur procès de canonisation, ces religieuses témoignent de la fécondité de l'attachement au Christ envers et contre tout. Disposant de sources parfois inédites, Alexis Neviaski nous entraîne dans une fresque historique captivante, qui fera référence sur ces héroïnes de la Révolution. — Conservateur général du patrimoine, Alexis Neviaski est docteur en histoire. Son dernier livre, Le père Jacques. Carme, éducateur, résistant, est paru chez Tallandier en 2015.

130.          PARÈS (Philippe). Qui est l'auteur de la Marseillaise ? Editions musicales Minerva, 1974, in-8°, 224 pp, préface de Guy Breton, gravures et fac-similés, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Je vous adresse mes bien sincères félicitations. Grâce à vous il est possible de se forger une opinion précise sur un débat qui semblait jusque-là embrouillé comme à plaisir." (Alain Decaux) – "Félicitations pour ce travail soigné, sérieux, d'intelligente démystification historique. Il m'a vivement intéressé." (Claude Manceron) – "Sincèrement c'est du travail comme je l'aime : attentif, minutieux, bien ordonné. Ça me plaît beaucoup." (Henri Guillemin) – "Je souscris de tout coeur aux félicitations d'Alain Decaux en ajoutant que vous n'avez rien débrouillé pour moi mais que vous m'avez tout appris." (Jacques Isorni)

131.          [Presse]. Lettres bougrement patriotiques de la Mère Duchêne, suivi du Journal des femmes (1791). P., Editions de Paris/EDHIS, 1989, in-8°, 195 pp, préface et notes de Ouzi Elyada, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Réimpression en fac-similé de l'édition de 1791.

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"Pour la période révolutionnaire, les textes écrits par les femmes et pour les femmes sont rares. Il faut donc saluer la publication, par EDHIS et les Editions de Paris, de ces deux périodiques éphémères parus entre février et avril 1791. Les “Lettres” et le “Journal” sont préfacés et annotés par Ouzi Elyada, de l'Université de Haifa. Si les deux journaux participent de la même tentative – créer une presse politique spécifiquement féminine – et empruntent tous deux le masque de la “Mère Duchêne” pour faire pièce à la propagande de droite dans la guerre des pamphlets du printemps 1791, l'esprit en est très différent. La “Mère Duchêne”, du “Journal des femmes” (trois numéros parus à la fin de mars 1791), imaginée dans le rôle burlesque de gouvernante du dauphin, est d'abord et surtout l'élève attentive de son mari dont elle fait passer le discours – au point qu'on peut se demander si l'auteur anonyme de ces feuilles est une femme. Le ton des “Lettres bougrement patriotiques de la Mère Duchêne” (dix-huit numéros de février à avril 1791) est beaucoup plus féministe : « Jour de Dieu ! comme la liberté nous a donné des ailes... » (p. 74), s'écrie la femme du célèbre marchand de fourneaux, persuadée qu'il faut « que les femmes soyent fourrées par-tout » (p. 42) et dissertent sur tout quand « il s'agit de l'intérêt public » et « du salut de la patrie » (pp. 63, 70). Il n'est pas possible de dire ici tout l'intérêt de ces “Lettres”, que Restif de La Bretonne attribuait à Françoise Goupil, la future femme de Hébert, ce qui n'est pas improbable." (Raymonde Monnier, Annales historiques de la Révolution française, 1989)

132.          SAXE-ALTENBOURG (Frédéric de). L'Enigme de Madame Royale. Flammarion, 1954, in-12, 234 pp, 4 portraits et 2 fac-similés sur 4 pl. hors texte, biblio, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre basane verte et vermillon, fleurons dorés, couv. illustrée conservée, bon état

            50

L’énigme de la « comtesse des Ténèbres » est liée à la princesse Marie-Thérèse de France, fille aînée du roi de France Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette d’Autriche. La princesse royale Marie-Thérèse, prisonnière au Temple, fut remise le 26 décembre 1795 au gouvernement autrichien en échange de prisonniers français. Dès lors, retrouvant sa famille proche survivante à la cour en exil de Louis XVIII, elle se lie par les liens du mariage à son cousin Louis-Antoine d’Artois, duc d’Angoulême. Duchesse d’Angoulême (1814-1824), dauphine de France (1824-1830), éphémère reine de France et de Navarre (1830), « comtesse de Marnes » (après 1830), Marie-Thérèse vécut en exil au château de Frohsdorf, en Autriche jusqu’à sa mort, se consacrant à l’éducation de son neveu le comte de Chambord (futur « Henri V »). L’identité de Marie-Thérèse et de la duchesse d’Angoulême reste cependant discutée par quelques-uns, arguant que les deux facettes de la princesse seraient en réalité deux femmes différentes. Dès le XIXe siècle, dans des familles souveraines d'Allemagne, apparaît la rumeur selon laquelle une substitution aurait permis à Marie-Thérèse de se retirer du monde, tandis qu’une autre personne aurait pris sa place auprès de Louis XVIII et au sein de la famille royale. L'auteur est convaincu de la substitution. — "Un nouveau « mystère » nous est révélé par M. Frédéric de Saxe-Altenbourg, à propos, cette fois de Madame Royale. Avant sa remise aux Autrichiens, on lui aurait substitué à Huningue, avec la complicité du ministre Benezech et à l'instigation des Bourbons, une amie d'enfance, Ernestine Lambriquet, qui s'identifierait donc avec celle que nous avons toujours cru être la duchesse d'Angoulême. Après un séjour en Suisse, la princesse aurait passé le reste de son existence, calfeutrée dans le duché de Saxe-Hildburghausen, sous la garde d'un riche Hollandais. Le rôle des Bourbons s'expliquerait par le fait que Madame Royale, séduite ou violée au Temple, aurait été enceinte. On ne contestera pas qu'il ait existé une « dame mystérieuse » dans le duché saxon et que divers personnages de l'aristocratie européenne lui aient attribué une royale origine : c'est tout ce qu'on peut retenir pour l'instant d'un invraisemblable roman." (Jacques Godechot, Revue Historique, 1955) — "Voici un petit livre de deux cents pages qui risque fort d'en provoquer plus de deux mille ! Pour son auteur, le prince de Saxe-Altenbourg, celle qu'on connaît dans l'histoire sous le nom de duchesse d'Angoulême ne serait pas la vraie fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, et par conséquent ne serait pas la sceur du Dauphin. Ainsi, le fameux testament dont on attend toujours l'ouverture ne nous apprendrait rien sur l'énigme du Temple... Jusqu'à présent on s'en tenait au fait que la fille de Louis XVI, Marie-Thérèse-Charlotte, appelée Madame Royale, avait été échangée sous la Convention contre d'importants prisonniers français retenus en Autriche, puis envoyée à la Cour de Vienne chez l'empereur François, où elle avait fini par épouser, en 1794, son cousin le duc d'Angoulême. Le prince de Saxe-Altenbourg prétend que la vraie Madame Royale fut séquestrée dans une petite cité allemande et que la duchesse d'Angoulême de l'histoire officielle avait été préfabriquée ! Sans doute, l'auteur n'en apporte pas des preuves matérielles irréfutables, parce que des documents essentiels ont été détruits (systématiquement ?), mais il groupe des témoignages, confronte des écritures et des portraits qui sont pour le moins très troublants. Il y a là une matière historique toute neuve qui risque fort de faire couler autant d'encre que l'affaire Naundorff." (Bernard Simiot, Hommes et mondes, 1954)

133.          SECHER (Reynald). Le Génocide franco-français : La Vendée-Vengé. (Thèse). PUF, 1986, in-8°, 338 pp, préface de Jean Meyer, avant-propos de Pierre Chaunu, 13 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale

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On a voulu oublier la Vendée. Mais on n'efface pas les lieux trahis de la mémoire de la France. A l'été 1790 se déclenche une réaction religieuse presque unanime contre la prétention des autorités révolutionnaires de réglementer le culte. Elle est suivie, trois ans plus tard, par le refus de la conscription au service d'une armée jugée impie. En réponse à cette insurrection des humbles, la Convention a organisé l'« extermination » des Vendéens, à commencer par les femmes, ces « sillons reproducteurs », et les enfants, de « futurs brigands » et l'« anéantissement de la Vendée » ; 770 communes deviennent hors-la-loi et, comme tels, condamnés à la « vindicte nationale » ; le nom même de Vendée cède la place au département « Vengé ». Les moyens sont éloquents : camps, fours crématoires, sabrades. Les bilans, tant humains que matériels, sont impressionnants. A sa sortie en 1986, ce livre avait choqué par la crudité que révélaient les archives. Une contribution importante à l'histoire de la Révolution.

1er EMPIRE

 

134.          BESSON (André). Malet, l'homme qui fit trembler Napoléon. France-Empire, 1982, in-8°, 316 pp, 8 gravures hors texte, sources manuscrites et imprimées, broché, couv. illustrée, bon état

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"Soldats ! Napoléon est mort sous les murs de Moscou. Le Sénat vient d'abolir le régime impérial !" Alors que la Grande Armée napoléonienne battait en retraite dans la neige et le froid à travers les immensités des plaines russes, C'est par cette surprenante proclamation que commença, le 23 octobre 1812, Le plus extravagant des coups d'Etat. Ce complot avait été entièrement conçu par un officier d'origine franc-comtoise, farouche opposant à Bonaparte, le général Claude-François Malet. Alors qu'il était déjà emprisonné pour ses sympathies républicaine, Malet avait imaginé un plan audacieux. Partant de l'idée que le régime reposait sur l'existence d'un seul individu – Napoléon – dont la mort inopinée eût ébranlé les fondements du pouvoir, il en avait déduit qu'il était inutile d'attendre ou de provoquer cet événement. Il suffisait de le "supposer" ! Après s'être évadé, Malet partit, en compagnie de deux seuls complices, à la conquête de Paris. Tout lui réussit d'abord à merveille. En entendant la lecture de la fausse proclamation, les fidèles de l'Empereur, démoralisés, n'opposèrent aucune résistance. Le conspirateur parvint à rallier trois régiments à sa cause, à libérer des prisonniers d'Etat, à faire arrêter le préfet de Paris, le chef de la Sûreté, le ministre de la Police... En s'inspirant d'une documentation souvent inédite ou peu connue, André Besson nous fait suivre, dans ce récit dont le suspense va crescendo, la progression de cette étonnante aventure. Il fait aussi revivre, parallèlement à la conjuration, Napoléon Ier, le tsar Alexandre, Fouché, Talleyrand, l'impératrice Marie-Louise, Sophie Hugo, la mère du poète, et son amant Lahorie...

135.          BOURRIENNE (Louis Antoine Fauvelet de). Mémoires de M. de Bourrienne, secrétaire intime du premier Consul. Publiés avec une introduction par Emile Sedeyn. Fayard, s.d. (1910), gr. in-8°, 158 pp, texte sur deux colonnes, illustré par 81 portraits, gravures, fac-similés, bandeaux et vignettes du temps dans le texte et à pleine page, reliure percaline moutarde décorée de l'éditeur, couv. illustrée conservée, bon état (Coll. Mémoires et souvenirs publiés sous la direction de F. Funck-Brentano)

            30

"Ce récent volume de la collection Funck-Brentano est des mieux choisis. C'est une occasion agréable de relire les Mémoires de Bourrienne, dont on connaît la valeur, sauf réserves sur quelques interprétations personnelles ; il ne s'agit d'ailleurs ici que de la partie des Mémoires qui correspond au temps où Bourrienne fut le secrétaire intime de Bonaparte, jusqu'en octobre 1802. La publication est joliment éditée et illustrée." (E. Driault, Revue Historique, 1911)

136.          CHARDIGNY (Louis). Les Maréchaux de Napoléon. Tallandier, 1977, in-8°, 495 pp, 16 pl. de gravures hors texte, notes biographiques, biblio, broché, couv. à rabats, pelliculage du dos lég. décollé, bon état (Coll. Bibliothèque napoléonienne)

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Les maréchaux de Napoléon appartiennent à la grande épopée guerrière des années 1804-1815. Pour beaucoup, leur gloire et leur fortune ont été intimement liées à la Révolution française et à l'Empire. Ils furent vingt-six : Augereau, Bernadotte, Berthier, Bessières, Brune, Davout, Gouvion-Saint-Cyr, Grouchy, Jourdan, Kellermann, Lannes, Lefebvre, Macdonald, Marmont, Masséna, Moncey, Mortier, Murat, Ney, Oudinot, Pérignon, Poniatowski, Sérurier, Soult, Suchet, Victor. Qui étaient ces hommes ? D'où venaient-ils ? Comment vivaient-ils ? Qui aimaient-ils ? Louis Chardigny aborde la vie des maréchaux du premier Empire sous un jour original. S'intéressant à ces hommes dans leur ensemble, il les fait renaître à travers plusieurs grands thèmes : origine sociale, éducation, épouses, familles, relations personnelles avec l'Empereur, compétences militaires... Leurs aptitudes intellectuelles, leurs dons physiques, leurs qualités morales, leurs tempéraments étaient aussi divers que possible. Comme furent différents leurs comportements au long du règne et en particulier à la fin. Ce livre est aussi une histoire de Napoléon vue à travers ses maréchaux, pleine de petits faits peu communs et d'observations pertinentes sur les rapports du pouvoir napoléonien avec son armée.

137.          CLERMONT-TONNERRE (Gaspard de). L'expédition d'Espagne, 1808-1810. Perrin, 1983, in-8°, 526 pp, préface de Michel Poniatowski, introduction et notes par Catherine Desportes, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état. Edition originale. Peu courant

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"Gaspard de Clermont-Tonnerre était aide de camp de Joseph Bonaparte, alors roi d'Espagne. Ses souvenirs concernent uniquement l'expédition de la Péninsule. Observation lucide de cette guerre qu'il désapprouve tout en restant loyal au roi. Importante préface de M. Poniatowski et très bon appareil critique de C. Desportes." (Tulard, 331).

138.          COUVREUR (Général-major Hector-Jean). Le drame belge de Waterloo. Bruxelles, Brepols, 1959, in-8°, 203 pp, 18 gravures sur 16 pl. hors texte et une carte sur double page, références et notes, reliure toile bleue décorée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état. Peu courant

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« Nous n'avons pas écrit l'histoire de la campagne de 1815. Nous avons étudié le comportement des Belges, Flamands et Wallons, qui se sont trouvés dans les deux camps, essayé surtout de découvrir ce qu'ils ont pensé au cours de ce drame...». Ainsi le général H. J. Couvreur définit-il, lui-même ses intentions dans son livre. Il a principalement arrêté son attention et dirigé ses recherches sur le comportement des anciens officiers de l'armée impériale après la chute de l'Empire et la part qu'ils ont prise à la campagne de 1815. L'armée française comptait, en 1814, de nombreux officiers originaires des neuf « départements réunis ». Plusieurs centaines. Un certain nombre d'entre eux ont démissionné ou ont été licenciés entre le premier traité de Paris et l'ouverture de la campagne de Waterloo. Pas tous. A la fin de son livre, le général Couvreur donne une liste de 267 officiers belges qui, à la date du 18 juin 1815, sont encore au service de la France. (...) On ne se trompe certainement pas de beaucoup en supposant que les anciens officiers issus de l'armée impériale, « Belges et Liégeois », s'étaient divisés en deux groupes à peu près d'égale importance, les uns ayant pris du service dans l'armée des Pays- Bas, les autres continuant à combattre sous les plis du drapeau français. Quels étaient leurs sentiments ? Est-il vrai que ceux qui se trouvaient dans l'armée hollandaise ne combattirent qu'avec répugnance et qu'ils eurent, comme disait Gendebien, « le double courage de vaincre leurs affections en affrontant la mort » ? Ceux qui se trouvaient au même moment dans l'armée française avaient-ils le même entrain, la même confiance qu'à Wagram ou à la Moskova ? (...) Pour éclairer ce double problème psychologique, le général Couvreur nous apporte justement quelques documents : il s'agit des lettres que le lieutenant Goblet (le futur général Goblet d'Alviella) écrivit à son père en 1815 et en 1816. Ancien élève de l'École Polytechnique, Goblet avait servi en Espagne comme capitaine du génie. Il avait démissionné du service de France au début de 1815 et était entré, en perdant un grade, dans l'armée hollandaise. Il écrivait en mai 1815, avant la campagne : « Je crois qu'on ne doit dans ces temps extraordinaires n'aspirer qu'à une gloire, c'est celle de remplir dignement ses devoirs quand même ils se trouveraient en contradiction avec son cœur». Et le 2 juillet, du Bourget, près de Paris: « J'ai cru avoir trouvé (prouvé ?) que le devoir l'emportait chez moi sur mes inclinations ». Le moins qu'on puisse dire est qu'il était cruellement déchiré entre son cœur et sa raison. Le dossier rassemblé par le général Couvreur est plaidé avec éloquence. L'auteur se défend d'avoir voulu refaire, après tant d'autres, un récit de la campagne de 1815. Les pages qu'il consacre à la bataille de Waterloo n'en sont pas moins enlevées comme un tableau d'histoire. Je le dis en toute simplicité, je trouve cela très beau. L'éditeur a habillé et présenté ce volume d'une façon qui en augmenterait encore, s'il était possible, l'agrément." (Francis Dumont, Revue belge de philologie et d'histoire, 1961)

139.          DARD (Emile). Napoléon et Talleyrand. Plon, 1947, in-8°, xxx-424 pp, nouvelle édition revue et augmentée, index, broché, bon état

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"Le livre d'Emile Dard, Napoléon et Talleyrand, décrit par Jean Savant comme "magistral", traite de la période entre 1797 et 1815 et étudie les relations entre les deux hommes. Malgré quelques défauts dans la peinture des actions et des motivations de Talleyrand, ce travail est précieux pour les détails qu'il donne sur Talleyrand ministre des Affaires étrangères. Le travail de Dard a été le premier à révéler jusqu'à quel point Talleyrand trahissait des secrets militaires aux Alliés, ce qui est à l'opposé de l'impression que donne Lacour-Gayet d'un Talleyrand serviteur de Napoléon..." (Philip G.Dwyer, Les publications sur Talleyrand depuis 1928, 1996) — "Napoléon et Talleyrand, quel sujet magnifique ! Deux très grands hommes qui s'associent, puis qui s'affrontent : pleins l'un envers l'autre d'une admiration excluant l'estime, ne pouvant ni s'entendre complètement, ni se passer tout à fait l'un de l'autre ; inséparables cependant, car le serviteur tantôt soutenait, tantôt combattait la politique du maître ; et ces deux politiques avaient pour champ toute l'Europe, et même tout le monde civilisé d'alors ; de sorte que, étudier la diplomatie de ces deux protagonistes, c'est raconter et juger toute l'histoire de leur temps. Du point de vue historique comme du point de vue psychologique, voilà une matière d'un intérêt puissant et d'une richesse, inouïe. M. Emile Dard l'a traitée avec un soin infini, usant de la perspicacité acquise dans sa propre carrière diplomatique, mais aussi avec une pleine connaissance de la question puisée dans les meilleurs livres et surtout un recours fréquent à des archives particulières, à celles des Affaires Etrangères et à celles de Vienne où il a fait de véritables trouvailles. Son travail s'impose à l'attention par sa sincérité, sa conscience, et le problème qu'il pose et tente de traiter. Talleyrand a-t-il en raison contre l'Empereur et, s'il, eût été écouté et suivi, aurait-il épargné à la France et à l'Europe des maux sans nombre ? Selon M. Dard, Talleyrand fut un très grand seigneur, une des fleurs les plus brillantes de ce merveilleux parterre aristocratique de la fin dn XVIIIe siècle ; mais une flenr vénéneuse, sentant le vice, voire le crime, et cela parce qu'il fut la victime de maintes circonstances d'ordre particulier et général... Privé des ressources dont ses goûts aristocratiques lui faisaient un impérieux besoin, il entra dans la vie publique avec l'intention de faire une « immense fortune », dût-il l'acquérir par la vénalité la plus honteuse et les plus basses concussions ; toujours prêt à se vendre, mais le faisant avec une telle hauteur que nul n'aurait osé le lui reprocher et cachant la hideur du fond sous une impassibilité légendaire et sous l'agrément de formes exquises qui le rendaient très cher à ses amis, surtout à l'cscadron de jolies femmes dont il s'entourait ; infiniment séduisant quand il le voulait et adoré des gens à son service ; répugnant et sympathique à la fois, un véritable ange du mal..." (Albert Meynier, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1936)

140.          DIMITRIADIS (Dicta). Mademoiselle Lenormand. La reine de la voyance. Perrin, 1990, in-8°, 260 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 3 fac-similés, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Terres des Femmes)

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Née en mai 1772 à Alençon, Marie-Anne Lenormand décida, à l'âge de quatorze ans, munie d'un baluchon contenant un jeu de tarots, une robe blanche et un écu de six francs, de partir pour Paris. Les sentiers de la gloire seront pour elles cahotiques et pittoresques, qui lui feront connaître à la fois les prisons et les palais. Mlle Lenormand régna quarante ans sur le monde de la voyance. Son appartement de la rue de Tournon vit défiler pendant la Révolution, sous le Consulat et l'Empire, une étonnante gamme de célébrités. Ainsi Robespierre et Marat (auxquels elle prédit une fin difficile), la consulteront-ils, de même que le tsar Alexandre et George IV d'Angleterre. Son intimité avec Joséphine – elle lui aurait prédit dès 1796 : "Vous serez plus que reine" – irritait Bonparte qui lui interdit les Tuileries. Elle aurait pourtant annoncé au Corse un grand destin alors qu'il était capitaine. Clairvoyante certainement, psychologue habile, douée de bon sens, bien informée, elle faisait des prédictions parfois très précises – telle celle de "la mort d'un prince" (Enghien) ou du divorce de l'Empereur – qui ne pouvaient qu'intriguer la police. Et Fouché ne se privait pas de la faire espionner. La grande réputation, le culot et aussi la dégaine de Mlle Lenormand, qui se disait arrière-arrière-petite-fille de la Sibylle de Cumes (!), lui valaient d'être brocardée par les journalistes, dont certains toutefois la consultaient. Dévorée par la passion d'écrire, elle laissa quatorze ouvrages et ne manqua pas de faire sa propre publicité en livrant "ses souvenirs prophétiques" que l'auteur utilise avec l'esprit critique qui convient. — "Etonnante voyante que cette Lenormand qui, de Louis XVI à Louis-Philippe, traverse tous les régimes, tous les salons, toutes les prisons. Tantôt portée au pinacle par les femmes que ses prédictions sur leur vie sentimentale transportent, tantôt jetée dans les cachots par les hommes au pouvoir que ses prédictions exaspèrent, Mademoiselle Lenormand compte, parmi ses clients et clientes, le comte de Provence, la princesse de Lamballe, Marat, Robespierre, Saint-Just, Joséphine de Beauharnais, le tsar de Russie et autres personnages illustres. Il a fallu à Dicta Dimitriadis beaucoup de mérite, mais aussi beaucoup de recherches, pour démêler le vrai du faux dans la vie et les prédictions de cette voyante qui, en plus, se mêlait d'écrire " (Jean Chalon, Le Figaro)

141.          DRIAULT (Edouard). L'Impératrice Joséphine. Albert Morancé, s.d. (1928), in-8°, vi-322 pp, 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, état correct

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"On a écrit sur Joséphine une abondante quantité d'anecdotes scandaleuses. Pour rectifier cette légende, M. D. n'a voulu écrire « ni un plaidoyer ni un réquisitoire », mais « tout simplement un livre d'histoire » qui n'en est pas moins éloquent et généreux. M. D. nous permettra cette remarque, qui ne saurait diminuer, bien au contraire, son ouvrage dont la lecture apporte un plaisir supérieur à celui que la malignité humaine prend aux réquisitoires." (Jean Bourdon, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1933)

142.          FUNCKEN (Liliane et Fred). L'Uniforme et les armes des soldats du Premier Empire. Tome 1 : Des régiments de ligne français aux troupes britaniques prussiennes et espagnoles. Casterman, 1969, pt in-4°, 155 pp, préface du prince Louis-Napoléon, 70 planches en couleurs, dont 3 doubles, lexique en imges sur 2 pages, index, cart. illustré de l'éditeur, gardes illustrées, bon état

            40

Premier volume seul (sur 2).

143.          GARÇON (Maurice). La tumultueuse existence de Maubreuil, marquis d'Orvault. Hachette, 1954, in-8°, 272 pp, une gravure et 3 fac-similés hors texte, broché, bon état

            25

« Paris, le 16 avril 1814. Le ministre de la Guerre autorise M. de Maubreuil à se présenter près des autorités militaires et à requérir la force armée pour l'exécution des mesures qu'il est chargé de prendre pour le service de S. M. Louis XVIII. Le ministre de la guerre, Général Comte Dupont. » Telle est la pièce capitale de « l'affaire Maubreuil ». Quelles étaient les « mesures » que Maubreuil était chargé de prendre? Assassiner Napoléon comme il l'a par la suite répété à satiété ? Ou seulement récupérer deux caisses de bijoux, faisant partie du trésor impérial, et qu'on avait perdues dans un trajet entre Paris et Blois ? Tel est le problème que Me Maurice Garçon avec sa verve habituelle et sa compétence d'avocat s'efforce de résoudre. Il utilise à cet effet des documents nouveaux, les pièces du procès criminel de Maubreuil conservées aux archives départementales du Nord et que Frédéric Masson, qui a déjà traité la question, n'avait pas consultées. Pour Maurice Garçon le problème est simple et ne se prête guère à discussion. Le 4 avril 1814 Talleyrand qui était passé aux Bourbons et aux Alliés est inquiet de l'attitude de Napoléon à Fontainebleau. En cas de succès imprévu de l'Empereur il est perdu. Un seul moyen pour le sauver : faire assassiner Napoléon. Et il charge le secrétaire du grouvernement provisoire, Roux-Laborie, de trouver un risque-tout capable du coup. Celui-ci déniche l'ancien chouan Maubreuil. Mais le 6, Napoléon abdique. Le danger est écarté. Plus besoin de Maubreuil. Toutefois on craint ses bavardages, et pour lui donner une « compensation » on le charge le 16 d'aller à la recherche des caisses d'or et de diamants, égarées – avec sans doute promesse de récompense. Maubreuil ne retrouve pas les caisses mais arrête les bagages de l'ex-reine de Westphalie et les ramène triomphalement à Paris, en prélevant, sans autorisation, sa part. Or Catherine de Wurtemberg, la femme de Jérôme Bonaparte était cousine du tsar Alexandre. Elle jeta les hauts cris. On imagine le scandale ! Maubreuil fut arrêté. Il alla désormais de procès en procès, de prison en prison jusqu'à son évasion de 1818. Il proclamait à qui voulait l'entendre, qu'il avait été chargé d'assassiner Napoléon, qu'il ne l'avait pas fait par esprit chevaleresque, mais que toute l'opprobre de la machination devait retomber sur Talleyrand. Rentré en France, Maubreuil alla, en 1827. jusqu'à souffleter le prince de Bénévent, pour se rappeler à lui. Nouveau procès, bien entendu, et naturellement sans conclusion. Me Maurice Garçon suit Maubreuil jusqu'au bout de sa longue vie aventureuse. En 1866, à l'âge de 83 ans, il épousa une demi-mondaine à la recherche d'un beau nom, mais plus jeune que lui de quarante-six ans. Celle-ci vécut jusqu'en 1910 et légua sa coquette fortune de cinq millions à l'Institut Pasteur et à l'Académie des Sciences morales et politiques ! L'étude de Maurice Garçon joint, on le voit, à travers la vie des deux personnages, l'époque révolutionnaire à des temps très proches de nous." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1955)

144.          GERVAIS (Capitaine). Souvenirs d'un soldat de la Révolution. Campagnes de l'Empire. La Campagne de Russie. Texte établi par Madame Henry Coullet. dans la Revue de Paris, 1939, gr. in-8°, 32, 34, 34 et 43 pp, (soit 143 pp sur 960), reliure demi-toile bleue, dos lisse avec titre, année et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état (Revue de Paris, 46e année, tome 1, contenant les 4 premiers numéros de 1939)

            40

Extraits des mémoires du capitaine Gervais publiés en 4 parties : les débuts du jeune Gervais dans la carrière des armes en 1794, les campagnes de 1795 et 1799, la bataille d'Austerlitz en 1805, les campagnes contre les Russo-Prussiens en 1807 et contre l'Autriche en 1809, la campagne de Russie. — "Ces souvenirs font désormais partie des classiques des mémoires de soldats." (Tulard, 622) — "Mme Henry Coullet a publié les souvenirs de guerre du capitaine Gervais qui s'engagea en 1794 à quatorze ans et demi et servit jusqu'en 1814. Leur attrait est aussi d'ordre psychologique. Rien n'indique que Gervais ait partagé l'enthousiasme révolutionnaire ou qu'il ait nourri de vifs sentiments d'attachement pour Napoléon dont il ne parle guère. Il s'engagea par goût de l'aventure et continua de servir par inclination pour le métier des armes, en marquant une grande répugnance à accepter des grades. C'est un type de soldat qui n'a. pas dû être plus rare au temps de la Révolution et de l'Empire qu'à d'autres époques, mais que les mémoires si nombreux qui ont déjà été édités ne nous présentent pas souvent." (G. Lefebvre, Revue Historique, 1946) — On trouve également dans ce volume de 960 pages des lettres de Mérimée à Charles de Rémusat, des “Notes et souvenirs” de G. Lenotre, un reportage de J. Kessel “En Espagne rouge”, des études sur “l'Aviation et le service postal”, “les Bonaparte à Rome” (F. Charles-Roux), les “problèmes nord-africains” (Gaston Bouthoul), “le Soldat contre la guerre” (J. Benoist-Méchin), la “Gastronomie sous Louis XV” (Emile Magne), “J'ai réveillé Vladivostok” (Jean Fontenoy), etc.

145.          LACOUR-GAYET (Georges). Talleyrand, 1754-1838. Payot, 1932-1934, 4 vol. in-8°, 426, 495, 519 et 350 pp, 32 planches de gravures et fac-similés hors texte, tableaux généalogiques, index, brochés, bon état

            150

Biographie complète. Tome I : 1754-1799 ; tome II : 1799-1815 ; tome III : 1815-1838. Bien complet du tome IV : Mélanges – qui n'a jamais été réimprimé et manque souvent. — "Des ouvrages importants écrits par M. Lacour-Gayet et qui lui ont valu un siège à l'Institut de France, nul ne dépasse en intérêt ainsi qu'en valeur la biographie de Talleyrand qu'il a étudiée en trois remarquables volumes. Cet ouvrage sera-t-il, comme l'ont dit des critiques autorisés, un livre définitif sur le trop célèbre évêque d'Autun ? Nous le croyons. M. Lacour-Gayet a excellement bien interprété le caractère ondoyant, souple et dissimulé de ce personnage qui servit tant de régimes divers sans s'y montrer fidèle, sauf au dernier, pour lequel la vieillesse et la mort le rendirent inoffensif. C'est toute la vie politique, la vie privée, la vie morale du personnage que retrace l'auteur dans une synthèse pénétrante, solide et pittoresque. Les qualités de Talleyrand, ses mérites, car il en eut comme il eut des défaillances et des vices, sa vaste intelligence, sa rouerie, ses incomparables aptitudes diplomatiques, son habileté à faire passer ses insuccès pour des victoires, apparaissent burinés avec talent et exactitude dans des tableaux où se déroulent les divers événements caractéristiques d'une carrière exceptionnelle non moins qu'extraordinairement remplie. Jamais jusqu'ici n'avaient été aussi bien retracés notamment les rapports de Talleyrand avec Napoléon – faveur et disgrâce – sa libération du caractère ecclésiastique, sa liaison et son mariage avec Mme Grant, le luxe de son existence intime, etc." (A. de Ridder, Revue belge de philologie et d'histoire, 1932)

146.          LA FAYE (Jacques de). La Princesse Charlotte de Rohan et le duc d'Enghien : un roman d'exil. Emile-Paul, s.d. (1905), in-8°, viii-407 pp, préface du marquis de Costa de Beauregard, un portrait de la princesse de Rohan-Rochefort sous serpente légendée en frontispice, reliure demi-basane acajou, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vermillon et vert, fleurons dorés, couv. conservée (avec traces de scotch), qqs annotations crayon, bon état

            60

"Après un historique rapide de la famille de Rohan rappelant les principaux événements, entre autres l'affaire du Collier, où son nom a été mêlé, M. de la Faye retrace les épisodes douloureux de l'armée de Condé, et c'est à la tête de cette poignée de gentilshommes, séparés de leur patrie par leur fidélité au roi, qu'il fait entrer en scène le jeune et séduisant duc d'Enghien, l'unique héritier des Condé, le digne rejeton d'une race de preux, à la bravoure chevaleresque duquel le général Abatucci rend, entre deux coups de feu, un précieux hommage... Et ce héros est aussi un prince charmant : il se bat et il aime ; mieux encore, il est aimé. Au bruit du canon qui tonne éclot, en effet, cette idylle historique qui tour à tour unit et sépare, ravit d'espoir et torture deux coeurs liés ensemble par un amour qui n'a pu être surpassé que par l'infortune et la souffrance. On connaît ce roman célèbre ; mais le livre de M. de la Faye a cela de particulier qu'il le fait revivre avec une intensité sans pareille. La correspondance échangée entre le duc d'Enghien et la princesse de Rohan y est reproduite d'une manière si attachante ! L'auteur a, pour ainsi dire, gradué ses effets pour conduire au dénouement terrible, à ce fameux drame de Vincennes qu'il reconstitue dans toute sa grandeur tragique. Toutes les scènes de la cruelle et criminelle tragédie sont retracées avec une émotion angoissante et vraie : la colère du Premier Consul mal renseigné sur l'existence menée à Ettenheim par le duc d'Enghien, sa croyance à un complot, les préparatifs de l'expédition clandestine, les avertissements donnés au jeune prince la veille de son enlèvement, les sombres pressentiments de la princesse Charlotte, la violation du territoire étranger, la conduite traîtresse du colonel Charlot alléguant – tel maître, tel valet – qu'il agit avec l'assentiment de l'Electeur de Bade, l'arrestation du duc, son internement à Strasbourg, sa lettre à la princesse (lettre qui d'ailleurs ne fut, malgré la promesse faite, jamais remise à destination pas plus que le petit paquet contenant la mèche de cheveux, coupée quelques instants avant sa mort), son départ brusque pour Paris où il arrive d'une seule traite après soixante-douze heures consécutives de voiture, son incarcération au château de Vincennes avec son dernier compagnon, son chien Mohiloff, sa condamnation à mort, son exécution, les ell'orls tentés par la police pour faire croire, dans le but de se disculper, à des incursions occultes du duc sur le sol français, enfin la noble attitude de son domestique, Canone, menacé de l'échafaud s'il persiste à nier ces incursions. Au magistrat qui, à bout d'arguments, finit par lui dire « Que vous importe après tout, puisqu'il est mort ? », le loyal serviteur – tel maître, tel valet – jette, tout frémissant d'indignation, cette superbe réponse « Et son nom, est-ce qu'il est mort ? » Si le drame, en effet, est alors terminé, le roman continue et l'histoire commence..." (Emm. D. de Montcorin, Revue des Questions historiques, 1905)

147.          LEFEBVRE (Georges). Napoléon. PUF, 1953, in-8°, 610 pp, 4e édition revue et augmentée, biblio, index, broché, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

            25

Napoléon, héritier de la Révolution française ? C'est en tout cas la thèse de Georges Lefebvre pour qui la dictature imposée à la France était nécessaire à la préservation de l'oeuvre révolutionnaire après l'échec de la Terreur. — "Il est malaisé de rendre compte d'une manière suffisante, dans le cadre d'une brève recension, d'un ouvrage aussi considérable que celui que M. Lefebvre vient de consacrer, sous le nom de “Napoléon”, à la période d'histoire qui va de 1800 à 1815. L'étendue de la documentation et de la bibliographie, le nombre de faits accumulés, l'ampleur du tableau qui fait passer sous nos yeux les transformations du continent européen, confondent l'imagination. Ce gros volume sera un instrument de travail et de références inépuisable. Il offrira aussi matière à réflexion et à discussion..." (André Latreille, Revue d'histoire de l'Eglise de France)

148.          LUCAS-DUBRETON (J.). Murat. Fayard, 1944, in-12, 300 pp, biblio, broché, bon état

            20

"Une biographie renseignée et agréable à lire." (G. Lefebvre, Revue Historique, 1946) — Des précisions essentielles, mais un parti pris contre Murat...

149.          MASSON (Frédéric). Napoléon et les femmes. L'amour. Illustrations de A. Calbet. P., Librairie Borel, 1899, pt in-8° oblong, 391 pp, illustrations d'Antoine Calbet, reliure demi-chagrin acajou, dos lisse avec titres et ornements dorés, double filet doré sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), dos uniformément passé et lég. frotté, mors frottés, un mors fendu sur 5 cm, bon état (Coll. Nymphée)

            40

"Le livre de M. F. Masson sur “Napoléon et les femmes” (Ollendorff) est une lecture peu édifiante, mais fort attrayante et que rend particulièrement piquante la prétention de l'auteur de prouver « que Napoléon est supérieur à tous les autres hommes en amour comme en tout le reste, parce qu'il a éprouvé pour la femme toute la série des sensations et des sentiments que la femme peut inspirer. » Vraiment ! et que nous raconte-t-il ? que Bonaparte a aimé quatre femmes : Joséphine, une femme galante, rouée, vicieuse, qui a exercé par les sens un tel empire sur lui que, malgré leurs infidélités à tous deux, il y revenait toujours, qu'elle restait comme une écharde dans sa chair, qu'elle était en un mot son vice ; Mme Walewska, qu'il a prise par la plus odieuse des violences morales (le récit de cette abominable histoire est conté par M. Masson d'après des documents inédits d'une incontestable authenticité et avec un remarquable talent), en l'obligeant à se livrer par le vain espoir de servir son pays ; Mme ***, qui fut le caprice d'une saison ; Marie-Louise, qu'il commenca par prendre brutalement avant le mariage par jeu de parvenu qui fait sentir sa force a la fille des Césars, puis devant qui il devint le plus docile, le plus bourgeoisement assidu et le plus soupçonneux des maris. En dehors de cela, des aventures de sous-officier ou de commis-voyageur, qui prend au passage les femmes qui se présentent, et des moeurs de despote oriental, qui fait renouveler son harem par des pourvoyeurs de tout rang. – Oui, Napoleon a tout connu des sentiments que peut inspirer la femme, sauf le véritable amour, fait d'enthousiasme, de délicatesse, de respect et de fidélité. Après avoir lu M. Masson, on comprend que les contemporains le représentent presque tous comme le plus mal élevé des grands hommes. Si M. Masson croit avoir servi la mémoire de Napoléon, il s'est fait la plus complète des illusions, malgré le talent incontestable qu'il a depensé à démontrer sa thèse dans ce livre, écrit un peu à la hussarde, mais très étudié et très intéressant." (G. Monod, Revue Historique, 1894)

150.          MOLÉ (Mathieu). Souvenirs d'un témoin de la Révolution et de l'Empire (1791-1803). Pages inédites, retrouvées en 1939, publiées et présentées par la marquise de Noailles. Genève, Editions du Milieu du Monde, 1943, pt in-8°, 413 pp, 16 pl. de gravures hors texte, reliure pleine toile verte, dos lisse, pièce de titre chagrin havane, couv. conservée, signet, bon état

            60

Le comte Molé (1781-1855) est bien connu des historiens du premier Empire, de la Restauration et de la monarchie de juillet : ultime héritier de la plus illustre des familles de robe, distingué par Napoléon, il a poursuivi une brillante carrière de « grand commis », qui le conduisit au ministère des Affaires étrangères, puis à la présidence du Conseil. Mais ce personnage officiel dissimule une personnalité aussi complexe qu'attachante. Mathieu Molé commença par être un adolescent solitaire, introverti, à la sensibilité frémissante, que le cauchemar de la Terreur obligea de bonne heure à ne compter que sur lui-même : c'est ce que nous révèle la première partie de ses Mémoires, retrouvée en 1939. Ces Souvenirs de jeunesse nous apprennent ce que fut le dur apprentissage de la vie dans la France renaissante du Directoire. Ils nous offrent enfin un tableau contrasté de la période consulaire : Bonaparte ouvre le siècle nouveau, où vont apparaître de nouvelles étoiles montantes (ainsi Chateaubriand, sur lequel Molé apporte un témoignage incisif). — "La mort du père de Molé sur l'échafaud, ses fiançailles, son mariage, les salons sous le Directoire, l'Angleterre après la paix d'Amiens, la réorganisation de la France, l'entrée au conseil d'Etat." (Fierro 1041, Tulard 1030)

151.          ORIEUX (Jean). Talleyrand ou le sphinx incompris. Flammarion, 1979, fort in-8°, 858 pp, 8 pl. de gravures hors texte, chronologie, généalogie, biblio, index, reliure pleine toile bordeaux de l'éditeur, titres blancs et dorés au 1er plat et au dos, bon état

            25

Qui était Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1734-1838), celui qui fut évêque d'Autun à trente-quatre ans, qui devint chef du clergé constitutionnel sous la Révolution, que l'on retrouve en 1793 sur la liste des émigrés ? Qui était cet homme qui fut ensuite ministre des Relations extérieures sous le Directoire, le Consulat et l'Empire, qui devint Président du Gouvernement provisoire puis ministre des Affaires étrangères sous la Restauration, pour finir ambassadeur à Londres sous le règne de Louis-Philippe ? Talleyrand est à coup sûr le fils de plusieurs époques et même de plusieurs mondes. A travers les cataclysmes de l'histoire, il a été l'irremplaçable véhicule des grandeurs, des vies, des élégances et du charme du passé. Il a été infidèle à ce qui paraissait éphémère dans le monde issu de la Révolution, les hommes politiques, les régimes bâclés, leur éloquence et leurs sentiments. En revanche, il a été fidèle à ce qui transcende les individus : la Civilisation et la France en étaient pour lui l'incarnation. On lui a reproché sa démarche, celle de son pied bot et celle de sa conduite, on a dénoncé son cynisme, son opportunisme... Mais peu importe les qualificatifs et les jugements, la curiosité passionnée dont s'inspire cet homme est inextinguible : il appartient à une race dont la carrière n'a pas de fin et dont la sagesse, fardée de vices, vieille comme le monde, durera autant que lui.

152.          TURQUAN (Joseph). La Générale Junot, duchesse d'Abrantès (1784-1838), d'après ses lettres, ses papiers et son « Journal intime » inédits. P., Tallandier, 1914, in-8°, xi-478 pp, 32 pl. de portraits et gravures hors texte, reliure demi-percaline verte, dos lisse avec titres, fleuron et double filet doré en queue, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), bon état

            50

"... Les “Mémoires de la duchesse d'Abrantès” n'ont plus guère de lecteurs. Dix-huit volumes ! nous accordons que c'est beaucoup. Que vous dirai-je ? Avec toutes les méfiances de rigueur, je leur fais crédit, et je les aime. et je les admire pour leur vertu d'édification. Laure Permon, vieillie, ruinée, aux gages des libraires, s'est bien gardée d'y tout dire. Il fallait, naguère encore, lire entre les lignes. Mais un jour le pauvre coeur féminin a éclaté. L'ancienne duchesse, l'ambassadrice, la gouvernante de Paris a tout avoué dans son “Journal intime”, ses sincères et véritables “Mémoires”. Cette confession, le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul l'a trouvée dans les papiers de Balzac, qui fut le confident, le consolateur, l'ami, et peut-être autre chose, de Mme d'Abrantès repentie. M. Joseph Turquan a publié, en grande partie, ce “Journal intime” dans son livre : “la Générale Junot”. On comprend que Balzac ait aimé ces pages : il n'a rien rêvé de plus balzacien. Repentie, disions-nous. Mais non ! L'admirable, c'est que la gâcheuse de bonheur était incapable de se repentir. La recluse de l'Abbave-au-Bois ne regrettait ni ses demeures princières de la rue des Champs-Elysées et du Raincy, ni les diamants du Portugal, ni ses quinze cent mille francs de revenus divers, ni ses coiffures de marabout, ni ses robes de cour..." (Henry Roujon, Le Figaro)

De 1815 à 1914

 

153.          ANDRÉ (Louis). La mystérieuse baronne de Feuchères. Perrin, 1925, in-12, x-282 pp, 2 gravures hors texte dont une en frontispice, reliure demi-percaline bordeaux, dos lisse avec titres dorés, couv. et dos conservées (rel. de l'époque), papier jauni, bon état (Coll. Enigmes et drames judiciaires d'autrefois)

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Le personnage de la baronne de Feuchères a tenté beaucoup d'écrivains, et la mort du dernier prince de Condé, Louis VI Henri de Bourbon-Condé (1756-1830), trouvé pendu en son château de Saint-Leu, un matin d'août 1830, a suscité maintes polémiques. La rôle joué par la baronne, cette Sophie Dawes, fille d'un pauvre pêcheur de l'île de Wight, que le duc de Bourbon a tirée en 1811 des bas-fonds de Londres pour en faire sa maîtresse, et qu'il avait mariée à Londres à un officier de la garde royale, est toujours resté assez mystérieux...

