Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 370 – Octobre 2017

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÉCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  ALLAND (Denis) et Stéphane RIALS (dir). Dictionnaire de la culture juridique. PUF, 2003, fort pt in-8°, 1649 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Quadrige)

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Ce dictionnaire est un livre d’un genre absolument inédit. En un seul volume, plus de 400 articles croisent le droit privé, le droit public, l’histoire du droit, la philosophie et la théorie juridiques, visant à donner un aperçu des principales branches, des principaux domaines, des grandes institutions (au sens large) dans le long terme de la tradition juridique jusqu’à l’époque contemporaine. C’est cet ensemble qui forme la « culture juridique », une place étant faite aux cultures juridiques d’autres pays, Allemagne, Angleterre, Chine, Etats-Unis, Inde, Japon, même si la culture juridique française est privilégiée. Quelques données : 213 auteurs, 409 entrées d’une longueur moyenne de 20.000 signes ; index des matières (près de 3.000 occurrences ; index des noms des personnes citées (près de 3.500 noms) ; index des principaux textes. — Cet ouvrage n’est certes pas destiné à ceux qui réduisent le droit à un ensemble de prescriptions, à un droit positif en constante évolution et qui s’intéressent uniquement au dernier état des lois, réglements et autres arrêts. Celui qui se contente de connaître le sens actuel des termes se satisfera du Cornu (Vocabulaire juridique), et celui qui souhaite simplement accroître sa connaissance du droit positif trouvera son bonheur dans la collection « Thémis ». Le Dictionnaire de culture juridique s’adresse à ceux dont l’art est devenu un objet de plaisir et de curiosité intellectuelle, aux juristes qui souhaitent joindre la compréhension de la pensée juridique à la connaissance de son état actuel. Les mots du vocabulaire juridique sont en effet issus d’une longue tradition, remontant pour l’essentiel à Rome, mais pas seulement, une tradition marquée par l’évolution des idées humaines. Si un manuel de droit civil décrira le fonctionnement de la responsabilité civile, et le Cornu, le sens communément attribué à ce mot, le lecteur du Dictionnaire de culture juridique apprendra combien cette notion est centrale dans tout système juridique et combien elle est tributaire des représentations que les sociétés se font de l’équité et de l’utilité sociale. Il est en effet difficile à celui qui est né dans une culture juridique donnée de s’abstraire des règles en vigueur dans son univers juridique et de s’interroger sur les principes mêmes sur lesquels reposent implicitement les règles dont il n’a généralement envisagé que l’application aux cas d’espèce. Cet ouvrage s’adresse à ceux qui, juristes ou non juristes, s’intéressent au droit lui-même, à son histoire et à ses fondements. Chaque entrée conduit à la remise en question des concepts fondamentaux du droit, et tous les articles mettent l’accent sur l’évolution historique des concepts pour mieux nous montrer combien les définitions et les solutions les plus généralement admises, à notre époque comme dans le passé, reposent sur une certaine conception des rapports entre les hommes ainsi que sur l’évolution des relations économiques et sociales entre eux.

2.                  ANDRIEUX (Maurice). Les Français à Rome. Fayard, 1968, in-8°, 498 pp, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            25

Intéressante étude sur les Français à Rome, courant des Gaulois à la fin du XIXe siècle, évoquant tour à tour les guerres d'Italie, le pèlerinage romain des écrivains et artistes, la séduction exercée sur les romantiques... Rabelais, du Bellay, Montaigne, le Président de Brosses, Mme Récamier, Taine ; les ambassadeurs Bernis, Chateaubriand, le consul Stendhal ; les artistes Poussin, Claude Gelée ; les réfugiés de nos révolutions, les filles de Louis XV, Mme Vigée-Lebrun, une nichée de Bonaparte...

3.                  [Architecture] – Collectif. Quai Branly : Concours pour le Centre de Conférences Internationales de Paris. P., Institut français d'architecture, Editions Carte Segrete, 1990, in-8°, 349 pp, très nombreuses illustrations, photos et plans, dans le texte et à pleine page, qqs-unes en couleurs, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

Textes de François-Régis Bastide, Jacques Leprette, J.-B. Duroselle, Bernard Marrey, etc.

4.                  [Balzac] – CERFBERR (Anatole) et Jules CHRISTOPHE. Répertoire de la Comédie Humaine de H. de Balzac. Avec une introduction de Paul Bourget. Ouvrage couronné par l`Académie francaise. Calmann-Lévy, s.d. (1887), gr. in-8°, xiii-563 pp, broché, bon état. Edition originale

            100

Edition originale rare. Important et curieux ouvrage donnant, par ordre alphabétique, l'état-civil et une biographie sommaire de tous les personnages conçus et mis en scène par Balzac dans la Comédie humaine. Un répertoire exhaustif, de "Abramko, juif polonais d'une force herculéenne" à "Zambinella, castrat, [qui] chantait au théâtre d'Argentina, à Rome", chaque entrée bénéficiant d'une notice précise et parfaitement documentée. Complément indispensable de toute collection balzacienne.

5.                  BASTIDE (Roger). Sociologie et Psychanalyse. PUF, 1950, in-8°, viii-291 pp, notes, broché, qqs rares marques au stylo en marges, bon état (Coll. Bibl. de sociologie contemporaine)

            25

"M. Bastide fait un historique soigneux des rapports entre la sociologie et la psychanalyse, montrant comment elles s'opposaient à leurs débuts, la psychanalyse expliquant tous les facteurs humains par la biologie et la sociologie par le social, et comment elles se sont ensuite assouplies l'une et l'autre et rapprochées. L'évolution de la psychanalyse, en particulier, est si marquée qu'il finit par ne presque plus rien rester de ce que Freud y avait mis. Dans la seconde partie, l'auteur reprend les problèmes fondamentaux de l'une et de l'autre pour mettre au point ce qui vient de la société et de la libido. Il y accorde à la sexualité une part part plus grande qu'on n'eût pu s'y attendre à la fin de la première partie et paraît prendre au sérieux un certain nombre de propositions freudiennes qu'on eût cru dépassées. (...) Le livre de M. Bastide est une excellente synthèse." (Jacques Leclercq, Revue Philosophique de Louvain, 1951)

6.                  BATON (Jean-Pierre) et Claude COHEN-TANNOUDJI. L'Horizon des particules. Complexité et élémentarité dans l'univers quantique. Gallimard, 1989, in-8°, 248 pp, 39 pl. d'illustrations et figures hors texte, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. NRF Essais)

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Que peut-on savoir aujourd'hui de la matière ? Pour répondre à cette question, la physique quantique cherche à déterminer quel est le plus petit élément constitutif du réel. Ce qu'elle découvre, ce n'est plus un objet mais un rapport, une relation. Les particules les plus élémentaires ne peuvent, en effet, être observées sans entrer en interaction avec les instruments qui les observent. L'observation même modifie irrémédiablement les particules. Les constituants ultimes de la matière ne sont plus des points matériels, mais une interaction. Ils relèvent des plus hautes énergies et renvoient aux temps de l'univers primordial, quand la matière était une énergie indifférenciée. L'infiniment petit ouvre donc à l'infiniment complexe et donne les clés de l'univers – l'infiniment grand. Ces trois infinis, la physique quantique les trouve dans l'horizon des particules. L'horizon apparent, observable dirait-on, celui de l'expérimentation qui enregistre les traces laissées par des particules dans le détecteur ; l'horizon profond, celui où la théorie postule de manière étourdissante l'existence nécessaire de particules ou de phénomènes interactifs que l'expérimentation ne peut pas encore prouver, ou bien, au contraire, cherche à comprendre les stupéfiantes découvertes d'une expérimentation qui la devance. Aussi la notion clé d'horizon aide-t-elle à penser les rapports bouleversés de l'objectif et du subjectif, du visible et de l'inobservable, bref, à redéfinir le concept de sujet de la connaissance.

7.                  BECHTEL (Guy). La Sorcière et l'Occident. La destruction de la sorcellerie en Europe des origines aux grands bûchers. Plon, 1997, gr. in-8°, 733 pp, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état

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Les sorciers et les sorcières ont existé de tout temps. A Rome, à Athènes, plus tard au Moyen Age, ils vendaient ouvertement leurs charmes d'amour, leurs invocations à la pluie, leurs sortilèges pour le bétail, tout cela sans le moindre lien au diable. Mais tout changea vers 1450. La sorcière, qui pratiquait le petit commerce de la divination ou du simple maléfice, fut assimilée à une prêtresse du diable habituée du sabbat. Les grands massacres allaient commencer. Si la sorcellerie est éternelle, la mise à mort massive des sorcières en Occident ne fut pratiquée que pendant un temps assez court, tardif (1570-1630), et surtout sur une aire géographique restreinte, entre la Lorraine et la Westphalie, les Alpes et les évêchés rhénans. Pourquoi ? C'est ce à quoi Guy Bechtel s'est attaché à répondre. La liquidation des sorcières fait partie sans doute d'une époque, à partir des XIIe-XIIIe siècles, où l'on persécutait systématiquement les minorités jugées dangereuses : lépreux, juifs, hérétiques, homosexuels... Et le martyre des sorcières, s'il s'enracine très loin dans l'histoire, se poursuit encore aujourd'hui.

8.                  BELAVAL (Yvon). Le Souci de Sincérité. Gallimard, 1944, in-12, 208 pp, broché, bon état (Coll. La Jeune philosophie). Edition originale, ex. du SP, envoi a.s.

            40

"L'auteur ouvre et conclut son intéressant essai par cette affirmation : « Qu'est-ce que la sincérité ? Il est peu d'idées plus confuses. » Il montre qu'elle n'est pas le simple naturel ; qu'elle n'est pas toute dans la véridicité ; il l'accepte avec ses incertitudes, et y voit « une conduite d'échec ». Si le moi ne peut plus être conçu comme une substance donnée ou comme une nature immobile en ses traits constitutifs, s'il est mobile et évoluant, la sincérité sera toujours, en partie au moins, effort pour se construire soi-même et se faire être ce qu'on voudrait être : c'est-à-dire qu'elle exprime un certain idéal du moi qu'il tâche de mériter. C'est pour cela que le souci de sincérité parait se former surtout pendant l'adolescence, dans « la dernière étape de socialisation » ; c'est pour cela encore qu'on peut y voir « une sorte de conduite affectivo-magique » à l'égard du monde des adultes : « il s'agit d'enchanter ce monde, de se le rendre favorable ». En somme, c'est à l'aide du sens esthétique du mot, – au sens où l'on parle de la sincérité d'un écrivain, c'est-à-dire de l'effort par lequel celui-ci s'exprime et se dégage tel qu'il voudrait être, – que l'auteur essaye de délimiter son sens moral. La sincérité consisterait ainsi à chercher un acte d'accord de soi avec soi-même, de soi avec ses modes expressifs, et cet acte d'accord est une chance qu'on provoque et qu'il faut attendre : « au fond, c'est une trouvaille esthétique » (p. 207). Par là, M. Belaval en vient à accuser ce souci d'aboutir à l'inaction..." (Revue de métaphysique et de morale, juillet 1944)

9.                  CABANTOUS (Alain), André Lespagnol et Françoise Péron. Les Français, la terre et la mer, XIIIe-XXe siècle. Fayard, 2005, gr. in-8°, 902 pp, 12 pl. de gravures en couleurs, 46 cartes dans le texte, glossaire, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état, envoi a.s. de A. Cabantous

            25

Certes, la France n'a pas de tradition maritime aussi vigoureuse et aussi exclusive que celles des Pays-Bas ou de la Grande-Bretagne, certes, elle a été une puissance engagée sur le continent et une colonisatrice tardive, mais comment croire qu'elle ait vécu sans la mer et que la mer n'ait pas modelé ses campagnes et ses villes, ses échanges commerciaux, ses circuits financiers, ses flux migratoires, ses modes de vie, ses questionnements intellectuels, ses goûts artistiques comme culinaires, bref son mode d'être comme nation et comme Etat depuis au moins le XIIIe siècle ? Ce pays est à cet égard servi par la géographie, qui fait de lui un lien entre le Levant et le Ponant et l'a doté de plus de 5.000 km de côtes ; aucun lieu de France ne se trouve à plus de 400 km de la mer et ses DOM-TOM lui confèrent le troisième domaine maritime du monde. Jamais les populations du littoral n'ont été coupées de l'intérieur, depuis des siècles la viticulture, la sylviculture, l'industrie travaillent avec et pour la mer et les horizons lointains. Quant à la connaissance du monde, à la recherche scientifique et aux imaginaires, ne sont-ils pas, eux aussi, largement tributaires de la mer ? La littérature, les beaux-arts, la pensée en témoignent en permanence, et l'état florissant de la navigation sportive et de loisirs le montre aujourd'hui. Ce n'est donc pas une supposée "France maritime", distincte du reste, qui est envisagée ici. L'équipe d'historiens et de géographes qui a mis cette très originale somme en œuvre a préféré observer sur la longue durée comment la France a attaché (et attache toujours) le même prix à l'intégration politique de l'espace côtier, à son aménagement et à son développement économique qu'à ceux de l' "intérieur", et comment les Français du XXIe siècle sont les héritiers d'une société tout à la fois terrestre et maritime.

10.              Catalogue d'exposition – TAPIÉ (Alain). Symbolique & botanique. Le sens caché des fleurs dans la peinture du XVIIe siècle. Caen, Musée des Beaux Arts, 1987, in-4°, (100) pp, non paginé, un frontispice et 46 illustrations en couleurs, 8 illustrations en noir, notices détaillées, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

S'appuyant sur l'étude d'une cinquantaine de tableaux du XVIIe siècle, de France, d'Italie, d'Espagne et des pays du Nord, choisis pour leur signification particulière, ce livre révèle et décrit les sens multiples (allégoriques, métaphoriques, religieux ou philosophiques) dont les fleurs ont été le support. — Au XVIIe siècle, avec l'émergence de la peinture de genre, les natures mortes se répandent dans la peinture européenne. A côté des fruits, des amas de nourriture ou d'objets divers, la thématique florale occupe une place de choix au sein des écoles nordiques, et dans une moindre mesure en France ou en Italie. Aujourd'hui, une quantité incroyable de bouquets exubérants se présentent aux cimaises (et dans les réserves) des musées. Pourquoi un tel engouement ? Très probablement grâce à son ampleur décorative combinée, il est vrai, à une certaine précision scientifique. Mais, comme Erwin Panofsky l'avait fait pour les primitifs flamands, Alain Tapié, conservateur du Musée des beaux-arts de Caen, met en évidence le symbolisme caché de ces superbes compositions florales, symbolisme le plus souvent religieux, mais parfois profane.
Oui, alors que notre regard est prisonnier de la virtuosité du pinceau pour rendre les couleurs des roses, les textures des tulipes ou la lumière miroitant dans l'eau du vase, nous oublions trop facilement à quel point ces tableaux étaient des jeux pour l'esprit, des sortes de rébus, très souvent complexes et destinés à de fins lettrés. Umberto Eco nous l'a dit : tout est signe, et ce catalogue nous offre un véritable parcours sémiologique au sein de ce jardin floral. En effet, le goût pour la peinture de fleurs se double d'une passion dévorante pour les jardins et les espaces verts. Sans oublier que cet engouement a conduit à une forte spéculation sur les bulbes de tulipes, qui culminera aux Pays-Bas septentrionaux en 1636, avant l'effondrement des cours, l'année suivante. Le peintre de fleurs fera donc appel à différents contextes, métaphoriquement représentés par les bouquets, les guirlandes ou la fleur isolée : la religion (rose, lys et ancolie sont liées à la Vierge), les cinq sens, la vanité de toute chose ou la mythologie (Adonis est lié à l'anémone ; Daphné se métamorphose en laurier, Hyacinthos en jacinthe, Narcisse en … narcisse). Ce jeu de références littéraires et érudites se retrouve dans un grand nombre d'oeuvres de l'époque baroque : de Nicolas Poussin à Ambrosius Bosschaert, en passant par Jan Brueghel de Velours (qui mélange les fleurs en dépit des saisons), Willem van Aelst, Nicolas Poussin ou Daniel Seghers. le texte savant (mais très accessible) n'en est que plus passionnant, comme dans une chasse aux indices pour découvrir le secret de l'oeuvre. Deux annexes complètent l'ensemble. Tout d'abord, un répertoire des attributs attachés à chaque fleur. Très utile. Ensuite, un ensemble d'oeuvres nous présente, toile après toile, le détail des fleurs qui y sont représentées. Ce qui ajoute une dimension supplémentaire : quel n'est pas notre étonnement de trouver des roses anciennes, plus rustiques mais plus picturales que nos trop sages cultivars, ou d'admirer d'énormes tulipes perroquets, flamboyantes et extravagantes, en un mot : baroques. Et de prendre conscience à quel point notre langage des fleurs est l'héritier de cette symbolique plus ancienne. Ce livre est un véritable divertissement pour les yeux, les sens et l'esprit,.

11.              CHANG (Jolan) [TCHANG Tchong-lan]. Le Tao de l'art d'aimer. Calmann-Lévy, 1986, gr. in-8°, 215 pp, préface de Joseph Needham, 25 illustrations détaillant les postures amoureuses dans le texte et à pleine page, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

La longévité et la vie sexuelle ; l'art d'aimer contre thérapeutique essentielle des canons de la médecine taoïste ; autant de problèmes d'une brûlante actualité pour un public occidental, et qui sont abordés avec lucidité dans cette première étude détaillée des techniques amoureuses enseignées par les écoles de médecine taoïstes. A une époque corrompue par sa détestable approche des problèmes sexuels, où les jeunes à la recherche de la beauté se perdent et s'enlisent dans la multiplicité des libertés nouvelles, les points évoqués ici vont au cœur du sujet. Jolan Chang met à notre portée un peu de la sagesse inestimable de l'antiquité. Du XIIIe au XIVe siècle, pendant les quatre-vingt-huit années où ils dominèrent la Chine, les Mongols firent table rase de toute la littérature taoïste, à l'exception du Tao tö king. Pour la première fois, un ouvrage où l'érudition ne le cède en rien à la compréhension profonde, tente de rassembler en une présentation cohérente les fragments qui subsistent encore des enseignements taoïstes sur le rôle de la sexualité et de l'amour comme agents thérapeutiques universels de la médecine des temps anciens. La sagesse antique, qui voyait dans l'amour une énergie cosmique émanant du Principe même du Tao, ne traça jamais de démarcation entre l'amour sacré et l'amour profane comme nous l'avons fait en Occident. — Le taoïsme chinois replace l'homme au cœur de la nature en prônant le partage, le contrôle de soi et l'inventivité amoureuse et sexuelle. Dans cet ouvrage, Jolan Chang rend enfin accessible aux Occidentaux ce savoir-faire millénaire. Adaptant le tao au monde moderne, Jolan Chang en rappelle les principes essentiels: la maîtrise de l'éjaculation ou encore l'importance de l'orgasme féminin. Il donne également les réponses du taoïsme aux questions d'hygiène de vie, du choix du partenaire, de différence d'âge, de longévité conditionnant une vie sexuelle épanouie. Illustré de nombreux dessins détaillant les postures amoureuses, ce véritable Kâma-Sûtra chinois révèle les techniques ancestrales pour prolonger la durée de l'acte sexuel et atteindre des sommets de volupté.

12.              CHATELET (François)(dir). Histoire des idéologies. 1. Les mondes divins jusqu'au VIIIe siècle de notre ère. Hachette, 1978, in-8°, 389 pp, tableau synoptique, index des thèmes, broché, bon état

            25

Tome 1 seul (sur 3) – Ont collaboré a ce volume : Luc Brisson, François Châtelet, Pierre Geoltrain, Michel Gitton, Pierre Griolet, Jacques Harmand, Ahmad Hasnawi, Jean Lagerwey, Charles Malamoud, Francis Schmidt, Joël Schmidt, Mohammed-Allal Sinaceur, Jean-Louis Tristani. — Après le succès de « l'Histoire de la Philosophie », cette « Histoire des Idéologies » était attendue. Cette entreprise se propose de mettre en évidence la constitution et les fonctions de l'idéologie dans les sociétés, de l'Antiquité jusqu'aujourd'hui, en Asie et en pays d'Islam comme en Occident. L'histoire des idéologies montre donc les idées en action dans l'histoire. Par idéologie il faut entendre la façon dont les hommes, depuis toujours, se sont représentés le monde – tant le cosmos que Dieu ou la science –, comment ces conceptions se sont inscrites dans la vie sociale et culturelle, et ont servi à la définition et à la pratique du pouvoir. Cette histoire des idéologies est ainsi une tentative pour relier les mouvements de surface traversant la vie des sociétés aux conceptions profondes qui les constituent et qui les animent. Par là, elle est aussi notre histoire. — "Cette Histoire des Idéologies est une réussite. François Châtelet a réuni, avec Gérard Mairet, une équipe de chercheurs qui n'ont pas seulement vulgarisé les résultats de leur recherche mais qui ont apporté des contributions originales." (Philippe Soulez, L'Homme et la société, 1979)

13.              CHEVREL (Claudine) et Béatrice CORNET. Affiches et images d'amoureux. Lausanne, Edita, 1990, in-4°, 148 pp, 230 illustrations en couleurs (reproductions de gravures anciennes, cartes postales et affiches) avec notices, index des illustrations, biblio, reliure simili-cuir gris de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Un livre qui retrace deux siècles d’images d’amoureux dans la société française. Table : Symboles, accessoires, décors ; Attitudes ; Types et personnages.

14.              COUSSY (Denise). Le roman indien de langue anglaise. Karthala, 2004, in-8°, 318 pp, liste des romans cités, liste des romans traduits en français, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            20

Depuis l'Indépendance de l'Inde (1947), les romanciers indiens de langue anglaise brossent une fresque littéraire qui suit l'évolution de la réalité et de l'imaginaire du sous-continent. L'œuvre de Rushdie – et, en particulier ses brillants “Enfants de Minuit” – reste le modèle de cette importante production dans la mesure où l'écrivain exilé a réussi à transformer son pays natal en une fabuleuse "patrie imaginaire" et à utiliser sans complexe l'anglais qui n'est, pour lui, qu' "une voix de l'Inde". Bien d'autres romanciers ont également choisi de s'expatrier, de façon temporaire ou définitive. Depuis Toronto ou Oxford, ces "enfants de Rushdie" traquent une indignité qui les hante en utilisant tous les moyens d'expression classiques du roman moderne (réalisme social chez Rohinton Mistry ou verve satirique chez Upamanyu Chatterjee), mais aussi les innovations du discours post-moderne (recours au fantasmagorique chez Vikram Chanda, perversion de l'histoire événementielle chez Shashi Tharoor et destruction du temps et de l'espace chez Amitav Ghosh)... Certains écrivains privilégient, par contre, une approche moins spectaculaire de la sensibilité indienne. Dans le sillage de l'œuvre de R.K. Narayan (qui brocardait malicieusement une "petite Inde" modeste), de nombreux romanciers (comme Amit Chauduri ou Anita Desai) travaillent, avec finesse, sur des situations modernes de grande intensité psychologique. Les romancières ont très vite pris la parole en proposant, d'abord, des récits d'émancipation précautionneuse, puis, peu à peu, des textes de plus en plus courageux qui restent cependant marqués par un contexte psychologique et social encore inhibant. Le récent Dieu des petits riens d'Arundhati Roy propose, par exemple, un monde au féminin où la dépendance débouche sur la transgression, en une dialectique à la fois poétique et tragique. L'histoire littéraire du roman indien de langue anglaise – que cet essai critique tente de retracer en présentant les œuvres d'une soixantaine d'auteurs – s'inscrit dans le vaste mouvement actuel de la littérature mondiale post-coloniale anglo-saxonne. Il y apparaît comme un modèle incontesté qui a réussi à s'imposer en intégrant les multiples différences de l'Inde plurielle.

15.              DAUDET (Léon). La Femme et l'Amour. Aspects et visages. Flammarion, 1930, in-12, 282 pp, reliure demi-basane bleue, dos lisse avec titres et filets pleins et pointillés dorés (rel. de l'époque), pt trace d'humidité ancienne sans gravité en haut de la tranche et au coin sup. des premiers feuillets, bon état

            25

"Ce succès était à prévoir. Car jamais la puissance quasi magnétique du grand écrivain qu'est Léon Daudet ne s'était exercée avec cet allant, ce charme souverains. « Non, pas un roman, mais un essai, écrit le critique de la “Nation Belge”, le plus parfait, chargé de suc et de lumière, l'image d'une courbe divine. » – « “La Femme et l'Amour”, quel titre » s'écrie René Benjamin. C'est le plus beau des sujets, traité par l'homme le mieux fait pour en sentir la séduction et la grandeur. Jamais les qualités éclatantes de Léon Daudet n'avaient trouvé si belle occasion de s'exprimer." (Le Figaro, 14 janvier 1931) — Fils du romancier Alphonse Daudet, Léon hérita du caractère brillant et de la forte personnalité de son père. Il connut très jeune toute l'intelligentsia de son temps, de Zola à Maurras, et épousa la petite-fille de Victor Hugo.

16.              DAUPHIN-MEUNIER (Achille). La Banque à travers les âges. Historique et anecdotique. Sous la direction technique de Louis Lair, avec une préface de Edouard Dolléans, iconographie réunie par Jean Boisseau. P., Banque Éditeur, 1936-1937, 2 vol. pt in-4°, v-387-(3) et 409-(3) pp, très nombreuses illustrations en noir dans le texte et à pleine page (portraits, photos, gravures anciennes, fac-similés de documents), 25 planches hors texte dont 8 en couleurs, reliures demi-toile verte, dos lisses avec titres dorés et filets à froid, bon état

            150

"J'ai loué déjà dans la Revue le tome premier de cet ouvrage. Le tome II mérite les mêmes compliments. Il retrace l'histoire de la banque dans le monde, de 1789 à 1937. Le texte est solidement documenté, et l'on y trouve, commodément réunies, d'abondantes informations, non seulement sur les grands pays d'Europe occidentale et sur les Etats-Unis, mais encore sur les banques d'Extrême-Orient, sur la B.R.I., etc. La partie iconographique est remarquable. On y peut voir la photographie de la plupart des grandes banques du monde, ainsi que des principaux financiers des temps modernes, et une magnifique reproduction, en couleurs, de la célèbre galerie dorée de la Banque de France. Par le texte et par l'image, cette publication, qui a dû coûter très cher à établir, mérite le succès." (G. Pirou, Revue d'économie politique, 1937)

17.              DELACROIX (Christian), Françoise Dosse et Patrick Garcia. Les courants historiques en France, 19e-20e siècle. Armand Colin, 1999, gr. in-8°, 332 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. U)

            30

L'opération historique ne peut plus être naïve. Depuis un certain nombre d'années, l'histoire fait retour sur elle-même pour interroger les notions en usage, ce qui implique de la part de l'auteur comme du lecteur d'histoire de s'interroger sur ce que faire de l'histoire veut dire. De plus en plus, on ressent la nécessité du détour historiographique afin de mieux s'approprier ce qui constitue l'originalité, la singularité de la pratique historienne. On comprend alors l'irréductible pluralité de l'histoire en faisant passer Clio de l'autre côté du miroir dans une approche essentiellement réflexive. L'objet de cet ouvrage est donc d'inviter son lecteur à un parcours qui le conduit à s'interroger sur la place centrale attribuée à l'histoire depuis la discontinuité majeure que symbolise la Révolution française de 1789 jusqu'à nos jours. Ce parcours s'étend sur deux siècles, le 19e et le 20e, et a fait apparaître l'histoire comme se situant à la croisée de trois dimensions : elle est le produit, d'une part, d'un lieu social marqué par l'institution historique et plus largement par sa relation au corps social ; d'autre part, l'histoire est médiatisée par une technique, des procédures d'analyse et des pratiques scientifiques ; enfin, l'histoire est écriture, ce qui implique d'être attentif aux règles discursives de ses sources et de son énonciation, sans pour autant s'enfermer dans la seule dimension du langage. Ce parcours veut ainsi rendre compte d'un processus d'autonomisation - théorique, professionnelle, institutionnelle – de la discipline historique en France, dans ses avancées comme dans ses incertitudes. Ce processus est aussi celui de l'incessant combat des historiens pour défendre la visée de vérité d'un "faire de l'histoire" pluriel toujours plus confronté aux pressions des demandes sociales et aux exigences renouvelées de leur responsabilité sociale.

18.              DREYFUS (Robert). La Téléphonie. Armand Colin, 1931, in-12, 199 pp, 48 figures dans le texte et à pleine page, biblio sommaire, broché, bon état (Coll. Armand Colin)

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"Ce petit livre très clairement rédigé renferme tout ce qui peut être utile de savoir sur la téléphonie par fil, pour tous ceux qui n'en font pas leur métier. Les notions fondamentales qui servent d'introduction contiennent des généralités sur les courants téléphoniques en relation avec les phénomènes acoustiques ; l'équation de propagation, dite des télégraphistes, est établie et les résultats qu'on peut en tirer mis en évidence. Le chapitre suivant est consacré à la description des organes essentiels du poste téléphonique : récepteur, microphone, bobine d'induction, etc. et aux méthodes utilisées pour déterminer leur valeur relative. L'étude des lignes est ensuite abordée, l'auteur donne l'ordre de grandeur des différentes constantes linéiques et indique comment, varient l'affaiblissement et la vitesse apparente de propagation, et la nécessité d'améliorer les lignes par l'usage de bobines de pupinisation, d'amplificateurs. Les organes essentiels étant ainsi étudiés, on peut passer au bureau central, d'abord dans les installations manuelles [répartiteurs, standards, multiples] puis dans les installations automatiques dont les types les plus répandus sont décrits. Le livre se termine par un chapitre consacré à l'Exploitation, l'auteur indique comment varie dans les différents cas le prix de revient de la communication ; l'intérêt de l'automatique pour les secteurs ruraux est clairement mis en évidence ; l'organisation générale du réseau français est décrite." (Maurice Leblanc, La Quinzaine critique des livres et des revues, 1931)

19.              DRUILHE (Paule). Histoire de la musique. Hachette, 1961, in-12, 157 pp, 34 illustrations, biblio sommaire, discographie, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état

            20

L'antiquité ; Le moyen âge ; La renaissance ; L'art classique ; La musique en France sous la Révolution et l'Empire ; Le romantisme ; L'art contemporain.

20.              FAGES (J.-B.). Comprendre Edgar Morin. Toulouse, Privat, 1980, in-8°, 240 pp, biblio, broché, une photo d'Edgar Morin en couverture, qqs annotations au stylo rouge sur 25 pp, bon état

            20

Comment caractériser la recherche et la présence actuelle d'Edgar Morin ? Sociologue, penseur social, philosophe, témoin et acteur en son temps... toutes ces désignations s'appliquent de matière à la fois pertinente et insuffisante à cet esprit...

21.              FUCHS (Paul). Handbuch der deutschen und russischen Conversationssprache oder vollständige und practische Anleitung, sich im Deutschen sowohl als im Russischen richtig und geläufig auszudrücken. Auch ein Vademecum für Reisende // Rukovodstvo dlja russkich i nemeckich razgovorov. Stuttgart, Paul Neff, 1877, in-8°, viii-508 pp, reliure percaline rouge éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos (“Coursier-Fuchs Deutsch-Russische Gespräche”), bon état

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22.              GROUSSET (René). Bilan de l'Histoire. Plon, 1960, in-8°, 283 pp, reliure pleine toile vermillon de l'éditeur, gardes illustrées, dos uniformément passé, bon état

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"Une information étendue et substantielle, une pensée aussi riche que nuancée, un jugement sûr, une grande délicatesse de sentiment, un style coloré et vivant qui excelle à mettre en lumière les éléments essentiels d'une large fresque et à faire surgir des détails toutes sortes de vues d'ensemble puissantes et animées, tels sont les incontestables mérites de ce beau livre qui atteste chez son auteur des dons de synthèse vraiment hors pair. On ne saurait analyser un pareil travail qui, en trois cents pages, englobe en quelque sorte l'histoire universelle, ni même noter tous les « faits culminants » discernés par M. René Grousset dans son « survol de l'histoire en hauteur » suivant la pittoresque expression dont il se sert pour caractériser son livre..." (Augustin Fliche) — Table : Mesure de la civilisation ; Apport de l'Asie ; Images religieuses d'Orient et d'Occident ; Europe et Asie ; A la source des invasions ; Sur une pensée de Pascal ; Un savant français : Joseph Hackin.

23.              GUÉRILLOT (Claude). De la porte basse à la porte étroite. Une approche de l'initiation. P., Dervy, 1998, gr. in-8°, 284 pp, 27 illustrations, 6 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Claude Guérillot se définit ici comme un "théiste noachite" pour qui "le ciel n'est pas fermé" et Dieu n'est jamais absent de Sa création. Dès lors, pour lui, les trois grandes théophanies du Sinaï, de l'Incarnation et de la "dictée du Coran" sont des "grandes révélations" auxquelles l'homme pourra accéder s'il accepte de cesser de faire de lui-même une "idole humaine", si, comme le disait Luther, "il se reconnaît pécheur" et s'il se met à l'écoute des "petites révélations" reconnues par Louis-Claude de Saint-Martin. Rechercher ce qu'un symbole évoque dans notre âme puis à tenter de comprendre pourquoi on ressent ce qui a émergé : c'est le symbolisme. Un quête de Dieu effectuée avec les outils que l'on s'est donnés par la lecture ésotérique – une "lecture du cœur" qui fait émerger un sens caché – des textes traditionnels ou une observation de l'univers : c'est l'ésotérisme. Bâtir en soi la sagesse, peiner vers une Initiation toujours remise en cause, c'est œuvrer au chantier d'une cathédrale, d'un temple intérieur, c'est être un ouvrier sur le chantier divin. Une immense chaîne intemporelle relie entre eux les amants de la sagesse, les chercheurs de l'Absolu, du hiérophante oublié d'Eleusis aux inspirés d'Israël, du Pater initiant de Mithra aux Initiés chrétiens que furent saint Syméon le Nouveau Théologien, Geert Groote, sainte Thérèse d'Avila ou saint Jean de la Croix, des sages de la Kabbale aux Soufis de l'Islam. Et tous, humbles ouvriers du Temple, travaillent ensemble à la plus grande gloire de Dieu. Si, de nos jours, un seul Européen sur dix pratique une religion, plus des trois quarts croient en Dieu et aspirent, plus ou moins confusément, à retrouver le chemin qui mène à Lui. C'est à ces femmes et à ces hommes qui voudraient retrouver, sans tomber dans le piège des sectes, un chemin vers la "maison du Père" que ce livre s'adresse.

24.              HALÉVY (Daniel). Essai sur l'accélération de l'Histoire. P., Les Iles d'Or, 1949, in-12, 166 pp, broché, imprimé sur papier vélin d'Alfa, bon état

            25

"Il est utile d’avoir présents à la mémoire les principes de Bossuet, quand on lit l’admirable Essai sur l’accélération de l’Histoire, où Daniel Halévy a réuni les « Méditations sur l’Histoire universelle » d’un homme de notre temps. Je dis bien : méditations, et non pas discours, comme dans la langue du XVIIe siècle. Et c’est là une première différence. De Bossuet à Halévy, l’Histoire universelle a glissé du genre oratoire à un genre contemplatif. Les siècles n’apparaissent plus dans l’ordre qu’aimaient y retrouver les contemporains de Louis XIV. Nous ne pouvons plus concevoir, comme Bossuet, « un abrégé où l’on voit comme d’un coup d’œil tout l’ordre des temps ». Le passé ne dévoile que partiellement. Il y a des trous d’ombre, et puis des éclairs, des éclatements. Un homme du XVIIe siècle ne s’arrêterait pas à ces discontinuités de la durée. Elles lui semblaient secondaires. Les méditations de D. Halévy placent au contraire ces discontinuités au centre de l’Histoire universelle..." (Philippe Ariès, Revue française de l'Elite, 1948)

25.              JAVARY (Cyrille J.-D.). Les trois sagesses chinoises. Taoïsme, confucianisme, bouddhisme. Albin Michel, 2010, in-8°, 248 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, marques au crayon en marges, bon état

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Quelles sont les valeurs éthiques et spirituelles des Chinois, et en quoi peuvent-elles nous parler ? Les mots "dieu", "esprit", "immortalité" ont-ils pour eux le même sens qu'en Occident ? Le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme sont-ils des croyances, des philosophies, des sagesses ? A partir de sa connaissance intime de la Chine, Cyrille Javary, auteur d'une monumentale traduction du Yi Jing, nous introduit à la perception qu'ont les Chinois de leur univers spirituel et nous donne les clés pour l'appréhender. Du chamanisme archaïque mais toujours vivace aux cultes contemporains, tel celui de Mao, en passant par les enseignements de Laozi et de Confucius, il retrace avec clarté une histoire plurimillénaire de rivalités autant que de dialogues et d'influences. Surtout, il nous montre ce que ces sagesses ont d'universel.

26.              LA VARENDE (Jean de). La Navigation sentimentale. Flammarion, 1952, in-8°, 347 pp, 170 croquis techniques de l'auteur dans le texte et 16 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée défraîchie, bon état

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"La Navigation sentimentale résume à elle seule l’autre passion de La Varende : la mer. Cette histoire de la navigation, « un travail titanesque », est dédiée à tous les marins de sa famille, depuis le maréchal de Tourville jusqu’à son père le lieutenant de vaisseau Mallard de La Varende, en passant par l’amiral Fleuriot de Langle, son grand-père, et bien sûr tous les baillis et commandeurs de l’ordre de Malte de la famille, Laval-Montmorency, Cintray, Bonneville-Chamblac, Mallard. Ce livre-là, on le garde, on ne le vend pas, ou on le cherche." (Bertrand Galimard Flavigny)

27.              LADOUÉ (Pierre). Clochers. P., J. de Gigord, s.d. (1938), gr. in-8°, 183 pp, 110 phographies dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Ce livre nous apprend la manière de visiter utilement une église, de la bien comprendre. C'est, en effet, sous une présentation des plus agréables, un manuel, un guide d'archéologie et d'art religieux d'une érudition sûre et parfaitement au courant. Il n'est pas un des éléments qui constituent extérieurement ou intérieurement une église qui ne soit ici décrit, illustré, commenté, de façon claire, familière, amusante parfois, instructive toujours." (Revue d'histoire de l'Église de France) — "M. Pierre Ladoué aime le clocher ; son amour s'allie avec toute la connaissance d'un maitre ès arts. Les coqs, qui avaient déjà une réputation de vigilance chez les Grecs, les Romains, les Gaulois, les coqs qui marquent les étapes de la nuit, montent la garde sur les clochers depuis plus de mille ans. Il y en avait un à Brescia, en 820, et un autre, tout ruisselant d'or, sur la cathédrale de Winchester, en 980. M. Pierre Ladoué fait leur histoire, du coq de clocher de village, que la foudre abat et que l'on replace gaiement après l'avoir enrubanné, aux coqs de clocher tombés pendant la guerre. (...) Ce sont autant de chapitres d'art et d'histoire, dans lesquels sont indiqués, avec autant de compétence que de clarté, les évolutions de la structure, de la flgure et de la décoration de l'église, depuis les origines romanes jusqu'à nos jours. M. Ladoué n'avait annoncé, modestement, que des « clochers ». Il donne beaucoup plus qu'il n'avait promis. Qui pourrait s'en plaindre ? Ce livre est tout un précis d'art religieux, où la plus sûre érudition et le sens esthéhque le plus averti sont mis à la portée de tous, très agréablement. Point de sécheresse. Partout des images parlantes, dans les évocations faites par M. Ladoué comme dans les 110 illustrations qui accompagnent le texte. Ainsi M. Ladoué dessine, pour ainsi dire, quelques-uns de chapiteaux romans de Vézelay il y montre, associés dans les scènes de l'Ancien et du nouveau Testament ou ces tableaux des travaux des champs, le symbolisme, la verve, la vie. Il nous rend sensible l'enthousiasme bâtisseur du moyen âge, l'enthousiasme de tout un peuple au travail pour donner à Dieu une maison grande et belle. I! voit dans i'égtise « une œuvre d'art éternellement vivante. Chaque génération, dit-il, y laisse son empreinte. l'expression de son goût. avec la manifestation de sa foi. Chaque siècle donne à l'oeuvre collective son coup de ciseau. Voilà ce qui en fait l'essentiel, le prix, la beauté »." (Charles Baussan, La Croix, 9 janvier 1938)

28.              LAGROYE (Jacques)(dir). La politisation. Belin, 2003, in-8°, 564 pp, notes, biblio, broché, bon état (Coll. Socio-histoires)

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Trop souvent encore, la politique est réduite à son personnel, à ses partis, à leur concurrence et à leurs crises. Prendre la politique sous l'angle de la politisation, permet d'élargir le champ d'investigation à toutes les modalités, militantes ou professionnelles, d'entrée en politique, de volonté ou de refus d'en faire. C'est d'abord circonscrire l'objet dans la diversité des sociétés qui l'ont inventé, chacune à sa manière et à son rythme ; c'est faire leur place aux processus sociaux collectifs – les "mœurs" – comme aux groupes et individus, institutions et croyances, activités économiques et pratiques culturelles qui façonnent l'espace de la politique. Jacques Lagroye a pu réunir, pour cette entreprise intellectuelle, une pléiade d'auteurs qui sont parmi les meilleurs spécialistes de science politique en France, et qui sont tous attachés à cette façon de travailler. Le lecteur découvrira donc, à travers des enquêtes originales et des observations de première main, ce qu'est la politisation et ses processus : par exemple, le clientélisme, le journalisme politique, le rôle des hauts fonctionnaires, l'entrée des magistrats en politique, l'engagement humanitaire hors des partis, ou bien encore la participation politique des femmes, les comportements électoraux, la définition des actions publiques, la vocation politique et le militantisme au sein des associations.

29.              LEJEUNE (Dominique). La peur du « rouge » en France. Des partageux aux gauchistes. Belin, 2003, in-8°, 303 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, trace de mouillure angulaire ancienne sur les premiers feuillets, bon état

            20

La peur sociale provoque les "effrois", les émeutes et les "folles commotions" des populations révoltées dès le Moyen Age. Elle est la peur de ceux qui sapent les colonnes de la société, comme les partageux du premier XIXe siècle, avides de redistribution des richesses et de substitution du socialisme au capitalisme. Aux environs de 1840, en effet, la Révolution industrielle prend son essor, un prolétariat en naît et, avec lui, se nouent les tensions sociales, liées à toute croissance économique brutale. La politique aime les couleurs, mais le bourgeois vomit le "rouge", fier de son travail. Après la phobie des attentats anarchistes de la fin du XIXe siècle, l'homme du XXe siècle a eu bien davantage de craintes politiques et sociales, d'abord multipliées par les affiches du "moujik hirsute" de 1919, qui concrétise la hantise des "rouges", version bolcheviks cette fois-ci. Il a connu – pas forcément éprouvé – la hantise de la Guerre froide, du "camp communiste", de l'Armée rouge, des "gauchistes" et des "étés chauds" Qui a réellement "profité" de cette peur ? Les "rouges" ont-ils été manipulés ? Et la "cible" n'a-t-elle pas totalement changé avec la drogue, les banlieues "à risque", le terrorisme ?

30.              LELIEUR (Anne-Claude) et Raymond BACHOLLET. Célébrités à l'affiche. 100 ans de personnages célèbres dans la publicité. Conti, 1989, in-4°, 154 pp, 230 illustrations en couleurs (reproductions d'affiches anciennes) avec notices techniques des documents, index des personnages, annonceurs, illustrateurs, imprimeurs, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Table : Personnages mythologiques, religieux et allégoriques ; Grandes figures de l'histoire de France ; Personnalités de la vie politique ; Ecrivains, champions, acteurs et vedettes ; Annexes. — "Ressusciter ces héros oubliés de la publicité française est l’exigence fondamentale de cet ouvrage." (Introduction)

31.              [Littérature] – BARJAVEL (René). La Nuit des temps . Presses de la Cité, 1968, in-8°, 316 pp, cart. simili-cuir bleu foncé de l'éditeur, sans la jaquette, bon état, envoi a.s. de René Barjavel à Philippe Bouvard

            30

Dans l'immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace... Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère ? "La nuit des temps", c'est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et futur, et un grand chant d'amour passionné. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d'Elea et de Païkan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.

32.              LUZ (Pierre de). Histoire des Papes. II : De la réforme de Trente (1566) à 1958. Albin Michel, 1960, in-8°, 490 pp, 12 pl. de photos hors texte, une carte et un plan, biblio, chronologie, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Tome II seul (sur 2). — "Cet ouvrage n'est pas un recueil de notices biographiques sur les papes, mais une véritable « Histoire de la papauté ». II distingue, en effet, et étudie successivement les grandes périodes de l'histoire des papes, depuis le temps des martyrs jusqu'au pontificat de Pie XII. Les deux dernières périodes : “La captivité” (1870-1929) et “Après les Accords du Latran” (1929-1958) n'ont pas pu être achevées par l'auteur. Il a été relayé, pour la fin du règne de Léon XIII et pour les pontificats suivants, par M. Gonzague Truc, qui s'est efforcé de suivre les mêmes méthodes et de s'inspirer du même esprit. L'auteur principal, Pierre de Luz (pseudonyme de Pierre de la Blanchetai, diplomate de profession), a apporté beaucoup de clarté et d'impartialité dans cette immense histoire de dix-neuf siècles. Il n'a pas voulu renouveler la monumentale “Histoire des Papes” de Pastor, qui était destinée surtout aux érudits, mais donner à un public cultivé, en un style agréable, tout l'essentiel de cette histoire. C'est un ouvrage qui, sous cette forme, nous manquait en France. L'index des noms propres, soigneusement établi, sera utile. En somme, un bon livre de vulgarisation qui, avec quelques compléments, aurait pu être aussi un instrument de travail." (R. Limouzin-Lamothe, Revue d'histoire de l'Église de France, 1961)

33.              MALET (Albert). Histoire de France depuis la Révolution jusqu'en 1875. P., Hachette et Cie, 1916, fort in-12, viii-708 pp, sixième édition revue, 167 gravures d'après les documents et 57 cartes et plans, cart. éditeur (lég. sali), bon état (Cours d'histoire à l'usage des Ecoles normales primaires et des candidats au brevet supérieur, 2e année)

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34.              MENASCE (Jean de). Quand Israël aime Dieu. Plon, 1931, in-12, 280 pp, broché, couv. lég. salie, papier lég. jauni, état correct

            20

Une introduction au hassidisme et une relecture chrétienne de cette forme très spécifique de la spiritualité juive que fut le hassidisme des premières générations. — Jean de Menasce (1902-1973), est un dominicain d'origine égyptienne. D'origine juive, il se convertit au catholicisme en 1926 et entra dans l'ordre dominicain en 1930. Théologien et orientaliste, il parlait une quinzaine de langues, dont l'hébreu et le syriaque. Il publia divers ouvrages et articles sur le judaïsme, le sionisme et le hassidisme, mais aussi dans le domaine de l'iranologie, dont il était un expert reconnu. De 1949 à 1970, il fut directeur d'étude à l'École pratique des hautes études, où l'on créa une chaire spécialement pour lui. Jean de Menasce exerça une influence importante dans le milieu des intellectuels catholiques français. Ami proche de Stanislas Fumet, de Charles Du Bos, de Jacques Maritain et de Maurice Sachs, il joua un rôle majeur dans l'évolution des relations judéo-chrétiennes, au point d'être l'un des neuf participants catholiques de la conférence de Seelisberg en 1947. — Ce livre comprend trois parties : 1. Une « Introduction au hassidisme », en cinq chapitres – 2. Le « Dialogue entre un hassid et un rabbiniste », traduction d'un récit hébraïque des environs de 1785. – 3. « Le conte des sept mendiants », dont l'original est dû au célèbre R. Nahman de Brazlaw (1810). Arrière-petit-fils du Besht, il est né l'année même où mourut le Grand Magid. C'est assez dire qu'on a là un récit au symbolisme hautement religieux, mais où la sève du hassidisme n'a plus sa verdeur première. Les intenses préoccupations spirituelles qui, vers la fin des années vingt, mûrissaient Jean de Menasce ne sont pas étrangères au long regard posé par lui sur le hassidisme. Qu'est-ce en effet que le hassidisme ? L'essentiel de la réponse est déjà dans le titre : « Quand Israël aime Dieu ». Dans le judaïsme post-biblique, le hassidisme est l'une des plus belles efflorescences de l'amour de Dieu, et c'est pourquoi Jean de Menasce l'a aimé.

35.              MIQUEL (Pierre). Les Mensonges de l'Histoire. Perrin, 2002, in-8°, 392 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Le mensonge a son histoire : depuis les mensonges des prédicateurs envoyant seigneurs et manants dans des croisades au nom de leur foi, la propagande orchestrée contre les Albigeois, les Juifs ou encore Jeanne d'Arc, les mensonges par omission commis au nom de la raison d'État – du complot de Ravaillac à l'affaire Fouquet – jusqu'aux mensonges très intentionnels des nations dans le déclenchement de la guerre de 1870 comme dans l'affaire Dreyfus. Le vingtième siècle n'est pas en reste, qui a connu les mensonges de masse, celui des camps de concentration et du goulag. Avec son célèbre talent de conteur, Pierre Miquel retrace l'histoire de ces mensonges, de leur dévoilement par le travail des historiens, et des incertitudes qui demeurent encore.

36.              MONZIE (Anatole de). Le Conservatoire du Peuple. Histoire du Conservatoire national des arts et métiers. Sedes, 1948, in-12, 154 pp, préface d'Antoine Borrel, une photo de l'auteur en frontispice et 3 pl. de photos hors texte, broché, papier jauni, bon état

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"Un livre comme celui qui parut récemment sous la signature d'Anatole de Monzie et qui, consacré tout entier au Conservatoire du Peuple, – lisons, le Conservatoire des Arts et Métiers, par opposition à « l'autre » Conservatoire, celui d'où chaque année sortent, avec leurs premières couronnes de lauriers, les futures vedettes de la scène et de l'écran, – un livre qui ne touche à la politique que dans la mesure où elle peut unir tous les Français dans une communion plénière de l'esprit : un tel livre est bien fait pour raviver les regrets de ceux qui, ayant connu Anatole de Monzie, ont pu se rendre compte des dons étonnants, parfois éblouissants, dont il avait été comblé. Et qui, avec celui d'un destin mal géré et prématurément brisé, conservent le souvenir aigu de tout ce qu'il y avait de charmant, de cordial et d'humain dans ce ministre si naturellement ministre et dans ce lettré si fin, si subtil et si racé. Cordial, oui : pour les hommes, mais aussi pour les institutions quand elles étaient humaines – faites pour servir l'homme, et le servant bien. Ce qui est le cas de notre vieux Conservatoire des Arts et Métiers. Anatole de Monzie eut la charge et l'honneur de présider le Conseil d'administration de la maison « excentrique » de la rue Saint-Martin. Il y fit d'excellente besogne. Il sut y maintenir pour sa part un esprit d'idéalisme pratique ou, si l'on préfère, de réalisme fervent qui n'excluait aucune grandeur. Il m'a dit bien souvent son attachement pour cette Université du peuple – la première et jusqu'à présent la seule de nos Universités du Travail. Il l'aimait bien. (...) On peut écrire qu'après Paul Painlevé, Anatole de Monzie, avec de tout autres moyens, en moins et en plus, fut un grand président du Conservatoire. Et voici qu'il rend à la vieille maison un dernier service. Il en retrace les origines avec ce goût de l'Histoire qui résidait en lui et qu'il a souvent manifesté avec bonheur. Il en dit les étapes. A Vaucanson le précurseur, à Jacquard, à Chaptal, à Boussingault, il consacre des notices vivantes, alertes et comme toujours spirituelles et nuancées. Descendant jusqu'à nos jours, il caractérise, avec un rare bonheur, les présidents, les directeurs, les professeurs qui apportèrent à l'œuvre commune un dévouement qui ne comptait pas. Voici Henri Hauser, que cependant Monzie n'aimait pas personnellement : géographe, « par lui l'enseignement de la Géographie, renouvelé, vivifié, a élargi la zone d'influence mentale que lui avait conquise le génie de Vidal de la Blache ». Voici Léon Bourgeois : « Comme il aimait le peuple avec distinction, le peuple l'a davantage respecté que connu » (p. 127). Mais à quoi bon démontrer longuement qu'Anatole de Monzie fut un maître de l'eau-forte ? On lira ce plaidoyer avec reconnaissance, rue Saint-Martin et plus loin. Et qui ne s'associerait à sa conclusion, datée de juillet 1944: « J'ai écrit ce petit livre pour rappeler les titres à la confiance nationale d'une institution vénérable, à la fois vénérée et méconnue. Et pour réclamer qu'on lui fît place dans la restauration de la France. C'est d'ici que doit partir l'appel au travail renouvelé dans ses formes et ses élans. En bonne justice historique, le Conseil de l'Enseignement technique devrait avoir son siège dans ces murs, qui abritèrent nos espoirs de nation libre et de science libre. Le Conservatoire du Peuple a pleine compétence et pleine capacité pour être le Contremaître de notre renaissance. » (Lucien Febvre, Annales ESC, 1949)

37.              MORAZÉ (Charles). Introduction à l'Histoire économique. Armand Colin, 1943, in-12, 212 pp, biblio sommaire, broché, bon état (Coll. Armand Colin). Edition originale

            15

Histoire économique et disciplines historiques ; Etat des instruments de travail de l'historien économique. — "Dans ce petit livre merveilleusement intelligent, qui se lit d'une traite, on est un peu surpris de voir présenter l'histoire économique comme une chose si nouvelle. D'autant que l'ouvrage, plein d'idées neuves, n'est pas pour cela subversif. La plupart des faits qu'il invoque, les justes conseils qu'il donne aux futurs travailleurs ne contredisent pas ce qu'ont enseigné, voire codifié, des maîtres. Cette vigoureuse « Introduction » est moins un prélude à l'inédit qu'un appel à l'étude. Sa vraie nouveauté consiste à montrer, à l'aide d'exemples nombreux et bien choisis, l'intérêt de problèmes que soulève l'histoire économique, science de rapports, de lisières et de contacts... Le plan est fort séduisant ; rien ne ressemble ici à un précis scolaire. Le livre suscitera aussi la recherche par l'objection. Il la soulève presque à chaque page, montrant ainsi combien il est vivant et dru..." (André Allix, Les Études rhodaniennes, 1944)

38.              PANOFSKY (Erwin). Architecture gothique et pensée scolastique. Précédé de L'Abbé Suger de Saint-Denis. Traduction et postface de Pierre Bourdieu. Editions de Minuit, 1974, in-8°, 211 pp, 2e édition revue et corrigée, 48 planches hors texte, chronologie, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, annotations stylo sur une page, trace de mouillure ancienne en haut des derniers feuillets, état correct (Coll. Le Sens commun)

            15

Les deux essais réunis ici proposent l’interprétation la plus méthodique de la genèse, de la structure et de l’évolution de l’architecture gothique. Une biographie systématique rattachant les intentions esthétiques de Suger à différents traits de sa personnalité physique et sociale conduit au principe de l’entreprise de “destruction créatrice” de l’abbé de Saint-Denis qui laisse à ses successeurs, comme un défi, les difficultés suscitées par ses innovations. Pour relever ce défi, les architectes de la grande époque gothique s’arment des instruments intellectuels qu’ils doivent à la scolastique : ensembles intelligibles composés selon des méthodes identiques, la Somme théologique et la cathédrale recèlent des homologies structurales irréductibles aux simples traductions littérales de la langue théologique dans la langue architecturale que saisissait l’historiographie positiviste.

39.              PETIT de BARONCOURT (Marc). Analyse raisonnée de l'Histoire de France, sur le plan des manuels allemands, contenant : 1) La marche générale des évènements considérés dans leurs causes et leurs résultats ; 2) Le sommaire chronologique des faits ; 3) L'indication des sources et des ouvrages principaux les plus faciles à consulter, avec des notes critiques. P., Chamerot, 1841, in-8°, xii-455 pp, généalogie des trois dynasties et des principales maisons féodales (pp. 427-444), reliure demi-basane noire, dos lisse avec titre (“Histoire de France”) et quadruples filets dorés (rel. de l'époque), dos frotté et lég. épidermé, coiffe sup. abîmée, sinon bon état. Edition originale. Peu courant

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L'ouvrage traite des Gaulois à 1789. L'auteur était professeur agrégé d'histoire au Collège royal de Bourbon. — Extrait : « Le massacre se propage de ville en ville, à Orléans, à Rouen, à Lyon, à Toulouse, comme les vêpres siciliennes. Plusieurs gouverneurs sauvent les calvinistes en empêchant l'insurrection. Mais il n'y eut point de messages royaux ; et la lettre de Charles IX au vicomte d'Orthez est évidemment apocryphe. Il en est de même des coups d'arquebuse que le roi aurait tirés par une fenêtre du Louvre : la fenêtre n'était pas bâtie. Ces bruits, propagés par les passions, ne se trouvent même pas dans les récits des calvinistes. C'est Brantôme qui a entendu dire que le roi arquebusait ses sujets ; mais cet écrivain est dépouvu de toute autorité ; il se trouvait à Angoulême au moment du massacre. Le jeune Sully, qui y fut compromis, n'en dit pas un mot dans ses Mémoires. » (pp. 286-287)

40.              POIDEVIN (Raymond) et Jacques BARIETY. Les Relations franco-allemandes, 1815-1975. Armand Colin, 1977, gr. in-8°, 373 pp, cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U)

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De Mme de Staël au général de Gaulle, de Metternich à Briand, de Bismarck à Poincaré, de Marx à Renan, de Foch à Hitler, l'histoire des relations entre la France et l'Allemagne ne manque pas de figures de premier plan. En 160 ans, quatre guerres et trois occupations de la France, deux occupations de l'Allemagne ont mis aux prises les deux nations : les Allemands d'avant 1870 à la recherche d'une unité politique que la France monarchique et le Second Empire tantôt favorisent et tantôt combattent, l'Allemagne unifiée de 1871 à 1945 face à la France de la IIIe République, les Allemagnes d'aujourd'hui devant les IVe et Ve Républiques françaises. Histoire d'affrontements et d'agressions, de peurs, voire de hantises, mais aussi de mirages, d'espoirs et de nostalgies, les relations franco-allemandes de 1815 à 1975 concernent les vécus conscients et inconscients de deux peuples ; elles constituent aussi l'un des axes, et parfois le principal, des relations internationales.

