Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Juillet 2021

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

TEMPS MODERNES

RÉVOLUTION

1er EMPIRE

De 1815 à 1914

De 1914 à nos jours

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

RÉGIONALISME

PARIS

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  AFANASSIEV (A. N.). Les Contes populaires russes.  Maisonneuve & Larose,  2000, gr. in-8°,  623 pp, 2e édition, traduction du russe, introduction et notes par Lise Gruel-Apert, index des sujets de contes, 12 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, état correct, envoi a.s. de Lise Gruel-Apert

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Les Contes populaires russes réunis par Afanassièv sont l'un des recueils de contes les plus importants de l'Europe du XIXe siècle. L'ensemble est remarquable par la richesse et la variété des textes (près de six cents dans l'édition complète). Ces contes ont été relevés dans la Russie encore à demi analphabète du milieu du siècle dernier et représentent ainsi la tradition orale comme aucun autre recueil n'a été en mesure de le faire depuis. Tous les grands contes-types y figurent. Par ailleurs, dépassant l'expérience des frères Grimm, Afanassièv a été plus un rassembleur qu'un rédacteur de contes et cela fait la modernité de son ouvrage. Le recueil d'Afanassièv a joué un rôle immense dans la folkloristique russe. Ses rééditions scientifiques, remarquables par le sérieux des notes et des commentaires, ont toujours été un événement. Il a servi de base aux études fondamentales de Propp sur le conte merveilleux, mais son impact sur la littérature et les arts russes n'est pas, pour autant, négligeable. Pouchkine, Gogol, Rimski-Korsakov, Prokofiev... nombreux sont les créateurs russes qui sont peu ou prou redevables à la tradition paysanne et particulièrement aux contes. Cette deuxième édition qui consacre la célébrité en France même du recueil reprend, après une introduction renouvelée, le choix de contes qui avait été fait dans la première édition. — "Voici enfin une édition bien plus importante que les précédentes des Contes populaires russes d'Afanassiev. Alexandre Nikolaiévitch Afanassiev (1826-1871) fut le premier, en Russie, à établir une édition scientifique des contes populaires de son pays. Grand admirateur de l'œuvre des frères Grimm et de leurs continuateurs, il rassembla environ 600 contes russes qu'il commença à publier en 1855. Lise Gruel-Apert nous permet, dans l'introduction, de comprendre le travail qui fut le sien ainsi que les conditions, parfois très difficiles, dans lesquelles il a été effectué. A. N. Afanassiev n'a recueilli de la bouche des conteurs qu'un très petit nombre de ces récits, mais cela lui a probablement donné une connaissance des problèmes que pose la collecte du folklore. (...) La traduction de Lise Gruel-Apert, d'une grande sensibilité, pleine de trouvailles, enrichie d'un appareil critique, son introduction toute de foi et d'enthousiasme et la présence d'un index satisferont une bonne part de notre désir de lire et de transmettre ces contes russes si beaux." (Ruth Schatzman, L'Homme, 1991)

2.                  AMAR (André). L'Europe a fait le monde. Une histoire de la pensée européenne.  Editions Planète,  1966, in-8° carré,  198 pp, préface de Thierry Maulnier, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'auteur discerne dans cette évolution constitutive de l'Europe trois mutations décisives. La première est l'avènement de la pensée judéo-chrétienne avec la loi hébraïque en tant qu'organisation morale de la vie... La seconde est l'avènement de la pensée scientifique dont le moment décisif se situe entre la seconde moitié du XVIe siècle et le début du XVIIe... La troisième se situe au début du XIXe siècle, et c'est, sous la conduite des maîtres germaniques, ce que l'on pourrait appeler la conquête du temps, l'appréhension de la réalite en tant que dialectique dramatique, composition, décomposition et recomposition de structures dans le mouvement, l'historicité. Tout cela pour aboutir à une réflexion de la pensée de l'Occident sur elle-même, qu'on peut analyser, pense l'auteur, à travers deux auteurs privilégiés, Nietzsche et Heidegger... Iil s'agit d'un ouvrage intéressant par la multitude d'idées qu'il remue." (L.-J. Delpech, Les Études philosophiques, 1967)

3.                  BACHELARD (Gaston). Le Nouvel esprit scientifique.  PUF,  1971, in-12,  183 pp, broché, bon état

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"Saisir la pensée scientifique contemporaine dans sa dialectique et en montrer ainsi la nouveauté essentielle, tel est le but philosophique de ce petit livre." Cette phrase de Gaston Bachelard donne l'ambition du projet. En prenant pour modèle la révolution axiomatique des géométries non-euclidiennes, Bachelard démontre dans cet ouvrage publié pour la première fois en 1934 la nouveauté des théories physiques contemporaines – théorie de la relativité restreinte et générale et mécanique quantique. Celles-ci ont modifié les bases du savoir et rompu avec les représentations classiques. Bachelard en induit la nécessité de réviser en profondeur nos conceptions métaphysiques et les images qui s'y rattachent. Il analyse ainsi comment la relativité einsteinienne transforme les notions de temps et d'espace et la microphysique périme la notion de "chose". A la lumière de ses analyses, la méthode scientifique apparaît comme "non-cartésienne", c'est-à-dire qu'elle ne s'appuie plus sur un fondement absolu et des idées simples mais consiste, au contraire, à réviser constamment ses hypothèses pour mieux épouser la complexité des phénomènes.

4.                  BANCEL (Nicolas), Pascal BLANCHARD et Laurent GERVEREAU (dir.). Images et Colonies. Iconographie et propagande coloniale sur l'Afrique française de 1880 à 1962.  P., BDIC et ACHAC,  1993, in-4°,  304 pp, très nombreuses illustrations, gravures et photos en noir et en couleurs, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            100

Trente ans après les indépendances, cet ouvrage fait le bilan de l’histoire coloniale de la France à travers l’extraordinaire diversité de l’iconographie produite de la fin du XIXe siècle aux années 60. Un travail de recherche, fruit d’une coopération internationale sans précédent, a permis de rassembler un corpus iconographique considérable : affiches, cartes postales, tableaux, sculptures, chromolithographies, illustrés, imageries d’Epinal, objets, jouets, jeux, partitions musicales, livres, journaux et de privilégier une production jusqu’alors inédite. Ces images ont profondément marqué les mentalités et forgé la conscience coloniale des Français. Dès les années 20, s’organise une véritable propagande sur l’Empire : convaincre les Français du bien-fondé de la mission civilisatrice, comme lors des fastes de l’Exposition coloniale en 1931, ou magnifier le gout de l’exotisme et du rêve à l’image du raid Citroën, deviennent une priorité. L’Afrique fut essentiellement connue durant ces années à travers ces images. Les découvrir aujourd’hui, permet de réfléchir sur les rapports complexes que l’Occident entretient avec ce continent. — Contributions de  Daniel Rivet, Anne Hugon, Philippe David, Laurent Gervereau, Lynne Thornton, Françoise Raison-Jourde, Yann Holo, Yves Gaulupeau, Gilles Manceron, Hans-Jürgen Lüsenbrink, Marc Michel, Laure Barbizet-Namer, Josée Violette, Charles-Robert Ageron, János Riesz, Gilbert Meynier, Catherine Hodeir, Sylviane Leprun, Michel Pierre, Dominique Taffin, Michèle Lefrancçois, Barbara Boëhm, Antonio Mendes, Christian Delporte, Raymond Lefèvre, Olivier Peyron, Tayeb Chenntouf, Eric Deroo, Ghislaine Mathy, Elisabeth Rabut, Jean-Barthélemi Debost, Youssef El Ftouh, Manuel Pinto, Benjamin Stora, Claude Liauzu, Malek Chebel, Achille Mbembe, Eliane Girard et Brigitte Kernel.

5.                  BEAUCARNOT (Jean-Louis). Les Schneider, une dynastie.  Hachette,  1986, in-8°,  254 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, 3 tableaux généalogiques, biblio sommaire, broché, couv. illustrée, bon état

            20

De petits paysans lorrains laborieux et décidés. Un fringant militaire couvert de gloire sur les champs de bataille impériaux. Des stratèges confirmés du marché financier comme du marché matrimonial. Une épouse puritaine et austère et une maîtresse scandaleusement belle, jeune et intrigante. Tels sont les acteurs de la saga des Schneider, que rejoignent aux XXe siècle Jules Guesde et Giscard d'Estaing. Pendant cent vingt ans, cinq maîtres de forges règnent sur une affaire gigantesque, mais aussi sur une ville qu'ils ont eux-mêmes conçue et modelée. Malgré des grèves parfois violentes, les Creusotins ne peuvent échapper au paternalisme schneidérien qui les accompagne toute leur vie...

6.                  BELOTTI (Elena Gianini). Du côté des petites filles.  Editions des Femmes,  1979, pt in-8°,  261 pp, traduit de l’italien, broché, couv. illustrée, bon état

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"Du côté des petites filles" est une analyse, fondée sur de très nombreuses observations de la vie de l’enfant selon qu’il est un garçon ou une fille, l’étude des fondements d’une éducation qui se transmet à l’identique, de manière presque inconsciente, automatique. L’auteure montre comment cette dernière est le résultat de toute une série de conditionnements passant par les jeux, les jouets, la littérature enfantine et critique les méthodes pédagogiques, le manque presque total de préparation des enseignants, les rapports toujours faussés de ces derniers avec les enfants. « Qu’est-ce qu’un garçon peut tirer de positif de l’arrogante présomption d’appartenir à une caste supérieure, du seul fait qu’il est né garçon ? La mutilation qu’il subit est tout aussi catastrophique que celle de la petite fille persuadée de son infériorité du fait même d’appartenir au sexe féminin. » (E.G.B.) — "Une étude passionnante sur le conditionnement dont sont victimes les petites filles, dès la crèche, à l'école, dans leur famille." (Marie-Claire) — "Pourquoi du côté des petites filles plutôt que des petits garçons. Parce que les femmes sont les premières victimes des principes d'éducation qui inculquent aux enfants la différence entre une manière d'être féminine et une manière d'être masculine." (Lire) — "La soi-disant infériorité des femmes, affirme Elena Gianini Belotti, naît de leur conditionnement. Elle n'est pas plus naturelle que ne l'est la supériorité de l'homme. Et si l'éducation ne visait qu'à développer les qualités humaines de l'enfant, sans tenir compte de son sexe, cette inégalité s'effacerait d'elle même." (Marie-France) — "Ecrit par une enseignante, étayé par des enquêtes, c'est un livre important : il montre, pour la première fois, de façon claire et irréfutable les racines de l'inégalité entre hommes et femmes. Dès sa naissance, la petite fille est traitée différemment du petit garçon, dès la maternelle, elle est enfermée dans un rôle écrité à l'avance. Best-seller en Italie, ce livre est à mettre entre toutes les mains, surtout celles des parents et des enseignants." (Télérama)

7.                  BENDAZZI (Giannalberto). Alexeieff. Itinéraire d'un Maître / Itinerary of a Master.  Annecy, CICA ; P., Dreamland-Cinémathèque française,  2001, in-4°,  320 pp, nombreuses illustrations en noir et sur 16 pages en couleurs, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Edition bilingue français-anglais

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Catalogue de l'hommage-rétrospective Alexeiff organisé par le Festival International du Film d'Animation d'Annecy du 4 au 9 juin 2001. Textes de Bendazzi, Youri Norstein, Oleg Kovalov, Nicolaï Izvolov, Michèle Reverdy, Georges Nivat, Svetlana Alexeieff-Rockwell, Alexandre Rockwell, etc. Lettres, catalogue des livres illustrés, filmographie, nomenclature des écrans d'épingles, chronologie et bibliographie. — "Un maître. Mais avec combien d'élèves ? Un génie. Mais les gens comprenaient-ils vraiment ses thèmes ? Un homme bon. Mais n'était-il pas plutôt sévère ? Un précurseur. Mais en quoi, exactement ? La moitié d'un couple, mais quel rôle avait l'autre moitié ? Le cinéma d'animation. Mais la gravure au même titre. Un esprit russe. Mais pas plus que français. Une énigme, si l'on veut, cachée sous la notoriété de chefs-d'œuvre comme le film Une nuit sur le mont Chauve ou les eaux-fortes dédiées à Edgar Allan Poe, E.T.A. Hoffmann, Dostoïevski, Gogol... Un auteur à découvrir, au-delà des incontournables fleurs normalement lancées par tous les historiens du cinéma dans leur survol sur l'animation. Au début du nouveau millénaire, ce livre nous permet donc, pour la première fois, de jeter un rayon de lumière sur l'un des artistes qui a marqué le XXe siècle de son originalité et de sa force poétique."

8.                  BENKHEIRA (Mohammed Hocine), Avner Giladi, Catherine Mayeur-Jaouen, Jacqueline Sublet. La Famille en islam d'après les sources arabes.  Les Indes savantes,  2013, gr. in-8°,  554 pp, 18 pl. d'illustrations en noir et en couleurs, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Si un modèle islamique de la famille s'est progressivement mis en place grâce aux formulations des juristes (IXe-Xe siècles), ses interprétations, applications et manifestations historiques sont extrêmement diverses. Ce modèle, exposé surtout dans la littérature de type normatif, a donné lieu à quantité de variantes : il ne s'est jamais réalisé à l'état pur dans l'histoire des sociétés musulmanes. Ce livre veut démentir des clichés trop répandus : soit la vision, née à l'époque coloniale, d'un patriarcat étouffant ; soit celle, développée par l'apologétique islamique contemporaine, d'un modèle immuable défini par la loi islamique. La Famille en islam recourt à des sources arabes de type varié (sources religieuses, traités juridiques, biographies, hagiographies, discours éthique et prescriptions éducatives) pour retracer modèles et discours à l'époque médiévale, tout en les confrontant à l'état de la recherche. Le vocabulaire arabe de la parenté dans les sources anciennes permet d'historiciser des notions complexes. L'usage des noms dans la famille suggère la richesse des relations familiales. Les rapports entre famille, parenté et droit sont un pan considérable du sujet dont un aspect particulier (l'histoire des doctrines juridiques autour de la parenté de lait) montre à quel point l'histoire du droit musulman nourrit celle de la famille. L'islam médiéval connaissait la notion d'enfance et les sentiments parentaux s'expriment, de façon touchante, à travers de nombreuses source d'époque mamelouke. L'étude des familles de saints, à commencer par celle du Prophète, enrichit notre connaissance des familles en Islam, modèles et réalités. L'essor récent des travaux sur l'histoire de la famille à l'époque ottomane et contemporaine permet enfin de proposer une synthèse historique sur les familles au Moyen-Orient du XVIIe siècle à aujourd'hui.

9.                  BERNARD (Claude). Comment nos ministres font l'Histoire : le discours de l'Instruction publique et ses procédés de persuasion.  Toulouse, Presses Universitaires du Mirail,  1990, gr. in-8°,  367 pp, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

Une analyse des circulaires concernant l'enseignement de l'histoire, au XIXe siècle. — "Comment nos Ministres font-ils l'histoire ? Ils n'en sont pas seulement les acteurs ; ils en sont aussi les auteurs, en tant que responsables des orientations de l'Instruction publique. Car ils veulent être ceux qui disent comment et pour quoi l'on doit raconter l'histoire aux enfants de l'école. Aussi multiplient-ils les circulaires qui, au fil du temps, viennent constituer un corpus significatif et étonnamment homogène. Et ce sont ces textes qui ici sont soumis à une exigeante analyse de contenu, afin de parvenir à une meilleure compréhension des procédés de persuasion à l'oeuvre dans le discours de l'Instruction publique. L'institution scolaire laisse alors voir son inspiration plus politique que scientifique, sa volonté de manipulation du message afin d'entraîner l'adhésion du sujet. Signe sans doute le plus manifeste de la présence du politique dans la chose enseignée, l'histoire n'est cependant qu'un exemple de la relation ambiguë qui existe entre tout message et toute institution, qu'elle soit éducative, scientifique, politique ou religieuse. A ce titre, cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui s'intéressent au problème de la vérité dans l'enseignement." — "Le titre, quelque peu trompeur, est explicité par le sous-titre. Il s'agit en effet de voir comment les différents responsables de l'Instruction publique ont envisagé l'enseignement de l'histoire tout au long du XIXe siècle. L'ouvrage vaut surtout par la collection de textes qu'il rassemble, et dont C. B. analyse le contenu. L'essentiel est résumé dans une phrase suggestive : « Si l'enseignement de l'histoire fascine les historiens, les politologues, les psychologues et les sociologues, c'est qu'ils veulent comprendre par quel processus l'enfant, "fils de famille" devient "le fils d'une nation", c'est-à-dire acquiert une seconde identité » (p. 119). On trouvera aussi des listes des ministres de l'Instruction publique, des index des auteurs de manuels d'histoire et des thèmes, etc." (Revue française de science politique, 1991)

10.              BOUILLET (M.-N.). Dictionnaire universel d'Histoire et de Géographie, contenant : 1. L'Histoire proprement dite, 2. La Biographie universelle, 3. La Mythologie, 4. La Géographie ancienne et moderne. Nouvelle édition.  P., Hachette et Cie,  1874, 2 forts vol. gr. in-8°,  iv-2040-38 pp, pagination continue, texte imprimé sur 2 colonnes, reliures demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs, titres, tomaisons et caissons dorés, plats de percaline verte avec encadrements à froid (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire bien relié

            120

Bon exemplaire sans rousseurs de ce fameux et utile dictionnaire, par M. N. Bouillet, inspecteur de l'Académie de Paris. Il sera régulièrement réédité et refondu entre 1842 et 1914 (la 34e et dernière édition). — "Ce dictionnaire, publié pour la première fois il y a douze ans, vient d'atteindre sa dixième édition. Un tel succès s'explique par la haute utilité d'un semblable ouvrage, où se trouvent condensées, en un seul volume, toutes les notions historiques et géographiques indispensables à l'homme d'étude et intéressantes pour l'homme du monde. Depuis la première publication, l'auteur n'a cessé de revoir, de corriger, d'améliorer son livre. Le Supplément surtout a été plusieurs fois entièrement refondu : ce Supplément contient une notice sur tous les personnages importants, soit dans la politique, soit dans les lettres, soit dans les arts, qui sont morts depuis douze ans, et qui n'avaient pu prendre place dans le corps de l'ouvrage : c'est une sorte de galerie contemporaine, où l'on distingue les Louis-Philippe, les Chateaubriand , les O'Connell , les Soult , les Bugeaud, les Chérubini, les Pradier, etc., etc. ; il n'y manque que les hommes vivants, et dont le nom n'appartient pas encore à l'histoire. Malgré l'approbation qu'avaient donnée au “Dictionnaire universel d'histoire et de géographie” le Conseil de l'instruction publique et Monseigneur l'archevêque de Paris, cet ouvrage avait éveillé des susceptibilités. L'auteur à corrigé les quelques passages qui avaient suscité des objections et son livre paraît cette fois revêtu de l'approbation du souverain-pontife." (H. Venant, Revue bibliographique et critique de droit français et étranger, 1856)

11.              BRETON (Guy). La Chanson satirique, de Charlemagne à Charles de Gaulle. Mille ans de chronique scandaleuse.  Perrin,  1967, in-8°,  471 pp, nombreuses gravures dans le texte et à pleine page, sources, 28 pages de partitions musicales in fine, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Tome I, seul paru. — "Ce n'est pas d'hier qu'en France tout finit par des chansons. Le bon roi Louis VII disait : « Nous autres, Français, nous n'avons que trois choses : le pain, le vin et le sourire ». Le vin et le sourire menaient à la chanson. Guy Breton le montre. Ce premier tome s'arrête à Louis XV, mais il recèle déjà un nombre incroyable de couplets. Il faut noter qu'il les a choisis encore plus gaulois que satiriques. Les Français n'étaient pas bégueules, mais la verdeur de leurs chansonnettes nous arrête, et nous fait songer qu'en tout cas, nous mettons moins d'esprit et moins de gaieté à commenter les événements du jour. On faisait des chansons pour les victoires, on en faisait pour les défaites. N'est-ce pas Chamfort qui rapporte qu'un soir, des dîneurs reprenant une après l'autre des chansons faites sur des batailles perdues, comme celle qu'on fit après Rosbach, l'un des dîneurs dit tout à coup, après un couplet : « Je suis fâché que nous ayons perdu cette bataille. La chanson ne vaut rien »." (Revue des Deux Mondes, 1967)

12.              BRILLANT (Maurice) et René AIGRAIN (dir.). Histoire des religions.  Bloud et Gay,  1953-[1957], 5 vol. gr. in-8°,  308, 280, 443, 384 et 386 pp, biblio, brochés, bon état. Rare complet des cinq volumes

            150

Tome 1 : Introduction (M. Brillant) ; La place de la religion parmi les disciplines de l'esprit (J. Wilbois) ; Quelques éléments communs aux formes inférieures de la religion (M. Leenhardt) ; Aperçu historique sur l'histoire des religions (Mgr A. Bros) ; La méthode en histoire des religions (Mgr A. Bros) ; Religions de la préhistoire (P. Wernert) ; Religions des primitifs (P. Gordon, J. Poirier, P. O'Reilly) ; Tome 2 : La religion dans la Chine antique (R. des Rotours) ; Les religions du Japon (A. Hauchecorne) ; Les religions de l'Inde (P. Masson-Oursel) ; La religion de l'Iran (A. Carnoy) ; Tome 3 : La religion égyptienne (E. Drioton) ; Les religions pré-helléniques (P. Demargne) ; Les religions de la Grèce antique (E. des Places) ; La religion romaine (P. Fabre) ; Tome 4 ; Les religions asianiques (M. Rutten) ; Palmyréniens, Nabatéens et Arabes du Nord avant l'Islam (J. Starcky) ; La religion suméro-akkadienne (R. Largement) ; La religion cananéenne (R. Largement) ; La religion sud-arabe pré-islamique (A. Jamme) ; La religion d'Israël (A. Vincent) ; Tome 5 : Les religions du Mexique (J. Soustelle et R. Aigrain) ; La religion dans l'Empire des Incas (L. Baudin) ; La religion des anciens Slaves (P. Pascal) ; Les religions des Celtes (P.-M. Duval) ; Les Germains (M. Boucher) ; L'Islam (A. Vincent) ; Le Judaïsme (A. Vincent) ; Naissance et mort des religions (J. Folliet) ; Evolution de la religion (J. Goetz).

13.              BURGESS (Robert F.). Ships beneath the Sea : A History of Subs and Submersibles.  New York, McGraw-Hill Book Company,  1975, gr. in-8°,  x-260 pp, plus de 100 gravures, photos et plans, biblio, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            25

“Ships Beneath the Sea” raconte comment l'homme a défié les profondeurs. Il s'agit d'une histoire des sous-marins et des submersibles, depuis la première conception rudimentaire vers 1300 jusqu'aux réalisations scientifiques les plus sophistiquées d'aujourd'hui. L'auteur montre avec des détails fascinants l'évolution du premier vaisseau sous-marin en 1578 vers des vaisseaux tels que la cloche à plongeur, la bathysphère, le bathyscaphe et le sous-marin. Il traite également des nombreuses fonctions des navires sous-marins : voyages, guerre maritime et recherche scientifique sur la géologie des fonds marins. Robert Burgess met en lumière les personnalités et les carrières d'inventeurs tels qu'Auguste et Jacques Piccard et Jacques Cousteau avec un enthousiasme qu'il communique au lecteur. Illustré de plus de 100 photographies et schémas, ce livre présente l'histoire complète du moyen de transport sous-marin.

14.              CABAUD (Michel) et Robald HUBSCHER. 1900. La Française au quotidien.  Armand Colin,  1985, in-4° carré,  204 pp, 316 reproductions de cartes postales anciennes, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Deux auteurs cherchent ici à retrouver, par le biais de la carte postale ancienne, une image de la femme à la Belle Epoque. Ce sont des femmes laborieuses que nous présente cet ouvrage : paysannes surtout, mais aussi ouvrières, commerçantes, et, à un moindre degré car leurs métiers sont moins photogéniques, femmes d'un tertiaire récent. Le regard que pose le photographe sur les paysannes est celui du folkloriste face à un monde archaïque qui privilégie les métiers (la dentellière), les travaux (le filage) et les costumes du passé, les régions les plus attardées (Bretagne et régions montagneuses). Mais la carte peut ainsi saisir la réalité sans apprêt : femmes maniant le fléau, taillant la vigne, femmes récoltant les pommes de terre, les fraises, femmes triant et emballant fruits et escargots, etc. La réalité de la vie ouvrière, les bas salaires et les longues journées de travail ne peuvent apparaître mais certaines postures – celles des polisseuses en coutellerie par exemple – sont criantes de vérité, et le cadre de travail peut être révélateur. Il en est de même des commerçantes, même si la marchande ambulante âgée, donc pittoresque, est surreprésentée. Mais la satisfaction replète des poissonnières témoigne d'une certaine réussite sociale féminine. Plus décevantes sont les cartes concernant les institutrices ou les infirmières : elles renseignent plus sur les écoliers ou les pouponnières que sur les métiers féminins. Le commentaire, au fait des derniers travaux sur les professions féminines, guide le lecteur. Il souligne bien les limites de ces documents ethnographiques : cartes composées plus que saisies sur le vif, vision passéiste du monde rural. Il aurait pu même ouvrir d'autres pistes de lecture à l'observateur car des indications sur le vêtement, les enfants, la propreté transparaissent dans ces photographies." (Anne-Marie Sohn, Annales ESC, 1987)

15.              CABRIS. Le Costume de la Parisienne au XIXe siècle.  P., Société anonyme des publications scientifiques et industrielles,  1901, in-8°,  iv-296 pp, 133 illustrations en noir dans le texte, broché à grandes marges, couverture imprimée datée de 1902, bon état

            80

L'évolution de la mode parisienne tout au long du XIXe siècle. Illustré de croquis. La naissance du mannequin n’est pas due à Charles Frederick Worth, comme cela est écrit dans de nombreux ouvrages. Mais à partir de 1858, date de la première collection sous son nom, le couturier anglais a fait du mannequin une figure incontournable pour la présentation du vêtement de mode. Et lors des défilés, les hommes accompagnant leurs femmes semblent plus intéressés par le mannequin que par la toilette...

16.              CARNAC (Pierre). Prophéties et prophètes de tous les temps.  Pygmalion,  1991, gr. in-8°,  317 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

On s’interroge toujours sur la réalité suspecte ou non de certaines prophéties. Çà et là, des messages annonciateurs ne cessent de fuser : bouleversements politiques, présages concernant le prochain avènement d’un nouvel homme fort de l’histoire, « Grand Monarque » ou « Roi du Monde » de la fin des temps, événements géologiques et géophysiques d’importance planétaire... L’ère des prophètes et des devins n’est pas achevée. Saint Césaire, Malachie, Nostradamus – on ne prête qu’aux riches – mais aussi la vieille mère Shipton, simple paysanne anglaise du XVe siècle, et avec eux tant d’autres, ont annoncé des événements dont l’accomplissement nous concerne tous. Au XXe siècle, pour ne citer que deux noms, Edgar Cayce, le « prophète dormant » américain, et Jane Dixon, conseillère des Kennedy, ont fait de même. Pierre Carnac propose dans ce livre non seulement une véritable anthologie des prophéties significatives, mais aussi un extraordinaire voyage à travers l’univers foisonnant de mystères des messages prophétiques, ceux qui ont marqué les temps et font indéniablement partie de l’histoire sociale et culturelle de l’humanité. Un ouvrage riche en données documentaires, parfois peu connues, écrit de manière vivante et accessible, dominé par la rigueur critique de son information. Rassurant et inquiétant à la fois, déroutant, surprenant, passionnant...

17.              CARPENTIER (Jean) et François LEBRUN (dir.). Histoire de l'Europe.  Seuil,  1990, in-8°,  620 pp, préface de René Rémond, glossaire, biblio, 2 index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

"Quatre universitaires poitevins ont participé au collectif de huit auteurs qui a rédigé l'Histoire de l'Europe, sous la direction de Jean Carpentier et François Lebrun. Il s'agit de l'archéologue Jean-Pierre Pautreau, chargé de recherche au CNRS, Alain Tranoy, professeur d'histoire ancienne à l'université de Poitiers, Elisabeth Carpentier et Jean-Pierre Arrignon, professeurs d'histoire du Moyen Age à l'université de Poitiers. Faire tenir l'histoire du continent européen en 600 pages tient de la gageure. « Pari tenu », affirme René Remond dans la préface : « ce livre est une merveille de synthèse qui ne sacrifie jamais l'exactitude ni la nuance à la clarté et à la fermeté du dessein. J'ai particulièrement admiré que, pour une fois, cette histoire ne cède point à la facilité habituelle de se raconter du point de vue de la partie occidentale de l'Europe »." (Revue L'Actualité Nouvelle-Aquitaine)

18.              CHENOUNE (Farid). Des modes et des hommes. Deux siècles d'élégance masculine.  Flammarion,  1993, in-4°,  334 pp, très nombreuses illustrations, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Du frac à col droit de la période révolutionnaire au « néosportswear » et au blouson Chevignon, que de chemin parcouru ! Farid Chenoune, historien et journaliste, l'évoque avec érudition et verve. L'anglomanie a régné plus de deux siècles sur l'habillement masculin, symbolisée par le beau Brummel, et plus tard par le prince de Galles. Frac et redingote d'abord, puis paletot et jaquette, c'était l'impératif jusqu'en 1914. Puis l'Amérique a commencé de supplanter l'Angleterre, avec l'arrivée du complet-veston. Blousons et T-shirts, vestes destructurées, suppression de la cravate... tout, maintenant, est permis, mais toujours, finalement, plutôt codifié. Ce livre, illustré d'une foule de documents venus de partout, est en quelque sorte la première histoire événementielle du vêtement masculin au fil des deux derniers siècles ; histoire, aussi, technique, économique et sociale, histoire complète et vivante qui devrait passionner tous les professionnels mais aussi, bien sûr, tous les dandies." (Les Echos, 29 déc. 1993)

19.              Collectif. Album des châteaux de France. Textes de Pierre Gascar, Alba de Cespedes, Georges Conchon, Jean d'Ormesson, H.-P. Eydoux, Max-Pol Fouchet, duc de Castries.  Sélection du Reader's Digest,  1975, in-4°,  312 pp, 309 illustrations en couleurs, cartes et plans, index des châteaux présentés, glossaire, reliure pleine toile bordeaux de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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La France a toujours été la terre d’élection des châteaux. A dire vrai peu de pays ont eu le privilège de voir naître sur leur sol une aussi étonnante moisson de pierre. C’est à la découverte de ce patrimoine français que cet album invite. Quatre-vingt-deux châteaux jalonneront votre pèlerinage. Des châteaux choisis parce qu’en eux se résument et s’incarnent la grande et la petite histoire de la France. Groupés par thèmes, présentés par des écrivains de renon, accompagnés d’une fiche donnant les principaux événements de leur histoire, ils vous apparaîtront en images prestigieuses, animant de leur beauté et de leur force de suggestions leurs grands décors de pierre... — On trouve in fine un Petit guide de l'amateur de châteaux contenant : L'architecture et la vie quotidienne dans les châteaux (M. Hérold) ; Glossaire (Fr. Teynac) ; Biographies d'artistes (Fr. Teynac) ; La restauration des châreaux (P. Schneider).

20.              Collectif. Inventeurs et scientifiques. Dictionnaire de biographies.  Larousse,  1994, gr. in-8°,  692 pp, reliure simili-cuir de l'éditeur, jaquette illustrée, C. de bibl., bon état

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Plus de 4000 personnalités scientifiques – des plus célèbres aux moins connues – sont ici présentées. Qui sont-elles ? Quelles sont leurs découvertes? Quelle est leur contribution au progrès des sciences et des techniques ? A travers ces multiples biographies sont abordés tous les domaines des sciences : les sciences fondamentales (mathématique, physique, chimie), les sciences de l'Univers et de la Terre (astronomie, géologie...), les sciences du vivant (biologie, génétique, médecine ) et toutes les techniques (informatique, mécanique, métallurgie...) Exhaustif et simple d'utilisation, ce dictionnaire comporte également une chronologie et un index très complet des sciences et des techniques, qui renvoie aux inventeurs et aux scientifiques concernés. En annexe, la liste des prix Nobel.

21.              COURTOIS (Stéphane), Jean-Pierre DESCHODT, Yolène DILAS-ROCHERIEUX (dir.). Démocratie et révolution de 1789 à nos jours. Cent manifestes.  Editions du Cerf, Presses universiytaires de l'ICES,  2012, in-8°,  1195 pp, ndex, broché, couv. illustrée, bon état

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Deux grands courants politiques sont issus de 1789: la démocratie et la révolution. Mais entre eux, à l'époque comme par la suite, la césure n'a pas toujours été nette. Les deux courants se sont souvent affrontés, en effet, mais ils se sont aussi développés concomitamment ou bien encore se sont succédé. Une équipe d'historiens explore ces deux faces de la réalité contemporaine à travers 100 textes – manifestes, déclarations, programmes, pétitions –, qui sont publiés et commentés ici. — Depuis la Révolution française, deux mots, deux notions, deux grands courants de pensée et d'action hantent le monde, tantôt naviguant de conserve, tantôt s'affrontant violemment : démocratie et révolution. Leur rencontre a fait qu'en deux siècles le monde a vécu plus de bouleversements que durant les trois millénaires antérieurs. Mais le processus n'a été ni linéaire, ni progressif, ni pacifique, scandé de retours en arrière et de révolutions violentes et sanglantes, de coups d'Etat et de dictatures. Pourtant, bon an mal an, la révolution démocratique l'a emporté peu à peu, assise sur la souveraineté de la nation, l'égalité des citoyens devant la loi et l'élargissement du corps politique grâce au suffrage, principes posés en 1789. C'est de cet extraordinaire bouleversement contradictoire que cet ouvrage veut rendre compte, en s'appuyant sur cent textes fondateurs qui, sous l'appellation de manifeste, charte, déclaration, adresse, instruction, arrêté, catéchisme, appel, programme, rapport ou simple discours, témoignent de chaque moment du processus historique et caractérisent une pensée, un homme, un mouvement idéologique, politique ou social se proclamant d'avant-garde. Ils ont une double importance : ils font foi et sont la preuve documentaire indispensable à toute réflexion ; ils ont très souvent donné le coup d'envoi d'un combat, conduit au passage à l'acte. Le poids des mots... Analysés par des historiens, des philosophes, des sociologues ou des politologues, ces cent textes s'imposent comme autant de témoins des mouvements de société, comme autant de caisses de résonance des grandes idées porteuses, offrant ainsi un panoramique de pics, de plaines et de gouffres où s'est perdue ou sauvée l'histoire des deux derniers siècles. Ce corpus constitue un outil de travail essentiel à l'usage d'un vaste public et, en particulier des enseignants, des chercheurs et des étudiants à qui il manquait jusqu'ici. (4e de couverture)

22.              DAUZAT (Albert). La Philosophie du langage. Edition revue et corrigée.  Flammarion,  1948, gr. in-12,  329 pp, broché, papier jauni, état correct (Bibl. de Philosophie scientifique)

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"M. Dauzat – j'ai souvent eu l'occasion de le dire ailleurs, soit à propos de sa “Philosophie du langage”, soit pour sa “Langue française d'aujourd'hui” – excelle à mettre le grand public au courant des travaux parfois un peu ardus de la linguistique : il le fait avec compétence, parce que lui-même prend part à ces recherches scientifiques, mais il le fait aussi d'une façon alerte et aimable, ce qui n'est pas donné à tout le monde." (E. Bourciez, Revue des Études Anciennes, 1922)

23.              DELUMEAU (Jean) et Yves LEQUIN (dir.). Les Malheurs des temps. Histoire des fléaux et des calamités en France.  Larousse,  1987, pt in-4°,  519 pp, nombreuses illustrations dans le texte et hors texte en noir et en couleurs, biblio, index, reliure simili-cuir éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Sous ce beau titre, voici une synthèse collective dont l'aspect extérieur dévoile d'emblée les préoccupations des auteurs et de l'éditeur ; la reliure cossue, l'iconographie abondante et de qualité, la mise en page impeccable soulignent la volonté de faire là une oeuvre durable, destinée à un large public. La première tranche chronologique (Ve-Xe siècle), traitée par Michel Rouche, s'ouvre avec le franchissement du limes en 406, premier des « malheurs des temps barbares ». (...) La deuxième partie de l'ouvrage embrasse la période s'étendant du Xe siècle au milieu du XVe siècle. Robert Fossier brosse le tableau d'une peur omniprésente, étreignant des hommes isolés et dominant mal leur terroir, soumis régulièrement à la violence guerrière ou judiciaire. (...) Avec la période 1350-1450, nous entrons dans le « Temps de l'Apocalypse », jugé à juste titre comme le plus noir de notre histoire ; les pestes et la guerre étouffent alors tout dynamisme démographique. (...) Le cycle suivant (1450-1660), bien que moins calamiteux, apporte des enseignements intéressants par sa périodisation, qui remet en cause l'harmonieuse durée de la Renaissance, et par ses attitudes mentales, finalement assez inquiètes en ces temps de relative rémission. (...) Le titre de la quatrième partie, « La protection du monarque (1660-1800) », est le premier à ne plus faire référence à la divinité et traduit les progrès de l'idée de nature et de l'emprise de l'Etat sur la société. La centralisation monarchique est largement à l'origine de l'atténuation des malheurs. (...) La période contemporaine a été confiée à Yves Lequin ; sont absentes de cette partie, par ailleurs fort réussie, les guerres révolutionnaires et impériales ainsi que les deux guerres mondiales. (...) Bibliographie et index complètent cette somme particulièrement bien venue. Un ouvrage de référence." (Roger Nougaret, Revue Historique, 1988) — Par Michel Rouche, Robert Fossier, Jacques Verger, J.-N. Biraben, Hugues Neveux, Jean Céard, François Lebrun, Claude Nières, Yves Lequin, François Guéry. — "Raz de marée, tremblements de terre, accidents nucléaires, épidémies nouvelles... La nature, ses déchaînements, l'erreur, voire la folie humaine dans le monde, alimentent l'actualité et suscitent une angoisse : si cela arrivait en France ? Cela est déjà arrivé. Hier, les pestes, les famines, les pillages, les inondations, les séismes, toutes calamités mentionnées dans les livres de raison des curés, les mémoires, les registres de notaires... ont ponctué notre histoire. Elles font apparaître un fond commun d'expressions, de comportements, de représentations profanes ou religieuses, matérielles ou mentales, mythiques ou symboliques, pétries d'obsessions, de fatalité, d'espoir... C'est autour d'elles, autour des mutations et des ruptures qu'elles ont provoquées dans l'ordre psychologique, moral et social, que les historiens lisent à la fois le malheur ancien et la reconstitution du tissu social, dégagent ce qui conditionne, aujourd'hui, nos réactions face aux menaces du XXIe siècle. C'est cette dimension de notre mémoire collective que reconstitue "Les Malheurs des temps", ouvrage d'esprit nouveau réalisé par une équipe de chercheurs de renom international. Les fléaux et les calamités y sont analysés, tels qu'ils ont été vécus et représentés, tels qu'ils ont évolué jusqu'à nos jours, réactivant toujours la relation des Français à la peur, au tragique, à la mort.

24.              DONET-VINCENT (Danielle). De soleil et de silences. Histoire des bagnes de Guyane.  P., La Boutique de l'Histoire,  2003, gr. in-8°,  550 pp, qqs pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 52 gravures et photos dans le texte, une carte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Une large recherche dans les archives publiques et privées a fourni à l'auteur une base solide qui lui a permis d'étudier les bagnes de la Guyane. L'ouvrage est divisé en deux volets d'inégale longueur. Après le rappel de la déportation des prisonniers politiques depuis la Révolution française jusqu'à la Troisième République, l'étude de l'envoi en Guyane des condamnés de droit commun s'étend des pages 85 à 422. (...) La loi du 30 mai 1854 a officialisé la création du bagne en Guyane et la transportation. Cette législation établissait un régime sévère, contraignant, aggravé par une suspicion généralisée et une surveillance tatillonne. Certaines mesures montrent l'horreur de la situation des forçats enchaînés, accouplés deux à deux, traînant un lourd boulet, occupés à des travaux exténuants, recevant une nourriture insuffisante et de mauvaise qualité. Les infractions au règlement étaient sanctionnées par des punitions : le fouet, la bastonnade, la mise en cellule, le cachot et parfois la mort imposée par un tribunal militaire spécial créé sur place ; le doublage à l'expiration de la peine imposait de demeurer dans la colonie pendant un nombre d'années égal à celui de la condamnation. Et toujours le mépris et les humiliations, sans compter le favoritisme et la corruption de certains surveillants. (...)  « Revenir au bagne », deuxième volet de cet ouvrage (pages 423 à 500), a été tiré des dossiers d'Albert Ubaud, (1888-1964), fonctionnaire civil de l'administration pénitenciaire, dossiers conservés par sa famille et remis à Danielle Donet- Vincent. Elle a su extraire de ces documents un témoignage sensible, humain, montrant la face cachée du bagne, fort éloignée des rapports officiels. Sans tomber dans le misérabilisme, l'auteur a su montrer toute l'horreur d'une institution concentrationnaire. Sa connaissance profonde du sujet lui a permis de composer un ouvrage exhaustif dans lequel tous les aspects du bagne guyanais ont été envisagés, y compris le point de vue moral et philosophique." (J.Van Duc, Outre-Mers. Revue d'histoire, 2004)

25.              DUROSELLE (Jean-Baptiste). L'Europe. Histoire de ses peuples.  Perrin,  1990, pt in-4°,  423 pp, 565 illustrations, 43 cartes, index, reliure toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale

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Cet ouvrage présente, indépendamment de sa riche et belle iconographie, une remarquable originalité. L'Europe d'aujourd'hui trouve ses racines dans le passé. Sans taire les différences nationales, sans omettre les guerres et les périodes de régression, Jean-Baptiste Duroselle montre qu'une civilisation européenne s'est créée dès l'Antiquité qui a fini par transcender nos cultures, nos langues, nos conflits politiques ou économiques. Epoque des mégalithes, expansions celte, romaine, grecque, chrétienne et germanique, naissance de l'art roman, puis gothique, Renaissance, domination coloniale, commerciale, scientifique et industrielle, guerres mondiales, fin des empires coloniaux, démocratisaion des nations européennes jusqu'à l'Europe de l'Est : autant d'étapes qui, en caractérisant l'histoire des peuples européens, ont favorisé la naissance d'une conscience commune. Cette synthèse monumentale n'a pas d'équivalent. — Editée simultanément en Allemagne, au Danemark, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Grèce, en Hollande, en Italie et au Portugal, "L'Europe, Histoire de ses peuples" de Jean-Baptiste Duroselle présente, indépendamment de sa riche et belle iconographie, une remarquable originalité. Parce que nous vivons dans un monde d'Etats-Nations, bien découpés par leurs frontières, les ouvrages sur l'Europe publiés jusqu'à ce jour ont tendance à en confondre l'Histoire avec celle de tous les territoires pris un par un et juxtaposés. Avec audace, Jean-Baptiste Duroselle prend le contrepied de cette méthode analytique. Sans minimiser ce qui agit historiquement contre l'unité (diversité des langues, coupure religieuse entre catholiques romains et églises protestantes, personnalité propre des différents pays), ni les guerres incessantes, ni les périodes de régression qui ont abouti à des horreurs indicibles, il insiste sur les "phases communautaires", les phénomènes communs, que l'Europe de l'ouest, du nord, du centre et du sud a connus dès la plus haute antiquité. Il s'est créé progressivement en effet une civilisation européenne qui a fini par transcender nos cultures, nos langues, nos querelles, nos conflits majeurs, politiques ou économiques. Quelles sont ces phases communautaires ? celle des mégalithes, celle de l'expansion celte, celle de l'expansion romaine (et à travers elle, celle de l'admirable Grèce antique et celle du christianisme), celle de l'expansion germanique (y compris celle des Vikings), celle de la chrétienté occidentale, celle de l'art roman puis des cathédrales gothiques, celle des universités médiévales, celle de la Renaissance, celle de la domination coloniale, commerciale, scientifique, industrielle, sur le reste du monde. De la Renaissance à 1914, l'Europe de l'ouest et du centre au sens large a pris de loin le premier rang pour la navigation, l'exploration du monde, le grand commerce, les mathématiques, les sciences de la nature , la médecine, malheureusement aussi pour l'armement. a partir de 1945, après que les deux guerres mondiales ont brisé la prépondérance européenne, s'est développée la plus communautaire de toutes les phases, celle d'une paix interne qui semble définitive et de la fin des empires coloniaux, celle de la démocratisation de toutes les nations occidentales qui attire à l'ouest une Europe de l'est en plein désarroi, toutes conditions qui, jointes aux impératifs du marché mondial, favorisent la conscience européenne et l'organisation économique – et bientôt politique ? – de la communauté des douze. Il fallait la science, l'agilité et l'esprit de synthèse du professeur Duroselle, maître incontesté des études consacrées aux relations internationales, pour exprimer aussi clairement, en respectant la chronologie, l'essentiel du long cheminement des peuples européens, et pour mettre en valeur à travers leur Histoire l'existence d'une incontestable communauté de civilisation.

26.              ERLANGER (Philippe). Aventuriers et favorites.  Perrin,  1963, in-8°,  312 pp, 16 pl. de gravures hors texte, cartonnage crème de l'éditeur avec titres en noir et rouge au 1er plat et au dos, bon état

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En chacun de nous palpite un Aventurier, rival de l'être civilisé. Il en est de même pour les Favorites, pour des femmes dont la race n'est pas éteinte malgré les apparences. Philippe Erlanger dresse ici les portraits de l'aventurier type et de la favorite type. Il a pris comme modèle six hommes : Alexandre, Mahomet, Christophe Colomb, Napoléon, Charles XII de Suède, Napoléon III, et six femmes : Agnès Sorel, la Galigaï (femme de Concini), Isabelle de Montmorency, Lola Montès, Madame de Polignac, Madame Tallien et il a placé en charnière un couple extraordinaire : celui de Cagliostro et de sa femme Séraphina.

27.              ETIEMBLE. Comparaison n'est pas raison. La crise de la littérature comparée.  Gallimard,  1963, in-12,  120 pp, broché, bon état (Coll. Les Essais). Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier)

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Il n'est bruit, depuis des années, que de la crise que subit, ou subirait, la littérature comparée. La politique évidemment s'en mêle : à une « école américaine » s'opposerait une « école française ». Et voici que le monde socialiste qui, sous Staline, condamnait cette discipline bourgeoise et cosmopolite, la réhabilite enfin : on organise à Budapest un congrès de « comparatistes » ; on y présente plusieurs thèses qui ne coïncident pas toujours avec les nôtres, avec celles des Américains. Sous une querelle apparemment technicienne, il me semble que se joue l'avenir de notre humanisme. Croupirons-nous orgueilleusement, provincialement, sur une étroite culture bien française et bien historiciste ; ou si, balayant les préjugés, la routine, nous accepterons d'ouvrir au monde, à l'esthétique, nos Facultés des lettres, pour y préparer nos étudiants à devenir enfin des hommes dans un monde vrai ; un monde où l'Afrique noire et la Chine jaune, où l'Inde et le Japon, où l'Amérique espagnole, le Brésil et la culture arabe auront plus d'un mot à nous dire ? Pour moi j'ai choisi; je dis comment et pourquoi. (Etiemble)

28.              FERRO (Marc). L'Histoire sous surveillance. Science et conscience de l'histoire.  Calmann-Lévy,  1985, in-8°,  216 pp, biblio, annexes et documents, broché, couv. illustrée, bon état

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Actuellement plus que jamais, l'Histoire est un enjeu. Avec la démocratisation de l'enseignement et la diffusion des connaissances historiques par le cinéma, la télévision, etc., il importe de comprendre comment naissent les discours sur l'Histoire, quels contrôles ils subissent – celui des institutions, certes, mais aussi celui de la société. Car les silences que la société impose à l'histoire sont autant l'histoire que l'Histoire. De fait, le contenu, les procédures et la fonction d'une œuvre historique varient considérablement selon les foyers qui la secrètent : État, mémoire populaire, etc. Dans ce livre, Marc Ferro examine précisément les modes de production des différentes œuvres historiques (histoire institutionnelle, contre-histoire) et les formes qu'elles peuvent prendre (écrites, cinématographiques, festives, etc.) Surtout, il montre comment, au-delà des idéologies, il s'est constitué une école d'historiens qui essaient de rendre leur analyse autonome de toute surveillance, en s'appuyant sur une démonstration irréfutable ; héritiers de Claude Bernard et de Durkheim, ils ont suivi un parcours épistémologique similaire à celui de la médecine – une démarche qui rend explicite le projet des Annales.

29.              FLOHIC – Collectif. Le Patrimoine de l'Education nationale.  P., Flohic Editions,  1999, fort gr. in-8°,  990 pp, très nombreuses photographies en noir et en couleurs dans le texte, biblio, reliure cartonnée illustré de l'éditeur, bon état

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"Après la Poste et la RATP, l'Assemblée nationale, le Sénat et la manufacture de Sèvres, les éditions Flohic ont soumis à la même ambition éditoriale l'institution scolaire, depuis ses origines et à tous ses niveaux : pari difficile que celui de retracer deux mille ans d'histoire de l'éducation et de l'enseignement à partir du patrimoine matériel qui a été conservé. Mais pari le plus souvent gagné, grâce au soin avec lequel les établissements sollicités et l'équipe de spécialistes mobilisée (Danielle Alexandre-Bidon, Marie-Madeleine Compère, Yves Gaulupeau, Jacques Verger, Gérard Bodé, Patrick Ferté, Philippe Marchand) ont su rendre accessibles les objets, les constructions, les pièces d'archives et l'iconographie choisis comme les plus significatifs ou les plus emblématiques." (Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2000)

30.              GAUCHER (Roland). Les Terroristes.  Cercle du Nouveau Livre d'Histoire,  1965, gr. in-8°,  380 pp, 47 portraits, gravures et photos sur 8 pl. hors texte, biblio, reliure toile éditeur avec vignette illustrée au 1er plat, rhodoïd, bon état.

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"L’objet de ce livre est l’histoire du terrorisme considéré comme arme politique d’une minorité. L’auteur estime que c’est vers 1879 et en Russie qu’avait pris naissance cette forme de lutte contre le pouvoir établi ou la société ; il la distingue nettement des attentats commis contre des personnalités dirigeantes. On peut contester cette thèse : il y a eu dans l’histoire bien des conjurations et surtout des sociétés secrètes à caractère terroriste. Mais c’est là un aspect secondaire lorsqu’il s’agit de juger un tel ouvrage, car on est bien obligé en l’écrivant de se fixer des limites. Ce qui est certain c’est qu’on y trouve d’intéressantes études sur certains mouvements terroristes de notre temps : les terroristes russes, les anarchistes, la Sainte-Vehme, la garde de fer, les Macédoniens, les Irlandais, l’Irgoun, le Front de libération algérien et l’O.A.S. L’auteur aurait pu en ajouter bien d’autres, notamment les organisations nazies en Autriche avant l’Anschluss." (François Honti, le Monde diplomatique, oct. 1965)

31.              GERBOD (Paul). L'Europe culturelle et religieuse de 1815 à nos jours.  PUF,  1977, pt in-8°,  384 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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"La première partie de l'ouvrage (pp. 7-58) présente les sources, les instruments de travail et des orientations bibliographiques. La deuxième partie (pp. 59-243) résume nos connaissances sur la question. La synthèse est claire et bien charpentée. Après avoir décrit les conditions de l'évolution culturelle (les héritages, les influences économiques, sociales et politiques, les relais culturels, les modes d'information), l'auteur analyse l'impérialisme des cultures savantes de 1815 à 1914 et l'avènement de la culture de masse au XXe s. Il examine ensuite la vie religieuse sous ses différentes formes : catholicisme, protestantisme. Église orthodoxe, communautés israélites et Islam... La troisième partie, consacrée à un exposé des débats et recherches (pp. 245-351) est excellente. L'auteur décrit d'abord l'émergence tardive de l'histoire culturelle et les héritages de l'histoire religieuse. Ensuite, prenant du champ par rapport aux tendances et querelles du temps présent, il situe avec justesse l'historiographie actuelle entre la tradition positiviste et historiciste. les sollicitations et fascinations idéologiques (marxisme, structuralisme) et les démarches méthodologiques nouvelles (intrusion du quantitatif, analyse linguistique, références psychologiques et psychanalytiques)." (Jean Pirotte, Revue belge de philologie et d'histoire)

32.              GRATEROLLE (Maurice). Du costume et la toilette dans l'Antiquité et de nos jours.  P., Sauvaitre,  1897, pt in-8°,  145 pp, 7 planches hors texte, broché, couv. illustrée, dos abîmé recollé avec mques, pt mque au 2e plat, état correct. Edition originale, envoi a.s.

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Origines du costume ; Chez les Grecs ; Chez les Romains ; Du costume de nos jours ; Du costume idéal.

33.              GROUSSET (René). Bilan de l'Histoire.  Desclée de Brouwer,  1991, in-8°,  310 pp, préface de Robert Aron, broché, bon état

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Ce livre, peut-être un des chefs-d'oeuvre de la pensée historique en France, écrit Robert Aron dans sa préface, permet de résoudre ou plutôt dispense de poser bien des problèmes d'école qui agitent aujourd'hui les adeptes de Clio. L'histoire doit-elle être événementielle ou doit-elle ne l'être pas ? Il y a ainsi des historiens, aujourd'hui, pour raconter la croisade sans parler de saint Bernard ou pour narrer la bataille de Waterloo en mettant un "sens interdit" sur le chemin creux d'Ohain… René Grousset, lui, n'était pas de cette encre-là. C'est un merveilleux historien, d'un immense talent, je dirais presque de génie : événementiel qui sait dominer l'événement et le situer dans son cadre d'ordre historique et cosmique. Son livre se lit avec passion. Moraliste de l'histoire en même temps que merveilleux narrateur des événements, René Grousset rédige ici une sorte de "Discours sur l'histoire universelle" pour notre temps. — "Une information étendue et substantielle, une pensée aussi riche que nuancée, un jugement sûr, une grande délicatesse de sentiment, un style coloré et vivant qui excelle à mettre en lumière les éléments essentiels d'une large fresque et à faire surgir des détails toutes sortes de vues d'ensemble puissantes et animées, tels sont les incontestables mérites de ce beau livre qui atteste chez son auteur des dons de synthèse vraiment hors pair. On ne saurait analyser un pareil travail qui, en trois cents pages, englobe en quelque sorte l'histoire universelle, ni même noter tous les « faits culminants » discernés par M. René Grousset dans son « survol de l'histoire en hauteur » suivant la pittoresque expression dont il se sert pour caractériser son livre..." (Augustin Fliche) — Table : Mesure de la civilisation ; Apport de l'Asie ; Images religieuses d'Orient et d'Occident ; Europe et Asie ; A la source des invasions ; Sur une pensée de Pascal ; Un savant français : Joseph Hackin.

34.              GUIBERT (Hervé). Photographies.  Gallimard,  1993, in-4°,  (136) pp, non paginé, 123 photos, reliure toile noire de l'éditeur, jaquette illustrée (pt accroc sans gravité au 2e plat de la jaquette), bon état

            80

Dès 1977, date de la publication de son premier livre "La Mort Propagande", Hervé Guibert a manifesté son intérêt pour la photographie. Il commence la même année sa collaboration au journal "Le Monde", avec des critiques de photographie et de cinéma, qu'il poursuivra jusqu'en 1985. Les premières photos de ses grand-tantes sont prises en 1978 et donneront un roman-photo "Suzanne et Louise", publié en 1980. En 1981, il publie "Le Seul Visage", catalogue d'une exposition à la galerie Agathe Gaillard, aux Éditions de Minuit, puis il continue à prendre des photos, parallèlement à son oeuvre littéraire. Hervé Guibert publie notamment sept livres chez Gallimard, jusqu'à sa mort le 27 décembre 1991, à l'âge de trente-six ans.Cet ouvrage représente en quelque sorte les meilleures photographies d'Hervé Guibert, le livre de ses photos, cent vingt-trois exactement, qui ont été choisies par Christine Guibert, Agathe Gaillard, Hans-Georg Berger et Jacques Maillot. Vingt-cinq ont été empruntées au "Seul Visage", avec l'aimable autorisation de Jérôme Lindon.On ne peut s'empêcher de penser que ces photographies sans concession, toutes en noir et blanc, sont souvent l'écho ou le contrepoint de l'oeuvre littéraire d'Hervé Guibert, lui qui a mis beaucoup de sa vie dans ses livres.

35.              GUTH (Paul). L'aube de la France. 1. Des Gaulois aux Croisés. – 2. Du roi des cathédrales au roi des Mignons.  Perrin,  1982, 2 forts vol. in-8°,  712 et 699 pp, environ 130 gravures et photos dans le texte et à pleine page, reliures skivertex éditeur, demi-jaquettes illustrées, rhodoïds, bon état

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"Une manière et un style éclatants. La qualité essentielle de Paul Guth c'est, quand il aime, de le dire mieux que personne. Et comme il aime la douce France !" (Alain Decaux) — "Une extraordinaire documentation. Un hymne à la non-violence, à la tendresse et à l'amour, qui nous aidera à croire à la « douce » France." (La Vie catholique)

36.              HALÉVY (Daniel). Essai sur l'accélération de l'Histoire.  Fayard,  1961, in-8°,  167 pp, 2e édition, broché, bon état

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"Il est utile d’avoir présents à la mémoire les principes de Bossuet, quand on lit l’admirable “Essai sur l’accélération de l’Histoire”, où Daniel Halévy a réuni les « Méditations sur l’Histoire universelle » d’un homme de notre temps. Je dis bien : méditations, et non pas discours, comme dans la langue du XVIIe siècle. Et c’est là une première différence. De Bossuet à Halévy, l’Histoire universelle a glissé du genre oratoire à un genre contemplatif. Les siècles n’apparaissent plus dans l’ordre qu’aimaient y retrouver les contemporains de Louis XIV. Nous ne pouvons plus concevoir, comme Bossuet, « un abrégé où l’on voit comme d’un coup d’œil tout l’ordre des temps ». Le passé ne dévoile que partiellement. Il y a des trous d’ombre, et puis des éclairs, des éclatements. Un homme du XVIIe siècle ne s’arrêterait pas à ces discontinuités de la durée. Elles lui semblaient secondaires. Les méditations de D. Halévy placent au contraire ces discontinuités au centre de l’Histoire universelle..." (Philippe Ariès, Revue française de l'Elite, 1948)

37.              HARWICH (Nikita). Histoire du chocolat.  Desjonquères,  1992, in-8°,  291 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Les origines du cacao sont fabuleuses. Boisson des dieux chez les Mayas et les Aztèques, le chocolat a tôt fait de conquérir la faveur des hommes. Rapporté en Europe par les conquistadors et les missionnaires espagnols, il est entouré d'un halo de mystère et ses vertus réelles ou supposées suscitent une longue polémique. Le monopole de l'Espagne sur le commerce du cacao éveille les convoitises. Hollandais, Anglais, Français, Portugais en implantent la culture dans leurs possessions du Nouveau Monde, tout en favorisant un fructueux trafic clandestin. Au XVIIIe siècle, le chocolat n'est encore qu'un produit exotique de luxe. Le XIXe siècle en voit la consécration. Son usage se répand dans toute la société, tandis que la culture du cacaoyer traverse l'Atlantique, gagnant l'Afrique, puis l'Asie et l'Océanie. La généralisation de sa consommation n'a en rien altéré l'énigmatique pouvoir de séduction de cette friandise, essentielle à l'imaginaire gourmand de nos sociétés.

38.              HAUTECOEUR (Louis). Littérature et peinture en France du XVIIe au XXe siècle.  Armand Colin,  1963, gr. in-8° carré,  358 pp, 50 pl. d'illustrations hors texte, index, broché, bon état

            45

Essai d'analyse des doctrines esthétiques, et de l'adaptation qu'en ont fait à leur usage écrivains et artistes, aux XIXe et XXe siècles essentiellement (le romantisme, l'art social, l'art pour l'art, le naturalisme, le symbolisme, la peinture pure), après un premier chapitre "des origines au XIXe siècle". Deuxième édition d'un ouvrage publié en 1942 par l'historien et critique d'art Louis Hautecoeur (1884-1973), augmentée d'un chapitre sur les relations de la peinture et de la littérature depuis 1944. — "Tout ceux qui ont eu le privilège d'être ïes élèves ou !ea auditeurs de M. Hautecoeur à l'Ecole du Louvre seront heureux de retrouver dans son ouvrage un résumé des cours remarquables qu'il. a professés de 1930 à 1935, comme ses lecteurs lui auront une infinie reconnaissance de les aider à oublier la fuite des jours sinistres puisque nous croyons comme lui que « l'art est une évasion hors du monde mauvais »." (Marguerite Charageat, Journal des débats politiques et littéraires , 16 déc. 1942)

39.              HEIM (Roger). L'Angoisse de l'an 2000. Quand la Nature aura passé, l'Homme la suivra.  Editions de la Fondation. Singer-Polignac,  1973, gr. in-8°,  396 pp, broché, bon état

            50

"Le professeur Heim (1900-1979), l’un des premiers, a donné l’alerte à la pollution, à l’épuisement du monde vivant, au massacre des animaux en voie de disparition, des animaux en général, à l’exploitation abusive des végétaux actuels ou fossiles. Il a publié sur ces sujets des livres de prémonition, qui étaient alors en avance sur leur temps, que l’actualité a largement rejoints et dépassés. La protection de la nature, l’environnement ont été son souci constant; il l’a exprimé dans de nombreux écrits, tels “l’Angoisse de l’an 2000”, dans de nombreux discours, rapports ou conférences et dans un film intitulé “Nature morte”. Ces œuvres, qui paraissaient pessimistes et quelque peu excessives au moment où elles ont paru, se sont révélées – malheureusement – l’exact reflet de la réalité actuelle. Un autre film, ayant pour sujet les champignons hallucinogènes, a été tourné par lui..." (Etienne Wolff, de l’Académie française) — Entré dans la Résistance en 1942, Roger Heim (1900-1979) fut dénoncé et déporté. Ayant survécu, libéré en 1945, il fut nommé professeur, puis entra à l'académie des Sciences en 1946. Plus tard, il présida l'amicale de Mauthausen. En 1948, il est nommé président de la Société Botanique de France. Il dirige durant de nombreuses années la collection "les grands naturalistes français". Roger Heim est l'un des fondateurs, en 1948, de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources), dont il fut le président de 1954 à 1958. Son livre de 1973, "L'angoisse de l'an 2000", témoigne de son engagement. C'est Roger Heim qui rédigea l'introduction de la traduction française du célèbre ouvrage de Rachel Carson "Silent Spring" paru en 1962, "le Printemps Silencieux" (non réédité depuis 1972), le premier ouvrage à dénoncer l'emprise de la mafia de la chimie agricole et des pesticides. Il y écrivit: « On arrête les “gangsters”, on tire sur les auteurs des “hold-up”, on guillotine les assassins, on fusille les despotes – ou prétendus tels – mais qui mettra en prison les empoisonneurs publics instillant chaque jour les produits que la chimie de synthèse livre à leurs profits et à leurs imprudences ? »... C'était un mycologue éminent qui publia de très nombreux ouvrages et entre autres: “Les champignons toxiques et hallucinogènes du Mexique”, “Termites et Champignons”, “Les Champignons d'Europe”, “Les champignons toxiques et hallucinogènes” et “L'Angoisse de l'an 2000”.

