Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 385 – Mai 2019

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  ANQUETIL (Pierre-Louis) et Léonard GALLOIS. Histoire de France d'Anquetil, continuée depuis la Révolution de 1789 jusqu'à celle de 1830 par Léonard Gallois. Edition permanente augmentée d'une table alphabétique des matières, et ornée de quarante gravures en taille-douce. P., Au bureau central de l'histoire de France, 1838-1839, 8 vol. pt in-4°, iv-336, [337]-700-(1), [701]-992, [993]-1302, 1-272, [273]-575, [576]-864, [865]-955-85-1-133 pp, texte sur 2 colonnes, 39 belles gravures hors texte, scènes et portraits dans des encadrements allégoriques (sur 40 annoncées), pièces justificatives, copieuses tables (85 et 133 pp), les 4 tomes reliés en 8 volumes demi-chagrin havane, dos lisses à 6 larges faux-nerfs à froid, titres, tomaisons, caissons et filets dorés, filet doré sur les plats, tranches marbrées (rel. de l'époque), déchirures sans mques sur 3 pp et avec pt. manque sur une page, qqs rousseurs, qqs rares petites taches d'encre, bon état

            200

Les 2 premiers tomes (ici élégamment reliés en 4 volumes) reprennent le texte d'Anquetil, des Gaulois jusqu'à la seconde assemblée des notables de 1788, les 2 suivants (également reliés en 4 volumes) sont de Léonard Gallois : ils traitent de la période 1789-1830, mais 770 pages (sur 955) sont consacrées à la Révolution et au Premier Empire.

2.                  BAZIN (Germain). La Peinture au Louvre. P., Somogy, 1979, in-8°, 263 pp, 200 illustrations, dont 140 reproductions en couleurs, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Trésors des grands musées)

            25

II n'existait pas jusqu'ici de livre où fut tracée dans son ensemble I'histoire de la collection de tableaux du musée du Louvre, celle qui offre avec le moins de lacunes le déroulement des grands siècles de peinture de I'Europe, I'unique galerie ou l'on puisse confronter, avec une incomparable richesse d'exemples, la glorieuse école française du XIXe siècle avec les maitres du passé. Nul ne pouvait mieux décrire la formation de la galerie du Louvre que celui a qui a été confiée la responsabilité de leur conservation ; en commentant chacun des cent chefs-d’œuvre reproduits ici, Germain Bazin apporte le fruit de son expérience quotidienne ; envisageant la pinacothèque du Louvre, dans une vaste perspective historique, il nous montre qu'elle est la seule a avoir connu depuis la Renaissance un développement continu, ne cessant de s'accroitre de pièces capitales jusqu’à nos jours. Quel que soit le régime politique de la France, qu'il soit monarchique, révolutionnaire, impérial ou républicain, la galerie du Louvre qui, comme le palais, est le fruit des siècles, poursuit son destin. Cette étude de la formation des collections de peinture du Louvre est comme une histoire du goût en France ; elle est liée enfin par I'auteur aux grandes lignes de la construction du palais qui lui sert aujourd'hui de cadre. Un livre sans équivalent que devront posséder tous ceux, si nombreux aujourd'hui, que passionne le phénomène muséologique, une des expressions les plus caractéristiques de I'esprit moderne.

3.                  CALLE (Carlos). Supercordes et autres ficelles. Voyage au coeur de la physique. Dunod, 2004, gr. in-8°, xvi-608 pp, traduit de l'anglais, nombreuses figures, glossaire, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Savez-vous... Comment Ératosthène mesura la Terre ? Pourquoi on ne peut dépasser la vitesse de la lumière ? Ce qu'est la théorie des supercordes ? La physique étudie le monde et tente d'expliquer de façon rigoureuse les phénomènes qui nous entourent, des plus banals aux plus inattendus : l'origine de l'Univers, la naissance d'un arc-en-ciel, la forme d'un flocon de neige, l'harmonie des sons ou la dilatation des durées. Dans ce livre, Carlos Calle explique avec clarté et enthousiasme les concepts fondamentaux de la physique comme le mouvement, l'énergie, la gravité ou la chaleur, et éclaire la pensée des physiciens les plus illustres Galilée, Newton, Einstein, Feynman, Hawking...

4.                  CASTELOT (André). Destins hors série de l'histoire. Perrin, 1964, fort in-8°, 540 pp, 16 pl. de gravures hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            20

Quand elle était petite, Eugénie de Montijo rencontra une vieille femme qui lui prédit ceci : "Tu iras très haut, tu vivras cent ans et tu finiras dans la nuit." Ce destin fabuleux se réalisa, en effet, pour la petite Espagnole devenue impératrice auprès de Napoléon III. Destin extraordinaire aussi, celui de Madame du Barry, si belle, qui "sut vivre intensément, mais ne sut point mourir". Destin tragique, celui de Mozart, génie de la musique enterré dans la fosse commune... De Cyrus, le roi des rois de qui nous avons hérité l'usage du pantalon, à l'ange meurtrier que fut Charlotte Corday, ou à Cicéron, l'espion auquel Hitler ne croyait pas, André Castelot nous raconte trente-cinq vies, trente-cinq destins éblouissants, surprenants, captivants – et avant tout exceptionnels. — Charcot, Chopin et Georges Sand, Cinq-Mars, Désirée Clary, Charlotte Corday, Henri Dunant, Lady Hamilton, Ferdinand de Lesseps, Liszt et Marie d'Agoult, Marie Mancini, Mata-Hari, Rouget de Lisle, Savary, Mme Steinheil, Vitrolles, Jules Verne, etc.

5.                  CONTINI (Mila). Fashion, from Ancient Egypt to the Present Day. Edited by James Laver. Foreword by Count Emilio Pucci. Introduction by Janey Ironside. London, Paul Hamlyn, 1967, in-4°, 321 pp, traduction de "La moda nei secoli", environ 600 illustrations en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, index, reliure demi-chagrin fauve, dos lisse avec couv. illustrées conservées, (rel. de l'époque), bon état. Texte en anglais

            40

De l'Egypte de Néfertiti aux constructions géométriques de Courrèges, un panorama fascinant de l'élégance à travers le monde.

6.                  ENGLEBERT (Omer). La Fleur des Saints. 2000 prénoms et leur histoire. Albin Michel, 2009, gr. in-8°, 469 pp, index des noms cités, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            20

On appelait autrefois « Fleur des saints », un livre qui offrait au lecteur une vie de saint pour chaque jour de l'année. Reprenant cette tradition, Omer Englebert, (1893-1991), la renouvela en 1946 en y ajoutant, au-delà du Martyrologe romain, quelques dizaines de bienheureux particulièrement honorés dans les autres églises. Pour chacun de ces deux mille prénoms, l'auteur franciscain raconte l'histoire du saint ou sa légende. Julien Green a pu écrire de ce grand classique : « Si l'on pouvait imaginer une Légende dorée moderne, fort économe en miracles, simple et dépouillée, on la trouverait dans cette Fleur des saints... On lit, on est ému, on sourit parfois avec l'auteur, et le livre devient alors un fidèle et passionnant compagnon de janvier à décembre. »

7.                  FEBVRE (Lucien). Combats pour l'Histoire. Armand Colin, 1965, in-8°, x-458 pp, 2e édition, biblio, notice biographique, index, broché, bon état (Coll. Economies - Sociétés - Civilisations)

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Combats pour l'Histoire” est un recueil de trente-trois articles écrits entre 1906 et 1952 où Lucien Febvre développe sa vision d'ensemble du champ de l'Histoire, suivi de onze portraits des grands intellectuels des années 30. Un classique. — "Je définis volontier l'Histoire comme un besoin de l'humanité, le besoin qu'éprouve chaque groupe humain, à chaque moment de son évolution, de chercher et de mettre en valeur dans le passé les faits, les événements, les tendances qui préparent le temps présent, qui permettent de le comprendre et qui aident à le vivre. Et j'ajoute : recomposer la mentalité des hommes d'autrefois ; se mettre dans leur tête, dans leur peau, dans leur cervelle pour comprendre ce qu'ils furent, ce qu'ils voulurent, ce qu'ils accomplirent. Et, d'autre part, je dis les hommes. Les hommes, seuls objets de l'Histoire, d'une histoire qui s'inscrit dans le groupe des disciplines humaines de tous les ordres et de tous les degrés, à côté de l'anthropologie, de la psychologie, de la linguistique, etc., d'une histoire qui ne s'intéresse pas à je ne sais quel homme abstrait, éternel, immuable en son fond et perpétuellement identique à lui-même, mais aux hommes toujours saisis dans le cadre des sociétés, dont ils sont membres, aux hommes membres de ces sociétés, à une époque bien déterminée de leur développement, aux hommes dotés de fonctions multiples, d'activités diverses, de préoccupations et d'aptitudes variées, qui toutes se mêlent, se heurtent, se contrarient et finissent par conclure entre elles une paix de compromis, un modus vivendi qui s'appelle la Vie.

8.                  FLEURY (Vincent). De l'oeuf à l'éternité. Le sens de l'évolution. Flammarion, 2006, gr. in-8°, 273 pp, 97 illustrations et figures, broché, couv. illustrée, bon état

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Cent cinquante ans après l'ouvrage fondateur de Charles Darwin, “L'Origine des espèces”, la théorie de l'évolution laisse un certain nombre de questions sans réponse. Pourquoi sommes-nous dotés de bras et de jambes ? Pourquoi les oiseaux ont-ils des ailes ? Pourquoi tant d'animaux se ressemblent-ils ?... Questions simples en apparence, mais qui sont au cœur de problèmes scientifiques très actuels, liés au développement des embryons et à l'évolution des espèces. “De l'œuf à l'éternité” propose une explication nouvelle de la formation des animaux, de leur évolution, de l'émergence de l'homme. Bouleversant le champ des connaissances en embryologie, de récentes avancées en physique démontrent que c'est la mécanique même du développement embryonnaire qui conditionne les possibles évolutions d'un organisme. Elles démontrent ainsi l'existence d'un “sens de l'évolution”, gravé dans le corps même des êtres vivants. Cette flèche de l'évolution expliquerait le passage progressif d'animaux ronds, aujourd'hui disparus mais encore détectables à un stade embryonnaire, aux animaux "à quatre pattes" que nous connaissons, de la grenouille à l'homme. N'est-ce pas en fait un changement de paradigme en matière de théorie du développement qui est en jeu aujourd'hui ? Un changement que n'opère ni la biologie ni la paléontologie. En montrant que les lois de la physique prédéterminent l'évolution de la forme de chaque espèce, ce livre établit enfin le lien entre développement et évolution. De telles recherches pourraient avoir aussi des conséquences thérapeutiques capitales, notamment sur la régénération des organes.

9.                  FROST (Mark). La plus grande partie de tous les temps. La naissance du golf moderne. Albin Michel, 2004, gr. in-8°, 443 pp, traduit de l'anglais, broché, couv. illustrée, bon état

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1913 : deux joueurs, deux écoles du golf pour un U.S. Open inoubliable. Harry Vardon, la star incontestée du golf britannique, inventeur de la prise de club moderne et du swing classique, affronte le jeune amateur américain Francis Ouimet. Né à Jersey d'une mère française, Vardon est un digne représentant du Vieux Continent. Ouimet, lui, a commencé comme caddie avant de se lancer sur les greens tout en conservant son emploi de vendeur dans un magasin de sport. Plus que la confrontation de deux hommes d'horizons opposés, cette partie légendaire, véritable "choc des civilisations", va marquer de façon déterminante l'évolution du golf et le révéler à une nation tout entière. Mark Frost restitue avec passion ce moment historique, illustré par la rencontre de deux destins hors du commun. Best-seller aux Etats-Unis, “La plus grande partie de tous les temps” retrace l'histoire d'un sport jadis réservé à une élite et qui s'ouvre aujourd'hui à un public toujours plus large.

10.              GAILLARD (Jean-Michel) et Anthony ROWLEY. Histoire du continent européen. De 1850 à la fin du XXe siècle. Seuil, 1998, gr. in-8°, 565 pp, 6 cartes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Ecrire une histoire du continent européen, c'est retracer, depuis 1850, l'aventure des trois religions modernes dont il a été l'initiateur : le libéralisme, le socialisme, la nation. Les hommes qui les ont incarnées, les peuples qui les ont épousées ont voulu, pour le meilleur et pour le pire, faire triompher leur idéal : unificateur et transnational pour les deux premières, identitaire et exclusif pour la troisième. Voilà comment ce continent a vécu et vit encore au rythme saccadé des élans partagés et des fureurs meurtrières. C'est pourquoi ce livre ne juxtapose pas des histoires nationales. Il explore le continent dans sa globalité et a pris le parti de le traiter comme un acteur historique à part entière, succession d'ensembles toujours menacés d'éclatement et rêvant à diverses formes d'unité. Pour ce faire, une trame chronologique en six parties est proposée. Elle permet de conjuguer le panorama du temps long avec les approches thématiques et les études particulières. Précis documenté de l'histoire des Europes, ce livre est aussi un essai sur les interrogations que son passé soulève encore, comme sur celles que son avenir suscite.

11.              GALL (Michel). La Vie sexuelle de Robinson Crusoë. Nouvelle édition revue et corrigée. Le Pré aux Clercs, 1985, in-8°, 185 pp, préface de l'auteur (1985), broché, couv. illustrée, bon état

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Roman érotique. — Quand Robinson se retrouve ainsi perdu, sans la moindre femme à l'horizon, comment ne tenterait-il pas d'abord de revivre ses plus chauds souvenirs ? Evelyn, si ardente dans sa somptueuse alcôve... Clarissa, une rousse dévergondée à souhait... d'autres encore. Et puis on peut aussi fantasmer, n'est-ce pas? Robinson se voit environné de nudités provocantes ; il croit apercevoir, au milieu des vagues, une jolie indigène au corps doré. Hélas, quand la réalité reprend ses droits, la frustration n'en est que plus cruelle... L'île, certes, n'est pas tout à fait déserte : sur la plage, il y a des noix de coco, des tortues; singes et chèvres batifolent en lisière de jungle. Et alors ? Souvenez-vous : Robinson est un homme très inventif ! Mais plus rien de tout cela n'importe quand il rencontre le beau sourire ingénu de Vendredi... — "Le héros de Daniel Defoe a fait rêver tous les enfants, mais lui-même, ne rêvait-il pas ? Une fois construite la cahute du naufragé, plantés les fruits exotiques, abattus les fauves et cousues les peaux, comment Robinson supportait-il la solitude des longues nuits tropicales ? Comment domestiquait-il ses animaux familiers ? Comment accueillit-il son compagnon Vendredi ? Quelle fut sa vie secrète durant cet exil d'un quart de siècle ? Autant de questions que Defoe laissa dans l'ombre et que Humphrey Richardson, pour qui un chat sauvage est un chat sauvage, met en lumière avec une rigueur aussi subtile que réjouissante." — L'édition originale de ce texte a été publiée en 1955 en anglais, sous pseudonyme, chez Olympia Press par Maurice Girodias sous le titre “The Sexual Life of Robinson Crusoe”. La première édition en français a été publiée au Cercle du Livre Précieux avec des collages de Francis Dumoulin en 1963. L'édition française donnée par Christian Bourgois en 1970 fut interdite par arrêté ministériel (elle porte le titre “La Vie secrète de Robinson Crusoë”). La première édition avec le vrai nom de l'auteur date de 1977, chez Jean-Claude Simoën, avec le titre “La Vie sexuelle de Robinson Crusoé”. (Cf. Joubert, Livres interdits, V122) — « Proscrite par les amateurs éclairés et bannie par les âmes bien-pensantes, La vie sexuelle de Robinson Crusoé de Michel Gall erre à tort dans l'indifférence la plus totale. » Pour Emmanuel Pierrat, ce roman vaut mieux qu'un manuel d'onanisme car, « s'il parvient à mettre le rose aux joues – critère indispensable pour tout bon livre érotique –, il s'inscrit surtout parmi les grands classiques de l'imaginaire îlien.» A ses aventures masturbatoires, à ses péripéties rocambolesques avec la faune insulaire, le héros éponyme ajoute des instants lubriques féeriques : « Je pense tout particulièrement au passage du lagon. Robinson, au fil de ses excursions, découvre un jour un petit récif corallien. Immergé dans le lagon, il décide de s'enduire d'huile naturelle. Attirés par la substance "à lécher", des centaines de milliers de poissons viennent lui sucer délicatement la peau, ce qui lui permet d'atteindre les plus hautes cimes du plaisir.» Mais c'est Vendredi qui finira par mettre un terme à ces scènes solitaires luxurieuses en copulant avec le naufragé ! « Unis dans les délices de la chair, ils formeront le premier couple homosexuel de toute l'histoire littéraire ! » Oser relater cette aventure est, pour cet expert en littérature érotique, « une manière originale et efficace de briser les tabous de l'époque ». Emmanuel Pierrat l'affirme : « Ce livre est un véritable petit chef-d'oeuvre du genre ! » (Capucine Roche, L'Express, 2004)

12.              GAXOTTE (Pierre). Histoire des Français. Flammarion, 1972, gr. in-8°, 824 pp, 21 cartes, reliure pleine toile bleue éditeur, titres en rouge et blanc au 1er plat et au dos, reliure lég. défraîchie, bon état

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"De savants critiques ont déjà rendu compte de l'ouvrage de M. Pierre Gaxotte. On ne résiste cependant pas au plaisir de redire combien cette Histoire des Français est attachante. L'auteur y fait montre d'une extrême maîtrise de la langue et d'un art consommé du portrait. C'est un conte souvent merveilleux, toujours dramatique, que l'on croit revivre plus qu'on ne le lit ou qu'on ne l'écoute. Lorsqu'il s'agit de décrire en un millier de pages l'histoire d'un pays sur quelques millénaires, il faut bien dégager quelques constantes et s'y tenir après avoir montré leur permanence : l'entreprise est malaisée. Elle l'est plus encore si l'on prétend, non pas retracer l'histoire de la France, mais en dépeindre le visage souriant triste ou douloureux, en empruntant ses couleurs à la vie quotidienne des Français. Peu d'historiens ont osé se risquer à ce genre de synthèse affective qui se doit d'embrasser l'extrême complexité des caractères et des tempéraments et au delà les transcender. L'auteur ne peut s'abstenir de prendre quelque parti. Il y met une grande part de lui-même, celle qu'il juge la meilleure. Nous connaissions par avance le système de pensée auquel M. Gaxotte resterait fidèle. Et pour les périodes qu'il a plus spécialement étudiées et depuis longtemps parce qu'elles satisfont ses préférences, la description est extrêmement séduisante. Nous savions qu'il ferait belle la part de « l'ordre » et lourdes les responsabilités du « désordre ». Si lourdes que pour les rendre encore plus graves, M. Gaxotte n'a pas hésité à se départir d'une réserve qu'eussent demandée les circonstances (nous songeons notamment à la période 1940-1945 traitée sur un mode ironique qui ne laisse pas de choquer)..." (Jean Boulouis, Revue française de science politique)

13.              GIGNOUX (C.-J.). Histoire d'une entreprise française. [Pechiney]. Hachette, 1955, in-8°, 254 pp, 15 pl. de photos en héliogravure hors texte (dont 4 en couleurs), broché, bon état. Edition originale sur papier d'édition imprimée par Draeger

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"A l'occasion des fêtes de son centenaire, M. C.-J. Gignoux a écrit l'histoire de la grande compagnie française productrice d'aluminium, Péchiney. Si la France ne détient plus aujourd'hui comme jadis la première place pour la production de la bauxite et de l'aluminium, son rôle de pionnier a été si considérable dans l'histoire de cette industrie, les personnalités de Henri Sainte-Claire Deville et d'Héroult si prestigieuses et si attachantes, que tout Français éprouvera beaucoup de satisfaction à lire le bel ouvrage de M. Gignoux. Ce livre n'est ni l'apologie d'une compagnie (qui a d'ailleurs remarquablement mené ses affaires), ni un traité technique, mais le récit passionnant de la vie d'une société industrielle séculaire. A travers les vicissitudes et les succès de cette compagnie française, M. Gignoux nous fait revivre les débuts héroïques de la préparation chimique de l'aluminium, la découverte du procédé électrolytique encore à l'honneur aujourd'hui, et c'est pour lui l'occasion de nous faire pénétrer dans la vie d'un grand esprit inventif comme Héroult, dont la vitalité débordante et les méthodes de travail fantaisistes effrayaient souvent les dirigeants de la compagnie. De celle-ci, il évoque avec humour la personnalité des fondateurs et des premiers directeurs : la fougue d'H. Merle, l'obstination, l'austérité et le paternalisme d'A. Péchiney, les grandes qualités administratives et techniques d'A. Badin dont la clairvoyance et l'audace ont permis à la Compagnie de se développer hors de France. Puis, examinant le fonctionnement, les activités et les projets actuels de la Compagnie Péchiney, M. Gignoux conclut à une réussite totale qui honore l'industrie française. Nous ne saurions trop conseiller ce livre bien documenté, bien écrit, débordant de vie, qui se lit comme un conte dont la fée serait l'électricité, le magicien Héroult et les personnages les Administrateurs de la Compagnie Péchiney." (Germaine Veyret-Verner, Revue de Géographie Alpine, 1956)

14.              GIOCANTI (Stéphane). C'était les Daudet. Flammarion, 2013, gr. in-8°, 398 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

De la famille Daudet, on connaît généralement Alphonse, le patriarche provençal, l'auteur de La Chèvre de Mr Seguin et de Tartarin de Tarascon. On connaît aussi son fils Léon, écrivain lui aussi et tribun redouté de la IIIe République, dont la pensée a nourri longtemps l'extrême droite française. Mais sait-on qu'il ne s'agit là que de deux rejetons d'une famille singulière ? C'est l'« âge d'or » de cette famille, du milieu du XIXe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale, que raconte ce livre. On y croisera Vincent et Adeline, parents d'Alphonse, petits commerçants en Provence, fervents catholiques et monarchistes convaincus ; on verra Alphonse « monter » à Paris et mener la grande vie dans les fastes du Second Empire avec Ernest, son frère aîné, lui aussi écrivain prolifique mais moins brillant. On croisera, dans leur cercle d'amis, les Goncourt, Flaubert, Zola et Tourgueniev, mais aussi Frédéric Mistral et les félibres ; on fera la connaissance de Julia, la femme d'Alphonse, qui écrivait elle aussi aux côtés du grand homme. À la génération suivante, c'est Léon, dont le mariage avec Jeanne Hugo défraya la chronique et qui devint l'un des piliers de l'Action française, mais aussi Lucien Daudet, son frère cadet, poète ami de Proust. Enfin, on apprendra le tragique destin de Philippe, fils d'Alphonse, dont la mort violente fut entourée d'un mystère encore irrésolu. Racontée avec brio, la saga de cette famille hors norme offre une traversée originale d'un siècle d'histoire française : histoire littéraire, culturelle, politique, qui conduit comme sans crier gare de la bohème insouciante du Second Empire aux ombres de la contre-révolution de Vichy.

15.              GIRARDET (Raoul). L'Idée coloniale en France de 1871 à 1962. La Table Ronde, 1972, in-8°, xi-332 pp, broché, très bon état. Edition originale, ex. du SP,  envoi a.s.

            50

Aujourd'hui semble s'ouvrir une nouvelle phase du "travail de mémoire" de la France quant à son histoire coloniale, notamment sous l'impact des questions posées par les Français issus des immigrations postcoloniales. Il importe donc de chercher à comprendre ce que fut, pour ses principaux acteurs, le sens de l'aventure coloniale, qu'on ne peut réduire à la seule logique économique impériale. L'idée coloniale a tenu trop de place et pendant trop longtemps dans l'esprit des Français pour que son histoire les laisse aujourd'hui indifférents. Comment s'est développée en France, après 1870, une volonté cohérente d'expansion coloniale ? Comment s'est-elle affirmée ? Autour de quels thèmes la vision impériale française s'est-elle progressivement définie ? A quelles résistances s'est-elle heurtée ? Quelle place le fait et le débat colonial ont-ils eu, en définitive, dans la conscience nationale française ? C'est à ces questions, presque jamais abordées, que Raoul Girardet répond dans ce livre d'histoire des mentalités, des sentiments et des croyances qui est aussi le roman d'une idée. — "R. Girardet nous donne un livre d'une importance et d'une nouveauté exceptionnelles. Importance, en raison du sujet : depuis que le souffle de la décolonisation est passé sur l'Europe, l'étude des impérialismes coloniaux est étrangement peu dans le vent. En ce qui concerne la France, seule la brillante étude de M. H. Brunschwig, 'Mythes et réalités de l'impérialisme colonial français' avait posé, il y a plus de dix ans, les premiers jalons. Encore l'auteur abordait-il son sujet dans une perspective purement économique : or le phénomène de la colonisation a touché de trop près l'opinion publique et la conscience collective pour que l'historien puisse se passer de ces indicateurs sensibles. (...) Il n'est peut-être pas inutile de rappeler, pour finir, que l'auteur de cette étude s'est trouvé mêlé de près aux épisodes les plus douloureux de la guerre d'Algérie. Son effort impartial, non seulement pour comprendre le passé à la lumière du présent, mais pour expliquer le présent à la lumière du passé, constituait sans doute la gageure la plus difficile qu'il eût à tenir : se faire l'historien de sa propre passion. Là encore, il a pleinement réussi. Ce n'est pas son moindre mérite. Et c'est aussi l'intérêt de l'histoire des idées, de rendre possible, par la profondeur des perspectives qu'elle embrasse, une telle hauteur de vue." (Alain-Gérard Slama, Revue française de science politique, 1972)

16.              GONNARD (René). Histoire des doctrines monétaires dans ses rapports avec l'histoire des monnaies. P., Librairie du Recueil Sirey, 1935-1936, 2 vol. in-8°, 289 et 441 pp, broché, déchirure sans manque au dernier feuillet du tome I, bon état

            70

Tome I. De l'Antiquité au XVIIe siècle. Tome II. Du XVIIe siècle à 1914. — "M. Gonnard nous rend le grand service de réunir, de synthétiser en quelque sorte, les notions souvent éparses que nous possédions sur le « faict des monnoyes » comme disait le conseiller de Malestroit ; la plupart, en effet, des études sur ce sujet, dont certaines de la plus grande valeur, sont généralement fragmentaires, n'embrassant qu'une des faces du problème, comme par exemple les ouvrages de MM. Hauser et Landry, ou ne décrivant qu'une seule époque bien déterminée, ainsi les études de MM. Souchon, Bridrey, Babelon et Harsin. Il faut louer M. Gonnard d'avoir exposé les idées et les événements dont il fait état d'après un ordre purement chronologique, en divisant son premier tome en trois périodes se distinguant nettement les unes des autres : Antiquité, Moyen âge, Epoque mercantiliste (cette dernière allant de la fin du XVe siècle au XVIIe siècle) ; pour chacune de ces périodes, avec des subdivisions (Grèce et Rome pour l'Antiquité, France et Europe en général pour le Moyen âge, XVIe et XVIIe siècles pour l'Epoque mercantiliste), M. Gonnard expose d'abord les faits : l'histoire de la Monnaie, puis les théories, les concepts qui forment somme toute la résultante de ces faits. M. Gonnard termine ce premier tome par l'examen des théories monétaires au XVIIe siècle, toutes imprégnées elles-mêmes du mercantilisme tout puissant à cette époque. C'est ainsi un instrument de travail de tout premier ordre que M. Gonnard met à notre disposition, instrument de travail indispensable à tous ceux qui s'occupent de problèmes monétaires." (Jean-Yves le Branchu, Revue d'histoire économique et sociale, 1935, à propos du tome I)

17.              GUILLEMINAULT (Gilbert) et Yvonne SINGER-LECOCQ. La France des gogos. Trois siècles de scandales financiers. Fayard, 1975, gr. in-8°, 493 pp, biblio, lexique, index, broché, couv. à rabats, bon état

            25

Le rôle du "gogo" dans l'histoire de la France, les grandes affaires d'escroquerie financière, les escroqueries de l'Etat, l'affaire des emprunts russes, etc. — Dans tout Français, il y a un gogo qui sommeille, c'est à dire un homme qui fait des économies, met de l'argent de côté en prévision des mauvais jours, et est l'objet d'une conspiration générale pour lui soutirer cet argent : les escrocs jouent un rôle important dans cette aventure, mais les gouvernements y tiennent aussi superbement leur partie, par leurs incitations à confier son épargne aux coffres de l'Etat, dont, au cours des siècles, les dévaluations et les banqueroutes ne se comptent plus. (...) Cela commence rue Quincampoix où John Law met en folie la France entière, se poursuit par la banqueroute des assignats sous la Révolution, atteint l'âge d'or de la spéculation avec la Monarchie de juillet (où naquit officiellement M. Gogo en même temps que Robert Macaire,son détrousseur) et le second Empire où s'épanouissent les forbans illustrés par Zola. Et puis voilà la grande aventure de l'épargne sous la IIIe République, jalonnée des scandales qui ont un nom : Panama, krach de l'Union Générale, affaire Rochette, etc., jusqu'à cette guerre de 1914 où s'engloutissent les espoirs des porteurs des emprunts russes et autres dettes ottomanes qui ne laissèrent guère que leurs yeux pour pleurer à nos sages rentiers. Avec les années folles, voici que pointent Mme Hanau, Oustric, Stavisky et que le pauvre petit franc subit bien des outrages jusqu'au Front populaire, avant de plonger dans les lendemains qui ne chantaient guère, de la Libération. Histoire qui se poursuit jusqu'à nos jours, mirages de pétroles sahariens, scandales immobiliers, jungle où les hommes du Patrimoine Foncier ou de la Garantie Foncière opèrent à coup sûr. Un livre indispensable pour qui veut connaître un aspect capital, pittoresque et trop souvent méconnu de l'histoire des Français.

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Collection « L'Art et les grandes civilisations ». Citadelles et Mazenod, 1965-1998, forts volu-mes in-4° à la très riche iconographie, chacun contenant entre 670 et 1100 illustrations en noir et en couleurs, dans le texte et hors texte, glossaire, biblio, index, reliure pleine toile blanche de l'éditeur enrichie d'une vignette contrecollée au 1er plat, jaquette illustrée, sous emboîtage havane. Nous disposons des volumes suivants de cette prestigieuse collection, en bon état :

 

18.              AMIET (Pierre). L'Art antique du Proche-Orient. 1977, 601 pp, 1075 illustrations (dont 178 en couleurs)

            90

"Disons dès l'abord que ce volume est une « somme » de tout ce que l'on sait aujourd'hui de l'Art antique du Proche-Orient. L'ouvrage est l'oeuvre de M. Pierre Amiet, conservateur en chef des Antiquités orientales au Musée du Louvre, parfait connaisseur du sujet qui a été traité ici exhaustivement. Rien n'a été laissé dans l'ombre. Avec un pareil volume, on possède la plus complète documentation qu'on puisse souhaiter. C'est aussi une véritable bibliothèque réunie en six cents pages. Texte que l'on ne saurait épuiser en une seule lecture, car il est d'une densité à laquelle il n'y a rien à reprocher. Les notices à elles seules, sont de véritables dictionnaires avec bibliographie où tout a été enregistré et mis en place, à la disposition de l'« honnête homme » comme du spécialiste..." (André Parrot, Syria, 1978)

19.              ANDREAE (Bernard). L'Art de l'ancienne Rome. 1982, 641 pp, 891 illustrations (dont 158 en couleurs)

            80

Pendant plus de mille ans, Rome a créé un style qui fut l'expression authentique de sa propre culture. Révélé à lui-même par le modèle grec, l'art romain s'est paradoxalement affirmé en se débarrassant des significations accumulées par ce même art grec. Souvent anonymes, les artistes sont fortement liés aux commanditaires, aux hommes d'Etat ou à l'empereur qui les a faits naître. C'est la raison pour laquelle l'évolution de ses formes et styles de l'art romain n'est pas divisée en périodes plus ou moins autonomes, mais se rattache à la succession des régimes politiques et des gouvernements, de la République à l'Empire. Il s'agit donc d'un art éminemment politique qui traduit la spécificité d'une construction politique : celle d'un État qui, tout autour de la Méditerranée, a su donner aux peuples les plus divers une loi, une langue et un vocabulaire formel communs. — "... Ce bel ouvrage sera un instrument de travail d'une valeur incomparable par la richesse de l'illustration et par la qualité du texte de M. Andreae, où l'érudition la plus sûre et la plus étendue sert de fondement à des analyses pénétrantes, qui éclairent pour nous en profondeur de lumières nouvelles l'histoire de l'art." (Charles Delvoye, L'Antiquité Classique, 1977)

20.              ANDREAE (Bernard). L'Art romain. 1998, 624 pp, nouvelle édition revue et augmentée, 931 illustrations (dont 183 en couleurs)

            90

Pendant plus de mille ans, Rome a créé un style qui fut l'expression authentique de sa propre culture. Révélé à lui-même par le modèle grec, l'art romain s'est paradoxalement affirmé en se débarrassant des significations accumulées par ce même art grec. Souvent anonymes, les artistes sont fortement liés aux commanditaires, aux hommes d'Etat ou à l'empereur qui les a faits naître. C'est la raison pour laquelle l'évolution de ses formes et styles de l'art romain n'est pas divisée en périodes plus ou moins autonomes, mais se rattache à la succession des régimes politiques et des gouvernements, de la République à l'Empire. Il s'agit donc d'un art éminemment politique qui traduit la spécificité d'une construction politique : celle d'un État qui, tout autour de la Méditerranée, a su donner aux peuples les plus divers une loi, une langue et un vocabulaire formel communs. Vingt-cinq ans après l'édition originale, Bernard Andreae effectue un très important travail de fond, utilisant les recherches qu'il a menées sans discontinuer en Italie, et les plus récents chantiers de fouilles. Même si ces découvertes n'ont pas fondamentalement remis en cause l'interprétation de l'art romain, elles sont comme les tesselles d'une mosaïque qui viennent s'intégrer dans un cadre disponible, dont elles enrichissent la lecture. La remise à jour de ce livre magistral s'accompagne d'un renouvellement en profondeur de l'iconographie. Nouvelles illustrations, nouvelle photogravure, réactualisation des “sites archéologiques”, tout ce travail confirme la place que L'art romain a toujours eu depuis 1973 : la première. — "... Ce bel ouvrage sera un instrument de travail d'une valeur incomparable par la richesse de l'illustration et par la qualité du texte de M. Andreae, où l'érudition la plus sûre et la plus étendue sert de fondement à des analyses pénétrantes, qui éclairent pour nous en profondeur de lumières nouvelles l'histoire de l'art." (Charles Delvoye, L'Antiquité Classique, 1977)

21.              COCHE de LA FERTÉ (Etienne). L'Art de Byzance. 1981, 591 pp, 1004 illustrations (dont 167 en couleurs)

            90

L'itinéraire que nous propose l'auteur dans ce volume permet au lecteur de suivre avec beaucoup de clarté les principales étapes qui ont marqué l'évolution de l'art de Byzance : les prémices, l'âge d'or de Justinien, la célèbre Querelle des images, l'apogée de la civilisation byzantine, le curieux intermède latin et la Renaissance des Paléologues jusqu'à son déclin et la fin de l'Empire en 1453... (Avant-propos)

22.              DONABEDIAN (Patrick) et Jean-Michel THIERRY. Les Arts arméniens. 1987, 623 pp, 891 illustrations (dont 186 en couleurs)

            90

L'ouvrage de référence pour les arts arméniens. Au cours des dernières décennies, l’étude de l’art arménien a connu un grand essor. Des monographies, des articles ont contribué à mieux faire connaître l’art d’une région ou d’une province. Il était donc temps de considérer de nouveau l’art arménien, à la lumière des œuvres et des monuments. C’est ce que fait ici le docteur Thierry dans cet exceptionnel ouvrage. Il a visité toutes les contrées de l’Arménie historique et celles de la Cilicie où les Arméniens avaient fondé un royaume au Moyen-Âge. Cette exploration et les documents qu’il en a rapportés sont d’autant plus précieux que dans certaines régions où les Arméniens sont désormais peu nombreux, les églises, faute de réparations, risquent de s’effondrer. Dans cet esprit, Patrick Donabédian présente une série de notices illustrées, claires et précises concernant des monuments arméniens dont certains sont en voie de disparition, ou n’existent déjà plus. L’étude de Jean-Michel Thierry porte principalement sur l’architecture, mais la sculpture, la peinture monumentale et les miniatures ne sont pas négligées pour autant. Le grand nombre de reproductions en couleurs contribuent à montrer l'exceptionnelle finesse et la haute qualité des peintures et des miniatures. La très riche documentation donne une image vivante de l’art arménien dans toutes sa richesse et sa variété.

23.              DURLIAT (Marcel). L'Art roman. 1982, 614 pp, 967 illustrations (dont 177 en couleurs)

            90

C'est une synthèse magistrale que nous propose l'ouvrage de Marcel Durliat. II nous invite à partager sa vision renouvelée de l'art roman en refusant de le passer au crible d'une théorie exclusive et réductrice comme de ramener son origine à une perspective unique, distinguant au contraire trois foyers différents qui vont animer sa diversité : l'art roman méridional, la source ottonienne, l'art du nord de la France. Marcel Durliat cerne en même temps au plus près sa définition en n'abordant que l'art strictement religieux, délimitant de façon plus rigoureuse sa durée (XI et XIIème siècles) dégageant enfin de façon neuve l'interaction entre l' uvre et la société. Avec ses admirables illustrations en couleurs dont le nombre a augmenté significativement et son exceptionnelle documentation, ce texte donne de l'art roman l'image la plus exhaustive. Par cette édition remise à jour et par son élargissement à l'Europe (spécialement l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne), cet ouvrage restera sans rival et assurément encore la référence en la matière.

24.              ERLANDE-BRANDENBURG (Alain). L'Art gothique. 1983, 628 pp, 932 illustrations (dont 179 en couleurs)

            90

"... Par l'ampleur de la documentation, par le caractère très complet des exposés qui dominent constamment le foisonnement des phénomènes artistiques qui constituent le gothique, par le nombre des remarques nouvelles dont je n'ai relevé que quelques-unes, cet ouvrage ne ressemble à aucun de ceux qui ont été consacrés à ce beau sujet." (Francis Salet, Bulletin Monumental, 1986)

25.              JESTAZ (Bertrand). L'Art de la Renaissance. 1984, 606 pp, 895 illustrations (dont 164 en couleurs)

            90

"On ne peut rêver d'une synthèse plus brillante, plus "enlevée" et mieux informée que celle de Bertrand Jestaz. La grande difficulté de ce genre d'ouvrage, où il faut parler de tout en peu de pages, est d'éviter l'énumération, le résumé et de donner une vision équilibrée des choses. Jestaz triomphe aisément du premier obstacle : les jugements qu'il porte sur les artistes et sur les oeuvres, brefs, précis, parfaitement exprimés, révèlent une longue familiarité avec l'art de l'époque – au moins l'art italien – et une capacité exceptionnelle d'analyse. Négligeant volontairement les circonstances historiques et l'environnement intellectuel, il consacre son attention sur l'essentiel – que trop études savantes finissent par faire oublier : le travail des artistes, l'invention formelle, l'apparition des chefs-d'oeuvre. En le lisant on redécouvre le bonheur de regarder..." (Jean Guillaume, Revue de l'Art, 1986)

26.              LEROI-GOURHAN (André). Préhistoire de l'Art occidental. 1965, 482 pp, 804 illustrations (dont 121 en couleurs)

            80

"L'ouvrage monumental d'André Leroi-Gourhan apporte sur l'art préhistorique la synthèse nouvelle qu'on attendait. Bien que l'illustration soit somptueuse, il s'agit de tout autre chose et de beaucoup plus qu'un « livre d'art » : c'est l'aboutissement de vingt ans, on peut dire même d'une vie de recherches. L'étude qui fait l'essentiel de l'ouvrage est suivie d'une documentation considérable, un peu comme dans les musées modernes, l'exposition destinée au grand public est doublée, dans les réserves ou magasins, d'une exposition accessible aux spécialistes. La masse et la complexité de la documentation, celle des études et des idées répandues, paraît, pour le profane et peut-être même pour le spécialiste, à première vue inextricable. A. Leroi-Gourhan nous permet d'y voir clair. D'abord dans l'espace : l'art préhistorique est rassemblé dans le sud de la France et l'Espagne cantabrique ; les documents de Russie, d'Italie et d'Europe Centrale ont des caractères marginaux. Asie et Afrique n'entrent pas réellement en ligne de compte, Ensuite dans le temps : alors qu'avec les découvertes récentes l'apparition de l'homme recule de plus en plus, les premiers décors, on n'ose dire encore le premier art, ne remontent qu'à l'homme de Cro-Magnon et à environ 30 000 ans, c'est- à-dire au début du Paléolithique supérieur, — plus précisément à l'Aurignacien. A l'autre extrémité, l'art préhistorique disparaît assez brusquement, vers 8000 av. J.-C, à la fin du Magdalénien. Entre les deux, se succèdent les périodes appelées gravettienne (entre 25000-20000?), inter gravetto-solutréenne (20000-18000), solutréenne (18000-15000), puis magdalénienne (15000-8000)..." (Paul Courbin, l'Homme, 1967)

27.              MICHALOWSKI (Kazimierz). L'Art de l'ancienne Egypte. 1977, 605 pp, 1040 illustrations (dont 143 en couleurs)

            80

28.              PAPADOPOULO (Alexandre). L'Islam et l'art musulman. 1979, 611 pp, 1023 illustrations (dont 173 en couleurs)

            90

À travers trois continents et une soixantaine de pays, environ vingt pour cent de la population du globe pratique la religion musulmane. Nous la côtoyons quotidiennement mais, le plus souvent, ne savons pas la déchiffrer. Cet ouvrage exceptionnel est sans doute l'une des meilleures clefs pour comprendre cette civilisation fondée sur une religion d'importance. Le livre d'Alexandre Papadopoulo, paru en 1976, avait été aussitôt salué comme essentiel, notamment grâce à son parti pris, lisible dès le titre : non pas L'Art musulman, mais L'Islam et l'art musulman ; ainsi, d'emblée, Alexandre Papadopoulo indiquait que cet art n'existe que par la religion qui le soustend. D'autant que l'Islam - soumission à la volonté de Dieu - est aussi une loi qui règle le comportement de chacun dans tous les domaines, social, religieux et politique. Dernière en date des trois grandes religions monothéistes, l'Islam, dès son apparition au VIIe siècle, s'est répandu à grande allure du bassin méditerranéen au cœur de l'Asie. La conquête par les tribus arabes de la moitié du monde connu engendra rapidement l'une des plus grandes civilisations de l'histoire humaine, en avance de plusieurs siècles sur l'Occident. Elle donna naissance à un art d'une prodigieuse beauté qui, du VIIIe au XVIIe siècle, n'a cessé de s'épanouir en une série d'œuvres d'une inestimable valeur, dans une immense aire géographique. Ce livre est l'extraordinaire histoire d'une civilisation et d'un art dispersé à travers l'Europe, l'Afrique et l'Asie, et qu'aucun ouvrage n'avait jusqu'à présent embrassé dans sa totalité. Mosquées, palais, peintures, miniatures, objets religieux et objets d'art décoratif se révèlent au fil des pages et des illustrations...

29.              PAPAIOANNOU (Kostas) et Jean BOUSQUET. L'Art grec. 1998, 636 pp, nouvelle édition revue et augmentée, préface de Pierre Vidal-Naquet, 1118 illustrations (dont 196 en couleurs)

            90

L'Occident a longtemps vécu sur une image de la Grèce antique faussée par l'humanisme renaissant qui, projetant sur un passé lointain ses propres idéaux, en déformait le sens ou en limitait la portée. Depuis un siècle, archéologues, historiens et philosophes ont fait éclater cette notion d'une civilisation où tout aurait été régi par la perfection et le classicisme. Remontant aux sources crétoises, mycéniennes, doriennes, ils ont démontré que, sans elles, le miracle grec n'aurait pas existé. Et donné à cette histoire une ampleur autre en la faisant courir du monde cycladique au monde hellénistique. Pour retrouver l'art grec dans toute sa plénitude, il fallait cesser de le voir à travers l'écran déformant des copies romaines, ce qui fut le cas jusqu'à la fin du XIXe siècle. Comme a été nécessaire toute une série de découvertes retentissantes, des fouilles de Schliemann en 1870 aux récentes trouvailles de Riace ou Derveni, qui permirent de retrouver les œuvres majeures sans lesquelles l'art grec demeurait incompréhensible ou mutilé. Des idoles cycladiques à la Vénus de Milo, de l'art géométrique aux formes visant à l'universel par leur conformité à un idéal où “l'homme est la mesure de toutes choses”, des dieux aux philosophes, de la politique à l'histoire, toute la grande aventure grecque revit dans cet ouvrage qui renouvelle l'approche et la vision de l'art grec. — "... Ouvrage d'une importance exceptionnelle, où une introduction d'une grande originalité de pensée et des notices d'une information sûre encadrent une illustration dont l'abondance et la qualité donnent la meilleure image de la richesse de la production artistique de la Grèce ancienne à travers les siècles." (Charles Delvoye, L'Antiquité Classique, 1977)

30.              VAUGHAN (William). L'Art du XIXe siècle, 1780-1850. 1995, 624 pp, 668 illustrations (dont 208 en couleurs)

            90

Du siècle des Lumières à l'âge industriel, peu d'époques ont été plus fécondes en événements, en bouleversements, en métamorphoses. En ce qui concerne l'histoire, les trois révolutions françaises (1789, 1830 et 1848), exemple bientôt contagieux, et les guerres en chaîne dues également à l'initiative de la France, modifient les cartes de l'Europe. La prise du pouvoir par la bourgeoisie, l'essor industriel et la croissance des villes transforment en profondeur la société. Quant à l'art, fertile lui aussi en révolutions comme en innovations, il s'incarne dans une succession de styles différents et accélère ses conquêtes. Au néoclassicisme austère, précis et clair, répond bientôt le romantisme qui substitue la couleur à la forme. Puis le réalisme rejette tout l'idéalisme, ne s'attache qu'à la représentation directe du monde. La peinture d'histoire culmine avant d'être supplantée par la photographie documentaire... Mais des artistes comme David et Goya, Ingres et Delacroix, Blake et Turner, Constable et Friedrich renouvellent le paysage, le nu, le portrait et font de la peinture l'art dominant de cette époque. Au delà des grands projets napoléoniens, l'architecture romantique oscille entre le retour au néoclassicisme et le néogothique. Dans le même temps, elle découvre et essaie des matériaux nouveaux comme la charpente en acier. William Vaughan brosse un panorama vigoureux et vivant d'une époque aussi passionnante que passionnée.

31.              WATSON (William). L'Art de l'ancienne Chine. 1979, 630 pp, 1006 illustrations (dont 184 en couleurs)

            80

Cinq mille ans de civilisation chinoise à travers toutes ses formes d'art. Cette édition tient compte de nouvelles fouilles, de l'ouverture de la Chine au monde et de la circulation des oeuvres d'art. Tous les noms figurent en pinyin.

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32.              LAMMING (Clive) et Jacques MARSEILLE. Le Temps des chemins de fer en France. Nathan, 1986, in-4°, 191 pp, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

L'histoire des chemins de fer en France est une véritable épopée : celle des inventeurs et des financiers, mais aussi, et surtout, celle des cheminots, modèles de courage et d'abnégation, sans qui rien n'eût été possible. — Sur un rythme qui s'accélère follement au fil des ans et des techniques, l'histoire des chemins de fer en France vous est ici contée en cinq grands chapitres qui sont autant de « temps forts » : c'est d'abord le temps de la réflexion (1805-1842), puis celui de l’explosion (1842-1870). A la splendeur de la Belle Epoque (1871 -1900) succède la concurrence des autres moyens de transport (1910-1967) jusqu'aux spectaculaires transformations contemporaines qui annoncent les trains du futur. Cette grande aventure a ses héros. Techniciens géniaux comme Marc Seguin, financiers audacieux comme Isaac Pereire et la maison Rothschild, hommes politiques clairvoyants comme Napoléon III... Mais il y a aussi d'autres héros. Obscurs. Oubliés. Des hommes sans qui le chemin de fer n'aurait jamais poursuivi sa marche triomphale. « Rampants » ou « roulants », on les a appelés des cheminots. Ces hommes qui étaient à la peine et jamais à l'honneur, comment vivaient-ils au temps héroïque où Zola écrivait la Bête humaine ? Quel était ce code de l'honneur qui fit d'eux, pendant la dernière guerre, les résistants que l'on sait ? Outre les précisions techniques qu'un amateur peut souhaiter, on trouvera dans ces pages, superbement illustrées de documents souvent peu connus, un constant intérêt pour ceux qui, génération après génération, ont contribué à faire du réseau français ce qu'il est aujourd'hui : l'un des plus prestigieux du monde. — "Le meilleur ouvrage destiné au grand public que nous ayons lu ! Toutefois, nous devons avertir les ferroviphiles : sur le plan technique, « Le temps des chemins de fer en France » n'est ni un « Lepage », ni un « Maillet », telle n'est pas sa vocation. Une large part de ses pages est consacrée à une enquête sociologique et historique sur le monde cheminot. Ici aussi, n'attendez pas à y trouver un récit « vu de l'intérieur » comme en ont écrit Tonnaire ou le regretté Vincenot, ni une étude « engagée » comme en avait édité, il y a quelques années, Maspero... « Le temps des chemins de fer en France » est un ouvrage écrit par des universitaires, qui s'adressent à un public peu ou mal informé sur le rail. Dans un style agréable et vivant, ils savent prendre en main le lecteur, le conduire à travers l'univers du chemin de fer en lui présentant toutes ses facettes. Que quelques séries de locomotives marquantes aient été oubliées, que certains stéréotypes du cheminot n'aient pas été écartés, que des points de vue sur l'histoire syndicale puissent faire retourner Pierre Sémard dans sa tombe n'enlève rien à la vocation première de l'ouvrage. Il nous paraît inutile de présenter ses réalisateurs : le tandem Clive Lamming + Jacques Marseille (professeur agrégé, issu d'une famille cheminote) est une réussite. A noter surtout, le choix judicieux et la qualité excellente de l'iconographie qui montre un visage du rail différent et infiniment plus attrayant que celui présenté habituellement dans les livres de vulgarisation." (Loco-Revue n° 488, déc. 1986)

33.              LAVISSE (Ernest)(dir). Histoire de France depuis les origines jusqu'à la Révolution. Hachette, 1903-1911, 9 tomes en 18 vol. pt in-4°, chaque volume comprend de 380 à 487 pp, le dernier est un volume de tables, reliures demi-percaline verte, dos lisses avec pièces de titre basane vermillon et date dorée en queue, couv. conservées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs sur 3 volumes, bon état

            650

Chaque volume de ce classique inégalé traite d'une période de l'Histoire de France et est rédigé par un (ou plusieurs) éminent(s) spécialiste(s). Les plus grands historiens de l'époque ont participé à la rédaction de cette somme. Le dernier volume contient une fort précieuse table générale. — "Pourquoi lire aujourd'hui les vingt-sept volumes de l'Histoire de France d'Ernest Lavisse ? Parce que ce monument est l'expression indépassable d'un grand moment historique et national, au croisement d'une histoire en train de se faire scientifique et d'une République en train de se faire définitive, du début du XXe siècle (1903) au lendemain de la guerre (1922). Un miroir de réfraction, le socle d'un édifice en partie détruit, en partie indestructible et dans lequel nous vivons encore, un roman qui nous permet une meilleure compréhension de ce que nous sommes par le récit de ce que nous ne sommes plus." (Pierre Nora de l'Académie française) — Détail : I.1. Tableau de la géographie de la France. Par P. Vidal de la Blache, qqs rousseurs – I.2. Les origines. La Gaule indépendante et la Gaule romaine. Par G. Bloch – II.1. Le christianisme, les barbares, Mérovingiens et Carolingiens. Par Ch. Bayet, Ch. Pfister et A. Kleinclausz, 24 pl. de gravures hors texte – II.2. Les Premiers Capétiens (987-1137). Par A. Luchaire – III.1. Louis VII, Philippe-Auguste, Louis VIII (1137-1226). Par A. Luchaire, 24 pl. de gravures hors texte – III.2. Saint Louis, Philippe le Bel, les derniers Capétiens directs (1226-1328). Par Ch.-V. Langlois, 24 pl. de gravures hors texte – IV.1. Les premiers Valois et la guerre de Cent ans (1328-1422). Par A. Coville, 24 pl. de gravures hors texte – IV.2. Charles VII, Louis XI et les premières années de Charles VIII (1422-1492). Par Ch. Petit-Dutaillis, 24 pl. de gravures hors texte – V.1. Les guerres d'Italie, la France sous Charles VIII, Louis XII et François Ier (1492-1547). Par H. Lemonnier – V.2. La lutte contre la maison d'Autriche. La France sous Henri II. Par H. Lemonnier – VI.1. La Réforme et la Ligue. L'Édit de Nantes (1559-1598). Par J. H. Mariéjol – VI.2. Henri IV et Louis XIII (1598-1643). Par J. H. Mariéjol – VII.1 et VII.2. Louis XIV (1643-1685). Par E. Lavisse, qqs rares rousseurs – VIII.1. Louis XIV. La fin du règne (1685-1715). Par A. de Saint-Léger, A. Rébelliau, P. Sagnac et E. Lavisse – VIII.2. Louis XV (1715-1774). Par H. Carré – IX.1. Louis XVI (1774-1789). Par H. Carré, P. Sagnac et E. Lavisse, 24 pl. de gravures hors texte – IX.2. Tables.

34.              LAVISSE (Ernest)(dir). Histoire de France contemporaine depuis la Révolution jusqu'à la paix de 1919. Hachette, 1920-1922, 10 vol. pt in-4°, 180 pl. de gravures hors texte, reliures demi-chagrin chocolat, dos lisses ornés en long, pièces de titre sur fond noir, têtes dorées, filet doré sur les plats (rel. de l'éditeur), qqs dos uniformément passés, qqs mors frottés, 2 coiffes lég. abîmées, bon état

            350

Chaque volume comprend de 400 à 560 pp et 20 planches de gravures, sauf le dernier tome qui est un volume de tables (357 pp). — Détail : I : La Révolution (1789-1792), par P. Sagnac – II : La Révolution (1792-1799), par G. Pariset – III : Le Consulat et l'Empire (1799-1815), par G. Pariset – IV : La Restauration (1815-1830), par S. Charléty – V : La Monarchie de Juillet (1830-1848), par S. Charléty – VI : La Révolution de 1848 - Le Second Empire (1848-1859), par Ch. Seignobos – VII : Le déclin de l'Empire et l'établissement de la IIIe République (1859-1875), par Ch. Seignobos – VIII : L'évolution de la IIIe République (1875-1914), par Ch. Seignobos – IX : La Grande Guerre, par Henri Bidou, A. Gauvain, Ch. Seignobos. Conclusion générale par E. Lavisse – X : Tables.

35.              LEBIGUE (Jean-Baptiste), Michel GAREL, Dominique COURVOISIER. Manuscrits du Moyen-Âge et manuscrits littéraires modernes. La collection de la Société des manuscrits des assureurs français. S.l.n.n., 2001, in-4°, 350 pp, nombreuses illustrations en couleurs, reproduction des documents avec un important commentaire, index, reliure pleine toile verte de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            80

Cette publication a accompagné l'exposition de ces manuscrits à la Bibliothèque nationale de France (janvier 2001). Des manuscrits du Moyen Age, enluminés, à ceux d'Apollinaire, Aragon, Breton, Camus, Céline, Cocteau, Eluard, Gide, Giono, Sartre, etc. — Copieuses notices sur les manuscrits du Moyen Age par Jean-Baptiste Lebigue (pp. 7-129), sur les manuscrits hébreux par Michel Garel (pp. 130-139), sur les manuscrits modernes des XVIIIe et XIXe siècles (pp. 141-176) et sur les manuscrits modernes du XXe siècle (pp. 177-304) par Dominique Courvoisier, suivies de la Description des textes des manuscrits médiévaux (pp. 307-347).

36.              LEDRÉ (Charles). Histoire de la Presse. Fayard, 1958, in-8°, 411 pp, biblio, cart. éditeur, gardes illustrées, bon état (Coll. Les Temps et les destins)

            25

"Par le mot de « Presse », l'auteur entend les journaux proprement dits, les magazines et les revues. Il en fait l'histoire, depuis la Gazette de Théophraste Renaudot, jusqu'aux temps les plus récents. On sait que M. Ledré, maître historien depuis de longues années, a été aussi journaliste, et qu'il parle en conséquence de ce qu'il connaît bien. Il ne s'en tient pas d'ailleurs à l'histoire de la presse française, mais fait aussi une place à la presse étrangère. Ses divisions cependant évoquent surtout la France : La presse au XVIIe siècle ; L'éveil de l'opinion au XVIIIe siècle ; L'éclosion foudroyante de 1789 ; Dans la bataille révolutionnaire ; Le premier Empire ; La seconde Restauration ; Naissance de la presse à bon marché (sous la Monarchie de Juillet) ; D'une République à l'autre (de 1848 à 1870) ; De 1870 à 1914 ; La première guerre mondiale et l'entre-deux guerres. Une conclusion retrace l'histoire de la presse au cours de la dernière guerre et après : on y trouvera des détails fort intéressants sur des événements que les profanes ne se sont pas toujours expliqués. Dans l'ensemble, tous les problèmes posés par la presse, au cours des différentes périodes de son histoire, sont ici abordés et éclairés : ceux de son existence matérielle, de sa liberté, de ses progrès techniques, de son influence politique et sociale, de sa répartition en presse d'information et en presse d'opinion. A plusieurs reprises, M. Ledré évoque le rôle de journaux d'inspiration catholique. On lira avec un intérêt tout spécial ce qu'il dit, p. 212-213, de l'Avenir de Lamennais, qui n'a jamais dépassé 3000 abonnés, et p. 311-318, de la presse catholique de la fin du Second Empire et des premières années de la Troisième République, presse trop divisée, et par conséquent, pour chaque journal, sans beaucoup de lecteurs non plus, à cause des divergences politiques des catholiques. Ce fut le P. Vincent de Paul Bailly qui, avec le Pèlerin (1876) et surtout la Croix (1883), attira le grand public catholique : « Ardent, mais surtout populaire, il va chercher le lecteur et, s'il le faut, le provoque par l'anecdote facile, la caricature batailleuse. Ses adversaires traitent la publication d'insensée, d'idiote. Mais la clientèle a cessé de se refuser... » L'histoire de l'interview de Léon XIII par Ernest Judet, du Petit Journal, en février 1892, ne manque pas non plus de piquant. On y verra comment un journal d'information réussit à faire connaître aux catholiques français la politique du « Ralliement », préconisée par le pape, trois jours avant que parût l'encyclique Au milieu des sollicitudes, qui traitait du même sujet. Ce sont des traits ou des récits de ce genre qui rendent véritablement passionnante la lecture du livre de M. Ledré." (R. L.-L., Revue d'histoire de l'Église de France, 1959)

37.              LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). En France jadis. Grasset, 1939, in-12, 348 pp, reliure demi-basane fauve, dos lisse à filets pointillés et fleurons dorés, pièces d'auteur et de titre basane verte et vermillon, couv. illustrée et 2e plat conservés (rel. de l'époque), bon état (Coll. La Petite Histoire, 10)

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Au temps des pataches ; Le roi chez lui ; Médecin de Molière ; Le bonhomme Le Nôtre ; Jean Cavalier ; Gens de maison ; Milord l’Arsouille ; Alexandre Dumas cuisinier ; etc., etc. Selon les mots bien choisis de l’éditeur, Lenôtre a rendu l’histoire “amusante, libre, variée, pittoresque… il assemble une multitude de dessins précis, minutieux, d’une rare justesse de traits.”

38.              MILZA (Pierre) et Serge BERSTEIN. L'Italie, la Papauté (1870-1970). Masson, 1970, gr. in-8°, 173 pp, 5 cartes, biblio, broché, bon état (Coll. Un siècle d'histoire, 1870-1970)

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"Ouvrage classique, clair, bien présenté et bien informé, destiné aux étudiants. Sur 16 chapitres, 4 sont consacrés à la papauté : trop brefs pour être souvent plus qu'allusifs, assez précis pour éviter d'égarer. En ce domaine où les idées sont généralement si nébuleuses, voire déformantes, c'est une qualité qu'on appréciera. Et il est bon que l'action de la papauté puisse être replacée dans le cadre de la péninsule dont son destin a si longtemps paru inséparable." (Emile Poulat, Archives de sociologie des religions, 1972) — Table : Les grandes étapes de l'Unité italienne ; Les débuts du royaume d'Italie ; Vers la maturité (1896-1914) ; L'Italie dans la première guerre mondiale ; Naissance et avènement du gascisme ; Mise en place et évolution intérieure de l'Etat fasciste (1922-1940) ; Evolution économique et sociale de l'Italie fasciste ; Politique extérieure de l'Italie fasciste ; L'Italie dans la seconde guerre mondiale ; Le « miracle italien » (1945-1970) ; Pie IX (1846-1878) ou le refus du monde moderne ; De Léon XIII à Benoit XV (1878-1922) ; Pie XI et Pie XII (1922-1958) ; Jean XXIII et Paul VI (1958-1970) — L'histoire de l'Italie de 1870 à 1970 a été rédigée par Pierre Milza ; celle de la Papauté par Serge Berstein.