41.              PORTIER-KALTENBACH (Clémentine). Histoires d'Os et autres illustres abattis. Morceaux choisis de l'histoire de France. JCLattès, 2007, in-8°, 264 pp, 8 pl. d'illustrations en noir et en couleurs, biblio, broché, couv. illustrée, état correct

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Même morts nos grands hommes ne sont pas tranquilles ! A peine refroidis, leurs cheveux, leurs dents, le moindre de leurs os font l'objet d'un commerce insolite, d'une spéculation effrénée. Clémentine Portier-Kaltenbach, en véritable détective, en historienne légiste, a mené une enquête passionnante sur le destin de ces reliques dont la possession suscite tant de convoitise. Quel chemin mystérieux le corps de Descartes a-t-il suivi avant de trouver la paix dans l'église Saint-Germain-des-Prés ? En quoi la barbiche de Richelieu prouve-t-elle l'authenticité de son crâne ? Qu'en est-il des vestiges des héros entrés par la grande porte du Panthéon – Mirabeau, Marat... – et sortis en toute discrétion par la petite ? Qu'a-t-on découvert en ouvrant les cercueils de Voltaire et Rousseau ? Et Napoléon, y a t-il un mystère des Invalides ? Sans oublier les énigmes qui entourent la côte de Jeanne d'Arc, la jambe de Catherine de Médicis, les dents de Louis XIV, le cœur de Louis XVII... et surtout le fabuleux reliquaire de Vivant Denon dont le contenu défie l'imagination ! Ce sont ainsi des épisodes - des morceaux - de l'histoire de France, inconnus, saugrenus, surprenants qui surgissent du passé non pas comme des fantômes mais comme la preuve que les destins exceptionnels continuent à vivre dans notre présent.

42.              [Prostitution] – WELZER-LANG (Daniel), O. Barbosa et L. Mathieu. Prostitution : les uns, les unes et les autres. P., Métailié, 1994, in-8°, 239 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Table : 1. Scènes de la prostitution lyonnaise, – 2. Masculin/féminin, du pareil au non-même, – 3. La prostitution lyonnaise à l'heure du désordre. — "A Lyon et dans toutes les grandes villes la prostitution, tant masculine que féminine, existe. Miroir grossissant des rapports des hommes et des femmes, lieu de production de l'imaginaire, elle évolue au rythme de la société. L'influence du féminisme diffus produit des effets directs sur le paysage prostitutionnel : transformation de l'offre, modification des formes du professionnalisme, rites, normes, repères symboliques, évolution des relations inter-genres et intra-genres, ce sont tous les rapports sociaux de sexe qui se modifient. Pendant une année, une équipe d'ethnologues a rencontré des intermittents du trottoir et des professionnels : prostituées, garçons de passe, masseuses, clients et ces nouveaux “transgenders” que sont les hommes en femmes et les travestis hormonés. Cette étude fait apparaître que le proxénétisme a évolué, le minitel rose et les salons de massage se sont multiplés, le sida a fait son apparition et les identités sexuelles se sont brouillées. Tout cela sans voyeurisme, sans moralisme et sans misérabilisme."

43.              PRUGNAUD (Louis). Les étapes du syndicalisme agricole en France. P., Editions de l'Epi, 1963, pt in-8°, 283 pp, préface de Marcel Faure, annexes, biblio, broché, bon état

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44.              ROBINS (R.-H.). Brève histoire de la linguistique, de Platon à Chomsky. Seuil, 1976, in-8°, 251 pp, traduit de l'anglais, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Travaux linguistiques)

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"Le volume est la traduction du texte qui avait paru en anglais en 1967 ; aucun changement n'y a été apporté. Notre collègue Robins a réparti la matière de façon bien équilibrée de l'Antiquité grecque à nos jours et on ne peut que se rallier aux jugements fort lucides qu'il porte sur les différentes étapes de la recherche et – d'une manière malheureusement un peu brève – sur la linguistique contemporaine. Peut-être pourrait-on reprocher au chapitre 8 et dernier, consacré au XXe siècle, de traiter presque uniquement – mais c'est là aussi son intérêt – de la linguistique anglo-saxonne ; nous n'y avons pas trouvé, par exemple, le nom de Benveniste ni celui de Devoto et il est curieux que ce soit dans le chapitre 7 (XIXe s.) qu'on lise quelques maigres allusions à Croce, Vossler, Gilliéron." (Maurice Leroy, L'antiquité classique, 1978)

45.              SAN-ANTONIO. Je le jure. Entretiens avec Sophie Lannes. Stock, 1975, in-8°, 224 pp, broché, couv. illustrée d'une photo de Frédéric Dard (lég. défraîchie), état correct

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Frédéric Dard a inventé “San Antonio”, le plus grand succès de librairie de l'après-guerre. C'est un phénomène auquel linguistes et sociologues européens – ( français, anglais, allemands, belges, italiens) – consacrent des thèses et des séminaires. Il est lu par les plus humbles et par les plus grands. Toutes les couches de la Société le connaissent. "Le Monde" l'a appelé : "le ventriloque de la littérature". Mais, qui est-il, ce ventriloque ? Quel est le son de sa véritable voix ? Un déclic vient de se produire. Le ventriloque se met à parler ! A se raconter. Pas dans un ordre chronologique, car ce n'est pas exactement sur son passé qu'il se penche, mais sur sa vie. Si des souvenirs jaillissent par bouffées, ils n'interviennent que pour l'aider à voir clair en lui. Sa confession publique est une espèce de grande lessive intime. Il ne nous cache rien de ses misères, de ses amours, de ses tourments, de ses colères. Tour à tour lucide et halluciné, il se laisse emporter par ce "style parlé", nouveau pour lui. Cela ressemble aux confidences qu'un homme seul ferait une nuit, dans un bar, à un inconnu, en attendant la fermeture. Strip-tease de somnambule ! . Grâce à Sophie Lannes, qui l'a "accouché de lui-même", un auteur célèbre – mais qui se moque de sa célébrité – se déshabille, se met nu, tout nu, à s'en arracher la peau de l'âme. — "Je suis un vieux foetus blasé : Ma vie m'aura servi de leçon. Je ne recommencerai jamais plus." Ainsi s'achève cette confession hallucinante d'un homme qui pour la première fois arrache le masque du héros trop célèbre derrière lequel il s'est abrité. Quelle vie en effet ! Vie d'orgueil et de revanche d'un gosse révolté contre la bêtise des grandes personnes, la pudibonderie lyonnaise, la cruauté des autres enfants ; vie de misère et de colère entre le Rhône et la Saône où l'ignoble le dispute au burlesque... Puis vient le temps de la gloire, le fabuleux succès en librairie, la consécration qu'apportent les thèses universitaires. C'est alors, pour l'écrivain, la douleur d'exister à travers les mots rebelles qu'il faut arracher un à un du néant. Mais c'est aussi, pour le mari et le père, le temps des désunions et des déchirements avant que ne vienne enfin celui de la tendresse et de la sérénité.

46.              THIESSE (Anne-Marie). Ils apprenaient la France. L'exaltation des régions dans le discours patriotique. P., Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1997, in-8°, vii-131 pp, 32 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Ethnologie de la France)

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"Dans les années 1970-1980, quand on assistait à la renaissance un peu bouillonnante des revendications régionalistes, la thèse en vigueur était de reconnaître que ce patriotisme avait été payé au prix fort : dénigrement de la « petite » histoire locale pour promouvoir la grande histoire de l'unité nationale, interdiction de l'usage des dialectes et des langues régionales au profit de la seule langue officielle, étouffement du sentiment d'appartenance au « pays » pour promouvoir l'identité française. Le travail d'Anne-Marie Thiesse s'inscrit en faux contre cette vision simpliste, bien faite pour soutenir les ressentiments militants, mais qui résiste mal à un examen des sources : la Troisième République n'a jamais conçu l'édification du sentiment national contre les appartenances locales, au contraire. Les instituteurs n'ont cessé d'être encouragés à édifier l'amour de la mère patrie, la nation française, à travers l'amour des « petites patries », autour de ses clochers. Le chantier exploré est centré sur la période qui court des années 1870 aux lendemains de la défaite devant la Prusse, à la Seconde Guerre mondiale qui voit le régime de Vichy récupérer un courant pédagogique ancré dans la tradition républicaine. Pour ce faire, elle a lu les manuels à usage scolaire dont le contenu est centré sur un département ou une région. On en trouve dès le Second Empire et les derniers spécimens sont publiés dans les années 1950. Le résultat de sa recherche est particulièrement fructueux..." (Anne-Marie Chartier, Revue française de pédagogie, 1998)

47.              TOBNER (Odile). Du racisme français. Quatre siècles de négrophobie. Les Arènes, 2007, in-8°, 301 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Depuis le “Code noir” (1685), rares sont les intellectuels ou dirigeants français qui ont remis en question le socle raciste sur lequel repose notre regard sur « les noirs », africains ou antillais. Les récentes saillies négrophobes d'Hélène Carrère d'Encausse, Alain Finkielkraut ou Nicolas Sarkozy ne sont pas de malheureux dérapages mais la continuité désolante de préjugés nourris depuis quatre siècles. Qui, en France, sait que Saint-Simon, Bossuet, Montesquieu ou Voltaire ont commis, sur ces questions, des pages monstrueuses ? Que Renan, Jules Ferry, Teilhard de Chardin, Albert Schweitzer ou encore le général De Gaulle leur ont emboîté le pas ? Le pays des Lumières et des Droits de l'homme n'aime pas se voir en ce miroir-là. Odile Tobner révèle que la négrophobie fait pourtant partie de notre héritage. Il est temps de décoloniser les esprits. Enfin. — Odile Tobner a partagé la vie et le combat de l'écrivain Mongo Beti, contribuant à ses côtés à la revue “Peuples noirs, Peuples africains”. Elle est l'auteur, avec Boubacar Boris Diop et François-Xavier Verschave, du livre “Négrophobie”.

48.              ZERI (Federico). Dans le jardin de l'art. Essai sur l'art, de l'Antiquité à nos jours. Rivages, 1991, gr. in-8°, 195 pp, traduit de l'italien, 85 illustrations en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Des transformations de l'art romain tardif à l'étrange biographie de Tamara de Lempicka, Federico Zeri, soulève comme dans “Derrière l'image”, autant d'énigmes et de mystères échappant au regard du profane, avant de lui en donner la clef dans une série de chapitres animés de la même passion, du même souci de l'histoire et de cette liberté d'esprit qui sont l'apanage d'un très grand critique et historien d'art italien. – L'art antique, l'art occidental du XIIe au XXe siècle, les personnalités et les destins singuliers de notre époque (critiques, écrivains, actrices, collectionneurs, excentriques de tous ordres) constituent les trois pôles d'attraction des textes rassemblés dans le présent ouvrage. Articles, essais, écrits d'occasions, ils offrent un aperçu fascinant sur la profondeur de la culture et l'insatiable curiosité de Zeri, indifférent aux limites de genre et aux hiérarchies culturelles traditionnelles.

ANTIQUITÉ

 

49.              CARCOPINO (Jérôme). Autour des Gracques. Etudes critiques. Deuxième édition, revue, corrigée, augmentée. Les Belles Lettres, 1967, pt in-8°, 353 pp, index, imprimé sur vélin teinté, reliure pleine toile rouge de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, chouette dorée au 1er plat, rhodoïd avec auteur et titre imprimés en blanc, bon état (Coll. d'études anciennes)

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"Ce livre est fait de quatre études consacrées à quatre problèmes précis que M. Carcopino a été appelé à examiner en détail pour écrire l'histoire de la République romaine à partir des Gracques. Ces études s'intitulent : La valeur historique d'Appien ; Le mariage de Cornélie ; La mort de Scipion Emilien ; Les triumvirs de la Lex Sempronia et l'histoire des Gracques. Les thèses soutenues par l'auteur, en général contre la tradition mommsenienne, entraînent l'adhésion ; et ses analyses toujours claires jusque dans la minutie du détail, ses discussions brillantes, ses conclusions pleines de force et toutes chargées de sens historique procurent au lecteur un plaisir sans cesse renouvelé. (...) M. Carcopino n'a pas seulement apporté dans ce livre une contribution de premier ordre à l'étude d'une période particulièrement importante et difficile de l'histoire romaine ; il a aussi prouvé une fois de plus qu'il avait le don très personnel de rendre l'érudition vivante et d'intéresser le profane aux questions réputées les plus arides." (Léopold-Albert Constans, Journal des savants, 1929)

50.              Collectif. Alexandre le Grand. Hachette, 1962, gr. in-8°, 286 pp, 96 pages d'illustrations et 8 pl. en couleurs (illustrations contrecollées) hors texte, une carte, chronologie, imprimé sur papier vergé Saint-Alban, reliure skivertex mauve de l'éditeur, bon état (Coll. Génies et Réalités)

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"Dans la collection « Génies et Réalités » paraît un beau volume consacré à Alexandre le Grand. Beau et noble format, belles illustrations, intelligemment et habilement choisies, reliure sérieuse et élégante. Enfin, toute une série d'études et d'essais publiés dans l'ordre suivant : “Quand nait Alexandre”, par Gérard Walter ; “Elève d'Aristote”, par Robert Flacelière ; “Nouvel Achille”, par Jacques Madaule ; “Successeur de Darius”, par Jean Larteguy ; “Maître de l'Univers”, par J. Benoist-Méchin ; “L'arrêt au seuil de l'inconnu”, par Albert Champdor ; “La mort du héros”, par Jacques de Bourbon-Busset ; “Pourquoi fut-il invincible ?” par le général Carpentier ; “Alexandre, César, Napoléon”, par Jules Romains. Comme on le voit, la collaboration est variée et est de qualité. L'ensemble peut composer une vie d'Alexandre le Grand et une explication de son génie. Ce livre s'adresse en fait à des lecteurs déjà familiarisés avec la vie d'Alexandre et avec son époque. Il nous invite à réfléchir sur telle caractéristique de son génie, sur telle partie de sa vie. Les opinions exposées sont personnelles, elles invitent le lecteur à les peser, à les admettre ou à les critiquer. Cette façon de présenter une grande figure de l'histoire a son utilité et son charme..." (Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1963)

51.              CORTI (Egon César, comte). Vie, mort et résurrection d'Herculanum et de Pompéi. Plon, 1953, in-8°, 235 pp, 57 illustrations hors texte et 50 dessins et figures dans le texte, une carte, biblio, index, reliure percale souple de l'éditeur, jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état

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En l'an 79, l'éruption du Vésuve engloutissait deux petites cités romaines. Les engloutissait, mais aussi, par un manteau de lave, les préservait. Ce passé lointain, non pas mort mais figé, les exhumations entreprises depuis le XVIIIe siècle le réaniment. Le comte Egon Corti a écrit le roman de cette stupéfiante résurrection. Mais c'est aussi toute la civilisation romaine du Ier siècle qu'il fait magistralement revivre.

52.              FINLEY (Moses I.). Les premiers temps de la Grèce. L'âge de bronze et l'époque archaïque. Maspero, 1973, in-8°, 180 pp, 2 pl. de figures hors texte, 6 cartes et 8 figures dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Textes à l'Appui). Première édition française

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2200 avant J-C : "dévastatrice arrivée des Grecs". Six siècles plus tard, pourtant, rayonne l'opulence luxuriante de Mycènes. C'est la Grèce des palais, de la Crète à Tyrinthe et à Pylos, dont les poèmes homériques refléteront le monde guerrier. Quatre cents ans après, la destruction violente de Troie marque l'effondrement de la civilisation mycénienne et la fin de l'âge de bronze. Les communautés survivantes inaugurent un nouveau type de société. Les "chefferies des siècles obscurs" remplacent les royautés, pendant que se développe une crise sociale radicale, forçant les législateurs de l'époque archaïque à poser en toute liberté les fondements de la polis. En accentuant ces grandes ruptures, dont les documents archéologiques fournissent la preuve mais non le sens, Moses I. Finley fait œuvre de synthèse sans jamais céder aux schémas abstraits de la continuité. S'il existe une différence entre l'histoire et l'archéologie, ce livre est au sens le plus fort une histoire de la Grèce.

53.              JEANMAIRE (H.). Dionysos. Histoire du culte de Bacchus. Payot, 1970, in-8°, 510 pp, références et bibliographie, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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L'orgiasme dans l'Antiquité et les Temps Modernes ; Origine du théatre en Grèce ; Orphisme et mystique dionysiaque ; Evolution du dionysisme après Alexandre. — "Histoire du culte de Bacchus, l'ouvrage de H. Jeanmaire – que réédite la maison Payot, vingt ans après la première édition – n'est pas seulement un livre d'histoire, le plus complet sans doute qui soit consacré à Dionysos, c'est aussi, dans le champ des études grecques, une des plus remarquables analyses de sociologie religieuse. Définir la place de Dionysos dans le système des représentations, son rôle dans la, pensée et la pratique sociale des Grecs, aux différentes époques de leur histoire, c'est une entreprise que H. Jeanmaire a magistralement conduite, montrant en particulier l'importance des milieux féminins dans le développement d'une « culture de la mania », de la folie que représente le ménadisme ; indiquant, par une série d'analyses, que Dionysos, dieu errant – au contraire d'Apollon,, divinité « sacerdotale » – , pénètre dans le monde grec à la faveur des crises, des bouleversements sociaux et politiques, et que ce dieu apporte aussi bien une solution religieuse aux conflits entre la cité et la campagne qu'une réponse mystique aux exigences individualistes formulées par la civilisation hellénistique. Un ouvrage sans défaut." (Marcel Détienne, Revue de l'histoire des religions, 1972)

54.              LANÇON (Bertrand). Rome dans l'Antiquité tardive, 312-604 après J.-C. Hachette, 1995, in-8°, 252 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. La Vie quotidienne)

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Première synthèse sur la Rome des derniers siècles de l'Antiquité, cet ouvrage révise l'idée reçue de décadence et présente la Ville à un moment crucial : celui de son passage de la Rome impériale à la Rome pontificale. A partir du IVe siècle, les empereurs ne résidèrent plus à Rome, mais la Ville conserva son rang, ses richesses et son art de vivre. Plusieurs fois mise à sac aux Ve et VIe siècles, elle connut des amputations territoriales et une importante baisse démographique. Toutefois, la Ville ne cessa d'occuper dans les esprits une place de choix, et la christianisation lui procura une nouvelle jeunesse. A côté du Sénat et du préfet, l'évêque prit de plus en plus d'importance, et avec lui, la puissance matérielle et culturelle de l'Eglise romaine. Les évêques de Rome, que l'on commença d'appeler papes, surent mettre en valeur le siège apostolique de saint Pierre, pour lui donner la primauté au sein de la Chrétienté. Aussi Rome conserva-t-elle le rôle qui avait toujours été le sien, celui de capitale.

55.              Mélanges André Piganiol. Mélanges d'archéologie et d'histoire offerts à André Piganiol, édités par Raymond Chevallier. P., SEVPEN, 1966, 3 vol. gr. in-8°, 1772 pp, pagination continue, photos, cartes et figures dans le texte et à pleine page, biblio des travaux de A. Piganiol, brochés, bon état

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135 contributions par H. Lévy-Bruhl, P. Courcelle, R. Bloch, J. Heurgon, A. Ernout, G. Le Bras, P. Veyne, A.-J. Festugière, P. Grimal, H.-I. Marrou, etc., etc. — Tome I : I. Méthodologie, II. Epigraphie, III. Numismatique, IV. Archéologie et histoire de l'art. – Tome II : V. Monde préromain, VI. Histoire romaine, VII. Gaule, VIII. Afrique du Nord. – Tome III : VIII. Afrique du Nord (suite), IX. Autres provinces, X. Droit et institutions, XI. Mythologie et religions, XII. Littérature.

56.              PARIAS (Louis-Henri)(dir). Histoire générale du travail. I. Préhistoire et Antiquité. Nouvelle Librairie de France, 1959, in-8° carré, 390 pp, 64 pl. de gravures en noir, 8 pl. de gravures en couleurs et 3 cartes dépliantes en couleurs hors texte, biblio, reliure plein vélin ornée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Tome I seul (sur 4). — La Préhistoire et Antiquité (Louis-René Nougier) ; L'Asie occidentale ancienne (Paul Garelli) ; L'Egypte (Serge Sauneron) ; La Grèce (Félix Bourriot) ; Le monde romain (Roger Rémondon) ; Postface par André Aymard. — "... Cette collection est l'oeuvre de spécialistes, souvent jeunes encore, mais expérimentés. La valeur et le sérieux de l'ouvrage y gagnent incontestablement. Jamais on n'a l'impression d'un ouvrage de seconde main qui démarquerait simplement des études similaires faites antérieurement... L'objectivité des auteurs doit aussi être signalée. On ne saurait découvrir d'idéologie sous-jacente qui viendrait facilement fausser l'observation, surtout dans une domaine aussi explosif que l'histoire sociale... Un dernier point mérite encore d'être souligné : la présentation. Typographiquement excellente, elle est rendue très claire par des sous-titres marginaux nombreux. Les illustrations abondent, souvent pittoresques ; elles ne font pas qu'agrémenter et aérer le texte, mais le complètent et l'éclairent à maintes reprises." (A. Lasserre, Revue suisse d'histoire, 1962)

57.              PIRENNE (Jacques). Histoire de la civilisation de l'Egypte ancienne. Neuchâtel, La Baconnière et P., Albin Michel, 1961-1963, 3 forts vol. in-4°, 366, 554 et 447 pp, 329 illustrations et photos en noir reproduites en héliogravure, 29 pl. en couleurs hors texte, 8 cartes et plans, grande carte dépliante en couleurs hors texte, notes bibliographiques, index, reliures toile moutarde décorées de l'éditeur (maquette de Paul Bonnet), jaquettes illustrée, bon état

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Complet. Un classique monumental d'une pharaonique érudition. Tome 1 : Des origines aux premières monarchies – tome 2. De la fin de l'ancien empire à la fin du nouvel empire (+/- 2200-1085 av. J.-C.) – tome 3. De la XXIe dynastie aux Ptolémées (1085-30 av. J.-C.). — "Dans cette monumentale Histoire de la civilisation de l'Egypte ancienne, le spécialiste du Proche-Orient aura beaucoup à apprendre, car l'auteur, historien en même temps que juriste et sociologue, met en lumière nombre de traits de la vie du pays du Nil sur lesquels généralement on passe assez vite lorsqu'on ne les ignore pas tout simplement. Autre intérêt de l'œuvre nouvelle de Jacques Pirenne c'est qu'elle insère l'histoire du Proche-Orient ancien dans celle de l'Egypte et qu'il en résulte un éclairage très particulier, car vus du Nil, certains événements apparaissent tout autrement qu'observés des bords de l'Euphrate. Ce sera particulièrement net durant tout le cours du IIe millénaire et plus sans doute qu'au IIIe, où les rapports sont davantage commerciaux que politiques. On sait en effet que dès la IIe dynastie, les bateaux de Khasékhemoui venaient à Byblos charger les bois de cèdre coupés au Liban. M. J. Pirenne insiste avec raison sur la dualité qui existe entre Basse Egypte et Haute Egypte. Ici, une longue vallée de quelque 800 km, où la terre arable est un mince ruban entre deux déserts ; là, un delta qui ne manque jamais d'eau avec un sol étonnamment fertile. D'un côté, une civilisation à forme individualiste ; de l'autre, la nécessité plus grande d'un solide pouvoir central qui organise systématiquement l'irrigation et quand il fait défaut, un régime seigneurial qui prend la relève. Il est bien noté que la côte phénicienne avec Byblos en particulier, fut un point de rencontre où convergeaient marchands sumériens, marins crétois, caravaniers asiatiques et navigateurs égyptiens..." (André Parrot, Syria, 1963)

58.              RIVIERE (Jean-Claude). Georges Dumézil : à la découverte des Indo-Européens. Copernic, 1979, in-8°, 271 pp, notes, importante bibliographie (pp 237-271, établie par Alain de Benoist et François-Xavier Dillman), broché, couv. illustrée, dos passé, bon état

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Georges Dumézil et les études indo-européennes (J.-C. Rivière, pp 9-135). Georges Dumézil et Rome (Robert Schilling, pp 137-155). Georges Dumézil et la religion germanique : l'interprétation du dieu Odhinn (F.-X. Dillmann, pp 157-186). Les Indo-Européens de l'Est (Jean Varenne, pp 187-196). Trois perspectives médiévales (Des "trois fonctions" aux "trois états" – Des talismans fonctionnels des Scythes au cortège du graal – De la mort de Batradz à la mort du roi Arthur) (J.-H. Grisward, pp 197-217). Georges Dumézil et les langues du Caucase (Georges Charachidzé, pp 219-228).

59.              SARTRE (Maurice) et Alain TRANOY. La Méditerranée antique (IVe siècle av. J.-C. / IIIe siècle ap. J.-C.). Armand Colin, 1990, in-8°, 192 pp, cartes, biblio, broché, bon état (Coll. Cursus), ex. du SP

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L'objectif de cet ouvrage est de présenter aux étudiants du premier cycle universitaire (lettres classiques, lettres modernes, histoire, classes préparatoires aux concours des grandes écoles...) l'histoire et l'évolution des pays et des peuples qui, de la Grèce à la péninsule ibérique, de l'Empire carthaginois à la Gaule, bordaient la Méditerranée du IIIe siècle av. J.-C. au IIIe ap. J.-C. – Il montre les continuités, les courants d'échanges et les influences entre les deux bassins méditerranéens, dont l'étude est trop souvent dissociée. Ainsi, l'histoire du monde hellénistique oriental est en étroite relation avec les premiers développements de Rome et les transformations du bassin occidental. Tout en insistant sur les apports de l'hellénisme et de la civilisation romaine, la diffusion de la cité, l'administration des territoires, le développement des infrastructures et des échanges, l'ouvrage met l'accent sur les spécificités régionales et les différentes formes de culture. Cependant, le fait majeur est bien l'unité établie par Rome qui donne à la Méditerranée une cohésion et une forme de civilisation, fruit de la rencontre entre l'hellénisme et Rome. – Des encadrés mettent à la disposition du lecteur des informations et des documents d'accès souvent difficiles et, en complétant cette synthèse de l'ensemble des problèmes du monde méditerranéen, font de ce livre un instrument de référence unique.

60.              TERNES (Charles-Marie). La Vie quotidienne en Rhénanie à l'époque romaine (Ier au IVe siècle). Hachette, 1972, in-8°, 339 pp, 41 illustrations et plans, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"C'est avec tout le dynamisme joyeux qui le caractérise, allié à un souci très consciencieux de l'analyse la plus poussée, que le jeune et sympathique savant luxembourgeois aborde son sujet. La science allemande de ces dernières années, et particulièrement l'archéologie a fait progresser la connaissance de la Germanie antique : ce livre, où les textes sont revus sous un jour nouveau, présente un bilan, provisoire certes, mais déjà très riche, destiné au public français. Il s'agit donc avant tout de dégager l'originalité propre de ces provinces : aussi, dans chaque chapitre, l'auteur essaie-t-il de voir comment la romanisation s'est superposée au substrat protohistorique sans toujours être complètement assimilée. L'étude du réseau routier débute par la recherche des « voies de l'ambre », pistes anciennes qui forment l'armature primaire de la voierie antique. Fondée sur l'archéologie et la toponymie, une analyse très minutieuse et très technique de la structure des ponts et des voies montre que ces dernières ont surtout été créées pour des raisons militaires qui, plus qu'ailleurs, ont conditionné l'implantation romaine. (...) Un livre vivant, bien conduit et illustré autant que le permet la collection qui rendra de grands services et, sur bien des points, ouvrira de nouvelles perspectives." (Louis Foucher, Revue belge de philologie et d'histoire, 1975)

61.              TURCAN (Robert). Mithra et le mithriacisme. Les Belles Lettres, 1993, in-8°, 191 pp, 16 pl. de photos hors texte, 10 illustrations et plans dans le texte, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état

            20

Dans le monde gréco-romain, Mithra n'est pas un dieu parmi d'autres, ni comme les autres. Venu d'ailleurs avec un lointain héritage indo-européen, il n'est pas lié à tel ou tel sanctuaire topique. On l'honore partout où un groupe de fidèles renouvelle en son nom le repas jadis partagé avec le Soleil sur la peau du taureau mis à mort pour abreuver la création : un culte à fortes connotations cosmiques et que différencient le rituel très particulier de ses initiations en même temps qu'une doctrine vitaliste du sacrifice et du salut. Ce livre, qui intègre les recherches et les découvertes les plus récentes, expose, avec clarté et rigueur, le dossier complexe et fascinant des Mithriaca.

MOYEN AGE

 

62.              BEAUNE (Colette). Jeanne d'Arc. Perrin, 2004, gr. in-8°, 475 pp, 8 pl. de gravures en couleurs, chronologie, généalogie, notes bibliographiques, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Jeanne d'Arc n'est pas très grande, ni très jolie, elle a des cheveux bruns, l'air solide, une tache rouge derrière l'oreille droite. D'un caractère trempé, elle se met parfois en colère et pleure quand elle veut. Jeanne se proclame chef de guerre pour bouter les Anglais hors de France. Elle rêve d'une nouvelle croisade afin de reconquérir Jérusalem et créer un monde nouveau. Ses voix, que le procès identifiera à celles de sainte Catherine, sainte Marguerite et saint Michel, la guident dans sa mission. Ainsi peut-on décrire la petite villageoise de Domrémy née vers 1412, étonnant mélange de culture chrétienne et de rites populaires. Son destin a croisé celui du royaume plongé dans l'interminable guerre de Cent Ans. Le roi Charles VII lui-même la reconnaît comme une prophétesse qui incarne en 1429 toutes les attentes des Français. Elle devient un mythe vivant. Et pourtant, Jeanne passera son temps à brouiller les limites sociales – paysanne, elle fait carrière à la cour –, sexuelles – vêtue en homme, elle fait la guerre –, ou religieuses – elle prêche et crée des objets sacrés. Ce charisme féminin est la source d'un pouvoir qui finira par gêner. L'incompréhension sera d'ailleurs l'un des ressorts de son procès qui la conduit pour sorcellerie au bûcher en 1431. Dans cette biographie passionnante et originale, Colette Beaune, déjà remarquée il y a quelques années pour sa "Naissance de la nation France", a fait un travail magnifique d'érudition en retraçant les mentalités d'une époque qu'on croit révolue. Sa parfaite connaissance du monde médiéval offre un tableau saisissant de la vie de Jeanne, loin de l'icône politique et patriotique habituelle.

63.              BONNET (Christian) et Christine DESCATOIRE. Les Carolingiens (741-987). Armand Colin, 2001, gr. in-8°, 240 pp, 4 cartes et 3 croquis dans le texte, chronologie, 4 tableaux généalogiques, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. U)

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De l'élection de Pépin le Bref comme roi des Francs en 751 à la chute du dernier représentant de la dynastie carolingienne ayant régné en Francie occidentale, Louis V (986-987), les Carolingiens ont très largement été les maîtres du pouvoir en Occident. Héritiers de la civilisation germanique dont ils sont issus, continuateurs par certains aspects des Mérovingiens qui les ont précédés tout en cherchant à retrouver l'héritage de l'Empire romain dans sa version chrétienne, ils ont réussi à construire un système politique et culturel original. L'entente établie entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel a contribué à cet essor, et la Renovatio carolingienne a bien été un moment fort de l'histoire de l'Occident médiéval. De plus, le regnum Francorum d'origine a laissé la place à l'Empire carolingien par le biais de la politique d'expansion (dilatatio regni). Toutefois, l'époque carolingienne n'est pas faite d'un seul bloc : à une phase ascendante, qui coïncide avec les règnes de Pépin le Bref, Charlemagne et Louis le Pieux à ses débuts, succède une période de crises et de difficultés, à partir de 825 environ. L'Empire carolingien à proprement parler s'est révélé éphémère (800-843) : le partage de Verdun marque l'échec définitif du rêve de reconstitution de l'Empire romain d'Occident tel qu'il existait avant 476. S'appuyant sur les travaux récents qui se sont multipliés au cours des deux dernières décennies et proposant de nombreux documents partiellement ou entièrement commentés, les auteurs font le point sur cette période riche et sur les questions qu'elle ne manque pas de poser : faut-il considérer les Carolingiens comme les pères (ou plutôt les grands-pères) de l'Europe ? Quelles furent les réalités et les limites de la Renovatio carolingienne ? En quoi les Carolingiens ont-ils contribué à créer les facteurs d'une dislocation qui a fini par les emporter ? l'ouvrage délimite clairement la ligne de partage séparant la réalité historique de la légende qui imprègne encore bien souvent les Carolingiens.

64.              BRIDGEFORD (Andrew). 1066. The Hidden History of the Bayeux Tapestry. London, Fourth Estate, 2004, gr. in-8°, xiv-354 pp, une carte, 4 tableaux généalogiques, notes, biblio, index, reliure percale éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            20

Voici neuf cents ans que la tapisserie de Bayeux, ouvrage riche en détails exquis, en réjouissante verdeur, en noble tragédie, immortalise la gloire de la conquête de l'Angleterre par les Normands en 1066. Les épisodes célèbres de la bataille de Hastings, de la mort du roi Harold et de la domination de Guillaume, duc de Normandie, sont tissés à tout jamais dans cette tapisserie – et dans l'histoire de l'Angleterre. Mais, demande l'historien Andrew Bridgeford, faut-il se fier aux apparences ? Dans cette révision, qui fera date, d'un chapitre crucial de l'histoire anglaise, il nous montre comment, au nez et à la barbe des Normands, le point de vue des vaincus anglo-saxons fut ingénieusement glissé, sous une forme codée, entre les fils de l'ouvrage. Un comte français, personnage énigmatique, se trouve au centre de ce récit passionnant, peuplé d'évêques guerriers ambitieux, de chevaliers impitoyables et de femmes puissantes, où se côtoient l'apparat, le courage et la tromperie et où rien n'est jamais aussi simple qu'on pourrait le croire de prime abord. Sous le ciel de lin gris, l'immense armada arrive à présent à portée de vue des rivages du Sussex. De quelle terreur elle dut emplir les cœurs de ceux qui la virent approcher : d'abord quelques vagues points éparpillés à l'horizon, puis d'autres points et d'autres encore jusqu'à ce qu'on pût les compter par centaines et les voir prendre peu à peu la forme de navires de guerre, vision terrifiante qui ne cessait de se rapprocher, le métal des épées et des boucliers lançant des éclairs, ici et là, sous la lumière oblique du matin. A l'intérieur des navires, l'armée ne songeait qu'à cette mission que les Anglais redoutaient depuis si longtemps et ils arrivaient trois semaines seulement après que Harold eut ordonné à ses propres hommes de rentrer chez eux.

65.              BULLY (Philippe). Charles VII. Le “Roi des merveilles”. Tallandier, 1994, in-8°, 334 pp, une carte, notes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Figures de proue)

            25

Fils du roi fou Charles VI et d'Isabelle de Bavière, Charles VII (1403-1461) a régné pendant près de quarante ans dans un contexte de guerre permanente. D'un naturel apathique, mal entouré, mal conseillé, celui que l'on surnomma le “roi des merveilles” eut de nombreux rendez-vous avec l'Histoire. Après l'invasion du royaume par les Anglais, il se réfugie à Bourges et reçoit un peu plus tard à Chinon la visite de Jeanne d'Arc qui le reconnaît comme le vrai roi de France et le fait sacrer à Reims. Cette restauration de son autorité s'accompagne d'une série de victoires (Formigny, Rocroi) qui mettent fin à la guerre de Cent Ans. D'un caractère un peu terne, Charles VII n'en demeure pas moins un grand roi de France, en raison notamment des situations exceptionnelles auxquelles il dut faire face. Son règne, indissociable de la légende de Jeanne d'Arc et de la fin de l'occupation anglaise, s'apparente à l'une des dernières grandes épopées médiévales.

66.              CARDOT (Fabienne). L'Espace et le pouvoir. Etude sur l'Austrasie mérovingienne. (Thèse). Publications de la Sorbonne, 1987, gr. in-8°, 324 pp, 11 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, état correct, envoi a.s. à Jean Favier

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"F. Cardot a tenté et gagné le difficile pari qui consistait à cerner l'espace austrasien et ses rapports avec le pouvoir à l'époque mérovingienne. Grâce à une critique fine et exhaustive des sources mérovingiennes et grâce à une connaissance sans faille de la bibliographie (dont une bonne part est en langue allemande), elle nous offre ici un ouvrage d'une grande qualité scientifique. Cet ouvrage, accompagné d'un index et de onze bonnes cartes, se divise en trois parties : vision et perception du monde, espaces de pouvoir, espaces et lieux sacrés. (...) Un livre neuf, d'une grande richesse, qui ouvre de nombreuses pistes de recherche." (Régine Le Jan, Revue du Nord, 1988)

67.              CLOULAS (Ivan). Jules II. Le Pape terrible. Fayard, 1989, in-8°, 391 pp, 16 pl. de gravures hors texte, généalogie, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Une étrange destinée que celle du petit batelier de Savone devenu pape sous le nom de Jules II (1443-1513). En 1474, il conduisit les troupes pontificales lors d'une campagne militaire pour ramener l’ordre à l’intérieur des États du Pape. Après avoir soumis les cités de Lodi et Spolète, il assiégea Citta di Castello, dont le seigneur, Niccolò Vitelli, était un allié de Laurent de Médicis. Archevêque d'Avignon de 1476 à 1503, il exerça pendant la même période dans la cité la fonction de légat du pape, ainsi que la fonction d'évêque de Mende (1478-1483). Il fut également évêque de Bologne du 3 novembre 1483 au 20 septembre 1499. Peu respectueux de l'obligation de continence (à différencier cependant du vœu de chasteté des moines et des religieux), il engendra trois filles et contracta la syphilis. Il consolida pour plus de trois siècles le pouvoir temporel du Saint-Siège et s'il resta sourd aux voix de Machiavel, Erasme ou Luther, il sut faire appel à de grands artistes : Bramante, Michel-Ange, Raphaël...

68.              GUERNE (Armel). Les Jours de l'Apocalypse. Poèmes d'Armel Guerne, visions de saint Jean. La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1967, pt in-4°, 220 pp, 79 héliogravures et 14 pl. en couleurs hors texte (dont 2 double page), illustrations dans le texte (reproduction de détails des manuscrits du commentaire de l'Apocalypse de Beatus de Liébana), Visions de saint Jean dans la traduction de Philippe de Mésenguy, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Points Cardinaux 16)

            30

Admirables photographies de sculptures romanes de la fin des temps et du jugement divin.

69.              HEERS (Jacques). Louis XI. Le métier de roi. Perrin, 1999, in-8°, 430 pp, 8 pl. hors texte, chronologie, généalogies, 3 cartes, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Grâce à une bibliographie européenne et l'usage des comptabilités de l'époque, un portrait nouveau et extrêmement précis de Louis XI tant dans l'exercice du métier de roi (administration, propagande, faste, justice, politique de guerre) que dans sa personnalité et sa vie quotidienne.

70.              LANG (Andrew). La Jeanne d'Arc de M. Anatole France. Perrin, 1909, in-12, 163 pp, traduit de l'anglais, appendices, broché, couv. lég. salie, bon état. Edition originale. Peu courant

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"M. Lang a consacré tout un petit volume à une exécution en règle du livre d'Anatole France sur Jeanne d'Arc. Il reproche avec raison à celui-ci d'avoir très imparfaitement tenu compte, dans sa 28e édition revue et corrigée, des critiques qui avaient relevé chez lui des erreurs de textes et de faits, et, dans un très amusant chapitre intitulé : la Forêt des erreurs, il lui signale une abondante moisson de contradictions et de bévues... (...) Mais je crois, malgré tout, que Jeanne d'Arc est plus intelligible et plus grande si on la considère comme une nature supérieure, formée par son temps et son milieu, et qui a accompli consciemment une oeuvre de dévoûment héroïque, soutenue par sa foi religieuse et son coeur de Française. M. France a aussi le premier donné une idée claire du siège d'Orléans et de la campagne qui a suivi le siège de Paris. Il a le premier donné une explication plausible des raisons psychologiques qui ont amené l'abandon de Jeanne d'Arc par le Roi et cherché à démêler les intrigues et les passions qui se sont agitées autour d'elle et ont contribué à sa perte. Il a enfin le premier tenté une critique sérieuse des sources de l'histoire de Jeanne d'Arc. Malgré quelques exagérations et malgré l'usage trop subjectif qu'il a fait de sources qu'il avait déclarées suspectes, ce travail reste solide et sera le point de départ de l'histoire critique de Jeanne d'Arc qui, malgré tout, reste encore à faire. M. France aura beaucoup contribué à la rendre possible, et M. Lang aussi." (Gabriel Monod, Revue historique, 1910) — "M. Andrew Lang réfute les assertions erronées et mensongères accumulées par A. France au sujet de l'héroïne que l'Église vient de placer sur ses autels. C'est un Anglais qui défend contre un Français, et un Français qui a rejeté son nom, pour s'appeler du nom de son pays, la gloire la plus pure de la France. Tout en abandonnant à l'âme boueuse d'un Voltaire le triste monopole d'insulter grossièrement Jeanne d'Arc, M. France s'applique à éteindre le nimbe glorieux qui ceint la tête de cette jeune fille, personnage unique dans l'histoire, en la représentant comme une sorte d'hystérique, d'illuminée qui se serait laissée suggestionner par de folles rêveries et n'aurait fait preuve, dans sa prétendue mission, que de faiblesse, d'hésitations et d'incapacité. Pourtant elle sauva son pays, M. France ! Jeanne d'Arc était croyante, l'Église la regarde comme une sainte : c'est là son double crime auprès de son triste détracteur. S'il n'envisageait que ce dernier, M. Lang eût accompli une tâche bien inutile, en mettant la cognée dans ce qu'il appelle une « forêt d'erreurs », mais il a senti son cœur se soulever de dégoût, en face d'une pareille monstruosité scientifique, si toutefois la science a quelque chose à voir dans ce qui n'est qu'un mauvais roman, un pamphlet détestable, et c'est autant, sans doute, pour soulager sa conscience d'honnête homme que pour démasquer les erreurs et les contradictions voulues de M. France, qu'il a écrit son livre. On ne saurait trop l'en féliciter." (Revue d'histoire de l'Église de France, 1911)

71.              LE GOFF (Jacques). Un Autre Moyen Age. Gallimard, 1999, fort in-8°, 1373 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Quarto)

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Ce volume réunit : Pour un autre Moyen Age, L'Occident médiéval et le temps, L'Imaginaire médiéval, La Naissance du Purgatoire, Les Limbes, La Bourse ou la vie, Le Rire dans la société médiévale. — "Un autre Moyen Age, c'est un Moyen Age total qui s'élabore aussi bien à partir des sources littéraires, archéologiques, artistiques, juridiques qu'avec les seuls documents naguère concédés aux médiévistes "purs". C'est la période qui nous permet le mieux de nous saisir dans nos racines et nos ruptures, dans notre modernité effarée, dans notre besoin de comprendre le changement, la transformation qui est le fonds de l'histoire en tant que science et en tant qu'expérience vécue. C'est ce passé primordial où notre identité collective, quête angoissée des sociétés actuelles, a acquis certaines caractéristiques essentielles." (Jacques Le Goff)

72.              LELIÈVRE (Dominique). Le Dragon de lumière. Les grandes expéditions des Ming au début du XVe siècle. France-Empire, 1996, in-8°, 423 pp, 2 cartes, repères chronologiques, principales dynasties chinoises, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Début XVe siècle, l'avenir se joue sur la mer. Le Portugal se lance dans l'aventure exploratrice, quand à l'autre bout du monde connu, une Chine revigorée entreprend les plus imposantes expéditions maritimes jamais réalisées jusqu'alors. Ses flottes majestueuses sillonnent sans discontinuer, les mers d'Orient. Commandées par Zheng He, un eunuque musulman, elles atteignent l'Inde religieuse, l'Arabie parfumée et l'Afrique exotique. Des témoins à bord des jonques décrivent les mœurs et les richesses des pays visités..., sans oublier les escales aux rencontres singulières avec le pirate de Palembang, le roi cupide de Ceylan, l'usurpateur de Semudra ou le samorin de Calicut... Et que dire de l'accueil somptueux du Bengale, des stèles humanistes de Ceylan et du triomphe de la girafe à Nankin. Sur terre comme sur mer, l'Asie entière est prise dans le vaste filet diplomatique tendu par les Ming. De tous côtés, on se presse pour verser tribut au Fils du Ciel. Victoires contres les Annamites puis contre les Mongols ajoutent à la gloire d'un empereur insatiable qui a décidé de reconstruire, à Pékin, la Cité impériale et de rebâtir le Grand Canal. L'heure est au gigantisme. Face aux énormes jonques, qu'auraient pesé, alors, les frêles caravelles ? Soixante ans plus tard la roue a tourné, les cartes sont redistribuées. L'Europe à rattrapé son retard et pousse ses pions. La Chine se claquemure derrière ses Grandes Murailles et abandonne sa magnifique marine. Les raisons de ce recul méritaient bien qu'on s'y attarde.

73.              NICANDER (Charles-Auguste). Le Glaive runique ou la lutte du paganisme scandinave contre le christianisme, drame tragique, par Charles-Auguste Nicander ; traduit du suédois ; suivi de notes historiques, mythologiques et littéraires et précédé d’un essai sur l’établissement et la destinée du christianisme dans les pays du nord par Léouzon-Leduc. P., Sagnier et Bray, 1846, in-8°, cxii-360 pp, traduit du suédois, reliure demi-percaline verte, dos lisse, pièce de titre basane chocolat, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), bon état

            60

74.              PERNOUD (Régine). Les hommes de la Croisade. Nouvelle édition revue et augmentée. Fayard/Tallandier, 1982, in-8°, 343 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, une carte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Il ne manque ni d'histoires des Croisades ni de biographies des principaux protagonistes de ce qui fut la grande épopée du Moyen Age. Mais il n'y avait pas de livre retraçant la manière de vivre, la vision du monde, l'organisation matérielle de tous ceux qui tentèrent l'aventure, qu'ils fussent rois ou pauvres, barons, clercs, femmes, marchands ; qu'ils eussent la foi ou qu'ils fussent animés par l'esprit de conquête ou l'appât du gain. Le tableau vivant que dresse Régine Pernoud nous restitue l'étonnement des Chrétiens devant les mœurs des Musulmans, les mille épreuves qu'ils durent subir en traversant des pays inconnus, la façon remarquable dont ils surent ensuite s'adapter, coloniser le pays, bâtir des églises et des forteresses, et "tenir" pendant deux siècles face à un adversaire inifiniment supérieur en nombre. C'est toute une page méconnue de notre histoire qui se révèle à nous.

75.              ROCHON (André). La Jeunesse de Laurent de Médicis (1449-1478). (Thèse). Les Belles Lettres, 1963, fort in-8°, 728 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Les Classiques de l'humanisme)

            60

76.              THIERRY (Augustin). Récits des temps mérovingiens. Précédés de Considérations sur l'histoire de France. P., Furne & Cie, 1846, 2 vol. in-12, 381 et 318 pp, troisième édition, revue et corrigée, reliures pleine basane noire, dos lisse ornés en long, avec titres et tomaisons dorés, encadrements à froid sur les plats, coiffes guillochées, coupes guillochées en coin, fer doré du Lycée de Bourges aux 1ers plats (rel. romantique de l'époque), qqs petites épidermures sans gravité, bon état

            70

Dans ce travail, Augustin Thierry a cherché à peindre, par le développement d'une suite d'épisodes choisis, les principales scènes de la vie politique et civile des hommes du VIe siècle : Les quatres fils de Chlother Ier – Leur caractère – Leurs mariages – Histoire de Galeswinthe (561-568) ; Suites du meurtre de Galeswinthe – Guerre civile – Mort de Sighebert (568-575) ; Histoire de Merowig, second fils du roi Hilperik (575-578) ; Histoire de Praetextatus, évêque de Rouen (577-586) ; Histoire de Leudaste, comte de Tours – Le poète Venantius Fortunatus ; Le monastère de Radegonde, à Poitiers (579-581) ; Hilperik théologien – Le juif Priscus – Suite et fin de l'histoire de Leudaste (580-583) ; Révolte des citoyens de Limoges – Grande épidémie – Douleur maternelle de Fredegonde – Histoire de Chlodowig, troisième fils du roi Hilperik (580) ; Pièces justificatives.

77.              [Venise] – Collectif. Venise au temps des galères. Hachette, 1968, in-8°, 295 pp, 204 illustrations en noir dans le texte et à pleine page imprimées en héliogravure, 8 illustrations en couleurs contrecollées, 7 cartes et plans, chronologie, imprimé sur papier vergé, reliure skivertex bordeaux de l'éditeur, bon état (Coll. Ages d'or et réalités)

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Ont collaboré a ce volume : Freddy Thiriet, Maurice Aymard, Alberto Tenenti, Jean Rudel, Ruggiero Romano, Ugo Tucci, André Rochon, Jacques Goimard. — "Dans ce beau livre, bien présenté, orné de très nombreuses illustrations documentaires, dont plusieurs hors texte en couleur et de nombreuses cartes explicatives, sont réunis huit chapitres dus à la collaboration de maîtres éminents des études sur le Moyen Age italien et la Pré-Renaissance, le tout consacré à la gloire de Venise, à son apogée, c'est-à-dire au temps des galères. C'est l'histoire extraordinaire puis merveilleuse des origines de la cité des lagunes, devenue rapidement un des centres les plus brillants de civilisation dans tous les domaines. Vocation maritime qui devait entraîner une humble bourgade, isolée et épargnée par les barbares envahisseurs, à la conquête de la Méditerranée centrale et orientale, à sa mainmise sur le commerce avec l'Asie, comme aussi à la création d'un important territoire dans l'Italie du Nord-Est. Les auteurs ont judicieusement choisi le titre de leur ouvrage, car ce sont les galères de Venise qui ont créé et défendu pendant des siècles son brillant empire. L'ouvrage s'arrête au moment où Venise fut à l'apogée de sa puissance. Dans les siècles qui suivirent, siècles de lent déclin, elle devait cependant rester le foyer incomparable d'une civilisation mère de tous les arts, qui nous séduit toujours, infiniment. Ce bel ouvrage écrit alternativement par des esprits de tempéraments différents et qui se complètent est une lecture agréable et enrichissante." (J. M., Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1969)

78.              [Zodiaque] – JUNYENT (Edouard). Catalogne Romane 1. La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1960, gr. in-8°, 288 pp, 99 héliogravures et 15 photos en couleurs par Jean Dieuzaide hors texte, cartes et plans, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (la Nuit des Temps 12)

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Tome 1 : Montbui, Cardona, Cassérres, San Llorenç del Munt, Corbera, Frontanyà, Taüll, Ripoll.

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

79.              ARNAULD (Angélique). Relation de captivité d'Angélique de Saint-Jean Arnauld d'Andilly, avec une introduction de Louis Cognet. Gallimard, 1954, in-12, 302 pp, notes, broché, papier jauni, bon état

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"Une publication de premier ordre : le récit de captivité d'Angélique de Saint-Jean – jamais édité depuis le XVIIIe siècle. C'est un des meilleurs écrits jansénistes : il mérite sans nul doute de figurer sur nos rayons aux côtés de la Fréquente Communion, des Provinciales, de l'Abrégé de Jean Racine, de Sainte-Beuve, bien avant les Minores, genre du Fossé, Mémoires sur les MM. de Port-Royal ; je dirais même que, pour faire comprendre aujourd'hui, au XXe siècle, la profondeur du drame qui s'est joué autour de Port-Royal dans la dizaine d'années qui va de 1657 à 1668, la Relation d Angélique de Saint-Jean est à mettre au premier rang." (Robert Mandrou, Annales ESC, 1955) — « Port-Royal, c'est d'abord une histoire de femmes. Les hommes emboîtent le pas à leur soeur, à leur mère, à leurs anciennes amours. Voyez la résistante Mère Angélique face à l'archevêque de Paris. Privée de sacrements, condamnée à un enfermement qui va durer dix mois, elle affiche dans cette Relation de captivité, rédigée entre juillet et novembre 1665, une magnifique fierté de persécutée. Défiant la crise de la conscience occidentale, sa révolte est l'amorce d'une nouvelle manière de croire, éprouvée plus tard par Kierkegaard, Dostoïevski et Bernanos. » (Sébastien Lapaque)

80.              BARINE (Arvède). Princesses et grandes dames. Marie Mancini. – La reine Christine. – Une princesse arabe. – La duchesse du Maine. – La margrave de Bayreuth. Hachette, 1890, in-12, 354 pp, reliure pleine percaline verte, dos lisse avec titres dorés et caissons à froid, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état

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"M. Arvède Barine n'est pas comme M. Perey un chercheur d'inédit, mais c'est un peintre de moeurs et de caractères, d'infiniment d'esprit et de malice. Son dernier livre intitulé “Princesses et grandes dames”, où figurent Marie Mancini, la duchesse du Maine, Christine de Suède, la margrave de Bayreuth et la princesse Salmé, cette altesse zanzibarienne devenue une bourgeoise de Hambourg, est charmant d'un bout à l'autre ; un sens historique très fin s'y allie à une humour qui rappelle, avec je ne sais quelle grâce féminine naturelle en plus, la manière des essais de Valbert. Les gens du monde y apprendront l'histoire sans ennui ; et les historiens y trouveront l'impression bien vivante du passé, qui renouvellera pour ainsi dire pour eux des événements et des personnages connus." (Gabriel Monod, Revue Historique, 1890)

81.              BARRÈRE (Joseph). L'humanisme et la politique dans le Discours de la servitude volontaire. Etude sur les origines du texte et l'objet du Discours d'Estienne de La Boétie. Genève-Paris, Slatkine, 1981, in-8°, 244 pp, reliure simili-cuir vert de l'éditeur, titres dorés au dos, soulignures et marques au crayon en marges, bon état. Réimpression de l'édition de 1923

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82.              BERNIS (Cardinal de). Mémoires et lettres de François-Joachim de Pierre, cardinal de Bernis (1715-1758). Publiés avec l'autorisation de la famille, d'après les manuscrits inédits par Frédéric Masson. Tome 1. Plon, 1878, in-8°, cxxiv-478 pp, un portrait en frontispice, reliure demi-percaline bronze, dos lisse, pièce de titre basane havane, fleuron et double filet dorés en queue (rel. de l'époque), bon état. Edition originale

            60

Tome 1 seul (sur 2) : de sa naissance à septembre 1757. — Première édition de ces mémoires qui s'achèvent avec la disgrâce de Bernis (1715-1794) en 1758. Né en 1715, d'une lignée ancienne mais fort pauvre, François Joachim de Bernis affirme : "J'ai réussi à obtenir tout ce que je désirai fortement." Plusieurs recueils de petits vers galants lui valurent le surnom de Babet la Bouquetière et un fauteuil à l'Académie française dès l'âge de vingt-neuf ans. Mais c'est madame de Pompadour qui fit sa carrière. Ambassadeur à Venise, puis ministre des Affaires étrangères, il négocia avec bonheur le renversement des alliances. Au comble de la faveur, ayant en conscience, après Rossbach (1757), osé parler de paix, il tomba en disgrâce. Soulagé du pouvoir, il mena une existence opulente et facile à la cour pontificale où, cardinal ambassadeur, il fut aux yeux de tous "le roi de Rome" jusqu'à la Révolution qui le ruina. Dans ces Mémoires passent toute la complexité, le charme et la grandeur d'une figure unique : celle de l'aristocrate secrètement averti de son déclin.

83.              BERTIÈRE (Simone). Les Reines de France au temps des Bourbons. 2. Les Femmes du Roi-Soleil. Editions de Fallois, 1998, in-8°, 527 pp, 32 pl. de gravures hors texte (dont 16 en couleurs), repères chronologiques, tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Prolongement de la passionnante fresque des Reines de France, couronnée par le prix d'Histoire Chateaubriand-La-Vallée-aux-Loups, ce volume, qui peut être lu de façon autonome, fait revivre le plus long règne de notre histoire. Des deux femmes de Louis XIV, l'une, l'insignifiante Marie-Thérèse d'Espagne, a le titre de reine, mais pas la vocation. Françoise de Maintenon, son épouse secrète, a les capacités, mais sa naissance obscure lui interdit de prétendre au titre. Entre elles, la galerie des maîtresses, tour à tour comblées de faveurs et sacrifiées, illuminées et brûlées par la personnalité écrasante du Roi-Soleil : Marie Mancini, l'amour perdu de ses vingt ans ; la tendre Louise de la Vallière, dont la disgrâce sera un chemin de croix ; l'éclatante Montespan, éclaboussée par la sinistre affaire des Poisons... Bien d'autres encore, tenues certes à l'écart des affaires politiques, mais dont les personnalités donneront au règne ses couleurs successives. En historienne scrupuleuse, mais aussi en biographe inspirée, Simone Bertière fait revivre ces figures d'exception. Elle recrée autour d'elles la Cour de Versailles et l'histoire du règne, tout le bruissement du Grand Siècle avec ses aspects tour à tour plaisants et graves, splendides et tragiques.

84.              BERTIÈRE (Simone). Les Reines de France au temps des Valois. 2. Les années sanglantes. Editions de Fallois, 1994, in-8°, 496 pp, 16 pl. de gravures hors texte, repères chronologiques, tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

1559 : Henri II, blessé à mort au cours d'un tournoi, disparaît à 40 ans. Sa veuve, Catherine de Médicis, doit s'effacer devant la nouvelle reine, Marie Stuart, épouse du pâle François II. Jusqu'à la fin du siècle, à travers la tourmente des guerres de religion, les reines de France vont être amenées à jouer un rôle considérable. Après un bref intermède, la figure fascinante de la reine-mère Catherine de Médicis, dont les trois fils règneront tour à tour, domine la période. Sa fille, Marguerite de Valois, la célèbre "Reine Margot", épouse du futur Henri IV, connaît un destin tumultueux entre la politique et l'amour. Moins connues, Elisabeth d'Autriche ou Louise de Lorraine, l'épouse d'Henri III, méritent d'être redécouvertes. Simone Bertière nous conte ces destinées royales avec une rigueur et une intelligence historiques saluées par la critique. En adoptant tour à tour le point de vue de ses héroïnes, elle nous fait revivre ces "années sanglantes" avec l'intensité d'un roman vrai, passionnant enquête sur la place des femmes dans un système royal dominé par l'héritage masculin.

85.              BERTRAND (Louis). Philippe II. Une ténébreuse affaire. Grasset, 1929, in-12, 245 pp, reliure demi-vélin à coins, dos lisse avec pièce de titre basane vermillon, couv. et dos conservés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Edition originale, un des 76 ex. numérotés sur vélin pur fil Lafuma, enrichi d'un portrait et de 4 illustrations bicolores montés sur des pages vierges

            40

"C'est une étrange histoire que cette espèce de duel qui, pendant près de vingt ans, au milieu des plus extraordinaires péripéties, se soutint et s'éternisa entre le redoutable Philippe Il et son non moins redoutable secrétaire, le très astucieux et très perfide Antonio Pérez. On nous dira peut-être : « A quoi bon exhumer cette lointaine aventure, cette horrifiante série de cruautés et de vilenies ? » Évidemment, cela manque un peu d'actualité. Mais tant pis pour l'actualité, si cette vieille histoire est, en même temps qu'une des plus romanesques, des plus dramatiques et des plus colorées, une des plus évocatrices de toute une époque. J'ajoute que ce fut une véritable « affaire », comme nous disons aujourd'hui, – une affaire sensationnelle par son importance européenne et quasi mondiale, par les proportions extravagantes qu'elle prit, par les passions furieuses qu'elle déchaîna..." (L. Bertrand)

86.              BLUCHE (François). Louis XIV. Fayard, 1987, fort in-8°, 1039 pp, repères chronologiques, index, sources, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Méfiant envers toute grandeur excessive et surtout imprégné des préjugés d'une légende noire, le public demeure trop souvent réticent à l'égard du plus étonnant de nos rois. De Louis XIV, qui a parrainé les écrivains, les savants et les artistes, créé de grandes institutions culturelles, orienté un siècle entier, réuni à la France un empire colonial et une dizaine de provinces nouvelles, qui crée l'Etat moderne en évitant soigneusement l'étatisme, qui a remodelé la société en assurant la promotion de nouvelles élites ; de Louis XIV, qui a dominé de sa personnalité et de son rayonnement le siècle le plus brillant de notre Histoire, les Français ne gardent parfois qu'une image étroite et déformante : comme si l'adultère, un zèle religieux poussé jusqu'à l'intransigeance, la condamnation de Fouquet et la fâcheuse dévastation du Palatinat avaient constitué l'essentiel d'une vie de 77 ans et d'un règne personnel de 54 ans. Le présent livre, qui représente quarante ans de fréquentation du Grand Siècle, va débarasser l'historiographie des poncifs et des clichés. L'érudition, toujours présente, jamais n'alourdit un texte nuancé. Dans ce gros ouvrage qui se lit comme un roman, on va retrouver ou découvrir un roi, un règne et un royaume.