154.          ARNAULT (Françoise). Frédéric Le Play. De la métallurgie à la science sociale. Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 1993, in-8°, 252 pp, broché, bon état

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"Ce livre vient compléter, heureusement, l'ensemble de nos connaissances sur le dix-neuvième siècle français. Un siècle qui fut particulièrement riche en penseurs et réformateurs sociaux. On connaît l'action et les méthodes de Le Play, peut-être moins sa pensée que Françoise Arnault s'est efforcée de reconstituer avec une minutie digne d'éloges. L'ouvrage, qui fut d'abord une thèse, est d'une facture classique dans sa conception comme dans sa composition. Voulant établir avec précision l'itinéraire intellectuel de Le Play, l'auteur s'est principalement appuyé sur ses œuvres : les grandes études sociales de la maturité (pour l'essentiel, Les ouvriers européens et La réforme sociale en France) et aussi Le journal de voyage en Allemagne de 1829, les écrits préparatoires et les cours sur l'industrie métallurgique donnés à l'Ecole des mines, tous antérieurs à 1848. La première partie est d'ailleurs consacrée aux années d'apprentissage sur lesquelles F. Arnault porte un regard très neuf. La théorie sociale de Le Play, sa méthode, sa philosophie même donnent lieu ensuite à un long exposé, qui constitue le cœur du livre. Dans une troisième et dernière partie, l'évolution de la pensée le playsienne qui, partie du réformisme, verse assez brutalement dans le conservatisme, est rendue avec soin. On sait gré, en particulier, à F. Arnault de montrer la complexité d'une pensée, qui ne fut certainement pas exempte de contradictions, mais qui ne se ramène pas aux images de bréviaire que les le playsiens orthodoxes voulurent transmettre à la postérité après la mort du maître..." (François Gresle, Revue française de sociologie, 1994)

155.          BARRÈS (Maurice). Au service de l'Allemagne. Nouvelle édition augmentée de quelques pages inédites. P., Plon-Nourrit et Cie, 1923, in-12, xiv-298 pp, préface de l'édition d'après la victoire, reliure pleine percale carmin, dois lisse, pièce de titre basane noire, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état, un des 1100 ex. numérotés sur papier pur fil des papeteries Lafuma (Les Bastions de l'Est)

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A partir de 1905, Barrès devient le grand écrivain de la « Revanche contre l'Allemagne », victorieuse de la France en 1871, ce qui donne lieu à une trilogie littéraire : Au service de l'Allemagne (1905), Colette Baudoche (1909), et Le génie du Rhin (1921). En 1906, il est élu à l'Académie française et devient député de Paris. En janvier 1914, il remplace Paul Déroulède à la présidence de la Ligue des patriotes, poste qu'il conservera jusqu'à sa mort le 4 décembre 1923. Un livre comme Au service de l’Allemagne appartient à la fois au roman régionaliste et au roman social.

156.          BERTIER de SAUVIGNY (Guillaume de). Metternich. Fayard, 1986, in-8°, 535 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 4 cartes, chronologie, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Ma biographie me fera peut-être connaître d'une manière défavorable, mais du moins elle ne sera pas ennuyeuse", écrivait Metternich. Le champion de la Vérité et du Droit ne se trompait pas. Ceux qui ont gardé l'image traditionnelle d'un personnage solennel, sûr de lui-même, inébranlable dans ses résolutions autant que machiavélique dans ses desseins, découvriront un homme assez médiocre au fond, sujet à l'erreur et à l'hésitation, mais rachetant ses déficiences par une fidélité inconditionnelle à son souverain et à l'Etat qu'il servait. Une image neuve et nuancée du grand ministre autrichien ; fort différente, en somme, de l'effigie odieuse accréditée par une historiographie d'inspiration libérale. L'homme d'Etat apparaît moins grand du fait de ses capacités qu'en raison des événements auxquels il fut mêlé, des personnalités qu'il confronta – Napoléon surtout – et de la durée exceptionnelle de sa carrière politique. Quant à l'homme privé, on le voit sujet aux faiblesses et aux passions communes, foncièrement bienveillant à travers son égoïsme serein ; bon ami, bon père, et même bon époux, en dépit d'aventures extra-conjugales que révèlent ici pour la première fois des correspondances intimes récemment mises au jour.

157.          BILLARD (Thierry). Félix Faure. Biographie. Julliard, 1995, fort in-8°, 1047 pp, 12 pl. de photos hors texte, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Du parcours de Félix Faure (1841-1899), homme d'Etat de la IIIe République, on ne connaît que l'épisode mêlant vaudeville et tragédie d'un décès inattendu. Un trépas survenu le 16 février 1899 qui a suscité la réplique apocryphe : "Le président a-t-il encore sa connaissance ? - Non, elle est partie par l'escalier." Mais, au-delà de la gaudriole, qu'est donc la vie du premier fils du peuple parvenu à la magistrature suprême ? A la lumière de sources inédites – archives privées, souvenirs de proches et surtout journal intime de Félix Faure –, cette biographie raconte l'épopée d'un enfant du faubourg parisien, ministre de Gambetta et de Jules Ferry, devenu à la surprise générale chef de l'Etat en 1895. Un président, qui, dans une fin de siècle ressemblant à la nôtre par sa violence et par ses affaires de corruption, scelle l'alliance franco-russe, évite une guerre avec l'Angleterre, et, contrairement aux idées reçues, ne s'acharne pas à étouffer l'affaire Dreyfus.

158.          [BISMARCK] – BUSCH (Maurice). Les Mémoires de Bismarck, recueillis par Maurice Busch. Tome 1 : La Guerre de 1870-1871. P., Librairie Charpentier et Fasquelle, 1898, in-8°, (8)-340 pp, index, broché, état correct (Bibliothèque de mémoires, souvenirs et correspondances)

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Tome 1 seul (sur 2). Ce volume est complet en soi : le tome 2, “Entretiens et souvenirs” ne traite pas de la guerre de 1870. — "Sous ce titre trompeur de “Mémoires de Bismarck”, on a réédité en français les confidences que Moritz Busch a publiées en 1878 dans son ouvrage, “le Comte de Bismarck et sa suite pendant la guerre”, en rétablissant certains passages un peu vifs que le chancelier Iui-même avait supprimés et en y joignant un second volume d' “Entretiens et souvenirs”. Leur intérêt psychologique est de tout premier ordre. On sait, en effet, que leur auteur, attaché au cabinet du chancelier pendant la guerre de 1870, fut dans les conditions les meilleures pour bien voir et bien connaître Bismarck. Chaque jour, il devait, sous son inspiration, rédiger des communiqués à la presse officielle et officieuse. Busch semble avoir possedé à un degré peu commun l'art de rendre non seulement les pensées, mais la forme même des pensées de son maître ; Bismarck le considérait comme le plus précieux de ses collaborateurs... On voit, par la nature des rapports de ces deux hommes, quelle sorte d'intérêt s'attache à ses souvenirs. Bismarck parlait avec une extrême liberté devant Busch, jugeant choses et hommes avec cette franchise et cet humour cynique qui sont la marque même de son génie. II y a de tout dans ces pages. A côté de curieuses révélations du chancelier sur la manière dont il s'y prit pour déchaîner les trois guerres qui fondèrent la grandeur prussienne (t. I, p. 65, 235 et 281) et des confidences personnelles plus curieuses encore, on trouve des sorties violentes contre les militaires et des paradoxes contre les femmes. (...) Bismarck ne sort point grandi des Mémoires de Busch, car il y paraît constamment haineux, violent, rancuneux, impatient de toute superiorité. Son ton ordinaire est l'irrespect. On peut sans doute objecter que Busch, cynique et malveillant, n'a guère vu dans Bismarck que les côtés les moins nobles de sa nature. C'est possible. Son oeuvre n'en est pas moins une contribution importante à la psychologie de Bismarck, et elle sert de correctif aux élucubrations dithyrambiques ou aux portraits semi-officiels des disciples de Sybel, qui, comme on en a fait souvent la remarque, n'ont que trop de tendance à faire du tigre royal un chat domestique." (Antoine Guilland, Revue Historique, 1900)

159.          BOURGAIN (M. P.). Gréard, un moraliste éducateur. Hachette, 1907, in-12, viii-386 pp, publié avec une préface par Léon Bourgeois, sans le portrait annoncé, reliure toile noire de bibliothèque, dos lisse avec titres dorés et étiquette de bibl. (rel. de l'époque), bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française en 1908). Edition originale. Peu courant

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Excellente biographie d'Octave Gréard, 1828-1904, pédagogue, haut-fonctionnaire, historien de la littérature et critique littéraire, par Pauline Bourgain. — "Voici un livre d’un très vif intérêt, solide et charmant. Cette biographie de Gréard a été inspirée à l’auteur, professeur dans un lycée de jeunes filles, par le souvenir pieux que l’ancien recteur de l'Académie de Paris a laissé à tant de ceux et de celles qui, ayant été sous ses ordres et l’ayant maintes fois approché, ont pu apprécier, sous un abord d’une courtoisie un peu réservée, la grâce d’une bonté solide sans étalage et la droiture d’un esprit juste et fin. Mais l'auteur, en fidèle disciple de Gréard et qui l'a bien connu, aurait cru trahir son modèle en faisant tourner ce portrait au panégyrique, et c'est une étude vraiment historique et objective qu’elle a voulu et su nous donner. Ce sont les faits, très soigneusement rassemblés, les paroles et les pensées même de Gréard, recueillies dans ses discours officiels, dans ses lettres, dans celles de scs amis, qui sont mis fidèlement sous nos yeux, de telle sorte que l’image de l’homme et de l’administrateur s’en dégage d'elle-mème ; le biographe à borné son rôle, avec un tact très délicat et un talent littéraire très sur, à laisser parler les choses. Nous voyons ainsi se dérouler successivement, dans un tableau rapide et toujours attachant, les années d'enfance et l’éducation de la famille ; puis le temps de l’Ecole normale, avec ses agitations fécondes, ses amitiés fidèles et ses traverses causées par la politique ; les années de professorat, laborieuses et déjà brillantes ; enfin la longue carrière de l’administrateur, en pleine lumière. Une dernière partie résume les traits essentiels de l’homme et de l’écrivain. On lit le volume d’un bout à l’autre avec autant de plaisir que d’intérêt. Tous ceux qui ont bien connu Gréard le retrouveront dans ce livre, peint avec sympathie sans doute et avec respect, mais sans hyperbole élogieuse, sans phrases, et surtout sans la moindre fausse note. Ce que le public connaît surtout dans Gréard, c’esl le recteur, qui, pendant vingt-trois ans a occupé dans l'Université le poste le plus en vue, consulté sur tout, mêlé à tout, en relation avec un personnel considérable, et devenu, par la valeur de sa personnalité non moins que par sa situation officielle, comme le principal représentant de l’Université de France. Le rôle du recteur, ainsi qu’il était naturel, tient beaucoup de place dans le livre de Mlle Rourgain, qui essaie de déterminer aussi exactement que possible son influence dans les réformes de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur. Ces pages sont intéressantes et bien informées. Il y a deux autres aspects de sa vie qui forment, à mon sens, la partie la plus intéressante du livre. C’est d’abord son rôle dans la rénovation de l’enseignement primaire de la Seine, et ensuite son action personnelle comme homme et comme écrivain. Sur les réformes qu’il introduisit dans l’enseignement primaire de Paris, je crois qu’on ne saurait dire trop de bien. Si Gréard fut quelque part initiateur actif et clairvoyant, ce fut là. L’homme aussi, dans un long chapitre de l’ouvrage, nous est montré dans ses qualités propres avec bien de la finesse et du charme. Ses audiences à la Sorbonne, ses conversations, son goût pour le vieux Paris, ses relations avec quelques amis et quelques disciples de choix (notamment Henry Michel), sa situation et son rôle à l’Académie, scs lectures et l’emploi de ses vacances, tout cela nous est raconté dans des pages qui sont vraiment exquises. L’écrivain, enfin, où l’homme se révèle si complètement, n’est pas étudié avec moins de conscience et de finesse..." (Alfred Croiset, Revue internationale de l'enseignement, 1907)

160.          BURNAND (Robert). La Vie quotidienne en France en 1830. Hachette, 1947, in-8°, 255 pp, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

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Bande éditeur conservée : "Malgré les panaches du Romantisme, le règne douillet et confortable de la Bourgeoisie." — "Bien que cette étude ait le défaut, commun à nombre d'ouvrages de ce genre, de s'étendre plus complaisamment sur les divers aspects de la société bourgeoise et parisienne que sur la « vie quotidienne » des classes laborieuses ou des paysans, elle nous laisse cependant percevoir l'évolution qui s'est produite en France au cours du XIXe siècle, sous l'effet, moins des événements politiques que des progrès techniques. Sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, les moeurs sont restées, dans l'ensemble, proches de celles de l'Ancien Régime. En province, surtout dans les campagnes, la vie traditionnelle suit un rythme qui semble immuable ; dans les villes, l'industrie naissante voit bien ses effectifs grossir mais sans qu'il y ait encore parmi les ouvriers, une véritable conscience de classe et si la bourgeoisie commence à se hisser, d'un patient effort, vers les premières places, elle n'a pas encore réussi à supplanter l'ancienne aristocratie, toujours influente..." (Population, 1961)

161.          CAORS (Marielle). George Sand de voyages en romans. Royer, 1993, gr. in-8°, 272 pp, 52 gravures et un fac-similé, bibliographie sandienne, 3 index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Marielle Caors part de cette évidence que, malgré le mouvement de réédition récemment amorcé, George Sand demeure largement non point méconnue mais inconnue, pour proposer un itinéraire de découverte qui mérite d'autant mieux ce nom que le plan thématique adopté suit les grands axes géographiques récurrents : principalement « le mythe italien » (p. 11-109) et « le Berry, terre d'élection » (p. 195- 244) ; entre les deux, Paris et quelques pays (y compris imaginaires) plus sporadiquement représentés. La démarche est celle d'un inventaire, mais chaleureux, et qui s'enrichit de plusieurs caractéristiques bien venues : bibliographie exhaustive des romans et œuvres autobiographiques, mentionnant les éditions actuelles quand il en existe, ajout aux index habituels d'un utile et logique index géographique, enfin plus de cinquante fines reproductions de gravures d'époque. Un plaisant guide." (Patrick Berthier, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1995) — Si ces dernières années ont vu reparaître George Sand, une femme exceptionnelle, à son époque comme à la nôtre, par ses engagements et son indépendance d'esprit, et si ses biographies se sont multipliées, son oeuvre reste encore largement inaccessible, et ses romans, à quelques célèbres mais rares exceptions, inconnus du grand public. Nous proposons donc au lecteur, qu'il soit amateur de littérature, étudiant ou chercheur, de parcourir à la fois les lieux qu'aimait George Sand et les romans qu'ils suscitèrent. Depuis l'Italie, où elle fit plusieurs voyages et que l'enthousiasme romantique lui désignait comme seconde patrie, puis les terres étrangères inconnues que son imagination dépeint vivement, les provinces françaises qu'elle découvrit avec sa famille, jusqu'à la plus humble campagne berrichonne, elle a tout aimé, elle a tout décrit, au cours de soixante-neuf romans et de quatorze nouvelles qui composent l'une des oeuvres maîtresses du XIXe siècle, injustement méconnue, et que nous proposons de découvrir. Chaque roman sera donc présenté avec un aperçu de sa genèse, l'époque où George Sand l'a écrit, son cadre, ses thèmes et ses personnages. A la fin de l'ouvrage, la bibliographie, qui recense plus de deux cents éditions, s'avère être la clé indispensable pour maîtriser l'intégralité d'une oeuvre littéraire aussi riche. (4e de couverture) — Marielle Caors a présenté une thèse de 3e cycle sous la direction de Madeleine Ambrière : “Le Berry de George Sand : géographie imaginaire”. Elle a également publié une étude sur “George Sand, Alfred de Musset et Venise” et des éditions critiques du “Meunier d'Angibault” (parue aux Éditions Glénat-l'Aurore) et de “La Mare au Diable” (pour le Livre de Poche).

162.          Collectif – LEMIRE (Abbé Jules)( dir). Congrès sacerdotal de Bourges. Compte-rendu. Rédigé sous la direction de M. l'abbé Lemire, député, par l'abbé Pierre Dabry, avec la collaboration de M. l'abbé Toiton et de M. l'abbé Ract. P., Librairie de la “Voix du siècle”, 1901, gr. in-8°, 416 pp, 3 portraits gravés hors texte (sur 16 annoncés en table : S. S. Léon XIII, Mgr Servonnet, l'abbé Lemire), reliure demi-basane chocolat, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époue), dos lég. frotté, bon état. Rare

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"... Réconcilier l'Eglise et le peuple. Voilà l'un des mots-clés de cette démocratie chrétienne. Les prêtres démocrates se réunissent alors, en tant que corps, lors des congrès ecclésiastiques. Le Congrès de Reims comme le Congrès de Bourges sont un ensemble de documents remarquables sur la vie du clergé du temps. Les organisateurs des deux congrès ont lancé un questionnaire. Les quelques centaines de prêtres qui sont venus ont répondu à ce questionnaire, envoyé des rapports, présenté des communications autour d'un certain nombre de thèmes touchant à la vie du clergé, à ses initiatives. Les congrès ecclésiastiques marquent la volonté du clergé de s'affirmer à nouveau comme un corps. (...) L'adhésion à la démocratie est sociale plus que politique. Elle est fondée sur des motifs apostoliques : reconquérir le peuple, rapprocher l'Eglise du peuple, ramener les masses à l'Eglise et refaire une société chrétienne. C'est là, sans doute, l'idée fondamentale de ces abbés démocrates : en acceptant la démocratie, l'Eglise pourra véritablement se rapprocher du peuple. La préface de l'abbé Lemire au compte rendu du Congrès sacerdotal de Bourges affirme : « Dans une société démocratique, le clergé peut et doit être cette élite, d'origine démocratique, qui sans cesse se renouvelle, se rajeunit, en empruntant aux forces vives de la nation les éléments de ce rajeunissement et de ce renouveau. Généralement plébéien par son origine, il doit devenir cette élite, et par sa science, et par son action »." (Jean-Marie Mayeur, Les « abbés démocrates », Revue du Nord, 1991)

163.          Collectif. Pourquoi réhabiliter le Second Empire ? Actes du Colloque organisé par le Souvenir Napoléonien sous la présidence de Jean Tulard, Palais des Congrès de Paris, 21 octobre 1995. Bernard Giovanangeli, 1997, in-8°, 203 pp, 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Sujet des plus violentes diatribes dès sa genèse, le Second Empire a été sévèrement jugé par les historiens pendant plus d’un demi-siècle après sa disparition. Cette condamnation trouve principalement son origine dans une hostilité à un homme, qui à lui seul incarne le régime : Napoléon III. Au temps des préjugés défavorables a pourtant succédé celui de la réhabilitation. Ce renversement de tendance, timide d’abord, est devenu plus net au fil des publications sur la période – le jalon essentiel demeurant le livre publié par Philippe Séguin en 1990. Sur l’initiative du Souvenir Napoléonien, des universitaires ont pour la première fois exposé dans un colloque leur point de vue sur différents aspects du Second Empire. Reflet fidèle des diverses communications, le présent ouvrage se veut une contribution à la compréhension d’un régime complexe, qui fut tout sauf insignifiant. — "Il n’est pas trop tard pour signaler la parution en 1997 des Actes du Colloque tenu au Palais des Congrès de Paris, le 21 octobre 1995, sous la présidence de Jean Tulard. Le thème, un rien provocateur, “Pourquoi réhabiliter le Second Empire ?”, réunissait douze historiens, dont Maurice Agulhon et Frédéric Barbier, sur cinq grands chapitres : l’image du Régime de Napoléon III, le Deux Décembre, la percée économique et sociale, l’Empire autoritaire et l’Empire libéral, pourquoi Sedan ? Ces Actes sont passionnants à lire. On y comprend mieux les idées, les méthodes et l’action de l’empereur, et, en conclusion, on est en droit de se demander s’il n’était pas trop en avance sur son temps pour être compris. Evidemment, pour beaucoup de républicains attachés aux principes légalistes, il y eut ce péché originel, le Deux Décembre. Cet aspect n’est pas occulté. Trois intervenants l’ont abordé de front ; Thierry Lentz s’est posé la question de savoir si ce coup d’Etat signait la faillite de la Constitution de 1848. Maurice Agulhon s’est interrogé sur le caractère inéluctable de cette action martiale. Et Claude Vigoureux fait de même : Comment fait-on un coup d’Etat ? La vision de ce règne par ces historiens est sereine et dénuée de tout sectarisme idéologique. C’est un avantage rare." (Cahiers Edmond et Jules de Goncourt, 1998)

164.          CORBIN (Alain). Le Temps, le désir et l'horreur. Essais sur le dix-neuvième siècle. Aubier, 1991, in-8°, 245 pp, références, sources des textes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. historique)

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Poursuivant après “Les Filles de noce” et “Le Miasme et la jonquille” ses recherches sur la sexualité et les représentations qui l'accompagnent, Alain Corbin renouvelle notre perception du XIXe siècle, en lui posant une série de questions inédites, sur son rapport au temps, au corps, au désir. Les couleurs, les odeurs entrent en histoire. Stimulantes, inattendues, les traversées proposées dans ce volume dessinent le vrai visage d'un siècle trop souvent fantasmé. Alain Corbin traite ici, en historien, d'anxiété biologique et de préservation du risque vénérien. L'histoire de l'intime, des rapports entre les sexes et de la vie des femmes représente l'essentiel de l'ouvrage. En chemin, l'auteur souligne la répugnance olfactive à l'égard des migrants, esquisse une histoire des préoccupations écologiques, analyse la perception des nuisances industrielles. Attentif à toutes les marques qui inscrivent la vie dans le tissu du quotidien, il ne se laisse pas arrêter par les vérités établies. Quelles voies suit le désir sous le règne de la censure ? Les satisfactions qu'il s'accorde en sont-elles moindres ? Pourquoi le corps de la blanchisseuse et de la repasseuse alimente-t-il les fantasmes, tandis qu'on se méfie de celui de la bonne de maison, cheval de Troie du prolétariat ? Les secrets du siècle devront être guettés à ses carrefours.

165.          DELEBECQUE (Jacques). La première Restauration et les « fourgons de l'étranger ». Nouvelle Librairie Nationale, 1914, in-12, 125 pp, broché, bon état

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"Dans une brochure de ton intentionnellement modéré et de forme assez adroite, M. J. Delebecque s'efforce de servir les intérêts actuels du parti monarchiste en discutant la « calomnie » qui représente les Bourbons comme rentrés en France « dans les fourgons de l'étranger ». Il montre bien que les coalisés n'étaient pas d'accord sur le meilleur moyen de tenir la France en bride et sur le gouvernement qui la garderait le mieux enfermée dans ses anciennes limites. Mais il ne peut nier que les Bourbons aient sollicité l'intervention des alliés en leur faveur, que leur restauration ne se soit négociée chez Talleyrand en présence de l'empereur de Russie, du roi de Prusse et de deux généraux autrichiens, qu'ils n'aient finalement accepté les conditions des puissances étrangères, même relativement à leur futur gouvernement. Ils recommenceront en 1815 ; cette fois, ils accepteront, pour rentrer, d'abandonner des territoires. Et tout cela vraiment est autre chose qu'une restauration salutaire, due à « l'effort de quelques Français clairvoyants, malgré la mauvaise volonlé des puissances étrangères »." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1917) — "Jacques Delebecque tient un rôle important à l'Action française du second avant-guerre à l'Occupation ; il a publié un court essai sur “La première Restauration et les « fourgons de l'étranger « (1914), une étude d'histoire coloniale, “Gordon et le drame de Karthoum” (1935), et une “Vie du général Marchand” (1936)." (Philippe Boutry)

166.          DESANTI (Dominique). Daniel ou le visage secret d'une comtesse romantique, Marie d'Agoult. Stock, 1980, in-8°, 375 pp, 16 pl. de gravures hors texte, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Marie d'Agoult ? Son nom évoque Franz Liszt, le scandale de leur passion, leurs années d'errance, leurs trois enfants. C'est pourtant après leur rupture que l'histoire, moins connue, de la « divine comtesse » devient fascinante. 1839 : Marie d'Agoult revient à Paris, sans Liszt, le coeur à jamais broyé. Le scandale, le malheur, la beauté attirent vers elle Vigny, Sainte-Beuve, Eugène Sue et le « Napoléon de la presse » Émile de Girardin. Elle les repousse, ne voulant plus être célèbre par un homme mais devenir elle-même : Daniel Stern, écrivain. Elle le devient à travers la révolution de 1848 vécue à l'ombre de Lamartine, dans la rivalité avec George Sand, et la tragédie d'une maternité mal assumée. Ce livre d'Histoire montre les figures majeures du romantisme, de Hugo à Balzac, et du post-romantisme, d'Émile Olivier à Richard Wagner (les gendres de Marie/Daniel). Il présente aussi un reportage sur la vie quotidienne de l'époque dans des milieux très divers, des salons littéraires aux quartiers ouvriers. Cette biographie est le roman vrai d'une séductrice qui refuse l'amour, d'une pionnière qui refuse le féminisme théorique.

167.          DETHAN (Georges). Albert Billot, directeur des Affaires politiques du Quai d'Orsay au temps de Jules Ferry (1883-1885). P., Pédone, 1975, gr. in-8°, 12 pp, broché, bon état (Tiré à part extrait de la Revue d'Histoire Diplomatique)

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Albert Billot (1841-1922), directeur du Contentieux depuis 1880, est à la tête des Affaires politiques de 1883 à 1885 et participe de près aux affaires de Madagascar et d'Indochine ; il est ensuite ministre à Lisbonne puis ambassadeur à Rome (1890-1897). Georges Dethan, qui a étudié les « papiers » de ce haut fonctionnaire, conclut que le directeur des Affaires politiques avait la haute main à la fois sur la conduite de la politique extérieure et sur l'ensemble du personnel diplomatique, malgré les interventions du chef de cabinet du ministre. L'importance de la fonction tient notamment à sa position centrale, à son rôle de relais entre les diplomates en poste à l'étranger et le ministre ; le directeur des Affaires politiques reçoit des ambassadeurs de nombreuses lettres particulières, pour qu'il fasse valoir auprès du ministre leurs observations et leurs recommandations ; bref, c'est par son intermédiaire que le « lobby » des diplomates cherche à exercer une influence sur la conduite de la politique extérieure.

168.          DONNAY (Maurice). Des souvenirs... Fayard, 1933, in-12, 315 pp, broché, bon état

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Souvenirs de Maurice Donnay (1859-1945), auteur dramatique, romancier, critique littéraire. — "Ce récit, tout uni, tout simple, des vingt-neuf premières années de la vie de l'auteur, s'arrête en 1888, quand il devient, au “Chat-Noir”, un des « bons camarades » que le « gentilhomme » Rodolphe Salis annonçait au public. C'est une lecture exquise ; l'adresse du conteur, qui est extrême, n'apparaît nulle part ; la gaîté, fréquente, est sans artifice, et la mélancolie, profonde par endroits, n'est jamais désolante. Pourtant M. Maurice Donnay se laisse aller à dire, avec d'autres plus jeunes d'âge, sinon d'esprit et de coeur, que notre civilisation est en train de mourir... II faut lire ces souvenirs de famille, de lycée, d'Ecole centrale, de régiment. Qu'on ait ou non appartenu, pendant sa jeunesse, au milieu qui nous est dépeint, on ne pourra, la lecture achevée, que l'avoir mieux compris, voire regretter qu'il ait aussi complètement disparu, puisque tant de vigueur, de courage, de charme et de tendresse pouvait y fleurir, tout de même." (R. Guyot, Revue Historique, 1934)

169.          DREWITZ (Ingeborg). Bettina von Arnim. Romantisme, révolution, utopie. Denoël, 1982, in-8°, 310 pp, traduit de l'allemand, tableau chronologique, tableau généalogique, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Née en 1785, morte en 1859, Bettina von Arnim a vécu l'une des plus riches périodes de l'histoire allemande marquée par la guerre de libération contre Napoléon, par l'épanouissement de la musique et de la poésie romantiques, par la montée des revendications révolutionnaires politiques et sociales qui ont abouti à l'explosion – et à l'échec – de 1848. Or, Bettina von Arnim n'est pas seulement témoin de tous ces événements : elle y joue un rôle actif. En tant qu'amie de Goethe (Correspondance de Goethe avec une enfant), soeur du poète Brentano, femme de l'écrivain von Arnim. En tant que conseillère de Frédéric-Guillaume IV à qui elle adressera son ouvrage “Ce livre appartient au roi”, plaidoyer généreux en faveur du libéralisme politique et de la justice sociale... — "Soeur, épouse, mère d'écrivain, amie de Goethe, de Beethoven, des Grimm, de von Humboldt, de Frédéric Guillaume IV, Bettina von Arnim est au coeur du deuxième romantisme allemand et une des "Mères" du mouvement de la "Jeune-Allemagne". Douée pour tous les arts, elle compose, dessine, peint et écrit avec une facilité étonnante. On distingue plus ou moins trois périodes dans sa vie, une jeunesse effervescente, exaltée, principalement marquée par sa passion fantasmée pour Goethe. Ensuite les vingt années de mariage (de 26 à 46 ans) pendant lesquelles elle met 7 enfants au monde. Au cours de cette période, Bettina est encombrée non seulement par les soucis familiaux et domestiques, mais aussi par sa relation difficile avec son mari Achim von Arnim, relation qui ne semble épanouissante ni pour l'un ni pour l'autre. Bettina qui ne supporte guère la vie à la campagne finira, par vivre principalement à Berlin tandis que son époux qui supporte mal la ville vit principalement dans leur propriété de Wiepersdorf . A Berlin, Bettina reçoit beaucoup, tient salon, entretient diverses correspondances. Enfin, la troisième période de sa vie suit la mort de son mari et se caractérise par le début de la publication de ses propres oeuvres et l'édition de celles de son mari. Au cours de cette période les préoccupations de Bettina se tournent de plus en plus vers le"social". Depuis l'épidémie de choléra qui a sévi à Berlin en 1831 et au cours de laquelle, avec d'autres femmes, elle a entrepris d'organiser des secours aux victimes, elle reste préoccupée par le problème du paupérisme. Elle se documente et prépare un "livre des pauvres" qui ne sera pas publié. Le rôle de Bettina von Arnim dans la vie littéraire allemande est assez connu. On a souvent montré que le romantisme allemand se caractérise par l'importance des femmer cultivées qui ont mis en pratique les nouvelles valeurs: amour sensuel, liberté de moeurs, rejet des conventions, primauté du sentiment... S 'émancipant, pour mieux se soumettre eux conseils de leurs maîtres à penser, peu d'entre elles sont cependant devenues de grands auteurs. Et la plus grande qualité de le biographie d'Ingeborg Drewitz, est probablement d'arriver à nous entraîner dans ces méandres, ces allées et venues, ces ébauches, ces velléités, ces insatisfactions, ces passions froides, ces fidélités maternelles et maternantes, cette insatiable curiosité, cette aptitude inouïe à saisir ce qui est nouveau, ou à reconnaître l'art, ... qui ont fait la personnalité de Bettina von Arnim..." (Hedwige Peemans-Poullet, Les cahiers du GRIF, 1982)

170.          DUMAY (Jean-Baptiste). Mémoires d'un militant ouvrier du Creusot (1841-1905). Maspero, Presses universitaires de Grenoble, 1976, in-8°, x-431 pp, introduction et notes par Pierre Ponsot, préface d'Ernest Labrousse, 3 portraits, un fac-similé et 2 plans, 3 index, broché, couv. illustrée à rabats (lég. salie), bon état (Coll. du Centre d'histoire du syndicalisme). Edition originale, ex. du SP. On joint un article de Jean Bruhat sur “Jean-Baptiste Dumay, ouvrier métallurgique et communard” (6-4-1976)

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"Un livre qui fera date puisqu'il s'agit d'une des seules autobiographies d'un militant ouvrier de la seconde moitié du XIXe siècle et d'un ouvrier dont le témoignage est d'autant plus précieux qu'il travaillait au Creusot, symbole s'il en fut de la première révolution industrielle. Ces mémoires, consciencieusement introduites et annotées par P. Ponsot, nous décrivent donc la vie mouvementée de Dumay, depuis sa naissance de fils posthume au Creusot, jusqu'à son élection au siège de député de Belleville, puis à la régie de la Bourse du travail de Paris qui clôt sa carrière politique. C'est d'abord le témoignage exceptionnel d'un ouvrier, politiquement conscient, sur les événements de son époque, avec les traits d'un caractère farouche, tenace et non dépourvu d'orgueil comme le prouvent ses démêlés avec son camarade Alphonse Assi en 1870. Ensuite – avec le dense et indéfinissable vécu que cela sous-tend – c'est un exemple vivant d'attitude politique sur l'écheveau tout aussi embrouillé que de nos jours, des idéaux révolutionnaires : Dumay est à la fois et tour à tour réformiste, révolutionnaire et nationaliste comme bien des militants ouvriers de son époque sur lesquels le sens de l'histoire marxiste exerce encore peu d'influence. Enfin, l'historien des mentalités populaires du XIXe siècle découvrira un trésor dans la lecture du récit du « Tour de France » et du service militaire du jeune creusotin." (J.-R. Trochet, Ethnologie française, 1977)

171.          DUPÊCHEZ (Charles). Marie d'Agoult, 1805-1876. GLM, Perrin, 1989, in-8°, 405 pp, 16 pl. de gravures hors texte, notes, chronologie, biblio, index, généalogie, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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En 1835, Marie de Flavigny, comtesse d'Agoult, abandonne son mari, sa fille et sa haute position sociale pour vivre au grand jour une liaison passionnée avec le pianiste et futur compositeur Franz Liszt. L'une de leurs filles, Cosima, deviendra l'épouse de Richard Wagner. Dans son célèbre salon parisien défilent pendant quarante ans les noms les plus prestigieux des arts, de la littérature, de la musique et de la politique. De nombreuses œuvres lui sont dédiées et elle pose pour peintres et sculpteurs. Balzac s'inspire d'elle pour sa Béatrix. Cette aristocrate d'une grande beauté et d'une intelligence exceptionnelle a combattu toute sa vie en faveur des idées républicaines. Ainsi paraissent de nombreux articles et une dizaine d'ouvrages qu'elle publie sous le nom de Daniel Stern. Parmi ceux-ci, une “Histoire de la révolution de 1848” et de précieux mémoires toujours consultés par les historiens. Charles Dupêchez retrace admirablement ce destin ardent, placé sous le signe de l'amour et de la liberté.

172.          DUVEAU (Georges). La Pensée ouvrière sur l'éducation pendant la Seconde République et le Second Empire. P., Domat Montchrestien, 1947, gr. in-8°, 348 pp, introduction par Ernest Labrousse, Georges Bourgin, Edouard Dolléans, biblio, index, broché, bon état. Edition originale

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"J'ai signalé en son temps la publication du remarquable ouvrage de Georges Duveau : La vie ouvrière en France sous le second Empire (Gallimard, 1946). Dans la Collection d'histoire sociale des Editions Domat-Montchrestien, un nouveau livre paraît : La pensée ouvrière sur l'éducation pendant la seconde République et le second Empire. (...) Deux parties : Les hommes et les œuvres ; Les idées et les programmes. Et que de problèmes ! Comment l'ouvrier a-t-il été instruit ? Par qui ? par des bedeaux ou par des cuistres, par l'enseignement mutuel ou par les Frères de la Doctrine Chrétienne ? Comment se représentait-il l'instruction : je veux dire quelle fin lui assignait-il ? Mais d'abord, quel type d'homme pensait-il qu'il convenait de façonner ? d'homme et aussi de femme ? Comment concevait-il l'éducation du tout jeune enfant, puis de l'enfant, puis de l'apprenti ? Prenait-il parti dans la querelle des Humanités ? Que lisait-il et que désirait-il lire ? Impossible de dire la richesse, la variété, l'intérêt d'une pareille enquête. On ne saura plus rien écrire sur la France populaire d'entre 1848 et 1870 sans recourir à ce livre si fortement nourri et si évocateur d'un temps à la fois disparu et présent en nous. Il faut bien dire que, pour la première fois, un livre sérieux, solide, nourri, nous présente de la mentalité ouvrière quelques-uns des aspects les plus intéressants et les plus révélateurs." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1951)

173.          EUGENE (Eric). Wagner et Gobineau. Existe-t-il un racisme wagnérien ? Le Cherche Midi, 1998, in-8°, 255 pp, préface de Serge Klarsfeld, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Les dramatiques événements de notre siècle ont donné de Wagner une image sulfureuse. L'approximation de sa pensée, ses erreurs manifestes (son antisémitisme, par exemple) conduisent souvent à le ranger parmi ceux que Daniel Goldhagen a récemment appelés les « bourreaux volontaires de Hitler », c'est-à-dire ceux qui en Allemagne ont préparé intellectuellement et moralement la politique d'extermination du dictateur nazi. Le débat est ouvert depuis un demi-siècle et semble loin d'être clos. L'auteur de ce livre apporte toutefois des pièces importantes à ce dossier. En effet, Wagner vers la fin de sa vie a rencontré, fréquenté et lu celui qui est unanimement reconnu comme le père du racisme moderne. Bien plus, Wagner a commenté “l'Essai sur l'inégalité des races humaines”, l'oeuvre majeure de Gobineau. Il a pénétré le fond des positions gobiniennes. Il a présenté à ces thèses des réponses d'autant plus intéressantes que personne ne les lui réclamait puisque l'écrivain français était inconnu à cette époque. Les conclusions du travail d'Éric Eugène montrent un Wagner qui, malgré ses erreurs et ses lâchetés, n'a pas failli sur l'essentiel. Elles expliquent également comment et par quels moyens Hitler pourra ensuite détourner la pensée de Wagner à son profit. C'est un livre important aussi bien pour les lecteurs qui s'intéressent à l'histoire des idées que pour ceux qui veulent tirer des leçons du passé afin de mieux affronter les dangers de notre temps.

174.          FERRY (Jules). La République des citoyens. Textes présentés et annotés par Odile Rudelle. Imprimerie Nationale Editions, 1996, 2 forts vol. in-8°, 508 et 518 pp, imprimés sur vergé supérieur, chronologie, biblio, reliures simili-cuir bleu décorées de l'éditeur, bon état (Coll. Acteurs de l'Histoire, dirigée par Georges Duby). Ouvrage tiré à 1980 exemplaires, celui-ci un des 450 ex. reliés, numérotés de 1 à 450 (n° 90)

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"Jules Ferry serait-il méconnu ? Il est des grands noms dans l'Histoire que leur écho dessert, au lieu de permettre la réappropriation vivante et critique. En rééditant ces textes pour la plupart tirés de l'édition Robiquet (Discours et opinions, 1893-1898), mais aussi du Journal officiel, de la presse ou des archives, Odile Rudelle a magistralement illustré (c'est-à-dire par l'œuvre d'un maître) la thèse qu'elle développe depuis quelque temps : la République n'est pas en premier lieu une idée ou une philosophie, mais la gestion constitutionnelle d'un patrimoine commun de libertés qui donnera d'autant plus libéralement sa place à l'individu si les lois et les institutions parviennent à s'enraciner dans les mœurs. (...) Autant Ferry a combattu les tentatives du « pouvoir personnel » dans le bonapartisme et chez Mac-Mahon, autant il pense que le suffrage universel attend un pouvoir exécutif énergique : « Il veut que son gouvernement se réserve toutes les grandes initiatives ; il a coutume de regarder en haut, en vertu d'habitudes séculaires, pour chercher la direction suprême, l'orientation véritable de la politique du pays » (t. 2, p. 351). Un grand dessein donc, un « pouvoir ministériel » qui en assume la responsabilité, un chef de l'État qu'il faut doter du droit de dissolution, à quoi il faut ajouter une ambition de grandeur nationale : à bien des points de vue Jules Ferry annonce de Gaulle, qui, comme on pourrait le montrer, a littéralement repris certaines formulations. Il ne faut pas s'y tromper : à travers Jules Ferry, c'est toute une réintèrprétation de l'esprit de 89 (par opposition à 93), de ses filiations et des mésinterprétations suscitées par ses alliés-rivaux en radicalisme que nous fait découvrir cette belle édition ; elle devrait conduire à repenser les rapports entre républicanisme et libéralisme." (Lucien Jaume, Revue française de science politique, 1997)

175.          GILLE (Bertrand). Histoire de la Maison Rothschild. T. I : Des origines à 1848. (Thèse). Genève, Droz, 1965, gr. in-8°, 495 pp, sources et biblio, broché, couv. très lég. défraîchie, bon état

            70

Premier volume seul (sur 2 publiés : un second sur la période 1848-1870 est paru en 1967). — "Voici le premier volet d'une oeuvre fort attendue. On sait que l'auteur dispose, de longue date, de la totalité des archives de la « maison » de Paris. A ce noyau documentaire essentiel, il a pu ajouter toute une série de sources privées ou publiques en France, en Belgique, en Autriche, en Tchécoslovaquie, en Espagne, en Italie, en Angleterre etc... La quête parait donc exhaustive. (...) Voici donc « au sens plein du terme, un groupe financier » (p. 10) firme « à plusieurs têtes » et dont « l'activité est très diverse ». Mais aussi « une maison étroitement formée et fermée que l'on entourait de toutes les précautions imaginables pour qu'elle conservât ce caractère familial qui avait toujours été le sien » (p. 455). Peut-être le mécanisme le plus décisif pour rendre compte de l'effet de domination qu'ont exercé les Rothschild à partir de 1820-1825 fut-il leur ubiquité géographique qui leur imposait et leur permettait à la fois les transferts de capitaux d'un « comptoir » à l'autre. Quant aux « hommes », sobrement présentés dans les pages ultimes (pp. 467-488) ils n'étaient pas tous taillés à la même aune. Nathan, « du moins aux yeux de notre époque, paraît n'avoir pas eu une extrême largeur de vues » (p. 469). James apparaît comme ayant eu « l'esprit plus ouvert » (p. 470), alliant « une partie du savoir faire de Nathan et du savoir vivre de Salomon ». Mais, se demande l'auteur, « au service de quelles idées était mise cette organisation merveilleuse ? » (p. 476). Il semble – puisque sur ce point « la documentation est quasi inexistante », car les Rothschild à la différence des Péreire n'ont rien écrit – que ces idées relevaient exclusivement du domaine technique. Ils connaissaient admirablement les mécanismes des échanges, en raisonnaient à coup sûr, et agissaient. Les Rothschild n'ont jamais pensé l'économie. Ils s'y sont adaptés, en praticiens sagaces, en « admirables empiriques ». Ce fut leur force. Et peut-être leur faiblesse." (Jean Bouvier, Revue du Nord, 1966) — "... Nous avons là, vraiment, un instrument de travail bien au point, clairement écrit et qui, dût la modestie de l'auteur en souffrir, et dans les limites que sa documentation lui a imposées, est tout simplement exhaustif – pour fort longtemps." (Jean Bouvier, Revue Historique, 1969)

176.          GUIRAL (Pierre). La Vie quotidienne en France à l'âge d'or du capitalisme, 1852-1879. Hachette, 1980, in-8°, 279 pp, biblio, broché, couv. illustrée, qqs marques au stylo en marges, bon état

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1852 : Napoléon III est élu Empereur des Français. – 1879 : Au lendemain de l'exposition de 1878 qui a démontré que la France, ayant pansé les blessures du désastre de 1870, a reconstitué ses forces vives, la démission du maréchal de Mac Mahon consacre l'établissement de la IIIe République. Entre ces deux dates, le capitalisme connaît, en France, un essor indiscuté. Les banques se multiplient, les chemins de fer se construisent à un rythme rapide ; les principales villes s'agrandissent et se modernisent, les grands magasins se développent ; le rôle de Paris s'accroît à la grande inquiétude de la province. Un tel bouleversement se traduit-il dans les moeurs et les habitudes ? Cette époque que l'on croit paisible voit la naissance du prolétariat urbain, les souffrances ouvrières, éprouvera l'atroce déchirement de la Commune. Cette société raisonnable et sévère connaîtra les frivolités de la fête impériale et la fièvre de l'affairisme. Mais, de temps en temps, cette image contrastée se corrige : la patrie retrouve un visage unanime ; toujours jeune et naïf, le peuple de Paris se rend à Longchamp, voir la revue, rêver de revanche, proclamer son espérance de grandeur.

