Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 369 – Septembre 2017

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES - PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE - HÉRALDIQUE - NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  BAYARD (Jean-Pierre). Le Sacre des rois. La Colombe, 1964, in-8°, 301 pp, annexes et biblio (pp. 221-293), index, broché, couv. illustrée (lég. frottée), bon état

            25

L'institution monarchique dans l'Ancienne France et sa dimension religieuse, sacrale et symbolique. Les rites de consécration royale ont toujours frappé l'imaginaire de l'homme. Mais à quoi correspond ce rite d'intronisation et à quel besoin universel répond-il ? Pour répondre à ces questions, ce livre interroge, sur le plan liturgique et historique, la stucture des phénomènes religieux, l'origine de la royauté, la limite juridique de la puissance royale, l'évolution du cérémonial. Un ouvrage qui ne manque ni de mérite ni d'intérêt.

2.                  BOUNHOURE (Jean-Paul). Histoire de la cardiologie. Des hommes, des découvertes, des techniques. Toulouse, Privat, 2005, gr. in-8°, 191 pp, 16 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 32 gravures, portraits et photos dans le texte, biblio, index, broché, couv. illusrée à rabats, état correct

            20

Le cœur, la circulation, la pathologie cardiaque ont longtemps fait l'objet de récits fabuleux et de doctrines fantaisistes. Puis au fil des siècles, les conceptions plus magiques que rationnelles disparaissent peu à peu. La cardiologie n'entrera dans sa période scientifique qu'au XIXe siècle. Elle va s'affirmer pour s'élever, au XXIe siècle, au premier rang des disciplines médicales. De Galien à Laennec, que de chemin parcouru, jalonné de théories erronées, d'échecs cuisants et de succès décisifs ! Cette ascension est le fruit des recherches de talents exceptionnels, de l'essor de techniques d'exploration de plus en plus performantes et de l'exploitation de toutes les avancées technologiques de notre époque. Un fantastique bond en avant qui a contribué à allonger l'espérance de vie. Cet ouvrage ne saurait être que le survol d'un foisonnement d'hommes et d'une multitude de découvertes. L'auteur nous rappelle que, si de nombreux progrès restent encore à accomplir dans le domaine cardiovasculaire, la mortalité par maladie des artères coronaires ne cesse de décroître. Un bel encouragement pour les cardiologues comme pour les malades !

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3.                  BRAUDEL (F.) et E. LABROUSSE ( dir.) Histoire économique et sociale de la France. Tome I : De 1450 à 1660. Premier volume : L'Etat et la ville. Par Pierre Chaunu et Richard Gascon. PUF, 1977, fort in-8° carré, 479 pp, 24 planches de gravures hors texte reproduites en héliogravure, 20 figures, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, sous emboîtage carton, bon état

            40

Les dernières Histoires générales de l'économie et de la société françaises remontent à une ou deux générations. La plus récente, couvrant la période comprise entre le Moyen Age et 1914, fut écrite avant 1936. Durant le tiers de siècle qui nous sépare de cette dernière date, les sciences économiques et historiques se sont profondément transformées. D'autres sciences sociales ont pris leur plein essor. D'où le renouveau de l'histoire économique et sociale, dans un ensemble très enrichi de thèmes et de méthodes. Le présent ouvrage est sorti de ces nouveaux courants. Les huit volumes de l' “Histoire économique et sociale de la France” vont de l'âge seigneurial à l'âge industriel dans ses dernières versions. Ils retracent l'histoire du relatif déclin agraire et de la montée des trafics, du capitalisme industriel ou bancaire sous leurs formes successives. Ils esquissent les conjonctures diverses et les croissances. Ils étudient les relations réciproques d'une économie et d'une société, d'une société et de son Etat. L'ensemble dessine une ferme courbe de cinq siècles d'histoire, qui aboutit à l'homme d'aujourd'hui. L'œuvre se veut à la fois traditionnelle et nouvelle. Elle affirme son souci primordial de la source. A côté du fait économique et social, elle recherche l'éventuel contexte politique et personnel. Mais surtout elle pose à des sources neuves ou exploitées par des procédés nouveaux, des questions nouvelles. De multiples diagrammes illustrent la présentation des thèmes. Une telle problématique rencontre sur de nombreux points les questions qui se posent aux sociétés d'aujourd'hui. L'ouvrage voudrait contribuer à apporter quelques réponses aux interrogations et aux préoccupations de notre époque.

4.                  BRAUDEL (F.) et E. LABROUSSE ( dir.) Histoire économique et sociale de la France. Tome I : De 1450 à 1660. Second volume : Paysannerie et croissance. Par Emmanuel Le Roy Ladurie et Michel Morineau. PUF, 1977, fort in-8° carré, 542 pp, paginé 493-1035, 24 planches de gravures hors texte, 20 figures, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, sous emboîtage carton, bon état

            40

5.                  BRAUDEL (F.) et E. LABROUSSE ( dir.) Histoire économique et sociale de la France. Tome II : Des derniers temps de l'âge seigneurial aux préludes de l'âge industriel (1660-1789). Par Ernest Labrousse, Pierre Léon, Pierre Goubert, Jean Bouvier, Charles Carrière, Paul Harsin. PUF, 1970, fort in-8° carré, xvi-779 pp, 48 planches hors texte en héliogravure, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, sous emboîtage carton, bon état

            45

"L'analyse débute à partir de 1661, par le rappel des fondements démographiques grâce à l'utilisation des registres paroissiaux (Louis Henry). Les campagnes, et notamment les cadres de la vie rurale, sont ensuite décrits de façon très vivante. Une deuxième partie examine la montée des structures capitalistes. Les débuts du commerce océanique sont ensuite décrits, ainsi que l'essor industriel, son financement, le système de Law, la naissance du capitalisme bancaire. Dans une troisième partie, c'est le passage d'une économie contractée, sous Colbert, à une économie en expansion, sous le Régent et Louis XV. L'exploitation de nouveaux débouchés extérieurs et intérieurs, sous l'effet de la pression démographique et de l'ouverture des mers fait pressentir l'âge industriel. C'est à partir de 1726 que, progressivement, la croissance industrielle surclasse la croissance agricole. Quant à la croissance commerciale, elle surclasse encore les deux autres. Peu à peu, se forment les classes sociales, terrain de culture d'une philosophie et d'une conscience politique bourgeoises, tendant progressivement et prudemment vers l'égalité civile, entre nobles et bourgeois. Reste le problème de la souveraineté. Dans le lent cheminement de Montesquieu à Rousseau, apparaît une volonté de contrôle censitaire, essentiellement bourgeoise, mais restée en gros favorable à une monarchie éclairée tempérée. Mais la France n'avait pas le génie de l'évolution et, de 1787 à 1789, à l'occasion d'une crise économique, se déclenche une crise politique. Cumulant leurs effets, les crises ouvrirent la voie à la Révolution, éliminant à coup de béliers populaires la monarchie, le haut clergé, l'aristocratie et ses piliers. L'héritière en fut la bourgeoisie. Remarquable bibliographie." (A. W., Population, 1970)

6.                  BRAUDEL (F.) et E. LABROUSSE ( dir.) Histoire économique et sociale de la France. Tome III : L'avènement de l'ère industrielle (1789 - années 1880). Premier volume. PUF, 1976, fort in-8° carré, 471-xxxv pp, 24 pl. d'illustrations hors texte, 41 figures, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, sous emboîtage carton, bon état

            40

Par Pierre Léon, Maurice Lévy-Leboyer, André Armengaud, André Broder, Adeline Daumard, Ernest Labrousse, Albert Soboul.

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7.                  CABANÈS (Dr.) et Dr. G. J. WITKOWSKI. L'Esprit d'Esculape. P., Librairie Le François, s.d. (1922), pt in-8°, 290 pp, 19 gravures dans le texte et à pleine page, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

            30

Nouvelle édition remaniée et notablement augmentée des “Gayetez d'Esculape” (P., Maloine, 1909). Un délicieux recueil d'anecdotes sur les carabins.

8.                  COORNAERT (Emile). Les Compagnonnages en France du Moyen Age à nos jours. P., Editions Ouvrières, 1966, gr. in-8°, 448 pp, 14 pl. de gravures et documents en noir et 2 pl. en couleurs hors texte, glossaire, index, broché, jaquette illustrée, bon état, exemplaire du SP

            60

"Voici un nouveau et splendide volume, magnifiquement illustré, sur les compagnonnages. Il a longuement mûri. Il a été préparé par toute une série d'articles sur le même sujet ou sur le mouvement ouvrier au XIXe siècle, un des grands thèmes que l'auteur a eu l'occasion d'approfondir lorsqu'il occupait encore sa chaire au Collège de France. Une étude sur un sujet plus actuel qu'on ne croirait, puisqu'il s'agit d'une des rares institutions d'Ancien Régime ayant survécu jusqu'à nos jours, malgré les changements profonds des modes de production et l'avènement du syndicalisme moderne. Le présent travail, d'une lecture agréable, s'adresse à un large public. Le style est typique de la personnalité de M. Coornaert. Sa démarche est toujours prudente, sa plume se complaît davantage dans la touche nuancée que dans le trait large mais parfois déformant. Si les notes au bas des pages manquent, la qualité scientifique n'en souffre nullement. Les près de cent pages de documents édités en annexe, dont plusieurs extraits des archives de l'Union compagnonnique et de l'Association ouvrière, permettent d'ailleurs de confronter les vues de l'auteur avec les sources. M. Coornaert communique à chaque page de son livre sa sympathie vivifiante pour les joies et les souffrances de ces ouvriers d'autrefois et aussi pour leurs égarements..." (Jan Craeybeckx, Revue belge de philologie et d'histoire, 1968)

9.                  DÉVIGNE (Roger). Le Légendaire des provinces françaises à travers notre folklore. Pygmalion, 1978, gr. in-8°, 251 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 30 bois gravés de l'imagerie populaire dont 8 à pleine page et 22 dans le texte, biblio, cartonnage toile ocre, jaquette illustrée en couleurs, bon état

            25

Contes, légendes, fêtes, traditions populaires des provinces et des terroirs : Légendes, récits et malices de la vie familière ; Coutumes, rites, jeux de la vie familière ; La vie surnaturelle et l'au-delà familier ; Les grands thèmes légendaires.

10.              FULIGNI (Bruno)( dir.) Dans les archives inédites des services secrets. Un siècle d'espionnage français (1870-1989). P., L'Iconoclaste, 2011, gr. in-8°, 654 pp, nombreuses illustrations et documents, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Longtemps inaccessibles, les archives du renseignement français ont été ouvertes à une équipe de chercheurs. Deux années de travail ont été nécessaires pour consulter des centaines de cartons et analyser des milliers de documents. De la défaite de 1870 à la fin de la Guerre froide, ces pages retracent les grandes heures de l'espionnage et du contre-espionnage. La naissance des services, l'évolution de leurs techniques, mais aussi leur rôle décisif dans la grande Histoire : l'affaire Dreyfus, la révolution bolchevik, la montée du nazisme, la France libre à Londres, les préparatifs du Débarquement, la guerre d'Algérie, l'affaire Farewell... On y croisera de grandes figures d'espions comme des séductrices de légende telles que La Païva, Mistinguett, Mata-Hari ou Joséphine Baker. — "Un grand livre d'Histoire, passionnant comme un roman d'espionnage." (L'Express) — "Une somme historique considérable, des documents exceptionnels." (Le Monde)

11.              GAUDEFROY-DEMOMBYNES (Maurice). Mahomet. Albin Michel, 1957, fort in-8°, xxii-(2)-708 pp, une carte hors texte, biblio, index, reliure pleine toile brique, dos lisse, pièces de titre et de collection chagrin bordeaux, couv. conservées (rel. de l'époque), très bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité). Edition originale (bon achevé d'imprimer du 31 décembre 1956, mention fictive de 2e mille au premier plat de couverture, mais pas sur la page de titre)

            40

"Il y a dans la vie de l'humanité des moments où sont inévitables des transformations profondes dans la vie religieuse et sociale : un ou plusieurs hommes se lèvent pour les réaliser, sans que leur personnalité soit à prévoir et ait un caractère de nécessité. Ainsi dans l'Arabie du VIe siècle, Mohammed apparaît comme l'Envoyé du Destin ; mais il apporte à l'accomplissement des nécessités historiques son originalité propre." (Maurice Gaudefroy-Demombynes) – "Le lecteur, par la méditation de ce livre à la fois si documenté et si vivant, plein de précieuses observations sur les moeurs, les traditions, découvrira bien des traits cachés de l'âme arabe : il comprendra la spécificité de l'Islam et de l'importante civilisation à laquelle cette religion a donné naissance. Et il verra mieux pourquoi la grande et originale initiative de Mohammed était destinée à avoir de si grandes conséquences historiques." (Paul Chalus) – Maurice Gaudefroy-Demombynes, membre de l'Institut, fut l'un des grands spécialistes français de l'histoire de l'Islam.

12.              GONZALÈS (Jacques). Histoire naturelle et artificielle de la procréation. Bordas, 1996, pt in-4°, 400 pp, 32 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 65 illustrations et figures dans le texte, glossaire, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.

            30

Découvrir et comprendre quels furent et sont encore les intérêts qui poussèrent l'homme à interpréter, régler et peut-être maîtriser sa propre génération, telle est l'ambition de l' “Histoire naturelle et artificielle de la procréation”. Ni livre de médecine, ni histoire de la sexualité ou de la génétique, l'ouvrage se veut d'abord une exploration à travers les siècles des mythes, des croyances, des représentations peu à peu scientifiques qui se mêlent encore aux avancées contemporaines de l'assistance médicale à la procréation. Des premiers cultes de la fécondité à la Renaissance, procréation et naissance du monde sont les deux pôles de la réflexion pré-scientifique où microcosme et macrocosme sont supposés se correspondre : les substances primordiales, puis la notion de semence sont censées, expliquer la génération de l'homme, et la genèse du monde, mais malgré les balbutiements de l'anatomie, aucun mécanisme n'est vraiment mis à jour. Il faut attendre le XVIIe siècle pour découvrir le mécanisme de l'ovulation mais la querelle entre “ovistes” et “animalculistes” va considérablement obscurcir, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le débat où philosophes, théologiens et hommes de science s'affrontent : de l'oeuf ou de l' “homoncule” lequel peut rendre compte de la genèse de l'individu ? La science ne se libère que peu à peu de la croyance : au XVIIe siècle à la veille de la Révolution, un médecin anglais affirme qu'une femme venait d'accoucher de lapins et à la même époque, de savants traités assurent que pour faire des enfants, on peut se passer de mâle ! En 1838, la formulation de la théorie cellulaire déplace le débat : l'ovule, l'embryon sont des cellules ; mais qu'est-ce que le spermatozoïde ? Un parasite du sperme né par génération spontanée ? L'apport de Pasteur, la découverte du mécanisme de la fécondation, la reconnaissance de la division cellulaire et des chromosomes sont autant d'avancées fécondes, mais à nouveau le débat se déplace : le darwinisme focalise la compréhension de la reproduction sur la question de l'hérédité. Du singe à l'homme, des théories raciales aux fantaisies eugénistes, la science s'égare et ignore pendant trente-cinq ans les travaux de Mendel. Vers 1860 un journal médical américain rapporte qu'une balle perdue à fécondé une femme parce qu'elle avait au préalable traversé le testicule d'un soldat... L'entrelacs de la science et de théories ou croyances vaguement étayées se poursuit jusqu'à l'époque contemporaine. Si l'endocrinologie et la génétique bouleversent, au XXe siècle, la compréhension de la procréation et permettent la mise au point des procédures de fécondation in vitro, la congélation d'embryon et l'ICSI, les croyances et les mythes continuent de polluer le débat éthique : la crainte d'une nouvelle forme d'eugénisme doit-elle l'emporter sur l'acquis d'une certaine maîtrise des naissances et de quelques milliers de victoires sur la stérilité ?

13.              HARDY (Georges). La politique coloniale et le partage de la terre aux XIXe et XXe siècles. Albin Michel, 1937, in-8°, 499 pp, 14 cartes, biblio, index, reliure pleine toile brique, dos lisse, pièces de titre et de collection chagrin bordeaux, couv. conservées (rel. de l'époque), très bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité). Edition originale

            40

"... Les grandes lignes du plan de l'ouvrage sont les suivantes : l'auteur définit d'abord le fait colonial dans ses traits généraux et permanents, puis étudie le fait historique de colonisation jusqu'au XIXe siècle avant d'aborder l'expansion coloniale de 1815 à nos jours qui est l'objet même du livre, c'est-à-dire : les peuples colonisateurs, les bases géographiques de leur champ d'action en Afrique, Asie, Australie, les grandes périodes historiques (1815-1830, période d'attente ; 1830-1900, période des grands partages ; 1900 à nos jours, période des remaniements). Bel et bon livre, solide et clair, qui reflète bien le talent de M. Hardy et la synthèse de sa haute culture, à la fois historique, géographique et coloniale." (René Clozier, L'information géographique, 1937)

14.              [Jeu littéraire]. Les Oeuvres complètes de Lord Charles, annotées par John Hulme. P., La Découverte, 1984, in-8°, 62 feuillets imprimés au recto, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Un ouvrage présenté comme un recueil de poèmes écrits dans un anglais archaïque, œuvres annotés par un certain John Hulme. À priori, ces vers ne veulent rien dire, en anglais tout du moins, même si les commentaires, nombreux, prétendent en préciser le sens. Ce recueil est une construction savante, qui a consisté à prendre des chansons populaires françaises et à les trancrire phonétiquement en mots anglais. Le résultat est forcément absurde et gai. D'où l'idée d'y adjoindre des notes explicatives... encore plus absurdes et gaies. Ce livre est donc un jeu, qui se joue à deux : le lecteur lit les poèmes à haute voix, avec un accent anglais ; et l'auditeur entend alors, miraculeusement reconstituée, la chanson française originale. Digne de la Pataphysique ou de l'Oulipo.

15.              KERTZER (David). Le Vatican contre les juifs. Le rôle de la papauté dans l'émergence de l'antisémitisme moderne. Laffont, 2002, gr. in-8°, 398 pp, traduit de l'américain, biblio, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Ce qui a rendu la Shoah possible, c'est une entreprise délibérée de diabolisation des juifs, mise en œuvre durant des décennies par la hiérarchie catholique au plus haut niveau, à savoir celui du pape lui-même." (D. K.) — Au début de 1998, Jean-Paul II a ouvert les archives du Vatican et du Saint-Office de l'Inquisition puis décidé avec courage de faire publier un rapport sur le comportement de l'Église face à l'Holocauste. L'idée que celle-ci avait toujours émis un point de vue "religieux" négatif sur les juifs était déjà admise. L'examen de ces documents, que David Kertzer a été l'un des premiers à consulter, oblige à reconnaître que l'Église a joué un rôle majeur dans la naissance des mouvements antisémites de la fin du XIXe siècle en propageant activement l'idée d'un "péril juif"... Si le Vatican n'a jamais donné son approbation au génocide, les enseignements et les actes de l'Église ont contribué à le rendre possible. Non seulement les populations chrétiennes ont été conditionnées des siècles durant à la haine des juifs, mais l'Église fut l'un des principaux promoteurs de la transition entre les préjugés, médiévaux antijuifs et la montée de l'antisémitisme politique au cours du demi-siècle ayant précédé l'Holocauste. Ainsi, encore au XIXe siècle, tout juif des États pontificaux surpris sans l'insigne jaune exigé par les conciles de l'Église pendant plus de six siècles était poursuivi en justice. Ainsi le pape évinçait-il les juifs des villes sous son contrôle en les enfermant dans les ghettos de cités qui en étaient pourvues... Les lois de Nuremberg édictées par les nazis et les lois raciales des fascistes italiens ne furent que la reproduction de mesures prescrites par l'Église.

16.              LACROIX (Louis). Les Derniers Baleiniers Français. Histoire des navire de grande pêche de Dunkerque, de Dieppe, du Havre, de Saint-Malo, de Nantes, de Bordeaux et de Marseille, de 1817 à 1867. Un demi-siècle d'histoire de la grande pêche baleinière en France. Nantes, Aux Portes du Large, 1947, gr. in-8°, viii-381 pp, préface de M. Emile Gabory, illustrations de V. Batard et R. Chapelet, peintres de Marine, une planche en couleurs des pavillons des différents armateurs de baleiniers, 101 pl. de gravures hors texte, 4 cartes sur 2 dépliants hors texte in fine, broché, jaquette illustrée, bon état

            80

17.              LACROIX (Louis). Les Derniers Cap-Horniers Français aux voyages de nickel, de salpêtre et du Pacifique. Les premiers pétroliers à voile (suite des Derniers Grands Voiliers). Luçon, Imprimerie S. Pacteau, 1940, gr. in-8°, x-408 pp, lettre-préface de M. Antonin Bordes, 98 pl. de gravures et photos hors texte, une planche en couleurs de pavillons d'armement, 4 planches dépliantes de cartes et plans in fine, broché, couv. illustrée lég. salie, traces de scotch ancien en haut et bas du dos, sinon bon état. Edition originale

            80

"Je profite de l'occasion pour rendre hommage aux bons, gros bouquins du capitaine Lacroix, cap-hornier, qui a bourlingué sur les sept mers du globe et qui a fourré dans ses livres, en plus des mirobolantes photographies et des documents que l'on ne trouve nulle part ailleurs, tout ce qu'il a pu apprendre et voir de ses yeux durant ses longues croisières et ses dures campagnes de mer, sans parler des aventures de mille navires et des mille et un secrets du métier dont les marins ne sont jamais chiches. Ses livres constituent l'épopée de la marine à voile, et qu'importe son tour de plume, puisque le vieux loup de mer a tant de choses à nous dire et à nous apprendre, et qu'il est profondément humain ! Le capitaine Lacroix est en train d'écrire, sans s'en douter dans sa bonhomie, l'Histoire de la marine marchande française, la vraie, et dont tout le pays se désintéresse ! C'est déjà un monument, et ça n'est pas fini..." (Blaise Cendrars, Bourlinguer, 1948)

18.              LACROIX (Louis). Les Derniers Grands Voiliers. Histoire des Long-Courriers Nantais de 1893 à 1931. Amiot-Dumont, 1951, fort in-8°, 516 pp, préface d'Emile Gabory, un frontispice, une planche en couleurs de pavillons d'armement nantais, 125 gravures et photos et 3 cartes sur 80 planches hors texte, 2 cartes dépliantes hors texte in fine, broché, jaquette illustrée, bon état

            60

"Dans des pays moins indifférents que la France aux choses de la mer, on a pensé à conserver et à transformer en musées quelques grands navires au long cours, spécimens de l'art des constructeurs de jadis et témoins de la vie des vaillants équipages de jadis. A défaut d'un bateau-musée, et mieux peut-être, le gros beau livre de M. Louis Lacroix, capitaine au long cours, conservera le souvenir des beaux navires à voile du pays nantais. Dans la première partie de cet ouvrage, l'auteur décrit les divers types de long-courriers construits au XIXe et au XXe siècles ; il expose les conditions de la navigation en décrivant les itinéraires, les ports de relâche et de destination ; des pages intéressantes sont consacrées au monde si particulier et si curieux des officiers et des marins du long cours. Dans la seconde partie, comprenant 228 pages, M. Lacroix a écrit avec beaucoup de précision les notices, en quelque sorte nécrologiques, de 150 grands voiliers nantais. Ce livre empreint d'une légitime mélancolie, oeuvre de l'un des derniers grands capitaines de Nantes, est parfois aussi émouvant qu'il est intéressant." (H. B. R., Annales de Bretagne) — "Les ouvrages de Louis Lacroix, ancien capitaine au long cours cap-hornier, constituent le travail documentaire le plus minutieusement détaillé, consacré aux voiliers du commerce." (A. Rault)

19.              LACROIX (Louis). Les Derniers Voyages de Forçats et de Voiliers en Guyane et les Derniers Voiliers Antillais. Luçon, Imprimerie S. Pacteau, 1945, gr. in-8°, vii-378 pp, préface de F. de Lavergne, un portrait de l'auteur en frontispice et 76 pl. de gravures hors texte, 4 grandes cartes dépliantes, une page de musique notée, broché, une vignette en couleurs au 1er plat, dos lég. abîmé, bon état, envoi a.s.

            80

20.              LACROIX (Louis). Les Écraseurs de Crabes sur les derniers voiliers caboteurs. Nantes, Aux Portes du Large, 1947, gr. in-8°, 348-xxviii pp, préface du capitaine A. Marchandeau, 166 gravures et photos hors texte sur 80 pl. hors texte, un plan replié et 2 cartes dépliantes hors texte, broché, couv. illustrée avec pt mque angulaire, bon état. Edition originale, envoi a.s.

            80

21.              LEVAINVILLE (J.). L'Industrie du fer en France. Armand Colin, 1932, in-12, 217 pp, 2e édition refondue et mise à jour, 4 cartes, abondante bibliographie, broché, bon état (Coll. Armand Colin)

            15

Le minerai de fer ; La fonte au bois ; La fonte au coke ; L'industrie du fer après la guerre. — "On peut se rendre compte de la compétence que Jacques Levainville avait acquise sur les mines de fer dans son petit livre sur “l'Industrie du fer en France”, publié en 1922, dans la collection Armand Colin, qui est en réalité, une étude sur l'industrie moderne du fer. Il venait d'en préparer une seconde édition, qu'il a revue quelques jours avant sa mort. On y trouve, sur l'état actuel de toute cette industrie, de précieux renseignements." (M. Gallois, Bulletin de l'Association de géographes français, 1932) — "Laissant de côté toute la partie technique de la sidérurgie, M. Levainville suit l'évolution trantôt progressive, tantôt régressive de cette industrie en France, en recherchant les raisons économiques des fluctuations observées. Les pages 117 à 128 exposent l'important problème du recrutement et de l'importation de la main-d'oeuvre." (Revue internationale du travail, 1922)

22.              LEVRAULT (Léon). Le Journalisme. P., Mellottée, s.d. (1930), in-12, 204 pp, biblio, broché, couv. lég. saie, bon état (Coll. Les Genres littéraires)

            20

Une histoire de la Presse, de 1631 à 1881 : I. Les débuts du genre ; II. De la « Gazette » au « Journal » de Paris ; III. La Presse de combat au XVIIIe siècle ; IV. Sous la hache et sous le sabre ; V. Vers la liberté et le pouvoir.

23.              MANDEL (Arnold). La Voie du hassidisme. Calmann-Lévy, 1963, in-8°, 276 pp, broché, couv. très lég. salie, bon état (Coll. Liberté de l'Esprit)

            25

"Le hassidisme fut un puissant courant de spiritualité qui se développa au sein des communautés juives de Est européen au début du 18e siècle. On considère comme son fondateur Israël de Medzyboz surnommé Baal Chem Tov par abréviation Becht : le Maître du Bon Nom. Une extraordinaire légende se forma autour de lui, dont il est bien difficile d'apprécier le caractère historique. Du moins le mouvement auquel il donna naissance prit une ampleur considérable, au point de s'identifier avec le judaïsme populaire de l'Europe Orientale jusqu'à sa disparition dans les massacres nazis. A. Mandel n'a pas la prétention de retracer une fois encore l'histoire de ce mouvement. Son but est de le replacer dans le cadre général de ce qu'on pourrait appeler « la mystique juive ». Pour lui, le hassidisme, c'est « la vie juive vécue par-delà les concepts ». Il est donc l'aboutissement du judaïsme de toujours..." (Jean Hadot, Archives de sociologie des religions, 1963) — Table : D'un Judaïsme existentiel ; Profils et chroniques du mysticisme juif ; Le soleil noir de Smyrne ; Israel Baal-Chem-Tov, saga et histoire ; Quatre récits légendaires sur le Baal-Chem-Tov ; La modification ; Points et contrepoints ; Du Baal-Chem-Tov à Lévi Isaac de Berditchev ; Nahman de Braslav ; La Voie du hassidisme.

24.              MITTON (Fernand). La Presse française. I. Des origines à la Révolution. – II. Sous la Révolution, le Consulat, l'Empire. P., Guy Le Prat, 1943-1945, 2 vol. in-12, 227 et 251 pp, 16 gravures hors texte, index bibliographique, brochés, bon état (Coll. Jadis et naguère)

            35

Tome I : Les précurseurs ; Premières voix du journalisme ; Les nouvellistes ; L'aurore de la Presse ; Les petites-affiches et la presse commerciale ; Journaux français publiés sous rubrique étrangère ; Libellistes et pamphlétaires ; Aspect des premiers journaux ; La censure et la liberté de la presse. – Tome II : A la veille de la Révolution ; L'émancipation de la presse ; La presse déchainée ; Les journeaux de la Révolution et leur rédacteurs ; La presse pendant la Terreur ; Les périodiques sous le Directoire et le Consulat ; Napoléon s'empare de la presse.

25.              MONTPEYROUX-BROUSSE (A. de)(El Ghoul). Pirates d'hier et soldats de France. De la Croix au Croissant en passant par les Conciles... Madrid, La Tour St-Jean, 1967, in-8°, 606-(6) pp, qqs gravures, photos et fac-similés dans le texte et à pleine page, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

            40

Les relations entre la France et le Maghreb ; par André de Brousse de Montpeyroux, né en 1910, résistant grièvement blessé lors de la campagne d'Allemagne, avant d'être le fondateur de l'organisation France-Résurrection composée de civils nationalistes et de militaires. Au coté du groupe Jeune Nation, il participe à la préparation et au déclenchement du putsch des généraux en avril 1961 à Alger. Le Mouvement France-Résurrection à la tête de l'organisation du putsch d'Alger, et en contact avec les officiers des Commandos de l'Air, assure les lieux tactiques algérois pour asseoir la prise de pouvoir en Algérie. Après l'échec du coup d'état militaire, France-Résurrection entre dans la clandestinité. André de Brousse de Montpeyroux en exil, recherché par la police, fuit entre l'Europe et l'Afrique noire. Entre 1963 et 1965, il sera à la tête de troupes berbères dans les montagnes de Kabylie. Pourchassé, il se réfugie dans un monastère de la Valle de los Caídos en Espagne. Après l'amnistie, il se retire dans son village en 1968, et sera conseiller général de Saint-Benoît-du-Sault, où il décèdera en 1986.

26.              MORIN (Edgar). L'Esprit du temps. Essai sur la culture de masse. Grasset, 1962, in-12, 277 pp, copieuse biblio (pp. 257-277), broché, bon état. Première édition

            25

Si l'on veut comprendre pourquoi Edgar Morin fait figure de franc-tireur, pourquoi il fut pionnier, pourquoi l'on revient désormais autant vers lui pour penser notre présent et nous offrir un avenir – alors il faut lire, ou relire “L'Esprit du temps”. Paru pour la première fois en 1962, ce livre a été immédiatement mis à l'index. Sa faute ? S'être interrogé sur l'« universalité potentielle » des œuvres issues de la culture de masse. Une « vulgate pathétique » selon les tenants de la sociologie dominante de l'époque qui considéraient que les goûts et les dégoûts esthétiques dépendent de la classe ou de la catégorie sociales. Depuis, le mépris global de la culture « cultivée » pour les œuvres médiatiques s'est quelque peu atténué. Il est donc grand temps de relire cet ouvrage pionnier pour décrypter l'esprit de notre temps où les frontières culturelles ont volé en éclats. (Eric Macé) — "Ce livre qu’on lit d’une traite, tant les préoccupations, les thèmes, les symboles, les métamorphoses évoquées sont nôtres (...), il semble qu’il nous dévisage..." (Michel Matarasso, Revue française de Sociologie, 1963)

27.              NOËL (Jean-François) et Pierre JAHAN. Les Gisants. Vingt-cinq rois et reines de France. Paul Morihien Editeur, 1949, pt in-4°, (84) pp, 63 planches de superbes photos en héliogravure, préface de Roger Lannes, notices historiques de Philippe Erlanger et notices archéologiques de Claude Ducourtial, un tableau généalogique des rois de France de Louis VIII à Henri II, cart. toilé bleu de l'éditeur, titre en bleu foncé au 1er plat, sans la fragile jaquette, bon état

            25

Tome premier, seul paru : 25 gisants photographiés par Pierre Jahan, reproduits à pleine ou double page, de Blanche de Castille à Catherine de Médicis (du XIIIe au XVIe siècle).

28.              OUTIN (Edmond). Dictionnaire des Saints qui ont fait notre Histoire... et ce que nous sommes. P., Dervy, 2000, gr. in-8°, 558 pp, 5 pl. d'enluminures et un tableau en couleurs hors texte, qqs figures dans le texte, notes, index, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

29.              PASTEUR (Claude). Les Cocus magnifiques. France-Empire, 2001, gr. in-8°, 196 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Molière, Voltaire, Napoléon, Talleyrand, Messieurs de Staël, de Montespan, Récamier, Tallien, Pouchkine, Victor Hugo... tous furent des maris trompés. Si quelques-uns se résignèrent plus ou moins à être "cornards", le plus grand nombre, à une époque où l'adultère au féminin n'était pas bien accepté, vécut très mal, son infortune. Monsieur de Montespan s'étrangla de rage quand il apprit que sa femme couchait avec le roi, Voltaire faillit tomber malade en découvrant qu'Emilie le trompait, Bonaparte rugit de colère en apprenant les escapades de Joséphine, Victor Hugo ne pardonna à Adèle qu'à la mort de celle-ci. Ne jetons pas la pierre à ces dames. Bravant les lois de la bienséance, elles recherchaient généralement davantage le véritable amour que l'aventure sans lendemain, d'autant que les "rivaux" de ces messieurs étaient souvent hommes de qualité : Louis XIV, Wagner, Chateaubriand, Lamartine, Sainte-Beuve... Et puis n'oublions pas que, comme le dit un proverbe chinois, "la femme infidèle a des remords, la femme fidèle a des regrets".

30.              RANGABÉ (A.-R.). Histoire littéraire de la Grèce moderne. P., Calmann-Lévy, éditeur, ancienne maison Michel Lévy Frères, 1877, 2 vol. in-8°, (10)-266 et (4)-289-(3) pp, index, les 2 tomes reliés ensemble en un volume pleine toile écrue, dos lisse, pièce de titre maroquin havane, couv. conservées, bon état. Exemplaire bien relié et sans rousseurs. Rare

            120

31.              RÉAU (Louis). Iconographie de l'art chrétien. I : Introduction générale. PUF, 1955, pt in-4°, vii-480 pp, 32 planches d'illustrations hors texte reproduites en héliogravure, biblio, reliure pleine toile jaune de l'éditeur, jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état. Edition originale. Rare

            100

"L'ouvrage de Louis Réau forme l'introduction générale à un répertoire systématique de l'iconographie chrétienne – thèmes de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament, imagerie de saints. Le programme de l'enquête embrasse aussi bien les manifestations de l'art oriental que de l'art latin, et s'étend des origines jusqu'à l'époque moderne, le Moyen Age retenant toutefois l'attention – par la force des choses – d'une façon plus particulière. L'ensemble sera composé de trois tomes. Le tome I, actuellement paru, est destiné à préciser les données essentielles sur lesquelles repose l'iconographie chrétienne, et à déterminer, en même temps, les éléments de doctrine qui se dégagent de l'examen de celle-ci. Point de thèse préconçue : l'auteur passe en différents aspects les plus marquants du sujet, expose un certain nombre de points acquis, en discute d'autres. Chaque division et chaque chapitre sont accompagnés d'une bibliographie. L'avant-propos offre une vue d'ensemble de l'objet de l'iconographie et de son emploi dans l'histoire de l'art. Un aperçu des progrès de la discipline ainsi définie – depuis le XVIIe siècle à nos jours – fait suite à ces remarques préliminaires. Viennent ensuite les deux divisions principales de l'ouvrage intitulées , respectivement « L'iconographie de la Bible » et « L'iconographie des saints ». (...) Louis Réau écrit une langue très simple et claire. Souvent la pensée est exprimée avec une pointe d'humour réconfortante pour le lecteur. Les illustrations hors-texte sont excellentes." (A. Frolow, Revue de l'histoire des religions, 1956)

32.              REDIG de CAMPOS (D.). Architecture, peinture, sculpture du Vatican. Amsterdam, VNU Books International, 1974, in-4°, 400 pp, 410 illustrations en couleurs, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

Au Vatican, lieu d'exception, il fallait un livre exceptionnel auquel s'employa l'équipe de spécialistes réunie sous la direction de Deoclecio Redig de Campos, conservateur en chef des musées du Vatican. La clarté des textes et la précision des notices permettent d'aller à la rencontre des chefs-d'oeuvre du Vatican dont 410 illustrations en couleurs dressent le plus exhaustif inventaire jamais réalisé. — Table : La Basilique Saint-Pierre ; Les Palais du Vatican ; Les Appartements Borgia ; Les Chambres et les Loges de Raphael ; La Logetta et la stufetta du cardinal Bibbiena ; La Bibliothèque vaticane ; Les Archives vaticanes ; La Chapelle Sixtine ; Grandes salles et chapelles des palais ; Les Collections de Sculpture antique ; Le Musée étrusque ; La Pinacothèque ; Le Musée égyptien ; Le Musée chrétien ; Commentaires des planches.

33.              RÉGENT (Frédéric). La France et ses esclaves. De la colonisation aux abolitions (1620-1848). Grasset, 2007, in-8°, 358 pp, chronologie, 6 cartes, 35 tableaux, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Pendant plus de deux siècles, des terres françaises ont porté quatre millions d'esclaves. Deux millions d'entre eux sont nés en Afrique et ont été transportés par des navires négriers dans les colonies, les deux autres millions y sont nés. Il existe des histoires de la colonisation française, des histoires de chaque colonie, des histoires générales de la traite, mais il n'existait aucune histoire de l'esclavage français, dans l'ensemble des colonies, sur toute la période coloniale. Le livre de Frédéric Régent grâce au renouvellement de l'historiographie sur le fonctionnement des sociétés esclavagistes françaises comble un vide et permet de répondre à de nombreuses questions : Pourquoi des Français ont-ils été amenés à devenir des esclavagistes ? Pourquoi ont-ils choisi de recourir à la traite négrière ? Comment les notions de Blancs et de Noirs ont-elles été inventées ? Quel bénéfice la France tire-t-elle de l'économie esclavagiste ? Quelles sont les limites à l'exploitation des esclaves ? Pourquoi la France rétablit-elle l'esclavage après l'avoir aboli ? Quel rôle jouent respectivement les esclaves et les abolitionnistes dans le processus d'émancipation ? Un ouvrage essentiel, au cœur d'une nouvelle approche de l'histoire de France.

34.              RIBBE (Claude). Une autre histoire. Le Cherche Midi, 2016, in-8°, 235 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            12

Depuis le XVe siècle, la France, à l'instar d'autres pays d'Europe, s'est aventurée sur les mers. A mesure que les navigateurs, nourris d'angoisses et de fantasmes, descendaient vers ce qu'ils avaient cru être les limites du monde – et qu'ils y découvraient des peuples différents –, apparaissait le préjugé de couleur qui servirait de justification facile à l'esclavage et à la colonisation. Par la force des choses, de la rencontre avec les côtes d'Afrique et les îles d'Amérique, sont nées bien des figures remarquables. Plusieurs d'entre elles ont joué un rôle éminent. Pourtant, l'histoire officielle les a longtemps négligées ou écartées. A travers ces portraits de personnalités oubliées ou occultées de l'histoire de France – souvent inédits, toujours romanesques –, Claude Ribbe lève un coin du voile sur une autre histoire, bien étonnante, qui donne à réfléchir et permet de mieux comprendre la France d'hier et d'aujourd'hui.

35.              ROOB (Alexander). Le Musée Hermétique. Alchimie et Mystique. Taschen, 1997, fort in-8°, 711 pp, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            40

Avec Le Musée hermétique, l'auteur nous entraîne en un fascinant voyage dans un monde haut en couleurs : celui de l'alchimie et de la mystique, de la cabale et de la magie, de la Rose-Croix et de la franc-maçonnerie. Ce compendium illustré, avec ses notes explicatives, ses gloses et ses très nombreuses citations des textes hermétiques, nous transporte de façon tout à fait inédite dans l'univers des sciences occultes qu'il nous présente comme les tableaux d'une exposition. Un vaste parcours d’images qui s’ouvre sur des cosmogrammes médiévaux et des représentations de la mystique chrétienne et se termine avec le romantisme, en passant par le monde de l’alchimie. Une iconographie abondante et remarquable.

36.              [Science-fiction] – EISLER (Steven). Images de la science-fiction. Gründ, 1980, gr. in-4°, 96 pp, traduit de l'anglais (“Space Wars: Worlds and Weapons”), préface de Chris Foss, 90 illustrations en couleurs, glossaire, index, cart. illustré de l'éditeur, jaquette illustrée (pt déchirure réparée à la jaquette), bon état

            25

Engins spatiaux ; Guerres de l'espace ; Extra-terrestres et créatures fantastiques ; Visions d'ailleurs ; Autres univers. — “Steven Eisler” est le pseudonyme du célèbre écrivain de fantastique Robert Holdstock (1948-2009), l'auteur de “La Forêt des Mythagos”. Une des curiosités du livre est que le texte principal est un commentaire général sur les thèmes de la science-fiction et du fantastique mais que les légendes des illustrations font en revanche semblant d'être une encyclopédie fictive sur un univers futur, avec même un Glossaire donnant un début de descriptif de cet univers.

37.              SOMMER (E.). Petit dictionnaire des rimes françaises, précédé d'un Précis des règles de la versification. P., Librairie Hachette et Cie, 1914, in-16, viii-339 pp, 18e tirage, cart. éditeur, dos toilé avec titres dorés et décor à froid, bon état

            25

38.              TARR (László). Chars, charrettes et charrois. La voiture à travers les âges. P., Aux Quais de Paris, G. Kogan, 1979, pt in-4°, 325 pp, traduit du hongrois, 66 gravures et photos sur 32 pl. hors texte, 314 gravures et illustrations dans le texte, biblio, reliure pleine toile brique de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

L'Antiquité, le Moyen Age, l'âge moderne. L'histoire de la voiture des Romains à nos jours, avec de très nombreuses reproductions de gravures. L'ouvrage s'arrête juste avant l'invention du moteur à explosion et ne concerne que des voitures à traction hippomobile. Illustrations dans le texte par Laszlo Lakner et ses collaborateurs.

39.              [Théâtre] – FÉRAL (Josette). Trajectoires du Soleil. Autour d'Ariane Mnouchkine. P., Editions Théâtrales, 1998, in-8°, 279 pp, 16 pl. de photos hors texte, historique de la Cartoucherie, chronologie du Théâtre du Soleil, bibliographie et filmographie, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Sur le théâtre). On joint une photo originale en couleurs de Ariane Mnouchkine à la Cartoucherie (10 x 15 cm)

            40

"Moi je crois à la lumière, je crois à l'éblouissement. Je crois à la stimulation par la beauté, par l'espoir, par la joie, par le rire, par les larmes ; je crois à l'émotion. Je pense que ce sont des vecteurs de la pensée et que tout cela sont des vecteurs de vie ; ce sont des véhicules de l'intelligence", affirme avec force Ariane Mnouchkine dans ces “Trajectoires du Soleil”. Après “Dresser un monument à l'éphémère”, consacré principalement à la formation de l'acteur et au rôle de la mise en scène, Josette Féral poursuit son investigation sur les méthodes du travail artistique au Théâtre du Soleil. Ce second volume s'attache à suivre la trajectoire de ceux qui y travaillent depuis de nombreuses années, de ceux qui participent – ou ont participé – à son édification et dont la présence et la collaboration alimentent toutes les créations de la compagnie.

40.              VÉRAN (Jules). Et il ne devait plus y avoir de guerre... Fayard, s.d. (1919), in-12, 254 pp, documents contenus dans le livre : Le Grand Dessein dit d'Henri IV ; Projet de l'abbé de Saint-Pierre ; Essai sur la Paix perpétuelle, de Kant ; Traité de la Sainte-Alliance, reliure demi-maroquin bordeaux, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Peu courant

            30

"La question de la Société des Nations, la question du Rhin, la question d'Alsace-Lorraine, paraissaient épuisées. M. Jules Véran les traite cependant d'une façon si originale, avec des documents si peu connus ou tellement inattendus, que tous ceux, Français ou étrangers, que préoccupent depuis longtemps ces grands problèmes politiques ne peuvent se dispenser de lire ce livre. Cette œuvre d'un esprit curieux, partisan des solutions de la politique réaliste, sera goûtée pour sa haute tenue litteraire, même de ceux dont elle ne flattera pas les idées." (Journal des débats politiques et littéraires, 3 avril 1919)

41.              VILLIN (Marc) et Pierre LESAGE. La Galerie des maîtres d'école et des instituteurs, 1820-1945. Plon, 1987, in-8°, 385 pp, 38 illustrations dans le texte et à pleine page, sources et biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Cet ouvrage évoque la carrière et la vie quotidienne des maîtres d'école "peints par eux-mêmes" depuis la Restauration jusqu'à la dernière guerre. — "L'ouvrage nous semble avoir plusieurs qualités. La première est que tous les portraits sont dessinés avec beaucoup de sobriété, de justesse, voire d'exactitude : ceci vaut pour les deux premiers chapitres, dus à P. Lesage, comme pour les derniers, qui bénéficient à la fois de la documentation réunie par M. Villin et de sa longue expérience d'enseignant et d'inspecteur. L'autre grande qualité du livre est qu'il met très justement l'accent sur un aspect de l'histoire des instituteurs que l'historiographie récente à dominante socio-politique ou socio-culturelle avait conduit à fortement négliger : l'exercice quotidien du métier, les difficultés à préparer et à organiser la classe, les relations avec les collègues, les directeurs d'école (dont les seuls textes réglementaires ne permettraient guère de comprendre le rôle) et les inspecteurs. Cet ouvrage constitue donc une très utile contribution à une histoire des pratiques pédagogiques et du métier d'enseignant." (Pierre Caspard, Histoire de l'éducation, 1989)

42.              VOHL (Lt.-Col.). La Police française. Organisation, attributions, technique, recrutement. Charles-Lavauzelle, 1931, in-8°, 256 pp, 4e édition, préface du général Paul, index, broché, qqs marques au crayon, dos lég. sali, état correct

            30

Le but de l'auteur est d'exposer, sous la forme la plus concise possible, l'historique et surtout la constitution des divers organes de sécurité publique en France ; de montrer ce qu'ils doivent avoir de commun en leurs procédés de recherche des malfaiteurs ; et d'étudier, tout particulièrement, les avantages que pouvaient retirer les agents de la force publique, avec les moyens dont ils disposent, de l'emploi des méthodes pratiquées par le service de l'identité judiciaire... (Préface).

43.              WEITZMANN (Kurt), M. CHATZIDAKIS, S. RADOJCIC. Le Grand livre des icônes. P., Aux Quais de Paris, G. Kogan, éditeur, 1979, gr. in-4°, 238 pp, avant-propos de Manolis Chatzidakis, 215 illustrations contrecollées en couleurs ou en héliogravure, la plupart à pleine page, notices sur les illustrations, glossaire, notes hagiographiques, biographies des auteurs, reliure toile éditeur, dos lisse avec titres dorés, jaquette illustrée (très lég. abîmée), bon état

            40

Bel ouvrage. – Les icônes du Sinaï. La peinture d'icônes du VIe au XIIe siècle (Kurt Weitzmann) ; Les icônes de Grèce (Manolis Chatzidakis) ; Les icônes de Yougoslavie du XIIe à la fin du XVIIe siècle (Svetozar Radojcic).

ANTIQUITÉ

 

44.              [Alexandre le Grand]. Engravings [of] Alexander the Great from Pella to Asia. Athènes, Eurodimension, 1998, gr. in-4°, 45 planches imprimées sur vélin crème sous chemise papier bordeaux imprimée or au 1er plat, l'ensemble sous étui carton, bon état

            60

Superbe ouvrage. Les gravures des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles sont particulièrement bien reproduites. – Détail : Une planche de titre, 2 planches de présentation (en grec) et 4 planches avec les légendes des gravures (titres des gravures en anglais et légendes en grec), suivi de 46 gravures reproduites sur 37 planches (dont 3 cartes de 1595, 1811 et 1680-1700 reproduites en couleurs sur doubles planches).

45.              BONNARD (Louis), avec la collaboration médicale du Dr Percepied. La Gaule thermale. Sources et stations thermales et minérales de la Gaule à l'époque gallo-romaine. Plon, 1908, in-8°, xi-521 pp, 74 plans et gravures dans le texte et à pleine page, broché, pt trace de mouillure ancienne au dos, bon état. Peu courant

            100

"Depuis l'ouvrage déjà ancien de l'abbé Greppo, les sources thermales de la Gaule n'avaient été l'objet d'aucun travail d'ensemble, alors que d'incessantes découvertes épigraphiques et archéologiques ont beaucoup augmenté nos connaissances à ce sujet. Le livre de M. Bonnard est au courant de ces découvertes et il est disposé avec une excellente méthode. L'auteur a commencé par résumer ce que l'on sait de la médecine thermale chez les Romains, des différents usages des eaux minérales et des cures qui se fondaient sur leur emploi. Puis il a étudié la géographie des stations thermales, d'abord les sources littéraires et épigraphiques qui les font connaître, ensuite les voies qui y conduisaient, leur clientèle, les industries dont elles étaient le centre, enfin la destruction des stations par les envahisseurs barbares et les survivances de leur réputation au moyen âge. La troisième partie concerne le culte des sources thermales et médicinales, les divinités des eaux, latines ou étrangères, que l'on adorait dans les stations, les représentations figurées des divinités, les temples et lieux du culte, les ex-voto et offrandes des malades. Dans la quatrième et dernière partie, M. Bonnard a passé en revue, par régions, les sources et stations gallo-romaines, décrivant et figurant les vestiges qu'elles conservent de leur prospérité d'autrefois ; il a terminé son étude par un chapitre technique sur les procédés de captage des eaux, leur distribution, la canalisation, la robinetterie, l'architecture des établissements balnéaires. Un index des sources et stations (y compris celles de l'Allemagne occidentale et de la Suisse) ajoute à l'utilité de l'ouvrage. M. Bonnard a beaucoup lu ; il a aussi beaucoup vu. Ses descriptions témoignent souvent d'impressions personnelles et l'illustration a été exécutée en partie d'après des documents originaux." (Salomon Reinach, Revue Archéologique, 1908)

46.              FRANCOTTE (Henri). L'industrie dans la Grèce ancienne. Bruxelles, Société belge de librairie, 1901, in-8°, vi-376 pp, index, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaison dorés (rel. de l'époque), bon état

            40

Tome II seul (sur 2) contenant : L'Industrie considérée au point de vue économique (suite) ; La législation du travail industriel ; Le travail et la question sociale : les théories - les faits. — "Bon livre et qui sera très utile à toute personne qui étudie l'histoire économique. L'auteur tire parti avec sagacité de tous les documents connus. Il étudie ensuite l'industrie au point de vue économique ; la concurrence servile, les travaux publics, la législation du travail industriel sont traités avec soin." (Vilfredo Pareto, Ecrits épars) — Max Weber quand à lui "renvoie au passage au livre « très précieux » de Henri Francotte, « qui cependant ne présente réellement des structures économiques de l'Antiquité que ce que Bücher, entre autres, avait déjà exprimé ». Henri Francotte avait surtout repris de Bücher sa théorie des stades de développement économiques, tandis que la typologie bücherienne des modes d'exploitation industrielle ne joue dans son livre pratiquement aucun rôle." (Peter Spahn, Weber et la typologie des modes d’activité industrielle de Karl Bücher, 2004)

47.              HABICHT (Christian). Athènes hellénistique. Histoire de la cité d'Alexandre le Grand à Marc Antoine. Les Belles Lettres, 2000, in-8°, 570 pp, traduit de l'allemand, tableaux généalogiques, 3 cartes, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état

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Jusqu'en 1995, date de parution de l'édition allemande du présent livre, la seule synthèse consacrée à l'histoire d'Athènes entre la bataille de Chéronée et celle d'Actium (338 et 31 avant J.-C.) demeurait l'ouvrage presque centenaire de W. S. Ferguson, “Hellenistic Athens” (1911). Or, dans l'intervalle, de très nombreuses inscriptions, provenant notamment des fouilles américaines de l'Agora, avaient considérablement enrichi notre documentation, sans parler de maintes études novatrices sur des sujets aussi importants que la libération d'Athènes en 287, la guerre de Chrémonidès, le monnayage dit du Nouveau Style, ou encore la Délos athénienne, avec son épigraphie foisonnante. A cette intense recherche Christian Habicht a pris, depuis un quart de siècle, une part essentielle, préparant ainsi la voie à l'actuelle synthèse. De celle-ci se dégage l'image inattendue d'une Athènes vivante et active, qui, en dépit des changements survenus dans le monde grec depuis la conquête d'Alexandre, conserve un rôle majeur sur le plan politique vis-à-vis des rois comme aussi, plus tard, des Romains. Athènes reste par ailleurs, comme le montre l'auteur, un centre de la vie culturelle, notamment dans le domaine du théâtre et de la philosophie, tout en conservant une place enviable, jusqu'à la prise de la ville par Sylla en 86, dans la production des arts plastiques.

48.              HUBERT (Henri). Les Celtes et l'expansion celtique jusqu'à l'époque de la Tène. Albin Michel, 1950, in-8°, xxvi-405 pp, édition revue et corrigée, avertissement de Marcel Mauss, 12 cartes, 43 figures dans le texte et 4 pl. hors texte, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)

            25

Tous les Celtes n'étaient pas Gaulois, mais tous les Gaulois étaient des Celtes. Ils formèrent un peuple singulier, une civilisation brillante, mais sans pouvoir central, ni unité politique. C’est pourquoi il n’y eut jamais d’empire celtique. Les découvertes archéologiques et l’étude des mythes et des religions dévoilent nos origines, à nous Français souvent râleurs, individualistes et prompts à la dispute : pas de doute, nous sommes bien des Celtes. L’ère celtique s’étend de l’Age du Bronze au VIIIe siècle. Les travaux d’Henri Hubert font appel à l’archéologie, à l’histoire, à l’ethnologie et à la linguistique pour comprendre cette civilisation mythique. Elle connut son apogée à l’époque de la Tène (-400 à -52 avant J.-C.), qui correspond pleinement à l’ère gauloise. Mais son hégémonie disparut progressivement. Ce vaste panorama est l’occasion de découvrir l’ampleur de l’héritage celtique dans notre monde occidental contemporain.

 

49.              HUBERT (Henri). Les Celtes depuis l'époque de la Tène et la civilisation celtique. Albin Michel, 1950, in-8°, xvii-368 pp, édition revue et corrigée, 3 cartes hors texte, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)

            25

Initialement paru en 1932, cet ouvrage regroupe l'ensemble des travaux de Henri Hubert, véritable précurseur des études celtiques. Aujourd'hui encore, "Les Celtes" restent une référence : par l'ampleur de la période considérée (de l'Âge du Bronze au VIIe siècle ap. J.-C.) et par la diversité des disciplines mobilisées (archéologie, histoire, linguistique). Henri Hubert s'attache à décrire l'organisation sociale et religieuse de cette civilisation à la fois mythique et méconnue - elle n'a laissé aucun écrit-, qui a essaimé dans toute l'Europe. Son hégémonie fut progressivement réduite à néant par les assauts successifs des conquêtes romaine, saxonne puis scandinave. Ce vaste panorama est l'occasion de mieux cerner la part de l'héritage celtique dans le monde occidental contemporain.

50.              MANSUELLI (Guido A.). Les Civilisations de l'Europe ancienne. Arthaud, 1967, fort in-8° carré, 562 pp, traduit de l'italien, 229 héliogravures en noir et 8 pl. en couleurs hors texte, 76 cartes et plans, tableaux chronologiques, biblio, index documentaire, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations). Edition originale

            35

"Spécialiste d'archéologie et d'histoire italiques, G. A. Mansuelli a réussi une synthèse originale puisqu'elle réunit les résultats des recherches préhistoriques récentes, le témoignage de l'archéologie, principale source d'information pour les civilisations protohistoriques et les travaux historiques des philologues classiques et des médiévistes. Cet ouvrage éveillera sans nul doute à des aspects généralement moins connus du passé européen : on notera en particulier un excellent chapitre sur les Celtes ; avec d'heureuses formules est mise en relief l'opposition entre le régime méditerranéen de la « polis » et les structures tribales persistantes qui font prévaloir dans le monde celtique la « civitas », le territoire, sur le chef-lieu..." (Luce Piétri, Revue du Nord, 1969)

51.              MARROU (Henri-Irénée). Histoire de l'éducation dans l'Antiquité. (Thèse). Seuil, 1955, fort in-8°, 595 pp, troisième édition revue et augmentée, une planche en frontispice, un plan, références, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Par Henri-Irénée Marrou (1904-1977), un des grands historiens de l'Antiquité tardive, spécialiste d'Augustin et de l'augustinisme, qui fut aussi critique musical sous le nom d'Henri Davenson. Il a notamment publié “L'Eglise de l'Antiquité tardive” et “Saint Augustin et l'augustinisme”. — "L'éducation homérique, l'éducation spartiate, la pédérastie en tant qu'éducation, l'ancienne éducation athénienne, etc. Autant d'ensembles bien centrés sur un problème vivant. Rien de stéréotypé. Beaucoup de grosses questions abordées et, sinon résolues, du moins discutées avec pénétration. Pas de pédantisme. Un réel et solide savoir. Le constant souci de fournir au lecteur le moyen d'en vérifier les sources. D'un mot, un livre éclairant. Capital pour qui veut comprendre, en profondeur, les sociétés de l'Antiquité classique." C'est en ces termes que Lucien Febvre saluait, dans les Annales, la publication, en 1948, de “l'Histoire de l'éducation dans l'Antiquité”, "oeuvre monumentale, magistrale dans tous les sens du terme." (Jean Rémy Palanque).