87.              BRIZAY (François). Touristes du Grand Siècle. Le voyage d'Italie au XVIIe siècle. Belin, 2006, gr. in-8°, 253 pp, notes, 3 cartes, biographies des voyageurs, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Au XVIIe siècle, des Français ont visité l'Italie munis de leur culture latine et humaniste. Ils ont accompli de longs périples sur des routes parfois peu sûres, ont admiré les ruines antiques et fait étape dans les villes d'art de la Péninsule. Au cours de leurs voyages, ils ont rédigé des notes qu'ils ont ensuite mises en forme et publiées à leur retour. Ces premiers guides de voyage ont été utilisés par François Brizay pour reconstituer l'image que l'on avait de l'Italie au Grand Siècle. Apparaissent ainsi au fil des pages les paysages, le caractère et les coutumes des habitants, les sanctuaires religieux, les beautés du pays. Nous voyons ainsi naître le tourisme tel que nous le connaissons de nos jours : la découverte d'une culture étrangère, mais aussi celle de tout un peuple qui intrigue et qui séduit tour à tour.

88.              CAMPAN (Madame). Mémoires de Madame Campan. Première femme de chambre de Marie-Antoinette, 1774-1792. Mercure de France, 1989, in-8°, 490 pp, présenté par Jean Chalon, notes établies par Carlos de Angulo, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            25

Née à Paris en 1752 d'un père roturier, Madame Campan entre à la Cour à quinze ans et devient lectrice des filles cadettes de Louis XV. Dotée d'un tempérament vif et déterminé, elle est nommée en 1774 première femme de chambre de Marie-Antoinette qu'elle servira jusqu'en 1792. Attentive, observatrice, intelligente, Madame Campan partage non seulement l'intimité de la reine, mais aussi de nombreux secrets d'Etat. Des fastes de Versailles à la fuite à Varennes, elle se trouve aux premières loges d'événements qui s'apprêtent à bouleverser la France et l'Histoire. Sur un ton inimitable, bienveillant ou virulent, Madame Campan raconte ce qu'elle voit, ce qu'elle entend, ce qu'elle sait : un trésor inépuisable de vérités et de détails, grâce auquel ses Mémoires demeurent un témoignage unique sur l'Ancien Régime, la Révolution, la vie quotidienne et la personnalité de Marie-Antoinette.

89.              CAPEFIGUE (Jean-Baptiste Honoré). Le Cardinal Dubois et la Régence de Philippe d'Orléans. P., Amyot, 1861, in-12, x-228 pp, reliure demi-percaline olive, dos lisse avec pièce de titre basane noire et date en queue, couv. (salie) conservées (rel. fin XIXe), rousseurs assez soutenues, bon état (Les Cardinaux-Ministres)

            30

90.              CARRÉ (Lt-Colonel Henri). La Jeunesse et la marche au pouvoir de Richelieu (1585-1624). Grasset, 1944, in-8°, 315 pp, 16 pl. de gravures hors texte, reliure demi-chagrin bordeaux, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée et dos conservés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état. Edition originale, un des 32 ex. numérotés sur Vélin pur chiffon du Marais (seul grand papier)

            80

"La lecture de cet ouvrage est agréable et intéressante. Le lecteur peu informé ou peu curieux suivra sans doute volontiers le fil d'un récit biographique qui le conduira sans effort, à travers l'imbroglio des combinaisons politiques, de l'évêché crotté de Luçon à « l'entrée au Conseil » de 1624, en passant par le « premier accès au pouvoir » dans les lendemains du succès conquis aux États généraux, et par la promotion au cardinalat. (...) La galerie de portraits qui illustre le volume est fort attrayante." (Henri Drouot, Revue d'histoire de l'Église de France, 1945)

91.              Catalogue d'exposition – SAINT-SIMON. Saint-Simon ou « L'Observateur véridique ». P., Bibliothèque nationale, 1976, pt in-4°, xxi-156 pp, préface d'Edmond Pognon, 389 numéros décrits avec notices érudites (par Mireille Pastoureau), 2 pl. en couleurs et 25 gravures et portraits en noir, la plupart à pleine page, chronologie, généalogie, index, broché, couv. illustrée (reliure du manuscrit des Mémoires, aux armes de Saint-Simon), bon état

            25

"L'exposition Saint-Simon organisée en 1976 à la Bibliothèque nationale par M. Edmond Pognon, conservateur en chef du département des Cartes et plans, avec la collaboration de Mme Mireille Pastoureau, conservateur au même département, a donné lieu à la publication d'un luxueux catalogue. Nos deux confrères se sont proposé de replacer l'oeuvre de Saint-Simon dans son époque, son milieu, ses décors : la vie du mémorialiste et son action politique, ses préoccupations intellectuelles et religieuses, la conjoncture économique et sociale, la vie quotidienne à la cour et à la ville sont tour à tour évoquées à travers près de quatre cents tableaux, gravures, manuscrits, documents d'archives, livres et autres objets extraits d'une quarantaine de collections publiques et privées. La plupart des notices sont accompagnées de passages tirés des Mémoires et se rapportant aux pièces exposées. Ces citations judicieusement choisies font du catalogue une sorte de florilège qui se lit avec beaucoup d'agrément et dont la consultation est facilitée par un index des personnages principaux, inhabituel mais fort bien venu dans une telle publication." (Bernard Barbiche, Bibliothèque de l'école des chartes, 1977)

92.              CAYLUS (Marguerite de Villette, marquise de). Souvenirs de Madame de Caylus. Nouvelle édition avec une introduction et des notes par M. Charles Asselineau. P., Techener, 1860, pt in-8°, xlv-268 pp, un portrait de Mme de Caylus en frontispice et 4 planches hors texte gravées sur métal d'après J. Leman, table analytique, ex. sur vergé, broché, bon état

            60

Les souvenirs de Madame de Caylus, nièce et protégée de Madame de Maintenon, ont d'abord été publiés par Voltaire en 1770, qui écrivait : "Tout ce que raconte madame la marquise de Caylus est vrai." A la fin de 1680, Madame de Maintenon fit enlever sa nièce, la future Madame de Caylus, aux huguenots. L'enlèvement n'émut personne, sauf le père, et la petite fille, après avoir un peu pleuré, se convertit dès le lendemain de son arrivée à la cour, parce qu'elle avait trouvé la messe du Roi très belle et qu'on lui avait promis qu'elle la verrait tous les jours. Madame de Caylus dit cela dans ses Souvenirs, et la cour de Louis XIV, Madame de Maintenon, Racine qui voulut la voir dans Esther, Saint-Simon qui appréciait sa finesse : tous ces grands personnages et bien d'autres encore font revivre l'esprit même de Versailles au temps du Roi Soleil. — "Les souvenirs de Madame de Caylus sont une galerie de portraits de la plupart des personnages qui ont joué un rôle dans la vie de Louis XIV. Ils sont dépeints d'une touche légère et fine, où l'éloge n'est jamais outré et où le blâme est dissimulé sous les formes les plus polies et les plus aimables." (Bourgeois & André, Sources II, 895)

93.              CHASTEL (André). Le Grand Atelier d'Italie, 1460-1500. Gallimard, 1965, in-4°, xi-417 pp, 358 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs in et hors texte, dont 2 cartes dépliantes in-fine, bibliographie, dictionnaire-index, documentation complémentaire, archéologique et iconographique, reliure toile éditeur, signet, jaquette illustrée, tranche sup. lég. salie, bon état (Coll. L'Univers des Formes). Edition originale. Riche iconographie

            70

"Renaissance méridionale" et "Le Grand Atelier d'Italie" ont été publiés pour la première fois en 1965 dans la prestigieuse collection "l'Univers des Formes". Couvrant la même période, la fin du Quattrocento (XVe siècle), ils ont été conçus par André Chastel comme un tout dont la publication a marqué une révolution dans la connaissance que l'on avait jusque-là en France de la Renaissance italienne et continuent aujourd'hui à jouer leur rôle d'ouvrages de référence. André Chastel y fait découvrir une Italie qui s'impose à toute l'Europe comme le lieu où l'exigence artistique, poussée à son sommet, apparaît comme une authentique volonté de culture. Elle est le grand atelier de l'Occident ou plutôt une multitude d'ateliers (les botteghe), dispersés dans les grands foyers artistiques (les centres) que sont alors Urbino, Florence, Rome... Dominés par des personnalités aussi exceptionnelles que Laurent le Magnifique, Federico da Montefeltro, Ludovic le More ou le pape Sixte IV. De ces ateliers naissent les chefs-d'œuvre de Piero della Francesca, Botticelli, Bellini, Ghirlandaio, Verrocchio, Léonard de Vinci, le Pérugin... Tableau, fresque, palais, église, sculpture, marqueterie, éléments décoratifs : les plus grands talents mis en compétition ne délaissent aucun genre. André Chastel donne un panorama érudit et passionnant de ce foisonnement. Il y applique avec rigueur ses méthodes d'analyse qui devaient profondément marquer l'histoire de l'art : approche du détail, circonstances de la commande, textes qui ont nourri l'inspiration de l'artiste – les œuvres les plus énigmatiques dévoilent leur sens dans leur extrême complexité.

94.              Collectif. La Femme en Angleterre et dans les colonies américaines au XVIIe et XVIIIe siècles. Actes du colloque tenu à Paris les 24 et 25 octobre 1975. Villeneuve d'Ascq, Université de Lille III, 1975, gr. in-8°, 215 pp, notes, broché, couv. lég. salie, bon état

            30

15 études (dont une en anglais). — Prélude et panorama : L'image de la jeune fille de Nausicaa à Miranda (R. Ellrodt) ; De l'éducation des femmes aux XVIIe et XVIIIe siècles (R. Marx) ; Les femmes et la politique au XVIIe siècle (O. Lutaud) ; Les femmes témoins d'elles-mêmes : autobiographies et journaux féminins au XVIIe siècle (E. Bourcier) - Puritanisme et société coloniale : Les puritains et la femme (L. Carrive) ; La famille Dudley : une illustration de la condition féminine en Nouvelle-Angleterre au XVIIe siècle (P. Marambaud) ; La femme dans la formation de la population des colonies américaines aux XVIIe et XVIIe siècles (J. Brun) - Ombres et lumières du XVIIe siècle : La condition féminine dans l'Opéra du Mendiant (J. Voisine) ; Image et condition de la vieille fille dans le roman anglais du XVIIIe siècle, 1740-1771 (M. Blondel) ; Les femmes et l'Eglise en France et en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle (P. Penigault-Duhet) ; Les femmes et la justice criminelle anglaise au XVIIIe siècle (A. Parreaux) - De la Restauration à la Révolution : libération de la femme ? : Les femmes sur la scène de la Restauration : les actrices et les rôles (A.-M. Imbert) ; Aphra Behn et le féminisme à la fin duXVIIe siècle (B. Dhuicq) ; English women novelists and the French Revolution (M. Doody) ; Le triomphe de la femme : le chasseur chassé (F. Moreux)

95.              DENIEUL-CORMIER (Anne). La France de la Renaissance, 1488-1559. Arthaud, 1962, in-8°, 510 pp, un frontispice en couleurs et 235 héliogravures dans le texte et à pleine page, un tableau généalogique, notes, table et commentaire des illustrations, reliure soie verte éditeur, premier plat orné (fers originaux d'après l'exemplaire d'un livre ayant appartenu à François Ier, gardes illustrées, bon état. Bien complet du dépliant volant (41 x 57 cm) reproduisant une gravure allemande du XVIe siècle de la bataille de Pavie, où l'on voit la capture de François Ier

            25

"L'auteur de ce livre a réussi un tour de force : son livre plaisant pour le public cultivé n'en est pas moins utile au spécialiste. Car ce n'est pas un banal recueil de « morceaux choisis ». Mme Denieul-Cormier y présente des extraits d'une certaine longueur qu'une toilette délicate rend intelligibles à nos contemporains sans les dépouiller de leur saveur originale, et qu'un contexte excellent encadre et introduit. Elle fait revivre avec une remarquable intensité d'authenticité des aspects de la Renaissance en France : en premier lieu la haute personnalité du roi François Ier entre ses deux égéries, sa mère Louise de Savoie, sa sœur, la Marguerite des Marguerites ; après le souverain, les sujets, le gentilhomme en sa maison rustique, le patron et l'ouvrier en cette industrie où les débats ont un accent des plus modernes, l'imprimerie, si intimement associée au mouvement humaniste, puis le voyageur sur les routes pour le souci de ses affaires ou le zèle de sa piété, ou encore à la découverte de terres nouvelles. Enfin le progrès des études, la soif des textes purs, et ce même goût pour le retour aux sources enflammant les prédicateurs et provoquant la fatale scission qui résulta d'une opiniâtreté jointe à une vue trop courte du problème religieux." (B. A. Pocquet du Haut-Jussé, Annales de Bretagne, 1963) — "Après quelques pages sur le pays et ses habitants, l'auteur évoque les folles équipées des guerres d'Italie, leurs héros et les réactions des Italiens, puis la personnalité de François Ier, prince exubérant et fastueux, protecteur des arts et des artistes, enfin le lustre nouveau dont resplendit, sous son impulsion, la vie de cour. Tout cela est fort bien noté et assorti de textes choisis avec goût et compétence. (...) Au vrai, l'étude – excellente – de Mme Denieul est axée, en dépit du sous-titre, sur le règne de François Ier. Les références à l'époque de Henri II sont assez clairsemées. (...) Une troisième partie met en scène les différentes classes de la société de l'époque, les hobereaux demeurés sur leurs terres, les paysans, avec leurs problèmes et leurs distractions, les ouvriers, notamment ceux de l'imprimerie, « l'une des premières industries capitalistes, avec ses conséquences inévitables, l'apparition du prolétariat, des grèves, des troubles sociaux ». Les voyageurs, pèlerins, curistes comme Montaigne ou simples touristes, plus intrépides que jamais, font l'objet d'un chapitre fort plaisant. La quatrième et dernière partie envisage les découvertes, les bouleversements d'idées, les métamorphoses qui donnent à la Renaissance une physionomie si particulière. Mme Denieul en souligne quelques aspects : les expéditions au Brésil, à Terre-Neuve, au Canada ; la création du Collège de France ; l'entrée royale de 1549 ; la personnalité de Philibert Delorme ; celle d'Ambroise Paré. L'abondance et la qualité de l'illustration font grandement honneur, comme toujours, aux Éditions Arthaud. Toutes ces images montrent infiniment de goût et de connaissances et le désir de sortir des sentiers battus." (Jacques Thirion, Bibliothèque de l'école des chartes, 1967)

96.              [Diane de Poitiers] – GUIFFREY (Georges). Lettres inédites de Dianne de Poytiers, publiées d'après les manuscrits de la Bibliothèque impériale. Avec une introduction et des notes. P., Vve Jules Renouard, 1866, gr. in-8°, xciv-277 pp, 3 beaux portraits, un en-tête dessiné par H. de la Charlerie et une gravure des armoiries tirés sur papier de Chine, 2 fac-similés de documents autographes dépliants hors texte, lettrines, table analytique des lettres, index, imprimé sur beau papier vergé, reliure plein maroquin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, dentelles intérieures dorées, doubles filets dorés sur les coupes, tranches dorées, signet (rel. de l'époque), bon état, bel exemplaire finement relié (Vicaire III, 246)

            300

"Cette correspondance (cent une lettres de Diane de Poitiers, plus quatre quittances) ne contient pas une seule lettre de la duchesse de Valentinois à son amant ; on est privé par conséquent de l'intérêt réel qu'il y aurait à voir les moyens employés par elle pour subjuguer et retenir ce prince moins âgé qu'elle de près de vingt ans, et à connaître le ton qui régnait dans leur intimité. Les lettres publiées par M. Guiffrey sont presque toutes de simples billets d'affaires. On ne trouve de véritables renseignements que sur le caractère de Diane, et il n'est pas de ceux qui gagnent à être connus. Deux aspects principaux se retrouvent dans la plupart des lettres : il s'agit, pour la favorite, ou d'affermir son crédit ou d'en profiter. D'une part on la voit se rendre indispensable en s'occupant des affaires du roi et en lui épargnant de la besogne (par exemple, trait caractéristique, c'est elle qui est chargée de surveiller l'éducation des enfants royaux, de leur choisir des logements et mème des nourrices), se faire des appuis en rendant des services, à charge de réciprocité, aux personnages influents ; d'autre part on voit s'accroître, à force de grâces demandées et accordées, la puissance et la fortune d'elle et des siens. Diane nous apparaît, non comme une femme tendre, non comme une facile et voluptueuse grande dame, non pas même comme une de ces femmes ambitieuses, éprises du pouvoir, qui veulent laisser leur empreinte sur l'histoire : ce n'est ni une La Vallière, ni une Pompadour, ni une Maintenon, c'est la calculatrice sans âme, qui se livre froidement et met sa beauté en coupe réglée, qui pense toujours à l'avenir et économise pour la morte-saison sur les bénéfices de la jeunesse, c'est le type vulgaire et déplaisant de la courtisane femme de ménage. M. Guiffrey, au reste, l'a bien reconnu. Dans une introduction, qui est le morceau capital de son volume, il dépouille de son auréole cette tête indigne ; il la montre telle qu'elle était et non telle que que l'a faite la poésie. (...) Dans cette même introduction, M. Guiffrey étudie surtout un point très-obscur et très-délicat de la vie de Diane de Poitiers. A-t-elle été successivement la maitresse de François Ier et de son fils ? (...) M. Guiffrey ne s'est pas contenté de discuter longuement dans son introduction ces questions plus piquantes que graves : il a entouré les lettres elles-mêmes d'un commentaire qui témoigne d'une rare connaissance de l'époque. (...) Le papier et l'impression de ce vrai livre de bibliophile sont splendides. Outre un très-joli dessin d'une Diane qui se trouvait sur une cheminée du château d'Anet, le volume contient deux fac-simile, les armes de Diane et trois portraits. Une bonne table des noms cités facilité les recherches au milieu de cet océan de notes érudites." (G. Paris, Revue critique d'histoire et de littérature, 1866) — Diane de Poitiers (1500-1566), comtesse de Saint-Vallier, duchesse de Valentinois, fut pendant plus de vingt ans la favorite d'Henri II, roi de France. Dotée d’un sens aigu du pouvoir et de ses intérêts financiers, elle exerça une grande influence sur le roi, qui l'aima sincèrement, bien qu'elle fût de vingt ans plus âgée que lui. Sous son règne (1547-1559), elle bénéficia d'un grand nombre de dons et d'honneurs.

97.              DUMONT-WILDEN (Louis). La vie de Charles-Joseph de Ligne, prince de l'Europe française. Plon, 1927, in-12, 377 pp, broché, bon état (Coll. Le roman des grandes existences) (Grand Prix quinquennal de l'essai 1930)

            20

"Excellente biographie" (Françoise Wagener) — "Issu d’une famille illustre des Pays-Bas, né à Bruxelles, Charles Joseph de Ligne est lui-même homme de guerre, diplomate et écrivain. Élevé avec rudesse, tôt intéressé aux récits et à l’observation des champs de bataille (Fontenoy, Ath, Mons, Tournai), il se distingue pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763). Capitaine en 1752, colonel en 1758, il brille à la tête de ses jeunes Wallons, les «blancs-becs» ; général-major en 1764, il gagne la confiance de l’empereur Joseph II, devient lieutenant général propriétaire d’un régiment d’infanterie et participe à la guerre de Succession de Bavière en 1778. La paix conclue, il voyage en Italie, en Suisse et en France. Son caractère aimable et chevaleresque lui assure le succès à Versailles ; compagnon de chevauchée de Marie-Antoinette, il laisse des Lettres remarquables sur la France et les Français. Ce grand seigneur cosmopolite joua en maintes circonstances un rôle diplomatique incontestable. Fin lettré, il emporte dans toutes ses campagnes son coffre à livres et son écritoire. À Paris, il fréquente les salons, et en particulier les encyclopédistes ; ami de Rousseau, il sauve Beaumarchais, et parle avec irrévérence de chacun..." (Louis Trénard)

98.              FERRIÈRE (Claude-Joseph de). Nouvelle introduction a la Pratique, contenant l'explication des termes de pratique, de droit et de coutumes. Avec les jurisdictions de France. Nouvelle édition, revue, corrigée & augmentée. Tome premier. Bruxelles, la Société, 1739, in-12, 5 ff. + 770 pp, reliure plein veau moucheté, dos à 5 nerfs et caissons dorés très ornés, pièce de titre basane carmin, tranches rouges (rel. de l'époque), coiffes arasées, coins lég. émoussés, intérieur propre et sans rousseurs, bon état

            30

Tome I seul (sur 2) de ce célèbre dictionnaire qui parut d'abord sous le titre « Introduction à la pratique » (édition originale 1684, en 1 volume), écrit par Claude Ferrière, le père de Claude-Joseph. Par la suite l'ouvrage fut considérablement développé par les soins de celui-ci. A partir de 1740 l'ouvrage parut sous le titre « Dictionnaire de droit et de pratique ». C.-J. Ferrière fut doyen des professeurs de la faculté de droit de Paris.

99.              HAMILTON (Comte Antoine). Mémoires du comte de Grammont, précédées d'une notice historique par M. Auger. P., Baudouin Frères, 1828, in-8°, xxxii-409 pp, reliure demi-basane violine, dos lisse avec titres et 4 filets pointillés soulignés à froid (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            50

L'histoire amoureuse de la cour d'Angleterre sous le règne de Charles II. — Destiné à l'Église, Philibert, comte de Gramont (1621-1707) fut éduqué à Pau, mais il s'engagea dans l'armée du prince Thomas de Savoie-Carignan. Il servit ensuite sous les ordres de son demi-frère Antoine, maréchal de Gramont, et sous le prince de Condé. Il fut sévèrement compromis pendant la Fronde, et fut exilé en 1662 pour avoir courtisé Mlle de la Mothe-Houdancourt, une des maîtresses du roi. Il alla à Londres et trouva à la cour de Charles II une atmosphère propice à son goût pour l'intrigue, la galanterie et le plaisir. Il y épousa Élizabeth Hamilton sous la pression de ses deux frères : elle était considérée comme une grande beauté de la cour anglaise, mais cela ne dissuada pas Gramont de continuer ses exploits galants. Autorisé à retourner en France en 1664, il revint plusieurs fois en Angleterre pour plusieurs petites missions diplomatiques. Il fournit à quatre-vingt ans à son beau-frère Antoine Hamilton le matériau de ses Mémoires. Une fois écrites, il vendit le manuscrit pour 1500 francs. Fontenelle, censeur de la presse, refusa de laisser paraître un ouvrage où les défauts de Gramont étaient si crûment exposés, mais Gramont, pour ne pas perdre ses 1500 francs, appela lui-même le censeur et leva l'interdiction. Il mourut le 10 janvier 1707, et les Mémoires parurent six ans plus tard. Hamilton retrace le portrait de Gramont sans commentaire ni condamnation, si ce n'est par petites touches ironiques, et compose par là la plus plaisante description de la cour de Charles II. — Louis-Simon Auger (1772-1829), secrétaire perpétuel de l'Académie française depuis 1816, après avoir été censeur royal, est surtout connu pour ses éditions d'auteurs classiques et de mémorialistes. Farouchement opposé au romantisme (il intenta un procès à Stendhal pour son Racine et Shakespeare), il n'en connut pas moins une fin romantique, se jetant dans la Seine le 2 anvier 1829.

100.          LA FORCE (Duc de). Lauzun, un courtisan du Grand Roi. Hachette, 1919, in-8°, 253 pp, un portrait en frontispice et 7 pl. de gravures hors texte, imprimé sur beau papier, reliure toile verte de l'éditeur, fleuron et titres dorés au dos, titre et encadrements dorés au 1er plat, bon état (Coll. Figures du passé)

            25

"On pensait que tout avait été dit sur ce personnage, des plus curieux du grand règne, et voici que M. le duc de la Force, un de ses arrière-petits-neveux, nous donne, à son sujet, un livre en bonne partie nouveau, d'après la multitude de papiers d'archives publiques et privées qu'il a consultés en France et ailleurs, sans compter les imprimés. Il serait oiseux de rappeler ici, ne fût-ce qu'à grands traits, la carrière de ce personnage, dont La Bruyère a écrit qu' « on ne rêve point comme il a vécu. » Il suffit de dire que M. de La Force, par suite de ses nombreuses découvertes, a réussi à illustrer d'un nouvel intérêt tous les chapitres de la vie de son grand-oncle." (Hyrvoix de Landosle, Revue des questions historiques)

101.          LE GRAS (Joseph). Blaise de Montluc. Héros malchanceux et grand écrivain. Portraits et documents inédits. Albin Michel, 1926, in-8°, 288 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, bon état (Coll. Ames et visages d'autrefois)

            25

Monographie très intéressante, peut-être un peu trop favorable à Monluc. — "N'eut-il pas écrit ses “Commentaires”, qui ajoutèrent au renom du soldat la gloire de l'écrivain, Blaise de Monluc n'en aurait pas moins été un rude chef de guerre et, comme nous disons maintenant, dans un langage qui ne vaut pas le sien, un « personnage représentatif », car il réunit en lui, à merveille, les qualités qui constituaient, aux yeux de ses contemporains, le « grand capitaine ». (...) M. Joseph Le Gras nous présente Monluc comme un « héros malchanceux », et il voit dans, cette malchance du soldat un contraste avec la chance qui le place au rang des grands écrivains. En effet, les “Commentaires” font plus pour la gloire de Monluc que les nombreux combats auxquels il prit part ; mais, même sans les “Commentaires”, Monluc est une bien curieuse et typique figure militaire du XVIe siècle..." (Henri de Régnier, Le Figaro, 13 décembre 1927)

102.          LE ROY LADURIE (Emmanuel). Histoire des paysans français. De la Peste Noire à la Révolution. Seuil, 2002, fort gr. in-8°, 797 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

            25

Après sa thèse, importante, sur “Les Paysans de Languedoc”, Emmanuel Le Roy Ladurie avait mis en chantier une grande synthèse, relativement aux paysans français en général, du XIVe siècle à la Révolution. Mais, sollicité par deux projets éditoriaux, “l'Histoire économique et sociale de la France” de son maître Fernand Braudel et “l'Histoire de la France rurale” de Georges Duby, le texte de l'auteur fut dissocié. Les deux fragments, dès l'origine rigoureusement complémentaires et prévus depuis longtemps comme tels, sont réunis derechef dans le présent ouvrage. Des corrections nombreuses et des compléments substantiels ont été apportés par l'historien, en fonction des recherches les plus récentes. Cette histoire rurale est une histoire complexe, aux ambitions totalisantes, reliant la terre et les hommes, au fil de deux grands cycles agraires : phase médiévale et moderne (XIVe-XVIIe siècle) ; et phase moderne-contemporaine, inaugurée dans le présent ouvrage quant au XVIIIe siècle.

103.          MAGNE (Emile). Le plaisant Abbé de Boisrobert, fondateur de l'Académie française, 1592-1662. Mercure de France, 1909, in-12, 497 pp, annexes, index, broché, bon état. Edition originale, exemplaire justifié (n° 671)

            30

"Voici un livre admirablement documenté : l'auteur connaît à fond, non seulement tout ce qui a été imprimé sur son sujet, mais presque tous les fonds manuscrits qui s'y rapportent : il a exploré, entre autres, les bibliothèques Nationale, Sainte-Geneviève, Mazarine, Saint-Fargeau, de l'Institut (collection Godefroy), de l'Arsenal, les archives Nationales ; en province, les bibliothèques de Caen, de La Rochelle, de Châlons-sur-Marne, les archives de la Côte-d'Or. Il n'avance presque jamais un fait sans l'appuyer de multiples références ; son appendice contient non seulement la liste des oeuvres de Boisrobert (p. 470-479), mais de nombreuses pièces inédites (p. 395-470). Une table alphabétique des noms propres très complète (p. 481-497), permet d'utiliser facilement l'ouvrage. Mais M. Magne accepte à peu près tous les témoignages qui lui sont fournis. Sa documentation est composée en grande partie de satires, de pamphlets, de chansons et de commérages scandaleux, dictés par la haine, la médisance ou même la calomnie. L'auteur a utilisé tels quels tous ces ragots, d'un goût plus qu'épicé. Il a fait ainsi un livre curieux, rabelaisien, rien moins qu'édifiant, où il est heureux, semble-t-il, d'accumuler dans toute leur grivoiserie les mots crus dont se servaient alors les poètes de taverne et les conteurs d'anecdotes obscènes. Il nous présente ainsi une humanité bien laide, dans laquelle on ne soupçonne aucune de ces grandeurs ou de ces délicatesses dont fourmille cependant le XVIIe siècle. On y trouvera également un portrait intéressant, quoique un peu chargé, de Richelieu (p. 143-153), et surtout un bon chapitre sur la naissance de l'Académie française et la part qui y revient à Boisrobert (p. 212-243). C'est, en somme, un type assez curieux que cet abbé, ancien protestant, devenu l'amuseur, puis l'intendant des belles-lettres de Richelieu, homme de moeurs plus que légères, qui ne se rangea jamais, malgré ses titres de chanoine, d'aumônier ordinaire du roi et de conseiller d'État, mais dont la bienveillance naturelle soulagea bien des infortunes littéraires et qui montra dans ses vers et ses réparties une simplicité et un bon sens bien rares alors. La riche documentation, les nombreuses références et l'excellente table du livre en font un utile instrument de travail pour les érudits." (Louis Davillé, Revue des Études historiques)

104.          MANTOUX (Paul). La Révolution industrielle au XVIIIe siècle. Essai sur les commencements de la grande industrie moderne en Angleterre. (Thèse). P., Editions Génin, 1973, gr. in-8°, vi-577 pp, préface de T. S. Ashton, 10 cartes et figures, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            50

Avec un Supplément bibliographique établi par A.-J. Bourde pp. 545 à 556. — "On ne saurait trop louer l'éditeur de permettre que le lecteur français prenne une connaissance aisée de ce bel et classique ouvrage d'histoire économique, dont tous les spécialistes s'accordent à reconnaître la valeur permanente. Publiée pour la première fois en français en 1906, cette étude fut revisée par l'auteur et publiée en anglais en 1928 ; la présente édition est conforme au texte anglais de 1928 ; l'importante bibliographie de P. M. a été mise à jour par A.-J. Bourde ; l'ouvrage est muni d'un index analytique." (Revue française de science politique, 1960)

105.          MARCHANTIO Iacobo [MARCHANT, Jacques]. Hortus Pastorum In Quo Continetur Omnis Doctrina Fidei Et Morum Ad Conciones Catechismum Controvers. et Casus Conscientiae. Omnibus Animarum Curatorib[us] necessaria. Coloniae Agrippinae (Cologne), Sumptibus Petri Henningii (Peter Henning), 1658, in-4°, (22)-1360-(28) pp, un frontispice allégorique, bandeaux, lettrines, texte sur 2 colonnes, index, reliure plein veau naturel, dos à 4 nerfs filetés soulignés à froid, décor d'encadrement et encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos abîmé avec manques de cuirs, un mors fendu, traces de mouillure ancienne, rousseurs, état correct. Texte en latin

            350

Le Jardin des Pasteurs dans lequel sont contenues toutes les doctrines de la foi et de la morale pour les sermons du catéchisme, de la controverse et des cas de conscience. — Par Jacques Marchant (1587-1648). À la fin du XVIIIe siècle, selon F.-X. de Feller, « on estime encore son “Hortus Pastorum”, ouvrage savant, quoique d’une critique peu sévère, édifiant et utile, et où il y a des choses curieuses, qu’il serait difficile de trouver ailleurs » (Dictionnaire historique).

106.          NOLHAC (Pierre de). Boucher, premier peintre du Roi. P., Floury, 1925, in-8°, 208 pp, un portrait de François Boucher en couleurs en frontispice, 35 pl. de gravures en noir et en couleurs hors texte, broché, imprimé sur papier vergé, bon état

            25

107.          PERNOT (Michel). La Fronde. GLM/Editions de Fallois, 1994, in-8°, 475 pp, 16 pl. de gravures hors texte, un plan et 2 cartes, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Au milieu du XVIIe siècle, pendant la minorité de Louis XIV, le royaume de France a traversé une grande crise. Pendant cinq années, de 1648 à 1653, sur fond de disette et d’épidémies, l’opposition politique s’est déchaînée contre le gouvernement de la reine régente, Anne d’Autriche, et de son Premier ministre, le cardinal Mazarin. Réaction de la société française à l’édification de l’Etat moderne voulu par Louis XIII et Richelieu, magistrats, bourgeois de Paris, ecclésiastiques et gens du peuple se sont opposés à l’autorité royale. Des villes comme Bordeaux et des provinces entières comme la Provence, sont entrées en dissidence. Jusqu’à se transformer en une guerre civile dont la monarchie a réussi, non sans mal, à venir à bout. Michel Pernot analyse ces mouvements et dément l’idée longtemps soutenue et profondément ancrée dans l’esprit des français que la Fronde serait une révolution manquée, une sorte de préface ratée à 1789...

108.          ROBBINS LANDON (H. C.)(dir). Dictionnaire Mozart. JC Lattès, 1990, gr. in-8°, 653 pp, 8 pl. en couleurs hors texte, 30 illustrations sur 16 pl. en noir hors texte, cronologie, généalogie, sources, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Une somme encyclopédique qui aborde toutes les facettes de la vie et de l'oeuvre du compositeur : l'homme, ses opinions religieuses et politiques, ses liens avec la franc-maçonnerie, sa famille, ses amis, ses connaissances les plus lointaines, tous les personnages qui ont joué un rôle dans sa vie, mais aussi les grands événements politiques, sociaux et culturels du temps. Quant à sa musique, après une importante mise au point sur l'ensemble des sources – lettres, manuscrits autographes, éditions – elle fait l'objet d'une étude par genre, oeuvre par oeuvre, qui tient compte des nombreuses découvertes de ces dernières années. Ce dictionnaire a été réalisé par une équipe d'éminents mozartiens placés sous la direction de H. C. Robbins Landon, musicologue anglais de renommée internationale, spécialiste de Mozart et de Haydn, auxquels il a consacré de très nombreux et importants ouvrages.

109.          ROUCHETTE (Jean). La Renaissance que nous a léguée Vasari. (Thèse). Les Belles Lettres, 1959, in-8°, 550 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Les Classiques de l'humanisme). Edition originale

            40

Giorgio Vasari (1511-1574) est un peintre, architecte et écrivain toscan. Son recueil biographique Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, particulièrement sa seconde édition de 1568, est considéré comme une des publications fondatrices de l'histoire de l'art. — "L'ouvrage de M. Rouchette est inconstestablement l'étude la plus complète dédiée en français à Vasari écrivain. Abondamment et minutieusement documentée, elle déroule sous nos yeux comme un vaste panorama, l'univers culturel de l'auteur des “Vies”, l'image que, le premier, il a tracée d'une époque et de son art, et qui, aujourd'hui encore, détermine si profondément celle que nous pouvons nous en faire. Systématiquement, l'auteur passe en revue les divers aspects de cette image, depuis les idées générales sur l'homme et le monde, la fortune et la “virtù”, où se rélèvent les attaches de Vasari avec l'éclectisme à tendance fortement littéraire des milieux humanistes de son temps, jusqu'aux préoccupations techniques de l'homme de métier. Afin de dégager plus clairement l'esthétique vasarienne, M. Rouchette s'est efforcé de serrer de plus près le sens exact des termes auxquels le biographe recourt habituellement et de cerner des concepts comme l'ordre, la mesure, la symétrie, l'idée, la disposition, l'invention, le dessin, la matière, etc. (...) Après un chapitre consacré à la documentation et à la méthode de travail de Vasari, qui met en lumière l'étendue de l'information du biographe, vient une étude originale de la technologie des arts plastiques chez Vasari, particulièrement instructive en ce qu'elle révèle l'ampleur et la précision des connaissances du maître dans ce domaine et rappelle utilement que les préoccupations culturelles et littéraires des artistes de l'époque ne les détournaient nullement du métier et des valeurs artisanales. (...) En résumé : une étude complète, solidement documentée, clairement présentée." (Paul Philippot, Revue belge de philologie et d'histoire, 1961)

110.          SABATIER (Gérard) et Sylvène EDOUARD. Les monarchies de France et d'Espagne (1556-1715). Armand Colin, 2000, gr. in-8°, 252 pp, 20 figures dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. U)

            25

Les monarchies de France et d'Espagne ont été, au sortir de la Renaissance et à l'âge baroque, de Philippe II à Louis XIV, les deux plus brillantes d'Europe. Elles ont développé toutes deux un système de curialisation, dans lequel le roi occupe la place centrale. Cependant, les rituels et les pratiques de l'un et de l'autre diffèrent profondément. En compétition pour la défense de la foi catholique, leurs rois de droit divin ont exprimé de manière opposée le caractère sacré de leur pouvoir, par le retrait et le mystère entretenu autour du roi caché d'un côté, et de l'autre, par l'éclat des rituels du sacre et des funérailles, les liturgies de la religion royale et l'exaltation du roi soleil. Souverains d'un empire éclaté, les Habsbourg d'Espagne ont eu le culte de leur dynastie, alors que la magnificence des Bourbons a eu pour ambition de faire de leur royaume la nouvelle Rome et de leurs personnes le paradigme du roi parfait. Ce livre présente, à partir de l'historiographie la plus récente, les stratégies de deux grandes monarchies pour construire la modernité par la voie de l'Etat spectacle.

111.          THIERRY (Adrien). La Marquise de Pompadour. La Palatine, 1959, in-12, 255 pp, 12 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

"De nos jours, une révision de nos jugements sur le XVIIIe siècle a été entreprise, et l'on consent enfin à étudier la marquise de Pompadour avec impartialité. Cependant, sa mémoire est loin d'être entièrement réhabilité. Le présent ouvrage a tenté de retracer la vie et les actions de la favorite de Louis XV en ne s'appuyant que sur des sources authentiques et en écartant tous les témoignage suspects. Une figue attachante, humaine et sensible se dégage peu à peu d'un récit volontairement sobre, dépourvu d'anecdotes scandaleuses et dont l'objectif est le respect de la vérité." — Le style de M. Adrien Thierry est d'une pureté et d'une sobriété exquise. L'entraînement vient aux diplomates des nombreuses dépêches où il faut enfermer beaucoup de sens et peu de mots... Les sujets épineux sont ici abordés et épuisés avec un art sans reproche. (Robert Kemp, Le Soir) — M. Adrien Thierry, ambassadeur de France, consacre à Mme de Pompadour un livre précieux. Tout est ici de qualité : le texte, le style, dont la sobre élégance s'accorde au « sujet »... (Le Figaro littéraire)

112.          TURQUAN (Joseph) et Lucy ELLIS. La Belle Paméla (Lady Edward Fitz Gerald) – 1773-1831. D'après des correspondances et mémoires inédits, des traditions et documents de famille. Premier volume (1773-1792). P., Emile-Paul, 1923, pt in-8°, xv-358 pp, 11 portraits inédits hors texte, broché, bon état

            25

La Belle Paméla était l'une des deux filles adultérines de Mme de Genlis et de Philippe d'Orléans, duc de Chartres, futur Philippe-Egalité, qui finira sur l'échafaud. — "... On connaît les singulières aventures de cette fille adoptive de Mme de Genlis. Les mauvaises langues pourtant nommaient tout haut le père et la mère : c'était le fruit, disait-on, de la liaison du duc d'Orléans et de Mme de Genlis. Quoi qu'il en soit, recueillie par Mme de Genlis qui s'en amusait comme d'un jouet, la petite étrangère fut élevée avec les enfants du duc d'Orléans qui, voulant lui donner un nom poétique et harmonieux l'avait baptisée « Paméla Seymour ». La petite fille en grandissant était devenue « une créature divine toute blanche sans beaucoup de couleurs avec des attitudes nonchalantes. » Bien que de nuance différente, ce qui ajoutait au piquant de sa physionomie, ses beaux yeux séduisirent lord Edward Fitz-Gérald qui pleurait la mort d'une maîtresse adorée et qui crut la voir revivre en elle. Il s'empressa de demander sa main, et, pour symboliser les idées de liberté dont les deux époux se montraient enthousiastes, la jeune femme se maria coiffée d'un bonnet rouge qu'elle orna de fleurs d'oranger ! A l'instigation de sa femme, lord Fitz-Gérald avait essayé de soulever l'Irlande pour y établir le régime de la liberté; son projet échoua et il mourut dans un combat au cours de sa lutte contre les Anglais. La belle Paméla ne porta pas longtemps son deuil, elle épousa au bout de quelques mois un consul d'Amérique, à Hambourg, du nom de Petcairn et après avoir divorcé rentra à Paris où elle se réfugia à l'abbaye au Bois pour y faire pénitence. Ce fut là que par une nouvelle lubie, elle se fit enlever par le duc de La Force et conduire à Montauban. Elle vécut chez lui jusqu'en 1830, époque où lui-même quitta Montauban. Paméla alors regagna Paris et vint s'y recommandera la bienveillance de Louis-Philippe. Mais l'ancien compagnon de son enfance, qui. s'il ne lui était pas uni par les liens du sang devait lui être attaché tout au moins par ceux de l'amitié, resta sourd à ses prières et se refusa même à lui accorder une audience ou à lui faire tenir le moindre secours. La belle Paméla ne survécut pas à tant de disgrâces, elle végéta quelques mois et mourut en 1831, réfugiée dans un grenier dans une situation voisine de l'indigence..." (Vicomte de Reiset)

RÉVOLUTION

 

113.          BOURMONT-COUCY (B. de). Louis XVII n'est pas “La fausse énigme”. Réponse à Maître Maurice Garçon. P., Alphonse Jolly, 1953, pt in-8°, 126 pp, une estampe représentant Louis XVII hors texte, biblio, broché, bon état

            20

114.          CHUQUET (Arthur). Les Guerres de la Révolution. III : La retraite de Brunswick. Plon, s.d. (v. 1910), in-12, 271 pp, broché, couv. défraîchie, dos abîmé recollé, pt découpure à la page de titre sans atteinte au texte, intérieur propre, état correct

            25

"Voici le troisième volume de nos études sur l'histoire militaire de la Révolution. Il n'est pas le moins curieux. Il retrace les singulières négociations qui suivirent la canonnade de Valmy et la retraite lamentable de l'armée prussienne. Il expose la fin de cette campagne de 1792 qui devait tout terminer et qui commença tout." (Préface)

115.          DOMECQ (Jean-Philippe). Robespierre, derniers temps. Seuil, 1984, in-8°, 304 pp, chronologie, résumé bibliographique, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Fiction & Cie). Edition originale

            25

"Qui suis-je, moi qu'on accuse ?" demande Robespierre dans son discours-testament. Deux jours après il est guillotiné. Cinquante jours avant, c'était l'apothéose, la fête politico-religieuse de l'Etre suprême. Prodigieuse, sa chute ne l'est pas moins que son ascension. Surgissent alors une multitude de questions. Pourquoi Robespierre claque-t-il la porte du gouvernement, néglige-t-il les pouvoirs dont il dispose, fait-il avorter l'insurrection de ses partisans ? Crise de conscience politique, fatalité inhérente à toute révolution, défaillance individuelle, aveuglement ou clairvoyance ? Interrogations qui, vécues de l'intérieur, animent le scénario de cet événement historique, symbolique : elles renvoient aux questions que pose toujours l'histoire quand le pouvoir met en jeu éthique et mythes.

116.          GASCAR (Pierre). L'Ombre de Robespierre. Gallimard, 1979, in-8°, 325 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            15

À dix-sept ans, il publie des pamphlets révolutionnaires, parle au Club des Jacobins, est chargé par Condorcet d'une mission secrète en Angleterre ; l'année suivante, il est nommé commissaire des guerres ; Robespierre fait de lui son agent privé. Il inspecte les provinces de l'Ouest, où sévit la guerre civile, se dresse, à Nantes, contre le redoutable Carrier et obtient sa destitution. Maître quasi absolu à Bordeaux, alors qu'il vient d'avoir dix-neuf ans, il fait arrêter et décapiter les derniers chefs girondins, déjoue les manœuvres de la belle Thérésa Cabarrus, la future Mme Tallien. Il sera en partie responsable, mais bien involontairement, du 9 Thermidor... Cet enfant prodige du jacobinisme, c'est Marc-Antoine Jullien dit Jullien de Paris, un nom qu'on trouve chez Michelet, chez Stendhal, chez Karl Marx, mais qui n'a pas beaucoup d'échos dans la plupart des livres d'histoire, car les documents concernant ce fascinant personnage faisaient jusqu'ici défaut. Grâce à ceux qu'il a découverts et dont certains sont de la main même de Marc-Antoine Jullien, Pierre Gascar a pu retracer ici le prodigieux destin de cet homme, reconstituer sa vie privée éclairée par l'amour d'une mère «ardente amie de la liberté» et nous plonger dans «le rêve terrible et merveilleux» qu'a été la Révolution française.

117.          GIRAULT de COURSAC (Paul et Pierrette). Enquête sur le procès du roi Louis XVI. La Table Ronde, 1982, fort in-8°, 660 pp, 12 pl. de gravures et fac-similés hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

"Ce gros ouvrage est destiné à démontrer que Louis XVI n'était pas coupable des « crimes » dont la Convention l'a accusé. Il est divisé en trois parties. La première (132 pages) expose dans quelles conditions le procès a été introduit. La deuxième, la plus longue (457 pages) réfute, un à un, tous les chefs d'accusation énoncés contre le roi. La troisième, très courte (61 pages) est consacrée au jugement du roi et à l'examen critique des séries de votes à la suite desquels la condamnation a été acquise." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1983)

118.          GONCOURT (Edmond et Jules de). Histoire de la société française pendant la Révolution. Édition définitive. P., Ernest Flammarion, Eugène Fasquelle, s.d. (1928), in-12, 450 pp, postface de M. Lucien Descaves, une gravure en frontispice, broché, état correct

            20

Célèbre ouvrage "où les Goncourt étudient non pas la dimension politique de la Révolution, mais son impact sur les mœurs, sur les rapports sociaux, illustré par le brusque passage d'une société policée à un monde dédaigneux des belles manières, intéressé seulement par l'argent et la politique. La Révolution est la mauvaise fée qui a éteint les lumières de la fête, fermé les salons, tari l'art de la conversation, chassé les aristocrates et permis le triomphe de la bourgeoisie." (Pierre-Jean Dufief, « Les Goncourt moralistes et politiques : La Révolution dans les mœurs », Cahiers Edmond et Jules de Goncourt, 2008)

119.          GONCOURT (Edmond et Jules de). Histoire de la société française pendant le Directoire. Édition définitive. P., Ernest Flammarion, Eugène Fasquelle, s.d. (1929), in-12, 445 pp, postface de M. Lucien Descaves, une gravure en frontispice, broché, état correct

            20

Avant l'an IV, prennent fin les rites barbares de la Révolution, tandis que se prépare un monde nouveau livré au culte du corps et de l'antique. Hiatus étrange, monde de l'entre-deux, le Directoire des Goncourt est en proie à toutes les ambiguïtés. On y accumule des richesses et on dilapide des héritages, on liquide le sacré et on se livre aux folies de la mode, à la licence des mœurs, à la célébration des actrices, à une inflation devenue règle de vie. On se presse dans trente-deux théâtres, six-cent quarante-quatre bals publics, deux mille restaurants, une myriade enfin de cafés, de glaciers, de maisons de jeu et de promenades, lieux de toutes les aventures. Les Goncourt collectionnèrent le Directoire, au même titre que les tableaux et porcelaines dont ils s'entouraient : rassemblant dans les livres les plus obscurs, dans les pamphlets, les journaux, les feuilles, les affiches, une infinité de détails et de notations, de rites oubliés de tous ordres, restituant mieux que quiconque l'esprit d'une époque. Ils complétaient là le projet commencé avec l'Histoire de la société française pendant la Révolution, celui de « peindre la France, les mœurs, les coutumes, la physionomie nationale » et surtout, ajouterait-on, « la couleur des choses » entre 1789 et 1800. — "Sous la direction de l'Académie Goncourt, paraît une édition définitive de cette Histoire, qui fut publiée pour la première fois en 1855. Les auteurs ont dépeint la France, les moeurs, les âmes, la physionomie nationale, la couleur des choses, la vie et l'humanité de 1789 à 1800." (Revue militaire française, 1929)

120.          HUNT (Lynn). Le Roman familial de la Révolution française. Albin Michel, 1995, in-8°, 262 pp, traduit de l'anglais, préface de Jacques Revel, 31 illustrations, notes, index, broché, couv. illustrée, 2 marques marginales au feutre rouge dans l'introduction, bon état. On joint une coupure de presse sur l'ouvrage (Nicolas Weill, Le Monde)

            20

"N'est-il pas temps pour les historiens du politique de se tourner vers la face nocturne de la Révolution française ? De reconnaître quelle fut l'importance de l'imagination dans les esprits de 1789 ? Pour décrypter l'inconscient politique des révolutionnaires, l'auteur a mobilisé la notion freudienne de "roman familial" – cette dénégation par un individu de ses origines réelles au profit d'origines sociales plus valorisantes. À travers son analyse de plusieurs sources (romans, gravures, tableaux ou pamphlets), elle tente d'éclairer le passage d'une société d'Ancien Régime, qui reposait sur l'autorité paternelle, à la démocratie fondée sur la fraternité, en montrant combien le poids des relations familiales pesait sur l'imaginaire politique de la fin du XVIIIe. À cet égard, la désacralisation de la famille et de la figure du père, la caricature de la famille royale, la destruction de l'ordre familial, mais aussi le rétablissement de la morale familiale avec le mélodrame apparu sous le Directoire, attestent de la prégnance des modèles familiaux chez les Français qui tentaient d'initier une société nouvelle." — "Historienne brillante et remarquée de la “new cultural history”, Lynn Hunt explore depuis plusieurs années la culture politique révolutionnaire, à travers l'étude des représentations, et, sensible à la question du genre (gender), elle lui accorde une place de premier plan dans ses travaux. Dans ce livre, elle s'intéresse à la famille comme image du pouvoir. Si l'imaginaire politique de l'absolutisme monarchique est maintenant bien connu, rares sont les historiens à s'interroger sur son devenir pendant la Révolution." (Dominique Godineau, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1998)

121.          JAURÈS (Jean). Histoire socialiste de la Révolution française. Edition revue et annotée par Albert Soboul, préface par Ernest Labrousse. P., Editions Sociales, 1968-1973, 7 vol. in-8°, 1127, 760, 625, 560, 862, 544 et 184 pp, nombreuses gravures, texte sur 2 colonnes, biblio, index, reliures plein cuir bleu-nuit de l'éditeur, rhodoïd, bon état, envoi a.s. d'Albert Soboul (“A ..., en souvenir de sa maîtrise, très sans-culottiquement”)

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Tome I : La Constituante ; II : La Législative ; III : La République ; IV : La Révolution et l'Europe ; V : La mort du roi et la chute de la Gironde ; VI : Le Gouvernement révolutionnaire ; VII : Index (par Françoise Brunel). — "... C'est Jaurès cependant qui le premier a voulu voir dans la Révolution française un phénomène social et donc d'origine économique. (...) Jaurès a publié de 1901 à 1903 les quatre volumes sous couverture rouge de son Histoire socialiste de la Révolution française : pour la première fois dans l'historiographie révolutionnaire, il exposait l'histoire de la Révolution en lui donnant franchement comme fondement les faits économiques et sociaux. Non que Jaurès ait méconnu l'importance du mouvement philosophique. Il n'en reste pas moins, et Jaurès le marque avec vigueur, que la Révolution fut l'aboutissement d'une longue évolution économique et sociale qui fit de la bourgeoisie la maîtresse du pouvoir et de l'économie. (...) Sûreté de la méthode, richesse de la documentation, impartialité merveilleuse, comme l'avait déjà souligné Aulard, belle ordonnance du récit : tels sont les traits que souligne également Mathiez. « C'était la première fois qu'une tentative aussi vaste, aussi hardie et aussi heureusement conduite dans l'ensemble était faite pour joindre au tableau des événements politiques le tableau des événements économiques qui les conditionnent et les expliquent »." (Albert Soboul, Annales historiques de la Révolution française, 1979)

122.          LAURAIN (E.). Chouans et Contre-Chouans. Denis Brice, dit Tranche-Montagne – Daniel Oehlert, dit le Grand Pierrot. Laval, Editions des Arts Réunis, 1980, in-8°, 212 pp, 60 illustrations et fac-similés dans le texte et hors texte, broché, couv. illustrée, bon état. Réimpression de l'édition de 1929 tirée à 500 ex. seulement sur beau papier crème

            45

Il ne s'agit pas ici de refaire l'histoire de la Chouannerie mais plutôt d'en retracer la physionomie générale en opposant la figure de deux hommes : le Grand-Pierrot (Daniel Oehlert) et Tranche-Montagne (Denis Brice). Chacun d'un côté de la barricade, ils prirent à leur façon une part active sinon égale dans le mouvement insurrectionnel. (Préface). — ''Très intéressante étude sur la Chouannerie dans le Bas-Maine. L'auteur marque d'abord très nettement les origines de la Chouannerie dans cette région. Parmi les troupes républicaines envoyées pour combattre la Chouannerie, figurait le bataillon de la Montagne, dont nombre des soldats le composant vendirent armes et munitions aux Chouans, certains s'engageant même dans leurs rangs. Le plus notable de ces transfuges fut un certain Denis Brice qui devint rapidement un chef de grande autorité, avant d'être guillotiné en 1798. L'homme qui fit le plus pour l'extinction de la Chouannerie dans la Mayenne fut Daniel Oehlert. Il eut recours à des ''contre-chouans'', et c'est à leur intrépidité que Laval doit son salut.'' (Henri Sée, Annales de Bretagne).

