Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 374 – Mars 2018

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  BERSTEIN (Serge) et Odile RUDELLE (dir.). Le modèle républicain. PUF, 1992, in-8°, 432 pp, broché, couv. illustrée, un coin de la page de titre découpé (envoi découpé), bon état

            25

Si l’on met à part le bref intermède du gouvernement de Vichy, la France vit continûment en République depuis plus d’un siècle. Cette longévité du régime ne saurait seulement s’expliquer par l’ingénieux agencement institutionnel du régime républicain ; au demeurant, ce dernier a rarement fait l’objet d’un accord général et, en un siècle, trois constitutions successives ont tenté de l’assumer. Dès lors, la continuité de la République ne s’explique-t-elle pas du fait que celle-ci constitue non seulement un régime, mais un véritable modèle politique répondant aux aspirations des Français, à leur culture politique, à leurs représentations mentales et proposant sur tous ces points des solutions adéquates aux attentes de la population. C’est à explorer cette voie qu’est consacré le présent ouvrage dont les auteurs se sont efforcés de comprendre les conditions dans lesquelles s’est élaboré le modèle républicain, d’analyser son contenu lors de l’âge d’or que constituent les années 1900-1930, de scruter les promesses de promotion sociale qu’il implique avant d’examiner comment, après avoir subi une crise due au décalage qu’il présentait par rapport aux mutations que connaît la France à partir des années trente, il a su s’adapter aux conditions nouvelles nées de la croissance et trouver sous la Ve République un équilibre nouveau.

2.                  BESANCON (Alain). L'histoire psychanalytique : une anthologie. Recueil de textes présentés et commentés. Mouton, 1974, in-8°, 384 pp, broché, bon état. (Coll. Le savoir historique)

            25

Cette anthologie est la première de ce genre qui paraisse en français. Elle voudrait donner une idée non pas de ce que la psychanalyse est capable de faire dans le domaine de l'histoire, mais de ce qu'elle a déjà fait. Le lecteur pourra ainsi juger sur pièces de la validité et des limites de la méthode. S'il est historien, il n'aura pas à prendre position sur la psychanalyse elle-même, mais seulement sur la qualité historique des travaux qu'elle aura inspiré...

3.                  BOYER (Alain). L'Explication en histoire. Presses Universitaires de Lille, 1992, in-8°, 284 pp, broché, couv. à rabats, bon état

            45

A quelles conditions l'histoire peut-elle se présenter comme science ? Cette question critique n'a cessé de préoccuper les penseurs allemands du début du siècle, de Dilthey à Weber, et elle est au centre des travaux philosophiques de R. Aron. Moins connus en France sont les débats qui ont eut lieu sur ce point en langue anglaise de Collingwood à W. Dray, et de Hempel à Popper. C'est d'ailleurs autour d'une discussion des thèses de ce dernier que s'organise essentiellement le présent ouvrage, qui pourrait être considéré comme une introduction à la théorie poppérienne des sciences sociales. Les problèmes épistémologiques de l'histoire sont en effet inséparables d'une conception générale des sciences sociales. L'analyse des conditions de l'explication historique conduit naturellement à une réflexion sur la question des "lois" présentes en histoire, sur celle de l'individualisme méthodologique et sur celle de la rationalité des agents. Renoncer à toute "philosophie de l'histoire" moniste et déterministe ne doit pas conduire à refuser toute intelligibilité aux processus socio-historiques. De même, critiquer le positivisme au nom du comportement humain ("compréhensible") ne conduit pas nécessairement à renoncer à tout idéal de l'unité (méthodologique) des sciences. Plus généralement, il s'agit de dépasser l'opposition stérile de ces deux erreurs symétriques, le scientisme et l'irrationalisme.

4.                  BRUEZIÈRE (Maurice). L'Alliance française. Histoire d'une institution, 1883-1983. Hachette, 1983, in-8°, 248 pp, 31 gravures et photos dans le texte et à pleine page, une carte, pièces annexes, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

"Rédigé par un homme qui a exercé depuis vingt ans d'importantes responsabilités dans l'institution, ce livre constitue la première synthèse sur l'histoire d'une institution plus prestigieuse que vraiment connue. C'est en juillet 1883 qu'un petit groupe de personnes (Paul Cambon, Paul Bert, Pierre Foncin...) se réunit pour mettre sur pied une association nationale pour la propagation de la langue française, qui sera fondée l'année suivante. Elle se propose pour but de « fonder des écoles, former des maîtres, distribuer des récompenses, accorder des prix ou bourses de voyages, encourager les publications à caractère pédagogique, publier un bulletin et organiser des conférences ». Ce programme sera rempli, au cours d'une période d'expansion continue, qui ne marque un temps d'arrêt qu'au début des années 1930. L'ouvrage fournit un utile canevas chronologique." (Pénélope Caspard-Karydis, Histoire de l'éducation, 1985)

5.                  CARNAC (Pierre). Prophéties et prophètes de tous les temps. Pygmalion, 1991, gr. in-8°, 317 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

On s’interroge toujours sur la réalité suspecte ou non de certaines prophéties. Çà et là, des messages annonciateurs ne cessent de fuser : bouleversements politiques, présages concernant le prochain avènement d’un nouvel homme fort de l’histoire, « Grand Monarque » ou « Roi du Monde » de la fin des temps, événements géologiques et géophysiques d’importance planétaire... L’ère des prophètes et des devins n’est pas achevée. Saint Césaire, Malachie, Nostradamus – on ne prête qu’aux riches – mais aussi la vieille mère Shipton, simple paysanne anglaise du XVe siècle, et avec eux tant d’autres, ont annoncé des événements dont l’accomplissement nous concerne tous. Au XXe siècle, pour ne citer que deux noms, Edgar Cayce, le « prophète dormant » américain, et Jane Dixon, conseillère des Kennedy, ont fait de même. Pierre Carnac propose dans ce livre non seulement une véritable anthologie des prophéties significatives, mais aussi un extraordinaire voyage à travers l’univers foisonnant de mystères des messages prophétiques, ceux qui ont marqué les temps et font indéniablement partie de l’histoire sociale et culturelle de l’humanité. Un ouvrage riche en données documentaires, parfois peu connues, écrit de manière vivante et accessible, dominé par la rigueur critique de son information. Rassurant et inquiétant à la fois, déroutant, surprenant, passionnant...

6.                  CHAUNU (Pierre). L'historien en cet instant. Hachette, 1985, in-8°, 362 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Force des Idées)

            25

"Enfourchant son habituel cheval de bataille, celui de la dénatalité en Occident, Pierre Chaunu braque cette fois sa lorgnette sur cinq années, les « Cinq Tragiques » où s'essoufle la science, où se perd la foi. C'est, dit-il, entre 1965 et 1970 que s'est installé ce désespoir, ce refus de la vie et de l'avenir que l'Homme n'a jamais ressenti avec autant d'acuité qu'au moment où sa maîtrise s'avère la plus grande dans tous les domaines." (Lectures, 25, mai-juin 1985)

7.                  CLIFFORD (Derek). L'Histoire et l'art des jardins. Club des Libraires de France, Les Libraires associés, 1964, in-8° carré, xviii-269 pp, 4 planches en couleurs et 40 planches d'héliogravures hors texte, nombreuses illustrations dans le texte, notes, biblio, index, tiré sur vélin blanc, reliure toile imprimée de l'éditeur, plats décoré de cinq roses (rel. lég. salie), signet, ex. numéroté, bon état (Coll. Le Gai savoir) (maquette de Pierre Faucheux)

            30

Pline et le jardin de la Renaissance ; L'Islam et les jardins d'Espagne ; La France ; Le jardin de l'honnête homme ; L'Orient et le jardin d'évocation ; La grande révolution du goût ; La révolution remise en cause ; Humphrey Repton ; A la recherche d'un style ; La tradition et le nouveau monde ; Triomphe de l'aménagement de la nature.

8.                  Collectif – [Jacques Baudet, Gérard Cosson, Jean-Marie Ferland, et al.]. Une histoire des sapeurs-pompiers de la Charente. Saintes, Le Croît vif, 2016, pt in-4°, 288 pp, nombreuses gravures et photos, la plupart en couleurs, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Si nul n'ignore qu'en cas d'urgence les sapeurs-pompiers arrivent rapidement pour porter secours avec compétence et efficacité, peu de gens connaissent leur organisation et encore moins leur histoire. Ce livre collectif, richement illustré, est le fruit des recherches au sein de l'état-major et des vingt-sept centres de secours de la Charente. Il raconte la magnifique histoire des hommes et des femmes engagés au service des autres et rend hommage aux sapeurs-pompiers du département. Il présente avec de nombreuses illustrations les spécialités des différents corps de sapeurs-pompiers, entre autres : les jeunes, les brigades cynophiles, les plongeurs, le grimp, le secourisme, la colonne médicale... Sont également traités les risques particuliers rencontrés dans le département et les moyens mis en oeuvre pour les prévenir et les combattre : les feux d'alcool, les inondations... Il retrace l'histoire des premières brigades de sapeurs-pompiers jusqu'aux centres de secours d'aujourd'hui en présentant chacun des vingt-sept centres. Les thèmes abordés montrent, au fil du temps, les avancées techniques, industrielles, médicales, humaines, institutionnelles et associatives, qui ont contribué à la mise en place de l'union et du Service départemental d'incendie et de secours de la Charente. Cent ans de mémoire, d'action, d'évolution, de solidarité, de générosité, de courage des sapeurs-pompiers charentais. Une plongée dans les archives et l'histoire des pompiers, un panorama qui met à l'honneur les combattants du feu.

9.                  CORBIN (Alain). Le Miasme et la jonquille. L'odorat et l'imaginaire social, XVIIIe-XIXe siècles. Aubier, 1982, in-8°, 334 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. historique). Edition originale

            30

A partir de 1750, on a peu à peu cessé, en Occident, de tolérer la proximité de l'excrément ou de l'ordure, et d'apprécier les lourdes senteurs du musc. Une sensibilité nouvelle est apparue, qui a poussé les élites, affolées par les miasmes urbains, à chercher une atmosphère plus pure dans les parcs et sur les flancs des montagnes. C'est le début d'une fascinante entreprise de désodorisation : le bourgeois du XIXe siècle fuit le contact du pauvre, puant comme la mort, comme le péché, et entreprend de purifier l'haleine de sa demeure ; imposant leur délicatesse, les odeurs végétales donnent naissance à un nouvel érotisme. Le terme de cette entreprise, c'est le silence olfactif de notre environnement actuel.

10.              CRAPEZ (Marc). Antagonismes français. Editions du Cerf, 2017, in-4°, 444 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Depuis la fin du XIXe siècle en France, l'immobilisme est paradoxalement le grand vainqueur des luttes vives qui ont marqué l'histoire de notre pays. Entre opposition de doctrines, combats de personnes mais aussi subversion des mots et captation d'influences, les dérives historiographiques s'avèrent à tel point impertinentes qu'il est urgent de les dénoncer. Car ce n'est rien de moins que la mutilation de l'histoire qui est ici en jeu. Redessinant le tableau des guerres idéologiques fratricides, de l'héritage de la Terreur au récent débat sur l'identité nationale, Marc Crapez honore autant la vérité historique que la conscience politique des Français si longtemps mise à mal. Du boulangisme à la construction européenne, de Voltaire à Bourdieu en passant par Proudhon, Tocqueville, Maurras, Aron, Bachelard et bien d'autres encore, cet essai jubilatoire nous invite à redécouvrir une pensée antitotalitaire libérale conservatrice. Une incitation à la curiosité intellectuelle, au respect des Anciens et à la reconnaissance des faits.

11.              DIEBOLT (Evelyne). La Maison de santé protestante de Bordeaux (1863-1934). Vers une conception novatrice des soins et de l'hôpital. Toulouse, Edition Erès, 1990, gr. in-8°, 189 pp, préface de Jacques Ellul, 19 tableaux et illustrations, notes, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. ETHISS), envoi a.s.

            30

Quelle fonction pour l'hôpital ? Quelle qualification et quelle reconnaissance sociale pour son personnel ? Quel accueil pour le malade ? Quelle gestion pour quel type d'hôpital ? Ces interrogations, d'une brûlante actualité, ont fait l'objet, à la fin du XIXe siècle, de débats passionnés auxquels la Maison de santé protestante de Bordeaux prit une part active. En effet, dans une période de mutation hospitalière, cette prestigieuse œuvre sociale proposait une structure originale et singulière qui eût un rôle déterminant dans l'évolution de l'action sanitaire et sociale française. Anna Hamilton (1864-1935), jeune femme protestante, mène en 1898 pour sa thèse de médecine une enquête à l'échelle européenne sur la formation et la fonction du personnel infirmier des hôpitaux. En 1900, directrice de la Maison de santé protestante, elle décide d'en faire un lieu de formation modèle, un hôpital-école d'où émerge un nouveau corps professionnel, les garde-malades “hospitalières” ou “visiteuses”. Ses élèves essaiment dans toute la France. Elles prennent la direction d'hôpitaux municipaux, certaines sont à la tête des premiers services sociaux, d'autres encore forment des œuvres analogues. La notoriété, dans le monde anglo-saxon, de la Maison de santé protestante de Bordeaux, n'a d'égal que sa méconnaissance en France. Pourtant, les professions sanitaires et sociales françaises trouvent dans cette oeuvre une de leurs racines les plus vigoureuses. Cette monographie menée avec une grande rigueur méthodologique s'inscrit dans un questionnement du secteur sanitaire et social et contribue ainsi à créer un champ transversal d'investigation historique.

12.              FERRATON (Jean-François, dit Lyonnais la Clef des Arts). Rites et mystères chrétiens des Compagnonnages. Editions du Cerf/Glénat, 2016, pt in-4°, 271 pp, préface de Jérôme Rousse-Lacordaire, 175 illustrations en noir et en couleurs, annexes, petit glossaire, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            30

En 2010, les Compagnonnages français se sont vus honorés par l'UNESCO d'une reconnaissance internationale au titre du patrimoine culturel immatériel de l'humanité car ils incarnent une organisation originale, multiséculaire, fondée sur la "transmission des savoirs et des identités par le métier". Leurs méthodes de transmission ont été considérées autant pour la pédagogie spécifique de l'itinérance que pour les rites initiatiques de passage, comme l'admission et la réception. Mais, paradoxalement, la réalité spirituelle véhiculée par ces rites pose aujourd'hui question à la nouvelle génération de Compagnons. Dans leur imaginaire, ceux-ci se voient comme les descendants des constructeurs de cathédrales, mais ils ont très peu d'outils pour explorer ce que recèle une telle identification. Comme lieu naturel de symbolisation pour les Compagnonnages, la cathédrale est interprétée dans cette étude comme continuité du Temple de Salomon, l'archétype majeur. Le passage de l'un à l'autre constitue une clef importante pour la compréhension des rites. Par ailleurs, le déchiffrement des légendaires des fondateurs mythiques que sont Salomon, Maître Jacques et le Père Soubise pose de nombreux problèmes. Le sujet est en effet difficile. Il fallait donc l'aborder, l'analyser, l'illustrer pour le remettre dans une perspective qui renouvelle la manière de l'envisager pour des Compagnons d'aujourd'hui. Ceux-ci sont immergés dans la réalité des métiers avec les nécessaires adaptations à notre époque et, simultanément, ils préservent les invariants d'une tradition qui façonne le coeur et l'intelligence de l'homme. Ce n'est pas sans difficulté. Eclairer les racines chrétiennes des Compagnonnages permet par ailleurs de comprendre certains aspects profonds de leur singularité. Ces racines justifient également la permanence de rites essentiels à leur identité.

13.              FIERRO-DOMENECH (Alfred). Le Pré carré. Géographie historique de la France. Laffont, 1986, gr. in-8°, 325 pp, 52 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les hommes et l'histoire)

            25

Un ouvrage qui allie l'étude historique à l'approche géographique pour comprendre les ressorts de la formation du territoire de la France et l'évolution des divisions administratives, politiques et religieuses, de la paroisse à la commune, des provinces aux départements et aux régions. Une analyse des habitants de la France et de leurs activités, de la diversité du peuplement à l'opposition entre villes et campagnes. Sans oublier la France dans le monde aujourd'hui après ses grands moments d'apogée. Une mise en cause d'une foule de clichés et d'idées fausses et un rappel des réalités trop souvent oubliées ou passées sous silence. — "La géographie historique est un genre précieux mais délaissé et le sujet avait quand même besoin d'être renouvelé. C'est chose faite avec ce très bel essai dans lequel on reconnaît la « griffe » de l'école des Chartes, faite de rigueur et de minutie. La première partie retrace la formation du « pré carré », des origines à nos jours, avec une conclusion claire : il n'y a pas de frontières naturelles. (D'ailleurs la théorie des frontières naturelles est très tardive : elle n'apparaît qu'à la Révolution). La France « est le résultat d'une évolution historique étalée sur deux millénaires ». Se succèdent ensuite les divisions territoriales, féodales, administratives, ecclésiastiques ; les Français (leur nombre ; sont-ils une race ? Non, mais on peut identifier des types « raciaux » au demeurant assez divers ; leurs dialectes, leurs religions...) ; la France rurale (avec un très beau chapitre sur le paysage « palimpseste de l'histoire ») ; la France urbaine et industrielle ; la France dans le monde. Tous ces développements sont servis par des cartes abondantes et fort instructives. En conclusion : l'histoire a forgé la France, mais celle-ci reste une mosaïque." (Hervé Couteau-Bégarie, Politique étrangère, 1986)

14.              GANDILHON (René). Naissance du champagne. Dom Pierre Pérignon. Hachette, 1968, in-4°, 287 pp, 154 illustrations dont 21 en couleurs à pleine page, biblio, reliure toile blanche illustrée de l'éditeur, gardes illustrées, bon état

            50

"Un très beau livre. Une présentation impeccable, une typographie très agréable à l'œil, une mise en pages parfaite, des illustrations de haute qualité et cadrant opportunément avec le texte, un style alerte et sans fioritures inutiles ajoutent beaucoup d'agréments à ce livre d'une érudition du meilleur aloi. Le sujet pouvait être traité de la façon la plus superficielle et tous ceux qui avaient naguère conté l'histoire du vin de Champagne et parlé de Dom Pérignon n'avaient guère pris la peine d'aller au fond des problèmes. René Gandilhon, avec une persévérance que rien n'a rebuté, a rassemblé une documentation ne laissant rien échapper de l'essentiel et tout naturellement sa vision des choses renouvelle à la fois la biographie du très habile procureur de l'abbaye d'Hautvillers et l'histoire de la production des vins gris de la Rivière et de ceux de la Montagne de Reims. La physionomie de Pierre Pérignon, moine d'une solide piété, excellent administrateur, gestionnaire pendant quarante-sept ans du temporel de son abbaye, domine le débat des crus, des cuvées et des chais. Nous le suivons avec intérêt dans ses efforts couronnés de succès pour rendre la prospérité à ce vieil établissement de la congrégation de Saint- Vanne ruiné par les guerres et la commende ; il ne ménage jamais sa peine pour la défense des droits des moines, menant à bien transactions et procès, multipliant les démarches, tenant en haleine ses correspondants. Mais c'est l'expert dans l'art de la vinification et le traitement des vins qui a fait le renom du procureur d'Hautvillers. Le mérite de Dom Pierre Pérignon fut à la fois de savoir choisir les plants de vigne appropriés à la nature des sols, les provigner, les tailler en tenant compte des lunaisons et d'associer dans de justes proportions les diverses variétés de raisin, d'éviter tout échauffement des grappes lors de la cueillette, de fractionner le pressage et de traiter enfin le vin en cellier avec un soin exigeant. Non moins magistrale fut la science du religieux pour parvenir à un vin parfaitement clair et limpide et pour obtenir aussi à l'occasion d'une mise en bouteilles bien conditionnée un vin agréablement mousseux et tout à fait stable. La renommée du vin de Hautvillers, grâce au savoir-faire de Dom Pérignon de 1668 à 1715, ne tarda pas à franchir toutes les frontières et un appellatif de terroir devenu le nom d'une de nos grandes provinces passa dans le langage universel comme celui du nectar le plus digne de la table des grands de ce monde. Fut-il meilleur ambassadeur de la France à une époque où les desseins du Roi-Soleil soulevaient bien des colères en Europe ? Félicitons René Gandilhon d'avoir, en rétablissant l'exacte vérité sur le secret de Dom Pérignon et sur le destin des vignes des coteaux de Champagne au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, mis fin à de vivaces et sans cesse renaissantes légendes. Sa démonstration appuyée sur des documents indiscutables est aussi claire et pétillante que le contenu des flacons issus des chais du procureur d'Hautvillers." (Marcel Baudot, Bibliothèque de l'École des chartes, 1968)

15.              GARRISSON-ESTÈBE (Janine). L'Homme protestant. Hachette, 1980, in-8°, 254 pp, 6 cartes, broché, bon état (Coll. Le Temps et les hommes)

            30

"Rarement un "emballage" modeste aura renfermé tant de richesse d'analyse, de notations subtiles et de remises en perspective opportunes. De la persécution des gens de la "religion prétendument réformée" aux XVIe et XVIIe siècles à leur pratique politique, sociale, familiale et scolaire aux XIXe et XXe siècles, cette spectrographie d'une communauté [...] nous révéle, en quelques belles pages, les éléments d'une mentalité moulée par l'histoire et la religion, et l'affirmation d'une spécificité enfin restituée dans ses vraies dimensions." (L'Histoire)

16.              GRISET (Pascal) et Dominique LARROQUE. L'Odyssée du transport électrique. P., Cliomédia, EDF-DTVE, 2006, in-8°, 160 pp, très nombreuses gravures et photos en noir et en couleurs, chronologie, glossaire, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

"L'histoire de l'automobile électrique commence vraiment en 1799, alors qu'Alessandro Volta inventait la batterie électrique. Mais il faut attendre 1823 avant que l'Anglais Peter Barlow puisse faire tourner une roue au moyen d'un électro-aimant, un principe qu'appliquera pour la première fois l'Allemand Jacobi pour propulser en 1839 un bateau électrique sur la Neva, ce qui permettait de transporter les très lourdes batteries. Les premiers engins terrestres autopropulsés apparaîtront vers 1840. Un Américain, Thomas Davenport, construira avec l'Écossais R. Davidson ce que Griset et Larroque qualifient dans leur livre de «machines improbables dont l'utilité pratique peut sembler virtuelle». En parallèle, le Belge Étienne Lenoir réalise un premier moteur à deux temps en 1860, mais il faudra attendre 1867 pour voir fonctionner un premier véritable moteur à quatre temps. À peu près au même moment, en 1859, Gaston Planté invente l'accumulateur au plomb, l'ancêtre de nos batteries d'auto d'aujourd'hui. L'invention de la dynamo par Zénobe Gramme en 1869 permettra à la fois aux moteurs électriques de produire de l'électricité en freinant et de l'utiliser pour la propulsion. L'engouement pour la motorisation électrique va stimuler une pléiade de chercheurs et d'hommes d'affaires. Dès 1886, on voit apparaître en service en Angleterre un premier «taxicab» électrique. Dès lors, la propulsion électrique, propre et silencieuse, apparaît à tous comme la voie de l'avenir. En 1890, cette suprématie de l'électrique se confirme dans la première course automobile organisée à Springfield, aux États-Unis. Edison se dote d'une Studebaker électrique pour tester ses nouvelles batteries nickel-fer à cette époque et Peugeot offre déjà en 1902 un premier quadricycle électrique. Plusieurs petits perfectionnements augmentent à cette époque la force et la fiabilité des tout-électriques. En 1905, la Drojky de Jeantaud peut déjà déplacer deux adultes sur 50 km à une vitesse de 20 km/h. Mais c'est la course à la vitesse qui va imposer la puissance du véhicule électrique. Cette course sera remportée par la Jamais Contente, le premier véhicule terrestre à dépasser le «mur» des 100 kilomètres à l'heure, le 1er mai 1899. La Baker Electric Torpédo Kid battra ce record cinq ans plus tard, en 1904, avec une pointe à 167 km/h, ce qui laisse pantois les constructeurs de moteurs thermiques. Mais l'invention du carburateur à gicleur (1903) et la mise au point d'un premier allumage à basse tension vont augmenter sensiblement la performance du moteur à combustion. Une course Paris-Bordeaux-Paris en 1895 confirmera sur 600 km la supériorité du moteur thermique en raison de son autonomie. Dès lors s'amorce une longue période durant laquelle les véhicules électriques vont se spécialiser dans des utilisations urbaines pour surmonter les problèmes d'autonomie et de charge. Des flottes de taxis, qui fonctionnent dans un court rayon autour des postes de recharge, verront ainsi le jour en Europe ainsi que plusieurs véhicules spécialisés, comme des bennes à ordures et des camions de livraison sur de courtes distances. La fiabilité et la simplicité des moteurs électriques ainsi que leur entretien économique les imposeront longtemps comme des solutions urbaines incontournables. Aux États-Unis, où l'auto électrique domine encore le marché au tournant du XXe siècle, selon Griset et Larroque, des industriels proposent à cette époque un service intégré offrant aux usagers, à fort prix, l'usage d'une voiture pour joindre les tramways ou les trolleys, ces autobus qui s'alimentent eux aussi aux câbles aériens installés au-dessus des rues. La propulsion électrique vivra son âge d'or avec les tramways et les trolleys, sauf à Paris où le souci de ne pas modifier l'esthétique de la ville incitera les autorités à les bannir de plusieurs quartiers. On construira plutôt, dès 1898, un premier métro, lui aussi motorisé à l'électricité..." (Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 25 janvier 2008)

17.              GUERY (François). Archéologie du nihilisme. De Dostoïevski aux djihadistes. Grasset, 2015, in-8°, 249 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Si le « nihilisme » a connu une sorte d'apothéose planétaire, le 11 septembre 2001, il fut aussi, ce jour-là, l'épilogue très provisoire d'une longue histoire – qui est précisément celle que cet ouvrage se propose de revisiter. Depuis l'assassinat en 1881 du Tsar réformateur Alexandre II jusqu'à nos modernes djihadistes, des Démons de Dostoïevski à l'étrange « inversion des valeurs » nietzschéenne, de « la mort de Dieu » à toutes les apologies criminelles d'une violence rédemptrice, voici les coulisses d'une pensée qui n'en finit pas d'embraser le monde. Camus, Ortega y Gasset, – mais également, et à l'inverse, Ernst Jünger ou Hermann Rauschning – sont tour à tour convoqués afin d'éclairer cette théorie du ravage. Du nazisme à l'islamisme, telle est cette passion de la destruction et de la rupture en tout qui, sous nos yeux, promet à l'Occident des lendemains de cendre...

18.              GUICHARD (Alain). Les Francs-Maçons. Grasset, 1973, in-8°, 301 pp, glossaire, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures stylo, bon état

            20

"C’est par modestie que M. Alain Guichard dit de son livre qu’il n’est ni une thèse, ni une histoire, ni un reportage, car il est tout cela à la fois. Et le reportage n’est point ici l’élément pittoresque, attrayant, mais, somme toute, inférieur : il est, au contraire, le sésame et le support. C’est le fait même que l’enquête, sérieuse et sincère, fût possible qui donne à l’histoire toute sa valeur, et à la thèse des justifications très fortes. Une telle histoire ne pouvait être écrite que de l’extérieur, c’est-à-dire par un non-maçon, – mais qui eût toute liberté de pénétrer, avec toute connaissance nécessaire à la compréhension, pour rapporter une vérité aussi objective que possible et qu’aucun scrupule, aucune attache, aucun secret ne pussent lier ou incliner. Que cet « initié » (on comprend bien le sens de ces guillemets), qui nous initie à son tour avec une grande compétence, soit catholique – un catholique amical, soucieux non seulement de jugement impartial et d’approche sympathique mais de rapprochement véritable – éclaire l’histoire et nourrit la thèse." (Yves Florenne, Le Monde diplomatique, 1969)

19.              GUIERRE (Maurice). La Femme et le Marin. P., Editions du Masque, 1934, in-12, 224 pp, ouvrages consultés, broché, couv. illustrée d'un dessin en noir de J. Bernard (repris sur la page de titre), couv. lég. salie, qqs pages mal coupées, état correct (Coll. Aventures et légendes de la Mer)

            15

Par Maurice Casimir Lucien Guierre (1888-1972), officier de marine, illustrateur, poète, romancier et historien de la marine. — "Aux Midships de France pour guider leurs premiers pas dans la vie sentimentale martime, ces quelques expériences de leurs aînés." (Maurice Guierre)

20.              JACQUEMART (P.) et J.-F. BOIS. L'Industrie de nos jours. Technologie vulgarisée. P., Ch. Delagrave, s.d. (1905), fort in-12, x-686 pp, 444 gravures dans le texte et à pleine page, reliure percaline rouge de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés et caissons à froid, encadrements à froid sur les plats, fer de prix doré de la ville de Paris au 1er plat, bon état

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"La technologie est la science des arts industriels ; elle explique les applications qu'ils font des sciences pures." — Par Paul Jacquemart (1846-1936), Inspecteur général de l'enseignement technique, Ingénieur des mines.

21.              JOUVENEL (Bertrand de). Du Principat, et autres réflexions politiques. Hachette, 1972, in-8°, 291 pp, broché, couv. à rabats, bon état

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"Principat est le nom générique que j'ai proposé pour désigner tous ces régimes contemporains où le corps politique se trouve en fait régi par une seule tête. J'ai choisi cette dénomination comme la plus neutre, acceptable aussi bien par ceux qui approuvent un tel régime que par ceux qui improuvent. Tel étant notre sujet, il semble que sa discussion se divise fort naturellement selon l'ordre des temps au temps : au temps passé, explication du phénomène ; au temps présent, appréciation ; au temps futur, pronostic." (Extrait)

22.              LACARRIÈRE (Jacques). Chemin faisant. Mille kilomètres à pied à travers la France. Fayard, 1974, in-8°, 240 pp, une carte, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grands papiers)

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Rien ne me paraît plus nécessaire aujourd'hui que de découvrir ou redécouvrir nos paysages et nos villages en prenant le temps de le faire. Savoir retrouver les saisons, les aubes et les crépuscules, l'amitié des animaux et même des insectes, le regard d'un inconnu qui vous reconnaît sur le seuil de son rêve. La marche seule permet cela. Cheminer, musarder, s'arrêter où l'on veut, écouter, attendre, observer. Alors, chaque jour est différent du précédent, comme l'est chaque visage, chaque chemin. Ce livre n'est donc pas un guide pédestre de la France, un inventaire touristique, un pèlerinage culturel, mais une invitation au vrai voyage, le journal d'un errant heureux, d'un libre divagant des Vosges jusqu'aux Corbières, au cœur d'un temps retrouvé, mais aussi à la rencontre des Français oubliés. Car marcher, c'est rencontrer chaque jour des inconnus, réapprendre une autre façon de se sentir parmi les autres. C'est aussi découvrir l'histoire, notre histoire, sur le grand portulan des chemins. Je ne souhaite rien d'autre, par ce livre, que redonner à son lecteur le goût des herbes et des chemins, le besoin de musarder dans l'imprévu, de retrouver ses racines perdues dans le grand message des horizons.

23.              LA VARENDE (Jean de). Contes sauvages. - Contes fervents. - Contes amers. Flammarion, 1958, 3 vol. in-12, 119, 159 et 114 pp, brochés, couvertures rempliées, les trois volumes réunis dans un étui cartonné rouge, bon état (Coll. L'Ecrin)

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"La Varende a été essentiellement le romancier du hobereau, du gentilhomme campagnard de Normandie. C'est le genre où il a excellé, où il a produit ses meilleurs titres (...) Si l'on examine le cadre chronologique de l'œuvre romanesque et contée de La Varende, on voit qu'elle se situe essentiellement dans l'espace de la mémoire orale, essentiellement l'espace pré-contemporain du XIXe siècle et plus rarement l'espace immédiatement contemporain. Et voici des exemples, pris parmi les dix romans qui, selon le mot de Michel Herbert, forment une « Comédie humaine », par le même milieu, les mêmes personnages, les situations qui procèdent les unes des autres : Nez de cuir, 1813, Le Centaure de Dieu autour de 1850, 1870. Le Troisième jour, La Dernière fête qui mettent en scène le fils bâtard de Manfred, héros du Centaure de Dieu, mort en 1870, se situent à la fin du siècle. Man d'Arc, roman historique inspiré par l'équipée de la duchesse de Berry, est bien sûr situé en 1832. L'Homme aux gants de toile, qui évoque l'histoire mystérieuse du duc de Choiseul Praslin caché dans la région de l'abbaye de Blanchelande, dans le Cotentin, se place dans les années 1850. Si les recueils de contes - Pays d'Ouche et Heureux les humbles sont situés dans une chronologie plus large, les récits des Manants du roi, recueil de nouvelles sur la fidélité au roi, vont de la mort de Louis XVI, le 21 janvier 1793, avec le récit Quant ils surent, aux problèmes posés par la fidélité et la dévotion au faux Louis XVII, et aux meurtrissures saignantes que provoque, en 1926, la condamnation de l'Action française. Ainsi l'espace historique de La Varende n'est point vague et allusif, comme chez d'autres romanciers. Mais nettement cerné, il se situe au XIXe siècle entre la Révolution de 1789 et la première moitié du XXe siècle, dans le milieu campagnard à la fois ébranlé et soudé par le grand choc matériel et moral de 1793..." (Madeleine Foisil, Histoire, économie et société, 1984).

24.              LA VARENDE (Jean de). Le Non de Monsieur Rudel. Flammarion, 1962, in-12, 301 pp, broché, non coupé, bon état

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Est-il vrai qu' « à à toutes les époques, on trouve des Français comme » Hyacinthe Rudel, défenseur indomptable des valeurs sacrées ? Cet ancien zouave pontifical a décidé de protéger la maison de son Dieu (dans le village de Bauron, en bordure de Bretagne) contre les Inventaires de 1906. II ne s'agit nullement de subversion, mais de la poursuite aussi opiniâtre que sans espoir d'un but supérieur, auquel tout sera sacrifié. « Ignorantin » candide, « moine en plein vent » qui « se prive de tout sauf de prier », « âme ouverte », il pousse à« franchir le fossé secret qui mène à l'héroïsme ». Il évoque certes les Croisés, la Pucelle, les casoars et les gants blancs de 1914... Mais cet homme qui ne sait pas composer, qui dit « non » au courant de l'histoire, fait sourire le Français d'aujourd'hui, bien persuadé depuis les premières pages que M. Rudel sera vaincu par le nombre. Si un simulacre de victoire paraît in extremis lui être accordé, c'est que La Varende est passé par là... L'image de ce vieillard barricadé avec son fusil au seuil de son église est peut-être d'Épinal. Elle continuera pourtant d'errer dans les esprits ; et pas seulement à cause du talent haut en couleur de La Varende. Approuvé, moqué ou critiqué, M. Rudel s'inscrit dans la lignée de ceux qui refusent de laisser s'affadir le sel de la terre. (Madeleine de Calan, Etudes, 1963)

25.              LE BRAS (Hervé). Anatomie sociale de la France. Ce que les big data disent de nous. Laffont, Editions de la Maison des sciences de l'homme, 2016, in-8°, 249 pp, nombreuses cartes et figures en couleurs, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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Les enquêtes par sondage livrent une image morcelée des Français. Elles analysent les caractéristiques individuelles une par une : catégorie sociale, âge, sexe, niveau d'éducation, activité, origine, lieu de résidence... Mais une personne n'est pas successivement un ouvrier, un homme, un jeune, un titulaire du bac, un actif et un habitant de la capitale né en Bretagne. Elle est tout cela à la fois, et bien plus encore. Pour saisir le comportement de nos concitoyens, cet ouvrage recolle ces divers morceaux de leur personne et les réinsère dans leur environnement – couple, foyer, parentèle, lieu de résidence... – qui les définit autant sinon plus que leurs particularités individuelles. Cela est rendu possible par les big data du recensement national, qui décrivent la composition exacte de plus de dix millions de ménages. Cette enquête exceptionnelle, illustrée par une cartographie riche et inédite, révolutionne notre conception des comportements sociaux et économiques des Français.

26.              LIPOVETSKY (Gilles). La troisième femme. Permanence et révolution du féminin. Gallimard, 1997, in-8°, 323 pp, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. NRF Essais), déférent envoi a.s. à Evelyne Sullerot

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Ce demi-siècle a plus changé la condition féminine que les millénaires antérieurs : affranchies de la servitude immémoriale de la procréation, exerçant une activité professionnelle, vivant leur liberté sexuelle, les femmes battent désormais en brèche les citadelles masculines. Dans cette émancipation, on pourrait voir à l'œuvre la logique des sociétés postmodernes définie par Gilles Lipovetsky dans ses précédents ouvrages : le procès de personnalisation, cette nouvelle façon pour la société de gérer les comportements selon les valeurs du libre déploiement de la personnalité humaine, de la légimité de la jouissance et des demandes singulières, de la nécessité de moduler les institutions sur les aspirations des individus. Il est remarquable qu'aujourd'hui Gilles Lipovetsky – observant au plus près les manières d'être et de penser des individus dans des domaines aussi divers que l'amour, la séduction, la beauté physique, le rapport au travail, à la famille et au pouvoir – retrouve dans l'avancée de la postmodernité un élément majeur qui subsiste dans son altérité et se recompose dans la configuration individualiste : le féminin. Si les sociétés postmodernes s'emploient à réduire les oppositions de genre, elles ne préparent pas leur confluence. L'homme reste associé prioritairement aux rôles publics et « instrumentaux », la femme aux rôles privés, esthétiques et affectifs. Loin d'opérer une rupture absolue avec le passé historique, la dynamique démocratique le recycle continûment. En cela, elle ne va pas jusqu'au bout d'elle-même.

27.              MARNHAC (Anne de). Séducteurs et séductrices. De Casanova à Lolita. La Martinière, 2002, in-4° carré, 207 pp, 124 illustrations, la plupart en couleurs, dans le texte et à pleines pages, biblio, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Le XVIIIe siècle consacre un art étrange et fascinant, celui de la séduction. Hommes et femmes, personnages réels ou créations littéraires, roués ou dandys, courtisanes ou cocottes, vamps ou femmes fatales l'ont incarné au fil des siècles en changeant les codes et les critères. Ces figures mythiques, tels Don Juan, Casanova, Lovelace, Valmont, Bel-Ami ou encore Carmen, Nana, Lolita, Marilyn, parmi tant d'autres, hantent encore nos moeurs et notre imaginaire. Mais derrière ces légendes, que se cache-t-il ? Quels sont les atouts, les armes, les charmes, les faiblesses de ces conquérants ? Quelle tragédie habite la femme fatale ? A travers l'évocation de ces destinées, cet ouvrage abondamment illustré livre une réflexion sur les mythes et les mystères de la séduction, mais aussi sur les codes amoureux et les fantasmes propres à chaque époque.

28.              MICHAUD (Yves)(dir.). Université de tous les savoirs. Qu'est-ce que la globalisation ? Odile Jacob, 2007, in-8°, 336 pp, broché, bon état

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Table : I. Perspectives sur un monde global éclaté. II. Quel avenir pour l'Europe. III. Les hauts et les bas de la culture. IV. Réflexions sur la croyance et les convictions. V. L'esprit de notre temps. VI. Questions de sciences. VII. Les arts et les cultures.

29.              MICHAUD (Yves)(dir.). Université de tous les savoirs. Volume 1 : Qu'est-ce que la vie ? Odile Jacob, 2000, gr. in-8°, 501 pp, qqs illustrations dans le texte, broché, bon état

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Table : I. Qu'est-ce que la vie ? II. Diversité de la vie, évolution et préhistoire. III. Première étape de réflexion et de critique : le savoir, la technique et l'éthique. IV. Aspects du développement humain. V. Où mène la génétique ? VI. Le cerveau, les comportements et les passions.

30.              MICHAUD (Yves)(dir.). Université de tous les savoirs. Volume 2 : Qu'est-ce que l'humain ? Odile Jacob, 2000, gr. in-8°, 602 pp, qqs illustrations dans le texte, broché, bon état

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Table : I. L'homme face à l'animal. II. Les signes et le sens. III. Justice, responsabilité et contrat : le droit en mouvement. IV. Démographie, croissance et mondialisation : les enjeux du nombre. V. Alimentation, cuisine et usine. VI. Perspectives sur les maladies. VII. Comment nous soignerons-nous ? VIII. Santé, industrie et solidarité.

31.              MICHAUD (Yves)(dir.). Université de tous les savoirs. Volume 3 : Qu'est-ce que la société ? Odile Jacob, 2000, gr. in-8°, 897 pp, qqs figures dans le texte, broché, bon état

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Table : I. Deuxième étape de réflexion et de critique : Y-a-t-il encore des sciences humaines ? II. L'homme, ses milieux et ses territoires. III. La ville globale. IV. La connaissance de l'histoire. V. Production et circulation des richesses : Dimensions connues et moins connues de l'économie. VI. Visages de l'association : Sociétés, identités et groupes. VII. Familles et générations : Tribus et âges de la vie. VIII. Demain quel travail ? IX. Nouveaux visages de l'entreprise : De l'innovation aux risques. X. Nations, violence, communication et sport. XI. Quels rôles pour l'Etat.

32.              MICHAUD (Yves)(dir.). Université de tous les savoirs. Volume 4 : Qu'est-ce que l'Univers ? Odile Jacob, 2001, gr. in-8°, 987 pp, 16 pl. de photos en couleurs hors texte, qqs illustrations dans le texte, broché, bon état

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Table : I. Perspectives sur les mathématiques actuelles. II. Les grandes questions de la cosmologie. III. Le système solaire. IV. Etoiles et galaxies. V. La terre, les océans, le climat. VI. Des particules à l'antimatière : la matière et son organisation. VII. Les états de la matière : approches physiques de la complexité. VIII. La chimie, science des transformations.

33.              MICHAUD (Yves)(dir.). Université de tous les savoirs. Volume 5 : Qu'est-ce que les technologies ? Odile Jacob, 2001, gr. in-8°, 626 pp, qqs illustrations dans le texte, broché, bon état

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Table : I. Enjeux de l'éducation et formation de demain. II. L'homme et l'informatique : machines, connexions et agents. III. La société informatique : vers la société de la communication et la société de surveillance. IV. Artifices. V. Exploration et exploitation de l'espace : une aventure et ses enjeux. VI. Batteries, piles, atomes et moteurs biologiques : quelles énergies ? VII. Matériaux en tous genres : l'ancien et le nouveau. VIII. Les pollutions et leurs remèdes. IX. La société du risque et de l'extrême.

34.              MICHAUD (Yves)(dir.). Université de tous les savoirs. Volume 6 : Qu'est-ce que la culture ? Odile Jacob, 2001, gr. in-8°, 844 pp, qqs illustrations dans le texte, broché, bon état

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Table : I. Perspectives sur un monde global éclaté. II. Quel avenir pour l'Europe. III. Les hauts et les bas de la culture. IV. Réflexions sur la croyance et les convictions. V. L'esprit de notre temps. VI. Questions de sciences. VII. Les arts et les cultures.

35.              [Michel GALL] – RICHARDSON (Humphrey). La Vie secrète de Robinson Crusoë. P., Marie Concorde, 1970, in-12, 206 pp, broché, couv. à rabat, bon état (Coll. Olympia)

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Roman érotique. — Quand Robinson se retrouve ainsi perdu, sans la moindre femme à l'horizon, comment ne tenterait-il pas d'abord de revivre ses plus chauds souvenirs ? Evelyn, si ardente dans sa somptueuse alcôve... Clarissa, une rousse dévergondée à souhait... d'autres encore. Et puis on peut aussi fantasmer, n'est-ce pas? Robinson se voit environné de nudités provocantes ; il croit apercevoir, au milieu des vagues, une jolie indigène au corps doré. Hélas, quand la réalité reprend ses droits, la frustration n'en est que plus cruelle... L'île, certes, n'est pas tout à fait déserte : sur la plage, il y a des noix de coco, des tortues; singes et chèvres batifolent en lisière de jungle. Et alors ? Souvenez-vous : Robinson est un homme très inventif ! Mais plus rien de tout cela n'importe quand il rencontre le beau sourire ingénu de Vendredi... — "Le héros de Daniel Defoe a fait rêver tous les enfants, mais lui-même, ne rêvait-il pas ? Une fois construite la cahute du naufragé, plantés les fruits exotiques, abattus les fauves et cousues les peaux, comment Robinson supportait-il la solitude des longues nuits tropicales ? Comment domestiquait-il ses animaux familiers ? Comment accueillit-il son compagnon Vendredi ? Quelle fut sa vie secrète durant cet exil d'un quart de siècle ? Autant de questions que Defoe laissa dans l'ombre et que Humphrey Richardson, pour qui un chat sauvage est un chat sauvage, met en lumière avec une rigueur aussi subtile que réjouissante."(4e de couv.) — L'édition originale de ce texte a été publiée en 1955 en anglais, sous pseudonyme, chez Olympia Press par Maurice Girodias sous le titre “The Sexual Life of Robinson Crusoe”. La première édition en français a été publiée au Cercle du Livre Précieux avec des collages de Francis Dumoulin en 1963. L'édition française donnée par Christian Bourgois en 1970 fut interdite par arrêté ministériel (elle porte le titre “La Vie secrète de Robinson Crusoë”). La première édition avec le vrai nom de l'auteur date de 1977, chez Jean-Claude Simoën, avec le titre “La Vie sexuelle de Robinson Crusoé”. (Cf. Joubert, Livres interdits, V122) — « Proscrite par les amateurs éclairés et bannie par les âmes bien-pensantes, La vie sexuelle de Robinson Crusoé de Michel Gall erre à tort dans l'indifférence la plus totale. » Pour Emmanuel Pierrat, ce roman vaut mieux qu'un manuel d'onanisme car, « s'il parvient à mettre le rose aux joues – critère indispensable pour tout bon livre érotique –, il s'inscrit surtout parmi les grands classiques de l'imaginaire îlien.» A ses aventures masturbatoires, à ses péripéties rocambolesques avec la faune insulaire, le héros éponyme ajoute des instants lubriques féeriques : « Je pense tout particulièrement au passage du lagon. Robinson, au fil de ses excursions, découvre un jour un petit récif corallien. Immergé dans le lagon, il décide de s'enduire d'huile naturelle. Attirés par la substance "à lécher", des centaines de milliers de poissons viennent lui sucer délicatement la peau, ce qui lui permet d'atteindre les plus hautes cimes du plaisir.» Mais c'est Vendredi qui finira par mettre un terme à ces scènes solitaires luxurieuses en copulant avec le naufragé ! « Unis dans les délices de la chair, ils formeront le premier couple homosexuel de toute l'histoire littéraire ! » Oser relater cette aventure est, pour cet expert en littérature érotique, « une manière originale et efficace de briser les tabous de l'époque ». Emmanuel Pierrat l'affirme: «Ce livre est un véritable petit chef-d'oeuvre du genre ! » (Capucine Roche, L'Express, 2004)

36.              MOURRE (Michel). Dictionnaire encyclopédique d'histoire. Bordas, 1982-1983, 8 vol. in-4°, 5000 pp, 5000 pages dont 384 en couleurs et près de 6000 illustrations en noir dans le texte et hors texte, reliures skivertex bordeaux de l'éditeur, plats et dos ornés, têtes dorées, bon état

            300

La grande édition, complète en 8 volumes. — Le seul dictionnaire d'histoire universelle qui rassemble toutes les données significatives de l'histoire mondiale. Le dictionnaire encyclopédique universel de Michel Mourre est un ouvrage unique. Publié pour la première fois aux éditions Bordas en 1978, remanié à plusieurs reprises, il est l'oeuvre de toute une vie. Monument d'érudition, il est devenu une référence communément appelée « Le Mourre ». L'originalité du Mourre est de concilier une vision globalisante de l'Histoire avec un souci constant de l'événementiel. Par cet aspect, le Mourre est au coeur de nos préoccupations. Il propose une approche "réconciliée" de l'Histoire qui retient le meilleur aussi bien de la méthodologie documentaire la plus classique que l'approche de longues périodes. Il comprend près de 20.000 entrées décrivant faits, acteurs et lieux de l'histoire universelle avec précision, et près de 1.000 articles de fond, synthèses de concepts, périodes ou objets historiques. Cette source de documentation est un instrument de culture irremplaçable pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire envisagée dans son sens le plus large : à la fois économique, sociale, idéologique, politique, technique et événementielle. — "Quinze ans ont été nécessaires à Michel Mourre pour concevoir et rédiger son Dictionnaire encyclopédique d'histoire. Celui-ci est le premier ouvrage qui permet d'avoir une approche de l'Histoire à la fois analytique et synthétique. Analytique parce qu'il se présente comme un dictionnaire. Ce qui en fait un outil de travail clair et précis. Synthétique, parce que chaque grand thème fait l'objet d'un ample développement encyclopédique. Un nouvel instrument de travail au service des historiens mais aussi un ouvrage indispensable à tous les amateurs d'histoire."

37.              PICOT (Jean-Pierre) et Christian ROBIN (dir.). Jules Verne. Cent ans après. Actes du colloque de Cerisy. Rennes, Terre de Brume, 2005, gr. in-8°, 492 pp, gravures dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Terres fantastiques)

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Le présent ouvrage rassemble les communications présentées du 2 au 12 août 2004 au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, et dont les auteurs, d'horizons divers, ont en commun d'aimer Jules Verne et de vouloir le débarrasser de nombre de ces mythes tenaces qui continuent de s'attacher à son image. Verne au théâtre, Verne et la presse, Verne et la science-fiction, mais aussi les visages de la Chine, de l'Afrique, de l'Amérique – son pays d'adoption post-mortem – tels qu'ils sont donnés à voir dans ses Voyages extraordinaires, voilà quelques-uns des aspects de cette œuvre multiforme et chamarrée qui sont ici étudiés. Mais un écrivain est aussi un homme qui ré-écrit, et qui est lui-même ré-écrit par ses successeurs : on ne peut parler de Verne sans envisager sa relation à Poe ou à Baudelaire ; de même, la filiation vernienne décelable chez un Lovecraft ou chez un Pérec permet à rebours de mieux saisir l'originalité de cet écrivain.

38.              RÉMOND (René). La Droite en France de la première Restauration à la Ve République. Nouvelle édition revue et augmentée. Aubier, 1963, pt in-8°, 414 pp, seconde édition, 4 cartes, documents, biblio (pp. 374-398), index, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. historique), envoi a.s. à Ernest Labrousse

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"Lorsque ce beau livre a été publié pour la première fois en 1954, il avait comme sous-titre : continuité et diversité d'une tradition politique. Diversité, parce que les recherches de René Rémond l'avaient conduit à constater que, lors même que, par exception, la droite française paraît s'unir devant les électeurs ou au Parlement, elle comporte en réalité trois courants bien distincts, relevant de trois traditions historiques à bien des égards opposées : celle du legitimisme, celle de l'orléanisme, celle du bonapartisme. Continuité, parce que, même une fois les anciennes fidélités dynastiques effacées par plusieurs décennies de régime républicain, ces trois courants pouvaient encore être repérés dans la vie politique française, en fonction de la persistance de certaines attitudes idéologiques, de la permanence de certaines assises géographiques, de la continuité de certaines traditions familiales. (...) La nouvelle édition de ce livre, indispensable à toute compréhension en profondeur de la vie politique française, prolonge jusqu'à nos jours l'analyse faite il y a dix ans, sans en modifier substantiellement l'orientation..." (François Goguel, Revue française de science politique, 1964)

39.              RONCHI (Vasco). Histoire de la lumière. Armand Colin, 1956, in-8°, 290 pp, traduit de l'Italien par Juliette Taton, 84 figures, index, broché, bon état (Bibliothèque générale de l'Ecole pratique des Hautes études, VIe section)

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"Ouvrage très documenté dont l'auteur est directeur de l'Institut national d'Optique de Florence. Le livre est divisé en huit chapitres : L'optique dans le monde gréco-romain ; L'optique au Moyen Age ; L'écroulement de l'optique antique ; De Descartes à Grimaldi ; Newton et Huygens ; Du XVIIe au XVIIIe siècle ; Le triomphe de l'optique ondulatoire ; Qu'est-ce que la lumière ? La traduction, excellente, est agréable à lire, et l'ouvrage est d'un accès facile. Il sera toujours fort utile de le consulter. L'index des noms cités est fort utile ; pages 172 et 173, un tableau chronologique des principaux théoriciens de l'optique, du XVe au XIXe siècle, frappe par sa netteté." (Jean Itard, Revue d'histoire des sciences, 1958) — L'ouvrage de V. Ronchi contient beaucoup plus que l'exposé des théories successives, car il fait revivre toutes les péripéties de ce drame de la pensée humaine que constitue l'histoire de la lumière.

40.              ROSEAU (Nathalie) et Marie THEBAUD-SORGER (dir.). L'Emprise du vol. De l'invention à la massification : histoire d'une culture moderne. MétisPresses, 2013, gr. in-8°, 205 pp, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Comment l'expérience du vol a-t-elle transformé notre vision du monde ? Ce livre a pour ambition de comprendre l'empreinte profonde du vol aérien, né à la fin du 18e siècle, sur la culture moderne. A cet effet, il envisage la culture aérienne sur la longue durée et selon diverses problématiques transversales et diachroniques : les pratiques du vol, les frontières géopolitiques, les récits et médiations, les expériences sensitives, les nouvelles spatialités. Nombre d'objets et de figures incontournables y sont abordés tels que les machines aéronautiques, le pilote, l'aéroport, l'entreprise, l'enthousiasme populaire, les productions artistiques, la vue aérienne, les pratiques du voyage. Construit autour de onze études de cas représentatives, et incluant une riche iconographie qui vient ponctuer ce panorama, L'emprise du vol met en relation des approches jusque-là disséminées, de la littérature à l'urbanisme, de l'histoire de l'art à l'esthétique, de l'histoire des techniques à l'histoire politique. Marqué par son ouverture transdisciplinaire et transnationale, cet ouvrage témoigne du processus de globalisation qui a façonné l'émergence de la conquête de l'air et qui, loin d'être synonyme d'uniformisation, révèle un rapport nouveau au territoire, à l'environnement et à la matérialité de notre monde contemporain. — Nathalie Roseau est architecte, polytechnicienne et docteur en urbanisme de l'Université Paris-Est. Maître de conférences à l'Ecole des Ponts, elle y dirige le master d'urbanisme et conduit ses recherches au sein du Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (CNRS, Paris-Est, ENPC). Elle est professeur invitée à la faculté d'architecture de Milan. Ses travaux portent sur les relations entre la ville et l'innovation et les fonctions de l'imaginaire dans la fabrique de l'espace, ainsi que sur l'histoire architecturale et urbaine des infrastructures de l'air. Parmi ses ouvrages et articles récents : Aerocity, quand l'avion fait la ville (Editions Parenthèses, 2012), "La ville vue d'avion, miroir ou scénario ?", in Mark Dorrian et Frédéric Pousin (dit), Vues aériennes : Seize études pour une histoire culturelle (MétisPresses, 2012) et "Airports as urban narratives, Toward a cultural history of global infrastructures", Transfers 2.1 (2012). – Marie Thébaud-Sorger est historienne des techniques et docteur de l'EHESS en histoire. Chercheur associée au Laboratoire Identités, Cultures, Territoires de l'Université Paris-Diderot, elle a été enseignante à l'EHESS, chargée de recherche Marie Curie à l'Université de Warwick et au Centre de Recherches Historiques (CNRS/EHESS, Paris). Ses travaux portent sur la réception des techniques et l'activité inventive depuis la période des Lumières, sur le risque industriel et la santé au travail, ainsi que sur l'émergence de "l'air" comme territoire d'appropriations techniques, sociales, symboliques et politiques. Parmi ses ouvrages récents : L'aérostation au temps des Lumières (Presses Universitaires de Rennes, 2009), prix Louis Casteix 2010 de l'Académie française, et Une Histoire des ballons : Invention, culture matérielle et imaginaire (Editions du Patrimoine, 2010).

41.              ROUSSEL (André). Histoire des doctrines démographiques illustrée par les textes. Nathan, 1979, in-8°, 253 pp, biblio, broché, bon état

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"Il y a deux démographies distinctes. L'une, la plus développée à notre époque s'intéresse à la mesure des phénomènes, elle regroupe l'analyse et les méthodes pour ordonner les statistiques anciennes ou actuelles. L'autre est plus soucieuse de comprendre l'influence réciproque de la population, de l'économie et des structures sociales. La première démographie pourrait s'appeler démométrie, et la seconde démologie. A. Roussel retrace l'histoire de cette dernière à travers un choix judicieux de textes qu'il introduit par d'intéressants commentaires. Il a retrouvé les passages où les auteurs anciens parlent de population et les cite assez longuement pour qu'on en aperçoive la complexité..." (Population, 1981)

42.              SALOMON (Renaud)(dir.). Les grandes conclusions du parquet général de la Cour de cassation. Editions Panthéon-Assas, 2017, fort gr. in-8°, 1315 pp, préface de Jean-Claude Marin, broché, couv. illustrée, bon état (Prix éditeur 70 €)

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Cet ouvrage sur les "grandes conclusions du parquet général de la Cour de cassation de 1790 à nos jours" a pour objectif de présenter l'apport doctrinal des conclusions du parquet général à l'élaboration de la jurisprudence de la Cour de cassation. Il s'agit du premier opus de cette ampleur, depuis les origines de la Cour de cassation, consacré aux conclusions des avocats généraux. Cet ouvrage souligne qu'ils ont été, bien souvent, à l'origine de changements de jurisprudence, d'évolutions du droit, et parfois même, de la création de concepts juridiques, grâce à une extraordinaire liberté intellectuelle et à une analyse juridique visionnaire. De très nombreuses conclusions ont ainsi brillamment participé à la construction de l'édifice jurisprudentiel de la Cour de cassation depuis sa création. Du début du XIXe siècle aux premières années du XXIe siècle, sans oublier la IIIe République, qui a connu un véritable flamboiement intellectuel et juridique, cette publication met en lumière l'extraordinaire travail des avocats généraux, parfois emphatique, souvent recherché, toujours rigoureux, dans lequel ils se sont excellemment illustrés. — Avec les contributions de Pierre-Emmanuel Audit, Nicolas Balat, Jean-Sébastien Borghetti, Charles-Edouard Bucher, Lydie Dauxerre, Geoges Decocq, Guillaume Drouot,Julien Dubarry, Charlotte Dubois, Grégoire Duchange, Estelle Fragu, Nathalie Fricero, Paul Giraud, Laurent Leveneur, Emeric Jeansen, Astrid Marais, Jean-Marc Moulin, Yannick Pagnerre, Claire-Marie Péglion-Zika, Laurent Pfister, Sophie Schiller, Renaud Salomon, Bernard Teyssié, Edouard Verny.

43.              SAND (Shlomo). Comment le peuple juif fut inventé. Fayard, 2008, gr. in-8°, 446 pp, traduit de l'hébreu, index, broché, bon état

            20

Quand le peuple juif fut-il créé ? Est-ce il y a quatre mille ans, ou bien sous la plume d'historiens juifs du XIXe siècle qui ont reconstitué rétrospectivement un peuple imaginé afin de façonner une nation future ? Dans le sillage de la "contre-histoire" née en Israël dans les années 1990, Shlomo Sand nous entraîne dans une plongée à travers l'histoire "de longue durée" des juifs. Les habitants de la Judée furent-ils exilés après la destruction du Second Temple, en l'an 70 de l'ère chrétienne, ou bien s'agit-il d'un mythe chrétien qui aurait infiltré la tradition juive ? L'auteur montre comment, à partir du XIXe siècle, le temps biblique a commencé à être considéré par les premiers sionistes comme le temps historique, celui de la naissance d'une nation. Ce détour par le passé conduit l'historien à un questionnement beaucoup plus contemporain : à l'heure où certains biologistes israéliens cherchent encore à démontrer que les juifs forment un peuple doté d'un ADN spécifique, que cache aujourd'hui le concept d' "État juif", et pourquoi cette entité n'a-t-elle pas réussi jusqu'à maintenant à se constituer en une république appartenant à l'ensemble de ses citoyens, quelle que soit leur religion ? En dénonçant cette dérogation profonde au principe sur lequel se fonde toute démocratie moderne, Shlomo Sand délaisse le débat historiographique pour proposer une critique de la politique identitaire de son pays. — "L'un des livres les plus fascinants et stimulants publiés depuis longtemps." (Tom Segev)

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Collection « L’UNIVERS DES FORMES ». Gallimard, 1961-1988, volumes in-4° à la très riche iconographie, chacun contenant environ 400 photographies en héliogravure et en couleurs, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, avec tableaux chronologique ou synchronique, dictionnaire-index, bibliographie, documentation iconographique, reliures pleine toile rouge éditeur, jaquettes illustrées en couleurs. Nous disposons des volumes suivants, en bon état (soit 21 titres sur les 42 parus entre 1961 et 1997) :

 

44.              PARROT (André). Sumer. Gallimard, 1961, in-4°, xlviii-399 pp, préface d'André Malraux, 419 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, cartes dépliantes in-fine, pelliculage de la jaquette lég. décollé, bon état. Riche iconographie

            60

Avec Sumer apparaît, dès la fin du IVe millénaire, dans la basse plaine du Tigre et de l'Euphrate, la première civilisation urbaine. Elle va s'étendre à l'ensemble de la région d'entre les fleuves, cette Mésopotamie dont les cités manifestent, aux IIIe et IIe millénaires, une extraordinaire puissance créatrice, qui se poursuivra au ler millénaire, période que couvre un second volume "Assur". Etendard d'Ur, stèle d'Hammurabi, sceaux-cylindres représentant Gilgamesh, céramiques de Samarra, portraits de Sargon, statues de Gudéa, peintures du palais de Mari, vases d'Uruk, ziggurats d'Ur et d'Agarquf... au-delà de la création artistique, c'est l'esprit de l'univers religieux, du monde palatial et des habitants des cités du bassin des Deux Fleuves qui resurgit là.