52.              MOURRE (Michel). Le Monde à la mort de Socrate. Texte de présentation de Robert Flacelière. Hachette, 1961, pt in-8°, 286 pp, nombreuses illustrations, reliure cartonnée toilée jaune de l'éditeur, gardes illustrées, signet, rhodoïd, bon état

            20

"On sait combien sont à la mode aujourd'hui les histoires de la civilisation ou des civilisations, les ouvrages de synthèse consacrés à des périodes entières du passé, puisées dans le temps et dans l'espace. (...) On ne saurait donc trop inciter à la lecture du “Monde à la mort de Socrate” où l'auteur, non sans raisons, présente et résume toute l'histoire de notre globe depuis les origines jusqu'à la mort de Socrate. M. Flacelière a écrit dans l'introduction de fort bonnes choses sur ce découpage. L'ouvrage de M. Mourre écrit avec vivacité et agrément, est infiniment agréable à lire et invite aux réflexions personnelles..." (Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1962)

53.              RENAN (Ernest). L'Ecclésiaste. Traduit de l'hébreu avec une étude sur l'âge et le caractère du livre. Calmann-Lévy, 1882, gr. in-8°, (4)-153 pp, broché, dos très lég. abîmé, bon état. Edition originale. Rare

            50

Rédigé en hébreu quelque deux siècles avant Jésus-Christ, le Cohélet – ou l’Ecclésiaste – a toujours fasciné philosophes, théologiens et poètes. Nombre de ses aphorismes sont passés dans le langage commun : « Un temps pour tout », « Rien de nouveau sous le soleil », « Vanité des vanités »... Inscrit dans l’Ancien Testament, l’Ecclésiaste demeure un texte énigmatique dont le caractère religieux n’est pas évident. Ernest Renan en propose une des plus belles traductions qu’il fait suivre d’une étude sur l’âge et le caractère du livre.

54.              RICCIOTTI (G.). Histoire d'Israël. I. Des origines à l'Exil. P., Auguste Picard, 1939, in-8°, 562 pp, 128 figures, 8 cartes (4 hors texte) et 8 tableaux (2 hors texte), index, broché, bon état

            40

Tome I seul (sur 2) — Traduction d'un ouvrage italien estimé, établie sur la 2e édition italienne. Cette première édition française de l'ouvrage était presque épuisée lorsqu'en 1942 les exemplaires restés en magasin furent brûlés par les Allemands... — "Le premier volume de l'Histoire d'Israël du chanoine Ricciotti avait paru en Italie en 1932. Le monde savant lui avait fait un accueil favorable et depuis lors trois éditions se sont succédées sans épuiser le succès de l'ouvrage. En France, aucun auteur catholique n'a osé s'attaquer à l'ensemble de l'histoire du peuple hébreu. Le livre magnifique et de toute première valeur de M. Desnoyer ne commence qu'à la période des Juges pour se terminer à la mort de Salomon et d'autres publications ne sont que des histoires saintes au sens péjoratif du mot. Ce n'est donc pas une vaine formule de dire du travail de M. Ricciotti qu'il comble une lacune. Dans ce premier volume, après une introduction d'une centaine de pages qui nous présente le « complexe historique » où a vécu le peuple hébreu, ses voisins, la Babylonie, l'Assyrie et l'Egypte, Canaan qui a si fortement influé sur lui, l'exploration archéologique et les sources historiques, l'auteur commence avec la vocation d'Abraham l'histoire du peuple choisi. Il nous décrit successivement les migrations des patriarches, le séjour en Egypte, l'établissement en Palestine, l'institution de la royauté, les royaumes d'Israël et de Juda jusqu'à la captivité... Des illustrations bien choisies, des tableaux et des cartes, un index parfaitement dressé, font de cet ouvrage, un commode instrument de travail." (Albert Vincent, Journal des savants, 1939)

55.              ROUILLON (A.-M.) – Georges GOYAU. Sainte Hélène, par le P. A.-M. Rouillon. – Sainte Mélanie (383-439), par Georges Goyau. P., Librairie Victor Lecoffre, J. Gabalda éditeur, 1927 et 1925, 2 vol. in-12, xii-172 et x-211 pp, les 2 ouvrages reliés ensemble en un volume demi-toile verte, pièce de titre basane noire, dos lisse orné d'un fleuron et d'un double filet doré en queue, couv. conservées, bon état (Coll. Les Saints)

            30

"M. Rouillon a écrit, à propos de sainte Hélène, fille d'auberge, puis femme de Constance Chlore et mère de Constantin, un petit livre qui n'est pas ennuyeux et où il fait preuve à la fois de bon sens et de sens critique. Il est seulement fâcheux que son héroïne y tienne si peu de place. Était-il bien utile d'aborder un sujet que l'absence de documents réduit à presque rien ? L'auteur n'arrive à grossir un peu son volume qu'en tirant sur les moindres faits et en multipliant les hors-d'oeuvre. A noter une jolie page sur la formation des légendes en Orient, et, surtout, un appendice sur l'invention de la vraie croix, qui est à lire ; M. Rouillon rejette la légende traditionnelle." (Ch. Guignebert, Revue Historique, 1909) — "Mélanie la jeune est un personnage que nous connaissons de près grâce à une quantité de témoignages presque tous sûrs des plus grands noms de la fin du IVe siècle : Paulin de Nole, Rufin, saint Augustin et saint Jérôme, sans compter Palladius et notre Vita Meloniae. Cette aristocrate mariée à son cousin Pinien à l'âge de quatorze ans et dont les deux enfants meurent en bas âge, se voue aussitôt, de pair avec son mari, à la chasteté parfaite. Tous deux liquident leurs biens immenses à la veille de l'incursion d'Alaric contre Rome, ce qui leur acquiert une réputation dans tout le monde romain. Réfugiée d'abord en Afrique, elle passera la seconde partie de sa vie à Jérusalem, célèbre par ses records ascétiques." (Pierre Courcelle, Revue des Études anciennes)

MOYEN AGE

 

56.              ALPHANDÉRY (Paul) et Alphonse DUPRONT. La Chrétienté et l'idée de Croisade. 1. Les Premières Croisades. 2. Recommencements nécessaires (XIIe-XIIIe siècles). Albin Michel, 1954-1959, 2 vol. in-8°, xxix-244 et ix-336 pp, 4 planches et une carte dépliante hors texte (coupée en 2), biblio, index, reliures pleine toile brique, dos lisses, pièces de titre et de collection chagrin bordeaux, couv. conservées (rel. de l'époque), très bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité). Edition originale

            70

"D'autres ouvrages ont retracé l'histoire militaire et croisades ; celui-ci analyse un phénomène d'histoire des religions et de sociologie religieuse : « la croisade » telle que l'ont sentie et vécues ces troupes d'hommes, de femmes et d'enfants qui sont parties, trois siècles durant, à la conquête de la Terre Sainte. Les auteurs supposent connus et ne font que rappeler brièvement les faits extérieurs, le cadre historique, les gestes sensibles, pour consacrer tout leur soin à la vie intérieure, psychologique, spirituelle, aux motifs, mobiles, phantasmes et mythes, qui ont entraîné les masses dans ce grand mouvement vers l'Orient, qui tient à la fois de la guerre sainte et du pèlerinage." (Pierre Nautin, Revue de l'histoire des religions, 1961) — Salué comme novateur lors de sa parution dans les années cinquante, cet ouvrage issu d'un manuscrit laissé inachevé par Paul Alphandéry (1875-1932), repris et augmenté par son disciple Alphonse Dupront (1905-1990), a considérablement renouvelé l'historiographie de la Croisade. Selon Michel Balard, professeur d'histoire médiévale, les deux auteurs ont su mettre "au premier plan la masse du peuple chrétien dans sa sensibilité et ses comportements quotidiens en un moment où l'histoire des mentalités en était encore à ses premiers balbutiements".

57.              AUTRAND (Françoise). Charles VI. La folie du roi. Fayard, 1986, fort in-8°, 647 pp, 8 pl. d'illustrations hors texte, chronologie, généalogies, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

1392 : un roi de 24 ans devient fou. Pendant trente ans, il va vivre une vie de souffrances, entre des crises atroces et des rémissions qui le laissent lucide et anxieux. Quelle était cette maladie ? Comment affectait-elle ses relations avec sa femme, Isabeau de Bavière, avec son frère, le brillant duc d'Orléans, marié à la belle Valentine Visconti, avec ses nombreux enfants ? Comment était-elle ressentie par ses sujets ? Scandale, fléau de Dieu, châtiment pour des péchés collectifs ? Seule l'écoute du discours du roi malade et des hommes de son temps, avec leur langage, leurs croyances, leurs peurs, permet de répondre à ces questions. Le règne de Charles VI passe à juste titre pour désastreux : guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons, guerre de Cent Ans, la moitié de Troyes, l'abandon de la couronne à Henri V, roi d'Angleterre, le dauphin déshérité, la France vaincue, coupée en deux, humiliée, et partout les divisions, la misère, les ruines. Mais, derrière le désastre, se décèle le lent progrès des structures. Le sentiment national naissant, Jeanne d'Arc elle-même, peuvent s'expliquer par l'identification qui se produit alors entre la nation souffrante et son roi de douleurs.

58.              BECHMANN (Roland). Les racines des cathédrales. L'architecture gothique, expression des conditions du milieu. Payot, 1981, in-8°, 330 pp, préface de Georges-Henri Rivière, nombreuses figures, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. Ouvrage issu de thèse. Première édition

            25

« Je tiens ce livre pour un chef d'oeuvre, que je place parmi les plus importants de l’historiographie médiévale » (Jacques Le Goff). À l’issue de l’époque gothique, on comptait une église pour 200 habitants en France, et, dans l’ensemble de ces édifices, il y avait de quoi abriter plus que la population tout entière. On a calculé qu’en trois siècles la France seule avait extrait, charrié et mis en oeuvre plus de pierres que l’ancienne Égypte dans toute son histoire ! Qu’est-ce donc qui a poussé toute une société à lancer vers le ciel ses monuments ? Quelles sont les racines qui ont permis aux cathédrales et à l’art gothique d’orner avec tant de splendeur les villes médiévales ? Ce livre montre qu’aux origines étaient la forêt, puis la ville, le besoin de fournir un lieu de culte à une population plus dense, celui de mettre en oeuvre des chantiers pour une main d’oeuvre urbaine croissante. Il décrit comment, édifice religieux, la cathédrale était aussi un objet de fierté pour la commune. Il explique enfin combien cette société était fébrilement tournée vers la créativité et les idées. Roland Bechmann est aussi le premier à avoir découvert l’existence d’une pensée écologique au Moyen Âge, tant les chrétiens de l’époque eurent conscience de la nécessité, à côté des réalisations artistiques, de mesures de protection de la nature et de limitation de son exploitation.

59.              BLOCH (Marc). La Société féodale. La formation des liens de dépendance. Albin Michel, 1939, in-8°, xxv-472 pp, avant-propos de Henri Berr, 4 planches hors texte, biblio, index, reliure pleine toile brique, dos lisse, pièces de titre et de collection chagrin bordeaux, couv. conservées (rel. de l'époque), très bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité). Edition originale (bon achevé d'imprimer du 6 juillet 1939, mention fictive de 3e mille au premier plat de couverture, mais pas sur la page de titre)

            60

"La Société féodale a cinquante ans. Une génération nouvelle d'historiens de la société, des réactions mentales et de l'économie, qui n'a cure des grands anciens, laboure le champ délimité par Bloch. Certes le domaine aujourd'hui est plus vaste, mieux connu, plus ouvert. Mais La Société féodale en reste le noyau, la source de tant de recherches qui plongent en elle leurs racines et qui, souvent, l'avouent. L'art de la perspective, la justesse du mot, le charme du style, le sens de l'image l'ont préservée des rides. C'est à cela que se reconnaît le chef-d'œuvre." (Robert Fossier, à propos de la réédition de 1998)

60.              BLOCH (Marc). La Société féodale. Les classes et le gouvernement des hommes. Albin Michel, 1940, in-8°, xxii-287 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, index, reliure pleine toile brique, dos lisse, pièces de titre et de collection chagrin bordeaux, couv. conservées (rel. de l'époque), très bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité). Edition originale (bon achevé d'imprimer du 17 janvier 1940, mention fictive de 5e mille au premier plat de couverture, mais pas sur la page de titre)

            60

61.              BOTTINEAU (Yves). Les Chemins de Saint-Jacques. Arthaud, 1964, in-8°, 406 pp, 204 illustrations en héliogravure, biblio, broché, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            25

"L'excellent livre de Yves Bottineau vient à son heure : c'est, en effet, un remarquable « état des questions » à propos du saint et de son pèlerinage, que l'auteur présente au lecteur d'une plume claire parmi des problèmes complexes. Des chapitres bien conçus rassemblent d'abord ce que l'on sait des origines du culte de saint Jacques en Occident, de la diffusion de sa légende, de l'origine de la grande pérégrination occidentale. 60 pages sur quelque 400 sont ensuite consacrées aux « chemins de Saint- Jacques » proprement dits : les quatre traditionnels en France et le « camino francés » en Espagne. Ce serait peu s'il fallait entendre le titre du livre au sens étroit. Mais bien évidemment, pour Yves Bottineau, les termes choisis permettaient d'englober le monde de cheminements spirituels, physiques, intellectuels, artistiques, d'évoquer un ensemble, un corps immense, dont il désirait faire parcourir les artères aussi bien aux experts qu'aux simples curieux. Ces pages, comme les suivantes qui ont trait aux pèlerins et au voyage lui-même, sont d'ailleurs aussi denses qu'elles peuvent l'être en l'absence d'études générales pour la France comparables à celles qui ont été menées à bien en Espagne ces dernières années et auxquelles, pour le dernier chapitre de cette partie – le peuplement français en Espagne du Nord – notre érudit ami se réfère largement. La deuxième partie s'efforce avec succès de faire le point de l'apport des pérégrinations jacobéennes dans l'histoire de la littérature et de l'art en Occident, en poussant cette analyse jusqu'à traiter d'un sujet peut-être moins répandu, celui de l'émaillerie champlevée. D'alertes notes personnelles sur certaines des plus célèbres étapes jacobites en France et en Espagne complètent avec bonheur ce livre, fort bien illustré, le meilleur sans doute qu'on pouvait écrire au stade où nous en sommes des recherches en France." (René de La Coste-Messelière, Bibliothèque de l'école des chartes, 1965)

62.              DROUYN (Léo). La Guyenne militaire. Histoire et description des villes fortifiées, forteresses et châteaux construits dans le pays qui constitue actuellement le département de la Gironde pendant la domination anglaise. Marseille, Laffitte Reprints, 2000, 2 vol. in-4° (22,5 x 30,5), xcvi-180-461-(1)-xxvi-(1) pp, et [152] ff.de planches, 3 tomes reliés en 2 volumes, [1-2], [Texte] et [3], [Planches], nombreuses illustrations en noir dans le texte, table des noms propres, reliures simili-cuir havane de l'éditeur, dos lisses avec titres, décor et filets dorés, tomaison I-II pour le volume de texte, mention "planches", pour le volume d'illustrations, titre et double filet doré en encadrement aux 1er plats, très bon état. Réimpression de l'édition de Bordeaux, chez L. Drouyn et Paris, Librairie Didron, 1865, augmentée d'une préface de Bernard Larrieu. Tirage limité à 500 exemplaires numérotés (ex. n° 106)

            150

Réimpression de l'édition de 1865 devenue de la plus grande rareté. Le deuxième volume contient la reproduction des 152 planches hors texte gravées à l'eau-forte, dessinées par l'auteur qui consacra la moitié de son existence à la rédaction de cette oeuvre magistrale. — "M. Leo Drouyn, mort le 4 août 1896 à l'âge de quatre-vingts ans, était un artiste, un graveur de talent, un archéologue fort expert, un érudit passionné, qui consacra toute sa vie à l'histoire et à l'archéologie de la région bordelaise. On lui doit un “Album de la Grande-Sauve” (1851), un excellent ouvrage sur la “Guyenne militaire”, où il a décrit les châteaux, villes, maisons fortes, moulins fortifiés du département de la Gironde (2 vol. avec des planches, 1865-1885), trois volumes de “Variétés girondines” (1878-1885) ; pour la collection des archives historiques de la Gironde, il a publié le second “Cartulaire de l'abbaye de Sainte-Croix” (t. XXVII), les “Comptes de l'archevêché de Bordeaux” (t. XXI et XXII), et pour la collection des archives municipales de Bordeaux une savante compilation : “Bordeaux vers 1450”, précieuse pour l'histoire de la Guyenne au moyen âge (1874)." (G. Monod, Revue Historique, 1896)

63.              [EVRART de CONTY]. Le Livre des Échecs amoureux. Editions du Chêne, 1991, gr. in-4°, 95 pp, préface de Michel Pastoureau, textes de Françoise Guichard Tesson et Bruno Roy (Les Echecs et l'amour), Anne-Marie Legaré (Splendeurs de la miniature en Hainaut), 24 miniatures en couleurs à pleine page, table des miniatures, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            45

Superbe ouvrage. — Composé en prose par Évrart de Conty vers 1400, le “Livre des échecs amoureux” se présente comme le commentaire d'un poème allégorique inspiré du “Roman de la Rose”. Utilisant la symbolique des dieux antiques et du jeu d'échecs, Évrart de Conty relate le parcours initiatique d'un jeune prince, "l'Acteur", et traite ainsi "des mœurs et du gouvernement de la vie humaine". Au terme de sa quête, l'Acteur rencontre une jeune demoiselle avec laquelle il prend place autour de l'échiquier symbolique. À chacun des partenaires sont attribuées des pièces représentant autant de qualités ou de comportements relatifs à l'amour courtois. Chef-d'œuvre de l'enluminure flamande du XVe siècle, ce manuscrit comprend vingt-quatre peintures. Il a été réalisé à Valenciennes, ou en tout cas en Hainaut, par le Maître d’Antoine Rolin, un artiste qui se pose comme le continuateur de Simon Marmion et dont le nom de convention évoque l’un des meilleurs clients de l’artiste en la personne du fils même du grand chancelier Nicolas Rolin. C’est bien Antoine Rolin, grand bailli et grand veneur du Hainaut, et son épouse Marie d’Ailly qui furent, sinon les commanditaires, en tout cas les possesseurs de l’exemplaire bourguignon des “Eschez amoureux moralisés” dont la Bibliothèque nationale de France a proposé ce fac-similé en 1991.

64.              FAVIER (Jean). Les Plantagenêts. Origines et destin d'un empire, XIe-XIVe siècles. Fayard, 2004, in-8°, 960 pp, 16 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 6 tableaux généalogiques, 10 cartes, biblio, chronologie, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

C'est un étrange ensemble que cet "empire" constitué en quelques années par le comte d'Anjou Geoffroy Plantagenêt et son fils Henri II. Il est le fruit de conquêtes, mais aussi d'une habile diplomatie, de mariages avantageux et d'une bonne part de chance. On y voit sous le même pouvoir l'Aquitaine, la Normandie, l'Angleterre, l'Irlande et parfois l'Écosse. À l'occasion, le regard des Plantagenêts se porte sur le Languedoc, sur l'Empire germanique, sur la Méditerranée. Cela ne forme pas un État. Souverain en Angleterre, le Plantagenêt est vassal sur le continent. Un conflit de trois siècles avec le Capétien résulte de cette inadaptation des structures féodales aux réalités politiques. L'unité de gouvernement ne tient qu'à la personne du roi-duc. Les hommes, les langues, les cultures reflète des identités différentes, que ne traduisent pas moins les institutions du monde laïque et les attitudes de l'Église. Et si la mer est une route, elle est aussi un obstacle au milieu de l'empire. De hautes figures traversent cette histoire : Aliénor d'Aquitaine, Richard Coeur de Lion, le Prince Noir, Thomas Becket ou Simon de Montfort. Mais il est aussi des troubadours, des romanciers et des historiens. Et l'on voit ici des citadins qui deviennent des bourgeois et là des moines qui se font éleveurs de moutons. Quand s'achève le temps des Plantagenêts, il ne reste de l'empire continental qu'une Guyenne si loin de l'Angleterre. C'est alors que le conflit avec la France prend d'autres proportions, avec d'autres enjeux et une couleur désormais nationale. Mais à mesure que disparaît un empire, un autre naît, un empire économique aux dimensions de l'Europe. Cette histoire est aussi celle des routes et des marchés du sel et du vin, de la laine et des draperies, des esterlins...

65.              FAVIER (Jean). Louis XI. Fayard, 2001, fort in-8°, 1019 pp, 12 pl. hors texte en couleurs, 9 cartes, 4 tableaux généalogiques, sources et travaux, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état, envoi a.s.

            25

On a souvent écrit sur Louis XI. Mais, depuis cinquante ans, de nouveaux documents sont apparus et les travaux se sont multipliés, souvent liés à l'élargissement du regard des historiens sur les structures politiques, juridiques et financières comme sur les relations du politique et de l'économique. Le temps semblait venu de faire le point. L'imagerie romantique a ancré le souvenir de l'homme au chapeau constellé de médailles pieuses, du captif de Péronne, du visiteur cynique de ses prisonniers en cage, du démolisseur de l'état bourguignon. On connaît l'enfance difficile du fils du "roi de Bourges", et la dramatique impatience d'un héritier qui se lasse d'attendre le pouvoir. Le portrait a de longtemps été fait du roi sournois qui se déguise en bourgeois pour écouter aux carrefours. On ne saurait nier les ombres, qui sont celles du temps. Louis XI n'a inventé ni la cruauté ni la duplicité. Il précède de peu Machiavel et annonce Richelieu. Car, si les moyens sont ceux du temps, les objectifs sont étonnamment modernes. Il faut assurer l'indépendance, politique aussi bien qu'économique, de la France en Europe, et affermir la souveraineté du pouvoir royal et la force de l'État face à la haute féodalité. L'homme est stupéfiant, aussi bavard que méfiant, ne cessant de dicter des lettres que pour entretenir des ambassadeurs et aussi pour traquer le cerf et le sanglier. Informé de tout, il prend lui-même les grandes comme les petites décisions. Il ne cesse de faire la guerre, ou de financer pour que les autres la fassent, et de rêver d'une paix qu'à la fin il réalise aussi bien en France qu'en Italie. Il n'aura voulu qu'être le premier serviteur de la Couronne. Faire son métier de roi.

66.              FLICHE (Augustin). Histoire du Moyen Age, t II : L'Europe occidentale de 888 à 1125. PUF, 1930, gr. in-8°, ix-672 pp, index, reliure demi-toile carmin, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), bon état (Coll. Histoire générale, sous la dir. de G. Glotz)

            50

"Le travail de M. Fliche étudie exclusivement l'Europe occidentale dans la longue période qui va de la mort de Charles le Gros à celle de l'empereur Henri V. Écroulement définitif de l'empire carolingien ; naissance et premiers développements du Saint-Empire romain de la nation germanique ; naissance ou affermissement du pouvoir pontifical sur le domaine temporel ; premier choc entre le sacerdoce et l'empire, tels sont les principaux événements que l'auteur avait à retracer et dans la trame desquels il lui fallait insérer tant d'autres affaires d'ordre secondaire qui se sont produites pendant ces deux siècles et demi. Il faut louer l'habileté avec laquelle il a composé son ouvrage, proportionnant à l'importance des faits la place qu'il leur accorde, situant chacun de ceux-ci à l'endroit même qui lui convient le mieux. C'est si vrai, que, pour retrouver tel ou tel détail, il est à peine besoin de s'adresser à la table alphabétique qui termine, fort heureusement, le volume ; l'étude de la table méthodique suffit en général à faire trouver sans difficulté le renseignement que l'on cherche. La subdivision des chapitres et des paragraphes, complétée par les titres en manchettes qui courent tout le long des pages, est faite de la manière la plus heureuse et constitue, pour un ouvrage qui doit être surtout un livre de consultation et de recherche, un très précieux élément de clarté. L'information de l'auteur est très complète et, sans multiplier plus que de besoin les indications bibliographiques, il les présente de manière fort suffisante. Cela lui donne une grande supériorité sur les volumes correspondants de la grande “Histoire générale” de Lavisse et Rambaud et même sur “l'Histoire de France” dirigée par Lavisse, où l'indication des sources et des travaux était un peu maigre et où le lecteur devait se fier, presque à l'aveuglette, aux affirmations des divers collaborateurs. Cette “Histoire générale” réalise donc de ce chef un très sérieux progrès sur les ouvrages français antérieurs... Il faut recommander très spécialement la lecture, ou mieux l'étude, de ce très remarquable manuel." (É. Amann, Revue des Sciences religieuses, 1933)

67.              GERARD (André-Marie). Jeanne d'Arc, la Mal jugée. Editions Mengès, 1981, gr. in-8°, 345 pp, 14 illustrations sur 8 pl. hors texte, 34 documents, gravures et cartes (dont une des chevauchées de Jeanne), chronologie, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Ce livre d'André-Marie Gérard, admirateur passionné de la Pucelle d'Orléans, est, essentiellement, (car le « Procès » n'en occupe qu'un quart) le reportage, jour par jour, presque heure par heure, des étonnantes chevauchées de Jeanne d'Arc : première campagne de la Loire, chevauchée du sacre, deuxième campagne de la Loire, campagne de France. Récit haut en couleurs, fourmillant de détails empruntés aux meilleures sources." (Marianne Mahn-Lot, Annales ESC)

68.              GUILLAUME LE BRETON. La Philippide, poème. P., J.-L.-J. Brière, 1825, in-8°, xii-390 pp, broché, couv. d'attente muette, bon état (Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France, depuis la fondation de la monarchie française jusqu'au 13e siècle ; avec une introduction, des supplémens, des notices et des notes ; par M. Guizot)

            90

Né vers 1165 en Bretagne, Guillaume dit le Breton fut appelé très jeune à la cour de Philippe Auguste, en qualité de clerc ou de chapelain. Il gagna assez rapidement la confiance du prince, et fut chargé du principal de ses affaires personnelles. Philippe l'envoya ainsi plusieurs fois à Rome pour obtenir du Pape qu'il approuvât son divorce avec Ingeborg de Danemark. Il fut également chargé de l'éducation de Pierre Charlot, fils naturel de Philippe Auguste. Guillaume le Breton accompagna le roi, en qualité de chapelain, dans la plupart de ses expéditions militaires, et fut le témoin oculaire de ce qu'il raconte, entre autres de la bataille de Bouvines.

69.              KOCH (H. W.). La guerre au Moyen Age. Fernand Nathan, 1980, in-4°, 256 pp, traduit de l'anglais, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, 15 cartes, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

Ce livre est l'histoire très vaste et largement illustrée de la manière dont on se battait au Moyen Age, depuis la chute de l'Empire romain jusqu'à la Renaissance. La guerre se trouvait au centre de toutes les préoccupations de la société médiévale. Chaque année se livraient en Europe des centaines de guerres, petites ou grandes. Cela marqua profondément la vie quotidienne et les rapports sociaux. Quant, avec les Croisades, la guerre déborda les limites de l'Europe, elle eut, de surcroît, des conséquences importantes sur l'évolution de la civilisation occidentale. Enfin, la Guerre de Cent Ans bouleversa les structures de l'Angleterre et de la France, en créant, dans une large mesure, le sustème de l'état moderne. – “La guerre au Moyen Age” bénéficie de centaines d'illustrations en couleurs et en noir, ainsi que de dessins techniques montrant l'armement, l'équipement et les uniformes des archers, des cavaliers et des fantassins. On trouvera également 15 cartes de l'Europe médiévale et des batailles qui jalonnèrent son histoire. – H. W. Koch a été successivement professeur à l'université de Munich et à l'université de York. Il a publié de nombreux ouvrages et fait autorité en matière d'histoire militaire. Ian Hoog, spécialiste en artillerie, et P. L. Gwynn-Jones, expert héraldiste, ont apporté également une très précieuse contribution à quelques chapitres de ce livre. – Table : Les guerres médiévales ; L'Empire romain et la montée des Barbares ; Le défi venu de I'Est : Le féodalisme ou la réaction européenne ; Techniques de siège ; L'Angleterre et le système militaire féodal ; Les aspects militaires et sociaux de la chevalerie ; Les fortifications et I'état de siège ; Les Croisades ; Les Chevaliers teutoniques ; Héraldique ; Les méthodes de guerre se transforment ; Les villes en guerre ; Les techniques de construction des châteaux forts ; Les hussites ; Condottieres et mercenaires ; L'armée de métier ; Les canons et I'artillerie ; L'émergence de nations nouvelles ; Les paysans a la guerre ; Le début d'un âge nouveau.

70.              LE GOFF (Jacques). Saint Louis. Gallimard, 1996, fort in-8°, 976 pp, 12 pl. de documents hors texte en couleurs, 6 cartes, tableaux généalogiques, chronologie, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque des histoires)

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Qui fut Saint Louis ? Peut-on le connaître et, Joinville aidant, entrer dans son intimité ? Peut-on le saisir à travers toutes les couches et les formations de mémoires attachées à construire sa statue et son modèle ? Problème d'autant plus difficile que, la légende rejoignant pour une fois la réalité, l'enfant roi de douze ans semble avoir été dès le départ programmé, si l'on ose dire, pour être ce roi idéal et unique que l'histoire en a fait. Cette étude approfondie ne se veut – c'est ce qui fait sa puissante originalité – ni la "France de Saint Louis" ni "Saint Louis dans son temps", mais bien la recherche, modeste et ambitieuse, tenace et constamment recommencée, de l'homme, de l'individu, de son "moi", dans son mystère et sa complexité. Ce faisant, c'est le pari de fondre dans la même unité savante et passionnée le récit de la vie du roi et l'interrogation qui, pour l'historien, le double, l'habite et l'autorise : comment raconter cette vie, comment parler de Saint Louis, à ce point absorbé par son image qu'affleure la question provocatrice "Saint Louis a-t-il existé ?".

71.              LEGUAY (Jean-Pierre). La rue au Moyen Age. Rennes, Ouest-France, 1984, in-8°, 253 pp, abondamment illustré de photos et plans dans le texte et à pleine page, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"... L'une des richesses de l'ouvrage est de s'attacher souvent à la toponymie, révélatrice de l'aspect de la rue : les immondices, ordures, et autres « fiens qui engendrent pestilences » (et qui peuvent être à l'origine de grandes infections) se devinent dans les « Rue Sale » ou « Foireuse » (Angoulême), « Passage Merdeux » (Chartres), « Rue Merdière » (Lagny), etc.. Pourquoi cette saleté et ces odeurs dans la rue médiévale ? Problème d'éducation du riverain ? Oui, répond l'auteur, mais pas seulement ; à cette cause, viennent s'en ajouter beaucoup d'autres : les enceintes empêchent l'écoulement hors de la ville, les insuffisances des « retraits » ou « chambres courtoises » (latrines), l'abondance des métiers nuisibles à la salubrité publique (bouchers qui égorgent dans la rue (« Rue de l'Ecorcherie » à Paris), foulons, teinturiers, etc.), des habitudes encore rurales (élevage d'animaux sur la chaussée)... La seconde partie de l'ouvrage s'attache à décrire le monde de la rue : description très minutieuse, très documentée, très réaliste de la sociabilité médiévale..." (Didier Lett, Médiévales, n°7, 1984)

72.              LUCHAIRE (Achille). Les premiers Capétiens (987-1137). Tallandier, 1980, gr. in-8°, 429 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Monumenta Historiae)

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La période couverte par cet ouvrage (987-1137) est celle de l'ascension d'une famille, de la lente, difficile mais irrésistible "remontée" du pouvoir du roi de France assurée par cinq rois seulement : Hugues Capet (987-996), Robert le Pieux (996-1031), Henri Ier (1031-1060), Philippe Ier (1060-1108) et Louis VI (1108-1137) : d'une race vigoureuse, prudente, avisée, ils ont préparé les règnes de Philippe Auguste puis de Saint-Louis, qui assoiront l'hégémonie française sur l'Occident. (...) Cette contribution d'Achille Luchaire est un véritable monument d'une érudition, d'une exactitude et d'une vigueur sans pareilles. – Ce volume fait partie de l' “Histoire de France depuis les origines jusqu'à la Révolution” à laquelle Ernest Lavisse a attaché son nom.

73.              MAALOUF (Amin). Les Croisades vues par les Arabes. JC Lattès, 1986, in-8°, 301 pp, 2 cartes, notes, chronologie, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Juillet 1096 : en partant pour les croisades, ces preux chevaliers avaient bonne conscience : ils portaient leur croix sur le dos et la divine parole en Orient. L'Orient, c'était la terre promise, c'est-à-dire la terre des épices, de l'or et des soieries. La terre qu'on peut piller, brûler, violer. Et ils pillèrent la terre, violèrent les femmes, massacrèrent les hommes, firent rôtir les enfants, au nom de la chrétienté. Ces barbares furent combattus tout aussi férocement du côté de l'Islam, où se trouvaient la civilisation la plus avancée du monde, mais aussi les rivalités de la "torpeur du monde arabe". Et Jérusalem, Damas, Beyrouth, villes saintes, villes maudites, villes martyres, connurent l'enfer... — "Chaque fois que nous évoquons les croisades, c'est à travers les récits des croisés. Mais il y a aussi ceux qui ont été envahis par les croisés, et qui étaient les habitants de ces territoires. Justement, Amin Maalouf publie chez Jean-Claude Lattès Les croisades vues par les arabes. Voilà l'autre bout de la lorgnette ! Il faut bien constater que les versions orientales et occidentales ne coïncident guère. Nous avons, nous, écrit notre propre vision ; pendant ce temps, ils ont écrit la leur. C'est pourquoi cette nouvelle histoire des croisades ne ressemble à aucune autre". (Alain Decaux) ; "Un ouvrage remarquable qui complète plus qu'il ne contredit celui de René Grousset". (Eugène Mannoni, Le Point) ; "Amin Maalouf a écrit une histoire attachante, agréable à lire, qui constitue une image renversée de ces contes de fées que sont pour nous les croisades". (The New Yorker) ; "Les croisades vues par les Arabes nous offres une perspective inhabituelle de la confrontation entre l'Europe occidentale chrétienne et le Moyen-Orient musulman". (The Economist)

74.              MICHELET (Jules). Le procès des Templiers. Editions du CTHS, 1987, 2 forts vol. in-12, xvi-681 et vi-540 pp, préface de Jean Favier, index, brochés, couv. illustrées, bon état

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"C'est respectivement en 1841 et 1851 que Jules Michelet, alors chef de la section historique des Archives Nationales, publia les deux volumes du Procès des Templiers dans la prestigieuse «Collection de documents inédits sur l'histoire de France» fondée peu auparavant par Guizot. Le tome I et la première partie du tome II (pp. 1-274) comprenaient les actes de l'interrogatoire à Paris du Grand-Maître de l'Ordre, Jacques de Molay, et de deux cent trente et un chevaliers templiers devant la commission pontificale présidée par l'archevêque de Narbonne Guillaume Bonnet (1309); la seconde partie du tome II, ceux des interrogatoires, au Temple de Paris (1307), de cent quarante templiers par l'inquisiteur Guillaume de Paris (pp. 275-420) et, au Temple du Mas-Deu (1310), des templiers du diocèse d'Elne (pp. 421-515). A la réimpression anastatique des deux tomes par le CTHS, Jean Favier a ajouté une préface fort brève mais lumineuse (t. I, pp. v-xii), dans laquelle le Directeur général des Archives de France situe le «procès des Templiers» dans le contexte historique de l'Occident des environs de 1300 et le travail de Michelet dans le cadre historiographique de la France du second quart du XIXe siècle." (Alain Dierkens, Revue belge de philologie et d'histoire, 1989) — Bon travail d'historien que ces documents judicieusement choisis et publiés in extenso par Michelet : interrogatoire des Templiers par la Commission pontificale présidée par Gilles Ayscelin, complété par l'interrogatoire des Templiers du diocèse d'Elne, datant de 1310 et par l'enquête menée dès l'automne 1307 par l'inquisiteur Guillaume de Paris. Une brève mais perspicace introduction de Jean Favier replace parfaitement le document dans les perspectives de la recherche la plus récente.

75.              MINOIS (Georges). Charles VII. Un roi shakespearien. Perrin, 2005, fort gr. in-8°, 850 pp, 8 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 4 cartes, 6 tableaux généalogiques, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le jeune Charles de Valois a tout connu : un père fou, Charles VI ; une mère réputée traîtresse, Isabeau de Bavière ; l'exil, de Paris à Bourges ; le crime, avec l'assassinat du duc de Bourgogne Jean sans Peur ; les désastres militaires. Il lui fallut sept terribles années, 1422-1429, pour recevoir la légitimité du sacre et il eut encore la contrariété, à la fin de son long règne, d'avoir son fils et héritier Louis XI comme principal adversaire. De plus, ce sont d'autres qui en son temps captent la lumière, et lui font de l'ombre encore aujourd'hui : Jeanne d'Arc, naturellement, pour laquelle l'auteur ne nourrit guère d'admiration, Dunois, Gilles de Rais, Jacques Cœur... Pourtant, ce roi mal connu et peu populaire mérite d'être revisité. Son entêtement, sa lucidité, sa culture aussi, l'ont conduit à construire patiemment un nouveau type de royauté, et à poser les bases d'un Etat moderne. A sa mort en 1461, les Anglais ont évacué la totalité du royaume, sauf Calais, le duc de Bourgogne s'est soumis, les grands féodaux, comme le duc d'Alençon et le comte d'Armagnac, ont été liquidés, la France est redevenue la première puissance du monde. Dans une société où la superstition, la folie et le crime sont à l'œuvre comme rarement, où la vieille chevalerie s'achève en extravagances, le roi Charles garde la tête froide. Son esprit inquiet, son cœur malheureux, en dépit de ses douze enfants nés d'avec Marie d'Anjou, trouvent le réconfort et le plaisir dans la jeunesse aimante d'Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première maîtresse royale officielle de l'histoire de France.

76.              PALM (Rolf). Les Etendards du Prophète. Les Sarrasins. JC Lattès, 1981, in-8°, 378 pp, traduit de l'allemand, 2 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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L'histoire des Sarrasins. Depuis ce "coup" réussi au VIIe siècle par Mahomet, guide inspiré, et sa poignée de fidèles... jusqu'à l'abandon de Grenade, reprise par les Rois Catholiques à la fin du XVe. La fureur des embuscades, razzias et massacres, alterne avec les moments de paix : la Bagdad d'Haroun al Rachid est la capitale des savants et des poètes...

77.              PARISSE (Michel). Les Nonnes au Moyen Age. Le Puy, Christine Bonneton, 1983, in-8°, 272 pp, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"C'est une histoire des ordres religieux féminins au Moyen Age (nonnes, moniales ou saintes moniales) que nous propose Michel Parisse. Une histoire pionnière, puisque à ce jour aucune étude – si l'on excepte un court article d'Eileen Power – ne leur a été consacrée. Les sources sont sans doute rares et dispersées. Mais ce manque d'intérêt reflète avant tout la condition dépréciée et marginale des femmes entrées en religion. Jamais nombreuses (au XIIe siècle, elles représentent à peine 10 % du nombre des moines et religieux masculins), considérées avec suspicion par l'Eglise, plus tolérées qu'encouragées, « les femmes en religion ont toujours constitué un défi à l'Eglise du Moyen Age »..." (Michel Zimmermann, Revue de l'histoire des religions, 1985)

78.              PERNOUD (Régine) et Marie-Véronique CLIN. Jeanne d'Arc. Fayard, 1986, in-8°, 447 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 8 cartes et plans, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale

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Personnage le plus célèbre de l'histoire de France, Jeanne d'Arc n'a cessé de fasciner. Biographie méticuleuse de celle qui fit irruption dans l'histoire en changeant le cours de la guerre de Cent Ans, fit couronner le roi et fut condamnée au bûcher après un procès inique en 1431. Ce livre raconte l'itinéraire extraordinaire de la jeune bergère de Domrémy. Il resitue Jeanne dans son contexte et brosse les portraits des principaux protagonistes de son histoire. Les auteurs livrent tous les éléments connus qui éclairent le mythe et les controverses qu'elle suscita, dont sa canonisation tardive et les polémiques contemporaines portent encore la trace. — Une intervention foudroyante sur le cours de la guerre de Cent Ans, l'un des procès politiques les plus truqués de l'Histoire, le tout en deux années à peine. On l'a dit et répété mais il faut y insister, le passé ne nous offre aucun exemple de destinée plus “extra-ordinaire” que celle de cette "Pucelle" de dix-neuf ans. Que l'on voie en elle une envoyée de Dieu ou une héroïne surgie du peuple pour le libérer, elle n'a laissé personne indifférent : pas plus Voltaire que Schiller, Anatole France et Renan que Péguy et Claudel, les chartistes que les historiens du dimanche, les savants japonais que les universitaires soviétiques. A moins – hypothèse fort improbable – de trouver de nouveaux documents, nous devrons à jamais nous résigner à ne connaître d'un secret emporté avec les cendres du bûcher de Rouen que ce que Jeanne elle-même a répondu lors de son procès. Et elle continuera longtemps encore à faire rêver... En revanche, les dernières décennies ont permis de faire de grands progrès dans la connaissance de la guerre et des mentalités au XVe siècle, etc., mais aussi sur le procès lui-même, sur la détention qui l'a précédé et sur plusieurs protagonistes du drame. Il était donc nécessaire qu'enfin Régine Pernoud reprenne l'ensemble de ces travaux épars ainsi que ses propres recherches pour écrire, avec l'aide de M.-V. Clin, le grand livre que l'on attendait sur Jeanne d'Arc. Biographie et instrument de travail, récit et dossier exhaustif, il fera date pour de très longues années. — "... Jeanne d'Arc devait demeurer son sujet de prédilection : jusqu'au bout elle multiplia les travaux à son sujet, les adaptant en fonction des publics variés auxquels elle voulait s'adresser. Au sein de cette floraison, je retiendrais volontiers la lumineuse Jeanne d'Arc qu'elle fit paraître chez Fayard en 1986, en collaboration avec Marie-Véronique Clin, qui la seconda longtemps au Centre Jeanne d'Arc. Dans ses publications relatives à la Pucelle, Régine Pernoud ne voulut pas à proprement parler faire oeuvre d'érudition, mais présenter les faits tels qu'elle les voyait à travers la lecture de sources qu'elle maîtrisait parfaitement." (Philippe Contamine, Bibliothèque de l'école des chartes, 2000)

79.              PERNOUD (Régine). Jeanne d'Arc par elle-même et par ses témoins. Seuil, 1962, pt in-8°, 330 pp, 2 cartes, tiré sur Alfa Trianon des Papeteries de Gouis, reliure pleine toile brique de l'éditeur, titres en blanc au 1er plat et au dos, rhodoïd, bon état, envoi a.s. de Régine Pernoud

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Textes choisis, présentés et commentés (avec bibliographie) par Régine Pernoud, extraits principalement des Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc.

80.              PERNOUD (Régine). Les saints au Moyen Age. La sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? Plon, 1984, in-8°, 368 pp, notes, annexes (les saints patrons des pays et des villes, de nos métiers et professions, qu'on invoque dans les difficultés, du calendrier), index, broché, couv. illustrée, qqs rares annotations crayon, bon état

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Ce livre est une somme incomparable sur l'histoire des saints au Moyen Age, ce peuple immense et foisonnant constitué de personnages proches de toutes les manifestations de l'art et de la culture. Comment séparer Saint Bernard des chefs d'oeuvre que sont les abbayes de Silvacane, Fontenay et du Thoronet ? Ou encore Saint François de Giotto ? Les saints au Moyen Age sont aussi profondément liés à la vie des gens. Martin, Patrick, Colomban, les femmes aussi, Delphine, Brigitte, des dynasties entières de saints et de mystiques vivent dans le quotidien des individus de leur temps, sont "élus" par la foule, leur gloire s'est faite de bouche à oreille, et ils incarnent autant la joie de vivre que la culture et toutes les plus belles manifestations de l'art de leur temps. Cet ouvrage de référence et de claire érudition s'inscrit dans la tradition des thèses de la célèbre Régine Pernoud qui a su décrire un Moyen Age flamboyant, vivant et le sortir de l'analyse obscurantiste où il était demeuré jusqu'alors.

81.              PIRENNE (Henri). Mahomet et Charlemagne. PUF, 1970, in-8°, xii-218 pp, préface de Jacques Pirenne, avertissement de F. Vercauteren, 3 cartes hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Hier)

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Un important essai sur l'avance rapide et imprévue de l'Islam consacrant la rupture entre l'Orient et l'Occident. "Sans l'islam, l'Empire franc n'aurait sans doute jamais existé, et Charlemagne sans Mahomet serait inconcevable." Que de provocation dans cet aphorisme de l'incontournable historien belge Henri Pirenne (1862-1935) ! Mettre en lien Mahomet et Charlemagne, vraiment ? La thèse de son ouvrage Mahomet et Charlemagne (1937) est pourtant simple, et le raisonnement brillant : c'est la naissance de l'islam qui aurait provoqué la rupture du monde méditerranéen avec l'Antiquité. De fait, jusqu'à l'avènement de Mahomet au VIIe siècle, le monde méditerranéen n'est pas divisé entre un Orient et un Occident : l'Empire romain prospère, seul, sur les côtes de la Méditerranée. Mais l'essor rapide et imprévu de l'islam change la donne : en envahissant au VIIIe siècle la Syrie, l'Egypte, le Maghreb, l'Espagne, les musulmans mettent un terme définitif à l'unité méditerranéenne. De ce "cataclysme cosmique" nait un monde nouveau. L'Occident, condamné à vivre en vase clos, est contraint de se développer. Une dynastie peut alors s'imposer : celle des Carolingiens, que Charlemagne portera à son plus haut degré d'excellence en 800. Sans Mahomet, Charlemagne n'aurait pas existé.

82.              [Saint Louis]. Saint Louis, roi de France. Livre des faits de Monseigneur saint Louis. Editions du Chêne, 1990, gr. in-4°, 95 pp, préface par Emmanuel Le Roy Ladurie, introduction par Jean Richard, textes de François Avril (Histoire d'une commande), Marie-Thérèse Gousset (Images de saint Louis), 45 peintures en couleurs à pleine page ou sur double page, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Superbe ouvrage. — Le livre des faits de Monseigneur Saint Louis, somptueux manuscrit enluminé conservé au Département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, fut entrepris vers 1480 à la demande du cardinal Charles de Bourbon pour la grande dévotion qu'il portait au saint roi et son gout pour les arts. Par la suite, ce manuscrit fut donné à Charles VIII, roi de France, qui fit mettre ses armes et sa devise en frontispice. La réalisation de cet ouvrage prend place dans un renouveau, à la fin du XVe siècle, de la ferveur des Bourbon pour leur saint aïeul dont ils descendaient en ligne directe. Cet album reprend l'essentiel des quarante-deux chapitres de la vie de saint Louis, avec la reproduction intégrale des 45 peintures et quelques-uns des nombreux récits des miracles survenus par son intercession après sa mort...

83.              SCOBELTZINE (André). L'Art féodal et son enjeu social. Gallimard, 1976, in-8°, 324 pp, 112 figures dans le texte et 32 pl. d'illustrations photographiques hors texte, glossaire, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Bibliothèque des Idées)

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Le foisonnement de l'architecture et de la sculpture romanes, puis l'ordre et la clarté du premier art gothique peuvent-ils nous informer sur les mentalités, les émotions et les façons de concevoir le monde, des hommes qui composaient alors les différentes strates d'une société féodale en expansion ? C'est à cette question qu'André Scobeltzine tente de répondre ici en mettant en évidence, puis en en s'efforçant de structurer, tout un ensemble de corrélations entre les pratiques des tailleurs de pierre, des peintres et des maçons, les modes de pensée des théologiens, l'expression des poètes, et ce que les historiens contemporains nous ont révélé des structures et du fonctionnement de la société de cette époque. Ce faisant il contribue à promouvoir une histoire de l'art où, comme l'écrit Georges Duby en rendant compte de cet ouvrage, "l'on verrait enfin se conjoindre à l'observation de la "vie des formes" celle de l'évolution globale matérielle et mentale des sociétés humaines".

84.              TOURAULT (Philippe). Anne de Bretagne. Perrin, 1996, in-8°, 323 pp, 8 pl. de gravures hors texte, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Unique héritière de son père François II, duc de Bretagne, Anne, née à Nantes en 1477, lui succéda en 1488, à l'âge de onze ans. Mariée par procuration en 1490 à l'archiduc Maximilien d'Autriche, la jeune duchesse de Bretagne est contrainte de renoncer à lui pour épouser l'année suivante l'envahisseur de son duché, le roi de France Charles VIII. Un mariage politique qui, contre toute attente, se mua en un grand amour. Après la mort accidentelle de Charles (1498), elle se remaria avec son successeur Louis XII, non sans avoir obtenu préalablement la garantie de l'autonomie de la Bretagne dont elle demeurait la duchesse. Reine de France, elle eut toujours à coeur de défendre les intérêts de sa patrie d'origine, mais épaula parfaitement ses deux époux, tenant les rênes du royaume pendant qu'ils guerroyaient. Intelligente, tenace, raffinée, elle donna de l'éclat à la vie de cour et suscita le renouveau artistique de la France à travers, notamment, les demeures de Nantes, d'Amboise et de Blois où elle mourut en 1514. Philippe Tourault s'est attaché à restituer la riche personnalité de cette reine souvent accusée d'être restée plus bretonne que française.

85.              VIGNAUD (Henry). Le vrai Christophe Colomb et la légende. La date exacte de la naissance du grand Génois. Sa famille. Les indications quil avait. Toscanelli, prétendu initiateur de la découverte de l'Amérique. L'objet véritable de l'entreprise de 1492. P., Auguste Picard, 1921, in-12, 230 pp, broché, dos taché, état correct. Rare

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"Les questions colombiennes n'avaient guère intéressé jusqu'à présent que le monde des érudits. L'auteur des “Etudes critiques” sur Colomb, publiées de 1905 à 1911, essaye de les mettre à la portée du grand public : il est parvenu à condenser, généralement de façon très claire, les résultats de ses travaux, en y ajoutant même ceux de quelques recherches nouvelles, entreprises depuis la publication de ces “Etudes”, pour répondre aux critiques qu'elles avaient soulevées. Désormais, quiconque voudra aborder un point quelconque de l'histoire de la grande découverte de 1492, trouvera dans le petit livre de M. Vignaud un excellent résumé des principales solutions proposées en réponse aux problèmes qu'elle suscite. Quel a été le véritable objet de l'entreprise de 1492 ? Où Colomb a-t-il puisé les éléments de son projet ? Que doit-il aux hommes de science, les cosmographes, ou aux hommes de métier, les marins, avec lesquels il a été en rapport ?" (H. Vander Linden, Revue belge de philologie et d'histoire, 1923)

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

86.              AMBROZE (Anna). Racine poète du sacrifice. (Thèse). P., Nizet, 1970, pt in-8°, 223 pp, biblio, broché, dos passé, bon état. Edition originale, prière d'insérer joint (Prix universitaire du Groupement des intellectuels aveugles 1968)

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Dans cet ouvrage, fruit de douze années de recherches, l'auteur s'est proposé de présenter l'homme et le poète dans une perspective nouvelle. La vie et l'oeuvre de Racine, profondément marquées par le jansénisme, la Bible, l'hellénisme ainsi que par l'expérience personnelle, témoignent de l'homme conscient de ses faiblesses et arrivant à cette connaissance que seuls le renoncement et le sacrifice peuvent apporter la paix de l'âme et l'amélioration des relations humaines...

87.              ARCHENHOLTZ (Johann Wilhelm von). Histoire de la guerre de Sept Ans, commencée en 1756, et terminée en 1763 ; Par M. d'Archenholtz, ancien Capitaine au service de la Prusse ; traduite de l'allemand par M. le baron de Bock. Metz, Strasbourg, Paris, Devilly, Lib. Académique, Belin et Buisson, 1789, 2 vol. in-12, (8)-217 et (2)-201-(3) pp, 2 portraits en frontispice, les 2 tomes reliés en un volume plein veau granité, dos lisse orné de caissons et fleurons dorés, pièce de titre chagrin bordeaux, filet à froid encadrant les plats, coupes filetées (rel. de l'époque), coiffe sup. arasée, bon état

            250

"Le public lira sans doute avec intérêt la traduction de l'histoire de la Guerre de sept ans, de M. d'Archenholtz, que nous lui présentons dans un moment où les Œuvres posthumes du roi de Prusse, qui viennent de paraître, font désirer de pouvoir comparer ce que dit ce prince des motifs secrets de sa conduite, avec ce qu'en pensaient ses contemporains. Cet ouvrage n'est pas une description sèche et aride des campagnes de Frédéric, mais l'histoire des principaux événements de cette guerre, écrite par un témoin oculaire, l'un des premiers hommes de lettres de l'Allemagne, comme il était un des plus braves officiers de l'armée prussienne. M. d'Archenholtz a voulu être entendu de toutes les classes de lecteurs ; et si nous en jugeons par le plaisir que nous avons éprouvé en traduisant son livre, il a parfaitement réussi. Une imagination vive et brillante lui a fait mettre dans la description de cette multitude infinie de combats, une variété, un feu, qui transporte pour ainsi dire, malgré soi, au milieu de ces scènes de sang et de carnage. Peut-être reprochera-t-on à l'auteur d'avoir marqué un peu trop de partialité quand il est question des Français ; mais nous répondrons qu'on doit excuser un Prussien, qui, acteur et témoin d'événements qui paraîtraient incroyables, s'ils n'étaient attestés par toute la génération présente, a dû nécessairement se laisser entraîner à l'enthousiasme que sa nation et le héros qui la gouvernait, ont inspiré à l'Europe entière." (Avertissement).

88.              BATIFFOL (Louis). Richelieu et Corneille. La légende de la persécution de l'auteur du « Cid ». Calmann-Lévy, 1936, pt in-8°, vi-197 pp, une gravure hors texte, broché, bon état (Nouvelle collection historique)

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"Décidément, il faut faire notre deuil de la vieille légende de Corneille persécuté par Richelieu après le triomphe du Cid. Croyons sur ce propos M. Batiffol en son tout récent livre. Comme par hasard sur ce sujet, ainsi que sur nombre d'autres, les manuels ont dit cent sottises. Ils énumérent comme suit les griefs du cardinal : piaffante indépendance de Corneille au sein du fameux groupe des cinq auteurs ; l'irritante question espagnole, si imprudemment soulevée par le poète en sa pièce à un moment ou la France était aux prises avec l'Espagne ; enfin la multiplication des duels dans le Cid au temps même des édits portés contre cette folle mode. De cette triple source, fictive du reste, et de quelques autres provinrent, affirma sans broncher plus d'un auteur, ce que Tallemant des Réaux avait appelé la jalousie enragée du cardinal et la dure épreuve de Corneille..." (La Croix, 1936)

89.              BLUCHE (François). Le Despotisme éclairé. Fayard, 1968, in-8°, 380 pp, essai de chronologie, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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"Avant d'aborder le «despotisme éclairé » comme doctrine politique, François Bluche présente à ses lecteurs les monarques et les princes qui passent, selon l'opinion commune, pour les meilleurs représentants du système. Son exposé met bien en relief la physionomie de chacun des trois « Grands » Frédéric II, Joseph II, Catherine II, et les caractères distinctifs de leur gouvernement. Le réalisme du roi de Prusse, la dictature tatillonne de l'empereur d'Autriche, le cynisme de la souveraine russe qui se moque des « philosophes », ses naïfs thuriféraires : trois portraits très réussis et, croyons-nous, très fidèles. Aussi bien, toute l'Europe a eu ses souverains « éclairés ». L'auteur a consacré de bonnes pages au Portugal, à l'Espagne, au royaume de Naples, à Parme, à la Toscane, au Danemark et à la Suède. Il y a ainsi presque partout des ministres « philosophes » qui gouvernent au nom des « lumières ». Dans un chapitre final, l'auteur soumet à un examen critique cette monarchie « éclairée », dont les politiques et les physiocrates ont fait un système. Sa conclusion est sans indulgence..." (J. Lecler, Etudes, 1969)

90.              CERTAINES (Jacques de). Fricambault. Une famille nivernaise dans la marine sous Louis XIII et Louis XIV. Le Faouët, Liv'éditions, 2001, in-8°, 511 pp, 2 plans de navires, annexes, lexique, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Le XVIIe siècle a été une période majeure pour l'histoire de la marine avec le déclin des galères, l'apparition des escadres de ligne, l'inscription maritime et le régime protection sociale des marins, l'organisation du corps des officiers de marine avec sa hiérarchie et ses écoles de formation... Paradoxalement, les ouvrages consacrés à cette marine du XVIIe siècle sont beaucoup moins nombreux que ceux concernant les XVIIIe et XIXe siècles. A travers deux générations de marins d'une famille nivernaise, les Certaines, l'objectif de ce roman historique (ou de cette histoire romancée !) est de faire revivre cette période en redonnant chair à ses marins, illustres ou méconnus. Les archives de la famille de Certaines ont fourni la trame du récit où se côtoient tous les noms de marins de l'époque, les Duquesne, Maillé-Brézé, Bart, Vendôme, Nuchèzes, Beaufort, d'Estrées, Valbelle, Châteaurenault, Forbin ou Tourville... comme leurs alliés ou ennemis Guiton, Tromp, Blake, Ruyter, Monck, Rooke ou Barbier-Rassam, tous avec leurs grandeurs et leurs faiblesses, leurs héroïsmes et leurs mesquineries, leurs générosités et leurs cupidités... Cette grande époque de la Royale devait se terminer avec la fin du siècle, comme si l'invention majeure de la barre à roue au tout début du XVIIIe siècle devait ouvrir une ère complètement différente et bien plus connue. Les amoureux de la marine apprécieront cette fresque où les grands événements ne masquent pas l'existence quotidienne des marins, l'horreur des combats, les intrigues de cour, les rivalités de carrière et le caractère fortement trempé de nombreux personnages hors du commun.