123.          LAVISSE (Ernest)(dir). Histoire de France contemporaine, tomes I et II : La Révolution. Par P. Sagnac et G. Pariset. Hachette, 1920, 2 vol. gr. in-8° carré, 440 et 439 pp, 40 pl. de gravures hors texte, brochés, bon état

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Tome I : 1789-1792, par Philippe Sagnac. – Tome II : 1792-1799, par Georges Pariset. — "M. Ernest Lavisse a pu enfin reprendre, à la librairie Hachette, la publication de son “Histoire de France”, que la guerre avait interrompue. Voici les tomes I et II de la seconde série, intitulée “Histoire de France contemporaine depuis la Révolution jusqu'à la paix de 1919”. Ces deux volumes contiennent l'histoire générale de la Révolution de 1789 à 1799. M. P. Sagnac est l'auteur du premier, M. Pariset est l'auteur du second. Nous en reparlerons. Le prix de chaque volume est, hélas ! de 30 francs. Voilà où nous en sommes venus ! Un instrument de travail qui serait si utile aux professeurs de tout ordre, ainsi qu'aux étudiants, un grand manuel commode et au courant, le prix en est si élevé que la plupart renonceront à le posséder, et se contenteront d'aller le consulter dans les bibliothèques." (A. Aulard, La Révolution française : revue historique, 1920)

124.          LEBEY (André). La Fayette ou le militant franc-maçon. Tome II. P., Librairie Mercure, 1937, in-8°, 268 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

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Tome II seul (sur 2). — "Une étude fort consciencieuse, et remarquablement impartiale, non pas seulement d’un homme comme le titre pourrait le donner à penser, mais en réalité de toute une époque, et d’une époque qui fut particulièrement mouvementée et chargée d’événements. L’auteur n’est pas de ceux pour qui l’histoire n’est qu’une simple affaire de curiosité et d’érudition plus ou moins vaine ; il estime au contraire, très justement, qu’on doit y chercher des enseignements pour le présent, et il déplore que, en France notamment, on sache si peu profiter des leçons qu’il conviendrait d’en tirer : mais, au fond, n’est-il pas naturel et en quelque sorte logique qu’il en soit ainsi à une époque comme la nôtre, où une aveugle croyance au « progrès » incite bien plutôt à dédaigner le passé qu’à s’en inspirer ? Il ne dissimule aucunement les faiblesses de son héros, qui, ayant commencé sa vie en homme d’action, laissa par la suite échapper presque toutes les occasions d’agir qui s’offrirent à lui, et qui se laissa le plus souvent entraîner par les événements bien plus qu’il ne les dirigea ; s’il en fut ainsi, il semble bien que c’est surtout parce que l’action politique exige trop de compromissions inconciliables avec la fidélité à des convictions bien définies et nettement arrêtées, et aussi parce qu’il faut tenir compte des multiples contingences qui paraissent négligeables à celui qui s’en tient à une vue trop « idéale » des choses. D’un autre côté, par son honnêteté et sa sincérité mêmes, un homme comme La Fayette risquait de n’être que trop facilement le jouet de gens moins scrupuleux ; en fait, il apparaît assez clairement qu’un Talleyrand et un Fouché le « manœuvrèrent » à peu près comme ils le voulurent ; et d’autres sans doute, en le mettant en avant, ne songèrent qu’à s’abriter derrière son nom et à profiter de la popularité qui l’entourait. On pourrait se demander s’il n’était pas arrivé à s’en rendre compte dans une certaine mesure, vers la fin de sa vie, lorsqu’il écrivait une phrase comme celle-ci : « Il a été dans ma destinée personnelle, depuis l’âge de dix-neuf ans, d’être une sorte de type de certaines doctrines, de certaine direction, qui, sans me mettre au-dessus, me tiennent néanmoins à part des autres ». Un « type », un personnage plus « représentatif » que vraiment agissant, voilà bien, en effet, ce qu’il fut pendant tout le cours de sa longue carrière... Dans la Maçonnerie même, il ne semble pas avoir jamais joué un rôle tellement important et c’est encore au « type » que s’adressaient les honneurs qui lui furent décernés ; si par contre la Charbonnerie le mit à la tête de sa Haute Vente, il s’y comporte comme partout ailleurs, « se ralliant toujours à la majorité, se persuadant qu’elle tenait compte de ses vues, qu’elle acceptait d’ailleurs d’abord, quitte ensuite à les tourner ou à les dépasser », ce qui, du reste, ne constitue peut-être pas un cas tellement exceptionnel : que de « dirigeants » apparents dont on en pourrait dire autant ! Certaines allusions aux « forces équivoques, policières et autres, qui agissent derrière les gouvernements », montrent d’ailleurs que l’auteur soupçonne l’existence de bien des « dessous », tout en reconnaissant que, malheureusement, il n’a jamais pu réussir à savoir exactement, d’une façon sûre et précise, à quoi s’en tenir à ce sujet, sur lequel, cependant, « il serait indispensable d’être renseigné avec certitude pour redresser la politique et la débarrasser de l’abjection qui la mine en menant le monde à la débâcle » ; et, ajouterons-nous, c’est même dans tous les domaines, et non pas seulement dans celui de la politique, qu’une telle opération serait aujourd’hui nécessaire..." (René Guénon, Études Traditionnelles, 1938)

125.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Les Noyades de Nantes. Perrin, 1947, pt in-8°, 316 pp, 16 gravures hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Mémoires et souvenirs sur la Révolution et l'Empire)

            30

Parmi les crimes de la Terreur, il n'en est pas de plus abominable que les Noyades de Nantes, et, dans les figures de la Révolution, il n'en est guère de plus répugnante que celle de Carrier, figure de bête de proie, non pas de tigre, mais de chacal et d'hyène, lâche et féroce à la fois. Car ce pro-consul devant qui tout Nantes tremblait, tremblait lui-même devant une épée, et à la bataille de Cholet il n'avait pas trouvé de monture assez rapide pour se dérober au contact des Vendéens ; mais, comme le disait Kléber, après la victoire il devait tuer. Et il tua en effet, et le perfectionnement de ces tueries, ce furent les noyades. Nul autre ne les avait inventées avant lui. La première est du 19 novembre 1793. Ce sont des prêtres qui inaugurent le système, des prêtres bretons, enfermés aux Capucins et qu'on en a retirés pour les transférer à la Sécherie. Les hommes de confiance de Carrier, les Lamberty, les Fouquet et leurs dignes acolytes ont préparé une gabarre dans laquelle on a pratiqué des soupapes ; on y entasse les malheureux prisonniers, puis on ouvre la soupape et la Loire, pénétrant dans la gabarre, emporte le bateau et les victimes. Si quelques-unes cherchent à s'échapper en nageant, on les repousse à coups de gaffe ou on les massacre à coups de sabre. Et le lendemain Carrier annonce à la Convention l'« événement d'un genre nouveau » qui a « diminué le nombre des prêtres». Le 10 décembre, ce sont encore cinquante-huit prêtres d'Angers qui vont, à leur tour, « boire à la grande tasse ». Puis le 14 décembre, ce ne sont plus des « calotins », ce sont des laïques, et non pas des aristocrates, mais des gens du peuple, des ouvriers, des laboureurs, des paysannes, prisonniers au Bouffay, où ils meurent de faim et sont rongés de vermine, qui sont précipités dans la « baignoire nationale ». « Quel torrent révolutionnaire que cette Loire ! » écrit le proconsul. Et le 12 janvier il se vantait d'y avoir fait passer déjà deux mille huit cents prisonniers. Et les noyades se succèdent ; hommes, femmes, enfants, tous y passent ; un jour, il y a une noyade de trois à quatre cents enfants. Le procédé est toujours le même : les gardes du corps de Carrier, les “Marats”, comme ils s'appellent, vont dans les prisons chercher les victimes – une fois jusqu'à huit cents, – on les lie deux à deux, on les jette à coups de pied et à coups de sabre dans le bateau ; on leur enlève tout ce qu'ils ont, jusqu'à leurs vêtements, et on les pousse dans le fleuve. Les calculs les plus modérés évaluent le nombre des noyés à près de cinq mille. Nous ne pouvons entrer dans les détails ; on les trouvera, précis et complets, dans la consciencieuse étude de M. Lenotre ; ils sont à faire frémir. « On n'a rien vu, dans l'histoire, de comparable en horreur », disait Napoléon Ier à Sainte- Hélène, en parlant de la dictature de Carrier. Et vraiment Ion se demande comment un peuple civilisé a pu se laisser entraîner à de tels excès et comment une grande ville comme Nantes a supporté sans révolte la tyrannie sanglante et brutale des Goullin, des Robin et des O'Sullivan. Ajoutons que le volume de M. Lenotre en est déjà à sa huitième édition ; c'est assez dire son intérêt et son succès. (Max. de la Rocheterie, Polybiblion, revue bibliographique universelle, 1912)

126.          [MARAT]. Marat. Autobiographie de Marat. Les Chaînes de l'Esclavage. – Plan de Législation criminelle. – L'Ami du Peuple. – Journal de la République française. – Biographie, bibliographie, choix de textes par Charles Simond. P., Louis Michaud, s.d. (1909), in-12, xvi-136 pp, portraits de Marat et illustrations, broché, bon état (Les Prosateurs illustres français et étrangers)

            20

127.          MARGUERITTE (Michel) et Michel PERONNET. La Révolution dans le Var. Le Coteau, Editions Horvath, 1989, gr. in-8°, 144 pp, 90 gravures, 4 fac-similés, 6 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

128.          MARIE-ANTOINETTE. Correspondance (1770-1793), établie, présentée et annotée par Evelyne Lever. Tallandier, 2005, fort gr. in-8°, 911 pp, 2 fac-similés de lettres, table des lettres, table des correspondants, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

Recueil de toutes les lettres de la reine Marie-Antoinette, avec les réponses de ses correspondants. — "Mai 1770. L'archiduchesse d'Autriche arrive en France pour épouser le dauphin, qui deviendra roi sous le nom de Louis XVI. Octobre 1793. Marie-Antoinette, veuve Capet, est conduite à la guillotine. Pendant vingt-trois ans, elle a correspondu avec sa mère, ses frères, ses amis et ses fidèles. Pour la première fois se trouvent ici réunies dans leur intégralité toutes ses lettres, avec les réponses de ses correspondants. Mieux que tout autre témoignage, ces documents originaux éclairent la personnalité de la dernière reine, nous introduisent dans son intimité, nous révèlent par quel cheminement cette princesse, d'abord sentimentale et frivole, dépourvue d'expérience, manipulée par sa famille autrichienne, se jettera dans l'action politique, et tentera désespérément de sauver la monarchie française. On saisit enfin, dans toute sa complexité, le destin tragique de cette jeune femme transfigurée par son supplice." (4e de couverture)

129.          PINGAUD (Léonce). Un agent secret sous la Révolution et l'Empire. Le comte d'Antraigues. Plon, 1894, in-12, 441 pp, deuxième édition, revue et augmentée, index, broché, trace de mouillure ancienne au dos, sinon bon état

            50

"Le livre de M. Pingaud est un des plus curieux chapitres de l'histoire politique de l'émigration. Il faut avoir pratiqué les documents sur l'émigration, avoir fouillé dans la paperasserie fastidieuse de tous ces féconds écrivassiers, avoir ressenti tout le dégoût qu'inspirent ces intrigues louches, visant des buts souvent criminels par les moyens les plus mesquins, pour apprécier tout le mérite de M. Pingaud. Le récit de la vie de d'Antraigues que fait M. Pingaud, depuis ses premières années et son voyage en Orient (1778-1779) jusqu'à son assassinat à Londres en 1812, est clair, exact, sagement conduit et disposé. Sur un point cependant l'auteur n'est pas parvenu à faire la lumière complète, c'est sur les relations de d'Antraigues et de Bonaparte en 1797. En revanche, tout ce qu'il raconte sur les correspondants français de d'Antraigues a été pour le grand public une révélation ; on commence à voir de quel réseau de trahisons furent enveloppés la France et Napoléon, réseau dont tous les fils paraissent bien s'être concentrés dans la main d'un homme dont la trace se retrouve dans presque toutes les gredineries du temps..." (Louis Farges, Revue Historique, 1893)

130.          SOBOUL (Albert). 1789. L'an Un de la liberté. Etude historique, textes originaux. Troisième édition revue et complétée. Editions Sociales, 1973, in-8°, 351 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Troisième édition, revue et largement complétée, d'un ouvrage publié pour la première fois en 1939. La première édition est peu commune car elle fut saisie par les nazis au début de la guerre avec le fond des Editions sociales internationales afin d'être détruite. — "L'intérêt de cette réédition vient de ce qu'elle met à la portée du public le plus large des textes historiques originaux datant de l'année 1789. On y trouve aussi bien le fameux « Qu'est-ce que le Tiers Etat ? » de Sieyès que des extraits d'obscures gazettes de province. Cet ensemble apparemment hétéroclite restitue bien, cependant, le climat social et politique de cette année cruciale que A. S. éclaire et analyse dans une introduction fouillée." (Revue française de science politique, 1974)

PREMIER EMPIRE

 

131.          AUBRY (Octave). Le Roi de Rome. Fayard, 1932, in-12, 468 pp, biblio, reliure demi-basane fauve, dos à 5 nerfs soulignés à froid et fleurons dorés, pièce de titre basane verte (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grandes études historiques), envoi a.s.

            25

"Pour écrire cette biographie M. Aubry a consulté à Paris et plus encore à Vienne les documents d'archives qui permettent de suivre au jour le jour la vie du fils de Napoléon. Son dépouillement des imprimés n'est pas moins consciencieux. Ainsi documenté, il a écrit une biographie pleine de détails infimes qu'il a rendus vivants en les groupant avec soin, et en recherchant la note réaliste. On le lit comme un roman, mais les notes trop rares et les références discrètement insérées dans le récit montrent qu'il s'agit d'histoire bien présentée mais non romancée. C'est le meilleur livre sur le roi de Rome et c'est une curieuse étude sur l'histoire des moeurs et de la société." (P. de Monsabert, Revue Mabillon, 1933)

132.          BERTRAND (Général, Grand Maréchal du Palais). Cahiers de Sainte-Hélène. Janvier 1821 - Mai 1821. Manuscrit déchiffré et annoté par Paul Fleuriot de Langle. P., Editions Sulliver, 1949, in-8°, 264 pp, préface de Marcel Dunan, un portrait en frontispice et 3 fac-similés sur 2 planches hors texte, broché, couv. illustrée rempliée, bon état. Edition originale, un des 450 ex. numérotés sur papier Alfa-Mousse des Papeteries de Navarre (seul grand papier)

            80

Troisième volume (sur 3) des mémoires du général Bertrand. — "Document capital sur les dernières années de l'empereur." (Tulard, 143) — Dans la chronologie des Cahiers de Sainte-Hélène, ouverts par Bertrand en avril 1816 et fermés au lendemain de la mort de l'Empereur se creuse une lacune : elle concerne l'année 1820. De cette année, ne subsistent que de vagues linéaments, soit que Bertrand mémorialiste se soit découragé de tenir une plume dans une période vide d'événements majeurs, soit que son manuscrit ait été égaré ou perdu. Nous inclinerions volontiers vers la première hypothèse : une espèce de torpeur et d'atonie avait fini par s'emparer de tous les compagnons du Captif : elle n'épargnait pas l'Empereur lui-même. A partir du moment où la santé de Napoléon décline et ou sa fin se précipite, Bertrand, greffier d'histoire, retrouve l'ardeur de ses débuts. La délivrance est prochaine, et pour celui qui va prendre congé de la vie, et pour ses compagnons que sa mort rendra eux-mêmes à la liberté. L'on ne sache pas de récit plus émouvant que celui où Bertrand a consigné, avec une minutie hallucinante et un réalisme quasi-shakespearien, les derniers moments et l'agonie de l'Empereur...

133.          CHASTENET (Geneviève). Marie-Louise. L'otage de Napoléon. Perrin, 2005, gr. in-8°, 356 pp, 8 pl. de gravures en noir et en couleurs, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Livrée à dix-huit ans par son père François II d'Autriche à "l'ogre corse", Marie-Louise devait apporter la paix par son mariage et la stabilité dynastique à la France après la naissance d'un héritier. Non seulement ni l'une ni l'autre n'advinrent, mais Marie-Louise fut la dupe de Napoléon, infidèle en amour et si peu reconnaissant de ce qu'il lui devait qu'il l'écarta, à Fontainebleau, lors de l'abdication. C'est dans un autre exil, à Parme, qu'elle rencontre la passion sous les traits du protecteur dépêché par François II, le comte de Neipperg, et qu'elle donne sa mesure politique en transformant sa principauté en embryon d'Etat moderne.

134.          COLLAVERI (François). Napoléon, empereur franc-maçon. Tallandier, 1986, in-8°, 216 pp, préface de Jean Tulard, qqs gravures, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque napoléonienne)

            25

Une étude sur les indices d'une initiation maçonnique de Napoléon Bonaparte à travers l'analyse de documents d'archives des principales loges maçonniques françaises et étrangères.

135.          DURAND (Sophie Cohonset, veuve du général Durand). Anecdotes sur la cour et l'intérieur de la famille de Napoléon Bonaparte. Paris, et Londres, chez Colburn, 1818, in-8°, viii-(viii)-325 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos lisse avec titre et filets dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale. Rare (Tulard, 479)

            150

La publication a été faite à Londres par M. Defauconpret ; une première partie donne des renseignements sur l'Impératrice Marie-Louise fournis par Madame Durand qui était attachée à son service particulier ; la deuxième est plutôt un recueil d'anecdotes.

136.          FOUCHÉ (Joseph). Mémoires complets et authentiques de Joseph Fouché, duc d'Otrante, ministre de la Police générale. Texte collationné d'après l'édition originale de 1824. P., Jean de Bonnot, 1967, in-8°, 446 pp, imprimé sur papier vergé filigrané, 28 gravures hors texte dont une dépliante, vignettes dans le texte, reliure plein cuir vert empire de l'éditeur, dos lisse et plats richement décorés à l'or fin, tête dorée, bon état (Fierro 564, Tulard 560, Le Clère 375)

            30

Homme de la manigance et du complot, ministre de la Police sous le Directoire et le Consulat, mais aussi sous l'Empire et durant les Cent-Jours, nul n’incarna mieux que Joseph Fouché l’omnipotence ambiguë des forces de l’ombre et le cynisme de l’Histoire cachée. Survivant aux changements de régimes, tenant les puissants à merci, il fut fait comte d’Empire puis duc d’Otrante par Napoléon. Ses sulfureux Mémoires, rédigés pendant son exil en Autriche, en 1816, apportent sur la Révolution et l’Empire l’extraordinaire témoignage d’un des hommes les mieux renseignés de son temps. Ces mémoires ont longtemps été attribués à Alphonse de Beauchamp, mais Thibaudeau, qui a connu Fouché, écrit dans ses propres mémoires : « les Mémoires de Fouché, généralement tenus pour apocryphes, contiennent des vérités. » Louis Madelin les tient pour authentiques, Jean Savant non, Jean Tulard ne se prononce pas.

137.          GARROS (Louis). Ney, le brave des braves. Amiot-Dumont, 1955, in-8°, 302 pp, broché, bon état

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"La vie du maréchal Ney a été racontée avec beaucoup d'agrément par Louis Garros." (Jacques Godechot, Revue Historique, 1959)

138.          HOUSSAYE (Henry). 1814 : Campage de France – 1815 : La première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent Jours – Waterloo – La seconde abdication, la Terreur blanche. Perrin, 1894-1905, 4 forts vol. in-12, viii-655, ii-636, 512 et 604 pp, 4 cartes dépliantes hors texte, notes, brochés, bon état

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Histoire de la chute du Premier Empire d'après les documents originaux. Complet en 4 volumes. — Un ouvrage inouï où l'on suit, au jour le jour, parfois même d'heure en heure, le déroulement haletant des événements. Par son style alerte, sa précision éclairante du détail, sa minutie, son souffle dans l'évocation, sa documentation faramineuse et toujours édifiante, cette oeuvre donne la fascinante impression de remonter deux siècles de temps et d'être immergé au cour de l'Histoire aux instants décisifs et précis durant lesquels elle se déroule le plus intensément. C'est certainement un des plus brillants, des plus complets et des plus compréhensibles ouvrages sur la chute du Premier Empire. Henry Houssaye (1848-1911), est un historien initialement spécialisé dans la Grèce antique ; après la guerre de 1870 (à laquelle il participe brillamment comme officier), il se consacre totalement à l'histoire militaire de Napoléon Ier et publie sur le sujet deux monumentaux ouvrages définitifs : “1814” (en 1888), et “1815”, (en trois volumes). Il est élu à l'Académie française en 1894.

139.          LACHOUQUE (Commandant Henry). Iéna. Editions Guy Victor, 1962, gr. in-8°, 320 pp, préface du prince Achille Murat, 28 pl. de gravures hors texte, gravures et croquis de bataille dans le texte, une carte dépliante hors texte, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Ouvrage de qualité, de par la compétence de l'historien, la minutie des recherches, la parfaite compréhension de la technique militaire qui rendent le déroulement de cette bataille, passionnant et lumineux. — "Iéna est ici étudiée de façon vivante." (Jean Tulard, “Napoléon ou le mythe du sauveur”, 1987)

140.          LACHOUQUE (Commandant Henry). Le Secret de Waterloo. Amiot-Dumont, 1952, in-8°, 329 pp, cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le soir de la bataille de Ligny (16 juin 1815), Napoléon a admis une fois pour toutes que Blücher, durement étrillé, se repliait sur Namur ; ce fut pour le voir reparaître sur sa droite, dans l'après-midi du surlendemain. D'où la catastrophe de Waterloo... On recommandera sur ce sujet si controversé l'ouvrage, qui semble définitif, du commandant Lachouque : Le secret de Waterloo." (Eddy Bauer, Revue Militaire Suisse, 1953) — "Un livre écrit dans un style nerveux et étincelant par un napoléonisant de vieille date à qui l'on doit quelques excellents travaux." (Albert Duchesne, Revue belge de philologie et d'histoire)

141.          LANZAC de LABORIE (L. de). Paris sous Napoléon. – La Cour et la Ville – la Vie et la Mort. Plon, 1906, in-8°, ii-386 pp, reliure demi-percaline verte, dos lisse, pièce de titre basane carmin (lég. frottée), fleuron et filet doré en queue, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            50

"M. L. de Lanzac de Laborie poursuit la publication de la grande étude historique qu'il a entreprise sur “Paris sous Napoléon” en un volume, consacré à « la Cour et la Ville – la Vie et la Mort ». Ce sous-titre, l'auteur nous en explique le sens dans sa préface : « C'est en quelque sorte, nous dit-il, la vie sociale et extérieure des Parisiens au temps de Napoléon que je me suis proposé d'étudier dans ce troisième volume. Les fêtes publiques et les cérémonies ou réjouissances motivées par des événements exceptionnels ; la reconstitution d'une Cour, la création d'une nouvelle aristocratie et le monde des hauts fonctionnaires ; les usages et les moeurs des classes aisées ; les incidents et les accidents venant troubler la sécurité publique ; l'administration de la justice ; le régime des pompes funèbres enfin et celui des sépultures, voilà les sujets que j'ai successivement abordés, sans avoir la prétention de les épuiser ». Fidèle à ce programme, M. de Lanzac de Laborie nous restitue en un volume d'une documentation prodigieuse, d'une érudition pimpante et aimable, toute la vie de Paris au temps où la fortune de l'Empereur fut à son apogée et la gloire de la Grand'Ville à son comble ; avec lui nous assistons à des fêtes extraordinaires de faste et de splendeur, nous pénétrons chez l'Empereur, nous apprenons toutes les règles de l'étiquette, nous surprenons tous les petits secrets de la Cour ; nous entrons dans la demeure des bourgeois, nous inventorions leur mobilier, nous assistons à leurs repas, nous apprenons comment ils élevaient leurs enfants et comment ils traitaient leurs domestiques ; puis, nous descendons dans les bas-fonds, nous faisons connaissance avec les voleurs et les escrocs d'il y a un siècle, ainsi qu'avec leurs avocats, leurs juges et leurs bourreaux ; nous apprenons même – mais que n'apprenons-nous pas dans ce livre ! – la statistique des accidents et des incendies, celle des épidémies, des médecins et des pompes funèbres. Et, cette étonnante abondance de chiffres, de faits et de documents, loin d'alourdir le livre, lui donne au contraire une vie, un mouvement, un intérêt extraordinaires." (Ph.-Emmanuel Glaser, Le Mouvement littéraire, 1906) — Par l'historien Laurent de Lanzac de Laborie (1862-1935), membre de la Commission du Vieux Paris. Il a reçu de l’Académie française le prix Gobert en 1907 et le prix J. J. Berger en 1913. — Table : Fêtes et solennités publiques - La Cour et le monde officiel - Les usages sociaux et les moeurs - La sécurité publique - Les accidents et les sinistres - La justice et ses auxiliaires - Funérailles et sépultures.

142.          LAVISSE (Ernest)(dir). Histoire de France contemporaine, tome III : Le Consulat et l'Empire (1799-1815). Par Georges Pariset. Hachette, 1921, gr. in-8° carré, 444 pp, 20 pl. de gravures hors texte, broché, couv. lég. salie, bon état

            30

"Trop souvent l'histoire du Consulat et de l'Empire se confond avec la biographie de Napoléon. M. Pariset n'a pas commis cette erreur. Il fait au despote sa part, mais il n'a garde d'oublier la France qui continue. Le récit des « coalitions », qui tient la première place dans la plupart des manuels, est relégué ici à la fin du volume et c'est justice. La politique impérialiste du conquérant n'était plus comprise par ses sujets. Elle ne les intéressait que par ses conséquences désastreuses. Jamais encore le mécanisme des institutions du régime n'a été décrit avec cette précision vivante. Derrière les lois et les règlements, M. Pariset voit sans cesse les réalités. Il aime les statistiques et les détails concrets. Il calcule ce que coûte chaque réforme, chaque fête. Il ne se perd pas, d'ailleurs, dans les détails oiseux. Il s'élève à tout instant à des considérations générales qu'il résume en formules bien frappées : « L'Empire, c'est la réglementation. » « L'Empire a été une fabrique de fonctionnaires. » « Si le Consulat a été, dès le début, plus solide qu'aucun des régimes antérieurs, c'est qu'il a eu des places rétribuées à distribuer en nombre beaucoup plus grand qu'eux. » « L'Université est une hiérarchie où ceux qui enseignent sont les subordonnés passifs de ceux qui n'enseignent pas », etc. Historien réaliste, M. Pariset est aussi un historien philosophe. Il n'est pas possible de résumer un livre si plein. Mais je veux signaler comme particulièrement bien venus les chapitres consacrés aux transformations constitutionnelles, aux affaires religieuses, à l'organisation sociale (population, ouvriers et patrons), au tableau de l'industrie, du commerce et de l'agrIcalture, à l'enseignement, à la vie intellectuelle. Le livre ne se recommande pas seulement par une information très étendue, par une critique indépendante et parfois courageuse, il est écrit avec une clarté brève et nerveuse qui le rend d'une lecture fort agréable." (Albert Mathiez, Annales révolutionnaires, 1921)

143.          LESAGE (Charles). Napoléon Ier créancier de la Prusse, 1807-1814. Hachette, 1924, gr. in-8°, xviii-366 pp, pièces justificatives, reliure demi-chagrin noir à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), qqs rares marques au crayon en marges, bon état, envoi a.s.

            90

"M. Charles Lesage, inspecteur général des finances, ancien directeur de la comptabilité d'un grand département ministériel, est ce qu'on appelle aujourd'hui un expert. Il est, en outre, historien : union rare de deux qualités ; il est singulièrement utile que ceux qui décident des intérêts publics aperçoivent la nécessité de l'histoire et aient souci de s'en assurer les avantages. Depuis longtemps, M. Lesage avait reconnu le lien étroit qui rattache, dans le passé comme aujourd'hui, les négociations financières aux pourparlers diplomatiques. Il a eu l'idée d'examiner, de ce point de vue, les rapports de la France et de la Prusse après Tilsit, jusqu'en 1814, et les procédés employés par Napoléon pour recouvrer la créance de 150 millions environ résultant du traité. Cette étude, faite au moyen des documents d'archives, est singulièrement intéressante. On y assiste d'abord aux négociations franco-prussiennes pour fixer le montant de la dette, le mode de paiement et la nature des garanties, travail qui se prolonge à cause de l'ergotage et de la mauvaise foi du gouvernement prussien. Un premier plan est arrêté, qui fait l'objet d'une convention dite de Königsberg ; puis, après une mission du prince Guillaume de Prusse auprès de Napoléon, un second accord, conclu à Paris, réduit le total des paiements, sans que la Prusse renonce, tant qu'elle peut espérer un appui de la Russie ou de l'Autriche, à ses procédés dilatoires. Après Wagram seulement, Hardenberg semble entrer dans la voie de l'exécution des traités ; mais au moment de la guerre de Russie Napoléon accepte, au lieu de paiements en numéraire, des fournitures pour l'armée. Cela permettra à Frédéric-Guillaume de réclamer en 1814, vainement d'ailleurs, quelque 120 millions qu'il prétend avoir fournis en sus de sa dette, alors que le trésor français s'estime créancier de plus de quarante millions. Le plus curieux de cette histoire, pleine d'enseignements et contée par M. Lesage avec autant de précision que d'élégance, est le chapitre sur l'emprunt d'Amsterdam. En novembre 1807, l'historien Niebuhr fut chargé par Stein de négocier en Hollande un emprunt prussien qui fut autorisé seulement en 1810, et dont les titres devaient être remis à la France en paiement. Le taux élevé de l'intérêt (8 %) n'attira pas des souscripteurs, sauf Napoléon, qui voulut d'abord prendre (en grand secret) pour dix millions de cet emprunt, dont il croyait tirer 11 % de revenu ; il se limita plus tard, l'erreur découverte, à une souscription d'un million, la seule importante. L'ouvrage de M. Lesage est un parfait exemple du grand profit que l'historien politique peut tirer de l'étude des négociations financières." (Raymond Guyot, Revue historique, 1924)

144.          LUCAS-DUBRETON (J.). Junot dit "La Tempête". Gallimard, 1937, in-8°, 267 pp, 4 pl. de gravures hors texte, reliure demi-chagrin acajou, dos à 2 double-nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

            30

"Junot est plus connu par sa femme que par lui-même. La duchesse d'Abrantès, terrible polygraphe mais de grand talent (elle reste la source toujours vive et point toujours avouée de la chronique napoléonienne), a essayé de donner de son extravagant époux une image que la décence acceptât ; mais sa sincérité est au moins douteuse, et de récentes publications nous ont dévoilé un Junot assez diffèrent du sabreur qui semblait entré une fois pour toute dans l'histoire. (...) Le présent essai n'a pour objet que de restituer au naturel l'homme Junot tel quel, soldat, mari, amant, lunatique... et peut-être sera-t-on d'avis que, vue de ce biais, sa figure n'a point perdu de pittoresque." (prière d'insérer)

145.          RÉMUSAT (Claire-Elisabeth-Jeanne Gravier de Vergennes, comtesse de). Mémoires de Madame de Rémusat, 1802-1808, publiés avec une préface et des notes par son petit-fils Paul de Rémusat. P., Calmann Lévy, 1880, 3 vol. in-8°, 413, 420 et xxiii-416 pp, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, tranches pennées, signets (rel. de l'époque), intérieurs très frais, très bon état, bel exemplaire

            200

Célèbres mémoires, donnant une bonne description de la cour de l'Empire, avec des portraits souvent acides. Les trois volumes sont datés de 1880, le premier avec une mention de troisième édition, les deux autres sans mention. — Madame de Rémusat, qui avait brûlé en 1815 les notes qu'elle prenait quotidiennement sous l'Empire, rédigea ses mémoires en 1818 à partir de ses souvenirs. Il ne furent publiés qu'à partir de 1879. — « Ce ne sont plus que des souvenirs reproduits par des souvenirs ; la couleur en est affaiblie. » Chateaubriand se trompe. Ces mémoires sont entachés de parti-pris à l'égard de Napoléon et beaucoup trop favarables à Talleyrand..." (Tulard, 1231) — "Suivante de l'impératrice Joséphine, femme d'un fonctionnaire du palais, Mme de Remusat connaît la cour et sait l'observer. Ses jugements sur l'empereur qu'elle a vu beaucoup et de près sont sévères car elle ne se laisse pas aveugler par la majesté impériale, mais paraissent justes parce qu'écrits sans haine. Elle raconte avec simplicité et vivacité, ce qui rend son oeuvre agréable, les événements saillants du règne de Napoléon : l'affaire du duc d'Enghien, le couronnement, Austerlitz, la guerre d'Espagne qui marque la fin du livre de Mme de Remusat, malheureusement arrêtée par la mort. Elle n'en néglige pas pour autant ce qui fait la valeur de semblables mémoires: les descriptions de la famille Bonaparte, de la vie de la Cour, etc." (Andre Lasserre, Revue suisse d'histoire)

146.          ROSEN (Lew). Napoleon's Opera Glass. An Histrionic Study. London, Elkin Mathews, 1897, pt in-8°, (8)-122-(24) pp, biblio, catalogue de l'éditeur in fine (24 pp), cartonnage lavande toilé de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, titre et abeilles napoléoniennes dorées au 1er plat, “N” entouré d'une couronne doré au 2e plat, cart. défraîchi, C. de bibl. annulés, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            25

L'auteur étudie Napoléon comme critique dramatique et patron des arts et s'intéresse à ses relations avec les auteurs de pièces et les acteurs. — "In this delightful little book Mr. Rosen has performed a double task. He has collected for us out of the first-hand authorities anecdotes and sayings of Napoleon in regard to actors, acting, and dramatic literature, and he shows us how great and how conscious an actor Napoleon was when he himself took the stage on the theatre of life and played some leading part. All great men, and especially all great Sovereigns, have every now and then to come before the public and show themselves in what is in reality the actor's capacity. When an Emperor is crowned, or takes part in any great ceremonial watched by thousands of human beings, he is virtually putting himself in the actor's place. Most great men, however, always keep the spirit of the amateur, and indeed would hold it below them to throw themselves too much into the part and do their best to delight their audiences. If they are self-possessed and dignified they think they have done enough. With Napoleon it was different. All his great public appearances were carefully studied, and whether he was crowning himself in Notre-Dame, visiting the camp-fires of his army, presenting eagles to his regiments, or receiving his Ministers, he took the utmost trouble to impress his audiences by means of the actor's artifices. His glances, his gestures, his frowns, end his smiles were all calculated. Nor was his acting confined to popular occasions. He would, if need be, act to a house of three or four diplomatists, or to a single King or statesman, as readily as to a crowd. He made little or no secret of the practice. For example, after an apparent outburst of rage he turned round to one of his own people, one of those whom it was not necessary to impress, and who was in the position of a dresser or scene-shifter, and explained that his fury was not real, and that, in fact, it never reached beyond his neck, never got to his brain. Here is the man's secret. He was an actor, and knew he was an actor, and knew the advantage to be got from acting. As he said on another occasion : – " I love power, but I love it as an artist. I love it as a musician loves his violin. I love it to draw from it sounds, accords, and harmonies." Napoleon did not use the meta- phor of the stage on this occasion, but his meaning is quite clear. He liked power not a little, because it put him on the great stage and enabled hin to draw forth the passions and emotions of mankind. (...) We have said enough to show what a number of delightful things are contained in Mr. Rosen's little book. Of its one hundred, and twelve pages, not one is without its good thing..." (The Spectator, 12 décembre 1896) — "The book treats of Napoleon as a critic and patron of the drama, and dwells upon bis relations to playwrights and players. The Spectator in a long appreciative review concludes thus : We have said enough to show what a number of delightful things are contained in Mr. Rosen's book. Of the one hundred and twelve pages not one is without its good thing. Mr. Rosen may thoroughly content himself that his work is novel and is interesting, and that to a marked degree, wherefore do I recommend the purchase of the book." (The Librarian from London, 22 mai 1897)

147.          VILLEMAIN (Abel-François). Souvenirs contemporains d'histoire et de littérature. P., Didier et Cie, 1874, 2 vol. in-12, 494 et 538 pp, 9e édition, notes et pièces justificatives, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, têtes dorées (rel. de l'époque), bon état

            100

Source de premier ordre pour les dernières années de l'Empire, par le secrétaire du comte Louis de Narbonne, ministre du roi Louis XVI sous l'Assemblée Législative, et aide de camp de l'Empereur Napoléon en 1812. On trouvera rapportée dans le premier volume la fameuse conversation où Napoléon expose à Narbonne son grand dessein. — "Le premier volume intéresse la vie universitaire, notamment l'Ecole normale supérieure. Abel-François Villemain (1791-1870) était secrétaire de Narbonne qui fut l'un des confidents de Napoléon à son apogée. Il rapporte en les arrangeant quant à la forme, les propos de l'Empereur à la veille de l'expédition de Russie. Le deuxième tome concerne les Cent-Jours. Ces souvenirs constituent une source de premier ordre pour les dernières années de l'Empire." (Tulard, 1491)

148.          WAGENER (Françoise). La Reine Hortense (1783-1837). JC Lattès, 1992, gr. in-8°, 476 pp, 8 pl. de gravures hors texte, généalogie, chronologie, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Grand Prix d'Histoire de la Vallée-aux-Loups 1992, Prix Napoléon III 1993)

            25

Par la volonté de son beau-père, Napoléon, Hortense de Beauharnais devint la reine Hortense (1783-1837). Comme sa mère, Joséphine, épousant la gloire des Bonaparte, elle vécut de l’intérieur cette monarchie-spectacle que fut l’Empire. L’Europe la courtisait, chantait ses romances, la tenait pour l’une des femmes les plus accomplies et les plus élégantes de son temps. Née à la frontière de deux sociétés, Hortense incarne le meilleur de leurs valeurs. Cette héroïne pré-romantique qui ressuscita la chevalerie, bien avant la duchesse de Berry, qui découvrit la montagne et la belle nature, qui sur écrire aussi joliment qu'elle dansait ou peignait, enchantait ses amis, le tsar Alexandre ou Mme Récamier. Elle aurait pu n'être qu'une Iphigénie d'antichambre, elle demeure la plus intéressante des "Napoléonides". On ne s'étonnera pas qu'elle ait transmis son entendement politique au plus célèbre de ses fils : Napoléon III.

149.          ZIESENISS (Jérôme). Berthier, frère d'armes de Napoléon. Belfond, 1985, gr. in-8°, 305 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'épopée napoléonienne)

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Italie, 1796. Le général Alexandre Berthier a quarante-trois ans et déjà une brillante carrière derrière lui. Mais deux rencontres capitales viennent bouleverser son existence : celle du général Bonaparte; celle d'une Milanaise éblouissante, la marquise Visconti. L'épopée et la passion commencent... « Berthier : talents, activité, courage, caractère, tout pour lui »... D'emblée, Bonaparte a jugé celui qui sera pendant dix-huit ans son plus proche collaborateur, et qu'il appellera son frère d'armes, et auquel il donnera le titre de prince de Wagram. Quel destin inoui ! Maréchal et vice-connétable de l'Empire, ministre de la Guerre, major général de la Grande Armée, grand veneur, altesse sérénissime, prince souverain de Neuchâtel, neveu par alliance du roi de Bavière... Comblé d'honneurs, Berthier jouit de fiefs dans toute l'Europe, et possède les châteaux de Chambord et de Grosbois, où il vit en nabab, entouré de deux femmes, Elisabeth de Bavière et Guiseppa Visconti. Mais vient l'heure des désastres, et il tente en vain d'arrêter Napoléon. A Waterloo, l'Empereur s'écrie : « Si Berthier était là, je n'aurais point ce malheur ! ». Quinze jours plus tôt, son vieil ami est mort de façon mystérieuse, tombant d'une fenêtre d'un palais bavarois : accident ? suicide ? assassinat ? S'appuyant sur une très riche documentation, cette première biographie complète du bras droit de Napoléon est aussi une fresque des trente années les plus passionnantes de l'histoire de France.

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

150.          AMBRIÈRE (Francis). Mademoiselle Mars et Marie Dorval. Au théâtre et dans la vie. Seuil, 1992, in-8°, 711 pp, chronologie, index des noms, broché, couv. illustrée, bon état

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Comédiennes illustres, les plus illustres peut-être de la scène française, Mlle Mars et Marie Dorval ont fait figure de symboles, l'une des valeurs classiques, l'autre des aspirations romantiques. Toute la France s'est entretenue de leur rivalité pendant un quart de siècle et, au printemps 1835, les heurts violents qui les opposèrent tandis qu'elles répétaient “Angelo, tyran de Padoue”, le drame de Victor Hugo, mirent Paris en émoi. Il faut savoir reconnaître dans cette rivalité les séquelles d'un dissentiment profond survenu dans des familles naguère unies, dissentiment auquel les deux femmes étaient étrangères mais dont elles ont, pour ainsi dire, hérité. Voilà, documents à l'appui, ce qu'établit Francis Ambrière, Dans le même temps qu'il révèle bien des aspects ignorés de l'existence des deux illustres comédiennes, il nous offre du théâtre de leur époque un tableau neuf et vivant. Ces auteurs consacrés, les Hugo, les Vigny, les Dumas, il nous les montre non pas figés dans leur oeuvre à l'heure de la maturité, comme font les manuels, mais à leurs débuts, en pleine jeunesse, ardents à vivre, ambitieux, soucieux de faire carrière et parfois peu difficiles sur le choix des moyens. Ce n'est pas seulement la littérature, mais la vie littéraire au temps du romantisme que Francis Ambrière ressuscite ici, avec la sûreté de touche que lui confèrent cinquante ans d'une approche familière du sujet.

151.          ANDIGNÉ (Amédée d'). Armand de Melun. Un apôtre de la charité, 1807-1877. Nouvelles Editions Latines, 1961, in-8°, 491 pp, préface du R.P. Michel Riquet, S.J., avant-propos de Henri Rollet, un portrait hors texte, biblio, broché, bon état

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"Fondateur de la Société d'économie charitable, de la Réunion internationale de charité, de la Société internationale pour le développement et l'échange des bonnes oeuvres, etc., Armand de Melun a joué un rôle important dans l'histoire du catholicisme social en France. De tradition légitimiste mais temporairement séduit par la Révolution de 1848, très hostile à la Monarchie de Juillet et au Second Empire, il incarne d'autre part une certaine forme de libéralisme catholique. L'étude, très documentée, que lui a consacrée A. d'Andigné, complète les indications données par J.-B. Duroselle dans sa thèse sur Les débuts du catholicisme social en France." (Revue française de science politique, 1962) — "En décrivant les Débuts du Catholicisme social (Paris, 1951), Jacques Duroselle a étudié de près ce que furent leurs tendances, leurs manifestations diverses. L'ouvrage que consacre Amédée d'Andigné au vicomte Armand de Melun reprend, on peut dire, le sujet, en la personne de l'un des artisans les plus généreux de cet effort. Pendant la longue période qu'embrasse son activité, nous assistons à ses initiatives – elles furent innombrables ; – nous voyons rayonner de lui ou converger vers lui une multitude d'entreprises. La biographie d'Armand de Melun qu'avait publiée en 1880 Mgr Baunard n'avait pas suffi à préserver d'un oubli qu'elle n'aurait jamais dû connaître, la physionomie pleine de grandeur de cet « apôtre de la charité » descendant de l'une des plus grandes familles seigneuriales de France : les comtes de Melun. Le plan suivi dans cet ouvrage fait découvrir « l'homme de foi » et le milieu intime dans lequel il vécut, les amitiés qui lui furent autant d'aides généreuses. La deuxième partie suit « l'homme charitable » et parcourt une à une les œuvres qu'il a fondées ou entretenues. La troisième expose « les idées, sociales et politiques »..." (Etienne Catta, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1963)

152.          AUBINEAU (Léon). Vie de la révérende mère Emilie, fondatrice et première supérieure générale des religieuses de la Sainte-Famille de Villefranche de Rouergue, décédée le 19 septembre 1852, à Villefranche (diocèse de Rodez). P., Louis Vivès, 1855, in-12, 450 pp, reliure demi-chagrin noir à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titre et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état

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Soeur Emilie de Rodat (née le 6 septembre 1787) fonde, avec trois de ses compagnes, la Congrégation de la Sainte-Famille le 30 avril 1816 : elle a 29 ans. Sa canonisation aura lieu en 1950. Le cofondateur, le Père Antoine Marty, prêtre du diocèse de Rodez, devenu ensuite vicaire général de l’évêque, accompagne la congrégation jusqu’à sa mort en 1835. Ayant été élevée près d’une tante Visitandine, chassée de son couvent par la Révolution, Mère Emilie est marquée par l’esprit de Saint François de Sales et Jeanne de Chantal. Elle puise à cette source s’inspirant aussi de la Sainte Famille de Nazareth et donc du mystère de l’Incarnation. Sans ressources, toutes unies à Dieu, abandonnées à Sa Providence, secourues par les pauvres, dans une vie empreinte de charité, d’humilité, de simplicité, de pauvreté, de douceur et de joie, avec le désir d’être sans cesse à la recherche de la volonté du Seigneur, voilà ce qui caractérisera les Soeurs de la Sainte-Famille. Dès le début de l’Institut, en 1816, avec ses premières Soeurs, elle ouvre des écoles gratuites pour les enfants de familles pauvres, soutenues financièrement par l’ouverture de classes payantes pour enfants de familles plus aisées. Par la suite, elle répondra à d’autres appels : visite et soins des malades de la ville (1822), des prisonniers et prisonnières (1840), ouverture d’un Refuge pour d’anciennes prostituées rencontrées en prison (1845), etc. Très vite, des communautés voient le jour dans de nombreux villages ruraux marqués par la déchristianisation à la suite de la Révolution. Vers la fin de sa vie, elle entend l’appel des contrées lointaines où partent les missionnaires (en particulier en Chine) et développe le mouvement de « la Sainte Enfance ». — "... Un livre aimable, et qui fait aimer l'héroïne et l'auteur. Puisse-t-il contribuer à l'introduction de la cause de la mère Emilie en cour de Rome ! il n'y aurait pas pour un écrivain de plus grand succès ni de plus haute récompense !" (U. Maynard, Bibliographie catholique)

153.          BARONNET (Jean) et Jean CHALOU. Communards en Nouvelle-Calédonie. Histoire de la déportation. Mercure de France, 1987, fort in-8°, 431 pp, 32 pl. de gravures et photos hors texte, index, broché, bon état

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"Ce livre propose une histoire de la déportation calédonienne. L'ouvrage s'articule en deux parties. La première est un rappel des événements qui ont conduit à l'exil : rapide évocation de la Commune et de la semaine sanglante, des procès et des condamnations. Elle s'achève sur une description de la traversée de France en Calédonie. Mais la partie la plus substantielle, grosse des deux tiers du livre, est consacrée à la vie dans l'archipel calédonien. Ici encore, tout commence par un bref rappel des deux d'histoire coloniale précédant l'arrivée des déportés et par une présentation des lieux de détention, la presqu'île Ducos et l'île des Pins. Vient ensuite un portrait de cette population déportée, jeune (trente-trois ans de moyenne d'âge), menu peuple d'artisans et d'ouvriers plus que d'intellectuels, sans idéologie commune, mais où cohabitent blanquistes, proudhoniens, internationalistes, collectivistes... dont les seuls dénominateurs communs sont la haine du « bourgeois » et un souci exacerbé de justice sociale. Une place à part est accordée aux « Arabes », en réalité des Kabyles insurgés de 1871, voués à la même peine. Ce sont au total 4.500 prisonniers qui vont, pour la plupart, passer huit ans sur la terre d'exil. Ce long séjour se divise en quatre périodes. La première, d'octobre 1872 à mars 1874, est celle du dénuement et de l'anarchie, qui voit les condamnés s'installer dans l'improvisation et où les conditions de vie déplorables des premiers mois s'accompagnent d'un certain libéralisme quant aux conditions de détention. La seconde phase débute avec l'évasion de Rochefort (mars 1874) et va durer jusqu'en 1876. C'est le temps de la rigueur, des brimades et des tracasseries quotidiennes. Le climat s'améliore à la fin de 1875, où la résidence libre à Nouméa et sur la Grande Terre est à nouveau autorisée. S'ouvre alors la troisième période (1876-fin 1878), marquée par l'espoir de l'amnistie et la grande insurrection canaque (que la plupart des déportés combattront, gagnant ainsi la reconnaissance de l'administration coloniale). Le dernier épisode s'ouvre en janvier 1879 avec la « République des républicains » et l'élection de Jules Grévy : c'est le temps de grâces qui s'achève en juillet 1880 sur l'amnistie générale (sauf pour les « Arabes »). Au-delà de cette succession de temps forts, les auteurs évoquent les multiples aspects de l'existence quotidienne en déportation. La vie en commun, les rapports avec la nature avec l'administration, avec les Canaques, avec la mort, constituent autant de chapitres distincts nourris d'extraits de lettres et de souvenirs de proscrits célèbres : Louise Michel, J. Allemane, J. Praetor, H. Rochefort, F. Jourde, H. Bauer, A. Baillère, H. Messager..." (Alain Saussol, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1989)

154.          BOIGNE (Eléonore Adèle d'Osmond, comtesse de). Récits d'une tante. Mémoires de la comtesse de Boigne née d'Osmond (1781-1866), publiés d'après le manuscrit original par Charles Nicoullaud. Tomes I, II et III. Plon, 1907, 3 vol. in-8°, xxxv-505, 434 et 448 pp, 2 portraits de la comtesse de Boigne en frontispices, pièces justificatives, reliures demi-percaline verte, dos lisses, pièces de titre basane havane, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), dos lég. frottés, bon état (Tulard, 173 ; Bertier, 131)

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Tomes 1, 2 et 3 seuls (sur 4) : Tome 1 : 1781-1814 ; Tome 2 : 1815-1819 ; Tome 3 : 1820-1830. Fragments. — Manque le dernier tome qui concerne la période 1831-1866. — « Seul le tome 1 intéresse l’Empire. Il est particulièrement riche en anecdotes sur l’opposition royaliste. » (Tulard, 173) — « Commencés en 1835 et tenus ensuite au jour le jour, ces mémoires intéressent la Restauration pour les vol. 2 et 3. Trait d’union entre la société impériale et les milieux liés à l’émigration, la comtesse de Boigne a joué un rôle non négligeable en 1814. Elle a ensuite suivi son père, ambassadeur, à Turin et à Londres, avant de se fixer définitivement en France. Après la Révolution de Juillet, elle a mis toute son influence au service du nouveau régime. Du fait de sa liaison intime avec Pasquier, elle a pu connaître bien des choses. » (Bertier, 131).

155.          BOUGLÉ (C.). Socialismes français. Du « Socialisme utopique » à la « Démocratie industrielle ». Armand Colin, 1933, in-12, viii-200 pp, 2e édition, cart. éditeur, bon état

            25

Célestin Bouglé (1870-1940), est un philosophe et sociologue. Professeur de sociologie à la Sorbonne en 1901, il dirigea l'École Normale Supérieure à partir de 1935. Défenseur de la sociologie comme science positive dans la lignée d'Auguste Comte, Bouglé fut également un républicain militant, engagé dans les luttes sociales de son temps : l'affaire Dreyfus, la Grande Guerre, etc.

156.          BOUTMY (Emile). Etudes de droit constitutionnel. France, Angleterre, Etats-Unis. Armand Colin, 1909, in-12, viii-345 pp, reliure demi-chagrin chocolat à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tranches pennées (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire, très bien relié

            60

Par Emile Boutmy (1835-1906), fondateur de l'Ecole libre des Sciences politiques de Paris en 1872, qu'il dirigea jusqu'à sa mort, et spécialiste de la constitution et de la vie politique anglaises (de 1873 à 1890, il assura à l'Ecole un cours d'histoire constitutionnelle de l'Angleterre). — "De toutes les constitutions libres, la Constitution anglaise est incontestablement la première par la date, l'importance et l'originalité. Elle s'est montrée avec tous ses grands traits quatre cents ans avant les autres. Elle a servi plus ou moins de modèle à toutes celles qui existent aujourd'hui. Elle contient la clef, elle recèle le vrai sens de plus d'une disposition que ses imitateurs n'ont pas toujours comprise ou qu'ils ont sciemment détournée de son premier objet."

157.          BROGLIE (Achille-Léon-Victor, duc de Broglie). Souvenirs, 1785-1870, du feu duc de Broglie, de l'Académie française. P., Calmann-Lévy, 1886, 4 vol. in-8°, (4)-vii-391, 493, 426 et 367 pp, brochés, couv. imprimées sur papier orange défraîchies avec manques, manque le 2e plat du tome 2, intérieurs propres et en bon état. Edition originale, un des 30 ex. numérotés imprimés sur papier de Hollande à toutes marges (seul grand papier). Très rare, et tout particulièrement en grand papier

            400

Ces mémoires s'arrêtent en 1832. — "Entrecoupés de citations extraites du journal de sa femme, les Souvenirs forment une source capitale pour l'histoire des années 1814-1832, notamment sur le parti libéral, les doctrinaires (qu'il rejoint en 1818), le ministère Decazes-de Serre, l'échec du ministère Martignac, enfin sur la fondation (heure par heure) et les débuts de la Monarchie de Juillet jusqu'à la mort de Perier. Portraits fouillés de Mme de Staël, Constant, de Serre, Royer-Collard, La Fayette, etc." (Benoît Yvert, Politique libérale) — Tulard parle du "plaidoyer d'un habile opportuniste", mais Bertier juge l'oeuvre "d'une très grande utilité pour l'histoire politique" de la Restauration. (Tulard, 233. Bertier, 175)

158.          BROGLIE (Gabriel de). La monarchie de Juillet, 1830-1848. GLM/Fayard, 2011, gr. in-8°, 462 pp, notes, index, broché, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Le changement dynastique n'est que l'un des effets de la révolution de 1830. Les Trois Glorieuses et la monarchie qu'elles engendrèrent, portées par les parties les plus dynamiques de la société – gens de plume, artistes, entrepreneurs, jeunesse étudiante –, par l'impressionnante galerie des « hommes nouveaux », par la frange la plus éclairée de l'aristocratie et des catholiques, ne sacrifièrent guère à l'utopie. La volonté d'implanter en France des mœurs et des institutions libérales était un projet solide, réaliste, conçu pour l'avenir. C'est lui qu'il faut créditer du progrès des libertés, du développement économique, du maintien de la paix au prix de quelques déconvenues et même de l'exceptionnelle floraison romantique. Si ces avancées, cette acclimatation au parlementarisme, cet enrichissement, certes bien inégalitaire, du pays ont fini emportés par le torrent de 1848, c'est en partie parce que les équipes dirigeantes, à l'épreuve du pouvoir, n'ont pas bien su accompagner le projet : défaut d'imagination devant l'événement, routine, rivalités personnelles, aveuglement ou sincérité douteuse du roi, scandales, résistance au changement, particulièrement en matière sociale, tout vint pervertir et gauchir une construction qui aurait peut-être assuré à la France un avenir meilleur. On aurait tort de condamner les idées et les aspirations des hommes de 1830 au motif que le régime a sombré dans le discrédit et a partiellement échoué à unir la nation. Nourri de l'intime connaissance que son auteur a de l'orléanisme, éclairé par de longs passages dus à d'illustres témoins – de Hugo à Chateaubriand, de Tocqueville à Guizot, de Rémusat à Louis Blanc… –, enrichi des recherches et des problématiques les plus récentes, ce livre offre la synthèse précise et vivante qui manquait.

159.          BROMBERT (Beth Archer). La Princesse Belgiojoso où l'engagement romantique. Albin Michel, 1989, in-8°, 435 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de gravures hors texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"On se réjouit de voir traduite cette importante étude publiée naguère aux Etats-Unis. D'une grande famille lombarde, Cristina Trivulzio, devenue princesse de Belgiojoso par son mariage, passa une grande partie de sa vie en France, pour des raisons politiques d'abord (elle militait pour la libération et l'unification d'une Italie alors sous la domination directe ou indirecte de l'Autriche), mais également culturelles : écrivain français, elle éprouvait une vive admiration pour notre vie intellectuelle et son salon parisien était l'un des plus brillants. (...) Sachons gré à Mme Brombert de faire revivre avec sympathie, finesse et précision une personnalité aussi forte qu'attachante et qui fut desservie par son originalité même." (Simon Jeune, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1991)

160.          BUCHHEIT (Gert). Bismarck. P., Editions Colbert, s.d. (1943), pt in-8°, 393 pp, traduit de l'allemand par Maurice Betz et Pierre Pargal, un portrait de Bismarck en frontispice, reliure pleine toile bordeaux, dos lisse avec titres, fleuron et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état, envoi a.s. daté du 6.3.43 (en français) et lettre a.s. de l'auteur datée du 10.8.43 (en français également)

            40

Gert Buchheit (1900-1978), biographe (de Rilke, von Papen, Mussolini...) et historien, était Oberleutnant à l'état-major du Commandement militaire allemand en France pendant la Deuxième guerre mondiale et faisait partie de l'Abwehr. Il habitait à l'hôtel Berkeley, avenue Matignon.

161.          BURNS (Michael). Histoire d'une famille française : Les Dreyfus. L'émancipation, l'Affaire, Vichy. Fayard, 1994, fort gr. in-8°, 700 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Pour une histoire du XXe siècle)

            35

Selon Péguy, Alfred Dreyfus est devenu l'homme dont le monde a le plus répété le nom depuis la mort de Napoléon. Les innombrables livres et articles consacrés à l'Affaire ne retracent pourtant guère l'histoire de la famille, et en particulier du frère, Mathieu, qui a tant aidé à sauver le prisonnier d'une mort certaine à l'île du Diable. Alfred Dreyfus et sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs et sa belle-famille jouent un rôle trop grand pour qu'on ne les fasse pas sortir de l'ombre. Chacun d'entre eux fait partie intégrante de ce drame, mais l'histoire de la famille, avant comme après l'Affaire, est plus éclairante et plus remarquable encore en ce qu'elle est exemplaire de l'histoire des juifs en France. A travers la crise des années 1890 puis lors de ses résurgences dans les luttes idéologiques qui ont culminé avec le régime de Vichy, la famille Dreyfus n'a cessé d'affirmer les principes de citoyenneté et d'égalité auxquels elle doit de s'être assimilée. Le loyalisme qui a soutenu le prisonnier et les siens prend en effet sa source dans le décret de 1791 qui émancipa les juifs et qui, l'éducation et la prospérité aidant, finit par les persuader que la France était une nouvelle Terre promise. Jeune témoin de la guerre de 1870 qui arracha son Alsace natale à sa patrie, Alfred Dreyfus se sentit tenu par l'honneur de servir la nation en embrassant la carrière militaire. Ce même esprit et ce même sens du devoir animeront les membres de sa famille qui se battront en 1914-1918 dans les tranchées ou qui entreront dans les mouvements de la Résistance.

162.          CARREL (Armand). Oeuvres politiques et littéraires. Mises en ordre, annotées et précédées d'une notice biographique sur l'auteur par M. Littré, de l'Institut, et M. Paulin, ancien gérant du “National”. P., Chamerot, 1857-1859, 5 vol. in-8°, lxxii-477, 479, 598, 510 et 495 pp, un portrait gravé en frontispice au tome 2, reliures demi-chagrin vert bouteille, dos à 5 nerfs filetés, caissons à froid, titres et fleurons dorés, tranches pennées (rel. de l'époque), discrets C. de bibl., qqs rousseurs, bon état. Rare

            250

“Recueil – essentiel pour l'histoire des idées politiques – des articles publiés par le rédacteur en chef du “National”, depuis le ministère Polignac jusqu'à sa mort (juillet 1836). Journaliste brillant et souvent profond, Carrel reste le prototype des déçus de l'orléanisme convertis à l'idée républicaine par l'attitude du peuple durant les Trois Glorieuses et la déception engendrée par le tournant conservateur adopté à partir du ministère Périer.” (Benoît Yvert)

163.          CAVATERRA (Eric). La Banque de France et la Commune de Paris (1871). L'Harmattan, 1998, in-8°, 334 pp, préface de Michel Margairaz, chronologie, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Issu d'une maîtrise réalisée sous la direction de Michel Margairaz, l'ouvrage d'Éric Cavaterra constitue une mise au point neuve et très documentée d'un aspect de l'histoire de la Commune souvent évoqué, mais n'ayant pourtant jamais fait l'objet d'une étude approfondie : les rapports entretenus par la Banque de France et les insurgés du 18 mars. Un des grands mérites du travail d'Éric Cavaterra est d'avoir repris un dossier que l'on pouvait juger épuisé, tant il semblait acquis depuis les années 1870, avec les textes de Lissagaray et les interprétations de Marx, que la faiblesse de la Commune à l'égard de la Banque de France avait été un des facteurs décisifs de son échec. L'auteur fait pièce à une vulgate historiographique, dont il retrace d'ailleurs la construction dans le dernier chapitre de son livre, aux termes de laquelle Beslay, vétéran proudhonien modérantiste de la Commune, et Jourde, tenant d'un "socialisme pratique", se seraient laissé manipuler par les dirigeants de la Banque, reflétant, à leur échelle, les incohérences idéologiques et pratiques plus fondamentales du mouvement communard brocardées par Marx ou les blanquistes..." (Olivier Lebel, Revue d'histoire du XIXe siècle) — "Ecrire en 1998 du neuf sur la Commune ? Le présent ouvrage en montre par l'exemple la possibilité. Eric Cavaterra s'est attaché à ouvrir de nouveau le dossier des relations complexes nouées entre le 18 mars et le 24 mai 1871 entre les organes dirigeants de la Commune de Paris et le gouvernement de la Banque de France. Fréquemment abordée, la question a été vite tranchée par les contemporains dès le mois de mai 1871. Les uns et les autres ont le plus souvent rendu leur verdict avant même d'établir l'ensemble des pièces du dossier [...] Il convenait donc d'effectuer, comme d'usage, un retour aux sources elles-mêmes. Eric Cavaterra s'y est employé de manière minutieuse [...]. Cette reconstitution scrupuleuse nous offre, quasiment heure par heure, les moindres cheminements d'une histoire financière ainsi inextricablement mêlée à l'histoire politique mettant en scène les acteurs principaux du drame, à l'Hôtel de Ville, rue de la Vrillière et à Versailles." (Michel Margairaz)

164.          CHARLES-ROUX (François). Rome, asile des Bonaparte. Hachette, 1952, in-8°, 255 pp, broché, bon état

            25

Un livre important sur l'exil des Bonaparte et les divers membres de la famille Bonaparte installés à Rome, de 1815 à 1895, d'après les archives de l'ambassade de France près le Saint-Siège. De la première abdication à la mort de Napoléon ; De la mort de Napoléon à la Révolution de Juillet 1830 ; Sous la Monarchie de Juillet, la Seconde république, le Second Empire et la Troisième république.

165.          CHASTENET (Jacques). Une époque pathétique. La France de M. Fallières. Fayard, 1949, in-12, 421 pp, biblio, index, reliure demi-chagrin maroquiné à coins chocolat, dos à 4 nerfs soulignés à froid, auteur et titre dorés, tête dorée, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), bon état (Coll. les Grandes études historiques). Edition originale sur papier Alfa des Papeteries du Marais, enrichie d'un envoi a.s.

