Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Été 2020

 

Catalogue 396

 

 

 

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Sommaire

 

Généralités

Antiquité

Moyen Age

Temps Modernes

Révolution

1er Empire

De 1815 à 1914

De 1914 à nos jours

1ère Guerre mondiale

2ème Guerre mondiale

Histoire militaire, Militaria

Voyages, Pays étrangers

Généalogie, Héraldique, Noblesse

Régionalisme

Paris

 

 

Généralités

 

1.                  ALBA (André). Le Moyen Age (de la fin de l'Empire romain d'Occident au début des Temps modernes). Hachette, 1938, in-8°, (6)-314 pp, 130 gravures, 24 cartes et plans, cart. illustré de l'éditeur, dos toilé, bon état (Nouveau cours d'histoire J. Isaac, classe de Cinquième)

            20

En 1923, Jules Isaac (1877-1963) prend la direction de la collection créée et dirigée par Malet et celle-ci devient Cours d'histoire Malet-Isaac à l'usage de l'enseignement secondaire (programme de 1923 et 1925). Malet disparu (il est tué lors d'une attaque des tranchées allemandes dans l'Artois, le 25 septembre 1915), J. Isaac continuera néanmoins à éditer sous la double appellation Malet-Isaac. En sept années, il réalise une collection complète, révolutionnaire par l'abondance de l'illustration, la clarté de la présentation et la place très importante donnée aux textes documentaires et aux faits sociaux, économiques et culturels. La collection se diversifie ensuite en fonction des réformes des programmes d'enseignement et des niveaux de scolarité ; les éditions se chevauchent parfois pour suivre les efforts encore balbutiants des responsables qui recherchent plus d'unification dans les programmes. La période de l'occupation allemande oblige Jules Isaac à un retrait nominatif de la scène éditoriale. André Alba qui avait déjà assuré un relais pendant les années noires l'assiste efficacement et continuera la collection en la dirigeant lorsque disparaît Isaac. (Guy Caplat)

2.                  BARRIÈRE (Pierre). La Vie intellectuelle en France du XVIe siècle à l'époque contemporaine. Albin Michel, 1961, fort in-8°, xxi-635 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité). Edition originale

            25

« L'histoire littéraire enfin intégrée à l'histoire générale de la civilisation », nous dit avec juste raison l'éditeur. Pour chacun des cinq siècles qu'il présente, P. B. analyse successivement les conditions générales, les milieux intellectuels, le mouvement des idées et les formes d'art. Les pages les plus réussies sont sans doute celles qui portent sur les milieux intellectuels et qui traitent des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. On y trouve nombre de notations intéressantes sur le rôle successif de la province et de Paris, sur les conditions de la culture, en particulier sur celles des métiers littéraires : on voit se justifier ainsi les différentes formes qu'a pu prendre, suivant les époques, un même souci de l'homme et de son mystère." (Revue française de science politique, 1963)

3.                  BENCHALOM (Bension). La Littérature hébraïque entre les deux guerres mondiales. Jérusalem, Département de la jeunesse et du Hèhalouts de l'Organisation sioniste mondiale, 1962, in-12, 118 pp, 2e édition, traduit de l'hébreu par Mochè Catane, index biographique de B. Schochetman, 52 portraits photo sur 13 planches hors texte, cart. illustré de l'éditeur, bon état

            20

4.                  BÉRENGER (Jean). Lexique historique de l'Europe danubienne. Armand Colin, 1976, in-12, 255 pp, 240 articles, 4 cartes, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Lexiques U)

            20

"Ce lexique (240 articles) propose une information de base sur les réalités politiques, économiques, sociales, culturelles et religieuses de l'Europe danubienne du XVIe siècle à nos jours. En ont été écartées les données géographiques, biographiques ou événementielles susceptibles de figurer dans les dictionnaires usuels." (Revue française de science politique, 1981) — "Il ne s'agit pas d'une énième série d'encyclopédies de poche mais de répertoires de termes français ou étrangers classés par ordre alphabétique... Chaque lexique a pour maître d'oeuvre un spécialiste confirmé... Ces lexiques historiques peuvent rendre de grands services." (Historiens et Géographes) — "Ces petits ouvrages ont le mérite de rassembler des données et des renseignements que l'on ne pourrait trouver qu'épars dans des dictionnaires ou dans des manuels." (Bulletin critique du livre français)

5.                  BLOCH (Oscar), avec la collaboration de Walther von Wartburg. Dictionnaire étymologique de la langue française. PUF, 1932, 2 vol. gr. in-8°, xxviii-405 et 406 pp, préface d'A. Meillet, texte sur 2 colonnes, reliures pleine percaline bordeaux de l'éditeur, dos lisses avec titres dorés, encadrement à froid sur les plats, bon état. Edition originale

            60

« Le linguiste moderne qui fait une étymologie ne cherche pas le sens réel du mot, ni même le sens qu'il a eu dans le passé, mais s'efforce de suivre l'enchaînement des faits de diverses sortes, par lesquelles le mot a pris sa forme et sa valeur. En pareille matière, le linguiste est historien et n'est qu'historien. » (A. Meillet, préface). L'objet de ce dictionnaire étymologique, classique indispensable, est d'« expliquer » le vocabulaire de notre langue française, de retracer l'histoire des mots depuis leurs racines les plus embryonnaires jusqu'à leurs acceptions les plus complexes. Pour ce faire, le linguiste travaille sur les traces historiques du passé des mots en utilisant également une méthode comparative. Tout vocabulaire exprime une civilisation, ce que les auteurs se sont attachés à montrer, en distinguant ce qui relève soit de la tradition intellectuelle et savante du latin, soit du vieux fonds autochtone, soit d'emprunts étrangers, soit de créations arbitraires dues parfois à un seul écrivain. L'usage de ce dictionnaire éclaire ainsi les variations de sens de chaque mot, il permet de suivre la longue élaboration de notre langue à travers l'Histoire de France.

6.                  BOBIS (Laurence). Le Chat. Histoire et légendes. Fayard, 2000, gr. in-8°, 348 pp, 16 pl. de gravures hors texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, pt trace de choc au 1er plat, bon état

            20

"Qui m'aime aime mon chat", proclamait un écrivain du début du Grand Siècle. Avant de devenir le compagnon des hommes de lettres, puis l'un de nos animaux domestiques préférés, le chat a pourtant eu fort mauvaise réputation. Au XIXe siècle, ses détracteurs et ses partisans s'affrontaient encore, les uns dénonçant son hypocrisie, les autres ne tarissant pas d'éloges sur sa séduction. Dans l'Egypte ancienne, les chats étaient l'objet d'un véritable culte. En Occident, sans doute en raison de leur origine exotique, ils suscitèrent longtemps la méfiance. Pendant tout le Moyen Age, l'Eglise condamna les hommes qui s'attachaient à un animal créé par Dieu pour chasser les souris. Mais le chat avait alors bien d'autres usages : sa fourrure protégeait du froid, les médecins s'en servaient pour fabriquer des onguents et certains le mangeaient. A en juger par les proverbes, les contes ou les sermons des prédicateurs, il avait d'ailleurs tous les vices : gourmand, paresseux, perfide, il était associé à la femme, à la sexualité et à la folie. Sa légende noire, née lors de la lutte contre les hérésies, est inséparable de la sorcellerie. Si le chat a suscité tant de croyances au cours des siècles, c'est qu'il est avant tout un support de l'imaginaire humain. Ce sont ces métamorphoses successives que cet ouvrage nous invite à découvrir.

7.                  BRUTAILS (J.-A.). Pour comprendre les Monuments de la France. Notions pratiques d'archéologie. Hachette, 1919, in-12, 253 pp, 340 dessins et photographies dans le texte, 15 planches contenant 86 photographies, reliure toile verte de l'éditeur, dos orné, titres, médaillon et encadrements dorés au 1er plat, bon état

            25

C'est en 1917 que Brutails publia son fameux petit volume “Pour comprendre les monuments de la France”, chef-d'oeuvre de clarté et de netteté, où la science archéologique apparaît comme définitivement fixée et mise à la portée de tous les débutants. L'ouvrage est entièrement théorique, en ce sens qu'aucun monument n'est cité. — "A côté des monographies détaillées et des gros traités sur l'architecture du moyen âge et des temps modernes, il y avait place pour un manuel résumant la science des uns et des autres et exposant d'une manière aussi claire et précise que possible l'état des différents problèmes que soulève l'étude des monuments. C'est ce manuel que vient d'écrire notre confrère M. Brutails ; nul mieux que lui n'y était préparé par ses travaux antérieurs. Le but que se propose l'auteur, c'est de faire comprendre les monuments de la France, d'apprendre à les reconnaître, à les dater, à démêler les raisons d'être de leurs formes. Le plan du volume est logique : analyse de la construction, de la décoration, étude des édifices religieux, militaires, civils... On est véritablement étonné de tout ce que M. Brutails a pu faire tenir en un si petit volume..." (Marcel Aubert, Bibliothèque de l'école des chartes, 1918)

8.                  CALIMANI (Riccardo). L'Errance juive. I. La dispersion, l'exil, la survie. II. De l'ère des ghettos à l'émancipation. Diderot éditeur, Arts et Sciences, 1996, 2 vol. in-8°, xxi-362 et xxi-474 pp, traduit de l'italien, traduction révisée par l'auteur, notes, biblio, glossaire des termes hébraïques, biblio, brochés, couv. illustrées à rabats, bon état

            40

Vingt siècles d'errance marquent l'histoire du peuple juif, seul peuple de l'Antiquité qui ait survécu jusqu'à l'époque moderne. Légendes, controverses, débats théologiques et idéologiques se mêlent ici pour en éclairer l'histoire. L'exil, la naissance et le développement du christianisme mettent en lumière les premiers signes d'une hostilité persistante. De la dispersion à l'expulsion d'Espagne, Riccardo Calimani expose les origines de la discrimination à travers affrontements passionnés entre l'Église et la synagogue De la fondation du ghetto de Venise à l'émancipation et à l'émergence du sionisme, l'auteur décrit les pérégrinations peuple juif afin de comprendre sa condition actuelle et la singularité de sa destinée. — "Comment, en vingt siècles, on est passé de l'antijudaïsme chrétien à l'antisémitisme « aryen », comment, donc, un différend religieux s'est transformé en condamnation raciale, telle est l'histoire que raconte “l'Errance juive” de Riccardo Calimani. Que le Juif errant ait été humilié, persécuté, massacré au nom du christianisme ou de la pureté de la race, ne change pas fondamentalement les choses, mais il est essentiel pour l'avenir, en revanche, de rappeler que les souffrances infligées au peuple juif n'ont pas de raisons que l'histoire ne puisse expliquer. Ce refus de toute métaphysique sur un sujet qui pourtant en regorge est l'apport indéniable de Riccardo Calimani. Sans Etat et sans armée, sans guerres ni généraux, bref, sans les institutions et les événements qui d'ordinaire façonnent l'identité des nations et en ordonnent la mémoire, les communautés juives ont partagé l'histoire et la langue des pays d'accueil et ont su, en ouvrant leur culture à la plus grande pluralité d'apports, renforcer leur propre singularité. Torah, Talmud, Zohar ; orthodoxie et kabbale ; rationalisme philosophique et messianisme mystique : ce n'est pas la mentalité mais les mentalités juives qu'il s'agissait de reconstituer, si nombreuses et diverses ont été dans le temps les solutions pour s'adapter. Le style du récit compte pour beaucoup dans la réussite d'un ouvrage qui se veut « une aide » pour mieux comprendre les causes des horreurs, mais surtout pour en prévenir la répétition." (Libération, 16 mai 1996)

9.                  CHASSANT (L.-Alph.). Paléographie des chartes et des manuscrits du XIe au XVIIe siècle. P., J.-B. Dumoulin, 1854, in-12, iv-159 pp, 9 planches in-4° dépliantes hors texte, reliure demi-basane noire, dos lisse orné de fleurons et de filets dorés, palettes dorées en queue (rel. de l'époque), reliure lég. frottée, bon état

            80

Quatriéme édition revue, corrigée et augmentée : 1) d'une instruction sur les sceaux et leurs légendes, avec pl. ; 2) des règles de critique des Bénédictins concernant les chartes, les manuscrits et les sceaux. La première édition de ce manuel qui fut très utilisé avant la vulgarisation des planches en héliogravures remonte à 1839. Alphonse Chassant (1818-1907) composa plusieurs ouvrages tout à fait pratiques dans le domaine de ce que l’on appelait alors « les sciences auxiliaires de l’histoire ».

10.              [Chasse] – CAILLARD (Paul). Les chiens d'arrêt. Races anglaises. Dressage. Hygiène du chien. Avec 12 aquarelles dessinées d'après nature dessinées par O. de Penne et 50 vignettes. P., J. Rothschild, Éditeur, 1890, in-folio à l'italienne (50 x 34,5 cm), viii-148 pp, 12 aquarelles en couleurs par Olivier de Penne montées sur bristol hors texte sous serpentes imprimées, et 50 vignettes en bistre dans le texte par Olivier de Penne et Paul Tavernier, reliure demi-maroquin vert à coins, dos à 4 faux-nerfs pointillés soulignés à froid, titres et doubles filets dorés, doubles filets dorés sur les plats, tranches dorées (rel. de l'éditeur), dos et plats lég. frottés, bon état. Edition originale tirée à 1 650 exemplaires, celui-ci n° 44 (Thiébaud, 147)

            250

Edition originale illustrée de 12 chromolithographies de chiens d’après Olivier de Penne.

11.              Collectif – FOUGÈRE (Louis)( dir). Le Conseil d'Etat. Son histoire à travers les documents d'époque (1799-1974). Editions du CNRS, 1974, fort gr. in-8°, xvi-1012 pp, 26 planches hors texte (dont 3 en couleurs), guide bibliographique, index, reliure pleine toile bleue ornée d'un médaillon doré de l'éditeur, rhodoïd, bon état

            60

"Il faut louer M. Louis Fougère d'avoir eu l'heureuse idée d'entreprendre une Histoire du Conseil d'Etat, qui fût la réalisation collective de membres du Conseil, d'archivistes et d'universitaires : il nous a montré ainsi que l'histoire administrative était encore une chose neuve : car c'est un Conseil d'Etat inconnu qui nous est révélé à travers ces pages, avec sa vie quotidienne, ses difficultés, ses conflits, ses ambitions, ses servitudes ; sur le métier de conseiller, sur la logique de l'institution, sur la situation des membres du corps, sur le rôle des personnalités qui ont animé le Conseil on trouve une foule de textes, de précisions, de témoignages qui donnent beaucoup à méditer. Les parties les plus neuves sont – pour nous – celles sur le Conseil d'Etat sous la seconde Restauration (p. 239 et suiv.) et sur le Conseil d'Etat sous la IIIe République, qui n'avaient jamais fait l'objet d'études jusqu'à présent, et qui sont une véritable « révélation » : il faut lire patiemment ces pages très riches – c'est du travail « cousu main » – pour comprendre le rôle politique de ce corps, l'un des rouages essentiels de l'Etat, notamment dans les périodes de crise. Chaque corps administratif devrait écrire ainsi son histoire à travers les âges – ne serait-ce que pour la formation de ses membres." (Guy Thuillier, La Revue administrative, 1975) — "L'ouvrage a été conçu sur un plan strictement chronologique. Il commence par un bref rappel sur les institutions qui ont précédé le Conseil d'Etat napoléonien, c'est-à-dire essentiellement sur le Conseil du Roi de l'Ancien Régime, dont une des branches essentielles portait déjà le nom de Conseil d'Etat. Suit une série de chapitres qui étudient les divers avatars du Conseil d'Etat parallèlement à la succession des régimes politiques de la France : Consulat et Empire – Restauration – Monarchie de Juillet, etc.. et cela jusqu'aujourd'hui. L'évolution est aussi jalonnée par de grandes coupures historiques provoquées par des événements tels que la première guerre mondiale. Car le Conseil, étroitement lié à la vie politique et administrative française, en a régulièrement subi les contrecoups à la fois sous la forme de modifications à ses statuts organiques et de changements de personnel. L'intérêt essentiel de ce livre est qu'il nous permet de suivre pas à pas et sans désemparer, depuis ses origines – du moins pour les temps contemporains – jusqu'aujourd'hui un de ces grands organismes qui constituent les piliers de la vie publique française. Sans doute peut-on prétendre qu'il s'agit là plutôt d'une chronique que d'une histoire. Du moins retrace- t-elle avec exactitude, avec fidélité, la courbe de l'évolution poursuivie par le Conseil et ses rapports avec le pouvoir politique. Exactitude et fidélité, mais aussi objectivité. Nous avons relevé que presque tous les collaborateurs de cette vaste entreprise sont des membres de la maison dont ils narrent les aventures. Cela ne semble pas avoir biaisé leur jugement : sans être critique, l'œuvre ne sent nullement l'apologie ni le panégyrique." (André Molitor, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1977)

12.              Collectif – Pharmacie. Pharmacopée d'État de l'Union des Républiques socialistes soviétiques. Moscou, Ministère de la Santé publique de l'URSS, 1961, pt in-4°, 967 pp, IXe édition, 22 figures dans le texte, tableaux, deux index (latin, français), feuillet d'errata in fine, reliure pleine toile bleu-nuit de l'éditeur, dos lisse, titres dorés au dos et au 1er plat, bon état

            150

La neuvième édition du Codex Pharmaceutique contient 781 articles concernant les préparations médicinales. La nomenclature des préparations médicinales incluse dans cette édition du Codex est complétées par les antibiotiques, les vitamines, les hormones de synthèse, etc. Elle se divise en deux parties. La première partie, « Préparations » comprend les articles sur les produits officinaux isolés et les articles généraux englobant des groupes. la deuxième partie, « Annexes », comprend les descriptions des méthodes d'analyses chimiques, physico-chimiques et biologiques, les tableaux des doses maximales par unité de prise ou par 24 heures de produits toxiques ou à effet virulent pour l'enfant et l'adulte, ainsi que d'autres données... (Introduction)

13.              CORNET (Lucien). Notre outillage national. P., Librairie Delagrave, 1917, in-4°, vii-(1)-214-(1) pp, 60 photographies dans le texte, cart. percaline rouge de l'éditeur avec 1er plat polychrome montrant cinq scènes d'activité industrielle (reproduction d'une pièce originale à Sèvres (voir p. 81), cerf-volant monté, construction navale, machine-outil), dos lisse avec titre et fleurons, tranches dorées (Schmitt, graveur), cartonnage lég. sali, bon état

            100

Bel ouvrage didactique composé de nombreuses notices (illustrées de 60 photos) sur les poudreries, les manufactures d'allumettes (p. 41- 55), les manufactures de tabac (p. 57-75), les manufactures de Sèvres et des Gobelins, l'Imprimerie nationale, les télégraphes et téléphones, l'usine d'essais de Billancourt, les constructions navales, etc. Le cartonnage éditeur illustré de motifs en couleurs témoigne bien de la naïve fierté industrielle de l'époque.

14.              CORTANZE (Gérard de). Le Baroque. P., MA Editions, 1987, in-12, 159 pp, notes, index, reliure pleine toile fauve, dos lisse avec pièce de titre basane havane, couv. conservées, bon état (Coll. Le Monde de...)

            25

Étrange fortune que celle du baroque. Désignant à l'origine une perle qui, faute d'être parfaitement ronde, n'était que de peu de prix, il finit par désigner un style. Depuis sa définition par Milizia en 1797, il n'a cessé d'être opposé à la norme, à la régularité, au classicisme. Robert, lui-même, lui prête une "irrégularité bizarre". Ce livre est une promenade passionnée à travers les époques, les genres, les oeuvres, les objets et les hommes qui ont fait de ce concept un des plus riches et des plus controversés de l'histoire de l'art. Il donne aussi des clefs, indique des voies, mais sans contrainte aucune. En situant le baroque par rapport à ses cousins incestueux que sont, entre autres, le maniérisme et le rococo, il essaie, sinon de "voir clair", du moins de comprendre en quoi la rhétorique baroque de l'ellipse peut ouvrir au savoir moderne.

15.              CUVILLIER (Armand). Manuel de Philosophie. Armand Colin, 1939-1942, 2 vol. in-8°, xxxix-722 et 680 pp, mentions de 6e et 10e éditions revues et corrigées, 90 et 83 illustrations, index, reliures pleine toile écrue, dos lisses avec pièces de titre basane fauve, couv. conservées, bon état

            50

Tome 1 : Introduction générale et Psychologie. – Tome 2 : Logique, Morale et Philosophie générale. — "Grâce à l'intelligent effort d'A. C., les élèves des classes de philosophie peuvent aujourd'hui disposer d'un manuel de psychologie écrit pour eux et qui est vivant et moderne. Agréablement édité, assez abondamment illustré, il séduit dès l'abord ; et quand, aux citations, aux notes, aux bibliographies, on apprécie l'effort de documentation fourni, on admire la forme simple, et claire d'un exposé où l'auteur a su condenser tant de faits et de notions bien assimilés. C. a cherché à fournir un instrument de travail, et son manuel peut être à cet égard rapproché de la Physiologie de Gley. C'est, à mon avis, le plus bel éloge que l'on puisse en faire. Le plan, car il en faut bien un, comporte une section de généralités (sur la science psychologique, les points de vue subjectif et objectif, et la classification des faits psychiques), une section consacrée aux éléments de la vie mentale (tendances et mouvements, sensations et images, états affectifs), deux autres aux fonctions fondamentales (instinct, habitude, association, attention) et aux fonctions complexes (mémoire, perception, jugement, concept, raisonnement), la dernière aux synthèses psychiques (invention, volonté, liberté, personnalité). On ne saurait trop féliciter l'auteur de la réussite de son œuvre." (L'Année psychologique, 1930, à propos du tome I) — "Nous nous excusons du retard mis à signaler l'excellent Manuel de M. Cuvillier, mais un tel livre ne peut se lire qu'à petites doses et nous avons dû prendre notre temps pour refaire, grâce à l'auteur, notre « philosophie ». Ce livre est remarquable par bien des caractères ; allant de l'extérieur à l'intérieur, nous en signalerons d'abord la très belle présentation typographique et, ce qui est digne d'être noté, le fait qu'il est illustré de nombreux portraits de philosophes, de reproductions de gravures symboliques ou de photographies de documents ethnographiques. La composition en est très pédagogique, les divisions des chapitres ou des paragraphes sont assez nombreuses pour faciliter aux élèves le classement bien ordonné des idées ; elles ne le sont pas au point de.créer la confusion. L'emploi des caractères d'importance différente aide encore à distinguer l'essentiel de l'accessoire, dans un livre où, néanmoins, rien n'est inutile ou superflu. Des références bibliographiques très copieuses dans les notes, des listes de sujets de travaux et d'études à la fin des chapitres permettent d'approfondir toutes les matières traitées dans le livre. Un bon index aide à les retrouver aisément et il faut louer aussi le tableau synchronique très original dans lequel l'auteur a mis en regard d'une bonne chronologie des événements philosophiques, les principaux faits de l'ordre politique, scientifique, social, littéraire. Nous n'entreprendrons pas d'analyser un tel livre. Disons seulement que les problèmes y sont exposés avec une clarté souveraine ; que les doctrines, même les plus récentes, y sont recensées et que l'auteur les présente avec une parfaite objectivité. Il nous conduit jusqu'aux dernières controverses de la philosophie contemporaine." (Revue d'histoire économique et sociale, 1930, à propos du tome II) — "Voici un manuel conçu selon une formule neuve qui rompt avec l'allure rébarbative et un peu vieillotte que, seuls parmi les livres classiques, conservaient encore les ouvrages de Philosophie. C'est, je crois, le premier cours de Philosophie illustré et il l'est fort joliment. On a tâché d'y rendre encore la Philosophie attrayante par la clarté de la disposition typographique et par la forme concreète, pleine de vie donnée à l'exposé des problèmes. La documentation est sérieuse, les développements précis, les références abondantes. Les derniers résultats de la philosophie des sciences sont ici mis à profit ainsi que les théories métaphysiques les plus récentes. Des exercices nombreux et variés font de cet ouvrage un véritable manuel, c'est-à-dire un instrument de travail qui fait, à chaque instant appel à la collaboration active de I'étudiant, Enfin – autre innovation – des tableaux synchroniques permettent de se rendre compte de la filiation des doctrines et de leur rapport avec l'ensemble du développement de la pensée et de l'activité humaine." (Raymond Bourgarel, Bulletin de la Société d'Études Philosophiques du Sud-Est, à propos du tome II))

16.              DAVENSON (Henri). Le Livre des Chansons. Ou introduction à la chanson populaire française. S'ensuivent cent trente-neuf belles chansons anciennes choisies et commentées. Neuchâtel, Editions de La Baconnière et P., Editions du Seuil, 1977, in-8°, 589 pp, quatrième édition revue, corrigée et augmentée, une gravure en frontispice, biblio, index, broché, bon état

            40

Contient 139 chansons anciennes (paroles et musique notée) commentées par l'auteur, du "Roi Renaud" à "Au Clair de la lune". Henri Davenson est le pseudonyme de Henri-Irénée Marrou.

17.              DUBY (Georges) et Michelle PERROT ( dir). Histoire des femmes en Occident. Plon, 1991, 5 vol. gr. in-8°, 590, 576, 570, 640 et 561 pp, très nombreuses illustrations, notes, biblio, index, reliures toile éditeur, jaquettes illustrées, bon état

            200

Complet — 1. L'Antiquité (dir. Pauline Schmitt Pantel) ; 2. Le Moyen Age (dir. Christiane Klapisch-Zuber) ; 3. XVIe-XVIIIe siècle (dir. Natalie Zemon Davis et Arlette Farge) ; 4. Le XIXe siècle (dir. Geneviève Fraisse et Michelle Perrot) ; 5. Le XXe siècle (dir. Françoise Thébaud) — "Le titre "Histoire des femmes en Occident" est commode et beau. Mais il faut récuser l'idée que les femmes seraient en elles-mêmes un objet d'histoire. C'est leur place, leur condition, leurs rôles et leurs pouvoirs, leurs formes d'action, leur silence et leur parole que nous entendons scruter, la diversité de leurs représentations – Déesse, Madone, Sorcière... – que nous voulons saisir dans leur permanence et leurs changements. Histoire résolument relationnelle qui interroge la société tout entière et qui est, tout autant, histoire des hommes."

18.              EVDOKIMOV (Paul). L'art de l'Icône. Théologie de la beauté. Desclée De Brouwer, 1972, gr. in-8°, 303 pp, 4 planches en noir et 12 planches en couleurs (7 contrecollées), reliure pleine toile écrue de l'éditeur, jaquette illustrée (lég. frottée au dos), bon état. Edition originale

            40

Etude de l´icône à partir d´une vision biblique et patristique de la beauté. Une référence importante pour la dimension spirituelle et ecclésiale de l'icône en Orthodoxie. — "Paul Evdokimov nous livre aujourd'hui une somme sur la beauté. “Dans” la beauté plutôt, cette beauté divino-humaine "qui sauvera le monde", comme le prédisait Dostoïevsky. Pour mener à bien, "à beau" , cette entreprise sans tomber ni dans l'esthétisme ni dans une réduction intellectuelle du mystère, il fallait sans doute ce grand théologien orthodoxe, au sens d'une théologie qui "chante gloire" dans la communion des transfigurés (l'on sait que Paul Evdokimov nous a donné, ces dernières années, d'importantes études sur la spiritualité et la liturgie de l'Orient chrétien). L'esprit de l'Orthodoxie, dans sa plus profonde continuité, est un esprit philocalique. On appelle philocalies – "amour de la beauté" – ces recueils de théologie mystique (et toute véritable théologie est mystique) qui jalonnent l'histoire de l'Orient chrétien pour aider l'homme à participer, avec son intelligence et son coeur réunifiés, à la gloire même de Dieu. Or la démarche de Paul Evdokimov est "philocalique". C'est celle d'une pensée nourrie des Pères grecs, pour qui la beauté est un Nom divin, cette vie lumineuse où le monde et l'homme trouvent leur origine et leur fin, et qui se voile et se dévoile à la fois sur la "croix de lumière". Pensée nourrie aussi de l'expérience russe de la liturgie comme "art des arts" et pressentiment du Royaume, car on entend résonner dans ce livre l'émerveillement décisif des messagers russes venus à Constantinople, dans l'église de la Sagesse divine, en quête de la vraie foi : "Nulle part il ne peut y avoir pareille beauté". Pensée qui met à nu, à travers Dostoïevsky et Berdiaeff, mais aussi Jung et Heidegger, le vide et l'enfer qui s'ouvrent dans l'âme contemporaine – et c'est le lieu providentiel où faire éclater la lumière de la Résurrection, c'est-à-dire du Saint-Esprit : "Tout est rempli de lumière, le ciel, la terre et l'enfer" chante dans la nuit de Pâques l'Orient chrétien. Au-delà de cette mort de toutes les valeurs, philosophiques, morales, esthétiques, que l'Occident traverse aujourd'hui comme une nuit, Paul Evdokimov voit prophétiquement surgir le mystère irréductible de la personne (au sens théologique, proprement ineffable, de l'hypostase), le visage crucifié et transfiguré – l'icône, autour de laquelle le monde se révèle "buisson ardent". Le livre, qui part de la vision biblique et patristique de la beauté pour décrypter, à sa lumière, les recherches contemporaines de l'art, culmine à la théologie de l'icône où la personne devient comme le sacrement d'une Lumière où déjà l'histoire se consomme dans l'éternité. Il s'achève sur le bouquet paradisiaque de dix icônes fidèlement reproduites et dont le commentaire, qui part du chef-d'oeuvre de Roublev pour aboutir à l'Ange-Sagesse de Novgorod, nous mène du mystère de la Trinité, source de l'amour sacrificiel, à celui de la Sagesse qui fait de la Trinité le lieu de notre existence renouvelée et devient en nous connaissance intégrale où le coeur s'embrase dans la beauté." (Olivier Clément)

19.              FARRÈRE (Claude). Histoire de la Marine Française. Flammarion, 1956, in-4°, 439 pp, 586 gravures et photos reproduites en héliogravure dans le texte et 12 planches en couleurs hors texte, reliure plein pellior vert avec décoration dorée et filets verticaux à froid de l'éditeur, jaquette illustrée lég. salie, bon état

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Cette imposante Histoire de la Marine française s'ouvre sur sur notre première marine qui, en l'an 47 avant J.-C. en Armorique, opposa une très belle résistance aux troupes romaines et à leurs galères menées par Jules César. Et l'ouvrage se termine, près de 440 pages plus loin, sur la Marine Nationale française du vingtième siècle et son porte-hélicoptère "la Résolue" (qui attend d'être rebaptisée "Jeanne d'Arc"), sur son arme sous-marine pas encore nucléarisée et sur ses deux porte-avions dont le tout récent "Foch". L'ouvrage est imposant, passionnant et illustré de belle manière grâce à un nombre impressionnant de photos, de dessins, d'enluminures et de reproductions de tableaux. Le texte est rédigé par un véritable marin doublé d'un talentueux écrivain. La documentation sur laquelle il s'appuie fait de cet ouvrage une véritable mine d'érudition et de savoir. L'auteur, Claude Farrère (1876-1957), est un officier de Marine issu de la promotion 1899 de l'École Navale. Promu Capitaine de Corvette en 1918, il pose la casquette au lendemain de la Grande Guerre pour se consacrer pleinement à sa carrière d'écrivain. (Gill) — "Présenté au public sous une forme moderne et artistique, cet ouvrage, écrit par le célèbre auteur de “La Bataille” et de “Thomas l'Agnelet”, est un livre à la fois très vivant et très documenté. Officier de marine, il faut le souligner, – en même temps qu'écrivain, – l'auteur pouvait, mieux que personne, imprimer à cette histoire son accent essentiel et son sens profond. Dans une suite de fresques magistrales, Claude Farrère conte, avec une admirable maîtrise, la vie de la France sur mer depuis des siècles et donne une impression saisissante de ce que fut, sur les océans, le destin tour à tour heureux et malheureux de notre pays. La reproduction exacte de gravures des époques évoquées, sujets puisés en de patientes recherches dans les admirables manuscrits et ouvrages conservés à la Bibliothèque nationale ou des collections particulières, a permis d'ajouter à l'oeuvre littéraire l'apport visuel d'une admirable iconographie. Le texte de la première édition, paru il y a une vingtaine d'années, a été entièrement revu par l'auteur et complété par des chapitres nouveaux, très sûrement documentés, sur la période d'entre les deux guerres et sur la guerre récente, avec des aperçus sur l'époque actuelle." (L'Editeur, sur le rabat de la jaquette)

20.              FULIGNI (Bruno). L'État c'est moi. Histoire des monarchies privées, principautés de fantaisie et autres républiques pirates. Les Éditions de Paris, 1997, in-8°, 238 pp, 69 illustrations dans le texte (photos, gravures, timbres, billets), 2 cartes, biblio, index des États, broché, couv. illustrée, bon état

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Connaissez-vous la principauté d'Outer-Baldonia ou le sultanat d'Occussi Ambeno ? Avez-vous entendu parler de l'Etat de Marengo, du royaume de Yap, ou de la république de Counani ? Ces pays, s'ils ne figurent sur aucune carte officielle, ne sont pas pour autant imaginaires. A côté des États universellement reconnus existent des États « libres » qui, profitant des caprices de la géographique et de l'histoire, plantent leur drapeau et leur désir tout autour du globe, amenant au jour monarques autoproclamés et gouvernements conditionnels, timbres et monnaies pirates, constitutions improbables et noms fabuleux. Différents motifs, qui vont de l'ambition coloniale au simple canular, en passant par la foi missionnaire ou l'escroquerie philatélique, président à la naissance de ces pays de contrebande. Ainsi, le vieux rêve enfantin de fonder pour soi un royaume, ou le mot de Hegel sur le "droit des héros à fonder des Etats", ont été pris au sérieux par quelques hommes. Aventuriers, forbans, illuminés, artistes, commerçants : c'est une très romanesque galerie de portraits qui est reconstituée ici pour la première fois. A travers le temps et l'espace, de l'Ancien régime à Internet, et de Montmartre à la Patagonie, ce livre explore plus de quatre cent États non reconnus et offre enfin aux amateurs tous les bons moyens de satisfaire leur fantasme régalien.

21.              GIRARDET (Raoul). L'Idée coloniale en France de 1871 à 1962. La Table Ronde, 1972, in-8°, xi-332 pp, broché, bon état. Edition originale

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L'idée coloniale a tenu trop de place et pendant trop longtemps dans l'esprit des Français pour que son histoire les laisse aujourd'hui indifférents. Comment s'est développée en France, après 1870, une volonté cohérente d'expansion coloniale ? Comment s'est-elle affirmée ? Autour de quels thèmes la vision impériale française s'est-elle progressivement définie ? A quelles résistances s'est-elle heurtée ? Quelle place le fait et le débat colonial ont-ils eu, en définitive, dans la conscience nationale française ? C'est à ces questions, presque jamais abordées, que Raoul Girardet répond dans ce livre d'histoire des mentalités, des sentiments et des croyances qui est aussi le roman d'une idée. — "R. Girardet nous donne un livre d'une importance et d'une nouveauté exceptionnelles. Importance, en raison du sujet : depuis que le souffle de la décolonisation est passé sur l'Europe, l'étude des impérialismes coloniaux est étrangement peu dans le vent. En ce qui concerne la France, seule la brillante étude de M. H. Brunschwig, 'Mythes et réalités de l'impérialisme colonial français' avait posé, il y a plus de dix ans, les premiers jalons. Encore l'auteur abordait-il son sujet dans une perspective purement économique : or le phénomène de la colonisation a touché de trop près l'opinion publique et la conscience collective pour que l'historien puisse se passer de ces indicateurs sensibles. (...) Il n'est peut-être pas inutile de rappeler, pour finir, que l'auteur de cette étude s'est trouvé mêlé de près aux épisodes les plus douloureux de la guerre d'Algérie. Son effort impartial, non seulement pour comprendre le passé à la lumière du présent, mais pour expliquer le présent à la lumière du passé, constituait sans doute la gageure la plus difficile qu'il eût à tenir : se faire l'historien de sa propre passion. Là encore, il a pleinement réussi. Ce n'est pas son moindre mérite. Et c'est aussi l'intérêt de l'histoire des idées, de rendre possible, par la profondeur des perspectives qu'elle embrasse, une telle hauteur de vue." (Alain-Gérard Slama, Revue française de science politique, 1972)

22.              GRMEK (Mirko D.). Histoire du sida. Début et origine d'une pandémie actuelle. Payot, 1990, in-8°, 418 pp, 2e édition (la première, de 1989, ne comprenait que 392 pp), notes, biblio, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. Médecine et sociétés)

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Cet ouvrage raconte les débuts de cette pandémie, élucide les origines des virus du sida, explique les différentes stratégies de recherche scientifique et décrit les péripéties de la lutte contre ce fléau. Deux histoires s'entrecroisent dans ce récit : celle de la réalité d'un événement épidémique sans précédent, et celle du progrès de nos idées à son propos. — "Dans l'introduction, Mirko Grmek insiste sur les analogies qui relient le sida à d'autres menaces qui nous rappellent la fragilité des sociétés développées. L'histoire permet-elle de proposer des modèles descriptifs et explicatifs assurant de sortir des analogies et des métaphores ? C'est l'enjeu de ce livre structuré en quatre parties, dont les deux premières, présentées de façon événementielle, retracent l'extension de l'épidémie et les progrès médicaux accomplis dans la compréhension de cette pathologie nouvelle. La troisième partie reprend les différentes théories de la genèse du sida, et la quatrième propose une interprétation des causes biologiques et sociales du sida. On trouve dans les deux premières parties le récit le plus complet de l'histoire des stratégies et des controverses scientifiques qui ont abouti la découverte du virus et des voies de sa transmission..." (Michaël Pollak, Annales ESC, 1989)

23.              HOGGART (Richard). 33 Newport Street. Autobiographie d´un intellectuel issu des classes populaires anglaises. Seuil, Gallimard, 1991, gr. in-8°, 290 pp, traduit de l´anglais, présentation de Claude Grignon, index, broché, pt accroc sans gravité au bas du 1er plat, bon état (Coll. Hautes Études)

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Autoportrait d'un intellectuel issu des classes populaires, “33 Newport Street” dessine en creux, et pour une fois, en négatif, le portrait de l'intellectuel d'élite standard. Dans cette autobiographie sociologique, Richard Hoggart évoque son enfance dans un quartier ouvrier du Leeds des années vingt. Le récit de cette enfance, si démunie et pourtant si riche de souvenirs, fait comprendre que les groupes les plus dominés ont encore une culture et qu'en même temps, il n'est pas de culture populaire, si repliée sur elle-même et si protégée soit-elle, qui ne soit habitée par la domination qui s'exerce sur elle.

24.              JOUSSET (P.). La France, Géographie illustrée. Larousse, s.d. (v. 1920), 2 vol. in-4°, 390 et 464 pp, 49 planches hors texte, 55 cartes et plans en noir et en couleurs, 1942 photos, index, reliures demi-chagrin bordeaux de l'éditeur, dos lisses et plats estampés à froid, titre doré au 1er plat et au dos (rel. de l'éditeur), bon état

            80

Très riche documentation figurée (1942 photographies, 49 hors-texte, sans compter 55 cartes en noir et en couleurs) sur les sites, les villes, les coutumes, les ressources. Prenant pour point de départ le Massif central, l'auteur fait voir le rayonnement des vallées et des fleuves, avec le développement de l'activité sociale et économique. L'illustration comprend près de 2000 photos : monuments, paysages, scènes de mœurs, etc., et les 2 volumes contiennent de nombreuses cartes en couleurs, des cartes en noir, des plans de ville, dont l'ensemble constitue un véritable atlas. Une table très complète forme à la fin de l'ouvrage un précieux dictionnaire géographique. Un chapitre est consacré à l'Algérie. Cette édition contient, à la fin du second volume, deux fascicules supplémentaires consacrés à l'Alsace et à la Lorraine libérées. La description qui en est faite correspond à leur état en 1914. — "La France, géographie illustrée, publiée chez Larousse par M. P. Jousset, est d'une exécution plus artistique et plus luxueuse et est conçue dans un esprit plus scientifique et plus littéraire à la fois que l'Atlas de M. Reclus. Les gravures, qui sont d'une admirable exécution, sont de dimensions importantes; beaucoup d'entre elles occupent toute une page ; quelques-unes, comme celles des monts d'Auvergne, sont d'un effet impressionnant. Le texte occupe une très grande place dans l'ouvrage. Il est d'une information très précise et d'une lecture attrayante. Le plan de l'ouvrage est original et conforme aux données les plus récentes de la science géographique. La France s'y trouve étudiée par régions." (Revue Historique)

25.              LAVALLÉE (Théophile). Histoire des Français, depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1830. Septième édition, revue, corrigée. Paris, J. Hetzel, 1847, 2 forts vol. in-4°, 654 et 740 pp, ornée de vingt gravures sur acier d'après les tableaux authentiques du musée de Versailles, les 2 tomes reliés ensemble en un fort volume demi-chagrin vert, dos à 4 larges nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état. Bel exemplaire

            150

« Vous avez réussi mieux que personne à condenser les faits sans les entasser ; et en condensant les faits, vous avez aussi très bien résumé les idées. » (Lettre de M. Guizot à M. Lavallée). D'autres témoignages de la plus haute autorité ont constaté la valeur de cette histoire que les éditeurs présentent comme le livre classique destiné à répandre le véritable et sérieux enseignement de l'histoire de France." (Journal des débats politiques et littéraires, 28 déc. 1840)

26.              LEMAIRE (Constant). Barême pour servir à l'établissement des devis instantanés. Prix de base, Série de la Société Centrale des Architectes. Edition 1913. P., Ch. Massin, s.d. (1913), in-12, 102 pp, reliure toile bordeaux de l'éditeur, encadrements à froid sur les plats, titres argentés au 1er plat, bon état. Peu courant

            20

27.              [Littérature] – MAUPASSANT (Guy de). Bel-Ami. P., L'Edition d'art H. Piazza, 1969, pt in-4°, 385 pp, avant-propos de Pascal Pia, 16 illustrations de Terechkovitch hors texte en couleurs, édition établie sous la direction de Marcel Lubineau, reliure simili-cuir carmin décorée de l'éditeur, bon état

            30

Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s'entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.

28.              [Littérature] – MAUPASSANT (Guy de). Mademoiselle Fifi – Une vie. P., L'Edition d'art H. Piazza, 1969, pt in-4°, 399 pp, avant-propos de Pascal Pia, 16 illustrations de Berthommé Saint-André hors texte en couleurs, édition établie sous la direction de Marcel Lubineau, reliure simili-cuir carmin décorée de l'éditeur, bon état

            30

18 contes dont “Mademoiselle Fifi” : des officiers prussiens qui occupent le château d'Uville font venir des prostituées de Rouen. Or l'un des militaires, le marquis Wilhem d'Eyrik, surnommé Mademoiselle Fifi à cause de sa tournure coquette, traite cruellement la jeune femme qui lui est dévolue : la juive Rachel finit par lui donner un coup de couteau qui se révèlera fatal. Elle s'échappe et le curé la cache dans le clocher de l'église... – suivis de “Une vie” : sortie du couvent où elle fut éduquée, Jeanne rejoint ses parents en Normandie, fertile terreau des histoires inventées par Guy de Maupassant. La perspective d'un mariage d'amour met la dernière touche à un tableau idyllique. Mais au pastel normand succède la brutalité d'un réalisme cru. Julien, le mari de Jeanne, la condamne à sortir de ses illusions : tromperies, trahisons, calculs... Quelques années dans la vie d'une femme ordinaire. Presque un cauchemar...

29.              [Littérature] – VIALATTE (Alexandre). Badonce et les créatures. Nouvelles. Julliard, 1982, in-8°, 213 pp, préface de Gabrielle Rolin, broché, bon état

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Alexandre Vialatte a publié ce recueil en 1937. Si le siècle a changé de numéro, les écrits de Vialatte, la force de son invention, la cocasserie des situations et l'originalité des personnages n'ont pas pris une ride. Ce qui frappe surtout, c'est la liberté du ton et la virtuosité de la langue. En lisant Vialatte, on se retrouve très vite dans cet état d'euphorie délicieuse qui précède l'éclat de rire.

30.              [Littérature] – VIALATTE (Alexandre). Dernières nouvelles de l'Homme. Julliard, 1978, in-8°, 314 pp, préface de Jacques Laurent, introduction de Ferny Besson, broché, bon état

            20

"Vous connaissez Vialatte? Vous aimez? Ces questions n'en étaient pas; elles n'en sont toujours pas; elles font partie d'un mot de passe. Une réponse affirmative permet de classer l'interlocuteur. Si l'on aime Vialatte, c'est qu'on pratique une région de la littérature qui va de Morand à Giraudoux. Encore faut-il se méfier du diagnostic car on peut tomber sur un amateur de Vialatte qui déteste Morand et qui raffole d'Audiberti où, ce qui est le plus grave mais existe, sur un fervent de Kafka qui a intégré Vialatte à sa religion... Alexandre Vialatte mourut le 3 mai 1971. Depuis lors, sous les meilleures plumes le même appel a été répété : il faut publier ses chroniques. L'appel a été entendu, ce livre le prouve. II prouve, en paraissant, que notre civilisation subsiste et que contrairement aux sociétés manichéennes elle est toujours disposée à laisser autant de place aux écrivains mineurs qu'aux hercules de la littérature." (Jacques Laurent)

31.              [Littérature] – VIALATTE (Alexandre). L'Eléphant est irréfutable. Julliard, 1980, in-8°, 318 pp, chroniques choisies par Ferny Besson, réface de Pierre Daninos, broché, bon état

            20

Dernières nouvelles de l'univers : l'homme aujourd'hui ne descend plus du singe mais de l'avion... Il achète un chien imaginaire qui ne tient pas de place, consomme peu et oblige à prendre de l'exercice... D'éminents chimistes ont inventé un produit miraculeux qui ne tue pas les mites mais leur coupe l'appétit... Gardez-vous bien de rire ! Tout est vrai. Vialatte a toujours raison. Il observe et raconte. Il désarticule le temps à loisir et saisit l'irrésistible cocasserie du monde. Fables, pamphlets, poèmes, prophéties, ces chroniques célèbrent l'art d'écrire. Avec une justesse et une virtuosité qui font mouche.

32.              [Littérature] – VIALATTE (Alexandre). Les Champignons du détroit de Behring. Julliard, 1988, in-8°, 295 pp, textes choisis par Ferny Besson, préface de Charles Dantzig, broché, bon état

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Alexandre Vialatte vit dans un monde extravagant : la France des années 30. Les galeries d'art exposent des épluchures ; des centaines de chaussures flottent sur l'océan où vient de s'engloutir un Boeing ; des ecclésiastiques couronnent des films pornographiques ; sur la Lune, deux petits hommes ramassent des cailloux. Tandis que le reste de la population découvre, émerveillée, le bloc-évier, la poubelle à pédale et la publicité télévisée. Dans ces chroniques qui surpassent en cocasserie l'almanach Vermot lui-même, Vialatte nous invite à rattraper le temps perdu pour découvrir "une époque étrange, pareille à ces nuits prophétiques pleines de prodiges, de fumées et de pluies d'étoiles dont parlent les livres anciens".

33.              LIVORY (May). Shukaba, rumeurs et costumes ... récits et légendes autour d'une collection de vêtements et de bijoux. (Thèse). Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2002, gr. in-8°, 245 pp, nombreuses illustrations, biblio, broché, bon état

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Thèse de doctorat en Ethnologie sous la direction d'Yves Lecerf et Jean-Marc Lepers, soutenue en 1997 à Paris VII. Recherche-action en ethnologie : l'accent est mis sur le processus artistique expérimental à l'oeuvre dans Shukaba. Démarche qui utilise les outils conceptuels de l'ethnométhodologie, dans le double objectif d'analyser les mécanismes de création dans leur contexte et de créer de nouveaux objets. Shukaba étudie les composantes d'une civilisation à travers l'invention d'une ethnie fictive, dont les attributs (parures, vêtures, talismans, dictons) et les pratiques (rituels, fêtes...) sont décrits dans le lexique intitule Shukaba. Sont introduites les notions de création-divination désignant l'invention artistique comme méthode d'interprétation ; de machines célibataires dans leur fonctionnement (et non dans leur nature) à partir des supports, plastiques, médiatiques...

34.              MALET (Albert). L'Antiquité. L'Orient, la Grèce, Rome. Hachette, 1912, in-12, 438 pp, 285 gravures et 25 cartes, cart. toilé éditeur lég. défraîchi, trace de pli au 1er plat, état correct

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Ecrit avec la collaboration de Charles Maquet.

35.              MALET (Albert) et Jules ISAAC. XIVe, XVe, XVIe siècles. Hachette, 1927, in-12, viii-584 pp, 205 gravures et 30 cartes, cart. vert imprimé de l'éditeur, un mors fendu, sinon bon état (Nouveau cours d'Histoire Malet-Isaac, classe de Troisième)

            20

Ecrit avec la collaboration de V.-L. Bourrilly.

36.              MALET (Albert) et Jules ISAAC. XVIIe & XVIIIe siècles. Hachette, s.d. (1931), in-12, 650 pp, 214 gravures et 26 cartes, biblio, index, cart. vert imprimé de l'éditeur (très lég. défraîchi), bon état (Nouveau cours d'Histoire Malet-Isaac, classe de Seconde)

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37.              MALET (Albert). XVIIIe siècle, Révolution, Empire (1715-1815). Hachette, 1914, fort in-12, 752 pp, 178 gravures, 49 cartes et plans, cart. éditeur, bon état

            25

38.              MALET (Albert) et Jules ISAAC. Histoire contemporaine depuis le milieu du XIXe siècle. Hachette, s.d. (1939), fort in-12, 886 pp, 268 gravures et cartes, cart. éditeur, bon état (Nouveau cours d'Histoire Malet-Isaac, Classes de Philosophie-Mathématiques)

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Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle.

39.              MARROU (Henri-Irénée). De la connaissance historique. Seuil, 1973, pt in-8°, 316 pp, 6e édition revue et augmentée, un frontispice, notes, index, broché, qqs rares annotations crayon, bon état

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"Un livre capital." (Philippe Ariès) – "Il s'agit ici d'un essai qui est une manière de chef-d'œuvre. Sérieusement, je ne crois pas avoir rien lu d'aussi complet ni d'aussi précis sur le travail de l'historien ; et plus d'une page en va singulièrement loin dans le mystère de la connaissance de l'homme par l'homme." (Henri Rambaud) – "Un tel livre n'est pas seulement fort utile pour les étudiants d'histoire, il devrait être un maître-livre pour quiconque veut vraiment prendre conscience des problèmes historiques d'hier et d'aujourd'hui." (Michel Carrouges) – "Rarement une exploration en profondeur des possibilités de l'histoire avait été conduite aussi loin." (Marcel Brion)

40.              MAURO (Frédéric). Histoire du café. Desjonquères, 1991, in-8°, 249 pp, notes, biblio, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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L'origine du café est légendaire. C'est en Ethiopie que semblent être nés les premiers plants de café, transportés plus tard en Arabie et au Yémen. Au XVIIIe siècle, quelques plants finissent par quitter l'Arabie pour l'Inde, et le Yémen pour la Hollande. Les premières cultures parviennent aux Antilles vers 1723 et quelques années plus tard dans les îles Caraïbes d'où le café se répand au Brésil puis à Saint-Domingue. L'engouement des pays occidentaux pour cette boisson provoque un développement rapide des plantations caféières dans la région de Rio et l'organisation d'une économie originale où des « fazendas » assurent la culture, la cueillette, la torréfaction et l'expédition vers les ports du Havre, de Bordeaux... Simultanément, de l'autre côté du globe, les Indes néerlandaises développent leur production pour satisfaire les consommateurs de l'Europe du Nord. L'abolition de l'esclavage modifie l'exploitation caféière au Brésil et la fin du XIXe siècle voit la Colombie, Haiti et Saint-Domingue fonder leur prospérité sur le café. A la même époque, l'Afrique centrale s'impose comme un producteur important, faisant notamment de la Côte d'Ivoire le troisième exportateur mondial. Cette Histoire du café se devait d'évoquer la guerre féroce livrée pour la conquête du marché du café soluble entre les fabricants nord-américains et leurs concurrents brésiliens. Cette boisson devenue aussi mythique que le thé, son rival, est non seulement une matière première c'est aussi une boisson conviviale dont l'usage et les rites diffèrent suivant les pays et les civilisations. Frédéric Mauro explore l'ensemble des curiosités que cette boisson suscite et les éclaire d'un appareil documentaire riche et récent.

41.              MONTHERLANT (Henry de). Sur les femmes. P., J.-J. Pauvert, 1958, in-12, 153 pp, reliure toile vert amande, pièce de titre papier rose ovale contrecollée au1er plat, rhodoïd, bon état. Tirage numéroté sur Alfama Bellegarde

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"On dit que Montherlant est un grand contempteur de la femme et il s'en donne les gants non sans cette pointe de démagogie qui décèle l'inévitable cabotin chez le plus hautain artiste (...) Mais, somme toute, c'est l'homme qui pense aux femmes avec le plus de soin et elles ne s'y trompent pas." (Drieu La Rochelle, Nouvelle Revue française, 1er février 1943) — "Un petit volume où la rose l'emporte presque sur l'épine, celle-ci représentée par l'étude sur le ménage Tolstoï et quelques boutades : ailleurs, ce ne sont que louanges." (Jeanne Sandelion, Hommes et mondes, 1950) — Table : Le ménage de Tolstoï – Don Juan le satisfait – Sur les femmes – Lettres de femmes – Mères et filles – Le modèle d'Andrée Hacquebaut ? – Les femmes et la poésie – Humanité de la femme.