91.              CHASTEL (André). Art et humanisme à Florence au temps de Laurent le Magnifique. Etudes sur la Renaissance et l'humanisme platonicien. (Thèse). PUF, 1961, pt in-4°, 580 pp, 96 planches hors texte, biblio, index, broché, jaquette illustrée (lég. frottée), bon état

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Cet ouvrage embrasse l'ensemble des rapports de l'art florentin à la fin du XVe siècle avec les courants intellectuels de l'époque. Il offre la mise au point critique de toute une série de travaux qui, depuis un demi-siècle, ont renouvelé l'étude de cette grande période de l'histoire de l'art. André Chastel ne se contente pas de recourir aux notions habituelles comme le mécénat médicéen et l'épanouissement de la culture. Il examine les rapports de l'art et de l'humanisme dans une perspective définie par la crise des idées et des styles qui ont mûri la Renaissance. Un jour nouveau est projeté sur les initiatives et les incertitudes du milieu florentin – illustrées par Botticelli et Filippino Lippi –, la réaction de Savonarole, l'évolution originale de Léonard, et, après un cours intermède dominé par les maîtres ombriens, l'étonnant développement de Rome sous Jules II. Les aspirations du XVe siècle toscan, l'exemple de Léonard, de Michel-Ange et de Raphaël, les doctrines artistiques du XVIe siècle forment une histoire continue dont cette étude érudite et critique dégage méthodiquement les notions essentielles. — "Peut-on dégager une philosophie de l'art (au sens moderne) des travaux de l'humanisme toscan dans le dernier tiers du XVe siècle ? Que doit à celui-ci l'activité artistique de Florence au temps de Laurent ? (...) Avec ses rites, ses admirations, sa double vocation précoce pour l'autosatisfaction et l'autocritique, sa tendance au repliement, la Cité de Laurent donne parfois l'impression d'un monde clos, où les tempéraments s'exaltent et où les obsessions montent vite. La grâce boticellienne, la distance de Léonard, l'ardeur de Michel-Ange supposent quelque chose de fort et de singulier, qui concentre des énergies intellectuelles et morales, dans des conflits inhabituels. On a essayé d'en analyser ici quelques modalités au coeur de ce qu'on appelle la Renaissance." (Préface) — "... Qu'hommage soit rendu à un historien d'art qui nous apporte, pour une période aussi décisive que celle de la Renaissance, le fruit d'une immense érudition. Que, s'en défendant, il nous ait apporté la preuve de l'étroite liaison qui existe entre les destins de l'art et ceux de la politique de Florence, nous laisse espérer de sa part d'autres travaux où un sentiment aigu qu'il possède des valeurs individuelles de l'art, qui fait la qualité du texte tout au long de ses subtiles analyses, n'apparaîtra plus à l'auteur lui-même comme un empêchement à reconnaître explicitement la portée humaine – et historique – des valeurs communes. Car, en définitive, j'en suis bien d'accord avec lui, il n'y a de social et d'historique que ce qui est d'abord dans l'individuel." (P. Francastel, Annales ESC, 1961)

92.              CHAUNU (Pierre). La Civilisation de l'Europe classique. Arthaud, 1966, fort in-8° carré, 706 pp, 264 héliogravures en noir et 8 pl. en couleurs hors texte, 37 cartes et plans, tableaux chronologiques, biblio, index documentaire, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations). Edition originale, ex. du SP

            35

"Il serait banal de louer l'originalité des perspectives de ce grand livre : plus encore que des certitudes érudites qu'il nous offre, on sera reconnaissant à Pierre Chaunu d'avoir su placer dans une lumière nouvelle les problèmes essentiels de ce moment unique que fut la civilisation classique. La vigueur d'un tel ouvrage où l'histoire des hommes trouve son unité dans la pensée théologique qui l'éclaire, Raymond Bloch nous en révèle, dès l'abord, le secret : il réside dans l'accord intime « entre la vie d'un siècle et le tempérament de l'historien qui l'évoque »." (René Taveneaux, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1967) — "Malgré les 700 pages intelligemment illustrées de l'ouvrage, le cadre paraît trop étroit pour le propos ambitieux : faire la synthèse de l'évolution des esprits, des techniques et des sociétés du continent européen (Russie comprise) de 1620 à 1760. Il est alors inévitable que l'on ait parfois l'impression d'une densité redoutable. C'est dire aussi la richesse de ce volume, auquel on peut d'autant mieux se référer qu'il comporte des tableaux chronologiques (histoire politique, économie, religions, vie intellectuelle, arts, rapports avec le monde) et un index documentaire qui est, à lui seul, un petit dictionnaire." (Population, 1967)

93.              CHAUNU (Pierre). La Civilisation de l'Europe des Lumières. Arthaud, 1971, fort in-8° carré, 665 pp, 239 héliogravures en noir et 8 pl. en couleurs hors texte, 53 cartes et plans, tableaux chronologiques, biblio, index documentaire, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations). Edition originale, ex. du SP

            35

Après la Révolution classique du XVIIe siècle, avant la révolution politique de la fin du XVIIIe siècle voici l'Europe de l'exploitation des données acquises au cours du siècle précédent, l'Europe de la mise en valeur, dans la foulée de la percée acquise de Descartes à Newton, d'une multitude de micro-innovations réparties sur un très large front recouvrant à peu près tous les secteurs de l'activité humaine.

94.              COTTRET (Bernard). Terre d'exil. L'Angleterre et ses réfugiés français et wallons, de la Réforme à la Révocation de l'Edit de Nantes, 1550-1700. Aubier, 1985, in-8°, 337 pp, avant-propos d'Emmanuel Le Roy Ladurie, documents, sources, broché, couv. illustrée, trace de mouillure ancienne au 2e plat, sinon bon état (Coll. Historique). Edition originale, ex. du SP

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"Précédé d'une ample et belle introduction d'Emmanuel Le Roy-Ladurie, ce livre d'un jeune historien et angliciste mérite doublement l'attention. D'abord parce qu'il apporte à l'histoire des mentalités une contribution de qualité, qui ne dépare nullement la féconde école de Lucien Febvre et de Robert Mandrou. Ensuite parce qu'il éclaire d'un jour nouveau le destin de la minorité réformée du Refuge anglais durant le siècle et demi qui va de 1550, année où est promulguée la charte d'Edouard VI, jusqu'au déclin du règne de Louis XIV..." (Frank Lestringant, Bulletin de l'Association d'étude sur l'humanisme, la réforme et la renaissance, 1986)

95.              CYRANO de BERGERAC (Savinien de). L'Autre Monde, ou les Etats et Empires de la Lune et du Soleil. Nouvelle édition revue sur les éditions originales et enrichie des additions du manuscrit de la Bibliothèque nationale. Avec une notice bio-bibliographique par Frédéric Lachèvre. Garnier, s.d. (1942), in-12, lxvi-324 pp, bibliographie des oeuvres, notice biographique, histoire posthume de Cyrano de Bergerac, les mazarinades de Cyrano de Bergerac, notes, index des noms de personnes, broché, bon état (Coll. Classiques Garnier)

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Sous le couvert d'un conte, Cyrano de Bergerac, féroce pamphlétaire, critique avec provocation les institutions et les valeurs de son temps. Le narrateur se rend dans la Lune où il découvre un monde qui ne cesse de l'étonner. A travers les observations du voyageur, l'auteur dénonce les faiblesses et les défauts de la société du XVIIe siècle.

96.              DARGENT (Raphaël). Catherine de Médicis. La Reine de Fer. Editions Grancher, 2011, in-8°, 414 pp, biblio sélective, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Machiavélique, empoisonneuse, criminelle, responsable du massacre de la Saint-Barthélemy : telle est pour une majorité de Français l'image de Catherine de Médicis. Or celle qui a gouverné la France pendant plus de trente ans, soit directement, soit par l'intermédiaire de ses fils, tous trois rois de France, mérite mieux que cette image caricaturale. Pragmatique et adepte de la négociation, l'éternelle dame en noir fut au contraire une infatigable faiseuse de paix, soucieuse de maintenir la concorde nationale, quitte à apparaître à chacune des factions qui s'entredéchiraient alors – huguenots et ligueurs catholiques – comme une menteuse et une intrigante. Cette femme, dont la vie fut marquée du sceau de la mort – celle de ses parents, celle de son mari, celle de la plupart de ses enfants –, fit tout pour préserver la vie des Français. Elle n'hésita pas à se compromettre afin de maintenir l'équilibre entre des forces antagonistes, décidées à en découdre jusqu'à livrer le pays à feu et à sang. Il fallut pour cela qu'elle se résolve à certaines extrémités : Catherine de Médicis fut une reine de fer. Que fût-il advenu de la France si son bras avait reculé, si sa main avait tremblé ?

97.              DELUMEAU (Jean). La Civilisation de la Renaissance. Arthaud, 1967, fort in-8° carré, 718 pp, 230 héliogravures en noir sur 140 planches hors texte, 8 planches en couleurs hors texte, 81 cartes et plans, tableaux chronologiques, biblio, index documentaire, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations). Edition originale, ex. du SP

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Il n'y a pas, contrairement à une opinion longtemps accréditée, de coupure brutale entre la Renaissance et le Moyen Age. Sa jeunesse, son dynamisme, sa volonté de renouveau ne l'opposent pas plus au monde médiéval qu'ils ne la relient à celui de l'Antiquité retrouvée. Déjà Burckhardt, qui négligeait l'économie, affirmait, voici un siècle, que la Renaissance n'avait pas été, pour l'essentiel, une renaissance de l'Antiquité. On mesure mieux la vérité de ce jugement aujourd'hui où l'histoire restitue aux faits économiques la place qui leur revient. Le retour à l'Antiquité n'a été pour rien dans l'invention de l'imprimerie, de la lettre de change ou de la caravelle, et il ne saurait expliquer la science picturale d'un Van Eyek ou les études de perspective d'un Léonard de Vinci. Il reste vrai cependant que l'Italie, par ces humanistes, par ses artistes, par ses hommes d'affaires, par ses ingénieurs a été le pays d'avant-garde et le principale responsable de l'essor européen. L'auteur s'est résolu, faute de mieux, à conserver le terme consacré par l'usage, mais il doit être bien entendu que le mot Renaissance n'est plus acceptable dans son sens originel. Il ne saurait signifier, dans le cadre d'une histoire totale, que la promotion de l'Occident à l'époque où la civilisation de l'Europe a, de façon décisive, distancé les civilisations parallèles. Pourquoi et comment cette montée de l'Occident a-t-elle élaboré une civilisation qui s'est imposée au monde entier ? Telle est la question à laquelle s'efforce de répondre ce livre.

98.              DUJARRIC de LA RIVIÈRE (René) et Madeleine CHABRIER. La vie et l’oeuvre de Lavoisier d’après ses écrits. Albin Michel, 1959, pt in-8°, 316 pp, biblio, broché, un portrait de Lavoisier en couv., bon état

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"Ce livre comprend trois parties : 1) une biographie de Lavoisier (avec des détails sur son incarcération et son exécution) ; 2) un exposé de sa méthode de travail ; 3) une analyse de son œuvre scientifique et de ses écrits sur les finances, l'administration et l'agronomie." (Revue française de science politique, 1960)

99.              FEBVRE (Lucien). Le Problème de l'incroyance au XVIe siècle. La religion de Rabelais. Albin Michel, 1942, in-8°, xxvii-549 pp, édition revue avec 6 planches hors texte, biblio, index, reliure pleine toile brique, dos lisse, pièces de titre et de collection chagrin bordeaux, couv. conservées (rel. de l'époque), très bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité)

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Le Problème de l'incroyance est un magnifique livre sur Rabelais, un extraordinaire effort pour faire revivre sa « singulière vitalité ». Mais c'est surtout un décisif discours de la méthode historique, dans la mesure où il ne veut pas raconter qu'un Rabelais possible, participant d'un temps difficile où la curiosité des hommes était immense, les enthousiasmant et les inquiétant tout à la fois, mais engageant certains d'entre eux dans la voie d'un humanisme érasmien combattant pour défendre, contre le « sacrilège » de l'anachronisme qui nie l'autre comme différence, la liberté de Rabelais d'avoir eu sa vérité, en son temps et en son âme. En publiant ce livre durant les jours sombres de 1942, Lucien Febvre n'était-il pas animé de la même confiance dans la puissance de l'intelligence que celle qui fit inscrire à Rabelais, sur la grande porte de Thélème, les mots interdisant l'entrée aux « hypocrites, bigots, vieux matagots, marmiteux, boursouflés... » ? Ne voulut-il pas écrire un livre à « plus hault sens », un message d'espérance dans l'avenir de l'histoire ?

100.          GARRISSON (Janine). L'Edit de Nantes. Chronique d'une paix attendue. Fayard, 1998, in-8°, 449 pp, 4 cartes, biblio, sources, 2 index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Venant après sept édits de pacification, tous éphémères, l'Edit de Nantes suscita peu d'étonnement lors de sa promulgation, comme si rien ne pouvait être acquis dans le domaine de la tolérance. Dans une France où "ceux de la Religion" étaient soumis à mille vexations dans l'exercice du culte et dans leur vie quotidienne, qui aurait pu imaginer que cette paix serait "perdurable" et qu'elle serait, ainsi que le proclamait le texte de l'édit, "le principal fondement du rétablissement de l'Etat en sa première grandeur" ? C'est la gestation de cette paix, depuis longtemps revendiquée par une minorité, que relate ce livre. On y voit comment dans un pays déchiré par des troubles autant civils que religieux, Henri IV et une poignée de ses sujets ont su apaiser les passions et gagner les Français à l'idée de tolérance. Faire coexister deux religions dans un royaume : l'idée était encore nouvelle en Europe et, pour la réaliser, il faudra toute l'intelligence politique du roi mais aussi la pression des assemblées protestantes. Après des mois de discussions au cours desquelles les députés huguenots et les conseillers royaux font l'apprentissage de l'art de la négociation, le traité est enfin signé. C'est en fait un compromis entre les exigences des uns et des autres, puisque les réformés obtiennent la liberté de conscience et l'égalité des droits mais non l'entière liberté de culte. Au bout du compte, l'Edit de Nantes restitue à l'Eglise romaine sa suprématie tout en assurant aux protestants une place dans le renouveau de la civilisation française. — Janine Garrisson, professeur émérite des universités, est l'auteur de nombreux livres sur l'histoire politique et religieuse du XVIe siècle. On lui doit en particulier Les Protestants au XVIe siècle (Fayard, 1988 et 1997) et Marguerite de Valois (Fayard, 1994). Elle a également présenté une édition annotée de l'Edit de Nantes (Atlantica, 1997).

101.          GUYÉNOT (Emile). Les Sciences de la vie aux XVIIe et XVIIIe siècles. L'idée d'évolution. Albin Michel, 1941, in-8°, xxi-462 pp, biblio, index, reliure pleine toile brique, dos lisse, pièces de titre et de collection chagrin bordeaux, couv. conservées (rel. de l'époque), très bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité). Edition originale

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"Cherchant à retracer l'évolution des idées sur la vie et les êtres vivants, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, ce livre n'est ni une histoire de la Zoologie, ni une histoire de la Botanique. Sa pensée directrice s'inspire du fait que c'est à la fin du XVIIIe siècle que fut peu à peu construite, puis formulée, la Théorie de l'Évolution qui devait imprimer un si prodigieux essor à l'étude des sciences naturelles et renouveller la philosophie scientifique..." (Introduction) — "Ce volume abondant et clair, d'une érudition précise et sûre, raconte comment peu à peu naquit, à la fin du XVIIIe siècle, l'idée d'Évolution. Nous ne pouvons songer à inventorier les richesses que l'érudition de M. Guyénot y a fait tenir ; le lecteur y trouvera le même plaisir que nous y avons puisé. Donnons seulement un aperçu de la manière dont il est distribué. Le livre premier raconte le développement de la « systématique » botanique (ch. I et II) et zoologique (ch. III à V) et consécutivement, l'établissement de la nomenclature (ch. VI). (...) Le livre second concerne l'anatomie et la physiologie végétales (ch. I), l'anatomie et la physiologie animales (ch. II à IV) et la biologie expérimentale (ch. V). (...) Le livre troisième expose les solutions qui ont été successivement données au problème le plus passionnant, le plus compliqué, et aussi le plus décisif pour l'avenir de la biologie: le problème de la génération (...) Le livre IV pourrait s'intituler : « Enfin Lamarck vint. » II est consacré en effet à la naissance du Transformisme. Et, bien que le transformisme soit né, exactement, en 1800, le 21 floréal an VIII, il faut dire, tout de même, que c'est une idée du XVIIIe siècle, et même le couronnement des idées de ce siècle..." (Revue de métaphysique et de morale, juillet 1944)

102.          ISLER-de JONGH (Ariane) et François FOSSIER. Le Voyage de Charles Magius, 1568-1573. Arcueil, Anthèse, 1992, gr. in-4°, 80 pp, qqs illustrations et cartes, 8 illustrations en couleurs, 17 planches en couleurs dont une sur double page, index, reliure toile bordeaux de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale de cette première publication en couleurs du manuscrit “Le voyage de Charles Magius”, conservé à la Bibliothèque Nationale

            60

Longtemps considéré comme une fable, le voyage de Charles Magius est une histoire vraie. Gentilhomme vénitien mort vers 1587, il occupe les fonctions de secrétaire de la République Sérénissime. Dans les années précédant la guerre avec l'Empire Ottoman, il accomplit diverses missions qui l'amènent à voyager dans le bassin méditérranéen oriental. Fait prisonnier par les Turcs peu avant la bataille de Lépante, il rentrera à Venise quelques années plus tard. Ses tribulations sont relatées dans un volume daté de 1578, comprenant dix-huit pages de peintures. Par delà l'aspect documentaire des images, ce codex est encore un testament illustré légitimant sont fils Antonio, né en 1571 pendant sa captivité, et un voyage initiatique. Les figures emblématiques accompagnées de devises qu'entourent les vignettes donnent un sens général aux événements relatés. Probablement exécuté par un paysagiste flamand à la demande de Charles Magius, le volume apparaît dans diverses bibliothèques françaises à partir de 1759. Le duc de la Vallière lui adjoint un commentaire imprimé en 1761. Lors de la vente après décès du duc en 1784, il est acheté pour la Bibliothèque du Roi. — Les tribulations d'un espion de la Sérénissime (François Fossier) ; Le voyage de Charles Magius ; Le codex Maggi, rapport de mission ou testament initiatique (Ariane Isler-de Jongh).

103.          [Journal de Trévoux]. Mémoires pour l'Histoire des Sciences & des beaux Arts ; Commencés d'être imprimés l'an 1701 à Trévoux, & dédiés à son Altesse Sérénissime Monseigneur le Prince Souverain de Dombes. Janvier 1747, Février 1747, Mars 1747. P., Chaubert, 1746-1747, in-12, 576 pp, pagination continue, reliure plein veau naturel, dos à 5 nerfs pointillés, titres et caissons dorés ornés, coupes guillochées, tranches marbrées (rel. de l'époque), bon état

            60

Ces "mémoires", appelées "Journal de Trévoux", furent rédigées par des jésuites. "Ils ont produit un véritable journal d'opinion qui a joué dans le monde, d'information bibliographique et de capitalisation documentaire, ouvrant sur d'autres enjeux, scientifiques, culturels et méta-historiques. De fait, le contenu des Mémoires fondé sur les comptes rendus d'ouvrages délibérément sélectionnés et donc sur le principe de l'extrait (...), se prête parfaitement à une rhétorique de l'implicite, où le jeu polémique s'exprime à la fois dans la discontinuité et le pointillisme de ces morceaux choisis comme représentatifs d'un ensemble." (Isabelle Turcan, Université de Lyon) — Ce volume contient entre autres des articles sur l'Essai sur l'électricité de l'Abbé Nollet, la Théologie des insectes, les Expériences & démonstrations faites à la Salpétriére & à S. Côme, pour servir de preuves & de suite à l'Essai sur les Maladies des Dents par M. Bunon, etc., etc.

104.          LA FAYETTE (Mme de). Mémoires de la Cour de France, pour les années 1688 et 1689. Editions Galic, 1962, pt in-8°, 175 pp, avant-propos et notes (pp. 131 à 175) de Monique Cormand, cart. de l'éditeur avec titre doré et une vignette contrecollée au 1er plat, bon état. Réimpression de l'édition de Paris, Colnet et Pillet Aîné, 1823

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La plus grande romancière du XVIIe siècle ; on le savait. Mais aussi un des plus grands mémorialistes de son temps. On retrouvera dans les Mémoires de la Cour de France pour les années 1688 et 1689 la même alliance subtile de l'art et de la vérité. Mais, derrière les grands événements politiques, voici les intrigues sordides, les traits généreux ou héroïques, les anecdotes savoureuses : un siècle, ses grandeurs, ses misères.

105.          LEFLON (Jean). Pie VII. 1. Des Abbayes bénédictines à la Papauté. Plon, 1958, in-8°, ii-620 pp, un portrait en frontispice, broché, bon état

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Tome I, seul paru : Barnabé Chiaramonti (1742-1823) fut élu pape à Venise le 14 mars 1800. — "Cet ouvrage est écrit de main de maître. Si on a quelquefois l'impression de s'égarer dans les campagnes de la Romagne ou dans les détours inattendus de la vie des abbayes bénédictines à Césène, à Parme et à Rome, dans les discussions théologiques qui opposent jansénistes ou philojansénistes aux Jésuites ou dans les courants démocratiques du pré-Risorgimento, on accompagne cependant l'auteur avec plaisir, tant son style est agréable, ses notations psychologiques averties, tant on découvre, au tournant de la page, tout l'intérêt de ses considérations pour comprendre l'enfance et la jeunesse de Pie VII. C'était, en effet, presque une gageure de décrire les trente premières années de Barnabé Chiaramonti, alors que les documents se taisent..." (A. Simon, Revue belge de philologie et d'histoire, 1960)

106.          LOUIS XVI. Réflexions sur mes entretiens avec le duc de La Vauguyon. P., Communication & Tradition, 2000, in-8°, 128 pp, préface de Jean Meyer, broché, couv. illustrée, bon état

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Ce texte fut écrit par le jeune Dauphin Louis-Auguste, futur Louis XVI, sans doute peu de temps après la mort de son père, survenue en 1765. Le Dauphin avait obtenu de Louis XV la direction absolue de l'éducation de ses enfants et nomma le duc de Vauguyon gouverneur. Cette publication est le résultat des entretiens qu'eut le futur Roi avec son gouverneur : ils sont au nombre de 33 et concernent les sujets les plus variés – Plan d'éducation, Sur la loi naturelle, Sur la piété, Sur la justice, etc. L'original a disparu le 10 août 1792 lors du sac qui suivit la prise du palais des Tuileries. Mais une copie en avait été faite par son frère le comte de Provence. Elle fut retrouvée en 1816, offerte au roi Louis XVIII, perdue de nouveau lors des journées de juillet 1830. On retrouva heureusement le manuscrit en 1836, et il fut publié sous forme imprimée par le ministre Louis Falloux en 1865. C'est cette édition qui a servi de base à celle-ci.

107.          MACAULAY (Thomas Babington). Histoire d'Angleterre, depuis l'avènement de Jacques II (1685) jusqu'à la mort de Guillaume III (1702). Laffont, 1989, 2 vol. in-8°, 1140 et 1220 pp, traduit de l'anglais par Jules de Peyronnet et Amédée Pichot, introduction, biographie, notes et cartes établies par Michel Derouard, 7 cartes, dictionnaire historique, chronologie, biblio, index, brochés, sous emboîtage cartonné illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Bouquins)

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"Le dessein de Macaulay ne fut jamais de raconter par le détail ce que connut la Grande-Bretagne depuis les temps les plus reculés jusqu'à 1850. Son récit couvre les événements survenus depuis la glorieuse révolution de 1688, où le gouvernement de la nation passa sans violence du souverain au Parlement, jusqu'à la fin du règne de l'intraitable ennemi de Louis XIV, Guillaume III (1689-1702), au cours duquel les institutions de la monarchie constitutionnelle virent le jour. Macaulay, profondément libéral, dépeint ces années où s'affirma la puissance croissante de l'Angleterre et où naquit la démocratie moderne. Il entraîne le lecteur en cette fin du XVIIe siècle avec la rigueur d'un précurseur de l'école historique anglaise contemporaine et le génie d'un écrivain doué des mêmes talents que son maître : sir Walter Scott." – "Essayiste, critique littéraire, poète et surtout historien, lord Macaulay (1800-1859) fut l'une des personnalités les plus importantes de la première moitié du XIXe siècle en Grande-Bretagne. Ce fut aussi un homme politique, un administrateur de l'Inde, un homme d'Etat de premier plan. Ses Essais parus dans la Revue d'Edimbourg et l'extraordinaire succès de son Histoire d'Angleterre, publiée de 1848 à 1855, lui assurèrent une célébrité universelle et l'une des plus opulentes fortunes jamais acquises par un écrivain (aux Etats-Unis, les ventes de son Histoire furent égales à celles de la Bible à la même époque !). Ami de William Makepeace Thackeray et de tout ce que la littérature et la politique comptaient de plus illustre entre 1825 et 1859, Macaulay connut et connaît encore à ce jour une renommée aussi prestigieuse parmi les historiens qui suivent ses pas que parmi les lecteurs fascinés par ses exceptionnels talents de conteur." (Michel Derouard)

108.          MASSON (Frédéric). Le marquis de Grignan, petit-fils de madame de Sévigné. Plon, 1882, in-8°, 313 pp, 4 documents en appendice, reliure demi-vélin à coins, dos lisse, pièce de titre basane havane (rel. de l'époque), coiffe sup. lég. abîmée, bon état. Peu courant

            70

"En se rappelant combien la vie du marquis de Grignan (1671-1704) a été courte et, en dépit de son beau nom, obscure, on a peine à se défendre d'une certaine prévention contre un livre de plus de 300 pages sur ce colonel de 18 ans. Mais il ne s'en dégage pas moins un sérieux intérêt ; c'est qu'à coté de cette carrière militaire si vite interrompue, sans que cet enfant gâté de la fortune ait pu justifier ses faveurs, il y a l'histoire d'une grande famille obérée par le faste et la représentation, sacrifiant à l'avenir de l'héritier de son nom les affections domestiques et jusqu'au préjugé du sang et frustrée dans ses espérances et dans ses calculs par la mort de cet héritier. L'histoire des Grignan est celle de beaucoup de familles de l'ancien régime, on peut presque dire qu'il n'en est pas qui n'offre à un moment donné des faits analogues. Les humbles sollicitations que les Grignan adressent aux ministres, leurs sacrifices pécuniaires pour faire faire brillante figure au marquis à la tête de son régiment et de sa brigade, les dépenses que leur impose le séjour des enfants de France et du roi d'Espagne dans leur gouvernement nous font assister à la vie de cette noblesse chez qui le sentiment de l'indépendance avait fait place au culte de l'honneur, honneur qui se réduisait dans la vie civile à la vanité et à la jouissance de privilèges et qui ne reprenait son vrai sens, son caractère élevé que sur les champs de bataille. M. Masson n'a négligé aucune recherche pour agrandir, pour féconder son sujet. Ce n'est pas le seul signe auquel on reconnaisse l'amour avec lequel il l'a traité ; dans la façon dont son livre est pensé et écrit, on sent aussi la connaissance et l'intelligence du passé auquel appartient son héros." (G. Fagniez, Revue Historique, 1882)

109.          MEYER (Jean). Colbert. Hachette, 1981, gr. in-8°, 369 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Dans son avant-propos, Jean Meyer justifie son entreprise par la nécessité de « faire le point » à propos de Colbert. En effet de nombreux travaux depuis deux décennies ont contribué à modifier les perspectives anciennes. Il désire en outre « éclairer d'un jour serein et plus compréhensif » l'histoire du grand ministre. De fait, Jean Meyer ne se contente pas d'écrire un livre de référence, large synthèse de toutes les recherches faites jusqu'à ce jour, il a réalisé une oeuvre originale où percent à toutes les pages des points de vue très neufs. Livre d'histoire, son Colbert est aussi une réflexion sur l'époque, sur l'économie, la société, la politique qui annonce son grand livre sur l'Etat..." (Jean-Marie Constant, Annales ESC, 1985).

110.          MONGRÉDIEN (Georges). La Journée des Dupes. 10 novembre 1630. Gallimard, 1961, in-8°, xxiv-276 pp, 32 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, rhodoïd, bande éditeur conservée, bon état (Coll. Trente journées qui ont fait la France). On joint 2 coupures de presse sur la mort de G. Mongrédien le 15 novembre 1980 et une carte de visite autographe de Mme Georges Mongrédien

            25

La journée des Dupes désigne les évènements des dimanche 10 et lundi 11 novembre 1630 au cours desquels le jeune roi de France Louis XIII, âgé de 29 ans, réitère contre toute attente sa confiance à son ministre Richelieu, élimine ses adversaires politiques et contraint la reine-mère Marie de Médicis à l'exil.

111.          PERSON (Françoise de). Bateliers sur la Loire, XVIIe-XVIIIe siècles. La vie à bord des chalands. Chambray-lès-Tours, C.L.D., 1994, gr. in-8°, 268 pp, 40 illustrations et fac-similés, une carte,un tableau généalogique, glossaire, poids et mesures, sources, reliure pleine toile éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale tirée à 2100 exemplaires, tous numérotés

            40

"Navigable au 18e siècle depuis Saint-Rambert, formant avec ses affluents, Allier, Cher, Vienne, Mayenne, Loir, un réseau pénétrant au cœur du royaume, unie au bassin fluvial de la Seine par les canaux de Briare et d'Orléans, la Loire est l'axe majeur du commerce intérieur de la France, qui relie le commerce méditerranéen au commerce atlantique. Certes, les conditions ne sont pas idéales, il faut choisir son temps entre les basses eaux et les crues, faire alterner la voile et le halage, trop souvent désensabler un bateau, perdre un temps précieux aux trop nombreux péages. Que transporte-t-on ? D'abord d'énormes quantités de vin pour Paris, la facilité du transport poussant à la production de masse où Orléans et Blois laissent leur réputation à ne produire que le "gros teinturier", version ancienne du "gros rouge" ; les matériaux de construction, dont la pierre d'Apremont ; le bois sous toutes ses formes, bois de vigne, de chauffage pour la capitale, de marine pour les chantiers de l'Atlantique ; le blé, denrée vitale et soumise à la convoitise émeutière en cas de disette ; le sel enfin, objet d'une contrebande qui fait souvent du batelier un faux-saunier. En moindre quantité, on trouve aussi le poisson d'eau douce et de mer, les faïences, le sucre et les produits coloniaux, le charbon de terre. Le bateau est un lieu de vie, on y habite, on y mange et boit, et les inventaires après décès sont là pour nous renseigner sur cette vie matérielle et le contenu du coffre du batelier. Le travail est difficile, il faut l'apprendre sous la conduite d'un maître qui doit enseigner, discipliner, tenir ses comptes. Il n'est pas sans danger, les récits de naufrage où il faut tâcher de sauver sa peau, mais aussi la cargaison, en témoignent. In fine, le livre donne la parole aux voyageurs, qui se plaignent de l'arbitraire et de la grossièreté des bateliers. Au total, un livre alerte, étayé par de nombreux documents d'archives, qui invite hardiment le lecteur à "entrer en bateau"." (Claude Michaud, Dix-huitième Siècle, 2002)

112.          PONTAL (Edouard). L'Université et les Jésuites. Deux procès en cour de parlement au XVIe siècle. Etude historique. P., Baltenweck, 1877, in-12, 83 pp, broché, qqs rousseurs, bon état

            20

"... Après nous avoir fait assister la décadence de l'Université au XVIe siècle, M. Edouard Pontal, ancien élève de l'École des chartes, montre qu'à cette époque la cause de l'enseignement réclamait des maîtres nouveaux : « les papes et les rois les demandèrent aux Jésuites.» Mais à quelle époque précise remonte l'admission de la Compagnie de Jésus en France ? Henri II accorda dans ce but aux jésuites, en 1551, des lettres patentes renouvelées par le même roi en 1553..." (Ernest Babelon, Revue des Questions historiques, 1877)

113.          PRIMI VISCONTI (Jean-Baptiste). Mémoires sur la cour de Louis XIV, 1673-1681. Perrin, 1988, in-8°, 196 pp, introduction et notes de Jean-François Solnon, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Né dans la Haute Italie, naturalisé français en 1687, Primi Visconti a observé avec curiosité et malice la cour de Louis XIV entre 1673 et 1681 : vaut surtout par les portraits, souvent peu flattés : chapitre curieux sur l'affaire des poisons." (André VIII, 8688).

114.          PROA (Jean-Jacques). Mémoires d'un marin rochelais. Présentation d'André Coupleux. Le Croît vif, 1993, in-8°, 271 pp, 3 gravures et un tableau généalogique dans le texte, reliure simili-cuir bleu, dos lisse avec titres, filets et fleurons dorés, 1er plat de couv. et dos conservés, bon état (Coll. Témoignages). Peu courant

            80

Capitaine de bateau assurant la traite des noirs dans le cadre du commerce triangulaire (La Rochelle, côtes de l'Afrique, Antilles), Jean-Jacques Proa a laissé des mémoires retrouvés par André Coupleux. Un témoignage de première importance.

115.          PUAUX (Anne). Madama, fille de Charles Quint. Régente des Pays-Bas. Payot, 1987, in-8°, 430 pp, 8 pl. de gravures hors texte, une carte, généalogie simplifiée de la maison Farnèse, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

Il revient aux Italiens d'avoir baptisé "Madama" la fille bâtarde de Charles Quint, Marguerite d'Autriche, et d'avoir donné son nom aux palais et villas qu'elle a habités à Rome. Flamande de naissance, Marguerite était vouée dès son jeune âge, par les froids calculs de l'empereur, à une destinée italienne. Enlevée à onze ans à la vie modeste que lui faisaient ses parents adoptifs, elle se retrouve, à treize ans, duchesse de Florence. Veuve deux ans plus tard, lorsque son mari périt assassiné par Lorenzaccio, son père, contre son gré, la cède au pape Paul III pour son petit-fils, Ottavio Farnèse. Elle devient à ses côtés duchesse de Parme. Plus tard, le roi d'Espagne, Philippe II, son demi-frère, l'utilisera sur un autre théâtre et lui confiera le gouvernement des Pays-Bas, au moment le plus dramatique de leur histoire. Elle terminera sa vie dans l'austérité d'une retraite orgueilleuse sur ses terres des Abbruzzes. Jetée par le jeu des mariages sur la scène européenne comme la plupart des princesses de son temps, elle refuse d'être une victime pieuse et passive et s'efforce de jouer un rôle digne de la fille de l'empereur. Si elle n'y parvient qu'à demi – car en cette époque trouble, rien ne peut réussir –, elle domine cependant les événements avec un courage et une lucidité hors du commun. Aux Pays-Bas, sans cesse contrecarrée dans ses entreprises par l'autocrate de l'Escorial, ses efforts pour pacifier le pays demeureront vains et sa mission s'achèvera sur la répression impitoyable du duc d'Albe et l'exécution dramatique du comte d'Egmont. Associée à cet échec, jugée italienne en Flandre et flamande en Italie, Madama a été le plus souvent méconnue. Comment ne pas suivre avec intérêt le destin singulier de cette princesse de la Renaissance, au travers de péripéties que l'on jugerait aujourd'hui inhumaines. – L'auteur a occupé des postes diplomatiques à New York, Beyrouth, Bonn et Rome, et a été ambassadrice au Caire et à Rome.

116.          ROTH (Cecil). Doña Gracia Nasi. Liana Levi, 1990, in-8°, 227 pp, traduit de l'anglais, préface de Catherine Clément, notes, table chronologique, index, biblio, arbre généalogique, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Siècle des découvertes, des horizons qui s'ouvrent, des épices exotiques importées d'Orient, des femmes célèbres, le XVIe siècle est aussi celui de l'Inquisition, de l'intolérance, de la torture. Doña Gracia, grande dame de la Renaissance, vit cette double réalité. Issue d'une famille de marranes, elle dirige la "banque" Mendes, rivale de celle des Médicis, et doit quitter le Portugal. À Anvers elle fréquente la cour de Charles Quint. Rois et princes empruntent à la banquière et utilisent sans scrupules le chantage à l'Inquisition. Doña Gracia joue avec le feu, car ses agences servent de relais aux marranes en fuite. Jusqu'au jour où le danger devient trop pressant. Alors commence son périple : Lyon, Venise, Ferrare, et pour finir Istanbul, où Soliman le Magnifique l'accueille et la protège. De la Corne d'or, elle prononce le boycott d'Ancône, port des états pontificaux, coupables d'avoir mis les Juifs au bûcher. Pour la première fois dans l'histoire, les Juifs se dressent face à la persécution, sous la bannière d'une femme...

117.          SAINT-RENÉ TAILLANDIER (Mme). La Princesse des Ursins. Une grande dame française à la Cour d'Espagne sous Louis XIV. Hachette, 1948, in-8°, 245 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Figures du passé)

            25

"Mme Saint-René Taillandier a fait paraître une très intéressante étude sur la princesse des Ursins. Cette Française, aussi spirituelle qu'avisée, fut, envoyée par Louis XIV à la Cour d'Espagne, où le roi Philippe V, âgé de dix-sept ans, venait d'épouser Marie-Louise de Savoie qui en avait treize..." (Le Figaro)

118.          SOBOUL (Albert). La Civilisation et la Révolution française. I : La crise de l'Ancien Régime. Arthaud, 1970, fort in-8° carré, 635 pp, 222 héliogravures en noir et 8 pl. en couleurs hors texte, 53 cartes et plans, tableaux chronologiques, biblio, index documentaire, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations). Edition originale, ex. du SP

            35

"Dans la crise de l'Ancien Régime qui, en France, détermina finalement la Révolution, de multiples fibres se nouent. La tâche de l'historien consiste en partie à clarifier les rapports entre l'économique, le social, le politique... Qu'il se garde cependant de supposer que de telles distinctions aient été nettes pour qui vivait à la fin du XVIIIe siècle. Mais s'il veut aboutir pour la Révolution de 89 à une quelconque explication, force est bien pour lui de recourir à quelque théorie rattachant les mentalités et les idées aux besoins et aux pressions de la société. Si la grandeur d'un siècle se mesure à l'éclat de la pensée libre et au souci du destin terrestre des hommes, le XVIIIe siècle est sans conteste le plus grand de notre histoire. Couronné par la Révolution, il s'assigna une place exceptionnelle dans l'évolution du monde contemporain. Les hommes des Lumières voulurent, comme le proclama l'Incorruptible en l'an II, « remplir le voeu de la nature, accomplir les destins de l'humanité, absoudre la Providence du long règne du crime et de la tyrannie... et voir au moins briller l'aurore de la félicité universelle ». Siècle dont la valeur prophétique d'exemple n'est point encore épuisée. Ainsi s'expliquent sans doute ces vains efforts pour dénier au siècle des Lumières, siècle révolutionnaire par excellence, sa spécificité historique. Mais ainsi s'expliquent aussi le tressaillement qu'a ressenti le monde, et l'espoir persistant dans la conscience des hommes." (présentation de l'éditeur)

119.          YERUSHALMI (Yosef Hayim). De la Cour d'Espagne au ghetto italien. Isaac Cardoso et le marranisme au XVIIe siècle. Fayard, 1987, fort in-8°, 663 pp, 8 illustrations, index, broché, couv. illustrée, tranches lég. salies, bon état

            30

De la Cour d'Espagne au ghetto italien, tel fut le singulier destin de Fernando Cardoso, médecin marrane et apologiste juif. Né en 1604 au Portugal, élevé en Espagne, Cardoso, grâce à de brillantes études, devint médecin à la Cour de Philippe IV. Intellectuel respecté, il connut les plus grands de son temps – dont Lope de Vega – qui le tinrent pour l'un des leurs. Comme nombre de descendants de Juifs convertis de force, Cardoso menait une existence ouvertement chrétienne et clandestinement juive. En 1648, au faîte de sa gloire, il quitte brusquement l'Espagne et se réfugie en Italie. A Venise d'abord, dans le ghetto de Vérone ensuite, où il finira ses jours, il professe publiquement le judaïsme. Signant désormais Isaac Cardoso, il publie l'un des plus beaux textes de l'apologétique juive : “Las Excelencias de los Hebreos”. A travers cette biographie peu commune, Yosef Hayim Yerushalmi a profondément renouvelé la vision du marranisme. Pour la première fois, l'histoire des Crypto-Juifs d'Espagne et du Portugal n'était plus saisie dans une seule dimension – espagnole ou juive – mais dans le contexte des structures sociales, de la culture et de l'antisémitisme chrétiens de la péninsule ibérique et d'un judaïsme alors bouleversé par des courants messianiques. Elle révélait les mille canaux par lesquels la culture juive irriguait l'identité du marranisme. Cette enquête historique modèle, pistant les hommes, traquant les faits ignorés ou refoulés, découvrant des archives inédites, mesurant la véritable ampleur d'un des phénomènes clés de l'histoire du judaïsme et de l'histoire hispano-portugaise, fait, depuis sa publication en langue anglaise, figure de classique. – Yosef Hayim Yerushalmi est professeur à l'Université Columbia, où il occupe la chaire Salo Wittmayer Baron d'histoire, de culture et de société juives et où il dirige le Centre d'études juives et israéliennes. Membre de l'American Academy of Arts and Sciences, membre honoraire de l'Academia Portuguesa da História, il est notamment l'auteur de “Zakhor. Histoire juive et mémoire juive”, dont la publication en langue française (1984) fut saluée comme un événement.

RÉVOLUTION

 

120.          [Affaire de Varennes] – CHOISEUL (Duc de) – BOUILLÉ (Marquis de). Relation du départ de Louis XVI, le 20 juin 1791, écrite en août 1791 dans la prison de la haute cour nationale d'Orléans. - Suivi des Mémoires du marquis de Bouillé, lieutenant-général, sur le départ de Louis XVI au mois de juin 1791 ; avec des notes et observations, en réponse à la Relation de M. le duc de Choiseul, pair de France, extraite de ses Mémoires inédits ; et des deux relations également inédites de MM. les comtes de Raigecourt et de Damas ; celle de M. le capitaine Deslon, et le précis historique de M. le comte de Valory. P., Baudouin frères, 1822-1823, 2 vol. in-8°, iii-237 et viii-324 pp, les 2 ouvrages reliés ensemble en un volume demi-veau glacé cerise, dos lisse avec titre (“Affaire de Varennes”) et doubles filets dorés, tranches jaunes (rel. de l'époque), bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            200

En 1792, Bouillé (1739-1800) réprima la révolte de la garnison de Nancy et fut un des organisateurs malchanceux de la fuite du Roi. (Fierro, 194)

121.          BABEUF (Gracchus). La Guerre de la Vendée et le système de dépopulation. Introduction, présentation, chronologie, bibliographie et notes par Reynald Secher et Jean-Joël Brégeon. Tallandier, 1988, in-8°, 225 pp, tableau chronologique, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. In-Texte), envoi a.s. de Reynald Secher

            25

En 1795, dans un ouvrage publié à l'occasion du procès de Jean-Baptiste Carrier, l'auteur des noyades de Nantes, Gracchus Babeuf, père du communisme, l'une des grandes figures de la Révolution française, soulevait la question de fond de la nature de la répression perpétrée par la Convention en Vendée. Ce livre doublement, révolutionnaire par son contenu et son titre « Du système de dépopulation », se présente comme un réquisitoire très bien documenté, et d'une incroyable modernité, contre la politique dictatoriale menée par les Conventionnels et Robespierre en France, en 1793 et 1794, politique qui devait conduire, entre autres, à l'anéantissement et à l'extermination des Vendéens, Bleus et Blancs confondus, et de préférence des femmes des enfants.

122.          BORDONOVE (Georges). La Vie quotidienne en Vendée pendant la Révolution. Hachette, 1974, in-8°, 261 pp, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

La guerre de Vendée – que l'on confond à tort avec la Chouannerie bretonne et normande – fut un phénomène d'une ampleur et d'un caractère insoupçonnés. Mouvement essentiellement populaire et, en dépit des apparences, profondément démocratique puisque ses chefs furent choisis, sinon élus, pour leurs mérites et non pour leur naissance aristocratique. Guerre qui ne cesse de hanter l'imagination par sa violence et ses singularités et qui fut d'abord religieuse, quoique superficiellement liée à la cause royaliste. Qu'était en 1789 ce qu'on appelle par la suite la « Vendée militaire » ? Quelles étaient ses ressources en hommes et en subsistances, ses activités, ses mœurs et sa pensée ? Comment accueillit-elle les principes révolutionnaires et quels étaient, à l'aube de la Révolution, le rôle et l'influence des nobles et des prêtres ? Comment de paysans sans expérience purent-ils vaincre les armées de la Convention et les refouler du Bocage vendéen, avant de succomber sous les coups des Mayençais de Kléber ? Quelle était, au milieu des triomphes et des vicissitudes, la vie quotidienne de ces soldats en sabots et de leurs familles ? Cet ouvrage répond à ces différentes questions à partir d'anecdotes vérifiées, de documents irrécusables.

123.          CARNOT (Lazare). Révolution et mathématique. II. Introduction de Jean-Paul Charnay. P., L'Herne, 1985, in-8°, 505 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Classiques de la stratégie)

            30

Tome II seul (sur 2). — Carnot fut le stratège militaire de la Terreur révolutionnaire. Il est considéré comme le père des quatorze armées de la République par Stendhal et Hugo, et comme le « roi de la guerre » par Michelet. Amant passionné des Lumières, il fut emprisonné par lettre de cachet à la veille de la prise de la Bastille ; mathématicien éminent calculant l’énergie et poète érotique, il poussa sous le « rasoir national » – la guillotine –, Louis XVI et les Girondins, Hébert et Danton, Camille Desmoulins et sa tendre Lucile, Robespierre et Saint-Just, Babeuf et le premier communisme...

124.          CASTRIES (Duc de). La Vie quotidienne des émigrés. Hachette, 1966, in-8°, 312 pp, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Comment s'est constituée, entre 1789 et 1792, la société des émigrés ? Comment s'est-elle géographiquement répartie ? Quelles ont été ses premières réactions en adoptant, de gré ou de force, une nouvelle existence ? Le duc de Castries nous présente son ouvrage comme la peinture d'une "société insolite" : une société qui vit sous un règne auquel le monde ne croit pas ; une société composée d'une armée où les officiers sont plus nombreux que les soldats, d'un milieu où les grandes dames font elles-mêmes les provisions et le ménage, et dont les ecclésiastiques représentent le quart des effectifs...

125.          CLAVEL (Docteur Adolphe). Critique et conséquence des principes de 1789. P., Librairie des sciences sociales, Noirot et Cie, 1866, in-12, 295 pp, reliure demi-chagrin bordeaux, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale. Peu courant

            45

126.          DAUBAN (C. A.). Paris en 1794 et en 1795. Histoire de la rue, du club, de la famine, composée d'après des documents inédits, particulièrement les rapports de police et les registres du Comité de salut public. Avec une introduction. Ouvrage enrichi de gravures du temps et d’un fac-similé. Plon, 1869, gr. in-8°, xx-600 pp, 9 gravures sur 8 planches et un fac-similé dépliant hors texte, reliure demi-basane fauve, dos lisse avec titres et filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état. Edition originale

            120

"Les historiens de la Révolution trouveront dans le nouveau volume de M. Dauban de curieux et importants matériaux. Les rapports de police sont une mine féconde, où l'auteur a puisé des renseignements aussi neufs que saisissants. Ces « observateurs de l'esprit public, » dans le laisser-aller et la crudité de leur langage, en disent plus que bien des orateurs dont la voix a retenti à la tribune de la Convention ; cette vue intime de la Terreur est d'un prix inestimable. Les ordres du jour d'Hanriot ; des procès-verbaux de séances de clubs ; quelques lettres de Santerre, de Morris, du baron Trenck, de Kléber, de Billaut-Varennes, de Vadier, de Tallien, de Moncey, etc, ; des extraits des registres du Comité de salut public, viennent se joindre au fonds principal du livre, composé des rapports de police. M. Dauban commence son exposé au 1er nivôse an II (21 décembre 1793), et le poursuit jusqu'à la fin de fructidor (septembre 1794). Les documents comprennent encore une cinquantaine de pages pour l'an III et l'an IV, mais d'une façon moins continue et moins complète. Les illustrations sont, comme c'est d'ailleurs habituel aux publications de M. H. Plon, aussi nombreuses que soignées, et ce n'est pas là un des moindres enseignements (on ne saurait dire attraits) de cette promenade à travers la Terreur que l'auteur nous fait faire." (Revue des questions historiques, 1869) — "Composé en partie de rapports de police (extraits des Archives nationales) et en partie de citations puisées dans les écrits et mémoires contemporains." (Tourneux, 377)

127.          [DEDESSUSLAMARE, Pierre]. Tableau des dates, jours, mois et années du Calendrier Républicain français. Depuis son origine jusqu'à sa suppression, correspondants avec ceux du Calendrier Grégorien. Marseille, An XIV - 1805, pt in-8°, 186 pp, broché, dos absent, couv. d'attente de l'époque, emboîtage pleine basane brique, état correct. Bon exemplaire. Peu courant

            80

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, fut créé pendant la Révolution française, et fut utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. Il entre en vigueur le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), mais débute le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), jour de proclamation de la République, déclaré premier jour de l'« ère des Français ». Comme le système métrique, mis en chantier dès 1790, ce calendrier marque la volonté des révolutionnaires d'adopter un système universel s’appuyant sur le système décimal, qui ne soit plus lié à la monarchie ou au christianisme, en remplacement du calendrier grégorien. Outre le changement d'ère (renumérotation des années), il comprend un nouveau découpage de l'année, et de nouveaux noms pour les mois et les jours. Le calendrier révolutionnaire a été abrogé par un sénatus-consulte impérial le 22 fructidor an XIII (9 septembre 1805). Il fixe le retour au calendrier romain (grégorien) au 11 nivôse suivant (1er janvier 1806). Le calendrier révolutionnaire a donc été appliqué durant 12 ans, 2 mois et 27 jours.

128.          ENCKELL (Pierre). Matériaux pour l'histoire du vocabulaire français. Français familier, populaire et argotique, 1789-1815. Klincksieck, 1989, gr. in-8°, 249 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Datations et documents lexicographiques, 32), envoi a.s. du directeur de la collection, Bernard Quemada

            35

"La très remarquable collection lexicographique dirigée par B. Quemada poursuit régulièrement son développement, au hasard des lectures de ses collaborateurs ; parmi ces derniers P. Enckell est un des plus assidus et des plus productifs. La moisson qu'il présentait en février 1989, pour célébrer dignement le bicentenaire de la Révolution, nous rappelle aujourd'hui que la langue française, en son expressivité n'a rien inventé, en cette décadence du siècle, qui n'ait déjà été expérimenté bien auparavant. Et son livre est justement un de ceux dont il ne s'agit pas de se foutre comme de l'an quarante : les locutions qu'il relève au hasard de ses lectures, qu'il atteste dans un fatras de textes obscurs, et qu'il origine très souvent, ne sont aucunement de la petite bière, mais bien au contraire de la meilleure farine, nom d'une pipe et Doux Jésus, dont il ne faudrait pas voir tourner les profits en brouet d'andouille pour nos contemporains..." (J.-P. Saint-Gérand, Romantisme, 1991).

129.          FAYON (Romuald). La Conquête de Marianne. Napoléon et la République (1769-1799). Les Indes savantes, 2016, gr. in-8°, 414 pp, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Cet ouvrage, issu d’un travail de recherche universitaire en Sorbonne, ne constitue pas une nouvelle biographie de Napoléon, ni même un nouveau panorama du bonapartisme ; il ne s’agit pas davantage de relater une nouvelle histoire de l'« idée républicaine » ou du « modèle » qui en résulte. Le présent livre vise à combler un vide sur les rapports complexes et ambigus de Bonaparte et de la République comme idéal philosophique et comme régime politique ; il est également destiné à mettre en exergue ce que cette relation incestueuse révèle de l’inconscient collectif hexagonal. Le rapport d’attraction-répulsion entretenu par Napoléon avec la République, de ses années d’apprentissage jusqu’à sa prise du pouvoir en Brumaire, exige d’analyser de manière lucide et critique, non seulement le républicanisme napoléonien (dans ses réflexions, discours et actes personnels ou politiques), mais également les ambiguïtés et mutations de l’idéal et du régime républicains. Ce qui suppose de déterminer les influences ayant contribué à forger son républicanisme, comme les ambivalences de la relation de Bonaparte à la République. Au final, et sans préjuger de ce que devient et fait par la suite le Premier Consul puis l’empereur, cette étude tente de répondre à cette question importante et récurrente : Napoléon est-il vraiment républicain ?

130.          GAUDEL (Louis). Jean-Marie Hérault de Séchelles. P., La Révolution française, revue d'histoire contemporaine, nouvelle série, n° 1, 1935, gr. in-8°, 42 pp, (sur 109), broché, bon état

            20

On trouve dans le même numéro une étude de C. Bouglé sur “Proudhon et la Révolution française” (13 pp), des Lettres de l'Abbé Grégoire, éditées par Henri Cosson (20 pp) et une nécrologie de G. Lenôtre (3 pp).

131.          GUILLAUME (J.)(édité par). Procès-verbaux du Comité d'Instruction publique de la Convention nationale. Publiés et annotés par M. J. Guillaume. Tome septième. Table générale. Fasc. 1. A à F / Fasc. 2. Table générale. G à Z. P., Imprimerie Nationale, 1958, 2 vol. in-4°, viii-452 et 506 pp, introduction de Georges Bourgin, texte sur 2 colonnes, brochés, bon état

            100

132.          HERRIOT (Edouard). Lyon n'est plus. I. Jacobins et modérés. II. Le siège. III. La répression. IV. La réaction. Hachette, 1937-1940, 4 forts vol. in-12, 407, 515, 507 et 464 pp, 4 illustrations dont 3 frontispices hors texte, un plan, 2 cartes dépliantes hors texte en couleurs, brochés, bon état

            100

L'étude de référence sur Lyon et la région lyonnaise pendant la Révolution, depuis l'établissement de la République, au 21 septembre 1792, jusqu'au 14 pluviôse an VI (2 février 1798). Par l’étendue de la recherche, l’abondance, la variété des documents, la lecture de cet ouvrage, dépassant largement le cadre de l’histoire locale, est recommandée aux historiens et passionnés de la Révolution. — "C'est une grande oeuvre. Le président Herriot s'est proposé d'étudier « l'histoire tourmentée de Lyon et de la région lyonnaise » depuis l'établissement de la République jusqu'à l'avènement de Bonaparte. Sous, le titre de Jacobins et modérés, son premier volume retrace les luttes de partis à la fin de 1792 et jusqu'à l'insurrection anti-jacobine de mai 1793 ; le tome II décrit le soulèvement appelé (improprement pour Lyon) fédéraliste et la répression menée par la Convention jusqu'à l'écrasement de Lyon. Par l'étendue de la recherche, l'abondance, la variété et parfois, la rareté des documents, l'ouvrage se recommande d'emblée à l'attention des historiens de la Révolution. On appréciera particulièrement, croyons-nous, l'apport des archives de Chantilly et de certains dépôts étrangers ainsi que le large dépouillement des dépôts départementaux du sud-est de la France, qui ont permis de donner toute l'ampleur possible au tableau des déchirements de la France au milieu de 1793. Mais l'auteur ne saurait être seulement un érudit prodiguant les documents curieux : avec son expérience d'homme politique, avec sa connaissance de l'âme collective, il aime à analyser les réactions d'une ville, d'une assemblée, d'une nation, les variations de l'esprit public. Déjà le bon livre de Riffaterre, publié en 1912, avait prouvé le caractère municipal, antijacobin, antiparisien du mouvement lyonnais contre la Convention. Du livre de M. Herriot se dégage l'impression que les Lyonnais mirent une ténacité, une logique hélas chimérique, à poursuivre un rêve qui n'était point dépourvu de grandeur : opposer à la Convention montagnarde, à la dictature parisienne le droit, essentiellement républicain, de résistance à l'oppression, organiser « un mouvement dirigé contre les Jacobins, mais contenu dans les limites du programme républicain »." (André Latreille, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1939)

133.          IUNG (Lieutenant-colonel Th.). Bonaparte et son temps, 1769-1799, d'après des documents inédits. P., Charpentier, 1881-1883, 2 vol. in-12, xi-418 et 511 pp, 5 cartes dépliantes (la Corse, un plan d'Ajaccio, le théâtre des opérations de l'armée du Midi en juillet et août 1793, un plan du siège de Toulon, les opérations de l'armée d'Italie en 1794), plus un calendrier républicain dépliant, nombreuses pièces justificatives, brochés, pt mque au dos du tome I, bon état

            50

Tomes I et II seuls (sur 3).