            45

Armand Fallières (1841-1931) fut président de la République française de 1906 à 1913. — “ “La France de M. Fallières” permet à Jacques Chastenet de brosser une grande fresque vivante, animée, colorée. Ces pages présentent un particulier intérêt parce que l'auteur a tenu à mettre en relief les aspects les plus variés de cette « époque pathétique » où la majorité des Français se croyait destinée à vivre pour toujours dans un pays pacifique et sans histoire... Jacques Chastenet nous démontre que les privilégiés de ces temps heureux se bouchaient volontairement les yeux pour ne pas voir la réalité..." (Georges Huisman, Hommes et mondes, 1951)

166.          [Chopin] – GANCHE (Edouard). Dans le Souvenir de Frédéric Chopin. Illustrations et documents inédits. Mercure de France, 1925, pt in-8°, 246 pp, 7 planches hors texte, biblio, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. et dos conservés, tête dorée (rel. de l'époque), mors lég. frottés, ex. numéroté, bon état

            40

Le génie de Frédéric Chopin et la Pologne. – Les oeuvres héroiques et nationales. – Le square d’Orléans. – La dernière élève de Chopin. – Le 26e Prélude. – Jane Stirling et sa correspondance. – Frédéric Chopin à Nohant. – Comment Chopin est aimé. – Au tombeau de Chopin. – L'invention harmonique de Chopin et sa technique du piano. – Les manuscrits et les oeuvres posthumes. — L'auteur (1880-1945) était président de la Société Frédéric-Chopin.

167.          [Chopin] – GANCHE (Edouard). Voyages avec Frédéric Chopin. Illustrations et documents inédits. Mercure de France, 1934, pt in-8°, 290 pp, 7 planches hors texte, notes, biblio, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. et dos conservés, tête dorée (rel. de l'époque), mors lég. frottés, bon état

            40

L'origine française de Chopin. – Frédéric Chopin sujet Polonais. – Chopin en Pologne ; à Majorque ; en Ecosse. – L'oeuvre de Chopin dans l'édition d'Oxford. – L'interprétation et le sens des oeuvres de Chopin. – Aspect physique et caractère de Chopin. – La 4e Ballade. – L'influence psychologique de Chopin. – Une élève inconnue. – Frédéric Chopin au Wawel. – Louange à Frédéric Chopin. — L'auteur (1880-1945) était président de la Société Frédéric-Chopin.

168.          CHOURY (Maurice). Le Paris communard. Perrin, 1970, in-8°, 274 pp, 32 pl. de gravures hors texte, une carte en couleurs des opérations du siège de Paris, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Une étude approfondie des événements qui se déroulèrent à Paris en 1870-1871.

169.          CLAUDE (Antoine-François). Mémoires de Monsieur Claude, Chef de la police de Sûreté sous le second Empire. Club Français du Livre, 1962, in-8°, 328 pp, un portrait gravé de l'auteur en frontispice et 50 gravures du temps, gardes illustrées, reliure pleine toile vermillon de l'éditeur, une gravure en médaillon au 1er plat, rhodoïd, bon état

            25

Chef de la police de sûreté de 1859 à 1875 – après Vidocq et Canler –, Monsieur Claude a consigné ici ses souvenirs de premier policier de France. Des salons du second Empire aux prisons de la Commune, il dresse une hallucinante galerie de portraits, où se croisent de grands criminels, comme Lacenaire et Troppmann, aussi bien que des hommes politiques dévorés d'ambition, tels Thiers et Napoléon III. Espionnes charmeuses, terroristes fanatiques, politiciens éphémères ou personnages surpris par leur destin, Monsieur Claude juge tout de son œil de policier, donnant à ses Mémoires les couleurs mêlées du feuilleton rocambolesque, du roman d'aventures et du livre d'histoire.

170.          CRON (François Camille). Souvenirs amers. Mémoires de François Camille Cron (1836-1902), déporté de la Commune en Nouvelle-Calédonie. Suivis des pièces de son procès devant le IVe Conseil de Guerre à Versailles. Mercure de France, 1989, in-8°, 423 pp, texte établi et annoté par Philippe Venault et Philippe Blon, présentation de Ph. Venault, 2 cartes et 2 fac-similés hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            20

Mai 1871 : La Commune de Paris s'achève dans un bain de sang. Des milliers de morts, d'arrestations, de déportations. Parmi les obscurs combattants de la Commune : François Camille Cron. Il n'est ni stratège, ni politicien, ni journaliste ; seulement employé comptable. Son histoire serait banale si, trois années après l'insurrection parisienne, une dénonciation de voisinage ne l'envoyait en déportation en Nouvelle-Calédonie. De l'Ile des Pins où il réside, Cron se sent dépositaire d'une mission. Il entreprend de consigner à l'usage de son fils qui ne le lira jamais, le récit de sa participation à la Commune et de sa vie quotidienne à l'autre bout du monde. Frère de Michelet, d'Edgar Quinet en même temps que du facteur Cheval, Cron se jette dans le récit de son histoire toute traversée de rêves, de troubles, d'angoisses, de secrets désirs. Ce trésor esthétique, politique et moral nous concerne et nous touche par son extraordinaire modernité. — "Importants Souvenirs-Mémoires de F. Cron, l'un des rares déportés à laisser filtrer les déceptions que lui ont laissé la promiscuité du séjour à la Nouvelle-Calédonie. Bonne présentation de deux sociologues qui ont bien perçu la frustration de l'auteur. L'ouvrage se termine par 135 pages remarquables de Philippe Blon analysant 61 "thèmes" de l'oeuvre." (Le Quillec, 1238)

171.          DAUDET (Léon). Le Drame des Jardies (1877-1882). Roman contemporain. Fayard, 1924, in-12, 315 pp, reliure demi-basane bleue, dos lisse avec titres et filets pleins et pointillés dorés (rel. de l'époque), pt trace d'humidité ancienne sans gravité en haut de la tranche et au coin sup. des 45 premiers feuillets, bon état

            25

Un “roman” sur Gambetta et son “égérie” Léonie Léon, où Gambetta et Léonie y paraissent sous leurs vrais noms. Selon Léon Daudet, après la chute de l’Empire, le besoin aurait forcé Léonie à devenir une agente allemande du fait de ses relations avec la comtesse Henckel de Donnersmarck. La comtesse, l’ancienne « Païva », était en effet l’épouse d’un cousin de Bismarck qui fréquentait la haute société parisienne. De ce fait, Léonie aurait poussé Gambetta vers l’abandon de la revanche. Qui plus est, elle l’aurait empêché de se présenter à la présidence de la République, l’affaiblissant et causant ainsi l’échec de son « grand ministère » avant d’entraîner sa mort... — Fils du romancier Alphonse Daudet, Léon hérita du caractère brillant et de la forte personnalité de son père. Il connut très jeune toute l'intelligentsia de son temps, de Zola à Maurras, et épousa la petite-fille de Victor Hugo.

172.          DAUDET (Léon). Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux. II. Au temps de Judas. – Vers le Roi. – Alphonse Daudet. Nouvelle Librairie Nationale, 1915, in-8°, 535 pp, index des noms cités, broché, bon état. Edition définitive, un des 5000 ex. numérotés sur vélin teinté des Papeteries Navarre. On joint un article de Jean Riverain sur l'itinéraire parisien d'Alphonse Daudet, paru dans les “Nouvelles littéraires” en 1947

            25

173.          DELAMARE (George). La Tragédie mexicaine. Une faute de Napoléon III. Club du Livre Sélectionné, s.d. (1963), in-8°, 266 pp, un portrait de Maximilien et 12 pl. de gravures hors texte, reliure skivertex bordeaux éditeur, gardes illustrées, rhodoïd, ex. numéroté, bon état

            25

174.          DESANGES (Paul) et Luc MERIGA. Vie de Jaurès. P., Les Editions G. Crès et Cie, 1924, in-12, xiv-256 pp, un portrait par Rousseau-Décelle en frontispice, biblio, broché, bon état

            25

"... Deux anciens animateurs de la revue “La Forge”, militants et lettrés, mais non universitaires, Paul Desanges [Paul Deschamps] et Luc Mériga [Maurice Liger] publient en 1924 chez Crès une “Vie de Jaurès”, fervente, documentée et passionnée. Leur jauressisme présente des couleurs plus écarlates que celui s’épanouissant dans le Cartel : ils ne désespèrent pas de la révolution russe et de l’avènement d’une civilisation socialiste. Ils demeurent cependant plus connus dans les milieux jaurésiens par leurs deux volumes d’anthologie (Rieder, 1922 et 1928) que par leur biographie." (Gilles Candar, Écrire aujourd’hui une biographie de Jaurès, Cahiers Jaurès, 2011)

175.          DOMMANGET (Maurice). La Commune et les communards. P., J. Lefeuvre, Editions Spartacus, Supplément à "Masses", collection "Les Egaux", 1947, in-16, 32 pp, broché, couv. imprimée, bon état. Edition originale parue dans “Les Egaux” (Del Bo, p. 112)

            20

"Petit opuscule de vulgarisation sur la Commune : sens profond, œuvre... In fine quelques extraits de Marx, Léonce Dupont." (Le Quillec, 1476)

176.          DREYFOUS (Maurice). Les trois Carnot, histoire de Cent ans (1789-1894). Ouvrage illustré dans le texte et hors texte de nombreuses gravures, de fac-similés, de documents authentiques, de reproductions de dessins originaux et d'autographes. P., Chez l'Auteur, s.d. (1894), gr. in-8°, xvi-304 pp, nouvelle édition revue et corrigée, un portrait en frontispice et nombreuses gravures, fac-similés et documents dans le texte et hors texte, cart. percaline rouge de l'éditeur, plats et dos décorés (lég. salis), sinon bon état

            30

Lazare Carnot ; Hippolyte Carnot ; Sadi Carnot.

177.          DUNANT (Henry). Un souvenir de Solferino. Croix-Rouge française, 2009, in-12, 143-(10) pp, 8 illustrations in fine, broché, couv. illustrée, bon état

            10

Présent, par hasard, sur le champ de bataille de Solférino en 1859, Henry Dunant est horrifié par le carnage dont il est témoin, et par le sort des quarante mille blessés et mourants abandonnés dans la boue sans assistance. Immédiatement, il organise des secours avec l’aide des paysans locaux, sans distinction de nationalité pour l’assistance apportée aux blessés. A la suite de cette expérience, il formule trois propositions : la création de sociétés de secours pour apporter de l’aide aux blessés en temps de guerre, le recrutement et la formation d’infirmiers reconnus par les armées et un « un principe international, conventionnel et sacré » dans un texte officiel signé par les états : la première convention de Genève. Ce petit livre qui, entre horreur et compassion, a lancé une révolution humanitaire ne pose qu’une question, ne lance qu’un seul défi aux puissances temporelles et aux citoyens : « N’y aurait-il pas moyen, pendant une époque de paix et de tranquillité, de constituer des sociétés de secours dont le but serait de faire donner des soins aux blessés, en temps de guerre, par des volontaires zélés, dévoués et bien qualifiés pour une pareille oeuvre ? ». Depuis 150 ans et avec la création de la Croix-Rouge, cette question a fait son chemin avec le succès que l’on sait… Après tout, comme le disait Henry Dunant : « Seuls les fous qui croient pouvoir changer le monde y parviennent ».

178.          EINSTEIN (Alfred). Schubert : portrait d'un musicien. Gallimard, 1979, in-8°, 452 pp, catalogue des lieder, index des noms et des oeuvres, broché, couv. illustrée, pelliculage décollé sur les bords au 2e plat, bon état

            25

Le musicologue Alfred Einstein (Munich, 1880 - Californie, 1952) s'est signalé par sa magistrale étude des “Madrigaux italiens”, par son “Mozart”, par sa révision du Catalogue Köchel, par celle du “Dictionnaire de musique” de Riemann, par ses articles de la “Berliner Tageblatt”. Fuyant le régime hitlérien, il gagne Londres en 1933 et les Etats-Unis en 1939. D'année en année, sans trop insister sur la biographie, Alfred Einstein s'attache aux oeuvres révélatrices de la vie intérieure. Son Schubert est un esprit indépendant, même vis-à-vis de Beethoven. C'est un être d'intimité, "seul au piano", qui ne cherche ni les jeux d'esprit ni les applaudissements. C'est un romantique, par sa joie sensuelle sur fond de tristesse, son rapport tout immédiat à la sonorité, sa palette de peintre du sentiment ; il lui arrive d'anticiper en toute précocité les trouvailles wagnériennes et modernes ; mais c'est un "classique du romantisme", chez qui le souci de poésie n'affaiblit jamais la musique. N'étant "pas de ce monde", il crée pour s'en accommoder, mais la mort lui est une douce amie. Sans dissertations, ce livre fait naître maintes idées, souvent reprises dans les études schubertiennes depuis un quart de siècle. Bref, c'est un ouvrage classique.

179.          FAY (Charles-Alexandre). Souvenirs de la guerre de Crimée, 1854-1856. P., Dumaine, 1867, in-8°, 379 pp, 14 planches hors texte dont un fac-similé dépliant, 3 cartes dépliantes in-fine, reliure demi-basane vert bouteille, dos lisse, titres et filets dorés (rel. de l'époque), rousseurs, mors en partie fendus, état correct. Edition originale rare, enrichie d'un envoi a.s.

            200

Par le général Fay (1827-1903), Chef d'escadron d'état-major, ancien aide de camp du maréchal Bosquet. Issu de l'école militaire de Saint-Cyr, sous-lieutenant en 1847, lieutenant en 1850, il servit en Algérie. Capitaine en 1853, il participa à la guerre de Crimée et se distingua aux batailles de l'Alma (20 septembre 1854), d'Inkerman (5 novembre 1854) et du Mamelon Vert (7 juin 1855). Lieutenant-colonel en 1870, colonel en 1874, général de brigade en 1879, il fut promu général de division en 1885.

180.          FEUILLET (Mme Octave). Souvenirs et correspondances, faisant suite à Quelques années de ma vie. Calmann-Lévy, 1896, in-8°, 395 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), bon état

            80

Très intéressants souvenirs de la guerre de 1870 et lettres précieuses d'O. Feuillet sur la province pendant la guerre et sur deux visites à Chislehurst en 1871. Valérie Feuillet (1832-1906) avait épousé, en 1851, le romancier et dramaturge Octave Feuillet (1821-1890), qui fut membre de l'Académie française. Il était surnommé le « Musset des familles ».

181.          FONTANE (Theodor). Journal de captivité. De Domrémy à l'île d'Oléron, voyage dans la France de 1870. Strasbourg, Bueb et Reumaux, 1986, in-8°, 254 pp, traduit de l'allemand, préface d'Alain Garric, broché, couv. lég. salie, bon état

            25

"Lorsqu'il décide de suivre les troupes prussiennes qui envahissent la France en 1870, Theodor Fontane ne songe qu'à un vaste reportage agrémenté d'excursions touristiques. C'est ainsi qu'il part seul en pèlerinage à Domrémy pour visiter la maison natale de Jeanne d'Arc. Là, tout se gâte. Des francs-tireurs français l'arrêtent. Soupçonné d'espionnage, il craint un moment d'être fusillé. On l'envoie à Besançon, puis, au terme d'un voyage chaotique, il est incarcéré dans l'île d'Oléron. Il ne sera libéré que deux mois plus tard, sur intervention personnelle de Bismarck auprès de Gambetta.
Cette mésaventure ne fait perdre au plus grand des romanciers allemands du 19e siècle ni son humour, ni sa lucidité. Nous devons à son récit une plongée d’une surprenante richesse à travers la France bouleversée par la défaite de 1870. Une aventure personnelle mêlée à des événements historiques dramatiques et racontée par un écrivain majeur, cela ne peut faire qu’un grand livre." (Michel Tournier)

182.          GEFFROY (Gustave). L'Enfermé. (Auguste Blanqui). Lausanne, Editions Rencontre, s.d. (1968), 2 vol. pt in-8°, 259 et 279 pp, préface de Julien Cain, 40 gravures et documents en noir et en couleurs (dont Daumier, Philippoteaux "Lamartine repousse le drapeau rouge", portraits de Blanqui), imprimé sur papier offset vergé, reliures simili-cuir bordeaux de l'éditeur, dos ornés avec titres, doubles filets et fleurons dorés, premiers plats avec double encadrement et fleurons dorés, bon état (Coll. Douze meilleures oeuvres historiques ; le dos de l'ouvrage porte : Blanqui l'enfermé)

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Auguste Blanqui passa plus de trente ans en prison, le surnom « l'Enfermé » lui fut donné de son vivant. — “La plus émouvante biographie de Blanqui.” (Le Quillec, 1048)

183.          GERNSHEIM (Helmut). Lewis Carroll. Photographer. New York, Dover Publications, 1969, in-8°, 127 pp, revised edition, une photo de Lewis Carroll et 63 photos par Lewis Carroll sur 62 planches hors texte, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

184.          GUIFFAN (Jean). La Bretagne et l'Affaire Dreyfus. Rennes, Editions Terre de Brume, 1999, gr. in-8°, 271 pp, 8 ol. de gravures et documents hors texte, annexes, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            20

Les nombreux ouvrages consacrés à l’Affaire Dreyfus ne s’intéressent guère à la Bretagne qu’à l’occasion du procès en révision qui s’est déroulé à Rennes d’août à septembre 1899. Pourtant, contrairement à une opinion répandue, “l’Affaire” a autant secoué la Bretagne que bien d’autres régions françaises, comme le révèle notamment un dépouillement systématique de toute la presse locale. Plusieurs villes bretonnes, Nantes en particulier, mais aussi Rennes, Saint-Malo, Dinan, ont connu dès janvier 1898 d’importantes manifestations antidreyfusardes et antisémites. En revanche, c’est à Rennes que s’est créée, dès janvier 1899, la première section provinciale de la Ligue des Droits de l’Homme. Grâce aux petits hebdomadaires locaux, “l’Affaire” a pénétré au cœur de la Bretagne, bouleversant quelque peu les clivages traditionnels entre républicains et cléricaux. Comme le reste de la France, la Bretagne a connu des affrontements entre Dreyfusards et Antidreyfusards. Mais c’est parfois en tant que Breton qu’ici, on a choisi son camp !

185.          HALÉVY (Daniel). La vie de Proudhon (1809-1847). La Jeunesse de Proudhon (1809-1837), par Daniel Halévy. – II. P.-J. Proudhon (1837-1848), par Sainte-Beuve. – III. Appendices et commentaires, par Daniel Halévy. Stock, 1948, fort in-12, 448 pp, broché, bon état

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"Un “Proudhon” de Daniel Halévy chez Stock – que dis-je, deux Proudhons chez Stock puisque le volume de Daniel Halévy joint à une étude sur “La Jeunesse de Proudhon” (1809-1847), de Daniel Halévy lui-même, l'étude célèbre de Sainte-Beuve sur “Proudhon” (1837-1848) qui était devenue introuvable : voilà de quoi s'instruire, et copieusement, sur l'auteur de “Qu'est-ce que la Propriété ?” (...) Le livre de Daniel Halévy se réclame de la connaissance de notes et de carnets inédits, à lui communiqués libéralement par Mme Henneguy (...) Il est d'un biographe attentif, curieux, sympathique à son modèle (éclairé sous un certain angle), et naturellement, adroit. (...) Après avoir reproduit le “Proudhon” de Sainte-Beuve dans ce volume, Daniel Halévy « l'annote » à l'aide des documents inédits dont il a eu connaissance, et ouvre sur certains points litigieux d'intéressantes discussions (sur les rapports de Marx et de Proudhon notamment et sur les raisons pour lesquelles Proudhon ne répliqua point à la “Misère de la Philosophie” de son véhément contradicteur). Suivent, en appendice, les “Lettres au Prince Napoléon”, et divers autres textes dont on fait suivre depuis longtemps l'étude de Sainte-Beuve. Tout cela fait du livre un moyen précieux de connaissance pour les proudhoniens." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1951)

186.          HEINE (Henri). Correspondance inédite, première et deuxième série. Avec une préface et des notes explicatives. P., Michel Lévy, 1866-1867, 2 vol. in-12, xi-387 et 456 pp, reliures demi-maroquin carmin, dos à 5 nerfs, têtes dorées (rel. de l'époque), bel exemplaire (Coll. Oeuvres complètes). Edition originale

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187.          HEINE (Henri). Satires et portraits. P., Michel Lévy, 1868, in-12, vii-328 pp, reliure demi-maroquin carmin, dos à 5 nerfs, tête dorée (rel. de l'époque), bel exemplaire (Coll. Oeuvres complètes). Edition originale

            80

Fuyant l'antisémitisme allemand qui l'empêchait de trouver un emploi, Heine vint s'installer à Paris en 1831, et fit de la France sa seconde patrie. Il devint tout naturellement le médiateur entre les deux cultures.

188.          HÉRICAULT (Ch. d'). Les Mères des saints. P., Gaume, 1895, in-12, xii-336 pp, 2e édition, reliure demi-percaline verte à coins, dos lisse, pièce de titre basane havane, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), bon état

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I. Histoire générale de la maternité sainte, du Ier au IVe siècle ; Les grandes chroniques de la maternité sainte du IVe au XVIIIe siècle. — "Cet ouvrage, dû à la plume d'un écrivain distingué, bien connu par ses travaux sur la Révolution, devrait être dans les mains de toutes les mères, car toutes sont appelées à former des saints. C'est l'histoire de l'Eglise qui passe devant les yeux du lecteur, mais sur chaque siècle se détache la douce et rayonnante figure d'une mère. Et quelles femmes, que celles qui ont donné à la terre et au ciel des hommes tels que S. Jean Chrysostome, S. Anselme, S. Bernard, S. Dominique, S. François d'Assise, S. Thomas d'Aquin, S. François de Sales, S. Louis de Gonzague, S. Alphonse de Liguori, etc ! Au contact de ces grandes âmes, le cœur s'épure et grandit. Nous souhaitons que toute mère chrétienne fasse sa lecture de piété dans le livre de M. Ch. d'Héricault." (La Semaine religieuse du diocèse de Quimper et de Léon, 1894)

189.          HÉRISSON (Comte Maurice d'IRISSON d'). Nouveau journal d'un officier d'ordonnance. La Commune. P., Ollendorff, 1889, in-12, vii-388 pp, index des noms cités, reliure demi-percaline vermillon, dos lisse, titres, fleuron et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état

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Ouvrage d'un officier de carrière montrant une certaine compréhension du mouvement insurrectionnel, « sentiment patriotique dévoyé », et une hostilité totale à Thiers, auteur direct de la Commune et du massacre des otages... « Il aurait fallu Henri IV et il y eut Thiers ». Sa sympathie va à Varlin « homme de coeur et d'intelligence », et à Louise Michel (cf. sa lettre en Epilogue). (Le Quillec, 2261)

190.          HERRIOT (Edouard). Jadis. Tome I : Avant la Première guerre mondiale. Flammarion, 1948, in-8°, 268 pp, broché, pt accroc au 2e plat, bon état. Edition originale, un des 550 ex. numérotés sur Beau Vélin

            40

Tome I seul (sur 2) des souvenirs de Edouard Herriot (1872-1957). Fils d’un officier d’infanterie, il obtint une bourse pour préparer l’École normale supérieure. Il y fut reçu en 1891, et obtint en 1893 son agrégation de lettres, qui lui ouvrit les portes d’une brillante carrière d’universitaire. Il fut d’abord professeur à Nancy, puis à Lyon, en classe de rhétorique. Après un premier ouvrage consacré à Philon le Juif et l’école d’Alexandrie, couronné par le prix Victor Cousin de l’Académie des Sciences morales et politiques, il soutint sa thèse de doctorat sur Madame Récamier. À Lyon, il s’engagea dans l’Affaire Dreyfus aux côtés d’Emile Zola, Anatole France et Charles Péguy, et fonda la section lyonnaise de la ligue des Droits de l’Homme. Il entra véritablement en politique dans le sillage du maire de la capitale des Gaules, Augagneur, qui, en 1904, le prit sur sa liste aux élections municipales. Herriot allait lui succéder à la mairie en 1905. Figure montante du parti radical, il fut élu en 1912, à quarante ans – l’âge minimum requis –, sénateur du Rhône. Pendant la Première Guerre mondiale, il fut appelé comme ministre des Travaux publics, du transport et du ravitaillement dans le cinquième ministère Briand. À l’issue du conflit, le parti radical-socialiste, moribond, le porta à sa tête ; il le reconstruisit. En 1923, ce parti, sous son impulsion, s’associa avec la SFIO pour fonder le Cartel des gauches. Après la victoire du Cartel, aux élections législatives de 1924, Herriot devint chef du gouvernement, mais tomba bientôt, renversé sous l’influence des milieux de la banque et de l’industrie hostiles à sa politique financière. Jusqu’aux années 1930, Edouard Herriot devait poursuivre sa carrière de parlementaire. Il revint également au gouvernement comme ministre de l’Instruction publique dans le cabinet de l’Union nationale fondé par Raymond Poincaré en 1926. À ce poste, dans un climat politique apaisé, il mit en œuvre la réforme de l’école unique. Il retrouva le chemin du pouvoir en 1932, à la tête d’un gouvernement de concentration qui ne devait durer que quelques mois. Après le 6 février 1934, il fut encore ministre d’état dans le gouvernement Doumergue, puis membre de plusieurs gouvernements de droite, cependant que son parti évoluait vers la gauche et le Front Populaire. En 1935, réservé quant à cette alliance, Herriot démissionnait de la présidence de son parti, où il fut remplacé par Daladier. Antimunichois de la première heure, partisan de la fermeté face à Hitler et soutien de Paul Reynaud, il s’abstint en 1940, alors qu’il était président de la Chambre, après avoir soutenu Paul Reynaud, de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. À l’été 1942, lorsque le gouvernement décida de dissoudre le bureau des Chambres, il fut mis en résidence surveillée, arrêté, puis déporté en Allemagne en 1944. À son retour en France à la Libération, il devait retrouver la direction du parti radical, la mairie de Lyon, et également la présidence de l’Assemblée nationale.

191.          JAURÈS (Jean). Pages choisies. Philosophie – Art et socialisme – L'Education du peuple – L'Avenir de l'humanité – Études et portraits historiques – Le socialisme – L'Internationale – La guerre et la paix. Précédées d'une introduction par Paul Desanges et Luc Meriga. P., Rieder, 1922, in-8°, 462 pp, un portrait gravé sur bois par P.-E. Vibert en frontispice, biblio, reliure demi-basane fauve, dos à 3 nerfs guillochés orné en long, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), dos et mors lég. frottés, bon état

            40

"Composer un recueil de morceaux choisis, c'est s'exposer bénévolement aux critiques : car jamais sélection n'a satisfait tout le monde. Les Pages choisies de Jean Jaurès, que viennent de nous donner Mrs Paul Desanges et Luc Mériga n'échappent pas au sort commun : j'avoue que, pour ma part, je regrette qu'une place plus large n'ait pas été accordée à “L'Armée nouvelle”, « livre étrange », disent les auteurs (p. 11) ; il se peut ; mais, en tout cas, livre éminemment représentatif. Cette réserve faite, les extraits – hâtons-nous de l'ajouter – me semblent donner une image fort exacte d'un mouvement de pensée et d'un courant sentimental qui, en dépit de la saveur d'actualité qu'ils conservent obstinément pour les hommes de ma génération, n'en méritent pas moins, si l'on regarde le chemin parcouru, d'être traités aujourd'hui, dans le sens plein du mot, comme matière d'histoire." (Marc Bloch, Annales d'histoire économique et sociale)

192.          JOUVENEL (Robert de). La République des camarades. Nouvelle édition précédée d'un avant-propos par Paul Morand, “Vingt ans après”. Grasset, 1934, in-12, 30-272 pp, broché, bon état. Réédition de l'édition de 1914 augmentée d'une préface de 30 pp de Paul Morand

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Une critique de la république dévoyée au nom de la République, un appel à un sursaut au moment où "la démocratie s'endort dans la complaisance". La “République des camarades” résume, avec une ironique et piquante vivacité, les reproches dirigés contre le régime parlementaire. L'auteur connaissait à merveille ce milieu, il y fréquentait assidûment ; il y avait puisé la matière de centaines d'articles semés à travers la presse. De ces morceaux épars, condensés, complétés, ciseles, Robert de Jouvenel composa ce traité de psychologie, de philosophie pratique, dont la forme est légère et le fond très sérieux. La plume du jeune moraliste a des grâces impertinentes, des enjouements meurtriers qui font songer aux romans et aux contes de Le Sage et de Voltaire. L'auteur, attentif et lucide, suit le législateur, son modèle, du point de départ au point d'arrivée; depuis le jour où il brigue les suffrages populaires jusqu'au jour où il a conquis le maroquin ministériel. — "Comment éviter l'abus du pouvoir par le pouvoir ? A l'heure où la République s'essouffle, où "la démocratie s'endort dans la complaisance", relire Robert de Jouvenel, au nom de l'idéal républicain, est salutaire. En 1914, déjà, les passe-droits et les faux-semblants faisaient le jeu du personnel politique. Aujourd'hui, le système n'en est que plus affaibli : à la médiocrité des uns répond l'indulgence des autres." (Jacques de Saint-Victor)

193.          KRAFT (Zdenko von). Tel fut Wagner. (Une vie dramatique). Perrin, 1994, fort in-8° carré, 405 pp, 100 illustrations dans le texte et sur 40 pl. de gravures et photos hors texte, fac-similés dans le texte, chronologie, références, reliure simili-cuir vert de l'éditeur, titres dorés au dos, jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état (Coll. Vies et visages)

            20

Avec en marge du récit des Souvenirs de Wagner réunis par Michel-R. Hofmann.

194.          LEBEY (André). Louis-Napoléon Bonaparte et le ministère Odilon Barrot (1849). P., Edouard Cornély, 1912, fort gr. in-8°, xii-719 pp, broché, couv. illustrée, état correct, envoi a.s. Rare

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"Ce n'est certes pas une période dont il soit aisé de discerner la trame profonde que cette année 1849 que M. Lebey entreprend de raconter. On trouve rarement plus d'incertitude dans les idées, plus d'hésitation dans la conduite. Dans l'extraordinaire ascension de Louis-Napoléon, c'est vraiment le moment décisif, celui où se précisent les desseins, où s'annoncent les prochains conflits, où se laisse déjà distinguer la suite des événements. Après les équipées de Strasbourg et de Boulogne, après la tourmente brutale de 1848, l'éclosion soudaine du sentiment bonapartiste, l'élection présidentielle, les chefs les plus clairvoyants des anciens groupements politiques s'efforcent de se reprendre dans le désarroi général, d'opposer une barrière où viennent se briser les projets du prince, de l'enfermer en quelque sorte dans sa fonction honorifique, de le réduire au rôle d'instrument docile des partis parlementaires. C'est cette idée qui pousse Odilon Barrot à accepter la présidence du Conseil et qui inspire la plupart des actes de ce « ministère de la captivité », suivant l'expression d'Emile Ollivier. Par quelle tactique Louis-Napoléon déjouera-t-il cette tentative de mainmise ? Il y a là toute une lutte sournoise, lourde de conséquences, qui se concentre presque autour d'un unique incident, l'expédition de Rome..." (A. Crémieux, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1913) — "Ce volume représente un très long et très minutieux travail : l'auteur a lu, la plume à la main, tous les débats des assemblées, un nombre prodigieux d'articles de journaux et de brochures, il a dépouillé les mémoires contemporains, utilisé des papiers personnels et un certain nombre de documents d'archives. Les qualités dont il a fait preuve sont de celles qui dénotent le véritable historien : mémoire, pénétration, sens des réalités ; son style a de la vigueur et du pittoresque..." (Revue critique d'histoire et de littérature, 1913)

195.          LEBRUN (Général). Guerre de 1870. Bazeilles-Sedan. P., Dentu, 1884, in-8°, xv-304 pp, troisième édition, une carte dépliante hors texte (sur 2 annoncées : manque une carte), pièces justificatives, modeste reliure pleine toile noire, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état. Rare

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"... Pour nous résumer dans l'appréciation du livre du général Lebrun, nous dirons qu'il ressort pour nous de cet ouvrage : 1) Que le maréchal de Mac-Mahon n'a su ni se démettre de son commandement ni exécuter vigoureusement et sans arrière-pensée le mouvement qui lui était prescrit de Paris, et qu'il n'approuvait pas ; qu'il s'est montré hésitant dans sa marche de Châlons sur Sedan ; qu'il a été impardonnable de ne s'être pas mieux renseigné sur les forces qu'il avait en face de lui le 31 août, à tel point qu'il commit la singulière faute de n'avoir pas eu, le matin de la bataille, un projet de défense ou de retraite arrêté, et de n'avoir communiqué ses projets à aucun de ses commandants de corps d'armée. – 2) Que le général Ducrot, aussi mal renseigné que le maréchal sur les forces et les mouvements de l'ennemi, avait voulu, le matin, après la blessure du duc de Magenta, opérer un mouvement de retraite qui amenait dès les premiers moments un désastre semblable à celui de Baylen, et que ce brave officier n'a pas eu plus tard la franchise d'avouer qu'il s'était trompé. – 3) Que le général de Wimpffen avait commis la double faute de ne pas faire connaître sa lettre de service et de ne pas prendre le commandement en chef dès qu'il avait connu la blessure du maréchal, ainsi qu'il devait le faire, surtout sachant les routes de Mézières interceptées. – 4) Que seul des généraux commandant les corps de l'armée de Sedan, celui du 12e n'est passible d'aucun reproche pendant l'action, ayant combattu jusqu'à la dernière heure avec un courage et un dévouement patriotique qu'on ne saurait trop faire ressortir. Quant à nous, ce que nous admirons dans l'auteur du livre Bazeilles-Sedan, c'est moins encore sa belle conduite pendant et après la bataille que le courage qu'il déploie dans son livre en mettant au jour la vérité avec calme et modération, sans être retenu par aucune considération d'aucune nature." (Revue Historique, 1885)

196.          LEFLON (Jean). Eugène de Mazenod, évêque de Marseille, fondateur des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, 1782-1861. (Thèse). Plon, 1957-1965, 3 vol. in-8°, 491, 667 et 859 pp, un portrait en frontispice du tome I, 9 cartes et 4 gravures hors texte, sources et biblio, index, brochés, très bon état

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Tome I : De la noblesse de robe au ministère des pauvres, les étapes d'une vocation, 1782-1814 ; Tome II : Missions de Provence. Restauration du diocèse de Marseille, 1814-1837 ; Tome III : L'oeuvre pastorale et missionnaire, adaptation et extension, 1838-1861. — "On s'est trop souvent heurté à la médiocrité conformiste et verbeuse de maintes biographies épiscopales du siècle dernier, à peine distinctes de l'oraison funèbre, pour ne pas se réjouir de voir paraître le « Mazenod » si précis, si vivant, que vient d'achever Mgr Leflon. Ce dernier a dû maîtriser ici, non seulement une immense documentation, mais aussi la difficulté que présentait la double appartenance de son héros : fondateur et évêque ; il fallait en faire revivre la riche personnalité en l'insérant, sans l'y enfermer, dans le double cadre de sa congrégation et de son diocèse. Le premier volume (1782-1814) suit, « de la noblesse de robe au ministère des pauvres, les étapes d'une vocation », dont la maturation coïncide avec le temps des orages révolutionnaires. Les deux suivants retracent inséparablement « l'œuvre pastorale et missionnaire », en adoptant pour charnière la date de 1837, à laquelle Eugène de Mazenod accède au siège episcopal de Marseille. (...) Mgr Leflon n'a pas seulement mené à bien une solide biographie épiscopale, mais projeté de nouvelles lumières sur toute une époque du catholicisme français." (Claude Savart, Revue d'histoire de l'Église de France)

197.          LEPROHON (Pierre). Flora Tristan. Antony, Editions Corymbe, 1979, in-8°, 267 pp, 8 pl. de gravures hors texte, commentaires et documents, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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198.          LOLIÉE (Frédéric). Les Femmes du Second Empire (Papiers intimes). P., Félix Juven, s.d. (1906), in-8°, xi-369 pp, 45 planches de gravures et photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, dos lég. abîmé, bon état. Edition originale

            40

Les femmes de la Cour impériale et les parvenues du plaisir, artistes et demi-mondaines. Frédéric Loliée évoque le Paris brillant, joyeux et enfiévré du Second Empire, avec ses spectacles éclatants et frivoles, ses aventures romanesques et piquantes. Son récit, bourré de détails savoureux et d'indiscrétions, intéressera vivement les lecteurs curieux des à-côtés de l'Histoire. — "Presque quarante après la chute du Second Empire, le temps est venu pour la nostalgie d'un certain Paris, gai et insouciant, empreint tout de même d'une forte réprobation pour la ville de débauche. On admire à la fois les bals costumés aux superbes et étonnants travestissements, les lumières des cafés et théâtres, et si on réprouve les trajectoires de vie dissolues des cocottes, on aime à lire les anecdotes de "luxe et volupté". Frédéric Loliée, critique littéraire et féru de théâtre, s'en fit une spécialité : il aima dresser les portraits des personnalités de la Fête impériale, les membres de la noblesse, et aussi les femmes classées dans la catégorie sociale "Hors du Monde" (patriciennes de la galanterie, artistes, lorettes ...) certes immorales mais tellement affriolantes. On suit ces dames dans un Paris de spectacles, de bals, de dîners, et qui élaborent leurs fortunes de bras en bras. Les portraits photographiques insérés en hors texte, leur donnent une dimension très proche." (Chantal Lheureux-Prévot, Pages napoléoniennes)

199.          LORANGE (Stéphane). L'Œuvre législative de la Commune de Paris. Sans lieu, chez l'Auteur, 1994, in-4°, 142 pp, une illustration et 10 fac-similés hors texte, biblio, broché, bon état (DEA d'histoire et d'anthropologie du droit, année 1993-1994, sous la direction de M. Jacques Bouineau)

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"Les hommes de la Commune vont mettre en place de nouveaux rouages parlementaires et, malgré le siège prussien et la guerre sans merci que leur livre Versailles, fournir en soixante séances, un véritable travail législatif dont les répercutions semblent encore perceptibles dans les années 1970. Ce travail parlementaire mérite qu'on l'examine avec attention. Combien d'actes sont votés, et de quelle manière ? Quels types de projets sont soumis à cette "assemblée parlementaire" ? Quels rapports entretiennent ces "révolutionnaires" avec le droit positif de l'époque ? Sont-ils légalistes ou "hors-la-loi" ? S'agit-il uniquement d'héritiers de 1793 ou de penseurs modernes ? C'est à ces questions que nous allons tenter d'apporter des éléments de réponse, en étudiant le déroulement de ces séances de l'Hôtel de Ville, entre le 28 mars et le 21 mai 1871." (Avant-propos)

200.          MAILLARD (Firmin). Les Publications de la rue pendant le Siège et la Commune. Satires, canards, complaintes, chansons, placards et pamphlets. Bibliographie pittoresque et anecdotique. Tusson, Editions du Lérot, 1987, in-12, xiii-198 pp, une gravure en frontispice (“Et dire que tout ça, c'est de l'histoire !”), table alphabétique et index, broché, exemplaire tiré sur papier couché, bon état. Réimpression de l'édition de Paris, Auguste Aubry, 1874

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Recension commentée de 435 tracts constitués généralement d'un seul feuillet, imprimé recto seul ou recto-verso, et distribués dans les rues de Paris en 1870 et 1871.

201.          MALHER (Alma). Malher. JC Lattès, 1980, in-8°, 350 pp, traduction de Nathalie Godard, préface de Henri-Louis de La Grange, 16 photos sur 8 pl. hors texte, notes, commentaires et postfaces de Donald Mitchell, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Quand Alma Schindler rencontra Gustav Mahler au mois de novembre 1901, elle avait 20 ans et lui 40. Il était directeur de l'Opéra de Vienne et compositeur déjà célèbre. C'est avec elle qu'il allait partager les dix dernières années de sa vie, les plus fructueuses. C'est dire l'indispensable ouvrage de référence que constituent les "Mémoires" d'Alma Mahler. Connues dans le monde entier et considérées comme le récit le plus vivant qui ait jamais été écrit sur la personnalité si complexe de Mahler, ces "Mémoires" sont publiées pour la première fois en France. On y a joint la correspondance de Mahler à Alma, avec l'intention évidente de permettre à chacune des parties du livre de s'éclairer l'une l'autre. Il faut également souligner, pour l'ensemble de l'ouvrage, l'admirable travail effectué par Donald Mitchell dont les notes et commentaires apportent un complément essentiel à la lecture de ce livre.

202.          MARRUS (Michael R.). Les Juifs de France à l'époque de l'affaire Dreyfus. L'assimilation à l'épreuve. Calmann-Lévy, 1972, in-8°, 348 pp, préface de Pierre Vidal-Naquet, biblio, index, broché, bon état (Coll. Diaspora)

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Lorsqu'éclate, à la fin du XIXe siècle, l'affaire Dreyfus, qui sont exactement les Juifs de France ? On trouvera ici un portrait psychologique, sociologique et politique de cette société : aristocrates titrés, grands financiers, intellectuels, universitaires, ouvriers, sans oublier les immigrés russes et polonais. Après avoir décrit les institutions communautaires, l'auteur en vient au centre de sa thèse : l'assimilation est alors la seule théorie politico-sociale qui unisse l'ensemble des Juifs de France. Fruit de l'émancipation, qui remonte à un siècle à peine, elle implique la renonciation aux particularismes individuels et collectifs et l'affirmation inconditionnelle du patriotisme. Coup de tonnerre, l'affaire Dreyfus fut précédée et accompagnée d'un déchaînement sans précédent d'antisémitisme en France. Quelle fut l'attitude des Juifs de France devant la tourmente ? M. Marrus estime que l'état d'esprit dominant n'a pas été modifié. En ce sens l'affaire Dreyfus est bien un test de l'assimilation. L'auteur étudie en détail les attitudes face à l'Affaire : silence des uns, "prudence" des autres, engagement passionné d'hommes tels que Bernard Lazare. Herzl, bouleversé par la dégradation de Dreyfus, "inventera" la révolution sioniste, mais ses conceptions auront peu d'adeptes en France. Analyse en profondeur de la communauté juive en France à l'époque, abondant en portraits, le livre de M. Marrus constitue en même temps une réflexion fondamentale sur un problème toujours actuel : qu'est-ce que l'assimilation ?

203.          MARTIN-GINOUVIER (F.). Félix Faure devant l'Histoire. De son berceau à l'Élysée (1841-1895). P., Imprimerie Schneider et Bouillet, s.d. (1895), gr. in-8°, 404 pp, un portrait de Félix Faure héliogravé en frontispice, 2 autographes en fac-similé, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs guillochés soulignés à froid, titres, filets et fleurons dorés, frise dorée et à froid sur les plats (rel. de l'époque), rousseurs (assez fortes par endroit), bon état. Très bien relié. Peu courant

            60

Tome I (seul paru). Dans un autre ouvrage paru en 1905, l'auteur annonce comme étant “sous presse” le tome II : Trois ans de Présidence (1895 à 1898), mais il n'est jamais paru. — "La 5e Chambre du Tribunal civil avait à juger hier un petit procès fort amusant d'où il appert que, plus heureux que Louis XIV, M. Félix Faure a eu des historiens même avant d'être... Président. C'était la veille des dernières élections présidentielles de janvier 1895. Pendant qu'un peuple entier, debout, haletant, suivait une à une les péripéties de la course à l'Elysée où tantôt M. Charles Dupuy, tantôt M. Félix Faure tenaient la corde, deux hommes eurent une idée de génie : écrire d'avance les monographies des deux concurrents pour publier, le lendemain, celle de celui qui aurait décroché la timbale ! Ces deux hommes étaient l'un M. Martin-Ginouvier, secrétaire général du Crédit mutuel à prêts gratuits, et l'autre le docteur Genesteix, candidat lui-même aux dernières élections municipales du sixième arrondissement. Tous deux écrivirent donc à la fois une « Vie de M. Charles Dupuy, Président de la République » et une « Vie de M. Félix Faure, également Président de la République ». Et à ce moment, M. Félix Faure n'était encore rien. Le lendemain, on sait qu'il était tout. Aussi MM. Martin-Ginouvier et Genesteix s'empressèrent-ils, après l'élection, de déchirer la «Vie» du blackboulé et de porter chez l'éditeur la «Vie» de l'élu. La brochure fut appelée “Félix Faure devant l'histoire”, avec, pour sous-titre : “De son berceau à l'Elysée, 1841-1895”. Malheureusement, avant la publication, un dissentiment s'éleva entre les deux collaborateurs. Le docteur Genesteix accusa M. Martin-Ginouvier d'avoir fait, en cours d'impression, des retouches à la brochure, retouches personnelles et qu'il jugeait de fort mauvais goût. De quel droit M. Martin Ginouvier avait-il ajouté, par exemple, des phrases comme celles-ci ? “M. Brisson est la pintade du parti radical. ... M. Godefroy Cavaignac apparaît comme l'âne de Buridan des partis avancés.” Cela, au dire du docteur Genesteix, ne regardait en rien Félix Faure et cela pouvait compromettre la vente de l'ouvrage : il y aurait au moins deux acheteurs de moins, MM. Brisson et Godefroy Cavaignac..., sans compter leurs amis. Et le docteur demanda à son collaborateur de supprimer ses retouches. Celui-ci ayant refusé, la discussion tourna à l'aigre et l'on se sépara un peu froidement. La rupture éclata définitivement le soir du vendredi saint. M. Martin-Ginouvier faisait prendre l'air à son chien sur la place Saint-Germain-des-Prés, lorsqu'il crut apercevoir, sortant de l'église avec sa femme, le docteur Genesteix, président, comme on sait, du Comité socialiste du sixième arrondissement et, paraît-il, laïcisateur à outrance. Altercation très vive à la suite de laquelle M. Martin-Ginouvier publia seule la brochure présidentielle. D'où procès devant la 5e Chambre civile, où le docteur Genesteix reprochait hier à M. Martin-Ginouvier de lui avoir enlevé sa part de collaboration et surtout d'avoir supprimé sur la couverture le nom de Genesteix, qui y eût fait si bien. Et pour ce préjudice tant matériel que moral il lui demandait, par l'organe de Me Lemarinier, son avocat, 10,000 francs de dommages-intérêts. Après une très spirituelle plaidoirie de Me Deligand pour M. Martin-Ginouvier, le Tribunal a renvoyé les deux plaideurs dos à dos. Certes M. Martin-Ginouvier a eu tort de ne mettre que son nom sur le livre, au mépris des droits de son collaborateur mais, d'un autre côté, M. le docteur Genesteix n'a éprouvé aucun préjudice, puisque la fabrication de la monographie de Félix Faure (c'est dur à constater) s'est traduite par des pertes et non par des bénéfices, et puisque, en définitive, M. Martin-Ginouvier n'a pas eu plus que le docteur Genesteix le moindre bout de ruban que ces Mécènes eussent pu cependant attendre d'Auguste. Et c'est bien là le côté le plus triste de cet amusant procès : MM. Martin-Ginouvier et Genesteix, oubliés à l'Officiel, en ont été pour leur frais avec leur littérature, et ils n'en ont pas moins été condamnés hier chacun à la moitié des dépens du procès. M. Félix Faure, au nom de son Histoire, leur devrait bien un décret spécial les graciant tous deux de ces malencontreux dépens !" (Le Figaro, 13 février 1897)

204.          MERCURY (Francis). Renan. Olivier Orban, 1990, in-8°, 412 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Renan a été le maître à penser de générations de Français. Détesté par les bien-pensants, admiré par les républicains, suspecté par les notables, encensé par les savants du monde entier, Renan incarne le prototype de l'intellectuel triomphant. Sa Vie de Jésus est un best-seller de l'édition européenne, en même temps qu'elle déclenche le plus grand scandale des années 1860. Ses démêlés avec Napoléon III et Eugénie, ses polémiques avec les ultras du catholicisme passionnent l'opinion française à tel point que son premier cours au Collège de France se tient à guichets fermés. Francis Mercury retrace l'exceptionnel itinéraire de l'enfant de Tréguier, aussi amoureux de sa Bretagne que des sites funéraires d'Egypte et du Liban. A côté du Renan visionnaire du monde contemporain dans l'Histoire du peuple d'Israël ou dans L'Avenir de la science, se dessine le portrait d'un savant génial pour qui “le plus haut degré de culture est de comprendre l'humanité”.

205.          MOLTKE (Helmuth Johann Ludwig, comte von). Correspondance militaire du maréchal de Moltke. Guerre de 1870-71. 1er volume : La guerre jusqu'à la bataille de Sedan. – 2e volume : Du 3 septembre 1870 au 27 janvier 1871. – 3e volume : L'amistice et la paix. Charles-Lavauzelle, s.d. (1899-1901), 3 vol. gr. in-8°, 1017 pp, pagination continue, chronologie des principaux événements de la campagne de 1870-1871, index, table analytique, reliures pleine toile écrue, dos lisses, pièces de titre chagrin noir, couv. (défraîchies) conservées (rel. postérieures), une carte à l'encre noire sur calque insérée face à la page de titre du 1er volume, qqs annotations crayon, bon état

            150

Les trois volumes concernant la guerre de 1870. La librairie Charles-Lavauzelle a publié cette traduction française (seule autorisée) de la Correspondance militaire du maréchal de Moltke. Cinq volumes sont parus ; les tomes IV et V se rapportent aux guerres de 1864 et 1866.

206.          [ORLÉANS, Robert d', duc de Chartres]. Souvenirs de voyage. Une visite à quelques champs de bataille de la vallée du Rhin. P., Dentu, 1869, in-12, vii-201 pp, broché, qqs rousseurs, bon état. Edition originale

            40

Une exploration du Rhin depuis ses sources jusqu'à Bâle, Zurich, Engen ; puis de Bâle au confluent de la Lauter, Fribourg, Sasbach ; du confluent de la Lauter à la frontière hollandaise et sur les branches du fleuve en Hollande. Intéressant pélerinage militaire sur les lieux de combats du XVIIIe siècle et de l'empire, publié un an avant la guerre de 1870.

207.          PASQUIER (Etienne-Denis). Histoire de mon temps. Mémoires du chancelier Pasquier, 1789-1830. Publiés par M. le duc d'Audiffret-Pasquier. Plon, 1893-1895, 6 vol. gr. in-8°, xi-536, 458, 448, 550, 581 et 485 pp, 3 portraits en héliogravure hors texte, reliures demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres, tomaisons et filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passés, bon état. Peu courant

            450

1ère partie : Révolution, Consulat, Empire (1789-1815) ; 2ème partie : Restauration (1815-1830). — Parmi les meilleurs témoignages, fondamental pour l'histoire de l'Empire et de la Restauration : Pasquier vécut longtemps (1767-1862), et servit tous les régimes ; ses mémoires font défiler tous les personnages intéressants des trente premières années du XIXe siècle. — "Pasquier, ancien parlementaire, fut après son ralliement à l'Empire conseiller d'Etat puis préfet de police. Excellents postes d'observation qui donnent à ses mémoires un grand intérêt. Taine ne jugeait-il pas Pasquier « le témoin le mieux informé et le plus judicieux pour la première moitié de ce siècle ». Son témoignage est en effet de tout premier ordre pour le fonctionnement du Conseil d'Etat, le Grand Sanhédrin, la police impériale (critique de son prédécesseur et de ses employés (Boucheseiche, etc.), affaire Malet, approvisionnement de Paris, conflit avec l'inspecteur général Veyrat), les événements de 1814 et de 1815. (...) La consultation de Pasquier est indispensable pour l'histoire intérieure de l'Empire, objet des trois premiers volumes." (Tulard, 1120) – "Une source remarquable pour l'histoire politique de son temps." (Bertier, 786)

208.          PERDIGUIER (Agricol, dit Avignonnais la Vertu). Mémoires d'un compagnon. Edition intégrale. Introduction d'Alain Faure. Maspero, 1977, in-8°, 412 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Agricol Perdiguier est l’homme qui a le plus fait pour populariser la grande geste du tour de France au XIXe siècle. En 1852, chassé par l’Empire parce que républicain, il rédige, au cours de son exil, ce classique de la littérature ouvrière que sont ses “Mémoires d’un compagnon”. Ce livre part du désir légitime de mieux faire connaître le paysage de la France travailleuse de cette première moitié du siècle, telle qu’à chaque étape un compagnon assoiffé de nouvelles connaissances pouvait le rencontrer et le vivre, ainsi que le détail de la pratique du compagnonnage, de ses rites et de ses coutumes. À l’époque, l’industrialisation massive constitue rapidement un immense prolétariat sous-payé, démuni de toutes les qualifications et de toutes les traditions qui formaient l’essence même du compagnonnage : celui-ci ne peut donc plus avoir le rôle irremplaçable, décisif, de ferment et d’organisateur qu’il avait joué jusque-là. Faute de modifier radicalement son esprit, ses habitudes et son recrutement, il était condamné à se couper de la majorité de la nouvelle classe ouvrière, et à ne plus représenter qu’une tradition pour une élite d’aristocrates ouvriers.

209.          PERROD (Pierre Antoine). Jules Favre, avocat de la liberté. Lyon, La Manufacture, 1988, gr. in-8°, 653 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Durant tout le second Empire, la France a vécu suspendue aux pans de la robe noire de cet avocat d'origine lyonnaise, élu bâtonnier des avocats de Paris en 1860. Ce fut lui qui proclama la République le 4 septembre 1870. Il se battit pour elle jusqu'à son dernier souffle. Ministre des Affaires etrangères du gouvernement Thiers, il dut signer la capitulation de la France face à Bismarck en 1871...

210.          REYNAUD (Paul). Les Trois Glorieuses, 27, 28, 29 juillet 1830. Hachette, 1927, in-12, 128 pp, reliure demi-percaline boudeaux, dos lisse avec titres doreés, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état (Coll. Récits d'autrefois)

            25

"Une oeuvre de talent où revivent au naturel tous les acteurs de l'époque, oeuvre d'un écrivain philosophe et psychologue qui voit les âmes sous les paroles et les actes. Il y a bien de la pénétration dans les pages remarquables de la conclusion." (Albert Mathiez, Annales historiques de la Révolution française, 1927)

211.          ROUSSET (Commandant). Histoire abrégée de la guerre franco-allemande, 1870-71. P., Librairie Illustrée, s.d. (1896), in-12, viii-368 pp, 31 gravures dont 21 à pleine page et 7 culs-de-lampe, reliure demi-percaline rouge, dos lisse, pièce de titre basane noire, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            50

212.          ROUSSET (Lt-Colonel). Histoire générale de la guerre franco-allemande (1870-1871). Nouvelle édition, revue et corrigée. P., Librairie illustrée, Jules Tallandier, s.d. (v. 1899), 7 vol. in-8° (dont un atlas de 56 cartes), viii-429, 528, 444, 432, 364 et 372-viii-38 pp, 48 gravures hors texte et 14 cartes et plans, pièces justificatives et ordres de bataille dans les 6 volumes de texte, avec un précieux index (viii-38 pp) à la fin du tome VI, plus un septième volume d'Atlas contenant 56 cartes montées sur onglets, reliures demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid avec tomaisons et fleurons dorés, pièces d'auteur et de titre basane noire, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), qqs plats frottés, qqs rares rousseurs, bon état

            250

Tomes I et II : L'Armée Impériale ; Tome III : Le Siège de Paris ; Tomes IV à VI : Les Armées de Province ; plus le septième volume d'Atlas. — "Le détail des opérations militaires dans la guerre contre l'Allemagne est donné d'après un bon plan et avec une précision remarquable. Le commandant Rousset a entrepris le récit complet de ce qu'il appelle « la seconde campagne de France. » Le tome I suit pas à pas les mouvements des armées jusqu'au 15 août ; le tome II raconte les batailles sous Metz, Sedan, le blocus et la reddition de la grande place de guerre lorraine ; le tome III est rempli par le siège de Paris. Les tomes IV et V sont consacrés à l'armée du Nord et à celle de l'Est. Le récit, puisé aux meilleures sources, est d'une grande clarté. Il fait une place plus grande que celui de M. Lehautcourt aux événements politiques et aux négociations qui ont influé sur la guerre ; il critique aussi davantage, mais en se maintenant strictement sur le terrain militaire. A ce point de vue, son ouvrage est à lire et à méditer, car il contient des leçons que tout le monde, et surtout les grands chefs, devraient avoir toujours présentes à l'esprit." (Ch. Bémont, Revue Historique, 1895)

213.          SAINTE-BEUVE (C.-A.). Nouveaux lundis. Calmann-Lévy, 1884-1894, 13 vol. in-12, 437, 445, 461, 462, 479, 467, 466, 496-(1), 461, 461, 446, xvi-455 et 482 pp, reliures pleine percaline bleue à la bradel, dos lisses avec pièces de titre et de tomaison basane carmin (rel. de l'époque), bon état

            250

mentions de 7e édition revue pour le tome 1 ; Nouvelle édition revue pour le tome 5 ; 4e édition revue pour le tome 8 ; Nouvelle édition revue pour le tome 9 ; 3e édition revue pour le tome 10. — Charles-Augustin Sainte-Beuve (1801-1869) fréquenta le salon de Charles Nodier à l’Arsenal, il fit partie du premier "Cénacle" de Victor Hugo avec qui il se brouilla plus tard, fut l'ami des saint-simoniens et des mystiques, de Pierre Leroux, de Lamennais et de Lacordaire. Ses poésies parurent sous le pseudonyme de Joseph Delorme en 1829 ; son premier ouvrage, le “Tableau historique et critique de la Poésie française au XVIe siècle” qui avait été publié l'année précédente est toujours consulté avec fruit, ainsi que son “Histoire de Port-Royal” ; ses “Critiques et portraits littéraires”, 5 volumes parus de 1832 à 1839, ses “Causeries du Lundi” et ses “Nouveaux Lundis”, forment un monument de critique littéraire des plus remarquables. Sainte-Beuve écrivit un roman, “Volupté” et collabora au “Globe”, à la “Revue de Paris”, à la “Revue des Deux-Mondes”, au “Constitutionnel”, au “Moniteur” ; il fut, pendant quatre ans, maître de conférences à l’École normale, professeur de poésie latine au Collège de France, conservateur de la Bibliothèque Mazarine, membre du Sénat impérial. — "Je recommence une série nouvelles d'articles du Lundi ; Je me croyais au terme de ce genre d'essais, et je continuais, d'un pas un peu ralenti au “Moniteur” ce que j'avais commencé il y a treize ans, avec vivacité dans le “Constitutionnel”. Des circonstances particulières dans lesquelles il est inutile d'entrer, de pressantes et honorables instances m'ont décidé à quitter, non sans regret, mes fonctions de maître de conférences à l'école normale qui, depuis quatre années, occupaient la plus grande partie de mon temps, et à me relancer encore une fois dans le journalisme littéraire le plus actif. Chaque fois que je m'y remets et que je rentre dans dans cette veine de critique toute pratique, je tâche d'y introduire une proportion plus grande de vérité, et d'apporter dans l'expression plus de franchise. Cela ne se fait pas sans quelques cri et quelque révolte de la part des intéressés ; mais le public équitable vous en sait grès, et, si vous faites honnêtement et bien, son estime vous récompense." (Sainte-Beuve, novembre 1862)

214.          [SAINTE-BEUVE, C.-A.]. Sainte-Beuve. Anthologie critique. Edition établie par Michel Balsamo. P., Editions universitaires, 1990, gr. in-8°, 178 pp, biographie de Sainte-Beuve par lui-même, notes, biblio, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état

            20

... il faut le lire pour que son charme opère. Cette anthologie voudrait montrer qu'il n'est pas de compréhension plus souple, plus sagace et plus chatoyante du fait littéraire. Promeneur et non professeur, Sainte-Beuve (1804-1869) est le guide idéal pour initier à la géographie littéraire de la France.