39.              ORBIGNY (Charles Henry d')(dir). Dictionnaire universel d'histoire naturelle servant de complément aux œuvres de Buffon, de Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiques. Deuxième édition revue, considérablement augmentée et enrichie. P., Au Bureau principal de l'éditeur, 1867-1872, 17 vol. gr. in-8°, texte sur 2 colonnes, tables, reliures demi chagrin rouge à coins, dos à 4 nerfs filetés, titres, tomaison et doubles caissons dorés, tranches pennées (rel. de l'époque), qqs dos lég. frottés, qqs épidermures sans gravité, coupes frottées, qqs rousseurs, bon état. Soit 14 forts volumes de texte de 800 pages environ chacun et 3 volumes d'Atlas contenant 338 planches en couleurs montées sur onglets, dessinées par Decaisne, Richard et Dujardin, très finement coloriées et gommées (T. I : Zoologie - Races humaines, mammifères et oiseaux. T. II : Zoologie - Reptiles, poissons articulés. T. III : Zoologie - Vers, mollusques et zoophytes ; Botanique - Acotylédonées, monocotylédonées et dycotylédonées ; Astronomie ; Météorologie). Le papier de quelques planches est uniformément jauni. Très beau tirage des gravures, couleurs très vives, très peu de rousseurs, un bel ensemble en bon état

            2500

Dictionnaire publié sous la direction de Charles d'Orbigny (1806-1876), qui confia la rédaction des articles aux savants de l'époque, Arago, Audouin, Beaumont, Becquerel, Brébisson, Brongniart, Deshayes, Desmarest, Alcide d'Orbigny, Geoffroy-Saint-Hilaire, Jussieu, Lucas, Milne Edwards, Moquin-Tandon, Prévost, Quatrefages, Valenciennes, Van Beneden, etc. Charles d'Orbigny est aussi l'auteur du discours préliminaire dans lequel est exposé le développement des sciences naturelles à travers les âges. Cet ouvrage, considéré comme l'une des meilleures encyclopédie d'histoire naturelle du XIXe siècle, fut le premier à donner l'étymologie de tous les noms de genres, ainsi que celle des principaux termes scientifiques. Avec ses treize (puis quatorze) volumes de texte et ses trois volumes de planches, le Dictionnaire universel d'histoire naturelle est l'une des réalisations majeures du XIXe siècle en matière de synthèse scientifique, mais aussi de vulgarisation de qualité à destination du public cultivé. Les planches du Dictionnaire d'Orbigny, d'un réalisme saisissant par la précision, le détail, la beauté des traits et des couleurs, sont les meilleures produites au XIXe siècle dans ce domaine. "The best illustrated encyclopedia of natural history" (Casey Wood) ; "L'apogée du dessin scientifique" (Eric Baratay). "Dans ce travail, une place importante est réservée au dessin (sous la forme d'environ 300 planches en couleur, regroupées en trois volumes) parce qu'il a un rôle scientifique majeur. Cependant les planches permettent aussi une vulgarisation du savoir, qui atteint un niveau inégalé à cette époque : gravures en noir et blanc, à bon marché, vendues à l'unité, ou planches en couleurs, plus soignées, soit volantes, soit accompagnant les grandes synthèses, comme celles du Dictionnaire de Charles d'Orbigny. Or, par la précision, le détail, la beauté des traits et des couleurs, ces dernières sont les meilleures produites au XIXe siècle dans le domaine de la vulgarisation scientifique. Ce soin exceptionnel n'a pas qu'un but scientifique. Il s'agit aussi d'attirer les acheteurs potentiels, en particulier les collectionneurs de plantes ou de bêtes, mais plus largement un public bourgeois friand de ces genres artistiques. Car la mode est aux arts animalier et floral, de la gravure à la peinture en passant par la sculpture, et leur succès conduit des artistes à se spécialiser, notamment dans le genre scientifique, en obtenant de belles réputations. C'est le meilleur moyen d'annoncer une découverte, d'enregistrer l'arrivée d'une espèce nouvelle, d'établir une preuve qui devient une référence. C'est aussi le meilleur outil pour diffuser le savoir, vérifier les affirmations, dénicher les erreurs, participer à la classification des espèces. La qualité des planches est le premier critère de jugement d'un livre, et elle maintient la renommée de celui-ci même si le texte est peu à peu dépassé." (Eric Baratay, Un théâtre des bêtes : les planches du Dictionnaire universel d’histoire naturelle)

40.              OUZAN (Françoise) et Dan MICHMAN (dir). De la mémoire de la Shoah dans le monde juif. CNRS Editions, 2008, gr. in-8°, 499 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Comment est conservée et transmise la mémoire du génocide dans les diverses communautés juives à travers le monde ? Quel rôle tient la Shoah dans la recherche identitaire européenne ? Comment est-elle interprétée dans la culture américaine ? De quelle manière commémore-t-on le souvenir des camps au Canada ou au Brésil ? A l'heure où à l'échelle planétaire se déchaînent les guerres mémorielles, et alors que cette même mémoire de la Shoah apparaît exposée à la récupération, à l'instrumentalisation, voire à la banalisation, il était temps que historiens, sociologues et philosophes questionnent l'être juif contemporain dans cette dimension essentielle. Alain Finkielkraut, Annette Wieviorka, Ilya Altman, Julien Bauer, Emeric Deutsch, Anne Grynherg, Kathy Hazan, entre autres, et sous la direction de Dan Michman et Françoise S. Ouzan, explorent ici, à travers ses grandes étapes, de la création de l'Etat d'Israël au procès Eichmann, de la série Holocauste aux pèlerinages d'Auschwitz, cette histoire toujours sensible et toujours polémique. Des regards croisés qui donnent à lire les enjeux les plus cruciaux de la transmission.

41.              PANOFSKY (Erwin). Architecture gothique et pensée scolastique. Précédé de L'Abbé Suger de Saint-Denis. Traduction et postface de Pierre Bourdieu. Editions de Minuit, 1967, in-8°, 211 pp, 52 planches hors texte, 8 figures dans le texte, chronologie, glossaire, biblio, index, broché, bon état (Coll. Le Sens commun). Edition originale en français

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Les deux essais réunis ici proposent l’interprétation la plus méthodique de la genèse, de la structure et de l’évolution de l’architecture gothique. Une biographie systématique rattachant les intentions esthétiques de Suger à différents traits de sa personnalité physique et sociale conduit au principe de l’entreprise de “destruction créatrice” de l’abbé de Saint-Denis qui laisse à ses successeurs, comme un défi, les difficultés suscitées par ses innovations. Pour relever ce défi, les architectes de la grande époque gothique s’arment des instruments intellectuels qu’ils doivent à la scolastique : ensembles intelligibles composés selon des méthodes identiques, la Somme théologique et la cathédrale recèlent des homologies structurales irréductibles aux simples traductions littérales de la langue théologique dans la langue architecturale que saisissait l’historiographie positiviste.

42.              Parisette du “Figaro”. Le Protocole mondain. P., Montgrédien, s.d. (1899), in-12, iv-280 pp, + 24 pp de publicités sur papier mauve in fine, reliure percaline violine de l'éditeur avec titres argentés au 1er plat et au dos, publicité au 2e plat, dos uniformément passé, un mors lég. abîmé, qqs marques au stylo sur 10 p., intérieur propre et frais, bon état. De la bibliothèque de Geneviève Dormann

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Par Désirée Langer (1852-1926), journaliste, écrivain, dont les pseudonymes étaient : Parisette, Cousine Jeanne, Comtesse Laetitia, Georges Régnal (pseud. collectif avec son mari). Elle a collaboré à La Mode ,Le Petit Journal, Le Figaro, L'Estafette, La Patrie, Le Gaulois, Le Soir, Le Journal illustré, Le Supplément du Petit Journal, La Vie parisienne, L'Univers illustré, Le Paris-Mode, Jeune fille (Bruxelles), et fut cofondatrice de La Simple revue... — Table : I. Dans le monde, la conversation, grandes réceptions, à table, l'hospitalié. – II. Endroits publics. – III. La toilette, la tenue. – IV. La charité, les oeuvres. – V. Cercles, sports, escrime. – VI. Rapports divers avec nos semblables, cadeaux. – VII. La correspondance, cartes de visites. – VIII. S. M. le protocole officiel. – IX. Les grandes époques de la vie.

43.              PÉCHEUX (Michel) et Michel FICHANT. Sur l'histoire des sciences. Maspero, 1969, pt in-8°, 172 pp, broché, couv. à rabats très lég. salie, bon état

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Idéologie et histoire des sciences (l'effet de la coupure galliléenne en physique et en biologie) (Michel Pécheux) – L'idée d'une histoire des sciences (le problème de l'histoire des sciences, de Galilée à Duhem, l'idée d'une histoire des sciences : le concept de récurrence, l'usage du concept de récurrence : analyse d'un exemple) (Michel Fichant) – Textes de J.-S. Bailly, Auguste Comte, Gaston Bachelard, Jean Cavaillès et Dedekind en appendices (pp. 142-169).

44.              PERNOUD (Régine). Histoire du Peuple français, publiée sous la direction de L.-H. Parias. Tome I : Des origines au Moyen Age (Ier siècle avant J.-C. - 1380), par Régine Pernoud. Nouvelle Librairie de France, 1953, gr. in-8°, 379 pp, préface de Edouard Herriot, très riche iconographie dans le texte et hors texte : 64 pl. hors texte en noir, 8 pl. hors texte en couleurs, 10 cartes, plus des illustrations dans le texte, biblio, reliure plein vélin décorée de l'éditeur, gardes illustrées, bon état

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Un livre remarquable où Régine Pernoud s'est proposée d'écrire non une histoire politique, une histoire des institutions, mais une histoire des hommes et des caractères dominants du peuple français. Elle a recherché les grandes paternités des courants d'opinion, des institutions et des coutumes françaises. Elle a cherché à partir de sa vie naturelle : les mentalités, la demeure, l'alimentation, le vêtement, le travail, les outils, les métiers et les techniques, les loisirs. Elle contredit Michelet sur le Moyen Age : le Xe siècle a été une époque de grands progrès technique dans l'agriculture (modification de l'attelage, ferrure du cheval), dans la confection des routes, dans l'installation des moulins et dans tout autre domaines. Les courants commerciaux se développent, le marchand crée la ville; la bourgeoisie apparaît. Le christianisme enseigne et protège le respect de la personne humaine, les droits de l'enfants, l'autorité des parents. Régine Pernoud est la pionnière d'une révolution de l'historiographie sur la vision du Moyen Age. Loin d'être des "temps obscurs", le Moyen Age – et les XII et XIIIe siècles en particulier – apparaissent au contraire comme l'apogée de notre civilisation occidentale.

45.              PINGLÉ (Jacques). L'Inquisition ou la dictature de la foi. Perrin, 1983, in-8°, 311 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état (Prix Thérouanne de l'Académie française 1983)

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"Instaurée par Rome pour veiller à la sauvegarde de la foi , l'Inquisition fut surtout l'instrument d'une tyrannie sanglante. Grâce à elle, la suprématie pontificale fût imposée à la hiérarchie religieuse et au pouvoir politique. L'autorité temporelle du Pape fut admise, mais durant des siècles l'assassinat fut légalisé, encouragé. Que de crimes furent commis par ce tribunal. Sans rien dissimuler des méthodes, des erreurs, des tortures, l'ouvrage de J . Pinglé nous retrace l'histoire de l'Inquisition, Haut Tribunal de la foi, magnifique instrument de despotisme et d'intolérance religieuse." (Lectures 14, juillet-août 1983) — "Voilà un sujet qui a fait, fait et fera encore longtemps couler des flots d'encre et noircir bien des pages. Durant six siècles cette terrible institution a fait trembler le monde, par la terreur, la torture, le bûcher, avec l'appui du bras séculier, mais pour le bien de la Chrétienté. Cela est il l'unique raison ? Il lui fallait bien sûr, lutter contre le pouvoir des rois, qui avaient tendance à ne pas reverser les aumônes à Rome, lutter contre les nouvelles tendances religieuses, qualifiées d'hérésies (cathares puis protestants), et assurer au Pape son autorité alors qu'elle était plus ou moins contestée par certains. Il est difficile de trancher avec nos concepts actuels sans tomber dans l'anachronisme voire les préjugés un peu simplistes. En 1834, l'Edit de Madrid mettra apparemment un point final, à sa vie légale. Mais il se murmure qu'elle agissait encore au début du vingtième siècle. Ce point sera peut être enfin éclairci lorsque les archives du Vatican seront accessibles ! Excellent livre, documenté, riche, passionnant. Un ouvrage de référence qui fut couronné en son temps par l'Académie française." (www.critiqueslibres.com)

46.              POGNON (Edmond). Histoire du Peuple français, publiée sous la direction de L.-H. Parias. Tome II : De Jeanne d'Arc à Louis XIV (1380-1715), par Edmond Pognon. Nouvelle Librairie de France, 1953, gr. in-8°, 384 pp, très riche iconographie dans le texte et hors texte : 64 pl. hors texte en noir, 11 pl. hors texte en couleurs, 6 cartes, plus des illustrations et armoiries dans le texte, biblio, reliure plein vélin décorée de l'éditeur, gardes illustrées, bon état

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Archiviste-paléographe, Edmond Pognon (1911-2007) a mené de front un parcours d'administrateur au sein de la Bibliothèque nationale et une carrière de médiéviste pour l'essentiel consacrée au tournant si controversé de l'An Mil. On lui doit une synthèse sur ce moment crucial (L'An Mille, 1947), une biographie pionnière d'Hugues Capet (Le Mémorial des siècles, Albin Michel, 1966), et un très accessible essai, La Vie quotidienne en l'An Mille (Hachette, 1981). Entré en 1935 comme bibliothécaire au département des manuscrits de la BN, il passe à celui des estampes, avant de devenir conservateur en chef.

47.              PROST (Antoine). Histoire de l'enseignement en France, 1800-1967. Armand Colin, 1983, gr. in-8°, 524 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. U)

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"Le livre d'Antoine Prost décrit brillamment un apogée révolu : celui d'une société enseignante en plein accord avec la société globale. Jusqu'en 1930, la France se satisfait, voire s'enorgueillit, de ses écoles. Réciproquement, l'enseignement public voit son oeuvre dans la France républicaine, laïque et victorieuse de 1918. Mais voici que s'aigrit cette satisfaction, que se défait cet équilibre. Poursuivant son propos jusqu'en 1967, Antoine Prost fait donc le récit d'une usure : l'encadrement s'est dégradé, l'enseignement secondaire s'est vu submerger par une double invasion, démographique et plus encore sociale." (J. Ozouf, Revue Historique) — "... Cet esprit universitaire fait de tolérance mutuelle est parfaitement caractérisé et expliqué dans l'ouvrage d'A. Prost : né du caractère composite du recrutement des maîtres au début du siècle, il devait se durcir en « esprit laïque » : l'auteur marque les étapes de cette évolution, de Napoléon Ier à Falloux et à Ferry : après avoir distingué avec finesse les diverses positions catholiques au siècle dernier en face de l'enseignement de l'Etat (p. 155-171), il montre comment la volonté de la majorité des catholiques de subordonner la science à la foi, d'exalter les droits de la famille et des « corps intermédiaires », a concouru à alimenter et à renforcer le détachement vis-à-vis des influences religieuses et le recours à l'État chez les universitaires (p. 176-177). Il décrit l'aggravation du conflit jusqu'en 1914, à la suite de l'abandon du modus vivendi proposé par Ferry sur la base de la neutralité scolaire, jugée aussitôt « impossible » par les catholiques et reniée par les radicaux après 1900. Après la sécularisation, M. Prost analyse la différenciation progressive depuis le début du XIXe siècle des divers degrés d'enseignement (...) Il fixe les traits de la société des enseignants à l'époque de « son apogée » (1880-1930) et s'attache enfin à démêler les origines de la crise actuelle, de l'entre-deux guerres à nos jours. Au fil des chapitres, les contours d'une histoire des mentalités sur la question scolaire sont aussi heureusement dessinés qu'au début de l'ouvrage : on signalera à l'attention les analyses très fines de « la foi laïque » – religion sécularisée – et de la psychologie des instituteurs (p. 383-395). On méditera aussi sur l'ensemble des causes qui, depuis 1945, ont atténué l'antagonisme de principe sur la question scolaire et fait admettre dans les faits un pluralisme scolaire, reflet non seulement d'un déclin des idéologies mais plus profondément, de l'actuelle remise en cause des rapports entre adultes et adolescents. Nourri d'une documentation de première main et de lectures considérables, cet ouvrage qui suscite une réflexion incessante a une portée qui dépasse largement celle d'un simple manuel d'enseignement supérieur." (J. Gadille, Revue d'histoire de l'Eglise de France)

48.              RAYNAUD (Philippe). La laïcité. Histoire d’une singularité française. Gallimard, 2018, in-8°, 240 pp, notes, index, broché, bon état. Exemplaire d'épreuves non corrigées réservé à la presse et aux libraires

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C'est un mot qui passe pour intraduisible et qui renvoie aux traits distinctifs de notre histoire nationale. Les origines de la laïcité remontent aux Guerres de Religion, où la puissance royale commence à s'émanciper de l'autorité de l'Eglise. C'est de cette crise originelle que part ce livre. L'Edit de Nantes impliquait qu'on pouvait être bon Français sans être catholique. C'est cette brèche que Louis XIV va tenter de refermer avec la Révocation. Mais la monarchie absolue tire sa légitimité moins de ses fondements religieux que de sa rationalité administrative et de son pouvoir civilisateur. Avec la Révolution, la France cesse d'être un royaume catholique pour emprunter la voie qui mène à l'Etat laïque, dégagé de toute conception théologique. Le conflit entre France catholique et France républicaine se poursuivra au XIXe siècle, où la IIIe République s'engage dans une laïcité militante, avant d'aboutir à la loi de 1905. Il prendra d'autres formes pour s'épuiser en 1984 avec la tentative avortée d'intégrer l'école privée catholique dans l'enseignement public. Cependant, depuis les années 1960, l'évolution des moeurs érodait progressivement le consensus moral qui unissait croyants et incroyants, pour déboucher sur les controverses autour du "mariage pour tous" et de la procréation médicalement assistée. A ces dissensions s'est ajouté un nouveau défi, l'émergence d'une religion, l'islam, qui pose à la laïcité des problèmes inédits et introduit au sein même de l'opinion laïque des divisions profondes.

49.              REBIÈRE (A.). La Vie et les travaux des savants modernes, d'après les documents académiques, choisis et abrégés. P., Vuibert, 1923, in-8°, viii-472 pp, quatrième édition ornée de portraits, revue et augmentée par E. Goursat, 42 portraits à pleine page, broché, bon état

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L'Académie des sciences – Les Mathématiciens et les Astronomes, de Cassini (1625-1712) à Charles Hermite (1822-1901) – Les Physiciens et les Chimistes, de Mariotte (v. 1620-1684) à Pasteur (1822-1895) – Les Naturalistes, de Tournefort (1656-1708) à Claude Bernard (1813-1878).

50.              REYNIÉ (Dominique)(Textes inédits réunis et publiés par). Librairies, corps et âmes. P., Vinci, 1994, in-8°, 354 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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"Dans ces pages, plus de cent écrivains rêvent, réfléchissent et se souviennent, pour que vive la librairie, lieu essentiel et fragile. La librairie, dont ce livre est la porte, veille encore sur nous, mais pour combien de temps ?" Textes de Jorge Amado, Fernando Arrabal, Béatrix Beck, Daniel Boulanger, Nicolas Bréhal, Jean-Jacques Brochier, François Cavanna, Jacques Chessex, Catherine Clément, François Dagognet, Michel Deguy, Jean Delumeau, Serge Doubrovsky, Annie Ernaux, Max Gallo, Patrick Grainville, Claude Hagège, Marc Lambron, Mathieu Lindon, Gabriel Matzneff, Amélie Nothomb, Michel Onfray, Claude Roy, Jacques Sternberg, Jean Tulard, etc.

51.              ROBICHON (Jacques). Extraordinaires histoires vraies. Perrin, 1966, in-8°, 369 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, cart. éditeur, jaquette, bon état

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Le bombardement du mont Cassin, en 1944, constitua-t-il une erreur sanglante, monstrueuse et vaine ? Tout a-t-il été dit sur la mort de Rommel ? Hiroshima aurait-il pu être évité ? – Gilles de Rais était-il Barbe-Bleue ? Jérome Savonarole fut-il un moine fanatique et borné, ou un martyr et un saint ? Qui a tué Francesco Cenci et quels furent les acteurs du drame de la Petrella dans la nuit du 15 septembre 1598 ? Quelles ont été les causes et les conséquences de la révolte du Bounty ? – En 1842, un dandy à gants jaunes et boutons d'or, membre du Jockey-Club et filleul de Joséphine de Beauharnais, explorait les bas-fonds du crime et s'apprêtait à devenir un des plus populaires romanciers de son siècle. Il s'appelait Eugène Sue. Devenu – malgre lui – le défenseur des classes misérables, parviendrait-il néanmoins à épouser une Noailles ? – Maupassant a-t-il été Bel-Ami ? Et en quoi consista l'étrange combat livré par Conan Doyle contre son propre héros, Sherlock Holmes ? L'histoire vraie du prix Goncourt constitue, à elle seule, un prodigieux roman dont les péripéties continuent. – Thérèse Desqueyroux a-t-elle existé ? – Avec le souci du détail et de la vérité historique qui caractérisait “Le Débarquement de Provence” et “Jour J en Afrique”, Jacques Robichon a reconstitué seize affaires capitales étranges ou mystérieuses, seize histoires réellement « extraordinaires ».

52.              ROUBIN (Lucienne A.). Chambrettes des Provençaux. Une maison des hommes en Méditerranée septentrionale. Plon, 1970, in-8°, 251 pp, préface de Roger Bastide, 16 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Civilisations et mentalités),  envoi a.s.

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"Voici un ouvrage extrêmement important qui traite d'une institution fort ancienne et jusqu'alors méconnue, et dont l'intérêt dépasse le titre sous lequel il nous est présenté. Certes l'auteur traite longuement des « chambrettes » d'hommes mais son propos s'élargit à l'étude de la répartition sexuelle de l'espace communal. La chambrette réservée aux hommes s'accompagne naturellement de son opposé, espace où règne la femme : le foyer domestique, la maison. De même, à la place du village et aux champs, éléments masculins de l'espace, répondent le lavoir, les fontaines, les jardins, domaines réservés des femmes. Cette ségrégation des sexes, très rigoureusement maintenue encore aujourd'hui, ne disparaît que lors de rencontres dont le cérémonial est soigneusement réglé par la société : c'est la fête. Ainsi de proche en proche, c'est de la réalité, du fonctionnement même de toute la communauté dont il est question. Analysant une institution strictement masculine, secrète, Lucienne Roubin se doit d'expliquer sa démarche. Aujourd'hui les anciens sociétaires des chambrettes disparues sont déliés du secret qui entourait l'institution et on peut avoir avec eux de nombreux entretiens. Dans les cercles actuels, relais des chambrettes d'autrefois, l'interdit de présence féminine qui subsiste officiellement s'est fait moins rigoureux et, après y avoir été introduite par le président, l'auteur a pu y effectuer des visites. Entretiens et observation directe ont été complétés par l'analyse de données tirées des archives locales et départementales. Il s'agit donc ici d'une véritable ethno-histoire de l'institution, les chambrettes étant présentes dans toute l'ancienne Provence, y compris le Comté de Nice où des cercles furent créés dès son rattachement à la France. Au delà, en Savoie, la chambrette revêtait une autre forme : les hommes se répartissaient par groupes dans diverses étables, mais ce type de réunion n'a pas débouché sur l'association permanente qui est le fondement même de la chambrette. Plus au nord encore, dans les Alpes valaisanes, les assemblées d'hommes se tenaient dans les caves, mais les réunions n'avaient qu'un but récréatif. A l'ouest et à l'est, l'institution n'a, semble-t-il, jamais existé..." (Françoise Zonabend, L'Homme, 1972) — "Dans cet ouvrage L. Roubin s'est attachée à décrire et expliquer un usage peu connu peut-être du grand public, mais très important pour définir ce que l'historien Maurice Agulhon a appelé la « sociabilité méridionale ». Les “Chambrettes” provençales, ce sont ces réunions exclusivement masculines, qui avaient lieu dans un local du village, selon une structure et un code bien déterminés, dans une grande partie de la Provence – Var et Basses-Alpes surtout. Souvent interdites par les pouvoirs publics pour les positions républicaines et jacobines qu'elles ont pu prendre au milieu du siècle dernier, elles ont progressivement disparu, mais certaines se sont maintenues sous la forme de “Cercles” qui survivent encore dans plus d'un village provençal, avec un contenu moins rigoureux, il est vrai..." (Jean-Claude Bouvier, Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie, 1973)

53.              STAFFE (Baronne). La Correspondance dans toutes les circonstances de la vie. P., Léon Chailley, 1895, in-12, 342-(14) pp, mention de 10e édition, reliure pleine toile rose brique de l'éditeur, titres en noir au 1er plat et au dos, motif floral vert frappé à froid au 1er plat, bon état

            50

"Est-ce parce qu'elle a été élevée par deux tantes dont l'une était demoiselle des postes que Blanche Soyer (1845-1911) s'est fait une spécialité de l'art d'écrire des lettres ? toujours est-il que c'est sous le pseudonyme de baronne Staffe qu'elle publie en 1895 un manuel intitulé « La Correspondance dans toutes les circonstances de la vie », composé de « lettres vraies, écrites et reçues dans une famille ». Ce manuel, ou plus exactement ce « secrétaire », est aussi un guide des bonnes manières. Entre parents et intimes, on peut « jusqu'à un certain point mettre à sa plume la bride au cou ». Mais « en écrivant à des étrangers et même à de simples connaissances, une certaine retenue est nécessaire, une certaine sobriété dans la phrase et dans les détails, sans sécheresse pourtant, sans prétention surtout ». Le livre de la baronne Staffe sera réédité constamment jusqu'au milieu du XXe siècle." (Chronique de la correspondance, 2013)

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[Théâtre]. Répertoire général du théâtre français. P., Ménard et Raymond, 1813, volumes in-12 en reliure plein veau naturel marbré, dos lisses avec filets et fleurons dorés, filet à froid encadrant les plats, coupes filetées (rel. de l'époque), dos frottés, qqs coiffes abîmées, état correct. Nous disposons des volumes suivants :

 

54.              Thomas Corneille. 290 pp (Tome IV)

            15

Contient Ariane, tragédie (1672, préface de Voltaire), le Comte d'Essex, tragédie (1678, préface de Voltaire), le Festin de Pierre, comédie (1677).

55.              Crébillon 1. xi-387 pp (Tome VIII)

            15

Contient Notice sur Crébillon, Idoménée, tragédie (1703), Atrée et Thyeste, tragédie (1707), Electre, tragédie (1708), Rhadamisthe et Zénobie, tragédie (1711).

56.              Crébillon 2. 322 pp (Tome IX)

            15

Contient Xerxès, tragédie (1714), Sémiramis, tragédie (1717), Catilina, tragédie (1748), le Triumvirat, ou la mort de Cicéron, tragédie (1754).

57.              Tragédies 2. 389 pp (Tome XXV)

            15

Contient Amasis, par Lagrange de Chancel (1701), notice sur Lagrange-Chancel, Absalon, par Duché (1712), notice sur Duché, Marius, par de Caux (1715), notice sur Decaux, Inès de Castro, par Lamotte-Houdart (1723), notice sur Lamotte-Houdart, Gustave-Wasa, par Piron (1732), notice sur Piron.

58.              Tragédies 3. 363 pp (Tome XXVI)

            15

Contient Didon, par Lefranc de Pompignan (1734), notice sur Lefranc de Pompignan, Mahomet second, par Lanoue (1739), notice sur Lanoue, les Troyennes, par Chateaubrun (1754), notice sur Chateaubrun, Iphigénie en Tauride, par Guymond de La Touche (1757), notice sur Guymond de Latouche, Caliste, par Colardeau (1760), notice sur Colardeau.

59.              Tragédies 4. 414 pp, le faux-titre indique fautivement Tragédies 3 (Tome XXVII)

            15

Contient Spartacus, par Saurin (1760), notice sur Saurin, Blanche et Guiscard, par Saurin (1763), le Siège de Calais, par de Belloy (1765), notice sur De Belloy, Gaston et Bayard, par de Belloy (1771), Gabrielle de Vergy, par de Belloy (1777).

60.              Tragédies 5. 319 pp (XXVIII)

            15

Contient Hypermnestre, par Lemierre (1758), notice sur Lemierre, la Veuve du Malabar, ou l'Empire des coutumes, par Lemierre (1770), le Comte de Warwick, par La Harpe (1763), notice sur La Harpe, Philoctète, par La Harpe (1783), Coriolan, par La Harpe (1784).

61.              Drames 1. 339 pp (Tome XXIX)

            15

Contient le Père de Famille, par Diderot (1761), notice sur Diderot, le Philosophe sans le savoir, par Sédaine (1765), notice sur Sédaine, Béverlei, tragédie bourgeoise imitée de l'anglais, en vers libres, par Saurin (1768).

62.              Drames 2. 321 pp (Tome XXX)

            15

Contient Eugènie, par Caron de Beaumarchais (1767), notice sur Beaumarchais, L'autre Tartuffe ou la Mère coupable, par Caron de Beaumarchais (1797), Mélanie, par de La Harpe (1793, revu et corrigé par l'auteur en 1802).

63.              Comédies 1. 334 pp (Tome XXXI)

            15

Contient la Mère coquette, ou les Amans brouillés, par Quinault (1665), notice sur Quinault, la Femme juge et partie, par Montfleury (1669), notice sur Montfleury, le Deuil, par Hauteroche (1672), notice sur Hauteroche, Crispin médecin, par Hauteroche.

64.              Comédies 2. 299 pp (Tome XXXII)

            15

Contient le Mercure galant, ou la comédie sans titre, par Boursault (1683), notice sur Boursault, Esope à la Cour, par Boursault (1701), le Florentin, par La Fontaine (1685), notice sur La Fontaine, les Trois Frères rivaux, par de Lafont (1713), notice sur de Lafont.

65.              Comédies 4. 330 pp (Tome XXXIV)

            15

Contient les Vendanges de Surène, par Dancourt (1695), les Vacances, par Dancourt (1697), le Mari retrouvé, par Dancourt (1698), les Bourgeoises de qualité, par Dancourt (1700), le Jaloux désabusé, par Campistron (1709).

66.              Comédies 5. 342 pp (Tome XXXV)

            15

Contient le Grondeur, par Bruéys (1691), notice sur Bruéys, le Muet, par Bruéys (1691), l'Avocat patelin, par Bruéys (1706), le Dédit, par Dufresny (1719).

67.              Comédies 6. 362 pp (Tome XXXVI)

            15

Contient l'Esprit de contradiction, par Dufresny (1700), notice sur Dufresny, le Double veuvage, par Dufresny (1702), la Coquette de village, ou le lot supposé, par Dufresny (1715), la Réconciliation normande, par Dufresny (1719), le Mariage fait et rompu, ou l'hôtesse de Marseille, par Dufresny (1721).

68.              Comédies 7. 354 pp (Tome XXXVII)

            15

Contient l'Homme à bonne fortune, par Baron (1686), notice sur Baron, l'Andrienne, par Baron (1703), le Galant Coureur, ou l'ouvrage d'un moment, par Legrand (1722), notice sur Legrand, l'Aveugle clairvoyant, par Legrand (1716).

69.              Comédies 8. 342 pp (Tome XXXVIII)

            25

Contient Crispin rival de son maître, par Le Sage (1707), notice sur Le Sage, Turcaret, par Lesage (1709), la Métromanie, ou le poète, par Piron (1738).

70.              Comédies 9. 343 pp (Tome XXXIX)

            15

Contient le Triple Mariage, par Néricault Destouches (1716), notice sur Destouches, le Philosophe marié, ou le mari honteux de l'être, par Néricault-Destouches (1727), le Glorieux, par Néricault-Destouches (1732).

71.              Comédies 10. 350 pp (Tome XL)

            15

Contient le Dissipateur, ou l'honnète friponne, par Néricault Destouches (1753), la Fausse Agnès, ou le poète campagnard, par Néricault-Destouches (1759), l'Homme singulier, par Néricault-Destouches (1764).

72.              Comédies 11. 350 pp (Tome XLI)

            15

Contient le Tambour nocturne, ou le mari devin, par Néricault Destouches (1762), le Consentement forcé, par Guyot de Merville (1738), notice sur Guyot de Merville, les Fausses confidences, par Marivaux (1793), l'Epreuve, par Marivaux.

73.              Comédies 12. 350 pp (Tome XLII)

            15

Contient le Jeu de l'Amour et du Hasard, par Marivaux (1730), notice sur Marivaux, la Surprise de l'Amour, par Marivaux (1727), la Mère confidente, par Marivaux (1735), le Legs, par Marivaux (1736).

74.              Comédies 13. 367 pp (Tome XLIII)

            15

Contient le Français à Londres, par de Boissy (1727), notice sur de Boissy, le Babillard, par de Boissy (1725), les Dehors trompeurs, ou l'homme de jour, par de Boissy (1740), le Sage étourdi, par de Boissy (1745), le Somnanbule, par Pont-de-Veyle (1739), notice sur Pont-de-Veyle, l'Oracle, par Saintfoix (1740), notice sur Saintfoix.

75.              Comédies 14. 379 pp (Tome XLIV)

            15

Contient l'Ecole des Bourgeois, par Dallainval (1728), notice sur D'Allainval, le Procureur arbitre, par P. Poisson (1728), notice sur Poisson, l'Impromptu de campagne, par P. Poisson (1733), le Rendez-vous, ou l'Amour supposé, par Fagan (1733), notice sur Fagan, la Pupille, par Fagan (1734), Mélanide, par Nivelle de La Chaussée (1741), notice sur La Chaussée.

76.              Comédies 15. 359 pp (Tome XLV)

            15

Contient le Préjugé à la mode, par Nivelle de La Chaussée (1735), l'Ecole des mères, par Nivelle de La Chaussée (1744), la Gouvernante, par Nivelle de La Chaussée (1747).

77.              Comédies 21. 428 pp (Tome LI)

            15

Contient le Séducteur, par M. de Bièvre, notice sur M. de Bièvre, Auguste et Théodore, ou les deux pages, par Dezède (1789), notice sur Dezède, le Philinte de Molière, ou la suite du Misanthrope, par P. F. N. Fabre d'Eglantine, notice sur Fabre d'Eglantine, l'Intrigue épistolaire, P. F. N. Fabre d'Eglantine, plus la Table alphabétique des auteurs avec leurs pièces contenues dans les 51 volumes de cette collection. Elle renferme toutes les pièces, tragédies, comédies et drames dont se compose le répertoire du théâtre français, c'est à dire les chefs-d'oeuvres de Pierre et Thomas Corneille, les théâtres complets de Racine, Crébillon, Molière et Regnard, les pièces choisies de Voltaire, ainsi que les pièces des autres auteurs "que la faveur constante du public a maintenues sur la scène". Une notice est donnée pour chaque auteur avec, en particulier, la date des premières représentations.

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78.              THOMAS (Bernard). Les Provocations policières. Quand la politique devient un roman policier. Fayard, 1972, gr. in-8°, 508 pp, sources biographiques, broché, couv. à rabats, bon état,  envoi a.s.

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Russie : le ministre de l'intérieur est exécuté par le meilleur agent de la police secrète. Etats-Unis : quatorze briseurs de grève sont assassinés par les milices parallèles du patronat. Paris : les bombes anarchistes sont fabriquées à la préfecture de Police. De la Bible à nos jours, de la côte ouest de l'Amérique à la Sibérie, Bernard Thomas raconte, avec un rare brio, les plus belles provocations policières qui font ressembler la politique à un roman d'espionnage. Mais ce monumental ouvrage ne se contente pas d'être la fresque passionnante, souvent incroyable mais toujours authentique, des grands coups fourrés de l'Histoire. En démontant avec soin les mécanismes de cet art pourri mais suprême qu'est la provocation policière, Bernard Thomas nous révèle la face inconnue de la police de notre temps. Il nous fait entrer dans l'intimité équivoque des personnages tourmentés et inquiétants qui acceptent de jouer le dangereux rôle de « l'agent provocateur ». Il brosse surtout un portrait saisissant des grands maîtres-policiers qui, de Vidocq à Staline, de Djerzinski à Himmler, ont cru possible de modifier, en le provoquant, le destin des hommes et des sociétés.

79.              VARAGNAC (André). De la Préhistoire au Monde moderne, essai d’une anthropodynamique : préhistoire, protohistoire (première révolution industrielle), machinisme (seconde révolution industrielle). Plon, 1954, in-12, 247 pp, index, broché, bon état (Coll. Civilisations d'hier et d'aujourd'hui) (Prix Gabriel Monod, de l’Académie des Inscriptions et Belles lettres, 1955)

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Par André Varagnac (1894-1983), conservateur du musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye, directeur d’études à l’École des Hautes Études. — "Une esquisse rapide de l'évolution de l'homme et de sa technique depuis son apparition sur la terre jusqu'aux temps modernes. Le propos de l'auteur est de présenter au grand public la préhistoire et la protohistoire, et de jeter un pont entre ces disciplines et la sociologie moderne." ( Revue française de science politique, 1954)

80.              WILSON (Charles). The History of Unilever. A Study in Economic Growth & Social Change. London, Cassell & Co Ltd, 1954, 2 vol. in-8°, xx-335 et 480 pp, 28 photos, fac-similé, généalogies, tableaux et diagrammes hors texte, reliures pleine toile brique de l'éditeur, jaquettes (trace de mouillure ancienne sur la jaquette du tome II), bon état. Edition originale. Texte en anglais

            60

"Nous possédons aujourd'hui une histoire d'Unilever, due à l'historien anglais Charles Wilson. Plus de 800 pages nous donnent quantité de faits fort bien présentés. L'auteur s'attache au développement et aux fusions successives de cette firme qui, née pour fabriquer du savon, a étendu ensuite son pouvoir sur la plus grande partie des corps gras, en particulier sur la margarine. Cette histoire est incontestablement dominée par la figure du fondateur, William Lever, devenu par la suite Lord Leverhulme. On sait que c'est la recherche des matières premières qui a provoqué le grand essor dans le monde de cette entreprise qui, en 1929, s'est unie à un groupe de firmes hollandaises, les Jürgens et les Van den Bergh. A la lutte pour la possession des matières premières s'ajoutait une lutte de marchés qui provoqua les associations définitives. Certains phénomènes sont très exactement décrits et fournissent ainsi des exemples frappants à l'analyse des méthodes employées pour la croissance des entreprises. Cette partie est fort utile et contribue beaucoup à notre connaissance de ce capitalisme gigantesque. L'existence de marchés locaux ou régionaux, créés par la firme, est également intéressante. On constatera que Lever prit un soin extrême à ne pas troubler ces marchés quand il acheta des entreprises concurrentes. Ce que l'on perdait par manque de rationalisation était gagné grâce à la stabilité de la consommation. Le procédé est encore couramment utilisé aujourd'hui soit par le maintien de marques disparues, soit par le lancement de produits peu différents, sauf par le nom et par l'emballage. Ces techniques de vente, de domination du marché, qui ont, jusqu'ici, fait l'objet de peu d'études historiques, semblent fort bien analysées. Curieuse aussi apparaît la politique d'expansion à l'extérieur et surtout dans le domaine des plantations. Il y aurait toute une histoire fort intéressante et instructive à faire des plantations coloniales modernes, qui ont pris la suite des plantations d'ancien régime, celles d'arachides aussi bien que celles de coton, de caoutchouc, de café ou de fruits : elles semblent aujourd'hui l'une des manifestations les plus symptomatiques du capitalisme colonial. William Lever apparaît comme une personnalité vigoureuse, imaginative, parfois téméraire. Mais M. Wilson multiplie les exemples d'erreurs d'appréciation, d'occasions manquees (comme l'intervention sur le marché américain). Après avoir évité de justesse les désastres dans les années vingt, Lord Leverhulme voit la direction de son entreprise lui échapper peu à peu. Peut-être en définitive, et c'est sans doute là un défaut très généralement répandu dans les monographies d'entreprises, le trust Unilever est-il trop systématiquement vu de l'intérieur. Il aurait été intéressant de le voir par les yeux des autres, des gouvernements intéressés, des concurrents, des consommateurs. Cela eût pu corriger certains jugements, modifier certaines analyses. En tout état de cause, la valeur de l'ouvrage est absolument incontestable." (Bertrand Gille, Revue Historique, 1962)

81.              WILSON (Charles). Unilever 1945-1965. Challenge and Response in the Post-War Industrial Revolution. London, Cassell & Co Ltd, 1968, in-8°, ix-290 pp, 14 tableaux, index, reliure pleine toile brique de l'éditeur, jaquette, bon état. Edition originale. Texte en anglais

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La suite du précédent, continuant l'histoire d'Unilever pendant les deux décennies qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale.

ANTIQUITÉ

 

82.              ALBERT (Maurice). Les Médecins Grecs à Rome. Hachette, 1894, in-12, x-320 pp, quelques figures dans le texte, broché, bon état. Edition originale. Rare

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Maurice Albert (1854-1907) fut l'un des premiers membres de l'Ecole Française de Rome. Ses travaux érudits comprennent sa thèse sur le Culte de Castor et de Pollux en Italie (1883), une édition d'Horace (1886), et cette étude sur les Médecins Grecs à Rome (1894). Il mourut prématurément en 1907.

83.              ALBERTINI (Eugène). L'Afrique romaine. Texte remis à jour par Louis Leschi. Alger, 1950, gr. in-8°, 112 pp, 52 photos, broché, bon état. Manque la carte dépliante.

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Cette brochure (imprimée pour la première fois en 1922, réimprimée en 1927, en 1932, en 1937 et en 1950) est sortie de conférences faites en 1922, aux officiers qui se préparaient à entrer dans le Service des Affaires Indigènes ; c'est la publication de notes prises à ces conférences par les auditeurs.

84.              ALTHEIM (Franz). Attila et les Huns. Payot, 1952, in-8°, 228 pp, traduit de l'allemand, 6 pl. hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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Les Huns, originaires de l'Asie centrale, ont déterminé en Orient les destinées de l'empire du milieu durant des siècles. Mais ils ont aussi fait époque dans l'histoire de l'Europe. Demeurent attachés à eux : le début des invasions, la ruine de l'empire romain d'Occident, l'essai tenté afin de fondre dans l'unité politique et culturelle les peuples cavaliers nouveaux venus et les Germains, les débuts de l'épopée germanique et l'éveil d'un groupement romain-germanique... (Introduction)

85.              [Atlantide] – SAURAT (Denis). L'Atlantide et le règne des géants. Denoël, 1954, in-12, 244 pp, 6 dessins dans le texte et 12 photographies hors texte, broché, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grands papiers)

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"Ces traces d'une grande civilisation, antérieure au déluge... Ces statues géantes, hautes de huit mètres et pesant vingt tonnes... Ces murailles, faites de blocs de neuf tonnes creusés sur leurs six faces de mortaises inexplicables... Tous ces vestiges prodigieux que l'on découvre dans les Andes à 4000 mètres d'altitude – dans un site dont la géologie révèle qu'il était jadis baigné par les océans –, comment en expliquer l'origine sans remonter à certains passages de la Bible, aux récits de Platon qui font état de la civilisation de l'Atlantide et des désastres cosmiques qui ont profondément modifié l'aspect de la planète ? De ces textes anciens comme des découvertes récentes des géologues, Denis Saurat a fait la lumineuse synthèse dans ce livre captivant." — Dans cet ouvrage, qui fait souvent référence aux théories de Hörbiger, Denis Saurat (1890-1958) exprime un désenchantement marqué envers l'homme de science.

86.              AUGUET (Roland). Cruauté et civilisation : Les jeux romains. Flammarion, 1970, in-8°, 267 pp, nombreuses illustrations, biblio, glossaire, broché, bon état

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Les spectacles de l'Ancienne Rome n'étaient pas ces divertissements passagers, dépendant d'un choix personnel, que notre civilisation connaît. Devenus sous l'Empire une sorte d'opium, ils ont fini par donner à la vie quotidienne de Rome son rythme et son éclat. D'un bout à l'autre de l'année, le Romain vit dans l'attente des prochains jeux. C'est par eux qu'il oublie la médiocrité de sa condition et son esclavage politique : on peut, sans exagération, parler à ce propos d'une civilisation du loisir.

87.              AURENCHE (Olivier)(dir). Dictionnaire illustré multilingue de l'architecture du Proche-Orient ancien. Lyon, Maison de l'Orient, et diffuseur : P., De Boccard, 1977, gr. in-8°, 392 pp, 16 planches hors texte en noir et en couleurs et 495 photos et figures dessinées par Olivier Callot, broché, très bon état (Institut Français d'Archéologie de Beyrouth [Liban], Publication hors série. Collection de la Maison de l'Orient Méditerranéen Ancien n° 3. Série archéologique, 2)

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Première édition, très rare : "le Dictionnaire. publié en 1977, réimprimé deux fois, était devenu introuvable." Ni Manuel ni Encyclopédie, le Dictionnaire offre, dans la première partie, des définitions de mots classés par ordre alphabétique, parfois accompagnées de commentaires, et de nombreuses illustrations, croquis théoriques ou photos d’exemples concrets. La seconde partie, le lexique, donne la traduction des mots choisis en huit langues (allemand, anglais, arabe, grec, italien, persan, russe et turc) et, inversement, la traduction depuis ces langues vers le français. Le Dictionnaire s’adresse ainsi à tous ceux, archéologues, architectes et étudiants qu’intéressent les aspects techniques de l’archéologie et de l’architecture traditionnelle du Proche-Orient.

88.              BANCOURT (Pascal). Le Livre des morts égyptien. Dangles, 2000, in-8°, 399 pp, figures dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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L'Égypte ancienne suscite à l'heure actuelle un regain d'intérêt lié à la demande d'un renouveau de spiritualité. Cette civilisation inspire toujours le sentiment d'un mystère non résolu. Son énigmatique Livre des morts – dont la puissance évocatoire témoigne d'une qualité d'inspiration exceptionnelle – laisse entrevoir, lorsque l'on sait comment le lire, toute l'envergure du génie égyptien. Ses textes hermétiques cachent un savoir d'une grande richesse qui, pour apparaître au jour, nécessite d'en retrouver la clef. Le titre de Livre des morts a été donné à l'ensemble des papyrus trouvés en compagnie des momies. Cependant, contrairement à ce que l'on croit, ce recueil n'était pas à l'origine un rituel funéraire mais un guide d'initiation qui relatait, en langage symbolique, les expériences intérieures vécues par les initiés aux anciens Mystères égyptiens. Ses formules puissantes et imagées décrivent l'ascension de la conscience vers les états suprahumains. L'Égypte ancienne possédait cette science de l'initiation qui transmuait l'être au moyen d'une technique spirituelle que le monde moderne, pour son malheur, a entièrement perdue. Une véritable force de vie passe à travers les formules du Livre des morts. Néanmoins, leur obscurité déroutante laisse perplexe tant que l'on ne possède pas la clef de leur compréhension. Pour éclaircir le fond ésotérique de ces écrits, cet ouvrage opère leur rapprochement avec les différentes traditions spirituelles du monde. Le parallèle établi par Pascal Bancourt avec le symbolisme de l'alchimie apporte de précieux éclaircissements, car la doctrine alchimique, héritée de la science initiatique égyptienne, visait par des voies identiques à réaliser la perfection spirituelle de l'homme. Le décryptage des allégories du Livre des morts permet ainsi de reconstituer cette fantastique aventure intérieure qu'entreprenaient les initiés dans l'ancienne Égypte. L'approche de la dimension transcendante de ce véritable livre de vie élargit l'horizon vers de nouvelles perspectives d'essor intellectuel et spirituel, dont la civilisation actuelle ressent cruellement le manque.

89.              BANON (Patrick). Flavius Josèphe. Un juif dans l'Empire romain. Presses de la Renaissance, 2007 in-8°, 431 pp, biblio, broché, bon état

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Ier siècle. L'Empire est en plein chaos. Tibère, Caligula et Néron précipitent la fin de la dynastie d'Auguste. La Judée se soulève contre Rome. Les juifs étendent leur combat désespéré au Proche-Orient et le messianisme connaît ses premiers martyrs. Le conflit dépasse les hommes, car il s'agit bien d'un choc de civilisations, les soldats des Ténèbres contre les soldats de la Lumière. Prêtre du Temple, général de Galilée, Flavius Josèphe tente d'éviter à son peuple la tragédie qu'il pressent. Diplomate et stratège de talent, patriote au point de mener contre Rome une guerre à laquelle il ne croit pas, puis partisan des Romains lors du siège de Jérusalem par Titus, Flavius Josèphe est un personnage mosaïque. Ses écrits restent la seule preuve, hors évangiles, de l'existence de Jean-Baptiste, de Jacques et de Jésus. Historien d'un siècle en mutation, Flavius Josèphe voit le pouvoir romain se déplacer vers l'Orient, assiste au couronnement du premier César issu de la plèbe, à la chute du Temple de Jérusalem, à la naissance d'un judaïsme rabbinique et à l'émergence de la pensée chrétienne.

90.              BAR (Henry). Les Pierres Levées, portes de la vie. Julliard, 1973, in-8°, 317 pp, 22 illustrations dans le texte, 16 pl. hors texte, 2 cartes, notes et biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Les Pierres Levées ont été jusqu'ici une énigme. Cimetières pour guerriers. enceintes pour rites druidiques, temples, forums, toutes les hypothèses ont été émises. Henry Bar s'est penché sur ce mystère : les pierres se sont levées pour porter une imagerie. L'auteur ressuscite ici une immense galerie de tableaux d'ancêtres et nous restitue une « atmosphère du temps » qu'on croyait perdue à jamais. Il évoque tous les aspects de la mort ancienne, qui expliquent les formes mégalithiques. Il révèle les gestes de la Grande Déesse, maîtresse de la tombe, et des héros ses sujets. Quand la Grande Déesse se retrouve Fée, quand les héros se muent en nains dans les légendes ou en dieux sur les autels, rien ne change en vérité. Aujourd'hui encore, les contes dont on berce les enfants, les superstitions dont on se défend mal viennent en ligne directe de ce passé oublié. Pour ressusciter ce grand héritage, il fallait un mythologue et un dessinateur. Henry Bar est l'un et l'autre. Il a su déchiffrer ces lointains messages et nous apprend à les découvrir à notre tour.

91.              BARDY (Gustave). La vie spirituelle d'après les Pères des trois premiers siècles. Bloud et Gay, 1935, gr. in-8°, 318 pp, broché, bon état

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Les Pères apostoliques. La fin du IIe siècle. Les Alexandrins. Les Evêques du IIIe siècle. — "M. Bardy est inépuisable quand il s'agit d'exploiter la littérature patristique. Il ne s'agit ici que des Pères anténicéens est non pas de tous, mais de ceux dont les œuvres sont suffisamment conservées pour qu'il y ait intérêt à les analyser..." (E. Amann, Revue des Sciences religieuses, 1936)

92.              BAYET (Jean). Idéologie et plastique. Rome, Ecole Française de Rome, 1974, fort gr. in-8°, 792 pp, figures et planches, index analytique, broché, jaquette illustrée, bon état

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Recueil posthume de 17 articles érudits de Jean Bayet (1892-1969) sur divers aspects de l'antiquité étrusque, grecque et romaine. "Après le volume paru en 1971 et intitulé Croyances et rites dans la Rome antique, les disciples et amis de J. Bayet ont voulu lui rendre un nouvel hommage en publiant un second recueil de ses travaux qui ont trait aux rapports entre l'archéologie et l'histoire des religions : Position historique et technique de l'art étrusque ; Etrusques et italiques : position de quelques problèmes ; Les origines de l'arcadisme romain ; La religion romaine. De l'introduction de l'hellénisme à la fin du paganisme ; L'étrange «omen» de Sentinum et le celtisme en Italie ; Remarques sur quelques types italiotes du monnayage julio-claudien ; Hercule funéraire ; Un nouvel Hercule funéraire et l'héroïsation gréco-romaine en Thrace ; Les statues d'Hercule des grands thermes de Lambèse ; Un bas-relief de Sour-Djouab et l'iconographie des provinces romaines sous l'Empire ; Le symbolisme du cerf et du centaure à la Porte Rouge de Notre-Dame de Paris ; Idéologie et plastique. I. L'expression des énergies divines dans le monnayage des Grecs ; II. La sculpture funéraire de Chiusi ; III. Les sarcophages chrétiens à «Grandes pastorales» ; IV. Les statères des Parisii et les chevaux-dieux chez les Gaulois ; Vie de l'architecture. J. Bayet poursuivait au moment de sa mort ses réflexions sur l'idéologie et la plastique. Grâce à ses proches, son épouse notamment, les pages qu'il rédigeait, ont pu être recueillies et publiées dans ce recueil sous le titre Propos sur les monstres. Dans cet article, l'auteur s'interroge sur l'origine du monstrum. Il n'existe pas dans les «civilisations de la chasse» ; en tuant les animaux, les hommes de cette période imaginaient, en conservant un élément de l'animal (crâne, os longs, peau) pourvoir à leur «résurrection», indispensable à leur survie. De telles croyances qui se sont maintenues en Grèce et en Italie - on en retrouve les traces dans les récits mythiques - impliquent une représentation réaliste de l'animal «chargé d'une puissance personnelle et spécifique». Il faut rechercher l'origine du «monstre classique» dans la volonté d'augmenter, d'enrichir la puissance de l'animal. Pour ce faire, les hommes ont imaginé des êtres hybrides dont les divers éléments revêtus de leur puissance propre s'additionnaient (par ex. Pégase = cheval ailé). On saura gré aux éditeurs de ce recueil d'avoir fourni cette dernière étude de J. Bayet." (P. Defosse, Revue belge de philologie et d'histoire, 1976)

93.              BAYET (Jean). Littérature latine. Histoire. Pages choisies, traduites et commentées. Armand Colin, 1934, fort pt in-8°, 784 pp, 142 illustrations, index des auteurs, table des textes, reliure pleine toile bleue, dos lisse avec titres dorés, bon état

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Les lettres latines sont ici étudiées dans tout leur développement, depuis les origines jusqu'au Ve siècle après Jésus-Christ. Voulant être vraiment historique et vraiment littéraire, ce livre vise à recréer les milieux du passé, à retracer une évolution continue et à faire apprécier des oeuvres. Dans chaque chapitre, le lecteur trouvera également de belles pages des textes latins les plus importants dont la traduction est due à Jean Bayet. Ceux-ci sont annotés et précédés d'un commentaire. Les notes se limitent aux indications indispensables : elles donnent les renseignements historiques, géographiques, mythologiques, que réclame l'intelligence du morceau. Les commentaires, préparant les voies à l'interprétation littéraire, indiquent brièvement de quels points de vue chaque extrait peut être étudié. Des bibliographies détaillées, augmentées et mises à jour pour cette neuvième édition, à la fin de chaque chapitre permettront à qui le voudra de pousser plus loin son étude. Cette Littérature latine, devenue justement classique, est le guide sûr et stimulant du latiniste comme du lecteur. — "On ne peut résumer un tel ouvrage ; mais je voudrais au moins, par quelques exemples, donner une idée de la méthode suivie. L'étude va des origines au Ve siècle après J.-C, avec des divisions nouvelles et opportunes : la littérature claudienne, la renaissance constantino-théodosienne. Les faits sont exposés avec sûreté et brièveté ; les jugements sont bien frappés. Ils sont fondés sur de très longs extraits dont l'auteur a tenu à faire les traductions lui-même ; ce sont de vrais modèles, et bien des textes n'ont jamais été traduits de façon comparable en notre langue : Ennius (« Se souciant en grand souci... »), Caton (« Le père de famille doit avoir âme de vendeur, non d'acheteur »), Manilius, Ausone, Prudence, etc. Ces traductions sont accompagnées non seulement des notes indispensables, mais aussi de commentaires ; voici celui qui fait suite au tableau de la bataille d'Actium dans l'Enéide : « Équilibre difficile entre la description (de goût alexandrin) d'une scène figurée immobile et la progression d'une action animée (préparatifs, bataille, dénouement). — Précision expressive et mythologie convenue (mais soutenue par le souvenir d'oeuvres d'art). — Sentiment patriotique italien » ; que de choses en peu de mots, et bien classées ! Les candidats à la licence et à l'agrégation, les futurs professeurs apprendront ainsi qu'il ne suffit pas de traduire pour faire une bonne explication. L'illustration est celle que pouvait choisir un archéologue aussi averti qui a fait l'effort de puiser dans les revues savantes des toutes dernières années pour apporter enfin du nouveau..." (Marcel Durry, Revue des Études Anciennes, 1935)

94.              BAYET (Jean). Mélanges de littérature latine. Roma, Edizioni di Storia e Letteratura, 1967, gr. in-8°, 560 pp, index, broché, bon état

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M. Jean Bayet a organisé ce recueil en forme de vingt chapitres, dont la plupart sont consacrés aux esprits majeurs de la littérature latine : deux à Lucrèce, un à Catulle, sept à Virgile, trois à Tite-Live, un à Manilius, deux à Lucain. L'ordre même qu'il a adopté permet de mieux saisir la continuité de sa pensée et de son effort scientifique. Par exemple, les études sur Lucrèce et Catulle touchent aux rapports gréco-romains, pour la doctrine comme pour la forme. Certaines de ces recherches sont d'une nouveauté et d'une autorité exceptionnelles : telle la cinquantaine de pages consacrées à ce que M. Jean Bayet a appelé les « Premières Géorgiques » de Virgile, c'est-à-dire le noyau premier de l'œuvre, d'une tonalité plus grave et plus austère que le reste. D'autres articles, d'importance non moindre, touchent la tradition philosophique, la tradition littéraire, les institutions romaines, la numismatique, la chronologie, l'histoire de la langue. M. Jean Bayet a voulu conclure et couronner le tout par deux aperçus de portée très ample, l'un « Science cosmique et sagesse dans la philosophie antique », l'autre «L'héritage méditerranéen ; sa survie nécessaire et ses conditions d'usage», cette étude dans la version originelle inédite. Dans son introduction, il précise la portée de ce recueil où le lecteur trouvera surtout des recherches érudites dans leur forme originale, avec toutes les ressources que confèrent les méthodes critiques, les résultats de fouilles, une connaissance sans cesse approfondie qui permet de mieux comparer les différents peuples de l'Antiquité, mais aussi bon nombre d' « Essais » touchant les noms les plus prestigieux de la littérature latine classique et la diffusion de l'esprit grec par le moyen du merveilleux outil qu'est la langue latine. M. Jean Bayet n'a pas seulement cherché, comme il le dit, mais pleinement réussi à « concilier la recherche moderne, érudite et spécialisée, avec le sens de l'humanisme antique en sa permanence ». Il nous persuade sans peine que les littératures nationales d'Occident ont dû beaucoup, dans le passé, à ce legs de l'Antiquité et qu'elles ont encore aujourd'hui beaucoup à y prendre. (Pierre Courcelle, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1967)

95.              BEAUNE (Sophie A. de)(dir). Chasseurs-cueilleurs. Comment vivaient nos ancêtres du Paléolithique supérieur. CNRS Editions, 2007, gr. in-8°, 294 pp, qqs photos et figures dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Comment vivaient nos ancêtres du Paléolithique supérieur ? Comment traduit-on l'éclat de silex, le fragment d'os, le galet ocré, en une réalité sociale, technique, spirituelle ? Reconstituer la vie quotidienne de nos ancêtres, saisir et décrire leur univers symbolique relève de l'enquête policière, ou presque. L'investigation se révèle parfois hors de portée, toujours difficile. Et moins que toute autre discipline, la préhistoire peut faire l'économie de la part de fiction que comporte toute science. Ce livre fait dialoguer tous les acteurs des grandes interrogations sur nos origines. Ce sont des spécialistes, archéozoologues, technologues, pariétalistes, mais aussi des candides, historiens, muséographes, professionnels du tourisme, qui nous racontent, ici, la métamorphose du "matériel" en "rituel" de la chose en signe, du débris en passé.

96.              BENOIST-MÉCHIN (Jacques). Alexandre le Grand, ou le rêve dépassé (356-323 avant Jésus-Christ). Perrin, 1985, in-8°, 351 pp, 19 illustrations à pleine page, une carte, index, reliure skivertex éditeur, rhodoïd, bon état (Le rêve le plus long de l'Histoire, I)

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Fasciné par l'Orient et par les conquérants, Jacques Benoist-Méchin a consacré son talent d'historien et d'écrivain à la fulgurante existence (356-323) et au génie militaire, politique et organisateur du fils de Philippe de Macédoine. En franchissant l'Hellespont en 334 avec 30.000 fantassins et 5.000 cavaliers, Alexandre se lançait dans une épopée qui, en dix ans, le vit conquérir et pacifier l'Asie centrale, puis poursuivre jusqu'à l'Indus son rêve de fusion des peuples de la Grèce et de l'Orient. A moins de trente-trois ans, il mourut à Babylone, dont il avait voulu faire sa capitale. Il avait révolutionné le monde antique, car ses conquêtes firent naître et se développer cette civilisation "hellénistique" dont l'influence persista bien au-delà de la domination romaine.

97.              BENOIST-MÉCHIN (Jacques). Cléopâtre, ou le rêve évanoui. Perrin, 1982, in-8°, 429 pp, 19 illustrations, une carte, tableaux généalogiques, biblio, 2 index, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état (Le rêve le plus long de l'Histoire, II)

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Ultime représentante des Ptolémées, Cléopâtre symbolise à la fois une Egypte des intrigues politiques, une civilisation décadente et l'incarnation d'un rêve inachevé. Confiée par son père aux Romains afin de protéger le pays contre ses voisins, Cléopâtre, après avoir séduit César, vient résider à Rome où les sénateurs, du coup, craignent une orientalisation de Rome et conspirent l'assassinat de César en - 44. Quoi d'étonnant si, huit ans plus tard, elle tente avec Marc-Antoine d'établir un empire d'Egypte de la Méditerranée orientale jusqu'à la Syrie ? Avec son inimitable talent, Jacques Benoist-Méchin montre que Cléopâtre saisit par deux fois l'occasion d'accomplir le programme idéal de tout pharaon : régner divinement sur la terre.