45.              PARROT (André). Assur. Gallimard, 1969, in-4°, xvi-427 pp, 398 + 67 illustrations en couleur et en noir et blanc (certaines dépliantes), 5 cartes, table alphabétique des sites, emboîtage, bon état. Deuxième édition augmentée d'un supplément Sumer-Assur (36 pp, 67 ill.) et de mises à jour de la bibliographie et du dictionnaire-index. Riche iconographie

            60

Prolongement du premier volume de la collection, consacré par André Parrot à Sumer, Assur prend le relais, illustrant la culture de l'Orient mésopotamien et iranien, de l'émergence de l'Empire assyrien (IIe millénaire av. J.-C.) jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.). Les lions androcéphales du palais de Khorsabad, les chasses d'Assurbanipal sur les reliefs de Ninive, les peintures de Til-Barsip, les ivoires de Nimrud, les portes en bronze de Balawat, les briques émaillées de Babylone, comme les défilés royaux de Suse et de Persépolis donnent à voir et à comprendre un monde qui était celui de la Bible, un Orient dont les traces sur le terrain sont aujourd'hui en péril, mais dont l'héritage culturel a été fondamental. Les fresques de Til-Barsib découvertes en 1929 par la mission François Thureau-Dangin sont reproduites ici pour la première fois en couleurs, et constituent une révélation prenant le caractère d'un véritable inédit.

46.              GHIRSHMAN (Roman). Parthes et Sassanides. Iran. Gallimard, 1962, in-4°, 401 pp, 454 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, 3 cartes dépliantes in-fine, bon état. Première édition. Riche iconographie

            60

La conquête d'Alexandre le Grand (330 av. J.-C.) marque une coupure dans l'évolution de l'art iranien. Dès le Ille siècle avant notre ère, des tribus nomades iraniennes, venues d'Asie centrale, créent une gigantesque province où fleurit une civilisation cosmopolite, dans laquelle l'élément parthe joue un rôle prépondérant. L'Art parthe, après avoir absorbé le poison grec, se reprend, trouve sa propre voie et fait revivre ce qui avait constitué le patrimoine national. Après les Parthes, les Sassanides favorisent l'éclosion d'un art qui affirme avec une force inégalée, la puissance de l'État et de sa société féodale. Il atteint son apogée sous Khosroès II, conquérant au trésor fabuleux, maître de l'Égypte et rival menaçant de Byzance. Une décade après la mort de ce souverain, l'empire le plus puissant du monde s'écroule sous les coups des Bédouins venus des sables du désert, frappé par l'Islam triomphant. — "C'est là le troisième volume de la collection L'Univers des Formes qui sera pour beaucoup une révélation, car il est entièrement consacré à deux périodes généralement assez négligées et bien à tort. M. Ghirshman qui depuis quelque trente ans explore le sol iranien était parfaitement préparé pour traiter un pareil sujet dont on peut dire qu'il a été totalement renouvelé, en tout cas pour la phase parthe, par les découvertes iraquiennes à Hatra. (...) la présentation est impeccable et l'accord parfait, si malaisé à réaliser, aussi bien par l'auteur que par l'éditeur, entre texte et illustration, facilite considérablement la lecture. Une mise en pages extraordinairement étudiée et qui n'est jamais monotone, la qualité des reproductions, noir ou couleurs, la précision et la clarté de l'exposé, font de ce volume une totale réussite..." (André Parrot, Syria, 1963) — "L'archéologie orientale est représentée, en premier lieu, par la remarquable synthèse somptueusement illustrée de R. Ghirshman, Iran, Parthes et Sassanides..." (Revue des études slaves, 1963)

47.              DEMARGNE (Pierre). Naissance de l'art grec. Gallimard, 1964, in-4°, 449 pp, 534 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, bon état. Première édition

            60

Naissance de l'Art grec inaugure la série des quatre volumes de la collection «L'Univers des Formes» portant sur la Grèce antique. Il constitue la première synthèse sur les débuts de l'art hellénique, s'inscrivant dans une double perspective, celle d'une histoire de l'art, qui voit dans la Grèce des origines l'annonce de la modernité, et celle, plus actuelle, d'une archéologie qui révèle aux regards contemporains des formes inattendues et simples d'un art oublié. Cnossos, le sanctuaire d'Archanès, la Dame de Mélos, les ateliers de Malia, les fresques de Théra, les trésors du palais de Zakro, les maisons et sanctuaires de Mycènes, les tombes royales de Salamine de Chypre, et les pithos à relief des îles, mais aussi le Kouros de Palaikastro, la nécropole d'Éleutherne, les arsenaux de Kommos, la ville de Zagora et la nécropole d'Armeni : découverte après découverte, l'art grec offre ainsi dès sa naissance des œuvres et des monuments aussi riches qu'à l'âge classique, mais plus inattendus.

48.              BIANCHI BANDINELLI (Ranuccio) et A. GIULIANO. Les Etrusques et l'Italie avant Rome. De la Protohistoire à la guerre sociale. Gallimard, 1973, in-4°, 436 pp, 451 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, bon état. Première édition

            60

Ce volume sur les Etrusques et l'Italie avant Rome constitue le premier volet de la grande trilogie de Ranuccio Bianchi Bandinelli sur l'art de l'Italie antique. En parcourant l'Italie préromaine au Ier millénaire avant notre ère, le célèbre historien, attaché à une histoire sociale de l'art, pouvait ainsi mettre en évidence les racine de ce qu'il a appelé le courant « plébéien » de l'art romain. L'art de la civilisation étrusque, analysé d'un point de vue historique, est au coeur de l'ouvrage, mais les productions artistiques des différents peuples antiques de la péninsule, comme les Dauniens, les Picéniens et les Ligures, y ont aussi leur place. Dans le foisonnement des formes d'expressions, qui séduisent souvent par un certain primitivisme, on est ébloui par le faste du mobilier, les bijoux d'or à la décoration raffinée, les fresques revêtant les parois des tombes de Tarquinia, les magnifiques acrotères en terre cuite des temples de Véies et d'Orvieto, les grands bronzes comme le Chimère d'Arezzo ou l'Arrigatore.

49.              LECLANT (Jean)(dir.). Le Temps des Pyramides. De la Préhistoire aux Hyksos (1560 av. J.-C.). Gallimard, 1978, in-4°, 355 pp, 432 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, bon état. Première édition

            60

Premier des trois titres consacrés à l'Egypte, Le Temps des Pyramides couvre la période qui va de la Préhistoire au Moyen Empire et plus particulièrement les dynasties qui, entre 3000 et 1800 avant J.-C., ont à la fois construit les pyramides de Saqqara et de Giza et transféré ensuite à Thèbes le centre du royaume de Pharaon. L'étonnante richesse en vestiges de l'Egypte est le privilège d'un climat d'une sécheresse exemplaire assurant une parfaite conservation : de leur linceul de sable, pyramides, mastabas, temples, bas-reliefs, peintures, statues, mobiliers et bijoux resurgissent, bien souvent intacts, pour les archéologues venus les retrouver. Textes de Cyril Aldred, Jean-Louis de Cenival, Fernand Debono, Christiane Desroches-Noblecourt, Jean-Philippe Lauer, Jean Leclant et Jean Vercoutter.

50.              LECLANT (Jean)(dir.). L'Empire des Conquérants. L'Égypte au Nouvel Empire (1560-1070 avant J.-C.). Gallimard, 1979, in-4°, 345 pp, 431 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, cartes dépliantes in-fine, bon état. Première édition

            60

De la XVIIIe à la XXe dynastie, pendant cinq siècles, l'Égypte, devenue nationaliste et conquérante, va connaître une période faste. Avec l'afflux des richesses, des butins et des tributs se développent le goût du luxe et les formes de la magnificence. Les grandes constructions de prestige se multiplient. Dans la profusion de l'or et des pierres rares brillent bijoux et mobilier d'apparat. Trois grandes figures émergent de ces dynasties : Aménophis IV (Akhenaton), Toutankhamon et Ramsès II. Textes de Cyril Aldred, Paul Barguet, Christiane Desroches-Noblecourt, Jean Leclant et Hans Wolfgang Müller.

51.              LECLANT (Jean)(dir.). L'Égypte du crépuscule. De Tanis à Méroé (1070 avant J.-C.-IV siècle après J.-C.). Gallimard, 1980, in-4°, 345 pp, 394 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, cartes dépliantes in-fine, bon état. Première édition

            60

La civilisation pharaonique, après plusieurs millénaires, va achever son long périple et se dissoudre dans l'Empire chrétien d'Orient. Pendant quinze siècles, à travers les invasions venues de tous les horizons, cette Basse Époque fera, malgré tout, preuve d'une influence culturelle considérable. Elle sera marquée par une série d'événements importants, parfois contradictoires et imprévus, le plus souvent méconnus. De la XXIe dynastie "tanite" à la dernière reine d'Égypte, Cléopâtre, de la domination romaine à la destruction de Meroé et au triomphe du christianisme, l'Égypte perdra ses dieux, son écriture et sa civilisation propres ; la grande tradition morte, seul l'art copte assumera, pour un temps encore, la survivance. Textes de Cyril Aldred, François Daumas, Christiane Desroches- Noblecourt et Jean Leclant.

52.              GRABAR (André). Le Premier Art chrétien (200-395). Gallimard, 1966, in-4°, 408 pp, 312 photographies, illustrations et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, bon état. Première édition.

            60

« Appelé à une carrière prestigieuse, l'art chrétien a eu des débuts très modestes. C'est l'Empire romain et la paix qu'il établit pour longtemps autour de la Méditerranée qui permit à une expression artistique de la foi chrétienne de se répandre rapidement sur un territoire immense et d'y occuper bientôt une position prédominante. Il mit à son profit les termes qu'on employait autour de lui et leur donna un sens nouveau. Il suivit les voies que lui dictaient les usages hérités d'un passé très long et s'adapta aux moyens économiques qu'on mit à sa disposition, aux techniques et aux matières premières qu'il put connaître. Le premier art chrétien nous offre une occasion, plutôt rare, d'observer quelques-uns des aspects les plus intéressants d'une expérience de cette envergure, qui s'était poursuivie dans le cadre de l'art gréco-romain, art séduisant encore, mais qui allait céder la place à une esthétique nouvelle.» (André Grabar) — "Combien il serait erroné de ranger ces deux livres, Le Premier art chrétien et L'Age d'or de Justinien, dans la classe des beaux livres d'images dont la librairie française est aujourd'hui encombrée, au grand dam de la vraie science. Ces deux-ci sont avant tout des livres de texte, que l'image vient éclairer, confirmer, assurer. Il faudra sans cesse y avoir recours quand on traitera soi-même d'un point d'histoire de l'art des premiers siècles de notre ère ou même quand il s'agira des arts du moyen âge, car l'art des deux périodes étudiées sert de base à tous les arts médiévaux, y compris les arts musulmans. La recherche ultérieure apportera sans doute sur des points de détail des critiques ou des changements. Il est peu probable que l'édifice entier en soit affecté. Et pendant longtemps." (Jules Leroy, Syria, 1968)

53.              GRABAR (André). L'Age d'or de Justinien. De la mort de Théodose à l'Islam . Gallimard, 1966, in-4°, 408 pp, 475 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, bon état. Première édition

            60

L'Empereur Justinien a réussi à restaurer, pour un temps, l'unité de l'Empire romain et à réunir sous son sceptre les terres latines, grecques et sémitiques qui l'avaient composé autrefois. De Constantinople, sa résidence, il a fait une capitale universelle, qu'il para d'édifices somptueux, et là, comme à Ravenne et ailleurs, l'essor des arts fut grand au Ve et au VIe siècle, inspiré par le rêve de l'âge d'or antique. C'est alors que fut tentée une première synthèse de tout ce qui avait été esquissé dans le domaine des arts, depuis les débuts chrétiens, autour de la Méditerranée. C'est alors aussi, et dès le Ve siècle, que furent créées, à Byzance et dans plus d'une province de l'Empire, des œuvres qui représentent le sommet des expériences artistiques chrétiennes pendant l'Antiquité. Bien des artistes du Moyen Âge, dans tous les pays de traditions grecque et latine, allaient connaître la tradition antique à travers les œuvres de cette période, qui représentent ainsi une étape essentielle entre l'art de l'Antiquité classique et celui du Moyen Âge. — "Combien il serait erroné de ranger ces deux livres, Le Premier art chrétien et L'Age d'or de Justinien, dans la classe des beaux livres d'images dont la librairie française est aujourd'hui encombrée, au grand dam de la vraie science. Ces deux-ci sont avant tout des livres de texte, que l'image vient éclairer, confirmer, assurer. Il faudra sans cesse y avoir recours quand on traitera soi-même d'un point d'histoire de l'art des premiers siècles de notre ère ou même quand il s'agira des arts du moyen âge, car l'art des deux périodes étudiées sert de base à tous les arts médiévaux, y compris les arts musulmans. La recherche ultérieure apportera sans doute sur des points de détail des critiques ou des changements. Il est peu probable que l'édifice entier en soit affecté. Et pendant longtemps." (Jules Leroy, Syria, 1968)

54.              HUBERT (Jean), Jean PORCHER, W. F. VOLBACH. L'Europe des Invasions. Gallimard, 1967, in-4°, 390 pp, préface de Jean Porcher, 361 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, emboîtage, bon état. Première édition

            60

"Jusqu'à la conquête et l'occupation par les Barbares d'une grande partie de l'Empire romain, l'art chrétien avait connu un éclat et une unité remarquables. C'est ce qu'a bien mis en valeur un autre de nos confrères, André Grabar, dans les deux volumes de la même série, 'Le premier art chrétien' et 'L'âge d'or de Justinien', parus en 1966. 'L'Europe des Invasions' est la suite logique de ces deux-là. On y voit comment les Barbares d'une part défirent l'unité mais en même temps se mirent à l'école de ceux qu'ils avaient vaincus. Ils adoptèrent leur religion, leur civilisation mais sans renier leur origine, y ajoutèrent des traits spécifiques correspondant à leurs propres traditions. La documentation à cet égard est considérable et s'est prodigieusement augmentée au cours de ces derniers vingt ans. A Jean Hubert était confiée la partie traitant de l'architecture et du décor sculpté. Jean Porcher avait reçu la mission de parler des manuscrits à peintures. On ne pouvait trouver meilleur spécialiste. Rarement sans doute on aura assisté à pareil déploiement d'érudition. Ce fut aussi le propre de Volbach à qui revenaient les arts somptuaires, ceux qu'on appelait autrefois, et avec quelle injustice, les « arts mineurs »..." (André Parrot). "Un chef-d'œuvre de restitution historique, dans une collection internationale incontestée" (Le Monde, 8 décembre 1967)

55.              HUBERT (Jean), Jean PORCHER et W. F. VOLBACH. L'Empire carolingien. Gallimard, 1968, in-4°, 379 pp, 326 photographies, illustrations, 50 cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, emboîtage, bon état. Première édition

            60

"L'étape carolingienne est le lien obligatoire entre l'Antiquité et le Moyen Age. Elle a été comme un phare dans la nuit qui régnait sur une partie de l'Europe depuis la chute de l'Empire romain. Sans doute les Carolingiens s'inspiraient-ils de l'Italie comme aussi des centres monastiques de la Gaule. Art de cour, celui-ci bénéficiait des immenses richesses accumulées par Charlemagne et des trésors des monastères. C'est ce qu'on retrouve dans les manuscrits à peintures, dans les orfèvreries et les ivoires. Pour toutes ces merveilles, l'écrin avait été préparé : un nouveau type d'église, créé pour répondre aux nouvelles exigences de la piété et de la liturgie..." (André Parrot)

56.              GRODECKI (Louis), F. MUTHERICH, J. TARALON, F. WORMALD. Le Siècle de l'An Mil. Gallimard, 1973, in-4°, 436 pp, 451 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, emboîtage d'origine, bon état. Première édition

            60

La grande évolution de l'art occidental se situerait vers le milieu du XIe siècle. Mais le siècle de l'an mil a été celui d'une grande « renaissance » après la crise politique et artistique de la fin du IXe et du Xe siècle. Cette renaissance a produit des œuvres exceptionnelles, notamment dans la miniature et l'orfèvrerie, activités d'art mises au service de l'empire ottonien et de la naissante royauté française. Les créations de l'art monastique produites dans des centres éloignés de la Cour sont également nécessaires à la compréhension de ce siècle. Art préroman encore attaché aux modèles du passé carolingien, ou bien art protoroman recherchant sa définition à travers des emprunts multiples, il a pour nous la valeur d'un admirable effort de création formelle que l'Occident a tenté au sortir des crises du Haut Moyen Âge. — "Un livre non seulement admirable pour la magnificence de l'édition, mais aussi particulièrement intéressant en raison du point de vue où il se place pour envisager la traditionnelle chronologie de l'histoire de l'art. Les auteurs examinent le siècle de l'an mil, c'est-à-dire la période qui s'étend entre 950 et 1050, dans toute l'Europe ; perspective nouvelle. Toute une série de considérations nous sont ici proposées qui nous permettent d'avancer dans le difficile chemin de l'histoire de l'art. Cela apparaît clairement dans la courte mais très dense préface historique de L. Grodecki, qui touche aussi aux problèmes religieux, et même superstitieux, liés à l'an mil..." (Cahiers de civilisation médiévale)

57.              ERLANDE-BRANDENBURG (Alain). La Conquête de l'Europe, 1260-1380. Le Monde gothique. Gallimard, 1987, in-4°, 446 pp, 418 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, emboîtage, bon état. Première édition

            80

À travers le bruit et la fureur, où, pendant près de quatre siècles, les dernières croisades et le grand Schisme d'Occident, les guerres civiles et la Guerre de Cent ans, la Peste noire, les pestes successives et les famines mêlent l'espoir et la désespérance, l'Europe va passer du monde féodal à l'aube des Temps modernes. Ces bouleversements, tant religieux que politiques, économiques ou artistiques, voient le recul de l'influence rurale au bénéfice de cités florissantes donnant naissance à de nouvelles couches sociales. Tous les arts plastiques escortent l'évolution des mentalités. L'architecture acquiert espace et lumière, les cathédrales jaillissent toujours plus vastes, toujours plus hautes ; la peinture ajoute aux fresques des églises les tableaux de chevalet, le vitrail, la tapisserie, l'orfèvrerie, les arts mineurs s'épanouissent jusqu'à l'irrationnel flamboyant : c'est une autre vision du monde.

58.              RECHT (Roland), Albert CHATELET. Le Monde gothique. Automne et renouveau, 1380-1500. Gallimard, 1988, in-4°, 467 pp, 395 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, bon état. Première édition

            80

Singulière arrière-saison, assurément, que, du point de vue artistique, cette dernière phase de l'ère gothique : un automne qui, loin d'annoncer l'hivernal déclin, prélude à un véritable renouveau, l'engageant même, à bien des égards, de façon décisive.

59.              CHASTEL (André). Le Grand Atelier d'Italie, 1460-1500. Gallimard, 1965, in-4°, xi-417 pp, 358 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, dont 2 cartes dépliantes in-fine, tranche sup. lég. salie, bon état. Edition originale

            70

« La redécouverte de Piero della Francesca et des peintres de Ferrare a jeté depuis un demi-siècle un jour nouveau sur l'activité du XVe siècle italien. Il est clair qu'il faut également se débarrasser de l'idée naïve donnée des « préraphaélites » au siècle dernier et dépasser l'interprétation par le « retour au gothique » qui fut à la mode il y a trente ans. On propose ici autre chose : l'étude des ateliers et des problèmes propres à chaque génération. L'identification d'un grand nombre de figures secondaires mais originales permet d'encadrer les initiatives saisissantes de Tura, de Crivelli, de la jeunesse de Pérugin et de Signorelli, de Botticelli et de Léonard, en n'oubliant pas que ces réussites ont pu être sans lendemain. Le conflit du style fort et du style doux confère à cette courte période de deux générations un intérêt supérieur. Celui-ci s'étend à tous les arts : l'architecture et la sculpture connaissent aussi des expériences intenses et contrastées : c'est la phase où se heurtent les extrêmes. Mais le trait le plus singulier, qu'on a essayé ici de mettre en pleine valeur, est la concurrence des grands arts qui semblent rivaliser dans un effort sans précédent pour s'absorber l'un l'autre. » (André Chastel) — "Renaissance méridionale" et "Le Grand Atelier d'Italie" ont été publiés pour la première fois en 1965 dans la prestigieuse collection "l'Univers des Formes". Couvrant la même période, la fin du Quattrocento (XVe siècle), ils ont été conçus par André Chastel comme un tout dont la publication a marqué une révolution dans la connaissance que l'on avait jusque-là en France de la Renaissance italienne et continuent aujourd'hui à jouer leur rôle d'ouvrages de référence. André Chastel y fait découvrir une Italie qui s'impose à toute l'Europe comme le lieu où l'exigence artistique, poussée à son sommet, apparaît comme une authentique volonté de culture. Elle est le grand atelier de l'Occident ou plutôt une multitude d'ateliers (les botteghe), dispersés dans les grands foyers artistiques (les centres) que sont alors Urbino, Florence, Rome... Dominés par des personnalités aussi exceptionnelles que Laurent le Magnifique, Federico da Montefeltro, Ludovic le More ou le pape Sixte IV. De ces ateliers naissent les chefs-d'œuvre de Piero della Francesca, Botticelli, Bellini, Ghirlandaio, Verrocchio, Léonard de Vinci, le Pérugin... Tableau, fresque, palais, église, sculpture, marqueterie, éléments décoratifs : les plus grands talents mis en compétition ne délaissent aucun genre. André Chastel donne un panorama érudit et passionnant de ce foisonnement. Il y applique avec rigueur ses méthodes d'analyse qui devaient profondément marquer l'histoire de l'art : approche du détail, circonstances de la commande, textes qui ont nourri l'inspiration de l'artiste – les œuvres les plus énigmatiques dévoilent leur sens dans leur extrême complexité.

60.              CHASTEL (André). Renaissance méridionale. Italie 1460-1500. Gallimard, 1965, in-4°, x-387 pp, 312 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, 3 cartes in-fine, bibliographie, sous emboîtage cartonné d'origine, bon état. Edition originale

            80

« L'Italie a conquis au cours de ce qu'on appelle la Renaissance un nouveau primat culturel et artistique, au moment précis où tout contribuait à lui ôter sa position privilégiée : la Méditerranée ottomane, l'expansion puissante des pays transalpins et les grands voyages aboutissant à la découverte de continents inconnus. C'est elle qui fournira les cadres intellectuels nécessaires à la représentation du monde et de l'histoire ; c'est elle qui imposera l'exigence artistique comme une instance supérieure de la culture. On s'interroge ici sur les ressorts de ce développement exceptionnel où l'Italie se trouve plus étroitement en contact avec le reste de l'Occident qu'on ne le croit d'ordinaire. Quelles sont les ressources originales de l'art italien dans la grande concurrence du Nord et du Midi ? La réponse est cherchée dans la diversité des centres de la péninsule, qui apparaît avec un relief et une couleur remarquables au temps de Ludovic le More, de Sixte IV, de Frédéric d'Urbin, de Laurent le Magnifique et d'Alphonse d'Aragon. Ces centres sont présentés ici pour la première fois comme essentiels par l'émulation qu'ils créent entre les milieux artistiques et par les échanges qu'ils assurent avec les pays voisins. C'est en intégrant toutes les nouveautés au grand mythe du renouveau que l'Italie a pris la tête de la culture occidentale. » (André Chastel) — "Renaissance méridionale" et "Le Grand Atelier d'Italie" ont été publiés pour la première fois en 1965 dans la prestigieuse collection "l'Univers des Formes". Couvrant la même période, la fin du Quattrocento (XVe siècle), ils ont été conçus par André Chastel comme un tout dont la publication a marqué une révolution dans la connaissance que l'on avait jusque-là en France de la Renaissance italienne et continuent aujourd'hui à jouer leur rôle d'ouvrages de référence. André Chastel y fait découvrir une Italie qui s'impose à toute l'Europe comme le lieu où l'exigence artistique, poussée à son sommet, apparaît comme une authentique volonté de culture. Elle est le grand atelier de l'Occident ou plutôt une multitude d'ateliers (les botteghe), dispersés dans les grands foyers artistiques (les centres) que sont alors Urbino, Florence, Rome... Dominés par des personnalités aussi exceptionnelles que Laurent le Magnifique, Federico da Montefeltro, Ludovic le More ou le pape Sixte IV. De ces ateliers naissent les chefs-d'œuvre de Piero della Francesca, Botticelli, Bellini, Ghirlandaio, Verrocchio, Léonard de Vinci, le Pérugin... Tableau, fresque, palais, église, sculpture, marqueterie, éléments décoratifs : les plus grands talents mis en compétition ne délaissent aucun genre. André Chastel donne un panorama érudit et passionnant de ce foisonnement. Il y applique avec rigueur ses méthodes d'analyse qui devaient profondément marquer l'histoire de l'art : approche du détail, circonstances de la commande, textes qui ont nourri l'inspiration de l'artiste – les œuvres les plus énigmatiques dévoilent leur sens dans leur extrême complexité.

61.              HEYDENREICH (Ludwig H.). Eclosion de la Renaissance. Italie (1400-1460). Gallimard, 1972, in-4°, 434 pp, 407 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, bon état. Première édition

            80

C'est au cours des soixante premières années du XVe siècle que l'art italien réalise la transformation fondamentale que nous avons coutume d'appeler Renaissance. Si l'on désigne ainsi toute une époque de notre civilisation, ce nom qui qualifie la transition entre le Moyen Age et les Temps Modernes ne s'est élaboré que vers le milieu du XIXe siècle, à l'instigation des grands historiographes français. Cependant, c'est l'ouvrage de Jacob Burckhardt, Civilisation de la Renaissance en Italie, paru en 1860, qui en assura l'extraordinaire rayonnement. En dépit de différences de détail, la Renaissance demeure, sur le plan de l'histoire, un phénomène d'ensemble d'une authentique réalité : Le mot de Rinascita, dont on retrouve la trace jusqu'au Quattrocento, exprime la plénitude de cet enthousiasme intellectuel qu'éprouvèrent les contemporains de cet événement.

62.              HEYDENREICH (Ludwig H.) et Günter PASSAVANT. Le Temps des Génies. Renaissance italienne (1500-1540). Gallimard, 1974, in-4°, 462 pp, traduit de l'allemand, 400 photographies en héliogravure et en couleurs dont certaines dépliantes, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, emboîtage cartonné d'origine avec titre au dos, bon état. Première édition

            80

L'Italie de 1500 à 1540 est l'une des époques les plus prestigieuses de l'art italien et le sentiment que l'on en éprouve est celui d'une production remarquable par son unité au-delà de la diversité de ses différentes manifestations. Cette unité est née de la convergence de toutes les œuvres importantes – quelle que soit la variété apparente des thèmes et des formes – qui tendent à exprimer la « plénitude des temps », car c'est sous ce signe qu'est placée cette période de l'histoire avec son exceptionnel dynamisme. Cependant, la caractéristique la plus marquante de cette «plénitude des temps» est la parfaite harmonie des artistes et des thèmes. De nombreux créateurs de génie sont en mesure d'illustrer les sujets que l'on propose aux arts dans toute leur grandeur et toute leur nouveauté. L'époque trouve dans leurs œuvres son expression la plus parfaite et l'art de la Renaissance établit ainsi des échelles de valeurs pour les siècles à venir.

63.              GUIART (Jean). Océanie. Gallimard, 1963, in-4°, (4)-462 pp, 438 photographies, illustrations en noir et en couleurs, 5 cartes, bon état (Coll. L'Univers des formes). Edition originale

            120

Cet ouvrage présente pour la première fois au public des centaines d'œuvres d'art, ornements de la vie quotidienne ou symboles de rites collectifs religieux et magiques en Océanie et donne un aperçu vivant des traditions multiples qui les ont inspirées. L'illustration de ce volume apporte un témoignage éclatant de l'influence consciente ou inconsciente que les arts océaniens ont exercée sur la création artistique contemporaine. Jean Guiart, ethnologue et historien, a vécu neuf années consécutives dans le Pacifique, envoyé par l'Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer.

64.              LEIRIS (Michel) et Jacqueline DELANGE. Afrique Noire. La création plastique. Gallimard, 28 février 1967, in-4°, (12)-450 pp, 444 photographies en héliogravure et en couleurs (dont certaines dépliantes) dans le texte et hors texte, 6 cartes (une dépliante hors texte), bon état. Edition originale

            250

Un superbe ouvrage de référence. — "La rigueur implacable de Michel Leiris domine aujourd'hui de très haut une littérature livrée le plus souvent aux jeux des beaux esprits, héritiers fatigués du surréalisme. Au terme d'une longue et joyeuse familiarité, Leiris nous entretient cette fois des arts africains. Il nous restitue la face intérieure des objets. De manière complémentaire, Jacqueline Delange, à qui l'on doit la troisième partie de l'oeuvre, « Peuples et arts », approche les objets de l'extérieur, à partir des significations sociales et magico-religieuses. Ce double parti pris des choses est né d'une complicité, et même d'un complot : dresser, ou mieux brosser avec force scrupules un tableau provisoire des manifestations traditionnelles de l'art africain en négligeant de propos délibéré toutes les théories anciennes, morphologiques, historiques ou historico-morphologiques. La modestie, la prudence et le poids des mots sont en cette matière d'étranges nouveautés. Disons tout de suite que le choix des documents et la qualité des reproductions sont admirables..." (Luc De Heusch, L'Homme, 1967)

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65.              VIDAL-NAQUET (Pierre). Les Juifs, la mémoire et le présent, II. La Découverte, 1991, in-8°, 320 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Cahiers libres/essais)

            20

Sous ce titre, un premier livre avait été publié en 1981. Il regroupait des textes très divers : articles scientifiques portant sur les crises qui, du IIe siècle av J.-C. au Ier siècle de notre ère, ont ébranlé le judaïsme, ou procédant au nettoyage appronfondi des ordures accumulées par Robert Faurisson et les négateurs du grand massacre du XXe siècle. Entre ces deux ensembles étaient repris des préfaces à des ouvrages de passion et de raison, des reportages en Israël, des prises de position dans la presse quotidienne ou hebdomadaire. C'est le même principe qui a été adopté ici : le temps parcouru s'échelonne à nouveau entre le IIe siècle av J.-C. et nos propres temps. Le point de départ : le texte du prophète Daniel et celui de Flavius Josèphe, textes témoins de l'affrontement entre l'hellénisme et le judaïsme. Ils sont analysés ici par un historien qui se veut et se pense tel depuis près de quarante ans, et qui a choisi le monde antique, gréco-romain, comme objet favori d'études. Il se trouve que cet historien est aussi un Juif – ce qui ne veut pas dire qu'il ait les mêmes valeurs que M Shamir – qui, en tant que tel, s'efforce de penser dans l'histoire, la mémoire, le présent, le destin des siens : études sur l'émancipation, l'affaire Dreyfus, le marxisme, interprétation de la Shoah, réflexions sur le parallèle arménien, reportage en Israël, réactions quotidiennes ou hebdomadaires à l'actualité. Ici encore, on trouvera des textes d'apparences mêlées, mais l'unité de l'ensemble n'en ressort que mieux : journaliste ou historien de métier, c'est un même homme qui a écrit tous ces textes au nom d'un même engagement existentiel.

66.              WHARTON (Edith). Villas & Jardins d'Italie. Aquarelles de Maxfield Parrish. Gérard-Julien Salvy, 1986, pt in-4°, 166 pp, traduit de l'anglais, 15 illustrations en couleurs, 28 illustrations et photos en noir dont une photo de l'auteur, index des livres cités, biographies des architectes et jardiniers, index des personnes et des lieux, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, trace d'humidité ancienne sur la reliure, bon état

            25

Edith Wharton témoigne à l'égard des jardins italiens de ce même souci de la forme qui préside à son écriture romanesque. Avec la curiosité passionnée de l'amateur et la trempe d'un grand écrivain, elle réussit, à partir de quelques fragments – une loggia aux arcades aériennes, une terrasse, une allée d'acacias en berceau, un bois de cyprès, une cascade, une grotte – à recréer l'ordonnance souple des grands jardins de plaisance et de leur architecture ornementale. La romancière nous invite à suivre son périple italien : de la Lombardie jusqu'en Vénétie, en passant par Rome, Florence et Sienne, pour y découvrir la féerie que sont l'éclat bleuté d'un lac vénitien ou les marches de marbre d'une rotonde florentine... Ces splendeurs, pour la plupart dessinées par d'illustres architectes de la Renaissance, restent les témoins ultimes d'une période fastueuse.

67.              YALOM (Marilyn). Comment les Français ont inventé l'amour. Galaade Editions, 2013, in-8°, 353 pp, Hachette 1980, 373p., in 8.

            25

Les Français aiment l’amour... qui occupe une place privilégiée dans l’identité nationale, à l’égal de la mode, de la cuisine, du vin ou des droits de l’homme. Depuis longtemps les Français se flattent d’être des guides dans l’art de l’amour à travers leur littérature, leur peinture, leurs chansons et leur cinéma. Un amour où le désir et la sexualité jouent un rôle essentiel. Qu’ils soient des personnages mythiques, littéraires, historiques ou contemporains, Lancelot et Guenièvre, Phèdre, Julien Sorel, Lol V. Stein, Voltaire et Madame du Châtelet, George Sand et Alfred de Musset, Louis XIV et bien d’autres aujourd’hui, sont loin de la divine Béatrice de Dante. Au pays de Don Juan, de Marivaux, de Musset ou de Simone de Beauvoir, comment les Français en sont-ils arrivés là ? C'est à une redécouverte de la culture française, de ses mythes amoureux, de ses poncifs littéraires et de ses grandes romances devenues célèbres, que nous convie, de l’amour courtois aux couples libres de Saint-Germain-des-Prés, Marilyn Yalom, universitaire américaine féministe.

68.              ZALC (Claire). Melting Shops. Une histoire des commerçants étrangers en France. Perrin, 2010, in-8°, 330 pp, notes, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Les immigrants venus chercher refuge ou fortune dans le petit commerce et l'artisanat ne ressemblent guère aux portraits habituellement dressés des "travailleurs immigrés". Depuis le début du XIXe siècle, la liberté de commerce, héritée de la Révolution, rend le monde de l'entreprise ouvert à tous, sans condition de nationalité. L'absence de réglementation constitue l'un des attraits majeurs du monde de l'atelier et de la boutique pour les étrangers alors qu'ils font l'objet, en France, de contrôles de plus en plus stricts et contraignants. Mais les entreprises des "étrangers", précaires ou florissantes, isolées ou inscrites dans des réseaux de sociabilité, vont susciter méfiance et hostilité. Ce livre raconte les étapes qui mènent les pouvoirs publics, sous la pression de classes moyennes particulièrement virulentes contre la "concurrence déloyale des étrangers", à limiter l'accès de ces derniers au commerce. Mais il dresse aussi les portraits d'immigrants réunis par un même désir d'indépendance et de liberté, qui font de leurs boutiques des lieux d'approvisionnement, de rencontre et de sociabilité. Claire Zalc, en décrivant les multiples métiers où s'affairent des individus et des groupes originaires d'une quarantaine de nationalités, efface le stéréotype du tailleur juif, du maçon italien et de l'épicier kabyle. Son voyage dans l'univers contrasté des commerçants venus d'ailleurs en dit long sur l'histoire économique et sociale de la France et sur son rapport avec "l'étranger".

ANTIQUITÉ

 

69.              ADAM (Jean-Pierre). Le Passé recomposé. Chroniques d'archéologie fantasque. Seuil, 1988, gr. in-8°, 252 pp, 47 figures, 7 photos, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Science ouverte)

            30

"Dans ce volume, J.-P. Adam, qui en avait déjà abordé certains thèmes dans son livre, aujourd'hui épuisé, “L'archéologie devant l'imposture” (1975), fait œuvre salutaire en dénonçant, avec un humour souvent sarcastique et une bien plaisante vivacité de ton, les dangers que représentent pour un public mal informé ou trop ingénu, les «aliboronneries» et divagations des «archéomanes», au savoir trop réduit et à l'imagination enfiévrée, sur des sujets tels que l'Atlantide, les lointains débuts de l'écriture à Glozel («la plus pitoyable mystification de l'histoire de l'archéologie !»), la fausse inscription phénicienne du Brésil, le trésor des Templiers, les galets gravés d'Ica (Pérou), les colosses de l'île de Pâques (maois), les secrets de la pyramide de Khéops, les «signes vus du ciel» du plateau de la Nazca (au Pérou) et des États-Unis d'Amérique, le «cosmonaute» de Palenque. On se déridera franchement en lisant le pastiche que M. Adam fait du sottisier de l'«archéooccultisme» dans les révélations «insoupçonnables pour les témoins non initiés» qu'il tire de l'étude des rapports entre les dimensions de la guérite de marchande de billets de loterie avenue de Wagram à Paris. Mais tout n'est pas risible dans ces élucubrations et M. Adam souligne le caractère pernicieux de certaines théories sur l'Atlantide qui remontent au nazisme. Pour faire mieux ressortir ce qu'il y a de dérisoire dans ces affabulations, l'auteur les oppose à ce que nous savons ou entrevoyons scientifiquement sur l'évolution de l'espèce humaine, la signification réelle du conte de l'Atlantide chez Platon (qui fait l'objet d'une très subtile analyse), l'histoire des écritures, les phases des développements techniques qui ont conduit de l'élevage et de l'agriculture à la métallurgie du fer, les procédés de transport et de levage des pierres (pour lesquels il nous livre les conclusions de recherches personnelles). Le volume se termine par des «notes techniques» sur les moyens de datation. Au total, l'ouvrage de M. Adam nous montre que les apports de l'archéologie sont bien plus révélateurs de la puissance de l'esprit humain que tant de spéculations délirantes sur les Atlantes, les «Grands Initiés» et les enseignements des extra-terrestres." (Charles Delvoye, L'Antiquité Classique, 1990)

70.              BORNECQUE (Henri). Tite-Live. Boivin, 1933, pt in-8°, 216 pp, biblio, broché, bon état

            25

"Voici le premier ouvrage sur Tite-Live qui ait été publié en France depuis le célèbre Essai de Taine. M. Bornecque, je me hâte de l'ajouter, n'a nullement eu l'ambition de rivaliser avec ce dernier. Il s'est placé à un point de vue beaucoup plus modeste. Il a simplement voulu faire la synthèse des innombrables travaux d'ordre historique, ou grammatical dont Tite-Live a bénéficié depuis trois quarts de siècle. On trouvera dans ce volume un exposé lumineux et très vivant des résultats auxquels ont abouti les plus récentes recherches au sujet de la vie et de l'œuvre du grand historien romain..." (Léon Halkin, L'Antiquité classique, 1935)

71.              CARCOPINO (Jérôme). La Vie quotidienne à Rome à l'apogée de l'Empire. Hachette, 1960, in-8°, 344 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Jérôme Carcopino recrée dans ces pages la Rome de la fin du 1er siècle, capitale d'un monde qui semble conquis et pacifié pour toujours. Dans le prestigieux décor de la ville de marbre voulue par Auguste, l'on assiste aux principaux moments de la journée des Romains : lever, toilette, occupations professionnelles, repas, fêtes... Le théâtre, le cirque, les thermes, qui tenaient tant de place dans leur vie, y sont reconstitués dans leur atmosphère de plaisir ou de joie cruelle. Epoque charnière où, sous l'influence des mystiques orientales, s'estompent les traditions de la Rome ancienne, tandis que le christianisme s'infiltre dans cette société orgueilleuse que minent déjà les facteurs de décadence...

72.              CAVAIGNAC (Eugène). Les Hittites. P., Maisonneuve, 1950, pt in-8°, 122 pp, 21 illustrations et une carte dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Orient ancien illustré)

            20

"L'ouvrage de M. Cavaignac est plus qu'une simple réédition du “Problème Hittite” paru en 1936. Depuis cette date, bien des documents nouveaux ont paru, dont l'étude a complété, parfois modifié considérablement la connaissance du monde hittite. Étant avant tout historien, M. Cavaignac fait à l'histoire une place de choix : il nous donne les dernières précisions chronologiques qui résultent de la découverte des listes assyriennes de Khorsabad. Plus particulièrement les hellénistes y verront dans quel cadre se situe la mention des Ahhiyawas et comment le grand empire hittite s'est effondré à l'époque même de la guerre de Troie. M. Cavaignac signale la capitale des inscriptions bilingues de Karatépé en Cilicie : ce sont des inscriptions en phénicien et en hittite hiéroglyphique dont l'auteur était le roi des Danunas. Les chapitres qui concernent la civilisation hittite sont forcément limités à l'essentiel, mais ils apportent justement les notions générales que réclame un non-spécialiste." (Louis Deroy, L'Antiquité Classique, 1951)

73.              DUVAL (Paul-Marie). La Vie quotidienne en Gaule pendant la paix romaine (Ier-IIIe siècles après J.-C.). Hachette, 1960, in-8°, 364 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Après les campagnes de César, la Gaule pacifiée connaît, pour la première fois, l'unité politique et administrative. Pendant plus de trois siècles, dans la paix et la prospérité, deux peuples, deux styles de vie, vont s'associer, fusionner même, sans pour autant perdre leur caractère propre, et créer ainsi une civilisation originale dont nous sommes les héritiers. Partout les villes se construisent, des monuments s'élèvent et, la verve gauloise venant revigorer le classicisme latin, un art nouveau apparaît, puissant et humain, souvent presque familier, car il puise son inspiration dans les scènes de la vie quotidienne. C'est cette vie de chaque jour que Paul-Marie Duval nous fait connaître, nous entraînant aussi bien dans les villes que dans les campagnes, chez les riches ou chez les pauvres, les intellectuels ou les artisans, les paysans ou les esclaves. Tout un monde surgit. Il a la France pour cadre et nos ancêtres pour acteurs.

74.              FUSTEL de COULANGES (Numa Denis). Histoire des institutions politiques de l'ancienne France. La Gaule romaine. Revu et complété sur le manuscrit et d'après les notes de l'auteur par Camille Jullian. Hachette, 1922, in-8°, xiv-332 pp, notes bibliographiques, reliure demi-toile bleue, dos lisse, pièce de titre noire, couv. conservées, reliure tachée, intérieur propre, état correct

            40

On a étudié dans ce volume l'état de la Gaule au moment de sa conquête, la manière dont elle a été soumise, les transformations politiques qu'elle a subies sous le gouvernement des empereurs, On a recherché les règles de l'organisation municipale et provinciale, en insistant sur la part qui a été laissée aux Gaulois dans l'administration de leur pays et de leurs villes.

75.              GRAVES (Robert). La Déesse blanche. Un mythe poétique expliqué par l'histoire. Monaco, Editions du Rocher, 1979, gr. in-8°, 582 pp, traduit de l'anglais, index, reliure pleine toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale de la traduction française

            30

Le livre de référence de la tradition et de la mythologie celtes par l’un des grands spécialistes de l’histoire des civilisations, auteur notamment des « mythes grecs » et de « la Toison d’or ». Un livre de référence qui restitue la magie, la fécondité et la permanence d’une civilisation dont l’occident est en grande partie issu. Le Styx, la Déesse blanche, la Triple Muse, les Sept Piliers, l’Alphabet des arbres... la mythologie celte est un vivier au sein duquel les civilisations postérieures ont largement puisé. Si l’on savait qu’il existait une réalité mythologique, on apprend grâce à Robert Graves que cette réalité loin d’être tarie, irrigue toujours notre pensée, et nourrit notre avenir.

76.              HOMO (Léon). Nouvelle histoire romaine. Fayard, 1941, in-12, 588 pp, broché, dos bruni, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            15

"M. Homo retrace dans ce livre, à l'usage du public lettré, sous une forme vivante et alerte, l'ensemble de l'histoire romaine, depuis « l'enfance de Rome » jusqu'à « la catastrophe » de 476 après Jésus- Christ : il fait largement appel aux textes anciens dont il donne d'abondants passages en traduction ; il ramasse en formules évocatrices les portraits des personnages marquants, le tableau des événements, les jugements sur les hommes et les choses. La conclusion dégage « la leçon de Rome » qui « forgée par l'autorité est morte de l'Etatisme »." (Alfred Merlin, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1941) — "... Chacun de ses ouvrages – dont plusieurs ont été réédités ou traduits en anglais et en espagnol – confirme les qualités du professeur : l'ouverture d'esprit, la recherche des idées directrices, la netteté du plan, la limpidité de l'exposition, l'aisance du style. Léon Homo – qui était Correspondant de l'Institut et de l'Académie pontificale – a beaucoup contribué à répandre la connaissance et l'admiration de la Ville Éternelle." (P. Wuilleumier, Mélanges de l'école française de Rome, 1958)

77.              KRAMER (Samuel Noah). L'Histoire commence à Sumer. Arthaud, 1975, gr. in-8°, 268 pp, nouvelle édition revue et augmentée, préface de Jean Bottéro, 63 héliogravures sur 40 pl. hors texte, 2 cartes, 5 dessins, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

En 1957, l'auteur de ce livre, savant de notoriété internationale, révélait au grand public la civilisation sumérienne, née en Mésopotamie, le sud de l'actuel Irak, voici quelque cinq mille ans. Le miracle grec avait un précédent. Dès le troisième millénaire avant Jésus-Christ, les Sumériens avaient inventé l'écriture, fondé les premières cités-États, formulé les premiers codes de lois, donné leur première expression littéraire au mythe et à l'épopée, avec un lyrisme qui annonce les plus beaux textes de l'Ancien Testament. Pour une fois, les linguistes, infatigables, avaient précédé les archéologues et suggéré les fouilles qui devaient, avec la transcription des briques gravées de caractères cunéiformes, révéler au XXe siècle, stupéfait, que l'Histoire commence à Sumer.

78.              LECA (Ange-Pierre). Les Momies. Hachette, 1978, in-8°, 279 pp, 8 pl. de photos hors texte, 46 illustrations, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

la croyance en une nécessaire intégrité du corps pour la survie de l'âme fut à l'origine du perfectionnement incessant des procédés de momification. Au milieu de rites fort complexes justifiés par les traditions religieuses, la scène se joue dans plusieurs décors dont le principal est l'atelier d'embaumement. Après avoir présenté les nombreux acteurs entre les mains desquels passe le défunt pour devenir momie, l'auteur fait revivre les différentes phases de traitement du cadavre.

79.              MALET (Albert) et Jules ISAAC. Histoire romaine. Rédigée conformément aux programmes du 3 juin 1925. Hachette, 1928, in-12, 460 pp, nombreuses gravures et cartes, cart. éditeur lég. sali, nom d'un précédent propriétaire répété 5 fois sur la page de titre, qqs rares annotations à l'encre, état correct (Nouveau cours d'Histoire Malet-Isaac, Classe de Cinquième)

            20

Ecrit avec la collaboration d'André Alba. — Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle.

80.              MASPERO (G.). Au temps de Ramsès et d'Assourbanipal. Egypte et Assyrie anciennes. Sixième édition, revue et complétée. Hachette, 1912, fort in-12, 416 pp, 191 gravures d'après les monuments, cart. toilé vert pâle de l'éditeur, titres en blanc au dos et au 1er plat, bon état

            30

81.              MOSCATI (Sabatino). L'Epopée des Phéniciens. Fayard, 1971, gr. in-8°, 370 pp, traduit de l'italien, 107 illustrations photographiques sur 64 pl. hors texte, 50 figures dans le texte, 7 cartes et plans, biblio, index, reliure toile éditeur, sans la jaquette, C. de bibl. annulé, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. L'Aventure des civilisations)

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"Il est toujours très utile que les meilleurs spécialistes consentent à faire, dans des ouvrages de large synthèse et de grande diffusion, le point de leur discipline. C'est le cas du très beau livre d'un éminent sémitisant : Sabatino Moscati, “L'épopée des Phéniciens”. L'auteur, en résumant de façon accessible l'essentiel de nos connaissances (et l'archéologie, italienne notamment, les a considérablement enrichies au cours des dernières années), définit magistralement les caractères distinctifs de la civilisation phénicienne à travers la complexité de ses manifestations, leur persistance et leur évolution dans l'immense diaspora de ce peuple. L'auteur a insisté sur le monde phénicien proprement dit, celui d'Orient, où apparaissent les éléments caractéristiques de cette civilisation, réduit à l'essentiel les données déjà connues sur Carthage, souligné celles qui sont moins connues (l'art), en cernant dans cette ville le devenir des données phéniciennes, développé l'étude des colonies méditerranéennes, en définissant le contexte historique et politique, religieux et artistique. (...) Tout au long de cet ouvrage magistral, l'auteur a insufflé à sa matière une vie puissante due à de très larges connaissances de première main. Notes, bibliographie, index, illustration riche et originale." (R. Chevallier, Revue belge de philologie et d'histoire, 1971)

82.              PIOTROVSKY (Boris B.), P.-N. Schultz et V.-A. Golovkina, S.-P. Tolstov. Ourartou – Néapolis des Scythes – Kharezm. P., Maisonneuve, s.d. (1955), pt in-8°, 172 pp, traduit du russe, 32 illustrations et 4 cartes dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Orient ancien illustré, 8)

            25

Excellent ouvrage sur les découvertes sensationnelles faites par les archéologues soviétiques sur le royaume d'Ourartou, situé au coeur de l'Arménie ; sur les restes de cette ville que les Grecs nommaient Néapolis, tout à côté de Simféropol, en Crimée, qui fut la capitale des Scythes pendant sept siècles ; et sur le Kharezm ancien, région historique située au sud de la mer d'Aral, principalement dans l'actuel Ouzbékistan (plus une plus petite partie en Turkménistan).

83.              PLUTARQUE. Vies des Grecs célèbres, avec une Introduction, des notes et un index par L. Humbert, professeur au Lycée Condorcet. Garnier Frères, 1962, in-12, xii-420 pp, nombreuses gravures d'après l'antique, dont Minerve, déesse guerrière, en frontispice, index, reliure percaline rouge, dos lisse avec titres et décor doré, titres et décor doré au 1er plat, encadrements à froid sur les plats, tranches dorées (rel. de l'éditeur), qqs très rares rousseurs, reliure lég. salie, bon état

            30

Biographe et philosophe grec, Plutarque (c. 45–125 ap. J.-C.) nous a légué une œuvre importante, où la philosophie et la biographie occupent une place de choix. D’une érudition prodigieuse, l’œuvre de Plutarque est un trésor de connaissances, de faits et d’idées. Dès l’Antiquité, elle a exercé une influence considérable, et parmi les très nombreux esprits que Plutarque a marqués on relève Shakespeare, Montaigne ou encore Rousseau. Au-delà de leur portée philosophique, ses œuvres sont une mine de renseignements pour tous ceux qui s’intéressent à la civilisation gréco-romaine.

84.              PUECH (Henri-Charles). En quête de la Gnose, tome II : Sur l'Évangile selon Thomas, esquisse d'une interprétation systématique. Gallimard, 1982, in-8°, 321 pp, index des notions, thèmes, matières, index des personnages historiques ou légendaires, êtres divins, entités, index des auteurs et ouvrages cités et commentés, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des Sciences humaines)

            30

Par Henri-Charles Puech (1902-1986), professeur au Collège de France. L’Évangile dont le texte copte a été retrouvé en haute Égypte, et dont une traduction est donnée en tête du volume, a fait sensation aussitôt son existence révélée, en particulier par diverses notes et communications de l’auteur ici reproduites. Il s’agit de plus d’une centaine de « paroles » que Jésus aurait adressées à son disciple Thomas, gardées secrètes et répandues dans les milieux gnostiques et manichéens. Les unes s’apparentent aux paroles du Nouveau Testament; les autres sont inconnues et mettent en oeuvre de nombreux thèmes gnostiques que H.-Ch. Puech met à nu, esquissant ainsi, de tout ce courant de pensée, une interprétation systématique dont un grand spécialiste du mysticisme iranien, traitant de motifs voisins, a pu souligner « la richesse et la densité exceptionnelle » (Henry Corbin, En Islam iranien, II).

85.              PUECH (Henri-Charles). Sur le manichéisme et autre essais. Flammarion, 1979, in-8°, vii-508 pp, 6 illustrations dans le texte, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Idées et recherches). Peu courant

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Ni réimpression ni nouvelle édition, ce livre – comme les deux volumes précédemment parus sous le titre "En quête de la Gnose" (Paris Gallimard 1978), dont il forme en quelque sorte la suite et le complément – est un recueil d'écrits de nature et de dates diverses, ici ou là dispersés dans des publications souvent peu accessibles. Ecrits distincts mais en majorité et pour le principal consacrés au manichéisme dont, se fondant sur toute la documentation disponible (témoignages anciens aussi bien que textes originaux découverts en Asie Centrale et en Egypte), chacun d'entre eux étudie tel trait, tel problème particulier. Tout exposé général n'est cependant pas exclu. Expliquer, comme il est fait dans le premier texte, "la conception manichéenne du salut" revient à fournir du système tout en entier une vue d'ensemble, assez détaillée et à peu près complète, tandis que dans le second ("le Prince des Ténèbres en son Royaume"), est examinée sous toutes ses faces l'image mythique que les Manichéens se faisaient du Mal, l'un des deux principes fondamentaux de leur doctrine. Les autres études ont pour objet commun de mettre en son plein jour un aspect méconnu ou négligé du manichéisme.

86.              VANDIER (Jacques). Manuel d'archéologie égyptienne. Tome VI : Bas-reliefs et peintures. Scènes de la vie agricole à l'Ancien et au Moyen-Empire. Picard, 1978, pt in-4°, vi-(2)-354 pp, préface de G. Posener, 119 figures dans le texte et 23 planches de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Le mode de présentation adopté ici est le même que celui qu'avait suivi l'auteur dans les précédents tomes. Il ne s'agit pas d'une histoire de l'art, mais d'un manuel qui doit permettre au lecteur de s'orienter dans l'étude technique et surtout thématique des tableaux ornant les murs des chapelles funéraires. Une évocation infiniment variée de la vie égyptienne aux différentes époques de l'histoire pharaonique.

87.              VEYNE (Paul). L'inventaire des différences. Leçon inaugurale au Collège de France. Seuil, 1976, in-8°, 62 pp, broché, qqs soulignures stylo sur 5 pp, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier)

            30

"Dans sa leçon inaugurale de la chaire d'histoire romaine au Collège de France, M. Paul Veyne a proposé ce qu'il estime devoir être le programme actuel de « la véritable histoire » qui « ne se borne pas à raconter ni même à comprendre, mais qui structure sa matière en recourant à la conceptualisation des sciences humaines » et qui met l'invariant au centre même de sa pratique. « Inventaire explicatif des différences sociales, (elle) est par là même la science des différences sociales ». L'auteur conclut qu'« en histoire, les questions, qui sont sociologiques, importent davantage que les réponses, qui sont de fait ». « Il est plus important, écrit-il encore, d'avoir des idées que de connaître des vérités ... La vérité n'est pas la plus élevée des valeurs de connaissance ». Au passage M. Paul Veyne rend hommage à des maîtres comme Philippe Ariès, Michel Foucault, Louis Robert, Pierre Boyancé, Ronald Syme et son ami Jean Pariente, l'auteur de l'important ouvrage sur Le Langage et l'Individuel. C'est dire dans quels courants se situe sa réflexion, originale et vigoureuse." (Charles Delvoye, L'antiquité classique, 1977)

88.              WEIGALL (Arthur). Alexandre. Payot, 1934, in-8°, 450 pp, traduit de l'anglais par Théo Varlet, une carte dépliante des campagnes d'Alexandre in fine, broché, dos recollé, état correct (Coll. Bibliothèque historique)

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Le monde antique resta béant, pour ainsi dire, lorsque la mort prématurée et inattendue d'Alexandre le Grand mit brusquement fin à sa carrière impétueuse. Ses amis et ses ennemis ne tardèrent pas à déformer sa mémoire en des images incompatibles, si contradictoires que les historiens ne cessèrent d'hésiter entre les portraits qui leur étaient proposés. Mais qui fut réellement Alexandre le Grand ?

89.              WEIGALL (Arthur). Cléopâtre. Sa vie et son temps. Payot, 1952, in-8°, 347 pp, 8 pl. de portraits hors texte, 5 croquis et plans, généalogie des Ptolémées, broché, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

90.              WEIGALL (Arthur). Histoire de l'Egypte ancienne. Payot, 1935, in-8°, 252 pp, une carte et 34 gravures hors texte, broché, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

91.              WEIGALL (Arthur). Marc-Antoine. Sa vie et son temps. Payot, 1933, in-8°, 543 pp, broché, état correct (Coll. Bibliothèque historique)

            25

92.              WEIGALL (Arthur). Néron. Payot, 1931, in-8°, 346 pp, 8 pl. de gravures hors texte, généalogie de la famille impériale, reliure demi-chagrin bleu-nuit, dos à 4 nerfs, titres dorés, qqs épidermures sans gravité, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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Loin de la légende noire, le livre de l’historien britannique Arthur Weigall « Nero, Emperor of Rome », prend en compte, à partir des textes, officiels ou non, les actes de clémence et de générosité de l’empereur, l’oeuvre du constructeur, les mesures de tempérance vis-à-vis des impôts, etc.

93.              WEIGALL (Arthur). Sapho de Lesbos. Sa vie et son époque. Traduction et avant-propos de Théo Varlet. Payot, 1932, in-8°, 364 pp, 3 croquis, index, broché, couv. illustrée, pt travail de ver en marge (sans atteinte au texte), bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"Certain disent qu'il y a neuf Muses, mais ils trompent, car, attention, – il y a Sappho de Lesbos qui est la dixième." (Platon)

MOYEN AGE

 

94.              BOLOGNE (Jean-Claude). Du flambeau au bûcher. Magie et superstition au Moyen Age. Plon, 1993, in-8°, 329 pp, 9 illustrations dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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On connaît la passion de nos contemporains pour les horoscopes, les voyantes et autres guérisseurs. Elle n'est rien pourtant à côté de l'engouement qui, pendant dix siècles, saisit les hommes et les femmes du Moyen-Age. Successivement, naissent les figures symboliques de la magie, noire ou blanche : la sorcière jeteuse de sorts, l'alchimiste qui connaît les secrets éternels, le mage et ses calculs divinatoires. Jusqu'au diable, le seigneur des ténèbres, qui obsède l'esprit des gens du XVe siècle. Sans oublier les tentatives faites pour structurer ce bouillonnement anarchique en une réflexion rationnelle sur les croyances ancestrales. A la manière si particulière qui a fait le succès de l'Histoire de la pudeur, Jean-Claude Bologne décrit ce foisonnement intellectuel et spirituel, en mêlant les anecdotes savoureuses avec les textes des grimoires. Mieux, en nous faisant partager le regard des hommes du Moyen-Age, il nous montre que leur goût des sortilèges et des superstitions cache une quête permanente de la connaissance des hommes et du monde.