177.          HASLIP (Joan). L'Empereur et la comédienne. Mercure de France, 1985, in-8°, 447 pp, traduit de l'anglais, un tableau généalogique, broché, couv. illustrée, bon état

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"Ce n'était pas une lumière, François-Joseph d'Autriche. Cela ne l'empêcha pas de brûler de mille feux pour une comédienne, Katharina Schratt. qu'il aima de 1885 à sa mort, trente ans plus tard. Comment Sissi accepta de partager son époux avec une actrice, c'est ce que nous raconte l'auteur. avec un tact exquis et une connaissance des faits qui s'appuie sur des documents inédits. On lit avec plaisir ce roman d'amour qui se déroule sur fond de valses dans l'atmosphère d'une ville que nous aimons : Vienne. Et puis il y a toute la mélancolie qui entoure la fin d'un monde..." (Lectures, 27, 1985)

178.          HÉDOUVILLE (Marthe de). La Comtesse de Ségur et les siens. Editions du Conquistador, 1953, in-8°, 322 pp, reliure toile verte de bibliothèque, dos lisse avec titres, filets et fleuron doré, couv. illustrée conservée, C. de bibl., bon état

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La gloire fut la compensation d'une vie d'épreuves et d'aléas dont l'auteur retrace les principales étapes avec, alliés à la sûreté documentaire, l'élégance de style, le brio et une belle finesse d'analyse...

179.          HUBERT-VALLEROUX (Paul). Le Socialisme en théorie et en pratique. P., Bureaux du Comité catholique, 1900, in-12, 68 pp, broché, bon état

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Brochure anti-socialiste. — "Finissons sur quelque chose de plus clair, d'où les formules nuageuses de la démocratie chrétienne soient bannies et ou la netteté de l'expression nous sauvegarde de l'équivoque des sophismes bien habillés. Alors prenons “le Socialisme en théorie et en pratique”, que la signature de M. Hubert-Valleroux recommanderait suffisamment à elle seule, s'il en était besoin. En théorie, dit-il, tous les socialismes tendent à la ruine de la propriété, sans savoir quel ordre nouveau substituer. En pratique, c'est l'égoïsme individuel, d'où toute charité et tout amour sont absents. Tout cela, chez M. Hubert-Valleroux. est émaillé de traits simples et piquants ou d'anecdotes parfois personnelles ; et tout cela est éclairé par mille emprunts à la statistique contemporaine, pour qu'il ressorte bien que la ploutocratie n'est point ce que l'on dit et que la richesse en France est plus divisée et démocratisée que ne prétendent les socialistes. Cette brochure ou plutôt ce tract – le meilleur de ceux qu'un peut propager – se termine par cette adjuration très opportunément adressée aux catholiques : « Quand donc les catholiques seront-ils convaincus qu'il n'y a aujourd'hui que deux solutions possibles : ou bien la liberté, ou bien les empiétements de l'État dans la vie privée et son rôle indéfiniment étendu, ce qui est le socialisme, quelque nom qu'on lui donne ? » (p. 64)." (Joseph Rambaud, Polybiblion, 1901)

180.          LAFAURIE (Baron). La vérité sur Meyerling. Mes souvenirs. Editions de France, 1937, in-12, viii-194 pp, préface de Raymond Recouly, 3 pl. de gravures hors texte, une gravure à pleine page, notes biographiques, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et vermillon, fleurons dorés, couv. illustrée conservée, bon état

            50

" (...) Sur le drame célèbre de Meyerling, M. Lafaurie rapporte de très intéressantes confidences reçues par lui, en 1912, du prince Léopold de Saxe-Combourg, fils du prince Philippe, qui fut avec le comte Hoyos, le seul invité de l'archiduc Rodolphe à Meyerling, au moment où se produisit la tragédie..." (Préface) — "Un nouveau livre prétend nous apporter la vérité sur le drame de Mayerling. Son auteur, le baron Lafaurie, assure avoir reçu les confidences du prince Léopold de Saxe-Cobourg, fils du prince Philippe, qui fut l'un des premiers témoins du drame. Marie Versera, incapable d'accepter l'idée d'une séparation, aurait mutilé l'archiduc Rodolphe pendant son sommeil et celui-ci, au comble de la douleur, aurait étranglé sa maîtresse puis se serait tiré un coup de fusil dans la bouche. Quand le valet de chambre Lorchek, réveillé par la détonation, pénétra dans la piéce, il trouva les amants étendus dans des flaques de sang. Le rasoir, le fusil, la nature des plaies permirent de reconstituer la tragédie, comme il vient d'être fait, dans ses actes et ses mobiles. Il serait discourtois de mettre en doute les assurances que donne le baron Lafaurie et les propos du prince Léopold. Mais on doit écrire néanmoins qu'ils sont invraisemblables et démentis notamment par les Souvenirs de la princesse Stéphanie. La princesse, pour mettre fin à tant de ragots, a publié en facsimilé la lettre d'adieu de l'archiduc, écrite la veille de son départ pour Meyerling. Ce document, où il lui exprime sa volonté de mourir, aurait dû suspendre toute interprétation nouvelle du drame ; mais le goût du mythe, la tendance de trop d'esprit à ne pas accepter la solution la plus simple, sont plus forts que la vérité établie. Un document irréfragable n'y suffit pas : on le tient pour un faux et on recommence à imaginer des mystères. L'archiduc Rodolphe avait le goût de la mort et d'entraîner avec lui un être aimé dans la mort. La pauvre petite Versera, presque encore une enfant, a dû l'y suivre sans lutte ; à peine a-t-elle hésité peut-être, parce que l'instinct de la vie est fort chez une fille de dix-sept ans. Mais tout à dû se passer simplement, je veux dire romantiquement. A quoi bon imaginer cette boucherie affreuse ? Et puis il faut écrire que cela n'a aucun intérêt : les motifs de la mort importent plus ici que ses formes. On a voulu voir dans ce drame un crime politique destiné à changer des influences dynastiques. Et ceci est encore imaginaire. Le crime politique se produisit un quart de siécle plus tard et celui-là eut de nombreux témoins et nous savons, hélas, quelles furent ses conséquences. Le vœu de la pudeur serait qu'on laissàt enfin dormir tranquilles ce couple d'amants. Les morts, les pauvres morts ont droit au repos. Acceptons, puisqu'il faut sacrifier aux divinités, que la délicieuse Mlle Danielle Darrieux ait doublé l'ombre de Marie Vetsera mais que ce soii là un suprême travestissement ; et que l'avenir, pour Meyerling, soit enfin silence." (Guermantes, Le Figaro, 14 août 1937)

181.          LARISCH (Comtesse Marie). Mon passé : Le drame de Meyerling. P., Emile-Paul Frères, 1936, in-12, 290 pp, nouvelle édition, traduit par la comtesse Jean de Ségonzac, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et vermillon, fleurons dorés, couv. illustrée conservée, bon état

            60

Par la comtesse Marie Larisch (née Baronne de Wallersee), nièce de l'impératrice Elisabeth d'Autriche et fille du duc Louis de Bavière. la comtesse Marre, fille du duc Louis de Bavière, qui était, en cette qualité, reçue dans l'intimité de la cour impériale d'Autriche, avait joué un certain rôle dans la liaison de l'archiduc Rodolphe avec la jeune baronne de Vetsera. Après le drame de Meyerling, la comtesse avait dù quitter la cour et l'Autriche.

182.          LAVISSE (Ernest)( dir). Histoire de France contemporaine depuis la Révolution jusqu'à la paix de 1919. Tome 4 : La Restauration (1815-1830). Par Sébastien Charléty. Hachette, 1921, gr. in-8° carré, 397 pp, 20 pl. de gravures hors texte, reliure demi-chagrin chocolat, dos lisse orné en long, pièces de titre sur fond noir, têtes dorées, filet doré sur les plats (rel. de l'éditeur), mors et coiffes lég. frottés, bon état

            30

"Un des meilleurs tableaux qu'on ait peints de la Restauration. Avec son sens exact des proportions, son souci de ne parler que des choses importantes, S. Charléty nous a fourni un exposé bien équilibré, alerte, nourri d'idées générales, non seulement de la vie politique, mais de la vie économique et intellectuelle." (Ch. Petit-Dutaillis, Revue Historique) — "... Les préoccupations politiques l'emportent sur toutes les autres en 1815, comme on peut s'en convaincre par l'excellente analyse de l'esprit public que donne M. Charléty dans les premiers chapitres du volume consacré à la Restauration : les luttes de partis, l'agitation politique, l'action de la Chambre introuvable, la Charbonnerie, etc... revivent dans ces pages et, sous les détails précis et nombreux, leur physionomie apparaît cependant facile à saisir. Toute la nouvelle génération intellectuelle, avec Saint-Simon, Jouffroy, La Mennais, les romantiques, et d'autres, la congrégation et les « envahissements » du clergé sont restitués ; il y a là un tableau des idées, doctrines, opinions tout à fait remarquable. On assiste au développement du libéralisme, à travers les critiques serrées de l'administration royale, les luttes tenaces contre la congrégation et les jésuites, et jusqu'à l'explosion de 1830. La vie économique de la Restautation présente des traits bien caractéristiques. C'est l'époque des discussions sur le régime douanier et le début du mouvement libre-échangiste, c'est l'essai d'établir un système colonial, l'apparition des chemins de fer, l'organisation de la poste aux lettres. L'industrie s'installe sans égard à la condition des ouvriers, auxquels on impose les longues journées,les bas salaires, les conditions anti hygiéniques de travail. Mais toutes les classes sociales voient leur niveau de vie s'élever, leurs revenus s'amplifier; l'esprit d'association se manifeste, à la fois par des buts lucratifs et proprement commerciaux et pour des fins désintéressées, avec les mutualités et les sociétés philanthropiques... (...) Il faut louer tout d'abord la présentation extérieure des volumes, qui fait honneur à la librairie française. Imprimé sur papier vergé et mat,donc clément aux yeux du lecteur, dans un caractère très lisible, ils ont aussi bon aspect qu'on peut le souhaiter. Le texte s'accompagne de très nombreux sous-titres, en « manchette extérieure », qui n'en rompent point la continuité, mais permettent cependant de retrouver aisément les passages qu'on veut relire. Les illustrations, assez nombreuses, tout en restant un simple accessoire du texte et sans jamais encombrer,sont heureusement choisies : portraits, reproduction de documents, de tableaux d'histoire, de monuments ou d'oeuvres d'art, elles complètent les descriptions des milieux ou le récit des faits en introduisant un reflet animé d'une époque dans les pages du livre." (Roger Picard, Revue d'histoire économique et sociale, 1925)

183.          LE FAURE (Amédée). Histoire de la guerre franco-allemande, 1870-71, illustrée de 110 portraits et de 32 cartes et plans. P., Garnier frères, s.d. (1901), 4 vol. in-12, vii-488, 425, 484 et 499 pp, nouvelle édition revue et annotée par Désiré Lacroix, 110 portraits gravés et 32 cartes et plans dans le texte, brochés, bon état

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"M. Amédée Le Faure était rédacteur au journal « La France », lorsque la guerre de 1870-71 éclata. II fit comme « reporter » une partie de la campagne. Après la paix de Francfort, il entreprit d'écrire l'histoire de la guerre, passa plusieurs années à recueillir des matériaux, les mit en oeuvre et publia, en 1878, en 2 volumes in-4°, ornés de portraits et de cartes, le résultat de son travail. C'est cet ouvrage que la librairie Garnier entreprend de rééditer en 4 volumes in-12. M. Désiré Lacroix a revu la copie avant l'impression et y a joint des notes, surtout biographiques, assez nombreuses. Bien qu'incomplet sur certains points, en raison de la date de son apparition, l'ouvrage de A. Le Faure est d'une lecture intéressante ; l'exposé est sobre, impartial, et appuyé sur des documents de valeur, dont un certain nombre sont reproduits in extenso." (Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1901)

184.          LEON (Paul L.). Benjamin Constant. PUF, 1930, in-8°, 100 pp, 60 pl. de gravures et fac-similés hors texte, broché, bon état (Coll. Maîtres des littératures)

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"Une biographie pour les besoins de la cause, puisque l'auteur veut surtout nous préparer à la lecture d'Adolphe, le roman qui a assis la réputation littéraire de Constant. Elle nous en apprend bien suffisamment sur les aventures de Benjamin. Ajoutons surtout que le volume est accompagné de notes bibliographiques à jour et de planches remarquablement choisies. Voilà même qui fait l'originalité et la valeur de la collection Rieder. On ne saurait exagérer la portée de l'effort réalisé pour un prix très convenable. Ces planches sont très expressives, émouvantes parfois ; le mieux qu'on puisse dire est qu'elles créent une atmosphère de sympathie autour de Constant." (R. Schnerb, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1933)

185.          MARGUERITTE (Victor). Prostituée. P., Bibliothèque Charpentier, Eugène Fasquelle, 1907, in-12, (8)-500 pp, reliure demi-chagrin acajou, dos lisse orné en long, pièce de titre basane tabac (rel. de l'époque), bon état. Edition originale sur papier courant (il n'y a eu que 40 grands papiers)

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"Frère de Paul Margueritte, Victor Margueritte entreprend d'abord une carrière militaire. En 1886, il s'engage dans les spahis et deviendra lieutenant de dragons avant de démissionner de l'armée en 1896. Il collabore pendant plus de dix ans avec son frère ; mais, dans le même temps, il écrit quelques pièces pour le théâtre, par exemple La Double Méprise (1898), adaptée de Calderón. À partir de 1907, il publie de nombreux romans à succès qui exploitent un réalisme assez cru. Déjà dans “Prostituée” (1907), l'étude d'un problème social, qu'il traite d'ailleurs avec beaucoup de justesse, se mêle à des notations d'un érotisme complaisant." (Antoine Compagnon)

186.          MAZAS (Alexandre) – Louis ROZET. La Révolution de Juillet, 25 juillet-16 août 1830. Impressions et récits contemporains, Mémoires d'Alex. Mazas, Chronique de Rozet, publiés avec une introduction, deux notices, des appendices, par Raymond Lécuyer. Fayard, s.d. (1910), gr. in-8°, 159 pp, texte sur deux colonnes, illustré par 110 portraits, gravures, fac-similés, bandeaux et vignettes du temps dans le texte et à pleine page, lexique des noms cités, reliure percaline moutarde décorée de l'éditeur, couv. illustrée conservée, bon état (Coll. Mémoires et souvenirs publiés sous la direction de F. Funck-Brentano)

            30

"Fidèle de Polignac, Mazas livre ici un récit très intéressant de la révolution de juillet 1830, avec de nombreux détails sur les péripéties politiques et militaires de la dernière semaine de juillet 1830." (Bertier, 709) — "Ce volume de la collection Funck-Brentano est très intéressant. Alexandre Mazas était un royaliste fervent, soldat au service de Louis XVIII à Gand, plus tard conservateur-adjoint à la bibliothèque de l'Arsenal, destitué par Guizot, son ancien « camarade de Gand » ; il a laissé des Mémoires qui représentent la Révolution de juillet vue du côté des royalistes : le désarroi à Saint-Cloud, aucune préparation militaire, toute liberté laissée à la Révolution ; Mazas, secrétaire de M. de Mortemart, parcourut alors tout Paris avec son « patron », travaillant à sauver le trône de Charles X par le seul sacrifice de Polignac et de ses ordonnances : par là ce document est de premier ordre. – Louis Rozet, qui fut en 1833 préfet de l'Aveyron, n'est pas partial ; il serait plutôt cependant de l'autre côté de la barricade; sa Chronique raconte la bataille de Paris jour par jour, avec beaucoup de détails circonstanciés, au Louvre, à l'Hôtel-de-Ville, à la caserne de la rue de Babylone, puis l'avènement du duc d'Orléans, le rôle de Thiers et de Mme Adélaïde jusqu'à la proclamation du nouveau roi." (E. Driault, Revue Historique, 1911) — "Il faut faire accueil à tous les documents capables de nous éclairer sur les journées de Juillet. Les Mémoires d'Alexandre Mazas sont de ce nombre et aussi la chronique de Louis Rozet. Et c'est une heureuse pensée qu'a eue M. Raymond Lécuyer, en songeant à les publier. Il a su, très exactement, en préciser la valeur et en souligner l'intérêt. Sa collection lui a permis, fort à propos, d'en compléter l'illustration. Mémoires et chronique sont, du reste, fort différents. Mazas parle, en témoin, de l'insouciance, puis du désarroi de la Cour de Charles X lors de la crise finale ; il a vu, de ses yeux de monarchiste impénitent, la maladresse des princes, l'égoïsme des courtisans et la force irrésistible de l'insurrection. Il a tenu un rôle important dans la tentative faite, par Charles X, pour substituer au ministère Polignac un ministère Mortemart et pour se réconcilier in extremis avec le peuple. Mazas détruit la fameuse légende dont les Mémoires de la comtesse de Boigne se font encore l'écho et qui représente Charles X jouant tranquillement sa partie de whist à Saint-Cloud, pendant que six mille barricades étaient dressées à Paris et que l'on s'y mitraillait. Le roi ne mêla pas les cartes et il ne quitta guère son balcon où le bruit du canon l'immobilisait. Il proclamait : « Je ne veux pas, comme mon frère, monter en charrette ; je veux monter à cheval. » Et, pendant ce temps, le duc de Bordeaux, sa sœur et tous les bambins du château jouaient, eux, à la guerre civile : le duc, habillé en grenadier de la garde, commandait les soldats royaux ; Mademoiselle était à la tête des insurgés parisiens. – Louis Rozet nous a laissé sur la révolution de Juillet une chronique très abondante, en deux volumes, achevés en 1832. Il y parle sans autre passion que celle de la vérité. Et il complète à merveille tout ce que Mazas n'a pas vu. Paris était sans lumière ; tous les réverbères étaient renversés. Seules les barricades étaient garnies de petits lampions et quelques fenêtres étaient illuminées. Les troupes avaient à subir une guerre toute nouvelle, la fusillade à domicile et le feu des tirailleurs aux fenêtres. Les citoyens visaient de haut en bas, les soldats ripostaient de bas en haut. Le musée d'artillerie fut pillé : un grand diable d'homme voulait la lance de François Ier ; il fallut la lui donner et elle manque encore aujourd'hui. Mais le mousquet du cardinal de Richelieu était passé aux mains d'un garçon de café et fut restitué. Le conservateur du musée, M. de Carpegna, traversa des minutes horribles : il venait de constater le vol d'une des armures les plus précieuses de sa collection. Tout à coup, d'une fenêtre, il aperçut un ouvrier se pavanant sur la place, le chef orné d'un heaume magnifique. «Arrêtez ! cria-t-il : arrêtez ! C'est le casque de Godefroy de Bouillon ! » Et le précieux casque fut aussitôt rapporté. Godefroy de Bouillon était plus honoré que Charles X." (G. Dupont-Ferrier, Bulletin de la Société d'histoire de la Révolution de 1848, 1910)

187.          NICOLAŸ (Fernand). Aux Classes dirigeantes : Ce que les pauvres pensent des riches. Perrin, 1909, in-12, 302 pp, reliure demi-basane verte, dos lisse avec titres et triples filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, MANQUE les 4 dernières pages (pp 303-306), sinon bon état

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Ouvrage couronné par l'Académie française en 1911. Jules-Fernand Nicolaÿ (1848-1922, est un avocat, essayiste et conférencier catholique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. — "M. Nicolay croit que l'antagonisme des classes provient d'un malentendu et d'une méconnaissance absolue des besoins ou des sentiments des riches et des pauvres. Aussi juge-t-il nécessaire de les éclairer les uns et les autres, les riches surtout, ceux qui seuls ont quelque chance de lire son livre. A son avis il n'est que temps... C'est du reste l'épigraphe de son livre. Pour cela il a eu recours au dialogue et a laissé parler des ouvriers et patrons, des avocats et syndiqués, faisant valoir chacun leurs raisons et leurs préférences en faveur de tel ou tel système ou de telle résolution. Sans doute le dialogue a du bon, mais il est difficile à la longue de se montrer impartial et de ne pas tomber dans la monotonie et les redites. En outre on a des tendances à prêter à ses adversaires des arguments facilement réfutables et de leur fournir des raisonnements plus ou moins niais. A cet égard l'ouvrier que fait parler notre auteur sur les grèves et les retraites ouvrières ne représente pas l'élite des socialistes qui ne voudraient pas le reconnaître pour un des leurs. Le chapitre “à quoi servent les riches” nous a fait penser, sans la valoir, à l'étude si originale de M. Gide parue dans cette Revue. Ce livre fera penser et réfléchir pas mal de ses lecteurs et M. Nicolay a été bien inspiré en voulant que riches et pauvres se connaissent pour pouvoir se rapprocher, et, au lieu de rester sans cesse en conflit, qu'ils coopèrent à une oeuvre commune de relèvement moral et de paix sociale." (Le Christianisme social, mai 1909)

188.          PALIKAO (Général Charles-Guillaume Cousin de Montauban, comte de). Un ministère de la Guerre de vingt-quatre jours, du 10 août au 4 septembre 1870. Plon, 1874, gr. in-8°, 196 pp, 3e édition, une grande carte dépliante en couleurs hors texte, broché, bon état

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"... C'est en présence des dispositions stratégiques d'un ennemi aussi vigilant qu'audacieux et avec des forces à peine rassemblées à Châlons que le général de Palikao parlait de revenir aussitôt à l'action. Il avait deux ou trois plans de campagne en quelques jours. Il voulait ou qu'on allât droit sur Verdun pour culbuter le prince de Saxe et donner la main à l'armée de Metz, - ou qu'on marchât par Stenay sur Montmédy, si Bazaine ne pouvait plus percer que de ce côté, - ou bien enfin qu'on se jetât sur le prince royal de Prusse en marche sur Paris par la ligne de l'Est. Il n'y avait que le choix des combinaisons tour à tour proposées et agitées, malheureusement fondées les unes et les autres sur une appréciation bien peu juste de nos forces, et sur une ignorance des mouvemens de l'ennemi qui ne fut peut-être jamais égalée, qui reste un des phénomènes les plus étranges de cette étrange et triste guerre..." (Charles de Mazade, Revue des Deux Mondes, 1874) — "Celui qui fut le commandant en chef de l'expédition de Chine dénonce la politique d'économie dont l'armée fut l'objet." (Bourachot, 107)

189.          PELLAPRA (Emilie de). Une fille de Napoléon. Mémoires d'Emilie de Pellapra, comtesse de Brigode, princesse de Chimay. Publiés avec une introduction par la princesse Bibesco. P., Editions de la Sirène, 1921, pt in-8°, 185 pp, préface de Frédéric Masson, 8 pl. de portraits et documents hors texte, broché, mque la page de faux-titre, bon état

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Longtemps considérée comme une fille naturelle de Napoléon, Emilie Pellapra (1806-1871) connut un destin singulier. Fille d'un riche financier, elle épouse à 18 ans le comte de Brigode, ancien maire de Lille et pair de France, de trente ans son aîné, qui avait été chargé par la famille de lui trouver un mari. En 1827, elle accouche de jumeaux. Un mois plus tard son mari meurt. Elle a 21 ans. Elle rachète au duc de Bellune l'immense château de Ménars (Loir-et-Cher), ancien domaine de la marquise de Pompadour. Dans les salons de son hôtel parisien et en Val de Loire, de nombreux prétendants courtisent la riche veuve qui porte son choix sur Joseph de Caraman, prince de Chimay, fils de la célèbre Madame Tallien, égérie de la Révolution française. De ce mariage d'amour naissent quatre enfants. Émilie accompagne son mari lors de séjours diplomatiques à la cour d'Angleterre ou à celle de Napoléon III. Les lettres écrites lors de ces déplacements à Fontainebleau et à Windsor, ainsi que le journal qu'elle tient en 1859, complètent les souvenirs d’Émilie Pellapra, comtesse de Brigode, princesse de Chimay, qui s’arrêtent en 1849, peu après la naissance de son fils Joseph. Décédée en 1871, elle est la grand-mère de la comtesse Greffulhe, modèle de la duchesse de Guermantes, et de la princesse Bibesco, qui exhuma ces mémoires en 1921.

190.          PETIT (Edouard). L'Ecole de demain. P., Librairie d'Education nationale, s.d. (1904), in-12, 564 pp, 2e édition revue et augmentée, préface de M. Etienne Jacquin, reliure toile noire de bibliothèque, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), bon état (Bibliothèque d'instruction et d'éducation du citoyen). Rare

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"Ce livre se compose de huit chapitres : Autour de l’école, Œuvres vues ; Des fêtes ; De l’Ecole au Lycée ; Féminisme pratique ; Après l’École ; Femmes et hommes d’œuvres ; Vers l’éducation sociale. C’est un tableau très animé, très vivant, peint fidèlement d’après nature, des expériences, des tentatives faites en tous lieux, en tout sens, pour donner son plein développement à l’école laïque, pour perfectionner cet instrument du progrès démocratique et républicain, pour faire jaillir plus pure et plus abondante la source où se retrempera la conscience nationale, où se renouvellera l’âme du peuple de France. Ce livre est un recueil de notes, d’articles, de chroniques, de comptes rendus écrits pour des revues spéciales ou des journaux quotidiens ; il contient aussi des rapports rédigés sur des questions mises à l’ordre du jour par la Ligue de l’Enseignement. Il offre ainsi dans sa forme une grande variété, qui lui donne de l’attrait, et, comme il s’y marque en même temps une évidente unité d’inspiration, l’attention du lecteur n’est pas seulement captivée, mais fixée et retenue. Quant au style, il conserve ces allures d’improvisation rapide, aisée et brillante par où il avait déjà plu dans les ouvrages précédents du même auteur. M. Edouard Petit est sans doute un lettré ; mais il veut surtout que ses livres soient des actes et poussent ses lecteurs à agir." (Maurice Pellisson, La Revue pédagogique,1902)

191.          POLI (Annarosa). L'Italie dans la vie et dans l'œuvre de George Sand. Armand Colin, 1960, gr. in-8°, xi-453 pp, 14 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le travail d’Annarosa Poli prend place parmi les quelques œuvres pionnières qui se sont efforcées de redonner la place qu’elle méritait à un auteur méprisé et à une femme décriée. L’ouvrage, en effet, paraît en 1960, et il est à l’évidence le fruit d’un long, minutieux, exemplaire travail préparatoire. Or, seuls quelques chercheurs, dans la décennie 1950-1960, qui passaient d’ailleurs pour excentriques, s’intéressaient alors à George Sand autrement que comme la romancière de bluettes paysannes. C’était cependant plus la vie que l’œuvre qui était mise en avant. Cette fascination pour une vie “scandaleuse” plutôt que pour une œuvre que ses contemporains jugèrent pourtant de tout premier ordre, continue, hélas, de nos jours, même si le “scandale” est traité positivement. Annarosa Poli a donc eu d’autant plus de mérite à prendre en compte tout l’œuvre qu’elle ne disposait même pas alors des œuvres autobiographiques et de la Correspondance dans les éditions entreprises par G. Lubin, même si celui-ci lui communiqua, avec la gentillesse qu’on lui connaît, des renseignements utiles. Ce qui rend cet ouvrage particulièrement précieux, c’est d’une part l’originalité et la richesse de la thématique adoptée, d’autre part la qualité non seulement de la recherche, mais aussi de la mise en œuvre des éléments recueillis, qui en font, même à l’heure actuelle où elles abondent, l’une des biographies les plus intéressantes et les plus sûres. — "Étant donné l'importance de l'Italie dans la culture musicale et littéraire de Sand et dans son inspiration romanesque, il était normal qu'une sandiste de la première heure, le professeur Annarosa Poli, spécialiste de la littérature du XIXe siècle connaissant bien les archives françaises et italiennes, fit autorité dans le domaine de la bibliographie de George. Son ouvrage le plus diffusé : l'Italie dans la vie de George Sand, paru chez Armand Colin en 1960, est une mine de renseignements sur la vie vénitienne de la romancière, de Musset et du Dr Pagello." (Francine Mallet, George Sand, 1995)

192.          RUDE (Fernand). Voyage en Icarie. Deux ouvriers viennois aux Etats-Unis en 1855. Textes établis et présentés par Fernand Rude. PUF, 1952, in-8°, x-308 pp, préface de André Siegfried, 8 pl. de portraits, gravures, carte et fac-similés, broché, bon état. Edition originale

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Les souvenirs d'un voyage aux États-Unis en 1855, par Jean-Francois Cretinon et François-Marie Lacour (de Vienne sur le Rhône), partis rejoindre la colonie icarienne de Nauvoo. Le séjour se poursuit par un long périple à travers les États-Unis. — "L'aventure icarienne aux Etats-Unis dans la deuxième moitié du XIXe siècle a donné lieu à une vaste littérature, à laquelle est venue s'ajouter, ces dernieres années, la publication de témoignages inédits d'anciens Icariens. Le livre “Allons en Icarie. Deux ouvriers viennois aux Etats-Unis en 1855”, présenté par I'historien Fernand Rude, est construit autour des récits laissés par Jean-Francois Crétinon et Francois-Marie Lacour, deux icariens déçus. Ainsi que le signale Fernand Rude, chaque membre doit, selon la 47e condition d'admission rédigée par Cabet, pour être admis au sein de la communauté, remettre à son arrivée la chronique de son voyage. Dans l'introduction, longue et fort documentée, Rude resitue l'épopée des deux Viennois dans son contexte et en comble les nombreuses lacunes." (Diana Cooper-Richet, Le Mouvement social) — "Les quatre-vingts pages d'introduction du livre constituent une importante contribution à l'histoire et à la sociologie de l'utopie cabétiste. Oui, utopie, car il s'agit bien d'une idéologie personnelle, indépendante de toute structure économique, aboutissant à une société créée de toutes pièces sur des bases strictement morales. Cette idéologie utopiste portait le même nom qu'une doctrine dont les tenants affirment qu'elle est le contraire d'une utopie, mais bien la résultante prévue de données économiques et sociales nécessaires, et elle en diffère profondément. Par contre, elle a des rapports certains avec le babouvisme, l'owénisme, et il est possible que le mouvement italien actuel connu sous le nom de Comunità ait quelques liens avec la Communauté de Cabet. Mais il faut voir une autre parenté de celle-ci, celle qui l'attache au fouriérisme, propagateur de phalanstères. C'est, en effet, un système de type phalanstérien dont Cabet adonné le plan dans son Voyage en Icarie paru, sous sa première forme, en 1839-1840. L'œuvre a eu un immense succès, français et international. Elle a eu une résonance singulière à Vienne, l'une des neuf villes de France abondantes en communistes actifs : soixante-deux abonnés au Populaire contre seize à Grenoble, voilà une indication chiffrée qui a sa valeur, et il n'est pas étonnant que, dans le premier contingent d'Icariens qui décident, en février 1848, de partir pour le Texas, il y ait un Viennois. La foi des cabétistes dans leur messie ne devait pas être bousculée par les premiers échecs : en 1849, en 1850, il y eut de nouveaux départs auxquels participèrent encore des Viennois, et, en 1855, cinq familles de Vienne, réunissant dix-huit personnes, partirent pour Nauvoo. Ce sont les papiers de deux de ces familles qui, mis à la disposition de M. Rude, lui ont permis de dégager les journaux de voyage de deux des partants et qu'il publie. L'une des relations est de J.-F. Crétinon, ouvrier imprimeur, l'autre de F.-M. Lacour, compagnon chapelier : deux témoignages qui se complètent étroitement, mais qui émanent de deux individualités très différentes, dont l'éditeur a bien marqué les caractères propres. M. Rude a pris comme base de son édition le texte de Crétinon, joignant, en caractères italiques, les parties du journal de Lacour qui ne sont pas un simple remaniement du texte de Crétinon..." (Georges Bourgin, Revue Historique, 1954)

193.          SAND (George). Elle et Lui. Neuchâtel, Ides et Calendes, 1963, pt in-8°, 284 pp, brillante et cruelle préface par Henri Guillemin (123 pages), broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Le Sablier), bande éditeur conservée (“Le procès des amants de Venise”)

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« L’aventure de Venise » est une intarissable manne ; un séisme dont les secousses se font sentir des bords de l’Adriatique jusqu’aux terres de Croisset. En 1859, George Sand arrange ses souvenirs et publie “Elle et Lui”, vision romancée de ses amours avec Musset. « Se donnant trop le beau rôle », selon Sainte-Beuve, elle se peint en Thérèse Jacques, une jeune femme généreuse liée à Laurent de Fauvel, un artiste cyclothymique. L’image parfois belle qu’elle donne de Musset dissipe à peine l’insidieuse accusation de folie qui, à rebours, l’emporte sur l’apparente commisération. Blessé par ce livre qu’il juge irrespectueux pour la mémoire de son frère, Paul de Musset répond par un récit de vengeance, “Lui et Elle”. Polémique, scandale, éreintement... (Sylvain Ledda)

194.          SAND (George). Le Diable aux champs. P., Michel Lévy, 1865, in-12, iv-320 pp, nouvelle édition, reliure demi-toile verte, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), bon état (Oeuvres de George Sand)

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Un saisissant tableau de la France au milieu du XIXe siècle. Le Diable aux champs, publié en 1857 mais commencé en 1851, devait donner, dans cette étonnante forme hybride du roman dialogué et sous une forme légère, un portrait de la société française après l'échec de 1848. Au générique : des familiers de Nohant, en particulier des artistes, Maurice et ses amis préparant un spectacle de marionnettes, des personnages ressuscités de romans défunts, philosophes ou paysans face à des personnages nouveaux, curés, bourgeois, aristocrates, enfin des chœurs d'animaux qui ponctuent les sept parties du roman. Le contexte politique du coup d'état obligera Sand à s'adapter aux événements sans perdre de vue ses principes. Le spectacle, l'intrigue sentimentale et surtout leurs idées différentes sur l'Art, la Politique, la Religion, la Société, l'Amour et le Mariage, réunissent les acteurs de cette comédie monstre.

195.          SCHUH (André)(en collaboration avec Michel Riche). Le Second Empire. Grandeur et déclin. De Plombières à Sedan. Chez l'auteur, 2002, in-8°, 276 pp, 18 pl. de gravures et fac-similés hors texte, biblio, index, généalogie, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, exemplaire nominatif et numéroté, envoi a.s.

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Un nouvel éclairage sur le Second Empire par l'ancien président de la société des Amis de Napoléon III. L'auteur met en exergue l'oeuvre de l'Empereur et montre la richesse spirituelle du règne ; pour lui, à partir du coup d'Etat, la France va connaître une prospérité jamais atteinte. Ceux, qui ont décrié ce grand moment de notre histoire sans l'approfondir, sont injustes et jugent le Second Empire exclusivement sur la défaite, or aucun régime n'a autant fait...

196.          TABEUR (Jean). La Province contre Paris ! Les barricades du peuple, 1848-1871. Economica, 2009, gr. in-8°, 322 pp, cartes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Chronique d'une histoire comparée 2, Coll. Campagnes & stratégies)

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En 1830, le sang du peuple avait coulé dans Paris, mais il n'avait servi qu'à établir une monarchie bourgeoise, par crainte d'un retour à une république révolutionnaire. En 1848, après les journées insurrectionnelles de février, le peuple put cette fois imposer que la République soit proclamée à l'Hôtel-de-Ville. Un gouvernement provisoire fut institué et présidé par Lamartine. L'enthousiasme fut général dans Paris. Des arbres de la Liberté étaient plantés et bénis par des prêtres. L'Eglise renouait avec le peuple des travailleurs... En mars 1871, la révolte du peuple de Paris fut la conséquence d'un état de fait qui se résume en plusieurs points. La misère et les difficiles règles de travail auxquelles la classe ouvrière était astreinte perduraient encore malgré quelques avancées. Cinq mois de siège vécus dans des conditions effroyables, bravant le froid et la faim, l'avaient affaibli moralement et physiquement. La capitulation et la présence des Prussiens à Paris ne pouvaient que provoquer un sentiment d'humiliation et de colère après que ce peuple ait fait preuve de patriotisme... Des lois votées à Versailles, réduisant les uns au chômage, d'autres à la faillite, s'ajoutaient à leur misère. Enfin, ce fut le coup de main militaire voulu par M. Thiers pour reprendre les canons gardés par les Fédérés. Croyant à un coup d'État, les Parisiens des quartiers populaires s'opposèrent à l'armée...

197.          TENOT (Eugène). La Province en décembre 1851. Etude historique sur le coup d'Etat. P., Armand Le Chevalier, 1868, in-8°, vi-338 pp, 3e édition, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleuron dorés (rel. de l'époque), tout pt accroc au dos, bon état. Exemplaire fort bien relié et sans rousseurs

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Troisième édition publiée l'année de l'originale. E. Ténot était rédacteur au Siècle qui avait le plus fort tirage des journaux d'opposition. Cette étude, parue en profitant du tournant libéral et parlementaire du régime, est une relation très estimée du "2 décembre", qui eut un énorme succès et devint immédiatement un ouvrage de référence. Pierre Larousse a écrit :" Source de précieux renseignements historiques, récit consciencieux, exact et impartial des faits, restera comme l'une des sources les plus importantes pour l'histoire de ces évènements ". — Table : Départements du Centre et de l’Est : Loiret, Allier, Saône-et-Loire, Jura, Ain. – Départements du Centre : Nièvre, Yonne. – Départements du Sud-Ouest : Tarn-et-Garonne, Lot, Aveyron, Lot-et-Garonne. – Départements du Sud-Ouest : Gers. – Départements du Midi : Pyrénées-Orientales, Hérault, Gard. – Départements du Midi : Marseille et le Var. – Départements du Midi : Basses-Alpes et Vaucluse. – Départements du Midi : Ardèche et Drôme. – Conclusion. – Appendice.

198.          WALDECK-ROUSSEAU (Pierre). Associations et Congrégations. P., Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle éditeur, 1901, fort in-12, v-452 pp, broché, manque les pages de faux-titre et de titre et le 2e plat de couverture, sinon bon état. Edition originale, un des quelques exemplaires sur papier de Hollande. Rare, particulièrement en grand papier

            50

Recueil de discours et de textes officiels (1883-1901) qui devaient aboutir aux lois sur les associations religieuses puis à la séparation de l'Eglise et de l'Etat. — "Ce volume nouvellement paru qui porte ce titre Associations et Congrégations, est le recueil des discours que le président du Conseil a prononcés dans la discussion récente, devant la Chambre et le Sénat. Cette bataille oratoire remplit un volume de 300 pages Un volume de discours qui se lit ! Le fait est rare. Les plus beaux discours disait un grand parlementaire anglais ont changé, parfois, une opinion ; mais jamais un vote. Ecoutés ou lus, le sort des discours est le même. Le livre de M. Waldeck-Rousseau ne ralliera pas les gens que ses discours n'ont pas convaincus. Ils seront, du moins, surpris d'avoir pu lire de l'éloquence, parce qu'elle a du style (contrairement aux usages parlementaires) ; et ils admireront que dans cette thèse politique, qui se déroule au cours de tout un volume, il n'y ait pas une fissure. Le président du conseil a voulu mettre, en tête de ses discours récents, un discours déjà ancien, celui qu'il prononçait au Sénat, en qualité de ministre de l'intérieur, le 6 mars 1883. Il combattait une proposition de M. Dufaure sur la liberté des associations. Il termina par cette phrase, très écrite, mais implacable « II n'y a pas une liberté vraie qui puisse être une menace pour l'Etat. » Toute une doctrine est là. Cette phrase annonçait les discours prononcés dix-sept ans après et la loi promulguée. C'est une doctrine qui peut gêner l'Eglise, mais que l'Eglise connaît pour l'avoir pratiquée lorsqu'elle était « l'Etat » ou quand elle le dominait..." (Le Temps, 2 octobre 1901)

199.          WENTZ (Debra Linowitz). Fait et fiction : les formules pédagogiques des « Contes d'une grand'mère » de George Sand. (Thèse). P., Nizet, 1985, in-8°, 296 pp, 3 portraits, biblio, index, broché, couv. recouverte d'un film autocollant transparent, bon état

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"Parmi les études consacrées à l'œuvre de George Sand, très peu traitent “Les Contes d'une grand'mère” comme sujet d'analyse littéraire. La présente étude par Debra L. Wentz prouve que ces contes méritent notre attention car elle y identifie les idées sérieuses de Sand dans les domaines de l'éducation, de la religion, de la science, de l'histoire, et de l'art. George Sand a créé ces histoires entre 1872 et 1876 pour amuser et éduquer ses deux petites-filles, Aurore et Gabrielle. Ses théories sur l'éducation apparaissent dans ses autres écrits, mais les Contes résument la philosophie éducative que Sand avait précédemment exprimée dans diverses œuvres. (...) Cette étude, compréhensive mais concise, explique la place des Contes d'une grand'mêre par rapport aux idées intellectuelles du siècle et aux autres œuvres du même genre telles que les romans de Charles Dickens et de Jules Verne. Enfin, Wentz discute un grand nombre de contes d'une façon si claire que même une personne qui ne les a jamais lus peut suivre sa discussion facilement et, comme résultat, sera stimulée de les lire." (Sharon L. Fairchild, Nineteenth-Century French Studies, 1987)

De 1914 à nos jours

 

200.          ALEXANDROV (Victor). L'Ukrainien Khrouchtchev. Plon, 1957, in-8°, 279 pp, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Lorsque Nikita Khrouchtchev vint en visite à Londres, sa puissante personnalité fit une telle impression sur Victor Alexandrov que celui-ci se mit à réunir immédiatement toute la documentation possible sur le Premier Secrétaire du Parti Communiste Russe. D’où vient-il et qui est-il, ce « Mr K. » astucieux et batailleur qui a « déboulonné » le dieu-Staline dans son fameux « rapport secret » ? Ce voyageur infatigable ? Cet amateur de proverbes et de bons mots qui, sur les écrans de la Télévision américaine, montre au monde abasourdi le nouveau visage de l’URSS : le visage souriant de Nikita Khrouchtchev ? Le livre passionnant que Victor Alexandrov consacre à « l’enfant terrible du Kremlin » connaît déjà, en Angleterre, en Allemagne et en Italie, un succès considérable. Ce n’est pas seulement l’histoire de l’ascension d’un homme hors-du-commun jusqu’à la première place au pouvoir. C’est aussi un tableau détaillé de la Russie après la mort de Staline. En particulier, l’ouvrage d’Alexandrov apporte des révélations inédites que le « rapport Khrouchtchev », dont la version reprise par la presse occidentale semble avoir été passablement « habillée »... (L'Editeur)

201.          ALEXANDROV (Victor). Les Héritiers de Souvarov. Plon, 1958, in-8°, 310 pp, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

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Les maréchaux de l'Armée soviétique et leur place dans la politique de l'URSS. — "Même après la disgrâce de Joukov et de Boulganine, les chefs de l'armée soviétique – ces héritiers de Souvarov (le grand capitaine de la Russie impériale, remis en honneur par Staline), – restent-ils une menace pour le Parti ? Victor Alexandrov nous présente pour la première fois, en une saisissante série de portraits, de dialogues et de récits, ces maîtres plus ou moins occultes de la Russie moderne." (L'Editeur) — L'auteur essaye d'amener le public à une meilleure connaissance de l'armée soviétique. Avec un sens certain de l'évocation il brosse le portrait de dix-neuf maréchaux, met le lecteur dans la confidence de leurs conversations "comme si on y était", reconstitue leurs conflits à partir de confidences recueillies de la bouche de transfuges, de coupures de journaux...