42.              PASSET (René). Les Grandes Représentations du monde et de l'économie à travers l'histoire. De l'univers magique au tourbillon créateur... Les Liens qui libèrent, 2010, gr. in-8°, 950 pp, notes, broché, bon état

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René Passet est l'un de nos économistes les plus éminents. Pionnier de l'approche transdisciplinaire, il le fut également en intégrant la nature dans l'approche économique. Il fut président scientifique d'ATTAC, membre du groupe des 10 et auteur de livres de référence : "L'Economique et le Vivant", "L'Illusion néolibérale"... Cet ouvrage est son grand oeuvre, aboutissement de toute une vie. Il replace l'histoire des théories économiques, depuis la Grèce antique jusqu'à nos jours, dans le long mouvement des mutations de la pensée. Ainsi interprète-t-il l'économie actuelle à la lumière des mutations techniques (émergence de l'immatériel), scientifiques (théorie du chaos, sciences cognitives), politiques ou environnementales... Un livre qui fera date et qui montre qu'il nest aucune pensée économique éternelle ou universelle, mais dépendante ou en écho à un système de représentations.

43.              [Pataphysique] –Exercices de littérature potentielle. Viridis Candela. Cahiers du Collège de Pataphysique. Dossier 17. P., Collège de Pataphysique, 1961, gr. in-8°, 96 pp, qqs illustrations dans le texte et à pleine page, dont Max Ernst, Françoise Gilot, Prévert, broché, couv. en partie insolée, bon état

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Dossier 17, 22 Sable Lxxxix (22 décembre 1961). Numéro consacré à l'Oulipo ; textes de François Le Lionnais, Raymond Queneau, Jean Lescure, Noël Arnaud, Jean Queval, Latis, Jacques Bens, Ythier Marchant, Jacques Prévert, René Clair, etc.

44.              ROUX (Jean-Paul). Le sang. Mythes, symboles et réalités. Fayard, 1988, gr. in-8°, 407 pp, notes, sources, biblio, 3 index, broché, couv. illustrée, bon état

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Toute définition du sang appelle son contraire. Le sang souille et purifie, il est masculin et féminin, faste ou funeste, bienfaisant ou dangereux, et le répandre peut être crime ou acte sacré. Or; devant le sang, l'humanité, en règle générale, a réagi de la même façon. Le sacrifice sanglant fut universel, et s'il disparut très tôt dans le monde judéo-chrétien, il atteignit le sommet de l'horreur chez les Aztèques. Universelles aussi furent les blessures rituelles. De même, la menstruante ou la nouvelle accouchée ont partout éveillé la crainte et ont été frappées d'interdits. Et l'on peut multiplier les rapprochements. Qu'il s'agisse de la chasse, de la vendetta et de l'alliance des gangs, ou encore des vampires, on retrouve les mêmes archétypes, les mêmes rites, les mêmes symboles dans des sociétés que le temps, l'espace et la culture pourtant séparent. Ainsi en est-il également de ces larmes de sang par lesquelles les mystiques de l'Orient comme ceux d'Occident ont exprimé leur amour pour Dieu. Car pour l'auteur, lui même chrétien, nul doute que le sang a un sens mystique. Dans un chapitre superbe, il montre comment l'Eucharistie et la Passion du Christ se placent sous le signe du sang. Les chrétiens du Moyen Age et des siècles qui suivirent ont vécu avec ardeur cette Passion du Dieu sauveur; ses saints ensanglantés en furent l'expression la plus émouvante. Enfin c'est également dans une perspective christologique que l'auteur situe la mort de Louis XVI : l'historien des religions peut la lire comme le sacrifice d'un chef, purificateur et rédempteur, qui devait engendrer le monde moderne. Ces pages écrites avec ferveur pourront surprendre, voire choquer. Le sang est, par essence, ambivalent. Il a joué et joue encore un rôle fondamental dans toutes les civilisations. Et ce livre, qui met en évidence les croyances et les comportements humains face au sang, ne laissera personne indifférent.

45.              ROZENBLUM (Michel). Le Militaire et l'Economique. Les relations entre la guerre et l'économie depuis les origines de l'homme et jusqu'à nos jours. S.l.n.n., 1979, 2 vol. in-4°, 644-(9) pp, pagination continue, biblio, brochés, bon état. Thèse de doctorat en sciences économiques sous la direction de Jacques Wolff soutenue en 1979 à l'Université Paris I - Panthéon-Sorbonne

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Cette thèse de doctorat d'Etat constitue à notre connaissance la seule approche des relations entre l'économie et la guerre (guerre mais aussi industrie militaire) abordant tour à tour l'apport de l'économie à la guerre et de la guerre à l'économie, le terme "apport" pouvant être selon le cas positif ou négatif (destruction de peuples, Etats, économies...). Par son côté systématique et sans parti pris, il peut intéresser aussi bien les milieux militaires, politiques, les chercheurs mais aussi les simples amateurs qui s'intéressent à l'économie et à la sphère militaire. Sa lecture permet de mieux appréhender les véritables enjeux des conflits entre les Nations. Cet ouvrage est réalisé sans parti pris, sauf celui d'essayer de comprendre la relation intime qui a toujours existé entre les activités militaires et l'économie.

46.              SAND (Shlomo). Comment le peuple juif fut inventé. Fayard, 2008, gr. in-8°, 446 pp, traduit de l'hébreu, index, broché, bon état

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Quand le peuple juif fut-il créé ? Est-ce il y a quatre mille ans, ou bien sous la plume d'historiens juifs du XIXe siècle qui ont reconstitué rétrospectivement un peuple imaginé afin de façonner une nation future ? Dans le sillage de la "contre-histoire" née en Israël dans les années 1990, Shlomo Sand nous entraîne dans une plongée à travers l'histoire "de longue durée" des juifs. Les habitants de la Judée furent-ils exilés après la destruction du Second Temple, en l'an 70 de l'ère chrétienne, ou bien s'agit-il d'un mythe chrétien qui aurait infiltré la tradition juive ? L'auteur montre comment, à partir du XIXe siècle, le temps biblique a commencé à être considéré par les premiers sionistes comme le temps historique, celui de la naissance d'une nation. Ce détour par le passé conduit l'historien à un questionnement beaucoup plus contemporain : à l'heure où certains biologistes israéliens cherchent encore à démontrer que les juifs forment un peuple doté d'un ADN spécifique, que cache aujourd'hui le concept d' "État juif", et pourquoi cette entité n'a-t-elle pas réussi jusqu'à maintenant à se constituer en une république appartenant à l'ensemble de ses citoyens, quelle que soit leur religion ? En dénonçant cette dérogation profonde au principe sur lequel se fonde toute démocratie moderne, Shlomo Sand délaisse le débat historiographique pour proposer une critique de la politique identitaire de son pays. — "L'un des livres les plus fascinants et stimulants publiés depuis longtemps." (Tom Segev)

47.              SCHURMANN (Reiner). Le principe d'anarchie. Heidegger et la question de I'agir. Seuil, 1982, in-8°, 380 pp, biblio, index des références, broché, bon état (Coll. L'ordre philosophique)

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Autrefois son élève, Reiner Schürmann identifie dans l'oeuvre de Heidegger un impensé, le principe d'anarchie. Contre cette métaphysique occidentale qu'il s'applique à déconstruire, le penseur de la présence aurait fait de l'être et de l'agir une seule et même question. Et sapé ainsi toute possibilité de définir un fondement rationnel sur lequel construire une philosophie pratique. Que l'agir humain, à l'époque technologique, se trouve privé d'arché : voilà ce que cette étude majeure, lisant Heidegger à rebours, a permis de dévoiler.

48.              SEBAG (Paul). Les noms des Juifs de Tunisie. Origines et significations. L'Harmattan, 2002, gr. in-8°, 169 pp, biblio, broché, bon état

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Ce livre se propose de rendre compte des noms des juifs de Tunisie. Ayant commencé par en dresser un inventaire complet, l'auteur s'est efforcé d'établir la signification de chacun d'eux, en faisant appel aux ressources de l'hébreu, de l'arabe, du berbère ou des langues romanes.

49.              WOLFFLIN (Heinrich). Principes fondamentaux de l'histoire de l'art. Le problème de l'évolution du style dans l'Art Moderne. Brionne, Gérard Monfort, s.d. (1984), gr. in-8°, 284 pp, traduit de l'allemand, 120 illustrations dans le texte, broché, bon état

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En 1915, l'historien de l'art Heinrich Wôlfflin (1864-1945) publia “Principes fondamentaux de l'histoire de l'art”, ouvrage dans lequel il expliquait les différences de style entre l'art baroque et celui de la Renaissance en recourant à cinq catégories élémentaires de composition. Cette étude formelle eut une grande influence sur la critique littéraire. Cet essai fut perçu comme révolutionnaire à sa sortie parce qu'il représentait l'une des premières tentatives pour construire une science de l'art à travers l'analyse de l'évolution du style. D'un intérêt pédagogique capital pour l'étude du baroque, son mérite principal est de mettre à notre disposition des catégories à la fois précises et transversales, que ce soit dans le domaine des arts plastiques, de la peinture, de la sculpture et de l'architecture. L'approche pédagogique permet de caractériser les styles classique et baroque de manière ferme et précise sans recourir à des expressions trop vagues et trop générales. À la fois systématique et subjective, l'approche inégalée de Wölfflin nous séduit encore par sa description à la fois rigoureuse et savoureuse des œuvres d'art.

50.              ZEGHIDOUR (Slimane). La Vie quotidienne à la Mecque, de Mahomet à nos jours. Hachette, 1989, in-8°, 446 pp, 16 pl. de photos hors texte, 6 cartes et plans, glossaire, biblio, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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Tous les jours qu'Allah fait, une bonne partie des neuf cents millions de musulmans se tourne vers La Mecque pour prier. Plus d'un million et demi d'entre eux se rendent chaque année au pied de la Pierre noire, consacrée jadis par Mahomet. Ils y accomplissent le pèlerinage (hadj), qui est en même temps l'un des cinq piliers de la foi islamique et le plus grand rassemblement populaire mondial. Capitale religieuse du Royaume d'Arabie Séoudite, La Mecque est avant tout la métropole de l'islam. Les pèlerins accomplissent pendant cinq jours des rites immuables depuis quinze siècles : exode au désert, lapidation de Satan, sacrifice du mouton... Antique et futuriste, sainte et profane, ouverte et surveillée, telle est apparue à l'auteur la Ville sainte au cours de son pèlerinage. Maniant tour à tour l'émotion, l'érudition et une tendresse parfois non dénuée d'humour, il nous conduit au coeur même de la spiritualité islamique, dévoilant aux non-musulmans mais aussi aux musulmans maints aspects insoupçonnés, religieux ou quotidiens de la vie à La Mecque. (4e de couverture)

51.              ZIMMER (Heinrich). Mythes et symboles dans l'art et la civilisation de l'Inde. Edité par Joseph Campbell. Payot, 1951, in-8°, 216 pp, traduction de M.-S. Renou, préface de Louis Renou, 71 gravures sur 32 planches hors texte, reliure percaline ocre, titre doré au dos, papier lég. jauni, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"Un livre intelligent, de lecture agréable, qui donne une idée de cette mythologie d'une richesse exubérante." (Fernand Braudel, Grammaire des civilisations) — "Un instrument de réflexion, incitant à explorer des zones de la pensée humaine dont l'accès, sans un guide sûr, est pratiquement interdit." (Louis Renou) — Après avoir occupé une chaire à l'université de Heidelberg, Heinrich Zimmer (1890-1943), éminent indianiste allemand, a émigré en 1938 aux États-Unis où il professa à Columbia University. Il avait épousé la fille de Hugo von Hofmannsthal.

Antiquité

 

52.              ARISTOTE. La Politique. Introduction, notes et index par J. Tricot. Vrin, 1987, in-8°, 595 pp, broché, bon état

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Aristote (384 av. J.-C.), originaire de Stagire, de 46 ans plus jeune que Platon, vint à Athènes à l'âge de 17 ans et séjourna vingt ans dans l'entourage de Platon, ayant ainsi l'occasion d'acquérir une grande connaissance de la philosophie du maître. — "Nous voyons que toute cité est une sorte de communauté, et que toute communauté est constituée en vue d'un certain bien (car c'est en vue d'obtenir ce qui leur apparaît comme un bien que tous les hommes accomplissent toujours leurs actes) : il en résulte clairement que si toutes les communautés visent un bien déterminé, celle qui est la plus haute de toutes et englobe toutes les autres vise aussi, plus que les autres, un bien qui est le plus haut de tous. Cette communauté est celle qui est appelée cité, c'est la communauté politique."

53.              BERTRAND (Louis). Saint Augustin. Fayard, s.d. (1913), in-12, 462 pp, broché, bon état

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"Saint Augustin a toujours passionné tous les grands esprits qui l'ont connu d'un peu près. L'ouvrage que lui consacre M. Louis Bertrand, qui fut longtemps professeur au lycée d'Alger, où il entra en contact avec le pays et le génie d'Augustin, est un véritable événement littéraire. Nous croyons utile de recommander sans restriction la lecture de ces pages captivantes, où l'intérêt historique le plus vif s'allie à la plus délicate et à la plus pieuse psychologie. C'est un de ces ouvrages éminemment français, où la perfection littéraire sait fondre harmonieusement en un style qui semble couler de source les éléments nécessaires de la science, de la critique, voire même de l'archéologie..." (Sévérien Salaville, Echos d'Orient, 1914)

54.              BOISSIER (Gaston). L'Afrique romaine. Promenades archéologiques en Algérie et en Tunisie. Hachette, 1907, in-12, v-365 pp, 3e édition revue et augmentée, 4 plans hors texte, reliure demi-chagrin acajou, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, dos passé, coiffes frottées, bon état

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"Je n'ai pas à insister ici sur les études que M. Boissier a publiées dans la “Revue des deux mondes” sur l'Afrique romaine : tout le monde les a lues et on les relira maintenant qu'elles sont réunies en un volume. C'est une bonne fortune pour les archéologues africains de voir un écrivain célèbre présenter un tableau si vivant de leurs recherches, les éclairer d'une critique si sûre et en montrer si bien l'intérêt historique ; il est certain que ce beau livre attirera de nombreuses recrues à nos études." (Stéphane Gsell, Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1895)

55.              BOISSIER (Gaston). La Religion romaine d'Auguste aux Antonins. Hachette, 1900, 2 vol. in-12, xiv-403 et 413 pp, notes, reliures papier chamois à la bradel, dos lisses avec pièces de titres havane, couv. réparées conservées (reliures postérieures), qqs rousseurs, bon état, envoi a.s. au tome 1 (page salie) : “Essayer de comprendre les religions antiques, c'est expliquer l'histoire ancienne. G. Boissier, janvier 1901”

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Tome 1 : Introduction : Caractère général de la religion romaine ; La religion romaine la fin de la république – Livre I : La religion romaine pendant la siècle d'Auguste : Réformes religieuses et morales d'Auguste ; L'apothéose impériale ; Le siècle d'Auguste ; Virgile ; La sixième livre de l'Énéide – Livre II : La religion après Auguste : Ce qui resta des réformes d'Auguste ; Les religions étrangères. — Tome 2 : Livre II (suite) : La philosophie romaine après Auguste ; L'enseignement de Sénèque ; Sénèque et saint Paul ; La philosophie romaine après Sénèque ; La théologie romaine – Livre III : La société romaine du temps des Antonins : Les classes élevées ; Les femmes ; Les classes inférieures et les associations populaires ; Les esclaves – Conclusion : La religion romaine au IIe siècle.

56.              BOTTERO (Jean). Naissance de Dieu. La Bible et l'historien. GLM/Gallimard, 2004, in-8°, 254 pp, 2 cartes, tableau chronologique, biblio, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Spécialiste mondialement renommé d'Akkad, de l'Assyrie et des civilisations mésopotamiennes, Jean Bottéro lit en historien, mais sans étalage d'érudition, les premiers chapitres de la Genèse (dont il date et distingue les contributions diverses), Job, l'Ecclésiaste. Il nous livre de très antiques réflexions sur le sens de l'existence, et le pourquoi du Mal, et montre comment Israël en est arrivé à se convaincre de l'unicité et de la transcendance de Dieu.

57.              BOULE (Marcellin). Les Hommes fossiles. Eléments de paléontologie humaine. Avec 294 figures. Troisième édition par Henri V. Vallois. P., Masson, 1946, fort in-8°, xii-587 pp, 294 figures, photos et cartes dans le texte, index, reliure simili-cuir vert, dos lisse, pièce de titre basane verte, qqs annotations crayon, bon état

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Boule a été la figure centrale des études préhistoriques en France pendant un demi-siècle de sa carrière scientifique. Son importance réside dans le rôle qu'il a joué dans la reconnaissance de la préhistoire et de la paléoanthropologie en France. Son ouvrage "Les Hommes fossiles" (1921), est resté la synthèse essentielle en paléoanthropologie pendant une trentaine d'années (la 4e édition date de 1952) — Sommaire : Historique ; La chronologie ; Les primates actuels et les singes fossiles ; Les préhominiens : pithécanthrope et sinanthrope ; Le problème de l'homme tertiaire, les éolithes ; Les hommes du Pléistocène inférieur ; L'homme de Néandertal ; Les hommes de l'âge du Renne ; Le Mésolithique ; Les hommes fossiles d'Asie et d'Océanie ; Les hommes fossiles de l'Afrique ; Les hommes fossiles d'Amérique ; Conclusions générales.

58.              CAGNAT (René). Carthage, Timgad, Tébessa et les villes antiques de l'Afrique du Nord. P., H. Laurens, 1927, pt in-4°, 164 pp, orné de 119 gravures, dont 3 plans, biblio, table analytique sous forme d'index, reliure pleine toile brique, dos lisse avec pièce de titre basane fauve, couv. conservées, bon état (Coll. Les Villes d'Art célèbres)

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"En réalité,un tableau complet, vivant, sobre, de la vie municipale de l'Afrique romaine, gravures fort bien venues." (Revue des Études Anciennes) — Par René Cagnat (1852-1937), de l'Institut. Troisième édition (la première en 1909). L'auteur, historien de l'Afrique romaine était un spécialiste d'épigraphie latine. En 1887, il succèda à Desjardins à la chaire d'épigraphie et antiquités romaines au Collège de France. En 1888, il fonda L'Année épigraphique. En 1895, il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, dont il fut secrétaire perpétuel de 1916 à sa mort .

59.              CHATELET (François)( dir). La philosophie païenne, du VIe siècle avant J.-C. au IIIe siècle après J.-C. Par Pierre Aubenque, Jean Bernhardt, François Chatelet. Hachette, 1976, in-8°, 275 pp, notices biographiques des principaux auteurs analysés, tableau synoptique, index, broché, bon état (Coll. Histoire de la philosophie, 1)

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Introduction générale. Avant-propos par François Châtelet. I. Du mythe à la pensée rationnelle, par François Châtelet. II. La Pensée présocratique : de Thalès aux Sophistes, par Jean Bernhardt. III. Platon, par François Châtelet. IV. Aristote, par Jean Bernhardt. V. Les philosophies héllénistiques : Stoïcisme, Epicurisme, Scepticisme, par Pierre Aubenque. VI. Plotin et le néoplatonisme, par Pierre Aubenque. Conclusion, par François Châtelet. Notices biographiques des principaux auteurs analysés. Tableau synoptique. Index.

60.              COLOMB (Georges). Vercingétorix. Histoire du Pays gaulois depuis ses origines jusqu'à la conquête romaine. Fayard, 1947, in-12, 282 pp, 2 croquis, broché, couv. illustrée, bon état

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Par Georges Colomb, alias Christophe, le père de la "Famille Fenouillard" et du "Sapeur Camember". — "Vercingétorix, non pas ce sabreur fougueux, lancé au galop de charge que le sculpteur Bartholdi a érigé sur la place de Jaude à Clerment-Ferrand, mais un jeune homme d'une vingtaine d'années, instruit par les Druides, et formé à la guerre par César lui-même. Il est mort trop jeune pour avoir pu montrer toutes les qualités d'un grand homme d'Etat, mais son adversaire a reconnu en lui d'éminentes qualités de prudence et de sang-froid, un prestige immense, un parfait désintéressement et un noble amour de la liberté. Vercingétorix n'a été vaincu en réalité que par les siens, leur manque de cohésion, et la trahison de certaines tribus." (A. V., Revue des sciences religieuses, 1952) — "Un conseil d’ami, n’entamez pas ce livre avant d’aller dormir, vous y passeriez la nuit. Aucun thriller, polar, ou roman policier ne pourra jamais vous passionner autant que ce Vercingétorix de Georges Colomb. C’est qu’il l’a écrit, nous explique-t-il, sous le coup d’une passion qui le dévorait depuis cinquante ans. Ce livre c’est la guerre des Gaules racontée par les vaincus. Ce que voulait Georges Colomb, c’était rétablir la vérité. Pour lui, la défaite de Vercingétorix contre Jules César n’est due qu’à la trahison de certains peuples de la Gaule, « ces peuples qui ont renoncé, au cœur de la bataille, à servir la cause nationale, pour se livrer aux ventouses de la pieuvre romaine ». D’après lui, tous les historiens ont été trompés par la lecture des Commentaires de Jules César, qui est l’Histoire racontée par le vainqueur. Il n’est pas question de remettre en cause l’exactitude des Commentaires ; seulement, nous dit Georges Colomb, il y a la manière de raconter : quand César raconte qu’il a fait semblant d’aller au sud et puis qu’il est allé vers le nord, c’est considéré, par les historiens de nos manuels d’Histoire, comme une ruse suprême pour tromper l’ennemi. Mais, pour Georges Colomb, c’était un sauve-qui-peut, face à un ennemi encore plus malin que lui. Si, pour Georges Colomb, César est un envahisseur cruel et sans foi ni loi, il ne veut en rien diminuer son génie. Ce qu’il veut démontrer, c’est que, face à lui, Vercingétorix était plus fin stratège et l’aurait emporté s’il n’avait pas été trahi. À propos d’Alésia, il démontre que l’armée de secours a fait exprès d’arriver en retard. Mais, malgré ça, nous dit-il, Vercingétorix l’aurait emporté si ses soldats n’avaient pas été victimes de leur fougue, indisciplinée et typiquement gauloise. Pour lui, faut-il le préciser, cette défaite d’Alésia est la plus grande catastrophe de notre Histoire. Sans ça, la Gaule serait restée indépendante à jamais et, en retrouvant son unité, elle aurait été capable de résister victorieusement à toutes les invasions qui ont suivi, au cours des siècles et jusqu’à nos jours. Ce jour là, ajoute encore Georges Colomb, le patrimoine de l’humanité a perdu la civilisation des Celtes, une des plus belles civilisations que le monde ait jamais connues. Un livre d’Histoire superbement par un historien un peu partisan mais absolument génial." (Forum Critiques libres)

61.              COMBÈS (Robert). La République à Rome (509-29 av. J.-C.). PUF, 1972, in-12, 200 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Sup. L'Historien)

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"Ce petit ouvrage dense, destiné à l'enseignement supérieur, donne, en quelques pages d'un texte concis et clair, les lignes de faîte de la République romaine. L'auteur ne se contente pas d'énoncer des faits. Il cherche à montrer tous les éléments sociaux – la clientèle par exemple – ou économiques – dans les conséquences des conquêtes entre autres – qui ont amené ces événements. La première partie, consacrée aux institutions, présente un tableau clair qui renseigne de manière précise sur tous les mécanismes institutionnels. La deuxième définit la nature et les limites de l'impérialisme romain, en analyse les moyens d'action et les effets sur les institutions politiques. Enfin, c'est la crise de la république et ses causes – où l'auteur souligne tout particulièrement l'importance des tensions internes de l'aristocratie – , puis les tentatives de réforme jusqu'au triple triomphe d'Octave en août 29, qui est exposée. Utile et maniable, ce manuel, enrichi d'une bibliographie sommaire et de notes intéressantes, rendra de grands services." (Marie-Thérèse Raepsaet-Charlier, L'Antiquité Classique, 1973)

62.              DURUY (Victor). Histoire grecque. Nouvelle édition remaniée par M. B. Haussoullier, sous la direction de E. Lavisse. Hachette, 1898, in-12, x-412 pp, 31e édition, 79 gravures et 9 cartes et plans dans le texte, 7 cartes coloriées dépliantes hors texte, reliure percaline verte de l'éditeur, bon état (Programmes de 1890, Classe de Cinquième)

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63.              DUVAL (Paul-Marie). La Vie quotidienne en Gaule pendant la paix romaine (Ier-IIIe siècles après J.-C.). Hachette/GLM, 1999, in-8°, 367 pp, biblio (1952), supplément bibliographique (1953-1987), notes et références, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Après les campagnes de César, la Gaule pacifiée connaît, pour la première fois, l'unité politique et administrative. Pendant plus de trois siècles, dans la paix et la prospérité, deux peuples, deux styles de vie, vont s'associer, fusionner même, sans pour autant perdre leur caractère propre, et créer ainsi une civilisation originale dont nous sommes les héritiers. Partout les villes se construisent, des monuments s'élèvent et, la verve gauloise venant revigorer le classicisme latin, un art nouveau apparaît, puissant et humain, souvent presque familier, car il puise son inspiration dans les scènes de la vie quotidienne. C'est cette vie de chaque jour que Paul-Marie Duval nous fait connaître, nous entraînant aussi bien dans les villes que dans les campagnes, chez les riches ou chez les pauvres, les intellectuels ou les artisans, les paysans ou les esclaves. Tout un monde surgit. Il a la France pour cadre et nos ancêtres pour peuple.

64.              FLACELIÈRE (Robert). La Vie quotidienne en Grèce au siècle de Périclès. Hachette, 1959, in-8°, 369 pp, biblio, index, reliure pleine basane fauve, dos à 4 nerfs, pièce de titre basane fauve (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

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La Grèce au siècle de Périclès (Ve siècle avant J.-C.), celle d'Eschyle, de Phidias, de Sophocle, d'Euripide, de Socrate et de Thucydide, c'est avant tout Athènes, dont on a pu dire qu'elle fut "la Grèce de la Grèce". Mais c'est aussi Sparte. où la vie quotidienne était rythmée par les impératifs d'une société à vocation militaire. Faisant appel à tous les acquis de la littérature, de l'histoire et de l'archéologie, Robert Flacelière brosse une fresque extrêmement vibrante de la Grèce à cette époque : la ville et la campagne, le mariage et la famille, la vie des femmes et des enfants dans le gynécée, l'éducation et les sports, les travaux et les métiers, la toilette et les plaisirs, la vie religieuse et le théâtre. Ne voilant rien des ombres et des misères, il nous donne un tableau sincère et complet de la plus brillante civilisation que le monde ait jamais connue.

65.              FOUGÈRES (Gustave), Georges CONTENAU, René GROUSSET, Pierre JOUGUET, Jean LESQUIER. Les Premières Civilisations. Félix Alcan, 1938, in-8°, viii-495 pp, 4e édition revue et augmentée, un tableau synchronique et 3 cartes en dépliants hors texte, biblio, index, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs pointillés, pièces de collection et de titre basane havane (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

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Cet ouvrage, divisé en trois livres, retrace l'histoire des différents peuples qui occupèrent et exploitèrent l'Asie antérieure, l'Egypte et le bassin oriental de la Méditerrannée depuis les origines jusqu'au VIe siècle av. J.-C. — "D'un puissant intérêt, d'une lecture facile et agréable, le tableau, brossé à grands traits, d'un monde immense, aux variétés multiples, sinon infinies, se dégageant petit à petit de la nuit des temps, se clarifiant à la longue, resplendissant de mille facettes lumineuses, pour s'estomper enfin, mourir... et renaître sous d'autres formes ; c'est l'histoire du proche Orient et de la Grèce primitive, depuis leurs débuts les plus lointains, jusqu'à leur absorption par l'hellénisme. (...) Dans son ensemble, le livre est trop bien conçu et le tableau trop clair, pour que quelques reproches puissent en diminuer la valeur intrinsèque." (Louis Speleers, Revue belge de Philologie et d'Histoire) — "Ce tableau des Premières civilisations nous promène, avec un intérêt sans cesse varié, du Nil au Choaspe, de la Mésopotamie aux Cyclades, de l'Attique à l'Iran, de l'Ararat au Parnasse ou au Taygète. – Livre Ier (des origines préhistoriques à la fin du IIIe millénaire avant J.-C.) : l'Egypte primitive, rois thinites, pharaons memphites, première monarchie thébaine ; du côté de l'Euphrate, les deux royaumes sumériens encadrant l'entrée en scène des Sémites ; Goudéa de Lagash et Hamraourabi de Babylone ; migration du clan d'Abraham nous ramenant vers l'Ouest méditerranéen, où l'on nous présente les Pélasges de l'époque néolithique, à qui succèdent les Égéens de l'âge du cuivre et de l'ère du bronze. – Livre II (du XXe au XIIe siècle) : origines indo-européennes ; invasion des Hittites, des Kassites et des Hyksôs ; puis, redressement et apogée de l'Egypte, avec éclat parallèle de l'empire crétois ; dans ces deux gloires qui se font face, Thoutmès III et Minos ; ensuite, l'expansion acheenne et les incursions des « peuples de la mer ». – Livre III (du XIe au VIe siècle) : rayonnement de la Syrie avec les Philistins, les Phéniciens et les Hébreux ; comme contraste au petit royaume d'Israël et à la poussière des États anatoliens, la formidable ruée militaire de l'Assyrie ; enfin, préludant au drame que nous contera Hérodote, l'arrivée successive des deux protagonistes, ici, les Doriens, qui donnent le branle à l'expansion hellénique ; là, les Iraniens et la fondation de l'empire perse. Cinq maîtres de talent, dont le si regretté Jean Lesquier, ont brossé cette large fresque. Mais, sauf pour M. Grousset, notre curiosité en est réduite aux conjectures. Dans certaines pages d'un accent personnel, d'un relief coloré, d'une pâte vigoureuse et chaude – tel le chapitre sur la Lydie de Crésus (p. 414-417), – me semble retrouver la marque du peintre de race qu'est Gustave Fougères, ce Delacroix de l'hellénisme. Au reste, qu'unportent les étiquettes de détail ? L'essentiel est que l'œuvre collective soit bonne et c'est le cas de celle-ci." (Georges Radet, Revue des Études Anciennes)

66.              GAFFIOT (Félix). Dictionnaire Latin-Français. Hachette, 1986, fort gr. in-8°, (8)-1720 pp, texte sur 3 colonnes, nombreuses gravures et cartes dans le texte, reliure pleine toile brique, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état

            40

"Ce m'est un agréable devoir d'attirer sur ce manuel l'attention de tous les maîtres de latin, des élèves des humanités et aussi des autodidactes. Un des meilleurs latinistes de France n'a pas craint d'entreprendre le long et fastidieux travail que comporte la confection d'un nouveau dictionnaire qui réponde non seulement aux besoins des écoles, mais encore aux exigences scientifiques imposées par les progrès de la philologie. Il a pleinement réussi dans sa tâche. Les manuels de ce genre que nous possédions jusqu'ici souffraient de plusieurs défauts graves : l'étude sémantique des mots et la répartition des exemples laissaient souvent à désirer ; la classification des constructions syntaxiques était incomplète et souvent erronée ; enfin l'absence de références précises empêchait les lecteurs de contrôler les exemples cités et les indications sémantiques. Pour la première fois, on nous offre un dictionnaire latin-français de format ordinaire, où les exemples sont accompagnés de l'indication de leur source. C'est un progrès dont on ne saurait exagérer l'importance : il facilite le travail des étudiants et les habitue à employer une méthode scientifique. L'excellent et original syntacticien qu'est M. Gaffiot a aussi amélioré considérablement la distinction et la classification des constructions syntaxiques qui se rattachent à un grand nombre de mots. C'est en cela que consiste, à mon sens, la partie la plus neuve et la plus utile de son travail : elle rendra beaucoup de services non seulement aux lecteurs des textes anciens, auxquels elle facilitera, en le simplifiant, le travail de la version, mais aussi à ceux qui s'exercent à penser et à lire en latin, parce qu'elle leur permettra de vérifier immédiatement le sens et les conditions d'emploi de telle ou telle construction. Le travail de M. G. donne toutes garanties du point de vue philologique. Les exemples ont été pris à de bonnes éditions critiques : les leçons douteuses sont signalées. La traduction des textes cités a été revisée et l'on peut dire que si l'auteur, comme il est naturel, s'est inspiré des travaux de ses devanciers, il ne l'a jamais fait d'une façon mécanique. Le dictionnaire est illustré : c'est là une innovation qui sera diversement appréciée. Je pense qu'elle est utile quand elle se borne à représenter des objets ou à donner le plan d'une ville, la carte d'une contrée ; elle est superflue en d'autres cas. J'ai confronté en nombre d'endroits ce manuel avec les ouvrages analogues de France et de l'étranger ; il supporte toujours la comparaison et il est nettement supérieur à tous les travaux similaires publiés jusqu'ici en français." (A. Delatte, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1936)

67.              GIBBON (Edward). The History of the Decline and Fall of the Roman Empire. London, T. Cadell, C. and J. Rivington, J. Cuthell, J. Nunn, Longman, Rees, and Co et al, 1828, 8 vol. in-8°, lii-509, xii-488, xii-571, xii-533, xvi-555, xi-501, xi-555 et xi-545 pp, un portrait en frontispice et 3 cartes dépliantes hors texte, index, reliures demi-basane fauve à coins, dos à 5 petits nerfs guillochés et caissons dorés très ornés, pièces de titre et de tomaison basane carmin et noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), plats lég. frottés, qqs rousseurs, bon état. Texte en anglais

            250

Histoire de l'empire romain de 96 à 1500. — "C'est à Rome, le 15 octobre 1764, alors que je méditais dans les ruines du Capitole et que les moines chantaient vêpres, pieds nus dans le Temple de Jupiter, que l'idée d'écrire l'histoire du déclin et de la chute de la Ville éternelle se fit jour en moi pour la première fois." C'est par cette simple mais célèbre phrase que Gibbon relate dans ses Mémoires les instants d'inspiration qui devaient décider de sa vie d'historien. Son grand thème, c'est en effet Rome, la Ville éternelle où l'on peut contempler "non pas les reliques de la superstition mais celles de l'empire" ; c'est aussi la dégénérescence d'institutions exemplaires sous le double effet du despotisme et de la superstition ; c'est la victoire de l'Eglise sur l'empire ; c'est enfin les grandes leçons de l'histoire qui se méditent silencieusement quand les ténèbres gagnent les ruines où reste ensevelie une civilisation entière. Tout cela, Gibbon le dit en écrivain autant qu'en historien. En poète même. Il érige à la gloire de Rome un livre aussi rigoureusement équilibré qu'un temple antique ; mais en même temps, il laisse se noyer d'ombre les vastes portiques qu'il édifie. C'est sa façon de partager le goût du temps pour la mélancolie des ruines ; mais cette tentation ténébriste, il s'en sert pour exprimer son pessimisme dans l'avenir de la civilisation des Lumières, menacée, comme jadis celle de Rome, par la montée de masses humaines qui feront désormais l'histoire. Son livre s'en trouve approfondi, amplifié, et il élargit l'arène de l'histoire à des dimensions jusque-là insoupçonnées. Oeuvre unique dans la littérature historique du XVIIIe siècle, cette histoire de Rome jette les derniers feux de la clarté classique alors que s'allongent déjà les ombres du romantisme.

68.              GLOTZ (G.)( dir). Histoire grecque. Tome I : Des origines aux guerres médiques, par Gustave Glotz avec la collaboration de Robert Cohen. PUF, 1938, gr. in-8°, xix-634 pp, 9 cartes dont une hors texte, un tableau synoptique hors texte, index, reliure pleine basane fauve, dos à 4 nerfs, pièce de titre basane fauve (rel. de l'époque), bon état

            30

69.              Le même, PUF, 1925, gr. in-8°, xix-634 pp, la carte hors texte est montée, reliure demi-toile beige muette, bon état

            20

"Une excellente mise au point : c'est certainement la meilleure de celle que nous possédons. Son information est sûre et complète. C'est le fruit d'une longue expérience, de lectures à qui presque rien n'échappe. Et toute cette science est bien digérée : l'exposé est clair, précis,et se lit avec autant de plaisir que de facilité. Espérons que M. Glotz et Cohen nous donneront bientôt la suite de ce monument d'érudition conscencieuse et patiente, qui fait le plus grand honneur à ses auteurs et à la science française." (Paul Graindor, Revue belge de philologie et d'histoire, 1926) – "Nous manquions en France d'une bonne histoire grecque développée, au courant des enrichissements que les découvertes de tous ordres ont apportés à nos connaissances durant le dernier demi-siècle, susceptible d'être aussi bien consultée par les érudits que recommandée aux étudiants et même au grand public lettré. M. Glotz, à qui mieux qu'à tout autre cette tâche pouvait incomber, a entrepris de combler cette regrettable lacune..." (Alfred Merlin, Journal des Savants)

70.              GLOTZ (G.)( dir). Histoire grecque. Tome II : La Grèce au Ve siècle, par Gustave Glotz avec la collaboration de Robert Cohen. PUF, 1938, gr. in-8°, 800 pp, 11 cartes, index, reliure pleine basane fauve, dos à 4 nerfs, pièce de titre basane fauve (rel. de l'époque), bon état

            30

71.              Le même, PUF, 1938, reliure demi-toile beige muette, bon état

            20

"Comme le volume qui le précède et dont nous avons loué ici la parfaite réussite, le tome II de l'Histoire grecque, due à la collaboration de MM. Gustave Glotz et Robert Cohen, est un des travaux qui font le plus d'honneur à la science historique contemporaine. Information d'une ampleur et d'une précision exemplaires, analyse pénétrante des sources, plan général aux lignes simples avec des subdivisions d'un ordre lumineux, clairvoyance pleine de mesure dans l'appréciation des faits et le jugement des hommes, style dont la pâte vigoureuse enchâsse avec force le trait et la couleur, – n'oublions point l'art d'emporter la discussion critique au souffle d'une narration entraînante, – telles sont les qualités qui frappent dès l'abord dans cette œuvre magistrale. La beauté du sujet se prêtait à la mise en valeur des contrastes. Deux drames passionnants, les guerres médiques, la guerre du Péloponnèse, terminés, l'un, par la consécration de l'hégémonie maritime d'Athènes, l'autre, par l'effondrement de son Empire, encadrent le tableau d'une des plus glorieuses civilisations qu'ait vues le monde : institutions politiques et sociales de la ville qui, sous le principat démocratique de Périclès, fut l'école de la Grèce, institutions militaires et financières, vie économique, vie religieuse, vie intellectuelle, vie artistique, vie privée. Tout ne mérite pas l'admiration dans ce prodigieux essor et le régime eut d'effroyables tares. On ne nous les laisse point ignorer ; mais on se garde d'y insister plus que de raison." (Georges Radet, Revue des Etudes Anciennes, 1932) — "La publication de l'excellente histoire grecque de MM. Glotz et Cohen se poursuit. Le tome II a pour objet l'étude du Ve siècle, qui est vraiment « le siècle d'Athènes » : comme les auteurs le font très justement observer, le prestige et le rôle de la glorieuse cité dominent, en effet, chacune des trois grandes périodes qu'il est permis d'y discerner. (...) Précieux ouvrage, muni de riches bibliographies, de bonnes cartes et d'un copieux index, non moins remarquable par la plénitude et l'éclat du style que par la solidité de l'information, la forte ordonnance de la composition et l'originalité des aperçus, parfaitement digne, en un mot, du très beau sujet auquel il a été consacré." (Paul Cloché, Revue des Études Grecques, 1933) — "Nous manquions en France d'une bonne histoire grecque développée, susceptible d'être aussi bien consultée par les érudits que recommandée aux étudiants et même au grand public lettré. M. Glotz, à qui mieux qu'à tout autre cette tâche pouvait incomber, a entrepris de combler cette regrettable lacune..." (Alfred Merlin, Journal des Savants)

72.              HÉRODOTE. Histoires. Tome I : Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène. – Tome II : Terpsichore, Erato, Polymnie, Uranie, Calliope. Les Belles Lettres, 1962, in-8°, xxxiii-451 et 432 pp, texte traduit par Ph.-E. Legrand, introduction de A. Dain, notes, brochés, bon état (Coll. Les Grandes Œuvres de la littérature grecque)

            40

La Perse et l'Egypte antique, comme si vous y étiez, telles qu'elles ont été décrites au Ve siècle avant notre ère par Hérodote d'Halicarnasse. Dans les livres I à IV, Hérodote relate la naissance et le développement de la puissance perse avec le roi Cyrus et ses successeurs Cambyse puis Darius. Au livre V (Terpsichore) commence le conflit qui, de 511 à 479 avant notre ère, oppose les Perses à la Grèce. Dans ce passionnant récit – la première grande œuvre en prose de la littérature grecque –, Hérodote nous dit pourquoi et comment les deux mondes de son temps, l'Est et l'Ouest, se sont toujours heurtés et puis, deux générations avant lui, se sont engagés dans la plus grande guerre de leur histoire, les guerres Médiques... Lire Hérodote, c'est voyager dans le monde ancien, en compagnie d'un esprit aimable et curieux de tout, apprendre ce que l'on disait à Sardes, Suse, Memphis, Milet ou Athènes, ce que les conteurs dans les rues, les guides dans les sanctuaires narraient aux passants ; c'est voyager en compagnie d'un auteur qui est pour nous le père de l'ethnographie, de la géographie, du reportage et du roman, comme il est, pour nous comme pour toute l'Antiquité, le père de l'Histoire.

73.              JÉQUIER (Gustave). Manuel d'archéologie égyptienne. Les éléments de l'architecture. P., Auguste Picard, 1924, in-8°, xiii-401 pp, 250 figures, cartes, plans et illustrations photographiques en noir dans le texte, qqs-unes à pleine page, biblio, index, reliure pleine toile écrue, dos lisse, pièce de titre basane havane, couv. conservée, bon état

            60

Par Gustave Jéquier (1868-1946), éminent égyptologue. — "La source principale de cet utile Manuel sont les ouvrages bien connus de l'auteur lui-même sur l'architecture et la décoration dans l'ancienne Egypte (3 vol., 1920-1924). Le sujet n'avait guère été traité dans son ensemble, malgré le nombre immense de publications qu'on a consacrées, depuis la “Description” (1809-1813), aux antiquités égyptiennes. « Ce travail n'est qu'une introduction à l'histoire de l'architecture égyptienne, et j'espère pouvoir le compléter plus tard par une étude sur l'évolution des monuments eux-mêmes. » La modestie de l'auteur n'est qu'une raison de plus de rendre justice à un ouvrage de premier ordre qu'il était seul à pouvoir mener à bonne fin. L'illustration est irréprochable et n'est pas (ce qui est heureux) exclusivement photographique." (Salomon Reinach, Revue Archéologique, 1925)

74.              JULLIAN (Camille). Gallia. Tableau sommaire de la Gaule sous la domination romaine. Hachette, 1892, in-12, viii-342 pp, 137 gravures, une carte en couleurs dépliante hors texte, cart. percaline olive illustré de l'éditeur, bon état. Edition originale

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"Hâtons-nous de signaler la seconde édition de cet élégant petit livre, qui, depuis l'époque de sa publication (1892), n'a cessé d'exercer une bienfaisante influence sur les études dont la Gaule romaine est l'objet. Dire à nouveau tout ce qu'on y doit louer m'entraînerait trop loin..." (Salomon Reinach, Revue Archéologique, 1903) — Table : Comment nous connaissons la Gaule. – La Gaule au moment de la conquête. – La conquête romaine. – La Gaule soumise et fidèle à Rome. – Les pouvoirs souverains en Gaule : l'Etat romain et l'empereur. – Les assemblées nationales. – Le régime municipal. – L'administration provinciale. – Les impôts. – L'armée gallo-romaine. – La société : petites gens et corporations. – La société : nobles et propriétaires. – La transformation matérielle de la Gaule. – L'art. – L'épigraphie romaine en Gaule. – L'enseignement public. – La littérature gallo-romaine. – Les dieux. – Les commencements du christianisme en Gaule. – La vie privée. – A travers la Gaule Narbonnaise. – A travers la Celtique. – A travers la Belgique. – A travers l'Aquitaine. – La patrie gallo-romaine.

75.              LECA (Ange-Pierre). Les Momies. Hachette, 1978, in-8°, 279 pp, 8 pl. de photos hors texte, 46 illustrations, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Né à paris en 1924, Pierre-Ange Leca, après ses études de médecine, se spécialise rapidement en rhumatologie. Depuis longtemps attiré par l'histoire et la civilisation de l'Egypte ancienne, il unit son goût pour ce domaine et ses connaissances médicales dans un premier ouvrage "La médecine égyptienne au temps des pharaons". A partir d'une riche documentation, il expose ici, de manière claire et vivante, tout ce que la science moderne peut nous révéler sur les momies égyptiennes. La croyance en une nécessaire intégrité du corps pour la survie de l'âme fut à l'origine du perfectionnement incessant des procédés de momification. Au milieu de rites fort complexes justifiés par les traditions religieuses, la scène se joue dans plusieurs décors dont le principal est l'atelier d'embaumement. Après avoir présenté les nombreux acteurs entre les mains desquels passe le défunt pour devenir momie, l'auteur fait revivre les différentes phases de traitement du cadavre. Les Egyptiens ainsi conservés, lorsqu'ils ont échappé aux pillards de toutes sortes, sont maintenant en mesure de nous livrer leurs secrets et, à les examiner de près à l'aide de la technologie moderne, nous apprenons comment ils vivaient, souffraient et mouraient. Tout un pan de l'histoire de l'Egypte revit ainsi par cette étude des corps.

76.              LE GALL (Joël) et Marcel LE GLAY. L'Empire Romain. 1. Le Haut-Empire de la bataille d'Actium à la mort de Sévère Alexandre (31 av. - 235 ap. J.-C.). PUF, 1987, in-8°, 673 pp, biblio, index, reliure toile verte éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

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"Les auteurs constatent, dans leur préface, que si la tendance actuelle est de viser à l'histoire totale, en développant les apports que la science a pu donner à la représentation que nous avons du passé, il s'ensuit que les étudiants, auxquels s'adresse en premier lieu leur essai de synthèse, n'ont plus guère qu'une connaissance imparfaite de l'histoire événementielle. Aussi leur ouvrage accorde-t-il la préséance aux événements de l'histoire impériale, qui leur apparaît avant tout comme une succession de règnes absolutistes..." (Lectures, juin 1988)

77.              LOT (Ferdinand). La Gaule. Les fondements ethniques, sociaux et politiques de la nation française. Fayard, 1947, in-12, 585 pp, biblio, broché, pt morceaux de scotch en haut et en bas du dos, qqs rares annotations crayon, bon état (Coll. les Grandes études historiques)

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Voici une histoire de la Gaule écrite pour le grand public par l'un des plus grands historiens français, de l'arrivée des Celtes à l'installation des Bretons en Armorique, en passant par la conquête de César, le ralliement à Rome, la christianisation et les invasions barbares. Ferdinand Lot, médiéviste et philologue de réputation mondiale, membre de plusieurs académies a enseigné à la Sorbonne et à I'Ecole Pratique des Hautes Etudes. — "Livre plein non seulement de doctrine, mais d'originalité et de saveur, cette histoire de la Gaule porte la marque de la personnalité vigoureuse de F. Lot. Il est bien fait pour réagir, comme se le propose l'auteur, « contre l'indifférence du public en ce qui concerne les périodes anciennes de notre histoire », non moins que pour intéresser ceux qui croient savoir en les obligeant bien souvent à « reconsidérer » ce qu'ils ont appris." (Albert Grenier, Revue des Études Anciennes, 1947) — "Ce livre, dû au maître de l’histoire médiévale, apporte au grand public comme aux érudits les résultats des travaux de toute une vie : inutile de dire qu’il constitue une synthèse de premier ordre. Ce livre n’est jamais froid ; il est souvent même dramatique, car l’auteur a profondément senti les diverses crises de notre pays. L’ensemble de la toponymie gauloise et gallo-romaine est groupée pp. 241-262. Tout ce qui concerne le gallo-romain est d’ailleurs excellent." (Albert Dauzat, Revue internationale d'onomastique, 1949) — "Après “Les Gaulois” d'Albert Grenier, Gaulois de l'indépendance, voici “La Gaule”, de l'arrivée des Celtes à celle des Francs. Depuis la “Gallia” de Camille Jullian, parue il y a plus de cinquante ans, c'est le premier ouvrage en un volume consacré à la Gaule antique qu'un historien destine au grand public. Il n'est pas indifferent que cet historien soit le maître incontesté des médiévistes d'aujourd'hui et, parmi eux, celui qui connaît le mieux le monde antique. En effet, le souci de la continuité historique fait la valeur singulière de cette synthèse dont le sous-titre précise l'esprit : il s'agit d'une étude purement historique et l'auteur, avec ce goût du concret et ce sens aigu des réalités qui caractérisent tous ses travaux, s'y efforce de distinguer dans la masse des faits ceux qui expliquent la formation de la future nalion française. On ne trouvera ici ni une description géographique de la Gaule, ni un tableau poussé de la civilisation gauloise et gallo-romaine d'après les documents archéologiques. M. F. Lot, évitant tout développement littéraire, s'attache avant tout à peser les faits politiques, économiques et sociaux..." (Paul-Marie Duval, Journal des Savants, 1947)

78.              MÉNARD (René) et Claude SAUVAGEOT. La Vie privée des anciens. Les Peuples dans l'antiquité. – La Famille dans l'antiquité. – Le Travail dans l'antiquité. – Les Institutions de l’antiquité. P., Vve A. Morel et Cie, 1880-1883, 4 vol. gr. in-8°, viii-622, 571, 607 et 676 pp, 3006 illustrations et cartes, reliures demi-basane verte à coins, dos lisses ornés en long, titres dorés, tranches dorées (rel. de l'époque), dos uniformément passés, coiffes lég. frottées, 2 mors fendus sur qqs cm au tome 2 (La Famille), bon état. Edition originale

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Complet — Une somme et une documentation monumentales sur la vie privée dans l'antiquité depuis les premières dynasties de l'Egypte jusqu'à la chute du monde païen par René Ménard (1827-1887) , historien de l'art et professeur d'histoire de l'art à l'École nationale des arts décoratifs. Les illustrations sont de Claude Sauvageot (1832-1885), dessinateur d'architectures et d'ornements, graveur et architecte : I. Les Peuples : l'Egypte, l'Asie ; la Grèce, l'Italie ; II. La Famille : constitution de la famille, le vêtement, l'habitation ; III. Le Travail : l'agriculture, l'industrie, le commerce, l'architecture, les beaux-arts ; IV. Les Institutions : l'éducation, les institutions civiles, la guerres, les Institutions religieuses.. — "Texte par M. René Ménard, dessins d'après des monuments antiques par M. Claude Sauvageot. L'ouvrage formera 4 volumes ; chaque volume porte un titre spécial : les Peuples, la Famille, le Travail, les Institutions. Les deux premiers volumes, actuellement parus, comptent plus de 1.500 figures pour 1.200 pages de texte. L'ensemble formera un véritable musée où toute l'antiquité, dans sa vie intime, viendra se dérouler sous les yeux du lecteur." (L'éditeur) — "Cette œuvre magnifique constitue un véritable travail herculéen. C’est un des plus beaux monuments élevés à la gloire de l’Antiquité qu'il fait revivre sous tous ses aspects. Il est enrichi de 3.000 gravures dans le texte et hors texte représentant tous les Dieux de l’Antiquité, une grande quantité de monuments et de bas-reliefs égyptiens, assyriens, grecs, étrusques, etc... de nombreux objets symboliques ayant trait aux religions, à la mythologie, aux sciences sacrées et profanes, et dont la partie consacrée à l'Egypte est certainement la plus remarquable. – L’analyse de cette œuvre gigantesque serait en dehors des limites possibles, aussi donnerons-nous seulement un aperçu de la partie consacrée aux institutions religieuses de l’antiquité. L’Egypte : Les Dieux. – Les Emblèmes religieux. – Les animaux sacrés. – Les Destinées de l'âme. – Les Temples. – Les Prêtres. – Les Cérémonies du Culte. – Le Culte en Asie. – Chez les Hébreux, les Phéniciens, les Assyriens, les Perses et les Phrygiens. – Le culte en Grèce : Les Titans. – L’Olympe. – Les Dieux du Ciel, de la Terre, des Eaux, du Feu, des Enfers. – Les Dieux domestiques. – Les Héros. – La Religion des Romains : Les Lares. – Les Dieux de la Mort. – Les Génies et les Vertus. – Les dieux Gaulois. – Les Pratiques du Culte. – Le Sacerdoce. – Les Autels et Ustensiles du culte. – Les Sacrifices. – Les Présages. – Les Cérémonies. – La Transformation des cultes païens en culte chrétien, etc.., C’est l'encyclopédie la plus complète, sur la Mythologie, les Religions, les Mœurs, les Coutumes et les Cérémonies de l’Antiquité ; c’est en même temps un véritable musée artistique et archéologique." (Caillet, Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes, 1912)

79.              PIGANIOL (André). La Conquête romaine. PUF, 1940, in-8°, 522 pp, troisième édition revue et augmentée, 2 cartes dépliantes hors texte, biblio, index, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs pointillés, pièces de collection et de titre basane havane (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

            40

"Sous le titre La Conquête romaine, M. Piganiol a écrit, en réalité, une histoire de Rome depuis les débuts les plus reculés de la "res romana" jusqu'à l'avènement d'Auguste. Tout au plus peut-on dire qu'il s'est particulièrement attaché à la partie militaire de la puissance de Rome et qu'il a moins développé ce qui a trait aux institutions, à la civilisation, aux questions sociales. Il y a pourtant touché avec succès et parce que les deux ordres de faits sont connexes et parce que l'influence des vainqueurs sur les vaincus et des vaincus sur les vainqueurs fait partie dans un certain sens de la mainmise des Romains sur le monde antique. (...) M. Piganiol n'est pas un admirateur aveugle des Romains ; malgré la puissance de l'œuvre qu'ils ont accomplie, il a parfois pour eux de dures paroles, comme au ch. VI, où il parle sans aménité de leur « politique perfide » et de leur « patient travail d'espionnage et de trahison ». Il ne se laisse pas non plus éblouir par le prestige de leurs grands hommes dont il sait démêler les défauts et les vices ; témoin le portrait qu'il trace de César : « La personnalité de César, dit-il, est complexe. Il y a toutes sortes de César : le patricien fier de descendre des rois et des dieux, le débauché qui se plaît auprès des femmes et de la jeunesse dorée, l'ami délicat et fidèle, le soudard qui met le budget en péril pour gorger des bandes, le révolutionnaire qui spécule sur la misère des pauvres, le législateur à la pensée logique, universelle, le visionnaire qui voudrait être roi d'un Etat méditerranéen. » Un livre de cette sorte réclame de son auteur, outre une vaste érudition, une vue générale du sujet qui aide à saisir la relation des faits entre eux, une précision extrême dans le détail, une grande clarté dans l'exposition. On trouvera tout cela dans le volume de M. Piganiol." (René Cagnat, Journal des savants)

80.              ROMILLY (Jacqueline de). Précis de littérature grecque. PUF, 1980, gr. in-8°, 284 pp, une carte, biblio, tableau chronologique, index, reliure pleine toile verte de l'éditeur, titres en blanc au 1er plat et au dos, bon état. Edition originale

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Epopée, rhétorique, théâtre, philosophie, histoire, poésie, roman : la littérature de la Grèce antique va de découverte en découverte. Elle est le point de départ de toutes les littératures européennes. D'Homère à Plutarque, l'ouvrage de Jacqueline de Romilly couvre cette longue période du "miracle grec", insiste sur les époques de grande floraison, montre le mouvement qui anime cette littérature et, d'œuvre en œuvre, offre les outils d'analyse pour l'appréhender. — "Le Précis de Madame de Romilly embrasse toute l'histoire de la littérature grecque, depuis les origines jusqu'au IVe siècle de notre ère, mais il ne fait que survoler la littérature chrétienne et présente de façon fort abrégée les époques les plus tardives ; il est destiné non pas aux hellénistes chevronnés mais aux étudiants et aux élèves. Nous avons le vif sentiment que ce fort beau livre dû à l'une des plus éminentes hellénistes constituera un outil pédagogique fort commode : la plupart des chapitres sont vraiment excellents et permettent de suivre avec beaucoup de clarté l'évolution de la plus grande partie des genres littéraires. Il n'y a donc aucun doute que ce Précis deviendra, conformément au vœu de l'auteur, « une initiation à la lecture » des textes grecs. On consultera avec grand profit cet ouvrage complété par un précieux index des auteurs, par une bibliographie sommaire et par un tableau chronologique permettant de situer les auteurs par rapport aux événements historiques. Ecrire brièvement sur la littérature grecque est une véritable gageure et cette gageure a été remarquablement tenue par Madame de Romilly." (Simon Byi, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1981)

81.              ROUSSEL (Pierre), avec la collaboration de Paul Cloché et René Grousset. La Grèce et l'Orient. Des guerres médiques à la conquête romaine. Félix Alcan, 1938, fort in-8°, 574 pp, deuxième édition, revue et augmentée, 2 cartes dépliantes hors texte, biblio, index, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs pointillés, pièces de collection et de titre basane havane (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

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"Il est assez naturel que le brillant helléniste qu'est M. Pierre Roussel, actuellement directeur de l'Ecole française d'Athènes, ait envisagé la période qui recouvre les Ve, IVe et IIIe siècles plus spécialement sous l'angle d'une histoire grecque. Aussi bien, le lecteur trouvera avec lui que « l'intérêt, durant la période qui nous occupe, se porte surtout vers la Grèce, ou plutôt vers l'hellénisme ». Cependant – la collaboration de M. René Grousset suffit à l'attester – M. P. Roussel a conscience que l'existence du grand empire perse « de la Méditerranée à l'Indus détermine essentiellement le point de vue selon lequel doivent s'ordonner ici les faits historiques ». S'il donne à Athènes le pas sur tous les Grecs, c'est précisément parce que la vaillante cité a créé un empire maritime pour tenir le Perse en échec et qu'elle en a mis « à profit les ressources pour développer une admirable civilisation, qui survivra quand sa puissance matérielle sera brisée ». L'auteur ne s'est pas contenté d'exposer les événements et d'en montrer l'enchaînement, il a consacré un chapitre à la religion grecque et il a esquissé le mouvement philosophique, scientifique, littéraire et artistique. Ce volume de "Peuples et Civilisations" ne sera pas le moins apprécié de la collection." (René Dussaud, Syria, 1929)

82.              SAINT AUGUSTIN. Les Confessions. Traduction nouvelle avec une introduction et des notes par Joseph Trabucco. Garnier Frères, 1960, 2 vol. in-12, xii-368 et 392 pp, notes, brochés, bon état. Texte latin et traduction française en regard

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C’est à Augustin, plus qu’à aucun autre, qu’il fut donné de réaliser la synthèse de la pensée antique et de la pensée chrétienne, dont a vécu, de longs siècles, la civilisation occidentale. Par lui, la culture gréco-latine fait alliance avec la Bible, la sagesse platonicienne donne la main à la « folie de la Croix », une tradition nouvelle se crée, qui portera, nourrira, fera fructifier les plus beaux génies du genre humain. Récit d’une quête de Dieu, Les Confessions n’en est pas moins un livre très humain. Car avant d’être un saint, Augustin a été un homme comme nous, étranger à aucun sentiment de la terre. Voici ce qu’écrit Possidius, son biographe, qui a été son compagnon et disciple : « Je n’entreprendrai pas de rappeler ici tout ce que le bienheureux Augustin, dans ses Confessions, raconte de lui-même, ce qu’il avait été avant de recevoir la grâce et ce qu’il devint après l’avoir reçue. Il voulut rendre ce public témoignage, de peur que, selon l’expression de l’apôtre Paul, quelqu’un ne s’avisât de l’estimer au-dessus de ce qu’il se savait être, ou de ce que ses paroles faisaient connaître de lui... » — La traduction de J. Trabucco est plus littéraire et plus claire que d'autres.