98.              BENOIST-MÉCHIN (Jacques). L'Empereur Julien, ou le rêve calciné (331-363). Perrin, 1977, fort in-8°, 478 pp, 19 illustrations, une carte, tableau généalogique des Flaviens, biblio, 2 index, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état (Le rêve le plus long de l'Histoire, III)

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Pour Benoist-Méchin, "Le Rêve le plus long de l'Histoire" sous le signe duquel il a écrit sept magnifiques biographies, est celui de la fusion de l'Occident et de l'Orient. Et il s'est attaché à célébrer les personnages d'exception à travers lesquels l'Histoire a poursuivi ce rêve. Parmi eux, l'empereur Julien (331-363) qui, estime-t-il, a été submergé sous un tel déluge de calomnies que les effets s'en font toujours sentir, ne serait-ce que par le qualificatif d'apostat accolé à son nom. Ainsi Benoist-Méchin réhabilite-t-il ce "jeune empereur-philosophe qui voulut régénérer le paganisme et aurait sans doute modifié le cours de l'Histoire si, en Mésopotamie, un javelot ne lui avait percé le flanc à l'âge de trente-deux ans" Avec lui mourront à la fois les anciens dieux et l'Empire romain d'Occident et d'Orient. Sans doute l'unité de l'Empire se reconstitua-t-elle trente plus tard sous Théodose, mais elle ne dura qu'un an.

99.              BÉRARD (Jean). La Colonisation grecque de l'Italie méridionale et de la Sicile dans l'antiquité. L'histoire et la légende. Seconde édition revue et mise à jour. (Thèse). PUF, 1957, in-8°, xii-522 pp, 6 cartes (dont 3 dépliantes hors texte), biblio, index, broché, couv. lég. salie, état correct

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"Il est rare de voir rééditer une thèse. C'est dire que l'auteur considère que ses conclusions, loin d'être démenties par 16 ans de fructueuses recherches archéologiques sur les principaux sites des colonies grecques d'Occident, se trouvent au contraire souvent confirmées. L'ouvrage de M. J. Bérard demeure divisé en deux grandes parties : l'une retrace les fondations des colonies grecques d'époque historique ; l'autre traite de la colonisation légendaire d'âge héroïque. L'étude des légendes n'a subi que de légères retouches. C'est dans le domaine de l'histoire que les modifications sont le plus sensibles. Elles portent d'ailleurs plus sur les problèmes généraux de la précolonisation et de la chronologie de la colonisation, d'après les recherches archéologiques de ces dernières années, que sur les détail des récits da fondation, fournis par l'analyse des textes. (...) Remercions M. J. Bérard de cette mise au point utile d'un ouvrage qui reste indispensable pour les études sur la Grèce d'Occident." (François Villard, Revue des Études Grecques, 1957)

100.          BESNIER (Maurice). Les Catacombes de Rome. P., Ernest Leroux, 1909, pt in-8°, 290 pp, 20 pl. hors texte dont une carte dépliante, biblio, reliure demi-toile crème à la bradel, dos lisse orné d'un fleuron et d'un double filet doré en queue, pièce de titre basane orange, couv. conservées, bon état

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"Depuis trente ans, l'exploration des catacombes a fait de remarquables progrès. Après la mort de J.-B. de Rossi, survenue en 1894, son oeuvre a été continuée avec succès par des élèves dignes du maître : « De nouvelles découvertes et d'érudites publications ont notablement modifié, ces dernières années, l'aspect et les données des problèmes que soulève l'étude des anciens cimetières chrétiens de la Campagne romaine ». Il devenait nécessaire de mettre le public au courant de l'état de ces questions, et de lui exposer « les résultats généraux des travaux archéologiques et critiques dont les catacombes de Rome ont été l'objet depuis un demi-siècle ». Mais pour diverses raisons, qui ne sont pas toutes d'ordre scientifique, cette oeuvre de vulgarisation, si désirable, était particulièrement délicate. Pour la mener à bien, il fallait autant de tact que de talent, autant de jugement que de science. Toutes ces qualités se trouvent réunies dans le livre que M. Maurice Besnier vient de publier sur Les Catacombes de Rome, et dont l'Académie a déjà consacré les mérites par un de ses prix Monthyon. Ce petit volume est d'un format commode, d'une impression très soignée, d'un aspect élégant ; il est agrémenté de vingt planches hors texte, pour la plupart empruntées à de récents ouvrages de M. Orazio Marucchi et de Mgr Wilpert. Il se termine par deux appendices très utiles : un tableau général des catacombes romaines, accompagné d'une carte des environs de Rome, indiquant l'emplacement exact de chacun des cimetières chrétiens, et une bibliographie méthodique des principaux travaux publiés sur les catacombes, depuis l'apparition du premier volume de la nouvelle Roma sotterranea de J.-B. de Rossi, en 1864..." (P. Gauckler, Revue de l'histoire des religions, 1909).

101.          BORDET (Marcel). Précis d'histoire romaine. Armand Colin, 1980, gr. in-8°, 327 pp, tableaux généalogiques, chronologie, biblio, 7 cartes et tableaux, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U)

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Cet ouvrage propose une initiation au monde romain, de la fondation de l'Urbs à la disparition de l'Empire en Occident en 476. L'auteur dégage les lignes essentielles du récit des événements, bannissant l'anecdotique au profit de développements clairs qui veulent, non pas accumuler des informations, mais expliquer les faits et parfois discuter certaines interprétations. L'accent est mis sur l'évolution des institutions qui, nées dans la Cité, surent s'adapter au gouvernement du monde, et sur leur contexte économique, social et culturel. La netteté du style délivré des expressions trop techniques, la concision, les annexes (chronologie, tableaux généalogiques, orientation bibliographique) font de cet ouvrage une introduction indispensable aux études de l'Antiquité romaine.

102.          BRIEM (O. E.). Les Sociétés secrètes de mystères. Les mystères des peuples primitifs ; Les mystères de l'Orient et de l'Antiquité ; Les mystères hellénistiques. Payot, 1941, in-8°, 379 pp, traduit du suédois, index bibliographique, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête rouge, bel état (Coll. Bibliothèque historique)

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Table : I. Introduction ; II. Les mystères des peuples primitifs. 1. Coup d'œil général. 2. Mystères australiens. 3. Mystères africains. 4. Mystères nord-américains ; III. Les mystères de l'ancien Orient et des peuples de l'Antiquité. 1. Coup d'œil général. 2. Mystères babyloniens. 3. Les mystères égyptiens. 4. Les mystères grecs ; IV. Les mystères hellénistiques. 1. L'hellénisme. 2. Les mystères d'Attis. 3. Les mystères de Mithra. 4. Les mystères d'Isis. Index bibliographique.

103.          BRIQUEL (Dominique). Les Étrusques, peuple de la différence. Armand Colin, 1993, gr. in-8°, 223 pp, illustrations et cartes dans le texte et hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Civilisations U)

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Depuis la Renaissance, les Étrusques, ce peuple antique des collines de Toscane, passionnent les voyageurs, les collectionneurs, les savants. Ils passionnent parce qu'ils déconcertent dans la double image qu'ils ont laissée d'eux-mêmes, sereine comme dans ces couples bien nourris allongés sur leurs lits funèbres pour l'éternité ou inquiétantes comme ces horribles grimaces qui ornent d'inoubliables fresques. Malgré le pillage de centaines de tombes, la mise à jour d'innombrables richesses (terres cuites, bronzes, vases, statues, statuettes, sarcophages, inscriptions et fresques) permet aujourd'hui de mieux comprendre les Étrusques. Ce livre nous fait revivre une double aventure : celle des Étrusques créateurs d'une civilisation originale et d'une puissance sans égale, puis victimes d'un déclin rapide ; celle aussi de leur redécouverte aux temps modernes : fouilleurs d'occasion et chasseurs de trésors, puis princes amateurs d'antiquités, enfin archéologues et historiens.

104.          BRUNAUX (Jean-Louis) et Bernard LAMBOT. Guerre et armement chez les Gaulois (450-52 av. J.-C.). Errance, 1988, in-8°, 220 pp, nombreuses illustrations dans le texte, cartes, biblio, index, cart. pleine toile de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. des Hespérides)

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Comment les Gaulois concevaient-ils le monde et comment se déroulait la guerre, phénomène social omniprésent et quasi permanent de leur civilisation ? Quelle était leur conception de la victoire et de la défaite, de la gloire et du déshonneur. Quel était leur armement ? C'est ces questions que ce livre répond grâce aux découvertes archéologiques les plus récentes, à l'analyse des textes antiques et à un essai d'histoire militaire.

105.          CHARLES-PICARD (Gilbert). Les religions de l'Afrique antique. Plon, 1954, in-12, xiii-264 pp, préface de Jérôme Carcopino, 11 gravures hors texte, 21 gravures et une carte dans le texte, biblio, broché, bon état (Coll. Civilisations d'hier et d'aujourd'hui)

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"L'étude des phénomènes d'acculturation a été faite surtout par les anthropologues et les historiens, malheureusement ils s'ignorent mutuellement. Le livre de Gilbert- Charles Picard présente donc un intérêt considérable. Utilisant surtout les monuments figurés, les inscriptions lapidaires et, quand c'est possible, les textes écrits, il nous présente, de l'évolution de la religion nord-africaine à travers les Empires carthaginois, hellénistique et romain, un tableau convaincant. (...) Un des chapitres les plus intéressants du livre est certainement celui sur la résistance des anciens cultes à l'identification avec les divinités romaines, qui se marque non seulement par l'existence d'un Saturne africain à côté du Kronos grec, mais surtout dans le rituel et le sacerdoce. Si le sacrifice animal a remplacé le sacrifice humain, tout au moins dans les villes, le sacrifiant est censé s'offrir lui même à la divinité, et ainsi le sacrifice ne se sépare pas de l'initiation considérée comme une résurrection ; il y a là des idées très éloignées de celles des Romains sur le sacrifice. On admirera aussi la partie consacrée aux plans des édifices religieux, qui montre le passage graduel du tophet carthaginois au temple romain par l'intermédiaire d'une architecture syncrétique, manifestant la volonté du sacerdoce africain de se tenir à l'écart de la vie publique, contrairement au clergé romain..." (Roger Bastide, Annales ESC, 1955)

106.          DESROCHES NOBLECOURT (Christiane). Vie et mort d'un pharaon. Toutankhamon. Hachette, 1966, gr. in-8°, 312 pp, 56 pl. en couleurs hors texte, 187 illustrations, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Dans l'amoncellement des dynasties, des rois, des monuments et de colosses de l'ancienne Egypte, Toutankhamon n'était qu'une ombre sans gloire jusqu'à la fracassante découverte d'archéologues anglais : le 26 novembre 1922, ils forçaient le rempart qui, durant 3265 années, s'était opposé à l'intrusion des vivants dans la demeure de Toutankhamon : le pharaon quittait la légende pour entrer dans l'histoire. Telle la caverne d'Ali-Baba, la nouvelle sépulture de la Vallée des Rois livra, après d'interminables travaux, des objets d'une valeur et d'une variété inimaginables : les remarquables hors-texte couleurs permettent, pour la première fois, d'admirer en toute liberté coupes d'albâtre, bijoux et vêtements, boîtes et coffrets, sceptres, statues, cannes et trompettes et toutes les pièces d'un fabuleux trésor. L'archéologue Howard Carter avait pu poursuivre ses recherches grâce à la lucide générosité de Lord Carnarvon : Christiane Desroches Noblecourt retrace les étapes de cette découverte jusqu'à la minute pathétique où, le 28 octobre 1925, apparut, découvert, dans cette nuit où l'avaient plongé les prêtres funéraires le visage de Toutankhamon. Le pharaon reposait dans un sarcophage d'or massif représentant 110.4 kilos d'or pur ! Christiane Desroches Noblecourt a voulu percer le secret du jeune pharaon en reconstituant la trame de son existence. Nous revivons sa jeunesse, les fastes de couronnement – il n'avait que neuf ans – et le suivons dans la splendeur de ses palais de Thèbes et de Louxor. Le règne de Toutankhamon fut éphémère : il mourut aux alentours de vingt ans. Des rites extraordinaires précèdent le « voyage d'éternité » du pharaon : la momification doit transformer le cadavre en un dieu ; à sa portée, d'innombrables objets l'aideront à chasser les démons et à renaître à une existence nouvelle. La magie des rites et le fantastique arsenal funéraire ont rempli leur rôle : l'image de Toutankhamon peut être exposée aux nombreux pèlerins, comme aux lecteurs de ce livre ; et le texte de Christiane Desroches Noblecourt lui procure cette renaissance qu'il attendait au fond de la Vallée des Rois. (présentation de l'éditeur)

107.          GRAVES (Robert). Les Mythes celtes. La déesse blanche. Un mythe poétique expliqué par l'histoire. Monaco, Editions du Rocher, 1979, gr. in-8°, 582 pp, traduit de l'anglais, index, reliure pleine toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état

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Le livre de référence de la tradition et de la mythologie celtes par l'un des grands spécialistes de l'histoire des civilisations, auteur notamment des Mythes grecs et de La Toison d'or. Un livre de référence qui restitue la magie, la fécondité et la permanence d'une civilisation dont l'occident est en grande partie issu. Le Styx, la Déesse blanche, la Triple Muse, les Sept Piliers, l'Alphabet des arbres... la mythologie celte est un vivier dans lequel les civilisations postérieures ont largement puisé. Si l'on savait qu'il existait une réalité mythologique, on apprend, grâce à Robert Graves, que cette réalité, loin d'être tarie, irrigue toujours notre pensée et nourrit notre avenir.

108.          JOUGUET (P.), J. Vandier, G. Contenau, E. Dhorme, A. Aymard, F. Chapouthier, R. Grousset. Les Premières Civilisations. PUF, 1950, fort in-8°, xi-765 pp, nouvelle rédaction du volume paru sous le même titre en 1926, 4 cartes dépliantes hors texte, biblio, index, broché, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

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"C'est toute l'histoire des premiers peuples depuis les confins de l'Inde jusqu'aux colonies de Carthage, depuis les origines jusqu'à la mort de Cambyse et l'avènement de Darius en 522, que condense ce livre de près de 800 pages. Mais la science historique s'est développée au point qu'un tel ouvrage, à moins de n'être qu'un résumé, doit être rédigé par une équipe de spécialistes ; de là proviennent, dans des oeuvres de ce genre, des solutions de continuité, des déséquilibres que les auteurs ont ici su éviter avec bonheur. (...) Le livre, facile à lire, est cependant extrêmement savant..." (Revue d'Assyriologie et d'archéologie orientale, 1950) — "Ce n'est pas « une simple mise à jour », mais une nouvelle « rédaction » du volume paru sous le même titre en 1926. Cinq auteurs en 1926, sept en 1950, dont quatre nouveaux, des maîtres dans leur spécialité et qui ont préféré soit tout « récrire » des chapitres qui leur avaient été confiés, soit les retoucher assez largement, pour y introduire les aménagements indispensables. Le volume ne souffre pas dans son unité de cette pluralité des auteurs, car les uns et les autres se sont pliés de bonne grâce – ce qui est souvent très difficile – à la conception et à l'esprit de la collection et on ne saurait trop les en féliciter. Pareille synthèse ne se résume pas. Ecrire en quelque sept cents pages l'histoire du monde ancien, de la Grèce à l'Iran, des origines à Alexandre, contraint les savants qui en ont été chargés, à des raccourcis qu'ils sont les tout premiers à déplorer. Il faut donc élaguer et ne retenir que l'essentiel, indiquer les grandes avenues, sans se perdre dans les sentiers. A cet égard, nous considérons que le monde hellénique ne pouvait trouver meilleurs hérauts que MM. Aymard et Chapouthier, le monde assyrien que M. Dhorme et la vallée du Nil que notre collègue Vandier. Les uns et les autres ont réussi non seulement à enfermer dans de courts chapitres une masse énorme de connaissances, de faits, de documents, mais à en donner souvent une lumineuse interprétation." (André Parrot, Syria, 1951)

109.          MIREAUX (Emile). La Vie quotidienne au temps d'Homère. Hachette, 1967, in-8°, 266 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

"Monsieur Mireaux est trop passionné des poèmes homériques pour n'avoir pas réussi à écrire un ouvrage d'une lecture facile, agréable, voire attachante, sans excès d'érudition. Écrit avec amour d'une façon alerte et claire, ce livre n'en apporte pas moins un tableau d'ensemble de la vie quotidienne des héros de l'Iliade et l'Odyssée." (L'Antiquité Classique, 1955)

110.          NILSSON (Martin P.). La Religion populaire dans la Grèce antique. Plon, 1954, in-12, 245 pp, traduit de l'anglais, broché, bon état (Coll. Civilisations d'hier et d'aujourd'hui)

            25

Nous gardons souvent, de la religion grecque, l’image que nous transmet la mythologie classique : c’est au contraire la foi populaire que le grand helléniste suédois a voulu restituer, telle qu’elle apparaissait dans la vie quotidienne : fêtes saisonnière, culte de la maison et des champs, coutumes de fécondité, où persiste la magie primitive. Plus tard, ces croyances traditionnelles seront sécularisées dans les Cités et remplacées par les grandes divinités du panthéon classique. Mais la religiosité populaire s’exprimera alors dans les cultes mystiques et extatiques de la fin du paganisme et survivra jusqu’à nos jours dans le folklore. — "Avec l'incomparable connaissance qui est la sienne, Martin Nillsson nous présente la description vivante et précise, l'interprétation prudente des fêtes et des cultes. Il est bon d'être conduit par un guide aussi sûr." (P. Boyancé, Le Monde) — "Un des grands mérites de ce livre est de montrer en face de la religion légaliste et formelle une religion populaire, où mysticisme, magie et superstitions se mêlent, et cela dès l’époque de Platon – qui signale déjà l’usage des « katadeseis », sorte de tablettes d’imprécation à valeur magique. Le tableau que présente M. Nilsson s’appuie sur les textes qui nous rapportent des usages populaires : Hésiode, Aristophane nous donnent de précieuses indications. M. Nilsson les interprète avec beaucoup de tact, dans ce livre où l’érudition réelle se met an service d’un exposé clair et vivant pour nous faire mieux comprendre l’esprit du petit peuple des artisans et des paysans." (F. Zerluth, Revue des Études grecques, 1955) — "Il faut être reconnaissant à la maison Plon d’avoir mis à la disposition du public cultivé de langue française l’ouvrage publié en anglais par l’ancien recteur de l’Université de Lund. Ce livre avait été fort bien accueilli par la critique, et rendait d’éminents services. La présente traduction, augmentée de quelques notes, constituera, comme l’édition anglaise, un guide agréable et sûr pour tous ceux qui désirent s’initier à la religion populaire grecque. Conçu à la fois comme un résumé et un complément des deux gros volumes de l’auteur parus dans le Handbuch, ce petit livre riche de substance permettra de préciser bien des notions moins familières que celles qui ont trait à la religion officielle des cités ou à l’exploitation littéraire de la mythologie ; on le lit avec plaisir et profit." (Jacques Moreau, L’antiquité classique, 1954)

111.          RICCIOTTI (G.). Histoire d'Israël. I. Des origines à l'Exil. – II. De l'Exil à l'an 135 ap. J.-C. P., Auguste Picard, 1947-1948, 2 vol. in-8°, 560 et 636 pp, nouvelle édition revue et corrigée, 111 figures, 19 cartes et 12 tableaux, notes bibliographiques, index, brochés, bon état

            80

Traduction, d'un ouvrage italien estimé, établie sur la 2e édition italienne. La première édition française de l'ouvrage (1939) était à moitié épuisée lorsqu'en 1942 les exemplaires restés en magasin furent brûlés par les Allemands... — "Le premier volume de l'Histoire d'Israël du chanoine Ricciotti avait paru en Italie en 1932. Le monde savant lui avait fait un accueil favorable. En France, aucun auteur catholique n'a osé s'attaquer à l'ensemble de l'histoire du peuple hébreu. (...) Dans ce premier volume, après une introduction d'une centaine de pages qui nous présente le « complexe historique » où a vécu le peuple hébreu, ses voisins, la Babylonie, l'Assyrie et l'Egypte, Canaan qui a si fortement influé sur lui, l'exploration archéologique et les sources historiques, l'auteur commence avec la vocation d'Abraham l'histoire du peuple choisi. Il nous décrit successivement les migrations des patriarches, le séjour en Egypte, l'établissement en Palestine, l'institution de la royauté, les royaumes d'Israël et de Juda jusqu'à la captivité. Le second volume prendra le peuple élu au début de l'Exil et le conduira jusqu'à la destruction de Jérusalem en l'an 135 de notre ère sous l'empereur Hadrien. On peut signaler comme présentant un intérêt tout particulier les pages consacrées aux patriarches et l'étude sur les origines et l'influence du prophétisme. Des illustrations bien choisies, des tableaux et des cartes, un index parfaitement dressé, font de cet ouvrage, un commode instrument de travail." (Albert Vincent, Journal des savants, 1939)

112.          SHANKS (Hershel)(dir). L'aventure des Manuscrits de la mer Morte. Seuil, 1996, in-8°, 371 pp, une carte et 2 plans dans le texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Les rouleaux trouvés dans les grottes de Qumran en 1947, ou manuscrits de la mer Morte, représentent la plus vaste et la plus passionnante découverte de manuscrits du XXe siècle. Cinquante ans après, L'Aventure des manuscrits de la mer Morte offre une synthèse claire et sereine de tout ce qu'il faut savoir sur eux : leur découverte fortuite par des bergers bédouins, l'histoire rocambolesque de leur divulgation progressive à travers des commerces d'antiquités et des péripéties dignes de romans de cape et d'épée, la révolte et les dénonciations devant les délais mis pour publier les textes, les batailles et les ruses pour se procurer des copies et pour les livrer au public, les controverses de toutes sortes... Sans oublier l'essentiel, que ces péripéties risquent parfois de dissimuler quels textes a-t-on découverts ? Quelles questions posent-ils ? Quel est leur intérêt pour le christianisme et le judaïsme ? Les mettent-ils "en danger" (et le Vatican, entre autres, est-il intervenu pour qu'on ne les publie pas) ? Dans quel état sont les textes trouvés ? Comment reconstituer le puzzle des dizaines de milliers de fragments ? Composé d'articles rédigés par les plus hautes autorités mondiales dans le domaine des manuscrits de la mer Morte, ce livre est un ouvrage de référence essentiel et passionnant pour comprendre les manuscrits et les controverses qu'ils n'ont cessé de déchaîner.

113.          WEIL (Simone). Intuitions pré-chrétiennes. La Colombe, 1951, in-8°, 182 pp, broché, 2e plat lég. piqué, bon état, prière d'insérer et bande éditeur conservés

            30

Les textes qui composent le présent recueil ont été écrits par Simone Weil à Marseille, puis à Casablanca, du mois de novembre 1941 au 26 mai 1942. Simone Weil, qui étudiait alors la philosophie grecque en vue d'un grand travail qu'elle voulait entreprendre avec le R.-P. Perrin, avait formé le dessein de réunir les plus beaux écrits non chrétiens sur l'amour de Dieu. Avant de partir pour l'Amérique, elle légua ses textes au R.-P. Perrin, qui les publia en 1951 sous le titre “Intuitions pré-chrétiennes”, titre qui n'est pas de Simone Weil, mais a été choisi parce qu'il exprime le mieux l'idée centrale du livre.

MOYEN AGE

 

114.          ALTER (Jean V.). Les Origines de la satire anti-bourgeoise en France : Moyen Age - XVIe siècle. Genève, Droz, 1966, pt in-4°, 231 pp, biblio, reliure pleine toile écrue de l'éditeur (lég. salie), bon état (Travaux d'humanisme et de renaissance, LXXXIII)

            35

Introduction — Première partie : Moyen Age : 1. Bourgeois et bourgeoisie au Moyen Age – 2. Satire professionnelle (marchands, usuriers, métiers, légistes) – 3. Satire politique et sociale (caractères généraux, satire d'origine noble et ecclésiastique, satire d'origine bourgeoise, satire d'origine populaire) – 4. Satire morale (tendances générales, les défauts bourgeois, les types bourgeois) – 5. Sources. — Deuxième partie : XVIe siècle : 1. Tendances générales – 2. Evolution des thèmes médiévaux (satire professionnelle, satire politique et sociale, satire morale) – 3. Thèmes nouveaux (la satire des financiers, la satire des offices). – 4. Sources.

115.          BARRAL I ALTET (Xavier)(dir). Artistes, artisans et production artistique au Moyen Age. Volume I. Les hommes. Volume II. Commande et travail. Volume III. Consommation de l'oeuvre et index général. Picard, 1986-1990, 3 vol. gr. in-8°, 623, 581 et 736 pp, plus de 800 illustrations, figures et cartes, index, brochés, couv. illustrées à rabats, bon état. 108 études érudites en français (76), anglais (17), allemand (4), italien (3), espagnol (6) et catalan (2)

            300

Un instrument de travail indispensable pour tous les spécialistes des sciences historiques. — Actes du colloque international de Rennes, CNRS, Université de Rennes II–Haute Bretagne, 2-6 mai 1983. Ce colloque a réuni plus d'une centaine de spécialistes français et étrangers. Les Actes de cette rencontre présentent, en trois volumes, les contributions des participants et la synthèse des discussions. Dans le cadre des études médiévales se développe depuis quelques années une Histoire de l'Art plus proche des préoccupations des spécialistes d'autres disciplines. Une Histoire de l'Art s'intéressant aux conditions de la production des oeuvres, aux hommes qui les ont exécutées, aux moyens techniques mis à leur disposition, au rôle des artistes et des artisans dans la société médiévale, au commerce des objets, et à la réception des oeuvres d'art par le public auquel elle est destinée. La diversité des travaux exposés dans ces trois volumes, témoigne de l'intérêt porté à ce sujet par les historiens, historiens de l'art, sociologues, archéologues ou littéraires. De l'Antiquité tardive à la fin du Moyen Age, cette approche pluridisciplinaire garantit des ouvertures nouvelles parmi les nombreux chemins de recherche qu'éveillent ces Actes. Réunis autour de Xavier Barral I Altet les participants au colloque de Rennes se sont engagés dans les débats auxquels l'histoire de l'art du Moyen Age sera largement redevable dans l'avenir.

116.          BENNASSAR (Bartolomé et Lucile). 1492. Un monde nouveau ? Perrin, 1991, in-8°, 273 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Il est communément admis que 1492 marque la découverte du Nouveau Monde. C'est oublier qu'à l'époque personne n'avait la moindre idée de l'Amérique et qu'il fallut un demi-siècle pour que l'on prenne conscience de l'importance et de l'immensité de ce continent. Cette même année, en Europe, Grenade est redevenue chrétienne ; la Bretagne est mariée à la France ; à Florence, Laurent le Magnifique se meurt. Ailleurs, la traite des Noirs menace déjà l'Afrique tandis que la Chine se referme sur elle-même. En distinguant le temps vécu par les hommes de 1492 et le temps recréé par l'histoire, cet ouvrage novateur nous permet de réaliser l'ampleur et l'impact des événements de cette année charnière, tout en rendant un hommage mérité au grand explorateur génois.

117.          BOUARD (Michel de). Guillaume le Conquérant. Fayard, 1992, fort in-8°, 485 pp, 4 cartes, chronologie, généalogies, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

D'ascendant scandinave par son père, Guillaume le Conquérant est le plus prestigieux enfant de cette Normandie que les Vikings, sans en bouleverser le peuplement, ont revigoré, lui apportant un tonus qui déconcerte aujourd'hui plus d'un historien. Les Normands ont, au XIe siècle, conquis l'Italie méridionale et posée les bases de ce royaume de Sicile qui devait être, au XIIe siècle, "le premier Etat oeuvre d'art" ; ils ont conquis et remodelé l'Angleterre, créé la principauté d'Antioche. Pour discerner les traits majeurs de sa personnalité, on ne peut guère ajouter foi aux écrits des quelques historiens que compta la Normandie au XIe siècle ; mieux vaut en chercher l'expression dans les événements auxquels il a pris part et qu'il a marqués de son empreinte. Un homme dur, parfois brutal, mais non cruel ; emporté capable de céder à des colères aussi violentes que brèves, mais, chaque fois qu'un intérêt capital est en jeu, réfléchi, méthodique, obstiné dans sa résolution ; au demeurant, capable d'affection profonde et fidèle : tel nous apparaît Guillaume.

118.          BOURASSIN (Emmanuel). La Cour de France à l'époque féodale (987-1483). Des rois pasteurs aux monarques absolus. Perrin, 1975, in-8°, 416 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex éditeur, rhodoïd, bon état

            25

"Ce que nous avons voulu dans ces pages, c'est reconstruire le cadre de la vie des rois capétiens durand ce demi-millénaire (987-1483) si fertile en coup de théâtre ; c'est décrire le mécanisme de l'existence publique et privée des rois de « ces temps très anciens » ; c'est enfin restituer de notre mieux, à la lumière d'une documentation sévèrement choisie, « l'ambiance » de la cour de France, siècle par siècle, règne par règne, durant les temps féodaux." (Avertissement)

119.          BOUTRUCHE (Robert). La Crise d'une société. Seigneurs et paysans du Bordelais pendant la Guerre de Cent Ans. (Thèse). P., Les Belles Lettres, 1963, gr. in-8°, li-596 pp, nouveau tirage, 2 cartes dépliantes hors texte, un tableau généalogique des Albret, biblio, index, reliure demi-basane noire, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            120

Très importante thèse publiée par la Faculté des Lettres de l'Université de Strasbourg. — "Un tel livre ne se prête pas très aisément à être résumé. La documentation de M. Boutruche est très étendue, la bibliographie et l'énumération de sources, ainsi que les références des notes en donnent une idée impressionnante. Il en a tiré un exposé très dense et très nuancé à la fois. Décrivant des faits qui n'étaient pas tous inconnus, il s'est attaché à les mettre en valeur sous un jour nouveau, à reconstituer, dans la mesure du possible, les aspects du réel, complexes et variés jusqu'à l'infini." (Pierre-F. Fournier, Bibliothèque de l'école des chartes, 1948). — "M. R. Boutruche a eu l'heureuse idée de rechercher quelles ont été dans une région historiquement et géographiquernent bien délimitée, les effets de la Guerre de Cent Ans, sur la société rurale. Cette région, le Bordelais faisait partie de ce duché de Guyenne, qui dépendit de la Couronne britannique pendant trois siècles. A la fin de la période servant de cadre chronologique au livre dont nous rendons compte, l'autorité immédiate de la monarchie française sera rétablie sur le pays. L'intérêt du sujet est trop évident pour qu'il faille y insister. C'est par des études de cet ordre seulement, que l'on parviendra à se rendre compte des transformations que la Guerre de Cent Ans a produites dans la société française : non seulement du comment, de ces transformations, mais du pourquoi. ... L'aperçu que nous avons donné du livre de M. Boutruche, permet, croyons-nous, de saisir son importance capitale. Ajoutons qu'il repose sur une documentation extrêmement étendue, en grande partie inédite et soumise par l'auteur à une critique exigeante ; il inspire confiance. Nous ne pouvons assez en recommander la lecture." (François L. Ganshof, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1950)

120.          BRACHET (Auguste). Pathologie mentale des rois de France. Louis XI et ses ascendants. Une vie humaine étudiée à travers six siècles d'hérédité, 852-1483. P., Hachette, 1903, fort gr. in-8°, ccxix-694 pp, une pl. de fac-similés de la signature de Charles VI hors texte, 25 tableaux généalogiques, reliure demi-chagrin noir à coins, dos à 5 nerfs, tranche mouchetée, bel exemplaire

            250

C'est en 1875 qu'Emile Littré engagea l'auteur à étudier l'histoire pathologique des dynasties européennes. Auguste Brachet déféra à ce conseil, se limitant toutefois au seul chapitre de la royauté française. Après vingt ans, et sa rédaction atteignant la fin du moyen âge, il se décida à publier en 1896 quatre premiers volumes, tirés à petit nombre, qui ne furent pas mis dans le commerce ; l'Académie de Médecine leur décerna une mention honorable. La santé de l'auteur l'empêchant de poursuivre son oeuvre, c'est une seconde édition que l'on trouvera ici, augmentée de notes supplémentaires, d'une introduction sur la méthodologie de la clinique historique et d'un appendice consacré à une recherche sur l'auteur de la relation anonyme de la mort de Charles V. — "La lecture de l'ouvrage nous donne, de très précieux renseignements sur la thérapeutique du moyen âge, sur les théories qui avaient cours parmi les médecins de ce temps, sur les remèdes et les recettes en vogue, et, en particulier, sur l'hagiothérapie, c'est-à-dire sur le recours aux saints qui avaient la spécialité de guérir telle ou telle maladie. Ce n'est pas seulement au point de vue de la connaissance des moeurs et des superstitions du moyen âge que le médiéviste doit posséder toutes ces notions ; elles lui sont souvent indispensables pour connaître et définir l'état de santé intellectuelle et physique des personnages qu'il met en scène. En les appliquant à Louis XI et en les combinant avec les données de l'histoire, Brachet a pu établir la chronologie des maladies de ce roi et en déterminer la nature avec une précision remarquable. (...) On aura une idée de l'étendue des recherches auxquelles s'est livré Brachet quand nous aurons ajouté que ce qu'il a fait pour les personnages royaux de la lignée capétienne, il l'a fait aussi pour leurs femmes et leurs collatéraux. Lui-même, d'ailleurs (p. ccix), apprécie ainsi son oeuvre : « C'est la première fois, en médecine, qu'on recueille une masse aussi considérable de textes médicaux sur des personnages historiques, ordonnés en une suite chronologique et vérifiés suivant les méthodes les plus sévères de la critique historique. » On peut laisser à l'auteur le bénéfice de cette affirmation, qui, pour l'ensemble des détails, est exacte. Il ne s'est pas d'ailleurs borné à nous faire connaître l'état physique et mental des rois de France et de leurs parents. Un examen attentif des textes lui a permis de résoudre pathologiquement un certain nombre de questions relatives à des incidents bizarres et inexpliqués de la vie de ces rois. Et ceci n'est pas la partie la moins intéressante d'un livre où l'historien a beaucoup à prendre..." (Achille Luchaire, Journal des Savants, 1904)

121.          BRÉHIER (Louis). Le Monde byzantin. Albin Michel, 1948-1950, 3 vol. in-8°,, xxi-602, xviii-631 et xxv-627 pp, 36 pl. de photos et 5 cartes dépliantes hors texte (dont une de Constantinople au Moyen Age), glossaire, biblio, index, index général, brochés, dos recollés, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)

            80

Complet. – 1. Vie et mort de Byzance ; 2. Les institutions de l'Empire byzantin ; 3. La Civilisation byzantine. — Lorsque, à la fin de sa vie, Louis Bréhier (1868-1951) fit entrer Byzance dans la prestigieuse collection de L'Évolution de l'Humanité en publiant Le Monde byzantin en trois volumes, Vie et mort de Byzance, Les Institutions du monde byzantin, La Civilisation byzantine, il achevait par une ample synthèse une oeuvre d'historien que l'on découvre encore avec admiration. Ces volumes, malgré les retouches de détail que suggèrent les découvertes ou mises au point postérieures, restent un modèle du genre, d'abord parce qu'ils sont écrits dans un style transparent, ensuite parce qu'ils sélectionnent les faits pour leur signification, mais les racontent dans leur foisonnement, au plus près de sources scrupuleusement notées, et presque dans leur langage.

122.          Château-Gaillard XIX. Etudes de castellologie médiévale. XIX : Actes du colloque international de Graz, Autriche, 22-29 août 1998. Caen, CRAM (Centre de recherches archéologiques médiévales), 2000, in-4°, 328 pp, 237 figures, photos et plans, bibliographies, cart. illustré de l'éditeur, bon état

            35

35 études érudites (10 en français, 10 en anglais, 15 en allemand). Résumés en français, anglais et allemand. Etude archéologique du château du Guido (Côtes-d’Armor). Premiers résultats ; La prise du château de La Perrière, épisode de la guerre delphino-savoyarde (1333) ; La butte du château à Bretoncelles, un exemple de la conquête territoriale des Rotrou ; Les châteaux bourguignons pendant la guerre de Cent Ans. Leur mise en défense : artillerie, garnisons, campagnes de fortification ; Fortifications de siège et “contre-châteaux” en Normandie (XIe-XIIe s.) ; etc.

123.          CORDIER (Jacques). Jeanne d'Arc. Sa personnalité. Son rôle. La Table Ronde, 1948, in-8°, 431 pp, sources, biblio, broché, couv. illustrée, dos passé, bon état

            30

"Signalons la publication d'une Jeanne d'Arc de M. Jacques Cordier. Sa personnalité, son rôle, nous dit le sous-titre. Il s'agit avant tout, en effet, d'un essai d'histoire psychologique. La préface est un peu ancienne. Elle est signée Sainte-Beuve. Elle n'a rien perdu de son intérêt... « Nous tâcherons ici, dans un sujet entraînant où l'on est à tout moment sur la pente de l'enthousiasme et de la légende, de ne nous laisser guider que par l'amour de la vérité. » Et, un peu plus loin : « Jeanne d'Arc peut-elle s'expliquer comme un personnage naturel, héroïque, sublime, qui se croit inspiré, sans l'être autrement que par des sentiments humains ? » Et enfin : « Je ne crois pas du tout impossible qu'on arrive à tirer de l'ensemble des documents lus et contrôlés, et sans leur faire violence, une Jeanne d'Arc à la fois sincère, sublime et naturelle. » Pour satisfaire à ce désir, M. Cordier a décidé d'exiger de lui-même : 1. Une rigoureuse application des règles de la critique, tant interne qu'externe, aux sources documentaires ; 2. La mise à l'écart de tout système préalable ; 3. L'examen impersonnel des faits en passant de l'analyse à la synthèse pour formuler des jugements d'existence ; 4. La vérification de ces derniers, à l'aide des données acquises par la psychologie. De fait, M. Cordier s'appuie sur toute une littérature psychologique qu'il passe en revue dans une bibliographie spéciale et qui part de Ribot pour aboutir à Delacroix, à Le Senne et à Ch. Blondel. Ajoutons que toute une série d'ouvrages témoignent du sérieux avec lequel a procédé l'auteur dans ses démarches. Au départ du livre, une étude attentive du milieu. Puis la vie de Jeanne, période par période. Au total, un gros effort et un livre d'intention probe et droite, à joindre à l'ample littérature, si mêlée, qu'a provoquée la « mission » de Jeanne d'Arc." (Lucien Febvre, Annales, 1951)

124.          DUBY (Georges)(prés. par). La Fin des temps. Terreurs et prophéties au Moyen Age. Stock, 1982, pt in-8°, 233 pp, traduction et postface par Claude Carozzi et Huguette Taviono-Carozzi, préface de Georges Duby, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Moyen Age)

            25

"La traduction des textes « millénaristes » du Moyen-Age, éclaire tout un pan, peu connu, de notre histoire. On y trouve l'attente d'un nouvel âge d'or, d'un paradis retrouvé, d'un bonheur complet qui règnera pendant mille ans sur une terre pacifiée et heureuse, avant le Jugement dernier. A cette idéologie des pauvres qui draîne des milliers d'exploités et d'humiliés, l'Eglise va s'opposer de toutes ses forces. Mais bien des prophètes s'étaient fait entendre et parmi eux, l'un des plus énigmatiques, Joachim de Flore, auquel cet ouvrage ménage une large place." (Lectures n° 14, juillet-août 1983)

125.          FALCO (Giorgio). La Sainte République romaine. Profil historique du Moyen Age. Fayard, 1970, in-8°, 408 pp, traduit de l'italien, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'Histoire sans frontières, dirigée par Denis Richet)

            25

Ce livre est un profil historique du Moyen Age axé autour de la fondation de l'Europe sur des bases chrétiennes et romaines, de la formation et de la dissociation de la « Sainte République romaine », c'est-à-dire de l'unité catholique et occidentale qui cimentait l'Europe avant que naissent les nations. C'est la nature unitaire et transcendante du Moyen Age conçu dans son rayonnement à partir de Rome qui forme la trame de cette grande esquisse historique.

126.          FIXOT (Michel) et Elisabeth ZADORA-RIO (dir). L'église, le terroir. Editions du CNRS, 1989, in-4° (21 x 27), 160 pp, 61 figures et plans, index, broché, couv. ullustrée, bon état (Monographie du CRA-Centre de recherches archéologiques n° 1)

            25

Réunissant les sources archéologiques et historiques, différentes études de cas s'attachent à dégager le rôle des églises et des cimetières dans la formation des villages et dans l'organisation des campagnes médiévales. — La fouille des édifices religieux et l'archéologie funéraire constituent des domaines de recherche qu'il convient de rapprocher pour déboucher sur une analyse de l'organisation de l'aire ecclésiale et de ses relations avec I'habitat. Par des études de cas s'appuyant sur des données archéologiques aussi bien qu'historiques, cet ouvrage s'intéresse au rôle des êglises et des cimetières dans la formation des villages et dans I'organisation des campagnes médiévales. Sont abordés d'une part, l'environnement immédiat des lieux de cultes ruraux : délimitations, parfois même fortification, de I'espace funéraire, présence des maisons d'habitation et de structures de stockage dans les cimetières, fossilisation des enclos cimetériaux dans la topographie des villages actuels...; d'autre part, la genèse des églises rurales et leur répartition dans le terroir.

127.          FOURNIER (Gabriel). Le Peuplement rural en Basse-Auvergne durant le Haut Moyen Age. (Thèse). PUF, 1962, fort gr. in-8°, 678 pp, 62 figures dans le texte et 12 planches de photos hors texte, sources et biblio, index, broché, pt tache au dos, bon état

            130

"Une longue étude, qui nous conduit du grand domaine gallo-romain aux châtellenies médiévales. L'important travail de G. Fournier, présenté comme thèse de Doctorat d'État, s'efforce de faire la synthèse de tous les renseignements actuellement connus, concernant l'évolution du peuplement rural en Basse-Auvergne, pendant le haut Moyen Age. Tâche difficile, étant donnés l'obscurité de la période et le manque de sources écrites, encore que, pour cette région, l'auteur ait pu utiliser de grands textes classiques : Sidoine Apollinaire et Grégoire de Tours lui fournissent une précieuse documentation, que viennent compléter, pour une période plus récente (IXe-XIe siècles), mais dans bien des régions encore très pauvres de renseignements, de nombreux textes, extraits souvent des importants cartulaires des chapitres ou abbayes auvergnats (Saint-Julien-de-Brioude et Saint-Pierre-de-Sauxillanges en particulier). Mais G. Fournier a cherché plus loin. Et l'originalité de ce travail tient essentiellement en ce qu'il s'agit d'une continuelle confrontation entre le texte écrit et la prospection sur le terrain, l'examen archéologique des sites, ou l'étude toponymique..." (G. Démians d'Archimbaud, Annales ESC, 1963) — "Ce travail considérable n'est que le fragment d'une enquête plus vaste et l'aboutissement de recherches dans des sens très divers ; partie de l'étude des terriers, c'est-à-dire de l'administration de la seigneurie rurale, l'activité de l'auteur a abouti, par confrontation systématique des textes et du terrain, à une étude historique générale de la vie rurale en Basse-Auvergne. L'analyse minutieuse des documents écrits, leur confrontation avec les informations fournies par les recherches sur le terrain (archéologie, toponymie, examen des sites) ont fourni d'emblée une abondance d'informations concernant l'évolution des châteaux seigneuriaux, les rapports entre les villages et les châteaux, les enceintes villageoises, la structure et l'évolution des hameaux qui caractérisent l'habitat dans certaines régions de l'Auvergne..." (Revue archéologique du Centre de la France, 1962) — "La thèse de M. Fournier apporte une masse de faits recueillis et étudiés minutieusement. Ce beau livre apporte une contribution importante à l'histoire de l'Auvergne, mais il dépasse largement l'histoire auvergnate et déborde le cadre géographique que l'auteur s'est imposé. Il apporte sur des questions mal connues ou qui sont encore l'objet de maintes discussions, sur les vici, sur les conditions de la grande propriété aux premiers siècles du moyen âge, et particulièrement sur l'évolution des fortifications, sur les paroisses, des renseignements qui intéressent l'histoire générale et, sur bien des points, grâce à la méthode employée, il prend la valeur d'un modèle." (André Bossuat, Journal des Savants, 1966) — "Il est difficile de donner en quelques pages une vue d'ensemble d'un livre aussi riche et aussi neuf, de résumer les conclusions d'une étude qui a demandé à son auteur de longues années de labeur et la maîtrise de disciplines aussi variées que la géographie, la toponymie et l'archéologie. La volumineuse bibliographie placée en tête de cet ouvrage est un témoignage des recherches étendues et minutieuses auxquelles s'est livré G. Fournier pour arriver à des conclusions qui susciteront un vif intérêt chez tous les médiévistes." (Jacques Boussard, Cahiers de Civilisation Médiévale, 1966) — "La semence jetée par Marc Bloch dans le champ des études d'histoire rurale n'a pas fini de porter des fruits. La thèse de M. Gabriel Fournier est de ceux-là, et des meilleurs. C'est un travail en profondeur, de cette micro-histoire « au ras du sol » d'où jaillissent, mieux que dans de brillants survols, de la manière la plus objective, la réalité complexe et l'évolution le plus souvent très lente des phénomènes de peuplement et d'occupation du sol. (...) La thèse de M. Gabriel Fournier est, en somme, un de ces travaux exemplaires de l'école historique française qui a su, jusqu'ici – mais pour combien de temps ? – préserver l'originalité d'être imprégnée du sens de la géographie. C'est une de ces monographies exhaustives à laquelle la fréquentation des grands problèmes, jointe à la connaissance intime du pays, donne une résonnance générale. C'est un modèle d'étude d'occupation du sol que l'on souhaite voir suivi dans beaucoup d'autres régions de la France." (Charles Higounet, Revue belge de philologie et d'histoire, 1965) — "La thèse de Gabriel Fournier ne peut apporter à nos connaissances sur le peuplement auvergnat, dans les dix premiers siècles de notre ère, une précision extrême, tant sont rares les documents et les moyens d'investigation. Ces moyens pourtant, l'auteur n'en a refusé aucun : étude des rares textes, fouilles archéologiques multiples, recherches toponymiques, examen des photos aériennes, etc.. Et les résultats, notre collègue les consigne dans un volume dont l'épaisseur ne doit pas rebuter le lecteur. D'abord parce qu'il y a près de 200 pages d'annexés, de plans, de discussions de détail, d'appendices ; ensuite parce que le maniement en est plus que facilité par deux copieux index (matières et noms de lieux) dont la seule composition a été un travail de bénédictin. Mais surtout parce que l'intérêt à la lecture ne se relâche pas, parce qu'enfin cette lecture elle-même est agréable." (Pierre Estienne, Annales de Démographie historique, 1964) — "... Pour une fois, je n'ai pas regretté qu'une thèse de doctorat doive obligatoirement compter un minimum de 600 pages. C'est le meilleur compliment que je puisse adresser à l'auteur." (J. Lestocquoy, Revue d'histoire de l'Église de France, 1964)

128.          GABRIEL (Charles-Nicolas). Verdun au XIe siècle. Son évêque Thierry le Grand, ses comtes Godefroid le Barbu, Godefroid le Bossu et Godefroid de Bouillon. Genève, Slatkine-Mégariotis, 1975, in-8°, 519 pp, reliure simili-cuir vert de l'éditeur, dos lisse avec pièce de titre basane carmin, bon état. Réimpression de l'édition de 1891

            60

"Si, dans la grande querelle des Investitures, la plupart des évêques embrassèrent tout naturellement la cause du souverain pontife, quelques-uns, et non les moins connus, se rangèrent au contraire sous la bannière de l'empereur. L'un des plus connus de ces derniers fut Thierry le Grand, évêque de Verdun, dont M. l'abbé Gabriel vient, sous le titre de Verdun au XIe siècle, de retracer la biographie. Il occupa le siège épiscopal durant près de quarante et un ans (1047-1088) et employa ce long laps de temps à des luttes continuelles contre les comtes de Verdun, les trois Godefroi. Partisan dévoué de l'empereur Henri IV, il ménage sa réconciliation avec le pape à Canossa et n'hésite pas, quelques années plus tard, à écrire en faveur du souverain allemand un pamphlet virulent contre Grégoire VII. Thierry est évêque et sait défendre les droits de son église, mais il n'oublie jamais qu'il a prêté serment de fidélité à l'Empire, et, dans une lettre célèbre, il ose rappeler à Hildebrand lui-même les accusations dont ce pontife est l'objet de la part de beaucoup de prélats. L'ouvrage de M. l'abbé Gabriel se laisse lire avec intérêt." (A. Molinier, Revue Historique, 1893)

129.          LE BRAS (Gabriel). Institutions ecclésiastiques de la Chrétienté médiévale. Préliminaires & Ière partie. Livre I. P., Bloud et Gay, 1959, gr. in-8°, 237 pp, broché, bon état (T. 12 de l'Histoire de l'Eglise depuis les origines jusqu'à nos jours, publiée sous la direction de Augustin Fliche et Victor Martin)

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1er volume (sur 2) de la 1ère partie (seule parue) du tome 12 de l'Histoire de l'Eglise depuis les origines jusqu'à nos jours, fondée par Augustin Fliche et Victor Martin.

130.          LE MAHO (Jacques). L'Apparition des seigneuries châtelaines dans le Grand-Caux à l'époque ducale. Caen, CRAM, Archéologie médiévale VI, 1976, gr. in-8°, 386 pp, 12 figures, notices descriptives, broché, bon état. L'étude de Jacques Le Maho occupe les pp 5-148

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On trouve dans le même numéro les études suivantes : Les fortifications de terre dans la seigneurie de Toucy, du Xe au XIIIe siècle (Ghislaine Noye, pp. 149-216) ; Sépulture mérovingienne de Perrusson (Indre-et-Loire) (Charles Lelong, pp. 219-232) ; La céramique de Doué-la-Fontaine (IXe-XIe s.) (Michel de Bouard, pp. 247-286) ; Fouille de sauvetage au prieuré de Ganagobie (Alpes de Haute-Provence) (Michel Fixot, 287-327) ; etc., avec figures et photos.

131.          LEROY (Béatrice). Petite histoire du Royaume de Navarre. Pau, Editions Cairn, 2012, in-8°, 113 pp, 3 tableaux généalogiques, 2 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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L'histoire de la Navarre a de modestes débuts ; en 820, les hommes des montagnes autour de Pampelune et Jaca désignent comme roi, l'un de leurs chefs pour résister aux puissances musulmanes de la vallée de l'Ebre. La Navarre grandit, s'élargit et en l'an mil couvre la majorité des terres chrétiennes de l'Espagne, du val d'Aran à la frontière occidentale de la Castille, des collines gasconnes au Nord de Saint-Jean-Pied-de-Port au bassin de l'Ebre. Cette belle puissance se morcelle au fil des partages dynastiques mais demeure un royaume. A la fin du XVe siècle, la Castille et l'Aragon alors rassemblés mettent fin à cette indépendance par la conquête de 1512. Les voies de Santiago, les monuments, témoignent toujours de cette histoire si particulière qui a duré 6 siècles. Ces pages proposent une nouvelle approche de cet Etat et de cette société en une brève synthèse. Cela permet de saisir toute la complexité, toujours actuelle de la Navarre. L'histoire médiévale occidentale semble se résumer dans ce seul royaume.

132.          Mélanges De Boüard. Mélanges d'archéologie et d'histoire médiévales en l'honneur du doyen Michel de Boüard. Genève-Paris, Droz, 1982, pt in-4°, xxi-406 pp, photos, figures, cartes et plans, broché, couv. lég. défraîchie, bon état (Mémoires et documents publiés par la Société de l'École des Chartes)

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36 études érudites. — "Michel de Boüard a non seulement créé en France l'archéologie médiévale au sens moderne, mais il a réalisé cette alliance «de la terre et du papier», à savoir l'utilisation des sources matérielles au service de l'histoire socio-économique. Sa bibliographie - deux cent quarante-neuf titres, témoigne à suffisance de la richesse de ses centres d'intérêt. Les «Mélanges» de l'Ecole des Chartes portent principalement sur la castellologie, en particulier l'histoire des «mottes», mais aussi sur l'archéologie, de la préhistoire au Moyen Age, et sur l'évolution de l'habitat rural ainsi que de l'agriculture et de l'horticulture. Les arts industriels sont envisagés (céramique, verrerie, métallurgie) ainsi que la sculpture. Enfin, quelques études se consacrent aux méthodes et aux disciplines auxiliaires : stratigraphie, dendrochronologie, informatique, toponymie." (Claude Gaier, Revue belge de philologie et d'histoire, 1985)

133.          MENÉNDEZ PIDAL (Ramón). Le Cid. Editions des Quatre Fils Aymon, 1963, in-8°, xxix-246 pp, traduit de l'espagnol, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

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"M. Menéndez Pidal, dans cet admirable ouvrage, donne du Cid et de son époque un tableau achevé, fouillé, fondé sur une critique exhaustive des sources, une connaissance profonde des événements contemporains. Pour lui, le Campeador incarne bien les vertus traditionnelles de la « race ». Un pur Castillan, certes, mais non pas fermé aux nécessaires contacts avec l'étranger. Le grand historien voit, dans l'inimitié dont Alphonse VI poursuivit son vassal, la conscience chez le souverain d'une infériorité. Et M. Menéndez Pidal s'efforce de prouver que beaucoup plus et beaucoup mieux que son roi, le Cid avait eu le sens des intérêts du royaume. Plus que lui, il avait eu le sens du possible et de la mesure. En somme, face à Alphonse VI, il montrait Ruy Díaz de Bivar comme un réaliste, un politique autant qu'un guerrier, le précurseur de ces grands conquistadores qui ne furent pas seulement conquérants, mais aussi organisateurs." (J. Gautier Dalché, Bulletin hispanique) — "... Pidal n'avait pas hésité, dès La España del Cid de 1929, à qualifier le Cid de « héros espagnol » (sans crainte d'anachronisme), parce qu'il avait aidé à faire pencher la balance en faveur de la Castille quand, au XIe siècle, celle-ci enlevait l'hégémonie à Léon et à la Navarre, et parce qu'il avait su conquérir Valence sur les musulmans." (Marcel Bataillon, “Don Ramón Menéndez Pidal (1869-1968)”, Bulletin hispanique, 1969)

134.          METZ (René). La Femme et l'enfant dans le droit canonique médiéval. London, Variorum Reprints, 1985, in-8°, 342 pp, index, reliure pleine toile éditeur, bon état

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"Un éditeur londonien a pris l'heureuse initiative de réunir dans ce volume une douzaine d'études de notre collègue René Metz, publiées entre 1951 et 1976 et disséminées dans divers périodiques et ouvrages collectifs. Les textes sont reproduits dans leur teneur originale, mais l'auteur les a regroupés autour de trois thèmes (L'enfant, La femme en général, La vierge consacrée) et les a enrichis d'un avant- propos ainsi que de dix pages de tables documentaires et analytiques. Ainsi présentés, les travaux de R. Metz sur le statut canonique des mineurs, la condition de la femme selon Gratien ou le rituel de la consécration des vierges éclairent d'un jour inattendu la civilisation du Moyen Age latin. On apprend par exemple que la société médiévale reconnaissait à l'enfant et à la femme une assez large autonomie, contrairement aux représentations que nous devons aux stéréotypes bourgeois de l'époque moderne. Par là, l'historien des institutions ecclésiales rejoint et enrichit la « nouvelle histoire », plus attentive que ses devancières à l'évolution des mentalités, aux rapports sociaux et aux pratiques symboliques. Etonnant Moyen Age qui sait, tel R. Metz, en ausculter patiemment la vie secrète !" (Charles Wackenheim, Revue des Sciences Religieuses, 1986)

135.          MICHELIS (P. A.). Esthétique de l'art byzantin. Flammarion, 1959, pt in-8°, 289 pp, 144 illustrations dans le texte, broché, bon état

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Si l'on veut comprendre le cheminement vrai de la civilisation occidentale, son rythme et ses brisures, sa connaissance ou sa méconnaissance de la civilisation antique, dont elle ne se lasse pas de proclamer la continuatrice, il faut saisir la pensée profonde de l'art byzantin ; pour les Grecs qui ont encore dans leur art populaire des traces vivantes de la tradition byzantine, c'est un devoir pressant... (Avant-propos)

136.          MORET (André). Kudrun. Edition partielle. Introduction, notes et glossaire. Aubier, 1955, pt in-8°, 258 pp, biblio, broché, qqs annotations crayon, bon état. Texte en allemand (Coll. Bibliothèque de philologie germanique)

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Gudrun (ou Kudrun, saga de Gudrun) est une épopée anonyme en vers, composée en moyen haut-allemand dans la première moitié du XIIIe siècle. Avec la Chanson des Nibelungen, elle est l'une des plus grandes épopées médiévales de la littérature de langue allemande.

137.          ORLEANS (Charles d'). Poésies. Editées par Pierre Champion. P., Honoré Champion, 1923-1927, 2 vol. in-12, xxxv-663 pp, (pagination continue), les 2 tomes reliés en un volume demi-basane mordorée, dos à 5 nerfs guillochés et caissons très ornés, pièces d'auteur et de titre basane verte et rouge, couv. et dos conservés, tête dorée, signet, très bel exemplaire

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Tome I : La Retenue d'Amour, Ballades, Chansons, Complaintes et Caroles. Tome II : Rondeaux. Charles d'Orléans (1391-1465) est fait prisonnier à Azincourt. Il reste captif des Anglais de 1415 à 1440. Il commence son oeuvre littéraire en Angleterre. Libéré contre rançon, il rentre en France où il essaie de jouer un rôle politique. En 1448, il prend sa retraite à Blois. Il meurt à Amboise en laissant 3 enfants dont le futur roi Louis XII. Son oeuvre est restée célèbre au point de vue littéraire. Les poésies de Charles d'Orléans nous retracent en quelque sorte sa vie de chaque jour. Grand ami de la poésie, François Villon le nommera le "doulx seigneur".

138.          PACAUT (Marcel). Frédéric Barberousse. Fayard, 1967, in-8°, 316 pp, cartes, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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"... Frédéric Barberousse n'est pas seulement le plus grand Empereur du Moyen Age, il est resté le héros national allemand, le plus prestigieux de tous peut-être dans l'imagination populaire. L'Allemagne qui lui était remise, il l'a aimée profondément. Empereur et roi durant trente-huit ans, il est mort par accident en conduisant une nouvelle croisade pour délivrer Jérusalem retombée au pouvoir de l'Islam. Sa disparition soudaine dans les eaux du Sélif le fit comparer à Moïse mourant avant d'atteindre la terre promise et servit sa légende plus qu'elle ne lui a nui. Le héros, dirent les poètes, n'était pas mort. Il était seulement endormi dans une caverne des montagnes. Un berger l'avait vu. Il sommeillait le coude appuyé sur une table de marbre. Sa barbe déjà avait fait neuf fois le tour de la table. Réveillé par le bruit des pas, il demanda : "Les corbeaux volent-ils encore autour de la montagne ? ". Sur la réponse affirmative du pâtre, il se rendormit. Son heure n'était pas encore venue. Cet homme de légende fut un homme d'action, un politique, un ambitieux. Il s'est heurté aux communes lombardes, éprises de liberté, à un grand féodal Henri-le-Lion, le Guelfe, à des grands papes, Adrien IV, Alexandre III. Sa vie fut une lutte constante. Quelles idées l'ont mené ? Quels desseins a-t-il poursuivis ? Pour raconter cette vie, expliquer l'empire, faire revivre Barberousse, ses conseillers, ses adversaires, transporter le lecteur dans ce XIIe siècle, si riche, si mouvementé, si tragique, il fallait un historien qui fût un grand germaniste et un écrivain." (L'éditeur) — "M. Pacaut s'est déjà distingué par de nombreuses publications et surtout par ses ouvrages sur le pape Alexandre III et sur Louis VII, roi de France, qui constituent une contribution importante aux recherches sur l'histoire politique et religieuse de l'Europe au XIIe s. Avec son récent ouvrage sur Frédéric Barberousse il continue ces travaux. Comme il n'existe en langue française jusqu'aujourd'hui aucun livre sur l'empereur, l'auteur veut combler en même temps une lacune dans l'historiographie française. Son ouvrage n'est donc pas destiné uniquement aux historiens proprement dits, il s'adresse expressément au public cultivé auquel il veut faire comprendre la personnalité et l'oeuvre de l'empereur. (...) Malgré la densité du texte, l'auteur a su nous donner un tableau vivant de la personnalité de l'empereur et de son oeuvre. Très utiles sont les tables généalogiques et les cartes qui accompagnent le livre." (Karl Jordan, Cahiers de civilisation médiévale, 1969)

139.          PARIS (Paulin). Le Romancero françois. Histoire de quelques anciens trouvères et choix de leurs chansons. Le tout nouvellement recueilli par M. Paulin Paris. P., Téchener, 1833, in-8°, x-203 pp, lettrines, culs-de-lampe, cartonnage bradel de l'époque, dos bruni, état correct. Edition originale

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Intéressant recueil de chansons de trouvères français du XIIe siècle, avec leur présentation. — "Les pièces que M. Paris a mises au jour dans son Romancero, pour être d'un genre léger, n'en sont pas moins fort instructives par l'ancienneté du langage et par les noms historiques de leurs auteurs la plupart chevaliers comtes ducs rois ou fils de rois. (Audefroy-le-Bastard, Estienne Quenes ou Coesnes de Béthune, Guillaume de Chartres, Charles d'Anjou, Auboins de Sezanne, Jean de Brienne, Pierre de Dreux, Hues de la Ferté). (...) Les notes nombreuses de M. Paris dévoilent un jugement éclairé par un grand fonds d'instruction et par une connaissance intime de la langue des Trouvères." (M. Crapelet, Société royale des antiquaires de France, 1836)

140.          POUJOULAT (Baptistin). Histoire de Richard Ier Coeur-de-Lion, duc d'Aquitaine et de Normandie, comte d'Anjou, roi d'Angleterre. Cressé, Editions des Régionalismes, 2010, in-8°, 176 pp, 2 cartes, sources, broché, couv. illustrée, bon état

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Prince d'un empire atlantique s'étirant de l'Ecosse à la Navarre, homme orgueilleux, courageux jusqu'au téméraire, stratège incomparable des guerres de son temps, homme d'état méconnu, mort à 42 ans, Richard Coeur de Lion est le type même du héros "romantique". Mais quelle a été sa vie véritablement ? Alors ce petit ouvrage vous le dira et vous donnera les clés pour mieux comprendre cette folle existence dans un XIIe siècle ténébreux et cruel mais où les princes sont aussi troubadours... Où les protagonistes s'appellent Coeur de Lion, Henri II, Aliénor d'Aquitaine, Philippe-Auguste, Jean Sans Terre, Saladin... et où l'on sillonne l'Europe et le Proche-Orient du Poitou à la Palestine en passant par la Normandie, la Sicile, Chypre, l'Autriche, le saint Empire germanique et... l'Angleterre.