40.              HOURS (Madeleine)(dir.). La Vie mystérieuse des chefs-d'oeuvre. La science au service de l'art.  P., Réunion des Musées Nationaux,  1980, pt in-4°,  335 pp, plus de 200 photos et figures en noir et en couleurs, biblio sommaire, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Catalogue de l'exposition organisée par les galeries nationales du Grand Palais (10 octobre 1980 - 5 janvier 1981), qui avait pour ambition de présenter les liens entre le Patrimoine et la Science telle qu'elle se pratique dans les laboratoires. Elle évoque la prospection archéologique, la préhistoire et le Moyen Age au travers des techniques scientifiques au service de la datation, de la restauration et de la conservation des oeuvres d'art. — Chapitres sur Lascaux, la peinture, le métal, la reine Arégonde, femme de Clotaire Ier (seule sépulture royale d'époque mérovingienne identifiée), la pierre, le vitrail, la céramique, le bois, le textile...

41.              JAGGER (Cedric). Histoire illustrée des montres et horloges.  Pully (Suisse), Editions Princesse,  1977, in-4°,  254 pp, 370 gravures et photos dont 120 en couleurs, cartonnage toilé noir de l'éditeur avec titres dorés au 1er plat et au dos, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            40

Depuis les premières mesures du temps jusqu'aux principes essentiels de l'horloge, une histoire du développement des horloges domestiques, des horloges à ressort et des montres jusqu'au progrès du XIXe et XXe siècle. L'auteur expose très en détail l’évolution de l’horlogerie, art de la précision maniaque, de l’innovation technologique et de la recherche esthétique. Un livre destiné au grand public, mais particulièrement bien documenté sur l'horlogerie anglaise et hollandaise.

42.              KUNSTLER (Charles). La Politique de nos rois. Textes choisis et commentés.  Fayard,  1942, in-12,  492 pp, généalogies et chronologies des rois de France, broché, bon état (Coll. Les Grandes études politiques et sociales)

            25

Un ouvrage qui, en s'appuyant sur les écrits laissés par les rois de France de Philippe Auguste à Louis-Philippe, montre leur sens politique. C'est un véritable traité de bonne politique qui nous est ainsi livré à travers l'analyse de dix siècles de monarchie française, notamment dans les testaments de Saint-Louis, de Louis XIV et de Louis XVI.

43.              LAMING-EMPERAIRE (Annette). Origines de l'archéologie préhistorique en France. Des superstitions médiévales à la découverte de l'homme fossile.  Picard,  1964, gr. in-8°,  243 pp, 24 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            40

Edition originale de ce travail pionnier qui retrace les origines de cette discipline récente, branche de la paléontologie, qui apparaît en France au milieu du 19e siècle, attachée à la personnalité aventureuse de Jacques Boucher de Perthes (1788-1868), douanier d’Abbeville et archéologue amateur. Une dizaine d’ouvrages ont retracé, d’un point de vue historiographique, la suite des découvertes et des recherches qui ont abouti à fonder, au 19e siècle, la science des origines de l’Homme. Parmi eux, l’un des plus complets reste celui d’Annette Laming-Emperaire (1917-1977). — Table : Les origines ; Naissance de l'archéologie ; Les sciences naturelles et l'homme fossile ; La cristallisation : Boucher de Perthes et la formation de l'archéologie préhistorique. L'organisation de l'enseignement et des recherches dans la seconde moitié du XIXe siècle. ‎

44.              LANDAIS (Hubert). Les Bronzes italiens de la Renaissance.  PUF,  1958, in-8°,  viii-119 pp, 32 pl. de photos hors texte (8 en couleurs), biblio, table des scupteurs et bronziers de la Renaissance cités, reliure demi-toile verte, pièce de titre basane havane, couv. illustrée conservée, bon état (Coll. L'Œil du connaisseur)

            30

45.              LATREILLE (A.) et R. RÉMOND. Histoire du catholicisme en France. III. La période contemporaine.  P., SPES,  1962, fort in-8°,  693 pp, broché, bon état

            30

Tome III seul (sur 3) : De la fin de l'Ancien Régime à 1958. — "Le troisième et dernier tome de la monumentale Histoire du catholicisme en France dont André Latreille a conçu le plan et écrit lui-même presque toute la partie contemporaine, à l'exception des ultimes chapitres confiés à René Rémond, pourrait porter en sous-titre "les Illusions perdues". Toute une série de drames douloureux et plus rarement d'heureuses surprises sont nés en effet de la méconnaissance du réel, soit entre la France et Rome, soit à l'intérieur de notre pays entre croyants et incroyants, durant ces deux siècles dont l'histoire religieuse est ici abordée avec une telle largeur de vues, un tel souci d'équité, que la science historique en offre peu d'exemples sur des sujets aussi brûlants. Illusion d'avoir pensé que le philosophisme du dix-huitième siècle avait profondément entamé la foi du peuple des villes et des campagnes ; illusion des évêques gallicans d'avoir cru que Pie VI pourrait jamais accepter, même avec certains tempéraments, la constitution civile du clergé, ou Grégoire XVI le libéralisme en quoi Lamennais et ses amis voyaient un moyen de renforcer l'action de l'Église sur les âmes ; double équivoque encore au début de 1848 d'avoir supposé que les timides réformes de Pie IX présageaient son ralliement à l'idée de l'indépendance italienne sous forme de confédération ou a fortiori d'État unitaire, et, en France, que l'euphorie de février amènerait une compréhension profonde des aspirations de la classe ouvrière de la part de la bourgeoisie catholique et du clergé ; lorsque à la fin du Second Empire l'athéisme et le scientisme des milieux intellectuels semblent avoir définitivement triomphé de l'inquiétude religieuse, que le Syllabus a braqué centre Rome tous les libres penseurs et que cette fois de larges couches populaires se détachent de l'Église ; erreur aussi chez les républicains et les socialistes oui tiendront solidement les majorités parlementaires après le bref interrègne d'une Assemblée nationale monarchiste d'avoir escompté le discrédit définitif des dogmes et le triomphe durable du positivisme. Refus d'autoriser la survie des congrégations, rupture des relations diplomatiques avec le Vatican, abandon du concordat, spoliation des biens ecclésiastiques : autant de succès du radicalisme et du combisme dont on voit aujourd'hui le caractère éphémère..." (Maurice Vaussard, Le Monde, 21 juin 1962)

46.              LIEDEKERKE (Arnould de). La Belle Epoque de l'Opium. Anthologie littéraire de la drogue de Charles Baudelaire à Jean Cocteau. (Thèse).  La Différence,  1984, gr. in-8° carré,  283 pp, avant-propos de Patrick Waldberg, 47 illustrations, biblio, index, broché, 1er plat lég. défraîchi, bon état. Edition originale

            30

"Lecteur, tu tiens entre les mains un ouvrage précieux. Tu peux le lire sans précautions d'usage, en abuser, t'en régaler. Œuvre culte, occulte, elle s'intéresse entre autres au passé des opiacés. Ne nous y trompons pas ! Ce n'est pas seulement une anthologie de textes. Mais la plus complète des histoires sur la drogue. Nous entrons dans une chambre noire éclairée par les flashs de la médecine, de la sociologie, de la psychologie, de la poésie, de la psychanalyse et illuminée par le phosphore du style. Le Liedekerke, référence aussi solide que le Vidal pour les carabins, s'impose comme un précis de dandysme, un somptueux voyage exotique." (Olivier Frébourg)

47.              MARCEL (Henry). La Peinture française au XIXe siècle.  P., Alcide Picard et Kaan,  s.d. (1906), in-8°,  ii-360 pp, 125 reproductions d'œuvres, index, reliure demi-chagrin chocolat, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleuron dorés, mors et coiffe sup. lég. frottés, bon état (Bibliothèque de l'enseignement des beaux-arts)

            30

"Le XIXe siècle est à peine clos que les historiens se préoccupent de son histoire artistique. Le titre même de son livre contraignait presque l'auteur à la division chronologique. Son ouvrage est divisé en cinq chapitres : I. La peinture sous l'Empire et les premières années de la Restauration ; II. L'époque romantique ; III. Le paysage et les arts secondaires ; IV. La peinture sous le second Empire ; V. La peinture sous la troisième République. Seul le chapitre III trouble l'ordre chronologique. L'importance que prend le paysage dans le second tiers du XIXe siècle justifie l'étude particulière que lui a consacrée M. Marcel. L'auteur connaît parfaitement l'histoire de la peinture contemporaine. Il nous apprend un très grand nombre de noms, de dates, de faits, de titres d'oeuvres, et l'on ne peut relever une grosse erreur dans son ouvrage. La partie critique est fort importante. Les jugements sont élevés, sereins, dépourvus de passion. Ni Ingres, ni Delacroix ne sont sacrifiés, et il n'y a pas si longtemps qu'on ne savait encore admirer l'un sans attaquer l'autre. Chaque artiste est caractérisé, en quelques lignes, par un choix d'œuvres essentielles, par une critique précise et minutieuse. Et c'est cela surtout qu'il faut louer. Nous sommes si près encore de ces peintres, entrés cependant dans l'histoire, qu'une singulière finesse de jugement est nécessaire pour assigner à chacun sa place dans l'école. Des annexes précieuses complètent l'ouvrage. Les historiens et les critiques se reporteront souvent à l'index alphabétique des noms de peintres. Une bibliographie, à la fin de chaque chapitre, facilite l'étude particulière des grands mouvements et des grands artistes. Cette bibliographie est très complète." (Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1906)

48.              MATTHIAS (Prof. Dr. Eugen). Die Frau, ihr Körper und dessen Pflege durch die Gymnastik.  Soleure, Vogt-Schild,  1929, in-4°,  xv-241 pp, 85 figures et photos dans le texte, 20 planches de photos in fine, index, broché, bon état. Texte en allemand

            25

49.              MAY (Louis-Philippe). Esquisse d'un tableau des apports de la France à la civilisation.  Albin Michel,  1951, in-8°,  752 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Pendant l'occupation, un ancien élève de l'École des chartes, brillant érudit, M. May, sentit le besoin de repenser, et de faire repenser à ses compatriotes, quelques hautes raisons de garder confiance dans les vertus et forces propres de sa nation. Il se donna donc pour tâche d'écrire une « Vie de la France » où seraient mises en valeur les idées et œuvres les plus fécondes de cet « être millénaire », présentées dans leur « coordination réciproque » et dans leur « coordination avec l'histoire universelle ». Il voulait établir une sòrte d' « inventaire » des apports français à la civilisation et, du même coup, définir l'esprit original et constant d'un peuple qui a collaboré généreusement, pendant vingt siècles, avec tous les autres. Vaste synthèse et apologie méditée, le volume de 1951 répond bien aux intentions de 1940. Ce n'est nullement le panégyrique oratoire d'un propagandiste; c'est le « tableau » méthodique tracé, en marge de ses travaux d'historien, par un penseur soucieux de vérité et de mesure. Inégalement informé, peut-être, suivant les différents siècles ou aspects d'une « vie » française longue et complexe, porté sans doute à insister trop sur les contributions d'idées dues à certains individus et trop peu sur l'apport général et collectif de notre peuple au fond mental de l'humanité moderne, M. May fait, du moins, preuve d'une objectivité digne de toutes louanges et, dans son bilan admirablement scrupuleux, réussit à attribuer leur place à toutes les Frances, à la France artisane, ouvrière et artiste comme à la France politique et colonisatrice, à la France religieuse comme à la France philosophe. Tout ce à quoi on peut songer est rappelé avec justice, caractérisé avec justesse, depuis I' « œuvre européenne des Carolingiens » et la formule capétienne de l'État jusqu'à l'idéal libéral de la bourgeoisie du xixe siècle, depuis Cluny et les gesta Dei per Francos ou Y opus francigenum jusqu'aux principes de 1789 ou aux conquêtes de l'art français moderne. Le cartésianisme, la physiocratie, l'Encyclopédie sont situés avec soin au sein d'une évolution intellectuelle, politique et sociale qu'ils inspirent ou orientent. On ne rencontrera guère de pages qui ne soient ponctuées d'observations suggestives, de citations heureuses et neuves. Des chapitres comme celui qui est consacré au Canada français ou celui qui s'intitule Savoir bâtir et savoir vivre « à la française » sont d'une venue parfaite et d'une lecture stimulante..." (H. Droiuot, Revue Historique, 1953)

50.              Mélanges Marcel Reinhard. Hommage à Marcel Reinhard. Sur la population française au XVIIIe et au XIXe siècles.  P., Société de démographie historique,  1973, in-8°,  597 pp, broché, bon état

            50

"Cet ouvrage contient trente-sept études – dues à trente-huit auteurs – offertes à Marcel Reinhard, à l'occasion du dixième anniversaire de la Société de démographie historique qu'il fonda en 1963 ; alors professeur honoraire à la Sorbonně, il est, malheureusement, décédé depuis. Elles se répartissent comme suit par grands groupes de sujets : Généralités : Réflexions sur la démographie normande (P. Chaunu) ; Un quart de siècle de démographie historique : bilan et réflexions (P. Goubert) ; La démographie au service de l'Histoire (L. Henry). – Population et accroissement : Dénombrement de la population du Cambrésis en 1778 (P. Bougard) ; Population de Nancy, 1815-1938 (P. Clemendot) ; Le problème du nombre des nobles en France au xviiť siècle (R. Dauvergne) ; Le dépeuplement des campagnes bas-normandes pendant la première moitié du XIXe siècle (G. Desert) ; Croissance démographique régionale dans le Bassin parisien au XVIIIe siècle (J. Dupâquier) ; La population de la région toulousaine sous l'Ancien Régime (G. Frêche) ; Pompadour et Collonges : étude sur l'évolution démographique de deux localités de la Corrèze à l'époque révolutionnaire (J. Godechot) ; La population de la Chatellenie de la Ferté-Alais du XVIe au XVIIIe siècle (J. Jacquart) ; Le recensement de l'an II à Sèvres (M. Massari) ; Note sur le peuplement de la généralité de Moulins (M. Morineau) ; L'état de la population de Mostuejouls (Aveyron) en 1960 (R. Noël). –  Mortalité : Essai sur la statistique des causes de décès en France sous la Révolution et le Premier Empire (J.-N. Biraben) ; Statistiques de mortalité infantile sous le Consulat et l'Empire (D. Dinet) ; Une grande épidémie en France au XVIIIe siècle : la dysenterie de 1779 (F. Lebrun) ; La mortalité des départements français ruraux du XIXe siècle (E. Van de Walle). – Fécondité : Fécondité légitime et contraception dans la Région parisienne (M. Lachiver). – Migrations : Note sur la mobilité urbaine dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, vue à travers les registres de sépultures de l'hôpital Saint-André de Bordeaux (J.-P. Poussou). – Nuptialité: Les mariages de 1813 à Toulouse (A. Armengaud) ; Le comportement au mariage de différents groupes sociaux bordelais (1844-1856) (P. Guillaume) ; Le rattrapage de nuptialité d'après peste à Marseille (1720-1721) (M. Terrisse). – Enfants en nourrice, enfants abandonnés : Enfants abandonnés et enfants assistés à Rouen dans la seconde moitié du XVIIIe siècle (J.-P. Bardet) ; L'envoi des jeunes enfants en nourrice. L'exemple d'une petite ville : Thoissey-en-Dombes (1740-1840) (A. Bideau) ; Nourrissons parisiens en Beauvaisis (J. Ganiage) ; Enfants trouvés, enfants abandonnés et enfants illégitimes en Languedoc aux XVIIe et XVIIIe siècles (A. Molinier). – Criminalité : Population mouvante et criminalité à Versailles à la fin de l'Ancien Régime (J. Combes). – Instruction : Recherches sur l'instruction populaire en Alsace à l'aube du XIXe siècle (J.-P. Kintz). – Economie : Quelques aspects des rapports entre économie et population dans la première moitié du XIXe siècle (A. Sauvy). – Divers : Démographie historique à l'Académie (R. Chartier et D. Roche) ; Le chevalier des Pommelles, arithméticien politique et militaire de la fin de l'Ancien Régime (A. Corvisier) ; Les verriers de Givors au XVIIIe siècle (M. Garden) ; J.-B. Moheau (1745-1794) (R. Le Мéе) ; Contribution à l'histoire démographique du département de l'Ain à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle : le qualitatif et le quantitatif (J.-M. Levy) ; Notes sur la médecine et la démographie en Algérie, de 1840 à 1880 (A. Nouschi) ; Généalogies et démographie : quelques exemples récents (C. Rollet). – Variées et intéressantes, ces études témoignent de la vitalité de la démographie historique." (Louis Henry, Population, 1973)

51.              MENSCHING (Gustav). Sociologie religieuse. Le rôle de la religion dans les relations communautaires des humains.  Payot,  1951, in-8°,  326 pp, traduit de l'allemand, broché, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique)

            30

"A côté de la “Sociology of Religion” de J. Wach, nous avons maintenant une “Soziologie der Religion” de M. G. Mensching, plus historique, qui, pour être l'oeuvre d'un disciple de Troeltsch et M. Weber, n'en prend pas moins le problème dans toute son ampleur et non seulement sous l'angle du rapport de la religion avec les formes économiques et sociales ; une oeuvre très utile qui rassemble bien des questions et s'essaie à organiser une matière immense : rapports des religions primitives et nationales, puis des religions universelles, avec les communautés profanes, famille, société économique, etc., etc., – structures internes des grandes religions, articulations sociales, chefs religieux, – l'évolution des religions, – les rapports entre religions." (V. Grégoire, Revue des Sciences philosophiques et théologiques, 1952)

52.              [Mobilier et Décoration] – [Exposition internationale de 1900]. Musée centennal des classes 66, 69, 70, 71, 97 : Mobilier et Décoration, à l'Exposition Universelle internationale de 1900. Rapport de la commission d'installation.  Saint-Cloud, Imprimerie de Belin frères,  1900, in-4°,  114 pp, nombreuses photos dans le texte et 22 planches hors texte sous serpentes, broché, bon état

            50

Belle iconographie.

53.              MONTANDON (Dr. George). L'Ologenèse culturelle. Traité d'ethnologie culturelle.  Payot,  1934, in-8°,  778 pp, 438 figures, 7 graphiques, 19 cartes dans le texte, 12 cartes dépliantes et 32 pl. de gravures et photos hors texte, index des matières, index ethnico-géographique, index des auteurs, reliure demi-toile noire, dos manquant, C. de bibl. sur la page de titre, intérieur propre et frais, état correct (Coll. Bibliothèque scientifique)

            50

La page de titre présente un titre lég. différent de celui de la couverture : "L'Ologénèse culturelle Traité d'ethnologie cyclo-culturelle et d'ergologie systématique". — Georges Montandon (1879-1944), ethnologue au Musée de l'Homme, fut l'une des cautions scientifiques du racisme avant la Seconde Guerre mondiale. Il s'installe à Paris en 1925, où il travaille au Muséum d'histoire naturelle, et écrit dans la revue communiste Clarté, dirigée par Henri Barbusse. En 1931, il entre à l'École d'anthropologie. En 1933, il occupe la chaire d'ethnologie et il publie "La Race, les races" chez Payot, ouvrage favorablement accueilli par l'ensemble de la presse scientifique, où il écrit : « Aujourd'hui les Juifs forment avant tout une ethnie, une raison sociale, et non une race uniforme ». La classification des races proposée par Montandon est encore présentée en 1965 comme une référence par Georges Olivier, professeur d'anthropologie à la Faculté des sciences et professeur d'anatomie à la Faculté de médecine de Paris, dans son ouvrage "Morphologie et types humains" (pp. 129-132). En 1934, Montandon publie "L'Ologenèse culturelle" publié chez Payot, « traité d'ethnologie cyclo-culturelle et d'ergologie systématique », toujours bien accueilli. En 1935, paraît "L'Ethnie française" (Payot), où il jette les bases de l'« ethno-racisme » à prétentions scientifiques en France. Nommé en 1936 conservateur du Musée Broca, et déçu du Front populaire, peut-être pour des raisons plus personnelles que politiques, il se tourne définitivement vers l'antisémitisme, et correspond alors avec des antisémites réputés... En 1938, Montandon publie "Problème des races : l’ethnie juive devant la science", livre dans lequel il se présente ouvertement comme un militant antisémite déterminé, favorable à la réduction de l’« ethnisme juif » contre lequel il préconise la castration des hommes et la défiguration des femmes afin de les empêcher de procréer... — Dans son "Manuel d'ethnographie", Marcel Mauss précise que ce livre n'est "à n'utiliser qu'avec précautions".

54.              MORIN (Christian). La Roue de la Fortune. Les jeux de hasard de l'Antiquité à nos jours.  Perrin,  1991, in-8°,  323 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Ecrit avec la collaboration de Claude Dufresne, un véritable livre d'histoire, très documenté et très vivant, qui, partant des soldats romains jouant aux dés la tunique du Christ et conduisant aux jeux d'aujourd'hui, dépeint cette constante dans le comportement des individus, cette tentation qui a toujours habité les hommes de demander au hasard la fortune, le rêve, l'émotion et l'excitation, quel que soit leur milieu social.

55.              MULLER (Herbert J.). Freedom in the Modern World.  New York, Harper & Row,  1961, gr. in-8°,  xv-559 pp, index, reliure toile éditeur, jaquette, bon état. Texte en anglais

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Historien, spécialiste de science politique, professeur à l'Université de l'Indiana depuis 1956, Herbert Muller traite dans cet ouvrage de ce qu'il croit être les principaux développements qui ont affecté la civilisation à travers le monde depuis le début du XIXe siècle. Il aborde notamment la science et la technologie, la philosophie, la littérature, la politique, l'économie, la religion, les beaux-arts, l'éducation, le nationalisme, le communisme et le fascisme... L'auteur consacre un chapitre à l'Extrême-Orient, un au Moyen-Orient et un à l'Amérique latine. Le style de l'auteur est érudit et le livre est très bien écrit.

56.              PANOFSKY (Dora et Erwin). La Boîte de Pandore. Les métamorphoses d’un symbole mythique.  Hazan,  1990, pt in-4°,  160 pp, traduit de l'anglais, 66 illustrations, notes, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            40

Ce livre raconte l'itinéraire du mythe de Pandore depuis l'antiquité grecque jusqu'à nous, avec ses étonnantes transformations. De textes savants en poèmes, de l'école de Fontainebleau au néo-classicisme, des préraphaélites à Paul Klee, Erwin et Dora Panofsky mènent une passionnante recherche en suivant le fil conducteur des variations du mythe. Une étude iconologique certes, mais aussi un angle extrêmement subtil pour étudier les époques : chacune a sa façon, souvent révélatrice, de s'approprier Pandore. L'érudition de Panofsky trouve dans ce livre une occasion de s'exprimer avec une grâce particulière, et tout au long de cette enquête, si riche en pièces à conviction, le lecteur se retrouve confronté, pour sa joie la plus grande, à une véritable fiction. — "D’Hésiode à Paul Klee, soit sur la totalité de l’arche de temps de l’art occidental, le mythe de Pandore accomplit son chemin. C’est ce parcours, avec ses longs silences, ses reprises, ses transformations, que le livre de Dora et Erwin Panofsky retrace. De la Délie de Maurice Scève (« Et de moy seul fatale Pandora ») aux dessins et aux peintures du néo-classicisme, de l’inquiétante et très belle Eva Prima Pandora de Jean Cousin à la femme fatale peinte par Dante Gabriel Rossetti, à travers livres d’emblèmes, textes savants, poèmes, compilations et grande peinture, ce sont non seulement les transformations d’un mythe, mais aussi la façon dont les époques qui le reprennent se projettent en lui, qui deviennent explicites. S’il sert bien tout d’abord à coudre très finement ensemble les pièces détachées dont se compose l’histoire de l’art, le fil conducteur des avatars du mythe de la boîte de Pandore, dégagé de l’ensemble du tissage culturel par une érudition à la fois extraordinaire et délicate, et comme tendu invisiblement par une sûreté théorique tout aussi déconcertante, vient ici fonctionner comme une sorte de révélateur. Le long de cette enquête si riche en pièces à conviction, le lecteur se retrouve, pour sa joie la plus grande, dans la posture de celui qui avance au sein d’une fiction : ce qui s’échappe de la boîte de Pandore ouverte par Erwin et Dora Panofsky, c’est la matière fictionnelle même, dans une pureté quasi originelle." (4e de couverture)

57.              PEACOCK (John). Le Costume occidental de l'Antiquité à la fin du XXe siècle.  P., Chêne,  1990, in-4°,  224 pp, plus de 1000 reproductions de costumes masculins et féminins reproduits en couleurs, glossaire illustré, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            45

Comportant plus d'un millier de reproductions en couleurs, cet ouvrage présente l'histoire du costume occidental de l'Antiquité égyptienne jusqu'aux dernières tendances de la mode occidentale. Fresque incomparable retraçant 4000 ans d'histoire, il nous fait découvrir l'étonnante variété des solutions adoptées pour embellir la silhouette humaine : relative simplicité du monde antique, raffinements des distinctions sociales au Moyen Age ou encore la richesse exotique à la Renaissance. La dernière partie du livre souligne l'éclatante diversité de la mode au XXe siècle. Les minutieux dessins en couleurs de John Peacock sont le résultat de longues recherches fondées sur l'étude de tableaux, de photographies et de costumes réels. Répartis en chapitres chronologiques, ils sont accompagnés de notices détaillées décrivant chaque modèle adopté au cours des siècles, présenté en termes de tissu, de coupe, de motifs et de couleurs. Un glossaire illustré permet en outre de se familiariser avec le vocabulaire technique. De ce vaste panorama ressortent non seulement les caractéristiques propres à chaque nation, mais également les distinctions sociales : jeunes et vieux, riches et pauvres, campagnards et citadins, princes et roturiers. Une véritable encyclopédie du vêtement et un grand livre de référence indispensable à tous les passionnés de mode et de costume ainsi qu'aux historiens, aux étudiants et à tous ceux qui travaillent dans le monde du spectacle. — Styliste et créateur de costumes de spectacle, John Peacock enseigne l'histoire de la mode. Il a été, pendant de nombreuses années, le chef costumier de la BBC. Il est l'auteur de nombreux livres sur l'histoire de la mode et du costume, dont “La Mode de 1900 à nos jours”.

58.              [Pêche et cueillette] – [Exposition internationale de 1900]. Musée rétrospectif des classes 53-54 : Pêche et cueillette, à l'Exposition Universelle internationale de 1900. Rapport du comité d'installation.  Saint-Cloud, Imprimerie de Belin frères,  1900, in-4°,  69 pp, nombreuses gravures et photos dans le texte et à pleine page, broché, bon état

            30

Belle iconographie.

59.              PIKE (E. Royston). Dictionnaire des Religions.  PUF,  1954, gr. in-8°,  viii-329 pp, adaptation française de Serge Hutin, reliure toile éditeur, jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état

            30

"Ce livre est l'adaptation française de l'ouvrage intitulé “Encyclopaedia of Religion and Religions” (Londres, 1951). Celui-ci, avec son format réduit, ne saurait prétendre se mettre sur le même pied que les grandes encyclopédies religieuses telles que l' “Encyclopaedia of Religion and Ethics” avec ses treize volumes ou les cinq gros volumes de “Religion in Geschichte und Gegenwart” de Schiele et Gunkel ; encore moins peut-il songer à reproduire la substance des dictionnaires et encyclopédies, en plusieurs tomes, qui ont chacun pour objet une partie délimitée du vaste domaine des religions, mythologie, bible, théologie, Islam, etc. La tâche qui incombait à l'auteur consistait donc surtout à faire un choix, à l'intention du grand public. Le souci évident de l'auteur a été de chercher à maintenir une juste proportion, pour la place qui leur est faite, aux diverses grandes religions ; pour chacune d'elles, on trouvera des notices concernant les principaux personnages, les sectes, certaines notions fondamentales ou certains objets concernant le culte." (Revue de l'histoire des religions, 1956)

60.              POIRIER (Jean-Pierre). Histoire des femmes de science en France. Du Moyen Age à la Révolution.  Pygmalion,  2002, gr. in-8°,  411 pp, préface de Claudie Haigneré, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"La science est une chose très dangereuse pour les femmes, déclarait, en 1808, Joseph de Maistre, porte-parole des phallocrates antiféministes. On ne connaît presque pas de femmes savantes qui n'aient été ou malheureuses ou ridicules par la science. Les femmes qui veulent faire les hommes ne sont que des singes ; or, c'est vouloir faire l'homme que de vouloir être savante." Deux siècles plus tard, personne n'oserait tenir un tel discours. Pourtant subsiste du passé une grave lacune : dans le domaine des sciences, les femmes ne représentent encore que 30 % en moyenne des effectifs des grandes institutions. Or, elles ont tenu une place déterminante dans l'histoire de l'astronomie, de la chimie, de la physique, de la médecine, etc., en France. Pour la première fois de façon exhaustive, l'auteur entend leur rendre justice en évoquant plus de 60 personnalités, des plus connues (Héloïse, Madame du Châtelet, Madame Lavoisier) aux plus obscures. Au cours d'existences riches en aventures intellectuelles et amoureuses, ces femmes ont mené des carrières que beaucoup d'hommes pourraient leur envier et participé aux grandes révolutions scientifiques. Grâce à ce livre, leur réhabilitation est enfin effectuée de manière éclatante.

61.              PRIOURET (Roger). La Caisse des Dépôts. Cent cinquante ans d'histoire financière.  PUF,  1966, gr. in-8°,  508 pp, postface de F. Bloch-Lainé, 30 gravures et portraits hors texte, 20 diagrammes, annexes, notes, sources, reliure toile éditeur, jaquette, bon état

            40

"Il faut louer M. Bloch-Lainé d'avoir, à l'occasion du cent cinquantenaire de la Caisse des Dépôts, ouvert à un historien les archives de cette vénérable institution. On lira avec plaisir les pages alertes consacrées par R. Priouret aux difficultés de la Caisse sous l'Empire et la Restauration, à la curieuse histoire de l'indemnité de Saint Domingue, ou aux efforts de Goudechaux et de Garnier-Pagès en 1848 aux prises avec la commission de surveillance entièrement orléaniste : l'histoire financière de la France n'est pas faite, et toute étude est la bienvenue. Mais la partie la plus neuve et la plus curieuse de l'ouvrage est sans doute celle consacrée à la personnalité et à l'œuvre de Jean Tannery (1878-1939) placé à la tête de la Caisse par le cartel des gauches, en 1925, et démissionné par Vincent Auriol en juin 1936 (pages 290-356) : cette histoire encore fort proche de nous est tres instructive." (Guy Thuillier, La Revue administrative, 1966)

62.              RAFFY (Casimir). Lectures d'histoire moderne. Histoire de l'Europe, de 1610 à 1789.  P., Durand et Pédone-Lauriel, Thorin ; Toulouse, Privat,  1876, in-12,  482 pp, 5e édition, mise en harmonie avec les programmes de 1874, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs filetés, titres et caissons dorés (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire bien relié

            30

Coll. Lectures historiques, ou choix des plus beaux fragments des meilleurs historiens anciens et modernes, français et étrangers, disposés selon l'ordre des programmes de l'enseignement et reliés par des sommaires, véritable Cours d'histoire universelle par les grands maîtres...

63.              [Soies et tissus de soie] – [Exposition internationale de 1900]. Musée rétrospectif de la classe 83 : Soies et tissus de soie, à l'Exposition Universelle internationale de 1900, à Paris. Rapport de M. Raymond Cox.  Saint-Cloud, Imprimerie de Belin frères,  1900, in-4°,  70 pp, nombreuses gravures et photos dans le texte et à pleine page, broché, bon état

            50

Belle iconographie.

64.              SOULIER (Gustave). Les Influences orientales dans la peinture toscane. (Thèse).  P., Henri Laurens,  1924, in-4°,  448 pp, 48 planches hors texte, 132 figures dans le texte, biblio, index, broché, couv. lég. salie, bon état. Edition originale

            80

"M. G. Soulier, directeur adjoint de l'Institut français de Florence, vient de conquérir une renommée de bon aloi par une thèse de doctorat originale, fortement construite, dont les répercussions sur l'histoire générale de l'art iront croissant avec le temps. Ce n'est ni plus ni moins qu'une revision de l'histoire de la peinture italienne, qu'a entreprise M. G. Soulier. Il a discerné et mis en valeur une série de constatations capitales. Jusqu'à présent, les critiques ont fait fausse route : ils ont attribué dans la pré-Renaissance la part léonine à la culture littéraire. C'est là un préjugé, une aberration routinière, d'autant plus inexplicable que l'humanisme érudit a pu susciter un mouvement d'idées, non pas fournir des modèles aux génies plastiques. D'ailleurs, l'humanisme lui-même ne fut pas seulement un retour à l'antique. Les savants grecs de Florence apportaient avec eux un cortège de notions et d'images de l'Orient..." (D. Lathoud, Revue des études byzantines, 1927) — "En parcourant cette thèse si riche de faits, on n'est pas toujours d'accord avec l'auteur. Mais on n'a que trop rarement l'occasion de lire un livre d'histoire de l'art dont la substance soit vraiment tirée des œuvres d'art. M. Gustave Soulier a donné sur ce point un exemple qui devrait bien être imité et dont il faut le louer grandement." (Louis Hourticq, Journal des Savants, 1926)

65.              TAILLEMITE (Etienne). Dictionnaire des marins français. Nouvelle édition revue et augmentée.  Tallandier,  2002, gr. in-8°,  573 pp, qqs gravures et photos, index chronologique et index géographique, reliure toilée éditeur, jaquette illustrée, très bon état

            35

Surcouf, Cousteau, de Grasse, Bougainville, Monge, Duguay-Trouin, Cartier, Tabarly, Richelieu, Baudin, La Motte-Picquet, Suffren, Leygues, Bart, Vauban, Duquesne, Gauguin, Lapérouse, Kerguelen, Tourville, D'Entrecasteaux, Loti, Coligny, Garnier, Colbert... Depuis près de cinq siècles, ces hommes et tant d'autres, qu'ils aient été combattants, ministres, explorateurs, écrivains, administrateurs, scientifiques ou artistes, ont écrit les plus belles pages de l'histoire maritime française. Ces personnalités aux destins passionnants méritaient de figurer dans un ouvrage de référence. C'est l'objectif que s'est fixé Etienne Taillemite en nous proposant ce dictionnaire. A travers près de 1000 portraits, puisés aux meilleures sources, il nous fait revivre les grands épisodes de l'aventure maritime française, sur le plan de la politique générale comme sur celui des opérations militaires auxquelles la marine a été mêlée. Il met également en lumière certains aspects méconnus des activités de la flotte : missions diplomatiques, contribution à la recherche scientifique, grandes découvertes, missions à caractère humanitaire, etc. Cette nouvelle édition du Dictionnaire des marins français, totalement revue et augmentée de plus de 150 portraits, apparaît véritablement comme l'ouvrage incontournable sur le sujet.

66.              TOYNBEE (Arnold J.). L'Histoire. Les grands mouvements de l'histoire à travers le temps, les civilisations, les religions. Avec la collaboration de Jane Caplan.  Bruxelles, Elsevier Sequoia,  1975, in-4°,  552 pp, traduit de l'anglais, préface de Raymond Aron, 500 illustrations dont 90 planches hors texte en couleurs, 20 cartes, chronologie , index, reliure toile éditeur, jaquette imprimée sur papier doré (lég. abîmée), bon état

            60

Comment comprendre l'histoire ? Comment peut-elle nous aider à appréhender le présent ? Peut-elle entrouvrir l'avenir ? Dépassant le cadre étroit des histoires nationales, Arnold Toynbee a pensé l'« histoire totale » de l'humanité. Il en fait une synthèse exceptionnellement claire. — "Dans l'avant-propos de cette œuvre monumentale, Toynbee (mort en 1975) rappelle comment il la conçut : « En 1914, j'enseignais l'histoire de la Grèce classique à l'Université d'Oxford. En août, l'idée me vint à l'esprit que Thucydide avait vécu l'expérience que je connaissais à mon tour. Comme moi, l'historien grec avait connu une grande guerre fratricide opposant des Etats qui se partageaient l'empire politique du monde d'alors. Thucydide avait pressenti que cette guerre ferait date dans l'histoire de son temps, et la suite a prouvé qu'il avait raison. Je savais dès lors qu'en termes d'expérience l'histoire de la Grèce classique et l'histoire moderne de l'Occident étaient contemporaines. Leur évolution était parallèle. On pouvait se livrer à une étude comparative. » Ce texte résume admirablement l'histoire de Toynbee lui-même, ses commencements et ses repentirs, ses motivations et ses confirmations, jusqu'à ce testament qui couronne sa vie. Raymond Aron, dans sa préface, exprime avec finesse un bel éloge de cette œuvre : « elle appartient à la culture de notre temps, elle a contribué à la formation de la conscience que la civilisation occidentale a prise d'elle-même ». Le grand travail de Toynbee, mené de 1927 à 1972, a abouti à la publication d'une bonne douzaine de volumes. Le dernier de ces volumes comporte une synthèse de toute son œuvre. C'est celui-là que les Editions Elsevier Sequoia de Bruxelles nous offrent en traduction illustrée. Toynbee a tout mis dans ce livre, le monde et l'histoire, les aventures de l'humanité et sa philosophie personnelle. (...) Tel est ce livre étonnant, dont la traduction est généralement bonne, l'index assez complet et l'illustration franchement splendide, véritable iconographie comparée des civilisations. Nous devons à Toynbee une synthèse luxuriante, foisonnante et chatoyante de l'histoire du monde. Cette vision personnelle de l'histoire est enrichissante en ce qu'elle nous révèle un homme érudit, visionnaire, enthousiaste et généreux. Ce grand livre ne laissera indifférent aucun de ses lecteurs." (Léon-E. Halkin, Revue belge de philologie et d'histoire)

67.              VALLAUD (Dominique). Dictionnaire historique.  GLM, Fayard,  2004, fort pt in-8°,  1016 pp, texte sur 2 colonnes, 43 cartes dans le texte, reliure souple illustrée de l'éditeur, état correct

            25

D'un faible encombrement, ce 'Dictionnaire historique' fournit en quelques 4.000 notices concises la définition des institutions et des faits nécessaires à l'intelligence de l'histoire universelle, donne la biographie de ceux – dirigeants politiques, artistes, penseurs... – qui ont marqué le destin des hommes, relate les événements clefs et les périodes décisives du passé, accordant une large place aux civilisations, aux faits de société, aux religions de toutes les époques et sous toutes les latitudes. Il servira d'aide-mémoire au chercheur chevronné comme à l'amateur éclairé, de guide clair et sûr à l'étudiant comme au simple curieux. Il sera l'irremplaçable vade mecum de quiconque aura, par plaisir ou par nécessité, affaire avec l'histoire.

68.              VIALLET (Nicole). Tapisserie, méthode et vocabulaire.  P., Imprimerie Nationale,  1971, in-4°,  xv-148 pp, 180 illustrations en noir et en couleurs, biblio, index, reliure simili-cuir acajou de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Principes d'analyse scientifique)

            40

"C'est avec quoique retard que je signale aux lecteurs du Bulletin monumental la parution du premier volume des « Principes d'analyse scientifique » de l'Inventaire général. On connaît les raisons qui ont poussé les responsables de cette vaste entreprise à, établir ces principes d'analyse : la volonté de mettre un peu d'ordre dans le vocabulaire jusqu'alors trop peu rigoureux. Le but visé définissait par là même l'économie de l'ouvrage, comme il est rappelé dans l'avant-propos : il doit permettre « le recours au terme unique et précis qui élimine le discours approximatif ou redondant ». C'est Mlle Nicole Viallet qui a été chargée d'élaborer ce vocabulaire sous la double direction scientifique de M. Francis Salet et Mme Souchal. On est donc assuré dès le départ du sérieux de l'entreprise. Ajoutons enfin qu'un grand nombre de spécialistes et de techniciens ont été en outre consultés, ce qui a permis d'étendre l'étude des tapisseries coptes à nos jours. On trouvera donc consignées ici les techniques nouvelles utilisées aujourd'hui depuis la redécouverte de l'art de la tapisserie. Les trois premiers chapitres sont spécialement destinés à ceux qui ont à charge l'Inventaire. On y trouve une définition du domaine de la tapisserie, une méthode d'analyse et enfin des instructions pratiques pour la constitution d'un dossier d'inventaire. Un certain nombre de remarques méritent d'être méditées. Il est justement souligné l'impossibilité d'affirmer, après l'achèvement d'une pièce, si elle a été exécutée sur un métier de basse lice ou sur un métier de haute lice. Aussi est-ce l'aspect que présente une pièce une fois tombée du métier qui a plus spécialement retenu l'attention. Le quatrième chapitre est entièrement consacré à un vocabulaire méthodique qui rendra de signalés services non seulement au personnel de l'Inventaire, mais aussi aux spécialistes de la tapisserie et aux collectionneurs. Pour la première fois, le vocabulaire, bien vague jusqu'alors, est d'une précision remarquable. Des dessins extrêmement précis et une illustration suffisamment abondante éclaircissent les définitions qui sans cela seraient restées trop théoriques et pas toujours très compréhensibles. Il faut donc souhaiter que ce vocabulaire soit maintenant adopté... Nous voici pourvus maintenant d'un instrument de travail remarquable, précis et luxueusement édité." (A. Erlande-Brandenburg, Bulletin Monumental, 1975)

69.              VILLENEUVE (Roland). Histoire du cannibalisme.  Livre Club du Libraire,  1965, in-8°,  237 pp, 15 gravures hors texte (5 sur double page) par Théodore de Bry (XVIe siècle), Léonor Fini, Jean Boullet, etc, reliure toile havane de l'éditeur, titre en noir au 1er plat et au dos, gardes illustrées, bon état

            30

Un proverbe maori prévient que « seuls les fous osent pénétrer sur les terres des cannibales. » C'est pourtant à ce dangereux voyage que vous convie Roland Villeneuve, le plus érudit des démonologues français. Qu'ils mangent de la chair humaine par choix, comme ces Gaulois Atticotes qui « recherchaient de préférence les fesses des jeunes garçons et les tétons des pucelles », ou qu'ils soient motivés par un esprit belliqueux, comme ces habitants des îles Ouen qui « séparent à coups de hache un bras du cadavre du malheureux chef ennemi, l'agitent au-dessus de leur tête en manière de triomphe, puis arrachent avec les dents un lambeau de cette chair palpitante... », les anthropophages se retrouvent sur tous les continents et dans toutes les époques. Cette Histoire du cannibalisme, ouvrage de référence, aborde tous les aspects du plus grand des tabous : anthropophagie guerrière, magique, pathologique, ou littéraire. Des sauvages guerriers Fans aux chasseurs de têtes de Papouasie ; de Fritz Haarmann, le boucher de Hanovre, au géant Minski du marquis de Sade : vous saurez tout sur celles et ceux qui se sont adonnés à l'« horrible passion cannibale ».

70.              WISMES (Baron Olivier de). Le Maine et l'Anjou, historiques, archéologiques et pittoresques. Recueil des sites et les monuments les plus remarquables sous le rapport de l'art et de l'histoire des départements, de la Sarthe, de la Mayenne et de Maine-et-Loire, dessinés par le baron de Wismes, lithographiés par les meilleurs artistes de Paris, et accompagnés d'un texte historique, archéologique et descriptif.  Nantes,  Vincent Forest et Emile Grimaud ; P. Auguste Bry,  s.d. (1862), 2 vol. gr. in-folio, (34 x 48),  (2)-xl-[218]-(2) et (2)-xliv-[250]-(2) pp, 108 lithographies en demi-teinte hors texte, reliures demi-basane havane, dos lisses, titres, tomaisons, fleurons et doubles filets dorés (rel. de l'époque), dos lég. frottés, mors frottés, un mors fendu sur 10 cm, bon état. Bon exemplaire, bien complet des 108 planches lithographiées et sans les habituelles rousseurs (Brunet V,1466)

            800

Edition originale. Tirage limité à 1600 exemplaires. Par Héracle-Olivier, baron de Wismes (1814-1887), graveur à l'eau-forte et dessinateur ; Archéologue, passionné par les monuments du Moyen Age et de la Renaissance, il étudia les monuments de la Sarthe, de la Mayenne et du Maine-et-Loire et anima la Société archéologique de Nantes. Il publie de 1854 à 1862, en cinquante livraisons échelonnées, ce recueil de monographies de sites et monuments remarquables, qu'il regroupera ensuite en deux volumes. En plus des textes du baron de Wismes, contributions de l'abbé Launay, Paul Piolin, Armand Guéraud, Léon de la Sicotière, Gustave de Lestang, Mégret du Coudray, Anatole de Montesquiou, Louis la Beauluère, Aymar de Blois, Paul Belleuvre, Aimé de Soland, Victor Pavie, Eliacin Lachèse, Godard-Faultrier, Eugène de la Gournerie, le comte de Quatrebarbes, Paul Marchegay, Louis Lacour, Célestin Port, Eugène Berger, Marin de Livonnière, Emile Bonneserre de Saint-Denis, De Bodard de la Jacopière et Jules Clère. Lithographies par Philippe Benoist, Eugène Ciceri, Bachelier, Célestin Nanteuil, Jules Arnout, Adolphe Mouilleron, Auguste Mathieu, Adolphe Rouargue, Eugène Deshayes, Eugène Leroux, Louis Français, etc.

71.              WITKOWSKI (Dr. G.-J.). Les Médecins au théâtre, de l'Antiquité au dix-septième siècle.  P., Maloine,  1905, fort pt in-8°,  iii-568 pp, 18 figures, broché, couv. illustrée lég. défraîchie, bon état (Bibliothèque de curiosités et singularités médicales). Rare

            40

Gustave-Joseph-Alphonse Witkowski (1844-1922), médecin et historien, est l'auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation, bien documentés, sur l'anatomie, la médecine, l'histoire de la médecine, etc. ; livres écrits seul ou en collaboration avec d'autres médecins : Ladislas-Xavier Gorecki et Lucien Nass, par exemple. Il a commis deux ouvrages qui traitent des carabins, avec Augustin Cabanès.

72.              [Zodiaque] – BEIGBEDER (Olivier). Lexique des symboles.  La Pierre-qui-Vire, Zodiaque,  1969, gr. in-8°,  434 pp, 155 héliogravures hors texte, 2 pl. en couleurs hors texte, 111 figures dans le texte, index, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Introductions à la nuit des temps 5)

            30

"Dictionnaire de notions en même temps que répertoire iconographique, ce lexique ne prétend pas être exhaustif mais s'efforce d'éclairer le symbolisme des monstres, des animaux et des végétaux que l'on trouve figurés sur les monuments romans. L'auteur s'est attaché surtout à la France méridionale et au Nord de l'Espagne dont il connaît particulièrement bien les édifices religieux. Il explicite le contenu toujours ambivalent des symboles, et certains articles comme ceux qui sont consacrés au lion ou à l'agneau dans la symbolique romane sont riches de substance. Au total, il y a donc beaucoup à prendre dans un ouvrage comme celui-ci." (André Vauchez, Archives de Sciences Sociales des Religions)

73.              [Zodiaque] – VOGÜÉ (Melchior de) et Jean NEUFVILLE. Glossaire de termes techniques à l'usage des lecteurs de "la nuit des temps".  La Pierre-qui-Vire, Zodiaque,  1965, gr. in-8°,  473 pp, 163 héliogravures en noir sur 136 planches hors texte, 2 pl. en couleurs hors texte, nombreux dessins de dom Wenceslas Bugara, index analytique, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Introductions à la Nuit des Temps 1)

            25

 

ANTIQUITÉ

 

74.              BARON (S. W.). Histoire d'Israël. Vie sociale et religieuse.  PUF,  1956-1964, 5 vol. pt in-8°,  xx-1320, 420, 424 et 374 pp, pagination continue pour les tomes I et II, notes, repères chronologiques, index des tomes I et II, brochés, dos renforcés avec du scotch et C. de bibl. aux 4 premiers tomes, couv. lég. salies, bon état (Coll. Sinaï. Collection des sources d'Israël). Rare complet des 5 tomes

            150

Tome I : Des origines jusqu'au début de l'ère chrétienne. – II : Les premiers siècles de l'ère chrétienne. – III : Héritiers de Rome et de la Perse. – IV : Rencontre de l'Orient et de l'Occident. – V : L'hégémonie de la communauté et ses schismes. — "Bien que l'on puisse discuter telle ou telle interprétation, spécialement dans le domaine des origines chrétiennes, ces tomes I et II représentent une contribution d'une valeur inestimable à l'histoire du peuple juif, dont l'évolution pose au sociologue tant de questions, et apporte en même temps une très riche matière pour l'étude des rapports entre le religieux, l'économique et le politique. La multitude des faits rassemblés, leur présentation réellement impartiale, le sens sociologique qui a présidé à leur groupement et à leur analyse, tout cela contribue à faire de l'oeuvre magistrale du professeur de la Columbia University, une Histoire d'Israël d'un genre absolument nouveau, qui pourra servir de modèle hors du Judaïsme." (Jean Hadot, Archives de sociologie des religions, 1957) —" Avec ses index embrassant aussi le volume précédent, la seconde partie de l'œuvre de M. Baron, consacrée à la période hellénistique, à la naissance du christianisme et au Talmud, achève d'offrir un imposant tableau de la formation du judaïsme rabbinique ; les notes sont copieuses et bien informées." (G. Vajda, Revue de l'histoire des religions, 1957) — "La traduction de l'œuvre monumentale de S. W. Baron continue à paraître à un rythme régulier. La période embrassée par les tomes III et IV va de Justinien aux croisades. Au cours de cette période, le judaïsme reçut quelques-unes de ses orientations décisives ; c'est au cours du haut moyen âge qu'il s'est implanté en Europe occidentale et dans les pays slaves. L'avènement de l'islam se solde par un bénéfice pour le judaïsme qui eut très vivement le sentiment qu'il était, lui, à l'origine des structures nouvelles créées par l'islam ; les communautés juives contribuèrent à jeter des ponts culturels, économiques et sociaux entre l'islam et la chrétienté grâce surtout à l'adoption de la langue arabe ; l'histoire interne du judaïsme est marquée par des ramifications croissantes grâce à la diversité géographique et politique ; c'est l'époque des travaux de critique textuelle, de révision du Talmud, des grands commentaires et de ce qu'on appelle d'une façon générale les sciences judaïques avec des hommes comme Saadiah et Maimonide. Jouissant en plus d'une vaste autonomie dans le domaine de la religion, de l'éducation et de la justice, les Juifs eurent l'occasion de jouer un rôle important dans la montée des jeunes nations en expansion. Les croisades furent un grand malheur pour le judaïsme et creusèrent entre lui et l'église un fossé... Baron consacre une place importante aux facteurs économiques dans le développement de l'histoire, car l'existence des Juifs était liée à la structure économique et fiscale des pays où ils résidaient... Les notes presqu'aussi abondantes que le texte et qui sont groupées à la fin des volumes constituent une mine de références et de citations qui augmentent grandement la valeur de l'ouvrage qui s'avère indispensable à tout historien du judaïsme." (Ed. Jacob, Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses, 1965)

75.              BRIARD (Jacques). Les Tumulus d'Armorique.  Picard,  1984, in-4°,  304 pp, 127 illustrations (photographies de monuments, plans de fouilles et coupes stratigraphiques, figuration d'objets, cartes), biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Age du Bronze en France, 3)

            35

"Aussi spectaculaire par leur apparence monumentale que par leur mobilier métallique, les tumulus armoricains ont fait l'objet de recherches dès le milieu du 19e siècle. Plus récemment, le Laboratoire d'Anthropologie de Rennes, et P.-R. Giot et J. Briard en particulier, ont mené pendant une trentaine d'années une politique de recherche systématique. Elle a donné lieu à des fouilles de sauvetage, des vérifications de fouilles anciennes, des inventaires de collections et d'archives et des fouilles de grande envergure sur quelques monuments judicieusement choisis. Très tôt, ils ont mis au point des méthodes de fouilles appropriées aux monuments funéraires, mégalithiques ou non, et ont abouti à de remarquables résultats. Si les tumulus et leur mobilier sont maintenant bien connus par de nombreuses monographies et études comparatives portant, entre autres, sur les relations avec la culture de Wessex, l'abondance de cette littérature rendait d'autant plus nécessaire une large synthèse replaçant ces tumulus dans leur contexte culturel. Une des qualités de l'ouvrage luxueusement illustré que vient de publier J. Briard tient justement à cette mise en situation des tumulus à la fois au sein des coutumes funéraires du Bronze ancien et moyen et plus largement dans le cadre de l'Europe protohistorique. Appuyant sa démonstration avec de. nombreux plans et illustrations, il brosse un tableau très clair des différentes architectures et coutumes funéraires puis des mobiliers métalliques, céramiques et lithiques de l'Age du Bronze. L'on s'aperçoit ainsi qu'à côté des célèbres tombes "princières" à chambre funéraire en bois et armes cloutées d 'or, existent des caveaux sous dalle, des tombes en coffre, des tombelles et des sépultures mégalithiques réaménagées. Ses travaux typologiques s'appuient en permanence sur des analyses métallographiques et chimiques, ce qui lui permet de clarifier les épineuses questions des importations d'objets en or, en argent et en ambre ainsi que des perles de faïence tenues autrefois pour égyptiennes. L'attention portée à la céramique ouvre des perspectives nouvelles sur les relations entre la Bretagne et le reste de l'Europe du Nord-Ouest. Un répertoire, dans la seconde partie du livre, fait l'inventaire des sites en insistant sur les découvertes majeures et en donnant une ou deux références bibliographiques pour chacun. Un dernier chapitre touche aux domaines non funéraires. Archéologie du paysage et études de paléo-environnement sont utilisées pour dresser le portrait d'un habitat protohistorique dont les vestiges matériels restent le plus souvent évanescents. Par ailleurs, les maisons ou caveaux funéraires en bois donnent une idée des constructions utilisées pour les vivants. L'ouvrage de J. Briard constitue, au total, une synthèse claire et vivante, qui s'adresse à la fois aux spécialistes et à un public plus large." (Françoise Audouze, Nouvelles de l'Archéologie, 1985)

76.              CHEMAIN (Jean-François). L'argent des autres. Le cautionnement dans le monde romain du IIe siècle avant J.-C. au Ier siècle après J.-C. (Thèse).  Via Romana,  2015, in-8°,  490 pp, préface de Yann Le Bohec, biblio, références latines, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Le droit, les historiens de Rome en parlent beaucoup, mais peu le connaissent vraiment, surtout quand il s'agit du droit privé. Pourtant, les indifférents ont grand tort, car ils trouveraient dans cette discipline beaucoup d'informations sur la société. Il y a plus. Un des mérites de Jean-François Chemain est de montrer que cette discipline peut aussi éclairer les lecteurs sur la politique et sur la vie économique. On sait que la caution est une garantie que donne un homme riche : il s'engage à rembourser le prêt accordé à plus pauvre que lui, au cas où ce dernier serait défaillant. Ce que montre "L'argent des autres", c'est que cette pratique était courante et qu'elle avait des implications multiples. Pour comprendre cette situation et sa complexité, il nous fait traverser un dédale de lois : leges Publia, Appuleia, Furia, Ciureia, et Cornelia. En ce qui concerne l'histoire sociale, nous voyons que celui qui se porte caution peut être un parent, un ami, ou encore le patron dans le cas où le bénéficiaire est tenu par des liens de clientèle. C'est ainsi que Cicéron a manifesté sa bienveillance à l'égard de son cercle d'intimes et d'obligés. Mais on trouve aussi l'austère Caton d'Utique, qui lui aussi n'était pas sans relations, et en politique le riche Crassus qui s'est porté garant pour le ''pauvre'' César. En bon historien, Jean-François Chemain respecte la chronologie : après la fin de la République apparaît la fideiussuo. On donne ce nom à la forme la plus large de garantie personnelle ; elle se traduit par un acte oral fondé sur la fides, c'est-à-dire sur la valeur morale la plus absolue des Romains, la loyauté. Un autre point paraît devoir être mis en valeur : les modernes s'extasient volontiers devant l'urbanisation des anciens. Sait-on que ce phénomène a été rendu possible en partie grâce à la pratique du cautionnement ? Pour nous conduire à travers ce dédale, il faut un guide expérimenté et formé au droit privé et à l'histoire. Jean-François Chemain remplit ces conditions." (Yann Le Bohec)

77.              DURUY (Victor). Etat du monde romain vers le temps de la fondation de l'Empire. (Thèse).  L. Hachette et Cie,  1853, in-8°,  iv-262 pp, nombreuses notes, biblio en appendice, reliure demi-chagrin vert-bouteille, dos à 4 nerfs pointillés soulignés à froid, titres et caissons dorés très ornés, encadrements à froid sur les plats, fer doré au 1er plat (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire bien relié et exempt des habituelles rousseurs

            70

Victor Duruy (1811-1894) soutient sa thèse de doctorat en juillet 1853 sur "L’État du monde romain vers le temps de la fondation de l’Empire" puis devient inspecteur d'académie en résidence à Paris et maître de conférences (arrêté du 16 février 1861), enfin professeur à l’École normale supérieure. Il composera de nombreux ouvrages et articles sur l’antiquité grecque et romaine qui en font un spécialiste reconnu de cette période, composant également des atlas et des abrégés d’histoire qui paraissent chez Hachette. Bien introduit dans l’élite culturelle et mondaine parisienne, Napoléon III lui demande son aide pour la rédaction de son "Histoire de Jules César" et le remercie en le nommant, en février 1862, inspecteur général de l’Instruction publique puis professeur à l’École polytechnique (octobre 1862). Apprécié par Napoléon III, il est nommé ministre de l’Instruction publique le 23 juin 1863, Victor Duruy occupera ce poste jusqu’au 17 juillet 1869 et déploiera une énergie considérable pour moderniser le système éducatif... (Jean-François Condette, 2011) — ["Victor Duruy] avait formé le projet de continuer les travaux d'histoire romaine que son maître Michelet avait abandonnés pour se consacrer tout entier à l’histoire de France, et ses deux thèses sur "l'Empereur Tibère" (thèse latine) et sur "l'Etat du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire" (thèse française) étaient, pour l’époque où elles parurent, des œuvres tout à fait neuves et intéressantes. Elles restent même aujourd’hui la partie la plus originale des travaux de Duruy. Pour la première fois, les jugements de Tacite sur Tibère étaient soumis à une critique sévère, et l’on faisait ressortir avec force tout ce qu’il y eut de bienfaisant pour le monde dans cette administration impériale dirigée par des souverains dont on était habitué à ne considérer que le despotisme et les vices..." (Gabriel Monod)

78.              FANTAR (M'hamed Hassine). Carthage, la cité punique.  P., CNRS Editions, et Tunis, Alif, les Editions de la Méditerranée,  1995, gr. in-8° carré,  128 pp, 90 photos, cartes, plans et figures en noir et en couleurs, notes, données chronologiques, biblio, lexique, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Qui ne connaît Carthage, la prestigieuse cité punique ? La mémoire collective, la renommée et la poésie ont décidé que la princesse tyrienne Elissa, encore appelée Didon, avait été la fondatrice de Carthage. Et Virgile garde le privilège d'en avoir été le plus grand chantre. L'historiographie ancienne était résolument didactique et réductrice. De Carthage, on ne pouvait recevoir qu'une image floue. Aujourd'hui, la réalité est autre grâce aux progrès que la recherche ne cesse d'enregistrer dans les domaines de l'histoire et de l'archéologie, par une relecture systématique et minutieuse des textes et par une interrogation assidue des vestiges mis au jour. La lecture de cet ouvrage permet de reconnaître les structures de la grande métropole punique et d'en saisir la morphologie et la syntaxe : l'urbanisme, la voie publique, les places, les habitations, les sanctuaires, le port, les échoppes des artisans, la vie économique, la société, la culture, les institutions, les croyances, bref tout ce qui révèle de la gestion du profane et du sacré. — M'hamed Hassine Fantar est professeur d'histoire et d'archéologie à l'université de Tunis et directeur de recherche à l'Institut National du Patrimoine, chargé des Etudes Phéniciennes et Puniques.

79.              HAMMAN (A.-G.). La Vie quotidienne en Afrique du Nord au temps de Saint Augustin.  Hachette,  1979, in-8°,  474 pp, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

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Carrefour entre l'Orient et l'Occident, où se rencontrent les civilisations et les religions, l'Afrique a connu des vagues successives d'invasions, des Phéniciens aux Romains, des Vandales aux Arabes, des Turcs aux Français. Tous l'ont conquise, elle ne s'est donnée à personne pour garder son identité. Dès les premiers siècles chrétiens, l'Evangile s'y répand « comme le feu à travers le chaume ». Prospère, organisée, l'Eglise s'y développe en communautés qui font l'admiration de l'Orient et de l'Occident. Elle produit des figures de proue : Tertullien, Cyprien, Augustin surtout. Les hommes exceptionnels se sont forgés dans la grisaille du quotidien. Augustin a pleinement assumé sa condition d'homme et de chrétien, dans l'épreuve d'une communauté à rassembler, à conduire. Il l'a choisie quand elle l'eut choisi, avec ses fidélités touchantes, ses retombées et ses pesanteurs. « Aimer et être aimé » : ce que la mère d'Adéodat ne lui a pas appris, le peuple d'Hippone le lui apprendra, jour après jour. Et parce que notre Occident est pétri par le génie de l'Afrique et d'Augustin, cette vie quotidienne nous raconte une épopée dont nous sommes les fils et les héritiers.