134.          JUSSELIN (Maurice). Les Représentants d'Eure-et-Loir au corps législatif de 1789 à 1799. Chartres, Maurice Lester, 1939, gr. in-8°, 32 pp, broché, bon état, envoi a.s.

            20

Peu de départements peuvent offrir une liste de représentants renfermant autant de noms entrés dans l'histoire. Autour de Sieyès, Petion, Brissot, J.-F. Delacroix, Châles, Sergent-Marceau, c'est toute la Révolution qui dans ses premières années surgit... L'auteur était archiviste d'Eure-et-Loir.

135.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). La Fille de Louis XVI. Marie-Thérèse-Charlotte de France, duchesse d'Angoulême. Le Temple - L'échange - L'exil. Perrin, 1946, pt in-8°, 309 pp, 12 pl. de gravures hors texte (dont une sur double page), une illustration dans le texte, broché, jaquette illustrée (dos de la jaquette lég. taché), bon état (Coll. Mémoires et souvenirs sur la Révolution et l'Empire)

            25

"M. G. Lenotre nous conte aujourd'hui, dans un volume qui sera lu avec passion, la captivité de la jeune Madame Royale au Temple, les négociations auxquelles donna lieu son échange contre les prisonniers gardés par l'Autriche et aussi le séjour de la princesse à la Cour de Vienne. Une étude, aussi pittoresque que documentée, contenant des détails saisissants sur le régime de la prisonnière enfermée seule, depuis un an, au troisième étage de la Tour du Temple..." (Annales politiques et littéraires)

136.          LEVER (Evelyne). Philippe Égalité. Fayard, 1996, in-8°, 573 pp, notes, généalogies, sources, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

"A quoi puis-je aspirer ?" s'écrie le jeune Louis-Philippe Joseph, déjà las d'une vie princière dépourvue de responsabilités. Tel "le mercure qu'on ne peut fixer", le duc d'Orléans rêve de s'illustrer sur terre, sur mer et même dans les airs pourvu qu'on lui accorde toute liberté. Mais sa légèreté le dessert très vite aux yeux de Louis XVI. Ses aspirations déçues, il tente de reprendre à son compte la tradition frondeuse de la branche cadette et se jette tête baissée dans une opposition qui le conduira de la révolte à la Révolution. Certains sont même prêts à le désigner comme l'homme du recours. Le Palais-Royal, sa demeure, devient le haut lieu de la contestation parisienne en 1789. Mais ce richissime jouisseur libertin est-il si désireux de régénérer l'Ancien Régime ? Sans en être tout à fait persuadées, ses âmes damnées (à commencer par le sulfureux Choderlos de Laclos) ont beaucoup plus d'ambitions que lui. Entraîné d'intrigues en compromissions, ce velléitaire finira par voter la mort du roi sans l'avoir réellement voulu, avant de finir lui-même sur l'échafaud. Fondée sur de multiples sources inédites, cette biographie offre pour la première fois un portrait du père de Louis-Philippe.

137.          NORDMANN (Daniel)( dir.) L'Ecole normale de l'an III. Leçons d'histoire, de géographie, d'économie politique. Edition annotée des cours de Volney, Buache de La Neuville, Mentelle et Vandermonde, avec introductions et notes. Dunod, 1994, gr. in-8°, 482 pp, 5 gravures et photos, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            60

"Du 22 janvier au 12 mai 1795, les 1 200 élèves de l'École Normale entendirent cinq leçons d'histoire, treize de géographie et huit d'économie politique, qui furent dûment sténographiées. Les premières, professées par Volney, denses et brillantes, n'ont cessé d'être rééditées ; celles des géographes Buache et Mentelle tombèrent dans l'oubli ; les dernières dues à Vandermonde sont considérées comme l'inauguration d'une nouvelle discipline académique. La multidisciplinarité était un des principes de l'enseignement de l'École et les matières pouvaient s'interpénétrer. La liaison entre histoire et géographie était ancienne, née dans les collèges jésuites où les deux disciplines, d'abord servantes de l'explication des textes anciens, gagnèrent leur autonomie. En revanche, l'économie politique, nouvelle venue, fut conçue par Vandermonde comme une matière à traiter « d'une manière abstraite », théorique et logique, sans se préoccuper des applications à tel pays ou à telle époque, même si les nécessités pédagogiques entraînèrent l'utilisation d'exemples historiques..." (C. Michaud, Dix-huitième Siècle, 1995) — "Voici une publication érudite d'un intérêt exceptionnel. Un admirable appareil de contextualisation fait resurgir un moment méconnu de la fondation des sciences sociales en France. Si l'enseignement de l'histoire allait de soi dans une institution pionnière du nouveau système de vulgarisation du savoir, la présence de la géographie, et encore plus de l'économie politique, est remarquable, au sens propre du mot. (...) Lire ces pages qui transcrivent des propos à la fois préparés et improvisés (l'arrêté du 24 nivôse an III, créant l'École, n'enjoignait-il pas de tout soumettre aux sténographes « qui écrivent aussi vite qu'ils parlent » ?), suscite une réelle émotion : on perçoit un troublant mélange de simplicité encore républicaine, de certitudes fondatrices et de conjuration naïve de l'événement (le terrible hiver de l'an III pénètre dans l'Ecole avec les discussions sur le pain blanc et le pain noir au milieu des cours de Vandermonde)." (François Hincker, Annales historiques de la Révolution française, 1997)

138.          RIGAULT (Georges). Le général Abdallah Menou et la dernière phase de l'expédition d'Egypte (1799-1801). (Thèse). Plon-Nourrit et Cie, 1911, in-8°, xx-403 pp, biblio, broché, couv. salie, intérieur propre, bon état. Rare, envoi a.s.

            120

"En examinant la “Dernière phase de l'expédition d'Egypte”, M. Georges Rigault retrace le dernier chapitre de cette entreprise d'outre-mer et la part qu'y prit le général Menou. Son livre est, au fond, une espèce d'appel à la postérité en faveur de celui que les historiens et les manuels d'histoire ont toujours appelé « l'incapable Menou ». M. Rigault assure qu'on l'a condamné sur le « pamphlet » du général Reynier et les dictées de Sainte-Hélène, et qu'on le calomnie encore aujourd'hui, parce qu'au milieu de tant d'hommes de guerre, il était « avant tout un homme d'Etat »." (Rod. Reuss, Revue Historique, 1913)

139.          SÉDILLOT (René). Le Coût de la Révolution française. Perrin, 1988, in-8°, 285 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Vérités et légendes)

            20

Deux cents ans ont passé. La Révolution n'est plus tabou. Le temps est venu de faire la synthèse des travaux qui permettent d’évaluer son coût et celui de son épilogue impérial : coût en hommes, en territoires, en trésors artistiques, en termes d'industrie, d'agriculture, de commerce, de finance. Libre à chacun d’émettre sur l’événement un jugement subjectif et sentimental. Mais on a le droit et les moyens d'en estimer les bienfaits et les méfaits, d'en chiffrer les profits et les pertes. Combien de morts sur les champs de bataille ou sur l’échafaud, combien de kilomètres carrés de territoires gagnés ou cédés, combien de chefs-d’œuvre réalisés ou détruits, combien d’années de retard subies sur le terrain industriel ou commercial, quels déboires monétaires, quels déficits financiers imposés à la France et aux Français ? Et puis la France est-elle réellement devenue la patrie des droits de 1'homme, de la Liberté, de la Fraternité et de l’Egalité ? En confrontant la France de 1789 avec celle de 1815, René Sedillot, économiste de formation, historien de vocation, propose, non pas le survol d'un quart de siècle tourmenté, mais son solde comptable humain, juridique, culturel, économique, social. Avec l'esprit libre et dans le style clair qu'on lui connait, il dresse un bilan sans se soucier des légendes et des conventions.

140.          SÉDILLOT (René). Le Coût de la Terreur. Perrin, 1990, in-8°, 297 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Vérités et légendes)

            30

Le climat de la Terreur ; Les rouages de la Terreur ; Les apports de la Terreur ; Le prix financier de la Terreur ; Le prix économique de la Terreur ; Le prix culturel de la Terreur ; Le prix spirituel de la Terreur ; Le prix humain de la Terreur ; La Terreur terrorisée ; Les Terreurs confrontées.

141.          SELIGMAN (Edmond). La Justice en France pendant la Révolution (1789-1792). Plon, 1913, gr. in-8°, xi-600 pp, 2e édition, biblio, index, reliure demi-chagrin carmin, dos lisse refait avec titres et filets dorés, bon état

            80

Premier volume seul (sur 2) : la première édition a été publiée en 1901 et rééditée à l'occasion de la parution d'un second tome en 1913. — "Dans le premier volume, paru il y a douze ans, et réédité aujourd'hui même, M. Seligman avait étudié le passage de la justice de l'ancien régime à la justice du régime nouveau : ce que la Constituante avait renversé, ce qu'elle avait construit. Bien qu'il eût montré chemin faisant le fonctionnement des nouveaux tribunaux et raconté quelques affaires célèbres, telles que l'affaire Besenval, l'affaire Favras, l'affaire des 5 et 6 octobre, il s'était attaché surtout à l'organisation judiciaire, aux institutions. Ce nouveau volume, qui fait suite au précédent, présente un caractère différent. Les institutions y sont plutôt à l'arrière-plan, les « affaires » au premier... (...) Ce livre est un des plus neufs et des plus importants qui aient paru dans ces dernières années sur l'histoire de la Révolution." (Albert Mathiez, Annales révolutionnaires, 1913, à propos du second tome)

142.          VIBERT (Léon). Au temps de la Carmagnole. Tableaux et récits des temps révolutionnaires. Deuxième série. P., Vigot Frères, 1943, in-12, 262 pp, broché, bon état

            20

Deuxième série seule (sur 3), complète en soi. — Notations précises et pittoresques – Table : Méfiez-vous des faux mémoires ; Les clubs : les Feuillants et les Jacobins – les Cordeliers ; La chanson pendant la Révolution ; La Marseillaise ; La charte et le château de Saint-Ouen ; Hérault de Séchelles ; Deux conventionnels étaient-ils nudistes ? ; Les maisons de Talleyrand ; Parein Clerc de Bazoche, général de l'Armée républicaine ; Mirabeau-Tonnerre et Mirabeau-Tonneau ; Anacharsis Cloots ; Pache ; La Révolution et la Savoie ...

PREMIER EMPIRE

 

143.          ARTIS (Max). Lannes, duc de Montebello. Roman historique. Editions Mengès, 1981, gr. in-8°, 356 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 8 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Grâce à la Révolution, Jean Lannes, jeune apprenti teinturier né à Lectoure, devient général trois ans après s'être enrôlé dans un bataillon de volontaires en 1792. Se couvrant de gloire à Lodi et à Arcole, accompagnant Bonaparte en Egypte, favorisant le coup d'état du 18 brumaire, il se distingua à Montebello, Marengo, Austerlitz... Vainqueur de Friedland, il prit Saragosse et fut mortellement blessé à Essling. Jean Lannes, duc de Montebello, fut le meilleur maréchal de Napoléon, son ami le plus authentique, qui n'hésitait pas à le tutoyer pour lui dire la vérité en face. La veuve de ce Brave parmi les braves reçut de la main de l'Empereur cette lettre : "Ma cousine, le Maréchal est mort ce matin des blessures qu'il a reçues au champ d'honneur. Ma peine égale la vôtre. Je perds le général le plus distingué de mes armées, mon compagnon d'armes depuis seize ans, celui que je considérais comme mon meilleur ami. Sa famille et ses enfants auront toujours des droits particuliers à ma protection...". Cette biographie romancée du Maréchal Lannes fera découvrir une des figures les plus étrangement méconnues de la grande épopée révolutionnaire et napoléonienne. C'est également une fresque historique riche de mille détails sur ce que fut l'Empire, sa splendeur et sa misère.

144.          AUGUSTIN-THIERRY (Gilbert). Conspirateurs et gens de police. Le Complot des libelles (1802). Armand Colin, 1903, in-12, ix-299 pp, 6 pl. de gravures hors texte (dont 5 portraits), notes et pièces annexes, reliure demi-percaline carmin à coins, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque défraîchie), état correct

            40

Le complot des libelles est une conspiration organisée à Rennes contre Napoléon. Elle consistait en la diffusion de libelles et de pamphlets aux soldats dans l'ensemble des départements (majoritairement à Paris et dans les départements de l'ouest) cachés dans des jarres utilisées pour conserver et transporter le beurre.

145.          BAINVILLE (Jacques). Napoléon. Club du meilleur livre, 1957, in-8°, (12)-443 pp, 27 portraits gravés et une caricature de Napoléon hors texte, reliure pleine toile satinée rouge de l'éditeur, dos lisse, titres dorés, une vignette contrecollée au 1er plat, rhodoïd, bon état

            25

Aux yeux de Jacques Bainville, l'empereur est un héros marqué par la fatalité, victime d'une logique implacable qui le condamne par avance. Son portrait saisissant, écrit dans un style inimitable, fluide et élégant, est aussi l'oeuvre d'un moraliste. Jacques Bainville admirait sincèrement Napoléon, héros au sens moderne et artiste incomparable, mais il était aussi convaincu que "sauf pour la gloire, sauf pour l'art", il eût probablement mieux valu "qu'il n'eût pas existé". Car l'histoire de Napoléon est aussi une tragédie, individuelle et collective. Il ne peut que condamner la démesure impériale et le chaos engendré par les guerres napoléoniennes : "son génie a prolongé, à grands frais, une partie perdue d'avance." La rencontre de Bainville avec Napoléon Bonaparte nous offre un tête-à-tête fascinant. Son portrait de Napoléon reste criant de vérité, pour son génie comme pour ses dérives. Publiée en 1931, cette biographie est toujours reconnue par les historiens pour le sérieux de ses sources et la qualité de son écriture. Elle est devenue un classique.

146.          DEMORY (Jean-Claude)( dir.) Maréchaux d'Empire. Editions EPA, 2008, in-4°, 287 pp, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs dans le texte, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            50

Les maréchaux sont les figures indissociables de la grande épopée napoléonienne. Tous fils de la Révolution, ils ont grandi dans le terreau extraordinairement fertile des armées de la République. Augereau, Bernadotte, Berthier, Bessières, Brune, Davout, Gouvion Saint-Cyr, Grouchy, Jourdan, Kellermann, Lannes, Lefebvre, Macdonald, Marmont, Masséna, Moncey, Mortier, Murat, Ney, Oudinot, Perignon, Poniatowski, Sérurier, Soult, Suchet et Victor furent les "cousins" de l'Empereur et les exécutants plus ou moins talentueux de son génie militaire, mais, quoi qu'il en soit, toujours étincelants et dignes des sobriquets glorieux donnés par la troupe, "le Brave des braves", "l'Enfant chéri de la victoire", "l'Ajax français", "le Bayard de la Grande Armée" surnoms qui font écho aux titres prestigieux que leur décerna Napoléon : prince de la Moskowa, duc de Dantzig, duc de Montebello, grand-duc de Berg et de Clèves, prince d'Eckmühl, duc d'Istrie... Les maréchaux purent compter pour les seconder dans leurs commandements sur la nombreuse cohorte des officiers généraux, dont ils sont eux-mêmes issus. Divisionnaires ou brigadiers, les généraux de Napoléon nourrirent l'épopée de leur irremplaçable expérience de la guerre et embellirent la légende de leur audace et de leur bravoure. Ce sont ces grandes figures, celles des vingt-six maréchaux et de plus de quarante généraux de l'Empire, qui sont évoquées dans cet ouvrage. (Jean-Claude Demory)

147.          DUCERÉ (Edouard). Les Corsaires basques et bayonnais sous la République et l'Empire. Bayonne, Editions Harriet, 1980, gr. in-8°, 526-(8) pp, index, reliure simili-cuir éditeur, jaquette illustrée, bon état (Les Corsaires, II). Première réimpression de l'édition de Bayonne, 1898, tirage limité à 800 exemplaires

            70

Après les désastres maritimes du Directoire et de l'Empire, après Aboukir et Trafalgar, la France vint à manquer de vaisseaux puissants. Priorité fut alors donnée à la guerre de course menée à l'aide de bâtiments légers. Des frégates et des corvettes tout armées furent livrées par les arsenaux à des armateurs à charge pour ces derniers de commanditer la course. C'est ainsi que l'histoire maritime de la République et de l'Empire fut surtout écrite par des capitaines de corsaires basques et bayonnais qui, suppléant à la dispersion ou à la destruction des escadres, ont soutenu la lutte avec une énergie et une persévérance rarement égalées. Tels furent alors les Pellot, les Jorlis, les Darribau, les Tollis, Darrigrand, Etchepare et tant d'autres dont les noms méritent d'être tirés de l'oubli où ils sont aujourd'hui tombés.

148.          ERNOUF (Baron Alfred-Auguste). Maret, duc de Bassano. Nouveau Monde éditions, 2008, in-8°, 607 pp, présentation de Thierry Lentz, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Critiqué par Talleyrand ("Je ne connais qu'un homme plus bête que Maret, c'est le duc de Bassano") et dépeint sous des traits peu flatteurs par Thiers dans son Histoire du Consulat et de l'Empire, Hugues-Bernard Maret (1763-1839) fut pourtant l'un des pivots essentiels du régime napoléonien pendant près de quinze ans. Fils de médecin, avocat, diplomate et journaliste, il est nommé en 1799 secrétaire général des consuls et entame une ascension fulgurante. Secrétaire d'Etat ayant rang de ministre, il est la plaque tournante du gouvernement napoléonien et en recueille les fruits par des dotations, des décorations et des titres : comte de l'Empire, puis duc de Bassano en 1809. Son passé de diplomate justifie encore que l'Empereur l'emploie dans les grandes négociations (Presbourg, Tilsit, Bayonne) avant de lui confier pour un temps le ministère des Relations extérieures. Sa carrière se poursuit à la chute de l'Empire, d'abord dans les rangs des bonapartistes les plus affirmés, puis dans les cercles du pouvoir de la monarchie de Juillet. Louis-Philippe tente même sans succès d'en faire son président du Conseil. Travailleur acharné et homme d'autorité, Maret reste pour la postérité l'un des plus fidèles serviteurs de Napoléon et une figure méconnue de l'épopée.

149.          HOBHOUSE (John Cam). Histoire des Cent Jours, ou dernier règne de l'empereur Napoléon ; lettres écrites de Paris depuis le 8 avril 1815 jusqu'au 20 juillet de la même année ; traduites de l'anglais. P., chez Domère, 1819, in-8°, 504 pp, traduit de l'anglais, reliure demi-veau glacé prune, dos lisse avec titres et filets dorés (rel. de l'époque), pt accroc sans gravité à la coiffe sup., bon état. Exemplaire bien relié

            200

Point de vue libéral en gros favorable à Napoléon. Ces lettres avaient d’abord paru à Gand en 1817. – "La première édition de ces souvenirs consacrés aux Cent-Jours par un Anglais alors retenu à Paris, plut à l’Empereur par sa compréhension sympathique tout en le heurtant en raisons d’inexactitudes qu’il corrigea sur son exemplaire de Sainte-Hélène." (Tulard 701). Cette nouvelle traduction, précédée d’une intéressante préface de l’éditeur Domère (au sujet de la censure et des délits commis par voie de publication) est de Regnault-Warin. Elle valut à son auteur et au libraire une condamnation à la destruction le 25 octobre 1819, comme contenant des offenses envers la personne du roi et des membres de la famille royale. L’éditeur fut condamné à six mois de prison, et Regnault-Warin à un an d’emprisonnement et tous les deux à 1000 francs d’amende (Drujon p. 195 ; Quérard IV, 113). – Jean-Joseph Regnault-Warin est surtout connu pour son fameux roman noir, "Le Cimetière de la Madeleine", en quatre volumes, édité entre 1800 et 1801, roman évasionniste mettant en doute la mort de Louis XVII et bâtissant un récit aventureux sur sa survivance.

150.          ROEDERER (Pierre-Louis). Mémoires sur la Révolution, le Consulat et l'Empire. Plon, 1942, pt in-8°, xxiii-276 pp, textes choisis et présentés par Octave Aubry, broché, bon état (Fierro 1275, Tulard 1265)

            30

"Mémoires de tout premier ordre. Roederer (1754-1835) rapporte fidèlement les propos de Bonaparte sur les affaires intérieures du Consulat : complots, institutions assemblées." (Tulard, 1265).

151.          SANTINI (Noël ou Jean-Noël). Sainte-Hélène, le tombeau de l'Empereur et souvenirs de Noël Santini. P., Ledoyen, 1855, in-12, 94 pp, portrait gravé et signature de Santini en frontispice, broché, couv. imprimée lég. abîmée avec mque au 2e plat, rousseurs, pt mque de papier en marge de 3 feuillets avec perte de qqs lettres, état correct

            25

Extrait de “De Sainte-Hélène aux Invalides”. — "Santini fut le premier à révéler à l'Europe la situation de Napoléon à Longwood." (Tulard, 1317)

152.          SERVIÈRES (Georges). L'Allemagne française sous Napoléon Ier, d'après des documents inédits tirés des achives nationales et des archives des affaires étrangères. Perrin, 1904, in-8°, viii-492 pp, une carte des territoires annexés en 1810 dépliante hors texte, reliure demi-toile rouge à coins, dos lisse avec titres et filets dorés (rel. de l'époque), reliure lég. défraîchie, bon état

            80

Le titre ne dit pas nettement ce que contient l'ouvrage, car l'auteur y étudie en réalité seulement les rapports de Hambourg avec la France depuis 1789 et surtout depuis 1803 jusqu'à 1814. Histoire froidement et impartialement contée, mais seulement d'après les archives françaises, mises à contribution avec beaucoup d'intelligence. — "Le travail de M. Georges Servières s'occupe d'un autre domaine de l'activité impériale. Son livre, très intéressant par lui-même et riche en faits nouveaux, a le grand tort de s'introduire devant le public sous un titre qui ne lui revient pas de droit. Au lieu de s'appeler “L'Allemagne française sous Napoléon Ier”, il aurait fallu le baptiser, plus simplement, “Les Villes hanséatiques et principalement Hambourg sous le premier Empire”. L'auteur a si consciencieusement exploité les correspondances de nos agents avec le gouvernement impérial que tout un chapitre de la politique économique du temps est, pour la première fois, élucidé dans ses détails. Il a soigneusement étudié (aux sources françaises du moins) les résultats matériels et moraux de ces agissements, qui aboutirent à la formation du département des Bouches-de-l'Elbe, en décembre 1810, et eurent pour résultat presque immédiat non seulement l'établissement d'une odieuse tyrannie intellectuelle et morale, mais encore la ruine matérielle de la grande cité, qui ne put revivre qu'après la crise libératrice de 1814. L'auteur y révèle des qualités sérieuses d'historien." (Rod. Reuss, Revue Historique, 1905)

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

153.          [Affaire Dreyfus] – STEENE (Jean). Daniel Ulm, officier juif et patriote. P., Henri Fabre et Cie, 1911, in-12, 206 pp, 10 planches hors texte (illustrations d'Hermann-Paul), broché, couv. illustrée (lég. salie), bon état. Rare (A Comprehensive Digital Bibliography of the Dreyfus Affair. Its time and its legacy. A supplement to the Lorraine Beitler Collection of the Dreyfus Affair, 4490)

            50

"L'affaire Dreyfus commençait. Ou plutôt, il n'y avait pas encore d'affaire Dreyfus. On parlait simplement d'une innocence possible. Quelques bruits légers, plus ou moins consistants, colportés de çi de la, couraient les milieux politiques et la presse, sans d'ailleurs produire aucun émoi..." (Prologue)

154.          ARRAULT (Albert). Madame de Berny, le premier amour de Balzac. Tours, Arrault et Cie, 1948, pt in-8°, 259 pp, 4 portraits et 2 illustrations, broché, couv. illustrée un peu salie, sinon bon état

            20

"Mme de Berny. Elle aurait pu être sa mère ; elle était âgée de quarante-deux ans en 1821, juste le double de l'âge d'Honoré. Avec elle, il se sent en confiance; la future Dilecta était encore belle, fine et gracieuse, malgré neuf grossesses. Elle sut se montrer maternelle et, dès le début de leur liaison, elle comprit d'instinct, mieux que la mère, cette nature confiante et généreuse, exubérante, cette ardente soif d'affection qui bouillonnait en Balzac, et ce n'est que plus tard qu'elle se laissera prendre au piège de cet amour juvénile et flatteur. Sevré d'affection comme d'amour, Honoré lui fit bientôt la cour ; c'était dans l'ordre. Une cour assez gauche, à la fois timide et brutale, tendre et audacieuse. Nous possédons les brouillons des lettres qu'il écrivit alors à la Dilecta..." (Fernand Lotte)

155.          BAZAINE (François-Achille, maréchal). L'Armée du Rhin depuis le 12 août jusqu'au 29 octobre 1870. P., Henri Plon, 1872, gr. in-8°, 308 pp, 9 cartes hors texte, dont une grande dépliante en couleurs (sur 11 annoncées), reliure demi-toile vermillon, dos lisse, pièce de titre chagrin noir, fleuron, double filet et date dorés en queue (rel. de l'époque), bon état. Edition originale

            50

"Ce texte peut-être considéré comme les souvenirs du maréchal, commandant en chef du 3e Corps d'armée, sur les événements qui se sont déroulés d’août à octobre 1870. Document d’une importance capitale (...) complété par des lettres, dépêches, télégrammes. Toutes les phases importantes y sont relatées. On y trouvera également un « état général des officiers, sous-officiers et soldats tués, blessés ou disparus » ainsi qu'une « situation des ressources au 9 octobre 1870 » d'une rare précision." (Bourachot, 30)

156.          BEAU de LOMÉNIE (Emmanuel). La carrière politique de Chateaubriand de 1814 à 1830. (Thèse). Plon, 1929, 2 vol. gr. in-8°, vi-339 et 363 pp, biblio, brochés, bon état. Peu courant

            120

Etude de premier ordre pour l'histoire politique de la Restauration.

157.          BEDEL (Gérard). Le Général de Sonis. Sous la bannière du Sacré-Coeur. Tournon-Saint-Martin, D.E.L., 1997, gr. in-8°, 236 pp, 19 illustrations et portraits, une carte et 2 croquis, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L’auteur en faisant vivre le général de Sonis tel qu’il fut en son siècle, homme de devoir, soldat héroïque, époux heureux, père de famille attentif, catholique de conviction, campe un personnage vivant et moderne. De Sonis l’Africain, qui perçoit les questions que la colonisation en Algérie pose à la France, au héros de Loigny offrant ses souffrances, quel itinéraire ! Que s’est-il réellement passé à Loigny-la-Bataille ? Quel fut le combat des zouaves pontificaux ? Qui était réellement le général de Sonis d’Espujos (1825-1887) ?

158.          BIBESCO (Prince Georges, officier supérieur de l'armée française attaché au 7e corps). Campagne de 1870 : Belfort, Reims, Sedan. Le 7e Corps de l'Armée du Rhin. Plon, 1878, in-8°, 214 pp, 3 grandes cartes dépliantes en couleurs et 3 tableaux dépliants hors texte, reliure percaline habillée de papier marbré, dos lisse, pièce de titre chagrin brun foncé (rel. de l'époque), bon état

            100

Elevé à Paris, Georges Bibesco entra à Saint-Cyr (1855-1857) à titre étranger et fit la campagne du Mexique où il se distingua comme officier d'état-major. Cette excellente étude où le prince Bibesco a inséré plusieurs fragments de ses souvenirs personnels, montre « l'épuisement moral » et « la défiance dans le commandement », tout ce qui est la « mort morale » d'une armée ; on y trouve quelques renseignements nouveaux sur la bataille de Beaumont et la journée du 1er septembre. — "... Il avait donné sa démission quand éclata la guerre de 1870. Le prince demanda alors à partir avec son grade de capitaine. Le brave général Félix Douay, qui l'avait vu à l'œuvre au Mexique, protège sa requête et le réclame pour son état-major particulier. Le prince Bibesco est nommé chef de bataillon et détaché à l'état-major du général Douay, qui commandait le 7e corps de l'armée du Rhin. Grièvement blessé à Sedan, il resta à cheval quand même jusqu'à la fin de cette journée que plus tard il a si bien racontée dans son livre “Belfort, Reims, Sedan”, l'un des plus beaux ouvrages militaires qui soient nés de la campagne de 1870, et où l'historien rend justice à tout le monde, excepté à lui-même. Il fut emmené prisonnier à Coblenz..." (Le Gaulois, 21 août 1883)

159.          BITTEAU (J.). Strasbourg, l'armée de la Loire, l'armée de l'Est. Souvenirs d'un télégraphiste, 1870-1871. Epinal, Typographie et lithographie Henry Fricotel, 1898, gr. in-12, 459 pp, broché, couv. de relais des éditions Bloud & Barral à Paris, couverture abîmée et lég. salie, dos brisé avec manques, intérieur propre. Rare

            35

"Monsieur Bitteau avait vingt-trois ans en 1870 lorsqu'il brigua l'honneur de faire partie de la Mission Télégraphique attachée à l'armée du Rhin. Il a réuni en volume aujourd'hui ses Souvenirs de l'année terrible... Voici ce que Philippe Gille, le distingué critique littéraire du “Figaro”, écrivait récemment à M. Bitteau : « Cher Monsieur, Je veux vous exprimer ici tout l'intérêt avec lequel j'ai lu le récit que vous avez fait du siège de Strasbourg, des services rendus en 1870 par la télégraphie militaire, de Coulmiers, Villersexel, de la retraite de notre malheureuse armée, etc., etc. Tout cela est vivant, palpitant, très bien rendu et, malgré tous les mémoires et récits que j'ai lus sur cette guerre, j'ai lu votre travail avec le même intérêt que s'il était unique. Vous devez essayer, à tous les points de vue, de faire publier tous ces chapitres en un volume, car il serait bien regrettable que de tels documents restassent inédits, ne serait-ce que pour prouver les services rendus par la télégraphie militaire. Encore une fois, recevez mes compliments bien sincères. Votre bien dévoué, Philippe Gille. » Enfermé dans Strasbourg pendant le siège, M. Bitteau s'est rendu très utile en mettant son intelligence et toute l'énergie de sa jeunesse au service des postes d'observation installés à la Citadelle et sur, la plate-forme de la Cathédrale. Le jour de la capitulation, il parvient à s'enfuir, traverse les Vosges à pied, et va se mettre à la disposition du Gouvernement de la Défense nationale, à Tours. Nous le trouvons ensuite dans la mission télégraphique militaire de l'armée de la Loire, puis attaché à l'armée de l'Est. Ce sera sa dernière étape : fait prisonnier avec les divisions de l'héroïque Bourbaki, M. Bitteau est interné à Lucerne." (Baude de Maurceley, La Nouvelle Revue, sept 1898)

160.          BONNELLIER (Hippolyte). Mémorial de l'Hôtel-de-Ville de Paris ; 1830, par Hippolyte Bonnelier, ancien secrétaire de la commission municipale du Gouvernement provisoire. P., Houdaille, 1835, in-8°, xxi-293 pp, copieuses pièces justificatives (pp. 231-293), reliure demi-basane violine, dos lisse avec titres et quadruples filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état. Rare

            100

"Il ne s'agit pas de mémoires, mais d'une histoire de la Révolution de Juillet 1830 à partir des événements qui ont eu lieu notamment dans le cadre de l'Hôtel de Ville. Cependant l'auteur a assisté à tout ce qu'il relate et il écrit souvent à la première personne, se mettant en scène." (Bertier, 142).

161.          BOUCHARDON (Pierre). L'Affaire Lafarge. Albin Michel, 1924, in-12, 261 pp, broché, bon état

            25

L'Affaire Lafarge (1839-1840). – "Mme Lafarge née Marie Cappelle, fut traduite devant la Cour d'Assises de Tulle pour y répondre du crime d'empoisonnement commis sur la personne de son mari, Charles Pouch-Lafarge, le Maître de Forges du Glandier, et elle fut condamnée par le jury, pour ce crime, aux travaux forcés à perpétuité. Ce qui aurait pu n'être qu'une vulgaire affaire d'assassinat s'amplifia jusqu'à devenir une cause célèbre et connut un retentissement plus grand que la fameuse affaire des poisons, d'horrifique mémoire. Les contemporains, Français ou même étrangers, se passionnèrent pour ce procès. Dès son arrestation, Mme Lafarge eut des défenseurs enthousiastes et des adversaires acharnés ; la polémique prit même une couleur politique ; libéraux et démocrates étaient pour l'accusée, les partisans du régime déchu étaient contre elle. Le gouvernement restait neutre, satisfait cependant que la presse s'occupât de cette affaire et que la curiosité publique s'éveillât sur ce drame limousin plutôt que sur les débats de la Chambre ou sur les incidents épineux de la question d'Orient. Autour de cette affaire naquit et foisonna toute une littérature, depuis l'acte d'accusation, publié dans les journaux avant l'audience, jusqu'à la communication faite par Raspail à l'Académie de Médecine, et à l'avis motivé de deux juges à la Cour royale de Berlin, en passant par divers factums exprimant des opinions différentes, sans compter les menues pièces de théâtre... Tous ces ouvrages soulevaient le triple problème posé par les débats : problème juridique, problème scientifique, problème psychologique. Pour les uns, Marie Cappelle fut l'innocente persécutée, la pitoyable et « sainte » victime d'une erreur due à des préventions locales, à des témoignages passionnés et à des expertises hasardeuses ; pour les autres, elle fut l'empoisonneuse, émule de la Brinvilliers et de la Voisin ; ange pour les uns, et démon pour les autres. Ni la condamnation, ni la grâce de 1852, n'ont mis fin à cette polémique ; elle n'a jamais cessé surtout dans le Limousin, où vivent encore des descendants des jurés et des parents ou amis de Marie Cappelle. A la veille de la guerre, elle s'est réveillée, lorsque le sénateur Louis Martin a formé un comité pour la réhabilitation de la condamnée : de nouveau, Lafargistes et antilafargistes se sont affrontés, sans qu'un fait nouveau, à vrai dire, ait apporté des clartés indubitables dans un sens ou dans l'autre et résolu enfin cette énigme bientôt centenaire. La guerre passée, on s'est remis à interroger le sphinx ; tout récemment, un grand magistrat, M. Bouchardon, conseiller à la Cour de Cassation, s'est efforcé de trouver, sur le plan psychologique, l'explication du drame et la justification de la culpabilité..." (Henri Ramet, L'Archer, février 1936)

162.          BRINN'GAUBAST (L.-P. de). Le journal inédit de Louis-Pilate de Brinn'Gaubast. Témoignage sur Alphonse Daudet. Document sur l'affaire du vol du manuscrit des “Lettres de mon moulin”. Horay, 1997, in-8°, 293 pp, préface et notes de Jean-Jacques Lefrère, avec la collaboration de Philippe Oriol, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Louis-Pilate de Brinn'Gaubast (1865-1944) eut une existence picaresque et contrastée. Sa carrière littéraire parmi les écrivains symbolistes était à peine engagée qu'une virulente cabale l'obligea à prendre la fuite : on l'accusait d'avoir abusé de la confiance d'Alphonse Daudet, qui l'avait engagé comme précepteur de son fils Lucien, pour dérober et revendre un manuscrit des “Lettres de mon moulin”. A l'époque, l'affaire fit dresser l'oreille à quelques-uns, car tout le monde n'était pas persuadé, dans le milieu littéraire, que la paternité du livre revenait au seul Daudet. Le glorieux romancier avait-il reçu "l'aide" de son épouse Julia, ou celle de son ami Paul Arène ? on en discute encore... Pendant son séjour chez les Daudet, Brinn'Gaubast tint un journal, dans lequel il consigna les conversations échangées à la table de ses hôtes, les anecdotes racontées en sa présence. C'est un Daudet dans son intimité, et aussi dans sa complexité, que l'on découvre sous la plume de Louis-Pilate de Brinn'Gaubast, dont le nom est déjà un programme. Les pages de ce journal, restées en grande partie inédites jusqu'à ce jour, permettent de découvrir la vie littéraire de la fin du siècle dernier et de faire un tour d'horizon des écrivains, grands et petits, d'il y a cent ans.

163.          BRION (Marcel). La Vie quotidienne à Vienne à l'époque de Mozart et de Schubert. Hachette, 1960, in-8°, 344 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale

            25

Marcel Brion ressuscite l'âge d'or de la "ville heureuse". La vie à Vienne est alors une fête perpétuelle : le Viennois aime passionnément tous les spectacles. Depuis des gémissements de l'orgue de Barbarie jusqu'à la maîtrise de la Hofmusikkapelle, des claires guinguettes de banlieue au cadre fastueux de l'opéra, Vienne écoute toutes les musiques. Le théâtre aussi : théâtre dans la vie puisqu'il faut donner l'apparence d'une entière félicité, se créer l'illusion du bonheur, mais aussi la vie au théâtre puisque, plusieurs fois par semaine, le Viennois va chercher sur la scène l'illusion du vrai. Tout cela n'est rien sans la danse : vivre pour danser, mourir à force de danser, le Viennois ne pense guère à autre chose. Et de toutes les danses, la valse. La valse, en effet, c'est la danse vertigineuse, l'envol poétique, la griserie qui fait tout oublier. La valse, le violon, Strauss... D'une fête à l'autre, le spectacle est dans la rue et sur le Prater où se pressent les Viennois, toujours à la recherche de surprise, immenses kermesses de Sainte-Anne ou de Sainte-Brigitte, relève de la garde, parade du bétail qu'on conduit à l'abattoir, ménageries, illusionnistes et bateleurs, rien ne rebutait les habitants de Vienne, ville femme, capricieuse et volage. Dans les coulisse s'écrit l'histoire de Joseph II à Metternich, nous assistons à l'avènement de la bourgeoisie : c'est le règne de M. Biedermeier, qui ne rêve que d'une paix rose et dorée. Mais le rêve est interrompu : 1848, c'est la fin d'une "belle époque."

164.          CAHUET (Albéric). Un Werther féminin : Lucile de Chateaubriand. Fasquelle éditeurs, 1935, in-8°, 286 pp, 8 pl. de gravures hors texte, sources et documents, broché, couv. illustrée d'un portrait de Lucile en médaillon, dos lég. bruni avec pt mque, bon état

            25

"C'est une figure de rêve et de passion que vient d'évoquer M. A. Cahuet en Lucile de Chateaubriand. Elle nous était connue par les pages immortelles des “Mémoires d'Outre-Tombe” et de ce roman autobiographique, “René”, où, sous un nom d'emprunt, elle tient une place si large et si troublante aux côtés de son propre frère. Rien de ce qui touche Chateaubriand ne nous laisse indifférent et, plus que tout, l'intimité de sa vie sentimentale nous attire et nous enchante, même en nous inquiétant parfois. Un reflet de la gloire de ce frère génial auréole le front de la tendre Lucile dont M. A. Cahuet s'est efforcé de pénétrer le mystère et de dévoiler le secret. Il l'a fait en des pages extrêmement attachantes où, à la richesse de la documentation s'allie le tact le plus nuancé. Il nous apprend beaucoup sur Lucile, tout en nous laissant le soin de deviner davantage sur celle qui fut une des premières héroïnes du romantisme français." (Combes de Patris, Revue des études historiques, 1936)

165.          CASTRIES (Duc de). Les Rencontres de Stanley. France-Empire, 1993, gr. in-8°, 293 pp, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Ce sont les explorations de Stanley qu'évoque le duc de Castries à travers ses rencontres avec Livingslone, Emin Pacha, etc. — "... Dans la vie de Stanley, de Castries a entrevu un thème dominant, celui de la « rencontre », qui a prêté son nom au livre. Il a divisé son travail en deux parties nettement distinctes : les rencontres de la jeunesse et celles de la maturité. Au workhouse de St Asaph, le jeune Rowland(s) fait la connaissance du surnaturel ; aux États-Unis, il fait l’heureuse rencontre d’un père, mais aussi des rencontres pénibles, qui le mettent en présence de la misère et même de la mort lors de la guerre de Sécession. Les événements militaires lui donnent cependant l’occasion de se familiariser avec le monde étonnant de la presse et de mettre au point le grand reportage journalistique. Différents voyages et expéditions le mettent en contact avec les aventuriers du Middle West, avec les Indiens primitifs, avec la nature sauvage, jusqu’au moment où il entreprendra, sur l’instigation de Gordon Bennett, le voyage décisif pour l’orientation de sa carrière, celui qui culminera dans la rencontre de Livingstone. Cet exploit consacre la carrière africaine de Stanley et signifie la fin de sa jeunesse. La maturité voit Stanley plusieurs fois en Afrique centrale. Une première expédition le met en relation avec les grandes énigmes constituées par les sources du Nil, le lac Tanganika, le fleuve Congo. Cette connaissance active de l'Afrique est à la base de la rencontre du Roi des Belges, qui influencera pour les années à venir, le cours de la vie de l'explorateur. Son activité au service de Leopold II amènera des rencontres avec de Brazza, qui deviendra par la force des choses son antagoniste acharné. Bien qu’ayant créé de toutes pièces un nouvel état au Congo, Stanley se voit relégué à l'arrière-plan, victime d'intérêts politiques supérieurs. « Le conquérant rencontre l'ingratitude », nous dit de Castries, qui voit une vengeance des éléments dans l'expédition qui aboutira à la rencontre d'Emin Pacha..." (Marcel Luwel, Académie royale des sciences d'outre-mer, Bruxelles, 1962)

166.          CHAINE (Léon). Les Catholiques français et leurs difficultés actuelles devant l'opinion. Articles, Comptes rendus, notices bibliographiques et commentaires de l'auteur. A. Storck & Cie, 1904-1908, 2 vol. gr. in-8°, x-762 et viii-725 pp, index, reliures demi-basane fauve à coins, dos à 4 faux-nerfs filetés soulignés à froid, pièces de titre chagrin carmin, couv. conservées (rel. de l'époque), mors lég. épidermés, bon état. Peu courant

            100

Edition la plus complète de ce livre d'un catholique très libéral. — Du Militarisme ; Du Nationalisme ; Les femmes et la politique ; Antisémitisme ; Les catholiques et le bon vieux temps ; Timidité intellectuelle de certains catholiques ; L'abus des dévotions nouvelles ; Le christianisme social et les conservateurs ; La loi du 1er juillet 1901 et les «Dreyfusards» ; Du clergé séculier et des congrégations ; Etc, etc. — "Ce livre est un document curieux : il est l'œuvre d'un catholique dreyfusiste, membre du Comité Catholique pour la Défense du Droit, dont la préoccupation fondamentale fut, selon les termes de ses statuts, au moment de l'Affaire Dreyfus, de « s'appuyer sur les principes de 1789 dont l'application loyale pourra seule, après le triomphe définitif de la Justice et de la Vérité dans la crise actuelle, assurer en France la paix intérieure avec la pleine liberté religieuse. » C'est une concurrence faite par des catholiques libéraux aux protestants ou libre-penseurs de la « Ligue des Droits de l'Homme. » Le fait n'en est que plus intéressant à noter, – la même idéologie pouvant convenir aux uns comme aux autres. – Mais le volume de M. Léon Chaîne a un autre intérêt que d'appeler l'attention sur le mouvement dreyfusiste qui se manifeste dans quelques milieux catholiques. Il nous renseigne sur bien des points d'ordre essentiel pour ses coreligionnaires. « L'Affaire Dreyfus, dit-il dans sa préface, a révélé chez un trop grand nombre de catholiques des défaillances multiples de conscience ou d'intellect. » L'auteur critique le militarisme, et déclare : « Il ne faut pas que l'armée soit au dessus de la nation. » Le nationalisme ne trouve pas en lui un défenseur bien fervent : « Pourquoi ne pas le reconnaître sincèrement : le plus patriote des catholiques, quel que soit son pays, tient infiniment plus à sa qualité de catholique qu'à sa nationalité ». A la suite de M. Anatole Leroy-Beaulieu, M. Chaine répudie l'antisémitisme, dans un but d'apaisement social. Non seulement l'auteur reproche à ses coreligionnaires de s'être montrés en masse hostiles à la cause de Dreyfus, et d'avoir fourni le plus gros contingent des troupes militaristes, antisémites et nationalistes, mais encore il trouve qu'un grand nombre d'entre eux retiennent encore « leurs regards fixés sur les drapeaux exilés de la monarchie ». Il se proclame républicain. Tout un passage est à citer sur la stupidité des catholiques qui ont accepté les histoires à la Ponson du Terrail, des du Paty de Clam et autres Gribelin, etc... : « Quand on pense, dit-il, que les gens à qui de pareilles niaiseries n'ont pas fait hausser les épaules, sont les mêmes, pour la plupart, que ceux qui ont ajouté foi à la longue fumisterie de Diane Vaughan, aux funambulesques révélations du repenti Léo Taxil, à l'apparition du diable avec ses cornes dans les loges de francs-maçons, il est bien permis de se demander s'il n'y a pas quelques réformes à introduire dans les méthodes d'éducation et d'enseignement qui ont été assez inefficaces pour que des esprits préparés par elles restent à ce point dénués de sens critique et nous offrent un spectacle aussi lamentable et humiliant pour la raison humaine. » L'auteur déclare que « la défiance instinctive que certains catholiques ont montrée à l'égard de tout progrès scientifique, et l'esprit rétrograde avec lequel ils ont envisagé les découvertes faites dans l'ordre naturel » ne pouvaient que les couvrir de ridicule. Il s'écrie : « Que de gens que l'on appelle catholiques et qui ne sont que d'âpres conservateurs. Beaucoup de ceux-là ne voient dans le clergé pour lequel ils marquent un certain respect qu'une sorte de gendarmerie spirituelle aidant la maréchaussée à garder leurs biens, leurs personnes, leurs vies. » M. Chaîne indique, plus loin, que ses amis ne doivent pas regarder l'Université comme un ennemi : il y a beaucoup de professeurs catholiques qui y défendent et propagent leur idées. C'est la voie à suivre : les catholiques ne doivent pas déserter l'Université, mais y entrer en bloc. L'auteur conclut : « Nous restons convaincu que la doctrine évangélique n'est pas en contradiction avec les vrais principes de la Révolution française, et ce qu'il y a de légitime dans les revendications de l'esprit moderne n'a rien à craindre de l'Église. » Si le parti clérical suivait les indications de l'auteur, il aurait vite triomphé des partis démocratiques. Mais les recommandations très hardies et très habiles de M. Léon Chaîne seront-elles entendues ? L'Église a de telles ressources de souplesse qu'on ne peut pas conclure à priori que ce soit là une éventualité impossible." (Le Mouvement Socialiste, 1904) — "A cette nouvelle édition de son ouvrage, l'auteur a ajouté les nombreux articles qui l'ont accueilli. Nous y distinguons un courant d'esprit qui ne s'est manifesté jusqu'à présent que d'une façon isolée. Pourtant, on l'a remarqué, M. Aulard a rassemblé ces diverses tendances sous la dénomination commune d'«Ecole de Lyon», M. Chaîne, par son livre paru il y a deux ans, en a peut-être été l'initiateur ; l'«Ecole de Lyon» est composée de catholiques ardents, fermement attachés à l'orthodoxie et répugnant avec une égale énergie aux doctrines et aux œuvres d'intolérance ; ce sont des « catholiques anti-cléricaux ». Ils se caractérisent par ces traits : fidélité à l'enseignement religieux de l'Eglise, réaction contre tout cléricalisme, œuvre d'apaisement et de réconciliation par le progrès et la liberté. Ils sont disciples du Père Hecker, ont pour soutien Mgr Ireland, et se vouent principalement à l'étude des questions sociales..." (La Revue, 1904)

167.          CHANGY (Hugues de). Le soulèvement de la duchesse de Berry. Les royalistes dans la tourmente, 1830-1832. P., Albatros et D.U.C., 1986, gr. in-8°, 253 pp, préface de Stéphane Rials, 8 cartes et tableaux, notes bibliographiques, broché, bon état

            40

"Voici la première partie d'une thèse monumentale qui en compte trois. Cet ouvrage renouvelle la question. La fresque de Hugues de Changy ne se borne pas à l'étude étroite du « parti » légitimiste. C'est certes une analyse des structures – parfois confuses – du légitimisme mais c'est tout autant une étude de géographie électorale et un essai sur la presse, une histoire des doctrines et un apport majeur à l'histoire du constitutionnalisme royaliste, et enfin un récit bien écrit qui tiendra ses lecteurs – même lorsqu'ils en connaissent la fatale issue – en haleine. Ce volume présente deux qualités majeures. D'abors il forme un tout puisqu'il a pour objet le légitimisme qu'on pourrait dire de la première période, tenté d'imposer une troisième restauration par la voie militaire : après 1832, l'échec de cette dernière accélèrera le ralliement des royalistes fidèles au combat politique légal... Deuxième trait, ces pages ne sont pas d'un partisan, d'un esprit partial : elles nous démontrent, sur le fondement d'une irréprochable méthode historique, la complexité sociale et politique du légitimisme sous Juillet..." (Stéphane Rials, préface)

168.          COLOMBIER (Marie). Les mémoires de Sarah Barnum. Avec une préface par Paul Bonnetain. P., chez tous les libraires, s.d. (1883), in-12, xv-332 pp, reliure demi-basane verte, dos à 5 nerfs soulignés à froid, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état. Edition originale sans mention

            60

L'auteur de cet ouvrage, poursuivi pour outrages aux bonnes moeurs, a comparu le 26 mai 1884, devant la Cour d'assises de la Seine et a été condamné à trois mois de prison et 1000 francs d'amende. Le volume a été saisi par ordre de la Cour et retiré de la vente. Voir Pia, “Les livres de l'Enfer”, pp. 473-474, qui consacre plus d'une page à cette affaire qui défia la chronique, où Marie Colombier fait un portrait peu sympathique de son ancienne amie Sarah Bernhardt. — Marie Colombier (1844-1910) débute au Théâtre du Châtelet le 26 mars 1864 dans le rôle de Paolo dans La jeunesse du Roi Henri. En 1870, elle est repérée par George Sand qui la fait embaucher pour jouer sa pièce L'Autre dont le rôle principal est tenu par Sarah Bernhardt, au Théâtre de l'Odéon. En 1880, Sarah Bernhardt l'emmène pour une tournée théâtrale de huit mois aux États-Unis et au Canada. Marie Colombier en tire deux pamphlets : “Voyage de Sarah Bernhardt en Amérique” en 1881, puis “Les Mémoires de Sarah Barnum” en 1883. Le scandale est énorme. Octave Mirbeau, très ami avec Sarah Bernhardt, provoque en duel le préfacier du livre, Paul Bonnetain, et le blesse légèrement. Sarah Bernhardt entraîne son fils et le poète Jean Richepin dans une expédition punitive pour saccager l'appartement de Marie Colombier, rue de Thann... « Sarah Bernhardt eût mieux fait de rester chez elle, de s'envelopper dans sa dignité de grande artiste et de laisser le dédain public faire justice d'un livre abominable. Maintenant, le mal est fait ; le volume dont personne n'avait parlé s'arrache ; c'est Sarah qui l'aura voulu ainsi, la colère est toujours mauvaise conseillère. » (Albert Wolff du Figaro, cité dans “Affaire Marie Colombier - Sarah Bernhardt, les pièces à convictions”, Paris, 1884) ; « Avant le scandale, on avait fait de “Sarah Barnum” un tirage de dix mille. En trois jours, Paris a acheté ces dix mille volumes. La maison Marpon, qui s'était faite l'éditeur anonyme du livre, ne s'était jamais trouvée à pareille fête. (...) le succès de ce mauvais ouvrage est le plus grand succès de librairie de l'année. Et cela va continuer. L'éditeur a été forcé de suspendre la vente avant-hier soir, pour cause d'épuisement de l'édition (...) Les commissionnaires en librairie d'Allemagne, à Leipzig, Stuttgart, Berlin, ont déjà fait des commandes qui se montent à quinze mille exemplaires ; l'Italie en demande autant ; la Russie davantage. Et nous ne parlons pas de la province qui réclame par centaines de télégrammes des envois énormes qu'on ne peut lui faire. (...) La diffamation dont se plaint très justement celle qu'on a voulu peindre aura donc une publicité énorme. Et qui a fait autour de cette diffamation toute cette publicité ? La diffamée, la victime. » (Mermeix dans Le Gaulois, cité dans “Affaire Marie Colombier - Sarah Bernhardt, les pièces à convictions”, Paris, 1884) . Marie Colombier sera condamnée pour « outrage aux bonnes moeurs » en 1884, et le livre retiré de la vente... — 1862-1883 : Marthe Pigeonnier, comédienne, suit les déboires financiers de Sarah Barnum, comédienne également. Femme entretenue, mais l'argent lui brûle les doigts, elle est toujours "dans la dèche". Extravagante, autoritaire, orgueilleuse, égoïste, sans coeur, jalouse, vulgaire, menteuse, s'évanouissant ou crachant du sang avec ruse, faisant du chantage au suicide, piquant ses amants à sa petite soeur Reine, avec "sa meute de créanciers et d'amants" qui l'entretiennent. Sarah Barnum a une proposition de tournée au Mexique, elle engage sa soeur comédienne également, mais celle-ci tombe malade : elle se rabat sur Marthe Pigeonnier avec le contrat d'Antoinette : "c'est une question de vie ou de mort". Bonne pâte, celle-ci accepte. Le jour de la paye, naturellement, le contrat n'est pas respecté. “Roman” très intéressant sur la (à peine cachée) grande Sarah Bernhardt. La bonne copine, Marthe Pigeonnier est, bien sûr, Marie Colombier, actrice, qui fit effectivement la tournée avec Sarah. Ce livre fit scandale : oser toucher à l'intégrité de la déesse des planches à son apogée ! Les 10.000 livres édités furent confisqués par l'Etat, un procès fut intenté à l'auteure qui fut condamnée. Le préfacier Paul Bonnetain fut provoqué en duel par Octave Mirbeau, ami de Sarah. Alors, qui est la menteuse ? Marie Colombier, qui aurait pu être jalouse du succès de Sarah, et surtout de son maigre paiement de la tournée de 1881, ... ou Sarah Bernhardt, gloire nationale, proche du duc de Morny, et de Victor Hugo, amante de plusieurs hommes français de premier plan, politique ou littéraire, un "monstre sacré", d'après Jean Cocteau...