141.          RAPP (Francis). L'Eglise et la vie religieuse en Occident à la fin du Moyen Age. PUF, 1971, pt in-8°, 381 pp, biblio, index, cart. éditeur illustré, qqs soulignures stylo, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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Après 1300, l'Eglise comme l'Occident tout entier entra dans l'âge des déséquilibres et des contradictions. A la centralisation romaine répondaient les théories conciliaires ; la sécheresse de la scolastique contrastait avec la ferveur de la mystique... Le Schisme déchira la "tunique sans couture" en deux puis en trois morceaux. Le brasier hussite fut plus redoutable que jadis la contestation cathare. Ces défis furent relevés et de nombreuses réformes mises en chantier : il fallait redresser les institutions, réduire les abus, instruire les fidèles. Les efforts accomplis à cette fin permirent de multiplier les expériences et d'accumuler les matériaux. Dans ce laboratoire et ce conservatoire, le catholicisme tridentin et le protestantisme trouvèrent beaucoup d'éléments dont ils surent faire des ensembles neufs et solides. L'automne de l'époque médiévale avait préparé le renouveau chrétien des temps modernes. — "II s'agissait de rendre accessibles, et de concentrer dans un volume maniable, les données concernant un fragment d'histoire particulièrement complexe. Après une première partie constituée par une « Orientation bibliographique » (560 titres), la deuxième, consacrée à l'« Etat des connaissances », traite d'abord du « gouvernement de l'Eglise » (A), étudiant successivement la papauté d'Avignon, avec sa monarchie pontificale fortement centralisée ; le schisme ; et la restauration du pouvoir pontifical, qui aboutit à constituer « un Etat parmi les autres ». Puis vient une analyse du contenu théorique et pratique de la vie religieuse (B : « Croyance et piété ») : la doctrine, l'éducation religieuse, la piété du peuple chrétien. Cette deuxième partie s'achève sur deux chapitres complémentaires (C et D) : « L'Eglise en question » (sa position dans le monde ; les hérésies) et « La réponse de l'Eglise» (la réforme ; mystiques et dévots). La troisième partie (« Débats et recherches ») présente six thèmes : « Unité et diversité du monde chrétien » ; « Le profane et le sacré » ; « Elites et masses » ; « Essor ou déclin de la piété »;« Le procès du nominalisme » ; « L'ordre chrétien menacé ». Ces cent dernières pages (251-364) sont évidemment celles qui éveillent le plus l'appétit du lecteur, puisque précisément on y est aux frontières encore indécises de la science, lieu des conquêtes sur l'inconnu, et des controverses entre les historiens. Ainsi, pour prendre un seul exemple, le chapitre- IV (« Essor ou déclin de la piété ») analyse trois façons dont on a pu se représenter « la vie spirituelle du Moyen Age finissant » : cette période vit-elle un affaiblissement du catholicisme, une déformation du christianisme,. ou mit-elle au jour les prémices du protestantisme? Il est clair que selon qu'on retient telle ou telle hypothèse, le rapport de la Réforme à son passé immédiat est conçu de façons très différentes. Mais le contenu de la deuxième partie fait aussi bien la part de cette complexité, sans en laisser perdre les grandes lignes ; grâce à la clarté de l'exposé et à l'articulation précise des thèmes les uns aux autres, l'auteur a réussi à maintenir dans la lumière l'enchevêtrement des faits." (Jean Jolivet, Revue de l'histoire des religions, 1972)

142.          ROUCHE (Michel)(dir). Clovis, histoire et mémoire. Le baptême de Clovis, l'événement, son écho à travers l'histoire. Actes du Colloque international d'histoire de Reims. Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, 1997, 2 vol. gr. in-8°, xix-929 et xiii-915 pp, 31 illustrations en couleurs sur 29 pl. hors texte, figures, cartes et plans dans le texte, brochés, couv. illustrées, sous coffret illustré, bon état

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Ces deux gros volumes rassemblent les cent deux communications présentées au colloque international réuni sous la direction de Michel Rouche à Reims en 1996 : une mine qui sera longtemps exploitée. — « Ce fut un grand homme et un guerrier éminent » (Grégoire de Tours). Le baptême de Clovis se place dans un environnement païen, arien, romain et chrétien très contrasté. L’écho du baptême à travers l’histoire est marqué par plusieurs constructions religieuses et politiques. Les mythes et interprétations qui l’entourent ont créé un sentiment collectif durable, jusqu’au sacre de Napoléon et aux représentations dans les manuels scolaires de la Troisième République. — Une centaine de professeurs dont plus de quarante venus des plus prestigieuses universités étrangères, depuis Moscou jusqu'au Québec et à Seattle en passant par Madrid, Göttingen, Prague et Varsovie ont participé au colloque international de Reims. “Clovis, histoire et mémoire” reprend l'organisation des séances. Le tome I concerne l'événement du IVe siècle au VIIe siècle, le tome II son écho à travers l'histoire du VIIIe siècle à nos jours. Le premier volume révèle au lecteur le formidable renouvellement de nos connaissances depuis les vingt dernières années. Le baptême de Clovis y apparaît comme une solution inattendue au milieu de la chute de l'Empire romain et de la montée en puissance de royaumes germaniques hérétiques. Le deuxième volume montre que le fondateur à peine mort, on vit pulluler sur son œuvre de multiples mythes et interprétations qui ont créé un sentiment collectif durable, jusqu'au sacre de Napoléon, aux manuels scolaires de la Troisième République, et à l'ordre de la Francisque, etc. Tant il est vrai que la mémoire ne devient un lieu de communion qu'en se retrempant dans les origines... (M. Rouche)

143.          VILLE-HARDOUIN (Geoffroy de). Conquête de Constantinople, avec la continuation de Henri de Valenciennes. Texte original, accompagné d'une traduction par M. Natalis de Wailly. Firmin-Didot, 1882, in-4°, xxiv-616 pp, 3e édition, une chromolithographie de Saint-Marc de Venise en frontispice, bandeaux, lettrines,culs-de-lampe, une carte dépliante in fine, reliure demi-chagrin bordeaux, dos lisse, titres dorés, filet doré sur les plats, couv. conservées (rel. de l'époque), mors et coiffe sup. lég. frottés, qqs rousseurs sur les gardes, bon état

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Tout ce que nous savons de lui, avant son départ pour la IVe croisade, c'est qu'il fut Sénéchal de Champagne, à partir de 1191. En novembre 1199, Villehardouin se rend à l'appel de Foulques de Neuilly. En février 1201, quelques mois avant la mort de son suzerain, il est chargé par Thibaut III de Champagne de préparer et négocier le transport des Croisés vers la Palestine auprès de la République de Venise. Cette croisade, partie à l'origine pour délivrer Jérusalem devait aboutir à la prise de Constantinople et à la fondation d'un éphémère Empire latin de Constantinople. Il participe en 1204 à la prise de la ville et reçoit du nouvel empereur Baudouin Ier de Flandre le titre de maréchal de Romanie (c'est-à-dire de Grèce). Après la défaite de la bataille d'Andrinople en 1205 il montra ses talents de stratège en sauvant l'armée croisée. En 1207, Boniface de Montferrat, roi de Thessalonique lui donna le fief de Messinople où il mourut. — "L'ouvrage de Villehardouin fut dicté par l'auteur après 1207. La langue est excellente, sobre et nerveuse, le récit bien composé et l'information excellente. C'est une des meilleures productions de l'ancienne littérature française." (Molinier III, 2349).

144.          [VILLE-HARDOUIN]. NATALIS de WAILLY (M.). La Conquête de Constantinople de Geoffroy de Ville-Hardouin. Eclaircissements. Firmin-Didot, 1874, pt in-4°, 104 pp, un frontispice en couleurs, 27 gravures dans le texte (armes et vêtements), texte, broché, couv. défraîchie, état correct

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Eclaircissements historiques, archéologiques et littéraires : Sur la chronique d'Ernoul, sur la chronique de Robert de Clari, sur les incidents de la Croisade, sur la valeur intrinsèque des monnaies, des armes défensives, des armes offensives et des engins, du vêtement, langue et grammaire de Ville-Hardouin.

145.          VILLEHARDOUIN (Geoffroy de). Un Chevalier à la croisade. Histoire de la conquête de Constantinople. Suivi de : De ceux qui se croisèrent et comment le marquis de Montferrat devint leur seigneur, par Robert de Cléry. Texte établi et présenté par Jean Longnon. P., Jules Tallandier, 1982, in-8°, 317 pp, préface sur Jean Longnon (1887-1979) par Jean Derens, lexique des noms et termes anciens, 30 gravures et photos à pleine page (4 sur double page), biblio, reliure plein cuir carmin richement ornée de l'éditeur (fer gravé par Michel Vincent d'après la reliure romane d'un manuscrit provenant de l'abbaye de Bonport, XIIIe siècle), tête dorée, bon état

            30

Geoffroy de Villehardouin est né à une date inconnue, entre les années 1150 et 1164. Tout ce que nous savons de lui, avant son départ pour la IVe croisade, c'est qu'il fut Sénéchal de Champagne, à partir de 1191. En novembre 1199, Villehardouin se rend à l'appel de Foulques de Neuilly. En février 1201, quelques mois avant la mort de son suzerain, il est chargé par Thibaut III de Champagne de préparer et négocier le transport des Croisés vers la Palestine auprès de la République de Venise. Cette croisade, partie à l'origine pour délivrer Jérusalem devait aboutir à la prise de Constantinople et à la fondation d'un éphémère Empire latin de Constantinople. Il participe en 1204 à la prise de la ville et reçoit du nouvel empereur Baudouin Ier de Flandre le titre de maréchal de Romanie (c'est-à-dire de Grèce). Après la défaite de la bataille d'Andrinople en 1205 il montra ses talents de stratège en sauvant l'armée croisée. En 1207, Boniface de Montferrat, roi de Thessalonique lui donna le fief de Messinople où il mourut. "L'ouvrage de Villehardouin fut dicté par l'auteur après 1207. La langue est excellente, sobre et nerveuse, le récit bien composé et l'information excellente. C'est une des meilleures productions de l'ancienne littérature française." (Molinier III, 2349).

146.          VOOSEN (Elie). Papauté et pouvoir civil à l'époque de Grégoire VII. Contribution à l'histoire du droit public. (Thèse). Gembloux, Duculot, 1927, gr. in-8°, xii-342 pp, biblio, index, broché, couv. lég. jaunie, bon état

            50

Importante étude sur la réforme Grégorienne et sa doctrine. Cette réforme de l'Eglise entend purifier les mœurs du clergé (obligation du célibat des prêtres, lutte contre le nicolaïsme) et lutter contre la simonie, le trafic des bénéfices et notamment des évêchés, ce qui provoque un conflit majeur avec l'empereur Henri IV. Celui-ci considère comme vital de donner l'investiture aux évêques. Au cours de la Querelle des investitures, Grégoire VII oblige l'empereur excommunié à faire une humiliante pénitence à Canossa. Cependant cet épisode ne suffit pas à régler le conflit et Henri reprend l'avantage en assiégeant le pape réfugié au château Saint-Ange. Libéré par les Normands, le pape est chassé de Rome par la population, excédée par les excès de ses alliés. Grégoire VII meurt exilé à Salerne, le 25 mai 1085.

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

147.          ANTHONY (K.). La Reine Elizabeth, 1533-1603. Payot, 1952, in-8°, 238 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

Excellente biographie de la dernière Tudor. — "Le livre de K. Anthony : 'La Reine Elisabeth', très sérieux, apporte sur la rivalité tragique de la 'Grande Bess' avec Marie Stuart une documentation nouvelle qui intéressera, en France comme en Angleterre, le public cultivé." (Octave Aubry)

148.          ARIÈS (Philippe). L'Enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime. Plon, 1960, in-8°, iii-502 pp, 26 illustrations hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Civilisations d'hier et d'aujourd'hui). Edition originale,  envoi a.s.

            40

Philippe Ariès (1914-1984) s'est imposé par quelques ouvrages devenus des classiques de ce qu'on appelle l' « histoire des mentalités », et qu'on pourrait appeler ici l'histoire des sentiments profonds et secrets qui, à la limite du biologique et du sociologique, commandent la vie quotidienne des hommes. L'objet de cet ouvrage – qui est devenu un classique de notre historiographie – est d'approcher les sentiments anciens l'égard de l'enfance et de la vie familiale, à travers l'existence quotidienne, du Moyen Age au XVllle siècle, et de montrer, chemin faisant, à quel point le sentiment de la famille est un sentiment “moderne” qui n'a pu se développer qu'aux dépens de la société. La découverte de l'enfance est, en effet, récente. Dans la succession des âges, l'enfance était jadis comme “télescopée”. Partant, si la famille existait comme réalité, elle n'était pas considérée en tant que valeur morale et sentimentale. Mais voici que, peu à peu, on répugne à mélanger les enfants aux adultes; un nouveau sentiment familial apparaît alors qui s'organise autour des enfants et de leur éducation. Les contemporains n'ont pu percevoir un changement aussi lent : c'est de biais que l'auteur l'a saisi, grâce à l'iconographie, à l'histoire des jeux et de l'éducation... Ainsi, la famille s'est transformée profondément dans la mesure où elle a modifié ses relations internes avec l'enfant. Ce livre replace cette métamorphose de la famille dans l'ensemble de l'histoire sociale de l'Ancien Régime, tout en opposant à grands traits les caractères de cette société à ceux de notre temps. — "À ce procès de la famille, ou pour être plus exact, à l'enquête que notre temps poursuit sur la famille et l'enfance, le livre de Philippe Ariès apporte une contribution capitale." (Claude Mettra, Les Nouvelles littéraires) – "La leçon de ce livre est immense pour nous Occidentaux scolarisés, familiarisés, œdipianisés. Comme tous les livres d'histoire qui s'enfoncent à cette profondeur dans ce qui constitue notre archéologie, il nous dote d'un savoir comparatif déterminant, il nous permet de penser vraiment que tout n'a pas toujours été pareil." (Raymond Bellour, Le Magazine littéraire) – "Un livre étonnant, le seul à vrai dire qui propose une approche historique de l'enfance, un travail monumental qu'il faut connaître si l'on ne veut pas rester un imbécile." (Jean-Michel Damian, Politique hebdo).

149.          BAUDRILLART (Alfred). L'Eglise catholique, la Renaissance, le Protestantisme. Conférences données à l'Institut catholique, janvier-mars 1904. P., Bloud & Cie, s.d. (1905), fort in-12, xv-400 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

            50

"... J'ai été son élève, et je le vois encore, le front haut sous ses cheveux en brosse, l'œil expressif derrière son lorgnon, lisant de sa belle voix grave, un peu rapide, mais articulant les mots et accentuant ses fins de phrases, les feuillets de petit format que couvrait sa fine écriture. Vigueur de la composition, grande aisance de parole, jugement lucide et sûr, ces qualités auxquelles s'alliait un ardent désir d'être compris et d'instruire, pénétraient, éclairaient, vivifiaient ses cours qui n'étaient que des préparations et rendirent possible cette loyale appréciation, objective et sage sur “l'Église catholique, la Renaissance, le Protestantisme”, le plus achevé de ses ouvrages... Un renouveau d'études apologétiques s'étaient déjà manifesté en France à la fin du siècle dernier. S'intéressant à ce mouvement, l'abbé Baudrillart inaugurait à l'Institut catholique, dès 1904, sous le rectorat de Mgr Péchenard, une série de conférences qui obtinrent un tel succès qu'elles devinrent un cours régulier..." (Victor Carrière, Revue d'histoire de l'Église de France, 1934)

150.          BLENNERHASSETT (Lady). Marie Stuart, 1542-1587. Plon, 1933, in-12, 316 pp, nouvelle édition avec 8 gravures hors texte, cartonnage éditeur, état correct (Bibliothèque historique Plon)

            15

"Lady Blennerhasset, déjà honorablement connue du public français par son magistral ouvrage sur Madame de Staël et son temps, vient de traduire le livre qu'elle a consacré à Marie Stuart et dont l'édition allemande a paru en 1907. Après les travaux plus considérables de Mignet et de Philippson, cette biographie, de dimensions plus restreintes, vient à son heure. Lady Blennerhasset connaît à fond la « littérature » de son sujet ; mais, pour écrire la vie de son héroïne, elle est allée droit aux sources, et c'est aux lettres de Marie Stuart, à la correspondance des agents diplomatiques anglais ou étrangers, aux Calendars of State Papers qu'elle a eu principalement recours pour démêler le réseau pas mal compliqué de négociations et d'intrigues qui s'est noué autour de la reine d'Écosse soit avant, soit pendant sa captivité. En suivant pas à pas les documents, en utilisant pour les contrôler les travaux de critique et de détail, elle a pu reconstruire l'histoire de Marie Stuart et en pénétrer le mystère. L'exposé est clair et précis, et complet quoique sommaire. Ce n'est qu'une esquisse, sans doute, mais qui ne laisse rien d'important dans l'ombre et fait saillir tout l'essentiel. Un autre mérite de ce petit livre, c'en est l'objectivité. Non seulement lady Blennerhasset s'est gardée de romancer les aventures déjà passablement romanesques et tragiques de la reine d'Ecosse ; non seulement elle a usé discrètement de la psychologie historique, mais elle a tâché de voir et de nous montrer Marie Stuart telle qu'elle a été, dans son temps et dans son milieu, sans parti pris d'apologie ou de dénigrement. Son jugement est toujours mesuré (voir ce qu'elle dit des lettres de la Cassette), juste de ton. Le récit se lit très agréablement et la langue est suffisamment correcte pour que l'auteur n'ait pas besoin de cette indulgence qu'elle réclame trop modestement dans les dernières lignes de sa préface." (Victor-Louis Bourrilly, Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1909)

151.          BOUISSOUNOUSE (Janine). La Vie privée de Marie Stuart. Hachette, 1953, in-12, 256 pp, biblio, broché, couv. illustrée (lég. piquée), bon état (Coll. Les Vies privées)

            15

152.          BOUTET de MONVEL (Roger). Grands seigneurs et bourgeois d'Angleterre. Plon, 1930, in-12, 262 pp, 6 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"On aura plaisir à lire ces études sur la société anglaise de la fin du XVIIIe siècle. Elles ont pour héros trois personnages, Selwyn, miss Barney et Beckford ; elles ne manquent pas d'agrément et de vivacité ; elles abondent en détails attrayants, pittoresques. Selwyn est l'ami de Walpole et de Mme du Deffand, le père adoptif de cette Mimie, femme de lord Yarmouth, maîtresse de Montrond et mère de Milord l'Arsouille. – Miss Burney qui devint Mme d'Arblay, était plus connue que ne pense l'auteur. ll étudie surtout le séjour qu'elle fit à la cour d'Angleterre, cette cour monotone, sévère, compassée, aux usages minutieux, à l'étroite discipline, et il résume les récits de l'habilleuse ou dame d'atours sur George et Charlotte, sur leur famille et leur entourage, sur l'existence qu'elle mène à leur service. On comprend qu'au bout de cinq ans Miss Barney ait quitté le palais et à ce propos M. Boutet de Monvel nous paraît assez sévère pour Macaulay. – Beckford, l'auteur de Vathek, l'homme qui se vantait de n'avoir jamais connu un instant d'ennui, n'est qu'un gentleman fantasque." (A. Chuquet, Revue critique d'histoire et de littérature) — M. Roger Boutet de Monvel nous fait connaître la curieuse histoire d'un original, William Beckford, qui était en même temps un littérateur de talent et a laissé un conte arabe, Vathek, écrit en français. Ce Beckford s était installé à Paris au début de la Révolution et passait son temps à lire volets et portes closes sans s'inquiéter des bruits de la rue...

153.          CALMETTE (Joseph). L'Ère classique. Fayard, 1949, fort in-8°, 798 pp, index, reliure demi-toile bordeaux, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, tranches mouchetées (rel. de l'époque), bon état (Trilogie de l'Histoire de France, 2)

            35

"Ce volume embrasse les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Il est fait à la fois d'exposés narratifs et de condensations synthétiques. Parmi ses pages les plus brillantes, on remarquera celles qui sont consacrées à l'élargissement des horizons français à l'époque des guerres d'Italie, aux traits spécifiques de la Renaissance française, aux idées de Richelieu, à l'éclat versaillais conjoint avec le réalisme colbertien, à la contexture idéologique et institutionnelle de l'Ancien Régime (un grand chapitre très nourri), à la séparation de la royauté et du peuple au temps de Louis XV, aux idées économiques et politiques sous Louis XVI. On remarquera que le XVIIIe siècle – originalité au regard des usages – occupe plus de la moitié du volume. Aussi bien les personnages de ce siècle sont-ils présentés à loisir, avec leur signalement humain, leurs caractéristiques d'esprit, leurs desseins et leur destin : le cardinal de Fleury, entre autres, est attentivement campé, et de façon assez neuve. Les écrivains et les philosophes sont généreusement lotis et jugés sans souci exagéré de docilité à l'égard des manuels littéraire en usage. De centre d'intérêt en centre d'intérêt, ce livre, écrit avec une élégante netteté, entraîne son lecteur à travers près de 800 pages sans jamais le lasser..." (H. Drouot, Revue Historique, 1953)

154.          CASSIRER (Ernst). La Philosophie des Lumières. Fayard, 1970, in-8°, 351 pp, traduit de l'allemand et présenté par Pierre Quillet, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'Histoire sans frontières)

            30

"Traduction - bien tardive puisque l'ouvrage date de 1932 - de la meilleure étude consacrée au mouvement des idées au XVIIIe siècle. Le lecteur français, acquis à l'idée que « l'Europe éclairée » fut celle de la diffusion des idées françaises, découvrira un pluralisme culturel rendant à l'Angleterre, l'Italie, l'Allemagne leur juste place. Il apprendra aussi ce que furent, aspects peu connus, l'esthétique et la théologie de ce temps. Enfin, dans cette recherche des sources de la pensée politique libérale, il comprendra les inquiétudes d'un Allemand de 1932 face à la montée du nazisme." (Revue française de science politique, 1968)

155.          COTTRET (Bernard). Cromwell. GLM/Fayard, 1992, in-8°, 542 pp, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Cromwell est synonyme d'énigme. Comment s'explique son triomphe ? Rien ne prédestinait le gentleman de l'Est de l'Angleterre à se hisser jusqu'au faîte de l'Etat. De sa naissance en 1599 à sa mort en 1658, Cromwell accomplit le plus étonnant des périples à la faveur de la révolution. Jusqu'à quarante ans il demeure pratiquement obscur, puis entreprend une gigantesque ascension, scandée par les victoires militaires et les hardiesses politiques. Son destin, où il lit le dessein de Dieu pour son peuple, offre un raccourci saisissant des îles Britanniques de son temps. Tout à tour gentleman farmer, parlementaire, soldat, général et lord Protector, Cromwell a incarné les idées les plus contradictoires. La révolution anglaise, à la fois conservatrice et libertaire, n'a-t-elle pas hésité en permanence entre démocratie et oligarchie, république et monarchie, avant de se figer dans un Protectorat qui renoue subrepticement - presque honteusement - avec les fastes de la royauté ? Cromwell pourtant a décliné la couronne. C'est sans doute Victor Hugo qui a le mieux compris le personnage. Du moins a-t-il perçu à travers lui que la politique et l'histoire relevaient elles aussi de la métaphysique.

156.          DELUMEAU (Jean). Le Catholicisme entre Luther et Voltaire. PUF, 1971, pt in-8°, 358 pp, 3 cartes et une figure, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, qqs soulignures stylo, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

            20

La Renaissance catholique qui suivit le concile de Trente est justiciable de deux lectures historiques concomitantes. Elle fut durcissement des structures, enrégimentement des masses par un clergé mieux tenu en main, puissante entreprise de catéchèse, et cela grâce à l'appui de l'Etat. Mais elle fut aussi sainteté et piété. Ces deux aspects, qui peuvent paraître contradictoires l'un avec l'autre, cohabitèrent en réalité dans le vécu quotidien. Et si une christianisation quantitativement importante résulta de l'action méthodique de l'Eglise romaine, c'est parce que cette action fut qualitativement doublée, appuyée, vivifiée de l'intérieur par des trésors de dévouement, d'héroïsme, de charité, de spiritualité, d'imagination créatrice. Se pose toutefois la question des limites de la christianisation ainsi réalisée entre l'arrivée de Luther sur la scène historique et l'époque de la mort de Voltaire. À peine remis de la secousse protestante, le catholicisme dut affronter le choc des « Lumières ».

157.          DELUMEAU (Jean). Naissance et affirmation de la Réforme. PUF, 1968, pt in-8°, 417 pp, 5 cartes, biblio, index, cart. éditeur, qqs soulignures stylo, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

            20

Lorsqu'il commenta l'Epître aux Romains (1515-1516), Luther avait, semble-t-il, déjà découvert le thème central de sa théologie. Identifiant péché et tentation, il fut désormais convaincu que l'homme reste toute sa vie indigne du salut. Le péché originel a été trop profond et trop grave. Mais Dieu se refuse à regarder les fautes d'un pécheur qui continue d'espérer dans son sauveur. C'est la doctrine de la « justification par la foi ». Le présent ouvrage la replace dans son contexte historique et en suit la diffusion dans la partie de la chrétienté devenue protestante. Pour la première fois dans l'histoire une "hérésie" chrétienne tenait en échec l'autorité romaine.

158.          GARRISSON (Janine). Henry IV. Seuil, 1984, gr. in-8°, 350 pp, une gravure, 2 cartes, 4 tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s.

            25

"Une nouvelle biographie du roi le plus populaire de l'histoire de France ? Non, plutôt une réflexion sur le pouvoir et la stratégie d'un prince qui sut prendre possession d'un royaume divisé et déchiré par les guerres de religion. Henri IV déchiffré à travers son passé, sa correspondance, ses amitiés et ses amours. Henri IV saisi dans sa grandeur et ses faiblesses et son souci constant de modeler son image de marque, prélude à sa légende. Un homme d'Etat étrangement moderne, à la fois baroque et classique, fort et vulnérable, résistant et maladif, et machiavélique. Janine Garrisson s'est attachée à démêler les fils de la conquête, lente et dangereuse, de son futur royaume. Tout s'ordonne autour de ce dessein conquérant, préparé de longue date par la naissance et simplifié par la disparition successive des derniers Valois. (...) Tel est le passionnant cheminement d'un homme et d'une démarche que nous propose Janine Garrisson. Le personnage d'Henry IV n'en sort pas grandi ou affaibli, mais différent." (Anne-Marie Cocula-Vaillières, Annales du Midi, 1985)

159.          GAXOTTE (Pierre). La France de Louis XIV. Hachette, 1946, in-8°, 393 pp, note bibliographique, broché, couv. lég. salie, papier lég. jauni, bon état (Coll. Les Grandes époques de l'Histoire)

            20

"M. P. Gaxotte, qui a le don de la vie et le sens de la grandeur française, nous expose en dix-sept chapitres – qui sont autant de fresques extrêmement brillantes – ce qui fait l'incomparable majesté du siècle de Louis XIV. Ce fut essentiellement une oeuvre collective, le roi ayant mis toutes ses complaisances dans l'effort qu'il s'imposa toujours pour réaliser toutes les ambitions de son peuple et son peuple tout entier s'étant aimé et admiré en lui. C'est ainsi que la révocation de l'édit de Nantes, qui est peut-être « la seule faute du règne », traduit le rêve « décevant et cruel » de toute une génération, qui voulut unanimement l'extinction de la « religion prétendue réformée », Acte à jamais déplorable, qu'on a parfois attribué à l'influence de Madame de Maintenon, mais qui coïncide exactement avec l'arrivée aux affaires d'une génération très chrétienne « formée et instruite dans les années où le renouveau catholique portait ses fruits »..." (Louis Villat, Revue d'histoire de l'Église de France, 1948)

160.          GERSHOY (Léo). L'Europe des princes éclairés, 1763-1789. Fayard, 1966, in-8°, 295 pp, traduit de l'anglais, préface de Denis Richet, une carte sur double page, biblio, index, broché, qqs rares annotations crayon, bon état

            25

"Le livre est consacré aux transformations profondes que subira l'Europe au cours des trente années qui précédèrent la Révolution française de 1789. C'est une analyse comparée du phénomène qu'on a appelé le « despotisme éclairé », expression née en Allemagne au XIXe siècle qui correspond à la modernisation dans le sens de l'autoritarisme des vieilles sociétés aristocratiques et cléricales. Ce qui échoue en France avec Turgot, réussit en Russie avec Catherine II, en Espagne avec Charles III, en Prusse avec Frédéric le Grand, en Autriche avec Joseph II. Léo Gershoy a écrit un ouvrage extrêmement bien documenté, facile à lire qui n'a pas d'équivalent en français." (4e de couverture) — "Nous sommes heureux de signaler la traduction française du livre de Leo Gershoy, “From Despotism to Revolution”, paru en anglais en 1944. L'ouvrage n'a cessé, depuis cette époque, de rendre les plus grands services. Il est trop connu des spécialistes pour que nous rappelions ses mérites. L'étude de la Révolution française masqua dans une certaine mesure et pendant longtemps, celle du XVIIIe siècle..." (Marc Bouloiseau, Annales historiques de la Révolution française)

161.          GOUBERT (Pierre). Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730. Contribution à l'histoire sociale de la France du XVIIe siècle. Cartes et graphiques. (Thèse). P., SEVPEN, 1958, gr. in-8°, 119 pp, 11 cartes et 132 graphiques, cart. éditeur, C. de bibl., bon état. Edition originale

            30

Volume de cartes et graphiques seul. Il manque le volume de texte.

162.          GOUBERT (Pierre). Louis XIV et vingt millions de Français. Fayard, 1969, in-8°, 252 pp, chronologie, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. L'Histoire sans frontières)

            25

Pierre Goubert confronte Louis XIV à son royaume et à son temps. Vingt millions de sujets sortent de l'anonymat pour rappeler que Versailles et son roi ne résumaient pas le royaume de France. Cette autopsie sans complaisance de la France du XVIIe siècle révèle une nouvelle perception de l'Histoire qui, loin de se focaliser sur la personnalité des grandes figures politiques et culturelles, prend en compte l'ensemble de la population à partir de l'utilisation systématique des registres paroissiaux, des inventaires après décès, des archives d'hôpitaux. cette œuvre magistrale, écrite dans une langue simple et chaleureuse, fait revivre le XVIIe siècle dans ses éclats de lumière et d'ombres. — "Dans son domaine, M. Goubert est un maître et sa peinture subtile des grandes tensions sociales de l'époque mérite une vaste audience. Il est vraisemblable qu'il se passera un long moment avant que ce livre soit égalé et plus longtemps encore avant qu'il soit surpassé." (Supplément littéraire du Times)

163.          HANKE (Lewis). Colonisation et conscience chrétienne au XVIe siècle. Plon, 1957, in-12, xxv-311 pp, traduit de américain, une carte, biblio, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. Civilisations d'hier et d'aujourd'hui)

            25

La conquête et l’occupation des Indes orientales soulevèrent des problèmes moraux, des cas de conscience, qui font l’objet de ce livre. L’auteur étudie la campagne acharnée menée par le dominicain Las Casas pour défendre contre les colons les droits des Indiens vaincus. Il obtint un arrêt momentané des opérations militaires, réussit à épargner l’esclavage à ses protégés et fit reconnaître qu’ils avaient une âme. Cette polémique est très importante pour l’histoire des idées et du droit public. — "Cet ouvrage capital parut d'abord en 1952 sous le titre plus exact de « The Spanish Struggle for Justice in the Conquest of America ». Fondé sur de patientes recherches d'archives et une abondante bibliographie (pp. 285-307), le travail de Lewis Hanke pose un des problèmes essentiels de la colonisation, telle qu'elle s'est présentée à partir de la découverte des nouveaux mondes. Il montre combien fut décisif l'apport des nations ibériques et, en l'espèce, celui de l'Espagne, puisqu'elles furent les premières à une expérience coloniale, et à la confronter avec la conscience chrétienne du Moyen Age finissant..." (Jean-Paul Faivre, Revue d'histoire des colonies, 1957)

164.          HOBSBAWM (Eric J.). Les Primitifs de la révolte dans l'Europe moderne. Fayard, 1966, in-8°, 222 pp, traduit de l'anglais par Reginald Laars, présentation de Jacques Le Goff, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. L'Histoire sans frontières)

            30

"Les révoltes populaires : une tradition ? Ne nous croyons pas en présence d'une sociologie du romanesque et de l'aventure, ni d'une méditation à la Camus sur les hommes révoltés. L'ouvrage de E. J. Hobsbawm est un travail érudit en même temps qu'une synthèse, courageuse dans le sens où elle lutte contre l'inertie intellectuelle qui se refuse à voir les autres différents de soi-même et leur histoire différente de sa propre histoire. Paysans d'Andalousie, de Sicile, d'Ukraine, bandits viennois de 1792, menu peuple du faubourg Saint-Antoine, sectes dissidentes anglaises, bas-fonds napolitains, Bleus et Verts du Circus du Bas-Empire, le défilé pourra paraître au lecteur un peu cosmopolite. Les « révoltés primitifs » sont pour l'auteur tous ceux qui se dressent ou se sont dressés contre l'ordre social, sans en avoir compris le mécanisme, la règle du jeu, sans avoir découvert un langage politique et idéologique lucide. Beaucoup d'êtres plongés en une mentalité pré-cartésienne, pré-mécanicienne, médiévale, somme toute, se sont trouvés intégrés brutalement dans un monde moderne qu'ils ne pouvaient comprendre. Pour saisir leur difficile processus d'adaptation ou de non-adaptation sans le juger selon des critères trop rationalistes, l'auteur a dû effectuer une véritable mutation d'âme, avec les déplacements, les dépaysements que cela exige. Ainsi a-t-il pu déceler les confusions, les ambiguïtés, les déviations de ces révoltes élémentaires. Ambiguïté du banditisme d'abord. « Pour être champions de leur peuple, les bandits devront d'abord cesser d'être des bandits, c'est le paradoxe des modernes Robins des Bois. » On pense à ce que F. Braudel a écrit sur le banditisme « marée sociale qui soulève les eaux les plus diverses ». E. J. Hobsbawm constate que la mafia, elle aussi, est finalement beaucoup moins dressée contre le pouvoir, beaucoup moins un moyen de protection des faibles qu'un instrument d'ascension individuelle pour aspirants à la puissance et une association de « businessmen » locaux. Il montre que dans les jacqueries anarchistes d'Espagne et socialistes de Sicile, au siècle dernier, se mêlaient, en une onde un peu trouble, ardeur révolutionnaire, ferveur religieuse et humbles revendications concrètes. Quant au « mob », à la « populace » des villes pré-industrielles, il en dénonce, malgré de cycliques périodes de fureur, l'étrange symbiose avec les princes tandis qu'il voit, dans les sectes protestantes qui se développèrent en milieux prolétariens anglais, une remarquable école de cadres, sensibilisés aux problèmes ouvriers mais armés cependant d'une patience par trop éthérée. L'auteur constate que le goût de tels mouvements pour une mythologie, que le rituel compliqué des compagnonnages et des sociétés secrètes correspondaient à des types d'intelligence qui ne savaient pas encore dissocier la forme et le fond. Toutes ces turbulences furent donc finalement beaucoup moins efficaces que l'ultérieure action organisée des masses ouvrières, mais il faut insister sur leur intérêt humain, leur importance historique. Historiens et sociologues trouveront en ces pages denses de pénétrantes analyses des rapports sociaux et des psychologies collectives." (Renée Rochefort, Annales ESC) — Hors-la loi des Carpates ou de Sicile, mouvements millénaristes de paysans de Toscane ou de Sicile, organisations parallèles comme la Mafia, sectes ouvrières anglaises, sociétés secrètes comme les Carbonari ou les Blanquistes : ce livre parvient à montrer ce qui unifie ces diverses figures de la révolte, apparemment disparates. À l'aube de la société industrielle s'esquissent des formes de protestation qui se nourrissent de visions utopiques ou de radicalismes religieux qui mettent à mal les schémas classiques du progressisme politique. Ces révoltes sont celles de marginaux du système qui récusent le monde qui vient comme le monde qu'ils quittent, témoignant ainsi de l'obstination, qui n'a rien perdu de son actualité, avec laquelle des hommes et des femmes veulent inventer un autre avenir.

165.          HUMBERT-ZELLER (Marguerite). Marie Stuart, 1542-1587. P., Dominique Wapler, 1948, in-8°, 374 pp, un portrait en frontispice, un tableau généalogique dépliant hors texte, biblio, broché, bon état. Edition originale, un des 60 ex. numérotés sur Alfa mousse Navarre

            30

166.          LEHOUX (Françoise). Le Cadre de vie des médecins parisiens aux XVIe et XVIIe siècles. Picard, 1976, fort gr. in-8°, x-611 pp, avant-propos par Pierre Chaunu, index, broché, bon état

            50

"C'est tout un monde passé que ressuscite Françoise Lehoux. En se fondant sur le contenu de soixante-treize inventaires après décès conservés au Minutier central des notaires aux Archives nationales et sur quelques documents annexes, testaments ou contrats de mariage, elle tente, en près de six cents pages, de redonner vie à soixante-six familles de médecins parisiens. La période couverte par l'étude s'étend de 1508 à 1665, dates extrêmes des inventaires utilisés ; elle commence donc au moment où la médecine sort à peine du Moyen Age, et s'arrête l'année même de la création du Journal des Savants, témoignage d'un nouvel esprit scientifique qui va transformer peu à peu la profession médicale. Après avoir, dans le premier chapitre, présenté les médecins et suivi leurs premiers pas dans la vie professionnelle et sociale, à la sortie des études et après un éventuel mariage, Mlle Lehoux cerne la composition des familles. (...) Dans les trois chapitres suivants, c'est le cadre de vie proprement dit des médecins qui est dépeint : l'habitation, le mobilier, le linge de maison et le costume ; tout en recréant, de façon suggestive et dans les moindres détails, les formes, les couleurs, les odeurs, Mlle Lehoux apporte des renseignements précieux à l'historien de Paris, comme à celui de l'architecture ou du mobilier, voire des mentalités. A ces descriptions souvent plaisantes succède l'énumération de la fortune mobilière et foncière. (...) Comme il était prévisible, les inventaires après décès livrent peu de renseignements sur la pratique médicale elle-même ; la seule note intéressante est la présence signalée chez plusieurs médecins d'un matériel pharmaceutique important, qui constitue parfois un véritable laboratoire et qui témoigne de la guerre livrée par la corporation de saint Luc à celle des apothicaires. La description des bibliothèques des médecins est très précieuse et révèle un milieu très cultivé. (...) Le grand mérite du livre est de presque tenir lieu de recueil de sources, et à ce titre on peut penser, comme le dit P. Chaunu, dans son avant-propos, que « des générations d'érudits et de chercheurs y trouveront matière à instruction et à réflexion »." (Danielle Jacquart, Bibliothèque de l'école des chartes, 1978) — "... Il ne reste qu'à dire que le travail de Madame Lehoux est un véritable modèle d'érudition. Il faut espérer que d'autres érudits suivront l'exemple de ce livre afin d'illuminer d'autres groupes sociaux, non seulement à Paris mais aussi en province. Seulement par une entreprise de ce genre pourrons-nous véritablement connaître ce que fût la société française sous l'Ancien Régime." (R. J. Knecht, Revue belge de philologie et d'histoire, 1980)

167.          LEMONNIER (Léon). Elisabeth d'Angleterre. La Reine vierge ? Hachette, 1947, in-8°, 315 pp, biblio, broché, un portrait en médaillon en couverture, bon état

            25

"M. Léon Lemonnier, sans être un historien de métier, connaît merveilleusement l'Angleterre et ses grands hommes. Il vient de brosser, d'heureuse façon, le portrait d'Elisabeth d'Angleterre. La reine Vierge ? Sans doute on sent toujours le romancier dans la façon de présenter et aussi d'interpréter les événements. Il ne faut pas chercher de vues profondes sur l'économie de l'Angleterre au temps d'Elisabeth. Mais on est captivé, dès le début, par cette femme intelligente et non moins autoritaire qui incarna si bien le génie de l'Angleterre. On suit avec un intérêt, jamais décroissant, toutes les intrigues et toutes les luttes d'un règne qui dura près de cinquante années et fut certainement un des plus marquant sur les destinées de la nation anglaise." (Jacob Louis, Revue du Nord, 1947)

168.          LÉON (Pierre). Economies et sociétés préindustrielles. Tome 2 : 1650-1780. Les origines d'une accélération de l'histoire. Armand Colin, 1970, gr. in-8°, 460 pp, 40 cartes et tableaux, biblio, cart. éditeur, qqs rares soulignures stylo, bon état (Coll. U. Série Histoire moderne, dirigée par Pierre Goubert)

            25

"Depuis plusieurs années, les chercheurs, et surtout les enseignants et étudiants, ressentaient vivement le besoin d'une mise au point embrassant les XVIIe et XVIIIe siècles et mariant tout un acquis déjà ancien d'histoire économique et sociale avec les avancées les plus récentes de la recherche. Une mise au point qui soit à la fois un ouvrage de base, un manuel pleinement utilisable par les étudiants ou les non-spécialistes, et une réflexion d'ensemble n'hésitant nullement à se situer aux plus hauts niveaux. Ce livre existe désormais, écrit par Pierre Léon, qui occupe depuis deux décennies une place éminente parmi les historiens des économies et des sociétés modernes et contemporaines. Soulignons deux qualités maîtresses de l'ouvrage : le classicisme de la langue et des développements ; l'intérêt des nombreuses figures : par exemple les cartes remarquables présentées aux pages 180 et 181, à partir des ouvrages d'Arnould (1791 !) et d'E. B. Schumpeter, et concernant, l'une les exportations agricoles et industrielles de la France en 1787, l'autre les importations et exportations de l'Angleterre pour la période 1786-1790. C'est le livre remarquable que l'on attendait." (J.-P. Poussou, Annales de Démographie historique, 1972) — A noter : malgré la mention de tome 2, cet excellent livre est bien complet en soi : le tome 1, annoncé, qui devait concerner la période 1500-1650 et être écrit par Richard Gascon, n'est jamais paru.

169.          LOUIS XIV. Mémoires, présentés et annotés par Jean Longnon. P., Jules Tallandier, 1979, in-8°, 327 pp, nouvelle édition revue et corrigée, 34 gravures et portraits à pleine page, reliure plein cuir carmin richement ornée de l'éditeur (fer gravé par Michel Vincent d'après un exemplaire unique provenant de la bibliothèque du Grand Condé), tête dorée, bon état

            30

S'il est aujourd'hui fréquent de voir les hommes d'Etat écrire leurs mémoires, rares sont ceux qui, dans le passé, ont laissé un témoignage de leurs conceptions politiques. Louis XIV se faisait une trop haute idée de son métier de roi pour ne pas expliquer à son successeur la raison de ses actes et ne pas lui enseigner des principes, à ses yeux, fondamentaux. D'où ces Mémoires, pour les années 1661, 1662, 1666, 1667 et 1668, destinés au Dauphin. Il s'agit là d'un document de tout premier ordre qui non seulement nous éclaire sur les mobiles de la politique intérieure et extérieure de Louis XIV – et cela au cours de la plus grande époque du règne – mais encore et surtout nous révèle un homme ; un homme assez inattendu, plein de bon sens, de réalisme, point indifférent aux souffrances humaines, et aussi un grand écrivain, représentant typique du classicisme le plus pur. A ces Mémoires que le maréchal de Noailles sauva miraculeusement du feu un jour de 1714 où le roi, vieilli et aigri, voulait en finir avec les reliques de son ancienne splendeur, Jean Longnon a ajouté trois autres textes politiques du Roi-Soleil : les Réflexions sur le métier de roi (1679), les Instructions au duc d'Anjou (1700) données par le roi à son petit-fils qui partait occuper le trône d'Espagne et enfin un Projet de harangue de 1710. — "Cette édition rendra de grands services, car la publication des “Mémoires de Louis XIV”, de Dreyss, est aujourd'hui introuvable. Le nouvel éditeur donne d'ailleurs, pour les Mémoires de 1661, la révision de Pellisson, « que le roi avait reconnue sienne », tandis que Dreyss avait eu le tort de publier la rédaction antérieure, de Périgny, beaucoup moins bonne ; pour les Mémoires de 1666, on a suivi, comme Dreyss, le texte de Périgny, mais amélioré grâce à la collation des manuscrits de la Bibliothèque Nationale. Suivent les Réflexions sur le métier de roi, de 1679, les Instructions au dvc d\Anjou, de 1700, le Projet de harangue, de 1710. – Dans une excellente introduction, M. Longnon marque l'intérêt que présentent ces écrits politiques de Louis XIV." (H. Sée, Annales de Bretagne)

170.          MANDROU (Robert). Introduction à la France moderne (1500-1640). Essai de Psychologie historique. Albin Michel, 1961, in-8°, xxv-400 pp, 12 pl. de gravures hors texte et 10 cartes, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité). Edition originale

            25

Le sous-titre importe ici plus que le titre : ce livre n'est pas, en effet, une présentation, après tant d'autres, du XVIe siècle français ; c'est une tentative plus originale pour définir dans ses éléments dominants une histoire des mentalités collectives. L'expérience est faite ici au niveau de la première modernité française : il s'agit de faire revivre le plus exactement, et aussi pleinement qu'il se peut, les Français qui ont vécu "de Colomb à Galilée, de la découverte de la Terre à celle du Ciel" (Michelet). La hardiesse de l'entreprise – qui légitime le mot Essai – se découvre à la simple évocation de son sommaire : des conditions alimentaires de l'existence jusqu'à la mystique et même à la vogue du suicide, tous les comportements humains sont ici passés en revue... Le livre se divise en trois parties : les mesures physiques et psychiques des individus ; les milieux sociaux et leurs enchaînements de solidarités inégalement solides, inégalement efficaces ; enfin, les grands types d'activités humaines vus dans leurs déterminations psychologiques : métiers et divertissements, dépassements – arts, sciences, religions –, évasions, aux formes les plus étranges... En son fond même, cet ouvrage est à la fois un bilan et un programme : état de la question, dans ce domaine de la psychologie collective, trop oublié des historiens, et, en même temps, un plan de recherches à poursuivre, pour aider ce secteur historique à combler son retard par rapport aux secteurs politique et économique, aujourd'hui en plein épanouissement. Par ce double caractère, cet Essai de psychologie historique est bien dans l'esprit de la collection "L'Évolution de l'Humanité".

171.          MARGUERITE de NAVARRE. L'Heptaméron. Préface d'Albert-Marie Schmidt. Vignettes d'époque et gravures de Jacques Androuet du Cerceau. Club Français du Livre, 1962, in-8°, xi-410-(20) pp, page de titre illustrée, 15 gravures sur 4 pl. hors texte, notes, glossaire, reliure demi-chagrin carmin, dos à 2 nerfs guillochés en tête et en queue, titres et fleuron dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition hors commerce numérotée

            40

Soeur de François Ier et grand-mère de Henri IV, Marguerite de Navarre a marqué la vie culturelle de la Renaissance française. Inachevé au moment de sa mort (1549), l'Heptaméron est un recueil de nouvelles inspiré du Décaméron de Boccace.

172.          MIGNET (François-Auguste). Histoire de Marie Stuart. P., Charpentier, 1854, 2 vol. in-12, vi-446 et 447 pp, 3e édition, reliures demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), un plat lég. défraîchi au tome 2, bon état

            50

"L'année dernière, à pareille époque, je parlais dans cette revue d'une série d'articles insérés au Journal de Savans, dans lesquels M. Mignet, disais-je, prouvait admirablement, tout en nous laissant notre pitié, que les infortunes de Marie Stuart ont été méritées. Ces articles sont devenus une histoire en deux volumes. M. Mignet avait dû penser une première fois aux infortunes de Marie Stuart comme à un épisode de son Histoire de la Réformation. La belle publication des lettres de cette princesse par le prince Labanoff lui donna sujet d'y penser plus profondément, et lui fut une première occasion naturelle d'en parler. S'intéresser à demi à Marie Stuart n'est pas possible : tandis qu'il écrivait cette série d'articles détachés, la grâce opérait ; l'idée lui est venue de mettre la touchante figure dans un cadre plus approprié que le Journal des Savans, et c'est ainsi que du compte-rendu d'un recueil de lettres est sorti un des meilleurs ouvrages de notre temps, lequel n'est pas préparé, hélas, à en lire d'aussi bon. Ce livre a le mérite de toutes les productions de M. Mignet ; il est avant tout très bien fait. J'entend par là quelque chose de mieux qu'un bon livre..." (Nisard, Revue des Deux Mondes, 1851)

173.          MONGRÉDIEN (Georges). La Vie quotidienne sous Louis XIV. Hachette, 1952, in-8°, 250 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Dans l'histoire du règne de Louis XIV on a trop souvent négligé la vie des petites gens au profit du Roi et de la Cour. M. Mongrédien à voulu pénétrer dans l'intimité des classes moyennes : bourgeois, paysans, ouvriers, artisans, soldats. Le grand évènement social du règne de Louis XIV est l'accession de la bourgeoisie au rang de grande classe, enrichie, honorée et souvent enviée de la noblesse, que paralyse ses préjugés et les exigences de la Cour. Appuyé sur une vaste documentation, M.Mongrédien étudie le genre de vie de ces bourgeois ; il les regarde élever leur enfants, faire leurs comptes, s'habiller, recevoir leurs amis. Peu à peu, la hiérarchie des fortunes tend à se substituer à celle des naissances et les anciennes castes se mêlent. Quant aux paysans, la plupart des documents nous les présentent mal outillés, mal nourris, mal logés, écrasés d'impôts, travaillant une terre trop morcelée. Il est naturel que nous aimions à entendre parler de la vie quotidienne des hommes et des femmes d'autrefois qui avaient les mêmes soucis et les mêmes plaisirs que nous. L'histoire est aussi notre vie de tous les jours, et nous sommes plus curieux de détails sur les costumes et sur l'alimentation d'autrefois que sur les clauses du traité de Nimègue. C'est cette curiosité que M. Mongrédien vient satisfaire avec un rare bonheur.

174.          PASCAL (Jean-Claude). La Reine maudite. Le dossier Marie Stuart. Editions du Rocher, 1988, fort gr. in-8°, 992 pp, qqs cartes et croquis, tableaux généalogiques, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Biographie-fleuve consacrée à la figure de la reine d'Ecosse Marie Stuart, « la reine maudite, l'une des figures les plus fascinante de l'histoire, l'un des destins les plus tragiques, celui d'une femme orgueilleuse, déchirée, imprudente, traversant avec fougue une époque violente, esclave de son amour du pouvoir... »

175.          RAIN (Pierre). La Diplomatie française d'Henri IV à Vergennes. Plon, 1947, in-8°, 344 pp, une carte dépliante hors texte, broché, qqs taches claires au dos, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie des Sciences morales et politiques)

            20

"L'auteur, dans un dessin clair, rapide et d'allure tout à fait classique, sauf peut-être, et assez heureusement, pour la politique de Choiseul et de Vergennes dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, a tracé la courbe de l'influence politique de la France de la fin des guerres de religion à la veille de la crise révolutionnaire." (A. Latreille, Revue d'histoire de l'Église de France)

176.          SERPILLON (François). Code criminel ou commentaire sur l'Ordonnance de 1670, contenant les règles prescrites par les anciennes et nouvelles Ordonnances pour l'instruction des procès criminels. Plusieurs questions de Droit incidentes aux matières criminelles. Les Réglemens concernant la compétence des juges royaux et subalternes. Les Règles pour l'instruction conjointe des juges royaux et ecclésiastiques, et les règlements concernant les privilèges ecclésiastiques. Un commentaire particulier sur l'Ordonnance de 1731, concernant les cas prévôtaux, avec un traité des fonctions, droits et prérogatives des officiers de la maréchaussée. Les règles pour le jugement des procès criminels. Un recueil des privilèges et immunités de MM. les officiers des parlements, chambre des comptes & du domaine, trésoriers de France, et officiers des baillages et sénéchaussées et sièges présidiaux. Enfin plusieurs réglements sur les cas royaux, et les droits concernant les offices des Lieutenants criminels et autres Officiers. A Lyon, chez les Frères Perisse, 1767, in-4°, (1)-738 pp, lettrines, bandeaux, culs-de-lampe, reliure plein veau raciné, dos à 5 nerfs, titres et caissons dorés, coupes filetées, tranches rouges (rel. de l'époque), un mors fendu, petit manque de cuir au 2e plat, traces de mouillures anciennes, état correct. Edition originale

            180

3e et 4e parties constituant le volume 2 du Code criminel. — Dernier traité ancien sur le très important code criminel de l'ancien régime laissé par Louis XIV. Serpillon, lieutenant général pour les affaires criminelles au présidial d'Autun, et doué d'une grande expérience, prend la défense d'une réforme radicale du code, considéré dans de nombreuses parties archaïque et inadapté. Cette critique aidera à la grande réforme du système pénal dans les années 1780, car en effet, la détention, l'emprisonnement, ne faisaient pas partie du code criminel. — "Fils d'un marchand-tanneur d'Autun, François Serpillon (1695-1772) devint avocat à Dijon, puis, en 1725, Lieutenant général criminel aux bailliage, chancellerie et siège présidial d'Autun. Magistrat très consciencieux dont la science est louée par Jousse, il a publié, en 1767, un Code criminel ou commentaire sur l'Ordonnance de 1670, en 4 parties réunies en 2 volumes, qu'il commença d'écrire en 1755. Le deuxième volume comprend un « Recueil de divers règlements sur les matières criminelles » et des « Notes sur le Code criminel ». Il s'agit de son oeuvre la plus notable, un des principaux ouvrages de droit criminel du XVIIIe siècle. Serpillon a critiqué la torture et reproduit curieusement, à la fin de l'ouvrage, le discours téméraire prononcé en 1766, à Grenoble, par l'avocat général Servan." (A. Laingui, Dictionnaire historique des juristes français)

177.          SOBOUL (Albert). La Civilisation et la Révolution française. I : La crise de l'Ancien Régime. Arthaud, 1970, fort in-8° carré, 635 pp, 222 héliogravures en noir et 8 planches en couleurs hors texte, 53 cartes et plans, tableaux chronologiques, biblio, reliure skivertex noir éditeur (édition "Club" ne comprenant pas de jaquette), bon état (Coll. Les Grandes Civilisations)

            45

"Dans la crise de l'Ancien Régime qui, en France, détermina finalement la Révolution, de multiples fibres se nouent. La tâche de l'historien consiste en partie à clarifier les rapports entre l'économique, le social, le politique... Qu'il se garde cependant de supposer que de telles distinctions aient été nettes pour qui vivait à la fin du XVIIIe siècle. Mais s'il veut aboutir pour la Révolution de 89 à une quelconque explication, force est bien pour lui de recourir à quelque théorie rattachant les mentalités et les idées aux besoins et aux pressions de la société. Si la grandeur d'un siècle se mesure à l'éclat de la pensée libre et au souci du destin terrestre des hommes, le XVIIIe siècle est sans conteste le plus grand de notre histoire. Couronné par la Révolution, il s'assigna une place exceptionnelle dans l'évolution du monde contemporain. Les hommes des Lumières voulurent, comme le proclama l'Incorruptible en l'an II, « remplir le voeu de la nature, accomplir les destins de l'humanité, absoudre la Providence du long règne du crime et de la tyrannie... et voir au moins briller l'aurore de la félicité universelle ». Siècle dont la valeur prophétique d'exemple n'est point encore épuisée. Ainsi s'expliquent sans doute ces vains efforts pour dénier au siècle des Lumières, siècle révolutionnaire par excellence, sa spécificité historique. Mais ainsi s'expliquent aussi le tressaillement qu'a ressenti le monde, et l'espoir persistant dans la conscience des hommes." (présentation de l'éditeur)

178.          VERSINI (Xavier). M. de Buonaparte ou le livre inachevé (1746-1785). Première biographie du père de Napoléon. Albatros, 1977, in-8°, 201 pp, 8 pl. de gravures et fac-similés hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Voici, après deux siècles, la première biographie du père de Napoléon, personnage étrange et attachant, passé sans le savoir à côté du plus grand spectacle de l'Histoire qu'il a si fort contribué pourtant à mettre en place. Entièrement réalisé à partir de documents originaux conservés aux Archives de Corse, l'ouvrage est suivi de la publication du "Livre de Raison" de Charles Bonaparte, encore inédit. Le texte proposé, dû à l'un des meilleurs historiens actuels de la Corse, offre à notre curiosité un tableau précis de la vie ajaccienne à la veille de la Révolution, ajoute un personnage inconnu à la galerie des Bonaparte et éclaire d'une façon tout à fait nouvelle le milieu familial et les jeunes années de l'Empereur.

RÉVOLUTION

 

179.          [Calendrier]. Concordance des calendriers grégorien et républicain. Préface par Albert Soboul. Librairie historique Clavreuil, 1983, in-8°, 83 pp, broché, bon état

            15

"... De nos jours, une table de concordance des calendriers républicain et grégorien constitue l'un des instruments de travail indispensable à tout spécialiste de l'époque révolutionnaire. À ce titre, la table publiée par la Librairie Clavreuil ne peut qu'être accueillie avec faveur par les chercheurs et les érudits comme par les étudiants." (Extrait de la préface d'Albert Soboul).