202.          ALLEG (Henri). La Question. Editions de Minuit, 1958, in-12, 112 pp, achevé d'imprimer du 7 mars 1958, broché, papier lég. jauni, tout pt mque en haut du dos, bon état (Coll. Documents)

            20

Deuxième retirage. — "Ce récit des tortures infligées en prison à l'ancien directeur du quotidien « Alger républicain » (né en 1921) est la plus célèbre d'une série de brochures dénonçant les exactions des soldats français en Algérie. Sobre et concis, d'une précision accablante pour ses bourreaux, le témoignage d'Alleg est déjà diffusé à 72.000 exemplaires quand il est frappé de saisie le 23 mars 1958. Jérôme Lindon, qui est menacé d'inculpation pour « participation à une entreprise de démoralisation de l'armée », ne sera jamais convoqué. En revanche, Henri Alleg écopa de dix ans de prison pour « reconstitution de ligue dissoute (le Parti communiste algérien) et atteinte à la sûreté de l'Etat »." (Vignes, 306) — La première édition fut achevée d'imprimer le 12 février 1958. Des journaux qui avaient signalé l'importance du texte furent saisis. Quatre semaines plus tard, le jeudi 27 mars 1958 dans l'après-midi, les hommes du commissaire divisionnaire Mathieu, agissant sur commission rogatoire du commandant Giraud, juge d'instruction auprès du tribunal des forces armées de Paris, saisirent une partie de la septième réédition. Le récit d'Alleg a été perçu aussitôt comme emblématique par sa brièveté même, son style nu, sa sécheresse de procès-verbal qui dénonçait nommément les tortionnaires sous des initiales qui ne trompaient personne. Sa tension interne de cri maîtrisé a rendu celui-ci d'autant plus insupportable : l'horreur était dite sur le ton des classiques. La Question fut un météorite dont l'impact fit tressaillir des consciences bien au-delà des "chers professeurs", des intellectuels et des militants. A l'instar de « J'accuse », ce livre minuscule a cheminé longtemps.

203.          ARON (Raymond). Espoir et peur du siècle. Essais non partisans. Calmann-Lévy, 1957, in-8°, 367 pp, broché, couv. très lég. salie, papier lég. jauni, non coupé, bon état. Edition originale sur papier courant (il a été tiré 50 ex. sur Offset blanc opaque Dujardin)

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"Le dernier ouvrage de M. Raymond Aron tient pleinement l'engagement que constitue le titre de la collection « Liberté de l'Esprit » – que dirige l'auteur – et justifie le sous-titre du volume : « Essais non partisans ». Ces essais sont au nombre de trois : « De la droite », « De la décadence », « De la guerre », qui font suite respectivement à : L'Opium des Intellectuels, Le Grand Schisme et aux Guerres en chaîne. Ils permettent à l'auteur de mettre à jour et parfois de réviser ses conclusions antérieures. Ces essais s'apparentent, selon moi, aux plus grandes œuvres de la pensée politique française : non seulement à Renan et à Prévost-Paradol, dont l'actualité a provoqué les réflexions de Raymond Aron, mais encore à Montaigne. Peu de penseurs en effet possèdent à la fois ces deux qualités de Raymond Aron, le sens du réel, ce que j'appellerais une orientation « séculière » de la pensée et le sens de la perspective historique, du contexte sociologique, de la signification humaine. Peu de penseurs également disposent d'un style aussi dense, capable d'exprimer l'extrême complexité des situations contemporaines où la technique et la politique interfèrent plus peut-être qu'à toute autre époque, sans jamais cesser d'être parfaitement clair. Le troisième essai « De la guerre » est un modèle d'information, de pénétration et, au sens le plus noble du terme, de sagesse. « De la guerre » est l'analyse de la situation qui s'est créée dans les rapports entre Etats du fait de l'apparition révolutionnaire des nouvelles armes atomiques à la fin de la seconde guerre mondiale..." (Jacques Vernant, Politique étrangère, 1957)

204.          AURENCHE (Jean). La Suite à l'écran. Entretiens avec Anne et Alain Riou. Institut Lumière, Actes Sud, 1994, gr. in-8° oblong, 273 pp, postface de Bernard Chardère, filmographie, index, reliure demi-veau glacé acajou, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et noir, fleurons dorés, couv. illustrée conservée, bon état. Exemplaire très bien relié

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Jean Aurenche (1903-1992) écrivit pour le cinéma pendant quarante ans, parfois seul, souvent avec Pierre Bost, hier pour Autant-Lara (Le Mariage de Chiffon, Lettres d'amour, Occupe-toi d'Amélie, L'Auberge rouge) et Clément (Au-delà des grilles, Jeux interdits, Gervaise), plus tard pour Tavernier (L'Horloger de Saint-Paul, Que la fête commence, Le Juge et l'assassin, Coup de torchon). Il était aussi l'ami de Prévert, Anouilh, Grimault, Cocteau et le beau-frère du peintre Max Ernst. Ces entretiens, de méandres en anecdotes (certaines surprenantes !), montrent à quel point il fut, non point l'apôtre d'une "tradition de la qualité" dans laquelle une polémique faisant flèche de tout bois voulut le figer, mais au contraire un esprit libre et curieux, enthousiaste, bouillonnant.

205.          AUSSARESSES (Général). Pour la France. Services spéciaux, 1942-1954. Editions du Rocher, 2001, in-8°, 272 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

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Le très british "capitaine Soual" n'a pas fini de nous étonner puisqu'il échappe délibérément aux catégories ordinaires. Non content de faire scandale en disant haut et fort ce que l'on n'osait à peine murmurer et en jetant un regard implacable sur lui-même, il continue, indifférent aux détracteurs déchaînés, aux menaces, aux autodafés, de livrer, d'un ton distancié, les terribles vérités qu'il aurait pu garder enfouies au fond de son extraordinaire mémoire. Au risque de déclencher de nouvelles tempêtes, “Pour la France, services spéciaux 1942-1954” est à la fois le récit hallucinant, parfois hollywoodien, d'un seigneur de guerre qui a traversé le siècle, les armes à la main, et le parcours initiatique et romanesque d'un éternel jeune homme qui, même dans les moments les plus tragiques, semble ne jamais se prendre vraiment au sérieux. Sur tous les fronts, à travers tous les moments forts de l'histoire contemporaine : guerre mondiale, guerre froide, Indochine, Algérie, s'écrit courageusement, mais sans merci, la geste de l'ombre. Qui est vraiment le général Aussaresses ? Ce nouveau témoignage, en même temps qu'il éclaire l'histoire, permettra sans doute de mieux comprendre le plus étrange de nos agents secrets et peut-être de découvrir, malgré nous, le plus invraisemblable de nos héros modernes. Et si le vrai scandale était de ne l'avoir pas su plus tôt ? (4e de couv.)

206.          BARILLET (Pierre). A la ville comme à la scène. Editions de Fallois, 2004, gr. in-8°, 472 pp, notes, index, reliure demi-basane verte, dos à deux fois 3 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée conservée, bon état. Exemplaire très bien relié

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Soixante ans de théâtre et de vie parisienne. Pierre Barillet nous raconte le parcours d'un auteur dramatique, de la Libération à nos jours : une farandole de comédiens, de célébrités, de figures moins connues, qu'il a admirés et aimés et dont il brosse les portraits avec autant d'humour que d'émotion. En 1950, il signe avec Jean-Pierre Grédy une première comédie. Le Don d'Adèle leur vaut d'emblée la célébrité. Ils multiplient les succès. Fleur de Cactus connaît un retentissement mondial. Spectateur attentif, Pierre Barillet ressuscite le souvenir de soirées mémorables. S'il rend à Jean Anouilh et aux auteurs dits de Boulevard la place qu'ils méritent, il s'intéresse tout autant aux entreprises plus audacieuses, plus engagées. Parallèlement à son parcours personnel qu'il indique en filigrane, il décrit l'évolution de l'homosexualité dans le théâtre, sujet encore tabou, il y a un demi-siècle. Il évoque aussi le Paris des années 50, ses fêtes luxueuses, ses frivolités ; ses expériences professionnelles à Broadway, la faune d'Hollywood ; l'explosion de Mai 68 et son influence sur la création. À la ville comme à la scène, une vie remplie de rencontres exceptionnelles, d'amitiés, de quelques chagrins, mais surtout d'enthousiasmes et de passions.

207.          BASTIEN-THIRY (Jean). Déclaration du colonel Bastien-Thiry, 2 février 1963. Editions du Fuseau, 1963, in-4°, 54 pp, en feuillets libres brochés sous couverture imprimée à rabats, très bon état

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Dans une première partie, l'accusé rappelle les grandes étapes de l'abandon de l'Algérie : rébellion de 1954, intervention armée, engagements et reniements successifs du général de Gaulle, tractations avec le FLN, journée des barricades à Alger, blocus de Bab el Oued, fusillade du 26 mars rue d'Isly, signature des accords d'Evian, abandon des Pieds-Noirs et génocide des harkis. Dans la seconde partie, il justifie la révolte des populations abandonnées, la création de l'OAS et du Conseil national de la Résistance et la décision d'arrêter le Chef de l'Etat afin de le traduire en Haute Cour pour forfaiture, crimes et trahison.

208.          BAUDOUI (Rémi). Raoul Dautry, 1880-1951. Le technocrate de la République. Balland, 1992, in-8°, 397 pp, 8 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Ouvrage issu de thèse. — Né en 1880, entré à polytechnique à l’âge de vingt ans, Dautry fut successivement ingénieur à la Compagnie des chemins de fer du Nord (1903-1928), directeur général des Chemins de fer de l’Etat (1928-1937), ministre de l’armement (1939-1940), ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme (1944-1946) et enfin administrateur général du Commissariat à l’Energie atomique (1946-1951). Sa carrière exceptionnelle de grand commis de l’Etat le fit travailler avec tous les acteurs de la politique française. On peut citer entre autres, Paul Painlevé, Pierre Laval, Georges Mandel, Gaston Doumergue, Léon Blum, Edouard Daladier, Paul Reynaud, le général de Gaulle. Par ses fonctions, il fut amené à côtoyer des personnalités de premier plan des milieux les plus divers comme : Jean Mermoz, Jean Jardin, les Joliot-Curie, Le Corbusier, le maréchal Lyautey, Jean Giraudoux, Daniel-Rops, Louis Renault, le général Gamelin, Weygand, Pétain... A l’extérieur ? Mussolini, Adolf Hitler, Chamberlain, Churchill. Déclaré technicien “apolitique”, il se refusait à prendre position dans les débats de la cité autrement que sous l’angle des réponses matérielles pouvant être apportées à un problème concret. C’est ainsi qu’il fut l’un des artisans de la modernisation de la France. Quarante ans après sa mort, le nom de Dautry refait surface. Pierre Assouline dans “Jean Jardin”... Jean-Jacques Servan-Schreiber, son filleul, l’évoque largement dans ses Mémoires. Aujourd’hui la crise économique mondiale, le discrédit du personnel politique dans l’opinion publique ne sont pas sans rappeler la situation des années trente. C’est pourquoi Rémi Baudouï a voulu tirer de l’ombre ce technocrate de la République, sorte de père putatif de nos nouveaux héros, chevalier de l’industrie.

209.          BEAU de LOMÉNIE (E.). Les Glorieux de la décadence. P., Au Fil d'Ariane, 1964, pt in-8°, 232 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Une série de portraits critiques de certains personnages qui, chargés d'honneurs et de prébendes, sans toujours se rendre compte de leurs responsabilités ; gardant même parfois au travers de leurs compromissions d'étonantes naïvetés, ont pésidé aux effondrements de la France contemporaine." — Table : Réception de Paul Claudel à l'Académie ; Le Tartufe de Molière trouble M. Mauriac ; Le centenaire de Paul Bourget ; La réhabilitation de Drieu La Rochelle ; André Siegfried et sa carrière ; Le cas Albert Camus ; Quelques souvenirs sur Daniel Halévy ; Jean Monnet et son plan ; La famille et la fortune de M. Valéry Giscard d'Estaing ; Robert Schuman : le MRP au service de la finance dénationalisée ; M. Paul Reynaud, sa vie et ses mensonges ; Le référendum des affairistes ; Le gang des agrégés.

210.          BERSTEIN (Serge), René RÉMOND Jean-François SIRINELLI ( dir). Les années Giscard. Institutions et pratiques politiques, 1974-1978. Fayard, 2003, gr. in-8°, 279 pp, avec la participation de Valéry Giscard d'Estaing, chronologie détaillée, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelles études contemporaines)

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La démarche est novatrice et féconde : une rencontre entre des historiens – auxquels se joignent des spécialistes de droit public et des politologues – et Valéry Giscard d'Estaing. N'est-ce pas la première fois qu'un président de la République accepte le principe d'un tel dialogue ? De cette rencontre est sorti ce livre dont les divers chapitres concernent une, période capitale de notre histoire politique récente. A bien des égards, il s'agit du troisième tournant de la Ve République. 1962 avait introduit une première césure, fondamentale. 1969 avait répondu à la question essentielle de la survie du régime au départ de son fondateur ; et la victoire de Georges Pompidou avait levé une seconde hypothèque : le gaullisme, en tant que force politique, survivait lui aussi. Cela confère indirectement plus de sens encore à la victoire de Valéry Giscard d'Estaing : avant même 1981, 1974 représente une première forme d'alternance politique. Celle-ci étant interne à la majorité de l'époque, elle frappa moins que l'issue du duel Mitterrand-Giscard du second tour. Elle fut pourtant réelle et explique largement les escarmouches et les tensions croissantes, au fil du septennat, entre les deux branches de la majorité, dont l'une avait perdu la magistrature suprême au profit de l'autre. La période 1974-1978, déjà dense en elle-même – et cette densité explique que l'on se soit tenu ici à la première législature, commencée avant même le changement de Président -, est aussi à replacer dans une temporalité plus ample, qui rythme l'histoire des formations et celle des cultures politiques. On a réuni ici, outre l'acteur principal – dont le témoignage est essentiel –, des "grands témoins" et des chercheurs, à l'initiative du Centre d'histoire de l'Europe du vingtième siècle et de l'Institut pour la démocratie en Europe. Le lecteur est convié à un contact direct avec la matière de l'histoire, et se trouve invité dans le laboratoire de l'historien.

211.          BOSSUAT (Gérard). L'Europe des Français, 1943-1959. La IVe République aux sources de l'Europe communautaire. Publications de la Sorbonne, 1997, gr. in-8°, 471 pp, préface de René Girault, biblio, archives, index, broché, couv. illustrée, bon état

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“L'Europe des Français” est un livre d'histoire permettant aux lecteurs de saisir en profondeur les raisons d'agir des gouvernements provisoires de la République française (GPRF) puis de la IVe République, des milieux économiques et politiques, des hauts fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères, de l'Economie et des Finances, du Commissariat général du plan. Dans le domaine de l'unité européenne. Il s'appuie sur un travail en archives aux Etats-Unis, en France et en Suisse. Cette IVe République, si critiquée pour ses institutions et pour ses guerres coloniales, a su néanmoins redonner un sens à la modernisation du pays et à sa politique étrangère en se lançant dans les constructions de l'Europe, de l'OECE au marché commun en passant par la CECA, l'UEO et la CED, ce qui signifie l'ouverture européenne, l'ouverture commerciale, la coopération contractualisée, le croisement des intérêts fianciers, le développement d'une société d'abondance et de protection sociale, bref la paix ! Certains échecs, tel que la CED montrent que les Français sont des Européens raisonnables à condition que l'unité de l'Europe soit en accord profond avec l'aspiration des Français à la sécurité économique, sociale, politique, au rayonnement traditionnel de la France en Europe et dans le monde en termes de langues, de culture, de modèle social, et à l'idéal de liberté et de fraternité entre les peuples. Ainsi la construction de l'Europe est-elle en définitive une aventure réussie de la IVe République en dépit de l'échec de la CD car elle a respecté, grâce au travail de Robert Schuman, de Jean Monnet, de Pierre Mendès France, de Guy Mollet, de Félix Gaillard et du général de Gaulle en définitive, l'aspiration des Français à la sécurité, au rang et à l'idéal. Les mobiles de l'unité européenne ainsi décrits sont probablement une tendance lourde du comportement de la société française. Il y a danger à les ignorer.

212.          BOULANGER (Gérard). Le « Juif » Mendès France. Une généalogie de l'antisémitisme. D'après les archives privées de Pierre Mendès-France. Calmann-Lévy, 2007, in-8°, 365 pp, 16 pl. d'illustrations, documents et tableau généalogique hors texte, notes, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Nous savons que Pierre Mendès France était juif, et qu'il fut victime sa vie durant d'attaques antisémites incessantes. Ce que l'on sait moins, c'est qu'il était passionné par ses origines, et qu'il a constitué un fonds d'archives impressionnant retraçant la généalogie de sa famille. En s'appuyant sur les archives mises à sa disposition par Michel, le fils de Pierre Mendès France, Gérard Boulanger restitue ici cette vaste fresque traversant trois pays et quatre siècles, avec un fil conducteur : la persécution des Juifs ou de ceux qui étaient soupçonnés de l'être. Le racisme moderne est né à Tolède en 1449 avec la traque, par l'Inquisition, des catholiques ayant du " sang impur ", c'est-à-dire un converti parmi leurs ancêtres. Plus tard, au Portugal, un certain Luis Mendes de França, catholique fervent, sera dénoncé comme "nouveau chrétien". Il devra dénoncer sa famille pour échapper à l'estrapade, avant de s'exiler en France. Ainsi naît à Bordeaux en 1683 la lignée des Mendès France, judaïsée par réaction à la persécution de l'Inquisition. Deux siècles et demi plus tard, Pierre Mendès France, homme politique démocrate et patriote au-dessus de tout soupçon, se voit, comme Léon Blum, accuser de n'avoir "pas assez de terre française à la semelle de ses souliers", arrêter et jeter en prison sous l'Occupation. En relatant une histoire familiale marquée par la persécution, ce livre montre la genèse et la persistance d'une névrose européenne et éclaire, à rebours, la vie de cet homme d'exception qu'était Pierre Mendès France.

213.          BOURDREL (Philippe). La Cagoule. Histoire d'une société secrète du Front populaire à la Ve République. Albin Michel, 1992, in-8°, 404 pp, 16 pl. de photos hors texte, index, broché, bon état

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Au printemps 1991, quand on apprit que l'un des anciens dirigeants de la Cagoule, devenu l'un des principaux responsables d'une importante "multinationale", était accusé d'avoir cédé à des pressions de caractère racial, la presse, française et étrangère, ramena sur le devant de la scène cette étonnante organisation secrète aux ramifications inattendues. Le complot de la Cagoule se situe dans les dernières et tumultueuses années de la IIIe République marquées par les scandales financiers, l'instabilité politique, mais également par les mouvements sociaux d'une ampleur exceptionnelle des années 1936-1937, l'avènement et les gouvernements du Front populaire et les débuts de la guerre civile d'Espagne. La Cagoule démasquée, l'aventure des Cagoulards se perpétuera de 1940 jusqu'à la Ve République. Ils seront ministre de Pétain, fondateur de la LVF, chef de la Milice ou héros de la France libre. Et l'esprit de la Cagoule revivra pendant la guerre d'Algérie. Philippe Bourdrel analyse les archives judiciaires du complot, qui n'avaient pas encore été exploitées, dans un récit sobre et passionnant, alimenté par les témoignages des acteurs, des enquêteurs de la Sûreté nationale et des hommes politiques. — "Société secrète de l'immédiat avant-guerre qui habillait d'un rituel hugolien une entreprise de terrorisme, la Cagoule vit ses membres les plus connus se répartir ensuite entre l'entourage de Pétain, celui de De Gaulle, la collaboration parisienne et la Résistance en France. Partout ils « poussèrent leur engagement jusqu'au paroxysme ». L'amitié survécut à leurs choix, comme on le constata, en 1991, lorsque resurgit, dans l'affaire de L'Oréal, le personnage de Jacques Corrèze, devenu honorable administrateur. Entrebâillés avant et après la guerre, les placards ne furent pas vidés de tous leurs cadavres... L'accès aux dossiers d'instruction a permis à Philippe Bourdrel, qui fut le premier historien de la Cagoule, de pousser loin ses recherches et de mieux délimiter les zones d'ombre, qui ne seront jamais complètement réduites. Des chevaliers d'aventure, des obsédés du renseignement et de la clandestinité, des fabricants de fichiers ont été conduits par un mythomane, Eugène Deloncle, à une « tentative intrinsèquement fasciste d'occupation du pouvoir » pour prévenir un « complot communiste ». Ils ont assassiné pour le compte de Mussolini, commis des attentats. Certains hauts cadres militaires se montrèrent sympathisants actifs. D'autres se défièrent de ces comploteurs brouillons. Daladier les couvrit tous pour éviter une déstabilisation de l'armée. Plusieurs questions restent posées sur leur rôle réel. Quelles personnalités civiles, quels manieurs de fonds manipulaient Deloncle ? Il livra plus de noms que de preuves. Cette mise au point novatrice laisse le sentiment qu'on n'en saura jamais davantage. Mais les rumeurs empoisonnées subsistent." (Jacques Nobécourt, L'Express, 11 février 1993)

214.          BRACHER (Karl Dietrich). Hitler et la dictature allemande. Naissance, structure et conséquences du national-socialisme. Complexe, 1995, pt in-8°, 681 pp, traduit de l'allemand, préface d'Alfred Grosser, notes, éléments bibliographiques, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Professeur à l'Université de Bonn, né en 1922, l'auteur se classe incontestablement parmi les meilleurs connaisseurs de la République de Weimar, du IIIe Reich et des systèmes totalitaires. L'œuvre de cet historien, qui travaille aussi en politologue et en sociologue, est importante. Après avoir souvent regretté que « le livre explicatif le plus intelligent et le plus complet » sur le IIIe Reich demeure inconnu en France, Alfred Grosser a finalement suscité l'intérêt d'un éditeur français. Le livre dresse un bilan détaillé des origines, des réalités et des conséquences du IIIe Reich. Il présente très clairement les débuts du mouvement national-socialiste en Bavière, puis la période difficile des années 1924-1928 et la percée du NSDAP au début des années 1930. Après la description du système du IIIe Reich et des grandes orientations de la politique extérieure, il examine méthodiquement les conditions de la mobilisation populaire autour du Führer et également la résistance antihitlérienne pour étudier ensuite l'évolution de la dictature pendant la guerre. Karl-Dietrich Bracher ne s'arrête pas en 1945 car il montre de quelle façon l'extrémisme de droite a survécu après l'effondrement, en particulier sous la forme du NPD. Au prix de longues années d'études spécialisées, il offre ainsi une histoire globale du national-socialisme, très éclairante sur les origines de ce dernier, son évolution et ses répercussions. Il fait bien ressortir que les conceptions autoritaires de l'Etat et de la politique avaient, aux XIXe et XXe siècles, bloqué le développement de structures et de comportements démocratiques, préparant la montée de la dictature. « L'analyse critique et l'interprétation s'étendent de la capitulation du libéralisme bourgeois devant la monarchie autoritaire au peu glorieux échec de la République de Weimar et aux menaces latentes contre la République fédérale ». L'auteur ne vise pas l'exhaustivité mais la compréhension d'un phénomène envisagé sous ses aspects les plus divers, avec toujours un remarquable souci de clarté et de synthèse." (Henri Ménudier, Revue française de science politique)

215.          CHAMBRUN (Charles de). Traditions et souvenirs. Flammarion, 1952, in-12, 231 pp, broché, bon état

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Souvenirs d’ambassade du comte de Chambrun, de l'Académie française (1875-1952), consacrés pour une bonne part à sa mission à Rome, ses rapports étroits avec Mussolini, le Pacte à Quatre, les sanctions... qu'il est fort opportun de lire ou de relire. — "Volume de souvenirs d'un ambassadeur humaniste, appartenant à la grande tradition d'une époque où des gentilshommes, nourris de belles lettres, représentaient la France à l'extérieur et pouvaient joindre à leurs talents diplomatiques les grâces d'une éducation raffinée... Nous suivons Charles de Chambrun aux Etats-Unis, en Grèce, en Turquie, en Autriche, en Italie, nous entrons avec lui dans l'intimité de Mustapha Kémal et de Mussolini. Il s'agit là d'un tableau qui, sur la trame historique, ressuscite une Europe de transition à la veille d'être balayée par la guerre. Mais point d'exposé technique. C'est un récit vivant, émaillé d'anecdotes et de traits à la fois profonds et plaisants." (Hommes et mondes, 1952)

216.          CHASSÈ (Charles). D'Ubu-Roi au douanier Rousseau. Dans les coulisses de la gloire. Editions de la Nouvelle Revue Critique, 1947, in-12, 182 pp, 10 illustrations et la reproduction en hors texte de deux dessins inédits, broché, bon état

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"Les rigoureuses méthodes de recherches de Charles Chassé (1883-1965) l'amenèrent à révéler de quelles mystifications ont procédé la célébrité d'Alfred Jarry et d'Ubu Roi, ainsi que celle du douanier Rousseau. On sait comment Ubu Roi, lors de sa première représentation, en décembre 1896, fut porté aux nues par nombre de critiques et d'auteurs comme une œuvre géniale où l'on voulait voir, sous la farce, la virulente satire d'une bourgeoisie égoïste, stupide et malfaisante, et découvrir un sens profond aux singularités de son vocabulaire. Jarry avait bien révélé, très discrètement, que « Ubu n'était que la déformation par un potache d'un de ses professeurs » et, à sa mort, en 1907, Valette dans le Mercure de France, et Laurent Tailhade avaient dit que Jarry avait écrit la pièce au collège en collaboration avec deux camarades. Le véritable auteur d'Ubu Roi, Charles Morin, alors lieutenant au 15e d'artillerie à Douai, avait d'ailleurs, dès le 17 décembre 1896, dévoilé dans une lettre à Henri Bauër, l'un des plus élogieux critiques de Jarry et de la pièce, les origines et le véritable caractère de celle-ci, tout en se défendant d'en vouloir revendiquer publiquement la paternité. Mais cette lettre demeura ignorée jusqu'au jour où Ch. Chassé la découvrit chez une bibliophile parisienne et l'on continua d'attribuer Ubu Roi à Jarry et de faire l'Ubu le symbole de la muflerie, de l'inconséquence et des ridicules du plus antipathique bourgeois. C'est l'enquête que Ch. Chassé, de retour en Bretagne après la guerre de 1914-18, entreprit auprès d'anciens camarades de Jarry, élèves comme celui-ci du «père Hébé», le professeur qui avait fourni le personnage d'Ubu, qui aboutit à faire la lumière sur la genèse de la pièce et le véritable rôle de Charles Morin, de son frère Henri et d'Alfred Jarry. La fortune le servit en lui faisant rencontrer le premier qui commandait le dépôt d'artillerie de Brest au moment même où lui-même venait d'être nommé professeur à l'Ecole Navale. Dans une brochure, “Sous le masque d'Alfred Jarry. Les sources d'Ubu Roi” (Floury, 1921), il put établir, en se fondant sur un solide ensemble de documents et de témoignages : – 1) Qu'Ubu Roi fut entièrement composé en 1886 par Ch. Morin, alors élève du lycée de Rennes, et n'était qu'un des épisodes fantaisistes imaginés par un groupe de potaches sur le compte d'un professeur aux allures prudhommesques et à la sévérité maladroite dont la classe était le théâtre d'inimaginables chahuts. – 2) Que Jarry, arrivé au lycée de Rennes en 1888, après le départ de Ch. Morin, y fut le camarade du jeune frère de celui-ci, Henri Morin, par lequel il connut la pièce d'Ubu Roi ; c'est Henri Morin qui lui en communiqua le manuscrit et l'autorisa en 1894 à la mettre au théâtre à la condition de changer les noms qui pourraient se prêter à des rapprochements indiscrets. C'est ainsi que le père Hébé devint Ubu. – 3) Qu'autrement le texte de Jarry ne diffère de celui de Ch. Morin que par une dizaine de variantes insignifiantes. La reprise d'Ubu Roi en 1922, par Lugne Poë au théâtre de l'Œuvre fut un four. Mais le personnage d'Ubu demeura un symbole et l'on continue encore d'attribuer Ubu Roi à Jarry. Les Sources d'Ubu Roi furent vite épuisées. Ch. Chassé les a complétées et développées en 1947, additionnées d'une étude sur le Douanier Rousseau, sous le titre : “Dans les coulisses de la gloire, d'Ubu Roi au Douanier Rousseau”. On y verra que, s'il a dépouillé Alfred Jarry de la paternité d'Ubu Roi, il lui a du moins reconnu la gloire d'avoir découvert et lancé le douanier Rousseau. Il paraît en effet certain que si Jarry n'avait pas connu celui-ci, originaire comme lui de Laval, et qui avait été en relation avec son père, et n'avait trouvé drôle de l'introduire parmi des artistes de ses amis pour en faire le jouet d'une énorme mystification, la peinture du douanier serait restée ignorée, même d'Apollinaire auquel Jarry avait fait connaître le naïf artiste et qui prit en charge la renommée de celui-ci après la mort de son ami. Faire l'histoire de cette mystification en restituant une authentique image du douanier Rousseau, parut à Ch. Chassé une belle occasion de s'amuser des inconséquences des snobismes qui font si facilement fortune dans le domaine de l'art plus encore que dans celui de la littérature...". (Armand Rébillon, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1966)

217.          CHASTENET (Jacques). Déclin de la Troisième, 1931-1938. Hachette, 1962, in-8°, 302 pp, cartes, notes, index, broché, couv. illustrée, scotch en haut et en bas du dos, bon état (Histoire de la Troisième République, VI)

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Volume VI seul (sur 7). — "Dans ce sixième tome, Jacques Chastenet conduit ses lecteurs des premiers mois de 1931 à la conclusion des accords de Munich le 30 septembre 1938. ... La parfaite maîtrise de son métier d'historien permet à Jacques Chastenet de conserver la tête froide en relatant cette succession d'événements en face desquels le lecteur, lui, ne saura rester impassible, tant ils sont proches encore et réveillent chez chacun, peurs, regrets, espoirs, colère ou amertume : assassinat de Doumer, incendie du Reichstag, projet avorté de Pacte à Quatre, affaire Stavisky, journée du 6 février, Front populaire, accords Matignon, Franc Auriol, les Ligues, la Cagoule, guerre d'Ethiopie, guerre d'Espagne, l'Anschluss, Munich..." (4e de couverture)

218.          CHASTENET (Jacques). Quatre fois vingt ans. Souvenirs, 1893-1973. Plon, 1974, in-8°, 556 pp, 16 pl. de photos hors texte, une lettre du général de Gaulle en fac-similé, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Curieux livre de souvenirs personnels du journaliste, historien, diplomate et académicien Jacques Chastenet (1893-1978), où il retrace son existence et les bouleversements politiques, intellectuels, économiques, sociaux et moraux qu'il a vécu. Un témoignage sur l'histoire contemporaine. — "Né à l'extrême fin du XIXe siècle, l'auteur, de famille bourgeoise mi-parisienne mi-aquitaine, a, comme enfant puis comme adolescent, connu la prétendue Belle Epoque. Il en évoque les mœurs, qui nous semblent aujourd'hui étrangement lointaines. Il fait la guerre de 1914-1918, la termine dans les rangs de l'armée américaine. Ayant ensuite passé le grand concours des Affaires étrangères, on le voit successivement secrétaire général de la Haute Commission des territoires rhénans, puis secrétaire des différents « conseils suprêmes » (on ne parle pas encore des « sommets ») qui se succèdent à Paris et à Londres. Passé dans le secteur privé, Jacques Chastenet devient directeur de banque tout en suivant de près la politique extérieure et en écrivant à son sujet de nombreux articles. En 1931, le voici directeur du journal “le Temps” , dont la spécialité est l'étranger. Il poursuit hors de nos frontières de nombreuses enquêtes, et cela lui vaut des contacts personnels avec, entre autres, Mussolini, Hitler, Roosevelt, Molotov, premier ministre soviétique, et le pape Pie XI. Eclate la Deuxième Guerre mondiale. Chastenet a constamment dénoncé le danger provenant, pour la France, de la coexistence d'une politique extérieure basée sur des alliances avec des peuples faibles et une politique militaire purement défensive. La défaite le consterne mais ne le surprend pas. “Le Temps” se réfugie à Lyon, en zone dite « libre ». Chastenet en interrompt la publication quand, en 1942, les Allemands occupent cette zone. En dépit d'une attitude patriotique universellement reconnue, “le Temps” n'est pas autorisé à reparaître. Chastenet se consacre alors à l'histoire et publie une série de volumes qui lui valurent d'être élu en 1947 à l'Académie des sciences morales et politiques puis, en 1956, à l'Académie française. Son œuvre maîtresse est une grande “Histoire de la Troisième République”, continuée ensuite jusqu'en 1970, sous le titre de “Cent ans de république”. Membre de l'Assemblée de l'Union française, conférencier recherché, ayant d'autre part le goût des voyages, Chastenet en fait de fort nombreux qui lui valent de connaître, au moins superficiellement, la plus grande partie de notre globe. En même temps, il suit de près les travaux des académies dont il fait partie et s'intéresse à la psychologie de leurs membres. Ce qui nous vaut des portraits parfois piquants. “Quatre fois vingt ans” constitue un résumé de cette existence, mais aussi et peut-être surtout un survol de l'époque. Jacques Chastenet a su en distinguer les grands traits ; mais il a eu aussi connaissance de plusieurs de ses dessous. Le livre est écrit clairement et se lit avec facilité; l'humour n'en est pas absent." (Jacques Deschaumes, Revue des Deux Mondes, 1975)

219.          CLAUDIN (Fernando). La Crise du mouvement communiste, du Komintern au Kominform. Tome 1 : La crise de l'internationale communiste. Maspero, 1972, in-8°, 364 pp, préface de Jorge Semprun, traduit de l'espagnol par Carlos Semprun, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Textes à l'appui)

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Tome 1 seul (sur 2). Le tome 2 est consacré à l'apogée du stalinisme. — "Lorsqu'un ancien responsable communiste, ayant rompu avec son parti, s'efforce de faire le point de son expérience, deux attitudes, apparemment contradictoires, mais relevant en fait d'une même demarche, sont à éviter : la première consiste à considérer ce qu'il écrit comme un tissu de calomnies, la seconde à le prendre pour argent comptant. En définitive, sans se laisser tenter par une psychanalyse politique facile, il convient d'examiner si son ouvrage apporte, au-delà d'une autojustification ou d'une autocritique rarement évitables, des éléments nouveaux. Claudin, membre du Comité exécutif du Parti communiste espagnol, fut exclu de celui-ci en 1965. Il affirme dans son introduction que le but de son ouvrage n'est pas de faire une « histoire du mouvement communiste international, mais une analyse des principaux facteurs et processus ayant déterminé sa crise ». Ceci accentue, selon l'auteur, l'aspect négatif de l'étude mais cette négativité se veut dialectique, destinée à trouver d'autres formes d'action révolutionnaire : en un mot, marxiste. Son préfacier, Jorge Semprun, insiste d'ailleurs sur le fait que ce que la méthode de Claudin a d'exceptionnel tient à ce qu'elle est marxiste..." (Jacques Zwirn, Le Mouvement social, 1975)

220.          CLEMENCEAU (Georges). Au Soir de la Pensée. Plon, 1929, 2 vol. in-8°, 481 et 498 pp, nouvelle édition revue et augmentée, brochés, état correct

            40

Le testament philosophique de Clemenceau (1841-1929), un ouvrage de réflexion philosophique sur l’humanité, les religions et les cultures, où le vieux lutteur refuse absolument de "prendre des vessies pour des lanternes", présente ses recherches personnelles sur les croyances ou les cosmogonies, donne sa vision du monde et de l'homme. Nommé à la tête du gouvernement sous la présidence de Poincaré (1917), surnommé le tombeur des ministères (de Gambetta et Jules Ferry), le Tigre, briseur de grèves, le Père la Victoire (négociateur du Traité de Versailles), célèbre pour son intransigeance. Il consacra la fin de sa vie aux voyages et à l'écriture (Au soir de la pensée, Grandeurs et misères d'une victoire). — Tome I : 1. Dans le moment qui fuit ; 2. Le Monde ; l'Homme :; 3. Les hommes, les dieux ; 4. Les dieux, les lois ; 5. Rêver, penser ; 6. Connaitre ; 7. Les symboles ; 8. Cosmogonies ; 9. Cosmologie. – Tome II : 10. L'atome ; 11. Notre planète ; 12. L'évolution ; 13. Les âges primitifs ; 14. La Civilisation ; 15. Et après ?

221.          Collectif – Fondation OPEJ. Accueillir l'autre : de l'Oeuvre de protection des enfants juifs à la Fondation OPEJ Baron Edmond de Rothschild. P., Fondation OPEJ, 2015, pt in-4°, 255 pp, comité éditorial : Simon Bokobza, Gad Elbaz, Johan Zittoun, Corinne Boutboul, nombreux documents et photos en noir et en couleurs, cart. éditeur, bon état

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Un ouvrage consacré à l'OPEJ, fondation créée en France pour protéger les enfants Juifs et recueillir les orphelins de la Shoah, dont l'objectif aujourd'hui est de venir en aide aux enfants et jeunes en grande difficulté sociale et familiale. Il retrace son histoire à travers des témoignages d'anciens, d'éducateurs et de cadres de la fondation, des photographies et des documents d'archives. — Pour célébrer le 70ème anniversaire de l’OPEJ, la Fondation OPEJ Baron Edmond de Rothschild publie “Accueillir l’autre”. Cet album réalisé à partir de dizaines d’entretiens avec des témoins de son histoire, enfants et éducateurs est illustré de photographies de photographes contemporains et de documents d’archives. C’est un beau livre à lire autant qu’à regarder. L’album “Accueillir l’autre” est à l’image de la diversité des femmes, des hommes et des jeunes de l’OPEJ, des 30 cultures différentes qui y sont représentées et des multiples formes d’aide qu’elle met en oeuvre : il évoque l’OPEJ de 1945 tout en faisant découvrir la Fondation OPEJ de 2015; il est à l’écoute de la voix des témoins, enfants et éducateurs; il fait entendre leur vécu : l’arrivée, la vie quotidienne, les fêtes, le départ; il évoque leurs lieux : Marseille, Rueil- Malmaison, Maubuisson, les colonies de vacances ; il fait revivre quelques-unes des grandes figures de l’OPEJ ; il fait visiter les services ouverts d’aujourd’hui; il donne la parole à des personnalités qui éclairent son action : les grands rabbins Sirat et Bernheim, le rabbin Pauline Bebe et le Dr Cyrulnik. Sans réduire la diversité des voix individuelles, ce bel album témoigne de la continuité de l’action de la Fondation OPEJ et de sa fidélité à l’esprit de résistance qui animait ses fondateurs, issus de l’Armée juive clandestine et du Service d’évacuation et de regroupement des enfants.

222.          DAGOGNET (François)( dir). Mort du paysage ? Philosophie et esthétique du paysage. Champ Vallon, 1989, in-8°, 238 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Milieux)

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Sous l'effet des révolutions agronomiques et de l'urbanisation, les paysages traditionnels disparaissent ou se métamorphosent. Pour contrôler ces changements, l'Etat manque d'une philosophie et d'une esthétique du paysage : autant l'idéal qui nous anime est exigeant lorsque nous dénonçons la dégradation des paysages, autant l'idée même que nous en faisons reste à éclaircir. C'est la raison pour laquelle des philosophes ont animé la confrontation des points de vue de spécialistes : historiens de l'art, praticiens, esthéticiens, sociologues. Nostalgiques et modernistes ont croisé le fer, dans un débat qui est loin d'être clos. — Textes de François Dagognet, François Guéry, Odile Marcel, Michel Corajoud, Michel Racine, Pierre Sansot, François Béguin, Alain Roger, Nicolas Grimaldi, Murielle Gagnebin, Bernard Bourgeois, Gilbert Lascault.

223.          DAVIES (Nick). Hack Attack. How the truth caught up with Rupert Murdoch. London, Chatto & Windus, 2014, gr. in-8°, 448 pp, 30 photos sur 16 pl. hors texte, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            20

Le scandale des écoutes de « News of the World » en Angleterre, soit le piratage téléphonique systématique mené par le journal qui appartenait à l’empire de Rupert Murdoch. L'auteur a passé six ans à enquêter sur Murdoch’s News Corp. et sa filiale News International. Son livre dévoile comment la société avait pris l’habitude d’écouter illégalement les messages laissés sur les répondeurs des personnages politiques, des célébrités et même des individus lambda britanniques. Le scandale, qui a éclaté en 2010, a abouti à l'interdiction en 2011 de « News of the World » (après 168 années de publication) et a obligé le gouvernement de David Cameron à réclamer une enquête qui a révélé au monde ces pratiques scandaleuses. Neil Wallis rédacteur exécutif et Rebekah Books, la directrice du journal ainsi que dix autres personnes ont été arrêtés. — « Tous les éléments sont réunis, le mensonge, la corruption, le chantage, dans les plus hautes sphères du gouvernement, par le plus grand journal de Londres. » (George Clooney) — "This is the book we've been waiting for, the thrilling and important inside story of how a single reporter came through with the truth of the hacking scandals. He exposed shameful intrusions, the years of deceit, lies, and bullying. And he did more. He revealed a rottenness at the heart of British life in the relations of press, police, and Parliament, institutions that, taken as a whole, failed the big test. Hack Attack is an indictment of the worst of journalism, but is itself an exhilarating demonstration of how the best of journalism-hard-won, honest reporting-is the lifeblood of any democracy." (Sir Harold Evans) — "First in the Guardian and now in this book, the reporting of Nick Davies has revealed the insidious abuse of power-and the public trust-by the Murdoch press from the top down. The British hacking scandal is the ultimate expression of Murdoch-culture run amok: corruption in the Fourth Estate as dangerous to democracy as the worst excesses of heads of state. " (Carl Bernstein) — "Nick Davies is Britain's greatest investigative journalist... This book is as exciting as a thriller but far more important... should be compulsory reading in journalism schools and must be read by anyone who wishes to understand how British politics actually works." (Peter Oborne, Telegraph) — "Gripping .the best account we have of the phone-hacking scandal and the attendant police corruption and cover-ups...A masterly summary of the hacking affair, as well as the ingenuity and persistence that lead to great journalism." (Henry Porter, Observer) — "What is revealed here, in painful, careful detail, is a journalism that held power in contempt. Nick Davies has done a colossal service to Britain's democracy. Hack Attack is the book of a very bold reporter about a passage of arms that he won, to our great benefit." (John Lloyd, Financial Times) — "Davies' account of how Murdoch and his dysfunctional lieutenants ensnared, enslaved, and frightened generations of politicians is blistering." (Will Gore, Independent on Sunday)

224.          DENVIGNES (Général). La Guerre ou la Paix ? Ce que j'ai vu et entendu en Allemagne. P., Jules Tallandier, 1927, in-12, 318 pp, préface de André Michelin, broché, bon état, envoi a.s.