95.              BORDONOVE (Georges). La Vie quotidienne des Templiers au XIIIe siècle. GLM/Hachette, 1988, in-8°, 246 pp, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Analysant la Règle du Temple, en ses différentes versions et additions successives, puisant dans l'histoire de l'Ordre les exemples les plus significatifs, Georges Bordonove décrit, à travers la carrière d'un Templier-type, la vie quotidienne dans les commanderies d'Occident et d'Orient. L'auteur montre quelles étaient les attributions des dignitaires et comment on les désignait, le mode d'élection du Maître, la réception d'un simple chevalier. Il donne ainsi un schéma complet de l'organisation comme des activités templières : agricoles, bancaires, maritimes, religieuses et militaires. Au-delà des légendes, de l'hagiographie, de la calomnie, il trace un portrait en profondeur des templiers, à la fois exaltant et vigoureux, dans la période cruciale de leur histoire : ce XIIIe siècle qui vit la fin du royaume latin de Jérusalem et des Croisades, et leur propre déclin. Ce n'est pas un plaidoyer en leur faveur mais une poursuite passionnée, passionnante, de ce que furent réellement ces Don Quichotte de la foi, acharnés à défendre l'honneur du Christ.

96.              Catalogue d'exposition. La Guerre au Moyen Age. Chateau de Pons (Charente-Maritime), 1976, gr. in-8° carré, 115 pp, 82 illustrations, 256 numéros décrits avec notices, broché, couv. illustrée, bon état (Catalogue de l'exposition tenue au Chateau de Pons en juillet-août 1976)

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1. La littérature militaire. 2. Guerre et christianisme médiéval. 3. Les villes fortes, les châteaux. 4. L'armement : témoignages archéologiques. 5. L'armement : sources écrites et documents figurés. 6. Le décor héraldique de la guerre. 7. Les préparatifs de la guerre : la rupture. 8. Recrutement et levée des armées. 9. Composition des armées. 10. La solde, les vivres. 11. Risques et profits. 12. Les figures de la guerre. 13. La fin de la guerre. 14. La guerre et les populations civiles. 15. Le donjon. Contributions de Jean-Pierre Babelon, José Baud, Philippe Contamine, René Faille, François Garnier, Odile Grandmottet, Colette Jeudy, Louis Lassarade, Louis Maurin, Jean-Paul Reverseau, Jean-Bernard de Vaivre, Françoise Vieillard.

97.              CHENU (Charles-Maurice). Jacques Coeur. Le royaume sauvé. Hachette, 1962, pt in-8°, 205 pp, chronologie, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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La vie du fils d'un marchand pelletier de Bourges, né juste avant le début du XVe siècle qui est, à trente ans, l'associé du roi dans une affaire de fabrication de monnaie qui finit mal et qui, devenu industriel et armateur tout autant que négociant, grand conseiller du roi, ambassadeur, "prête" à son souverain 200.000 écus pour faire l'armée nécessaire à la poursuite de la guerre... Le personnage de l'argentier de Charles VII nous est présenté ici dans toute son étonnante grandeur. C'est du dossier de son procès que Maurice Chenu, avocat, est parti pour faire revivre, avec beaucoup de vigueur et de précision, l'homme et son époque...

98.              DELORT (Robert). Le Commerce des fourrures en Occident à la fin du Moyen Age (vers 1300-vers 1450). (Thèse). Rome, Ecole française de Rome, 1978, 2 vol. gr. in-8°, lxvi-1383 pp, pagination continue, 11 planches hors texte, 8 cartes dont une dépliante hors texte, biblio, index, reliures pleine toile écrue de l'éditeur, titres en noir au 1er plat et au dos, mors recollés, bon état (Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome, 236)

            200

"Un ouvrage de 1500 pages, pourvu de plus de cent cartes et graphiques, d'index des termes français ou étrangers, et de tout l'appareil érudit qui grignote parfois jusqu'aux quatre cinquièmes d'une page, voilà qui pourrait déjà appâter le chercheur, le convaincre qu'il trouvera là tout ce qu'il est en droit d'attendre sur le commerce de la fourrure à la fin du Moyen Age. C'est en vérité bien autre chose, et l'ouvrage de Robert Delort est loin de n'être que le « chef-d'œuvre » universitaire attendu. D'abord le sujet est tout neuf : naturellement il y a longtemps qu'on a opposé à l'Antiquité souriante et nue l'austère Moyen Age engoncé dans la fourrure, et cette dernière est un attribut bien connu du monde médiéval ; pourtant on n'en a jamais écrit l'histoire complète. Or c'est ce que R. Delort a voulu faire : partir de l'animal dans sa vie aquatique ou forestière pour aboutir aux comptes de garde-robe princière ou bourgeoise ; et comme ces animaux viennent de loin, il faut aller en chercher le passage : bêtes abattues, peaux en ballots, navires les déchargeant, marchands, fourreurs, intendants et clients qui ont laissé leur trace dans cent dépôts divers ; il faut parler ou lire dix, douze langues, aller en Russie, en Scandinavie, à Hambourg, à Danzig, à Venise, à Prato, à Rome, à Turin, à Gênes, à Londres, à Francfort et naturellement dans toute la France ou les Pays-Bas ; et l'auteur demande qu'on l'excuse d'avoir seulement fait des sondages à Prague, à Vienne ou en Espagne ! Je suis confondu d'admiration : on se demande quel morceau de peau cité dans un texte peut lui avoir échappé. Que le lecteur ne se fie donc pas au titre du livre, qui d'ailleurs est aussi celui de la partie finale de l'ouvrage : il eut fallu dire « Peaux et fourrures en Occident au Moyen Age ». Car il n'est pas seulement question d'échanges. On trouvera ici, d'abord et sur plus de cent pages, un répertoire linguistique des termes de toutes provenances désignant les fourrures, les bêtes et les apprêts, ce qui implique, en plus des connaissances techniques indispensables, une familiarité de premier ordre avec la philologie et la sémantique. On trouvera ensuite un manuel de zoologie médiévale et de biogéographie rétrospective où sont examinés les comportements des animaux, mais aussi ceux de l'homme qui les chasse ou les élève dans les divers milieux climatiques ou végétaux de l'Europe : façade atlantique, montagnes anciennes ou alpines, zone méditerranéenne, forêt tempérée, forêt « profonde » des pays slaves, eaux de toutes sortes aussi. Puis vient l'étude de la chasse comme aussi de l'élevage : non le traditionnel aspect juridique ou économique sous lequel on les aborde souvent, mais celui de la technique, et, autant qu'il est possible, du volume des peaux et fourrures obtenu. Les chiffres au terme du Moyen Age sont surprenants : des centaines de milliers de peaux d'écureuils russes, de lapins anglais ; à peine moins de peaux plus précieuses, plus rares à obtenir, zibelines, martres, hermines, phoque aussi... (...) On attend ensuite, et on a en effet, une histoire de son emploi, du vêtement et cela depuis les Xe et XIe siècles : non pas une description esthétique, mais un exposé où sont pris en compte, éléments variables selon les lieux et les temps, la part du froid, celle de la mode... (...) Ce n'est qu'alors qu'est abordé le commerce. Structure, en principe, des plus simples : au centre une aire assez uniforme d'appel et de consommation abondante et coûteuse ; d'une part les clientèles, les « palais », royaux, princiers, ecclésiastiques, bourgeois, avec les « livrées » des serviteurs et des amis, les vêtements de prix, les gants, robes de chambre, manteaux et chaperons, les tentures et les pièces réservées à orner l'ameublement ; d'autre part le marché local, moins facile à cerner, même en ville, mais qui explique l'importance des métiers de transformation qui en dépendent... (...) Après avoir lu ce beau livre, qui croira encore secondaire le commerce des fourrures en Occident ?" (Robert Fossier, Bibliothèque de l'École des chartes, 1981)

99.              DIEHL (Charles). Byzance. Grandeur et décadence. Flammarion, 1934, in-12, 343 pp, broché, couv. lég. salie, état correct

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"On ne trouve point dans cet ouvrage une histoire proprement dite de l'empire byzantin, mais bien ce qu'on pourrait appeler la philosophie de cette histoire, avec une description à grands traits de la civilisation byzantine. M. Diehl a condensé dans ces pages le meilleur de ses études antérieures sur Byzance. Cette vue d'ensemble est du plus haut intérêt et, grâce au charme du style, se lit avec agrément. L'ouvrage est divisé en quatre livres : Livre I : L'évolution de l'histoire de Byzance ; c'est un coup d'oeil rapide sur toute l'histoire byzantine, de 330 à 1453 (p. 1-22). Livre II : Les éléments de puissance. On y parle successivement du pouvoir autocratique des empereurs, de l'armée et de la marine, de la diplomatie, de l'administration, de la puissance économique, de la ville de Constantinople, de l'Asie, force de l'empire (p. 25-136). Livre III : Les éléments de faiblesse. Ces éléments de faiblesse sont étudiés en huit chapitres : la démoralisation politique, la démoralisation sociale, le péril féodal et la lutte des classes, le péril religieux, la politique impérialiste des basileis, la décadence économique, la décadence militaire et l'émiettement territorial de l'empire, l'antagonisme religieux, politique et économique avec l'Occident (p. 137 à 258). Livre IV: Les services rendus par Byzance, où il est parlé de la civilisation byzantine dans le domaine des sciences et des arts, de la diffusion de l'orthodoxie byzantine et de la formation du monde slave, de la diffusion de la civilisation byzantine en Occident, enfin, par manière de conclusion, de l'héritage de Byzance. (...) un livre fort intéressant et très instructif, qui contribuera à vulgariser la connaissance de l'Orient byzantin et inspirera peut-être à plus d'un travailleur le goût des études byzantines." (Martin Jugie, Echos d'Orient, 1921)

100.          DUBY (Georges) et Robert MANTRAN (dir.). L'Eurasie, XIe-XIIIe siècles. PUF, 1982, in-8°, 635 pp, 11 cartes, index, reliure toile verte éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

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"Ce titre de la nouvelle collection « Peuples et civilisations » remplace désormais l'ouvrage de L. Halphen. Si l'on compare “L'Essor de l'Europe”, paru en 1932, à “L'Eurasie”, on constate tout d'abord que la tâche, jadis assumée par un seul auteur – il est vrai que celui-ci croyait incarner le moyen âge – est aujourd'hui partagée entre deux directeurs et plusieurs collaborateurs. Le plan de l'ouvrage n'a rien gagné à ce changement puisque la dernière partie « Pensée religieuse et culte chrétien en Occident » se trouve séparée des trois premières réservées à l'évolution économique, religieuse et politique de l'Europe (341 pp) par les 168 pages que R. Mantran et les spécialistes de l'Asie ont consacrées à l'étude du monde byzantin, de la civilisation musulmane et au survol des grands empires sédentaires de la Chine, de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est et des peuples nomades de l'Asie centrale. L'Occident continue donc à être avantagé mais la vision générale est moins européocentrique que dans “L'Essor de l'Europe” car L. Halphen ne prenait la route de l'Orient que pour suivre les croisés, affronter les Turcs ou observer les relations entre l'Asie mongole et l'Europe." (Georges Pon, Cahiers de civilisation médiévale, 1986)

101.          FAVIER (Jean). Charlemagne. GLM/Fayard, 1999, fort in-8°, 769 pp, 16 pl. en couleurs hors texte, 9 cartes et plans, chronologie, biblio, index, 4 généalogies, reliure souple illustrée de l'éditeur, qqs soulignures crayon, état correct

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Successeur des Césars, Charlemagne dont la personnalité fut multiple, aura influencé la politique de la France et de l’Europe bien au-delà de son règne. Jean Favier brosse ici le plus magistral des portraits de l’Empereur. De l'héritier de l'Empire romain à l'empereur à la barbe fleurie, de l'inventeur de la Couronne de France à celui de l'école, l'Histoire donne bien des visages à Charlemagne ; il est souvent difficile de distinguer la part du mythe et de la réalité. Aussi Jean Favier a-t-il consacré une partie entière de son ouvrage au personnage construit par les siècles. Le grand médiéviste s'attache d'abord à replacer le personnage dans son contexte historique, analysant minutieusement la société dont il est issu. Il brosse également un portrait fouillé de ce souverain dont l'action était toute entière tournée vers un seul but : l'unité politique et religieuse de l'Occident chrétien. Sous le mythe, on découvre un homme raffiné, épris de poésie latine, lisant le grec, artisan d'une renaissance intellectuelle qui n'aura pas d'équivalent avant longtemps. Du système monétaire à l'Église, pas un domaine n'a échappé à son ardeur réformatrice que ses conquêtes ont étendue à un énorme empire : tous les éléments d'une légende étaient réunis, le temps a fait le reste.

102.          GUYARD de BERVILLE (M.). Histoire de Pierre Terrail dit le chevalier Bayard, sans peur et sans reproche. P., Garnery, 1828, in-12, 376-(2) pp, un portrait de Bayard gravé en frontispice, reliure pleine basane naturelle mouchetée, dos lisse orné en long, pièce de titre chagrin noir, encadrement doré sur les plats, coupes guillochées, tranches marbrées (rel. de l'époque), coiffe sup. arrachée, mors frottés, coins émoussés, qqs rares rousseurs éparses, état correct

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Guyard de Berville (1697-1770) publie en 1760 cette “Histoire de Pierre Terrail dit le chevalier Bayard”, reproduisant le livre du Loyal serviteur, avec de nombreux ajouts romancés.

103.          LE GOFF (Jacques). L'Imaginaire médiéval. Essais. Gallimard, 1994, in-8°, xxv-352 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

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Si toute société, toute époque a son imaginaire, certaines semblent en receler plus que d'autres ou lui donner une importance plus grande. Ainsi en allait-il des hommes et des femmes de l'Occident médiéval. Immergés dans un monde de réalités cachées qu'ils considéraient comme plus réelles et plus vraies que celles saisies par leurs sens extérieurs, ils se nourrissaient de cet imaginaire que leur fournissaient les sens intérieurs dont l'Église leur enseignait qu'ils leur apportaient les messages de Dieu - à moins que Satan ne se fût glissé en eux.
On verra ici, dans ce «long» Moyen Âge qui pour Jacques Le Goff aborde jusqu'à nos rivages, l'univers multiple et conflictuel du merveilleux, les images de l'espace et du temps de l'ici-bas et de l'au-delà, les représentations du corps et leur saisie par l'idéologie, les codes symboliques et les métaphores littéraires qui ont permis de penser le monde et la société. Les attitudes à l'égard des rêves fournissent un observatoire privilégié : d'une Antiquité passionnée par l'oniromancie, comment est-on passé à la révolution répressive que le christianisme a fait subir à l'interprétation des rêves et quels enjeux de fond révèle leur retour en force à partir du XIIe siècle ? Et, à la suite du Marc Bloch des Rois thaumaturges, quelle place faire à l'imaginaire dans le retour à l'histoire politique de l'anthropologie historique ? L'imaginaire, un des grands acteurs de l'histoire.

104.          LEMARIGNIER (Jean-François). La France médiévale. Institutions et société. Armand Colin, 1984, gr. in-8°, 416 pp, 17 cartes, 5 tableaux, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U)

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"Cette synthèse est d'abord exemplaire par l'enchaînement des idées, la clarté de l'étude de chaque point appuyée sur les ouvrages classiques, le souci d'aller à l'essentiel dans la progression de l'exposé : c'est ainsi que nous suivons le glissement du monde romain au monde franc, l'évolution de la féodalité de la fin du IXe siècle au milieu du XIIe siècle, le développement du pouvoir royal et des institutions monarchiques. Un index fournit des définitions toujours très précises, les schémas forment une excellente illustration et l'orientation bibliographique indique plus de 300 titres." (Bernard Demotz, Cahiers d'histoire) – "Une vue dynamique des institutions les plus riches de signification, plutôt qu'un inventaire analytique. Jamais les institutions étudiées ne se trouvent, en quelque sorte, désincarnées, j'entends présentées autrement que dans le cadre de l'époque qui les a fait naître et du courant historique qui a déterminé leur évolution." (Jean Yver, Cahiers de civilisation médiévale) – "Net et solide... écrit sans recherche et sans abus de termes techniques, dans une langue simple et accessible." (L. Génicot, Revue d'histoire ecclésiastique) – Désormais classique, La France médiévale répond à quelques questions essentielles : comment les hommes sont-ils organisés dans la société ? Quelles en sont les structures politiques et comment se prolongent-elles en des structures administratives, juridiques, financières ? Quelle place y tient l'Eglise, à travers ses structures et ses relations avec le pouvoir civil ? Car il ne s'agit pas ici d'aborder sous le seul jour du droit des institutions françaises qui, du IXe au XVe siècle, ont connu des mutations fondamentales. Intimement liées aux évolutions de la société tout entière, à celles des penseurs et des dirigeants, comme aux mouvements des idées, les institutions suivent pas à pas la structuration politique du royaume de France et l'affirmation d'une civilisation française. L'histoire des institutions françaises – qui ne sont, en fait, qu'une forme d'une civilisation qui a ses racines jusque dans l'Antiquité gréco-romaine – peut se répartir en deux périodes : la première, qui s'étend jusqu'au milieu du XIIIe siècle, est avant tout marquée par la féodalité, d'abord anarchique puis plus structurée, pour aboutir enfin à la seconde, qui voit la croissance de l'autorité du roi de France et la naissance des institutions monarchiques qui sont à l'origine de l'Etat des temps modernes.

105.          MALET (Albert) et Jules ISAAC. Le Moyen Age jusqu'à la guerre de Cent ans. Hachette, 1931, in-12, viii-516 pp, 235 gravures et 27 cartes, index, cart. éditeur, bon état (Nouveau cours d'Histoire Malet-Isaac, Classe de Quatrième)

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Ecrit avec la collaboration d'André Alba. — Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle.

106.          MICHAUD (Joseph-François) et B. Poujoulat. Histoire des Croisades, abrégée à l'usage de la jeunesse. P., Didier, 1844, 2 vol. in-12, xviii-311 et 306 pp, édition publiée par Ducollet, préface de Poujoulat, 4 gravures hors texte sous serpentes (dont le frontispice), les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-chagrin vert, dos lisse avec titres et caissons dorés, filet doré sur les plats (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

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"Six éditions publiées à de courts intervalles témoignent assez de l'empressement du public à lire ce livre. Il donne, en effet, l'histoire la plus complète et la plus intéressante que l'on ait encore écrite des plus grands événements du moyen âge, événements qui ont captivé au plus haut degré l'attention et la curiosité de tous les temps et de tous les peuples. Il nous semble inutile d'insister ici sur les qualités littéraires du livre de M. Michaud; elles sont universellement reconnues. (...) L'auteur de “l'Histoire des croisades” a voulu retracer, dans un récit agréable et attachant, les luttes de la chrétienté pour conquérir et conserver le tombeau de J.-C, et il a laissé un livre qui dispensera le plus grand nombre des lecteurs de recourir aux chroniques originales, livre dont la lecture est d'autant plus intéressante qu'il fait connaître les mœurs, les costumes , les jeux, les combats des croisés, aussi bien que les lieux qui furent le théâtre de leurs exploits." (Louis de Mas-Latrie, Bibliothèque de l'école des chartes, 1842)

107.          MIGNET (François). Mémoires historiques. P., Charpentier, 1854, in-12, 534 pp, 3e édition, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs filetés, titres dorés et caissons à froid, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), coiffe sup. arasée, bon état

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"... Le volume renferme quatre mémoires. Le premier est intitulé : “la Germanie au huitième et au neuvième siècle, et sa conversion, au christianisme”. L'auteur a eu pour but de montrer comment et par qui l'ancienne Germanie a été incorporée dans la société civilisée de l'Occident. Le sujet était bien choisi, car la conversion de la race allemande au catholicisme a été l'un des plus graves événements de l'histoire du moyen âge. (...) Le mémoire suivant a pour titre : “Essai sur la formation territoriale et politique de la France, depuis la fin du onzième siècle jusqu'à la fin du quinzième”, M. Mignet a voulu tracer la marche et indiquer les résultats de cette révolution lente, qui a produit la réunion des provinces , le rapprochement des peuples , la communauté des lois et la centralisation de l'autorité. (...) Le troisième mémoire traite de “l'établissement de la réforme religieuse et de la constitution du calvinisme à Genève”. C'est un récit circonstancié , appuyé en partie sur des documents inédits, dans lequel M. Mignet a déployé le talent de narrateur, qu'il possède à un si haut degré. (...) Le volume se termine par l' “Introduction à l'histoire de la succession d'Espagne”..." (Ludovic Lalanne, Bibliothèque de l'École des chartes)

108.          MINOIS (Georges). Richard Coeur de Lion. Perrin, 2017, gr. in-8°, 404 pp, notes, chronologie, généalogie, 3 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Richard Coeur de Lion, né en 1153, fut le moins anglais des rois d'Angleterre, où il ne résida que six mois, régnant sur d'immenses territoires allant de l'Ecosse aux Pyrénées, et qu'il passa sa vie à défendre. Fils préféré de sa mère, Aliénor d'Aquitaine, il est le souverain le plus admiré et le plus redouté de son temps, incarnation des valeurs et des excès de la chevalerie médiévale. Eduqué au milieu des troubadours aquitains, il est capable de faire des vers, mais c'est à la guerre qu'il forge sa réputation. Guerre contre son père, Henri II Plantagenêt, contre son frère, Jean sans Terre, contre le roi de France, Philippe Auguste, contre les barons poitevins. Et surtout guerre sainte, contre Saladin, au cours de l'épopée de la troisième croisade (1190-1194), lors de laquelle il se révèle un stratège hors pair. Terreur des musulmans, dont il gagne le respect, il est trahi par les souverains chrétiens, qui jalousent ses exploits. Retenu prisonnier en Autriche, puis libéré contre rançon, il bat Philippe Auguste, édifie en deux ans Château-Gaillard (1196-1198), avant d'être tué au siège de Châlus, en Limousin, par un trait d'arbalète, en 1199. Inhumé à Fontevraud, cette figure de proue du Moyen Age reste dans la mémoire collective comme l'invincible paladin, dont Walter Scott fera un héros romantique, alors qu'il l'était si peu.

109.          OURSEL (Raymond). La dispute et la grâce. Essai sur la rédemption d'Abélard. Les Belles Lettres, Publications de l'Université de Dijon, 1959, gr. in-8°, 94 pp, broché, bon état (Publications de l'Université de Dijon, 19), envoi a.s. à Jacqueline de Romilly

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M. Oursel met trois personnages en scène : Pierre Abélard, le fougueux et intrépide novateur, sûr de lui-même, féru d'une dialectique que les théologiens conservateurs ne comprendront pas toujours, désireux de défendre ses positions au concile de Sens (1140) ; saint Bernard, fougueux lui aussi à ses heures, animé d'un amour passionné pour l'Église, prêt à foncer contre celui dont il ne comprend peut-être pas toujours le langage de logicien, mais en qui il discerne un novateur dangereux pour la foi traditionnelle, homme d'une habileté consommée, parvenant à convertir en tribunal cette assemblée de prélats où Abélard s'apprêtait à défendre ses thèses ; enfin un troisième personnage, le plus sympathique sans doute, le doux Pierre le Vénérable, accueillant Abélard condamné, l'intégrant dans sa propre communauté, le conduisant chez saint Bernard pour en recevoir le baiser de paix, prenant un soin jaloux de la santé du vieux lutteur épuisé, s'intéressant à Héloïse et au jeune Astrolabe, admirant le fier théologien partager les menues corvées de toute journée monastique et s'éteindre doucement dans la sérénité conquise par l'humilité. L'énigme du titre de l'ouvrage de M. O. se résout : la « dispute », ce sont les deux adversaires ; la « grâce » c'est Pierre le Vénérable, qui a si puissamment contribué à la « rédemption d'Abélard ». (Bulletin de théologie ancienne et médiévale, 1961)

110.          RICHARD (Jean). Saint Louis, roi d'une France féodale, soutien de la Terre sainte. Fayard, 1983, fort in-8°, 638 pp, 4 pl. de photos hors texte, sources et biblio, chronologie, 4 cartes, 6 généalogies, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Comment un souverain autoritaire et dont les agents avaient la poigne rude est-il devenu la figure la plus vénérée de l'histoire de France, le roi dont Voltaire disait qu'il n'était pas possible de pousser la vertu plus loin que lui ? La sincérité d'une vie assujettie aux impératifs de la morale chrétienne, l'esprit d'équité de celui qui proclamait la supériorité du prud'homme sur le béguin et savait concilier le respect de l'éclat de la monarchie avec l'austérité personnelle et, par-dessus tout, la recherche passionnée de la paix ont donné à Saint Louis un prestige déjà fort peu contesté de son vivant. Il n'en reste pas moins celui qui organisa le Parlement, qui introduisit une nouvelle conception de la monnaie, qui fit entrer les grands barons dans l'exercice du pouvoir royal. Cette royauté féodale, mais où le recours aux notions du droit romain donne une physionomie nouvelle aux rapports féodaux, Saint Louis l'a mise en service d'une cause qui était celle de toute l'Europe chrétienne : la croisade. Le souci de la Terre sainte l'a amené non seulement à passer six années de son règne outre-mer, mais à prendre conscience de l'importance des problèmes méditerranéens. Et, dans son désir de donner aux établissements latins d'outre-mer des appuis nouveaux, il a ouvert la voie aux relations avec les Mongols, introduisant ainsi une perspective planétaire dans les conceptions politiques du temps.

111.          RICHÉ (Pierre) et Patrick PÉRIN. Dictionnaire des Francs. Les temps Mérovingiens. Bartillat, 1996, pt in-8°, 370 pp, texte sur deux colonnes, 4 cartes et 4 tableaux généalogiques hors texte, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Le but de ce dictionnaire, réalisé par deux spécialistes de l'histoire et de l'archéologie du Haut Moyen Age, est d'éclairer l'une des périodes les plus obscures de cette époque : l'histoire des Mérovingiens, de Clovis à l'avènement des Carolingiens (Ve-milieu du VIIIe siècle), restée méconnue en raison de la rareté et de la dispersion des sources. Pour la première fois, un dictionnaire du monde franc aux temps mérovingiens offre des notices précises, où l'on trouve les principaux noms de personnes et de lieux, des bibliographies succintes, des termes juridiques, le rappel des sites archéologiques et des objets qui témoignent de la civilisation matérielle et de l'art «barbare». Sont également retenus les noms des principaux historiens anciens et modernes, de la période mérovingienne, et, à travers eux, les débats entre savants et les hypothèses servant le mouvement d'une recherche toujours en cours. – Tableaux généalogiques, cartes, plans, ainsi qu'une présentation de la période accompagnent cet instrument de travail indispensable.

112.          ROUCHE (Michel). Clovis. Fayard, 1998, fort in-8°, 611 pp, suivi de 21 documents traduits et commentés, 12 pl. de photos, monnaies, mosaïques, en couleurs hors texte, 16 cartes et plans, 7 généalogies, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Penser le baptême de Clovis avec les catégories qui sont les nôtres et voir dans cet épisode la naissance d'une France tout entière catholique dès le VIe siècle, c'est commettre un anachronisme majeur. En 496 – ou 498, voire, plus vraisemblablement, en 499 – aucune nation n'émerge des ruines de la romanité, et la conversion du roi et de sa garde personnelle n'entraîne pas celle d'une Gaule qui reste largement le cadre de la France actuelle. Le baptême de Reims – au demeurant sincère et précédé d'une longue réflexion personnelle – est néanmoins capital parce qu'il met un terme à un siècle de désordres et d'invasions, alors que l'unité romaine est rompue. En faisant le choix du catholicisme qui prend la suite de l'universalisme romain, et non celui de l'arianisme, religion de tous les autres rois barbares, Clovis rejette la confusion du spirituel et du temporel ; en faisant fusionner les coutumes barbares et le droit romain, il combat les particularismes et permet l'intégration, à égalité, des nouveaux venus ; En tournant le dos aux croyances et aux pratiques germaniques (solidarités lignagères, vendettas, ségrégation selon le sang, coutumes juridiques reposant sur la force), ce général de l'armée romaine fonde un ordre politique sauvegardant ce que Rome avait de meilleur et infuse un sang neuf à l'élite gallo-romaine. Le roi des Francs Saliens, installés au sud de l'actuelle Belgique, n'était au début qu'un roitelet régnant sur une tribu germanique aussi pauvre en hommes qu'en biens et ne pouvait se prévaloir de l'ascendance prestigieuse du roi des Ostrogoths ou de celui des Burgondes. Plus qu'à sa naissance et à sa puissance, il dut alors pour compenser ces faiblesses, corriger ses erreurs et réparer ses défaites, s'en remettre à son habileté et tirer profit des liens noués depuis longtemps par sa famille avec les Gallo-Romains. Il eut aussi le réalisme de faire alliance avec quelques-unes des grandes figures religieuses du temps (Remi de Reims, Avit de Vienne et autres moines et évêques promoteurs d'un christianisme rénové) et de solliciter l'aide de deux femmes d'une envergure exceptionnelle – et celles-ci occupaient dans le monde germanique une place prééminente – : Geneviève, chef spirituel et politique d'une cité à la valeur stratégique et symbolique considérable, Paris ; Clotilde, princesse burgonde qui devint sa femme et le rattacha aux plus illustres dynasties des nouveaux royaumes. Tout inachevée qu'elle fût à sa mort (511), son œuvre fut décisive. Certes, il fallut après lui des siècles pour parfaire, non sans rechutes, sa construction politique, mais c'est bien de lui que procède la physionomie de l'Europe aujourd'hui.

113.          TOUATI (François-Olivier)(dir.). Vocabulaire historique du Moyen Age (Occident, Byzance, Islam). 6e édition augmentée. Les Indes savantes, 2016, gr. in-8°, 517 pp, texte sur 2 colonnes, 42 figures, broché, bon état

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D'abaque à zunnâr, d'abadengo à zindiq, d'averroïsme à stavkirke, près de 8 000 termes, notions ou expressions, couvrant le champ des activités humaines foisonnantes qui se sont déployées durant plus de 1 000 ans du nord de la mer Baltique aux confins sahariens, permettent d'appréhender la richesse et la complexité des réalités dites médiévales. Aider à comprendre le sens des mots, leurs origines et leurs glissements, tel est l'objet de ce Vocabulaire conçu comme un outil donnant accès de plain-pied aux sources écrites ou archéologiques ainsi qu'à la recherche et à l'historiographie les plus récentes. Cinquante figures, tableaux et illustrations (sceaux, monnaies, bateaux, édifices, armure, travaux des mois...) complètent les définitions proposées.

114.          TRIBOUILLARD (Edouard). La Geste du Bâtard. Bayeux, Heimdal, 1975, in-8°, 118 pp, 15 gravures, photos et un plan ancien de Caen sur 16 pl. hors texte, qqs illustrations de Wanis dans le texte, arbres généalogiques in fine, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            20

Avec en annexe la légende de “La Berrière au Cônu”, par René Maizeret.

115.          TRYSTRAM (Florence). Le Coq et la Louve. Histoire de Gerbert et l'an mille. Flammarion, 1982, in-8°, 404 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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L'an Mille, source de tant de légendes... Les rois meurent à vingt ans, les évêques coiffent la mitre à douze ans ; sans père, sans terroir, sans patrie, les hommes implorent indifféremment les divinités païennes et les saints chrétiens, Dieu et le diable. Des guerres sans combat, des prêtres sans foi, la campagne dans les villes, la débauche dans les monastères ; mais aussi la naissance du chiffre, le rayonnement de Cluny, l'installation des Capétiens, l'émergence de la Paix de Dieu. Eclairant ce sombre tableau, un homme à la destinée fulgurante, Gerbert. Né pauvre à Aurillac, mort pape à Rome en 1003, a-t-il dû son ascension à un pacte avec le diable ? A-t-il puisé dans l'officine d'un alchimiste arabe son génie scientifique ? Second personnage du royaume franc et nommé archevêque de Reims par Hugues Capet, est-ce par traîtrise qu'il devint conseiller intime de l'empereur des Germains Otton III ? Et s'il n'avait été qu'un homme malheureux qui paya ses succès de cuisants échecs... Il n'a pas impunément défendu en même temps le coq gaulois à Rome et la louve romaine en Gaule. (4e de couverture)

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

116.          BAUMAL (Francis). Tartuffe et ses avatars : de Montufar à Dom Juan. Histoire des relations de Molière avec la Cabale des Dévots. P., Emile Nourry, 1925, pt in-8°, xix-297 pp, pièces justificatives, broché, état correct

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Etude pénétrante. — "Dans un livre fort intéressant, publié en 1925, “Tartuffe et ses avatars”, M. Francis Baumal raconte la vie d'un certain Jacques Crétenet, dont il fait le prototype de Tartuffe. Crétenet, ancien barbier tombé dans la dévotion, et qui s'accusait d'être un pécheur et un ignorant, après avoir longtemps rasé les visages, se mit, plus tard, à diriger les âmes. Il fut à Lyon, quoique simple laïque, un directeur de conscience. Des prêtres même se confièrent à lui. D'autres, moins dociles, protestèrent. L'autorité écclésiastique s'émut et intervint. On accusa Crétenet de « former une cabale ». C'était le grand mot, le mot terrible, qui avait conduit Simon Morin au bûcher, mais l'orthodoxie de Crétenet ne donnait aucune prise à la critique. On ne lui reprochait qu'un excès de zèle et une usurpation de fonctions. Or, ceci se passait en 1652, à un moment où Molière, dans une de ses tournées théâtrales, arrivait à Lyon. Qu'il se soit intéressé à ces démêlés de prêtres et de dévots, qu'il ait pu en avoir connaissance, M. Francis Baumal l'admet et l'affirme, mais il n'en donne aucune preuve ni aucun semblant de preuve. La thèse de M. Francis Baumal a été combattue par M. l'abbé Brémond qui, dans son “Histoire du sentiment religieux ern France” (tome VI) dépeint Crétenet comme un personnage plutôt sympathique, d'une piété non douteuse, et qui, pendant la peste de Lyon en 1628, montra un grand dévouement..." (Henri d'Alméras, “Le Tartuffe de Molière”, 1928)

117.          CHALINE (Olivier). La mer et la France. Quand les Bourbons voulaient dominer les océans. Flammarion, 2016, gr. in-8°, 559 pp, 16 pl. de gravures hors texte en couleurs, 6 cartes, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Trop souvent, l'histoire de France fait fi de la mer. Elle est ici au coeur du nouveau livre d'Olivier Chaline. Les éléments, nous rappelle-t-il, ignorent les luttes entre les nations et, dans leur sauvage impartialité, se prêtent aux calculs des hommes ou s'acharnent à les ruiner. C'est en fonction des vents et des courants, comme de la météo marine et des marées, qu'il faut considérer cette France des Bourbons : depuis le large, ses rives européennes et ses nombreux prolongements outre-mer. Que permet la mer ? Que refuse-t-elle ? Quelles routes la parcourent devant les rives françaises ou à partir d'elles ? Quels navires et quels équipages s'y aventurent ? Comment pénètre-t-elle le royaume terrien ? Dans ce livre inédit, constitué de toute la richesse de notre histoire maritime, revivent les obscurs et les sans-grades qui ont fait les équipages de la pêche, du commerce et de la guerre ; leurs conditions de vie, leurs voyages, leurs formations nous sont mieux connus en même temps que l'impressionnante complexité de leurs navires. C'est le quotidien passionnant des "petites mains" indispensables à la manoeuvre des vaisseaux – ces premiers géants de la mer – ou de la moindre gabare. Ainsi au fil des pages surgit une réalité, celle de Français vassaux de Neptune qui, dans des conditions souvent difficiles, n'ont jamais tourné le dos à la mer mais en ont accompagné les caprices, pressenti les désirs. Une tyrannie, certes, mais si douce pour ses inconditionnels...

118.          DEL PERUGIA (Marie-Magdeleine). Madame de Pompadour. P., Consep, 2002, in-8°, 222 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Grande, intelligente, d'une physionomie mobile au teint blanc, Jeanne Antoinette Poisson, duchesse de Pompadour est l'archétype même de la favorite chérie par les muses et calomniée. Séduite par le roi Louis XV lors d'une partie de chasse à Etioles, elle s'efforce auprès de lui en protégeant artistes, architectes et littérateurs de talent. A Bellevue, Choisy, La Celle ou L'Ermitage, elle accumule les meubles de Boulle, les porcelaines de Saxe, les magots de tout genre avec un goût très personnel pour les créations les plus élégantes de l'art oriental. Créatrice de la manufacture de Sèvres, elle protège Van Loo, Bouchardon, Marmontel, Crébillon, Quesnay ; Voltaire lui dédit Tancrède. Auprès du Bien-Aimé, elle défend lucidement l'alliance autrichienne et soutient le ministre réformateur Machault d'Arnouville ainsi que Bernis et Berryer. Sa popularité est très grande lorsqu'elle disparaît à 42 ans en 1764.

119.          DES VALLIÈRES (Jean). Sourires de l'Ancienne France. P., Editions de Paris, 1958, in-12, 258 pp, broché, couv. illustrée, mque la page de faux-titre, état correct

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L'indiscrétion est de règle d'un bout à l'autre de cet ouvrage qui explore une société brillante et raffinée qui avait de l'esprit à revendre. Tantôt le rideau s'entrouvre sur l'alcôve où le Vert-Galant plaisante sa dernière conquête. Tantôt les réparties des belles damnées se croisent avec celles du Régent, aux soupers du Palais-Royal. Ainsi apprendrez-vous nombre d'histoires peu connues et toutes bien françaises par leur verdeur ou leur finesse.

120.          DESCOLA (Jean). Les Conquistadors. Fayard, 1959, in-12, 528 pp, 18 cartes, biblio, index, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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En octobre 1492, Christophe Colomb découvre l’Amérique. D’autres vaisseaux partent dans le sillage de ses caravelles. En cinquante ans, le Nouveau Monde est exploré par des marins, des soldats et des aventuriers. Ce sont les conquistadors. Il y a Cortès, le conquistador du Mexique, Balboa qui découvre le Pacifique, Pizarre et ses frères qui aboutissent au Pérou, Valdivia qui conquiert le Chili... Sur leurs pas, nous pénétrons dans le fabuleux empire des Incas, nous assistons aux grandes cérémonies aztèques et aux sacrifices humains, aux banquets cannibales des tribus caraïbes, à la magnifique résistance des Araucans. Comme dans un roman d’aventures, Jean Descola nous raconte ici l’histoire de ces bandits, héros ou saints qui ont poursuivi sans relâche la conquête de l’Amérique.

121.          DUCHENE (Roger). Madame de Sévigné, ou la chance d'être femme. Fayard, 1983, in-8°, 478 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Madame de Sévigné (1626-1696), célèbre sans avoir jamais rien publié, demeure sans doute l'écrivain français le plus cité et le moins connu. Seules ses lettres adressées à sa fille seront publiées plus de trente ans après sa mort. Rien de moins monotone pourtant que l'existence de la célèbre marquise, toute en contrastes. Orpheline et enfant gâtée, jeune femme trompée et pourtant guillerette, veuve courtisée à la réputation parfois chancelante, frondeuse et proche du pouvoir, parisienne et provinciale, elle a été tout cela avant de devenir une mondaine brillante. Née Rabutin-Chantal, mariée très tôt, la jeune marquise Marie de Sévigné connaît auprès de son mari l'expérience malheureuse d'une vie conjugale sans amour. La trahison de son époux tué dans un duel pour les beaux yeux de sa maîtresse la laissa désabusée. Très courtisée, sans doute amoureuse de Fouquet, elle prend la décision de rester sans attaches et se dévoue corps et âme à sa fille Françoise. En la mariant au comte de Grignan, que sa charge oblige à résider en Provence, Madame de Sévigné s'arrache le coeur. Amputation d'autant plus cruelle que Françoise de Grignan, trop longtemps étouffée par la personnalité d'une mère très belle et très brillante, éprouve un réel soulagement à s'en éloigner... Commence alors entre la mère et la fille une correspondance dont le chantage affectif, la menace, les cris, l'amour, la haine ne sont jamais absents. Ses lettres révèlent un grand écrivain. Avec plusieurs siècles d'avance, elle a misé sur la spontanéité et la sincérité. Drôle, tendre, désespérée, déchirée entre des sentiments très terrestres et sa crainte de Dieu, la marquise enseigne dans un genre inédit l'art d'être femme, mère et... libre résolument. A soixante-dix ans, elle meurt au château de Grignan. De l'exubérance baroque au dépouillement janséniste, sa vie se déroule et se lit comme un roman dont l'héroïne, mieux que personne, a vu et raconté tout son siècle. Grâce à la découverte de nombreux documents inédits et à la publication de lettres enfin non censurées, Roger Duchêne donne la première biographie moderne de Mme de Sévigné.

122.          DUCHENE (Roger). Naissances d'un écrivain : Madame de Sévigné. Fayard, 1996, in-8°, 356 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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De la première mention connue d'une lettre de Mme de Sévigné (1645), de sa première lettre conservée (mars 1648), de ses lettres d'"écolière" à son savant ami Ménage, de son brillant reportage en 1664 sur le procès du surintendant Foucquet jusqu'à sa première lettre à sa fille, le 6 février 1671, lendemain de ses quarante-cinq ans, puis à la dernière envoyée de Lambesc, en Provence, le 20 décembre 1695, que de "naissances" à l'écriture ! Que de renaissances depuis ! On l'imprime pour la première fois juste après sa mort, survenue en avril 1696. Mais ses lettres à sa fille ne paraissent que trente ans après. Il faut attendre encore une trentaine d'années pour en avoir une édition prétendument complète. Retrouvée en 1873, une copie partielle des mêmes lettres les montre écrites autrement et révèle des textes inconnus. Nouvelle naissance du même écrivain... Pour qu'aient lieu ces naissances successives, il a fallu beaucoup de miracles. Parallèle à la biographie de Mme de Sévigné, cette biographie de son œuvre montre quand, comment et pourquoi les lettres privées d'une femme qui avait vécu, disait-elle, "sans éclat et sans distinction" sont devenues au fil du temps le chef-d'œuvre de la littérature épistolaire. De Mme de La Fayette, de Ninon de Lenclos, de La Fontaine, et récemment de Marcel Proust, Roger Duchêne a écrit des biographies qui ont fait date. En premier lieu, revue et complétée à l'occasion du tricentenaire de sa mort, celle de Mme de Sévigné.

123.          FARGE (Arlette). Dire et mal dire. L'opinion publique au XVIIIe siècle. Seuil, 1992, in-8°, 311 pp, broché, jaquette illustrée, bon état

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Quelque chose se passe au XVIIIe siècle qui permet au peuple d'exister en politique. Le goût pour l'information, la curiosité publique se développent dans un espace urbain qui met les individus en situation de "savoir sur l'autre". Le public vit entre le vrai et le faux, l'information et le secret, la rumeur et la publicité, le possible et l'invérifiable; ses incertitudes, aiguisées par les manipulations politiques et policières, renforcent encore sa soif de savoir. Car le menu peuple veut connaître les ressorts qui animent les rumeurs sur l'assassinat du roi, ou encore les affaires de diables, de poisons, d'alchimie et d'autres magies. Dans ce livre, Ariette Farge montre comment se construit une parole publique que les autorités craignent, pourchassent et incitent tout à la fois. Elle observe quelles sont les tactiques d'approche de la chose publique pour ceux qui en sont les exclus. Avec Dire et mal dire, Arlette Farge nous donne un livre sur un sujet inédit qu'elle défriche dans les archives : l'opinion publique au XVIIIe siècle.

124.          GAILLARDIN (Casimir). Histoire du règne de Louis XIV. Récits et tableaux. P., Jacques Lecoffre, 1871-1879, 6 vol. in-8°, reliures demi-basane cerise, dos lisses avec titres, tomaisons et filets dorés (rel. de l'époque), dos lég. frottés, qqs rousseurs, bon état (Grand Prix Gobert de l'Académie française en 1875 et 1876)

            250

Complet – Tomes I et II : La France politique, religieuse, littéraire sous Mazarin ; tomes III et IV : L'époque de puissance et de gloire sous Colbert et Louvois ; tomes V et VI : La décadence : Guerres de la seconde Coalition et de la Succession d'Espagne. Classique histoire du règne, établie par un professeur d'histoire au lycée Louis-Le-Grand, qui a le mérite de présenter un tableau complet du règne de Louis XIV. Guerres, diplomatie, gouvernement intérieur, querelles religieuses, intrigues de cour, lettres, sciences et arts, tout y est traité en détail.

125.          GERARD (P. L.). Le Comte de Valmont ou les égaremens de la raison. Tome premier. P., Bossange, Masson et Besson, an IX (1801), in-12, xx-454 pp, 11e édition, un portrait gravé de Gérard en frontispice et 4 gravures hors texte, reliure pleine basane marbrée, dos lisse à caissons fleuronnés, pièces de titre et de tomaison basane noire (rel. de l'époque), coiffes arasées, dos, plats et mors frottés, intérieur propre, état correct

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Tome I seul (sur 6) — Philippe-Louis Gérard (1737-1813), naquit d'une famille honnête, mais peu aisée. Il fit ses études au collège Louis le Grand sous les jésuites. On le destinait au barreau mais la mort prématurée de son père empêcha l'exécution de ce projet. En sortant du collège, il se trouva sans guide, livré à lui-même ; sa foi s'affaiblit ; il se laissa séduire par une fausse philosophie, et tomba dans l'incrédulité. Heureusement, il rencontra l'abbé Legros, alors chanoine de la Sainte-Chapelle, qui rendit le jeune homme à lui-même, à la vertu, à la religion ; Gérard devint aussi pieux qu'il avait été indévot ; et résolu de se vouer au service des autels, il entra au séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet, puis fut par la suite vicaire de la paroisse de Saint-Méry. L'abbé Gérard fut témoin des fureurs de la révolution, et eut sa part de persécutions ; il resta longtemps en prison. Rendu à la liberté, il alla passer sa retraite dans la culture des lettres et les pratiques pieuses. “Le Comte de Valmont, ou les égarements de la raison” semble avoir été inspiré par ses égarements de jeunesse.

126.          HAUDRÈRE (Philippe). La Compagnie française des Indes au XVIIIe siècle. Seconde édition revue et corrigée. (Thèse). Les Indes savantes, 2005, 2 vol. gr. in-8°, 1072 pp, pagination continue, 89 figures et graphiques, sources et biblio, index, brochés, couv. illustrées, bon état

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Après des débuts difficiles au XVIIe siècle, la Compagnie française des Indes connaît une croissance rapide au XVIIIe siècle. Les commerçants français sont devenus les plus dangereux de nos rivaux, assurent les directeurs de la compagnie anglaise en 1737. Le présent ouvrage précise quelques-unes des raisons du succès des Français. Il y a d'abord le montant élevé du capital, appartenant pour les trois quarts à des actionnaires privés. Il y a aussi la bonne gestion des directeurs, armateurs expérimentés venus de divers ports de France, ou grands financiers, ou encore anciens commerçants ayant fait fortune en Asie. Les cargaisons sont bien composées et répondent à la demande des consommateurs européens : cotonnades blanches, teintes ou "peintes" dont la variété et la richesse des coloris enchantent le public, du café, du thé, de la porcelaine et des bois de teinture. Il y a enfin l'excellente qualité technique de la marine. En Chine, la Compagnie française développe activement le commerce par son comptoir de Canton. En Inde, la Compagnie se trouve imbriquée dans les rivalités et les conflits locaux. Dupleix, gouverneur de Pondichéry, est le premier des Européens à essayer de trouver une solution en créant une région pacifiée autour du principal établissement des Français. Son projet est critiqué par les actionnaires qui, redoutant une augmentation des dépenses militaires, imposent son rappel. La compagnie anglaise parvient à faire aboutir une entreprise analogue autour de Calcutta. Le contrôle du commerce du Bengale donne aux Britanniques une telle supériorité sur les autres Européens qu'ils parviennent rapidement à les supplanter et donc à mettre fin aux activités des Compagnies des Indes, en particulier celle des Français. — Thèse pour le doctorat d'Etat soutenue à l'Université Paris IV (Sorbonne) le 22 mai 1987. "Une immense entreprise d'érudition. Philippe Haudrère a passé quinze ans entre Paris et Lorient pour l'établir. La Compagnie française des Indes a son monument." (Pierre Chaunu)

127.          [Jansénisme] – GOLDMANN (Lucien). Correspondance de Martin de Barcos, abbé de Saint-Cyran, avec les abbesses de Port-Royal et les principaux personnages du groupe janséniste, éditée et présentée par Lucien Goldmann. PUF, 1956, fort in-8°, 629 pp, notes, biblio, index, broché, bas du dos lég. taché, bon état (Bibliothèque de Philosophie contemporaine), envoi a.s. à l'historien Ernest Labrousse

            70

"... Une longue et pénétrante introduction détermine la position spéciale qu'occupe de Barcos dans le groupe des jansénistes et nous renseigne sur « les guerres civiles », suites de divergences idéologiques, et sur l'injustice qu'ont commise à son égard les historiens anciens et modernes en diminuant son influence. Deux cent soixante-deux lettres, suivies de huit pensées et mémoires, constituent le corps de la présente publication. Elles s'étendent de 1620 à 1678 et s'adressent aux abbesses de Port-Royal ainsi qu'aux religieuses et aux amis de la même abbaye. Etant donné la fidélité de Martin de Barcos aux idées de son oncle Jean Duvergier de Hauranne et l'influence que celles-ci continuaient à exercer sur le groupe principal de Port-Royal, cette publication constitue un apport précieux à l'histoire du jansénisme, que dorénavant peuvent seuls faire avancer les documents nouveaux ou mieux établis. M. Goldmann remédie à une réelle lacune qui est restée trop longtemps au coeur même du jansénisme français. Si l'introduction est abondante, l'annotation est d'autant plus sobre. Les notes, peu nombreuses, ont été réunies aux pp. 587-601. Suivent une Liste des principaux événements auxquels se réfère cette correspondance (pp. 603-604), une Liste des abbesses de Port-Royal (p. 605) ; une bibliographie (pp. 607-609), un Index des principaux personnages mentionnés (pp. 611-616) et enfin un index général." (Lucien Ceyssens, Revue Philosophique de Louvain, 1956)

128.          LAFITEAU (Pierre-François). Histoire de la Constitution Unigenitus, par Messire Pierre F. Lafiteau, évêque de Sisteron, Ci-devant chargé des affaires du Roi auprès du Saint Siège. Tome premier. Avignon, Pierre Delaire, 1766, in-12, 482 pp, reliure plein veau marbré, dos à 5 nerfs guillochés et caissons ornés, pièces de titre et de tomaison basane carmin et verte, tranches rouges, coupes filetées (rel. de l'époque), un mors lég. fendu sur 2 cm, manque un petit morceau de la pièce de titre, intérieur très frais et en parfait état, bon état

            30

Tome I seul (sur 2) — Ouvrage important pour l'histoire du jansénisme, publié 47 ans après la bulle Unigenitus, par l’évêque Pierre-François Lafiteau, un jésuite proche du Roi, mais qui entend appliquer les directives romaines et se montre intransigeant avec les jansénistes. Les querelles suscitées par la bulle Unigenitus donnèrent lieu à une quantité prodigieuse de livres, brochures, pamphlets, libelles, etc., parmi lesquelles deux seulement méritent d’être cités, comme présentant un caractère d’utilité générale pour la question. Ce sont : “l’Histoire de la Constitution Unigenitus”, par le P. La teau, et le “Journal de la Bulle Unigenitus”, par l’abbé Dorsanne.

129.          LA TORRE (Comte de). Mémoires et négociations secrètes de Ferdinand Bonaventure, comte d'Harrach, ambassadeur plenipotentiaire de Sa Majesté Impériale à la Cour de Madrid, depuis la paix de Riswick ; contenant ce qui s'est passé de plus secret & de plus remarquable pendant le dernier règne de Charles II, depuis l'année 1695 jusques au premier Traité du Partage. La Haye, Pierre Husson, 1720, 2 vol. in-12, (32)-276 et (2)-307 pp, reliures plein veau havane, dos à 5 nerfs guillochés, titre, tomaisons et caissons fleuronnés dorés, tranches rouges (rel. de l'époque), épidermure sur un plat, ex-libris armorié Comtesse de Langeac (1734), bon état

            200

Les intrigues diplomatiques autour de la Succession d'Espagne (1680-1701) de 1695 jusqu'au traité de la Haye conclu entre le roi d'Angleterre Guillaume III, le roi de France Louis XIV et les États-Généraux des Provinces Unies, touchant le partage de la monarchie d'Espagne et signé à La Haye le 11 octobre 1698. — Charles II, roi d'Espagne, n'ayant pas de descendance, sa succession constitue le problème de la diplomatie européenne depuis son accession au trône. En septembre 1693, Charles II désigne un héritier plus jeune à sa succession : le duc Joseph-Ferdinand de Bavière, fils de l'électeur de Bavière. En mai 1697, le comte d’Harrach, ambassadeur de l’Empire, arrive à Madrid pour incliner l’opinion en faveur de l'empereur Léopold Ier (fils d'une princesse espagnole, Marie-Anne d'Espagne, sœur de Philippe IV et tante de Charles II). À cette époque, la cour est dominée par le parti allemand : l’électeur de Bavière est gouverneur des Pays-Bas et l’armée de Catalogne, qui lutte contre la France, est sous le commandement du prince de Hesse-Darmstadt, ce qui d’ailleurs déplait en Espagne. Mais à partir de janvier 1698, l’énergique ambassadeur de France, le marquis d’Harcourt, entreprit à son tour la formation d’un parti français, soutenant la candidature du petit-fils de Louis XIV, Philippe, duc d'Anjou...

130.          LEMONNIER (Henry). Charles VIII, Louis XII et François Ier. Les guerres d'Italie, 1492-1547. Tallandier, 1982, gr. in-8°, 427 pp, reliure de bibl. avec le dos et les plats de couv. originaux collés sur les plats, C. de bibl. annulé, soulignures crayon et stylo sur les 12 premières pages, bon état (Coll. Monumenta Historiae – Lavisse). Réimpression de l'édition de 1911

            20

"Cet ouvrage se divise en six livres consacrés successivement à l'étude des guerres d'Italie (1492-1518) – de la France pendant les guerres d'Italie sous les règnes de Charles VIII et de Louis XII – du gouvernement de François Ier – de l'évolution sociale – de l'évolution intellectuelle – de l'évolution religieuse. II embrasse la période qui s'étend de 1492 à 1547, l'une des plus intéressantes et des plus importantes de notre histoire. Avec les guerres d'Italie, la France entre en contact avec toutes les puissances de l'Europe, et elle y entre à un moment où de grandes transformations politiques, intellectuelles, économiques et religieuses se produisent. C'est au début du XVIe siècle, en effet, que la Renaissance renouvelle notre littérature, que les découvertes géographiques ouvrent à l'activité européenne des champs inconnus, que de nouveaux rapports s'établissent entre les classes sociales, que le triomphe du principe monarchique modifie les régimes gouvernementaux, que la Réforme commençante agit sur les consciences, que la politique internationale est modifiée par le développement ou la création des grands Etats, que toutes les idées, tous les sentiments trouvent, par la diffusion de l'imprimerie, une expansion extraordinaire. (...) Très documenté, ce livre est aussi d'une lecture très attachante. C'est un instrument de travail aussi sûr qu'agréable. D'ici longtemps, en attendant de nouvelles recherches, il ne sera pas possible d'étudier les guerres d'Italie et la France sous les règnes de Charles VIII, Louis XII et François Ier sans y recourir." (S. Letaconnoux, Annales de Bretagne)

131.          LEVRON (Jacques). La Vie quotidienne à la cour de Versailles aux XVIIe et XVIIIe siècles. France Loisirs, 1991, in-8°, 353 pp, sources et biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            15

En faisant surgir de terre un fabuleux palais, Louis XIV poursuivait un dessein politique : fixer, sous son autorité, la noblesse qui avait, par la passé, défié l'autorité monarchique. Du Roi-Soleil à la Révolution, Versailles deviendra le haut-lieu du pouvoir et une ruche fourmillante d'intrigues, d'amours, de rivalités, de cabales, dans le cadre d'une étiquette rigide. Courtisans, princes, favorites, préposés aux multiples emplois et charges... c'est la vie quotidienne de milliers d'individus que retrace cet ouvrage d'une lecture passionnante.

132.          MALET (Albert) et Jules ISAAC. XVIIe & XVIIIe siècles. Hachette, s.d. (1931), in-12, 650 pp, 214 gravures et 26 cartes, biblio, index, cart. éditeur, bon état (Cours d'Histoire Malet-Isaac, Classe de Seconde)

            25

Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle.

133.          MANDROU (Robert). Louis XIV en son temps, 1661-1715. PUF, 1973, in-8°, 579 pp, 20 cartes, biblio, index, reliure toile verte de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

            30

"Encore un Louis XIV ! pourrait-on murmurer du dernier ouvrage de Robert Mandrou. Soyons rassuré : si le vieux roi de France a suscité bien des historiettes croustillantes, des éloges enthousiastes et des pamphlets rageurs, il trouve ici sa véritable vocation. Avec une précision étonnante et une élégance non moins remarquable, Robert Mandrou sait poser les vrais problèmes du grand homme dans l'histoire : Louis XIV n'est pas observé pour lui-même ; il est confronté à son royaume et à son époque, à l'Europe et aux « mondes lointains » (p. 72). Robert Mandrou éclaire ainsi le grand siècle d'une lumière originale et passionnante. (...) En expliquant les raisons de la mort du grand siècle, Robert Mandrou l'a fait magistralement revivre." (N. Ferrier, Revue d'Histoire littéraire de la France)

134.          MARMONTEL (Jean-François). Bélisaire, par M. Marmontel, de l'Académie Française. A Londres, 1793, pt in-12, 251 pp, une gravure hors texte, reliure pleine basane naturelle marbrée, dos lisse à caissons fleuronnés, pièce de titre chagrin carmin, encadrement à froid sur les plats, coupes filetées, tranches rouges (rel. de l'époque), dos et coiffes frottés, un mors fendu, rousseurs éparses, état correct

            25

“Bélisaire” est suivi de “Fragmens de philosophie morale” (pp. 205-251). — Cet ouvrage fut condamné par l'archevêque de Paris en 1768, ce qui provoqua la colère et une polémique de Voltaire. « Bélisaire est diffusé au début de février 1767. Le livre à peine paru, s’ouvre la fameuse querelle qui va durer un an et qui est marquée par la publication d’une série d’ouvrages ou d’opuscules destinés à défendre ou à attaquer le roman et son quinzième chapitre. », (Robert Granderoute, “Bélisaire : Une décence éclatée”). Que reproche-t-on au Bélisaire de Marmontel ? C’est le chapitre XV qui est l’objet des griefs de la Sorbonne. Sont mises en relief les phrases du chapitre qui sont considérées comme portant une atteinte directe à l’Ecriture et à la Tradition. C’est le fond même du Bélisaire qui est dénoncé. Marmontel accorde le salut à des héros païens. Le seule bienfaisance ne peut être justifier le salut à des hommes qui ont par ailleurs été coupables d’idolâtrie et d’autres fautes (violences contre les chrétiens, suicide, débauches, etc). Pour la Sorbonne, Marmontel « détruit la lumière de l’évangile ». Bélisaire est également accusé des blasphèmes les plus horribles. La Sorbonne sait pourtant bien qu’il s’agit là d’un Conte moral, d’une fable, elle attaque Marmontel et son Bélisaire parce qu’il consacre à la religion un chapitre qui ne s’imposait pas. De plus, Marmontel n’était pas un auteur obscur, inconnu, c’est un auteur déjà célèbre, académicien, et son livre a reçu le sceau de l’autorité publique. Par ailleurs Marmontel s’était gardé jusque là de toucher aux problèmes de la religion. La condamnation de Bélisaire est un symbole. Dans ce roman figure toutes ces nouveautés nuisibles dont les censeurs souhaiteraient arrêter la propagation...