169.          DANIEL-ROPS. L'Eglise des Révolutions. 2. Un combat pour Dieu, 1870-1939. Fayard, 1963, fort in-12, 978 pp, biblio, tableau chronologique, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale, un des 140 ex. numérotés sur papier Lafuma Navarre

            30

"On ne saurait, en une brève recension, donner une idée, même approchée, d'une œuvre si dense à tant d'égards. Ce qu'on admire le plus dans le millier de pages que Daniel-Rops consacre à l'histoire de l'Église pendant la période qui va de 1870 à 1939, c'est sans doute cette étonnante alliance de l'esprit d'analyse et de l'esprit de synthèse qui lui permet, sans négliger aucun aspect, majeur ou mineur, du sujet qu'il traite, d'en fixer les maîtresses lignes avec souplesse et fermeté. Pareil don semble ici d'autant plus remarquable que la période en cause offre un recul moins grand et que le foisonnement complexe des faits – dont beaucoup furent aussi importants que divers – a laissé des traces profondes non seulement dans l'esprit, mais dans la vie et la sensibilité de chacun. Qu'on puisse en conséquence discuter telle ou telle interprétation en des matières parfois très délicates, l'auteur le sait, qui ne craint pas lui-même de présenter les choses comme il les voit. Mais on conviendra sans peine que cette image, vaste et précise, d'une époque si pleine de menaces, de cahots, de bouleversements, de renaissances dans tous les pays et dans tous les domaines se révèle d'une impressionnante vigueur. Il ne suffirait pas de louer les tableaux, les portraits. Certes, comme dans les volumes précédents, la manière propre de l'auteur apparaît ici, avivant toujours l'idée par la couleur et renforçant la couleur par l'idée. Ce ne sont pas les modèles qui lui manquent. Ces grands papes, si différents les uns des autres, mais tous à la mesure de leur temps : Léon XIII, Pie X, Pie XI. Ces prodigieuses figures : un P. de Foucauld, un P. Lamy, curé de La Courneuve, un Anizan, un Orione, d'autres encore. Et, par contraste presque inexprimable, « le prophète des ténèbres », Nietzsche, qui annonçait « la mort de Dieu » à l'aube de toutes les promesses. Mais, plus que tout, c'est le déroulement même des idées et des faits, à partir de leurs attaches premières et jusqu'en leurs ultimes conséquences, qui nous est présenté à travers les sinuosités d'un récit soutenu que sa documentation n'accable pas..." (Charles Ledré, Revue d'histoire de l'Église de France, 1964)

170.          DELORME (Amédée). Journal d'un sous-officier – 1870. Illustré de 80 vignettes par H. Vogel, Ch. Morel et Gérardin. P., Hachette et Cie, 1891, in-12, 331 pp, 80 illustrations dans le texte et à pleine page, 2 cartes, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats, fer doré de la ville de Paris - Collège Rollin au 1er plat (rel. de l'époque), qqs très rares rousseurs, bon état. Peu courant

            60

Parmi les nombreux récits de campagne auxquels la guerre de 1870-71 a donné naissance, le “Journal d'un sous-officier” publié par les soins de M. A. Delorme mérite une mention spéciale. Ce récit simple et sincère n'embrasse que les événements de quelques semaines, car notre sous-officier, arrivé après Coulmiers sur le théâtre de la lutte, fut mis hors de combat le 9 décembre à Beaugency. Mais il en a assez vu pour nous donner un tableau fidèle de la formation des régiments de marche de l'organisation de l'armée de la Loire, de la bataille de Patay, de la déroute qui suivit et de la reconstitution de l'armée sous les ordres de Chanzy. Sur Patay, son témoignage est précieux, et il a le premier, tout en rendant pleine justice à l'héroïsme des zouaves pontificaux et de leur général M. de Sonis, relevé les fautes commises par lui dans la conduite de ses troupes, fautes auxquelles notre défaite fut due en grande partie. Nous avons assisté aux épisodes de la guerre racontés par le sous-officier, et nous avons pu contrôler l'exactitude de ses souvenirs et la justesse de la couleur même de ses récits. Le volume est très joliment illustré." (Gabriel Monod, Revue Historique, 1892) — "Mon quartier général était à la gare, où se poursuivaient d'interminables distributions. Fastidieuses corvées. Tous les fourriers de la brigade étant convoqués en même temps, il leur fallait assister à la pesée successive, par les soins d'un sergent d'administration rarement bien disposé, des lots de denrées revenant à chaque compagnie. L'opération, quand il s'agissait des vivres de campagne, se renouvelait cinq fois. Sucre, 36 pesées (au moyen d'une bascule) ; café, 36 pesées ; riz, de même ; sel encore, haricots, toujours 36. Le lendemain, distribution de viande fraîche ou de lard salé, de pain ou de biscuit, pour recommencer ensuite. Ah ! l'effrayant tonneau des Danaïdes que le ventre d'une armée !

171.          DILIGENT (Victor). Les Orientations syndicales. P., Bloud et Cie, 1910, pt in-8°, xliv-394 pp, qqs tableaux, notes, broché, couv. lég. salie, état correct (Etudes de morale et de sociologie).

            25

"On ne saurait attribuer trop d'importance à l'évolution qui se produit sous nos yeux dans le syndicalisme français : pour les ouvriers syndiqués, c'est une ère d'émancipation et de progrès qui s'ouvre ; pour la masse des travailleurs, c'est la révélation d'une solution possible à l'amélioration de leur sort ; pour les classes bourgeoises, c'en est une autre du caractère véritable, profondément favorable au maintien de l'ordre social, d'une institution à laquelle elles étaient jusqu'ici hostiles. On ne ne peut donc accueillir qu'avec un extrême empressement une étude sur les phases et les directions de ce mouvement. M. V. Diligent a analysé celles-ci avec soin dans les deuxième et troisième parties de son livre, et nous donne un exposé sérieusement documenté des diverses théories qui paraissent les synthétiser ; on y trouvera notamment un résumé substantiel des idées syndicales de Waldeck-Rousseau, des théories des catholiques sociaux et de celles des syndicalistes révolutionnaires. A ce titre, cet ouvrage rendra les plus grands services à tous ceux qui s'intéressent à ces questions. (...) On peut considérer le livre de M. Diligent comme une contribution précieuse à l'histoire du syndicalisme français." (G. Olphe-Galliard, La Science sociale, 1910)

172.          DOLENS (Noël). Le Socialisme fédéral. Saint-Maur, Impr. Lievens, 1904, in-8°, 378 pp, broché, couv. de relais de l'éditeur P.-V. Stock, bon état. Rare

            80

Conscient de son droit et de sa force, le peuple doit apprendre à revendiquer les réformes que ce livre spécifiera, en se servant pacifiquement de son bulletin de vote, sans un cri de haine, sans un geste de violence. La révolution ne peut provenir que de la loi. Il y a loin de ce socialisme légal au socialisme d'Etat. Instinctivement, les électeurs se défient de cette dernière conception, qui doit se traduire « l'accaparement de toute vitalité par l'administration » ; la main-mise, sans contrepoids, du gouvernement agissant par ses fonctionnaires, sur toutes les entreprises publiques et privées ; la prise de possession, par le budget, de la richesse nationale entière, sol, instruments et capital ; leur exploitation en régie ; leur gestion à la merci des bureaux ministériels ; le pays converti en une colossale machine électrique obéissant au parti, victorieux par hasard ou par force, girondin ou jacobin, qui tient le tableau des manettes. A chaque instant, il nous faudra montrer les inconvénients d'un tel système. (...) Nous aurons l'occasion de justifier la tactique des socialistes parlementaires et ministériels, comme aussi de préciser les bornes qu'elle ne doit pas franchir. On verra que, s'il est chimérique d'espérer conquérir lambeau par lambeau les pouvoirs de la société bourgeoise, il n'en faut pas moins agir de toutes façons – et celle-là est la meilleure – pour préparer le socialisme à son avènement définitif. Quand il existera, soit, par hypothèse, sous la formé “fédérale” que nous proposons, il offrira une constitution nouvelle des droits économiques et politiques, et il n'aura tenté de l'imposer, il ne prétendra la régler que par la loi, expression de la volonté générale. Il essayera aussi de la rendre acceptable par la persuasion à la minorité qui pourrait s'en croire lésée. On verra comment ce n'est peut-être point là une si singulière utopie.

173.          DROZ (Jacques), Lucien GENET et Jean VIDALENC. L'Epoque contemporaine. I. Restaurations et Révolutions (1815-1871). PUF, 1953, fort pt in-8°, xv-657 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Clio)

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Excellent manuel. — "Une fois de plus, ce Clio a été confié à des maîtres et réalisé d'une manière magistrale. “Restaurations et Révolutions” est le fruit du travail opiniâtre et de la science consommée de M. Jacques Droz. Toutefois, le livre III, Le Monde hors d'Europe, est dû à la plume alerte de M. Genet (chapitres 3 et 4 consacrés avec sagacité à la colonisation française, de la Restauration à 1870), ainsi qu'à l'érudition sûre de M. Vidalenc (chapitres 1, 2, 5, 6, 7, 8 : Empire britannique, Etats-Unis, etc.) Le plan du livre est bon. Un chapitre préliminaire étudie la philosophie politique de la Restauration. Puis viennent des chapitres sur la vie économique, la pensée économique et sociale, le mouvement ouvrier. Successivement, l'évolution intérieure des États européens et les aspects du Monde hors d'Europe sont sonsidérés avec soin. Enfin les relations internationales, sont, elles, envisagées par paliers : de 1815 à 1830, de 1830 à 1848, de 1851 à 1871..." (Frans van Kalken, Revue belge de philologie et d'histoire, 1955)

174.          DUCHEMIN (Marcel). Chateaubriand. Essais de critique et d'histoire littéraire. Vrin, 1938, in-8°, 524 pp, 13 pl. de gravures et portraits hors texte, biblio, index, broché, bon état. Exemplaire truffé de coupures de presse de l'époque sur Chateaubriand

            40

175.          DURRY (Marie-Jeanne). La vieillesse de Chateaubriand (1830-1848). (Thèse). P., Le Divan, 1933, 2 vol. in-8°, 600 et 544 pp, 4 pl. de documents hors texte, notes, bibliographie, index, brochés, bon état

            120

Thèse magistrale. On joint un article sur le livre par Emile Henriot (coupure de presse du “Temps”, 4 juillet 1933).

176.          ERNST (Dr Otto). François-Joseph intime. Le dernier siècle de la cour de Vienne. D'après la correspondance tirée des archives secrètes de la Maison d'Autriche. Payot, 1928, in-8°, 279 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"Dans son étude sur François-Joseph intime, le Dr Otto Ernst a utilisé les archives secrètes de la Cour de Vienne, et, particulièrement, la correspondance privée de l'empereur François-Joseph, qui, en sa qualité de chef suprême de la monarchie, joua pendant près de 70 ans un rôle si important dans l'histoire du monde. Autour de la figure immuable du souverain apparaissent celles de son entourage, ces énigmatiques et parfois tragiques Habsbourgs ; c'est tout un monde et toute une époque à jamais disparus qui revivent. La publication de sa correspondance inédite est une précieuse contribution à l'histoire d'un temps et d'une personnalité bien curieuse." (Combes de Patris, Revue des études historiques, 1928)

177.          FERNEUIL (Th.). Les Principes de 1789 et la science sociale. Hachette, 1889, in-12, viii-362 pp, reliure demi-percaline noire, dos lisse, pièce de titre basane noire, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), pâles rousseurs éparses, bon état

            35

"D'autres ont jugé, et jugé sévèrement, les principes de 1789 à lumière de l'histoire ; après M. Taine, ce point de vue est épuisé. M. Ferneuil entreprend de les critiquer à la lumière d'une science embryonnaire, la sociologie. Aux solutions des problèmes sociaux dogmatisées par nos aïeux révolutionnaires, il oppose celles que préconisent nos contemporains évolutionnistes. Comme on le voit, sa critique n'est pas seulement négative, elle ne se borne pas à démolir, elle reconstruit et d'ailleurs, jamais haineuse ni passionnée, elle ne s'inspire d'aucun esprit de parti... Le livre que nous venons d'apprécier est intéressant, instructif et opportun, et digne assurément d'être recommandé aux lecteurs de la “Revue”." (Gabriel Tarde, Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, 1889) — "... « Les droits garantis aux citoyens sont contenus dans cette formule fameuse : les principes de 1789 », ces principes de 1789 « ne sont pas autre chose, considérés en eux-mêmes, que l'expression de la justice dans l'organistion politique et sociale » (Aucoc, 1878). Pouvaient s'établir ainsi, à partir des déclarations des droits, maintes constructions déductives se réclamant des sciences politiques ou sociales. C'est le cas de “Les principes de 1789 et la science sociale” dans lequel Th. Ferneuil parcourt tous les chapitres de la science sociale avant de dire son mot sur le droit politique (suffrage universel, système représentatif, nature et distinction des pouvoirs) et ce qu'il dit être le droit privé( il y rattache les questions du collectivisme et du socialisme)." (Pierre Favre, “La constitution d'une science du politique”, Revue française de science politique, 1983)

178.          GARROS (Roland). Mémoires, présentés par Jacques Quellennec. Hachette, 1966, in-8°, 301 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, une photo de Garros en médaillon en couv., bon état

            25

En 1910, alors que l'aviation en est à ses débuts, un jeune homme sans expérience décide de devenir pilote. Il s'appelle Roland Garros. Voici la première édition des Mémoires de Roland Garros. Blaise Cendrars l'appelait "le document le plus extraordinaire, et le plus pittoresque et le plus vivant que l'on puisse lire sur les débuts de l'aviation". Ou comment un gamin de vingt ans se passionne pour "ce peu de bois et de toile qu'anime une pensée humaine" jusqu'à devenir quatre ans plus tard, en 1913, le premier homme à traverser la Méditerranée dans les airs. Son histoire prouve qu'on peut être héros et poète. Garros enchante de lyrisme la course aux records. Il sait se faire gouailleur pour décrire les tournées aux Amériques et les virées entre trompe-la-mort. Il y a du Jules Verne dans ses souvenirs qui mêlent la technique à la fantaisie, les financiers aux aventuriers, les dandys aux boxeurs.

179.          HANSEN (Jules). L'Alliance franco-russe sous la IIIe République. Flammarion, 1897, pt in-8°, 142 pp, reliure demi-toile bleue, dos lisse, pièce de titre chagrin noir, couv. conservées, bon état

            60

Au service de la France, le Danois Julius Hansen, journaliste, propagandiste, agent et diplomate, aura passé plus de dix ans à forger dans l'ombre le pacte franco-russe. — Le 22 août 1891, au nom de leurs gouvernements, le baron de Mohrenheim et le ministre français des Affaires étrangères paraphent le texte de l'entente dont les termes vont être longtemps tenus secrets. (...) Il aura fallu attendre trois ans avant la conclusion du pacte franco-russe. La France est secouée par des scandales politiques. Mais le « conseiller honoraire d'ambassade » Jules Hansen sait patienter. Cela fait dix ans qu'il travaille à forger cette alliance. De plus, le danger n'est plus imminent. Le 18 mars 1890, le chancelier Bismarck a démissionné, Guillaume II supportant mal son autoritarisme. Le jeune empereur affiche des attitudes plus conciliantes. « En France, on eut le sentiment qu'une ère nouvelle allait s'ouvrir, expliquera Hansen, et qu'on serait enfin délivré de l'oppression et de l'anxiété constantes créées par la politique brutale de M. de Bismarck. » Tour à tour journaliste et propagandiste, au service du Danemark puis de la France, diplomate longtemps sans fonction officielle et agent de renseignement, Julius-Jules Hansen est l'homme des missions secrètes et de la diplomatie de coulisses... (Véronique Soulé, Libération, 18 juillet 2001)

180.          HENRI-ROBERT. Le Palais et la Ville. Souvenirs. Hachette, 1930, in-12, 222 pp, broché, bon état (Coll. C'était hier)

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Première édition d’un recueil de souvenirs publiés par Robert Henri, dit Henri-Robert (1863-1936), ancien bâtonnier et membre de l’Académie française. Un bon tableau du statut social des avocats au début du XXe siècle.

181.          HERVÉ (Gustave). Instruction civique. P., Editions populaires de “La Guerre Sociale”, 1910, in-12, 296 pp, broché, bon état

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L'instruction civique à l'unisson des revendications sociales et populaires... Gustave Hervé, exclu de l’enseignement pour son antimilitarisme et son antipatriotisme, créa “La Guerre Sociale”, un hebdomadaire qui attirait les syndicalistes et les anarchistes en marge de la SFIO.

182.          KLIPFFEL (Capitaine Achille) – L. DUSSIEUX. La Défense extérieure active. Par A. Klipffel, avec planches. (P., Ch. Tanera, 1874, 88 pp, 8 cartes hors texte, dont 3 dépliantes, et une figure) – Suivi de : DUSSIEUX (L.) Le Siège de Belfort (P., Léopold Cerf, 1882, 150 pp, 15 gravures et portraits, biblio). P., Ch. Tanera – Léopold Cerf, 1874 et 1882, 2 vol. in-12, 88 et 150 pp, les 2 ouvrages reliés ensemble en un volume demi-percaline verte, pièce de titre basane carmin, dos lisse avec un fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), trace de mouillure ancienne en marge sup., bon état

            30

Achille Klipffel était capitaine au 1er régimet du génie, né à Lauterbourg (Alsace) en 1812. – Louis Dussieux (1815-1894) était professeur à l'Ecole militaire de Saint-Cyr.

183.          KOLAKOWSKI (Leszek). Histoire du marxisme. Tome I. Les fondateurs, Marx, Engels et leurs prédécesseurs. Fayard, 1987, fort gr. in-8°, 629 pp, traduit de l'allemand, index, broché, bon état

            30

Tome I seul (sur 2) — "... Le grand livre de cette période a été l'Histoire du marxisme de Kolakowski. Ouvrage superbement ignoré aux Etats-Unis où on l'a jugé trop philosophique et trop sévère pour le socialisme. Kolakowski, en effet, analysait le marxisme comme une métaphysique, une pseudo-religion de salut camouflée en science positive..." (Michel Winock) — " Ce livre tente de faire une histoire du marxisme, c'est-à-dire l'histoire de la doctrine marxiste. Il ne s'agit pas d'une histoire des idées socialistes. Il ne s'agit pas non plus d'une histoire des partis politiques ou des mouvements qui ont adopté cette doctrine comme idéologie propre, selon des versions différentes. Le partage n'est assurément pas facile à accomplir dans le cas du marxisme, la connexion entre le travail des théoriciens et des idéologues d'une part, et les combats politiques d'autre part, est manifeste et étroite. J'entends, pour ma part, fournir les informations élémentaires et indispensables pour montrer le rapport entre le développement de la doctrine et ses fonctionnements comme idéologie politique. Il n'existe quasiment aucune question touchant l'interprétation du marxisme qui ne soit un objet de conflit. J'ai eu le souci d'évoquer les plus importants de ces débats. La majorité des marxistes de l'époque de la IIe Internationale a plutôt tenu Marx pour l'auteur d'une théorie économique déterminée ou d'une théorie de la société, qui d'après les uns, serait compatible avec divers points de vue métaphysiques ou épistémologiques, ou qui d'après les autres, fut parachevée par l'adjonction de fondements philosophiques provenant de Engels. De cette manière, le marxisme authentique représente un bloc théorique cohérent, composé de deux ou trois parties qui furent élaborées respectivement par deux auteurs. Nous connaissons tous l'arrière-fond politique de l'intérêt pour le marxisme : cette doctrine est considérée comme la tradition idéologique du communisme contemporain. Ce n'est pas seulement chez les gens qui se considèrent eux-mêmes comme marxistes mais encore chez leurs adversaires, qu'il est ordinaire de se poser la question : le communisme contemporain, dans son idéologie comme dans ses institutions, est-il bien l'héritage légitime de Marx ? A l'origine de mes développements, il y a la certitude que la question du communisme comme héritage de Marx est mal posée et qu'il ne vaut donc pas la peine de vouloir y répondre. Plus précisément, nous n'avons pas la possibilité de répondre à la question suivante : "Que dirait Marx s'il pouvait voir l'oeuvre de ceux qui se réclament de lui ?". Le marxisme ne peut apporter de solution particulière à des problèmes que Marx ne souleva pas lui-même et qui n'avaient pas lieu d'être posés de son temps. Si Marx avait vécu encore quatre-vingt-dix ans, il aurait été obligé de modifier ses analyses d'une manière que personne ne peut conjecturer." (L.K., 4e de couverture)

184.          LAJEUNE VILAR (André). Les Coulisses de la Presse. Moeurs et chantages du journalisme. P., A. Charles, 1895, in-12, 344 pp, broché, couv. lég. salie et abîmée, état correct. Peu courant

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André Lajeune Vilar affirme dans “Les Coulisses de la presse”, que chacun sait, à l'époque, que les journaux, maîtres de l'opinion publique, exercent « une très grande influence sur le gouvernement pour faire donner à tel ou tel autre industriel ou commerçant le ruban rouge de la Légion d'honneur. » Quant à ceux qui, sans être de grands industriels, veulent trouver néanmoins « un moyen infaillible de satisfaire leur vanité (...), ils n'ont qu'à acheter un journal gouvernemental qui ne fait pas ses frais. On s'improvise de la sorte directeur de ce journal, et au bout de quelques mois, on est décoré »... — "... Le juge d'instruction attribuerait, paraît-il, à M. Lajeune Vilar une certaine paternité quant aux renseignements fournis à l'article du Figaro du 16 novembre, signé Leser, relatif aux maîtres chanteurs. Disons, en outre, que M. Lajeune Vilar va publier, dans une dizaine de jours, un volume dont le vif intérêt d'actualité est indiqué par son titre : « Les Coulisses de la Presse. » Dans cette publication, M. Lajeune Vilar reprendrait, en dehors des affaires courantes, certains chantages restés en partie ignorés, notamment celui de Hemerdinger. D'autre part, notre ex-confrère divulguerait certains côtés du rôle très officieux joué par Canivet, plus spécialement à l'époque du Panama et à l'époque des 300.000 francs canalisés par M. Floquet, dont Canivet était le journaliste de confiance..." (L'Express du Midi, 16 décembre 1894)

185.          LAURENS (Henry). Le Royaume impossible. La France et la genèse du monde arabe. Armand Colin, 1990, in-8°, 209 pp, notes, broché, couv. illustrée, soulignures crayon sur 35 pp, bon état, envoi a.s. Rare

            60

Tout au long d'un XIXe siècle qui s'étend de l'expédition d'Egypte à l'entrée des troupes française à Damas en 1920, la France rencontre le monde arabe et musulman à travers ses politiques égyptiennes, algériennes et syro-libanaises... — "Un livre essentiel pour tous ceux qui éprouvent une difficulté à comprendre l'actualité du monde arabe et qui s'interrogent sur sa relation avec la France. Il comble une importante lacune touchant la période qui va, grosso modo, de la Révolution française jusqu'à 1830, au cours de laquelle la France forge sa vision intellectuelle du monde arabe et de l'Islam, parce qu'il confronte l'image léguée par la philosophie des Lumières avec la réalité que l'expédition de Bonaparte en Egypte et les événements qui la suivront permettront de saisir. En découvrant le monde arabe, la France contribue à le changer en y transportant les idées de la Révolution et en bouleversant l'ancien ordre établi. Ces idées et les réformes qu'elles ont suscitées en Egypte provoquent à leur tour une dynamique de changements historiques qui contribuent à transformer l'ordre de l'Empire ottoman. Une période passionnante au cours de laquelle l'Egypte joue un rôle capital en devenant la première puissance arabe et africaine moderne, en particulier grâce au concours de la France dont les dirigeants et les philosophes suivront les progrès pas à pas. Mais la perfide Albion veille et le colonialisme émerge, substituant aux principes égalitaires et émancipateurs de la Révolution, les idéologies racistes et la volonté de domination. Henry Laurens, agrégé d'histoire, docteur d'Etat, auteur de “L'Expédition d'Egypte”, un ouvrage très remarqué, apporte dans “Le royaume impossible” une somme d'informations et de documents d'ordinaire très difficiles d'accès, comme des discours de Guizot et de Clemenceau sur la question d'Orient, sans oublier des textes étonnants de Napoléon Bonaparte, la polémique entre Renan et le grand réformiste musulman Al Afghani qui portait justement sur l'avenir de l'islam, les réflexions d'un Lamartine ou d'un Victor Hugo... L'auteur analyse les rapports entre le colonialisme et les minorités religieuses orientales, souligne des paradoxes étonnants et des contradictions qui expliquent encore les raisons des impasses actuelles où se perd le dialogue euro-arabe et où naissent les frustrations et montent les rancoeurs. Un ouvrage vraiment utile..." (Hédi Dhoukar, Hommes et Migrations, janvier 1991)

186.          LECOMTE (Georges). Les Allemands chez eux. Albin Michel, s.d. (1910), in-12, 316 pp, reliure papier crème à la bradel, dos lisse avec titres rouges, couv. illustrée en couleurs conservée, bon état, envoi a.s. à M. et Mme Frantz Jourdain

            40

187.          LEUSSE (Comte Paul de). Souvenirs. Sébastopol, Reichshoffen. Présentés par Ernest d'Hauterive, annotés et publiés par son petit-fils le comte Paul de Leusse. P., Aux dépens d'un amateur, 1950, in-8°, xix-220 pp, 9 pl. de gravures et portraits hors texte, dont 2 plans dépliants (Sébastopol et Froeschwiller), un tableau généalogique, broché, très bon état. Il est indiqué que cet ouvrage a été tiré à 200 exemplaires numérotés seulement, mais notre ex. n'est pas numéroté. Très rare

            150

188.          MARIE (Reine de Roumanie). Histoire de ma vie. Plon, 1938, 2 vol. in-8°, 376 et 392 pp, 64 photos hors texte, brochés, bon état

            50

Tomes 1 et 2 (sur 3). Sans le troisième et dernier volume, paru en 1939. — Mémoires de 1875 à 1914 — « Aucune autobiographie n’est aussi étrange, ni, à certains égards, aussi intéressante que “l’Histoire de ma vie” de Marie, reine de Roumanie » écrivait Virginia Woolf en 1934. Fille du duc d'Edimbourg et de la princesse Maria Alexandrovna de Russie, petite-fille de la reine Victoria et du tsar Alexandre II, SAR la princesse Marie épouse en 1893 l'héritier du trône de Roumanie, le prince Ferdinand de Hohenzollern-Sigmaringen, et part à 17 ans pour son nouveau pays. Pendant plus de vingt ans, elle se prépare à devenir reine. Son mari accède au trône à la veille de la Première guerre mondiale alors que la Roumanie essaye de préserver sa neutralité. Dans “Histoire de ma vie”, la reine Marie raconte sa jeunesse en Angleterre, à Malte dont son père est gouverneur puis à Cobourg (nord de la Bavière) dont il est souverain. Elle évoque aussi ses séjours à la cour de Russie. Vie de famille avec ses enfants, vie mondaine et vie politique se mêlent dans un tourbillon étourdissant que la Première guerre mondiale vient balayer. Veuve en 1927, Marie se consacre alors à l'écriture et à la rédaction de ses mémoires. Elle meurt en 1938. — "Une des femmes les plus brillantes d'Europe" (Ghislain de Diesbach), elle contribua à ranger la Roumanie dans le camp allié en 1916. Le livre retrace son enfance en Angleterre, à Malte et dans les différentes cours d'Europe, son mariage avec le Prince héritier de Roumanie, les portraits des personnages qui gouvernent l'Europe en cette fin du XIXe siècle... Nombreuses photos.

189.          MASSENET (Jules). Mes souvenirs. Nouvelle édition commentée par Gérard Condé. Editions Plume, 1992, in-8° carré, 349 pp, discographie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Quelques jours après la mort de Massenet, survenue le 13 août 1912, l’éditeur Pierre Lafitte fait paraître les Mémoires du compositeur, intitulés “Mes souvenirs”. Massenet y retrace les grandes étapes de sa carrière artistique et les principaux événements qui ont marqué son existence : de sa formation à la création de ses œuvres majeures, l’auteur adulé de “Manon” nous livre le portrait d’un artiste prolifique, couvert de gloire et témoin de profonds bouleversements artistiques. Il se montre cependant souvent complaisant et jette un voile pudique sur les échecs, cabales ou critiques qu’il dut affronter, sa musique, loin de faire l’unanimité, suscitant des passions encore plus ou moins vives aujourd’hui. Aussi “Mes souvenirs” furent-ils rapidement considérés comme un texte apocryphe et donc peu fiable. Le présent ouvrage apporte la preuve que le compositeur a bien lui-même écrit son texte – ou du moins largement supervisé leur publication – en adoptant un style à la fois nostalgique et mondain en phase avec celui de nombreux ouvrages similaires et publiés à la même époque.

190.          NAGEL (Susan). La comtesse et le Parthénon. L'histoire de lady Elgin qui défia Napoléon et s'offrit le plus grand trésor de la Grèce antique. JC Lattès, 2006, in-8°, 351 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de gravures hors texte, notes, biblio, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Au British Museum, à Londres, une salle entière est consacrée aux frises et aux métopes du Parthénon. Une collection qui constitue sans doute le plus bel ensemble de sculptures de la Grèce Antique à ce jour, mais qui reste l'objet d'une vive controverse entre la Grande-Bretagne et la Grèce, qui réclame sa restitution. Ce trésor rapatrié en Angleterre au début du XIXe siècle grâce à lord Elgin n'aurait pu l'être sans l'intervention décisive et le soutien financier de Mary Nisbet, sa richissime épouse, qui fit preuve dans cette étonnante aventure d'une énergie et d'une détermination exceptionnelles. On ne connaît que depuis peu le rôle de cette jeune héritière écossaise, devenue l'une des femmes les plus brillantes et les plus influentes de son temps. Susan Nagel, qui a eu accès aux archives familiales, retrace avec talent l'existence tourmentée de cette femme, épouse adulée d'un ambassadeur à la cour ottomane, qui charma le sultan Selim III et fut la première à visiter les harems de Topkapi. Elle fut aussi l'héroïne d'un scandaleux procès pour adultère qui devait défrayer la chronique dans toute l'Europe, marquant une étape importante pour les droits des femmes divorcées, cruellement traitées dans l'Angleterre pré-victorienne.

191.          PAILHÈS (G.). La duchesse de Duras et Chateaubriand, d'après des documents inédits. Perrin, 1910, in-8°, 553 pp, 8 gravures hors texte, broché, lettres de Mme Swetchine en appendice, bon état. Edition originale

            45

Sainte-Beuve a laissé entendre, d'après un propos de Mme de Boigne, que la très vive affection vouée par la duchesse de Duras à Chateaubriand n'était pas restée purement sentimentale. M. P. estime que Sainte-Beuve s'est trompé, et il en voit la preuve dans des lettres inédites, qu'il reproduit ou qu'il cite, de Mme de Duras à Rosalie de Constant, et de Chateaubriand à Mme de Duras. Un chapitre traite longuement des déboires maternels de la duchesse, et de ses difficultés avec sa fille aînée FéIicie, lors du mariage de celle-ci avec le comte de La Rochejacquelin (1819).

192.          PROUDHON (Pierre-Joseph). De la Capacité politique des classes ouvrières. Introduction et notes de Maxime Leroy. P., Marcel Rivière, 1924, in-8°, 423 pp, portrait et signature de Proudhon en frontispice, notes et notes bibliographiques, avec en annexe le « Manifeste des Soixante » et le « Contre-manifeste des Quatre-vingts », broché, bon état (Coll. Oeuvres complètes de P.-J. Proudhon. Nouvelle édition publiée avec des notes et des documents inédits)

            45

"Leroy travaille dans l’équipe réunie par le sociologue Célestin Bouglé à l’École normale supérieure autour de son Centre de documentation sociale pour éditer les oeuvres complètes de Proudhon. Parmi le groupe des Amis de Proudhon dirigé par Bouglé et Henri Moysset et comportant Roger Picard, Aimé Berthod, Michel Augé-Laribé, Armand Cuvillier, Daniel Halévy, Édouard Dolléans, Georges Duveau, Maurice Harmel, William Oualid, Gaëtan Pirou, Jules-L. Puech et Théodore Ruyssen, Leroy s’occupe du troisième tome consacré à “De la capacité politique des classes ouvrières”." (Alain Chatriot, Maxime Leroy, la réforme par le syndicalisme, 2006)

193.          PROUDHON (Pierre-Joseph). La Révolution sociale démontrée par le coup d'Etat du Deux Décembre. Projet d'Exposition perpétuelle. Introduction et notes de Edouard Dolleans et Georges Duveau. P., Marcel Rivière, 1936, in-8°, 386 pp, notes et notes bibliographiques, broché, bon état (Coll. Oeuvres complètes de P.-J. Proudhon. Nouvelle édition publiée avec des notes et des documents inédits)

            35

2 décembre 1852, Louis-Napoléon Bonaparte organise le coup d’État qui lui permettra de restaurer l’Empire. Un peu plus tard, Proudhon achève sa peine de trois années de prison pour injures au même Louis-Napoléon alors président de la République. Alors que la plupart des républicains choisissent l’exil, Proudhon propose ses services pour aider Louis-Napoléon à laisser le pays se gouverner lui-même car ce dernier n’a qu’une seule alternative : césarisme ou anarchie.

194.          [Révolution de 1848 - Seconde République]. Les Révolutions du XIXe siècle (3e série) : La Révolution démocratique et sociale, février 1848 - 2 décembre 1851. P., EDHIS, 1984, 10 vol., préface de Maurice Agulhon, 186 titres reliés en 10 volumes in-8° (6 volumes), in-4 (3 volumes) et in-folio (1 volume), reliures skivertex rouge éditeur, titres dorés aux 1ers plats et aux dos, bon état. Reprint des éditions originales de plus de cent textes et quatre vingt six périodiques in-extenso, publiés entre 1848 et 1851

            400

Réunion exceptionnelle de textes et journaux très rares traitant particulièrement des associations ouvrières, du droit au travail, de l'organisation du travail, du mouvement féministe, etc. On y trouve des manifestes, discours, almanachs, procès, banquets, toasts, statuts, proclamations, etc. et l'intégralité du débat à l'Assemblée Nationale sur le droit au travail (formant le volume III). Avec les plus intéressants parmi les journaux éphémères publiés pendant cette période : l'Anarchie, le Peuple, l'Accusateur Public, le Communiste, l'Opinion des Femmes, la Politique des Femmes, la Commune Sociale, la Solidarité, l'Aimable Faubourien, le But Social, le Salut Social, le Défenseur du Peuple, le Moniteur de la Racaille, etc.

195.          ROLAND (Pauline), Arthur RANC, Gaspard ROUFFET. Bagnes d'Afrique. Trois transportés en Algérie après le coup d'Etat du 2 décembre 1851. Textes établis, annotés et présentés par Fernand Rude. Maspero, 1981, in-8°, 218 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Actes et mémoires du peuple)

            50

Ces témoignages sont ceux de trois opposants, très différents par leur origine sociale et leur milieu, au coup d'État du futur Napoléon III. Ils témoignent sur la résistance brisée des républicains, autant que sur un univers colonial en formation. Gaspard-Léonce Rouffet est un obscur militant démocrate-socialiste de Montluçon. Arrêté le 7 décembre, il est traîné pendant plusieurs mois de prison en prison, et finalement « transporté » en Algérie. Meneur d'une « révolte », il est dirigé sur Lambessa, d'où il s'évade le 16 mai 1856. Pauline Roland, grande figure du saint-simonisme et du féminisme, avait été arrêtée le 6 février 1852. Condamnée à la transportation en Algérie, enfermée au fort Saint-Grégoire, près d'Oran, puis transférée à la Casbah de Bône, grâciée, elle meurt sur le chemin du retour, à Lyon. Les lettres ici rassemblées permettent de suivre les étapes de son martyre. Le jeune étudiant Arthur Ranc, échappé aux rafles de décembre 1851, conspire dans les sociétés secrètes de tendance blanquiste. Le 8 septembre 1855, le ministre de l'Intérieur lui fait notifier un arrêté de transportation à Cayenne, bientôt transmuée en transportation à Lambessa. Il s'évade avec deux de ses compagnons de détention. Deux mois plus tard, les fugitifs entrent dans Tunis. — "Ces trois récits de déportation en Algérie, au lendemain du coup d'Etat du 2 décembre 1851, fournissent un excellent témoignage sur la répression de la résistance républicaine à Napoléon III et sur la condition pénitentiaire de l'époque, mais également sur une société coloniale en voie de formation." (Revue française de science politique, 1981)

196.          SEIGNOBOS (Ch.). Histoire politique de l'Europe contemporaine. Evolution des partis et des formes politiques, 1814-1896. Armand Colin, 1903, fort in-8°, xii-814 pp, troisième édition, reliure pleine toile noire, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), un mors fendu, bon état

            50

... Ainsi m'étant privé à la fois de tout procédé littéraire et de tout appareil d'érudition, je suis sorti des deux genres auxquels les historiens ont habitué le public, l'histoire narrative et l'histoire érudite. Mon but a été de faire comprendre les phénomènes essentiels de la vie politique de l'Europe au XIXe siècle, en expliquant l'organisation des nations, des gouvernements et des partis, en montrant les questions politiques qui se sont posées au cours de ce siècle dans l'intérieur de chaque État et entre les différents États, les conflits qu'elles ont soulevés et les solutions qu'elles ont reçues, de façon à dérouler sous les yeux du lecteur la succession des crises et des concours d'accidents qui ont décidé du sort des peuples de l'Europe. J'ai voulu faire une histoire explicative.

197.          SUTHERLAND (Christine). La Princesse de Sibérie. Histoire de Maria Volkonski. Perrin, 1986, in-8°, 350 pp, traduit de l'anglais par Marina Grey, 16 pl. de gravures et photos hors texte, une carte de la Sibérie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

1) Une femme qui suit son mari exilé en Sibérie et y continue à vivre maritalement avec lui, doit partager son sort. Elle doit renoncer à tous les droits que lui donnait sa position antérieure et, de ce fait, être traitée comme une femme d’un criminel d’Etat. Les autorités ne pourront la protéger contre les insultes ou les voies de fait de la part de criminels dépravés, assurés de leur impunité au cas où ils offenseraient ou même molesteraient la femme d’un de leurs codétenus. – 2) Tout enfant né en Sibérie de l’union d’une telle femme et de son mari criminel sera inscrit sur les régistres comme serf paysan et deviendra la propriété de l’Etat. – 3) Il est interdit à cette femme de détenir bijoux ou argent. – 4) Elle perd le droit de se faire servir par des domestiques ou des serfs. – 5) Elle ne pourra jamais retourner en Russie d’Europe, même après la mort de son mari. – Voilà le terrible engagement que signa en Janvier 1827 Sa Sérénissime Grandeur, la princesse Maria Volkonski, femme d’un pair, mère d’un prince, fille du général Raïevski, héros des guerres contre Napoléon. Pour avoir le droit de rejoindre son mari, convaincu d’avoir participé au complot des Décembristes et condamné aux travaux forcés en Sibérie, Maria, à vingt et un ans, cessait officiellement d’exister. Mais cette décision prise dans un élan romantique allait la révéler. Pendant près de trente ans, elle fut l’âme du petit groupe des déportés et des onze femmes qui les avaient rejoints. Elle se battit contre le désespoir, contre la maladie, contre la bureaucratie, contre l’arbitraire. Elle fonda des écoles, s’occupa de coopératives agricoles, fît bâtir le premier théâtre à l’est de l’Oural. Quand l’amnistie lui permit enfin de revenir en Europe, les Sibériens pleurèrent celle qu’ils appelaient « Notre Princesse ».

198.          TILLIER (Bertrand). La Commune de Paris, révolution sans images ? Politique et représentations dans la France républicaine (1871-1914). Seyssel, Champ Vallon, 2004, gr. in-8°, 526 pp, 56 illustrations, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Aucune révolution n'aura entretenu de relations aussi compliquées avec ses images, ses représentations et ses artistes, que la Commune de Paris – dès 1871 et jusqu'à la veille de la Grande Guerre. Qu'il s'agisse de peintures et de sculptures, de photographies et de gravures de presse ou encore de caricatures, étudiées dans cet ouvrage, l'image produite en regard de la Commune paraît en permanence échouer à représenter les événements du printemps 1871, sur le vif comme à retardement, au plus fort de l'événement comme dans sa mémoire. La Commune semble toujours parvenir à se soustraire à sa représentation, tant chez les artistes favorables à sa cause – le sculpteur Jules Dalou et les peintres Gustave Courbet, Édouard Manet ou Maximilien Luce – que chez ceux qui en furent des ennemis déclarés – les peintres Ernest Meissonier, Jean-Paul Laurens ou Jean-Baptiste Carpeaux. Les tentatives des artistes furent souvent vaines et restèrent lettre morte. Dans les oeuvres consacrées en petit nombre à la Commune de Paris, les dispositifs et les visions portent la marque de cet échec, successivement frappés par les interdits de la censure institutionnelle, les tabous de l'autocensure que s'imposèrent les artistes et l'oubli posé comme condition nécessaire à l'amnistie de 1881, assourdissante et aveuglante. Rejetées de l'art, par le statut des représentations considérées comme inabouties ou triviales et par le sort infligé à la plupart des artistes condamnés, inquiétés ou censurés, tout autant que durablement expulsées de la mémoire de la France républicaine, les images de la Commune furent marginalisées dans les milieux militants anarchistes, socialistes révolutionnaires et communistes. Entre histoire politique, histoire culturelle et histoire de l'art, cet ouvrage explique les raisons de cette entreprise d'occultation.

199.          VALANCE (Georges). Haussmann le grand. Flammarion, 2000, gr. in-8°, 362 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 2 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Grandes biographies)

            25

Son nom évoque la norme bourgeoise de l'appartement parisien si prisé des agents immobiliers. Mais l'œuvre d'Haussmann est autrement plus vaste. Durant dix-sept années d'un gigantesque chantier, le préfet de la Seine a fait de Paris la capitale la plus moderne de son temps, traçant la perspective des avenues, aménageant les espaces verts, organisant la distribution de l'eau et du gaz, créant les égouts. Rien, pourtant, ne semblait prédestiner ce petit-fils d'immigrés allemands et luthériens, engagé dans une morne carrière administrative, à se lancer dans pareille entreprise. Rien, sinon son exceptionnelle puissance de travail, sa curiosité très moderne pour l'industrie, et... la rencontre inespérée de Louis Napoléon Bonaparte un beau matin de janvier 1849. De ce jour Haussmann saura être la parfaite incarnation du mythe bien français de l'homme providentiel accouché par l'Histoire. Et rarement l'histoire de la France aura été plus magistrale que sous le Second Empire. Symbole de ce régime tant décrié et qui fut cependant le premier à prendre acte de l'importance de l'économie, Haussmann fut aussi un viveur, amateur de bons vins et de jeunes femmes, organisant les plus fastueuses des fêtes impériales. Si l'homme est controversé, son œuvre nous parle toujours. "Les hommes ne sont grands, disait Napoléon, que pour les monuments qu'ils nous laissent." Haussmann nous a légué le visage actuel de Paris, qui peut encore prétendre au titre de plus belle ville du monde.

200.          WEILL (Georges). L'Europe du XIXe siècle et l'idée de nationalité. Albin Michel, 1938, in-8°, xvi-480 pp, 8 pl. de gravures et 2 cartes hors texte, biblio, index, reliure pleine toile brique, dos lisse, pièces de titre et de collection chagrin bordeaux, couv. conservées (rel. de l'époque), très bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité). Edition originale

            40

"Les livres de M. G. Weill sont toujours remarquables par la solidité et par la clarté. On retrouve ces mérites dans celui qu'il vient de publier sur “L'Europe du XIXe siècle et l'idée de nationalité”. Ce volume étudie une question qui a été prédominante dans l'histoire diplomatique de l'Europe, au cours du siècle dernier. C'est toute l'histoire des nationalités qu'il nous retrace depuis 1815, où elles avaient été délibérément méconnues, en insistant sur la grande période de leur triomphe, de 1814 à 1870, et en nous montrant comment, de 1870 à 1900, cette idée de nationalité, malgré un recul apparent, ne cessa de vivre et de progresser." (Combes de Patris, Revue des études historiques, 1938)

201.          WEILL (Georges). Le Journal. Origines, évolution et rôle de la presse périodique. P., La Renaissance du Livre, 1934, in-8°, xix-450 pp, 8 gravures hors texte, biblio, index, reliure pleine toile brique, dos lisse, pièces de titre et de collection chagrin bordeaux, couv. conservées (rel. de l'époque), très bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité). Edition originale

            40

"L'admirable sujet que l'histoire du journal ! Témoin, comme le livre l'avait été au XVIe siècle d'une révolution dans la conscience religieuse, d'une autre révolution dans la mentalité politique à la fin du XVIIIe siècle, la presse périodique est une des manifestations les plus puissantes de la vie sociale. Née pour satisfaire au simple besoin de curiosité, elle a fini par prendre la direction de l'opinion publique et peut-être de la société entière. ... M. Georges Weill a brillamment accompli la tâche difficile de présenter un aperçu relativement détaillé de l'histoire de la presse dans les quatre principaux pays : la France, l'Angleterre, l'Allemagne et les Etats-Unis. ... Il envisage successivement trois périodes : l'une allant de 1815 à 1848, la deuxième jusqu'au début du XXe siècle, la troisième englobant la guerre et l'après guerre." (Paul Harsin)

202.          ZAIDMAN (Pierre-Henri). Emile Victor Duval (1840-1871). Un héros du XIIIe arrondissement, Ouvrier fondeur, Général de la Commune de Paris. P., Editions Dittmar, 2006, in-8°, 377 pp, 17 pages de photos et fac-similés, documents en annexe, broché, bon état. Epuisé. Ouvrage tiré à 200 exemplaires seulement

            35

La première biographie de cet acteur important des débuts de la Commune. — Émile Victor Duval, né à Paris en 1840, mort fusillé au Petit-Clamart le 4 avril 1871 est un acteur important des débuts de la Commune de Paris. Ouvrier fondeur en fer, il était doué d’une nature ardente et plein d’un dévouement absolu, aveugle, à la cause révolutionnaire, à laquelle il consacra son existence et jusqu’à sa vie. Ce fut lui qui organisa la célèbre grève des ouvriers fondeurs. Il fut délégué par les grévistes à Londres, auprès du conseil de l’Internationale, dont il obtint d’importants subsides, qui permirent aux ouvriers de tenir longtemps tête à leurs patrons. Duval fut aussi envoyé par les ouvriers fondeurs à la chambre fédérale, qu’il dut d’être impliqué dans le procès de 1870, dirigé contre l’Association. Il est condamné à deux mois de prison au 3e procès de l'Internationale. Il est libéré par la proclamation de la République le 4 septembre 1870. Il est délégué au Comité central républicain des Vingt arrondissements et participe aux mouvements insurrectionnels du 31 octobre 1870 et du 22 janvier 1871, contre le Gouvernement de la Défense nationale. Sans succès il est candidat socialiste révolutionnaire aux élections du 8 février 1871 à l'Assemblée Nationale. Pendant le soulèvement du 18 mars il se rend maître d'une grande partie de la rive gauche de Paris et de la Préfecture de police. Le 26 mars il est élu au Conseil de la Commune par le XIIIème arrondissement, il siège à la commission militaire et à la commission exécutive. Le 3 avril 1871, il est nommé général de la Commune. Contre son gré, sous la pression des gardes nationaux il lance avec Théophile Ferré et Émile Eudes, l'offensive désastreuse en direction de Versailles. Arrêté sur le plateau de Châtillon, il est fusillé au Petit-Clamart, le 4 avril 1871, sur ordre du général Vinoy.

203.          ZAIDMAN (Pierre-Henri). Francs-tireurs et gardes nationaux au combat. Septembre-octobre 1870 dans l'Ouest. P., Editions Saint Honoré, 2016, in-8°, 544 pp, annexes, biographies, broché, couv. illustrée, bon état

            23

Septembre 1870, alors que l'armée française est en déroute et que les troupes régulières se réorganisent, les gardes nationaux et francs-tireurs surgissent un peu partout infligeant des pertes à l'ennemi, certes peu importantes, mais suffisantes pour que l'état-major allemand décide de les éradiquer en intimidant, si nécessaire, les populations civiles qui les soutiennent. C'est ainsi que le 18 octobre 1870, dans une petite ville tranquille d'Eure-et-Loir, Châteaudun, 1200 francs-tireurs, gardes nationaux et sapeurs-pompiers, dépourvus de cavalerie et d'artillerie, affrontent une demi-journée durant, 6500 hommes de la 22e division d'infanterie allemande dans un combat inégal et symbolique, infligeant des pertes infimes à l'ennemi, mais dont la mémoire et le souvenir sont restés vivants partout dans le pays.

204.          ZAIDMAN (Pierre-Henri). Lucien Félix Henry. Colonel de la Commune, condamné à mort et artiste australien. Chez l'Auteur, Editions du Baboune, 2000, in-4°, 88 pp, documents en annexe, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Passionnante étude sur un acteur peu connu de la Commune de Paris. Condamné à mort pour commandement de "bandes armées" pendant la Commune, Henry fut gracié et sa peine commuée en déportation. Arrivé au bagne de Nouvelle-Calédonie en 1873, il entreprend des études artistiques. Amnistié en 1879, il part pour l'Australie où il devient un artiste reconnu...

20e SIÈCLE

 

205.          AMAR (Imache). L'Algérie au carrefour : la marche vers l'inconnu. P., Impr. Centrale, s.d. (1937), in-12, 24 pp, broché, non coupé, bon état. Edition originale. Rare

            30

Par l’homme politique et nationaliste Imache Amar (1895-1960), pionnier du Nationalisme Algérien et père fondateur de l'Etoile Nord Africaine. Emigré en France au début de la première guerre mondiale comme ouvrier spécialisé, il créera le Congrès des ouvriers nord-africains (Cona), créé le 7 décembre 1924 à Paris, après un regroupement d’émigrés algériens. En 1926, ce Congrès se transforme en Parti politique : l'Etoile Nord Africaine qui revendique l'indépendance de l'Algérie... “L'Algérie au carrefour : la marche vers l’inconnu”, paru en 1937, est une introduction à l’éveil politique algérien. Figure illustre du mouvement national, Imache Amar a été occulté par l’histoire officielle, sans doute parce qu'il revendiquait aussi la berbérité du pays.

206.          ANDREAS-SALOMÉ (Lou). Carnets intimes des dernières années. Edition posthume par Ernst Pfeiffer. Traduit de l'allemand et préfacé par Jacques Le Rider. Notes de Jacques Le Rider et Ernst Pfeiffer. Hachette, 1984, in-8°, 212 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Égérie de Nietzsche, compagne de Rilke, disciple de Freud, femme de lettres cosmopolite, Lou Andreas-Salomé (1861-1937) laisse une œuvre inclassable et singulière. Littérature et philosophie, psychanalyse et théologie, histoires pour enfants et poèmes dramatiques, correspondance et journaux : autant de formes multiples et souvent atypiques d’un art qui dans les premières décennies du XXe siècle compose une modernité au féminin.

207.          [Antisémitisme] – FRY (Lesley). L'auteur des Protocols : Achad ha-Am et le Sionisme. P., La Vieille-France, 1922, in-12 (12,5 x 21), 32 pp, broché, couv. imprimée sur papier bleu, couv. abîmée et salie, état moyen. Très rare

            40

« L. Fry » était le pseudonyme de Mme Chichmarev, ainsi présentée par un défenseur national-socialiste des “Protocoles” : « Madame L. Fry, femme de lettres américaine, à la suite de recherches entreprises en Russie, avec l'aide financière de Henry Ford, affirme qu'ils [les “Protocoles”] sont l'œuvre de l'écrivain juif Achad Haam (Ascher Ginzberg) » (Dr Karl Bergmeister, “Le Plan juif de conspiration mondiale. Les “Protocoles des Sages de Sion” devant la Chambre correctionnelle de Berne”, 1937 ; l'orthographe correcte du nom de plume de Ginzberg en hébreu est Ahad Ha'am). L. Fry est en effet connue pour sa « thèse » sur les origines sionistes des “Protocoles”..." (P.-A. Taguieff, Les Protocoles des sages de Sion : Faux et usages d'un faux) — "A partir de 1931, la “Revue Internationale des Sciences Secrètes” publie une série d'ouvrages en français et en anglais. “The Jewish Question” rassemble les textes antisémites d'Henry Ford. C'est ainsi qu'un ouvrage de Lesley Fry, “Waters Flowing Eastward” comporte le texte des “Protocoles des Sages de Sion” bien que ne l'annonçant pas dans le titre. L'ouvrage paraît simultanèment en français, la même année 1931, sous le nom de “Retour des flots vers l'Orient. Le juif notre maître”. L. Fry avait publié dix ans plus tôt aux Editions de la Vieille France de Gohier un texte intitulé : “L'auteur des Protocols : Achad ha Am et le Sionisme” avec une préface de Gohier dont voici un extrait : « L'hypothèse du faussaire inspiré comme un prophète ne nous satisfait pas. Nous croyons qu'un homme peut voir l'avenir dans son ensemble, nous ne croyons pas qu'un homme puisse prédire jusqu'aux moindres détails d'un avenir assez éloigné. » Ce texte sera traduit du français en russe et publié dès 1922, à Berlin au sein d'un recueil intitulé “Vsiémirniy taïniy zagovor, le complot secret mondial”, puis en 1923 en allemand à Munich, “Achad Cham, der geheime Führer der Juden”. Toutefois, L. Fry écrivait en anglais et avait besoin d'un traducteur vers le français." (Jacques Halbronn, Aspects du processus de traduction des Protocoles)

____________________________

 

[Antisémitisme] – GOHIER (Urbain). La Vieille-France. Revue antimaçonnique et antisémite pamphlétaire, violente et outrancière créée par Urbain Gohier en 1916, qui, dès l'année suivante, prendra pour titre La Vieille France avant de disparaître en 1924. Gohier était un ennemi juré de l'Action Française, jugée trop molle, voire quasiment « enjuivée ».  Gohier a notamment publié La terreur juive (1905), A nous la France (1913) et Le droit de la race supérieure (1914), ces deux derniers sous le nom de plume Isaac Blumchen. Mais son titre de gloire reste l'édition française, abondamment commentée, des Protocoles des Sages de Sion en 1925. Les numéros sont au format in‑12 (12,5 x 21), de 32 pp chacun, avec des couv. imprimées sur papier bleu. Nous disposons des numéros suivants :

"La Vieille-France ne renferme pas toute l'histoire de notre temps. Mais si jamais un historien veut écrire l'histoire de notre temps sans se reporter à chaque numéro de la Vieille-France, il ne produira qu'une oeuvre d'ignorance et de mensonge." — "La Vieille-France est le dernier obstacle qui se dresse contre la conquête totale de la France par les Hébreux." (Sic)

 

208.          n° 286. P., La Vieille-France, 1922, bon état

            12

L'alliance Germano-Russo-Turque ; Les Jésuites et les “Protocols” ; Une page de la criminalité juive (deuxième article). Un brelan d'assassins juifs : les assassins de l'horloger Peschard (par Jean Drault), etc.

209.          n° 288. P., La Vieille-France, 1922, bon état

            12

Llyod George complice des Juifs Bolchevicks ; “L'Echo de Paris” est un journal juif ; Jules Guesde, Caillaux, Jaurès ; Une page de la criminalité juive (4e article). Un avocat anti-juif en 1858 (par Jean Drault), etc.

210.          n° 290. P., La Vieille-France, 1922, état correct

            12

Les créances de nos amis et alliés ; La garnison bolcheviste de Paris ; Les auteurs de la Grande Guerre ; George Sand et les Sociétés secrètes ; La Tribu Joseph, Salomon, Jacob et Mardochée Bacri (deuxième article) (par Jean Drault), etc.

211.          n° 293. P., La Vieille-France, 1922, bon état

            12

Alphonse XIII chez Cornuché ; Le Goeben et le Breslau ; De l'Illuminisme au Bolchevisme ; Humanitarisme-Tartufferie-Trahison ; Juif Bacri, rigolo chez Tortoni (cinquième article) (par Jean Drault), etc.

212.          n° 294. P., La Vieille-France, 1922, bon état

            12

Derrière la grève, derrière le Bolchevisme ; Ce qu'on fêtera le 11 Novembre ; Trafics de Lloyd George ; Le Comité des Forges ; Destruction organisée de la France ; L'Algérie conquise pour les Juifs (sixième et dernier article) (par Jean Drault), etc.

213.          n° 304. P., La Vieille-France, 1922, bon état

            12

Les Anglais, notre sucre, nos colonies ; Le bilan du Bolchevisme ; Stern et les Affréteurs Réunis ; La famille juive ; Rothschild et sa dette envers les porteurs de fonds russes (par Jean Drault), etc.

214.          n° 313. P., La Vieille-France, 1923, bon état

            12

Les sauf-conduits pour le Grand Soir ; L'affaire Rosenbluth aux Etats-Unis ; La Pologne rançonnée par “Le Journal” ; La misère des prêtres de France, la détresse des classes moyennes, et le Bolchevisme de la République juive (par Jean Drault), etc.

215.          n° 314. P., La Vieille-France, 1923, bon état

            12

La belle Chambre bleu-horizon ; Le coup de Drumont ; Le cou de Louis XVI ; Trestaillons, qui dit s'appeler « Maurras » ; Wagner anti-juif (premier article) (par Jean Drault), etc.

216.          n° 317. P., La Vieille-France, 1923, bon état

            12

Colonisation de la France ; Victoire financière de l'Allemagne ; Un parti impossible : Judéorléanisme ; « J'espère que les Français seront écrasés ! » ; Les Jésuites et le Régicide (II) (par Jean Drault), etc.

217.          n° 319. P., La Vieille-France, 1923, état correct

            12

Fuites parlementaires ; Publicité des emprunts ; Les raisons d'une polémique ; Banque Bauer, Oeuvre, Action française ; Basil Zaharoff ; Autour d'un assassinat maçonnique (second article). Le F. duc Decazes en accusation (par Jean Drault), etc.

218.          n° 322. P., La Vieille-France, 1923, état correct

            12

Le Professeur Aulard contre la France ; Le “Matin”, le “Temps” et la Synagogue ; M. Poincaré et « l'abominable gredin » ; Bourbons et Juifs ; Dettes entre alliés ; Les révélations d'un agent maçonnique (troisième article). Comment la Maçonnerie espionnait la surintendante de la maison de la reine Marie-Antoinette (la princesse de Lamballe) (par Jean Drault), etc.

219.          n° 326. P., La Vieille-France, 1923, état correct

            12

L'énigme Berta. L'énigme Poincaré ; Des ennemis : Venizelos, Hearst ; La famille Egalité ; Un post-scriptum à l'affaire Louvel (deuxième article) : Comment le F. Decazes écarta ou baillonna les témoins au procès de Louvel (par Jean Drault), etc.

220.          n° 349. P., La Vieille-France, 1924, état correct

            12

Constituante ! Révision ! ; La folie des Civilisés : Fonctionnaires et contribuables ; Les espionnes ; Clemenceau à l'Académie ; Les premiers Juifs au Parlement (par Jean Drault), etc.