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Par le général de division Joseph Cyrille Magdelaine Denvignes (1866-1941). Sorti de Saint Cyr, il entra dans l’infanterie. Attaché militaire en Grèce , vers 1910, il intervint heureusement auprès du gouvernement hellène et du roi Georges pour les décider à faire appel à une mission militaire française chargée de la réorganisation de leur armée. Breveté de l’Ecole de Guerre, il fit en 1914 partie d’un régiment d’infanterie comme commandant de bataillon. Très grièvement blessé lors de la bataille de la Marne, il lui fallut plusieurs mois pour guérir ses blessures. Il devait porter jusqu’à la fin de ses jours les traces d’une mutilation de la jambe qui lui interdisait l’exercice du cheval et par suite tout commandement effectif. Le gouvernement l’envoya alors comme attaché militaire à l’ambassade d’Espagne, à Madrid. Très vite, il devint un familier d’Alphonse XIII qui l’avait en particulière estime. Général à la fin de la guerre, il fut alors envoyé sur le Rhin où il exerça les fonctions d’administrateur de province et de Délégué supérieur à la Haute Commission de Mayence. Particulièrement estimé du général Mangin, celui-ci lui confia le soin d’établir le contact avec les autorités allemandes et le chargea d’une mission fort délicate auprès des forces américaines d’occupation. Il était aussi en rapport constant avec les grands industriels du bassin westphalo-rhénan. C’est alors qu’avec sa perspicacité aiguë, il regardait, examinait, notait tout ce qu’il voyait ou pouvait soupçonner des desseins les plus secrets de l’Allemagne. Il préparait ainsi ses deux volumes publiés, l’un en 1927 : La Guerre ou la paix ? ce que j’ai vu et entendu en Allemagne ; l’autre en 1930 : la Farce du Désarmement. Les événements qui venaient de se dérouler en 1914-1918 sur notre sol, ceux qui se déroulaient à ce moment-là justifiaient les craintes motivées qui donnaient à ces deux volumes une allure prophétique. Hélas ! les avertissements du général Denvignes n’eurent pas l’audience qu’ils méritaient : la farandole française continua pendant que l’Allemagne refaisait son potentiel de guerre et s’armait jusqu’aux dents...

225.          EVANS (Richard J.). The Third Reich in Power, 1933-1939. New York, The Penguin Press, 2005, gr. in-8°, xvii-941 pp, 41 photos sur 16 pl. de photos hors texte, 22 cartes, notes, biblio, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            25

Second volet d'une remarquable trilogie : Ce volume décrit la façon dont Hitler a transformé l'Allemagne en profondeur pendant les six premières années d'existence du régime. Analysant le fonctionnement du pouvoir et son évolution, et brossant un tableau de la vie quotidienne dans l'Allemagne nazie, Richard Evans montre comment l'intervention de l'État se fait de plus en plus omniprésente, bientôt mise au service d'un seul objectif : préparer le pays à la guerre. Renouant avec la tradition de l'histoire événementielle, tout en faisant la somme des derniers apports de la recherche, l'historien britannique a conçu, au dire de lan Kershaw, "l'ouvrage le plus complet qui ait jamais été écrit sur cette époque désastreuse" : une histoire générale, totale, du Troisième Reich, qui en embrasse tous les aspects, politiques, idéologiques, culturels, économiques ou sociaux.

226.          GIDE (André). Retour de l'U.R.S.S., suivi de Retouches à mon Retour de l'U.R.S.S. Gallimard, 1950, in-12, 220 pp, broché, dos passé, bon état

            20

Depuis 1930, André Gide est un des maîtres à penser et une figure de proue de la gauche. Il collabore aux divers hebdomadaires favorables au Front populaire (notamment le Marianne d'Emmanuel Berl et Vendredi). En mai 1936, Gide se rend en URSS, accompagné par Eugène Dabit, Louis Guilloux, Jef Last, Jacques Schiffrin et André Herbart. Après Moscou où Gide assiste aux funérailles de Maxime Gorki – une célèbre photographie le montre non loin de Staline en train de lire une déclaration – s’ensuit un petit périple à travers le pays jusqu’en septembre : délai suffisant à Gide pour rédiger son pamphlet. Jacques Schiffrin, premier lecteur du manuscrit, pressent les conséquences que risque d'avoir, en pleine guerre d'Espagne, le revirement gidien. Le texte est transmis à Pierre Herbart, qui part à Barcelone avec les épreuves pour rencontrer André Malraux et questionner avec lui la pertinence d’une publication – terrible pour l’URSS – en ces temps de guerre. Louis Aragon ayant, semble-t-il, prévenu les autorités soviétiques de la sortie imminente du livre, Herbart est arrêté, menacé de mort et ne doit sa libération qu’à l’intervention d’André Malraux. André Chamson et Jean Guéhenno acceptent de publier la préface dans Vendredi, et la polémique débute, la cassure s’aggravant sur la question de la Guerre d’Espagne : André Gide soutient naturellement le gouvernement républicain mais prenant, contre les communistes, la défense des anarchistes et trotskystes du POUM. Dans Europe du 15 janvier 1937, Georges Friedmann oppose sa “connaissance approfondie de l'URSS" à celle de Gide qu'il juge "partielle", on conteste la valeur d'exemple des témoignages cités par Gide, ses chiffres, même si Friedman reconnaît : "[ne pas] approuve[r] tout ce que j'ai vu en Union soviétique." Il conclut en s'adressant à Gide : "Nous sommes quelques-uns à penser que votre petit livre n'a fait que "blesser", sans être capable de "guérir". Mais mieux vaut prévenir que..." (Walden)

227.          HALÉVY (Daniel). Histoire d'une histoire esquissée pour le troisième Cinquantenaire de la Révolution française. Grasset, 1939, pt in-8°, 114 pp, broché, bon état

            20

Ce remarquable petit livre écrit pour le troisième cinquantenaire de la Révolution française n’est pas tant une remise en cause de la Révolution que du culte dont elle faisait l’objet sous la Troisième République. Daniel Halévy y montre "la France en proie à une crampe cérébrale que cinquante années de conformisme scolaire n'avait fait qu'aggraver". — Né en 1872 dans une famille d’origine juive, Halévy est de religion protestante. Attiré par le socialisme après l’Affaire Dreyfus, il collabore à l’Humanité puis aux Cahiers de la quinzaine de Péguy dont il devient proche. Ami de Georges Sorel, méfiant envers la république parlementaire et refusant la politique du bloc des gauches, Halévy prône un socialisme élitiste et considère le syndicat comme le reflet d’une élite ouvrière susceptible de sauver les masses prolétariennes du nivellement démocratique. Sensibilisé à la question paysanne, nostalgique d’une civilisation rurale, inquiet devant l’émergence d’une Europe cosmopolite, il se tourne alors vers la droite maurrassienne et soutient la Révolution nationale de Pétain. Il fut membre de l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain. Il meurt à Paris en 1962.

228.          HORSTIG-PRIMUZ (Olga), avec la collaboration de Ginette Billard. Moi, j'aime les acteurs. JCLattès, 1990, in-8°, 189 pp, 12 pl. de photos hors texte, reliure demi-chagrin fauve, dos à 2 larges nerfs soulignés à froid, pièce de titre chagrin noir en long, couv. illustrée et dos conservés, bon état. Exemplaire bien relié, envoi a.s.

            60

Brigitte Bardot l'appelle Marna Olga. C'est la dame la plus célèbre du cinéma français. Mais aussi la plus discrète. Pendant quarante ans, Olga Horstig-Primuz a été l'agent des plus grands acteurs français et étrangers. Edwige Feuillère, Michèle Morgan, Brigitte Bardot, Charlotte Rampling, Alain Delon à ses débuts, Dirk Bogarde, Curd Jurgens, Gérard Oury et bien d'autres ont été ses poulains. Elle a négocié pour eux avec les plus grands producteurs, elle les a conseillés et aidés quand ils en avaient besoin. Entre elle et eux, ce fut d'abord une histoire d'amour et d'amitié. Aujourd'hui, Marna Olga raconte ses souvenirs, les émotions d'une vie consacrée au cinéma et au théâtre, à l'ombre des étoiles. Elle fait ainsi revivre ses amis disparus, Luchino Visconti, Sir Laurence Olivier, Vivien Leigh... Grâce à elle, l'âge d'or du cinéma dévoile ses feux les plus secrets. — "(...) Je lis systématiquement toutes les biographies d'acteurs et je leur trouve un point commun qui, par sa persistance, ne peut exprimer qu'une vérité, je veux parler de l'éloge d'Olga Horstig-Primuz comme amie et comme agente. J'espère que cette concordance générale vous fait plaisir et surtout qu'elle vous incitera à écrire vos souvenirs". (François Truffaut, extrait d'une lettre adressée à l'auteur le 13 novembre 1978)

229.          HUNT (Linda). L'Affaire Paperclip. La récupération des scientifiques nazis par les Américains, 1945-1990. Stock, 1995, gr. in-8°, 463 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Paperclip : qu'est-ce qui se cache sous ce drôle de terme ? Avant même la fin de la guerre, des agents des services secrets américains commencent à parcourir l'Allemagne à la recherche des scientifiques les plus éminents du Reich. Il s'agit de prévoir des « réparations de guerre », mais surtout d'empêcher la mainmise des Soviétiques sur les milieux scientifiques allemands. Parmi les savant recrutés se trouvent non seulement des membres du parti nazi, mais aussi des criminels de guerre condamnés à Nuremberg. Dans le cadre de ce qui sera appelé le programme Paperclip, quelques mille six cents scientifiques et chercheurs sont introduits aux Etats-Unis, et cela malgré l'interdiction par le président Truman de l'immigration des nazis militants en Amérique. Le programme – en réalité, la plus importante opération de récupération de scientifiques nazis dans l'histoire des Etats-Unis – ne connut aucun interruption jusqu'en 1973. Pour la première fois, ce livre dévoile toute l'histoire de Paperclip, depuis ses débuts dans les années 40 en passant par les travaux d'Arthur Rudolph et de Wernher von Braun pour la NASA, jusqu'aux investigations menées par le Congrès et le Département de la justice dans les années 70 et 80, dont certaines se poursuivent toujours. L'Affaire Paperclip est un ouvrage historique clé, et un document dérangeant sur l'un des chapitres les plus noirs des Etats-Unis.

230.          JULLIARD (Jacques). La IVe République, 1947-1958. Calmann-Lévy, 1968, in-8°, 376 pp, chronologie, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Naissance et mort)

            25

"Un livre excellent qui n'efface pas les meilleurs ouvrages écrits sur la Quatrième République mais qui les complète. De quoi est morte la Quatrième République ? Du mauvais départ que prit le régime ; d'institutions qui devaient conduire le pouvoir vers la paralysie ; d'un personnel politique pas plus mauvais qu'un autre, mais dont les meilleures têtes étaient coupées par le jeu des institutions et auquel manquait singulièrement le courage politique ; enfin, de la tempête des guerres coloniales. Un ouvrage écrit sans tendresse aucune pour le régime et sans pitié pour le personnel – à l'exception de MM. Pinay et Mendès France qui furent les seuls à susciter un courant d'opinion durable dans le pays." (Revue française de science politique, 1970)

231.          LAUBREAUX (Alain). La Terreur rose. Déterna, 2011, in-8°, 206 pp, préface de Pierre Gaxotte, 9 photos, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Documents pour l'Histoire)

            25

Souvenirs de 1936 écrits au vitriol. Le Front populaire, soit le triomphe communiste, les grèves, les occupations, le ministère Blum, ouvriers et employés s’engouffrant en troupeau docile dans les organisations du syndicalisme moscoutaire...

232.          LOTTI (Armand). L'Oiseau Canari. Première française sur l'Atlantique Nord. Calmann-Lévy, 1968, in-8°, 259 pp, préface du général Stehlin, 16 pl. de photos hors texte, documents en annexes, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Guynemer 1969), envoi a.s.

            40

Quand la fameuse voix d'Orly annonce aux voyageurs les vols à destination de tous les pays du monde, nul, devant la facile multiplicité des départs et des arrivées, ne songe aux pionniers qui ont permis le trafic actuel. Ader, Santos-Dumont, Voisin, Blériot, et quelques autres ont ouvert la voie des airs, grâce à l'exploit. Armand Lotti nous fait revivre dans “l'Oiseau Canari” – nom de baptême de son avion – la folle aventure qu'il vécut, avec Jean Assollant et René Lefèvre, les 13 et 14 juin 1929, en accomplissant la première traversée française, d'ouest en est, de l'Atlantique Nord. Cette victoire ne put être acquise que grâce à l'extraordinaire force de caractère d'Armand Lotti : il eut non seulement à surmonter des difficultés techniques inouïes mais encore à passer outre aux instructions formelles du ministère de l'air, qui, à la suite de la disparition de plusieurs équipages au-dessus de l'Océan, avait interdit les raids transatlantiques. “L'Oiseau Canari” retrace toutes les étapes de la préparation et de la réalisation d'une entreprise qui est une prouesse d'hommes jeunes et aussi une passionnante et pittoresque leçon de volonté.

233.          MALCOLM X et Alex Haley. L'autobiographie de Malcom X. Grasset, 1993, in-8°, 328 pp, traduit de l'américain, introduction par Daniel Guérin, appendices sur l'assassinat de Malcolm X par Alex Haley, notes sur Malcolm X par Alex Haley, M.S. Handler, Ossie Davis, broché, couv. illustrée, bon état

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On connaît le Malcolm X apôtre de la libération des noirs américains qui les enflammait avec des phrases comme celle-ci : "Je ne suis pas un Américain mais l'un des 22 millions de noirs victimes de l'américanisme". On connaît le "Black Muslim" entré dans l'histoire ce jour du 21 février 1965 où il fut assassiné. Mais que sait-on de l'enfance noire et pauvre de Malcolm Littie ? Que sait-on de ce fils d'un prédicateur baptiste qui eut pour école la prison ? On découvre ici son autre visage: pacifique, attentif, isolé. Cette autobiographie, écrite avec Alex Haley, convainc et émeut.

234.          MALOUBIER (Bob) et Brigitte Rossigneux. Les coups tordus de Churchill. Calmann-Lévy, 2009, in-8°, 267 pp, glossaire, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Tout le monde a en tête l'image de Winston Churchill, le « vieux lion » ministre dès 1905, qui fait le V de la victoire en... juin 1940. Mais qui connaît l'autre facette du personnage, le Mister Hyde et sa politique de coups tordus ? Chez Churchill, les coups fourrés, c'est pourtant une vieille habitude. Où qu'il se trouve, il s'inspire de ce qu'il voit pour l'adapter à ses besoins et à ceux de l'Histoire. De Cuba, il rapporte les méthodes de la guérilla. De la défaite des Dardanelles, il apprend, bien plus tard, comment faire de l'intox une arme de prédilection. Pour tromper les nazis, il a ainsi l'idée de larguer au sud de l'Espagne le corps d'un soldat anglais, afin de convaincre l'ennemi d'une présence britannique dans le secteur, alors qu'un débarquement est planifié en Sicile. Autant de ruses mises en oeuvre avec plus ou moins de bonheur par son bras armé, l'Intelligence Service, puis par le SOE (Special Operation Executive), officine de services secrets à sa dévotion. Ancien membre actif du SOE, Bob Maloubier a eu accès aux archives des services secrets britanniques pour nous raconter les coulisses de ces coups spectaculaires, orchestrés pour certains avec tant de discrétion qu'ils sont jusqu'ici restés méconnus.

235.          METTERNICH (Tatiana de). Tatiana, la Dame aux cinq passeports. Olivier Orban, 1987, gr. in-8°, 404 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Cinq passeports : impérial, russe, Nansen, français, lituanien et allemand. Comment la même femme s'est-elle vu attribuer successivement ces différentes nationalités ? Fille d'un aristocrate russe, le prince Wassiltchikoff, c'est à 4 ans que Tatiana de Metternich dut suivre en exil sa famille chassée par la Révolution. Commence alors une errance qui semblait devoir être sans fin, rythmée par les soubresauts de l'Histoire. 1940 la voit en Allemagne, attachée au ministère des Affaires étrangères. C'est cette même année qu'elle rencontre le séduisant Prince Paul de Metternich dont elle tombe immédiatement amoureuse. Un an après ils se marient. L'intérêt majeur du livre de Tatiana de Metternich réside dans le récit de la vie en Allemagne pendant la montée du nazisme et pendant la guerre. Si elle n'a pas été personnellement mêlée au complot manqué contre Hitler, elle l'a néanmoins suivi de près, grâce aux témoignages d'amis directement impliquées ; elle a ainsi réuni de nombreux éléments qui lui permettent de brosser un tableau complet de l'événements et de ses conséquences. En mai 1945, le château de Königswart où se trouve Tatiana de Metternich est bombardé. A nouveau la voici sur les routes. Il lui faudra parcourir 600 km à pied et avec une charette pour rejoindre, à travers une Allemagne embrasée, la propriété familiale de Johannisberg, elle aussi en grande partie détruite. Tatiana de Metternich ne prétend pas faire oeuvre d'historienne, mais elle évoque ses souvenirs avec tendresse, humour, ironie. Cet ouvrage constitue pourtant bien plus qu'une simple autobiographie car ce récit du périple d'une famille composée de fortes personnalités est aussi celui d'une période historique particulièrement troublée, et dont bien des aspects méconnus sont ici révélés.

236.          MITTERRAND (François). La Rose au poing. Flammarion, 1973, pt in-8°, 224 pp, broché, pt mque en coin de la page de faux-titre, bon état. Edition originale (il n'est pas annoncé de grand papier)

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La rose au poing, symbole du combat socialiste. Selon François Mitterrand, pour les hommes d'aujourd’hui, changer la vie est un impératif. Ils éprouvent le besoin d'échapper à la jungle des intérêts, au règne de l'argent, à toutes les formes d'exploitation pour maîtriser eux-mêmes leur destin. Le socialisme, qui veut rendre le citoyen responsable de la communauté politique et le travailleur responsable de la communauté économique, apporte une réponse conforme aux exigences de notre temps. Comme l'écrit François Mitterrand dans ce livre, "la société collectiviste a pour but de forger l'instrument de la liberté personnelle ou bien il y a maldonne". Cette présentation du programme commun de la gauche est une façon pour l'auteur de dire ce qu'il pense de la Ve République, comme de dévoiler les raisons de son combat. François Mitterrand s'impose ici comme un écrivain et aussi un leader pour tous les hommes de bonne volonté. (4e de couverure)

237.          MONNEROT (Jules). Sociologie du communisme. Nouvelle édition revue et corrigée précédée de L'avenir du communisme en 1963 et d'un index analytique des sujets traités. Gallimard, 1963, in-8°, lx-521 pp, index, broché, dos lég. sali, bon état (Coll. Blanche)

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"Ouvrage touffu, mais remarquable par la pénétration des vues qui sont exposées. A vrai dire, le titre lui convient assez mal, et les sociologues pourraient bien ne pas reconnaître leur méthode dans cette « sociologie » du communisme, qui en est plutôt l’histoire et la critique. Mais, au fond, il importe assez peu : il faut examiner surtout la valeur de ce qui nous est offert. Le communisme nous y est présenté comme une « entreprise » qui, à plus d’un trait, ressemble à celle de l’Islam. Il est une religion issue d’une doctrine, le marxisme, et devenue telle par la foi eschatologique et conquérante qu’on a ajoutée à la science de Marx. Cette transformation est l’œuvre principalement du bolchevisme, surtout de Staline, qui, moitié parce qu’il a été servi par les circonstances, moitié parce qu’il a eu le talent d’en profiter, a réussi à concentrer en ses mains les fonctions de législateur, de gouvernant et de magistrat ; et sa dictature, rendue nécessaire par la guerre, a fini par apparaître comme nécessaire également pour le communisme, de même que la lutte menée contre le capitalisme a fini par être une lutte pour la domination de la Russie, avec d’autant plus de chances d’efficacité que ce qui était à l’origine un simple parti politique a pris la forme, la structure et la puissance d’une armée. De là, une nouvelle mentalité. Le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel ont été à nouveau unis ; l’activité politique a pris un caractère sacré, tant par le dévouement de ceux qui y participent que par l’interdiction absolue et l’impossibilité d’y apporter le moindre esprit critique. (...) La seconde partie du livre est la plus philosophique. A elle, moins encore qu’au reste, convient le titre de « sociologie », mais elle paraît beaucoup plus forte. L’auteur y fait ressortir la contradiction fondamentale du marxisme, qui est à la fois une «dialectique », c’est-à-dire une philosophie du mouvement, et un système, qui, comme tel, aboutit à nier ou à arrêter le mouvement, contradiction qui du reste était déjà chez Hegel. (...) La troisième partie expose comment cette entreprise en est arrivée à l'impérialisme propre aux religions séculières. Elle analyse en détail le phénomène de « convergence » entre les aspirations ou « projections » du communisme et les réalités sociales et économiques..." (P. Guérin, Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses, 1951) — "Ce livre a été écrit en 1948-49 au lendemain de la guerre et du « coup de Prague ». L'auteur définit le communisme par l'immanence réciproque et l'interdépendance fonctionnelle de trois facteurs : un Empire, une Religion séculière et une Organisation subversive... Pour J.M., le communisme peut être comparé à l'Islam (il est un « Islam du XX siècle ») : « Le communisme est à la Russie soviétique comme à l'empire abbasside la religion islamique ». Il est d'autre part indistinctement politique et religion... (...) Dans sa préface à l'édition de 1963, l'auteur se plaint du silence quasi général (un homme comme Mounier, cependant, a fait exception) de l'intelligentzia de l'époque. De fait il a certainement été victime d'un refus idéologique de considérer le communisme comme un objet d'analyse. Et il y aurait beaucoup à écrire sur la façon dont la référence à un marxisme stalinien a stérilisé la recherche intellectuelle dans certains milieux... Il faut constater qu'à une époque où beaucoup d'intellectuels français étaient fascinés par le stalinisme, l'auteur amène une réflexion sur le totalitarisme qui ne manque pas de pertinence sociologique. Il montre bien que le totalitarisme provient de la conjonction de deux facteurs : une resacralisation du politique qui lui donne les traits classiques de l'absolutisme, le développement technique et institutionnel moderne qui permet de soumettre les individus à des suggestions et des pressions continuelles, et ne leur laisse jamais prendre du champ par rapport à ce qu'on leur inculque. Le danger totalitaire guette toutes les sociétés modernes : « l'ère capitaliste » a révélé qu'il était possible de tout organiser, de tout rationaliser. Le totalitarisme, nous dit Monnerot, fait à l'échelle de la société globale ce que le capitalisme a fait à l'échelle de l'usine." (Jean Baubérot, Archives de sciences sociales des religions) — "Comment s'y prennent les communistes ? Quelles sont leurs méthodes ? Quel est le mécanisme de la contagion ? Comment les choses en sont-elles venues au point où elles en sont ? Quelle est la signification d'ensemble des phénomènes totalitaires dans le monde actuel ? Quel est le rapport des masses à l'absolutisme du XXe siècle, et du totalitarisme à l'évolution industrielle ? Quelle est la place du politique dans l'ensemble et dans le jeu des activités humaines ? Comment se sont formés les grands mythes d'aujourd'hui, à quoi ils répondent ? Comment ils agissent et comment enfin intervient le « facteur temps » ?... Telles sont les questions auxquelles, dans ce livre, l'auteur répond, en se basant sur une méthode historique (en ce sens qu'elle vise à comprendre le présent par le passé), en faisant un usage parfois nouveau des données fondamentales de la psychanalyse, et aussi en mettant au point la notion nouvelle en sociologie de « phénomènes de convergence ». Rien, dans ce livre, qui ne puisse intéresser l'homme d'aujourd'hui : même si un individu ne s'intéresse pas aux faits, les faits s'intéressent à lui." (Bulletin de la NRF, juil. 1949)

238.          MONNERVILLE (Gaston). Vingt-deux ans de présidence. Le Cherche Midi, 2003, gr. in-8°, 594 pp, préface de Robert Badinter, édition revue et corrigée par André Bendjebbar avec appareil critique, bio-bibliographie rédigée par André Bendjebbar, biographie de Gaston Monnerville, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Documents)

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"Ce livre retrace la pensée et les combats d'un homme de conviction et de courage, d'un grand Républicain, Gaston Monnerville." (Robert Badinter) — Né à Cayenne, descendant d'esclaves guyanais, Gaston Monnerville (1897-1991) vint en métropole pour faire ses études à Toulouse. Juriste et orateur, il défendit les droits de l'homme et combattit le racisme durant toute sa carrière. Pendant la Ve République, le Sénat, sous sa présidence, a recouvré un rôle de premier plan. Parce qu'il plaçait le droit, et la loi au-dessus de tout, il contesta, dans un discours célèbre prononcé le 29 septembre 1962, le référendum proposant d'élire le président de la République au suffrage universel direct. Il y voyait "une violation délibérée, voulue, réfléchie, outrageante, de la constitution". Il parla même à ce sujet de "forfaiture". Lorsque, défendant son projet dans une allocution télévisée, le général de Gaulle dit : "J'ai le droit !", Gaston Monnerville lui répondit devant le Sénat qui venait de le réélire à sa tête triomphalement : "Non, monsieur le président de la République, vous n'avez pas le droit. Vous le prenez !" À ceux qui s'interrogent sur la naissance d'une VIe République et le bien-fondé de nos institutions, la lecture de “Vingt-deux ans de présidence” – les Mémoires de Gaston Monnerville – apportera plus d'un enseignement.

239.          PIÉTRI (François). Hors du forum. Editions de Paris, 1957, in-8°, 243 pp, broché, bon état, envoi a.s.

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D’une famille patricienne de magistrats, préfets et parlementaires, François Pietri ne dédaigne pas les chemins de traverse au cours de ses années de formation qu'il raconte ici : les plaisirs de l’histoire qu’il étudie en Sorbonne sous l’autorité de Seignobos (« l’impartiale Clio qui fut la Muse de mon lointain suffrage et dont il m’arrive encore d’implorer les faveurs »), comme ceux du sport (golf, polo, escrime ; il est membre du comité international olympique) ou du journalisme à L’Illustration ; toutefois son parcours scolaire est sans faille : école Stanislas, goût pour les humanités et les classiques « sans le concours desquels il n’est, en toute matière, que demi-science et demi-culture », prix au concours général, diplôme de sciences politiques, doctorat en droit, concours de l’Inspection des Finances, qui représente pour lui « le principe des élites qui rend à une société nivelée par l’électoralisme le stimulant rajeuni d’une sorte de noblesse ».

240.          PINEAU (Christian). 1956, Suez. Laffont, 1976, gr. in-8°, 233 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Jusqu'à ce témoignage, celui du ministre des Affaires étrangères d'alors, on ne savait pas la vérité sur l'expédition de Suez. Christian Pineau rompt après vingt ans le silence et révèle toutes les données de l'attaque contre l'Égypte après la nationalisation du canal de Suez décidée par Nasser. Il révèle par exemple les conditions de la négociation avec les Israéliens, raconte le rendez-vous et l'accord secrets de Sèvres entre les ministres français dirigés par Guy Mollet et Ben Gourion et Dayan. Il évoque aussi l'arrestation en plein ciel de Ben Bella et des autres chefs du FLN, et dévoile les divergences qui éclatent entre ministres français à ce propos. Son récit du conseil des ministres, ce qu'il dit de l'attitude du Président de la République René Coty, surprendront. Enfin, sur l'attitude des Américains à l'égard de l'initiative franco-britannique, il apporte des précisions inédites. L'un des épisodes essentiels de l'histoire contemporaine, peut-être le dernier sursaut des anciennes grandes puissances coloniales, est ainsi éclairé. Les révélations de Christian Pineau permettent enfin de comprendre ce qui s'est passé, réellement, en 1956.

241.          POINCARÉ (Raymond). L'Oeuvre financière et économique du Gouvernement. Discours prononcés à la Chambre des députés par Monsieur Raymond Poincaré, Président du Conseil, Ministre des Finances, les 2 et 3 Février 1928. Berger-Levrault, 1928, pt in-8°, 218 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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Dans le discours qu'il prononça à la Chambre des députés les 2 et 3 février 1928, consacré à l'oeuvre financière et économique du gouvernement, Raymond Poincaré mit en exergue la diminution du taux de l'escompte, abaissé graduellement – entre décembre 1926 et janvier 1928 – de 7,5 % à 3,5 %, soit au niveau d'avant-guerre. Commentant cette évolution, rendue possible par la suppression des bons de la défense nationale à courte échéance et l'abondance des capitaux disponibles qui en résulta, il souligna que "le taux de l'escompte bas, c'est l'argent à meilleur marché, c'est donc un heureux stimulant à la fois pour les entreprises industrielles et commerciales, et pour le marché même des valeurs mobilières". L'histoire témoigne cependant des hésitations qui précèdent de telles décisions. C'est ainsi qu'Emile Moreau, gouverneur de la Banque de France, initialement rétif à une diminution du taux de l'escompte en deçà de 5 %, s'en laissa convaincre par Charles Rist en décembre 1927, puis se félicita de cette décision un mois plus tard en écrivant dans son journal : "La réduction du taux de l'escompte produit son effet. On nous demande beaucoup de crédits de campagne et les comptes directs reprennent de l'activité."

242.          PORCH (Douglas). Histoire des services secrets français. 2. De la guerre d'Indochine au Rainbow Warrior. Albin Michel, 1997, in-8°, 341 pp, traduit de l'américain, annexe : Codage-décodage, notes, biblio, index, broché, bon état

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Historien américain de renom international, Douglas Porch analyse le rôle complexe, obscur – et parfois scandaleux – des services secrets dans l'histoire française contemporaine. Fruit d'un minutieux travail de recherche, les deux tomes de cette somme unique projettent un éclairage singulier sur l'espionnage français, depuis la création de la Section de statistique et son rôle dans l'Affaire Dreyfus jusqu'à nos jours. Tome 2 : A partir de la Libération naissent les rivalités entre le SDECE et la DST, alors que le Renseignement militaire est impliqué dans les conflits d'Indochine et d'Algérie. Sous la Ve République, les "péripéties" abondent : l'affaire des fuites et du SAC, l'enlèvement de Ben Barka ou le sabotage du Rainbow Warrior, soulignant les dysfonctionnements du système. Au fil de cette entreprise de décryptage s'éclairent peu à peu les coulisses de notre histoire secrète, jalonnée de succès mais aussi d'échecs et de scandales. Douglas Porch, dont la rigueur ne peut être contestée, porte un regard critique sur notre renseignement à la française, dénonçant, entre autre, les détournements à des fins politiques d'un instrument théoriquement au service de l'Etat. Un document sans complaisance, qui ne manquera pas de soulever des controverses.

243.          POWELL (Michael). Une vie dans le cinéma. Institut Lumière, Actes Sud, 1997, gr. in-8° oblong, 830 pp, qqs photos, filmographie, index, reliure demi-veau glacé acajou, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et noir, fleurons dorés, couv. illustrée conservée, bon état. Exemplaire très bien relié

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"Toute ma vie j'ai aimé l'eau qui coule. L'une de mes passions est de descendre un fleuve, de suivre son cours, calme ou agité, ses tours et ses détours. Aujourd'hui, la mer est là qui s'offre à ma vue, et le moment est venu d'entreprendre l'histoire de ma vie (...) J'ai soixante-quatorze ans et treize semaines. A mon âge, chaque semaine compte. Soixante-quatorze ans n'est pas un âge très avancé, mais c'est un âge respectable, un âge auquel on se rend compte que certaines choses que l'on avait toujours eu l'intention de faire – lire toute La Comédie humaine, faire l'ascension du Kilimandjaro, suive le Douro des Grèdes jusqu'à l'Atlantique – ne le seront, pour la plupart, probablement jamais. (...) J'ai grandi avec le cinéma, l'ai quitté et y suis revenu, j'ai vieilli avec lui. J'ai vu de grandes inventions techniques, comme l'avènement du parlant et l'arrivée de la couleur, bouleverser la profession, ruiner des milliers de personnes et en enrichir quelques-unes. J'ai vu la malédiction d'un excès d'argent et de pouvoir entre les mains d'un trop petit nombre ruiner cette industrie de façon répétée, et pourtant, il y a toujours eu d'étonnants talents créateurs pour émerger de la dévastation causée par cette stupidité crasse et revitaliser une fois de plus la profession. J'ai vu des spectateurs faire une longue queue pour voir un nouveau film, et le même soir j'ai regardé des heures de nullité à la télévision. J'ai vu ... que n'ai-je pas vu ? " — Réalisateur vénéré de Martin Scorsese, Jean-Pierre Melville, John Boorman et Bertrand Tavernier, Michael Powell (1905-1990) est l'auteur du “Voyeur”, de “Colonel Blimp”, du “Narcisse noir” et des “Chaussons rouges”. Un demi-siècle de cinéma est évoqué dans ces Mémoires étincelantes où se révèle un portraitiste hors pair (Selznick, Churchill, Hitchcock) doublé d'un admirable écrivain. Enfin publié en France, “Life in Movies”, l'une des meilleures autobiographies écrites par un metteur en scène, est plus qu'un grand texte sur le cinéma : tout simplement un grand livre.

244.          REAGAN (Ronald). An American Life. New York, Simon & Schuster, 1990, fort et gr. in-8°, 748 pp, 47 photos sur 32 pl. hors texte, index, reliure demi-toile éditeur, jaquette illustrée, manque la première garde, bon état. Edition originale. Texte en anglais

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La publication des Mémoires de Ronald Reagan est un événement majeur. Fils d'un modeste marchand de chaussures de Tampico, dans l'Illinois, Ronald Reagan passe ses années d'enfance dans une famille aux prises avec les rigueurs de la Grande Dépression. De ville en ville, il parcourt l'Amérique en crise et paie lui-même ses études à l'université. Pour gagner sa vie, il devient chroniqueur sportif à la radio, avant d'aller tenter sa chance à Hollywood. Une belle carrière d'acteur l'y attend. Mais un jour sa détermination à défendre les valeurs américaines – liberté, sens de la justice – est la plus forte : il est élu gouverneur de Californie en 1966. Une carrière politique couronnée par son élection à la Maison Blanche, en 1980, qui fait de lui pour huit ans le chef de la nation la plus puissante du monde. Une destinée unique dans les annales. Ronald Reagan dévoile tout de ses années de présidence et, avec un sens du détail exceptionnel, entraîne ses lecteurs dans les secrets de la politique internationale. Notamment, en livrant sa correspondance privée avec Mikhaïl Gorbatchev. Malgré la tentative d'assassinat dont il fut victime, rien ne put l'arrêter : du Liban à la Grenade, de l'IDS jusqu'à la réduction des armements nucléaires, ou décidant sa fameuse réforme fiscale, Ronald Reagan incarna, plus qu'un autre, l'esprit américain et sut redonner confiance à son pays. Plein de révélations, d'une franchise à toute épreuve, « An American Life » est le récit d'une incroyable aventure : comment un obscur Américain devient le quarantième président des Etats-Unis.

245.          REGLER (Gustav). Le Glaive et le Fourreau. Plon, 1960, in-8°, 405 pp, traduit de l'allemand (“Das Ohr des Malchus”, 1958), une photo de l'auteur en frontispice, broché, sans la jaquette, tranche sup. lég. salie, état correct

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Mémoires de Gustav Regler (1898-1963) écrits au Mexique. — Regler ? Un acteur mêlé à toutes les guerres, les révolutions, les grandes causes de ces trente dernières années. Un homme que les circonstances placèrent, comme à plaisir, dans des situations inhumaines. Un héros blessé de la lutte des classes. Un apostat du monastère marxiste dont les désillusions firent la lucidité. Un écrivain de race qui est aussi un poète et qui nous livre ici, à travers ses mémoires, la longue expérience d'un artiste placé devant les totalitarismes de son temps. N'est-il pas significatif que son ouvrage commence par ces mots : « Au commencement était la peur et la peur était en moi et la peur était moi...» ? On peut dire que cet homme a été présent, soit par l'esprit, soit par les armes, sur tous les fronts où s'est joué le destin de notre siècle, Il a combattu sur les barricades allemandes. Il a été banni de chez lui par Hitler. Il a partagé les espoirs du socialisme et du communisme. Il a mangé le pain de l'exil et mis sa plume au service de la liberté. Il a visité l'Union soviétique comme invité officiel de Molotov. Pendant la guerre civile espagnole, il a été l'un des commandants de la fameuse douzième brigade. Interné dans le Midi de la France, il a pu enfin s'échapper pour rejoindre le Mexique et y mener désormais une vie d'écrivain. Ses souvenirs de bataille de la Grande Guerre ont la puissance de ceux de Remarque, de Dorgelès ou de Barbusse. De même les images qu'il rapporte d'une certaine Allemagne, livrée aux incendies, aux meurtres et à la mitraille, sont peut-être uniques en leur genre et le récit de son expérience d'Espagne dans les brigades internationales rejoint la grandeur atteinte par Malraux dans “L'Espoir”. On peut ajouter enfin que personne n'a su exposer le désenchantement du communisme avec un tel relief. Nous sommes ici, sans nul doute, devant le livre d'un essayiste, chargé d'un rare sentiment de l'urgence et du mystère de la vie, mais c'est aussi un document d'histoire contemporaine. L'ouvrage est traversé par une foule de personnalités rencontrées tout au long d'une existence mouvementée : Stefan George, Maxim Gorki, Théodor Pliever, Arthur Koestler, Ilya Ehrenbourg, Boris Pasternak, Walter Ulbricht, André Malraux, Ernest Hemingway et tant d'autres qui ont contribué à modeler le visage de notre époque. Certains s'étonneront de remarquer que Gustav Regler n'a pas tiré la morale de sa vie, une morale que l'on attendrait plutôt amère. Mais demande l'auteur : « Qui donc a le droit de juger autrui ? » — "Hemingway l’aimait, Malraux l’admirait, Aragon le haïssait. C’est dire que Gustav Regler ne laissa personne indifférent. Lui-même se méfia sa vie durant des hommes qui choisissent, enivrés par les encens de la renommée, de fermer les yeux quand on massacre les innocents. Parce qu’il aura pris très tôt son siècle à bras-le-corps, Regler, né en 1898 et jeté dès la sortie du lycée dans la Première Guerre mondiale, ne chercha pas à s’épargner, il fut de tous les combats, même les plus douteux. Comme de combattre les spartakistes dans les rangs des bataillons sociaux-démocrates, ou comme, plus tard, d’embrasser la cause stalinienne. Ce qui le sauva de l’infamie tient sans doute à sa ténacité, à ce besoin irrépressible de voir clair en lui, et partant de ne jamais pactiser avec les bourreaux, quelle que soit la couleur de leur uniforme. Là où tant d’intellectuels résistèrent à l’envie de résister par le fer et le feu, et préférèrent mener la guerre contre Hitler, Franco et les autres, en paradant sur les tribunes, lui, Regler, n’hésita pas à se mêler au peuple en armes. Ainsi, après l’assassinat de Rosa Luxemburg qui l’épouvanta, rejoignit-il Munich et sa République des conseils que la gauche comme la droite parlementaire noyèrent dans le sang. De même quitta-t-il dès 1936 la France, sa terre d’asile, afin de s’engager en Espagne dans les Brigades internationales où, blessé dans sa chair par la mitraille fasciste et dans son cœur par l’imposture stalinienne, il ne sauva sa vie que par la grâce d’une femme, qui lui redonna la force de ne pas abdiquer. Tour à tour récit initiatique, roman épique, fable amoureuse, et témoignage de première main sur l’histoire de notre temps, “Le Glaive et le Fourreau”, ne peut donc que hanter quiconque le lira." (Frédéric Roux) — "Hemingway arriva de Cuba pour assister aux courses de taureaux. En sortant du Tampico-Club, il me poussa contre le mur et me demanda à brûle-pourpoint "Pourquoi as-tu abandonné tes amis communistes ?" Marie-Louise s'avança, mais il ne me lâcha pas pour autant : "Pourquoi les as-tu suivis en Espagne ? Retourne dans leurs rangs et combats les calomniateurs sur leur propre terrain." Au bout d'un moment il s'écarta et se mit à injurier le monde entier : "Les USA sont foutus comme la France. On devrait châtrer tous les nazis. Les Russes sont les seuls à faire quelque chose." Puis il se retourna vers moi, me prit par les épaules et s'écria : "Après tout, laisse-les donc t'injurier, qu'est-ce que ça peut te f... !" Hemingway ne pénétrait pas les détours et les subtilités de la basse politique. Il était pour les solutions rapides et radicales. Il m'offrit un jour de l'argent pour que je me procure un revolver et que j'aille à Cuba régler son compte à un de mes calomniateurs, qui fut d'ailleurs pendu en 1953 sur les ordres de son propre parti." (Extrait)

246.          REVEL (Jean-François). Mémoires. Le voleur dans la maison vide. Plon, 1997, fort in-8°, 649 pp, broché, bon état

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Des bancs de l'école marseillaise au fauteuil du quai de Conti, les souvenirs de Jean-François Revel, grand témoin de ce demi-siècle, s'offrent pour la première fois à notre curiosité et à notre délectation. Quelle vitalité et quelle intelligence ! La rue d'Ulm, la bohème de Saint-Germain-des-Prés, la passion de l'art, de la littérature et des voyages, la comédie parisienne, la rencontre ou l'amitié des plus grands personnages de l'époque, le journalisme, "L'Express", les combats du philosophe et du polémiste sont évoqués par un esprit d'une lucidité exceptionnelle. De ces pages autobiographiques émerge l'image d'un homme libre, sans préjugé ni illusion, attentif aux autres et amoureux de la vie, qui restitue pour notre émerveillement un morceau de temps retrouvé.