135.          MARMONTEL (Jean-François). Mémoires de Marmontel, secrétaire perpétuel de l'Académie française. Précédés d'une introduction par Fs. Barrière. Firmin-Didot, 1884, in-12, 446 pp, reliure demi-veau fauve, dos à 5 nerfs soulignés à froid et fleurons dorés, pièces d'auteur et de titre chagrin prune et vert (rel. de l'époque), coupes frottées, bon état

            50

Forme le tome 5 de la “Bibliothèque des Mémoires relatifs à l'histoire de France pendant le 18e siècle”. — Les mémoires de Marmontel (1723-1799), un auteur célébré par son époque et oublié de nos jours, sont incontestablement son chef-d'oeuvre et sont considérés comme un document important pour l'histoire de la littérature et de la société française au XVIIIe siècle. — Jean-François Marmontel, après des études chez les jésuites, enseigne la philosophie à Toulouse lorsqu'il décide d'entreprendre une carrière littéraire qu'il entend lucrative. Ses premiers écrits attirent l'attention de Voltaire, qui l'encourage et le fait monter à Paris. Après des débuts difficiles dans la capitale, le succès commence à faire son apparition et Marmontel s'engouffre avec délectation dans une vie mondaine tourbillonnante. Fréquentant les salons, il rencontre des philosophes, Diderot, d'Alembert, d'Holbach, ainsi que des femmes remarquables. Nommé directeur du Mercure de France, il collabore également à l'Encyclopédie pour la littérature. Ses Contes moraux obtiennent un vif succès dans toute l'Europe et sa Poétique française lui ouvre les portes de l'Académie française en 1763, dont il sera nommé secrétaire perpétuel en 1783. A la Révolution, Marmontel, contraint à l'exil en Normandie, entreprend la rédaction de ses Mémoires, en vue d'enseigner à ses enfants le monde dans lequel ils vivent un monde fait de fureur et de mensonges. Aperçu de l'esprit et des usages de l'époque, ces Mémoires, tout en décrivant des personnages tels Voltaire, Rousseau, Crébillon, etc., nous font parcourir la France, et nous dévoilent l'ascension sociale d'un jeune homme lettré.

136.          MIQUEL (Pierre). Les Guerres de Religion. Fayard, 1980, fort in-8°, 596 pp, une carte du voyage de Charles IX en France, généalogie simplifiée des familles princières, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Du premier martyr protestant – en 1523 – au dernier pasteur persécuté – à la fin du XVIIIe siècle – l'affrontement des deux religions, la catholique et la réformée, fit des centaines de milliers de victimes dans toutes les régions de France, et pas seulement à Paris : les villes, les villages et jusqu'aux familles étaient divisées. Dans les deux partis, l'enchaînement de la peur et de la violence conduisait aux pires excès. Le lent combat des huguenots pour la liberté, la longue marche des catholiques pour la réforme de l'Eglise ont touché de près tous les Français, dans le flamboiement sauvage du XVIe siècle. Les idées de Luther et de Calvin n'ont pas apporté que la guerre et la torture. Elles ont fait entrer les Français, à toute allure, dans le monde moderne où chacun choisit et défend passionnément sa religion, au péril de sa vie...

137.          PETOT (Jean). Histoire de l'administration des Ponts et Chaussées, 1599-1815. (Thèse) . P., Marcel Rivière, 1958, in-8°, 522 pp, biblio, index, reliure pleine toile verte, dos lisse avec titres dorés, C. de bibl., bon état. Rare

            120

« II est peu de matières, dit M. Petot dans sa conclusion, où l'administration actuelle ne puisse être expliquée par l'histoire.» Ce livre en fait la démonstration à partir d'un cas dont la valeur exemplaire avait déjà frappé Tocqueville. L'histoire des ponts et chaussées est en effet typique : à l'origine on trouve l'initiative personnelle de deux grands ministres : Sully dont la tentative d'institution d'un “grand voyer de France” reste sans lendemain ; Colbert dont la volonté créatrice et le génie organisateur vont réussir une première centralisation. Au XVIIIe siècle, c'est le grand essor, du à la multiplication des administrateurs éclairés et au travail inlassable et désinteressé de deux hommes, Jean-Charles Trudaine et Jean-Rodolphe Perronet dont la fructueuse collaboration met sur pied les grandes lignes du Système. Dans la dernière partie du siècle problèmes et tensions vont croissant, les traditions séculaires (corvée, autonomie des pays d'état, etc.) se heurtent toujours plus aux besoins nouveaux de l'économie. Enfin, après les essais avortés de la Constituante et du Directoire, vient l'organisation définitive de Napoléon, une seule fois refondue depuis 1800. Deux phénomènes essentiels dans la formation de l'Etat moderne ont été justement soulignés par M. Petot : le passage de l'autonomie locale à la centralisation presque absolue, le remplacement des officiers publics à charges vénales par des fonctionnaires payés et spécialisés. Cet ouvrage est consciencieux et bien écrit. II est muni d'une copieuse bibliographie (p. 19-34) et d'un index des noms (p. 499-517)." (Jean-Daniel Candaux, Revue suisse d'histoire, 1960) — "L'ouvrage de M. Jean Petot est remarquable, sa documentation solide, sa compétence technique assurée, ses jugements pondérés, son style agréable, teinté parfois d'une pointe d'humour. Les dates qui figurent au titre tracent le cadre du sujet. Il s'ouvre par la création du « grand voyer de France » en la personne de Sully et s'achève, en une sorte d'apothéose, avec le Premier Empire. L'idée maîtresse de l'auteur est la continuité des règles élaborées sous la monarchie et retrouvées intactes après l'épreuve révolutionnaire, c'est aussi l'apparition avec le corps des ponts et chaussées d'une des premières hiérarchies de fonctionnaires, au sens moderne du terme. (...) On sent combien important est et restera l'apport du livre de M. Jean Petot à l'histoire des grands services publics de notre pays." (B.-A. Pocquet du Haut-Jussé, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1959) — "La continuité qui relie les grandes administrations mises en place sous le Consulat et l'Empire à celles de l'ancienne monarchie ne fait de doute pour personne. Tocqueville, puis Taine l'ont jadis démontrée de manière définitive, mais en demeurant sur le plan des vues générales. Il restait donc souhaitable que des monographies vinssent renseigner, à l'échelle d'une institution déterminée, sur le processus de ce phénomène. Le corps des ponts et chaussées était particulièrement indiqué pour cela, comme le plus ancien et peut-être le plus réputé de nos services modernes. Au siècle dernier, Vignon avait entrepris à son sujet une vaste compilation demeurée inachevée. L'ouvrage de M. Petot comble donc une lacune ; ses recherches se fondent à la fois sur une imposante documentation imprimée et sur des sources manuscrites, principalement la sous-série F14 des Archives nationales et les manuscrits de l'École nationale des ponts et chaussées. (...) On sent tout l'intérêt de ce livre, couronné par une conclusion où M. Petot, à propos du corps qu'il a étudié, dégage fort pertinemment certains des traits qui, du XVIIIe siècle à nos jours, caractérisent l'esprit de nos grandes administrations : un certain impérialisme bureaucratique et technique, allié au souci de l'expérience, au respect des traditions et à la recherche des précédents, un refus de l'idéologie mêlé à une foi placide en l'infaillibilité de l'Etat. Le XXe siècle, qui croit tout remettre en question, rompra-t-il avec les usages respectés depuis Trudaine, l'une des plus nobles et hautes figures de l'histoire administrative de la France? On peut se le demander, preuve que le clair et solide ouvrage de M. Petot non seulement comblera la curiosité des historiens, mais entraînera aussi les observateurs de notre temps vers d'utiles réflexions." (Michel Antoine, Bibliothèque de l'École des chartes, 1961)

138.          PROSCHWITZ (Gunnar von). Gustave III par ses lettres. Stockholm, Norstedts et P., Touzot, 1986, gr. in-8°, 428 pp, 30 pl. de documents hors texte (dont un frontispice et 16 pl. en couleurs), 3 fac similés dans le texte, sources, 2 index, reliure toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            80

"Pour le bicentenaire de l'Académie Royale de Suède, fondée par Gustave III en 1786, l'Académie suédoise a rendu à son fondateur un hommage exceptionnel ; la présente édition représente en effet un travail considérable, tant par l'établissement du texte et son annotation que par sa présentation matérielle et son iconographie. Le texte a été établi par G.v.P. avec le plus grand soin, à partir des manuscrits originaux retrouvés dans une trentaine de collections publiques ou privées. Une bonne partie de ces 150 lettres sont inédites ; les autres ont fait l'objet d'un véritable travail de restauration, l'écriture et l'orthographe de Gustave III étant proprement « extravagantes » (p. 19) ; on en verra la preuve dans la planche 26, qui offre en fac-similé huit pages de la main du roi. Aux lettres royales s'ajoutent une vingtaine de lettres de ses correspondants (Creutz, Scheffer, Beaumarchais, Marmontel, d'Alembert, Bernis, etc.). L'apparat critique, très riche en ce qui concerne l'histoire de Suède, la biographie du roi et son usage du français, rendra de grands services. Gustave III ayant laissé plusieurs milliers de lettres (p. 17), il ne pouvait s'agir ici que d'une anthologie ; mais on y trouvera bien, comme se le proposait G.v.P. , un portrait du roi. Dans ses lettres à sa famille (et notamment à son frère Charles), à ses plus fidèles serviteurs (Creutz, Scheffer, Fersen) ou à ses amis les plus chers (le comte et la comtesse Bielke, les barons de Taube et d'Armfeldt, la comtesse de Boufflers), il révèle ses goûts, ses ambitions, ses soucis ; il s'abandonne, dans une conversation « à bâtons rompus », à ses enthousiasmes et à ses émotions. De 1757 à 1792, on voit ainsi se dérouler l'histoire d'un roi très humain : son apprentissage du pouvoir, ses échanges avec les philosophes, ses voyages, ses tentatives pour arracher la Suède à l'inertie, ses réactions devant le caractère « aussi atroce que fabuleux » de la Révolution (p. 326)." (Jean Sgard, Dix-Huitième Siècle, 1987)

139.          RIVET (Bernard). Une ville au XVIe siècle : Le Puy en Velay. (Thèse). Le Puy en Velay, Les Cahiers de la Haute-Loire, 1988, gr. in-8°, 455 pp, lettre-préface d'Emmanuel Le Roy Ladurie, 28 cartes et graphiques, petit glossaire des termes locaux ou anciens,

            35

Cet ouvrage est le texte, légèrement modifié, d'une thèse de IIIe cycle, soutenue en février 1987 sous la direction de Emmanuel Le Roy Ladurie à l'Ecole des Hautes études en sciences sociales, à Paris. — Au XVIe siècle, la ville du Puy est la capitale d'un pays d'Etats particuliers, le Velay, extrémité septentrionale du Languedoc, ville de consulat, siège de bailliage et de l'évêque-comte de Velay, c'est un lieu universellement connu de dévotion mariale, un centre d'artisanat actif qui commerce de préférence avec Lyon, Toulouse et Montferrand. On peut estimer sa population en 1544 à 10 ou 15.000 habitants. La société est alors dominée par une classe bourgeoise dont l'implantation consulaire est ancienne, mais qui est capable de se renouveler marginalement. Une "gentry" cultivée, qui n'a pas honte d'avoir ses origines dans la marchandise ou les métiers d'hommes de loi, achève la conquête entreprise par elle au XVe siècle des seigneuries et du plat-pays vellaves. Les stratégies de transmission des patrimoines et les pratiques liées au mariage permettent a cette "caste" de faire face aux difficultés du temps. Le reste de la population, qui ne se manifeste par aucun soulèvement serieux jusqu'aux années 1580, est victime des déboires du "beau XVIe", au cours duquel sa situation est de plus en plus précaire, ainsi que le démontre un long chapitre sur la "conjoncture économique". En même temps, se creuse un fossé culturel qui, sous un sentiment général de fierté municipale, sépare sur les questions religieuses une faible minorité de réformés de la majorité restée catholique qui finit par ne plus tolérer les moindres déviances. La ville s'engage ainsi corps et biens dans l'aventure ligueuse a partir de 1589, tandis que l'état de l'économie s'est considérablement détérioré et que le Velay est ébranlé par les guerres civiles. La partie la plus instruite, la plus riche et la plus ouverte de la classe dirigeante, dont l'évêque lui-même, manifeste une méfiance grandissante vis à vis de l'intolérance ambiante qui est due, en grande partie, aux travailleurs issus de métiers comme celui des tanneurs et aux prédicateurs mendiants. L'année 1594 est l'occasion d'une véritable chasse aux sorcières, sous prétexte de la "trahison" des politiques, mais qui dresse en fait pauvres contre riches. Il faudra plus de trois ans à Henri IV, bien qu'il soit enfin reconnu après le traité de Folembray, pour ramener la paix civile entre les Ponots...

140.          VIGNAL SOULEYREAU (Marie-Catherine). Richelieu ou la quête d'Europe. Pygmalion, 2008, gr. in-8°, 382 pp, chronologie, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Richelieu est passionnant, tout à la fois homme d'Etat et homme d'Eglise, gentilhomme et cardinal, théologien et inspirateur de très violents pamphlets. Sa carrière, à la fois politique et religieuse, fut exceptionnelle. Bien qu'il gouvernât la France, il n'en reste pas moins un être méconnu, dont les initiatives ont souvent été sources de méprise. Au fil de ce récit apparaît une personnalité hors du commun, qui, toute sa vie, oeuvra à la grandeur de Louis XIII et à celle du royaume. Il fut l'initiateur passionné d'une Europe composée de pays souverains qu'il rêva d'unir dans la foi catholique. Entre tradition et modernité, il mit tout en oeuvre pour faire de la France un Etat puissant. Le prélat guerrier a connu la victoire à La Rochelle, et ailleurs encore, mais aussi de cinglants revers, comme en Lorraine. Ses succès sont primordiaux et influencent encore l'histoire de France. Mais Richelieu a aussi connu les échecs. Hanté par le doute, il a laissé un héritage à la fois immense et fragile, et s'est ingénié, toute sa vie, à justifier ses décisions. Les passions de tout ordre, et avant tout l'amour de Dieu et de la cause royale, gouvernèrent sa vie. Plus qu'un ministre prestigieux entré dans l'Histoire, il apparaît ici comme un véritable personnage de légende.

141.          VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit). Contes et Romans. Texte établi et présenté par René Pomeau. P., PUF et Firenze, Sansoni editore, 1961, 3 vol. in-12, 643 pp, introduction, notes, reliures toile crème de l'éditeur, jaquettes illustrées, bon état (Coll. Les Petits Classiques Français, sous la dir. de Antoine Adam)

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Vol. I. Micromégas - Zadig ou la destinée - Le monde comme il va - Memnon ou la sagesse humaine - Histoire des voyages de Scarmentado. – Vol. II. Candide ou l'optimisme - Le blanc et le noir - Jeannot et Colin - L'ingénu . – Vol. III. L'homme aux quarante écus - La Princesse de Babylone - Le taureau blanc.

RÉVOLUTION

 

142.          BAYLAC (Marie-Hélène). Les secrets de la Révolution francaise. Vuibert, 2017, in-8°, 284 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Les vrais révolutionnaires n'étaient pas forcément ceux que l'on croit. Qui sait aujourd'hui que sans l'influence de l'Amérique, 1789 aurait peut-être été une année comme les autres ? Que le rôle des femmes fut déterminant ? Que la Révolution n'était pas seulement celle du peuple mais aussi celle du clergé et de la noblesse ? Que le vote de la mise à mort du roi fut loin de faire l'unanimité ? Marie-Hélène Baylac nous fait découvrir, par le biais d'archives oubliées, le quotidien de la prison du Temple où croupit la famille royale, le gigantesque trafic des pierres de la Bastille, les vraies raisons de l'assassinat de Marat, ou encore les rocambolesques débuts de la guillotine qu'on expérimente initialement sur des... moutons. Entre pressions et calculs politiques, vols de diamants et armoires cachées, sur fond d'échafaud et de famine, s'écrit l'une des périodes les plus violentes et tourmentées de l'histoire de France.

143.          BOISSEL (Thierry). Brillat-Savarin. Un chevalier candide (1755-1826). Presses de la Renaissance, 1989, gr. in-8°, 255 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Passé à la postérité pour son célèbre ouvrage de gastronomie, “Physiologie du goût” (1825), le nom de Brillat-Savarin reste attaché à une image de joyeux savoir-vivre. Mais sait-on que, derrière le jouisseur et le moraliste, se cachait un homme complexe, dont la vie fut des plus romanesques ? Né à Belley dans le Bugey, en 1755, Brillat-Savarin manifesta dès ses débuts de multiples talents : il fut tour à tour avocat, musicien, homme politique... En 1789, on le trouve député aux États généraux. En 1793, pour échapper à la Terreur, il s'enfuit en Suisse puis, via Rotterdam, en Amérique où il devient premier violon de l'Opéra de New York. De retour en France, tandis qu'il siège à la Cour de cassation, il fait la fête et développe sa science du bien manger. Sa réputation d'homme de goût grandit dans les salons. Il écrit des textes juridiques et d'économie politique, mais aussi des contes grivois... À sa mort, on vendra son Stradivarius pour une bouchée de pain. Puisée aux meilleures sources et élaborée à partir d'un travail d'archives original, cette biographie est – bien sûr ! – savoureuse.

144.          CARRÉ (Lt-Colonel Henri). Le Grand Carnot, 1753-1823. La Table Ronde, 1947, in-8°, 384 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, bon état (Grand Prix Gobert de l'Académie française 1948)

            30

Un bon travail d'historien, s'appuyant principalement sur les écrits de Carnot (1753-1823). Mathématicien, physicien, général et homme politique, membre de la Convention nationale et du Comité de salut public, il fut celui qui sauva la France et qui mis en place la structure militaire que Bonaparte utilisera et perfectionnera par la suite. Il est surnommé « L'Organisateur de la Victoire » ou « Le Grand Carnot ». Le livre fait ressortir la force de travail, la rigueur et le sens de l'organisation de Lazare Carnot.

145.          Collectif. Dictionnaire des usages socio-politiques (1770-1815). Fasc. 4 : Désignants socio-politiques, 2. : Anarchistes, Anglais, citoyen-citoyennes, endormeur, individu, intrigant, suspect (s). P., INALF, 1989, in-8°, 185 pp, une illustration dans le texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, qqs marques au stylo, bon état (Coll. Saint-Cloud)

            25

Ce quatrième fascicule du DUSP 1770-1815 reprend l'exploration d'une catégorie particulière de substantifs, les désignants socio-politiques. En suivant les discours tenus sur 'anarchistes' en 1795 ou 'anglais' en 1794, l'asymétrie de la paire 'citoyen/citoyenne', l'image des 'endormeurs' chez Marat, l'entrée d' 'individu' dans le vocabulaire socio-politique, le portrait des 'intrigans' à Marseille, ou la définition des 'suspects' dans la célèbre loi de 1793, on verra se confirmer le fait que la plupart des désignants socio-politiques, quel que soit leur sort ultérieur, servent d'abord à discréditer l'adversaire : l'énonciation politique commence souvent, semble-t-il, par une dénonciation.

146.          DELROSAY (F.). Mémento de la question Louis XVII. Introduction à l'étude de l'évasion et de l'identité. Nouvelle édition. P., Lucien Dorbon, Aux Bureaux de La Légitimité, s.d. (1912), pt in-8°, vii-397 pp, préface d'Osmond et Henri Provins, tableau généalogique, biblio, reliure demi-basane noire, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état

            80

Francis Delrosay est le pseudonyme du chanoine Pochat-Baron, professeur et directeur (1893-1935) du collège de Thônes en Haute-Savoie, naundorffiste. "Ce livre constitue un ouvrage de référence qui sous sa modeste apparence condense le sujet, en suivant depuis 1785 à l'heure présente (1890) un ordre chronologique. Il répond par sa conception et par les réponses qu'il apporte un véritable mémento". Cette deuxième édition est augmentée par rapport à la première de 1890 (parue sous le titre “La Question Louis XVII. Simple mémento chronologique”). "Les pages nouvelles sont uniquement consacrées à l'histoire de la cause depuis 1890 et aux découvertes historiques faites dans l'intervalle." (Parois, 298 et 299).

147.          LEFEBVRE (Georges). Quatre-Vingt-Neuf. Editions Sociales, 1970, in-8°, xxviii-303 pp, préface et postface par Albert Soboul, 8 pl. de gravures hors texte, broché, bon état

            25

"Rien de plus clair, de plus net, de plus neuf que le simple schéma de la Révolution en 89, tel que d'une main sûre le trace Georges Lefebvre, connaisseur entre tous qualifié de notre histoire révolutionnaire, « II n'y aurait pas eu de Révolution française, explique l'auteur, si le roi n'avait convoqué les Etats Généraux. La cause immédiate réside donc dans la crise gouvernementale, à laquelle Louis XVI a été incapable de trouver une autre solution... Mais le peuple n'a pas été le premier moteur. Ce sont les privilégiés qui ont forcé la main au roi... Le premier acte de la Révolution, en 1788, fut donc marqué par le triomphe de l'aristocratie qui, profitant de la crise gouvernementale, crut tenir sa revanche et ressaisir l'autorité politique dont la dynastie capétienne l'avait dépouillée. Mais, ayant paralysé le pouvoir royal, elle a ouvert la voie à la Révolution bourgeoise – puis à la Révolution populaire des villes – enfin à la Révolution paysanne ; et elle s'est trouvée ensevelie sous les décombres de l'Ancien Régime. » Voilà la thèse, intéressante et nouvelle, que tout le livre est consacré à développer. Le livre, fait pour être lu et par un large public de non-spécialistes, est de ceux qu'on lit en effet, qu'on relit, et qu'on garde ensuite à portée de sa main pour consultation. Il fait excellemment comprendre. Et on ne doit pas payer cette clarté par de lourds sacrifices, une simplification arbitraire des événements, la chute de paquets entiers de faits ou l'indigence de la présentation. Les personnages vivent. Voilà La Fayette : un symbole plutôt qu'un chef ; voilà Sieyès, « l'âme de la Révolution juridique » ; voici Mirabeau, l'étoffe d'un chef mais vénal : des hommes, mais « aucun ne sut s'imposer au point de personnifier la Révolution de 1789 ; elle est restée l'œuvre collective du Tiers-Etat ». Tout, dans le livre, est de cette qualité, de cette netteté vigoureuse dans l'appréciation, de cette sagesse aussi et de cette pondération. Et naturellement – le nom de l'auteur en est garant – les réactions de la vie économique et de la vie sociale sur la vie politique ne sont point passées sous silence..." (Lucien Febvre, Annales d'histoire sociale, 1940)

148.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Vieilles maisons, vieux papiers. Paris révolutionnaire. Première série. Perrin, 1904, in-8°, 362 pp, 8 gravures hors texte, reliure demi-basane fauve éditeur, dos à faux-nerfs orné en long de fleurs de lys et d'un symbole révolutionnaire, titres dorés, tête dorée, mors lég. frottés, bon état

            40

Merveilleux conteur, historien fécond et original, Théodore Gosselin dit G. Lenotre (1855-1935) est aujourd'hui encore considéré comme un maître par de nombreux historiens. Formidables succès de librairie, les six volumes de “Vieilles Maisons, vieux papiers” n'ont pas pris une ride. En véritable détective de l'histoire, G. Lenotre retrouve les adresses des personnages historiques, visite les lieux, en restitue l'âme en même temps qu'il trousse un récit très documenté. De la maison de Cagliostro à la brouette de Couthon, le maître de la "petite histoire" nous entraîne dans le tourbillon révolutionnaire. — Table : Le roman de Camille Desmoulins ; Mademoiselle de Robespierre ; Deux policiers ; Savalette de Langes ; Les derniers jours d'André Chénier ; La maison de Cagliostro ; Deux étapes de Napoléon ; Autour de la Du Barry ; La vieillesse de Tallien; Un Latude inconnu ; Papa Pache ; La brouette de Couthon ; Leblanc ; Saint-Just à Blérancourt ; M. le comte de Folmon.

149.          LIGNE (Charles-Joseph, Prince de). Lettres et pensées du Maréchal Prince de Ligne, publiées par Mad. la Baronne de Staël Holstein. A Paris, Chez J. J. Paschoud, A Genève, Chez le même Libraire, 1809, in-8°, xiii-333-(1)-(2) pp, seconde édition, reliure demi-veau fauve, dos lisse orné, titre et fleurons dorés (rel. de l'époque), coiffe sup. lég. frottée, un mors faible (mais solide), ex-libris armorié Mis de Varennes, bon état

            130

Seconde édition à la date de l'originale. Ce texte connut quatre éditions la même année et à la même enseigne. Le présent exemplaire est bien complet de son feuillet d'annonces (catalogue de Paschoud) in fine. — En 1809, Madame de Staël rencontra le prince de Ligne (1735-1814) à Vienne et le découvrit comme écrivain. Pour lui marquer son admiration, elle publia des extraits de sa correspondance. Dans sa préface, elle en fait le portrait et loue « ce mélange du sérieux et de la gaîté, de la plaisanterie et de la raison, de la légèreté et de la profondeur » qui font de lui « un véritable phénomène ». Ce diplomate et grand voyageur résuma à lui seul le XVIIIe siècle aristocratique. — "En 1809, Mme de Staël publie, avec l'accord et même la participation de l'auteur, un volume d'extraits des Oeuvres du prince de Ligne, appelé à connaître un vif succès. Mme de Staël sut, de l'immense masse des Mélanges, ne retenir que les meilleures pages : des lettres où le prince fait preuve de ce génie de la conversation que ses contemporains ont tant admiré (il y a notamment les lettres qu'il écrivit à la marquise de Coigny à l'occasion de son voyage en Crimée) et aussi des pensées, des portraits, des maximes détachées." (R. Granderoute, Dix-huitième Siècle, 1990)

150.          MALET (Albert) et Jules ISAAC. Révolution, Empire, première moitié du XIXe siècle. Hachette, 1930, in-12, 690 pp, 171 gravures et 38 cartes, index, cart. vert imprimé de l'éditeur, bon état (Nouveau cours d'Histoire Malet-Isaac, Classe de Première)

            30

De 1789 à 1848. Ecrit avec la collaboration de Charles-H. Pouthas. — Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle.

151.          MARTIN (Jean-Clément). La Vendée de la mémoire, 1800-1980. Seuil, 1989, in-8°, xvi-299 pp, préface de Emmanuel Le Roy Ladurie, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Ouvrage issu de thèse. — Dans les idées reçues de nos contemporains, la Vendée, rurale, archaïque, catholique et réactionnaire, constitue l'antithèse permanente de la France moderne et républicaine. Mythe ou réalité ? Jean-Clément Martin a suivi sur deux siècles l'imaginaire de la guerre de Vendée. — "Comment une région peut-elle s'identifier à un combat vieux de deux siècles ? C'est-à-dire, être reconnue par tous comme telle, « la Vendée » ; et, dans le même temps, fonder la légitimité de son propre discours sur cet événement. Les recherches de Jean-Clément Martin s'organisent à partir de cette interrogation. La mise en perspective prend corps dans trois livres et un long essai, sans compter les multiples articles d'érudition ou de vulgarisation, les mémoires universitaires ou les catalogues d'exposition : “La Vendée et la France”, puis “La Vendée de la mémoire”, ouvrages parus aux éditions du Seuil en 1987 et 1989, reprenant les deux parties d'une thèse d'Etat intitulée : “La guerre de vendée et son souvenir 1793-1980”..." (Antoine de Baecque, La Vendée de Jean-Clément Martin, in “Mots, n° 31”, juin 1992)

152.          MARTIN (Jean-Clément). La Vendée et la France. Seuil, 1987, in-8°, 404 pp, préface de François Lebrun, biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs rares marques au crayon en matges, état correct (Coll. L'Univers historique)

            25

Ouvrage issu de thèse. — La « Vendée », produit d'une guerre civile implacable et région symbole de la Contre-Révolution, est restée un objet de débat entre historiens en même temps qu'un sujet de passion entre Français. Jean-Clément Martin, au terme d'un long travail de recherche, a rouvert ce dossier toujours brûlant. Résolu à ne pas suivre les sentiers battus de gauche et de droite, réfractaire à tout catéchisme idéologique, il a voulu comprendre le « phénomène vendéen », dans sa genèse et son développement, en rompant avec l'idée reçue d'une Vendée éternelle, préexistante au drame de son accouchement. De 1793 à 1799, la Vendée s'est définie et fait connaître. Plus tard, au long du XIXe siècle, la mémoire collective achèvera de la constituer en authentique région. — "Comment une région peut-elle s'identifier à un combat vieux de deux siècles ? C'est-à-dire, être reconnue par tous comme telle, « la Vendée » ; et, dans le même temps, fonder la légitimité de son propre discours sur cet événement. Les recherches de Jean-Clément Martin s'organisent à partir de cette interrogation. La mise en perspective prend corps dans trois livres et un long essai, sans compter les multiples articles d'érudition ou de vulgarisation, les mémoires universitaires ou les catalogues d'exposition : “La Vendée et la France”, puis “La Vendée de la mémoire”, ouvrages parus aux éditions du Seuil en 1987 et 1989, reprenant les deux parties d'une thèse d'Etat intitulée : “La guerre de vendée et son souvenir 1793-1980”..." (Antoine de Baecque, La Vendée de Jean-Clément Martin, in “Mots, n° 31”, juin 1992)

PREMIER EMPIRE

 

153.          CARATINI (Roger). Napoléon, une imposture. Michel Lafon, 1998, gr. in-8°, 526 pp, qqs fac-similés, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Un livre iconoclaste et jubilatoire où Roger Caratini revisite la légende napoléonienne en rappelant que Bonaparte mit en place une dictature militaire, une police secrète peu respectueuse des libertés, une censure de la presse, qu'il rétablit l'esclavage aux Antilles, s'appropria les victoires de ses généraux et causa la perte de 1.800.000 soldats sous ses ordres, etc. — La première dictature militaire des temps modernes, le mépris absolu des Droits de l'Homme et des peuples, la liberté bafouée par une police secrète d'Etat, la censure de la presse, le génocide de Saint-Domingue, le rétablissement de l'esclavage aux Antilles et les « décrets infâmes » contre les Juifs en 1808, le tout se soldant par un bilan catastrophique – 1.800.000 combattants français tués et la France entière mise au ban de l'Europe pendant un demi-siècle : comment a-t-on pu faire de cet homme-là un mythe ? Roger Caratini nous propose son interprétation, avec une rare finesse d'analyse. Le célèbre encyclopédiste s'appuie sur des sources officielles, publiées en annexes, et qui transforment ce qui aurait pu être un simple pamphlet en ouvrage de référence historique. Napoléon, une imposture ? La question est posée, la réponse dans ce livre, la polémique ouverte... (4e de couverture)

154.          CHARDIGNY (Louis). L'homme Napoléon. Perrin, 1998, gr. in-8°, 440 pp, notes, sources, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

En dépit des milliers d'ouvrages qui lui ont été consacrés, Napoléon demeure un mystère. Pour restaurer l'homme derrière la légende, Louis Chardigny (1909-1990) a interrogé les mémorialistes et confronté les meilleures sources. Son enquête historique raconte et fait voir l'Empereur au quotidien, que ce soit dans son cabinet de travail, sur les champs de bataille ou parmi les siens. Cet ouvrage aussi savant que vivant demeure l'un des grands classiques de l'historiographie napoléonienne tant il découvre les multiples facettes, mais aussi les failles, d'un génie qui confessait au soir de sa vie : « Après tout, je ne suis qu'un homme. »

155.          GUIMBAUD (Louis). La mère de Victor Hugo, 1772-1821. D'après des documents inédits. Plon, 1930, in-12, vi-308 pp, un portrait de Sophie Hugo en frontispice, sources manuscrites et inédites, biblio, broché, papier jauni comme toujours, qqs marques au crayon en marge, bon état

            25

"L'étude de Louis Guimbaud sur la mère de Victor Hugo est une contribution précieuse à l'histoire de la famille Hugo ; elle est pleine de documents nouveaux et précis : elle éclaire des événements que nous ne connaissions jusqu'ici que d'après des notions vagues et sur lesquels circulaient nombre d'erreurs ici redressées. Le livre de Louis Barthou sur le général Hugo ne nous avait montré qu'un côté de la question ; nous entendons ici un autre son de cloche ; on sentait que toutes les sympathies de Louis Barthou allaient au mari, le général Hugo ; toutes celles de Guimbaud sont acquises à Madame Hugo. En confrontant les deux thèses, en recueillant dans l'une et dans l'autre les faits dûment constatés, sans tenir compte des tendances des deux auteurs, chacun peut aujourd'hui se faire une opinion nette. La première partie du volume nous mène jusqu'au mariage de Sigisbert Hugo avec Sophie Trébuchet. On connaît les deux affirmations de Victor Hugo au sujet de sa mère : « Ma mère était une brigande, elle sauva la vie à douze prêtres. » Que la mère de Victor Hugo ait été brigande, Louis Guimbaud ne paraît pas en douter. Il trace un tableau intéressant et documenté de la vie de Sophie pendant la Chouannerie. (...) Là où le livre de Louis Guimbaud abonde en nouveautés et en certitudes, c'est à propos de la liaison de Madame Sophie Hugo avec le général Lahorie ; nous suivons pas à pas, et avec preuves à l'appui, toutes les phases de cette passion qui fut la raison d'être de toute la vie de cette femme, abandonnée – à tort ou à raison – par son mari. Le départ de Madame Sophie Hugo pour Madrid et son douloureux séjour sont présentés cette fois sous leur véritable aspect. Le général Hugo était installé à Madrid avec sa maîtresse Catherine Thomas qui se faisait appeler Catherine de Hugo, comtesse de Siguenza, née de Salcano; il ne désirait nullement la présence de sa femme ; de son côté, Madame Sophie Hugo était tout entière à de Lahorie. C'est le roi Joseph qui voulut mettre fin à une situation scandaleuse ; Sigisbert Hugo céda facilement, mais Madame Sophie Hugo, bien que Lahorie ait été arrêté et interné à Vincennes, ne voulait pas s'éloigner de son cher proscrit. Son mari ne lui écrivit pas ; ce fut Louis Hugo qui la décida, non sans peine, à partir. A Madrid, où Sigisbert Hugo venait d'apprendre l'infidélité de sa femme, ce fut un enfer : il lui retira ses enfants pour les mettre au Collège des Jeunes Nobles et continua à vivre ostensiblement avec la Salcano. Le roi Joseph menaça : « Quel que soit le regret que j'aurais de vous voir éloigné de moi, écrivit-il au général, je ne dois pas vous cacher que je préfère ce parti au spectacle que votre famille offre depuis trois mois » (30 janvier 1812). Une tentative de réconciliation eut lieu ; elle fut vaine ; cinq semaines après, Madame Hugo repartait à Paris avec Eugène et Victor. Dans le reste du livre nous voyons Madame Hugo bataillant énergiquement avec son mari devant les gens de loi, défendant avec acharnement ses enfants et surtout la gloire future de Victor Hugo, s'opposant à son mariage avec Adèle Foucher, se dévouant corps et àme à Lahorie, et suivant audacieusement jusqu'au cimetière le corps de son amant. Le livre de Louis Guimbaud a tout l'intérêt d'un roman en même temps que toute la précision de la réalité." (Paul Berret, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1931)

156.          HANTRAYE (Jacques). Les cosaques aux Champs-Élysées. L'occupation de la France après la chute de Napoléon. Belin, 2005, gr. in-8°, 303 pp, une carte, notes, sources, biblio, broché, couv. illustrée, qqs annotations crayon en marges sur 14 pp, bon état (Coll. Histoire & Société)

            25

Si l'épopée de Napoléon Ier est dans toutes les mémoires, les occupations qui ont accompagné en France la chute de l'empereur en 1814 et 1815 sont aujourd'hui bien oubliées. Sait-on que les deux tiers des départements français ont été occupés après Waterloo par les armées européennes coalisées ? Hormis les secteurs frontaliers, pareil événement ne s'était pas produit depuis plusieurs siècles. Ce livre s'appuie sur des sources nombreuses, françaises et étrangères, parfois inédites dans notre pays. Il fait état de quelques personnages célèbres, mais il évoque surtout la masse des humbles, dont il analyse les attitudes face au conflit. Il présente les Français du début du XIXe siècle répondant aux violences et aux exigences de l'ennemi avec énergie et inventivité. Les relations avec l'adversaire, complexes, constituent une étonnante expérience de confrontation avec l'altérité. Aboutissement de vingt années de guerre entre la France et les puissances européennes, les occupations de 1814-1815 constituent un jalon important pour comprendre et replacer dans leur contexte les grands conflits de l'ère contemporaine en Europe occidentale.

157.          HULOT (Frédéric). Le maréchal Davout. Pygmalion, 2003, gr. in-8°, 270 pp, 6 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Bourguignon, issu d'une famille de vieille mais de petite noblesse, qui donna toujours des soldats à la France, Louis Nicolas Davout choisit naturellement le métier des armes. Devenu officier dès avant la Révolution, il fut des rares qui n'émigrèrent pas. Présenté au général Bonaparte en 1798, il s'associa à la fortune de ce dernier, le suivit en Égypte, participa à presque toutes les campagnes et gagna notamment les victoires d'Auerstaedt et d'Eckmühl. Promu maréchal, il ne cessa de se montrer un exceptionnel chef de guerre et un très habile administrateur. Napoléon, qui avait toute confiance en lui, le nomma gouverneur du grand-duché de Varsovie. Mais ce soldat, au caractère rude selon les uns, chaleureux selon les autres, fut aussi profondément attaché à sa terre. Il n'eut pas de plus grand plaisir que de s'adonner aux joies de l'agriculture et d'être entouré de sa famille qu'il ne voyait que trop rarement. C'est cet homme à la glorieuse carrière militaire, qui devint l'un des premiers personnages de l'Empire, dont Frédéric Hulot retrace en historien rigoureux le destin.

158.          LAURENT (Jacques) et Albéric VARENNE. Quand la France occupait l'Europe, 1792-1815. Edition définitive. Perrin, 1979, in-8°, 596 pp, 16 pl. de gravures hors texte, une carte de l'Europe en 1812 sur les gardes, biblio, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            30

Les deux auteurs n'en font qu'un, puisque Albéric Varenne est un des pseudonymes de Jacques Laurent. — Lié à l'Action française avant la guerre, avec des attaches familiales cagoulardes, Jacques Laurent publie en 1947 « Caroline chérie » sous le pseudonyme de Cecil Saint-Laurent ; il perce en 1951 à la Table Ronde, sous l'égide de François Mauriac. « Quand la France occupait l'Europe » fait à dessein ressembler l'Europe napoléonienne à l'Europe hitlérienne. — "Le livre est essentiellement, résolument anecdotique. Il extrait d'une centaine de Mémoires et Souvenirs les détails caractéristiques de l'occupation française, avec le souci constant, hélas, de les rapprocher des scènes analogues que nous avons vécues hier lors de l'occupation allemande. La leçon est qu'il n'y a pas de bons ou de mauvais occupants, que toutes les occupations militaires se valent et reproduisent les mêmes spectacles dégradants pour la personnalité humaine. C'est vite dit, sinon inexact. En tous cas, « quand la France occupait l'Europe », le continent n'a pas été témoin seulement de pillages et de massacres. Les armées de la République et de l'Empire ont porté dans toute l'Europe, « sans y prendre garde, comme disait Péguy, les idées de liberté et d'égalité dans les fontes de leurs lanciers, dans les cantines de leurs vivandières... » C'est ce lent cheminement qu'A. Varenne ne nous montre pas." (Jacques Godechot, Annales ESC, 1951)

159.          LUCAS-DUBRETON (Jean). Napoléon. Larousse, 1969, in-4°, 254 pp, très riche iconographie, d'après les documents de l'époque, en noir dans le texte et sur 48 planches en couleurs hors texte, 10 cartes, chronologie, index, reliure simili-cuir vert de l'éditeur, dos lisse orné, 1er plat illustrée d'un aigle doré, guirlande dorée encadrant les plats, rhodoïd imprimé, bon état

            40

160.          O'MEARA (Barry E.). Napoléon dans l'exil. Journal. 7 août 1815–25 juin 1818. Présentation, notes et introduction par Paul Ganière. Préface par Jean Tulard. Traduction de l'anglais revue par Charles-Otto Zieseniss. Fondation Napoléon, 1993, 2 forts vol. in-8°, iii-477 et 454 pp, 2 frontispices (O'Meara et Napoléon), biblio, index, reliures pleine toile verte décorées de l'éditeur, jaquettes illustrées, bon état

            90

La meilleure édition. Tome I : 7 août 1815–20 avril 1817. – Tome II : 21 avril 1817–25 juin 1818. — "Le Napoléon en exil de O'Meara a fait connaître, avant l'ouvrage de Las Cases, la situation de l'empereur déchu à Sainte-Hélène. Son témoignage s'arrête en 1818 (O'Meara fut expulsé de l'île) mais n'en a pas moins remporté un vif succès et joué un rôle important dans la légende, en contribuant à accabler Hudson Lowe. On n'oubliera pas qu'O'Meara était irlandais, ce qui peut expliquer son attitude favorable (encore qu'ambiguë au début) à l'égard de Napoléon." (Tulard, 1105).

161.          ROSTOPCHINE (Antoine de). La vie très inconvenante de Napoléon Bonaparte. Balland, 1983, in-8°, 176 pp, biblio sur les principaux personnages, broché, couv. illustrée à rabats, pt tache au 1er plat, bon état

            25

Derrière l'image du Napoléon que tous les Français ont rencontré à l'école, il y a un homme moins officiel et plus passionnant : le Napoléon amoureux. Sa toute première initiation est faite par une prostituée. Il y aura ensuite Joséphine. Respectueux de la vérité historique, l'auteur a donné libre cours aux fantasmes napoléoniens que l'histoire par pudeur, n'avait pas osé révéler.

162.          SCHMIDT (Joël). Louise de Prusse. La reine qui défia Napoléon. Perrin, 1995, in-8°, 214 pp, 2 tableaux généalogiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Epouse exemplaire d'un roi, Frédéric-Guillaume III, hésitant et velléitaire, Louise de Prusse (1776-1810) est une héroïne de l'Histoire de l'Allemagne. Célèbre pour sa beauté, généreuse, habile, ardente et forte s'il le faut, elle est tout à la fois aimée, admirée et respectée par le peuple, par la noblesse, par l'armée, par les écrivains et par les artistes. Quelle autre souveraine a suscité une telle unanimité ? Ame du parti de la guerre face à la menace napoléonienne, elle a vingt-neuf ans quand la Prusse est enfin obligée de quitter la neutralité à laquelle son mari s'accrochait. La reine suit l'armée pour l'encourager. A Tilsit, en 1807, elle tente vainement d'user de son charme pour obtenir de Napoléon des conditions moins dures. Au cours des trois ans qui lui restent à vivre, Louise met toute son ardeur à redonner à son pays le courage, le patriotisme et les moyens nécessaires pour entreprendre la guerre de libération du joug français. Elle meurt trop tôt pour voir cette reconquête qu'elle a amorcée. Soixante ans plus tard, son fils Guillaume 1er réalisera son ambition en se faisant proclamer, à Versailles, empereur d'Allemagne. Joël Schmidt fait revivre cette figure tutélaire et populaire de l'Allemagne en utilisant la correspondance de Louise de Prusse, notamment celle qu'elle entretint avec le tsar Alexandre 1er pour lequel elle éprouva une incontestable amitié amoureuse.

163.          SOREL (Albert). Mme de Staël. Hachette, 1893, in-12, 216-6-(2) pp, un portrait en frontispice sous serpente, reliure demi-percaline bleue, dos lisse, pièce de titre basane fauve, fleuron et double filet dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grands Ecrivains français)

            30

"Oeuvre d'un historien distingué, c'est une étude fort remarquable par la finesse des aperçus, la peinture des caractères, l'analyse des oeuvres littéraires. Mme de Staël a été tellement mêlée aux événements politiques de son temps qui son biographe ne peut s'empêcher de faire quelques excursions sur le terrain de l'histoire. On retrouvera là une des idées favorites de M. Sorel : c'est que la révolution a été le couronnement naturel de notre édifice monarchique. « La France, livrée à elle-même, dit-il (p. 39), se tournait en démocratie, selon ses instincts, l'impulsion de son passé, et l'éducation qu'elle tenait de ses rois... La France suivait le cours de son histoire. » M. Sorel, après avoir très fidèlement et très impartialement raconté la carrière de cette grande déséquilibrée qui s'appela Mme de Staël, résume en quelques pages son appréciation dans un chapitre intitulé: «L'influence. La postérité dans la politique, dans l'histoire et dans la littérature. »..." (Revue des Questions historiques)

164.          TULARD (Jean). Murat. Nouvelle édition corrigée et augmentée. Fayard, 1999, in-8°, 473 pp, notes, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Si la légende n'a fait de Joachim Murat (1767-1815) qu'un flamboyant cavalier alliant le courage à l'élégance, l'histoire a plutôt retenu son échec politique final. Comme il arrive souvent, la vérité du personnage est plus complexe. Sous le fils d'un simple aubergiste du Lot et sous le révolutionnaire de 1793 perçait un ambitieux avide de jouer un rôle, bientôt capable de faire donner la troupe contre les émeutiers parisiens en 1795, plus tard, en Brumaire, d'apporter à Bonaparte - qu'il avait servi en Italie et en Egypte - une aide décisive. Du Caire à Moscou, il accompagna Napoléon à peu près partout et fut de toutes les victoires et conquêtes des Français ; ses exploits lui valurent dès 1800 d'épouser Caroline, sœur du Premier Consul, de faire partie de la première fournée des maréchaux de l'Empire (1804), de recevoir ensuite le grand-duché de Berg (1806-1808), enfin le trône de Naples (1808-1815) où il sut, en s'entourant d'artistes et en rassemblant de magnifiques collections, donner du lustre à sa fonction. Cet homme qui ne fut jamais un traître en vint à œuvrer pour l'unité italienne et bien sûr prit ses distances avec son beau-frère, lequel ne voyait en lui qu'un exécutant. Sans pourtant se dérober jamais aux grands commandements militaires qui lui furent confiés, il finit par négocier avec les adversaires de la France. Mais sans doute il n'en fit pas assez en matière d'opportunisme, puisque ceux-ci ne lui pardonnèrent pas de s'être porté au secours de l'Empereur durant les Cent-Jours. Il succomba avec le panache qu'on lui avait connu sa vie durant. Un des plus magnifiques héros de l'épopée napoléonienne.

165.          TULARD (Jean). Napoléon. Les grands moments d'un destin. Fayard, 2006, in-8°, 623 pp, chronologie napoléonienne, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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À première vue, on pourrait douter qu'il soit seulement possible de dire quelque chose de neuf sur Napoléon : n'avance-t-on pas qu'il s'est publié à son sujet plus de livres qu'il ne s'est écoulé de jours depuis sa mort ? Quant à Jean Tulard, lui qui règne sur les études napoléoniennes depuis quarante ans, qui sait tout d'elles, qui a écrit et dirigé plusieurs dizaines d'ouvrages fondamentaux, il s'est longtemps attaché à comprendre le « mythe du sauveur » (Fayard, 1977), à cerner l'oeuvre politique et administrative, à décrire la société française, à esquisser les traits de quelques-uns des participants de l'épopée. Manquait à son oeuvre le grand livre qui nous montrerait comment cet incontestable surdoué que fut Napoléon a conduit (ou non) son destin personnel. C'est maintenant chose faite. Le tour de force est à la hauteur et de l'auteur et du sujet : s'écartant des voies classiques d'un récit pointilliste, l'historien a choisi d'évoquer le fabuleux destin de Napoléon en s'arrêtant sur chacun des moments où l'Histoire a hésité. Parmi les épisodes de toute sorte qui ont tissé cette vie incroyable, certains étaient bien connus mais pâtissaient d'un éclairage insuffisant, d'autres étaient omis ou traités cavalièrement. Rarement, en tout cas, on les avait rassemblés et liés les uns aux autres avec une telle agilité, jamais l'exclamation du principal intéressé à Sainte-Hélène (« quel roman que ma vie ! ») n'a été aussi vraie que dans les 50 chapitres de Jean Tulard. Combien de fois le talent, l'imagination, l'audace, le courage, la ruse, la baraka, la fidélité ne l'ont-il pas servi, combien d'autres fois la présomption, le cynisme, la mesquinerie, la malchance, la trahison ne l'ont-il pas mené près de sa perte - avant de l'emporter ? Les triomphes et les échecs, mais aussi la légende prennent chez le jeune opportuniste politique, chez le général, chez le consul et chez l'empereur, chez le proscrit de Sainte-Hélène un relief extraordinaire. À la mesure du génie et de la volonté de puissance d'un personnage comme l'humanité n'en avait jamais connu.

166.          VILLEMAIN (Abel-François). Souvenirs contemporains d'histoire et de littérature. P., Didier et Cie, 1855-1856, 2 vol. in-8°, 494 et 538 pp, mention de 5e édition (1856) au tome I, notes et pièces justificatives, brochés, qqs rousseurs éparses, bon état. Un précédent lecteur a recopié au stylo l'opinion de Sainte-Beuve sur l'ouvrage (Causeries du lundi, tome 11, p. 489) au verso de la page de titre du tome I

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Mémoires sur la période révolutionnaire et impériale (1789-1815), par le secrétaire du comte de Narbonne, ancien ministre du roi Louis XVI sous l'Assemblée Législative, puis aide de camp de l'Empereur Napoléon en 1812, dont l'auteur avait obtenu la protection. On trouvera rapportée dans le premier volume la fameuse conversation où Napoléon expose à Narbonne son grand dessein. — "Le premier volume intéresse la vie universitaire, notamment l'Ecole normale supérieure. Abel-François Villemain (1791-1870) était secrétaire de Narbonne qui fut l'un des confidents de Napoléon à son apogée. Il rapporte en les arrangeant quant à la forme, les propos de l'Empereur à la veille de l'expédition de Russie. Le deuxième tome concerne les Cent-Jours. Ces souvenirs constituent une source de premier ordre pour les dernières années de l'Empire." (Tulard, 1491)

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

167.          AUBRY (Octave). L'Impératrice Eugénie. Fayard, 1948, in-12, 366 pp, biblio, reliure demi-basane naturelle mordorée, dos à 3 larges nerfs, titres et caissons dorés, couv. conservées, bon état

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"La vie d'Eugénie de Montijo avait de quoi tenter la plume d'un narrateur de la valeur d'Octave Aubry. L'auteur s'est documenté auprès de personnes ayant connu l'impératrice. De là, peut-être, cet accent de « vérité vraie » dont sont empreintes les quatre cent pages au long desquelles se déroule l'existence d'une femme qui connaît tour à tour les hommes, les deuils et l'effacement austère. L'impartialité d'Octave Aubry profite à son héroïne ; la frivolité de celle-ci, discrètement mais nettement rappelée, se rachète par tant d'épreuves, qu'au total l'impératrice demeure sympathique. Et c'était, sans doute, ce que le biographe-historien voulait démontrer." (La France active, 1932)

168.          BLED (Jean-Paul). François-Ferdinand d'Autriche. Tallandier, 2013, in-8°, 366 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, une carte, chronologie, biblio, index, broché, bon état (Coll. Biographies)

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Dimanche 28 juin 1914 : l'archiduc François-Ferdinand, en visite officielle à Saravejo, est abattu d'un coup de feu. L'assassinat de l'héritier du trône d'Autriche-Hongrie par un nationaliste serbe, prêt à tout pour déstabiliser la région, ne tarde pas à embraser le monde ; 34 jours plus tard, l'Europe entre en guerre. François-Ferdinand est devenu l'héritier de François-Joseph, sans y avoir été préparé, en quelque sorte par accident ou plus exactement dans des circonstances dramatiques : la mort de son cousin Rodolphe à Mayerling en 1889, puis celle de son père en 1896. Mort sans avoir eu l'occasion de donner sa mesure et de régner, François-Ferdinand se révèle une personnalité plus complexe qu'il n'y paraît. Connu pour ses coups de sang, l'homme est doté d'une incroyable énergie, affectionnant la vie familiale - il s'est en outre mis au ban de la dynastie en épousant une jeune femme bien au-dessous de sa condition. Catholique conservateur, méfiant à l'égard des Hongrois et des Italiens, il s'est souvent prononcé en faveur de la paix, a tâché de moderniser l'armée et a suivi avec sympathie le renouveau artistique de l'époque. Enfin, il est convaincu de la nécessité de réformer la monarchie : François-Ferdinand, "l'homme qui aurait pu sauver l'Autriche" ? De multiples sources inédites ou mal connues du public français nourrissent ce portrait nuancé et équilibré dressé par Jean-Paul Bled, spécialiste incontesté des Habsbourg et de l'Autriche-Hongrie.

169.          BLED (Jean-Paul). François-Joseph. Fayard, 2006, fort in-8°, 766 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, 8 cartes, généalogie des Habsbourg-Lorraine, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, état correct

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François-Joseph n'est pas un bâtisseur d'empire – le sien s'effondre en 1918, deux ans après sa mort – et sa vie de souverain compte plus d'échecs politiques et de revers militaires que de succès. Pourtant, il entre dans la légende dès son vivant. Les malheurs personnels qui le frappent n'y sont pas étrangers : exécution de son frère Maximilien au Mexique, suicide de son fils Rodolphe à Mayerling, assassinat de sa femme Sissi. Mais François-Joseph, qui se définissait comme le "dernier monarque de la vieille école", incarne aussi, avec majesté, une certaine idée de la monarchie et du pouvoir. Il aura su maintenir envers et contre tout l'unité d'un empire de onze peuples, travaillés par de violentes forces centrifuges. Racontant soixante-huit années d'un règne d'abord autoritaire puis plus libéral, l'auteur révèle enfin pourquoi le destin de l'Europe est lié à celui de l'Autriche-Hongrie.

170.          BONA (Dominique). Berthe Morisot. Le secret de la femme en noir. Grasset, 2000, in-8°, 347 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Cette jeune femme en noir, au bouquet de violettes, aux yeux profonds, que peint Manet dans les années 1870, c’est Berthe Morisot. Elle garde sur son visage altier comme un secret. Un modèle parmi d’autres ? Non : la seule femme du groupe des Impressionnistes. Berthe Morisot, née dans la province française en 1841, fille de préfet, peint et expose parmi ce clan d’hommes, ceux qui sont encore des réprouvés sans public, des réfractaires à l’art officiel : Manet, Degas, Monet, Renoir. Ardente mais ténébreuse, douce mais passionnée, aimant la vie de famille mais modèle et amie – et qui sait ? peut-être davantage – d’Edouard Manet dont elle épouse le frère : il y a une énigme dans les silences et les ombres de Berthe Morisot. Dominique Bona, puisant aux archives inédites, fait tournoyer la fresque de l’Impressionnisme : de Giverny aux plages normandes, de Mallarmé rédigeant des billets doux pour Méry Laurent ou Nina de Callias aux lavandières qui posent pour Renoir, de la sanglante Commune de Paris au règne de la bourgeoisie corsetée, des salles du Louvre aux ateliers de la bohème, Dominique Bona peint ici le portrait subtil d’une artiste qui inventa sa liberté.

171.          BORDIER (Henri-Léonard). L'Allemagne aux Tuileries de 1850 à 1870. Collection de documents tirés du cabinet de l'Empereur recueillis et analysés par Henri Bordier. P., Beauvais, 1872, gr. in-8°, xvi-512 pp, reliure demi-chagrin bleu-nuit, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), mors lég. frottés, bon état. Edition originale

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"... Un ouvrage, qui éclaire bien le bonapartisme allemand, est le si curieux recueil de documents, publié par M. Henri Bordier, de la Bibliothèque nationale, « l'Allemagne aux Tuileries », lequel reproduit plus de 2000 suppliques, adressées d'Allemagne au cabinet de l'Empereur, suppliques provenant de toutes les classes sociales, négociants, ouvriers, artistes, médecins, professeurs, nobles, hommes de lettres même, sans excepter les femmes, actrices, veuves tombées dans le besoin, ou les anciennes amies personnelles du souverain. Quoique la plupart des ces lettres aient toujours pour objectif principal, et cela d'une façon plus ou moins dissimulée, des demandes d'argent, il n'en est pas moins vrai que, aux yeux des Allemands, surtout après le succès des guerres de Crimée et d'Italie, Napoléon III apparaissait comme une sorte de pontife, de souverain omnipotent, dispensateur de la justice et des biens de ce monde. On s'adresse à lui comme à un tribunal suprême, jugeant en dernier ressort, pour obtenir la cassation de jugements iniques ; on va même comme le Bundschuh, cette association de paysans, jusqu'à solliciter son intervention, lors de l'affaire du Schleswig-Holstein, « au nom d'une grande partie du peuple allemand contre la brutale oppression de la Prusse. »..." (John Grand-Carteret, La France jugée par l'Allemagne, Librairie Illustrée 1886)

172.          CHATEAUBRIAND (Céleste Buisson de Lavigne, comtesse de). Mémoires et lettres de Madame de Chateaubriand. Un complément aux « Mémoires d'Outre-Tombe ». P., Henri Jonquières, 1929, in-8°, lviii-301 pp, préface et notes par Joseph Le Gras, 8 pl. de gravures hors texte, index, broché, bon état (Coll. Jadis et Naguère)

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En 1792, François-René de Chateaubriand, « l'homme couvert de femmes », pour reprendre le titre d'un roman, épouse « par distraction », puis l'oublie pendant plus de dix ans, Céleste de Lavigne, bretonne comme lui, jeune comme lui : elle a dix-sept ans, il en a vingt-quatre. Souvent délaissée pour les « Madames », elle n'en jouera pas moins, à partir de 1805, un rôle considérable auprès de son mari, présidera aux destinées de la Vallée-aux-Loups puis à celles de l'Infirmerie Marie-Thérèse, l'encouragera dans ses projets politiques, suivra de très près ses écrits et vouera aux gémonies tous ceux, sans exception, qui lui font une ombre quelconque. Dévote confite en prières ou ambitieuse fanatique, femme politique ou d'intérieur, tendre ou sèche, autant de facettes suggérées dans ses Cahiers, écrits de 1830 à 1833. Avec eux, les “Mémoires d'outre-tombe” ne sont jamais loin. Plus rapides, plus concis, plus virulents aussi, ils en sont un peu le contrepoint. D'un texte à l'autre, les nuances comme les ressemblances fascinent et rendent mieux compte de la communauté d'idées, des influences réciproques qui existaient entre l'écrivain et cette épouse qui, au fond, ne cessera jamais de l'admirer. — "Divisés en deux cahiers, le Cahier Rouge (1804-1815) et le Cahier Vert (1815-1844), ces mémoires constituent une apologie de Chateaubriand. La Restauration occupe les pp. 96-302." (Bertier, 238)

173.          CHATEAUBRIAND (François-René de). Congrès de Vérone. Guerre d'Espagne. Négociations. Colonies espagnoles. Bruxelles, Société typographique belge, Ad. Wahlen et Cie, 1838, 2 vol. in-12, 448 et 408 pp, reliures plein veau glacé havane, dos à 4 nerfs soulignés de filets dorés, pièces de titre et de tomaison chagrin prune et noir, filets à froid encadrant les plats, coupes guillochées (rel. de l'époque), bon état

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Edition belge parue l'année de l'originale. Chateaubriand, plénipotentiaire au congrès de Vérone, relate les évènements de 1822-1824 auxquels il fut mêlé, comme délégué au Congrès puis comme ministre des Affaires étrangères. Il y fit décider l'invasion de l'Espagne révolutionnaire, malgré l'opposition de l'Angleterre. L'ouvrage renferme par ailleurs des pages fameuses sur Waterloo, les portraits de Louis XVIII et du tsar Alexandre, la dernière visite à Charles X. Ces pages semblent détachées des “Mémoires” dont elles constituent un chapitre méconnu. Bertier de Sauvigny fait observer en effet que le “Congrès de Vérone” n'a plus jamais été publié séparément et qu'il se trouve omis dans la plupart des éditions collectives. — "Ouvrage de politique étrangère relatant l'activité de Chateaubriand quand, étant en 1823 ministre des Affaires étrangères, il conçut le projet romantique d'établir des monarchies bourboniennes dans les nouveaux états de l'Amérique du Sud." (Escoffier, 1305). Texte dont l'importance a fini par apparaître car c'est une partie non négligeable des “Mémoires d'Outre-tombe”. (Clouzot).

174.          CHRISTOPHE (Robert). Le siècle de Monsieur Thiers. Perrin, 1968, in-8°, 457 pp, 16 pl. de gravures hors texte, sources, reliure skivertex vert de l'éditeur, bon état

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Excellente synthèse.

175.          Collectif. La Diplomatie du Second Empire. Alexandre Walewski et la question italienne – La politique italienne d'Edouard Thouvenel, 1860-1862 – La carrière diplomatique au temps du Second Empire. Revue d'Histoire diplomatique, 1976, gr. in-8°, 192 pp, broché, bon état

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Alexandre Walewski et la question italienne, par Françoise de Bernardy ; La politique italienne d'Edouard Thouvenel, par Georges Dethan ; La carrière diplomatique au temps du Second Empire, par Patrick Bury. — plus 4 autres articles dans le même numéro : La République de Venise et la fin du Dominio del Mare, 1669-1718 (Jean Georgelin) – Le ministre portugais Barca et le projet manqué d'union dynastique entre Bourbons et Bragances, 1815-1816 (Jean de Pins) – Taine et l'Angleterre victorienne, 1860-1870 (Edmond-Félix Guyon) – L'agence Havas et Bismarck, l'échec de la Triple Alliance télégraphique, 1887-1889 (Michael Palmer).