215.          SOULIÉ (Maurice). La Reine scandaleuse, Caroline de Brunswick, reine d'Angleterre (1768-1821). Payot, 1928, in-12, 254 pp, 8 pl. de portraits hors texte, sources, broché, couv. illustrée, dos lég. jauni, bon état

            25

"Ce drame conjugal et judiciaire, qui eut lieu dans les premières années du dix-neuvième siècle, nous est exposé en son curieux détail par M. Maurice Soulié dans un très intéressant volume dont l'héroïne, je dois le dire, ne nous semble pas des plus dignes d'intérêt. La princesse Caroline de Brunswick n'était vraisemblablement ni d'une intelligence supérieure, ni d'une beauté remarquable. Elevée à l'allemande, elle manquait de finesse et ne rachetait pas ce défaut par l'excellence de son jugement. Elle fit cependant preuve d'obstination et de courage à défendre ses droits contre un mari qui l'avait épousée à contre-cœur et qui ne cessa jamais de lui témoigner avec dureté et insolence une irrémédiable aversion. Aux procédés atroces auxquels elle fut soumise, elle résista de son mieux, mais dans cette lutte matrimoniale, elle finit par se mettre dans un « mauvais cas ». Au cours d'un voyage en Italie, où elle était allée tâcher d'oublier les avanies dont elle était sans cesse accablée, elle s'amouracha fâcheusement d'un certain Pergami, ancien garçon de cave, vague officier, bellâtre à moustaches et à favoris dont elle fit son chambellan. George IV ne manqua pas de profiter du scandale de cette liaison pour intenter à la reine le procès en divorce qu'il méditait depuis longlemps. M. Maurice Soulié nous fait assister aux débats de cette triste affaire. L'imprudente Caroline ne survécut pas longtemps à ces cruelles humiliations ; elle mourut en cette même année 1821 où, reine d'Angleterre, elle avait comparu devant la Chambre des Lords. Sa triste dépouille fut expédiée à Brunswick. Quant à Pergami, il mourut quelques années après, dans une auberge de Parme, d'une attaque d'apoplexie. Il était riche, propriétaire d'un beau domaine et ne voyageait que dans une calèche magnifique précédée par deux courriers en livrée rouge et or. Son portrait nous le montre sous l'aspect d'une sorte de brigand d'opéra-comique et qui porte des boucles d'oreilles." (Henri de Régnier, Le Figaro, 1928)

216.          VILLETARD (Edmond). L'insurrection du 18 mars. Extraits des dépositions recueillies par la Commission d'enquête, classés, discutés et résumés. P., Charpentier, 1872, in-12, 499 pp, modeste reliure demi-toile noire, dos lisse avec titre entouré de doubles filets dorés (rel. de l'époque), mors fendus (mais solides), coiffes élimées, qqs rousseurs, état correct

            30

Par Charles Edmond Villetard de Prunières, dit Edmond Villetard (1828-1889), journaliste, conférencier à l'Opinion nationale, rédacteur en chef au Courrier du dimanche (1862) puis au Journal des débats. Rédacteur au Soir, il s'y fait l'avocat du gouvernement républicain du 4 septembre 1870 en soutenant Adolphe Thiers dans sa volonté de fonder une république conservatrice. La première partie de l'ouvrage est consacrée au développement de l'esprit révolutionnaire sous le Second Empire. Suivent le récit de l'insurrection, l'influence de la presse, les hommes de la Commune ; la déposition de Thiers fait l'objet d'un long commentaire. (Le Quillec, 4662)

217.          WAGENER (Françoise). Madame Récamier, 1777-1849. Flammarion, 2001, gr. in-8°, 545 pp, nouvelle édition revue et augmentée, 23 gravures sur 8 pl. hors texte, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Née avant la Révolution et morte sous la présidence du futur Napoléon III, Juliette Récamier, la Belle des Belles, est la pure incarnation de l'intelligence et du charme féminins. Par sa beauté, son raffinement, son sens de l'amitié, elle sut, tout au long de sa vie, rassembler ce que l'Europe comptait de mérites politiques, artistiques, littéraires et faire de son salon un lieu d'échange d'une qualité inégalée. Riche, avenante, d'une élégance discrète, vouée au blanc, Juliette connaît très tôt la renommée. Mariée à 15 ans, sa relation purement affectueuse avec le banquier Récamier, dont elle apprendra qu'il est son père, fait d'elle une femme célébrée sinon heureuse. Elle règne sur le Paris consulaire mais, sous l'Empire, elle lutte inlassablement en faveur de ses amis opposants au régime, notamment Mme de Staël et Benjamin Constant. Elle ne faiblit jamais et sa fidélité aux proscrits lui voudra les rigueurs de l'exil. Sous la Restauration et la monarchie de Juillet, son rayonnement s'étend sur la brillante société qui se retrouve chez elle, à l'Abbaye-aux-Bois. Elle encourage la création et favorise l'éclosion de la pépinière Romantique, sous l'égide de Chateaubriand, qu'elle a su s'attacher et avec lequel elle forme, pendant trente ans, un couple éblouissant, légendaire : il la fera entrer dans l'immortalité en lui consacrant des pages inoubliables des Mémoires d'outre-tombe. — "Celle qui fut la star de son temps méritait ce livre passionnant et peut-être définitif qui fait revivre toute une époque." (Jean d'Ormesson)

218.          WEILL (Georges). Histoire du Parti Républicain en France (1814-1870). Nouvelle édition complètement refondue. Félix Alcan, 1928, in-8°, 431 pp, biblio, index, broché, bon état

            50

"Un livre remarquable par la précision minutieuse des informations, par la bonne ordonnance des matières dans un sujet très complexe, par l'intérêt et la chaleur d'un récit qui conserve pourtant toujours le ton impartial de l'histoire. On s'étonne que M. Weill ait été le premier à tenter cette oeuvre. Les historiens avaient sans doute été rebutés par les immenses lectures qu'elle nécessitait et par la difficulté de marquer toutes les nuances qui séparaient avant 1848 les divers précurseurs de l'idée républicaine, depuis les poètes comme Lamartine et Hugo jusqu'aux conspirateurs et aux communistes comme Barbès et Cabet. La république de 1848 et la république de 1870 ont été la résultante de mouvements extrêmement divers d'idée et d'action, et plus encore du fait même qui domine toute l'histoire de France au XIXe siècle, l'absence de tout esprit monarchique sérieux. La France est en république depuis 1789. Les chefs temporaires de cette république ont porté les titres de rois, empereurs ou présidents. Leur pouvoir n'a jamais été héréditaire. Deux difficultés principales s'offraient à l'auteur : garder à son travail son caractère précis d'une étude du parti républicain et ne pas le laisser dévier en une étude des causes de l'établissement de la république en France ; en second lieu, ne raconter des événements révolutionnaires que ce qui était nécessaire pour comprendre l'évolution du parti républicain. M. Weill y a parfaitement réussi. La première partie de son ouvrage, de 1814 à 1848, est la plus captivante, parce que c'est la plus complexe et la moins facile à connaître. De 1848 à 1870, l'histoire du parti républicain est relativement claire et connue ; pourtant, on trouvera dans le livre de M. Weill bien des détails oubliés sur les velléités révolutionnaires, les essais d'organisations secrètes en 1850 et 1854 , et aussi sur les proscrits du 2 Décembre, leur vie à l'étranger, leurs divisions, leur influence sur le parti républicain à l'intérieur. On relira aussi avec la même émotion que si on ne les connaissait pas les détails sur les violences et les proscriptions qui ont suivi le 2 Décembre..." (G. Monod, Revue historique, 1900)

20e SIÈCLE

 

219.          [ARAGON] – RABEUX (Jean-Louis). Aragon ou les métamorphoses. Photographies de Jean-Louis Rabeux. Postface de Danièle Sallenave. Gallimard, 1977, in-4°, 102 pp, très nombeuses photographies en noir, avec des légendes d'Aragon reproduites en fac similé, imprimé sur papier Chromomat des Papeteries Arjomari-Prioux, broché, couv. illustrée, état correct

            20

Les textes reproduisant en fac-similé l'écriture d'Aragon sont extraits de “La Mise à mort” et de “Théâtre/Roman”.

220.          ARON (Robert) et Arnaud DANDIEU. La Révolution nécessaire. Grasset, 1933, in-12, xiv-296 pp, biblio, broché, état correct. Edition originale, ex. du SP, envoi a.s. de Robert Aron : « Pour M. ..., ce dernier livre d'Arnaud Dandieu. En sincère hommage »

            30

« Nous ne sommes ni droite, ni gauche, mais, s’il faut absolument nous situer en termes parlementaires, nous répétons que nous sommes à mi-chemin entre l’extrême droite et l’extrême gauche, par-derrière le président, tournant le dos à l’assemblée. » — "A peine les premiers numéros de la revue “l'Ordre nouveau” ont-ils vu le jour que l'équipe est bouleversée par un drame : Arnaud Dandieu, manifestement appelé à en devenir l'élément central, meurt des suites d'une banale opération au début d'août 1933, à l'âge de 36 ans. Bien que fortement ébranlé, le petit groupe proclame que sa cohésion ne sera pas atteinte mais au contraire renforcée par la disparition de celui dont «la mort ne marque la fin ni de l'action, ni de la pensée » (n° 4, octobre 1933). De fait, quelques mois plus tard, sort “La Révolution nécessaire” (Grasset, 1933), livre-clé auquel Dandieu travaillait avec Robert Aron avant même d'avoir joint le groupe de “l'Ordre nouveau”. On y trouve, déjà élaborées ou en germe, la plupart des thèses qui seront celles de la revue, ainsi que nombre de ses propositions pratiques..." (Bernard Voyenne)

221.          BAINVILLE (Jacques). Réflexions sur la politique. Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1941, in-12, 120 pp, broché, état correct (Coll. Les Cahiers de l'Unité française)

            15

"A ceux qui peinent, à ceux qui souffrent, qui oserait défendre de rêver ? L'avenir s'élabore avec de la soufrance humaine et le monde naît et se renouvelle, comme les hommes eux-mêmes, au milieu des gémissements. Mais les rêves aussi ont besoin de prendre forme, et c'est la politique qui peut seule la leur donner." — Table : Principes et maximes ; Le gouvernement ; La diplomatie ; La guerre et la paix ; Economique et politique ; Les nuées et les esprits faux ; Civilisation et progrès.

222.          BASCH (Françoise). Victor Basch ou la passion de la justice. De l'Affaire Dreyfus au crime de la Milice. Plon, 1994, gr. in-8°, 389 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, liste des publications de Victor Basch, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

"Victor Basch et sa femme, Hélène, furent assassinés à l’âge de quatre-vingt-un ans, aux portes de Lyon, le 10 janvier 1944, par un groupe d’hommes de vingt-cinq à trente ans, auxiliaires français de la Gestapo. Sur les corps, les tueurs laissèrent des écriteaux : « Terreur contre terreur. Le juif paye toujours. Ce juif paye de sa vie l’assassinat d’un national. A bas de Gaulle et Giraud. Vive la France. » A cet escadron de la mort se rattache le nom de Paul Touvier, incriminé pour complicité dans le rapport d’instruction. En 1945, l’exécuteur en chef, le milicien Lécussan, revendiqua le meurtre dans un mémorandum, Pourquoi j’ai tué Victor Basch : « Ce juif hongrois... président de la Ligue des droits de l’homme, symbolisait la mafia judéo-maçonnique ayant asservi la France ; cet échappé des ghettos de l’Europe centrale était l’une des puissances occultes... Il fut le créateur du Front populaire qui devait conduire notre pays à la catastrophe... Professeur à la Sorbonne, il pourrissait la jeunesse française. » Tels furent les mobiles des criminels qui, peu avant leur déroute, écumaient le pays sous la protection de l’occupant. Françoise Basch, sa petite-fille, retrace avec rigueur et conviction la longue carrière intellectuelle et politique qui, de l’affaire Dreyfus aux manifestations pour la République espagnole, a fait de Victor Basch la victime désignée des bourreaux." (Philippe Videlier, Le Monde diplomatique, 1994)

223.          BÉDARIDA (François). Churchill. Fayard, 1999, in-8°, 572 pp, 16 pl. de photos hors texte, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

"Je sais que l'Histoire me sera indulgente car j'ai l'intention de l'écrire." Acteur, témoin, chroniqueur de l'histoire et mythe de son vivant, Winston Churchill a vécu plusieurs vies et a été l'artiste de chacune. C'est tout le mérite de François Bédarida, spécialiste de l'histoire de la Grande-Bretagne et de la Seconde guerre mondiale, que de pister le Churchill officier baroudeur aux Indes, envoyé spécial pendant la guerre des Boers, Premier Lord de l'Amirauté, ministre mirobolant puis député ignoré et qui, en 1939, rencontre un événement à sa mesure : la guerre.

224.          BERSTEIN (Serge), Pierre MILZA, Jean-Louis BIANCO (dir). François Mitterrand. Les années du changement (1981-1984), actes du colloque « Changer la vie, les années Mitterrand, 1981-1984 », tenu à Paris du 14 au 16 janvier 1999. Perrin, 2001, gr. in-8°, 973 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            80

En mai et juin 1981, pour la première fois depuis vingt-trois ans, la gauche accède au pouvoir sous la Ve République. Pour la première fois également, elle est assurée de la durée puisqu'elle a conquis la présidence de la République avec François Mitterrand et que le Parti socialiste détient la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Or, les hommes qui s'emparent des leviers de commande n'ont pas pour seule ambition de gérer autrement la société française. Ils entendent en transformer en profondeur les structures, modifier radicalement les conditions d'existence des Français, remettre en cause les hiérarchies et les comportements, bref, "changer la vie" comme le proclame le programme du Parti socialiste. C'est cette expérience inédite des années 1981-1984 que s'attachent à retracer les contributions du présent ouvrage. Leurs auteurs, historiens reconnus dans leur domaine de recherche, ont pu bénéficier de l'ouverture d'une partie des archives présidentielles et confronter leurs conclusions avec l'expérience des témoins et des acteurs importants de la période, lors du colloque organisé en janvier 1999 par le Centre d'histoire de l'Europe du XXe siècle de la Fondation nationale des sciences politiques et l'Institut François Mitterrand. Loin de toute volonté de critique ou de justification, ils ont pu, grâce à ces sources exceptionnelles, évaluer les intentions, les contraintes et les difficultés, et tenter de dresser le bilan des multiples chantiers ouverts par les "acteurs du changement" dans l'ordre de l'économie, de la société, de la vie politique, des relations internationales ou de la culture.

225.          BIRNBAUM (Pierre). “La France aux Français”. Histoire des haines nationalistes. Seuil, 1993, in-8°, 396 pp, notes, index, broché, bon état (Coll. XXe siècle), envoi a.s.

            20

"Pour Pierre Birnbaum, l'élément unificateur de ces nationalismes des droites est "un catholicisme intransigeant qui, à la suite de Bonald ou de Maistre, d'un Veuillot ou encore d'un Bailly, le père fondateur de "La Croix", rejette définitivement la Réforme comme la Révolution et met au coeur de ses fantasmes, hier comme aujourd'hui, les protestants, les juifs et les Francs-maçons". Des ouvrages de réflexion politique ou historique, des articles de presse, des discours et des manifestes popularisent l'idée d'une nation aux mains d'ennemis des catholiques. En 1912, Charles Maurras, dans l'Action française, dénonce les "quatre Etats confédérés – juif, protestant, maçon, métèque –" accusés de détenir le pouvoir. Cet accaparement de Etat par des puissances occultes reste un thème permanent de l'extrême droite française. (...) Les "Protocoles des Sages de Sion", un faux fabriqué en France par la police tsariste, symbolise ce mythe du complot élaboré au lendemain de la Révolution française par l'abbé Barruel et repris par Louis de Bonald, Edouard Drumond, Charles Maurras, Urbain Gohier et Mgr Jouin. Ils fournissent des arguments aux campagnes antisémites menées contre les hommes politiques juifs..." (Louis Arénilla, Politique étrangère, 1993) — La guerre des deux France met face à face, depuis la fin du XIXe siècle, deux communautés imaginaires, celles des citoyens, rêvée par la Révolution française ou la troisième République, et celle des croyants, unifiée par l'Eglise. Choc frontal majeur, d'autant plus que la mobilisation nationaliste cherche sans cesse, et souvent avec succès, à se faire le porte-parole d'un monde catholique qui se sent menacé dans ses valeurs identitaires par une République tournée vers le rationalisme et l'universalisme. Au cri de "La France aux Français !", les nationalistes dénoncent en un même mouvement tant cette République considérée comme étrangère à l'âme française que ses alliés de toujours que sont à leurs yeux les protestants, les juifs, les francs-maçons et les "métèques" de toutes sortes, y compris, de nos jours, les musulmans. Du temps des ligues au mouvement lepéniste contemporain en passant par l'entre-deux-guerres ou Vichy, dans les villes comme dans les campagnes, éditorial ou roman-feuilleton, chanson ou tract, pure invective ou prétendue démonstration savante, les haines nationalistes martèlent sur divers registres leur refus de la République et leur rejet de l'autre – celui qui partage d'autres valeurs –, transformé dans son propre pays en étranger inassimilable.

226.          BOLLING (Claude) et Jean-Pierre DAUBRESSE. Bolling Story. Monaco, Editions Alphée, 2008, in-8°, 330 pp, avant-propos d'Alain Delon, 16 pl. de photos hors texte, discographie de Claude Bolling, filmographie, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

Qui se serait douté, et Claude Bolling le premier, que la découverte d'un disque 78 tours de Duke Ellington l'amènerait à s'intéresser au piano au point d'en oublier presque tout le reste ? C'était à Nice, Claude avait dix ans. A quinze ans, passionné de jazz, il se retrouve dans un Paris tout juste libéré, à la salle Pleyel, lauréat du tournoi des amateurs du Hot Club de France. Grâce à l'enseignement de l'harmonie prodigué par le grand maître Maurice Duruflé, il devient le plus jeune membre de la SACEM. Et là commence l'aventure... En compagnie de Jean-Pierre Daubresse, spécialiste du jazz classique, Claude Bolling se remémore et nous fait revivre les grands événements qui ont jalonné sa vie de pianiste, compositeur et chef d'orchestre ; ses rencontres et collaborations avec les plus grands noms du jazz ou de la musique classique (Duke Ellington, Count Basie, Stéphane Grappelli, Jean-Pierre Rampal, Alexandre Lagoya, Maurice André...) des variétés (Dario Moreno, Sacha Distel, les Parisiennes...) de la télévision (Jean-Christophe Averty, "Age tendre et têtes de bois" avec Albert Raisner, Maritie et Gilbert Carpentier, Jacques Chancel...) du cinéma (Brigitte Bardot, Alain Delon, Jacques Deray, Philippe de Broca, Claude Pinoteau...), la mise musique des images de Buster Keaton ou des dessins animés de son ami René Goscinny, sans oublier ses moments d'amitiés passés en compagnie de Mat Pagnol, de Lino Ventura, Maurice Genevoix. Tous ces souvenirs ont été recoupés et vérifiés grâce aux documents de Claude et de Jean-Pierre afin de reconstituer cette fabuleuse carrière commencée dans les clubs de Saint-Germain-des-Près pour se poursuivre à l'Alhambra, l'ABC, l'Olympia et les plus prestigieuses salles du monde comme celle du Carnegie Hall de New York ! De nombreux amis témoignent : Jean-Christophe Averty, Brigitte Bardot, Cabu, Alain Delon, Jacques Deray, Édouard Molinaro, Jean-Max Rivière, Vincent Perrot, Frank Ténot. Toute l'œuvre discographique et filmographique de Claude Bolling est répertoriée.

227.          BOLOUX (René). J'étais un bagnard. Le drame des relégués. Chez l'auteur, 1967, pt in-8°, 238 pp, 8 pl. de photos et documents hors texte, broché, couv. illustrée, état correct

            20

Je n'ai pas beaucoup dépassé les quarante ans, mais je n'en avais pas vingt que mon sort était déjà marqué. Deux condamnations pour marché noir, l'interdiction de séjour en plus, je ne pouvais plus rien faire à Nantes, ma ville natale. A Paris je suis devenu un truand, un casseur. Nouvelles condamnations. et la relégation au bout...

228.          BOURDET (Yvon). Otto Bauer et la Révolution. Textes choisis, présentés et annotés par Yvon Bourdet. Préface de Paul F. Lazarsfeld. EDI, 1968, in-8°, 302 pp, traductions de Jacqueline Bois, Bracke, F. Caussy et Claudie Weil, un portrait d'Otto Bauer hors texte, biblio, index, broché, bon état

            30

"Ce livre n'est ni une étude sur Otto Bauer, militant, socialiste, chef de parti, théoricien marxiste, ni un recueil d'œuvres d'Otto Bauer ; comme le dit Y. B., il est un peu l'un et l'autre. Il réunit en effet différents textes relatifs aux problèmes de la violence et de la révolution. La réflexion d'Otto Bauer, ainsi que le montre le présentateur de ces textes dans une longue et excellente introduction, a été nourrie par l'histoire, la Révolution russe et le triomphe du bolchevisme, la montée des fascismes. Cette réflexion fait prendre conscience à Otto Bauer, selon l'expression d'Y. B., de « l'aporie d'un réformisme » qui n'est toléré par la classe dominante que lorsque son pouvoir n'est pas remis en question. Nombre de ces textes revêtent une grande actualité." (Revue française de science politique, 1969)

229.          BRACKMAN (Roman). Staline, agent du tsar. L'Archipel, 2003, gr. in-8°, 524 pp, traduit de l'américain, 16 pl. de photos et documents hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Cinquante ans après sa mort, on croyait ne plus rien avoir à dire sur la cruauté et la duplicité du Petit Père des peuples : l'élimination physique des opposants, les millions de morts du Goulag, les procès de Moscou... Erreur ! En se livrant à une nouvelle lecture des documents, depuis les plus anciens jusqu'aux plus récents, on découvre un aspect inconnu du camarade Staline, qui n'a plus rien à voir avec la légende construite de son vivant. Malgré toutes les précautions prises à l'époque pour faire disparaître les preuves, nous pouvons révéler aujourd'hui que l'ancien séminariste reconverti en activiste révolutionnaire, était aussi un indicateur de la police du tsar..." (Fr. Kersaudy, Historia) — Un demi-siècle après sa mort, on croyait tout savoir de la paranoïa destructrice de Staline, des procès de Moscou aux bagnes de Sibérie et de l'assassinat de Trotski au "complot des blouses blanches". Sans toujours comprendre les mobiles du tyran. C'est qu'il manquait une pièce à ce jeu de massacre : Staline avait amorcé sa "carrière"... au service du tsar. Fin février 1917, à Moscou, le quartier général de la police secrète – l'Okhrana – est investi par la foule. Mais dans une chambre forte, à l'abri du saccage, dorment les dossiers de ses anciens agents. Dont celui, dûment scellé, du Géorgien Iosif Vissarionovitch Djougashvili. Informateur et exécutant de l'Okhrana de 1903 à 1912, l'homme ne se faisait pas encore appeler Staline. En juillet 1926, le "dossier secret" refait surface. Felix Dzerjinski, chef de la police politique, en prend connaissance. Deux jours plus tard, il s'écroule pendant son allocution au plénum du Comité central. Empoisonné. Dzerjinski n'est ni la première, ni la dernière victime du "dossier". Mais que contient-il ? Essentiellement, un rapport établi en 1913 par le colonel Eremine, chef de l'Okhrana, retraçant le parcours de son agent : pendant dix années, jusqu'à son adoubement par Lénine, Staline a patiemment trahi ses camarades... Il n'est pas difficile de voir quel usage ses adversaires feraient d'une telle bombe. Aucun de ceux qui l'ont ouvert ne doit survivre. Chantage, complots, accidents, suicides, procès truqués, exécutions sommaires ou homicides raffinés : Staline connaît le métier. Ce parcours que décrit Roman Brackman – celle d'un agent double devenu Guide suprême – révèle la face cachée de l'homme dont Lénine, dans son "Testament", recommandait d'empêcher à tout prix l'ascension. Un réquisitoire reposant sur des témoignages et des documents inédits.

230.          CASTELLAN (Georges). Le Réarmement clandestin du Reich, 1930-1935, vu par le 2e Bureau de l'Etat-major français. (Thèse). Plon, 1954, in-8°, 571 pp, préface par le général Weygand, une carte sur double page, index, broché, dos lég. sali, bon état

            90

" (...) Si l'ouvrage de M. Castellan ne traite pas absolument tout l'ensemble des problèmes du réarmement du Reich, comme il le reconnaît lui-même en sollicitant d'autres études tirées d'autres sources complémentaires de la sienne, il est difficile d'imaginer travail plus sérieusement conduit. Toujours se manifestent le souci scrupuleux de ne rien avancer qui ne soit solidement étayé, la recherche méticuleuse du fait précis, la volonté de diviser sans cesse le sujet pour mieux cerner ses difficultés et les résoudre. Malgré sa densité, le livre est toujours clair sans être compact ; s'il n'éblouit pas, il instruit toujours. On aimera particulièrement les récits qui élucident des événements aussi compliqués que ceux de l'année trouble de 1932, ou le rôle équivoque – double ou triple – d'un personnage comme Schleicher, ou encore les relations nouées entre la Reischswehr et l'Armée Rouge ; de nombreux tableaux et graphiques résument heureusement les conclusions partielles, et on ne peut que regretter que l'éditeur ait cru devoir supprimer 320 pages de documents comprenant notamment des recoupements – combien alléchants – avec les documents britanniques..." (Henri Michel, Annales ESC, 1956)

231.          CELLIER-GELLY (Micheline). André Chamson (1900-1983). Perrin, 2001, gr. in-8°, 433 pp, préface de Frédérique Hébrard, 16 pl. de photos hors texte, repères bibliographiques, généalogies, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

André Chamson a traversé le siècle (1900-1983) et son itinéraire est en soi exceptionnel : venu de ses Cévennes, issu d'une longue lignée de paysans, il conquiert Paris et devient la figure exemplaire de l'intellectuel des années trente, reconnu à la fois par les grands auteurs français - Jules Romains, André Gide, Romain Rolland - et étrangers Scott Fitzgerald, James Joyce, Boris Pasternak, Ilya Ehrenbourg... Homme de convictions, il fonde l'hebdomadaire Vendredi, sauve le patrimoine des Musées pendant l'Occupation et crée avec Malraux la brigade Alsace-Lorraine. Après la guerre, il est élu à l'Académie française, à la présidence du Pen Club international et finalement nommé directeur général des Archives de France. Protestant, camisard, maquisard, a-t-on dit de lui pour cerner son tempérament d'homme entier et passionné de justice. L'œuvre, regroupée en grandes Suites romanesques, est tout aussi foisonnante que la vie : essentiellement centrée sur la mémoire collective de sa région, elle n'en a pas moins valeur universelle, ce qui explique les nombreuses traductions de la plupart de ses romans. Le livre de Micheline Cellier-Gelly permet de retracer l'intégralité de son itinéraire personnel, professionnel et littéraire. Elle a bénéficié, notamment, des archives familiales ouvertes pour la première fois et mises à sa disposition par Frédérique Hébrard, la fille d'André Chamson.

232.          CHAPSAL (Jacques). La Vie politique en France de 1940 à 1958. PUF, 1984, pt in-8°, 518 pp, annexes, biblio, broché, bon état (Coll. Thémis)

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233.          CHAPSAL (Jacques). La Vie politique sous la Ve République. PUF, 1984, fort pt in-8°, 910 pp, annexes, biblio, broché, bon état (Coll. Thémis)

            20

234.          CHARLES-ROUX (François). Souvenirs diplomatiques. Une grande ambassade à Rome (1919-1925). Fayard, 1961, in-8°, 286 pp, broché, bon état

            25

Ce volume relate les événements qui se sont déroulés pendant les années 1919-1925, alors que François Charles-Roux était conseiller d'ambassade au Palais Farnèse. De ses rencontres avec d'Annunzio à la mort de Benoit XV, de l'élection de Pie XI à la conférence de Gênes, de l'essor du fascisme au cabinet Mussolini en passant par la Marche sur Rome, on comprendra l'intérêt puissant de ces pages qui projettent des clartés précieuses sur certains dessous encore mal explorés de notre histoire contemporaine.

235.          [Cinéma] – BISKIND (Peter). Le nouvel Hollywood. Coppola, Lucas, Scorsese, Spielberg... la révolution d'une génération. Le Cherche Midi, 2002, gr. in-8°, 513 pp, index des personnalités, des noms, des films, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Avec l'étonnant succès d' “Easy Rider”, film de bikers à petit budget, en 1969, un nouvel Hollywood est né. Une génération de jeunes metteurs en scène, nommés Coppola, Scorsese, Lucas, Spielberg, s'est engouffrée dans la faille et a commencé à tourner avec des acteurs encore inconnus, Robert de Niro, Al Pacino ou encore Jack Nicholson. En quelques années ils sont devenus les nouveaux nababs d'Hollywood et ont réalisé des films tels que “Le Parrain”, “Taxi Driver”, “Les Dents de la mer”, “L'Exorciste” ou “Apocalypse Now”. C'est l'épopée de ces jeunes loups de la génération "sex, drugs and Rock'n Roll" que retrace cet ouvrage en suivant, au quotidien, la genèse de leurs films et leurs luttes contre l'establishment. Nous voyons évoluer ici toutes ces grandes figures du cinéma sous un jour totalement inédit, dans un monde où l'art, l'argent et la drogue ont donné libre cours aux excès les plus extravagants et les plus inattendus. À partir de centaines d'heures d'entretiens avec les protagonistes eux-mêmes, avec les producteurs, les agents, les scénaristes, les amis, les épouses ou les maîtresses, cet ouvrage nous offre le portrait sauvage du dernier grand âge d'or d'Hollywood.

236.          COQUART (Elizabeth). La frondeuse. Marguerite Durand, patronne de presse et féministe. Payot, 2010, gr. in-8°, 346 pp, 21 gravures et photos sur 8 pl. hors texte, repères chronologiques, réféences, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Comment être libre et indépendante a une époque où le carcan des traditions enrégimentait toute vie en société ? Tel fut le défi de Marguerite Durand (1864-1936), figure de proue du féminisme qui jamais ne renonça à la féminité et dont la biographie est aussi l'histoire de la Troisième République. Jeune actrice adulée à la Comédie-Française puis journaliste, égérie du boulangisme puis ardente dreyfusarde, elle devint la première patronne de presse de France en fondant en décembre 1897 “La Fronde”, journal entièrement écrit et fabriqué par des femmes. Souvent vilipendé par ses confrères à moustache. il n'en joua pas moins un rôle majeur dans les grandes campagnes qui firent changer les lois en faveur de la cause féminine. En digne briseuse de tabous. Marguerite Durand fut aussi une grande amoureuse. Courtisée par Georges Clemenceau, Aristide Briand et Guillaume II, elle ne négligea pas de séduire également le gratin de la finance. Car elle était très dépensière pour elle-même comme pour les oeuvres qu'elle défendait, et dont la plus originale fut le tour premier cimetière animalier, ouvert à Asnières en 1899. Dans un autre genre. elle créa la bibliothèque féministe qui porte son nom, située aujourd'hui dans le XIIIe arrondissement de Paris. C'est là que sont conservés ses carnets intimes, lesquels n'avaient jamais été étudiés. Ils constituent le fil conducteur de cette première grande biographie consacrée à l'une des femmes les plus remarquables, remarquées et romanesques de son temps.

237.          DELMER (Sefton). La République de Weimar. Un intermède républicain entre deux Reich. Lausanne, Editions Rencontre, 1971, in-8°, 128 pp, 94 photos et illustrations en noir et en couleurs, une carte, chronologie, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Les dossiers du 20e siècle)

            15

238.          DIAMANT (David). Combattants juifs dans l'armée républicaine espagnole, 1936-1939. Edition Renouveau, 1979, gr. in-8°, 445 pp, 32 pl. de photos hors texte, 17 cartes, fac-similés, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            30

Cet ouvrage, commencé en 1946 par David Diamant, ne voit le jour qu'actuellement. Il retrace les combats de 6 ou 7.000 volontaires juifs sur tous les fronts de bataille et nous les montre d'une grande activité sociale et culturelle. Ils faisaient partie de cette grande famille fraternelle de 35.000 volontaires venus de 53 nations, au secours de l'Espagne victime d'un complot de la réaction internationale. Et, l'opinion unanime des chefs militaires reconnaissait que par leur courage et leur dévouement, ils égalaient leurs frères d'armes. Ces volontaires venus de tous les pays d'Europe, d'Amérique, de Palestine, d'Afrique du Nord ou de la lointaine Australie étaient tous des antifascistes convaincus. Les juifs, avaient, pour leur part, un compte particulier à régler avec l'hitlérisme qui préconisait l'extermination totale du peuple juif. avant même que le pays où ils vivaient fut attaqué et occupé par les troupes nazies, ils avaient une conscience claire et une vision perspicace de leur devoir d'hommes libres et de patriotes ardents. Ce livre permet aussi d'apprécier le rôle immense joué par la France du Front populaire, voisine immédiate de l'Espagne. Ses volontaires au nombre de 8.500 constituaient le groupe national le plus nombreux sur le sol espagnol. Et ses marins, au risque de leur vie, transportaient clandestinement vivres, médicaments et armes, au pays martyr. Soulignons encore que la France fut la plaque tournante de la solidarité internationale, car c'est par elle que tous ceux dont le coeur battait pour la noble cause espagnole, acheminaient le produit de leur collectes. La guerre d'Espagne (1936-1939) fut le prologue de la seconde guerre mondiale qui devait coûter 50 millions de morts à l'humanité. Les Espagnols qui perdirent un million des leurs, permirent aux combattants juifs, comme aux autres volontaires, d'être à l'avant-garde du combat de la civilisation contre la barbarie. (4e de couv.)

239.          DUCLOS (Jacques). Mémoires. 1. 1896-1934. Le chemin que j'ai choisi. De Verdun au Parti communiste. Fayard, 1968, in-8°, 432 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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"Premier volume d'une autobiographie qui entraînera son lecteur au travers de plus de trois-quarts de siècle de luttes politiques, “Le chemin que j'ai choisi” retrace les quarante premières années de vie privée et publique de son auteur. Ouvrier pâtissier, Jacques Duclos adhère au Parti socialiste en 1920. Au Congrès de Tours, il se range aux côtés de la majorité, au sein du nouveau Parti communiste français. Député de 1926 à 1932, il est aussi secrétaire et membre du Bureau politique de son parti à partir de 1931. L'ouvrage fourmille d'anecdotes amusantes et de portraits pittoresques : il n'en reste pas moins un livre « politique », qui explique, commente, discute et justifie le cheminement parfois laborieux grâce auquel un jeune parti inexpérimenté allait devenir un parti révolutionnaire de masse. En même temps, il laisse percevoir la mutation idéologique et psychologique qu'un tel phénomène nécessite de la part de ses militants." (Revue française de science politique, 1969)

240.          FABRE-LUCE (Alfred). Journal secret. Julliard, 1982, gr. in-8°, 340 pp, broché, bon état

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«Journal secret” ? Mais vous le publiez ! » J'ai éliminé quelques pages de ce Journal pour des raisons de discrétion élémentaire. Mais tout l'essentiel est déjà là. Qu'on n'attende pas de moi une édition posthume contenant des exécutions impitoyables, des révélations scandaleuses ou des aveux impudiques. Une incorrigible “bonne éducation” d'autrefois m'interdit à jamais certains comportements. Ce Journal a donc dès maintenant sa valeur, dont vous pouvez juger. Le lecteur devinera aisément que quelques pages de mon texte, si elles étaient proposées à certaines grandes maisons de presse ou d'édition, y rencontreraient des objections. Je ne m'en suis pas préoccupé. “Secret” signifie “écrit en toute liberté”. (A. F.-L.)

241.          FALIGOT (Roger) et Rémi KAUFFER. Le Croissant et la croix gammée. Les secrets de l'alliance entre l'Islam et le nazisme d'Hitler à nos jours. Albin Michel, 1990, gr. in-8°, 308 pp, 12 pl. de photos hors texte, index, broché, bon état

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Ce livre est un événement. Ce qu'il révèle a été soigneusement occulté depuis un demi-siècle: l'alliance entre extrémistes islamiques, militants nationalistes arabes, diplomates et agents secrets nazis. Cette alliance, Roger Faligot et Rémi Kauffer en ont assemblé les preuves après des années de recherches. De leur enquête resulte un document où se succèdent les revélations, notamment : – L'incroyable obstination des hommes qui ont mené la politique arabe d'Hitler puis celle de l'après guerre dans les deux Allemagnes. – La naissance du mouvement national palestinien à l'ombre du Grand Mufti de Jérusalem et de ses alliés nazis. – La vérité sur les rapports entre le futur président tunisien Bourguiba et les puissances de l'Axe. – Ce qu'étaient la Légion nord-africaine, les SS musulmans ; le rôle de l'Union des travailleurs nord-africains : l'alliance de certains nationalistes du Maghreb avec les services spéciaux d'Hitler. – Les criminels de guerre allemands au service de Nasser. – L'action d'Ytzhak Shamir dans la « traque» des chefs nazis en fuite. – Les coulisses du FLN et de l'Algérie de Ben Bella. – L'étrange aventure du banquier suisse François Genoud. – La véritable histoire d'Aloïs Brunner, bourreau de Drancy et protégé du leader syrien Hafez el-Assad.

242.          FÉDIDA (Jean-Marc). Le Procès Capone. Fleuve Noir, 2012, in-8°, 256 pp, broché, une photo d'Al Capone en couv., bon état

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Etats-Unis, 1929. En pleine crise financière, l'Amérique se réveille douloureusement de ses années d'excès. Le 12 mars, Al Capone reçoit une assignation à comparaître devant un grand jury fédéral à Chicago. La machine judiciaire vient de se mettre en marche contre l'ennemi public n°1. Comment Scarface – cette icône du grand banditisme –, adulé par les uns, honni par les autres, est-il tombé à cause d'une vulgaire inculpation de fraude fiscale sans que ses 150 assassinats présumés n'aient même jamais été évoqués ? Soucieux de rétablir la vérité sur un procès truffé d'irrégularités, mais qui fut le reflet de son époque, Jean-Marc Fédida se fait l'avocat du diable et livre une chronique judiciaire à perdre haleine. Car dans cette confrontation de géants, personne, pas même les fameux "incorruptibles", n'a vraiment joué le rôle que l'histoire a bien voulu retenir...

243.          FERNANDEL (Vincent). Fernandel, mon grand-père. Jean-Pierre Taillandier, 2003, in-8°, 165 pp, 88 pl. de photos et documents hors texte en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée, bon état

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Suivez Vincent Fernandel dans la maison familiale des "Mille roses"... Découvrez l'esprit d'une famille pas comme les autres, des anecdotes jamais racontées, des histoires en coulisses inédites, des correspondances très privées et des cahiers photos qui révèlent un Fernandel que vous ne pouviez pas connaître. Vincent, son petit-fils, nous raconte aujourd'hui avec un bel accent tonique et un parler authentique de son Marseille, des histoires sur celui qui fut un artiste d'exception mais aussi un homme "ordinaire" à travers ses joies, ses peines, ses doutes, ses coups de gueule, ses amitiés de Pagnol à Guitry, de Gabin à Verneuil, en passant par Galabru et tant d'autres encore... Un ouvrage drôle, tendre et sincère. Tout simplement un mistral d'émotion et des plages de souvenirs.

244.          FREUD (Sigmund) et William C. BULLITT. Le Président Thomas Woodrow Wilson. Portrait psychologique. Albin Michel, 1967, in-8°, 329 pp, broché, bon état. Première édition en français

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Freud ne mâche pas ses mots : il déteste le 28e président des Etats-Unis, Thomas Woodrow Wilson (1856-1924), père de la Société des Nations, prix Nobel de la paix, l'homme des "14 points" à la base du traité de Versailles, ce Wilson qui, pendant ses deux mandats, de 1913 à 1921, apparut aussi aux limites de la folie, idéaliste pitoyable, menteur instable, dévot aliéné se sentant en communication directe avec Dieu. Rédigé à quatre mains entre 1930 et 1932 avec le diplomate et ami William C. Bullitt (1891-1967), représentant personnel de Wilson et conseiller de Roosevelt, ce livre étonnant, qui ne sera publié qu'en 1966, près de trente ans après la mort de Freud, relie la psychanalyse, l'histoire et la politique. Il pose aussi une question que n'eût pas reniée La Boétie : en se choisissant de tels chefs, que veut un peuple ?

245.          GAUCHER (Roland). L'opposition en URSS, 1917-1967. Les armées blanches. Trotski. Boukharine. Vlassov. Les partisans nationalistes. Les croyants. L'intelligentsia. Albin Michel, 1967, in-8°, 430 pp, 33 photos sur 16 pl. hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Histoire du XXe siècle)

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"R. G. a donné au terme opposition un sens très étendu, intégrant les crises politiques directement liées à la conquête du pouvoir et à la lutte pour le pouvoir entre groupes de personnalités rivales, les mouvements internes ou extérieurs hostiles au pouvoir soviétique, la résistance de l'élite et des masses à ce pouvoir. Pouvait-on mettre sur le même plan le duel Staline-Trotsky, les purges, l'histoire du mouvement anarchiste ukrainien, la politique allemande de soutien aux nationalistes dans les territoires non russes occupés, l'affaire Siniavski-Daniel ? S'agit-il vraiment de phénomènes semblables ou comparables ? Sans doute le choix de R. G. à cet égard heurtera-t-il l'historien soucieux de rigueur méthodologique. Sans doute aussi l'historien soulignera-t-il quelques erreurs (ex. p. 51 : ce n'est pas vers 1907 que Lénine parle dans ses lettres du « merveilleux Géorgien » ; la première mention de Staline dans une lettre de Lénine date du 28 mars 1912 et le « merveilleux Géorgien » apparaît en 1913). Il regrettera aussi de voir mis sur un même plan des faits historiques incontestables et des complots, comme l'affaire du « Trust » qui relèvent plus du roman d'espionnage que du récit historique et sur lesquels les informations solides manquent encore. Toutefois, cet ouvrage, au demeurant honnêtement documenté, ne décevra pas le grand public et même lui révélera certains aspects peu connus de l'histoire de l'URSS, telles l'épopée de Makhno et celle de l'armée Vlassov auxquelles R. G. a consacré ses meilleurs chapitres." (Revue française de science politique, 1969)

246.          GOUZE (Roger). Les Bêtes à Goncourt. Un demi-siècle de batailles littéraires. Hachette, 1973, in-8°, 214 pp, broché, couv. illustrée par Gus à rabats, bon état

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1912 - Entre Julien Benda et André Savignon, les Goncourt donnent leur prix à André Savignon. 1913 - Entre Alain-Fournier pour son “Grand Meaulnes” et Marc Elder pour “Le peuple de la mer”, les Goncourt donnent leur prix à Marc Elder. 1932 - Entre Louis-Ferdinand Céline et Guy Mazeline, les Goncourt donnent leur prix à Guy Mazeline. — Il y a les écrivains "à prix" et les écrivains sans prix. Roger Gouze (1912-2005) est un professeur, écrivain, journaliste et homme de théâtre. Sa sœur cadette Danielle, née en 1924, fut l'épouse de François Mitterrand. Roger Gouze fait ses études à Paris. Au lycée Henri-IV, il est marqué par l’enseignement du philosophe Alain. Outre ses livres, il a collaboré à la revue “Vivre en poésie”, et à Radio France. Il est occasionnellement homme de théâtre : son adaptation du “Droit à la paresse” de Paul Lafargue est montée au Théâtre du Lucernaire en 1999 ; sa pièce “Quand tournaient les tables” chez Victor Hugo est mise en scène par Jean-François Chatillon en 2002.

247.          GUERDAN (Léon). Des minarets aux gratte-ciel. New York, Brentano's, 1943, in-8°, 304 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Des souvenirs : Constantinople ; Paris ; Une vie nouvelle ; L'Après Guerre ; La Russie ; Avant et après la guerre No. 2 ; L'Exil ?

248.          GUERÉMIE-DORI (Jeannine). Le p'tit gars de la rue de Lappe. Marius Dori, un boxeur des années 50-60. Editions Thélès, 2003, in-8°, 214 pp, 53 photos et documents, broché, couv. illustrée, bon état

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Biographie de Marius Dori (1930-2014), boxeur professionnel, ancien champion de France des poids moyens en 1961, par son épouse, Jeannine. L'ouvrage contient aussi des extraits de coupures de presse relatant la carrière de Marius Dori tirées de diverses revues et publications, de 1953 à 1962.

249.          HAZAN (Katy). Les Orphelins de la Shoah. Les maisons de l'espoir (1944-1960). Edition revue et corrigée. Les Belles Lettres, 2003, in-8°, 418 pp, introduction par André Kaspi, 8 pl. de photos hors texte, notes, annexes, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Histoire). Ouvrage issu de thèse

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Au lendemain de la guerre, les organisations juives se retrouvent face au désarroi de nombreux orphelins, fils et filles de déportés juifs, la plupart d'origine étrangère. Diverses associations, actives depuis l'entre-deux guerres, mettent en place des structures afin de les recueillir, de leur donner une éducation et une formation pratique, de leur offrir une émancipation. On comptera environ 50 de ces maisons d'accueil pour environ 3000 orphelins. C'est l'histoire de ces maisons de l'espoir, très différentes selon leur idéologie (des traditionalistes aux socialistes révolutionnaires) et de ces enfants, que Katy Hazan se propose de raconter. Œuvre de vie, ces maisons furent un formidable défi à la Shoah : défi relevé dans le souci de ne pas laisser ces enfants aux soins de l'Assistance publique, défi humain contre la mort, utopie créatrice et positive dans un après-guerre plus que morose. Par leur existence, ces collectivités posent une question, fil conducteur de ce travail : que signifie être juif après la Shoah, à une époque où le modèle intégrateur républicain reprend toute sa place, sinon sa légitimité, tout en affirmant fermer la parenthèse malheureuse de Vichy ? Dans ce travail original, Katy Hazan allie la rigueur de l'historienne à un travail de mémoire et de "proximité" d'une grande densité émotionnelle. Etudiant les conditions d'émergence de ces maisons de l'espoir, elle a réuni, en recoupant des informations éparpillées et lacunaires, une centaine de témoignages, sous forme d'entretiens : ils permettent de rendre compte, de manière extrêmement vivante, de ces lieux de vie, avec leurs ambiguïtés, leurs échecs, leurs réussites.

250.          ISORNI (Jacques). Jusqu'au bout de notre peine. La Table Ronde, 1963, in-8°, 228 pp, une photo de l'auteur en train de plaider en frontispice, broché, couv. lég. salie, bon état

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Un essai sur les démêlés judiciaires de Jacques Isorni, avocat des partisans de l'Algérie française. Pour ce livre, Jacques Isorni fut l'objet d'une inculpation, et interdit de plaider pendant trois ans.

251.          JAMET (Claude). Images de la littérature. P., Fernand Sorlot, 1943, in-12, 340 pp, index des noms cités, amusante reliure demi-percaline rouge à coins, dos lisse muet, gravures de personnages en costumes régionaux sur les plats, papier jauni de guerre, bon état, envoi a.s.

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Edition originale de ces chroniques littéraires parues durant la guerre. Claude Jamet avait été l'élève d'Alain, le condisciple de Soustelle et de René Château à Henri IV et à Normale ; ultrapacifiste et partisan d'un Etat fort, adhérent du RNP de Déat, il dirige à partir d'avril 1944 "Germinal", organe de la "collaboration de gauche". L’auteur des “Carnets de déroute” avait été nommé professeur de Lettres supérieures à Henri IV par Abel Bonnard, à la place de Jean Guéhenno. Il fut arrêté à l’automne 1944 et libéré dès février 1945, après des séjours au Vel’ d’Hiv’, à Drancy et à Fresnes.

252.          JEMAIN (Alain). Michelin, un siècle de secrets. Calmann-Lévy, 1982, in-8°, 271 pp, préface de Bernard Hanon, généalogie de la famille Michelin, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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Ouvrage retraçant l'histoire du groupe Michelin, à la discrétion légendaire. — "La société Michelin, depuis toujours stricte apôtre de la religion du secret, refuse de s’ouvrir à toute investigation historique. Au moins, la situation est claire : l’historien est considéré à la fois comme inutile et dangereux, ce qui incite à des livres « dissidents », tel celui du journaliste Alain Jemain..." (Hubert Bonin, « L’histoire d’entreprise ne « sert » à rien ! », Communication et organisation, 1995)

253.          KATZ (Général Joseph). Une destinée unique... Mémoires, 1907-1996 . L'Harmattan, 1997, in-8°, 331 pp, préface de Jules Roy, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mémoires du XXe siècle)

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Seul le génie inventif de Balzac aurait osé imaginer un personnage de roman dont la vie serait aussi surprenante que le fut celle de Joseph Katz, telle que la révèlent aujourd'hui ses Mémoires. Qu'on en juge, simplement par un bref aperçu du parcours de cet homme, abandonné quelques jours après sa naissance sur le parvis de Notre-Dame, élevé par des paysans quasi-moyenâgeux, devenu, dès l'enfance, domestique de ferme, mais, habité, cependant, d'une passion têtue d'apprendre afin, ainsi que le rappelle Jules Roy dans la préface de ce livre, "de s'arracher du néant". Et qui terminera sa carrière chargé d'honneurs et riche de culture, arborant, sur ses manches, les cinq étoiles d'un général d'Armée et, sur sa poitrine, les décorations rappelant sa présence sur tous les champs de bataille où se sera bâtie l'histoire contemporaine de la France. A l'aube de ses quatre-vingt-dix ans, le général Katz se raconte aussi sereinement qu'il s'était expliqué sur les derniers soubresauts de la guerre d'Algérie dans son premier ouvrage, “L'Honneur d'un général” (1993). Sans attendrissement sur soi, sans, comme on dit, "en rajouter", mais avec la conscience très nette de délivrer, à travers les divers épisodes de son existence, un véritable message à l'intention des générations qui le suivent. Disons-le franchement, il risque de déranger, en tous cas de surprendre, cet officier qui avoue sans détours que sa réussite et son bonheur doivent beaucoup à l'effort et fort peu au hasard et qui affirme, ainsi, preuves à l'appui, que la fatalité n'existe pas. Ou, plus exactement, qu'à force de courage et de volonté, on parvient à la vaincre. Emouvant et sobre, son témoignage est celui d'un homme qui aura connu "une destinée unique". Un jugement signé Charles de Gaulle, orfèvre, s'il en fut, en matière de destin d'exception.

254.          LAPIE (Pierre-Olivier). Herriot. Fayard, 1967, in-8°, 342-(1) pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines), envoi a.s.

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"Une suite d'anecdotes bien présentées restitue le portrait d'un « humaniste » sans entraîner absolument la sympathie du lecteur pour un homme politique présenté, avec quelque complaisance, comme « l'oracle » de la Troisième République, voire de la Quatrième." (Revue française de science politique, 1968) — "Si l'on admet qu'Edouard Herriot a été « une grande figure de la Troisième République », il n'a pas été de ceux qui ont marqué le destin de notre pays d'une empreinte personnelle ; il n'a pas été un grand homme de gouvernement. C'est à la Présidence de la Chambre, dans les conseils et les négociations discrètes, que « son poids » s'est fait sentir. L'auteur qui a bien connu son héros et son entourage, nous donne d'Edouard Herriot un portrait vivant, sympatique, mais d'une objectivité qui parfois touche à la sévérité. Le chapitre sur Herriot et la religion est une mise au point nuancée qui devrait être appréciée des lecteurs catholiques." (E. Tesson, Etudes, 1967)

255.          LEFRANC (Pierre). ... Avec qui vous savez. Vingt-cinq ans avec de Gaulle. Plon, 1979, in-8°, 316 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Récit d'un compagnonnage politique, ce livre couvre les années du RPF et celles de la traversée du désert, avant de raconter les dix premières années de la Cinquième République. Propos généraux, souvenirs personnels et portraits de l'entourage s'entre­croisent pour faire un portrait qui se veut moins convenu que d'habitude. Pour l'histoire, une des pages les plus importantes est certainement celle racontant comment, dès le 6 juin 1958, l'auteur sera détrompé au sujet de l'Algérie ; pages fortes et certainement plus enrichissantes que celles où sont minutieusement analysés la naissance et le développement de la faille qui allait se creuser entre le chef de l'Etat et celui qui serait appelé à devenir son successeur." (Revue française de science politique, 1979) — "Lefranc : un gaulliste à 100 % ? Mais non ! On apprend que le général aurait dû opter pour Mendès France plutôt que Pleven à la Libération, qu'il n'aurait pas dû partir en 1946 (il attendait un Canossa à Marly), qu'il aurait dû créer le R.P.F. en 1951 avant les élections législatives, pas en 1947 avant les municipales, qu'on a souvent choisi de mauvais candidats en 1951, que c'était une erreur de rouvrir la Sorbonne en mai 1968, une autre de ne pas avoir compris assez vite que Pompidou était un Brutus, etc. Il est vrai que Charles le Grand est généralement Dieu le Père, qui ressemble fort à Jehovah de l'Ancien Testament. Il a raison contre les Lilliputiens de la Troisième et de la Quatrième Quatrième de même contre les grands méchants loups d'outre-Manche et d'outre-Atlantique. Lefranc a bien connu de Gaulle et il sait écrire. Donc ce livre vaut la peine d'être lu. Il y a parfois de bonnes flèches : le « dynamique » Monsieur Queuille ou, au sujet de Pompidou, « L'occupation s'était passée sans qu'il eût éprouvé la moindre nécessité d'agir ». Souvent des phrases brèves, des paragraphes courts, un style lapidaire..." (Bernard Sinsheimer, Bulletin de la Société d'histoire moderne)

256.          LIE (Trygve). Au service de la paix. (In the Cause of Peace). Gallimard, 1957, in-8°, 538 pp, traduit de l'anglais, index, reliure pleine toile turquoise, pièce de titre basane verte (rel. de l'époque très lég. salie), bon état (Coll. Mémoires du temps présent)

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Trygve Halvdan Lie (1896-1968) est un diplomate et un homme politique norvégien. Il fut le premier secrétaire général des Nations unies. Membre du Parlement norvégien (le Storting) dès 1935, il dirigea divers ministères de 1936 jusqu'à l'invasion de la Norvège par les Allemands. Il partit en exil avec le gouvernement à Londres et devint ministre des Affaires étrangères du Gouvernement norvégien en exil en 1941. À ce titre, il présida la Délégation norvégienne à la Conférence de San Francisco (avril-juin 1945), où fut signée la Charte des Nations unies. Il y présida la commission chargée de rédiger le chapitre de la Charte traitant du Conseil de sécurité. Après la libération de son pays, il redevint ministre des Affaires étrangères en octobre 1945. C'est en cette qualité qu'il présida la Délégation norvégienne à la première session de l'Assemblée générale des Nations unies à Londres en 1946. Le 1er février 1946, il fut élu premier secrétaire général des Nations unies pour une période de sept ans. — "Secrétaire général des Nations unies pendant sept ans, M. Trygve Lie a probablement occupé l’un des postes les plus en vue du monde. Ses fonctions ont exigé de lui des qualités d’homme d’État très particuliers qui ont dû souvent prendre le pas sur des considérations nationales. Quand il fut nommé en février 1946, Lie jouissait déjà d’une grande notoriété en Norvège. Né à Oslo, il prit de bonne heure une part active aux affaires publiques. Élu député en 1935, il fut successivement ministre de la justice, puis ministre du commerce, de l’industrie et des pêcheries de 1939 à 1940. Au moment de l’invasion de la Norvège il devint ministre des affaires étrangères du gouvernement exilé de Londres, et joua un rôle important en mettant la flotte de son pays au service des Alliés. Après la guerre il dirigea, toujours en qualité de ministre des affaires étrangères, la délégation de son pays à la conférence de San-Francisco en 1945. Dans son recueil de souvenirs l’auteur pose en revue les principales crises qu’il a connues pendant les sept premières années d’existence l’organisation internationale : Iran, Palestine, blocus de Berlin, révolution en Chine, guerre de Corée. Outre les informations fraîches qu’il apporte sur ces sujets, M. Trygve Lie nous dévoile certains aspects plus personnels de son rôle durant cette période. Ses souvenirs personnels, comme sa première entrevue avec Staline, à Moscou, en 1946, constituent peut-être les pages les plus attachantes. Quatre ans plus tard, M. Tryqve Lie se rendait de nouveau à Moscou pour exposer à Staline son fameux mémorandum tendant à établir la paix pour vingt ans grâce aux Nations unies. Le généralissime donna l’assurance qu’il y réfléchirait... M. Lie rappelle aussi qu’après ce deuxième entretien avec Staline se produisit l’invasion de la Corée du Sud par les Nord-Coréens, que soutenaient les Russes. M. Lie, ayant qualifié cette attaque « d’acte brutal et stupide » et pris la décision de convoquer le Conseil de sécurité, devint à partir de ce moment la bête noire des Soviets, qui le mirent à l’index. Quelque temps plus tard M. Trygve Lie devait entrer en conflit ouvert avec l’administration américaine à propos de la « chasse aux sorcières » effectuée dans les rangs des fonctionnaires internationaux..." (Jean Knecht, Le Monde diplomatique)

257.          LINDBERGH (Charles). Trente trois heures pour Paris. Presses de la Cité, 1953, in-8°, 430 pp, traduit de l'américain, 24 pl. de photos, carte et documents hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Le 21 mai 1927 Charles Lindbergh (1902-1974) atterrissait au Bourget, réalisant ainsi la première traversée de l'Atlantique nord sans escale. Profitant de l'enthousiasme populaire et de la confusion qui régnait ce soir-là sur l'aéroport, un admirateur indélicat vola le journal de bord du “Spirit of Saint-Louis”, privant Lindbergh et ses contemporains d'un document « vécu » irremplaçable. L'aviateur mit plus d'une vingtaine d'années pour reconstituer l'enchaînement des événements. L'ouvrage parut finalement en France aux Presses de la Cité en 1953 sous le titre “Trente-trois heures pour Paris” [“The Spirit of St-Louis”]. Le livre mêle souvenirs d'enfance et récit objectif de la traversée.