180.          FLEISCHMANN (Hector). Charlotte Robespierre et ses Mémoires. Edition critique précédée d'une introduction accompagnée de notes et de documents nouveaux ou inédits tirés des Archives Nationales. Avec de nombreuses illustrations, portraits, autographes, caricatures, d'après des documents contemporains. Albin Michel, s.d. (1910), in-8°, 374 pp, 23 documents reproduits dans le texte, 15 gravures hors texte, pièces justificatives, reliure demi-basane chocolat, dos lisses orné en long, tête dorée, bon état

            70

Maximilien et Augustin Robespierre figurent, sans conteste, parmi les personnages les plus énigmatiques. Tout à la fois adulés et haïs par leurs contemporains et la postérité, ils se dérobent, aujourd'hui encore, à toute appréciation univoque. Grands génies pour les uns ou ambitieux tyrans pour les autres, ils continuent, et continueront, à déchaîner les passions. Au-delà de ces débats idéologiques, les Mémoires de Charlotte Robespierre nous livrent le portrait de ceux qui étaient aussi ses frères. Ils constituent l'un des rares témoignages sur leur vie quotidienne pendant leur jeunesse orpheline et aux heures les plus troublées de la Révolution. Ce récit, rédigé et publié pour la première fois sous la Restauration, est empreint d'une grande authenticité. Il nous permet d'entrevoir l'intimité de ces grands acteurs de l'Histoire avec qui Charlotte vécut une relation privilégiée, tendre et tumultueuse. — "Hagiographie de Maximilien par sa soeur cadette. L'édition à préférer." (Fierro, 1267) — "M. Hector Fleischmann professe un culte pour la mémoire de Robespierre (comme du reste pour celle de Fouquier-Tinville). Ce culte, qui n'est point exempt d'intolérance et qui lui fait tout uniment traiter de « falsification historique » telle monographie de M. Lenôtre, ce culte le porte à ne tenir pour négligeable rien de ce qui touche à son idole. C'est ainsi qu'il a cru devoir réimprimer les Mémoires de Charlotte Robespierre, aussi dépourvus d'authenticité que d'intérêt sérieux. Le « teinturier », comme on disait jadis, et le véritable auteur de ces mémoires posthumes, fut un jeune publiciste démocrate du temps de Louis-Philippe, Laponneraye, qui avait beaucoup fréquenté la soeur des deux Robespierre dans les derniers temps de sa longue et minable existence ; il a certainement utilisé des manuscrits, des confidences orales, mais certainement aussi c'est lui le rédacteur du texte. Quant au fond, avec quelques anecdotes niaises sur la sensibilité du jeune Maximilien Robespierre, que la mort d'un pigeon favori plongeait dans le désespoir, il ne contient guère que d'interminables et insupportables récriminations de la vieille fille contre celles qui lui aliénèrent l'affection de ses frères, comme Mme Duplay ou Mme Ricord. Ce que M. Hector Fleischmann a joint à cette rapsodie vaut infiniment mieux. C'est d'abord une abondante et curieuse illustration « documentaire ». C'est surtout une importante introduction biographique, où le parti pris s'étale ingénument de représenter Robespierre comme la principale et la plus intéressante victime de la Terreur, mais où revit la physionomie de sa soeur. On y voit Charlotte très fière, à Arras, de la réputation naissante des deux Robespierre, toute dépaysée à Paris où elle a suivi ses deux grands hommes, bientôt dépitée de se sentir supplantée auprès d'eux, se rendant intolérable par ses plaintes, et se persuadant qu'ils l'ont envoyée à Arras pour la faire guillotiner par Joseph Lebon. Dans les premiers moments qui suivirent Thermidor, l'instinct de la conservation la poussa à. désavouer peu héroïquement la politique fraternelle. Mais avec le temps, quand elle comprit que le nom qu'elle portait était un objet d'horreur pour la presque unanimité des contemporains, elle se raidit dans la pose de « soeur des Gracques », sœur farouche et aigrie, qui acceptait une maigre pension de la pitié des divers gouvernements se succédant au pouvoir, mais qui ne pardonnait point à Paris, à la France, d'avoir méconnu le génie de l'incorruptible. Si ce n'est point là tout à fait ce que dit M. Fleischmann, c'est ce qui ressort nettement de son récit très documenté." (De Lanzac de Laborie, Revue des Questions historiques, 1910)

181.          GASTINE (Louis). La Belle Tallien. I. Notre-Dame de Septembre. – II. Reine du Directoire. Albin Michel, s.d. (1909), 2 vol. in-8°, 473 et 464 pp, 2 frontispices et 47 gravures et documents hors texte, reliures demi-basane chocolat, dos lisses ornés en long, têtes dorées, bon état. Rare complet des 2 volumes

            80

"M. Gastine publie un ouvrage sur la Belle Tallien, où la légendaire et capiteuse figure de Thérésia Cabarrus est évoquée en des pages très amusantes et très documentées." (Le Figaro, 1909)

182.          GINDIN (Claude)(dir). La Révolution française, modèle ou voie spécifique ? Cahiers d'histoire de l'Institut de recherches marxistes, 1988, in-8°, 264 pp, broché, bon état

            25

Contient les actes du colloque sur la Révolution française et la tradition qui allait se perpétuer à travers les révolutions et les républiques ultérieures ; ce colloque important s'est tenu à Paris en mai 1987. — Présentation du colloque « La Révolution française, modèle ou voie spécifique ? », par Claude Gindin. Rapports de Claude Gindin, Guy Lemarchand, Raymond Huard, Antoine Casanova. Contributions de Monique Cubells, François Wartelle, Roger Dupuy, Fred E. Schräder, Henri Duranton, Michel Morineau, Marcel Dorigny, Philippe Goujard, Jean Dhombres, Alain Niderst, Yosef Trounsky, Marita Gilli, Claude Mainfroy, Michelle Biget, Hans Hennig, Serge Deruette.

183.          HÉRAULT de SECHELLES. Théorie de l'ambition et autres essais. Présenté par Gérard Guégan. Ramsay, 1979, in-8°, xiii-158 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Reliefs)

            25

Jeune homme bien né à la beauté ravageuse, Hérault de Séchelles (1759-1794), avocat brillant et coqueluche de Marie-Antoinette avant la Révolution, avait tout pour réussir. Mais sa fulgurante trajectoire fut interrompue par la faute d'un vice exigeant, le goût de la dérision, que l'on ne lui pardonna pas : à la tête de la Convention à trente-trois ans, il est bientôt accusé de trahison et guillotiné en 1794. Une ironie du sort pour l'auteur de la Théorie de l'ambition (1788), libelle moqueur destiné aux jeunes loups ! L'art de combattre ses ennemis nécessite des recettes précises : "Tenir ses rivaux entre l'espérance et la crainte" ; "envelopper les fourbes dans leurs propres filets" ; "dire à beaucoup de gens que l'on a de la réputation : ils le répèteront, et ces répétitions feront réputation", recommandait l'ambitieux... pourtant oublié de l'Histoire. — "En 1974, d'éphémères “Cahiers du futur” rassemblaient des textes peu connus sur le thème de la dictature. Les premiers cités étaient ceux de H. de S. où le présentateur voyait la rencontre de « l'esprit scientifique bourgeois » et d'un « idéal de domination aristocratique ». L'animateur des Cahiers, G. Guégan, republie en volume “La Théorie de l'ambition” (dans la discutable version de 1802 avec les notes de Salgues), les “Réflexions sur la déclamation” et “Sur la conversation” (1795), “L'Eloge d'Athanase Auger” à la loge des Neuf-Sœurs (1792), autant d'œuvres que l'on ne pouvait lire qu'en édition originale ou dans le livre procuré par E. Dard au début du siècle. Les textes ainsi fournis permettent de réfléchir sur cette « théorie de l'ambition » (titre apocryphe) d'un grand aristocrate se lançant à la Cour puis dans la Révolution. Ils se présentent comme un manuel de savoir-vivre dans une « société de spectacle », manuel du sophisme et de la prise de parole, manuel des stratégies intellectuelles. Philosophiquement, on y perçoit l'écho des courants matérialistes du siècle. Formellement, il faut rapprocher ces fragments des formules ciselées par Chamfort ou Rivarol." (M. Delon, Dix-Huitième Siècle, 1980)

184.          HERLAUT (Général). Le Colonel Bouchotte, ministre de la Guerre en l'an II. Tome I : Le ministre. – Tome II : L'homme politique. (Thèse). P., Librairie Ch. Poisson, 1946, 2 vol. gr. in-8°, iii-311 et 392 pp, un portrait, sources, index, brochés, couv. très lég. piquées, bon état

            120

Jean-Baptiste Bouchotte, de Metz (1754-1840), fut nommé ministre de la Guerre le 4 avril 1793. Il le demeura jusqu'au remplacement des ministères, un an plus tard, par des commissions exécutives. — "Dès avril 1792, Bouchotte est commandant temporaire à Cambrai ; il est ensuite président du club de la même ville. On peut même avancer que sa carrière et son orientation politique s'amorcent ici, où il connut Ronsin, et noua par lui des liens avec les sans-culottes parisiens qui lui restèrent toujours attachés, et parce que la trahison de Dumouriez le mit en vedette, et lui permit d'accéder au ministère. Mais le livre a un intérêt qui dépasse de beaucoup le cadre local. Bouchotte, jacobin ministre qui est resté un ministre jacobin, est une figure remarquable du gouvernement révolutionnaire. S'il n'incarne pas totalement l'effort militaire de la France sous là Terreur, puisque son action a surtout porté dans le domaine administratif et les services, bien qu'il ne se soit pas désintéressé complètement de la stratégie, il reste que la réorganisation de l'armée peut être appréciée à travers son œuvre. Elle l'est ici, par un historien bien informé de l'époque terroriste, et qui est doublé par un technicien averti des questions militaires, ce qui accroît singulièrement le prix de cette étude. Bouchotte, Messin d'origine, capitaine de cavalerie avant la Révolution, se prononce tout de suite pour celle-ci, à Rethel. Après le séjour dans le Nord qui a été mentionné plus haut, il devient ministre de la Guerre le 5 avril 1793, et le restera jusqu'en germinal an II. Il peuple, et on le lui a assez reproché, ses bureaux de sans-culottes — Vincent en est le plus fameux — sans toutefois se débarrasser totalement de l'ancien personnel. Le fonctionnement administratif de la grande machine militaire qu'il dirigeait n'alla pas sans grincements. Multiplication des bureaux et parasitisme, activité extra-administrative de nombreux employés, retards, désordres, négligences et sabotages : les ennemis de Bouchotte ne se priveront pas de dénoncer des exemples fréquents de tous ces faits ; ils oubliaient peut-être un peu les difficultés de l'heure, mais la justice ne plane guère au-dessus des luttes partisanes. L'attaque se développe lorsque Bouchotte est soupçonné d'hébertisme. Robespierre lui garde sa confiance mais, semble-t-il, celle-ci diminue quelque peu après la crise de ventôse, Oublié après Thermidor, il vivra assez pour demander à Louis XVIII, en 1814, la croix de Saint-Louis, après avoir, entre-temps, adhéré au régime napoléonien. L'impression dominante que laisse l'histoire de sa vie est celle d'un homme de bonne volonté, consciencieux, travailleur, mais un peu brouillon, et peu apte à dominer les problèmes administratifs, trop confiant dans des subordonnés trop nombreux et qu'il multiplie exagérément et qu'il choisit plus en raison de leurs tendances politiques qu'en raison de leur valeur technique. Lorsque, baissera en lui, avec l'âge, la flamme jacobine qui l'anima sincèrement en l'an II, l'opportunisme des faibles lui fit rechercher la quiétude des retraites assurées et des honneurs convenus." (Henri Calvet, Revue du Nord, 1947)

185.          HERLAUT (Colonel). La vie politique de Villain d'Aubigny, adjoint de Bouchotte. P., Mellottée, s.d. (1934), gr. in-8°, 26 pp, broché, état correct (Coll. Bibliothèque d'histoire révolutionnaire)

            15

Né à Saint-Just-en-Chaussée, en Picardie, en 1753, Jean-Louis-Marie Villain Aubigny, était procureur au Parlement de Paris au début de la Révolution. Il s'engage avec ferveur dès les débuts du mouvement révolutionnaire et adhère au club des Jacobins. Électeur de la section des Tuileries en 1790 et 1791, il fait partie de la commune insurrectionnelle le 10 août 1792. Puis, ami de Danton, il est chargé d'une mission à l'armée de La Fayette le 15 août puis siège au tribunal extraordinaire du 17 août. Chargé d'inventorier les objets précieux du palais des Tuileries le 10 août, il est accusé par Roland d'avoir subtilisé 100 000 livres d'assignats dans les appartements royaux le 10 août et publie un Mémoire justificatif, pour se défendre. Ses amis montagnards interrompent les poursuites. Un non-lieu est rendu le 25 mai 1793. Vers la fin de 1793, il devient le second adjoint de la 2e division du Ministère de la Guerre et entre au comité révolutionnaire de sa section. Accusé une seconde fois de vol par Bourdon de l'Oise en 1793, il est encore acquitté. Après la suppression des ministères, au printemps 1794, il est nommé à l'Agence des transports militaires. Arrêté après le 9-Thermidor, il rédige un long mémoire dans lequel il tente de se justifier en reniant ses amitiés et ses opinions passées, et il témoigne au procès de Fouquier-Tinville. En 1795, Bourdon de l'Oise l'attaque à nouveau au sujet du vol des assignats, et il est traduit avec Bouchotte devant le tribunal d'Eure-et-Loir quand l'amnistie générale du 4 brumaire an IV lui rend la liberté. Républicain « exclusif » après le coup d'État du 18 brumaire, il est compris dans la liste des 130 Jacobins condamnés à la déportation après l'attentat de la rue Saint-Nicaise le 3 nivôse an IX (24 décembre 1800). Incarcéré dans la citadelle de l'île d'Oléron pendant trois ans, il est embarqué à Rochefort à bord de la frégate La Cybèle, qui appareille pour la Guyane le 10 ventôse an XII (1er mars 1804). Malade, il débarque le 20 germinal (10 avril) à Cayenne, dont il ne supporte pas le climat, et meurt le 14 fructidor an XII. Sa veuve, Françoise-Marie-Henriette, dite Fanny, Compan, se remarie le 29 avril 1805 avec Bouchotte.

186.          JAGOT (Henry). Les Origines de la guerre de Vendée. Marseille, Laffitte Reprints, 1978, in-8°, viii-282 pp, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, dos lisse, pièce de titre carmin, titres dorés au 1er plat, bon état. Réimpression tirée à 300 ex. seulement de l'édition de Paris, 1914

            50

"M. Henry Jagot a commencé ses recherches sur les Origines de la guerre de Vendée « avec la sincère opinion que ce mouvement avait pris sa source dans les provocations et les menées de la noblesse et du clergé » : quand il les eut terminées, il avait « la certitude absolue que le soulèvement a eu pour cause initiale et profonde la persécution religieuse née de la constitution civile du clergé, dirigée avec une violence inouïe contre les populations ardemment catholiques des pays insurgés ». Pendant deux ans, « les autorités locales s'ingénient à multiplier les mauvais traitements » subis « avec une patience exemplaire ». Puis quand, au début de 1793, on demande à ces populations leur part de la levée de 300,000 hommes, « toute la jeunesse vendéenne, bien décidée à ne pas aller se battre pour la Révolution », s'insurge dans six cents communes, et ce fut « l'élan de tout un peuple revendiquant ses droits méconnus et sa liberté violée »..." (Rod. Reuss, Revue Historique, 1915)

187.          RAIGECOURT (Marquis et Marquise de). Correspondance du marquis et de la marquise de Raigecourt avec le marquis et la marquise de Bombelles pendant l'émigration, 1790-1800, publiés d'après les originaux pour la Société d'histoire contemporaine par Maxime de la Rocheterie. P., Société d'histoire contemporaine, 1892, in-8°, xxxii-445 pp, index, broché, dos brisé, plats de couv. effrangés avec pt mques, intérieur propre, état moyen. Edition originale

            30

"Les documents que nous offrons aujourd'hui au public apporteront, croyons-nous, de nouveaux témoignages à ce grand procès de la Révolution qui s'instruit depuis plus d'un siècle et sur lequel il ne semble point qu'un jugement définitif soit près encore d'être prononcé. C'est la correspondance de quelques-uns de ces Français du dehors contre lesquels on a cumulé tant de préjugés et tant de rancunes, et dont la conduite et les opinions ne peuvent guère être appréciées avec nos idées modernes, tant elles en diffèrent essentiellement ! Les auteurs appartenaient au monde de la Cour et leurs relations avec la famille royale étaient connues. Les deux principales interlocutrices de ce long et instructif dialogue qui dura dix ans, étaient les deux amies intimes, les correspondantes habituelles de cette sainte Madame Elisabeth dont les lettres, intégralement publiées, ont révélé tant de trésors d'esprit, de tendresse, de gaieté, d'énergie, d'abnégation, de piété à la fois vive et tolérante. L'une était la marquise de Raigecourt, l'autre la marquise de Bombelles..." (Introduction)

188.          TILLY (Charles). La Vendée. Révolution et contre-révolution. Fayard, 1970, in-8°, 393 pp, traduit de l'anglais, cartes et tableaux, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, état correct (Coll. L'Histoire sans frontières)

            25

Ouvrage issu de thèse. — "Charles Tilly ne prétend pas refaire l'histoire des insurrections de l'Ouest. Son but est d'analyser les structures socio-économiques et aussi mentales et de dégager les liens qui peuvent les unir à l'explosion de 1793 ainsi qu'aux caractères particuliers de cette guerre. (...) A la base de son étude, il pose très correctement la question : « Pourquoi en Vendée et pas ailleurs ? » II est certain que là est le fond du problème et que toute étude qui le négligerait ne peut apporter de réponse satisfaisante. L'auteur entreprend l'étude de deux petites régions contiguës, le Saumurois à l'Est, qui ne fut pas touché par la révolte, et les Mauges, à l'Ouest, qui en furent l'un des plus virulents foyers. Or, les Mauges, entièrement comprises dans le département du Maine-et-Loire, en Anjou, ne constituent qu'une petite fraction de la région insurgée. Dans quelle mesure peut-on, sur la foi du titre, étendre les conclusions à l'ensemble ? Sans doute mieux vaut une étude limitée et approfondie qu'un vaste survol, mais il faut rester prudent et Tilly l'admet tout le premier. (...) Le livre de Tilly (...) apporte une contribution considérable à notre intelligence du grand mouvement contre-révolutionnaire qui a bouleversé l'Ouest et y a laissé une si durable empreinte." (Paul Bois, Revue française de science politique, 1971)

189.          TOCQUEVILLE (Alexis de). L'Ancien Régime et la Révolution. Calmann-Lévy, 1934, in-8°, xiv-446 pp, notes, reliure demi-basane fauve, dos à 4 nerfs, titres dorés, couv. et dos conservés, tête dorée (rel. de l'époque), dos lég. sali, bon état

            60

L'ouvrage classique de Tocqueville, paru originellement en 1856. C'est une étude de sociologie politique comparée, comme L'Esprit des lois de Montesquieu. Tocqueville voulait démontrer – par l'exemple de l'histoire française – que l'Etat moderne crée la centralisation et que celle-ci va de pair avec la démocratisation inévitable de la société. Cependant, il y a deux sortes de démocraties : la démocratie libre et la démocratie non libre. Il fallait définir les méthodes politiques qui seules peuvent garantir la première. — "Ce livre n'est point une histoire de la Révolution. C'est une étude sur cette Révolution. Les français ont fait en 1789 le plus grand effort auquel se soit jamais livré aucun peuple, afin de couper pour ainsi dire en deux leur destinée. J'avais toujours pensé qu'ils avaient beaucoup moins réussi dans cette singulière entreprise, qu'on ne l'avait cru au dehors et qu'ils ne l'avaient cru d'abord eux-mêmes. De telle sorte que, pour bien comprendre et la Révolution et son œuvre, il fallait oublier un moment la France que nous voyons, et aller interroger dans son tombeau la France qui n'est plus. C'est ce que j'ai cherché à faire ici."

190.          TORREILLES (Abbé Ph.). Perpignan pendant la Révolution (1789-1800). Tome 3 : Le Directoire. Perpignan en 1800. Philippe Schrauben Editeur, 1989, in-12, viii-345 pp, broché, bon état.. Réimpression de l'édition de Perpignan, 1897.

            20

Tome III seul (sur 3). — Dans les dernières années du siècle, le malaise de la société était devenu général. Les royalistes non émigrés pleuraient sur leurs espérances déçues, les catholiques souffraient de la proscription de la religion, les campagnes de la conscription, du retour des impôts contre lesquels on les avaient soulevées. Les désertions se multipliaient et le peuple, déçu, abandonnait les urnes. Les violents du parti fructidorien quant à eux espéraient encore la reprise du pouvoir sur le Directoire. Le coup d'état du 30 prairial an VII, juin 1799 parut assurer leur triomphe et Cassanyes manifesta sa joie... Mais beaucoup n'en étaient pas moins dans l'attente des événements de Paris qui vit la prise du pouvoir par Bonaparte en novembre 1799. Chacun mettra alors ses espoirs parfois contradictoires dans une ère nouvelle, en l'an 1800. (Pierre Ponsich) — Philippe Torreilles (1862-1933) est sans conteste le plus remarquable des prêtres érudits du Roussillon de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, car il possédait deux qualités qui font les vrais historiens : l'esprit d'analyse doublé d'une capacité de synthèse. Deux grands sujets principaux ont été l'objet de ses recherches : l'histoire de l'enseignement en Roussillon et l'histoire de la Révolution française dans la même région.

191.          TOUSTAIN (Victor-Louis-Alexandre). Mémoires du marquis de Toustain, 1790-1823, publiés par la marquise de Perry de Nieüil. Plon, 1933, in-8°, ii-427 pp, une gravure en frontispice, annexes documentaires sur l'armée de Condé en 1796, index, broché, dos abîmé avec pt mque, sinon bon état

            40

"Emigré en 1791, à l'Armée des princes dans la légion de Mirabeau, puis en Russie, Toustain sera officier dans l'armée portugaise à partir de 1801." (Fierro, 1412) — "Excellente édition critique, ... Toustain donne un récit vivant des événements de 1814 vus de province puis de Paris." (Tulard, 1428) — "La premiere partie de ces Mémoires présente un très réel intérêt : s'étendant de 1790, date de l'émigration de Toustain, à 1800, elle raconte avec précision et, semble-t-il, avec exactitude, les campagnes de la légion de Mirabeau en Allemagne, puis la vie d'un émigré au service de la Russie. Le récit, que fait ensuite Toustain, des six années qu'il passa en Portugal à la solde de l'Angleterre, n'ajoute rien à ce que nous savons déjà par les Mémoires de Rochechouart. De même, les pages sur les Cent Jours et la fuite à Gand peuvent être parcourues assez rapidement. Mais les chapitres relatifs a la Restauration devront être consultés pour toute étude sur l'état d'esprit de l'armée et surtout sur l'affaire des quatre sergents de La Rochelle, dont Toustain était le colonel. Les notes contiennent beaucoup de renseignements sur les personnages." (André Fugier, Revue d'Histoire moderne, 1934) — Voici en 1791 un jeune noble, sous-lieutenant de cavalerie aux Chasseurs de Flandres, dont la famille est profondément attachée à l'ancienne monarchie. Son oncle le général comte de Vioménil, futur Maréchal de France à la Restauration, a déjà émigré, il passe la frontière à son tour et va prendre du service à l Armée de Condé. Jusqu'en 1797, Toustain fera campagne contre les armées de la Révolution en Allemagne, puis sous Wurmser, avec l'armée Autrichienne. Mais après le Traité de Campo Formio, il suivra son oncle le général de Vioménil en Russie ou les émigrés militaires français sont les bienvenus. Le Tsar Paul 1er l'envoie dans un régiment de Dragons en Sibérie au milieu des Kirghiz et des Tartares. En 1799, la Russie ayant déclaré la guerre à la France, Toustain nommé aide de camp de son oncle, rejoint l'Angleterre ou le Tsar a constitué une armée de débarquement dont le Quartier Général est à Jersey. Quand survient l'assassinat du Tsar Paul 1er, l'oncle et le neveu demandent leurs congés définitifs des armées du Tsar et passent dans l'Armée anglaise ou Toustain est nommé capitaine et envoyé au Portugal. Il y connaît de nombreuses aventures militaires et politiques avant d'assister à l'entrée à Lisbonne des troupes françaises du général Junot en 1808. Ayant demandé à être rayé de la liste des émigrés, Toustain rentre en France et n'y joue qu'un rôle volontairement effacé jusqu'en 1814. Mais dès la Première Restauration, le marquis de Toustain est aux premières places, dans les Gardes du Corps du Roi à la Compagnie commandée par le Maréchal Berthier. Aux Cent Jours il accompagne Louis XVIII à Gand et ne rentre qu'après Waterloo. Il est alors nommé colonel, commandant la Légion d Eure-et-Loir (nouvelle appellation des régiments), celle-là même qui devint, en 1821, le 45e de Ligne, envoyé en 1822 à la Rochelle. C'est ainsi que ses mémoires fournissent les plus précieux renseignements sur les origines et le développement de la célèbre affaire du complot dit « bonapartiste » des Quatre Sergents de la Rochelle qui passionna et divisa l'opinion publique de la Restauration. Le marquis de Toustain quittera le service comme Maréchal de Camp en 1823 après avoir participé à l'expédition d Espagne menée victorieusement par les troupes françaises du Roi Louis XVIII jusqu'à Cadix. Ces passionnants mémoires évoquent avec brio trente-deux ans d'histoire au temps des convulsions de la Révolution, de l Empire et de la Restauration vus par un officier français fidèle partisan de la monarchie légitime des Bourbons de Louis XVI à Louis XVIII.

192.          WALTER (Gérard). Actes du Tribunal révolutionnaire. Genève, Cercle du Bibliophile, 1972, in-8°, xvi-434 pp, édition revue et corrigée par l'auteur, préface de Frédéric Pottecher, 21 gravures et portraits sur 18 pl. hors texte, reliure skivertex havane de l'éditeur, plats et dos ornés, bon état (Coll. Les causes célèbres),  envoi a.s. de Gérard Walter

            25

Nos manuels d'histoire ne nous en citaient qu'une réplique, de loin en loin. On brûlait alors d'en savoir davantage, d'entendre toute la séance, d'y être. Nous y sommes : voici les procès-verbaux authentiques, officiels et intégraux des grandes audiences du Tribunal révolutionnaire. Documents inestimables, ils restituent toute une époque, dans son tragique presque quotidien, dans ses peurs et ses faiblesses, dans sa grandeur aussi. Ils redonnent également vie aux hommes et aux femmes de premier plan de ce temps : Robespierre et Danton, les Girondins et Madame Roland, Marie-Antoinette, Charlotte Corday et d'autres encore. Rien de plus pathétique ici que la froideur sèche du compte rendu : elle nous installe, si l'on peut dire, en direct avec les accusés, comme à la lecture du reportage d'un envoyé spécial sous la Terreur.

PREMIER EMPIRE

 

193.          ABRANTÈS (Laure Junot, duchesse d'). Mémoires complets et authentiques de Laure Junot, duchesse d'Abrantès. Souvenirs historiques sur Napoléon, la Révolution, le Directoire, le Consulat, l'Empire, la Restauration, la Révolution de 1830 et les premières années du règne de Louis-Philippe. Première édition complète. P., Jean de Bonnot, 1967-1969, 16 vol. in-8°, 404, 402, 404, 415, 388, 397, 401, 383, 351, 372, 374, 394, 383, 386, 404 et 387 pp, imprimé sur papier vergé filigrané, nombreuses gravures d'époque dans le texte et à pleine page hors texte, reliures plein cuir vert empire de l'éditeur ("reliure à la levrette"), dos lisses et plats richement décorés à l'or fin, têtes dorées, bon état

            300

La meilleure édition de ces mémoires célèbres, publiés ici dans leur intégralité pour la première fois. — "Célèbres mémoires qui doivent beaucoup à Balzac. Souvenirs riches en anecdotes curieuses et en portraits piquants." (Tulard, 5) — Par Laure Junot, duchesse d'Abrantès (1784-1838), fille de Charles Martin Permon, pourvoyeur de vivres pour l'Armée d'Amérique et administrateur civil en Corse, et de Panoria Comnène. Mariée à Junot, qui deviendra fou et finira par se suicider en 1813, elle commença une carrière littéraire pour pallier ses multiples revers de fortune, et ce grâce à la collaboration d'un jeune écrivain (encore méconnu à l'époque) du nom de Honoré de Balzac... C’est ainsi qu’elle devient la maîtresse du jeune Balzac vers 1828, après s’être longtemps refusée à lui. L’auteur de “la Comédie humaine” lui sert d’abord de conseiller, de correcteur et d’homme à tout faire. C’est lui qui la pousse à rédiger ces Mémoires qu’il corrigera inlassablement et dont, le succès acquis, elle niera impudemment qu’il y eût mis la main...

194.          ALMÉRAS (Henri d'). Une amoureuse : Pauline Bonaparte. Albin Michel, s.d. (1906), in-8°, 365 pp, 16 pl. de gravures hors texte, notes, reliure demi-basane chocolat, dos lisses orné en long, tête dorée, bon état

            50

Niaisement puérile et superlativement sensuelle.

195.          CHEVALIER (Lieutenant Jean-Michel). Souvenirs des guerres napoléoniennes, publiés d'après le manuscrit original par Jean Mistler et Hélène Michaud. Hachette, 1970, in-8°, 341 pp, 8 planches d'illustrations de l'auteur hors texte, reliure pleine toile bordeaux avec un dessin de l'auteur contrecollé au 1er plat (rel. de l'éditeur), rhodoïd, bon état,  envoi a.s. de Jean Mistler

            50

"Jean-Michel Chevalier est né en 1780 à Versailles, fils de garde-chasse. Il est apprenti apothicaire à Paris en 1792, où il assiste dans la rue au massacre de prisonniers par la populace. Après quelques “petits boulots”, il s’engage à la 7e demi-brigade d’artillerie en 1795 et commence ses “vingt ans de campagnes”... et ses notes quotidiennes qui l’aideront plus tard à rédiger ses mémoires, qu’il illustrera de dizaines de dessins, naïfs certes, mais issus de ce qu’il avait vu. Ayant été apprenti horloger, l’artillerie l’utilise comme armurier à Versailles. En 1800 Bonaparte visite son atelier, manipule un pistolet chargé et manque de tuer le directeur de l’établissement lorsque le coup part. Après quoi il examine la paire de pistolets que Chevalier est entrain de réaliser à son intention, et s’en va en oubliant ses gants. Bien que trop petits pour lui, Chevalier les portera longtemps. Il fait par ailleurs plusieurs déplacements et décrit toutes les villes et régions qu’il traverse. Le passage concernant Lyon en 1800 est savoureux. Il verra aussi Toulon, l’Italie, et même l’Egypte. Il finit par s’engager au 9e de Chasseurs à Cheval. En 1803 son régiment passe en Italie. Après les merveilles du Nord Chevalier décrit la misère du Sud. Naples, les Calabres, Tarente... En 1806 Chevalier charge à Campo Temese et à Maida... que l’on appele aussi “le désastre de Sainte-Euphémie” ! Vaincue par les Anglais la division Reynier doit battre en retraite vers le Nord à travers les innombrables insurgés Napolitains qui massacrent tous les Français qu’ils peuvent. Ensuite, grâce à la connaissance de l’officier chargé de désigner ceux qui seront choisis, Chevalier s’est trouvé muté aux “guides chasseurs à cheval, Vieille Garde Impériale” dont il rejoint le dépôt à Paris fin 1808. Dès lors il assistera ou combattra, selon la volonté du Maître, à toutes les batailles de l’Empereur. La campagne d’Autriche, où Chevalier se retrouve souvent de service auprès de Napoléon. Eckmühl, Essling et Wagram sont décrites. Puis c’est la campagne de Russie, La Moskowa, l’incendie de Moscou, enfin la terrible retraite, dont la description est saisissante..." (Diégo Mané, 2005) — "La campagne de Calabre, celle de 1809, le désastre de Russie et l'effondrement du Premier Empire forment l'essentiel de ces vivants souvenirs." (Tulard 318)

196.          COIGNET (Jean-Roch). Les Cahiers du capitaine Coignet. Edition conforme au manuscrit original. Etablissement du texte et préface par Jean Mistler. Hachette, 1968, in-8°, xix-357 pp, 24 pl. de gravures hors texte, reliure pleine toile bordeaux avec un fac simile du manuscrit du capitaine Coignet âgé contrecollé au 1er plat (rel. de l'éditeur), rhodoïd, bon état, prière d'insérer joint

            35

La meilleure édition selon Jean Tulard : "D'une lecture indispensable pour comprendre la mentalité des grognards." (Tulard, 336) — Parus pour la première fois en 1851, les Cahiers du capitaine Coignet ont connu à chacune de leur édition un succès comparable à celui des Mémoires du sergent Bourgogne. Ils figurent parmi les témoignages le plus souvent cités sur les guerres de l'Empire. Jean-Roch Coignet (16 août 1776-11 décembre 1865) commence sa carrière militaire à vingt-trois ans. Campagne d'Italie, admission dans la Garde, Austerlitz, Iéna, Friedland. Chevalier de la première promotion de la Légion d'honneur (15 juillet 1804), caporal en 1807, sergent en 1809, lieutenant pendant la campagne de Russie, il est nommé capitaine en 1813. Retiré à Auxerre après la première abdication, il rejoint l'Aigle lors de son retour triomphal de l'île d'Elbe. Il se battra encore à Fleurus, et enfin à Waterloo. Le 31 octobre 1815, il est renvoyé comme "demi-solde" dans ses foyers, à Auxerre, où il mourra dans son lit, après avoir participé à quarante-huit batailles sans jamais recevoir une seule blessure.

197.          DAMAS (Roger de). Mémoires du comte Roger de Damas, publiés et annotés par Jacques Rambaud. Tome I : Russie, Valmy et Armée de Condé, Naples (1787-1806). Plon, 1912-1914, in-8°, xxviii-487 pp, un portrait en couleurs sous serpente légendée, un portrait en noir et une carte dépliante hors texte, broché, couv. lég. abîmée, bon état (Tulard, 388)

            50

Tome I seul (sur 2) — "Au service de la Russie en 1788, Roger de Damas retrouve Paris en décembre 1789 à l'occasion d'un congé. Ne reconnaissant plus la France où il avait grandi, il repart pour la Russie puis combat la Révolution dans les armées prussienne et de Condé avant de se réfugier à Naples en 1798, puis à Vienne. Ayant commencé à rédiger ses mémoires à partir de 1800, il consacre le premier volume à l'époque qui va de 1787 à 1806, racontant Valmy, les campagnes d'Allemagne, la résistance des armées napolitaines aux troupes du Directoire. Ses souvenirs témoignent de son intelligence et de sa lucidité ainsi que de l'admiration en tant que militaire qu'il vouait à Bonaparte tout en le combattant" (Fierro, 388). — Document de premier ordre. Mémoires "objectifs" et pourvus d'un remarquable appareil critique. Parmi les tous premiers à lire sur la période.

198.          GAFFAREL (Paul). Campagnes du Consulat et de l'Empire. Période des succès (1800-1807). Hachette, 1898, pt in-4°, 318 pp, 3e édition, ouvrage orné de 33 gravures dont 16 à pleine page par Taylor, Lix, Lancelot, Laplante, Runjat, etc. et de 2 cartes (région de Gênes et Haïti), reliure percaline rouge décorée de l'éditeur, dos lisse orné en long, tranches dorées, bon état (Kircheisen, 2731)

            50

Campagnes de Masséna en Ligurie et de Moreau en Souabe. – Marengo. – Hohenlinden. Traité de Luneville. – Perte de Malte. Evacuation de l'Egypte. Traité d'Amiens. – Expédition de Saint-Domingue. – Rupture des traités de Lunéville et d'Amiens. – Camp de Boulogne. Trafalgar. – Ulm. – Austerlitz. Traité de Presbourg. – Rupture avec la Prusse. – Iéna et Auerstaedt. – Campagnes de Pologne. Eylau-Danzig – .Friedland - Traité de Tilsit.

199.          LACROIX (Désiré). Histoire de Napoléon. P., Garnier Frères, 1913, gr. in-8°, viii-699 pp, un portrait gravé de Napoléon en frontispice, 75 vignettes et portraits gravés dans le texte et à pleine page, reliure demi-chagrin carmin, dos lisse orné en long, avec titres et aigle napoléonien dorés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état

            80

"Précédée, en manière de préface, des « Souvenirs du peuple » de Béranger, la biographie anecdotique que M. Désiré Lacroix, « petit-fils d'un officier de la grande Armée », vient de publier sous le titre “Histoire de Napoléon” n'est point l'oeuvre d'un détracteur. Nous relevons, parmi les références bibliographiques, “le Mémorial de Sainte-Hélène”, “Napoléon inconnu”, de M. Frédéric Masson, la Correspondance et les Mémoires de Napoléon, les publications de Larrey, de Gourgaud, de Montholon, toutes oeuvres exemptes de sévérité envers l'Empereur. Sachons gré, du moins, à M. Désiré Lacroix, d'avoir évité le mode dithyrambique et d'avoir scrupuleusement observé le ton et le style de l'histoire." (Revue des Etudes historiques)

200.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Napoléon, scènes et visages. Grasset, 1967, in-8°, 236 pp, reliure pleine toile verte, titres en blanc au 1er plat et au dos (lég. effacés), bon état

            25

Lieutenant en second - Le Pape à Paris - Le mariage forcé - Les fiches de Napoléon - Le sage de la Grande Armée - Cambronne amoureux - Le mot de Cambronne - Carmagnole ! - La ténébreuse affaire - Fouché « filé » - Le dernier muscadin - Talleyrandana - Les maris de Marie-Louise - Prokesch - Un autre Aiglon - L'Aiglonne - Le colonel comte Piontkowski - Antommarchi - Faux Napoléons - La redingote grise...

201.          LUDWIG (Emil). Napoléon. Payot, 1985, in-8°, 582 pp, traduit de l'allemand, dates, table des citations, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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Octobre 1799. Bonaparte revient d'Egypte. "Il reçoit la copie d'une lettre qui ne lui était jamais parvenue. "Le Directoire vous attend, général, vous et les braves que vous commandez." C'est le cri d'un gouvernement affolé qui cherche un sauveur. Que faut-il faire maintenant ? On approche de Paris. Il ne cesse de prêter l'oreille ; mais sur ce qui concerne sa vie privée, sur Joséphine, il n'apprend rien et ne peut rien demander. Est-il déjà divorcé ? Où sont ses frères ? Depuis hier, son retour est connu de tout Paris. Pourquoi aucun d'eux ne vient-il à sa rencontre ? Et elle ? La trouvera-t-il tout de même, souriante, dans sa chambre entourée de glaces ? La faible clarté de l'aube pénètre jusque dans sa voiture, il aperçoit sa maison. Qui se tient sur le seuil, toute seule ? Sa mère." Emil Ludwig alliait deux grands talents : l'analyse psychologique de ses personnages historiques et un style brillant. Ce Napoléon est son chef d'oeuvre.

202.          MANFRED (Albert). Napoléon Bonaparte. Moscou, Editions du Progrès, 1980, in-8°, 659 pp, traduit du russe, index, reliure toile verte de l'éditeur, bon état

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"Quelle intelligence et quel sens de la nuance historique, quel talent littéraire aussi ! Au-delà de quelques formules, hommages rituels au marxisme-léninisme, on notera ici le respect scrupuleux de la méthode historique ainsi que l’utilisation d’une documentation qui gisait jusque-là inexploitée au fond des archives du temps des tsars. On relèvera aussi l’allure nouvelle, au fond très gramscienne, d’une démarche qui consiste à donner toute sa valeur à la phase initiale de l’investissement de la société civile par les idées nouvelles et leurs porteurs : rejoignant à sa manière Daniel Mornet et François Furet, Manfred accorde à juste titre une importance exceptionnelle à l’action du milieu et à l’ambiance qui s’en dégage, ainsi qu’aux influences décisives qui s’exercent sur le jeune Bonaparte. Mais là où, peut-être, l’historien soviétique apporte le plus, c’est lorsqu’il analyse avec force le processus de dégénérescence de la Révolution. A l’opposé de toute une tradition qui relevait uniquement d’un marxisme d’école maternelle, il ne se borne pas à expliquer ce processus par des facteurs externes, tels que les difficultés dues à la guerre, à l’état de siège ou aux conditions du temps. Il sait mettre l’accent sur ce qui relève de la corruption par le pouvoir. De ce point de vue, comme de bien d’autres, on dévore les pages qu’il consacre à la campagne d’Italie ou à l’expédition d’Egypte. Reconstitution minutieuse, reportage extrêmement vivant et analyse de sociologie historique des plus subtiles, le livre devient tout cela. C’est le grand tournant dans la vie de Bonaparte, et c’est aussi l’un des temps particulièrement forts de la lecture. On suit ici pas à pas la dynamique insidieuse du goût grandissant du pouvoir et du luxe envahissant. Bien que le sujet soit rigoureusement tabou – pas seulement en Union soviétique – on saisit à travers toute une suite de notes d’ambiance l’évolution qui mène inéluctablement à ce type de parvenu. Aucun facteur interne n’est passé sous silence, y compris le rôle de l’ego, y compris l’immense déception que fut Joséphine, et ses lourdes conséquences dans les profondeurs de l’inconscient. On saisit parfaitement comment tout cela a pu se combiner, au moment même où le héros se trouvait plongé au cœur de la tragique mésaventure d’Egypte, quand ses appels antiféodaux ne rencontraient que le vide social, et quand les sentiments révolutionnaires atteignaient à l’usure jusque dans l’armée. On perçoit comment les tendances – ou les illusions – progressistes et les côtés conquérants se mêlaient et interféraient jusqu’à cette étape dans la politique de Bonaparte, et comment, à partir de là, subsiste seulement cette deuxième inclinaison qui se mue, par la force des choses et des sentiments, en soif dévorante. Des portraits, qui sont souvent très littéraires et fort réussis, on détachera celui de Sieyès. Evocation saisissante, à travers les silences, des petits yeux vifs qui remarquent tout et permettent à l’intéressé de retenir son souffle et de s’orienter infailliblement du côté où souffle le vent. Jusqu’à l’absence de talent oratoire qui fait penser au lecteur que l’auteur a magistralement écrit ici le portrait-robot de l’apparachik de haute volée... Un ouvrage passionnant et talentueux." (Philippe Robrieux, Le Monde diplomatique, 1981)

203.          OLIVIER (Daria). L'Incendie de Moscou. 15 septembre 1812 . Laffont, 1964, gr. in-8°, 266 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 3 cartes, index biographique, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

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Le récit de l'incendie de Moscou. Daria Olivier étudie le comportement des principaux protagonistes, tant du côté russe que français et s'efforce au maximum d'objectivité en juxtaposant les textes originaux des deux adversaires. — "L'auteur, qui est d'origine russe, a consulté les documents publiés à Moscou à l'occasion du 100e puis du 150e anniversaire de la « guerre patriotique ». A propos de la question fondamentale, « qui a brûlé Moscou ? », Daria Olivier estime que le dossier n'est pas clos. Après avoir résumé les longues controverses sur l'incendie de Moscou, elle estime qu'il est impossible d'attribuer cette catastrophe au hasard, ni aux imprudences des soldats indisciplinés de Napoléon. Ce serait donc Rostopchine qui, malgré ses démentis, aurait été directement, ou indirectement, l'auteur de l'incendie." (Jacques Godechot, Revue Historique, 1967)

204.          SOBOUL (Albert.). La Civilisation et la Révolution française. III : La France napoléonienne. Arthaud, 1983, fort in-8° carré, 480 pp, 188 héliogravures en noir et 16 pl. en couleurs hors texte, 17 cartes et plans, chronologie, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations)

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"Cet ouvrage reste fondamental pour l'étude de la société civile de 1800 à 1815. C'est le complément indispensable des deux précédents volumes. Les trois livres forment un tout et donnent à l'œuvre de Soboul sa véritable dimension, ils s'insèrent tout naturellement dans ce que Soboul lui-même appelait, au commencement du tome II « l'interprétation sociale classique de la Révolution »." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1985)

205.          TRANIÉ (Jean) et J.-C. CARMIGNIANI. La Campagne de Russie. Napoléon 1812. Lavauzelle, 1981, in-4°, 301 pp, préface de Jean Tulard, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, planches d'uniformes en couleurs par Louis de Beaufort, biblio, reliure skivertex vert éditeur, titres dorés, jaquette illustrée, bon état (ouvrage couronné par l’Académie française)

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206.          TRANIÉ (Jean) et J.-C. CARMIGNIANI. Les Polonais de Napoléon. L'épopée du 1er Régiment de Lanciers de la Garde impériale. P., Copernic, 1982, pt in-4°, 179-(2) pp, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, planches d'uniformes en couleurs, biblio, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Napoléon avait promis aux Polonais la reconstruction d’une Pologne indépendante, ils s’engagèrent en masse dans ses armées. Il ne tint pas son engagement, ils tinrent leur place dans toutes les batailles de l’Empire ! Tranié et Carmigniani consacrent cet ouvrage de belle facure aux plus célèbres des Polonais – le 1er régiment de Lanciers de la Garde Impériale. Accompagnons ces cavaliers d’exception de leur naissance à 1815 en passant par leur charge fantastique à Somo Sierra, leur charge victorieuse à Wagram, le choix de la fidélité en 1813 et leur courage inépuisable en 1814 ! Les Polonais de l’Empereur se battent en Allemagne en 1813, puis repassent le Rhin au début de l’année 1814 pour participer glorieusement à la campagne de France. Ils se battront à Brienne, la Rothiere, Champaubert, Vauchamp, Montereau. Après l’abdication de l’Empereur, un détachement de 109 cavaliers accompagne Napoléon à l’ile d’Elbe. Le reste du régiment, sous la conduite du général Krasinski, se présente au Grand Duc Constantin et rejoint la Pologne. Lors de la réorganisation de la Garde pendant les Cent jours, les Polonais trop peu nombreux pour reformer le 1er régiment sont amalgamés au 2e régiment de Chevau-légers et prennent rang de 1er escadron sous les ordres du général de Colbert. Ils participeront à la campagne de Belgique et chargeront à Waterloo. — Les livres de Jean Tranié et Juan-Carlos Carmigniani (aujourd'hui tous les deux disparus) reposent tous sur une même et parfaite alchimie : le texte de Tranié est particulièrement bien écrit, dans un français classique, riche, épique ; le récit des opérations militaires est précis et explicatif et il est émaillé de nombreuses anecdotes dramatiques ou croustillantes ; enfin, le travail de recherche iconographique de Carmigniani est d'une richesse incroyable et est mis en valeur par un art très accompli de la de la légende qui fait mouche pour les accompagner. Le présent volume, intitulé « Les Polonais de Napoléon », est intégralement consacré aux faits d'armes du 1er Régiment de lanciers de la Garde Impériale : « sous drapeaux étrangers presque sur toute la terre, ce soldat ne combattit que pour sa patrie ! ». Le livre est un bel hommage aux cavaliers qui s'illustrèrent à la Somosierra, à Lützen, pendant la campagne de France et bien évidemment à Waterloo. « Ils font partie de la légende. Ils incarnent la fougue du cavalier léger, le courage légendaire de la vieille Pologne, la fidélité et le panache » affirme Jean Tranié en conclusion de son merveilleux ouvrage.

207.          TURQUAN (Joseph). Napoléon amoureux. P., Montgrédien et Cie, Librairie illustrée, s.d. (1897), in-12, 348 pp, une gravure sur la page de titre, cartonnage toilé rouge à coins, dos à 4 faux-nerfs, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque de la “Bibliothèque moderne et universelle”), état correct

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Joséphine fut incontestablement le grand amour de Napoléon. Mais beaucoup de femmes ont été séduites par l'Empereur. Séduites par quoi ? Attrait du pouvoir, de la gloire, de la richesse ou bien de l'homme intime ? De Désirée Clary à Pauline Fourès, de Marie-Louise à Mme Grassini, de Mademoiselle George à Marie Walewska, quels furent les sentiments de Napoléon pour ces femmes ? C'est ce que tente de nous expliquer l'auteur, Joseph Turquan, dans ce tourbillon d'élégance, de rivalités et d'amour...

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

208.          AMIEL (Henri-Frédéric). Fragments d'un Journal intime, précédés d'une étude par Edmond Schérer. Genève, Georg & Co, 1908, fort pt in-8°, lxxvi-247 et 335 pp, 10e édition, les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-chagrin chocolat, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), un mors frotté, trace de mouillure ancienne au 1er plat, coupes frottées, intérieur propre et sans rousseurs, bon état

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Le 11 mai 1881, Henri-Frédéric Amiel – âgé de 59 ans et 8 mois – meurt à Genève en laissant un Journal intime de 16.867 pages. Ce Journal, il l'a légué à une de ses confidentes et admiratrices, Fanny Mercier, en lui recommandant d'en tirer de quoi donner une idée de sa pensée. Deux ans plus tard, des “Fragments d'un Journal intime” paraissent à Genève et Paris, par les soins de Fanny Mercier et d'Edmond Schérer, sous la forme de deux petits volumes. Le Journal intime nous donne une idée du drame de cet homme qui a passé sa vie à scruter sa conscience, qui s'est analysé chaque jour avec une lucidité extraordinaire, et cela sans discontinuer pendant trente-trois ans. (Bernard Gagnebin) — Henri-Frédéric Amiel eut de bonne heure l'habitude de noter ses impressions et ses observations, de converser avec lui-même la plume à la main ; c'est ce dont témoignent un certains nombres de pages éparses, écrites pendant ses années d'études et de voyages, et qui forment un premier essai de Journal Intime. Interrompu à plusieurs reprises, ce Journal devient régulier en 1849, au moment où Amiel rentre à Genève après un séjour en Allemagne, et dès lors il se poursuit, semaine après semaine, puis jour après jour, jusqu'à la fin d'avril 1881, une semaine seulement avant la mort de l'auteur. Ce manuscrit, qui embrasse ainsi plus de trente années, servait à plusieurs fins. Amiel y consignait les souvenir des occupations et des incidents de la journée. Il y notait ses observations psychologiques et les impressions qu'il recevait de ses lectures. Mais son Journal était surtout le confident de ses méditations intimes, l'asile où le penseur prenait conscience de sa vie intérieure, interrogeait sa destinée, laissait échapper le cri de ses peines, cherchait l'apaisement dans l'examen et la confession.

209.          ASHTON (T. S.). La Révolution industrielle, 1760-1830. Plon, 1955, in-12, xxviii-218 pp, traduit de l'anglais, introduction de Claude Folhen, biblio, broché, bon état (Coll. Civilisations d'hier et d'aujourd'hui)

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Les conditions qui ont provoqué la révolution industrielle dans son milieu le plus favorable, en Angleterre : les transformations de l’agriculture, l’essor démographique, l’accumulation des capitaux du grand commerce de mer, les progrès des techniques. Les conséquences de la révolution industrielle qui délivra la vieille Angleterre rurale du paupérisme, du vagabondage, et qui, malgré des convulsions inévitables surtout retenues par les historiens, donne à la nouvelle Angleterre une société plus équilibrée et lui permet d’exercer sur le monde du XIXe siècle une suprématie politique et économique. L’étude du maître de la London school of économics est précédée d’une large introduction où Claude Fohlen compare aux phénomènes proprement britanniques l’évolution ralentie de la France pendant la même période. — Un ouvrage de référence sur la révolution industrielle en Angleterre. C'est de l'Angleterre seule qu'il s'agit, comme l'indiquent assez bien les limites d'une période qui ne tient pas compte des grandes dates françaises et même continentales, 1789 et 1815. Description consciencieuse de la vie économique et sociale, pendant le développement intense de la population industrielle et la formation du prolétariat urbain. Le déroulement des faits est reconstitué avec soin et clarté. — "Le professeur Ashton nous présente une masse d'idées, de nuances, de réflexions intelligentes, de remarques subtiles à propos de la transformation de l'Angleterre de 1760 à 1830 – et, à ce titre, un grand petit livre. Un livre qui instruit sans fatiguer, qui éclaire sans éblouir, qui suggère sans imposer. Un livre qu'on relit..." (P. Lebrun, Revue belge de philologie et d'histoire, 1956)

210.          BARBEY (Jean). Le Conseil des Ministres sous la Restauration. (Thèse). P., Domat-Montchrestien, 1937, gr. in-8°, ii-284 pp, biblio, broché, bon état

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Table : La Charte et les Ministres. Les idées des contemporains. – La Présidence du Conseil. – Homogénéité et solidarité ministérielles. – Réunions et travaux des Ministres. – Le Roi et son Conseil. – Départements ministériels et attributions. — "Après la tourmente révolutionnaire, après le Gouvernement personnel de Napoléon, les idées de liberté, chères aux philosophes du XVIIIe siècle, devaient, enfin, voir le jour à la chute de l'Empire. La pensée de chacun avait été subordonnée à celle du Maître. Une main forte avait conduit la France vers son destin, vers la gloire. L'abdication de Fontainebleau devait provoquer une réaction, un besoin naturel de libéralisme. La restauration des Bourbons, au mois d'avril 1814, sur « le trône de leurs pères », ne pouvait, en aucune façon, impliquer un retour à l'état de choses ancien. La monarchie absolue était morte en 1789. Restait à donner à la France un mode de gouvernement nouveau. L'influence anglaise, le mouvement des idées, contribuèrent à introduire, en France, en 1814, le régime parlementaire. Le gouvernement de cabinet, pour employer l'appellation que les Anglais donnent au gouvernement parlementaire, « suppose tout d'abord le gouvernement représentatif, dont il est une variété. Il suppose aussi la séparation juridique du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif, qui sont conférés à des titulaires distincts et indépendants » (Esmein). Au roi est conféré le pouvoir exécutif ; au Parlement – Chambre des Députés et Chambre des Pairs – le pouvoir législatif. Le Chef du pouvoir exécutif ne peut, à lui seul, supporter le poids de l'administration d'un Etat ; il est, nécessairement, quelle que soit la forme. du Gouvernement, assisté de conseillers. Le principe de la séparation des pouvoirs ne dresse pas des cloisons étanches entre l'exécutif et le législatif. Ils sont appelés à collaborer. Le lien qui les unit est le ministère. Tous les actes qui se font au nom et par l'ordre du roi « doivent être préalablement délibérés et décidés par les ministres, statuant en corps et comme conseil délibérant » (Esmein). C'est ce conseil délibérant, ou conseil des Ministres, que nous nous proposons d'étudier..." (Avant-propos)

211.          BARRÈS (Maurice). Mes Cahiers, 1896-1923. Textes choisis par Guy Dupré. Plon, 1963, pt in-8°, vii-1131 pp, préface de Philippe Barrès, reliure pleine toile de l'éditeur, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état,  envoi a.s. de Guy Dupré

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"Don prodigieux de 'reporter'. Admirable quand il relate (mariage d'Arthur Meyer). Pages surprenantes (récit d'une visite à l'hôpital de la Pitié), comparables aux meilleures de 'Choses vues' de Hugo... La connaissance et l'acceptation de ses limites, de ses manques, de ses faiblesses (souvent il se les exagère) donnent à ces pages un accent qui saisit le coeur. Et comment ne point admirer l'expression, presque toujours parfaite, d'une volonté si constamment appliquée à obtenir de soi le meilleur ?" (André Gide)

212.          BRÉTON (Geneviève). Journal 1867-1871. Ramsay, 1985, gr. in-8°, 268 pp, préface de Flora Groult, un portrait, broché, couv. illustrée, bon état

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Le témoignage d'une jeune bourgeoise éclairée et cultivée sur l'agonie du Second Empire et le soulèvement de la Commune, mais aussi ses sentiments à l'occasion d'une idylle très romantique avec le peintre Henri Regnault. — Le père de Geneviève Bréton (1849-1918), Louis Bréton, est le bras droit de Louis Hachette et sa mère, Zéline Auzat, n'est autre que la belle-fille du grand éditeur. En 1867, Geneviève a 18 ans et commence un journal intime qu'elle tiendra toute sa vie. Ce document, riche en anecdotes, nous fait entrer dans l'intimité d'une famille de la bourgeoisie intellectuelle de l'époque. Mais il retrace surtout l'histoire d'amour tragique de Geneviève avec un peintre de grand talent, disparu trop tôt, Henri Regnault. Ils se rencontrent en 1867 en Italie où Henri séjourne après avoir remporté le prix de Rome. Débute alors une relation romantique entre les deux jeunes gens qui finira brutalement pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871 au cours de laquelle Henri Regnault, engagé dans l'armée, trouvera la mort à l'âge de 28 ans...

213.          CALLET (Auguste). Les Origines de la IIIe République. Etude et documents historiques. P., Bossard, 1921, in-12, xiv-331 pp, index, broché, couv. lég. salie, état correct

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"M. Callet, membre de l'Assemblée nationale, mort le 8 janvier 1883, écrivit, pour la commission d'enquête sur les actes du gouvernement du 4 septembre, un rapport sur les origines de la IIIe République. Les premières lectures de ce travail obtinrent du succès. Mais bientôt la forme parut trop violente. L'œuvre, déjà composée et tirée, fut mise au pilon. Publiée par le fils de l'auteur en 1889, elle a été rééditée récemment. Les « violences », qui effrayèrent la commission d'enquête, n'y manquent pas, en effet. Si M. Callet accorde à Gambetta « le patriotisme » et à des préfets de l'intelligence ou, du moins, du zèle dans les préparatifs de la défense nationale, il refuse à Gambetta « les lumières du patriotisme », et il tend à minimiser les services rendus par une partie du personnel gouvernemental à la cause du pays. Ces pages ont l'allure d'un réquisitoire où gronde la passion. Passion excessive, mais généreuse dans son principe. Elle naquit du spectacle des désordres qui marquèrent les origines de la IIIe République. Ce fut l'anarchie et la ruée, par toutes sortes de moyens révolutionnaires, de gens qui n'étaient pas tous recommandables, aux ministères, aux préfectures et sous-préfectures, aux magistratures les plus hautes. De ces hommes, dont un petit nombre survivent, quelques-uns ont joué un rôle important dans la suite de notre histoire. Le livre de M. Callet, tout en réclamant un contrôle attentif, restera un document de premier ordre sur leurs faits et gestes au lendemain du 4 septembre." (Félix Vernet, Revue des Sciences Religieuses, 1924)

214.          CHRISTOPHE (Robert). Napoléon III au tribunal de l'histoire. France-Empire, 1971, gr. in-8°, 475 pp, 12 pl. de gravures hors texte, index, broché, couv. illustrée à rabats, un pli au 1er plat, bon état

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Intéressant ouvrage sur le Second Empire où l'auteur confronte les versions des témoins oculaires des actions de Napoléon III, de celles de sa femme, de ses maîtresses, de ses ministres, de ses généraux, de ses adversaires politiques...

215.          CUSTINE (Marquis Astolphe de). Souvenirs et portraits. Textes choisis et présentés par Pierre de Lacretelle. Monaco, Editions du Rocher, 1956, in-12, 275 pp, notes, bibliographie des oeuvres de Custine, broché, papier lég. jauni, petite trace d'humidité ancienne au coin des 5 premiers feuilets, bon état, ex. du SP,  envoi a.s. de Pierre de Lacretelle à Robert Kanters

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"Extraits chronologiquement classés des œuvres et des lettres du marquis de Custine (1790-1857), dont le livre sur La Russie en 1839 est plus souvent cité que lu. Ce recueil, fort bien présenté par Pierre de Lacretelle, contient quelques textes fort remarquables : propos dédaigneux sur la politique (« La politique m'ennuie quand elle ne m'épouvante pas ... les hommes d'aujourd'hui, avec leur rage de gouverner, me paraissent comme les habitants d'une maison où tout le monde s'obstinerait à faire la cuisine »), portraits fielleux de Tocqueville (« II tient du vieillard et de l'enfant, c'est le plus naïf des ambitieux») et de Lamartine (« C'est un noble cœur perdu dans l'adoration de lui-même, qui du reste le console de tout »), jugements sévères sur l'ennuyeuse Amérique et la dangereuse Russie (« Le gouvernement russe, c'est la discipline du camp substitué à l'ordre de la cité, c'est l'état de siège devenu l'état de société »), défense et illustration des gouvernements arbitraires : on aimerait multiplier les citations. Car Astolphe de Custine, féodal égaré dans la société bourgeoise, n'est pas seulement un proche parent du baron de Charlus. C'est sans doute un grand écrivain." (Revue française de science politique, 1956)

216.          DESMAREST (Jacques). Evolution de la France contemporaine. I. La France de 1870. Hachette, 1970, in-8°, 424 pp, biblio, broché, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française)

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"C'est le bilan de la France de 1870 que dresse M. Jacques Desmarest. La partie la mieux venue de l'ouvrage de qualité qui nous est proposé nous a paru la partie économique. D'excellents et précieux tableaux (pp. 84, 88, 94) présentent la production agricole et le produit global de l'industrie vers 1870. La grande bénéficiaire du régime impérial reste l'agriculture, non que ses méthodes aient beaucoup progressé, mais, alors que ses effectifs sont demeurés à peu près constants durant la période, ses revenus se sont fortement élevés. (...) On notera avec le même intérêt l'analyse des transports et celle des insuffisances de la flotte de commerce. M. Desmarest montre bien la lenteur du progrès démographique, le ralentissement de la création philosophique. (...) J'aimerais également revenir sur les pages très solides consacrées à la crise militaire. M. Desmarest fait un procès très juste de la valeur des officiers et cite notamment, page 337, un très beau texte du général Thoumas ; il dénonce, du fait de l'oisiveté, du temps perdu au café et au mess une sorte de dégradation des facultés intellectuelles et morales. On n'a peut-être pas suffisamment montré comment, en dépit de l'enthousiasme qui accueille les régiments vainqueurs au retour de Crimée ou d'Italie, en dépit aussi d'un recrutement plus aristocratique que par le passé, la nation se sépare de l'armée. L'armée vote et par là même partage les passions de l'ensemble, mais la nation refuse l'effort militaire qui lui est demandé par le maréchal Niel et ne comprend pas les moeurs, l'esprit, le comportement de cette armée de métier, étrangère..." (P. Guiral, Revue Historique, 1972)

217.          DUCLOS (Jacques). Bakounine et Marx, Ombre et Lumière. Plon, 1974, gr. in-8°, 480 pp, 16 pl. de photos hors texte, 5 fac-similés in fine, avec en annexe la Confession de Bakounine à Nicolas Ier, traduite du russe par Andrée Robel, index, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s.

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A ceux qui pourraient s'étonner de voir le vieux leader communiste Jacques Duclos consacrer un livre à l'anarchiste Bakounine et à la lutte politique et idéologique qui l'opposa à Karl Marx, on peut rappeler que l'auteur avait déjà abordé cette question dans un autre ouvrage, “La Première Internationale”, publié en 1964. Mais dans “Bakounine et Marx, Ombre et Lumière”, Jacques Duclos traite le sujet dans ses profondeurs et montre ce qu'il y avait et ce qu'il y a d'antinomique entre l'idéologie et la politique bakouninienne et le socialisme scientifique de Karl Marx et Friedrich Engels qui, enrichi par Vladimir Illich Lénine, est devenu le marxisme-léninisme...

218.          DUPÊCHEZ (Charles). Hortense et Marie. Une si longue amitié, 1838-1876. Flammarion, 2018, in-8°, 313 pp, 8 pl. d'illustrations en noir et en couleurs hors texte, sources, broché, couv. illustrée, bon état

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« Il y a une Marie que vous trouverez toujours, c'est celle qui vous aime et vous admire. » C'est en ces termes affectueux que la comtesse d'Agoult témoigne du lien puissant qui l'unit à son amie Hortense Allart. Rien ne prédestinait pourtant ces deux femmes, si différentes, à s'apprécier. Personnalité mondaine et cultivée, ayant fui une famille conservatrice pour vivre en plein jour sa passion interdite avec Franz Liszt, Marie est aussi impitoyable dans ses critiques qu'acerbe dans ses formules. C'est tout le contraire de l'enthousiaste Hortense, une bourgeoise espiègle au caractère trempé, qui a mené sa vie amoureuse en bravant toutes les conventions. Pourtant, les deux femmes sont immédiatement conquises l'une par l'autre. Petit à petit, elles entreprennent de s'apprivoiser avec autant de respect que de sincérité. Du ciel de Florence au hameau d'Herblay, de Sainte-Beuve à George Sand, de la monarchie de Juillet au Second Empire, leur correspondance couvre trente-cinq années d'une indéfectible amitié. Aventures sentimentales, mariage et ruptures, enfants, condition des femmes de lettres, débats politiques... Leurs échanges à coeur ouvert surprennent par leur franchise et leur modernité. Au milieu d'un siècle qui passe pour compassé, un surprenant vent de fraîcheur ! — Charles Dupêchez est le biographe de Marie d'Agoult, dont il est en train d'établir la correspondance générale aux éditions Honoré Champion. Il est aussi l'auteur de la biographie de La Reine velue : Marie-Joséphine-Louise de Savoie, la dernière reine de France et de deux romans.