83.              SEIGNOBOS (Ch.). Histoire ancienne, narrative et descriptive, de l'Orient et de la Grèce. Armand Colin, 1903, in-12, 528 pp, 172 gravures, chronologie, reliure percaline tabac de l'éditeur, bon état (Programmes de 1902, Classe de Seconde)

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Les programmes de 1902 marquent une rupture par rapport aux précédents. L’Antiquité y est traitée en un an au lieu de trois. L’histoire de l’Orient et de la Grèce a donc été réduite. Les partisans d’un enseignement où les humanités classiques, c’est-à-dire le français, le latin, le grec, tiennent une place importante, ont donc critiqué la réforme de 1902. Ils rejettent la modernisation proposée par une pédagogie de l’activité accrue de l’élève, les exercices voulus par C. Seignobos, la réduction des programmes sur l’Antiquité en sixième. Les traditions restent fortes... Il y a un débat au sein des historiens. Ch. Seignobos a développé le sens critique des sources historiques et considère que l’enseignement contribue à montrer comment on fait l’histoire. Au contraire, d’autres, tels que Monod, veulent insister sur les résultats.

84.              SEIGNOBOS (Ch.). Histoire narrative et descriptive du peuple romain. Armand Colin, 1899, in-12, 529 pp, 3e édition, 79 gravures, 4 cartes coloriées hors texte, annexes, index, reliure percaline tabac de l'éditeur, bon état

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"Le livre de M. Seignobos répond fort bien à sa destination. La science en est précise, l'allure intéressante ; le ton en est simple, la disposition heureuse. Cette « histoire narrative et descriptive » enseignera aux écoliers de quatrième tout ce qu'ils peuvent comprendre de l'histoire romaine. Certains des chapitres, dont la matière était complexe, sont de véritables modèles d'une exposition élémentaire et néanmoins exacte : spécialement ceux qui concernent la transformation sociale avant les Gracques, les Gracques eux-mêmes, et l'organisation de l'Empire. Parmi les cartes qui terminent le volume, il en est deux qui permettent de juger, à l'aide de couleurs variées, les progrès successifs de la conquête romaine à travers le monde." (Georges Goyau, Polybiblion, 1896)

85.              SOPHOCLE. Tragédies. Tome I : Introduction - Les Trachiniennes - Antigone. Texte établi par Alphonse Dain et traduit par Paul Mazon. Les Belles Lettres, 1962, in-8°, lxvi-212 pp, broché, non coupé, bon état (Coll. Budé). Texte grec et traduction française en regard

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Second des grands tragiques athéniens, Sophocle (497-405) connut toute sa vie un succès jamais démenti face à ses deux rivaux Eschyle et Euripide. Sur les 123 tragédies qu'on lui connaît il nous en reste 7. Homme d'une grande piété, on lui attribue un rôle important pour le culte d’Asclépios à Athènes. Il vécut une grande partie de sa vie sous l’impérialisme et le rayonnement de sa cité, participant comme stratège à l’expédition punitive contre Samos (440 av.) puis comme un des dix conseillers désignés après le fiasco de l’expédition de Sicile (415 av.). Ce premier volume regroupe les deux pièces appartenant à la maturité du dramaturge, Les Trachiniennes, qui relate le double drame de Déjanire abusée et d’Héraclès empoisonné, ainsi que Antigone dont l’histoire n’est plus à présenter. Une notice précède chaque pièce et fournit toutes les informations nécessaires à une bonne intelligence du texte, ainsi que de judicieuses pistes de lecture. Le volume contient en outre une introduction générale qui présente l’auteur, son œuvre et son temps.

86.              Topoi Supplément 2 – PARAYRE (Dominique)(éd.). Les animaux et les hommes dans le monde syro-mésopotamien aux époques historiques. Lyon, Société des Amis de la Bibliothèque Salomon-Reinach, 2002, gr. in-8°, 506 pp, illustrations et cartes, broché, couv. illustrée, bon état (Topoi. Orient-Occident. Supplément 2, 2000)

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Ce second supplément à la revue “Topoi, Orient-Occident” est la publication des Actes d'un colloque international tenu à Lille, les 4 et 5 décembre 1998, et intitulé “Les animaux et les hommes dans le monde syro-mésopotamien aux époques historiques”. 506 pages consacrées à l'environnement de l'homme et à la paléoécologie en Syrie et en Mésopotamie antiques, entre la seconde moitié du IVe millénaire av. J.-C. et la fin de l'Empire néo-babylonien (539 av. J.-C.). 25 contributions - archéologiques, historiques, épigraphiques ou iconographiques –, suivies d'une conclusion de J.-L. Huot et d'un épilogue de F. Poplin, réparties en cinq thèmes qui s'attachent, d'une part, à l'animal dans la réalité (définitions de la faune dans ses variétés régionales, alimentation des animaux, des hommes, etc.) ; de l'autre, à l'animal dans les activités rituelles et l'imaginaire.

Moyen Age

 

87.              ANDRIES (Lise). Moyen Age et colportage : Robert le Diable et autres récits. Textes choisis et présentés par Lise Andries. Stock, 1981, in-12, 236 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Stock+Plus Moyen Age), envoi a.s. de Lise Andries

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Robert le Diable – Richard sans peur – Jean de Paris – Pierre de Provence et la belle Maguelonne – Griselidis : Voici cinq beaux romans d'aventures venus du Moyen Age et que la littérature de colportage diffusera massivement dès le XVIIe siècle : best-sellers du passé, sans cesse réédités pendant trois siècles, ils témoignent aujourd'hui de ce qui peuplait l'imagination et les rêves de millions de lecteurs, amateurs de belles histoires où les exploits chevaleresques étaient les étapes nécessaires de la conquête amoureuse.

88.              ARNOUX (Alexandre). La Légende du Cid Campeador, d'après les textes de l'Espagne ancienne. Club des Libraires de France, 1960, in-8°, 230 pp, photographies en noir et en couleurs de Jean Mounicq hors texte, tirage numéroté sur vergé Barjon, reliure pleine soie rouge avec une illustration en médaillon au 1er plat, rhodoïd, signet, bon état (Coll. Le Trésor des conteurs)

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"A poetical recounting of a series of events in the life of the Cid Campeador, Spain's great warrior of the middle ages. The miraculous abounds in this suite of fifty-three sketches, any one of which would furnish enough heroic incident for the making of a Cornelian drama. Drawn from the old twelfth and thirteenth century material, and chosen with the unerring instinct of an artist, these episodes are arranged with such regard for unity as to constitute a single heroic romance. With marvelous technique of style, sober and concise yet vivid, M. Arnoux has caught the chivalrous spirit of old Spain and transcribed it into etchings of rare artistry for twentieth century reading." (Lucile Dora, Books abroad) — "Un récit poétique d’une série d’événements dans la vie du Cid Campeador, le grand guerrier espagnol du Moyen Age. Le miraculeux abonde dans cette suite de cinquante-trois esquisses, dont chacune fournirait assez d'incidents héroïques pour la réalisation d'un drame cornélien. Tirés de vieux manuscrits des XIIe et XIIIe siècles, et choisis avec l’instinct infaillible d’un artiste, ces épisodes sont arrangés avec un tel souci d'unité qu'ils constituent une seule romance héroïque. Avec une merveilleuse technique de style, sobre et concise mais vivante, M. Arnoux a su capter l'esprit chevaleresque de la vieille Espagne et le transcrire avec talent pour les lecteurs du XXe siècle." (Lucile Dora, Books abroad)

89.              BAILLY (Auguste). Byzance. Fayard, 1957, in-12, 442 pp, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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I. L'ascension ; II. L'apogée - La dynastie macédonienne (867-1081) ; III. Byzance et l'Occident. — "Saviez-vous que Ia puissance de Byzance a été due pendant très longtemps à ce que ses guerriers étaient seuls à connaître le secret du « feu grégeois » ? Vous trouverez bien d'autres choses étonnantes dans ce livre magnifique." (Le Figaro, 4 mars 1939)

90.              BÉDIER (Joseph). Le Roman de Tristan et Iseut. Renouvelé par Joseph Bédier. L'Edition d'Art, H. Piazza, s.d. (v. 1930), pt in-8°, xiii-249 pp, reliure pleine basane havane, dos à 4 nerfs soulignés à froid et fleurons à froid, titres dorés, décor à froid estampé sur les plats, têtes dorées, couv. conservées (rel. de l'éditeur), mors lég. frottés, coiffe sup. arasée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

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"Le cercle habituel des études de M. Bédier est la littérature française du moyen âge. Elève favori de Gaston Paris, dont il occupe depuis 1904 la chaire au Collège de France, il est le digne successeur de ce maître, à qui il a plusieurs fois rendu un noble hommage. M. Bédier a donné aux lettrés une ingénieuse édition en langage moderne du “Roman de Tristan et Iseut”, aux érudits une étude sur les “Fabliaux”. Sa grande oeuvre est son étude sur “les Légendes épiques” : par l'originalité des vues, elle fit sensation dans le monde savant et, par la portée générale de ses théories, elle toucha le grand public cultivé..." (La Revue critique des idées et des livres, 1920)

91.              BRUTAILS (J.-A.). Précis d'archéologie du Moyen Age. Toulouse, Privat, et P., Henri Didier, 1936, in-8°, 306 pp, 3e édition revue et augmentée, 167 figures, cart. éditeur, dos toilé, bon état

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Un livre très clair, illustré de dessins schématiques. Dans l'introduction, l'auteur reprend les idées qui lui sont chères sur la méthode en archéologie ; il donne ensuite des conseils pratiques sur la perception et l'interprétation des faits archéologiques, sur la manière d'écrire et d'illustrer une monographie. Il insiste tout particulièrement, et avec raison, sur le vocabulaire archéologique et publie, à la fin, un très bon glossaire archéologique. — "L'objectif de l'auteur est d'étudier moins les phénomènes en leurs résultats que les causes profondes et techniques, de faire ressortir la logique de l'évolution architecturale du Moyen âge, les raisons de la diversité des formules qui engendrent les différentes écoles. Un manuel bref, concis, lumineux, substantiel, propre à initier avec autant de sécurité que d'agrément à la compréhension des principes qui sont à la base de toute connaissance sérieuse de notre archéologie nationale." (J. Calmette Annales du Midi, 1925) — "M. Brutails a publié une deuxième édition très fortement remaniée de son excellent Précis d'archéologie. Ce livre, longuement mûri, retrouvera, sous sa nouvelle forme, le succès mérité que sa science claire et précise lui avait valu dès l'origine auprès du public des étudiants et des amateurs éclairés. M. Brutails expose les questions en technicien qui ne se paie pas de mots ; une pratique de plus de quarante ans l'a habitué à découvrir avec une étonnante sûreté le rôle de chaque pierre, de chaque détail architectural; et son livre, qu'il a en grande partie illustré lui-même de croquis démonstratifs, est un de ceux où l'on apprend le mieux à comprendre ce qu'est un monument du moyen âge. Signalons, de ce point de vue, le développement donné dans cette seconde édition au glossaire archéologique et ajoutons que le chapitre sur l'architecture civile et militaire se présente, lui aussi, accru d'importants détails nouveaux." (L. Halphen, Revue Historique, 1924)

92.              CALMETTE (Joseph) et Henri DAVID. Saint Bernard. Fayard, 1953, in-12, 368 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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Après la période des investitures, le principal continuateur de l'idéal réformateur fut sans conteste saint Bernard. — "Ce livre se défend d'être un livre d'érudition, quoique l'érudition se trahisse à chaque page. Le regretté Calmette (1873-1952) était bien connu par ses travaux d'histoire sur la Bourgogne et l'Occident chrétien. M. David était devenu son collaborateur ; c'est lui qui présente au public le dernier ouvrage du maître. Calmette ne veut pas tout dire sur saint Bernard, il veut plutôt l'étudier par le dedans, précisant ce qu'il doit à la nature et à la grâce. Toutefois c'est surtout l'humain qui sera mis en lumière ; car, estime-t-il, à l'occasion d'un centenaire de saint, on souligne certes suffisamment le divin en lui. Ces pages se réclament donc du « libéralisme universitaire et de l'humanisme français ». Qu'on se rassure cependant : on y trouve d'admirables évocations de la sainteté et de la vie profonde de saint Bernard ; qu'on lise les chapitres consacrés à la discipline ascétique de Cîteaux et aux envolées mystiques des sermons de Clairvaux. Mais c'est avant tout l'activité extérieure qui est mise en relief ; et elle l'est à souhait, car Calmette connaît parfaitement le contexte historique où se sont déroulées les interventions du saint : la ratification de l'élection d'Innocent II, ses rapports avec le pouvoir civil et le lancement de la seconde croisade." (Bulletin de théologie ancienne et médiévale, 1955)

93.              Collectif – Cahiers de Fanjeaux. 31. Livres et bibliothèques (XIIIe-XVe siècle). Toulouse, Privat, 1996, gr. in-12, 565 pp, 43 planches hors texte (dont 4 en couleurs), index, broché, jaquette illustrée, bon état (Cahiers de Fanjeaux. 31)

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On a coutume d'opposer la richesse des bibliothèques de la France du Nord à la pauvreté des bibliothèques méridionales. Il est vrai que le Languedoc n'a pas compté de bibliothèques royales ou princières, mais il a abrité un temps sur ses marches la bibliothèque pontificale, dont des épaves furent longtemps conservées à Toulouse. Les livres étaient plutôt gardés dans les bibliothèques monastiques et canoniales, et il subsiste encore quelques fonds non négligeables, mais peu étudiés. A côté des grandes bibliothèques ecclésiastiques existaient aussi des collections plus modestes, celles des universitaires, des simples prêtres, des notaires et hommes de loi, des consulats, voire même des hérétiques, les livres d'usage. Quels étaient ces livres, que sait-on d'eux, quelle était la place des livres enluminés dans ces collections, quand et comment ces bibliothèques ont-elles disparu..., toutes ces questions et quelques autres ont été abordées au cours du XXXIe colloque de Fanjeaux. — Par Marie-Humbert Vicaire, Jean-Loup Lemaître, Jacques Verger, Marie-Henriette Jullien de Pommerol, Matthieu Desachy, Noël Coulet...

94.              DAVY (Marie-Madeleine). Essai sur la symbolique romane (XIIe siècle). Flammarion, 1955, in-8°, 236 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 3 index, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

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"Le symbole est l'une des langues de l'humanité, de même que le langage naturel, celui des mots, ou encore le langage mathématique. Réservé en général au domaine de la religion ou de la poésie, le symbole a été un moyen d'expression plus largement utilisé dans la civilisation médiévale. Les historiens du début du XIXe siècle, et Michelet encore, avaient reconnu ce fait, mais, depuis lors, l'histoire positive l'avait ignoré par méfiance devant l'imagination désordonnée de certains auteurs. Les historiens de la philosophie et de la théologie ne voyaient dans le symbole qu'une méthode médiévale d'interprétation des Écritures. Cependant le succès de l'œuvre d'É. Mâle avait réhabilité le symbole comme élément générateur des arts figurés. C'est l'honneur de notre temps que de vouloir pénétrer dans les ressorts intimes d'une civilisation, dans ses structures mentales et ses modes d'expression, et en particulier dans sa symbolique. Cet ouvrage a pour but de faire connaître à un large public le symbole religieux dans la civilisation du XIIe siècle, mais sans prétendre apporter une science exhaustive. L'auteur est un remarquable connaisseur des auteurs mystiques du XIIe siècle (sa thèse de doctorat fut soutenue sur Guillaume de Saint-Thierry). (...) L'étude des cadres de la pensée religieuse au XIIe siècle contient des aperçus profonds, en particulier cette idée, développée à partir de Guillaume de Saint-Thierry, que le symbole permet au mystique de dépasser une contemplation trop affective et charnelle de la vie du Christ. Et surtout on trouvera des analyses détaillées – car, dans cette partie, la pensée de l'auteur se fait analytique – sur les sources de la symbolique des auteurs religieux du XIIe siècle : sources bibliques, patristiques, antiques. Puis une étude des symboles pris par ces auteurs dans la contemplation de la nature, selon les deux grands principes que le monde est un miroir symbolique et que le microcosme humain correspond au macrocosme universel. La pensée de quatre auteurs sur le symbolisme cosmique est envisagée : Hildegarde de Bingen, Bernard Silvestre, Hugues de Saint-Victor, Honorius Augustodunensis. Utiles sont également les chapitres consacrés au symbolisme dans la liturgie, dans la musique (au sens médiéval de musique mathématique), dans les nombres et dans la littérature..." (Hubert Le Bourdellès, Cahiers de Civilisation médiévale)

95.              DIEHL (Charles). Manuel d'art byzantin. P., Alphonse Picard et Fils, 1910, gr. in-8°, xi-837 pp, 420 illustrations dans le texte, certaines à pleine page, index, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, pièce de titre basane havane, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état

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"Le Manuel d'art byzantin de M. Diehl est une synthèse considérable dans laquelle sont étudiés tous les monuments importants qui ont été découverts ou remis en lumière au cours de ces dernières années. Dans son illustration, en particulier, l'auteur, sans négliger les reproductions classiques, a fait une large place aux monuments peu connus qui n'avaient été reproduits que dans des publications académiques ou dans des revues spéciales. Certaines parties de l'ouvrage, comme les chapitres sur les fresques des grottes de Cappadoce et des églises russes, et toute l'étude sur l'art byzantin à l'époque des Paléologues seront pour le public de véritables révélations. Le mérite de la nouveauté est donc un des attraits de ce livre et, grâce au répertoire complet qu'il présente et à l'abondante bibliographie disposée dans un ordre méthodique, dont il est accompagné, il est destiné à rendre les plus grands services. Mais, en outre, il est autre chose et plus qu'un simple manuel. M. Diehl qui, par tous ses travaux antérieurs, était admirablement préparé à composer cette synthèse a voulu la présenter dans un ordre historique ; l'explication du développement de l'art byzantin tient dans son livre une place aussi grande que la description des monuments..." (Louis Bréhier, Revue Historique, 1910) — Table : Origine et formation de l'art byzantin - Le premier âge d'or de l'art byzantin - Le second âge d'or de l'art byzantin. Epoque des Macédoniens et de Comnènes - La dernière évolution de l'art byzantin (du milieu du XIIIe siècle au milieu du XIVe siècle).

96.              DUBY (Georges). Le Chevalier, la femme et le prêtre. Le mariage dans la France féodale. Hachette, 1981, in-8°, 312 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Force des Idées). Edition originale

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Que sait-on des origines et de l'histoire de l'institution du mariage ? La cellule conjugale, cadre consacré, contrôlé par le clergé, ne s'impose qu'après une longue lutte qui culmine au XIIème siècle, entre les guerriers et l'Eglise. C'est l'histoire de ce conflit, long et spectaculaire, contre les prérogatives des seigneurs que retrace ce livre, pour déboucher sur un nouvel équilibre : celui de l'amour conjugal et de l'amour courtois. Une des oeuvres maîtresses de Georges Duby.

97.              DUFOURCQ (Ch.-E.) et J. GAUTIER DALCHÉ. Histoire économique et sociale de l'Espagne chrétienne au Moyen Age. Armand Colin, 1977, gr. in-8°, 288 pp, biblio, glossaire, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U) (Ouvrage couronné par l'Académie française)

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Un livre, sous beaucoup d'aspects novateur, par deux spécialistes de l'Espagne de la Reconquista et des derniers siècles du Moyen Age. — "Cet ouvrage dense ne laisse guère de place aux digressions oiseuses. Dès l'introduction nous abordons le cadre géopolitique des Espagnes médiévales et nous voyons s'opposer « les deux Espagnes » ; la centrale, castillane, et la périphérique, aragonaise et navarraise. Tout le livre est bâti sur leur opposition y compris la conclusion où l'on voit la Péninsule basculer aux XVe et XVIe siècles de la Méditerranée et de l'Aragon à l'Atlantique et à la Castille. Ce livre est une synthèse d'autant plus utile qu'ailleurs on nous raconte souvent l'Histoire politique, militaire et, à la rigueur, religieuse, du Moyen Age espagnol mais nous trouvons difficilement un tableau de son évolution géo-socio-économique. Ici même les aspects religieux et culturels ne sont pas négligés, comme le prouve par exemple, ce chapitre de la page 173 sur l'Eglise et le syncrétisme culturel catalano-aragonais. Un tableau d'ensemble bien venu, commode et réussi." (Frédéric Mauro, Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, 1977)

98.              DUFOURCQ (Charles-Emmanuel). La Vie quotidienne dans l'Europe médiévale sous domination arabe. Hachette, 1981, in-8°, 288 pp, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'auteur, par sa double expérience espagnole et maghrébine, était particulièrement bien placé pour traiter ce sujet. Pour une époque aussi ancienne il a su réunir beaucoup de détails sur ce qu'il est convenu d'appeler « la vie quotidienne » et qui ressort souvent d'une véritable histoire anthropologique, une histoire de l'homme aux prises avec ses nécessités vitales de chaque jour et qu'il satisfait dans le cadre d'une culture déterminée. Mais sur un monde si lointain pour nous, le spécialiste devait donner quelques explications historiques générales et c'est ce qu'il a fait. On est frappé en le lisant de l'importance de la pénétration musulmane en Europe. On parle toujours de la bataille de Poitiers mais Dufourcq nous rappelle que Sens a été le point le plus septentrional atteint par des raids arabes, Tours, Langres et Saint-Gall suivant de peu. Naturellement l'Espagne est le seul pays actuel d'Europe Occidentale qui ait été entièrement occupé pendant près d'un siècle par les Arabes, et pour sa plus grande part entre deux et cinq siècles. Le contact culturel qui en a résulté a préparé et facilité les Croisades, qui ont suivi. Nous sommes payés pour savoir que cette histoire euro-arabe ne s'en est pas tenue là." (Frédéric Mauro, Caravelle. Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, 1979)

99.              FAVIER (Jean). Louis XI. Fayard, 2001, fort in-8°, 1019 pp, 12 pl. hors texte en couleurs, 9 cartes, 4 tableaux généalogiques, sources et travaux, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état, envoi a.s.

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On a souvent écrit sur Louis XI. Mais, depuis cinquante ans, de nouveaux documents sont apparus et les travaux se sont multipliés, souvent liés à l'élargissement du regard des historiens sur les structures politiques, juridiques et financières comme sur les relations du politique et de l'économique. Le temps semblait venu de faire le point. L'imagerie romantique a ancré le souvenir de l'homme au chapeau constellé de médailles pieuses, du captif de Péronne, du visiteur cynique de ses prisonniers en cage, du démolisseur de l'état bourguignon. On connaît l'enfance difficile du fils du "roi de Bourges", et la dramatique impatience d'un héritier qui se lasse d'attendre le pouvoir. Le portrait a de longtemps été fait du roi sournois qui se déguise en bourgeois pour écouter aux carrefours. On ne saurait nier les ombres, qui sont celles du temps. Louis XI n'a inventé ni la cruauté ni la duplicité. Il précède de peu Machiavel et annonce Richelieu. Car, si les moyens sont ceux du temps, les objectifs sont étonnamment modernes. Il faut assurer l'indépendance, politique aussi bien qu'économique, de la France en Europe, et affermir la souveraineté du pouvoir royal et la force de l'État face à la haute féodalité. L'homme est stupéfiant, aussi bavard que méfiant, ne cessant de dicter des lettres que pour entretenir des ambassadeurs et aussi pour traquer le cerf et le sanglier. Informé de tout, il prend lui-même les grandes comme les petites décisions. Il ne cesse de faire la guerre, ou de financer pour que les autres la fassent, et de rêver d'une paix qu'à la fin il réalise aussi bien en France qu'en Italie. Il n'aura voulu qu'être le premier serviteur de la Couronne. Faire son métier de roi.

100.          GERBET (Marie-Claude). L'Espagne au Moyen Age, VIIIe-XVe siècle. Armand Colin, 1992, gr. in-8°, 424 pp, cartes, notes, biblio, glossaire, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. U)

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"La période médiévale en Espagne, a été largement occultée dans notre historiographie par le « siècle d'or ». Nous avons désormais grâce à M.-C. Gerbet, un guide pour éclairer l'histoire compliquée d'une péninsule bouleversée par des conquêtes successives (celle des Wisigoths, celle des musulmans), dominée par l'existence bien connue d'une frontière religieuse, dominée aussi par les luttes de pouvoirs à l'intérieur des deux domaines et par la lente reconquête menée par les royaumes du Nord, avec tout ce qu'elle suppose de contacts de civilisation, souvent rendus possibles par l'existence des communautés juives. Le plan est chronologique, mais pas uniquement. L'ouvrage s'ouvre par les Wisigoths, aborde ensuite successivement les pays musulmans et les pays chrétiens puis les étapes de la reconquête. L'étude des villes et des campagnes, considérées dans une évolution d'ensemble met en valeur les problèmes de peuplement, de stratification sociale, des rapports entre agriculteurs et éleveurs. Il faut ensuite suivre l'histoire parallèle des grands ensembles territoriaux, Castille, Aragon, Navarre et la difficile unification. Aucun domaine n'est oublié, ni l'histoire économique ni l'histoire intellectuelle et artistique, soulignant les aspects originaux d'une civilisation proche et pourtant vraiment différente de celle des autres domaines de l'Europe Occidentale." (Marie-Thérèse Caron, Revue du Nord, 1994) — Cet ouvrage brosse un vaste tableau de l'Espagne politique, économique et culturelle : mille ans d'une histoire complexe, fondamentale pour la compréhension des civilisations classique et moderne. L'Espagne – il serait plus exact de dire "les Espagnes" – a, en effet, subi des modifications territoriales et politiques considérables du Ve au XVe siècle. Les Wisigoths avaient réalisé à leur profit l'unité de l'Hispania en rassemblant les cinq provinces romaines en un royaume indépendant. L'invasion musulmane de 711 le fait éclater. La "Reconquête" chrétienne ne peut débuter, difficilement, que dans la première moitié du XIe siècle pour aboutir à l'installation des Couronnes de Castille et d'Aragon. La Grande Peste du XIVe siècle frappe plus durement l'Aragon. A la ruine économique s'ajoutent l'agitation paysanne et la guerre civile, mais dans les deux Couronnes s'achèvent la coexistence pacifique des chrétiens, des musulmans et des juifs, et les échanges culturels dont la richesse avait constitué la grande originalité des XIIe-XIIIe siècles. Lorsque Isabel la Catholique, épouse de Fernando d'Aragon, monte sur le trône de Castille en 1474, l'Hispana restaurée n'est encore qu'un rêve. Si les politiques extérieure et religieuse (Inquisition, expulsion des juifs et des musulmans refusant de se convertir) deviennent communes, chaque Couronne conserve sa politique coloniale : tandis que Fernando guerroie à Naples, Christophe Colomb donne le Nouveau Monde à Isabel. (4e de couverture)

101.          [Jeanne d'Arc] – SENZIG (Roger) et Marcel GAY. L'Affaire Jeanne d'Arc. Florent Massot, 2007, gr. in-8°, 285-xxv pp, 8 pl. de photos et documents en couleurs hors texte, 23 pp. de documents en annexe in fine, broché, couv. illustrée, bon état

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"Jeanne a-t-elle vraiment entendu des voix ? A-t-elle été mandatée par Dieu pour sauver le royaume de France ? Que sait-on finalement du destin hors du commun de cette petite bergère de Domrémy qui a donné son nom à un nombre incalculable de rues, inspiré plusieurs milliers de livres, une demi-douzaine d'opéras et une quarantaine de films ? A quoi ressemblait-elle ? Quelle langue parlait-elle ? Comment a-t-elle appris à chevaucher de fougueux destriers, à manier l'épée, à faire la guerre ? L'histoire officielle n'apporte pas de réponse à ces questions pourtant légitimes. Parce que l'histoire a été sciemment falsifiée. Le dossier a été truqué. Voici pourquoi. Voici comment." (4e de couverture)

102.          LYONNET (Bernard). Le viol de la Dame de Carrouges. Histoire d'une erreur judiciaire ? Editions La Bruyère, 2008, in-8°, 229 pp, préface de Jean Derens, 15 pl. hors texte de gravures et photos en noir et en couleurs, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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L'auteur, avocat, fait revivre une affaire qui causa un scandale considérable dans les derniers temps du Moyen Age. L'affaire du viol présumé de Marguerite de Thibouville, deuxième femme de Jean de Carrouges, vassal et chambellan de Pierre, comte d’Alençon, par Jacques Le Gris, écuyer et protégé de celui-ci. Nous sommes en Basse-Normandie au XIVe siècle. Deux hobereaux, qui jadis furent amis, s’affrontent. Jean de Carrouges, aux mœurs rustiques, jalouse Jacques Le Gris, un séducteur de moindre noblesse mais favori du comte d’Alençon, le seigneur local. Tissée d’ambitions contrariées et de querelles foncières, la haine est déjà bien installée entre eux, lorsque la jeune épouse de Jean de Carrouges accuse publiquement Jacques Le Gris de l’avoir violée, alors qu’elle était seule dans le château de sa belle-mère ! Que s’est-il réellement passé au creux de cet hiver normand ? Il fallait du courage à cette jeune femme pour confesser publiquement ce viol. D’autant plus qu’elle tombe enceinte, alors que les assiduités de son mari étaient jusqu’alors restées infructueuses. La science médicale du temps, héritée de Gallien, blanchissait toutefois le violeur, car l’on croyait le plaisir féminin indispensable à la conception. L’affaire est portée sur la place publique. D’abord, à Argentan, où la justice locale donne tort aux Carrouges. Jean fait appel au roi, le jeune Charles VI. Il se rend au château de Vincennes et le souverain le reçoit en audience pour qu’il plaide sa cause. Carrouges réclame le « jugement de Dieu », c’est-à-dire un duel judiciaire. Le 29 décembre 1386, dans un champ clos spécialement aménagé derrière le prieuré de Saint Martin-des-Champs (près de l’actuel Conservatoire des Arts et Métiers) et devant une assistance nombreuse comprenant le roi Charles VI et ses oncles, Jacques Le Gris trouva la mort au terme d’un des derniers combats judiciaires du Moyen Âge, transpercé de l’épée de Jean de Carrouges...

103.          OURSEL (Raymond). Routes romanes 2. La route aux solitudes. La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1984, gr. in-8°, 339 pp, 120 héliogravures et 4 pl. en couleurs hors texte, cartes, nombreux plans, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Introduction à la Nuit des Temps, 13)

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'La société romane a plus encore peut-être que toute autre mesuré l'importance des routes, de la mobilité. Le pèlerinage a tenu, dans la religion des hommes, une place essentielle, fondamentale. Pourquoi tant de pèlerins quittent-ils alors leur demeure, pour quel motif préfèrent-ils tel sanctuaire à tel autre, tel saint à tel autre ? C'est à ces questions que répond ici Raymond Oursel, permettant ainsi de cerner, dans sa réalité la plus secrète, l'âme de la civilisation romane la plus profonde.''

104.          PÉREZ-EMBID WAMBA (Javier). Hagiologia y sociedad en la España medieval : Castilla y León (siglos XI-XIII). Universidad de Huelva, 2002, gr. in-8°, 390 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Texte en espagnol

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"Javier Pérez-Embid Wamba présente ici une synthèse des connaissances actuelles sur l'hagiographie médiévale dans le royaume de Castille, en contextualisant chacun des textes qu'il analyse afin de mettre en valeur les causes et les circonstances qui expliquent leur élaboration. (...) L'un des principaux mérites de cet ouvrage est en effet de présenter au lecteur toutes les pièces connues du dossier et de les décrire longuement. Chaque texte mentionné est analysé, avec renvoi aux pages de l'édition utilisée ou aux folios du manuscrit étudié. De nombreux tableaux permettent en outre de visualiser rapidement le contenu des compilations hagiographiques, et de suivre l'auteur lorsqu'il compare entre eux deux textes ou deux auteurs." (Adeline Rucquoi, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2003)

105.          PEYRÉ (Jean-François-Aimé). Histoire de la première Croisade. Avec plans et cartes-itinéraires. P., Aug. Durand ; Lyon, Giraudier, 1859, 2 vol. in-8°, xxxviii-495 et (4)-528 pp, avec 4 cartes repliées hors texte, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 petits nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, caissons à froid et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats, 1ers plats au chiffre « S-B » doré, tranches mouchetées (rel. de l'époque), 1er plat du tome 1 lég. sali, bon état. Unique édition. Rare

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"Tout n'était pas dit sur les événements qui ont préparé les voies aux entraînements de la première Croisade ; sur le départ et les marches séparées des divers corps dont se composaient les armées de l'Occident ; sur leur séjour sous les murs de Constantinople et la longue traversée de l'Asie-Mineure ; sur la mémorable bataille de Dorylée et les sièges de Nicée, d'Antioche et de Jérusalem. Des dates restées incertaines avaient besoin d'être précisées, et des détails pleins d'intérêt restaient encore à dégager de l'obscurité profonde où depuis si longtemps ils se trouvaient comme enfouis et ignorés de la foule des lecteurs..." (Avant-propos) — Jean-François-Aimé Peyre (1792-1868) était juge au Tribunal civil de Villefranche, et historien dilettante. Il a rédigé une suite à cette “Histoire de la première Croisade” (Histoire de la Croisade de 1101), malheureusement demeurée à l'état de manuscrit.

106.          SCHMITT (Jean-Claude). La Raison des gestes dans l'Occident médiéval. Gallimard, 1990, in-8°, 432 pp, 40 illustrations dans le texte, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

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"Le cœur a ses raisons, les gestes en ont aussi. Et plus largement que les gestes, cette « culture du corps » dont J.-C. Schmitt a voulu montrer tous les aspects perceptibles au Moyen Age occidental. Ce que livrent les réflexions théoriques, les représentations iconographiques, les aperçus des textes narratifs, sur le corps en ses fonctions d'expressivité, c'est-à-dire en ce qu'il a de plus fugace et de plus difficile à décrire et à transmettre, l'auteur a réussi la gageure de le rassembler et de l'interpréter en un tout cohérent. L'étendue des lectures et la qualité de l'analyse déployée pour ce résultat est remarquable : la richesse du sujet apparaît nettement à la diversité des sources utilisées, certaines attendues, d'autres plus surprenantes au premier abord, ce qui montre bien que le problème de l'expression du corps est beaucoup plus pregnant sur les esprits qu'on ne pouvait l'attendre. Hugues de Saint- Victor, Jean de Garlande, d'autres encore apparaissent comme auteurs de réflexions originales sur le sujet. (...) Une approche du Moyen Age sous l'angle de l'attention au corps : c'est ce que propose J.-C. Schmitt, parmi détours et retours, avec un choix d'images toujours en rapport étroit avec le texte, des aperçus nouveaux, un choix complaisant de textes savoureux ou bien dits, bref un plaisir de lecture constant." (Pascale Bourgain, Bibliothèque de l'École des chartes, 1992)

Temps Modernes

 

107.          AVERMAETE (Roger). Rubens et son temps. Bruxelles, Editions Brepols, 1964, in-8°, 220 pp, 16 pl. de gravures hors texte, reliure toile rouge éditeur, dos lisse avec titres dorés, armoiries de Rubens dorées au 1er plat, un plan d'Anvers (1565) sur les gardes, rhodoïd, bon état (Coll. Au coeur de l'Histoire)

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"Une importante étude événementielle rédigée d'une plume alerte par l'historien belge Roger Avermaete. L'auteur souhaite avant tout démystifier la personne de Rubens estimant que ses thuriféraires lui ont fait la part trop belle en le transformant en un surhomme, parangon de vertu. Pierre-Paul Rubens, né en 1577 à Siegen en Allemagne où son père, échevin de la ville d'Anvers, s'était exilé pour fuir la répression, est le sixième enfant de Jean Rubens et de Marie Pypelincx, maîtresse femme qui saura sauver son mari accusé d'avoir séduit la princesse Anne de Saxe. Après une vie difficile en Allemagne, la famille revient en Belgique, d'où, à vingt-trois ans, P.-P. Rubens part pour la cour des ducs de Mantoue. Il passe huit ans en Italie et effectue un voyage diplomatique en Espagne. Quand il regagne les Flandres, c'est un peintre connu. Il anime un atelier très productif et, célèbre, se trouve chargé de missions, diplomatiques ou professionnelles, en France, en Espagne, en Hollande, en Angleterre ; il se constitue parallèlement des collections d'art qu'il négociera ensuite. Premier mariage avec la brune Isabelle Brant qui lui donne plusieurs enfants. Après son veuvage, il se remarie avec Hélène Fourment la blonde, de presque quarante ans sa cadette – dont la dernière fille naît huit mois et demi après son décès, en 1640. Existence peut-être heureuse et certainement éclatante. Rubens certes est aux antipodes d'un peintre maudit. Et c'est peut-être la constance de son succès, sinon ses créatures à la cellulite bondissante qui, dans un premier niveau grossier, l'ont dévalorisé aux yeux du grand public..." (Fernande Schulmann, revue Esprit)

108.          BAZIN (Germain). Destins du Baroque. Hachette, 1970, in-4°, 372 pp, 420 gravures et photos en noir, 25 figures, 24 planches en couleur hors texte, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Après une étude sémantique du vocable « baroque », la première partie de l'ouvrage expose les principes sociaux, politiques et intellectuels qui font de l'art et de la vie de cette époque un art de vivre. La deuxième partie du livre déploie l'éventail des styles divers qui se succèdent ou se font concurrence. La troisième partie est une étude morphologique des principaux thèmes exploités par l'époque baroque. — "Ni manuel ni traité, un tel ouvrage se présente d'abord comme un essai. Il est déroutant, je le répète, dans son énorme complexité. Il est sans cesse enrichissant. Il est à l'image du temps qu'il aborde, explore, ausculte et psychanalyse. Il étonnera parfois le lecteur français auquel il est soumis et qui, classique né, aurait souhaité une articulation plus serrée et plus cartésienne . Mais le propre du baroque n'est-il pas à jamais d'étonner et d'irriter nos compatriotes d'hier et d'aujourd'hui qui, d'une manière quasi atavique, ressentent une instinctive méfiance à l'égard de cet esprit baroque dont ils ont maintes fois subi la tentation ? J'ai parlé de provocation au début de ces lignes. L'essai de M. Germain Bazin est provocant. Ce n'est pas là l'un de ses moindres mérites..." (Yvan Christ, Revue des Deux Mondes, mars 1971)

109.          CABANIS (José). Saint-Simon l'admirable. Gallimard, 1975, in-8°, 227 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Blanche)

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"Saint-Simon ne s'inspire de personne, ne ressemble à rien, et n'a pas de disciple. Il traverse seul la littérature française, dont il n'aurait pas même souhaité faire partie. Il écrit comme il lui chante, comme il lui plaît, comme s'il savait que se moquer de toutes les règles est la condition de l'œuvre d'art : il faut inventer, ce qu'il faisait. A le fréquenter assidûment, on découvre qu'il n'est pas l'attardé qu'on a dit : il vivait sous une monarchie héréditaire, et a discerné, seul de son temps, les contradictions et la faille qui inévitablement amèneraient sa ruine. Il a compris aussi que cela n'avait guère d'importance, et que la vérité est ailleurs. Notre époque qui est communautaire, et donc marquée par le conformisme, a beaucoup à apprendre de lui : c'est l'homme du contre-pied. On a beau le lire et le relire, pendant vingt et trente ans, on reste étonné. C'est pourquoi il me semble admirable." (J. Cabanis) — "Ce petit livre est, pour l'honnête homme, une excellente introduction à la lecture des Mémoires de Saint-Simon. J.C., avec un grand bonheur d'expression, conduit son lecteur dans le monde du mémorialiste, en partant des aspects les plus connus pour arriver à la personnalité profonde de celui qui plaça Rancé au sommet de sa vénération. C'est dans les dernières pages où il cherche à définir la religion de Saint-Simon que J.C. apporte le plus. Non pas que le lecteur n'ait plaisir à retrouver « les derrières de Versailles », dont J.C.-Saint-Simon fait une description piranésienne, ou la cohue entassée des courtisans pour la peinture de laquelle Saint-Simon use de toutes les ressources d'un bestiaire haut en couleurs. Pas plus qu'il n'est inutile de rappeler que derrière la minutie pointilleuse de la hiérarchie sociale et les querelles de bonnet et de tabouret, c'est en fait le sort de l'Ancien Régime qui se joue et le principe même de la royauté héréditaire. Saint-Simon ne fut pas qu'un féodal ranci et passéiste : son amitié pour les ducs de Chevreuse et de Beauvillier le fit participer aux essais de rénovation de la monarchie à l'aube du siècle. Un très intéressant essai." (Claude Michaud, Dix-Huitième Siècle, 1978)

110.          CAMOIN (Florence). Vauban, la tour défend le roi. Editions Elema, 2007, in-8°, 71 pp, préface d'Alain Monferrand, 2 pl. en couleurs hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"C'est le personnage dans toute sa richesse que nous fait revivre Florence Camoin dans sa pièce “Vauban, la tour défend le roi”, dont le texte remarquable de justesse, d'à-propos et de répartie, restitue bien les rapports étonnants de rude franchise ; de confiance et de réelle affection qu'entretint Vauban avec Louvois d'abord, puis avec Louis XIV lui-même, après la dispartion de l'impétueux et omniprésent ministre." (Alain Monferrand, Président de l'Association Vauban) — Vauban, génial bâtisseur de magnifiques citadelles, pièces majestueuses d'un jeu d'échec géant qui devaient protéger le royaume de France, oui !... mais tellement plus que cela ! Au théâtre de faire revivre devant nos yeux ces duels verbaux, lourds de conséquences, qui opposaient Vauban à Louvois, le dernier grand ministre de Louis XIV, sur des thèmes aussi graves que l'abolition de l'édit de Nantes ou le sort des soldats. Vauban a voyagé inlassablement toute sa vie, souvent en compagnie de son neveu et disciple Antoine Le Prestre, observateur de terrain, écrivant sans relâche de nombreux mémoires afin de convaincre le roi d'améliorer le sort de ses "sujets" : pourquoi tous ces impôts qui pèsent de manière injuste sur un peuple d'artisans et de paysans qui travaillent inlassablement et n'en tirent que le droit de survivre ? Vauban, le Morvandiau, le courageux, l'homme de la terre, a tenu tête au Roi-Soleil et à ses ministres. Il osa dire : "Sire, tout privilège qui tendrait à l'exemption des contributions serait injuste et abusif", prônant au XVIIe siècle des principes d'égalité encore impensables pour ses contemporains. C'était le trublion du siècle des apparences et ce fût une des raisons pour laquelle Louis XIV l'a admiré plus que quiconque. C'est cet homme d'exception et de caractère, ce prophète du bon sens qui aurait pu, si on avait écouté un peu plus ses discours emprunts de pragmatisme et de tolérance, éviter cette marche inexorable vers la Révolution de 1789.

111.          CASTEX (Jean). Renaissance, baroque et classicisme. Histoire de l'architecture 1420-1720. Hazan, 1990, gr. in-8°, 430 pp, 180 illustrations dans le texte, index, broché, bon état

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De l'incroyable coup d'audace que fut la construction du dôme de Florence jusqu'au triomphe du classicisme avec la colonnade du Louvre, Jean Castex s'attache à reconstituer avec clarté et méthode trois siècles d'architecture. Mais l'histoire de l'architecture ne se résume pas à celle des grands monuments. Certes, elle prend appui sur eux parce qu'ils se prêtent à des lectures riches, parce qu'ils condensent les événements et parce qu'ils procurent un indéniable plaisir. Mais ils ne peuvent se comprendre isolément. Aussi il est indispensable d'envisager ensemble l'architecture, la ville et le territoire qui sont amenés à se transformer dans un constant va-et-vient. Savoir décrire l'architecture, la ville et le territoire demande de posséder des notions de morphologie que la culture contemporaine dispense peu. Issu d'un cours professé depuis de nombreuses années, cet ouvrage vise justement à procurer les catégories de l'analyse, pour progressivement pouvoir envisager les débats sur l'architecture avec assurance. L'architecture de la Renaissance n'est pas facile à saisir car derrière la beauté des formes, il y a une sérieuse prétention à la rigueur intellectuelle. Elle tend à faire de l'architecte un intellectuel, armé d'un savoir qu'il convient de pénétrer pour en saisir les enjeux.

112.          CHARPENTRAT (Pierre). Du maître d'ouvrage au maître d'oeuvre. L'architecture religieuse en Allemagne du Sud de la guerre de Trente Ans à l'Aufklärung. Klincksieck, 1974, in-8°, x-244 pp, 32 pl. de photos hors texte, 3 cartes, 26 plans, notices sur les auteurs des oeuvres analysées, 2 index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le signe de l'art)

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"Bavière, Souabe et Franconie, tel est le cadre géographique d'une étude qui analyse la structure architecturale de 25 églises et abbatiales construites ou modifiées de 1650 à 1780. Le livre s'attache à montrer la diversité des solutions employées pour remplir un programme religieux directement inspiré par la rénovation tridentine du catholicisme et qui, plus qu'une psychose de reconquête, traduit surtout la joie de la stabilité retrouvée. (...) Un tel livre apporte beaucoup à l'historien de l'art et à celui de la spiritualité par la finesse et l'intelligence de sa lecture architecturale. Il serait à souhaiter qu'on disposât d'un ouvrage d'accompagnement sur l'Ausstattung de ces édifices, dont la subtilité frise parfois le rébus. Regrettons l'absence de plans pour deux églises particulièrement complexes, Altomünster et Altôtting, et les trop nombreuses scories typographiques. Cela n'enlève rien à la qualité d'un texte qui révèle, à partir d'un corpus homogène, toute l'originalité et l'ingéniosité des solutions baroques." (Claude Michaud, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 1977)

113.          CONSTANT (Jean-Marie). Les Conjurateurs. Le premier libéralisme politique sous Richelieu. Hachette, 1987, in-8°, 298 pp, 7 tableaux généalogiques in fine, notes, biblio, broché, couv. illustrée, qqs rares annotations crayon, bon état

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Dans le fracas des armes, des arrestations et des exécutions, voici les portraits et l'histoire authentique de ces nobles qui n'ont cessé de s'opposer à la politique centralisatrice de Richelieu, entre 1626 et 1642. Suivre ici le déroulement des complots tels qu'ils furent vécus par les conspirateurs eux-mêmes, c'est s'apercevoir que ces "conjurateurs" tiennent à la fois d'Aramis et de d'Artagnan. Influencés surtout par le stoïcisme chrétien, ne sont-ils pas les inventeurs du premier "libéralisme" français ? Cette réhabilitation des oubliés de l'histoire corrige enfin la perspective qu'une tradition jacobine de l'historiographie française avait rendue prépondérante : le XIXe siècle et l'éducation républicaine ont tellement vanté les vertus du Cardinal comme père fondateur de la "raison d'État" que les vaincus du règne de Louis XIII, refoulés des manuels, n'avaient pu trouver refuge que dans la fiction. Les voici restitués au "roman vrai" de l'Histoire.