247.          RICHARD (Marthe)(Marthe Richer). Mes dernières missions secrètes. Espagne 1936-1938. Editions de France, 1939, in-12, 230 pp, broché, bon état

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"Le nom de Marthe Richard reste indéfectiblement associé à la fermeture des maisons closes, en 1946. Pourtant, celle qui fut dès lors surnommée la « Veuve qui clôt » a connu une vie trépidante, dont certains épisodes relèvent de l’espionnage. Marthe Betenfeld naît le 15 avril 1889 à Blâmont, en Lorraine, d’un père brasseur et d’une mère domestique. Destinée à devenir couturière, c’est une autre vie qui l’attend : à 16 ans, après deux années chaotiques d’apprentissage, elle est mise par un Italien sur les trottoirs de Nancy, puis se retrouve dans un bordel pour militaires. Interpellée pour racolage puis fichée par la police en août 1905 comme prostituée mineure, elle s’enfuit à Paris où, après avoir soigné une syphilis, elle rencontre en septembre 1907 l’industriel Henri Richer. Avec cet homme riche, qu’elle épouse en 1915, elle devient une respectable bourgeoise, tentant d’effacer les traces de son passé. Sans succès, car elle n’obtient pas, ni en 1908 ni en 1915, sa radiation du fichier des prostituées. Elle mène toutefois grande vie. Son mari lui achète en 1913 un avion et elle est l’une des premières femmes à être titulaire du brevet de pilote. Mais Henri Richer tombe sur le front de Verdun en mai 1916. Veuve, elle déclare vouloir aider la France. Elle est alors engagée par le capitaine Georges Ladoux, chef du Service de centralisation des renseignements (SCR, service de contre-espionnage) du 5e bureau, qui voit dans les soubresauts de sa prime jeunesse un potentiel pour l’action. Il lui confie une mission en Espagne auprès de Hans von Krohn, capitaine de corvette de l’état-major de la marine impériale et attaché naval allemand à Madrid, dont elle fait son amant. Elle devient alors plus ou moins agent double, à la façon de Mata Hari qu’elle fréquente dans la capitale espagnole. Les missions qui lui sont confiées sont mineures et elle finit par « se faire griller » au bout de seulement quelques mois. Elle a, en effet, un accident de voiture en compagnie de l’attaché naval allemand, accident qui attire l’attention de la presse française. Le 2 août 1917, le journal “La Croix” la cite ainsi dans un article intitulé « L’espionnage en automobile – Un accident intéressant ». Sa carrière d’agent révélée, elle doit rentrer en France où elle découvre que son nom est rayé des rôles du service. Fin d’une piteuse carrière d’espionne. Pourtant, en 1930, Ladoux, se souvenant de Marthe, a l’idée d’écrire un roman intitulé “Marthe Richard, une espionne au service de la France”. C’est à cette date qu’elle adopte le patronyme de Marthe Richard, déformation grossière du nom de son défunt mari « Richer ». Ce livre n’est qu’une suite de faits complètement inventés, sortis de l’imagination du capitaine, qui n’a d’ailleurs jamais prétendu autre chose. Il lui invente, par exemple, un père militaire, hussard vétéran de la guerre de 1870 habitant Nancy. Affublée du surnom d’« Alouette », il la place dans des situations rocambolesques... Mais Marthe s’émeut de ce succès. Plutôt que de faire rétablir les faits, elle publie un autre livre, “Ma vie d’espionne au service de la France”, qui en rajoute encore dans l’affabulation. Elle raconte, par exemple, que ses parents ont été fusillés par les Allemands au début de la guerre. Peu importe la vérité, le public adhère : sa popularité est immense et, en 1933, le président du Conseil Édouard Herriot, l’un de ses amants supposés, lui fait même avoir la Légion d’honneur pour services signalés rendus aux intérêts français ! Elle complète la fable en 1939 avec la publication de “Mes dernières missions secrètes – Espagne 1936-1938”. Marthe Richard s’est évertuée toute sa vie à créer sa propre légende, mêlant sans cesse mensonges et vérités. Edwige Feuillère l’interprète au cinéma, en 1937, face à Erich von Stroheim, dans un film à succès reprenant le titre de Ladoux : “Marthe Richard, une espionne au service de la France”. Elle ne cessera jamais d’entretenir le mythe : en 1974, elle sort un ultime livre titré “Mon destin de femme”, dans lequel elle se forge un passé de grande résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, alors même qu’elle a séjourné de juin 1940 à décembre 1942 à Vichy, puis à Paris où elle s’est rapprochée de certains membres de la Gestapo, adoptant un comportement pour le moins équivoque. En 1971, Charles Chenevier, ancien sous-directeur de la Police judiciaire, dénoncera les mystifications de Marthe Richard relatives à son passé d’aviatrice, d’espionne et de résistante dans un livre dans lequel il écrit, ni plus ni moins, qu’elle « a triché, a menti, a usurpé gloire et notoriété ». Elle donne pourtant jusqu’au soir de son existence des conférences sur sa « vie d’espionne », aujourd’hui oubliée tant les faits sont ténus ou inexistants dans les archives militaires. Marthe Richard meurt à presque 93 ans, en février 1982, à son domicile, son nom définitivement associé en revanche, en raison de la campagne de presse très efficace qu’elle avait menée, à la loi sur la fermeture des 1.400 « maisons de tolérance »." (Olivier Brun, Dictionnaire du renseignement, 2018)

248.          ROUSSEAU (Stéphane). Alexandrie : du phare au cachot. Egypte, 12 ans d'aventures. Le Bord de l'Eau, 2005, gr. in-8°, 223 pp, 24 pl. de photos, figures et cartes hors texte, biblio, glossaire, broché, couv. illustrée, bon état

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Dessinateur dans l'équipe de l'archéologue Jean-Yves Lempereur sur le chantier de fouilles sous-marines autour des restes du phare d’Alexandrie, Stéphane Rousseau, par sa connaissance des souterrains, a contribué à déceler les anomalies de terrain. Arrêté le 2 août 2003 à l’aéroport d’Alexandrie, emprisonné et accusé d’« appropriation, dissimulation, possession et trafic d'antiquités », il a réussi à regagner la France en décembre 2004... — "Après 11 ans de travail d'études et de valorisation du patrimoine de l'Egypte antique, les autorités égyptiennes réservent à Stéphane Rousseau une étrange récompense : le 2 août 2003 il est arrêté à l'aéroport d'Alexandrie et jeté au cachot durant huit mois. Prise dans une machination infernale, l'aventure se transforme en cauchemar. Pour éliminer l'équipe de Jean-Yves Empereur il fallait un bouc émissaire. Quelques cupides inspecteurs des antiquités égyptiennes ont désigné Stéphane Rousseau. Il raconte ici son parcours : un document choc qui rappelle que l'Egypte est un pays où règnent encore l'arbitraire et la sauvagerie des régimes militaires." (L'Editeur)

249.          ROUSSEL (Eric). Pierre Mendès France. Gallimard, 2007, gr. in-8°, 605 pp, 73 photos sur 32 pl. hors texte, notes, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Prix de la biographie de l'Académie française)

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Pierre Mendès France (1907-1982) est, avec le général de Gaulle, le seul grand acteur de la vie publique qui, dans la seconde moitié du XXe siècle, a suscité un mythe. Sa trace dans l'Histoire ne se limite pas à son bref passage au pouvoir de juin 1954 à février 1955, sept mois et dix-sept jours marqués par le règlement de la guerre d'Indochine et le début du processus d'indépendance de la Tunisie. Le rayonnement et l'influence de cet homme de gauche réaliste se sont exercés bien au-delà de sa famille politique d'origine. Pour plusieurs générations de hauts fonctionnaires, de cadres dirigeants, d'intellectuels et de citoyens anonymes, Mendès France a été une référence morale. Si de Gaulle avait une certaine idée de la France, lui incarnait une certaine idée de la République, avec pour principes le souci du bien commun, le respect de l'adversaire, la volonté de dire toujours la vérité. S'écartant d'une légende simplificatrice, Eric Roussel est parti à la recherche de cet homme courageux, complexe, attachant, quelquefois paradoxal. De ses débuts de jeune élu radical en Normandie à ses relations passionnelles avec de Gaulle et compliquées avec François Mitterrand, maints épisodes que l'on croyait connus apparaissent sous un jour nouveau, tandis que se révèle un être sensible, très marqué par le procès inique que lui intenta le régime de Vichy, et plus d'une fois en proie au doute. Fondé sur une vaste enquête dans les archives françaises et étrangères, les témoignages de proches de Mendès France et ses écrits inédits les plus intimes, ce livre éclaire un destin d'exception profondément ancré dans la mémoire nationale.

250.          SFORZA (Comte Carlo). Les Frères ennemis. L'Europe d'après-guerre. Gallimard, 1933, in-12, 282-(4) pp, traduit de l'italien, index des noms, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Notre temps). Livre inscrit sur la liste des “Ouvrages littéraires non désirables en France” par le Syndicat des éditeurs en 1943

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"Ce livre renferme des considérations très intéressantes sur la situation de l’Europe et sur les causes profondes du malaise dont elle souffre. Il aide à comprendre les différentes raisons qui expliquent des antagonismes graves dont on ne peut encore prévoir la fin. Le Comte Sforza a été étroitement mêlé aux événements des dernières années. Il connaît les hommes et les choses. Au moment où tout fermente dans la vieille Europe, où les idées de concorde et de solidarité internationales prennent si péniblement le dessus, le Comte Sforza nous incite à jeter un regard en arrière pour essayer d’entrevoir l’avenir. La guerre a vraiment ébranlé les bases du vieux monde. C’est une des tâches essentielles de l’heure présente de comprendre sa physionomie nouvelle." (Georges Blondel, Revue internationale de l'enseignement, 1933) — « Locarno, dira le comte Sforza, fut un grand et admirable commencement. Mais dès qu'on oublia qu'il n'était qu'un point de départ, il ne fut plus rien » (Les Frères ennemis). Effectivement, l'Italie que la France avait invitée à Locarno, s'attendait à ce qu'on lui garantisse la frontière du Brenner, comme la Pologne et la Tchécoslovaquie attendirent que leurs frontières occidentales soient garanties. Mais seule la frontière du Rhin fut évoquée à Locarno... L'Italie en conçut un fort dépit qui se transforma en une agressivité accrue dans l'Adriatique, en Afrique du Nord et dans les Balkans. D'une façon générale, Mussolini recherchera dès lors l'appui de Londres..." (Léon Limon)

251.          SOUSTELLE (Jacques). Aimée et souffrante Algérie. Plon, 1956, in-8°, 305 pp, 15 photos hors texte et 5 fac-similés, broché, pt déchirure sans mque réparée au 1er plat, bon état, envoi a.s.

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"Parmi les mémoires et ouvrages politiques, il faut d'abord citer l'important témoignage de J. Soustelle : “Aimée et souffrante Algérie”, plaidoyer certes, mais humain et attachant quelle que soit l'opinion portée sur l'œuvre de l'ancien gouverneur général promoteur de l'intégration. Des textes, de nombreuses références, l'analyse détaillée d'une politique qui s'est efforcée d'être constructive font de cet ouvrage un utile instrument de travail. J. Soustelle a précisé ses thèses dans une réponse à R. Aron : “Le Drame algérien et la décadence française”." (Revue française de science politique, 1959) — Né en 1912, professeur agrégé de philosophie et diplômé d’ethnologie à vingt ans, Jacques Soustelle visita de 1932 à 1935 des régions peu connues du Mexique et se spécialisa dans l’étude des langues et des civilisations autochtones. Après sa thèse de doctorat, soutenue en 1937, il assura la sous-direction du Musée de l’Homme aux côtés du professeur Rivet, puis enseigna pendant deux ans au Collège de France d’Outre-Mer. La guerre modifia profondément l’orientation de sa carrière. Mobilisé, envoyé en mission en Amérique Latine peu avant l’armistice, Jacques Soustelle rallia les Forces françaises libres. Le Général de Gaulle le désigna à Londres comme Commissaire national à l’Information en 1942, puis Directeur général des Services spéciaux à Alger en 1943. Après avoir été ministre de l’Information du cabinet du Général de Gaulle, puis ministre des Colonies en 1945, il se retira quelque temps de la vie politique. Il devint en 1948, Secrétaire général du Rassemblement du Peuple français. Elu député du Rhône en 1951 il est désigné comme Gouverneur général de l’Algérie le 26 janvier 1955, mission qu'il accomplira jusqu'au 31 janvier 1956. L’expérience de cette année algérienne se trouve dans “Aimée et souffrante Algérie”.

252.          SOUVARINE (Boris). Staline. Aperçu historique du bolchévisme. P., Gérard Lebovici, 1985, gr. in-8°, 639 pp, nouvelle édition revue par l'auteur, une photo de l'auteur en frontispice et 16 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le livre de B. S., enfin réédité, est à la fois plus et moins qu'une biographie. Plus, parce qu'il est, en fait, un monumental livre d'histoire de la révolution russe, du bolchévisme et du stalinisme à ses origines. Moins, parce que l'homme Staline, le révolutionnaire ou le dirigeant politique, brille souvent par son absence. De longs passages ne mentionnent même pas son nom et B. S. va jusqu'à lui dénier toute activité et influence au cours de la période pré-révolutionnaire. Les critiques qu'il adresse à la politique de Staline, la manière dont il démontre comment celui-ci a trahi la révolution, rejoignent les critiques exprimées à la même époque par Trotsky. L'oeuvre de B. S. reste, vu l'époque où elle fut écrite (de 1930 à 1935), un témoignage précieux, dont certains passages ont aujourd'hui une valeur prophétique." (Revue française de science politique)

253.          [Truman] – HILLMAN (William). M. le Président ("Mr. President"). Carnets, lettres, archives et propos de Harry S. Truman, 32e président des Etats-Unis d'Amérique, présentés par William Hillman. Amiot-Dumont, 1952, in-8°, 301 pp, traduit de l'américain par R. Jouan, 28 pl. de photographies de Alfred Wagg hors texte, broché, couv. piquée, sans la jaquette, bon état (Coll. Archives d'histoire contemporaine)

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"Une publication assez inattendue nous permet d'approcher le président Truman, de nous asseoir à son foyer, de l'entendre parler de sa famille, de son enfance, de ses débuts dans la vie, des diverses étapes de sa carrière, de jeter les yeux sur sa correspondance, sur ses carnets de notes. Car c'est de tout cela qu'est fait le livre de M. William Hillman : “Mr. President”. L'auteur est un journaliste, ancien correspondant en chef pour l'Europe d'une agence d'information, devenu l'accrédité auprès de la Maison Blanche d'une chaîne de radiodiffusion. C'est en prenant des interwiews au Président et en recueillant ses réponses à maintes questions sur les principes fondamentaux et les grandes lignes de sa politique qu'il conçut le dessein de réaliser l'idée exprimée par ce chef d'Etat, chef en même temps du gouvernement : « Je voudrais que les gens connussent la fonction présidentielle telle que je l'ai vécue, et je voudrais qu'ils me connussent tel que je suis. » (...) Il veut savoir et comprendre avant de décider, mais il ne recule jamais devant la décision, quoi qu'il lui en coûte. Dans un des épisodes les plus graves du début de sa Présidence : l'usage de la bombe atomique. Il était à Potsdam pour la conférence de juillet 1945 lorsqu'une communication de Washington lui fit connaître que l'expérience de Los Alamos, le 16, avait parfaitement réussi. Il conféra aussitôt avec ses conseillers militaires les plus sûrs, le général Marshall, l'amiral Leahy, le général Arnold, commandant en chef des forces aériennes, le général Eisenhower et l'amiral King, ainsi qu'avec son secrétaire d'Etat Byrnes et son secrétaire à la Défense, Stimson. L'opinion générale fut que la bombe devait être employée. L'usage de cette atroce arme de guerre éviterait une invasion du Japon beaucoup plus coûteuse en vies humaines et sauverait non seulement quelque 250.000 combattants américains, mais sans doute un plus grand nombre aussi de soldats et de civils japonais. Le Président médite sur cet avis, pèse le pour et le contre et conclut que son devoir est de donner l'ordre dont la responsabilité lui appartient et n'appartient qu'à lui : décision conforme à sa conception de son rôle et à toute sa conduite antérieure. Nous voyons mieux, aux clartés que nous procure la publication de M. Hillman, combien la connaissance de l'homme tel qu'il s'y révèle nous aide à comprendre l'action du Président. De l'un à l'autre il n'y a aucune solution de continuité et vraiment ils ne font qu'un. Nous pouvons ajouter que l'un et l'autre apportent une contribution d'un inégalable intérêt à la psychologie du peuple américain." (Firmin Roz, Revue des Deux Mondes, 1952)

254.          VAÏSSE (Maurice)( dir). De Gaulle et la Russie. CNRS Editions, 2006, gr. in-8°, 295 pp, une carte, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Pour le général de Gaulle, la Russie est quelque chose de fondamental, tout autant que l'Allemagne et pour des raisons symétriques qui sont à la fois de stratégie et de civilisation. Il voit cet Etat comme un adversaire menaçant, mais qui fut à deux reprises un allié et pour lequel il a toujours fait la distinction entre la nation, l'Etat et le régime. La vingtaine d'études françaises et russes ici rassemblées porte sur les conceptions du général de Gaulle quant à la Russie et l'URSS, les rapports de la Russie de Staline avec la France Libre, les relations des deux Etats durant les crises des années soixante et, enfin, sur différents aspects de la coopération durant la période de la détente, notamment en matière économique, technique et scientifique. Un ensemble de trois témoignages historiques sur le traité de Moscou, signé en décembre 1944, vient enrichir ce volume. Par la diversité des apports et le niveau élevé d'exigence retenu, par la qualité des perspectives tracées en conclusion par Hélène Carrère d'Encausse, ce volume, sous la direction de Maurice Vaïsse, est d'un grand intérêt aujourd'hui pour cerner les facettes de la relation franco-russe à travers les vicissitudes du XXe siècle.

255.          VALETTE (Jacques). 1945, le général Salan dans le piège indochinois. L'Esprit du Livre, 2009, gr. in-8°, 134 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoire & Mémoires combattantes)

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Le rôle secret du général Salan dans le retour des Français en Indochine en 1945. Traitant directement avec le Viet-minh, il est l'un des acteurs majeurs des pourparlers de l'année 1946, comme le révèlent ses archives privées. Le général Salan redécouvre l'Indochine, où il a servi lorsqu'il était jeune officier, quelques semaines après la capitulation japonaise, en octobre 1945. Ses archives apportent un éclairage sur son rôle durant les semaines de son bref commandement. Il est chargé par le haut-commissaire Thierry d'Argenlieu et le général Leclerc, commandant en chef, de ramener les quelques milliers de soldats réfugiés en Chine après le coup de force japonais du 9 mars 1945, que Leclerc compte utiliser pour réoccuper le Tonkin. Il doit également obtenir le repli des divisions chinoises qui, sous couvert de recevoir la capitulation japonaise, ont entrepris de vivre aux dépens du Tonkin. Il a rempli sa mission. En Chine, il est parvenu à réorganiser les unités françaises, à les réarmer et à les envoyer occuper une zone clef, le pays Thaï, où il savait trouver l'appui politique d'une grande famille francophile, les Déo. Le gouvernement central chinois ayant obtenu satisfaction quant à son débouché par Haiphong, Salan a fait accepter aux militaires qu'ils rentrent dans leur pays. Mais ces archives révèlent surtout le rôle méconnu de Salan auprès des dirigeants du Viet-minh, dans l'ombre, pour leur faire accepter le débarquement de quelques milliers de soldats derrière Leclerc. Comme responsable militaire du Nord de l'Indochine, il a été associé par le gouvernement à toutes les rencontres avec eux, jusqu'à la malheureuse conférence de Fontainebleau de l'été 1946, révélant à ses supérieurs de Paris l'emprise des unités Viet-minh sur toute la péninsule, suggérant même d'éviter toute rupture en raison de la complexité de la situation interne à Saigon ou dans les campagnes. Une première expérience de la décolonisation, où se mêlent facteurs militaires, propagande idéologique et manoeuvres pour s'emparer du pouvoir de l'ancien colonisateur. (2e de couv.)

256.          VALETTE (Jacques). La Guerre d'Algérie du général Salan. L'Esprit du Livre, 2008, gr. in-8°, 221 pp, annexes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoire & Mémoires combattantes)

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Commandant supérieur interarmées et commandant de la Xe région militaire en Algérie, de décembre 1956 à décembre 1958, le général Salan a comparé ses responsabilités aux charges d'un commandant de groupe d'armées en temps de guerre. Sa stratégie consista à donner aux unités les moyens de lutter contre les maquis et à soutenir la lutte contre le terrorisme. Il adapta son armée à la guerre subversive et réorganisa le service de renseignement, pour détruire l'infrastructure clandestine du FLN, l'organisation politico-administrative (OPA). Il fut poussé par le gouvernement et surtout par le ministre résident, Lacoste, qui comptait sur l'Armée pour réussir les réformes politiques en Algérie. Un autre objectif majeur fut la construction de barrages aux deux frontières territoriales, pour empêcher l'entrée dans le pays des convois terrestres d'armées de combattants instruits en Tunisie ou au Maroc. Salan fut assez persuasif pour obtenir des ministres les crédits nécessaires et le soutien moral indispensable. Les résultats en furent indéniablement positifs. Il intégra dans sa stratégie la défense du Sud algérien contre l'Armée de libération marocaine à l'ouest et IALN à l'est. Protéger les prospecteurs pétroliers et les chantiers d'extraction s'ajouta à toutes ses responsabilités. Il dut faire établir des plans de défense du pipeline et du chemin de fer amenant les hydrocarbures à la mer. Il fournit même les moyens de protéger la Mauritanie et l'Afrique occidentale espagnole. La nature même de son commandement l'amena à exercer des responsabilités politiques, dont le destin de la France allait être marqué. En détruisant des camps de l'ALN en territoire tunisien, en faisant bombarder un centre de regroupement de fellagah à Sakiet, il cristallisa une crise franco-tunisienne, latente depuis des mois. En mai 1958, en assumant les pleins pouvoirs civils et militaires que lui remettait le gouvernement, il fut l'artisan principal du retour au pouvoir du général De Gaulle, vu comme le garant de cette stratégie réaliste. (4e de couv.)

257.          VALETTE (Jacques). Le 13 mai du général Salan. L'Esprit du Livre, 2008, gr. in-8°, 141 pp, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoire & Mémoires combattantes)

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C'est grâce aux nombreuses archives inédites laissées par le général Salan, couvrant l'ensemble de sa carrière militaire, que le professeur Jacques Valette éclaire d'un jour nouveau l'épisode du 13 mai, qui a précipité la chute de la IVe République. Rectifiant les idées inexactes répandues par les médias depuis des années, il éclaire le rôle stabilisateur du général Salan, alors commandant en chef ayant reçu délégation de pouvoirs du gouvernement. La prise du bâtiment du gouvernement général, à Alger, le 13 mai 1958, n'est pas le résultat d'un complot militaire, mais celui de l'action de quelques leaders locaux. Surpris par les événements, le général Salan s'est immédiatement efforcé de maîtriser le courant pour ne pas risquer de perturber les opérations en cours contre le FLN. Cela relevait de sa responsabilité. La naissance des " comités de salut public " lui fut étrangère. En les faisant encadrer par des officiers, dont le général Massu à Alger, il les a détournés de devenir des substituts de l'administration régulière ou des instruments antirépublicains. Il les a employés comme supports d'une vaste action psychologique, sur les Européens et sur les musulmans, contre l'idée de négocier avec le FLN sur la base de l'indépendance. Car telle était, selon lui, la politique du président du Conseil, Pflimlin. Salan a toujours maintenu des relations avec le chef du gouvernement et avec le général Ely, chef d'Etat-Major Général. Des officiers et des hauts fonctionnaires ont continuellement assuré la liaison avec Paris. Ce sont des militants gaullistes d'Alger, soutenus par un réseau parisien lié à De Gaulle, qui ont réussi à imposer l'idée que son retour était une nécessité pour empêcher tout abandon de l'Algérie. Pour Salan, l'opération Résurrection n'a été qu'une action d'intoxication psychologique, destinée à faire céder les hauts responsables gouvernementaux. Et le général De Gaulle en était informé ! (2e de couv.)

258.          WOODWARD (Bob). The Agenda. Inside the Clinton White House. New York, Simon & Schuster, 1994, gr. in-8°, 352 pp, 29 photos sur 16 pl. hors texte, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            20

"L'épouse du président des Etats-Unis : « Tu n’as pas été élu pour faire la politique économique de Wall Street. » Un conseiller à la Maison Blanche réplique : « Ce sont les riches qui prennent les décisions économiques. Les attaquer, c’est affaiblir l’économie, ce qui aboutit à affaiblir le président. » Dès le 7 janvier 1993, treize jours avant sa prise de fonctions, M. Clinton doit ainsi arbitrer entre la fidélité à ses promesses électorales et le sacrifice, sur l’autel de la rigueur budgétaire, des engagements pris devant le pays. Le président élu hésite. Et puis, furieux, accablé, il prouve tout à la fois son « sens des responsabilités » et l’étendue de sa « culture de gouvernement » : « Vous voulez dire que le succès de mon programme ainsi que mes espoirs de réélection dépendent de la Réserve fédérale et d’une fichue poignée de courtiers sur le marché des obligations ? (...) Nous allons donc aider les marchés financiers et punir ceux qui nous ont élus » ... Dans son nouveau livre, aussi formidablement informé que les précédents (personne ne semble refuser une confidence au débusqueur du Watergate), Bob Woodward ne démontre rien. Mais il explique tout. Ici, nulle théorie sur la manière dont le pouvoir fonctionne : le récit, implacable, suffit. Chacun des débats économiques aboutit, inexorablement, à ranger au magasin des accessoires les projets entérinés par l’électorat. Et à livrer le sort d’une présidence démocrate (ainsi que celui du pays) à la bienveillance de M. Alan Greenspan, un économiste conservateur, président de la Réserve fédérale. Qu’il décide de relever les taux d’intérêt, et la relance économique amorcée en 1992 tournera court. Aussi, lorsqu’il annonce les conditions lui permettant de favoriser une politique monétaire d’accompagnement de la croissance, comment ne pas y consentir, fût-ce la rage au ventre ? On a compris ce que seront ces conditions : M. Clinton devra, bien sûr, renoncer à l’essentiel de son programme. En annonçant sa candidature à la Maison Blanche, celui qui n’était encore que gouverneur d’Arkansas avait promis de réduire de 10 % les impôts de la plupart des salariés. « Ce ne sont pas là seulement des propositions économiques. C’est le remède qui sauvera l’âme de notre nation » , avait-il ajouté. M. Greenspan et la plupart des « grandes plumes » de la presse écrite vont le persuader de mettre sous le boisseau tant de « démagogie » et ce discours du « faire payer les riches ». Renoncement après renoncement, il ne reste plus bientôt au président Clinton qu’à observer tristement : « Je n’aurai pas de budget démocrate avant 1996. Rien de ce pour quoi j’ai fait campagne. » L’histoire serait déjà édifiante ; elle comprend pourtant un épilogue : depuis deux ans, bien que le déficit budgétaire américain ait considérablement baissé, M. Greenspan et la Réserve fédérale ne cessent, par crainte d’une inflation inexistante, de relever les taux d’intérêt et de menacer ainsi une présidence déjà bien fragile. Du risque de conclure un marché avec « les marchés »... Bob Woodward s’est consacré exclusivement à l’examen de sa politique économique. Une telle priorité, une telle précision dans les témoignages, risquent sans doute de décourager quelques lecteurs. Les autres y trouveront l’explication détaillée et vivante de la manière dont nos démocraties fonctionnent." (Serge Halimi, Le Monde diplomatique, 1994)

1ère GUERRE MONDIALE

 

259.          ASQUITH (Lady Cynthia). Diaries 1915-1918. With a foreword by L. P. Hartley. London, Hutchinson, 1968, in-12, xix-(6)-529 pp, un portrait en couleurs en frontispice, 44 photos et illustrations sur 16 pl. hors texte, 3 tableaux généalogiques, index, cart. toile éditeur, jaquette illustrée (défraîchie avec pt mque), bon état. Texte en anglais

            25

L'écrivaine anglaise Lady Cynthia Asquith (1887-1960), membre de l'aristocratie et belle-fille du Premier ministre Asquith, était belle, spirituelle et intelligente. C'était la confidente de beaucoup d'autres écrivains, comme D. H. Lawrence ou Sir James Barrie. Elle a tenu un copieux journal intime pendant la Première Guerre mondiale, publié à titre posthume en 1968, où elle s'exprime si franchement que des coupes ont dûes être effectuées dans le texte pour en permettre la publication. Néanmoins, ce qui reste est l’une des évocations les plus complètes et les plus vives d’une époque – et des expériences d’un être humain – jamais connues.

260.          BARNETT (Correlli). Le Sort des armes. Etude sur le haut commandement pendant la Première Guerre mondiale. Presses de la Cité, 1964, in-8°, 374 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, 41 cartes, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

En août septembre 1914, en moins d’un mois de campagne, l’armée impériale allemande est passée du Capitole à la Roche tarpéienne : victorieuse aux frontières, elle était défaite et contrainte à la retraite quinze jours plus tard. Outre des décisions malencontreuses de von Moltke, le chef d’état-major allemand, la raison principale réside dans l’absence totale de contact physique et de dialogue entre lui-même, confiné dans son état-major à Luxembourg, loin du front, et ses commandants d’armée. Même la décision cruciale de retraite a été prise par un de ses subordonnés, le lieutenant-colonel Hentsch, dépêché en catastrophe en inspection avec pleins pouvoirs dans les états-majors d’armées : c’est ce mauvais fonctionnement des états-majors allemands qu’explique Corelli Barnett, chroniqueur militaire britannique. Dans ce livre, l'auteur étudie le comportement des quatre grands chefs de la Première Guerre mondiale : Moltke et Luddendorf dans le camp allemand, l'amiral Jellicoe, commandant de la Grande Flotte, et le général Pétain, commandant en chef des armées françaises, dans le camp allié. Cela lui permet d'étudier tous les événements décisifs du conflit 1914-18 et d'en examiner les causes et les conséquences. Le livre est rempli d'aperçus nouveaux...

261.          BAUDRILLART (Cardinal Alfred). Les Carnets du cardinal Baudrillart (1914-1918). Texte présenté, établi et annoté par Paul Christophe. Editions du Cerf, 1994, fort in-8°, 1047 pp, 3 tableaux généalogiques, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Premier volume (sur 9 publiés de 1994 à 2003) des Carnets rédigés par le cardinal Baudrillart (1859-1942), du 1er août 1914 jusqu'à sa mort. Alfred Baudrillart a été pendant près de 40 ans un témoin privilégié et un acteur important de l'histoire de la France et de l'Eglise du XXe siècle. Recteur de l'Institut catholique de Paris de 1907 jusqu'à sa mort, en 1942, académicien en 1918, archevêque en 1928, cardinal en 1935, il a été régulièrement chargé de missions importantes. Son influence et son activité dans l'Eglise sont inséparables de l'autorité et de l'énergie qu'il déploie au service de la nation. A sa mort, il laisse une masse de documents mais surtout soixante-cinq carnets (de 1914 à 1942) dans lesquels il a inscrit quotidiennement les faits saillants de sa journée, sa réflexion sur les hommes rencontrés, les démarches effectuées... Ces « Carnets » constituent, pour les historiens, un témoignage irremplaçable. Ils ont le mérite de l'instantané : le soir même, Baudrillart y relate la conversation qu'il a eue avec Benoît XV ou Gasparri, Poincaré ou Alphonse XIII, le cardinal Suhard ou Pierre Laval. Le contenu des « Carnets » dépasse de loin la seule personne de Baudrillart. Ce dernier, ancien élève de l'Ecole normale supérieure et agrégé d'histoire, écrit manifestement pour l'histoire. — "Une monumentale contribution à l'histoire du XXe siècle " (Lucien Jerphanion) — "A partir du 1er août 1914, Alfred Baudrillart inscrit chaque jour dans un carnet les faits marquants de sa vie quotidienne : l'action qu'il mène au service de l'Eglise et de la nation en guerre, ses démarches, ses rencontres, sa réflexion sur les événements et son jugement sur les hommes. Issu d'une famille qui appartient aux milieux politique, littéraire et scientifique, à la tête du "Comité catholique de propagande française à l'étranger", aumônier de l'hôpital de Thiers, le recteur de l'Institut catholique de Paris nous livre ici ses conversations avec les représentants les plus qualifiés de la société de son temps. Ils sont tous là : le pape Benoît XV, les cardinaux Gasparri, de Laï, Billot, Amette, Luçon, Dubois, Mgr Pacelli, les supérieurs Le Floch et Verdier ; les religieux : Dom Chautard, les Pères Dudon et Sertillanges ; les hommes politiques : le roi d'Espagne Alphonse XIII, les présidents Poincaré et Wilson, les ministres Delcassé ou Denys Cochin, et Jules Cambon, Briand, Deschanel, Freycinet ; les hommes de lettres et les académiciens : Paul Claudel, René Bazin, Frédéric Masson, Gabriel Hanotaux ; les journalistes : le Père Berthoye ou Francisque Gay ; les militaires, mais aussi la famille de l'auteur et l'homme de la rue. A la suite du recteur qui l'entraîne de Paris à Rome, de Verdun à Lourdes, de Madrid et Grenade à Washington, le lecteur est témoin des atrocités de la guerre, de la vie au front ou à l'arrière, il entend les réflexions des blessés, il prend la mesure de l'anticléricalisme, du modernisme, de l'intégrisme, il assiste à l'ébauche de reprise des relations entre la France et le Vatican, et se rend compte des difficultés d'une paix de compromis proposée par Benoît XV, le monde de la Curie romaine et de la politique française, il note l'évolution des mentalités, célèbre la liesse populaire à Paris ou à Chicago, et parcourt tout en même temps avec le futur cardinal le chemin difficile qui mène à l'Académie. Ces carnets inédits, rédigés avec une franchise totale, sont aujourd'hui un document irremplaçable, une mine de renseignements de première main sur la Grande Guerre, qui nous restitue le foisonnement de la vie en ces années cruciales." (4e de couverture)

262.          BREHM (Bruno). Ni empereur ni roi. L'effondrement de la monarchie des Habsbourg. Editions Balzac, 1943, fort in-12, 529 pp, traduit en collaboration sous la direction de R. Jourdan, broché, couv. à rabats, bon état

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D’origine autrichienne, Bruno Brehm (1892-1974) est l’auteur de plus de quarante romans et récits. Officier durant la Première Guerre mondiale, il sert à nouveau comme officier d’ordonnance (en Grèce, en Russie et en Afrique du Nord) durant la Seconde Guerre mondiale. Il fut un dithyrambiste de l’expansionnisme hitlérien (“Patrie élargie, récits allemands de l’étranger”) et de l'Anschluss (“Dans le Reich grand-allemand”). Sa trilogie sur la grande guerre (“Apis et Este”, “Ce fut la fin”, “Ni empereur ni roi”) se vendit à 420.000 exemplaires, lui valant en 1939 le « Prix national du livre ». — "Le 29 mars 1933, je publiais à cette place un feuilleton consacré à un roman autrichien qui venait de paraître en langue allemande “Apis und Este”. Cet ouvrage retraçait la lutte sourde que se livraient, à la veille de la Grande guerre certains partisans fanatiques de l'union yougoslave et l'héritier présomptif du trône habsbourgeois, l'archiduc François Ferdinand. Le succès de ce livre était très vif dans tous les pays de l'ancienne monarchie. D'où mon article. L'auteur de ce roman était lui-même un ancien officier de l'armée autrichienne, M. Bruno Brehm, enlevé à son métier par l'écroulement du trône, et qui, après avoir tâtonné et cherché, avait fini par trouver sa voie dans le roman. Un roman, à vrai dire, d'un genre assez particulier. “Apis und Este”, comme les deux livres qui succédèrent à celui-là et complétèrent le tableau de l'écroulement austro-hongrois, était moins une fiction romanesque qu'un tableau d'histoire. Tous les faits essentiels retracés dans ces trois ouvrages “Apis et Este”, “Telle fut la fin”, “Ni empereur ni roi”, sont rigoureusement vrais et, chose remarquable, M. Bruno Brehm a réussi à faire de sa trilogie romancée un ouvrage d'une lecture passionnante tout en gardant strictement lui-même le ton et l'attitude du chroniqueur et de l'historien..." (Maurice Muret, Journal des débats politiques et littéraires, 14 août 1944)

263.          BRÉZET (François-Emmanuel). Le Jutland (1916). La plus formidable bataille navale de tous les temps. Economica, 1992, gr. in-8°, 164 pp, 28 photos sur 16 pl. hors texte, 10 cartes et croquis, une figure, annexes, glossaire maritime, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Campagnes & stratégies)

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Le 31 mai 1916, au large de la côte du Jutland et à l'ouvert du détroit du Skagerrak, les Flottes allemande et britannique se trouvaient face à face et livraient ce qui peut être considéré comme la plus grande bataille navale du XXe siècle. Après un premier succès tactique indéniable, remporté lors de la rencontre initiale des croiseurs de bataille, la Flotte allemande dut par deux fois plier sous le « poids des bordées » d'une flotte anglaise, dont la supériorité était écrasante. Seule l'arrivée de la nuit lui permit d échapper à une destruction certaine et de pouvoir regagner, à l'aube du 1er juin, l'abri des champs de mine de la Baie allemande. Au cours des combats de nuit, livrés lors de la percée des forces allemandes, la Marine britannique ne parvint pas à compenser les pertes, lourdes en vies humaines et en bâtiments, qui lui avaient été infligées durant les affrontements de la journée précédente. La bataille du Jutland était à peine achevée que s'allumait une des plus vives controverses de l'histoire maritime, sur les raisons d'une issue de la bataille ambiguë et à coup sûr frustrante, pour la Marine britannique, consciente d'avoir laissé échapper l'occasion d'un succès décisif.

264.          CHACK (Paul). Combats de mer au grand soleil. Editions de France, 1937, pt in-8°, 118 pp, 11 illustrations, 6 cartes, broché, couv. illustrée et dessins par Léon Haffner, bon état (Coll. Marins à la bataille, 3)

            20

Dans les eaux d'Actium. Tarente-Itéa (Les sous marins allemands dans le golfe de Corinthe) ; Une Croisière de misère. La côte de fièvre (sur la course du croiseur allemand Koenigsberg en Afrique orientale).

265.          CHACK (Paul). Patrouilles tragiques dans la nuit. Editions de France, 1937, pt in-8°, 117 pp, 13 illustrations, une carte, broché, couv. illustrée et dessins par Léon Haffner, bon état (Coll. Marins à la bataille, 2)

            20

Le livre comprend deux récits : le premier, "Au canal d'Otrante", raconte le torpillage et le naufrage du Léon-Gambetta dans l'Adriatique (27 avril 1915) ; le second : "A la manière de Surcouf" (7-11 novembre 1915).

266.          COEURDEVEY (Edouard). Carnets de guerre, 1914-1918. Un témoin lucide. Plon, 2008, fort in-8°, 932 pp, préface de Jacques Marseille, 32 pl. de photos et 8 cartes hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Terre Humaine)

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Un témoignage de plus sur la Première Guerre mondiale, par ceux qui l'ont vécue au jour le jour, alors que vient de disparaître le dernier poilu ? Non, car celui-ci est unique en son genre : c'est la guerre vue des bureaux de l'arrière, où l'on s'occupe du matériel et de la logistique des mouvements de troupe ; ce qui laisse à l'auteur de ce reportage quasi quotidien – tout au moins pendant trois ans, car la dernière année se passe réellement au front – toute latitude pour observer les faiblesses de l'organisation face à la formidable machinerie allemande, les inepties, parfois criminelles, de la bureaucratie ; mais aussi le comportement des appelés dans toute la diversité de ce gigantesque brassage social, les sourdes inimitiés comme la camaraderie la plus désintéressée, la couardise comme le courage. Beaucoup de temps aussi pour lire les journaux quotidiennement, s'irriter du bourrage de crâne, commenter la stratégie nationale et internationale. Ecrites au fil de la plume, sans presque aucune rature, par un de ces fils de la Ille République dont l'école permit à un jeune paysan franc-comtois de devenir un intellectuel profondément patriote et catholique engagé, très proche d'un Péguy, ces 900 pages frappent aussi par la qualité de l'écriture, capable de passer d'une hilarante scène de caserne aux réflexions les plus pénétrantes sur la nature du conflit, aux visions d'avenir, à la méditation sur ses propres conflits intérieurs. Saignée, ruinée, la France de 1918 a perdu, par coupable impéritie, la paix de Versailles ; 1940 et son "étrange défaite" trouve là une de ses explications.