80.              HOMO (Léon). Alexandre le Grand.  Fayard,  1951, in-12,  391 pp, 2 cartes dépliantes hors texte, index, broché, bon état (Les Grandes études historiques). Edition originale sur Alfa

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"Nous avions déjà sous ce même titre une vie d'Alexandre par Radet. Laquelle l'emporte sur l'autre, il serait difficile de le dire, car les deux ouvrages sont l'œuvre de maîtres. M. Homo y ajoute seulement un chapitre des plus curieux sur la légende d'Alexandre non seulement dans l'Antiquité, mais jusque dans notre Occident médiéval où il devient le prototype du noble chevalier. Il semble qu'au lendemain de sa mort, rien ne subsiste plus de l'œuvre du conquérant macédonien, sa famille est éteinte et l'empire se démembre. Une chose pourtant reste et persiste, l'idéal suprême du héros, ce rêve d'une monarchie universelle qui assure l'ordre du monde sous l'autorité unique d'un roi-dieu. On ne peut rien comprendre à la période hellénistique, à l'évolution des idées qui la caractérisent, si l'on ne met pas à la base le génie d'Alexandre. Il marque la fin d'un monde." (Revue des sciences religieuses, 1953)

81.              ROBERT (Louis). Les Gladiateurs dans l'Orient grec.  P., Honoré Champion,  1940, gr. in-8°,  356 pp, 25 planches hors texte, index, broché, bon état (Bibliothéque de l'Ecole des Hautes Etudes). Très rare

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Par Louis Robert (1904-1985), professeur au Collège de France de 1939 à 1974. En 1939, il succède à Maurice Holleaux au Collège de France. C'est l'année suivante qu'est publié "Les gladiateurs dans l'Orient grec", ouvrage qui renouvelle profondément l'étude de cette institution et rassemble un corpus épigraphique et iconographique très intéressant. Louis Robert démontra le premier que l'opinion communémment admise d'un certains mépris des Grecs pour les violences de la gladiature était faux et que l'Orient grec avait adoré les 'munus' (combats de gladiateurs), cette nouvelle pratique sociale apparue avec la conquête romaine. —  "Cet ouvrage groupe et discute trois cents documents épigraphiques ou figurés relatifs aux gladiateurs en pays grecs ou hellénisés. La plupart de ces documents sont rédigés en grec, ce qui autorise le savant épigraphiste à déclarer : « Les combats de gladiateurs, d'origine romaine, ne sont pas restés, dans l'Orient grec, une coutume romaine réservée aux Romains établis là ; la population grecque se l'est assimilée. » Mais il y a mieux. On pensait que ces jeux s'étaient surtout développés dans l'Orient propre « grâce aux instincts naturellement sanguinaires des populations orientales qui s'y trouvaient en contact avec les Grecs ». Or, si l'on excepte les tueries d'Hérode Agrippa dans l'amphithéâtre qu'il élève à Béryte ou celles de Juifs par Titus, on est frappé du petit nombre de documents livrés par le véritable Orient. Pour la Syrie et les pays voisins, les textes relatifs aux gladiateurs sont rares et peu significatifs : munera donnés par des princes, allusions du Talmud ou de la Michna... Il y a eu des combats de gladiateurs à l'amphithéâtre d'Antioche, et Libanios les a contemplés avec admiration... Naturellement, le sens des divers termes concernant les gladiateurs et leur armement est étudié avec précision. A l'organisation des combats de gladiateurs, on a joint un dernier chapitre traitant des chasses et des combats de bêtes à l'amphithéâtre qui accompagnent souvent les combats de gladiateurs. Ceux-ci disparurent au IVe siècle, mais le goût des chasses à l'amphithéâtre se poursuivit. Ce travail marque un grand progrès pour tout ce qui a trait aux gladiateurs en pays grec." (René Dussaud, Syria, 1941)

82.              SARTRE (Maurice). Histoires grecques.  Seuil,  2006, gr. in-8°,  458 pp, 4 cartes, glossaire, broché, annotations crayon, bon état (Coll. L'Univers historique)

            20

Une monnaie, une page de rhétorique, une dédicace, rien n'est insignifiant pour l'historien. Puisant librement dans les matériaux laissés par les Grecs et leurs émules de la Sicile au Soudan, de l'Attique à l'Asie centrale, Maurice Sartre brosse une quarantaine de séquences qui abordent les aspects majeurs de la civilisation grecque. De la naissance de la cité aux IXe-VIIIe siècles av. J.-C. au meurtre d'Hypatie à Alexandrie en 415 apr. J.-C., en passant par la place des femmes, la confrontation entre Grecs et Juifs ou l'hellénisme sous l'Empire romain, se dégage peu à peu à travers ces Histoires grecques, originales et exemplaires, une vision d'ensemble de ce que fut, pendant plus de quinze siècles, cette civilisation ; une civilisation si séduisante qu'elle finit par s'imposer comme « la » civilisation.

 

MOYEN AGE

 

83.              BARBERO (Alessandro). Dante.  Flammarion,  2021, gr. in-8°,  471 pp, traduit de l'italien, repères historiques, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Je ne cherche pas à expliquer pourquoi, sept cents ans après la mort de Dante, il vaut encore la peine de lire La Divine Comédie : je raconte la vie d'un homme du Moyen Age, qui eut des parents, des oncles, des tantes et des grands-parents, qui alla à l'école, tomba amoureux, se maria et eut des enfants, s'engagea dans la politique et fit la guerre, connut des succès et des malheurs, la richesse et la pauvreté. Sauf que cet homme est l'un des plus grands poètes qui aient jamais foulé la terre." C'est ainsi que l'auteur de cette biographie trépidante nous plonge au coeur de la société violente et multiforme du XIIIe siècle, retraçant ici une bataille au côté d'un Dante chevalier, dévoilant là les mystères entourant son mariage alors qu'il était encore enfant. Dante fut un citoyen aisé de Florence, la plus riche ville italienne, c'est-à-dire, à l'époque, la plus riche d'Europe. Une ville guelfe, protégée par le pape, amie du roi de France, où l'on trouvait en abondance argent, immigrants, commerces, chantiers... Dante, lui, ne s'intéressait pas aux affaires, il vivait de rentes et pouvait s'adonner à ses passions, l'étude et l'écriture. Vers l'âge de trente ans, il se découvrit une autre passion, la politique, et s'y jeta à corps perdu – ce qui lui valut le bannissement de la ville. — En associant la rigueur historiographique à la clarté de l'écriture, comblant les lacunes des précédentes biographies, Alessandro Barbero brosse le portrait vivant d'un homme de son temps, éloigné de la sacralisation du Poète à laquelle nous sommes habitués.

84.              BÜHRER-THIERRY (Geneviève). Evêques et pouvoirs dans le royaume de Germanie. Les églises de Bavière et de Souabe, 876-973. (Thèse).  Picard,  1997, gr. in-8°,  278 pp, 4 cartes, 4 tableaux généalogiques, tableaux, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            40

"Une judicieuse délimitation du terrain d'enquête et une recherche obstinée des indices les plus ténus, toutes catégories documentaires confondues, forment l'arrière-plan de la thèse, aujourd'hui publiée, de Geneviève Bührer-Thierry. Dans le cadre des deux duchés méridionaux, une Bavière déjà très bien individualisée, et une Souabe qui en est encore à se forger une identité, soit pour un total de dix diocèses, l'auteur étudie, de façon classique, le passage de l'Eglise carolingienne à un « Reichskirchensystem » dont elle convient après d'autres qu'il n'a pas encore acquis ses traits censés classiques sous Otton Ier. Le « pouvoir » dont le titre fait état, avec quelque ambiguïté, est en fait le « pouvoir princier », l'auteur concentrant l'analyse sur les rapports entre évêque et prince (roi et ducs), et n'abordant que de l'observatoire le plus élevé les rapports des évêques à l'exercice du pouvoir : exercice dont elle montre de façon convaincante qu'il est moins de substitution que d'étai, l'exaltation du rôle des prélats ne se révélant fonctionnelle qu'autant que le bras séculier est fort." (Olivier Guyotjeannin, Bibliothèque de l'École des chartes, 1998)

85.              Collectif. Art et architecture à Melun au Moyen Age. Actes du colloque d'histoire de l'art et d'archéologie tenu à Melun les 28 et 29 novembre 1998. Textes réunis par Yves Gallet.  Picard,  2000, gr. in-8°,  344 pp, 21 illustrations et plans en couleurs, 103 illustrations, plans et figures en noir, 4 tableaux généalogiques, notes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Redécouvrir le riche passé médiéval de la ville de Melun : c'est ce à quoi nous invitent historiens de l'art et archéologues, réunis en colloque à l'occasion du huitième centenaire de la dédicace de l'ancienne collégiale royale Notre-Dame (1198-1998). En dépit de la place subalterne qu'elle occupe aujourd'hui en Ile-de-France, la ville de Melun, logée dans un site remarquable comparable à celui de Paris, a connu au Moyen Age des heures glorieuses. Simple chef-lieu sur la route menant de Sens à Paris vers la fin de l'Antiquité, la ville, transformée en castrum par l'édification d'une enceinte monumentale au IVe siècle, devient à l'époque mérovingienne le siège d'un éphémère évêché et connaît peut-être un rayonnement dont on se souvenait encore au XIIe siècle. Eclipsée à l'époque carolingienne, la ville retrouve sous les Capétiens un dynamisme dont l'empreinte se lit toujours dans la topographie urbaine. C'est également le temps des prestigieuses fondations royales, dans la ville et aux alentours, avec la collégiale Notre-Dame, bâtie à l'initiative de Robert le Pieux, l'abbaye cistercienne du Lys à Dammarie, où a longtemps reposé le cœur de Blanche de Castille, ou encore l'abbaye, disparue, du Jard, fondée par Adèle de Champagne, sans oublier l'ancien château de Philippe Auguste et de Charles V. Avec les autres villes royales qui gravitent autour de Paris, Melun a tenu un rôle important dans la genèse du pouvoir capétien et faillit être un temps la seconde capitale du royaume. C'est de ce passé illustre et de son héritage artistique que les enquêtes réunies dans cet ouvrage racontent l'histoire. Ce devoir de mémoire a été confié à des spécialistes reconnus et à de jeunes chercheurs, qui livrent une étude entièrement renouvelée et souvent inédite d'un patrimoine dont l'importance depuis longtemps pressentie peut désormais être appréciée en toute connaissance de cause. C'est une lumière neuve qui est jetée sur l'histoire de Melun et de sa région, et plus largement, sur l'histoire religieuse, politique et monumentale de l'Ile-de-France.

86.              CONTAMINE (Philippe). La Guerre au Moyen Age.  PUF,  1986, pt in-8°,  516 pp, 2e édition mise à jour, 7 cartes, 4 figures, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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Aux yeux du public, la dimension guerrière du Moyen Age occidental est d'une évidence massive. Dans cette perspective largement partagée, l'espace médiéval, la société médiévale apparaissent dominés l'un par le château-fort, l'autre par le chevalier. La présente synthèse, visant à évoquer la guerre en tant que phénomène social et fait de mentalité à travers tout un millénaire, ne prétend pas remettre en cause cette vision mais la nuancer, la compléter. Elle s'interroge sur la profondeur de la rupture que les différentes vagues de "grandes invasions" ont entraînée dans le domaine militaire, soupèse les forces et les faiblesses des armées carolingiennes, rappelle le contexte guerrier qui a entouré et en grande partie conditionné la féodalité, examine les changements dans la conduite de la guerre qui ont accompagné et suscité la croissance de l'Etat. De ce survol ressort l'image d'un Moyen Age inventif, complexe et mobile, où s'exerça un art militaire moins fruste qu'on ne l'a parfois pensé. Les rapports entre guerre et christianisme font l'objet d'une attention particulière. Même si la conception chrétienne cautionna non seulement l'idée de guerre juste parce que nécessaire mais aussi l'idée de guerre sainte forgée dans l'exaltation de la lutte contre les forces du Mal, elle eut aussi le sens et le souci de la paix, ce qui devait aboutir chez plusieurs courants hétérodoxes aux notions clairement exprimées de pacifisme et de non-violence. — "Ce livre de P. Contamine est un tableau autant sociologique que technique d'une activité longtemps coutumière à l'aristocratie ; plus centré sur les périodes finales de l'époque, familières à l'auteur, la vision n'en est pas moins cinétique et dégage les traits de cette « industrie nationale ». On y trouvera des notices techniques sur l'armement, le recrutement, l'artillerie, mais aussi un tableau des aspects juridiques de la guerre ; il semble impossible de ne pas recourir à cette fresque chaque fois que se profilera dans une recherche un conflit même économique." (Robert Fossier, Revue Historique, 1984)

87.              DELARUELLE (E.), E.-R. LABANDE et Paul OURLIAC. Histoire de l'Eglise. 14. L'Eglise au temps du Grand Schisme et de la crise conciliaire (1378-1449). 1ère partie.  P., Bloud et Gay,  1962, gr. in-8°,  xix-456 pp, biblio, broché, bon état (T. 14 de l'Histoire de l'Eglise depuis les origines jusqu'à nos jours, publiée sous la direction de Augustin Fliche et Victor Martin)

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"... Une première partie, due à M. Labande, traite de l'histoire du Grand Schisme et du Concile de Constance. Travail difficile, l'auteur ayant étendu avec bonheur à l'ensemble de la chrétienté l'étude du Schisme qui, jusqu'alors, n'était guère bien connue que pour la France et l'Angleterre. L'auteur est clair et assez complet sur les causes de ce Grand Schisme, et il est parvenu non sans mal, puisqu'elles sont restées un certain temps « assez ondoyantes », à délimiter les deux obédiences, la clémentine et l'urbaniste. Ce schisme, s'il eut évidemment un grand retentissement au sein du monde des clercs et de celui de la politique, n'eut peut-être pas, d'ailleurs, autant d'écho qu'on pourrait le penser dans la masse des fidèles. (...) M. Ourliac s'est occupé de la deuxième partie de l'ouvrage, celle qui traite de la période du Concile de Bâle. La forme souhaitable pour le gouvernement de l'Eglise avait déjà, lors du Concile de Constance, donné lieu à débats. Mais, cette fois, discussions et décisions furent bien plus outrancières. En face de ce monde conciliaire, dont M. Ourliac a tenté une très intéressante « sociologie », l'attitude de Martin V et celle d'Eugène IV, finalement assez habiles puisque la papauté est sortie victorieuse de l'épreuve, sont exposées le plus souvent avec bonheur. Sous le titre « Eglise et Etats », M. Ourliac a ensuite étudié, et de façon souvent très nouvelle, la considérable place alors tenue dans l'Eglise par le bénéfice ecclésiastique (...) et offre une remarquable étude de l'Eglise de France et des débuts du gallicanisme. (...) Au terme de cette recension, trop brève pour un si vaste ouvrage qui ouvre de si larges horizons, on conclura que les historiens de l'Eglise possèdent désormais un maître-livre pour cette époque." (Guy Fourquin, Revue du Nord)

88.              DIEHL (Charles). Byzance. Grandeur et décadence.  Flammarion,  1924, in-12,  343 pp, cart. toile verte, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), bon état

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"On ne trouve point dans cet ouvrage une histoire proprement dite de l'empire byzantin, mais bien ce qu'on pourrait appeler la philosophie de cette histoire, avec une description à grands traits de la civilisation byzantine. M. Diehl a condensé dans ces pages le meilleur de ses études antérieures sur Byzance. Cette vue d'ensemble est du plus haut intérêt et, grâce au charme du style, se lit avec agrément. L'ouvrage est divisé en quatre livres : Livre I : L'évolution de l'histoire de Byzance ; c'est un coup d'oeil rapide sur toute l'histoire byzantine, de 330 à 1453 (p. 1-22). Livre II : Les éléments de puissance. On y parle successivement du pouvoir autocratique des empereurs, de l'armée et de la marine, de la diplomatie, de l'administration, de la puissance économique, de la ville de Constantinople, de l'Asie, force de l'empire (p. 25-136). Livre III : Les éléments de faiblesse. Ces éléments de faiblesse sont étudiés en huit chapitres : la démoralisation politique, la démoralisation sociale, le péril féodal et la lutte des classes, le péril religieux, la politique impérialiste des basileis, la décadence économique, la décadence militaire et l'émiettement territorial de l'empire, l'antagonisme religieux, politique et économique avec l'Occident (p. 137 à 258). Livre IV: Les services rendus par Byzance, où il est parlé de la civilisation byzantine dans le domaine des sciences et des arts, de la diffusion de l'orthodoxie byzantine et de la formation du monde slave, de la diffusion de la civilisation byzantine en Occident, enfin, par manière de conclusion, de l'héritage de Byzance. (...) un livre fort intéressant et très instructif, qui contribuera à vulgariser la connaissance de- l'Orient byzantin et inspirera peut-être à plus d'un travailleur le goût des études byzantines." (Martin Jugie, Echos d'Orient, 1921)

89.              FOSSIER (Robert). Enfance de l'Europe (Xe-XIIe siècles). Aspects économiques et sociaux. 1. L'Homme et son espace. 2. Structures et problèmes.  PUF,  1982, 2 vol. pt in-8°,  1125 pp, pagination continue, 27 cartes et figures, biblio, index, brochés, couv. illustrées, qqs surlignures sur 15 pp au tome 1, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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"Ces deux copieux volumes de 1125 pages au total, dont soixante pages de bibliographie et cinquante d'index, sont à la fois une somme qui fait date et la synthèse d'une série de recherches menées depuis quinze ans par divers historiens. Nul mieux que Robert Fossier n'était à même de mener à bien l'entreprise. Son étude fondamentale sur la paysannerie picarde au XIIe siècle l'avait placé au cœur d'un mouvement historique qui devait son impulsion à Marc Bloch et dans lequel s'était illustré Georges Duby, quelques années auparavant..." (Charles Samaran, Journal des savants, 1981) — "On attendait depuis longtemps que la Nouvelle Clio comble le vide entre le volume sur le haut Moyen Age de Mme Doehaerd paru en 1971 et celui de L. Genicot consacré au XIIIe siècle, paru en 1968. En faisant appel au professeur Robert Fossier de la Sorbonne, la direction de la collection était certaine de pouvoir publier un ouvrage de haute qualité, écrit par un spécialiste de la période. (...) La valeur principale du livre de M. Fossier réside dans l'information extrêmement abondante et précise, soutenue par une bibliographie énorme, qu'il fournit à propos des différents aspects de la société rurale entre le IXe et le XIIIe siècle. (...) Redisons notre admiration pour le pouvoir de synthèse dont M. Fossier a fait preuve dans le traitement des très nombreuses données variées qu'il a rassemblées et avec lesquelles, grâce à cette qualité, il a su forger non seulement un livre qui constitue une mine de renseignements, mais un ouvrage qu'en même temps on lit avec plaisir, avec intérêt et avec l'attention toujours en éveil grâce au ton personnel ainsi qu'à la vivacité de la pensée et du style de l'auteur." (Adriaan Verhulst, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1985) — "Il n'est pas habituel de rendre compte dans cette revue d'ouvrages de synthèse historique, si importants soient-ils. Une exception était nécessaire cependant pour le gros ouvrage de R. Fossier, à un double titre : d'abord parce que l'auteur nous livre une remarquable mise au point sur l'histoire économique et sociale de l'Europe du Xe au XIIe s. inclus, qui en fait un ouvrage de référence indispensable à tous les spécialistes de cette période et donc aux archéologues médiévistes, ensuite parce que R. Fossier donne dans son analyse une place considérable à l'archéologie, intégrée ici dans la problématique historique, pleinement, au même titre que les autres matériaux documentaires : sources écrites, toponymie... C'est la première fois, pour la période couverte par le livre du moins, que l'intégration est aussi complète, et, de ce strict point de vue, il fera date, car il marque un véritable tournant historiographique." (André Debord, Archéologie médiévale, 1984)

90.              FOSSIER (Robert). L'Occident médiéval, Ve-XIIIe siècle.  Hachette,  1995, pt in-8°,  160 pp, 8 cartes, glossaire, biblio, broché, bon état (Coll. Les Fondamentaux)

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L'Europe actuelle repose largement sur l'héritage du millénaire médiéval. La prise de possession du sol par l'homme, les premières manifestations de son contrôle sur les forces naturelles, le triomphe définitif du couple, la mise en place des strucures mentales, artistiques et intellectuelles que nous connaissons toujours, sont de ces temps. Cette naissance de l'Europe ne s'est pas accomplie sans compromis. Durant cinq siècles, de 400 à 900, la fusion entre la civilisation gréco-romaine et le monde des peuples du Nord fut lente et difficile ; et il ne s'agit en rien d'une période de "décadence" ou de "recul", mais d'une enfance du monde "chrétien" dont la belle tentative de synthèse carolingienne habite encore nos esprits. Après cette période, il faut encore quatre autres siècles pour que s'édifie le monde occidental médiéval, celui des seigneurs et des rois, des gras labours et des riches marchands,des églises romanes, puis gothiques. Non sans qu'apparaissent les premiers signes de tensions, au moins sociales et économiques, dont l'accèIération marquera la période suivante, toujours "médiévale" mais qui est la base d'une nouvelle époque "moderne" de la conquête du monde par les Européens.

91.              FROISSART (Jean). Chroniques. Textes traduits et présentés par Andrée Duby.  Stock,  1997, in-8°,  430 pp, 6 tableaux généalogiques, broché, couv. illustrée, bon état

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Né à Valenciennes en 1337, Jean Froissart est célèbre pour ses récits en vers, les Dits, dans lesquels prennent place des poèmes lyriques et des lettres. Mais il fut aussi un grand chroniqueur : il passa de longues années en Angleterre, attentif aux "guerres de France et d'Angleterre". Ses Chroniques sont considérées comme un monument de l'écriture de l'histoire au XIVe siècle. Traduit et présenté par Andrée Duby, ce volume permet d'apprécier le talent de l'écrivain et le regard de l'observateur passionné que fut Froissart. La guerre de Cent Ans remplit et déborde le XIVe siècle. Elle enveloppe entièrement la vie de Froissart qui s'en est voulu l'historien. A la cour des rois et des princes où il n'a cessé d'être bien accueilli, il a mené une "juste enquête" auprès de témoins privilégiés, les instigateurs, les acteurs, les héros de ce conflit, né d'une querelle dynastique entre la France et l'Angleterre, mais qui entraîna l'ensemble des pays voisins. Froissart écrit pour un public de cour, qui s'enchante à la remémoration d'exploits guerriers. Pourtant, la toile de fond, ce sont les pillages, les massacres, la mort, les malheurs de ce temps.

92.              GENICOT (Léopold). Le XIIIe siècle européen.  PUF,  1984, pt in-8°,  408 pp, sources et biblio, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

            20

"L'auteur part de cette cellule initiale de la matière historique : l'homme, pour étudier ensuite les groupements humains : famille, milieu local, paroisse, seigneurie, puis les régions et les villes, les États et les nations, enfin cette grande communauté qui n'a sans doute existé qu'au XIIIe siècle, tout au moins sous une forme aussi nette : l'Occident, opposé d'ailleurs au reste du monde. (...) C'est là un véritable travail d'historien, d'un historien qui possède son sujet et ne se laisse jamais aller à accepter sans esprit critique des résultats hypothétiques. Par toutes ces qualités, ce livre est une synthèse remarquable, et d'une incontestable utilité pour tous les historiens, non seulement ceux qui s'attachent à la même période, mais aussi tous les médiévistes." (Jacques Boussard, Bibliothèque de l'école des chartes, 1969)

93.              GUENÉE (Bernard). L'Occident aux XIVe et XVe siècles. Les Etats.  PUF,  1981, pt in-8°,  339 pp, 2 plans, importante bibliographie, index, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Nouvelle Clio)

            20

"... L'inspiration générale de l'ouvrage, qui se tient assez au-dessus du simple « manuel » pour étudiants, même avancés, est la suivante : l'histoire politique est à réhabiliter et particulièrement pour un temps où les structures et les mentalités politiques ne sont pas encore à maturité. L'Etat est alors renaissant, mais il ne peut se consolider que par l'union entre le prince et le peuple. L'aspiration de ce dernier est, comme toujours, la paix et la justice, le premier doit l'amener à croire qu'il peut les lui assurer. Il lui faut donc présenter une image du roi où se mêlera l'idée en germe de nation, consolider les bases de la force princière, finances, justice, armée, puis exercer une propagande à laquelle des serviteurs dévoués s'attacheront, notamment à chacune des occasions où le « peuple » est censé être consulté dans les « états ». L'ouvrage est d'une qualité qui n'a pas été jusqu'ici égalée en France sur un tel sujet." (Robert Fossier, Bibliothèque de l'école des chartes, 1992) — En 1971, ce livre devait convaincre du poids du politique dans l'histoire. Cette démonstration n'est plus aujourd'hui nécessaire. Mais l'étude des structures et des mentalités politiques reste un champ encore largement ouvert à la recherche. Les Etats des XIVe et XVe siècles ont certes travaillé à accroître leurs ressources pour renforcer leur administration et leur armée. Leurs moyens étaient pourtant trop faibles encore. Un Etat solide ne pouvait naître que de l'accord d'un prince et d'un peuple. Le peuple cherchait la justice et la paix. Le prince devait le convaincre qu'il était assez fort pour les lui donner, et qu'il tenait à bon droit son pouvoir de Dieu. Autant et plus que la contrainte des institutions, la propagande du prince et les convictions des sujets assuraient la solidité de l'Etat.

94.              GUIZOT (François). Essais sur l'histoire de France.  Didier et Cie,  1866, in-12,  vii-439 pp, 11e édition, reliure demi-veau glacé havane, dos à 4 nerfs pointillés, titres et caissons dorés (rel. de l'époque), dos lég. taché mais ex. bien relié, bon état

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Du régime municipal dans l'Empire romain au Ve siècle, lors de la grande invasion des Germains en Occident. – De l'origine et de l'établissement des Francs dans les Gaules. – Des causes de la chute des Mérovingiens et des Carlovingiens. – De l'état social et des institutions politiques en France du Ve au Xe siècle. – Du caractère politique du régime féodal. – Des causes de l'établissement du gouvernement réprésentatif. – Résumé.

95.              HEERS (Jacques). L'Occident aux XIVe et XVe siècles. Aspects économiques et sociaux.  PUF,  1990, pt in-8°,  425 pp, 5e édition refondue, 14 cartes et plans, biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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"Une bibliographie méthodique et sélective constitue la première partie du livre de M. Heers : quelque quatre cent cinquante titres... En notes, à travers le livre, sont cités les travaux jugés moins fondamentaux. La seconde partie est consacrée à un exposé général, ordonné selon un plan fort simple – campagnes, villes – dont les inconvénients sont largement réduits par une excellente étude des relations économiques et sociales entre la ville et la campagne, étude placée en fin de volume. Cet exposé général est enrichi de références bibliographiques judicieuses. Le titre du livre n'est pas usurpé. C'est vraiment une histoire comparée qu'a écrit M. Heers, dont la vision occidentale ne néglige ni la Scandinavie, ni la Bohême, ni la Sardaigne..." (Jean Favier, Bibliothèque de l'école des chartes)

96.              LEFEBVRE (Henri). Les Sires de Pierrefort de la maison de Bar.  [Nancy], [Mémoires la Société d'Archéologie Lorraine],  [1902], in-8°,  280 pp, paginé 210-487, 2 planches hors texte (une photographie du château reproduite en héliogravure, une planche d'armoiries), notes, reliure bradel papier terre de sienne à motifs floraux, dos lisse, pièce de titre basane havane (rel. de l'époque), bon état. Rare

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"Notre distingué confrère M. H. Lefebvre vient de publier dans les "Mémoires de la Société d'archéologie lorraine" (volume de 1902) une étude très importante sur les Sires de Pierrefort de la maison de Bar. Cette branche cadette de la famille comtale domina pendant près d’un siècle sur la région comprise entre la Meuse et la Moselle, depuis Frouard jusque vers Verdun, où étaient disséminées ses possessions, et où s’élevaient ses nombreuses forteresses, dont les principales étaient : Pierrefort, près de Martincourt (Meurthe-et-Moselle), qui fut construite en 1306, comme l'établit M. Lefebvre ; l’Avant-Garde, au-dessus de Pompey, construite vers la même époque ; Bouconville, Sommedieue, Sampigny, Riste près d’Homécourt et Mussy près Longuyon. Son château de Nonsard était plutôt un séjour de plaisance qu’une place de guerre. Elle fit son apparition officielle sur la scène en 1300, et ne compta que trois représentants : Pierre l’ancien, fils du comte Thiébaud II, Henri son fils, et Pierre II, petit-fils du premier, avec qui elle s’éteignit dès 1380. Mais tous trois furent des hommes d’action et d’énergie, et leurs fortes individualités purent se développer librement à la faveur de l’anarchie chronique où se débattait notre province, et que l’entrée en scène des bandes d’aventuriers, anglais ou autres, vint porter à son comble à partir de 1359. Le second, Henri, joue un rôle honorable dans l’histoire générale, en combattant au service de la France. Mais le plus fameux fut le troisième, Pierre, le terrible « damoiseau de Pierrefort » dont le nom s’est perpétué jusqu’à nos jours dans l’imagination populaire. « Fier et hautain, mais vaillant aux armes », comme a dit Wassebourg, sa vie fut d’un brigand, mais d'un brigand héroïque. Après avoir longtemps défié ses voisins les plus puissants, il fut enfin accablé sous une formidable coalition, où entrèrent les ducs de Lorraine, de Luxembourg et de Bar, et la plupart des seigneurs du pays ; assiégé à Bouconville, il périt probablement dans une sortie « et fut enseveli aux champs », ses ennemis lui ayant refusé une sépulture chrétienne. (...). M. Lefebvre a su renouveler complètement le sujet et en éclairer certains points d’une lumière toute nouvelle. C’est ainsi qu’un mémoire de procédure, resté inconnu, lui a fourni les renseignements les plus intéressants sur les circonstances qui précédèrent la mort du damoiseau et motivèrent la formation, contre lui d’une coalition générale. Aucun document essentiel relatif au rôle local des sires de Pierrefort ne semble avoir échappé à l’auteur, qui s’est imposé les recherches les plus étendues. Signalons notamment ses appréciations, très justes à notre avis, sur le rôle de l’aristocratie messine, et sur la nature de ses transactions ordinaires." (F. Comte, Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 1904)

97.              MAETERLINCK (L.). Le Genre satirique, fantastique et licencieux dans la sculpture flamande et wallonne. Les miséricordes de stalles. Art et folklore.  P., Jean Schemit,  1910, gr. in-8°,  iii-380 pp, 8 planches hors texte, et 275 figures illustrées dans le texte, notes, index, broché, bon état

            60

"M. L. Maeterlinck nous donne « une élude raisonnée du genre satirique et burlesque » d'après les miséricordes des stalles conservées en Belgique. C'est en effet dans le détail des ouvrages de menuiserie : solives, coffrets, balustrades, el tout particulièrement dans les stalles que les artistes du moyen âge ont laissé la marque de leur esprit frondeur. Tous ces petits sujets qu'ils ont Iraités avec une audace, une précision et une verve merveilleuses, sont aussi intéressants pour l'historien que pour l'archéologue, et M. Maeterlinck a su montrer tout ce que l'historien des mœurs pouvait tirer de l'élude de ces sculptures satiriques. En Flandre, comme en France, dans les peintures des miniatures comme dans les sculptures, les sujets le plus souvent représentés, et aussi ceux qui nous intéressent le plus, sont des scènes de mœurs. Bien souvent des scènes de la Bible ou de l'Evangile servent de prétexte à de vives attaques contre les mœurs relâchées des femmes ou du clergé ; l'esprit d'observation et l'habileté des artistes à choisir le détail expressif et à rendre les nuances des physionomies vivifient les tableaux sacrés et rajeunissent les plus anciens thèmes. M. Enlart a montré avec quelle verve et quelle vérité les enlumineurs et les sculpteurs du moyen âge ont su interpréter non seulement les proverbes et les fables populaires, mais aussi les récits de la Bible et les paraboles de l'Evangile. Les planches et les figures du livre de M. Maeterlinck, abondantes et choisies, apportenl un nouvel intérêt à ce beau volume." (Marcet Aubert, Revue de l'art chrétien, 1910)

98.              MICHAUD (Joseph). Histoire des Croisades.  P., Jean de Bonnot,  1995, in-8°,  390 pp, imprimé sur papier vergé filigrané, 59 gravures anciennes qui illustraient l’édition originale et une carte hors texte, reliure plein cuir noir de l'éditeur, ornée au dos d’un motif doré représentant des croisés portant des croix, et sur les plats du même motif doré et estampé, tête dorée, ex. numéroté, bon état

            40

"Que d’influences mystérieuses ! Que de phénomènes étranges ! Que de trésors et de merveilles dans cette confrontation entre l’Occident chrétien et l’Empire des « Mille et une Nuits » ! Le livre de Joseph Michaud est, de l’avis général, un texte capital qui a renouvelé notre vision du Moyen Age et du Moyen Orient. L’édition très attendue de ce chef-d’œuvre introuvable comble une lacune déplorée par les médiévistes, les lecteurs cultivés curieux d’histoire. Ce bel ouvrage qui couronne trente ans de recherches est d’une parfaite objectivité. Loué par l’élite des historiens, il pose les jalons de cette extraordinaire et mémorable épopée dont chaque page rapporte des faits si extraordinaires qu’ils nous étonnent encore aujourd’hui. Nous avons reproduits avec beaucoup de soins les gravures anciennes qui illustraient l’édition originale et qui permettent aux lecteurs de visualiser les personnages, les monuments et les événements de l’époque." (L'Editeur) — "Six éditions publiées à de courts intervalles témoignent assez de l'empressement du public à lire ce livre. Il donne, en effet, l'histoire la plus complète et la plus intéressante que l'on ait encore écrite des plus grands événements du moyen âge... Il nous semble inutile d'insister ici sur les qualités littéraires du livre de M. Michaud; elles sont universellement reconnues. (...) L'auteur a voulu retracer, dans un récit agréable et attachant, les luttes de la chrétienté pour conquérir et conserver le tombeau de J.-C, et il a laissé un livre qui dispensera le plus grand nombre des lecteurs de recourir aux chroniques originales, livre dont la lecture est d'autant plus intéressante qu'il fait connaître les mœurs, les costumes , les jeux, les combats des croisés, aussi bien que les lieux qui furent le théâtre de leurs exploits." (Louis de Mas-Latrie, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 1842)

99.              [OUTARDEL, Dom George]. Les Abbayes de France au Moyen Age et en 1947, par un moine bénédictin.  P., Durassié,  1947, in-4°,  267 pp, préface de Marcel Aubert, 200 illustrations sur 112 planches hors texte, 20 cartes, index des abbayes, biblio, reliure pleine toile bleue, dos lisse, pièce de titre chagrin vert, couv. illustrées conservées (rel. de l'époque), rousseurs éparses, bon état. Tirage limité à 1200 exemplaires, celui-ci un des 500 sur Alfa Bouffant

            80

Notices sur les 1300 abbayes du Moyen Age classées par départements (700 bénédictines, 350 cisterciennes, 180 soumises à la règle de saint Augustin et 80 relevant de Prémontrés) avec 19 cartes et 200 illustrations ou photographies, puis Exposé, par ordres religieux, des abbayes existant en 1947, avec une carte en 3 couleurs et 25 photographies, table alphabétique. Publié pour le 14ème centenaire de la mort de Saint Benoît, patriarche des moines d'Occident 547-1947. — "Le livre du bénédictin Dom Georges Outardel, Les abbayes de France au moyen âge et en 1947, contient la liste des abbayes bénédictines avec quelques notes historiques et des indications sur ce qui en reste, sur l'état actuel des bâtiments, le tout accompagné de cartes montrant l'emplacement de ces abbayes. Cet ouvrage sera utile aux archéologues, aux historiens, et à tous ceux qui s'intéressent à l'art monastique au moyen âge." (Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1948)

100.          PERNOUD (Régine). Les Villes marchandes aux XIVe et XVe siècles. Impérialisme et capitalisme au Moyen Age.  La Table Ronde,  1948, in-8°,  314 pp, préface de René Grousset, 7 cartes hors texte, un tableau chronologique des principaux événements relatifs à l'histoire économique des XIVe et XVe siècles, biblio, index, broché, bon état

            30

Dans cet ouvrage fort bien écrit, fruit d'un gros travail, l'auteur étudie trois groupes de villes : le groupe méditerranéen (Italie, Provence, Languedoc et Catalogne), le groupe flamand et le groupe allemand. Une bibliographie, utile, donne l'essentiel sur l'histoire économique des villes de Flandre, des villes d'Italie et de la Hanse;

101.          POLY (Jean-Pierre) et Eric BOURNAZEL. La mutation féodale, Xe-XIIe siècles.  PUF,  1980, pt in-8°,  511 pp, 6 figures, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

            25

Qu'est-ce que la féodalité ? Les historiens ont longtemps distingué les institutions féodales – qui s'étaient épanouies vers l'an mille pour décliner avec les progrès du pouvoir monarchique – et la société dite "féodale", alors même que fief et vassalité n'y apparaissaient pas comme prédominants – l'accent étant alors mis sur la dislocation du pouvoir central et la constitution de la seigneurie. Pourtant, la généralisation du lien féodo-vassalique et l'établissement de la seigneurie banale sont les éléments d'une même mutation où achève de disparaître en Europe occidentale, au seuil de l'an mille, un très ancien mode de production. Ni l'esclavagisme antique, ni son succédané, la corvée carolingienne, n'avaient réussi à soumettre les communautés paysannes libres. Il fallut pour cela l'hypertrophie d'une structure, elle aussi très ancienne, celle des "maisons" guerrières érigées en innombrables et agressives chefferies de canton. La vieille société campagnarde presque partout se disloqua, et la paysannerie dut mettre sa force productive au service d'une nouvelle aristocratie. Les cavaliers qui brisèrent les résistances populaires n'étaient pas tous de noble lignage. Nombre d'entre eux étaient issus de la "koulakisation" progressive de la société campagnarde. Les liens féodo-vassaliques assurèrent la cohésion de la nouvelle classe dominante en formant sa structure juridique. Après sa victoire, loin de "dégénérer", ils devinrent la justification de son gouvernement. Ni plus ni moins imaginaire que le "Capital" ou l' "État prolétarien", le Fief fut l'idée dominante de la société médiévale, fondant en droit une durable hiérarchie politique, allant même jusqu'à investir le geste de la prière chrétienne – mains jointes à genoux devant le Seigneur – ou les rapports amoureux - tant d'hommages désormais présentés aux dames, alors que leur rôle social allait se restreignant. Une pédagogie de la soumission, à l'origine d'un État construit non contre la féodalité, mais à partir d'elle. — "J.-P. Poly et E. Bournazel ont étudié la mutation féodale où ils ont englobé des observations sur les châteaux, sur la seigneurie banale et la chevalerie ; ils ont de ce fait étudié davantage le « féodalisme » que la féodalité, voire même les mentalités ; d'autre part, tous deux juristes, leur vision part du haut vers le bas de la pyramide sociale : on y trouvera beaucoup plus de traits sur les formes et les institutions, les pouvoirs et le droit que sur la vie quotidienne." (Robert Fossier, Revue Historique, 1984)

102.          RAPP (Francis). L'Eglise et la vie religieuse en Occident à la fin du Moyen Age.  PUF,  1983, pt in-8°,  380 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

            20

Après 1300, l'Eglise comme l'Occident tout entier entra dans l'âge des déséquilibres et des contradictions. A la centralisation romaine répondaient les théories conciliaires ; la sécheresse de la scolastique contrastait avec la ferveur de la mystique... Le Schisme déchira la "tunique sans couture" en deux puis en trois morceaux. Le brasier hussite fut plus redoutable que jadis la contestation cathare. Ces défis furent relevés et de nombreuses réformes mises en chantier : il fallait redresser les institutions, réduire les abus, instruire les fidèles. Les efforts accomplis à cette fin permirent de multiplier les expériences et d'accumuler les matériaux. Dans ce laboratoire et ce conservatoire, le catholicisme tridentin et le protestantisme trouvèrent beaucoup d'éléments dont ils surent faire des ensembles neufs et solides. L'automne de l'époque médiévale avait préparé le renouveau chrétien des temps modernes. — "II s'agissait de rendre accessibles, et de concentrer dans un volume maniable, les données concernant un fragment d'histoire particulièrement complexe. Après une première partie constituée par une « Orientation bibliographique » (560 titres), la deuxième, consacrée à l'« Etat des connaissances », traite d'abord du « gouvernement de l'Eglise » (A), étudiant successivement la papauté d'Avignon, avec sa monarchie pontificale fortement centralisée : le schisme ; et la restauration du. pouvoir pontifical, qui aboutit à constituer « un Etat parmi les autres ». Puis vient une analyse du contenu théorique et pratique de la vie religieuse (B : « Croyance et piété ») : la doctrine, l'éducation religieuse, la piété du peuple chrétien. Cette deuxième partie s'achève sur deux chapitres complémentaires (C et D) : « L'Eglise en question » (sa position dans le monde ; les hérésies) et « La réponse de l'Eglise» (la réforme ; mystiques et dévots). La troisième partie (« Débats et recherches ») présente six thèmes : « Unité et diversité du monde chrétien » ; « Le profane et le sacré » ; « Elites et masses » ; « Essor ou déclin de la piété »;« Le procès du nominalisme » ; « L'ordre chrétien menacé ». Ces cent dernières pages (251-364) sont évidemment celles qui éveillent le plus l'appétit du lecteur, puisque précisément on y est aux frontières encore indécises de la science, lieu des conquêtes sur l'inconnu, et des controverses entre les historiens. Ainsi, pour prendre un seul exemple, le chapitre- IV (« Essor ou déclin de la piété ») analyse trois façons dont on a pu se représenter « la vie spirituelle du Moyen Age finissant » : cette période vit-elle un affaiblissement du catholicisme, une déformation du christianisme,. ou mit-elle au jour les prémices du protestantisme? Il est clair que selon qu'on retient telle ou telle hypothèse, le rapport de la Réforme à son passé immédiat est conçu de façons très différentes. Mais le contenu de la deuxième partie fait aussi bien la part de cette complexité, sans en laisser perdre les grandes lignes ; grâce à la clarté de l'exposé et à l'articulation précise des thèmes les uns aux autres, l'auteur a réussi à maintenir dans la lumière l'enchevêtrement des faits." (Jean Jolivet, Revue de l'histoire des religions, 1972)

103.          THIERRY (Augustin). Histoire de la Conquête de l'Angleterre par les Normands, de ses causes et de ses suites jusqu'à nos jours, en Angleterre, en Ecosse, en Irlande et sur le continent.  P., Furne et Cie,  1860, 4 vol. in-12,  vii-413, 372, 324 et 319 pp, dixième édition, revue et corrigée, un portrait gravé de l'auteur en frontispice du tome I, pièces justificatives, tables chronologique et analytique, reliures demi-veau glacé fauve à coins, dos à 5 nerfs pointillés soulignés de filets dorés, pièces de tire et d'auteur basane noir et carmin, filets dorés (rel. de l'époque), bon état

            120

Excellent ouvrage, paru pour la première fois en 1825, qui traite de l'histoire d'Angleterre et des Plantagenêt entre le débarquement des Danois en Angleterre (787) et l'exécution de William Fitz-Osbert dit Longue-Barbe ou Longbeard (1196) sous le règne de Richard Ier d'Angleterre dit Coeur de Lion, ainsi que de la formation du duché de Normandie lié au Royaume d'Angleterre jusqu'en 1204. — "Incontestable chef-d'œuvre d'Augustin Thierry, par l'ampleur souvent épique de la narration, par la variété et la solidité des matériaux employés." (Philippe Contamine, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1995).

104.          VERGER (Jacques). Naissance et premier essor de l'Occident chrétien, Ve-XIIIe siècle.  PUF,  1975, gr. in-12,  281 pp, imprimé sur papier ivoire, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Fil des Temps, dirigée par Roland Mousnier)

            20

105.          [Zodiaque] – DIMIER (M.-Anselme) et Jean PORCHER. L'Art cistercien. France.  La Pierre-qui-Vire, Zodiaque,  1962, gr. in-8°,  356 pp, 150 héliogravures hors texte, 4 pl. en couleurs hors texte, cartes et plans, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (la Nuit des Temps, 16)

            25

"Ce livre a la netteté et la clarté qui conviennent au sujet dont il traite. Il est également, ce qui explique ses qualités, l'œuvre d'hommes qui par leur vocation, leur vie et leurs travaux sont mieux à même que quiconque de dégager l'esprit qui imprègne l'art monastique en général, et plus particulièrement l'aspect exceptionnel que revêt l'art cistercien. Il s'agit de dom Angelico Surchamp, religieux bénédictin, et, pour la majeure partie de l'ouvrage, du r.p. Marie-Anselme Dimier, religieux cistercien, auteur de nombreux et remarquables travaux sur l'histoire, l'expansion et l'architecture de l'Ordre auquel il appartient. Les dernières pages du livre, consacrées aux manuscrits, ont été demandées à M. Jean Porcher, éminent spécialiste en la matière. Nous sommes ici pourvus de douze monographies solides et claires s'appliquant aux ensembles majeurs, entendons ceux qui nous sont parvenus. Le choix de ceux-ci ne pouvait être imprévisible ; cependant, des abbayes relativement peu connues comme l'Escale-Dieu, Léoncel ou Flaran sont mises ici très légitimement à l'honneur. On trouvera également, en tête de l'ouvrage, trente-six notices brèves consacrées trop souvent, hélas, à une manière de nécrologe dans lequel sont évoquées les abbayes mutilées dont certaines, ne seraient-ce que Cîteaux et Clairvaux, devraient revêtir, sans la stupidité des hommes, une importance capitale. Ces notices sont intelligemment présentées dans l'ordre historique, un index alphabétique permettant de retrouver aisément chacune d'elles. Tout cela, disions-nous, est clair, net, sans fioritures ni vaine littérature..." (René Crozet, Cahiers de Civilisation Médiévale, 1963)

106.          [Zodiaque] – OURSEL (Raymond). Floraison de la sculpture romane. 1. Les grandes découvertes. 2. Le cœur et la main.  La Pierre-qui-Vire, Zodiaque,  1973-1976, 2 vol. gr. in-8°,  419 et 443 pp, 306 photos en héliogravure et 7 pl. en couleurs hors texte, 220 figures dans le texte, reliures toile éditeur, jaquettes illustrées, bon état (Introductions à la nuit des temps, 7 et 8)

            80

L'ouvrage dresse un panorama très complet de la sculpture romane en Bourgogne. — "Deux volumes [étaient]  nécessaires pour réaliser un tel dessein ; deux volumes, mais surtout le talent d'un homme qui n'est pas seulement un "spécialiste" en art et en histoire, mais qui a plus encore cette connivence secrète et essentielle avec l'art roman et l'époque romane qui lui permet de dépasser les froides données de l'analyse et de tenter l'indispensable et toujours périlleuse synthèse, ici plus nécessaire que jamais." (Préface)

 

TEMPS MODERNES

 

107.          BENABOU (Erica-Marie). La Prostitution et la police des moeurs au XVIIIe siècle.  Perrin,  1987, fort in-8°,  547 pp, présenté par Pierre Goubert, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            40

Erica-Marie Benabou nous a quittés en 1985, alors qu'elle venait d'achever cet ouvrage qu' "il conviendrait – écrit Pierre Goubert – de déguster avec lenteur, esprit et tendresse, comme l'ont reçu ceux et celles qui l'ont encouragé à naître et pieusement aidé dans son éclosion finale". Au prix d'un formidable travail de recherche dans une masse considérable de documents en grande partie ignorés ou inexploités, elle nous a livré une enquête absolument neuve et passionnante sur "les filles de débauche" – les "filles du monde", comme on disait alors –, leurs maquerelles et leurs clients. Elle nous offre en même temps, grâce aux savoureux rapports des inspecteurs de police, une vision surprenante de la police au XVIIIe siècle. Il est vrai que celle-ci et la prostitution étaient très liées; maquerelles et prostituées fournissant, en échange de leur tranquillité, d'abondants renseignements sur les "consommateurs", notamment sur les nobles, les magistrats, les financiers et le clergé, particulièrement pisté par la police. Environ vingt mille "permanentes" actives s'adonnaient à la prostitution dans la seule ville de Paris, soit quelque treize pour cent des Parisiennes en "âge d'amour". Encore faudrait-il y ajouter bon nombre d' "occasionnelles" : coiffeuses, marchandes de mode, bouquetières, blanchisseuses, etc. Cela donnerait en 1987 plus de cent mille dames vénales, banlieusardes exclues. C'est dire l'importance, pour l'histoire d'une société, de cette véritable autopsie du commerce de l'amour au XVIIIe siècle. En faisant vivre pour la première fois, avec une précision quasi affectueuse, des milliers de filles soumises à des douzaines d'infâmes et parfois spirituelles maquerelles, à des centaines de proxénètes de tout ordre et à d'autres milliers de clients, en restituant avec bonheur l'action de la police des mœurs, en analysant enfin l'attitude de la justice, de l'Eglise, des moralistes, des utopistes vis-à-vis de la prostitution, Erica-Marie Benabou a apporté une contribution essentielle, vivante, érudite et très concrète à la connaissance des mœurs, des mentalités et de la vie quotidienne dans la France prérévolutionnaire.

108.          BOSSUET (Jacques-Bénigne). L’Apocalypse, avec une explication, par messire Jacques-Bénigne Bossuet.  P., Jean Villette,  1692, pt in-8°,  96-838-(32) pp, pleine reliure de l’époque en veau marbré, dos à 5 nerfs orné de caissons fleuronnés dorés, titre doré, coiffe sup. arasée, un mors fendu, bon état. Intérieur très frais avec une belle vignette et 16 ff. n. ch. (entre les pp. 496-497) contenant “l’abrégé de l’Apocalypse”

            200

Deuxième édition (la première en 1689) de l'une des plus marquantes interprétations de l'Apocalypse faites au XVIIe siècle. Cet ouvrage constitue aussi une réponse au livre publié par l’exalté Pierre Jurieu en 1686, L’Accomplissement des prophéties, dans lequel ce célèbre réformé prédit que le rétablissement de l’Église protestante de France aura lieu infailliblement au mois d’avril 1689. Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) est un si puissant génie que le siècle de Louis XIV le considéra comme l'ultime père de l'Eglise. Universaliste au vrai sens, et plaçant la recherche de la Vérité au-dessus de tout, sa pensée est exactement le contraire de tout ce que, de nos jours, l'homme moyen considère comme évident. Détenteur d'arguments irréfutables qui, en un verbe d'une force jamais vue et un cinglant humour, mettent à bas, sans effort et avec plusieurs siècles d'avance, les obsolètes et maigrelettes bases de notre « nouveau » monde, l'oeuvre de Bossuet est un cauchemar pour l'idéologie et le bien-pensant.

109.          BOURASSIN (Emmanuel). François Ier. Le roi et le mécène.  Tallandier,   1997, in-8°,  228 pp, généalogies, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Mai 1519 : le roi François Ier chasse dans la forêt solognote, quand un messager l'informe de la mort de Léonard de Vinci. au Clos-Lucé. En apprenant la nouvelle, le jeune souverain éclate en sanglots : pour la seconde fois il a perdu son "père". Le mécénat de François Ier dans la première moitié du XVIe siècle français est digne de celui de Laurent le Magnifique dans la Florence du Quattrocento. Que de poètes, d'artistes, d'érudits le "père des lettres" n'a-t-il pas protégés! Clément Marot et Guillaume Budé, Jean Clouet et Benvenuto Cellini, Le Primatice et Clément Jannequin, etc. Une époque bénie des dieux, au centre de laquelle rayonna ce Valois magnifique qui se levait à Fontainebleau pour coucher à Chambord. Mais la vie de François Ier fut aussi une série de coups de dés : il joua une partie haletante avec Henry VIII, Charles-Quint et le Turc Soliman le Magnifique. Après sa défaite de Pavie, c'est un autre souverain qui naît. L'époque est au "machiavélisme", la politique du réalisme qui fait fi de la parole donnée. La chrétienté est morte : le roi très-chrétien s'allie au Grand Turc! Dans un livre alerte et qui remet en une perspective résolument moderne l'un des rois préférés des Français, Emmanuel Bourassin dresse le portrait sans concession ni parti pris de cet "amant de la beauté". L'exploitation de nouveaux documents permet en outre d'éclairer le rôle de cet organisateur de l'administration, de ce roi follement dépensier qui créa nos finances publiques, de cet acteur de premier plan dans l'histoire du monde. Une grande biographie qui donne aussi les clefs d'une époque à nulle autre semblable, celle des génies et des actes éclatants.

110.          CHARMEIL (Jean-Paul). Les trésoriers de France à l'époque de la Fronde. Contribution à l'histoire de l'administration financière sous l'Ancien Régime. (Thèse).  Picard,  1964, gr. in-8°,  xii-592 pp, biblio, index, broché, couv. lég. salie, bon état

            30

"La charge de trésorier de France, sous l'Ancien régime, était l'un des rouages essentiels de l'administration financière. Elle n'avait pourtant fait l'objet, avant la publication de la thèse de M. Jean-Paul Charmeil, d'aucun travail d'ensemble. Les historiens ne s'étaient jusqu'alors intéressés au sujet que de façon fragmentaire, en étudiant les bureaux des finances, c'est-à- dire les organismes collégiaux, composés de trésoriers, qui administraient les finances dans les généralités. Le livre de M. Charmeil vient donc combler une lacune. L'auteur a centré son étude sur l'époque de la Fronde, particulièrement importante dans l'histoire des trésoriers de France. Ceux-ci, en effet, dont les pouvoirs et l'influence avaient été considérables au XVe siècle, après la guerre de Cent ans, avaient vu leur rôle s'amenuiser singulièrement au XVIe et au début du XVIIe siècle, sous l'action de divers facteurs : vénalité et multiplication (donc dévaluation) des offices, établissement des intendants, difficultés croissantes du recouvrement des impôts et, en conséquence, affermage d'une partie d'entre eux. Tout cela explique qu'ils se soient joints, dès mai 1648, aux autres corps d'officiers en rébellion contre le gouvernement, et qu'ils aient pris une part active à la « Fronde parlementaire ». Les trésoriers de France étaient « en rapport avec tout ce qui représentait le mérite, l'influence et la fortune » (p. 148), et les quelques pages dans lesquelles l'auteur nous le montre – avec exemples à l'appui – ne sont pas les moins suggestives du livre. Il est particulièrement frappant de constater, par exemple, que les trésoriers de France furent à l'origine de la plupart des dynasties de grands commis de l'Ancien régime, et que presque tous les grands écrivains du XVIIe siècle – Corneille, Pascal, Bossuet, la marquise de Sévigné, Racine, La Bruyère, etc. – étaient trésoriers de France ou proches parents de trésoriers de France..." (Bernard Barbiche, Bibliothèque de l'École des chartes, 1965)

111.          Collectif – Margaret Morgan Grasselli, Pierre Rosenberg, Nicole Parmantier (dir.). Watteau, 1684-1721.  P., Editions de la Réunion des musées nationaux,  1984, in-4°,  583 pp, très nombreuses reproductions en noir et et en couleurs, dans le texte et à pleine page, biblio, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            20

"L'exposition réalisée par les musées nationaux de Washington, Paris et Berlin à l'occasion du tricentenaire de la naissance de Watteau est la première qui ait rassemblé « ses principaux tableaux, ses plus beaux dessins, ses rares estampes » (Avant-propos, p. 11). Un très beau catalogue, somptueusement imprimé, mis en page et illustré, garde l'image unique de cette œuvre éparpillée, et nous donne un état présent des études sur le peintre. On y trouvera un corpus biographique, accompagné de brèves notices sur les amis de Watteau, le catalogue des dessins par M. Morgan Grasselli (143 numéros), la liste des estampes par N. Parmentier (8°s) et le catalogue des tableaux par P. Rosenberg (73 n°s). La confrontation du « Pèlerinage de l'Isle de Cithère » du Louvre et de « L'embarquement pour Cythère » de Berlin, qui fut l'un des événements de cette exposition, donne lieu ici à un parallèle minutieux ; la restauration du « Pèlerinage » et des « Comédiens italiens » fait l'objet d'études précises. Les historiens de l'art et de la littérature apprécieront particulièrement les belles synthèses présentées en fin de volume : « Wattau dans son temps » par F. Moureau (voir entre autres le « monde du théâtre », p. 477 et suiv., et les « chemins de Cythère », p. 495 et suiv.), « L'iconographie théâtrale » par F. Moureau, « Watteau et la musique » par F. Gréteau, « Frédéric le Grand et Watteau » par H. Bôrsch-Supan. Cet ouvrage dépasse les limites habituelles du catalogue ; tous ceux qui s'intéressent à l'art et à la littérature de la Régence y trouveront leur bonheur." (J. Sgard, Dix-Huitième Siècle, 1986)

112.          CRÉBILLON fils. Le Sopha. Conte moral.  P., Librairie des Bibliophiles, E. Flammarion,  s.d. (v. 1890), 2 vol. in-12,  xii-178 et 198 pp, illustré d'un portrait de l'auteur et de 11 dessins de E.-P. Milio, reliures demi-maroquin noir, dos lisses ornés en long, têtes dorées (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les conteurs du XVIIIe siècle). Bel exemplaire, finement relié

            60

Les romans et les contes de Crébillon fils (1707-1777)  ont longtemps été décriés pour leur immoralité. Il peint avec brio et cynisme le relâchement des moeurs de son temps où règnent hypocrisie, duperie et perfidie. La publication du Sopha (1742) valut à l’auteur de ce « conte moral » un exil à trente lieues de Paris ; on lui reprochait son libertinage excessif, ses descriptions trop licencieuses des ébats amoureux sur des sophas et on le soupçonnait d’avoir caricaturé Louis XV dans le personnage ridicule et amusant du sultan Schah-Baham.

113.          DELUMEAU (Jean). Le Catholicisme entre Luther et Voltaire.  PUF,  1979, pt in-8°,  368 pp, 2e édition mise à jour, 3 cartes et une figure, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

            25

La Renaissance catholique qui suivit le concile de Trente est justiciable de deux lectures historiques concomitantes. Elle fut durcissement des structures, enrégimentement des masses par un clergé mieux tenu en main, puissante entreprise de catéchèse, et cela grâce à l'appui de l'Etat. Mais elle fut aussi sainteté et piété. Ces deux aspects, qui peuvent paraître contradictoires l'un avec l'autre, cohabitèrent en réalité dans le vécu quotidien. Et si une christianisation quantitativement importante résulta de l'action méthodique de l'Eglise romaine, c'est parce que cette action fut qualitativement doublée, appuyée, vivifiée de l'intérieur par des trésors de dévouement, d'héroïsme, de charité, de spiritualité, d'imagination créatrice. Se pose toutefois la question des limites de la christianisation ainsi réalisée entre l'arrivée de Luther sur la scène historique et l'époque de la mort de Voltaire. À peine remis de la secousse protestante, le catholicisme dut affronter le choc des « Lumières ». — « L'Histoire et ses problèmes », tel est, on le sait, le sous-titre de la collection « Nouvelle Clio » dans laquelle paraît le dernier livre de Jean Delumeau, Le catholicisme entre Luther et Voltaire. Les problèmes, Jean Delumeau ne les esquive pas, loin de là. Non content d'évoquer ceux déjà connus, comme la querelle des rites ou le jansénisme, en donnant à leur propos le dernier état des recherches, il en pose lui-même un de taille, véritable « thèse », selon sa propre expression, qui n'aboutit à rien moins qu'à remettre en question un double schéma classique et encore communément admis : celui de la restauration catholique réparant au XVIIe siècle, sous la pression indirecte de la réforme protestante, les faiblesse les plus criantes de l'Église romaine, et celui qui place au XVIIIe siècle le début de la déchristianisation contemporaine sous le double effet d'une nouvelle crise dans l'Église et des attaques des philosophes contre la religion. Rechristianisation au XVIIe siècle ? Déchristianisation au XVIIIe ? Jean Delumeau attaque de front ce double mythe. (...) On saura gré à  l'auteur de nous avoir proposé ce qu'il appelle lui-même, sans aucune exagération, « une lecture neuve de toute l'histoire moderne de l'Occident ». Il est rare qu'un livre qui rendra excellemment tous les services que l'on est en droit d'attendre d'un manuel, ouvre également des perspectives aussi neuves, aussi larges et aussi excitantes. Tous les travaux de sociologie religieuse qu'il ne va pas manquer de susciter, se référeront désormais à ce livre, qui fera date." (François Lebrun, Annales ESC, 1972)

114.          DIESBACH (Ghislain de). Necker ou la faillite de la vertu.  Perrin,  1978, in-8°,  476 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex éditeur, bon état

            25

"... G. de D., qui n'a pas puisé à une nouvelle documentation, a bien utilisé tout ce qui a été écrit sur Necker, sa femme, sa fille, son milieu (sa bibliographie est exhaustive), pour écrire une biographie complète de ce personnage qui a joué un si grand rôle dans les dernières années de l'Ancien Régime et dont l'oeuvre financière et surtout politique a été l'objet de jugements différents, voire opposés. Bien construit, équilibré et agréablement écrit, son livre se recommande..." (P. Alatri, Dix-huitième Siècle, 1980)

115.          ERASME. L'Eloge de la folie. Traduit du latin par M. Gueudeville. Nouvelle édition revue & corrigée sur le Texte de l'édition de Bâle, et ornée de nouvelles figures, avec des notes.  S.l. [Paris] s.n.,  1757, in-12,  (4)-xxiv-222 pp, 14 planches gravées dont le frontispice, page de titre avec vignette gravée, une gravure en bandeau et une en cul-de-lampe, reliure plein veau havane, dos à 5 nerfs et caissons fleuronnés dorés, pièce de titre chagrin carmin (rel. de l’époque), un mors frotté, pt mques aux coiffes, bon état. Bon exemplaire très frais et sans rousseurs

            250

Cette traduction de Nicolas Gueudeville, revue et annotée par Meunier de Querlon, est  établie d'après l'exemplaire très connu de Bâle, qui contient des dessins originaux de Holbein. Ce joli ouvrage est illustré d'une vignette sur le titre, de d'un bandeau, d'un cul-de-lampe et de quatorze planches, frontispice compris, l'ensemble gravé en taille-douce d'après Charles Eisen, par Aliamet, La Fosse, Flipart, Legrand, etc. — Best-seller européen dès sa parution, l'Eloge de la folie (1511) met en scène la déesse Folie s'adressant facétieusement aux hommes pour leur montrer qu'elle gouverne le monde. "Véritable dispensatrice de bonheur", fille d'Ivresse et d'Ignorance, Folie préside à toutes les circonstances de l'existence humaine : elle rend possibles le mariage et la maternité, régit chaque méfier, soumet les rois et les prélats à son empire. Dans cette courte déclamation parodique, parangon de l'éloge paradoxal et du jeu sérieux qu'affectionnent les humanistes, Erasme se plaît à louer "la Folie d'une manière qui n'est pas tout à fait folle".