176.          CORBIN (Alain). Les Filles de noce. Misère sexuelle et prostitution aux 19e et 20e siècles. Aubier, 1978, in-8°, 571 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. historique). Edition originale

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Le "système français" mis en place au lendemain de la Révolution tend à marginaliser la fille publique et à l'enfermer dans une série de lieux clos (maison de tolérance conçue comme un simple égout séminal, hôpital, prison, établissement de relèvement), invisibles de l'extérieur mais totalement transparents au regard policier. Il se révélera vite n'être qu'une utopie. Dès la fin du Second Empire, le déclin du bordel, l'émergence de nouvelles conduites prostitutionnelles reflètent le recul de la misère sexuelle masculine au sein du prolétariat urbain, et l'embourgeoisement d'une clientèle qui, désormais, recherche aussi, avec les filles de noce, l'illusion de la séduction. L'essor de la maison de rendez-vous, l'attrait exercé par l'adultère vénal et la quête d'une intimité calquée sur le modèle conjugal témoignent, par la suite, de cette mutation des formes du désir.

177.          DARMON (Pierre). La Rumeur de Rodez. Histoire d'un procès truqué. (L'Affaire Fualdès, 1817). Albin Michel, 1991, in-8°, 243 pp, sources, broché, couv. illustrée, bon état

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Rodez, 1817. Sur cette ville ténébreuse planait déjà une atmosphère d'insécurité lorsqu'on découvre, dans la matinée du 20 mars, flottant sur les eaux de l'Aveyron, le cadavre exsangue de Me Fualdès, ancien procureur impérial au criminel. A cette nouvelle, la ville s'enflamme, et dans ce bourg de six mille habitants, l'affaire tourne vite au règlement de comptes. Ainsi prend corps la rumeur de Rodez. Des centaines de témoins sont pris d'une véritable hallucination collective. Cinq, dix, quinze puis vingt personnes se retrouvent bientôt dans les geôles de la médisance. Au milieu du tumulte surgit l'étrange et romanesque Clarisse Manzon, première héroïne de cour d'assises dont le nom fera le tour du monde. L'affaire Fualdès n'est pas une erreur mais un complot judiciaire. Trop heureux de détourner les esprits de l'idée d'un attentat royaliste et de faire oublier les temps de disette, les pouvoirs publics attisent la rumeur et font entrer le charivari dans le prétoire. Dans sa dimension archaïque, l'affaire Fualdès tient encore du procès en sorcellerie, mais dans sa dimension politique, elle préfigure le maccarthysme et les procès de Prague. Historien et romancier, Pierre Darmon a consulté des milliers de pièces d'archives et les brochures d'époque. Son livre est aussi un tableau des moeurs provinciales du début du XIXe siècle et une étude sur la justice de la Restauration.

178.          DAUDET (Ernest). La Mission du comte de Saint-Vallier (décembre 1877-décembre 1881). Plon, 1918, in-12, v-316 pp, broché, état correct (La France et l'Allemagne après le Congrès de Berlin, 1)

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Saint-Vallier a été ambassadeur de France à Berlin de 1877 à 1881. Ernest Daudet a consacré un second volume à la mission du baron de Courcel, son successeur de 1882 à 1886. — "Durant les quarante-trois années qui se sont écoulées entre la guerre de 1870 et celle de 1914, la France a été représentée à Berlin par sept ambassadeurs : le vicomte de Gontaut-Biron, le comte de Saint-Vallier, le baron de Courcel, M. Jules Herbette, le marquis de Noailles, M. Bihourd et M. Jules Cambon. Ces missions diplomatiques, quand on les étudie de près, permettent de suivre les divers changements qui se sont opérés dans la mentalité du gouvernement impérial en ce qui concerne ses rapports avec la France. C'est ainsi qu'on peut établir, et surtout après la lecture des Mémoires et des Souvenirs publiés par le marquis de Gabriac et par le vicomte de Gontaut-Biron, que la mission du premier fut une période de défiance et la mission du second une période d'irritabilité de la part de Bismarck. La mission du comte de Saint-Vallier, que j'ai pu reconstituer à l'aide de documents inédits, celle du baron de Courcel qui fera l'objet d'un prochain volume, rappellent au contraire une période de détente ; elles symbolisent en quelque sorte le calme après la tempête. Elles présentent en outre un autre intérêt : elles précisent le moment où le gouvernement d'Allemagne a cru à la possibilité d'éteindre dans l'âme française toute pensée de revanche et où le prince de Bismarck « délivré de Gontaut » a poursuivi ce but avec opiniâtreté en comblant la France, dans la personne de Waddington, ministre des Affaires étrangères, dans celle de l'ambassadeur Saint-Vallier, et plus tard dans celle de Courcel sous les ministres Freycinet et Jules Ferry, d'attentions, de prévenances et d'offres de concours qui, maintes fois, furent acceptées. Il m'a paru utile de tirer de l'oubli les souvenirs évoqués dans ce volume et dans celui qui suivra. Outre qu'ils font honneur à la diplomatie française et qu'encore aujourd'hui, elle y puisse trouver des enseignements, ils nous révèlent les projets et les calculs du prince de Bismarck. Ses propos y tiennent une place considérable ; ils permettent de mesurer la déception qu'il dut ressentir lorsqu'il eut constaté son impuissance à réaliser ses desseins." (Préface)

179.          DAUTRY (Jean). 1848 et la deuxième République. Editions Sociales, 1977, in-8°, x-310 pp, avant-propos de Jean Bruhat sur Jean Dautry (1910-1968), un plan dépliant des barricades, broché, bon état

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"Nous croyons utile de signaler la parution, aux Editions Sociales, d'une réédition de “1848 et la deuxième République” du regretté Jean Dautry – avec préface de Jean Bruhat, et bibliographie mise à jour." (Chronique de la Société d'histoire de la Révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle, 1977) — "Révolution de 1848, révolution « demi-bourgeoise ». Paraphrasant cette expression d'Engels, J. D. s'attache à marquer, dans la révolution de février, la part respective du prolétariat et de la bourgeoisie – ou plutôt des prolétariats (prolétariat « conscient » et Lumpen-prolétariat complice des « bourgeois ») et des bourgeoisies (celle, « bien intentionnée », qui participe aux journées de février et laisse faire celles de juin, et celle qui se reconnaîtra bientôt dans « le héros Crapulinsky » dont parle Marx..." (Revue française de science politique, 1957)

180.          DEMANCHE (Georges). Evasions militaires de 1870-1871. P., Les Etincelles, 1931, in-8°, 333 pp, broché, bon état (Grand Prix d’Académie de l'Académie française 1933)

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Suivi d'un précieux index des officiers évadés en 1870-71, avec situation du titulaire avant sa captivité, lieu d'évasion, part prise dans la suite de la campagne, et la fin de sa carrière militaire quand il a été possible de l'établir.

181.          DENIS (Ernest). La Fondation de l'Empire allemand, 1852-1871. Armand Colin, 1906, in-8°, viii-528 pp, broché, bon état

            40

"ll n'est pas besoin de chercher beaucoup pour apercevoir ce qui fait la valeur et l'intérêt très particulier du livre de M. Denis. D'abord l'étendue et la solidité de l'érudition. C'est merveille de considérer la masse énorme de faits qu'il réunit, qu'il ordonne, qu'il domine, au milieu desquels il nous conduit sans nous égarer jamais, et qui, tout en nous donnant la sensation très vive de la réalité complexe, se résument aisément en une impression d'ensemble. Ce sont peut-être les chapitres réservés à l'histoire des idées qui font apparaître le mieux cette étonnante érudition. « Je voudrais, nous dit M. Denis, que le lecteur, après avoir lu mon livre, sût à peu près ce que sait sur cette période un Allemand, par le seul fait de sa naissance et de son éducation. » Un autre mérite, qui frapperait, je crois, le lecteur le moins averti, c'est la pénétration et la clairvoyance avec lesquelles M. Denis analyse les caractères. De son livre, on pourrait extraire toute une galerie de portraits singulièrement vivants. Je citerai ceux de Louis de Gerlach (p. 60), de Frédéric-Guillaume III (p. 70), de Bismarck (p. 150), de Napoléon III (p. 189), de Roon (p. 252), de Moltke (p. 294). Mais il n'est guère de ministre prussien, autrichien, allemand, qui ne soit peint au passage en quelques traits expressifs..." (G. Pagès, Revue de synthèse historique, 1907)

182.          DES ESSARTS (Alfred). Portraits biographiques et critiques des hommes de la guerre d'Orient. P., Garnier Frères, 1855, in-16, 2 ff.n.ch., 484 pp, reliure demi-toile verte, dos lisse avec titre doré et faux-nerfs à froid (rel. de l'époque), trace de mouillure claire ancienne sur les premiers et les derniers feuillets, bon état. Edition originale. Rare

            200

Portraits biographiques de l'empereur Nicolas, le prince Mentschikoff, le comte Alexis Orloff, les princes Gortschakoff, Abdul-Medjid, Reschid-Pacha, Omer-Pacha, Riza-Pacha, les ministres turcs de 1853, Sir Charles Napier, lord Raglan, le maréchal Baraguey-d'Hilliers, le maréchal de Saint-Arnaud, le prince Napoléon Bonaparte, le général de Canrobert, etc.

183.          DESPLATS (Victor). Lettres d'un homme à la femme qu'il aime pendant le Siège de Paris et la Commune. Correspondance présentée par Pierre Lary. JC Lattès, 1980, in-8°, 317 pp, introduction de Pierre Lary, chronologie, généalogie, note sur la correspondance pendant le siège de Paris, index familial, notices biographiques des noms cités, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Séparé de sa famille par la guerre de 1870, Victor Desplats, professeur, médecin et amoureux, s'efforce avec passion de faire partager à sa femme Clara, sa vie d'assiègé et de communard malgré lui. Brassard de la Croix-Rouge au bras, il fait le tour des fortifications, traverse Paris pour pratiquer des amputations, assiste à la fusillade de la place Vendôme. Ainsi dans les grands et les petits faits, c'est la vie durant le siège et sous la Commune comme on ne l'a jamais lue qui nous est proposée ici.

184.          DETHAN (Georges). Albert Billot, directeur des Affaires politiques du Quai d'Orsay au temps de Jules Ferry (1883-1885). P., Pédone, 1975, gr. in-8°, 12 pp, broché, bon état (Tiré à part de la Revue d'Histoire Diplomatique)

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Sur le diplomate Albert Billot (1841-1922), directeur des affaires politiques du ministère des affaires étrangères à partir du 1er décembre 1882, président de la commission du canal de Suez (9 avril 1885), envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Lisbonne (novembre 1885), puis Ambassadeur de France à Rome (Quirinal) du 8 mars 1890 à 1897.

185.          DIESBACH (Ghislain de). Chateaubriand. Perrin, 1995, gr. in-8°, 595 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Ecrivain, voyageur, opposant de marque, ambassadeur, ministre, polémiste, amant ou idole de femmes en vue, Chateaubriand (1768-1848) a constamment occupé la scène. Avec élégance et rigueur, Ghislain de Diesbach dissèque les contradictions de l'« Enchanteur », dont la farouche indépendance admettait mal de se soumettre à un souverain, à moins d'être son mentor. Il décrit d'une plume incisive l'existence multiple de ce personnage hors norme : traditionaliste et moderniste, conservateur et libéral, Chateaubriand incarne et annonce tous les courants qui auront façonné la société du XIXe siècle.

186.          DOLLOT (René). Romain Rolland au Palais Farnèse (1889-1891). Scènes de la vie diplomatique. P., Pédone, 1958, in-8°, 64 pp, broché, bon état (Bibliothèque internationale et diplomatique). Rare

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"Peu après son retour de Rome, à l’extrême fin du XIXe siècle, Romain Rolland fit aux « philosophes » de Louis-le-Grand quelques conférences sur l’histoire de l’art : il compta alors parmi ses auditeurs M. René Dollot, que la philosophie conduirait tout naturellement à la diplomatie et à l’histoire diplomatique. Il y avait donc plus d’une raison pour que l’ancien et fugitif disciple de Romain Rolland recherchât chez celui-ci des portraits et des traits sur la Rome diplomatique des années 1890. Surtout quand l’observateur a la culture, l’enthousiasme et aussi la lucidité, la malice, l’impitoyable coup d’œil d’un Romain Rolland de vingt-trois ans. Observation au jour le jour, car, durant les quelque quatre années qu’il passa au palais Farnèse, Romain Rolland écrivit à sa mère une lettre quotidienne. C’est cette correspondance que M. Dollot a dépouillée, pour porter certes son attention sur ce qui intéresse au premier chef l’histoire diplomatique..." (Yves Florenne, le Monde diplomatique, 1958)

187.          DORVILLE (Noël). Défense & Bloc. 150 portraits et dessins politiques. Albin Michel, s.d. (1904), in-8°, 2 feuillets, faux-titre, page de titre, préface de Henry Maret (2 pp), suivis de 150 portraits, caricatures et dessins politiques à pleine page ou sur double page, belle impression sur papier couché, reliure demi-basane chocolat, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (dos lég. passé), bon état. Rare

            120

Par Noël Dorville (1874-1938), dessinateur de presse méconnu qui, durant plus de vingt ans, fut le chroniqueur et témoin assidu de la France de la IIIe République et de la Grande Guerre. Ses dessins, souvent dotés d’une légende amusante due à Noël Dorville lui-même, permettent de dresser les caractéristiques du « style Dorville » : entre caricature et dessin réaliste, cet artiste sait appuyer sur un trait physique principal pour saisir l’essentiel d’une personnalité, de la barbe de Pelletan aux petits yeux ronds en orbite d’Emile Combes. Il aime également définir ses personnages dans l’exercice de leurs activités, saisis en mouvement. C’est là tout le talent de Dorville qui à l’aide d’une posture résume au mieux un caractère. — "Dorville a excellé dans le dessin et la caricature, il a débuté sa carrière dans la presse satirique et politique (La Caricature de Robida, La Libre Parole illustrée (antisémite), Le Charivari (alors très hostile aux radicaux au pouvoir), deux numéros de l’Assiette au Beurre,…), L’Indiscret, et devient rapidement un dessinateur accrédité auprès de l’Élysée pour couvrir certains déplacements (à l’étranger notamment) du président de la République ou certaines réceptions officielles. Titulaire d’une carte de rédacteur parlementaire du Charivari, Dorville semble finalement préférer la carrière d’illustrateur politique et d’audience à celle du polémiste, sans que nous sachions exactement par quels réseaux il passe de l’une à l’autre et sans que l'on puisse mesurer l'influence de ces fonctions de dessinateur officiel dans sa prise de distance avec la caricature politique (difficile de caricaturer le personnel politique au pouvoir qui l'emploie...). Il côtoie de ce fait le « beau monde », les parlementaires en premier lieu, mais également les membres de l’exécutif dont il réalise le portrait ou croque les activités publiques. En 1906, le ministère des Colonies l’invite par exemple à réaliser un album de dessins restituant le séjour du roi du Cambodge en France. Dorville donne en général à la presse de ses dessins réalisés dans un cadre officiel une version combinant notations textuelles autographes et illustrations. Comme d’autres de ses collègues, il publie également régulièrement ses dessins sous la forme d’albums. On peut le qualifier de dessinateur « mondain », qui se permet en 1903 d’offrir en main propre au président de la République son album Le Monde politique. Tant qu’il reste sur le terrain de la satire, Dorville se montre plutôt droitier et vise surtout les républicains radicaux au pouvoir et les socialistes : Combes et Jaurès sont deux de ses principales cibles, comme on le voit notamment dans son recueil « Défense et Bloc ». En tant que portraitiste, il travaille pour de très grands quotidiens comme Le Journal par exemple..." (Catalogue de l'exposition Noël Dorville, artiste en République, 2014)

188.          FORESTIER (Ignace-Emile). Gendarmes à la Belle Epoque. Souvenirs recueillis par le colonel Jacques Forestier. France-Empire, 1983, 287 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Si 1900 m'était conté)

            25

Un officier de gendarmerie de la belle Epoque raconte ses souvenirs... et cela nous vaut un document exceptionnel sur la vie militaire et civile de cette période, dans un décor de chevaux et d'uniformes. “Toujours droit, sans compromission d'aucune sorte avec qui que ce soit” : tel fut la devise d'Ignace-Emile Forestier. Il légua à sa famille des cahiers qui renferment l'histoire de sa vie... C'est tout un monde disparu qui surgit d'entre ces pages et l'auteur excelle à nous brosser des scènettes de la vie provinciale, les bals de sous-préfectures, la chasse aux vagabonds et aux contrebandiers, puis les multiples aspects d'un Paris du temps de vivre. Son ton devient grave pour décrire les péripéties de la Grande Guerre. Chargé de la conduite des convois de ravitaillement en première ligne, il est cité et décoré. Un témoignage précieux.

189.          GUILLEMIN (Henri). La Tragédie de Quarante-Huit. Genève, Editions du Milieu du Monde, 1948, in-8°, 412 pp, broché, papier jauni, couv. lég. salie, état correct

            25

190.          GUILLEMINAULT (Gilbert)(dir.). Avant 14. Fin de la Belle Epoque. Denoël, 1957, pt in-8°, 319 pp, environ 200 gravures et photos du temps, index des noms cités, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Le Roman vrai de la IIIe République, 4)

            15

Marcelin Albert et la grande révolte des vignerons du Midi (1907), par Georgette Elgey. – Le scandale des ballets russes (1909-1913), par George Adam. – Louis Blériot (1909), par Alain Decaux. – La Bande à Bonnot ( 1911-1912), par George Adam. – Le vol de la Joconde (1911), par Anne Manson. – L'assassinat de Calmette par Mme Caillaux (1914), par Pierre Dominique. – L'assassinat de Jaurès (1914), par François Brigneau.

191.          GUILLEMINAULT (Gilbert)(dir.). Du premier jazz au dernier tsar (1900-1917). Denoël, 1959, pt in-8°, 313 pp, environ 200 gravures et photos du temps, index des noms cités, cart. éditeur, jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état (Le Roman vrai du demi-siècle, 1)

            15

Terreur sur San Francisco (le tremblement de terre du 18 avril 1906), par Louis Sapin. – La folle équipée de Jacques Lebaudy, empereur du Sahara (1903-1905). – La naissance du jazz, par Hugues Panassié et Michel Perrin. – La guerre des suffragettes anglaises (1905-1914), par Marie-Jeanne Viel. – La dernière bataille pour le Pôle Sud (1911-1912), par Robert Pommier. – L'exécution de Mata-Hari (1917), par Paul Guimard. – Le wagon plombé de la révolution (avril 1917), par François Brigneau.

192.          GUILLEMINAULT (Gilbert)(dir.). La Belle Epoque. Denoël, 1957, pt in-8°, 318 pp, environ 200 gravures et photos du temps, index des noms cités, cart. éditeur, jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état (Le Roman vrai de la IIIe République, 3)

            15

La naissance du Tour de France cycliste (1903), par Max Favalelli. – L'expulsion des Congrégations (1902-1903), par François Corre. – La vraie Casque d'Or, héroïne des bas-fonds de 1900, par Armand Lanoux. – La générale de Pelléas et Mélisande : une grande bataille à l'Opéra-Comique (28 avril 1902), par Marie-Jeanne Viel. – Paris-Madrid automobile (mai 1903), par Louis Sapin. – Quand les trois grandes régnaient sur Paris : Liane de Pougy, Caroline Otero, Emilienne d'Alençon, par Anne Manson. – La tumultueuse visite d'Edouard VII à Paris. Ainsi naquit l'Entente cordiale (1er mai 1903), par Jacques Robichon. – L'égérie d'Anatole France : la tyrannique Madame de Caillavet, par Georgette Elgey. – Une Pompadour de la Belle Epopque : la mystérieuse affaire Steinheil, par Armand Lanoux.

193.          GUILLEMINAULT (Gilbert)(dir.). Prélude à la Belle Epoque. Denoël, 1957, pt in-8°, 343 pp, environ 200 gravures et photos du temps, index des noms cités, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Le Roman vrai de la IIIe République, 2)

            15

L'année sanglante de l'anarchie (1893-1894), par Alain Sergent. – Le mariage du siècle (Boni de Castellane, 1895), par Anne Manson. – La naissance du cinéma, par René Jeanne et Charles Ford.– Accusé Zola, levez-vous ! L'Affaire Dreyfus, par Armand Lanoux. – La triomphale première de Cyrano de Bergerac (1897), par Max Favalelli. – L'incendie du Bazar de la Charité (1897), par Louis Sapin. – Thérèse Humbert, l'héritière aux cent millions, par Paul Guimard.

194.          GYP. La joyeuse enfance de la IIIe République. (Souvenirs). Calmann-Lévy, 1931, in-12, 216 pp, broché, papier lég. jauni comme toujours, bon état

            20

Quatrième volume de mémoires de Sybille-Gabrielle-Marie-Antoinette de Mirabeau, comtesse de Martel de Janville, alias Gyp.

195.          HÉRISSON (Comte d'). Le Prince Impérial (Napoléon IV). P., Ollendorff, 1890, in-12, iii-423 pp, important index des noms cités, reliure demi-percaline, dos lisse avec pièce de titre basane noire, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

            30

Vie et mort d'Eugène Louis Napoléon, fils de Napoléon III, qui vécut en Angleterre après la chute de l'Empire, et mourut tué par les Zoulous en Afrique du Sud en 1879. — "Le livre de M. d'Hérisson sur Napoléon IV sera lu avec intérêt à cause de celui qui en est l'objet. Peu de destinées sont aussi mélancoliques que celle de ce jeune prince, chevaleresque, enthousiaste, jeté dans l'exil au moment où il arrivait à l'adolescence, sur qui retombait l'effroyable responsabilité de crimes et de fautes dont il était innocent, poussé involontairement à la mort par une mère qui, pourtant, l'adorait. (...) La thèse de l'auteur est que Napoléon IV ait été victime d'une trahison organisée par les républicains avec l'aide des communards. En rapportant sérieusement de pareils contes, sur la foi de Fidus (E. Loudun), d'après le récit d'un communard anonyme publié par un journal dont on ne dit pas le nom, M. d'Hérisson donne la mesure de son esprit critique." (L. Farges, Revue historique, 1891)

196.          HIBBERT (Christopher). Disraeli and his World. Thames and Hudson, 1978, gr. in-8° carré, 128 pp, 111 gravures et photos, chronologie, index, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            20

197.          JULLIAN (Philippe). Delacroix. Albin Michel, 1963, in-8°, 248 pp, un portrait de Delacroix en frontispice et 32 planches hors texte, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale sans grand papier

            25

Dandy ironique et amer, artiste ardent et généreux ; ami tendre, amant assez indifférent ; épouvantail des bourgeois mais peintre officiel, chef des romantiques mais se voulant plus classique que son ennemi Ingres, cent contradictions se réunissent en Delacroix. Il est avec Turner le seul peintre romantique.

198.          LEBRUN (Général). Souvenirs des guerres de Crimée et d'Italie. P., Dentu, 1889, in-12, (4)-336 pp, 4 cartes dépliantes hors texte, reliure demi-basane cerise, dos lisse avec titres, fleuron et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale en très bel état de ce rare ouvrage

            120

Ces souvenirs débutent en 1855, quand Lebrun, juste nommé colonel, rejoint le corps expéditionnaire en Crimée en janvier 1855 comme chef d'état major de la 3e division (généraux Mayran, puis Mac Mahon). A ce poste, il est le témoin privilégié de l'assaut manqué du 18 juin , de la bataille de Tratkir et surtout de la prise de Malakoff qui est décrite avec beaucoup de détail. Stoppées au départ de l'armée de Crimée, ses mémoires reprennent avec la guerre d'Italie, où il est nommé chef d'état major du corps d'armée de Mac Mahon. A ce poste il est de nouveau particulièrement bien placé pour décrire les batailles de Magenta et Solférino.

199.          LEJEUNE (Dominique). Les Sociétés de géographie en France et l'expansion coloniale au XIXe siècle. Albin Michel, 1993, in-8°, 236 pp, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            18

A travers l'étude des Sociétés de géographie en France, de leur idéologie et de l'évolution de leur recrutement, du début du XIXe siècle – leur "grand siècle" – à l'entre-deux-guerres, Dominique Lejeune, éclaire à la fois l'histoire d'une élite de l'esprit et de l'argent, celle du phénomène des Sociétés savantes et celle d'une science, la géographie, synonyme d'exploration, différemment comprise selon les époques et les individus. De l'association de grands notables des années 1820 qui ne songent qu'à l'exploration du globe sans aucune vue utilitaire, aux groupes de pression des années 1860 prônant une géographie commerciale et colonialiste, les Sociétés de géographie, dominées par celle de Paris, la doyenne du monde, participent au mouvement de tout un siècle qui porte l'Europe au-delà de ses frontières. Explorateurs et géographes de cabinet s'affrontent ; mais tous, avec les officiers, les négociants, les artistes – Jules Verne et Rimbaud pour ne citer qu'eux –, écrivent un chapitre passionnant de la grande histoire de la curiosité occidentale.

200.          LOLIEE (Frédéric). Les Grandes Dames de Compiègne sous le Second Empire. Tallandier, 1954, in-8°, 254 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état (Bibliothèque Historia)

            25

Pauline de Metternich-Sandor ; La comtesse Walewska ; L'impératrice Eugénie ; Les trois soeurs La Rochelambert (Mme de Labédoyère, la comtesse de La Poëze, Mme de Valon) ; Sophie de Castellane ; Mélanie de Bussière, comtesse de Pourtalès.

201.          LOLIÉE (Frédéric). Les Femmes du Second Empire (Papiers intimes). P., Félix Juven, s.d. (1906), in-8°, xi-369 pp, 45 planches de gravures et photos hors texte, index, reliure demi-basane verte, dos lisse avec fleuron et doubles filets dorés, pièce de titre basane havane, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état. Edition originale

            60

Les femmes de la Cour impériale et les parvenues du plaisir, artistes et demi-mondaines. Frédéric Loliée évoque le Paris brillant, joyeux et enfiévré du Second Empire, avec ses spectacles éclatants et frivoles, ses aventures romanesques et piquantes. Son récit, bourré de détails savoureux et d'indiscrétions, intéressera vivement les lecteurs curieux des à-côtés de l'Histoire. — "Presque quarante après la chute du Second Empire, le temps est venu pour la nostalgie d'un certain Paris, gai et insouciant, empreint tout de même d'une forte réprobation pour la ville de débauche. On admire à la fois les bals costumés aux superbes et étonnants travestissements, les lumières des cafés et théâtres, et si on réprouve les trajectoires de vie dissolues des cocottes, on aime à lire les anecdotes de "luxe et volupté". Frédéric Loliée, critique littéraire et féru de théâtre, s'en fit une spécialité : il aima dresser les portraits des personnalités de la Fête impériale, les membres de la noblesse, et aussi les femmes classées dans la catégorie sociale "Hors du Monde" (patriciennes de la galanterie, artistes, lorettes ...) certes immorales mais tellement affriolantes. On suit ces dames dans un Paris de spectacles, de bals, de dîners, et qui élaborent leurs fortunes de bras en bras. Les portraits photographiques insérés en hors texte, leur donnent une dimension très proche." (Chantal Lheureux-Prévot, Pages napoléoniennes)

202.          LOLIÉE (Frédéric). Les Femmes du Second Empire. La cour des Tuileries. Tallandier, 1954, pt in-8°, 254 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état (Bibliothèque Historia)

            25

La comtesse de Castiglione, Madame de Rute, la princesse Mathilde, la comtesse Le Hon.

203.          MARTIN-FUGIER (Anne). La Bourgeoise. Femme au temps de Paul Bourget. Grasset, 1983, in-8°, 315 pp, broché, couv. illustrée, dos uniformément passé, bon état (Coll. Figures)

            20

1900 : triomphe du Bourgeois. Mais son épouse ? Cette femme qui parade, élégante, au Bois, suscite bien des craintes et des interrogations : est-elle honnête ? Qu'est-ce au juste qu'une honnête femme ? Que peut-elle faire pour n'être point oisive ? Comment entretiendra-t-elle le nid familial et accomplira-t-elle les mille devoirs qui la rendront digne de ses titres d'Epouse, de Mère, de Femme de Foyer ? Quelle fonction sociale pour elle, en dehors de la garde de la famille ? Et quelle éducation peut-elle recevoir sans trahir, demain sa vraie vocation ? Ces questions engendrent toutes sortes de discours qui, dans leur diversité et leurs contradictions, codifient le rôle dévolu aux femmes par la bourgeoisie. Ce livre analyse le modèle ainsi formé et montre comment, en suivant l'évolution des moeurs, il perdure, de la digne Epouse et Mère chapeautée et corsetée du début du siècle à la jeune Femme-qui-travaille d'aujourd'hui. — Table : I. Le bal des débutantes. II. Les émois de la chair. III. Femme de foyer. IV. La tête et le cœur.

204.          MARX (Karl) et Friedrich ENGELS. L'Idéologie allemande. Critique de la philosophie allemande la plus récente dans la personne de ses représentants Feuerbach, B. Bauer et Stirner, et du socialisme allemand dans celle de ses différents prophètes. Présentée et annotée par Gilbert Badia. Editions Sociales, 1975, in-12, 636 pp, traduction de Henri Auger, Gilbert Badia, Jean Baudrillard, Renée Cartelle, avant-propos de Gilbert Badia (p. 7-30), annexes, index des noms, index des matières, broché, bon état

            25

205.          MOLTKE (Helmut von). Mémoires. La Guerre de 1870, par le Maréchal Comte de Moltke, chef du Grand Etat-Major. Edition française par E. Jaeglé. Avec carte d'ensemble du théâtre de la guerre. P., Librairie H. Le Soudier, 1891, gr. in-8°, iii-499 pp, bien complet de la grande carte dépliante hors texte (qui manque souvent), reliure demi-chagrin chocolat, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque signée C. Ruban, relieur à Villefranche), ex-libris armorié Comitis De Carnazet, bon état. Bel exemplaire

            150

L'éditeur des Mémoires du maréchal H. de Moltke a publié l'année suivante un “tome 2”, qui est seulement un recueil de correspondance intitulé “Lettres à sa mère et à ses frères Adolphe et Louis (1823-1888)”.

206.          PALAU (François et Maguy). Le Rail en France. Le Second Empire. Tome 1 : 1852-1857. P., Chez les auteurs, 1998, in-4°, (2)-215 pp, très nombreuses illustrations (gravures, cartes, fac-similés, photos), broché, couv. illustrée en couleurs, très bon état

            40

Ouvrage remarquable. En 1852, Paris-Strasbourg est enfin achevée. Cette même année, débutent les fusions, oeuvre capitale du Second Empire. Pendant la première période 1852-1857 toutes les lignes concédées selon la loi de 1842 s'achèvent, les liaisons entre elles se développent : le réseau passera de 3.600 kilomètres en 1851 à 7.500 début 1858. Cet ouvrage traite de la partie la plus significative de l'évolution du chemin de fer sous le Second Empire. Il s'efforce de représenter les lignes telles qu'elles étaient à leur ouverture et donne un descriptif des voitures et locomotives de l'époque.

207.          PALAU (François et Maguy). Le Rail en France. Le Second Empire. Tome 2 : 1858-1863. P., Chez les auteurs, 2001, in-4°, (2)-223 pp, très nombreuses illustrations (gravures, cartes, fac-similés, photos), broché, couv. illustrée (aquarelles en couleurs de Lucien Joveneaux), très bon état

            45

Ouvrage remarquable. Sous le second Empire, Napoléon III ouvre le marché à la concurrence pour stimuler l'activité des entreprises. Pour assumer cette concurrence, les centres producteurs demandent alors la diminution du prix du transport des matières premières et du combustible, de plus grandes facilités dans la circulation de leurs produits, et donc un développement plus rapide des chemins de fer.

208.          PALAU (François et Maguy). Le Rail en France. Le Second Empire. Tome 3 : 1864-1870. P., Chez les auteurs, 2004, in-4°, (6)-239 pp, très nombreuses illustrations (gravures, cartes, fac-similés, photos), index, broché, couv. illustrée (aquarelles en couleurs de Lucien Joveneaux), très bon état

            50

Ouvrage remarquable. Un répertoire chronologique des lignes et sections de lignes de chemin de fer ouvertes en France.

209.          PALAU (François et Maguy). Le Rail en France. Les 80 premières lignes, 1828-1851. P., Chez les auteurs, 2003, in-4°, (6)-217 pp, très nombreuses illustrations (gravures, cartes, fac-similés, photos), broché, couv. illustrée (aquarelles en couleurs de Lucien Joveneaux), très bon état

            40

Ouvrage remarquable. Les débuts du réseau ferroviaire en France au XIXe siècle.

210.          QUINET (Edgar). L'Expédition du Mexique. Londres, W. Jeffs, Genève, chez Ghisletti, Bruxelles, chez les Principaux Libraires, 1862, pt in-8°, 39 pp, broché, couverture bleue imprimée salie et abîmée. Edition originale rare

            60

Les républicains français ont sévèrement critiqué l'intervention de Napoléon III au Mexique, destinée à installer un empire latin et catholique censé contrebalancer le poids déjà grandissant des États-Unis d'Amérique et Edgar Quinet (1803-1875), toujours en exil, a donné le la aux contestataires dès 1862, dans cet opuscule de circonstance. — « Qu'est-ce que cette expédition ? Que veut-elle ? Que cache-t-elle ? Est-elle dans l'intérêt public, ou dans l'intérêt d'un seul ? Où peut-elle aboutir ? Le pays qui est lancé dans cette entreprise est celui qui serait le plus embarrassé de répondre à ces questions. Il ne sait pourquoi il fait cette guerre, ni comment il y a été engagé. Il verse son sang et celui d'autrui, et ne peut dire pour quelle cause. [...] En 1781, la France a mis le pied en Amérique ; ce fut pour l'aider à s'affranchir – expédition qui ouvrit l'époque nouvelle et rapporta la liberté dans le vieux monde. En 1862, la France débarque de nouveau, mais cette fois il ne s'agit plus d'affranchir ; il s'agit de faire violence. Dans les deux cas, la question renferme les intérêts de tout un monde. Le Mexique n'est qu'un point, d'où l'on espère rayonner sur un hémisphère. En 1781, la petite expédition de Lafayette et de Rochambeau devait laisser après elle tout un continent libre. En 1862, l'expédition du Mexique, si elle se développait, telle qu'elle a été conçue, aurait pour résultat tout un continent esclave, ou du moins asservi. Entrez dans l'esprit bonapartiste, et ce que vous appelez "ses mystères politiques" se dissipera à vos yeux. [...] On vient de vous le répéter ces jours-ci. Le Bonapartisme n'est pas simplement une opinion politique ; c'est un "culte" une "adoration," une "superstition." Le principal de ces dogmes superstitieux, c'est qu'il doit réaliser la chimère du grand Empire napoléonien. Et puisque l'Europe est assez mal avisée pour ne pas se prêter à cette félicité, il est naturel, il est inévitable, que l'on se retourne vers l'Amérique. Là doivent se trouver ces vastes espaces et les peuples soumis qu'on désespère de s'annexer en Europe. On ne parle plus de la frontière du Rhin, il faut aller chercher un Rhin dans le nouveau monde. Vous ne saurez jamais avec quelle rapidité s'éveillent les ambitions démesurées de pouvoir, les visions de domination dans un esprit rempli de ce que l'on a appelé les Idées Napoléoniennes. L'occasion du projet d'invasion du Mexique a été la guerre des États-Unis. Aux premières nouvelles d'un échec des États du Nord, le Gouvernement des Tuileries se persuada que c'était fait de la grande République américaine. Du moins, il crut qu'elle était trop occupée pour mettre obstacle à une entreprise bonapartiste. Il ne s'agissait que de choisir l'endroit où l'on porterait le grand coup à l'indépendance du nouveau monde. Le Mexique parut l'endroit propice ; il se remettait à peine, sous un gouvernement régulier et libéral, de ses longues guerres civiles. Avant de laisser ses plaies se cicatriser, on viendrait le frapper inopinément ; et même il n'y aurait pas besoin d'une longue guerre ! Car on ferait à Vera-Cruz ce que l'on a fait à Civita-Vecchia ! L'exemple de l'expédition romaine profiterait ainsi à l'expédition du Mexique. On recommencerait en 1862 l'œuvre et les stratagèmes de 1849. On se présenterait en alliés. Le drapeau tricolore, n'était-ce pas la liberté, l'indépendance ! [...] La facilité d'illusion est si grande dans l'auteur de cette entreprise, qu'il est allé jusqu'à penser que le nom seul de Bonaparte courberait les hommes jusqu'à terre. A peine aurait-on besoin de paraître ! Et l'on verrait au Mexique les anciens adorateurs du soleil, se prosterner devant le soleil couchant de la fortune napoléonienne. » (Edgar Quinet, L’expédition du Mexique)

211.          RIHS (Charles). La Commune de Paris, 1871. Sa structure et ses doctrines. Seuil, 1973, in-8°, 381 pp, biblio, index, broché, état correct (Coll. L'Univers historique)

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"L'auteur n'a pas cherché à écrire l'histoire de la Commune de 1871, mais à la replacer dans l'histoire du mouvement communaliste. Après avoir étudié de très près la composition de la Commune, il en analyse les différentes tendances et notamment les deux tendances opposées : dictature d'une commune révolutionnaire d'une part, autonomie des communes et fédéralisme d'autre part. Ouvrage parfaitement documenté qui contient sur l'histoire du concept de commune depuis le moyen âge des indications originales et suggestives." (Revue française de science politique) — "Une synthèse des courants idéologiques qui ont divisé les élus siègeant à l'Hôtel de Ville. Importante bibliographie." (Le Quillec, 3981).

212.          SARDELLA (Louis-Pierre). “Demain”, une revue catholique d'avant-garde (1905-1907). Desclée de Brouwer, 2011, gr. in-8°, 388 pp, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Au début du XXe siècle, les catholiques français étaient-ils tous des antirépublicains réactionnaires, antidreyfusards, cléricaux traumatisés par la séparation de l'Eglise et de l'Etat et la crise des inventaires ? Telle n'est pas la réalité que Louis-Pierre Sardella décrit ici à travers l'exemple de la revue lyonnaise “Demain”, fondée en 1905 dans le but d'amener les catholiques à une « intime refonte de conscience et de mentalité » pour qu'ils soient « ce ferment dont la société moderne a besoin ». Laboratoire d'idées d'avant-garde, “Demain” est un bon révélateur du climat d'« audace et de soupçon », selon la formule de Pierre Colin, qui prévalait dans le catholicisme de l'époque. Bien que disparue précocement, dès juillet 1907, cette revue illustre la capacité de réflexion d'une partie du catholicisme français qui, confronté à une société politique hostile et au raidissement de l'Eglise, ne se décourage pas et entend rester force de proposition. Soucieux d'une foi vécue dans le monde, les responsables de cette revue, pourtant bien insérés dans le tissu très vivant du catholicisme à Lyon, ont peiné à faire vivre un espace de débat serein entre des positions intransigeantes.

213.          SAURAT (Gilette). Simon Bolivar, le Libertador. Grasset, 2010, in-8°, 509 pp, 8 pl. de gravures hors texte, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Dans la terrible et longue lutte qui déchira au début du XIXe siècle le monde hispanique et aboutit à l'indépendance des colonies espagnoles d'Amérique, une immense figure se détache, celle de Simon Bolivar. Son action embrassa un territoire vaste comme l'Europe et, une fois l'indépendance acquise, il fonda cinq Républiques, le Venezuela, la Colombie, l'Equateur, le Pérou et la Bolivie. Mais il échoua dans son oeuvre d'homme d'Etat : le système qu'il préconisait aurait assuré la stabilité et la prospérité des jeunes Républiques. Il se heurta à la myopie de ses contemporains. Son échec ouvrit la voie à l'anarchie dans les pays libérés du joug de l'Espagne, et c'est à travers les convulsions qui n'ont cessé et ne cessent de les secouer que l'on mesure aujourd'hui le génie de Simon Bolivar. Malade, désespéré, ruiné il abandonna le pouvoir et mourut quelques mois plus tard en 1830.

214.          T'SERCLAES (Mgr de). Le Pape Léon XIII, sa vie, son action religieuse, politique et sociale, par Mgr de T'Serclaes, prélat de la maison de Sa Sainteté, avec une introduction de Mgr Baunard. Desclée de Brouwer, 1894, 2 vol. pt in-4°, xv-iii-567 et 636 pp, introduction par Mgr Baunard, nombreuses gravures et portraits dans le texte et hors texte, fac-similés de documents hors texte, brochés, couv. à rabats (lég. salies), qqs rousseurs, bon état

            80

"Mgr de T'Serclaes débute par un rapide aperçu de la vie de Léon XIII jusqu'à son élévation au suprême pontificat, Il nous le montre dans les origines de sa famille, dans son intérieur à Carpineto, durant sa jeunesse studieuse, marquée par les plus brillants succès. Ordonné prêtre le 31 décembre 1837, Joachim Pecci est aussitôt nommé délégat apostolique à Bénévent de là il va, au même titre, à Pérouse en janvier 1843, il est nommé nonce à Bruxelles, on il remplit ces fonctions jusqu'en novembre 1845, époque où il est appelé à l'évêché de Pérouse ; en décembre 1853, il est nommé cardinal ; en septembre 1877, Pie IX l'appelle à Rome comme camerlingue de la sainte Église. L'année suivante il succède à Pie IX. Celle période de la vie de Léon XIII ne remplit que les deux cents premières pages du tome Ier. A partir de ce moment le récit prend plus d'ampleur. Les admirables encycliques du nouveau Pape sont longuement analysées ; ses relations avec les différents Etats sont l'objet de détails circonstanciés. L'affaire du Kulturkampf ; la question scolaire et la rupture avec Rome en Belgique ; les débuts de la persécution religieuse en France (avec le texte, jusqu'alors inédit, de la lettre de Léon XIII au président Grévy, en date du 12 mai 1883) ; les affaires d'Irlande ; le rapprochement avec Berlin et l'affaire du septennat militaire ; le jubilé sacerdotal du pape, etc., telles sont les questions qui remplissent les pages de ce premier volume. Dans le second, l'auteur passe d'abord en revue toutes les questions qui, de 1888 à 1893, sollicitèrent l'intervention et l'action du Souverain Pontife, pour arriver à la question politico-religieuse en France, qui a plus spécialement attiré son attention. Ici comme ailleurs, du reste il ne se contente pas du rôle d'historien, il prend, ainsi qu'il le constate lui-même, « le ton du panégyrique et du plaidoyer »... Cela n'enlève rien à la valeur et à l'importance de l'ouvrage. Ajoutons que les éditeurs n'ont rien négligé pour l'entourer de toutes les richesses d'une illustration variée. On y trouve les portraits de la plupart des personnages importants qui y sont mentionnés. Ces portraits sont généralement bien exécutés et d'une ressemblance irréprochable. La reproduction en fac-similé de plusieurs lettres de la première période de la carrière de Léon XIII ajoute encore à la valeur de ces illustrations." (G. de B., Revue des questions historiques, 1894)

215.          THIERRY (Jean-Jacques). La vie quotidienne au Vatican au temps de Léon XIII à la fin du XIXe siècle. Hachette, 1963, in-8°, 213 pp, notes et lexique, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

"Cet ouvrage traite des dernières années du règne de Pie IX, du conclave qui a élu son successeur et de la première moitié du règne de Léon XIII (1876-1891). Sous la forme d'un « Journal » tenu par un secrétaire supposé du cardinal Joachim Pecci, qui allait devenir Léon XIII, il relate, après une introduction fort intéressante sur la situation du Saint-Siège depuis 1870, tous les faits qui ont marqué l'histoire de la cour pontificale à une époque qui suivait de près la perte du pouvoir temporel. Il expose surtout, de façon très précise, dans le texte et dans les notes, tous les rouages de cette cour, ainsi que les détails du cérémonial, et il fournit des renseignements chiffrés sur les frais du conclave, sur les revenus du Saint-Siège, etc. Il serait difficile de trouver ailleurs autant de précisions. L'auteur, connu déjà par plusieurs ouvrages sur le Vatican à une époque plus récente, manifeste ici une profonde connaissance de la curie et de ses principaux membres à la fin du XIXe siècle." (R. L.-L., Revue d'histoire de l'Église de France, 1964)

216.          VAN DER ESCH (Patricia). La Deuxième Internationale, 1889-1923. (Thèse). P., Librairie Marcel Rivière, 1957, in-8°, 186 pp, préface de Georges Bourgin, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Bibliothèque d'Histoire économique et sociale)

            35

"Complétant les livres récents de James Joll (The Second international, 1889-1914) et de G.D.H. Cole [The Second international, 1889-1914), l'ouvrage de Mme V. d. E. nous fait pénétrer dans l'atmosphère des collectivités où s'est affirmée la volonté socialiste : congrès, Bureau socialiste international, réunions de journalistes, Internationale des femmes socialistes. Les menaces de guerre, la guerre, la création de la IIIe Internationale amènent la liquidation de l'Internationale socialiste : c'est sur ces dernières années que la documentation apportée par l'auteur est la plus intéressante." (Revue française de science politique, 1958) — Patricia Van der Esch avait commencé ses recherches au Bryn Mawr College de Pennsylvanie, avant de les poursuivre fructueusement à la très riche Bibliothèque d'Histoire sociale d'Amsterdam. Elle en présente ici les résultats avec concision. Elle retrace brièvement l'histoire du socialisme entre 1880 et 1914 dans les différents pays qui furent représentés à l'Internationale.

217.          VAUX de FOLETIER (François de). Les Bohémiens en France au 19e siècle. JC Lattès, 1981, in-8°, 251 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 4 fac-similés, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Voici tout juste vingt ans, en commentant la publication de l'étude de notre confrère François de Vaux de Foletier sur “Les Tsiganes dans l'ancienne France” (Gazette des Archives, n° 39, 1962), nous exprimions le souhait de voir cet ouvrage continué par une suite sur le XIXe siècle – le grand siècle des « Bohémiens ». C'est chose faite aujourd'hui, avec ce livre, une vaste fresque, aussi large dans son cadre que minutieuse dans son détail, documentée à toutes les sources imaginables avec l'érudition encyclopédique qui est celle de M. de Vaux de Foletier sur le peuple de l'errance. Rapports de préfets et de gendarmes, interventions parlementaires, articles de presse, romans, poésies, correspondances, peintures, tout ce qui, entre la Révolution et la guerre de 1914, a dépeint ou évoqué les tsiganes, est ici utilisé, évalué, remis en perspective. Il est aisé de concevoir que la société française du XIXe siècle, bourgeoise, éprise d'ordre et de sécurité, a été, dans son ensemble, aussi peu favorable aux « bohémiens » qu'à tous les autres marginaux et non-conformistes. Les romantiques se sont intéressés à eux pour leur pittoresque et leur exotisme ; mais rares sont ceux qui ont été au-delà d'une curiosité assez superficielle. Cependant, à côté des dénonciations contre l'« immoralité » et la délinquance des nomades, à côté des appels à la répression qui annoncent, surtout à la fin du siècle, les persécutions nazies, il est notable que, de divers côtés, y compris de la part de préfets et de magistrats, se font entendre des opinions plus modérées et plus équitables. M. de Vaux de Foletier cite, à ce propos, une belle page de Flaubert, qui pourrait servir de devise à toutes les ligues contre l'intolérance et le racisme. En même temps, l'intérêt pour les origines, les mœurs, la langue des « bohémiens » s'affirmait, non sans d'abondantes et parfois surprenantes erreurs et fantaisies, dont la moindre n'est pas de faire de ce peuple un vestige de ... l'Atlantide. A partir de 1860 environ, l'arrivée des tsiganes d'Europe centrale, avec leur musique qu'admirait Franz Liszt, suscite un véritable engouement dans la société parisienne – engouement dont, malheureusement, ne profiteront guère les vieux errants traditionnels, vanniers, chaudronniers, saltimbanques et voleurs de poules, de plus en plus pourchassés et interdits de séjour. C'est donc, non seulement à une meilleurs connaissance des tsiganes (dont les « gitans », terme devenu aujourd'hui générique, n'étaient alors qu'une branche, à la frontière espagnole), mais à une profonde réflexion sur le sort des minorités que nous convie M. de Vaux de Foletier." (Michel Duchein, Gazette des Archives, 1982)

218.          [WILLIAMSON, Alice Muriel]. Souvenirs d'une institutrice anglaise à la Cour de Berlin (1909-1914). Le « jeu de guerre » du comte Zeppelin. Le Kronprinz et sa femme. Les généraux von Hindenburg, von Kluck, von Bernhardi. – Herr Dernburg. La famille Krupp, etc. Perrin, 1916, in-12, vii-270 pp, traduits par T. de Wyzewa, broché, bon état

            25

"L'ouvrage entier se place au premier rang des documents historiques concernant ce que l'on pourrait appeler « l'avant-guerre » à la Cour impériale d'Allemagne." (T. de Wyzewa, avant-propos)

219.          ZÉVAÈS (Alexandre). Le Parti Socialiste de 1904 à 1923. P., Librairie Marcel Rivière, 1923, in-12, 264 pp, broché, bon état (Coll. Histoire des Partis socialistes en France, sous la dir. de Alexandre Zévaés). Edition originale

            30

Organisation et effectifs. – Action politique, électorale et parlementaire. – Patriotisme et internationalisme ; les conflits internationaux. – A la veille de la guerre. – La guerre : majoritaires, minoritaires, zimmerwaldiens. – La « France libre » ; première scission. – La scission de Tours ; le Parti communiste. – Annexes : Les guesdistes, Possibilistes et allemanistes, Les blanquistres, Les socialistes indépendants, Le mouvement syndical, Les anarchistes, La presse socialiste, Notice sur les trois Internationales.

20e SIÈCLE

 

220.          ALLEG (Henri). La Question. Editions de Minuit, 1960, in-12, 112 pp, broché, bon état (Coll. Documents)

            15

Témoignage accablant sur les tortures infligées en prison par l’armée française, par l'ancien directeur du quotidien « Alger républicain ». La première édition fut achevée d'imprimer le 12 février 1958. Des journaux qui avaient signalé l'importance du texte furent saisis. Quatre semaines plus tard, le jeudi 27 mars 1958 dans l'après-midi, les hommes du commissaire divisionnaire Mathieu, agissant sur commission rogatoire du commandant Giraud, juge d'instruction auprès du tribunal des forces armées de Paris, saisirent une partie de la septième réédition. Le récit d'Alleg a été perçu aussitôt comme emblématique par sa brièveté même, son style nu, sa sécheresse de procès-verbal qui dénonçait nommément les tortionnaires sous des initiales qui ne trompaient personne. Sa tension interne de cri maîtrisé a rendu celui-ci d'autant plus insupportable : l'horreur était dite sur le ton des classiques. La Question fut un météorite dont l'impact fit tressaillir des consciences bien au-delà des "chers professeurs", des intellectuels et des militants. A l'instar de « J'accuse », ce livre minuscule a cheminé longtemps.

221.          ALMEIDA (Fabrice d'). La Vie mondaine sous le nazisme. Perrin, 2005, gr. in-8°, 418 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, état correct, envoi a.s.

            25

Ce livre constitue la première étude systématique sur les rapports entre la haute société allemande et les nazis. Les archives inédites, les carnets privés et les documents diplomatiques montrent comment les gens du beau monde se livrent à une course du zèle auprès de Hitler, comment les anciennes élites – à commencer par les fils du Kaiser – festoient en compagnie de parvenus et de quelle manière acteurs, aristocrates, technocrates de la SS, diplomates forment une étrange cour. De l'ascension de Hitler à sa chute, Fabrice d'Almeida brosse la fresque fascinante et dérangeante d'un groupe dont rien, ni la guerre, ni le pillage de l'Europe, ni les exterminations, ne vient troubler le cynisme et les loisirs – de la chasse aux régates, de l'opéra aux bals, des dîners au tennis.

222.          BÉDARIDA (François). Will Thorne. La voie anglaise du socialisme. Fayard, 1987, in-8°, 299 pp, 3 cartes, répertoire biographique, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Inconnus de l'histoire), envoi a.s. à Ernest Labrousse

            25

"F. Bédarida présente dans cet ouvrage la biographie d'un des hommes qui ont fait le travaillisme britannique au tournant du siècle dernier. Leader important du « nouvel unionisme », comme Tom Mann, Ben Tillett ou John Burns, Will Thorne a été aussi député pendant quarante ans, de 1906 à 1946. Il présente bien la double face du travaillisme, l'action syndicale et le socialisme parlementaire. Selon le principe de la collection « Les inconnus de l'histoire », Will Thorne est ainsi un « personnage miroir » qui nous introduit dans la réalité du monde ouvrier britannique. F. Bédarida, qui a déjà consacré plusieurs études à caractériser le socialisme anglais, arrive à faire comprendre au lecteur de manière concrète et sensible les déterminants d'une histoire. La fidélité à la classe ouvrière, dont fera toujours preuve Will Thorne, trouve sa raison dans une jeunesse qui en fit « un prolétaire d'entre les prolétaires ». Au travail dès l'âge de six ans, sans avoir jamais fréquenté l'école, il fut un de ces travailleurs non qualifiés qui ont renouvelé le syndicalisme britannique. Meneur d'hommes et de grèves, sa chance toutefois fut d'adhérer à la Fédération sociale démocrate où il fit son éducation politique, et de rencontrer Eleanor Marx. La première période militante de Will Thorne culmine avec la création du Syndicat des gaziers. Les pages les plus suggestives de l'ouvrage sont consacrées à cette période où se forge l'alliance de l'action directe et de la négociation collective. Dirigeant syndical, Will Thorn part ensuite à la conquête des mandats électifs, municipaux et législatifs. L'auteur nous donne donc une description approfondie d'un quartier populaire de Londres, le West Ham. La réalité communautaire du travaillisme peut être saisie de cette manière. Le livre, enfin, cerne les grandes étapes de la carrière et de la vie d'un « notable » du mouvement travailliste, la première guerre mondiale et le choix patriotique qu'il fait, l'après-guerre agitée et l'adaptation difficile aux nouvelles réalités, les années 1930 et l'éloignement des responsabilités, la digne fin d'un « patriarche » travailliste. L'intérêt de la biographie de Will Thorne vient au fond de ce qu'il a été une personnalité constamment enracinée dans la vie ouvrière britannique, suffisamment active pour avoir été un créateur d'histoire, mais toujours fidèle à un style de vie modeste, à une culture populaire." (Alain Bergounioux, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1988)

223.          BENSOUSSAN (Georges), Paul DIETSCHY, Caroline FRANÇOIS et Hubert STROUK (dir.). Sports, corps et sociétés de masse. Le projet d'un homme nouveau. Armand Colin, 2012, gr. in-8°, 278 pp, 4 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Recherches)

            20

Cet ouvrage met à disposition du grand public et des chercheurs, les communications présentées au colloque international organisé en novembre 2011 par le Mémorial de la Shoah et le Centre d'histoire de Sciences Po. L'objectif était d'aborder, par un jeu de regards croisés, deux aspects de l'histoire des sociétés industrielles trop longtemps négligés par les chercheurs. D'une part, l'invention de politiques sportives par les régimes totalitaires et autoritaires européens ; d'autre part, l'émancipation et l'intégration des communautés juives dans les sociétés d'Europe et d'Amérique du Nord via le sport. Ces deux perspectives permettent tout d'abord de relire la place des exercices physiques gymnastiques ou sportifs dans l'invention de la modernité. Elles incitent également à revisiter l'importance du corps et de ses représentations dans les régimes totalitaires, sans sous-estimer la complexité de la formation de cet autre homme nouveau qu'est l'homo sportivus. A partir des Jeux de Berlin (1936), les deux histoires du sport autoritaire et totalitaire et du sport juif, deviennent indissociables tant les exercices corporels ont pu devenir un instrument d'exclusion, de persécution et d'anéantissement des Juifs, jusque dans les centres de mise à mort. Ils sont aussi demeurés un moyen d'émancipation, d'affirmation et de résistance, notamment sous le régime de Vichy et l'Occupation, sans toutefois que la question de l'épuration sportive ne soit véritablement posée à la Libération.

224.          BLAIR (Tony). Mémoires. Albin Michel, 2010, gr. in-8°, 802 pp, traduit de l'anglais, avant-propos à l'édition française, 24 pl. de photos hors texte en noir et en couleurs, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Tony Blair est une des grandes personnalités politiques de notre époque. En quelques années, il a transformé le parti travailliste, modifié radicalement le paysage politique britannique et mis fin à dix-huit années de règne conservateur en devenant Premier ministre en 1997. Figure majeure des deux dernières décennies, il a su maintenir son parti au pouvoir pendant trois mandats, record historique. Il évoque ici aussi bien la mort de Diana que sa guerre contre le terrorisme et son engagement controversé en Irak, son rôle majeur dans les difficiles négociations de la paix en Irlande, ses relations avec Gordon Brown et Peter Mandelson, les réformes entreprises pour moderniser la Grande-Bretagne, ses rencontres avec les grands chefs d'Etat, de Nelson Mandela à Bill Clinton en passant par George W. Bush, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy... Dans ces mémoires, Tony Blair traite de la nature du pouvoir politique et de son usage. Franc, sans concession, souvent ironique, il retrace les hauts et les bas de sa carrière, et donne à voir non seulement le politicien et homme d'Etat, mais l'homme tout court. Il détaille les défis qu'affrontent les dirigeants d'aujourd'hui, et analyse l'émergence d'économies et de rapports de forces totalement nouveaux dans un monde complexe et globalisé. Peu de ministres ont contribué à modeler l'histoire d'une nation aussi profondément que Tony Blair. Ses succès et son héritage feront débat encore longtemps.

225.          BOISDEFFRE (Pierre de). De Gaulle malgré lui. Albin Michel, 1978, in-8°, 244 pp, chronologie, biblio, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

« Je ne suis pas gaulliste » écrit d'emblée un auteur dont la jeunesse vibra aux temps du RPF, mais qui réserve ce titre à ceux qui risquèrent leur vie pour cette cause. En fait le sous-titre de cet essai pourrait être : « comment résister à sa caste », c'est-à-dire comment s'affranchir du poids d'une éducation conformiste, de la discipline de l'Armée, des souvenirs de l'Empire, des séductions de l'Europe pour lesquels le petit-fils du général de Boisdeffre a des paroles fortes et riches. Là où certains voient le mystère du génie, le mouvement de l'Histoire ou les nécessités de l'Etat, P. de B. cherche une explication psychanalytique qui n'est guère convaincante, en tout cas beaucoup moins que l'évocation de ses propres souvenirs et perplexités de militant, ou de spectateur privilégié d'un héros qui avait un faible pour les gens de lettres." (Revue française de science politique, 1979)

226.          BONNER (Elena). De mères en filles. Un siècle russe. Gallimard, 2002, in-8°, 445 pp, traduit du russe, 37 photos sur 16 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Témoins)

            20

Lucidité, intégrité, courage – tels sont les traits du caractère d'Elena Bonner qui lui permirent de vivre et de lutter aux côtés de son mari Andreï Sakharov, figure de proue de la dissidence en URSS. Née en 1923 en Asie centrale, d'origine juive par sa mère et arménienne par son père, Elena Bonner grandit à Leningrad et à Moscou : ses parents sont des bolcheviks de la première heure, de fervents communistes, et son père occupe un poste important dans la nomenklatura du Komintern. Au cours d'une enfance privilégiée, tandis que le pays est plongé dans la misère, la famine et la répression, la petite Elena côtoie des grands noms du communisme russe et international, Kirov, Togliatti, la Pasionaria ou le fils de Tito. Cette autobiographie couvre les quatorze premières années de la vie d'Elena Bonner, mais de fréquentes incursions dans des époques plus tardives (la guerre, la mort de sa mère qui a déclenché ces souvenirs, sa vie avec Sakharov) lui donnent une dimension plus vaste. Mais ce livre est surtout une passionnante saga familiale dominée par trois fortes personnalités : Elena, sa grand-mère et sa mère. Les hommes disparaissant dans le courant de l'histoire, ce sont les femmes russes qui transmettent les valeurs et se repassent le flambeau au fil des générations – flambeau de la lucidité, de l'intégrité, du courage...