267.          Collectif – Comité catholique de propagande française à l'étranger. L'Allemagne et les Alliés devant la conscience chrétienne. Bloud et Gay, 1915, in-8°, xii-400 pp, broché, dos creusé, bon état

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Les Allemands ayant mené contre la France parmi les catholiques du monde entier une propagande acharnée, des catholiques français, Mgr Alfred Baudrillart à leur tête, ont constitué, pour leur répondre, un « Comité catholique de propagande française à l'étranger ». — "Un beau volume, riche d'idées et de faits. Voici l'énoncé des chapitres : Préface de Mgr Baudrillart, recteur de l'Institut catholique de Paris ; “La France et l'Allemagne devant la doctrine chrétienne”, par Mgr Chapon ; “Les Origines de la guerre”, par M. de Lanzac de Laborie ; “La violation de la neutralité belge”, par M. Denys Cochin ; “Droits et devoirs des belligérants”, par le R. P. Janvier ; “Les Alliés et le Catholicisme”, par Mgr Batiffol ; “Le Traitement des prisonniers de guerre en Allemagne et en France”, par le baron d'Anthouard ; “Le « Nouveau Centre » et le Catholicisme”, par M. Edmond Bloud ; “Le livre « la Guerre allemande et le Catholicisme » devant l'opinion”, par M. François Veuillot ; Appendices ou Documents. Un chapitre mérite d'attirer très spécialement l'attention. C'est celui qui est intitulé “les Alliés et le Catholicisme” (p. 175-224), et où Mgr Batiffol a établi que « la guerre déchaînée sur l'Europe par l'Allemagne était une guerre dans laquelle la victoire des Alliés n'était pas une menace pour le catholicisme, tandis que la victoire éventuelle de l'Allemagne l'était » (p. 222)." (Revue des études byzantines, 1916) — "Le volume publié précédemment par le Comité catholique, « la Guerre allemande et le catholicisme », a excité un émoi profond ; et, dans le dernier article de ce nouveau volume, M. François Veuillot nous dit quelles critiques et quelles colères le premier ouvrage a soulevées en Allemagne, mais aussi quelles approbations il a trouvées dans la plupart des pays neutres et quels résultats il a obtenus. Fort de ces approbations, le Comité a voulu réfuter ces critiques, tout en dédaignant les injures ; il s'est attaché surtout au livre de M. le chanoine Rosenberg, de Paderborn, « Der deutsche Krieg und der Katholicismus », réponse en quelque sorte officielle des catholiques allemands ; il a classé les arguments présentés par le chanoine allemand sous six chefs et a chargé d'éminents écrivains catholiques de les examiner de près et de répliquer point par point : d'où le plan de ce livre. (...) Tel est le contenu de ce volume et Mgr Alfred Baudrillart le résume en une préface éloquente. Bien que nous soyons obligé de faire des réserves à propos de certaines assertions des auteurs qui veulent faire remonter à Luther la responsabilité des crimes commis dans cette guerre par les Allemands, nous applaudissons de tout cœur à ces belles paroles du directeur de l'Institut catholique : « La victoire française – et cette victoire nous ne ménagerons rien pour l'obtenir – nous voulons qu'elle soit la victoire de l'esprit sur la chair, de la vérité sur l'erreur, du bien sur le mal. Nous voulons qu'après cette guerre la France et le monde vaillent mieux qu'auparavant. N'est-ce pas le seul prix de tant de souffrances, de tant de larmes, de tant de sang répandu ? » (C. Pfister, Revue Historique, 1916)

268.          DELHEZ (Jean-Claude). La bataille des Frontières. Joffre attaque au centre, 22-26 août 1914. Economica, 2013, gr. in-8°, 198 pp, 28 cartes, sources, ordre de bataille sommaire, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Campagnes & stratégies)

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Si la Première Guerre mondiale a duré aussi longtemps, c’est à cause de cette bataille menée en août 1914 en Lorraine et dans l’Ardenne belge, et qu’on appelle la bataille des frontières. Et pourtant, personne, ou presque, ne la connaît. Elle est la plus grande victoire de l’armée allemande de tout le conflit car ses conséquences économiques sont énormes : l’Allemagne met la main sur le riche bassin minier lorrain sans lequel elle n’aurait pu tenir quatre années. Elle est aussi l’échec de la première offensive française, celle conçue par Joffre et menée par des centaines de milliers de pantalons rouges. Enfin, cette confrontation est un bain de sang. Le choc principal, qui se déroule le 22 août 1914, tue plus de soldats français qu’aucune autre journée de l’histoire nationale. En quelques heures, c’est l’équivalent des pertes de toute la guerre d’Algérie, pendant huit ans ! Dans la seule bataille de Rossignol sont tombés autant de soldats français que lors du siège de Dien Bien Phu, qui a pourtant duré plusieurs mois. Cinq années ont été nécessaires à son auteur pour en étudier le déroulement, récuser bon nombre d’idées reçues sur la manière dont la France et ses soldats sont entrés dans la guerre 1914-1918. Il s’agit bien d’un ouvrage capital qui exhume du néant une page majeure de l’histoire nationale et européenne. — "Une opération française déterminante dont les conséquences expliquent quasiment à elles seules que l'Allemagne de Guillaume II ait pu tenir 52 mois avant de déposer les armes. Cette opération, pensée par Joffre, exécutée par la 4e armée de Langle de Cary et la 3e de Ruffey, a tenté un coup majeur contre les forces allemandes en train de dérouler le majestueux plan Schlieffen. Elle engage des moyens colossaux : 55 divisions soit 1.215.000 hommes au total, ce qui fait d'elle, à ce moment-là, la plus grande opération de tous les temps. En soi, l'idée était bonne : frapper au centre, entre Lorraine et Ardenne, le flanc gauche des armées ennemies et les couper de leurs arrières. Ce fut un échec. Un échec décortiqué, division par division, par Jean Claude Delhez qui s'est livré à un travail d'archives remarquable de profondeur et de perspicacité. De hauteur de vues également. Car Delhez ne se contente pas de décrire manœuvres et contre-manœuvres, d'autopsier la défaite la plus sanglante de l'histoire de France : 25.000 morts, 55.000 blessés à pantalons rouges en 120 heures ! Il se livre aussi à une analyse économique impeccable. L'échec de Joffre livre en effet au Reich le bassin de Briey, la plus importante source de minerai de fer en Europe, la deuxième au monde. Sans ce bassin, l'Allemagne aurait dû rapidement arrêter un conflit qu'elle n'avait pas les moyens de soutenir." (YMCL, Guerres & Histoire, 2017)

269.          DUPUIS (Charles). Foch, homme de paix. P., Les Editions internationales, 1931, gr. in-8°, 16 pp, broché, bon état, envoi a.s. Rare

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270.          GERVAIS-COURTELLEMONT (Jules-Claudin). 1916... 1917..., les Champs de bataille de Verdun ! Photographies directes en couleurs et texte de Gervais-Courtellement. Série en 4 fascicules. P., L'Edition Française Illustrée, s.d. (1917), 4 fascicules in-4° à l'italienne, 64 pp, pagination continue, 80 photographies en couleurs faites directement d'après des plaques autochromes et non d'après des photographies coloriées, imprimés sur papier couché, brochés, couv. illustrées, dos un peu usés, bon état

            80

"L'Histoire dira “Verdun” comme elle dit aujourd'hui “Austerlitz”. Mieux que ne pourraient l'exprimer les plumes les plus autorisées, les photographies EN COULEURS prises, – parfois sous le bombardement – par Gervais-Courtellemont, diront les douleurs et les gloires de Verdun. Il n'est pas un de ses défenseurs qui ne voudra revoir avec émotion les lieux sacrés qu'il a défendus contre l'envahisseur : Vaux, Douaumont, le Mort-Homme, la côte 304, le Ravin de la Mort, etc., etc., tous ces lieux dévastés mais rayonnants de gloire. Et les familles des combattants, en un pieux pèlerinage, l'orgueil de la race au coeur, contempleront dans ces pages en couleurs les ruines terrifiantes et sublimes que protégèrent de leurs mâles poitrines, un père, un fils ou un époux. – Unique dans les annales de l'édition mondiale, cette série aura un succès formidable. Pour des raisons de parfaite exécution le tirage en est relativement restreint. Hâtez-vous de vous assurer la possession de ces quatre fascicules, lorsque vous aurez constaté l'intérêt merveilleux d'une publication qui, malgré toutes les difficultés de l'heure présente, dépasse en qualité tout ce qui a été fait jusqu'à ce jour." (L'Editeur)

271.          HAIG (Maréchal Douglas). Carnets secrets 1914-1919, présentés par Robert Blake. Presses de la Cité, 1964, in-8°, 524 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Sir Douglas Haig débarqua en France en août 1914, comme commandant du 1er corps d'armée des Forces expéditionnaires britanniques, prit ensuite la tête de la première armée et devint commandant en chef en décembre 1915. Dès lors, il resta inamovible, conduisant ses armées pendant les offensives coûteuses en vies humaines de 1916 et 1917, subissant l'assaut allemand de mars 1918, puis remportant une série de victoires qui aboutirent à l'armistice de novembre 1918. La plupart des grands chefs et les dirigeants de la Première Guerre mondiale ont écrit leur Mémoires, mais avec des souvenirs passés au laminoir du temps. Le maréchal Douglas Haig est le seul à avoir tenu un journal, où il couchait ses idées et ses réflexions au jour le jour, ce qui donne une importance toute particulière à ce document. Des passages en ont déjà été publiés par le biographe du maréchal, Duff Cooper, mais la plus grande partie demeura longtemps inédite. Elle comprenait des appréciations sur des personnages encore vivants et aussi sur les Français et leur armée qui, pensait-on, pouvait porter préjudice aux bonnes relations entre les deux pays. Cette objection n'est plus valable. Le lecteur français apprendra donc ce que le chef de la grande armée britannique pensait de ses collègues alliés et de leurs troupes. Sans doute en sera-t-il souvent choqué, mais l'outrance est telle, le préjugé si manifeste, qu'il « rectifiera de lui-même ». Le livre présent un intérêt certain. S'il nous fait connaître l'opinion de Sir Douglas Haig sur l'armée française et ses chefs, il nous permet aussi de nous faire sur lui une opinion, débarrassée du halo de la victoire. — En dehors de sa valeur historique, le livre offre l'avantage de fournir inconsciemment un excellent portrait de Douglas Haig. Celui-ci se révèle un observateur perspicace ; ses jugements sur les hommes et événements sont souvent très sûrs, voir pénétrants. Il n'était pas affligé des préjugés dont sont affectés si fréquemment les militaires et le livre dissipera la légende qui le présente comme un soldat d'intelligence plutôt obtuse. Parmi les questions discutées très franchement, et dont plusieurs étaient demeurées inconnues jusqu'ici, citons : 1) la position occupée par le roi George V dans la politique du temps de guerre, l'aide apportée par lui à Haig, ses idées sur le comportement de French et de Lloyd George, ses relations privées avec Haig. 2) l'histoire complète de la conférence de Calais, réunie en février 1917, les lettres secrètes échangées entre Haig et le roi, la duplicité de Lloyd George. 3) L'opinion de Haig sur Winston Churchill et ses relations avec lui. 4) ses rapports avec les Américains ; l'attitude du général Pershing qui retira des divisions à Haig au plus fort de l'offensive de l'été 1918. 5) l'unité de commandement, le défaitisme de Pétain, les difficultés entre Haig et Foch, beaucoup plus aiguëes qu'on ne l'admet généralement.

272.          [ISAAC, Jules]. Jules Isaac, un historien dans la Grande Guerre. Lettres et carnets, 1914-1917. Armand Colin, 2004, gr. in-8°, 307 pp, introduction par André Kaspi, présentation et notes par Marc Michel, 24 photos et documents sur 15 pl. hors texte, généalogie, lexique, broché, couv. illustrée, bon état

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Mobilisé en août 1914, à 37 ans, l'historien Jules Isaac partagea la vie des fantassins pendant plus de trente mois sur l'Aisne, en Champagne, à Verdun, avant d'être blessé et évacué de son observatoire de la forêt de Hesse, au-dessus de Vauquois, à la fin juin 1917. Pendant toute cette période, il échangea avec son épouse Laure une correspondance très régulière relatant sa vie au front, et la barbarie quotidienne à laquelle, comme tous ses camarades, il était confronté. Ces lettres inédites, poignantes et lucides, puisqu'elles témoignent à la fois d'une expérience personnelle et du regard de l'historien sur l'événement sont ici réunies pour la première fois. Un apport capital à la mémoire d'un conflit dans lequel on s'accorde à voir, à juste titre, la matrice du XXe siècle. — Ouvrage réalisé avec le concours de l'Association des Amis de Jules Isaac. — Préface d'André Kaspi, professeur à la Sorbonne. Édition critique établie par Marc Michel, professeur émérite à l'Université de Provence.

273.          KENNETT (Lee). La première guerre aérienne 1914-1918. Economica, 2005, gr. in-8°, 248 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Campagnes & stratégies)

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La guerre de 1914-1918, que les Anglais appellent à juste titre La Grande Guerre, était sans précédent par l'immensité des ressources, humaines et autres, engagées dans la lutte. Mais elle fut aussi remarquable pour la façon dont elle élargit le champ du conflit : dorénavant l'invention du sous-marin permettait à l'homme de livrer bataille sous la surface des eaux, tandis que l'avion et le dirigeable lui donnaient la possibilité d'introduire la guerre dans les cieux. Pour la première fois, un combat majeur était livré dans les trois dimensions. Depuis presqu'un siècle maintenant, la première guerre aérienne a été le sujet de nombreuses publications. Les exploits des « as » continuent de vivre dans l'imagination d'une quatrième génération d'admirateurs. Mais on en sait beaucoup moins sur les pilotes en général, leurs origines, leur sélection et leur formation, leur vie à terre, et leur façon de défier la mort dans les airs. Quels étaient réellement les dangers du combat aérien ? Si l'on a beaucoup écrit sur la guerre aérienne sur le front Ouest, on connaît beaucoup moins les autres théâtres d'opérations ; ainsi, qu'en était-il sur le front Est ou dans les colonies ? Et que sait-on de l'aéronavale à ses débuts, de ses risques particuliers et de ses limites ? L'étude de Lee Kennett, détaillée, bien documentée et bien écrite, contient les réponses à toutes ces questions sur l'aube de l'aviation militaire.

274.          LEFEBVRE (Jacques-Henri). Verdun. La plus grande bataille de l'Histoire racontée par les survivants. Verdun, Editions du Mémorial, 1988, in-8°, 507 pp, 8e édition, préface de Georges Duhamel, 200 photographies et 8 cartes situant les phases de la bataille, une carte dépliante en couleurs hors texte, imprimé sur papier surglacé, broché, couv. illustrée, bon état

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"Quel magnifique ouvrage vous venez d'éditer sur la Bataille de Verdun. C'est une somme à laquelle il faudra toujours se reporter lorsque l'on voudra parler de cet événement qui a tenu en haleine le monde entier, ou écrire à son sujet... C'est un monument élevé à la gloire du Combattant français..." (Général Weygand) — "Voici sans doute le plus beau livre qu'ait inspiré la guerre de 1914-1918, le plus vrai, le plus émouvant, je dirais même : voici le livre sacré, celui où nos camarades morts nous disent leurs souffrances, leurs espoirs et leurs commandements ! Voici un livre de sang et de vérité." (Abel Moreau, vice-président des Ecrivains combattants) — "Compliments à Durassié et à Lefebvre pour leur magnifique Verdun. Mieux que tous les mémoires personnels, fussent-ils de hauts personnages, parce que, retenant l'essentiel de chacun d'eux, il éclaire le tout d'une vue d'ensemble toujours juste, réaliste, équitable, celle que mes camarades anciens combattants voudraient voir prévaloir à l'encontre des légendes stupides, fausses, exaspérantes..." (Paul Jacquemin) — "Livre extraordinaire, qui donne enfin un récit exact de la bataille de Verdun. Rien d'artificiel pour créer l'atmosphère, l'essentiel y est, même ce que certains historiens veulent volontiers ignorer comme l'imprévoyance coupable en haut-lieu..." (Robert Driant, fils du Colonel Driant, le héros du Bois des Caures)

275.          LUMET (Louis). Les Ecoles en 1792 et en 1914-1917. Pour la patrie. De Boccard, 1917, in-12, 80 pp, avant-propos de M. Aug. Bessou, 2 pl. hors texte, illustrations de Abel Faivre, Bernard Naudin et Hansi, broché, bon état

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276.          MAUBLANC (René). La Guerre vue par des enfants (septembre 1914). P., Impr. L. Pochy, 1915, gr. in-8°, 23 pp, broché, bon état. Tiré à part extrait de la “Revue de Paris”. Rare

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L'étude réunit des « compositions » d'enfants relatives à la guerre.

277.          MERCIER (Dr Raoul). L'Envers des héros. Poitiers, Impr. Moderne, Nicolas Renault, 1928, gr. in-8°, 23 pp, un tableau, broché, bon état. Rare

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"Dans la remarquable étude que nous reproduisons ci-après, M. le Médecin-Major Mercier expose, avec la précision scientifique et le sens avisé d'un médecin doublé d'un psychologue, le fruit d'observations faites au cours de la dernière guerre. Comment réagit l'être humain mis en présence de la plus redoutable épreuve à laquelle puissent être soumis sa résistance physique et morale, ses nerfs et sa volonté, tel est le phénomène que nous voyons analysé avec une scrupuleuse impartialité..." (Bulletin mensuel des Ecoles de perfectionnement des officiers des réserves de la 9e Région, février 1928) — L'auteur était professeur à l'Ecole de médecine, ancien adjoint à l'inspection générale du service de santé du groupe d'armée Fayolle.

278.          MERCIER (Dr Raoul). Le Combattant aux prises avec l'ennemi. Poitiers, Impr. Moderne, s.d., gr. in-8°, 25 pp, 3 tableaux, broché, bon état, envoi a.s. Rare

            25

L'auteur était professeur à l'Ecole de médecine, ancien adjoint à l'inspection générale du service de santé du groupe d'armée Fayolle.

279.          MERCIER (Dr Raoul). Le Combattant aux prises avec les gaz. Conférence faite le 12 octobre 1928, à l'Ecole de perfectionnement des officiers de réserve de Tours, section annexe du Service de santé... Poitiers, Impr. Moderne, 1928, gr. in-8°, 24 pp, broché, bon état, envoi a.s. Rare

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L'auteur était professeur à l'Ecole de médecine, ancien adjoint à l'inspection générale du service de santé du groupe d'armée Fayolle.

280.          ROMAINS (Jules). Les Hommes de bonne volonté. XVI. Verdun. (Roman). Flammarion, 1938, in-12, 306 pp, index, broché, bon état

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"Jules Romains s’est longuement et précisément documenté sur la première guerre mondiale en général, et sur la bataille de Verdun en particulier, avant de se lancer dans la rédaction des volumes XV et XVI des “Hommes de bonne volonté”. Or, si les romans historiques, dans leur grande majorité, soulèvent les réserves des historiens tout en suscitant l’irritation mêlée d’incrédulité des témoins des événements évoqués, “Prélude à Verdun” et “Verdun” ont reçu un accueil chaleureux des anciens combattants, simples soldats ou gradés, comme le montre, par exemple, ce jugement du maréchal Pétain consigné dans une lettre adressée à Jules Romains le 30 janvier 1939 : "Vous avez su interpréter avec une rare pénétration les états d’âme différents d’un certain nombre de personnages intimement mêlés à ce drame, et dont les réactions, prodigieusement diverses, étaient la résultante des situations, d’éducations, d’âges et de milieux variés. Vous avez su montrer à quel point, chez certains d’entre eux, le devoir et une dure mais nécessaire discipline ont été acceptés par un héroïsme sans pose et sans phrases, presque inconscient. Vous avez établi pour la postérité un tableau véridique, où les silhouettes du combattant, du chef subalterne, de l’officier d’État-Major, se détachent avec un relief vigoureux". De même, l’historien spécialiste de la première guerre mondiale Jean-Jacques Becker ouvre son article sur « Guerre et Histoire chez Jules Romains » (1990) en rappelant que “Verdun” « jouit sans aucun doute de la réputation d’un livre qu’il faut lire lorsqu’on s’intéresse à ce moment de la guerre de 1914 » et le conclut en affirmant que « l’historien trouve largement son compte dans “Prélude à Verdun” et “Verdun” »." (Alain Tassel, L’écriture du roman historique dans “Prélude à Verdun” et “Verdun”, 2010)

281.          ROUQUEROL (Général J.). Les Hauts de Meuse et Saint-Mihiel, 1914-1918. Les Hauts de Meuse en septembre 1914. La perte du fort du Camp des Romains. La bataille de la Woëvre (mars-avril 1915). Devant Saint-Mihiel. Sur le front de la forêt d'Apremont. La reprise de Saint-Mihiel et des Hauts de Meuse (septembre 1918). La question de Briey. Payot, 1939, in-8°, 218 pp, 7 cartes et croquis, broché, état correct (Collection de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

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Dès la mi-septembre 1914, le commandement allemand envisageait une opération de grande envergure consistant à pousser en avant les deux ailes de la Ve armée pour encercler à la fois la place de Verdun et la 3e armée française. Cette manoeuvre grandiose devait se développer en même temps en Argonne et sur les Hauts de Meuse, avec l’objectif de se rejoindre au sud-ouest de Verdun. Depuis le début de la guerre, les Hauts de Meuse n’étaient pas un sujet de préoccupation pour l’état-major français et les changements répétés d’organisation des troupes dans cette région avaient créé une instabilité de commandement qui fut nuisible pour la suite des événements. Le 18 septembre, un bulletin de renseignements signalait « de gros rassemblements dans la région de Thiaucourt et vers Lachaussée », alors que la 75e division ne dépassait pas 7500 hommes éprouvés par des marches incessantes, des pertes très importantes en officiers et en sous-officiers qui n’avaient pas été comblées. Á l’aube du 20 septembre, les batteries allemandes lourdes étaient en place. L’ouverture du feu était prévue à 9 heures 30 mais la pluie et la brume la retardèrent d’une heure. En deux jours, l’avancée réalisée par les corps d’armée d’attaque fut considérable car les états-majors français jugèrent mal la gravité de la situation. Le 22 septembre, les Allemands s’étaient fixé pour objectif les positions d’artillerie prévues pour le bombardement des forts. Les Français réagirent et l’offensive ennemie fut bloquée. Le bilan était lourd pour le XVIe corps français. Le commandant de la 1re armée déplora « une effrayante consommation d’officiers supérieurs et de capitaines ». Les opérations étaient inspirées des principes théoriques d’avant-guerre : « Je dis d’attaquer et d’attaquer toujours. On se reconstitue tant bien que mal en opérant et sans attendre de repos ; on improvise des cadres ». Les déceptions causées aux Français par l’installation des Allemands à la butte de Vauquois et à Saint-Mihiel étaient justifiées mais elles auraient été moins amères s’ils avaient connu les préoccupations de leurs adversaires. La 11e brigade s’était trouvée décimée par l’artillerie française, le Ve corps d’armée prussien était resté sur ses positions le 24 septembre, mais surtout une menace pressante pesait sur le fort du Camp des Romains : sa conservation par les Français aurait fait perdre aux Allemands les profits les plus substantiels de leur conquête des Hauts de Meuse. L’assaut fut donné le 25 septembre à 5 heures 30. Trois heures plus tard seulement, une étoffe blanche fut agitée sur le rempart : la perte du fort était consommée. — Jean Rouquerol commence par la description du terrain et la genèse de l’attaque des Hauts de Meuse. Il évoque les Hauts de Meuse et l’armée française jusqu’au 19 septembre 1914, puis l’exécution de l’attaque allemande les 20 et 21 septembre, d’après les récits allemands d’abord, puis les deux journées vues du côté français ensuite. Il raconte la suite de l’action allemande les 22, 23 et 24 septembre et la réaction française. Il étudie la perte du fort du Camp des Romains, ses causes et ses répercussions sur l’arrière. Le général Rouquerol évoque les opérations allemandes du mois d’octobre 1914 jusqu’au début de 1915 et les réactions françaises du 25 septembre 1914 au mois d’avril 1915. Il donne également un exemple d’une petite opération qui s’est déroulée le 20 janvier 1915. Il étudie les préliminaires de la bataille de la Woëvre en mars-avril 1915 du côté français et décrit l’exécution de la bataille du 5 au 24 avril 1915. Il évoque la répercussion à l’intérieur de cette bataille et sa perception par les Allemands. L’étude se poursuit avec les premières écoutes téléphoniques. Dans le chapitre intitulé « Devant Saint-Mihiel après la bataille de la Woëvre », l’auteur s’intéresse à la répercussion de la bataille de Champagne sur le front de la forêt d’Apremont. Il étudie l’artillerie dans la forêt d’Apremont. Dans les derniers chapitres, il raconte la reprise de Saint-Mihiel et des Hauts de Meuse, le 12 septembre 1918 et évoque la question de Briey avant de conclure son ouvrage. Le livre est illustré de croquis présentant les dispositions d’attaque et de défense lors des différentes batailles. — "Dans la « Collection de Mémoires, Etudes et Documents pour servir à l'Histoire de la guerre mondiale » vient de paraître une nouvelle et importante monographie : Les Hauts de Meuse et Saint-Mihiel. « Cette étude, dit le général Rouquerol dans sa préface, est spécialement consacrée aux événements des Hauts de Meuse. Ils constituent un des grands drames de la guerre mondiale, mais ils sont peu connus. Les deux adversaires ont également éprouvé sur les Hauts de Meuse de graves déconvenues ; des raisons de convenance ont imposé aux récits contemporains une réserve discrète, en dehors des épisodes de détail. Il n'en est plus de même aujourd'hui. En raison de l'importance des moyens engagés et des buts poursuivis, la connaissance de la vérité sur ces événements s'impose à tous ceux qui s'intéressent à la conception des plans militaires et à l'exécution des opérations de guerre. Plus d'un quart de siècle passé sur les événements rappelés dans cette étude, la disparition de leurs principaux dirigeants et l'apaisement des passions soulevées pendant la guerre permettent d'aborder à un point de vue strictement historique la perte des Hauts de Meuse. Ce sujet a cessé d'être brûlant. La question de Briey fait l'objet d'un chapitre spécial. Elle a été le sujet de trop de polémiques autour des opérations des Hauts de Meuse et de la Woëvre pour qu'il ne soit pas utile d'en dégager une conclusion impartiale. » (Revue militaire suisse, 1939)

282.          TALMEYR (Maurice). Portraits de la belle France. L'héroïsme pendant la guerre. Perrin, 1918, in-12, xvi-244 pp, 16 portraits photographiques sur 4 pl. hors texte, un tableau généalogique dépliant de la famille de Maistre, broché, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française)

            25

Le comte de Pelleport – Un petit libraire parisien – Le général de Grandmaison – Un garçon de ferme – Jean-Marc Bernard, Dauphinois – Un employé de commerce – Sœur Ignace – Un Camelot du Roi – Le capitaine de Visme – Un prêtre-soldat – Le commandant Touchon – Guynemer – Familles de France (Lt-Colonel du Paty du Clam, Augustin Cochin, Capitaine de Maistre, Mlle Ferdinande de Foras) – Témoignages et documents. — "Plus se sera prolongée l'effroyable Guerre, et plus s'y sera posée une énigme. Comment l'Allemagne, si formidablement armée et nationalisée, s'est-elle trouvée arrêtée par la France à peu près dépourvue de tout comme armement et organisation, et qu'une politique de mort semblait avoir livrée d'avance à l'envahisseur ? (...) L'on doit en voir la raison dans la magnifique qualité de tant de sublimes âmes Françaises, qui opposèrent à l'ennemi, dès les premiers coups de canon, l'invisible légion de ces « impondérables » si judicieusement redoutés de Bismarck..." (Avant-propos)

283.          TAYLOR (Edmond). La Chute des empires, 1914-1918. Fayard, 1964, in-8°, 527 pp, traduit de l'anglais (The Fall of the Dynasties : The Collapse of the Old Order, 1905-1922), broché, couv. à rabats, tranche sup. lég. salie, bon état

            25

"Si l'ouvrage de E. T. commence par le récit vivant et détaillé de l'attentat de Sarajevo, c'est pour mieux insister sur l'importance capitale de cet événement sur le cours de l'histoire. L'héritier François-Ferdinand et son assassin personnifient deux ordres sociaux en lutte, deux époques incompatibles. C'est la chute des grandes monarchies européennes, le Götterdammerung du XXe siècle, et la naissance d'une Europe nouvelle dont l'ouvrage de E. T. dresse le tableau. Derrière ces monarques condamnés à la chute, Nicolas II, Guillaume II, François-Joseph, Abdul-Hamid, surgissent d'autres hommes et d'autres idéologies : Lénine, Hitler, Clemenceau, Wilson..." (Revue française de science politique, 1965)

284.          WEYGAND (Général) et Général de MIERRY. Foch. Flammarion, 1951, pt in-8°, 182 pp, illustrations de Raoul Serres, cart. éditeur, jaquette illustrée (portrait de Foch par Raoul Serres), bon état

            20

Pendant huit ans Chef d'Etat-Major du Maréchal Foch, celui qui fut le plus près de sa pensée intime se devait à lui-même et devait à la postérité de consacrer au vainqueur de la guerre de 1914-1918 cette étude, qui restera comme le témoignage le plus direct et le mieux informé, en même temps que le plus émouvant, sur l'une des plus hautes gloires françaises. L'ouvrage débute sur la jeunesse du maréchal, ses premiers commandements, son enseignement à l'École de Guerre. Puis, l'auteur en vient à la Grande Guerre et trace un exposé magistral de cette période historique. Confident des desseins de l'illustre Chef, il expose ses conceptions, ses méthodes, sa tactique. Il a montré, comme il n'appartenait qu'à lui de le faire, la personnalité du Maréchal Foch s'affirmant dans les journées les plus graves de la guerre, l'autorité de sa personne, la rectitude de son jugement rétablissant chez les Alliés une volonté de vaincre fort compromise par les échecs de 1918. Les pages qui traitent, plus loin, de l'armistice et de la paix montrent la persistance avec laquelle le Maréchal Foch fournit aux Alliés ses conseils qui ne furent guère écoutés mais dont les événements devaient révéler toute la clairvoyance. Sur tous ces faits, le général Weygand s'exprime de la façon la plus objective. Il livre au témoignage de l'histoire la conception qui eût changé le cours de celle-ci si le Maréchal Foch avait été écouté.

285.          WILSON (H. W.) et J. A. HAMMERTON (Edited by). The Great War. The Standard History of the All-Europe Conflict. Profusely illustrated. London, The Amalgamated Press Limited, 1914-1919, 13 vol. in-4°, 6804-32 pp, plus de 10 000 photos, gravures et cartes dans le texte et hors texte, index général de 32 pp à la fin du volume XIII, reliures pleine percaline bordeaux décorées de l'éditeur, dos lisses avec titres dorés et noirs, bon état. Edition originale. Texte en anglais.

            500

Complet. — Monumentale histoire illustrée de la Première Guerre mondiale, vue du côté anglais, publiée de 1914 à 1919. – Le pendant britannique de "L'Illustration", en 6800 pages et plus de 10.000 illustrations.

2ème GUERRE MONDIALE

 

286.          ACCOCE (Pierre). Les gendarmes dans la Résistance. Presses de la Cité, 2001, gr. in-8°, 342 pp, biblio, index, broché, bon état

            25

Le rôle de la gendarmerie sous l'Occupation n'a jamais fait l'objet d'une étude sérieuse, objective et exhaustive. Il est encore largement occulté par toutes sortes de déformations et de confusions qui n'ont jamais été scrupuleusement éclaircies. Non, la gendarmerie n'a pas été un instrument zélé au service de l'Etat vichyste. Non, la gendarmerie n'a pas été un relais docile de la politique de collaboration. Non, la gendarmerie n'a pas été massivement complice des rafles et des déportations. Au contraire, de nombreux soldats bleus, écoutant leur conscience, ont rejoint très tôt la Résistance. Ils ont œuvré dans les réseaux existants, créé leurs propres antennes, combattu dans l'ombre contre l'occupant. C'est le souci de rétablir une vérité historique ignorée qui a inspiré cet ouvrage à Pierre Accoce. Ils furent au total 12 000 gendarmes, le quart de l'effectif de l'arme, à participer activement à la Résistance. Un pourcentage dont aucun autre corps de métier ne peut se prévaloir et qui témoigne de l'enracinement des valeurs patriotiques et républicaines chez ces gardiens de l'ordre et de la sécurité.

287.          ALEXANDROV (Victor). La Mafia des SS. Stock, 1978, in-8°, 340 pp, préface de Beate Klarsfeld, broché, bon état

            25

"Le monde n'a jamais connu une organisation criminelle aussi efficace que la SS... A côté d'elle, la véritable Mafia fait figure de parent pauvre du crime. Car il s'agit bien de meurtres en masse et non pas d'actes isolés inspirés par un patriotisme exacerbé. Les assassinats commis par la SS se révèlent particulièrement sauvages et raffinés. Les victimes – des enfants, des vieillards, des femmes, des hommes – sont dénombrées et exécutées comme dans un abattoir par des tueurs, en comparaison desquels les tueurs de Chicago ne sont que des amateurs. (...) C'est la SS, en effet, qui a massacré à l'Est des millions de civils et qui est parvenue à rabattre et à exterminer six millions de Juifs dans l'univers concentrationnaire d'Auschwitz ou dans les fosses communes de Babi- Yar. « Sang, dureté », ainsi Himmler définissait-il l'homme SS dans son discours d'octobre 1943, à Poznan. Au-dessus des contingences politiques, la SS incarne fidèlement le mythe hitlérien ; elle exécute, en dehors de toute autorité autre qu'elle-même, les missions spéciales dont l'Etat hitlérien l'a chargée. (...) Victor Alexandrov ne décrit pas seulement avec lucidité l'histoire contemporaine et ses tragédies. Il l'a vécue, il la vit, souvent dangereusement..." (Beate Klarsfeld)

288.          ALEXANDROV (Victor). La vie d'Adolf Eichmann. Six millions de morts. Plon, 1960, in-8°, 218 pp, broché, couv. illustrée lég. défraîchie, bon état

            20

"Le procès qui s'est déroulé en Israël ne pouvait manquer de susciter une abondante littérature consacrée à Eichmann. Celui que V. A. appelle « le chef comptable du plus monstrueux génocide que l'histoire ait jamais connu » débuta très modestement « dans le rang » avant de rejoindre Heydrich et Himmler au sommet de la hiérarchie nazie. Son nom est désormais associé définitivement à la « solution finale » de la question juive, pour laquelle il n'a jamais manqué d'imagination. De la tragédie de Périgueux à celle de Budapest, de la piqûre de phénol au zyclon B, V. A. retrace les « exploits » d'Eichmann révélés par les services secrets israéliens." (Revue française de science politique, 1961)

289.          ALMERAS (Philippe). De Gaulle à Londres. Editions Dualpha, 2001, in-8°, 232 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Vérités pour l'Histoire)

            30

Que le plus anglophile de nos généraux en juin quarante soit devenu le plus anglophobe en 1944, on le savait. Comment la chose s'est produite, l'ouverture des archives britanniques de la guerre, nous permet de le ressaisir. Leur lecture contredit l'image d'un de Gaulle jouissant d'une splendide indépendance pendant ces années où "le Maréchal se vautre dans la servitude". A Londres, il est étroitement encadré, contrôlé, surveillé. Le Comité Morton où ne siègent que des Britanniques définit les activités du "Mouvement de Gaulle". Edward Spears dirige la Mission anglaise qui le suit au jour le jour. Tous deux viennent des Services. Les transmissions des Français libres passent par eux, Spears communiquant à Morton ce qui se dit et s'écrit à Carlton Gardens. Le courrier est remis ouvert, il est lu au départ et à l'arrivée, les télégrammes sont traduits pour transmission. Tout est déchiffré, analysé et archivé. Ainsi peut-on suivre au jour le jour la vie du général de Gaulle depuis son envol de Bordeaux jusqu'à l'assassinat de l'Amiral Darlan en passant par Mers-El-Kebir, Dakar, Djibouti et les Etats du Levant dont Spears devient le traitant après avoir été celui du Général. Quand celui-ci a rendez-vous avec Churchill ou avec Eden, ceux-ci savent ce qui l'amène et que lui répondre. Chacun de ses mouvements est anticipé et suivi. Où qu'il soit, où qu'il se projette, en Afrique, à Saint-Pierre et Miquelon, à Madagascar ou au Moyen Orient le réseau l'enserre. Une telle émigration vaut une occupation. Elle ne s'oublie pas. De Gaulle aura dix ans pour la faire payer. Et la faire fructifier : c'est à Londres que le Général fait ses classes de gouvernant. Il a retenu la plupart des recettes churchilliennes.

290.          AUGARDE (Jacques). Tabor. France-Empire, 1952, pt in-8°, 316 pp, préface du général Guillaume, 8 pl. de photos hors texte, 2 cartes, annexes (origine et histoire des Tabors, etc.), broché, jaquette illustrée, bon état

            25

Les campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne vécues par un goumier : Journaliste évadé de France, Jacques Augarde a rejoint le Maroc à l'automne 1943, après un séjour de plusieurs mois dans les prisons espagnoles. Affecté au 22e Tabor, il a débuté aux goums comme aspirant de réserve. Nommé sous-lieutenant, avant de rejoindre, au printemps 1944, le 1er Groupe de Tabors Marocains. Il participe avec les goumiers à la campagne d'Italie. Ceux-ci se distinguent par un remarquable fait d'armes à l'occasion de la prise de Monte Cassino, sous la direction du général Juin qui les envoie gravir la montagne avec leurs ânes afin de prendre l'ennemi à revers. Après la longue et difficile remontée vers Rome, suit l'embarquement à Civita Vecchia pour la Corse où les combats font rage, puis le débarquement à Saint Maximin. Devenu officier de liaison, Jacques Augarde participe à la libération du territoire en direction de l'Allemagne en passant par les Vosges et l'Alsace où les goumiers pourtant peu habitués aux rigueurs du climat, se sont comportés pendant l'hiver 44-45 avec un héroïsme qui a forcé l'admiration des Allemands eux-mêmes. Perçant la ligne Siegfried, les Tabors sont arrivés à Stuttgart en avril 1945... — "Jacques Augarde, jeune sénateur, qui fut déjà ministre, a eu l'honneur d'être officier dans les goums marocains pendant la dernière guerre. Avec eux, sous le commandement d'un authentique chef de guerre, le général Guillaume, il baroudé en Italie, est entré à Rome et à Sienne, puis ayant débarqué en Provence, a fait toute la campagne de France, la traversée du Rhin et la poussée du Danube. Sous-lieutenant dans une armée d'élite, où l'on vit très près des hommes, Jacques Augarde ne s'est pas contenté de se battre correctement ou d'être un excellent officier de liaison. Il a compris les rudes guerriers berbères qu'il menait au combat, il les a aimés, s'est fait aimer d'eux, a partagé leurs aventures, leurs joies, leurs peines. Ce sont ces aventures qu'il nous conte aujourd'hui dans un livre écrit simplement, sans artifice, et qui vaut surtout par sa sincérité. J'en garantis l'authenticité. J'y étais." (Bernard Simiot, Hommes et mondes, 1952)

291.          BARILLET (Pierre). Quatre années sans relâche. Editions de Fallois, 2001, gr. in-8°, 334 pp, index, reliure demi-basane verte, dos à deux fois 3 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée conservée, bon état. Exemplaire très bien relié, envoi a.s.

            60

"Pendant les années 1940-44 marquées par la peur et les privations, l'adolescent que j'étais alors, comme tant d'autres garçons entre 17 et 20 ans, poursuivait ses études et s'éveillait aux mystères d'une sexualité encore confuse. Mais ma priorité, c'était le théâtre. Jean Cocteau, Charles Trenet, Christian Bérard étaient pour moi comme des astres, et les satellites gravitant autour d'eux formaient une constellation qui éclairait la nuit noire de l'Occupation. Grâce à leur parrainage, et surmontant une timidité presque maladive, je m'étais glissé dans les coulisses des principales salles parisiennes. De la loge de Jean Marais qui s'enroulait dans les drapés pourpres de la tragédie à celle d'Yvonne Printemps en train de réinventer son visage aux couleurs de Watteau, j'assistais à la métamorphose de ces mortels en demi-dieux, et je m'épanouissais dans ces zones privilégiées qui devenaient mon Olympe. Dans une véritable course d'obstacles de théâtre en théâtre, je me lançais à la conquête des vedettes alors régnantes qui fortifiaient mes ambitions, favorisaient mon apprentissage, et me préparaient à exercer ce "plus beau métier du monde" dont parle Sacha Guitry. Je m'installais dans le trompe-l'œil de cet univers exaltant où se racontaient de si belles histoires, en ignorant celle, tragique, qui s'écrivait au-dehors, et je me trouvais comme protégé de tous les dangers qui menaçaient le monde extérieur." (Pierre Barillet)

292.          BARTHÉLEMY (Joseph). Ministre de la Justice. Vichy 1941-1943. Mémoires. Pygmalion, 1989, fort gr. in-8°, 645 pp, préface de J.-B. Duroselle, 16 pl. de photos hors texte, préface de l'auteur (1943), postface de Jean Barthélemy, introduction biographique, notes et annexes par Jean Barthélemy et Arnaud Teyssier, fac-similés, index, broché, couv. illustrée, bon état. Première édition intégrale

            40

Aux côtés du Maréchal ; Le prix d'une fidélité ; Les heures noires de l'Occupation ; Les sections spéciales. Joseph Barthélemy, professeur à la Faculté de droit de Paris et membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, a été ministre de la Justice, garde des Sceaux dans le gouvernement de Vichy, du 26 janvier 1941 au 27 mars 1943. Il est mort à Auch le 14 mai 1945. — "Les mémoires de Joseph-Barthélemy présentent avec éclat toutes les qualités requises du genre. Bien que le volume en soit considérable, l'intérêt ne faiblit jamais. Ajoutons que pour le personnage lui-même, le livre est poignant." (J.-B. Duroselle) — Présentés au public pour la première fois, plus de quarante ans après leur rédaction pour des raisons fort compréhensibles, les Mémoires de Joseph-Barthélemy, garde des Sceaux du Maréchal Pétain, constituent, selon l'éminent historien Jean-Baptiste Duroselle, "le meilleur des témoignages existant sur deux années pénibles de notre histoire". Témoignage d'autant plus convaincant que son auteur, emporté par un cancer, n'eut pas la possibilité, comme c'est souvent le cas, de le remanier pour publication. Nommé ministre de la Justice en janvier 1941, limogé par Pierre Laval en mars 1943 parce qu'il représentait un obstacle à sa politique, Joseph-Barthélemy a traversé quelques-uns des épisodes les plus difficiles de l'occupation, comme acteur, mais plus encore comme témoin et observateur. Grâce à ce document passionnant, un éclairage nouveau et surprenant est notamment donné à la dramatique affaire des sections spéciales, le témoignage de Joseph-Barthélemy, conforté par les archives allemandes enfin révélées, apportant des informations précieuses, qui contredisent totalement les versions fantaisistes ou déformées des faits qui ont été exprimées au cours de ces dernières années. Les Mémoires évoquent également les grandes affaires du régime, telles que le procès de Riom, le conflit entre Weygand et Darlan, l'invasion de la zone libre. Surtout, ils font revivre sous nos yeux, d'une manière extraordinairement vivante, le petit monde de Vichy, avec ses clans, ses premiers et ses seconds rôles, avec ses petitesses et ses tragédies, son atmosphère parfois quasiment irréelle. Enfin, ils sont l'ultime et poignant message d'un homme qui fut avant la guerre l'un des plus grands juristes de sa génération, de surcroît républicain sincère, et qui, pris dans les tumultes de l'histoire, connut, la république restaurée, à la fois l'épreuve de la maladie et celle de l'emprisonnement. Son récit de captivité, qui termine l'ouvrage, est unique en son genre. Bouleversant sur le plan humain, il est de plus d'une grande qualité littéraire. Ce texte très attendu et d'une incontestable portée historique est accompagné de très nombreuses notes qui apportent de multiples informations et précisions sur des points mal connus ou restés dans l'ombre jusqu'ici. Une introduction biographique, d'importantes annexes, et des photos inédites complètent cette somme, outil désormais indispensable pour la connaissance approfondie et objective de l'histoire de Vichy. — "J'ai la prétention d'être un juste. Je suis resté un juste au gouvernement. Je suis sûr d'avoir fait un peu de bien, dans tous les cas d'avoir empêché beaucoup de mal. Je n'ai eu d'autre ambition que de servir mon pays. Ma conscience m'approuve. Ça suffit." (Joseph-Barthélemy)

293.          BELLE (Jacques). L'Opération Torch et la Tunisie. De Casablanca à Tunis et au-delà (novembre 1942-septembre 1943). Economica, 2011, gr. in-8°, xi-323 pp, préface de Marceau Long, 16 pl. de cartes en couleurs hors texte, 13 cartes, documents, lexique, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Campagnes & stratégies)

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L'arrivée des forces anglo-américaines en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 fut ressentie par la plupart des Français comme le début de leur libération. Pour Roosevelt et Churchill, c'était la mise en oeuvre de la stratégie Germany First convenue avant même que les Etats-Unis fussent entrés en guerre. C'était aussi une réponse à l'urgence du second front à l'ouest réclamé par Staline. Les aléas de cette opération combinée d'une ampleur inconnue à ce jour étaient accrus par l'incertitude qui régnait sur l'attitude prévisible des forces du gouvernement de Vichy. Dans le doute, il fallait à la fois préparer un débarquement de vive force et anticiper la réaction inévitable des forces de l'Axe. Qui aiderait ou non les Alliés ? La logique de l'armistice, conjuguée avec la fidélité au serment prêté à la personne du Maréchal, entraîna trois jours de bataille fratricide, trois autres jours de neutralité. Le retournement n'intervint en Algérie et au Maroc qu'après l'invasion de la zone non occupée de métropole tandis qu'en Tunisie cette logique favorisa l'installation au bluff des Allemands et des Italiens. Ils y soutinrent un siège de six mois jusqu'à leur capitulation en mai 1943, après quoi la chute de l'Italie mussolinienne s'ensuivit rapidement. Mais pour les armées de la France, reconstituées avec le concours matériel très mesuré des Alliés, comme pour l'autorité légitime parlant en son nom, le chemin du retour vers la Patrie perdue serait encore long et malaisé.