258.          MACCIOCCHI (Maria-Antonietta)(dir). Les femmes et leurs maîtres. Séminaires Paris VIII Vincennes. Textes rassemblés par Jacqueline Aubenas-Bastie. Christian Bourgeois, 1979, in-8°, 444 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Ce livre regroupe en trois temps les interventions faites à l'Université de Vincennes Paris VIII, entre 1975 et 1978, aux Séminaires sur : « Fascismes et femmes » : histoire dont les lugubres échos sur le présent ne se sont jamais éteints en Europe, traversée du fascisme historique par la femme en Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Belgique. Rebondissement actuel d'un coup d'État au Chili. « Luttes féminines et féministes » : lecture en diagonale de l'activité et de la lutte des femmes chez nous, même plus loin, jusqu'à jeter un regard sur les femmes d'Afrique et à Porto Rico. Point saillant d'une activité passionnée et acharnée pour créer les premiers noyaux d'un féminisme qui a tenté de s'organiser depuis dix ans. « Marxisme et féminisme » : pour la première fois on essaie de mettre au point quelques éléments d'analyse dans la corrélation en deux concepts : marxisme et féminisme, car il a semblé que c'était un choix rigoureux que les femmes se libèrent de la seule sublimation qui a résisté, celle du marxisme dogmatique, qu'elles scrutent jusqu'au fond des fibres de cette autre aliénation féminine, théorique et pratique.

259.          MASSIS (Henri). Au long d'une vie. Plon, 1967, in-8°, 276 pp, préface de Thierry Maulnier, cart. éditeur, jaquette, bon état. Edition originale sur papier courant, enrichie d'un envoi a.s. à Marcel Achard

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Souvenirs de Henri Massis (1886-1970). C'est par sa collaboration avec Alfred de Tarde, pour la publication d'enquêtes sur "Les Jeunes Gens d'aujourd'hui", que Massis se fait connaître en 1911. Né à Paris, proche de Péguy de 1910 à 1914, il se rapproche de Maurras, à qui il restera fidèle toute sa vie. Mais il n'appartiendra jamais lui-même à l'Action française. En 1919, il lance le "Manifeste du Parti de l'intelligence", qui recueille un nombre très grand de signatures dans les milieux de l'intelligentsia conservatrice. Fort de ce succès, il fonde l'année suivante, avec Jacques Bainville, "La Revue universelle", qu'il dirigera jusqu'en 1944. Ami de Maritain, il soutient Bernanos à ses débuts littéraires et se trouve à ses côtés lors de la condamnation de l'Action française en 1926. Par contre, il attaque violemment André Gide, en qui il voit le représentant d'une pensée et d'un art décadents et délétères. Pour faire contre-feu à la condamnation de l'Italie par la S.D.N. (1935) après l'invasion de l'Ethiopie, Massis, qui est partisan d'une entente avec le régime fasciste de Mussolini, se fait le porte-parole d'une certaine droite lorsqu'il rédige le "Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe". Membre, en 1940, du Conseil national du maréchal Pétain, son activité ne se ralentit pas après la guerre ; militant à l'Union des intellectuels indépendants, il collabore à de nombreux journaux et revues d'extrême droite comme "Aspects de la France", "La Nation française", "Itinéraires". Penseur rigoureux, et même quelque peu rigide, Massis écrivain s'illustra surtout dans le genre de l'essai littéraire et politique ("Défense de l'Occident", 1927 ; "D'André Gide à Marcel Proust", 1948 ; "Maurras et notre temps", 1951). L'Académie française l'accueillit en son sein, en 1960. Il publia encore "Barrès et nous" (1962) et des Mémoires : "Au long d'une vie" (1967).

260.          MASSIS (Henri). D'André Gide à Marcel Proust. P., Lardanchet, 1948, in-12, 386 pp, notes, broché, papier jauni d'après-guerre, état correct, mais envoi a.s.

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261.          [MAURRAS, Charles]. Hommage à Charles Maurras pour son Jubilé Littéraire. P., la Revue universelle, 1937, gr. in-8°, 192 pp, un portrait photo de Maurras hors texte et une pl. de fac-similé d'écriture, broché, bon état

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Numéro du 1er mars 1937 de la “Revue universelle” (fondateur : Jacques Bainville, Henri Massis, directeur) publié en hommage à Charles Maurras pour ses cinquante ans d'écriture. Plus de quarante contributions dont celles de H. Bordeaux, P. Benoit, A. Bonnard, A. Bellessort, J. Bardoux, E. Baumann, R. Benjamin, J. Boulenger, R. Bourget-Pailleron, G. Brunet, A. Chaumeix, C. Farrère, M. Constantin-Weyer, R. Fernandez, D. Halévy, M. Jouhandeau, G. Le Cardonnel, F. de Miomandre, J. de Pesquidoux, J. et J. Tharaud, Léon Daudet...

262.          MENDÈS-FRANCE (Pierre). La vérité guidait leurs pas. Gallimard, 1976, in-8°, 258 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Témoins)

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Préface de 36 pages sur “L'homme d'Etat et le pouvoir ” suivi des portraits des grands républicains qui ont fait la France moderne. – I. Les ancêtres : Jules Ferry, Emile Zola, Jean Jaurès – II. Le risque : Joseph Caillaux, Albert Dalimier, Aristide Briand, Edouard Herriot, Pierre Viénot – III. La tourmente : Léon Blum, Winston Churchill, Charles de Gaulle – IV. La fidélité : Georges Gombault, Hubert Beuve-Méry, Georges Boris.

263.          MIQUEL (Roger). Opération « Résurrection ». (Le 13 Mai en Métropole). France-Empire, 1975, pt in-8°, 207 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

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En 1958, une partie de l'opinion publique, soutenue par l'Armée et les associations d'anciens combattants, s'insurge contre un gouvernement qui ne parvient pas à mettre fin à ce qu'elle appelle « la dissidence algérienne ». Les manifestations se succèdent tant en Afrique du Nord qu'à Paris et dans les grandes villes de province. La dégradation de la situation politique est telle que le régime paraît menacé et qu'il s'en faut de peu pour que l'on proclame la Patrie en danger. Dans ces circonstances alarmantes, des contacts sont pris entre plusieurs chefs militaires et les dirigeants des autres forces de l'ordre en vue de favoriser le retour au pouvoir du général de Gaulle. Celui-ci laisse, en effet, entendre que l'Algérie doit rester française. Dans cette perspective, une opération sur Paris dont le nom de code est "Résurection" est projetée. Chef de la 5° région militaire de Toulouse, le général Miquel est au centre du dispositif prévu. Il commande les régiments de parachutistes qui sont prêts à intervenir pour se rendre maîtres de la capitale. L'« opération résurrection » ne sera pourtant pas déclenchée et le général de Gaulle recevra l'investiture de l'Assemblée Nationale sans qu'il soit besoin de recourir à une guerre civile.

264.          MONTAGNE (Robert). Révolution au Maroc. France-Empire, 1953, in-12, 414 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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"La question marocaine est tombée depuis quelques années dans le champ des controverses partisanes et les spécialistes eux-mêmes ont du mal à résister à l'annexion des clans adverses qui se disputent leur témoignage. Le principal mérite de l'éminent spécialiste qu'est M. Robert Montagne aura sans doute été de refuser le point de vue polémique sans fuir pour autant les thèmes d'actualité les plus brûlants. L'ouvrage n'appartient pas à la série des études savantes chargées de notes et de références ; c'est une série de tableaux et de portraits destinés à fournir au grand public les données essentielles de la question marocaine. L'objet de l'auteur semble avoir été de montrer les facteurs révolutionnaires qui bouleversent profondément et irrémédiablement un pays dont l'aspect traditionaliste ne sera bientôt plus qu'une façade. A ce point de vue l'étude des « trois crises » (le prolétariat, la jeunesse, l'Etat) démontre qu'il est vain d'appuyer une politique sur des données artificiellement entretenues mais réellement périmées. C'est là, semble-t-il, l'apport le plus intéressant de l'étude de M. Montagne. Sa conclusion envisage trois hypothèses d'avenir. L'auteur ne cache pas sa réprobation à l'égard des solutions assimilatrices et son scepticisme à l'égard de la transformation du Maroc en nation arabe indépendante. Mais si le « nationalisme ouvert » qu'il préconise est peut-être la meilleure solution théorique, on ne voit pas très bien quels sont les moyens pratiques de la faire admettre par les parties intéressées. La parole n'est plus ici à l'homme de science mais aux diplomates..." (Marcel Merle, Revue française de science politique, 1954) — Une « synthèse vivante de la crise marocaine » qui a abouti à la proclamation de deux Sultans, Sidi Mohammed ben Arafat, proclamé à Marrakech par les chefs de tribus et soutenu par la presque totalité des Français du Maroc, et Sidi Mohammed ben Youssef, le futur Mohammed V, exilé en Corse par la France, et soutenu par une grande partie de la jeunesse citadine, de la bourgeoisie marocaine, du petit peuple des villes et de la gauche française. — Par Robert Montagne (1893-1954), orientaliste, ethnologue et anthropologue. Spécialiste du monde berbérophone, il est l'auteur de nombreux travaux sur l'Afrique du Nord et le Maroc en particulier. Ancien officier de marine, versé dans l'Aéronavale après la guerre de 1914-1918, Robert Montagne fut amené à faire des levers topographiques au Maroc. Remarqué par Lyautey, dont il devint le conseiller, notamment pour les questions tribales, il joua un rôle dans la reddition d'Abdelkrim et réalisa des études ethnologiques sur les populations marocaines. Maître de conférences à l'Institut des hautes études marocaines à Rabat (Maroc) de 1924 à 1930, il achève en 1930 une thèse d’anthropologie politique sur Les Berbères et le Makhzen dans le Sud du Maroc, source d'une production scientifique très riche et soutenue. Robert Montagne a exercé de multiples fonctions à la tête d’institutions administratives mais également scientifiques : bureaux des Affaires indigènes, Institut français des études arabes de Damas (IFEAD), Centre des hautes études d’administration musulmane (CHEAM, devenu Centre des hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes), qu'il a fondé en 1936 et dirigé jusqu’à sa mort. Il a été nommé en 1948 à la chaire « Histoire de l'expansion de l'Occident » du Collège de France. Administrateur, meneur d'enquêtes collectives, chercheur de terrain, savant de cabinet, Montagne a été à la confluence de la politique et de la science : il a suscité des études, formé des administrateurs, informé des décideurs politiques. Il fut un chercheur de terrain éprouvé, « à l'écoute de ce qui reste méprisé par les orientalistes de son temps : Berbères du Haut-Atlas, dont la siba prend, sous sa plume, les proportions d'un système politique ; Bédouins dont il reconstitue la représentation du monde ; prolétariat néo-urbain à Casablanca, qu'il arrache à la sociologie passéiste de son époque ».

265.          MOOREHEAD (Alan). Churchill. Hachette, 1961, gr. in-8°, 143 pp, texte français de Judith Cotté, 136 photos, gravures et fac-similés, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Cette biographie assortie de multiples illustrations met admirablement en évidence les dons et le destin hors série de Winston Churchill. A. Moorehead a su éviter les pièges de l'hagiographie. Il est resté probe et sincère." (Revue française de science politique)

266.          MURON (Louis). Le Chanoine Kir. Presses de la Renaissance, 2004, in-8°, 239 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Âpre comme le vin blanc et doux comme la crème de cassis, ingrédients de l'apéritif auquel il a donné son nom, Félix Kir est l'une des figures politiques les plus attachantes de l'histoire de France. Grâce à une documentation riche et inédite, Louis Muron nous fait découvrir la vie méconnue de ce chanoine au nom pourtant si célèbre. De la séparation de l'Église et de l'État à la naissance de la Ve République, nous parcourons près d'un siècle d'histoire à travers le regard de ce prêtre hors du commun, qui fut un résistant exemplaire avant d'entamer une carrière politique mouvementée. Élu maire de Dijon à l'âge de soixante-neuf ans, puis député du Mouvement républicain populaire, Félix Kir fit beaucoup pour sa ville et son rayonnement international. En tant que président de la Fédération mondiale des villes jumelées, il n'hésitait d'ailleurs pas à agir à l'encontre des pactes d'entente. Françoise Giroud imagina même dans “Le Monde” une rencontre fictive entre Khrouchtchev et lui. Arborant fièrement l'écharpe tricolore sur une soutane trop courte, le chanoine s'illustra particulièrement en Bourgogne, à tel point qu'en 1952, pour lancer une nouvelle marque d'apéritif, une société rebaptisa « kir » l'ancien « rince-cochon » !

267.          NOBÉCOURT (Jacques). Le Colonel de La Rocque, 1885-1946, ou les pièges du nationalisme chrétien. Fayard, 1996, fort in-8°, 1194 pp, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le colonel de La Rocque, président des Croix de feu puis du Parti social français qui regroupa près de trois millions de membres à la veille de la guerre... Rarement personnage politique des années 1930-1945 supporta autant de notoriété sulfureuse ! Il disait : "le progrès est à gauche", mais le premier geste du Front populaire fut de dissoudre ses Croix de feu suspectées de comploter contre la République. Tout autant haï par l'extrême droite, il passe pourtant dans la mémoire collective pour le "fasciste français". Pris pour l'annonciateur et l'inspirateur de Vichy, il n'en fut pas moins arrêté par les nazis pour faits de résistance et déporté - en 1961, le général de Gaulle rendra justice à son combat pour la France contre l'occupant. Mais, dès son retour des camps, le gouvernement de la Libération maintint La Rocque en détention jusqu'à sa mort, sans jamais l'inculper. A travers le personnage de cet officier réprouvé par la politique, Jacques Nobécourt fait revivre toute une histoire refoulée de la France de l'entre-deux-guerres. Familier de l' "histoire immédiate", il retrouve à partir de quantité d'archives inédites une pièce maîtresse égarée de notre puzzle politique, pour reconstituer un large courant populaire que la démocratie-chrétienne et le gaullisme représenteront sous la IVe et la Ve République.

268.          PAILLAT (Claude). Dossier secret de l'Algérie : 13 mai 1958 - 28 avril 1961. Le Livre contemporain, 1961, fort in-8°, 538 pp, cart. illustré de l'éditeur, bon état

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Un ouvrage extrêmement bien documenté grâce aux contacts au sein de la classe dirigeante entretenus par l'auteur qui, bien que pro-Algérie française, sera recruté par "Le Canard enchaîné" suite à sa publication. Claude Paillat (1924-2001) fut chef du bureau d'Afrique du Nord de "Paris-Match" puis envoyé spécial de "Paris-Presse" en Algérie. Il rejoignit ensuite "Le Canard enchaîné" et ce jusqu'en 1985, date à laquelle l'hebdomadaire se sépara de lui. Ses archives extrêmement importantes en quantité et en qualité ont été acquises en 2008 par la “Hoover Institution” (Californie). — "Claude Paillat apporte un certain nombre de «révélations» qui vaudraient à elles seules la lecture." (La Tribune des Nations) — "Le bréviaire, le manuel, le code et la référence de l'activisme passé et à venir. Et pourtant un livre à lire attentivement, surtout à gauche." (Jean Daniel, l'Express) — "Un livre que tout Français devrait connaître pour ajouter à la valeur de son jugement sur les hommes et les faits de ces dernières années... Le “Dossier secret de l'Algérie” se lit comme un roman policier dont l'énigme ne sera résolue que par l'événement de demain" (Combat)

269.          PASCAL (Pierre). Mon journal de Russie. Tome III : Mon état d'âme, 1922-1926. L'Age d'Homme, 1982, in-8°, 240 pp, index, broché, couv. à rabats, qqs rares marques au crayon et stylo en marges, bon état

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"Pierre Pascal poursuit la publication de ses carnets de notes, compte rendu scrupuleux de sa vie quotidienne en « Russie soviétiste ». Après Mon journal de Russie et En communisme, Mon état d'âme porte sur les années 1921 à 1926, c'est-à-dire depuis l'instauration de la Nouvelle Politique Économique jusqu'à la lutte sévère pour le pouvoir et au commencement de l'élimination de l'Opposition. Pour le janséniste bolchevique qu'est Pierre Pascal, c'est la désillusion ; il assiste avec dégoût au retour de l'esprit de lucre et de jouissance, à la réapparition des privilèges, du monopole d'Etat sur la vodka, de l'alcoolisme, de la mendicité..." (G. Nivat) — Comment l'officier courageux, deux fois blessé au front, détaché dès 1916 à la Mission militaire en Russie, comment l'ancien major de l'Ecole normale supérieure, agrégé de lettres, l'intellectuel catholique qui rêvait d'unir les Eglises, a-t-il pu adhérer au bolchevisme et, bien pis, le servir ? C'est là tout le mystère de Pierre Pascal (1890-1983). En 1918, l'« entrée en communisme » de Pascal provoque un scandale en France ; puis on l'oublie, jusqu'à son retour à Paris en 1933. Homme discret, rebelle à toute discipline politique, Pascal devient traducteur et professeur à la Sorbonne. Il refuse de partager publiquement son expérience de l'URSS, et ce n'est qu'en 1975 que paraît le premier des volumes de son journal de Russie, qui a pris la dimension d'un ouvrage culte pour tous les passionnés d'histoire russe. Beau-frère de Victor Serge, ami de Boris Souvarine, l'auteur appartient à la génération de révolutionnaires trahie par le stalinisme. Au fil des pages, il révèle les rouages de l'Internationale communiste, la persécution de l'Eglise orthodoxe, des paysans, des opposants au régime, la vie quotidienne à Moscou, à Leningrad ou dans les campagnes de "l'Outre-Volga". Sa plume est précise, vivante, souvent ironique. Réquisitoire intransigeant contre les dérives totalitaires staliniennes au moment même où elles apparaissent, cette "chronique d'une Révolution dénaturée" est aussi l'expression d'un amour profond, inconditionnel, pour le peuple russe, dont Pierre Pascal s'est appliqué sa vie durant à transmettre l'histoire, la culture et l'esprit.

270.          PASCAL (Pierre). Mon journal de Russie. Tome IV : Russie 1927. L'Age d'Homme, 1982, in-8°, 293 pp, index, broché, couv. à rabats, qqs rares marques au crayon et stylo en marges, bon état

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"Ce quatrième tome de l'extraordinaire Journal de Russie de Pierre Pascal est entièrement consacré à l'année 1927, celle de l'écrasement de l' « Opposition », de l'affermissement du pouvoir de Staline. Pascal – le bolchevik, le chrétien – n'a plus d' « état d'âme » : pour lui la Révolution est trahie, l'Opposition ne vaut pas mieux que Staline ou Boukharine..". (G. Nivat)

271.          PÉAN (Pierre). L'homme de l'ombre. Eléments d'enquête autour de Jacques Foccart, l'homme le plus mystérieux et le plus puissant de la Ve République. Fayard, 1990, gr. in-8°, 586 pp, documents en annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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"M. Jacques Foccart a été et reste sans nul doute un des personnages les plus mystérieux de la Ve République. Le pouvoir occulte qu'on lui a prêté en a même fait un mythe. Le nom de Foccart a toujours été lié aux activités non officielles du pouvoir gaulliste, qu'il s'agisse de la lutte contre l'OAS, du SAC ou des services spéciaux. Rien ne paraissait pourtant prédisposer cet homme à devenir un collaborateur si proche du général de Gaulle qu'il en est devenu, aux yeux de ses fidèles, mais aussi de ses opposants, comme l'ombre même..." Ainsi s'exprime en 1982 le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur le SAC. Telle est aussi la figure centrale du nouveau livre de Pierre Péan, à la confluence de tous ses centres d'intérêt: les affaires africaines, l'histoire secrète de ces dernières décennies, les services spéciaux, l'argent noir, les réseaux d'influence et les polices parallèles, sans oublier le terroir chouan dont l'auteur est originaire à l'instar de son personnage principal. Celui-ci, de fait, a été l'homme le plus puissant et le plus mal connu de la Ve République. Cofondateur et patron du parti gaulliste, le RPF, lors de la "traversée du désert" d'avant 1958, il devint ensuite le "grand vizir" de la politique africaine de la France pendant près de vingt ans, et, bien qu'il s'en défende, il ne cessa dans le même temps d'avoir la haute main, soit directement, soit indirectement, sur l'action des services secrets français. Personnage énigmatique, ultra-protégé, on a dit à son propos qu'il était l'éminence grise et le collaborateur le plus proche de De Gaulle. Comme tel, certains membres de la CIA ont vu en lui un espion à la solde de Moscou, l'OAS, un traître pro-FLN, et il n'est pas une grande affaire – affaire Ben Barka, affaire Markovic, affaire Boulin, etc. – à propos de laquelle son nom, à un titre ou à un autre, n'ait pas été prononcé. Pierre Péan, au terme d'une enquête de plusieurs années, apporte sur ce personnage considérable – et son entourage – des révélations pour le moins surprenantes qui donnent à certains chapitres de cette vie une dimension proprement romanesque.

272.          PESSIS (Jacques). Pierre Dac, mon maître soixante-trois. Editions François Bourin, 1992, in-8°, 479 pp, 24 pl. de photos hors texte, broché, couv. iluustrée, bon état

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Si Pierre Dac (1893-1975) n’avait pas existé, une certaine forme d’humour resterait à inventer : l’humour loufoque. Ses innombrables admirateurs n’ont pas oublié ses sketches débités d’une voix monocorde ni ses Pensées, dont l’une des plus célèbres demeure : « Celui qui est parti de zéro pour n’arriver à rien dans l’existence n’a de merci à dire à personne. » Mais qui connaît l’homme caché derrière le masque imperturbable du comique ? Humoriste, Pierre Dac était aussi un homme fragile, angoissé, que la vie a peu épargné et qui a vécu presque toutes les grandes heures du siècle. Héros de la Première Guerre mondiale, il commence après l’armistice une carrière de chansonnier, participe à la naissance de la radio moderne, crée un hebdomadaire intitulé “L'Os à moelle”, rejoint de Gaulle à Londres en 1943 pour mettre sa verve au service de ces « Français [qui] parlent aux Français ». Après la guerre, il rencontre Francis Blanche, son fils spirituel, et imagine avec lui le fameux feuilleton radiophonique “Signé Furax” qui fit rire des millions d’auditeurs tout au long de ses 1034 épisodes. Aujourd’hui encore, près de quarante ans après sa mort, Pierre Dac demeure le maître incontesté de nombreux humoristes, affirmation à laquelle, de son vivant, il avait l’habitude de répondre : « Je ne suis pas votre maître. Étant donné ma hauteur, je suis votre maître soixante-trois. »

273.          PRESSLER (Mirjam). La famille Frank. Perrin, 2011, gr. in-8°, 337 pp, traduit de l'allemand, généalogie des familles Frank et Elias, 33 photos et documents dans le texte et à pleine page, biblio, broché, couv. illustrée, jaquette illustrée, 3 feuillets lég. tachés, bon état

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L'histoire d'Anne Frank, auteur d'un des textes les plus poignants du XXe siècle, est connue de tous. Celle de son extraordinaire famille l'est beaucoup moins. La voici enfin révélée, de la "ruelle aux juifs" de Francfort où naquit son arrière-grand-père au salon mondain de sa grand-mère Alice, épouse d'un banquier, avant que la famille n'essaime à Londres, Bâle et Amsterdam. Son père, homme à la vie brisée par la perte de sa femme et de ses enfants, parviendra à se reconstruire, tandis que ses neveux s'accompliront dans le monde du cinéma et de la danse... Dans ce livre événement qui a déjà bouleversé le public allemand, nous suivons pas à pas la vie, les amours, les joies et les drames d'une famille cosmopolite et cultivée, emblématique de ce "monde d'hier" célébré par Stefan Zweig, fondé sur l'esprit et la culture. Les Frank incarnaient l'Europe de l'intelligence qui fut balayée par le nazisme en un peu plus d'une décennie. A partir des archives familiales miraculeusement découvertes,Mirjam Pressier nous raconte aussi la destinée de ceux qui s'aiment à distance dans un monde secoué par la guerre.

274.          RAMBAUD (R. P. Louis). Le Grand petit Chancelier Dollfuss, 1892-1934. Lyon et P., Emmanuel Vitte, 1948, in-8°, 258 pp, 10 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

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275.          RAPAZZINI (Francesco). Damia. Une diva française. Perrin, 2010, in-8°, 407 pp, 12 pl. de photos et documents en noir et en couleurs, biblio, discographie, index, broché, couv. illustrée, bon état

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La vie de Marise Damien, dite Damia (1889-1978), fut romanesque et sulfureuse. Née à Paris dans un milieu populaire, Damia affirme très tôt son goût de l'indépendance ; adolescente rebelle, elle fréquente les milieux interlopes qui se mêlent à Paris, joyeuse capitale de la fête et du plaisir à la veille de la Grande Guerre. Elle danse, chante. On la remarque, et cette beauté intemporelle devient au temps des Années folles une véritable idole dont la célébrité dépasse les frontières de l'hexagone. Sur scène, son jeu envoûte. Damia a inventé sa propre dramaturgie, marquée par l'expressionnisme allemand : elle a le geste épuré, son corps drapé de noir mis en lumière, le regard magnétique saisissant l'auditoire subjugué par sa voix grave et mélancolique qui fait merveille dans La Veuve ou Les Goélands. Juliette Gréco et Barbara lui doivent beaucoup, moins cependant qu'Edith Piaf qui a tout pris d'elle, surtout à ses débuts. Actrice, elle tourne avec Abel Gance et Sacha Guitry. Femme hardie, Damia est aussi vulnérable : elle s'adonne à l'opium, à la cocaïne et boit trop. Maîtresse de la danseuse Loïe Fuller, de la décoratrice Eileen Gray, elle s'étourdit avec des amants d'un jour, parfois pygmalions inspirés. Proust la connaît, Mauriac ira l'écouter à Bobino et Colette la fréquente, ainsi que Federico Garcia Lorca, Simenon ou Jean Genet qui s'en inspire pour camper sa Divine dans Notre-Dame des fleurs. Grâce à de nombreux inédits, Francesco Rapazzini dévoile dans cette première biographie de Damia le destin extraordinaire de la grande chanteuse réaliste. Sous sa plume surgissent une époque et un monde, le music-hall, où se côtoyaient sans façon artistes, hommes politiques, écrivains, peintres...

276.          RIM (Carlo). Mémoires d'une vieille vague. Gallimard, 1961, in-8°, 299 pp, 32 croquis humoristiques de l'auteur dans le texte (portraits de Simenon, Max Jacob, Cendrars, André Gide, etc.), broché, couv. illustrée à rabats, dos lég. sali, bon état (Coll. L'Air du temps)

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«N'attendons pas de LA perdre pour LES écrire», dit Carlo Rim qui aime les formules elliptiques. Certes, ce n'est pas quand on a perdu la mémoire qu'on peut écrire ses Mémoires. Combien de nos illustres contemporains pourraient suivre ce sagace conseil, qui attendent pour évoquer leur enfance d'avoir atteint cet âge qui les y fait si bien retomber. «Carlo Rim est, avec Jacques Tati et Pierre Prévert, un des rares auteurs de films "comiques" que nous possédions en France... L'Armoire volante est à la fois le meilleur film comique de Fernandel et le meilleur burlesque français depuis vingt ans...» Ainsi s'expriment les “Cahiers du Cinéma”. Dessinateur, critique, essayiste, romancier, auteur de chansons, reporter, journaliste, directeur de publications, fondateur d'une revue fameuse, Jazz, qui inaugura en France la formule de la presse illustrée moderne, puis scénariste et enfin metteur en scène, Carlo Rim aborde aujourd'hui une nouvelle carrière, celle de mémorialiste. Cocasses, pittoresques, truculents, émouvants, ces «Souvenirs» d'un homme qui a connu tout le monde font revivre avec une extraordinaire intensité quelques défunts illustres : Mounet-Sully, Méliès, Max Linder, André Antoine, Roger Martin du Gard, André Gide, Raimu, Vincent Scotto, Max Jacob, Tristan Bernard, Alphonse Allais, Jouvet, Antonin Artaud, Supervielle, Sacha Guitry, Mistinguett, Malaparte, Blaise Cendrars, Preston Sturges, le gangster Venture, etc. Mais les vivants ne sont pas négligés, et cette étonnante galerie est bien digne de celui que Max Jacob nommait «l'Arlequin de sa génération».

277.          ROUSSEL (Eric). Charles de Gaulle. Gallimard, 2002, fort gr. in-8°, 1032 pp, 32 pl. de photos hors texte, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Biographies)

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La mort du général de Gaulle, le 9 novembre 1970, a marqué non seulement la fin d'une époque, selon l'expression consacrée, mais une césure encore plus profonde. Après lui, on ne voyait plus alors sur la scène que des personnages de moindre stature et rien n'indiquait qu'il pût en être autrement dans un avenir prévisible. Une trentaine d'années plus tard, ce constat désenchanté se vérifie. C'est pourquoi sans doute la vie du général, ses faits et gestes éveillent aujourd'hui une irrépressible nostalgie ; pourquoi également son œuvre fait l'objet d'une approbation presque unanime, sans qu'on sache toujours si les éloges s'adressent au style ou à une action conduite selon des principes définis de longue date. Le temps est donc venu d'une vision plus précise et plus équilibrée. Telle est l'ambition d'Eric Roussel. Cette biographie est d'autant plus opportune que de très nombreux fonds d'archives, en France et à l'étranger, se sont ouverts récemment, qu'il a su exploiter avec beaucoup de flair et de clairvoyance. Des interprétations communément acceptées se trouvent mises en cause ; et bien des épisodes sont éclairés d'un jour nouveau par des pièces inédites, d'autant plus irréfutables qu'elles sont, pour certaines d'entre elles, de la main du général. Il en y a ainsi, par exemple, des débuts de la France Libre. "C'est l'histoire d'un bluff qui a réussi", disait-il. De nouveaux documents l'attestent, sans diminuer l'homme qui sut dire non, ce "rêveur réaliste", comme l'appelait Romain Gary. Mais de Gaulle ne prend toute sa dimension que si on le replace, comme le fait Eric Roussel, dans une perspective historique. Avec le recul, il apparaît comme un résumé et comme un aboutissement de tout le passé national. Plus proche assurément de Richelieu, de Louis XIV, de Napoléon ou de Clémenceau que de Henri IV, il est le type même de ces personnages, à présent disparus, entièrement dévoués à la grandeur de la nation et fervents de la raison d'Etat. "La vérité du général de Gaulle est dans sa légende", a dit Alain Peyrefitte. La légende ne perd pas toujours à être confrontée à l'histoire. Ce livre montre même que, parfois, elle y gagne.

278.          SAUVY (Alfred). Histoire économique de la France entre les deux guerres. 2. 1931-1939. De Pierre Laval à Paul Reynaud. Fayard, 1967, in-8°, 626 pp, 39 figures, 4 cartes, chronologie, index, broché, bon état

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Tome 2 seul (sur 4). — "Singulier Alfred Sauvy. Peu d'hommes ont poussé aussi loin que lui le refus de toutes les complaisances, l'opposition à tous les conformismes. Et peu d'hommes ont poussé aussi loin que lui le souci de s'en tenir aux sources brutes de l'information économique. Alfred Sauvy s'efforce d'observer l'histoire économique au moyen de l'analyse statistique critique. Sa matière à lui, c'est le chiffre, mais elle n'est pas moins explosive que l'homme." (Maurice Roy, L'Express) – "Scientifique et serein, Sauvy est d'une férocité savoureuse. On ne le lit pas, on le déguste." (Louis Salleron, La Vie française) – "... Une enquête passionnante dirigée par Alfred Sauvy. Un travail indispensable pour la compréhension de l'histoire contemporaine." (Le Nouvel Observateur) – "La connaissance de ces années reste obscurcie par l'ignorance et, pis encore, par les préjugés. En tirant les leçons du passé, Alfred Sauvy sert l'avenir." (L'Expansion)

279.          SAUVY (Alfred). Histoire économique de la France entre les deux guerres. 3. Divers sujets. Fayard, 1972, in-8°, 467 pp, avec la collaboration d'Anita Hirsch et d'autres auteurs, 6 figures, 3 cartes, index, broché, bon état

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Tome 3 seul (sur 4). — "Singulier Alfred Sauvy. Peu d'hommes ont poussé aussi loin que lui le refus de toutes les complaisances, l'opposition à tous les conformismes. Et peu d'hommes ont poussé aussi loin que lui le souci de s'en tenir aux sources brutes de l'information économique. Alfred Sauvy s'efforce d'observer l'histoire économique au moyen de l'analyse statistique critique. Sa matière à lui, c'est le chiffre, mais elle n'est pas moins explosive que l'homme." (Maurice Roy, L'Express) – "Scientifique et serein, Sauvy est d'une férocité savoureuse. On ne le lit pas, on le déguste." (Louis Salleron, La Vie française) – "... Une enquête passionnante dirigée par Alfred Sauvy. Un travail indispensable pour la compréhension de l'histoire contemporaine." (Le Nouvel Observateur) – "La connaissance de ces années reste obscurcie par l'ignorance et, pis encore, par les préjugés. En tirant les leçons du passé, Alfred Sauvy sert l'avenir." (L'Expansion)

280.          SAUVY (Alfred). Histoire économique de la France entre les deux guerres. 4. Sujets divers. Conclusions et enseignements. Bibliographie. Fayard, 1975, in-8°, 298 pp, avec la collaboration d'Anita Hirsch et d'autres auteurs, index, broché, bon état

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Tome 4 seul (sur 4). — "Singulier Alfred Sauvy. Peu d'hommes ont poussé aussi loin que lui le refus de toutes les complaisances, l'opposition à tous les conformismes. Et peu d'hommes ont poussé aussi loin que lui le souci de s'en tenir aux sources brutes de l'information économique. Alfred Sauvy s'efforce d'observer l'histoire économique au moyen de l'analyse statistique critique. Sa matière à lui, c'est le chiffre, mais elle n'est pas moins explosive que l'homme." (Maurice Roy, L'Express) – "Scientifique et serein, Sauvy est d'une férocité savoureuse. On ne le lit pas, on le déguste." (Louis Salleron, La Vie française) – "... Une enquête passionnante dirigée par Alfred Sauvy. Un travail indispensable pour la compréhension de l'histoire contemporaine." (Le Nouvel Observateur) – "La connaissance de ces années reste obscurcie par l'ignorance et, pis encore, par les préjugés. En tirant les leçons du passé, Alfred Sauvy sert l'avenir." (L'Expansion)

281.          SCHAPIRO (Leonard). Les Révolutions russes de 1917. Les origines du communisme moderne. Flammarion, 1987, in-8°, 330 pp, traduit de l'anglais, préface d'Hélène Carrère d'Encausse, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Peu d'événements dans l'histoire ont eu une plus grande influence sur nos vies que les deux révolutions de Février et d'Octobre 1917, qui renversèrent le tsarisme et établirent le communisme et le pouvoir soviétique en Russie, créant un nouveau régime qui depuis a servi de symbole ambigu aux socialistes et aux révolutionnaires, modèle à imiter ou à jeter, mais qui ne peut être ignoré. Aujourd'hui encore, la question demeure : comment les Bolcheviks se sont-ils emparés du pouvoir en 1917 ; et plus encore, comment ont-ils réussi à étendre et à assurer leur maîtrise, d'une manière irréversible ? Leonard Schapiro, un des grands spécialistes de l'histoire de la Russie, où il était né en 1910, nous a laissé, avec son dernier livre, un ouvrage appelé à devenir classique. S'appuyant sur les plus récents travaux et fort d'une vie entière de recherches et de réflexion, il montre lumineusement les causes de la chute du tsarisme et nous guide à travers les événements de l'année 1917 qui débouche sur le triomphe des Bolcheviks. Il étudie ensuite l'établissement du régime communiste jusqu'à la mort de Lénine en 1924, la relation complexe entre Lénine et Staline, le rôle crucial de l'armée et l'implantation du Parti dans les provinces. Centré sur la question du pouvoir, l'ouvrage de Leonard Schapiro est une contribution et une synthèse fondamentales pour comprendre l'émergence du communisme moderne. – Hélène Carrère d'Encausse rend longuement hommage à Leonard Schapiro, dans la préface qu'elle lui a consacrée.

282.          SLAMA (Alain-Gérard). Le siècle de Monsieur Pétain. Essai sur la passion identitaire. Perrin, 2005, in-8°, 275 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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Drôle de République, où ce sont les groupes ethniques, religieux, corporatistes, sexuels qui décident des lois régissant les libertés publiques, des candidats que l'on doit présenter aux élections, des recrutements qu'il faut privilégier, des mots que l'on a le droit de dire et de ce qu'il est licite de penser. Drôle de République, où l'individu est voué à l'exclusion s'il ne se prévaut pas d'une identité ou s'il déplaît à une communauté. L'aspiration à l'identité est volontiers présentée comme une conquête de la modernité, un progrès des droits de l'homme. En réalité, elle enferme l'individu dans une appartenance, nie son autonomie et sa responsabilité. Totalisante, elle est totalitaire. Ce mal, en France, prend sa source au début du XXe siècle. Il a atteint son apogée avec le célèbre slogan de la Révolution nationale : « Etes-vous plus Français que lui ? » En retraçant pour la première fois, ses origines et ses ressorts permanents, cet essai d'histoire et de politique est une mise en garde contre la pétainisation des esprits.

283.          STEVEN (Stewart). Le grand piège. Laffont, 1976, gr. in-8°, 229 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de photos hors texte, biblio, index, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le temps des révélations)

            20

Comment, au temps de la guerre froide et des grands procès en Europe de l'Est, les services secrets américains ont manipulé Staline et ses agents.

284.          TRAVERSO (Enzo). A feu et à sang. De la guerre civile européenne, 1914-1945. Stock, 2007, in-8°, 377 pp, 8 pl. de photos en noir et en couleurs, biblio, index, couv. illustrée, bon état

            20

"La première moitié du XXe siècle, de 1914 à 1945, fut une époque de guerres, de destructions et de révolutions qui mit l'Europe à feu et à sang. Pour Enzo Traverso, la notion de "guerre civile européenne" permet de rendre compte de cette terrible combinaison de guerre totale sans lois ni limites, de guerres civiles locales et de génocides, qui vit aussi l'affrontement de visions opposées du monde. Dans une ample perspective solidement documentée, il en brosse les principaux traits : le mélange de violence archaïque, de violence administrative froide et de technologie moderne pour anéantir l'ennemi, la brutalisation de populations jetées dans l'exode ou l'exil, le déchaînement émotionnel des conflits entre civils au sein de sociétés déchirées (URSS 1917-1923, Espagne 1936-1939, Résistance 1939-1945) ou encore l'irruption de la peur et l'effroi de la mort dans l'esprit des hommes. Restituant également leur place aux protagonistes engagés, il analyse les positions de ces intellectuels de l'entre-deux-guerres qui, à partir d'un égal rejet du monde en l'état, optèrent de façon opposée pour le communisme ou pour la révolution conservatrice. Il revient de même sur le combat des militants et résistants antifascistes, sans pour autant esquiver la question des liens avec le stalinisme ou celle de l'aveuglement face au génocide. Ce livre s'inscrit ainsi contre une relecture de cette période de l'histoire qui, sous couvert d'une critique des horreurs du totalitarisme, tend à rejeter les acteurs, fascistes ou antifascistes, dans le purgatoire indistinct des idéologies, comme si, derrière les victimes, aujourd'hui célébrées, tous les chats du passé étaient gris." (4e de couverture)

285.          TRUMAN (Harry S.). Mémoires. Plon, 1955-1956, 4 vol. in-8°, vi-337, 292, 328 et 358 pp, traduit de l'américain, 8 cartes dans le texte, index, brochés, bon état. Edition originale française, un des 45 ex. numérotés sur papier pur fil des papeteries Lafuma (1er papier avant 190 ex. sur papier roto blanc Aussédat)

            200

Tome I : L'Année des décisions : 1. L'Amérique continue (1945). 2. De Potsdam à Hiroshima (1945-1946) – Tome II : Années d'épreuves et d'espérances : 1. L'Alliance Atlantique (1946-1950). 2. L'Affaire de Corée (1950-1952). — "Il est inutile de souligner l'intérêt de ces mémoires : non seulement l'ancien président y passe en revue tous les événements qu'il a dû affronter à peine arrivé dans les conditions que l'on sait à la Maison Blanche – et quels événements : la décision sur l'usage de la bombe atomique, les débuts de la guerre froide, une énorme vague de grèves aux Etats-Unis, l'usure de l'équipe du New Deal, etc. –, mais encore il permet de comprendre pourquoi ce politicien inconnu et sans qualités intellectuelles éminentes a pu venir à bout de difficultés écrasantes et exercer avec autorité ses fonctions de président. Un bon sens robuste et sans complications, un sens très vif des responsabilités, une connaissance profonde de l'histoire américaine, des principes à défendre et des erreurs à éviter, un jugement aigu, pas toujours bienveillant et parfois inexact sur les hommes : telles sont les qualités que M. Truman a mises en œuvre, dans ses actes comme dans ce livre empreint d'une familiarité parfois surprenante pour le lecteur français." (Revue française de science politique, 1956)

286.          UNGER (Gérard). Aristide Briand. Fayard, 2005, in-8°, 658 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Aristide Briand (1862-1932) est à la fois célèbre et méconnu. En dépit de la multitude de rues qui portent son nom, du prix Nobel de la paix qui lui a été décerné en 1926, et de sa popularité dans les dernières années de sa vie, il n'occupe pas dans la mémoire nationale la place qui lui revient. Comme si les insultes de l'Action française et l'inimitié de certains ténors de gauche et de droite brouillaient toujours son image ; comme s'il avait bien été l'inculte et paresseux politicien opportuniste, l'anticlérical à tous crins et sur ses vieux jours le pacifiste bêlant livrant la France à l'Allemagne que ses adversaires ont dépeint. Il était nécessaire de remettre Aristide Briand dans la galerie des hommes illustres de la République. Gérard Unger y est parvenu avec science et talent.

287.          VERGÈS (Jacques) et Etienne BLOCH. La face cachée du procès Barbie. Compte-rendu du débat de Ligoure. Samuel Tastet éditeur, 1983, in-8°, 95 pp, broché, couv. à rabats, bon état. Peu courant

            30

A partir du début des années 1980, Jacques Vergès devient une bête médiatique. Notamment lorsqu'il prend la défense des terroristes Bruno Breguet et Magdalena Kopp, à la demande du nazi suisse François Genoud. On l'invite alors de plus en plus fréquemment sur les plateaux télé où ses invectives font merveille dans l'audimat. Le 27 avril 1983, Vergès reçoit une lettre de Klaus Barbie lui demandant de le défendre. En fait, il est beaucoup plus probable, comme l'explique le documentaire “L'Avocat de la Terreur”, que la demande émane de Genoud. Seul contre tous, Jacques Vergès va brillamment orchestrer une défense de rupture dans ce procès historique qui va assoir sa légende. Ce fascicule de 96 pages replonge le lecteur dans les débats complexes de l'époque. — Etienne Bloch, Conseiller honoraire à la Cour de Versailles, est le fils de Marc Bloch.

288.          VILLEMIN (André). Du Mont-Valérien au Mont Zaccar, 1939-1959. Brazey-en-Plaine, Chez l'Auteur, s.d. (2010), in-8°, 181 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. On joint la photocopie d'une coupure de presse sur l'ouvrage (Dijon, “Le Bien public”)

            20

Souvenirs : l'enfance pendant la seconde guerre mondiale, puis la guerre d'Algérie de 1956 à 1959 en tant qu'homme du rang du 14e régiment de parachutistes dans le djebel Zaccar et les Aurès.

289.          WAGENER (Françoise). Je suis née inconsolable : Louise de Vilmorin, 1902-1969. Albin Michel, 2008, gr. in-8°, 549 pp, 8 pl. de photos hors texte, chronologie, sources, oeuvres de Louise de Vilmorin, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Parce qu'elle fut l'une des grandes figures féminines de nos Lettres – poète et romancière, auteur de l'inoubliable Madame de –, parce que son esprit, sa beauté, sa grâce animèrent son célèbre "Salon bleu" de Verrières, parce qu'elle traversa le siècle comme il la traversa, qu'elle connut des amours aussi marquantes que difficiles – de Saint-Exupéry à Malraux, avec lequel elle finit ses jours –, Louise de Vilmorin laissa un éblouissant sillage partout où elle passa. Sa vie, scandée par un mariage américain (en 1925) et un mariage hongrois, fut brillante et somme toute malheureuse : sous les masques de la frivolité la plus élégante, son âme douloureuse et son travail d'écriture lui donnèrent une densité, un charme qui, ajoutés à son art de vivre, en firent la tenante d'un moment d'extrême civilisation à jamais disparue...

290.          WALL (Irwin M.). L'influence américaine sur la politique française, 1945-1954. Balland, 1989, gr. in-8°, 515 pp, traduit de l'américain, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Première synthèse, en tous points remarquable, sur un élément crucial dans l'histoire de la Quatrième République. Plus encore que l'Allemagne dépourvue de colonies, la France et ses possessions d'Afrique du Nord servent alors de pierre angulaire au dispositif de sécurité américain en Europe. Il en découle pour les Etats-Unis la nécessité d'y promouvoir la stabilité politique, par des interventions exercées dans les quatre domaines que distingue I. Wall : affaires militaires (OTAN, CED, guerre d'Indochine) ; économie (plan Marshall, puis subventions au réarmement français) ; vie politique intérieure (lutte contre le communisme et le gaullisme) ; infléchissement des moeurs dans le sens des normes américaines. L'analyse s'appuie sur des sources copieuses. (...) Au total, avec son traitement très complet de la création de Force Ouvrière et de l'assistance militaire américaine à la France, avec ses révélations sur l'implication des Etats-Unis dans le procès Kravchenko, cet ouvrage bien traduit fera désormais partie de la bibliographie de base sur la Quatrième République." (Laurent Cesari, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1990)

291.          WALTER (Georges). Souvenirs curieux d'une espèce de Hongrois. Tallandier, 2008, fort in-8°, 684 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, une photo de l'auteur en couv., bon état

            20

"Ce Walter, n'est-ce pas une espèce de Hongrois ?" demandait l'un des caciques d'un quotidien national. Il n'avait pas tort, puisque Georges Walter est né en 1921 à Budapest. Titulaire, après bien des tribulations, de la carte de presse n° 15.767, il a forgé son existence et sa réputation à la pointe de sa plume, précise et colorée, et au grain de sa voix de bronze, qui firent merveille durant cinquante années dans les journaux, sur les radios et à la télévision. De l'Amérique à la Chine et de Saïgon à Prague, c'est à quelques-unes des grandes convulsions du XXe siècle que sont accrochés ses souvenirs, là où le spectacle du malheur des peuples donne au journaliste un sentiment d'impuissance tout en lui imposant le devoir de témoigner. Sur l'autre versant de son parcours, l'écrivain Georges Walter, prix Interallié pour “Des vols de Vanessa”, ouvre la belle anthologie de ses rencontres et de ses admirations : Julien Gracq, Ernst Jünger, Emile Cioran, et le cher Joseph Kessel, sans oublier Edgar A. Poe, le plus familier de ses fantômes. D'un lyrisme baroque jailli de la Mitteleuropa, on ne s'étonnera pas de percevoir les échos dans les souvenirs, en effet bien curieux, parfois jubilatoires, de cette espèce de Hongrois devenu joaillier de la langue française.

292.          WINOCK (Michel). L'agonie de la IVe République. 13 mai 1958. Gallimard, 2006, in-8°, 381 pp, sources et biblio, index, broché, bon état (Coll. Les Journées qui ont fait la France), envoi a.s.

            20

La tragédie algérienne a été la malédiction de la IVe République. C'est à Alger, le 13 mai 1958, que s'enclenche l'engrenage qui finira par emporter ce régime issu d'une guerre et défait par une autre. Son agonie n'aura duré que trois semaines. Ce livre met au jour les protagonistes, les paroles, les arrière-pensées, les enjeux, les intrigues, les flottements, les audaces et les lâchetés qui rythment l'embrasement de ces quelques semaines haletantes. Il retrace la chaîne des événements et des affrontements, qui s'étend de l'insurrection d'Alger au retour du général de Gaulle au pouvoir. Il sonde, ce faisant, la profondeur des dissensions qui déchirent les Français jusqu'à menacer le tissu national. Michel Winock s'interroge sur l'incurable vulnérabilité d'une République, créatrice pourtant, en maints domaines, d'un véritable "miracle français". Ce n'est pas seulement à l'épreuve du conflit algérien que se meurt la IVe, c'est aussi en raison des tares intrinsèques d'un système politique réduit à l'impuissance et, par là même, discrédité. Les faiblesses de ce régime, honni par l'élite militaire, entraînent l'intervention de l'armée dans la vie politique, pour la première fois depuis plus d'un siècle: c'est sous la menace des armes que se décidera l'issue de la crise, par le recours, une fois encore, à un homme providentiel.

293.          WOLGENSINGER (Jacques). André Citroën. Flammarion, 1994, gr. in-8°, 311 pp, 32 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Grandes biographies)

            15

La Croisière noire, une marque d'automobiles en lettres de feu sur la Tour Eiffel, la Traction avant de Pierrot-le-Fou... Personne n'a oublié ces images mythiques. Elles appartiennent à la mémoire collective, aux souvenirs d'une époque. Derrière elles, un personnage exceptionnel : André Citroën. Fils d'un émigré hollandais, orphelin de père à six ans, élève de l'Ecole Polytechnique, sa vie est un roman. C'est d'abord un inventeur génial qui révolutionne les méthodes de fabrication et de commercialisation. Il bouscule l'ancienne « réclame » en créant la publicité moderne. Son existence fiévreuse est à la hauteur de sa légende ; il n'a cessé de défrayer la chronique de la Belle Epoque et des Années Folles. Cette enquête menée avec passion et lucidité, foisonnante de personnages, d'anecdotes, de documents et de photographies, compose le récit à suspense d'une existence hors du commun, en même temps qu'une traversée de l'histoire du siècle.

294.          ZAMPONI (Francis). Les RG à l'écoute de la France. Police et politique de 1981 à 1997. La Découverte, 1998, in-8°, 300 pp, documents en annexes (pp. 265-296), broché, bon état (Coll. Enquêtes)

            20

"Francis Zamponi, longtemps spécialiste de la police à Libération et fin connaisseur de la Grande Maison, s'est penché avec prudence sur ce service de renseignements. Il en fait un tableau rapide, mais complet, pimenté par le récit d'affaires en cascade, une sorte d'état des lieux qui constitue une utile mise au point pour tous ceux qui ont manqué un épisode. En témoigne l'affaire peu connue de Montreuil, lorsqu'en 1985 l'un des cinq membres d'un groupe d'extrême gauche est pincé avec une bouteille de gaz et de l'essence dans une agence de l'ANPE. L'homme avoue que l'opération a été montée par les RG pour arrêter des terroristes en flagrant délit et redorer un peu le blason du service. Un an plus tard, des fonctionnaires des RG cambriolent les locaux de SOS-Racisme, pour un assez maigre butin ; une autre équipe propose même un jour d'ouvrir un «salon de massage» pour y photographier des personnalités imprudentes. Il s'agit parfois d'initiatives locales : on recommande aux RG parisiens de recruter des indicateurs, «mais la méthode employée par l'inspecteur Dufourg montre qu'il n'en a pas saisi toutes les nuances», note Zamponi, lorsque le fonctionnaire tire un coup de feu dans la porte d'un malheureux qui tente ensuite de se suicider. C'est le premier dérapage de l'affaire Doucé, qui conduit au meurtre du pasteur, toujours pas élucidé. L'auteur fait le tour des autres affaires célèbres, des plombiers de l'Elysée au corbeau du juge Halphen, en passant par les écoutes du conseil national du PS, qui vaudront aux RG de ne plus travailler sur la politique tout en continuant à s'y intéresser. Francis Zamponi en sait évidemment bien plus qu'il n'en peut écrire. La précaution est louable, en des matières qui se prêtent au spectaculaire et à la manipulation. Il n'empêche : on aurait souhaité, ici et là, qu'il s'agisse « des coups tordus de Charles Pasqua » ou des manoeuvres d'un sous-directeur des courses et jeux, qu'il en dise un peu plus." (Franck Johannès, Libération)

1ère GUERRE MONDIALE

 

295.          ADAM (Dr Frantz). "Sentinelles... Prenez garde à vous...". Souvenirs et enseignements de quatre ans de Guerre avec le 23e R.I. 2e édition augmentée d'une carte et d'une lettre à Norton Cru (second tirage, corrigé). P., Amédée Legrand, 1933, in-12, 205 pp, une carte dépliante hors texte, broché, bon état. Peu courant

            40

"Le docteur Frantz Adam, qui vit la mobilisation à Châlons-sur-Marne, intègre le 23e R.I. qui s’est stabilisé dans les Vosges au début de novembre 1914. Il est médecin aide-major de 2e classe de réserve du 1er bataillon (cdt Rosset). Il participe à l’organisation d’un secteur qui va devenir terrible, celui de la Fontenelle au Ban-de-Sapt. D’autres lieux vont suivre ; la Somme, Verdun, le Kemmel ou les Flandres dans lesquels l’officier fait son travail avant d’être promu médecin-major, en 1917. Ses souvenirs sont alors le prétexte à dissection de son environnement, afin d’en tirer des enseignements. (...) Outre le témoignage d’un médecin du front, ce livre fournit à l’Historien le regard d’un témoin honnête et observateur dont la volonté est de tirer des enseignements du conflit qu’il a traversé. La large évocation du front vosgien, – où le régiment a passé deux années – moins évoqué dans la littérature de guerre, vient renforcer l’intérêt de ces souvenirs de guerre... Dans la seconde édition, sa lettre à Norton Cru, empreinte d’adhésion et de contestation, lui reproche ses analyses sur le pacifisme d’après-guerre, précisant que les enfants des poilus « ne savent pas grand-chose de la guerre » (page 200) et que le désarmement n’empêchera pas la prochaine guerre." (Crid 14-18)

296.          ALLARD (Capitaine Jules). Journal d’un gendarme 1914-1916. Bayard, 2010, in-8°, 259 pp, copieuse présentation d'Arlette Farge (66 pp), tableaux en annexes, 11 fac-similés, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Jules Allard, capitaine de gendarmerie à Angers, est mobilisé le premier jour de la guerre. Il tiendra son journal pendant ses deux premières années à l'arrière du front, de 1914 à 1916. Il mourra en 1918 et remplira jusqu'à la fin les documents destinés à sa hiérarchie. Mais il cessera d'écrire ce journal. Trop de fatigue, de nuits sans sommeil, trop d'horreur et de teneur, de deuils sans doute. Pourtant, Jules Allard ne s'épanche guère dans ces deux petits carnets qu'il conserve toujours sur lui, il n'invoque ni Dieu ni la patrie. Il décrit, jour après jour, la guerre, les grandes batailles comme celle de la Marne et à l'arrière, les pillages, les jugements, les arrestations et exécutions de ceux qui désertent ou se rebellent, se souvient parfois de l'amitié des habitants. Pour ce pouvoir disciplinaire de punir les fuyards et les insoumis, les gendarmes furent l'objet d'un ressentiment tenace en même temps que d'un véritable silence. "Seule l'histoire, faite aujourd'hui, sans préjugés ni tabous, au ras de l'ordinaire des choses, permettra non une réconciliation, mais de construire des gués pour aller d'une rive à l'autre d'une guerre sans nom, parce que terrifiante et abusive." (Arlette Farge) — "Depuis l’édition dans les années 1970 des “Carnets de guerre du sergent Louis Barthas, tonnelier”, les représentations de la Grande Guerre ont considérablement changé par rapport à un discours épique trop longtemps convenu. Et les développements de l’historiographie depuis les années 1980 ont contribué à renforcer une objectivité de données, celles notamment des correspondances privées et des « journaux », dominés par la prise de conscience de l’horreur essentielle à cette guerre. Dans ces perspectives, le Journal d’un capitaine de gendarmerie apporte aujourd’hui une note particulière. Car ce corps perdit alors, en raison même de son rôle, une partie de son prestige auprès des Français, et surtout leur confiance. Souvent chargés des basses besognes de surveillance, d’arrestations, de rabatteurs de tranchées, ses hommes connurent pourtant la même horreur. La sobriété du présent témoignage ne peut que confirmer, sans démérite, ce partage de destin. Limité à deux années, il dit par là même le désarroi du témoin qui ne survivra que de quelques semaines à l’Armistice. Et comment ne pas penser que sa dernière maladie n’ait relevé d’un sourd désespoir ? Il y a là un témoignage précieux dont l’écri­ture, soudainement interrompue, dévoile un sentiment d’impuissance et de vacuité. Il n’en est que plus significatif." (Pierre Gibert, Etudes, 2010)

297.          AUDOIN-ROUZEAU (Stéphane) et Christophe PROCHASSON (dir). Sortir de la Grande Guerre. Le monde et l'après-1918. Tallandier, 2008, in-8°, 511 pp, 2 cartes, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, trace de pliure au 2e plat, bon état

            25

Les historiens se sont très tôt penchés sur le déroulement et les suites de la Première Guerre mondiale, conflit qui a orienté le destin du XXe siècle tout entier. Les armistices de 1918, les traités de paix et le complexe écheveau territorial qui en est issu, les après-guerres et leurs dynamiques de reconstruction ont ainsi suscité une abondante littérature, aussi remarquable que nécessaire. Elles ne disent pas, cependant, comment les peuples et les nations sont sortis de la Grande Guerre. Une équipe internationale d'historiens, placée sous la direction de Stéphane Audoin-Rouzeau et Christophe Prochasson, interroge dans ce livre le monde de l'après-1918 : pays vainqueurs (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis...), pays vaincus (Allemagne, Autriche, Hongrie), pays libérés (Belgique, Roumanie, Yougoslavie), pays engagés dans de nouveaux conflits, civils ou territoriaux (Russie, Pologne, Turquie, Grèce), enfin colonies et dominions. L'histoire de l'après-1918 est celle d'une démobilisation. Démobilisation effective des combattants et des économies, mais aussi démobilisation culturelle des sociétés : il fallut, après plusieurs années d'investissement collectif dans le conflit, reprendre les relations avec les ennemis d'hier et organiser le retour aux normes, elles-mêmes ébranlées par près de cinq années de guerre. A cela s'est ajoutée une dimension morale, voire psychique, où les commémorations ont joué leur rôle : celle du deuil, collectif ou familial, de nations touchées par la mort de masse, et celle du traumatisme chez les victimes, militaires ou civiles. A la limite, peut-on exclure que bien des contemporains du conflit ne soient jamais "sortis" de la Grande Guerre ?