116.          FLOURENS (Pierre). Histoire des travaux de Georges Cuvier.  P., Garnier Frères,  1858, in-12,  295 pp, 3e édition augmentée et en partie refondue, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats, fer doré (couronne de feuilles encadrant "Université de France. Lycée impérial de Bonaparte"), bon état

            50

Notice biographique sur Georges Cuvier, Zoologie, Anatomie comparée, Ossements fossiles, Application de l'anatomie à l'histoire naturelle générale, Du mot nature défini par M. Cuvier, Du mot nature défini par Buffon, Exposition critique de la philosophie de la nature par M. Cuvier, Liste des ouvrages de M. Cuvier, etc. — "M. Flourens fût membre de l’Académie des sciences, professeur au Muséum d’histoire naturelle, un des auteurs du Journal des savants et secrétaire perpétuel à l’Académie des sciences. En 1840, sa réputation parvenue à son apogée recevait sa consécration la plus glorieuse ; il fut élu membre de l’Académie française. L’appréciation que M. Flourens a donnée des travaux et des idées d’illustres savants a beaucoup contribué à sa popularité. Dans ses écrits sur l’Histoire des travaux de Georges Cuvier, sur l’Histoire des travaux et des idées de Buffon, M. Flourens se fait le vulgarisateur heureux des idées et des travaux de ces deux grands génies qui, comme il le dit, se complètent et se comprennent l’un par l’autre..." (Claude Bernard, Discours de réception à l’Académie française, 27 mai 1869) — "In his biographies of distinguished scientists Flourens tried to sum up their achievements, relating their work to what was done before and after along the same lines, in a clear, simple, elegant and engaging style. They were very popular, and some are masterpieces which served as models for other biographies". (DSB V, p. 45)

117.          FRASER (Antonia). Marie-Antoinette.  Flammarion,  2006, gr. in-8°,  567 pp, 32 pl. d'illustrations en couleurs, notes, sources, index, broché, bon état

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Marie-Antoinette : une figure mythique. jugée sévèrement par ses contemporains, et par l'Histoire, perçue tour à tour comme une reine "scélérate", puis une victime expiatoire, elle a pourtant toujours été unanimement admirée pour son inébranlable courage face aux grands cataclysmes du siècle. Devenue reine de France à peine sortie de l'adolescence, elle est investie par sa mère, la puissante impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, de la mission de protéger les intérêts de son pays auprès du roi. Toute sa vie elle jouera un rôle politique ambigu, s'attirant d'abord la méfiance et bientôt la haine du peuple français. Avec l'objectivité et la précision qui caractérisent toute son œuvre d'historienne, Antonia Fraser retrace le voyage initiatique de la reine. Elle examine, avec un foisonnement de détails, sa personnalité et son parcours : l'enfance, l'influence des liens familiaux, les relations conjugales marquées par un mariage longtemps non consommé, la venue tant attendue de ses enfants, son idylle avec le comte Axel Fersen, ses contacts avec de grandes figures de la Révolution, et enfin ses efforts héroïques pour sauver sa famille, et la monarchie, de la tempête révolutionnaire.

118.          GABOURD (Amédée). Histoire de Louis XIV.  Tours, Alfred Mame et Fils,  1873, in-8°,  397 pp, une vignette gravée sur le titre et trois gravures hors texte (dont le frontispice), cart. percale bleu-marine, dos lisse avec titres et fleurons dorés, encadrement noir sur les plat, décor floral noir et or au 1er plat, tranches dorées, bon état

            35

"Les idées directrices qui guidaient Amédée Gabourd (1809-1867) dans son travail d'historien apparaissent mesurées et prudentes, très juste-milieu sans doute, avec des réminiscences de la pensée catholique libérale des années 1830. Cet éclectisme et cette modération n'empêcheront pas le Larousse du XIXe siècle de déclarer que les ouvrages de Gabourd, « fort estimés du clergé, sont écrits au point de vue monarchique et ultramontain ». Sans entrer dans de telles considérations, reconnaissons en tout cas que leur auteur fournit à les écrire une somme de travail considérable et, vraisemblablement, s'y épuisa." (Fernand Letessier, Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1966)

119.          KUNSTLER (Charles). Fersen et son secret.  Hachette,  1947, in-8°,  398 pp, 2 tableaux généalogiques, biblio, broché, un portrait en médaillon au 1er plat, bon état

            25

"M. Charles Kunstler consacre un gros livre de 398 pages à Fersen et son secret. Fersen a-t-il été, oui ou non, l'amant de Marie-Antoinette, M. Kunstler ne cherche pas à résoudre l'énigme qui, pour nous, ne présente aucun doute. Mais peu importe d'ailleurs. C'est pour lui l'occasion de redresser bien des erreurs commises à propos de ce grand gentilhomme international, plus attaché a des personnes royales rencontrées dans ses nombreux voyages qu'à la patrie qui l'a vu naître. On se sent, à la lecture de ce livre, peu à peu attiré vers ce personnage extraordinaire, un tantinet détesté en France. M. Kunstler en effet possède un beau talent de narrateur et son étude nous conduit, sans que l'intérêt se relâche, jusqu'à la mort tragique du comte Axel Fersen piétiné par la foule, accusé faussement d'avoir empoisonné le prince héritier de Suède Charles-Auguste." (Louis Jacob, Revue du Nord, 1947)

120.          LEMAITRE (Jules). Jean-Jacques Rousseau.  Calmann-Lévy,  1905, in-12,  357 pp, reliure demi-percaline brique, dos lisse avec fleuron et double filet doré en queue, pièce de titre basane havane (rel. de l'époque), bon état. Edition originale (il n'est pas annoncé de grand papier)

            30

"M. Jules Lemaître a publié sur Jean-Jacques Rousseau un livre séduisant, dont le succès a été très vif ; une des thèses de M. Lemaître, c'est que la Révolution s'explique par l'influence des idées de Rousseau..." (Pierre Caron, Revue d'histoire moderne et contemporaine)

121.          LÉON (Pierre). Economies et sociétés préindustrielles, 1650-1780. Les origines d'une accélération de l'histoire.  Armand Colin,  1970, gr. in-8°,  460 pp, 40 cartes et tableaux, biblio, cart. éditeur, qqs rares soulignures stylo, bon état (Coll. U. Série Histoire moderne, dirigée par Pierre Goubert)

            25

"Depuis plusieurs années, les chercheurs, et surtout les enseignants et étudiants, ressentaient vivement le besoin d'une mise au point embrassant les XVIIe et XVIIIe siècles qui soit à la fois un ouvrage de base, un manuel pleinement utilisable par les étudiants ou les non-spécialistes, et une réflexion d'ensemble n'hésitant nullement à se situer aux plus hauts niveaux. Ce livre existe désormais, écrit par Pierre Léon, qui occupe depuis deux décennies une place éminente parmi les historiens des économies et des sociétés modernes et contemporaines. Soulignons deux qualités maîtresses de l'ouvrage : le classicisme de la langue et des développements ; l'intérêt des nombreuses figures : par exemple les cartes remarquables présentées aux pages 180 et 181, concernant, l'une les exportations agricoles et industrielles de la France en 1787, l'autre les importations et exportations de l'Angleterre pour la période 1786-1790. C'est le livre remarquable que l'on attendait." (J.-P. Poussou, Annales de Démographie historique, 1972) — A noter : malgré la mention de tome 2, cet excellent livre est bien complet en soi : le tome 1, annoncé, qui devait être écrit par Richard Gascon et concerner la période 1500-1650, n'est jamais paru.

122.          [MORE, Thomas] – PREVOST (André). L'Utopie de Thomas More. Présentation du texte original, apparat critique, exégèse, traduction et notes par André Prévost.  Mame,  1978, fort et gr. in-8°,  784 pp, introduction initiant le lecteur au sens et aux fonctions de l'Utopie. Traduction en regard du texte de More (reproduction de l'édition intégrale de Bâle (novembre 1518) en fac-similé), notes en bas de page et commentaires à la suite du texte, 2 portraits hors texte de More, dont un en couleurs, par Hans Holbein, 6 gravures du temps, biblio, index des matières traitées, définitions des mots techniques, reliure toile de lin écrue de l'éditeur, dos lisse avec pièces d'auteur et de titre basane bordeaux, empreinte de la signature de More au 1er plat, bon état, envoi a.s. d'André Prévost

            75

"Il s'agit d'une « somme » sur ce fameux libelle. Elle était depuis longtemps en chantier et A.P. la mène ici à terme avec une ferveur méticuleuse. Le texte de l'Utopie nous est livré en deux versions synoptiques : l'édition latine de Bâle (1518) en fac-similé et une nouvelle version française prenant le relais des nombreuses déjà produites : 1550, par Jean Leblond, 1643, par Samuel Sorbière, 1715, par Nicolas Gueudeville, 1780, par Thomas Rousseau, 1842, par Victor Stouvenel, 1935, par Grunebaum- Ballin, 1966, par Marie Delcourt. But : « permettre au lecteur d'entrer directement en contact avec un témoin de la pensée occidentale » (p. 262). Cet objectif est d'autant mieux atteint que ce texte-perle est ici présenté dans un copieux contexte-écrin de pièces complémentaires et de commentaires circonstanciés portant sur : la genèse de livre ; sa structure, ses rythmes et sa logique interne ; son activation comme « expérience existentielle » ; ses fonctions archétypiques pour l'auteur et pour ses audiences... et naturellement sa langue, ses éditions, ses traductions. On retiendra les pénétrantes pages sur la signification religieuse d'une telle utopie ; on appréciera et on discutera les nombreuses notations comparatives entre l'utopie et le millénarisme... On voudrait écrire des pages sur cette contribution capitale qui sera pendant longtemps une source classique et irremplaçable. Elle est à elle seule toute une bibliothèque et celle-ci, par son ampleur, sa pertinence, démontre qu'une utopie, aussi mince et aussi fragile soit-elle, est de nature à s'avérer topique, expansive et perenne." (Henri Desroche, Archives de sciences sociales des religions, 1979)

123.          POMPERY (Edouard de). Le Vrai Voltaire. L'homme et le penseur.  P., Agence générale de librairie,  1867, in-8°,  (4)-491 pp, reliure demi-basane bleu-nuit, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

            80

Par Edouard de Pompéry (1812-1895). Il fit ses études de droit à Rennes, où il fut reçu avocat et s'intéressa à la philosophie politique et aux sciences sociales. Jeune avocat, il adhère au fouriérisme et écrit "Le docteur de Tombouctou", puis donne des conférences sur la théorie de Fourier dans des loges maçonniques, dont il est membre. Il devient collaborateur de "La Démocratie pacifique" et publie de nombreux articles et brochures. Il y développe une philosophie du travail et de la société, fondée sur les idées de Fourier. Intime de plusieurs écrivains, dont Flora Tristan et George Sand, il s'engage en 1848 dans le combat politique : plusieurs fois candidat à la députation, il soutient les démocrates-socialistes. A l'élection présidentielle de 1848, il participe à la campagne de Raspail. Socialiste sous le Second Empire, il s'engage, à partir de 1866 dans la Ligue de l'enseignement aux côtés de Jean Macé. Dans les années 1880, il se rapproche de Benoit Malon, fondateur de la "Revue socialiste".

124.          ROUSSEAU (Jean-Jacques). Oeuvres complètes. Nouvelle édition, classée par ordre de matières, et ornée de quatre-vingt-dix gravures.  S.l. [Paris], s.n. [Poinçot],  1788-1793, 38 vol. in-8° (12,5 x 20 cm),   39 frontispices et 41 jolies eaux-fortes avant la lettre gravées par divers artistes d'après Jean-Michel Moreau (les gravures de Moreau sont des réductions assez fines de l'édition de Londres [Bruxelles], 1774-1783), 44 planches rehaussées en couleurs de botanique (tome 38), et 13 planches de musique gravées, reliures demi-basane chocolat, dos lisses avec titres, doubles filets et palette dorés (reliures début XIXe siècle), dos lég. frottés, qqs coiffes abîmées, qqs mors fendus, intérieurs frais, avec pas ou peu de rousseurs, bon état

            900

Belle édition collective des œuvres de Rousseau, établie et annotée par Louis-Sébastien Mercier, l’abbé Brizard et de L’Aulnaye, ornée de 39 frontispices et 41 figures hors texte avant la lettre de Moreau, Marillier, Le Barbier, Leclerc, Nageon, Boucher et Wheatly, et de 13 planches dépliantes de musique. L’avant-dernier volume renferme 319 pages de musiques et d’airs gravés, et le dernier tome, 44 planches rehaussées à l'aquarelle et gommées de botanique par Aubry. On ne rencontre jamais les quatre-vingt-dix gravures annoncées ; Cohen n'en cite que 80. — L'édition est organisée comme suit : Tomes 1 à 4. Voyage à Ermenonville et La Nouvelle Héloïse, avec les extraits de différents écrits contre la Nouvelle Héloïse rassemblés par Mercier (4 frontispices et 14 planches) – Tomes 5 et 6. Lettres élémentaires sur la botanique (2 frontispices) – Tomes 7 à 9. Politique (3 frontispices et une planche) – Tomes 10 à 14. Emile, ou de l'éducation (5 frontispices et 9 planches) – Tomes 15 à 17. Sciences, Arts et Belles Lettres (3 frontispices et une planche) – Tome 18. Théâtre et Poésies (un frontispice et 6 planches) – Tomes 19 à 22. Musique (4 frontispices et 13 planches dépliantes gravées de musique notée) – Tomes 23 à 26. Les Confessions (5 frontispices et 10 planches) – Tomes 27 et 28. Pièces diverses (2 frontispices) – Tomes 29 et 30. Philosophie (2 frontispices) – Tomes 31 à 35. Lettres (5 frontispices) – Tome 36. Pensées et Maximes (un frontispice) – Tome 37. Les Consolations des misères de ma vie ou Recueil de romances – Recueil des œuvres de musique de J.J. Rousseau. Ce tome 37, signalé par Cohen comme tome XXXVII-XXXVIII, est consacré à la musique, entièrement gravé et illustré de 2 gravures hors texte. – Tome 38. Recueil de plantes coloriées, pour servir à l'intelligence des lettres élémentaires sur la botanique de J. J. Rousseau. Ce tome 38, signalé par Cohen comme XXXVIII bis, est consacré à la Botanique, daté 1789, et comprend 44 planches botaniques coloriées avec les explications imprimées en vis-à-vis. (Cohen 910-911; Reynaud 466 ; Dufour 397).

125.          SEVIGNÉ (Marie de Rabutin-Chantal, marquise de). Lettres choisies [recueillies par M. Monmerqué].  P., Jean de Bonnot,  1981, in-8°,  xxvi-411 pp, imprimé sur papier vergé filigrané, un frontispice et 8 portraits hors texte, 15 gravures (illustrations d'Auguste Sandoz et de Jean Antoine Valentin Foulquier), reliure plein cuir aubergine de l'éditeur, dos lisse richement décoré à l'or fin, pièce de titre basane noire et caissons fleuronnés dorés, plats estampés à froid, tête dorée, bon état

            40

Mme de Sévigné est devenue un grand écrivain presque sans le vouloir et sans le savoir. Ses lettres sont nées de sa conversation, vive, enjouée, coulant de source, dont elle a su conserver, à l'intention de ses correspondants, la succulente spontanéité. Lettres de la ville, lettres de la cour, lettres de Bretagne, lettres au cousin Bussy. Lettres surtout à sa fille, les plus belles après le départ de Mme de Grignan pour la Provence où son mari était nommé lieutenant-général. « La passion parle là toute pure », comme aurait dit Alceste et comme le dira un personnage de Proust : « Ce que ressentait Mme de Sévigné pour sa fille peut prétendre beaucoup plus justement ressembler à la passion que Racine a dépeinte dans Andromaque ou dans Phèdre que les banales relations que le jeune Sévigné avait avec ses maîtresses. » Rares sont les textes du XVIIe siècle qui nous permettent d’effectuer une telle plongée au cœur de la sphère intime, associant les soucis du quotidien et le questionnement spirituel, les états d’âme et les états des lieux, les réalités du temps et les chimères de l’imaginaire. Lectrice infatigable, raffinée sans préciosité, savante sans pédanterie, Mme de Sévigné se montre ici d’une liberté de ton unique.

126.          VAUNOIS (Louis). Vie de Louis XIII. Nouvelle édition revue, augmentée et illustrée.  P., Del Duca,  1961, fort in-8°,  674-(4) pp, sources, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

"Ce livre n'est pas une nouveauté. Publié en 1936, il a été réédité en 1944. Si les illustrations de la seconde édition ont été supprimées, le texte, par contre, s'est développé. Le plan n'a pas été modifié : la biographie se déroule dans l'ordre chronologique et, de la naissance à la mort de Louis XIII, comprend autant de chapitres que d'années (1601-1643). Que les premières années puissent être aussi étoffées que les dernières ne surprendra pas les lecteurs du Journal de Jean Héroard, qui s'étend, mois par mois, voire jour par jour, de 1601 à 1628. On retrouvera donc les « mots » du dauphin. Tel celui-ci, d'un enfant de cinq ans, qui vient d'écouter le récit de la naissance de Jésus : « Si j'y eusse été, je lui eusse donné mon lit et mes draps. » Mais M. Vaunois ne s'est pas contenté de consulter le Journal dans les deux volumes publiés par Soulié et Barthélémy, il a pris connaissance du manuscrit original, ce qui lui a permis de corriger des contre-sens, qui s'autorisaient d'un texte abrégé et arrangé (ainsi, p. 249-257). De la formation religieuse de Louis XIII, l'auteur n'a pas manqué de noter et de dater les étapes : premières formules de prière, première confession à cinq ans et demi (14 avril 1607), leçons de catéchisme tous les dimanches, confirmation à neuf ans (15 octobre 1610). De l'inflexible conscience qui dirige la vie de Louis XIII, M. Vaunois nous offre de nombreux exemples, démolissant en même temps quelques légendes romantiques, qui ont la vie dure : les favoris du roi n'ont pas été ses « mignons », Mlle de La Fayette et Mme de Hautefort n'ont pas été ses maîtresses, Louis XIV n'est ni le fils de Mazarin, qui était à Rome lors de sa conception, ni de Buckingham, qui mourut dix ans avant sa naissance... A une époque où l'héroïsme était dans l'air, Louis XIII apparaît à son biographe comme un prince cornélien (p. 577), d'une religion scrupuleuse, que le sacrifice n'effraye pas. Il n'est pas un roi morose, qui ne s'intéresserait qu'à la chasse et aux camps, mais un roi, musicien et poète, qui ne cesse d'écrire, de sa propre main, à Richelieu pour suivre toutes les affaires : « Le plus mince évêché n'est pas attribué sans que Louis XIII en personne ait été appelé à choisir » (p. 341). Pourtant, en songeant avec l'auteur au maréchal de Marillac et au duc de Montmorency, décapités l'un et l'autre en 1632, on éprouve une impression de gêne devant la « logique inflexible » du roi, qui se refuse à user de son droit de grâce. Fort érudit, le livre de M. Vaunois n'est pas surchargé de notes. Riche de multiples détails, précis et colorés, il constitue un beau portrait de Louis XIII qui retiendra l'attention de tous ceux qui s'intéressent au renouveau spirituel du XVIIe siècle français." (Charles du Chesnay, Revue d'histoire de l'Église de France, 1962) — "Une œuvre originale et véridique." (Victor-L. Tapié, La France de Louis XIII et de Richelieu)

127.          WITT (Cornelis Henri de). Histoire de Washington et de la fondation de la République des Etats-Unis ; précédé d'une étude historique sur Washington par M. Guizot.  Didier et Cie,  1876, in-12,  iii-civ-464 pp, 7e édition, une carte hors texte en couleurs des Etats-Unis en 1785, reliure demi-chagrin brun, dos lisse avec titres, filets et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats et fer doré du Lycée d'Evreux au 1er plat (rel. de l'époque), dos uniformément passé, rousseurs sur qqs feuillets, bon état

            30

Cornélis Henri de Witt (1828-1889) est un historien, industriel et homme politique français. Il est administrateur des Mines de la Grand-Combe, de la Société algérienne, des Chemins de fer lombards, collabore à la Revue des deux Mondes et publie quelques travaux historiques dont cette "Histoire de Washington et de la fondation de la République des États-Unis" (1ère éd. 1855) et "Thomas Jefferson" (1861). Il a épousé l'historienne Pauline Guizot, seconde fille du François Guizot.

RÉVOLUTION

             

128.          BEAUCHESNE (A. de). Louis XVII. Sa vie, son agonie, sa mort. Captivité de la famille royale au Temple.  Plon-Nourrit et Cie,  1905, 2 forts vol. in-12,  xxiv-571 et 534 pp, dix-huitième édition enrichie d'autographes, de portraits et de plans et précédée d'une Lettre de Mgr Dupanloup (2 portraits gravés sous serpentes en frontispices, 2 plans et 4 autographes et fac-similés hors texte, certains dépliants), documents et pièces justificatives, reliures demi-maroquin acajou, dos lisses avec titres et encadrements dorés, têtes dorées, bon état. Exemplaire très bien relié, très frais et sans les habituelles rousseurs

            200

Bel exemplaire de ce grand classique de l'histoire de la Révolution française. Cet ouvrage édité pour la première fois en 1852 est considéré par la bibliographie de Parois comme "un ouvrage de référence" et l'historien Philippe Delorme, qui a rendu compte des dernières recherches scientifiques en la matière, fait de cet auteur "l'un des plus fameux spécialistes de la question Louis XVII. Cet historien a interrogé, au début du XIXe siècle, les survivants du Temple". En effet, Beauchesne a fait oeuvre d'historien, compulsé toutes les archives disponibles, reconstitué le Temple, interrogé les témoins directs des faits, comme Gomin et Lasne. Son travail demeure encore de nos jours une incomparable mine d'informations sur la vie et la mort de Louis XVII.

129.          BERTAUD (Jean-Paul). Le Duc d'Enghien.  Fayard,  2001, in-8°,  466 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 4 cartes, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Enlevé à l'étranger et condamné lors d'un procès inique voulu par Bonaparte, le duc d'Enghien est l'un des personnages mythiques de l'histoire de France. A l'aube du 21 mars 1804, il s'écroule, foudroyé par le feu d'un peloton d'exécution. Le descendant du Grand Condé rêvait de rétablir la monarchie. Il donne, sans le vouloir, un empereur à la France. Le duc d'Enghien n'est pas seulement l'acteur malheureux d'un drame politique. Hussard, il est le général "Va-de-Bon-Cœur" aux talents reconnus par les soldats de l'an II, ses ennemis. De Milan à Coblence, de Vienne à Saint-Pétersbourg, il est l'homme de cour aux mille conquêtes. Touriste intrépide, il parcourt les glaciers et escalade les Alpes. Passionné par les sciences naturelles, ethnologue à l'occasion, amateur de Gluck et de Mozart, il est homme des Lumières, curieux de toutes choses. Politique, il comprend que les changements de la Révolution sont en grande partie irréversibles. Inquiet, parfois jusqu'à l'angoisse, il partage avec les héros de Chateaubriand et de Musset le mal du siècle que seule Charlotte de Rohan-Rochefort sait apaiser. Tout en démêlant les fils d'un destin tragique tissé par la raison d'Etat et la déraison des hommes, Jean-Paul Bertaud nous entraîne à la suite du dernier chevalier de la France des rois, de la douceur de vivre de Chantilly aux fureurs parisiennes du 14 juillet, de Jemmapes à la bataille de Zurich, et des catins de Turin aux isbas russes.

130.          CHUQUET (Arthur). Les Guerres de la Révolution. V : La trahison de Dumouriez.  Plon,  1899, in-12,  (8)-237 pp, un plan hors texte, broché, non coupé, bon état

            30

"Ce volume est consacré à l’invasion de la Hollande et aux échecs successifs qui aboutissent aux désastres de Neerwinden et de Louvain, puis à la défection de Dumouriez. Le caractère de ce dernier, les mobiles et les calculs avoués ou secrets de sa politique apparaissent avec une absolue netteté. Les négociations de Dumouriez avec Mack, ses entretiens avec les commissaires de la convention, la ferme attitude de l’armée, tout cela est supérieurement mis en lumière. Les révoltes et les mécontentements causés par l’ineptie de l’administration militaire, l’anarchie parlementaire, la tyrannie exercée sur les pays conquis, le découragement produit par les insuccès militaires, voilà autant de motifs qui s’unissaient à ses craintes et à ses ambitions personnelles, pour amener Dumouriez à des idées de restauration. Le dernier chapitre intitulé : la Trahison est d’une ampleur et d’un relief vraiment admirables. C’est un véritable drame dont le lecteur suit le développement et les phases multiples avec la même curiosité que s’il en ignorait le dénouement. La seule éloquence des faits suffit à M. Chuquet pour amener les effets les plus saisissants. Il est peu de livres qui, sans commentaires ni considérations d’aucune sorte, fassent autant réfléchir que celui-là." (Revue internationale de l'enseignement)

131.          DAUDET (Ernest). De la Terreur au Consulat. Récits romanesques et tragiques en marge des temps révolutionnaires.  Emile-Paul,  1914, in-12,  288 pp, broché, bon état

            20

"M. Ernest Daudet a réuni en volume, six anecdotes dont la plus ancienne se place en août 1792 et la plus récente en 1803. Les sujets de ces différents récits ne paraissent avoir entre eux d'autre affinité que Ia période troublée qui leur sert de cadre ; l'action se passe à Colmar, à Paris, à Lyon, sur les Bords du Rhin, à Hambourg ou au Mans ; les acteurs appartiennent à toutes les classes de la Société ; religieuses expulsées; curé de campagne à qui le « serment » est apparu comme un devoir et qui par devoir rétracte ce serment et paie de sa tête cette rétractation ; comédienne maîtresse de Barras qui renonce aux faveurs du directeur et au luxe de Paris pour partager l'exil d'un conspirateur duquel elle a sauvé la vie ; aide de camp d'un général royaliste victime des canonnades de Fouché aux Brotteaux ; émigré, qu'un noble autrichien odieux sauve des eaux du Rhin par intérêt. Mais au fur et à mesure de !a lecture une unité se dégage du livre à travers les récits divers : tous les personnages ont vécu à une époque de vie intense où cependant la vie comptait si peu et ils ont su lui donner du prix par l'idéal dont ils l'ennoblissaient : le sentiment du devoir, la fermeté des convictions, la fidélité à ses croyances et à ses amitiés, donnent à chacun d'eux une vateur morale qui chez quefques-uns va jusqu'à l'héroïsme, et ces « récits romanesques et tragiques » apparaissent comme d'autant plus attachants qu'ils ont été vécus et ils montrent une fois de plus que l'histoire « vraie » est plus passionnante que le plus habile roman." (J. Laverne, Revue des études historiques, 1915)

132.          ECKARD (Jean). Mémoires historiques sur Louis XVII, roi de France et de Navarre, ornés du portrait du jeune prince et de celui de son auguste soeur ; suivis de Fragmens historiques recueillis au temple par M. de Turgy, et de notes et pièces justificatives ; dédiés et présentés à son Altesse Royale, Madame, duchesse d'Angoulême. Par M. Eckard, ancien avocat.  Paris, chez H. Nicolle,  1818, in-8°,  [4]-xv-[1]-496-[2] pp, troisième édition, portraits gravés de Louis XVII et de Marie-Thérèse Charlotte de France, pièces justificatives, cartonnage papier bleu foncé, dos lisse avec titre et filets dorés (reliure de l'époque), décharges de scotch sur les gardes, bon état. Bon exemplaire sans rousseurs, ce qui est rare

            200

Célèbres mémoires très documentés. Bonne édition, la plus complète de cet ouvrage de référence. Il couvre deux époques : la première de la petite enfance jusqu'à la mort de Louis XVI ; la seconde, sur les dernières années dans la prison du Temple. L'auteur avait profité de cette dernière édition pour ajouter nombre de documents, en particulier un extrait des mémoires de Turgy, officier de bouche du roi (cf. Fierro, 1423), qui constitue un important témoignage sur la captivité de la famille royale au Temple (pp. 335-383). — "Ouvrage faisant mourir Louis XVII au Temple, le 8 juin 1795." (Parois, 356). Une note de 24 pages est consacrée aux faux Dauphins Hervagault et Mathurin Bruneau (pp. 445-469).

133.          GOTTSCHALK (Louis R.). Jean-Paul Marat, l'Ami du Peuple.  Payot,  1929, in-8°,  206 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

"Étude du développement de la carrière, de la philosophie et des théories politiques de Marat, prototype du révolutionnaire intégral. L'auteur n'a voulu dépeindre ni un héros ni un scélérat, mais un personnage historique qui a pensé, agi et exercé son influence selon les circonstances. Ouvrage documenté à des sources en grande partie inédites." (Revue militaire française, 1929) — "Successivement, M. Gottschalk examine la genèse des idées de Marat, ses théories révolutionnaires, ses interventions dans la mêlée, sa lutte contre les Girondins et enfin il s'efforce de caractériser son influence. Selon l'auteur : « certains sont nés au radicalisme ; le radicalisme fut imposé à Marat. Seule la force des circonstances indépendantes de sa volonté fit de lui... un meneur du mouvement populaire de son temps. Ce n'était pas un mouvement qu'il avait créé, mais à la tête duquel il s'était mis lorsque celui-ci était puissant... Le ton de son credo révolutionnaire entier avait donc été son appel pour la concentration du pouvoir dans les clubs, un tribunal, un dictateur, un comité. Il voulait assurer le bien être du peuple à l'aide des autres, atteindre un but radical par des moyens conservateurs » (p. 187-188). Une utile bibliographie accompagnée d'appréciations succinctes et opportunes de l'auteur sur les tendances et la valeur des œuvres mentionnées, complète très heureusement le volume." (Charles Pergameni, Revue belge de philologie et d'histoire, 1929)

134.          GREY (Marina). Le Baron de Batz. Le d'Artagnan de la Révolution.  Perrin,  1991, in-8°,  222 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

Rares sont les personnages historiques célèbres aussi mal connus, aussi controversés que le baron Jean de Batz. On s'accorde sur l'étonnante audace de ses tentatives pour sauver Louis XVI, pour délivrer Marie-Antoinette du Temple, puis de la Conciergerie, mais non sur les causes qui l'ont fait agir : "un dévouement héroïque et sans bornes pour la famille royale", disent les uns ; "il paraissait surtout ambitieux de faire fortune", corrigent les autres. Les détracteurs qualifient Batz d' "aventurier gascon, brutal et sans scrupules, intimement mêlé à de honteux tripotages sur les fonds publics", lesquels tripotages auraient eu pour objet – en fait – de compromettre les plus "enragés" des conventionnels, et de semer ainsi la zizanie au sein de la Convention. Les panégyristes affirment : "Il mit sa fortune à la disposition des émigrés", ou "Cette race des Batz a donné deux des plus chevaleresques figures de notre Histoire : le légendaire d'Artagnan et le baron de Batz." Pour parvenir à une image plus nette du mystérieux baron, Marina Grey a entrepris sa propre enquête. Avec sa rigueur habituelle, elle a suivi, pas à pas, le lointain parent et émule de d'Artagnan depuis son Tartas natal (Landes), jusqu'à sa tombe du cimetière d'Authezat (Puy-de-Dôme) en passant, bien sûr, par Paris, théâtre de ses exploits. Grâce à sa perspicacité et à de nombreux documents inédits, sous la carapace du gentilhomme apprécié de Louis XVI, du dangereux contre-révolutionnaire craint de Robespierre, elle a découvert l'homme. Son récit nous le restitue, avec sa fougue, ses passions, ses ruses, ses humeurs, ses qualités exceptionnelles... et ses graves défauts.

135.          GUILLEMIN (Henri). Robespierre. Politique et mystique.  Seuil,  1987, gr. in-8°,  422 pp, références, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Henri Guillemin, toujours égal à lui-même, nous offre une biographie combattante et minutieuse de Maximilien Robespierre. Rapide sur la jeunesse arrageoise et collégienne, sobre mais nette sur l'action à la Constituante, la démonstration est étoffée, érudite et détaillée sur « Robespierre à la Convention » de la page 141 à la page 345. Face aux inlassables détracteurs de la mémoire de l'Incorruptible dont Henri Guillemin rappelle qu'ils puissent tous à la même source thermidorienne, l'auteur plaide avec véhémence pour la sincérité absolue de Maximilien, sa fidélité invariable aux principes originaires de 1789 et pour son humanité malgré la dureté des temps et la rudesse de la tâche. En passant, Guillemin égratigne ou dénonce l'égoïsme des uns, l'hypocrisie des autres et la lâcheté des « rhéteurs » au service du prétendu « libéralisme » qui font pénitence avec la souffrance des autres, celle des petites gens et des opprimés de la société de classe..." (Claude Mazauric, Annales historiques de la Révolution française, 1988)

136.          HÉRISSAY (Jacques). Le Mont-Valérien.  Perrin,  1934, in-8°,  270 pp, 9 gravures hors texte, broché, bon état (Coll. Les Pèlerinages du Paris révolutionnaire)

            25

"Poursuivant ses études sur les épisodes tragiques de la Révolution, J. Hérissay quitte cette fois les sinistres pontons de Rochefort pour le paysage souriant du Mont Valérien. On eut pu penser que les ermites cultivant depuis longtemps leur clos planté de vignes, que les prêtres du Calvaire hébergeant d'inoffensifs retraitants, se trouveraient à l'abri des perquisitions et des persécutions. Il en fut ainsi au début, mais si la municipalité de Nanterre montrait de bonnes dispositions, le district de Franciade (Saint-Denis) veillait. Après maintes péripéties, le clos fut vendu comme bien national. Les prêtres, réfractaires, prêtèrent cependant le serment de liberté-égalité prescrit par le décret du 15 août 1792, ce qui leur permit de n'être pas inquiétés provisoirement. Le Mont devint même, jusqu'en décembre 1793, un asile où vinrent se réfugier de pieux laïcs, des ecclésiastiques suspectés, des religieuses dispersées. Parmi eux nous allons voir défiler de notables personnages dont les tribulations forment la trame de ce livre émouvant: un ancien fermier général, Prévost d'Arlincourt, qui, fuyant son hôtel de la rue Saint-Honoré, s'est réfugié chez les ermites dès la fin de 1789; un ancien prieur de Saint-Sernin du Bois, J. B. de Salignac-Fénelon, aumônier des Savoyards, qui a quitté le séminaire des Missions étrangères pour s'enfermer dans une petite maison près du Calvaire; le dernier prieur des Chartreux, Dom de Nonant, arrivé au cours de l'été 1793; la dernière supérieure des Visitandines de Saint-Denis, Mme Leclerc de Glatigny. Tous monteront sur l'échafaud. D'autres échapperont non sans avoir été inquiétés, comme Rougaire, ancien curé de Saint-Eutrope, à Clermont-Ferrand, polémiste invétéré installé au Mont dès 1784, comme Darlay, chanoine de la collégiale de Saint-Denis, Pierre Séguier, chanoine d'Uzès, et, surtout, l'infatigable Malbeste, vicaire de Saint-Paul à Paris, qui fut la providence de tant de réfractaires, et ne dut son salut qu'à des ruses renouvelées. L'auteur avait au début rappelé l'histoire antérieure du Mont, bien connue, grâce aux travaux de Hénard (1904), de Fr. Rousseau (1925), de Tesson {1921); dans un chapitre final il poursuit l'émunération succincte des événements qui, depuis la Terreur, ont modifié son aspect et jusqu'à sa structure, sans qu'il ait rien perdu de sa physionomie si curieuse, entrée dans le cadre de la vie parisienne." (Marcel Fosseyeux, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1934)

137.          KERMINA (Françoise). Madame Roland ou la passion révolutionnaire.  Perrin,  1976, in-8°,  419 pp, préface d'André Castelot, 16 pl. de gravures hors texte, sources, reliure skivertex carmin de l'éditeur, bon état

            20

"... F. Kermina a essayé de faire revivre intensément son héroïne. Et elle y est parvenue. Manon Roland est là, présente devant nous. Il fallait je crois une femme pour nous faire comprendre – et aimer – ce personnage à la fois rude et tendre qui revit sa brûlante existence dans un cachot de l'Abbaye, avant sa lente marche vers l'échafaud, – une marche où elle fit preuve d'un courage qui émeut profondément..." (André Castelot)

138.          LACRETELLE (Charles-Jean-Dominique de). Dix années d'épreuves pendant la Révolution. Mémoires.  Tallandier,  2011, in-8°,  296 pp, introduction et notes d'Eric Barrault, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Journaliste hostile à la Convention, Lacretelle fut proscrit. Arrêté après le 18 fructidor, il passa deux années dans les prisons de La Force et du Temple. Nommé membre du Bureau de la Presse en 1801, il publia des ouvrages d'histoire, ce qui lui valut d'être nommé à l'Université et d'entrer à l'Académie française. Il fut un des premiers à se rallier aux Bourbons en 1814." (Fierro, 787) — « Je parcourais Paris comme une ville étrangère ; le signe de la terreur avait marqué tous les fronts. Chacun semblait se glisser dans l'ombre... » C'est avec bonheur que le jeune Charles de Lacretelle s'installe à Paris en 1787 où il entreprend une carrière de journaliste. Acquis aux idées d'égalité et de liberté, il milite avec fougue pour une révolution émancipatrice. Mais bien vite, horrifié par les violences, rejeté par ses amis de la veille, il se voit livré à une existence de proscrit pour échapper à la guillotine. Ses mémoires paraissent en 1842. C'est donc un royaliste sincère, adepte du « juste milieu », membre de l'Académie française qui se penche avec attendrissement sur ses souvenirs de jeunesse alors qu'il demeure l'un des derniers témoins de cette période marquée du sceau indélébile de la Terreur. (Evelyne Lever)

139.          LAMARTINE (Alphonse de). Histoire des Girondins.  Plon,  1983-1984, 2 vol. gr. in-8°,  894 et 970 pp, introduction et notes de Jean-Pierre Jacques, chronologie, indications bibliographiques, index, reliures simili-cuir vert de l'éditeur, jaquettes illustrées, bon état (Coll. Les Mémorables)

            60

Lamartine, orateur exceptionnel qui avait le sens de la formule, a lui-même rédigé l'argumentaire de son ouvrage : "J'entreprends d'écrire l'histoire d'un petit nombre d'hommes qui, jetés par la Providence au centre du plus grand drame des temps modernes, résument en eux les idées, les passions, les fautes, les vertus d'une époque... Cette histoire pleine de sang et de larmes est pleine aussi d'enseignements pour les peuples." Et il ne manquait pas de citer la lettre envoyée par Victor Hugo : "Tout ce que j'ai déjà lu de votre livre est magnifique. Vous saisissez ces hommes gigantesques, vous étreignez ces événements énormes avec des idées qui sont à leur taille. Ils sont immenses, mais vous êtes grand." De fait, Lamartine ne se limite pas au destin finalement tragique du parti des Girondins – Vergniaud, Guadet, Gensonné, Buzot, les époux Roland... –, mais étend son récit de la mort de Mirabeau, en avril 1791, jusqu'à thermidor et la chute de Robespierre, qui devient peu à peu le héros principal de la tragédie révolutionnaire mise en scène ici. La réussite fut totale, le succès éclatant : Lamartine avait su capter la sensibilité et les attentes de ses contemporains, leur livrant l'histoire que, à la veille de la révolution de 1848, ils voulaient lire. L'Histoire des Girondins est autant un témoignage sur cette époque qu'une fresque épique sur la Révolution brossée par un magicien du style. — "Au fil des ans, “'Histoire des Girondins” écrite par Lamartine en 1846 réapparaît régulièrement chez les bouquinistes et séduit de nouveaux lecteurs. Belle récompense pour un texte quand même assez confidentiel, qu'aucune publicité ne soutient plus depuis sa parution. En le réimprimant dans une collection déjà consacrée par le très remarquable “Journal de Delacroix”, les subtils et mensongers “Mémoires de Talleyrand”, Plon met à la disposition d'un vaste public l'une des œuvres les plus étonnantes jamais parues sur la Révolution française. Lorsqu'il s'y attaqua, Lamartine, déjà célèbre depuis un quart de siècle, entrait dans la pleine maîtrise de son art. Aujourd'hui, lui seul pourrait expliquer par quel bizarre caprice il réserva uniquement aux amis de Madame Roland le nom de cette fresque foisonnante où tourbillonnent tous les personnages, tous les événements apparus entre le décès de Mirabeau et l'exécution de Robespierre. Ces messieurs de la Gironde y tiennent assurément leur place, jamais la première ! L'auteur ne s'intéresse pas davantage à eux qu'aux autres partis. Il ne leur voue même aucune sympathie particulière. Sans illusions sur ces faibles, il précise même leur pitoyable insuffisance par quelques formules sévères bien senties : "L'honnêteté qui manquait à leurs chefs manqua à leur conduite ; l'intrigue les entraîna." Arbitres entre le trône et l'émeute, ils passèrent de l'opportunisme à la démagogie. Leur mort courageuse ne les sauve même pas d'un verdict sans appel : "On se demande après la disparition de ce parti quelle était son idée et s'il en avait une... La pensée, la politique, la résolution, tout leur manquait. Ils avaient fait la Révolution sans la vouloir ; ils la gouvernaient sans la comprendre." Lamartine s'éloigne donc rapidement de ces incorrigibles velléitaires. Le génie bâtard mais attachant d'un Dumouriez, l'inconsistance historique du roi, la puissance torrentielle d'un Danton, le dogmatisme implacable de Robespierre offrent des sujets d'étude plus intéressants au poète-psychologue..". (Gilbert Comte, Le Monde, 13 juillet 1984)

140.          MADELIN (Louis). La Révolution.  Hachette,  1927, in-8°,  vii-578 pp, 2e édition, biblio, reliure demi-basane acajou, dos lisse orné en long, pièce de titre basane noire, tête dorée (rel. de l'époque), bon état (Coll. L'histoire racontée à tous) (Ouvrage couronné par l'Académie française - Grand Prix Gobert)

            30

"Ce volume a été accueilli, dans les journaux et les revues, par des éloges à peu près sans réserves. Il vient de valoir à son auteur, à l'Académie française, un prix de 9.000 francs, comme étant l'ouvrage « le plus éloquent » qui ait paru sur l'histoire de France en ces derniers mois. Ce n'est pas un manuel, ni un petit livre de vulgarisation ; c'est un volume de dimensions assez considérables, œuvre d'un écrivain connu... Le style plaira à beaucoup de personnes ; mais il en est certainement qu'il agacera. M. Madelin appartient à la lignée des historiens romantiques ; ses maîtres sont Taine et Sorel ; comme eux, il attache une très grande importance à la forme, à l'effet littéraire ; il s'efforce à être constamment dramatique ou pittoresque, à frapper l'esprit du lecteur par des images ou des formules...." (Pierre Caron, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1912)

141.          MARTIN (Jean-Clément). L'exécution du roi, 21 janvier 1793. La France entre République et Révolution.  Perrin,  2021, in-8°,  412 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Le 21 janvier 1793, à 10 heures du matin, Louis XVI – considéré par ses sujets comme le représentant de Dieu sur terre et à la tête d'une monarchie séculaire – monte sur l'échafaud. Comment un tel événement, impensable pour les contemporains, a-t-il pu se produire ? C'est à cette question que ce livre répond, montrant de manière très claire que l'exécution du roi est l'enjeu d'une lutte féroce entre toutes les composantes sociales et politiques générées et portées par la Révolution : Feuillants, Girondins, Jacobins, sans-culottes, fédérés, royalistes. Et que chaque camp se positionne face aux autres pour sa survie, d'où des luttes d'une rare violence, à la Convention comme dans la rue, ici documentées avec la plus grande précision. Il montre aussi et surtout comment le procès ne pouvait pas être un acte judiciaire, mais un acte éminemment politique à l'issue débattue âprement jusqu'aux derniers moments. Pendant le procès, la France oscille entre république et révolution ; l'exécution renforce la république – la France d'aujourd'hui –, c'est la grande leçon de cet ouvrage.

142.          MURAISE (Eric) et Maurice ETIENNE. Les Treize Portes du Temple et les six morts de Louis XVII.  P., Trédaniel,  1980, gr. in-8°,  270 pp, un portrait du dauphin en frontispice, 8 gravures et portraits sur 4 pl. hors texte, 14 plans et tableaux, fac-similés, documents d’archives et ouvrages consultés, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Après un inventaire exhaustif des hypothèses antérieures, l'auteur fait de l'histoire du Temple avant tout une bataille de réseaux d'influence et de renseignements. Et c'est tout naturellement que la piste auvergnate de M. Etienne peut prendre sa place dans l'échiquier. Les annexes sont consacrées à l’apport inédit d’éléments sur la topographie de l’enclos du Temple par le colonel Dougnac. Le chercheur et l’historien pourront trouver en fin d’ouvrage, les cotes précises des archives consultées." (Parois, 766) — "Le recensement des thèses soutenues depuis plus d’un siècle et demi sur le sort de Louis XVII, l’examen critique de tous les documents, indices, preuves, anti-preuves, permettent déjà d’obtenir un effet plus vertigineux que les plus ingénieuses fictions. Et cela touche déjà douze possibilités d’effacement, mort ou vif, du captif du Temple, sans mettre en jeu pour autant des documents de base irréfutables, une argumentation irrésistible. Les douze premières portes du Temple donnent sur des oubliettes. La treizième offre l’avantage d’une documentation inédite, sûre et massive, d’une exploitation impossible à soutenir sans une sérieuse connaissance des méthodes permanentes en œuvre dans les réseaux d’action et de renseignement. Alors, comme on le dit dans les milieux des services de renseignement, « tout se passe comme si ». Les singularités des précédentes hypothèses s’éclairent et la treizième porte débouche de manière inattendue en Auvergne. Elle ne se refermera plus, même si la conclusion relève seulement d’une haute probabilité à défaut de certitude totale."  (4e de couverture)

143.          PANON DESBASSAYNS (Henry Paulin). Voyage à Paris pendant la Révolution, 1790-1792. Journal inédit d'un habitant de l'île Bourbon publié par Jean-Claude Guillermin des Sagettes.  Perrin,  1985, in-8°,  414-(15) pp, documentation rassemblée et textes étudiés par Jean-Claude Guillermin des Sagettes, transcription, présentation et notes de Marie-Hélène Bourquin-Simonin, préface d'André Castelot, notes, historique de l'île Bourbon, 2 tableaux généalogiques, 5 cartes et plans et un fac-similé d'une page du manuscrit hors texte, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état. Edition originale

            50

La Révolution au jour le jour vécue et racontée par un habitant de l'île Bourbon (La Réunion) qui séjourna à Paris entre les mois de mai 1790 et septembre 1792. Une promenade insolite dans le Paris des premiers temps révolutionnaires, en compagnie d'un (presque) vieux monsieur de soixante ans et de ses sept enfants. — "Débarqué  à Lorient en mai 1790, ce brave bourgeois note jour par jour les événements qui se déroulent à Paris, aussi bien politiques que les mille détails de la vie quotidienne (prix, spectacles, restaurants, scènes de rues). Il effectue aussi un voyage à Langres et deux autres à Lorient, constatant la révolte des campagnes contre le pouvoir révolutionnaire. Inquiet de la tournure des événements, ce sexagénaire est tout heureux de quitter Paris au lendemain des massacres de septembre 1792 pour rejoindre son île natale devenue La Réunion." (Fierro, 1127)

144.          PINASSEAU (Jean). L'Emigration militaire. Emigrés de Saintonge, Angoumois et Aunis. Dans les corps de troupe de l'Emigration française, 1791-1814.  Picard,  1974, gr. in-8°,  295 pp, broché, bon état

            40

Recueil de notices biographiques très complet de tous les officiers, originaires des régions situées entre La Rochelle et Angoulème, qui ont émigré entre les débuts de la Révolution française et la fin de l'Empire et servis dans les corps de l'Armée des Princes. — "Les travaux de Jean Pinasseau seront très utiles à tous ceux qui ont à faire des recherches sur les émigrés." (Jean-Claude Devos, Bibliothèque de l'école des chartes)

145.          SAINT-VICTOR (Jacques de). La Chute des aristocrates, 1787-1792. La naissance de la droite.  Perrin,  1992, in-8°,  353 pp, préface de Jean Tulard, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Ils furent les derniers défenseurs de l’Ancien Régime. Grands seigneurs conservateurs, hobereaux, prélats et riches bourgeois contre-révolutionnaires, les « aristocrates » constituent en 1789 le premier « parti » de droite (avec 300 députés) de l’histoire parlementaire française. Le livre de Jacques de Saint-Victor retrace, de la pré-révolution nobiliaire (1787-1788) à l’avènement de la République (1792), le combat méconnu de ces héritiers des grands féodaux, hostiles à l’absolutisme royal et à la démocratie naissante. Dès septembre 1788, la France est coupée en deux : dans les provinces, les « aristocrates » s’opposent aux « patriotes ». Cette réalité se transforme aux Etats généraux en véritable guerre. Appuyés par une partie de la Cour, les privilégiés tentent d’arrêter la révolution. Mais Louis XVI ne les soutient pas. Ils poursuivront alors leur lutte jusqu’en émigration. Leur objectif : « sauver la monarchie malgré le roi ». Comment ont-ils combattu l’abolition des ordres ? Quels furent leurs complots avec les émigrés ? Avec les nobles de province et les agents secrets du pape Pie VI ? Pourquoi Louis XVI et Marie-Antoinette restèrent-ils toujours méfiants vis-à-vis de cette minorité agissante, partagée entre les « purs », nostalgiques de l’ancienne société, et les « libéraux », adeptes de Burke et de Montesquieu ? Ni réquisitoire ni réhabilitation, La Chute des aristocrates, s’appuyant sur de nombreuses sources inédites, tirées notamment des archives secrètes du Vatican, permet enfin, comme le précise Jean Tulard dans sa préface, « de mieux comprendre les causes de la défaite et du déclin de l’aristocratie ». Ce livre original et très vivant montre que, dès 1789, tout l’éventail des familles d’esprit se déploie à la Constituante, pour ne cesser, jusqu’à nos jours, de nourrir les affrontements politiques.

 

1er EMPIRE

 

146.          ALLARD (Louis). La Comédie de mœurs en France au dix-neuvième siècle. Tome I : De Picard à Scribe (1795-1815).  Cambridge, imprimerie de l'Université Harvard,  1923, pt in-8°,  xii-493 pp, broché, couv. de relais des éditions Hachette, bon état

            25

147.          ALLEM (Maurice). L'Epopée napoléonienne dans la poésie française. Poèmes choisis et annotés par Maurice Allem. Préface de Frédéric Masson.  P., Librairie des Annales,  1912, gr. in-8°,  xii-290 pp, 16 pl. de gravures hors texte, reliure demi-basane mordorée, dos lisse orné en long, pièce de titre basane havane, couv. conservée (rel. de l'époque), coiffe sup. abîmée, qqs épidermures, état correct. Peu courant. Il est précisé au dos de la page de faux-titre que le livre a été tiré à un nombre limité d'exemplaires (le nôtre est numéroté 1122).

            50

148.          ARTOM (Guido). « Napoléon est mort en Russie ! ». 23 octobre 1812.  Laffont,  1969, gr. in-8°,  254 pp, un plan, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce Jour-là)

            25

La conspiration du général Malet. « Napoléon est mort en Russie ! ». C'est la nouvelle qui se chuchotte puis s'enfle à travers Paris de caserne en caserne au matin du 23 octobre 1812. Le Sénat a nommé un gouvernement provisoire, étrange amalgame de républicains et de royalistes, pour remplacer l'Empire. Aux premières heures du jour, le général Malet, nouveau gouverneur de Paris, fait arrêter Savary, le ministre de la Police, Pasquier, le préfet de police, et d'autres dignitaires... On s'apercevra ensuite que Malet avait inventé la nouvelle de la mort de l'Empereur et qu'il avait édifié, seul, sur elle, la plus étonnante conspiration de tous les temps...

149.          AUBRY (Octave). Le Roi de Rome.  Fayard,  1934, in-12,  468 pp, biblio, reliure demi-basane fauve, dos à nerfs guillochés et fleuron doré, pièces de titre et de collection basane noire, tête dorée (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            25

"Pour écrire cette biographie M. Aubry a consulté à Paris et plus encore à Vienne les documents d'archives qui permettent de suivre au jour le jour la vie du fils de Napoléon. Son dépouillement des imprimés n'est pas moins consciencieux. Ainsi documenté, il a écrit une biographie pleine de détails infimes qu'il a rendus vivants en les groupant avec soin, et en recherchant la note réaliste. On le lit comme un roman, mais les notes trop rares et les références discrètement insérées dans le récit montrent qu'il s'agit d'histoire bien présentée mais non romancée. C'est le meilleur livre sur le roi de Rome et c'est une curieuse étude sur l'histoire des moeurs et de la société." (P. de Monsabert, Revue Mabillon, 1933)

150.          AUBRY (Octave). Napoléon et l'amour.  Flammarion,  1941, in-12,  248 pp, 8 planches de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, taches sur les 2 derniers feuillets, bon état

            20

151.          [Austerlitz] – Maréchaux Alexandre BERTHIER, Louis-Nicolas DAVOUT, Joachim MURAT, Jean de Dieu SOULT et TRANCHANT de LA VERNE. Relations et rapports officiels français de la bataille d’Austerlitz, 1805.  La Vouivre,  1998, in-8° carré,  iv-135 pp, édition établie par Jacques Garnier, 4 cartes hors texte, index, broché, bon état

            30

Après Austerlitz, Napoléon utilise les rapports de ses maréchaux pour écrire les bulletins officiels de la bataille, puis, plus tard, les relations rédigées au ministère de la guerre. Ce volume est l’occasion de découvrir l’intégralité de ces textes écrits par les principaux acteurs français sur la plus célèbre bataille de l’Empire, mais aussi de comprendre comment fonctionne la propagande impériale quand elle fait de la guerre une épopée.

152.          AVRILLION (Marie-Jeanne). Mémoires de Mademoiselle Avrillion, Première femme de chambre de l'Impératrice, sur la vie privée de Joséphine, sa famille et sa cour. Edition présentée et annotée par Maurice Dernelle.  Mercure de France,  1987, in-8°,  394 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            25

Mademoiselle Avrillion fut gouvernante de Joséphine de Beauharnais. Puis de l'impératrice Joséphine. Puis de l'ex-impératrice, retirée à la Malmaison. C'est assez dire qu'elle en a vu. Beaucoup. Le petit général coléreux n'était plus, devant Joséphine et ses infidélités, qu'un soupirant désarmé ; celle-ci en usa – jusqu'aux colères de Bonaparte. Elle avait tout à y gagner : deux heures plus tard, l'amant outragé venait demander pardon. La couronne ne fit pas renoncer Joséphine à son goût du plaisir. Ni le divorce. Et l'on comprendra, à ces confidences allègres et indiscrètes, que le conquérant d'Austerlitz, amoureux docile très différent de l'image que nous en connaissions, ait pu écrire plus tard : "En amour, il n'y a qu'une victoire : la fuite." — Mémoires écrits par Maxime de Villemarest, spécialiste du genre, qui rédigea aussi ceux de Bourrienne et de Constant. "(...) La reine Hortense jugeait (ces) mémoires assez exacts, la femme de chambre de Joséphine ayant dû collaborer avec Villemarest. Ces mémoires sont à Joséphine ce que les mémoires de Constant sont à Napoléon ; ils présentent le même intérêt et appellent les mêmes réserves." (Tulard 54).

153.          BAILLEUL (J.-Ch.). Histoire de Napoléon, où sont développées les causes de son élévation et de sa chute.  P., Librairie du Commerce et Renard,  1829-1839, 4 vol. in-8°,  560, 554, 516 et 538 pp, 19 gravures hors texte, reliures demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs pointillés ornés de caissons et filets dorés (rel. de l'époque), petite trace de mouillure claire sur les derniers feuillets du tome I (sans atteinte au texte), rousseurs éparses, bon état. Rare

            450

"Jean-Charles Bailleul (1762-1843), conventionnel , fut du parti de la Gironde, vota, dans le procès de Louis XVI, la réclusion, l'appel au peuple et la déportation à la paix, protesta contre le 31 mai , fut jeté en prison d'où il sortit au 9 thermidor, fit mettre en liberté le peintre David, devint membre du comité de sûreté générale en 1795, puis du conseil des Cinq-Cents, embrassa la cause du Directoire au 18 fructidor, entra au tribunat, et accepta, en 1804, la direction générale des droits réunis dans la Somme." (Dezobry et Bachelet, dictionnaire général de biographie)

154.          BARRAL (Philippe-Anne-Octave, vicomte de). Souvenirs de guerre et de captivité d'un page de Napoléon (1812-1815).  Emile-Paul,  s.d. (1925), pt in-8°,  267 pp, un portrait en frontispice, index, reliure pleine percaline caramel, dos lisse, titres dorés, 1er plat conservé (rel. de l'époque), bon état

            60

"Curieux détails sur l'organisation des pages de la Cour impériale. L'auteur a participé à la bataille de Torrequemada et a été capturé par les Anglais. Il décrit les souffrances des prisonniers français avec objectivité." (Tulard, 81).

155.          BARRÈS (Jean-Baptiste). Souvenirs d'un officier de la Grande Armée. Publiés par Maurice Barrès, son petit-fils.  Tallandier,  2003, in-8°,  239 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque napoléonienne)

            25

"Témoignage sur le sacre, Austerlitz, l'entrevue de Tilsit, les campagnes du Portugal et d'Allemagne. (...) Maurice Barrès a bien mis en lumière dans sa préface ce qu’il y a de naïf dans ces souvenirs de son grand-père, vélite de la Garde... Il y a beaucoup de parenté entre Barrès et Coignet ." (Tulard, 86) — Jean-Baptiste Auguste Barrès (1784-1849), est un officier chasseur vélite dans la Garde impériale napoléonienne. Il a écrit ses souvenirs, depuis son apprentissage du métier jusqu'à sa participation aux campagnes militaires, publié par en 1923 par son petit-fils l'écrivain Maurice Barrès. Ces souvenirs pris au jour le jour sur de petits carnets, il raconte son "Itinéraire" au travers ses journées de marche et cantonnements, en France, en Allemagne, ainsi qu'en Pologne, Prusse, Italie, Espagne et Portugal. Ces notes deviendront une référence historique de grand intérêt. — « Le soir, à la clarté des feux des bivouacs, il nous fut donné lecture de la proclamation de l'Empereur qui annonçait une grande bataille pour le lendemain, 2 décembre. Peu de temps après, l'Empereur vint à notre bivouac, pour nous voir ou pour lire une lettre qu'on venait de lui remettre. Un chasseur prit une poignée de paille et l'alluma pour faciliter la lecture de cette lettre. De ce bivouac l'Empereur fut à un autre. On le suivit avec des torches allumées pour éclairer sa marche. Sa visite se prolongeant et s'étendant, le nombre des torches s'augmenta ; on le suivit en criant : "Vive l'Empereur." » (Jean-Baptiste Barrès) — Le grand-père de Maurice Barrès, Jean-Baptiste Barrès, fut soldat puis officier de Napoléon. A partir de 1804, il a tenu son journal où sont consignés ses souvenirs de la Grande Armée. Cet homme sensible et cultivé s'engagea dans le corps des Vélites qui faisait parti de la garde consulaire. D'un style alerte, vif, loin de toute écriture miliaire, il raconte sa vie au jour le jour, de l'année du sacre de Napoléon jusqu'au retour de la royauté et à sa retraite de demi-solde, en passant par Austerlitz, Eylau et les différentes campagnes européennes. Batailles, bivouacs, vie de régiment. C'est le quotidien d'un militaire d'élite qui se dévore au fil des pages. Un document fascinant.

156.          BEAUCHAMP (Alphonse de). Histoire de la campagne de 1814, et de la restauration de la monarchie française. Avec des pièces justificatives.  P., Le Normant,  1815, 2 vol. in-8°,  xxviii-644 et (4)-596 pp, reliures demi-veau fauve, plats de papier marbré gris, dos lisses ornés de fers dorés, titres dorés, tranches marbrées (rel. de l'époque), bon exemplaire

            200

157.          BEAUCOUR (Fernand Emile). Lettres, décisions et actes de Napoléon à Pont-de-Briques et au camp de Boulogne. Tome 1 : An VI/1798 - an XII/1804.  Château de Pont-de-Briques,  1979, in-4°,  636 pp, broché, bon état

            45

Le tome 2 concerne l'an XIII/1805.

158.          BERTAUD (Jean-Paul). La France de Napoléon, 1799-1815.  Messidor/Editions Sociales,  1987, in-8°,  249 pp, broché, couv. défraîchie, état correct

            20

1799-1815 : moins de vingt ans certes. Pourtant le Consulat et l'Empire marquent un moment capital de l'histoire non seulement de la France mais de toute l'Europe. En France, les acquis de la Révolution furent consolidés, l'égalité civile par exemple. Le Code civil, les institutions napoléoniennes devaient se maintenir jusqu'à une date récente. En Europe, sans le vouloir toujours, Napoléon rapprocha des peuples de même langue et civilisation. Quelle fut donc la nature véritable de la dictature napoléonienne ? Une dictature de Salut public face à la coalition des rois ? Une forme de despotisme éclairé, survivance de l'esprit des Lumières ? Une simple dictature militaire ?

159.          BERTAUD (Jean-Paul). Le Premier Empire, legs de la Révolution.  PUF,  1973, in-12,  96 pp, broché, bon état (Coll. Dossiers Clio)

            12

160.          BERTAUT (Jules). Napoléon ignoré.  SFELT,  1951, in-8°,  300 pp, une planche en frontispice, broché, bon état (Coll. Présence de l'histoire), envoi a.s.

            25

Table : L'homme ; Femmes ; Le manieur d'hommes ; Mort et transfiguration.

161.          BEUGNOT (Jacques-Claude, comte). Mémoires du comte Beugnot, ancien ministre (1783-1815). Publiés par le comte Albert Beugnot, son petit-fils. Deuxième édition.  P., Dentu,  1868, 2 vol. in-8°,  508 et 422 pp, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs, titres dorés (rel. de l'époque), trace de mouillure claire au tome II, bon état

            250

Très intéressants mémoires. Député de l'Aube en 1791, emprisonné sous la Terreur, Beugnot devint, après le 18 Brumaire, préfet de Rouen, puis ministre des Finances du royaume de Westphalie (1807) et administrateur du Grand Duché de Berg (1808) ; rallié aux Bourbons, il fut ministre de l'Intérieur puis de la Marine sous la première Restauration et enfin député à la Chambre introuvable où il s'opposa aux Ultras. Le premier tome est consacré en partie à la comtesse de La Motte et à l’affaire du collier. "Source essentielle pour l'histoire du Grand Duché de Berg, [...] , d'un grand intérêt pour l'histoire de la première Restauration à condition de ne pas perdre de vue la personnalité ambiguë de Beugnot." (Tulard, 148). "Du plus grand intérêt pour l'histoire de la période 1814-1817." (Bertier, 114)

162.          BINDEL (Victor). Le Vatican à Paris (1809-1814) : Un rêve de Napoléon.  Alsatia,  1942, pt in-8°,  206 pp, 4 pl. de gravures et fac-similés hors texte, broché, non coupé, bon état

            25

163.          BLOND (Georges). La Grande Armée, 1804-1815.  Laffont,  1979, gr. in-8°,  585 pp, 50 gravures d'époque sur 24 planches hors texte, 14 cartes sur 12 pl. hors texte, chronologie, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

« Le Tondu, disaient-ils, gagne ses guerres avec nos jambes. » Et ils marchaient et, harassés, ils combattaient et longtemps ils volèrent de victoire en victoire, râlant, pillant, massacrés et massacrant, acclamés et détestés, héros et martyrs, fascinés par le génie d'un homme. Jusqu'à Moscou, jusqu'à la terrible retraite et jusqu'à Waterloo, où s'accomplit le destin... Jamais comme dans ce livre on ne nous avait fait partager la vie de ces hommes levés dans l'Europe entière : la Grande Armée, dans son odeur forte et dans sa brutalité, dans sa misère ; dans son courage et dans sa gloire.