227.          BRUHAT (Jean) et Marc PIOLOT. Esquisse d'une histoire de la CGT (1895-1965). Confédération Générale du Travail, 1967, in-8°, 383 pp, broché, bon état

            25

"Seconde édition d'un ouvrage dont la première version parut en 1958. Le récit n'est pas seulement prolongé jusqu'en 1965 ; l'ensemble a été revu, de nombreuses modifications de détail ont été introduites qui adoucissent les jugements portés notamment à l'égard des proudhoniens. Dans la préface, les auteurs rappellent les limites de leur entreprise : il s'agit d'une esquisse destinée aux militants, non d'une œuvre d'érudition scientifique. Un document important pour quiconque souhaite connaître la manière dont la C.G.T. présente sa propre histoire." (Revue française de science politique, 1970)

228.          CLÉRISSE (Henry). Espagne 36-37 vue par Henry Clérisse. P., Publications Georges Ventillard, 1937, in-8°, 320 pp, nombreuses photos dans le texte et à pleine page, broché, couv. illustrée lég. salie (reproduction d'une toile du peintre Fabian de Castro), bon état, envoi a.s.

            40

Témoignage d' un journaliste de Radio-Luxembourg, correspondant de guerre qui se veut impartial. — Table : Introduction : Mes relations espagnoles. La vérité, rien que la vérité. L'âme espagnole. – Première partie : Espagne blanche. I. En route pour le Maroc. II. L'armée du général Franco. III. Les atrocités blanches. IV. Les activités étrangères. V. Le pittoresque ne perd pourtant pas ses droits. – Deuxième partie : Espagne rouge. I. Le témoignage de ceux qui ont vu. II. L'armée rouge. III. L'Alcazar de Tolède. IV. Les Français en Espagne et la Brigade Internationale. V. Les atrocités rouges. – Troisième partie : Au Maroc espagnol. I. Les Allemands au Maroc espagnol. – Conclusion du correspondant de guerre. La question catalane. L'Espagne de demain. L'intervention des puissances étrangères dans la guerre civile espagnole.

229.          COHN-BENDIT (Daniel). Le Gauchisme, remède à la maladie sénile du communisme. Seuil, 1968, in-8°, 270 pp, broché, très bon état

            20

"Par le choix des documents cités et l'absence de toute prétention à l'originalité théorique, ce livre tient plus qu'il ne promet et nous apprend davantage sur le « communisme utopique » que l'ouvrage d'Alain Touraine, « Le mouvement de mai ou le communisme utopique »." (Maximilien Rubel, Revue française de sociologie, 1969)

230.          Collectif. Raymond Barre. Un homme singulier dans la politique française. Editions de Fallois, 2010, in-8°, 285 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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“Confiance”. En se réclamant de ce mot, Raymond Barre a contribué à la victoire inattendue de la majorité parlementaire en place au printemps 1978. Pour le reste de sa vie publique, il n’a jamais cessé de se référer à ce terme. La “confiance” que les Français éprouvaient envers lui était instinctive et raisonnée. Elle se justifiait par le fait que Barre lui-même faisait confiance à la France et aux Français. Aussi préférait-il leur tenir un langage de vérité, ce qui ne soulève pas toujours l’enthousiasme dans les sondages d’opinion. D’où le caractère “singulier” d’une personnalité qui n’a jamais rejoint le sérail des hommes habiles en politique. Raymond Barre a souvent évoqué la différence qui existe entre les hommes politiques, dont les succès électoraux peuvent être éclatants mais dont les idées sont fluctuantes et les politiques incertaines, et les hommes d’État, qui peuvent perdre des batailles électorales mais dont les convictions et le discernement demeurent. L’Académie des sciences morales et politiques, la Fondation nationale des sciences politiques et Aspen France ont ouvert une réflexion collective autour d’un itinéraire exceptionnel, en réunissant des historiens, des analystes et des témoins. Chacun d’eux a apporté une contribution sur le parcours et les enseignements politiques d’un des acteurs les plus remarquables de la vie publique française et internationale de ces quarante dernières années. Ce recueil offre au lecteur un éclairage renouvelé sur un homme singulier et exceptionnel dans la politique française.

231.          CRASTRE (Victor). Le Drame du Surréalisme. Les Editions du Temps, 1963, in-12, 125 pp, broché, qqs marques au stylo sur 24 pages, sinon bon état

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Par Victor Crastre (1903-1983), journaliste et écrivain, proche des milieux surréalistes ; il fut également instituteur durant de longues années. Albert Camus lui écrivait le 16 avril 1948 : “J’avais lu avec le plus vif intérêt votre “Drame du surréalisme”. Il me semblait que vous mettiez le doigt sur la véritable exigence du surréalisme, sur ce qui le rend respectable à tant de titres”. Camus avait obtenu l’accord de Raymond Queneau et du comité de lecture pour faire publier l’ouvrage chez Gallimard mais le prévenait toutefois que “Gallimard ne peut pas fixer de délais à cette publication, pour des raisons que tout le monde connaît (papier, imprimeries ralenties, etc.)”. Crastre préféra attendre et ne publia l’ouvrage qu’en 1963, aux Editions du Temps. D'après Victor Crastre, le manifeste qui devait sceller l'accord entre les surréalistes et la revue Clarté aurait été rédigé par lui-même et Aragon. — « C'est au café Cyrano que nous nous rencontrions chaque jour, généralement à l'heure de l'apéritif. Le café Cyrano, à quelques pas du Moulin Rouge, n'avait rien d'un café littéraire et ne ressemblait absolument pas aux Deux Magots [...] A Cyrano, on ne buvait pas de chocolat. Il fallait à un public blasé le fumet d'alcools épicés : whisky, gin, fines nationales et, à l'apéritif, le « Mandarin » étaient les articles les plus demandés. Des filles et des souteneurs, des trafiquants de coco, des gens de théâtre : musiciens de boîtes de nuit, danseuses du Moulin Rouge à qui s'agglomérait cette faune de Montmartre qui n'a jamais su ce qu'était un métier, peuplaient la salle de six heures du soir à deux ou trois heures du matin. De littérateur, bien entendu, pas un, et cette absence de gens de lettres était le plus grand attrait de Cyrano pour les ennemis de la culture bourgeoise que nous étions [...] Je me demande parfois comment nous pouvions discuter, lire et surtout rassembler nos idées dans un lieu où les bruits de la rue se mêlaient aux appels des garçons, à des conversations générales, au rire aigu des femmes et parfois au tumulte d'une dispute. Et cependant nous réussissions le difficile exploit de concentrer notre esprit sur des problèmes souvent ardus au milieu de la confusion générale. Certains jours cette salle de café devenait cabinet de travail : on y rédigeait des tracts, ou des lettres, qui passaient ensuite de mains en mains ; c'est ainsi que fut écrite la lettre à Paul Claudel où celui-ci était traité une fois pour toutes de cuistre et de canaille, parce qu'il avait dans une interview jugé pédérastique l'activité des surréalistes. En fait les rumeurs de la salle, ces mille présences –celles surtout de femmes souvent belles, toujours étranges – excitaient nos esprits et ne dispersaient en aucune manière notre attention. Il y avait certes dans notre équipe des hommes qui n'ont jamais pensé les problèmes à l'ordre du jour : flâneurs éternels, ils ne cherchaient ici que des occasions d'occuper leur ennui ; ils eussent signé n'importe quoi pour pouvoir continuer de vivre auprès de Breton ; le surréalisme leur était un alibi ; plusieurs se prirent à leur propre jeu et s'ils n'enrichirent pas le surréalisme, ils lui manifestèrent longtemps une fidélité tenace.» (Extrait)

232.          DAUDET (Léon). La Vie orageuse de Clemenceau. Albin Michel, 1938, in-12, 315 pp, édition sur vélin supérieur, broché, couv. lég. salie, qqs rares rousseurs, état correct

            15

Léon Daudet (1867-1942) fut un redoutable polygraphe. À ses cent vingt-sept œuvres (romans, essais, pamphlets, recueils d’articles), il faut ajouter plus de quarante préfaces et contributions à des ouvrages collectifs. Parmi les livres qui emportent l’enthousiaste préférence de Francis Bergeron, biographe de Daudet (F. Bergeron, “Léon Daudet”, Editions Pardès, coll. «Qui suis-je ?», 2007, 128 p), citons : “Paris vécu”, l’incontournable “Stupide XIXe siècle” (1922), “La vie orageuse de Clemenceau” (1938), car Léon Daudet vénérait Le « Tigre », “Panorama de la IIIe République” (1936), “Charles Maurras et son temps” (1928), et les romans historiques de 1896 et 1933 mettant en scène les personnages de Shakespeare et Rabelais.

233.          [De Gaulle] – Collectif. Charles de Gaulle : 1932 – Le Fil de l'épée. Plon, 1983, in-8°, 279 pp, 32 pl. de photos et documents hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Catalogue d'exposition du Musée de l'Ordre de la Libération (avril-juin 1983) : La vie miliaire de Charles de Gaulle (1909-1932), L'année 1932, L'armée en 1932, L'influence de Barrès, Bergson, Péguy, Psichari, Les penseurs militaires français, Charles de Gaulle écrivain militaire, etc. – 707 documents décrits (dont 68 reproduits), plus quelques articles sur et autour de Charles de Gaulle.

234.          DESCHAMPS (Hubert). Roi de la brousse. Mémoires d'autres mondes. Berger-Levrault, 1975, in-8°, 360 pp, 6 cartes, 16 photos, broché, couv. illustrée, état correct

            30

"Quel itinéraire ! Depuis le « mutin de la mer Noire » jusqu'à la chaire d'histoire africaine en Sorbonne, en passant par le poste de gouverneur des Somalis, nommé par Mandel pour lutter contre le fascisme italien en Afrique orientale, à celui de gouverneur de la Côte d'Ivoire et du Sénégal, nommé par Vichy et épuré par de Gaulle ; et tout au long de ce chemin, la fidélité inconditionnelle d'un militant au Parti socialiste. Car voilà bien le paradoxe. Comment pouvait-on être à la fois colonial et socialiste ? Bien sûr, Hubert Deschamps ne représente pas la majorité de ceux qui exerçaient le singulier métier d'administrateur des Colonies, mais ils étaient quelques-uns, comme lui..." (Jean Rouch, Journal des africanistes, 1976) — "Si le philosophe de l'humain trouve ample matière à réflexion à la lecture de ces pages qui, suivant le fil de la Parque, nous conduisent de la Charente-Maritime à la parisienne rue Jacob à travers un zigzaguant périple aux quatre coins de l'Afrique (si j'ose ainsi m'exprimer en parlant de Vangaindrano, Djibouti, Abidjan et Saint- Louis) et maintes escapades vers l'Asie continentale et insulaire, les cabinets et l'enseignement, l'historien fera en outre son miel du coeur du volume, les livres V et VI qui traitent de la période 1938-1944 et notamment du chapitre intitulé : « l'An 40 ». Il y a là, vu de l'intérieur, un témoignage mesuré par un acteur de premier plan, sur les drames de l'heure et leurs protagonistes..." (Marie-Antoinette Menier, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1975)

235.          DESPUECH (Jacques). Le Trafic de piastres. Avec des documents photocopiés. Editions des Deux-Rives, 1953, pt in-8°, 169-xlv pp, 33 documents reproduits sur des planches hors texte in fine, broché, bon état

            30

"L'auteur, ancien du Corps expéditionnaire, puis fonctionnaire à Saïgon, a découvert et, surtout, révélé au grand public les mécanismes du trafic... Il les décrit ici. Tout le monde, Français, Vietnamiens baodaistes, Viet Minh profite peu ou prou du trafic. Mais il est de très gros bénéficiaires. Jacques Despuech cite l'Empereur Bao Dai (p. 64), l'ancien Haut Commissaire Emile Bollaert (pp 80-81), les généraux Mast et Revers, l'ancien ministre Paul Giaccobi (pp 83 à 111). "Ne perdons pas de vue, ajoute-t-il, que chaque fois qu'une piastre est virée à 17 francs, le Trésor public comble un déficit qui s'élève à peu près à 8,50 francs" (p. 73). Dans la seconde partie de l'ouvrage, Despuech raconte comment, lorsqu'il fut de retour en France, on tenta de le dissuader, au besoin par la menace, de publier son livre." (Ruscio, La guerre "francaise" d'Indochine 1945-54)

236.          DETOEUF (Auguste). Propos de O. L. Barenton, confiseur, ancien élève de l'Ecole Polytechnique. P. , Editions du Tambourinaire, 1965, gr. in-8° carré, 230 pp, un portrait de l'auteur par Roger Wild en frontispice, texte imprimé en noir et rouge, broché, couv. à rabats, bon état

            30

Cet ouvrage plein d'esprit, dans la meilleure tradition française, nous livre les réflexions, sous forme d'aphorismes, d'un industriel obligé de se convertir dans la confiserie au lendemain de la Grande Guerre. Paradoxes sur l'argent et le pouvoir, propos humoristiques sur l'économie politique, l'industrie, la nature humaine, le fonctionnement des entreprises... Ce classique des années trente connaît un succès croissant.

237.          DUCRET (Diane). Femmes de dictateur. Perrin, 2011, gr. in-8°, 356 pp, 8 pl. de photos hors texte, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L'histoire des épouses et maîtresses de Benito Mussolini, Lénine, Staline, Antonio Salazar, Bokassa, Mao Zedong, Nicolae Ceau escu et Adolf Hitler. — "Elles s’appellent Inessa, Clara, Nadia, Magda... Ils s’appellent Lénine, Mussolini, Staline, Hitler... Qu’elles soient filles de noce ou grandes bourgeoises intellectuelles, simple passade ou amour passionné, ils les violentent et les adulent, mais se tournent invariablement vers elles. Epouses, compagnes, égéries, admiratrices, elles ont en commun d’être à la fois triomphantes, trompées et sacrifiées. A leurs hommes cruels, violents et tyranniques, elles font croire qu’ils sont beaux, charmeurs, tout-puissants. Car la sexualité est l’un des ressorts du pouvoir absolu. Diane Ducret raconte par le menu les rencontres, les stratégies de séduction, les rapports amoureux, l’intervention de la politique et les destinées diverses, souvent tragiques, des femmes qui ont croisé le chemin et sont passées par le lit des dictateurs."

238.          DURAND (Pierre). Les Sans-culottes du bout du monde (1917-1921). Contre-révolution et intervention étrangère en Russie. Moscou, Editions du Progrès, 1977, in-8°, 262 pp, 28 pl. de photos et documents hors texte, chronologie, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Un récit des événements qui ont suivi la prise du Palais d'Hiver en octobre 1917 et qui marquent, à travers des péripéties dramatiques, la victoire définitive de la Révolution (1917-1921).

239.          DUROSELLE (Jean-Baptiste). Histoire diplomatique de 1919 à nos jours. 11e édition. Dalloz, 1993, fort in-8°, 1038 pp, biblio, index des noms et index des lieux, broché, bon état

            25

"L'un des grands ouvrages d'histoire des relations internationales. La période embrassée est considérable et dépourvue d'unité, ne serait-ce que du fait de la cassure de la Seconde Guerre mondiale et de l'émergence d'un système international comprenant plus de 150 Etats. L'oeuvre de J.B. Duroselle unit clarté et précision : le récit, remarquable puzzle, part des événements, les analyse et reconstitue avec minutie les enchaînements chronologiques. Enfin, le livre est doté de tableaux, d'index et d'une bibliographie, qui en font un instrument de travail exceptionnel." (Philippe Moreau Defarges, Politique étrangère, 1982)

240.          EDEN (Anthony). Mémoires de Sir Anthony Eden. II. 1945-1957 : La vérité sur l'affaire de Suez. Plon, 1960, in-8°, ii-658 pp, traduit de l'anglais (“Full Circle. The Memoirs of Sir Anthony Eden”), 6 cartes (la Corée, l'Indochine, Trieste, le Moyen-Orient - Pacte de Bagdad, l'Europe en 1955, Suez), broché, bon état

            40

Le témoignage du Premier ministre britannique sur la crise de Suez et plus généralement ses mémoires sur la période de 1951 à 1956 (du retour des conservateurs au pouvoir en Grande-Bretagne à l'échec de Suez).

241.          ERLANGER (Philippe). Clemenceau. Grasset/Paris-Match, 1968, fort in-8°, 659 pp, cart. éditeur, sans la jaquette, bon état. Edition originale

            20

Aristocrate et anarchiste, despote et révolutionnaire, Georges Clemenceau fut généralement considéré comme une contradiction vivante. En fait, il fut toujours passionnément fidèle aux deux principes qui le guidèrent : le culte de la patrie poussé jusqu'au sublime, le culte de la République poussé jusqu'au fanatisme. Jamais il n'oublia l'intolérable blessure causée par la défaite de 1870, ni les leçons de son père, fervent de Robespierre et des "grands ancêtres" de la Convention. Pendant un demi-siècle, Clemenceau exerça une influence considérable sur la vie politique française et sur le destin du monde ; il combattit pour ses idées avec l'énergie féroce, la sauvage indépendance qui lui valurent d'être surnommé le Tigre. Il eut la joie, après des luttes homériques, de voir triompher la République de ses rêves, il connut, au soir de son existence, la gloire suprême de sauver son pays au bord de l'abîme, de lui rendre une place privilégiée dans le concert des nations. L'homme politique exécré, vilipendé, objet des accusations les plus infamantes, devint alors le Père la Victoire, symbole de la renaissance de son pays. Il ne manqua pas à son auréole cette ingratitude réservée par les peuples à leurs plus grands serviteurs. Clemenceau a connu la haine et l'idolâtrie, il a eu sa légende noire et sa légende épique. Il en fut de même pour Philippe le Bel, pour Louis XI, pour Henri IV, pour Richelieu, pour Louis XIV , pour Napoléon, ces bâtisseurs de l'histoire de France. Philippe Erlanger, cette fois, a choisi son sujet tout près de notre époque. Sa lucidité, son talent aigu, son extraordinaire don d'évocation nous rendent claire une longue suite de malentendus et de violences historiques. Il y a plus, il a su nous rendre sensible le duel prodigieux que Clemenceau mena toute sa vie contre la fatalité. Si bien qu'ayant lu cette épopée, le lecteur en sort bouleversé comme au sortir d'une tragédie grecque.

242.          FEJTÖ (François) et Ewa Kulesza-Mietkowski. La fin des démocraties populaires. Les chemins du post-communisme. Seuil, 1992, in-8°, 564 pp, 8 cartes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. XXe siècle)

            20

"Un ouvrage essentiel." (P. Bonnefont, Mondes et cultures) – "Parmi les déjà nombreux ouvrages sur l'ébranlement de l'Europe centrale et orientale, celui-ci possède, outre ses qualités de synthèse, un mérite exceptionnel : natifs l'un de Hongrie, l'autre de Pologne, les auteurs ont un accès privilégié aux textes et aux subtilités nationales de ces deux pays qui ont joué un rôle précurseur dans la chute du communisme." (Ph. V., 24 heures, Lausanne) – "A l'aide d'analyses précises, très documentées, l'auteur, qui connaît remarquablement cette question, nous décrit non seulement le processus d'effritement des régimes dits de "démocratie populaire", mais il insiste aussi sur les difficultés que ces pays "de l'Est" ne peuvent manquer de rencontrer dans les années à venir." (A. Encrevé, Réforme)

243.          FREREJEAN (Alain). Churchill et Staline. Biographies croisées. Perrin, 2013, gr. in-8°, 506 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Tout semble opposer Churchill et Staline : l'aristocrate de haut vol et le fils de savetier, le démocrate et le dictateur, l'hyperémotif et le cour de pierre, le dépressif et le paranoïaque. Pourtant, tous deux ont su galvaniser leur peuple au bord du précipice et renverser le cours de l'histoire. Sans rien cacher de leurs failles – les crises de dépression de l'un, les peurs irraisonnées de l'autre –, l'auteur montre comment ces deux titans, poussés par la même énergie, inspirés par une même passion de grandeur et d'indépendance nationale, ont tissé une alliance contre nature, combinant attraction et répulsion, enthousiasme et méfiance. Ni panégyrique ni réquisitoire, ce portrait croisé nous donne les clefs de leur entente et de leurs malentendus. Il dévoile en outre leur vie privée, leur scepticisme envers la religion, leurs rapports étonnants avec leurs parents, leurs femmes et leurs enfants.

244.          FURET (François). Le Passé d'une illusion. Essai sur l'idée communiste au XXe siècle. Laffont/Calmann-Lévy, 1995, gr. in-8°, 580 pp, index, broché, bon état

            20

Cet ouvrage cherche à comprendre l'emprise qu'a eue sur les esprits l'idée du communisme, malgré les expériences tragiques qu'elle couvrait de son drapeau, en URSS d'abord, puis dans les autres pays d'Europe ou ailleurs. C'est le contraste entre le cours de la révolution bolchevique dans ses différentes époques et les illusions dont il a été entouré qui compose la matière de ce long récit en forme d'analyse. Pour faire l'histoire de cette relation imaginaire, l'auteur est conduit à traverser le XXe siècle, depuis la Révolution d'Octobre 1917 jusqu'à la dissolution de l'Union soviétique en 1991. La Première Guerre mondiale donne au bolchevisme le rayonnement d'une revanche de la volonté sur la fatalité ; elle fait revivre en Octobre 17 la tradition révolutionnaire de l'Europe, drapée dans la promesse d'une paix universelle. Le mythe soviétique ne cessera dès lors d'enrichir sa magie des circonstances du siècle. Il capitalise les injustices du traité de Versailles. Il s'étoffe du contraste avec la Grande Dépression. Il prospère avec l'antifascisme et culmine avec la victoire de Staline sur Hitler. Même la déstalinisation élargit son influence au moment où elle en marque pourtant le déclin. Le communisme disparaîtra comme régime avant d'avoir épuisé les espérances de ses partisans.

245.          GARRISON (Jim). JFK. Affaire non classée. J'ai Lu, 1992, in-12, 320 pp, traduit de l'américain, broché, bon état

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Edition originale française parue directement au format de poche aux éditions J'ai Lu. Traduction française de "On the trail of the assassins. My investigation and prosecution of the murder of President Kennedy". — Dallas, 22 novembre 1963. On a tiré sur John Kennedy. Le Président est mort ! L'Amérique est en état de choc. On connaît la suite. L'arrestation de Lee Harvey Oswald, le rapport de la Commission Warren... En dix mois, l'affaire est officiellement close : Oswald est le seul assassin. Enquête trop rapide pour être honnête ? À l'époque, beaucoup de bruits ont couru. Y avait-il d'autres tireurs ? Comment expliquer la mort peu naturelle de témoins essentiels ? Quel était le rôle de la Mafia ? Un homme connaît les réponses : Jim Garrison, chargé de l'affaire depuis le premier jour. Puis dessaisi. Parce qu'il était trop curieux – trop consciencieux –, on a voulu le faire taire, on l'a poursuivi en justice. Aujourd'hui il parle. Dans un récit sans concessions, il assemble les pièces du puzzle et révèle enfin la vérité. Preuves à l'appui. — Par Jim Garrison, District Attorney de La Nouvelle-Orléans de 1962 à 1974 puis juge de la cour d'appel.

246.          GILTSOV (Lev), Nicolaï MORMOUL et Leonid OSSIPENKO. La Dramatique histoire des sous-marins nucléaires soviétiques. Des exploits, des échecs et des catastrophes cachées pendant trente ans. Laffont, 1992, gr. in-8°, 358 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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"Pour Staline, dès les années 50, les sous-marins atomiques seront l'arme par excellence de l'inévitable guerre qui doit l'opposer aux Américains. Pour la première fois, trois acteurs de cette aventure, trois amiraux et non des moindres, ont décidé de raconter au prix de quels sacrifices humains, d'efforts, de performances réelles ou truquées, le pouvoir soviétique a mis sur pied une flotte sous-marine qui se voulait aussi redoutable que celle de leur grand rival américain. Ces trois hommes ont voulu parler pour honorer la mémoire de leurs camarades disparus en mer dont le nombre exact n'a pas encore jamais été publié. Ils racontent les circonstances des principaux accidents advenus et la façon peu orthodoxe dont les militaires se sont débarrassés pendant plus de trente ans des déchets radioactifs liquides et solides des sous-marins. Nous découvrons aussi comment les réacteurs usagés extraits des submersibles ou accidentés en cours d'exploitation ont été tout simplement coulés dans l'Arctique à des endroits dont les auteurs donnent les coordonnées. Enfin, témoignages à l'appui, l'un des amiraux révèle l'existence d'un sous-marin coulé par trente mètres de fond dans la mer de Kara avec, à son bord, deux réacteurs nucléaires qui sommeillent dans un sarcophage de plomb et de bitume..." (4e de couverture)

247.          GONZALEZ-MATA (Luis M.). Cygne. Mémoires d'un agent secret. Grasset, 1976, gr. in-8°, 382 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Luis Manuel González-Mata, pendant vingt ans collaborateur direct du colonel Blanco, chef des services secrets franquistes, a été aux premières loges de l'espionnage international. En liaison constante avec des services européens, la CIA et la DIA américaines, il s'est trouvé personnellement mêlé à la plupart des grandes et petites affaires de l'après-guerre. La vérité sur l'affaire Ben Barka, sur l'assassinat de Khidder, ou de Delgado ; les dessous de l'indépendance du Maroc, de la guerre d'Algérie, de l'affaire Oufkir ; des révélations sur le rôle de l'espion Guillaume, le familier de Willy Brandt ; des informations inédites sur l'action des États-Unis en Amérique centrale... : tout est dit dans ce livre étonnant où l'on découvrira la face d'ombre de l'histoire de ce temps. D'autant qu'il peut se lire aussi comme un fabuleux roman d'aventures. Luis Manuel Gonzalez-Mata raconte comment, chef de la police secrète du gouvernement de Saint-Domingue après l'assassinat de Trujillo, il anima une étrange course au trésor derrière les six cent quarante millions de dollars emportés par la famille Trujillo en fuite. Il révèle qu'en mai 68, envoyé à Paris pour noyauter les mouvements gauchistes, il devint très vite l'homme de confiance de certains leaders étudiants. A travers ses échecs et ses espoirs, la prison et les épreuves, les folles déambulations dans un monde insoupçonné, c'est la vraie vie d'un agent secret d'aujourd'hui qui se déroule sous nos yeux." (4e de couverture) — Le livre sera édité en espagnol l'année suivante (1977) sous le titre : “Cisne. Yo fui espía de Franco”.

248.          GROSSER (Alfred). La IVe République et sa politique extérieure. Armand Colin, 1972, in-8°, 439 pp, biblio, index, broché, bon état

            20

L'héritage reçu, l'Indochine, la C.E.D., Vincent Auriol, les communistes, les catholiques, l'Algérie, etc. — "Le livre d'A. Grosser se place dans une perspective qui mérite de retenir l'attention. Outre l'intérêt qu'il présente pour la connaissance des faits, il stimule l'esprit par sa manière d'en appréhender l'enchaînement. Assurément la méthode utilisée, maniée par des mains inexpertes, risque d'ouvrir le champ à des essais superficiels ; elle n'est valable qu'étayée par une culture et une information qui, elles, ne s'improvisent pas... Ces exigences, A. Grosser les a satisfaites avec un scrupule dont témoigne, entre autre, l'orientation bibliographique qui accompagne l'ouvrage..." (Georges Burdeau, Revue française de science politique)

249.          ISORNI (Jacques). Pétain a sauvé la France. Flammarion, 1964, in-12, 140 pp, annexes, broché, couv. illustrée d'un portrait du Maréchal (lég. salie), état correct

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"Le pouvoir et l'opinion publique s'interrogent : faut-il transporter à Douaumont les cendres du Maréchal Pétain, faut-il réviser l'arrêt de la Haute-Cour qui l'a condamné à mort ? Jacques Isorni apporte dans ce livre tous les éléments qui permettent, selon lui, de répondre par l'affirmative à ces deux questions. "Rien n'arrête la vérité", écrit-il..." (4e de couverture)

250.          KARAIMSKY (Liliane). Riga, Cracovie, Paris. Allers sans retour. Cachan, chez l'Auteur, 2008, in-8°, 227 pp, 30 photos, notes, documents et témoignages, broché, qqs annotations stylo, bon état, envoi a.s. à Evelyne Sullerot

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"Cachanaise depuis 1934, elle raconte un demi-siècle de travail, d’efforts récompensés, d’adhésion profonde aux valeurs de la patrie d’accueil, la France, telle que l’ont vécue ses grands-parents, ses parents et sa génération, la troisième." (Cachan municipal, mai 2009)

251.          KESSEL (Joseph). Mermoz. Gallimard, 1966, in-8°, 313 pp, 48 photos, une carte dépliante hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Né dans l'Aisne à Aubenton le 9 décembre 1901 et disparu en 1936 à bord de l'hydravion Croix-du-Sud au large des côtes de Dakar, Mermoz a eu un destin unique : il fut le plus prestigieux et le plus aimé des pilotes à l'époque où l'aviation comptait encore des aventures qui tenaient de l'épopée et inspiraient au monde entier une admiration sans borne. Kessel, son ami et son biographe, dit de lui : « Archange glorieux, neurasthénique profond, mystique résigné, païen éblouissant, amoureux de la vie, incliné vers la mort, enfant et sage, tout cela était vrai chez Mermoz, mais tout cela était faux si l'on isolait chacun de ces éléments. Car ils étaient fondus dans une extraordinaire unité.»

252.          LACOUTURE (Jean) et Philippe DEVILLERS. La fin d'une guerre. Indochine 1954. Seuil, 1960, in-8°, 382 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

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"Le ministère des Affaires étrangères, l'E.N.A., les Sciences Po ne sauraient proposer de meilleur sujet de concours à leurs candidats que l'analyse de “La fin d'une guerre” ; en particulier des chapitres intitulés « Genève ou la négociation ». Les auteurs y présentent textes et recherches livresques, mais liés aux souvenirs de choses vues. Attentifs depuis quinze ans à l'Indochine, tant sur le plan parisien que sur le terrain, ils administrent la preuve que l'histoire de la conférence de 1954 pouvait être faite utilement ; cette conférence qui mettait un terme à une guerre de neuf années... Les cinq joueurs de poker – les cinq Grands – pour la première fois assemblés, déployaient, assortis de leurs conseils, astuces, marchandages. Que de tours et quels enseignements pour des élèves-diplomates ! Toutes les cartes sont ici mises à nu, les bonnes et les mauvaises... On lira donc avec profit, et non pas sans tristesse, l'étonnant récit qui confronte hommes d'Etat, généraux, ambassadeurs, princes exotiques, militaires, journalistes, partisans... Les portraits des principaux protagonistes sont finement esquissés ; le décor suggéré." (Roger Lévy, Politique étrangère, 1960)

253.          LACOUTURE (Jean) et Roland MEHL. De Gaulle ou l'éternel défi. Seuil/GLM, 1990, fort in-8°, 520 pp, 48 planches de photos hors texte, index biographiques des témoins, chronologie, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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56 témoignages receuillis et présentés par Jean Lacouture et Roland Mehl.

254.          LEFORT (Bernard). Mes Carnets secrets de la IVe. L'aller et retour du Général (22 août 1944–1er juin 1958). Seuil, 1996, gr. in-8°, 452 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Il fut un temps où le journaliste parlementaire tenait le haut du pavé de la profession parce que l'essentiel de la vie politique se concentrait au Parlement. Sous la Quatrième République, Bernard Lefort, ancien résistant, journaliste à Franc-Tireur puis à Paris-Jour, a appartenu à cette aristocratie. Les éditions du Seuil publient les carnets de notes sur lesquels il avait consigné chaque soir confidences, témoignages, rencontres ainsi que des anecdotes drôles souvent, cruelles parfois pour la Quatrième République. (...) C'est un document de grande importance pour quiconque s'intéresse à la vie politique de la France. Non pas qu'il y ait à chaque page des «scoops» (encore que ce qui est dit sur les Affaires sous la Quatrième République ne manque pas d'intérêt) mais le reflet de ce qu'entendait au jour le jour l'un des meilleurs journalistes de l'époque..." (Eric Duhamel, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1997)

255.          LEJEUNE (Philippe). «Cher cahier...». Témoignages sur le journal personnel recueillis et présentés par Philippe Lejeune. Gallimard, 1989, in-8°, 259 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Témoins). Edition originale enrichie d'une lettre signée de Philippe Lejeune, de trois lignes au crayon d'un des diaristes sur la page de titre et d'une coupure de presse sur le livre (Le Monde, 16 mars 1990)

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Qui n'a pas, une saison ou l'autre de la vie, tenu son journal personnel ? Et pas seulement de jeunes adolescentes ou des écrivains confirmés. Vous, moi, tout le monde... En lançant un appel dans Le Magazine littéraire, en avril 1988, Philippe Lejeune, spécialiste de la littérature personnelle, a eu la chance de recevoir les témoignages de quarante-sept diaristes – c'est un coup de sonde dans un univers d'écriture méconnu –, quarante-sept personnes qui racontent l'histoire de leur journal, décrivent leurs pratiques, expliquent ce qu'elles en attendent. Ce sont ces documents que rassemble ici Philippe Lejeune. Ils sont si éloquents, si variés qu'ils forcent à poser et à reposer toutes les questions qui touchent à l'écriture personnelle. Quiconque tient un journal ou s'interroge sur le genre pourra difficilement ignorer cette gerbe de témoignages d'inconnus en si profond accord avec l'humeur du temps. L'entreprise de Philippe Lejeune, indépendamment des résultats qu'elle a suscités, est originale. On y sent de sa part, et sans qu'il intervienne autrement que par une présentation descriptive et un index des thèmes, qui rendent sa collecte démonstrative, une ouverture de cœur et comme de l'amour.

256.          LE ROY LADURIE (Emmanuel). Paris-Montpellier. PC-PSU 1945-1963. Gallimard, 1982, in-8°, 262 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Témoins)

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Pétainiste à douze ans, stalinien à vingt, PSU à trente, historien et professeur d'université à quarante ans, Emmanuel Le Roy Ladurie a voulu dans ce livre écrire le Notre après-guerre d'une génération née vers 1925-1930. On pardonnera à l'ouvrage sa cruauté à l'endroit de certains ; elle s'adresse d'abord à l'auteur. Porter en soi, comme un jardin secret, la Normandie catholique et royale des années 1930 ; affronter, abasourdi, en 1945 jusqu'à en être désintégré, les khâgnes rouges des lycées parisiens et banlieusards, issues de la Libération ; être piégé en 1948-1949 par le dogmatisme du Kominform ; émerger, avec le rapport Khroutchev et Budapest (1956) vers une gauche ouverte, éventuellement utopique, celle du P.S.U. ; considérer cette émersion à la fin des fins comme un nouveau rite de passage, telle est, en l'occurrence, la trame d'une autobiographie. D'autres «chaînons» mettent en cause la persistance d'une école historique, celle des Annales à laquelle se rattache comme chercheur Emmanuel Le Roy Ladurie. Ces souvenirs personnels de l'auteur de Montaillou, village occitan offrent aussi, à leur manière, la vision nostalgique, parfois déçue, d'un certain Languedoc, et plus encore de Montpellier, cité fascinante, insaisissable, difficile, aux marges d'une géographie spirituelle.

257.          LEWINSOHN (Richard). Histoire de l'inflation. Le déplacement de la richesse en Europe (1914-1925). Payot, 1926, in-8°, 416 pp, traduit de l'allemand, broché, couv. lég. salie, état correct (Bibliothèque politique et économique)

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"La guerre a été, dans le monde entier, la cause initiale d'une révolution profonde. Nous ne voyons encore que son début, et ses effets ne se feront sentir pleinement que dans quelques années. Il en est un pourtant qui a déjà produit toute son action ; c'est l'inflation monétaire. Dans la plupart des pays de l'Europe, elle a bouleversé les assises sociales. L'Allemagne est un de ceux où elle a agi le plus fortement. (...) C'est ce qui fait l'intérêt du livre que M. Richard Lewinsohn : il lui donne comme sous-titre “Le déplacement de la richesse en Europe”. Rien de plus juste. Tout l'ouvrage, en effet, tend à montrer qu'elle a produit un déplacement des fortunes plus considérable encore que ne l'a fait la révolution communiste en Russie. L'inflation est une maladie terrible. Ce qu'elle a de particulièrement grave, c'est qu'elle commence d'une façon sournoise. En Allemagne, « pendant des années, le patient ne s'apercevant de rien, dilapidait ses forces. Lorsqu'on en fut au point qu'il fallut recourir au médecin, les spécialistes consultés firent des erreurs de diagnostic, ou plus fréquemment encore, les médecins se croisèrent les bras et déclarèrent ne pouvoir guérir le malade sans un remède étranger. Or, c'était justement le remède qu'on n'avait pas sous la main. Ainsi, le mal suivit son cours jusqu'au marasme complet. » (...) Dans le domaine du crédit, l'inflation ont pour résultat de faciliter l'escroquerie. L'emprunteur ruinait son préteur eu lui remboursant après dépréciation les sommes qu'il en avait obtenues. M. Lewinsohn dit aussi que les gens qui obtenaient des crédits de la Reichsbank et les employaient à acheter des devises ou des valeurs réelles ont gagné des milïiards-or au détriment de la population. il n'y eut pas d'autre moyen de mettre fin à ces abus que de compter en dollars ou en marcks-or fictifs. Mais le gouvernement chercha de toutes ses forces à l'empêcher, pour ne pas reconnaître officiellement la dépréciation du mark-papier..." (Antoine de Tarlé, La Croix, 17 avril 1926)

258.          LOMBROSO-FERRERO (Gina). L'Eclosion d'une vie. Leo Ferrero de sa naissance à sa vingtième année, d'après les notes de sa mère. P., Editions Rieder, 1938, in-12, xxvii-302 pp, traduit de l'italien, 17 photos et un fac-similé hors texte, imprimé sur papier vélin, broché, bon état

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Par sa mère, les vingt premières années de l'écrivain et dramaturge italien Leo Ferrero (1903-1933), mort dans un accident d'automobile le 26 août 1933. Il était le fils du célèbre historien Guglielmo Ferrero et de Gina Lombroso, écrivain, médecin, et fille du célèbre anthropologue Cesare Lombroso. — "Tout le monde connaît la fin tragique, à l'âge de trente ans, de Leo Ferrero, le fils déjà illustre de Guglielmo Ferrero. Sa mère, Gina Lombroso Ferrero, vient de publier un livre bien émouvant. Toutes les mères ont des attentions pareilles. EIle avait pris l'habitude de noter au jour le jour, pour elle-même, les menus faits de la vie de son enfant..." (Journal des débats politiques et littéraires, 8 août 1938)

259.          MANDROU (Robert)(présenté par). Les sept jours de Prague, 21-27 août 1968. Première documentation historique complète, de l'entrée des troupes aux accords de Moscou. Editions Anthropos, 1969, in-8°, 416 pp, broché, bon état

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"Le « livre noir » de Prague, édité en France sous le titre Les sept jours de Prague, représente un recueil de documents d'une exceptionnelle qualité. Dans la remarquable sélection de documents de presse, de tracts, de journaux d'usines, on sent la main d'historiens professionnels. Dans l'énorme masse des documents diffusés par la radio légale, par la presse libre, par les entreprises et par les organisations diverses, les auteurs ont retenu un certain nombre de textes qui cernent une situation historique, mesurent la réaction de toutes les catégories sociales. Ouvriers, journalistes, savants, tous se trouvèrent pris dans un moment exceptionnel de l'histoire, dans un mouvement d'unanimité contre l'occupation. On lira surtout les textes sur l'attitude de la police d'État (S.T.B.), que le nouveau ministre de l'Intérieur Pavel cherchait à réorganiser depuis juin en mettant fin à sa subordination au K.G.B. soviétique. A l'exception d'une minorité, les policiers, qui avaient été le bras séculier de la dictature stalinienne et novotnyenne, sont restés fidèles au régime de Dubcek pendant toute la période de l'invasion. On lira aussi la burlesque proposition de décoration pour le lieutenant soviétique Orlov qui, pour avoir occupé militairement l'académie des sciences de Tchécoslovaquie, « a bien mérité de l'honneur du soldat soviétique ; il a rempli son devoir international pour la consolidation des positions du socialisme en Tchécoslovaquie ». Avec le « livre noir », l'histoire de la résistance d'août 1968 a déjà été écrite dans le temps même où les événements se produisaient." (Bernard Michel, Annales ESC, 1970)

260.          MANN (Klaus). Oeuvre romanesque. Mephisto – Le Volcan –Symphonie pathétique – La Danse pieuse – Fuite au Nord. Grasset, 2013, in-8°, 1405 pp, traduit de l'allemand, préface de Michel Tournier, broché, jaquette illustrée, bon état

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Le premier roman de Klaus Mann, “La Danse pieuse” (1926), fait scandale, par sa thématique homosexuelle. Tandis qu'en Allemagne, le nazisme étend son ombre, le fils aîné de Thomas Mann rejoint les Pays-Bas. Il est déchu de sa nationalité allemande et publie successivement “Fuite au Nord” (1934), “Symphonie pathétique” (1935) et “Mephisto” (1936), un roman de combat critiquant les intellectuels allemands accommodés au nazisme. En 1939 paraît “Le Volcan”, chronique plus ou moins romancée de l'émigration allemande aux quatre coins du monde. Klaus Mann (1906-1949) laisse une œuvre singulière, attachante, et d'une magnifique force intellectuelle. — "... Situé à la charnière grinçante du réel (politique) et de l'imaginaire (théâtral), ce roman [Mephisto] rejoint la relation subtile et dangereuse de la vie et de l'oeuvre de l'écrivain. Multiple, abondante, brillante, son oeuvre relève plus du témoignage que de la création. Mais on peut imaginer que sa vie éclatée, déchirée, haletante était une réponse à celle par trop maîtrisée de son père. Thomas Mann n'avait jamais été jeune. Il incombait peut-être à Klaus Mann de ne pas pouvoir vieillir..." (Michel Tournier)

261.          MAO Tse-toung. Citations du Président Mao Tsé-Toung. (Le « Petit Livre rouge »). Pékin, Editions en langues étrangères, 1966, pt in-12 (9,1 x 13,3 cm), v-347 pp, mention "première édition 1966", un portrait de Mao tiré en sépia en frontispice et un fac-similé d'une calligraphie de Lin Piao hors texte, préface de Lin Piao, broché avec couverture vinyle rouge frappée à froid du titre et d'une étoile rouge au 1er plat, bon état. Première édition en langue française

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Rare première édition française publiée à la fin de 1966, deux ans après la première mise en circulation chinoise, de ce recueil de pensées qualifié par Lin Piao de « bombe atomique morale d’une puissance incomparable » et devenu le symbole et l’outil de la Grande Révolution Culturelle. Parce qu’il était bien placé pour en juger, le général Lin Piao, ministre de la défense et chef de l'Armée de libération pensa qu’il serait judicieux que ses soldats, au moins l’élite de l’armée, possèdent une sorte de pense-bête, si l’on ose ainsi qualifier la “bible chinoise”, des principaux diktats du maître. Consignés et publiés en différentes versions depuis 1949, le Comité central décide donc en mai 1964 l’impression de ce recueil où se trouvaient classés en trente chapitres les écrits ou les discours du président Mao. D’abord destiné aux membres de l'armée, ce petit guide devait bientôt être plus largement diffusé jusqu’à devenir le symbole de la Révolution culturelle. Eu égard à leur couverture en vinyle rouge, les Citations du président Mao sont aujourd’hui célèbres sous le nom de « Petit Livre rouge ». Les premières éditions contiennent le fac-similé d’un message d'encouragement de Lin Pao et une préface de cinq pages du même. En septembre 1971, lors de la disgrâce de Lin Piao qui avait tenté rien moins que d’assassiner Mao, tous les citoyens reçurent l’ordre d'arracher de leurs exemplaires du « Petit Livre Rouge », le feuillet maudit signé par le félon. Et les éditions postérieures à cette date ne comportent plus ce feuillet, ni la préface...

262.          MECHOULAN (Eric). Jules Moch. Un socialiste dérangeant. (Thèse). Bruxelles, Bruylant, et P., LGDJ, 1999, in-8°, 588 pp, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. (nom du destinataire découpé)

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Il y a des hommes qu'on n'aime pas parce qu'on leur doit trop. Jules Moch est de ceux-là. La SFIO ne lui a jamais pardonné d'avoir réprimé les mouvements insurrectionnels de 1947-48, les socialistes d'Epinay d'avoir dénoncé la main basse d'une coterie sur la gauche démocratique, la droite d'avoir été l'homme fort d'une IVe République instable sans parler du Parti communiste accréditant la légende selon laquelle il aurait fait "tirer sur les ouvriers". Réduit à la caricature d'un socialiste réactionnaire, Moch, polytechnicien, soldat de deux guerres, a néanmoins marqué son siècle : député presque sans discontinuer de 1928 à 1967, il est secrétaire général du gouvernement sous le Front populaire, résistant, ministre des Travaux publics, de l'intérieur et de la Défense entre 1945 et 1951, rappelé à l'Intérieur en 1958, diplomate chargé du désarmement à l'ONU de 1951 à 1961. Ses idées ont tout pour déranger : il ose lier technique et politique, relativiser le marxisme, se méfier de l'Allemagne, préférer le pont au tunnel sous la Manche, dénoncer les expérimentations nucléaires, proposer une solution originale au conflit algérien, prôner le désarmement pendant la Guerre froide, exiger le service public minimum en temps de grève... Obsédé par l'idéal de Jaurès et Blum, technicien qui a mis son action en accord avec sa pensée, défenseur des libertés, adversaire des lois d'exception et champion de l'autorité de l'Etat, opposant à Mollet, ennemi de Mitterrand, serviteur de la science depuis l'âge des aéroplanes jusqu'à celui des missiles intercontinentaux, Moch, personnalité hors du commun, est un homme méconnu à découvrir.

263.          MEYSSAN (Thierry). L'Effroyable imposture. 11 septembre 2001. Aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone ! Chatou, Editions Carnot, 2002, in-8°, 235-(19) pp, 21 photos et 10 pp de documents en fac-similé, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale (achevé d'imprimer mars 2002)

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Thierry Meyssan devient célèbre, à l'automne 2001, quand son livre “L'effroyable imposture” connaît un succès immense en France, puis dans le monde entier. « Aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone ! » affirme en effet Thierry Meyssan...

264.          REVEL (Jean-François). L'obsession anti-américaine. Son fonctionnement, ses causes, ses inconséquences. Plon, 2002, in-8°, 300 pp, broché, bon état

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C'est une très vieille histoire d'amour et de haine : entre le vieux continent – au premier rang duquel, la France – et l'Amérique mélange de mépris et d'envie, de respect et de crainte. Pourquoi tant de sentiments ambivalents à l'égard des États-Unis, superpuissance tour à tour menacée et protectrice ? Quelle est la part de vérité et celle d'aveuglement dans cet anti-américanisme ambiant ? Jean-François Revel revient sur cette relation passionnelle, prétexte à tous les débordements et les contradictions. Car taxer les Etats-Unis d'hégémonisme renvoie également à notre propre passé colonial. Doit-on craindre pour nos cultures, nos religions, nos langues, si proches mais si différentes ? À l'heure où se dessine un nouvel ordre planétaire, n'occultant ni les hypocrisies ni les écarts du système américain, Jean-François Revel propose une réflexion à contre-courant, ouverte à tous ceux que la bannière étoilée fascine.

265.          ROLLAND (Romain). Quinze ans de combat (1919-1934). P., Editions Rieder, 1935, in-12, lxxx-243 pp, broché, bon état

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En 1933, Romain Rolland prend très fermement parti contre le fascisme hitlérien, dénonce Mein Kampf et la menace que représente l'Allemagne hitlérienne. En 1935, Il publie deux recueils d'articles politiques, “Quinze ans de combat” et “Par la Révolution, la paix”.

266.          SERGE (Victor). Le Tournant obscur. P., Les Iles d'Or, 1951, in-8°, 170 pp, broché, couv. lég. salie, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier), bande éditeur conservée

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"... Beaucoup plus évocateur est le “Tournant obscur” : ces années où la dictature se glisse dans le lit de la Révolution. Voici Berlin et le massacre des spartakistes ; Moscou où meurt Essénine, désespéré, tandis que la bureaucratie s'installe au pouvoir ; Changaï où triomphe le Kuo-Min-Tang ; les premières persécutions lorsque, au tournant de 1927, Staline élimine définitivement ses adversaires. Ceci, c'est l'histoire, tellement plus forte que le roman, au sens où Napoléon l'avait définie, de Sainte-Hélène, comme l'avènement de la Tragédie." (Pierre de Boisdeffre, Etudes, avril 1952)

267.          SÉRIGNY (Alain de). Echos d'Alger. II. L'Abandon, 1946-1962. Presses de la Cité, 1972, in-8°, 507 pp, 13 photos sur 8 pl. hors texte, annexes, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Tome II seul (sur 2). – Mémoires d'Alain de Sérigny, directeur de “L'Echo d'Alger”, qualifié par de Gaulle de "grand journal des pieds noirs". — "M. de Sérigny, qui fut le directeur d'un quotidien d'Alger, donne la suite de ses mémoires, pour la période 1945-1960. Leur intérêt est de mettre en lumière l'action d'un groupe de pression français d'Algérie. En effet, leur auteur n'occupa jamais qu'une place secondaire dans les milieux politiques, car il ne fut jamais élu à l'une des chambres du Parlement. Mais comme directeur d'un journal, dont 60% des lecteurs vivaient dans la capitale de la colonie, il était l'homme indispensable, lié avec René Mayer, dont il avait aidé à l'élection de député à Constantine, et surtout Jacques Chevalier, maire d'Alger, député, futur ministre. Son action ne fut pas négligeable : rejet d'un premier projet, rédigé par le parti socialiste, de statut de l'Algérie, en 1947, élimination d'Yves-C. Châtaigneau, ce gouverneur général incompris, et que personne, d'ailleurs ne défendit beaucoup en Conseil des ministres, si l'on en croit Vincent Auriol. Les gouverneurs suivants comprirent la leçon, et affectèrent de ménager ce terrible opposant potentiel. Les dirigeants du R.P.F. le surent très tôt, et c'est l'intérêt de ce livre que d'y découvrir les liens entre M. de Sérigny et des personnalités gaullistes comme MM. Soustelle et Frey. Le général de Gaulle, lui-même, ne dédaigna de venir quêter les voix algéroises, lors de chaque élection, se mêlant même, en 1951, des intrigues électorales locales (p. 140). En décembre 1957, ce fut tout naturellement dans l'Écho d'Alger que M. Debré commença la publication d'articles violents, préludes à une action bien connue (p. 231). Évidemment, en mai 1958, M. de Sérigny ne pouvait qu'appuyer les menées pour le retour du général au pouvoir. Ce fut lui, aussi, qui fit connaître aux députés indépendants, par Me Isorni, le message envoyé par le général Salan au général Ely, pour réclamer le général de Gaulle, message dont la divulgation brutale provoqua un raidissement brutal et maladroit du président Pflimlin (p. 281). Enfin, aux heures troubles de mai 1958, il fit prêter dix millions de francs au trésorier du R.P.F. par le caissier d'une entreprise maritime de Rouen, dans laquelle il avait des intérêts. Le général de Gaule le mit vite à l'écart, lui déclarant, dès le 4 juin 1958 : « Je ne parle pas d'intégration ». Toute la fin du livre analyse les manœuvres du chef de l'État pour écarter M. Soustelle et ceux qui, au sein du gaullisme, refusaient un changement aventureux de politique. On profita de l'affaire des barricades d'Alger, en 1960, pour chasser M. de Sérigny d'Algérie, pour le traîner en justice, et, malgré son acquittement, pour l'empêcher de retourner dans son pays. Son journal fut supprimé en mai 1961, après le putsch des généraux, dans lequel il n'avait pas trempé. Ce témoignage est passionnant, accompagné de documents, dont un discours prononcé par le général à Alger en 1951, et que ses éditeurs n'ont pas cru utile de retenir dans l'édition complète de ses harangues, on en comprend vite la raison. L'auteur n'apparaît ni comme un comploteur ni comme un esprit rétrograde, mais comme un publiciste libéral, patriote, désireux de réconcilier les deux communautés en s'appuyant sur un courant francophile, bien vivant au sein des masses musulmanes. Après le 6 février 1956, le président Guy Mollet l'avait bien compris, en l'utilisant pour retourner l'opinion algéroise. On ne gouverne jamais contre une opinion et contre ses leaders." (Jacques Valette, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1975)

268.          SPINOLA (Antonio de). Le Portugal et son avenir. Flammarion, 1974, in-12, 235 pp, traduit du portugais, broché, dos uniformément passé, bon état (Coll. Textes politiques)

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Ancien officier de cavalerie qui, en 1936, s'engagea comme volontaire dans les troupes franquistes, le général Antonio de Spinola (1910-1996) avait compris, à l'instar d'autres officiers ayant accompli une partie de leur carrière en Afrique lusophone, que la solution à la guerre coloniale menée par le Portugal en Afrique devait être politique et non militaire. Gouverneur de Guinée-Bissau en 1968, Spinola promet d'en finir avec le conflit et met le feu aux poudres six ans plus tard en publiant – il est alors chef d'état-major adjoint des forces armées – “Le Portugal et son avenir”, un livre critique mettant en évidence les tensions qui minent la société portugaise. Spinola doit démissionner, comme d'ailleurs le général Costa Gomès, commandant des forces armées en Angola. Mais cette affaire accélère le «mouvement des capitaines» révoltés par des guerres coloniales qu'ils mènent depuis 1961 en Afrique. Le 25 avril 1974, le MFA (Mouvement des forces armées) renverse sans effusion de sang le pouvoir déjà chancelant de Caetano. Spinola, qui dirige la Junte de salut national, est désigné premier président de la République du Portugal démocratique. C'est le début d'une nouvelle carrière politique... qui durera moins d'un an. Spinola reçoit tous ceux que la révolution effraie et appelle «la majorité silencieuse à se défendre contre les extrémistes totalitaires». Le 11 mars 1975, il tente et manque un coup d'Etat. Dégradé avec quinze officiers, il prend le chemin de l'exil, pendant que de grandes manifestations populaires déferlent à Lisbonne. L'ultime confrontation entre l'aile «spinoliste» de l'armée et les éléments «progressistes» du MFA vient de tourner à l'avantage de ce dernier. Réintégré au sein de l'armée en février 1978, Spinola accepte son bâton de maréchal des mains de Soarès. Il meurt dix-huit ans plus tard. (José Garçon, Libération, 14 août 1996)

269.          THATCHER (Margaret). 10, Downing Street. Mémoires. Albin Michel, 1993, fort in-8°, 778 pp, traduit de l'anglais, 24 pl. de photos hors texte, une carte, chronologie, index, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale française (octobre 1993)

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Première et seule femme Premier ministre du Royaume-Uni, Margaret Thatcher (1925-2013) a régné sur le 10 Downing Street pendant près de onze ans, revendiquant fièrement son surnom de "Dame de fer". Jamais depuis Winston Churchill, un chef de gouvernement n’aura marqué à ce point la politique britannique et la vie internationale. Farouche adepte du libéralisme, amie de Ronald Reagan et de Michael Gorbatchev, Margaret Thatcher s’est attachée à redresser une Grande-Bretagne fragilisée tout en portant la nation aux avant-postes des grandes confrontations mondiales, de la dénonciation du communisme à l’amorce des évolutions sud-africaines, de la guerre des Malouines à celle du Golfe. Ce livre raconte les combats que cette admiratrice avouée du général de Gaulle a menés une décennie durant contre le terrorisme irlandais ou les syndicats travaillistes, pour réformer l’administration, et imposer une nouvelle conception de la construction européenne, laissant un héritage qui va bien au-delà du Royaume-Uni et des idéologies.

270.          TOURNOUX (Raymond). Le Feu et la cendre. Les années politiques du général de Gaulle, 1946-1970. Plon, 1979, gr. in-8°, 379 pp, broché, bon état

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"Le style et la manière de R.T. ne se démentent pas, dans cet ouvrage pour lequel il a accumulé et dépouillé de très nombreux documents publiés et inédits (dont il livre certains) et a recueilli des témoignages encore plus nombreux qui permettent d'apercevoir un général de Gaulle plus « quotidien » (entretiens directs avec le Général, témoignages de la plupart des « barons » du gaullisme ou d'autres personnalités, A. Pinay, R. Coty, etc.). Vus sous cet angle, les événements des Quatrième et Cinquième Républiques défilent avec un accent mis sur la première. C'est sans doute pour cette période que les témoignages sont les plus intéressants et l'on retrouve, une fois de plus, la magie du verbe du général de Gaulle, surtout dans les propos recueillis à la Boisserie, plus libres et peut-être encore plus durs à l'égard des hommes politiques : ceux-ci sont traités de « politichiens », la politique à la petite semaine est devenue la politique « à la petite journée », etc. Les dernières années : mai-juin 1968, dernier référendum, départ puis mort du Général, sont traitées plus rapidement." (Revue française de science politique, 1980)

271.          VALETTE (Michel). De Verdun à Cayenne : Robert Porchet (1891-1964). Les Indes savantes, 2011, in-8°, 443-(6) pp, préface d'Albert Jacquard, illustré par l'auteur, qq documents en fac-similé, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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D'après un manuscrit authentique de Robert Porchet, l'histoire vraie d'un Français ordinaire qui n’a pu supporter les exactions de la guerre de 14, qui raconte ce qu’il a vécu, comment il a déserté, comment il a été condamné au bagne et ce qu’il a pu constater et subir dans les bagnes de Thouars et de Guyane... Son observation des débordements des gardes chiourmes, sa dénonciation de la politique d’extermination lente des condamnés, ses récits documentés qui se recoupent avec d’autres documents comme ceux d’Albert Londres par exemple, font de ce livre un témoignage qui a valeur de document.

272.          WANG (Nora). Emigration et politique. Les Etudiants-ouvriers chinois en France (1919-1925). Les Indes savantes, 2002, gr. in-8°, 374 pp, 16 pl. de photos hors texte in fine, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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L’aventure des étudiants-ouvriers des années vingt, jeunes Chinois accourus au lendemain de la Grande Guerre vers la patrie de Saint-Simon et de Victor Hugo s’inscrit de manière organique dans un projet politique. Cette étape singulière structura la carrière de nombre de ces jeunes gens, dont Zhou Enlai et Deng Xiaoping furent les plus célèbres.

273.          YOUSSOUPOFF (Prince Félix). Mémoires. V & O éditions, 1990, gr. in-8°, 406 pp, 40 pl. de photos hors texte, généalogie de la famille Youssoupoff, broché, couv. illustrée, bon état

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Avant l'exil, 1887-1919 ; En exil, 1919-1953. — Grandeur et décadence. Ainsi pourrait-on résumer, de manière certes quelque peu lapidaire et réductrice, la vie du prince Félix Félixovitch Youssoupoff (1887-1967), mondialement célèbre pour avoir été l'assassin de Raspoutine - faux mystique manipulateur et débauché sous l'emprise duquel était tombée la tsarine Alexandra Féodorovna, régente de l'Empire de Russie pendant la présence au front, lors de la Première Guerre mondiale, de son époux le tsar Nicolas II. Pour ainsi dire né aux marches du trône, puisqu'il voit le jour dans l'une des familles les plus prestigieuses de la haute noblesse russe, Félix Félixovitch Youssoupoff s'en rapproche encore par son mariage avec la grande-duchesse Irina Alexandrovna, nièce de Nicolas II. Plus qu'un autre, l'auteur de ces Mémoires a connu dans la Russie prérévolutionnaire une vie d'un faste inouï et authentiquement princier, avant d'incarner, dans l'exil, l'une des figures les plus emblématiques de l'émigration russe blanche. Aussi bien, sa relation du train de vie d'un grand seigneur russe avant 1917 prend-elle des accents, involontaires d'ailleurs, d'histoire des mentalités, tandis que la description de la vie errante postérieure à la révolution démontre, de manière presque inconsciente, la force d'âme et l'amour de la vie du prince Youssoupoff, formant avec son épouse un couple indestructible qu'aucune épreuve ne pourra séparer.