221.          n° 352. P., La Vieille-France, 1924, bon état

            12

L'Italie et la Méditerranée ; L'Angleterre et notre or ; La vague de paresse et la baisse du franc ; Le camouflage à travers les âges ; Quelques histoires de conversions juives : un double jeu israélite qui recommence (par Jean Drault), etc.

222.          n° 353. P., La Vieille-France, 1924, bon état

            12

A bas tous les monopoles ! ; La Révolution anglaise ; Le Panama des Régions dévastées ; Millerand Imperator ; Enigme du change ; Un Juif converti : le traître Deutz (par Jean Drault), etc.

223.          n° 361. P., La Vieille-France, 1924, bon état

            12

Le « miracle » du Franc ; La Constitution ? – N'existe plus ; La France ? – Ne s'appartient plus ; Le dollar en 1871 ; Comment on a éteint la Libre Parole (II) (par Jean Drault), etc.

224.          n° 362. P., La Vieille-France, 1924, bon état

            12

250 millions à reprendre ; Le Bolchevisme, c'est les Juifs ; « Une officine d'abominables doctrines » ; Nos dettes ? Nos morts ont payé ; Les infiltrations maçonniques dans notre presse (par Jean Drault), etc.

225.          n° 363. P., La Vieille-France, 1924, bon état

            12

Marine française kosher ; Il y a trop d'étudiants : numerus clausus ! ; Le maquis de Corse et le maquis de Paris ; Jéroboam Rothschild-Mandel et “l'Aurore” ; Infiltrations maçonniques (second article). Le “glissement à gauche” (par Jean Drault), etc.

226.          n° 364. P., La Vieille-France, 1924, bon état

            12

Antinoüs Callipyge aux Finances ; Lüdendorf a bien posé la question ; La Chrétienté trahie par ses mauvais bergers ; Le rabbin Stephen Wise et ses Mémoires ; La marine de Rothschild et les Métaux de guerre : Pourquoi un Juif est à la tête de la marine française (par Jean Drault), etc.

227.          n° 365. P., La Vieille-France, 1924, bon état

            12

La funeste journée de 8 heures ; Aristo-cratie ; Trahisons et chantages orléanistes ; Ce qu'annonçaient les “Protocols” ; La “Libre Parole” expliquée par Jean Drault, etc.

228.          n° 371. P., La Vieille-France, 1924, bon état

            12

Sur un match de Rugby ; Les maîtres du ministère Herriot ; Les Bolchevicks appliquent nos idées ; Le Fascisme rouge ; La première Allemande qui gouverna Gambetta (par Jean Drault), etc.

____________________________

 

229.          ARON (Raymond). La Révolution introuvable. Réflexions sur la Révolution de Mai. Fayard, 1968, in-8°, 187 pp, broché, bon état

            15

"Pour qui désire connaître la pensée de Raymond Aron, rien ne saurait remplacer la lecture de “La révolution introuvable”..." (Jean Touchard , Philippe Bénéton, “Les interprétations de la crise de mai-juin 1968”, Revue française de science politique, 1970)

230.          AUPHAN (Paul, ancien secrétaire d'Etat à la Marine). Histoire de la décolonisation. France-Empire, 1967, pt in-8°, 316 pp, broché, jaquette illustrée, bon état

            20

"Suite de réflexions sur le flux et le reflux de la colonisation. L'auteur déplore la « démission » des puissances occidentales dont il trouve la cause dans la déchristianisation de l'Europe." (Revue française de science politique, 1967)

231.          BAINVILLE (Jacques). La Russie et la barrière de l'Est. Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1946, in-8°, xiii-294 pp, préface du comte de Saint-Aulaire, avant-propos de Jean Marcel, broché, bon état (Coll. Bainvillienne)

            25

Recueil d'articles concernant la Russie, la Pologne, la Roumanie, la Finlande, l'Asie, la Perse et l'Afghanistan.

232.          [BAINVILLE, Jacques]. Hommage à Jacques Bainville. P., la Revue universelle, 1936, gr. in-8°, 192 pp, paginées 513-704, un portrait photo de Bainville hors texte, broché, bon état

            25

Numéro du 1er mars 1936 de la “Revue universelle” (fondateur : Jacques Bainville, Henri Massis, directeur) publié en hommage à Jacques Bainville, décédé le 9 février précédent. Plus de cinquante contributions dont celles de Léon Daudet, Paul Valéry, Robert Brasillach, Abel Bonnard, Fr. Mauriac, Charles Maurras, Pierre Gaxotte, A. Hermant, E. Montfort, les frères Tharaud, T. Derême, Gillet, Daniel Halévy, Thierry Maulnier, Elie Bois, A. Chaumeix...

233.          BENOIST-MÉCHIN (Jacques). Histoire de l'Armée allemande depuis l'armistice. I. De l'armée impériale à la Reichswehr. – II. De la Reichswehr à l'armée nationale-socialiste. Albin Michel, 1936-1938, 2 vol. in-8°, 418 et 696 pp, 4 cartes (dont 2 dépliantes) au tome I et 7 cartes (dont 2 dépliantes) et un graphique au tome II, index, brochés, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grands papiers)

            60

Rare édition originale parue en deux volumes, sans grands papiers, avec un texte différent de l'édition des années 1964-1966. — L'auteur expliquait dans sa préface de 1941 que : "le titre qui s'inscrit sur la couverture de cet ouvrage – “Histoire de l'Armée allemande” – n'est qu'à moitié satisfaisant. Il s'agit en réalité de plus que cela, puisqu'on trouvera ici, outre l'histoire militaire, celle de la révolution nationale-socialiste et l'ébauche d'une biographie d'Hitler (...) Ce que j'ai fait, en réalité, c'est une histoire de l'Allemagne contemporaine, vue à travers l'histoire de son armée." — "... Benoist-Méchin aurait pu avoir le Goncourt en 1941 ou 1942 à la place d'Henri Pourrat ou de Marc Bernard pour “La Moisson de quarante - Journal d'un prisonnier de guerre”, mais, avant Gracq, il fut le premier à refuser ce prix. “L'Histoire de l'Armée allemande” est probablement le chef-d'oeuvre de Benoist-Méchin. C'est un livre extraordinairement touffu, l'on y parle aussi bien de la Nuit des longs couteaux, de l'assassinat de Röhm, que du pacte franco-soviétique, de la conquête de la Mandchourie par les Japonais, que de celle de l'Abyssinie par les Italiens. On passe de l'équipée allemande dans les pays baltes à la décapitation de l'Armée rouge par Staline, bref c'est un roman d'aventures vraies où l'on entend palpiter toute la fureur du monde. Il y avait une anecdote qui ravissait Benoist-Méchin, tiré d'affaire : qu'en 1945 tandis qu'il se morfondait dans les prisons françaises en attendant son procès et sa probable condamnation à mort (il fut gracié par Vincent Auriol en 1947), de Gaulle ait fait la commande chez Albin Michel d'une centaine d'exemplaires de l' “Histoire de l'Armée allemande” qu'il jugeait nécessaire à la formation des élèves officiers de notre Ecole de guerre." (Bernard Frank, le Nouvel Observateur, 1989) — "Le titre que Benoist-Méchin donne à son livre ne rend pas exactement compte de la variété et de l'ampleur d'un tel ouvrage... Histoire politique et militaire de l'Europe dans la première moitié du XXe siècle. Il reste indispensable à quiconque veut se faire une idée du monde où nous vivons." (Kléber Haedens)

234.          BIBESCO (Marthe Lahovary, princesse). La Nymphe Europe. Mes vies antérieures. Plon, 1960, in-8°, ii-612 pp, 3 cartes en 3 couleurs hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            35

Mémoires où la princesse Bibesco relate l'histoire de sa famille, qui a coïncidé bien souvent avec l'histoire européenne (seul le premier volume, intitulé “Mes vies antérieures”, a paru). La princesse Bibesco (1886-1973), née Marthe Lahovary (alias Lucile Decaux), est une femme de lettres d'origine roumaine. Elle sera l'une des personnalités mondaines les plus marquantes de Paris, amie de Paul Claudel, Marcel Proust, Rainer Maria Rilke, Paul Valéry, Jean Cocteau, Francis Jammes, François Mauriac, Max Jacob, ou encore de l'abbé Mugnier dont elle fait son directeur de conscience, très liée à ses cousins Antoine et Emmanuel Bibesco eux-mêmes intimes de Marcel Proust, son oeuvre présente un versant mémorialiste dépeignant l'aristocratie cosmopolite parisienne. Dans quelque soixante-cinq volumes, elle témoigne de son époque et de tous ces personnages – intellectuels, artistes, écrivains, aristocrates, hommes politiques, etc – liés à elle par l'amitié et les relations mondaines. En 1955, elle sera élue membre étranger de l'Académie royale de Belgique, au siège tenu auparavant par sa cousine la poétesse Anna de Noailles.

235.          BONIN (Hubert). Histoire de Banques. Crédit du Nord. 1848-1998. P., Editions Hervas, 1998, in-4°, 206 pp, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs dans le texte et à pleine page, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            30

Bel ouvrage érudit, écrit avec la collaboration de Philippe Decroix, Sabine Effosse, Pierre Pouchain et Olivier Puydt, retraçant 150 années d'histoire du Crédit du Nord et de ses filiales : Banque Courtois, Banque Kolb, Banque Laydernier, Banque Lenoir et Bernard, Banque Nuger, Banque Rhône-Alpes, Banque Tarneaud. Le Crédit du Nord commémorait en 1998 son 150e anniversaire. En réalité, la banque n'apparaît sous ce nom qu'en 1871, l'établissement d'origine étant le Comptoir d'escompte de Lille, né effectivement en 1848. Les banques qui, au fil du temps, se sont agrégées pour former le futur Crédit du Nord sont souvent antérieures à 1848, telles Courtois à Toulouse (1760), Tarneaud à Limoges (1809), Mirabaud à Paris (1825) ou Verley, Decroix et Cie à Lille (1846)...

236.          BOUALAM (Bachaga). Mon pays... La France ! France-Empire, 1962, pt in-8°, 265 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

"Ce cri bouleversant du Bachaga Boualam constitue le document le plus poignant publié sur l’Algérie. Du Mas Thibert où il partage le sort de ses harkis fidèles et des petits orphelins de sa terre de l’Ouarsenis, ceux qu’il a pu arracher au massacre, le Vice Président de l’Assemblée nationale rompt le silence." — Saïd Boualam (1906-1982) était un harki et un homme politique français. Ancien enfants de troupe, il sera lui même capitaine dans l'armée française et obtiendra la médaille de commandeur de la légion d'honneur à titre militaire. Bachaga de l’Ouarsenis, il devient responsable de la harka de la région en juillet 1956. Il est élu député et devient vice-président de l’assemblée nationale de 1958 à 1962. Il est victime d'une tentative de meurtre le 26 septembre 1959, à Orléansville. Le 16 Juin 1960 il préside à la création du Front Algérie Française, qui recueille 420 000 inscriptions en quelques jours. Rapatrié d'Algérie le 18 mai 1962, il se retire en Camargue.

237.          BOUALAM (Bachaga). Les Harkis au service de la France. France-Empire, 1963, pt in-8°, 269 pp, 12 pl. de photos hors texte, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état

            20

"Rares sont les historiens qui peuvent écrire à la première personne. Le Bachaga Boualam, chef militaire, politique et religieux est de ceux-là et ce privilège de l'écrivain combattant n'est pas étranger au succès populaire de “Mon pays la France”. C'est pour éclairer les centaines de milliers de Français qui ont été bouleversés par la lecture de son premier livre que le Bachaga Boualam verse au dossier de l'Histoire une des plus belles pages de l'Armée française : les Harkis. La levée en masse de trois cent mille combattants musulmans volontaires au service de la France, c'est cet aspect inconnu, calomnié, de la grande aventure des Harkis que la France va découvrir sous la plume de celui qui fut un de leurs chefs qui les a conduits au feu et à la victoire. Mercenaires ? Centurions de l'Algérie répond le Bachaga en faisant revivre d'un djebel à l'autre, d'une harka à l'autre, les combats exhaltants d'une armée révolutionnaire surgie du sol d'Algérie pour défendre sa liberté et constituée par les propres fils des victimes du terrorisme. Armée libératrice, qui en sept ans, a rallié plus de la moitié des combattants du F.L.N. Ce n'est plus seulement le cri déchirant d'un chef, mais l'oeuvre d'un authentique écrivain de geste qui restitue, dans un style alerte et émouvant, l'ambiance, les gestes, les mots de la guérilla, de la pacification mais aussi, hélas ! de la tragédie finale. Fresque émouvante aux révélations tragiques qui empoigne le lecteur et qui a pour toile de fond le drame algérien, les chefs militaires et politiques, l'armée, les paras, la légion, le contingent et aussi bien sûr les rebelles que les harkis ne combattaient que pour les rallier à la France. Ce document écrit par un homme qui a personnifié par son sacrifice la page d'Histoire que la France a écrite en Algérie et que nul n'effacera, apporte un témoignage qui jusque dans son affreux dénouement oblige les hommes sincères à réfléchir et à méditer." (4e de couverture)

238.          BOYER de LATOUR (Pierre). Vérités sur l'Afrique du Nord. Plon, 1956, in-8°, xx-204 pp, préface de Emile Roche, une carte, broché, bon état

            20

Par un chef militaire qui a joué un rôle de premier plan en Afrique du Nord, un ouvrage où l'on trouve d'intéressants éléments d'information, voire de réflexion." (Revue française de science politique, 1959) — "... La décolonisation de ces pays a lieu le plus souvent sous la surveillance des généraux, dans des contextes extrêmement tendus. En Tunisie, les civils restent aux commandes, sauf dans la phase ultime de l’indépendance, après la visite de Pierre Mendès France, avec la nomination du général Boyer de Latour, qui conduit fort habilement sa mission de juillet 1954 à août 1955. Au Maroc, où les tensions sont plus fortes, l’on nomme de fortes personnalités militaires pour contrer l’expansion nationaliste mais surtout pour surveiller un sultan trop indépendant : les généraux d’armée Juin (de 1947 à 1951) puis Guillaume (de 1951 à 1954) se succèdent, et en 1955, avant le retour du sultan déposé en 1953 et la conclusion de l’indépendance en 1956, le général Boyer de Latour y fait un bref séjour (août-novembre), beaucoup plus difficile que sa mission en Tunisie. Il quitte d’ailleurs Rabat en totale opposition avec la politique d’Edgar Faure, après avoir tenter en vain de s’y opposer. Sur le rôle des « résidents militaires » dans la fin des protectorats, voir les mémoires très orientés de Pierre Boyer de La Tour, Vérités sur l’Afrique du Nord (Paris, Plon, 1956), et d’Alphonse Juin, Le Maghreb en feu, (Paris, Plon, 1957)." (Jean-Claude Allain et Michel Catala, Généraux et diplomates en France, 2006) — "Sur quarante-deux années de service, le général Pierre Boyer de Latour en a passé vingt-quatre dans le Maghreb. Depuis 1916, à part deux ans d'école et trois ans de commandement de troupes métropolitaines, il a toujours eu sous ses ordres des troupes nord-africaines. Il s'est acquis leur confiance et c'est avec leur concours qu'après l'armistice de 1940 il reconstitua un régiment de Tabors. Médaillé militaire, Grand Croix de la Légion d'Honneur, le général Boyer de Latour est titulaire de 24 citations dont 18 à l'ordre de l'armée et a reçu la D.S.O. (Distinguished Service Order) britannique et la D.S.C. (Distinguished Service Cross) américaine. A ses fonctions militaires sont presque toujours venues s'ajouter des fonctions administratives et politiques. Appelé en février 1951 à Rabat pour exercer auprès du Maréchal Juin les fonctions de secrétaire général des Affaires politiques et militaires, désigné ensuite, en mars 1954, comme Commandant des Troupes de Tunisie, puis comme successeur de M. Voizard à la Résidence, à Tunis, le général Boyer de Latour fut appelé de nouveau à Rabat, en août 1955, comme Résident général en remplacement de M. Grandval, démissionnaire. Deux mois plus tard, le général démissionnait lui aussi, à la suite de l'affaire du Conseil du Trône et du revirement du Glaoui. Ces trois missions correspondent à trois moments cruciaux de notre politique en Afrique du Nord. Partisan depuis longtemps d'une évolution hardie mais progressive, qui aurait dû comporter d'abord des réformes économiques et sociales, le général Pierre Boyer de Latour raconte ici comment cette évolution fut compromise et perdue par les indécisions et les inconséquences d'un irréalisme politique qui a conduit la France et l'Afrique du Nord à la tragique situation d'aujourd'hui.

239.          BRIAND (Paul L. Jr.). Amelia Earhart. France-Empire, 1960, pt in-8°, 318 pp, 4 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

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Amelia Earhart (1897-1937), est une aviatrice américaine. Elle est célèbre notamment pour avoir été, en juin 1928, la première femme à traverser l'océan Atlantique en avion puis, en 1932, la première femme à le traverser en solitaire. Elle disparut le 2 juillet 1937, après avoir été vue pour la dernière fois à Lae en Nouvelle-Guinée alors qu'elle tentait, avec son navigateur Fred Noonan, de faire le tour du monde par l'est, en passant par l'équateur.

240.          BROUÉ (Pierre) et Emile TÉMIME. La Révolution et la guerre d'Espagne. Editions de Minuit, 1979, in-8°, 542 pp, 12 pl. de photos hors texte, cartes et croquis (dont une carte dépliante), tableau synoptique, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            35

"Le livre de MM. Broué et Témime ne prétend pas être une étude de l'ensemble de la guerre civile espagnole. Ce sont en fait deux livres distincts, que les auteurs ont réunis en un seul volume. Le premier s'attache à étudier la Révolution provoquée en Espagne républicaine par le coup d'État des 17-18 juillet 1936. Les auteurs montrent la constitution d'un double pouvoir, celui des comités révolutionnaires locaux et celui du gouvernement. L'histoire intérieure de la République espagnole est alors celle d'une restauration du pouvoir de l'État aux dépens des comités. Les étapes de cette évolution sont nettement marquées et l'on en cherche l'explication, au-delà des nécessités de la guerre, dans une politique dont les communistes sont les principaux responsables. Les auteurs, dont on devine les sympathies, ont tenté d'aller plus loin et de décrire les institutions anarchistes des lendemains du soulèvement ; ils nous présentent divers exemples de gestion collective, divers modes de rétribution des ouvriers, allant du maintien de l'ancien éventail des salaires à la rémunération uniforme chère aux libertaires (p. r 33). La collectivisation de la terre – en Aragon notamment – est également évoquée, bien que MM. Broué et Témime ne tranchent pas la question de savoir si, en définitive, cette collectivisation fut volontaire ou si elle fut imposée par les colonnes anarchistes. Sans doute n'est-ce pas là une étude impartiale. MM. Broué et Témime passent bien vite sur la « terreur » républicaine. En revanche, ils s'attardent davantage sur les atrocités franquistes. (...) La seconde partie du livre est consacrée à l'étude de la guerre civile et de ses répercussions internationales. Des chapitres clairs résument bien l'essentiel d'une évolution qui n'est guère contestée. MM. Broué et Témime marquent bien les étapes de l'intervention étrangère, d'accord en cela avec Hugh Thomas : l'aide italo-allemande permet, à la fin de juillet 1936, de transporter les meilleures troupes franquistes du Maroc en Espagne. L'aide des brigades internationales, en octobre 1936, sauve sans doute Madrid..." (A. Prost, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1962)

241.          CHALIAND (Gérard). Voyage dans vingt ans de guérillas. La Tour d'Aigues, Editions de l'Aube, 1988, in-8°, 216 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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"Pour publier ce livre l'auteur prend des risques. Ne parlons pas de ceux qui, physiques, sont normaux pour un spécialiste de la guérilla et des guerres dans le Tiers-Monde. En revanche, ressortir, à plus de vingt ans de distance (pour certains), des articles parus dans “Le Monde diplomatique”, “Le Nouvel Observateur”, “Esprit”, “Libération”, “L'Express”, etc., pouvait se solder par un recueil composé de bric et de broc pour répondre à une demande d'éditeur et aboutissant à un pot-pourri passablement rance et inutile. Tel n'est pas le cas avec ce “Voyage”, car la force de Gérard Chaliand dans ces écrits journalistiques réside dans le fait qu'observateur froid et lucide, ses reportages, non seulement ne sont pas périmés, mais prennent pour plusieurs d'entre eux une valeur de mise en garde. Un ou deux sont même des documents pour l'historien. Les pays couverts sont la Guinée devenue Bissau, le Vietnam, la Colombie, la Palestine (trois textes), l'Erythrée (remarquable), le Kurdistan, l'Afghanistan (trois reportages), l'Amérique centrale, l'Afrique du Sud, le Pérou, l'Angola, les Philippines. En comprenant un article d'analyse, où il montre qu'une guérilla n'est pas nécessairement victorieuse, Gérard Chaliand a réuni dix-neuf textes s'étirant entre 1966 et 1987. L'on s'aperçoit que la plupart portent sur des conflits non pas anticoloniaux mais sécrétés par des ambitions impérialistes, des tensions sociales ou raciales, des émancipations avortées. L'injustice est leur combustible le plus fréquent. Pèlerin sans credo strident, l'auteur arpente donc ces lambeaux de misère avec souvent de la compassion, mais sans jamais être dupe des propagandistes. Après les centaines de titres qui nous ont été déversés sur la tête depuis plus de quarante ans, ce volume servira à nous rappeler que les bons sentiments et la justesse d'une cause ne suffisent pas à la faire gagner. Dépassionnant les débats, cible des militants à courtes vues et observateur dérangeant, ce Cassandre des combats exotiques semble plus apprécié des Anglo-Américains que des habituels discoureurs du Quartier latin. Mais lui peut leur dire : « J'y étais ». Outre son intérêt monographique, le livre sera donc également utile à ceux qui veulent faire une cure de réalisme politique." (René Pélissier, Politique étrangère, 1988)

242.          CHARAGUINE (A.)(pseud.). En prison avec Tupolev. Albin Michel, 1973, in-8°, 159 pp, traduit du russe, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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En 1938, Béria, alors chef tout-puissant de la police secrète soviétique – le NKVD – crée à Moscou, pour d'éminents spécialistes de l'aviation, une charaga, bureau d'études et de construction dont tout le personnel est composé de détenus. C'est là que l'auteur, un de ces spécialistes en aéronautique, retrouve une centaine de savants, ingénieurs et techniciens. En tête, Andréi Tupolev, un des plus célèbres constructeurs d'avions qui, après des voyages d'études à l'étranger, a été accusé d'avoir vendu des plans à l'Allemagne nazie. “En prison avec Tupolev” est l'histoire de cette captivité ubuesque de 1938 à 1941 où Tupolev, Petliakov, Miassichtchev, Neman, Putilov, Tvhijevski, Tchériomoukhine, Markov, Bazenkov... bref toute l'élite de la construction aéronautique russe furent arrêtés, envoyés en camp, puis transférés dans des "charagas" (ou charachkas, bureaux d'études au personnel principalement composé de détenus) lorsqu'on eut besoin d'eux.

243.          CHARLIER (Jean-Michel) et Jean MARCILLY. Le Syndicat du Crime. Presses de la Cité, 1980, gr. in-8°, 293 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Le procureur général Thomas Dewey se plaisait à dire « J'ai révélé à l'Amérique qu'un ignoble poulpe géant l'enserrait jusqu'à l'étouffer, suçant cyniquement son sang et sa substance, sa moelle laborieuse, distillant son venin d'alcool, de drogue, de prostitution, de vices, pour mieux l'empoisonner, l'avilir. J'ai tranché la tête du poulpe et beaucoup d'encre en a coulé. Maintenant, je vais me consacrer chaque jour, chaque nuit, à trancher les répugnants tentacules restant... » Un louable combat, mais que le « Big Boss » des « Incorruptibles » allait perdre. Candidat à la présidence des Etats-Unis, il échouera encore. Ceci expliquant sans doute cela... Car, aux Etats-Unis, existe un cinquante-deuxième Etat souverain le « Syndicat du crime ». Entre eux, ses membres l'appellent discrètement « L'Organisation ». Les initiés n'en parlent jamais. Les autres se taisent... La « Mafia » n'est qu'une tentacule de ce poulpe géant. Elle a souvent bon dos. L'« Organisation » c'est bien autre chose : une phénoménale puissance occulte, au pouvoir de corruption infini, avec son comité directeur, ses chefs d'entreprise, ses financiers brassant des milliards, ses syndicats, sa justice et des « exécuteurs » impitoyables, chargés d'appliquer ses arrêts de mort. Un formidable pouvoir parallèle qui, lui aussi, gouverne les Etats-Unis, mais à sa manière la manière forte... Célèbres pour leurs enquêtes très spéciales, Jean Marcilly et Jean-Michel Charlier se sont associés afin de réunir leurs sources inédites. Cela donne froid dans le dos et fait mal à l'âme. Les Lucky Luciano, Meyer Lansky, Bugsy Siegel, Albert Anastasia, Frank Costello, Vito Genovese, etc., quelques comparses de haut vol souvent inattendus, y dévoilent leur vrai visage. Avec ce « dossier noir », les auteurs proposent un livre d'Histoire. L'histoire du crime organisé, révélée pour la première fois en continuité dans ses arcanes les plus secrets, mais surtout dans son entier. Un dossier à n'y pas croire – tant il est noir – grand ouvert à la curiosité d'amateurs d'émotions fortes et de magouilles au plus haut niveau, écrit par deux auteurs n'ayant peur ni de la vérité, aussi abjecte soit-elle, ni de ceux qui l'étouffent encore impunément.

244.          [Cinéma] – ROCHEFORT (Charles de). Le Film de mes souvenirs : secrets de vedettes. Recueillis par Pierre Andrieu. P., Société Parisienne d'Edition, 1943, in-12, 237 pp, 16 pl. de photos hors texte, index des noms cités, broché, couv. ornée d'un petit portrait photo de Charles de Rochefort, bon état

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Mémoires de l'acteur et réalisateur Charles de Rochefort. Star du cinéma muet, il tourne en France, aux Etats-Unis et en Italie une trentaine de films en tant qu'acteur et une dizaine d'autres en tant que réalisateur. Comparse habituel de Max Linder, il joue aussi sous la direction d'Abel Gance, Léonce Perret et Victor Fleming. Son rôle le plus prestigieux est celui du pharaon Ramsès II dans la version muette des Dix Commandements réalisée par Cecil B. DeMille en 1923. Ses souvenirs, rédigés par Pierre Andrieu, évoquent le théâtre, la Grande Guerre, le cinéma, les Etats-Unis, la prohibition, le Hollywood des années 1920, etc. — Charles de Rochefort grandit à Oran, en Algérie française, où son père, le Marquis Paul Charles Dominique d’Authier de Rochefort, occupe le poste de directeur de la Compagnie Générale Transatlantique. Sa mère Camille est issue d'une illustre famille Corse. Adolescent, il fait du sport assidument et se forge un corps d’athlète. En 1905, il termine ses études à Paris où nait son attirance pour la scène. Charles de Rochefort se consacre rapidement exclusivement à sa nouvelle passion. Avec son charisme, son allure et son ardeur, il est très vite employé pour jouer des petits rôles au théâtre ou dans des revues de music-hall. Dès 1910, il fait ses premières apparitions pour le cinéma dans des petits films d’une ou deux bobines de Max Linder. Quand la Première Guerre Mondiale éclate, il s’engage aussitôt. En qualité de lieutenant, il participe à plusieurs campagnes et se bat à Verdun. Il est démobilisé en 1918. Charles de Rochefort est aussitôt engagé par Jean Durand pour être le partenaire de Jacqueline Forzane dans Impéria (1918), un sérial en costumes de douze épisodes produit par la Société des Cinéromans. Il travaille ensuite sous la direction de Gaston Roudès, Camille de Morlhon, Léonce Perret, et devient une vedette à part entière avec Le roi de Camargue (1921), adapté du roman de Jean Aicard par André Hugon. Ses qualités physiques sont mises à contribution dans des drames, des films d’aventure ou romanesques. Il tourne entre-autres, dans Gigolette (1921) d'Henri Pouctal, L’empereur des pauvres (1921) de René Leprince, L’arlésienne (1922) d'André Antoine, Le diamant noir (1922) d'André Hugon et La dame au ruban de velours (1923) de Giuseppe Guarino. Parallèlement, Charles de Rochefort commence une carrière américaine dans Sous le soleil d’Espagne (1922), une production de la Famous Players-Lasky tournée en Espagne par John S. Robertson. Sous le nom de Charles de Roche, il est la vedette d’une demi-douzaine de films à Hollywood, parmi lesquels La flétrissure (1923) de George Fitzmaurice avec Pola Negri, et surtout Les dix commandements (1923) de Cecil B. DeMille, dans le rôle de Ramsès II. De retour en France, il passe à la réalisation et dirige sept films dans les années 1930. En 1936, il prend la direction du Théâtre Albert 1er et le renomme Théâtre Charles-de-Rochefort. Pour sa première pièce il présente Allo, Police-secours, une œuvre policière dont il est l’auteur. Le succès le pousse à monter de nombreuses pièces du même genre, assurant souvent lui-même la mise en scène. Mobilisé et blessé au cours de la Seconde Guerre mondiale, c’est son épouse, la comédienne Mary Grant, qui reprend la direction du théâtre, poste qu’elle occupera jusqu’en 1972. En 1943, l’acteur publie ses mémoires sous le titre "Le film de mes souvenirs : Secrets de vedettes". Malade, il s’éloigne du métier à la fin des années 1940. Il décède à Paris, le 31 janvier 1952. (notrecinema.com)

245.          CLAUDE (René). La Postale de Nuit. France-Empire, 1957, pt in-8°, 300 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

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Dans le secret de la nuit, parfois sombre, parfois coléreuse, parfois même hostile, sept bimoteurs sillonnent quotidiennement le ciel d'un bout à l'autre de la France avec la régularité la plus étonnante qui ait jamais été atteinte dans le domaine de l'aviation commerciale depuis qu'elle existe dans le monde entier. René Claude et Jacques Nison ont partagé pendant 80 jours et 80 nuits, la vie extraordinaire de cette équipe de navigants et de rampants animés par un même idéal "servir". Grâce à eux, plus de huit millions de kilos de courrier parcourent plus de deux millions de kilomètres chaque année...

246.          Collectif – BOFFA (Giuseppe). Les Bolchéviks et la révolution d'Octobre. Procès-verbaux du comité central du parti ouvrier social-démocrate russe (bolchévique), août 1917- février 1918. Présentation et notes de Guiseppe Boffa. Maspero, 1964, in-8°, 361 pp, traduits du russe par Catherine Paris, notes, broché, bon état (Coll. Bibliothèque socialiste)

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C'est la première édition française des procès-verbaux intégraux des séances du Comité Central du Parti bolchévique, pendant la période de préparation et de réalisation de la Révolution d'octobre 1917. On a joint en annexe à chaque procès-verbal les articles, déclarations et appels des bolchéviks qui lui correspondent. Il s'agit donc d'un document historique capital et irremplaçable, en même temps qu'extrêmement vivant... Le rôle des principaux acteurs de la Révolution, Lénine, Trotsky, Staline, Zinoviev, Kamenev, Boukharine, Sverdlov, Dzerjinsky... etc., est mis en pleine lumière, dans leurs décisions collectives comme dans leurs affrontements parfois aigus.

247.          DEBERGH (François). La Mine en colère. France-Empire, 1971, pt in-8°, 349 pp, broché, jaquette illustrée, bon état

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1936 : les mineurs forment les régiments de pointe de la lutte ouvrière. Aucune conquête sociale ne se fera désormais sans eux. – 1944 : la guerre clandestine a de nouveau mobilisé les hommes du fond. Armés de la dynamite et des exploseurs de leurs chantiers, ils combattent l'occupant pour rendre intacte au pays sa seule source d'énergie. – 1948 : généreuse mais naïve, résolue mais divisée, la population minière se laisse prendre au leurre des grandes grèves politiques. La révolution qui devait venir du fond de la terre sombre dans la violence et la cruauté...

248.          [DOUMER, Paul et Albert LEBRUN]. L'Illustration n° 4655, 21 mai 1932. P., L'Illustration, 1932, gr. in-4° (28,5 x 38), 40 pp, 47 photos et documents dans le texte et à pleine page, un portrait en couleurs de Paul Doumer par Marcel Baschet hors texte, un portrait photo volant (27 x 38) du président Albert Lebrun, broché, couv. illustrée, bon état

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Numéro consacré à la mort et aux obsèques nationales de Paul Doumer et à l'intronisation du nouveau Président Albert Lebrun.

249.          DRAÏ (Raphaël). Le Pays d'avant. Michalon, 2008, gr. in-8°, 382 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Nous sommes en Algérie avant les « événements », alors que la tension monte et que la violence s'immisce dans la vie quotidienne. Nous sommes plus précisément à Constantine, une ville au paysage tourmenté, penchée sur un roc coupé en deux. Image ou destin ? C'est encore un pays d'enfance, une douceur de vivre, des acacias en fleurs, le miel de trois langues : le français, l'hébreu, et l'arabe. Mais cela n'est que la toile de fond, vivante, fébrile, d'une véritable saga qui raconte la construction d'un homme pendant la destruction d'un pays. Tout le sel du livre est là, bouleversant, parce que c'est la vie même, la nôtre – avec les émotions, les désirs qui naissent, les rivalités, les échecs, les amours, les amis auxquels on s'attache ou qui vous lâchent, ces strates qui s'empilent les unes sur les autres; puis la guerre qui tue, l'Histoire qui gronde et réverbère les déchirements intimes du narrateur. Et ce narrateur c'est Raphaël Draï, qui raconte au fil d'une plume magnifiquement poétique la façon dont on grandit, dont on se réalise, à tâtons, les cahots de la vie, ses naissances successives, ses bifurcations si brusques – les drames et les résurrections. “Le pays d'avant” est bien une biographie, celle du fait de vivre, mais au-delà de soi, pour chaque jour s'en étonner.

250.          FERAOUN (Mouloud). Journal 1955-1962. Seuil, 1962, in-8°, 348 pp, préface d'Emmanuel Roblès, broché, bon état (Coll. Méditerranée). Edition originale sur papier courant (il n'y a eu que 55 ex. numérotés sur vélin)

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Réflexions sur la guerre d'Algérie. — "N'ai-je pas écrit tout ceci au jour le jour, selon mon état d'âme, mon humeur, selon les circonstances, l'atmosphère créée par l'événement et le retentissement qu'il a pu avoir dans mon cœur ? Et pourquoi ai-je ainsi écrit au fur et à mesure si ce n'est pour témoigner, pour clamer à la face du monde la souffrance et le malheur qui ont rôdé autour de moi ? Certes, j'ai été bien maladroit, bien téméraire, le jour où j'ai décidé d'écrire, mais autour de moi, qui eût voulu le faire à ma place et aurais-je pu rester aveugle et sourd pour me taire et ne pas risquer d'étouffer à force de rentrer mon désespoir et ma colère ? Et maintenant que c'est fait, que tout est là, consigné, bon ou mauvais, vrai ou faux, juste ou injuste, maintenant que nous entrevoyons la fin du cauchemar, faudra-t-il garder tout ceci pour moi ? Après ce qui s'est écrit sur la guerre d'Algérie, bon ou mauvais, vrai ou faux, juste ou injuste, il convient qu'à cela s'ajoute mon journal, comme une pièce supplémentaire à un dossier déjà si lourd. Je sais combien il est difficile d'être juste, je sais que la grandeur d'âme consiste à accepter l'injustice pour éviter soi-même d'être injuste, je connais enfin les vertus héroïques du silence. Bonnes gens, j'aurais pu mourir depuis bientôt dix ans, dix fois j'ai pu détourner la menace, me mettre à l'abri pour continuer de regarder ceux qui meurent. Ceux qui ont souffert, ceux qui sont morts pourraient dire des choses et des choses. J'ai voulu timidement en dire un peu à leur place. Et ce que j'en dis, c'est de tout cœur, avec ce que je peux avoir de discernement et de conscience." (M. F.)

251.          FERRAND (Serge) et Gilbert LECAVELIER. Aux ordres du S.A.C. Albin Michel, 1982, in-8°, 278 pp, nombreux documents en annexe, broché, bon état

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Cette très douteuse émanation du Gaullisme, grande adversaire de l'O.A.S., composée de gens de toutes sortes, fut une véritable police parallèle. Stratégie, méthodes de travail, organisation et surtout liaisons politiques et policières sont décrites de façon très bien documentée dans ce livre. — "Fausses ambulances antigauchistes et tabassages experts, provocations, incendies et «missions» en tous genres, infiltrations de partis politiques, manipulations et chantages, escroqueries multiples – faux billets, fausses factures, fausses traites, fausses décorations, etc. Qui pouvait encore en douter ? Nul n'adhérait au S.A.C. comme on entre en religion, même si le gaullisme, initiateur du dit Service d'action civique, n'a jamais manqué de se draper dans les grands principes. (...) Gilbert Lecavelier, barbouze de choc pendant douze ans, a connu de près le pittoresque Charly Lascorz et beaucoup d'autres personnages du même calibre. Il produit dans ce livre des documents qui authentifient son récit, aussi précis que stupéfiant... et particulièrement édifiant."

252.          FURTWÄNGLER (Wilhelm). Carnets 1924-1954, suivis d'Ecrits fragmentaires. Genève, Georg, 1995, gr. in-8°, 187 pp, traduction Ursula Wetzel, adaptation française Jean-Jacques Rapin, postface Pierre Brunel, 8 portraits, photos et fac-similé à pleine page, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

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253.          GOUJON (Charles). Trident. France-Empire, 1956, pt in-8°, 317 pp, 6 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

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Pilote exceptionnel, Charles Goujon est depuis 1952, aux côtés de Jacques Guignard à la S.N.C.A.S.O., l'artisan de la mise au point de l'avion le plus révolutionnaire et le plus rapide construit en Europe : le Trident. Par son témoignage sur le Trident, il nous fait pénétrer, pour la première fois dans les coulisses des essais en vol de l'« écurie de feu », il nous dépeint de façon vibrante ses angoisses et ses victoires, ses déceptions et ses enthousiasmes.

254.          GUÉRIN (Alain). Le Général gris. Reinhard Gehlen, chef du Service fédéral allemand de Renseignements. Nouvelle édition revue et corrigée, augmentée d'un index des noms cités. Julliard, 1968, in-8°, 604 pp, 16 pl. de photos hors texte, index, cartonnage toile de l'éditeur, jaquette illustrée (pt accroc au bas du dos de la jaquette), bon état, envoi a.s.

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Par un spécialiste des coulisses de la guerre froide, une bonne biographie du « général gris », Reinhard Gehlen, le chef du service d'espionnage « Armées étrangères de l'Est » au cours de la seconde guerre mondiale, puis le créateur du B.N.D. (les services secrets ouest-allemands) après une longue période de collaboration avec les Américains. — “Comment le général Gehlen peut-il diriger, depuis 26 ans, l'espionnage allemand ?”

255.          HERMET (Guy). Les Communistes en Espagne. Etude d'un mouvement politique clandestin. Armand Colin, 1971, gr. in-8°, 216 pp, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Travaux et recherches de science politique)

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"Le livre de Guy Hermet tente d'éclairer le labyrinthe franquiste, de saisir son agencement, les conditions de sa survie et de son renouvellement à travers l'étude d'une opposition clandestine. D'où l'originalité de cet ouvrage ; la richesse de son contenu déborde largement le titre. A première vue une étude sur les communistes espagnols, militants clandestins traqués par un régime qui se définit par l'anticommunisme et possède un appareil répressif particulièrement motivé et aguerri, pouvait sembler non seulement impossible... L'optique adoptée par Guy Hermet lui a permis de tirer le meilleur parti d'une documentation considérable en surmontant ces obstacles. Sans s'étendre sur les péripéties et les mystères de histoire du PCE, Guy Hermet décrit son organisation, apprécie son implantation, fait l'inventaire de son potentiel humain et de ses moyens matériels, puis tente de saisir l'image contrastée du communisme et des communistes en Espagne avant de dégager les fonctions manifestes et involontaires ou latentes que remplit ce parti clandestin dans le système politique global de l'Espagne franquiste..." (A. Rouquié, Revue française de science politique, 1972)

256.          [ITT] – SAMPSON (Anthony). ITT, l'Etat Souverain. P., Alain Moreau, 1973, in-8°, 471 pp, traduction annotée de Pierre Birman (“The Sovereign State, The Secret History of ITT”), annexes, broché, couv. à rabats, bon état

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De la cordiale entente avec Hitler à la corruption systématique des personnels politiques, du complot permanent érigé en principe aux collusions les plus inattendues, voici l'histoire secrète d'un nouveau type d'Etat Souverain des temps modernes ; la société multinationale.

257.          [ITT] – SOBEL (Robert). Histoire d'un empire : ITT. Montréal, Les Editions de l'Homme, 1984, in-8°, 507 pp, traduit de l'américain (“ITT: The Management of Opportunity”), 16 pl. de photos hors texte, notes, notes bibliographiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Avec plus de cent compagnies oeuvrant dans des secteurs aussi variés que l'hôtellerie et l'électronique, International Telegraph and Téléphone est devenu à la fois le plus vaste conglomérat du monde... et le plus controversé. Dans l'histoire tumultueuse d'ITT, deux hommes se détachent: Sosthenes Behn, le fondateur de la corporation en 1920, qui rêvait d'une entreprise ayant des ramifications aux quatre coins du globe – on l'accusa d'avoir aidé l'Allemagne nazie lors de la Deuxième Guerre mondiale –, et Harold Geneen, qui prit la relève en 1958 et transforma ITT en conglomérat et que plusieurs considèrent comme le plus grand administrateur de son époque. Son nom fut relié aux scandales de l'administration Nixon...

258.          JOUVENEL (Bertrand de). D'une guerre à l'autre. I. De Versailles à Locarno. – II. La décomposition de l'Europe libérale (octobre 1925 - janvier 1932). P., Calmann-Lévy et Plon, 1940-1941, 2 vol. in-8°, 416 et 445 pp, brochés, plats du tome II lég. abîmés, sinon bon état. Complet de la bande éditeur du tome II : “De Briand à Hitler”

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"... Sur les mauvaises habitudes des 2 bureaux, bien avant la guerre, voici le témoignage écrasant de B. de Jouvenel, “La Décomposition de l’Europe libérale”, p. 212 : « Notre état-major apporte une vanité puérile à étaler dans les pages de L’Annuaire (L’Annuaire militaire de la S.D.N.) des forces que nous n’avons pas, des militaires de carrière dont on n’a point reçu les engagements et des réservistes qu’on ne convoque pas. Il renforce ainsi la thèse allemande. » (Marc Bloch, “L'Etrange défaite”) — "A Berlin, les nazis ont ouvert partout des permanences propres, lumineuses, décorées du portrait de Hitler. Au jeune homme qui toute la journée a vainement cherché du travail, la section nazie permet de s'asseoir autour d'une grande table et de partager un repas frugal... On lui prouve qu'il n'est pas la seule victime du régime. Tel était commerçant mais un grand magasin juif s'est installé dans le quartier et l'a ruiné. Tel était industriel, mais a succombé à la concurrence d'une grosse entreprise soutenue pas les banques juives. Ils sont tous, lui explique-t-on, les victimes d'une même clique qu'il faut chasser d'Allemagne." (Bertrand de Jouvenel, La décomposition de l'Europe libérale, 1941)

259.          JOUVENEL (Bertrand de). La Dernière année. Choses vues de Munich à la guerre. A l'Enseigne du Cheval Ailé/La Diffusion du Livre, 1947, pt in-8°, 308 pp, broché, bon état

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Dans un livre publié en Suisse en 1947, “La Dernière année”, Jouvenel a rassemblé ses reportages très vivants et directs (parus dans “Match”, “Candide”, “Le Journal”). Pour lui, Hitler préparait la guerre au nom de sa doctrine d'espace vital.

260.          JUIN (Maréchal Alphonse). Le Maghreb en feu. Plon, 1957, in-8°, 192 pp, broché, papier jauni, bon état

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"Tableau de l'évolution de l'Afrique du Nord et témoignage sur des événements auxquels l'auteur a été étroitement mêlé. L'homme politique discutera certains aperçus, certaines conclusions ; l'historien tirera grand profit de ce document, qui est aussi révélateur par les omissions de son auteur que par les renseignements dont celui-ci fait état. S'il omet, par exemple, de préciser qu'il accompagna M. Mendès-France à Carthage, il laisse par contre clairement entendre que la déposition du sultan Mohamed V ne fut pas une improvisation : les instructions qui avaient été données au résident général à son départ pour Rabat l'envisageaient comme une arme destinée à réduire « d'inacceptables prétentions»." (Revue française de science politique, 1957) — "Au moment où la France s’apprête à prendre un tournant décisif, décisif pour son destin autant que pour celui des pays de l’Afrique du Nord, il m’a paru opportun de fondre en ce petit ouvrage la matière de nombreuses études fragmentaires que j’ai publiées depuis cinq ans sur ce sujet." (Avant-propos)

261.          LAPORTE (Maurice). Bouddha contre l'Intelligence Service. Trebitsch Lincoln. P., Alexis Redier, Librairie de la Revue française, 1933, in-12, 224 pp, un tableau, broché, couv. illustrée (une photo de Trebitsch Lincoln en moine bouddhiste), bon état

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La vie du fameux espion et aventurier Ignaz Trebitsch Lincoln, qui fut successivement pasteur anglican, membre du Parlement anglais, industriel en Roumanie, conseiller d'Hitler, espion du MI6 britannique et moine bouddhiste... — Imprévisible, haut en couleur et mystérieux, personne ne connaît réellement Ignatus (ou Isaac) Timothy Trebisch Lincoln, un des plus grands aventuriers du XXe siècle. Né en 1879, dans une famille juive hongroise, il renie la religion de ses ancêtres et devient pasteur de l'église luthérienne au Canada puis pasteur anglican dans la banlieue de Londres avant de se lancer dans la politique, en 1910, à l'âge de 31 ans il est élu député à la Chambre des Communes. Après une halte en Roumanie, où il se lance dans de louches affaires de pétrole, accusé de fraude et d'espionnage, il effectue un séjour dans les prisons américaines avant d'être enfermé trois ans dans le pénitencier anglais de l'île de Wight. Au lendemain de la première guerre mondiale, il part à Berlin où il participe avec Ludendorff au putsch Kapp contre la République de Weimar. Ce complot ayant échoué, il s'embarque pour la Chine et joue rapidement le conseiller auprès de deux seigneurs de la guerre. Il se fait ordonner moine bouddhiste à Ceylan avant de réapparaître en Europe, sur la côte d'Azur où il devient le gourou de quelques familles bourgeoises en quête de spiritualité... Il meurt en 1943.

262.          LASWELL (Harold D.) et Daniel LERNER ( dir.) Les “sciences de la politique” aux Etats-Unis. Domaines et techniques. Armand Colin, 1951, gr. in-8°, xvi-305 pp, préface de Raymond Aron, broché, bon état

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Nombreuses et importantes contributions. — "Il existe aux Etats-Unis une catégorie de travailleurs intellectuels, qui n'a pas d'équivalent en France : les « social scientists ». Ce terme intraduisible désigne les chercheurs qui se consacrent aux sciences humaines, lesquelles englobent à la fois l'économie, la psychologie, la biologie, l'ethnologie, la sociologie, etc.. L'originalité de ces chercheurs tient au fait que leurs investigations ou leurs expériences sont toujours orientées dans une certaine mesure vers l'action. On s'adresse à eux pour « résoudre » des problèmes pratiques où se trouve impliquée l'action réciproque de « l'homme sur le milieu et du milieu sur l'homme », ce qui peut aller des problèmes de l'organisation du travail, de la psychologie industrielle, des conflits sociaux aux questions les plus diverses qui se posent à la conscience collective. Le « social scientist » formule implicitement trois désirs qu'il ne considère pas comme incompatibles : « être un homme de science au même titre que les savants des sciences physiques et biologiques, rendre des services techniques et jouer un rôle significatif dans l'élaboration des programmes d'action». Le livre comporte de longs développements sur les techniques, où les chercheurs français peuvent puiser une abondante documentation. M. Aron observe dans sa préface que les « sociologues américains reconnaissent les tensions entre catégories sociales, non les luttes entre classes, parce qu'effectivement la société américaine est riche de celles-là et, jusqu'à présent, relativement pauvre de celles-ci »..." (Alain Gérard, Population, 1951)

263.          LEGENDRE (Dr A.-F.). L'Asie contre l'Europe. La crise mondiale. Plon, 1932, gr. in-12, 364 pp, une photo de l'auteur au cours d'une de ses explorations sur les confins de la Chine et du Thibet en frontispice, broché, papier lég. jauni, bon état. On joint une carte de visite de l'auteur

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"Un ouvrage capital par un observateur que trente années de séjour dans la Chine du nord et de voyages dans le reste du pays ont mis à la tête de nos sinologues les plus avertis. Et que dit le Docteur Legendre. Qu'il n'y a pas de gouvernement central en Chine, qu'il n'y existe aucune autorité forte et respectée, que la faction politique reconnue en 1928 par les puissances ne représente en rien le peuple chinois, qu'elle est reniée par lui sauf dans deux provinces sur dix-huit, et que la plus grande partie du territoire est indépendante, se gouvernant elle-même sous l'autorité de Tou Kian ou dictateurs militaires : que la Chine est un grand pays à la dérive depuis qu'on lui a enlevé le Fils du Ciel, son guide suprême..." (Eugène Le Breton, L'Ouest-Eclair; 30 mars 1932) — "Il n'est pas, à l'heure présente, sur l'Extrême-Orient, un ouvrage d'information plus important. Le conflit sino-japonais donne, aux problèmes qu'il traite, une vive actualité ; mais qu'on ne s'y trompe pas ; sa portée est plus haute ; l'explication vaut pour longtemps ; elle embrasse le destin de toutes les nations de la terre et cela avec d'autant plus de force qu'elle est le fruit d'une expérience exceptionnelle, nourrie de faits et d'observations directes, fondée sur la connaissance ethnique. Le docteur Legendre n'a pas rencontré les Asiatiques dans des salons occidentaux ; leur caractère, leur histoire, leur politique ne lui ont pas été révélés par des études de cabinet ; depuis plus de trente années, ce savant ethnographe suit les routes d'Asie ; sa dernière mission qui lui a permis de mettre au point et d'aiguiser ses vues est la onzième ; il ne connaît pas seulement la vie des grands centres, mais celle de peuples provinciaux, mais l'état des villages et l'état exact des esprits. Et c'est, là, sans doute, ce qui donne à cet ouvrage, qui serait aride sans toute autre plume, un train si alerte, un ton si vivant, une telle force de persuasion et d'intérêt. (...) Ah ! certes, notre auteur ne trempe pas dans la facilité genevoise. La Chine qu'il a vue et qu'il connaît ne ressemble en rien au souriant « chromo » que les jeunes étudiants du Kuo-Min-Tang répandent à Paris ; assurances d'unification de la Chine, de rénovation économique, d'ordre intérieur lui inspirent un rire accablant et mieux une réfutation minutieuse. Le docteur Legendre, dans cette Chine, voit d'abord le règne d'une faction sur un pays livré à la ruine et à la misère il reconnaît les résultats immenses de la propagande communiste. Et son cri d'alarme laisse une profonde impression. En regard, un minutieux exposé de l'état du Japon qui, par une adroite europeanisation, a acquis ordre, puissance, garantie de durée..." (Jean Fréteval, Le Figaro, 28 mars 1932) — Le docteur Legendre a fondé en Chine une École de médecine impériale au Setchouen, en 1903, et a créé le premier Institut Pasteur en Chine, en 1911.

264.          LOCARD (Dr. Edmond). Policiers de roman et de laboratoire. Payot, 1924, in-12, 277 pp, biblio, broché, couv. lég. salie, état correct mais ouvrage rare

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L'auteur était directeur du Laboratoire de police technique de Lyon. Certaines des études reprises dans ce volume ont été prépubliées dans les “Archives d'Anhropologie criminelle et de Médecine légale”. — Première partie : Les Policiers de roman : Edgar Poe, détective ; Les policiers dans l'oeuvre de Gaboriau ; La méthode policière de Sherlock Holmes. – Deuxième partie : Les Policiers de laboratoire : Les empreintes digitales ; Les traces ; L'expertise des documents écrits. – Bibliographie.

265.          MUNGOLY (Robert). Policier de la route. France-Empire, 1972, pt in-8°, 252 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

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Redoutés par les uns, détestés, voire haïs par d'autres, appréciés par ceux auxquels ils rendent service ou portent secours, estimés par ceux qui préfèrent la sécurité routière à la foire d'empoigne, les motards sont en fait très mal connus. L'auteur, qui a commandé une Compagnie Républicaine de Sécurité chargée de la police d'une autoroute de dégagement de la région parisienne, nous expose les multiples aspects de la vie quotidienne des ces hommes qui font corps avec leurs bolides pour rappeler aux automobilistes le respect du code de la route et intervenir quand il en est besoin.

266.          NIZAN (Henriette). Libres mémoires. Laffont, 1989, gr. in-8°, 462 pp, 12 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Descendante d'une imposante dynastie de personnages fantasques qui ont profondément marqué la Belle Epoque, Henriette Nizan, par sa famille, son mariage avec Paul Nizan, ses aventures, ses drames, a été au coeur des grands événements de notre époque. Elle est l'amie de Sartre, de Simone de Beauvoir, de Raymond Aron. Elle est aux premières loges pour observer les intrigues de couloir du parti communiste. Journaliste engagée au moment du Front Populaire, elle est à Barcelone aux premiers jours de la guerre civile espagnole. Elle connaît l'exode, puis l'exil. A New York, elle travaille aux côtés de Pierre Lazareff, d'André Breton et de Claude Lévi-Strauss, son cousin. A Hollywood, elle écrit des dialogues de cinéma, se lie à Buster Keaton, Henry Miller, Eric von Stroheim. De retour en France, la même soif de vivre, et d'autres amours, dont Roger Caillois. Loin des autobiographies de vieilles dames, celle d'Henriette Nizan dit tout d'une vraie vie de femme, et, notamment d'une grande histoire d'amour, illustrée par un magnifique échange de lettres avec Nizan, aussi impudique que littéraire.

267.          ORMESSON (Wladimir d'). De Saint-Pétersbourg à Rome (1888-1956). Plon, 1969, in-8°, 341 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. On joint deux coupures de presse : une (bonne) critique du livre par Jean Mistler et une nécrologie de Wladimir d'Ormesson (1888-1973) avec une photo

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Né à Saint-Pétersbourg le jour où l'empire des Tzars célébrait le 8e centenaire de Saint Wladimir qui christianisa la Russie, Wladimir d'Ormesson – en raison de la carrière de son père – a passé les vingt premières années de sa vie aux quatre coins d'une Europe qui comptait alors beaucoup de rois, très peu d'autos et pas un avion. C'est le tableau de ce « petit monde d'autrefois » que peint d'abord, en touches légères, l'auteur des « Enfances diplomatiques ». L'Europe régnait sur le globe. Ses rivalités, ses routines, son aveuglement la précipitèrent dans la catastrophe de 1914 qui fut la plus absurde des guerres civiles. Davantage même ! Le conflit de 1914-1918 et celui de 1939-1945, son corollaire, engendrèrent, en fait, une révolution mondiale qui est loin d'être achevée... Journaliste de notoriété internationale, Wladimir d'Ormesson fut nommé par le gouvernement Paul Reynaud ambassadeur auprès du Saint-Siège en mai 1940. Il évoque dans ces pages la mission pathétique qu'il accomplit au Vatican pendant le tragique été 1940. La guerre finie, le général de Gaulle le désigna pour rouvrir l'ambassade de France en République Argentine et rétablir le rayonnement de la France libérée dans ce grand pays de l'Amérique latine. En 1948 Wladimir d'Ormesson retourne à Rome comme ambassadeur de France près le Saint-Siège et occupe ce poste pendant huit ans. La profonde connaissance qu'il y acquiert du Vatican lui permet de définir le rôle d'un ambassadeur auprès de la plus grande puissance morale de cette terre et d'exposer le mécanisme de la Curie romaine. L'auteur trace enfin un portrait saisissant de Pie XII qui fut exalté pendant son règne, mal jugé, – voire calomnié – après sa mort. Entre les deux expériences que M. d'Ormesson a faites au cours de sa vie – celle de fils d'ambassadeur et la sienne propre – il semble que deux âges se soient succédé. C'est cet extraordinaire contraste que fait apparaître ce livre de souvenirs et de reflexions. Sur le plan diplomatique, Wladimir d'Ormesson en tire la philosophie.

268.          PEARLMAN (Moshé). La Longue Chasse. (“The Capture of Adolf Eichmann”). France-Empire, 1961, pt in-8°, 303 pp, traduit de l'anglais, broché, jaquette illustrée, bon état

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Le 11 mai 1960, on annonçait la capture d'Adolf Eichmann par un commando israélien. L'homme qui fut désigné, au procès de Nuremberg, comme le promoteur, le responsable n°1 des déportations et exécutions massives des Juifs, travesties en "solution finale", était arrêté après quinze ans de poursuite. La vie d'Adolf Eichmann, son ascension dans la hiérarchie des services de police du régime Nazi, les pouvoirs illimités dont il disposait, ses crimes, sa fuite, son existence clandestine en Argentine, les recherches opérées pendant quinze ans pour retrouver sa trace, la longue et difficile approche du commando israélien, le coup de théatre de l'enlèvement en pleine ville ; un étonnant et bouleversant document.