164.          BONARDI (Pierre). Accusé Napoléon, levez-vous !  Aux dépens de l'Auteur,  s.d. (1961), in-8°,  104 pp, broché, qqs annotations crayon, bon état

            25

L'auteur fait litière des griefs dont on accable l'Empereur.

165.          BOURDON (Jean). Napoléon au Conseil d'Etat. Notes et procès-verbaux inédits de Jean-Guillaume Locré, Secrétaire général du Conseil d'Etat.  Berger-Levrault,   1963, gr. in-8°,  330 pp, notes biographiques, broché, bon état

            40

"La destruction des archives du Conseil d'Etat sous la Commune a privé les historiens de sources essentielles, car chacun sait quel rôle important joua celui-ci sous le Consulat et sous l'Empire, et quelle part Napoléon prenait à ses travaux. Les notes recueillies par le secrétaire général Locré au cours des délibérations, pour établir le procès-verbal des séances, comblent en partie une aussi grave lacune pour la période 1809-1813 ; ces notes et procès-verbaux viennent d'être heureusement éditées par le Professeur J. Bourdon, avec une étude critique qui en garantit la valeur et des notes qui en facilitent l'utilisation." (Jean Leflon, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1965)

166.          BOURGOGNE (Adrien-Jean-Baptiste-François). Mémoires du sergent Bourgogne (1812-1813). Publiés d'après le manuscrit original par Paul Cottin et Maurice Hénault.  P., Librairie Hachette et Cie,  1909, in-4°,  xv-249 pp, 12 planches hors texte gravées par Raymond d'après les aquarelles d'Alfred Paris et imprimées en couleurs, 6 gravures en-têtes et 6 culs-de-lampe gravés en noir dans le texte, 2 portraits d'Adrien Bourgogne, reliure percaline vermillon, dos lisse avec titres et caissons fleuronnés dorés, encadrements à froid sur les plats, tranches dorées (rel. de l'éditeur), bon état (Tulard, 208)

            70

Célèbres mémoires relatifs en particulier à la Campagne de Russie. — Le 22 juin 1812 commence la campagne de Russie, l'une des plus mémorables des temps modernes. Une armée de 650.000 hommes se lance à la conquête d'un immense empire. Six mois plus tard, à peine en revint-il un sur dix. Adrien Bourgogne, sergent vélite de la Garde impériale, fut de ceux qui, à pied, parcoururent ces milliers de kilomètres et furent de tous les combats. Borodino, l'incendie de Moscou, la retraite et le passage de la Bérézina, il y était, et il raconte l'horreur à nu. Son témoignage, d'une extraordinaire intensité de vie, représente le point de vue du soldat sur cette épopée qui tourna au désastre. —"Quelle vie !" (Tulard, 208)

167.          BOURGOING (Paul-Charles-Amable, baron de). Souvenirs militaires du baron de Bourgoing, sénateur, ancien ambassadeur en Espagne, ancien pair de France, ministre plénipotentiaire en Russie et en Allemagne, grand officier de la Légion d'Honneur, grand-croix de Charles II d'Espagne, etc., etc, (1791-1815), publiés par le baron Pierre de Bourgoing.  Plon,  1897, in-12,  xvi-342 pp, un portrait hors texte, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées, bon état

            100

"Bon récit de l'attaque de Copenhague par les Anglais en 1801, évocation de la Saxe de Frédéric-Auguste, campagne de Russie, campagne d'Allemagne, défense de Paris." (Tulard, 209)

168.          BOURRIER (Michel). Combats et colères d'un dragon de l'Empire, d'après les mémoires manuscrits de Charles Gabriel de Sallmard de Peyrins (1783-1858).  Nice, Editions Serre,  1983, gr. in-8°,  390 pp, 32 pl. de gravures en noir et en couleurs hors texte, qqs fac-similés, 6 cartes, annexes, biblio, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale, un des 300 ex. numérotés, imprimés sur papier vergé

            100

La vie, reconstituée à partir de ses mémoires, du dauphinois Charles de Sallmard, né et mort à Peyrins, près de Romans, en 1858, et le regard d'un officier noble sur les guerres impériales.

169.          BRIFAUT (Charles). Souvenirs d'un Académicien sur la Révolution, le Premier Empire et la Restauration. Avec introduction et notes du Docteur Cabanès.  Albin Michel,  1921, in-8°,  xlviii-366 pp, nombreuses gravures, reliure pleine toile rouge, couv. conservées, bon état. Premier volume seul (sur 2)

            30

Ces souvenirs commencent avec le sacre de Napoléon ... Brifaut évoque le monde du théâtre, celui de l'Académie, les salons, les grands dignitaires... (Tulard, 229)

170.          BRYANT (Mark). Napoléon en caricatures.  P., Hugo & Cie,  2010, in-4°,  160 pp, environ 500 dessins et estampes en noir et en couleurs, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            30

Napoléon Bonaparte, le jeune officier d’artillerie de la Révolution, devint l’empereur de quasiment toute l’Europe de l’Ouest et l’homme le plus caricaturé de son époque. Des batailles d’Aboukir, de Trafalgar, d’Austerlitz, de Iéna à l’invasion de la Russie, à l’exil sur Elbe ou à sa défaite de Waterloo en 1815, les actions de Napoléon et de ses opposants furent le sujet principal de la satire et des plus grands caricaturistes pendant vingt ans. On peut même dire que la caricature politique commence avec lui. Anglais, russe ou bien prussien, le dessinateur n’est pas tendre. Petit, malingre ou bien replet, cruel, rapace et lâche, Napoléon est tout et son contraire. Il fut représenté sous toutes les formes, singe, serpent, dragon, crocodile, mais les autres protagonistes ne furent pas épargnés non plus : le nez de Wellington, la moustache de Blücher, le manchot Nelson, la folie du tsar de Russie… Découpé chronologiquement par grandes périodes, chaque chapitre est introduit par un rappel des faits historiques. L’auteur nous éclaire longuement sur le contexte, les raisons et les objectifs de la caricature, et signale toujours le média, l’auteur et la date de l’oeuvre.

171.          [BURAT de GURGY, Edmond et Clément]. Le Lit de camp. Scènes de la vie militaire ; Par l'auteur de La Prima Donna et le Garçon Boucher.  P., Hippolyte Souverain,  1832, in-8°,  351 pp, 2e édition, reliure demi-veau glacé, dos lisse orné en long, palettes à froid, tranches marbrées (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

            40

1769 - La balle hachée ; 1797 - Le Franz Baumbach ; 1799 - Fra Diavolo ; 1800 - La sonnette ; 1802 - Les Fiancés de Marengo ; 1803 - Le Ragout noir ; 1805 - Le Capitaine Rabe ; 1809 - Les Sandales ; 1809 - Algonalès ; 1812 - La Folle de la Grande Armée ; 1830 - Une nuit à Bélida ; 1831 - Une étape.

172.          CASTELOT (André)(prés. par). Le drame de Sainte-Hélène.  Presses de la Cité,  1959, fort in-8°,  558 pp, 13 gravures hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Le 15 octobre 1815, l'œil vissé à sa lorgnette, Napoléon découvre l'éboulis de rochers volcaniques qui constitue son domaine. Trois mois auparavant, il a doublé le cap Ouessant et aperçu pour la dernière fois la terre de France. Pour celui qui a porté la couronne impériale, s'ouvre le " temps de la couronne d'épines ", entre un geôlier tatillon et acariâtre, sir Hudson Lowe, et une légende à forger avec la plume. Avec son talent habituel de conteur, André Castelot a rassemblé les mémoires et les souvenirs de tous les acteurs du drame de Sainte-Hélène, de Montholon et Las Cases en passant par Bertrand, Gourgaud et, bien sûr, les Britanniques Maitland et O'Hearn. Dans une sorte de tapisserie historique qui emprunte aux meilleures sources, on voit non seulement l'Empereur vivre au jour le jour dans le réduit de Langwood, mais on discerne les caractères de ce huis clos et les enjeux qu'il porte jusque dans la conscience politique des Français. André Castelot établit ainsi la chronique de la dernière bataille de Napoléon, celle qui le fait entrer dans la légende.

173.          CHAIGNE (Boris). L'influence française sur l'enseignement à Ljubljana au temps des Provinces Illyriennes (1809-1813).  Tours, Université François Rabelais,  2000, in-4°,  133 pp, une carte, sources, biblio, broché, dos à spirale, bon état

            30

Mémoire de maîtrise d’histoire, sous la direction de Jean-Marie Moine. "L'histoire des Provinces Illyriennes et à plus forte raison celle de l'enseignement durant cette période, reste le parent pauvre des recherches entreprises en France sur le premier Empire."

174.          CHANDEAU (Robert). Napoléon à Fouras. La journée du 8 juillet 1815.  La Rochelle, Imprimerie de l'Ouest,  1958, in-8°,  88 pp, 6 pl. de gravures et photos hors texte, broché, bon état

            20

Contraint à l'exil après l'effondrement de l'empire en 1815, c'est à Fouras que l'empereur Napoléon passa sa dernière nuit sur le continent. Sur la plage Sud, il embarqua dans un canot et rejoignit la frégate Saal mouillée devant l'estuaire, celle-ci escortant La Méduse avant de rejoindre l'île d'Aix. Napoléon restera plusieurs jours à l'île d'Aix, surveillant de sa chambre l'escadre anglaise, en voulant fuir vers l'Amérique, puis après réflexion il va écrire une lettre où il explique qu'il veut se rendre en choisissant de se mettre sous la protection de l'Angleterre, « le fugitif » Napoléon sera cependant déporté plus tard vers l'île Sainte-Hélène.

175.          CHAPTAL (Jean-Antoine, comte). Mes souvenirs sur Napoléon. Publiés par son arrière petit-fils.  Plon,  1893, in-8°,  413 pp, un portrait gravé hors texte, index, reliure demi-chagrin chocolat, dos à 5 nerfs, titres et fleurons dorés, bon état. Bel exemplaire

            200

"Mémoires importants. Pleins d'anecdotes, ils sont en général hostiles à Napoléon." (Tulard, 304)

176.          CHARON-BORDAS (Jeannine). Archives du grand-duché de Berg (1806-1813). Inventaire des articles AF IV 1225, 1226, 1413B à 1413K, 1833 à 1886B, AF IV* 444 à 478.  P., Archives Nationales,  1987, gr. in-8°,  221 pp, avant-propos par Jean Favier, 2 cartes, index, broché, bon état

            30

Inventaire semi-analytique avec introduction, sources manuscrites, sources imprimées, bibliographie, état sommaire, index des noms géographiques, de personnes et de matières.

177.          CHATEL de BRANCION (Laurence). Le Sacre de Napoléon. Le rêve de changer le monde.  Perrin,  2004, gr. in-8°,  335 pp, 16 pl. de gravures en noir et en couleurs, 2 cartes et un plan in fine, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Montant sur l'échafaud le 12 juin 1804 pour avoir attenté à la vie du Premier consul Bonaparte, Cadoudal, partisan des Bourbons, s'écria : « Nous voulions faire un roi, nous avons fait un empereur ! » Six mois plus tard, Napoléon se couronnait après que le pape l'eut sacré Empereur des Français. Pourquoi, dans un pays devenu laïc, voulut-il accomplir cet acte religieux ? Pourquoi y associer Joséphine ? De ce moment extraordinaire à Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, il demeure l'immense tableau de David, fastueuse rétrospective réalisée sous magistère impérial. Rien, montre l'auteur, ne fut moins improvisé que cette cérémonie, redoutée par les élites libérales de la France qui y voyaient un retour à l'Ancien Régime. Ecartant le protocole des rois de France, Napoléon se rapprocha de celui inauguré par Charlemagne, qui reprenait les fastes de Constantinople pour les empereurs byzantins. S'y ajoutait, élément tout à fait original, le romantisme, inspiré par ses lectures des poèmes d'Ossian et de Werther qui le fascinaient. A l'aide de documents souvent inédits, l'auteur peint les préparatifs d'un acte censé marquer le renouveau de l'Occident. Décryptant l'étonnant cérémonial, traquant sa signification profonde dans les détails des décors, de la musique, des costumes, des gestes et des paroles prononcées, Laurence Chatel de Brancion donne à l'événement bicentenaire une portée qu'on ne lui soupçonnait pas.

178.          CHATELLE (Albert). Napoléon et la Légion d'Honneur au camp de Boulogne, 1801-1805.  P., Editions Friedland,  1956, gr. in-8°,  v-206 pp, préface de Son Altesse Impériale le Prince Napoléon, 80 gravures hors texte, broché, couv. illustrée (très lég. salie), bon état, Exemplaire du tirage spécial de l'édition originale numéroté sur papier vélin bouffant Excella

            40

L’ouvrage de M. Chatelle, de l’Académie de Marine, présente le récit du Camp de Boulogne de 1801 à 1805 et justifie cette entreprise stratégique qui aurait pu changer la face du monde de l’époque en cas de réussite du passage de l’Armée française en Angleterre. L’époque est un des moments cruciaux de l’histoire du Consulat et de l’Empire. On verra combien était complexes les questions que Napoléon eut à régler. La rupture de la Paix d’Amiens, les évènements intérieurs, les menaces contre la France que les moindres épreuves faisaient apparaître, les affaires ou se mêlaient les entreprises les plus graves et le merveilleux dont l’époque fut comblé, c’est tout cela qui apparaît dans cette histoire du Camp de Boulogne. La préparation de la campagne contre l’Angleterre est soigneusement et minutieusement rapportée. On voit l’Empereur aux prises avec tous les détails des projets, de leurs réalisations et le reflet de son intense activité telle qu’elle paraît dans les ordres que l’auteur rapporte fidèlement...

179.          CHENIER (Marie-Joseph). Littérature française. Rapports à l'Empereur sur le progrès des sciences, des lettres et des arts depuis 1789.  Belin,  1989, in-8°,  330 pp, préface de Denis Woronoff, présentation et notes de Jean-Claude Bonnet et Pierre Frantz, broché, bon état (Rapports à l'Empereur sur le progrès des sciences, des lettres et des arts depuis 1789, III)

            25

En 1808, l'Institut présente à l'Empereur cinq tableaux sur les progrès de l'esprit depuis 1789. Ce bilan, qui répond à une commande, relève à la fois du traditionnel « rapport au Prince » et du grand mouvement des statistiques napoléoniennes. Publiés ensemble pour la première fois, ces textes sont le dernier sursaut de la « République des Lettres » au siècle des Lumières.

180.          CHEVALLEY (E.). La théorie des différents ordres de lois d'après Montesquieu et son application à l'histoire. Le "divorce" de Napoléon. (Thèse).  Le Caire, Impr. P. Barbey,  s.d. (1909), gr. in-8°,  162 pp, broché, bon état

            40

181.          CHRISTOPHE (Robert). Napoléon controversé.  France-Empire,  1967, pt in-8°,  327 pp, 8 pl. de gravures hors texte, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

L'auteur démontre que, pour chacune des actions privées ou publiques de l'Empereur, les témoins les plus honnêtes se contredisent. La vie et l'oeuvre de Napoléon est ainsi passée au crible des témoignages contradictoires des comtemporains et des opinions non moins opposés de ses historiens. Jamais un homme, dans notre histoire, ne fut autant controversé.

182.          CHUQUET (Arthur). Etudes d'histoire. Sixième série.  P., Fontemoing,  s.d. (1913), in-8°,  394 pp, annexes, reliure demi-toile noire, dos lisse, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

            35

La maréchale de Rochefort ; Les écrivains allemands et la Révolution française ; La négociation de la Sonde ; Bonaparte à Paris en août 1793 ; L'adjoint Bernazais ; Paris au printemps de 1796 ; Le porte-drapeau Orson ; La bataille de Hohenlinden ; Les conversations de Tchernychev ; La maladie de Napoléon à la Moskova ; La capture de Wintzingerode ; Murat en 1812 ; Candidatures académiques sous le Premier Empire ; Un officier bavarois en 1870-1871 ; Les souvenirs de guerre d'un caporal prussien. — "Quand il s'agit d'un écrivain et d'un savant de la valeur de M. Chuquet, on ne peut que se réjouir de le voir grouper en volumes des mémoires, des notices, des esquisses biographiques qui, restés isolés dans les revues, risqueraient d'échapper à l'attention, trop diversement sollicitée de nos jours, des travailleurs futurs. Il y a toujours plaisir à relire ces études à la trame si solide." (Rod. Reuss, Revue Historique)

183.          CHUQUET (Arthur). L'enfance et l'adolescence de Napoléon.  Editions Laville,  2013, gr. in-8°,  237 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Napoléon est corse et conservera longtemps la nostalgie de son île. N'oublions pas qu'il fit broder d'abeilles d'or son manteau du sacre : les abeilles de son enfance, les abeilles de son île. Il a la bravoure, la gravité et la perspicacité des Corses. Il est également superstitieux et peut être dissimulé. Dans sa toute petite enfance, deux femmes, outre sa mère, l'entourèrent beaucoup : d'abord sa grand'mère paternelle, Maria Severia Bonaparte, Minanna, qui finit par entendre 9 messes chaque jour, autant qu'il lui était donné de petits enfants. Ensuite sa nourrice, Camilla Huri, qui l'aimait plus que son fils. L'origine paternelle de la famille était florentine. C'est à San Miniato que s'était établi un Jacopo Buonaparte dont le dernier rejeton était le chanoine Philippe à qui Charles, le père de Napoléon, rendit visite lorsqu'il vint à passer ses examens de docteur en droit à l'université de Pise. De son père, Napoléon avait les yeux gris, la persévérance et en hérita le cancer de l'estomac dont il devait mourir. Sa mère, Laetitia Ramolino, était de Sartène. Napoléon en avait les traits et ce teint presque olivâtre. Il lui doit peut-être son ardeur belliqueuse. Après Brienne et l'école militaire, où il se comporta studieusement mais ne fut jamais à l'aise, il revint à son activité principale depuis la mort de son père : faire vivre sa famille et s'occuper de l'avenir de ses frères et soeurs. En fait il profita peu de sa jeunesse et s'imposa très tôt des responsabilités de chef de famille.

184.          CLERC (Lt.-colonel). Guerre d'Espagne. Capitulation de Baylen : Causes et conséquences, d'après les Archives espagnoles et les Archives françaises de la guerre, Nationales et des Affaires étrangères.  P., Fontemoing,  1903, gr. in-8°,  404 pp, 2 cartes dépliantes in fine, index, broché, couv. piquée, bon état. On joint une affiche de librairie (34 x 27) imprimée en noir sur papier saumon présentant l'ouvrage

            120

Le 19 juillet 1808, l'armée de Joachim Murat commandée par le général Pierre Dupont de l'Étang fut battue par celle commandée par le général espagnol Francisco Castaños, duc de Baylen. 20.000 soldats français furent capturés ; le général Dupont fut obligé de signer le 23 juillet 1808 la capitulation catastrophique de Bailén. À son arrivée en France, le général Dupont fut arrêté et condamné pour trahison et abandon des intérêts militaires.

185.          COCUAUD (Camille). Le Retour de l'Ile d'Elbe.  P., Société des Publications littéraires illustrées,  1910, in-12,  317 pp, broché, couv. lég. salie, bon état. Edition originale, un des 50 exemplaires sur papier de Hollande (seul grand papier), envoi a.s.

            60

Le retour de l'île d'Elbe ; les Cent-Jours ; Waterloo.

186.          COIGNY (Aimée de). Mémoires. Introduction et notes par Etienne Lamy.  Calmann-Lévy,  1906, in-12,  293 pp, un portrait en frontispice, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bel exemplaire. Edition originale

            150

Mémoires de la "Jeune Captive" écrits en 1817. Aimée de Coigny, duchesse de Fleury, d'un naturel insouciant, n'avait pas conservé le poème que lui avait dédié André Chénier, détenu comme elle à Saint-Lazare. Ses mémoires ne traitent que de la période 1810-1814 : "ils constituent une source importante pour l'histoire de l'opposition royaliste sous l'Empire (Mathieu de Montmorency, Chateaubriand) et les intrigues de Talleyrand." (Tulard 337) — "Les Mémoires d'Aimée de Coigny renferment deux morceaux d'inégale longueur et d'intérêt non moins inégal. C'est d'abord une biographie détaillée de cette Aimée, qui fut successivement duchesse de Fleury et Mme de Montrond, puis aussi, dans l'intervalie de ses unions officielles et après qu'elles eussent été rompues par le divorce, l'amie du duc de Lauzun, de lord Malmesbury, de Mailla Garat, de M. Bruno de Boisgelin, et sans doute encore l'adorée de bien d'autres mortels, qui ne se contentèrent pas tous de la chanter, comme le pauvre Andre Chénier dans sa Jeune Captive. Elle est écrite d'une plume élégante, peut-être un peu précieuse par moments ; mais il n'est pas déplaisant de rencontrer, en un sujet pareil, des raffinements de style devenus bien rares. De tous les amoureux de la charmante « paienne, » — le mot est de M. Lamy lui-même, — nul assurément ne fut aussi respectueux ni désintéressé que ce biographe indulgent. II trouve une circonstance atténuante, une excuse attendrie à ses plus hardis écarts et réussit à faire plaindre par le lecteur le plus sévère celte charmante créature, un peu plus depravée par chacun de ses maris et de ses amants. L'amour ne l'occupa pas cependant tout entière ; elle fit de la politique, un peu de politique, avec chacun de ses compagnons de route : orléaniste avec Lauzun, contre-révolutionnaire avec Malmesbury, radicale avec le citoyen Garat (« statuette de Sevres aux mains d'un rustre, » dit M. Lamy d'elle à ce moment psychologique de son existence), elle redevient royaliste avec Bruno de Boisgelin, sa dernière grande passion, et, dans l'intervalle des fugues tendres à Vigny, elle conspire, d'une façon plus inoffensive qu'elle ne s'imagine peut-être, avec Talleyrand, plus dangereux, en faveur des Bourbons. C'est le récit de cette conspiration, accompagné de quelques souvenirs de jeunesse, où elle ne se livre guère, et rédigé plus tard, en 1847, pour M. de Boisgelin, devenu pair de France, et déjà « évadé de l'amour dans l'amitié, » qui constitue la seconde partie de notre volume." (Rod. Reuss, Revue Historique, 1903)

187.          Collectif. Le Consulat et l'Empire. Colloque franco-italien (Lyon, 27-28 mai 1969). Textes recueillis et présentés par Fernand Rude.  Lyon, Cahiers d'histoire,  1971, gr. in-8°,  216 pp, paginées de 253 à 471, 5 planches hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

13 études érudites par André Latreille (Le cardinal Fesch après 1814), V. Del Litto (Stendhal et Napoléon), Giorgio Vaccarino (Annexionnistes et autonomistes piémontais), Fernand Rude (Le discours d'Ugo Foscolo pour la Consulta cisalpine, 1802), Marcel Vitte (La Saône-et-Loire au début de l'Empire), Paul Perceveaux (La Dombes sous la Révolution et l'Empire), Jean Merlet (La Haute-Loire à la fin du Directoire), Pierre Léon (L'industrie dauphinoise sous l'Empire), Jean Tulard (L'immigration provinciale à Paris sous le premier Empire), Fernand Rude (Le réveil du patriotisme révolutionnaire dans la région Rhône-Alpes en 1814), etc.

188.          Collectif. Lexique du Consulat et de l'Empire, 1799-1815.  BH Créations,  1999, in-12,  125 pp, chronologie, généalogie, cart. éditeur, bon état (Coll. Lexiques essentiels)

            20

189.          Collectif. Villes et territoire pendant la période napoléonienne (France et Italie). Actes du colloque organisé par l'Ecole française de Rome e l'Assessorato alla cultura de la ville de Rome, avec la participation de la Maison des sciences de l'homme (Rome, 3, 4 et 5 mai 1984).  Ecole Française de Rome,  1987, gr. in-8°,  577 pp, 84 illustrations, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            40

24 études érudites (5 en français, 18 en italien, 1 en anglais).

190.          COPIN (Alfred). Talma et l'Empire. Etudes dramatiques.  P., Frinzine,  1887, in-12,  396 pp, reliure demi-chagrin noir à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre basane vermillon, couv. et dos conservés, bon état. Edition originale. Rare

            60

Alfred Copin (1853-1933), plus connu sous son pseudonyme d'Henry Lyonnet, est renommé pour ses études sur l'histoire du théâtre et plus particulièrement pour son Dictionnaire des comédiens français.

191.          COQUELLE (P.). Napoleon et la Suède (L'élection de Bernadotte). D'après les documents inédits des archives du Ministère des affaires étrangères et des Archives nationales.  P., Imprimerie Nationale,  1907, gr. in-8°,  32 pp, broché, couv. lég. abîmée, bon état, envoi a.s.

            20

Tiré à part du Bulletin historique et philologique, 1906

192.          CRETINEAU-JOLY (J.). Histoire des traités de 1815 et de leur exécution, publiée sur les documents officiels et inédits.  Colomb de Batines,   1842, in-8°,  xiii-413 pp, reliure demi-chagrin havane à coins, dos à 5 nerfs orné de fleurons dorés, titres dorés, tête dorée (rel. de l'époque), rousseurs, bon état. Edition originale

            120

193.          DACIER (Bon-Joseph). Histoire et littérature ancienne. Rapports à l'Empereur sur le progrès des sciences, des lettres et des arts depuis 1789.  Belin,  1989, in-8°,  330 pp, préface de Denis Woronoff, présentation et notes sous la direction de François Hartog, broché, bon état (Rapports à l'Empereur sur le progrès des sciences, des lettres et des arts depuis 1789, IV)

            25

"Dans le flot des livres de l'année 1989, les publications de textes sont rares. Il faut saluer la réédition dans la Librairie du bicentenaire de la Révolution française, par Belin, de ces tableaux historiques sur les progrès de l'esprit humain, qui avaient connu à l'époque de leur publication un destin inégal. Edition critique exemplaire, présentée par Denis Woronoff." (R. Monnier, Annales historiques de la Révolution française, 1989)

194.          DAMAMME (Jean-Claude). Les Soldats de la Grande Armée.  Perrin,  1998, gr. in-8°,  438 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le corps à corps a duré dix années. Il a débuté en Moravie le 2 décembre 1805, et il a pris fin dans une plaine de Belgique, le 18 juin 1815. Entre ces deux dates, plusieurs centaines de milliers d'hommes de drapeaux divers ont servi dans les rangs de la Grande Armée, courant de victoire en victoire, chaque fois plus chèrement acquises. Pour ne rien laisser perdre de leurs aventures, quelques-uns de ces hommes ont noirci des petits carnets. Grâce à eux, l'auteur fait revivre le quotidien de la Grande Armée, celui des combattants obscurs comme celui des maréchaux ou des estafettes et des aides de camp : la découverte des champs de bataille, les impressions après le combat, les marches, les bivouacs, la quête de la nourriture et d'un abri ; l'avancement, les décorations, la discipline, les punitions, le courrier, le sort des prisonniers ; le service de santé, les techniques d'opérations. Enfin le crépuscule de la Grande Armée avec les soldats enfants, les réfractaires, les astuces pour échapper à l'uniforme, jusqu'au dernier carré à Waterloo.

195.          DAUTRIAT (Alain). Napoléon. La photobiographie.  Calmann-Lévy/Jazz Editions,  1999, in-8° carré,  128 pp, préface de S.A.I. le prince Napoléon, très nombreuses illustrations en couleurs, cart. illustré de l'éditeur, coupe sup. lég. frottée, bon état

            20

"D'après Jean Tulard, on a publié plus de livres sur Napoléon qu'il ne s'est écoulé de jours depuis sa mort. Alors pourquoi cette "photobiographie" ? Parce que si tout a été dit et écrit sur le plus célèbre des héros français, personne ne s'était encore essayé à le faire revivre au travers de documents inédits. Pour sortir des sentiers battus de la légende napoléonienne, Christophe Loviny et Alain Dautriat ont eu accès aux trésors cachés des plus grands collectionneurs privés. Par l'image et par le texte, ils tentent de restituer l'homme dans sa vérité, au-delà des clichés et des jugements partisans." (4e de couverture)

196.          DEJEAN (Etienne). Un préfet du Consulat : Jacques-Claude Beugnot, organisateur des préfectures au ministère de l'Intérieur (1799-1800), préfet de la Seine-Inférieure (1800-1806), d'après ses papiers légués récemment par son petit-fils aux Archives nationales.  Plon,  1907, in-8°,  xv-452 pp, 7 fac-similés hors texte, index, broché, couv. défraîchie, dos abîmé recollé, intérieur propre, état correct, envoi a.s. à l'historien Philippe Sagnac

            40

A travers l'histoire de Beugnot (qui écrivit ses mémoires), c'est toute l'histoire de l'organisation administrative des départements dont il est question, en plus spécialement son action en Seine Inférieure. — "Beugnot, avec une conversation et un style apprêtés, avait une intelligence vive et une vraie science de l'administration ; il fut un homme remarquable dans une génération qui n'était pas médiocre. Aussi le sujet étudié par M. Dejean était-il intéressant par lui-même ; il l'était plus encore par l'histoire de l'administration française qui justement s'établit à cet instant précis. Les procureurs-généraux-syndics étaient déjà des manières de préfets ; au début du Consulat, Beugnot fut appelé au ministère de l'intérieur auprès de Lucien Bonaparte, qui fut « un ministre agité plutôt qu'un ministre paresseux » (p. 17). Beugnot fut son collaborateur intime, son fondé de pouvoirs. Ensemble ils luttèrent contre le Conseil d'Etat, dont ils trouvaient l'activité trop absorbante ; ils admettaient qu'il fût la «pensée du gouvernement », mais non pas son agent d'exécution, ce qui était en effet toute la raison d'être des ministres (p. 32) ; ils voulaient même enfermer la police dans les attributions du ministère de l'intérieur ; ce qui était logique peut-être, mais difficile à faire comprendre à Fouché... Nommé lui-même préfet à Rouen, Beugnot rédigea avant de partir les instructions destinées aux préfets nouvellement nommés, notamment la circulaire du 22 ventôse an VIII, qui appelle surtout leur attention sur les levées d'hommes et de contributions, mais qui s'inspire aussi de quelques remarquables considérations économiques, où il est permis de voir en Beugnot un disciple de Turgot et de Dupont de Nemours. Beugnot trouva son département dans une situation assez critique, dans le brigandage royaliste et l'anarchie de toutes les administrations. Il organisa soigneusement ses bureaux ; il visita les principaux points de sa circonscription ; il porta scrupuleusement son attention sur toutes choses, jusqu'aux détails de la fabrication des fromages..." (Edouard Driault, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1908)

197.          DESVERNOIS (Général Baron). Avec Bonaparte en Italie et en Egypte.  Editions Laville,  2012, gr. in-8°,  186 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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A 20 ans, en 1791, c'est à pieds que le jeune Franc-Comtois Desvernois rejoint Paris. En novembre 1792, c'est comme simple hussard qu'il s'engage et part immédiatement pour le Palatinat du Rhin. Il fait partie de cette cohorte de jeunes gens pour qui les guerres de la Révolution et de l'Empire furent leur grande aventure. Dans ses vingt cinq campagnes, il a 5 chevaux tués, 8 chevaux blessés sous lui ; à Fombio, le 18 floréal an IV, il reçoit trois coups de sabre à l'épaule droite ; quatre jours après, sur la route de Pizzighettonne, avec deux cavaliers, il bouscule une forte colonne de uhlans et enlève Crémone ; à Faenza, le 13 pluviôse an V, il reçoit, au premier rang, un éclat de mitraille sur le genou gauche. Au milieu de la bataille des Pyramides, sous la canonnade, il engage un combat singulier avec un bey mameluk et le tue sur le front des carrés du général Bon ; à Samahout, le 3 pluviôse an VIII, il reçoit 19 coups de sabre et ne se retire du combat, couvert de sang, que lorsque le bras droit, coupé jusqu'à l'os, pend inerte ; lorsqu'on lui confie le commandement de l'avant-garde, c'est signe, disent les soldats, qu'on se battra dans la journée, et il arrive qu'une fois, en Catalogne, le maréchal Macdonald l'accuse "d'excès d'intrépidité". Voilà quel était cet homme et voilà le récit de ses batailles et de ses aventures. — L'intérêt que présente cet ouvrage est triple. C'est d'abord le récit autobiographique d'un véritable aventurier, à la manière des mousquetaires d'Alexandre Dumas. Ensuite, il donne un portrait très détaillé de Bonaparte organisateur et fin politique en Egypte. Enfin le lecteur découvrira une description extraordinairement monstrueuse de certaines situations. Par exemple, la scène de cannibalisme devant les Tuileries, quand la populace s'en prenait aux gardes suisses et brûlaient leurs corps pendant l'assaut dans la nuit du 9 au 10 août 1792. Ou bien encore, en juin 1800, les détails de l'empalement de l'assassin du général Kléber. C'est effectivement comme officier d'avant-garde, avisé et beau sabreur, que Desvernois se fait d'abord connaître et c'est comme tel qu'il se présente à nous. En 1796, il s'est couvert de gloire en Italie sous les yeux de Bonaparte. En 1799, il dédaigne la fortune que lui offre Desaix pour ne pas quitter son régiment et ses camarades. La Restauration abolit son passé de soldat. Après avoir connu la gloire, il languit dans l'obscurité à la façon de nombreux officier de la Grande Armée.

198.          DROZ (Jacques). Le Romantisme allemand et l'Etat. Résistance et collaboration dans l'Allemagne napoléonienne.  Payot,  1966, in-8°,  310 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"Cet ouvrage très important est une remise en question de l'interprétation traditionnelle du XIXe siècle allemand. J. D. montre comment s'est effectuée la fusion du romantisme et du nationalisme, donnant naissance à l'idéologie des Stände, elle-même source de la loi prussienne des trois classes, expliquant par là le retard constitutionnel de l'Allemagne jusqu'en 1918. L'héritage des lumières s'est trouvé bloqué par une difficulté majeure : la France était devenue pour les nationalistes à la fois l'Etat modèle et l'Etat oppresseur. Mais, surtout, le conservatisme allemand triomphera parce que le romantisme qui lui a fourni une doctrine politique avait une audience large en raison du phénomène religieux dont le développement est antérieur à la Révolution française. Ce sont là quelques-unes des conclusions d'un livre désormais indispensable pour comprendre les origines de l'Allemagne contemporaine." (Revue française de science politique, 1967)

199.          EBELING (J.-B.). Napoléon, d'Ajaccio à Austerlitz. Extraits des Mémoires du temps.  Plon,  1951, in-8° carré,  vii-311 pp, préface de Louis Madelin, 10 pl. de gravures hors texte, reliure pleine toile rouge, dos lisse avec pièce de titre chagrin noir et filets dorés, couv. illustrée (lég. abîmée) conservée, bon état (Coll. L'Histoire racontée par ses témoins)

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Extraits des Mémoires de Bourrienne, d’Abrantès, Marmont, Miot de Mélito, Pasquier, etc., recueillis par J.-B. Ebeling.

200.          EDMOND-BLANC (Amédée). Napoléon Ier. Ses institutions civiles et administratives.  P., Plon,  1880, in-8°,  vii-332 pp, broché, bon état

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Important ouvrage sur les structures administratives de l'Empire : Constitution de l'Empire, organisation financière, administrative et judiciaire, l'Université, les Cultes, la Légion d'Honneur et la noblesse impériale.

201.          ELLIOT-WRIGHT (Philipp). Rifleman : Elite Soldiers of the Wars against Napoleon.  Military Illustrated,  2000, in-4°,  144 pp, nombreuses illustrations, biblio, index, reliure pleine toile noire de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            20

202.          FOUCHÉ (Joseph, duc d'Otrante). Les Mémoires de Fouché.  Flammarion,  1946, in-8°,  522 pp, introduction (25 pp) et notes de Louis Madelin, broché, pt mque en coin du 1er plat et au bas du dos, bon état

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L'édition de référence de mémoires sulfureux. Joseph Fouché est l'un des personnages les plus controversés de notre histoire. Tour à tour conventionnel régicide, "boucher de Lyon", artisan de la chute de Robespierre, ministre de la Police du Directoire, de Napoléon... puis de Louis XVIII (1815), il n'a cessé de déchaîner les jugements contradictoires. Arriviste, traître, criminel pour ses détracteurs, il incarne la fidélité à la Révolution française pour ses partisans. À l'image de leur auteur, ses Mémoires, publiés quatre ans après sa mort, en 1824, ont suscité une vive controverse. S'ils sont unanimement jugés passionnants, beaucoup de contemporains ont mis en doute que Fouché en soit l'auteur. Louis Madelin rétablit sa "paternité" dans l'introduction et dresse un appareil critique exemplaire qui rend le texte accessible à tous. Une source indispensable à quiconque s'intéresse à l'histoire de la Révolution et de l'Empire. Introduction et notes de Louis Madelin, de l'Académie française.

203.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Napoléon.  Gautier-Languereau,  1968, gr. in-8°,  305 pp, 127 gravures, portraits et fac-similés dans le texte et à pleine page, 4 planches d'illustrations en couleurs hors texte (dont 3 doubles), reliure toile carmin décorée de l'éditeur, ex. numéroté, bon état (Coll. Jeunes Bibliophiles)

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G. Lenotre ne s'est jamais contenté de l'histoire officielle, celle des batailles et des traités. Mêlant avec bonheur veine romanesque et vérité documentaire, il s'attaque ici à un sujet de choix : la vie de Napoléon, de son internat au collège de Brienne au moulage de la tête impériale — en passant par l'épineuse question des faux Napoléons. Où l'on apprend que l'Empereur chantait faux, qu'il n'avait de l'orthographe que des notions très limitées, qu'il confondit toujours Smolensk et Salamanque, sans oublier que le pape Pie VII, le 14 frimaire de l'an XII, reçut pour sa cuisine douze pluviers dorés, ni bien sûr que le fidèle mameluk Roustam couchait devant la porte de son maître.

204.          LESAGE (Charles). Napoléon Ier, créancier de la Prusse, 1807-1814.  Hachette,  1924, gr. in-8°,  xviii-366 pp, pièces justificatives, broché, bon état

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"M. Charles Lesage, inspecteur général des finances, est, en outre, historien. Depuis longtemps, M. Lesage avait reconnu le lien étroit qui rattache, dans le passé comme aujourd'hui, les négociations financières aux pourparlers diplomatiques. Il a eu l'idée d'examiner, de ce point de vue, les rapports de la France et de la Prusse après Tilsit, jusqu'en 1814, et les procédés employés par Napoléon pour recouvrer la créance de 150 millions environ résultant du traité. Cette étude, faite au moyen des documents d'archives, est singulièrement intéressante. On y assiste d'abord aux négociations franco-prussiennes pour fixer le montant de la dette, le mode de paiement et la nature des garanties, travail qui se prolonge à cause de l'ergotage et de la mauvaise foi du gouvernement prussien. Un premier plan est arrêté, qui fait l'objet d'une convention dite de Königsberg ; puis, après une mission du prince Guillaume de Prusse auprès de Napoléon, un second accord, conclu à Paris, réduit le total des paiements, sans que la Prusse renonce, tant qu'elle peut espérer un appui de la Russie ou de l'Autriche, à ses procédés dilatoires. Après Wagram seulement, Hardenberg semble entrer dans la voie de l'exécution des traités ; mais au moment de la guerre de Russie Napoléon accepte, au lieu de paiements en numéraire, des fournitures pour l'armée. Cela permettra à Frédéric-Guillaume de réclamer en 1814, vainement d'ailleurs, quelque 120 millions qu'il prétend avoir fournis en sus de sa dette, alors que le trésor français s'estime créancier de plus de quarante millions. Le plus curieux de cette histoire, pleine d'enseignements et contée par M. Lesage avec autant de précision que d'élégance, est le chapitre sur l'emprunt d'Amsterdam. En novembre 1807, l'historien Niebuhr fut chargé par Stein de négocier en Hollande un emprunt prussien qui fut autorisé seulement en 1810, et dont les titres devaient être remis à la France en paiement. Le taux élevé de l'intérêt (8 %) n'attira pas des souscripteurs, sauf Napoléon, qui voulut d'abord prendre (en grand secret) pour dix millions de cet emprunt, dont il croyait tirer 11 % de revenu; il se limita plus tard, l'erreur découverte, à une souscription d'un million, la seule importante. L'ouvrage de M. Lesage est un parfait exemple du grand profit que l'historien politique peut tirer de l'étude des négociations financières." (Raymond Guyot, Revue historique, 1924) — "Ce livre, remarquablement documenté, est très suggestif. Il montre comment Napoléon Ier, créancier de la Prusse, ne put, pendant sept ans (1807-1815), parvenir à se faire payer. La convention de Kôuigsberg, signée en son nom par le maréchal Berthier, avait prévu la nomination d’un commissaire spécial, qui devait surveiller le versement des contributions imposées. Le comte Daru, désigné à cet effet, se heurta à une incroyable résistance. L’Empereur ordonna au maréchal Victor, gouverneur de Berlin, de préparer une opération militaire. Nouvelle discussion. « Le cabinet prussien est étrange, écrivait Napoléon au roi de Saxe, il regarde toujours ce qu’il a signé comme non avenu. » Napoléon fit des concessions, il souscrivit même largement à un emprunt prussien du 15 mai 1810. Et peu à peu la Prusse en vint à se dire créancière de la France, estimant que les réquisitions et les transports des troupes françaises à travers son territoire, dépassaient ses dettes. Après la retraite de Russie, la Prusse nous déclara la guerre, sous prétexte, que nous n’acquittions pas nos dettes envers elle. Finalement le traité du 30 mai ayant annulé les créances des divers États les uns vis-à-vis des autres, la Prusse fut libérée, et nous ne fûmes jamais payés ! Le travail de M. Lesage, rédigé avec beaucoup de clarté et de méthode, jette une vive lumière sur la mentalité des gens de Berlin. Il met en relief leur esprit tortueux et leur mauvaise foi. A plus de cent ans d’intervalle nous retrouvons la même psychologie aboutissant à des conséquences analogues. En racontant le passé avec une complète impartialité, M. Lesage nous permet de faire des rapprochements très utiles avec lé présent." (Georges Blondel, Revue internationale de l'enseignement, 1926)

205.          MARCHIONI (Jean). Place à Monsieur Larrey, chirurgien de la garde impériale. Biographie.  Actes Sud,  2003, in-8°,  505 pp, nombreuses gravures, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Excellente biographie. – Bonaparte s'attacha Dominique Larrey (1766-1842), chirurgien d'exception, dès la campagne d'Egypte. Après le sacre, Larrey est nommé chirurgien en chef de la garde impériale ; commence alors pour cet homme au destin de légende une fantastique chevauchée, du moulin d'Austerlitz à la grange d'Eylau, de Madrid aux ponts du Danube, de l'incendie de Moscou aux passerelles de la Bérézina. Familier de la paille des bivouacs comme des ors des palais, ce commensal de l'Empereur fut aussi l'un des rares à lui tenir tête lorsque le bien des hommes l'exigeait. Il créa une œuvre médicale immense, dont le mérite majeur est d'être toujours d'actualité. Il fut l'inventeur du bouche-à-bouche et de dogmes chirurgicaux intangibles, des ambulances volantes et des soins immédiats aux blessés, et le précurseur de la médecine humanitaire. Homme intègre et attachant, soldat de toutes les campagnes, savant visionnaire : tels sont les trois aspects auxquels s'attache le présent ouvrage, s'appuyant à l'occasion sur des faits inédits qui suscitent des hypothèses nouvelles.

206.          MARIE-LOUISE. Marie-Louise et Napoléon, 1813-1814. Lettres inédites de l'Impératrice avec les réponses déjà connues de Napoléon à la même époque ; suivies de documents inédits tirés des Archives Bernadotte. Réunies et commentées par C. F. Palmstierna.  Stock,  1955, in-8°,  315 pp, un portrait de l'Impératrice Marie-Louise en frontispice, 6 pl. de portraits et un fac-similé hors texte, qqs autres fac-similés dans le texte, notices sur les personnages cités établie par Jean Savant, reliure toile verte décorée de l'éditeur, rhodoïd, bon état

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"En 1935 la Bibilothèque nationale publiait 318 lettres écrites par Napoléon à Marie-Louise. Elle les avait achetées à l'arrière-petit-fils de Marie-Louise et de Neipperg, le prince de Montenuovo (traduction italienne de Neipperg ou Neuberg) qui depuis, est mort, sous l'uniforme allemand, prisonnier des Russes, en 1945. Ces lettres, sans renouveler nos connaissances, avaient cependant apporté des données assez intéressantes sur la mentalité de l'Empereur pendant la campagne de France. Toutefois il manquait les réponses envoyées par Marie-Louise. Elles ont été retrouvées dans les archives de la famille royale de Suède. Au lendemain de Waterloo, en 1815, Napoléon avait, en effet, confié ces lettres à son frère Joseph. Celui-ci, pour les soustraire aux alliés, les déposa entre les mains de sa belle-soeur, Désirée, femme de Bernadotte, prince héritier de Suède. Ainsi s'explique la présence à Stockholm de cette correspondance. M. Palmstierna a réuni les lettres déjà connues de Napoléon et les lettres inédites de Marie-Louise de sorte qu'à l'exception de quelques lettres qui paraissent perdues, c'est la correspondance complète entre l'Empereur et sa femme qui est présentée aujourd'hui au public. Pas plus que les lettres de Napoléon, celles de Marie-Louise ne transforment ce qu'on savait de la trame des événements. Mais mises en regard des billets de l'Empereur, elles nous font mieux qu'aucun livre, pénétrer dans l'intimité du ménage impérial. Marie-Louise semble sincèrement attachée à Napoléon, mais élevée à Vienne dans l'habitude de l'obéissance passive, soucieuse de ne pas provoquer le moindre mécontentement chez son terrible mari, obsédée peut-être aussi sans qu'elle le dise, par le souvenir de Marie-Antoinette, elle se montre singulièrement dépourvue d'initiative. Ainsi s'explique qu'elle ait si docilement suivi les agents autrichiens venus la chercher à Orléans le 12 avril 1814, alors qu'il lui eut été facile de rejoindre Napoléon à Fontainebleau. Ainsi s'explique aussi qu'elle se soit facilement jetée dans les bras de Neipperg pendant l'été 1814. On a souvent accusé Marie-Louise de duplicité. Il ne semble pas que ce soit juste. D'après ses lettres elle nous apparaît comme une pauvre et faible femme, à la santé fragile, faite bien plus pour la calme vie bourgeoise provinciale que pour les agistations terribles qui bouleversèrent les souverains en 1814 et 1815. Elle a été, comme on dit, « dépassée » par les événements, et d'ailleurs absolument incapable de comprendre les grands mouvements nationaux et populaires qui se dessinaient alors. Voilà ce qui ressort de cette correspondance, en tout cas très vivante, et qui se lit d'un trait, comme un roman." (J. Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1956)

207.          THIRY (Jean). La guerre d'Espagne.  Berger-Levrault,  1965, in-8°,  352 pp, 2 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Napoléon Bonaparte)

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"Que le lecteur ne cherche pas dans cet ouvrage un récit « militaire » de la guerre d'Espagne. L'auteur brosse, mais d'une manière assez détaillée, une toile de fond de la situation politique de l'Europe en 1807, 1808, début de 1809, et décrit les opérations d'Espagne, en exposant les répercussions de la situation générale sur la situation particulière et réciproquement. Ecrit d'une plume alerte et dans un style coulant, l'étude de M. Jean Thiry est d'une lecture fort attrayante." (Revue militaire suisse, 1966)

208.          THIRY (Jean). Ulm, Trafalgar, Austerlitz.  Berger-Levrault,  1962, in-8°,  392 pp, 5 cartes et croquis hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Broquette-Gonin de l'Académie française)

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L’oeuvre du baron Jean Thiry, écrite et publiée sur près de quarante ans, des années trente aux années soixante, et peu courante aujourd’hui, est un véritable tour de force : raconter la vie de Napoléon dans toute sa grandeur et tous ses détails, dans sa vie privée et politique comme sur les champs de bataille de toute l’Europe, ses relations avec ses plus fidèles lieutenants, Lannes, Davout, Berthier, Ney, et tant d’autres. C’est l'oeuvre d’un historien passionné et objectif, s’en tenant aux faits et rien qu’aux faits, un analyste extrêmement fin des raisons qui ont jeté l’Europe dans le feu et le sang durant plus de vingt ans, et un talentueux écrivain, doué d’un style précis, vif et rapide.

 

De 1815 à 1914

 

209.          Anonyme. Sedan. Souvenirs d'un officier supérieur.  P., W. Hinrichsen,  1883, in-12,  120 pp, reliure demi-chagrin bleu-nuit, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titre doré (rel. de l'époque), bon état. Peu courant

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L'auteur faisait partie de l'état-major du général Wimpffen. — "Dès la fin d’août 1870, on note l’apparition de francs-tireurs imbriqués dans le dispositif de l’armée impériale autour de Sedan. Nullement coordonnée avec l’action de cette dernière, leur initiative ajoute à la confusion qui règne alors dans le secteur. Leur place serait en effet sur les ailes ou sur les arrières de l’ennemi, non sur la ligne de front où ils font courir le risque de tirs fratricides et peuvent involontairement fournir des renseignements aux Prussiens. D’où le mécontentement de l’état-major et les excuses subséquentes du responsable de l’entreprise, François Leroux, maire d’une commune voisine : “Il ne faut pas nous en vouloir de notre maladresse. J’ai assisté à l’invasion de 1814 et de 1815 et me suis souvenu de la façon dont nous nous y sommes pris alors d’ici aux Ardennes”." (Armel Dirou, Les francs-tireurs pendant la guerre de 1870-1871, Stratégique, 2009)

210.          ARSAC (Joanni d'). La Guerre civile et la Commune de Paris en 1871. Suite au Mémorial du siège de Paris.  P., F. Curot,  1872, in-12,  (vii)-655 pp, reliure toile granitée bordeaux, dos lisse avec titres dorés et caissons à froid, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), reliure défraîchie, état correct

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"Récit au jour le jour très hostile à la Commune." (Le Quillec, 176) ; Del Bo, p. 88.

211.          AUCLAIR (Marcelle). La vie de Jean Jaurès, ou la France d'avant 1914.  Seuil,  1954, fort pt in-8°,  673 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, chronologie, index, reliure demi-basane acajou mordorée à coins, dos à 5 larges nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

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"M. A. a consacré à Jaurès une biographie « hagiographique ». Elle a rassemblé une solide documentation et présente un très vivant tableau de la France avant 1914. Les historiens regretteront qu'entraînée par le désir de fuir l'austérité universitaire, M. A. ait cru nécessaire de juxtaposer propos imaginés et propos réellement tenus. Elle s'expose ainsi au reproche d'avoir versé dans la biographie anecdotique et romancée, alors que le sérieux de son enquête lui permettait de faire œuvre historique. D'autre part, M. A. raconte la vie de « Jean » plus qu'elle n'explicite les idées de Jaurès." (Revue française de science politique, 1955) — "Marcelle Auclair (1899-1983) n’est pas universitaire, mais journaliste de talent et romancière, fondatrice de "Marie-Claire", ancienne épouse de Jean Prévost (1901-1944). Elle était très liée à la famille de Jaurès, à sa nièce Yvonne Régnier, fille de l’amiral et de sa seconde épouse, qui avait été élevée en partie par sa grand-mère « Mérotte » et par la troisième épouse de son père, une cousine Jaurès. Elle dispose donc de nombreux renseignements d’ordre familial qui donnent de la sensibilité et de l’authenticité à son récit." (Gilles Candar, "Ecrire aujourd'hui une biographie de Jaurès", Cahiers Jaurès, 2011)

212.          BALZAC (Honoré de). Voyage de Paris à Java.  Editions du Pacifique,  1996, in-8°,  56 pp, préface de Pierre Janin, postface de Jacques Dumarçay, 8 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Cahiers d'Asie)

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"Par un Balzac qui, comme chacun sait, n'a jamais mis les pieds en Asie, un petit texte paru pour la première fois en 1832, dans la "Revue de Paris", et devenu presque introuvable (la dernière réédition datant de 1947). Ce texte, disons-le tout de suite, est loin de décevoir. Il s'agit en fait d'une charge ironique dirigée contre les récits de voyages et autres « romans maritimes » qui commençaient alors à prendre, en France et en Europe, une réelle importance. Balzac est délibérément moqueur à l'endroit des voyageurs dits « scientifiques ». L'auteur évoque tour à tour, avec talent du reste, une série de onze « clichés », qu'il n'est pas inutile d'énumérer ici : 1) les femmes (blanches et fatales...) ; 2) les bengalis (oiseaux charmeurs...) ; 3) les volcamerias (fleurs superbes...) ; 4) le thé (mais c'est en fait un prétexte pour parler surtout de vin...) ; 5) l'upas (ou arbre-poison) ; 6) le tigre ; 7) l'arbre-fougère ; 8) les singes (qui ne sont qu'une caricature de la société humaine) ; 9) les « bizons » (c'est-à-dire en fait les buffles...) ; 10) les crocodiles (que l'on juge et punit comme des hommes) ; et pour finir, 11) les Chinois (qui, comme on s'en doutait déjà, ne sont que de fieffés voleurs...)." (Denys Lombard, Archipel, 1996)

213.          BERNHARDT (Sarah). L'Art du théâtre. Souvenirs de scène.  Monaco, Editions Sauret,  1993, in-8°,  220 pp, préface de M. Marcel Berger, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Pages perdues et retrouvées)

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Si les mémoires de Sarah Bernhardt (1844-1923) ont été souvent réédités, on ignore en général qu'à la fin de sa vie la grande comédienne avait entrepris d'écrire un ouvrage où elle transmettrait son expérience aux générations futures d'acteurs et d'amateurs de théâtre. Elle en dicta jusqu'à sa mort les chapitres, qui furent ensuite ordonnés et publiés par Marcel Berger, un des familiers de ses dernières années, et Georges Ribemont Dessaigne. Le lecteur trouvera dans ces pages une mine inépuisable de conseils et d'observations sur le métier de comédien, depuis les impératifs de la voix jusqu'aux détails pratiques du maquillage. Sarah Bernhardt compléta et illustra ce véritable guide de l'art dramatique par une profusion d'anecdotes, où l'on retrouve la drôlerie et la vivacité qui rendirent célèbre sa conversation.

214.          BERTIER de SAUVIGNY (G. de). La Restauration.  GLM,  1998, fort in-8°,  506 pp, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Auteur d'un livre justement apprécié sur la Congrégation, B. de S. présente ici une histoire de la Restauration d'un très vif intérêt. La partie la plus originale et la plus développée est celle où l'auteur, interrompant le récit chronologique, présente un tableau de la vie économique, de la vie sociale, de la vie politique, de la vie religieuse, de la vie intellectuelle. De nombreux détails inédits ou mal connus... La conclusion rend un large hommage à la Restauration : « Jamais, sans doute, la France n'a été mieux administrée, avec plus d'honnêteté du haut en bas de l'échelle hiérarchique, avec plus de respect pour les lois et règlements, avec plus de ménagements pour les droits des citoyens, avec moins d'abus dans l'usage des deniers publics »." (Revue française de science politique) — "Succédant à vingt années d'événements dramatiques et de bouleversements inouïs, la Restauration, en France, a pu donner l'impression d'une période terne et vide ; aux yeux de l'histoire officielle, les règnes de Louis XVIII et de Charles X ne représentaient qu'une maladroite tentative de retour en arrière, une parenthèse malencontreuse dans l'évolution irrésistible de la société française vers un régime républicain démocratique. Après la dernière guerre mondiale et la reconstruction qui l'a suivie, on est mieux en état aujourd'hui de comprendre et d'apprécier l'effort des gouvernements et des Français de toutes les catégories pour rebâtir une maison habitable sur les ruines accumulées par la Révolution et l'Empire, pour exorciser les illusions et les souvenirs funestes, pour concilier, comme l'écrit Chateaubriand, "tout ce qu'il y avait de possible dans le passé avec tout ce qu'il avait de possible dans le présent". D'autre part, grâce à la stabilité et à la paix retrouvées, la vie intellectuelle et artistique a repris, après une longue éclipse, un éclat incomparable. La présente synthèse, qui fait une large place aux aspects moins connus de la vie économique, sociale et culturelle, permet de comprendre la justesse profonde de cette appréciation. La France moderne est née sous la Restauration.

215.          BONIN (Hubert). Les Patrons du Second Empire (6). Bordeaux et la Gironde.  Picard/Editions Cénomane,  1999, gr. in-8°,  223 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, index, broché, bon état (Institut d'histoire moderne et contemporaine - CNRS)

            25

Région par région, cette collection apporte un éclairage original sur une époque clé du développement économique français à travers ses agents essentiels : les entrepreneurs. — Ce Dictionnaire correspond au volume 6 de la collection Les patrons du Second Empire, dirigée par Dominique Barjot. Il marque une nouvelle avancée de l'enquête engagée par l’Institut d'Histoire moderne et contemporaine du CNRS. Il ne se veut pas une nomenclature de fiches austères et sèches ! C’est au contraire le rassemblement d'une soixantaine de monographies substantielles de familles, de patrons et de leur entreprise. Cela leur permet une évocation assez fouillée de la vie économique des rives de la Gironde pendant des décennies clés : c'est l'époque en effet où les cahots et parfois, mais juste pendant quelques trimestres, la suspension de l'expansion  provoquées par les troubles militaires et politiques de la période révolutionnaire et bonapartiste sont nettement effacés. Après le vif renouveau des années 1820/1830, les années 1840/1880 marquent une nouvelle « Belle Époque » pour le port bordelais. Cependant, comme l'histoire économique et plus particulièrement celle des entreprises, la « business history », peuvent sembler rébarbatives, ce Dictionnaire offre au lecteur curieux du destin des hommes une occasion de participer à une histoire « incarnée » : les événements, les mutations de l'économie, l'enrichissement du capitalisme de la place, sont mis en scène par les « héros » de l'économie, les capitalistes, les patrons « entrepreneurs », ceux qui prennet les initiatives d’investir en usines, en navires, en réseaux commerciaux, ceux qui mobilisent et rénovent les savoirs-faire marchands, des banquiers ou des industriels. Le champ de l'investigation est surtout bordelais et girondin, mais ce Dictionnaire mène quelques incursions dans les Landes et dans le Périgord, qui ont participé alors à la Première Révolution industrielle sidérurgique et qui méritaient donc d'apparaître ici. Ce Dictionnaire ne peut passer pour un ouvrage régionaliste destiné aux seuls « érudits locaux » ; en effet, il s'inscrit d'abord dans une enquête nationale et une collection, ce qui permet des comparaisons interrégionales ; et, surtout, chaque monographie s’ouvre sans cesse à des réflexions sur les positions, les parts de marché, occupées par la famille et son entreprise au niveau national, avec une appréciation de son « retard » ou de ses « archaïsmes » ou au contraire de ses initiatives pionnières. Comme d'ailleurs le port de Bordeaux à cette époque, ce Dictionnaire est largement ouvert aux vents de l'histoire nationale et surtout internationnale !

216.          Collectif. Augustus Saint-Gaudens, 1848-1907. Un maître de la sculpture américaine.  Somogy Editions d'art ,  1999, in-4°,  215 pp, plus de 150 illustrations en noir et en couleurs, chronologie, biblio, index, reliure pleine toile noire de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Catalogue d'exposition, Toulouse, 12 février-30 mai 1999)

            50

Figure majeure de la sculpture américaine de la fin du XIXe siècle (il fut surnommé le "Michel-Ange américain") et chef de file de la "Renaissance américaine", Augustus Saint-Gaudens est le fondateur de la sculpture américaine moderne. Par sa vie et sa carrière qui se déroulent entre deux continents, Saint-Gaudens témoigne des échanges artistiques et culturels fructueux entre les Etats-Unis et la France à la fin du XIXe siècle. Très célèbre outre-atlantique – il est aux Etats-Unis ce que Rodin et à la France – , il bénéficie pour la première fois d'une exposition de ses principales œuvres en France – plus de 130 pièces – dont cet ouvrage, fruit de la collaboration d'historiens d'art français et américains, est le reflet. Outre les monuments commémoratifs de Boston, Chicago ou New York où il innove en travaillant avec des architectes de renom, il est aussi l'auteur de nombreux bas-reliefs en bronze qui sont autant de portraits des héros d'un Age d'or dont Augustus Saint-Gaudens est l'acteur et le témoin. Son œuvre varié oscille entre réalisme et idéalisme, tandis que ses bas-reliefs témoignent d'une recherche de la vérité instantanée et poétique qui correspond aux innovations contemporaines en peinture. En cela, ce grand humaniste est aussi un moderne.

217.          DAUTRY (Jean). 1848 et la IIe République. Seconde édition, revue et corrigée.  Editions Sociales,  1957, in-8°,  338 pp, 3 cartes et un plan, broché, qqs annotations stylo, dos lég. abîmé, bon état

            20

"Révolution de 1848, révolution « demi-bourgeoise ». Paraphrasant cette expression d'Engels, J. D. s'attache à marquer, dans la révolution de février, la part respective du prolétariat et de la bourgeoisie – ou plutôt des prolétariats (prolétariat « conscient » et Lumpen-prolétariat complice des « bourgeois ») et des bourgeoisies (celle, « bien intentionnée », qui participe aux journées de février et laisse faire celles de juin, et celle qui se reconnaîtra bientôt dans « le héros Crapulinsky » dont parle Marx. Sans renouveler la connaissance de la période, cet ouvrage est un des bons exemples de l'application de la méthode marxiste (bien que certaines affirmations puissent naturellement être contestées). On peut toutefois se demander, après avoir lu le livre de J. D., si l'histoire selon la méthode marxiste est vraiment si différente (autrement que par les opinions de l'auteur) de l'histoire selon Lavisse." (Revue française de science politique, 1957)

218.          DIJKSTRA (Bram). Les Idoles de la perversité. Figures de la femme fatale dans la culture fin de siècle.  Seuil,  1992, pt in-4°,  475 pp, traduit de l'américain (« Idols of Perversity. Fantasies of Feminine Evil in Fin-de-Siècle Culture »), un frontispice et 318 illustrations dans le texte, biblio, index, reliure toile vermillon de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            80

L'amateur de tableaux du siècle dernier porte sur les belles alanguies, les belles exsangues, les félines, sirènes et autres charmeuses de serpents un regard mi-condescendant mi-attendri. Il n'y voit qu'une mode aussi innocente que celle qui a transformé les pieds des meubles en végétaux et peuplé les arts décoratifs de libellules et de papillons. Bram Dijkstra considère ces créatures d'un tout autre oeil. Il se lance dans un catalogue raisonné pour écrire une histoire des figures de la femme au XIXe siècle. Une histoire en deux temps, l'ascension et la chute, ou plutôt deux mouvements pendulaires – de l'idéalisation absolue à la diabolisation radicale. (...) L'ouvrage de B. Dijkstra est une somme tant par l'ampleur impressionnante de sa documentation littéraire et iconographique que par la profondeur et la cohérence de sa vision. La faculté qu'a son auteur d'établir entre les arts, les sciences et les différents domaines de la culture fin de siècle des rapports jusque-là sous-estimés lui permet ce réquisitoire novateur, ironique, peut-être provocateur en ceci qu'à l'ère de l'image, son message est plus que jamais d'actualité.