219.          FALLOUX (Comte de). Discours et mélanges politiques. Plon, 1882, 2 vol. in-8°, 418 et 447 pp, reliures demi-basane bleue, dos à 5 nerfs, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos frottés et lég. épidermés, qqs rousseurs, bon état

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Ministre de l'instruction publique en 1848, le comte de Falloux est resté célèbre pour le projet de loi en faveur de la liberté d'enseignement qui prit, en 1850, le nom de "Loi Falloux". Après avoir quitté la politique en 1851, ce défenseur d'un catholicisme libéral fut élu à l'Académie française en 1856. — « Ma vie politique avait été courte, mais pleine, » a écrit M. de Falloux au jour de la disgrâce commune. Il n’avait eu, en effet, que le temps de traverser les parlements, le gouvernement. Il avait été député aux assemblées quelques années tout au plus, de 1846 à 1851, ministre neuf mois à peine, sous une république qui se précipitait déjà vers l’empire ; mais dans ce court passage au pouvoir il avait fait assez pour révéler les dons brillants de l’homme d’État, pour attacher son nom à quelques-uns de ces actes ou de ces mots décisifs et tranchants qui marquent dans l’histoire, pour rester une des figures les plus expressives du monde religieux et conservateur à un moment du siècle. Ce qu’il a été réellement, ce qu’il reste, c’est un royaliste à coup sûr, mais un royaliste et un catholique qui ne s’est pas refusé le plaisir un peu hautain de se parer de ses disgrâces auprès de son prince comme auprès du pape ; un plénipotentiaire raffiné et libre de la royauté et de l’église dans leurs malheurs ; un politique alliant la souplesse à la résolution, la bonne grâce à la fierté, les dons de la séduction à l’art de lancer le trait acéré dans les polémiques ou dans les discours, aimant l’influence plus que le pouvoir, passant sans effort de la vie publique ou de la vie mondaine à la vie rurale : et à travers tout, un valétudinaire incorrigible, – qui a vécu soixante-quinze ans sans cesser un jour de combattre, même dans sa retraite... (Charles de Mazade, Revue des Deux Mondes, 1893)

220.          GOLDBERG (Harvey). Jean Jaurès. La biographie du fondateur du Parti socialiste. Fayard, 1970, fort in-8°, 634 pp, traduit de l'anglais, notes, appendices, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée (abîmée), bon état

            30

"Traduite et publiée en 1970 par les éditions Fayard, dédiée à Alexander Werth et à Michel Launay, cette biographie écrite par un universitaire représentatif de la nouvelle gauche américaine de cette période se pose des questions politiques. Elle décrit, explique et commente un Jaurès militant et socialiste, appuyé sur un travail d’archives et éloigné des usages de référence et de révérence cultivées par la double tradition SFIO et PCF des héritiers politiques du socialisme d’avant 1914." (Gilles Candar, Cahiers Jaurès 2011) — "... Le récit de Goldberg vise à mettre en relation., à chaque instant, les choix et les comportements de Jaurès avec son histoire personnelle et avec son contexte, le « héros » avec les forces collectives sans lesquelles il n'est que vent qui souffle en vain, l'homme politique avec l'ensemble des problèmes qui font la politique – pour Jaurès, tous les problèmes – , l'homme privé avec les questions qui tissent la vie privée : l'amour et l'âge, la famille et la foi, la santé et la mélancolie. On ne peut tout dire à chaque moment sauf à répéter la vie et à gommer la rationalité. Aussi Goldberg avance-t-il chapitre par chapitre en centrant chaque fois ses analyses sur un thème nouveau. Le problème devient dès lors de passer d'une suite thématique à une constellation où se reconnaisse l'unité de l'individu. Il me semble que les problèmes posés par la biographie en tant que genre historique sont ici résolus d'une manière originale. De la lutte contre « les déserteurs de la République » à la'défense des prolétaires de^Carmaux, d'un patriotisme français, assuré de son bon droit, y compris aux colonies, à la découverte de l'Internationale et du droit des Marocains à sauvegarder leur indépendance, un système complet de références, de retours en arrière, de méditations, assure la continuité de celui dont on raconte la vie. Dans l'histoire de Jaurès il est cependant des moments sur lesquels l'attention s'est encore peu portée. C'est sans, doute sur eux que Goldberg nous apporte le plus. Je pense en particulier aux années 1893-1898 : Jaurès sort de son isolement politique, il entre dans le socialisme quelques mois avant que celui-ci n'apparaisse en France comme une force puissante ; il s'épanouit pendant quelques années au contact des diverses communautés de camarades auxquelles il se trouve mêlé : ouvriers, mineurs et verriers, de Carmaux et d'AIbi, étudiants de l'École normale supérieure et du Quartier latin, groupe parlementaire socialiste où se retrouvent les leaders des diverses tendances, public informel des meetings de Paris ou de province, fractions nationales de l'Internationale qu'il découvre à Londres en 1896. Plus jamais il n'agira pour des objectifs aussi clairs : combattre sans rémission la droite au pouvoir sous le couvert du « progressisme », gagner au socialisme des milieux nouveaux, l'Université, la paysannerie. Et tout cela dans l'espérance – partagée par presque tout le mouvement ouvrier – d'une victoire très proche. Ces cinq années sont sans doute les plus allègres qu'il ait connues..." (Madeleine Rebérioux, Annales ESC, 1971)

221.          GOUJON (Jean-Paul). Tes blessures sont plus douces que leurs caresses. Vie de Renée Vivien. Régine Desforges, 1986, in-8°, 443 pp, liste des oeuvres de René Vivien, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

La biographie de référence sur la poétesse du Paris Lesbos 1900. — Morte à Paris le 18 novembre 1909, à peine âgée de trente deux ans, Renée Vivien a écrit pendant sa trop brève vie une oeuvre toute imprégnée de sa passion pour les femmes. D'origine anglo-américaine, elle avait choisi la France et la langue française pour exprimer ses amours féminines. Affrontant la désapprobation, la critique et le mépris de son entourage, Renée Vivien chantera ses amours saphiques à travers toute son oeuvre poétique et romanesque. Jean-Paul goujon s'attache à nous faire revivre cette femme si moderne pour son époque. Nous voyons défiler tout ce que la « Belle Epoque » compte de célébrités dans le monde des lettres et celui des mondaines : Liane de Pougy, Romaine Brooks, Lucie Delarus-Mardrus, Natalie Barney, Pierre Louÿs, Colette, Willy et tant d'autres.

222.          GRAND-CARTERET (John). L'Aiglon en images et dans la fiction poétique et dramatique, avec 140 reproductions de portraits et estampes. Imagerie sur l'enfance - Pièces politiques de 1815, imagerie bonapartiste sous la Restauration - Pièces sur la mort - Pièces avec Napoléon Ier - Caricatures . P., Charpentier et Fasquelle, 1901, in-8°, 405 pp, 140 reproductions de portraits et estampes dans le texte et hors texte, biblio, index, broché, dos lég. abîmé, bon état

            50

John Grand-Carteret (1850-1927), est un journaliste, historien de l'art et de la mode, considéré comme pionnier dans le domaine de l'iconologie, son ouvrage "L'Histoire, la vie, les mœurs et la curiosité par l'Image" demeurant une référence. Grand collectionneur de gravures, d'estampes et de dessins, il a consacré de nombreux ouvrages à l'histoire des mœurs à travers l'image et la caricature : il fait ici figure de pionnier, en s'inspirant de son maître Champfleury, et en rejoignant les travaux novateurs d'Eduard Fuchs (1870-1940) sur l'image. Ainsi, en 1883, il organise une exposition sur l'iconographie de Jean-Jacques Rousseau au Pavillon de la Ville de Paris, un genre d'exposition qui constitue une première en France. Il fonde avec Émile Rondeau la revue "Le Livre et l'image" en mars 1893.

223.          KROPOTKINE (Pierre). Autour d'une vie. Mémoires. Stock, 1971, fort in-12, xv-545 pp, édition française de “Memoirs of a Revolutionist” révisée par l'auteur et traduite de l'anglais, préface de Georges Brandès, index, broché, jaquette illustrée, bon état. Réimpression de l'édition de 1898

            25

Passionnants mémoires du révolutionnaire et anarchiste russe Pierre Kropotkine (1842-1921). Géographe, aristocrate, anarchiste russe, Pierre Kropotkine est le théoricien du communisme libertaire. Publiés en 1898, ses Mémoires se lisent comme un grand récit d'aventures, une traversée du 19e siècle ponctuée d'analyses lumineuses sur les courants sociaux et politiques, alors naissants, qui ont perduré jusqu'à nos jours. La mort précoce de sa mère, le sort des serfs, ses études au corps des Pages de Saint-Pétersbourg aiguisent très tôt sa sensibilité. Devenu officier au service du tsar, il sillonne et cartographie la Sibérie, avant de quitter l'armée et reprendre des études. Lors d'un voyage à Zurich, en 1871, il adhère à l'Association Internationale des Travailleurs, puis, en Russie, il milite au sein de cercles politiques, avant d'être arrêté et emprisonné. II s'évade et séjourne en Angleterre, Suisse, Belgique, France, régulièrement expulsé pour les idées anarchistes qu'il diffuse dans son journal Le Révolté. En 1882, il est emprisonné à Clairvaux, puis grâcié. Exilé à Londres, il revient en Russie juste avant la révolution d'octobre 1917, et déchante rapidement sur la nature autoritaire du régime bolchevik. II meurt en 1921.

224.          MARÉCHAL (Henri). Rome, souvenirs d'un musicien. Hachette, 1904, in-12, xiv-308 pp, préface de Jules Claretie, reliure percaline carmin, dos lisse avec titres dorés et caissons à froid, encadrements à froid sur les plats, fer doré de la ville de Paris au 1er plat (rel. de l'époque), bon état (Ouvrage couronné par l’Académie française)

            50

Table : 1870-1874 : Le concours, Intermède sombre, Le voyage, La Villa Médicis, La vie romaine, Hébert-Liszt. – Hors les murs. – Sac au dos. – Madame la princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein. – A Paris. — "Dans ce charmant volume que présente au public, en une exquise préface, M. Jules Claretie, M. Henri Maréchal, le compositeur si aimé du public, nous raconte ses souvenirs de jeunesse. Le Conservatoire en 1866, puis M. Maréchal raconte avec beaucoup d'humour les terribles épreuves du concours pour le prix de Rome. Tout le volume est écrit de style sobre, alerte, coloré, très littéraire." (La Revue musicale, 15 juin 1904) — "Des trois volumes de souvenirs d'Henri Maréchal (1842-1924) se dégagent cette tournure élégante, ce ton léger et souriant, peignant à merveille le Paris de 1860. Ces qualités auraient dû les maintenir dans la faveur dont ils jouirent à leur parution, mais le sort les épargna pas plus que ses compositions. Le grand prix de Rome, l'auteur naguère célèbre d'Antar (1877), de La Nativité (1875) et des Amoureux de Catherine ne figure plus aux programmes de notre temps, sommeil forcé excessif sans doute." (Jean-Philippe Navarre, Albert Lavignac, Les gaietés du Conservatoire (1899), et autres textes, 2002)

225.          MAREY (Etienne-Jules). Movement. Translated by Eric Pritchard. New York, D. Appleton, 1895, pt in-8°, xv-323-(8) pp, 200 illustrations, 8 pp de publicités in fine, reliure pleine toile rouge de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés (passés) et décor en noir, décor en noir sur les plats, bon état. Texte en anglais. Rare

            300

Edition originale de la traduction américaine du plus célèbre ouvrage de Marey, fruit de plus de trente années de travail. Etienne-Jules Marey étudie ici le mouvement, sa mesure, sa représentation graphique et son analyse par la chronophotographie. Plusieurs chapitres sont consacrés aux différentes techniques de cette nouvelle méthode qu'il a inventée et qui aboutira, quelques années plus tard, à l'invention de la prise de vues cinématographiques. — «Le Mouvement” reste le plus célèbre et le plus rare des ouvrages de l'auteur. Sans qu'il y paraisse, Marey a transfiguré le réel le plus immédiat. Modernité d'une pensée où s'enracinent sciences, arts et techniques, d'où naîtra en une vision du monde particulièrement féconde toute la symbolique visuelle du siècle à venir. Sa théorie du mouvement a non seulement unifié un domaine de la pensée par ses implications visuelles, mais elle a joué le rôle de paradigme." (En Français dans le Texte, 318) — "E.-J. Marey (1830-1904) appartient, comme Paul Bert, à la génération des physiologistes qui ont fait leur apprentissage au milieu du siècle, alors que la physiologie avait conquis son indépendance et trouvé son style. On doit à Marey d'avoir repris, modifié et développé en France, les techniques d'inscription graphique mises au point par Ludwig, et d'avoir importé, en physiologie, les techniques de la photographie en série déjà utilisées par les astronomes (Janssen, inventeur du « revolver photographique », pour l'étude du passage de Vénus, Paris, 1874). On a vu que l'hémodynamomètre de Poiseuille avait fourni à Ludwig un des éléments du kymographe. Inversement, c'est le sphygmographe de Karl Vierordt (1853), construit par composition du sphygmomètre et de l'enregistreur graphique de Ludwig, qui est l'ancêtre des appareils de Marey. Associé à Chauveau (1827-1917), Marey a utilisé le sphygmographe comparatif à l'étude des mouvements de la circulation (Physiologie médicale de la circulation du sang, 1863). C'est aussi en collaboration avec Chauveau que Marey a construit et utilisé la sonde cardiaque pour l'enregistrement des pulsations du cœur (Appareils et expériences cardiographiques, 1863). Les travaux de Marey sur la locomotion humaine et animale étudiée selon la méthode graphique sont résumés dans “La Machine animale” (1873). Des travaux sur le même sujet, selon la méthode chronophotographique et qui font de Marey un des pères du cinématographe, sont réunis dans “Le Mouvement” (1894)." (Georges Canguilhem, Canguilhem, “Etudes d'histoire et de philosophie des sciences”, 1968)

226.          MARIE (Reine de Roumanie). Histoire de ma vie. (De 1875 à 1918). Plon, 1937-1939, 3 vol. pt in-8°, 376, 392 et 604 pp, 88 photos hors texte, brochés, bon état

            90

Rare complet. — Petite-fille de la reine Victoria et du tsar Alexandre II, Marie d'Edimbourg, née en 1875, était la femme de Ferdinand de Hohenzollern-Sigmaringen, neveu et fils adoptif de Carol et roi de Roumanie de 1914 à 1927. — "Une des femmes les plus brillantes d'Europe" (Ghislain de Diesbach), elle contribua à ranger la Roumanie dans le camp allié en 1916. Le livre retrace son enfance en Angleterre, à Malte et dans les différentes cours d'Europe, son mariage avec le Prince héritier de Roumanie, les événements jusqu'à la fin de la Grande Guerre. Portraits des personnages qui gouvernent l'Europe en cette fin du XIXe siècle. Nombreuses photos. — « Aucune autobiographie n’est aussi étrange, ni, à certains égards, aussi intéressante que “l’Histoire de ma vie” de Marie, reine de Roumanie » écrivait Virginia Woolf en 1934. Fille du duc d'Edimbourg et de la princesse Maria Alexandrovna de Russie, petite-fille de la reine Victoria et du tsar Alexandre II, SAR la princesse Marie épouse en 1893 l'héritier du trône de Roumanie, le prince Ferdinand de Hohenzollern-Sigmaringen, et part à 17 ans pour son nouveau pays. Pendant plus de vingt ans, elle se prépare à devenir reine. Son mari accède au trône à la veille de la Première guerre mondiale alors que la Roumanie essaye de préserver sa neutralité. Dans “Histoire de ma vie”, la reine Marie raconte sa jeunesse en Angleterre, à Malte dont son père est gouverneur puis à Cobourg (nord de la Bavière) dont il est souverain. Elle évoque aussi ses séjours à la cour de Russie. Vie de famille avec ses enfants, vie mondaine et vie politique se mêlent dans un tourbillon étourdissant que la Première guerre mondiale vient balayer. Veuve en 1927, Marie se consacre alors à l'écriture et à la rédaction de ses mémoires. Elle meurt en 1938.

227.          MOLINARI (Gustave de). Les Clubs rouges pendant le Siège de Paris. P., Garnier frères, 1871, in-12, vii-362 pp, une gravure en frontispice, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état. Edition originale (Le Quillec, 1731 ; Del Bo, p. 102)

            80

Journaliste au “Journal des Débats”, spécialiste des matières économiques, fervent partisan du libéralisme, opposé aux principes socialistes, Molinari rend compte des activités des multiples clubs révolutionnaires de Paris à la veille de l'insurrection (historique, organisation, activités, etc.). Un portrait vif et spontané des différents clubs rouges qui agitent la scène politique durant le siège de Paris. Bien que l'auteur se défende de faire porter la responsabilité de la Commune aux clubs rouges, ses articles sont révélateurs des idées et des positions politiques des citoyens de l'époque, et contribuent à expliquer comment la Commune a vu le jour. La table des matières donne une liste presque exhaustive de ces clubs. Important document. — "La rédaction de cet ouvrage était terminée le 15 mars 1871" (Le Quillec)

228.          MONTBEL (Guillaume Isidore, comte de). Le Duc de Reichstadt. Notice sur la vie et la mort de ce prince rédigée à Vienne sur des documents authentiques. P., J. Angé et Ve Le Normant, 1836, in-8°, 431 pp, un portrait gravé en frontispice et quatre planches repliées hors texte dont trois fac-similés (déchirure sans manque à l'un des fac-similés) et un plan des tombeaux des empereurs d'Allemagne, pièces justificatives, notes biographiques, reliure demi-veau glacé vert olive, dos lisse orné en long, palette dorée en queue, tranches jaspées (rel. de l'époque), manque un petit morceau au coin du 1er plat de la reliure, qqs rares rousseurs, sinon bon état

            70

La toute première biographie consacrée à l'Aiglon, le duc de Reichstadt (1811-1832), fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise, composée par le ministre Guillaume Isidore de Montbel (1787-1861), ancien ministre de Charles X réfugié à Vienne. L’ouvrage parut le 15 décembre 1832, soit à peine cinq mois après la mort du jeune duc. Il est illustré d’un beau portrait de ce dernier, gravé sur acier par Jean-François Pourvoyeur d’après le peintre miniaturiste autrichien Moritz-Michaël Daffinger (1790-1849). On y trouve également 4 planches dont les 3 premières proposent le fac-similé de 3 lettres du duc de Reichstadt adressées au capitaine Foresti, et la dernière le plan du caveau sépulcral de la famille impériale dans l’église des Capucins. Montbel avait été chargé par Metternich de composer cet ouvrage. Voir “Aus Metternich' s nachgelassenen Papieren”. Bd. V, s. 236.

229.          PETITFILS (Jean-Christian). La Vie quotidienne des communautés utopistes au XIXe siècle. Hachette, 1982, in-8°, 319 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Créer la cité harmonieuse et parfaite où tous les hommes pourraient vivre dans une idyllique fraternité a toujours été le grand rêve des théoriciens de l'utopie : Platon, Thomas More, Campanella ou Saint-Simon... Les uns préconisaient un communisme de caserne, d'autres un socialisme autogestionnaire, d'autres encore l'anarchie. Au XIXe siècle, devant la misère née de la révolution industrielle, des milliers d'hommes décidèrent de réaliser ce rêve en créant de petites colonies appelées, selon eux à essaimer rapidement par la contagion de l'exemple. Partisans d'Owen, de Fourier, de Cabet et autres prophètes utopistes édifièrent ainsi en Europe, mais surtout en Amérique, terre de pionniers, plusieurs dizaines de communautés, ancêtres de nos "communes" hippies. Commencées dans l'enthousiasme, ces expériences s'achevèrent le plus souvent dans d'affreuses convulsions...

230.          PIERRARD (Pierre). La Vie quotidienne dans le Nord au XIXe siècle. Artois, Flandre, Hainaut, Picardie. Hachette, 1976, in-8°, 250 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"La région du Nord qui recouvre approximativement la Picardie, l’Artois, le Hainaut et la Flandre a connu, au XIXe siècle, une mutation économique sans précédent, avec ce qu’il est convenu d’appeler la première révolution industrielle : celle du charbon, de la machine à vapeur, du chemin de fer. Cependant, on ne peut dire que la vie quotidienne, pour la majorité des gens du Nord, soit alors fondamentalement bouleversée. Sans doute, la manufacture et la mine rompent avec les rythmes ancestraux, mais le travail à domicile reste largement pratiqué et dans les deux mille villages du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme, la vie rurale se modifie peu. De plus, si l’économie s’emballe, elle n’entraîne pas la masse hors des limites de la pauvreté et si elle sécrète, tardivement, le « problème social », elle n’entame guère les mentalités. Riche ou misérable, la maison du Nord est toujours le refuge de familles nombreuses et accueillantes. La rue conserve son pittoresque. La civilisation, même marquée par un travail assujettissant, reste éminemment festive. Quant à la vie spirituelle, elle est comme autrefois le produit de l’indissociable alliance de la foi chrétienne et de la superstition, du goût de la vie et de la terreur de la mort." (4e de couverture) — "L'excellente collection consacrée par Hachette à la vie quotidienne vient de s'enrichir d'un volume traitant du Nord de la France pendant le XIXe siècle. Son auteur, Pierre Pierrard, avait déjà brossé, et fort bien, un tableau de la vie ouvrière à Lille sous le Second Empire dans une thèse publiée voici plus de dix ans. Dans le présent ouvrage, il évoque avec une chaleur communicative les "riches heures" de l'existence populaire dans les campagnes et les villes de la région du Nord comprenant en la circonstance les départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme alors qu'intervient et se développe la première révolution industrielle. Rien n'échappe à l'érudition et à la perspicacité de P. Pierrard : les liens de la famille et la place de l'enfant, l'attrait de la maison, l'animation de la rue en temps ordinaire et lors des liesses collectives, les servitudes du travail à tous les niveaux sociaux, les loisirs au cabaret, les croyances associant la foi chrétienne et la superstition. Cet examen approfondi des mentalités d'hier par un historien particulièrement informé n'a pas seule valeur rétrospective ; il éclaire le présent dans une région marquée, plus que d'autres, par les pesanteurs sociologiques." (Firmin Lentacker, Hommes et Terres du Nord, 1977) — "Ce volume est probablement un de ceux qui apportent dans cette collection les renseignements les plus précis et les plus abondants sur l'histoire sociale d'une région qui, pendant longtemps, demeura la plus peuplée de France, le seul département du Nord dépassant encore celui de la Seine sous la Monarchie de Juillet. L'auteur a su aussi bien suivre les diverses étapes de la vie des hommes marquée, trop souvent dès l'origine, dans toutes les classes sociales, par une mortalité infantile aux chiffres hallucinants, que par un labeur acharné dans une am biance souvent pénible. Les nuances régionales ou locales sont soulignées avec soin, mettant fin aux généralisations abusives qui trop souvent d'hypothèses en généralisations hâtives, ont donné une fausse idée de l'infinie diversité de ces pays du Nord au sens large du terme. Et il y a plus que des nuances entre la Picardie et l'Artois, ou même dans la seule Flandre entre la plaine intérieure et le littoral. Même sur la côte, les différences sont sensibles entre les gens de Dunkerque et ceux de Boulogne. Le XIXe siècle est aussi celui où les progrès de l'industrie trans forment de façon spectaculaire une région longtemps demeurée vouée à l'agriculture et aux seules industries domestiques ou artisanales d'un textile traditionnel. L'essor des manufactures de coton, la crois sance vertigineuse du monde de la mine, gagnant des zones de plus en plus étendues des départements du Nord et du Pas-de-Calais firent de la région en quelques décennies, un des ensembles d'avant-garde de l'industrie française, avec tout ce que cela suppose de phénomènes d'adaptation des hommes aux nouvelles conditions de travail, et fait comprendre la place tenue dans la chronologie qui figure en fin de volume, par les étapes de cette évolution, de la création de la première filature moderne de coton à Esquermes, près de Lille en 1803 à l'introduction en 1878 de la moissonneuse-lieuse en Picardie, ou au sanglant premier mai de Fourmies en 1891. Une bibliographie complète ce volume qui rendra de réels services à tous ceux qu'intéressent les aspects sociaux de l'histoire de la France du XIXe siècle." (Jean Vidalenc, Revue d'histoire économique et sociale)

231.          SARCUS (Vicomte de, ancien capitaine de dragons). Lettres d'un rural, 1870-1871. Dijon, Imp. Rabutot, s.d., in-12, 226 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs filetés soulignés à froid, titres et caissons fleuronnés dorés, tranches pennées (rel. de l'époque), bon état. Peu courant

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"Une dizaine de brochures [dont celle-ci], écrites par des conservateurs qui se placent délibérément sous la bannière « rurale », paraissent au cours de l'année 1871. Plusieurs défendent le point de vue bonapartiste, rappellent la prospérité des campagnes sous l'Empire, défendent la politique extérieure de Napoléon III. Elles cultivent volontiers un certain antiparlementarisme, qui vise en particulier le personnage de Thiers, et elles préconisent des modifications législatives diverses (restauration du plébiscite, introduction du vote à deux degrés pour l'élection des députés, vote obligatoire, durcissement des sanctions contre la presse). Elles opposent « la tourbe des clubs » aux « hommes de la terre », voire les « Athéniens » de Paris, avant tout soucieux de « se distraire, de s'amuser et de jouir » aux « Béotiens » patriotes qui songent en priorité à l'intérêt de la France..." (Raymond Huard, "Rural". La promotion d'une épithète et sa signification politique et sociale, des années 1860 aux lendemains de la Commune, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1998)

232.          SCHEFFER (Robert). Orient Royal. Cinq ans à la Cour de Roumanie. P., L'Edition Française illustrée, 1918, in-12, xii-286 pp, avant-Propos de J.-H. Rosny Aîné, broché, dos scotché, état correct. Rare

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Mémoires du Secrétaire des commandements et bibliothècaire de S.M. la Reine (1886-1891). — "Robert Schaeffer (1863-1926) commença des études de musique (il pratiqua assez bien le violon) en même temps qu’il étudiait la littérature. Grâce aux amitiés haut placées de son père, il fut nommé en décembre 1886 Secrétaire des Commandements et Bibliothécaire de S.M. la Reine Élisabeth de Roumanie (ce qui correspond à une fonction de lecteur). Il occupera ce poste durant cinq années, prenant des notes qui lui serviront à rédiger des mémoires très intéressants parus en 1918 avec une préface de J.-H. Rosny, sous le titre “Orient Royal, cinq ans à la cour de la Reine de Roumanie”. Scheffer y livre des analyses d’une finesse et d’une acuité auxquelles son évidente subjectivité n’enlève rien. Son style est percutant et sa dent acérée. Il s’y montre relativement juste avec Élisabeth de Roumanie en la décrivant avec sincérité comme une femme d’une grande bonté. Son jugement sur les talents littéraires de la reine semble impartial. On sait que celle-ci avait déjà, depuis 1882, acquis en France une certaine notoriété grâce à la publication d’un recueil intitulé “Pensées d’une reine”. Née allemande (elle était une princesse Wied), Elisabeth appréciait les lettres françaises et recherchait la reconnaissance des écrivains français comme consécration de ses propres talents. Son œuvre, sous le pseudonyme de Carmen Sylva, est abondante et inégale. Scheffer traduisit d’elle en français “Qui frappe ?” (le livre parut en 1890 avec une préface de Pierre Loti). Dans “Orient royal”, Scheffer décrit les intrigues de cour, l’espionnage quasi institutionnel, notamment celui de la femme de chambre (une lesbienne d’origine tchèque dite La Burin) pour le compte des Wied, la surveillance étroite par les agents du roi de tout l’entourage de son épouse. Il brosse avec clairvoyance les portraits de nombreux personnages de sang royal, d’aristocrates ou d’écrivains, du prince von Bülow (dont on apprend qu’il parle un français pur et sans accent) à l’ambitieuse poétesse Hélène Vacaresco. Les académiciens français (O. Feuillet, E. Augier, Sully Prudhomme, F. Coppée, Leconte de Lisle, Gounod, Camille Doucet, Renan, Ulbach) sollicités et flattés par la reine dans le dessein d’obtenir un prix littéraire, et auprès desquels il est dépêché à Paris, font les frais de sa plume satirique. Scheffer décrit encore le rôle joué par le spiritisme à la cour et les manigances du secrétaire suisse Basset qui amenèrent sa « démission » (en vérité, une révocation) refusée par la reine et acceptée par le roi." (Bulletin mensuel Quintes-feuilles, février 2014)

233.          SENNETT (Richard). La Famille contre la Ville. Les classes moyennes de Chicago à l'ère industrielle, 1872-1890. P., Editions Recherches, 1980, in-8°, 233 pp, traduit de l'américain, cartes, graphiques et tableaux, postface de Philippe Ariès, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Richard Sennett étudie les rapports réciproques entre la famille, la ville et la vie professionnelle dans la seconde moitié du XIXe siècle. L'auteur s'intéresse aux classes moyennes, dans leur normalité, et non à des groupes marginaux ou spécifiques. Il présente d'abord Union Park, un quartier élégant de Chicago où résident en 1850 de grandes familles bourgeoises ayant une vie sociale intense. Vers 1870, la métropole se transforme rapidement : l'industrie se développe, la population augmente et on observe un afflux de ce qu'on a l'habitude de désigner du terme vague de classe moyenne, des cols bleus et des cols blancs, des ouvriers spécialisés et des employés des grandes sociétés et de l'administration. C'est cette population qui fait l'objet d'une investigation approfondie. — « Richard Sennett pose le problème de l'adaptation de la famille à la pression économique et urbaine, et de sa réponse aux défis de l'industrialisation ou de l'urbanisation. Ou bien la famille y participe avec dynamisme et devient un réservoir d'agents actifs et entreprenants, ou au contraire elle se retire en marge de la société industrielle et de la ville pour devenir refuge ou oasis. » (extrait de la postface de Philippe Ariès)

234.          SOUVESTRE (Émile). Le Monde tel qu'il sera. P., Coquebert, s.d. (1846), gr. in-8°, 324 pp, 10 compositions gravées sur bois hors texte et 80 vignettes dans le texte par Bertall, Penguilly et Saint-Germain, reliure demi-veau glacé havane, dos lisse orné en long, fleurons à froid, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), coupes frottées, qqs rares rousseurs, bon état. Rare (Carteret, III, p. 566 - Vicaire, VII, 637)

            350

Premier tirage. Bel exemplaire de ce récit de voyage en l'an 3000. Comme toujours, les planches hors texte sont uniformément brunies. — Edition originale de ce roman d'anticipation précurseur des dystopies du XXe siècle. Emile Souvestre est un des premiers écrivains à construire une utopie dans laquelle la technique est au centre de la cité et façonne l’organisation sociale. Une société où l'individualisme est devenu la loi, où la recherche du profit motive toutes les relations humaines et qui exhibe, gravée à l'entrée des maisons, sa devise provocatrice : "Chacun chez soi, chacun pour soi". Tel est le tableau menaçant qu'Emile Souvestre dresse de l'an 3000, dans ce Monde tel qu'il sera. Le plaisir de la lecture du roman d'anticipation de Souvestre tient aussi à l'humour et au dynamisme d'une écriture qui enchaîne les scènes comiques et satiriques. — "Dès le siècle dernier, les écrivains qui se sont souciés de passer la tête par-dessus le mur du présent, balancent entre fiction et essai et lorsqu'ils affectent de préférer la forme romanesque, l'adoptent souvent par habitude ou pour mieux retenir le chaland, et ne se soucient pas toujours de l'exploiter vraiment. Un exemple exceptionnel en est donné par Émile Souvestre (1805-1854). Ce polygraphe assez quelconque dans le reste de sa prose toute hérissée de bons sentiments, mais ici inspiré, publie en 1846 “Le Monde tel qu'il sera”, faux roman, mais véritable essai prospectif. Souvestre place sa cible en l'an 3000, mais c'est en réalité notre siècle qu'il vise, et les effets probables du machinisme sur la société. Pour les condamner évidemment. Avec une pertinence surprenante dans le détail, il inaugure de la sorte plusieurs genres à la fois, le roman d'anticipation, la réflexion prospective, la déploration du progrès sous forme de dystopie et, de façon plus générale, il introduit la fascination horrifiée, quasiment morbide, à l'endroit de la technique, qui demeurera pendant un siècle et demi, en attendant la suite, le trait dominant de la Science-Fiction française." (Gérard Klein, 1995) — "Auteur prolifique, Émile Souvestre publie en 1845-1846, en livraisons puis en volume, “Le Monde tel qu'il sera”, ouvrage d’anticipation dans lequel il propose au lecteur une vision de la vie en l’an 3000. Volontiers caricatural, ironique, anachronique, décalé, ce roman est riche d’enseignements sur l’image que l’on peut se faire au milieu du XIXe siècle d’un futur lointain. Souvestre y met en scène une société fortement marquée par les doctrines fouriériste et saint-simonienne, qui ont répandu la foi en une perfectibilité indéfinie de l’Homme, et qui défendent l’égalité entre tous ; le romancier, dubitatif, montre un monde futur empli d’innovations et de réglementations. Cet ouvrage marque donc une rupture forte avec les textes d’anticipation – qu’ils soient utopiques ou non – proposés jusqu’alors, car il prend ses distances avec la valeur de progrès. De plus, il se propose d’envoyer ses lecteurs encore plus loin dans le temps que ne l’avaient fait jusqu’alors les auteurs « visionnaires » (Louis-Sébastien Mercier, par exemple, ne dépassait pas le XXVe siècle dans “L’An 2440, rêve s’il en fut jamais”, publié en 1771). Souvestre devance d’autres auteurs bien plus reconnus aujourd’hui, tels que Jules Verne, Herbert George Wells ou Albert Robida." (Noémie Boeglin, Le Monde tel qu’il sera, un roman oublié, 2017) — "Chez Souvestre, dans “Le Monde tel qu'il sera” (1846), c’est le procédé plus convenu du voyage temporel par réveil du personnage dans une époque future qui était investi. Marthe et Maurice, un jeune couple parisien du dix-neuvième siècle rêvant à un avenir meilleur pour le genre humain, se réveillent onze siècles plus tard, pour trois jours de découverte d’une civilisation de l’an 3000 qui s’avérera décevante dans sa quête déshumanisante de l’intérêt personnel et de l’efficacité forcenée. Le procédé narratif permet la rétrojection des observations sur un présent dévalué à l’aune de ses effets négatifs possibles." Valérie Stiénon, « La dystopie française d’Émile Souvestre à Léon Daudet. Petite traversée générique », in Jean-Paul Engélibert et Raphaëlle Guidée (dir.), Utopie et catastrophe. Revers et renaissances de l’utopie (XVIe-XXIe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, p. 115

235.          TALLEYRAND-PÉRIGORD (Alexandre-Edmond de, Duc de Dino). Souvenirs de la Guerre de Lombardie pendant les années 1848 et 1849. P., Librairie Militaire de J. Dumaine, 1851, in-8°, (4)-338-(1) pp, reliure plein veau moucheté, dos lisse orné en long, pièce de titre basane verte, filets dorés, encadrement doré sur les plats, tranches marbrées (rel. de l'époque), dos frotté avec pt mques de cuir, coiffes arasées, coins émoussés, intérieur propre et sans rousseurs, état correct. Edition originale

            80

Souvenir d'un témoin oculaire, capitaine d'état-major du roi de Sardaigne Charles-Albert en 1849 pendant la guerre contre l'Autriche. — La formation de l'Italie moderne aboutira en 1860, mais passera par le départ des Autrichiens de l'Italie du Nord. Charles-Albert avec les seules forces italiennes, espère vaincre les Autrichiens qui possèdent la Lombardie et la Vénétie depuis le Congrès de Vienne. Le 24 mars 1848, Charles-Albert, poussé par l'opinion turinoise électrisée, annonçait aux peuples de Lombardie et de Vénétie leur prochaine délivrance par les armes piémontaises : Milan répondit par un acte qui incorporait par 561,000 voix contre 68, la Lombardie au Piémont, et aux troupes de Charles-Albert se joignirent des corps de réguliers et de volontaires venus de toutes les parties de l'Italie. En mars 1848, les Milanais se soulèvent contre le gouvernement des Habsbourg et, après cinq jours d'intenses combats de rue, forcent le maréchal autrichien Radetzky et ses troupes à évacuer la ville. Les troupes piémontaises et des volontaires savoyards pénètrent en Lombardie le 25 mars 1848, pour l'affranchir du joug de l'Autriche... Les succès obtenus par la cause italienne aux mois d'avril et de mai ne se maintinrent malheureusement pas, et, dès le 5 août, les Autrichiens rentraient à Milan... Le 12 mars 1849, Charles-Albert rompait l'armistice signé après Custozza, mais, cette fois dépourvu du concours des autres Etats italiens, il se heurta à l'armée autrichienne, et Novare (23 mars 1849) fut le premier des désastres d'une série qui compte la prise de Rome en juillet et la chute de Venise en août.... Charles-Albert, forcé de signer la paix avec l'Autriche (6 août), constatant la faillite de ses engagements patriotiques, crut devoir abdiquer et alla mourir à l'étranger. C'est son successeur Victor-Emmanuel II qui devait réaliser ses espoirs avec l'appui de la France et de la Prusse... — Alexandre-Edmond de Talleyrand-Périgord, duc de Dino, naît à Paris en 1813. Il est le second fils d'Edmond de Talleyrand-Périgord, duc de Dino et de sa célèbre épouse Dorothée, née princesse de Courlande. Donc, l'un des petits-neveux de Talleyrand. L'empereur de Russie, Alexandre 1er, est son illustre parrain. Attiré par la Marine, il devient lieutenant de frégate le 1er janvier 1833 mais démissionne en 1835. Il devient duc de Dino du chef de son père Edmond, à la mort de son grand-père Archambaud, en avril 1838 et, par courtoisie, marquis de Talleyrand. En 1839, il convole à Cellettes (Loir-et-Cher) avec Valentine de Sainte-Aldegonde, dont la mère est propriétaire du château de Beauregard. On retrouve Alexandre, engagé comme officier d'état-major à la suite de l'armée sarde, en 1848. Capitaine au 1er régiment de la Légion étrangère en 1855, il participera à la campagne de Crimée et assistera au siège de Sébastopol. Il était veuf depuis trois ans, lorsqu'il mourut à Florence, en 1894.

236.          VICTORIA (Reine). Pages du journal de la reine Victoria. Souvenirs d'un séjour à Paris en 1855. Gallimard, Le Promeneur, 2008, in-12, 156 pp, traduit de l'anglais, préfacé et annoté par Olivier Gabet, 10 illustrations, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Cabinet des lettrés)

            12

Tout au long de sa vie, la reine Victoria (1819-1901) a tenu un journal, sensiblement remanié et élagué après sa mort par sa fille cadette, la princesse Béatrice, soucieuse de bienséance. Les premières décennies du règne ont cependant été préservées, comme ces pages où Victoria évoque le séjour qu'elle effectue à Paris en 1855, à l'occasion de l'Exposition universelle. Celle qui n'est pas encore la vieille douairière grand-mère de l'Europe mais une jeune reine curieuse et pleine de vie décrit le Paris que remodèle Haussmann, relate les cérémonies et les réceptions données en son honneur, campe les personnages du second Empire qu'elle croise, révèle ses conversations avec Napoléon III et Eugénie, décrit les lieux où elle passe avec une attention portée au détail et une spontanéité pleines de charme. Ce texte, jusqu'à présent inédit en français, est aujourd'hui conservé dans les collections de la reine, à Windsor Castle. Il apporte des lumières originales sur un moment des relations franco-britanniques, l'histoire diplomatique et celle de Paris, la question du goût et la figure d'une reine qui a fasciné son siècle avant de subir l'ironie dévastatrice d'un Lytton Strachey et de se figer en une icône du conformisme puritain.

20e SIÈCLE

 

237.          ADENAUER (Konrad). Mémoires. Hachette, 1965-1969, 3 vol. in-8°, 597, 528 et 394 pp, traduit de l'allemand, un portrait en frontispice et 8 pl. de photos hors texte au tome I, brochés, couv. à rabats très lég. salies, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier),  envoi a.s. daté du 11 mars 1966

            250

Tome I : 1945-1953. – Tome II : 1953-1956. – Tome III : 1956-1963. — Konrad Adenauer (1876-1967), est un homme d'État allemand membre de l'Union chrétienne-démocrate. Opposant au nazisme après l'avènement du Troisième Reich, il fut, de 1949 à 1963, premier chancelier fédéral de la République fédérale d’Allemagne, auteur de son redressement et de son ancrage atlantiste et européen. Il peut être ainsi considéré comme le « fondateur » de l'Allemagne contemporaine. Adenauer est, avec le général de Gaulle, l'un des promoteurs de la réconciliation franco-allemande. Il est également considéré comme l'un des pères fondateurs de la construction européenne aux côtés de Robert Schuman, Jean Monnet, Johan Willem Beyen, Paul-Henri Spaak et Alcide De Gasperi. Surnommé Der Alte (« Le vieil homme »), il est le plus vieux dirigeant exécutif d'une démocratie dans l'histoire, ayant atteint ses 87 ans à la chancellerie fédérale. — "Le premier volume des Mémoires du Dr Adenauer s’ouvre sur sa libération du camp de Brauweiler, sur les derniers soubresauts de la guerre, l’effondrement, l’anéantissement de son pays et de son peuple ; il se ferme sur son hommage au Soldat inconnu américain, dans le cimetière d’Arlington, où retentissent les « salves d’honneur », aux accents du Deutschlandlied. On imagine la méditation du vieux chancelier. Il nous confie seulement que pour en arriver là — en huit ans « la route avait été terriblement dure ». A ceux qui n’avaient point eu à gravir cette pente abrupte, elle paraissait surtout extraordinairement rapide. Le livre est l’histoire de ce relèvement vertical, tel que personne ne l’eût imaginé, ou espéré, et pas plus que personne, sans doute, malgré sa foi et son énergie, le libéré de l’hiver 1944, qui rentrait chez lui à pied, et dont les geôliers redoutaient le suicide parce que, à leurs yeux, « n’avait plus rien à attendre de la vie ». Le cadeau que la vie lui réservait n’est guère moins prodigieux que celui que l’Allemagne tout entière recevrait du destin. A la vérité, ils ne font qu’un. Et si le Dr Adenauer ne peut pas ne pas le croire providentiel, il n’y voit, certes, aucun miracle. Son livre n’est rien d’autre que l’explication politique d’un fait proprement bouleversant. Dès les premiers jours, l’homme d’Etat a perçu, et analysé dans ses conséquences immédiates et lointaines, le désaccord fondamental qui allait opposer les alliés, et plus largement l’Est à l’Ouest. Il regrette discrètement que cette lucidité n’ait point été aussitôt le partage des Occidentaux. C’est sans doute que l’optique était différente : si ce désaccord et bientôt cette rupture apparaissaient comme une chance inespérée, c’était aux yeux du seul Dr Adenauer, c’est-à-dire de la seule Allemagne. Toutefois, le chancelier ignore les tentations auxquelles eussent cédé des têtes moins solides ou plus machiavéliques. (...) On s’intéressera évidemment, au premier chef, aux idées du Dr Adenauer sur l’Europe. On les connaissait, sans doute, mais elles trouvent ici leur expression la plus ferme et la plus cohérente ; on y perçoit, en outre, une certaine vibration dont l’auteur, presque toujours, excelle à se défendre. En ce sens, peu de Mémoires trahissent aussi peu de passion. Dès les premières pages, c’est une profession de foi catégorique : « Je suis Allemand, mais je suis aussi et j’ai toujours été Européen. »..." (Yves Florenne, Le Monde diplomatique, 1965, à propos du tome I)

238.          AMOUROUX (Henri). Pétain avant Vichy : La guerre et l'amour. Fayard, 1967, in-8°, 362 pp, 16 pl. de photos et 12 pl. de fac-similés hors texte, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état,  envoi a.s. à l'éditeur Charles Orengo

            30

"Il existe de nombreux livres sur le Maréchal Pétain. Mais Pétain avant Vichy est un libre neuf. Tout d'abord parce que l'auteur puise une partie de sa documentation dans plus de 500 lettres inédites écrites par le Maréchal Pétain de 1913 à 1940, témoignages qui sortent de la banalité, éclairent la psychologie d'un homme dans ce qu'elle a de plus secret car il s'agit, le plus souvent, de passionnantes et passionnées lettres d'amour. Parlant de Pétain amoureux, les historiens devaient, jusqu'à présent, se contenter de racontars et de récits sans preuves. Voici, pour la première fois, Pétain intime révélé. Mais Petain avant Vichy n'est en aucune manière un libre à scandale. Les lettres sont citées pour mieux faire comprendre un être complexe et pudique, pour rectifier certaines erreurs, préciser certains points d'histoire, jamais pour blesser des lecteurs fidèles à l'image traditionnelle du Maréchal Pétain ou pour allécher ceux qui ne voient dans l'Histoire qu'une succession de petites histoires..." (rabat de la jaquette)

239.          AUCHINCLOSS (Louis). Woodrow Wilson. Québec, Editions Fides, 2003, in-8°, 399 pp, traduit de l'américain, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            20

Woodrow Wilson, vingt-huitième président des Etats-Unis, fut certainement le plus idéaliste des occupants de la Maison Blanche. Il fut probablement aussi le plus étrange et le plus fascinant. Cet homme d'Etat a, certes, profondément marqué son époque, mais peut-être plus par son rayonnement personnel que par son œuvre politique. Aujourd'hui encore, l'énigme Wilson reste entière : qui était cet homme débordant d'énergie malgré une santé précaire, ce politique persuadé de la supériorité du parlementarisme, mais incapable de convaincre le Congrès de ratifier le traité instaurant la Société des Nations dont il rêvait ? Et de quel poids ses faiblesses intimes ont-elles pesé sur l'histoire du vingtième siècle ? Louis Auchincloss brosse un tableau saisissant de la trajectoire privée et publique de Wilson : à sa suite, nous découvrons le garçon déterminé à surmonter sa dyslexie et le pacifiste oscillant entre l'isolationnisme et l'interventionnisme à l'aube de la Première Guerre mondiale ; l'orateur au verbe étincelant et l'homme tranquille qui lisait des poèmes à ses filles ; l'étoile montante de Princeton happée par la politique. Naviguant avec aisance dans ce labyrinthe, l'auteur retrace l'ascension et la chute de cet imparfait apôtre de la paix mondiale.

240.          AVEROFF-TOSSIZZA (Evan). Le Feu et la hache. Grèce, 46-49. Histoire des guerres de l'après-guerre. Editions de Breteuil, 1973, in-8°, 316 pp, 9 cartes, photos dans le texte, biblio, broché, bon état

            30

"La lutte était locale, l'enjeu était mondial. Cette phrase lapidaire, par laquelle débute la magistrale étude d'Evanghelos Averoff-Tossizza, définit la nature et surtout l'importance de la guerre civile la plus mal connue en Europe, en particulier en France où jusqu'à présent un seul ouvrage ouvertement favorable aux rebelles, “les Kapetanios”, de Dominique Eude, lui avait été consacré : celle qui ravagea la Grèce de 1943 à 1949. Peu d'étrangers, en dehors des spécialistes de l'histoire des Balkans, savent que pour l'Occident son issue était plus décisive encore que celle de la guerre d'Espagne car, si la victoire était restée aux Rouges, le royaume des Hellènes serait devenu une république populaire inféodée à Moscou sur le modèle de ses voisines, le communisme aurait submergé tout le Sud-Est européen, et le monde libre aurait perdu un bastion vital non seulement pour l'indépendance de la Méditerranée mais pour tout le système de défense de l'O.T.A.N. La catastrophe, comme le démontre l'auteur, aurait été inéluctable sans l'entêtement de Churchill qui, ayant obtenu à Yalta l'inclusion de la Grèce dans la zone d'influence britannique, n'admit pas que ce protectorat officieux fût remis en question ; sans la bravoure et le loyalisme des forces gouvernementales ; sans les dissensions internes et les maladresses stratégiques du parti communiste grec ; surtout sans le lâchage de Staline qui, après avoir encouragé les révolutionnaires, décida de les abandonner au sort des armes. Ce livre, d'une double utilité pour le public français puisqu'il lui révèle un épisode essentiel - et pratiquement ignoré - de l'après-guerre et en même temps éclaire pour lui toute l'évolution de la politique intérieure grecque durant les deux dernières décennies, y compris le coup d'Etat du 21 avril, nul n'était plus qualifié pour l'écrire qu'Evanghelos Averoff-Tossizza. Celui-ci, en effet, est à la fois un homme politique réputé pour son libéralisme et un écrivain de classe internationale. (...) A la fois analyse et synthèse, cette étude non seulement substantielle mais exhaustive, précise comme un rapport d'expert et vivante comme un reportage, relate dans les moindres détails toutes les péripéties du conflit en même temps qu'elle en dégage la philosophie historique. L'auteur, qui a eu accès à toutes les archives et a interrogé de nombreux témoins, a eu pour souci majeur de présenter au public un ouvrage aussi impartial que documenté ; il s'est contenté d'exposer les faits, de produire des preuves, de rétablir ou d'apporter la vérité sur des points jusqu'ici controversés ou demeurés obscurs..." (Jacques de Ricaumont, Revue des Deux Mondes, 1974)

241.          AZOUVI (François). Le Mythe du grand silence. Auschwitz, les Français, la mémoire. Fayard, 2012, gr. in-8°, 475 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état (Prix François-Joseph Audiffred de l'Académie des sciences morales et politiques)

            20

Deux mythes ont longtemps structuré la vision que les historiens de l'ère contemporaine ont nourrie de la France : que les Français auraient prétendu avoir résisté dans leur immense majorité, alors que la Résistance n'a eu de cesse, De Gaulle le premier, de rappeler qu'elle fut une minorité ; que les Français n'auraient découvert le génocide des Juifs par les nazis qu'à partir des années 1980. Le premier mythe, Pierre Laborie l'a démonté dans “Le chagrin et le venin. Occupation. Résistance. Idées reçues”. Quant au deuxième, François Azouvi démontre magistralement que dès le lendemain de la guerre, une véritable pensée du génocide s'est élaborée où les catholiques et les protestants prirent une part immense, que nul n'avait mesurée jusqu'ici. Les intellectuels de tout bord ont été pris à la gorge par la spécificité de ce phénomène. La culpabilité, contrairement à une idée reçue, a été assumée, proférée, au point d'animer la progressive réception de l'événement par tout le corps social. Lorsque, en 1967, la guerre des Six-Jours éclate, elle rencontre une opinion publique déjà très bien instruite et sensibilisée au drame des Juifs par vingt années de romans, de films, de récits, de témoignages. Si les Français ont occulté Vichy, ils n'ont jamais occulté l'extermination des Juifs. Pour le prouver, François Azouvi livre ici la première étude systématique de tout ce qui a été écrit, publié ou produit en France sur le génocide depuis 1945.

242.          BARDET (Gaston). La Rome de Mussolini. Une nouvelle ère romaine sous le signe du Faisceau. P., Massin, 1937, gr. in-8°, xviii-322 pp, 16 planches de photos hors texte, 75 figures dans le texte (croquis, plans, photos), broché, couv. illustrée, dos abîmé et recollé avec manque, état correct. Rare,  envoi a.s.

            100

L'urbanisme mussolinien. — "Élève de Marcel Poëte, Gaston Bardet soutiendra à Institut d’urbanisme de l’université de Paris,en 1932, une thèse sur La Rome de Mussolini – Contribution à l’étude du plan régulateur 1931. La « sympathie » pour l’objet de son étude est claire : le mythe de la « Troisième Rome » ne le laisse pas indifférent, non seulement du point de vue des pratiques urbanistiques, mais aussi de celui de l’organisation sociale et économique du régime. Son intérêt pour les thèmes de la culture de Vichy, ou plus génériquement de droite – dont on ressent l’écho dans ce premier ouvrage – n’est toutefois pas une adhésion explicite, mais se situe dans le « portrait d’une génération », marquée par l’hégémonie de l’Action française sur le milieu universitaire entre la fin des années 1920 et le début des années 1930 (Ory et Sirinelli, 1987, p. 119-143). Certains éléments de l’idéologie vichyssoise, par ailleurs mélangés avec la pensée leplaysienne, se retrouvent dans la formation de Bardet : le spiritualisme et la centralité de la religion (ensuite le mysticisme), la conception organiciste de la société, le rôle de la famille comme cellule primaire et fondamentale (et la politique familiale et nataliste), une tendance antimoderne (et, sous certains aspects, antiurbaine) s’exprimant par le ruralisme et le « retour à la terre », la critique du machinisme industriel. La lecture de la thèse permet de repérer l’émergence de ces thèmes qui caractériseront ensuite sa pensée, ainsi que l’ébauche d’un programme qui reprend les nœuds de l’enseignement de Poëte (Calabi, 1997), en premier lieu la centralité de l’homme et l’importance des habitants et de la « culture intellectuelle et morale » dans l’étude de la ville..." (Luigi Manzione, Espaces et sociétés, 2010)

243.          BILLOTTE (Pierre). Le Temps du choix. Laffont, 1950, in-12, 246 pp, broché, bon état, bande éditeur conservée

            20

Ancien chef d'état-major du Général de Gaulle, le Général Pierre Billotte, expert militaire auprès de l'ONU, nous trace un dramatique exposé de la situation mondiale. L'incertitude des Occidentaux, l'implacable rigueur des Russes ont contribué à casser le monde en deux... — "Le général Billotte, après avoir démissionné de l'armée, vient d'exposer dans son livre “Le Temps du Choix” sa conception de l'armée française comme un élément de la coalition atlantique plutôt que de la défense nationale. Le général se refuse à limiter la défense atlantique à des ententes militaires. II n'a pas de peine à démontrer que la guerre moderne met en jeu l'ensemble des ressources d'une coalition, qu'il est par conséquent insuffisant de la préparer par des ententes purement militaires. Pour lui le Pacte Atlantique n'est qu'un « tout premier pas », qui serait inutile s'il n'acheminait vers une stratégie commune élaborée à l'echelle d'un consortium tripartite USA - Commonwealth - Europe, « stratégie commune dirigée effectivement à l'échelon mondial par les puissances y ayant des intérêts mondiaux », c'est-à-dire USA et Commonwealth britannique, « commandée aux échelons régionaux par les puissances y ayant la préponderance » – c'est-à-dire, je suppose, France, Allemagne, Japon, etc. Cette conception, d'ailleurs fort différente sinon contraire à celle du général de Gaulle, se trouve fatalement au terme de l'intention manifestée du côté français par Robert Schuman de « démilitariser le Pacte Atlantique » et des suggestions américaines tendant à la création d'un « Conseil Supérieur de la Guerre Froide ». Outre qu'elle laisse subsister une charge financière écrasante pour l'Europe, elle implique pour réaliser l'homogénéité totale du bloc, une « intégration » non seulement militaire, mais économique et politique..." (Jean-Marie Domenach, revue Esprit, mai 1950) — "... Parmi les grandes études de stratégie générale de cette période, on signalera, parmi les plus suggestives, celles du Général L.M. Chassin, de B.H. Liddell Hart et du Général P. Billotte." (R. Girardet, Problèmes militaires contemporains : État des travaux, 1960)

244.          BUIN (Yves). Paul Nizan. La révolution éphémère. Denoël, 2011, in-8°, 350 pp, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Auteur des Chiens de garde et d'Aden Arabie, Paul Nizan (1905-1940) laisse une œuvre ineffaçable de polémiste et de romancier. Compagnon de Sartre, il fut au centre d'une génération d'intellectuels marxistes moins connus, tels que Georges Politzer, Georges Friedman, Henri Lefebvre ou Norbert Guterman. Plongeant dans la vie intime mais aussi dans les nombreux réseaux de Nizan tout au long des années 20 et 30, ce livre raconte l'effervescence d'une génération audacieuse et inquiète, confrontée au dilemme entre révolution et totalitarisme. Philosophe communiste exigeant, écrivain engagé dans les luttes sociales, Nizan sera l'un des journalistes les plus lucides de son temps. Vingt ans après sa dernière biographie, explorant les sources récentes de sa vie publique et privée, Yves Buin fait revivre avec talent ce personnage au destin hors du commun fauché à trente-cinq ans par une balle allemande. L'intelligence, la colère et la quête de justice de Nizan nous parlent aujourd'hui, plus que jamais.

245.          CASTELLAN (Georges). Le Réarmement clandestin du Reich, 1930-1935, vu par le 2e Bureau de l'Etat-major français. (Thèse). Plon, 1954, in-8°, 571 pp, préface du général Weygand, une carte sur double page, index, broché, dos lég. sali, bon état

            80

"... Si l'ouvrage de M. Castellan ne traite pas absolument tout l'ensemble des problèmes du réarmement du Reich, comme il le reconnaît lui-même en sollicitant d'autres études tirées d'autres sources complémentaires de la sienne, il est difficile d'imaginer travail plus sérieusement conduit. Toujours se manifestent le souci scrupuleux de ne rien avancer qui ne soit solidement étayé, la recherche méticuleuse du fait précis, la volonté de diviser sans cesse le sujet pour mieux cerner ses difficultés et les résoudre. Malgré sa densité, le livre est toujours clair sans être compact ; s'il n'éblouit pas, il instruit toujours. On aimera particulièrement les récits qui élucident des événements aussi compliqués que ceux de l'année trouble de 1932, ou le rôle équivoque – double ou triple – d'un personnage comme Schleicher, ou encore les relations nouées entre la Reischswehr et l'Armée Rouge ; de nombreux tableaux et graphiques résument heureusement les conclusions..." (Henri Michel, Annales ESC, 1956)

246.          CAVALIER (Auguste). Les Rouges « chrétiens » ? Editions Bossard, 1929, in-12, xvi-250 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 100 ex. numérotés sur Alfa (seul grand papier), signé par l'auteur

            35

247.          Le même, exemplaire sur papier courant, broché, bon état

            20

M. Briand et le désordre dans l'Eglise. – La démagogie paysanne. – Les infiltrations maçonniques. – L'appel des communistes aux syndicats rouges chrétiens. Etc. — "Auguste Cavalier, secrétaire de l'Action libérale populaire, directeur de l'Agence de l'Intérêt français et du Semeur de l'Ile de France, a fait paraître sous le titre : les Rouges Chrétiens, un ouvrage qui a fait sensation et a soulevé de nombreuses et ardentes controverses. Mêlé depuis de longues années à la politique, dont il a été à même d'étudier les dessous, son opinion est celle d'un homme qui a su observer les hommes et dégager les causes profondes des événements dont il a été témoin." (Georges Champenois, Le sabotage officiel de l'histoire de France, 1930) — "Auguste Cavalier (1871-1945) est le directeur de “L'Intérêt français”. Après les élections de 1928, Cavalier expose les ravages du "Démocratisme Chrétien" qui a réussi à faire battre des candidats catholiques et nationaux grâce à l'appui du Cartel des gauches. Dès lors il spécialise ses attaques contre la "démagogie nouvelle" incarnée par le Parti démocrate populaire (P.D.P.) Il développe ces thèmes dans son ouvrage “Les Rouges Chrétiens ?” : il y dénonce une tentative visant à empoisonner les milieux nationaux et catholiques et souligne la nécessité d'un front unique des défenseurs de la société, de la patrie et de l'ordre. Il reprend en fait certains des thèmes de l'Action Française, ainsi sur le complot briandiste dont le P.D.P. serait un des agents principaux. Il voit en lui "le pire élément de dissolution civique, sociale, religieuse et nationale"." (Jean-Claude Delbreil, “Centrisme et démocratie-chrétienne en France : le Parti démocrate populaire”, 1990)

248.          CHALAIS (François). Les Chocolats de l'entracte. Choses vécues. Stock, 1972, gr. in-8°, 346 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Un jeune garçon se dit un beau matin : « Tous les gens qui vivaient au XVIIe siècle n'avaient pas la chance de connaître Molière ». Il décida d'être journaliste, « pour avoir le numéro de téléphone des Molières de son temps ». Devenu François Chalais, aujourd'hui il se souvient et, en se souvenant, il raconte les grands moments de notre époque, qui sont autant d'instants de sa vie. Voici les faits, voici les personnages, voici les décors, tout est haut en couleurs, tout est en relief, entrez dans la ronde. Une enfance alsacienne, la guerre à vingt ans, l'occupation, la libération, la révolte et les horreurs de Madagascar en 1948, l'indépendance d'Israël, la chute de Soekarno en Indonésie, la rencontre de Marie Besnard à Loudun, à Saïgon Mme Nhu parle et à Hanoï les bombes tombent, à Hollywood le dernier acte se joue et le rideau tombe sur les premières bandes en proie au LSD, les illusions et les déceptions au pays de Fidel Castro, la première équipe de télévision blanche qui habite Harlem grâce à l'amitié de Ray Sugar Robinson, Norodom Sihanouk part du Cambodge, les attentats de Hong Kong, les troubles de mai 68 à Paris, le festival de Cannes, le Brésil, le Vénézuela, les Philippines, trente ans de théâtre et de cinéma, le Négus, le roi Farouk, Brigitte Bardot, Eichmann, Sophia Loren, Kessel, Monfreid, Jayne Mansfield, Henri Jeanson. C'est le témoignage étincelant et souvent bouleversant d'un homme qui respecte l'homme, d'un écrivain et d'un moraliste qui vit son siècle avec passion.