274.          ZOURABICHVILI (Salomé). Une femme pour deux pays. Grasset, 2006, in-8°, 296 pp, 8 pl. de photos hors texte, un tableau généalogique hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Ce témoignage très personnel raconte à la fois un parcours et une famille hors du commun. La carrière diplomatique de Salomé Zourabichvili l'a conduite de Rome à Bruxelles, en passant par Washington, N'Djamena et New York, jusqu'à Tbilissi, où elle fut d'abord ambassadeur de France. Fait exceptionnel, elle est nommée en mars 2004 ministre des Affaires étrangères par le président de la Géorgie en accord avec le président Chirac. Salomé a la conviction qu'elle avance sur un chemin où l'ont précédée ses ancêtres. On découvre ainsi d'incroyables figures : Ivane Zourabichvili, qui fit partie des personnalités marquantes de l'indépendance géorgienne, ou Mekhi Kedia, qui fut à l'origine de l'arrestation – de courte durée – de Staline. On rencontre aussi une grand-tante qui fut le modèle de la jeune Géorgienne du roman d'Aragon, Les Cloches de Bâle, puis Nico, l'arrière-grand-père, "le Victor Hugo géorgien", puis Olga, Maïa, Agrippine, femmes aux vies brisées par l'exil, et bien d'autres encore dont la mémoire hante Salomé. Ces ombres tutélaires semblent avoir joué un rôle dans l'accumulation de coïncidences qui ont présidé à son retour en Géorgie. Ses ancêtres quittèrent leur pays, chassés par l'armée russe et, clin d'œil de l'histoire, c'est Salomé qui eut à négocier le départ des troupes russes de Géorgie...

1ère GUERRE MONDIALE

 

275.          CIVRIEUX (Commandant de). L'offensive de 1917 et le commandement du général Nivelle. Pages de vérité. P. et Bruxelles, G. Van Oest, 1919, in-12, 267 pp, une carte dépliante hors texte in fine, broché, bon état

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"Ce livre, étayé sur des documents originaux et entièrement inédits, révèle les dessous politiques de la bataille de l'Aisne de 1917 et explique pourquoi la victoire n'a pas été remportée quinze mois plus tôt." (Le Figaro)

276.          CORDIER (M.). De la Déroute à la Victoire. Souvenirs de la campagne de 1918 par un prêtre combattant. Tamine (Belgique), Duculot et P., Téqui, 1922, pt in-8°, 158 pp, préface de Mgr Baudrillart, 2 cartes à pleine page, broché, bon état

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"... Ce jeune prêtre-combattant, d’abord caporal, puis sergent et officier, rapporte dans ce livre deux moments de la campagne de 1918. Au mois de mars, c’est la déroute et ses horreurs ; aux mois de septembre et octobre, c’est le commencement de la victoire et les espérance du triomphe. Nous suivons avec grand intérêt toutes les péripéties de la lutte. A la lecture de ce récit très simple, mais “sincère et vivant”, – c’est ainsi que le qualifie Mgr Baudrillart dans une lettre-préface, – nous avons l’impression d’être avec l’auteur, de passer avec lui par tous les périls de la guerre, de participer à toutes ses souffrances physiques et morales. Il nous est particulièrement agréable de voir que ce héros, qui conduit ses soldats à la bataille avec tant de présence d’esprit et de sang-froid, est prêtre tout autant qu’homme de guerre.On admire en lui la bravoure constante et raisonnée de l’officier, on aime la charité débordante et inlassable du prêtre. Un livre comme celui-ci est de nature à faire du bien. Il devrait avoir sa place près des meilleurs du genre dans les bibliothèques de collège et de paroisse." (A. L., La Revue française hebdomadaire, 1922)

277.          DUHAMEL (Georges). Vie des Martyrs 1914-1916. Edition définitive avec 19 illustrations de P. L. Guilbert, gravées par Paul Baudier. Hachette, 1929, in-8°, 260 pp, illustrations de Paul-Louis Guilbert, impression soignée sur vélin des Papeteries du Marais, reliure demi-maroquin bordeaux, dos à 4 nerfs soulignés à froid, auteur et titre dorés, tête dorée, signet, bel exemplaire imprimé sur vélin du Marais (Coll. des Grands Ecrivains)

            60

Les récits des médecins durant la Grande Guerre sont assez rares. Pourtant, en quatre ans, près de cinq millions de blessés déferleront sur les services de santé, à l'arrière-front. Georges Duhamel, médecin-major, engagé volontaire, passera 48 mois aux armées et rapportera son expérience de Verdun dans “Vie des martyrs” et “Civilisation 1914-1917”. Duhamel, qui était médecin, a vécu « l'envers de l'enfer » et voulu, avec cette “Vie des martyrs” (1917), oeuvrer à la mémoire de ces hommes confrontés à la douleur, à la terreur de l'amputation, à l'agonie, mais aussi à la grâce. Son livre, qui offre des pages exceptionnelles sur Verdun, est un des premiers témoignages littéraires sur la Grande Guerre. Un chef-d'oeuvre.

278.          F... (Hubert). La Guerre navale. Mer du Nord – Mers lointaines. Lausanne et P., Payot et Cie, 1916, in-8°, 316 pp, 8 cartes, 6 schémas de combats, 19 plans et silhouettes de navires, broché, couv. illustrée (lég. salie), dos bruni, état correct

            30

"Dans ce volume, l'auteur décrit les opérations dans la Mer du Nord et les Mers lointaines, réservant à un second volume les autres théâtres d'opérations. Il passe en revue, les combats de la Mer du Nord jusqu'à la bataille du Skagerrack, puis la croisière du vice-amiral von Spee à travers le Pacifique, brusquement interrompue par la sanglante défaite des îles Falkland, puis la prise des colonies allemandes, et enfin la carrière mouvementée des corsaires allemands Emden, Karlsruhe, Prinz Eitel, etc. L'ouvrage est abondamment illustré de cartes, schémas de batailles, silhouettes et plans de navires, clairs et précis, qui guideront utilement le lecteur. C'est la première histoire de la guerre navale qui ait paru en France." (Catalogue de l'éditeur) — "L'auteur étudie successivement : les opérations de la mer du Nord jusqu'au combat de Doggerbank, le 24 janvier 1915 ; l'action de l'escadre de l'amiral von Spee, détruite dans le combat des îles Falkland ; la prise des colonies allemandes (Tsing-Tao, les archipels du Pacifique, les colonies africaines) ; la guerre de course, les exploits des corsaires allemands, et notamment de l'Emden, jusqu'à l'entière destruction de ceux-ci. Le récit est fondé principalement sur les documents officiels, mais les trop rares et brefs communiqués sont complétés et « animés » par les lettres et récits de témoins. Le livre est impartial, et la lecture en est très attachante : il a été fort remarqué. On promet une suite à ce volume sous le titre : Méditerranée et Adriatique. Les corsaires sous-marins. Baltique." (Jean Vié, La Littérature de guerre, août 1914–août 1916)

279.          GAUDY (Georges). Les Galons noirs. Tallandier, 1930, in-12, 222 pp, une illustration au trait sur la page de titre, reliure demi-basane carmin, dos à 4 nerfs, titres et filets dorés (rel. de l'époque), bon état

            35

"Les Galons noirs" relatent sous une forme légèrement romancée l'histoire émouvante d'un soldat des bataillons légers d'Afrique. Les galons noirs, ce sont les galons de caporal que le soldat Baris, provenant des "Joyeux", reçut après avoir accompli l'extraordinaire exploit de ramener à lui seul trois blessés et deux tués d'entre les lignes.

280.          GÉRARD (Jo). 14-18 insolite. Bruxelles, Meddens, 1966, in-8°, 296 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats (lég. défraîchie), état correct

            25

Anecdotes extraordinaires, insolites, peu connues ou anticonformistes de la guerre de 1914-1918.

281.          GOUTARD (Colonel Adolphe). La Marne, victoire inexploitée. Six semaines de guerre-éclair. Laffont, 1968, in-8°, 391 pp, préface de Sir Liddell Hart, lettre du général Wanty de l'armée belge, lettre du général d'armée Blanc, 12 croquis, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Un ouvrage que Liddell Hart qualifie de "ré-examen nécessaire" et le général Wantz de "démystification".

282.          GRAS (Gaston). Douaumont, 24 octobre 1916. Verdun, Editions Lorraines, s.d. (1949), in-8°, 159 pp, 3e édition, broché, jaquette illustrée, bon état

            20

"Cet ouvrage, écrit par un ancien du Régiment d’Infanterie Colonial du Maroc, est entièrement dédié au parcours de cette prestigieuse unité. L’auteur, à l’époque des faits, était un jeune sergent de la classe 1916, et donc nouvellement arrivé au front. La première attaque à laquelle il prend part est celle du 24 octobre. Par l’insertion de dialogues et de descriptions précises des lieux et des acteurs, le lecteur se trouve plongé au cœur de la bataille. Gaston Gras restitue parfaitement l’angoisse qui tenaille les hommes dans l’attente de l’attaque. Pour les hommes à l’ancre rouge, les dernières heures sont des jours et les dernières minutes sont des heures… Membre du 4e Bataillon, Gaston Gras décrit l’assaut initial avec la véracité du témoin..." (Romain Sertelet, Verdun-Meuse)

283.          Guide illustré Michelin. Amiens, avant et pendant la guerre. Clermont-Ferrand, Michelin, 1930, in-8°, 56 pp, 4 plans, une carte sur double page hors texte, nombreuses photos, broché, bon état (Coll. Guides illustrés Michelin des champs de bataille 1914-1918)

            25

284.          Guide illustré Michelin. Champs de bataille de la Marne (1914). I. L'Ourcq. Meaux, Senlis, Chantilly. P., Berger-Levrault, 1917, in-8°, 120 pp, 15 cartes et croquis, 4 cartes hors texte, très nombreuses photos, cart. souple de l'éditeur, jaquette, bon état (Coll. Guides illustrés Michelin des champs de bataille)

            30

"Ce guide comprend : 1) une partie historique où sont indiquées, avec une grande précision et de bons croquis, les positions occupées successivement par les Français et les Anglais à l'ouest de l'Ourcq lors du retour offensif qui arrêta l'ennemi et ruina le plan d'hégémonie allemande ; 2) un guide du touriste à travers le vaste champ de bataille qui s'étend de Chantilly à Meaux. Si l'on est un peu choqué de voir un gros industriel profiter de l'occasion pour faire à sa maison une réclame retentissante, il faut reconnaître que le « Touring-Club » a, de son côté, fait une oeuvre utile en donnant toutes les indications nécessaires pour permettre d'accomplir dans le moindre temps et avec le plus de fruit possible ce pèlerinage national." (Ch. Bémont, Revue historique, 1917)

285.          ISSELIN (Henri). La Ruée allemande. Printemps 1918. Arthaud, 1968, in-8°, 278 pp, 6 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Les premiers mois de 1918 marquent un tournant dans l’histoire de la Grande Guerre. Depuis plus de trois années, les armées de l’Entente et celles des Empires centraux s’épuisent en combats sanglants. Un dogme s’est établi : celui de l’inviolabilité des fronts ; le conflit paraît voué à l’enlisement. Et voici qu’au printemps 1918, utilisant de nouvelles méthodes de combat et disposant des divisions ramenées du front oriental, le général allemand Ludendorff déclenche sur le front nord-est des assauts successifs d’une violence inouïe. Ces offensives ouvrent des brèches énormes dans les positions franco-britanniques. Rien, ne semble-t-il, ne peut résister à l’élan des attaquants. On peut craindre la rupture du front, la victoire décisive. Or celle-ci échappera aux forces allemandes. Quels ont été, au-delà des légendes et des idées admises, les véritables facteurs qui ont permis aux troupes de l’Entente de rétablir une situation apparemment compromise, puis d’amener leurs adversaires à déposer les armes ? Comment ont agi les chefs militaires et politiques au cours de cette période dramatique entre toutes ? A ces questions, l’auteur s’est attaché à répondre avec un soucis d’objectivité historique rigoureux.

286.          KEYES (Amiral Sir Roger). Des bancs de Flandre aux Dardanelles. (The Narrow Seas to the Dardanelles, 1910-1915). P., Editions de la Nouvelle Revue Critique, 1936, in-8°, 361 pp, traduit de l'anglais, 8 cartes, broché, bon état

            25

L'Angleterre à Constantinople ! Ce n'était point tout à fait la politique de la Russie impériale, mais les héros qui perdirent la vie sur les plages étroites de Gallipoli ou dans les eaux profondes des Détroits, ignorèrent quel indéfinissable point d'interrogation posèrent à la fin de leur sacrifice les subtilités des chancelleries. Les survivants obéirent aux ordres. L'activité de Sir Roger Keyes, sa tenacité, ses émouvantes prières se heurtèrent à d'énigmatiques ajournements et renoncements qu'il admit par devoir, mais qu'il se promit de soumettre dans l'avenir au tribunal de l'Histoire. (Avant-propos) — La plus grande partie de l'ouvrage concerne Gallipoli

287.          LA MENARDIÈRE (Camille de). A propos de la Grande Guerre. 1. Les Prophètes : Balzac, Alexandre Dumas fils, Victor Hugo, Nietzsche. P., Librairie Henri Leclerc, 1919, gr. in-8°, 36 pp, broché,couv. défraîchie, état correct. Rare

            25

Seul volume paru. – La Menardière est le pseudonyme de Lucien Pinvert, homme de lettres et avocat à la Cour d'appel (1860-1926). Pinvert est l’auteur d’études sur la littérature du seizième siècle (sur Jacques Grévin en 1899, sur Lazare de Baïf en 1900) et sur Mérimée en 1908. L’image de Nietzsche dans l’ouvrage est celle d’un écrivain étranger dont les écrits ont contribué à l’atmosphère de guerre entre la France et l'Allemagne.

288.          LANREZAC (Général). Le Plan de Campagne français et le premier mois de la guerre (2 août–3 septembre 1914). Payot, 1920, in-12, (ix)-284 pp, 4 cartes dépliantes hors texte, reliure demi-basane verte, dos lisse, titres et filets dorés, faux-nerfs à froid, bon état

            25

"Sur les débuts de la guerre se sont formées les légendes les plus nombreuses et peut-être aussi les plus injustes. Pour cette partie de la guerre, l'histoire mise au service de la vérité est déjà en marche. Le livre du général Lanrezac n'est pas une oeuvre de polémique ; il expose les faits, reproduit les ordres reçus et donnés, explique l'état d'âme et les préoccupations du chef aux divers moments de la crise." (Général de Maud'huy) — "... Il s'agit de la réhabilitation que le général Lanrezac, relevé de son commandement à la veille de la bataille de la Marne, a estimée lui être due. Il en donne les raisons. L'initiative qu'il a prise de rompre la bataille de Charleroi que le G.Q.G. aurait voulu offensive a sauvé les armées alliées d'un désastre, et la bataille de Guise, qu'il a menée, malgré les difficultés de cette action, sans suivre aveuglément les prescriptions du généralissime, a été un succès qui a servi le retour offensif de la Marne. Le remplacer comme on l'a fait à la tête de sa 5e armée a donc été une mesure qu'il était loin d'avoir méritée..." (Revue militaire suisse)

289.          LOCKHART (Robert Hamilton Bruce). Mémoires d'un agent britannique en Russie (1912-1918). Payot, 1933, in-8°, 365 pp, traduit de l'anglais par le capitaine Lucien Thomas, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            40

"Romantique impénitent, épris de Heine et du sentimentalisme de Loti, M. B. Lockhart semblait l'homme le moins préparé à vivre le drame que le destin allait lui réserver. Un séjour en Malaisie avait apaisé sa soif d'exotisme. Il y avait en lui plus et mieux qu'un imaginatif : un réaliste, un sportif-né, un Ecossais courageux, une conscience scrupuleuse. C'est à travers lui que nous allons vivre la plus grande révolution du monde. Consul à Moscou, M. Lockhart vécut une vie double : l'une officielle, anglaise qui le forçait à parader avec la ploutocratie moscovite, l'autre personnelle et très russe, car il apprenait la langue du pays dans une famille de révolutionnaires. Il connut ainsi promptement le haut commerce, l'élite intellectuelle, les ouvriers et constata bientôt d'inquiétantes lézardes. Ce livre, dont l'intérêt ne cesse d'augmenter nous conduit jusqu'en 1917, époque de vie frénétique où tout croulait devant la Terreur. Seul au centre de ce tourbillon, dépourvu de mission officielle et recevant cependant des ordres de Londres, M. Lockhart était « un Ismaélite que le gouvernement britannique pouvait reconnaître ou désavouer à son gré ». Opposé à l'intervention alliée pendant longtemps. M. Lockhart finit par capituler. Au milieu du chaos russe el du désarroi des missions alliées, séparé de l'univers après l'échec du malheureux ou insuffisant débarquement d'Arkangel, il voulut, par bravoure et goût inné du fair play, jouer jusqu'au bout sa périlleuse partie. Sa situation paradoxale devint équivoque, puis suspecte. Il fut incarcéré. Les mémoires de M. Lockhart, que l'on sent scrupuleusement véridiques, constituent une précieuse source de renseignements qui éclairent puissamment une ténébreuse période de l'histoire contemporaine. Ce livre n'est pas uniquement dramatique et M. Lockhart nous offre parfois le divertissement d'une comédie ou d'un portrait historique très vivant, rehaussé d'une petite touche du plus pur humour britannique. M. Lockhart fut libéré après avoir senti sur sa nuque « le noeud coulant de la potence », et s'il nous était permis d'ajouter une ligne à son livre passionnant, ce serait pour le dédier à cette icône mystérieuse du Kremlin qu'il connaissait : Notre Dame des Joies-Inattendues." (Edm. F., Revue militaire suisse, 1934) — Ce livre a connu un grand succès et a été porté à l’écran en 1934 par Michael Curtiz (1886-1962) sous le titre “Un agent britannique” (“British Agent”).

290.          MÉLOT (Henry). La Mission du général Pau aux Balkans et en Russie tzariste, 9 février–11 avril 1915. Payot, 1931, in-8°, 197 pp, préface du général Pau, 18 photos sur 16 pl. hors texte, 12 cartes et croquis dans le texte, broché, marques au stylo sur 8 pages, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale). Peu courant

            50

"Ce livre présente le récit de la Mission qui fut confiée au général Pau, au début de 1915, à travers les États balkaniques et à destination de l'Empire des tzars. Le but de cette mission était multiple : officiellement, faire la remise personnelle de décorations dans les armées alliées, serbes et russes ; officieusement, recueillir toute documentation et tous indices sur la situation militaire, l'orientation politique et les desideratas de nos alliés ; sur la mentalité, les tendances, les aspirations, les possibilités des neutres, dont la mission allait traverser les États. (...) Sous la forme d'un journal de route, ce récit donne, avec une riche documentation et un souci absolu de la vérité, la réponse à de multiple questions..." (Avertissement). — Le lieutenant-colonel Mélot était l'officier d'ordonnance du général Pau au cours de cette mission.

291.          PEDRONCINI (Guy). 1917 : les mutineries de l'Armée française. Julliard, 1968, in-8°, 293 pp, 16 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), qqs marques au crayon en marge, bon état (Coll. Archives)

            30

Complot défaitiste des agents de l'Allemagne ou rébellion spontanée contre l'incompétence du Haut-Commandement ? 68 divisions touchées, 40.000 mutins. Que fut la crise d'indiscipline qui secoua l'Armée française au printemps de 1917 ? La répression fut-elle atroce ou bénigne ? Pedroncini est le premier historien à s'être penché sur les mutineries de 1917. Il aura fallu 50 ans pour "casser" l'illustre tabou.

292.          PÉTAIN (Maréchal). La Bataille de Verdun. P., Avalon, 1986, gr. in-8°, 174 pp, préface de Me Jacques Isorni, 31 illustrations dans le texte et à pleine page, 8 cartes et 2 plans, reliure toile bleue de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, jaquette tricolore illustrée, gardes illustrées, bon état (Coll. Sabre au clair)

            25

Edition illustrée. – Le 21 février 1916 à 7h 30, 1000 canons et 152 lance-mines déclenchent le plus formidable bombardement d'artillerie jamais vu dans l'histoire de l'Homme. En quelques heures, un million d'obus nivelle les positions françaises, des milliers de soldats français sont morts ou agonisent, les autres attendent la fin avec résignation. A 16h 45, par petits paquets, l'infanterie allemande monte à l'assaut. Mais l'Armée française résiste...

293.          REDING (Raymond). L'Hôpital de l'Océan. La Panne, 1914-1919. Une aventure belge au coeur de la Tourmente. Bruxelles et P., Editions Jourdan, 2014, in-8°, 239 pp, 18 pl. de photos hors texte, 6 cartes in fine, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            15

En pleine tourmente de la guerre 14-18, alors que l’armée d’Albert Ier, le Roi-Chevalier, se bat sur l’Yser et que la Belgique non-occupée se réduit aux polders désolés du Westhoek, l’Hôpital de la Croix-Rouge à La Panne va écrire une page magnifique, mais méconnue de l’histoire de la Première Guerre mondiale. Installée dans l’Hôtel de l’Océan, sur la digue, à une douzaine de kilomètres des premières lignes, l’ambulance du docteur Depage soigne les blessés des tranchées et fait progresser la chirurgie de guerre, sous la tutelle bienveillante d’Elisabeth, la Reine-infirmière. L’auteur convoque l’étonnante galerie des portraits de ceux qui furent les héros et parfois les victimes de cette saga oubliée : Marie Curie, Alexis Carrel, Alexander Fleming, Emile Verhaeren, Edith Cavell, et tant d’autres. Une aventure médicale, scientifique et humaine qui fait se croiser des destins exceptionnels, au cœur des affres de la Grande Guerre…

294.          SAISON (Jean). D'Alsace à la Cerna. Notes et impressions d'un officier de l'armée d'Orient (octobre 1915–août 1916). Plon, 1918, in-12, 325 pp, 2 cartes (la Macédoine et le bassin du Vardar moyen), reliure demi-basane verte à coins, dos à 4 double-nerfs soulignés à froid, auteur, titre et décor doré, filets dorés sur les plats (rel. de l'époque), bon état. Rare

            80

"Attaché à l'état-major de la 57e division, l'auteur de ce petit livre très vivant a pu, mieux que ses camarades de la troupe, étudier les diverses péripéties de la campagne entreprise par l'armée française en Macédoine, à l'automne de 1915. La division fut subitement arrachée à la terre d'Alsace, qu'elle défendait depuis de longs mois, et jetée sur le sol de la Macédoine. A peine débarquée, elle intervient contre les Bulgares et fait une résistance héroïque. Mais il faut céder devant le flot envahisseur. Alors commence la retraite, rendue difficile par l'ennemi qui ne cesse de talonner nos troupes et par l'absence presque complète de moyens de communications. M. Saison en retrace les phases diverses avec une netteté parfaite. Jour par jour, presque heure par heure, il note les angoissants problèmes qui se présentèrent à l'état-major et la façon remarquable dont celui-ci sut les résoudre. La retraite terminée, il n'y a plus qu'à organiser le camp retranché de Salonique, en attendant que les circonstances permettent de reprendre la campagne avec plus de chances de succès. De longs mois se passent, qui permettent les excursions à travers le pays. M. Saison a su noter les mœurs des indigènes musulmans et chrétiens avec une grande vérité. Il est certainement un de ceux qui ont su le mieux juger la situation et voir la Macédoine sous son véritable aspect. Nous recommandons tout particulièrement son livre." (R. Janin, Revue des études byzantines, 1919) — "Voici le premier récit complet de la lamentable campagne d'Orient en 1915, si brillamment vengée et si largement réparée en 1918. Ce récit n'est pas seulement complet ; il est intelligent, il est vif, il est coloré. Peu de carnets de route militaires nous ont intéressé davantage. Visiblement, celui-ci n'a pas été arrangé après coup. L'auteur appartient à la 57e division..." (Revue historique, 1919)

295.          SUAREZ (Georges). Briand. Sa vie. Son oeuvre, avec son journal et de nombreux documents inédits. Plon, 1938-1952, 6 forts vol. in-8°, xi-468, 515, 499, 396, 437 et 380 pp, 57 gravures et photos hors texte, biblio, brochés, couv. illustrées de portraits de Briand à diverses époques de sa vie, pt déchirure au 1er plat du time VI, bon état. Rare complet, envoi a.s. au tome III

            200

Monumentale biographie d'Aristide Briand (1862-1932) fort rare complète car les cinq premiers volumes sont parus de 1938 à 1941 et le sixième seulement en 1952. Ancien collaborateur de Clemenceau et de Tardieu, Georges Suarez a été fusillé le 9 novembre 1944 suite à son engagement collaborationniste. Les documents inédits qu'il a utilisés lui ont été confiés par les héritiers de Briand, ses neveux Billiau. Ils comprennent, d'après l'introduction : 1) Un journal que Briand a tenu à de certaines époques et notamment pendant la guerre ; 2) « Des documents confidentiels concernant la politique de ses gouvernements successifs » ; 3) Des lettres écrites par lui-même ou à lui adressées. — Tome I : Le Révolté circonspect, 1862-1904 – Tome II : Le Faiseur de calme, 1904-1914 – Tome III : Le Pilote dans la tourmente, 1914-1916 – Tome IV : Le Pilote dans la tourmente, 1916-1918 – Tome V : L'Artisan de la paix, 1918-1923 – Tome VI et dernier : L'Artisan de la paix, 1923-1932. — Si on excepte Jaurès, trois hommes dominent la vie politique française durant les trente premières années du XXe siècle : Clemenceau, Poincaré et Briand.

2ème GUERRE MONDIALE

 

296.          BERR (Hélène). Journal 1942-1944. Suivi de Hélène Berr, une vie confisquée, par Mariette Job. Tallandier, 2008, in-8°, 300 pp, préface de Patrick Modiano, 8 pl. de photos et documents hors texte, broché, couv. illustrée, qqs annotations stylo, bon état

            12

"Il y avait sûrement en 1942 des après-midi où la guerre et l'Occupation semblaient lointaines et irréelles dans ces rues. Sauf pour une jeune fille du nom d'Hélène Berr, qui savait qu'elle était au plus profond du malheur et de la barbarie ; mais impossible de le dire aux passants aimables et indifférents. Alors, elle écrivait un journal. Avait-elle le pressentiment que très loin dans l'avenir, on le lirait ? Ou craignait-elle que sa voix soit étouffée comme celles de millions de personnes massacrées sans laisser de traces ? Au seuil de ce livre, il faut se taire maintenant, écouter la voix d'Hélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie." (Patrick Modiano)

297.          BERVIALLE (“Zizon”). Au volant de “Madeleine-Bastille” : Petites histoires vécues par une ambulancière de la Division Leclerc de Rabat à Berchtesgaden. P., Caravane, s.d. (1975), in-8°, 126 pp, préface de Suzanne Massu, 12 photos, broché, couv. illustrée (lég. salie), bon état

            25

Souvenirs de Suzanne dite "Zizon" Bervialle (née Sicot). Cette Rochambelle 2ème classe, engagée le 27 mars 1944, à Rabat (Maroc) fit toute la campagne de France. Elle était au volant d’une ambulance baptisée « Madeleine-Bastille » en compagnie de Denise Colin puis Liliane Walter (lors de la campagne allemande). Elle épousa un soldat de la 2e DB, Jacques Bervialle. Dans le numéro 107 du magazine Espoir, consacré à la 2e Division Blindée, Rosette Peschaud expliquera que : « c’est à Badonviller où est tué le Colonel de La Horie que Zizon rencontra Jacques Bervialle (1921-1991), blessé grièvement. Il est transporté dans son ambulance et lui serre très fort la main pendant tout le trajet. Après la guerre Zizon et Jacques se retrouveront et se marieront. » Elle est décédée en 1974.

298.          CHAUVET (Didier). Georg Elser et l'attentat du 8 novembre 1939 contre Hitler. L'Harmattan, 2010, in-8°, 132 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Travaux historiques)

            10

Ce livre retrace le cheminement d'un homme seul, Georg Elser, simple menuisier, qui avec une rare bravoure défia la dictature nazie en planifiant méthodiquement et en réalisant, sans aucune aide extérieure, l'attentat le plus stupéfiant destiné à éliminer Hitler et la direction du parti nazi lors de la commémoration de l'anniversaire du putsch de la brasserie à Munich. Au-delà des préparatifs passionnants de cet attentat et des interrogatoires qui suivirent l'explosion, ce livre s'attache à décrire l'état d'esprit au quotidien d'un ouvrier sous la dictature nazie, à présenter la politique sociale et économique des nazis, les relations entre le régime et le monde du travail et revient sur les aspects majeurs du nazisme.

299.          CHRISTOPHE (Francine). Une petite fille privilégiée. Une enfant dans le monde des camps, 1942-1945. L'Harmattan, 1998, in-8°, 170 pp, 8 pl. de documents hors texte, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mémoires du XXe siècle), lettre de l'auteur (3 pages) et bel envoi a.s. à Evelyne Sullerot

            25

Le témoignage d'une fillette de 9 ans qui connaîtra les camps de Drancy, Pithiviers, Beaune-la-Rolande avant d'arriver à Bergen-Belsen avec sa mère et de vivre l'horreur des camps de concentration... "Je fus une petite fille privilégiée, parce que mon père avait été prisonnier. Et, aussi curieux que cela paraisse, c'est ce qui me sauva la vie..." – "Bergen-Belsen, j'en reviens, cinquante ans que j'attendais ce moment-là ! Lorsque j'ai franchi la grille, quelque chose m'a arrêtée tout net : les oiseaux... ça chantait partout... On me demande s'il n'y avait pas d'oiseaux dans les camps. Je ne sais pas. Peut-être qu'il y en avait, mais on ne les voyait pas, on ne les entendait pas, parce qu'on voyait et on entendait bien autre chose. À Bergen, maintenant, les oiseaux chantent partout." (Francine Christophe)

300.          Collectif – Département d'Etat des Etats-Unis d'Amérique. Paix et Guerre, la politique étrangère des Etats-Unis, 1931-1941. Washington, Departement of State, 1944, gr. in-8°, (6)-220 pp, broché, bon état. On joint un carton du « Allied Force Headquarters, Information and Censorship Section. Psychological Warfare Branch, Unit N° 1 – Avec les compliments du P.W.B. ». Le P.W.B. a réalisé la traduction des appendices du livre

            30

Le 2 janvier 1943, le Département d'Etat publia un ouvrage intitulé « Paix et Guerre, la politique étrangère des Etats-Unis, 1931-1941 », dont la préface annonçait la publication ultérieure de documents cités à l'appui de l'exposé. Les documents en question furent publiés le 1er juillet 1943. Le présent ouvrage renferme : a) la réimpression de l'édition française de « Paix et Guerre », en date du 2 janvier 1943 ; b) la traduction des documents du recueil du 1er juillet 1943 qui se rapportent particulièrement aux relations avec la France. (Mai 1944)

301.          Collectif – LOINGER (Georges)(dir.). Organisation juive de combat. Résistance/sauvetage. France 1940-1945. Autrement, 2002, gr. in-8°, 448 pp, 24 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, surlignures stabilo, bon état, envoi a.s. de Georges Loinger

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À travers plus de 500 témoignages, ce livre révèle comment une part importante de la population juive de France a pu survivre, entre autre grâce à l'action d'une résistance spécifiquement juive, née en 1940, au lendemain de l'Occupation.

302.          Collectif. 1919-1939 : La montée des périls. La France d'une guerre à l'autre. Le Figaro, 2009, gr. in-8°, 144 pp, nombreuses iIlustrations et photos en noir et en couleurs, 5 cartes en couleurs, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, qqs annotations crayon, bon état (Coll. La Seconde Guerre mondiale 01)

            15

Au lendemain de la Grande Guerre, personne ne croit à l'éventualité d'un nouveau conflit. Le désarmement de l'Allemagne paraît préluder à un désarmement général, tandis que la création d'une Société des nations suscite une grande espérance. Pourtant, les traités de paix laissent un certain nombre de pays insatisfaits. Le principe des nationalités n'est pas toujours respecté et d'importantes minorités sont englobées dans les nouveaux États nés de ces traités...

303.          Collectif. Mai 1940 : La Campagne de France. La surprise des Ardennes. Le Figaro, 2009, gr. in-8°, 144 pp, nombreuses iIlustrations et photos en noir et en couleurs, 7 cartes en couleurs, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. La Seconde Guerre mondiale 05)

            15

304.          Collectif. Sept 1939 : La Seconde Guerre mondiale commence en Pologne. La France déclare la guerre. Le Figaro, 2009, gr. in-8°, 144 pp, nombreuses iIlustrations et photos en noir et en couleurs, 6 cartes en couleurs, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. La Seconde Guerre mondiale 02)

            15

305.          CROWDY (Terry). Combattants de la Résistance française. L'armée de l'ombre. Osprey Publishing, 2010, gr. in-8°, 63 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. d'iIlustrations en couleurs de Steve Noon hors texte, 46 photos, chronologie, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            15

306.          DEUVE (Jean). Histoire secrète des stratagèmes de la Seconde Guerre mondiale. Nouveau Monde éditions, 2008, gr. in-8°, 331 pp, avant-propos d'Eric Denécé, glossaire, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

De la Seconde Guerre mondiale, le grand public ne retient souvent que les plus grandes attaques ou campagnes des généraux. Pourtant, manœuvres et engagements armés ne sont que la partie visible de l'affrontement. Entre 1939 et 1945, les victoires sur les champs de bataille n'ont pu être remportées qu'au prix d'exceptionnelles opérations de renseignement et de stupéfiantes ruses de guerre. Pour la première fois, ce livre révèle ces opérations de tromperie, qui ont eu une influence déterminante sur la conduite de la guerre. Qu'il s'agisse des Américains, Britanniques, Allemands, Russes ou Japonais, tous ont rivalisé d'imagination afin d'induire leurs adversaires en erreur. Document à la fois passionnant et inédit, cet ouvrage retrace toutes les grandes opérations dites de "déception" de la Seconde Guerre mondiale et met en lumière ces incroyables mécanismes.

307.          EDEN (Sir Anthony). Mémoires de Anthony Eden, comte d'Avon. III. L'Epreuve de force, février 1938 - août 1945. Plon, 1965, in-8°, 584 pp, traduit de l'anglais (“The Eden Memoirs. The Reckoning, 1938-1945”), broché, jaquette illustrée, bon état

            40

Tome 3 seul (sur 3) : Tome 1 : Face aux dictateurs, 1935-1945 ; Tome 2 : La vérité sur l'affaire de Suez, 1945-1957. Les souvenirs d'Anthony Eden (1897-1977), ministre de la guerre en 1940, puis secrétaire aux Affaires étrangères (Foreign office) de fin 1940 à 1945 dans le cabinet de Churchill, il renforcera les liens avec les alliés et soutiendra le général de Gaulle. — "L'épreuve de force s'ouvre sur la démission d'Anthony Eden en février 1938, qui refuse de s'associer plus longuement à la politique d'apaisement du cabinet de Neville Chamberlain. II s'étend jusqu'à la défaite du parti conservateur en août 1945. Dès le début de la guerre, Eden rentre au gouvernement comme secrétaire d'Etat aux Dominions. Secrétaire d'Etat à la guerre dans le cabinet Churchill dès mai 1940, puis aux Affaires étrangères, de décembre 1940 à la fin des hostilités, ce témoin capital fonde son exposé sur les notes prises au jour le jour tout au long de la guerre et contrôlées par la suite sur les archives officielles britanniques et sur les Souvenirs et documents dejà publiés. Vingt ans après les évéments, alors que Churchill et que les généraux britanniques ont dejà fait paraître leurs mémoires sur la seconde guerre mondiale, l'auteur n'a plus à en faire la synthèse. II décrit, sobrement, son rôle personnel, dépeint les personnalités avec lesquelles il a collaboré, éclaire certains événements auxquels il a été étroitement mêlé. Un seul exemple : le 17 octobre 1942, Eden apprend que l'amiral Darlan a fait savoir aux Américains qu'il etait prêt à prendre le commandement de toute expedition alliée en Afrique du Nord, et les a assurés qu'il rallierait sans peine toutes les troupes françaises à la cause alliée. Cette démarche, restée ignorée, explique mieux la présence de l'amiral à Alger en novembre 1942, et la facilité avec Iaquelle les militaires américains acceptent de le voir jouer un rôle de premier plan à leurs côtés. L'auteur dépeint ses compagnons de route : Neville Chamberlain et ses rancunes, Staline dont il admire la lucidité, Roosevelt, qui sûr de son pouvoir de persuasion pense inutile d'étudier en détail les problèmes de l'Europe d'après guerre, et s'obstine à méconnaître la situation réelle de la France. Surtout, il nous montre comment s'établit une collaboration confiante et pourtant mouvementée avec Winston Churchill. Le premier britannique apparaît avec ses sautes d'humeur, son imagination versatile, son impulsivité, son energie, ses repentirs, sa générosité. Sous cet angle, les mémoires d'A. Eden, sont le meilleur complément aux mémoires de Churchill sur la seconde guerre mondiale." (Paul-Louis Pelet, Revue militaire suisse, 1965)

308.          FORD (Ken). La bataille de Gazala : la plus grande victoire de Rommel. Mai-Juin 1942. Osprey Publishing, 2010, gr. in-8°, 94 pp, traduit de l'anglais, 2 iIlustrations de John White en couleurs sur double page, 8 cartes en couleurs, 65 photos, chronologie, ordres de bataille, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            15

Après une accalmie de près de 4 mois dans la guerre du désert qui permit aux Anglais et aux Allemands de repositionner et de renforcer leur armée, le général Erwin Rommel attaqua par surprise les fortifications britanniques dans le secteur Nord de la ligne de front alliée, près de Gazala... Avec plusieurs milliers de soldats britanniques tués ou fait prisonniers, la bataille de Gazala fut une défaite dévastatrice pour les Alliés.

309.          GRIOTTERAY (Alain). 1940 : la droite était au rendez-vous. Qui furent les premiers résistants ? Laffont, 1985, in-8°, 260 pp, chronologie sommaire, postface par Jacques Soustelle, broché, bon état

            20

D'Estienne d'Orves, Rémy, Pierre Fourcaud, Maurice Duclos, dit "Saint-Jacques", André Dewavrin, dit Colonel Passy, Loustaunau-Lacau, Marie-Madeleine Fourcade, le colonel Groussard, Pierre Nord, le colonel Arnould, dit Général Ollivier, Henri Frenay, Pierre de Bénouville, Charles Vallin, Henri d'Astier de la Vigerie, le réseau Orion. — "La galerie de portraits, si j'ose dire, qu'Alain Griotteray nous présente avec un talent étayé par une sérieuse documentation, comporte ceux qu'il appelle « les hommes de Londres » – au premier rang, naturellement, d'Estienne d'Orves et Rémy –, ceux (et celle, à savoir Marie-Madeleine Fourcade) qu'il qualifie de « militaires », dont l'inoubliable Loustaunau-Lacau, enfin les « politiques » dont Charles Vallin, ancien lieutenant du colonel de La Rocque. (...) J'ai connu à peu près tous ceux dont Griotteray relate les combats, et notamment celui qu'il appelle « le franc-tireur », le colonel Ollivier, chef du réseau Jade, extraordinaire personnage que le romancier le plus doué d'imagination n'aurait pas osé inventer, et que je revois tenant son quartier général chez les nonnes d'un couvent du XIVe arrondissement..." (Jacques Soustelle, Revue des Deux Mondes, janvier 1986)

310.          HEROLD-PAQUIS (Jean). Des illusions.. Désillusions ! Mémoires de Jean Hérold-Paquis (15 août 1944 - 15 août 1945). P., Bourgoin Editeur, 1948, in-12, 189 pp, broché, traces de papier collant sur les gardes, sinon très bon état

            40

Par le journaliste Jean Hérold-Paquis, membre du Parti Populaire Français (PPF) et chroniqueur de Radio-Paris, fusillé le 11 octobre 1945. Un chapitre traite de l’incarcération à Fresnes dans le quartier des prévenus de juillet à août 1945. "Hérold-Paquis a sans conteste été une des VOIX de la collaboration, avec Philippe Henriot." (Henry Rousso).

311.          HERZ (Bertrand). Le Pull-over de Buchenwald. “J'avais 14 ans dans les camps de la mort”. Tallandier, 2015, in-8°, 251 pp, 4 pl. de photos hors texte, lettres et documents, arbres généalogiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Bertrand Herz avait 14 ans en 1944 lorsqu'il fut déporté à Buchenwald avec son père. Seul enfant dans ce camp où étaient internés les résistants et les opposants politiques, il nous livre un témoignage bouleversant sur l'horreur nazie. "Je suis un miraculé. Je suis un miraculé, comme tous ceux qui sont revenus des camps de concentration nazis. J'aurais dû, comme la quasi-totalité des 76.000 juifs de France arrêtés, être déporté à Auschwitz, et gazé comme les enfants de mon âge. Mais je n'ai pas été interné à Auschwitz. A Buchenwald, j'aurais pu mourir d'épuisement dans la sinistre carrière où les déportés devaient extraire des pierres sous les coups des surveillants SS. Mais, à Buchenwald même, je n'ai presque jamais travaillé. J'aurais dû subir les interminables appels au garde à vous sur la place du grand camp. Mais j'y ai échappé. J'aurais pu être transféré dans un de ces kommandos où l'on creusait des tunnels souterrains pour camoufler l'industrie de guerre, dans la poussière et sous les coups. Mais, à Niederorschel, où j'ai été transféré avec mon père, les conditions de travail étaient supportables. J'ai le sentiment d'avoir eu la chance d'être un "enfant" au milieu d'adultes, protégé par eux. Protégé par mon père, un homme d'un courage et d'un optimisme admirables, qui n'a cessé de veiller sur moi jusqu'à la fin, malgré son épuisement physique."

312.          HETTIER de BOISLAMBERT (Claude). Les Fers de l'espoir. Plon, 1978, gr. in-8°, 560 pp, 16 pl. de photos hors texte, qqs cartes et plans, broché, bon état

            40

Mémoires d'un officier français, gaulliste historique. Les deux tiers du livre (370 pages) concernent la Seconde Guerre mondiale (90 pages sur l'avant-guerre, 100 pages sur ses activités politiques et diplomatiques après-guerre). — "Avant même que le Général ait lancé son appel, l’auteur, résistant aux ordres des gendarmes, s’embarque à Brest avec les Canadiens. A Londres il apprend qu’un général français veut poursuivre la lutte. C’est de Gaulle. Il sera le premier officier à se joindre à lui. Parce qu’il connaît l’Afrique, le général l’enverra avec Leclerc rallier la Cameroun. Appelé par de Gaulle avant Dakar, en désaccord sur la conception de l’opération, il obtient d’aller sur place. Cette fois c’est l’échec. Chasseur devenu gibier, traqué, arrêté, condamné, forçat, il s’évade, regagne Londres. Il commandera les missions de liaison qu’il aura tant contribué à créer et saura avant tout Français où aura lieu le débarquement..."

313.          HICKS (George). Les Esclaves sexuelles de l'armée japonaise. Jacques Grancher, 1996, in-8°, 220 pp, traduit de l'anglais (“The Comfort Women”), 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

314.          KERSHAW (Ian). La chance du Diable. Le récit de l'opération Walkyrie. Flammarion, 2009, in-8°, 175 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Au fil de l'histoire)

            12

Le 20 juillet 1944, une bombe éclate au quartier général de Hitler, la "Tanière du loup". L'instigateur de l'attentat, Claus von Stauffenberg, rentre à Berlin, pour mettre en oeuvre le coup d'État qu'il a préparé avec les autres conjurés ; mais la nouvelle que le Führer a survécu fait tout échouer. La "chance du diable" a encore frappé et la vengeance de Hitler sera terrible... "L'opération Walkyrie" a été un coup de tonnerre dans l'histoire du Ille Reich. Il faut se représenter le courage de ces hommes d'honneur, dont le dilemme était terrible : tuer Hitler, c'était décapiter l'Allemagne alors que le pays se trouvait dans une situation critique, menacé de perdre la guerre ; cela signifiait, en cas d'échec, l'accusation de haute trahison, l'ignominie. Adapté de la biographie que Ian Kershaw spécialiste mondial du nazisme, a consacrée à Hitler, ce livre propose le récit, quasiment heure par heure, de l'attentat et de ses suites. Il éclaire la personnalité des conjurés et détaille le châtiment qui s'est ensuivi à l'aide de documents très peu connus du grand public (rapports de la SS, récit des exécutions, dernières lettres des conjurés avant de mourir...).

315.          KESSEL (Joseph). L'Armée des ombres. Plon, 1963, in-8°, 250 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            15

C'est à Londres, en 1943, que Joseph Kessel, conteur inégalable et premier chroniqueur de notre temps, a écrit “L'Armée des ombres” qui n'est pas seulement l'un de ses chefs-d'oeuvre mais le roman-symbole de la Résistance. — Un des premiers livres consacrés à la Résistance française, dans lequel « il n'y a pas de propagande (...) et il n'y a pas de fiction. Aucun détail n'y a été forcé et aucun n'y a été inventé. (...) Tout ce qu'on va lire ici a été vécu par des gens de France. »

316.          KIRCHUBEL (Robert). Opération Barbarossa (1) : l'offensive au Sud vers l'Ukraine. Juin-Novembre 1941. Osprey Publishing, 2010, gr. in-8°, 94 pp, traduit de l'anglais, 3 illustrations de Howard Gerrard en couleurs sur double page, 9 cartes en couleurs, 50 photos, chronologie, ordres de bataille, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            15

Cet ouvrage analyse en détail les 5 mois d'offensive de Von Rundstedt en direction de Rostov.

317.          KIRCHUBEL (Robert). Opération Barbarossa (2) : l'offensive au Nord vers Leningrad. Juin-Novembre 1941. Osprey Publishing, 2010, gr. in-8°, 94 pp, traduit de l'anglais, 3 iIlustrations de Howard Gerrard (1) et Peter Dennis (2) en couleurs sur double page, 10 cartes en couleurs, 53 photos, chronologie, ordres de bataille, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            15

Cet ouvrage étudie en profondeur le déroulement de l'offensive allemande et les tentatives désespérées des Soviétiques pour stopper le rouleau compresseur de la Wehrmacht.

318.          KIRCHUBEL (Robert). Opération Barbarossa (3) : l'offensive centrale vers Moscou. Juin-Novembre 1941. Osprey Publishing, 2010, gr. in-8°, 94 pp, traduit de l'anglais, 3 iIlustrations de Peter Dennis en couleurs sur double page, 7 cartes en couleurs, 60 photos, chronologie, ordres de bataille, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            15

Cet ouvrage étudie les causes de l'échec allemand sur le front de l'Est et détaille les terribles conditions du champ de bataille russe et la résistance de l'Armée rouge, qui a su profiter de chacune des faiblesses de l'armée allemande.

319.          LADOUS (Régis) et Pierre BLANCHARD. Le Vatican et le Japon dans la guerre de la Grande Asie orientale. La mission Marella. Desclée de Brouwer, 2010, gr. in-8°, 434 pp, 8 pl. de photos hors texte, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Si l'on a beaucoup évoqué et débattu des relations entre le Vatican avec l'Allemagne nazie ou l'Italie fasciste, on connaît moins en revanche les liens de celui-ci avec le régime japonais au cours de la Seconde Guerre mondiale. C'est donc un aspect peu connu mais tout à fait intéressant et problématique de l'histoire de l'Eglise au XXe siècle qui se trouve développé ici. Au cours de cette période, Mgr Marella est envoyé comme nonce au Japon, empire alors sous la domination d'un régime autoritaire, voire fascisant. Dés lors, deux problèmes majeurs se posent à lui. Quelles peuvent être les relations du Saint-Siège avec un régime de ce type, allié aux puissances de l'Axe ? Comment l'Eglise et le Vatican doivent-ils se situer par rapport à ce type d'Etat ? Seconde difficulté, comment établir aussi des relations avec un régime soumis à un rite religieux d'Etat particulier, le shinto ? N'est-ce pas revenir à la fameuse querelle des rites chinois posées par les jésuites quelques décennies plus tôt ? Un tableau historique très fouillé que propose ici Régis Ladous.

320.          LATIMER (Jon). Le siège de Tobrouk : la première offensive de Rommel. Avril-Juin 1941. Osprey Publishing, 2010, gr. in-8°, 94 pp, traduit de l'anglais, 4 iIlustrations de Jim Laurier en couleurs sur double page, 8 cartes en couleurs, 69 photos, chronologie, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            15

L'une des batailles les plus épiques de la guerre du désert.

321.          MICHEL (Henri). Et Varsovie fut détruite. Albin Michel, 1984, gr. in-8°, 455 pp, notes, repères chronologiques, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. à Ernest Labrousse

            25

Sous ce titre, c'est en réalité tout le drame de la Pologne entre 1939 et 1946 que Henri Michel étudie. La première à avoir tenu tête seule, à Hitler, ses armées écrasées en quelques semaines de combats, la Pologne est une nouvelle fois occupée par ses deux puissants voisins, l'Allemand et le Russe, et partagée entre eux ; tout oppose Allemands nazis et Russes communistes ; mais une identique hostilité les rapproche, contre la Pologne. Cependant, les Polonais sont unanimes à rejeter ce double asservissement. Sur tout leur territoire, s'est levée et organisée la plus puissante résistance clandestine de toute l'Europe occupée ; elle constitue un véritable « État clandestin ». Un immense effort, une masse de souffrances sans équivalent, pour ne recueillir que les fruits amers de l'ingratitude de l'Histoire. En août 1944, l'insurrection de Varsovie est le point culminant du drame polonais. Exemple unique dans toute la guerre : la population d'une grande ville se soulève, pour affirmer au monde, mais d'abord à ses alliés, que la Pologne vit toujours. Peu aidée par les Anglais et les Américains, l'insurrection est écrasée par l'occupant allemand après 63 jours de combat ; parvenus sur la rive droite de la Vistule, l'Armée Rouge a assisté, en spectatrice, à la destruction de la grande ville, à la mort de 200.000 de ses habitants, à la déportation de 500.000 autres. Un comportement valeureux, romantique, s'est achevé par un échec tragique. C'est donc à retrouver les origines de la Pologne actuelle que ce livre nous convie. Henri Michel explique les raisons de l'abandon de la Pologne par les Anglais et les Américains, et aussi celles de l'hostilité de Staline, qui avait dissous le parti communiste polonais en 1938. Il montre comment une poignée d'hommes, dont aucun n'avait l'envergure d'un Lénine, a pu imposer à un grand peuple un système politique, social et économique dont il ne voulait pas.

322.          NAVARRE (Henri) et un groupe d'anciens membres du SR. Le Service de Renseignements, 1871-1944. Plon, 1978, gr. in-8°, 353 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, annexes, broché, bon état

            25

Chacun sait le rôle décisif des Services de Renseignements français pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces services, appelés communément SR, regroupèrent en fait plusieurs SR : celui de l'armée de Terre, celui de la Marine, celui de l'Air et, enfin, le SR intercolonial. Leur histoire, connue dans ses grandes lignes, comportait encore de nombreuses lacunes. Trente ans après, la règle du secret pouvant être transgressée, les principaux témoins ont accepté de parler et d'éclairer par leurs révélations un grand nombre d'épisodes restés inexpliqués. Le Service de Renseignements reconstitue tous les détails de l'histoire d'un combat mené dans l'ombre contre l'envahisseur nazi. La matière de cet ouvrage a été délicate à rassembler pour son maître d'œuvre, le général Henri Navarre : en effet, les agents des services secrets ayant pour consigne d'écrire le moins possible pour ne pas laisser de traces, ils détruisirent au fur et à mesure tous leurs documents. Le général Henri Navarre a dû recourir aux témoignages de ces hommes et, en recoupant soigneusement leurs souvenirs, il a pu reconstituer le puzzle. Aussi ce livre est-il surtout l'œuvre collective d'un certain nombre d'anciens officiers du SR : le colonel Arnaud, le colonel J.-M. Mercier, le colonel Paillole, le général Salan et bien d'autres encore, dont certains ont préféré conserver l'anonymat. Le Service de Renseignements est un ouvrage du plus grand intérêt, une contribution importante, en raison de la qualité de ses signataires, de la richesse de leurs informations et de la sûreté de leurs analyses, à l'histoire des services de renseignements militaires de la Seconde Guerre mondiale. (4e de couverture)

323.          PAILLOLE (Paul). Services spéciaux (1935-1945). Laffont, 1975, gr. in-8°, 579 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, manque la page de faux-titre, bon état (Coll. Vécu)

            25

Mémoires de l'ancien chef du contre-espionnage français, passé en 1942 de Vichy à Alger. — "Enfin le chef du contre-espionnage français parle ! Le colonel Paillole fut, dans les années décisives de 1935 à 1945, au centre des services – d'abord la section allemande du 2e Bureau puis le contre-espionnage – qui affrontèrent les espions de Hitler, les hommes de l'Abwehr, les traîtres de la 5e colonne. Il eut à connaître de toutes les affaires. Avant la défaite de 1940, il démasque les agents de l'ennemi. Une fois le pays vaincu, il continue la lutte, animant un service de contre-espionnage clandestin à Vichy. En 1942, il passe à Alger et à Londres. Il est de ceux qui, peu connus hors du cercle des grands – il rencontre les plus hauts chefs militaires alliés, et de Gaulle, Giraud –, contribuèrent au succès des débarquements et à la défaite de l'Allemagne sur le front des “services spéciaux”. Il est l'un des vainqueurs de l'Abwehr, le service de l'amiral Canaris. Ce qu'il révèle – parce que plus de trente ans se sont écoulés – n'a jamais été dit. C'est la guerre secrète qu'il nous raconte. Celle de la 5e colonne, de l'intoxication, des espions et des traîtres. Celle aussi de ces services de renseignement français dont on verra qu'ils ont souvent su prévoir l'action de l'ennemi et avertir les responsables politiques de ce qui attendait le pays. Un grand témoignage historique."

324.          PAULUS (Maréchal). Stalingrad. Vie du Feldmaréchal-Général Friedrich Paulus. Lettres et documents inédits rassemblés par Walter Görlitz. Fayard, 1961, in-8°, 314 pp, traduit de l'allemand, avant-propos d'Ernst Alexander Paulus, 7 cartes (3 sur double page, 6 en deux ou trois couleurs), broché, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            35

"La gigantesque bataille vue et expliquée par ceux qui l'ont vécue." — "Les mémoires de l'un des protagonistes essentiels de la « catastrophe de Stalingrad » devaient, bien entendu, susciter une légitime curiosité et alimenter les discussions allemandes sur les causes de la destruction de la VIe Armée. Les documents rassemblés par Walter Görlitz comportent les papiers posthumes du maréchal, mort en février 1957, en République démocratique allemande, à Dresde, et prêtés à l'éditeur par son fils, Ernst Alexander Paulus ; ils consistent en notes personnelles et esquisses militaires, rédigées par le maréchal Paulus durant sa captivité en URSS, vraisemblablement en vue d'interrogatoires par les autorités soviétiques, en notices prises par le capitaine Ernst Alexander Paulus, au cours de conversations avec son père, à Dresde, et en références concernant la carrière du maréchal, conservées dans les archives de la famille Paulus. Afin de compléter le tableau, l'éditeur a ajouté un certain nombre de documents inédits, de provenance diverse : un certain nombre de documents relatifs à la tentative de dégagement de la VIe Armée, en décembre 1942, en possession du Dr H. A. Jacobsen, le journal de guerre du Feldsmarschall von Bock, qui commanda, jusqu'à la mi-juillet 1942, la « Heeresgruppe Süd » à laquelle la VIe Armée était subordonnée, celui du Freiherr von Richthofen, chef de la « Luftflotte 4 », et du journal opérationnel de cette unité ; Walter Görlitz cite aussi le dernier chef de l'Etat-Major de la VIe Armée, le Generalleutnant Arthur Schmidt, ainsi que divers collaborateurs du défunt maréchal..." (M. Adler-Bresse, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1962)

325.          RIVET (Général Louis). Carnets du chef des services secrets 1936-1944. Edition annotée et présentée par Olivier Forcade et Sébastien Laurent. Nouveau Monde éditions, 2010, fort in-8°, 1007 pp, documents annexes, notices biographiques (pp. 787-902), sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Grand Jeu)

            30

Jamais le « journal de bord » du général Louis Rivet n'avait, jusqu'à présent, été livré au public. Rédigés par le chef des services spéciaux français entre 1936 et 1944, ces carnets sont restés inédits depuis la Libération. Exceptionnels, ils plongent le lecteur au coeur du secret d'Etat. Pendant huit années, presque chaque jour, Louis Rivet y a consigné ses impressions, relaté les entrevues et mentionné les renseignements obtenus ; confidentielles, certaines de ses informations provenaient de « sources » installées au coeur de l'appareil d'Etat nazi. Aujourd'hui publiés dans une édition critique et annotée, les carnets de Louis Rivet présentent l'histoire du second conflit mondial sous un jour nouveau. Des personnalités célèbres y croisent des figures moins connues ou anonymes du renseignement français et européen. On y rencontre Léon Blum, Edouard Daladier, le maréchal Pétain, Pierre Laval, le général de Gaulle. Et on redécouvre les figures des grands responsables politiques et militaires de cette époque troublée, fondatrice de la France des IVe et Ve Républiques. Ces carnets font entrevoir les liens très complexes, parfois ambivalents, qui unissent les services spéciaux au pouvoir politique. Ils dévoilent l'enchaînement des crises, le jeu des coopérations entre les services d'espionnage des grandes puissances, les champs de bataille de la guerre secrète européenne, et ouvrent ainsi de nouvelles perspectives pour l'histoire du renseignement au XXe siècle.

326.          SHEPPERD (Alan). La bataille de France : l'invasion de l'Europe de l'Ouest. Mai 1940. Osprey Publishing, 2010, gr. in-8°, 94 pp, traduit de l'anglais, 14 iIlustrations de Terry Hadler en couleurs, 9 cartes en couleurs, 68 photos, chronologie, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            15

Cet ouvrage détaille minutieusement les tactiques, l'organisation et l'arsenal des deux camps avant l'invasion de la France par les Allemands et raconte jour après jour le déroulement de cet épisode crucial de la Seconde Guerre mondiale, la défaite de la France et l'évacuation du Corps expéditionnaire britannique de Dunkerque.

327.          STREICHER (Jean-Claude). Le général Huntziger. L'« Alsacien » du maréchal Pétain. Jérôme Do Bentzinger Editeur, 2014, gr. in-8°, 239 pp, 78 photos dans le texte, 5 cartes, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            18

Né en Bretagne d'un Optant de Guebwiller, le général Charles Huntziger (1880-1941) a tenu les seconds rôles les plus ingrats de la grande histoire. Début septembre 1939, le général Gamelin lui confie le commandement de la IIe armée, à la charnière de Sedan. A la mi-mai 1940, il subit donc de plein fouet l'assaut des Panzer de Guderian et partage, avec le général Corap, la responsabilité du désastre. Avait-il mal préparé son secteur ? En eut-il seulement les moyens ? Les communistes en tout cas vont l'accuser de s'être reculé exprès par vengeance du Front Populaire. Il avait pourtant pu reformer une seconde ligne de front sur les hauteurs de Stonne. La bataille y dura une douzaine de jours et passe pour le "Verdun de 40". Impressionné par son sang-froid, le général de Gaulle insiste le 11 juin pour le nommer à la place du généralissime Weygand et continuer la guerre outre-Mer.
Mais sans suite... Lorsque le gouvernement de Bordeaux demanda aux Allemands à connaître leurs conditions d'armistice, Huntziger est le seul joignable des généraux de corps d'armée. C'est donc lui "l'Alsacien" qui est envoyé à Rethondes et à Rome pour signer l'arrêt des combats. Puis, dès son retour, Pétain et Weygand lui confient la présidence de la délégation française à la Commission d'armistice de Wiesbaden, où il s'agissait d'empêcher tout empiétement supplémentaire. A Vichy, il peut alors s'appuyer sur une Direction des services de l'armistice dirigée par un autre Alsacien, le général Koeltz. Ensemble, ils élaborent la première protestation d'ensemble du 3 septembre 1940 contre l'annexion de fait des départements du Rhin et de la Moselle. Trois jours après, Huntziger remplace Weygand comme ministre secrétaire d'Etat à la guerre et commandant en chef des forces terrestres. Il réorganise alors l'Armée de l'armistice suivant ses consignes secrètes pour en faire une armée nouvelle, de métier, auxiliaire des Alliés dès leur débarquement. Il joue le double jeu avec Londres, mais trouve la mort en avion le 12 novembre 1941 en rentrant d'Afrique du nord. Mélomane, catholique fervent, très Action française, peut-être affilié à la Cagoule militaire, il est le seul "Alsacien" à qui la France ait réservé, à Vichy de surcroît, des obsèques nationales.