219.          DOSNE (Eurydice). Mémoires de Madame Dosne, l'égérie de M. Thiers, publiés avec une introduction et des notes par Henri Malo.  Plon,  1928, 2 vol. in-8°,  xxviii-316 et 351 pp, 10 gravures hors texte, copieux index des noms, brochés, bon état

            60

Adolphe Thiers était le gendre et l'amant de Mme Dosne. Sa fille Eulalie Dosne se mariera avec le jeune ministre Thiers à 16 ans, 20 ans séparent les deux époux. On n'appellera plus Thiers que Thiers-Dosne. Balzac écrira à propos de la jeune fille : "Elle joue un rôle immense dans sa vie... elle est à peu près reine de France." Les mémoires, couvrant les événements historiques et politiques (et leurs dessous), s'étendent de 1832 à 1869. — "M. Henri Malo, conservateur de la bibliothèque et des archives de la place Saint-Georges, publie les mémoires de Madame Dosne, précédés d'une substantielle et piquante introduction sur cette « maîtresse femme » qui était la belle-mère de Thiers. C'est un document de premier intérêt, ce sont en effet soit des notes prises au jour le jour ou rédigées peu de temps après l'événement par ce témoin, l'un des mieux informés qu'il se pût trouver et que sa position particulière et son sexe mettaient à même de remplir certaines missions ou recevoir certaines confidences impossibles à d'autres, soit des pages dictées par Thiers lui-même ou établies sur un canevas de sa main. On voit par là qu'il n'y faut pas chercher un témoignage impartial. Mme Dosne était passionnée pour la fortune politique de son gendre, admiratrice un peu exclusive de son talent et de son caractère ; Thiers était maître dans l'art d'insinuer la vérité ou de faire naître le courant d'opinion dont il avait besoin. Il n'en reste pas moins que nous ne trouverions nulle part ailleurs ces indications de faits, de projets, de conversations. Malheureusement nous n'avons ici qu'un journal fragmentaire. Il n'est un peu développé que pour les crises ministérielles de 1834. la dissolution du ministère sur la question de l'intervention en Epagne en 1835, la politique du cabinet Thiers de 1836, et surtout pour les années 1848 et 1849 : cinq chapitres donnent là des renseignements précieux sur le jeu des conservateurs, leurs négociations avec le prince Louis-Napoléon, et les combinaisons de couloirs de l'Assemblée Constituante. Mme Dosne mourut en 1869, nous privant ainsi d'un témoignage qui eut été bien curieux sur les relations de Thiers avec les milieux royalistes de l'Assemblée Nationale. On trouvera encore dans ces deux volumes, à côté des renseignements de valeur plus spécialement politique, beaucoup d'anecdotes amusantes et typiques sur Louis-Philippe, sur la vie de la famille royale, nombre de ces boutades ou de ces roueries par où se ressemblaient tant Louis-Philippe et son Ministre ; les tractations pour le mariage du Duc d'Orléans sont une des comédies bourgeoises les plus gaies que puisse donner un ménage de rois." (Charles-H. Pouthas, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1928)

220.          ESTOURMEL (Comte Joseph d'). Souvenirs de France et d'Italie dans les années 1830, 1831 et 1832.  P., Dentu,  1861, 2 vol. in-12,  454 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs pointillés, titres dorés (rel. de l'époque), plats abîmés (trace de mouillure ancienne), traces d'humidité ancienne sur qqs feuillets, état moyen (Bertier, 381)

            20

"Le comte d'Estourmel commence sa carrière préfectorale sous l'Empire et la continue durant la Restauration. Lors de l'insurrection de juillet 1830 à Paris, il est en poste à Caen. Il décrit très brièvement, pp. 1-10, la chute du régime dans cette ville. Ayant accompagné Charles X jusqu'à Cherbourg, il donne ensuite sa démission et consacre le reste de son existence à voyager..." (Bertier, 381) — Séjours à Rome, à Naples puis en Sicile.

221.          GEFFROY (Gustave). L'Enfermé. Edition revue et augmentée par l'auteur.  P., Editions G. Crès et Cie,  1926, 2 vol. in-8°,  255 et 221 pp, un portrait d'Auguste Blanqui par Eugène Carrière en frontispice, brochés, couv. rempliées, ex. numéroté sur vélin pur fil Lafuma, pt mque au dos du tome II, bon état

            40

De projet politique, Blanqui disait ne pas en avoir. Son idée était qu’il ne servait à rien d’échafauder pour le peuple des lendemains qui chantent tant qu’il n’appartenait pas au peuple de battre la musique. Blanqui a stigmatisé l’injustice du système capitaliste dans tous ses rouages avec une froide lucidité mais n’était pas convaincu par un soulèvement des masses laborieuses tant qu’une éducation populaire et laïque ne serait pas parvenue à l’éveil des consciences... — "Dans une biographie trop oubliée, “L'Enfermé”, Gustave Geffroy (1855-1926) a raconté les quarante années de prison de Blanqui, en particulier au Mont Saint-Michel et dans les forteresses bretonnes de Belle-Isle et du Taureau, rappelant que dans ce fort battu des flots, qu'il connaissait bien, son héros avait rêvé d'astronomie. Ce romantisme politique, cette générosité d'âme le conduisirent avec nombre de ses amis écrivains et artistes, aux combats de l'affaire Dreyfus..." — "Notre sociétaire et grand ami, Gustave Geflroy, vient de nous être enlevé. Ardent critique d'art, bon romancier, journaliste d'avant-garde, membre et président de l'Académie Goncourt, Gustave ce Breton de Paris, au talent sobre, délicat el mélancolique, nous appartenait comme historien. Sa biographie si précise et si comprehensive d'Auguste Blanqui, qu'il a baptisé “L'Enfermé”, est une œuvre de premier ordre à laquelle il avait consacré dix années de recherches et qu'il ne cessait de réviser et d'améliorer." (Georges Renard, Revue d'Histoire du XIXe siècle-1848, 1926)

222.          GHÉON (Henri). Le Curé d'Ars.  Flammarion,  1937, pt in-8°,  96 pp, 11 illustrations hors texte en héliogravure, reliure demi-maroquin vert bouteille à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrées conservées, bon état

            30

Quand le lit du curé d'Ars prit feu, une nuit, il dit : « Le démon n'a pas pu brûler l'oiseau, il n'a brûlé que la cage. » Un jour une personne corpulente lui dit : « Quand vous irez au Ciel, je tâcherai de m'accrocher à votre soutane », et le curé d'Ars, qui n'avait que la peau sur les os à force de toujours tout donner et de refuser la nourriture un peu reconstituante que ses paroissiennes essayaient de lui prodiguer, de répondre : « Gardez-vous-en bien ! L'entrée du Ciel est étroite, et nous resterions tous deux à la porte. » Né en 1786 et mort en 1859, saint Jean-Marie Vianney a réveillé la foi dans le petit village d'Ars où il avait été envoyé. Saint patron des prêtres, il est une immense figure de simplicité et de foi. — Henri Vangeon, en littérature Henri Ghéon, né à Bray-sur-Seine (Seine-et-Marne) le 15 mars 1875 et mort à Paris le 13 juin 1944, est un médecin et écrivain français, à la fois poète, auteur dramatique et critique littéraire.

223.          HILLERIN (Laure). La Duchesse de Berry. L'oiseau rebelle des Bourbons.  Flammarion,  2010, gr. in-8°,  541 pp, 8 pl. d'illustrations hors texte, notes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Tempêtes, révolutions, assassinat, enfant posthume, exil, conspirations, chevauchées nocturnes, trahison, geôle, amours interdites, mariage secret, fêtes vénitiennes... L'existence de Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry (1798-1870) réunit tous les ingrédients d'un drame romantique digne d'Alexandre Dumas – dont elle fut à deux reprises l'inspiratrice. Cette Bourbon pas comme les autres fut l'une des figures les plus célèbres du siècle, par son audace et l'espoir dynastique qu'elle incarnait : son fils, le comte de Chambord, aurait régné sous le nom de Henri V, si Louis-Philippe n'avait pris le pouvoir en 1830 et contraint les Bourbons à l'exil. En s'appuyant sur un rigoureux travail de recherche et sur des sources jamais explorées à ce jour, Laure Hillerin (dont la trisaïeule fut l'amie d'enfance de la duchesse de Berry) brosse un portrait grandeur nature de cette femme qui fit rêver Balzac et Chateaubriand. Du château de Rosny au palais Vendramin à Venise, en passant par le Bocage vendéen; de la sauvageonne élevée sans contraintes dans le cadre pittoresque de la cour des Deux-Siciles jusqu'à l'aïeule qui s'éteint en Autriche au milieu de sa nombreuse progéniture; de la rebelle traquée par la police de Louis-Philippe jusqu'à la mère de Henri V, éloignée de son fils par sa propre famille, l'auteur nous fait pénétrer dans l'intimité d'une femme hors du commun, en avance sur son époque à bien des égards. Une femme généreuse, mécène, bâtisseuse et amie des arts. Une femme libre, naturelle et sans préjugés dans une époque corsetée. Un tempérament passionné et subversif qui, toute sa vie, n'a cessé de provoquer le destin, braver les interdits et bousculer les convenances.

224.          LAMARTINE (Alphonse de). Portraits et Biographies.  P., Librairie Internationale, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie,  1865, gr. in-8°,  420 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse, pièce de titre basane noire, palettes en queue et tête (rel. de l'époque), dos lég. frotté, coiffes et mors frottés, un mors fendu avec pt mque, mais intérieur propre et frais, reliure solide, bon état. Edition originale

            50

William Pitt. – Lord Chatham. – Madame Roland. – Charlotte Corday.

225.          LIDSKY (Paul). Les écrivains contre la Commune.  Maspero,  1970, in-8°,  179 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Cahiers libres)

            25

Le 18 mars 1871, éclate à Paris une révolution populaire qui, quelques semaines plus tard, après une guerre civile sans merci, s'achèvera par la défaite de la Commune et une incroyable répression. Devant cet événement, la réaction des écrivains et hommes de lettres français est quasi unanime : à l'exception de quelques-uns – parmi lesquels Vallès, Rimbaud et Verlaine –, tous prennent position ouvertement contre la Commune et certains avec une virulence qui surprend encore aujourd'hui. Théophile Gautier, Maxime Du Camp, Edmond de Goncourt, Leconte de Lisle, Ernest Feydeau se retrouvent aux côtés de Gustave Flaubert, George Sand et Émile Zola pour dénoncer dans la Commune un « gouvernement du crime et de la démence » (Anatole France), responsable d'avoir plongé Paris dans un état pathologique, exploité par un groupe d'ambitieux, de fous et d'exaltés. Dans ce livre étonnant – devenu un classique depuis sa première édition en 1970 –, Paul Lidsky retrace l'un des chapitres les plus sombres et les plus méconnus de l'histoire littéraire française. À travers l'analyse des textes les plus divers, il s'efforce de comprendre les réactions de l'homme de lettres confronté à la brutalité d'une révolution populaire.

226.          LOLIÉE (Frédéric). La Fête impériale. Les femmes du Second Empire.  P., Félix Juven,  s.d. (1907), in-8°,  xi-371 pp, 40 planches de photos hors texte, une vingtaine de fac-similés d'autographes in fine, index, reliure souple basane verte, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté et uniformément passé, mors et coupes frottés, bon état. Edition originale, envoi a.s.

            60

Les femmes de la Cour impériale et les parvenues du plaisir, artistes et demi-mondaines. Frédéric Loliée évoque le Paris brillant, joyeux et enfiévré du Second Empire, avec ses spectacles éclatants et frivoles, ses aventures romanesques et piquantes. Son récit, bourré de détails savoureux et d'indiscrétions, intéressera vivement les lecteurs curieux des à-côtés de l'Histoire. — "Presque quarante après la chute du Second Empire, le temps est venu pour la nostalgie d'un certain Paris, gai et insouciant, empreint tout de même d'une forte réprobation pour la ville de débauche. On admire à la fois les bals costumés aux superbes et étonnants travestissements, les lumières des cafés et théâtres, et si on réprouve les trajectoires de vie dissolues des cocottes, on aime à lire les anecdotes de "luxe et volupté". Frédéric Loliée, critique littéraire et féru de théâtre, s'en fit une spécialité : il aima dresser les portraits des personnalités de la Fête impériale, les membres de la noblesse, et aussi les femmes classées dans la catégorie sociale "Hors du Monde" (patriciennes de la galanterie, artistes, lorettes ...) certes immorales mais tellement affriolantes. On suit ces dames dans un Paris de spectacles, de bals, de dîners, et qui élaborent leurs fortunes de bras en bras. Les portraits photographiques insérés en hors texte, leur donnent une dimension très proche." (Chantal Lheureux-Prévot, Pages napoléoniennes)

227.          LOLIÉE (Frédéric). Talleyrand et la Société européenne : Vienne, Paris, Londres, Valençay. Du Prince de Bénévent au Duc de Morny. Suivi d'une Galerie anecdotique et critique des principaux personnages cités dans la première et deuxième partie de cette histoire d'un homme et d'un siècle.  P., Emile-Paul,  1911, in-8°,  ii-365 pp, 17 pl. de gravures hors texte, biographies historiques pp. 299-360, reliure souple basane carmin, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, mors et coupes frottés, bon état. Edition originale, envoi a.s.

            60

Second volume, allant du Congrès de Vienne à la mort du maître de Valençay. — "Une histoire d'ensemble du grand seigneur diplomate, étudié dans son monde, ou plutôt à travers ses milieux successifs sous la double manifestation de sa vie publique et privée. Il nous a paru utile et neuf d'en resserrer la trame, d'une telle manière qu'il nous fût possible d'y adjoindre une longue série de portraits courts, qui se suivent sans se ressembler, – les médaillons anecdotiques et critiques de la plupart des personnages nommés au courant du récit." (F. Loliée, Avertissement) — "Que n'a-t-on point écrit sur Talleyrand ! Et que n'était-il point d'ailleurs curieux de rechercher sur un tel homme ! Sa vie publique et sa vie privée, sa diplomatie, ses démêlés avec l'Empereur, son mariage, l'administration même de sa principauté de Bénévent, son rôle sous la Restauration... M. Frédéric Loliée a pensé que le moment était venu de retracer l'ensemble de la carrière et de peindre un portrait en pied du célèbre homme d'État. (...) L'auteur est infiniment habile à rendre la vie d'alors, les gestes et les propos, la manière d'être des grands acteurs et actrices de l'épopée révolutionnaire et impériale. Rempli de faits, nullement dénué d'idées, son livre, écrit d'une plume souple et alerte, est des plus attrayants." (Jacques Lux, La Revue Bleue)

228.          MAREY (Etienne-Jules). Movement. Translated by Eric Pritchard.  New York, D. Appleton,  1895, pt in-8°,  xv-323-(8) pp, 200 illustrations, 8 pp de publicités in fine, reliure pleine toile rouge de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés (passés) et décor en noir, décor en noir sur les plats, bon état. Texte en anglais. Rare

            300

Edition originale de la traduction américaine du plus célèbre ouvrage de Marey, fruit de plus de trente années de travail. Etienne-Jules Marey étudie ici le mouvement, sa mesure, sa représentation graphique et son analyse par la chronophotographie. Plusieurs chapitres sont consacrés aux différentes techniques de cette nouvelle méthode qu'il a inventée et qui aboutira, quelques années plus tard, à l'invention de la prise de vues cinématographiques. — «Le Mouvement” reste le plus célèbre et le plus rare des ouvrages de l'auteur. Sans qu'il y paraisse, Marey a transfiguré le réel le plus immédiat. Modernité d'une pensée où s'enracinent sciences, arts et techniques, d'où naîtra en une vision du monde particulièrement féconde toute la symbolique visuelle du siècle à venir. Sa théorie du mouvement a non seulement unifié un domaine de la pensée par ses implications visuelles, mais elle a joué le rôle de paradigme." (En Français dans le Texte, 318) — "E.-J. Marey (1830-1904) appartient, comme Paul Bert, à la génération des physiologistes qui ont fait leur apprentissage au milieu du siècle, alors que la physiologie avait conquis son indépendance et trouvé son style. On doit à Marey d'avoir repris, modifié et développé en France, les techniques d'inscription graphique mises au point par Ludwig, et d'avoir importé, en physiologie, les techniques de la photographie en série déjà utilisées par les astronomes (Janssen, inventeur du « revolver photographique », pour l'étude du passage de Vénus, Paris, 1874). On a vu que l'hémodynamomètre de Poiseuille avait fourni à Ludwig un des éléments du kymographe. Inversement, c'est le sphygmographe de Karl Vierordt (1853), construit par composition du sphygmomètre et de l'enregistreur graphique de Ludwig, qui est l'ancêtre des appareils de Marey. Associé à Chauveau (1827-1917), Marey a utilisé le sphygmographe comparatif à l'étude des mouvements de la circulation (Physiologie médicale de la circulation du sang, 1863). C'est aussi en collaboration avec Chauveau que Marey a construit et utilisé la sonde cardiaque pour l'enregistrement des pulsations du cœur (Appareils et expériences cardiographiques, 1863). Les travaux de Marey sur la locomotion humaine et animale étudiée selon la méthode graphique sont résumés dans “La Machine animale” (1873). Des travaux sur le même sujet, selon la méthode chronophotographique et qui font de Marey un des pères du cinématographe, sont réunis dans “Le Mouvement” (1894)." (Georges Canguilhem, Canguilhem, “Etudes d'histoire et de philosophie des sciences”, 1968)

229.          MARGUERITTE (Paul et Victor). Une époque. Les Tronçons du glaive (Défense nationale, 70-71).  Plon,  s.d. (1901), fort in-12,  536 pp, reliure demi-toile noire à coins, dos lisse, titres et filets dorés (rel. de l'époque), bon état

            30

De 1896 à 1908, Paul Margueritte (1860-1918) collabore avec son frère Victor ; ils entament ensemble un vaste roman sur la guerre de 1870, “Une époque” (1898-1904), en quatre parties (Le Désastre, Les Tronçons du glaive, Les Braves Gens, La Commune). L'idée d'une réplique au livre de Zola, “La Débâcle”, n'était certainement pas absente de leur projet. S'ils ne nient pas les souffrances de cette période, ils exaltent l'espoir et le sentiment national qui, selon eux, animaient tous les combattants. Opposant les individus aux foules, la foi des hommes à la conviction des groupes, ils dressent un tableau complet des débats passionnés que provoquaient encore la défaite et la Commune à la fin du siècle.

230.          MAUROIS (André). Lélia ou la vie de George Sand.  Hachette,  1968, in-8°,  567 pp, biblio, index, reliure éditeur illustrée d'un portrait de George Sand, bon état

            25

Copieuse biographie consacrée par André Maurois à George Sand (1804-1876). Cette Lélia est avec ses vies de Victor Hugo (Olympio) et de Balzac (Prométhée), l'un des modèles souvent cités du genre biographique. André Maurois a découvert très jeune l'oeuvre de George Sand, par Proust qui admirait la prose fluide et lisse de "François le Champi" ou de "La Petite Fadette" et par Alain qui s'inclinait devant l'élévation morale d'une « grande femme » qui épousa les grandes causes du siècle. Au demeurant la vie de George Sand est un sujet éminemment romanesque. Arrière-petite fille du Maréchal de Saxe (le vainqueur de Fontenoy), elle compte quelques têtes couronnées dans sa lignée paternelle, tandis que sa mère, une grisette parisienne à la vie amoureuse bien remplie, semble sortir d'un roman de l'abbé Prévost. Formée à la lecture de Rousseau, mais aussi de Chateaubriand et de Bernardin de Saint-Pierre, elle quitte son Berry familial pour aller en vraie lionne romantique chercher la gloire et l'amour à Paris. Passions et passades (Balzac, Béranger, Chopin, Lamennais, Liszt, Musset...) donnent du lustre à sa carrière. Elle emprunte d'ailleurs son nom de plume à l'un de ses premiers amants (Jules Sandeau). Le féminisme romantique, la dénonciation – en noir et blanc – des injustices sociales, inspirent son oeuvre jusqu'à la Révolution de 1848 dont les excès doucheront son enthousiasme. Ses grands romans paysans, ceux que l'on lit encore aujourd'hui, paraissent à partir de 1846. Après un premier « bilan d'étape », Histoire de ma vie (1854-1856), elle abandonne le roman à thèse, se réconcilie avec l'ordre établi sans renier ses amis dont elle demande la grâce à l'Empereur et tout en restant fidèle à l'anti-catholicisme rousseauiste de sa jeunesse... — "Tous les éléments d'un mauvais roman-feuilleton se trouvent réunis dans la vie de George Sand. Transposée de nos jours, cette existence tumultueuse avec ses amours illustres et son défi aux conventions sociales ferait les délices des échotiers qui nourrissent si complaisamment la curiosité du public populaire pour les destins hors série et les personnages exceptionnels. On peut raconter cette vie en une suite de tableaux animés aux décors pittoresques et colorés : Nohant et ses plaisirs rustiques, Paris bohème et romantique, etc. On peut s'attarder sur ces silhouettes figées dans une attitude pour l'éternité, sur une légende où les redingotes et les cigares de George Sand ont pris plus d'importance que son œuvre, bref passer à côté d'une grande femme et d'un écrivain de bonne race. André Maurois, dans Lélia ou la Vie de George Sand, ne sépare jamais l'une de l'autre, et c'est pourquoi, tout en se lisant comme un roman, son ouvrage est un des plus documentés et des plus complets qui aient été écrits sur George Sand. S'il ne dissimule rien de ce qui fit scandale à son époque – et qu'on lui reproche bien encore un peu de nos jours – il s'efforce de faire comprendre et d'expliquer comment la fière et ardente baronne Dudevant, lasse de subir un mariage qui l'étouffait, partit à la recherche, dans sa vie comme dans son œuvre, de l'homme qu'elle rêvait d'aimer, de la femme qu'elle espérait être. Le biographe, sans abdiquer son esprit critique, sympathise profondément avec celle qu'il raconte et c'est pourquoi il peut tout dire sans la rapetisser." (Janick Arbois, Le Monde, 15 mars 1968)

231.          MOUROUSY (Paul). Raspoutine.  France-Empire,  2011, gr. in-8°,  281 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

On connaît surtout Raspoutine à travers les légendes du "moine scélérat", du moujik sadique, le despote occulte qui serait la cause de la tragédie impériale et de la révolution russe. Dans ce livre, l'auteur apporte au public une étude – qu'il a souhaitée objective – sur ce que fut réellement cet homme doué d'un pouvoir magique. On le découvre dans son enfance, sa jeunesse sibérienne au milieu de sa famille, de sa femme et de ses enfants. Certes, Raspoutine n'était pas un saint mais, animé d'un réel amour de sa patrie – la Russie – et de Nicolas II son souverain, ayant toujours voulu la paix de son pays, il aurait certainement obtenu du tsar sa non-participation à la guerre de 1914-1918 et il l'aurait convaincu de rester neutre si, déjà victime d'une tentative d'assassinat, il ne s'était trouvé, en août 1914, grièvement blessé au fond d'un lit d'hôpital à Tioumen. Le prince Félix Youssoupoff l'attirera plus tard dans un guet-apens, où il trouvera la mort la plus affreuse qui se puisse imaginer. L'auteur n'a pas de motif pour accuser ou plaindre. Il a vécu toute son enfance dans l'atmosphère de l'émigration russe à Paris. Son grand-père fut chambellan d'Alexandre III, son père appartint à l'Ecole des Cadets de Saint-Petersbourg et fut l'un des derniers diplomates de la Russie tsariste à Paris. Son oncle, le prince Alexandre Mourousy, accompagnait Nicolas II dans toutes les visites officielles en qualité d'aide de camp et fut un pionnier de l'aviation russe. Il se conduisit en héros pour la France et mourut à Paris de longues années après la guerre, enveloppé dans le drapeau français et Grand-croix de la Légion d'Honneur. L'auteur a connu la morgue des intrigants, des aristocrates – les vrais et les faux – l'outrecuidance des imbéciles – toujours mieux renseignés que les autres – la retenue des âmes étouffées par la peur ou les scrupules, l'hypocrisie de certains témoins, la quête passionnée des historiens, les mendiants de la renommée, la sottise des petits nobles martyrisés par leur exil, mais il n'a voulu retenir de tout cela que les faits précis, dont la plupart lui furent confiés par un ancien fonctionnaire de l'Okrana (police secrète impériale), Jean Jacoby, connu à Paris pour ses ouvrages historiques sur la Russie et qui mourut à Bruxelles de manière ambiguë, il y a bien des années.

232.          NASS (Docteur Lucien). Le Siège de Paris et la Commune. Essais de pathologie historique.  Plon,  1914, in-12,  ii-360 pp, broché, très bon état

            50

"Ouvrage de « clinique historique », ni politique, ni militaire, ni social ; étude des phénomènes morbides provoqués dans l'organisme social par des événements exceptionnels : le siège et l'insurrection qui suit la capitulation d'une ville de deux millions d'âmes. En fin d'ouvrage, dénonciation de la « névrose de la répression » ; si l'insurrection fut sanglante et éclaboussée de crimes, la répression ne lui céda pas ; avec une responsabilité écrasante de Thiers." (Le Quillec, 2e édition, 3341 ; Del Bo, p. 117)

233.          PELLICO (Silvio). Mes prisons.  P., Jean de Bonnot,  1989, in-8°,  378 pp, traduction de J. Coomans, imprimé sur papier vergé filigrané, illustré d'un portrait de l'auteur en frontispice et de nombreuses gravures romantiques en noir dans le texte et hors texte, reliure plein cuir havane de l'éditeur, dos lisse richement décoré à l'or fin, pièces d'auteur et de titre basane noire et caissons dorés, plats au motif floral estampés à froid, tête dorée, bon état

            30

Un des plus célèbres textes du romantisme italien du XIXe siècle. L’auteur fut une figure emblématique du nationalisme italien par son adhésion au carbonarisme. — "La France réserva un accueil enthousiaste à la traduction du récit de Silvio Pellico (1789-1854), "Le mie prigioni". Les mémoires romantiques de ce « martyr de la liberté » italien, incarcéré pendant dix années sous les Plombs de Venise et dans la geôle autrichienne du Spielberg, furent réédités plus de cent cinquante fois en langue française de 1833 à 1914. Pendant la seule Monarchie de Juillet, il fut traduit à dix-sept reprises, réédité quarante-cinq fois à Paris et en Province. Ce fut ce qu’il convient d’appeler un best-seller." (Jean-Claude Vimont, Trames, 1997)

234.          PIERRARD (Pierre). La Vie quotidienne dans le Nord au XIXe siècle. Artois, Flandre, Hainaut, Picardie.  Hachette,  1987, in-8°,  250 pp, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"La région du Nord qui recouvre approximativement la Picardie, l’Artois, le Hainaut et la Flandre a connu, au XIXe siècle, une mutation économique sans précédent, avec ce qu’il est convenu d’appeler la première révolution industrielle : celle du charbon, de la machine à vapeur, du chemin de fer. Cependant, on ne peut dire que la vie quotidienne, pour la majorité des gens du Nord, soit alors fondamentalement bouleversée. Sans doute, la manufacture et la mine rompent avec les rythmes ancestraux, mais le travail à domicile reste largement pratiqué et dans les deux mille villages du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme, la vie rurale se modifie peu. De plus, si l’économie s’emballe, elle n’entraîne pas la masse hors des limites de la pauvreté et si elle sécrète, tardivement, le « problème social », elle n’entame guère les mentalités. Riche ou misérable, la maison du Nord est toujours le refuge de familles nombreuses et accueillantes. La rue conserve son pittoresque. La civilisation, même marquée par un travail assujettissant, reste éminemment festive. Quant à la vie spirituelle, elle est comme autrefois le produit de l’indissociable alliance de la foi chrétienne et de la superstition, du goût de la vie et de la terreur de la mort." (4e de couverture) — "L'excellente collection consacrée par Hachette à la vie quotidienne vient de s'enrichir d'un volume traitant du Nord de la France pendant le XIXe siècle. Son auteur, Pierre Pierrard, avait déjà brossé, et fort bien, un tableau de la vie ouvrière à Lille sous le Second Empire dans une thèse publiée voici plus de dix ans. Dans le présent  ouvrage, il évoque avec une chaleur communicative les "riches heures" de l'existence populaire dans les campagnes et les villes de la région du Nord comprenant en la circonstance les départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme alors qu'intervient et se développe la première révolution industrielle. Rien n'échappe à l'érudition et à la perspicacité de P. Pierrard : les liens de la famille et la place de l'enfant, l'attrait de la maison, l'animation de la rue en temps ordinaire et lors des liesses collectives, les servitudes du travail à tous les niveaux sociaux, les loisirs au cabaret, les croyances associant la foi chrétienne et la superstition. Cet examen approfondi des mentalités d'hier par un historien particulièrement informé n'a pas seule valeur rétrospective ; il éclaire le présent dans une région marquée, plus que d'autres, par les pesanteurs sociologiques." (Firmin Lentacker, Hommes et Terres du Nord, 1977) — "Ce volume est probablement un de ceux qui apportent dans cette collection les renseignements les plus précis et les plus abondants sur l'histoire sociale d'une région qui, pendant longtemps, demeura la plus peuplée de France, le seul département du Nord dépassant encore celui de la Seine sous la Monarchie de Juillet. L'auteur a su aussi bien suivre les diverses étapes de la vie des hommes marquée, trop souvent dès l'origine, dans toutes les classes sociales, par une mortalité infantile aux chiffres hallucinants, que par un labeur acharné dans une am biance souvent pénible. Les nuances régionales ou locales sont soulignées avec soin, mettant fin aux généralisations abusives qui trop souvent d'hypothèses en généralisations hâtives, ont donné une fausse idée de l'infinie diversité de ces pays du Nord au sens large du terme. Et il y a plus que des nuances entre la Picardie et l'Artois, ou même dans la seule Flandre entre la plaine intérieure et le littoral. Même sur la côte, les différences sont sensibles entre les gens de Dunkerque et ceux de Boulogne. Le XIXe siècle est aussi celui où les progrès de l'industrie trans forment de façon spectaculaire une région longtemps demeurée vouée à l'agriculture et aux seules industries domestiques ou artisanales d'un textile traditionnel. L'essor des manufactures de coton, la crois sance vertigineuse du monde de la mine, gagnant des zones de plus en plus étendues des départements du Nord et du Pas-de-Calais firent de la région en quelques décennies, un des ensembles d'avant-garde de l'industrie française, avec tout ce que cela suppose de phénomènes d'adaptation des hommes aux nouvelles conditions de travail, et fait comprendre la place tenue dans la chronologie qui figure en fin de volume, par les étapes de cette évolution, de la création de la première filature moderne de coton à Esquermes, près de Lille en 1803 à l'introduction en 1878 de la moissonneuse-lieuse en Picardie, ou au  sanglant premier mai de Fourmies en 1891. Une bibliographie complète ce volume qui rendra de réels services à tous ceux qu'intéressent les aspects sociaux de l'histoire de la France du XIXe siècle." (Jean Vidalenc, Revue d'histoire économique et sociale)

235.          PONTEIL (Félix). 1848.  Armand Colin,  1937, in-12,  224 pp, biblio, broché, bon état

            20

Une excellente synthèse replaçant 1848 dans son contexte européen.

236.          POUSSARD-JOLY (Catherine). Madame Tastu ou « La Muse oubliée ». Biographie.  Palaiseau, Société Historique,  1995, in-8°,  230 pp, 3 portraits, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les carnets de la mémoire), envoi a.s.

            25

Amable Tastu, née le 30 août 1795 à Metz et morte le 11 janvier 1885 à Palaiseau, est une femme de lettres, poétesse et librettiste. En 1816, elle épouse l’imprimeur perpignanais Joseph Tastu. L’année suivante, en 1819, son mari quitte Perpignan et se rend à Paris pour reprendre l’imprimerie libérale des frères Beaudouin, au n° 36 rue de Vaugirard. Sous son nom de plume d’Amable Tastu, elle écrit et publie des poèmes qui lui apportent la notoriété. C’est la muse romantique par excellence. Après des années de prospérité, les affaires de son mari déclinent. La crise économique de 1830 a raison de son imprimerie : il fait faillite. Amable abandonne alors la poésie pour se livrer à des productions alimentaires afin de subvenir aux besoins de sa famille. Elle collabore régulièrement au Mercure de France et à La Muse française. Elle publie des ouvrages pédagogiques, des traductions, des sommes historiques, un Cours d'histoire de France, publié en accord avec le ministre de l'Instruction publique, un volume sur la littérature allemande, un autre sur la littérature italienne. Elle est également l’auteure de libretti pour des musiciens comme Saint-Saëns... En 1849, après la mort de son mari, elle suit son fils Eugène dans ses missions diplomatiques à Chypre et à Bagdad. En 1866, elle revient pour quelques années à Paris. En 1871, elle s’installe à Palaiseau où elle continue à mener une vie sociale très active. Elle y meurt dans sa 90e année, le 11 janvier 1885. Elle était très appréciée de Lamartine, Sainte Beuve, Hugo, Chateaubriand, Marceline Desbordes-Valmore. Victor Hugo lui dédie son "Moïse sur le Nil" et Chateaubriand son "Camoens". Sainte-Beuve, qui compose, en son honneur une élégie de 18 quatrains, lui consacre 16 pages dans ses Portraits contemporains.

237.          PSICHARI (Henriette). La Prière sur l'Acropole et ses mystères.  Editions du CNRS,  1956, gr. in-8°,  175 pp, bibliographie critique, lexique, index des ouvrages cités, index des noms, reliure toile éditeur, bon état

            30

" Henriette Psichari vient d'accomplir un travail qui cause le respect. Petite-fille, héritière de Renan, elle cherche les sources et les circonstances d'élaboration de "la Prière sur l'Acropole", mais il ne faut pas prendre le travail de Mme Henriette Psichari seulement comme un travail d'érudition... Les idées qui inspirent "la Prière" furent celles de toute la vie de Renan. Cet article ne permettrait pas d'énumérer tous ces thèmes ; les plus importants sont : la supériorité de la Grèce et sa comparaison avec la langueur de la Bretagne, la marque gardée d'une éducation chrétienne, la volonté et la difficulté de s'en tenir au rationalisme, le combat entre deux natures, l'attrait du néant..." (Le Monde, 1956) — "Livre de très sérieux mérite, grâce à une exploitation intelligente de documents de première main (Archives familiales, collection dite Scheffer-Renan ; et surtout Fonds Renan du Département Manuscrits de la B.N., y compris des Notes de Renan que Mme Psichari a retrouvées et classées). Sur le séjour de Renan à Athènes, Emile Gebhardt avait laissé des Souvenirs tardifs (1911) ; en 1951, notre Revue a donné quelques pages de M. Spiridion Pappas. La Correspondance de Renan, et des papiers auxquels Mme Noémi Renan nous avait permis d'accéder dès 1923, fournissaient des renseignements directs et sûrs. Mais nous avions eu le tort de négliger un document de première importance, les Carnets de voyage de Renan accompagné de sa femme, à Athènes et en Grèce. Mme Psichari y a recouru et en a tiré bon parti. Comme Mme Psichari donne ses soins (depuis 1947) à une nouvelle édition des Oeuvres complètes de son grand-père (t. IX, 1960), cette lecture étendue lui a mis en mémoire nombre de textes qu'elle a rapprochés avec bonheur de celui de la "Prière". Remontant aux manuscrits de ces Oeuvres, elle y a relevé certaines Notes portées sur le volume même. L'une d'elles lui a révélé la dette de Renan envers J.-D. Guigniaut, que nous n'avions pas nommé en 1923 à côté de Ch.-E. Beulé. Ces deux savants étaient les confrères de Renan à l'Académie des Inscriptions, laquelle pourrait revendiquer les droits de l'érudition sur cette prose célèbre... Il faut apprécier l'importance du service que l'auteur de "La Prière sur l'Acropole et ses mystères" a rendu aux études remaniennes." (J. Pommier, Revue d'Histoire littéraire de la France) — "Une étude de genèse, qui peut servir de modèle à des travaux du même genre. L'ouvrage est aussi remarquable par la finesse d'esprit que par l'érudition." (Raymond Lebègue, Revue d'Histoire littéraire de la France)

238.          RAUZIER (Ives). Les Soldats cévenols lozériens pendant la guerre franco-prussienne 1870-1871.  Ives Rauzier,  2021, in-8°,  98 pp, 16 cartes et 13 illustrations en couleurs, tableaux, biblio sommaire, broché, couv. illustrée, bon état

            19

"Une étude aussi exhaustive que possible sur le soldat lozérien de la guerre de 1870-1871, de l'armée impériale comme de la Garde nationale mobile. Elle s'appuie sur une exploitation intensive des archives concernant les cantons de Barre-des-Cévennes, de Pont-de-Montvert et de Saint-Germain-de-Calberte, et sur de fréquentes comparaisons avec la situation dans le reste du département de la Lozère. Des caractéristiques physiques au niveau d'instruction, de l'emploi au critères familiaux, sur les engagements contre les Allemands ou dans la guerre civile intérieure, sur les tués, blessés, disparus et prisonniers, l'auteur apporte une foule d'informations (jusqu'aux surnoms et aux tatouages !). Cette étude se termine sur une liste nominative des soldats cévenols décédés pendant le conflit et sur une bibliographie générale indicative. Un très gros travail d'exploitation d'archives locales, qui permet d'obtenir une quasi "photographie" de ces soldats lozériens. Une étude qu'il serait intéressant de comparer avec les résultats de travaux similaires dans d'autres régions." (Rémy Porte)

239.          SAND (George). Journal d'un voyageur pendant la guerre.  P., Michel Lévy frères, Librairie nouvelle,  1871, in-12,  310 pp, reliure demi-papier fauve à la bradel, dos lisse avec doubles filets dorés en tête et en queue, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), dos bruni, coiffes lég. arasées, bon état (Oeuvres de George Sand). Edition originale, bien reliée à l'époque et sans rousseurs, ce qui est rare

            180

Ce Journal d’un voyageur pendant la guerre est d’un grand intérêt parce qu’il montre comment Sand, du 15 septembre 1870 au 10 février 1871, obligée de se déplacer face au risque d’épidémie et d’occupation, réagit face à la défaite de la France, à l’invasion prussienne et à la capitulation de Paris. Paru dans la “Revue des Deux Mondes” du 1er mars au 1er avril 1871, il n’a pas reçu un grand écho immédiat vu les circonstances, mais constitue aujourd’hui un document vivant sur ce qu’a pensé la province, sidérée par la soudaineté des faits, la violence des combats, l’incertitude du devenir national, la crainte de voir arriver l’ennemi. Quittant Nohant menacée de variole pour protéger sa fille et ses petits-enfants, Sand est accueillie chez des amis en Limagne, puis au château de Boussac, avant de revenir à La Châtre." (Lise Sabourin) — Du 15 septembre 1870 au 10 février 1871, consciente de vivre un moment crucial, George Sand tient une "Chronique des émotions" qui fait le grand intérêt de ce journal : "J'ai tâché de saisir l'esprit de la France dans ses convulsions d'agonie." Alors que la guerre franco-allemande se trouve dans une phase critique et que Paris est investi, elle raconte les difficultés de l'information, la propagation des rumeurs et des peurs, les répercussions des mouvements de troupe dans les campagnes. Ce journal est un tableau documenté, concret et vivant des malheurs de la guerre, vus de l'intérieur. "Je n'ai pas voulu faire une page d'histoire, je ne l'aurais pas pu ; mais toute émotion soulevée par l'émotion générale appartient quand même à l'histoire d'une époque." Le ton est donné : ce document historique, sociologique et littéraire raconte la vision d'une femme engagée, aux prises avec une brûlante actualité. Ce reportage du quotidien de George Sand est un voyage entre l'intime et le collectif, entre sa vision de mère, de femme, mais aussi de citoyenne. "On veut nous faire haïr ces Allemands que nous aimions, hélas ! Quelle épreuve pour la civilisation européenne !

240.          SARCUS (Vicomte de, ancien capitaine de dragons). Lettres d'un rural, 1870-1871.  Dijon, Imp. Rabutot,  s.d. (1871), in-12,  226 pp, reliure demi-chagrin vert-bouteille, dos à 5 nerfs filetés soulignés à froid, titres et caissons fleuronnés dorés, tranches pennées (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire bien relié et ouvrage peu courant

            40

"Plusieurs ouvrages et brochures qui se placent délibérément sous la bannière « rurale », paraissent au cours de l'année 1871 ; ils défendent le point de vue bonapartiste, rappellent la prospérité des campagnes sous l'Empire, défendent la politique extérieure de Napoléon III. Ils cultivent volontiers un certain antiparlementarisme, qui vise en particulier le personnage de Thiers, et elles préconisent des modifications législatives diverses (restauration du plébiscite, introduction du vote à deux degrés pour l'élection des députés, vote obligatoire, durcissement des sanctions contre la presse). Ils opposent « la tourbe des clubs » aux « hommes de la terre », voire les « Athéniens » de Paris, avant tout soucieux de « se distraire, de s'amuser et de jouir » aux « Béotiens » patriotes qui songent en priorité à l'intérêt de la France..." (Raymond Huard, "Rural". La promotion d'une épithète et sa signification politique et sociale, des années 1860 aux lendemains de la Commune, 1998) — Le dijonnais Félix-Hyacinthe de Sarcus (1818-1887), ancien officier de cavalerie qui s'était depuis longtemps adonné à la carrière des lettres, a également écrit une "Etude sur la philosophie de l'histoire pendant les quinze premiers siècles des temps modernes" (1859).

241.          SCHMIDT (Charles). Des Ateliers nationaux aux barricades de juin.  PUF,  1948, in-12,  68 pp, broché, papier jauni comme toujours, état correct (Coll. Centenaire de la Révolution de 1848)

            20

242.          SIM (Gérald). Le Corps diplomatique et consulaire français aux Etats-Unis (1815-1904).  Les Indes savantes,  2020, gr. in-8°,  754 pp, 14 cartes en couleurs, notes, notices biographiques, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Ouvrage issu de thèse. — Le récit de la présence diplomatique et consulaire française aux Etats-Unis est un miroir des ambitions et des limites de la diplomatie française en Amérique du Nord au me siècle. Cet ouvrage dresse un tableau d'ensemble du réseau français au prisme de ses acteurs. La genèse du réseau diplomatique français s'inscrit dans le contexte des révolutions atlantiques de la seconde moitié du XVIIIe siècle et s'organise dans une perspective commerciale tout au long du siècle suivant. Cet axe est indissociable d'une logique géopolitique. Celle-ci oscille entre un rapprochement avec les Etats-Unis, afin de limiter l'hégémonie commerciale et maritime anglaise, et une entente avec Londres pour contrecarrer l'expansion territoriale du pays de Washington vers l'Ouest. La succession des différents régimes politiques français, ainsi que l'émergence des Etats-Unis comme puissance impériale, obligent le Quai d'Orsay à réajuster sa politique à la fin du siècle. Les acteurs diplomatiques favorisent l'émergence d'une mémoire ravivant le combat partagé pour la cause de la liberté au cours de la guerre d'indépendance américaine. Le mythe de La Fayette comme héros des deux mondes sert de trompe l'oeil sur la réalité des relations bilatérale le me siècle est marqué par l'affirmation de deux messianismes politiques sur les deux rives de l'Atlantique.

243.          TOESCA (Maurice). Le plus grand amour de George Sand.  Albin Michel,  1965, pt in-8°,  282 pp, notule bibliographique, broché, couv. illustrée à rabats, traces de décharges de scotch sur les gardes, bon état

            20

... Et soudain, une femme, une femme se libère de sa famille en se mariant, puis sitôt mariée, devenue mère, décide de se passer de son mari ivrogne et paresseux, contente son cœur comme elle le peut avec de frêles amants dans l'espoir de ne vivre un jour que pour ses enfants, pour son fils surtout. Elle se donne un métier, participe à la politique, défend les réformes sociales ; elle affirme par son exemple et par ses œuvres que la femme est l'égale de l'homme. Certains la blâment ; d'autres l'approuvent. Tous s'inclinent devant son génie d'écrivain. Venant après des études nombreuses et importantes, le livre de Maurice Toesca nous fait découvrir une George Sand qui n'est ni celle de Maurras, ni celle d'André Maurois, mais une vraie femme... (L'Editeur)

244.          TROQUET (Claude). La Banlieue Est pendant le siège de Paris. La vie militaire quotidienne de septembre 1870 à janvier 1871.  Vincennes, chez l'auteur,  1981, fort in-8°,  652 pp, préface de Jean Clouet, maire de Vincennes, table alphabétique des personnages cités, une carte, broché, trace de pli au 1er plat, bon état

            45

L'ouvrage rend compte jour par jour et heure par heure, au travers des télégrammes échangés, de l'histoire de la banlieue Est et de la vie quotidienne militaire pendant le siège de Paris.

245.          WOOLF (Leonard). Beginning Again. An Autobiography of the years 1911-1918.  London, The Hogarth Press,  1972, in-8°,  260 pp, 11 pl. de photos hors texte, dont le frontispice, index, reliure toile éditeur, jaquette, bon état. Texte en anglais

            20

De 1960 à 1969, Leonard Woolf (1880-1969) raconte en cinq volumes de souvenirs sa vie, ses engagements divers dans le mouvement travailliste, ses activités littéraires, journalistiques. Leonard et Virginia Woolf s’étaient établis pendant la guerre dans leur propriété du Sussex, à Rodmell. C’est là que Virginia Woolf se suicide le 28 mars 1941. Sur avis médical, le couple n’avait pas eu d’enfant. — Diplômé de Trinity College, Cambridge, en 1903, Woolf prépare le concours d’entrée à la fonction publique qu’il réussit en 1904. Il est aussitôt envoyé comme administrateur colonial à Ceylan où il demeure jusqu’en 1911. Comme l’expérience coloniale avait éveillé chez lui un besoin de prendre des responsabilités civiques, il démissionne en 1912 et se met à étudier le système social cependant que la misère qu’il découvre alors dans les taudis de l’East End convertit ce libéral au socialisme. C’est dans le mouvement coopérateur qu’il commence par s’engager, car il voit là le meilleur moyen de remplacer le capitalisme. En 1912, il avait épousé la fille de Sir Leslie Stephen, Virginia, la célèbre romancière. Avec elle, il fonde une maison d’édition, Hogarth Press, qui tout en ne publiant que des œuvres de qualité, se révèle être un succès commercial. Au cours de la Première Guerre mondiale, Leonard Woolf, passionné de réconciliation entre les peuples, fonde dans ce but un association en faveur d’une société des nations (League of Nations Association qui deviendra la League of Nations Union)... (Maitron)

246.          WOOLF (Leonard). Sowing. An Autobiography of the years 1880 to 1904.  London, The Hogarth Press,  1974, in-8°,  206 pp, 12 photos hors texte, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            20

De 1960 à 1969, Leonard Woolf (1880-1969) raconte en cinq volumes de souvenirs sa vie, ses engagements divers dans le mouvement travailliste, ses activités littéraires, journalistiques. Leonard et Virginia Woolf s’étaient établis pendant la guerre dans leur propriété du Sussex, à Rodmell. C’est là que Virginia Woolf se suicide le 28 mars 1941. Sur avis médical, le couple n’avait pas eu d’enfant. — Diplômé de Trinity College, Cambridge, en 1903, Woolf prépare le concours d’entrée à la fonction publique qu’il réussit en 1904. Il est aussitôt envoyé comme administrateur colonial à Ceylan où il demeure jusqu’en 1911. Comme l’expérience coloniale avait éveillé chez lui un besoin de prendre des responsabilités civiques, il démissionne en 1912 et se met à étudier le système social cependant que la misère qu’il découvre alors dans les taudis de l’East End convertit ce libéral au socialisme. C’est dans le mouvement coopérateur qu’il commence par s’engager, car il voit là le meilleur moyen de remplacer le capitalisme. En 1912, il avait épousé la fille de Sir Leslie Stephen, Virginia, la célèbre romancière. Avec elle, il fonde une maison d’édition, Hogarth Press, qui tout en ne publiant que des œuvres de qualité, se révèle être un succès commercial. Au cours de la Première Guerre mondiale, Leonard Woolf, passionné de réconciliation entre les peuples, fonde dans ce but un association en faveur d’une société des nations (League of Nations Association qui deviendra la League of Nations Union)... (Maitron)

 

De 1914 à nos jours

           

247.          BARRAT (Robert). Les maquis de la liberté. Un journaliste au coeur de la guerre d'Algérie.  P., Editions Témoignage Chrétien ; Alger, Entretprise Algérienne de Presse,  1988, gr. in-8°,  238 pp, 25 photos, articles, documents, repères chronologiques, témoignages de Paul-Marie de La Gorce, André Mandouze, Robert Davezies, Jean Daniel, Claude Roy, Stéphane Hessel, Jules Roy, broché, couv. illustrée, bon état

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"Cet ouvrage présente l'itinéraire de Robert Barrat et sa lutte contre la guerre d'Algérie à travers un long texte qu'il a écrit à la fin de la guerre d'Algérie. Quelques articles et documents, une biographie et plusieurs témoignages sur son parcours complètent l'ensemble. Connaissant la situation algérienne avant même le déclenchement de l'insurrection, Robert Barrat n'est pas surpris par les événements du premier novembre 1954, d'autant plus qu'il est déjà en contact avec des militants nationalistes algériens. Ces contacts lui permettent dès les premiers mois de l'insurrection de rencontrer Abane Ramdane, la tête politique du Front de Libération Nationale qui mourra assassiné par les Algériens en décembre 1957. Il s'entretient aussi avec des maquisards de la région de Palestro, parmi lesquels Amar Ouamrane dont il publie l'interview dans un article demeuré célèbre : « Un journaliste français chez les " hors-la-loi " algériens », paru dans "France-Observateur" le 15 septembre 1955. Cet article, reproduit dans le livre, vaut à l'auteur une arrestation et un séjour à la prison de Fresnes dont il ne sort qu'à la suite d'une mobilisation immédiate et importante. La saisie n'étant pas encore une pratique courante, l'article permet de faire connaître aux Français les revendications des Algériens. Surtout, il montre que ce n'est pas le Mouvement National Algérien de Messali Hadj qui tient les maquis, mais le FLN que les Français et les travailleurs algériens en France connaissent peu ou pas encore. Robert Barrât a aussi été l'un des rares diffuseurs sur les conditions de la répression au cours des deux premières années de la guerre. Il montre ainsi que des tortures étaient régulièrement pratiquées bien avant la bataille d'Alger de 1957, année que l'on considère souvent comme celle des tortures..." (Tramor Quemeneur, Outre-Mers. Revue d'histoire) — "Lucide et courageux journaliste – il rencontra les dirigeants algériens dans les maquis dès avril 1955, – chrétien qui trouvait dans la spiritualité de Charles de Foucauld un guide de vie, Robert Barrat, mort en 1976, a laissé un manuscrit aujourd’hui publié. Il s’agit d’un témoignage sur la guerre d’Algérie, auquel ont été ajoutés, outre des hommages à l’auteur, des documents rappelant quelques épisodes de la lutte, en France, contre la guerre coloniale menée par cette étrange alliance entre les pires forces réactionnaires et un pouvoir politique qui avait trahi ses idéaux proclamés. Robert Barrat traverse cette époque honteuse en prophète, mettant sa plume au service de la justice et de la vérité. Document historique, cet écrit est aussi, surtout, un exemple de ce que peut-être le métier de journaliste." (Jacques Decornoy, le Monde diplomatique, 1988)

248.          BENOIST (Alain de). Les Idées à l'endroit.  Editions Libres Hallier,  1979, in-8°,  298 pp, broché, bon état. Edition originale

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Paru pour la première fois en 1979, “Les idées à l'endroit” voulaient répondre à une demande créée par l'événement, en l'occurrence la grande campagne de presse autour de la « Nouvelle Droite » qui s'est déroulée durant l'été 1979. L'auteur, Alain de Benoist, s'était trouvé au coeur de cette campagne. Il avait souhaité y répondre en essayant de dissiper bien des malentendus. “Les idées à l'endroit” sont pourtant beaucoup mieux qu'un livre de circonstance. Si l'auteur rappelait le contexte des débats d'idées des années 1970 et le rôle que lui-même et ses amis y ont tenu au travers de livres, de rééditions de classiques de la pensée politique et de la revue “Eléments”, le livre ouvrait des perspectives qui gardent toute leur pertinence. Les textes des “Idées à l'endroit” sont bien autre chose que des textes datés. Ils définissent des orientations, et plus encore une attitude. — "Recueil d'articles écrits – et fort bien écrits – de 1968 à 1978 par le meilleur théoricien de la « nouvelle Droite » et dont, en raison de cette forme éparpillée, il est difficile de résumer les idées. Enfant de Mai 1968 comme les « nouveaux philosophes » auxquels il s'oppose, A. de B. vit dans la hantise des « goulags ». Mais là où les uns veulent restaurer le monothéisme, le règne de la loi (et tuer la barbarie antique), lui veut restaurer le polythéisme, la légitimité des différences (et tuer Jérusalem). Monothéisme, universalisme et jacobinisme égalitaire sont donc les pavés d'un même chemin qui conduit à l'erreur de vouloir assigner à l'Histoire une fin ou un sens. L'Histoire n'est qu'une sphère agitée par la volonté des hommes qui sont les seuls « donneurs de sens » d'un univers qui n'a aucune raison en dehors de l'intelligence humaine. Derrière Gramsci, A. de B. affirme ne s'intéresser qu'au « pouvoir culturel », à l'élaboration d'une nouvelle idéologie qui n'en est qu'à un stade d'élaboration..." (Revue française de science politique, 1980)

249.          CLERMONT (Pierre). De Lénine à Ben Laden. La grande révolte antimoderniste du XXe siècle.  Editions du Rocher,  2004, in-8°,  314 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Les multiples affrontements qui ont ensanglanté l'histoire de la planète depuis la Première Guerre mondiale s'ordonnent presque tous autour d'un conflit central : celui qui, tout au long du XXe siècle et dans le monde entier, opposé partisans et adversaires de la modernité. Les adversaires de la modernité ne s'affichent pas comme tels. Ils préfèrent se couvrir du manteau du communisme, du nazisme, du fascisme ou de l'islamisme. Mai par-delà leur diversité, tous manifestent leurs réactions de refus du monde moderne, tel qu'il est apparu en Occident depuis la révolution industrielle. Rejetant la liberté individuelle et la démocratie, ils prétendent leur opposer un ordre social nouveau, communautaire, où régneraient l'harmonie et la justice. Mais, dans la mesure où il asservit l'individu au pouvoir despotique de la communauté cet ordre n'est que la reconstitution – sous des forme nouvelles et totalitaires – de la forme d'Etat la plus archaïque qu'ait connue l'histoire humaine. La grande révolte anti-occidentale du XXe siècle est donc d'abord une révolte antimoderniste. Amorcée avec la révolution zapatiste au Mexique en 1911, elle commence vraiment avec la révolution soviétique de 1917, elle se poursuit avec l'arrivée au pouvoir du nazisme allemand et connaît son apogée après la Seconde Guerre mondial avec l'expansion planétaire du communisme. Elle s'achève aujourd'hui avec l'islamisme, dernière flambée de ce vaste mouvement de retour au passé, qui a débuté avec Lénine et se clôt avec Ben Laden. Les attentats du 11 septembre 2001, en propulsant sur le devant de la scène l'islamisme radical et en contraignant les Etats-Unis à intervenir avec fermeté, montrent que la forme totalitaire du refus de la modernité risque à nouveau d'être un enjeu mondial en ce début de IIIe millénaire.

250.          Collectif. L'année dans le monde 1964/1965. Les faits de 1964. Parution 1965.  Arthaud,  1965, gr. in-8°,  480 pp, chronologie de l'année 1964, index des noms cités, broché, bon état (Coll. Notre temps)

            20

“Une collection encyclopédique qui publiera chaque année un volume consacré à l'année écoulée.” Huit volumes seulement sont parus, de 1963 à 1970, analysant les années 1962 à 1969. — "Subdivisant l'actualité en huit grandes rubriques : monde atlantique, monde communiste, Tiers Monde, France, religion, sciences, arts et lettres, sports, L'Année dans le monde 1964 présente à nouveau un excellent bilan des grands faits politiques, économiques et sociaux, nationaux et internationaux." (Revue française de science politique) — 'Voici une publication fort utile et très commode à consulter. Après une vue d'ensemble sur l'année 1964, par P.-M. de La Gorce, différents auteurs étudient les principaux événements politiques de l'année dans les trois grandes parties du monde (Alliance atlantique, Monde communiste, Tiers monde) et les faits saillants qui ont marqué la religion, les sciences, les lettres et les arts, les sports.' (Revue d'histoire de l'Église de France) — Par Paul-Marie de La Gorce, Claude Cadart, Eric Rouleau, Marcel Niedergang, Pierre Viansson-Ponté, Philippe Bauchard, Henri Fesquet, Michèle Cotta, Pierre-Aimé Touchard, Michel Ragon, etc.

251.          Collectif. L'année dans le monde 1967/1968. Les faits de 1967. Parution 1968.  Arthaud,  1968, gr. in-8°,  394 pp, 24 pl. de photos hors texte, chronologie de l'année 1967, index des noms cités, broché, bon état (Coll. Notre temps)

            20

“Une collection encyclopédique qui publiera chaque année un volume consacré à l'année écoulée.” Huit volumes seulement sont parus, de 1963 à 1970, analysant les années 1962 à 1969. — "Les deux dernières livraisons de L'année dans le monde présentent les mêmes qualités que la précédente (nous l'avions signalée à nos lecteurs en avril 1968, p. 388). Même souci de clarté et de synthèse, même qualité des contributions. 1967 fut une année troublée : prolongement de la guerre au Vietnam, crise monétaire, guerre des six jours au Moyen-Orient, conflits raciaux aux Etats-Unis... 1968, ce fut surtout le printemps de Prague et l'explosion étudiante. Chaque volume se termine sur un panorama de l'actualité scientifique, littéraire, artistique, sportive." (Revue française de science politique, 1971) — Par Paul-Marie de La Gorce, Jean-François Kahn, Bernard Féron, Marcel Niedergang, Raymond Barillon, Philippe Bauchard, Colette Ysmal, Robert Benayoun, Michel Ragon, etc.

252.          Collectif. L'année dans le monde 1968/1969. Les faits de 1968. Parution 1969.  Arthaud,  1969, gr. in-8°,  397 pp, 24 pl. de photos hors texte, chronologie de l'année 1968, index des noms cités, broché, bon état (Coll. Notre temps)

            20

“Une collection encyclopédique qui publiera chaque année un volume consacré à l'année écoulée.” Huit volumes seulement sont parus, de 1963 à 1970, analysant les années 1962 à 1969. — "Les deux dernières livraisons de L'année dans le monde présentent les mêmes qualités que la précédente (nous l'avions signalée à nos lecteurs en avril 1968, p. 388). Même souci de clarté et de synthèse, même qualité des contributions. 1967 fut une année troublée : prolongement de la guerre au Vietnam, crise monétaire, guerre des six jours au Moyen-Orient, conflits raciaux aux Etats-Unis... 1968, ce fut surtout le printemps de Prague et l'explosion étudiante. Chaque volume se termine sur un panorama de l'actualité scientifique, littéraire, artistique, sportive." (Revue française de science politique, 1971) — Par Bernard Féron, Jean Baumier, Marcel Niedergang, Raymond Barillon, Philippe Bauchard, Henri Fesquet, Robert Kanters, Robert Benayoun, Michel Ragon, etc.

253.          COLLIER (Peter) et David HOROWITZ. Les Kennedy. Une dynastie américaine.  Payot,  1985, gr. in-8°,  569 pp, traduit de l'américain avec une intoduction par Marc Saporta, 8 pl. de photos hors texte, un tableau généalogique, note bibliographique, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Sur John F. Kennedy, sur tous les siens, le sort s'est lourdement acharné. En racontant l'histoire de cette famille illustre, symbole du "rêve américain", Peter Collier et David Horowitz montrent l'extraordinaire entre-lacs de responsabilités, individuelles ou collectives, jointes aux bizarreries du hasard et aux impératifs du destin, qui conduisent les Kennedy au désastre après les avoir portés au pinacle. A travers eux, c'est aussi l'Amérique contemporaine qui se dévoile, avec ses fondations philanthropiques, ses manifestations artistiques, ses mœurs électorales... — "Destinée shakespearienne que celle de cette famille élargie dont l'ascension semblait sans limite et qui correspondait si bien à une certaine image populaire. « Imbus de leur réelle supériorité, les Kennedy se croient au-dessus de leurs concitoyens, de la Cité et des lois ». Mais il est vrai qu'ils « sont, dans l'ensemble, exceptionnellement doués, beaux et intelligents » remarque Marc Saporta dans son introduction. L'ouvrage de Peter Collier et David Horowitz emprunte au génie de la saga familiale, de la sociologie politique concrète et de l'histoire quotidienne et sociale de l'Amérique du XXe siècle. En ce sens il apparaît comme le révélateur des tendances profondes de la société américaine. La richesse de son information, la pertinence de ses descriptions, le style aisé font des Kennedy le roman raisonné de l'Amérique de notre temps."  (Eugène Berg, Politique étrangère, 1986)

254.          DEGRELLE (Léon). Les âmes qui brûlent.  Madrid, A la Feuille de Chêne,  1964, in-12,  255 pp, une dédicace de l'auteur imprimée p. 8 ("Un petit peu de feu dans quelque coin du monde, et tous les miracles de grandeur restent possibles"), broché, bon état

            50

Cet ouvrage, Les âmes qui brûlent, comprend une série de notes spirituelles que l’auteur écrivit au hasard de l’aventure de sa vie, avant et pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Une partie de ces notes sont des réflexions de soldat, écrites alors que l’auteur combattait en Volontaire d’Europe au Front de l’Est, de 1941 à 1945, contre les armées des Soviets.