249.          CHAVARDÈS (Maurice). Eté 1936. La victoire du Front populaire. Calmann-Lévy, 1966, in-8°, 398 pp, 16 pl. de photos et documents et 4 pl. de cartes hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Collection L'Heure H.)

            25

"Ainsi que l'indique le titre, cette histoire événementielle du Front populaire est limitée à ses succès que M. Chavardès évoque avec sympathie. Bien que l'analyse reste souvent superficielle (la grève des capitaux, le mur d'argent...) ce récit devrait plaire à ceux pour qui 1936 fut synonyme d'espérance." (Revue française de science politique, 1967)

250.          CHUZEVILLE (Jean). Rome et l'Internationale. Une prédiction de Dostoïevski. Editions Bossard, 1927, in-12, 51 pp, broché, bon état

            20

Malgré le secret relatif qui les entoure, les négociations entre l'URSS et le Saint-Siège ne passent pas inaperçues. En 1927, Jean Chuzeville, traducteur d'ouvrages littéraires russes en français, qui se présente comme sympathisant de l'Action française, écrit : "Qu'importent en Russie les églises profanées, les milliers de prêtres martyrs, "les yeux arrachés à la cuillère". MM. les Ambassadeurs des Soviets ont trouvé audience au Vatican, et nous savons que des éminences grises et rouges – plus rouges encore que grises – partirent de Rome vers la lointaine URSS pour y négocier directement avec les bourreaux." (Rome et l'Internationale, p. 26). (Laura Pettinaroli, La politique russe du Saint-Siège, 1905-1939)

251.          Collectif. La Russie contestataire. Documents de l'opposition soviétique. Fayard, 1971, in-8°, 330 pp, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Monde sans frontières)

            25

Si ce livre n'a pas d'auteur, c'est qu'il est la trancription d'un malheur et d'un cri collectif. Il nous transmet la voix d'une intelligentsia russe aux prises avec la répression gouvernementale et l'incompréhension populaire. A travers Larissa Daniel, Pavel Litvinov, le général Grigorenko, et le plus grand d'entre eux, Soljenitsyne, voilà le XIXe siècle qui recommence au pays des Soviets. Ce livre, composé de manuscrits clandestins qui circulent sous le manteau, relate leurs protestations, leurs procès, leurs prisons – le très vieux drame de l'intellectuel russe flottant entre l'immense peuple paysan et un Éta tout-puissant. Le texte qui clôt l'ouvrage – le manifeste du « Mouvement démocratique », l'une des organisations clandestines actuelles en URSS – est unique en son genre. Cinquante ans après la Révolution d'octobre, voici le premier bilan critique, fait par des citoyens soviétiques, de leur propre société. (4e de couverture)

252.          CONQUEST (Robert). La Grande Terreur. Les purges staliniennes des années trente. Stock, 1970, in-8°, 579 pp, 8 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Témoins de notre temps)

            25

La Grande Terreur étudie la répression sans exemple que Staline et le NKVD infligèrent au Parti, à l'intelligentsia et à la population dans son ensemble. Le moment le plus spectaculaire en fut les grands procès, au cours desquels les membres de la vieille garde bolchevique s'accusèrent de trahison et d'avoir ourdi un vaste complot hitléro-trotskiste. Il n'en existait aucune preuve, à l'exception de leurs propres aveux extorqués par le chantage et la torture. "Ils goberont tout !" avait dit Staline des Occidentaux avant que s'ouvrît le premier procès. Compagnons de route ou membres des partis communistes, les intellectuels d'Europe et des Etats-Unis, dans leur écrasante majorité, se firent les complices de la terreur stalinienne. A l'anesthésie morale de l'opinion publique succéda l'oubli.

253.          CORTANZE (Gérard de). Pierre Benoit. Le romancier paradoxal. Albin Michel, 2012, gr. in-8°, 565 pp, 16 pl. de photos hors texte, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Grand voyageur, reporter passionné, Pierre Benoit (1886-1962) a fait rêver des générations de lectrices, et de lecteurs, avec ses romans flamboyants où un érotisme sous-jacent le dispute à un exotisme assumé. Aurore, Antinéa, Athelstane, Axelle..., les troublantes héroïnes de ce séducteur impénitent sont autant de femmes fatales qui inspirèrent les plus grands cinéastes. A l'occasion du cinquantenaire de la mort de Pierre Benoit, l'écrivain Gérard de Cortanze retrace le parcours chaotique de ce romancier prolixe, auteur de quarante-trois romans. Marqué par la Grande Guerre, il connut toutes les gloires – il entra en 1931, à 45 ans, à l'Académie française – et la déchéance suprême lorsqu'il fut, en 1944, injustement jeté en prison pour « collaboration avec l'ennemi ». Sa biographie, exhaustive et remarquablement documentée, le sort enfin du purgatoire auquel une certaine critique l'avait condamné. Elle retrace la vie littéraire foisonnante du Paris de l'entre-deux-guerres dont Pierre Benoit fut un des piliers avec ses amis Carco ou Dorgelès, nous fait croiser les innombrables conquêtes du romancier (de la chanteuse Marie Dubas à l'actrice Betty Stockfeld, en passant par Spinelly et Musidora) et révèle les nombreuses facettes de l'auteur de L'Atlantide, qui écrivit aussi bien des dialogues de films, que des centaines d'articles ou des livrets d'opérette. A son ami Jean Cocteau qui lui fit remarquer un jour qu'il avait « le génie de l'imprévu », Pierre Benoit répondit que « le devoir du romancier, c'est d'être de son temps. » Le XXe siècle et ses soubresauts lui donnèrent, ô combien, l'occasion d'être ce romancier paradoxal revendiquant une vie faite « d'absence d'unité, d'expérience et de rêverie ».

254.          DEBRÉ (Michel). Au service de la Nation. Essai d'un programme politique. Stock, 1963, in-8°, 282 pp, broché, couv. rempliée, bon état. Edition originale, un des 200 ex. numérotés sur vélin alfa mousse (seuls grands papiers avec 20 Hors Commerce), enrichi d'un  envoi a.s. à l'éditeur Charles Orengo

            100

"Prenant parti en faveur d'une « jeunesse nombreuse » l'auteur souligne ce qu'a de précaire le renouvellement démographique de ce pays, et préconise un aménagement nataliste de la politique familiale, tant pour les allocations que pour l'octroi de logements. La France aurait intérêt, à ses yeux, à compter 100 millions d'habitants (p. 183), mais en attendant, une croissance annuelle, sans immigration de 400.000 unités (au lieu de 300.000) est l'objectif proposé (p. 22). Encore faut-il qu'une population plus importante soit mieux répartie : c'est dire le rôle accordé à l'aménagement du territoire. Malgré l'accord que D. marque avec les thèses de la Commission d'étude de la vieillesse, les recommandations de celle-ci sont loin d'être passées dans les faits. Outre les chapitres sur la recherche et la culture, 30 pages, très denses, sont consacrées au problème de l'éducation". (Population, 1964)

255.          DES CARS (Guy). Les Reines de coeur de Roumanie. GLM/Michel Lafon, 1991, gr. in-8°, 358 pp, 16 pl. de photos hors texte, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Elisabeth de Wied (Carmen Sylva), Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, Magda Lupescu, etc. — Dans le vertigineux tourbillon des derniers fastes de l'Europe centrale, elles ont mené le bal. La première fut une reine-poétesse, Carmen Sylva. La seconde, petite fille de la reine Victoria, sut faire pencher la Roumanie vers la liberté à une époque cruciale de son histoire. La troisième s'effaça quelque peu devant la sémillante Magda Lupescu, maîtresse absolue de son royal mari Carol II. La quatrième, française, sut apaiser pour son époux les douleurs de l'exil. Toute l'aventure de la couronne de Roumanie est ici retracée à travers la vie de ces "reines de coeur", mais aussi à travers une brochette de femmes de lettres, d'artistes et de grandes aventurières qui font de ce récit le plus fabuleux des romans d'amour.

256.          EPISTÉMON (pseud. de Didier ANZIEU). Ces idées qui ont ébranlé la France. Nanterre, novembre 1967 - juin 1968. Fayard, 1968, in-8°, 129 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Monde sans frontières)

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Didier Anzieu, professeur de psychologie à l'Université de Nanterre et d'observateur participant du Quartier latin, où il résidait, fut un acteur et un analyste commentateur et interprète du mouvement de mai-juin 1968. Il publia dès septembre 1968, sous le pseudonyme d'Epistémon, un ouvrage qui compta parmi ceux qui tentèrent à l'époque de décrypter ces événements surprenants, insolites, festifs et violents, déconstructeurs et créatifs : "Ces idées qui ont ébranlé la France". Le titre évoquait bien une révolution. Ceux qui reconnurent dans ce livre dès sa parution celui que masquait cet Epistémon ne furent pas nombreux : Anzieu n'avait pas la réputation d'être un « révolutionnaire ». Dans ses entretiens avec G. Tarrab (1986), près de vingt ans plus tard Anzieu revient sur son analyse. Il en maintient l'essentiel. Il distingue trois caractéristiques du mouvement contestataire des étudiants. En premier lieu, la grande intensité émotionnelle et la stimulation fantasmatique de l'événement ont provoqué une abondance et une variété de productions écrites : cette surinterprétation s'apparente à un phénomène post-traumatique, dont il dégage quelques causes possibles. Le second trait est l'efficacité symbolique des actions étudiantes (occupation des lieux du savoir, des théâtres) et leurs conséquences quant aux changements importants dans les mœurs et les rapports sociaux... — "Parmi les ouvrages déjà nombreux qui ont été consacrés à la révolution de mai 1968, celui d'Epistémon mérite une attention particulière. Il saisit en effet le mouvement à son origine, c'est-à-dire à Nanterre et dès novembre 67. L'analyse des courants de pensée qui se sont manifestés dans l'enclos d'une faculté surgie au milieu des bidonvilles, la description d'une situation qui échappe progressivement à tout contrôle aussi bien sur le plan pédagogique que sur le plan administratif font comprendre le phénomène nanterrois dans sa spécificité et comme détonateur au sein d'une université malade. Le pseudonyme d'Epistémon dissimule (à peine) l'identité de l'auteur, professeur de psychologie à Nanterre, qui a été directement mêlé à la vie de la faculté depuis sa création. Entreprenant d'écrire son livre au jour le jour, il s'établit à une distance qui lui permet d'observer, d'analyser, d'interroger l'événement au moment même où il y est personnellement impliqué. Il parvient ainsi à une assez remarquable objectivité, au-delà de tout parti-pris et de toute complaisance à l'égard de qui que ce soit, fut-ce de lui-même. Ce n'est pas l'objectivité de l'historien ou du sociologue, mais celle du psychologue qui est toujours un observateur-participant (ou un « juge-pénitent», pour reprendre la formule de Camus). Ce qu'il donne à voir dans son récit, c'est, à un premier niveau, le développement d'une situation dont il est à la fois acteur et spectateur, mais c'est aussi, à un deuxième niveau, l'effort même qu'il fait pour comprendre les étudiants, « pas seulement avec la tête », et pour se comprendre lui-même dans son rapport avec eux..." (Gilles Ferry, Revue française de pédagogie, 1969)

257.          FABRE-LUCE (Alfred). Les Mots qui bougent. Fayard, 1970, in-8°, 236 pp, broché, bon état

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"Chaque civilisation, à chacune de ses époques, se dépose dans un certain nombre de mots clés qu'elle secrète ou dont elle hérite en les chargeant d'un sens nouveau. Dès qu'une société ralentit son évolution et se fige, les mots qui servaient à en exprimer les divers aspects ont tendance eux aussi à se figer dans l'immobilité : leur sens n'évolue plus. C'est de cette constatation, assez forte, que part Alfred Fabre-Luce quand il nous parle des « mots, si longuement endormis dans les campagnes d'autrefois ». Au contraire une société bien vivante, capable de suivre la course de l'histoire sans « décrocher », s'exprime à travers des mots dont le sens évolue sans cesse, des « mots qui bougent ». Autrement dit étudier les mots qui bougent c'est étudier une société en cours d'évolution historique. Cette société, c'est notre société occidentale ; cette période d'évolution, c'est la période contemporaine... Face à un tel projet, deux attitudes étaient possibles. Celle de l'historien, se proposant de déchiffrer l'évolution d'une société par l'analyse de tous les concepts clés de son univers culturel. C'est l'attitude scientifique, supposant méthode et exhaustivité. Au total, un travail bien indigeste et fastidieux pour le lecteur. Alfred Fabre-Luce choisit la deuxième attitude : celle du dilettante intelligent, cultivé, curieux, qui prospecte à sa fantaisie dans la mine des mots qui bougent. Cette sélection implique un risque de gratuité mais aussi l'exercice d'une certaine finesse intellectuelle. Même si certains choix sont dictés par des considérations personnelles (l'essai sur le mot Résistance, par exemple, semble orienté par un souci de réhabiliter le régime de Vichy), nous n'en sommes pas moins reconnaissants à l'auteur de la liberté avec laquelle il traite sa matière. Attaquant dans son livre les dogmatismes politiques et culturels trop florissants à notre époque (« ... il nous reste à nous démarxiser et nous déstructuraliser », peut-on lire au chapitre Scientisme), il est logique qu'Alfred Fabre-Luce conçoive son ouvrage comme l'anti-système : la forme répond au fond. Dès lors cet essai a le charme qu'ont toutes les errances : pas de logique impérieuse et contraignante mais une série assez lâche de propos ou vues profondes et universelles côtoient expériences et « recettes » personnelles. (...) Mais ne nous laissons pas prendre au piège : sous la modestie apparente du propos se devine un projet qui l'est beaucoup moins : composer une sémantique historique qui soit une enquête sur notre temps. L'auteur était fort bien placé pour esquisser ce travail : il a suffisamment vécu pour mesurer l'évolution des mots au cours des années mais su garder suffisamment de jeunesse pour ne pas réduire son analyse à une vaine nostalgie des sens disparus." (Richard Sinding, Revue des Deux Mondes, 1971)

258.          FALIGOT (Roger), Jean GUISNEL, Rémi KAUFFER. Histoire politique des services secrets français. De la seconde guerre mondiale à nos jours. La Découverte, 2012, fort gr. in-8°, 734 pp, annexe, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Cahiers libres)

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Voici un livre exceptionnel : il retrace l'épopée de la DGSE, le service de renseignement français à l'international et des services qui l'ont précédé. Cette centrale d'espionnage et de contre-espionnage est en effet l'héritière d'une longue histoire commencée dans la Résistance contre les nazis. Trajectoire prolongée par le SDECE pendant la guerre froide, la guerre d'Indochine, la guerre d'Algérie, sous la IVe République comme sous les présidences de Gaulle, Pompidou et Giscard d'Estaing. Puis par la DGSE depuis 1982 sous Mitterrand, Chirac, Sarkozy et maintenant Hollande avec l'émergence du monde éclaté d'aujourd'hui. Une aventure qui court sur sept décennies, de la Seconde Guerre mondiale à l'actuelle gestion par le nouveau pouvoir socialiste. Pour faire vivre cette histoire des services secrets français, de leurs échecs et de leurs réussites, pour décrire en profondeur leurs relations souvent mouvementées avec le pouvoir politique, les trois meilleurs spécialistes du sujet, Roger Faligot, Jean Guisnel et Rémi Kauffer, ouvrent leurs fonds d'archives originales accumulées pendant près de quatre décennies. Brossant le portrait des hommes et des femmes des services, ils narrent leurs opérations clandestines sur tous les continents et livrent des dizaines de témoignages inédits. Nourrie de révélations, de récits spectaculaires, de mises en perspective novatrices, de détails techniques, cette somme et son index de près de 6 000 noms constituent dès maintenant une référence sans équivalent.

259.          FERRULI (Corrado). Titanic. L'aventure, le mystère, la tragédie. Hachette Collections, 2003, in-4°, 284 pp, plus de 300 illustrations en noir et en couleurs : gravures, portraits, photos, plans, etc., reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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L’histoire fascinante et tragique du Titanic a suscité cauchemars et rêves et a stimulé l’imaginaire de générations entières. Tragique, parce qu’elle a coûté la vie à 1500 personnes. Fascinante, parce que le Titanic représentait avec sa prétendue insubmersibilité le défi de l’homme face à la mer. Cet ouvrage foisonnant de documents retrace de façon chronologique l’histoire du paquebot du jeudi 11 avril 1912 au moment où il lève l’encre pour traverser l’Atlantique jusqu’au lundi suivant où les rescapés du naufrage sont secourus par le Carpathia. Des témoignages, des photos, des documents illustrent très largement ce bel ouvrage que l’on ouvre avec fascination et émotion. — "Un siècle après le naufrage du Titanic, ce beau livre, richement documenté et illustré, retrace de façon chronologique l'histoire du paquebot mythique, depuis son escale à Cherbourg, le 10 avril 1912, jusqu'à son naufrage, quatre jours plus tard, au large de Terre-Neuve. De cette histoire maintes fois racontée par les chroniqueurs du monde entier, et magnifiée par l'imagination des cinéastes, il nous livre une version particulièrement originale. Le récit bourré d'anecdotes, qui se lit comme un roman à suspense (bien qu'on en connaisse la fin), est étayé par de nombreux documents (photos d'époque, tableaux, cartes marines, objets...) et émaillé de portraits de passagers ou de membres d'équipage, qui lui donnent une dimension très humaine." (Christine Legrand, La Croix)

260.          FIORI (Giuseppe). La vie de Antonio Gramsci. Fayard, 1970, in-8°, 383 pp, notice bibliographique, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Monde sans frontières), bande éditeur conservée (“Le plus grand théoricien marxiste depuis Lénine”)

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Avec cette biographie – la première en français – d'Antonio Gramsci le lecteur français va enfin avoir accès à la vie et à la pensée de celui qui fut non seulement le fondateur et le théoricien du communisme italien, mais encore le plus profond et le plus original intellectuel marxiste de l'Europe occidentale. Né en Sardaigne en 1890, Gramsci est physiquement contrefait, mais intellectuellement précoce. Très pauvre, il ne put faire des études supérieures à Turin que grâce à une bourse obtenue par concours. Pour ce jeune nationaliste sarde Turin sera une ouverture à la vie politique. Mêlé au mouvement de la gauche italienne, il fera bientôt partie de la grande vague révolutionnaire qui a déferlé sur l'Europe après 1919. Au moment de la contre-offensive fasciste, Gramsci, avec Bordiga et Togliatti est un des leaders les plus influents du communisme italien. Depuis 1922, il mène une lutte inégale contre Mussolini au pouvoir ; il est arrêté en 1928. Il passera dix années en prison jusqu'à sa mort en 1937, écrivant son oeuvre consacrée à Machiavel, au problème méridional, à l'évolution de la culture européenne, devenant ainsi le plus grand et peut-être le seul penseur marxiste européen depuis Lénine.

261.          FRÉMONTIER (Jacques). La Forteresse ouvrière : Renault. Fayard, 1971, in-8°, 380 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Monde sans frontières),  envoi a.s.

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« Lorsque Renault éternue, la France s'enrhume », affirment les 38.000 travailleurs qui s'entassent dans la « forteresse ouvrière » de Billancourt. Qui sont-ils ? Comment vivent-ils ? Que veulent-ils ? Jacques Frémontier en a interrogé cent vingt, des Français et des immigrés, des manoeuvres et des ingénieurs, des communistes et des gauchistes, des militants et des attentistes, bref un échantillonnage représentatif de l'usine. « Société de consommation », « nouvelle classe ouvrière », « embourgeoisement », toutes les mythologies à la mode sont ici remises en question. Ainsi se trouvent rappelées, face aux tentations du rêve, les conditions concrètes de la lutte ouvrière dans la France d'aujourd'hui.

262.          GAUTHIER (Guy). Missy reine de Roumanie. France-Empire, 1994, gr. in-8°, 359 pp, 8 pl. de photos hors texte, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Née en 1875 dans le Kent, petite-fille de la reine Victoria par son père et du tsar Alexandre II par sa mère, Marie de Grande-Bretagne, Missy dans l'intimité du Gotha, aurait pu régner sur l'Angleterre ou sur la Russie aux côtés de ses cousins bien-aimés George V ou Nicolas II. Par la malice d'un autre cousin, le kaiser Guillaume II, elle devint reine de la petite et lointaine Roumanie. Elle se vengea avec intelligence en poussant la Roumanie dans le camp de la France en 1916 et en faisant de son pays, à partir de 1918, la première puissance des Balkans, la Grande Roumanie...

263.          GILDER (George). Richesse et pauvreté. Albin Michel, 1981, gr. in-8°, 364 pp, traduit de l'américain, notes, biblio, index, broché, bon état

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"Nouveau catéchisme d'économie politique, best-seller inattendu, voici le livre dont le président Reagan a distribué quantité d'exemplaires autour de lui et dont le directeur de la C.I.A. déclare qu'il va servir d'inspiration et de guide à la nouvelle administration." (4e de couverture) — Pour Gilder, "le système réussit et se développe par la place qu'il accorde à la créativité héroïque des entrepreneurs", il fustige "l'assistanat" de la protection sociale car "l'aiguillon de la pauvreté est la chose la plus nécessaire aux pauvres" et les économistes "obsédés par la redistribution". Pour Gilder, la réussite est une question de volonté : "La motivation décidera du succès ou de l'échec des entreprises ou des nations" et "la question cruciale est celle de la qualité et de la quantité d’investissement des riches". Sa conclusion : "il ne fait aucun doute que nos impôts sur le capital et l'investissement doivent être réduits très largement". — "Les économistes de l'offre ont eu une certaine influence sur les conseillers économiques de Reagan, de sorte qu'on a aussi appelé cette école la "reaganomique". Ils ont réhabilité la loi de Say – ou loi des débouchés –, formulée en 1803, en vertu de laquelle l'offre crée sa demande. Ainsi, toute épargne trouve-t-elle automatiquement son chemin dans l'investissement. Or, comme ce sont les riches qui épargnent, il faut réviser la fiscalité de manière à cesser de pénaliser les hauts revenus. George Gilder, l'un des chefs de file de ce courant de pensée, a publié un livre intitulé “Richesse et pauvreté” (1981), dont on a dit que c'était le livre de chevet de Reagan. On y trouve, entre autres, l'idée selon laquelle, pour réformer la fiscalité, il faut abolir les transferts sociaux qui servent à entretenir déviants et prodigues. C'est la remise à jour des thèses des adversaires des lois sur les pauvres en Angleterre qui, au XVIIIe et au début du XIXe siècle, insistaient sur l'importance de l'aiguillon de la faim pour stimuler les paresseux. Gilder appelle, par ailleurs, à un retour aux valeurs familiales traditionnelles fondées sur la supériorité de l'homme et le retour de la femme au foyer. L'économie de l'offre illustre bien la coexistence entre le libéralisme économique et le conservatisme moral." (Gilles Dostaler, Les chemins sinueux de la pensée économique libérale, 2009)

264.          GIRAULT (Jacques). Sur l'implantation du Parti Communiste Français dans l'entre-deux-guerres. Editions Sociales, 1977, in-8°, 369 pp, avec la collaboration de Bernard Chambaz, Jean-Paul Depretto, Annie Fourcaut, Anne-Marie et Claude Pennetier, Pascal Plagnard, cartes, tableaux, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le Parti communiste, par sa nature même, exige des approches historiques nouvelles et diversifiées. Replacer le Parti communiste dans le milieu dans lequel il évolue permet de mieux comprendre les raisons de ses succès et de ses échecs. Outre le Parti et son organisation, l’influence électorale et les conditions structurelles (« le milieu »), une étude d’implantation doit aussi, par des méthodes appropriées, rendre compte de la présence diffuse du Parti dont on est amené à mesurer au fil des années tout l’impact. Cet ouvrage présente plusieurs volets : une synthèse temporaire et problématique de l’implantation du Parti Communiste en France et dans la région parisienne dans l’entre-deux-guerres ; des types méthodologiques d’approches : une commune ouvrière (Ivry), un arrondissement parisien (le 18e), des logements collectifs (Bagneux), une entreprise (Renault), des militants (le Cher), une élection révélatrice (le Var). — "Voici que l'une des études les plus solides, les moins partisanes est publiée par les soins des Éditions Sociales ; voici que la première histoire enfin « laïcisée » du Parti Communiste nous est présentée. Il y a de quoi en rendre hommage à Jacques Girault, maître-assistant à l'Université de Paris I où il assure pour l'essentiel la marche du Centre d'Histoire du Syndicalisme, à Bernard Chambaz, Jean-Paul Depretto, Annie Foucault, Pascal Plagnard, agrégés de l'université qui ont effectué des recherches sous la direction de Jacques Girault et à Claude Pennetier qui achève une thèse de troisième cycle sur le mouvement ouvrier dans le centre de la France. L'ouvrage est collectif mais non pas hétérogène. Cela tient en fait que les deux premiers chapitres sont de la main du maître d'oeuvre, Jacques Girault. Même les contributions des autres chercheurs semblent illustrer les propos du principal auteur, ce qui prouve que les études correspondent à un plan d'ensemble bien dressé et conduit à son terme de manière cohérente et efficace. L'introduction de l'ouvrage intéresse la problématique de l'implantation du PCF dans l'entre-deux-guerres. Girault y rejette deux thèses, celle de Mme Annie Kriegel sur le Parti contre-Société et celle de J.-P. Brunet sur les liens étroits entre la direction du PCF et l'Internationale communiste. Le Parti communiste est un mouvement politique comme un autre qui cherche à s'implanter et y réussit bien entre 1919 et 1939..." (Michel Launay, Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1979)

265.          GLOTZ (Michel). Révéler les dieux. Laffont, 1981, in-8°, 238 pp, lettre-préface de Herbert von Karajan, broché, couv. illustrée, bon état

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Par l'impresario et ancien producteur de disques Michel Glotz (1931-2010), qui fut l'ami de certains des plus grands musiciens du XXe siècle comme Maria Callas et Herbert von Karajan. Il aura personnifié comme peu de ses confrères l'âge d'or du disque classique en participant, notamment comme directeur artistique, à plus de mille enregistrements dont plus de cent gravures d'opéras, pour EMI, Deutsche Grammophon, RCA, Philips et Sony. Glotz fut surtout le complice de trois artistes réputés difficiles mais qui lui vouaient une confiance absolue : le pianiste Alexis Weissenberg, la soprano Maria Callas et le chef autrichien Herbert von Karajan, qui en a fait le superviseur de ses enregistrements chez DG de 1976 jusqu'à sa mort en 1989. Il évoque son parcours exceptionnel dans ce livre préfacé par Karajan et centré sur son métier d’impresario, terme à l’ancienne qu’il préférait à celui, plus moderne mais plus froid, d’agent artistique. — "C'est avec beaucoup d'enthousiasme que Michel Glotz parle du métier d'impresario auquel il a consacré sa vie et qui depuis vingt-cinq ans le passionne de plus en plus. Il dévoile les coulisses de ce métier fort mal connu et, selon lui, souvent calomnié. Les anecdotes qu'il rapporte avec beaucoup de verve, appartiennent à la vie de ces musiciens et de ces chanteurs que le grand public a appris à connaître et à révérer. De ses amitiés avec des célébrités comme Maria Callas ou Herbert von Karajan, Michel Glotz sait raconter avec une affection sincère les meilleurs, et parfois les moins bons moments." (Lectures n° 4, décembre 1981)

266.          GRIMAUD (Maurice). Je ne suis pas né en Mai 68 : Souvenirs et carnets, 1934-1992. Tallandier, 2007, in-8°, 440 pp, 8 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le nom de Maurice Grimaud est attaché aux journées de Mai 1968. De fait, le préfet de police fut alors l'une des pierres angulaires de la république qui vacillait. L'agenda quasi quotidien qu'il a tenu cette année-là et qu'il livre ici intégralement donne la mesure d'une lucidité et d'un sang-froid développés au long d'une existence originale et d'une carrière exceptionnelle, qui l'ont conduit de la khâgne du lycée Henri-IV et de la fréquentation des écrivains jusqu'à la direction du cabinet de Gaston Defferre, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation dans les années décisives de 1981-1983. Quel que soit le poste qu'il a occupé, Maurice Grimaud s'est toujours signalé par une certaine idée de la personne humaine et par un goût affirmé de la chose écrite. Et comme il a connu beaucoup de ce qui a compté, de la fin de la IIIe République jusqu'aujourd'hui, son récit, nourri de portraits, d'anecdotes et de réflexions, constitue, comme l'écrit Michel Winock, « une source précieuse de notre histoire contemporaine », tout comme un grand morceau de littérature. — "Les gens rencontrent plus ou moins l'Histoire ; ils peuvent la frôler comme Fabrice à Waterloo ; ils peuvent cultiver leur jardin dans l'inattention au cours du monde. Tel n'est pas le cas de Maurice Grimaud qui, toute sa vie, fut en prise avec l'événement. En 1940, au moment de la débâcle des armées françaises, il est au Maroc, affecté au cabinet diplomatique du général Noguès ; il y est encore lors du débarquement des troupes anglo-américaines en Afrique du Nord en novembre 1942. Mobilisé comme aspirant-interprète, il est mis en novembre 1943 à la disposition du commissariat à l'Intérieur à Alger, où s'est établi en juin le Comité français de libération nationale, co-présidé par de Gaulle et Giraud. En septembre 1944, il rentre en France libérée, affecté au ministère de l'Intérieur, mais pour peu de temps, puisqu'on le retrouve à Baden-Baden, siège du Gouvernement militaire en territoire occupé, où il est témoin de tous les problèmes auxquels l'Allemagne défaite est confrontée. En 1948, le voici à Genève, où il collabore à l'Organisation internationale pour les réfugiés (O.I.R.). C'est à cette occasion qu'il rencontre l'extraordinaire personnalité de l'abbé Glasberg, juste parmi les Justes. De retour au Maroc en 1951, il assiste, le coeur serré, aux effets désastreux de la politique coloniale menée par la IVe République, en particulier à la déposition du sultan Ben Youssef en 1953. Heureux de rentrer en France, il est nommé préfet des Landes l'année suivante. Là, il prend la mesure des zizanies locales, des guerres de clan, des rivalités dont l'histoire a imprégné les esprits, et dont il finit par être victime. Quel soulagement pour lui de se retrouver, en 1957, préfet de Savoie, où il collabore fructueusement avec toutes les tendances de l'opinion prêtes à taire leurs querelles dans l'intérêt bien compris du département. C'est là, dans sa préfecture de Chambéry, qu'il vit la crise du 13 mai 1958, la chute de la IVe République, le retour du général de Gaulle au pouvoir. Préfet de la Loire en 1961, il ne reste que peu de temps à ce poste, car le gouvernement lui confie la direction générale de la Sûreté nationale, au moment des complots de l'OAS et au lendemain de l'attentat du Petit-Clamart perpétré contre de Gaulle. Maurice Grimaud n'a guère la fibre policière, mais il accepte la mission d'assurer le loyalisme de la police française face aux défaillances de quelques autres grands services de l'État ; il restera à ce poste jusqu'en 1967, s'occupant aussi bien des complots à déjouer, des réseaux à démanteler, des voyages du Général à préparer et à protéger. Des affaires retentissantes le saisissent tour à tour : l'arrestation de l'espion Georges Pâques, la tragique affaire Ben Barka... La réforme de la police s'impose alors, et le gouvernement désigne Grimaud en 1967 pour remplacer Papon à la tête de la préfecture de police. C'est à ce poste de préfet de police, où il se maintiendra jusqu'en 1971, que son nom devient célèbre : la crise de Mai 1968 le lance au premier plan d'une brûlante actualité ; il y acquiert l'estime publique et une popularité due à un savoir-faire alliant la fermeté et la concertation. On imagine ce qu'aurait pu être le comportement du préfet de police précédent, celui de Charonne, celui de la répression de la manifestation algérienne du 17 octobre 1961, au cours de ce mois fiévreux, dans ces affrontements répétés, ces violences quotidiennes. On imagine, et l'on peut rétrospectivement se louer que Grimaud fût le chef de cette police harcelée à laquelle il sut ordonner le calme et la discipline républicaine. Mai 68 fut volcanique, mais non sanglant : Maurice Grimaud y contribua au premier chef..." (Michel Winock, Préface) — "Ceux qui s'attendent à trouver dans ce recueil de souvenirs un regard inédit sur Mai 68 risqueront donc de rester sur leur faim. Ceux qui, en revanche, se passionnent pour les coulisses de la vie politique, se délectent des intrigues dont bruissent les antichambres du pouvoir ou veulent tout simplement comprendre comment travaille ce qu'il est convenu d'appeler un grand commis de l'Etat, ceux-là ne lâcheront pas le livre avant de l'avoir achevé. Car Grimaud a un vrai talent de conteur pour faire revivre le demi-siècle d'histoire auquel il participa, souvent aux avant-postes... A la lecture d'un tel autoportrait, on comprend mieux pourquoi un tel homme, qui avoue n'avoir jamais eu "aucun goût pour les affaires de police", réussit en Mai 68 à restaurer l'ordre sans faire couler le sang." (Thomas Wieder, Le Monde du 21 décembre 2007)

267.          HEURÉ (Gilles). L'insoumis. Léon Werth, 1878-1955. Viviane Hamy, 2006, gr. in-8°, 333 pp, 2 photos hors texte, livres de Léon Werth, biblio, index, broché, bon état

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 Ses pages sur la Première Guerre, dans Clavel soldat et Clavel chez les Majors en 1919, sont parmi les plus lucides sur la peur et l’ennui, le dégoût du ‘’bourrage de crâne’’ et des foules qui s’y plient. Dans les années suivantes, Werth sera confronté à la politique, aux tourmentes idéologiques et aux controverses intellectuelles. L’antimilitariste soldat sera aussi anticolonialiste, notamment dans son livre Cochinchine, pourfendant l’arrogance et la cruauté des sociétés civilisées à l’égard de celles qu’elles pillent et maintiennent sous le joug des armées et des colons. Il écrira contre le nazisme et le stalinisme dans les journaux, alertera sur l’inexorable descente collective vers les abîmes et, pendant quatre ans, entre 1940 et 1944, tiendra un journal qui deviendra Déposition, un des plus grands livres sur les années de l’Occupation, celles qui virent tant de renoncements, d’ignominies et de courage. À regarder tous les tableaux des peintres qu’il a connus et sur lesquels il a écrit, à sillonner les campagnes à bicyclette, bref, à lire tous ses livres et articles, on se dit que l’homme reste singulièrement notre contemporain (...), qui se refuse à accepter la modernité à tout prix, fût-elle parée des plus beaux atours culturels.

268.          HUGO (Jean). Avant d'oublier, 1918-1931. Fayard, 1976, in-8°, 301 pp, broché, couv. à rabats, bon état

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Dans ces mémoires, le peintre Jean Hugo, arrière-petit fils du grand poète, se révèle un témoin inestimable des « années folles » dans ce qu'elles eurent de plus créateur. C'est une chronique familière, vivante et très personnelle, précieuse par la connaissance des lettres et des arts de l'époque dont elle traite. — "Jean Hugo, peintre doué était l'arrière-petit-fils de Victor Hugo. Dans l'entre-deux-guerres, il s'était lié d'amitié avec tous les artistes de son temps. Jean Cocteau et Erik Satie avaient été les témoins de son premier mariage avec Valentine Gross (qui gardera son nom par la suite). Paul Éluard, Max Jacob, Georges Auric, Blaise Cendrars, Christian Bérard étaient ses intimes. Il était un peintre et un décorateur de talent mais avait mené une carrière si discrète qu'on le connaissait davantage à l'étranger que chez lui. « Tu ne fais rien pour ta gloire ! », lui reprochait souvent son ami Pablo Picasso (qui, lui, faisait beaucoup pour la sienne). Jean Hugo a publié à la fin de sa vie deux délicieux recueils de souvenirs, "Avant d'oublier" et "le Regard de la mémoire". Invité sur le plateau d'« Apostrophes » en 1984, quelques mois avant sa mort, il avait crevé l'écran..." (Pauline Dreyfus, Revue des Deux Mondes, 2017)

269.          IBARRURI (Dolorès). Mémoires de la Pasionaria. Julliard, 1964, gr. in-8°, 437 pp, traduit de l'espagnol, broché, couv. illustrée à rabats un peu abîmée, état correct

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Dolores Ibárruri Gómez (1895-1989), connue sous le nom de la Pasionaria, est élue députée des Asturies en février 1936. Quand la guerre civile éclate en juillet, elle se dresse pour défendre la république avec le célèbre slogan «No pasarán» (« Ils ne passeront pas »), prononcé, dès le 19 juillet, au balcon du ministère de l'Intérieur au moment de l'offensive franquiste contre Madrid. Elle est élue vice-présidente des Cortes en 1937. Elle a été secrétaire général du Parti communiste espagnol (PCE) entre 1942 et 1960, et présidente de ce parti entre 1960 et 1989.

270.          IZARD (Georges). Lettre affligée au général de Gaulle. Laffont, 1964, in-12, 95 pp, broché, bon état

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“Mon général, nous ne sommes pas heureux...” — Un pamphlet critique du Général issu de la droite centriste. Cette fraction démocrate-chrétienne de la droite française aurait aimé que le Général se contente de sortir la France du bourbier algérien et s'en retourne dans sa retraite « colombéenne ». Mais parce qu'il est bien là, le grand avocat Georges Izard se fait le procureur de sa politique étrangère avec des arguments atlantistes et européistes... Georges Izard sera élu à l'Académie française le 11 février 1971 au fauteuil d'Henri Massis.

271.          IZARD (Georges). Viol d'un mausolée. Le sens et l'avenir de la déstalinisation. Julliard, 1957, in-8°, 220 pp, broché, papier jauni, bon état

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"Les plaidoiries de M. Izard, l'avocat connu, font place, pour cette fois, à un réquisitoire. L'auteur ne se contente pas de détailler le « scandale » Staline. Il refait, dans une étude serrée, la critique du marxisme. Et, sans prononcer, à son sujet, un verdict favorable, il montre quelques-unes des infidélités dont Staline s'est rendu coupable vis-à-vis des consignes officielles. C'était notamment une thèse essentielle, chez Marx, et même chez Lénine, qu'après la révolution, l'État devait progressivement « dépérir » au profit de la démocratie effective. On sait ce qu'il en est advenu sous le joug établi et maintenu par le tyran défunt du Kremlin. M. Izard estime d'ailleurs que, par une logique interne, le bolchevisme est condamné à persister, comme le montre le drame de Budapest, dans les mêmes errements. La « destalinisation », interprétée par Khrouchtchev, ne peut être qu'un leurre. Peut-être seulement les dures expériences du passé et les exigences vitales de l'avenir finiront-elles par rendre au monde le bienfait de la liberté. Puissent les peuples, satellites ou autres, de plus en plus comprendre que le « viol d'un mausolée » pour en expulser une idole, comme s'y emploie Me Izard, est un geste de salubrité publique qui n'a rien de sacrilège." (Henri Du Passage, revue Esprit, 1957)

272.          [IZARD, Georges] – BOYSSON (Emmanuelle de). Georges Izard, avocat de la liberté. Presses de la Renaissance, 2003, in-8°, 322 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Evocation intime et sensible peuplée de personnages hors du commun, cette biographie est aussi une aventure familiale. Celle d'une petite fille qui cherche à percer le mystère d'un grand-père à la fois proche et lointain. En nous entraînant dans la vie romanesque de Georges Izard, Emmanuelle de Boysson nous plonge dans le tourbillon des passions politiques et intellectuelles du XXe siècle. L'on croise ainsi au fil des pages François Mitterrand et Victor Kravchenko, Paul Claudel et Charles Maurras, Mohammed V du Maroc et son fils Hassan II, le jeune Zaher Shah d'Afghanistan et le cardinal Daniélou, pour ne citer que quelques personnages hors normes de cette étonnante galerie. Cofondateur de la revue “Esprit”, ténor du barreau, ami et confident François Mauriac, Izard est au cœur de tous les combats de son temps. Homme du peuple devenu un seigneur de la vie parisienne, il n'a jamais oublié ni ses racines ni le tort dont les humbles sont si souvent les victimes. C'est cette lutte contre l'injustice et pour le triomphe de la liberté qui fut le moteur de toute sa vie.

273.          LA GORCE (Paul-Marie de). La prise du pouvoir par Hitler, 1928-1933. Plon, 1982, in-8°, 392 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, une carte, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le 30 janvier 1933, Hitler devenait chancelier du Reich. Ainsi commençait la tragédie qui ne s'acheva que douze ans plus tard. Tragédie pour l'Europe et pour le monde mais, d'abord pour l'Allemagne elle-même. Après tant d'interprétations inspirées par les préjugés nationaux ou les schémas des idéologies, le moment est venu de répondre aux questions que l'on se pose sur la prise du pouvoir par Hitler : comment le peuple allemand, l'un des plus civilisés du monde, a-t-il pu laisser s'accomplir l'évènement le plus désastreux de son Histoire ? Comment la République de Weimar, qui connut l'une des phases les plus brillantes de la culture allemande et européenne, a-t-elle pu céder la place au régime nazi, totalitaire et raciste ? Comment les hommes, les partis, les syndicats, les Églises, qui n'étaient pas favorables au national-socialisme – ou même le haïssaient – lui ont-ils permis de gagner ? Ce livre reconstitue minutieusement les faits et décrit, à chaque étape, le comportement des acteurs de cette histoire : les politiques, les dirigeants et les militants des partis, les journalistes, les écrivains, les banquiers et les industriels, le Parlement, l'armée, les communautés protestantes, catholiques et israélites, enfin les hommes et les femmes d'Allemagne qui votèrent pour ou contre Hitler. Cette enquête historique renverse bien des clichés sur l'Allemagne des années 1928-1933. Elle montre ce que fut l'engrenage qui conduisit un pays libre, démocratique et moderne à la plus sombre des dictatures. Elle suggère aussi comment une crise économique exceptionnelle peut déboucher sur une catastrophe politique... — "Comment la prise du pouvoir par Hitler fut -elle possible ? L'auteur en reconstitue les étapes. Il analyse les circonstances, les attitudes. Hitler n'eut jamais la majorité des suffrages du peuple allemand. Son arrivée au pouvoir fut facilitée par la crise économique et par l'instabilité politique. Les attitudes bienveillantes des classes dirigeantes, de la grande bourgeoisie, des milieux financiers, de l'Eglise, de l'armée devaient permettre aux nazis d'éliminer le régime démocratique de la République de Weimar." (Lectures n° 14, juillet-août 1983)

274.          LAMBRINO (Jeanne). Mon mari le roi Carol. Calmann-Lévy, 1950, in-12, 168 pp, une photo en frontispice, broché, bon état

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Par Ioana Marioara Valentina Lambrino (plus couramment Jeanne Lambrino) dite « Zizi » Lambrino (1898-1953), épouse morganatique du futur roi Carol II de Roumanie (1893-1953) ; leur mariage fut rapidement annulé, et leur fils déclaré illégitime et non dynaste ; l’auteur bénéficia de l’assistance de Maurice Rostand pour la rédaction de ce livre.

275.          LE SAUX (Henri). La Montée au fond du coeur : Le journal intime du moine chrétien-sannyasi hindou, 1948-1973. P., Oeil, 1986, gr. in-8°, xxxi-484 pp, introduction et notes de R. Panikkar, chronologie du P. Le Saux avant son arrivée aux Indes, 3 cartes, 22 photos dans le texte, 4 pl. de photosen couleurs horstexte, biblio, glossaire, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

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Henri Le Saux (1910-1973), moine bénédictin, rejoint en Inde (1948) le Père Monchanin. Il découvre l'advaita (non-dualité) à travers la méditation des Upanishads et grâce à ses rencontres avec Sri Ramena Maharshi et Gnânànanda. Devenu sannydsi, ami du silence et de la solitude, il se trouve néanmoins dans la nécessité de l'écriture et du dire. Le voici désormais un perpétuel itinérant au-dedans et parfois au-dehors, tout en réalisant dans sa plénitude un érémitisme intériorisé. Son Journal se présente sous la forme d'un itinéraire à la découverte de la sainte unité. Celle-ci sera atteinte au terme d'un long et douloureux périple. Occidental, le mental encombré par une vaste érudition et aussi par une formation scolastique, il devra traverser les épreuves d'un feu consumant. Tout sera remis en question concernant ses choix, et ses interprétations. Durant ces mutations il demeurera toujours fidèle au Christ, à l'Église, à son engagement monastique. Ses critiques seront uniquement provoquées par une exigence d'authenticité. Dans son Journal, Henri Le Saux projette ses pensées, ses réflexions, ses intuitions fulgurantes. Il les adopte ou les rejette. Parfois il les reprend, les transpose et les affine. Certaines phrases percutantes, remplies de poésie, atteignent un sommet spirituel difficilement soutenable en raison de leur densité. Tout jaillit d'une humilité abyssale qui débouchera sur la découverte du Graal, c'est-à-dire de la lumière dont il ne pourra – sans mourir – en supporter l'éclat. Svami Abhishiktânanda jette un pont entre l'Orient et l'Occident. Une telle rencontre exige une métamorphose de la conscience. Sinon elle serait aussi vaine qu'insolite. Pour être signifiante, la lecture du Journal exige une conscience transformée ou en voie de transformation. Sinon elle risquerait d'être inaccessible. Le Journal concerne non seulement les croyants mais tous ceux qui tentent de s'orienter vers l'Absolu. L'important n'est pas d'imiter la démarche d'Henri Le Saux, mais d'écouter en soi-même la résonance qu'une telle expérience provoque. A cet instant, le fond se révèle et le déchiffrement s'opère au-delà des mots. L'intelligence spirituelle « intellige » au-dedans avec le coeur et favorise l'approche des mystères sous la motion de l'Esprit. Une suggestive préface de R. Panikkar – ami d'Henri Le Saux – introduit à cet ouvrage essentiel qui apporte un souffle libérateur et répond à une attente d'ordre universel. (M.-M. Davy) — “La Montée au fond du cœur” est le titre de l'édition des écrits intimes qu'Henri Le Saux a rédigés entre la fin des années 1940 et sa mort, en 1973. Préfacée par Raimon Panikkar, c'est une sélection de textes réalisée par le disciple de Le Saux, Marc Chaduc. Celui-ci a jeté l'ensemble des originaux dans le Gange après cette transcription.

276.          LEWY (Guenter). L'Eglise catholique et l'Allemagne nazie. Stock, 1965, in-8°, 358 pp, une carte, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Témoins de notre temps)

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« La pièce de Rolf Hochhuth, Le Vicaire, a de nouveau attiré l'attention sur les relations de l'Eglise Catholique Romaine et du Troisième Reich, problème qui pendant des années a été obscurci par ce qu'on peut à juste titre appeler une véritable mythologie » écrit Guenter Lewy. Dissiper cette « véritable mythologie », tel est le but qu'il se propose dans ce livre. Explorant la période qui va de la chute de la République de Weimar à la fin de la Seconde Guerre mondiale, G. Lewy démontre comment l'action de l'Eglise Catholique a coïncidé avec certains des buts du National Socialisme et comment elle a été prise progressivement dans l'engrenage de la politique nazie. C'est ainsi qu'il décrit le soutien de l'épiscopat allemand à la politique expansionniste d'Hitler et son incapacité à élever la voix contre la persécution des juifs ou pour encourager la résistance. S'appuyant sur d'innombrables documents (rapports de la Gestapo, publications catholiques de l'époque, documents diocésiens et diplomatiques allemands), G. Lewy ne laisse rien dans l'ombre, et apporte des clartés nouvelles sur l'histoire des relations de l'Eglise Catholique et de l'Allemagne nazie et sur la période tragique où elles se sont déroulées. Avec courage et clarté, et une grande rigueur, G. Lewy a écrit un livre d'un intérêt exceptionnel sur une question controversée.

277.          LINDBERGH (Charles A.). Le Monde de l'Aviation. Traversée de l'Atlantique nord. Cercle Européen du Livre, 1973, gr. in-8°, 316 pp, traduction du commandant Jouan, révisions techniques du colonel de Marolles, titre anglais de l'ouvrage : The Spirit of St Louis, texte sur 2 colonnes, illustré de 229 gravures et photos, reliure simili-cuir bordeaux de l'éditeur, dos et 1er plat ornés, rhodoïd, bon état (Coll. Les Grandes Heures de l'Histoire)

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Réédition de “Trente-trois heures pour Paris” [“The Spirit of St-Louis”] sous un nouveau titre, augmenté de chapitres sur les grands exploits aériens, la technologie de l'aviation, d'un dictionnaire des pilotes et de très nombreuses gravures et photos. — Le 21 mai 1927 Charles Lindbergh (1902-1974) atterrissait au Bourget, réalisant ainsi la première traversée de l'Atlantique nord sans escale. Profitant de l'enthousiasme populaire et de la confusion qui régnait ce soir-là sur l'aéroport, un admirateur indélicat vola le journal de bord du Spirit of Saint-Louis, privant Lindbergh et ses contemporains d'un document « vécu » irremplaçable. L'aviateur mit plus d'une vingtaine d'années pour reconstituer l'enchaînement des événements. L'ouvrage parut finalement en France aux Presses de la Cité en 1953 sous le titre “Trente-trois heures pour Paris”. Mêlant souvenirs d'enfance et récit objectif de la traversée, le livre est particulièrement intéressant.

278.          MAEDER (Thomas). Antonin Artaud. Plon, 1978, gr. in-8°, 315 pp, traduit de l'américain, 32 pl. de photos hors texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Comédien inspiré ou histrion sans envergure, metteur en scène génial ou provocateur en mal de publicité, poète fou ou simulateur adroit..., que n'a-t-on pas dit et écrit sur Antonin Artaud ! Depuis sa mort en 1948, il exerce la même fascination sur ses disciples et ses détracteurs, et chaque année voit au moins une publication lui être consacrée. Un jeune universitaire américain, Thomas Maeder, intrigué par le phénomène, cherchant à le comprendre, subit à son tour cette fascination. Durant deux années, il a vécu en France, interrogeant tous ceux qui ont connu Artaud, s'imprégnant de son oeuvre, retrouvant des lettres inédites. Avec une tendresse filiale, sans chercher pourtant à voiler ses errements, Thomas Maeder retrace la vie du poète maudit : ses relations avec toute l'intelligentsia parisienne entre 1920 et 1948, la création du théâtre Jarry, les manifestations du surréalisme, l'existence affreuse des internés dans les asiles d'aliénés durant la guerre, les amitiés fidèles qu'il suscita. Qui était Artaud ? Ses traits sont restés familiers aux cinéphiles. Mais sa véritable nature transparaît-elle derrière le masque grimaçant de Marat, dans le “Napoléon” d'Abel Gance, ou derrière le visage lumineux de Frère Massieu dans “la Passion de Jeanne d'Arc” de Carl Dreyer ? Thomas Maeder s'est efforcé de répondre en toute lucidité : ni ange ni démon, Artaud n'était qu'un homme mais un homme qui choisit de vivre toutes ses passions jusqu'à l'absolu.

279.          MARABINI (Jean). La Vie quotidienne en Russie sous la révolution d'Octobre. Hachette, 1979, in-8°, 221 pp, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état

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Tout a été dit sur le déroulement et les hommes de la révolution russe et rien sur leur vie quotidienne. Entre l’assassinat de Raspoutine, l’abdication du tsar au début de 1917 et l’insurrection d’octobre, se déroulant parmi les canonniers ivres, des demoiselles de téléphone qui s’évanouissent, comment vivent les gens ? Que pensent-ils ? Que disent-ils ? Quels sont leurs attitudes, leurs moeurs, leurs amours, leurs loisirs, leurs faims, leurs rêves ? Ainsi, tandis que Kerenski se fait porter comme un pape au-dessus de la foule, la naïveté des petites gens, qui se voient bientôt libérés de la guerre et de la misère, explose en mille manifestations inédites : « stock-car » gigantesque, chasse aux prétendus tireurs de toits, banquets où l’on mange « gras », parades égalitaires précédées d’« Egéries » et de « Libertés éclairant le monde » !... Mais Lénine survient ! Dès lors, le bref été d’une Russie bourgeoise va être effacé par le mécanisme implacable, mis au point par une petite équipe, dirigée par un homme génial réclamant la « paix immédiate », la « terre aux paysans », « le pouvoir aux soviets ».

280.          MARCOU (Lilly). Le Roi trahi. Carol II de Roumanie. Pygmalion, 2002, gr. in-8°, 398 pp, 8 pl. de photos hors texte, un tableau généalogique, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Après une jeunesse romanesque et tumultueuse, Carol II devint, une fois monté sur le trône, le plus grand monarque de la Roumanie moderne. Pendant ses dix années de règne (1930-1940), il ne cessa d'œuvrer à la modernité, à l'urbanisation, à l'éducation et à l'essor culturel de son pays, luttant contre la Garde de Fer qui semait la terreur et contre les querelles incessantes des formations politiques. Et pourtant, les trahisons se succédaient autour de lui : celles de sa mère et de sa fratrie, de sa femme, des dignitaires qui l'entouraient, des puissances occidentales, de Hitler et de Staline. Personnage insaisissable et imprévisible dans sa vie privée, il refusa néanmoins de se séparer de sa maîtresse honnie, qui nuisait à sa popularité. Il mourut, oublié de tous, rejeté par son fils, dans un exil solitaire au Portugal, où un cercueil provisoire abrite encore sa dépouille. Le temps est aujourd'hui venu de rendre sa vraie stature à cet homme inclassable, de redécouvrir son itinéraire dans l'Europe mouvementée de l'entre-deux-guerres, de comprendre sa complexité fascinante et ses contradictions déroutantes. Grâce à des sources inédites, principalement le journal intime de Carol et des documents d'archives ayant appartenu à la maison royale, Lilly Marcou retrace son cheminement et dresse le bilan de son règne. Elle nous fait découvrir un homme à la fois fort et vulnérable, un roi fidèle et éclairé, hédoniste et toujours amoureux, un esprit lucide et vigilant qui, entièrement dévoué à son pays, combattit pour le bonheur de son peuple.

281.          MIRMAN (Léon). La Route Nationale. Fayard, 1934, gr. in-12, 283 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 40 ex. numérotés sur vélin de Rives à grandes marges

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Par Léon Mirman (1865-1941), ancien député de gauche et ancien haut-fonctionnaire devenu royaliste et adhérent à l'Action française en 1933, à l'âge de 68 ans. “La Route Nationale” est celle qui conduit à la monarchie et que l'auteur recommande. C'est l'exposé de l'itinéraire politique qui l'a conduit des convictions républicaines de son enfance, de son adolescence et des premières années de sa vie politique, à une adhésion spectaculaire aux thèses de l'Action française.

282.          MISTINGUETT. Toute ma vie. Second volume : de 1924 à nos jours. Julliard, 1954, pt in-8°, 241 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée (par R. Savignac) à rabats, bon état

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Edition originale du second volume de ces savoureux mémoires sur le tout Paris du Music Hall, illustrés de neuf photographies en héliogravure hors texte.

283.          MOSLEY (Leonard). Le Grand sursis, 13 septembre 1938 - 3 septembre 1939. Stock, 1970, in-8°, 490 pp, 16 pl. de photos hors texte, notes, sources, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Témoins de notre temps)

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« Le grand sursis » est l'histoire fascinante de la chute lente mais inexorable de l'Europe vers la guerre, au cours des jours néfastes qui vont de l'accord de Munich (septembre 1938) à l'invasion de la Pologne (septembre 1939). Ce récit détaillé et véritablement dramatique des manoeuvres diplomatiques, politiques et militaires qui se sont déroulées pendant cette année cruciale, constitue une étude sans indulgence de la vanité et de l'égarement tragique des dirigeants de l'Europe occidentale. Principal correspondant du Sunday Times et d'autres journaux pendant ces mois décisifs, l'auteur a rencontré la plupart de ces dirigeants et fort bien connu certains d'entre eux. Ainsi, le tableau qu'il brosse des activités régnant dans les coulisses, des gaffes commises au Foreign Office et au Quai d'Orsay, de la lutte sournoise entre les services de renseignements des différents pays, ainsi que du cynisme impitoyable dominant les négociations fiévreusement menées à Berlin, Londres, Varsovie, Paris et Moscou, est réhaussé par la qualité de ses esquisses tracées sur le vif et de ses connaissances personnelles des hommes et des événements.

284.          NIXON (Richard). La Vraie Guerre. Albin Michel, 1980, gr. in-8°, 364 pp, traduit de l'américain, broché, bon état

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Richard Nixon, l'homme qui a traité avec Khrouchtchev du destin de la planète, qui a négocié avec Brejnev, qui est allé à Pékin tendre la main à Chou En-lai et changer ainsi le cours de l'Histoire, nous donne ici un véritable manifeste, par la vision qu'il donne de notre monde et le programme de « combat » qu'il contient. « Nous devons regarder en face l'impitoyable réalité », proclame Nixon. « La Troisième Guerre mondiale est commencée, et nous sommes en train de la perdre ! » Possédant un point de vue « incomparable » en tant qu'ancien président des Etats-Unis, Richard Nixon nous présente un tableau magistral des blocs en présence, qui luttent pour la suprématie mondiale. Il explique leurs buts, leur stratégie, leur tactique ; il mesure leur puissance, détecte leurs faiblesses. Il analyse, avec justesse et subtilité, ce qui va et ce qui ne va pas dans les relations des Occidentaux avec les dirigeants soviétiques et ceux des pays satellites de l'URSS...

285.          PEYRARD (Jean). La Loi des Caciques. La vie et la mort de Philibert Besson, député du Velay rebelle. Limoges, Editions René Dessagne, s.d. (1979), in-8°, 202 pp, 12 pl. de photos et documents hors texte, broché, couv. illustrée, traces de scotch sur les gardes, bon état

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Biographie de Philibert Besson (1898-1941), député anticonformiste de la Haute-Loire de 1932 à 1935. — "Philibert Besson fut élevé par sa mère, veuve, dentellière dans un petit village de la Haute-Loire, Après des études brillantes, il s'engagea à 17 ans. Plusieurs fois blessé, prisonnier puis évadé, il termina la guerre comme lieutenant d'artillerie. Ingénieur électricien (Institut électrotechnique de Grenoble) et Ingénieur mécanicien (Ecole de mécanique de Paris) il commença une carrière d'officier de marine marchande puis, à la suite d'incidents divers, y renonça et revint dans la Haute-Loire où il se lança dans la politique. Elu maire puis conseiller d'arrondissement de Vorey, il se présenta comme indépendant aux élections générales des 1er et 8 mai 1932, dans la première circonscription du Puy. Il fut élu au second tour de scrutin, avec 8.511 voix sur 14.876 votants. Au Palais-Bourbon, Philibert Besson ne s'inscrivit à aucun groupe, ne fit partie d'aucune commission, mais n'en déploya pas moins une très grande activité. Premier interpellateur du Gouvernement – il l'avait promis à ses électeurs – il exposa les moyens propres à conjurer la crise économique, qui, ayant un caractère universel devait donc avoir, selon lui, une solution universelle. Sur les catastrophes du Georges-Philippar et de l'Atlantique (1932-1933) il développa des idées que, par la suite, partagèrent nombre d'experts. Il dénonça avec vigueur « les vautours du trust de l'électricité » (1932) qui produisent de l'électricité à bon marché mais la vendent fort cher. Il s'occupa d'un certain nombre d'affaires qui défrayèrent la chronique (Stavisky, Prince, etc.). Ayant sur tous les problèmes des idées très personnelles, il se trouva rapidement en conflit avec plusieurs de ceux-là même qui avaient contribué à le faire élire. En lutte contre les autorités constituées de la Ville du Puy, il eut notamment maille à partir avec la magistrature et les gens du barreau. Condamné par le tribunal du Puy en 1932, il fut déchu de son mandat par la Chambre des Députés le 7 mars 1935, après que la Cour de Cassation ait, en 1934, rendu définitive la condamnation prononcée en première instance. Le débat donna lieu à une passe d'armes entre, d'une part, le Gouvernement et sa majorité et, d'autre part, l'extrême gauche (Renaud Jean) et l'extrême droite (Xavier Vallat, Amidieu du Clos) qui, pour des raisons différentes, insistaient sur le fait que le cas de Philibert Besson était peu important à côté de celui des parlementaires compromis dans l'affaire Stavisky pour lesquels, selon eux, les décisions de justice tardaient trop à intervenir. Plusieurs orateurs, dont le Rapporteur M. Paul Ramadier, firent allusion à l'état mental de l'intéressé. Philibert Besson prononça pour sa défense un long discours à la fois technique (il développa une critique en règle de la politique financière de déflation), pathétique (il évoqua sa mère mourante, les forces obscures qui luttaient contre lui), et incohérent (il décrivit les multiples tentatives d'assassinat dont, selon lui, il était incessamment l'objet). Il mourut à Riom (Puy-de-Dôme) le 16 mars 1941." (Jean Jolly, Dictionnaire des parlementaires français, 1889-1940)

286.          REALE (Eugenio). Avec Jacques Duclos. Au banc des accusés à la réunion constitutive du Kominform à Szklarska Poreba (22-27 septembre 1947). Plon, 1958, in-8°, x-203 pp, traduit de l'italien par Pierre Bonuzzi, biographies, broché, papier lég. jauni, qqs anntations crayon, bon état

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"E. R. représentait, avec Luigi Longo, le Parti communiste italien à la réunion constitutive du Kominform à l'automne 1947. Après une introduction de cinquante pages où il raconte les différentes péripéties de la réunion, il reproduit le texte des notes qu'il avait alors prises sur les interventions des délégués : on y voit le Parti communiste français (représenté par Jacques Duclos et Etienne Fajon) partager avec le Parti communiste italien l'accusation (soutenue au premier chef par la délégation yougoslave) d'avoir compromis la révolution dans leur pays respectif." (Revue française de science politique, 1959) — Eugenio Reale, qui avait joué un rôle important dans la reconstitution du parti communiste italien, était en 1947 ambassadeur d'Italie à Varsovie. Dès 1948 il prit ses distances avec le communisme pour rompre définitivement avec lui après les événements de Hongrie.