328.          TCHAKARIAN (Arsène). Les Francs-Tireurs de l'Affiche rouge. Messidor/Editions Sociales, 1986, gr. in-8°, 250 pp, préface de Roger Bourderon, 16 pl. de photos hors texte, broché, bon état

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Une enquête... des révélations... des vérités inédites sur l'affaire Manouchian. Au cours de l'année 1943, les résistants immigrés de ce qui sera connu plus tard sous le nom de « groupe Manouchian » organisent des dizaines d'attentats contre l'occupant nazi, hâtant ainsi l'heure de la Libération. Après une série d'arrestations, vingt-trois d'entre eux seront fusillés : ceux de l'Affiche rouge. Arsène Tchakarian est l'un des rares survivants du groupe. Il nous livre ici ses souvenirs, mais aussi le résultat d'une enquête longue et minutieuse. D'où un récit vivant, mais aussi un document précis qui contredit avec force les accusations portées contre le Parti communiste français d'avoir « lâché » le groupe.

329.          WALDECK (Comtesse R. G.). Athénée Palace. Editions de Fallois, 2014, gr. in-8°, 318 pp, traduit de l'américain et préface par Danièle Mazingarbe, une carte de la Roumanie en 1940, broché, couv. illustrée, bon état

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Juin 1940. Dans l'Europe en guerre la Roumanie est restée neutre. L'Athénée Palace, le grand hôtel de Bucarest, est une des dernières enclaves cosmopolites. Le jour où les troupes d'Hitler entrent dans Paris, une journaliste américaine d'origine allemande s'installe à l'Athénée Palace. Une femme mystérieuse dont on ne saura pas grand-chose dans ce livre, sinon qu'elle est une redoutable observatrice dotée d'une science politique aiguë et d'un humour cinglant qui lui permettent d'affronter les interlocuteurs les plus divers. Pendant six mois, dans le hall de l'Athénée Palace, Rosie Waldeck est aux premières loges. Petits et grands acteurs de l'Histoire défilent sous ses yeux, tandis qu'une révolution sanglante secoue Bucarest, à laquelle elle assiste en direct. Avant de quitter, en janvier 1941, une Roumanie livrée aux Allemands. Témoignage de première main sur une période cruciale de notre histoire, document prémonitoire sur l'Europe, hommage à la Roumanie méconnue, comédie humaine, ce document exceptionnel échappe à toute classification. Publié aux Etats-Unis en 1942, il avait complètement disparu. Jusqu'à ce que des diplomates, passionnés par la Roumanie, le retrouvent, rendant enfin justice au talent de l'auteur, la comtesse Waldeck. Grâce à elle, “Athénée Palace” a aussi ce don que peu de livres ont encore : on s'en souvient jusqu'au moindre détail. — "La comtesse Waldeck (1898-1942) débarque à Bucarest le 14 juin 1940, le jour où la Wehrmacht entre dans Paris. L'élite roumaine francophile en est bouche bée. Comment "la première armée du monde" a-t-elle pu s'effondrer ? Que va devenir la Grande Roumanie sans Paris, cet allié généreux qui lui a permis, grâce au traité de Trianon, de doubler sa superficie en absorbant des territoires hongrois, russes et bulgares ? (...) Pendant sept mois, la comtesse Waldeck prend ses quartiers dans l'hôtel, "dernière enclave cosmopolite où peuvent cohabiter l'Europe d'après guerre [celle de 1914-1918] et l'Europe du Nouvel Ordre [celui de Hitler]". Elle est américaine, journaliste, envoyée par Newsweek et comtesse par son mari. On pourrait tout autant dire qu'elle est juive allemande, libre et avide de comprendre le monde. (...) L'Athénée Palace est le huis clos d'un monde qui s'effondre et la comtesse Waldeck en est la chroniqueuse scrupuleuse et pleine d'esprit. Elle en fait un livre, publié aux Etats-Unis dès 1942 et, bizarrement, tant il est enlevé et singulier, entre diplomatie de haut vol et théâtre de boulevard, jamais traduit. Elle quitte Bucarest en 1941." (Emmanuel Hecht, L'Express)

330.          WERTH (Léon). Déposition. Journal, 1940-1944. Editions Viviane Hamy, 1992, gr. in-8°, 734 pp, texte de Lucien Febvre, présentation et notes de Jean-Pierre Azéma, index, broché, couv. illustrée, bon état

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De 1940 à 1944, réfugié dans les Vosges, Léon Werth vit l'Occupation un stylo à la main, et rédige “Déposition”, son journal de résistance personnelle. Il livre ici un document capital pour comprendre ce que furent vraiment ces années sombres de l'Histoire. Précises, graves et d'un humour féroce, ces pages attestent un refus de la fatalité, et demeurent d'une extraordinaire modernité. "Il viendra quand même un jour où l'homme, l'esprit seront vainqueurs de Hitler." — "Le journal de l'écrivain Léon Werth, paru en 1946 chez Grasset mais tombé dans le plus complet oubli, nous emmène loin des sphères du pouvoir, à Saint-Amour, petit village du Jura. Magistralement écrit, sincère et probe, il constitue « un des témoignages les plus directs et les plus précieux pour recomposer l'évolution des esprits dans un coin de terre française, entre les temps nauséeux de l'armistice stagnant et cette grande année de la Libération », écrivait Lucien Febvre dans les Annales en 1948." (Annales ESC, 1993) — "Déposition est le journal littéraire d'un écrivain en pleine maturité, et celui d'un esprit rebelle à tous les embrigadements. (..) S'il présente un intérêt historique évident, ce n'est pas seulement parce que c'est un document exceptionnel sur la France profonde pendant l'Occupation, c'est parce que Werth préfère toujours l'analyse objective aux facilités du manichéisme." (Gérard Meudal, Libération)

331.          WILMOUTH (Philippe)(dir.). Les expulsés mosellans, 1940-1945. Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, 2010, gr. in-8°, 128 pp, 234 photos, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mémoire en images)

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En juillet 1940, la Moselle est annexée de fait. Les Allemands s'ingénient alors à gommer toute trace de culture française. Mais si la germanisation se veut systématique, rapide et brutale, il est difficile de convertir la population à ce changement forcé de nationalité. S'opère alors une épuration violente : 100.000 indésirables sont expulsés vers la zone sud avec 50 kilos de bagages et 2.000 francs en poche. Ce livre illustre de manière riche et variée les cinq années de dépaysement profond mêlé d'espoir qu'ont vécu ces « dormeurs debout » (comme les appelait l'académicien Louis Gillet).

332.          ZASLAVSKY (Victor). Le Massacre de Katyn. Crime et mensonge. Editions du Rocher, 2003, in-8°, 163 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Démocratie ou totalitarisme)

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Katyn ! Une clairière dans une forêt de Biélorussie. Une fosse gigantesque. Au fond, en couches superposées, 4100 cadavres d'officiers polonais assassinés d'une balle dans la nuque. Découvert en 1943, ce massacre a pendant des décennies été attribué aux nazis. Mais, avec la chute de l'URSS, les archives ex-soviétiques ont révélé, sans discussion possible, que le 5 mars 1940, c'est Staline et tout le Politburo qui avait ordonné la mort de 25700 personnalités polonaises, dont les officiers prisonniers de guerre. Cet ordre, immédiatement exécuté dans le bois de Katyn, participait du génocide de classe mis en œuvre par Staline contre les élites d'une Pologne dont il venait de se partager la dépouille avec Hitler. Puis ce fut pendant cinquante ans la lutte acharnée du régime soviétique pour camoufler sa responsabilité dans ce crime de masse et fuir sa culpabilité. Victor Zaslavsky expose ici les pièces inédites de ce terrible dossier où crime et mensonge communistes se mêlent étroitement.

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

 

333.          ALEXANDER (Bevin). Sun Tzu ou l'art de gagner des batailles. Saratoga, Waterloo, Gettysburg, la Marne, la Bataille de France, Stalingrad, la Normandie, la Corée. Tallandier, 2012, in-8°, 295 pp, 16 cartes, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Rédigé il y a 2400 ans par un sage chinois nommé Sun Tzu, L’Art de la guerre figure aujourd’hui parmi les grands classiques de l’histoire militaire. Dans un style concis et imagé, ce petit livre rassemble un certain nombre de recommandations, frappées au sceau du bon sens, sur la manière de conduire une guerre. S’il a profondément influencé l’art militaire oriental, s’il a notamment aidé Mao à forger son concept de guérilla, il est resté longtemps méconnu des Occidentaux auxquels il aurait pourtant évité bien des déboires. Spécialiste mondialement reconnu, Bevin Alexander se propose ici de montrer, exemples à l’appui, comment les chefs qui ont appliqué – sans le savoir – les principes, maximes et conseils de Sun Tzu ont presque toujours remporté la victoire, et comment ceux qui y ont contrevenu ont, sans la moindre exception, connu l’échec. Sagesse ancienne et batailles modernes : de la guerre d’Indépendance américaine à Gettysburg, du débarquement de Normandie à la guerre de Corée, en passant par Waterloo, la Marne et les Ardennes, la démonstration, solidement documentée et argumentée, est implacable. De ces pages pleines de bruit et de fureur, mais non dépourvues d’humour, où s’accumulent des erreurs qui furent si coûteuses en vies humaines, n’en émergent pas moins, Sun Tzu aidant, quelques figures (Jackson, Manstein, Patton, sans oublier Napoléon… jusqu’à Waterloo), qui viennent opportunément démentir l’affirmation de Valéry selon laquelle la guerre est une chose trop sérieuse pour la confier à des militaires.

334.          BIGEARD (Général). Crier ma vérité. Algérie d'hier et d'aujourd'hui. Islamisme. Insécurité. Violence. Education. Armée... Où va la France ? Editions du Rocher, 2002, in-8°, 264 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Que l'on soit riche ou pauvre, con ou glorieux, la vie reste un combat jusqu'à notre dernier souffle. Pour rétablir l'histoire sur les combats qu'il a menés en Algérie, à la tête de son illustre régiment de parachutistes – le 3e RPC – témoignages à l'appui ; pour dénoncer la situation de l'immigration en France, et le «raté» de l'intégration ; pour s'élever contre le terrorisme et les réseaux islamistes à nos portes et chez nous ; pour refuser l'insécurité nationale, devenue violence ; pour condamner le laxisme de nos gouvernants ; pour rompre avec le laisser-aller de l'éducation, l'oubli du civisme, de la morale et la perte des vraies valeurs... il fallait ce livre coup de poing, écrit au pas de charge, pour être fidèle à la France.

335.          CAILLETEAU (François). Les Généraux français au XXe siècle. Economica, 2010, gr. in-8°, 309 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Guerres et guerriers)

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La France a connu un XXe siècle dominé par les conflits armés dont les conséquences humaines et politiques furent immenses. Deux guerres mondiales, deux conflits coloniaux majeurs, un quart de siècle de pacification du Maroc et de très nombreuses opérations de maintien de l'ordre dans l'empire, parfois très lourdes. Les deux premiers tiers du siècle sont marqués par un engagement à peu près continuel des forces françaises, celles de l'armée de terre surtout. La fin du siècle, si elle est moins sanglante, voit la fin de la guerre froide puis le développement des opérations extérieures. Cela justifie amplement d 'étudier les généraux à la tête de cette armée, non pas par une série de biographies individuelles mais comme une collectivité dont il importe de voir comment elle se constitue, comment elle se définit par rapport à la collectivité nationale et aux autres élites, comment elle pense les affrontements à venir et comment elle y fait face. C'est ce que l'on tente ici en examinant le groupe social des généraux de l'armée de terre tout au long du siècle.

336.          COCHET (François)(dir.). Expérience combattante, XIXe-XXIe siècles. 1. Former les soldats au feu. Riveneuve éditions, 2011, gr. in-8°, 395 pp, index, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Actes académiques)

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"Le professeur François Cochet s’est lancé dans un projet de longue haleine visant à étudier « l’expérience combattante du XIXe au XXIe siècle ». Durant quatre ans, sous sa direction, des chercheurs du monde entier vont confronter leurs points de vue et essayer de cerner les comportements de l’homme au combat, en tenant compte en particulier des évolutions technologiques et mentales intervenues depuis deux siècles. Les deux premières journées d’études qui se sont déroulées en 2010, et dont ce livre rend compte, ont consisté à s’interroger sur la formation du combattant avant la bataille, qu’il s’agisse de l’instruction théorique ou de l’entraînement pratique sur le terrain. Une vingtaine d’intervenants, universitaires, officiers, historiens ont présenté les résultats de leurs recherches selon quatre axes : la formation théorique des combattants, la formation « sur le tas » ou par transfert de compétences, les limites à cette formation par adaptations individuelles ou institutionnelles, et enfin les caractéristiques de la formation reçue par les troupes d’élites et les troupes conventionnelles. Il est difficile en si peu de lignes de rendre compte de l’une ou l’autre de ces riches interventions. Retenons que ces deux journées ont permis de mieux comprendre le phénomène de transmission du savoir-faire, qui permet aux soldats de toutes les nations de passer de l’état d’amateur à celui de professionnel, grâce à des instructeurs souvent de qualité, mais en nombre toujours insuffisant. Le savoir être, véritable apprentissage social, apparaît aussi comme une des conditions nécessaires à la transformation de l’homme civil en soldat. Enfin, un autre thème abordé approfondit les moyens intellectuels dédiés à la formation, et s’interroge au sujet de l’équilibre à trouver entre doctrine et nécessité de faire évoluer cette dernière pour rester performant. Saluons la parution très rapide de ces actes, et leur apport indéniable à la connaissance fine du monde combattant." (Max Schiavon, Revue historique des armées, 2012)

337.          Collectif. Revue des Questions de Défense nationale. 1ère année - T. II - N° 4 - Décembre 1939. Berger-Levrault, 1939, gr. in-8°, 104 pp, paginé (231)-332, une planche hors texte (le maréchal Joffre en grand uniforme), broché, couv. lég. salie, bon état

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Joffre (Jean Fabry) ; La défense du Canal de Panama (André Siegfried) ; La “Marseillaise” (Georges Lecomte) ; La mobilisation des champs (H. Hittier) ; La diplomatie stratégique d'Adolphe Hitler ; Chroniques.

338.          COURBIS (Chef d'escadron J.). Le comte Schlieffen, organisateur et stratège. Précédé de “Propos sur Schlieffen” par le général Daille. Berger-Levrault, 1938, in-8°, xx-148 pp, 8 croquis à pleine page, notes, reliure pleine basane verte, dos à 4 faux-nerfs soulignés de filets dorés, fleuron doré, pièces d'auteur et de titre basane bordeaux (rel. récente), bon état

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Le comte Alfred von Schlieffen, général et stratège prussien (1833-1913) a conçu en 1905 le plan d’attaque contre la France mis en oeuvre en 1914.

339.          DELARUE (Louis). Avec les Paras des 1er R.E.P. et 2e R.P.I.Ma. Nouvelles Editions Latines, 1961, in-8°, 251 pp, 8 pl. de photos hors texte et une carte, broché, couv. illustrée (lég. défraîchie), bon état, envoi a.s.

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Témoignage d'un aumônier parachutiste pendant la guerre d'Algérie.

340.          GUIBERT (Comte Jacques de). Ecrits militaires, 1772-1790. Préface et notes du général Ménard. Copernic, 1977, in-8°, 306 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Nation armée)

            25

La célébrité de Clausewitz a fait oublier celui sans lequel l’œuvre du penseur militaire allemand n’aurait jamais pu naître : le comte Jacques de Guibert (1743-1790), officier exemplaire, qui a tiré les leçons de la défaite de Rossbach et prôné une réforme audacieuse de l’Armée française fondée sur une véritable révolution politique. Dans son célèbre ouvrage "Essai général de tactique" (1772), Guibert prévoit l’avènement des guerres nationales et même des guerres totales. De ces vues prophétiques, il tire des conséquences pratiques dont un général français fera directement son profit : Napoléon Bonaparte. Trente ans à l’avance, il avait annoncé l’effondrement d'Iéna. Clausewitz n'aura plus ensuite qu'à faire la synthèse. Parmi les oeuvres capitales de Guibert figure également le "Traité de la force publique" (1790), écrit aux débuts d'une révolution qu'il avait appelée de ses voeux. Cet ouvrage d'une extrême modernité de pensée atteste enfin, comme le précédent, le talent littéraire d'un officier que l'Académie française avait accueilli en son sein.

341.          JACQUIN (Henri). La Guerre secrète en Indochine. Olivier Orban, 1979, in-8°, 252 pp, 12 pl. de photos hors texte, une carte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

L'auteur a servi quinze années en Extrème-Orient à la Légion Etrangère. Pour le général Jacquin, l'avenir du Nord-Vietnam est inscrit dans l'Histoire. Son livre le démontre abondamment. Retraçant, avec le sérieux et le talent qu'on lui connaît, l'histoire « secrète » de l'Indochine des années 30 à 60. Henri Jacquin montre comment l'éviction de la France d'abord, l'enlisement américain ensuite, et pour finir l'antagonisme sino-vietnamien ne sont pas de spectaculaires hasards. « Le feu couvait sous la cendre » écrit-il, « entre les deux guerres mondiales ». La vie secrète d'Hô Chi Minh, l'intervention japonaise dans les années 40, l'activité des services secrets américains et russes, le rôle de certains hommes politiques en France, éclairent et expliquent de façon singulière et souvent étonnante les aspects cachés d'un conflit... Nommé chef du Deuxième Bureau en Indochine dès 1951, personne, sans doute, n'était mieux placé que le général Jacquin pour dévoiler les secrets d'une guerre qui a sonné le glas de tout l'Empire français en Extrême-Orient.

342.          LEGENDRE (Jean-Pierre). Histoire du 18e Régiment de Chasseurs à cheval – Aurès-Némentchas, 1956-1962. Chez l'Auteur, 2004, gr. in-8°, 437 pp, 16 pl. de photos en couleurs et 38 pl. de photos en noir hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Le 18ème R.C.C. s'est illustré pendant six ans, de novembre 1956 à février 1962, en Algérie dans les Aurès-Nemencha. Une zone difficile où son quotidien n’a pas été une sinécure : une région aride et difficile, quasi désertique, des conditions climatiques extrêmes (été brûlants et hivers rigoureux), un équipement sommaire, l’isolement – un convoi par mois, le ravitaillement en vivres frais par parachutages – une vie de soldats engagés contre l’ALN à proximité de la frontière tunisienne, une population Chaouia semi-nomade, déshéritée et relativement hostile. Les épreuves n’ont pas manqué : les pertes en vie humaine ont été lourdes. « ...Tous ont donné plus qu’ils n’ont reçu. Certains versant leur sang, d’autres faisant le sacrifice de leur vie. En témoignent les 95 tués au combat tous grades et origines confondus. » écrira le Général de division Clément de la Ruelle ; lieutenant au 18ème R.C.C. — "Tous ceux qui ont participé à la guerre d’Algérie et tout particulièrement ceux qui ont eu l’occasion de connaître cette région sauvage, sévère, fascinante des Aurès-Nementchas liront ce livre avec émotion. L’auteur retrace en effet sous une forme originale, celle d’un dialogue entre anciens du Régiment de cette époque, l’histoire du 18e RCC et de ses unités dispersées dans la région de Khenchela, dans celle de Kheirane et de Tebessa selon les périodes. À lire de préférence avec une carte des Aurès à portée de main." (Michel Forget, L'Ecrivain Combattant, déc. 2005)

343.          QUOY-BODIN (Jean-Luc). L'Armée et la franc-maçonnerie au déclin de la monarchie, sous la Révolution et l'Empire. Edic-Economica, 1987, gr. in-8°, xx-344 pp, préface d'André Corvisier, 8 pl. de gravures et fac-similés hors texte, annexes, biblio, index, broché, bon état

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"Avec cet ouvrage, Jean-Luc Quoy-Bodin a fait une oeuvre objective d'historien, et non de pamphlétaire, redressant au passage quelques contre-vérités. Cela permet d'éclairer d'un jour nouveau la vie de ceux qui, il y a deux siècles, furent francs-maçons. Il précise que la mode des « loges » venue d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande se situe en France en 1744, au moment de la guerre contre l'Autriche. La franc-maçonnerie, jugée comme un mouvement humaniste, gagna bientôt toutes les armées européennes. Les grands maîtres se recrutant parmi les membres les plus en vue de la haute noblesse, la franc-maçonnerie fut alors taxée d'« aristocratie dans une aristocratie ». Jean-Luc Quoy-Bodin, qui a effectué un gros travail de recherche, a retrouvé les noms des initiés dans l’armée et peut ainsi suivre jusqu’a la Restauration la marche d’une société dont le coté secret semble assez relatif. Ce qui est trés intéressant, c’est qu’il montre la situation morale de l’armée à la n du XVIIIe siécle et le malaise qui y régnait. Les grades élevés étant interdits aux roturiers, les « of ciers de fortune » ne pouvaient, aprés de longs services dans le rang, qu’accéder au grade de capitaine en second. Les cahiers de doléances de 1789 se font l’écho de véhémentes protestations. De plus, l’ennui qui régnait dans les garnisons de province incita les of ciers à se faire « initier » pour y trouver un pôle de distraction. « II s’agit d'étre diverti, plutot que converti », disait-on alors. Cette fantaisie dura tout un hiver, racontérent des témoins, puis d’autres amusements prévalurent... La Révolution t évoluer l’esprit de ces maçons d’occasion..." (Françoise Escoffier, Revue des Deux Mondes, mai 1988)

344.          VAILLY (Commandant Roger). Un condamné à mort se souvient. Annecy, Gardet, Imprimeur Editeur, 1981, gr. in-8°, 236 pp, une photo de l'auteur en frontispice, broché, bon état, bel envoi a.s.

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Après avoir participé aux campagnes de Norvège, Roger Vailly (né à Grenoble en 1914) fut blessé pendant la campagne de France. Pendant l'occupation allemande il prit le commandement d'un maquis dans les Alpes et fut blessé une deuxième fois lors des combats de la libération de la Maurienne. Affecté au 1er RCP en Indochine, il fut blessé à nouveau. Adjoint du colonel Buchoud au 9e RCP en Algérie, il fut ensuite appelé par le général Gilles à l'Etat Major des TAP. Le commandant Vailly participa au putsch des généraux en 1961. Interné, il s'évada et commença une vie d'exil. Il revint en France après la loi d'amnistie. Il est décédé en 1999.

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

 

345.          BARLEY (Nigel). L'anthropologue mène l'enquête. Payot, 2000, in-8°, 329 pp, une planche et une carte hors texte, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Voyageurs)

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"Nous nous trouvons à Bandung pour un mariage. Au-dessus de la fête, au sommet du mât dont le drapeau proclame normalement la dévotion de la famille à l'État indonésien, flotte un slip soigneusement souillé, signe – penserait un anthropologue – de l'obscénité autorisée d'un rite de passage. Pas du tout : c'est le slip de l'homme de pluie. Ce sous-vêtement kangourou empêche le mauvais temps de gâcher la cérémonie. Je demande à Agus : Il est bon, votre homme de pluie ? – C'est le meilleur. C'est à lui qu'on a fait appel quand votre Lady Di est venue. Il a cessé de pleuvoir une heure avant l'atterrissage de l'avion. Le pape a refusé d'en utiliser un : la pluie l'a trempé jour après jour." Nigel Barley sillonne l'Indonésie sur les traces de Stamford Raffles (1781-1826), grande figure de la Compagnie anglaise des Indes orientales et fondateur de Singapour, mais aussi naturaliste et ethnologue à sa façon, ayant laissé son nom à une riche collection du British Museum. Chargé d'en conserver les merveilles, notre anthropologue humoriste préfère le vaste monde, plus périlleux mais tellement plus drôle ! Car s'il se fait ici biographe, c'est pour mêler le récit de ses propres aventures à celles de Raffles, et nous régaler d'une biographie... sur le vif.

346.          BELLER (Steven). Histoire de l'Autriche. Perrin, 2011, gr. in-8°, 352 pp, 3 cartes in fine, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Pour l'histoire)

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Aujourd'hui petit pays prospère au centre de l'Europe, l'Autriche paraît chargée d'une histoire trop grande pour elle, traversée de splendeurs et de drames, de lumières et d'ombres. La patrie de Mozart n'est-elle pas aussi celle de Hitler ? Du duché des Babenberg à l'empire de François-Joseph, une épopée millénaire a fait de l'Autriche une pièce essentielle de notre continent, auquel Vienne, par ses monuments, sa musique et son fameux Congrès, tint parfois lieu de capitale. La Grande Guerre sonna le glas du rayonnement habsbourgeois en installant la république dans un Etat réduit à la dimension d'une province, bientôt annexée par le IIIe Reich. Pourtant, sur les bords du Danube, continue de battre le coeur d'une nation dont le passé de grandeur répond de la vitalité pour demain.

347.          BEMONT (F.). Histoire de l'Inde. P., Richard-Masse, 1946, in-12, 126 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte dépliante in fine, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Triptyque)

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Ce livre est le premier ouvrage en langue française qui embrasse l'histoire de l'Inde des origines à nos jours. L'auteur s'est surtout donné pour but, dans les pages contenant l'antiquité et le moyen âge, de dégager des faits multiples (guerres, invasions, conflits sociaux et religieux) et des différentes faces de la pensée et de l'âme indienne (philosophie, arts, lettres, sciences) les éléments qui nous permettent de comprendre les événements de la période contemporaine. Dans la partie réservée à celle-ci, nous trouvons, outre une analyse condensée de tous les épisodes qui nous éclairent sur le conflit actuel, un tableau de toutes les couches de la société.

348.          CEP (Jean). Nous partons pour la Terre Sainte. PUF, 1980, in-12, 308 pp, 2e édition mise à jour, préface de Jean-Marie Lustiger, 24 pl. hors texte, 34 cartes et plans, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nous partons pour...)

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Un guide érudit soigneusement illustré, précisément et sobrement informé. Jean Cep est un pseudonyme collectif utilisé par le Cep (communautés chrétiennes universitaires de Paris).

349.          Collectif. Comment fonctionne le gouvernement des Etats-Unis. Office d'Information de Guerre des Etats-Unis, s.d. (v. 1943), in-12, 24 pp, broché, bon état

            12

Le gouvernement des Etats-Unis peut être comparé à un appareil de radio, en ce sens qu'il en a le mécanisme compliqué, mais aussi la simplicité de maniement. (...) Il y aura des élections sénatoriales en 1944, 1946 et 1948...

350.          CREPIN (Pierre). Mahé de La Bourdonnais, gouverneur général des Iles de France et de Bourbon (1699-1753). (Thèse). P., Ernest Leroux, Société de l’histoire des colonies françaises, 1922, gr. in-8°, xxxvi-488 pp, 8 planches hors texte dont 3 sur double page, un tableau généalogique replié, une vue panoramique de Port-Louis, une carte dépliante in fine, biblio, index, broché, pt auréole claire en haut du 1er plat, sinon très bon état (Prix Thérouanne de l'Académie française 1923)

            200

Copieuse étude sur l’amiral français, gouverneur de l'île de France (île Maurice) et de l'île Bourbon (La Réunion). Bernardin de Saint-Pierre a fait l’éloge de sa brillante administration. — "Par ses ouvrages sur Dupleix, M. Martineau a mis à la mode l'Inde française et les historiens s'efforcent à l'heure actuelle de reconstituer, à l'aide de documents précis, le drame qui se joua dans l'Inde au XVIIIe siècle et qui se termina par la perte de cet immense empire. Voici maintenant que M. Pierre Crepin ressuscite la figure troublante du rival de Dupleix, Mahé de la Bourdonnais, gouverneur général des Iles de France et Bourbon. (...) Avec infiniment de raison, M. Crepin distingue dans l'existence cahotée de son héros deux périodes : celle où il fut gouverneur général des îles, comme on disait alors, et celle où il fut associé à Dupleix dans la lutte contre les Anglais et pour la défense de nos possessions dans l'Inde. Comme gouverneur général, il fut évidemment admirable ; son œuvre suffirait à le classer comme un homme au-dessus du commun et un organisateur hors de pair. Peut-être ne mérite-t-il pas les accusations terribles qui furent formulées contre lui ; peut-être même Dupleix a-t-il adopté à son égard une attitude inadmissible mais, en toute sincérité, la Bourdonnais ne sort pas grandi de l'aventure. Ce fut tout de même un homme extraordinaire. (...) En 1735, il accepte sans hésitation le Gouvernement de l'Ile de France et de Bourbon. Ce n'était ni une sinécure ni un poste de tout repos. Il faut lire, dans l'ouvrage de M. Crepin, la description colorée, exacte et pittoresque de ces deux îles et aussi les détails très curieux qu'il donne sur la vie quotidienne des colons. Il y a là certaines pages qui rivalisent de fraîcheur et de poésie avec quelques passages de Bernardin de Saint-Pierre. De plus, il nous énumère les produits abondants et précieux qu'offrait à cette époque cet archipel aux navires de commerce, les initiatives heureuses prises par certains Français installés là, sans cependant dissimuler les difficultés de recruter la main d'œuvre, les révoltes des noirs, leur fuite dans les épaisses et sourdes forêts et les crimes commis par les nègres évadés (les nègres marrons)... (...) Et dire que les écrivains de romans d'aventures cherchent péniblement à construire des récits merveilleux où des héros imaginaires accomplissent des actions admirables de courage et de hardiesse et courent le monde à la poursuite de la fortune et de la gloire Quel roman pourra jamais être aussi poignant que l'histoire de La Bourdonnais ? Il faut savoir gré à M. Crepin de l'avoir retracée dans un livre qui se lit aisément et sans fatigue." (Camille Guy, Revue de l'histoire des colonies françaises, 1924)

351.          CROCKETT (David). Vie et mémoires authentiques. Introduction, traduction et commentaires biographiques de Jean Queval. Club Français du Livre, 1961, in-8°, (16)-208-(4) pp, un portrait et 12 gravures hors texte, une carte, reliure demi-basane noire de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (maquette de Jacques Daniel), rhodoïd, exemplaire hors commerce numéroté, coiffe sup. arasée, bon état

            25

David Crockett voit le jour en 1786, dans le comté de Greene (Tennessee), sur les rives de la Nolichucky River, sur le front pionnier où la guerre contre les Indiens rend la vie dure. Il ne reçoit pas une éducation très élaborée mais devient un excellent trappeur. Son tempérament le pousse en 1811 vers les terres encore indiennes. Ces derniers, notamment les Creeks, armés par les Anglais en guerre contre les États-Unis, mènent la lutte contre l’envahisseur américain. Crockett fait partie de son époque et participe à l’extermination des Indiens. La vie militaire de David Crockett prend fin en 1815, sa carrière politique commence ensuite. Elu à des fonctions juridiques, puis militaires, il devient député au Congrès de Washington en 1827. Vêtu de son habit de trappeur, de son célèbre bonnet à queue, il fait sensation. Ami proche de nombreux indiens dont il partage la vie sur la frontière sauvage, il a depuis quelques années changé radicalement son opinion et s’oppose vigoureusement au président Jackson, pourtant membre comme lui du parti démocrate, sur l’Indian Removal Act de 1830 qui vise à ouvrir de nouveaux territoires à la colonisation. Ce qui lui coûtera les élections de 1833. Il publiera ses Mémoires l’année suivante avant de s’engager dans la Révolution texane au Mexique en 1836, où il prend part à la défense d’Alamo. Tous les volontaires moururent dans ce combat désespéré. La légende veut que le dernier survivant ait été David Crockett...

352.          ENDERLIN (Charles). Par le feu et par le sang. Le combat clandestin pour l'indépendance d'Israël, 1936-1948. Albin Michel, 2008, gr. in-8°, 362 pp, 8 pl. de photos hors texte, chronologie, notes, index, broché, tranches lég. salies, bon état

            15

Voici le récit captivant du combat des Juifs de Palestine depuis la révolte arabe des années 1930 jusqu'à la fondation d'Israël. Un combat qui fut aussi une guerre totale. Notamment à partir de 1944, lorsque les trois organisations paramilitaires juives (Haganah, Stern, Irgoun), après avoir fédéré leurs forces contre l'occupant anglais, lancent des commandos armés contre les postes de police et les bases militaires, détruisent l'hôtel King David, multiplient les attentats en Palestine et à l'étranger. Les Britanniques ripostent par des exécutions et des déportations. En ce temps-là, les têtes de Menahem Begin, d'Yitzhak Shamir et de bien d'autres futurs responsables politiques de l'État sont mises à prix pour faits de terrorisme. Et après l'indépendance, en mai 1948, ce sont eux que l'on retrouvera logiquement à la pointe du combat contre les forces arabes. Car c'est par le feu et par le sang qu'Israël a vu le jour. Fondé sur une enquête auprès des derniers témoins de cette aventure, sur des sources souvent inaccessibles en français et de nombreux dossiers inédits, ce document éclaire d'un jour décisif un épisode crucial, et pourtant des plus mal connus, de l'histoire contemporaine.

353.          ETIEMBLE (René). Les Jésuites en Chine. La querelle des rites (1552-1773). Gallimard/Julliard, 1966, in-12, 301 pp, 16 pl. de gravures hors texte, couv. illustrée, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives), envoi a.s. au journaliste Treno (Ernest Raynaud, 1902-1969), qui dirigea le “Canard enchaîné” de 1953 à sa mort

            25

"Une anthologie et un dossier, brefs comme l'impose la collection, vifs comme sait être l'auteur, polémiques comme le veut sa réputation. Il faut prendre le petit livre comme il se présente, avec ses commodités et ses limites, son parti pris et son indépendance d'esprit : « Réduire à trois cents ces trois cent mille pages (sans compter les documents par milliers bien cachés dans les archives secrètes des grands Ordres, et du Vatican), c'est folie, je le sais, je l'avoue. Pour avoir consacré cinq ans au moins à ce moment de la conscience européenne, j'en connais, je crois, un peu mieux que les linéaments... Indifférent parfait en matière de religion, je n'avais au départ aucune raison de penser ceci ou cela d'une entreprise dont l'échec n'a pas sujet d'affliger douloureusement quelqu'un qui doit à la pensée chinoise le peu de sérénité et tout le bonheur dont il est capable. Si, finalement, je semble incliner vers les Jésuites, c'est que, docile à mon sujet, je me suis convaincu – pièces en main – qu'eux seuls pouvaient faire avaler aux Chinois le catholicisme. Ou du moins un catholicisme enchinoisé. Du même coup je comprends leurs ennemis qui, plus soucieux de théologie que de politique, refusèrent de biaiser sur le dogme, ou de distinguer sur les rites : ceux pour qui Pékin ne valait pas une messe en chinois, ou à la chinoise » (p. 8-9)." (Emile Poulat, Archives de Sciences sociales des Religions, 1968)

354.          EVANS-PRITCHARD (E. E.). Les Nuer. Description des modes de vie et des institutions politiques d'un peuple nilote. Gallimard, 1978, in-8°, xv-312 pp, traduit de l'anglais par Louis Evrard, préface de Louis Dumont, 41 photos sur 24 pl. hors texte, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des Sciences Humaines)

            30

Il est des sociétés africaines sans gouvernement, «acéphales», qui ignorent toute différence de rang, de statut, de prospérité. Les Nuer du Soudan offrent un saisissant exemple de cette «anarchie ordonnée». E. E. Evans-Pritchard dépeint ici, magistralement, l'intimité physique, linguistique, spirituelle de ces pasteurs et de leur bétail ; il dégage de cette vie rude et précaire leurs notions du temps et de l'espace ; il établit le lien qui unit ce mode de vie et une société politique sans lois et sans pouvoir, où le sentiment démocratique est particulièrement vif ; il expose enfin et surtout comment, à travers les tensions internes, les contradictions mouvantes, les tendances à la fission et à la fusion des segments tribaux, la cohésion d'ensemble est garantie par la parenté, comment la structure des lignages fournit un bâti au système politique. — "Au début des années 30, Edward Evan Evans-Pritchard (1902-1973), ou « E.-P. » comme l'appelaient ses élèves, est professeur de sociologie au Caire. A la demande du gouvernement de ce qui était alors le Soudan anglo-égyptien, il accepte d'entreprendre une étude sur les Nuers, une population nilotique d'environ deux cent mille âmes (à l'époque) au caractère indocile, vivant au sud du pays, dans la savane et les marécages s'étendant de part et d'autre du Nil. Les conditions du terrain sont difficiles. L'ethnologue britannique arrive sur les lieux « non seulement comme un étranger, mais comme un ennemi », car les forces gouvernementales viennent de soumettre les Nuers par la force. Sa présence inspire le dégoût ou l'indifférence silencieuse, et il mettra longtemps à gagner leur confiance. Sans interprète, sans grammaire ni dictionnaire, l'apprentissage de la langue locale est ardu. Il ne dispose pas non plus d'informateurs privilégiés. En plusieurs séjours morcelés sur plusieurs années, il passera au final douze mois chez les Nuers, en des lieux variés. Malgré ces difficultés, il leur consacrera une monographie majeure, parue en 1937 et sobrement intitulée Les Nuer. Comme s'il avait deux versants, l'ouvrage progresse sur un continuum qui part de l'étude matérielle pour aboutir aux systèmes sociaux abstraits. L'auteur implante d'abord solidement l'ethnie dans son cadre naturel, il dépeint la vie rude et précaire de ces éleveurs de bétail, leur rapport à l'environnement, au temps et à l'espace. Puis il avance progressivement des éléments formels et théoriques sur l'aspect lignager et politique de leur vie, mettant à nu quelques-uns des principes de leur structure sociale. Le système politique des Nuers se caractérise par une « anarchie ordonnée ». Evans-Pritchard s'interroge sur la manière dont l'ordre peut être assuré dans une société où n'existe pas d'organe politique différencié, pas même un roi. Le prophète et le « chef à peau de léopard », figure sacrée sans autorité réelle, sont les seuls personnages ayant un tant soit peu d'importance politique. L'ethnologue montre que l'équilibre politique est en fait assuré par le jeu oppositionnel et complémentaire qui s'instaure entre les différents segments lignagers, suivant leur distance ou leur proximité généalogique. “Les Nuer” a inauguré un mode de description et d'analyse politique des sociétés tribales qui fera florès en anthropologie sociale. Son analyse comparative associant les groupes de filiation unilinéaires (descent group) aux groupements politico-territoriaux (tribus, sections...) a été adoptée, reprise et poursuivie, mais l'aspect proprement structural des “Nuer” n'a pas fait souche en Angleterre. Cela n'a pas empêché le livre de devenir un classique de l'ethnologie, en Angleterre d'abord, puis dans le monde. Indéfectiblement associé aux Nuers, Evans-Pritchard leur a aussi consacré deux autres ouvrages, parus en 1951 et en 1956, qui traitent respectivement de la parenté et de la religion, ainsi qu'une centaine d'articles. Devenu une figure majeure de l'anthropologie sociale anglaise, il succéda à Alfred R. Radcliffe-Brown à Oxford en 1950." (Jérôme Souty, Sciences Hiumaines, 2003)

355.          GERMOND de LAVIGNE (Alfred). Espagne et Portugal. P., Hachette et Cie, 1883, in-16, 16-xxiii-404-72 pp, 2 cartes, dont une grande carte générale de l'Espagne et du Portugal sous pochette en fin d'ouvrage, et 7 plans, index, cartonnage d'éditeur en percaline verte, titres dorés au 1er plat et au dos, décor à froid sur les plats, tranches rouges, bon état (Collection des Guides Joanne – Guides Diamant)

            70

Commis principal au ministère de la Guerre, membre correspondant de l'Académie espagnole et de l'Académie royale d'histoire, Germond de Lavigne (1812-1891) fut un collaborateur régulier des Guides-Joanne pour l'Espagne et le Portugal.

356.          KERGORLAY (Comte Jean de). Les Châteaux des Croisés en Syrie. dans la Revue de Paris, 1923, gr. in-8°, 17 pp, reliure demi-percaline rose, dos lisse avec fleuron et double filet doré en queue, pièce de titre basane noire, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. On trouve contrecollées au premier plat une carte et deux lettres adressées au comte de Kergorlay par la Revue de Paris. Exemplaire de l'auteur, avec son ex-libris

            30

On trouve dans le même numéro : De l'ile d'Elbe au golfe Juan, I (Arthur Chuquet) ; La dernière oeuvre d'Ernest Lavisse : l'Histoire de France contemporaine (Charles Andler, 38 pp) ; Le Chancelier Cuno (Ignotus) ; etc.

357.          KERGORLAY (Comte Jean de). Pétra, impressions de voyage. dans la Revue des Deux Mondes, 1907, gr. in-8°, 30 pp, reliure demi-percaline rose, dos lisse avec fleuron et double filet doré en queue, pièce de titre basane vert olive, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire de l'auteur, avec son ex-libris et sa signature autographe

            30

J. de Kergorlay a été le compagnon de route des PP. Jaussen et Savignac en Arabie pendant l'année 1906. De Suez à Jérusalem, il a fait avec eux dix sept cents kilomètres à travers le désert, ne laissant échapper aucune occasion d'enrichir son carnet et d'y consigner ses impressions quotidiennes. Un séjour à Pétra, dans le merveilleux décor de la vieille cité nabatéenne, riche encore en somptueux édifices de l'époque romaine et entourée d'immenses nécropoles, lui a laissé des souvenirs inoubliables : il décrit d'une plume alerte ces ruines si importantes. Sa relation écrite sans prétention est pleine de fraîcheur et de vie. — On trouve dans le même numéro : L'Emigré, 3e partie (Paul Bourget) ; Lettres de H. Taine sur la Révolution ; La Duchesse de Bourgogne et l'Alliance savoyarde - Les Projets de Gouvernement du duc de Bourgogne (Comte d'Haussonville) ; Gabriele d'Annunzio. romancier (Jean Dornis) ; Une nièce de William Pitt : Lady Hester Stanhope (Victor du Bled) ; Pathologie du romantisme (René Doumic) ; Quelques figures de femmes artistes italiennes (T. de Wyzewa).

358.          KERGORLAY (Comte Jean de). Souvenirs de Sardaigne. dans la Revue des Deux Mondes, 1909, gr. in-8°, 25 pp, reliure demi-percaline rose, dos lisse avec fleuron et double filet doré en queue, pièce de titre basane vert olive, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. On trouve contrecollé au 2e plat un article de presse concernant ces souvenirs de Sardaigne et l'"affaire" qu'ils provoquèrent en Italie et en Sardaigne. Exemplaire de l'auteur, avec son ex-libris et sa signature autographe

            30

"Ces très simples « souvenirs » donnent bien l'impression de ce pays de maquis, où les villages aux maisons serrées rappellent ceux de la Kabylie, pays de déboisement, d'agriculture « archaïque », de banditisme. Détails sur ce que le gouvernement italien a fait pour l'île : voies de communication (plus de 1000 km de rail), services de navigation (il aurait fallu ajouter l'assainissement). Malgré la prédominance du mouton (1500 à 2000 t. de fromage de brebis exportées vers l'Amérique latine), la Sardaigne fournit la preuve de l'aptitude des îles méditerranéennes à produire du gros bétail (80 000 bœufs ou vaches vers l'Italie). L'émigration, entravée vers l'Afrique du Nord, se dirige vers les États-Unis." (Henri Hauser, Annales de Géographie, 1910) — On trouve dans le même numéro : Notre réponse au soufflet de Bismarck - Déclaration du 15 juillet (Emile Ollivier) ; Conspirateurs et Gens de police : L’aventure du colonel Fournier et la mystérieuse affaire Donnadieu (Gilbert Augustin-Thierry) ; Lamennais, le prêtre et l’ami (Comte d’Haussonville) ; Poésies (Comtesse de Noailles) ; etc.

359.          KERGORLAY (Comte Jean de). Une forteresse franque en Syrie, le Krak des Chevaliers. dans le Correspondant, 1923, gr. in-8°, 11 pp, reliure demi-percaline rose, dos lisse avec fleuron et double filet doré en queue, pièce de titre basane noire, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire de l'auteur, avec son ex-libris

            30

On trouve dans le même numéro : Les premières causes de l'effondrement de la Russie : le conflit russo-japonais. Documents inédits et secrets (A. M. de Besobrasow, 39 pp, une carte) ; La situation et les problèmes de l'Espagne : les partis, les élections, le Maroc, les finances (Salvador Canals) ; M. de Freycinet (Noël de Clazan) ; etc.

360.          KERGORLAY (Comte Jean de). Une vieille colonie anglaise : la Jamaïque. dans le Correspondant, 1921, in-8°, 20 pp, reliure demi-percaline rose, dos lisse avec fleuron et double filet doré en queue, pièce de titre basane vert olive, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire de l'auteur, avec son ex-libris et sa signature autographe

            30

On trouve dans le même numéro : Notes sur la Cochinchine (Pierre Khorat, 34 pp) ; M. Doumer (Liber) ; L'Oeuvre de la Propagation de la Foi, un siècle d'histoire (A. Guasco) ; etc.

361.          KERGORLAY (Comte Jean de). Une visite au Canal de Panama. dans la Revue des Deux Mondes, 1921, gr. in-8°, 16 pp, reliure demi-percaline rose, dos lisse avec fleuron et double filet doré en queue, pièce de titre basane vert olive, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire de l'auteur, avec son ex-libris et sa signature autographe

            30

On trouve dans le même numéro : Suprêmes visions d’Orient (Pierre Loti) ; Le 20e corps à Morhange (20 août 1914) (Maréchal Foch) ; Impressions de Berlin (Georges Blondel) ; François Buloz et ses amis au temps du Second Empire. IV. Henri Blaze de Bury et la baronne Rose (Marie-Louise Pailleron) ; Souvenirs du second mameluck de l’Empereur. IV. La Vie à Sainte Hélène (Saint Denis dit Ali) ; etc.

362.          LUNG CHANG. La Chine à l'aube du XXe siècle. Les relations diplomatiques de la Chine avec les puissances depuis la guerre sino-japonaise jusqu'à la guerre russo-japonaise. Nouvelles Editions Latines, 1962, in-8°, 502 pp, une carte sur double page et 4 photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Récit précis et détaillé des événements qui ont marqué l'histoire des relations de la Chine avec les puissances de 1894 à 1905. Quatre chapitres : I. La guerre sino-japonaise de 1894-1895 – II. La période du dépeçage de la Chine par les puissances (1895-1900) – III. Les Boxeurs (1900-1901) – IV. Les questions de Mandchourie et du Tibet. En appendice, une note sur le Zongli yamen (équivalent chinois du ministère des Affaires étrangères), une chronologie des missions diplomatiques chinoises à l'étranger, un lexique en caractères et une bonne bibliographie. Ouvrage solide et bien documenté." (Revue française de science politique, 1966)

363.          MAUCHAMP (Emile). La Sorcellerie au Maroc. Oeuvre posthume, précédée d'une Etude documentaire sur l'auteur et l'oeuvre par Jules Bois. P., Dorbon-Ainé, s.d. (1911), in-8°, 313 pp, un frontispice et 10 planches de photos hors texte, 6 illustrations dans le texte, broché, bon état. Edition originale rare

            200

Compilation des notes et croquis rassemblés par le Dr Mauchamp comme matériel de son étude sur les pratiques de sorcellerie dans la société marocaine traditionnelle. Ces papiers, sauvés du pillage de sa maison, seront transmis à la Légation de France à Tanger, qui les enverra à la famille. Mis en forme par M. Mauchamp père, présentés par Jules Bois, ils sont devenus un ouvrage de référence. Œuvre posthume du médecin assassiné à Marrakech en 1907. Le mot sorcellerie parait englober, pour l'auteur, tout ce qui est magie et recettes irrationnelles. Le recours aux puissances infernales n'occupe qu'une petite place dans le livre.

364.          MERVIN (Sabrina)(dir.). Les mondes chiites et l'Iran. P., Karthala et Beyrouth, IFPO, 2007, gr. in-8°, 484 pp, 8 pl. de photos en couleurs hors texte, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée lég. défraîchie, bon état (Coll. Hommes et sociétés)

            25

Depuis l'invasion de l'Irak, l'actualité proche-orientale a propulsé sur la scène médiatique un chiisme dont la "montée", signalée comme une donnée géopolitique majeure au Moyen-Orient, est parfois appréhendée comme un nouveau "péril", en Occident et par certains régimes arabes. C'est ce contexte qui a popularisé l'expression de "croissant chiite" pour désigner et souvent stigmatiser, de l'Afghanistan au Liban, une série de zones chiites, articulées autour de l'Iran et susceptibles de former un bloc servant les intérêts de la République islamique d'Iran. A l'encontre de ce "croissant chiite", ce livre présente les "mondes chiites", au pluriel, dans toute leur complexité. De l'Afrique à la Chine, sans compter les diasporas, on trouve des groupes chiites duodécimains souvent minoritaires, parfois majoritaires. Par sa position géographique et son rôle dans l'histoire, l'Iran est au centre de ces mondes chiites, mais que signifie et que recouvre vraiment cette centralité ? Ce livre réunit des spécialistes des aires géographiques concernées. Il offre un parcours au cœur de ces contextes multiples, où être chiite ne correspond jamais exactement à une même réalité sociale et culturelle, malgré des références communes, doctrinales et politiques. L'exportation de la révolution, qui fut longtemps le paradigme de l'influence iranienne sur les mondes chiites, a fait son temps, même si dans certains cas, tel celui du Hezbollah libanais, son héritage est évident. Quel rôle joue réellement l'Iran dans les chiismes en construction, à Istanbul, Bakou, Boukhara et Tachkent, ou encore chez les chiites de Dakar ?. Le "modèle iranien" n'est plus seulement, et, parfois plus du tout, celui d'un islam politique révolutionnaire. Du clerc rebelle Muqtadâ al-Sadr en Irak aux écoles religieuses où étudient de jeunes Pakistanaises, l'influence iranienne se décline sous de multiples formes. Pour les mondes chiites, l'Iran reste un formidable laboratoire d'idées.

365.          NAEPELS (Michel). Histoires de terres kanakes. Conflits fonciers et rapports sociaux dans la région de Houïlou, Nouvelle-Calédonie. Belin, 1998, in-8°, 380 pp, 9 cartes et tableaux, notes, biblio, lexique, broché, bon état (Coll. Socio-histoires)

            15

Ces “Histoires de terres kanakes” nous proposent une description anthropologique et historique de la Nouvelle-Calédonie contemporaine, et plus précisément de la région de Houaïlou. Elles nous éclairent sur l'importance sociale et politique de la terre pour les Kanaks. L'affirmation indépendantiste kanake s'est enracinée sur la revendication de lieux socialement valorisés, témoins de l'ancienneté des familles kanakes qui les habitèrent jadis – des spoliations foncières massives ayant accompagné la colonisation de la Nouvelle-Calédonie par la France. La réforme foncière mise en place par l'Etat après les événements de 1984-88 a conduit à la restitution aux Kanaks d'un certain nombre de terres mais a aussi donné naissance à des conflits au sein de cette communauté. L'auteur montre sur quels principes s'appuient ces revendications divergentes et explique que les conflits actuels sont plus affaires d'histoire que de droit, de vérité que de norme.

366.          OFFREY (Charles). Cette grande dame que fut “la Transat”. Editions Marcel-Didier Vrac, 1994, gr. in-8°, 208 pp, 25 photos sur 8 pl. hors texte, historique de la ligne de l'Atlantique Nord et évolution du matériel naval en annexe, broché, couv. illustrée, bon état

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Cent vingt-quatre années séparent les premiers morutiers de la Compagnie Générale Maritime – d'où est née la Transat – de la vente du “France” au Havre en 1979. En témoin privilégié des 40 dernières années de cette longue histoire, Charles Offrey en retrace les grands moments, alternance de succès, de fastes, de crises et de deuils, avec une place spéciale réservée à la ligne de l'Atlantique Nord. C'est sans conteste à ses grands paquebots que le nom de la Compagnie Générale Transatlantique reste indissolublement attaché. “Normandie” et “France” qui ont cumulé, en leur temps, les titres de plus grand, de plus beau, de plus célèbre paquebot du monde...

367.          OLIVER (Roland) et Anthony ATMORE. L'Afrique depuis 1800. PUF, 1970, in-8°, viii-352 pp, 19 cartes dans le texte, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Pays d'Outre-mer)

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"Cet ouvrage est un essai pour dominer et réorienter la conception de l'histoire de l'Afrique, et l'affranchir de la conception européocentriste. Il s'agit d'ailleurs plutôt d'une histoire de la colonisation et de la décolonisation, mais l'intérêt qu'elle présente est double. D'une part, elle apporte au lecteur français des précisions intéressantes sur ce mouvement des pays anglophones, et d'autre part, cette histoire est envisagée non du côté européen mais africain, de telle sorte que l'on a l'impression d'assister à l'autre manière de subir l'histoire. Les références et l'analyse historique sont brèves mais claires..." (Revue Tiers Monde, 1971)

368.          OUELLET (Réal)(dir.). Rhétorique et conquête missionnaire : le jésuite Paul Lejeune. Editions du Septentrion, CÉLAT (Québec), 1993, in-8°, 137 pp, un portrait de Paul Lejeune, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Une longue tradition historiographique présente le jésuite Paul Lejeune comme le prototype du missionnaire colonisateur dont le Canada avait besoin après l'occupation de Québec par les Kirke entre 1629 et 1632 : homme de terrain énergique et propagandiste éloquent, il aurait inventé une stratégie missionnaire efficace, adaptée au Canada, et imposé un style d'écriture qui a fait des “Relations des jésuites” un monument littéraire et historique de premier ordre. Cet ouvrage propose une lecture plurielle du texte, tel qu'il se présente à nous aujourd'hui, non pas dans sa visée hagiographique, mais en tant que phénomène textuel rendant compte d'une expérience et la dépassant.

369.          ROLLAND (J.-F.). Les Portugais à la conquête de l'Asie. Club Français du Livre, 1956, in-8°, 256 pp, 23 gravures, cartes et portraits, biblio, reliure toile brique de l'éditeur, bon état. Edition originale tirée sur papier offset et numérotée. Bien complet de la carte dépliante volante

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Henri le Navigateur – De Jean II à Vasco de Gama – L'ère d'Albuquerque. — "M. J.-F. Rolland nous offre un récit très alerte des principales étapes des découvertes portugaises et de la création de l'empire, de 1415 à 1524. L'auteur n'a pas été dupe d'une pseudo-historiographie qui n'est que propagande officielle maladroite, mais qui, misant à fond sur la « mythologie » formée autour de l'expansion des XVe et XVIe siècles, reste le cadre mental et du grand public et d'une partie des historiens. Il a été assez habile pour débiter cet ensemble de légendes de façon à ne pas dérouter le lecteur, tout en lui dévoilant leur caractère légendaire et leur fonction historique. Puis il montre qu'en critiquant cette mythologie et en l'expliquant, on parvient à saisir les fils cachés du développement et à éclairer les grandes forces mouvantes qui le déterminèrent. Ainsi, M. Rolland ouvre au lecteur courant, et même aux spécialistes marginaux, des horizons qui leur restent habituellement voilés... Ce livre agréable et sympathique pourra rendre de nombreux services..." (Vitorino Magalhães-Godinho, Revue historique, 1958)

370.          ROLLAND (Jacques-Francis). Le Grand Capitaine. Un aventurier inconnu de l'épopée coloniale. Grasset, 1976, gr. in-8°, 267 pp, 16 pl. de gravures, photos et cartes hors texte, broché, état correct

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Le capitaine Paul Voulet (1866-1899) et la mission Voulet-Chanoine. — « Le Grand Capitaine, superb’ superb’ », chantaient les griots de leurs voix enrouées, tandis que Voulet, impassible, regardait les paillotes flamber comme des torches... Des villes entières anéanties, des populations massacrées, des centaines de captifs distribués aux tirailleurs, telles sont les informations confidentielles et terrifiantes que reçoit le gouvernement français, en avril 1899, sur la colonne Voulet-Chanoine chargée de conquérir le lac Tchad à partir du Niger. Paris ordonne l’arrestation des coupables. Au Soudan, le colonel Klobb accepte de retrouver la mission maudite qui a disparu vers l’est dans des territoires inconnus. Une fantastique poursuite s’engage au milieu des savanes jalonnées de ruines, de cendres, de cadavres. Après trois mois de marche, Klobb aperçoit enfin des incendies embrasant l’horizon nocturne. La rencontre est imminente, et les péripéties qu’elle va entraîner dépassent l’imagination romanesque la plus débridée. Car tout est vrai dans cet ouvrage puisé aux archives de l’ancien ministères des Colonies. Le rythme hallucinant de sa construction reconstitue en alternance la vie quotidienne des réprouvés et de ceux qui les talonnent. Cet épisode pratiquement ignoré de l’histoire coloniale atteint une dimension tragique, à la hauteur des plus célèbres récits d’aventures.

371.          SOUSTELLE (Jacques). L'Art du Mexique ancien. Texte de Jacques Soustelle. Réalisation et photographies de Claude Arthaud et F. Hébert-Stevens. Arthaud, 1966, in-4°, 184 pp, 206 planches en héliogravure dont 17 en couleurs, 42 cartes, dessins et plans, tableau chronologique, glossaire, index, bibliographie, reliure toile noire de l'éditeur, jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état

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"L'auteur inclut dans le Mexique ancien toute l'aire maya ; l'ouvrage est donc consacré à l'art de la Mésoamérique à l'exclusion de sa périphérie Sud, qui n'a généralement connu que des cultures marginales. Les différentes grandes civilisations sont présentées successivement, ainsi que leurs antécédents, du Pré-classique au Postclassique. Une des grandes qualités de l'ouvrage est de ne jamais séparer l'art des caractères généraux des diverses civilisations et d'insister sur le symbolisme religieux dont sont imprégnées les créations artistiques. La synthèse de l'évolution culturelle est très claire, la présentation de la bibliographie est excellente : au lieu d'infliger au on spécialiste une liste interminable d'ouvrages, l'auteur prend soin de distinguer les catégories (ouvrages d'ensemble, documents indigènes, etc.) et de faire suivre les livres essentiels d'un court commentaire. (...) L'art de chaque civilisation est étudié en passant en revue ses diverses manifestations, et les descriptions des principaux monuments des grands centres indigènes sont particulièrement bien venues, d'autant plus que le texte est accompagné de plans. (...) Ce livre peut être considéré comme le meilleur que nous ayons actuellement en français sur les arts anciens de l'Amérique Moyenne. Il mérite de figurer dans la bibliothèque de l'amateur d'art, mais il constitue également un excellent ouvrage d'introduction à l'étude des civilisations mésoaméricaines." (Pierre Becquelin, Journal de la société des américanistes, 1967)

372.          WAILLY (Henri de). Liban, Syrie : Le Mandat, 1919-1940. Perrin, 2010, in-8°, 333 pp, 4 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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En 1919, les conférences issues de la guerre accordent à la France un mandat lui conférant le contrôle des territoires du Levant, autrement dit la Grande Syrie, au grand dam de l'allié et concurrent britannique. Depuis plus d'un siècle, la France exerçait sur cette ancienne portion de l'Empire ottoman une influence déterminante, protégeant en particulier la très importante minorité chrétienne maronite. La prise de possession du Levant se heurte à la résistance des Turcs et de l'émir Fayçal, et ce n'est qu'en juillet 1920 que les troupes françaises entrent dans Damas. A partir de 1925, les Druzes s'engagent dans une véritable guerre, aux épisodes sanglants. C'est que, en dépit de la qualité des hauts-commissaires - Gouraud, Weygand et Jouvenel surtout - et de l'oeuvre sanitaire et sociale menée par des personnels dévoués, notamment les religieux, Paris semble hésiter dans sa politique à l'égard des aspirations syriennes à l'émancipation, alternant la carotte et le bâton. Aussi l'effondrement français de 1940 entraîne-t-il quelques mois plus tard un conflit fratricide en Syrie. En avril 1946, les dernières troupes françaises quittent Beyrouth, désormais capitale d'un Liban indépendant, comme l'est devenue la Syrie. En dépit de ses mécomptes, le mandat sur le Levant a créé des liens particuliers entre la France et ces deux pays. Voici le premier récit circonstancié d'un épisode très mal connu où passions et violence se mêlent à de riches échanges culturels.

373.          WEBER (Jacques)(dir.). Le Monde créole. Peuplement, sociétés et condition humaine, XVIIe-XXe siècles. Mélanges offerts à Hubert Gerbeau. Les Indes savantes, 2005, gr. in-8°, 527 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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