298.          BECKER (Jean-Jacques). Les Français dans la Grande Guerre. Laffont, 1980, in-8°, 317 pp, 8 pl. d'illustrations et photos hors texte, tableaux, sources et biblio, annexes, broché, couv. illustrée, état correct

            25

"L'auteur prolonge ici l'enquête amorcée par sa thèse “1914, comment les Français sont entrés dans la guerre”. S'il fait quelques allusions aux militaires, il concentre son attention sur le moral des civils dans l'épreuve : question moins connue que l'évolution des conditions concrètes de l'existence. On ne peut saisir l'opinion comme en temps de paix, par l'élection ou par la presse, mais il existe d'abondantes sources : rapports des préfets de police, observations des notes des commissions de contrôle postal, documents privés. Leur ampleur même contraint à des sondages, effectués avec le souci de varier les échantillons (Paris, Le Creusot, où on dispose d'un journal tenu par le secrétaire en chef de la mairie, les Côtes-du-Nord, la Charente, la Loire...) : les recherches à venir pourront évidemment élargir l'éventail et préciser certaines données. Le bilan est présenté avec un remarquable sens de la mesure, dans un livre fermement construit, nuancé par une sensibilité comprehensive, d'une sûre maîtrise, auquel on se référera désormais." (Pierre Barral, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1983)

299.          BOUCHERIE (Colonel). Historique du 1er Corps de Cavalerie (Mars 1917 - Décembre 1918). Charles-Lavauzelle, 1924, gr. in-8°, vii-(2)-319 pp, préface par le général de Mitry, 54 croquis dans le texte, annexes, reliure demi-chagrin noir, dos lisse avec titres, doubles filets et fleuron dorés (rel. de l'époque, de la bibliothèque des officiers à Beyrouth), coupes frottées, bon état

            100

L'historique du 1er corps de cavalerie a été établi d'après les documents déposés aux Archives de la guerre et en écartant soigneusement les faits qui ne sont pas confirmés par un témoignage officiel. Les différentes parties de cet historique correspondent chacune à une période caractérisée par un événement particulièrement important ; il a paru qu'il serait ainsi possible de mettre plus nettement en lumière les transformations successives apportées à l'organisation de la cavalerie et l'évolution imposée à ses procédés de combat par l'expérience même de la guerre.

300.          CANINI (Gérard). La Lorraine dans la guerre de 14-18. Presses Universitaires de Nancy, 1984, in-8°, 126 pp, 24 photos sur 16 pl. hors texte, 5 cartes, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Prix général Muteau de l'Académie française 1985)

            25

Curieusement, notamment au vu de l’importance stratégique du territoire lorrain, il existe peu d’ouvrages de synthèse sur la Première Guerre mondiale en Lorraine. Le livre de Gérard Canini est, aujourd’hui encore, le seul qui brosse un panorama complet des opérations militaires dans la région.

301.          CERISIER (Albert). Nous progressons vers Gallipoli. P., Eugène Figuière, 1930, in-12, 253 pp, broché, bon état. Rare

            40

Par Albert Cerisier, alors dans les rangs du 148e régiment d'infanterie de l'Armée d'Orient.

302.          CLEMENCEAU (Georges). Grandeurs et misères d'une victoire. Plon, 1930, in-8°, iv-374 pp, 3 fac-similés hors texte : une page du manuscrit, une lettre du maréchal Foch à Clemenceau, une page de la copie dactylographiée du manuscrit corrigée par l'auteur, broché, état correct

            20

Dix ans après, un géant de la Grande Guerre, le maréchal Foch, en attaque un autre, Georges Clemenceau, qui riposte par un livre magnifique, “Grandeurs et misères d'une victoire”, paru en avril 1930, peu après sa mort. A la fois mémoires et plaidoyer pour son action à la tête du gouvernement, l'ouvrage ultime du prodigieux lutteur présente un témoignage majeur sur le drame de la guerre et de la paix, la grandeur de l'engagement et la solitude du pouvoir. — "La complexité de la personnalité de Clemenceau, telle qu'elle s'est forgée depuis sa jeunesse, s'éclaire ici. Son pessimisme sur les comportements ordinaires des hommes, sur l'inanité de beaucoup de gestes accomplis se mêle à la conviction que, d'effort en effort, l'humanité finira par s'arracher peu à peu, grâce aux progrès du droit, aux ténèbres primitives de la barbarie (...). Ainsi fonctionnent les grands caractères dans l'action : passionnément injustes parfois, magnifiquement déterminés sur l'essentiel, capables toujours d'adapter leur jugement à cette multiplicité des rythmes dont l'Histoire est constituée. Ainsi en va-t-il de Clemenceau, et c'est pour cela que son livre ultime vibre encore et qu'il nous arrache à toute tentation d'indifférence envers un monde qu'on aurait pu croire, à l'étourdie, tellement éloigné du nôtre." (Jean-Noël Jeanneney)

303.          Collectif. Mémoire et vérité. 14-18 : la France au combat. P., ASAF, 2016, in-8°, 194 pp, nombreuses photos, cartes en 2 couleurs, guide bibliographique, broché, couv. illustrée, bon état

            10

Textes par Henri Ortholan, François Cochet, Michel Goya, Rémy Porte, Xavier Pierson, Claude Franc, Olivier Lahaie, etc.

304.          DESMAZES (Lt.-Colonel) et Commandant NAOUMOVITCH. Les Victoires serbes en 1914. Berger-Levrault, 1928, in-8°, 124 pp, préface du Maréchal Joffre, 7 croquis ou cartes dépliants hors texte, modeste reliure demi-toile grise, dos muet, C. de bibl., soulignures crayon, bon état. Rare

            60

Excellent récit de la campagne serbe de 1914. — "Ces victoires sont mal connues en France. On ignore notamment que du 15 au 23 août 1914, l'armée serbe était victorieuse des Autrichiens et que du 25 août au 5 novembre se place une phase fort intéressante où l'on voit une offensive serbe en Syrmie, une autre en Bosnie. Puis, fin novembre, c'est la victoire de la Koloubara, dont le résultat fut l'évacuation de Belgrade par les Austro-Hongrois. Ces derniers refluaient en complète déroute du 2 au 15 décembre. « Sans qu'on l'ait suffisamment mesuré pendant la guerre, la solidarité des fronts s'est fait sentir dès le début du conflit. Si excentrique qu'ait pu nous paraître le front serbe par rapport à celui sur lequel nous luttions avec nos alliés belges et britanniques, il n'est pas exagéré de dire que les victoires serbes de 1914 ont contribué aux succès décisifs que notre coalition a remportés dans les premiers mois de la guerre sur les fronts principaux. » L'Autriche a dû consacrer des forces nombreuses à se battre contre la Serbie. Les Russes ont été soulagés d'autant. Par leurs succès, les Serbes ont contraint les Allemands « à venir au secours des Austro-Hongrois beaucoup plus tôt et dans une mesure bien plus grande qu'ils ne l'auraient souhaité. » A la guerre, tout s'enchaîne. Il est évident que ces corps allemands qui ont été expédiés en Serbie auraient pu, sur notre front, nous causer préjudice. Nous devons avoir de la reconnaissance envers la nation serbe qui a effectué la plus utile et la plus sérieuse des diversions. Les auteurs consacrent, dans leur introduction, des lignes émues au souvenir du glorieux roi Pierre Ier de Serbie, ancien élève de Saint-Cyr, officier dans notre armée pendant la guerre de 1870-1871, et un des amis les plus fervents de notre pays." (Revue militaire française, 1929)

305.          DUPRÉ (Léon-Antoine). Carnet de route d'un gosse des tranchées. Michel Lafon, 2013, fort in-8°, 333 pp, préface de Jean-Pierre Guéno, aquarelles et dessins de l'auteur en noir et en couleurs, 28 photos, broché, couv. illustrée à rabats, pt accroc au 1er plat, bon état

            25

Ce Carnet de route permet de suivre presque au jour le jour un peu plus de deux années (de mai 1916 à juillet 1918) de la vie au front d’un jeune engagé volontaire qui, à vingt ans à peine, a participé avec beaucoup de courage et de patriotisme aux batailles les plus meurtrières de la Première Guerre mondiale, notamment à Verdun et au Chemin des Dames. Élaboré à partir des lettres qu’il avait alors écrites à ses parents, calligraphié et illustré par ses soins quelque trente ans plus tard, son récit montre toute l’horreur d’un conflit dans lequel tant de combattants ont perdu leur jeunesse et leur existence, mais il le fait sans amertume ni emphase, et n’en suscite que plus d’émotion. Alors qu’il n’était ni historien ni écrivain, Léon-Antoine Dupré a écrit ici un livre bouleversant, propre à s’ancrer dans la mémoire d’un très large public aussi bien comme un document historique que comme une œuvre pleine d’humanité. — Léon-Antoine Dupré est né le 22 septembre 1897 à Laval, où son père était médecin. Engagé volontaire en juillet 1915, à dix-huit ans à peine, il est affecté au 35e régiment d'artillerie de campagne, mais doit attendre une année entière avant d'être envoyé au front. Il combat alors dans tout l'est de la France, où sa bravoure lui vaut d'être décoré de la Croix de guerre en octobre 1917, avant qu'il soit intoxiqué par des gaz asphyxiants à quelques mois de l'armistice. En juillet 1922, il épouse Lucie-Blanche Finel, avec laquelle il vient de suivre des études de chirurgie dentaire, et tous deux s'établissent comme dentistes à Granville. Mobilisé en septembre 1939, il sert comme médecin auxiliaire et dentiste à l'hôtel-Dieu de Saint-Malo jusqu'en juin 1940. Fait chevalier de la Légion d'honneur en octobre 1949, il meurt le 3 décembre 1957.

306.          FORTON (Louis). Les Pieds Nickelés s'en vont en guerre 1913-1917. P., Claude Offenstadt, Editions Azur, 1966, gr. in-4°, 301 pp, préfaces de Pierre Boileau et Francis Lacassin, une composition originale de Paul Colin, “Hommage aux Pieds-Nickelés”, 6 couvertures reproduites à pleine page en couleurs et 278 pages de bandes dessinées (dont 30 en couleurs) par Louis Forton, reliure cartonnée bleu-blanc-rouge avec titre en noir au 1er plat et au dos de l'éditeur, gardes illustrées, sans la jaquette, bon état

            40

Les aventures de Croquignol, Filochard et Ribouldingue, trois petits filous, à la fois escrocs, hâbleurs et indolents. Au début de leur « carrière », les Pieds Nickelés se heurtent sans cesse aux forces de l'ordre dans des aventures où ils ont rarement le dessus. Peu à peu, la bande dessinée rencontrant un succès grandissant, les Pieds Nickelés prennent de l’envergure et de l’audace. Ils se frottent désormais aux grands de leur époque, le président de la République, le roi d’Angleterre et le Kaiser. Avec la Première Guerre mondiale, la personnalité des Pieds Nickelés prend encore un nouveau tour. Ils incarneront désormais les valeurs populaires françaises d’ingéniosité et de débrouillardise connues sous le nom de « système D ». Opérant derrière les lignes ennemies sous de multiples couvertures, ils roulent sans cesse les « boches », dépeints comme de gros lourdauds sans aucune finesse et faciles à berner. Louis Forton a continué à dessiner les Pieds Nickelés jusqu’à sa mort en 1934... — "Le zeppelin emprunté par les Pieds-Nickelés, une de leurs idées « épastrouillante et phénoménale» pour s'évader d'un camp de prisonniers, portait simplement la lettre Z. Les Pieds-Nickelés qui n'étaient pas « des poilus à la peau de navet », se cachent dans la nacelle du zeppelin qui « dans l'assourdissant ronflement du moteur, prit son vol en pleine nuit dans l'espace ». Ce raid nocturne, « était-ce une simple sortie d'essai ou bien le dirigeable se dirigeait-il vers un but déterminé afin de laisser tomber, suivant sa lâche habitude, ses bombes incendiaires sur quelque ville ouverte, sans souci de tuer des femmes, des enfants, des vieillards ?...». Mais avec de la ruse et de l'audace, les Pieds-Nickelés prirent le contrôle du zeppelin et rapportèrent leur prise de guerre dans les lignes françaises après avoir enlevé le Kronprinz et bombardé les tranchées (boches) de boules puantes. En 1915, dans le journal illustré L'Épatant, Louis Forton, comme ses confrères des magazines L'Illustration ou Le Miroir, utilise le zeppelin pour, remplir le cadre de ses images..." (Evelyne Desbois, L'Inaccessible champ de bataille, 1998).

307.          GRANCHER (Marcel-E.). 5ème de Campagne. Au front pendant la "Grande Guerre". Editions Grancher, 2003, gr. in-8°, 261 pp, broché, couv. illustrée, bon état. La première édition date de 1938

            15

En 1915, Maurice Ruet, vient d’être affecté au régiment du 5ème de Campagne, à l’artillerie – les fameux 75 ! Porté par la plume de Marcel-Etienne Grancher, lui-même parti pour la Grande Guerre à 18 ans, on trouvera dans cet ouvrage les sottises du dépôt, les portraits hauts en couleur des "sous-off" grincheux ou ridicules, le front, les mines, les obus, les copains, la lâcheté de certains, les mitrailleuses et les marmites, les nuits noires illuminées de fusées... Et aussi les rires de ces guerriers qui étaient encore des gamins de vingt ans... Un grand livre sur la guerre 1914-1918.

308.          HANOTAUX (Gabriel). La bataille de la Marne (25 août -13 septembre 1914). Plon, 1922, 2 vol. in-8°, iv-351 et 421 pp, avec 2 cartes hors texte, 18 croquis et 14 cartes d'Etat-Major, brochés, état correct

            70

"Sur la grande action qui décida du sort de la guerre et de l'avenir de la civilisation, des opinions divergentes et de nombreux détails tendancieux ont été publiés. L'éminent académicien, animé uniquement par la recherche objective de la vérité, s'inspirant de l'étude de la carte, de l'observation attentive de la marche des armées sur le terrain, d'une documentation incomparable émanant des états-majors en présence, a eu, le premier, le mérite de dégager les doctrines qui ont guidé la manoeuvre initiale allemande, les directives essentielles qui l'affirmèrent et les raisons de l'échec retentissant auquel elle aboutit. Dans cette oeuvre, aux lignes harmonieuses et sévères, étayée à chaque page par des preuves sans réplique, on voit comme sur un écran, se dessiner le plan d'encerclement gigantesque qui devait enserrer l'armée française, ouvrir irrésistiblement le chemin de Paris et briser d'un coup la résistance de nos armes. C'est ce que l'auteur, d'après Schlieffen, a appelé le système de la tenaille. D'un autre côté, il nous montre que, liberté d'action, liaisons assurées, participation de toutes les forces à la bataille, initiative, surprise, sont les éléments que le général Joffre dut réunir à la minute suprême pour assurer le succès. Il les a attendus et rassemblés avec une patience et une célérité admirables dans le court délai que son repli vers le sud lui avait assuré. Le général en chef voyait que s'enfermer dans Paris, c'était courir à un Metz ou à un Sedan..." (R. Villatte des Prugnes, Revue des études historiques, 1923)

309.          JOANTHO (Louis de). Le triomphe de la Marseillaise. Plon, 1917, in-8°, xiv-286 pp, lettre-préface de S.A.R. Mgr le duc de Montpensier, 50 illustrations dans le texte et hors texte, index, reliure demi-toile bleue, dos lisse avec titres dorés, couv. illustrées conservées (rel. de l'époque), bon état

            50

310.          KEEGAN (John). La Première Guerre mondiale. Perrin, 2003, fort in-8°, 553 pp, 16 pl. de photos hors texte, 16 cartes, biblio, 2 index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

John Keegan est aujourd'hui considéré comme l'un des plus talentueux et réputés historiens de la guerre. Après cinq années de recherches, il livre une histoire de 14-18 sans équivalent dans les librairies françaises. L'auteur réussit en effet à donner la mesure mondiale de cette guerre qui implique Africains autant qu'Indiens, Canadiens ou Japonais. En même temps, il n'oublie ni les enjeux nationaux ni les tensions sur les lignes de front, et cette perspective lui permet de s'affranchir des stéréotypes couramment répandus, tels que la responsabilité écrasante de l'Allemagne dans le déclenchement du conflit, la guerre fraîche et joyeuse des débuts, les "erreurs" allemandes sur la Marne ou à Verdun, les mauvais choix stratégiques anglais ou les insuffisances chroniques de la France. Il replace dans leurs justes proportions le rôle des Russes, le poids des Autrichiens, des Britanniques ou des Américains. Il s'interroge enfin sur la pseudo-fatalité de la guerre et sur ses lendemains si décriés. Aucun sensationnalisme dans ce livre, juste le ton qu'il faut pour évoquer et donner à comprendre une histoire de boue, de sang et d'eau. Ainsi s'esquissent, grâce à John Keegan, la fin du siècle des empires, puis la nouvelle carte d'un monde sur le tracé duquel notre histoire contemporaine s'est écrite.

311.          MASSIS (Henri). Le Sacrifice, 1914-1916. Plon, 1917, in-12, xii-271 pp, reliure plein maroquin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées, tête dorée, bel exemplaire. Edition originale, un des 25 ex. imprimés à larges marges sur papier pur fil des papeteries Lafuma. On joint trois lettres a.s. de Henri Massis adressées à M. Fernand Gregh

            200

"(...) Mobilisé en août 1914 comme caporal au 3e BCP, Henri Massis reste 4 mois au dépôt avant de rejoindre son bataillon à Noulette, en Artois, le 20 décembre. Il est blessé 26 jours après et évacué le 14 janvier 1915. Guéri, il est affecté comme sous-lieutenant au 26e BCP le 27 juin., puis passe au 66e BCP. Il est évacué pour maladie le 25 septembre et c'est la fin de sa campagne dans l'intanterie des tranchées. Depuis la guerre, H. Massis est rédacteur en chef de la “Revue universelle”..." (Jean-Norton Cru, Témoins)

312.          MAUFRAIS (Louis). J'étais médecin dans les tranchées, 2 août 1914 - 14 juillet 1919. France Loisirs, 2009, gr. in-8°, 332 pp, présenté par Martine Veillet, préface de Marc Ferro, 58 photos et 5 cartes dans le texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            15

Août 1914. Louis Maufrais, étudiant en médecine, pense présenter l'internat quand la guerre éclate. Il rejoint alors le front et découvre les tranchées. Il va y rester quatre ans. Quatre ans pendant lesquels il côtoie la mort les pieds dans la boue et les mains dans le sang, jour et nuit enterré au fond de postes de secours secoués par le souffle des obus. Quand il a un moment de repos, il prend des notes, photographie, pour raconter la souffrance, celle de ses camarades, la sienne, mais aussi l'amitié, le burlesque, l'absurde. De l'Argonne au Chemin des Dames en passant par Verdun et la Somme, la Grande Guerre racontée au jour le jour et illustrée – fait rarissime – de photos prises par l'auteur du texte. — "Un texte hallucinant. Un témoignage unique." (Marc Ferro)

313.          MICHELIN (Commandant Pierre). 1914-1918, présents ! P., Union Latine d'Editions, 1932, gr. in-8° carré, 204 pp, préface de André Tardieu, 33 illustrations dans le texte par P. A. Bouroux, 2 cartes dépliantes hors texte, imprimé sur vélin chiffon, broché, couv. illustrée rempliée, bon état, envoi a.s. On joint la carte de visite du général Michelin, commandant l'Ecole militaire d'Infanterie de Saint-Maixent

            45

Né le 19 novembre 1876 à Commenailles (Jura), Pierre Michelin est issu d’un milieu modeste. Il s’engage à 19 ans au 27ème régiment d’infanterie (Dijon) dans lequel il passe caporal puis sergent avant d’entrer à Saint-Maixent en 1899. Sorti 3ème/307 de sa promotion (Transvaal) il rejoint le 2ème régiment de tirailleurs algériens d’Oran. Il reste quatre ans en Afrique où il combat aux côtés de Lyautey. Il atteint le grade capitaine en 1912 et est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1913. De retour en métropole, il sert dans les Alpes et c’est à ce grade que la guerre le trouve à la tête de la 7ème compagnie du 157ème R.I. de Gap-Barcelonnette. Nommé commandant à titre temporaire à l’issue des combats de la Chipotte dans les Vosges, il l‘est à titre définitif après la Somme en 1916 mais il quitte alors son régiment pour commander le 43ème B.C.P. (Langres). — "Voici une oeuvre de chef, – un livre sur la guerre, d'où le moi est banni ; où le témoin dépose en s'effaçant et prouve son titre à commander par le culte rendu à ses soldats. L'auteur ne prétend ni enseigner, ni démontrer, encore qu'il en ait conquis le droit par ses éclatants services. Dans une forme pleine et simple, il évoque, en ses dominantes, l'âme collective de la France au combat..." (André Tardieu)

314.          OLIVIER (Gaston), Alain Chaupin. Afin de ne jamais oublier... Vie et mort d'un Poilu héroïquement ordinaire, Gaston Olivier, soldat au 274e R.I. Correspondance retranscrite et commentée par Alain Chaupin. Le Chaufour, Editions Anovi, 2008, in-8°, 332 pp, préface de Stéphan Agosto, 30 photos et 2 cartes, biblio sommaire, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Gaston Olivier est originaire de Wambrechies (Nord), mais il vit à Petit-Quevilly (Seine Inférieure) en 1914. Rappelé sous les drapeaux début août, il part à la guerre avec le 274e R.I. de Rouen. Il est alors de tous les combats, de la bataille de Charleroi à celle de la Marne, avant de connaître les premières tranchées près de Reims, où il trouve la mort en janvier 1915. Son carnet de guerre et la correspondance qu'il adresse quotidiennement à sa femme sont un témoignage sur les six premiers mois de la guerre, autant qu'un message d'amour et d'espoir.

315.          POINCARÉ (Raymond). Au service de la France. Neuf années de souvenirs. IV. L'Union sacrée. 1914. Plon, 1929, in-8°, 551 pp, 14 photos sur 8 planches hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin bleu, tête dorée, couv. conservées, imprimé sur beau papier blanc, bon état

            25

316.          POINCARÉ (Raymond). Au service de la France. Neuf années de souvenirs. V. L'Invasion. 1914. Plon, 1929, in-8°, 543 pp, 24 photos sur 16 planches hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin bleu, tête dorée, couv. conservées, imprimé sur beau papier blanc, bon état

            25

317.          RAUZIER (Ives). 1914-1918. Carnet de guerre de Jean Boudet (1887-1954). Présenté par Ives Rauzier. Ives Rauzier, 1967, fort in-8°, 82 pp, 52 photos et 6 documents, broché, couv. illustrée, bon état

            10

Le carnet de guerre de Jean Boudet retrace le parcours d’un combattant pas comme les autres. Ce n’est ni celui d’un fantassin, ni celui d’un artilleur ou d’un cavalier ordinaire. Jean Boudet fit partie de la Brigade des fusiliers marins qui se rendit célèbre dans les Flandres belges, autour de Dixmude, à l'automne 1914, avant de poursuivre sa guerre sur le croiseur-cuirassé Condé, puis sur le vapeur La Pérouse à bord duquel il achèvera la guerre.

318.          RIVIÈRE (Jacques). L'Allemand. Souvenirs et réflexions d'un prisonnier de guerre. Gallimard, 1944, in-12, 250 pp, broché, papier lég. jauni, qqs marques au crayon en marges, bon état

            20

Réédition opportunément publiée en décembre 1944. La première édition est de décembre 1918. — "Fait prisonnier dès le 24 août 1914, Rivière a été placé, après une tentative d'évasion, dans le camp de représailles de Hülseberg en Hanovre. Ces réflexions de captivité sont marquées par un antigermanisme violent... Le 13 janvier 1919, Gide félicitait Rivière que son témoignage soit « considéré déjà par la Propagande comme un service considérable ». Sous l'Occupation, l'ouvrage figurera sur la liste Otto." (Vignes, Bibliographie des éditions de la NRF)

319.          SEICARU (Pamfil). La Roumanie dans la Grande Guerre. Minard, 1968, gr. in-8°, 455 pp, une carte sur double page hors texte, broché, couv. lég. salie, bon état

            50

Pamfil Seicaru, ancien directeur du journal « Curentul », un de plus influents quotidiens de Bucarest dans l'entre-deux-guerres, fut décoré de la Croix de Guerre 1914-1918 avec deux citations. Il est un des représentant de "la génération des tranchées", groupe littéraire de droite déçu par l’évolution de la politique roumaine d’après la Première Guerre mondiale.

320.          [Verdun] – Place de Verdun – Service des missions. Notice sur le Fort de Douaumont et son rôle pendant la bataille de Verdun. Verdun, Librairie Frémont & Fils, 1931, in-12, 22 pp, avec, en annexe, une note sur la visite de l'intérieur du Fort et 4 croquis dont 2 paroramiques dépliants, cart. éditeur, bon état

            15

321.          [Verdun] – Place de Verdun – Service des missions. Notice sur le Fort de Vaux et son rôle pendant la bataille de Verdun. Verdun, Librairie Frémont & Fils, 1931, in-12, 22 pp, avec, en annexe, une note sur la visite de l'intérieur du Fort et 3 croquis dont 2 paroramiques dépliants, cart. éditeur, bon état

            15

322.          VIDIL (Charles). Les Mutineries de la marine allemande, 1917-1918. Avec une étude historique et psychologique sur les mutineries maritimes. Payot, 1931, in-8°, 206 pp, biblio, reliure demi-percaline bleue, dos lisse avec pièce de titre basane noire et fleuron doré, couv. conservées (rel. de l'époque signée Jean Duval), bon état (Coll. de Mémoires, Etudes et Documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

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"Cette étude objective et consciencieuse des mutineries dans la marine allemande au cours de la guerre de 1914-1918 est précédée d'études plus brèves sur les mutineries qui se sont produites antérieurement à la guerre dans les flottes de différentes nations. Elle contient en annexe un rapport de l'amiral von Scheer, qui analyse les causes des mutineries allemandes et contient des renseignements intéressants au sujet des mesures prises par les meneurs de ces mutineries." (Revue militaire française, 1931)

2ème GUERRE MONDIALE

 

323.          ALARY (Eric). La Ligne de démarcation, 1940-1944. (Thèse). Perrin, 2003, gr. in-8°, 429 pp, 8 pl. de photos et 8 pl. de cartes en couleurs hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"A partir du 22 juin 1940 et sur près de 1200 kilomètres, du Jura jusqu'à la Touraine, puis à la frontière espagnole, est créée une véritable "frontière" au cœur de la France vaincue. La ligne de démarcation constitue une division territoriale majeure de la France au XXe siècle. La ligne de démarcation est donc un excellent observatoire de l'Occupation. Elle met des millions de Français dos à dos, victimes d'une multitude de servitudes : interdictions de circuler, de s'écrire entre les deux zones ; tracasseries administratives, difficultés pour travailler, pour transférer des fonds, pour exercer la justice, pour enseigner, pour prier ou encore pour aller enterrer ou marier un parent dans l'autre France. Les occupants entraînent le régime de Vichy dans un engrenage toujours plus important de concessions, notamment économiques, privilégiant les échanges au bénéfice de la zone occupée et donc du IIIe Reich. L'économie nationale subit enfin de plein fouet la présence de la ligne de démarcation. Le livre d'Eric Alary, fondé sur des archives policières ou administratives impressionnantes autant que sur le témoignage des riverains de la ligne, brosse aussi le tableau d'une curieuse vie quotidienne. On y croise de petits groupes de passeurs, des résistants lancés dans un va-et-vient perpétuel, des fuyards, des victimes, quelques salauds et des policiers - français ou allemands - alternant répression et accommodements. Ce livre foisonnant d'informations et d'anecdotes est à la mesure de ce sujet si singulier de notre histoire." (4e de couverture)

324.          ANTIER (Jean-Jacques). La Bataille des Philippines. Leyte, 1944. Presses de la Cité, 1985, gr. in-8°, 287 pp, 16 pl. de photos hors texte, 6 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

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Le 17 octobre 1944, la Marine japonaise s’apprête à déclencher le plan Sho Go, le plus grand coup de poker militaire de l’histoire. 1800 avions et 91 navires vont recevoir l’ordre de se ruer sur les escadres américaines qui s’avancent dans le Pacifique en direction de l’île de Leyte, au cœur des Philippines, pour y soutenir le débarquement des troupes de choc de MacArthur. Devant la perspective de ce gigantesque affrontement, les officiers au pouvoir à Tokyo hésitent encore : "Nous redoutons qu’une défaite massive de la Marine ne laisse la flotte trop affaiblie pour protéger ensuite le territoire national." L’amiralissime Toyoda réplique : "Il ne servirait à rien de garder la flotte et de perdre les Philippines. Ce coup de poker est notre dernière chance." L’amiral Nakazawa renchérit : "Je supplie le Conseil suprême d’ordonner la mise en œuvre immédiate du plan Sho Go." Aucun des amiraux et généraux ne réagit. On décide alors d’en appeler à l’arbitrage de l’Empereur qui, après s’être longuement recueilli, se prononce : "Nous acceptons le plan Sho Go." L’amiral Toyoda lance aussitôt à ses escadres l’ordre d’appareillage. Le point de non-retour vers la plus grande bataille navale et aéronavale de l’histoire est franchi. Pour la première fois, un historien français, utilisant les dernières découvertes des archives, nous donne dans le détail le récit de la bataille de Leyte, suite de combats sans merci, où s’affrontent porte-avions et avions basés à terre, croiseurs, destroyers, sous-marins, escorteurs et vingt et un bâtiments de ligne, dans la plus grande et la dernière bataille de cuirassés de l’histoire.

325.          AUBRAC (Raymond). Où la mémoire s'attarde. Odile Jacob, 1997, gr. in-8°, 373 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Héros de la Résistance, adjoint du chef de l'Armée secrète, plusieurs fois arrêté, plusieurs fois évadé, Raymond Aubrac est l'un des derniers survivants du rendez-vous de Caluire, au cours duquel Jean Moulin fut arrêté. Sur ces événements et son parcours politique après-guerre, ses rencontres avec de Gaulle, ses quelques années auprès des communistes, son rôle essentiel dans les négociations secrètes qui ont accompagné la guerre du Viêt-nam, ses travaux au sein de l'ONU, il apporte ici un témoignage inédit, essentiel pour l'histoire de notre temps.

326.          BELOT (Robert). Aux frontières de la liberté. Vichy-Madrid-Alger-Londres, S'évader de France sous l'Occupation. Fayard, 1998, gr. in-8°, x-793 pp, préface de Serge Berstein, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Pour une histoire du XXe siècle), envoi a.s.

            25

Quitter clandestinement la patrie pour la reconquérir, c'est la dangereuse et douloureuse expérience du départ et du déracinement qu'ont vécue une partie de ceux qui ont choisi de ne pas s'accommoder d'une France soumise au joug nazi, acceptant de transgresser frontières et interdits proférés par Vichy. L'épopée relatée ici est le fait d'individus, pour la plupart très jeunes, qui ont franchi les Pyrénées avec l'idée de revenir libérer la France les armes à la main. Le futur maréchal Leclerc, Joseph Kessel et Maurice Druon, Marcel Bleustein-Blanchet, Pierre Dac ou Francis Jeanson et tant d'autres côtoient dans cette histoire près de 30 000 héros moins célèbres. Tous ont connu des pérégrinations qui les ont conduits parfois en déportation, plus fréquemment à croupir des mois dans les geôles ou les camps de concentration de l'Espagne franquiste, avant de pouvoir embarquer pour Londres ou, plus souvent, l'Afrique du Nord, nouveau pôle de ralliement après le débarquement de novembre 1942. Il s'agit d'une modalité particulière et décisive de résistance, injustement méconnue et qui n'a fait l'objet jusqu'ici d'aucune étude de grande ampleur. A partir d'archives - françaises et étrangères - à peu près toutes inédites et de témoignages oraux, voici reconstitué l'itinéraire géographique et intellectuel des évadés de France par l'Espagne, et évalué le poids de ce phénomène sur le plan politique, militaire, économique, diplomatique. C'est aussi l'histoire inimitable de la légation dissidente de France à Madrid, née d'une sécession au sein de l'ambassade de Vichy et de la création d'un organisme semi-clandestin émanant de la Croix-rouge française, dirigée par un prêtre pittoresque dont la mission était de prendre en charge les évadés et de négocier leur sortie de la péninsule. Une histoire qui permet d'observer sous un jour nouveau la manière dont se sont comportées les trois France (France de Vichy, France de Londres, France d'Alger) et le rôle tenu tant par les Britanniques et les Américains que par Franco dans ce jeu compliqué.

327.          BENJAMIN (René). Le Maréchal et son peuple. Plon, 1941, in-12, 118 pp, broché, couv. rempliées gaufrées en couleurs du bâton du maréchal, bon état. Edition originale, exemplaire nominatif pour le couturier Paul Rodier sur papier pur fil des Papeteries Lafuma, enrichi d'un bel envoi a.s. : « Coeur d'or, coeur d'homme et d'artiste qui mérite tous les hommages et tous les élans de l'amitié – René Benjamin »

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"... Dans son ouvrage, « Le Maréchal et son peuple », René Benjamin a suivi le chef de l'Etat français dans ses visites aux grandes villes de France. Il nous l'a montré, dans une simplicité imprégnée de grandeur, renouant les traditions de nos anciens rois, se mêlant au peuple, s'adressant aux ouvriers, interrogeant les notables et soulevant dans le coeur de ceux qui l'acclamaient des sentiments de confiance, d'amour et de compréhension qu'il faut souhaiter durables." (Journal des débats politiques et littéraires, 1942) — Blessé dès 1914, prix Goncourt en 1915, René Benjamin soutint Pétain durant l'occupation allemande et résida en Touraine entre 1941 et 1945.

328.          BLOND (Georges). L'agonie de l'Allemagne, 1944-1945. Club du Livre Sélectionné, s.d. (v. 1960), in-12, 350 pp, 20 pl. de photos hors texte, 9 cartes dans le texte et sur double page, reliure skivertex bordeaux éditeur, gardes illustrées, rhodoïd, ex. numéroté, bon état

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De juillet 1944 à mai 1945 s'est déroulée la lutte la plus sanglante de l'histoire de l'Europe. Des millions d'hommes ont été engagés dans des batailles d'une violence inouïe. Le centre de notre continent est devenu un brasier. L'auteur nous fait revivre cette tragédie en se plaçant au centre de l'action : en territoire allemand, assailli, bombardé, incendié, envahi. Il a rassemblé une immense documentation complétée par l'interrogation des survivants, pour nous donner un récit authentique, vivant et rigoureux sur une période bien connue mais rarement présentée sous cet angle. — "Georges Blond possède un don extraordinaire et unique, c'est celui de reconstituer n'importe qul événement historique avec une telle proximité que nous éprouvons l'impression d'y participer." — "On peut raconter la guerre de plusieurs façons. Les historiens écrivent des rapports secs qui, souvent, n'intéressent pas le lecteur. Les romanciers n'utilisent que des épisodes connus de tous. Georges Blond a inventé une troisième manière, qui est peut-être la meilleure, et le résultat est étonnant : par un mélanges à peu près constant de vérité objective due à une documentation de premier ordre – archives, rapports, interrogatoires – et d'une présentation merveilleusement habile, il nous fait vivre chaque heure de l'épisode en même temps que le mécanisme profond nous en est révélé. Le souci d'une information exacte n'étouffe jamais le sens du drame et l'intérêt humain." (Bernard de Fallois)

329.          BONET (Gérard). Les Pyrénées-Orientales dans la guerre. Les années de plomb, 1939-1944. Editions Horvath, 1992, gr. in-8°, 176 pp, 100 photos dans le texte, une carte sur double page, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Un livre d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, telle que l'on vécue les habitants des Pyrénées-Orientales, complétée par des documents souvent inédits, recueillis dans les archives publiques et dans les collections privées et choisis afin d'évoquer la vie quotidienne durant ces années de guerre.

330.          BONNET (Georges). Dans la tourmente (1938-1948). Fayard, 1971, in-8°, 317 pp, 2 fac similés, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les grandes études contemporaines)

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Dans “Vingt ans de vie politique” le récit de G. Bonnet s'était arrêté en janvier 1938, au moment où appelé à former le gouvernement, il exhorte les Français à l'union « pour qu'ils ouvrent enfin les yeux sur les périls qui à l'extérieur, les menacent ». Trois mois plus tard, Hitler occupe l'Autriche, menaçant la Tchécoslovaquie. Et voici qu'on fait appel le 18 avril 1938 à Georges Bonnet pour préserver la paix. Le voici maintenant “Dans la tourmente”. Ce sera la guerre, la défaite, l'occupation et ses suites. Vous retrouverez tous ces personnages aux noms célèbres que l'auteur a connu : Roosevelt, Churchill, Chamberlain, Hitler, Mussolini, Staline, Molotov, Ciano...

331.          BREZET (François-Emmanuel). Histoire de la marine allemande, 1939-1945. Perrin, 1999, gr. in-8°, 401 pp, 9 cartes in fine, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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S'il existe des récits épiques sur les combats des sous-marins allemands, il n'existait pas, jusqu'à cet ouvrage, d'histoire générale et sérieuse de la marine du IIIe Reich. En septembre 1939, la marine allemande, la Kriegsmarine, comme on l'appelait depuis 1935, entrait dans une guerre à laquelle elle n'avait pas eu le temps de se préparer. Face à l'immense supériorité des flottes alliées de l'Angleterre et de la France, elle ne paraissait pas avoir d'autre choix, comme l'écrivait alors son propre chef l'amiral Erich Raeder, que "d'aller par le fond avec honneur". En s'appuyant sur des sources peu connues en France, François-Emmanuel Brézet nous explique pourquoi elle fit beaucoup mieux et combattit avec âpreté jusqu'à la fin du conflit. La stratégie, conçue par Raeder lui-même, d'attaque coordonnée des voies de communication de l'adversaire, fut appliquée avec une remarquable pugnacité. Les "cuirassés de poche", comme le Graf Spee et l'Admiral Scheer, les grands bâtiments de combat comme le Bismarck, le Tirpitz, le Scharnhorst et le Neisenau, les raiders de surface constitueront une source de soucis constants pour les marines alliées. Engagés le plus souvent dans les combats sans espoir, la plupart furent finalement détruits. Quant à la guerre sous-marine conduite par l'amiral Dönitz, elle ne manquera que de peu son objectif de rupture des communications alliées dans l'océan Atlantique, mais cela au prix de pertes considérables. L'auteur jette aussi un éclairage nouveau sur les relations difficiles entre la Kriegsmarine et le chef de la Luftwaffe, le maréchal Göring, sur les personnalités si différentes des deux grands amiraux Raeder et Dönitz, sur leurs rapports conflictuels ou de connivence avec le Führer et les conséquences parfois dramatiques qu'ils ont eues sur la conduite de la guerre sur mer.

332.          BRINON (Fernand de). Mémoires. P., L.L.C., 1949, in-8°, 261 pp, préface de Simone Mittre, 7 pl. de photos hors texte, broché, un portrait photo de Brinon au 1er plat, état correct. Edition originale

            50

"Parmi les papiers que m'a laissé Fernand de Brinon se trouvent des souvenirs qu'il dicta ou rédigea lui-même au cours des deux années de son emprisonnement. Ce sont des notes, écrites en toute objectivité, pour servir une histoire impartiale, sans le moindre esprit de polémique." (Préface) — Fernand de Brinon, né en 1885, est, dans les années trente, journaliste, chef des services de politique étrangère à L’Information grâce à un excellent réseau relationnel outre-Rhin. Après l’Armistice, il prône la collaboration avec le IIIe Reich et devient le 18 décembre 1940 délégué général du gouvernement de Vichy auprès des autorités d’occupation à Paris avec le rang de secrétaire d’État à partir de 1942. Il sera exécuté le 15 avril 1947 au fort de Montrouge.

333.          BRUNET (Jean-Paul). Jacques Doriot. Du communisme au fascisme. Balland, 1986, fort in-8°, 562 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"J.-P. Brunet vient d'administrer la preuve que les historiens français peuvent produire des ouvrages de référence sur la Collaboration et ses chefs. Son ouvrage renouvelle considérablement les travaux publiés à l'étranger, notamment celui de Dieter Wolf, paru à Stuttgart en 1967 et traduit, l'année suivante, chez Fayard. Cette biographie se présente comme une histoire qui dépasse de beaucoup les péripéties de l'individu Doriot et de sa « bande » : en raison du rôle joué par lui, de sa jeunesse à sa fin pitoyable, c'est, en fait, toute la première moitié de notre siècle qui se déroule devant nous à travers un « prisme » peu commun..." (Claude Lévy, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1986)

334.          CHANDELIER (Pierre). La Défaite de 1940 et l'Armistice. Approche juridique. Chez l'Auteur, 1994, in-8°, 165 pp, annexes, broché, bon état, prière d'insérer, envoi a.s.

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"... De fait, sous une apparence modeste, cette étude est d'un bout à l'autre passionnante et permet de réviser bien des opinions trop répandues. A relever, ainsi, dans la table des matières, et entre autres, des thèmes tels que l'armistice de 1940 lui-même, Mers-el-Kebir, le procès de Riom, celui de Pétain, de Weygand. A lire, certes." (La Voie du Combattant, fév. 1995)

335.          Collectif. La Résistance 1940-1945. P., Lang, 1964, in-12, 72 pp, documents et témoignages, biblio, broché, agrafé, bon état

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Echo de la Résistance n°100. Edité par la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance (CNCVR).

336.          CORTI (Eugenio). Les derniers soldats du roi. Editions de Fallois / L'Âge d'Homme, 2004, gr. in-8°, 343 pp, traduit de l'italien, broché, couv. illustrée, bon état

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“Les derniers soldats du roi” sont les soldats italiens regroupés dans des unités régulières qui, après la chute du régime fasciste, ont combattu, de 1944 à 1945, aux côtés des troupes anglo-américaines et alliées, pour libérer le nord et le centre de l'Italie, occupés par les Allemands. Ce n'était pas la haine, mais le sens du devoir, l'amour de la patrie, le désir de terminer une guerre qui déchirait les corps et les consciences qui poussaient ces hommes à poursuivre le combat, à refuser la défaite et le chaos. L'histoire de ces “Derniers soldats du roi” a souvent été passée sous silence, y compris dans l'historiographie italienne, qui a toujours privilégié l'action des maquisards. “Les derniers soldats du roi” constitue la suite logique de “La plupart ne reviendront pas”, le saisissant journal où le jeune officier Eugenio Corti avait consigné son témoignage sur la retraite de Russie (janvier 1943). Après la débâcle du régime fasciste, l'armistice signé par l'Italie en septembre 1943 et la dislocation de l'armée, Eugenio Corti n'hésite pas : la fidélité à ses engagements d'officier l'amène à traverser les lignes allemandes pour rejoindre, dans les Pouilles, les unités du Corps italien de libération qui va se battre aux côtés des Alliés. Les cinq parties de ce livre relatent la progression de ces unités le long de la côte Adriatique, les batailles, le dépassement de la "ligne gothique" (la ligne de défense allemande sur les Apennins), la libération du nord de l'Italie. Elles permettent aussi au lecteur de découvrir les admirables paysages de l'Italie centrale, les variétés de sa géographie humaine qu'Eugenio Corti peint avec une force et une émotion particulières. Avec un sens de l'humour, aussi, qui fait tomber les masques de la rhétorique et met à nu les grandeurs et les misères de l'homme.

337.          DONOVAN (Robert J.). Patrouilleur 109. Le Président Kennedy marin. France-Empire, 1978, pt in-8°, 255 pp, traduit de l'anglais par R. Jouan, 16 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

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Traduction française de "PT 109 : John F. Kennedy in World War II". — Dans la nuit du 1er au 2 août 1943, aux îles Salomon, le destroyer japonais Amagiri, attaqué par des vedettes lance-torpilles américaines, aborda l'une d'elle à 30 noeuds et la coupa en deux. Onze survivants, sur treize hommes d'équipage, se regroupèrent dans la pénombre autour de l'arrière du Patrouilleur P.T. 109 resté à flot. Parmi eux l'enseigne de vaisseau John F. Kennedy, leur commandant, soutenait le mécanicien McMahon, grièvement brûlé et à demi-inconscient. Le jour levé, l'épave chavirait. Alors les rescapés entreprirent de rejoindre l'une des îles à la nage. Quinze heures plus tard ils s'écorchaient les pieds sur les coraux d'une île déserte. Pour sa part John F. Kennedy avait remorqué durant tout ce temps son mécanicien à l'aide d'un cordage passé entre ses dents. Le second soir, Kennedy, repartit seul à la nage, muni d'une lampe-torche pour faire dans le détroit des signaux à un éventuel navire ami. Quatre jours s'écoulèrent. Avec un de ses compagnons, Kennedy se traîna d'atoll en atoll et finit par rejoindre deux canaques qui allaient transmettre son message de détresse. La base des vedettes lance-torpilles rejointe, Kennedy et la plupart des rescapés armaient le Patrouilleur P.T. 59 et appareillaient vers d'autres aventures.

338.          DUHAMEL (Georges). Lieu d'asile. Mercure de France, 1945, in-12, 142 pp, broché, état correct

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En mai 1940, l’écrivain Georges Duhamel au faîte de la gloire se souvient qu’il avait été chirurgien dans les tranchées de la Grande Guerre. Face à l’invasion allemande, il arrive à Rennes, se met au service de l’hôpital Pontchaillou et y opère des centaines de blessés de l’exode. De cette aventure humanitaire, Duhamel fit un livre, “Lieu d’asile”, aussitôt saisi et brûlé par les Allemands. Il ne sera réimprimé qu'en 1945.

339.          EISENHOWER (Dwight D.). Croisade en Europe. Mémoires sur la Deuxième Guerre mondiale. Laffont, 1949, in-8°, 593 pp, 16 pl. de photos hors texte, nombreuses cartes et croquis (dont 4 grandes cartes dépliantes hors texte), glossaire, broché, jaquette illustrée, bon état

            30

En 1948, le général Eisenhower publie ses mémoires de guerre, “Croisade en Europe”. Couvrant l’ensemble des opérations auxquelles Ike fut associé, de Torch à Overlord en passant par la campagne d’Allemagne, ce livre offrira une vue cavalière des grands moments de la Seconde Guerre mondiale sur son versant Eurafricain (puisque le commandant en chef n’intervint pas en Asie). Plus réjouissant, ce récit, vivant, est relativement honnête. Si le futur président des États-Unis manie avec brio l’art de la litote, il ne dissimule rien, qu’il s’agisse de ses heurts avec Montgomery ou des erreurs d’appréciation qu’il put commettre. — Ces mémoires de guerre dévoilent l'histoire intégrale du débarquement en Europe, tel que le vécut le commandant en chef des forces alliées, le général Dwight D. Eisenhower. Ils offrent une vue d'ensemble de la "croisade" des Alliés contre l'Allemagne nazie, destinée à faire triompher les valeurs de la paix et de la démocratie. Le futur président des Etats-Unis y révèle ses aspects techniques, politiques et humains, de la conception des opérations aux entrevues entre les chefs d'Etat. Avec lui, nous découvrons comment furent organisés les ravitaillements et les mouvements de troupes sur un gigantesque front allant, pour la première fois dans l'histoire, des Carpates à Gibraltar. Nous pénétrons dans les conseils de l'Etat-major suprême et apprenons les véritables raisons des campagnes militaires comme des divergences entre les forces alliées. Ce faisant, "Ike" livre une série de portraits intimes de Roosevelt, Churchill, de Gaulle et Marshall, ainsi que des grands généraux américains et britanniques qui servirent sous ses ordres. Il reste cependant toujours exact, précis et nuancé, utilisant ses agendas tenus pendant le conflit et sa prodigieuse mémoire pour raconter en détail les péripéties de cette immense lutte. Eisenhower réalise ici une oeuvre d'historien, tout en racontant le déroulement d'une victoire dont il est le propre auteur. Son récit demeure aujourd'hui le témoignage le plus important sur la Seconde Guerre mondiale.

340.          FLOHIC (François). Ni chagrin ni pitié. Souvenirs d'un marin de la France Libre. Plon, 1985, gr. in-8°, 267 pp, 16 pl. de photos hors texte, 2 cartes, annexes, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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L'amiral Flohic, ancien aide de camp du général de Gaulle, président de la République, rend ici hommage sinon justice aux marins à croix de Lorraine qui, dans le plus grand conflit de tous les temps, ont fait flotter au combat, sans discontinuer, sur tous les océans, le pavillon national. Engagé à l'âge de dix-neuf ans dans les Forces françaises libres, le 1er juillet 1940, François Flohic avec quelques camarades reçoit une formation accélérée d'officier de marine, principalement à l'Ecole navale de Dartmouth. A travers son expérience personnelle sur la corvette Roselys puis sur la frégate la Découverte, on assiste à la croissance de la marine française libre dont la création apparaissait commme une gageure ; on la voit au combat en Atlantique, en Arctique, dans la Manche. Nous découvrons ainsi, de l'intérieur, la bataille de l'Atlantique, les convois de Russie, le débarquement de Normandie. Bien qu'il ne parle que pour lui, l'amiral Flohic expose en réalité les motivations, les sentiments, les actions des marins de De Gaulle. Une annexe sur le sabordage de la flotte de Toulon, "le plus grand désastre naval de notre histoire organisé de nos propres mains", est lourde de regrets. L'amiral Flohic est aussi l'auteur des "Souvenirs d'outre-Gaulle".

341.          FLORENTIN (Eddy). Der Rückmarsch. La 5e Panzer Armée, retraite de Normandie. Presses de la Cité, 1974, in-8°, 524 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale enrichie d'un envoi a.s.

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"Après « Stalingrad en Normandie » et « Opération Paddle. La Poursuite », l’auteur poursuit sa chronique de la libération de la France. Ce dernier volume, dont l’action se déroule au cours de la dernière semaine d’août 1944, intéresse particulièrement notre région qui servit alors de point d’ancrage sur la Seine au général Patton pour fermer le bouclage des Ve et VIIe Armées allemandes en Basse-Normandie. Y sont décrits les combats de la 5e DB U.S. sur le plateau de Madrie, la bataille et la libération de Vernon, le franchissement de la Seine dans le Mantois par la 79e DI du XVe Corps U.S. de Patton, l’établissement de la tête de pont alliée au nord de la Seine dans le secteur Sailly-Brueil-Limay-Vétheuil dont une meilleure exploitation militaire aurait sans doute pu hâter la fin de la guerre, les exactions des SS à Arthies, Aincourt et Charmont, l’échec de la contre-attaque allemande dans l’Arthie des 22 et 24 août, la libération du Vexin et la volte face américaine sur Paris. On connaît dans le Mantois le souci d’exactitude historique qui anime Eddy Florentin, où l’on se souvient de ses patientes enquêtes sur le terrain pour établir avec précision le détail des faits qu’il rapporte. Écrit avec talent, ce livre est un document qui se lit comme un roman." (Jean Le Roy, Les échos du Mantois)

342.          FRANCK (F. C.)(prés. par). Opération Epsilon. Les Transcriptions de Farm Hall. 1er mai - 30 décembre 1945 : dix physiciens allemands aux mains des Anglais. Flammarion, 1993, in-8°, 382 pp, introduction de Sir Charles Frank, traduit de l'anglais, qqs photos et fac-similés, broché, couv. illustrée, bon état

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Les physiciens allemands ont-ils délibérément fait échouer le projet de construction d'une bombe atomique pendant la Seconde Guerre Mondiale ? Certains facteurs leur ont-ils échappé ? Ou ont-ils été simplement battus par les Américains ? 'Opération Epsilon' jette quelque lumière sur ces questions qui ont agité l'esprit des scientifiques et des historiens depuis cinquante ans. L'information ici révélée était TOP SECRET depuis 1945, elle vient d'être rendue accessible. A la fin de la guerre, les Alliés anglo-américains capturèrent dix savants allemands de premier plan et les transférèrent secrètement près de Cambridge, dans un cottage nommé Farm Hall. Ces « invités » furent détenus de mai à décembre 1945 et leurs conversations furent enregistrées à leur insu. Parmi eux figuraient le prix Nobel Werner Heisenberg, Otto Hahn, découvreur de la fission nucléaire, Max von Laue, Walther Gerlach, et d'autres physiciens atomistes. Leurs dialogues furent transcrits et traduits. Les voici publiés pour la première fois ; ils constituent un témoignage inestimable sur les progrès de la recherche atomique en Allemagne, durant la guerre. Ils révèlent aussi les réactions des scientifiques à la nouvelle de la bombe d'Hiroshima, qui explosa pendant leur détention. Ils montrent encore l'état moral de ces chercheurs : inquiétudes familiales, ambition personnelle, croyances politiques, désirs et frustrations en ce temps de défaite et d'incertitude. Dans son introduction, le physicien Sir Charles Frank, qui connut les savants allemands détenus (quatre d'entre eux sont encore en vie), expose tous les enjeux et le contexte de ce document passionnant.

343.          FRY (Varian). La Liste noire. Plon, 1999, in-8°, 282 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, broché, une photo de Varian Fry en 1940 en couv., bon état.

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Juin 1940 : l'effondrement militaire de la France laisse des milliers de réfugiés totalement à la merci des nazis. Mandaté par une organisation humanitaire, un jeune Américain de trente-trois ans, Varian Fry, diplômé de Harvard, débarque à Marseille. Sa mission : sauver des intellectuels et des artistes menacés par les nazis. Seul, sans moyens ni soutien, il va en treize mois aider quatre mille personnes et en sauver près de deux mille, parmi lesquelles Marc Chagall, Max Ernst, André Breton, Victor Serge, André Masson, Hannah Arendt. Abandonné par les autorités américaines, il sera expulsé en août 1941 par Vichy, sous l'accusation d' "avoir protégé des Juifs et des anti-nazis". Dans ce livre, publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1945 et resté inédit en France, Fry relate son aventure hors du commun. Un témoignage exceptionnel et bouleversant qui se lit comme un roman d'espionnage.

344.          FRYDMAN (Régine). J'avais huit ans dans le ghetto de Varsovie. Tallandier, 2011, pt in-8°, 247 pp, 4 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Régine Frydman est une enfant du ghetto de Varsovie qui a, par miracle, échappé à la mort. Elle a huit ans en 1940 quand les Allemands décident d'enfermer 450.000 Juifs dans une enclave de cinq hectares, où ils vont être parqués et broyés à mort en l'espace de trois ans. Régine n'aurait pas survécu si son père Abram Apelkir n'avait pas bravé le danger, risqué sa vie en sortant du ghetto pour trouver de la nourriture, caché sa famille chez des amis polonais en plein centre-ville et à la campagne, et même chez des religieuses. Régine Frydman mêle son récit à celui de son père. A deux, ils livrent un témoignage bouleversant des terribles événements dont ils ont été les témoins, les cadavres qui s'entassent sur les trottoirs, les descentes éclairs de la police allemande, les fusillades dans la rue, les enfants qui se battent pour un quignon de pain, les marches dans la neige pour échapper aux rafles et à la déportation, et enfin la joie de retrouver la liberté grâce aux troupes russes. Un document rare.

345.          GAUTIER (Georges). La Fin de l'Indochine française : 9 mars 1945, Hanoï au soleil de sang. SPL, 1978, in-8°, 367 pp, broché, bon état

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Haut-Commissaire de la République française au Vietnam en 1953, le gouverneur général Georges Gautier a été, de 1940 à 1945, le premier collaborateur civil de l'amiral Decoux. Cette circonstance confère un intérêt particulier à ses souvenirs : la lumière est faite sur les derniers mois de la souveraineté française en Indochine. Avant le 9 mars 1945, malgré la présence des troupes japonaises sur le sol indochinois, l'amiral Decoux réussit à maintenir la Fédération dans la paix et le travail. Mais les radios alliées annoncent complaisamment que l'Indochine sera libérée de vive force. A l'intérieur, conformément aux instructions du Gouvernement d'Alger et de Paris, et à l'insu de l'amiral Decoux, une résistance est organisée sous les ordres du général Mordant, ancien commandant supérieur. L'Indochine aura désormais deux chefs, l'un apparent, l'autre clandestin, le premier recevant officiellement pour mission de couvrir les activités du second. On cherche, en somme, le conflit. Les Japonais finissent par s'en apercevoir et c'est le 9 mars 1945, le coup de force qui suspend en Indochine, avec la souveraineté française, toute administration valable. La Résistance s'est effondrée en quelques jours et, dès le 10 mars, elle implore pour subsister le secours des Alliés qu'elle prétendait aider. En vain, car les Américains, qui mènent le jeu, apportent aide et soutien à un chef communiste, Ho Chi Minh, contre qui ils seront amenés à engager, quelques années plus tard, et sans succès, la totalité de leur puissance. Après le 9 mars 1945, le champ est libre pour les révolutionnaires qui attendaient prudemment, en territoire chinois, aux frontières de l'Indochine, le moment d'y susciter le désordre. On connaît la suite. D'erreur en erreur, la situation évolue au profit du Viet Minh, avec qui il faut bien traiter. Il en résultera une guerre interminable, une guerre que ni la France ni l'Amérique n'ont su gagner. Les choses pouvaient se présenter différemment. Un document sensationnel, cité par Georges Gautier, montre que Roosevelt envisageait la possibilité de confier à la France l'exercice d'un mandat international sur l'Indochine, dans la perspective d'une indépendance des Etats à l'échéance de 10 ou 15 ans. Ce que la France a réalisé en Côte d'Ivoire et au Cameroun, ne pouvait-elle le réussir en Indochine ?

346.          GILLOIS (André). Histoire secrète des Français à Londres de 1940 à 1944. Hachette, 1973, in-8°, 397 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. à rabats, bon état

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La vie des Français réfugiés à Londres, qu'ils soient gaullistes ou simplement émigrés, et les conflits qui les ont opposé aux autorités alliées ou entre eux : Comment Churchill a donné l'ordre d'arrêter De Gaulle ; Roosevelt acceptait de démembrer la France ; Les vychistes camouflés à Londres ; Les secrets des services secrets ; Les dessous de l'échec de Dakar ; etc. l'auteur, André Gillois, de son vrai nom Maurice Diamant-Berger (1902-2004), Résistant de la première heure, pionnier de la radio et porte-parole du général de Gaulle à la fin du conflit, n'occulte aucune des querelles qui ont secoué la Résistance et la communauté française à Londres et nous livre quelques secrets.

347.          GOUNELLE (Claude). Sedan, mai 1940. Presses de la Cité, 1980, gr. in-8°, 282 pp, 8 pl. de photos hors texte, 9 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Prix général Muteau de l'Académie française)

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L'auteur est parvenu, après plusieurs années de travail, à reconstituer la « Bataille de la Meuse » dont le désastre de Sedan n'est qu'un épisode.

348.          GUILLIN (François-Yves). Le général Delestraint, premier chef de l'Armée secrète. Plon, 1995, gr. in-8°, 401 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Avant guerre, il fut le supérieur du colonel de Gaulle. En quittant ses troupes, le 8 juillet 1940, il prononça un discours exceptionnel : "Si nous conservons la foi dans les destinées de notre pays, si nous nous comportons en Français et non avec une mentalité de chiens battus ou d'esclaves, si nous savons vouloir la France ressuscitera un jour elle aussi du calvaire présent." Pendant deux ans, il réunit les anciens combattants des chars pour tisser des liens "au cas où". En août 1942, il accepta de devenir le premier chef de l'Armée secrète, sous le pseudonyme de Vidal. De Londres, le général de Gaulle lui écrivit : "J'en étais sûr." En juin 1943, il fut arrêté quelques jours avant Jean Moulin. Déporté à Dachau, sans que les nazis connaissent sa véritable identité, il est fusillé deux semaines avant que les Alliés ne libèrent le camp. Il s'appelait Charles Delestraint. Au cours de dix ans de recherches incessantes, François-Yves Guillin, son secrétaire dans la Résistance, s'est attaché à reconstituer, jour après jour, l'itinéraire de ce grand résistant méconnu. Au-delà de la justice rendue à un homme, cette biographie, parce qu'elle allie le témoignage à l'Histoire, apporte des précisions capitales sur l'appareil de répression allemand et sur l'armée secrète telle qu'elle fonctionna au quotidien, animée par des hommes avec leur cortège d'ombres et de lumière.