255.          DELAY (Claude). Chanel solitaire.  Gallimard,  1983, in-8°,  282 pp, nouvelle édition revue et augmentée, broché, couv. illustrée, bon état

            20

A la mort de Gabrielle Bonheur Chanel, plus connue sous le nom de Coco Chanel, Claude Delay, qui avait été son amie, écrivit un livre fait de souvenirs, à l'emporte-pièce. Dix ans plus tard, alors que l'on a publié de nombreux documents sur celle qui a changé la silhouette et peut-être l'esprit des femmes, Claude Delay essaie de retrouver une vérité plus intime, plus profonde. Quelle femme se cachait derrière le monstre sacré de la mode ? Quelle blessure secrète, venue de l'enfance, de la province, hantait une reine de Paris ? Ses amours illustres servaient-elles son bonheur ou sa gloire ? Quelle était la fragilité de Chanel l'indestructible ? L'amour de sa jeunesse, l'Anglais Boy Capel, bute sur la mort. Des amants célèbres, le grand-duc Dimitri de Russie, le duc de Westminster, Pierre Reverdy, Iribe, des éducateurs géniaux, Serge de Diaghilev, Apollinaire, Picasso, Misia Sert, Cocteau, Colette, animent ses apprentissages passionnés. Aucun ne viendra à bout de sa solitude, à jamais recommencée. Claude Delay essaie de retrouver et de comprendre toute la vérité d'une femme qui fut exceptionnelle, mais aussi infiniment naturelle. — Cet ouvrage a paru pour la première fois en 1971 sous le pseudonyme de Claude Baillén.

256.          DEMORY (Bernard). Au temps des cataplasmes. Document. 1944-1968, la France d'avant la télé.  Ginkgo Editeur,  2003, in-8°,  445 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Mémoire d'homme)

            15

Comment avons-nous vécu depuis la Libération jusqu'en mai 68 ? Comment avons-nous pu survivre dans ce « lointain Moyen Âge » sans télévision, sans hypermarchés, sans surgelés, sans téléphones portables ? Quels étaient nos loisirs ? Comment se déroulait notre vie quotidienne ? Quels produits, quels objets utilisions-nous ? Comment se déroulaient nos études ? Comment fonctionnaient les rapports entre garçons et filles ? Construit à partir des souvenirs de l'auteur, ce livre propose une vingtaine de thèmes (la vie au quotidien, les vacances, la religion le cinéma, etc.) qui se croisent et se répondent. Expériences vécues, observations ethnologiques et sociologiques, tissent une « trame de mémoire » propre à faire resurgir, de façon vivante et amusée, une époque à jamais révolue. La place importante accordée aux produits et aux objets n'est pas arbitraire. Elle souligne leur influence prépondérante sur les transformations de nos modes de vie et nos systèmes de relations. Au temps des cataplasmes, en décrivant le passage du monde « ancien » au monde « nouveau » permet de mieux comprendre les mutations qui ont révolutionné notre vie.

257.          FERRO (Marc). La Révolution de 1917. 2. Octobre. Naissance d'une société.  Aubier,  1976, pt in-8°,  517 pp, index, broché, couv. illustrée recouverte d'un film plastique transparent, C. de bibl., bon état (Coll. Historique)

            30

"Venant à la suite d’un premier tome qui présentait la chute du tsarisme et analysait les origines de la révolution russe, ce second volume embrasse la période qui va de février à l’insurrection d’Octobre. Cet ouvrage qui s’appuie sur une série impressionnante d’archives, est pourtant le contraire d’un austère et académique traité d’histoire. L’auteur, en effet, manifeste une sympathie évidente, chaleureuse, à l’égard de ces ouvriers et paysans abominablement écrasés par le tsarisme, qui découvrent en Février la liberté ou plus exactement l’espoir de la liberté. Et plutôt que de faire l’histoire de cette révolution à travers l’histoire des dirigeants ou réputés tels, Marc Ferro préfère s’attacher à saisir les hommes eux-mêmes, le peuple en lutte. Ce faisant, il réussit à nous rendre présent un épisode capital de l’Histoire, mille fois relaté, mais qui n’a jamais comme ici, été aussi proche de nous. (...) Pour Ferro, la terreur exista dès le début, elle naquit avec Octobre, avant la guerre civile et ne fut pas, contrairement aux thèses des trotskistes, une déformation. Cette violence, légitimée par Octobre et plus tard, sous Staline, constitutive de la légitimité du pouvoir (p. 440), fut « l’expression d’un écart plus grand en Russie qu 'ailleurs, entre la grande déchéance des miséreux et la culture raffinée d’un petit nombre » (p. 439)." (Jacqueline Pluet-Despatin, Autogestions, 1977)

258.          FERRO (Marc). La Révolution russe de 1917.  Flammarion,  1967, in-12,  143 pp, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Questions d'histoire). Edition originale

            12

Ce volume aborde l'un des problème les plus discutés de l'époque contemporaine, le passage de la Russie du tsarisme au bolchévisme. Diverses interprétations ont été données de cet événement majeur de l'histoire de notre temps : positions partisanes, le plus souvent, qui participent d'une conception héritée tantôt de la tradition libérale, tantôt des diverses interprétations du marxisme. Marc Ferro discute les problèmes qui font l'objet de polémiques ou de controverses : le rôle des bolcheviks pendant les événements de Février, les rapports entre Lénine et le gouvernement allemand, la position de Trotsky à la veille de l'insurrection d'octobre, etc.

259.          FERRO (Marc). La Vérité sur la tragédie des Romanov.  Tallandier,  2012, pt in-8°,  224 pp, 4 pl. de photos hors texte, une carte, 9 documents, chronologie, généalogie, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

“La tsarine et les archiduchesses ont survécu” — Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, dans l'Oural, le tsar Nicolas II, sa femme et leurs enfants, Olga (22 ans),Tatiana (21 ans), Marie (19 ans), Anastasia (17 ans), et Alexis, le tsarévitch (13 ans), sont exécutés par les bolcheviks. Cette version officielle, Marc Ferro n'y a jamais cru. Documents à l'appui, avec la rigueur du grand historien, il remet en cause l'assassinat des Romanov. Des juges ou des témoins morts subitement ou exécutés, des documents tronqués, des pièces du dossier d'instruction subtilisées, des tests ADN controversés, le mettent sur la piste d'une hypothèse inavouable et sacrilège: les filles et la tsarine ont été sauvées grâce à un accord secret conclu entre les bolcheviks et les Allemands. Elles se sont tues pour ne pas ébruiter leur sauvetage. Seul le sort du tsarévitch, Alexis, reste inconnu, faute de sources. Dans un récit palpitant, Marc Ferro bat en brèche un véritable tabou de l'histoire et fait la lumière sur un des plus grands mystères du XXe siècle. (4e de couverture)

260.          FERRO (Marc). Nicolas II.  Payot/GLM,  1990, in-8°,  370 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            20

Dernier tsar de Russie, Nicolas II éclate en sanglots à l’annonce de son accession au trône. Lui qui rêvait de voyager, de voir le monde, va devoir gouverner, décider, agir. Dominé par sa femme Alexandra Fedorovna, tombé sous la coupe de Raspoutine, celui qu’on a surnommé Nicolas le Sanglant n’est pas un sanguinaire. Il regrette volontiers les effets cruels des mesures qu’il prend et juge simplement qu’il fait son devoir. Mais l’histoire ne cesse de le bousculer : il fait face à deux révolutions, préside une assemblée, la Douma, qu’il a acceptée à contrecœur, et fait la guerre alors qu’il se voulait l’apôtre de la paix. Après son abdication, il est séquestré à Tsarskoï Selo puis transféré à Ekaterinbourg, où il est exécuté ainsi que sa femme, ses filles, le tsarévitch et quelques proches.Archives à l’appui, Marc Ferro a mené l’enquête avec brio et apporte un éclairage nouveau sur la vie de Nicolas II, sur sa personnalité énigmatique et sur les circonstances de la disparition des Romanov. Sont-ils vraiment morts et sont-ils tous morts ? À ce carrefour où la légende croise le fait divers, le doute demeure.

261.          FRANK (Nino). Les Années 30 où l'on inventait aujourd'hui.  Pierre Horay,  1969, in-4°,  175 pp, 200 illustrations en noir et en couleurs (sous la direction artistique de Jacques Carelman), cart. éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état, envoi a.s. de Nino Frank

            40

Les dernières années du XIXe siècle portent un nom et ont donné naissance à un style : c’est la Belle Epoque, c’est le "Modern style". Les Années 20 ? Ce sont les Années Folles, et le style Art Déco. Les Années 30, seules, entreront dans l’histoire sans nom et sans "marque". Est-ce bien exact ? A lire le livre que Nino Frank consacre aux Années 30, à le feuilleter pour y retrouver des centaines d’illustrations, on se rend compte combien nous pouvons être injustes. Epoque de transition, dit-on. Etroitement limitée par la crise de 29 et la guerre de 39, les Années 30 n’ont pu alors donner naissance au "style" caractéristique auquel on reconnaît une époque. Mais Nino Frank en discerne un : celui d’un "synthèse de l’humain et de tout ce qui est humain" (faut-il citer Malraux, Céline, Bernanos ?), qui s’épanouit, quarante ans plus tard, dans les domaines les plus divers et les plus inattendus : mode féminine des héros de Bonny and Clyde, décoration, goût des voyages et de la découverte... Epoque sans style ? Ce livre, qui est aussi un album, prouve au contraire de façon éclatante que ce style est bien le nôtre. Nous y retrouvons non seulement l’Ecole de Paris – Picasso, Kandinsky, Kisling, Foujita, Brancusi, et les français Matisse et Derain – les affiches du typographes Cassandre et de Cappiello, mais aussi Le Corbusier, l’Expo 37, le paquebot "Normandie", la Tour Eiffel enluminée par Citroën, la traction-avant, les chiens Ric et Rac, les sportives aux jupes longues et droites, le béret sur l’oreille, le Surréalisme et L’Ange bleu, les "stars" et les chefs d’œuvres du "ciné" 100 % parlant, de L’Opéra de Quat’ Sous à Quai des Brumes . Tout le monde chante : Tino Rossi, Lucienne Boyer (Parlez-moi d’amour ), Georges Milton, le roi des Resquilleurs, Marlène Dietrich, Albert Préjan, Henri Garat (Avoir un bon copain ), Charles Trenet et Georgius. Les Années 30, ce sont encore les pionniers de la découverte du monde, Mermoz, Coste et Bellonte (Le Point d’Interrogation ), le professeur Picard dans la stratosphère, les grands scandales – Stavisky et Violette Nozières. C’est surtout le 6 février 1964, le Front Populaire, et ses conséquences : les congés payés. Le tandem que l’on redécouvre, les Auberges de la Jeunesse, le "studio" . Ce sont les "Chantiers du Cardinal" Verdier et la Loterie Nationale. Ce sont Hitler, Mussolini, Chamberlain, Daladier, Albert Lebrun, la guerre d’Espagne et Munich. Cette époque présente encore un point commun avec la nôtre que souligne et dégage Nino Frank, c’est sa jeunesse. Car ces Années 30 qui s’achèveront par la Seconde Guerre mondiale, furent celles de la jeunesse d’après 14 et, pour beaucoup, celle de l’enfance et de l’adolescence. Livre d’histoire ? Chronique des Années 30 ? Evocation de poète ? Le livre de Nino Frank est tout cela, bien sûr, mais surtout, grâce aux illustrations qui l’éclairent, "un itinéraire à travers l’air du temps", où chacun retrouvera, sans nostalgie, ces dix ans qui portent un nom : "les années d’avant-guerre". (Book.Node)

262.          HELFT-MALZ (Véronique) et Paule H. LEVY. Encyclopédie des Femmes Politiques sous la Ve République.  Editions Patrick Banon,  1996, gr. in-8°,  373 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

176 femmes en près de quarante ans de vie politique : l'ouvrage retrace le parcours de celles qui malgré les difficultés ont choisi de s'engager pour faire évoluer notre société. Une fiche sur chacune des 176 femmes ministres, secrétaires d'Etat, sénatrices et députées.

263.          HOBSBAWM (Eric J.). L'Age des extrêmes. Le Court Vingtième Siècle, 1914-1991.  Bruxelles, Editions Complexe,  1999, fort pt in-8°,  810 pp, traduit de l'anglais, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Voici enfin publié en français L'Age des extrêmes, de Eric J. Hobsbawm, déjà traduit en près de 20 langues. Seul un historien comme Hobsbawm, doué d'un souffle et d'un talent narratif formidables, pouvait brosser ce tableau de l' « âge des extrêmes » – des extrêmes dans la destruction comme dans la création. Se faisant tour à tour historien, sociologue, économiste, philosophe et même moraliste, l'auteur mobilise tous les domaines du savoir pour tracer le portrait d'un siècle que les révolutions ont transformé plus profondément qu'aucune autre période depuis l'âge de pierre. Loin de tous les dogmatismes, marxistes ou libéraux, cet ouvrage, qui est aussi le bilan d'une vie de « spectateur engagé » a été salué dans le monde entier par la presse et par des intellectuels de tous les horizons idéologiques, comme une œuvre à ce jour sans équivalent." — "Nul ne pourra écrire désormais une histoire du XXe siècle sans prendre position face à ce livre." (Le Monde) – "Disons-le d'emblée : ce qui eût pu relever d'une gageure est un livre d'exception, sans équivalent. [...] Du "court XXe siècle", de 1914 à la fin de l'ère soviétique, tous les événements sont cités : Hobsbawm les décrit et les interprète ; il examine et livre par souvenir la façon dont les soubresauts du siècle l'ont traversé et fait trembler, l'ont fait être ce qu'il est, lui, Hobsbawm, qui les a vécus. Du coup, Histoire et histoires se mêlent. Les événements prennent une sorte d'épaisseur, gagnent en son, en couleurs, en émotions, s'enrichissent de dimensions culturelles et philosopiques, morales, psychologiques, esthétiques, jusqu'à constituer la toile géante du siècle." (Libération) – "Rien de tel que ce livre superbe, si riche de faits lumineusement rapportés, bouillonnant d'idées, pour éclairer le lecteur sur l'histoire, toute proche et pourtant mal connue, qui a modelé ce monde désorienté." (Le Monde Diplomatique) – "Les lecteurs qui voudront bien plonger à leur tour dans cette aventure du XXe siècle, avec pour guide l'érudit et passionné Eric Hobsbawm, auront le sentiment de ne pas avoir perdu leur temps." (L'Evénement)

264.          JOHNSON (James Weldon). God's Trombones. Sermons noirs en vers. Traduction et présentation de Claude Julien.  P., Editions de l'Epi,  1960, gr. in-12,  108 pp, suivi de “L'âme noire de l'Amérique” par Claude Julien, biblio, broché, bon état

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"On peut lire ce petit livre comme un document littéraire, mais ce serait le mutiler : la voix d'une humanité souffrante surmonte le chant du poème." (L. G., La Croix) — "Claude Julien (1925-2005) fait partie de ces journalistes qui ont marqué l'histoire du journal “Le Monde”. Parti pour étudier les sciences politiques à l'université Notre-Dame, à South Bend (Indiana), aux Etats-Unis. Il découvre alors l'Amérique de la ségrégation raciale et des luttes sociales acharnées, mais aussi de l'opulence et des violents contrastes entre riches et pauvres. De retour en France, il s'impose comme le spécialiste de l'Amérique du Nord. Ses reportages aux Etats-Unis tiennent en haleine les lecteurs. Ils lui donnent matière à écrire des ouvrages qui retracent l'évolution de la société américaine : Puissance et faiblesse des syndicats américains (1955) L'Amérique en révolution (1956), Le Nouveau Nouveau Monde (1960) ; pour mieux faire connaître cette société, il traduit les sermons en vers du pasteur James Weldon Johnson, (God's Trombones, sermons noirs, 1960)." (Patrick Eveno)

265.          JOUHAUD (Edmond). La Vie est un combat. Souvenirs (1924-1944).  Fayard,  1974, in-8°,  366 pp, 16 pl. de photos hors texte, une carte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"A la suite des mémoires concernant son épopée algérienne (1954-1967), où il retrace la politique du gouvernement français à l'égard de l'Algérie, les épisodes du putsch d'Alger ainsi que la lutte de l'OAS, son arrestation et son procès, E. Jouhaud évoque, dans “La vie est un combat”, ses souvenirs de 1924 à 1944 : la jeunesse, Saint-Cyr, la guerre dans l'aviation, la résistance en Gironde." (Revue française de science politique, 1974)

266.          MARCELLIN (Raymond). L'importune vérité. Dix ans après mai 68, un ministre de l'Intérieur parle.  Plon,  1978, gr. in-8°,  299 pp, broché, couv. à rabats, bon état

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Le 30 mai 1968, le générai de Gaulle nomme Raymond Marcellin ministre de l'Intérieur et lui donne carte blanche pour rétablir l'ordre. Il le fait et dit comment. Un mois après, la majorité gaulliste gagne 75 % des sièges à l'Assemblée Nationale. Election de la peur ? Non, élection de la confiance. La partie est gagnée mais pour combien de temps ? La Justice ne suit pas toujours la Police. L'auteur jette une lumière crue sur les forces et les faiblesses de la répression dans la lutte contre les groupes révolutionnaires mondiaux, les autonomistes, les terroristes. Pourtant plus que jamais des mesures efficaces, rapides sont nécessaires pour juguler une croissante criminalité, une montée de la violence. La France, naguère à l'abri des bandes organisées à l'américaine, à l'italienne, n'est-elle pas en train de devenir la plaque tournante du terrorisme international ? Raymond Marcellin, ministre de l'Intérieur bien renseigné, pendant six années le Premier Flic de France comme aurait dit Clemenceau, s'assure aussi qu'à chaque élection la Majorité gagne. Il détruit la French Connection, lutte avec la D.S.T. contre les services secrets étrangers...

267.          MARION (Pierre). Mémoires de l'ombre. Un homme dans les secrets de l'État.  Flammarion,  1999, in-8°,  300 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Pas de doute, Pierre Marion est un personnage hors du commun, un homme qui s'exprime sans tabou sur des sujets d'une actualité brûlante ! Ancien élève de l'école polytechnique, au fait de tous les secrets de la République, il déborde de personnalité et refuse le parler faux. Ce presque octogénaire alerte a fait toute sa carrière dans l'aéronautique : Air France, Aérospatiale, Aéroports de Paris. En 1981, à la demande de François Mitterrand, il a pris les rênes de l'espionnage français en devenant patron de la DGSE. Aujourd'hui en retraite, il pose un regard lucide sur sa vie et le monde qu'il a connu. Expert des relations internationales et du renseignement, il livre dans ces mémoires de l'ombre des souvenirs de haut vol. De sa campagne de France en Mai-Juin 1940 à ses actions dans l'aviation civile, il raconte avec force détails l'évolution d'un monde chaotique. Et relate tous les moments forts de son passage à la tête de l'espionnage français. Avec précision et vivacité, il brosse, entre autres, les portraits cruels de personnalités troublantes comme Charles Hernu et François Mitterrand. "Le souverain usé", comme il l'appelle, l'a en effet toujours abusé. Un règne du mensonge qui a conduit Pierre Marion à démissionner, préférant se retirer plutôt que d'accepter des missions douteuses. Fourmillant d'anecdotes et de révélations, Mémoires de l'ombre est une vision de premier ordre de la démocratie, de ses hommes, de ses organes ainsi que de ses services secrets.

268.          MAUPÉOU-ABBOUD (Nicole de). Ouverture du ghetto étudiant. La gauche étudiante à la recherche d'un nouveau mode d'intervention politique (1960-1970).  Editions Anthropos,  1974, in-8°,  388 pp, 6 photos, qqs fac-similés de tracts, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'enjeu de cet ouvrage est important. Alors que la plupart des analyses du soulèvement étudiant de mai 1968 présentaient celui-ci comme une imprévisible fracture, déchirant brusquement un tissu social fait de conformités et de consensus, N. Abboud s'attache à lire les canaux multiples par lesquels cette rupture-là a pu s'opérer. (...) Analysant la logique du mouvement étudiant qui le conduit à intervenir dans le champ politique avec toute la résonance dont 1968 a témoigné, l'auteur est amené à étudier de près les antécédents de cette intervention. Dès la période « algérienne » du syndicalisme étudiant, la forme politique du mouvement est mise en place, une fois rompu le charme corporatiste qui corsetait l'action dans un réseau de revendications catégorielles. De cette politisation, le mouvement étudiant ne se départira plus. (...) Analyse du procès politique par quoi les étudiants d'une génération historique bien spécifique se définissent en termes de mouvement, et par quoi, dépassant les frontières de condition ou de catégorie sociale dans lesquelles une idéologie s'évertuait à les contenir, ils sortent enfin de leur ghetto, l'ouvrage de N. Abboud permet de comprendre qu'en bonne analyse sociologique, les « événements » de mai 68 ne relèvent pas d'une conception de l'Immaculé, mais sont déjà en travail lors même que celui-ci paraît très peu lisible. N. Abboud propose une lecture du matériel historique assez perspicace pour nous en convaincre." (Daniel Vidal, Revue française de sociologie, 1974)

269.          MERLIO (Gilbert). Les résistances allemandes à Hitler.  Tallandier,  2003, in-8°,  463 pp, annexes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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La première résistance à Hitler est allemande. Elle prend des formes et des moyens divers dans toutes les couches de la société et tout au long de l'histoire du IIIe Reich. La résistance ouvrière poursuit son opposition contre le nazisme engagée sous Weimar, en dépit d'une désunion qui scellera son échec. Devenues illégales, ses organisations sont laminées et apporteront, dans l'exil, leur soutien à des groupes clandestins restés en Allemagne. La résistance religieuse tarde à se manifester, et la responsabilité de la hiérarchie demeure une question épineuse. Toutefois, l'Église (catholique et protestante) sera jusqu'à la fin du Reich un pôle actif de résistance. La résistance des élites traditionnelles, civiles et militaires, encore plus tardive (si l'on excepte le Cercle de Kreisau), fut considérée comme une " révolte de la conscience " de la part d'hommes qui avaient d'abord choisi de collaborer avec le régime. Le point d'orgue en demeure l'attentat manqué contre Hitler le 20 juillet 1944. La guerre accentuera le malaise des opposants de l'année suscité par la fâcheuse impression de trahir la patrie. Elle créera également de nouvelles formes de résistance : résistance de la jeunesse (le groupe Rose blanche), renaissance d'une opposition de gauche (l'Orchestre rouge), collaboration avec les travailleurs étrangers dans les usines, résistance de déportés, résistance juive, etc. Cet ouvrage, qui s'inscrit dans une nouvelle approche de l'Allemagne nazie, raconte et analyse une page peu connue de l'histoire du IIIe Reich et démonte les mécanismes, notamment culturels et politiques, qui conduisirent des hommes et des femmes à payer parfois de leur vie leur refus de la barbarie.

270.          MICHELS (Robert). Les Partis politiques. Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties. Traduit par le Docteur S. Jankelevitch.  Flammarion,  1971, in-12,  309 pp, préface de René Rémond, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Science)

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Réédition de l'édition de 1914, augmentée d'une préface de René Rémond. Le livre de Robert Michels, paru à la veille de la première guerre mondiale, demeure un classique de la littérature politique. Pour Robert Michels, les partis politiques, nés de l'instauration de la démocratie, conçus comme des instruments privilégiés de son développement, deviennent inéluctablement, même les plus démocratiques d'entre eux, des organisations oligarchiques. Cette analyse descriptive devait conduire son auteur à constater que les véritables causes d'une évolution aussi générale tenaient à la nature des choses telle que les fait l'organisation sociale. Mais l'interrogation fondamentale, sous-jacente à tout cet ouvrage, reste plus actuelle qu'elle ne le fut jamais : la démocratie est-elle viable ? Par ce pessimisme lucide que combat, cependant, le refus de désespérer, Michels rejoint un autre grand analyste des sociétés démocratiques : Tocqueville.

271.          NIVAT (Anne). Chienne de guerre.  Fayard,  2000, gr. in-8°,  296 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état, bande éditeur conservée (Prix Albert-Londres 2000), envoi a.s.

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Une femme reporter en Tchétchénie. — "Ce livre est le récit de mes différents séjours dans la Tchétchénie en guerre, entre septembre 1999 et mi-février 2000. La guerre telle que je l'ai vue : il s'agit là d'un pur témoignage. J'ai agi en tant que journaliste free-lance, correspondante de deux quotidiens français, Libération et Ouest-France. Dès le début du conflit, j'avais fait la demande d'une accréditation ad hoc du côté russe ; ne l'ayant pas obtenue, j'ai décidé de regarder la guerre du côté tchétchène. Cet affrontement qui ne cesse de saigner et d'épuiser les camps en présence n'est malheureusement pas terminé et peut-être ne finira jamais. Aussi faut-il continuer de se rendre sur place pour dire ce qu'il en est. A moi qui n'avais fréquenté la guerre que dans les livres d'histoire, elle a appris son poids de cruauté, de désespoir et de mort. Au lecteur, j'espère que ces pages auront mieux fait percevoir l'enchaînement tragique des événements, mieux fait comprendre aussi ce peuple, ces hommes et femmes tchétchènes avec qui j'ai partagé l'impartageable." (A.N.)

272.          PELLISSIER (Pierre). La Vie quotidienne à l'Elysée au temps de Valéry Giscard d'Estaing.  Hachette,  1978, in-8°,  268 pp, un plan, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Le 14 juillet 1977, pour la première fois, l'Elysée s'est ouvert aux Français : dans le premier salon, Valéry Giscard d'Estaing a accueilli 8500 visiteurs. Mais ils sont restés aux portes de l'essentiel : le bureau du Président, au premier étage ; le téléphone rouge, qui n'est pas rouge et qui n'est pas un téléphone ; le système de déclenchement de la force de frappe, régulièrement essayé mais soigneusement dissimulé ; la salle du Conseil des ministres, installée le mercredi, et qui n'est les autres jours que le salon Murat ; le cérémonial des voyages et des visites, les lettres des Français pour demander, comme au temps de la monarchie, justice, aide ou patronage... Mais la vie quotidienne à l'Elysée, ce sont encore 500 personnes qui entretiennent, jardinent, cuisinent, protègent, traduisent, archivent. Toutes les portes se sont ouvertes pour Pierre Pellissier qui a visité l'Elysée de la cave au grenier ; il a rencontré tous ceux qui y travaillent, à commencer par le Président. L'auteur décrit les formes multiples et souvent inconnues de son activité, et comment il a imprimé sa marque personnelle à cette maison secrète, au coeur de la France.

273.          PEYREFITTE (Roger). Des Français.  Flammarion,  1970, in-8°,  289 pp, broché, bon état

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"En faisant débuter cet ouvrage au lendemain des événements de Mai 1968, en le faisant culminer avec le départ du général de Gaulle et en le prolongeant jusqu'à l'arrivée au pouvoir de son successeur, Roger Peyrefitte a choisi une période que les sociologues, les moralistes et les historiens considèrent comme particulièrement caractéristique de notre vie nationale : cette période de quelques mois où hommes et institutions ont été secoués de fond en comble, où chacun s'est révélé, à lui-même et aux autres, et où les qualités et les défauts de notre peuple sont apparus sous leur plus fort grossissement. Le lecteur découvrira dans “Des Français” un monde et des mœurs qu'il croyait connaître. Il sera promené des salons du coiffeur Alexandre jusque sous la coupole de l'Institut, en passant par la Caisse des dépôts et consignations, les boites de nuit, le Jockey Club et le Concours agricole. Il lui sera fait des révélations sur l'affaire Markovic, les mœurs de nos contemporains, les prix littéraires, les hauts magistrats, les nouveaux prêtres, l’Académie française, les faux nobles, le vrai milieu, l'affaire de l'Observatoire, l'espionnage industriel. Il aura admiré l'art de l'écrivain. Il sera passé du sourire à l'émotion, de la surprise à l'indignation. Il aura vérifié l'adage : « Qui aime bien châtie bien »." (L'Editeur) — "Le dernier livre de Roger Peyrefitte, “Des Français”. Un abject ramassis de cancans. Un auteur à classer dans le foutoir des littérateurs dévoyés." (Pierre Kyria)

274.          PRATE (Alain). Les Batailles économiques du général de Gaulle.  Plon,  1978, in-8°,  329 pp, biblio, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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Retiré à Colombey-les-Deux-Églises après l’échec du référendum d’avril 1969, le général de Gaulle demanda à celui qui avait été son dernier conseiller économique et financier, de 1967 à 1969, de réunir des statistiques et des documents pour les chapitres consacrés à l’économie de ses “Mémoires d'espoir”. Le destin fit que le Général ne put utiliser qu’une partie des renseignements qui lui avaient été transmis. C’est cette documentation que, le temps ayant passé, l’auteur a reprise pour écrire ce livre qui relate les “batailles économiques”, que de Gaulle a livrées de 1958 à 1969. Après les éclatantes victoires des premières années : redressement financier de 1958, choix de la compétition européenne, négociation de la politique agricole commune, le général de Gaulle dut engager des combats plus difficiles : plan de stabilisation de 1963, politique des revenus du Ve Plan, renforcement des industries de pointe ; son ambition de s’opposer au dérèglement du système monétaire international, suscita de fortes oppositions aux États-Unis, en Europe, et en France même. Puis, vint le temps des combats incertains : crise sociale et politique de mai 1968, spéculation monétaire en novembre : dans l’une et l’autre circonstances, au dernier moment, sa spectaculaire intervention redressa une situation qui semblait compromise. C’est sur le terrain de la participation, et de la réforme des rapports sociaux, que de Gaulle livra sa dernière bataille : désavoué par le référendum d’avril 1969, il se retira à Colombey pour écrire des Mémoires inachevés. — "Dû à un ancien conseiller économique du général de Gaulle, ce livre a été rédigé à partir des notes recueillies pour la préparation des “Mémoires d'espoir” et se propose de répondre à la question suivante : pourquoi après quatre années de succès, c'est-à-dire quatre années d'expansion dans la stabilité, ce retour aux facilités de l'inflation et à ces tensions qui explosèrent dans les crises sociales, économiques et politiques des années 1968-69 ? La réponse mélancolique s'il en fut, tient dans la mesure de l'écart qui existait entre les désirs d'une classe politique et d'une opinion publique littéralement droguées par trente années d'inflation, de guerres et de protectionnisme, et la volonté ou l'ambition du général de Gaulle qui avait souhaité faire de la France un pays ouvert à la compétition internationale et, à l'image de l'Allemagne, un pays unanime à préférer la lutte contre une inflation qui interdit les taux de change fixes, quitte à accepter en échange de cette stabilité et de cette force retrouvée, une certaine modération dans l'accroissement de la consommation privée." (Revue française de science politique, 1979)

275.          REBOUX (Paul). Mes Mémoires.  Editions Haussmann,  1956, in-8°,  391 pp, reliure demi-basane acajou mordorée à coins, dos à 5 larges nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état. Peu courant

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Outre des romans (Maisons de danses, 1904 ; Romulus Coucou, 1921), des études plus ou moins historiques (Madame se meurt, Madame est morte, 1932 ; la Belle Gabrielle, 1954) et des essais humoristiques (le Nouveau Savoir-Vivre, 1930), Paul Reboux (1877-1963) est surtout connu pour ses pastiches (À la manière de..., 1908-1950) dont les premiers furent écrits en collaboration avec Charles Muller. Il a expliqué sa recette, qui se résume en trois points : choisir un écrivain connu du grand public ; repérer ses tics, ses thèmes récurrents, ses particularismes et en exagérer l'importance ; à l'aide des ingrédients ainsi obtenus, composer un morceau qui soit aussi divertissant que possible. Il a laissé un intéressant recueil de souvenirs (Mes Mémoires, 1956).

276.          ROUDINESCO (Elisabeth). La bataille de cent ans. Histoire de la psychanalyse en France, 1885-1985.  Ramsay, Seuil,  1982-1986, 2 vol. in-8°,  498 et 773 pp, index, brochés, couv. illustrées, bon état

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Avec la précision de l'historienne et l'expérience de la praticienne, Elisabeth Roudinesco fait revivre en une fresque documentée les doctrines, les hommes et les femmes qui ont incarné en France cette révolution de l'âme. Elle met en perspective les théories, les mouvements et les débats qui n'ont cessé d'animer le milieu psychanalytique français depuis 1885 : de l'arrivée à Paris de Freud, venu assister aux leçons de Charcot à la Salpêtrière jusqu'à la récente mise en cause des thérapie psychanalytiques, en passant par l'extraordinaire aventure lacanienne.

277.          SCHMITT (Claude). Le Double jeu de Maurice Sachs. Essai.  Lausanne, Alfred Eibel éditeur,  1979, in-8°,  52 pp, broché, bon état (Coll. Brochures), prière d'insérer, envoi a.s.

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Juif, homosexuel, impécunieux et dissipé, l'auteur « maudit » du "Sabbat" fut tout à la fois éditeur, marchand de tableaux, escroc à la petite semaine, etc. – pour finir, après avoir même rêvé à la Chine ! agent de la Gestapo, dans une geole de Hambourg. Mais au fond pitoyable aventurier. De même fut-il un faux mémorialiste et un écrivain raté. Il aura passé sa vie à chasser deux lièvres à la fois. Mais il aura été un imitateur prodigieusement doué : aventurier et écrivain parce qu'il ambitionnait les lauriers d'un Casanova. Jamais tout à fait un autre et jamais tout à fait lui-même. Il faudrait titre plus justement : le double je(u) de Maurice Sachs...

278.          SÉRIGNY (Alain de). Echos d'Alger. 1. Le Commencement de la fin, 1940-1945. – 2. L'Abandon, 1946-1962.  Presses de la Cité,  1972-1974, 2 vol. in-8°,  347 et 507 pp, 27 photos sur 16 pl. hors texte, index, cart. éditeur, jaquettes illustrées, bon état, envoi a.s. dans chaque volume

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Mémoires. – En 1942, Alain de Sérigny, pied-noir d'adoption, devient directeur de “L'Écho d'Alger”. Le journal devient le quotidien le plus lu et le plus influent d’Algérie. Après les massacres de mai 1945 et durant la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962), le journal devient un fervent défenseur de « l'Algérie française ». C'était pour le général de Gaulle le "grand journal des pieds-noirs", la "Bible des Français d'Algérie"... Après avoir soutenu le retour du général de Gaulle au pouvoir en le présentant comme le sauveur de l'Algérie française, le journal passe ensuite à l'opposition quand il apparaît que de Gaulle penche pour le renoncement à l'Algérie. L'Écho d'Alger devient le porte-parole des généraux putschistes en avril 1961, avant d'être censuré puis interdit de parution par le tribunal d'Alger. Alain de Sérigny, son directeur, est poursuivi en justice puis relaxé quelques années plus tard.

279.          VANEIGEM (Raoul). Le Chevalier, la Dame, le Diable et la mort.  Le Cherche-Midi,  2003, in-8°,  261 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Je n'ai pas le goût des confessions, elles offrent trop de gages à un spectacle où ma démarche même renierait son propos. Je n'ai en revanche aucune raison de dissimuler l'attrait qu'a toujours exercé sur moi la tentative de Montaigne de se peindre sur le vif, en dépit des couleurs que le monde lui imposait. Ce désordre d'émotions et de pensées, j'ai choisi de les aborder par le biais des passions auxquelles je demeure le plus attaché: l'amour, l'amitié, la volonté de vivre... ; et à travers ce qui les corrompt: la peur, l'argent, la présomption de l'esprit. Mon questionnement est sans réponses, mais j'ai, au plus profond de mes doutes, quelques certitudes. Peut-être est-ce suffisant au cœur d'une époque qui, présentant, comme nulle autre pareille, les symptômes d'un pourrissement universel, cherche, au crible de ses désillusions, les signes d'une civilisation humaine qui tente maladroitement et naïvement de s'instaurer.

280.          VEYNE (Paul). Foucault. Sa pensée, sa personne.  Albin Michel,  2008, in-8°,  219 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Michel Foucault et Paul Veyne. Le philosophe et l'historien. Deux grandes figures du monde des idées. Deux inclassables. Deux "intempestifs" qui ont longtemps cheminé et guerroyé ensemble. Paul Veyne dresse ici le portrait inattendu de son ami et relance le débat sur ses convictions. N'affirme-t-il pas : "Non, Foucault n'est pas celui qu'on croit ! Ni de droite ni de gauche, il ne jurait ni par la Révolution ni par l'ordre établi. Mais justement, comme il ne jurait pas par l'ordre établi, la droite l'a vomi, tandis que la gauche a cru qu'il suffisait qu'il ne jurât pas par l'ordre établi pour qu'il fût de gauche." Il n'était pas davantage le structuraliste que l'on a dit, mais un philosophe sceptique, un empiriste proche de Montaigne qui n'a cessé, dans son œuvre, de s'interroger sur les "jeux de vérité", vérités construit es, singulières, propres à chaque époque. On ne saurait trancher plus totalement que ce texte sur les idées qui se croient d'avant-garde et ne sont que des idées reçues. Un livre iconoclaste, un témoignage unique.

281.          WEISS (Louise). Mémoires d’une Européenne. Tome I : 1893-1919. Tome II : 1919-1934. Tome III : 1934-1939.  Payot,  1970, 3 vol. in-8°,  316, 359 et 270 pp, une carte sur double page au tome II, brochés, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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Tome I à III seuls (sur 5 parus de 1968 à 1974) — "Jeune agrégée de Université en 1914, plongée aussitôt dans les remous d'une guerre dont elle ressent durement l'atrocité, douée d'un rare talent d'écrivain, Louise Weiss a consacré toute sa vie à tenter d'introduire un sentiment humain dans le jeu inhumain de la politique. Son journal « L'Europe nouvelle » fut par excellence l'organe de diffusion du mouvement d'idées généreuses qui trouvèrent leur expression à la tribune de la Société des Nations. Ses mémoires ne peuvent laisser indifférents les lecteurs qui s'intéressent à l'histoire politique d'entre les deux guerres. Le Tome I, seul paru ce jour, servira d'introduction à cette lecture – mais introduction combien vivante ! – où l'auteur avec un mélange de sensibilité et d'humour, mais avec un accent de sincérité qui ne trompe pas, raconte son enfance, son développement intellectuel, la formation de son caractère, enfin les drames nationaux dont elle fut le témoin. Lecture captivante, qui fait bien augurer des tomes suivants." (Pierre Genevey, Politique étrangère, 1968) — Louise Weiss (1893-1983), journaliste, écrivain, féministe et femme de convictions, marquée par l'horreur du premier conflit mondial, chercha à rapprocher la France et l'Allemagne. Elle fonda et dirigea notamment la revue « L'Europe nouvelle » entre 1920 et 1934. Elle fit partie de l'entourage d'Aristide Briand, qu'elle acait rencontré à Genève, lorsque celui-ci obtint l'adhésion de l'Allemagne à la Société des Nations. Elle quitta « L'Europe nouvelle » suite à l'arrivée d'Hitler au pouvoir en Allemagne, qui marque l'échec de son projet européen, et à cause des dissensions au sein de l'équipe de la revue, certains souhaitant encore une coopération avec l'Allemagne.

282.          WENGER (Antoine). Rome et Moscou, 1900-1950.  Desclée de Brouwer,  1987, in-8°,  684 pp, sources, biblio, index, broché, bon état

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Rome et Moscou. Deux protagonistes de l'histoire contemporaine. On sait leurs différences, on ignore presque tout de leurs relations. Antoine Wenger compose, pour la première fois, le dossier vivant et pratiquement complet des rapports entre le Saint-Siège et la Russie des tsars puis l'Union soviétique pour la première moitié de notre siècle. La Révolution d'octobre suscite, chez les catholiques, des espoirs de liberté et d'influence. La chronique est alors celle des gestes de rapprochement. Mais déçu, Pie XI opte bientôt pour l'organisation clandestine de l'Eglise catholique en Russie ; c'est le tournant de cette histoire. Dès 1926, à Berlin, le nonce Pacelli sacre clandestinement le père d'Herbigny, jésuite ; le Père d'Herbigny, à son tour, sacre clandestinement, à Moscou, le Père Neveu, assomptionniste. Mgr d'Herbigny, frappé de disgrâce au Vatican en 1933 et 1937, et Mgr Neveu, empêché en 1936 par le Guépéou de revenir à Moscou, sont les principales figures de ce grand récit. Le Père Braun, assomptionniste, assurera une presence difficile jusqu'aux heures noires du siège de Moscou, comme aumônier de l'Ambassade américaine. Fait surprenant, l'Ambassade à Moscou de la France laïque est le meilleur relais de communication pour le Vatican. Cette histoire familiarise le lecteur avec les visées du Vatican et son système d'information, avec la politique religieuse de I'URSS, la vie clandestine des catholiques, l'étouffement de l'Eglise orthodoxe. Les actes des martyrs s'inscrivent comme les moments les plus émouvants de cette chronique souvent dramatique. Pour rédiger ce chapitre inédit de l'histoire contemporaine, Antoine Wenger a mis en oeuvre une abondante documentation jusque-là inaccessible ou inexplorée : le fonds Neveu à Rome, le fonds d'Herbigny à la Bibliothèque Nationale, les archives du Quai d'Orsay. L'oeuvre est marquée par la persévérance du chercheur, la curiosité infatigable du journaliste, la rigueur d'information du diplomate, métiers que l'auteur a tous exercés comme chercheur au CNRS, professeur des Facultés catholiques de Lyon et de l'Université de Strasbourg, rédacteur en chef de La Croix, conseiller diplomatique à l'Ambassade de France près le Saint-Siège. — "Comme l'indique le titre, l'ouvrage retrace les relations entre Rome, c'est-à-dire le Vatican, et Moscou de 1900 à 1950. Pour cela, l'auteur recourt à peu près exclusivement à des fonds d'archives jusqu'ici peu ou guère exploités : en premier lieu les Archives des Assomptionnistes, subsidiairement le fonds d'Herbigny de la Bibliothèque nationale et les Archives du Quai d'Orsay (p. 637-643). C'est le premier fonds qui fournit la plus grande somme de documentation, et son contenu détermine les grandes lignes de l'exposé. Ce fonds, à son tour, est constitué, pour sa partie majeure et la plus intéressante, par les textes (correspondance et rapports) de Pie Neveu, présent en Russie de 1906 à 1936. En conclusion, l'ouvrage est en quelque sorte une biographie de Pie Neveu, dont la vie s'identifie à son apostolat en Russie ou pour la Russie. Ordonné prêtre en 1905, Pie Neveu arriva en Russie l'année suivante. Après un bref séjour à Saint-Pétersbourg, il gagna en 1907 Makievka, dans le bassin du Donetz, où il devait passer vingt années. Sacré évêque en 1926, il résida à Moscou pendant dix ans (1926-1936). Pie Neveu devint l'informateur du Vatican après la révolution d'Octobre ; il entretint, de 1921 à 1936, une correspondance abondante et suivie avec ses supérieurs et avec les organismes compétents du Saint-Siège. Ses écrits reflètent les opinions que l'Église catholique professait alors, dans sa majorité, envers les autres Églises chrétiennes. Nourri de la pensée du fondateur des Assomptionnistes, le Père d'Alzon, Pie Neveu partait en Russie comme pour une nouvelle croisade et pour la conquête des âmes dissidentes. Il convient de préciser que le correspondant romain de Pie Neveu n'était pas directement le pape ou son secrétaire d'État, mais la commission Pro Russia, c'est-à-dire, pendant les années décisives (1925-1933), Mgr Michel d'Herbigny, qui fut sacré évêque titulaire d'Ilion pour aller consacrer à son tour, clandestinement, Pie Neveu. Une partie de l'ouvrage est ainsi consacrée à ce personnage dont la carrière et la disgrâce gardent leur zone d'ombre..." (Albert Failler, Revue des études byzantines, 1988)

283.          WILLEM (Docteur Jean-Pierre). Les Naufragés de la liberté. Le dernier exode des Méos.  Editions SOS,  1980, in-8°,  285 pp, 4 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. illustré, bon état, envoi a.s.

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Après « Médecin au Vietnam en feu » qui brossa avec tant de vigueur le tableau de l’hallucinant calvaire d’une population dont il partagea durant sept années les épreuves, le docteur Jean-Pierre Willem raconte dans « Les naufragés de la Liberté » le dernier exode des Méos. Retourné en 1977 en Thaïlande avec « Médecins sans frontières », pour y soigner les réfugiés du camp de Nam-Yao, le premier, le docteur Willem dénonça le génocide des Mhongs et celui des Cambodgiens, dans un article de « Science et Vie ». Ce médecin jamais las, qui use sa jeunesse à sauver des vies, cet écrivain obstiné à crier sa révolte contre les violents et sa compassion pour leurs victimes, ce perpétuel errant, sans cesse disponible pour le combat contre la pire détresse humaine, ne se contente pas de prodiguer ses soins aux corps meurtris par la folie guerrière, mais il offre de surcroît à ces foules hagardes, dispersées, le réconfort d’une fraternelle tendresse, seule capable de rendre le goût de vivre aux désespérés.

 

1ère GUERRE MONDIALE

             

284.          BÈS (Victorin). Journal de route, 1914-1918. Le carnet d’un soldat castrais de la Grande Guerre.  Castres, Société culturelle du Pays Castrais,  2010, gr. in-8°,  208 pp, 47 photographies, fac-similés et cartes, broché, couv. illustrée, bon état. Tirage à 400 exemplaires seulement

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Né à Castres (Tarn) en 1895, Victorin Bès appartient à une famille ouvrière de la ville. Sorti depuis peu de l’Ecole primaire supérieure, à 19 ans, il cherche sa voie. A la fin de 1914, il est mobilisé et se trouve rapidement plongé dans l’enfer de la première guerre mondiale. Il va rester cinq ans sous les drapeaux. Dès le départ et tout au long de « sa » guerre comme simple soldat, en Lorraine au sein du 55e R.I., en Champagne et à Verdun au sein du 161e R.I., à Salonique avec le 84e R.I., il note régulièrement dans un petit carnet à couverture noire tout ce qu’il observe... Ecrire est pour lui un besoin : il veut pouvoir plus tard se souvenir de ce qu'il a vécu, et, au cas où il serait tué, laisser un « testament » à sa famille. Il ne se contente pas de décrire. Il avance son analyse des événements, marquée d’un humanisme laïque et jaurésien. Et son analyse évolue au fil du temps. Parmi les nombreux témoignages écrits laissés par les combattants, celui-ci est d'une grande qualité, exceptionnelle pour un soldat du rang. Ecrit « à chaud », dans un style superbe, il plonge le grand public dans l’existence quotidienne des combattants et fournit aux historiens un nouveau document de valeur. Il révèle un homme de fort caractère, qui se confie ici tout entier. Un homme jeune, qui aime la vie, qui aime sa ville natale et dont nous pouvons mesurer la souffrance dans la guerre.

285.          BOUDET (Jean). 1914-1918. Carnet de guerre.  Ives Rauzier,  2017, fort in-8°,  82 pp, présenté par Ives Rauzier, 52 photos et 6 documents, broché, couv. illustrée, bon état

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286.          CHAMBE (René). Adieu, Cavalerie ! La Marne, Bataille gagnée... Victoire perdue.  Plon,  1979, gr. in-8°,  284 pp, 16 pl. de photos hors texte, 6 cartes dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le général René Chambe était sous-lieutenant de cavalerie d'active lorsque éclata la guerre de 1914. Il a participé de bout en bout à la Bataille de la Marne. Il nous la fait revivre de manière saisissante à ses côtés. Sa relation personelle écrite sur place constitue un témoignage irremplaçable. C'est la cavalerie française qui, le 14 septembre 1914, au cours d'une action décisive autant qu'imprévue, aurait dû stopper la guerre naissante. Il a simplement manqué à cette arme magnifique d'avoir eu les commandants en chef jeunes, ardents et intrépides qu'elle méritait. Voici le procès de la plus grande bataille des temps modernes.

287.          CHAMPION (Léon). « Les marmites me dégoûtent trop ». Correspondance, 1914-1916.  Ives Rauzier,  2018, in-8°,  144 pp, introduction de Ives Rauzier, 68 illustrations dans le texte (photos et fac similés), broché, couv. illustrée, bon état

            20

Le 14 août 1916, Léon Champion, soldat du 52e régiment d'infanterie de Montélimar, est tué dans la Meuse. Originaire de la Loire, Léon a correspondu avec sa famille mais ce qui singularise sa correspondance est ailleurs. Ecrite avec un style direct, on y trouve des mots d’argot ou du parler local du Forez et des expressions tombées en désuétude. Autant de témoignages de la façon de parler d’un jeune de vingt ans en 1914. Et comme il ne manque pas d’humour et apprécie les jeux de mots, ses lettres prennent un relief tout particulier. Elles nous font revivre la vie quotidienne d’un soldat de la Première Guerre mondiale, de son arrivée au dépôt à Marseille jusqu’à son décès près de Verdun, en passant par sa période de convalescence à Vierzon.

288.          CLEMENCEAU (Georges). Grandeurs et misères d'une victoire.  Plon,  1930, in-8°,  iv-374 pp, 2 fac-similés hors texte, une page du manuscrit et une lettre du maréchal Foch à Clemenceau, reliure demi-chagrin carmin, dos lisse orné en long, titres dorés et décor doré et à froid, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Edition originale tirée sur papier vélin du Marais, ex. fort bien relié

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Dix ans après, un géant de la Grande Guerre, le maréchal Foch, en attaque un autre, Georges Clemenceau, qui riposte par un livre magnifique, “Grandeurs et misères d'une victoire”, paru en avril 1930, peu après sa mort. A la fois mémoires et plaidoyer pour son action à la tête du gouvernement, l'ouvrage ultime du prodigieux lutteur présente un témoignage majeur sur le drame de la guerre et de la paix, la grandeur de l'engagement et la solitude du pouvoir. — "Ce livre d'outre-tombe a passionné l'opinion. Il porte la marque vigoureuse de l'esprit qui l'a conçu ; on y retrouve l'emportement, la fougue, l'orgueil, l'entêtement et l'exaltation patriotique qui ont marqué, pendant plus d'un demi-siècle de vie publique, la carrière de Clemenceau. Ce qui domine, dans ces pages vraiment frémissantes, c'est une sorte d'indignation justicière d'homme qui s'irrite d'avoir vu son autorité contestée, ses sentiments travestis et surtout sa politique abandonnée. Aussi à côté des ripostes d'ordre personnel – qui font tout le piquant et tout le pathétique du livre – trouve-t-on ici de longs chapitres de critique ou d'apologie politique. Les jugements sur les hommes et les choses de ce temps abondent, dans ce livre ; ils sont, le plus souvent, sévères. Les deux personnalités le plus souvent prises à partie sont le maréchal Foch et M. Poincaré ; le premier accusé de mollesse dans l'exercice du haut commandement, d'insubordination à l'égard de son ministre et de son gouvernement et de duplicité ; le second, traité avec une colère dédaigneuse, se voit reprocher d'avoir suscité ou approuvé les insubordinations du Maréchal et de n'avoir rien compris aux événements de la guerre, au point qu'à trois semaines de l'armistice il aurait considéré comme une quasi trahison le fait de se préparer à poser les armes. Ce reproche ne doit nullement laisser croire que l'esprit belliqueux ait abandonné Clemenceau, à aucun moment. Loin de là. Il a conservé, dans son livre, non seulement l'esprit de guerre, mais jusqu'à la phraséologie spéciale dont on a tant abusé ; tout le chapitre intitulé : « Sensibilité allemande » en est une preuve topique. Il accepte, d'un cœur facile, sinon joyeux, l'hypothèse d'une prochaine guerre (p. 334 : « Si l'Allemagne... persiste... et bien, que le sort en soit jeté. Nous reprendrons l'affreuse guerre où nous l'avons laissée, etc... ».) Il est inutile de souligner que l'auteur est resté obstinément fermé à toute compréhension de la politique internationale d'apaisement poursuivie depuis dix ans. Elle n'est pour lui que du défaitisme, c'est-à-dire de la trahison et il ne ménage pas l'injure à ceux qui ont servi ou conduit cette politique. Il n'est pas douteux que les personnages attaqués dans ce livre véhément se défendront ou trouveront des défenseurs, qu'on discutera la version des faits, l'appréciation des événements, telles que les donne Clemenceau. Il reste que son livre apparaît comme un document considérable pour l'histoire psychologique de la guerre. Peut être est-il prématuré de chercher à démêler ce qu'il contient d'objectif et de subjectif. Il suffit de se laisser prendre par ces pages vigoureuses, émouvantes (l'avant-propos est pathétique) et de s'amuser à voir la consternation où il a plongé ceux qui se sont efforcés de nous présenter la guerre en légende dorée et la vie des chefs en images d'Epinal. Cette lutte entre « demi-dieux », avec les apostrophes de Clemenceau et les insinuations du Mémorial déconcerte, proprement, ceux qu'on appelait naguère les « bourreurs de crâne », mais elle divertit les pacifistes, qui n'en demandaient pas tant !" (Roger Picard, Revue d'histoire économique et sociale, 1930) — "La complexité de la personnalité de Clemenceau, telle qu'elle s'est forgée depuis sa jeunesse, s'éclaire ici. Son pessimisme sur les comportements ordinaires des hommes, sur l'inanité de beaucoup de gestes accomplis se mêle à la conviction que, d'effort en effort, l'humanité finira par s'arracher peu à peu, grâce aux progrès du droit, aux ténèbres primitives de la barbarie (...). Ainsi fonctionnent les grands caractères dans l'action : passionnément injustes parfois, magnifiquement déterminés sur l'essentiel, capables toujours d'adapter leur jugement à cette multiplicité des rythmes dont l'Histoire est constituée. Ainsi en va-t-il de Clemenceau, et c'est pour cela que son livre ultime vibre encore et qu'il nous arrache à toute tentation d'indifférence envers un monde qu'on aurait pu croire, à l'étourdie, tellement éloigné du nôtre." (Jean-Noël Jeanneney)

289.          DUPONT (Marcel). En campagne. L'attente. Impressions d'un officier de légère (1915-1916-1917).  Plon-Nourrit,  1918, in-12,  ii-345 pp, modeste reliure demi-toile carmin, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, bon état

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"Le nouveau volume du remarquable peintre militaire qu'est M. Dupont se rapporte surtout aux combats sous Verdun. Il ne raconte pas la sublime épopée ; il en esquisse quelques épisodes perdus dans l'immensité de la bataille, mais avec quel art simple et pénétrant! Avec quelle finesse il analyse ses pensées et ses sensations au milieu du danger; comme il sait faire admirer le courage, le dévouement de ses hommes! Cavalier condamné à la vie immobile des tranchées, il est dans l'attente du moment où la guerre de mouvement redeviendra possible; mais il comprend, surtout après les dures batailles de l'Artois, que ce moment est encore fort éloigné. « Nous passerons », dit-il (ch. I, 24 septembre 1915) dans une phrase volontairement inachevée, mais dont le sens est clair, « quand notre matériel sera en état de lutter avec celui de l'ennemi. » L'Allemagne, qui voulait cette guerre, avait pris toutes ses mesures pour la faire courte et triomphante ; son industrie était prête comme son armée. Pour la France et plus encore pour ses alliés, il fallut d'abord gagner du temps ; une industrie ne s'improvise pas plus qu'une armée. Quant au dénouement espéré, y touchons-nous ?" (Ch. Bémont, Revue Historique, 1918)

290.          JÉGOU (Jean). Correspondance du lieutenant Jean Jégou, Officier de la mission française aux Etats-Unis. Courriers d'août 1917 à juillet 1918.  Ives Rauzier,  2011, in-8°,  104 pp, présenté et commenté par Ives Rauzier, 34 photographies et fac-similés, broché, couv. illustrée, bon état

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Le lieutenant Jégou (1884-1918) faisait partie d’un contingent d’officiers français qui, aux côtés d’Anglais notamment, assurait une formation aux troupes américaines qui devaient être envoyées sur le front français. L’un des intérêts de cette correspondance est que Jean Jégou ne se contente pas de demander des nouvelles de sa famille ou de décrire son emploi du temps militaire. Ses observations sont diverses et touchent un grand nombre de domaines : météo, géographie physique, nourriture, etc. Ce courrier lacunaire met aussi en évidence une relation singulière avec sa famille, due à un éloignement géographique qu’aucun poilu des fronts européens n’eut à subir. Mais le destin en aura décidé autrement. L’officier parisien échappera aux balles et aux obus allemands avant de trouver la mort dans un tragique accident de voiture, peu de temps avant son retour programmé pour la France. Jean Jégou est aujourd’hui enterré dans le cimetière américain d’Arlington aux côtés de 62 autres soldats étrangers. Curieux destin pour cet ancien employé du magasin du Bon Marché de la rive gauche parisienne originaire d’un petit village breton...

291.          LEFÈVRE (Emile-Augustin). 14-18... Correspondance d'un territorial meusien, Emile-Augustin Lefèvre (1876-1917), soldat au 44e Territorial, 9e Compagnie.  Ives Rauzier,  2016, in-8°,  576 pp, édité par Ives Rauzier, 157 photographies et fac-similés, broché, couv. illustrée, bon état

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La vie quotidienne d’un soldat territorial. Lorsque le conflit éclate en août 1914, Emile est tailleur d’habits et demeure, avec sa famille, à Etain dans la Meuse. Il rejoint le 44e Régiment Territorial alors que son épouse Lucienne, sa belle-mère, ses enfants Roger et Simone doivent évacuer la ville devant l’avancée allemande. Comme tous les soldats mobilisés, Emile va correspondre, presque quotidiennement, avec sa famille. Cartes-lettres, cartes postales de franchise militaire ou non, lettres, tout est bon pour préserver le lien avec les siens. Le 25 avril 1917, Emile Augustin Lefèvre est mortellement touché par un éclat d’obus...

292.          MIQUEL (Pierre). Le Gâchis des généraux. Les erreurs de commandement pendant la guerre de 14-18.  France Loisirs,  2002, in-8°,  254 pp, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Comment les généraux se sont-ils résignés à la guerre d'usure qui a saigné la nation française jusqu'à la laisser exsangue en novembre 1918 dans une Europe vidée de ses forces vives ? Comment ont ils pu faire croire à la percée miraculeuse, la victoire  décisive ?  Pierre Miquel met en cause  la responsabilité de ceux qui ont  présidé au carnage : responsables donc coupables ? Un livre-choc qui a fait grincer des dents dans la hiérarchie militaire. — Quatre millions de morts, allemands et français, durant la guerre de 14-18. Une Europe dévastée, deux nations exsangues. Qui est responsable de ces tueries, de ces massacres ? Mettre en cause l'aveuglement et l'incompétence des généraux fut longtemps hors de question. C'était mettre en doute l'honneur et la crédibilité de l'armée, la légitimité même de la République. Quand la voix de Clemenceau s'élevait, on criait à la trahison. En 1914, Gamelin ordonne l'offensive : 250 000 morts en deux mois. Nivelle n'encourt aucune sanction après l'échec du Chemin des Dames. S'appuyant sur des archives et des témoignages inédits, Pierre Miquel analyse l'engrenage effrayant de l'obstination des gouvernements, des stupidités stratégiques et de l'inévitable boucherie, dans un ouvrage saisissant qui nous fait comprendre le mécanisme de l'horreur en uniforme.

293.          RAUZIER (Ives). L'Occitan dans les tranchées.  Ives Rauzier,  2016, in-8°,  60 pp, nouvelle édition augmentée, 54 photographies et fac-similés, broché, couv. illustrée, bon état

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A partir de documents d'époque, l'auteur revient sur la place de la langue d'oc ou occitan pendant la Première Guerre mondiale. Un sujet original et peu abordé.

294.          SUILLAUD (Henri). Correspondance d'Henri Suillaud, boulanger maître-coq. Courriers d'août 1914 à janvier 1916.  Ives Rauzier,  2014, in-8°,  204 pp, présentés et commentés par Ives Rauzier, 31 photographies et fac-similés, broché, couv. illustrée, à l'état de neuf

            20

Le 26 novembre 1916, alors qu'il s'apprête à rejoindre Lorient pour des réparations, le cuirassé Suffren est torpillé au large de Lisbonne par le sous-marin allemand U-52. En quelques minutes le bateau coule, ne laissant aucun survivant. Parmi les disparus, Jacques Marie Henri Mathurin Suillaud (1885-1916), boulanger maître-coq à bord. Comme une grande partie de l'équipage, c'est un breton né à Bignan dans le Morbihan. Comme la plupart des soldats de la première guerre mondiale, Henri Suillaud a écrit très régulièrement à son épouse et à ses proches. A travers ces courriers nous plongeons dans la vie quotidienne d'un marin mais nous sommes surtout aux premières loges d'un cuirassé qui a été au coeur de l'engagement allié aux Dardanelles. Avec les mots et la grammaire d'un homme issu d'un milieu modeste, Henri Suillaud nous livre sa vision de la situation militaire, passant d'un optimisme résolu à un pessimisme lucide, et nous donne de riches informations sur les différentes positions du Suffren. Celui qui souvent répétait à sa femme qu'il fallait attendre la fin de la guerre pour avoir une petite fille nous a laissé des documents émouvants, un témoignage original et complémentaire sur le vécu des soldats de la grande guerre.

295.          VANACKER (Daniël). Un mitrailleur à l’Yser. La correspondance de guerre de Jean Pecher, 1914-1918.  Bruxelles, Palais des Académies,  2012, gr. in-8°,  xiii-452 pp, 74 illustrations et photos dans le texte, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Jean Pecher (1894-1973) est issu d’une éminente famille libérale de commerçants francophones fortunés d’Anvers. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il est caporal auprès des mitrailleurs du 7e régiment de Ligne. A l’Armistice, il est sergent. Pendant quatre ans, il écrit régulièrement des lettres et des cartes à ses parents pour les tenir informés de ses pérégrinations. 600 documents ont été conservés. Cette collection unique est désormais publiée intégralement, avec les commentaires appropriés, par la Commission royale d’Histoire, en collaboration avec la Liberaal Archief. Cette correspondance nous apprend comment ce jeune homme vécut la guerre, ce qu’il éprouva et l’impact que ces événements eurent sur son moral. Le livre est richement illustré de photographies que Jean fit ou fit faire, et de dessins illustrant les lettres et les cartes postales qu’il envoya.

 

2ème GUERRE MONDIALE

             

296.          ALAIME (Raymond). Correspondance d'un artilleur mathématicien prisonnier au camp de Plauen (Saxe), 1940-1943.  Ives Rauzier,  2017, in-8°,  248 pp, un portrait en frontispice, 12 photos et 38 fac similés dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Lorsque la guerre éclate, Raymond Alaime, professeur de mathématiques, doit rejoindre son régiment d’artillerie. Il entame une correspondance régulière avec son épouse. En mai 40, après quelques combats dans les Ardennes, Raymond doit abandonner sa pièce d’artillerie. Le 15 mai, il est fait prisonnier. De longues marches puis un train, le conduisent au camp de Plauen. Une autre vie commence rythmée par le courrier, l'incertitude sur son sort et un climat très rigoureux. Cette correspondance est un témoignage riche sur la vie quotidienne d’un prisonnier militaire qui occupa un poste original au sein du camp de travail.