114.          CRÉTÉ (Liliane). La Vie quotidienne à La Rochelle au temps du Grand Siège, 1627-1628. Hachette, 1987, in-8°, 333 pp, 2 plans, biblio, couv. illustrée, bon état

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L'héroïque résistance de La Rochelle, bastion huguenot et dernier rempart contre l'absolutisme monarchique. — Le grand siège est l'aboutissement d'une petite guerre qui tourne mal. Au fil des ans, de privilège en privilège, La Rochelle a obtenu un statut d'indépendance insupportable aux yeux de Louis XIII et de Richelieu.. En temps de guerre, la ville dispose du droit exorbitant de commercer avec les ennemis du royaume. Mais surtout, La Rochelle est un bastion huguenot, alors que le roi a décidé d'en finir avec cette minorité religieuse, toujours prête à s'opposer à sa volonté. Avec un luxe de détails passionnants, Liliane Crété remet en scène les épisodes de l'héroïque résistance des Rochelais. Les forces royales et les assiégés, alliés aux Anglais commandés par Buckingham, font alterner des assauts sanglants et meurtriers avec les "délicatesses" d'une guerre en dentelles. Mais le drame est là : 15.000 Rochelais au moins sur 24.000 meurent de faim pendant le siège. La chute de La Rochelle met un terme aux rêves indépendantistes des Rochelais et marque la fin du contre-Etat calviniste en France. Les places fortes démantelées, les protestants muselés, rien ne pourra plus freiner la montée de l'absolutisme monarchique.

115.          DARMON (Pierre). Le Mythe de la procréation à l'âge baroque. Jean-Jacques Pauvert, 1977, gr. in-8°, 283 pp, 59 gravures dans le texte, biographies de quelques médécins et savants in fine, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Dans ce livre passionnant Darmon nous fait traverser toute cette époque des premières découvertes sur la procréation, à la lumière des questions saugrenues, des hypothèses parfois fort pertinentes et des explications aux accents poétiques ou relevant d'un pur fanatisme religieux. Ainsi, pour répondre à la question, « les femmes peuvent-elles procréer sans hommes ? », on édifiera toute une argumentation religieuse sur la copulation avec le diable, ce qui amènera des millions de femmes, considérées comme sorcières, au bûcher. Ce sont aussi les explications religieuses et morales qui pendant des siècles justifient la majorité des cas de malformation, de mutilations et de monstruosité, choses qui dépendent évidemment des femmes ! Darmon, par exemple, n'échappe d'ailleurs pas à cette misogynie, et il est étonnant de le voir accabler avec autant de force les sages-femmes et les sorcières, alors que les recherches et la pratique de l'époque semblent souvent aussi aberrantes. Extrêmement intéressants, ses chapitres sur l'obstétrique et l'accouchement baroque mériteraient d'être lus à la lumière de « sorcières, sages et infirmières », court texte sur l'histoire des femmes et de la médecine, écrit par Barbara Ehrenreich et Deirdre English. Bref, Le mythe de la procréation à l'âge baroque est un excellent outil de travail pour toutes les femmes intéressées à approfondir ces questions." (Louise Vandelac, Les cahiers du GRIF, 1977)

116.          DARMON (Pierre). Mythologie de la femme dans l'Ancienne France, XVIe-XVIIIe siècle. Seuil, 1983, in-8°, 222 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Ce livre, bien documenté, intéressant, même amusant à lire, nous offre une critique de la culture bourgeoise, à travers le débat sur la sexualité aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il initie ses lecteurs au discours misogyne des hommes sur la femme et sur la sexualité, et présente également ses adversaires, ces « hommes-féministes » avant la lettre qui ont fait célébrer la femme et ses qualités en la défendant... En ce qui concerne le XVIIIe siècle Darmon insiste sur la domestication, la pacification de la femme et de la sexualité par le langage érudit et scientifique des Lumières bourgeoises, tel que l'exprime le docteur Pierre Roussel, auteur du “Système physique et moral de la femme” (1775)..." (Karen Offen. Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1984)

117.          DIDIER (Béatrice). Le Siècle des Lumières. MA Editions, 1987, in-8°, 430 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les grandes encyclopédies du monde de...)

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L'ordre alphabétique convient particulièrement à un siècle qui a produit le plus beau des dictionnaires : L'Encyclopédie. Ecrivains et artistes (de Watteau à Sade et Goethe), institutions (cafés, salons, censure), thèmes-clés (bonheur, despotisme éclairé, raison, utilité...) rendent compte ici de la complexité d'une période qui couvre presque tout un siècle, et dont la richesse provient en grande partie d'une dialectique incessante entre « Lumières » et « anti-Lumières ».

118.          DIMIER (Louis). Le Château de Fontainebleau et la Cour de François Ier. Calmann-Lévy, 1930, pt in-8°, 234 pp, une gravure en frontispice, un plan du domaine de Fontainebleau hors texte, broché, état correct (Coll. Châteaux, décors de l'histoire)

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Claire et précise évocation de la Cour de François Ier. — "Dimier (1865-1943) est tout à fait à part parmi les historiens de l'art en France. Ses idées et surtout ses opinions, son entêtement, la brutalité de son propos l'ont exclu de tous les cadres officiels, sauf l'Action française, dont en fin de compte il s'est exclu aussi. « Son cerveau bourdonnait de projets, dont la réalisation aurait demandé plusieurs vies » : c'est là le souvenir que Louis Réau conservait de lui. Dimier fut en effet une extraordinaire figure de savant et d'intellectuel : son œuvre, comprenant des essais d'histoire de l'art, des romans, des articles politiques et de critique littéraire, des traductions du grec, du suédois, du néerlandais, du portugais, de l'allemand, des études d'histoire régionale, réfléchit une réelle richesse et variété d'intérêts, d'activités, de méthodes. Fin connaisseur, collectionneur, bibliophile acharné, en tant qu'historien de l'art, Dimier s'est attaché surtout à l'étude de l'art en France et plus particulièrement de la peinture depuis la fin de la période médiévale." (Michela Passini et Henri Zerner, INHA)

119.          FEYDEAU (Elisabeth de). Jean-Louis Fargeon, parfumeur de Marie-Antoinette. Perrin, 2004, in-8°, 230 pp, 16 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, annexes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Les métiers de Versailles)

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"Tous les ans changent les goûts ; Tous les jours nouveaux parfums pour tout ; Soyez donc chimiste..." on croirait ces bouts rimés écrits sur mesure pour Jean-Louis Fargeon, "le" parfumeur du XVIIIe siècle. Cet enfant des Lumières, né à Montpellier en 1748, rêve du soleil de Versailles et des fastes de la Cour qu'il découvre en lisant le récit de l'arrivée en France, puis du mariage de l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche avec Louis, dauphin du royaume de France. A Montpellier capitale de la parfumerie française, il a acquis un savoir-faire ; à Paris, il en fera un art. Installé dans le quartier du Roule, sa boutique devient le temple des élégantes, son laboratoire le repaire des savants et curieux. Ce n'est qu'une étape : Fargeon pense à Versailles. Il peut compter sur Mme Du Barry - sa cliente - et doit se méfier de la jalousie tenace de Marie-Antoinette à l'égard de la favorite. Il parviendra néanmoins à rencontrer la jeune reine à son Trianon. Il a auprès d'elle un atout majeur : le goût du naturel et les odeurs qu'il lui prépare sont telles qu'elles les souhaite, adaptées à son goût et à ses humeurs. Parfumeur de Marie-Antoinette, Fargeon sera aussi celui des Enfants de France, jusqu'au coup de tonnerre de 1789. Républicain, il demeurera pourtant attaché à la famille royale jusqu'à la fuite de Varennes, jusqu'à la prison du Temple... et son propre procès.

120.          FLUCHÈRE (Henri). Laurence Sterne. De l'homme à l'œuvre. Biographie critique et essai d'interprétation de « Tristram Shandy ». (Thèse). Gallimard, 1961, in-8°, 734 pp, un fac-similé de la page de titre de la première édition de Tristram Shandy en frontispice, biblio, index, broché, tout petit accroc au bas du 2e plat, bon état (Bibliothèque des Idées) (Grand prix de la Critique Littéraire 1961)

            40

Cette étude critique sur Laurence Sterne est sans doute l'ouvrage le plus savant et le plus exhaustif qui ait été écrit sur cet auteur, mais c'est aussi la passionnante histoire d'un homme. Sterne y apparaît comme un écrivain beaucoup plus important que ses contemporains ou les critiques anglais et français ne l'avaient jamais admis, et que la curiosité des Américains a remis à sa juste place. Car c'est non seulement un héritier direct de Rabelais et de Cervantès qu'Henri Fluchère admire en Sterne, mais un précurseur des plus grands techniciens du roman moderne : Proust, Joyce, Kafka, et les exemples et citations abondent qui justifient cette opinion. Mais au-delà de cette technique savante, de cette observation aiguë, de cette satire, de cet humour, Henri Fluchère est par-dessus tout reconnaissant à Sterne d'avoir « tenté de nous donner les clés de quelques secrets du monde ».

121.          FRÉDÉRIX (Pierre). Monsieur René Descartes en son temps. Gallimard, 1959, in-8°, 340 pp, broché, un petit portrait en couv., bon état (Coll. Leurs Figures)

            20

Qui était M. René Descartes ? Certes pas le monstre sacré qu'en a fait notre enseignement secondaire. Un homme dont les ambitions, les espoirs, les craintes, les illusions, les erreurs ne s'expliquent qu'en fonction de l'époque et des sociétés où il a vécu. À quarante et un ans, Descartes était l'auteur du Discours, l'annonciateur d'une Terre Promise. Mais cette Terre Promise, il n'y est jamais entré. Il n'est que de retracer pas à pas les étapes de sa vie, comme l'a fait Pierre Frédérix, il n'est que de relire sa correspondance privée, le Monde, l'Homme, les Principes pour voir à quels épouvantables désastres peut conduire la logique cartésienne.

122.          GLUCK (Christoph Willibald), QUINAULT (Philippe), TASSO (Torquato) dit LE TASSE. Armide drame héroïque Mis en Musique par M. le Ch. Gluck. Représenté pour la première Fois par l'Académie Royale de Musique le 23 Septembre 1777. P., Deslauriers, s.d. (1777), in-folio (323 x 250 mm), (1) f. de titre, 279 pp, reliure plein veau raciné, dos à 5 larges faux-nerfs soulignés de doubles filets dorés, titre doré dans un encadrement floral au 1er plat, tranches mouchetées (rel.de l'époque), coiffes arasées, pt accrocs au 2e plat, pt mque à un coin, plats lég. frottés, coins émoussés, trace de mouillure ancienne en coin, infime travail de vers en marge sup. des 10 derniers feuillets, marges des 4 premiers feuillets restaurées, 4 pages manquantes (p. 217-220) remplacées par une copie manuscrite très bien exécutée à l'époque, bon exemplaire, entièrement gravé sur cuivre, imprimé sur papier fort

            600

Edition originale partagée avec le « Bureau du Journal de Musique » de cet opéra que Gluck considérait lui-même comme son chef-d'œuvre et qu'il composa sur un livret de Philippe Quinault, d'après "Gerusalemme liberata" du Tasse, livret déjà mis en musique par Lully en 1685. Représenté pour la première fois le 23 septembre 1777 à l'Académie Royale de Musique, il s'agit du quatrième opéra de la « période parisienne » de Gluck. C'est à l'occasion de la représentation de cet opéra que la querelle entre gluckistes et piccinnistes éclata.

123.          HAZARD (Paul). La Crise de la conscience européenne, 1680-1715. P., Boivin, 1935, fort in-12, x-474 pp, broché, bon état

            25

"La majorité des Français pensait comme Bossuet ; tout d'un coup, les Français pensent comme Voltaire c'est une révolution", écrit Paul Hazard dans ce livre devenu un classique. De 1680 à 1715 s'affrontent, en effet, les idées les plus contradictoires et les plus puissantes. L'ordre classique, qui avait repris force après la Renaissance, paraissait éternel. Or, vers 1680, tout se met à bouger. Un air extérieur semble souffler dans le solennel édifice ; des esprits ont l'audace de prétendre que les Modernes valent bien les Anciens, que le progrès doit l'emporter sur la tradition, la science sur la foi. "Il s'agissait de savoir si l'humanité continuerait sa route en se fiant aux mêmes guides ou si des chefs nouveaux lui feraient faire volte-face pour la conduire vers d'autres terres promises." Une époque charnière donc, où l'esprit de doute surgit partout. Le goût des récits de voyage élargit les horizons et ébranle les certitudes acquises ; on discute de la Bible, de l'authenticité des textes sacrés, des mystères ; les libres penseurs font la guerre à la tradition ; on parle de religion naturelle, de mort naturelle, de droit naturel ; on rêve d'une ère de bonheur terrestre fondée sur la raison et sur la science, les philosophes prônent la tolérance. C'est ce formidable bouillonnement d'idées et d'hommes que décrit Paul Hazard, en retraçant en quelque sorte l'histoire des origines de l'Europe contemporaine.

124.          HAZARD (Paul). La Pensée européenne au XVIIIe siècle, de Montesquieu à Lessing. Boivin, 1949, 2 vol. in-8°, v-375 et 301 pp, 12 pl. de gravures hors texte, biblio, index, brochés, bon état

            60

Paul Hazard propose ici une synthèse magistrale de l'histoire de la pensée au XVIIIe siècle. Ce livre se compose de trois parties : "Le procès du christianisme" montre comment une pensée libre, émancipée de la religion, a pu progressivement s'affirmer. "La cité des hommes" expose les nouveaux principes d'organisation politique et d'éducation qui voient alors le jour. "Désagrégation" présente les questionnements des philosophes sur la vie, la justice ou la vérité, qui rompent avec les dogmes précédents et exposent des hypothèses hardies. Un ouvrage de référence. — "La publication posthume du dernier livre de Paul Hazard aura encore accru, s'il est possible, le regret causé par la disparition de l'illustre professeur. L'auteur aborde ici la période de la diffusion des idées nouvelles, qui est aussi celle de leur vulgarisation et de leur fixation en mythes. Nous ne pouvons songer à donner ici une analyse, même sommaire, de ce vaste ouvrage. Contentons-nous d'en rappeler le plan général. Paul Hazard nous montre tout d'abord comment le premier geste révolutionnaire du siècle a été de faire le procès du christianisme, le second d'établir, sur les ruines de la « Cité de Dieu » les fondements idéologiques de la « Cité des Hommes ». Dans sa dernière partie il indique comment les idées nouvelles ont été paralysées dans leur développement à la fois par leurs contradictions internes et par l'impuissance où se sont trouvés les plus grands esprits du siècle à les grouper en un corps de doctrines cohérent. En montrant avec quel juste souci d'éclectisme Paul Hazard a recueilli les documents dont il invoque le témoignage et quel parti il a su en tirer nous n'aurions pas rendu compte du véritable attrait d'un ouvrage dont le caractère érudit s'efface fort heureusement sous les couleurs exceptionnellement vives du style." (Roger Ledent, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1948)

125.          LA ROCHEFOUCAULD (François de) – VAUVENARGUES (Luc de Clapiers de). Réflexions, sentences et maximes morales de la Rochefoucauld. Précédées d'une notice de M. Sainte-Beuve. – Oeuvres choisies de Vauvenargues, avec un choix des notes de Voltaire, Morellet, Portia, etc., et précédées d'une Notice par Suard. P., Garnier Frères, s.d. (1867), in-12, xxxvi-455 pp, nouvelle édition revue avec grand soin sur les meilleurs textes, reliure demi-vélin, dos lisse avec titres et motifs peints, couv. conservées, tête jaspée (rel. fin XIXe), dos frotté et lég. effacé, bon état

            40

Texte essentiel de la réflexion sur soi, impitoyable anatomie du cœur humain, d'un pessimisme radical et joyeux, ses maximes ont fait de La Rochefoucauld un des grands moralistes français. – L'un des moralistes les plus brillants et les plus méconnus du XVIIIe siècle, Vauvenargues fut l'ami de Voltaire, qui le portait en grande estime. Marqué par le philosophe britannique Locke, mais aussi par Spinoza, il a écrit une oeuvre sur l'esprit et le caractère humain. Dans un style d'une pureté absolue, il semble prendre à revers les moralistes pessimistes du XVIIe siècle, même s'il voue une admiration enthousiaste à Pascal. Car Vauvenargues croit en l'homme, en ses qualités et à l'action qui, pour lui, est le moteur de l'épanouissement et de l'harmonie. Vauvenargues nous touche aujourd'hui parce qu'il est vif, généreux, profond : « Nous nous consolons rarement des grandes humiliations ; nous les oublions ». Cette édition des Réflexions et Maximes est précédée de Conseils à un jeune homme, sorte de bréviaire d'éducation sur les conduites d'une noble âme : qu'est-ce qu'un homme aimable ? Comment peut-on vivre en paix avec les hommes ? Quand faut-il sortir de sa sphère ? Quels sont les faux jugements que nous portons aux choses ?

126.          LEBRUN (François). La vie conjugale sous l'Ancien Régime. Armand Colin, 1979, in-12, 179 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. U prisme)

            15

"A partir des monographies paroissiales, L. décrit la vie des couples du XVe au XVIIIe siècle. Les données un peu sèches de la démographie historique sont agrémentées et interprétées par des références aux rares auteurs de l'époque qui ont traité de ces sujets (Noël du Fail, Rétif de la Bretonne). A une description du mariage sous l'Ancien Régime, succède un chapitre sur la structure économique de la famille. La grande diversité qui régnait en France rend bien difficile toute généralisation. Quelques exemples sont pris pour montrer à quel point la vie des pauvres restait précaire même à la fin du XVIIIe siècle. Sur les 7 livres et demie que gagnait un ménage de tisserands d'Abbeville en 1764, près de 5 livres étaient consacrées à la nourriture bien que cette famille ne mangeât de viande que le dimanche. Les problèmes de la sexualité, sujet naguère tabou, font l'objet d'un chapitre particulièrement documenté. Mais les sources littéraires ne disent pas bien comment et pourquoi jeunes gens et jeunes filles acceptaient ou étaient censés accepter une période de chasteté qui se prolongeait jusque vers 28 ans pour les garçons et 25 ans pour les filles. L'extrême rareté des naissances illégitimes jusqu'à la fin du XVIIIe siècle ne doit pas faire illusion car selon L. les avortements clandestins auraient été chose courante. Ils étaient rarement poursuivis en justice. Sous l'influence d'écrivains tels que l'Anglais Bekker en 1710 et surtout le Suisse Tissot en 1760, la masturbation, considérée jusqu'alors avec une certaine tolérance, devint un objet de terreur à la fin du XVIIIe siècle par l'influence des médecins plutôt que par celle des théologiens. Dans les derniers chapitres L. examine la question des abandons d'enfants à Paris et dans les villes de province. Ces enfants n'étaient pas tous illégitimes. De nombreux parents se résignaient à l'abandon avec l'intention de reprendre plus tard leurs enfants. Ils n'étaient probablement pas conscients de l'effroyable mortalité qui sévissait dans les hospices." (Jacques Houdaille, Population, 1977)

127.          LEBRUN (François)(prés. par). Moi, Marie Du Bois, gentilhomme vendômois, valet de chambre de Louis XIV. Rennes, Editions Apogée, 1994, in-8°, 188 pp, 2 cartes, généalogie, index, broché, une coupure de presse contrecollée sur les gardes in fine, bon état

            25

Mémoires de Marie Du Bois, sieur de Lestourmière et du Poirier (1601-1679), gentilhomme servant du Roi, valet de chambre de Louis XIII puis de Louis XIV de 1634 à 1671, présentés par François Lebrun (24 pp).

128.          LEVER (Evelyne). Les dernières noces de la Monarchie. Louis XVI, Marie-Antoinette. Fayard, 2006, in-8°, 994 pp, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Indispensables de l'Histoire)

            20

Depuis les origines, les reines jouent en France les seconds rôles ; les régences féminines se comptent sur les doigts d'une main et la loi salique donne tout juste à l'épouse du roi le droit d'apporter en dot une province nouvelle ou une alliance étrangère, et surtout le devoir d'engendrer un héritier pour la Couronne... C'est un paradoxe qu'il ait fallu attendre le couchant de la monarchie pour voir une reine de France se rendre aussi célèbre (sinon plus) que le souverain, devenir un porte-drapeau ou un repoussoir et même se mêler directement de politique (en s'y cassant les dents...). C'est un autre paradoxe que d'observer un couple aussi mal assorti connaître un destin à ce point uni dans le malheur. Parallèles mais écrites chacune d'un point de vue différent, les biographies que Evelyne Lever a consacrées à Louis XVI et Marie-Antoinette s'éclairent l'une l'autre. Chefs-d'œuvre d'objectivité, de précision et d'élégance, elles forment un ensemble irremplaçable.

129.          LÉVIS MIREPOIX (Duc de). Les Guerres de Religion, 1559-1610. Fayard, 1950, fort in-12, 475 pp, masque d'Henri IV en frontispice (l'empreinte moulée sur la figure inaltérée du monarque quelques heures après sa mort, en 1610, et conservée à la Bibliothèque Sainte-Geneviève), un tableau généalogique dépliant hors texte, reliure de bibl. demi-toile verte à coins, dos lisse avec titres et cote dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), C. de bibl., bon état (Coll. Connaissance de l'Histoire). Edition originale, un des 550 ex. sur papier de Châtaignier

            25

"Il s'agit d'un sérieux livre de vulgarisation qui se lit avec intérêt. On y retrouve d'innombrables anecdotes sur les moeurs de la Cour et de la famille royale, sur les difficulés que Catherine de Médicis rencontrait en confiant à de jolies demoiselles d'honneur le soin d'enchaîner ses ennemis et, surtout, sur les sauvageries et les violences dont usaient mutuellement catholiques et protestants. De part et d'autre, l'aveuglement était tel que la guerre civile continuait, tandis que chacun s'en déclarait lassé. Et la Saint-Barthélemy éclata au moment où la paix religieuse paraissait unanimement réclamée, virtuellement signée. M. de Levis-Mirepoix a raison de s'attarder sur le règne d'Henri IV, qui fut pour les Français, entre 1601 et 1610, une rare oasis de paix dans toute leur histoire. L'auteur ne cache pas sa sympathie pour le Vert Galant, qui avait tous les dons, sauf celui de bien choisir ses maitresses !" (Georges Huisman, Hommes et mondes, 1951)

130.          MAUGRAS (Gaston). La disgrâce du duc et de la duchesse de Choiseul. La vie à Chanteloup. Le retour à Paris. La mort. Plon, 1903, in-8°, (4)-527 pp, un portrait gravé en frontispice sous serpente et 9 gravures hors texte, reliure demi-maroquin fauve, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée, signet (rel. de l'époque), mors fendus et recollés, pt accrocs au dos, intérieur propre, état correct

            25

"M. G. Maugras a un culte fervent pour la société de la fin de l'ancien régime. Depuis plusieurs années, il dépouille minutieusement les mémoires et les correspondances qu'elle nous a laissés. La correspondance de Mme de Choiseul, que M. M. a surtout mise à contribution, est très abondante pendant les années d'exil, mais relativement pauvre pendant les années du ministère. Les rapports de la duchesse de Choiseul avec Mme du Deffand et l'abbé Barthélémy remplissent presque tout ce volume..." (P. Muret, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1903)

131.          MÉNESTRIER (Claude François). Traité des Tournois, Joustes, Carrousels, et autres spectacles publics. Roanne, Horvath, 1975, pt in-4°, (14), (14) et 399 pp, précédé d'une notice sur Claude François Ménestrier, 5 pl. dans le texte (à pleine page), bandeaux, lettrines, vignettes, broché, dos passé, bon état. Réimpression de l'édition Muguet de Lyon, 1669.

            60

Ouvrage agrémenté de planches hors-texte et larges ornements typographiques. Il renferme 21 chapitres, parmi lesquels : les carrousels, la pompe, le cirque, la décoration, les quadrilles, les machines, l'harmonie, les comparses, les prix, etc. ''Avec Louis XIV, le cheval fait partie intégrante de la vie de la cour du roi et il est présent aussi bien dans les batailles, les guerres, les voyages que dans les tournois, les chasses ou les défilés. Le cheval devient un emblème symbolique signe de richesse et de puissance. C'est pourquoi, Ménestrier publie un Traité des tournois en 1669 où il décrit les images et les figures qui entourent le monde du cheval et en particulier celui des tournois ; il étudie la signification des blasons, des devises ou encore des emblèmes''. (EnVA). ''Cet ouvrage contient la description détaillée de diverses sortes de jeux et de spectacles publics, mais une partie importante est consacrée aux carrousels et fêtes hippiques et un chapitre spécial traite des chevaux qui peuvent servir aux carrousels''. (Ménessier de la Lance II, Essai de bibliographie hippique). A la fin du livre, se trouvent joints deux textes du père Menestrier : - La Disputes des lys au couronnement de la reine des Alpes,- Le Triomphe des vertus de Saint-François de Sales, représenté en forme de carrousel, dans la ville de Grenoble.(Brunet, III, 1624 ; Saffroy, I, 2217).

132.          MUTELET (Marius). Le siège de Thionville de 1558, avec reproduction intégrale du texte et du plan publié par Barthélemy Aneau peu après cet événement. Metz, Mutelet, 1957, in-12, xi-127 pp, dont 31 pages pour la reproduction de l'ouvrage paru chez Nicolas Edoard à Lyon en 1558 "La Prinse de Thionville svr Moselle, Place iusque à present tenue pour inexpugnable, & maintenant reduire à son souverain Roy de France, avec la figure & description de la Ville"avant-propos de Robert Shuman, une gravure en frontispice, un plan, notes, biblio, index des personnages cités, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. Mes amis mosellans, 12). Tiré à 450 ex. seulement, celui-ci un des 350 ex. sur Bouffant Select

            30

Reproduction de "La prise de Thionville", publication de 1558 dont le seul exemplaire connu se trouve à la SHPF. Il semblerait que Barthélemy Aneau ait assisté personnellement au siège. Il mourra massacré dans des circonstances mal connues, "victime du fanatisme et de la concurrence". Texte précédé d'une étude inédite de 70 pages sur la place de Thionville, son blocus et les forces en présence (François de Guise contre les Espagnols), par Marius Mutelet. — "Le nom de M. Mutelet est bien connu des dialectologues et des historiens des régions de l'est de la France; cet éditeur messin vient de donner une preuve nouvelle de son attachement à sa province en reproduisant en fac similé une rarissime plaquette relatant le siège que la forteresse de Thionville eut à soutenir, pendant l'été 1558, contre les troupes françaises commandées par le duc François de Guise. il existe plusieurs récits de ce siège, que M. Mutelet raconte en suivant Vieilleville et surtout Monluc. L'auteur est un personnage d'envergure. Barthélemy Aneau avait été principal du collège de la Trinité jusqu'en 1552, et il le redeviendra en septembre 1558. Nous connaissons ce régent pédant, rimeur, polygraphe, traducteur, ennemi de la Pléiade, qui attaqua sous le couvert de l'anonymat la Deffence de Du Bellay et essaya de faire endosser ce pamphlet à son ami Charles Fontaine ; nous savons aussi qu'il joua un rôle important dans la diffusion des ides réformees dans son collège, et que ce protestantisme (pour ne pas dire cet athéisme) fut la cause de sa fin tragique..." (E. Droz, Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, 1958)

133.          PEPYS (Samuel). Journal. Gallimard, 1948, in-8°, 400 pp, nouvelle édition, traduit de l'anglais par Renée Villoteau, notes, index des principaux personnages mentionnés, broché, bon état (Coll. Les Classiques anglais)

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Il semble que Pepys n'ait eu d'autre désir que de se montrer respectable et qu'il ait tenu un journal pour montrer qu'il ne l'était pas, disait Stevenson. Samuel Pepys, haut fonctionnaire de l'Amirauté, écrivit son journal de 1660 à 1669. C'est un document inestimable sur les premières années de la Restauration en Angleterre. Cromwell meurt en 1658 et, deux ans plus tard, le fils du roi décapité est couronné sous le nom de Charles II. Commence alors une période marquée par une grande réaction contre le puritanisme. Pepys est un grand bourgeois respectable et comblé, mais son journal – insoupçonné de ses contemporains – révèle un autre personnage, viveur, jouisseur, ingénu et cynique, curieux de tout, de la Cour comme de la ville. Source incomparable de renseignements sur la vie à Londres au XVIIe siècle, le journal de Samuel Pepys présente avec vigueur, pittoresque et drôlerie, le portrait d'un ineffable excentrique. — "Devant le succès que connut en 1937 la première traduction française tirée du Journal de Samuel Pepys, complétée en 1940 par un second volume (tous deux aujourd'hui épuisés), il eût pu paraître tentant d'entreprendre une traduction complète. Mais, dans le cas présent, l'édition du texte intégral n'était nullement nécessaire : les érudits auront toujours recours à l'original. D'ailleurs, tout ce qui touche aux événements historiques (1660-1669) figure dans notre texte, qui n'a rien écarté non plus de ce qui est piquant, pittoresque ou curieux. Le public cultivé, qui goûte dans le Journal l'incomparable document humain, ne gagnerait rien à s'encombrer de huit gros volumes bourrés de détails oiseux, de redites, de banalités. Il nous a donc paru qu'il convenait de fondre les deux volumes déjà publiés en un seul, en y ajoutant quelques nouveaux fragments. Cette nouvelle édition, remise en ordre et complète, donne en vérité tout le Journal de Pepys." (Renée Villoteau)

134.          PEREZ (Joseph). L'Espagne du XVIe siècle. Armand Colin, 1977, in-12, 256 pp, 3 cartes, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. U prisme)

            10

Charles Quint et Philippe II recueillent et exploitent l'héritage des Rois Catholiques et lui ajoutent des territoires nouveaux le Mexique, le Pérou, les Pays-Bas, le Portugal... Cet empire immense fait impression, mais il manque d'unité ; ce qu'on appelle la monarchie hispanique est plutôt une confédération de royaumes et des principautés autonomes qui ont le même souverain, mais n'ont pas le sentiment de faire partie d'une patrie unique. En réalité, c'est presque exclusivement à la Castille qu'on demande de financer une politique étrangère ambitieuse. On comprend qu'elle s'y soit épuisée, malgré sa prospérité, son dynamisme, sa richesse, malgré aussi les « trésors » américains qui arrivaient tous les ans à Séville en quantités croissantes. L'auteur retrace les grandes lignes de cette histoire pour y chercher une explication. Il laisse ensuite très largement la parole aux contemporains de cette époque, ainsi qu'aux écrivains et historiens actuels qui ouvrent des voies nouvelles à la recherche.

135.          POLETTO (Christine). Art et pouvoir à l'âge baroque. Crise mystique et crise esthétique aux XVIe et XVIIe siècles. L'Harmattan, 1990, gr. in-8°, 218 pp, 16 pl. de photos hors texte, qqs gravures dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Aimer Dieu c'est aimer ses images" : cette phrase de sainte Thérèse d'Avila pourrait servir d'emblème au concile qui se réunit à Trente, en 1545, pour tenter de lutter contre une Réforme iconoclaste qui envahit l'Europe, brise les "veaux d'or" catholiques et interdit au croyant de contempler l'image de son Dieu. Ce qui aurait pu sembler une simple querelle esthétique cache en fait une profonde crise politico-religieuse. Derrière l'enjeu de la représentation, c'est celui du pouvoir qui se dessine. En effet les guerres de Religion se conjuguent a l'effondrement d'un monde très hiérarchisé, figé et ordonné, prenant modèle sur la physique aristotélicienne. Nulle puissance qui ne vienne du Grand Architecte divin. A chacun sa place et son destin. Mais voilà que le bel édifice vacille sous les coups de la Réforme. L'échelle de Jacob qui structure l'espace entre l'homme et son Dieu s'affaisse. La nouvelle physique galiléenne, ouverte à l'infini, offre à l'individu une dangereuse liberté. La féodalité ne se relèvera pas de ce formidable changement dans la vision du monde. L'Eglise catholique qui lui prêtait ses schémas résistera-t-elle ? Parviendra-t-elle par la toute-puissance de l'art et du discours mystique à redresser les hiérarchies et à combler les espaces béants ? C'est ce que nous avons voulu, à l'aube de la modernité, tenter de découvrir ici.

136.          SALA-MOLINS (Louis). Le Code Noir ou le calvaire de Canaan. PUF, 1987, in-8°, 292 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Pratiques théoriques). Edition originale

            30

Le Code Noir raconte une très longue histoire qui commence à Versailles à la Cour du Roi Soleil, en mars 1685 et se termine à Paris en avril 1848 sous Arago, au début de l'éphémère IIe République. En très peu de pages, avec l'aridité qui convient au sérieux des lois, il raconte la vie et la mort de ceux qui n'ont pas d'histoire. Et l'auteur de conclure que "ni la Raison, ni les Lumières, ni la Révolution, ni évidemment l'Empire n'ont pas tellement de quoi pavoiser, de quoi pouvoir faire honte aux voisins." Cet ouvrage replace le Code Noir dans sa filiation théologique, philosophique et juridique. Il le confronte aux réalités de l'esclavage et à la critique philosophique de son temps, dont il marque cruellement les limites.

137.          SARRAILH (Jean). L'Espagne éclairée de la seconde moitié du XVIIIe siècle. (Thèse). P., Imprimerie Nationale, Klincksieck, 1964, gr. in-8°, vi-779 pp, biblio, index, broché, bon état

            80

"Un grand livre, qui vient combler une grande lacune et réparer une grande injustice, en faisant sortir des oubliettes le XVIIIe siècle espagnol. (...) ce compte rendu est dérisoire devant l'ampleur et l'importance de son objet : près de 800 pages denses, d'un style dépouillé, d'une franchise et d'une probité égales à la substance de l'œuvre. Une œuvre qui aurait pu être écrasante par la masse énorme des documents utilisés, mais qui attache par la vie qui circule en elle : ces « géants » de l'Espagne éclairée, Jovellanos surtout, dont l'admirable figure va se composant sous nos yeux d'un chapitre à l'autre, vivent dans ces pages, d'une vie que leur communique l'auteur, qui les aime pour leur passion de la vérité, de la justice et de la liberté, et leur amour des hommes. Voilà donc désormais notre guide pour le XVIIIe siècle..." (Albert Mas, Bulletin hispanique, 1954)

138.          SCHAHOVSKOY-STRECHNEFF (Princesse). Le Comte de Fersen. Charles-Gustave de Lilienfeld. La princesse Zelmire. Perrin, 1910, in-12, vi-243 pp, 2 portraits hors texte (Fersen et Zelmire), broché, pt manque au coin du 1er plat, bon état

            30

"L'auteur nous fait connaître dans ce volume trois épisodes sentimentaux et tragiques de l'histoire de la fin du XVIIIe siècle. Le récit des amours du comte de Fersen et de Marie-Antoinette, – idylle « purement platonique, du moins ses lettres, et des historiens désintéressés le font croire » (p. 4), – et de la mort horrible du grand seigneur suédois, déchiré par la populace de Stockholm, remplit la majeure partie de l'ouvrage. Après lui, on y rencontre Charles-Gustave de Lilienfeld, malheureuse victime des imprudents bavardages de sa femme sur le compte de l'impératrice Elisabeth, et qui mourut en 1755, en Sibérie, après de longues années d'exil. Le troisième récit, le plus émouvant de tous, concerne Augusta de Brunswick, la femme du futur premier roi de Wurtemberg, qui fut internée par ordre dans le château de Lohde, en Esthonie, sous la garde du général de Pohlmann. Devenu, par la violence, son amant, il fut aussi son bourreau, afin de supprimer la preuve visible de son attentat (p. 237). La malheureuse princesse aurait été enterrée vivante durant la léthargie où l'avait plongée un accouchement clandestin (1788). L'historien allemand Johannes Scherr avait déjà raconté cette lugubre histoire, et l'on connaît trop les nombreuses tragédies de la cour de Russie pour la déclarer invraisemblable..." (Revue Historique, 1911)

139.          SPENSER (Edmund). The Faerie Queen, disposed into XII Bookes, fashioning twelue morall vertues (London: Printed for H[umphrey] L[ownes] for Mathew Lownes, 1609) [with Two cantos of mutabilitie, p. 353-end] – The Shepheards calender : Containing twelue æglogues, proportionable to the twelue moneths. Entituled, to the noble and vertuous gentleman, most worthy of all titles, both of learning and chiualrie, Maister Philip Sidney (London: Printed by Bar : Alsop for Iohn Harrison the elder, and are to bee solde at his shop at the signe of the golden Anker in Pater Noster Row, 1617) – Prosopopoia, or, Mother Hubberds tale by Edm. Sp. ; dedicated to the right honourable, the Lady Compton and Mountegle (London : Printed by H.L. and are sold by G. Lathum, [1628]) – A Letter of the Authors expounding his whole Intention in the course of this Worke (addressed to Sir Walter Raleigh) – Colin Clouts Come Home Againe (London: Printed for H.L. for Mathew Lownes, [1611]) – Prothalamion, or A spousall verse (London: Printed for H.L. for Mathew Lownes, 1617) – Amoretti and Epithalamion (London: Printed for H.L. for Mathew Lownes, 1617) – Epithalamion (London: Printed for H.L. for Mathew Lownes, 1617) – Four hymnes (London: Printed for H.L. for Mathew Lownes, 1617) – Daphnaida (London: Printed for H.L. for Mathew Lownes, 1617) – Complaints containing sundry small poemes of the worlds vanitie (London: Printed for H.L. for Mathew Lownes, 1617). London: Printed for H[umphrey] L[ownes] for Mathew Lownes ; Printed by Bar : Alsop for Iohn Harrison the elder, 1609-1628, pt in-folio, (1 ff)-363-(1) -(5 ff)-56-(1 ff)-16-(16)-(26)-(4)-(16)-(6)-(16)-(10)-(58), pages de titre, bandeaux et culs-de-lampe gravés, page de titre et les deux derniers feuillets salis, reliure demi-basane acajou à coins, dos lisse à filets dorés, pièce de titre chagrin carmin (Faerie Queen) (rel. fin XVIIIe ou début XIXe s.), coiffes, mors et coupes lég. frottés, tous pt accidents aux coiffes, bon état

            1200

Première édition folio, avec les deux "Cantos of Mutabilitie", des œuvres du poète anglais de la période élisabéthaine Edmund Spenser (1552-1599). Son nom reste attaché à une forme de strophe, dite Spenserian stanza, composée de huit décasyllabes et d'un alexandrin. Cette strophe sera reprise par les célèbres poètes romantiques anglais du XIXe siècle : Keats, Shelley et Lord Byron. On lui doit surtout le premier grand poème épique de la littérature anglaise, La Reine des fées (The Faerie Queene), publié en 1596. Le succès de cet ouvrage lui a valu d'être considéré comme le plus grand poète de son temps.

140.          [VANEL, Claude]. Les Galanteries des rois de France. Cologne, Pierre Marteau, 1752, 2 pt vol. in-8°, 190 et 190 pp, les 2 tomes reliés en un volume, reliure cartonnée, dos factice avec titres manuscrits (rel. de l'époque, bon état (Barbier, II, 515)

            80

Ouvrage très curieux, attribué à l'historien et magistrat Claude Vanel par la plupart des bibliographes (mais dans une lettre adressée à Le Duchat, Bayle attribue l'ouvrage à Courtilz de Sandras), et publié pour la première fois en 1694. On y trouve des anecdotes un peu salaces sur la Cour des rois de France depuis Pharamond jusqu'à Louis XIV. La Cour de Louis XIV fait l'objet de la dernière partie. Tout ce que l'on sait de l'auteur, c'est qu'il était membre de la Cour des Comptes de Montpellier. Parmi ses oeuvres, on peut citer : "Histoire du temps, ou Journal galant" (1685) ; "Histoire des troubles de Hongrie..." (1685-1688) ; "Abrégé nouveau de l'histoire générale de l'Espagne" (1689) ; "Histoire des conclaves depuis Clément V jusqu'à présent" (1689) ; "Galanteries des rois de France depuis le commencement de la monarchie jusqu'à présent..." (1694). Il a aussi traduit des auteurs espagnols, tels Alonso de Castillo Solorzano et Juan Pérez de Montalvan.

141.          VAUX de FOLETIER (François de). Le Siège de La Rochelle. La Rochelle, Editions Quartier Latin/Editions Rupella, 1978, gr. in-8°, 307 pp, 20 gravures hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            35

"Pour le public cultivé, le siège que la Rochelle a soutenu en 1628 est « un des derniers épisodes des guerres de religion », la définitive défaite militaire du parti protestant, prélude à sa défaite politique et confessionnelle marquée cinquante-deux ans plus tard par la Révocation de l'Édit de Nantes. Mais comment expliquer alors l'importance que l'Europe entière y a attaché ? « Il semblait que les destinées de l'Europe tenaient au sort de cette ville, et toute l'Europe avait les yeux fixés sur elle. L'Espagne, la Hollande, les royaumes Scandinaves, la Savoie, le Pape, la république de Venise, même les Corsaires du Maroc », s'en mêlent ; les correspondances diplomatiques du temps en portent le témoignage incontestable. Aucun historien encore n'en avait apporté la preuve. C'est le grand mérite du beau livre de M. François de Vaux de Foletier, que d'avoir replacé le siège de 1628 sur son véritable plan, celui de la politique internationale. Ouvrage sans doute définitif, et qui fait également honneur à la patiente et sagace méthode du chartiste en quête de significatifs et à la science et à l'art de l'historien qui sait les mettre en œuvre. Le livre de François de Vaux est le fruit d'un labeur de plusieurs années. Pour le mener à bien, il ne suffisait pas de faire appel aux dépôts français de La Rochelle ou de Paris, mais encore aux Archives étrangères et en particulier aux Archives anglaises. Celles-ci sont particulièrement riches et c'est leur étude approfondie qui a permis à M. de Vaux d'établir cette conclusion, nouvelle pour nous, mais indiscutable désormais, que plutôt qu'une lutte religieuse, le siège de La Rochelle fut un épisode des luttes séculaires France-Angleterre. Épisode de ces luttes et aussi, duel de deux personnalités diversement mais également attachantes, Buckingham et Richelieu. Les chapitres consacrés par l'auteur à établir cette liaison constante entre la rébellion protestante particulariste, dirigée contre l'autorité royale centralisatrice, et la politique de l'Angleterre attachée à l'affaiblissement de la française, sont certainement les plus neufs et les plus riches d'enseignement. L'objectivité scrupuleuse du récit, où rien n'est avancé qui ne se puisse prouver, pièces en mains, ne l'empêche pas d'être singulièrement attachant. Cet ouvrage de près de trois cents pages d'une typographie serrée, se lit d'une traite et sans que un seul instant, faiblisse." (Pierre Lelièvre, Annales du Midi)

142.          VIENNOT (Eliane). Marguerite de Valois. Histoire d'une femme, histoire d'un mythe. Payot, 1993, gr. in-8°, 478 pp, 8 pl. de gravures hors texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Fille du roi Henri II et de Catherine de Médicis, sœur de Charles IX et d'Henri III, femme d'Henri IV, le pedigree royal de Marguerite de Valois (1553-1615) est impressionnant. L'auteur, titulaire d'un doctorat d'université sur Marguerite de Valois, retrace la vie de la "Reine Margot", à partir des sources contemporaines, des études érudites effectuées depuis le XVIIe siècle et des propres écrits de cette femme. Elle montre comment s'est formée la légende de ce personnage.

Révolution

 

143.          ARASSE (Daniel). La guillotine et l'imaginaire de la Terreur. Flammarion, 1987, in-8°, 213 pp, 16 pl. de documents hors texte, notes, broché, couv. illustrée, dos insolé, qqs annotations stylo sur 32 des 70 premières pages, sinon bon état

            20

Pourquoi la guillotine est-elle abominable ? Et de quoi au juste a-t-on horreur ? Pour répondre, Daniel Arasse interroge cette peur à sa source, au moment où, à peine née, la machine est plantée au coeur d'une exploitation spectaculaire de ses pouvoirs d'épouvante : la Terreur. Les surprises se multiplient au fur et à mesure de l'enquête : Guillotin n'est pas pour grand-chose dans l'invention de la guillotine ; à l'exception de la France, l'Europe l'utilisait, presque identique, bien avant la Révolution ; la tête coupée semble vivre encore, défiant véritablement la médecine... Machine politique, la guillotine fonde la démocratie : "Tout condamné à mort aura la tête tranchée." De la médecine à la politique et à la métaphysique, la machine à décapiter se révèle à la fois un "objet de civilisation" et une image de la Révolution dans sa phase la plus radicale, en exhibant aux yeux du peuple, dans un fascinant théâtre macabre, l'égalitarisme le plus absolu. Ce livre ne cherche pas à réhabiliter la guillotine jacobine, il s'agit plutôt de briser le silence qui entoure l'emploi révolutionnaire de cette "simple mécanique" à "faire voler les têtes", pour mettre au jour, dans leur origine conjointe, la répulsion qu'inspire la machine et la réputation qu'elle s'est gagnée : son abject prestige.

144.          CHAPPEY (Jean-Luc), Bernard Gainot, Guillaume Mazeau, Frédéric Régent et Pierre Serna. Pour quoi faire la Révolution. Agone, 2012, pt in-8°, 200 pp, broché, bon état (Coll. Passé & présent)

            20

Alors que son legs est de plus en plus méconnu ou délibérément ignoré, la Révolution française n’est pourtant pas morte. De Tunis au Caire, de Tripoli à Sana’a, la révolution fait son retour dans l’histoire mondiale. Face au débat public que ces événements ont inspiré, les historiens ne peuvent se contenter d’une position de commentateurs. Les analogies paresseuses et anachroniques entre révolution et totalitarisme ne convainquent aujourd’hui plus personne. Les temps ont changé et ils invitent à interroger ce phénomène historique qui, à intervalles réguliers, vient rompre le cours du temps pour renverser les puissants et inventer des régimes censés être plus justes pour le plus grand nombre. Il s’agit de regarder la révolution bien en face, avec ce qu’elle charrie de méprises et d’occasions manquées, pour lui redonner sa dimension de laboratoire du politique. — Les auteurs sont membres de l'Institut d'histoire de la Révolution française.

145.          CHIAPPE (Jean-François). Georges Cadoudal ou la liberté. Perrin, 1970, fort in-8°, 659 pp, 16 pl. de gravures et portraits hors texte, sources, reliure pleine toile décorée de l'éditeur, bon état

            25

"Le Cadoudal, de J.-F. Chiappe, prend le contre-pied, par la forme et parfois sur le fond, de l'image d'Épinal dessinée par La Varende. Nous sommes, ici, dans une espèce de Dubout tragique, grouillant de personnages et de faits dont l'auteur a cherché les secrets à de nombreuses sources : vision microscopique qui a le mérite de faire voir les nuances d'un caractère et l'extrême complexité des événements qu'il va tenter de surmonter. Durant douze années de guerre civile, l'homme à la grosse tête et aux jambes courtes sera partout où quelque révolte se lève contre l'ordre nouveau. Son ascendant sur ses troupes, il le doit à son courage physique et, plus encore, à son esprit de décision : parmi tant de chefs qui paieront cher leur impulsivité, il est le contraire d'un irréfléchi. On l'écoute, lorsque, après l'hallali de Mât-de-Pavillon, il préconise de préparer un nouveau débarquement dans l'arrière-pays de Vannes, pour sauver "ceux de Quiberon" ; l'échec ne lui en est pas imputable. Il est envoyé à Londres, en 1797, pour prendre les ordres d'Artois, mais "attendre" n'est pas son fort. La loi sur la conscription appliquée à l'Ouest, la mort du pape captif des républicains, relancent la rébellion des Bretons, qui sont d'abord des indépendants, ensuite, catholiques et royalistes. Dans le Morbihan, son domaine, Cadoudal ranime l'énergie des Chouans ; par sa fidélité à la religion et au principe monarchique, par son habileté tactique, ce "labouroux", bien souvent, surpasse les "messieurs". Un mystique, mais réaliste. Quand l'enthousiasme décline, quand les forces morales et physiques autant que les ressources matérielles s'épuisent et que les princes se calfeutrent dans l'expectative, Cadoudal, lui, suit sa course. De plus en plus seul. Un irréductible. Il veut la "vraie guerre", à découvert, et l'un de ses drames aura été d'être contraint, par les circonstances, à rester un guérillero, bientôt un conspirateur. Car Bonaparte est apparu ; la liberté de conscience accordée désamorce la contre-révolution. La chouannerie se désagrège, en Normandie d'abord ; la Bretagne suit et Cadoudal rend les armes, en 1800. Quelle fascination réciproque détermine la rencontre, le 5 mars, avec le premier consul et une seconde rencontre, peu après ? Bonaparte en tire la conclusion qu'il ne pourra utiliser "ce gros Breton", lequel découvre en lui l'incarnation même des idées qu'il combat..." (Le Monde, 26 février 1971)

146.          GARNIER (Robert). Lazare Hoche ou l'honneur des armes. Payot, 1986, in-8°, 364 pp, 8 pl. de portraits, gravures et fac-similés hors texte, 3 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, qqs rares surlignures au stabilo jaune, bon état (Bibliothèque historique)

            20

Une des plus hautes, une des plus pures figures des armées de la République : Lazare Hoche. Il s'engage en 1784. A la Révolution, il est sergent dans la Garde nationale. Quatre ans plus tard, le voici général d'armée à vingt-cinq ans. Pourquoi est-il suspect à la Convention ? Nul ne le saura jamais. Thermidor le fait sortir de prison. Il va alors pacifier la Vendée avec une remarquable humanité. En 1797, il est promu commandant en chet de l'armée de Sambre-et-Meuse. Mais il meurt, épuisé, d'une maladie pulmonaire. A vingt-neuf ans... Que fut-il devenu sans cette disparition prématurée ? Un rival pour Bonaparte ? Robert Garnier ne le pense pas. Il était trop pur pour cela. « II pouvait braver les boulets, mais non l'intrigue ».

147.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Le Roi Louis XVII et l'énigme du Temple. Perrin, 1921, in-8°, ii-451 pp, 6 pl. de portraits et gravures hors texte (dont le frontispice et une planche double), 5 plans et une illustration à pleine page dans le texte, broché, bon état

            30

« N'empruntant rien qu'aux documents officiels et aux témoignages autorisés, négligeant à dessein les émouvantes et suspectes légendes sous lesquelles disparaît trop souvent la trame de cette douloureuse histoire », l'éminent historien G. Lenotre nous offre, dans ce remarquable ouvrage, une solution nouvelle de ce que Louis Blanc appelle "le Mystère du Temple" : « solution partielle, dit il, mais inattendue » et qui présente cet avantage d'une connexité rigoureuse avec ce que l'on sait de l'histoire du Temple. On peut ainsi, semble-t-il, dégager les points saillants de cette étude : M. G. Lenotre établit que ce n'est pas précisément la Convention, mais la Commune qui a réclamé qu'on lui remit la famille royale. Sous les révolutionnaires, Chaumette et Hébert, commissaires de la Commune, cachaient des hommes. Ces hommes, dont il trace le vivant portrait, l'historien les retrouve, les démasque. Il montre que, comme la plupart de leurs contemporains, ils ne croyaient pas à la perpétuité du régime révolutionnaire, qu'ils prévoyaient un rétablissement de la royauté et qu'en s'emparant du Dauphin ils s'assuraient un otage. Après d'obscures machinations, le renvoi de Simon, dont la femme soignait affectueusement le Dauphin, est décidé. Le départ de Simon coïncide avec la disparition de l'enfant royal puisque, depuis ce jour, la Dauphine qui logeait à l'étage supérieur, qui l'apercevait de temps à autre, qui l'entendait jouer et chanter, ne l'a plus jamais vu ni entendu. La substitution était faite. Par suite, tous ceux qui prirent le pouvoir voulurent s'emparer du Dauphin : Robespierre, Barras comprirent qu'il y avait eu substitution ; peut-être au surplus, celle-ci avait-elle été double. C'est pourquoi, malgré l'ordre bienveillant du Directoire de réunir le Dauphin et la Dauphine, jamais le frère ne fut mis en présence de sa soeur. Qu'est devenu l'enfant royal ? M. Lenotre ne prétend pas éclairer définitivement le mystère. Mais il examine le cas de Mathurin Bruneau et de Hervagault et il laisse entendre que ce dernier pourrait bien avoir été le vrai dauphin. Et peut-être, ce malheureux, mort à Bicêtre où on l'avait interné comme fou, était-il le duc de Normandie, « le dernier roi légitime de France »..." (Le Figaro, 1921) — "Une étude magistrale, s'appuyant notamment sur le dépouillement des archives du Conseil général de la Commune. Malgré quelques interprétations contestables, l'ouvrage demeure une référence." (Jean-Baptiste Rendu, L'énigme de Louis XVII, 2011)

148.          MATHIEZ (Albert). Girondins et Montagnards. Etudes d'histoire révolutionnaire. Firmin-Didot, 1930, gr. in-8°, viii-305 pp, 4 portraits hors texte, broché, état correct

            30

"Les lecteurs retrouveront ici commodément réunis douze articles importants qui ont paru dans les “Annales historiques de la Révolution”. Les deux premiers ont pour objet de préciser les raisons qui mirent aux prises les Montagnards et les Girondins. Leur conflit, politique et personnel, à l'origine, devint un conflit social. Un autre analyse avec perspicacité les arrière-pensées qui ont guidé les uns et les autres au cours de l'élaboration de la Constitution de 1793. La politique sociale des Robespierristes et les décrets de ventôse sont étudiés dans un article qui constitue, pourrait-on dire, une seconde partie. Une troisième comprendrait quatre autres chapitres qui renouvellent l'histoire de la crise de thermidor. Enfin M. Mathiez donne un résumé de ses travaux sur Danton et adjoint un complément en publiant sur Talon, ancien lieutenant au Châtelet qui distribua une partie des fonds de corruption de la liste civile, deux pièces très importantes : en l'an XII, Talon vint à Paris et fut arrêté ; le rapport de police et l'interrogatoire sont de grand intérêt. M. Mathiez a mis en tête de son nouvel ouvrage une courte préface où l'on retrouve sa verve habituelle." (G. Lefebvre, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1931)

149.          MAZAURIC (Claude). Vendée et chouannerie. dans la revue "La Pensée", 1965, gr. in-8°, 32 pp, broché, bon état

            15

On trouve dans le même numéro (156 pages en tout) un dossier sur les "Problèmes de la presse féminine" ("Deux siècles d'histoire" (Evelyne Sullerot, 13 pp), "Le public : motivations, conditionnement, réactions" (Denise Breton, 9 pp), "Arts et techniques de la presse féminine" (Jacqueline Boullier, 13 pp), etc.) ; des articles sur "L'histoire sociale en France" (François Hincker, 6 pp), "Le curé Meslier" (Jean Dautry, 6 pp), etc.