287.          RELIQUET (Philippe et Scarlett). Henri-Pierre Roché, l'enchanteur collectionneur. Ramsay, 1999, gr. in-8°, 350 pp, préface de Stéphane Hessel, 8 pl. de photos hors texte, chronologie, inventaire de la collection Roché, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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La vie aventureuse de Henri-Pierre Roché, collectionneur, traducteur de Schnitzler et de Keyserling, journaliste, mais surtout connu comme auteur de "Jules et Jim" et de “Deux anglaises et le continent”. Ses deux livres remarquables ont été filmés par Truffaut.

288.          ROHATYN (Felix). Un banquier dans le siècle. L'homme qui a sauvé New York de la faillite. Editions Saint-Simon, 2011, in-8°, 331 pp, traduit de l'anglais, broché, couv. illustrée, bon état

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Entré chez Lazard New York en 1949 après avoir fui la France occupée en 1940, le célèbre banquier d'affaires Felix Rohatyn a exercé pendant 50 ans une influence de premier plan dans le monde américain de la finance. Dans ces mémoires, il revient sur sa longue carrière en dévoilant les dessous de certaines des fusions-acquisitions les plus spectaculaires de l'histoire des Etats-Unis, comme le rachat d'Avis ou de Warner Brothers. Il fait revivre les nombreux personnages célèbres qu'il a côtoyés, tels que le légendaire financier André Meyer, Harold Geneen, le volcanique patron d'ITT, la chanteuse Edith Piaf ou encore François Mitterrand, et nous fait découvrir de l'intérieur le plan de sauvetage élaboré dans les années soixante-dix pour arracher la ville de New York à la banqueroute. Il retrace également les quatre années passées à Paris de 1997 à 2000, sous Bill Clinton, en tant qu'ambassadeur des Etats-Unis en France, ce pays qu'il avait fui un demi-siècle plus tôt.

289.          ROSSI (Jacques). Qu'elle était belle cette utopie ! Chroniques du Goulag illustrées par l'auteur. Le Cherche-Midi, 2000, gr. in-8°, 235 pp, avec la collaboration de Sophie Benech, broché, couv. illustrée, bon état

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Né en France en 1909, Jacques Rossi passera 19 ans au Goulag. Français et agent du Komintern en Espagne pendant la guerre civile, Jacques Rossi est rappelé à Moscou en 1937. Happé dans le mécanisme des purges, il est condamné sans procès à huit ans de travaux de redressement pour "espionnage au profit de la France et de la Pologne". En 1948, sa qualité de "contre-révolutionnaire" lui vaudra une rallonge de dix ans. Il sera libéré en 1956 après le congrès. Ces quelque vingt années au goulag dont pas fait de Jacques Rossi un homme amer mais un homme libre à jamais, terriblement lucide, dont l'humour noir ravageur va déconcerter plus d'un lecteur. Ne dit-il pas que ce séjour dans les bagnes soviétiques, qu'il qualifie de "laboratoires de sociologie appliquée", a été l'occasion unique d'observer le système soviétique à nu, sans masque. Dans ses récits, Jacques Rossi nous décrit l'univers du goulag au quotidien. Son témoignage hallucinant est servi par une écriture d'où est exclue toute sensiblerie. Il nous donne à voir l'humanité souffrante au travers des existences mutilées, brisées de femmes et d'hommes dont le seul crime, aux yeux du régime stalinien, était pour la plupart d'être nés. Un livre essentiel pour qui veut comprendre comment une utopie fut dévoyée en une barbarie qui fit des millions de victimes.

290.          ROUGIÉ (Antony). Peints par eux-mêmes. La vague marxiste sur l'agriculture. P., Impr. Dubois et Bauer, mars 1947, in-8°, 96 pp, broché, agrafé, bon état

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Le syndicalisme agricole dans la France de l'immédiat après-guerre. (Voir le livre de Gordon Wright, “Agrarian Syndicalism in Postwar France”.)

291.          ROUQUEROL (Général J.). La Guerre des Rouges et des Blancs. L'aventure de l'amiral Koltchak. Payot, 1929, in-8°, 189 pp, une carte et 20 photos hors texte, broché, dos lég. bruni, bon état (Coll. de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

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"Les Alliés ont été amenés par les circonstances, après le traité de Brest-Litowsk, en mars 1918, à concevoir la création d'un front oriental contre les Bolcheviks alliés des allemands, avec le concours des forces russes restées fidèles à l'alliance et réorganisées en Sibérie. Des missions militaires interalliées furent envoyées à cet effet. La mission française y est arrivée au moment où le vice-amiral Koltchak était porté à la dictature avec titre de « Régent Suprême ». Les événements souvent dramatiques dont notre mission a été témoin présentent pour nous un intérêt très réel..." (Avant-propos)

292.          SCHOENBRUN (David). Les Trois vies de Charles de Gaulle. Julliard, 1965, pt in-8°, 485 pp, broché, couv. à rabats lég. salie, bon état

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Ce livre n'est ni une biographie, ni un panégyrique, ni un pamphlet mais le portrait psychologique d'un homme dont ses pires détracteurs ne peuvent nier l'importance historique. Les titres des trois parties : “Le soldat” – “Le sauveur” – “L'homme d'Etat”, indiquent les étapes d'une destinée qui a suivi dès son début une ligne inflexible. Un portrait complet, impartial et définitif par un grand journaliste américain, spécialiste des affaires françaises.

293.          SEALE (Patrick) et Maureen McCONVILLE. Drapeaux rouges sur la France. Les causes, les thèmes, l'avenir d'une révolution. Mercure de France, 1968, in-8°, 250 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte. broché, couv. illustrée, bon état

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On a déjà beaucoup parlé des événements de mai et de juin 1968 : en un mois, l'édifice apparemment sans fissure de la politique et de la société françaises se lézardait de toutes parts, et l'on put croire un instant que le régime de la France était menacé dans son existence même. Au pourquoi, au comment, qui sont venus à tous les esprits, aucune réponse satisfaisante n'a encore été donnée. Aussi le propos des auteurs de ce livre n'est-il pas simplement de reconstituer ces journées qui ont inquiété le monde, mais plus profondément, de les recréer : elles ont des causes, mais aussi des auteurs. Elles ont un passé, une démarche souterraine et cohérente, une réalité, un sens. Elles ont, enfin, une fois terminées, des prolongements et une portée d'une importance fondamentale, et remettent en question toute une part de l'avenir de la France. Correspondants à Paris du grand journal britannique “l'Observer”, Maureen Mac Conville et Patrick Seale étaient mieux placés que quiconque pour mesurer l'événement. Ils ont vécu les affrontements, interrogé les dirigeants et les acteurs, analysé les causes et les conséquences. Avec le recul, sinon du temps, du moins de l'espace, ils permettent de savoir, de comprendre et de prévoir. (4e de couverture) — “Deux journalistes britanniques, Patrick Seale et Maureen McConville, ont écrit l’un des premiers ouvrages en anglais sur Mai 68, “Red Flag, Black Flag: French Revolution 1968”. Le titre de ce livre rendait bien compte de sa concentration sur les événements politiques et, de façon supposée, révolutionnaires, du printemps 1968. Il était très riche en faits, mais – comme beaucoup de ses successeurs – s’intéressait peu aux développements qui n’étaient pas politiques. Son titre impliquait que 1968 constituait une nouvelle Révolution française." (Michael Seidman, « Historiographie de mai 1968 en langue anglaise. », Matériaux pour l’histoire de notre temps, 2009)

294.          SHATAN (Bogat) [pseudonyme de Romain Gary]. Les têtes de Stéphanie. Gallimard, 1974, in-8°, “traduit de l'américain par Françoise Lovat, titre original : A direct flight to Allah", broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Deuxième tirage paru la même année que l'édition originale mais avec une couverture un peu différente qui révèle que Romain Gary est l'auteur de ce roman

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Stéphanie, mannequin mondialement célèbre, vient accomplir son office dans le golfe Persique. D'hôtels de luxe en palais du désert, pourquoi faut-il que partout où elle passe elle croise des têtes fraîchement coupées? Rousseau, agent de la C.I.A., devine derrière ces massacres l'odeur du pétrole et de la graisse à mitrailleuse... Romain Gary s'était amusé à publier ce pastiche de roman d'espionnage sous le pseudonyme de Shatan Bogat. Il nous offre un festival d'humour noir, un divertissement aux multiples rebondissements, toujours réjouissants. Après que son nom eût été révélé, Romain Gary écrivait sur la quatrième de couverture : "On aurait tort de croire que j'ai choisi un pseudonyme pour “Les Têtes de Stéphanie” parce qu'il s'agit de ce qu'on appelle parfois du bout des lèvres "un roman d'espionnage". Je l'ai fait parce que j'éprouve parfois le besoin de changer d'identité, de me séparer de moi-même, l'espace d'un livre. (...) Je révèle aujourd'hui mon identité réelle parce que de toute façon, certains critiques ont percé le secret de cette "réincarnation"..."

295.          TABOUIS (Geneviève). Vingt ans de « suspense » diplomatique. Albin Michel, 1958, in-8°, 408 pp, préface de Paul-Boncour, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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C’est l’histoire – et la petite histoire – de l’entre-deux-guerres. Nièce de Jules et de Paul Cambon, éminente journaliste, Mme Tabouis (celle qu'on a appelé Cassandre, et dont Hitler redoutait les articles au journal "l'Oeuvre") nous présente vingt ans d'Histoire diplomatique. Ce livre se lit aussi facilement que se regarde un film, avec sa succession de "flashes", où tour à tour, à travers anecdotes, conférences diplomatiques, réceptions, négociations officielles et officieuses, voire même assassinats..., apparaissent si vivants avec leur caractères, leurs ridicules, leurs grands et petits côtés, les acteurs du drame de ces 20 ans de « suspense » diplomatique. — "Choses vues et entendues en vingt ans de chroniques : anecdotes et communiqués. Le livre est plaisant et habile." (Revue française de science politique, 1958)

296.          TOUL (André). La Dernière Pluie. Buchet/Chastel, 1965, pt in-8°, 203 pp, sources, broché, bon état

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Un reportage vécu, pendant sept ans, parmi les bandes de jeunes. — Hooligans, Teddy-Boys, Halbstarken, Stilyaghis, Blousons noirs et dorés, à Varsovie, Londres, Amsterdam ou Moscou comme à Paris, des garçons et des filles volent, se prostituent, pillent et parfois tuent par révolte ou pour le plaisir de faire le mal. En France, à Paris notamment, ils forment des bandes de quatre à dix membres des deux sexes âgés de quinze à vingt-cinq ans qui sont souvent groupés autour d’une fille : la bande à Colette, la bande à Martine, la bande à Gigi... L’auteur qui est d’origine bourgeoise (comme beaucoup de ces jeunes révoltés) a fait des études d’archéologie avant de pratiquer trente-six métiers et les étudier « de l’intérieur » comme il dit pendant ces sept dernières années. Son livre, unique en son genre, est donc à la fois un reportage vécu et une étude sociologique. Il ne laisse rien ignorer de la formation de ces bandes, de leur structure, des mœurs des garçons et des filles qui les composent, de leurs vêtements, de leur logement, de leurs ressources, de leur vie sexuelle, intellectuelle, artistique (car il y a parfois des poètes parmi eux), de leur morale : ignorance de la propriété, négation de l’effort, refus de l’avenir, monosexualité, actes gratuits, humour et simplification du langage. Il s’agit donc d’un ouvrage important et l’on peut finalement se demander, avec l’auteur, si ces jeunes asociaux ne sont pas des mutants, mieux adaptés malgré les apparences, que leurs ennemis les « crémiers », autrement dit les bourgeois, au monde cruel de demain.

297.          VANSITTART (Lord). Les Puissances des ténèbres. Tallandier, 1945, in-12, 71 pp, broché, état correct

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Le Mal de l'Allemagne hitlérienne. — Robert Gilbert Vansittart, 1er baron Vansittart (1881-1957), était un diplomate britannique qui fut notamment sous-secrétaire permanent du Premier ministre de 1930 à 1938, puis principal conseiller diplomatique du Gouvernement. Méfiant vis-à-vis d’Adolf Hitler dès l’arrivée au pouvoir des Nazis, il s’opposa dans les années 1930 à la politique d’apaisement et poussa au réarmement et à l’alliance avec la France et la Russie. Il était aussi le cousin du colonel Lawrence, dit Lawrence d'Arabie.

298.          VOLINE (Vsévold Mikhaïlovitch Eichenbaum, dit). La Révolution inconnue, 1917-1921. Documentation inédite sur la Révolution russe. Cercle du Nouveau Livre d'Histoire, 1969, in-8°, xvii-432 pp, reliure pleine toile rouge de l'éditeur avec une vignette illustrée au premier plat, rhodoïd, bon état

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Cette Révolution inconnue est la Révolution russe ; non pas celle qui a été maintes fois traitée par des hommes politiques ou des écrivains patentés, mais celle qui fut ou négligée, ou adroitement voilée, ou même falsifiée : celle qu’on ignore. L’auteur a vécu la Révolution de 1917. Il y a activement participé. Et il désire en exposer et examiner, avec une parfaite objectivité, les faits authentiques. Tel est son seul souci. S’il ne l’avait pas, il n’aurait jamais songé à écrire ce livre. La Révolution inconnue lève le voile sur une révolution qui va faire tomber le trône des tsars, renverser le gouvernement provisoire et la bourgeoisie montante, faire trembler le nouveau pouvoir prétendument révolutionnaire qui finira par la dompter et, en cela, la détruire ; mais une révolution pourtant remplie de secrets, de controverses, de zones obscures riches en enseignements... l’histoire de la répression infligée aux mouvements anarchistes et aux révolutionnaires « dissidents » par le pouvoir bolchévique fraîchement installé, après la révolution d’octobre ; l’histoire des marins de Cronstadt et de l’armée insurrectionnelle d’Ukraine, deux mouvements populaires qui ont eu le tort de vouloir s’organiser indépendamment du pouvoir bolchéviste en place. Malgré leur défaite face à l’armée rouge, ces deux expériences antiautoritaire sont restées dans les mémoires comme étant le juste aboutissement de la Révolution russe, Révolution qui a malheureusement échoué dans les mains d’un pouvoir trop gourmand et trop éloigné des besoins du peuple.

299.          WAGNIÈRE (Georges). Dix-huit ans à Rome. Guerre mondiale et fascisme, 1918-1936. Genève, A. Jullien, 1944, in-8°, 274 pp, broché, état correct

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Le diplomate et journaliste suisse Georges Wagnière (1862-1948) fut ministre de Suisse à Rome (1918-1936) et eut à affronter les difficultés à la fin de la Première Guerre mondiale et les conséquences du fascisme ; il négocia notamment la conclusion du traité italo-suisse de commerce de 1923 et d'accords économiques. Il fut en outre membre du CICR dès 1936. (Dictionnaire historique de la Suisse)

300.          WALTER (Gérard). Lénine. Albin Michel, 1971, gr. in-8°, 728 pp, édition du centenaire revue et augmentée, aperçu bibliographique, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s. à Charles Orengo

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"L'ouvrage de Gérard Walter, paru il y a vingt ans, reste encore la biographie la plus complète et la plus consciencieuse dont nous disposions en France, et se distingue par un louable souci d'objectivité. On peut regretter que l'auteur n'ait consacré qu'un cinquième de son étude à l'action de Lénine après la révolution d'Octobre, mais le récit très détaillé de la jeunesse de Lénine et des années d'exil reste encore largement valable aujourd'hui..." (Renata Bournazel, Revue française de science politique, 1971) — "Ce livre s'appuie sur une documentation très abondante : références classées par chapitres, aperçu bibliographique utilement classé par matières. Il a pour principal mérite de mettre dans une vive lumière la formation intellectuelle et politique de Lénine et de montrer en particulier comment ses contacts, ses conflits, lors de la longue période d'émigration, lui donnèrent des habitudes devenues plus tard précieuses à un chef de gouvernement : ainsi l'habitude de préciser l'expression de sa pensée (notamment par des thèses dont certaines demeurent encore aujourd'hui fondamentales, malgré le recul du temps) ; les mêmes circonstances affinèrent son sens déjà aigu de la discussion et firent de lui un debateur hors de pair ; elles lui fournirent enfin la technique de l'organisation et lui permirent plus tard de mettre au point, dans des circonstances tragiques, le gouvernement de la Russie nouvelle..." (Jean Lhomme, Revue économique, 1952)

301.          XXX — [DAUJAT, Jean]. Connaître le communisme. P., Jacques Haumont, 1946, in-12, 55 pp, broché, couv. lég. tachée, bon état. Edition originale

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Brochure éditée par Jacques Haumont pour le compte du « Comité d'études sociales et doctrinales ». Il importe de connaître les fondamentaux du communisme. C'est dans ce but que Jean Daujat a rédigé cet ouvrage qui sera réédité en 1960 et en 1988 et dépassera le million d'exemplaires vendus. Sa pertinence demeure car l'auteur y dévoile en termes simples les soubassements de toute la philosophie moderne qui s'est constituée en opposition aux conceptions chrétiennes et traditionnelles et dont le marxisme est l'un des aboutissements majeurs. — « Dans les circonstances présentes, un marxiste est forcément tenu de placer le succès des armées soviétiques – ou plus généralement la puissance de l'Etat soviétique – avant tout. Qui n’a pas compris cela ne peut rien comprendre au communisme, ni par conséquent aux problèmes actuels dominés par la présence et la puissance formidable du communisme. Faire connaître le communisme tel qu’il est d’une manière purement objective pour permettre à nos lecteurs de juger des problèmes d’aujourd’hui et d’y prendre position en connaissance de cause, telle est la raison d’être de cette brochure ».

302.          ZANGRANDI (Ruggero). Le Long Voyage à travers le fascisme. Laffont, 1963, gr. in-8°, 403 pp, traduit de l'italien, index, broché, couv. illustrée, état correct

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Contribution à l'histoire du fascisme italien, vu "de l'intérieur" par un condisciple et ami de Vittorio Mussolini, le fils du Duce. Zangrandi fut fasciste avant de passer à l'opposition et de fonder en 1939 le Parti Socialiste Révolutionnaire ; il fut finalement arrêté et déporté en Allemagne, dont il reviendra en 1946.

303.          ZOLLING (Hermann) et Heinz HOHNE. Le Réseau Gehlen. Les services secrets allemands dans les pays de l'Est. Calmann-Lévy, 1973, gr. in-8°, xvi-369 pp, 20 pl. de photos et documents hors texte, index, broché, bon état

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Sous Hitler, cet officier, attaché à la tradition allemande, mit sur pied avec une extradordinaire efficacité un réseau de renseignements sur les armées soviétiques. Lorsque que vint la chute du IIIe Reich, et l'amorce de son propre déclin, il réussit un des plus incroyables retournements de l'histoire de l'espionnage en passant aux Américains avec ses principaux collaborateurs et une masse de documents uniques au monde. Le climat de la guerre froide, entre alliés de la veille – l'URSS et les Etats-Unis – lui fut favorable. Il constitua un nouveau réseau de renseignements couvrant la totalité des pays de l'Est et rendit d'inappréciables services au chancelier Adenauer. — "Alors que la Seconde Guerre mondiale n’était pas achevée et que la Grande Alliance prévalait encore, l’OSS avait commencé à collecter des renseignements à propos de l’Union soviétique, n’hésitant pas à l’occasion à utiliser des sources allemandes comme le général Reinhard Gehlen, chef de la Fremde Heere Ost (FHO) depuis avril 1942, c’est-à-dire le service de l’Abwehr en charge de l’espionnage militaire visant l’Union soviétique. La tâche des services américains fut facilitée puisque c’est Gehlen, farouche anticommuniste, qui se mit lui-même à leur disposition. Gehlen fut pris en charge par le G-2, service chargé du renseignement au sein de l’armée américaine, et interrogé par le capitaine John R. Boker Jr. Dans un rapport qu’il rédigea quelques années plus tard, Boker écrivait que « vers la mi-juillet 1945, nous avions réussi à identifier les principaux agents et les employés du réseau du général Gehlen ainsi qu’à récupérer tous ses documents importants et nous avions parfaitement conscience de la mine d’or que nous avions découverte ». Mais, comme le souligne l’historien Wolfgang Krieger, les Américains demeuraient sceptiques car il était « difficile d’établir jusqu’où allait son engagement nazi ». Pour Allen Dulles, futur directeur de la CIA, recruter Gehlen ne posait aucun problème : « On compte peu d’archevêques dans le monde de l’espionnage. Il est de notre côté et c’est tout ce qui compte...» (Gildas Le Voguer, Le renseignement américain, 2014)

1ère GUERRE MONDIALE

 

304.          BARRÈS (Maurice). Chronique de la Grande Guerre 1914-1920. Introduction et choix de Guy Dupré. Commentaire de Philippe Barrès. Préface de Maurice Barrès. Plon, 1968, in-8°, 757 pp, table chronologique, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état,  envoi a.s. et carte de visite a.s. de Guy Dupré à l'éditeur Charles Orengo

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Anthologie des articles quotidiens donnés par Maurice Barrès au journal « L'Echo de Paris » pendant la Grande Guerre, où l'on peut retrouver l'atmosphère exacte de ces journées. — "C'est l'histoire de ces cinq années racontée telle qu'elle a été éprouvée. C'est donc réellement la chronique d'un Français entre 1914 et 1919, comme le Registre-journal du vieux Pierre de l'Estoile, et la Chronique d'un bourgeois de Paris durant les guerres de la Ligue. J'ai essayé de marquer ce caractère en restituant à ces notes quasi quotidiennes, sous leur forme définitive, l'aspect qu'elles auraient eu dans un cahier noirci pour moi seul..." (M. Barrès)

305.          FARRÈRE (Claude) et Paul CHACK. Deux combats navals, 1914. Flammarion, 1932, pt in-8°, 125 pp, 4 pl. de photos hors texte tirées en héliogravure, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Hier et aujourd'hui)

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Coronel. – Les Falkland. — "Le livre de Farrère et Chack est superbe. Les deux auteurs, en effet, donnent vie, une vie puissante, aux unités de combat. Et l'Océan lui-même, sous leur plume inspirée, semble participer aux luttes mortelles des hommes et des nations. Voilà un livre unique." (Le Gaulois)

306.          HERMAN (Paul). Les petits soldats de la Grande Guerre. 800 jouets de la Première Guerre mondiale. Glénat, 2013, in-4°, 256 pp, très nombreuses illustrations en couleurs dans le texte, biblio, listes des fabricants et artistes cités, reliure illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Août 1914. La première guerre mondiale éclate. Témoins des événements, les jouets suivent toujours l'actualité. Pour la première fois, un livre raconte la Grande Guerre par le biais des petits soldats et autres jouets. Les pièces rassemblées proviennent des divers pays impliqués, la plupart produites à l'époque. Au fil de la grande Histoire, les jouets nous livrent leur version faussement naïve, commentée avec perspicacité tant du point de vue historique, économique qu'esthétique. Qu'ils soient en métal, en bois ou maintenant en plastique, les petits soldats ont toujours eu une place de choix dans le coeur de nos chères petites têtes blondes. Or, ce que l'on sait moins, c'est comment le monde des petits soldats a lui aussi été bousculé à l'éclatement de la Première Guerre Mondiale. Comment les fabricants ont du s'adapter à l'évolution des uniformes de l'époque, ou continuer à produire malgré la mobilisation générale. Car au début du XXe siècle, ces petits soldats étaient bien plus que de « simples jouets ». Véritables outils de propagande, ils étaient notamment utilisés pour familiariser les enfants à la discipline et au respect de la patrie. Paul Herman nous éclaire sur un univers fascinant et en profite pour nous raconter l'Histoire et la Grande Guerre à travers le prisme original des petits soldats.

307.          LE GOFFIC (Charles). Saint-Georges et Nieuport. Histoire des fusilliers marins (25 novembre 1914 - 6 décembre 1915). Plon, 1933, in-12, 251 pp, nouvelle édition, cart. éditeur, jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état (Coll. Figures et souvenirs)

            25

"Ce livre contient les derniers chapitres de l'histoire des fusiliers marins, du 25 novembre 1914 au 6 décembre 1915, date de la dislocation de la brigade, dont il ne resta plus au front qu'un bataillon de fusiliers, une compagnie de pionniers et huit sections de mitrailleuses. Les documents officiels et les renseignements privés sont mis à profit dans cette histoire de l'expédition des canonnières Le Voyer, de la prise de Saint-Georges, de l'attaque de la Grande-Dune, de la garde sur l'Yser et du torpillage du Mamelon-Vert. Le style administratif des rapports des chefs s'y mélange au rude langage de la flotte, les déductions et les prévisions stratégiques aux réflexions naïves et profondes. C'est ce qui donne à ce livre sa caractéristique et son unité, et c'est ce double aspect des mêmes faits, vus tantôt du point de vue des chefs, tantôt du point de vue des « hommes », qui en fait la variété, l'intérêt et la vie. Minutieux travail d'histoire militaire, il est souvent animé du souffle de l'épopée. C'est bien l'œuvre d'un historien et d'un poète, mais non d'un romancier." (Georges Dottin, Annales de Bretagne, 1919)

308.          MUSSOLINI (Benito). Mon journal de guerre. Flammarion, 1935, in-12, 126 pp, 4 pl. de photos hors texte tirées en héliogravure, une carte, broché, couv. illustrée, dos recollé, bon état (Coll. Hier et aujourd'hui)

            20

Mussolini, après avoir appelé l’Italie à la guerre, combattra comme caporal jusqu’en 1917 où, blessé, il sera réformé. Dans ce journal de guerre qui magnifie le conflit, il raconte son engagement comme bersagliere en 1915 contre les Autrichiens dans les Alpes. Il connaît deux ans de guerre des tranchées, avec obus qui pleuvent, crapouillots, schrapnells, gaz, abris insalubres, neige, froid, boue, amitiés, morts...

309.          NICK (Hélène et Henri). Ce qui laboure nos coeurs. Editions Ampelos, 2017, gr. in-8°, viii-420 pp, photos et fac-similés dans le texte, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le quatrième tome de la correspondance de guerre de l’aumônier Henri Nick pendant la Grande Guerre. « En pleine attaque [bataille de la Somme où il sera blessé] le pasteur Nick, dont la haute silhouette (toujours surchargée de musettes, couvertures, paquets divers, tout cela destiné aux blessés) apparaissait au milieu des combattants chaque fois qu’il y avait un coup dur. » (Journal des Marches et des Opération du 201e régiment d’infanterie). Toujours d’une rare richesse, ce quatrième tome de la correspondance Nick suit l’aumônier Henri Nick de la Somme à Verdun, toujours dans l’action et la compassion ; ses lettres éclairent les problématiques humaines, militaires, religieuses, domestiques et philosophiques de la vie au front. — "[Une] correspondance passionnante et abondante, exceptionnelle même !" (Xavier Boniface, Revue d’Histoire de l’Église, 2015) — "... Véritable édition scientifique de ces textes, avec toute une série de notes, érudites mais très claires." (André Encrevé, Bulletin de la Société d’histoire du protestantisme français, 2015)

310.          NOUSSANNE (Henri de). La Guerre dans l'Ile-de-France. Journal d'un Bourgeois de Senlis. De Boccard, 1916, in-12, vii-260 pp, index, broché, bon état. Peu courant

            30

"Ce journal commence avec la guerre et se poursuit jusqu'au 22 février 1915. Oeuvre d'un homme de lettres connu, il est fort intéressant : il le serait plus encore, si l'auteur, au moment de l'invasion allemande, du 31 août au 16 septembre, n'avait quitté Senlis pour un refuge fort éloigné dans le Sud..." (Jean Vic, La littérature de guerre, août 1914-août 1916) — "Je n'ai pas commencé ce journal dans l'intention arrêtée de le publier. Je songeais plutôt à noter des impressions, remarques et idées, utiles, par la suite, à des travaux plus ordonnés. Le titre de “Journal d'un Bourgeois de Senlis” m'a servi lorsqu'afin de contribuer à mettre en lumière l'abominable conduite des Allemands dans l'Ile-de-France, j'ai fait paraître, au “Correspondant”, les informations et documents que j'avais rassemblés sur leurs crimes à Senlis. Entre temps, j'avais continué de rédiger, au jour le jour, les réflexions que m'inspiraient les événements de la guerre..." (avant-propos, mai 1916)

311.          POITEVIN (Pierre). La Mutinerie de La Courtine. Les régiments russes révoltés en 1917 au centre de la France. Payot, 1938, in-8°, 200 pp, une carte du camp de La Courtine sur double page et 11 photos sur 8 pl. hors texte, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale). Peu courant

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"Les troupes russes qui se trouvaient sur le front français subirent si violemment le contre-coup de la révolution de février 1917 que l'état-major les retira, pour les isoler, au camp de la Courtine. Là, elles se divisèrent : les soldats loyalistes s'en allèrent à Felletin ; les autres, qui demandaient leur rapatriement immédiat, restèrent maîtres du camp, au nombre de 7,000. Le général Zankevitch, représentant du gouvernement provisoire, les invita à l'évacuer, en livrant armes et meneurs. Sur leur refus, il fit appel au commandement français. Le camp fut bloqué, puis bombardé et mitraillé trois jours et trois nuits, jusqu'à la reddition des mutins. Les opérations étaient menées de concert par les troupes françaises et la 3e brigade russe. Tel est le triste épisode dont le livre de P. Poitevin fait, d'après des sources sérieuses, un récit circonstancié et assez impartial." (Pierre Pascal, Revue Historique) — "En septembre 1917, dans la Creuse, des régiments russes se mutinèrent : dix mille rebelles dont il fallut mater la révolte, ce à quoi s'employèrent les troupes russes loyales ; mais on avait dû rappeler du front des unités combattantes. Le volume de Pierre Poitevin retrace les détails de cet épisode peu connu de la guerre." (La Voix du combattant et de la jeunesse, 20 janvier 1940) — "Le 1er mai 1917 marque le début de la révolte des soldats russes, nul doute pour les chefs militaires qu’il s’agit là de mutineries. La troupe refuse d’obéir à ses officiers et exige le retour au pays et, comme en Russie, les premiers soviets de soldats se forment. La décision du général Pétain d’envoyer les hommes des 1re et 3e brigades russes au camp de la Courtine, situé dans la Creuse, montre la volonté des chefs militaires d’éviter toute contagion entre unités russes et françaises. Seize mille hommes restés armés arrivent au camp entre le 26 juin et le 5 juillet. Très rapidement, les autorités françaises et russes sont débordées. Il est décidé de séparer les troupes de la 3e brigade de celles de la 1re, plus politisées, car recrutées essentiellement à Moscou et alphabétisées. L’échec des pourparlers entraîne l’attaque du camp de la Courtine le 16 septembre 1917 par des éléments de la 3e brigade. Trois jours plus tard, les derniers 50 mutins se rendent..." (Murielle Avice-Hanoun)

312.          THEVENET (Général). La Grande Guerre (1914-1918). Armand Colin, 1923, in-12, 223 pp, préface du Maréchal Foch, 13 cartes dans le texte, broché, dos sali, bon état

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"Après son départ de Nancy, le général Thévenet (1851-1927) fut nommé commandant supérieur des places fortes d'Épinal, gouverneur d'Épinal, d'où il fut transféré à Belfort lorsque le général Azibert passa au cadre de réserve. Il a donné toute sa mesure dans la direction des importants services de la pince de Belfort et il a joué un rôle prépondérant dans la campagne d'Alsace." (Carole Arripe) — "Le général Thevenet était mieux préparé que tout autre, par sa carrière antérieure et par sa participation aux grands événements de la guerre, pour retracer cet ensemble. Il l'a fait avec sincérité et une clarté qui donnent à son ouvrage une particulière valeur." (Maréchal Foch)

313.          WILSON (Henry Hughes). Journal du Maréchal Wilson, publié par le major-général Sir C. E. Callwell. Edition française par le commandant Lhopital. Payot, 1929, in-8°, 544 pp, préface du Maréchal Foch, 8 pl. hors texte, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

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"Le maréchal Sir Henry Wilson a laissé un Journal, dont son ami le général Callwell a publié les pages les plus intéressantes en les insérant dans un récit biographique. C'est un ouvrage de première importance : Sir Henry Wilson écrit pour lui-même, avec une spontanéité, une vigueur qui donnent à son Journal beaucoup d'attrait. Il ne pêche certes pas par indulgence ; il apprécie hommes et événements avec une sévérité parfois brutale et, dans ses jugements, il faut faire la part de l'exagération. Mais le récit de ses entretiens avec les hommes d'État, les généraux britanniques et alliés (avec Foch surtout, pour qui il éprouvait autant de sympathie que d'admiration) n'ont pas seulement beaucoup de saveur : ils apportent des renseignements de premier ordre sur l'état d'esprit des grands chefs, et sur les mobiles de leurs décisions." (Pierre Renouvin, Revue Historique, 1931)

2ème GUERRE MONDIALE

 

314.          AMOUROUX (Henri). La Grande Histoire des Français sous l'Occupation. Tome 6 : L'impitoyable guerre civile (Décembre 1942 - Décembre 1943). Laffont, 1983, gr. in-8°, 551 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Chateaubriand 1983)

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Les Français se sont beaucoup entretués au cours de l'année 1943. Entretués pour des idées. Entretués pour de l'argent. Entretués pour voler quelques milliers de tickets de pain, parce que ces tickets étaient indispensables au maquis, certes, mais aussi parce que leur revente au marché noir permettait à des gangs de s'enrichir encore. L'impitoyable guerre civile comporte bien des zones d'ombre, mais Henri Amouroux n'est pas de ceux qui se voilent la face et utilisent des mots paravents. Attaché depuis un quart de siècle maintenant à décrire ce que fut la vie quotidienne des Français sous l'occupation, il le fait avec cette précision passionnée qui donne à toute son œuvre sa valeur auprès du grand public et son poids auprès des historiens. L'année 1943, année du Service du Travail Obligatoire, sera donc également, et surtout, l'année de la naissance des maquis qui recrutent parmi les réfractaires, l'année de la Milice qui, à partir d'octobre et de novembre, réplique à la terreur par la terreur et, alors que les alliés anglais, américains et russes, partout, poussent en avant leurs armées, engage un combat perdu d'avance contre la quasi-totalité des Français hostiles à l'occupant. Sixième tome de La grande histoire des Français sous l'occupation, L'impitoyable guerre civile sera suivi de L'hiver du grand espoir et d'un volume intitulé Joies et douleurs du peuple libéré qui clôturera, en 1987 sans doute, une série dont la publication a commencé en 1976. Ainsi sera achevée une œuvre puissante et originale qui, immédiatement, a conquis des centaines de milliers de lecteurs qui se sont passionnés soit en retrouvant les souvenirs d'une époque intensément vécue, soit en apprenant à mieux connaître le déroulement complexe d'années dramatiques qui pèsent toujours sur le destin de la France et sur celui des Français. Car, entre septembre 1939 et mai 1945, bien peu d'hommes et de femmes, et bien peu de familles ont échappé aux conséquences politiques, sociales, sentimentales et morales de ces grandes batailles qui, en Russie, en Afrique, puis en Italie changeaient déjà la face du monde. Ces drames humains, comme ces drames collectifs, Henri Amouroux les restitue aujourd'hui dans toute leur complexe et mouvante vérité.

315.          ANGELI (Claude) et Paul GILLET. Debout, Partisans ! Les communistes dans la Résistance. De la débâcle aux F.T.P. Fayard, 1969, in-8°, 388 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, cart. éditeur, jaquette, bon état, bel  envoi a.s. des auteurs à leur éditeur

            30

"Écrit à partir d'informations recueillies auprès de quelque deux cents résistants communistes, ce livre retrace l'action des clandestins de ce Parti, de la débâcle de 1940 au début de 1942. Comme tel, il donne surtout une image de la manière dont les anciens résistants communistes se souviennent de cette période et de leurs exploits, encore que les mentalités et la vie quotidienne des précurseurs des F.T.P. soient reconstituées avec beaucoup d'exactitude." (Pierre Souyri, Annales ESC, 1971)

316.          BERGAMINI (David). La conspiration de Hiro-Hito. Le Japon dans la Seconde Guerre mondiale, 1941-1945. Fayard, 1973, in-8°, 493 pp, traduit de l'américain, 20 pl. de photos hors texte, 7 cartes et plans, broché, couv. illustrée à rabats, pt tache sur la tranche, bon état

            30

Histoire de la Seconde Guerre mondiale, histoire du Japon ancien et moderne, biographie de l'empereur Hiro-Hito, étude psychologique, analyse très fouillée de la mentalité japonaise ? L'ouvrage de D. Bergamini est tout cela à la fois et successivement. Le centre de cette vaste fresque est la thèse tout à fait détonante selon laquelle Hiro-Hito, loin d'être le personnage effacé que l'on se plaît à décrire, aurait joué un rôle primordial dans la politique d'agressivité du Japon avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour étayer sa thèse, l'auteur a eu recours à des archives privées et aux journaux tenus par les chefs de l'administratiion impériale. Le résultat est un saisissant tableau des moeurs politiques et de la psychologie d'un peuple que nous connaissons encore fort mal...

317.          BILLAUD (René et Marguerite-Marie). Occupation et Résistance en Bretagne, 1940-1945. Les Mémoires du Commandant Gilles. La vie ardente et secrète de l'époque. Mayenne, Imprimerie de la Manutention, 1986, gr. in-8°, xxi-301 pp, deuxième édition revue et corrigée, lettre-préface de Louis Terrenoire, 24 pl. de photos hors texte, une carte hors texte, broché, couv. illustrée uniformément passée, bon état

            40

Mémoires de Résistance.

318.          BOUTHILLIER (Yves). Le Drame de Vichy. 1. Face à l'ennemi, face à l'allié. – 2. Finances sous la contrainte. Plon, 1950-1951, 2 vol. in-8°, 320 et 552 pp, 32 documents en annexe, brochés, bon état,  envoi a.s. à l'éditeur Charles Orengo sur chacun des volumes. Rare

            200

L'auteur était secrétaire d'Etat aux Finances du gouvernement de Vichy de juin 1940 à avril 1942, arrêté par la Gestapo en 1944 et déporté en Allemagne jusqu'en 1945. En 1947, la Haute Cour de Justice le condamne pour collaboration à trois ans de Prison. — "Ministre des Finances et du Commerce depuis le 5 juin 1940, Yves Bouthillier fait partie de ceux qui prônent l'armistice et soutiennent le projet d'un gouvernement sous l'autorité du maréchal Pétain. Ses mémoires entendent ainsi minimiser son rôle et justifier l'action politique menée par le Maréchal durant les premiers mois de l'armistice tout en décriant Pierre Laval, son principal rival." (Manuel Valls-Vicente, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 1939-1945)

319.          CHAUTEMPS (Camille). Cahiers secrets de l'armistice (1939-1940). Plon, 1963, in-8°, ix-330 pp, annexes, broché, 2e plat lég. taché, bon état

            30

"Le présent volume des mémoires de C. C. est consacré à la période allant de la déclaration de guerre à l'Armistice, dont il a été le témoin quotidien comme membre du gouvernement et du Cabinet de guerre. Par l'analyse serrée de l'évolution des faits tels qu'il les a vécus ainsi que des discussions qui se sont déroulées entre les protagonistes du drame, principalement au cours des semaines tragiques de 1940, il entend réfuter la thèse selon laquelle « tous ceux qui se sont résignés à l'armistice, sans discrimination, sont responsables de la réaction intérieure, des persécutions et de la collaboration avec l'ennemi ». On trouvera, en annexe, les télégrammes et les lettres adressés des Etats-Unis, par C. C,, au maréchal Pétain." (Revue française de science politique, 1965)

320.          Collectif. Jean-Brice, un officier chrétien. Uzès (Gard), Ateliers Henri Peladan, 1967, in-8°, 250 pp, 7 pl. de photos dont un portrait en frontispice, notes biographiques, annexe, broché, bon état

            25

Sur Jean-Brice de Bary (1906-1959), Saint-Cyr 1926-28, général de brigade, diplômé d'Etat-Major, En commandement à Dijon avant l'armistice de 1940, il parlemente avec les Allemands et évite le bombardement de la ville et la capture des militaires français. Il devient ensuite Résistant, membre de l'ORA. Il sera arrêté par la Gestapo et enfermé à la prison St-Michel de Toulouse en juillet 1943. Resté muet, il sera gracié faute de preuves. — "Un compagnon inoubliable. Dans sa cellule de Fresnes, grand mutilé, condamné à mort, le capitaine Jean-Brice de Bary, sa Bible en mains, avait redit à Dieu la prière du roi Ezéchias au 38e chapitre d'Isaïe. Dieu l'exauça : « J'ajouterai quinze années à tes jours ». Le 6 mars 1944, son jugement était cassé ; le 14 mars 1959, attaché militaire à Washington, il était rappelé à Dieu. Le livre consacré à sa mémoire présente un choix de ses textes publiés et inédits. Car ce soldat possédait une vaste culture et les dons d'un écrivain. Ce croyant, membre de l'Eglise réformée, avait soif de lucidité et s'interrogeait constamment sur le sens de son action. Sa vie lui a valu d'affronter quelques-uns des problèmes les plus brûlants de notre époque : la vocation militaire, la colonisation au Maroc et à Madagascar, la civilisation américaine et le problème noir, la construction de la paix. Jean-Brice appartient à une vieille famille d'Alsace, aristocrate et protestante. Il ne renie point ses attaches et ses réactions en portent la marque, mais la vigueur de sa foi lui permet de les juger. Ce livre, qui passionnera de jeunes hommes, répond exactement à son titre : il est le témoignage d'un officier chrétien." (R. d'Ouince, revue Etudes, 1968)

321.          DURAND (Pierre). Les armes de l'espoir. Les Français à Buchenwald et à Dora. Editions Sociales, 1977, in-8°, 318 pp, préface de Marcel Paul, publié sous le patronage de l'Association française Buchenwald, Dora et Commandos, 16 pl. de photos hors texte, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Ce livre qui relate l'histoire des camps de concentration de Buchenwald et de Dora essentiellement à partir de 1944, a pour principal mérite de mettre en lumière l'organisation clandestine et la résistance des internés : entr'aide, actes de sabotage, préparation de l'insurrection qui devait libérer Buchenwald des S.S. quelques heures avant l'arrivée des troupes américaines, le 11 avril 1945. P. D. révèle les difficultés rencontrées : outre les horreurs du système concentrationnaire, les rivalités nationales et surtout politiques ont rendu souvent difficile la tâche du comité international clandestin qui présidait de fait à l'organisation des détenus. P. D. met particulièrement en relief le rôle des communistes, allemands et français, qui furent à l'origine de la résistance." (Revue française de science politique, 1977) — "Malgré l'abondance des témoignages publiés, l'importance et la valeur des études qui lui ont été consacrées, la lecture d'un livre comme celui-ci montre à quel point il demeure difficile, sinon impossible, à qui ne l'a pas vécue, d'atteindre la réalité profonde de l'univers concentrationnaire. On a certes l'impression que tout a été dit sur la vie et la mort, la faim et le travail, le sadisme des Kapos et la sauvagerie des S.S. et la monstruosité du système. Le livre de Pierre Durand nous montre cependant qu'il y a encore bien des aspects à en découvrir ou à pénétrer, si l'on veut aller au-delà des réalités concrètes les plus saisissantes. Militant communiste, déporté à 20 ans, l'auteur a connu personnellement Buchenwald ; mais il a aussi recueilli et utilisé les témoignages d'autres déportés : ainsi sur Dora, qui en a été un moment une annexe, celui du directeur de l'Ecole vétérinaire de Toulouse, rédigé après la Libération et demeuré inédit. Il fait remarquer à juste titre qu'un témoignage aussi frais est d'une valeur inestimable. Et ce n'est qu'un exemple. L'intérêt de son travail, c'est qu'il est centré sur un problème précis, celui de la situation des Français, de leur organisation, de leur Résistance – car, même dans les conditions inimaginables des camps de concentration, ce mot avait un sens. (...) Le travail de Pierre Durand, qui a rassemblé de nombreux documents, dont certains inédits, est ainsi un élément essentiel de notre connaissance du monde concentrationnaire. Il peut figurer en bonne place, à côté du livre classique de Eugen Kogon, “L'enfer organisé”, qu'il confirme très souvent. Lorsque la génération des témoins aura disparu, des ouvrages comme celui-là demeureront essentiels aux historiens qui voudront comprendre l'Allemagne nazie et le monde qui lui a résisté." (J.-M. D'Hoop, Revue Historique, 1978)

322.          EUDES (Dominique). Les Kapetanios. La guerre civile grecque de 1943 à 1949. Fayard, 1970, in-8°, 493 pp, 16 pl. de photos et une carte volante hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état,  envoi a.s.

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Ce livre retrace pour la première fois l'histoire de la guerre civile grecque de 1943 à 1949 restée étouffée sous une véritable conspiration du silence. Les Kapetanios, ce sont les chefs de guerilla entraînant les montagnards grecs ; descendants des Klephtes de la guerre d'indépendance du 19e siècle et des révolutionnaire du 20e siècle, ils évoquent Chapaiev et préfigurent Fidel Castro. Leur histoire est celle de la victoire qui leur fut ravie après une résistance triomphante, celle des combats qui opposèrent à Athènes les partisans grecs aux forces d'intervention britannique alors que la guerre contre les puissances de l'Axe n'était pas encore terminée. Les résistants déposeront les armes pour connaître une "légalité" qui les poursuivra comme des criminels de droit commun sur un sol qu'ils ont libéré à un prix exorbitant : 600.000 morts dans un pays de 7 millions d'habitants...

323.          GALLAND (Général A.). Jusqu'au bout sur nos Messerschmitt. Laffont, 1960, in-8°, viii-277 pp, traduit de l'allemand par Max Roth, préface de Bernard Dupérier, 12 pl. de photos hors texte, 3 cartes et 2 tableaux, broché, jaquette illustrée, bon état

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Par le commandant de la Chasse allemande. — « La vie du général Galland se confond, de 1934 à 1945, avec l'histoire de l'aviation de chasse allemande. Il est un de ses premiers pilotes alors que, sous l'impulsion de Goering, elle se reconstitue dans la clandestinité. Dès lors, il participera à toutes les actions. As de cette arme, pilote aux innombrables victoires, il finira par en être le commandant en chef. Avec ses Messerschmitt, il participe à la guerre d'Espagne, au "blitzkrieg" de Pologne, à la campagne de France. Rien ne résiste plus à l'aviation allemande qui domine totalement le ciel. Mais les grands raids sur Londres portent à l'armée aérienne du Reich un premier coup qui, plus tard, se révélera fatal. Enivré par sa puissance, ne rêvant que massacres et représailles, Hitler commet la folie de sacrifier les chasseurs aux bombardiers. En dépit de l'habileté et du courage de ses pilotes, la chasse allemande fond dans les terribles campagnes de Russie et d'Afrique. Le général Galland assistera impuissant à l'invasion du Reich, à l'écrasement des villes allemandes sous les bombes de l'aviation alliée... »

324.          GALLIARD-RISLER (Francine). André Clavé. Théâtre et résistances. Utopies et réalités. 1916-1981. P., Association des amis d'André Clavé, 1998, gr. in-8°, 555 pp, préface de Jean-Noël Jeanneney, épilogue de Pierre Schaeffer, nombreuses illustrations et photos dans le texte, 32 pl. de documents et photos en noir et en couleurs hors texte, annexes (fac-similés), chronologie, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état,  envoi a.s.

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André Clavé, né à Bordeaux en 1916 décédé à Paris en 1981, est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre, et résistant français. Avant la guerre, il fonde en 1936 les Comédiens de la Roulotte avec François Darbon, Jean Desailly, rejoint par Jean Vilar en 1940. La troupe intègre le mouvement Jeune France et joue des pièces dans l'ouest de la France. Camarade de Pierre Sudreau à l'armée de l'air, il entre en septembre 1942 dans le réseau de résistance Brutus. Il prend sa succession après son arrestation par la Gestapo, avant d'être lui même arrêté avec André Boyer dans un café de la rue Saint-Honoré. Interrogé, il est incarcéré à la prison de Fresnes, puis interné au Camp de Royallieu (Oise), avant le camp de Buchenwald. Transféré au camp de Dora-Harzungen, il s'évade avec trois compagnons et erre en Allemagne pendant un mois. À l'avènement de la Quatrième République, Jeanne Laurent, charge André Clavé et sa compagnie de la Roulotte de faire des représentations itinérantes en Alsace et en Lorraine. Elle le nomme ensuite, le 4 mai 1947, à la direction du centre dramatique national de l'Est où il remplace Roland Piétri. Il y diffuse les principe de la décentralisation théâtrale, en faisant jouer répertoire classique, dramaturges étrangers et auteurs contemporains, et ce à travers cinq départements. Michel Saint-Denis le remplace à ce poste le 1er janvier 1952. En 1955, il participe auprès de Pierre Schaeffer au Studio-école de la Radiodiffusion française. Il a épousé Francine Galliard-Risler, décoratrice pour Charles Dullin avant d'intégrer le Centre dramatique de l'Est.

325.          HENN (Peter). La dernière rafale. Préface de Jules Roy. Julliard, 1967, in-8°, 284 pp, traduit de l'allemand, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Mémoires d'un pilote de chasse de la Luftwaffe. Peter Henn est le pseudonyme de l'Oberstleutnant Alfons Schertl. En juillet 1943 il est en Italie sur Messerschmitt 109G, dans le 6e Escadron du Groupe II de JG51 Jagdgeschwader "Mölders" où il accomplit ses premières missions. Il combat dans le cadre de l’invasion de la Sicile par les alliés. Il revient ensuite en Allemagne et combat les attaques aériennes americaines (bombardements), notamment l'attaque Schweinfürt, fin 1943. Début 1944, il est de retour en Italie jusqu'à mars 1944, ensuite il part avec son groupe en Roumanie pour défendre les puits de pétrole de Ploesti où en avril 1944, il a son Bf109G saboté par des résistants roumains qui placent un explosif dans son moteur. Lors d’une une patrouille, son moteur saboté explose alors qu’il vole bas, son avion s’écrase mais il survit. Il est éloigné de la chasse, mais il a de violents maux de tête et ne supporte plus les vols en altitude. Il est transféré dans des fonctions bureaucratiques pour la Luftwaffe, mais fin 1944 il reçoit son affectation pour un groupe d'aviation d’assaut dans le groupe II de Schlachtgeschwader 4(SG4), ce groupe se trouve en Silésie, experimentant des tactiques de vol anti-chars avec des FW190F8. Il combat également lors de l'offensive hivernale en décembre 1944 (la Bataille des Ardennes), où il fait des bombardements sur Bastogne en Belgique, il participe à l'attaque de Luftwaffe contre les aérodromes alliés le 1er Janvier 1945. Retour a l'Est, encore un Yak9 abattu près de Breslau en janvier 1945 et c’est le retour pour la Silésie, il entame la lutte sur le sol allemand, après que son groupe soit transféré pour l'aérodrome de Klotzke à Dresde où il ou il assiste au terrible bombardement Anglais de 1945. Mars 1945, son groupe est transféré pour le réduit tchéque : Menant un escadron, il fait des remarques sur son patron de groupe "qui ne vole pas, il délégue juste, se contentant d’envoyer les autres au combat". Sa dernière mission est accomplie le 23 avril 1945, où il doit attaquer une percée soviétique dans la région de la ville de Goding (Hodonín actuel), où ils rencontrent plusieurs chars, il prend des bombes et des projectiles anti-chars, il mène un groupe de six avions, ses ailiers deux jeunes aviateurs ayant a peine 10 heures de vol. Le deuxième élément est mené par un Stabsfeldwebel. Dans l’attaque des chars, son avion est touché, ses jambes sont atteintes et il perd le controle de celles ci. Il tente un atterrissage sur le ventre dans une prairie. Sortant à grand peine de son avion, il rampe dans un fossé juste avant l’explosion de son appareil (un FW190 F8). Malheureusement pour lui, les Russes sont vite là, il est capturé et sera libéré en 1947, avec les deux jambes amputées.

326.          HOFFMANN (Peter). The History of the German Resistance 1933-1945. Cambridge, The MIT Press, 1977, fort gr. in-8°, xii-847 pp, traduit de l'allemand, 9 cartes et plans, glossaire, sources et biblio, index, reliure pleine percale rouge de l'éditeur, jaquette (très lég. abîmée), bon état. Texte en anglais

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Résultat d'années de recherches, le livre de Peter Hoffmann est sans aucun doute l'ouvrage le plus complet qui ait été consacré aux diffèrentes tentatives de complots et d'attentats montés contre Hitler, notamment de l'intérieur même de l'armée allemande. — "C'est sans aucun doute l'ouvrage le plus complet sur les projets de coup d'Etat et d'attentats contre Hitler. Peter Hoffmann montre comment les chances d'une opposition organisée se sont progressivement rétrécies. Par conséquent, de petits groupes au sein même de l'armée et liés aux instances dirigeantes du Reich étaient les derniers foyers où une résistance pouvait encore être conçue avec une chance de succès. Hoffmann analyse aussi les trajectoires familiales et les carrières de ceux qui ont été à l'origine de plusieurs tentatives de coup d'Etat et finalement de l'attentat manqué du 20 juillet 1944, ainsi que les différents projets de réorganisation de l'Allemagne en cas de succès d'un renversement du pouvoir nazi. Appartenant pour la plupart d'entre eux à des familles de la vieille classe dirigeante allemande, à l'aristocratie et à la haute bourgeoisie, avec souvent une longue tradition militaire et bureaucratique, ces résistants pensaient plus à sauver l'honneur qu'à restaurer l'ordre démocratique..." (Michael Pollak, Vingtième Siècle. Revue d'histoire)

327.          INGRAND (Henry). Libération de l'Auvergne. Hachette, 1974, gr. in-8°, 206 pp, 8 pl. de photos et documents hors texte, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. La Libération de la France)

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L’Auvergne de 1940 est d’autant plus le centre de la France que Vichy est la capitale provisoire de l’« État Français », que le chef du gouvernement est auvergnat, que de nombreux étrangers à la région sont venus s’implanter à proximité du pouvoir, en sécurité, croient-ils, dans cette fameuse zone libre qu’est la moitié Sud de la France. L’action, qui commence en novembre 1942, au moment de l’occupation de la totalité du territoire par l’armée allemande, va s’étendre jusqu’en juillet 1945. Dans cette région où les notables en place et certains bourgeois se sont laissés séduire quelque temps par le régime, on verra avec quelle rapidité, quelle ampleur et quelle détermination les masses ouvrières et paysannes, ainsi qu’un véritable échantillonnage de toutes les couches de la population se sont lancées dans la Résistance, fidèles ainsi à une tradition millénaire. Ils ont mené un âpre et même combat qui peut se résumer ainsi : chasser l’envahisseur et rétablir la République. On pourra suivre l’organisation et le développement de la Résistance, ses premières actions, l’apparition des maquis, la préparation de la prise du pouvoir, la répression, les combats de 1944, la mise en place de la IVe République, l’épuration et, enfin, le retour progressif à la vie normale dans un pays démocratique.

328.          JOUVENEL (Bertrand de). Après la défaite. Plon, 1941, in-8°, 263 pp, broché, bon état

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Une traduction de la thèse pangermaniste à l'usage des Français. — B. de Jouvenel publie en 1941 chez Plon "Après la défaite", un ouvrage immédiatement traduit en allemand qui devient une des pièces maîtresses de la propagande intellectuelle nazie. La noble figure du jésuite Gaston Fessard, auteur du fameux manifeste "France, prends garde de perdre ton âme", qui avait lancé la résistance catholique, a vu tout de suite en quoi consistait ce livre : un acte de reconnaissance de la supériorité intellectuelle et morale du nazisme. Avec son autre ouvrage, La "Décomposition de l'Europe libérale", son "Après la défaite" a été tout de suite placé par les services de propagande nazis de Paris sur leur liste de livres à promouvoir. Ils y étaient toujours en mars 1944 et jouissaient d'une grande vogue, tant en Allemagne que dans les milieux de la collaboration.

329.          KENNEDY (Ludovic). La Poursuite et la mise à mort du Bismarck. Fayard, 1975, gr. in-8°, 296 pp, traduit de l'anglais, 20 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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De la mer Baltique aux côtes du Groenland, en passant par la baie de Biscaye, la plus grande poursuite maritime de la Seconde Guerre mondiale, et peut-être de toutes les guerres. Le Bismarck, fleuron de la Kriegsmarine, menaçait tous les convois alliés. Il fallut une formidable concentration d'avions et de navires de guerre pour en venir à bout. la bataille coûta la vie à plus de quatre mille marins. L'auteur a interrogé les survivants, retrouvé les résistants norvégiens et français qui, par les renseignements qu'ils purent fournir à l'Amirauté britannique, ont participé à cette implacable mise à mort. — L'auteur (1919-2009) a servi pendant toute la guerre dans la marine britannique et a, lui-même, sur le HMS Tartar, pris part à la poursuite du Bismarck.

330.          KONIEV (Maréchal I.S.). L'invasion du IIIe Reich. Mémoires de guerre 1945. Plon, 1968, in-8°, 314 pp, traduit du russe, cartes, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Les mémoires de Koniev, l'autre grand acteur de la chevauchée finale soviétique avec Joukov. — Né en 1897 près d'Arkhangelsk, Koniev intégra l'armée tsariste à 15 ans. Ayant rejoint l'Armée rouge en 1918, il obtint un avancement régulier mais nullement spectaculaire. Ayant survécu aux purges des années trente, Koniev ne reçut un commandement important qu'en 1942. Il intégra le groupe d'armées Sud, dans le secteur de Stalingrad. En 1943, Koniev fut promu au grade de général d'armée mais resta, dans l'ensemble, un inconnu. En 1944, il obtint le commandement du deuxième front ukrainien. Collaborant avec le premier front de Joukov, il s'illustra lors de l'encerclement de Korsun. Lorsque les Soviétiques déferlèrent sur la Pologne, Koniev prit Lvov, le 27 juillet 1944, et franchit la Vistule au sud de Varsovie. En janvier 1945, les forces de Koniev furent en tête de la progression en Allemagne. Koniev atteignit la ligne Oder-Neisse à la mi-février. A la mi-avril, reprenant l'offensive, il fit sa jonction avec les Américains, sur l'Elbe. Vainqueur associé à Joukov pour la prise de Berlin, Koniev connut la célébrité internationale. De 1946 à 1955, il occupa le poste de commandant en chef des forces terrestres soviétiques. Par la suite, il devint commandant suprême des forces du pacte de Varsovie. Koniev mourut en 1973.

331.          LAVABRE (Célestin). Ceux de l'An 40. Récit. Une année de guerre : 15e RIA – Cinq ans de captivité : Stalag VI A, Rawa-Ruska, Stalag II C. Rodez, Editions Subervie, 1981, in-8°, 468 pp, 16 pl. de photos hors texte, avec en annexe la liste des disparus des 15e Régiments d'Infanterie et d'Infanterie Alpine et la “Complainte de Rawa-Ruska”, , broché, bon état

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Témoignage de l’abbé Célestin Lavabre. La localité de Rawa-Ruska, située en Galicie à 52 kilomètres au nord-est de la ville de Lwow, a abrité, de 1942 à 1944, un camp de représailles contre les « prisonniers-résistants » français et belges coupables d’évasion ou de sabotage. Environ 24.000 prisonniers français y ont séjourné.

332.          LE MOIGNE (Louis) et Marcel BARBANCEYS. Sédentaires, Réfractaires et Maquisards. L'Armée secrète en Haute-Corrèze, 1942-1944. Ussel, Association Amicale des Maquis de Haute-Corrèze, 1977, in-8°, 509 pp, 24 pl. de portraits et photos hors texte, qqs cartes, broché, 2e plat lég. sali, bon état

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"Dans l’histoire de la Résistance en France, le développement des maquis et leur rôle dans la lutte armée contre l’occupant allemand et ses auxiliaires de Vichy ont certainement constitué la page la plus glorieuse. Mais si la mémoire a surtout retenu comme illustration du phénomène le maquis des Glières en Haute-Savoie ou celui du Vercors en Isère, le département de la Corrèze fut indéniablement l’endroit en France où les maquis connurent leur développement le plus important et menèrent les opérations armées les plus précoces et les plus spectaculaires. Il n’y eut pas ici de grand maquis mobilisateur, comme les maquis alpins ou celui du mont Mouchet en Auvergne, mais une multitude de petits camps disséminés dans les forêts et les zones de moyenne montagne. Au total, les statistiques officielles établies par le service historique de l’armée de terre ont ainsi recensé 71 emplacements de camps de maquisards dans l’ensemble du département pour la seule Armée secrète (AS, d’obédience gaulliste)..." (Fabrice Grenard, “Tulle. Enquête sur un massacre. 9 juin 1944”, 2014)

333.          MASSU (Suzanne). Quand j'étais Rochambelle. De New York à Berchtesgaden. Grasset, 1969, in-8°, 255 pp, 9 photos et un fac-similé, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale enrichie d'un  envoi a.s. à un éditeur (Baden, 22 fév. 1969)

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"Quarante-quatre femmes dans une division bli