297.          BATAULT (Georges). Comment la guerre a éclaté. D'après le Livre bleu britannique et le Livre jaune français.  P., Union Latine d'Editions,  1940, in-8°,  374 pp, présentation de Maximilien Vox, 8 pl. de photos hors texte, broché, bon état (Coll. "Guerre 39")

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Publié pendant la « drôle de guerre », un livre attribuant les responsabilités du conflit à Hitler et à l'Allemagne par l'historien et philosophe suisse Georges Batault (1887-1963). C'est lui qui cacha Jean Paulhan dans son appartement parisien du 17 rue Marbeau, lorsque celui-ci fut dénoncé comme juif par la femme de Marcel Jouhandeau en mai 1944.

298.          BEAUCORPS (Jean-Marie de). Soldat de plomb.  Michalon,  1997, gr. in-8°,  305 pp, broché, bon état

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L'auteur était membre des Forces Françaises Libres et des services secrets alliés. Il raconte sa participation à la guerre, de la campagne de France aux Balkans en passant par le désert de Lybie et l'Egypte. — "Derrière les grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale s'était engagée une guerre de l'ombre, secrète, invisible. Membre des Forces Françaises Libres et des services secrets alliés, ce petit soldat de plomb fut non seulement un témoin privilégié de ces batailles invisibles mais y joua aussi un rôle déterminant. De la campagne de France aux Balkans en passant par le désert de Libye et l'Egypte, il raconte avec émotion ses coups d'éclat et les dessous d'une guerre absurde. Une guerre vécue comme un roman picaresque par un personnage hors du commun, hors norme et haut en couleur."

299.          BEAUFRE (Général André)(dir.). Une histoire internationale de la Deuxième Guerre mondiale.  Librairie Jules Tallandier,  1967-1970, 9 vol. in-4°,  2816 pp, 8 volumes très richement illustrés de plus de 5.000 photos, documents d'époque, cartes et dessins, en noir et en couleurs, de planches d'armement, d'insignes, d'uniformes et de timbres rares ; en pagination continue, sous d'élégantes reliures reluskin bronze avec titres et décor original frappé à l'or, signets (rel. de l'éditeur) ; + un neuvième volume d'index (80 pp, 36 photos), l'ensemble en bon état

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Le texte est rédigé par les meilleurs historiens français et étrangers, complété par de nombreux témoignages d'anciens combattants des divers camps. Bien complet de l'indispensable volume d'index, qui manque souvent (qui contient 6 index : Géographie ; Politique et divers ; Personnages ; Opérations terrestres et armement ; Aviation, opérations aériennes et aéroportées ; Marine, opérations navales). On joint le fascicule de présentation de l'ouvrage (8 pp in-4°).

300.          BEEVOR (Antony). D-Day et la bataille de Normandie.  Calmann-Lévy,  2009, gr. in-8°,  638 pp, 42 photos sur 24 pl. hors texte, 16 cartes, glossaire, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Le Débarquement allié en Normandie, le 6 juin 1944, passe à juste titre pour un des grands tournants de la Seconde Guerre mondiale – à tel point que dans l'esprit de beaucoup de Français le reste de la guerre ne fut qu'une formalité. Or, il n'en est rien. Si le Débarquement fut un de ces moments où se forgent les légendes, la bataille qui s'ensuivit, connue sous le nom de bataille de Normandie, fut autrement plus longue, difficile, émaillée d'atrocités – et décisive. En effet, une défaite alliée aurait eu des conséquences géopolitiques majeures pour l'Europe, car rien alors n'aurait pu empêcher l'Armée rouge de pousser jusqu'à l'Atlantique. Or, Antony Beevor révèle, pour la première fois, à quel point le désordre, l'improvisation, les erreurs stratégiques et tactiques, l'impréparation de leurs troupes faillirent coûter leur victoire aux Alliés. Seule leur écrasante supériorité aérienne leur permit de l'emporter – mais à quel prix, notamment en vies civiles françaises et en morts accidentelles dans leurs propres rangs ! “D-Day et la bataille de Normandie” est le premier livre d'«historical narrative» à l'anglo-saxonne sur ces trois mois de guerre totale publié en France depuis “Le Jour le plus long”, de Cornelius Ryan, qui date de 1959. Antony Beevor a pu consulter des archives rendues publiques aux Etats-Unis et en Angleterre en vertu des délais de prescription, mais aussi des documents inédits allemands, français et canadiens, et retrouver nombre d'enregistrements originaux, dont les "débriefings" des soldats américains enregistrés à chaud par le service d'information des armées, ce qui lui a permis de croiser les témoignages et d'approcher au plus près le vécu des combattants sur le terrain. C'est à une reconstitution entièrement nouvelle et à rebours des mythes dominants qu'il nous convie, en maniant comme lui seul sait le faire le «zoom» : tantôt au plus près de l'action pour montrer, tantôt avec du recul pour expliquer.

301.          BLOCH (Marc). L'Histoire, la Guerre, la Résistance. Edition établie par Annette Becker et Etienne Bloch.  Gallimard,  2006, fort in-8°,  1095 pp, photos, cartes et fac-similés, broché, bon état (Coll. Quarto)

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"J'avais lu bien des fois, j'avais souvent raconté des récits de guerres et de batailles. Connaissais-je vraiment, au sens plein du verbe connaître, connaissais-je par le dedans, avant d'en avoir éprouvé moi-même l'atroce nausée, ce que sont pour une armée l'encerclement, pour un peuple la défaite ?" (Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien, 1942) — Ce volume rassemble des textes de différentes natures, choisis en fonction de trois axes : le travail de l'historien, l'enseignement de l'histoire, l'histoire comparée de l'Europe. Ils couvrent près de 40 années d'activités professorales, éditoriales et de recherches.

302.          CARCOPINO (Jérôme). Souvenirs de sept ans, 1937-1944.  Flammarion,  1953, fort in-8°,  702 pp, en appendices : allocutions, réquisitoire, fac-similés de lettres de Pétain, Darlan, Marc Bloch, etc., broché, bords des couvertures renforcés avec du scotch, papier jauni, état correct

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Edition originale sur papier d'édition des mémoires du célèbre historien de l'antiquité romaine, devenu ministre de l'éducation nationale sous Vichy, qui vont de sa nomination comme directeur de l'Ecole de Rome au printemps 1937 jusqu'à l'arrêt rendu en sa faveur par le Conseil d'Etat en juin 1950. — "Ce sont là, certes, les mémoires de l'homme public, et comme tel contesté, mais nous n'y trouvons pas seulement une Apologia pro vita sua : ces souvenirs sont riches en documents et en faits précis." (Henri-Irénée Marrou, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1972). — Sommaire : L'Ecole Française de Rome : Fascistes et antifascistes ; Nos mois de trève ; Autour du pacte d'Acier ; Durant la drôle de guerre ; etc. ; - De Rome à Vichy : Mon adhésion au Maréchal Pétain. Juin 1940 ; L'Ecole Normale ; Secrétaire d'Etat à l'Education Nationale ; - Le ministère : La paix religieuse par la neutralité de l'Ecole publique ; Mon allocution du 16 mars 1941 ; Les lois de novembre 1941 et l'opinion ; Le point final de l'épuration universitaire ; La lutte pour l'autonomie du Gouvernement français ; etc. ; - Les étapes finales : L'offensive du Conseil National ; La Cour de Riom ; Gaullistes et résistants ; Mes tentatives de départ ; Rentrée à L'Ecole Normale en 1942 ; Retour à Paris et mission algérienne ; La fidélité du Maréchal aux Alliés ; L'Ecole Normale et la fin de l'occupation ; Le S.T.O. à l'Ecole Normale ; Premières arrestations, premières victimes ; Condamnations à mort et déportations ; etc. — "En 1937, M. Carcopino est directeur de l'Ecole française de Rome ; il assiste à l'agonie de la paix avec l'Italie ; mais il a le temps de nous montrer la grandeur de Pie XI qui résiste au facisme et sauve des savants juifs. Il rentre en France quelqus jours avant la déclaration de la guerre de l'Italie. A Paris il reçoit la direction de l'Ecole Normale supérieure, le Rectorat de l'Université de Paris, puis le Secrétariat d'Etat à l'Education nationale. A ce poste éminent, il résiste aux Allemands. Au contact intellectuel de Scylla, de César ou de Ciceron il a appris la diplomatie ; il manœuvre l'ennemi et sauve tout ce qu'il peut, l'Université de Strasbourg en particulier, jusqu'au jour où les Allemands exigeront son départ. Très courageusement l'éminent historien nous dit les raison de son adhésion à Pétain, et, dans un chapitre que tout Français se devrait de lire, il nous révèle le secret du Maréchal : Pétain, fidèle aux Alliés, avait signé avec le gouvernement anglais les accords Rougier. Ces accords, il fallait les garder dans le secret le plus absolu, car si Hitler en avait eu le soupçon, il aurait livré la France au martyre de la Pologne. De là une divergence entre les paroles et les actes publics du Maréchal, dans la demi-liberté qui lui était laissée, et la réalité de sa politique secrète. Cette politique réelle, les Français ne l'ont pas connue ; ils ne l'ont même pas soupçonnée. M. Carcopino termine le chapitre par ces mots : L'Histoire reconnaîtra qu'il y a quelque chose de « grandiose » dans le douloureux spectacle de ce vieillard que « torture » sans cesse la crainte des atrocités nazies, et qui se renonce « pour empêcher son peuple de souffrir ». M. Carcopino n'a pas fait dans ce livre besogne de partisan, il a fait œuvre d'historien. Son information est parfaite et ses déductions sans fêlures. Disons mieux, il a fait œuvre de grand Français, car durant toute cette période si dure de l'occupation du pays par l'ennemi, il n'a cessé de donner à la Résistance l'appui le plus intelligent et de sauver des vies françaises. Il était nécessaire que toutes ces choses soient rappelées. Le livre d'un brave homme et d'un homme brave." (Revue des Deux Mondes, 1953)

303.          CARIGUEL (Olivier). Les Cahiers du Rhône dans la guerre (1941-1945). La Résistance du « glaive de l'esprit ».  Université de Fribourg (Suisse),  1999, in-8°,  192 pp, 3 photos et qqs fac-similés, notes, annexes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Aux sources du temps présent)

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"Comment s'organisa, durant la dernière guerre, la résistance littéraire? Le jeune historien français Olivier Cariguel pose cette question à propos de la fameuse collection des Cahiers du Rhône, publiée à La Baconnière en 1941-1945. Sous le signe du seul fleuve qui échappait entièrement à l'occupation allemande, un trio d'intellectuels va accueillir la littérature française en exil et se faire le «refuge de la pensée libre». Catholiques de gauche, liés au personnalisme chrétien de la revue Esprit, Bernard Anthonioz (étudiant en lettres français à Genève), Albert Béguin (traducteur et professeur à l'Université de Bâle) et Hermann Hauser (éditeur à Boudry) désirent opposer à la barbarie nazie une résistance littéraire, en s'appuyant sur la primauté du spirituel pour contrecarrer le néo-paganisme fasciste. Placés sous le signe de Péguy et d'une devise de Jeanne d'Arc, les Cahiers n'échappent cependant pas à l'ambiguïté des références communes à Vichy: la nation, Jeanne d'Arc, le génie de la France, si bien que le maréchal Pétain fait leur éloge et souscrit rapidement cinq abonnements. La structure éditoriale fonctionne sur abonnement, chaque cahier est thématique. Significativement, le premier est consacré au philosophe de confession juive Bergson. Suivent des textes mystiques catholiques, des essais philosophiques, enfin des poèmes de résistance, alimentés par les poètes français réfugiés en zone libre. Supervielle, Aragon, Eluard, Pierre Emmanuel, Alain Borne, Jean Cayrol éditent leurs recueils à Boudry, tout en contournant habilement la censure suisse et française. Olivier Cariguel décrit en détail les comportements inattendus et parfois complices des censeurs. Il montre comment Béguin sut négocier les textes, les coupures, trouver des appuis. On peut suivre ainsi tout le parcours du manuscrit au livre durant l'Occupation. Dans l'ensemble, le succès des Cahiers du Rhône fut considérable, principalement en France, où leur ton détonnait dans une littérature limitée aux cercles de la collaboration..." (Jérôme Meizoz, le Temps, 5 juin 1999)

304.          Collectif. Auschwitz, camp hitlérien d'extermination.  Varsovie, Editions  Interpress,  1986, gr. in-8°,  216 pp, 2e édition, traduit du polonais, préface de Jozef Buszko, 64 pl. de photos hors texte, cartes et plans dépliants, broché, couv. illustrée, trace de pli au 1er plat, bon état

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Konzentrationslager Auschwitz - Precis d'histoire (Danuta Czech) ; Les prisonniers (Tadeuz Iwaszko) ; Extermination (Franciszek Piper) ; Le mouvement de la résistance à l'intérieur et à l'extérieur du camp (Barbara Jarosz) ; La libération du camp et l'action d'aide aux détenus libérés (Andrzej Strzelecki).

305.          Collectif. Le Combattant Volontaire Juif 1939-1945.  P., Union des engagés volontaires et anciens combattants juifs,  1971, in-4°,  xii-212-xii-116 pp, richement illustré de photos, portraits et documents, reliure skivertex carmin, titre doré en français et en hébreu sur les plats, bon état. Texte en français (p. xii-212) et en yiddish (p. xii-116)

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Edité à l'occasion du 25e anniversaire de l'Union des engagés volontaires et anciens combattants juifs 1939-1945, un ouvrage mettant à l’honneur l’engagement patriotique des immigrés juifs durant la Seconde Guerre mondiale. — "Parmi les taches que nous nous sommes assignées, en liaison avec le 25e anniversaire de l'existence de notre organisation, se trouve celle de la constitution d'une documentation relative aux engagements volontaires des Juifs immigrés dans l'armée française et dans la résistance au cours de la dernière guerre. Mettre en relief leur comportement courageux sur les fronts, la discrimination dont ils ont été victimes dans les stalags, etc. La tâche est très importante, car les engagements volontaires des Juifs immigrés en 1939 constituent une belle page de notre histoire, qui ne doit pas rester une page blanche pour les futures historiens de la deuxième guerre mondiale." (Union des engagés volontaires et anciens combattants juifs) — Table : Les volontaires (p. 3-13). Souvenirs de guerre (p. 15-130 : engagements, camps d'instruction et front, 1939-1940 ; la Résistance dans les stalags, dans les camps de concentration, dans les rangs des F.F.I.) ; Après la Libération ; 25 années d'activités (p; 135-194, avec références aux associations et amicales d'engagés volontaires juifs dans la Légion avec nombreuses photos de membres de celles-ci) : Célébration du 25e anniversaire (p. 195-221). La partie en yiddish contient des témoignages qui ne figurent pas dans la partie en français, ainsi que d'autres photos (sous-titrées en français).

306.          CORNWELL (John). Le Pape et Hitler. L'histoire secrète de Pie XII.  GLM, Albin Michel,  1999, gr. in-8°,  494 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Pie XII, qui succéda à Pie XI en 1939, fut-il le saint homme que l'on s'apprête aujourd'hui à béatifier ou un nouveau Machiavel qui pactisa avec le diable nazi ? L'éminent dignitaire du Vatican, qui s'attacha à renforcer le pouvoir pontifical, joua-t-il, dans le même temps, le rôle de "Pape de Hitler" ? C'est à ces interrogations que répond John Cornwell en s'appuyant sur des documents inédits et jusqu'alors inaccessibles au grand public – les dépositions sous serment de soixante-huit témoins entendus pour le procès de béatification et les archives des services de la Secrétairerie d'Etat du Vatican – ainsi que sur les nombreux travaux consacrés aux activités de Pie XII en Allemagne dans les années 1920-1930. Autant de sources qui révèlent la vraie personnalité d'un homme tiraillé entre les plus hautes aspirations spirituelles et un appétit effréné de pouvoir. Ce grand document dont le retentissement international ébranle la doctrine de l'infaillibilité pontificale elle-même, renouvelle, par les éléments qu'il dévoile, le débat sur la culpabilité de l'Eglise catholique durant la Deuxième Guerre mondiale. — "L’auteur de cette biographie de Pie XII exploite un matériau nouveau : les témoignages du procès en béatification. Il révèle ainsi notamment qu’Eugenio Pacelli grandit avant 1914 dans un milieu intégriste violemment antisémite, anti-Lumières, antisocialiste puis antibolchevique. Et que cette formation constitue le fil rouge de sa carrière. Pour le reste, les données qu’on retrouve ici sont connues depuis les années 60 et la polémique qui suivit la pièce de Rolf Hochhuth, “Le Vicaire”. On comprendrait cependant mieux que Pacelli-Pie XII ne fut pas une tache pour l’Eglise romaine mais un personnage significatif si l’auteur maîtrisait mieux la stratégie générale du Vatican, notamment sa politique d’expansion vers l’Est mise en œuvre en alliance avec l’Empire austro- hongrois puis avec le Reich allemand : le nonce en Allemagne, secrétaire d’Etat, puis pape, appliqua, certes avec enthousiasme, une ligne germanique qui était celle de la papauté, Pie XI inclus. Catholique scrupuleux envers l’institution (il innocente aussi l’épiscopat allemand qui, nommé par le nonce et par le gouvernement allemand réunis, ne se distingua jamais de ses tuteurs), l’auteur ne mérite pas l’indignité dont l’a accablé en France le catholicisme institutionnel. La production historique a établi depuis plus de trente ans, hors de France surtout, que Pie XII fut « le pape de Hitler » (titre original du livre) : est-il scandaleux d’être choqué par le projet de béatification d’un des papes les plus antisémites, germanophiles et intégristes du siècle ?" (Annie Lacroix-Riz, Le Monde diplomatique, nov. 1999)

307.          CRAIG (William). La Chute du Japon.  Laffont,  1969, in-8°,  411 pp, 16 pl. de photos hors texte, 2 cartes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Récit très détaillé de la reddition du Japon en 1945. La puissante machine industrielle de l'Amérique était sûre de l'emporter. Les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki accélérèrent la fin. Non sans heurts. Certains officiers ne voulaient pas accepter la défaite. Beaucoup se suicidèrent. Récit très sérieusement documenté, d'un grand intérêt historique et humain, quelquefois gâché par une tournure d'esprit journalistique (le premier ministre avait mal au pied, l'hôtesse de l'avion était blonde, etc.)." (Revue des Deux Mondes, 1969)

308.          FERRO (Marc). Ils étaient sept hommes en guerre, 1918-1945. Histoire parallèle.  Laffont,  2007, gr. in-8°,  365 pp, sources et documentation, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Staline, Hitler, Churchill, Mussolini, de Gaulle, Hiro-Hito, Roosevelt. Sept titans dressés les uns contre les autres en un combat planétaire. Héroïques ou maléfiques. conquérants ou résistants, naïfs ou retors, ils ont modelé le monde qui est le nôtre aujourd'hui. Leur rôle personnel, au-delà des grands mouvements d'idées qui ont marqué le XXe siècle, garde pourtant une part de mystère. Pour mieux le saisir - et ainsi éclairer les événements survenus entre 1918 et 1945 -, Marc Ferro observe la Seconde Guerre mondiale à travers le regard de chacun de ces personnages hors norme et confronte les points de vue. Sous nos yeux, les acteurs de l'Histoire se séduisent et se déchirent, se lient et se trahissent en un jeu de haine et de fascination qui va décider de l'avenir des peuples. Un regard nouveau sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Des documents méconnus ou inédits.

309.          FERRO (Marc). Pétain.  Fayard,  1987, fort in-8°,  ix-789 pp, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Jusqu'en 1940, le maréchal Pétain est unanimement célébré comme le vainqueur de Verdun. Cinq ans plus tard, il est reconnu coupable de haute trahison et échappe de justesse à la peine de mort. Passant brutalement de la vénération à la haine, les rapports qu'il a entretenus – et que sa mémoire entretient encore – avec les Français sont ce que Marc Ferro nomme une "relation incommunicable", qu'il entreprend d'éclaircir dans cet ouvrage devenu classique. Contrairement à une biographie ordinaire, l'auteur a pris le parti de commencer son étude en 1940, pour ensuite tenter d'expliquer systématiquement, dans une vivante chronique, les faits et gestes de Pétain par des retours incessants sur son passé, sans chercher pour autant à instruire un procès à charge ou à décharge. Cet ouvrage, qui s'appuie sur de nombreux documents inédits et surprenants, exprime la volonté de son auteur, ancien résistant et élève de Fernand Braudel, de comprendre le rôle de Pétain à Vichy.

310.          FERRO (Marc). Revivre l'histoire. Autour d'« Histoire parallèle ». Lettres choisies et présentées par Marc Ferro, en collaboration avec Claire Babin.  Liana Levi, ARTE Editions,  1995, in-8°,  313 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, qqs annotations stylo, bon état (Coll. Ecrit-Ecran), envoi a.s.

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Depuis la création de son émission "Histoire parallèle" en 1989, Marc Ferro a reçu de nombreux et précieux témoignages de téléspectateurs. Les réunir pour la douloureuse période de la Seconde Guerre mondiale, c'est ce que propose ici l'historien. Tous ces « souvenirs parallèles » nous font revivre l'histoire à la première personne. Certains apportent des précisions sur le déroulement de la vie quotidienne, d'autres sur des faits d'armes et de résistance, d'autres encore sur des éléments inédits de l'histoire. Un portrait de la société française et de la société allemande pas tout à fait conforme à l'image qu'en donnent les historiens...

311.          GUERIN (Alain). Chronique de la Résistance. Préfaces de Marie-Madeleine Fourcade et de Henri Rol-Tanguy.  Omnibus,  2000, fort in-8°,  1806 pp, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Plus de quatre cents témoignages, recueillis de la bouche même des protagonistes, sont à l'origine de cette Chronique de la Résistance qu'ils nourrissent, page après page. "Celui qui croyait au ciel" et "celui qui n'y croyait pas" ; le plastiqueur et le "pianiste" ; le militant du PCF clandestin et l'agent du BCRA londonien ; le maquisard et l'agent de liaison ; le "corps franc" et la "boîte aux lettres" ; le torturé et l'évadé ; "l'apatride" des FTP-MOI et l'officier des "Travaux ruraux" ; celui de l'AS (Armée secrète) et celui de l'AJ (Armée juive) ; l'ancien des Glières et l'ancien du Mont Mouchet ; le FFI et le FFL ; celui de "l'Intelligence Service" et celui de "l'Orchestre rouge"... – c'est à montrer ce qu'ils furent, comment ils vivaient et comment ils mouraient, que s'attache le livre d'Alain Guérin.

312.          LEVISSE-TOUZÉ (Christine)(dir.). Paris 1944. Les enjeux de la Libération.  Albin Michel,  1994, gr. in-8°,  573 pp, 12 pl. de photos hors texte, chronologie, index, broché, couv. illustrée, bon état

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La libération de Paris revêt un caractère très particulier dans l'histoire de la France. C'est la libération de la capitale. Paris constituait un enjeu moral et politique essentiel. La logique militaire américaine voulait qu'on évitât Paris et la prudence qu'on attendît de braver l'occupant et d'exposer la Ville et sa population à l'imprévisible. Sur ces questions fondamentales, bien des points de vue ont été confrontés. L'originalité de cet ouvrage collectif est de situer l'événement dans une plus large perspective sur le plan des enjeux stratégiques, militaires et politiques. De Maurice Schumann à Pierre Messmer, du général Massu au colonel Rol-Tanguy, cet ouvrage remarquable rassemble des témoignages et des contributions de chercheurs français, américains, britanniques, allemands, italiens, polonais, russes, qui, au-delà de l'hommage rendu aux combattants de la libération de Paris et au futur maréchal Leclerc de Hauteclocque, obligent à réfléchir sur un de ces moments exceptionnels de notre histoire. – Actes du colloque (2-4 février 1994) tenu à l'occasion du 50e anniversaire de la Libération de Paris. — "Décrivant l'insurrection et ses préparatifs, l'ouvrage dirigé par Christine Levisse-Touzé traite aussi des lendemains de la Libération ce qui nous vaut des pages bien senties sur les manifestations du 26 août ou les premières décisions du pouvoir. Mais l'ouvrage retrace également les enjeux internationaux, militaires ou symboliques, que revêt la prise de la capitale. Si les Alliés n'accordent qu'une importance limitée à la Ville-lumière, l'état-major allemand, en revanche, tient à conserver Paris, tant pour des raisons de prestige que pour assurer la retraite de ses troupes. Mais l'impossibilité de tenir la ville conduit les commandements locaux et régionaux à ignorer ces directives et à mener une stratégie personnelle fort bien décrite par les historiens allemands. En offrant une lecture plurielle et internationale de la libération de Paris, le livre offre donc du neuf." (Olivier Wieviorka, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1996)

313.          LUKACS (John). Churchill, Londres, Mai 1940.  Odile Jacob,  2002, gr. in-8°,  251 pp, traduit de l'anglais, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Mai 1940... les troupes allemandes sont parvenues jusqu'aux côtes de l'Atlantique. L'Europe est à genoux. Pendant plusieurs jours, au 10 Downing Street, une terrible question est débattue entre les hauts responsables britanniques : faut-il négocier avec Hitler ou bien le combat est-il encore possible ? Avec quels moyens ? Quel espoir reste-t-il ? Voici le récit des quelques jours qui ont fait basculer l'histoire et le monde. John Lukacs y montre avec brio comment Winston Churchill, tout juste arrivé au pouvoir, a su influencer aussi bien son entourage immédiat, ses rivaux politiques que l'opinion publique pour se lancer avec résolution dans une suite de batailles pourtant réputées perdues d'avance... Une leçon politique qui est aussi une leçon de courage. — "Le livre de John Lukacs a pour objet ce moment dramatique du siècle passé, dont l’auteur, ancien professeur d’histoire contemporaine dans diverses universités de l’Est des États-Unis, juge qu’il a été un tournant, et en réalité le grand tournant de la Seconde guerre mondiale, plus encore que la bataille d’Angleterre, l’entrée en guerre des Etats-Unis ou la bataille de Stalingrad. La décision du cabinet de guerre et du gouvernement, que Lukacs attribue à l’action de Churchill, marqua selon lui la première défaite majeure d’Hitler qui y perdit toute chance de l’emporter de manière définitive en Europe, ne pouvant imposer à la dernière puissance qui s’opposait à lui un traité de paix défavorable qui l’aurait contrainte à lui abandonner le continent. Même si dès mai 1940 la Grande-Bretagne se trouvait dans l’impossibilité de gagner la guerre contre l’Allemagne nazie, elle avait su ne pas la perdre, grâce à la fermeté et à la force de caractère de son Premier ministre, assumant avec courage une attitude de responsabilité et de refus du compromis avec l’inacceptable. Or ce choix décisif, malgré ce que semble indiquer la discrétion de Churchill et de Halifax sur la question dans leurs mémoires ou leurs papiers privés, fut d’après Lukacs conquis de haute lutte par Churchill qui eut à triompher d’une opposition résolue à ce jusqu’au-boutisme patriotique, celle du ministre des affaires étrangères Lord Halifax lui-même, qui, se faisant le porte-parole des inquiétudes mais aussi des ambiguïtés politiques des élites gouvernementales, avait proposé, au plus fort de la bataille de Dunkerque, d’entamer des négociations avec l’ennemi pour éviter le pire, dans le cadre d’un règlement global des conflits à l’échelle européenne. John Lukacs fait ici l’histoire des cinq jours qui furent à ses yeux décisifs pour cette victoire du courage sur la compromission, du vendredi 24 au mardi 28 mai 1940, en suivant par le menu les neuf réunions du cabinet de guerre qui virent s’affronter le Premier ministre et son collègue des affaires étrangères et l’emporter le premier sans que le second ne se trouve humilié d’avoir eu le dessous et sans que la coalition des conservateurs ne se fissure..." (Blaise Wilfert, Cahiers Jaurès, 2003)

314.          MESNIL-AMAR (Jacqueline). Ceux qui ne dormaient pas. Journal, 1944-1946.  Stock,  2009, in-8°,  216 pp, préface de Pierre Assouline, broché, bon état

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Ce livre est le journal intime tenu par l'auteur (1909-1987) depuis l'arrestation par la Gestapo de son mari, résistant juif, jusqu'à l'évasion de celui-ci du wagon qui l'emmenait, lui et ses camarades, à Auschwitz ; autrement dit du 18 juillet au 24 août 1944. Elle confie à son journal ses inquiétudes d'abord, l'amour immense qui la lie à son mari pour qui elle craint les tortures et la mort ; mais elle raconte aussi le quotidien d'une femme de la bourgeoisie juive française, très assimilée, très cultivée, dont l'enfance s'est déroulée dans les beaux quartiers de Paris et qui découvre avec la guerre qu'être française juive ce n'est pas tout à fait la même chose qu'être française non-juive. Dans ce Paris de la Libération – juste avant, juste après –, elle erre, cherchant refuge ici et là avec sa fille d'une dizaine d'années ; retrouvant des camarades du même réseau, se souvenant de la vie « d'avant », avant la déchirure de la guerre. Après la guerre, Jacqueline Mesnil-Amar a publié dans le Bulletin du service central des déportés israélites quelques articles sur la déportation, dont un sur les enfants, assurément le plus poignant. Ils sont repris ici. Ce qui frappe dans ce livre, c'est l'extraordinaire qualité d'écriture au service d'une émotion toujours retenue, mais constante ; c'est la force d'un style à nul autre pareil, qui prend le lecteur dès les premiers mots. Ce livre a paru en 1957 aux éditions de Minuit, trop tôt sans doute, à une époque où tout le monde était désireux de tourner la page. Il reparaît ici inchangé.

315.          ORDIONI (Pierre). Entre Rome et la France, 1926-1946. Un catholique dans la tempête.  Albatros,  1992, in-8°,  298 pp, broché, bon état

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Pierre Ordioni, diplomate de arrière, Colonel de réserve et commandeur de la Légion d'Honneur pour faits de guerre, a combattu de 1939 à 1945 pour une certaine France. Historien, il s'est toujours trouvé comme acteur dans l'oeil du cyclone, en Lorraine, en captivité, à Vichy, à Alger... et à Rome après la capitulation allemande. Pie XII a joué l'Allemagne contre l'URSS ; De Gaulle, la Russie de Staline contre les alliés occidentaux ; l'Angleterre, en 1939, responsable de la guerre à l'Ouest, les Etats-Unis, en 1943, responsable de la mainmise de Staline sur toute l'Europe de l'Est. L'auteur, par les missions qui lui ont été confiées, se trouve être un témoin exceptionnel de son temps...

316.          PAXTON (Robert O.). L'Armée de Vichy. Le corps des officiers français, 1940-1944.  GLM, Tallandier,  2003, in-8°,  586 pp, traduit de l'anglais, postface historiographique de Claude d'Abzac-Epezy, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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"Etude très documentée et sérieuse sur le corps des officiers sous le régime de Vichy. R.O. P. s'est appuyé sur les archives des forces d'occupation allemandes, sur celles de la Commission d'armistice, des procès des généraux de Vichy devant la Haute Cour, sur des documents inédits, et enfin il a interrogé une cinquantaine d'officiers de Vichy. La croyance au « double jeu » du régime de Vichy explique selon lui que, dans l'ensemble, les officiers de carrière n'aient pas joué un rôle important dans la Résistance et la Libération de la France." (Revue française de science politique)

317.          PUCHEU (Pierre). Ma vie. Notes écrites à Ksar-es-Souk, à la prison militaire de Meknès et à la prison militaire d'Alger.  Amiot-Dumont,  1949, in-8°,  380 pp, 9 pl. de documents hors texte, broché, couv. illustrée d'un portrait de Pucheu, bords de la couv. renforcés avec du scotch, état correct (Coll. Archives d'histoire contemporaine). Edition originale

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"L'exécution de Pucheu, le 22 mars 1944, est le sang du sacrifice qui scelle l'alliance de la Résistance et de De Gaulle." — "Le lundi 20 mars 1944, à six heures du matin, sur l'hippodrome d'Alger, un adjudant tirait un coup de revolver - le coup de grâce - dans la tempe d'un homme qui, quelques secondes auparavant, devant le poteau dont il refusait l'appui, avait tenu à commander lui-même le peloton d'exécution. Cet homme était Pierre Pucheu, ancien ministre de la Production industrielle et de l'Intérieur du gouvernement du maréchal Pétain, condamné à mort par le "Tribunal d'Armée" d'Alger. La veille de cette exécution dramatique, le général de Gaulle, alors chef du Comité Français de Libération nationale, déclarait aux avocats du condamné : "Je garde mon estime à M. Pucheu. C'est un procès politique, j'en conviens, il n'y a presque rien dans le dossier lui-même..." Ce drame prend, à sa date, une signification historique marquante, car ce fut là le premier des grands procès de "collaboration". Il a été retracé par le bâtonnier Buttin dans son livre "Le procès Pucheu". Mais la personnalité de Pierre Pucheu, sa pensée et son action politique, son "message" restaient très imparfaitement connus. On les trouvera, fixés pour l'Histoire, dans ces pages qui sont le récit d'une vie et le testament politique d'un père de famille, d'un Français, que l'avenir de ses enfants et de son pays obsède. Le manuscrit en fut, de bout en bout, rédigé au crayon dans les divers lieux d'internement de Pierre Pucheu en Afrique du Nord, de juin 1943 à mars 1944. Le livre commence par le récit de son évasion mouvementée hors de la France occupée, à travers la frontière espagnole et par le rappel, d'une très émouvante simplicité, de sa jeunesse de petit boursier pauvre, depuis l'échoppe paternelle jusqu'à l'École Normale Supérieure. Puis vient l'entrée de Pucheu au gouvernement de Vichy. Nous participons à son opposition aux empiètements allemands, à sa volonté de reprendre le combat aux côtés des Alliés et d'y entraîner le maréchal Pétain, puis, devant son échec, à sa décision de se mettre à la disposition du général Giraud qui, inconsciemment, l'amena dans cette sorte de guet-apens par lequel, après neuf mois d'emprisonnement et quelques audiences d'un procès prématuré, il devait trouver une mort ignominieuse, mais malgré tout, grâce à lui, d'une incontestable grandeur. Cette confession bouleversante est rehaussée de portraits de la plus vive lucidité, qui sont d'un véritable écrivain : ceux, par exemple, du maréchal Pétain, de Pierre Laval, de l'amiral Darlan, de François Piétri, du Comte de Paris, des cardinaux Suhard, Gerlier et Liénart - de méditations aussi et de projets de réformes sociales qui montrent que Pierre Pucheu était une tête politique et de vues profondes. Il n'est pas douteux que "Ma vie" de Pierre Pucheu restera comme un témoignage humain de premier plan et l'un des documents essentiels de l'histoires des années 1939-1945." (4e de couverture)

318.          REGNIER-LECLERC (Anne). Le Dilemme d'Alger. Le débarquement en Afrique du Nord. Novembre 1942.  Voreppe, Chez les Auteurs,  2012, in-8°,  528 pp, 2 photos, une carte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, les forces françaises d'Afrique du Nord ouvrent le feu sur les Anglo-Américains qui cherchent à débarquer à Alger, Oran et Casablanca. Le 10 novembre, l'amiral Darlan signe un armistice. Dans la nuit du 10 au 11, les combats s'arrêtent. Ce délai apparaît à la fois bien court et bien long. Les autorités françaises s'attendaient-elles à ce débarquement ? Si tel était le cas, pourquoi avoir attendu deux jours pour signer un armistice et quinze heures de plus pour cesser les hostilités ? Pourquoi la marine se montre-t-elle particulièrement réactive pour engager les combats comme pour soutenir le processus de paix ? Le 8 novembre 1942, le vice-amiral Leclerc, grand-père maternel de l'auteur, est commandant de la marine dans un des trois secteurs de débarquement, celui d'Alger et de l'est algérien. Il a été auparavant chef d'état-major de l'Amiral Nord lors de l'évacuation de Dunkerque, en captivité à Koenigstein de juin 40 à juin 41, puis chef d'état-major de l'Amiral Sud, avant d'assurer l'intérim du commandement de la marine à Oran. Il prendra le commandement de la marine en Tunisie, après la libération de ce territoire en 1943. Mettre en relief les problématiques, associer pour y répondre ouvrages généraux et ouvrages spécialisés, faire contribuer le témoignage familial à l'analyse historique, qui reste première dans ce livre, est la façon dont l'auteur, Anne Regnier-Leclerc, a choisi de faire revivre ce moment tournant de la guerre. Elle le fait en se centrant sur les questions de politique extérieure, sans entrer dans une appréciation, sous l'angle de la politique intérieure, du pouvoir en place en 1942." (4e de couverture)

319.          SCHMITT (Général). Toute la vérité sur le procès Pucheu, par un des juges.  Plon,  1963, in-8°,  280 pp, sources, broché, bon état

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Le procès de Pierre Pucheu, qui fut ministre de l’intérieur du gouvernement de Vichy, a eu lieu à Alger en mars 1944 devant le tribunal d’armée et se termina, on le sait, par la condamnation à mort et l’exécution de l’accusé. Ce fut le premier des grands procès dits de collaboration, mais malgré le bruit qu’il fit à l’époque il était jusqu’ici assez mal connu ; la polémique qui s’en est emparé était sans doute le principal responsable... Dans le contexte de l’opération Torch, Pierre Pucheu sollicite auprès du général Giraud un sauf conduit lui permettant de se rendre à Alger et d’être incorporé dans une unité combattante. Pierre Pucheu débarque à Casablanca le 6 mai 1943. Aussitôt il est mis en résidence surveillée dans le Sud marocain puis transféré à Ksar-es-Souk. Faute de réponse du général Giraud, Pierre Pucheu fini par écrire le 7 août 1943 au général de Gaulle pour l’informer de l’accord de Giraud pour son séjour en AFN et du fait qu’il est prêt à rejoindre une unité combattante avec le grade le plus modeste si nécessaire et ce en abandonnant toute activité politique. Pas de réponse, mais un transfèrement à la prison civile de Meknès. En métropole le 30 août 1943, le Comité centrale de la résistance se prononce sur le cas Pucheu d’une manière extrêmement dure : « Pierre Pucheu, ancien ministre de l’Intérieur de Vichy, pourvoyeur des prisons et des fusillades, reconnu coupable de complicité d’assassinat, est condamné à mort par le peuple français ». — "La condamnation de Pucheu, assassinat légal selon la formule de Robert Aron, décision politique prise au nom de la « raison d'Etat » ou application de la législation de droit commun ? C'est cette dernière thèse que soutient l'auteur, membre du tribunal d'armée qui rendit la sentence à Alger. Justifiant la condamnation à mort, il semble cependant avoir souhaité, selon le vœu formulé par le tribunal, que la peine ne fût pas exécutée." (Revue française de science politique, 1964)

320.          SIMON (Joseph). Pétain mon prisonnier.  Plon,  1978, gr. in-8°,  429 pp, présentation, notes et commentaires de Pierre Bourget, 32 pl. de photos et de fac-similés, annexes, broché, couv. illustrée, qqs annotations et soulignures stylo, bon état

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Les six ans de la captivité de Pétain (1945-1951) racontés par son « geôlier ». Le 27 avril 1945, Joseph Simon "réceptionne" dans la cour du Fort de Montrouge, le Maréchal de France Philippe Pétain. Il sera son gardien dans ses prisons successives, au fort du Portalet, à la citadelle de Pierre-Levée à l'île d'Yeu.  Pendant près de quatre ans et demi, témoin privilégié, Joseph Simon a reçu les confidences les plus étonnantes de « son » prisonnier, recueilli ses propos les plus extraordinaires, enregistré ses réactions les plus intimes. Ce mémorial de la captivité ouvre des perspectives nouvelles sur l'un des prisonniers les plus secrets de l'époque contemporaine. Ce document constitue un fragment d'Histoire à l'état brut. Sans précédent dans l'histoire contemporaine, ce témoignage est à la captivité de Pétain ce que les carnets de Bertrand sont à celle de Napoléon à Sainte-Hélène: à ce titre, il est indispensable à la compréhension de la psychologie du vainqueur de Verdun qui fut aussi l'homme de Montoire...

321.          SIMONI (Léonardo). Berlin, ambassade d'Italie, 1939-1943. Journal d'un diplomate italien.  Laffont,  1947, fort in-12,  492 pp, traduit de l'italien, index des noms, broché, couv. à rabats, pt bande de scotch en haut et bas du dos, papier lég.  jauni, bon état (Coll. Pavillons). Peu courant

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Leonardo Simoni est le pseudonyme de Michele Lanza, collaborateur des ambassadeurs italiens Attolico puis Alfieri, en poste à Berlin entre 1939 et 1943. — "Le livre de Leonardo Simoni apporte une importante contribution à l’histoire de la dernière guerre. Ce jeune diplomate italien fut, en effet, nommé en octobre 1939 à l’Ambassade de son pays à Berlin et il y resta en fonctions sans interruption jusqu’en septembre 1943. Son journal, tenu minutieusement pendant tous les importants événements, nous confirme ce que nous savions déjà par d’autres observateurs, souvent moins pénétrants, sur la psychologie des chefs de la coalition germano-italienne. Leonardo Simoni les a vus de très près agir, penser, discourir. Il a pu faire, à titre officiel, des séjours au quartier général de Hitler sur le front de l’Est et en diverses villes d’Allemagne. Ce diplomate est le type de l’italien possédé par une véritable haine du Germain, mais elle n’obscurcit pas son regard toujours lucide et pénétrant. Il trace à maintes reprises un portrait étonnant de vie et de sympathie d’Attolico, ambassadeur d’Italie à Berlin, puis donne de son successeur, Alfieri, une image non moins véridique, mais beaucoup moins indulgente. Nous voyons à travers ce récit passer les grands protagonistes du drame : Ribbentrop, Ciano, Keitel, le général d’aviation Udet, Gœring et Hitler lui-même ; il dépeint de main de maître certaines entrevues historiques telles que la visite que, chargé de mission par le maréchal Badoglio, il a rendue à Hitler après le départ de Mussolini (29-30 juillet 1943)..." (Edmond Delage, Revue Défense nationale, 1948) — "Un diplomate italien, qui a été à l'ambassade de Berlin d'octobre 1939 à septtembre 1943, publie à son tour un « journal ». Jour par jour, de cet admirable poste d'observation, il note informations et impressions. Leonardo Simoni évoque toutes sortes de scènes qui laissent l'impression de la réalité vécue." (Maurice Baumont, Revue Historique, 1950)

322.          STITT (Cap. de frégate Georges). Sous le commandement de l'amiral Cunningham. La Campagne de Méditerranée, 1940-1943.  Payot,  1946, in-8°,  222 pp, 11 cartes et plans, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre)

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"Ce livre donne les récits détaillés de plusieurs des plus importantes opérations navales de la Méditerranée en 1940-1941 et essaie de lever le voile qui couvre encore cette période émouvante et fantastique. Les deux dernières années (1942 et 1943) jusqu'à la reddition de la Flotte italienne, sont traitées dans un épilogue..." (Introduction)

323.          SUVOROV (Victor). Le Brise-Glace. Juin 1941 : le plan secret de Staline pour conquérir l'Europe.  P., Olivier Orban,  1989, gr. in-8°,  314 pp, traduit du russe, 16 pl. de photos et cartes hors texte, annexes, biblio, index, broché, soulignures stylo, bon état

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"Cinquante ans après, voici venu le temps des révélations. Ce livre explosif et polémique renverse toutes les certitudes sur l'URSS et la Seconde Guerre mondiale. A partir des sources soviétiques, Victor Suvorov démontre que le pacte germano-soviétique et la stratégie suivie de 1936 à juin 1941 s'inscrivaient dans un plan machiavélique de Staline : écraser l'Allemagne et conquérir une Europe exsangue. Hitler devait servir de "brise-glace" à la révolution mondiale. Staline avait constitué une armada de chars ultra-rapides pour fondre sur les autoroutes allemandes, mobilisé la plus grande armée de parachutistes au monde à laquelle succéderait un million de kagébistes pour installer la terreur dans l'Europe occupés. Tel était le "plan de libération" de Staline qu'Hitler devança de quelques semaines..." - Derrière le pseudonyme de « Suvorov » se dissimule en fait Vladimir Rezun, ancien officier de l’Armée rouge et du G.R.U. passé à l’Ouest en 1978.

324.          TASCA (Angelo). Vichy 1940-1944. Quaderni e documenti inediti di Angelo Tasca. Archives de guerre d'Angelo Tasca, a cura di Denis Peschanski.  Paris-Milan, Editions du CNRS, Feltrinelli,  1986, fort gr. in-8°,  xxii-749 pp, notes, notices biographiques, index, reliure illustrée de l'éditeur, un coin lég. abîmé, bon état

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"Les Archives de guerre d'Angelo Tasca, d'où est tiré cet ouvrage, sont conservées à la Fondation Feltrinelli de Milan, un des fonds privés les plus importants sur la France des années de guerre. Saluons l'initiative d'une Fondation italienne qui a eu la hardiesse de publier un ensemble dont les textes sont pour l'essentiel écrits en français. Dès l'abord soulignons l'intérêt exceptionnel de ce livre pour la connaissance du régime de Vichy. La première partie de cet ouvrage, constituée par une série d'études dues à des historiens français et italiens, s'ouvre par une pertinente analyse de la nature du régime exposée par Denis Peschanski, le maître d'œuvre de La seconde partie est faite d'un ensemble de documents sélectionnés dans les archives d'Angelo Tasca (textes de conférences, comptes rendus, rapports officiels) intéressant principalement le gouvernement de Vichy dans la période 1940-1942. Enfin la troisième partie nous permet de lire le passionnant journal de guerre d'Angelo Tasca, ses « cahiers » rédigés de janvier 1942 à l'été 1944 dans lesquels il consigna des conversations avec des personnalités du régime, Paul Marion, François Chasseigne, Armand Petitjean, Paul Rives, Georges Albertini, Marcel Déat ; ce journal se clôt par le « journal de l'épuration » qu'Angelo Tasca a tenu durant les quelques semaines que dura son emprisonnement à l'été 1944. Cet ensemble documentaire jusque là inédit éclaire de façon nouvelle le interne du régime de Vichy et révèle dans toute sa complexité de ceux qui, venus de la gauche comme Angelo Tasca, se sont retrouvés, à divers titres, partie prenante de l'expérience de Vichy." (Nicole Racine-Furlaud, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1988)

325.          TAYLOR (Thomas). Un homme de guerre. Le roman épique du général Orde Wingate.  Laffont,  1990, gr. in-8°,  494 pp, traduit de l'américain, broché, couv. illustrée, bon état, bande éditeur conservée (“Indiana Jones pour de vrai” – John Del Vecchio)

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"Ce fut un homme de génie, choisi par le destin" dit Winston Cgurchill en évoquant l'homme de guerre le plus controversé du XXe siecle, Orde Wingate. Encensé par ses alliés américains et israéliens, admiré à contrecoeur par ses ennemis italiens et japonais, Wingate l'iconoclaste a vécu ses batailles les plus farouches contre la hiérarchie de sa propre armée, l'armée britannique, qu'il conduisit à ses premières victoires sur deux continents au cours de la Seconde Guerre mondiale. Mais sa renommée date d'avant cela. Cousin de Lawrence d'Arabie, Wingate forgea une petite armée de rebelles au Proche-Orient parmi lesquels on comptait les fondateurs de l'Etat d'Israël qu'il était prêt à mener contre les nazis. Snobé par le haut commandement britanique, il reussit à paser au service de l'empereur d'Ethiopie lancé à la reconquête de son royaume désormais sous la coupe de Mussolini – c'était là une mission aussi romantique qu'impossible à laquelle seul un Wingate pouvait croire. Echapant de peu à la mort, Wingate s'embarqua alors dans ce qui passait aux yeux des généraux britanniques pour une nouvelle aventure proche du sacrifice – il s'agissait cette fois de bouter les invincibles japonnais hors de la Birmanie. Lancé comme une grenade au beau milieu des lignes arrière japonaises, à la tête d'un commando-suicide baptisé "les Chindits", il inventa cette stratégie moderne d'attaque sur tous les fronts qui servit de modèle aux "maraudeurs" de Merrill. Wingate fut aussi le premier général depuis Hannibal à utiliser les éléphants, et le dernier à combattre avec ses hommes et à tuer de ses propres mains. Peu importe la méthode, il gagnait toujours... jusqu'à ce qu'un jour, il disparût, mystérieusement et à jamais.

326.          WAILLY (Henri de). 1940. L'effondrement.  Perrin,  2000, in-8°,  410 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs rares annotations stylo, bon état

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Soixante ans après le désastre de mai-juin 1940, dont la dimension a été de plus en plus réduite et déformée au cours des trois dernières décennies alors qu'elle est la clef du régime de Vichy et du comportement attentiste des Français sous l'occupation, l'objectif d'Henri de Wailly est de restituer la réalité telle qu'elle ressort des textes et témoignages de l'époque, et non des écrits et discours postérieurs. Cette réalité, c'est l'effondrement du pays tout entier, pas seulement de l'armée. La déroute de cette dernière est d'ailleurs suffisamment connue et expliquée pour que l'auteur n'en rappelle que certains épisodes particulièrement frappants. Huit à dix millions de civils se sont, sans aucun recours, répandus sur les routes, abandonnés à tous les dangers. Des dizaines de milliers en mourront. Préfets, maires, pompiers, police, même la gendarmerie – sur ordre ! –, pratiquement tout disparaît devant l'invasion. Nul n'échappe à la décomposition. Et si l'Etat républicain, comme l'armée, s'effondre, le sens civique en fait autant. Le pillage de la France (du moins de la partie envahie) par les Français eux-mêmes atteint en 1940 des proportions encore jamais décrites. De nombreuses destructions d'archives tenteront de masquer, par la suite, les responsabilités de la IIIe République. La lecture de ce livre impose de réviser des tabous et des clichés concernant un passé souvent manipulé. Ni le soulagement ressenti par les Français à l'annonce de l'armistice, ni la longue adhésion de la majorité d'entre eux au maréchal Pétain ne peuvent être compris sans prendre toute la mesure de la débâcle militaire, administrative et morale de la France en juin 1940.

 

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

             

327.          BRANCION (Henri de). Commando Bergerol. Indochine 1946-1953.  Presses de la Cité,  1988, in-8°,  251 pp, 16 pl. de photos hors texte, 5 cartes et croquis, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Troupes de choc)

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Dès le commencement de la guerre d'Indochine, des commandos constitués de Vietnamiens ou de minorités sont constitués et menés par des sous-officiers ou de jeunes lieutenants afin de mener des opérations de contre-guérilla tant dans le delta tonkinois qu'en Cochinchine. Le commando Bergerol fut, avec celui de Vandenberghe, l'un des plus connus.

328.          CASTELLANE (Comte Pierre de). Souvenirs de la vie militaire en Afrique.  Hachette,  1856, in-12,  438 pp, troisième édition, reliure demi-basane noire, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés et caissons à froid (rel. de l'époque), bon état

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La Province d'Alger ; Zouaves et Spahis ; le Dahra ; le Khamis des Beni-Ouragh ; Une campagne d'hiver ; le Serrsous, le Sahara et le Grand Désert ; la Province d'Oran ; l'expédition de Kabylie (mai, juin, juillet 1851). — "Alger, si vous arrivez par mer, vous apparaît comme une ville endormie le long d'une colline, calme et insouciante au milieu des fraîches campagnes qui l'entourent ; mais si vous approchez, si vous pénétrez dans ses murailles blanchies, vous vous apercevez bientôt que cette apparence nonchalante cache une activité tout européenne. C'en est fait, Alger la musulmane disparaît chaque jour pour faire place à la cité française. De la terrasse d'une maison où nous avions reçu une bienveillante hospitalité, nous ne pouvions nous lasser de regarder cette foule agitée, où personne ne marche, où tout le monde court..."

329.          CHEVILLION (Chef d'escadron). Ecole spéciale militaire inter-armes. Géographie économique.  Saint-Cyr-Coetquidan, atelier d'impression,  1955, in-4° (21 x 27),  160 pp, texte dactylographié, paginé par chapitres, broché, bon état (année 1954-1955)

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1. Les essais d'adaptation de l'Europe occidentale depuis 1945 ; 2. La mise en valeur de l'Afrique Noire ; 3. Le Commonwealth ; 4. La puissance économiques des USA ; 5. La puissance économique de l'URSS ; 6. L'Union française.

330.          CHEVILLION (Chef d'escadron). Ecole spéciale militaire inter-armes. Géographie militaire. Théâtres d’opérations. Année scolaire 1954-1955.  Saint-Cyr-Coetquidan, atelier d'impression,  1955, in-4° (21 x 27),  164 pp, texte dactylographié, paginé par chapitres, 5 cartes hors texte (Plaine germano-polonaise, Europe centrale hercynienne, Europe centrale alpine, Indochine, Sahara oriental), broché, bon état

            20

1. Objet et méthode d'une géographie militaire ; 2. Le Théâtre d’Opérations Europe Centrale : les grandes régions naturelles et T.O. (Théâtre d’Opérations) types - La plaine germano-polonaise : T.O. de plaine ; 3. L'Europe Centrale hercynienne : T.O. en terrain moyen ou terrain coupé ; 4. L'Europe Centrale alpine. Les Alpes orientales : T.O. de haute montagne ; 5. L'Europe Centrale alpine. Carpates et Balkans : T.O. de montagne ; 6. Le T.O. d'Indochine : les faits physiques ; 7. Le T.O. d'Indochine : les faits humains et économiques ; 8. Le T.O. désertique : De Suez à la Tunisie et au Tchad.

331.          DELPEY (Roger). Soldats de la boue. I. La Bataille de Cochinchine. II. La Bataille du Tonkin.  P., Jacques Grancher,  1992, 2 vol. in-8°,  276 et 237 pp, 32 pl. de photos hors texte, 2 lettres en fac-similé, 3 cartes, brochés, couv. illustrées, bon état

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Chaque guerre génère quelques livres qui deviennent des classiques. En 14-18, ce furent "Les Croix de Bois", de Roland Dorgelès et "A l'Ouest, rien de nouveau", d'Erich Maria Remarque. Après la "drôle de guerre", celle de 39-40, tous les jeunes Français lisaient "L'officier sans nom" de Guy des Cars. Pour l'Indochine ("l'Indo", comme disent les Anciens), "l'incontournable", le livre-référence est sans conteste "Soldats de la Boue", de Roger Delpey. Des générations entières le dévorèrent, il devint un classique au point que de nombreux auteurs utilisent le titre comme substantif, en nommant Soldats de la boue les combattants de la rizière. La guerre d'Indochine, les guerres d'Indochine devrait-on dire, appartiennent maintenant à l'Histoire. "Soldats de la boue", qui fut pendant de longues années le livre d'or des combattants et de leurs familles, est un témoignage de poids dans la "redécouverte de l'Indochine" à laquelle nous assistons. (4e de couverture)

332.          FARGETTAS (Julien). La Fin de la "Force Noire". Les soldats africains et la décolonisation française.  Les Indes savantes,  2018, gr. in-8°,  238 pp, 8 pl. de photos hors texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L’auteur rappelle en introduction que l’engagement des troupes coloniales dans les conflits de la décolonisation a nécessairement une nature différentes de leur engagement dans les deux conflits mondiaux : Pouvait-on faire confiance à des soldats issus des colonies alors que le recrutement et les formes de guerre évoluent durant cette période ? Outre les sources militaires Julien Fargettas s’est appuyé sur les témoignages des anciens tirailleurs. En huit chapitres l’auteur traite d’abord de la seconde guerre et ses conséquences immédiates puis de l’évolution du corps des Tirailleurs et de leur engagement dans les guerres de la décolonisation. L’auteur, docteur en histoire, a consacré sa thèse aux Tirailleurs sénégalais de la Seconde Guerre mondiale. — En septembre 1944, les fameux tirailleurs sénégalais, soldats africains de l'armée française originaires de l'ensemble des colonies françaises de l'Afrique subsaharienne, figurent parmi les libérateurs. L'hiver 1944-1945 est ainsi celui du revirement. Le soldat adulé devient un soldat honni dont on doute. Les incidents se multiplient avec, comme point d'orgue, la tragédie de Thiaroye, au Sénégal, où plusieurs dizaines de tirailleurs récemment rapatriés tombent sous les balles françaises. Mais le discrédit s'estompe face aux réalités du moment. Les tirailleurs sénégalais sont toujours les "dogues noirs de l'Empire" comme les surnomme Léopold Sédar Senghor en 1945 : insurrection du Constantinois en mai 1945, Damas, Maroc. Ils sont engagés dans la répression de l'insurrection malgache en mars 1947. Chacune de ces campagnes est alors marquée par la violence de la répression et par de nombreuses exactions. Ils représentent près de 20% du corps expéditionnaire français en Indochine en 1954. En Algérie, les Africains sont présents depuis le début du XXe siècle. Le contexte nouveau des guerres coloniales érode également l'un des autres fondements de la "Force Noire", celui de la confiance. La méfiance est alors généralisée, tous les signaux pouvant être interprétés au mieux comme une défiance, au pire comme une collusion entre colonisés. Pourtant, aucune défection collective ne vient marquer la période. Les désertions demeurent individuelles et rares. La période qui s'ouvre ainsi après 1945 est d'abord celle du retour la mission initiale, celle de la défense de l'Empire. Pourtant l'Empire n'existe plus dés 1946, laissant la place à l'Union Française puis à la Communauté. Parmi eux, certains connaitront des destins nationaux à la tête des nouveaux Etats africains : Mathieu Kerekou, Seyni Kountche, André Kolingba, Félix Maloum, etc. (4e de couverture)

333.          GARDER (Michel). Les Camarades.  La Table Ronde,  1964, in-8°,  361 pp, broché, couv. à rabats, bon état

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À Cannes, en 1925, dans un pensionnat pour fils d'émigrés russes, quatre jeunes garçons, Kolia, Serioja, Sacha et Youra reprennent à leur compte le serment d'amitié éternelle des Trois Mousquetaires. Dispersés par le destin, emportés par la tourmente de 1940, ils se retrouveront à l'âge d'homme dans des camps différents ou opposés, sous les uniformes français, américain, allemand et soviétique. Les lignes de leur vie se croiseront, décrivant des courbes opposées et cependant semblables. Usés, brisés en fin de compte, seule demeurera solide en eux-même la fidélité à leur amitié d'enfance en même temps qu'à leur patrie originelle. Depuis l'aube du nazisme jusqu'à la guerre des rizières en Indochine et les premiers combats d'Algérie, en passant par la vie soviétique au temps des purges, la drôle de guerre, les victoires allemandes sur le front de l'Est, le débarquement à Alger, Buchenwald, Stalingrad, la retraite de Russie, la Résistance, l'Allemagne sous les bombes, les héros de Michel Garder traversent tous les grands bouleversements de l'histoire contemporaine. Les thèmes du grand tragique collectif de notre temps reviennent ainsi en contrepoint avec ceux de la fidélité aux valeurs d'enfance et de l'inaltérable amitié. Fresque épique dans la ligne des grands romans russes du siècle dernier, "Les Camarades" veulent être aussi le poème de la tendresse virile. L'auteur ne prétend pas juger, il entend seulement comprendre, aimer et faire aimer.

334.          GRAUWIN (Médecin-Commandant). J'étais médecin à Diên Biên Phu.  France-Empire,  1954, pt in-8°,  382 pp, 12 pl. de photos hors texte, plans et croquis, reliure demi-chagrin acajou à bandes, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couvertures et plats de la jaquette illustrée conservés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Edition originale

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Placé au centre de cette hécatombe que fut la dernière bataille de l'histoire de l'Indochine française, le docteur Grauwin, chirurgien du camp, décrit cette bataille meurtrière avec ses nombreux morts et blessés. — Le 7 mai 1954, après cinquante-six jours de combats acharnés contre les forces du Viêt-Minh, la garnison française du camp retranché de Diên-Biên-Phu cessait le feu. Des deux côtés les pertes en hommes étaient terribles ; 7.000 tués et 15.000 blessés chez l'adversaire, 80% des effectifs de paras et de légionnaires mis hors de combat. Placé au centre de cette hécatombe, le médecin-commandant Paul Grauwin, chirurgien du camp, a écrit de ce drame, qui constitue la dernière page de l'histoire de l'Indochine française, l'un des récits les plus hallucinants et les plus bouleversants que la guerre ait jamais inspirés. (...) Durant cinquante-six jours et cinquante-six nuits, s'enfonçant à la fin dans la boue jusqu'aux mollets, assisté par quelques infirmiers puis, à partir du 13 mars, par une convoyeuse de l'air au nom aujourd'hui légendaire, Geneviève de Galard, mille cinq cents fois lemédecin-commandant Grauwin s'est penché sur un champ opératoire. Comme un chemin de croix, le processus chirurgical se déroulait. Les blessés, les opérés, bloqués de plus en plus nombreux dans un espace réduit, transformaient l'antenne chirurgicale en un étrange hôpital qui aurait mieux été à sa place sur une rive du Styx. Les cris, la boue, le sang, la pourriture, la puanteur, la chaleur terrible... et la défaite !

335.          HORA (Cdt Charles). Debout, la Légion ! Souvenirs recueillis par Paul Vincent.  Editions de la Pensée Moderne,  1971, in-8°,  284 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Intéressants souvenirs du commandant de Légion Charles Hora (1908-1989). Né d'un père tchèque et d'une mère japonaise, il bourlingua de par le monde et particulièrement en Amérique du Sud avant de s'engager dans la Légion. On le suit de la Tchécoslovaquie envahie par Hitler à ses combats dans les forces spéciales de la France Libre en passant par Sidi Bel Abbès. Puis ce sera l'armée tchèque et la fuite du pays contrôlé par les communistes, le réengagement dans la Légion pour la guerre d'Indochine, un passage par la Corée et enfin la guerre d'Algérie ! Un destin exceptionnel avec un attachement permanent pour la Légion Etrangère dans une période bien exceptionnelle. Le style est alerte et ces souvenirs valent le détour. — "Charles Hora dit-il , l’auteur et le héro de ce récit a connu très tôt le “baroud“. Dès l’âge de huit ans, il était prisonnier par les Chinois à Shanghai, pendant la “guerre des Concessions”. Il devenait d’ailleurs peu après le plus jeune évadé du monde, puisqu’il leur faussait compagnie et regagnait sans encombres la demeure de ses parents. Avant d’entrer à la Légion, il connu une vie aventureuse en Amérique du Sud. Puis ce fut la guerre 1939-1945, qu’il fit en temps que légionnaire, le retour en Tchécoslovaquie à la Libération. Libération si l’on veut, dit Charles Hora, car il y connut de nombreux ennuis avec les communistes. Il réussit à leur fausser compagnie et s’engage, pour longtemps cette fois-ci à la Légion. Il est de tous les coups durs : Indochine, Corée, Afrique du Nord. Il “fait“ du renseignement, de la lutte anti-terroriste, affronte les patrouilles chinoises en compagnie de son chien Dan. Entré deuxième classe à la Légion, sorti commandant. Charles Hora est une sorte de Du Guesclin sympathique." (L'Editeur)

336.          HOURTOULLE (François Guy). La Plaine des Joncs. Histoire d'un choix.  Librairie de la Nouvelle Faculté,  1975, in-8°,  201 pp, broché, bon état