150.          OLLIVIER (Albert). Saint-Just et la force des choses. Gallimard, 1954, fort in-8°, 587 pp, préface d'André Malraux (19 pages), chronologie, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"La lecture de l'ouvrage de M. A. Ollivier est riche en renseignements et féconde en suggestions. Ce n'est pas une biographie définitive, l'auteur s'en défend, l'état de l'information ne le permet pas ; au surplus est-il des biographies qui puissent s'imposer à jamais ? Elle apporte une correction à la légende d'un Saint-Just monolithe et invariable, ange exterminateur. Elle souligne les variations des rapports entre Robespierre et Saint-Just. Elle marque les nuances et les limites. Elle ouvre d'importants débats sur bien des points de l'histoire de la Révolution. L'examen des pressions exercées par la force des choses est le thème essentiel et le plus intéressant..." (Marcel Reinhard, Revue française de science politique, 1955)

151.          RÉGENT (Frédéric). Esclavage, métissage, liberté. La Révolution française en Guadeloupe, 1789-1802. Grasset, 2004, in-8°, 504 pp, 13 cartes, schémas et graphiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (prix Henri Hertz de la Chancellerie des universités de Paris)

            20

Ouvrage issu de thèse. – La vie quotidienne des esclaves et la pratique de l'esclavage dans la France d'Outre-mer à la veille de la Révolution, la complexité des relations entre Blancs et Noirs et la naissance d'une classe juridique particulière : les hommes libres de couleur. — "Angélique : "J'ai fait un malheur !" "Quel malheur ?" répond Marc. Angélique : "J'ai fait un nègre et j'en ai honte. Le monde dira que j'ai affaire avec un Blanc et j'ai fait un nègre." Angélique engage Marc à aller enterrer le nouveau-né. Marc lui dit : "Cet enfant n'est pas mort !" Nous sommes en 1797, à Marie-Galante, peu de temps après la proclamation de la première abolition de l'esclavage (4 février 1794). La citoyenne noire Angélique est la concubine du citoyen blanc Garnier, mais elle a eu une aventure avec un Noir. Elle accouche d'un enfant noir et non mulâtre comme on l'attend d'une femme qui vit avec un Blanc. Craignant les reproches de Garnier, Angélique a demandé à Marc d'assassiner son enfant. Marc exécute le crime dans des conditions atroces en l'enterrant vivant. Angélique ne veut pas que le citoyen blanc qui l'entretient découvre ses turpitudes avec un Noir. Le fait d'être concubine d'un Blanc lui assure une promotion sociale et un meilleur confort matériel. En effet, malgré l'abolition de l'esclavage le métissage reste un atout, comme avant la Révolution, quand il permettait à beaucoup d'enfants d'esclaves d'accéder à la liberté. Cette affaire illustre la complexité des rapports entre Noirs et Blancs dans la Guadeloupe de la fin du XVIIIe siècle. Ce livre, fondé sur des sources inexploitées, ouvre une perspective inédite sur le mécanisme de l'esclavage et le fonctionnement de la société coloniale. Il met en lumière, pour la première fois, la catégorie des libres de couleur, ces descendants d'esclaves, eux-mêmes propriétaires d'esclaves, qui jouent un rôle clé dans la société esclavagiste comme pendant la Révolution. C'est donc un monde complexe qui est touché par la vague révolutionnaire venue de France. L'esclavage, d'abord aboli en 1794, est rétabli en 1802 – fait unique dans l'histoire. “Esclavage, métissage, liberté” raconte cet incroyable aller-retour et renouvelle profondément la problématique de la Révolution et des révoltes dans les colonies françaises des Amériques."

152.          RUDÉ (George). La Foule dans la Révolution française. Maspero, 1982, in-8°, 285 pp, préface de Georges Lefebvre, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, dos insolé, bon état

            25

"Analyse très solidement documentée de la composition et de l'action de la foule pendant la Révolution. L'auteur montre que cette foule n'était ni « la canaille » de Taine, ni « le peuple héroïque » de Michelet, et essaye de distinguer les groupes sociaux divers dont elle était constituée." (Revue française de science politique, 1960)

153.          SAVINE (Albert) et François BOURNAND. Le 9 Thermidor. D'après les documents d'archives et les mémoires. Louis-Michaud, 1907, pt in-8°, 192 pp, 35 gravures, broché, couv. illustrée lég. défraîchie, bon état (Collection historique illustrée)

            20

"Tableau très animé, très pittoresque de la chute de Robespierre et de son parti, rédigé d'ailleurs dans un esprit peu sympathique au dictateur et à ses amis ; il est accompagné de nombreux dessins, vues, portraits, etc., choisis pour former ce que les auteurs appellent une « illustration documentaire ». Encore que nous n'ayons remarqué rien de bien nouveau dans cet agréable petit volume, il est certain que la Collection historique qu'il inaugure, si elle est continuée avec soin, pourra servir à mieux faire connaître certains chapitres de l'histoire de France au grand public." (Revue Historique, 1908)

154.          SENEX (A.). La Question Louis XVII-Naundorff résumée. Avec un tableau généalogique de la descendance de Louis XVII. P., Daragon, 1911, in-8°, 88 pp, un tableau dépliant hors texte, broché, trace d'humidité ancienne sur la couv., état correct

            25

Etude sur la survivance de Louis XVII. (Parois, 995)

1er Empire

 

155.          BERGEROT (Bernard). Le Maréchal Suchet, duc d'Albuféra. Tallandier, 1986, in-8°, 265 pp, préface de Jean Tulard, une carte, biblio, couv. illustrée, broché, bon état (Coll. Bibliothèque Napoléonienne)

            25

« Quel est le plus habile général français ? » demandait O'Meara à l'Empereur exilé à Sainte-Hélène. « Cela est difficile à dire, mais il me semble que c'est Suchet. » Gourgaud, de son côté, a noté que Napoléon avait regretté à Waterloo d'avoir pris Soult, comme chef d'état-major général, au lieu de Suchet. La figure de ce maréchal que Napoléon n'a pas renié à Sainte-Hélène, au contraire de beaucoup d'autres, est pourtant demeurée inconnue. Seul maréchal à avoir dirigé une importante entreprise de négoce avant de devenir officier élu du 4e bataillon de l'Ardèche, un des rares à avoir mené très jeune, grâce à la fortune de son père, une vie mondaine, Suchet se distingua surtout par l'originalité de sa carrière militaire. Tandis que d'autres maréchaux accolaient leur nom à des victoires de la Grande Armée que commandait l'Empereur en personne, Suchet a acquis sa gloire de 1809 à 1814 dans cette malheureuse guerre d'Espagne, qui devint la hantise de Napoléon. Il remplit en Espagne les doubles fonctions de gouverneur et de général en chef et déploya dans cette délicate mission de telles qualités qu'en 1826 encore, les Saragossins faisaient célébrer une messe pour le repos de son âme. — Bernard Bergerot, docteur ès lettres, ancien préfet, auteur de “Daru en son temps” (1767-1829) en signe ici la première biographie jamais écrite et comble ainsi une lacune importante dans l'histoire militaire des grands personnages d'Empire.

156.          BODINIER (Gilbert). Les officiers du Consulat et de l'Empire. Soteca, 2014, in-8°, 799 pp, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Alors que l'épopée impériale a été l'objet de nombreux ouvrages, que les maréchaux sont bien connus ainsi que les généraux, les officiers supérieurs et subalternes n'ont été l'objet d'aucune étude jusqu'à ce jour. Pourtant la documentation qui les concerne est très riche : ils ont presque tous un dossier au Service Historique de la Défense qui permet de connaître leur origine sociale et militaire : plus des trois quarts d'entre eux sont issus du rang et les élèves de Fontainebleau, Saint-Cyr et Polytechnique sont très minoritaires. Grâce aux nombreux mémoires, journaux et correspondances qu'ils ont laissés, on connaît bien leur vie quotidienne, tant en garnison qu'en campagne ainsi que les divers aspects de leur vie matérielle et affective. Ils ont à coeur de servir avec honneur, si tous ne sont pas bonapartistes, tous serviront l'Empire jusqu'à ses derniers jours.

157.          BOULART (Jean-François). Mémoires du Général d'artillerie baron Boulart (1792-1815). Tallandier, 1992, in-8°, 378 pp, 12 pl. de gravures hors texte, index, broché, couv. illustrée, surlignures sur 3 pages, bon état (Coll. Bibliothèque napoléonienne), bande éditeur conservée

            50

Première réédition de l'édition originale de 1892 avec une introduction, des annexes et un cahier d'illustrations par Jacques Jourquin. Selon Tulard, un témoignage "injustement oublié". — "L'Italie en 1800, Le sacre, le siège de Dantzig, la bataille de Friedland, La guerre d'Espagne, la campagne d'Allemagne en 1809, la Russie, la chute de l'Empire, constituent les principaux épisodes de ces utiles mémoires, dans l'ensemble assez exacts." (Tulard, 202).

158.          LACHOUQUE (Cdt Henry). Napoléon, 20 ans de campagnes. Arthaud, 1964, gr. in-8°, 431 pp, 84 illustrations en noir hors texte tirées en héliogravure, 37 cartes, appendices sur l'organisation de l'armée, index, cart. vert empire de l'éditeur, sans la jaquette, bon état

            25

Excellent ouvrage retraçant toutes les batailles napoléoniennes : Arcole, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland, Wagram, etc. Ce livre est la première histoire complète des campagnes de Napoléon – car pour l'auteur le chef n'existe pas sans ses soldats ni le génie sans ses « circonstances ».

159.          LEFEBVRE (Georges). Napoléon. Félix Alcan, 1935, in-8°, 606 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

            25

"Il est malaisé de rendre compte d'une manière suffisante, dans le cadre d'une brève recension, d'un ouvrage aussi considérable que celui que M. Lefebvre vient de consacrer, sous le nom de Napoléon, à la période d'histoire qui va de 1800 à 1815. L'étendue de la documentation et de la bibliographie, le nombre de faits accumulés, l'ampleur du tableau qui fait passer sous nos yeux les transformations du continent européen, confondent l'imagination. Ce gros volume sera un instrument de travail et de références inépuisable. Il offrira aussi matière à réflexion et à discussion, car c'est en traits vigoureux que se détachent les grandes lignes de l'évolution de la France et de l'Europe au cours de la crise qui suit la Révolution proprement dite. M. Lefebvre estime très justement que l'intérêt de cette période est dans la confrontation et la lutte entre la France révolutionnaire, prise en main par un prodigieux animateur, Napoléon, et le monde d'Ancien Régime..." (André Latreille, Revue d'histoire de l'Église de France)

160.          MASSÉNA (Maréchal). Mémoires d'André Masséna, duc de Rivoli, prince d'Essling, maréchal d'Empire, rédigés d'après les documents qu'il a laissés et ceux du dépôt de la guerre et du dépôt des fortifications, recueillis par le général Koch. P., Jean de Bonnot, 1966-1967, 8 vol. in-8°, cxxiii-311-(78), 544, 508, 400-(102), 448-(69), 451-(50) et 614 pp, 7 volumes + un coffret à l'imitation des autres volumes contenant 14 cartes et plans de bataille dépliants formant l'Atlas des mémoires de Masséna avec l'indication de ses campagnes, 7 portraits gravés en frontispices, pièces justificatives, tableaux, imprimé sur papier vergé filigrané, reliures plein cuir grainé carmin de l'éditeur, dos orné de caissons dorés, pièces de titre basane noire, encadrement ornemental dans le style Empire et motif central estampé de symboles impériaux dorés (bâton de maréchal, sabre, fusil) frappés sur les plats, têtes dorée, signets, bon état

            150

Les mémoires de Masséna sont parmi les plus rares concernant l'Empire. Il s'agit ici de la véritable seconde édition, l'édition originale, parue en 1849-1850, est rarissime et quasiment introuvable. Ces souvenirs n'ont pas été rédigés par Masséna lui-même. Il s'agit plutôt d'un récit des campagnes auxquelles il a participé. (Tulard, 974). Masséna est généralement considéré comme l'un des plus grands, sinon le plus grand et le plus brillant des maréchaux de l'Empire avec Davout et Soult. Voici le portrait qu'en a laissé Napoléon à Sainte-Hélène : « Masséna était d'un rare courage et d'une ténacité remarquable. Son talent croissait par l'excès du péril. Vaincu, il était toujours prêt à recommencer comme s'il eut été vainqueur. C'était un homme très supérieur, qui, par un privilège tout particulier, possédait au milieu du feu une des qualités les plus essentielles à un général d'armée : l'équilibre moral qui semblait lui naître au milieu du danger ». — Tome 1. Campagne de l'an II ou de 1794. Campagne de l'an III ou de 1795. – 2. Campagne de l'an IV ou de 1796. Campagne de l'an V ou de 1797. – 3. Campagne de l'an VI ou de 1798. Campagne de l'an VII ou de 1799. – 4. Campagne de l'an VIII ou de 1800. – 5. Campagne de 1805. Campagne de 1806. Campagne de 1807. – 6. Campagne de 1809 en Bavière et en Autriche. – 7. Campagne de 1810. Campagne de 1811. 8. Atlas.

161.          MEZIÈRE (Henri). Le Général Leclerc (1772-1802) et l'expédition de Saint-Domingue. Tallandier, 1990, in-8°, 286 pp, 8 pl. de gravures et documents hors texte, 6 cartes dans le texte, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque napoléonienne)

            30

Général en chef de l'expédition de Saint-Domingue où il meurt de la fièvre jaune en 1802 à l'âge de trente ans, Leclerc malgré sa brève carrière, est une grande figure de l'épopée napoléonienne. A Toulon, en Italie, au coup d'Etat de Brumaire, il est auprès de Bonaparte dont il a épousé la soeur, Pauline, à Montebello en Italie le 14 juin 1797. Pauline l'accompagnera d'ailleurs à Saint-Domingue. Une de ses soeurs épousera le général Friant commandant des grenadiers à pied de la garde et une autre le maréchal Davout. Un de ses frères sera préfet de l'Empire, un autre sera général, comme un de ses oncles, baron, qui mourra des suites de la campagne de Russie. Montgobert, son château qu'il aimait tant près de Villers-Cotterêts, appartient aujourd'hui à la descendance du maréchal Suchet. C'est dire à quel point il touche de près à l'histoire impériale. Lui-même serait devenu maréchal, prince, roi peut-être... Il était général à vingt-cinq ans à peine !

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Revue « Le Souvenir Napoléonien ». Société d'Histoire Napoléonienne, fascicules in-4° brochés. Nous disposons des numéros suivants, en bon état :

 

 

162.          n° 376. A Vienne en 1809 (Charles-Otto Zieseniss). Le Souvenir Napoléonien. 1991, 40 pp, 8 gravures

            10

163.          n° 338 et 339. Décembre 1809 (Charles-Otto Zieseniss). 1984-1985, 40 et 40 pp, 21 gravures, sources

            20

164.          n° 377. Episodes de la vie du général Lefebvre-Desnoëttes (Lucien Guillot). 1991, 36 pp, 6 illustrations en couleurs

            10

Devant Saragosse. Prisonnier des Anglais. Une évasion romanesque.

165.          n° 351. Friedrich von Müller (Charles-Otto Zieseniss). 1987, 44 pp,

            10

Extraits des "Souvenirs des années de guerre, 1806-1813" du chancelier Friedrich von Müller, publiés en allemand à Brunswick en 1851.

166.          n° 371. L'Artillerie impériale (Michel Decker). 1990, 44 pp, 16 gravures et photos

            15

167.          n° 290. La Cour Consulaire (dir. Charles-Otto Zieseniss). 1976, 32 pp, 7 gravures

            10

Aux Tuileries - A Malmaison - A Saint-Cloud - Considérations et conclusions (Ch.-Otto Zieseniss), la famille Clary, etc.

168.          n° 299. La Cour impériale. 3e partie (Charles-Otto Zieseniss). 1978, 40 pp, 11 gravures dans le texte, biblio

            10

Le Grand aumônier ; Bals parés et bals masqués ; Intrigues et rivalités.

169.          n° 375. La première campagne d'Italie (dir. Charles-Otto Zieseniss). 1991, 56 pp, 9 illustrations en couleurs et 23 photos

            15

La première campagne d'Italie (F.-G. Hourtoulle), etc.

170.          n° 256. La Société sous le Consulat (Guy Godlewski,  dir). 1974, 48 pp, 19 gravures dans le texte

            10

171.          n° 365. Le Cinquantenaire et ses manifestations (dir. Charles-Otto Ziesenissn). 1989, 52 pp, 40 photos

            10

Autre article : La comtesse de Ségur, sociologue méconnue du Second Empire, 1ère partie (André Conquet)

172.          n° 374. Le Retour des Cendres (dir. Charles-Otto Zieseniss). 1990, 36 pp, 16 gravures, biblio

            10

Les origines du Retour des Cendres (Jérémie Benoit), Le Retour des Cendres (Jérémie Benoit), Le Tombeau de Napoléon aux Invalides (Alain Pougetoux), etc.

173.          n° 246. 1969, 32 pp, qqs gravures et photos

            8

Spécial bicentenaire n° 2. La Marine après Trafalgar (Philippe Masson et José Muracciole), etc.

174.          n° 247. 1969, 24 pp, qqs gravures et photos

            8

Le génie et l'imagination de Napoléon (Pierre Lyautey), La mort de Letizia Ramolino Bonaparte (Alain Decaux), etc.

175.          n° 248. 1969, 28 pp, qqs gravures et photos

            8

Le grand espoir de l'année Napoléon (Prince Murat), Napoléon homme pressé (Paul Morand), Austerlitz victoire financière (Rober Lacour-Gayet), La légende triomphe (Paul Ganière), La poste sous l'Empire, Le Val de Grâce sous l'Empire (E. V. Mussant), etc.

176.          n° 249. 1970, 24 pp, qqs gravures et photos

            8

Napoléon contesté (Guy Godlewski), L'homme qui vit depuis deux cent ans (André Castelot), Bilan historique du bi-centenaire (Jean Tulard), Bonaparte et l'Egypte (Georges Spillmann), La création de la Légion d'Honneur (Claude Ducourtial), Napoléon choisit ses compagnons d'exil (Paul Ganière), etc.

177.          n° 250. 1970, 24 pp, qqs gravures et photos

            8

Un poème oublié : Napoléon d'Edgar Quinet (Pierre Schommer), Stendhal et Bonaparte (Chantal Dupille), Victor Hugo et Napoléon (Suzanne Le Varlet), La vérité sur les étangs d'Austerlitz (Jean-Claude Quennevat), Ancêtre de notre Ordre du Mérite : l'Ordre de la Réunion (Bâtonnier Damien), L'incendie de l'ambassade d'Autriche d'après les archives de la Préfecture de Police, Ce fou de Fabvier (Georges Spillmann), les Mameluks, Antommarchi, les frères Arena, etc.

178.          n° 262. Les Croquis de l'Epopée (dir. J.-C. Quennevat). 1972, 32 pp, 11 gravures

            10

Les ingénieurs géographes, Bacler d'Albe et Bagetti (J.-P. Reverseau), Vivant-Denon et Benjamin Zix (Marcel Baldet), le général Lejeune (Ch.-Otto Zieseniss), Albrecht Adam et Faber du Faur, "reporters" de la Campagne de Russie (J.-C. Quennevat), etc.

179.          n° 373. Les ecclésiastiques de la Famille Bonaparte (Colonel Henri Ramé). 1990, 52 pp, 17 gravures et portraits, biblio

            15

180.          n° 346. Mélanges (dir. Charles-Otto Zieseniss). 1986, 40 pp, 7 gravures et photos

            15

Histoire des masques de Napoléon (Louise Linden) [Pour l’auteur, deux masques sont authentiques : le masque Burton-Antommarchi (masque Bertrand conservé au musée de Malmaison) en plâtre et le masque Arnott en cire, par contre le masque Sankey est un faux. Le masque Arnott pris dans la nuit du 5 au 6 mai reprend les traits non altérés de l’empereur. Le masque Burton-Antommarchi ne fut réalisé que le 7 mai alors que la chaleur avait commencé son œuvre de décomposition, ce qui expliquerait l’affaissement des chairs] ; Quelques figures alsaciennes sous l'Empire (Joseph Doll), etc.

181.          n° 370. Mélanges IV (dir. Charles-Otto Zieseniss). 1990, 44 pp, 17 gravures, une carte. Reproduction en photocopie

            5

Les trois bals de carnaval aux Tuileries (Ch.-O. Zieseniss), Un présent impérial. Le fusil de Besson (Gérard Huber), Stratégie navale de Napoléon (Amiral Henri Darrieus), etc.

182.          n° 307. Napoléon à l'île d'Elbe (Guy Godlewski). 1979, 36 pp, 17 gravures

            10

La vie ostensible, la vie secrète, bibliographie (Guy Godlewski), les responsabilités de la défaite militaire de 1870 (Georges Spillmann), etc.

183.          n° 271. Napoléon à Ligny (dir. Jean-Claude Quennevat). 1973, 32 pp, 16 gravures et photos

            10

La bataille de Ligny (J.-C. Quennevat), Ney et le combat des Quatre-Bras (François T'Sas), le point de vue des alliés sur la bataille de Ligny (Louis de Beaufort), etc.

184.          n° 333. Napoléon et l'Antiquité (Jean-Charles Assali). 1984, 44 pp, 6 gravures et photos, biblio

            10

185.          n° 260. Napoléon et la Provence, 1ère partie (dir. Guy Godlewski). 1971, 32 pp, 18 gravures

            10

Bonaparte au siège de Toulon (Raoul Brunon), Bonaparte à Nice (Charles Pomaret), Désirée Clary (Guy Godlewski), etc.

186.          n° 310. Napoléon et le négoce (dir. André Conquet). 1980, 40 pp, 11 gravures

            10

Napoléon et le négoce (André Conquet), Jean-François Bégouën (Pierre Coville), Dominique Audibert (Marcel Courdurie). -L'étonnante carrière du docteur Véron (Guy Godlewski), etc.

187.          n° 274 et 275. Napoléon et le théâtre (Charles-Otto Zieseniss). 1974, 32 et 32 pp, 21 gravures dans le texte

            20

188.          n° 259. Napoléon et les gens de robe (dir. André Simonard). 1971, 48 pp, 17 gravures

            15

Napoléon et la réorganisation de la magistrature (Raymond Charles), un grand magistrat : Henrion de Pansey (Marcel Rousselet), Napoléon et la Cour des Comptes (Vincent Bourrel), le Barreau sous l'Empire (André Damien), etc.

189.          n° 263. Napoléon et ses soeurs (dir. Ch.-Otto Zieseniss). 1972, 32 pp, 11 gravures

            10

La reine de Naples Caroline Bonaparte (Alain Decaux), Elisa, une maîtresse-femme (Ch.-Otto Zieseniss), "Paoletta" (André Castelot), etc.

190.          n° 284. Napoléon, Mme de Staël et Benjamin Constant (dir. Charles-Otto Zieseniss). 1975, 32 pp, 6 gravures

            10

Napoléon et Mme de Staël (Ch.-Otto Zieseniss), Napoléon et Benjamin Constant (F. Bartholoni), etc.

191.          n° 323. Nicolas François de Neufchateau (André Conquet). 1982, 36 pp, 8 gravures

            10

192.          n° 378. Souvenirs du colonel Morin. 1991, 40 pp, 6 gravures

            15

Souvenirs du colonel Jean-Baptiste Morin (1776-1814) sur son séjour en Espagne (1812-1813), annotés par le colonel Paul Willing.

193.          n° 372. Talleyrand et Napoléon (Charles-Otto Zieseniss). 1990, 40 pp, 8 gravures et portraits, sources

            10

194.          n° 362. Voyage d'étude en Grande-Bretagne (dir. Charles-Otto Zieseniss). 1988, 52 pp, 24 gravures, 2 cartes, biblio, qqs pages mal imprimées in-fine

            10

L'embarquement de Napoléon pour Sainte-Hélène (Dr Paul Ganière), etc.

195.          n° 357 et 358. Voyage d'étude en Pologne (dir. Charles-Otto Zieseniss). 1988, 48 et 56 pp, 20 gravures, 3 cartes, biblio

            20

La campagne de Pologne de 1807 (Dr Paul Ganière), le destin tourmenté de Marie Walewska (Guy Godlewski), le prince Joseph Poniatowski (Dr Paul Ganière), Cent lettres inédites du Prince Napoléon à Le Play (1855-1867), 2ème partie (Edouard Secretan), le féminisme de l'impératrice Eugénie (Henri Rollet), etc.

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196.          SIX (Georges). Les Généraux de la Révolution et de l'Empire. Etude. Bernard Giovanangeli, 2002, in-8°, 349 pp, 8 planches hors texte en couleur, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

La Révolution et l'Empire ont vu beaucoup de militaires se hisser au plus haut niveau de la hiérarchie. Vingt-trois années de guerre conjuguées à de formidables bouleversements sociaux ont favorisé cette ascension exceptionnelle. L'origine locale et sociale de ces officiers généraux, le déroulement de leurs carrières, leur moralité, leurs décorations, sont autant d'aspects qui ont constitué un magnifique sujet d'étude, auquel Georges Six a consacré les dernières années de sa vie. Impartial et méthodique, l'auteur ne s'en tient pas uniquement aux traits de gloire. Il met en évidence le caractère de ces soldats et souligne leurs vices tout autant que leurs vertus. Les personnages que nous fait découvrir ce livre sont de chair et non des demi-dieux à l'antique. La plupart sont pourtant des héros d'épopée. Cette nouvelle édition, fort bien imprimée, est illustrée de 8 planches hors texte en couleurs.

197.          SORLOT (Marc). La Vie en Meuse au temps de Napoléon 1er. Editions Serpenoise, 1998, in-8°, 149 pp, biographie de Claude-François Denis in fine, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Un tableau vivant brossé à partir des sources d'archives et du “Narrateur de la Meuse”, seul journal du département, rédigé et imprimé à Commercy par Claude-François Denis, érudit et zélateur du progrès.

198.          STENDHAL. Mémoires sur Napoléon. Editions Climats, 1997, in-8°, 228 pp, préface de Lucien d'Azay, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Dans ces Mémoires consacrés essentiellement à la campagne d'Italie, Stendhal recherche avant tout l'élément authentique qui puisse impressionner le lecteur, mais aussi celui qui corrobore son idée. Certains l'ont taxé d'« historien de pacotille ». Stendhal le dit lui-même sans forfanterie : au moyen de ce « petit abrégé provisoire », son dessein est de nous faire connaître le plus grand homme qui ait paru dans le monde depuis César.

199.          TULARD (Jean). L'anti-Napoléon. La légende noire de l'Empereur. Julliard, 1964, in-12, 260 pp, 16 pl. de gravures hors texte, notes biographiques sur les auteurs de la légende noire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

            20

Machiavel dictateur, nullité couronnée, joujou de la Révolution, obsédé sexuel, chéri de Satan, empoisonneur de soldats, Attila-Croquemitaine, mythe solaire : Napoléon, s’il est tout cela et autre chose encore, a-t-il même existé ? À travers libelles anonymes et pamphlets sous le manteau, à travers Sade, Chateaubriand, Clausewitz et mille autres oubliés, Jean Tulard dresse le portrait du «tyran des nations», le tableau de la contre-légende impériale, le «Bréviaire de la haine» que suscita partout en Europe, et pas seulement chez les dominants, l’aventure impériale de l’Ogre français.

De 1815 à 1914

 

200.          ALEXANDRE (Philippe) et Béatrix de l'AULNOIT. La Dernière Reine. Victoria, 1819-1901. Laffont, 2000, gr. in-8°, 422 pp, 16 pl. de gravures en noir et en couleurs hors texte, 3 tableaux généalogiques, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Il y a cent ans, la reine Victoria mourait et entrait dans la légende comme une petite dame obèse et impérieuse. Son nom symbolise un siècle d'hypocrisie, d'austérité sourcilleuse, de chasteté puritaine. Le moment est venu de corriger le mythe d'une Victoria « victorienne ». La reine du plus grand empire depuis la Rome antique, la grand-mère de l'Europe, la souveraine de la révolution industrielle était une femme sensuelle qui aimait les hommes beaux, les soldats en uniforme, les Écossais en kilt, les Indiens en turban. Meilleure danseuse du royaume, elle raffolait des bals qui se terminaient à l'aube, elle ajoutait du whisky à son thé, apprenait l'Italien en chantant du bel canto. Séduite par les couleurs de la Méditerranée, elle lança la Côte d'Azur. Aux lords, elle préférait ses serviteurs simples et bons. Son peuple l'appelait « la reine républicaine ». Mais à quarante-deux ans, devenue veuve, elle respecta aveuglément les principes luthériens d'Albert, son prince allemand, qu'elle avait aimé jusqu'à la folie. C'est une Victoria ardente et violente que fait revivre cette biographie sans révérence.

201.          AMIOT (Yves). L'affaire Dreyfus. Une affaire d'honneur. Bordeaux, Editions Ulysse, 1998, gr. in-8°, 269 pp, 21 photos sur 8 pl. hors texte, 10 pp de fac-similés en annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Dans cet ouvrage, Yves Amiot s’emploie à démêler l’écheveau incroyablement complexe et passionnel d’un fait divers d’espionnage devenu une affaire politique de première grandeur. L’auteur replace celle-ci dans le cadre préalable du scandale de Panama et des transformations de la société française qui se divisa en deux camps avec une extrême violence pendant dix ans. Du côté des « révisionnistes », des idéalistes, des républicains, des socialistes et des universitaires qui voyaient dans l’affaire l’occasion d’abattre la caste militaire. De l’autre, les nationalistes soucieux de la « revanche » contre l’Allemagne, hostiles, au nom de la « raison d’État », à toute révision du procès qui avait condamné le capitaine Dreyfus en 1894. Se joignaient à eux les « antisémites » (Édouard Drumont) et une opinion catholique qui voyaient dans les Juifs les inspirateurs de la politique anticléricale de la IIIe République. La révision du procès Dreyfus (12 juillet 1906) et la réhabilitation de l’officier prirent l’allure d’une victoire républicaine sur la réaction militariste et cléricale. Elle avait préalablement entraîné la formation du « Bloc des gauches » qui triompha aux élections de 1902 et imposa la séparation de l’Église et de l’État en 1905. Elle eut également pour conséquence de rallier à la République les milieux socialistes qui campaient dans l’opposition depuis la répression de la Commune." (Charles Vaugeois, Nouvelle Revue d’Histoire)

202.          ANDRIEUX (Louis). A travers la République. Mémoires. Payot, 1926, in-8°, 358 pp, broché, dos recollé, trace de mouillure ancienne au dos, état correct

            25

L'auteur fut successivement procureur de la République à Lyon en 1870 et 1871 (important chapitre consacré à la Commune de Lyon), député, préfet de Police de Paris de 1879 à 1881, ambassadeur en Espagne, et père d'Aragon. — I. Mes plus lointaines années ; II. La Commune à Lyon en 1870 et 1871 ; III. A la chambre des Députés avant la Préfecture de Police ; IV. La Préfecture de Police ; V. Après la Préfecture de Police. – Le Grand Ministère. – Six Mois d'ambassade en Espagne ; VI. Après l'Ambassade. – L'Élysée et la nuit historique ; VII. 1885 - 1914. Comment je devins Bas-Alpin.

203.          Anonyme. Paris en feu. L'agonie de la Commune. Bruxelles, Office de publicité, s.d. (1871), in-8°, 80 pp, broché, couverture rouge imprimée avec pt mques, bon état. Edition originale. Rare

            50

Demeuré anonyme. "Brochure anti-communarde. Et comme toujours les hordes cosmopolites, la collusion avec les Prussiens ; et une nouveauté : la fuite en ballon des Communards !" (Le Quillec, 3492)

204.          APPONYI (Rodolphe). De la Révolution au Coup d'Etat, 1848-1851. Genève, La Palatine, 1948, in-8°, xii-243 pp, introduction et notes de Charles Samaran, 12 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Du Journal tenu en excellent français par le comte Rodolphe Apponyi, attaché puis secrétaire de l'ambassade d'Autriche-Hongrie à Paris pendant les vingt-cinq années (1826-1852) au cours desquelles il a séjourné le plus souvent en France, nous détachons aujourd'hui sans aucune coupure, en le commentant sobrement et surtout en l'illustrant, le témoignage vécu et trop peu connu de ce Hongrois très parisianisé sur la Révolution de 1848 et le Coup d'Etat de 1851, qui se déroulèrent sous ses yeux..." (Ch. Samaran)

205.          [Aviation] – CASTEX (Louis). L'Homme qui donna des ailes au monde : Clément Ader. Plon, 1947, gr. in-8°, 119 pp, 14 gravures hors texte dont un portrait de Clément Ader en frontispice, cartonné, dos toilé rouge, très bon état

            25

206.          [Aviation] – LISSARRAGUE (Pierre). Clément Ader, inventeur d'avions. Toulouse, Privat, 1990, gr. in-8°, 320 pp, 32 pl. de gravures et photos hors texte, nombreux documents, figures et plans dans le texte et hors texte, sources, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            30

L'auteur est formel: c'est bien en France que, pour la première fois, on a réussi à faire décoller un avion à moteur. Pourtant, jusqu'à ce jour, l'opinion mondiale était curieusement partagée à propos des vols que Clément Ader a exécutés sur l'Eole (le 9 octobre 1890, à Amainvilliers et en septembre 1891 à Satory), comme sur l'Avion n°3 (le 14 octobre 1897, à Satory). Pierre Lissarrague, au fil des années, a repris tout le dossier : en s'appuyant sur des documents incontestables, il a vérifié l'exactitude de ce qui avait été cent fois répété ou contesté sans contrôle. Au-delà de ce dossier, qui saura passionner même les non-spécialistes, le récit de l'extraordinaire destinée du fils d'un menuisier de province – le seul homme au monde qui a réussi à voler sur un avion à moteur au XIXe siècle – éclaire enfin une des pages les plus prestigieuses et les plus attachantes de notre histoire.

207.          BAKOUNINE (Michel). Confession, 1851. PUF, 1974, in-8°, 235 pp, traduit du russe par Paulette Brupbacher, avant-propos de Boris Souvarine, introduction de Fritz Brupbacher, annotations de Max Nettlau, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Virages)

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1851. Bakounine, l'indomptable insurgé de Prague et de Dresde, est livré au tsar Nicolas Ier. C'est de la forteresse Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg qu'il écrit cette Confession, document extraordinaire qui ne laisse point aujourd'hui encore de troubler les irréductibles de la fierté révolutionnaire, ceux qui pensent y trouver le mea culpa d'un homme qui piétine son passé, Bakounine renonce (apparemment) à ses idées subversives, fait amende honorable. Car, écrit Bakounine, « on peut se permettre autant de fierté que l'on a de puissance réelle. Toute fierté plus grande que cette puissance entre dans la catégorie des maladies infantiles du mouvement révolutionnaire ». Mais la Confession n'est qu'une fiction ; Bakounine évite le piège grossier qui lui est tendu : il berne le tsar avec une audace peu commune, prend le plus grand soin de ne compromettre personne, met en cause le terrible système d'oppression qui sévit en Russie, critique que personne n'avait jamais osé présenter aussi directement à Nicolas Ier. C'est aussi l'occasion pour Bakounine de brosser d'admirables pages sur la révolution de 1848, sur les premiers jours de l'émeute à Paris, sur les soulèvements de Dresde et de Prague, sur la tactique et les projets révolutionnaires.

208.          BERNHARDT (Sarah). Ma double vie. Mémoires de Sarah Bernhardt, avec de nombreux portraits de l'auteur. P., Charpentier, 1923, 2 vol. in-12, 296 et 282 pp, 12 pl. de photos et gravures hors texte, brochés, bon état

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209.          Le même, reliures demi-toile vermillon, dos lisses, pièces de titre basane noire, couv. conservées, bon état

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Cet ouvrage se lit comme un roman. Sarah Bernhardt y raconte son enfance, son adolescence quant elle voulait coûte que coûte devenir religieuse ! Au grand jamais comédienne ! Puis la découverte du théâtre et la montée vers le succès. Sarah Bernhardt ne savait rien faire à moitié. Femme libre et indépendante, elle ne s'est jamais opposée aux hommes, mais elle a su naturellement s'imposer par la force de sa personnalité entière, énergique, intransigeante avec elle même et avec les autres, elle incarnera les plus grands rôles de son temps. Cette autobiographie est aussi une plongée dans le monde du XIXe siècle, dans la société des artistes, des écrivains, des journalistes, mais aussi des courtisanes, de la guerre, de la politique, petite et grande histoire se mêlent, théâtre sur scène et dans la vie, d'autres facettes de Sarah Bernhardt, la sculpture, la peinture... et les tourments... la vie, la scène... Une vie pleine et bien remplie, racontée avec des mots vrais.

210.          BERTON (Pierre). Souvenirs de la vie de théâtre. P., Pierre Lafitte, s.d. (1913), in-12, 309 pp, un portrait photographique de l'auteur en frontispice, broché, couv. lég. salie, bon état

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Pierre Berton (1842-1912) est le petit-fils du compositeur Henri Montan Berton (1767-1844), et le fils du comédien Charles-François Montan Berton, dit Francisque Berton (1820-1874) et de Caroline Samson, romancière, fille de l'acteur Joseph Samson, sociétaire de la Comédie-Française. Il se produit d'abord comme comédien sur les scènes parisiennes, remportant des succès au théâtre du Gymnase, à l'Odéon, au Théâtre-Français, au théâtre du Vaudeville. En 1865, il débute comme auteur dramatique avec Les Jurons de Cadillac, une comédie en un acte, et continue, deux ans après avec une autre comédie, La Vertu de ma femme. Dès lors, il alterne pendant trois décennies son travail d'auteur et son métier de comédien. À la fin du XIXe siècle, il cesse de se produire sur scène mais continue, jusqu'à sa mort à écrire pour le théâtre. De 1908 à 1909, il publie en feuilleton, dans Le Figaro Littéraire, ses “Souvenirs de la vie de théâtre”, édités en volume en 1913. — Sommaire : Mademoiselle George ; Frédérick Lemaitre ; Emile Perrin ; Albert Glatigny ; le comte de Paris au château de Ferrières ; Georges Bizet ; le Tsarévitch à l'Elysée ; Bianchini ; Alphonse Duvernoy.

211.          BILLY (André). Joubert, énigmatique et délicieux. Gallimard, 1969, pt in-8°, 236 pp, biblio, broché, couv. illustrée d'un petit portrait de Joubert, bon état (Coll. Leurs Figures)

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Joubert occupe une place très particulière dans la littérature française. Il n'a rien publié de son vivant. Il a été obscur, sauf pour ses plus proches amis. Il n'a laissé que des Pensées et elles sont d'une qualité, d'une subtilité, d'une ingéniosité telles qu'on hésite à le ranger parmi les moralistes de tradition. André Billy, à qui ses biographies de Diderot, de Balzac, de Sainte-Beuve, de Mérimée, d'Hortense Allart, des Goncourt, d' Apollonis Sabatier ont fait un juste renom, a voulu jeter sur la figure de Joubert une lumière que celui-ci semble avoir refusée de parti pris. Quel homme était Joubert ? Au témoignage de ceux qui l'ont approché et surtout à celui de Chateaubriand, il a été un ami incomparable. Mais encore ? Sa vie et son caractère laissent beaucoup à deviner, sinon à imaginer. Son évolution du jacobinisme révolutionnaire au catholicisme conservateur échappe à l'analyse. Son mariage, puis son amitié amoureuse pour Pauline de Beaumont et pour Mme de Vintimille, relèvent d'une psychologie qui lui est propre et dont la clé reste à trouver. Bref, Joubert, que l'on a qualifié de divin comme son maître Platon et qu'André Billy se contente d'appeler le délicieux, attache autant qu'il trouble ses admirateurs. Il y a une énigme Joubert dont André Billy propose les données à la sagacité du lecteur.

212.          CADOT (Michel). La Russie dans la vie intellectuelle française (1839-1856). (Thèse). Fayard, 1967, fort in-8°, 641 pp, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats lég. défraîchie, bon état (Coll. L'Histoire sans frontières). Edition originale, ex. du SP, envoi a.s. à Emmanuel d'Astier

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Comparatiste, et de la meilleure école, celle de Jean-Marie Carré, M. Cadot a choisi, avec la Russie, l’objet de comparaison le plus difficile, le moins étudié et le plus passionnant. Il a, tout à la fois, strictement limité son étude dans le temps – une quinzaine d’années du milieu du XIXe siècle, mais décisives pour la connaissance, ou du moins la reconnaissance, l’approche des deux peuples – cependant qu’il la creusait dans une exploration en profondeur et l’élargissait au-delà de la littérature, jusqu’à cette confrontation, jusqu’à cette approche et cette tentative de connaissance, l’une par l’autre, de « deux âmes collectives. » Les éclaireurs, ce sont les émigrés politiques, dont le représentant exemplaire demeure Bakounine, suivis de ces émigrés secrets et temporaires que furent les aristocrates, princes et grandes dames, avides de fuir la prison, « l’asile d’aliénés » qu’était leur patrie. L’originalité et l’intérêt singulier de cette première partie résident en ceci que l’auteur ne se borne pas à des considérations générales, mais nous donne une galerie de portraits individuels dont les modèles ne nous étaient pas tous aussi connus que la princesse de Lieven, l’amie de Guizot aux activités diplomatiques un peu fébriles, ou Mme Svetchine, l’une des « mères » de Custine. La prise de vue symétrique sera naturellement celle des voyageurs français en Russie, dont le plus célèbre et le plus important fut et restera précisément Custine. Cette importance apparaît si grande à M. Cadot qu’il fait de l’année 1839, celle du fameux voyage, le point de départ et l’axe de son histoire. Ce qui importe ici, bien plus que l’auteur, c’est le livre. Et sur un ouvrage qui pour être « classique » n’en demeurait pas moins énigmatique, M. Cadot apporte des interprétations très intéressantes et d’incontestables élucidations, notamment dans la reconstitution d’une chronologie volontairement déguisée ; ainsi parvient-il à identifier les informateurs du voyageur, le principal ayant été Alexandre-Ivanovitch Tourgueniev. La deuxième moitié du livre de M. Cadot est un vaste et minutieux tableau de la Russie temporelle et spirituelle telle qu’elle était au milieu du XIXe siècle (et telle qu’elle restera à peu près jusqu’en 1917) ; ou plutôt, telle que les Français la voyaient. (...) L’étude de M. Cadot, qui a fait l’objet d’une thèse en Sorbonne, a tous les mérites du genre : le caractère à peu près exhaustif de la recherche, l’abondance de notes dont la matière est presque égale à celle du texte proprement dit, densité d’un volume de plus de 600 pages. (Yves Florenne, Le Monde diplomatique, 1967)

213.          CHABAUD (Alfred). Jules Michelet. Son œuvre. P., Editions de la Nouvelle Revue Critique, 1929, pt in-8°, 85 pp, un portrait et un fac-similé d'autographe hors texte, essai de bibliographie, broché, un des 500 ex. numérotés sur alfa spécial des Papeteries du Marais, bon état

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"En cinquante pages, l'auteur a résumé tout ce qu'il importe de savoir sur Michelet, sa vie et son œuvre. Il l'a dit en termes justes où l'admiration est tempérée par la critique nécessaire. C'est, écrit-il, un « document pour l'histoire de la littérature française » ; aussi est-ce à la prose ailée et enthousiaste de l'écrivain, beaucoup plus qu'à l'historien, aujourd'hui très contesté, que va son hommage. On appréciera l'Essai bibliographique qui remplit toute la seconde partie de cette élégante plaquette." (Ch. Bémont, Revue Historique, 1930) — "Alfred Chabaud (1899-1944) était un professeur de grand avenir. Il était un des collaborateurs appréciés d'Albert Mathiez. Né à Antibes, il débuta dans la carrière universitaire comme professeur d'histoire et de géographie, tout d'abord à Oran (Algérie), puis en 1930 au Collège Epernay. En 1932, il fut chargé de la chaire des Lettres à l'Ecole des Arts et Métiers de Cluny, puis en 1937, à celle de Châlons-sur-Marne. Cette même année, il fut lauréat de l'Académie des Sciences morales et politiques, envoyé en missions et chargé de recherches scientifiques en Italie, puis en Angleterre en 1938. Jusqu'à la déclaration de la guerre, Alfred Chabaud fit preuve d'une grande activité comme écrivain, tant comme littérateur que comme historien. En dehors de sa régulière collaboration aux “Annales historiques de la Révolution française”, il publia, dans notre Collection des « Classiques de la Révolution Française », les Mémoires de Barbaroux, première édition critique, conforme au manuscrit original et précédée d'une importante biographie du conventionnel des Bouches-du-Rhône. Quand vint la défaite, puis l'oppression, il ne désespéra pas de l'avenir de la France. Dans la Résistance, il travailla étroitement avec « l'armée secrète de Reims ». Le service de renseignements, auquel il appartenait, avait en lui un agent des plus actifs. Il fut arrêté par la Gestapo le 7 janvier 1944, peu de temps après l'incarcération des officiers du Génie de Reims avec lesquels il était en relation clandestine. Il fut déporté en Allemagne, successivement aux camps de Buchenwald, de Laura, Elrich. Il ne devait jamais revenir." (Gustave Laurent, Annales historiques de la Révolution française, 1947)

214.          CONFINO (Michaël). Violence dans la violence. Le débat Bakounine-Necaev. Maspero, 1973, in-8°, 212 pp, appendice, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Bibliothèque socialiste)

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L'« affaire Necaev » fut l'une des histoires les plus sordides et les plus tragiques du mouvement révolutionnaire russe : elle posa d'emblée la question fondamentale de la fin et des moyens, celle de la morale révolutionnaire, toute la problématique de ce que Sartre appelle les « mains sales ». Dans la vie de Bakounine, cette affaire représente un épisode de courte durée, mais d'une grande intensité, qui eut directement une influence considérable sur sa destinée politique. Elle servit de prétexte à son exclusion de la 1ère Internationale. Depuis un siècle, militants révolutionnaires et historiens, écrivains et penseurs politiques n'en finissent pas de « découvrir » Necaev et de percer cette énigme. Un vil escroc, un menteur, ou même – comme le soupçonnait F. Engels – un agent provocateur à la solde de la police secrète russe ? Ou bien un héros, un fanatique sincère et un révolutionnaire sans faille ? Un mystificateur ou un authentique combattant pour la cause ? Et ce qu'on appelle « necaevseina » ou le « socialisme de caserne », selon les termes de Marx ? Système machiavélique et jésuitique ? Ou bien tactique et stratégie brillante, ayant postulé, pour la première fois dans les annales du mouvement révolutionnaire, la violence dans la violence ? Telles sont les questions auxquelles, dans une étude rigoureuse et passionnante, Michael Confino apporte des réponses, mettant en œuvre des séries de documents inédits, restés cachés dans les dépôts de la Bibliothèque Nationale. Ces documents, en premier lieu une ample lettre confidentielle de Bakounine, permettent non seulement de dénouer l'histoire compliquée et obscure de ses liens avec Necaev, mais aussi de porter un nouveau regard sur celui qui est considéré comme le père de l'anarchisme, d'élucider le type d'organisation révolutionnaire qu'il projetait pour accomplir la révolution en Russie, qui devait aboutir, selon ses propres termes, à l'établissement d'une « dictature collective ».

215.          COSNIER (Colette). Rennes pendant le procès Dreyfus. Rennes, Ouest-France, 1984, gr. in-8°, 153 pp, 54 gravures, photos et dessins dans le texte et à pleine page, broché, couv. illustrée, bon état

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Été 1899 : le tout-Paris est à Rennes ! Jaurès boit un bock au café de la Paix, Barrès se promène au Thabor, l'hôtel Moderne sert 150 couverts par repas, Sarah Bernhardt annule ses représentations, Casimir Périer visite le Mont-Saint-Michel, les marchands de volailles des Lices majorent leurs prix de 12 %, on supprime la procession du 15 août, les journalistes parisiens vont à Mi-Forêt à bicyclette, les télégraphistes rennais envoient 5.780.000 mots dans le monde entier, et Gaston Leroux qui n'est pas encore l'auteur de Rouletabille fait des comptes rendus d'audience. Cet été, pour être dans le ton ce n'est pas à Bayreuth qu'il faut se montrer, mais à Rennes... Rennes-la-Placide, Rennes qui s'apprêtait comme tous les ans à somnoler dans sa paix provinciale engourdie par la chaleur de l'été, Rennes qui vivait au ralenti et qui est bouleversée, réveillée, révélée par l'Affaire, Rennes où il ne se passait rien et que la Cour de Cassation a choisie comme théâtre du second procès Dreyfus, Rennes qui va vivre du 5 juin au 10 septembre des jours d'angoisse, de fièvre, de bruit et de fureur... Du lycée, où est jugé celui que les uns appellent « le traître » et les autres « le martyr », au faubourg d'Antrain, où les dreyfusistes sont accueillis par le professeur Victor Basch, de la place Sainte-Anne, où se retrouvent les antisémites, au café de la Comédie, où s'échangent les potins en marge du procès, c'est toute une ville jusque-là sans histoire qui est saisie par l'Histoire, Rennes qui le temps d'un été devient « l'endroit du monde d'où il va sortir le plus de bruit »...

216.          DECOURS (Catherine). La dernière favorite. Zoé du Cayla, le grand amour de Louis XVIII. Perrin, 1993, in-8°, 418 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 3 tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Voici la première biographie consacrée à la comtesse du Cayla qui, au dire de ses contemporains, joua un rôle non négligeable durant toute une partie de la Restauration. «La favorite gouverne la France», écrit alors le maréchal de Castellane. Issue de la meilleure noblesse parlementaire et d'un père devenu, pour cause de révolution, conspirateur, aventurier et millionnaire, élevée avec Hortense de Beauharnais chez Madame Campan, Zoé-Victoire Talon connut, après son mariage avec un gentilhomme de la cour des Condés, une vie pleine d'aventures, de déconfitures et de rebondissements, qui devait la conduire aux Tuileries où, à sa façon, elle «régna sur la France». Près d'elle, Louis XVIII apparaît sous un jour nouveau. Nous découvrons un roi passionné par la tâche de réconciliation qu'il s'était fixée, un homme gai, plein d'esprit et complètement amoureux de la jeune femme qu'il rencontra peu de temps après son ascension au trône. Il la combla de cadeaux, bâtit pour elle le château de Saint-Ouen et créa un duché pour son fils. Seule la mort devait les séparer.

217.          DELBÉE (Anne). Une femme (Camille Claudel). Presses de la Renaissance, 1984, in-8°, 499 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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La vie extraordinaire de Camille Claudel, née le 8 décembre 1864, soeur de Paul Claudel, maîtresse d'Auguste Rodin, compagne de Debussy... Soeur aînée de l'écrivain Paul Claudel, Camille a connu, en tant que femme et en tant qu'artiste, un destin hors du commun. A la fin du siècle dernier, une jeune fille de dix-sept ans qui veut être sculpteur, c'est inconcevable, voire scandaleux. Or, Camille se lance dans l'aventure à corps perdu, avec l'enthousiasme et la farouche volonté qui la caractérisent. Jusqu'au jour de 1883 où elle rencontre Auguste Rodin. Le Maître accepte de la prendre comme élève ; bientôt il deviendra son amant. Suivent quinze années d'une liaison passionnée et orageuse d'où Camille sortira épuisée et vaincue... Elle mourra en 1943 à l'asile de Montdevergues, près d'Avignon, après un terrible internement qui aura duré trente ans, laissant au jugement de la postérité une oeuvre considérable, d'une rare puissance et d'une originalité visionnaire.