294.          BELLE (Jacques). La défaite française, un désastre évitable. Tome 1 : Le 16 mai 1940, il fallait rester en Belgique. Economica, 2007, gr. in-8°, 346 pp, 7 cartes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Campagnes & stratégies)

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« En mai 1940, l'erreur d'appréciation la plus manifeste de la part des chefs alliés, civils et militaires confondus, fut de croire que, le temps travaillant pour eux, ce qui était vrai, ils en disposeraient selon leurs propres calculs, ce qui se révéla cruellement faux. Cette erreur d'appréciation sur le plan stratégique verra ses effets décuplés par la même erreur sur le plan opérationnel et tactique de la part du haut commandement français. L'erreur des chefs responsables des opérations en Belgique et sur le théâtre du nord est, les généraux Billotte et Georges, qui crurent que le repli sur le territoire national les sauverait du désastre, ne fut pas compensée par la faute lourde du général Gamelin, généralissime allié, qui avait ordonné le plan initial et l'entrée en Belgique et qui, malgré une appréciation plus exacte de la situation, n'imposa pas de s'y tenir. Au rebours de la question ordinairement posée de savoir s'il fallait entrer en Belgique, la réponse qui s'impose à nous est : le 16 mai 1940, il fallait y rester. Le choix militaire malheureux qui fut alors fait entraîna inéluctablement la capitulation belge et la capture ou le rembarquement en catastrophe à Dunkerque des armées du nord franco-britanniques. Il contenait en germe la dissociation des intérêts vitaux de la France et du Royaume Uni. Il annihilait de ce fait, par avance, les effets d'une Full Alliance qui, par la volonté conjointe de leurs gouvernements, ne fut jamais poussée aussi loin dans l'histoire des deux pays et qui devait leur garantir la victoire sur le long terme. Les conséquences pour l'Europe n'en sont pas épuisées. » (4e de couverture)

295.          BELOT (Robert). La Résistance sans de Gaulle. Politique et gaullisme de guerre. Fayard, 2006, gr. in-8°, 668 pp, notes bibliographiques, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Pour arriver à l'image d'une France unie et réconciliée avec elle-même, que d'obstacles a-t-il fallu braver ! Que de combats franco-français a-t-il fallu affronter ! Que de rivalités ont dû être neutralisées ! Pour rallier les hommes de l'armée des ombres à son symbole et convertir les « féodaux » de la Résistance à une logique d'Etat, le chef de la France a dû surmonter des difficultés inouïes. Ceux-ci avaient eu leur propre cheminement et avaient couru les risques les plus extrêmes. Ils entendaient, une fois sortis du monde clandestin, constituer le pôle autour duquel s'organiserait la renaissance politique. Le retour en grâce des partis ne leur en a pas laissé la possibilité. Il faut ajouter que la résistance et la non-accommodation n'ont pas toujours, en France, dans l'Empire ou à l'étranger, emprunté la voie gaulliste et s'y sont parfois même opposées. Bien loin de l'image qu'il a donnée de lui après guerre, le gaullisme n'a pas pu absorber toutes les postures du refus. La Résistance s'est longtemps pensée sans de Gaulle, sinon contre lui. Et le Général a lui-même été conduit, pour restaurer la République, à penser son action sans la Résistance, alors que d'aucuns l'accusaient de préparer l'avènement d'une dictature. N'avait-il pas seulement tenté de résoudre cette ultime et toujours actuelle question : comment une élite nouvelle peut-elle transformer une révolte morale en un fait politique ?

296.          BERTHOLD (Will). L'Impossible victoire. La Luftwaffe dans la Seconde Guerre mondiale. Presses de la Cité, 1982, gr. in-8°, 216 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Ils portaient des uniformes seyants. Les plus hautes décorations leur étaient décernées. Pour tous, ils étaient les héros de la nouvelle Allemagne, l'élite de sa jeunesse. Leur défaite semblait impossible. Leur épopée s'acheva pourtant avec celle de la Luftwaffe, dans l'humiliation et la mort. L'ouvrage de Will Berthold raconte, en s'appuyant sur des témoignages et des documents authentiques, souvent inédits, la terrifiante épopée de la Luftwaffe et de ses héroïques équipages, qui parvinrent à s'imposer sur tous les fronts, mais que des ordres insensés, des stratégies et des tactiques stupides privèrent de la victoire et finirent par acculer à un combat sans espoir, où les meilleurs d'entre eux laissèrent leur vie.

297.          BLOND (Georges). Pétain, 1856-1951. Presses de la Cité, 1966, in-8°, 587 pp, 48 pl. de photos hors texte, sources, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Dans cette biographie minutieuse et remarquablement écrite, G. B. s'efforce d'accréditer la thèse selon laquelle Pétain aurait été le bouclier nécessaire et conscient contre l'occupant nazi." (Revue française de science politique, 1966) — "Il était logique que l'auteur de “Verdun” écrive le plus intéressant des nombreux livres consacrés à Pétain. A ce livre il aurait mieux fait de donner pour titre “Le Mystère Pétain” en reprenant les mots de Léon Blum au procès du maréchal et en indiquant bien ainsi nettement ce qu'il voulait faire. Tout l'attrait et toute la force de ce livre viennent de ce que l'auteur, très objectivement et en s'en tenant aux faits, cherche l'explication la plus simple, la plus humaine des actes d'un homme qui, de 1914 à 1951, tint toujours une place importante dans l'Histoire de la France. Dans ce récit où rien ne manque, on ne trouve nulle trace de passion ou de parti pris mais un souci constant de comprendre la psychologie d'un chef militaire et les fautes qu'il a pu commettre sans attribuer automatiquement celles-ci, soit à des motifs très bas, soit au déclin et au naufrage de la vieillesse. C'est ainsi qu'un nombre considérable d'anecdotes, de mots, de citations sont mis en valeur, qui avaient été délibérément mis de côté par les hagiographies ou les détracteurs systématiques. C'est ainsi que Georges Blond met en valeur deux faits d'une importance capitale : toujours depuis le temps où il était un très jeune officier de troupe jusqu'au débarquement des troupes alliées en Occident, Pétain attacha, si l'on peut dire, plus d'importance au sort des Français qu'au prestige d'une France en quelque sorte abstraite. En ce qui concerne l'affaire capitale de l'Afrique du Nord, il prouve de façon irréfutable qu'il y eut accord complet entre Darlan à Alger et Pétain à Vichy." (Léon Boussard, Revue des Deux Mondes)

298.          COCHÉ (Jean). Un Bataillon de l'ombre. Historique du 1er Bataillon de Marche F.F.I. de Loire-Inférieure, créé en mars-avril 1944 et dissout le 25 janvier 1945. Nantes, Imprimerie de l'Atlantique, 1977, in-4°, 149 pp, 67 photos, emblème du 1er Bataillon de Marche de Loire-Inférieure, 6 fac-similés et 4 cartes et plans, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, envoi a.s. Rare

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Par Jean Coché, fondateur et Commandant du 1er Bataillon de Marche F.F.I. de Loire-Inférieure, ancien Chef miltaire départemental du mouvement “Libération-Nord”. Résistant depuis 1940. Jean Coché a fait l'objet de la part des autorités allemandes d'un arrêté d'expulsion, avec confiscation de tous ses biens, le 5 septembre 1940 à Metz (Moselle). (Il n'était, bien sûr, pas à Metz à ce moment-là). Fixé à Nantes en 1943 il est rattaché au groupe Burlot (Réseau Eleuther) en juin 1943. Après les bombardements de septembre 1943 sur Nantes, il présente à Jean Guilbaud du groupe Burlot, Michaud, qui sera présenté par Guilbaud au C.D.L. (Comité Départemental de Libération). Michaud (Dariès) deviendra le chef départemental F.F.I. en mars-avril 1944. Jean Coché, qui est artilleur, attend des ordres de Michaud, qui est lieutenant d'active dans l'infanterie. En mars 1944, Jean Coché est nommé avec le grade de Commandant, fondateur et chef du 1er Bataillon F.F.I. de Loire-Inférieure, dont la zone d'action correspondra à l'arrondissement d'Ancenis et une partie du Maine-et-Loire. Le 5 août, à l'approche des armées alliées, il déclenche les combats. Libère Ancenis et l'arrondissement, puis Candé, Ingrandes, soit deux mille kilomètres carrés, sans toucher à un habitant, ni à une tête de bétail. Commandant du secteur de la Loire de Saint-Georges-sur-Loire à Oudon (août 1944). Forme avec deux bataillons et seulement mille six cents hommes, un front défensif, de Blain à la Loire, qui deviendra le secteur centre de la future poche de Saint-Nazaire. Avec ses deux maigres bataillons, il contient trente trois mille Allemands, qui ne reprendront pas Nantes. Commandant du secteur Nord (de Blain à Redon), avec sept bataillons (cinq mille hommes) jusqu'à fin novembre 1944. Garde du corps, à droite, du Général de Gaulle, lors de la remise de la Croix de la Libération à la Ville de Nantes, en janvier 1945. Revenu à la vie civile le 25 janvier 1945, il est nommé au C.D.L., où il devint membre de la Commission de la Presse et président de la Commission Militaire. Comme tel, il est chargé d'établir un rapport sur la réorganisation de l'armée qu'il ira défendre en Sorbonne devant le Conseil National de la Résistance.

299.          COINTET (Jean-Paul). Sigmaringen. Une France en Allemagne (septembre 1944-avril 1945). Perrin, 2003, in-8°, 367 pp, notes, index, broché, couv; illustrée, bon état

            25

Une France en Allemagne dans les derniers mois d'existence du régime hitlérien. Telle est l'ultime phase d'une histoire commencée en juillet 1940 : celle du régime de Vichy et d'hommes qui avaient cru dans la victoire allemande. Cet épisode offre une unité de lieu, de temps et d'action. Sigmaringen d'abord, sur les rives du haut Danube. Sept mois durant, répartis dans les innombrables appartements d'un invraisemblable château, cohabitent plusieurs groupes d'hommes emmenés de France par les Allemands dans leur repli : le maréchal Pétain, Pierre Laval et les plus extrémistes de la politique de collaboration : Déat, Darnand, Brinon. A l'écart, Jacques Doriot. Ce livre, fondé sur des archives originales et les témoignages ou souvenirs, souvent justificatifs mais éclairants, des acteurs, raconte le séjour de ces hommes dans un royaume de pacotille au milieu d'un monde – le leur – qui s'écroule et tandis que s'esquisse une autre France : inimitiés, disputes, rivalités sur fond de querelles passées dans des projets concurrents de maintien d'une légitimité française outre-Rhin. Ce huis-clos voit la montée de la peur du châtiment, au rythme accéléré de l'effondrement allemand et de l'avancée des troupes du général de Lattre, sur fond de querelles de pouvoir et de préséances. Shakespeare et Feydeau réunis dans un tragique du désespoir, une démesure de l'absurde. L'ouvrage retrace enfin la diversité des destinées. Si Pétain veut regagner la France dans sa volonté de répondre de sa politique, les autres cherchent un refuge dans une fuite éperdue sur les routes des Alpes, avant de connaître, pour la plupart, la prison et les tribunaux français. Louis Ferdinand Céline a fait de cet épisode la matière du célèbre “D'un château l'autre”, en voilà l'histoire réelle.

300.          COINTET (Michèle). De Gaulle et Giraud : l'affrontement (1942-1944). Perrin, 2005, gr. in-8°, 549 pp, 8 pl. de photos hors texte, 2 cartes, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            40

Le 8 novembre 1942, le Alliés ont débarqué dans l'Afrique du Nord tenue par les forces de Vichy. Les Américains, qui s'y conduisent en maîtres, décident, après l'assassinat de Darlan, que le général Giraud, glorieux soldat évadé d'Allemagne, sera l'homme de la libération de la France. Aussi, pendant neuf mois, empêchent-ils de Gaulle, qu'ils suspectent, de quitter Londres et de s'installer à Alger. Commence alors, pour la direction de la France combattante, un affrontement entre les deux généraux, dont l'un fut naguère le chef de l'autre. Sa parfaite connaissance des archives permet à Michèle Cointet de retracer les intrigues, les manœuvres, les conflits parfois violents entre les deux camps. Pour finir, de Gaulle, politique implacable et rusé, écarte le guerrier Giraud, pourtant auréolé de la gloire d'avoir libéré la Corse et la Tunisie. Tenue aujourd'hui pour évidente, l'issue de l'affrontement n'était pourtant pas jouée d'avance. Il fallut dix-huit mois de lutte indécise et acharnée pour que, au printemps 1944 à Alger, l'histoire de France bascule. De cet épisode dramatique, la légende gaullienne ne sort pas indemne.

301.          COT (Pierre). Le Procès de la République. New York, Editions de la Maison Française, 1944, 2 vol. in-8°, 327 et 411 pp, annexes, brochés, bon état. Edition originale

            70

Par Pierre Cot, sincère républicain, radical-socialiste, ministre de l'Air en 1933-34 et en 1936-38, qui prit position contre Munich. Refusé par de Gaulle, il se réfugia aux Etats-Unis (1940-43), et fut jugé par contumace au procès de Riom : Vichy le rendait responsable de l'infériorité supposée de l'aviation française en 1939-40. — Sommaire : La mauvaise préparation militaire de la guerre. Responsabilité de l'autorité militaire dans la défaite de la France. L'aviation et la défaite française. La politique aérienne du Front populaire. La portée du procès de Riom. — Sur le procès de Riom : on sait qu'il suscita la fureur de Hitler, qui ne comprenait pas que Pétain fasse juger des Français sous le prétexte qu'ils auraient mal préparé la guerre ; un bon Français pour lui – si la chose avait existé – c'était précisément un Français qui n'avait pas travaillé à préparer la guerre.

302.          COUDERC (Frédéric). Les R.G. sous l'Occupation. Quand la police française traquait les résistants. Olivier Orban, 1992, gr. in-8°, 185-(72) pp, 68 pp de fac-similés en annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

En août 1944, dans la pagaille de la Libération, les archives des Brigades spéciales disparaissent. Trente-six ans plus tard, un journaliste, membre du Parti communiste français, confie à l'auteur ces documents ultra-secrets, frappés du sceau des Renseignements généraux. Filatures, manipulations d'informateurs, comptes-rendus d'arrestations et d'interrogatoires : ces policiers très spéciaux apparaissent en chair et en os, courant Paris et la province à la poursuite des communistes, des "terroristes", des Juifs, bref de quiconque se dressait contre l'occupant nazi. On découvre ainsi comment les techniques de la police scientifique conduisent au démantèlement des réseaux les plus hermétiques, comme celui des Jeunesses communistes ou de la MOI dirigée par Manouchian. Les nombreux documents reproduits ici pour la première fois permettent de mesurer l'ampleur de la chasse menée par les RG, ainsi que l'intensité de la lutte opposant les policiers résistants à leurs collègues. Les Brigades spéciales ont bien constitué le fer de lance de la police allemande. Or, mises à part quelques condamnations pour l'exemple, ces policiers de l'horreur ont été, après guerre, libérés, amnistiés voire réintégrés dans leurs fonctions. Ce n'est pas la moindre révélation de ce livre-événement qui plonge au cœur des années noires.

303.          COUTAU-BÉGARIE (Hervé) et Claude HUAN. Dakar 1940. La bataille fratricide. Economica, 2004, gr. in-8°, 256 pp, 7 cartes et figures, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Campagnes & stratégies)

            20

La bataille de Dakar, en septembre 1940, est le premier acte de la guerre franco-française. Churchill espérait mettre la main sur le cuirassé Richelieu et l'or de la Banque de France, De Gaulle pensait s'imposer comme le chef de l'empire français en guerre. Mais leurs espérances se sont brisées sur la résistance inattendue de la garnison. Vichy a fait la preuve de sa capacité à défendre l'empire. Cet événement, trop peu connu, a eu une influence considérable sur le cours de la Seconde Guerre mondiale en confortant Hitler dans son désintérêt pour l'Afrique. Cette bataille est aussi une illustration presque parfaite de cette tyrannie des petites décisions qui fait dépendre le résultat final d'un enchaînement de détails en apparence insignifiants.

304.          COUTAU-BÉGARIE (Hervé) et Claude HUAN. Darlan. Fayard, 1989, fort in-8°, 873 pp, sources et biblio, annexes, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, état correct

            25

On le sait, la France de la guerre est dominée par l'affrontement Pétain-de Gaulle, figures depuis longtemps bien connues des historiens. En revanche, le "troisième homme", successeur désigné du Maréchal et rival le plus dangereux du Général, demeurait largement ignoré tant en raison du caractère énigmatique du personnage que de la "disparition" de beaucoup d'archives. Par surcroît, la vanité de Darlan, ses écarts de langage ont fait le lit d'une imagerie simpliste. En réalité, l'homme fut supérieur au style, comme les multiples révélations apportées par le présent ouvrage en administrent moult preuves. Ce fils de ministre est un vrai républicain, son rôle avant la guerre fait de lui un vrai marin et un chef d'état-major efficace. S'il approuve l'Armistice de 40, ce n'est pas par idéologie, mais parce qu'il est convaincu de l'impossibilité de poursuivre la lutte, et c'est le drame de Mers el-Kébir qui le détache à jamais de Churchill et des Français libres. Lorsqu'il est appelé à succéder à Laval en décembre 1940, il mène d'abord une politique assez molle envers l'occupant, mais se reprend, ne cède rien d'essentiel et travaille à faire entrer l'empire dans la guerre. Son assassinat, à Alger, en décembre 1942, reste l'une des plus grandes énigmes de l'histoire contemporaine : attribué aux seuls monarchistes, il a en fait été ourdi par des gaullistes qui ont su manipuler les partisans du comte de Paris. Première biographie scientifique de l'Amiral de la flotte, cet ouvrage se fonde sur de très importants dépouillements d'archives, publiques, bien sûr, mais aussi privées : les papiers personnels de l'Amiral (que l'on croyait perdus) et ceux de ses collaborateurs, ainsi que sur de nombreux témoignages. Il fait découvrir un personnage clef de l'histoire contemporaine, non sans inviter à une relecture de l'histoire de la France de Vichy.

305.          COUTAU-BÉGARIE (Hervé) et Claude HUAN. Mers-el-Kébir, 1940. La rupture franco-britannique. Economica, 1994, gr. in-8°, 257 pp, 15 photos sur 8 pl. hors texte, annexes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Campagnes & stratégies)

            20

Le drame de Mers-El-Kébir reste un souvenir douloureux des deux côtés de la Manche. La commémoration très discrète du cinquantenaire a montré que le malaise persistait. Pendant longtemps, faute d'un accès suffisant aux archives, les explications sont restées partielles et souvent partiales. Aujourd'hui la découverte d'archives privées françaises et l'ouverture des archives britanniques permettent de mieux comprendre le processus de mésentente, amorcé dès les premiers revers et qui s'est progressivement aggravé jusqu'à la rupture totale. La logique des événements dans une période aussi troublée a joué son rôle : les Français n'ont pas suffisamment compris les inquiétudes britanniques, alimentées par des rumeurs et par l'absence d'informations précises. Mais ces inquiétudes n'auraient sans doute pas aboutie à l'opération Catapult sans la volonté inébranlable de Churchill. L'attaque de Mers el-Kébir sera le point culminant d'une politique destinée a éliminer une menace navale ressentie comme insupportable et à affirmer la résolution britannique face à l'allié défaillant, face à l'ennemi allemand et face au monde. Les marins français en feront les frais.

306.          CRÉMIEUX-BRILHAC (Jean-Louis). La France Libre. De l'appel du 18 Juin à la Libération. Gallimard, 1996, fort gr. in-8°, 969 pp, 28 pl. de photos et documents hors texte, 10 cartes et organigrammes, biblio, index, broché, bon état (Coll. La Suite des temps)

            30

Écrire l'histoire de la France Libre, c'est, d'abord, patiemment tisser autour de De Gaulle et de son combat la toile d'une aventure collective faite d'un réseau complexe de microsociétés, mais aussi d'une multitude d'exploits et de sacrifices individuels – depuis Carlton Gardens et Camberley en Angleterre, depuis les combattants d'Afrique ou du Levant jusqu'aux agents de l'ombre parachutés, en passant par les comités français dispersés dans le monde. Ces petits groupes isolés, clos sur eux-mêmes, sont unis par le même refus et la même passion, rassemblés dans la même volonté de liberté. Écrire l'histoire de la France Libre, c'est aussi retracer, en même temps que l'essor d'une mystique, la création d'une organisation d'abord militaire et morale, puis administrative et financière, gérant peu à peu tous les territoires de l'Empire ; d'un organisme qui très vite devint politique afin de reconstituer bribe à bribe la souveraineté nationale et la légalité républicaine, et préparer, avec ou contre la Résistance intérieure, les lendemains de la Libération.

307.          DARRIEUS (Amiral Henri) et Jean QUÉGUINER. Historique de la Marine française (Novembre 1942 - Août 1945). Saint-Malo, Editions L'Ancre de Marine, 1994, in-8°, v-335 pp, 48 pl. de photos hors texte, 12 schémas et cartes, appendice, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Prix Eric Tabarly du Meilleur Livre de Mer 1994)

            30

De nombreux ouvrages ont été déjà consacrés à l'histoire de la Marine française pendant la deuxième guerre mondiale. Mais la plupart s'attardent sur la guerre de 39-40, sur les débuts des Forces Françaises Libres, sur tous les démêlés politiques résultant de l'armistice, passant rapidement sur ce que nous croyons être l'essentiel, soit l'activité de ces forces entre 1942 et la fin de la guerre...

308.          DE GAULLE (François) avec Victor Macé de Lépinay. J'ai vu se lever l'Eglise d'Afrique. Desclée de Brouwer, 2011, in-8°, 203 pp, 16 pl. de photos hors texte, 3 cartes, annexes, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            20

C'est en traversant les grands événements du dernier siècle que le père François de Gaulle a pu vivre sa vocation de missionnaire. Né en 1922, ce neveu du général de Gaulle éprouve très tôt le désir d'annoncer la Bonne Nouvelle par de- là les frontières. Il rejoint la Société des missionnaires d'Afrique – les Pères Blancs – en 1940 et entre au séminaire en Tunisie. Ses études y sont interrompues par la guerre qui le conduira à participer aux combats en Italie, en France et en Allemagne. C'est l'occasion pour le jeune homme d'être confronté à la souffrance et au courage, à la mort et à l'espoir, au coeur d'une histoire qui souvent le dépasse. C'est l'occasion aussi de croiser le destin du général de Gaulle, dont l'attachement à la famille et la foi catholique sont particulièrement marqués. En 1950, François de Gaulle découvre le pays mossi, en Haute Volta (actuel Burkina Faso), où il passera quarante-cinq années. Il témoigne avec sympathie, voire émerveillement, de l'émergence d'un christianisme africain, d'une Eglise nouvelle. C'est tout le sens d'une vie donnée à Dieu et aux autres qui se dévoile ici. — Ce livre a été écrit à partir d'entretiens entre le père François de Gaulle et Victor Macé de Lépinay, qui collabore à plusieurs émissions sur France Culture. — "Ces mémoires d’un Père blanc resté 45 ans au Burkina Faso (1950­1960 puis 1973­2008) pourraient ressembler à bien d’autres, n’eût été sa parenté avec un Français célèbre entre tous. Ici donc l’histoire de la mission catholique rejoint celle de la France et en particulier de son chef : on en apprend ainsi un peu plus sur ses convictions religieuses et quelques-unes de ses grandes décisions. Le récit est à la première personne mais il résulte d’une transcription par le petit­neveu du missionnaire d’entretiens, de documents d’archives ou de correspondances personnelles. Le tout en huit chapitres chronologiques subdivisés en paragraphes parfois sans grande transition car le parti pris adopté est celui d’un texte très facile à lire, souvent anecdotique, ce qui ne nuit en aucun cas à l’intérêt général. Le déroulé est classique pour ce genre de témoignage : les motivations d’une vocation religieuse, le « choix de l’Afrique », la formation à Thibar en Tunisie puis à Maison­Carrée (près d’Alger), la découverte du premier poste en pays mossi avec l’apprentissage du moré, une parenthèse peu enthousiasmante de dix ans comme « trésorier provincial » de la Société des Missionnaires d’Afrique à Paris suivie du retour à Koudougou puis Ouagadougou. Ce qui est plus original concerne l’aspirant d’artillerie très engagé dans la Deuxième Guerre mondiale (les citations militaires sont fournies en annexe) qui l’a conduit d’Algérie à Monte Cassino et jusqu’en Allemagne. La violence vécue entraîne de nombreuses réflexions sur les limites de la guerre, l’inanité de la vengeance et la fragilité de la vie. L’autre volet inédit concerne l’hymne à la famille sous-jacent à tout l’ouvrage : la solidarité sans faille au sein de fratries soudées, la sollicitude de l’oncle (comme celle de son épouse) qui se révèle ici plein d’humanité, la volonté de ne pas interférer avec l’histoire officielle et la vie publique du Général. Un nom parfois difficile à porter mais toujours revendiqué. La longévité de François de Gaulle (né en 1922) en fait également un témoin précieux et ouvert de l’évolution de son Église, en Europe comme en Afrique : il s’est engagé dans une société missionnaire « traditionnelle » qui s’est adaptée aux décisions du Concile de Vatican II, s’est « inculturée » ; il a pleinement œuvré à la naissance de communautés chrétiennes dans un pays auquel il s’est profondément attaché avec des compétences d’évangélisateur mais aussi de bâtisseur. À travers tous ses jugements sur ses proches et les événements se révèle un homme de terrain, de foi et d’espérance." (François Bart, Histoire et missions chrétiennes, 2012) — Homme d’Église, le neveu du général de Gaulle était une figure des pères blancs, ces missionnaires envoyés en Afrique pour évangéliser le continent. Il avait aussi joué un rôle de premier plan après la mort de Charles de Gaulle. Le 12 novembre 1970, François de Gaulle avait concélébré les obsèques de son oncle à Colombey-les-Deux-Églises, en présence de 50 000 personnes. Il est mort le 2 avril 2020 à l’âge de 98 ans des suites du Covid-19.

309.          DÉBORDES (Jean). Vichy, capitale à l'heure allemande. Au temps de Pétain et de François Mitterrand. Godefroy de Bouillon, 1998, in-8°, 336 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Le destin de VIchy, reine des villes d'eaux, station mondialement connue et fréquentée, eut son destin brisé le 1er juillet 1940. Personne ne s'en aperçut,. Elle devenait la capitale d'une France vaincue, et au deux-tiers occupée par l'armée allemande. Un Maréchal de France, à la carrière prestigieuse, s'installa à Vichy avec un gouvernement sanctionné par un vote positif du Sénat et de l'Assemblée Nationale (10 juillet 1940). Quatre années durant, Vichy accueillit non seulement le gouvernement de l'Etat français mais aussi les ambassadeurs, les fonctionnaires, les journalistes qui sont auprès du pouvoir... Cet ouvrage relate des faits et l'auteur n'y peut rien si ceux-ci ne sont pas conformes à ce que certains souhaitent.

310.          DECAUX (Alain). Morts pour Vichy : Darlan, Pucheu, Pétain, Laval. Perrin, 2000, in-8°, 425 pp, 36 photos sur 16 pl. hors texte, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Quatre hommes, au rang le plus élevé, ont incarné le régime de Vichy : le maréchal Pétain, chef de l'État français ; Pierre Laval et l'amiral Darlan, l'un et l'autre vice-présidents du Conseil ; Pierre Pucheu, ministre de l'Intérieur. Tous, à l'exception de Philippe Pétain, gracié après sa condamnation à la peine capitale, ont trouvé une mort violente : Laval et Pucheu fusillés, Darlan assassiné. L'originalité profonde du nouveau livre d'Alain Decaux naît du fait que chacun de ces personnages entre en scène au moment précis où s'amorce le processus qui le conduira à la mort : Pétain arrêté par les Allemands à Vichy ; Laval alors qu'il tente, en août 1944, de réunir l'Assemblée nationale à Paris pour transmettre légalement le pouvoir de Pétain à de Gaulle ; Darlan, accouru à Alger au chevet de son fils mourant et rencontrant les Américains à peine débarqués ; Pucheu, croyant faire oublier son choix de 1940, au moment où il quitte la France de Pétain pour l'Afrique du Nord de Giraud. Pour tous ces destins, la même fatalité : chacun des quatre protagonistes aurait pu échapper à l'issue ultime. Aucun ne l'a voulu. Morts pour Vichy permet de juger sur pièces ces cas tragiques, à l'aide notamment des documents nouveaux réunis par l'auteur tout au long de sa carrière d'historien et dont beaucoup renouvellent la version traditionnelle des faits. En montrant Pétain, Laval, Darlan et Pucheu face à la mort, Alain Decaux, avec le talent qu'on lui connaît, nous propose une vérité saisissante.

311.          DESROCHES (Alain). La Campagne de Russie d'Adolf Hitler (Juin 1941 - Mai 1945). G.P. Maisonneuve et Larose, 1964, in-8°, 295 pp, 14 cartes, broché, bon état. Edition originale dont il n'a pas été tiré de grands papiers

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"Signalons la chronique assez rapide d'A. Desroches sur le conflit germano-soviétique, qui aborde au passage des sujets aussi épineux que les massacres de Katyn, appelés à envenimer les relations russo-alliées." (Revue des Études Slaves, 1966)

312.          DOARÉ (Jean-Jacques) et Alain LE BERRE. Pointe de Cornouaille, 1940-1944. Chronique d'une region maritime bretonne durant la seconde guerre mondiale. Plouhinec, AS3P, 2006, in-4°, 399 pp, avec la collaboration de Claude Bourdon, préface de Pierre Maille, illustré par 1250 documents d'époque en noir et en couleurs, biblio, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état

            80

L'histoire de la pointe de Cornouaille (Ouest de Quimper) pendant la seconde guerre mondiale : l'ouvrage traite de l'évolution des relations entre l'occupant et l'occupé, de l'état d'esprit et du comportement des antagonistes tout au long du conflit ; le depart des Sénans, La vie quotidienne des Français , la collaboration, les réseau FFI, la libération et le retour des soldats. Ce livre est une mine d'or : 400 pages de documents inédits. Il fait suite à l'exposition "Pointe de Cornouaille : Occupation-Libération, 1940-1944" organisée pour le 60e anniversaire de la libération de la Cornouaille (Plouhinec, 15 juin-15 août 2004). L'iconographie est exceptionnelle : tout y est absolument traité.

313.          DROIT (Michel). De Lattre, maréchal de France. P., Pierre Horay, Editions de Flore, 1952, pt in-8°, 156 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, pt mque au dos, état correct

            20

"Michel Droit, qui fut un bon correspondant de guerre, attaché à la 1ère Armée française, a souvent approché de très près le fameux chef de guerre, dont il semble que la vie soit une série d'images d'Epinal vivement coloriées. Dans un petit livre, qui n'a pas la prétention d'être une biographie ou un livre d'histoire, Michel Droit a cependant trouvé le moyen de nous entraîner avec lui dans une sorte de galop de charge. Cela est vivant, rapide, émouvant, sympathique et correspond exactement au dessein et à la fidélité de l'auteur." (Bernard Simiot, Hommes et mondes, 1952)

314.          DUPOUY (Auguste). Mémorial. Sans non, s.d. (1953 ?), in-12, 137 pp, broché, bon état. Rare

            50

Ouvrage de l'écrivain breton Auguste Dupouy (1872-1967) tiré à petit nombre, réservé aux membres de la famille et aux amis et non mis dans le commerce, consacré à ses deux enfants, Pierre et Jean-Marie, morts pour la France. — "Jean-Marie et Pierre Dupouy, fils de l’éminent écrivain, étaient rédacteurs a la Direction des Beaux-Arts, rattachée à l’Education nationale. Ils militèrent d’abord par la parole avant de se jeter à corps perdu dans la Résistance active. Leur père, qui leur avait inculqué une haute conception de l’honneur et du patriotisme, ne songea pas un instant à les en détourner. Ils vinrent en Bretagne où les appelaient plus particulièrement leurs sentiments bretons et où ils savaient que la lutte contre l’envahisseur était acharnée. Leur rôle dans la clandestinité fut efficace ; leur famille même ignorait l’essentiel de leur activité. Bannis volontaires, ils savaient qu’au maquis, la lutte devait être sourde et sans gloire, anonyme aussi. Nous savons cependant par ceux qui les virent à l’oeuvre, qu’ils furent de plusieurs coups durs et prirent part à de nombreux actes de sabotage. D’abord agent permanent des corps-francs « Vengeance », Jean-Marie fut choisi comme chef des corps-francs du groupe « Vengeance » de Bretagne ; Pierre devint chef des corps-francs du groupe des Côtes-du-Nord. M. Jean David, de Brest, placé sous leurs ordres, a donné sur leur compte ces renseignements : « Jean et Pierre Dupouy ont entrepris, à partir de novembre 1943,de remettre sur pied en Bretagne un mouvement d’action décapité – A ce titre ils recrutèrent, enseignèrent, donnèrent des ordres d’action... Je puis enfin ajouter ceci: sans leur action, le démarrage des corps-francs « Vengeance » n’aurait pas eu lieu. C’est sous leurs ordres que des équipes furent constituées, instruites et armées. Ces équipes furent à l’avant-garde du combat clandestin jusqu’à la Libération. » Ils travaillèrent dans le canton de Pont-l’Abbé qu’ils connaissaient plus particulièrement, aux environs de Brest, à Guingamp, à Saint-Brieuc et à Rennes. C'est dans cette ville que, le 20 avril 1944, ils furent arrêtés par un autonomiste breton, Le Ruyer, qui travaillait pour le compte de la Gestapo. Ils furent emprisonnés à Rennes, puis transférés à Compiègne, avant de partir pour l’Allemagne. Jean mourut de la dysenterie et du typhus à l’infirmerie de Bergen-Belsen, le 20 avril 1945. Pierre, après avoir été opéré d’un phlegmon à Neugamme, fut conduit à Lubeck et embarqué sur un paquebot : le « Cap Arcona » Hélas ! le navire fut bombardé et coulé par les Anglais qui croyaient s’attaquer à des Allemands... Leur père a publié un « Mémorial » réservé aux membres de la famille et aux amis. Il rapporte, d’après les documents et les renseignements qu’il a pu recueillir ce que fut l’activité patriotique de ses enfants et leur vie dans les camps nazis." (Louis Ogès, Cahiers de l’Iroise n° 1, mars 1968)

315.          DUTILLIEUX (Max). Le Camp des armes secrètes. Dora-Mittelbau. Rennes, Ouest-France, 1993, in-8°, 197 pp, une carte et un plan, broché, couv. illustrée, bon état

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"C'est la nuit. Dès l'instant où je suis descendu du tunnel, dans le Kommando de Rudi, jusqu'au jour où j'en sortirai, cinq mois plus tard, rien ne va plus marquer l'alternance du jour et de la nuit. C'est toujours la nuit (...) Les repères temporels n'existent plus, sauf les réveils à coups de gueule et à coups de gourdin qui nous jettent hors de nos grabats (...) Le spectacle quotidien des cadavres n'étonne plus, n'émeut plus. On s'est habitués à l'atroce..." Ce récit est celui d'un déporté qui a vécu près de deux ans au coeur de l'univers concentrationnaire, qui a connu la "longue nuit" du tunnel de Dora, l'usine souterraine d'où est sortie, comme d'un ventre monstrueux, l'arme secrète, la fusée V2, cette arme extraordinaire, ce bijou technique qui aurait pu – encore – donner la victoire à Hitler. Ce témoignage est sans haine. Il veut combattre l'oubli et le mensonge...

316.          FACON (Patrick). La bataille d'Angleterre (1940), la bataille aérienne décisive de l'Histoire. Economica, 1992, in-8°, 153 pp, 11 photos sur 8 pl. hors texte, une carte, annexes, biblio, broché, bon état (Coll. Campagnes & stratégies)

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De juillet à septembre 1940, le Fighter Command de la Royal Air Force et la Luftwaffe se mesurèrent dans une immense bataille aérienne – la première jamais livrée dans l'histoire – où se joua le sort de l'Angleterre. La victoire remportée par les chasseurs de l'Air Chief Marshal Dowding, le commandant du Fighter Command, aussi magnifiée qu'elle ait été par la propagande, ne tint pas aux seules qualités du Spitfire et du Hurricane ou au courage des pilotes britanniques. Elle résulta de la remarquable organisation mise en place par la Royal Air Force – dans laquelle le radar joua un rôle primordial –, d'un effort sans précédent de l'industrie aéronautique britannique, mais aussi des nombreuses fautes stratégiques ou tactiques commises par les Allemands. Utilisant les travaux les plus récents entrepris sur la question, tant en Angleterre qu'en Allemagne et aux États-Unis, ce livre aborde la bataille d'Angleterre dans toutes ses dimensions : stratégique, politique, diplomatique, tactique, industrielle et humaine.

317.          GIRAUD (Général). Un seul but, la Victoire. Alger 1942-1944. Julliard, 1949, in-8°, 381 pp, une photo de l'auteur en frontispice, documents en annexe, broché, bon état

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Passé à Alger en novembre 1942, le général Giraud assume le commandement en chef civil et militaire de l'Afrique française à la mort de Darlan. Dans “Un seul but, la victoire”, il relate les faits qu'il a vécu depuis la décision américaine jusqu'à l'attentat de Mayagran. Ce texte est accompagné de documents in-fine (plans d'opérations, correspondances, etc.). Un ouvrage important pour la compréhension de la situation qui suit immédiatement le débarquement des forces alliées en Afrique du Nord. Situation qui voit s'affronter, plus ou moins ouvertement, Darlan, Giraud et De Gaulle. Le témoignage du général Giraud est capital car il a vécu cette période au coeur de l'action... Sommaire : La Bataille de Tunisie, l'assassinat de l'amiral Darlan, les tractations Giraud-de Gaulle, la libération de la Corse, l'affaire Pucheu, l'attentat de Mayagran...

318.          LA BRUYÈRE (René). La Guerre du Pacifique. Payot, 1945, in-8°, 323 pp, 23 cartes dans le texte, broché, qqs rares annot. au stylo rouge, état corect (Coll. de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre)

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"Les considérations générales de M. La Bruyère sur le front du Pacifique et les opérations déjà exposées par lui dans son « Drame du Pacifique » ont été reprises avec de légères retouches dans ce nouvel ouvrage, qu'une cinquième partie conduit jusqu'à l'effondrement du Japon (p. 216-315). Exposé utile, que le souci de l'actualité a forcément contraint de négliger les sources d'information autres que la radio, les communiqués officiels des journaux, ou les films, et qui ne seront accessibles que plus tard. C'est d'ailleurs le défaut de toute étude faite sur le vif, et au jour le jour. D'autre part, la victoire alliée a bousculé certaines perspectives, obligé de réviser certains jugements et certaines vues qui dans l'ouvrage précédent pouvaient être tenues pour provisoires. La faiblesse réelle du Japon, la force réelle des Alliés, son! succinctement mises en valeur. Le rôle de la France libre dans le Pacifique, en particulier de l'amiral d'Argenlieu, les faiblesses coupables de Vichy, apparaissent pour la première fois, débarrassées des entraves d'une certaine censure. Les lecteurs de M. La Bruyère partageront l'euphorie de l'auteur." (Jean-Paul Faivre, Journal de la Société des Océanistes, 1946)

319.          LAMBERT (Bernard). Bousquet, Papon, Touvier : inculpés de crimes contre l'humanité. Dossiers d'accusation. FNDIRP, Editions Climats, 1991, in-8°, 331 pp, notes, repères chronologiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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René Bousquet, Maurice Papon, Paul Touvier sont les trois derniers inculpés vivant en France pour "crimes contre l'humanité". Voici regroupés les dossiers accablants de chacun de ces français dans leurs activités respectives sous Vichy. Le lecteur y découvrira distinctement ce qui leur est reproché ou comment l'histoire particulière d'un sujet peut répondre d'une Histoire affreuse qu'il a contribué à faire et à vouloir. Le mythe de la poutre dans l'oeil allemand et la paille dans l'oeil français a permis tous les aveuglements, particulièrement en matière d'inhumanité. Le temps est venu d'y voir clair. Il suffirait que justice soit faite. (4e de couverture)

320.          LAPIERRE (Dominique) et Larry COLLINS. Paris brûle-t-il ? 25 août 1944. Histoire de la libération de Paris. Laffont, 1964, gr. in-8°, 459 pp, 48 pl. de photos hors texte, nombreuses cartes (dont 2 hors texte), reliure pleine toile bleue de l'éditeur, vignette de titre avec 2 drapeaux français au 1er plat et au dos, signets bleu, blanc et rouge, rhodoïd, bon état. Edition originale, tirage à part numéroté réservé aux amis du Cercle Français du Livre membres du Club de l'Inédit (n° 211), enrichi d'un bel envoi a.s. signé des deux auteurs daté du 4 sept 1964

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“Paris brûle-t-il ?” est le récit passionné de l'une des journées les plus fantastiques de l'histoire du monde. Ce jour du 25 août 1944, la capitale de la France échappait à l'anéantissement apocalyptique ordonné par Adolf Hitler ; Paris brisait ses chaînes et acclamait ses libérateurs dans un torrent d'émotions, de drames et de joies. Best-seller mondial porté au cinéma dans une superproduction aux quarante vedettes internationales, “Paris brûle-t-il ?” est le premier grand livre-épopée du célèbre tandem littéraire Dominique Lapierre et Larry Collins. C'est peut-être aussi, par le nombre des secrets révélés et la richesse du récit, leur chef-d'œuvre. — "Pour la préparation de “Paris brûle-t-il ?” les auteurs, assistés d'une équipe de collaborateurs en France, en Allemagne et aux États-Unis, se sont penchés sur des centaines de documents, d'études historiques, de messages radio et de câbles vieux de vingt ans. Ils ont étudié des centaines de mètres de microfilms (les rapports saisis chez Hitler et ses généraux. Ils ont consulté les archives du commandement d'Eisenhower et du SHAEF dans leur dépôt d’Alexandria, Virginie, ainsi que tous les originaux de la correspondance échangée entre de Gaulle, Churchill, Roosevelt et Eisenhower ; également les messages échangés entre la Résistance à Paris et l'état-major des Français libres à Londres. Ils ont interviewé des centaines d'Allemands, de Français et d'Américains, du général Eisenhower au général von Choltitz, dernier commandant allemand de Paris, et au Parisien qui hissa, le premier, le drapeau tricolore au sommet de la tour Eiffel, le jour de la Libération, le 25 août 1944. Leur œuvre fait revivre, à travers sa documentation minutieuse et son expression passionnée, la lutte de Paris pour sa vie et sa liberté. C'est le récit haletant des journées pendant lesquelles, par miracle, Paris échappa à la destruction à laquelle Hitler l'avait condamnée; des conflits politiques qui entourèrent sa libération et opposèrent publiquement, et parfois de façon inexorable, Charles de Gaulle, ses alliés américains et ses compatriotes communistes." — "Ce n'est pas seulement le 25 août 1944 mais les vingt-cinq premiers jours de ce mois que font revivre deux journalistes, français et américain. La thèse qu'ils soutiennent tout au long de ces pages est que l'histoire de la libération de Paris, c'est l'histoire de la lutte pour le pouvoir entre communistes et gaullistes ; cette thèse est pour le moins contestable, et elle a en tout cas été fortement contestée. Cela dit, l'aspect anecdotique du récit peut plaire." (Revue française de science politique, 1965)

321.          LORMIER (Dominique). Souvenirs de la guerre 1939-1945. Bordeaux, Editions Sud Ouest, 1995, gr. in-8°, 219 pp, 94 photos et fac-similés dans le texte et à pleine page, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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Douze témoignages sur la Résistance à Bordeaux et en Gironde : André Jolit : chef FFI à 22 ans ; Michel Slitinsky : un Juif patriote ; Horst Bechstein : une intégration exemplaire ; Édouard Tarif : pionnier de la Résistance Fer ; Ginette Vincent-Baudy : déportée à Ravensbruck ; Claude Dufour : un enfant pendant l'occupation ; Gino Boiardi : de Bordeaux à Gorizia ; Pierre Poitevin : héros de 1940 ; Alain, Olivier et Francis Massart : trois frères au service de la France Libre ; Yves La Prairie : un homme de la mer témoigne ; Edmond Cardoze : un humaniste dans la tourmente ; Jacques Sztark : miraculé des camps de la mort.

322.          MATABON (Louis). Le Cache-nez. Récit vécu. Les Presses de Valmy, 1994, in-8°, 255 pp, postface de Raymond Devos sur la 4e de couverture, broché, bon état, envoi a.s.

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Une « drôle de guerre » qui ne l'était guère, avec toutes les conséquences que l'on sait. Avec aussi toutes celles que l'on oublie... S'il survit à l'explosion de son blockhaus, Louis Matabon n'y laisse qu'un nez. La chance, lui répétera t-on à l'envi. Une sacrée veine et pourtant... Néanmoins... Avec une blessure qui se voit bien plus qu'un nez au milieu de la figure, Louis va errer d'hôpitaux en Stalags, à travers le Reich triomphant. Croiser parfois l'indicible de la barbarie nazie. Toucher du doigt l'absurde de la guerre... — "Cher Loulou Matabon, en tournée à travers la France, après avoir lu ton pittoresque récit, je n'ai qu'un souhait : que tes lecteurs y prennent autant de plaisir que moi. Bravo pour ton grand talent de conteur. Je t'assure de mon affectueuse amitié." (Raymond Devos)