269.          PIAZZESI (Mario). Journal d'un squadriste (1919-1922). Nice, Editions du Paillon, s.d. (2010), in-8°, 281 pp, préface par Renzo De Felice, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Ce journal d'un très jeune chemise noire toscan offre un témoignage spontané et très vivace du milieu où naquit et s'affirma le fascisme, sur les valeurs et la culture qui l'ont caractérisé, sur les passions et les déceptions qui en alimentèrent la lutte. Nous suivons ainsi au jour le jour la vie d'un jeune squadriste, de la naissance des premiers faisceaux de combat, des expéditions et de la création de "La Disperata" jusqu'à la Marche sur Rome et la prise de pouvoir par Mussolini. Ce document, une première en français, peut s'apparenter au livre d'Ernst von Salomon "Les réprouvés". Il éclaire d'un jour nouveau la crise que connut l'Italie dans les années qui suivirent la fin de la Première Guerre mondiale. Le choix alternatif de Mario Piazzesi fut en effet celui de toute une génération face à la crise du libéralisme et du socialisme, de la morale, et de l'individualisme alors que ces jeunes avaient grandi dans l'exaltation du sacrifice pour la Communauté et la Patrie.

270.          PICHON (Yves) . Le Père Brottier, 1876-1936. P., Oeuvre d'Auteuil, s.d. (1940), gr. in-8°, 455 pp, 5e édition, revue et augmentée, préface de Henry Bordeaux, 40 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française)

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Biographie du père Daniel Brottier (1876-1936). Aumônier militaire pendant la première guerre mondiale, il est en 1936 directeur de l’Œuvre des Orphelins d’Auteuil, que lui avait confiée le cardinal Dubois, depuis la fin de novembre 1923. Le Père Brottier fut encore le fondateur de la cathédrale du Souvenir africain, inaugurée en février 1936 par le cardinal Verdier. Il avait le titre de vicaire général de Dakar. Table : Enfance et jeunesse (1876-1903) ; Missionnaire en Afrique (1903-1911) ; Le Père à la Guerre (1914-1918) ; Père des Orphelins (1923-1936). — "Le R. P. Yves Pichon, sous-directeur de l'Œuvre des orphelins-apprentis d'Auteuil, publie un magnifique ouvrage de plus de 400 pages, illustré de 40 hors-texte, à la mémoire du Père Daniel Brottier, une des plus belles figures de la chrétienté française de notre temps. Cet ouvrage, qui est imprimé par les pupilles d'Auteuil, restera comme le suprême hommage de leurs ateliers à leur ancien directeur. Le P. Yves Pichon donne les détails les plus savoureux sur les différentes œuvres du P. Brottier. Son livre est la révélation la plus émouvante de cette grande âme d'apôtre, présentée par celui qui a pu le mieux l'observer et la pénétrer pendant de longues années. Le P. Brottier méritait ce monument qui fixe ses traits dans l'histoire de la charité française. Ayant débuté comme missionnaire en Afrique, à trente-cinq ans, après sept années passées au Sénégal, il revint en France et fonda le « Souvenir africain » et recueillit, sou par sou, en vingt-cinq ans, les sept millions nécessaires à la construction de la cathédrale de Dakar, qu'il eut la joie de voir consacrée le a février 1936, quelques jours avant sa mort. En 1914, au moment où la guerre éclata, le P. Brottier, comprenant tout de suite le rôle que les prêtres auront à jouer auprès des combattants s'engagea comme aumônier de régiment. Il se conduisit héroïquement et acquit bien vite dans sa division une réputation unique de bravoure et de dévouement. Vers la fin de la guerre, en 1917, voulant que l'amitié des Français cimentée dans les tranchées persistât dans la vie civile, il fonde l'Union nationale des combattants. Appelé en 1923 à la direction de l'Œuvre des orphelins-apprentis d'Auteuil, fondée par l'abbé Roussel, et qui comptait alors cent quatre-vingts pupilles, il devait, à sa mort, en laisser quatorze cents. L'ouvrage du P. Yves Pichon est illustré de fort intéressants documents." (Journal des débats politiques et littéraires, 19 mai 1938)

271.          ROLIN (Jean). Drogues de police. Plon, 1950, in-12, 306 pp, notes blibliographiques, broché, bon état (Coll. Présences)

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En partant d'un cas concret d'usage du pentothal (l'affaire Cens), M. Rolin résume les discussions qui se sont déroulées entre spécialistes sur la légitimité de la narco-analyse dans la médecine judiciaire. Il s'attache d'abord à démontrer le caractère douteux des aveux obtenus de cette manière et qui peuvent mener, l'expérience l'a déjà prouvé, à des erreurs judiciaires lamentables. Ensuite, se mettant successivement aux point de vue juridique, moral et spirituel, il dénonce une tendance qui semble gagner de plus en plus de terrain dans la pratique judiciaire moderne, la chasse à l'aveu à tout prix.

272.          ROUSSEL (Bernard). Mauriac, le péché et la grâce. Editions du Centurion, 1964, pt in-8°, 164 pp, 8 pl. de photos et documents hors texte, chronologie biographique, biblio, broché, bon état

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273.          ROY (Jules). La guerre d'Algérie. Julliard, 1960, in-12, 215 pp, broché, bon état

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"Après six ans de guerre, et quelques mois avant le référendum du 8 janvier 1961 sur l'autodétermination, l'expression "guerre d'Algérie" entre dans le vocabulaire public, lancée par Jules Roy." (Benjamin Stora, Dictionnaire des livres de la guerre d'Algérie)

274.          SCELLES (Jean), Jean RÉAL, G. BOCHATON. Pour que vive l'Algérie. P., La Jeune-République, Cahiers de la démocratie n° 50, 1938, in-12, 64 pp, broché, non coupé, bon état. Peu courant

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Bilan, en 1938, de la situation de l'Algérie et propositions pour l'avenir. Jean Scelles (1904-1996) fondera, dès 1940, la première organisation de résistance algérienne, en créant le réseau de résistance Combat Outre-Mer. — Table : Préface : l'Algérie française vivra ; I. Le projet Blum-Viollette ; II. L'Habitat musulman ; III. L'Artisanat en Algérie ; IV. Pour un tourisme populaire ; V. L'Enseignement en Algérie ; VI. La situation de la femme musulmane.

275.          SCHWOB (René). Moi, Juif. Livre posthume. Plon, 1935, in-12, xvii-369 pp, reliure demi-chagrin acajou, dos à 3 nerfs, titres dorés, filet doré sur les plats, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), dos et mors frottés, bon état, envoi a.s. et carte de visite a.s. de l'auteur

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Juif alsacien converti au catholicisme en 1926, René Schwob vécut à Vence. En 1914, la guerre éclate, il a 19 ans. Sans attendre l'appel de sa classe, il s'engage et est incorporé dans un régiment d'infanterie. Quelques jours après, en septembre 1914, son régiment est décimé. Lui-même est laissé sur le champ de bataille, gravement blessé. Il ne se remettra jamais complètement de ses blessures ; toute sa vie sera celle d'un malade, d'un « grand douloureux ». Dans les années 1920-1930, il oscille déjà entre rejet de la foi juive et revendication de sa judéité, révélateur en cela de conceptions que développent des proches comme les Maritain et des prêtres spécialisés dans l’étude du judaïsme comme le père Bonsirven. Il meurt en 1946.

276.          SENNEP. Grandeurs et misères d'une conférence. Les souvenirs d'Aristide Briand recueillis et illustrés par J. Sennep. P., Candide, 1929, gr. in-4° (28,5 x 37,5), 16 pp, + couverture, 36 illustrations de Sennep, dont 3 à pleine page et une sur double-page, broché, couv. illustrée en couleurs par Sennep, bon état. Rare

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Candide numéro humoristique n° 319 bis, dimanche 27 avril 1930.

277.          VANSITTART (Lord). L'Éternelle Allemagne. Tallandier, 1945, in-12, 268 pp, traduit de l'anglais, broché, bon état (Coll. Témoignages sur notre temps)

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Traduction française de l'ouvrage publié en anglais sous le titre “Bones of contention”, à l'exception du chapitre intitulé “The church in politics”. — Robert Gilbert Vansittart, 1er baron Vansittart (1881-1957), était un diplomate britannique qui fut notamment sous-secrétaire permanent du Premier ministre de 1930 à 1938, puis principal conseiller diplomatique du Gouvernement. Méfiant vis-à-vis d’Adolf Hitler dès l’arrivée au pouvoir des nazis, il s’opposa dans les années 1930 à la politique d’apaisement et poussa au réarmement et à l’alliance avec la France et la Russie. C'était aussi un cousin du colonel Lawrence, dit Lawrence d'Arabie.

278.          WELLS (H. G.). Une tentative d'autobiographie. Découvertes et conclusions d'un cerveau très ordinaire. Gallimard, s.d. (1936), in-8°, 522 pp, 8e édition, traduit de l'anglais par Antonina Vallentin, 8 planches hors texte (7 portraits photographiques et une pl. de croquis), broché, bon état

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Paru en 1936, ce volume est un ouvrage précieux. le plus prestigieux des écrivains britanniques y entreprend de raconter son existence, mais sous couvert de ce récit, c'est la synthèse de l'essentiel même de sa pensée qu'il réalise. Illustré de quelques magnifiques photos et même de deux croquis réalisés par l'auteur, ce vénérable livre est une passionnante biographie et un brillant essai social comme Wells savait nous en offrir. Il rend ici un hommage appuyé aux femmes qui furent importantes dans sa vie et au dramaturge pacifiste et anticonformiste George Bernard Shaw. Les réflexions humaines, sociales et politiques étonnamment modernes d'un auteur qui est, loin de la science-fiction dont il fut un précurseur, un auteur majeur de la littérature anglaise.

279.          ZUMBACH (Jean). Mister Brown. Aventures dans le ciel. Laffont, 1973, gr. in-8°, 367 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Vécu)

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La Seconde Guerre mondiale dans la R.A.F (lieutenant-colonel et dix-sept victoires) ; l’après guerre dans la contrebande (or, cigarettes, pénicilline) toujours aux commandes d’un avion ; de nouveau la guerre : celle du Congo et du Katanga, pour le compte de Tschombé, puis celle du Biafra, aux côtés du colonel Ojukwu ; dans l’intervalle, mille et un trafics, mille et une aventures dans le ciel, sur terre et sur mer. En Afrique, tout le monde le connait sous le nom de Mister Brown. A vous, aujourd’hui, de découvrir l’incroyable histoire de ce pilote suisse né en Pologne...

1ère GUERRE MONDIALE

 

280.          ADAM (Paul). Dans l'air qui tremble (1914-1915). Dessins de Huygens. P., Georges Crès & Cie, 1916, in-12, iii-258 pp, 5 hors texte de Huygens sous serpente, dont le frontispice, bandeaux et culs-de-lampe, broché, couv. illustrée rempliée, couv. et dos lég. salis, bon état

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La guerre en Flandre. — "Les tableaux de guerre que réunit ce volume dépeignent le « front » de l'Yser. L'auteur a assisté à de dramatiques épisodes de la bataille, il a compati aux souffrances des blessés, et reçu de leur bouche de tragiques récits." (Jean Vic, La littérature de guerre, 1918, p. 269)

281.          ADAM (Paul). La Terre qui tonne. France - Italie. P., Librairie Chapelot, 1917, in-12, xiv-379 pp, broché, dos lég. sali, pt accroc à la couv., bon état. Peu courant

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La plus grande partie de ce livre concerne l'Italie. Qu'il s'agisse de l'Artois et de la Champagne ou du front des Dolomites et de l'Isonzo, Paul Adam décrit ses impressions personnelles, jusqu'aux sentiments qui l'animent lorsqu'un obus éclate, lorsque des balles sifflent trop près de lui. Des efforts prodigieux accomplis par les Italiens sur leur front, il a bien retenu et décrit quelques-uns ; mais après tout, il n'a fait au front italien qu'un court voyage en juillet 1916.

282.          AZAN (Général Paul). Franchet d'Espèrey. Flammarion, 1949, in-8°, 305 pp, 6 cartes dont 2 dépliantes hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Bonne biographie du maréchal Louis Franchet d'Espèrey (1856-1942). Après l’École de Guerre, il part se battre au Tonkin contre les Pavillons noirs. Rentré en France, il commande à Stenay le 18e bataillon de chasseurs à pied. Il prend part en 1900 à l’expédition de Chine contre les Boxers. Il est nommé général de division en 1912, et le général Lyautey lui confie le commandement des troupes du Maroc. Pendant la période difficile des débuts du protectorat, il prend une part importante à la pacification et à l’organisation du pays. Rappelé en France, Franchet d’Espèrey reçoit en novembre 1913 le commandement du 1er Corps d'Armée à Lille. Il se distingue à la bataille des Frontières d’août 1914, puis en rejetant sur l’Oise, à Guise le corps allemand de la Garde. Le généralissime Joffre lui confie, le 3 septembre, le commandement de la 5e armée, en pleine retraite et menacée d’être encerclée et coupée. Franchet d'Espèrey se montre à la hauteur de la situation. Faisant faire demi-tour à ses hommes, il attaque, entraînant à ses côtés l’armée britannique du général French, se précipite dans la brèche entre les armées Bülow et Kluck ; il joue un rôle capital dans la décision et l’exécution de la grande bataille. « Son rôle, écrit Joffre dans ses mémoires, mérite d’être souligné devant l’histoire. C’est lui qui a rendu possible la victoire de la Marne ». Franchet d'Espèrey commande le groupe d’armées de l’Est en 1916, puis le groupe d’armées du Nord en 1917. En juin 1918, il est appelé au commandement en chef des armées alliées à Salonique pour prendre la suite de l'expédition de Salonique. Il obtient, après une campagne de quatorze jours, la capitulation de l’armée germano-bulgare... Après la défaite des Empires Centraux, une partie de ses troupes est envoyée, sur ordre de Clemenceau, en Crimée et à Odessa, pour intervenir dans la guerre civile russe contre les Bolcheviques. Mais l'intervention tourne court à cause du manque de moyens, de l'hostilité de la population et de la démoralisation des troupes qui ne comprennent pas cette expédition. En mars-avril 1919, il redresse la situation critique des forces françaises à la suite de l'offensive de l'armée Rouge dans le sud de l'Ukraine et permet une évacuation en bon ordre. Ces remarquables années de services lui valent, le 19 février 1921, la dignité de maréchal de France... Cette biographie a été rédigéee d'après des documents en grande partie inédits.

283.          BARBUSSE (Henri). Le Feu. (Journal d'une Escouade). Flammarion, 1920, in-12, 349 pp, reliure demi-chagrin chocolat, dos là 5 nerfs, titres et fleurons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

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Engagé volontaire, l'auteur rejoint le dépôt d'Albi le 10 septembre 1914. Versé au 231e RI (18e Cie, 3e Section), il part pour le front le 29 décembre. Atteint de dysenterie, il est affecté comme brancardier le 12 juin 1915. Ne guérissant pas, il est versé le 18 novembre au 8e RIT, et affecté le 27 à un état-major. Norton Cru ne supportait pas qu'on fît de la littérature à propos de la guerre. Aussi se montre-t-il très sévère à l'égard des oeuvres de Barbusse, et notamment de celle qui eut le retentissement le plus considérable : “Le Feu”. Il reproche à l'auteur d'avoir conçu un roman dans la veine de Zola – ce qui est indéniable –, et pour cela lui dénie toute authenticité et toute sincérité – ce qui est injuste. Il n'a pas su voir que Barbusse n'a pas cherché à consigner scrupuleusement son expérience individuelle, mais à évoquer une mythologie nouvelle de la guerre – une mythologie faite de souffrance, de misère et d'abjection – pour mieux la dénoncer.

284.          BEAUFFORT (Geoffroy de), Henri Blancgarin et Max Van de Putte, Walter A. Dyer. Chiens à la guerre. Des documents exceptionnels. Roly-Philippeville (Belgique), Editions ORLI, 1992, in-8°, 134-vi-130 pp, nombreuses illustrations de Jean-Marc Autem, une planche en couleurs (la couverture de “Pierrot, chien de Belgique”, Ollendorff, 1916), broché, bon état

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Ce livre rassemble une étude de Geoffroy de Beauffort sur les chiens de guerre (96 pp), suivie des travaux des lieutenants Blancgarin (“Des chiens tirant les mitrailleuses ? Eh ! oui”, 1913, 22 pp) et Van de Putte (“Les chiens de trait, auxiliaires rêvés des mitrailleurs”, 1913, 12 pp), d'une bibliographie sommaire (2 pp) et de la réédition en fac-similé de “Pierrot, chien de Belgique”, par Walter Alden Dyer (Paris, Ollendorff, 1916, vi-130 pp). — Quelques années avant la guerre, des militaires belges eurent l’idée très originale d’utiliser les chiens Mâtins pour tirer les mitrailleuses Maximes. Fin 1911, 104 mitrailleuses Maxim furent commandées pour les régiments d’Infanterie de l’Armée de campagne. On créa trois sections de deux mitrailleuses par régiment, quatre sections aux Carabiniers. La mitrailleuse Maxim 1911 pesait 21 kg 650 lorsque la chemise d’eau était remplie. Le trépied, lui, pesait 20 kg 850. La cadence de tir était de 400 coups à la minute. Ce furent les lieutenants Blancgarin et Van de Putte qui convainquirent l’Etat-Major d’utiliser la traction canine pour les mitrailleuses... L’Américain Walter Alden Dyer (1878-1943) écrivit en 1915 « Pierrot, dog of Belgium ». Ce livre relate l’histoire d’un Mâtin travaillant dans une ferme avant d’être réquisitionné par l’armée belge pour devenir chien de mitrailleuse. Ce livre était vendu au profil du « Pierrot Fund » qui alimentait en dons la Commission of Relief in Belgium. Cette Commission sous la présidence de Herbert Hoover réussit à fournir une aide conséquente à la population de la Belgique occupée. C’est par bateaux entiers que fut acheminée en Belgique cette aide précieuse qui permit aux Belges de ne pas mourir de faim. A la fin de la guerre le surplus des fonds servit à financer la construction des bâtiments de l’université de Bruxelles et servit à créer l’œuvre Nationale de l’Enfance qui deviendra l’Office National de la Naissance et de l’Enfance. « Pierrot dog of Belgium » connut dès sa parution aux Etats-Unis un accueil triomphal et les éditions se succédèrent jusqu’en 1926. L’utilisation des chiens de trait disparut peu à peu entre les deux guerres. En 1957, la loi en proscrivit l’usage. Il semble bien que la race du chien Mâtin a complètement disparu...

285.          BERGER (Marcel) et Paul ALLARD. Les Secrets de la Censure pendant la Guerre. Editions des Portiques, 1932, in-12, 382 pp, reliure demi-percaline havane, dos lisse avec titres et filet doré, couv. illustrées et dos conservés (rel. de l'époque), bon état, envoi a.s. de Marcel Berger

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Dès le début de la Première Guerre mondiale, le 2 août 1914, la censure est proclamée en France via un décret instaurant l'état de siège. La propagande et la désinformation remplacent alors la liberté d'expression. Lettres du front et articles de presse : tout est vérifié et validé par l'État par crainte de démoralisation de la population ou de démobilisation des troupes. L'ouvrage de Marcel Berger et Paul Allard nous éclaire sur la mise en place de ce système autoritaire dans un pays fondé sur les libertés démocratiques. Un contrôle de l'opinion qui n'alla pas sans contestations mais qui fut maintenu jusqu'en 1919, au nom des intérieurs supérieurs de la nation. — "C’est en janvier 1915 que le bureau de la presse du ministère de la Guerre trouve son organisation définitive à Paris. De 1914 à 1919, il a compté au total plus de 400 censeurs affectés de quelques mois à plusieurs années, plus de 150 personnes y étant affectées en permanence. L’organisation du bureau de la presse distingue trois sections : les quotidiens ; les périodiques et les livres ; les télégrammes, avec environ 2.400 télégrammes traités en moyenne par jour dès 1915, les équipes de censeurs se relayant toutes les douze heures..." (Olivier Forcade, Voir et dire la guerre à l’heure de la censure, 1914-1918) — Table : Central télégraphique ; La mise en train de la machine ; Verdun ; “L'Homme enchaîné” de Clemenceau et “L'Oeuvre” de Gustave Téry ; Dans la galère des « Périodiques » ; Première nuit aux quotidiens ; « Nuit historique » ; La « grande offensive » ratée ; La fin du “Bonnet rouge” ; Le chemin de Clemenceau ; Clemenceau contre Caillaux ; La Paix sacrifiée ; Sous le règne de la Bertha ; Les Américains à la rescousse ! ; Les Armistices.

286.          CHAINE (Pierre). Les Mémoires d'un rat. Payot, 1930, in-12, 249 pp, préface de Anatole France, broché, couv. très lég. salie, bon état

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Le seul ouvrage sur l'effroyable conflit que fut la Grande Guerre qui réussit à nous faire sourire et même rire sans jamais occulter ni les simples misères, ni les petits abus, ni ses grandes injustices, ni les pires horreurs. Ce tour de force l'auteur l'a réussi en se masquant sous la personnalité d'un rongeur, un « rat de tranchées ». Témoin privilégié de la vie des tranchées, Ferdinand retrace ses années de rat-combattant au côté du soldat Juvenet qui l'a pris sous sa protection. De l'arrière au feu de Verdun, il partage la vie quotidienne des poilus, les changements d'affectation, les diverses offensives, mais aussi les permissions, l'attente avide d'informations et la naissance des rumeurs les plus persistantes, la solitude et surtout la peur. Un tableau original, nourri de réflexions sur la guerre qui, profitant de leur forme fantaisiste, se permettent d'en souligner les absurdités et l'horreur. — "Ferdinand, rat de tranchée de son état, s'attache à un poilu et rédige après guerre ses pensées. Petite merveille d'humour respectueuse du côté dramatique de l'histoire racontée, ce livre "Les Mémoires d'un rat" (1917), ainsi que sa suite "Les Commentaires de Ferdinand" (1918) est en fait une enluminure pour les mémoires de guerre de l'auteur, Pierre Chaîne." (Passion & Compassion 1914-1918)

287.          CHAUVY (Gérard). 1914 : Enquête sur une guerre programmée. Pygmalion, 2014, gr. in-8°, 307 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Bonne année !" : c'est par ces mots traditionnels, écrits ou prononcés par des millions d'individus au même instant, que Gaston Calmette, le directeur du quotidien Le Figaro, salue l'avènement de l'année 1914 à la une de son journal. Comment pouvait-il savoir que, peu après sa brutale et tragique disparition, le monde qui l'entourait allait basculer à son tour dans les ténèbres ? Pour entrer dans une nouvelle ère, engendrée par un monstrueux chaos guerrier, annonciateur des autres brisures qui hacheront le XXe siècle. Dans une puissante Europe secouée récemment par plusieurs crises localisées qui ont menacé de dégénérer, les grands acteurs – France, Russie, Grande-Bretagne, d'un côté, Allemagne et Autriche-Hongrie de l'autre – accompagnés de leurs satellites, vont finalement en découdre. Les ferments de la guerre ? On peut les rattacher à diverses causes : prédominance du sentiment national, nationalismes exacerbés, rivalités économiques, financières et coloniales. Car il est certain que l'événement officiellement déclencheur du mécanisme fatal – l'attentat de Sarajevo du 28 juin 1914 – ne suffit pas à expliquer le conflit. Il convenait donc de conduire une "enquête sur une guerre programmée" que Gérard Chauvy mène ici magistralement à son terme. Un livre capital pour comprendre pourquoi l'année 1914 est restée gravée dans l'Histoire comme une "année tragique", celle de la fin d'un monde.

288.          CHURCHILL (Winston S.). Mémoires de la Grande Guerre. 1. 1911-1915. – 2. 1915-1918. Tallandier, 2016, 2 vol. in-12, 713 et 663 pp, traduction de l'anglais révisée, abrégée et annotée par Antoine Capet, avant-propos par François Kersaudy, index des principaux personnages mentionnés, chronologie des fonctions officielles de Churchill, brochés, couv. illustrées, bon état (Coll. Texto)

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Lorsque paraissent les deux premiers volumes de “La Crise mondiale” en 1923, l'écrivain Winston Churchill est bien plus populaire en Grande-Bretagne que le politicien. Le succès est immédiat : la Première Guerre mondiale est encore dans tous les esprits – elle n'est achevée que depuis cinq ans – et ces Mémoires traitent d'une période pendant laquelle Churchill était ministre. Premier lord de l'Amirauté, il se trouve alors au cour des affaires internationales, au plus près des leaders politiques et militaires du temps. Et ses écrits livrent donc un aperçu sans précédent des coulisses du conflit. Pendant près de cinq ans, il oeuvre aux préparatifs de la guerre, rencontre les différents responsables, tente d'imposer ses vues, est confronté aux différentes crises gouvernementales, attaqué à la fois par les conservateurs et les membres de son parti. Jamais inactif, il se rend en octobre 1914 à Anvers où l'armée belge est encerclée. Favorable à l'opération dans les Dardanelles, Churchill passe pour l'initiateur du projet ; son échec lui est alors imputé et il démissionne en novembre 1915. S'ensuit alors une douloureuse traversée du désert. Dans ses Mémoires, Churchill se fait le chroniqueur des événements qui ont bouleversé l'Europe entre 1911 et 1915, et dont il a été le témoin autant que l'acteur. Un document irremplaçable sur l'histoire de la Première Guerre mondiale. Outre le style de Churchill, que l'on a toujours plaisir à redécouvrir et à lire, “La Crise mondiale” est un document irremplaçable : à l'appui d'une documentation considérable, Churchill livre sa vision de la Grande Guerre. On y retrouve des jugements bien tranchés sur les politiciens et les militaires de l'époque, une ampleur de vues stupéfiante, un ton épique, un style admirable et un humour omniprésent. Il se met aussi en scène, ce que résuma perfidement Arthur Balfour pour qui “La Crise mondiale” n'est autre que "la brillante autobiographie de Winston déguisée en histoire de l'univers". — Le second volume des “Mémoires de la Grande Guerre” s’ouvre sur l’année 1915 pour s’achever avec la victoire de 1918. Rendu responsable du sanglant échec de l’opération des Dardanelles, Winston Churchill, alors Premier lord de l’Amirauté, doit démissionner du gouvernement en novembre 1915. Mais il n’en reste pas moins actif et rejoint le front de France. C’est en tant que commandant de bataillon qu’il participe aux combats dans les tranchées des Flandres jusqu’en mai 1916. Député à la Chambre des Communes, il porte un regard acéré sur cette Europe devenue un immense champ de batailles et analyse avec justesse les batailles de Verdun et de la Somme. Nommé ministre de l’Armement en juillet 1917, il devient le Carnot de la Grande Guerre, tout en suivant le déroulement des opérations sur le terrain jusqu’à l’armistice final. Avec un ton épique, un style admirable et un humour omniprésent, Churchill nous livre des jugements bien tranchés sur les hommes politiques et les militaires de l’époque. Un document irremplaçable sur l’histoire de la Première Guerre mondiale.

289.          [CLEMENCEAU, Georges]. G. Clemenceau, 1841-1929. L'Illustration n° 4526, 30 novembre 1929. P., L'Illustration, 1929, gr. in-4° (28,5 x 38), 44 pp, + 4 pages d'articles autres et 52 (LII) pages de publicités, 68 photographies, illustrations et fac-similés dans le texte et à pleine page, 2 portraits en couleurs de Georges Clemenceau hors texte, broché, couv. ornée d'une photo de Clemenceau, bon état

            20

La vie et la mort de Georges Clemenceau : notes biographiques ; Les mémoires parlés de Clemenceau par son secrétaire Jean Martet ; « Le Bloc » de Georges Clemenceau ; La fin.

290.          COLETTE. Les Heures longues, 1914-1917. Fayard, 1984, in-8°, 236 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Recueil d'articles parus dans le “Matin”, rendant hommage à l'arrière front. — La guerre n'étant pas à proprement parlé une période idoine pour la production romanesque pure, Colette collaborait beaucoup dans divers journaux, par des articles référant à l'actualité. Cet ouvrage porte la marque de cette période agitée ; Colette y offre un point de vue tout à fait subjectif et décalé, celui que portent les civils sur le conflit dans leur vie quotidienne de l'arrière. La chroniqueuse met ainsi en scène pèle-mèle : la vie des hôpitaux militaires, l'émotion patriotique facile des caf'conc, les lettres d'épouses à leur soldat, l'existence clandestine de certaines qui ont suivit leur époux au plus proche du théâtre des hostilités, les dame nobles appauvries s'adonnant à la couture, la mode parisienne des femmes déguisées en soldat, le chenil où les animaux domestiques attendent le retour de leur maître, l'entraînement des chiens sanitaires dans la forêt de Meudon, l'emploi des vieux chenus et des jeunes enfants au travaux des champs, les aléas du marché noir, enfin tous les planqués de l'arrière ayant toujours une bonne raison de manquer à l'appel... A côté de cette chronique cocasse de la Grande Guerre, Colette a inséré des textes plus intimes concernant sa fille Belle-Gazou ou rendant hommage à son père zouave blessé et amputé durant la bataille de Melegnano en 1859. Y trouvent aussi leur place des impressions d'Italie sur Rome, Venise et le Lac de Côme.

291.          COURRIÈRE (Paul-Henry). Comment fut sauvé Paris. L'Ourcq. 5-10 septembre 1914. Perrin, 1918, in-12, ii-229 pp, préface du Général Maunoury, une grande carte dépliante hors texte, broché, bon état

            30

"En réalité, nous ne connaissons encore que très imparfaitement nos plus grandes batailles. On s'en rend compte en lisant “Comment fut sauvé Paris”, où M. Paul Henry Courrière établit les conditions dans lesquelles s'engagea et se poursuivit la lutte sur l'Ourcq, du 5 au 10 septembre 1914, qui fut décisive pour la première victoire de la Marne. La lettre du général Maunoury qu'il place en tête de son livre donne à celui-ci la valeur d'un témoignage précieux." (Roland de Marès, Les Annales politiques et littéraires, 1918)

292.          DEROO (Eric) et Gérard GOROKHOFF. Héros et mutins. Les soldats russes sur le front français, 1916-1918. Gallimard-DMPA, 2010, in-4°, 140 pp, préface de Max Gallo, 100 photographies, 11 illustrations et fac-similés, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

De l'armement contre des hommes, telle est l'origine de l'échange qui conduit le tsar de Russie Nicolas II à envoyer en 1916 un corps expéditionnaire de 40.000 hommes combattre sur les fronts français et d'Orient. Début 1917, l'annonce de la Révolution de février puis l'abdication de l'empereur en mars imposent aux soldats russes un choix difficile alors qu'ils subissent de terribles pertes et l'échec de l'offensive Nivelle et que des mutineries éclatent dans de nombreuses unités françaises. Retirés du front en mai, regroupés au camp de La Courtine, dans la Creuse, les 16.000 hommes des 1ère et 3e brigades refusent dans leur majorité de remonter en ligne tandis que beaucoup exigent un retour immédiat en Russie. En septembre 1917, c'est par les armes qu'une poignée d'irréductibles est obligée de se soumettre. Les plus durs internés, les autres ayant à choisir entre des compagnies de travailleurs libres en France ou de travailleurs "obligés" en Afrique du Nord, seuls quelques milliers de Russes acceptent de continuer le combat au sein d'une Légion de l'Honneur russe. Les derniers d'entre eux seront rapatriés à la fin de 1920. L'aventure méconnue de ces héros et mutins, plongés au coeur d'une histoire bouleversée et qui laissèrent sur les sols français et de Macédoine près de 14.000 des leurs, tués, blessés ou disparus, a pu être enfin restituée grâce à de nombreux documents inédits, issus des archives officielles et privées.

293.          FAGE (André). Lille sous la griffe allemande. Tous les arrêtés municipaux, toutes les proclamations et affiches de l'autorité allemande du 24 août 1914 au 1er décembre 1915. suivis d'un état chronologique des faits principaux et de l'état civil de Lille. Perrin, 1917, in-12, 325 pp, 8 pl. de photos hors texte, 4 gravures dans le texte, broché, couv. lég. tachée, bon état

            30

"Peu de villes eurent, autant que la grande cité lilloise, à souffrir de la guerre. Rappelons qu'elle fut une première fois occupée par les troupes allemandes, le 24 août 1914, puis que notre victoire de la Marne entraîna momentanément sa libération ; mais que l'arrivée (au mois d'octobre 1914) d'une seconde vague d'invasion marqua, pour nos malheureux compatriotes, le début des nouvelles épreuves dont, depuis quatre ans, ils attendent le terme... Tels sont, brièvement résumés, les événements qui précédèrent l'occupation allemande à Lille. C'est à leur examen que M. Fage consacre la première partie de son ouvrage. Dans la seconde, il s'efforce de nous faire connaître ce que fut la vie à Lille durant la première année de cette odieuse occupation. Estimant avec raison que l'on ne peut dès maintenant prétendre faire œuvre d'historien, l'auteur s'est sagement borné à rassembler tous les documents officiels, qui, demain, serviront à composer l'Histoire, qu'ils émanent des autorilés allemandes ou de la municipalité française... Des uns et des autres, il nous présente un exposé très complet et très méthodique, s'effaçant, avec une rare discrétion, chaque fois qu'il n'a pas jugé absolument nécessaire le bref commentaire de son indignation ou de son ironie !..." (Revue des sciences politiques, 1917)

294.          [FOCH, Ferdinand]. Le Maréchal Foch, 1851-1929. Tirage hors série de l'Illustration, 6 avril 1929. P., L'Illustration, 1929, gr. in-4° (28,5 x 38), 36 pp, 84 photographies et illustrations dans le texte et à pleine page, un portrait en couleurs du Maréchal Foch par Marcel Baschet hors texte, broché, couv. ornée d'une photo de Foch, bon état

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Hors-série de L'Illustration publié à l'occasion de la mort du maréchal Foch. – La vie et la mort du Maréchal Foch : ses origines, sa carrière, la prise de commandement d'un chef ; Le maréchal Foch en famille ; En écoutant le maréchal Foch ; Les funérailles nationales ; Foch membre de l'Institut ; La maladie et la mort de Foch relatées par son médecin ; Les hommages de l'étranger.

295.          GAËLL (René). Dans la Bataille. Scènes de la guerre (nouvelle série). Niort, H. Boulord, s.d., in-12, 218 pp, préface du général Humbel, broché, dos bruni, bon état

            25

"M. René Gaëll, qui est lui-même prêtre infirmier, entend et fait causer nos soldats. Habitué, par ses fonctions sacerdotales, à sonder les coeur et les âmes, il sait, à ravir, en fouiller tous les plis et démêler, chez les natures en apparence les plus indifférentes ou les plus endurcies, le fonds de noblesse et de générosité que développent toujours les rudes émotions de la guerre pour engendrer des héros." (Préface)

296.          GALLIÉNI (Joseph). Mémoires du général Galliéni. Défense de Paris, 25 août–11 septembre 1914. Payot, 1920, in-8°, 269 pp, 4 photos hors texte, 8 fac-similés d'autographes et d'affiches, 7 cartes dépliantes hors texte, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la Guerre mondiale)

            40

Le 11 novembre 1918, lors de la séance solennelle à la chambre des députés, Georges Clemenceau déclara : "Sans Galliéni, la victoire eut été impossible". Retiré du service actif du fait de la limite d'âge, le général Galliéni, rappelé le 1er août 1914, est nommé gouverneur militaire de Paris le 26 août 1914. Alors que le premier mois du conflit est désastreux pour les armées françaises, il prit, pour protéger la capitale menacée du renouvellement du scénario de 1870, une initiative hardie en déclenchant les combats de l'Ourcq et en n'hésitant pas à dégarnir le camp retranché dont il avait la garde pour se porter sur les flancs de l'ennemi. La postérité n'a retenu que l'épisode des Taxis de la Marne ! En fait, la dislocation de la 1ère armée allemande mit un terme au succès du plan Schlieffen : Paris était sauvé. Ce récit, entièrement de la main du général Galliéni, retrace clairement la part prise dans les événements de septembre 1914 par le gouverneur militaire de Paris et constitue un témoignage irréfutable de ces journées dramatiques de "la bataille de la Marne". — « Ah ! ces Mémoires de Galliéni, quelle page d'histoire ! Quel modèle ! Livre digne de Tacite, par la briéveté comme par la force. » (Victor Margueritte)

297.          GANDOLPHE (Maurice). La Marche à la victoire. Tableaux du front, 1914-1915. Perrin, 1915, in-12, viii-262 pp, broché, couv. défraîchie, état correct (Prix Montyon de l'Académie française 1917)

            25

"La guerre des tranchées, les soldats d'Afrique, les territoriaux, les Anglais, l'infanterie, l'aviation, les sapeurs, les espions, etc. Il n'y a pas de dates, mais il est évident que le récit de guerre raconte septembre-octobre 1914. Premier ouvrage paru de souvenirs d'un combattant français de la Grande Guerre." (Norton Cru, Témoins, 310-311)

298.          Guide illustré Michelin. Champs de bataille de la Marne (1914). II. Les Marais de Saint-Gond. Coulommiers, Provins, Sézanne. Clermont-Ferrand, Michelin, 1920, in-8°, 120 pp, 12 croquis et cartes, 2 cartes hors texte, très nombreuses photos, cart. souple de l'éditeur, jaquette, bon état (Coll. Guides illustrés Michelin des champs de bataille 1914-1918)

            35

299.          Guide illustré Michelin. Verdun Argonne, 1914-1918. Clermont-Ferrand, Michelin, 1931, in-8°, 176 pp, nombreux croquis et photos, cart. souple de l'éditeur, jaquette, bon état (Coll. Guides illustrés Michelin des champs de bataille)

            30

On joint une photo originale en noir et blanc du sommet du Mort-Homme, prise en 1967.

300.          GUILLOT (Eugène). Précis de la Guerre de 1914. Tome Ier (août 1914 - octobre 1915). P., Chapelot, 1917, in-12, vii-342 pp, 10 cartes, reliure percaline grise de l'éditeur avec titres en bleu au 1er plat er au dos, bon état

            25

Tome I seul (sur 3).

301.          [JOFFRE, Joseph]. Le Maréchal Joffre, 1852-1931. Tirage hors série de l'Illustration, janvier 1931. P., L'Illustration, 1931, gr. in-4° (28,5 x 38), 40 pp, 99 photographies dans le texte et à pleine page, 2 pages en couleurs (le Joffre de l'iconographie populaire), un portrait en couleurs du Maréchal Joffre par Dagnan-Bouveret hors texte, broché, couv. ornée d'une photo de médaille à l'effigie de Joffre, très bon état

            25

Hors-série de L'Illustration publié à l'occasion de la mort du maréchal Joffre. – Un deuil national ; Joffre intime ; La vie militaire du Maréchal Joffre : en pleine action durant la guerre, en Alsace reconquise, à Verdun ; Joffre raconté par son « ange gardien » ; L'hommage de l'étranger ; Le Joffre de l'iconographie populaire ; La mort et les funérailles du Maréchal Joffre.

302.          LEGER (Louis). La Liquidation de l'Autriche-Hongrie. Félix Alcan, 1915, in-8°, (8)-86 pp, broché, état correct

            20

"Parmi les problèmes qui se poseront devant l'Europe au lendemain d'une guerre où l'Allemagne et l'Autriche doivent nécessairement succomber, l'un des plus graves est celui que soulève la liquidation définitive de l'Autriche-Hongrie..." — Table : I. La Liquidation de l'Autriche-Hongrie ; II. Les Slaves d'Autriche-Hongrie ; III. La Reconstitution du royaume de Bohême ; IV. Le Peuple Slovaque et la Bohême ; V. La Confédération illyrienne.

303.          LHOPITAL (Commandant René). Foch, l'armistice et la paix. Plon, 1938, pt in-8°, iii-243 pp, broché, bon état

            20

"Sous ce titre, le commandant Lhopital, ancien officier d'ordonnance du maréchal Foch, vient de publier sur l'armistice et la paix une étude du plus haut intérêt fondée sur des notes et documents laissés par le grand soldat. Après un bref rappel des événements survenus depuis la prise de commandement des armées alliées par Foch, le commandant Lhopital en arrive rapidement à la date du 14 août, date à laquelle Ludendorff exposa à l'Empereur, « l'impossibilité de contraindre par l'offensive les alliés à faire la paix ». Les événements se succèdent rapidement. Dès le 8 octobre, Foch adresse une note sur les conditions d'un armistice avec l'Allemagne. La pensée profonde du maréchal était que les conditions de cet armistice devaient contenir les germes du Traité de Paix. Et la paix qu'il voulait, écrit le commandant Lhopital, « était une paix réaliste. Conscient de l'immense responsabilité qui incombait aux constructeurs de l'Europe nouvelle, il voulait établir la sécurité sur une base solide, assurer le règlement des réparations dans un laps de temps minimum, tout en permettant une pacification rapide des esprits qui rendrait possible un travail commun des peuples basé sur leur intérêt réciproque. » (Le Figaro, 24 sept 1938)

304.          MANGIN (Général). Comment finit la guerre. Plon, 1920, gr. in-8°, xiii-330 pp, 11 cartes sur 2 dépliants hors texte, broché, couv. rempliée, bon état. Edition originale. Il a été tiré de cet ouvrage 1200 exemplaires numérotés, soit 50 exemplaires sur papier de cuve des papeteries du Marais, numérotés de 1 à 50 ; 1150 exemplaires sur papier vélin, dont 1100 numérotés de 51 à 1150 ; et 50 exemplaires non mis dans le commerce, celui-ci un des 50 exemplaires numérotés sur papier de cuve des papeteries du Marais (n° 14). Rare en grand papier

            100

"... La Grande Guerre avait montré le rôle que les colonies pouvaient jouer dans la défense de la nation, mais, pour que celles-ci soient, de façon durable, un élément de cette politique, il fallait aller plus loin et, en particulier, faire en sorte que les ressortissants des territoires coloniaux se sentent véritablement concernés. C’est ce que devait exposer le général Mangin dans un ouvrage paru en 1920 et qui avait pour titre “Comment finit la guerre”. Dans ce livre, Mangin développe notamment deux idées principales. D’une part, il souligne la nécessité de considérer l’espace des territoires coloniaux et celui de la métropole comme une seule entité stratégique, dans une perspective qui annonce celle du général de Gaulle vingt ans plus tard. D’autre part, il insiste sur les réformes qu’il convient d’entreprendre si l’on veut que les peuples des territoires coloniaux participent à cette nouvelle conception de la défense nationale." (Bernard Mouralis, L’Afrique dans l’histoire de la France contemporaine : enjeux mémoriels et politiques, 2016)

305.          MASSARD (Cdt Emile). Les Espionnes à Paris. La vérité sur Mata-Hari – Marguerite Francillard – La femme du cimetière – Les marraines – Une grande vedette parisienne – La mort de Marussia. Albin Michel, 1922, in-12, 221 pp, broché, bon état, envoi a.s.

            30

Table : Mata-Hari avant la guerre ; Mata-Hari devant le Conseil de guerre ; Mata-Hari au poteau ; La Légende de Mata-Hari ; Marguerite Francillard ; La Tichelly et Mme Ducimetière ; Mademoiselle Docktor ; La Moisson d'un Espion ; Un Repaire de bandits ; Deux Dangereuses Espionnes ; Les Aventures d'une Grande Vedette parisienne ; La Mort étrange de Marussia ; La Princesse Wiszniewska ; Les Petites Femmes.

306.          MASSARD (Cdt Emile). Les Espions à Paris. La première exécution de Lenoir – Le mystérieux adjudant – Le service chimique – les tables d'écoute – Correspondance secrète – Ruses de guerre. Albin Michel, 1923, in-12, 253 pp, broché, bon état, envoi a.s.

            30

Le contre espionnage français face aux espions allemands à Paris durant la première guerre mondiale.

307.          MAURRAS (Charles). Les Chefs socialistes pendant la guerre. Nouvelle Librairie Nationale, 1918, in-12, xv-320 pp, un dessin satirique de Paul Poncet en frontispice, index, broché, bon état. Edition originale sur papier courant, sans mention

            25

Les morts : Jaurès, Vaillant, Briquet, Chalopin, Sémanaz – Les “hommes prêtés” : Guesde, Sembat, Albert Thomas – Les doctrinaires et les diplomates : Bracke-Desrousseaux, Cachin, Compère-Morel, Groussier, Edg. Milhau – Les folâtres : A. Blanc, Brizon, Hervé, Mayéras, P. Poncet, Raffin-Dugens, Renaudel – Boches et bochoïdes : La Canaille du Bonnet Rouge, Le métèque faussaire, Quart-de-Boche, etc.

308.          PIERREFEU (Jean de). L'Offensive du 16 avril. La vérité sur l'affaire Nivelle. La Renaissance du Livre, 1919, in-12, 187 pp, plans comparés de Joffre et de Nivelle pour l'offensive de 1917, notes, broché, bon état

            30

L’échec de l’offensive du 16 avril 1917 est désormais bien connu. Son bilan humain, toutefois, reste difficile à établir, suivant les limites géographiques et temporelles qui sont données à l’opération, et la délimitation des « pertes » que l’on adopte. On peut sans doute estimer à 35.000 dans la première semaine le nombre des morts. (...) Abel Ferry écrit en juillet 1917 : « Dans l’armée, les ravages moraux causés par l’échec de l’offensive du 16 avril furent épouvantables. Spontanément, des régiments, des divisions se révoltèrent. (...) La vie du soldat français n’a été protégée ni contre ses chefs, qui en ont abusé, ni contre les Alliés qui ont exagéré. Il le sait : il se révolte. » (André Loez, "Si cette putain de guerre pouvait finir". Histoire et sociologie des mutins de 1917, 2009)

309.          RICHTER (Stéphane). Service Secret. De l'Ecole d'espionnage au poteau de Vincennes. P., Mignolet et Storz, 1934, in-12, 252 pp, traduit de l'italien, témoignages recueillis par Stéphane Richter, 24 pl. de photos hors texte, 10 illustrations dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Entretien avec le général Ronge, chef de l'espionnage militaire de la monarchie austro-hongroise avant la guerre, puis chef d'espionnage de l'Etat-Major auprès du Commandement Suprême austro-hongrois. Evocation des techniques d'espionnage avant, pendant et après la Première Guerre mondiale. — "Des révélations sensationnelles sur l'activité de l'espionnage international. Des faits, de l'action, du drame, du sang." (L'Editeur)

310.          RONARC'H (Vice-amiral). Souvenirs de la guerre. I. Août 1914 - septembre 1915. Payot, 1921, in-8°, 335 pp, une photographie en frontispice et 6 cartes hors texte (dont 4 dépliantes), index, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la Guerre mondiale). Peu courant

            60

Tome I, seul paru. Les fusiliers-marins au combat. Le récit va jusqu'au 5 novembre ; le contre-amiral Ronarc'h, nommé vice-amiral est rappelé à Paris pour s'occuper de la guerre sous-marine. — "Voici sur la dure bataille de l'Yser qui termina la « course à la mer » un témoignage de tout premier ordre « sous l'apparence quelque peu sèche d'un rapport militaire » et qui devra être retenu par les historiens de la guerre. C'est l'exposé vivant et très documenté – parfois très savoureux – de l'existence de la brigade de fusiliers marins que commandait l'auteur, de sa formation à sa suppression ; des faits notés jour par jour, quelquefois heure par heure, en un style très sobre, sans littérature. On y voit au prix de quelles souffrances ces vaillantes troupes ont pu tenir. D'octobre 1914 à novembre 1915, la brigade a perdu en tués, blessés et disparus : 172 officiers, 346 officiers-mariniers, et environ 6.000 quartiers-maîtres et marins, soit la totalité de son effectif normal. (...) Partout, les fusiliers marins se couvrent de gloire. – L'amiral, en dehors des opérations militaires, note dans son « Journal » les relèves et les cantonnements de repos ; le manque de canons (en mains endroits), la pauvreté en matériel téléphonique et l'insuffisance des liaisons (p. 76), les fatigues supplémentaires évitables (p. 161), l'inutilité des attaques faites sans une sérieuse préparation d'artillerie (pp. 176-178), l'absence de moyens d'information : c'est seulement le 14 juillet 1915 qu'il a la satisfaction de contempler la première saucisse française au-dessus de Furnes (p. 312). Quand on ferme le remarquable ouvrage du chef aussi modeste que valeureux que fut l'amiral Ronarc'h, on a compris tout ce qu'il y a dans la phrase lapidaire que le général d'Urbal adressait aux fusiliers dès le 18 novembre 1914 : « Je suis fier de commander à des hommes tels que vous ! »." (Aristote Crapet, Revue du Nord, 1922)

311.          RONDELEUX (Marcel). L'apogée de la guerre sous-marine. Journal d'un commandant d'escadrille de patrouille, 1917-1918. Editions de France, 1937, in-12, 241 pp, une carte dépliante in fine (côte ouest de France), broché, couv. illustrée, bon état

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"Le capitaine de vaisseau M. Rondeleux publie les notes qu'il prit au jour le jour alors qu'il commandait l'escadrille de patrouille de Saint-Nazaire en 1917-1918. On a beaucoup écrit sur la guerre sous-marine, et sans doute écrira-t-on encore sur ce sujet fertile en épisodes dramatiques, mais de tous les ouvrages parus, les plus lus sont ceux des commandants de sous-marins et des commandants de chasseurs, acteurs de cette guerre fantastique qui durant quatre années se développa sans cesse et anéantit des centaines de navires. Le commandant Rondeleux et son escadrille ont accompli une mission particulièrement dangereuse sur les atterrages de la Bretagne, d'Ouessant jusqu'au sud de la Loire. C'est à Brest et à Saint-Nazaire que débarquaient les troupes américaines. Les paquebots bondés de soldats, les cargos chargés lourdement devaient traverser une zone infestée de sous-marins. Le commandant Rondeleux et ses équipages avaient fort à faire. Sans trêve ni repos, ils ont traqué l'ennemi, déblayé la route et assuré la sécurité des convois. Le grand public lira avec intérêt le journal de cette vaillante escadrille." (L'Illustration, 27 novembre 1937)

312.          ROSNER (Karl). Der Koenig (le Roi). Au quartier général du Kaiser pendant la seconde bataille de la Marne. Plon, 1923, in-12, x-298 pp, traduit de l'allemand, avant-propos des traducteurs, reliure demi-percaline vermillon, dos lisse avec fleuron et doubles filets dorés, pièce de titre basane noire, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

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"Ce livre est le récit d'un témoin. M. Karl Rosner était, pendant la guerre, correspondant d'un grand journal berlinois sur le front de France. Il a vécu auprès du Kaiser. Il l'a suivi à travers nos provinces dévastées lorsque le Hohenzollern pouvait croire son rêve monstrueux sur le point de se réaliser ; et il l'a vu et observé depuis le moment où les plans de Ludendorff commencèrent à chanceler et à crouler jusqu'à leur effondrement définitif." (Avant-propos) — "L'auteur campe Guillaume II dans la défaite. (...) Fiévreux, hagard, suant la peur, il a tout juste la force de monter en auto jusqu'à Avesne, serrer la main d'Hindenburg sans mot dire et de monter dans son sleeping pour Spa. Et, là, « il s'effondre sur son siège, ses bras sur la table verte, le visage caché dans ses bras. » Jamais un historien français n'aurait osé brosser une peinture aussi terrible. Napoléon à Waterloo, dans le dernier carré de la garde, avait une autre allure. Ce livre est d'un plus vif intérêt encore pour les Francais que pour les Allemands." (La Revue hebdomadaire, 1923)

313.          RUFFIN (Henry) et André TUDESQ. Notre camarade Tommy. Offensives anglaises de janvier à juin 1917. Hachette, 1917, in-12, 241 pp, préface de M. Arthur Balfour, 2 cartes, broché, bon état (Coll. Mémoires et récits de guerre)

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Table : La saison des grands raids : I. Patrouille au saillant d'Ypres ; II. Ce qui se passe quand rien ne se passe – La saison des délivrances : I. Le repli ; II. Les délivrances – La saison des grandes offensives : I. L'offensive d'Artois (9 avril) ; II. Batailles autour de la ligne Hindenburg ; III. L'offensive des Flandres.

314.          SARRAIL (Général). Mon commandement en Orient (1916-1918). Flammarion, 1920, in-12, 424 pp, 2 cartes sur double page hors texte, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

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Maurice Sarrail (1856-1929) est un « général politique ». Sa carrière, ses écrits, ses décisions en témoignent. Mais si cet engagement se manifeste à de très nombreuses reprises en Orient, il importe également de reconnaître qu'il fait preuve d'une grande énergie et parfois d'une réelle audace militaire. “Mon commandement en Orient” présente le triple intérêt de préciser la réalité des opérations conduites dans les Balkans entre 1915 et 1917 dans un difficile contexte interallié, d'éclairer la problématique délicate des crises de commandement en métropole pendant la Grande Guerre et de remettre en perspective à partir d'un cas concret tous les débats politico-militaires qui agitent la France au début du XXe siècle.

315.          SÉVILLIA (Jean). Le dernier empereur. Charles d'Autriche, 1887-1922. Perrin, 2009, gr. in-8°, 357 pp, 8 pl. de photos hors texte, 3 cartes, notes, annexes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Vienne, 1916 : l'Empereur François-Joseph meurt après soixante-huit ans de règne. C'est son petit-neveu, l'Archiduc Charles, né en 1887, marié en 1911 à la Princesse Zita de Bourbon-Parme, qui lui succède sur le trône des Habsbourg. Le nouveau souverain, titré Charles Ier en Autriche et Charles IV en Hongrie, a 29 ans, et un programme : la paix, les réformes. De 1916 à 1918, l'Empereur Charles tente l'impossible pour desserrer l'alliance allemande dont il a hérité et pour sortir son pays de la guerre. Dès son accession au trône, il ouvre des négociations secrètes avec les Alliés, notamment par le truchement de ses beaux-frères, Sixte et Xavier de Bourbon-Parme, officiers dans l'armée belge. Charles Ier rêve de la paix, mais nul ne saisit la main qu'il tend alors pour abréger le conflit. Le jeune monarque aspire également à de profondes réformes, voulant doter l'Autriche-Hongrie d'une Constitution fédéraliste qui aurait garanti des droits égaux aux douze nationalités peuplant son empire. Entre le conservatisme des uns et le nationalisme des autres, ce projet échouera aussi. En 1918, l'Autriche-Hongrie est démantelée, et l'empereur doit quitter le pouvoir. La famille impériale se réfugie en Suisse, mais Charles ne renonce pas à ses espoirs. Après deux vaines tentatives de restauration en Hongrie, en 1921, le couple impérial est astreint par les Alliés à la relégation sur l'île de Madère. Sans ressources, Charles et Zita y vivent dans le dénuement. Cette page sombre, vécue chrétiennement, s'achève dans le drame : le 1er avril 1922, l'empereur meurt à l'âge de 34 ans, laissant une veuve de 30 ans, enceinte de son huitième enfant...