218.          [DÉROULÈDE, Paul]. Avant la bataille. P., A. Lévy et Cie, 1886, fort in-12, xxviii-502 pp, préface de Paul Deroulède, table analytique des matières, reliure demi-chagrin noir, dos lisse à quadruples filets dorés, titre doré (rel. de l'époque), bon état

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Selon le “Grand dictionnaire universel Larousse du XIXe siècle”, l'auteur anonyme serait Paul Deroulède lui-même : "Depuis cette époque, M. Déroulède n'a écrit aucune poésie, et son bagage littéraire ne s'est accru que d'un ouvrage où, sous le titre significatif de “Avant la bataille”, il traite de l'organisation de notre armée (1886)." — Le livre est un vibrant appel à la revanche et un recensement des forces qui permettront à la France de vaincre l'Allemagne. – Table : la guerre, le soldat, l'officier, le recrutement de l'armée, l'effectif et le budget, l'organisation et l'instruction, le Service d'état-major et le commandement, l'infanterie, la cavalerie et la remonte, l'artillerie et l'armement, le génie et les fortifications, la gendarmerie et les prévôtés, l'intendance et les services administratifs, le service de santé, les services et moyens de transport, de communication et de correspondance (train des équipages, chemins de fer, transports par eau, pontonniers, télégraphie, postes, aérostation, colombiers), les effectifs de guerre, la mobilisation, la concentration et le déploiement stratégique, le Généralissime et son état-major général, l'armée navale, la veillée des armes.

219.          DESGRANGES (Abbé). Carnets intimes. Journal d'un conférencier populaire. (Mai 1908-août 1914). La Palatine, 1960, in-8°, 451 pp, avant-propos de Denise Aimé-Azam, index, broché, bon état

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Seul volume paru. — "Ces Carnets intimes d'un homme qui fut pendant trente ans l'un des plus prestigieux orateurs de réunions publiques que l'Eglise de France ait eus pour sa défense à la veille et au lendemain de la première guerre mondiale n'étaient d'aucune manière destiné à la publication. Cependant on ne saurait regretter qu'ils aient finalement vu le jour, car nous possédons peu de témoignages valables sur une époque de crise religieuse et politique grosse de conséquences, et l'abbé Desgranges, bien qu'acquis en substance aux thèses démocrates chrétiennes, ne fut jamais un partisan et sut demeurer équitable même envers les adversaires de ses idées. Son attitude après la dernière guerre a été très discutée et fit croire à une évolution de sa pensée, qui fut plutôt celle d'une exploitation de sa droiture. En sa jeunesse on s'étonne même un peu qu'il ait entretenu à Rome des rapports confiants avec le prélat qui fut l'organisateur principal de la société intégriste la Sapinière, Mgr Benigni, sur le rôle duquel il ne paraît pas avoir nourri d'illusions..." (Maurice Vaussard, Le Monde, 1960)

220.          DINFREVILLE (Jacques). Le Secret de Marie-Caroline, duchesse de Berry. Louviers, Pierre d'Esneval, 1982, in-8°, 397 pp, 24 pl. de gravures hors texte, tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Ce livre fait sortir Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, duchesse de Berry, la mère du comte de Chambord, du halo légendaire, du brouillard sirupeux, du flou romanesque où tant d'historiens l'ont maintenue à plaisir, suivant une malveillante tradition d'origine louis-philipparde et orléaniste. La duchesse de Berry n'a pas été seulement une jolie fille attachante, une mondaine brillante, une héroïne à la Walter Scott. Elle a été aussi une femme de goût, une mère réaliste. Elle ne manquait pas d'un certain sens politique...

221.          DREYFUS (Alfred, Capitaine). Souvenirs et Correspondance, publiés par son fils. Grasset, 1936, in-8°, 449 pp, 5 pl. de documents et photos hors texte (une planche double), broché, couv. lég. salie, bon état

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I. La vie du capitaine Dreyfus exposée par son fils, 1859-1899. – II. Les souvenirs du capitaine Dreyfus, 1899-1906. – III. Les dernières années, 1906-1935. — "Alfred Dreyfus a beaucoup écrit à partir de l’instant où il est devenu un prisonnier d’État, l’écriture devenant pour lui une forme de résistance. Cette écriture se distingue entre pratique épistolaire et forme diariste. Un nombre important de ces écrits a été publié, à commencer par les “Lettres d’un innocent” rendues publiques dès le 19 janvier 1898 dans le journal “Le Siècle” puis réunies en volume par l’éditeur Stock. Alfred Dreyfus était toujours détenu sur l’île du Diable et cette publication se voulait une arme dans le combat pour la révision de son procès et le triomphe de la justice. Suivirent, après la grâce du 19 septembre 1899 et la libération du capitaine, la publication de son journal de déportation, “Cinq années de ma vie”, puis, après sa mort, ses “Souvenirs et correspondance” publiés par son fils..." (Vincent Duclert, Sigila, 2010)

222.          DUCOIN (Auguste). Paul Didier. Histoire de la conspiration de 1816. P., Dentu, 1844, in-8°, (vi)-320 pp, cart. modeste, dos lisse avec titres à l'encre noire (rel. de l'époque), une tache claire en marge des 20 derniers feuillets, cartonnage sali, bon état. Rare

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En 1816 l'avocat Paul Didier fut accusé d'être à la tête d'un groupe bonapartiste. Les membres de son complot furent arrêtés, mais Didier réussit à s'échapper. Pour se faire bien voir de Paris, le Général Donnadieu et le préfet Montlivault qui se détestaient firent de la surenchère d'informations. Paris demanda une grande sévérité dans le jugement des comploteurs, on le condamna donc à mort. Paul Didier et 24 de ses compatriotes furent fusillés. — "L'histoire de la conspiration de Grenoble a été souvent annoncée ; mais par une fatalité inexplicable, ou plutôt par suite d'influences dont le mystére n'est pas trop difficile à pénétrer, on ne vous avait pas encore donné un récit complet, concluant de cette ténébreuse affaire. Il fallait pour cela plus que de l'indépendance : un certain courage était nécessaire. De hauts personnages étaient cachés derrière Paul Didier ; ces personnages sont aujourd hui tout-puissants, et tous les moyens ont été pris pour empêcher une révélation. Les faveurs dont tous les membres de la famille Didier ont joui après 1830 seront toujours un des indices les plus touchants du but de l'entreprise de Paul Didier. Cette circonstance se relie si logiquement à tant de témoignages accusateurs qu'il est impossible de ne pas arriver à une conclusion rationnelle, incontestable. Les dernières paroles de Didier au général Donnadieu, qui le pressait de faire des aveux au moment de partir pour l'échafaud, furent celles-ci. « Dites au roi de se défier des hommes qui l'entourent et qui ont deux serments à la bouche... Dites encore au roi que son plus grand ennemi est dans sa famille ! » Le livre de M. Ducoin est ce que nous possédons de plus curieux sur les événements de Grenoble ; l'auteur a arraché à la poussiére et à l'oubli toutes les notes, les manuscrits, les correspondances, archives de famiIles, brochures, articles de journaux, toutes ces pages accusatrices ou justificatrices, tous les lambeaux de discussions qui, depuis 1816, ont été livrés à la publicité, et c'est avec des documents inconnus pour la plupart qu'il a écrit son histoire. Son récit est animé, dramatique, d'une élégante correction, et restera l'autorité à consulter sur un des épisodes les plus intéressants de la restauration. Cette publication est de nature à piquer vivement la curiosité publique. Les conclusions de M. Ducoin sont telles, qu'après l'inspection des documents qu'il produit, il est impossible de ne pas les adopter. Les voici : « Louis-Philippe, duc d'Orléans, était-il la condition 'sine qua non' de l'entreprise de Paul Didier ? en un mot, celui-ci n'était-il qu'un séïde du duc d'Orléans ? Nous ne le pensons pas. Louis-Philippe, duc d'Orléans, était-il le nom qui eût été proclamé après la victoire ? Oui. Le but principal de Didier et de ceux qui le faisaient agir, c'était le renversement de la branche aînée des Bourbons ; Didier servait en cela l'ambition et le ressentiment personnel de tous... »." (S. M., la Revue indépendante, 1844)

223.          DUVEAU (Georges). La Vie ouvrière en France sous le Second Empire. (Thèse). Gallimard, 1946, fort in-8°, xix-605 pp, préface par Edouard Dolléans, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Un livre considérable qui traite d'un très grand sujet, plein de talent, et de vie, et d'intérêt, je vous le dis en toute assurance. Lisez-le. C'est un livre profond. Il est assis sur de fortes bases érudites : la bibliographie qui le précède (et qui rendra d'éminents services aux travailleurs) en témoigne. Et si la curiosité de l'auteur apparaît comme toujours et partout en éveil, ce n'est pas une de ces curiosités « touche à tout » d'amateur, qui ont le don d'agacer si prodigieusement les chercheurs. Georges Duveau se promène et nous promène de la fabrique au cabaret ; mais son étude du cabaret est (pour la première fois) solide, nourrie, exempte de prudhommerie et de déclamation, fondée en bonne et solide psychologie ouvrière : honnête, disons le mot..." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1948) — "Ouvrage d'histoire sociale détaillée, basé sur une série d'enquêtes menées dans toutes les professions industrielles et à travers toutes les régions de la France. Aspects psychologiques aussi bien qu'économiques. Etude des salaires et des prix de 1847 à 1871." (Hélène Bergues, Population, 1947)

224.          FRANÇOIS-PONCET (André). Stendhal en Allemagne. Hachette, 1967, in-8° étroit, 109 pp, broché, couv. rempliée, bon état (Coll. Les Soirées du Luxembourg). Edition originale numérotée sur vergé d'Arches Arjomari

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Edition originale de cette étude sur le séjour à Brunswick en 1807 et 1808 de Stendhal dont le pseudonyme provient du nom d'une autre ville allemande. — "Pour inaugurer la collection des Soirées du Luxembourg, André Francois-Poncet nous donne un “Stendhal en Allemagne” fort agréable à lire. Regroupant adroitement les notations du Journal et de la Correspondance et les éclairant par sa propre connaissance des choses allemandes, il s'attache au plus important des séjours que Stendhal fit Outre-Rhin, d'octobre 1806 à novembre 1808, emmené et protégé par son cousin Martial Daru, grand fonctionnaire du régime napoléonien, d'abord à Berlin puis à Brunswick. Il ne s'agissait point de services militaires mais de commissions administratives ; cependant, avec le titre d'intendant général. Daru tient le haut du pavé à Brunswick, et son jeune cousin, parti d'un échelon modeste, se montre un fonctionnaire zélé et adroit et aura bientôt un titre honorable. L'aristocratie du duché, détruit par Napoléon et administré par les Français, ne boude pas l'occupant qu'elle trouve aimable, et la vie mondaine bat son plein. Le jeune Beyle, qui ne s'appelle pas encore Stendhal – ce pseudonyme de grand avenir qu'il prendra justement à une ville allemande – monte à cheval, chasse, fréquente les salons, soigne la coupe de ses habits et les chances de son avancement. Il ne brille encore que dans une petite capitale allemande, il appartient à l'intendance et non au Conseil d'État ; mais il vit pour la première fois en aristocrate à son aise, et cela lui plaît. Et pourtant, il s'ennuie. Les idées ? La langue allemande le rebute, il ne lit pas les philosophes, il ne va voir ni Gœthe à Weimar, ni Lessing à Wolfenbüthel ; ce qu'il écrit de la littérature et de la politique allemandes est partiel et superficiel. La musique ? Il découvre Mozart, ce qui n'est pas rien, mais il l'interprète paradoxalement comme un génie du Nord, et il lui préfère encore Cimarosa, la joie de vivre et d'aimer de la chère musique italienne. Le ciel est triste, le climat humide, le paysage plat et austère. Les amis ? Il s'en est fait de fidèles, les Shombeck, les Bothmer, distingués mais gourmés. Et les femmes ? Il admire la beauté des Allemandes, une beauté grecque, pense-t-il : mais ces épouses sentimentales et vertueuses ne manquent-elles pas d'âme ? Pour un peu, il en dirait ce qu'il dit des fraises du pays : "grosses, belles et sans parfum." Pourtant, en courant les servantes d'auberge, il conduit de front deux hautes aventures du cœur : une amitié amoureuse avec la sage et tendre Philippine de Bülow, et un amour passionné avec la fine et blonde Minette de Griesheim. C'est sans doute de cette jeune fille coquette mais imprenable qu'il aura le plus appris en Allemagne et le plus gardé : il lui doit l'expérience d'une passion werthérienne, d'autant plus fervente qu'elle est interdite et sans espoir. Si l'on sait que Beyle et Minette flirtaient décemment au café du Chasseur vert, et que Brunswick, ville d'Henri le Lion, affiche souvent le mot Löwen, on peut penser que Lucien Leuwen a recueilli beaucoup des souvenirs de cette période et de cet épisode..." (Pierre-Henri, Le Monde, 1967)

225.          GIRARD (Patrick). Les Juifs de France de 1789 à 1860 : de l'émancipation à l'égalité. Calmann-Lévy, 1976, in-8°, 302 pp, biblio, chronologie, index, broché, bon état (Coll. Diaspora)

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Ouvrage issu de thèse. — "Par le décret du 13 novembre 1791, les Juifs sont devenus citoyens français. Mais cette émancipation fut partielle et l'égalité juridique complète ne fut acquise qu'en 1846 avec l'abolition du serment 'more judaico'. A partir d'un volumineux corpus documentaire constitué par des articles de la presse juive de l'époque et des témoignages biographiques, I'auteur relate d'abord les étapes de la conquête de la complète égalité devant la loi. Il étudie ensuite les conséquences de I'émancipation sur l'évolution des structures socio-professionnelles des Juifs de France. II décrit, enfin, les institutions communautaires et analyse les mutations des mentalités intervenues de 1789 à 1860. On trouve, en annexe, une importante bibliographie et de nombreux textes utiles pour la connaissance de l'histoire du judaisme français au XIXe siècle. Les documents qui inspirent les analyses de l'auteur sont connus des spécialistes, mais P.G. a le mérite d'en présenter une excellente synthèse accessible au lecteur non initié." (Doris Bensimon, Archives de sciences sociales des religions, 1976)

226.          GOLDSTEIN (David I.). Dostoïevski et les Juifs. Gallimard, 1976, in-12, 341 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Idées). Inédit paru directement au format de poche

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"On savait le grand écrivain russe peu ami des Juifs. Certaines allusions de Crime et Châtiment (recensées ici p.118-21) et surtout les pages sur le meurtre rituel dans Les Frères Karamazov pour ne pas parler de l'Idiot ou des Possédés sont connues. Mais les études dostoïevskiennes restaient très discrètes sur ce point, d'autant plus que les éditions « officielles », de sa correspondance en particulier, ont été plus ou moins expurgées. C'est le mérite de l'auteur d'avoir pris le sujet dans toute son ampleur et, suivant l'ordre chronologique, de montrer l'évolution, ou plutôt la « mise en place » progressive de l'antisémitisme chez Dostoïevski..." (Yves Chevalier, Archives de Sciences Sociales des Religions, 1978)

227.          GUILLEMIN (Henri). La Capitulation (1871). Les origines de la Commune. Gallimard, 1960, in-8°, 411 pp, broché, couv. insolée et lég. abîmée, état correct (Coll. La Suite des temps)

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Somme minutieuse et passionnée, cet ouvrage affiche l'ambition d'étudier de manière approfondie le déroulement de la guerre de 70 dans l'objectif d'y trouver les racines de l'insurrection parisienne de 1871. — "Il ne s'agit pas seulement de la capitulation mais de toute la période commençant en novembre 1870. Violemment critique à l'égard de Trochu « qui tourne mal » et de Jules Favre, H. G. insiste par contre sur l'importance de l'œuvre de Gambetta." (Revue française de science politique, 1961) — "Avec ce troisième volume d’une étude consacrée aux origines de la Commune, nous voici venus à la capitulation de Paris, en janvier 1871. Les élections qui auront lieu quelques jours plus tard indiqueront assez la colère qui couve dans la ville. « Manque de confiance de la nation dans ses chefs militaires » et « la nation avait raison ». De qui, cette sentence ? De Barrès (20 novembre 1897). Barrès vient de lire le travail de Duquet (« un modéré, un ami de l’ordre ») sur le siège de Paris, et qui entrevoit ce qui s’est passé. Nous avons montré – la chose ne fait plus question – que le Gouvernement dit de la Défense nationale n’avait eu, dès le premier jour, qu’un but : au plus vite se rendre, afin que les Prussiens vainqueurs garantissent la tranquillité sociale. On verra dans ce volume que les « Jules » eussent-ils voulu se conduire autrement, ils en auraient été bien incapables. L’armée n’obéissait plus depuis que l’Empire n’était plus là. L’armée refusait de se battre pour la République. La France, alors, dut subir la politique de son armée." (4e de couverture)

228.          GUILLEMIN (Henri). Zola, légende et vérité ? Julliard, 1960, in-12, 187 pp, broché, bon état. Edition originale sur papier courant

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Vigilant ennemi des images d'Epinal littéraires, Henri Guillemin se penche sur un écrivain illustre et méconnu que beaucoup de ses contemporains jugeaient « un répugnant personnage » et que Gyp surnomme « Zola la Débâcle ». Derrière le « bœuf de labour » du Naturalisme, Henri Guillemin nous restitue, avec sa rigoureuse méthode, l'homme véritable : hypersensible, idéaliste blessé ; le jeune homme romantique qui tenta de “sauver” une prostituée. De même nous révèle-t-il, au moment de l'Affaire Dreyfus, le romancier célèbre qui briguait l'Académie, l'homme déchiré entre deux amours, qui non seulement obéit à sa conviction profonde, mais encore veut se racheter, se justifier à ses propres yeux en se compromettant totalement et dangereusement pour la cause de la justice. Les autres essais contenus dans ce volume – Zola et le catholicisme, Zola et la police (qui évoque avec humour l'intérêt de la police à l'égard du romancier), Claudel et Zola (quelle aurait pu être l'influence de Zola sur Claudel ?) – restaurent tout aussi brillamment le portrait de l'auteur des Rougon-Macquart...

229.          GUILLON (E.). Les complots militaires sous la Restauration. D'après les documents des archives. Plon, 1895, in-12, 353 pp, broché, couv. défraîchie, dos abîmé recollé, intérieur propre, état correct. Edition originale, envoi a.s. au philosophe Dominique Parodi (1870-1955) « A l'ami Parodi. En souvenir de nos galères communes »

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"Les complots militaires formés contre la Restauration, de 1820 à 1823, donnent seuls de l'intérêt dramatique à une période de quinze ans qui contraste par sa tranquillité avec l'agitation de la Révolution et de l'Empire. Les affaires de Belfort et de Saumur, les noms du général Berton et des sergents de La Rochelle parlent plus au souvenir du peuple que les débats parlementaires les plus éloquents. Ces complots ont trouvé leur place dans les histoires classiques de la Restauration. Mais ils n'ont pas encore été présentés séparément, avec leur caractère particulier et dans leur cadre purement militaire. C'est ce que j'ai essayé de faire dans ce livre. (...) Aux articles du Moniteur, aux travaux imprimés, j'ai ajouté les documents manuscrits des Archives Nationales (série F 7), et du Dépôt de la guerre (Correspondance générale), les plus propres à renouveler cette histoire, et surtout à faire connaître ce qu'on ne connaît guère encore, l'armée de la Restauration." (Préface)

230.          HOOG (Armand). Stendhal avant Stendhal. Vie de Stendhal, tome I (1783-1821). J.-J. Pauvert aux Editions Garnier, 1983, in-8°, 384 pp, broché, couv. illustrée à rabats, mque la page de faux-titre, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française)

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Henri Beyle, plus connu sous le nom de Stendhal, est né en 1783. Jamais il n'a été plus vivant qu'aujourd'hui. Avec cette Vie de Stendhal, Armand Hoog (1912-1999) a voulu écrire une biographie qui serait aussi une mythologie stendhalienne. En suivant Beyle dans le quotidien de son existence et dans ses voyages, l'auteur a essayé de reconstituer les obsessions, l'érotique et les rêves d'un artiste chez qui l'imagination a fini par l'emporter sur les systèmes idéologiques. Le second volume de cette biographie n'est jamais paru.

231.          JOUBERT (Joseph). Pensées. Textes choisis et présentés par Raymond Dumay. Club Français du Livre, 1954, in-12, (26)-403 pp, un portrait, notice biographique, tiré sur papier bouffant, ex. numéroté, reliure pleine toile ivoire de l’éditeur, bon état

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"... A la vérité, la vie de Joubert a été assez pittoresque. Né en 1754 à Montignac, dans notre actuelle Dordogne, il recevait une éducation chrétienne et portait même un moment la soutane. La vocation ne tenant pas, et poussé par le démon littéraire, il venait à Paris où il se mêlait à la société du temps. Il fréquentait les Encyclopédistes, notamment Diderot, sans toutefois se faire trop d'illusion sur eux. Cela n'allait pas sans dissipation, et il était l'amant de la femme de Restif de la Bretonne qui profitait de la circonstance pour écrire un roman sur sa propre infortune. Révolutionnaire, les événements de 1793 le désabusaient et il devenait fonctionnaire sous l'Empire, Fontanes, grand-maître de l'Université, l'ayant fait nommer Inspecteur général. Il mourait en 1824, et c'est Chateaubriand, son ami, qui publiait le recueil posthume de ses Pensées en 1838. Un choix excellent de ces Pensées, avec une utile introduction de M. Raymond Dumay, vient d'être publié récemment." (Hommes et mondes, 1955)

232.          LA BEDOLLIÈRE (Emile de), Hippolyte LAMARCHE, KAUFFMANN, R. BOURDIER, L. CHODZKO. Histoire de la guerre d'Orient. Illustrée par Janet-Lange. Avec cartes. P., Gustave Barba, 1855-1856, in-4°, (2)-68-(2) pp, un frontispice (le même sur les 9 parties), 176 belles gravures sur bois par Janet-Lange, 10 doubles planches hors texte montés sur onglets (9 grandes cartes en couleurs gravées sur acier et un grand dessin de Gustave Doré), texte sur 2 colonnes, reliure demi-chagrin acajou à coins, dos à 4 faux-nerfs soulignés à froid, titre et caissons dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. Panthéon populaire illustré). Bel exemplaire

            250

1. Les Turcs et les Russes. Par H. Lamarche. 68 pp. 16 gravures et deux cartes du théâtre de la guerre en Europe et en Asie par A.-H. Dufour. – 2. La Russie et l'Europe. Par Kauffmann. 84 pp. 20 gravures et une carte de la mer Baltique et plan de Saint-Pétersbourg et de Cronstadt par A.-H. Dufour. – 3. Sébastopol. Par Emile de La Bédollière. 80 pp. 20 gravures et une carte de la Crimée et le plan de Sébastopol par A.-H. Dufour. – 4. Histoire de la Crimée. Par R. Bourdier. 32 pp. 8 gravures et une carte de la Crimée par A.-H. Dufour (identique à celle de la troisième série). – 5. Nicolas Ier. Par Emile de La Bédollière. 80 pp. 20 gravures et une carte des positions des armées alliées devant Sébastopol par A.-H. Dufour. – 6. Malakoff. Par Emile de La Bédollière. 96 pp. 24 gravures et un plan topographique et pittoresque de Sébastopol par J. Judenne. – 7. Histoire de Pologne. Par L. Chodzko. 96 pp. 24 gravures et une carte de la Pologne par A.-H. Dufour. – 8. Kinburn. Par Emile de La Bédollière. 96 pp. 24 gravures et une carte de Nicolaieff, Cherson, Kinburn et les bouches du Dniéper. – 9. Le Congrès de Paris. Par Emile de La Bédollière. 80 pp. 20 gravures et un grand dessin des plénipotentiaires par Gustave Doré.

233.          LEBRUN (Général). Souvenirs militaires, 1866-1870. Préliminaires de la guerre. Missions en Belgique et à Vienne. P., Dentu, 1895, in-8°, 332 pp, une lettre en fac-similé, broché, couv. défraîchie, dos abîmé recollé, trace de mouillure marginale, état correct

            30

Première partie des Mémoires du général Lebrun, dont des considérations de haute politique avaient différé de onze ans la publication.

234.          [Littérature] – LAUTRÉAMONT (Isidore Ducasse, comte de). Oeuvres complètes d'Isidore Ducasse, comte de Lautréamont. Edition du Centenaire. Les Chants de Maldoror. Poésies. Correspondance. Présentation, commentaires et notes par Philippe Soupault. S.l., Editions Charlot, 1946, in-8°, 407 pp, reliure plein vélin de l'éditeur, titres sépia au 1er plat et au dos, tiré à 2.500 exemplaires (2000 ex. du tirage courant et 500 ex. numérotés sur papier bible), celui-ci un des ex. numérotés sur papier bible, reliure lég. salie, bon état

            80

Lorsqu'en 1869, sous le pseudonyme de Lautréamont, Isidore Ducasse fait imprimer Les Chants de Maldoror, c'est un texte inclassable que le jeune poète de vingt-trois ans offre aux lecteurs. Cette épopée de la peur, des ténèbres et du mal, qui brandit son attirail de cruautés et fait sourdre un fond de terreur infantile dans les amples strophes de ses six chants, demeura à peu près sans écho à sa parution : il fallut donc attendre sa redécouverte par les surréalistes pour que ce livre où s'inaugure la transgression moderne prît sa vraie place. L' année suivante, les Poésies, dont on ignore si l'édition fut diffusée, démentaient leur titre en proposant, écrites en prose, un ensemble de maximes et de réflexions, acerbes parfois mais aiguës, sur la littérature et la morale. Le livre fut-il alors lu ? Quelques mois plus tard, Ducasse mourait mystérieusement...

235.          [Littérature] – LOMBARD (Jean). L'Agonie. Illustrations de A. Leroux. P., Paul Ollendorff, 1901, gr. in-12, xi-423 pp, mention de 24e édition, préface d'Octave Mirbeau, un frontispice et 3 planches dépliantes en couleurs + de nombreuses illustrations dans le texte et à pleine page par Auguste Leroux, reliure demi-percaline bordeaux, dos lisse avec titres, doubles filets et fleuron dorés, couv. illustrée en couleurs conservée (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos passé, bon état

            40

236.          [Littérature] – LOMBARD (Jean). L'Agonie. Illustrations de A. Leroux. P., Paul Ollendorff, 1902, gr. in-12, xi-423 pp, mention de 37e édition, préface d'Octave Mirbeau, nombreuses illustrations en noir dans le texte et à pleine page par Auguste Leroux, reliure demi-percaline bleu paon, dos lisse avec fleuron, double filet et date dorés, pièce de titre basane carmin, couv. illustrée en couleurs conservée (rel. de l'époque), qqs C. de bibl., bon état. Edition sans le frontispice et les 3 planches dépliantes en couleurs

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"L'Agonie, c'est Rome envahie, polluée par les voluptueux et féroces cultes d'Asie, c'est l'entrée, obscène et triomphale, du bel Héliogabale, mitré d'or, les joues fardées de vermillon, entouré de ses prêtres syriens, de ses eunuques, de ses femmes nues, de ses mignons ; c'est l'adoration de la Pierre noire, de l'icone unisexuelle, du phallus géant ..." (Octave Mirbeau).

237.          LUPPÉ (Marquis Albert de). Astolphe de Custine. Monaco, Editions du Rocher, 1957, gr. in-12, 328 pp, 4 pl. de gravures et portraits hors texte, sources, index des noms, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Broquette-Gonin de l'Académie française 1958)

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"Fils et petit-fils de guillotinés, enfant chéri de la belle Delphine qu'aima Chateaubriand et dont le nom fut immortalisé par Mme de Staël, Astolphe de Custine était assuré d'une place honorable dans la petite histoire du XIXe siècle. Celle qu'il s'y fit, par ses propres moyens, déshonora sa famille et lui attira le mépris et les sarcasmes de ses contemporains. Aucun chroniqueur qui ne le vilipende : pour le mémorialiste du “Balzac mis à nu”, c'est « l'immonde marquis » ; pour Barbey d'Aurevilly, qui le connut très bien, c'est, plus précisément, « ce spirituel gomorrhéen ». Tenter de réhabiliter moralement Astolphe de Custine eût été une tâche impossible. Les faits sont là, indéniables ; Astolphe, marié depuis deux ans et père de famille, ramène d'Angleterre, en 1822, un jeune et beau compagnon, Edward Sainte-Barbe, qui restera près de lui sa vie durant et dont il fera son légataire universel. Puis, pendant quelques années, Astolphe ayant perdu femme et enfant, voici l'émigré polonais Ignace Gurowski qui vient constituer un « trio ». C'est lui qui enlèvera plus tard l'Infante d'Espagne. Enfin il y a l'affaire du canonnier de la route de Saint-Denis qui déclenche le véritable scandale que rien ne saurait étouffer. Le marquis de Luppé ne cherche pas à nous cacher la vérité ni, d'ailleurs, à juger Astolphe. ll veut surtout nous montrer dans son livre que si c'est par son immoralisme qu'Astolphe a surtout intéressé ses contemporains, c'est par ses dons d'observateur et son talent d'écrivain qu'il a droit à notre estime. En retraçant, avec une précision minutieuse, toutes les péripéties de son existence, M. de Luppé fait revivre un personnage intelligent, sensible et fin qui, dans une volumineuse correspondance, commente de la façon la plus perspicace les événements littéraires et politiques de son temps. Il en est, à vrai dire, un témoin indispensable, Peut-être Astolphe ne se recommande-t-il pas à nous comme romancier ou comme auteur dramatique – Béatrix Cenci n'eut que trois représentations, aux frais de l'auteur, à la Porte-St. Martin, en 1831 – mais ses récits de voyage se placent au premier rang du genre et son chef-d'œuvre, La Russie en 1839, connut un succès remarquable et fait encore autorité de nos jours..." (Henri Goden, French Studies, October 1958)

238.          MAISTRE (Xavier de). Oeuvres complètes de Xavier de Maistre. Nouvelle édition avec une notice biographique et des notes par Paul Louisy. P., Firmin-Didot et Cie, 1880, in-12, xxiii-445 pp, reliure pleine toile chataîgne, dos lisse, pièce de titre chagrin acajou, tranches mouchetées, couv. conservées, bon état

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Voyage autour de ma chambre. – Expédition nocturne autour de ma chambre. – Le Lépreux de la cité d'Aoste. – Les Prisonniers du Caucase (il y est question des Tchétchènes, des Ossètes, de Vladikavkaz etc.). – La jeune Sibérienne. – Premiers essais. – Poèsies diverses. — "Xavier de Maistre (1763-1852) sera toute sa vie un grand seigneur, aimable et un peu dédaigneux, qui écrit surtout pour charmer ses loisirs, sans trop se soucier de la postérité. Il débute dans les Lettres vers sa trentième année en publiant en 1795 à Lausanne le “Voyage autour de ma chambre”. Ce livre, publié sous forme anonyme et à compte d'auteur, qui forme un pendant parodique à l'oeuvre de Laurence Sterne, est le récit semi-autobiographique de la vie d'un jeune officier mis aux arrêts et contraint de rester dans sa chambre pendant quarante-deux jours. L'écrivain attendra ensuite plus de quinze ans pour donner son deuxième livre, “Le Lépreux de la cité d'Aoste” (1811), et une quinzaine d'années encore pour publier ses autres récits : “Les Prisonniers du Caucase” (1825), “La Jeune Sibérienne” (1825), et “Expédition nocturne autour de ma chambre” (1825). Bien moins célèbre que son frère, Xavier de Maistre est cependant aujourd'hui considéré comme l'un des précurseurs du Romantisme, au même titre que Charles Nodier, Benjamin Constant ou encore François-René de Chateaubriand." (Florence Lotterie) — "Le comte Xavier de Maistre s'est offert à nous comme un de ces hommes dont la rencontre console de bien des mécomptes en littérature et réconcilie doucement avec la nature humaine... On prendrait plaisir et profit à plus d'un de ses jugements naïfs et fins." (Sainte-Beuve)

239.          MARTINEAU (Henri) et François MICHEL. Nouvelles soirées du Stendhal-Club. Avec contribution de Luigi-Foscolo Benedetto; Ferdinand Boyer, Armand Caraccio, Vittorio del Litto, Pierre Jourda, Pierre Martino. Documents inédits. Mercure de France, 1950, in-12, 272 pp, broché, bon état

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Etudes sur les rapports de Stendhal avec Musset, Mme de Staël, Mérimée, Canova, etc. qui ajoutent à la personnalité de Stendhal autant de petits traits caractéristiques ou plaisants et fournissent des renseignements précis sur nombre de figurants qui gravitèrent autour de l'auteur de La Chartreuse.

240.          MARTINEAU (Henri). L'Œuvre de Stendhal. Histoire de ses livres et de sa pensée. Albin Michel, 1951, in-8°, 638 pp, notes, broché, bon état

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Par Henri Martineau (1882-1958) – "Un homme qui méritait l'estime, l'affection et la reconnaissance de tous les lettrés disparaît brusquement, enlevé par une crise d'urémie. Nous ne verrons plus, au Divan, dans sa chère librairie peinte en bleu du Divan, sur laquelle passait vers midi l'ombre de Saint-Germain-des-Prés, s'affairer cet homme actif, mince et brun, que l'âge épargnait. Mais il a été surtout le grand prêtre du culte de Stendhal. Personne n'a scruté d'une loupe plus attentive les manuscrits de Grenoble ; rectifié, dans la biographie de Beyle, plus de menues erreurs de dates, interprété plus fidèlement ses cryptogrammes, ses anglicismes déroutants, les faux noms par lesquels il masquait ses amours, ses aventures ; Stendhal fut sa passion. Les trois quarts de chaque numéro du Divan, sa revue, à laquelle il se vouait avec un désintéressement héroïque, étaient pleins de découvertes sur l'auteur de la Chartreuse. Il a donné de ses œuvres complètes une édition parfaite. De gros volumes, l'œuvre de Stendhal, le Cœur de Stendhal (trois tomes), le fameux Petit dictionnaire stendhalien, le Calendrier de Stendhal, modèles d'érudition, de perspicacité; sur Stendhal méconnu, Stendhal et le salon de Mme Ancelot... Je pourrais, rien qu'en recopiant le catalogue de ma bibliothèque, allonger la liste. Ce sage avait donné un but à sa vie. Il rassasiait en Stendhal sa curiosité de l'homme, ses amours de l'Italie, sa ferveur d'historien du dix-neuvième siècle. Et son goût du style le plus vif et le plus français qui fût jamais." (Robert Kemp, Le Monde, 24 avril 1958)

241.          [MASPERO, François]. La Commune en images, 1871. Maspero/La Découverte, 1982, pt in-8° carré, 84 pp, 48 gravures, photographies et placards de l'époque reproduits, broché, couv. illustrée, bon état (Le Quillec, 570)

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"Cinquante illustrations d'époque, photographies, gravures, affiches. Une chronologie. Des récits des témoins, acteurs célèbres ou anonymes (Georges Arnold, Victorine B..., Louise Michel, P.O. Lissagaray, Henry Champy, Madame Noro, Maxime Vuillaume)." (4e de couverture)

242.          MAURANGE (Dr Gabriel). Livre de raison d'un médecin parisien, 1865-1938. Plon, 1938, in-12, 215 pp, broché, bon état

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Mémoires de Gabriel Maurange (1865-1938). Scientifique et médecin, il naquit à Bordeaux où, après avoir fait ses études classiques, il suivit les cours de la Faculté de médecine et fut interne des hôpitaux. Il vint ensuite à Paris, où il fut reçu docteur en médecine en 1889, avec une thèse intitulée : “De l'intervention chirurgicale dans la péritonite tuberculeuse”. Ce travail, le premier paru en France sur ce sujet, fit grand bruit dans le monde scientifique et est cité, depuis cette époque, dans tous les ouvrages classiques. Il fut un collaborateur assidu de la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, des Archives de Physiologie, de la Presse médicale, et présenta de nombreuses communications à l'Académie de médecine et autres sociétés savantes.

243.          MÉLIA (Jean). Les Idées de Stendhal. Mercure de France, 1910, in-12, 529 pp, ex. numéroté, broché, bon état

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Mélia était un compilateur scrupuleux dont la dévotion pour Stendhal ne fait aucun doute.

244.          MÉLIA (Jean). Stendhal et ses commentateurs. Mercure de France, 1911, in-12, 416 pp, ex. numéroté, broché, bon état

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C’est la consécration d’une gloire que de parler sans cesse d’elle comme on parle de celle des écrivains grecs ou latins ou des grands classiques français. La mémoire de Stendhal en doit être bien aise. Stendhal eut, en effet, le courage, pour la défense de ses théories, d’affronter toutes les opinions reçues et acceptées de ses contemporains. Il a dit lui-même qu’il désirait sur son compte la vérité la plus entière et la plus âpre. Il aimait la critique parce qu’il était animé d’un orgueil : celui de remplir noblement et le plus intellectuellement sa tâche.

245.          MÉTHIVIER (Hubert). Les débuts de l'Epoque contemporaine, de 1789 à 1851. Hatier, 1956, gr. in-8°, 544 pp, environ 220 portraits, gravures, cartes et plans, cart. illustré de l'éditeur, bon état

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Copieux manuel de classe de Première, rédigé conformément aux programmes de mai 1948 (Nouveau Cours d'Histoire, publié sous la direction de Victor-L. Tapié). — Table : 1ère période : La Révolution (p.3-127) ; Le Consulat et l'Empire (p. 128-275) ; 2e période : 1815-1852 (p. 276-543).

246.          MEYER (Arthur). Ce que je peux dire. La dame aux violettes. Salons d'hier et d'aujourd'hui. La comtesse de Loynes. Vers la mort. Plon, 1912, in-12, 431 pp, un portrait de la comtesse de Loynes sous serpente en frontispice, index des noms cités, broché, bon état

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Arthur Meyer était directeur du journal le "Gaulois". "Cet ouvrage est principalement consacré à la comtesse de Loynes, alias Marie-Anne Detourbay, dite Jeanne de Tourbey, une ancienne courtisane très prisée sous le Second Empire." (Bourachot, 286) — "Le nouveau volume de Mémoires que M. Arthur Meyer publie chez Plon ; sous le titre qui promet tant de curieuses anecdotes, "Ce que je peux dire", sera bien vite dans toutes les mains. C'est le récit gracieux et indulgent de cinquante années de vie parisienne ressuscitées pour le plaisir et la documentation du lecteur dans le cadre séduisant d'un des salons littéraires les plus recherchés et les moins républicains de la troisième République. A noter un curieux chapitre que M. Arthur Meyer consacre à la chevaleresque équipée du duc d'Orléans en 1890, au séjour du Prince. à la Conciergerie, à Clairvaux, etc. Notre éminent confrère le directeur du "Gaulois" a joué un rôle particulièrement actif, et jusqu'à ce jour peu connu, dans cet épisode inoubliable de la jeunesse ardente du prétendant..." (Le Figaro, 1912)

247.          MOLINARI (Gustave de). Les Clubs rouges pendant le siège de Paris. P., Garnier frères, 1871, in-12, vii-362 pp, une gravure en frontispice, reliure demi-chagrin aubergine, dos lisse, titres dorés (rel. de l'époque), qqs rares annotations crayon, bon état. Edition originale (Le Quillec, 1731 ; Del Bo, p. 102)

            70

Important document. Molinari rend compte des activités des multiples clubs révolutionnaires de Paris à la veille de l'insurrection. Un portrait vif et spontané des différents clubs rouges qui agitent la scène politique durant le siège de Paris. Bien que l'auteur se défende de faire porter la responsabilité de la Commune aux clubs rouges, ses articles sont révélateurs des idées et des positions politiques des citoyens de l'époque, et contribuent à expliquer comment la Commune a vu le jour. La table des matières donne une liste presque exhaustive de ces clubs. — "Journaliste, Rédacteur au “Journal des Débats”, Réactionnaire notoire, Mais son ouvrage : “Les Clubs rouges pendant le siège de Paris”, ne manque pas d'intérêt. Quelle que soit la volonté de dénigrement de Molinari, il donne un compte rendu parfois exact des séances... " (Arthur Adamov, La Commune de Paris, 1959) — "Dans “Les Clubs rouges pendant le siège de Paris”, Molinari défend la liberté d’expression. Il récuse l’accusation formulée contre les Clubs socialistes d’avoir fomenté la Commune, en insistant au passage sur leur rôle positif quant au moral de la population pendant le siège. Au contraire, c’est la suppression de la liberté d’expression et des Clubs par la force qui a amené la révolution rouge. Molinari insiste sur l’idée de la liberté d’expression comme nécessité pour le progrès des sciences. Certes, laisser les idées socialistes être diffusées et agiter les esprits est un mal, une menace qui pèse sur la liberté mais c’est « un mal nécessaire » dont on ne peut se priver que pour un mal bien plus grand..." (Olivier Golinvaux, 9 mars 2019) — "La rédaction de cet ouvrage était terminée le 15 mars 1871" (Le Quillec, 1731)

248.          NAPOLÉON III [Louis-Napoléon Bonaparte]. Oeuvres de Napoléon III. P., Amyot et Henri Plon, 1856, 3 vol. gr. in-8°, 480, 546 et 437 pp, reliures demi-basane verte, dos à 4 larges faux-nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison basane carmin (rel. de l'époque), dos lég. frottés, rousseurs, bon état

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Edition collective des oeuvres du souverain, parue en quatre volumes. – Tome I : L'idée napoléonienne ; Des idées napoléoniennes (1839) ; Fragments historiques 1688 et 1830 (1841) ; Réponse à M. de Lamartine ; Rêveries politiques (1832) ; Mélanges. – Tome II : Mélanges (suite) ; Extinction du paupérisme (1834) ; Analyse de la question des sucres (1842) ; Projet de loi sur le recrutement de l'armée ; Considérations politiques et militaires sur la Suisse (1833) ; Quelques mots sur Joseph-Napoléon Bonaparte (1844) ; Le canal de Nicaragua. – Tome III : Discours, proclamations, messages, de 1848 à 1855. – MANQUE le tome IV : Du passé et de l'avenir de l'artillerie.

249.          Revue Le Souvenir Napoléonien. L'essor économique sous le Second Empire (Adrien Dansette). Le Souvenir Napoléonien n° 293. Société d'Histoire Napoléonienne, 1977, in-4°, 32 pp, 10 gravures et 2 cartes, broché, bon état

            10

Introduction par Guy Godlewski. L'économie saint-simonienne, la révolution des transports, la libération des échanges, naissance des grands magasins parisiens. Etc.

250.          Revue Le Souvenir Napoléonien. Le coup d'Etat économique de janvier 1860. Le Souvenir Napoléonien n° 403. Société d'Histoire Napoléonienne, 1995, in-4°, 64 pp, 21 portraits et gravures, broché, bon état

            15

L'histoire d'un « coup d'Etat » économique : le traité de commerce de janvier 1860 entre la France et l'Angleterre (Jean Lambert-Dansette), etc.

251.          ROCHE (Maurice). Alfred de Vigny et l'ésotérisme. Blois, Editions du Jardin de la France, 1948, pt in-8°, 34 pp, un portrait de Vigny en frontispice, broché, couv. défraîchie, état correct. Edition originale, envoi a.s.

            20

Le premier ouvrage publié par Maurice Roche (1924-1997).

252.          ROTHSTEIN (Th. A.). Une époque du mouvement ouvrier anglais. Chartisme et trade-unionisme. Editions Sociales Internationales, 1928, in-8°, 342 pp, broché, couv. lég. défraîchie, bon état (Coll. Bibliothèque marxiste). Première et unique édition française

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"... Ce travail – un tableau du mouvement ouvrier anglais depuis les environs de 1832 jusqu'en 1914 – présente un intérêt réel. Ce qui compte c'est l'effort du prolétariat anglais pour la conquête des droits politiques ; effort déçu par le caractère bourgeois de la Réforme de 1832, et se renouvelant, au temps du Chartisme, par la revendication du suffrage universel. Sur deux points au moins, M. Rothstein apporte des contributions intéressantes à l'histoire du mouvement social. 1) II attire notre attention, mieux que personne ne l'avait fait avant lui, sur tout ce qui, dans les écrits du chartiste Bronterre O'Brien, prépare la doctrine marxiste de la lutte de classes ; et, puisque Karl Marx, au temps où il écrivit la Misère de la Philosophie, ignorait totalement la littérature prolétarienne anglaise, la question intéressante se pose des influences indirectes dans l'histoire des idées. – 2) Poursuivant l'histoire du mouvement ouvrier anglais après l'effondrement final du Chartisme en 1848, s'attachant à l'histoire du révolutionnaire Harney et de son groupe des « Démocrates Frères», M. Rothstein montre que le meeting de Saint Martin's Hall où prit naissance, en 1864, la première Internationale, ne fut pas le commencement absolu que trop souvent l'on paraît croire, mais au contraire l'aboutissant d'un long mouvement, spécifiquement britannique. Dans la deuxième partie du livre (la Période du Trade-Unionisme), il était difficile d'être aussi neuf, venant après tant d'autres. M. Rothstein réussit pourtant, par une utilisation habile des statistiques, à suggérer sur plusieurs points des solutions nouvelles... Bien entendu, le cœur marxiste de M. Rothstein bat très fort lorsqu'il raconte, en insistant sur le caractère révolutionnaire du mouvement, la fermentation qui travailla les trade-unions au cours des quatre ou cinq années d'avant 1914. Il aime à croire qu'elle aurait conduit l'Angleterre tout droit au socialisme, s'il n'y avait eu la guerre..." (Elie Halévy, Annales d'histoire économique et sociale, 1929)

253.          STRYIENSKI (Casimir) et Paul ARBELET. Soirées du Stendhal Club (Deuxième série). Documents inédits. P., Société du Mercure de France, 1908, in-12, 290 pp, broché, bon état. Edition originale sur papier d'édition numérotée à la presse, après 7 Hollande

            25

"Par M. Stryienski, le plus fidèle, le plus subtil, et le plus érudit des beylistes. Que l'existence du « Stendhal Club » soit réelle ou non, que l'auteur ne s'y réunisse qu'à ses pensées ou qu'aux aimables ombres de Louason, d'Alexandrine et de Métilde pour passer ses soirées stendhaliennes, qu'importe ?" (LG Pélissier, Annales du Midi)

254.          TAINE (Hippolyte). La Fontaine et ses Fables. Hachette, 1895, pt in-8°, vi-346 pp, broché, bon état

            25

"Le "La Fontaine et ses fables" établit déjà le contraste de la grandeur aristocratique et de la médiocrité moderne, contraste présent ou sous-jacent dans pratiquement tous les livres de Taine et qui fonde cette conscience esthétique de la décadence (...) Le développement conduit à célébrer la manière dont La Fontaine sait nous restituer la nature dans sa pureté originelle ; cette admiration pour la sensibilité et le talent du fabuliste montre la nature et les limites du sentiment de décadence chez Taine : attentif à décrire certaines des modalités concrètes du phénomène, Taine se refuse à toute complaisance et exalte la nature aux dépens de l'artifice, sans partager l'anti-naturalisme des décadents proprement dits.." (Jean-Thomas Nordmann, Romantisme, 1983)

255.          VIEL-CASTEL (Comte Horace de). Mémoires sur le règne de Napoléon III (1851-1864). Avec une introduction et des notes par Pierre Josserand. P., Guy Le Prat, 1942, 2 vol. in-12, 256 et 259 pp, 10 portraits gravés, caricatures et portraits-charge, index, les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-basane acajou, dos à 4 faux-nerfs pointillés, titres dorés, bon état (Coll. Jadis et naguère)

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Edition abrégée. — Tome I : 1851-1855 ; Tome II : 1856-1864. — "On lira avec plaisir ces mémoires pour tous les renseignements historiques qu'ils nous procurent sur la campagne d'Italie, sur la guerre de Crimée, sur les manœuvres diplomatiques du Second Empire. On les lira pour la description du salon de la princesse Mathilde qui complète l'évocation qu'en donnent les Goncourt. On s'intéressera à leur portée idéologique. D'une vieille famille aristocratique, Viel Castel semble parfois une sorte de déclassé, ni légitimiste, ni parfaitement bonapartiste et, bien entendu, en rien orléaniste ou républicain. Et il n'est pas inintéressant de pénétrer dans l'intimité d'un mémorialiste réactionnaire, d'en connaître le ressentiment, dès lors que le fiel qui en résulte est le viatique du talent. Œuvre noire, ces Mémoires s'imposent en fait comme lecture nécessaire à qui veut connaître le Second Empire dans son intimité..." (Jean-Louis Cabanes, Cahiers Edmond et Jules de Goncourt)

256.          WALDECK-ROUSSEAU (Pierre). Action républicaine et sociale. P., Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle éditeur, 1903, in-12, v-410 pp, broché, dos factice, sinon bon état. Edition originale, envoi a.s. (nom du destinataire découpé)

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Recueil des discours et interventions de Waldeck-Rousseau prononcés devant différentes assemblées entre le 30 novembre 1899 et le 17 février 1902. Classés par thème : Assistance publique - Hygiène publique - Prévoyance, mutualité - Police - Grèves, syndicats, coopératives - Cultes (1899-1902).

257.          WALDECK-ROUSSEAU (Pierre). Questions sociales. P., Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle éditeur, 1907, in-12, viii-378 pp, mention de 3e mille, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs filetés soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état

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Recueil des discours et interventions de Waldeck-Rousseau prononcés devant différentes assemblées entre le 3 mars 1881 et le 4 février 1900. Classés par thèmes : Les employés des Compagnies de chemin de fer - Sociétés de secours mutuels - La protection des enfants abandonnés - Le chômage. Rôle de l'Etat - Les grèves - Les associations ouvrières - Les syndicats professionnels - Arbitrage entre patrons et ouvriers - Travail et capital : le progrès social. — "Dans la biographie que Pierre Sorlin consacre à Waldeck-Rousseau, il écrit sur Waldeck-Rousseau et les idées sociales : « Il est facile de critiquer Waldeck-Rousseau, de montrer que son programme néglige les réalités du moment. Ce procès à distance n’a pas d’intérêt. Mieux vaut souligner à quel point l’attitude du député de Rennes tranche sur celle de ses contemporains. Au Parlement il est un des rares opportunistes à admettre qu’il existe un problème social et à considérer que les travailleurs ne sont pas de toute éternité voués à la misère. En dehors de Tolain, Nadeau dont l’origine sociale est bien différente, Waldeck-Rousseau est avec Brousse le seul bourgeois à vouloir s’occuper correctement du prolétariat. Il n’est évidemment qu’un théoricien. Il s'accroche à un mythe, à une fantomatique association ouvrière, mais il entend aussi se renseigner, lit les journaux syndicaux, reçoit les ouvriers, et ce souci d’informations lui fait honneur »." (François Ewald, La politique sociale des opportunistes (1879-1885), 1992)

De 1914 à nos jours

 

258.          ABELLIO (Raymond). Ma dernière mémoire. I. Un faubourg de Toulouse, 1907-1927. Gallimard, 1971, in-8°, 226 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Blanche)

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Premier volume (sur 3) des mémoires de Georges Soulès, dit Raymond Abellio (1907-1986). Dans ce récit des vingt premières années de sa vie, Abellio a voulu éclairer les étapes de sa démarche intellectuelle et spirituelle. Abellio est né en 1907 dans un faubourg de Toulouse où l'influence cathare a laissé de nombreuses traces. Il est issu d'une famille de montagnards ariégeois. Sa jeunesse à la fois solitaire et protégée, s'est déroulée sans révolte entre l'école, l'église et le terrain de rugby. Son entrée à Polytechnique qui n'était pas le fait d'un choix délibéré met un terme à la première partie d'une aventure intellectuelle.

259.          ABELLIO (Raymond). Les Militants, 1927-1939. Ma dernière mémoire, II. Gallimard, 1975, in-8°, 316 pp, broché, bon état (Coll. Blanche)

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Deuxième volume (sur 3) des mémoires de Georges Soulès, dit Raymond Abellio (1907-1986). Dans ce second volume de son autobiographie, tout différent du premier, Raymond Abellio raconte ses souvenirs de militant socialiste entre 1927 et 1939. L'étudiant pauvre, le polytechnicien, l'ingénieur des Ponts et Chaussées traverse l'époque tourmentée de l'entre-deux-guerres et son évolution spirituelle correspond à celle d'un monde mouvant.

260.          ARON (Raymond). L'Opium des intellectuels. Calmann-Lévy, 1955, in-8°, 337 pp, broché, pt C. de bibl. sur la page de titre, couv. lég. salie, état correct (Coll. Liberté de l'esprit). Edition originale sur papier d'édition (il y a eu 50 ex. sur vélin alma, dont 40 numérotés)

            20

Ce livre est devenu un classique. Raymond Aron y prend vivement à partie les intellectuels compagnons de route du parti communiste, notamment Sartre et le groupe des Temps modernes, et analyse les raisons de leur aveuglement. Il montre comment la volonté de croire en un avenir enchanté peut conduire à refuser de voir la réalité d'un système qui piétine la liberté et la dignité humaines. Ce message peut continuer à nourrir une éthique intellectuelle telle que la définissent les dernières lignes du livre : "Si la tolérance naît du doute qu'on enseigne à douter des modèles et des utopies, à récuser les prophètes de salut, les annonciateurs de catastrophes. Appelons de nos voeux la venue des sceptiques s'ils doivent éteindre le fanatisme."