316.          TORRÈS (Henry). Le procès du « Bonnet rouge ». Plaidoirie pour Jacques Landau. Paris-Edition, 1929, in-12, 103 pp, 2 pl. photos hors texte (M. Caillaux à la barre du 3e Conseil de Guerre, en faveur de Jacques Landau, et le duel Maurras-Landau en 1909), broché, état correct. On joint un article où Henry Torrès revient sur l'affaire (“Je crois toujours à l'innocence de deux condamnés du « Bonnet rouge », Landau et Goldsky”, coupure de presse, “France-Soir”, 1956, avec un portrait de Landau)

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Texte de la magnifique plaidoirie de Me Henry Torrès pour Jacques Landau, devant la Chambre des mises en accusation, dans l'affaire de la révision du procès du « Bonnet rouge », en octobre-novembre 1928. Publication anarchiste et satirique créée par Eugène Bonaventure Vigo, le “Bonnet rouge” fut fondé le 22 novembre 1913. Hebdomadaire à ses débuts, il devient quotidien en mars 1914 et paraîtra jusqu’en 1917 (quelques numéros sont publiés en 1922). Eugène Bonaventure Vigo (1885-1917), petit-fils d’un viguier d’Andorre et père du cinéaste Jean Vigo (1905-1934), choisit très tôt d’oublier ses origines et son nom pour prendre le pseudonyme de Miguel Almereyda (anagramme de : y a de la merde !). Alors qu’il est apprenti photographe, il est fiché à l’âgé de dix-sept ans pour ses opinions politiques d’extrême-gauche. Plus tard, il fonde un groupuscule révolutionnaire (les Jeunes gardes révolutionnaires) ainsi que le journal “La Guerre sociale”. En 1905, il adhère à la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). Quelques années après, en 1913, il lance le “Bonnet rouge”, « organe de la défense républicaine », qui connaît rapidement un très grand succès et devient l’ennemi juré du mouvement politique royaliste “l’Action française”. Le courage et le talent polémique de E. B. Vigo vont lui valoir argent et renommée mais aussi emprisonnements multiples. En 1914, au moment de la conscription militaire, il participe à l’appel à la désertion lancé par l’Action internationale Antimilitariste. Avec l’entrée en guerre de la France, le gouvernement limite la liberté de la presse. La publication d'articles portant atteinte à la sécurité nationale ou au moral des troupes et de la population est interdite. Or la ligne éditoriale du “Bonnet rouge” est à la fois antimilitariste et internationaliste, ce qui ne manque pas de provoquer l’intervention fréquente de la censure républicaine. Par ailleurs, la trésorerie du “Bonnet rouge” bénéficie de fonds suspects en provenance de l’étranger. Pour la droite et l’extrême droite, Vigo n’est rien de moins qu’un traître dont il faut se débarrasser à tout prix. À cela s'ajoute la publication par le “Bonnet rouge”, à la demande du ministre des Finances Joseph Caillaux, d’articles prenant la défense de sa femme, Henriette Caillaux, accusée du meurtre de Gaston Calmette, directeur du “Figaro”. Calmette avait mené une violente campagne contre Caillaux à qui il reprochait sa politique de rapprochement franco-allemand. Mme Caillaux, prise d'un coup de folie, l’avait assassiné. Fidèle à ses idées mais impliqué dans des intrigues financières et politiques, Vigo est finalement accusé d’intelligence avec l’Allemagne et arrêté durant l’été 1917. Peu après, au petit matin du 14 août, on le retrouve « suicidé » dans sa cellule de Fresnes. Il a été étranglé avec ses lacets de bottines. Caillaux mais aussi le ministre de l’Intérieur Louis Malvy, proche de Vigo et partisan d’une Paix blanche, sont arrêtés peu après. Ils comparaîtront tous deux devant la Haute Cour de justice, le premier sera condamné à une peine de prison, le second, au bannissement. De Léon Daudet à Georges Clemenceau, l’affaire du « Bonnet rouge » va, dès lors, être largement exploitée par tous les partisans de la guerre à outrance. (C. E. Ladjimi)

317.          TOURNIER (Edmond). Journal de ma captivité, 21 juin 1916 - 29 octobre 1917. Dieppe, Esneval éditions, 2015, in-8°, 218 pp, photos et fac-similés, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

            18,50

Edmond Tournier a vingt-trois ans en août 1914. La Grande Guerre vient d’éclater. Il est mobilisé le 3 août. Alors qu’il occupe les fonctions de brancardier sur le front à Verdun, il est fait prisonnier. Il connaîtra les privations, les humiliations, les injures, le manque de nouvelles de ses chers parents, l’éloignement de sa patrie dans les camps de représailles. La solidarité des civils, l’amitié de ses camarades de guerre, le goût de vivre, la foi et l’affection des siens lui permettront de tenir bon. La moindre joie du quotidien, telle la réception d’un courrier ou d’un colis de sa famille, se transformera pour lui en un grand bonheur. Ballotté de camps en camps, de juin 1916 à octobre 1917, du fort de Vaux près de Verdun à Chemnitz dans l’est de l’Allemagne près de la frontière Tchèque, il décidera de relater dans un cahier « tout ce que j’ai souffert, tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai appris », dira-t-il. De retour chez lui, il retranscrira au propre son Journal de ma captivité.

318.          VÉRAY (Laurent)( dir.) Le Cinéma s’affiche pendant la Grande Guerre. Compiègne, Festival du Film, 2014, in-4°, 175 pp, 56 affiches d'époque reproduites en couleurs, la plupart à pleine page, 25 photos, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état, envoi a.s. Peu courant

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Une exploration du cinéma en France de 1913 à 1919. L’exposition présente une cinquantaine d’affiches de films et de photographies provenant de plusieurs institutions patrimoniales. — "La Première Guerre mondiale, véritable catastrophe humaine, suscita d'innombrables représentations. Pourtant on connait mal la production cinématographique de la guerre elle-même et encore moins bien les affiches des films réalisés pendant cette période. Aussi l'exposition “Le cinéma s'affiche pendant la Grande Guerre” propose-t-elle une exploration du cinéma en France de 1913 à 1919, à travers une cinquantaine d'affiches de films, pour la plupart jamais exposées, provenant de plusieurs institutions patrimoniales prestigieuses. Bien que peu étudiées par les chercheurs, les affiches de film, qui servaient de support promotionnel, constituent une source documentaire passionnante. Elles permettent de mieux comprendre la façon dont on a suscité la curiosité des passants et nourri leur imaginaire dans l'espoir de les attirer dans les salles obscures. Le parcours scénographique se divise en quatre parties : "Avant la tourmente"; "Les films patriotiques et les actualités de guerre"; "Se divertir au cinéma"; "En finir avec la guerre ?". Une cinquième partie, "Aller au cinéma en 1914-1918", composée de photographies, est consacrée aux conditions de projection à "l'arrière" et au front. Les films imaginèrent la guerre avant qu'elle n'éclate, puis la représentèrent ou l'ignorèrent à dessein. Ils prirent toutes sortes de formes : bandes d'actualité, films de vulgarisation scientifique, serials – films à épisodes qui font leur apparition en 1915 –, mélodrames, adaptations littéraires." (Laurent Véray) — "... On doit souligner la qualité de la présentation et des reproductions, en pleine page et en polychromie, de ces affiches qui provenaient de plusieurs institutions patrimoniales et dont beaucoup sont rarement vues. Les affiches de cinéma de cette époque sont toutes des lithographies imprimées « à la pierre ». Les couleurs sont très variables d’un artiste, à l’autre, d’une affiche à l’autre, sans parler des maquettes (il y en a quelques-unes, et fort belles, prêtées par le fonds Jérôme Seydoux), qui étaient traitées à la gouache. La qualité de la reproduction leur rend justice. On peut même distinguer le crayonné. Cela fait de ce catalogue un livre d’art autant qu’un document. Il y a aussi du texte : 55 commentaires d’une pleine page pour chacune des affiches reproduites, auxquelles s’ajoutent les légendes des photographies qui constituent la dernière partie. L’organisation des affiches, le style propre des affichistes – dont les noms et la carrière sont toujours précisés – font entrer dans une autre dimension qui est celle de l’histoire de l’art." (François Amy de la Bretèque)

2ème GUERRE MONDIALE

 

319.          AUGARDE (Jacques). Tabor. France-Empire, 1952, pt in-8°, 316 pp, préface du général Guillaume, 8 pl. de photos hors texte, 2 cartes, annexes (origine et histoire des Tabors, etc.), broché, jaquette illustrée, bon état

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Les campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne vécues par un goumier : Journaliste évadé de France, Jacques Augarde a rejoint le Maroc à l'automne 1943, après un séjour de plusieurs mois dans les prisons espagnoles. Affecté au 22e Tabor, il a débuté aux goums comme aspirant de réserve. Nommé sous-lieutenant, avant de rejoindre, au printemps 1944, le 1er Groupe de Tabors Marocains. Il participe avec les goumiers à la campagne d'Italie. Ceux-ci se distinguent par un remarquable fait d'armes à l'occasion de la prise de Monte Cassino, sous la direction du général Juin qui les envoie gravir la montagne avec leurs ânes afin de prendre l'ennemi à revers. Après la longue et difficile remontée vers Rome, suit l'embarquement à Civita Vecchia pour la Corse où les combats font rage, puis le débarquement à Saint Maximin. Devenu officier de liaison, Jacques Augarde participe à la libération du territoire en direction de l'Allemagne en passant par les Vosges et l'Alsace où les goumiers pourtant peu habitués aux rigueurs du climat, se sont comportés pendant l'hiver 44-45 avec un héroïsme qui a forcé l'admiration des Allemands eux-mêmes. Perçant la ligne Siegfried, les Tabors sont arrivés à Stuttgart en avril 1945...

320.          AUGEARD (Michel Roger). Melpomène se parfume à l'héliotrope. « Ici Londres... » Le quotidien de la Résistance au fil des messages personnels. JC Lattès, 2012, in-8°, 420 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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L’oreille collée à leur poste de TSF, les Français ont, tout au long de la Seconde Guerre mondiale, bravé le diktat allemand pour suivre avec avidité les messages de Radio-Londres. Bien peu, cependant, étaient en mesure de décrypter les phrases mystérieuses annoncées par le rituel « Veuillez écouter d’abord quelques messages personnels ». Seuls les membres des services secrets ou de la Résistance savaient que chacune était porteuse d’une opération spécifique. Identification des agents de la France Libre, parachutage d’hommes ou d’armement, « pick up » de personnalités, actions de sabotage… du printemps de 1941 à la fin de l’automne 1944, près de 50.000 messages personnels passèrent ainsi sur les ondes de la BBC. Emprunté à Verlaine, « Les sanglots longs des violons de l’automne », l’un de ceux qui annonçaient le déclenchement des opérations du débarquement, est resté le plus célèbre. Les centaines de messages retrouvés et patiemment rassemblés par Michel Augeard éclairent de façon inédite le quotidien dramatique et exaltant de la Résistance. Ils ressuscitent des événements parfois oubliés, des icônes de la France combattante comme Pierre Brossolette, Marie-Madeleine Fourcade, le colonel Rémy ou Jean Moulin. Ils évoquent des personnalités aussi diverses que François Mitterrand, le général de Lattre, René Char, Yves Rocard, Jean Nohain ou Jean Gabin et révèlent le rôle capital joué par les Polonais du réseau F2, les corps francs de la Montagne Noire ou la « plastiqueuse à bicyclette ».

321.          BASSECHES (Nicolas). L'Armée inconnue. Caractère et évolution de l'armée russe. Lausanne, Marguerat, 1942, in-8°, 172 pp, traduit de l'allemand (“Die unbekannte Armee: wesen und Geschichte des russischen Heeres”), broché, bon état, envoi a.s. (en français)

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Une histoire de l'armée soviétique. — "L'armée russe, car c'est d'elle qu'il s'agit, a fait et fait encore l'objet de vives controverses entre ses admirateurs et ses détracteurs, mais à défaut de données concrètes, il est assez malaisé de se former une opinion, tant sur sa valeur que sur son organisation. Ainsi que nous en informe l'auteur dans son introduction, une haute personnalité du Reich aurait déclaré, peu après l'ouverture des hostilités russo-allemandes, que la puissance combative et l'armement de l'armée russe avaient été une cause d'étonnement pour chacun. Les succès, incontestablement remportés par les Russes ces dernières semaines ne font qu'accroître cet étonnement, aussi le livre de Basseches, objectif et minutieusement documenté, vient vraiment à son heure. Il nous sort un peu de l'ignorance dans laquelle le gouvernement des Soviets lui-même – par un service de faux renseignements habilement organisé – s'était ingénié à plonger les observateurs étrangers les plus perspicaces. En quelque 160 pages d'une lecture facile, l'auteur retrace le caractère de cette armée et son évolution depuis sa création, au lendemain de la révolution bolchevique, jusqu'à nos jours. Il explique comment l'armée rouge, après bien des erreurs et des tâtonnements, est arrivée à constituer une puissante machine de guerre en se faisant l'héritière des traditions séculaires des anciennes armées des tzars, tout en se dégageant de tout ce que celles-ci avaient d'archaïque et de désuet. Les premiers chapitres de l'ouvrage, consacrés à une étude minutieuse des armées impériales russes depuis le XIe siècle jusqu'à la chute de l'ancien régime, laisse percer le mystère qui a présidé à l'évolution des forces armées de l'URSS avec lesquelles il faudra dorénavant compter quelle que soit l'issue de la lutte dans laquelle elles se trouvent actuellement engagées. Le souci d'objectivité observé par l'auteur chaque fois qu'il aborde le credo politique qui anime l'armée russe – et l'on ne saurait faire abstraction de cet élément en parlant de cette armée – enlève à cette étude tout caractère de propagande en faveur d'une idéologie que nous répudions. La lecture de ce livre se recommande tout particulièrement aux officiers, qui y trouveront non seulement maintes données du problème russe restées jusqu'ici inconnues, mais encore des enseignements utiles à l'exercice de leur commandement, l'armée russe, tout comme la nôtre, ne recrutant pas ses cadres parmi une caste, mais cherchant à attirer à elle les élites de toutes les classes de la population." (Revue militaire suisse, 1943)

322.          BESSON (André). Les maquis de Franche-Comté. France-Empire, 1978, pt in-8°, 292 pp, 16 pl. de cartes et photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Avec le Vercors, la Franche-Comté fut une des premières régions française où se constituèrent des maquis, durant la Seconde Guerre mondiale. Dès la fin 1942, des dizaines des jeunes hommes traqués par la Gestapo et la Milice, trouvèrent refuge dans les hameaux isolés du Haut-Pays et commencèrent une lutte sans merci contre l'occupant...

323.          BÉZY (Jean). Le S.R. Air. France-Empire, 1979, pt in-8°, 318 pp, préface du colonel Paul Paillole, 8 pl. de photos hors texte, annexes, index des noms, broché, couv. illustrée, bon état

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L’histoire des Services de Renseignements de l’Armée de l’Air, dirigé après 1940 par le colonel Ronin, et qui depuis la France occupée et l’A.F.N. apportèrent au Commandement Allié des informations précieuses... — "Voici révélé l'efficace et héroïque travail accompli par le Service de Renseignements de l'Armée de l'Air. Dès 1930. les pionniers de cette organisation nouvelle dénoncent le réarmement de l'aviation allemande et l'évolution de ses techniques. Après la défaite de 1940, plus que tous autres, conscients de l'importance décisive de l'aviation dans l'issue de la guerre, des aviateurs se groupent à l'appel d'un chef prestigieux, le colonel Ronin. A la pointe de la résistance française, ils se lancent dans la recherche du renseignement au bénéfice de l'aviation britannique (R.A.F.). Les premiers, les réseaux du S.R. Air s'étendent en zone occupée par l'ennemi. A partir du 8 novembre 1942, ils couvriront la France entière et prendront en A.F.N. une part capitale dans la victoire de Tunisie. Jusqu'au 8 mai 1945, ils apportent au Commandement allié une moisson d'informations d'une valeur inestimable. Moins connu du grand public que le S.R issu du fameux 2e Bureau ou que le B.C.R.A. de Londres, le S.R. Air a cependant à son actif dans le domaine du renseignement des résultats d'une qualité au moins égale. On reste confondu devant les exploits sans cesse renouvelés de ces soldats inconnus de la guerre secrète. Leur courage et leur abnégation méritaient d'être exposés au grand jour après avoir été reconnus et loués par les plus hautes personnalités françaises et alliées de la Deuxième Guerre mondiale."

324.          BLANCHARD (Jean). Jean l'Herminier. France-Empire, 1955, pt in-8°, 317 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

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Souvenirs sur Jean L'Herminier (1902-1953), demeuré au sein de la Marine de Vichy après l'armistice, il parvient à maintenir le sous-marin “Casabianca” en état de prendre la mer, en dépit des restrictions sur le carburant et les pièces détachées. Lors du sabordage de la flotte à Toulon, il fait défection et rejoint Alger, alors revenu dans le camp allié. Le Casabianca participe a plusieurs opérations de contrebande d'armes en faveur des maquis et de débarquements de forces spéciales. Il participe à la libération de la Corse en 1943.

325.          BRANCA (Eric). De Gaulle et les Français libres. Albin Michel, 2010, in-4°, 272 pp, préface de Max Gallo, plus de 450 photographies et illustrations, quelques-unes en couleurs, + un DVD inédit : De Gaulle et les siens, réalisé par Daniel Costelle et Isabelle Clarke, et commenté par Jean-Louis Crémieux-Brilhac, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Refuser l'inacceptable au nom de tout un peuple quand ses élites, prostrées dans la défaite, préfèrent se résigner : le gaullisme de guerre s'est, d'emblée, confondu avec l'héroïsme. De la poignée de volontaires qui, à l'appel du 18 juin, rejoignirent l'Angleterre assiégée sur des bateaux de pêche aux conquérants de Rhin et Danube qui pourchassèrent l'ennemi jusqu'en Autriche ou aux combattants de l'ombre fédérés par Jean Moulin, c'est aux acteurs de cette incroyable épopée qu'est consacré cet album.

326.          [Cahiers du Témoignage Chrétien]. Puissance des Ténèbres. – Exigences de la Libération. Editions du Témoignage Chrétien, 1945, in-8°, 132 pp, broché, bon état. Rare

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Réédition en un volume (septembre 1945) précédée d'une introduction de 2 pages de deux “Cahiers du Témoignage Chrétien”, les numéros XXIV « Puissance des ténèbres » (mars 1944, par R. d’Harcourt, R.P. Chaillet) et XXVI-XXVII, « Exigences de la Libération » (mai 1944, par A. Mandouze, R.P. Chaillet, R.P. Chambre, R. d’Harcourt, R.P. de Montcheuil). La couverture indique “France, prends garde de perdre ton âme - 1944”.

327.          CARRÉ (Paul). Les Lévriers de la Mer. France-Empire, 1953, pt in-8°, 317 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

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Mémoires de Paul Carré, quartier-maître à bord du croiseur léger le "Fantasque". — "Les Levriers de la Mer est le surnom du célèbre trio "Fantasque", "Malin" et "Terrible", les croiseurs légers les plus rapides du monde, fierté de notre marine de 1939, sans rivaux dans les marines étrangères. L'auteur, Paul Carré, était quartier-maître à bord du "Fantasque". Trois années durant, parcourant 69.000 miles, soit plus de trois fois le tour de la terre, il a vécu l'épopée de ces "lévriers" effectuant à grande vitesse des raids ahurissants dans les eaux ennemies, jusqu'au fond de l'Adriatique et en mer Egée, bombardant des objectifs terrestres, détruisant des convois fortement protégés et luttant avec succès contre l'aviation adverse. Il décrit l'ambiance des postes d'équipage, les longues veilles contre l'affût des canons, la monotonie des patrouilles épuisantes et l'excitation des actions fulgurantes. Il fait revivre avec émotion les heures lourdes de Dakar et cruelles de Casablanca, les bordées joyeuses au hasard des escales, l'accueil chaleureux des Etats-Unis et l'exaltation des débarquements libérateurs."

328.          COMPAGNON (Antoine). Le cas Bernard Faÿ. Du Collège de France à l'indignité nationale. Gallimard, 2009, in-8°, 209 pp, 12 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, qqs soulignures et marques au stylo en marges, bon état

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Bernard Faÿ n'est plus guère connu aujourd'hui que pour son rôle dans la répression de la franc-maçonnerie sous le régime de Vichy. Son action à la tête de la Bibliothèque nationale de 1940 à 1944 lui valut les travaux forcés à la Libération. Intrigué par le destin de cet intellectuel passé de Proust à Pétain et de l'avant-garde à la collaboration, Antoine Compagnon, dont Bernard Faÿ fut un lointain prédécesseur à l'université Columbia de New York, puis à Paris, au Collège de France, renouvelle en profondeur une enquête entamée par les historiens. Car l'homme demeurait très mystérieux. Quels démons ont pu pousser cet américaniste éclairé, ouvert au monde moderne, familier de Gide, Cocteau, Crevel et Picasso, intime de Gertrude Stein, aux engagements les plus funestes auprès des autorités d'occupation et de leurs complices français, aux compromissions les plus basses avec la police et la SS ? Comment cet homme de haute culture, infirme et esthète, inverti et religieux, a-t-il pu consentir à l'ignominie de la délation ? Et pourquoi ne s'est-il jamais repenti ? Tragique époque, ténébreux caractère, troublant portrait.

329.          DANSETTE (Adrien). Histoire de la Libération de Paris. Perrin, 1994, in-8°, 483 pp, préface de Henri Amouroux, 7 cartes, plans et tableaux, chronologie, notes, pièces annexes, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Documenté comme un travail d'érudition, vivant comme un livre d'aventures, parfaitement objectif, clair et précis, le livre d'Adrien Dansette retrace l'évolution de la Résistance, la préparation du soulèvement, l'agonie de Vichy, le comportement du gouverneur allemand, le développement de l'insurrection, la conclusion et la rupture de la trêve, l'attitude des Alliés, l'intervention de la division Leclerc, la capitulation des troupes allemandes, l'apothéose et la confusion de la délivrance.

330.          [DE GAULLE, Charles]. Photo imprimée du général de Gaulle. Sans lieu ni nom, s.d. (v. 1945), 11 x 16, une photo imprimée en sépia sur papier 120g au format 11 x 16 du général de Gaulle (vers 1944-1945), assis, nu-tête, en veste d'uniforme et souriant, bordée de blanc avec “Général de Gaulle” imprimé en dessous, qui était probablement distribuée (ou vendue) après la libération du territoire, très bon état

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331.          DULLES (Allen W.). L'Allemagne souterraine. Genève-Paris, Editions des Trois Collines, 1947, in-8°, 267 pp, index, broché, couv. à rabats, dos lég. frotté, bon état

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Histoire des Allemands qui, de 1938 à 1944, tentèrent en vain de renverser le régime nazi, par le chef du Service secret américain, l'O.S.S., à Berne (Suisse) de 1942 à 1944. Le rapport direct et précis de Allen W. Dulles est un document de première importance pour celui veut connaître les dessous de l'expérience hitlérienne. — "Avec l'« Allemagne souterraine », lit-on dans la presse américaine. Allen W. Dulles a écrit un livre dramatique, parfois ahurissant, toujours du plus vif Intérêt... M. Dulles sait de quoi il parle. De novembre 1942 à octobre 1945, il dirigea le fameux Bureau des services stratégiques ou O.S.S. sur le continent européen. Dans l'espace d'un an, il établit un réseau efficace d'information politique dont les ramifications s'étendaient Jusqu 'en Allemagne, en Yougoslavie, en Tchécoslovaquie, en Bulgarie, en Hongrie, en Espagne, en Pologne et qui couvrait entièrement la France, l'Italie et l'Autriche... S'il est encore des gens qui doutent de l'existence d'un puissant mouvement clandestin en Allemagne même à l'apogée de la puissance hitlérienne, voici un livre qui fera autorité et qui dissipera ces doutes." (Feuille d'Avis de Neuchâtel, 29 janvier 1948)

332.          DURKHEIM (Jean). Tirailleur Couscous. France-Empire, 1965, pt in-8°, 237 pp, broché, jaquette illustrée, bon état

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"Tirailleur Couscous" C'est ainsi qu'on avait surnommé le fusilier-voltigeur de contact – chleuh ou berbère, français de la Métropole ou d'Afrique du Nord – affecté aux formations marocaines qui participèrent, en fer de lance, à la grande campagne de Libération, entre 1942 et 1945, sur les champs de bataille de Tunisie, d'Italie, du Rhin et du Danube. Jean Durkheim qui a vécu, en qualité de sergent, l'existence quotidienne et "essentiellement soumise aux caprices de l'imprévu", des tirailleurs marocains, a réalisé, avec ce livre une chronique truculente de cette étrange équipée où l'absurdité et la cocasserie souvent macabre des situations voisinent avec des récits empreints de tendresse, d'humanité chaleureuse et aussi d'un tragique parfois amer et déchirant.

333.          DUROSELLE (Jean-Baptiste). L'Abîme, 1939-1945. P., Imprimerie Nationale, 1982, gr. in-8°, 611 pp, 15 cartes, notes bibliographiques, index, imprimé sur papier de Rives, reliure cuir brun de l'éditeur, bon état (Coll. Politique étrangère de la France)

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"Faisant suite à “La décadence”, paru en 1979, ce livre sur la politique étrangère de la France de 1939 à 1944 était impatiemment attendu. J.-B. Duroselle est le premier à avoir accédé à l'ensemble des archives de Vichy, Alger et Londres récemment ouvertes. Ces sources inédites, jointes à une connaissance parfaite de la production des historiens des relations internationales (dont beaucoup sont ses élèves), lui ont permis de réaliser un livre très riche, qui fait la synthèse de tous les acquis récents (et aussi de quelques-uns à venir, car J.-B. Duroselle a pu utiliser les travaux en cours de ses élèves). La partie consacrée à la drôle de guerre est celle qui innove le moins. Les recherches de F. Bédarida, F. Kersaudy et quelques autres avaient bien déblayé le terrain. Pas de réelles nouveautés donc, mais un tableau d'ensemble très solide et très clair. En revanche, l'affrontement Vichy-Alger-Londres restait encore largement dans le brouillard, moins éclairé qu'embrouillé par les multiples témoignages des acteurs de ce drame, savamment reconstruits après coup. J.-B. Duroselle nous en donne pour la première fois une présentation fondée sur des sources d'archives qui, si elles n'apportent pas de révélations fracassantes, rectifient maints détails et permettent souvent de démêler le vrai du faux. Par exemple, elles mettent en lumière le rôle capital de Weygand dans la non-application des accords de Paris par lesquels Darlan ouvrait aux Allemands les colonies françaises. Se trouve ainsi rectifiée l'image abusive de Vichy uniformément « collaborationniste » proposée par Robert Paxton. (...) Un livre très clair et parfaitement documenté qui nous permet de mieux comprendre une période sur laquelle nous n'avions jusqu'à présent que des travaux partiels ou des écrits engagés." (Hervé Coutau-Bégarie, Politique étrangère, 1983)

334.          ELGOZY (Georges). La vérité sur mon corps franc d'Afrique, 1942-1943. Editions du Rocher, 1985, in-8°, 232 pp, 4 cartes in fine, chronologie du 25 novembre 1942 au 9 juillet 1943, broché, bon état (Coll. Le Pavé dans la mare), envoi a.s.

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Mémoires sur les ultimes combats des Français libres contre l'Afrika Korps par un officier de liaison du Corps Franc d'Afrique. — "L'auteur du « contradictionnaire », du « désordinateur » et de nombreux autres ouvrages fait ici oeuvre d'historien et d'historien non conformiste, avec ce réalisme et ce sens de l'humour qui le caractérisent : De quoi, comment et pourquoi a été constitué ce corps franc d'Afrique – dont personne n'avait jusqu'ici parlé – et comment sous l'impulsion marquante du colonel Magnan, il a participé au combat jusqu'à la libération de Bizerte. Un tableau des modalités – politiques et techniques – vécues de la résistance à l'occupation allemande, perspicace et fort suggestif." (Revue administrative, 1985) — « nous partîmes cinq mille ; mais – sans aucun renfort – nous nous vîmes deux mille en arrivant au port : celui de Bizerte, le 8 mai 1943, après six mois de combats quotidiens ». Ainsi commence ce récit dont l’auteur, qui vécut cette aventure, semble atteint d’une incoercible allergie à l’emphase ou au sublime qui boursoufle, en général, nos volumes de littérature patriotico-guerriere. En 1942 comme en 1943, les Français qui combattirent les nazis ne furent pas si nombreux que l’on puisse, sans indécence coupable, passer sous silence les sacrifices de plusieurs milliers d’entre eux. L’ambition de ces volontaires fut de prendre part aux ultimes batailles conte l’Afrika Korps, afin que la France figurât parmi les libérateurs de l’Afrique, étape qui devait précéder et préparer l’assaut du continent européen. C’est à détecter les raisons, souvent déraisonnables, de cette conspiration du silence que s’emplois Georges Elgozy, officier de liaison du Corps Franc, dont les qualifications et les tribulations militaires semblent aussi pittoresques que celle d’un Fabrice del Dongo. Ce ne sont évidemment pas les coupables de jadis que l’auteur aspirent aujourd’hui à dénoncer : ce sont les vices d’un processus socio-psychologique qui lui paraît susceptible de communiquer, demain, la vérole d’une trahison ou le cancer d’un totalitarisme, de l’extrème-droite ou de l’extrême-gauche. « S’il est humain de pardonner aux bourreaux, il serait suicidaire d’oublier les martyrs » écrit-il. Est-il plus impitoyable injustice que celle qui poursuit des héros anonymes jusqu’après leur mort ? C’est, justement, à ses camarades du Corps Francs, déchus de la nationalité française, morts pour la France , que Georges Elgozy dédie ce livre. Leur sacrifice, ignoré de tous les Mémoires, n’aura pas disparu de toutes les mémoires. (4e de couverture)

335.          FABRE-LUCE (Alfred). Double prison. P., Chez l'auteur, 1946, in-12, 244 pp, broché, bon état

            25

Souvenirs de captivité : I. Prisons nazies. – II. Prisons gaullistes. — L’auteur du “Journal de la France” qui, en 1941, appelait cette dernière à collaborer fut arrêté en septembre 1944, conduit au Dépôt de la préfecture de police, puis à Drancy avant d’être libéré de Fresnes en décembre 1944.

336.          FABRE-LUCE (Alfred). Hors d'atteinte. P., Chez l'auteur, octobre 1946, in-12, 209 pp, broché, bon état. Edition originale sur papier d'édition

            25

"Le 30 janvier 1945, deux inspecteurs de police sonnèrent à ma porte. Ils s'étaient annoncés à l'avance, et j'avais décidé de les recevoir. Ils me dirent : – veuillez nous suivre, prenez une couverture. Le thermomètre marquait : –10. C'était la troisième fois en deux ans. Gestapo, Ministère de l'Intérieur, Préfecture de Police, violation d'une ordonnance du Militärbefelshaber, attentat contre la sécurité du Grand Reich, intelligences avec l'ennemi..." — "L’auteur du “Journal de la France” qui, en 1941, appelait cette dernière à collaborer fut arrêté en septembre 1944, conduit au Dépôt de la préfecture de police, puis à Drancy avant d’être libéré de Fresnes en décembre 1944. Il avait publié en 1945 “Au nom des silencieux”, 155 p., et en 1946, “Hors d'atteinte”, 209 p., livres publiés également à compte d'auteur." (Jean-Claude Vimont, Les pamphlets d'épurés incarcérés après la Libération, 2009)

337.          FOUCART (François). C'était Versailles, 1940-1950. Editions de Paris, 2004, in-8°, 155 pp, préface de Roland Faure, 27 photos sur 14 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Versailles a inspiré nombre de grands et beaux ouvrages. La splendeur du domaine royal miraculeusement restauré et la légende de ses rois illuminent les vitrines des plus grandes librairies. Mais c'est une autre page d'histoire sans enluminure, fidèlement enregistrée par sa mémoire d'enfant, que François Foucart a écrite : la défaite, l'exode, l'occupation, la libération... et ce que ces séquences lui inspirent aujourd'hui. Témoin attentif, précis, sourcilleux, honnête, forcément influencé par son éducation familiale et chrétienne à Saint-Jean de Béthune, il plonge sans précautions, ni concessions, dans les réalités les plus rudes de cette époque.

338.          GARTH (David). La garde au Rhin. France-Empire, 1961, pt in-8°, 318 pp, traduit de l'anglais par R. Jouan, broché, jaquette illustrée, trace de tache ancienne au bas des derniers feuillets et de la jaquette, sinon bon état

            20

Battant en retraite devant l'avance alliée, l'armée allemande savait que si elle était contrainte de franchir le Rhin, elle aurait, derrière cette barrière historique, le temps de récupérer avant de livrer la bataille décisive sur son sol natal. Toutes dispositions étaient prises pour qu'aucun pont ne tombât aux mains de l'ennemi. Celui-ci d'ailleurs – ne sous-estimant pas son adversaire – n'avait même pas envisagé cette éventualité. Et cependant, l'un des moments les plus fabuleux de la deuxième guerre mondiale fut celui que nul n'avait prévu. Le 7 mars 1945, dans une petite ville paisible, un pont d'acier enjambant un fleuve large de quatre cents mètres, roulant ses eaux impétueuses entre des rives à pic, allait devenir la point de mire du monde : le pont Ludendorff, à Remagen...

339.          GERLACH (Heinrich). L'Armée trahie. France-Empire, 1959, pt in-8°, 381 pp, traduit de l'allemand, une carte, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

Le 23 novembre 1942, sur l'ordre d'Hitler, les 270.000 hommes composant la VIe armée allemande se laissaient encercler dans Stalingrad plutôt que d'évacuer les rives de la Volga. Un rescapé témoigne.

340.          Groupe Saint-Maurien Contre l'Oubli. Les Orphelins de la Varenne, 1941-1944. Saint-Maur, Le Vieux Saint-Maur, Société d'histoire et d'archéologie, 1995, gr. in-8°, 174 pp, préface d'André Kaspi, nombreux documents et photos dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

La vie, entre 1941 et 1944, des enfants juifs placés par l'Union générale des Israélites de France dans trois maisons d'enfants de La Varenne (quartier de Saint-Maur) et leur arrestation. — "A la Varenne, il y avait un Orphelinat et une pension d’enfants juifs. Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, sur l’ordre du capitaine SS Aloïs Brunner, 28 orphelins y furent arrêtés. Après un réveil brutal, ces enfants âgés de 4 à 11 ans, furent précipités dans les autobus avec baluchons et matelas, puis conduits à Drancy. Dans ce camps de la région parisienne, ils vécurent d’horribles journées d’angoisse avant d’être acheminés le 31 juillet 1944 vers Auschwitz, dans des wagons à bestiaux, par le convoi n° 77. Après un épouvantable voyage de deux jours et demi, entassés dans le noir, apeurés, assoiffés, suffocants, ils arrivèrent à Birkenau à moitiés nus et sans chaussures pour la plupart. A leur descente, ils furent immédiatement envoyés à la chambre à gaz et ne revinrent jamais. De 1942 à 1944, en France, 11.000 enfants juifs subirent le même sort. Dans le même temps, 70.000 survécurent grâce à la solidarité et à l’aide d’hommes et de femmes qui s’opposèrent courageusement à ces « crimes contre l’humanité ». Que s’était-il passé à la Varenne avant le 22 juillet 1944 ? Pour ces enfants : la menace, les rafles. Pour les adultes du quartier : des actes de courage... et pour certains aussi des actes moins nobles. Cette histoire des Orphelins de La Varenne nous est aujourd’hui contée à la suite d’une longue enquête menée par le Groupe Saint-Maurien Contre l’Oubli."

341.          GUITTON (Jean)(P.D.G. 2.323). Journal de captivité, 1942-1943 (extraits). Aubier, Editions Montaigne, 1943, in-12, 199 pp, broché, état correct. Edition originale sur papier d'édition. Peu courant

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Jean Guitton est prisonnier de guerre à l'Oflag IV D d'Elsterhorst lorsqu'il écrit son témoignage. Les notes sont d'abord prises au jour le jour, de février à mars 1942, puis organisées par thème à partir d'avril 1942, jusqu'en juin 1943. La rédaction est contemporaine des faits mais des ajouts postérieurs sont signalés par l'auteur. Fervent catholique, Guitton nourrit son expérience de la captivité d'une constante réflexion philosophique et politique. Animateur des « cercles Pétain», qu'il réunit chaque dimanche matin dans le camp, il confronte sa conception du monde à celle de ses compagnons d'infortune (dont le poète Patrice de la Tour du Pin). La France « rénovée » ne peut, à ses yeux, se faire sans « la coopération du monde », et notamment celle de l'Allemagne, et sans un soutien absolu au maréchal Pétain. La vie du camp transparaît à travers ses réflexions sur la vie culturelle organisée pour les officiers captifs, notamment le théâtre, les expositions ou encore la littérature. Le philosophe évoque aussi la monotonie des journées, l'univers des baraques, l'espoir de la libération, l'attente des colis ou les Kommandos de travail (qu'il estime profitables aux captifs). Mais c'est le thème religieux, englobant le judaïsme, qui domine ses préoccupations intellectuelles. Au final, la captivité lui apparaît comme une épreuve bienfaisante, favorisant l'expiation des fautes et l'unité des hommes." (Delphine Leneveu, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 1939-1945) — La publication de ce Journal lui vaudra une condamnation devant un tribunal pour « intelligence avec l'ennemi et aide à la propagande allemande ». Le jugement sera cassé par le Conseil d'État en 1948 ou 1949. Pendant sa période de détention, Jean Guitton organise des cours sur la pensée de Bergson, dont nul n'ignorait qu'il était juif. « Il va sans dire que mon enseignement était particulièrement écouté par les officiers allemands. Le sonderführer était venu me dissuader de poursuivre ce cours dangereux pour moi.

342.          HAWES (Douglas). Oradour, le verdict final. Seuil, 2009, in-8°, 332 pp, traduit de l'anglais, 31 pl. de photos hors texte, 3 plans, sources, glossaire, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            20

Le 10 Juin 1944, une unité de la division Das Reich massacre 642 personnes dans le village d'Oradour-sur-Glane. Grâce aux multiples témoignages qu'il a pu recueillir, Douglas W. Hawes resitue cette tragédie dans le contexte particulier du Limousin et de la période qui suit le débarquement. Il raconte jour par jour, heure par heure, la marche à la tragédie. En 1953, près de neuf ans après les faits, s'ouvre à Bordeaux le procès de vingt et un membres de la SS. Parmi les inculpés, seulement sept Allemands. Les autres, tous Alsaciens, étaient pour la grande majorité des "malgré-nous". Qui ordonna le massacre ? Pourquoi ? Les Alsaciens étaient-ils victimes, tueurs, ou les deux à la fois ? Et que dire de l'absence des officiers SS au tribunal ? Afin de fournir des éléments de réponse à toutes ces questions, l'auteur a pu avoir accès à des archives des services secrets récemment ouvertes aux États-Unis. Cet ouvrage, construit avec beaucoup de rigueur et très solidement documenté, s'interroge sur la responsabilité de chacun et donne un nouvel éclairage à la tragédie d'Oradour. Un travail d'historien pour la mémoire.

343.          JUBELIN (Capitaine de vaisseau). Marin de métier, pilote de fortune. France-Empire, 1951, pt in-8°, 430 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

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La guerre de l'amiral Jubelin, de son évasion de Saïgon en 1940 à son retour à Haiphong au commandement du contre-torpilleur, le Triomphant (1945). Pilote des Warlus de la Fleet Air Arm, des chasseurs de jour puis de nuit de la RAF, commandant du cuirassé Courbet en rade de Plymouth, du légendaire aviso FNFL "Savorgnan-de-Brazza", l’amiral Jubelin fut une sorte de globe-trotter de la France Libre... — Souvenirs d'un officier de marine français. Stationné en Indochine en 1940, il parvient à rejoindre les Forces Françaises Libres en Angleterre dans des conditions extraordinaires. Il commencera par participer à la Bataille d'Angleterre en commandant le cuirassé Courbet à Portsmouth, ce dernier se faisant connaitre pour sa DCA ; puis deviendra dans un second temps pilote de chasse dans la RAF, pilote de jour puis de nuit sur divers appareils (Walrus, Hurricane, Spitfire et Typhoon). Enfin il commandera l'aviso Savorgnan de Brazza puis le croiseur léger Triomphant. Un récit très enrichissant car il donne le point de vue, peu courant, d'un marin devenu pilote puis redevenu marin. La partie sur le Courbet est également très interessante en ce sens où elle nous permet de voir l'état d'esprit qui régnait dans un premier temps parmi les FFL.

344.          KARWEINA (Günter). La tragédie du PQ-17. France-Empire, 1965, in-8°, 299 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de photos hors texte, cartes, broché, jaquette illustrée, bon état

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Le ravitaillement de l'URSS par les Alliés. — Pendant la dernière guerre mondiale, le ravitaillement de l'Union Soviétique en matériel militaire par les Alliés s'effectua surtout au moyen de convois qui traversaient l'Océan Glacial Arctique. Pour cela, il leur fallait passer à portée des forces navales, sous-marines et aériennes allemandes basées en Norvège septentrionale et affronter ainsi les plus graves dangers. L'histoire de ces convois vers la Russie abonde en pertes sévères et en péripéties dramatiques mais elle culmine avec “La tragédie du PQ-17”. Au cours de la traversée de celui-ci, l'Amirauté britannique crut devoir rappeler les forces navales qui le protégeaient et ordonner aux navires de commerce de se disperser. Dès lors, exposés sans défense aux attaques des sous-marins et des avions allemands, ceux-ci subirent un massacre. Sur 35 cargos appareillés d'Islande, 11 seulement atteignirent leur but. L'auteur a rassemblé tous les documents allemands et alliés sur cet épisode important de la guerre navale. Son récit, complet, détaillé et vivant, met en relief l'atrocité des combats dans l'Océan Glacial où la nature est encore plus cruelle que les hommes.

345.          [La Chatte] – CARRÉ (Lily). On m'appelait la Chatte. Albin Michel, 1975, in-8°, 319 pp, 8 pl. de photos hors texte, 3 cartes, annexe, broché, couv. illustrée, bon état

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346.          [La Chatte] – YOUNG (Gordon). L'espionne n° 1. Celle qu'on appelait la Chatte. Fayard, 1957, in-8°, 220 pp, traduit de l'anglais (“The cat with two faces”), broché, couv. illustrée, bon état

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"L'espionne Mathilde Carré – dite la Chatte – qui fut condamnée à mort, puis graciée après la Libération, fut la cause d'une série d'arrestations désastreuses pour la Résistance, arrestations qui, au cours de l'hiver 1941-1942, anéantirent un réseau de renseignements fort actif fondé par un officier polonais, surnommé Armand, et qui avait des ramifications dans toute la France. Armand, très courageux, mais, semble-t-il, peu prudent, avait, dès 1940, associé à sa tâche une jeune femme, Mathilde Carré, qui venait d'abandonner son mari et avait le coeur disponible. Il avait tout raconté à sa maîtresse qui l'avait aidé à recruter de nombreux agents. Mais, dès qu'elle fut arrêtée par les Allemands (par l'Abwehr), en novembre 1941, elle fit volte-face, et livra son amant et tous ses anciens camarades. Elle devint, immédiatement, – sa vertu n'était point farouche – la maîtresse de l'agent de l'Abwehr qui s'occupait de cette affaire et elle lui permit, grâce, à des noms et à des adresses précises, d'arrêter des dizaines de Résistants. Elle continua, pour le compte des Allemands, à correspondre par radio avec Londres – qui ignorait qu'elle était entre les mains de l'ennemi. C'est ainsi qu'elle contacta, à la fin de décembre 1941, un Français dont le pseudonyme était Lucas, et qui faisait partie du S.O.E. (Special Operations Executive). Fort heureusement celui-ci eut des soupçons, fut assez habile pour faire avouer la Chatte et pour lui proposer une solution qu'elle accepta : partir en Angleterre, avec l'assentiment des Allemands, et théoriquement pour les servir, en fait, pour travailler pour la Résistance. Les Allemands ne se méfièrent point et surveillèrent le départ : Lucas emmena la Chatte en Angleterre le 27 février 1942. Là, elle fut interrogée soigneusement par les services secrets britanniques, puis emprisonnée jusqu'à la fin de la guerre, et, enfin, livrée à la justice française. L'auteur se demande quelles raisons ont pu conduire la Chatte à travailler pour la Résistance en 1940-1941, puis à servir les Allemands tout aussi activement, pour les trahir ensuite avec la même facilité. Le mystère est-il donc si grand ? Tout ce que raconte l'auteur semble prouver que la Chatte était une femme dépourvue de tout sens moral, de toute espèce de scrupules, douée, sans doute, d'un tempérament exigeant, avide de satisfactions matérielles (les bons repas, les bons vins comptaient beaucoup pour elle), et qui n'a pu supporter l'idée de rester dans une cellule sale et d'être mal nourrie. Elle n'a, d'ailleurs, passé qu'une nuit en prison et n'a pas été brutalisée. Il n'y a point eu, chez elle, drame de conscience : comme un simple animal, elle a suivi le maître qui lui donnait la meilleure « pâtée »... Mais, sans doute, n'était-elle pas très à l'aise chez ses maîtres allemands, qui savaient lui faire comprendre qu'elle était leur esclave, et sentait-elle suspendue sur sa tête une épée de Damoclès ? Aussi accepta-t-elle avec soulagement la proposition de Lucas, puisque le départ clandestin en Bretagne, rendu sans danger par la complicité de l'Abwehr, ne présentait plus que l'attrait de nouvelles aventures et, peut-être, l'espoir d'être récompensée en Angleterre ? Il peut paraître étrange qu'elle ait pu imaginer qu'on lui pardonnerait ses horribles (et si récentes) trahisons. Mais elle n'était sûrement pas intelligente (quoi qu'en pense son biographe), elle n'a été qu'un jouet entre les mains des Allemands et le scénario du départ en Angleterre a été entièrement machiné par Lucas. Elle n'a eu que l'habileté de ne rien laisser soupçonner aux Allemands pendant le mois qu'a duré l'attente, habileté qui s'explique certainement par la peur qui la tenaillait... L'appeler « espionne n° 1 » est donc lui faire trop d'honneur. Sa sinistre histoire est racontée de façon vivante par Gordon Young – un journaliste – qui a vu personnellement plusieurs des victimes de la Chatte, et même – en une très courte visite – la Chatte elle-même, qui vit retirée, sous un faux nom, depuis qu'elle a été jugée, condamnée et graciée." (Marie Granet, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1958)

347.          LE GROIGNEC (Jacques). Le Maréchal et la France. Nouvelles Editions Latines, 1994, in-8°, 407 pp, nombreuses photos et fac-similés dans le texte et à pleine page, index, broché, couv. illustrée, soulignures crayon, bon état, envoi a.s.

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348.          LE GROIGNEC (Jacques). Pétain face à l'histoire. Nouvelles Editions Latines, 2000, in-8°, 286 pp, 21 photos et 37 fac-similés, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

349.          LE GROIGNEC (Jacques). Pétain, gloire et sacrifice. Nouvelles Editions Latines, 1991, in-8°, 331 pp, préface de Jean Borotra, 8 pl. de photos et fac-similés hors texte, index, broché, couv. illustrée, soulignures crayon, bon état, envoi a.s.

            20

"... Je vous soumets mes réflexions sur votre étude. Elle est remarquable par la précision de l'information, la sobriété du style, l'impartialité du jugement..." (Jean Guitton)

350.          LEFÈVRE (Capitaine). Les Marchands de mort subite. L'Intelligence Service contre la France. P., Les Documents Politiques, 1943, pt in-8°, 45 pp, 28 illustrations et photos, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

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Rare brochure de propagande anti-anglaise dénonçant la main d'Albion dans tous nos grands malheurs, de Fachoda à la guerre du Rif : Loewenstein, ex-agent de l'Intelligence Service, l'assassinat du prince Radziwill à Monte-Carlo, Sir Basil Zaharoff, le complot juif animé par l'Intelligence Service, l'Intelligence Service dans le Proche-Orient, contre la France, l'Intelligence Service et le pétrole, le scandaleux traité de San Remo, la mort violente du président Deschanel, la mort subite du roi Fayçal, le colonel Lawrence et la guerre des Druzes, la vérité sur la guerre du Maroc, qui arma Abd-el-Krim ? — « L'Angleterre veut des domestiques. Elle ne veut pas des alliés, car elle n'a jamais compris le sens du mot Partage, ni celui du mot Honneur. Que nos giraudistes se souviennent de la brève existence en Afrique du Nord de l'amiral Darlan ! Et que nos gaullistes ne soient pas étonnés si un jour ils apprennent que le mirobolant général de Gaulle est un peu malade. Un accident est si vite arrivé...» (p. 44)

351.          LEMONNIER (Amiral). Cap sur la Provence. France-Empire, 1954, pt in-8°, 286 pp, 8 planches de photos hors texte, 5 cartes, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

“Cap sur la Provence” est le récit anecdotique du débarquement dans le Sud de la France, de sa préparation, des controverses passionnées entre Alliés, de l'assaut du 15 août, du siège de Toulon, et du rôle que jouèrent alors nos forces navales jusqu'au jour historique où l'amiral Lemonnier rentrait à la tête de la Flotte française dans sa grande base méditerranéenne.

352.          LEMONNIER (Amiral). Les Cent jours de Normandie. France-Empire, 1961, in-8°, 316 pp, 12 pl. de photos hors texte, cartes, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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« Les cent jours de Normandie » ce sont ceux qui, du 6 juin à la mi-septembre 1944, décidèrent de l'issue du dernier conflit mondial. Dans cet ouvrage, l'amiral Lemonnier fait le récit anecdotique et précis de la plus grande opération de débarquement de tous les temps et de la campagne fulgurante qui bouscula l'ennemi presqu'au Rhin, en situant particulièrement le rôle des éléments français et celui de nos forces navales...

353.          LEPOTIER (Commandant Adolphe). Cap sur la Corse. France-Empire, 1951, pt in-8°, 301 pp, préface du vice-amiral d'escadre Lemonnier, 8 pl. de photos hors texte, 7 cartes, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

"Les heures brûlantes de septembre 1943 où une poignée de soldats, de marins et d'aviateurs s'élançaient pour libérer le premier département français. Une occasion extraordinaire se présentait : il fallait la saisir. Tous les Français ont entendu parler des épisode de la libération de l'île : le rush du Fantasque et du Terrible apportant à 40 noeuds le fameux bataillon de choc, les raids successifs des croiseurs et des torpilleurs venant chaque nuit débarquer leur contingent, les actions audacieuses et efficaces du maquis et surtout l'extraordinaire odyssée du Casablanca. Très nombreux sont ceux qui ont lu, sous la plume même du prestigieux l'Herminier, les aventures étonnantes de ce sous-marin, nouveau cheval de Troie, dont la coque s'ouvrit une belle nuit, le long des quais d'Ajaccio, pour laisser s'échapper les 109 fantassins qui constituaient la première avant-garde du corps expéditionnaire français." — Par le commandant Lepotier : à 19 ans, embarqué sur l'escorteur Batailleuse, il est lancé dans la première "Bataille de l'Atlantique" au cours du terrible hiver de guerre sous-marine 1917-1918, et participe au sauvetage des équipages de deux cargos torpillés. Au cours de la deuxième guerre mondiale, il commande pendant 40 mois les torpilleurs Trombe puis Tempête qui, sous son commandement, ont parcouru 130.000 kilomètres en opérations, soit plus de trois fois le tour du Monde. En 1945, nommé capitaine de vaisseau, il commande le croiseur Montcalm. En 1946, il est appelé à l’état-major général de la Marine comme chef du bureau des opérations et devient ensuite chef de la section militaire à l'Institut des hautes études de défense nationale.

354.          LEPOTIER (Contre-Amiral). Raids sur mer. St Nazaire - Dieppe. France-Empire, 1960, pt in-8°, 299 pp, préface de l'Amiral Mountbatten, 8 pl. de photos hors texte, 4 cartes, broché, jaquette illustrée, bon état

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St Nazaire... Dieppe... 1942. A deux reprises la France passe par des alternatives d'espoir et d'angoisse. En prélude au débarquement de la Libération, les Alliés ont lancé des raids amphibies, d'une puissance sans précédent sur nos côtes occupées par l'ennemi. Raids sur mer, du contre-amiral Lepotier, est l'audacieuse et authentique histoire de ces hommes venus du large pour éperonner et prendre d'assaut deux des ports les plus formidablement défendus du fameux "mur de l'Atlantique".

355.          LINNA (Väinö). Soldats inconnus. Laffont, 1956, in-8°, 513 pp, traduit du finnois, une carte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Pavillons). Peu courant

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Ce roman publié en 1954 conte l'odyssée d'un groupe de soldats finlandais dans le guerre russo-finlandaise (1941-1944). La guerre de Continuation est un conflit qui opposa la Finlande et l'Union soviétique du 25 juin 1941 jusqu'au 19 septembre 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Royaume-Uni déclara la guerre à la Finlande le 6 décembre 1941, mais ne prit pas part activement au conflit. L'Allemagne nazie par contre, déjà engagée dans la guerre contre l'URSS, fournit un important soutien matériel et sa coopération militaire à la Finlande, cette dernière se trouvant de facto en état de cobelligérance avec le Troisième Reich. Ce conflit fut formellement clos avec le traité de Paris de 1947. La guerre de Continuation se nomme ainsi pour la distinguer clairement tout en la reliant avec la guerre d'Hiver qui opposa également la Finlande et l'URSS entre le 30 novembre 1939 et le 12 mars 1940. Du point de vue soviétique, il s'agit plus ou moins d'un des fronts de la grande guerre patriotique menée contre l'Allemagne nazie et ses alliés. D'autre part, cette guerre était considérée comme indépendante de la Seconde Guerre mondiale par les Finlandais – ce qui n'était pas du goût du régime allemand, principal allié de la Finlande dans le conflit. — Väinö Linna (1920-1992) est l'un des plus influents écrivains finnois du vingtième siècle. De famille modeste, il travailla très jeune comme bûcheron, comme valet de ferme, puis comme ouvrier dans une fabrique de textiles. En 1940, l'armée finlandaise l'enrôla dans la guerre contre l'URSS. A son retour, il commença à écrire, en partant de ses notes et publia en 1954 son premier roman, “Soldats inconnus”. Väinö Linna reste peu connu en France. Mais en Finlande, il est considéré comme un auteur majeur. Son portrait figurait sur les billets de 20 marks, avant l'arrivée de l'euro.

356.          MENU (Général Charles Léon). Lumière sur les ruines. Les combattants de 1940 réhabilités. Plon, 1953, in-8°, vii-364 pp, 5 cartes dans le texte et une grande carte dépliante hors texte, broché, couv. lég. salie, bon état. Peu courant

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"Description très détaillée des opérations qui ont marqué sur le front du Nord les journées du 10 au 15 mai 1940 et essai d'explication du mécanisme de la défaite française." (Revue française de science politique, 1953)

357.          MOYNAHAN (Brian). Le Concert héroïque. L'histoire du siège de Leningrad. JC Lattès, 2014, gr. in-8°, 524 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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La première de la Septième Symphonie de Chostakovitch eut lieu à Leningrad le 9 août 1942, au 335e jour d'un siège qui tua plus de 1.800.000 personnes. Aucun concert n'a jamais égalé celui-ci. Les Allemands avaient commencé le blocus de la ville près d'un an auparavant. Les combats, le froid et surtout la faim avaient déjà fait plusieurs centaines de milliers de victimes. Les musiciens – recrutés jusque dans les bataillons et les fanfares militaires, car seuls vingt des cent membres initiaux de l'orchestre avaient survécu – étaient si affamés qu'on craignait qu'ils ne puissent jouer l'oeuvre jusqu'au bout. En ces jours les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale, cette musique et l'attitude de défi qu'elle inspirait furent pour le monde entier un rayon de lumière. Entretissant l'histoire de Chostakovitch et de bien d'autres dans le contexte du maelström des purges staliniennes et de l'invasion de la Russie par les Nazis, Le Concert héroïque est le récit magistral et émouvant d'un des épisodes les plus tragiques et héroïques de la Seconde Guerre mondiale et sans doute le plus émouvant de l'histoire de la musique.

358.          PACK (Stanley Walter Croucher). La bataille de Matapan. France-Empire, 1961, pt in-8°, 222 pp, traduit de l'anglais, 12 planches de photos hors texte, 7 cartes, broché, jaquette illustrée, bon état

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Les 27 et 28 mars 1941, à une centaine de milles au large du cap Matapan, extrémité méridionale de la Grèce, se livra une bataille navale dont l'issue affecta tellement la flotte italienne, pourtant supérieure en nombre, qu'elle se déroba devant toute nouvelle épreuve de force jusqu'à la fin des hostilités. Cette bataille présente un vif intérêt à plusieurs autres points de vue : elle fut la première entre deux flottes depuis celle du Jutland, 25 ans auparavant, et, en Méditerranée, depuis Aboukir ; pour la première fois le porte-avions y joua un rôle décisif, de même que le radar y fit ses premières preuves. Le commandant Pack y assista de son poste de combat sur le porte-avions Formidable.

359.          [PÉTAIN, Philippe]. Carte postale du maréchal Pétain. P., Secours National, s.d. (v. 1942), 10 x 15,2, une photo imprimée en sépia sur papier fort au format 10 x 15,2 du maréchal Pétain (vers 1942), portrait debout, en buste et en gros plan, en veste d'uniforme et képi, souriant, bordée de blanc avec la mention « Suivez-moi. Gardez votre confiance en la France éternelle » et la signature de Pétain imprimées en dessous, carte postale qui était vendue au profit du “Secours National” et du “Comité Central d'Assistance aux Prisonniers”, très bon état

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360.          [PÉTAIN, Philippe]. Photo du maréchal Pétain au format carte postale. P., Secours National, s.d. (1942), 10 x 15, une photo imprimée en sépia sur papier fort au format 10 x 15 du maréchal Pétain (1942), assis, nu-tête, en veste d'uniforme, bordée de blanc avec la mention « Je fais à la France le don de ma personne » et la signature de Pétain imprimées en dessous, avec au dos un texte présentant les réalisations du “Secours National” et faisant appel aux dons, très bon état

            5

361.          [PÉTAIN, Philippe]. Photo du maréchal Pétain au format carte postale. P., Secours National, s.d. (1942), 10 x 15, une photo imprimée en sépia sur papier fort au format 10 x 15 du visage du maréchal Pétain (1942), regardant vers la gauche, nu-tête, bordée de blanc avec la mention « Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal » et la signature de Pétain imprimées en dessous, avec au dos un texte présentant les réalisations du “Secours National” et faisant appel aux dons, très bon état

            5

362.          [PÉTAIN, Philippe]. Photo du maréchal Pétain au format carte postale. P., Secours National, s.d. (1942), 10 x 15, une photo imprimée en sépia sur papier fort au format 10 x 15 du maréchal Pétain (1942), portrait debout, en buste et en gros plan, en veste d'uniforme et képi, bordée de blanc avec la mention « J'ai été avec vous dans les jours glorieux. Je reste avec vous dans les jours sombres. Soyez à mes côtés » et la signature de Pétain imprimées en dessous, avec au dos un texte présentant les réalisations du “Secours National” et faisant appel aux dons, très bon état

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