261.          BARDOUILLET (Marie-Christine). La Librairie du Travail (1917-1939). Maspero, Centre d’histoire du syndicalisme, 1977, in-8°, 255 pp, introduction de Jean Prugnot, corrections et réflexions de Marcel Hasfeld, 20 reproductions de documents, annexes (biographies des militants, liste chronologique des livres et brochures édités par la Librairie du Travail, biblio), broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"La Librairie du travail fut une toute petite entreprise, plus riche d'idées et de dévouements que de biens matériels : une boutique de librairie, assortie d'une bibliothèque de prêt et d'une maison d'édition, située dans un quartier populaire de Paris, et inspirée par la révolution sociale. On y fut anarchiste à l'origine (1917), communiste orthodoxe à la grande époque bolchevique (1920-1927), trotskyste ensuite. « On », ce fut essentiellement Marcel Hasfeld, un Parisien, fils d'artisans juifs immigrés, qui vécut de divers petits métiers et fit vivre l'entreprise à peu près seul avec une ténacité et une foi extraordinaires. M.-C. Bardouillet a travaillé de première main d'après la liste des publications de la Librairie du travail et tout ce qui en subsiste d'archives ; elle a en outre recueilli le témoignage d'Hasfeld, elle lui a enfin soumis le texte de son mémoire pour recueillir ses observations, voire ses critiques et corrections, qui sont aussi imprimées à la suite. Cela donne un ouvrage dont on voit le double intérêt ; d'abord une contribution à l'étude de l'extrême-gauche indépendante de l'entre-deux-guerres, avec ce souci aigu de la culture, de la formation des hommes, de l'émancipation de l'esprit, de l'émancipation par l'esprit qui est le meilleur héritage du XIXe siècle laïque, démocratique et social, – et puis la mise à jour et l'évocation d'un type homme, d'un type de militant, bien daté si l'on veut, mais d'un relief assez impressionnant. Pour tout cela, qui peut intéresser bien d'autres lecteurs que les spécialistes d'histoire du « mouvement ouvrier », cette monographie méritait publication, et le Centre d'histoire du syndicalisme mérite gratitude." (Maurice Agulhon, Annales ESC, 1979)

262.          BENJAMIN (Walter). Ecrits autobiographiques. Christian Bourgois, 1994, gr. in-8°, 421 pp, traduit de l'allemand, édition établie et annotée par le Prof. Schweppenhauser et le Docteur Rolf Tiedemann, notes, biblio, broché, bon état (Coll. Choix-Essais)

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Ce volume rassemble la plupart des textes autobiographiques de Walter Benjamin. De 1906 à sa mort, Benjamin, sans avoir, semble-t-il, tenu régulièrement de journal, obéit à sa propre injonction : "Ne laisse passer aucune pensée incognito, et tiens ton carnet de notes avec autant de rigueur que les autorités tiennent les registres des étrangers." Ce registre, Benjamin l'ouvre à l'occasion de voyages (Italie), d'une rencontre importante (Brecht) ou lorsque affluent les souvenirs d'enfance : c'est alors la “Chronique berlinoise”, d'autant plus précieuse qu'elle n'est rythmée que par l'épiphanie du souvenir. On sait que Benjamin proscrivait le "je" de ses textes ; s'il semble déroger à cette règle ici, c'est au moyen de la note, où celui qui écrit se tait pour laisser parler les choses et fixer les idées au moment où elles surgissent. Ces textes, souvent fragmentaires, témoignent par leur diversité de la cohérence d'une pensée ; ils ne livrent pas seulement les matériaux infatigablement recherchés des chantiers à venir, il donne à lire le parcours d'une vie où les crises personnelles font souvent entendre leur écho.

263.          BERBEROVA (Nina). L'Affaire Kravtchenko. Arles, Actes Sud, 1990, in-8° oblong, 289 pp, traduit du russe, broché, couv. illustrée, bon état

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Quand s'ouvre le procès Kravtchenko contre les Lettres françaises, le 24 janvier 1949, il apparaît tout de suite que ce procès en diffamation va tourner au procès du régime soviétique et que la question de fond qui est posée là est celle de l'existence de camps de concentration en URSS. Les Lettres françaises appellent des témoins prestigieux qui affirment sous serment qu'il n'y en a pas et qu'il ne saurait y en avoir. On n'a encore entendu parler ni d'Une journée d'Ivan Denissovitch, ni de Soljenitsyne, ni du mot "goulag". Kravtchenko, lui, a fait venir des victimes, des "personnes déplacées". Et parmi ces témoins, une femme, Margarete Buber-Neumann dont le témoignage produit un effet considérable. Nina Berberova (qui passe sa dernière année en France) se trouve sur les bancs de la presse. Elle a compris ce qui se joue dans ces débats : non pas le sort de Kravtchenko, auquel elle ne s'intéresse guère, mais... la vérité. Sa stupeur d'émigrée consternée par l'aveuglement des témoins de la défense, sa révolte contre le prestige usurpé d'un pouvoir criminel, et sa détermination à saisir l'occasion du procès pour contribuer, si peu que ce soit, à l'émancipation de l'opinion occidentale, lui inspirent des portraits, de petits commentaires incrustés dans le compte rendu, parfois simplement des sous-titres – mais ils sont acérés comme des fléchettes d'acier. Aujourd'hui, nous lisons ce document sans étonnement peut-être, mais avec un effroi considérable. C'est cela, l'effet Berberova : la rigueur du compte rendu, l'acuité du regard, la nécessité de la justice et l'efficacité du style. (Hubert Nyssen) — Née en 1901, exilée en France dans les années vingt avec son premier compagnon, le poète Khodassevitch, puis aux Etats-Unis où elle a pris la nationalité américaine, Nina Berberova est morte à Philadelphie en 1993.

264.          BERDIAEV (Nicolas). Les Sources et le sens du communisme russe. Gallimard, 1951, in-12, 250 pp, traduit du russe, broché, bon état (Coll. Les Essais, VIII)

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Berdiaev (1874-1948) a approché le bolchevisme dans un grand nombre d’ouvrages, dont certains sont spécialement consacrés à ce sujet. Parmi ces derniers, on trouve notamment son recueil d’essais, “Un Nouveau Moyen Âge” (1924), son article « Vérité et mensonge du communisme » (1931) et son livre “Les Sources et le sens du communisme russe”, conçu en 1933, écrit en 1935, publié d’abord en 1937 en anglais et en allemand, puis en 1938 en français et en 1955 en russe. Malgré l’attitude critique de Berdiaev envers la démocratie bourgeoise, Lénine le qualifiait de « nouveau philosophe de la démocratie bourgeoise » et de représentant de « l’intelligentsia bourgeoise et libérale ». — "... C'est en connaissance de cause que Nicolas Berdiaev exposera en 1937 les “Sources et le sens du communisme russe”. Arrêté et déporté par les tsars, il était, en 1917, du côté de la Révolution. Mais, profondément chrétien, il sera accusé d'activités contre-révolutionnaires, arrêté par la Tchéka et expulsé en 1922. Sa pensée est ce qu'il appelle une « philosophie prophétique ». Du début jusqu'à la fin, le pathos de Berdiaev a été celui d'un Russe. Le problème des rapports entre l'Orient et l'Occident a façonné son esprit. Il se sentait « porteur du problème et de la mission de la Russie ». Le paradoxe, c'est que Berdiaev essaie de donner à sa révolte contre l'Occident une expression nettement occidentale. La Russie serait pour lui le sol privilégié du personnalisme..." (Jean-Louis Dumas, “La conception de l’histoire chez les slavophiles”, in Revue Russe, 1994)

265.          BLACKBURN (Julia). Lady in satin. Billie Holiday, portrait d'une diva par ses intimes. Rivages, 2015, gr. in-8°, 331 pp, traduit de l'anglais, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, état correct

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Ce livre unique en son genre a toute une histoire. Durant les années 70, une jeune femme du nom de Linda Kuehl entreprit d'écrire une vaste biographie de Billie Holiday. Pendant des lustres, la journaliste réalisa les interviews de plus de 150 personnes ayant approché, de près ou de loin, la chanteuse de jazz. Malheureusement, Linda Kuehl disparut tragiquement en 1978, et le projet resta dans les cartons, jusqu'à ce que la romancière et biographe anglaise Julia Blackburn, des années plus tard, ne tombe par hasard sur ses précieuses archives et n'achève cet extraordinaire travail. A partir des témoignages exceptionnels (et souvent bruts de décoffrage) de ses intimes – amis, amants, musiciens, managers, rivales – mais aussi de fêtards des nuits d'Harlem, de souteneurs, de dealers ou d'agents des stups, Lady ln Satin dresse un portrait totalement inédit et absolument bouleversant de cette immense et tragique diva, offrant en même temps une chronique à la fois flamboyante et crue sur une période entière de l'histoire du jazz. — « Ce nouveau livre consacré à Billie Holiday est particulièrement bienvenu. Aucun ouvrage ne restitue le contexte de sa vie et de son travail de manière aussi éclatante. » (Toni Morrison) — « Captivant ! (Julia Blackburn) donne vie à tout ce qu'elle touche. » (Mail On Sunday)

266.          BLUM (Léon). A l'échelle humaine. Gallimard, 1945, in-12, 184 pp, préface de Bracke (A.-M. Desrousseaux), broché, bon état

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Sur les causes profondes de la défaite et la faillite de la bourgeoisie comme classe dirigeante. Une réflexion sur le Front populaire, dont la rédaction fut terminée en captivité, au mois de décembre 1941 avant le procès de Riom.

267.          BOBROWSKI (Czeslaw). Formation du système soviétique de planification. Paris, La Haye, Mouton & Co, 1956, gr. in-8°, 92 pp, broché, bon état (Ecole pratique des hautes études. VIe section. Sciences économiques et sociales. Centre d'études économiques. Etudes sur l'économie et la sociologie des pays slaves. I.)

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"Auteur d'un livre justement apprécié sur “La Yougoslavie socialiste”, C. Bobrowski étudie ici la planification soviétique, et notamment le premier plan quinquennal. Comme le titre le suggère, l'auteur s'intéresse moins aux méthodes de planification en elles-mêmes qu'à la manière dont elles ont été façonnées par les conditions historiques et sociologiques, depuis les premiers tâtonnements de 1918 jusqu'à l'heure actuelle. Il souligne avec raison que le système soviétique doit infiniment moins à la réflexion des théoriciens qu'à l'improvisation de techniciens mus par des considérations politiques. C. Bobrowski conclut que la méthode consistant à donner une priorité absolue à certains objectifs, quelles que soient les conséquences sur l'ensemble de l'économie, et sans même que le coût des sacrifices ainsi imposés soit calculé, aboutit souvent à des gaspillages. En même temps, il souligne que ces méthodes étaient à certains égards bien adaptées à la Russie de l'époque des premiers plans, et qu'elles ont permis de jeter en quelques années les bases du développement ultérieur de l'industrie. Dès le début, écrit-il, le régime « a mieux su manier des grandes masses humaines. allumer leur enthousiasme, les soumettre à des contraintes efficaces et même impitoyables, que rechercher les formules d'organisation vraiment efficaces ». L'essai suggestif de C. Bobrowski constitue une contribution très utile à la compréhension non seulement de l'organisation économique de l'URSS. mais de l'histoire des années 1917 à 1933 en général." (Stuart R. Schram, Revue française de science politique, 1958)

268.          BRIGNEAU (François). Mon après-guerre. Editions du Clan, 1966, in-8°, 365 pp, reliure toile bordeaux décorée de l'éditeur, rhodoïd, bon état. Edition originale imprimée sur papier bouffant, envoi a.s.

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Le grand roman, qui n'en est pas un, de l'Après-Guerre, de la réinsertion difficile des exclus de l'Epuration, de la conquête d'une petite place au soleil sans renier un idéal et de la résurgence, encore bien timide, de la droite nationale jusqu'à l'exécution du colonel Bastien-Thiry « le dernier mort de mon Après-Guerre ». Toute l'histoire du mouvement national de 1945 à 1962 contés avec la verve, la gouaille et la chaleur de François Brigneau... François Brigneau, de son vrai nom Emmanuel Allot (1919-2012), est issu d'une famille bretonne laïque, son parcours le classe d'abord à gauche, plutôt du côté des socialistes avant de s'engager du côté des néosocialistes, partisans d'un pacifisme intégral face à la menace hitlérienne, dont le chef de file était alors l'ancien leader socialiste Marcel Déat. François Brigneau le suivra ensuite dans la création du parti collaborationniste, le Rassemblement national populaire (RNP). Un engagement sans faille qui le conduira ensuite dans les rangs de la milice. Emprisonné à Fresnes à la Libération dans la même aile que l'écrivain collaborationniste Robert Brasillach, auquel il consacrera, d'ailleurs, un de ses cahiers. Il restera lié au beau-frère de celui-ci, Maurice Bardèche, principal défenseur des thèses révisionnistes en France. Toujours en référence à l'auteur de “Notre avant-guerre”, François Brigneau écrira plus tard “Mon après-guerre”. Dès sa sortie de prison, n'ayant renoncé en rien à ses idées, il s'engage aux côtés de Jean-Marie Le Pen au sein du Front national pour l'Algérie française (Fnaf). Il continue par ailleurs son activité de journaliste, de polémiste en participant à la création du journal « Rivarol ». Il intègrera ensuite les rédactions de « Minute » puis finira par signer dans « National-hebdo », le journal du Front National.

269.          Collectif – Jindrich Dejmek, Bohumila Ferencuhova, Antoine Marès. La naissance de la Tchécoslovaquie et la France : un chemin commun vers une Europe démocratique, 1914-1925. Ministerstvo zahranicnich veci CR, 2008, in-8° à l'italienne (30 x 21), 159 pp, 23 illustrations et cartes en couleurs sur 12 pl. hors texte, notes, documents, biographies (Benès, Philippe Berthelot, Aristide Briand, Clemenceau, Ernest Denis, Louis Eisenmann, Masaryk, Stefan Osuky, Raymond Poincaré, Lev Sychrava, Milan Stefànik), chronologie, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état. Texte bilingue tchèque et français

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Fruit d’une collaboration franco-tchéco-slovaque, présentée à Paris par les Archives du ministère français des Affaires étrangères et européennes avec le concours du musée de l’Armée, ce catalogue d'exposition retrace, au travers de documents d’archives, traités, publications, photographies, films d’actualité, extraits musicaux, objets et œuvres d’art, l’accession à l’indépendance des Tchèques et des Slovaques et leurs relations avec la France de la veille de la Première Guerre mondiale aux accords de Locarno (1925) : – les liens intellectuels et artistiques établis depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, – l’engagement en faveur de la France, dès l’été 1914, des Tchèques et des Slovaques installés à Paris, – les relations de Tomas Garrigue Masaryk, Edvard Benès et Milan Stefànik avec les dirigeants français, – la participation à la guerre des volontaires tchécoslovaques, – la proclamation de l’indépendance (28 octobre 1918) et les traités de paix, – les relations politiques, mais aussi culturelles et artistiques jusqu’au milieu des années vingt.

270.          DEACON (Richard). Les Services secrets chinois. Plon, 1976, in-8°, 314 pp, traduit de l'anglais (“A History of the Chinese Secret Service”), cart. éditeur, jaquette illustrée, qqs soulignures stylo, bon état

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"Contrairement à leurs homologues américains et soviétiques, les services secrets chinois font relativement peu parler d'eux. Il est vrai que leurs agents sont assez discrets et que les déserteurs sont rares. Aussi, pour retracer l'histoire de l'espionnage en Chine, et surtout ses développements récents (jusqu'en 1974), Richard Deacon affirme-t-il qu'il a dû procéder à une longue enquête... Auteur d'ouvrages sur les services secrets britanniques et soviétiques, il a cherché encore une fois à écrire un livre d'histoire comme un roman d'espionnage. Le récit y gagne certes en couleur, mais l'ouvrage y perd peut-être en rigueur. Deacon met d'abord en scène des personnages. Comme Agnès Smedley, communiste américaine, mêlée à l'enlèvement de Tchiang Kaï-Chek en 1937, agent du réseau Sorge mais travaillant en même temps pour les communistes chinois et en contact direct avec Chu Teh (l'actuel président de l'Assemblée nationale chinoise). Comme Tai Li, le chef des services secrets du Kuomintang ; ou encore Kang Shen, l'énigmatique maître d'œuvre du réseau communiste. Enfin, comme le Japonais Kinkazu Salonji, prince et communiste, probablement mêlé au réseau Sorge, puis représentant officieux de Tokyo auprès des Chinois jusqu'en 1970... L'époque la plus fascinante décrite par Deacon est sans doute celle qui précède la seconde guerre mondiale : ballet de réseaux, les services des grandes puissances s'entrecroisent et se recoupent avec ceux de Tchiang Kaï-Chek et de Mao. Des réseaux mis en place par Tchiang Kaï-Chek, aux Etats-Unis par exemple, vont servir de base dans certains cas à ceux de Mao lorsque le Kuomintang s'effondrera. C'est aussi par un agent infiltré dans le réseau de Tai Li que Kang Chen apprendra que les Etats-Unis fabriquent une bombe atomique. L'exploit le plus remarquable des services de renseignements communistes sera de mettre tout en œuvre non seulement pour faire revenir des savants chinois des Etats-Unis mais aussi pour obtenir les informations qui permettront à la Chine de fabriquer sa propre bombe. Deacon note que les Chinois ont de l'espionnage une conception différente de celle des Soviétiques, dont ils trouvent les méthodes chères, maladroites et dépassées. Ils commencent par chercher, souvent par le biais de l'Agence Chine nouvelle, avance Deacon, l'information que chacun peut se procurer. Par une série de recoupements, ils arrivent à des conclusions. Laborieux, ce travail permit cependant en 1973 de révéler le nom de deux chefs des services de renseignements britanniques..." (Le Monde, 21 février 1976)

271.          DEVILLERS (Philippe). Ce que Mao a vraiment dit. Stock, 1968, in-8°, 292 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée lég. défraîchie, bon état. Edition originale, ex. du SP

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"Ph. D. s'est proposé de présenter au grand public les extraits les plus significatifs de l'œuvre de Mao Tsé-toung, grande période par grande période, en les assortissant de courtes introductions sur l'évolution personnelle de l'homme et sur celle de la révolution chinoise. Spécialiste des problèmes de l'Asie du Sud, il ne prétend pas faire comprendre la personnalité ou la pensée du « guide génial » de Pékin, mais refléter l'image qu'il montre à l'homme de la rue étranger. Il y a, on le sait, deux œuvres de Mao : l'œuvre réelle (textes originaux) et l'œuvre officielle (textes « choisis », retouchés). L'auteur n'a retenu que des extraits de la seconde, en expliquant que ce à quoi il s'intéresse est exclusivement « la pensée de Mao telle qu'elle est actuellement diffusée dans le monde » : « Nous avons estimé que [ces textes] sont ceux que la Chine et ses dirigeants tiennent pour "valables", à l'exclusion des "versions originales" qui ont désormais une valeur plus historique qu'idéologique ». L'historien peut chercher à savoir ce que Mao a « vraiment » dit ; politiquement, ce qui compte, selon P. D., c'est ce que, actuellement, il prétend avoir dit jadis." (Revue française de science politique, 1969)

272.          DREISER (Théodore). L'Amérique tragique. P., Rieder, 1933, in-8°, 411 pp, traduit de l'américain par Paul Nizan, broché, bon état

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Une critique au vitriol de la situation économique, politique et sociale aux Etats-Unis au lendemain de la grande crise de 1929. Theodore Dreiser, auteur de « la Tragédie américaine », remet en cause tout le way of live américain, pour démontrer la démence du principe capitaliste qui sacrifie la personne humaine à la production. Ce livre eut un certain succès dans les milieux progressistes, anti-capitalistes, en Europe occidentale et en France en particulier. — "Cet ouvrage, écrit par un romancier réputé, n'a rien d'un roman ; ce n'est pas non plus une description purement scientifique et objective de l'Amérique contemporaine, bien qu'il soit fortement documenté et contienne beaucoup de faits instructifs. C'est un réquisitoire passionné contre le capitalisme, tel qu'il fleurit aux États-Unis, et contre les innombrables abus qu'il engendre, au dire de l'auteur ; mais un réquisitoire n'est pas forcément mensonger et la passion semble souvent perspicace. Dans le volume, on trouvera beaucoup de renseignements précis sur la concentration industrielle, sur le développement des sociétés par actions, des trusts, des holdings, sur les agissements des hommes d'affaires et des banquiers. M. Dreiser décrit, de façon impressionnante, l'influence exercée par ces puissances capitalistes sur les élections, les politiciens, les fonctionnaires, les tribunaux et même la Cour suprême de justice de la République américaine ; on nous montre là une corruption s'exerçant sur une grande échelle, au profit de quelques milliers de capitalistes et au détriment de la grande masse de la population ; on nous fait voir les intérêts des travailleurs trahis, même par ceux qui devraient les défendre, c'est-à-dire par les dirigeants de la Fédération américaine du travail. La police – publique comme privée – se trouve, nous dit-on, au service des puissances d'argent, et il y a souvent une véritable terreur exercée par la ploutocratie. Les institutions charitables, les Églises mêmes sont à la dévotion de cette dernière. Il est vrai que les municipalités et les États ont organisé un certain nombre, de services publics (par exemple, pour l'électricité), monopoles qui fonctionnent tout à l'avantage de la population ; mais ces institutions, encore peu nombreuses, ont de la peine à lutter contre les grandes sociétés capitalistes, qui ont accaparé la plupart de ces services publics, même le télégraphe et le téléphone. Enfin, l'auteur nous montre tout ce capitalisme effréné, maître des États-Unis et qui déborde sur le reste du monde. Il rêve d'un régime un peu analogue au gouvernement soviétique de Russie, sur lequel il semble, d'ailleurs, se faire quelques illusions..." (Revue Historique, 1933) — "Comme tous les pays, l'Amérique a plusieurs visages et pour discerner celui qui est le vrai, il faudrait beaucoup de pénétration. M. Dreiser n'en manque certes pas et sans doute, rien de ce qu'il écrit dans ce livre n'est-il inexact. Mais sa vision dramatique du réel ne lui a permis d'en voir que les ombres. L'Amérique qu'il nous dépeint est un abominable enfer social. Hypocrisie, règne de la force et de l'argent, corruption des fonctionnaires publics, violation des lois, asservissement des intelligences, sécheresse de cœur des classes dirigeantes, ignorance et bétise des dirigés, etc... voilà tout ce que l'auteur voit dans son pays, ce qu'il dénonce avec force d'arguments de fait et avec une sombre passion. Faut-il avouer que, pour un natif de la vieille Europe si .souvent chapitrée avec tant de hauteur par les « moralistes » américains, il y a quelque joie à voir ces gens du Nouveau-Monde ainsi tancés par un des leurs ? L'Amérique nous a surabondamment montré depuis quelques années que sa moralité politique, économique, sociale avait encore de grands progrès à faire. Nous sommes loin de la juger aussi monstrueusement tarée que M. Dreiser, mais nous pensons qu'elle pourra tirer profit de ce livre « traduit de l'américain » ainsi que l'écrit le traducteur, M. Paul Nizan, et qui parait non seulement écrit, mais pensé, en américain, c'est-à-dire avec cette outrance qui est peut-être, au fond, la cause unique de tous les dérèglements qu'il dénonce." (Roger Picard, Revue d'histoire économique et sociale, 1933)

273.          FANGIO (Juan Manuel), avec la collaboration de Marcello Giambertone. Ma vie à 300 à l'heure. Plon, 1961, in-8°, 308 pp, 16 pl. de photos hors texte, cart. éditeur (lég. défraîchi), jaquette illustrée, bon état

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Juan Manuel Fangio (1911-1995) est un pilote automobile argentin. Cinq fois Champion du monde de Formule 1 (en 1951, 1954, 1955, 1956 et 1957), il a dominé la discipline reine du sport automobile dans les années cinquante, étant jusqu'à ce jour le seul pilote à être sacré champion du monde dans quatre écuries différentes. Grâce à ses exploits et à son unique pourcentage de victoires sur Grands Prix disputés (24 victoires sur 51 Grands Prix, record absolu), nombreux sont ceux qui le considèrent comme le plus grand pilote de l'histoire.

274.          FIELD (Joseph Albert) et Thomas Cushsman HUDNUT. L'Algérie, de Gaulle et l'armée, 1954-1962. Arthaud, 1975, in-8°, 207 pp, traduit de l'américain, préface du colonel Pierre Tanant, 4 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. de Joseph A. Field

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La tragédie vécue par l'armée, les rapports de celle-ci avec le général de Gaulle après son accession au pouvoir en mai 1958, les rapports entre l'armée et la population, tout est décrit avec un constant souci de l'histoire. Et l'on arrive à la "fronde des généraux" dont les actions font l'objet de minutieuses études ; on assiste à leur procès, on suit leurs années de captivité jusqu'à leur retour à la liberté. Le colonel Tanant, auteur de "L'Algérie, 4 ans d'une vie", a bien voulu préfacer ce livre et apporter la caution d'un officier qui a vécu le drame de l'armée en Algérie. Les auteurs sont deux universitaires américains qui se sont consacrés à cette étude pendant trois ans.

275.          FRANCK (Louis R.). Les Etapes de l'économie fasciste italienne. Du corporatisme à l'économie de guerre. P., Editions du Centre polytechnicien d’Etudes économiques, 1939, gr. in-8°, 282 pp, broché, lég. défraîchi, bon état. On joint 3 coupures de presse de 1942 sur l'économie italienne et un tiré à part sur "La situation sociale, économique et financière de l'Italie" (Actualités et documents, 1938, 8 pp)

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"Au cours des cinq dernières années, le gouvernement fasciste a dû abandonner l'illusion de créer un État corporatif en faveur d'une économie de guerre drastique basée sur l'autarcie italienne. L'auteur, déjà distingué pour ses solides travaux sur l'économie et la politique italiennes, reconstruit les étapes qui ont permis ce changement. Son récit se fonde presque entièrement sur des statistiques fascistes, qu'il cite abondamment." (Robert Gale Woolbert, Foreign Affairs, Jan 1940) — "M. R, Franck est un des meilleurs connaisseurs de l'Italie contemporaine. Dès 1934, il s'intéressait aux aspects économiques du régime fasciste et publiait un livre remarquable sur les doctrines et les réalités économiques et sociales de ce régime. (...) Son analyse tend à démontrer que dans l'économie fasciste, tout se tient, que cette économie est équilibrée, qu'elle est stable, à condition que la dictature subsiste et s'affirme de plus en plus dans le nouvel impérialisme. Dépourvu de phraséologie politicienne, admirablement documenté, soucieux en même temps et du sort de l'Italie et de l'avenir du monde, le livre de M. L. R. Franck constitue une belle œuvre de science et de sympathie humaine." (Georges Bourgin, Politique étrangère, 1939)

276.          GAUTHEROT (Gustave). Derrière le Rideau de Fer. La vague rouge déferle sur l'Europe. Editions Hermès, 1947, in-8°, 257 pp, 2e édition revue et augmentée, une carte, index, broché, état correct

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"Cet ouvrage a été édité en 1946, à une époque où le pays est sous influence communiste jusque dans ses sphères intellectuelles et éditoriales. L'auteur est Gustave Gautherot, ancien sénateur, qui a déjà développé le thème de l'impérialisme rouge avant la guerre. « La vague rouge déferle sur l'Europe avec la force d'une grande marée. » Le communisme n'est donc plus l'ennemi ?, s'étonne l'auteur avant d'évoquer à son tour « le rideau de fer abattu sur la ligne Lübeck-Trieste. Le monde civilisé, "capitaliste", est de la sorte empêché de savoir ce qui se passe en Eurasie ; les populations soviétiques, de leur côté, ne peuvent comparer leur sort à celui des populations occidentales (...). Soulever ou percer le rideau de fer, dévoiler ce que ses machinateurs entendent cacher, tel est l'objet de la présente étude ». L'auteur analyse alors le sort qui est fait à chacun des pays situés de l'autre côté du rideau de fer : la Finlande, les pays baltes, la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Yougoslavie, la Hongrie, la Tchécoslovaquie... L'Autriche et la façon dont l'Armée rouge y occupe sa zone est ensuite évoquée : « Nul ne conteste l'héroïsme jadis déployé par ces soudards ; mais l'héroïsme mis au service de l'inhumanité en aggrave encore le danger et les Autrichiens savent que l'occupation de l'Autriche par les Russes n'a pas le caractère exclusivement militaire, stratégique et provisoire de celle des Alliés occidentaux. » Last but not least, l'Allemagne, déjà appelée « le problème allemand ». L'auteur évoque notamment les dangers d'une Prusse occupée par la Russie, tant les affinités entre les deux pays sont grandes. Une Allemagne « nationale-bolchevique » est en gestation, prophétise-t-il. En conclusion, « le monde actuel se divise en deux camps . le camp soviétique et le camp anglo-saxon, ou plutôt latino-anglo-saxon, car il s'agit de défendre contre une nouvelle barbarie la civilisation d'origine occidentale ». Une seconde édition actualisée suit en 1947. Entre les deux éditions, les communistes français sont entrés au gouvernement. Ils y détiennent, horresco referens, le ministère de la Défense nationale. « Le but est clair : substituer une armée rouge à l'armée nationale. » (p. 16)..." (Claude Quétel, Histoires des murs, 2012) — "L'ouvrage de M. Gautherot est une mine inépuisable de documents historiques... Félicitons-le de sa courageuse analyse historique qui démontre le cynisme de la diplomatie soviétique à la poursuite de son objectif : la conquête du monde au moyen des cinquièmes colonnes communistes, instruments de la dictature slavo-marxiste."(Montréal, Lectures t. 2, n° 5-6, 1947)

277.          GOUSSEFF (Catherine)( dir). Moscou 1918-1941. De “l'homme nouveau” au bonheur totalitaire. Autrement, 1993, gr. in-8°, 349 pp, 41 photos et dessins, 5 plans, chronologie, biblio, biographies des auteurs, broché, couv. illustrée, bon état

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Détrônée pendant deux cents ans par Pétersbourg, Moscou reconquiert ses droits historiques grâce à la révolution. Rebaptisée capitale en mars 1918, elle est désormais la scène où se déploie le nouveau pouvoir. Des premiers temps chaotiques, utopiques des années 20, à l'édification du socialisme dans les années 30, Moscou devient le laboratoire où révolution et modernité cherchent leur mode d'expression. Après les premières années de règne des avant-gardes, de flou social qui caractérise la NEP, celles de la construction du "socialisme réel" posent les bases du "régime" stalinien. Deux décennies placées sous le signe de la conquête et de l'innovation, dans un espace idéologique qui dérive progressivement de l'utopie totalisante à la modernité totalitaire. Un temps qui s'est imprimé surtout à Moscou. Et pourtant, pour avoir incarné la quintessence du communisme, la ville a-t-elle vraiment été appréhendée pour elle-même ? Aux yeux du monde elle reste un symbole plus qu'une réalité. Elle a capté les espoirs et toutes les phobies, se constituant en écran du monde nouveau, sans dévoiler sa face singulière et insolite, ses lieux, ses contradictions, sa dimension tragique mais aussi quotidienne. — "Ce numéro de la série « Mémoires », consacré à Moscou entre les deux guerres et dirigé par Catherine Gousseff, aborde avec un grand souci d'objectivité, et en évitant la plupart du temps la froideur des analyses, l'une des périodes les plus complexes de la ville aux « quarante fois quarante coupoles », dont le destin bascula en mars 1918 lorsque Lénine et le gouvernement bolchevik décidèrent d'y transférer la capitale de la nouvelle République des soviets ; elle devint alors l'objet des plus grands bouleversements urbains et sociaux, le creuset des utopies les plus folles, puis la vitrine d'un « bonheur totalitaire » qui coexistait avec des procès retentissants et la terreur au quotidien. C'est à travers des « lieux de mémoire » démystifiés, des épisodes parfois peu connus des relations entre le pouvoir, les intellectuels et les artistes que C. Gousseff et la quinzaine d'auteurs, venus des divers horizons des sciences sociales, ont tenté de reconstituer la mosaïque éclatée de Moscou dans les années qui suivirent la révolution et jusqu'à l'engagement de l'Union soviétique dans la seconde guerre mondiale..." (Dominique de Lapparent, Revue d'études comparatives Est-Ouest, 1994)

278.          GRANCHER (Marcel-E.). La Gueule et le ... Reste (Souvenirs roses) Tome II. Editions de la Pensée moderne, 1975, pt in-8°, 284 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale, ex. du SP

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A Shanghaï – à l'époque, “la perle de l'Extrême-Orient” ! Grancher y est le voisin d'un pasteur anglican qui voudrait le ramener dans les sentiers de la religion et l'invite fréquemment pour cela, à boire quelques whiskies... La femme du pasteur, elle, est du genre “en retard d'affection”. Et, un soir que son mari prie à voix haute : “Seigneur, fortifiez-moi ! Seigneur, dirigez-moi !” elle s'écrie : – Qu'il s'occupe seulement de vous fortifier ... Moi, je me charge de vous diriger. Telle est l'une – entre 300 autres – des impayables “histoires vécues” que l'auteur de “5 de Campagne” vous raconte dans ce livre... — "Ainsi que je l'ai annoncé dans "Adieu Mâchonville" – qui a constitué le tome I de ces souvenirs – le présent volume est irrévocablement le dernier de ceux que j'aurai écrits. Irrévocablement ! Je pourrais, certes, invoquer mon âge et la centaine de bouquins figurant déjà à mon palmarès. Mais je dirai simplement que je ne me sens plus à l'aise dans l'atmosphère actuelle où les joyeux lurons dont je faisais volontiers mes compagnons, toujours prêts à chanter en choeur, à vider la bouteille et à trousser les filles, ont peu à peu fait place à des camarades syndiqués, la bouche amère, plus prompts à la haine qu'à l'amitié et utilisant mal les loisirs qu'ils réclament tant. Quant aux mignonnes, elles ne rêvent, elles, que de faire l'amour avec des chevaliers casqués et bardés de cuir, à la condition que ces étreintes soient garanties ... quant aux conséquences... par la sécurité sociale. Les temps n'en sont donc pas à la rigolade, et je préfère abandonner, tel un vieux boxeur qui a livré trop de combats. Mais j'ai voulu, avant de quitter mes lecteurs, leur adresser un ultime adieu qui explosât comme un feu d'artifice de gaieté – et c'est pourquoi, alors que le premier tome précité fut plutôt réservé aux souvenirs sérieux – n'exagérons rien – on ne trouvera dans celui-ci que les blagues, canulars et facéties ayant émaillé mon existence. Mon ambition a été de vous faire éclater de rire à chaque page. C'est peut-être prétentieux, mais je crois y avoir réussi !... Riez donc un bon coup, afin d'oublier un instant les enquiquinements que nous devons à notre charmante époque – fiscalité, paperasserie, politique, hargne, vie chère, télévision, surpopulation, grèves, circulation, pollution et autres morpions qui se collent au cœur du pauvre homme – Ce sera toujours ça de pris !..." — "Ce livre de souvenirs nous apprend que c’est Grancher qui a reçu chez lui Simenon lors de la fameuse conférence que ce dernier donna au théâtre des Célestins en 1937. L'auteur nous précise : « Georges Simenon, venu pour faire une conférence au théâtre des Célestins, dîne à la maison, ravi de trouver en ma femme une de ses compatriotes. Après le repas, nous l’emmenons faire un tour dans les rues chaudes. – Pas mal votre beaujolais, déclare le père de Maigret, assez bien arrangé. Mais chez nous en Belgique, nous avons des boissons très bonnes... Et de nous préparer – et d’ingurgiter – un horrible mélange de genièvre et de bière... Nous revenons au beaujolais. Puis pour faire plaisir à notre hôte, nous retournons, au bière-gin... Jusqu’à l’aurore. Le lendemain, la conférence s’en ressent... » C’est après la conférence que Frédéric Dard pourra parler à Simenon, car il n’a pas été invité au repas donné par Grancher, mais en outre, Simenon rejoindra ensuite Grancher et d’autres amis non identifiés pour terminer la nuit avant de reprendre le train." (De Dard et d'autres)

279.          GRENIER (Fernand). Réponse à André Gide. Les Editions des Amis de l'Union soviétique, s.d. (1937), in-12, 47 pp, préface de Jean Lurçat, broché, bon état. Edition originale en dépit d'une mention fantaisiste de 10e millle au 1er plat

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La réplique du Parti au "Retour de l'URSS" d'André Gide. — "A partir de novembre 1936, et même avant (démarches d’Aragon, entre autres), les communistes vont tenter de lutter contre Gide et ce qu’il dit dans son “Retour de l’URSS” Gide est devenu un « renégat » qui, en dépit de la guerre d’Espagne (l’argument utilisé par Aragon pour tenter de retarder la publication) ose dire du mal de l’URSS « au moment où celle-ci a le plus besoin d’être soutenue » ! Mais, d’abord surpris, les communistes n’en viennent à l’exclusion totale et à la grosse artillerie qu’avec la publication du “Retouches à mon retour de l’URSS” (1937) Tous les arguments, même les plus vils, sont utilisés. On insinue que la publication répond à une âpreté au gain (le Retour s’est vendu à 146.300 exemplaires entre sa publication et septembre 1937, avec 8 réimpressions). On évoque son homosexualité « déçue », voire du masochisme (André Wurmser dans “Russie d’aujourd’hui”). L’association des Amis de l’Union soviétique (AUS), dont la mission principale est la défense de l’URSS, va sans doute mener la bataille la plus active contre Gide. André Wurmser et Fernand Grenier, son secrétaire général, livrent plusieurs articles dans Russie d’Aujourd’hui. Dès novembre 1936, ils mettent aussi en place des conférences contradictoires contre l’écrivain et éditent cette brochure en 1937. Gide est alors définitivement passé du côté des ennemis de l’URSS qui, comme Citrine, Trostky, Victor Serge, Kléber Legay… sont (selon les AUS) capables des pires mensonges pour arriver à leurs fins. Gide est alors devenu un pestiféré pour une partie de l’intelligentsia progressiste..." (Rachel Mazuy)

280.          HALIOUA (Bruno). Ces malades qui ont dirigé la France. Secret médical, secret défense. Balland, 2007, in-8°, 254 pp, notes, index, broché, bon état

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La Ve République a donné des pouvoirs sans précédent au Président. Si l'étendue de ses responsabilités justifie amplement une étroite surveillance médicale, l'opinion publique doit-elle pour autant être informée de son état de santé ? Ce débat, entre intérêt général et respect de la vie privée, n'en finit pas de faire couler beaucoup d'encre. De la fin du général de Gaulle à l'accident vasculaire de Jacques Chirac, en passant par l'agonie de Georges Pompidou et le cancer de François Mitterrand, le docteur Bruno Halioua, pour la première fois, décrit l'attitude de ces chefs d'Etat face à la maladie et à la mort, celle de leur entourage et de leurs médecins, les stratagèmes dont ils ont usé dans ces moments difficiles... Son enquête apporte un nouvel éclairage sur l'histoire de la vie politique française, jalonnée de silences et de mensonges. Au travail de l'historien se mêlent les préoccupations d'un observateur politique à l'approche de l'échéance présidentielle. Les futurs candidats ont accepté de faire connaître dans ce livre leur position sur la transparence médicale et témoignent ainsi de leur conception du bon fonctionnement démocratique de notre société.

281.          HO CHI MINH. De la Révolution, 1920-1966. Textes rassemblés et présentés par Bernard B. Fall. Plon, 1968, in-8°, 495 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Ce recueil d'écrits qui s'ouvre sur le discours prononcé par Ho Chi Minh au Congrès de Tours en 1920, mais contient aussi les poèmes composés en prison, illustre de manière fascinante la vie encore imparfaitement connue du leader révolutionnaire vietnamien. Vie qui a été, et est encore, une lutte constante contre les forces du colonialisme et de l'impérialisme et à travers laquelle transparaît en filigrane l'histoire même du Vietnam. Si l'on voit comment Ho a été gagné au communisme, on est frappé davantage encore par la ferveur de son nationalisme. Bernard B. Fall a introduit les textes par une utile biographie où il souligne que Ho, loin d'être un théoricien, est avant tout un homme d'action. Les textes eux-mêmes ont, pour la plupart, été traduits d'un recueil publié à Hanoï en 1960-1962." (Revue française de science politique, 1969)

282.          HOURWITZ (Jacob-Nathan). Lettre au "Cher Blum". Editions du Siècle, 1925, in-12, 122 pp, broché, bon état (Coll. Les Pamphlets du Siècle). Edition originale

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Un pamphlet antisémite, dirigé contre Léon Blum et signé d'un pseudonyme fortement judaïsé. Cet Hourwitz imaginaire est supposé envoyer une longue missive d'URSS à « son cher Léon Blum » en lui donnant quelques conseils pratiques pour consolider son pouvoir en France. L'auteur conseille même vigoureusement des expériences de cannibalisme et l'instauration de « boucheries prolétariennes » productrices de « corned-man » où l'on conserverait soigneusement « la peau de bourgeois tannée » pour la ganterie, la maroquinerie et la reliure, en utilisant par ailleurs les os calcinés pour la confection du jus de bettrave et les viscères pour la nourriture des animaux...

283.          JAUBERT (Alain). Dossier D... comme drogue. Le Milieu et la politique... Les Gros Bonnets... Les financiers et les filières... Alain Moreau, 1973, in-8°, 640 pp, nombreux documents, copieux index, broché, bon état

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Les affaires Labay, Simonpieri, Delouette, Mertz, Ricord, Césari... — « Lundi 4 juin 1973, 19 heures – Un visiteur demande à être reçu immédiatement. Il se présente comme un ami de celui que les Américains appellent « Monsieur Héroïne ». Son nom: Sylvio G... Le but de sa visite : me dissuader de publier cet ouvrage et de mettre en cause « Monsieur Héroïne ». Quatre heures d'explications ne me convaincront pas de renoncer à ce livre. Ou de censurer l'auteur. Les moments forts de l'argumentation : Si je publie cet ouvrage : — je prends un risque commercial pour ma maison. J'ai tort. — « on » ne me menace pas physiquement, mais... Si je ne le publie pas : — je sera! largement dédommagé de mes frais engagés ; et je n'aurai pas affaire à des ingrats... Qu'est-ce qui fait donc courir ainsi « Monsieur Héroïne » et ses amis qui ne sont pourtant pas seuls, et il s'en faut de beaucoup, à être mis en cause dans ce livre ? Alain Jaubert répond, en ouvrant ce « dossier D... COMME DROGUE ». Remontant patiemment les filières, disséquant leur mécanisme, dénonçant les compromissions, s'appuyant sur des documents officiels incontestables, citant des noms inattendus, l'auteur de cet ouvrage courageux apporte la plus éclatante démonstration sur la manière dont « le milieu » a réussi à gangréner un certain personnel poritique, qui partage avec lui la responsabilité du trafic des stupéfiants en France. Et les profits... » (Alain Moreau, 4e de couverture)

284.          KRAVCHENKO (V.-A.). J'ai choisi la liberté ! La vie publique et privée d'un haut fonctionnaire soviétique. Editions Self, 1947, in-8°, 638 pp, traduit de l'américain par Jean de Kerdéland, reliure demi-basane fauve mordorée, dos à 5 nerfs, titres dorés, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), pt trace de mouillure ancienne sur la tranche, bon état

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"... Dans ce livre, qui a connu la plus large diffusion possible (on parle d'une vingtaine de traductions dans le monde à partir de l'édition originale en américain et de plus de 500.000 exemplaires vendus en France même) et qui a été l'objet d'une large « médiatisation » à l'occasion du procès auquel il a donné lieu au début de 1949, tout est dit sur la nature, le fonctionnement et les redoutables effets du système soviétique. L'information n'a pas été réellement contestée par l'intelligentsia non communiste (tout juste a-t-on pu dire que la présentation en était « romancée »...), mais tout a été fait pour qu'elle ne soit pas reconnue et qu'il n'y en ait pas d'usage. Il a fallu attendre le rapport Krouchtchev en 1956 et, six ans plus tard, “Une journée d'Ivan Denissovitch” de Soljénitsyne pour que, non seulement tombent les écailles, mais que les actes commencent à suivre. (...) Kravchenko, c'est d'abord un livre, un gros livre de plus de six cents pages, un livre fleuve. Sans doute son auteur n'est-il pas le premier à porter témoignage des aspects négatifs de la réalité à l'Est. Dès avant-guerre, des « voyageurs » ont été pris de remords (Gide, Céline) et des « exilés », plus tard, ont fait des révélations (Victor Serge, Arthur Koestler), sans parler de la connaissance quasi directe que l'on avait déjà des procès de Moscou. L'originalité et la force de “J'ai choisi la liberté” viennent de la nature et du niveau des responsabilités occupées par Kravchenko ; le caractère ou l'allure autobiographique du récit (en sous-titre : « La vie publique et privée d'un haut fonctionnaire soviétique ») contribue aussi à son intérêt. En suivant les étapes de la vie et de la carrière d'un homme, le lecteur prend une connaissance concrète des problèmes et rentre dans l'intimité des interrogations et des tourments. Il est significatif que cette construction et cette écriture aient été prises comme telles et, comme telles, décriées, c'est-à-dire par là même où le texte risquait de faire mouche. (...) Kravchenko n'est pas de la génération qui a fait la révolution ; en revanche, il est de celle qui a été appelée à construire le socialisme. D'une certaine manière, il est le produit d'une société, d'un système qu'il contribue lui-même à produire. A ce titre, il constitue une sorte de cobaye actif : ce qu'il dit, il le donne à voir à partir de lui-même. Or, sur trois points essentiels, son apport est capital et n'a en aucune manière été démenti par les «découvertes» qui ont accompagné les décennies récentes : on peut même dire que le livre de Kravchenko est beaucoup plus précis et beaucoup plus percutant que la plupart de ceux qui sont parus ultérieurement. Ces trois points essentiels sont : la « dékoulakisation », les purges, le goulag." (Louis Bodin, "Autour de Kravchenko", Politix, 1992)

285.          LE BEC (Dr E.). Lourdes et la Franc-maçonnerie. Conférence faite à la Grande Loge de France. P., Alsatia, s.d. (1938), in-12, 43 pp, broché, bon état. Peu courant

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Le docteur Edouard Le Bec, médecin catholique, membre de la Société Saint-Luc depuis l'origine, est directeur du comité parisien et président du conseil national en 1904. Ce spécialiste de chirurgie obstétrique exerce à l'hôpital Saint-Joseph. À partir de 1892, il s'intéresse à la question des guérisons de Lourdes et publie par la suite plusieurs ouvrages et brochures : Preuves médicales du miracle (1917) ; Critique et contrôle médical des guérisons surnaturelles (1920) ; Lourdes et la Franc-maçonnerie (1938).

286.          MORRIS (Ronald L.). Le jazz et les gangsters, 1880-1940. Le Passage, 2002, in-12, xi-127 pp, traduit de l'américain, 19 photos dans le texte, notes, appendices, biblio, index, broché, couv. illustrée, état correct

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Que seraient devenus Duke Ellington, Louis Armstrong, Earl Hines ou King Oliver sans les gangsters qui les employaient ? Ces 'mobsters' et ces 'racketeers', souvent juifs ou siciliens, n'étaient pas aveuglés par les préjugés racistes qui empêchaient l'establishment blanc d'apprécier et de soutenir les musiciens noirs. Dans les clubs qui proliférèrent pendant la Prohibition, ils assurèrent la sécurité de l'emploi nécessaire à la constitution d'orchestres stables et à la maturation d'un style. Et ce sont les politiciens conservateurs qui, en faisant de la Mafia leur bouc émissaire, ont mis fin à l'âge d'or du jazz. À l'appui de cette thèse étonnante, Ronald Morris propose une enquête et une documentation exceptionnelles, une peinture réaliste de la vie des premiers musiciens de jazz et du milieu de la pègre à la Nouvelle-Orléans, à Chicago, New York et Kansas City. Ronald L. Morris lève ainsi le voile sur un pan méconnu de l'histoire de la culture populaire. Les gangsters, conclut-il, se sont comportés avec les 'jazzmen' comme les grands mécènes de la Renaissance : « Il n'y eut peut-être jamais, dans toute l'histoire de l'art, d'association plus heureuse. »

287.          MUGNIER (Abbé). Journal (1879-1939). Mercure de France, 1990, fort in-8°, 639 pp, texte établi par Marcel Billot, préface de Ghislain de Diesbach, notes de Jean d'Hendecourt, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

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Témoignage irremplaçable sur la Belle Epoque que ce journal de celui qu'on avait surnommé "l'aumônier du Ritz". — De 1879 à 1939, l'abbé Mugnier a tenu un journal : soixante ans de vie sacerdotale et mondaine de celui qu'on a pu appeler le « confesseur des duchesses ». Dans les salons parisiens les plus huppés, l'abbé Mugnier offrait pourtant l'aspect déconcertant d'un curé de campagne, avec ses gros souliers carrés et sa soutane élimée. Il s'était imposé par les qualités les moins faites pour réussir dans un tel univers : la modestie, la sensibilité et la fraîcheur d'âme. Mais il admirait cette société et aimait plus encore la littérature. Les grands écrivains français (... et les autres) se retrouvent dans ce journal. Ils sont tous là, mêlés aux gens du monde, aux hommes politiques. C'est le « temps retrouvé », le monde de Proust qu'évoque jour après jour ce journal, document irremplaçable, et merveilleux roman de mœurs. — "Surprenant de fraîcheur et de liberté, l'auteur conduit d'une main sûre le lecteur dans le labyrinthe du Paris de la Belle Epoque et de l'entre-deux-guerres. La fête commence avec Boni de Castellane, Victor Hugo, Jules Vallès et se termine avec Mauriac, Céline (qui fait l'éloge de Vallès), les Windsor et Léon Blum. On entend courir le temps. L'abbé regrette le passé, ne parle que de son époque et s'adresse à la postérité. Avec sa soutane élimée et ses gros croquenots, il ressemble à un curé de campagne, mais règne sur la ville par des mots sublimes. Ce sont eux qui cimentent son journal." (Daniel Rondeau, L'Express)

288.          NORA (Pierre). Les Français d'Algérie. Introduction par Charles-André Julien. Julliard, 1961, in-12, 252 pp, broché, couv. très lég. salie, pt morceau de scotch en haut du dos, qqs marques au crayon en marges, bon état. Edition originale sur papier d'édition

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"D'un séjour de deux ans en Algérie, Pierre Nora rapporte cet ouvrage : essai et non livre de science, mais cependant livre d'historien. Le comportement des Français d'Algérie est ici tout ensemble expliqué et jugé. Pierre Nora nous en propose une minutieuse analyse psychologique, qui prend appui sur sa propre expérience, sur les événements récents et sur les enseignements du passé. Aux grandes lignes de cette interprétation, C.-A. Julien apporte sa caution, dans une introduction où il évoque ses propres souvenirs, notamment sur l'élaboration du projet Blum-Viollette. Contre le talent d'écrivain, la finesse d'esprit dont tout le livre témoigne, on aimerait ne devoir pas se défendre. (...) L'ouvrage de Pierre Nora est doublement un témoignage : témoignage sur les Français d'Algérie, mais également sur les réactions de la métropole affrontée au drame algérien, sur nous-mêmes et sur notre avenir. Avant de voir les choses telles qu'elles sont, il faut vouloir ouvrir les yeux. Que des jeunes comme Pierre Nora s'y essayent donnera confiance à tous les historiens qui, comme lui, veulent vivre aujourd'hui." (Marc Perrichet, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962) — "Cet essai a paru en mars 1961, au moment le plus dramatique et incertain de la guerre d'Algérie : au lendemain du référendum sur l'autodétermination, qui ouvrait la voie à une négociation sur l'indépendance, et à la veille de l'insurrection du « quarteron de généraux » décidé à tout pour conserver l'Algérie française. Retour d'Algérie, où j'avais été professeur à Oran, j'avais écrit à la hâte ce petit livre, qui analysait en historien et en citoyen engagé la responsabilité des pieds-noirs dans cet engrenage tragique. Ma sévérité de jugement à l'égard d'Albert Camus et de Germaine Tillion, icônes du progressisme libéral, fit en particulier scandale..." (Pierre Nora, 2012)

289.          PAGÉ (Suzanne) et Aline VIDAL ( dir). Années 30 en Europe : le temps menaçant 1929-1939. Paris-Musées, Flammarion, 1997, in-4°, 573 pp, 339 illustrations en couleurs et 625 en noir (oeuvres de Ernst, Derain, Matisse, Kobro, Hoerle, Scipione, De Chirico, Carrà, Dalì, Mirò, Tanguy, Brauner, Matta, Evans, Cahun, Wols, Mondrian, Giacometti, Hepworth, Gabo, Moholy-Nagy, Villon, Baumeister, Fontana, Schwitters, Kandinsky, Moore etc.), notices biographiques, annexes, chronologie, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

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Catalogue de l'exposition du Musée d'Art moderne de la Ville de Paris du 20 février au 25 mai 1997. Contributions de Michel Winock, Eric Michaud, José Vovelle, Gladys Fabre, Gérard Audinet, etc.

290.          PROST (Antoine). Les Anciens Combattants, 1914-1940. Julliard, 1977, in-12, 246 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, notes et références, broché, bon état (Coll. Archives). Edition originale

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Ce grand livre, consacré aux « gueules cassées » de la Grande Guerre, n'est pas seulement le mémorial des survivants des tranchées. Construit à partir de témoignages de tous ordres, il est aussi un livre d'analyse : il dresse la première évaluation du poids politique réel dans l'entre-deux-guerres d'une France décimée. Les Anciens Combattants, moins acteurs que témoins, pèsent par leurs réactions, leurs opinions, leur comportement collectif, et d'abord leur existence même, qui atteste de l'ampleur du traumatisme de la guerre. Ils révèlent ainsi des attitudes et des mentalités largement partagées par les Français des années trente. A travers eux s'expriment le souvenir durable d'un massacre sans précédent, des formes de sociabilité, des convictions morales et politiques, des manières d'être qui semblaient naturelles, charriées par un mouvement de masse – ils sont plus de trois millions d'adhérents. A l'image de la nation en armes, on rencontre chez eux des réactionnaires, des autoritaires, quelques révolutionnaires ; mais aux antipodes de l'image qu'on en donne habituellement, loin de l'esprit militaire, des ligues ou du fascisme, ils sont dans leur immense majorité, comme le pays, républicains, patriotes et pacifistes.

291.          ROUGEMONT (Denis de). Journal d'une époque, 1926-1946. Gallimard, 1968, in-8°, 596 pp, broché, couv. à rabats un peu salie, bon état (Coll. Blanche)

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Les journaux non intimes ici réunis décrivent les relations mouvementées entre un individu qui se rêvait privé et les réalités collectives, qui l'éveillent à la conscience du «désordre établi», et le contraignent à l'engagement... Au “Journal d'un intellectuel en chômage (1933-1935)”, depuis longtemps introuvable, au “Journal d'Allemagne (1935-1936)” détruit par les Nazis et au “Journal des deux mondes (1939-1946)” augmentés d'importants inédits, s'ajoute ici “Le Paysan du Danube (1926-1929)”, écrit de jeunesse resté confidentiel. Le rapprochement en un volume d'ouvrages espacés sur une vingtaine d'années est de nature à modifier la résonance de chacun d'eux et fait de l'ensemble, à bien des égards, une œuvre nouvelle...

292.          SADOUL (Yvonne). Tels qu'en mon souvenir. Renan, Jaurès, Lénine et tant d'autres. Grasset, 1978, gr. in-8°, 255 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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A deux ans, elle saute sur les genoux de son illustre cousin, Ernest Renan. A vingt ans, elle dîne avec Jean Jaurès pendant que sonnent les cloches de Bâle. Durant la guerre de 1914-1918, son mari, le capitaine Jacques Sadoul, est envoyé par le gouvernement français en mission à Moscou. Le premier, il annonce à Paris la victoire des bolcheviks : Il se lie avec Lénine, Trotski, Zinoviev, Kamenev, Rakovski, Krylenko. Yvonne Sadoul sera la première Française à entrer en Russie bolchévique. Plongée dans un monde en pleine mutation, elle y partage la vie de ses chefs. Jacques Sadoul, qui a refusé de gagner la France, est condamné à mort par contumace, pour désertion et trahison. Dès lors, il travaillera pendant des années pour la IIe Internationale. La vie clandestine de son mari amène Yvonne Sadoul à voyager – et de manière rocambolesque – dans l'Italie et l'Allemagne des années 1920. Elle ne cessera plus de soutenir, en France, les idées de son mari, participant notamment au congres de Tours, organisant avec des camarades la visite éclair de Clara Zetkin, etc. En 1940, elle est à Tahiti, au moment où l'atoll fait sécession pour se rallier à la France Libre. En 1943, elle est à Hollywood, qui vit à l'heure des succès de Duvivier, Renoir, René Clair, Eric von Stroheim. Une vie passionnante.

293.          SAINT-LOUP (Marc Augier, dit). Plus de pardons pour les Bretons. Presses de la Cité, 1971, fort in-8°, 574 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Les Patries charnelles, tome 3). Edition originale

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La France refusera t-elle tout pardon aux extrêmistes qui, depuis quarante ans, plastiquent les bureaux des percepteurs, les garages de C.R.S., et les monuments ? L'Eglise catholique va-t-elle supprimer ces processions qui déterminèrent la fortune touristique de la Bretagne ? Impossible de le savoir sans lire ce livre étrange où le merveilleux celtique des romans de la Table Ronde commande à une action intégrée dans l'histoire authentique du mouvement breton moderne. Qui a réellement. fait sauter le monument de Rennes en 1932 ? Pourquoi Debauvais, Lainé et Mordrel n ont-ils pas proclamé la Bretagne Iibre en 1940 ? Que penser de la « Bezen Perrot » et de l'assassinat du prêtre dont elle portait le nom ? En s'unissant à la Morigane, mystérieuse fille venue de Thulé, le Sinn Feiner irlandais Cian a-t-il engendré un véritable Druide doué de pouvoirs spéciaux qui, aujourd'hui, dirigerait Gwen ha Du, le mouvement secret breton dont police ignore encore tout après quarante ans d'enquête ? L'usine atomique des monts d'Arrée supprimera-t-elle la Bretagne dans un cataclysme nucléaire si Gwen ha Du ne réussit pas à redonner aux Bretons les libertés qu'ils réclament ?

294.          SAYERS (Michel) et Albert E. KAHN. La Grande conspiration contre la Russie. Ed. Hier et Aujourd'hui, 1947, fort in-12, 461 pp, traduit de l'américain, broché, bon état

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"Un « chef d’œuvre » stalinien oublié." (Jean Jacques Marie, Cahiers du mouvement ouvrier) — "Si l'Histoire du Parti communiste (bolchevique) du temps de Staline est un monument durable du mensonge historique le plus meurtrier, il existe aussi, de l'histoire stalinienne, des versions libérales et érudites. “La Grande Conspiration contre la Russie” de M. Sayers et A. E. Kahn fut un modèle du genre, avec son jeu de références et ses notes bibliographiques, utilisant aussi au besoin des ouvrages interdits en Union soviétique, comme “Ma vie” de Trotsky, mais au service d'une vision entièrement orthodoxe de l'histoire russe, avec, par exemple, des perles comme celle-ci : « La mort de Trotsky ne laissait plus qu'un seul candidat vivant au rôle de Napoléon en Russie : Adolf Hitler ». Au lendemain de la guerre et du front populaire des États, j'ai été le témoin de l'efficacité de ce type de discours..." (Pierre Vidal-Naquet, Un Eichmann de papier, 1980) — "... Ceux qui veulent connaître dans tous ses détails la conspiration trotskiste, ceux qui veulent apprendre ce que signifia le trotskisme pour la Russie ; ceux qu’il intéresse de savoir à quelle source viciée les trotskistes actuels puisent leurs arguments et les motifs de leurs provocations, qu’ils lisent ce livre : ils y trouveront l’histoire complète, minutieuse de cet homme que Lénine appelait le « Judas de la Révolution russe », et de tous ses adeptes vendus comme lui aux fascistes allemands et japonais. Sayers et Kahn, pierre après pierre, élèvent sous nos yeux la Cinquième colonne, qui, à l’intérieur de l’URSS, cherchait à ébranler, puis à perdre le régime soviétique. Ils montrent Trotsky lançant ses campagnes de propagande meurtrière, “tenant bon”, espérant la mort de Staline, et se reposant sur Hitler du soin de préparer son effondrement, avec l’aide de ses disciples ; Trotsky en qui vinrent se fondre tous les venins de l’antibolchévisme, et qui servit le capitalisme de tout son pouvoir, jusqu’à sa mort." (Léopold Durand, Cahiers du Communisme, n° 10, octobre 1947)

295.          SIEGFRIED (André). Tableau des partis en France. Grasset, 1930, in-12, 245 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état (Coll. Les Écrits). Edition originale sur papier courant

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Le caractère français ; Les facteurs déterminants de la politique intérieure ; Les facteurs déterminants de la politique étrangère ; Les cycles de notre politique intérieure depuis la guerre ; L'éventail des partis et des groupes ; Démocratie latine et démocratie anglo-saxonne. — "C'est parce qu'André Siegfried a toujours mené de front des études politiques (à la fois historiques géographiques, et psychologiques) et des études économiques, parce qu'il a consacré son attention non pas exclusivement à la France, ou à tel Etat étranger, mais aux puissances anglo-saxonnes, à l'Amérique latine, à la Méditerranée, à la Suisse autant qu'à son propre pays, qu'il les a les uns et les autres si bien compris : ce n'est pas minimiser la richesse d'un livre comme celui d'Albert Thibaudet sur “Les Idées politiques de la France”, publié presque en même temps que le “Tableau des partis en France” d'André Siegfried, que de constater combien la comparaison entre conceptions française et anglo-saxonne de la vie politique donne de profondeur à ce dernier ouvrage..." (François Goguel, “En mémoire d'André Siegfried”, in Revue française de science politique, 1959) — « Ce qui est vraiment nouveau dans notre vie politique, telle qu’elle a repris depuis l’armistice, c’est que les problèmes extérieurs se sont imposés à nous, suivant l’expression de M. Seignobos, “avec la force irrésistible des questions de salut public” ». — Le communisme français ne peut être répertorié comme un parti de gauche puisqu'il « se rit de cette discipline républicaine qu'instinctivement tout militant de la démocratie respecte ».

296.          SOISSON (Pierre). Histoire générale de l'Allemagne nazie, 1. Allemagne, réveille-toi ! Productions de Paris, 1967, in-8°, 480 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, biblio, cart. éditeur, sans la jaquette, bon état

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Tome I seul paru.

297.          TASCA (Angelo)(A. Rossi). Naissance du Fascisme. L'Italie de l'armistice à la marche sur Rome. Gallimard, 1967, in-8°, 497 pp, préface d'Ignazio Silone, avant-propos de Ch.-André Julien, 29 photos sur 16 pl. hors texte, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. La Suite des temps)

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Publié en 1938 sous le pseudonyme de A. Rossi, Naissance du fascisme analysait, avec une rare lucidité, l'apparition et le développement en Italie du phénomène historique le plus important de la première moitié du siècle. "De l'histoire la plus sûre", dit Charles-André Julien dans son avant-propos. Par l'ampleur et la sûreté de la documentation. Par cette passion qui anime et ne trahit pas. Par une prodigieuse curiosité des faits relevée d'un sens profond des forces politiques et sociales. Par un don d'écrivain. Mis au pilon pendant la guerre sur l'ordre des Allemands, cet ouvrage, dont la portée dépasse de beaucoup le cadre chronologique et géographique volontairement limité, reste encore, comme le souligne Ignazio Silone dans sa préface, "le meilleur, c'est-à-dire le plus vivant, le plus véridique, le plus instructif de tous ceux qu'on a publiés jusqu'à présent".

298.          TROTSKY (Léon). Ma vie. Edition abrégée en un volume. Editions Rieder, 1934, in-8°, 256 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Réédition de l'édition abrégée par l'auteur lui-même de son autobiographie écrite en 1929, augmentée d'une courte postface (l'édition originale a été publiée fin 1933).

299.          YSMAL (Colette). Les partis politiques sous la Ve République. Montchrestien, 1989, gr. in-8°, 312 pp, tableaux et cartes, biblio, broché, bon état

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"Le manuel que je suis en train d'achever sur “Les partis politiques sous la Ve République” n'a aucune prétention théorique. Mon problème n'est ni celui de la nature des partis comme "entreprise politique" ni celui de la fonction des partis dans un système politique donné (La France en l'occurrence). Ce manuel est né d'un "creux" signalé par ma fille étudiante à l'UFR 11 de Paris I et qui m'avait fait remarquer trois choses : – 1) Quand on veut trouver des renseignements sur les partis français aussi élémentaires que leurs dates de création, leurs filiations, leurs évolutions, on ne trouve rien. Le "Borella" est trop allusif et trop lacunaire. – 2) C'est vrai que beaucoup d'articles et de livres ont été consacrés soit à l'histoire de certains partis, soit à leurs stratégies, soit enfin à leurs adhérents, militants ou électeurs ; mais il n'y a rien qui résume d'une manière synthétique et accessible toutes ces données éparses. – 3) On nous enseigne des modèles de description des partis ou des modèles d'interprétation du phénomène partisan ; mais nous ne sommes pas capables de remplir, ni nous les étudiants, ni même les enseignants dont d'ailleurs ce ne semble pas être la préoccupation, les cases de ces modèles. Cet ouvrage s'insère donc dans la "fonction sociale" de la recherche. Il a été tout entier conçu autour de la question : qu'est-ce qui doit être dit des partis politiques en France sous la Ve République à des étudiants qui débutent dans la science politique, ou qui veulent tout simplement connaître un système politique dont les partis politiques sont partie intégrante ? ..." (Colette Ysmal, Politix, 1988)

1ère Guerre mondiale

 

300.          AIMÉ (Henri). Le Bandeau sur le front. P., Zurich, Georges Crès & Cie, 1917, in-16, 104 pp, une illustration en frontispice, reliure plein chagrin carmin, dos lisse avec titre doré, couv. et dos conservés, tête dorée (rel. de l'époque), dos et mors lég. frottés, bon état (Coll. Bellum). Edition originale sur papier courant

            30

Le titre du recueil s'explique par un jeu de mots : « nous sommes, dit l'auteur, sur le front (des armées) le bandeau bienfaisant ». — "Le combat du soldat pour la défense de la patrie s'était transposé dans le combat du médecin ou de l'infirmier contre la mort. C'est en se donnant l'impression de sauvegarder les forces de la patrie par le combat incessant qu'il menait pour sauvegarder des vies humaines qu'Henri Aimé, médecin dans une forteresse de l'Est, dépassa sa frustration de ne pas combattre : « Si le devoir les appelle sur le front, tous ces hommes, et si là, pour la défense du sol, ils dépensent et consument généreusement leur vie, nous, esclaves d'un devoir analogue, agents de la pensée vigilante et récupératrice, c'est sous ce propre front qu'il nous fait demeurer, afin de prêter nos forces attentives et secourables »." (Hélène Dequidt, La crise d'identité du monde médical français en 14-18, 1994) — "Répondant au docteur Aimé qui vient de lui envoyer son recueil, “Le Bandeau sur le front”, Guillaume Apollinaire écrira de ce livre : « ... il ressortit à ce surréalisme que je crois humainement parlant la formule de vérité actuelle...»." (Pierre-Marcel Adéma, Guillaume Apollinaire, 1968)

301.          AULNEAU (Joseph). Au Front Britannique. P., Renaissance du Livre, 1919, in-12, 271 pp, broché, papier lég. jauni, bon état

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"Les souvenirs rapportés par M. J. Aulneau de son séjour au front britannique, où il a brillamment servi, sont ceux d'un lettré et d'un érudit qui sait noter d'un trait pittoresque et rapide les faits et les impressions. Paysages désolés de la zone de feu, causeries entre officiers anglais et français qui montrent les différences essentielles de tempérament des deux races, douce et tragique idylle entre une jeune ouvrière des mines et un tommy, tout cela est, dans ces pages, dessiné sobrement, mais non sans couleur et sans émotion." (Revue critique des idées et des livres, 1920) — Né en 1879, Joseph Aulneau fut pendant la guerre lieutenant détaché auprès de l'armée britannique.

302.          BASTY (Fernand). Les Parias de la gloire, 1914-1918. P., L. Fournier, 1928, in-12, 240 pp, préface du commandant B. Léandri, liste alphabétique des militaires et civils cités, broché, bon état

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"L'auteur des « Parias de la Gloire » a voulu rendre hommage à l'humble combattant mort à l'ennemi. Il l'a fait d'une manière à la fois virile et touchante. Commandant de compagnie, puis de bataillon, F. Basty a vécu la vie du soldat, ses angoisses et ses espoirs. Il s'est penché sur la misère de ses hommes, il a découvert la beauté de leurs gestes. Son récit, qui affecte souvent la forme de l'autobiographie, est vibrant de reconnaissance pour sa belle troupe. Il accuse, chez l'auteur, un magnifique culte du souvenir. Ce ne sont peut-être que des mots, que de dire, avec l'éditeur de cet ouvrage, que « grâce à F. Basty, une centaine de petits soldats et de modestes chefs cle section vont sortir de l'anonymat, de l'oubli, pour entrer dans l'Histoire ». On ne garde pas moins de cette lecture une impression très forte où l'admiration se mêle au respect." (Revue militaire suisse, 1928)

303.          BEUMELBURG (Werner). La guerre de 14-18 racontée par un Allemand. Bartillat, 1998, gr. in-8°, 583 pp, traduit de l'allemand par L. Koeltz, préface de Gérard Chaliand, broché, couv. illustrée, bon état

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"Werner Beumelburg a écrit un des rares très bons livres sur la Grande Guerre. Son regard, qui est celui d'un historien mesuré, désireux de respecter les faits, complète admirablement l'œuvre, sur le même sujet, du Britannique Liddell Hart. Mais Beumelburg, avec un rare talent, réussit à mêler à la fois non seulement la guerre continentale et la guerre maritime, mais la relation froide des événements et le conflit tel qu'il est vécu et ressenti par le soldat. A la rigueur de l'historien il joint, de façon sensible, le savoir de la peau. Le sentiment physique de la guerre est ici présent." (Gérard Chaliand)

304.          CIVRIEUX (Commandant de). La Bataille du "Champ des Bouleaux" 191... (Extrait d’un précis d’histoire édité en 193...). P., Editions et Librairie, s.d. (1912), in-8°, 71 pp, préface du commandant Driant, député de Nancy (écrivain sous le nom de capitaine Danrit), une carte hors texte, broché, couv. lég. salie, bon état

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La Bataille du Champ des Bouleaux est l’un de ces opuscules qui anticipent la guerre de 14-18 et qui décrètent sur le mode de l’incantation la défaite de l’Allemagne. Le commandant de Civrieux s’exerce au passionnant jeu du « kriegspiel », supputant à l’avance comment l’armée du Kaiser pourrait être anéantie. Toutes les procédures des engagements sur le terrain y sont décrites, depuis les alliances française, belge et anglaise jusqu’à la mise en place des "troupeaux" (sic !) d’hommes sur le champ de bataille : "Dans la guerre qui s’ouvrait, munies soit de mitrailleuses perfectionnées, soit de tubes de lancement pour explosifs (récemment inventés et demeurés secrets), montés par les plus hardis pilotes que le monde ait encore vus, les esquifs de l’air devaient jouer un rôle inespéré et magnifique. Et, par-dessus ces préparatifs matériels (…) un souffle passait, le souffle de la confiance. Il soulevait les âmes ; légères, il les portait à la frontière sacrée, vers les chères provinces..." C’est par la Belgique, forcément, qu’attaqueront les Prussiens. Mais cette fois-ci, ils trouveront à qui parler : une masse énorme d’hommes appuyée par un matériel technique du dernier cri. Les différentes phases de l’engagement commencent avec l’attaque d’Apremont (le 17 août 191...) où les Allemands connaissent leur première défaite. Sous le commandement du général Bordeaux qui aligne les armées (de Lorraine, des Ardennes, d’Alsace) avec en ligne plus de 800.000 hommes et 3.000 pièces d’artillerie, se déroulera l’effroyable Bataille de l’Ourthe qui amènera les Français aux portes d’Aix la Chapelle. (...) Le soir du troisième jour, 800.000 cadavres jonchaient les guérets, les pentes des plateaux, les lisières des bois, les creux des ravins." Les Allemands, regroupés autour du Kaiser, se résignent à la confrontation finale sur le sol même de leur mère patrie, au lieu dit "le Champ des Bouleaux". Sur une éminence, au centre de la plaine de Westphalie, Wilhelm surveille les opérations militaires de la dernière chance, pour contrer la "furia francese". Il ne survivra pas à la fatidique journée, mourant écrasé sous les bombes lancées sur son abri alors que croulera son empire..." (Jacques Haesslé, 2013)

305.          DEDIJER (Vladimir). La route de Sarajevo. Gallimard, 1969, in-8°, 482 pp, traduit de l'anglais, 16 photos sur 8 pl. hors texte, une carte et 2 plans, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. La Suite des temps)

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L'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand, héritier présomptif de l'Empire austro-hongrois, le 28 juin 1914, en visite officielle à Sarajevo, capitale de la Bosnie, va précipiter l'Europe dans la guerre. S'agit-il d'un attentat isolé ? Quel est le rôle des services secrets des puissances ? Qui avait poussé le jeune étudiant bosniaque Gavrilo Princip à ce geste de désespoir aux conséquences incalculables ? Sur la route de Sarajevo, derrière le lycéen chargé de bombes, se pressent peu à peu d'autres groupes révolutionnaires, des ombres plus illustres et bientôt c'est un monde qui revit : société arriérée, coloniale, esclavagiste même, au territoire longtemps morcelé, travaillée par de sourdes aspirations à la liberté, à l'indépendance, à l'unité nationale ; Slaves du Sud dont la rebellion de type primitif – qui n'est pas sans évoquer les mouvements d'émancipation coloniaux – va fournir en Autriche, au parti de la guerre, le prétexte attendu pour étendre vers le sud le pouvoir des Habsbourg. Vladimir Dedijer, ancien officier des partisans qui chassèrent les nazis de Yougoslavie, journaliste dont la biographie de Tito a connu un succès mondial, historien et directeur de la publication des documents diplomatiques serbes, éclaire tout un arrière-plan balkanique que l'histoire des origines de la guerre avait jusqu'ici laissé dans l'ombre.

306.          DONNAY (Maurice). L'Impromptu du paquetage, pièce en un acte. P., Zurich, Georges Crès & Cie, 1916, in-16, 138 pp, reliure plein chagrin carmin, dos lisse avec titre doré, couv. et dos conservés, tête dorée (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état (Coll. Bellum). Edition originale sur papier courant

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"Maurice Donnay fait représenter pendant la guerre deux pièces de circonstance : “L'Impromptu du paquetage” et “Le théâtre aux armées” où il réagit finement contre le bourrage de crâne et la propagande officielle qui prêtait à la vie tragique des tranchées les couleurs d'une image d'Epinal." (Pierre Bathille, Maurice Donnay, son œuvre) — "À l’exception des revues amateurs que l’on joue dans les tranchées (et qui disent naïvement les réalités de la guerre), l’interdiction officielle de faire figurer tout uniforme sur scène condamne le théâtre de la période à représenter essentiellement les “drames de l’arrière”. Les figures féminines typiques de ces productions sont l’Infirmière et la Marraine de guerre – deux catégories sur-représentées au théâtre... Infirmières et Marraines, qui appartiennent en général à la bourgeoisie ou à l’aristocratie, sont présentées dans de nombreuses pièces comme des Anges protecteurs, symboles de la Patrie bienveillante, et figures d’un idéal de femme qui suscite chez le Poilu des rêveries romantiques sur le mélange des classes (par exemple dans “L’Impromptu du paquetage” de M. Donnay)..." (Joëlle Chambon, Fuite, amnésie, mutisme: le quasi silence du théâtre français sur la Grande Guerre, in Colloque “Dire la guerre”, 2014) — "Une suite de scènes délicieuses et touchantes de notre vie parisienne." (Les Annales du théâtre et de la musique)

307.          DUGARD (Henry). La Victoire de Verdun, 21 février 1916 - 3 novembre 1917. P., Perrin, 1918, in-12, x-288 pp, 2 cartes dépliantes in fine, 2 croquis dans le texte, biblio, broché, bon état. Edition originale, un des 10 ex. numérotés sur papier vergé pur fil des Papeteries Lafuma (seul grand papier)

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"... On trouvera dans les pages qui suivent quelques traits d'héroïsme de nos soldats. Il est impossible de les connaître tous. Ceux que je retracent suffisent à donner une image de cette armée de Verdun, qui a eu à supporter, sous la pluie, la neige, les bombardements les plus horribles, puis à contenir les assauts les plus violents, puis à en livrer elle-même de forcenés, qu'elle a réussis." (Préface) — Henry Dugard est le pseudonyme de Louis Thomas (1885-1962).

308.          DUPOUEY (Lieutenant de vaisseau Pierre). Lettres. Préface d'André Gide et introduction d'Henri Ghéon. Editions du Cerf, s.d. (1933), pt in-8°, 200 pp, broché, bon état

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Pierre, basé dans l'Adriatique au début de la guerre, se sent loin de l'action. Il rejoint les fusiliers marins sur le front de l'Yser. Le 3 avril 1915, la veille de Pâques, il meurt dans les tranchées de Nieuport... A l'initiative de son épouse, Mireille, les lettres de guerre du lieutenant de vaisseau Dupouey ont d'abord partiellement paru dans “Le Correspondant” du 10 juin 1919, puis ont été publiées en totalité, en 1922, par la Nouvelle revue française (N.R.F.), avec une préface d'André Gide, sous le sobre titre : « Lettres ». La première de ces correspondances est datée du 4 août 1914 et la dernière du 2 avril 1915, veille de la mort de Dupouey. Gide avait rencontré ce dernier en 1904 et ils étaient devenus amis.

309.          DWINGER (Edwin Erich). Mon Journal de Sibérie. Dans les camps de prisonniers (1915-1918). Payot, 1930, in-8°, 320 pp, traduit de l'allemand, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la Guerre mondiale)

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"Je n'ai pas l'impression que ce livre ait rencontré chez nous tout le succès qu'il mérite et aussi bien n'ai-je pas lu depuis la guerre beaucoup de plus beau livre (...) Je ne tenterai pas de résumer ce volume. On n'enferme pas en quelques pages une pareille matière humaine, et il est trop clair que ce qui lui donne son prix est précisément le détail concret, l'anecdote réelle, le mot vrai, recueillis par un témoin sincère. Il se présente comme un journal de guerre entre tant d'autres. (...) Quand la guerre éclate, l'auteur a seize ans. C'est un jeune noble, né d'un père prussien, officier de marine, et d'une mère russe. Il s'engage. Il n'est encore qu'un enfant naïf, enthousiaste, fier et pur. Ce qu'il connaît le mieux au monde, c'est le pedigree des chevaux célèbres. Et puis il rêve des femmes, et de l'amour qu'il ignore. En 1915, il est déjà enseigne, dans un régiment de dragons, et se bat en Courlande. Au cours d'une attaque, il est blessé – deux balles dans la cuisse – et fait prisonnier. Alors commence le voyage qui de lui fera lentement un homme, voyage réel au bout de la nuit, et c'est alors aussi que son livre commence. Car il a le grand sens de ne nous rien dire de ses prouesses à la guerre. On le soigne mal. Ses plaies suppurent. On va lui couper la jambe. Ne pourra-t-il plus monter à cheval ? Sera-t-il toute sa vie infirme ? Il pense au suicide quand jamais il n'a tant aimé son corps et la vie. L'intervention d'un médecin allemand le sauve. Ses blessures vont guérir. Mais les armées russes battent en retraite et l'hôpital est évacué. On le transporte en Sibérie. Ils sont douze mille dans un camp aux limites du désert de Gobi, dix mille meurent du typhus. Il fait - 40°. On entasse les morts à la porte des baraques pour les enterrer au dégel du printemps. Lui-même est atteint par la maladie, pense mourir. Totjkoje – c'est le nom du camp – reste dans sa mémoire comme un lieu plus horrible que celui que Dostoïevsky a décrit dans ses “Souvenirs de la Maison des morts”. Il guérit et de nouveau, est emmené plus loin, vers Irkoutzk. Plus de six mille kilomètres le séparent de son pays. La révolution éclate à Pétrograd et à Moscou..." (Jean Guéhenno, Europe, 1933)

310.          *** – [GÉRALDY, Paul]. La Guerre, Madame... P., Zurich, Georges Crès & Cie, 1916, in-16, 108 pp, un frontispice dessiné par Jean Lefort représentant des poilus marchant sous la pluie, reliure plein chagrin carmin, dos lisse avec titre doré, couv. et dos conservés, tête dorée (rel. de l'époque), pt accroc à la coiffe sup., mors lég. frottés, bon état (Coll. Bellum). Edition originale publiée anonymement sur papier courant (il y a eu 26 ex. numérotés sur Japon)

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"Dans ce petit livre d'à peine 100 pages, Paul Géraldy raconte une journée, une seule. Une journée à Paris. Et c'est l'occasion pour lui, au travers des dialogues avec deux femmes de dresser le portrait moral des soldats confrontés brièvement à la vie de l'arrière. Son héros, Maurice Vernier, quitte le dépôt mais a l'occasion de passer une journée à Paris avant de retourner au front. Il raconte les impressions qui reviennent, le retour à des sons, des images familières. Mais tout en ayant cette journée pour lui, il reste un mobilisé que tout ramène inéluctablement à la guerre : son uniforme, le regard des autres, les questions des civils, la journée qui avance et le ramène physiquement au front. Il a beau faire, il ne peut retrouver sa vie d'avant et tout le ramène à la guerre, même les discussions avec une jeune femme, Fabienne, dont il attendait au contraire de la distraction. C'est finalement dans son lit qu'il aura le seul moment coupé de la guerre. Chez la mère d'un ami, tout le dialogue tourne autour de la guerre et enferme finalement le héros dans ce rôle de combattant qui va passer sa seule après-midi de liberté à rassurer cette femme. Au lieu de la distraction, il doit parler en combattant. Mais finalement, la grande finesse de l'écriture de Géraldy est qu'il va réussir derrière un discours reprenant les poncifs de la propagande à distiller sa vérité de la guerre vécue par ces hommes, la confrontation permanente avec la mort, la volonté de continuer à vivre magré tout ce qu'ils vivent, la peur, la réalité de la guerre à mille lieues de celle décrite dans la presse. Ainsi, il évoque l'attente sous le feu au début du conflit, les pertes des camarades, le décalage entre la vie à l'arrière toujours faite de rire, de joie de vie et celle du front où l'on vit, on rit, on a des joies mais avec en arrière-plan la mort toujours présente de camarades qui se joignaient quelques jours auparavant à cette vie. Et puis la fin de cette journée arrive, le retour au front se rapproche. Comme il l'a fait pour Paris, par un habile jeu de miroir, Paul Géraldy décrit les impressions de son héros qui est en route pour le front, les impressions qui reviennent, les sons, les images et montre ainsi à quel point cette guerre est déjà imprimée de manière indélébile dans l'esprit de ces hommes. (...) Les pages sur les cadavres pillés ne font que mieux ressortir la vie quotidienne disparue, bien loin des communiqués, des citations..." (A. Carobbi, Le parcours du combattant de la guerre) — "Le poète Paul Geraldy (1885-1983), plus connu pour sa poésie sensible et pour son regard porté sur la vie de couple, se trouvait au front durant la première guerre. Il tire de son expérience la nouvelle “La guerre, Madame...”, publiée pour la première fois chez Crès en 1916." (Mahé, II, 200-201) — "Le livre se concentre essentiellement sur l'incompréhension entre les civils de la ville et le poilu au cours de ses permissions. La belle écriture rapproche Paul Géraldy de Bernier (“La Percée”), mais avec une profondeur de récit légèrement moins importante." (Passion & Compassion 1914-1918)

311.          GRANCHER (Marcel-E.). 5ème de Campagne. Au front pendant la "Grande Guerre". Editions Grancher, 2003, gr. in-8°, 261 pp, broché, couv. illustrée, bon état. La première édition date de 1938 (Grand Prix littéraire de la ville de Lyon et Prix Courteline)

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"5ème de Campagne" est l'histoire d'un jeune engagé volontaire affecté à l'artillerie – les fameux 75 ! – Pêle-mêle, on y trouvera les sottises du dépôt, les portraits hauts en couleur des “sous-off” grincheux ou ridicules, le front, les mines, les obus, les copains, la lâcheté de certains, les mitrailleuses et les marmites, les nuits noires illuminées de fusées... Et aussi les rires de ces guerriers qui étaient encore des gamins de vingt ans... Marcel-E. Grancher (1897-1976) partit pour la guerre (la “Grande”) à dix-huit ans. Il en revint avec la Médaille Militaire, la Croix de Guerre et le Légion d'Honneur. Un grand livre sur la guerre 1914-1918.

312.          HENNESSY (Jean). La Mort de l'Aigle. P., Zurich, Georges Crès & Cie, 1917, in-16, 104 pp, préface de Laurent Tailhade, reliure plein chagrin carmin, dos lisse avec titre doré, couv. et dos conservés, tête dorée (rel. de l'époque), dos et mors lég. frottés, bon état (Coll. Bellum). Edition originale sur papier courant

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"M. Jean Hennessy a fait paraître un recueil de méditations poétiques sur la guerre, sur ce qui l'a précédée et sur ce que sera le Monde après elle. Jean Hennessy qui connaît le front pour y avoir été longtemps en toute première ligne et aux plus tragiques moments, connaît bien et aime le poilu de France et les combattants alliés. Aussi dans ses pages en disant son rêve il dit le leur. “La Mort de l'Aigle” est une belle épopée symbolique et poignante. Les morceaux qui suivent : Inconnu ; Gouttes d'eau et Gouttes de sang ; Leurs lettres ; L'Angoisse ; Abdique, sont pleins de sensibilité, de pitié, d'émotion, d'espoir généreux et de haut patriotisme. Il faut lire ce livre de soldat et de poète..." (L'Echo des Gourbis n° 32, déc. 1917)

313.          ISSELIN (Henri). La Bataille de la Marne. Arthaud, 1964, in-8°, 271 pp, 4 cartes dont une hors texte, 2 fac-similés et 37 photos sur 20 pl. en héliogravure hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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L'un des meilleurs livres sur le sujet. — On l’ignore généralement, mais les cinq mois d’affrontements de 1914 en font l’année la plus meurtrière de toute la guerre. Plus de 300.000 Français sont morts, essentiellement durant la guerre de mouvement, d’août à septembre. Du jamais-vu. Côté allemand, c’est la même hécatombe avec 260.000 hommes tombés pour la patrie. Ce massacre à grande échelle empêchait toute réjouissance après la bataille de la Marne (6-13 septembre). A l’état-major de la 9e armée, commandée par Ferdinand Foch, des officiers avaient proposé de sabler le champagne, mais le général s’y était opposé : « Non, il y a trop de morts ! » (cité p. 222). Ayant exposé la situation d'août 1914, Henri Isselin dégage parfaitement les conditions de la bataille, décrit clairement celle-ci malgré l'enchevêtrement des actions, dégage les subtils problèmes militaires et humains, recrée l'atmosphère de cette épopée militaire... Le gros de l’ouvrage est consacré aux mouvements précédents la bataille de la Marne, la bataille en elle même et l’exploitation qui s’en suivra : la « course à la mer ». Un court chapitre intéressant est consacré aux querelles quant à ce qu’il aurait fallu faire pour optimiser la victoire. Un livre très bien écrit, avec une description claire de la situation dans les deux camps, tant au niveau de l'État-major que des troupes, avec leurs qualités et faiblesses réciproques.

314.          JACQUES (Lucien). Carnets de moleskine. Gallimard, 1939, in-12, 271 pp, mention de 7e édition au bas de la page de titre et en 4e de couverture (mais bon achevé d'imprimer de juillet 1939), importante préface de Jean Giono datée de juin 1939, reliure pleine toile havane, dos lisse avec pièce de titre basane acajou, plats de couv. conservés, bon état (il n’a pas été tiré de grands papiers). On joint un article de presse sur Lucien Jacques et son livre par Georges Navel, avec une photo de Lucien Jacques et Jean Giono (Libération, 1983)

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Journal de guerre 14-18 du du 31 juillet 1914 au 1er août 1915. Sur la mention (ou numéro d’ordre), le site Gallimard explique très bien que le numéro d’ordre de l’édition apparaissant sur la couverture change tous les 550 exemplaires imprimés. Il s'agit donc bien de l'édition originale à la bonne date, un des exemplaires entre 3301 et 3850... — « C'est insensé. Ça ne ressemble plus à rien. Il faut gueuler pour s'entendre. Je m'entends scander la marche folle, brancard aux épaules, avec ces mots : "Tu veux vivre... tu veux vivre... tu veux vivre..." À chaque éclatement je me demande où et comment je vais être touché. Je ne veux pas traîner comme Georges, pas être aveugle surtout, pas au ventre et puis soudain les limites de l'angoisse dépassées, je me sens devenu indifférent à tout. Je ne pense plus à rien qu'à être digne devant la mort. Ça ne dure pas longtemps. Une rafale toute proche volatilise mon courage et je recommence... pas mourir... pas mourir... Vivre... Vivre... À chaque ébranlement, tout est à refaire. La vue de Damien qui marche à ma hauteur me réconforte soudain. Je l'aperçois à la lueur d'une fusée, derrière les pieds du blessé que nous portons. Son regard durci fouille la nuit. À sa bouche, je vois qu'il siffle. Et je me mets à chanter à tue-tête...» De juillet 1914 à août 1915, Lucien Jacques a tenu son journal, témoignage de l'enfer quotidien de la guerre. Dans cet enfer, quels sentiments existent encore, et les mots ont-ils encore un sens ?

315.          [Lawrence d'Arabie] – LAWRENCE (T. E.). Seven Pillars of Wisdom. A Triumph. New York, Doubleday, Doran & Company, 1936, pt in-4°, 672 pp, avec un portrait en frontispiece, 53 illustrations et portraits, 4 cartes, reliure toile sépia de l'éditeur (salie), bon état. Retirage de 1936 de l'édition originale américaine de 1935

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A moins de trente ans, le colonel Thomas Edward Lawrence (1888-1935) fut l'un des chefs de la Révolte arabe contre l'Empire ottoman. Nul historien ne conteste plus aujourd'hui l'importance de son rôle dans cette guérilla du désert qui, en affaiblissant au Proche-Orient l'allié des Empires Centraux, devait infléchir le cours de la Grande Guerre. “Les Sept Piliers de la Sagesse” retrace le déroulement de cette épopée moderne, de 1916 à 1918. Récit de campagne dans la plus pure tradition des historiens antiques, c'est aussi une méditation sur les destins croisés de l'Orient sémite et de l'Occident christianisé. C'est surtout, servi par une langue admirable de rigueur et de sobriété, l'autoportrait en actes d'un homme hors du commun, en qui s'unissent avec un rare bonheur la clairvoyance et l'intrépidité, le sens du lyrisme et le goût de l'érudition, la culture humaniste et la vertu guerrière. "En tant que récit de guerre et d'aventure, Les Sept Piliers de la Sagesse est un livre inégalable, écrit Winston Churchill. Il prend place aux côtés des plus grands ouvrages jamais écrits en langue anglaise."

316.          LEFORT (Edouard). Souvenirs de guerre, 1915-1920. Saint-Denis, Société des Écrivains, 2015, in-8°, 308 pp, préface de Benoît Lefort, 200 photos, 7 cartes, 4 croquis, broché, couv. illustrée, bon état

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Souvenirs de guerre d'un gueule cassée. — « Près de moi, un autre camarade a été touché, je l'entends gémir, pendant une demi-heure, accoudé sur le parapet tout comme s'il dormait ; aucune blessure n'est apparente. Hélas, une demi-heure plus tard, il était mort. Un autre camarade, blessé aux reins, passe à quatre pattes derrière moi, enfonçant encore les moellons qui me meurtrissent. À quelque vingt mètres de là, les camarades qui se sont sauvés durant l'éboulement m'observent, se disant que sans doute je n'en ai pas pour bien longtemps. Non, mais vais-je mourir ainsi ? Agoniser pendant des heures et des heures, dans l'impossibilité de faire le moindre mouvement. » Nouvelle contribution à notre connaissance du quotidien des soldats français lors de la Première Guerre mondiale que ces « Souvenirs de guerre » composés par Édouard Lefort, qui nous entraînent jusqu'en Albanie, jusqu'à ces combats en Orient que l'on évoque peu et qui devaient faire de l'auteur l'un de ces « gueules cassées » générées par ce conflit. Témoignage édifiant, qui embrasse le parcours d'un homme de son instruction à sa convalescence, porté par l'esprit de corps, la camaraderie et le patriotisme de son narrateur. Ce texte, riche en documents d'époque, se révèle être, de par sa pudeur et son écriture directe, touchant de courage et d'abnégation. — "C’est à la demande de sa famille qu’Édouard Lefort a rédigé ses Souvenirs de guerre entre 1930 et 1931. Vingt ans plus tard, il a ajouté des remarques sur son état de santé. L’ensemble est édité par son petit-fils, Benoît Lefort, auteur de la préface, tandis que Pierre Lefort, le fils d’Édouard, fournit en fin de volume de brèves informations sur la vie de son père. L’édition se veut fidèle au cahier manuscrit en reproduisant les photographies, les cartes postales, les plans géographiques, trois lettres d’amis ayant lu ce témoignage en 1932 et 1933, des extraits de journaux recopiés dans le cahier, ainsi que le tableau établi par Édouard Lefort pour récapituler ses cantonnements militaires, ses séjours en hôpitaux et ses treize opérations. Deux pages du cahier sont visibles. L’intérêt de ce témoignage, c’est bien sûr celui d’une « gueule cassée », mais aussi celui d’un soldat quittant l’infanterie pour rejoindre l’armée d’Orient avec les « joyeux » ou les « têtes brûlées » (p. 98), que sont les zouaves. En 1915, Édouard Lefort part à l’armée plein d’enthousiasme, désirant être un soldat modèle. En juillet 1916, après son passage dans la région de Verdun, où il a vu au matin l’arrivée des corps des soldats tués pendant la nuit, il écrit : « Il me semble que je sors d’un cauchemar, et pourtant qu’ai-je vu ? Ayant à peine frôlé cette terrible région de Verdun » (p. 67). Le 19 avril 1917, après la blessure qui vient de le défigurer, Édouard Lefort marche vers le poste de secours et croise d’autres soldats : « Oh, avec quels yeux ils me regardent ! des yeux d’épouvante, faut-il que je sois si affreux ? Et de fait, je sens qu’à chaque pas mon menton balance, des lambeaux de chair sanguinolente pendent lamentablement. Ma capote est rouge de sang jusqu’en bas » (p. 179). Il a perdu 19 dents, presque tout le maxillaire inférieur, ne peut plus parler, ni manger. Il est nourri au biberon avec du « lait de poule » et ses nuits sont hantées de cauchemars..." (Isabelle Jeger, CRID 14-18, septembre 2017)

317.          MULLER (Commandant Victor). Joffre et la Marne. P., Editions G. Crès, 1931, in-8°, vii-139 pp, 11 hors texte dont 8 pl. de photos et 3 cartes dépliantes en couleurs, 2 tableaux comparatifs des forces en présence in fine, imprimé sur alfa, broché, bon état

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Par l'officier d'ordonnance du général Joffre pendant la bataille de la Marne. L'auteur parle de lui en termes plutôt sévères et nous fait pénétrer dans les arcanes du G.Q.G. Le capitaine Müller note que la journée s'achève en un « coucher de soleil sanglant qui semble présager les prochaines hécatombes ».

318.          RAJSFUS (Maurice). La Censure militaire et policière, 1914-1918. Le Cherche Midi, 2014, gr. in-8°, 327 pp, chronologie politique succincte, broché, couv. illustrée, bon état

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Dès les premiers jours de la Grande Guerre, la censure est instaurée et cette mesure va bien au-delà du contrôle pointilliste de la presse. L'état-major de l'armée, chargé des opérations de censure, délègue une grande partie de son pouvoir à la préfecture de police. Sont traqués prioritairement les propos défaitistes, les slogans et écrits divers appelant à la paix. Plus généralement, l'attention est portée à tout ce qui pourrait nuire au moral des troupes et, plus encore, à celui de l'arrière. Des pères-la-pudeur s'acharnent sur des chansons datant de la Belle Epoque et il en va de même pour le théâtre, le cinéma et la littérature. Une armée de censeurs veille également dans le domaine du contrôle postal aux armées, tandis que nombre de civils voient leur correspondance interceptée par la police. L'intérêt supérieur de l'Etat commande de régenter aussi la vie privée des Français. En fait, tous les moyens d'expression sont devenus suspects et les Français sont encadrés dans un système qui ne laisse plus d'espace à l'expression libre.

319.          SCHIAVON (Max). Le Front d'Orient. Du désastre des Dardanelles à la victoire finale, 1915-1918. Tallandier, 2014, in-8°, 379 pp, 5 cartes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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D'avril 1915 à fin 1918, les armées alliées d'Orient (britannique, française, italienne, serbe, russe puis grecque) affrontent dans des conditions effroyables les troupes turques, austro-hongroises, allemandes et bulgares. Au plus fort de la bataille, ce sont près de 600.000 hommes de part et d'autre qui s'opposent. Les débarquements et les combats des Dardanelles débutent en avril 1915, avec l'objectif de prendre Constantinople. Décevants, sanglants, ils vont durer neuf mois, au terme desquels les Alliés prennent conscience de l'ampleur du désastre et de l'échec de l'opération. Puis, pendant deux ans, les tensions entre Alliés, le manque de troupes et la complexité de la situation se conjuguent et aboutissent, malgré quelques opérations, à une quasi-neutralisation du front de Salonique. Des centaines de milliers d'hommes y sont immobilisés, souvent dans l'inaction et la douleur, car loin d'avoir vécu une expédition exotique, "la fleur au fusil", les poilus d'Orient y ont connu des souffrances terribles, autant, si ce n'est plus, qu'en France. Il faut attendre fin 1917 pour que le général Guillaumat, nommé à la tête des armées alliées, redresse la situation et permette à son successeur, le général Franchet d'Esperey, de disposer d'une force efficace et puissante. Ce dernier, grâce à ses talents de stratège et à son audace, va conduire les armées alliées d'Orient à la victoire, imposer des armistices à la Bulgarie et à la Turquie, accélérant ainsi la fin de la Première Guerre mondiale.

320.          SCHUHLER (Abbé J., aumonier militaire de la 51e division). Ceux du 1er corps. Souvenirs, impressions, récits de la guerre par un aumônier militaire. Colmar, Imprimerie Les Editions d'Alsace, 1931, in-8°, 432 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Rare

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Sur l’offensive de l’Aisne en avril-juin 1917 (pp. 196-228), l'auteur mélange des souvenirs personnels et des informations recueillies après coup sur l'offensive (conférence de Compiègne par exemple). Il décrit l'installation de la division aux carrières de Romain à partir du 6 février 1917, la division au travail, réparer, créer, camoufler les routes, organiser les dépots de munitions… notamment les pistes et boyaux en rondins du bois de Beaumarais. La division laisse la place aux troupes d'attaque le 9 avril. Dans la nuit du 15 au 16, le 33e RI est porté de Meurival à son emplacement de combat, SO des Blancs-Sablons. Des accidents ont lieu à cause de grenades dont les musettes sont bourrées... L'auteur stationne au poste de secours de la légion et assiste les derniers soins aux nombreux mourants du 201e qui sont là. Le 73e, lui, a gagné les pentes du plateau d’Oulches. Mais pas de signal d’avancer : l'offensive est arrêtée...

2ème Guerre mondiale

 

321.          BAUDOUIN (Paul). Neuf mois au Gouvernement. Avril-Décembre 1940. La Table Ronde, 1948, fort in-8°, 429 pp, broché, pt tache au bord du 1er plat, morceaux de scotch en haut et bas du dos, bon état, ex. enrichi d'un envoi a.s. de Paul Baudouin au préfet des Côtes-du-Nord de 1940 à 1943

            80

Directeur général de la Banque d'Indochine et homme de confiance de Paul Reynaud (1894-1964), Paul Baudouin prend position pour l'armistice après la débacle. Il devient ainsi Ministre des Affaires Etrangères dans le gouvernement de Philippe Pétain puis de Pierre Laval. Il signe la loi sur le statut des juifs du 3 octobre 1940. Après le départ de Laval, il devient Ministre de l'Information jusqu'au 2 janvier 1941. Il se retire de la vie politique en janvier 1941 lorsque Pierre-Etienne Flandin – dont il était devenu le collaborateur direct – démissionne, et reprend ses fonctions à la Banque d'Indochine. Arrêté en septembre 1944, il est condamné par la Haute Cour de Justice le 3 mars 1947 pour trahison à cinq ans de travaux forcés, à l'indignité nationale à vie, et à la confiscation totale de ses biens.

322.          BELOT (Robert), Eric Alary et Bénédicte Vergez-Chaignon. Les Résistants. L'histoire de ceux qui refusèrent. Larousse, Sélection du Reader's Digest, 2004, in-4°, 320 pp, texte sur 2 colonnes, nombreuses photographies, illustrations et fac-similés en noir et en couleurs, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            35

L'épopée des « hommes de l'ombre » avec de nombreux documents inédits. — "Si Robert Belot s’est fortement investi dans l’histoire de la Résistance des chefs à travers la biographie qu’il a consacrée à Henri Frenay, le patron du mouvement Combat, il a voulu, aidé en cela par Bénédicte Vergez-Chaignon et Éric Alary, rendre hommage à celles et à ceux que Pierre Brossolette a dénommés les « soutiers de la gloire ». Ce qui nous vaut mieux qu’un « beau livre », un ouvrage de qualité où l’iconographie est soignée et où les faits et gestes du résistant de base sont relatés avec justesse. Les auteurs n’en oublient pas pour autant ce qu’ils nomment « leur paysage intérieur », leur imaginaire. L’essentiel est dit et bien dit." (Revue L'Histoire n° 283, 2004) — "A côté de vous, parmi vous sans que vous le sachiez toujours, luttent et meurent des hommes – mes frères d'armés –, les hommes du combat souterrain pour la Libération. Ces hommes, fusillés, arrêtés, torturés, chassés toujours de leur foyer, coupés souvent de leurs familles, combattants d'autant plus émouvants qu'ils n'ont point d'uniformes ni d'étendards, régiment sans drapeau dont les sacrifices et les batailles ne s'inscriront point en lettres d'or dans le frémissement de la soie mais seulement dans la mémoire fraternelle et déchirée de ceux qui survivront ; saluez-les. La gloire est comme ces navires où l'on ne meurt pas seulement à ciel ouvert mais aussi dans l'obscurité pathétique des cales. C'est ainsi que luttent et que meurent les hommes du combat souterrain de la France. Saluez-les, Français ! Ce sont les soutiers de la gloire." (Pierre Brossolette, à la BBC, le 22 septembre 1942)

323.          BELPERRON (Pierre) et Georges ANDERSEN. La Deuxième Guerre mondiale. Précis des Opérations à l'Occident. Plon, 1945, in-8°, 240 pp, 8 cartes, broché, bon état

            20

"MM. Pierre Belperron et Georges Andersen viennent de faire paraître un précis des opérations de la guerre qui vient de s’achever. D’un format réduit (240 pages) cet ouvrage n’a pas la prétention d’être une histoire complète de la deuxième guerre mondiale, car celle-ci ne pourra être écrite que lorsque les archives officielles des différents pays belligérants seront classées et exploitables. Mais les auteurs ont pensé, avec raison, qu’un récit très clair, chronologique, comportant, à la fois, dates et faits relatifs aux grands événements qui se sont déroulés sous nos yeux, pourrait, dès à présent, rendre d’utiles services. Ce livre, disent-ils eux-mêmes, ne veut être dans l’ordre de l’imprimé que « le film de la guerre ». Les commentaires sont réduits au minimum et les jugements prudemment évités. La guerre en Orient n’a été qu’esquissée. La division par année est adoptée et, dans le cours de chaque année, jusqu’en 1945, les différents fronts sont présentés séparément pour mieux permettre de suivre les opérations. Huit cartes dans le texte, spécialement dessinées, permettent de les étudier avec précision ; on y voit notamment figurer d’une façon très frappante, l’invasion nazie et l’assaut de l’Allemagne par les armées alliées. Excellent instrument de travail." (Edmond Delage, Revue de Défense nationale, 1945)

324.          BETHELL (Nicholas). Le Dernier secret. Comment la Grande-Bretagne et les Etats-Unis livrèrent à Staline plus de deux millions de Russes. Seuil, 1975, in-8°, 282 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de photos hors texte, broché, bon état

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1945 : Comment les alliés livrèrent deux millions de Russes à Staline Décidée par une clause secrète de I'accord de Yalta, la livraison à I'URSS de ses ressortissants ou assimilés est un des épisodes les plus dramatiques des lendemains de la victoire sur le nazisme : on comprend que la diplomatie alliée n'ait point voulu la voir ébruiter de sitôt.

325.          CORNWELL (John). Le Pape et Hitler. L'histoire secrète de Pie XII. Albin Michel, 1999, gr. in-8°, 494 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, ex-dono manuscrit sur la page de faux-titre, bon état

            20

Pie XII, qui succéda à Pie XI en 1939, fut-il le saint homme que l'on s'apprête aujourd'hui à béatifier ou un nouveau Machiavel qui pactisa avec le diable nazi ? L'éminent dignitaire du Vatican, qui s'attacha à renforcer le pouvoir pontifical, joua-t-il, dans le même temps, le rôle de "Pape de Hitler" ? C'est à ces interrogations que répond John Cornwell en s'appuyant sur des documents inédits et jusqu'alors inaccessibles au grand public – les dépositions sous serment de soixante-huit témoins entendus pour le procès de béatification et les archives des services de la Secrétairerie d'Etat du Vatican – ainsi que sur les nombreux travaux consacrés aux activités de Pie XII en Allemagne dans les années 1920-1930. Autant de sources qui révèlent la vraie personnalité d'un homme tiraillé entre les plus hautes aspirations spirituelles et un appétit effréné de pouvoir. Ce grand document dont le retentissement international ébranle la doctrine de l'infaillibilité pontificale elle-même, renouvelle, par les éléments qu'il dévoile, le débat sur la culpabilité de l'Eglise catholique durant la Deuxième Guerre mondiale. — "L’auteur de cette biographie de Pie XII exploite un matériau nouveau : les témoignages du procès en béatification. Il révèle ainsi notamment qu’Eugenio Pacelli grandit avant 1914 dans un milieu intégriste violemment antisémite, anti-Lumières, antisocialiste puis antibolchevique. Et que cette formation constitue le fil rouge de sa carrière. Pour le reste, les données qu’on retrouve ici sont connues depuis les années 60 et la polémique qui suivit la pièce de Rolf Hochhuth, “Le Vicaire”. On comprendrait cependant mieux que Pacelli-Pie XII ne fut pas une tache pour l’Eglise romaine mais un personnage significatif si l’auteur maîtrisait mieux la stratégie générale du Vatican, notamment sa politique d’expansion vers l’Est mise en œuvre en alliance avec l’Empire austro- hongrois puis avec le Reich allemand : le nonce en Allemagne, secrétaire d’Etat, puis pape, appliqua, certes avec enthousiasme, une ligne germanique qui était celle de la papauté, Pie XI inclus. Catholique scrupuleux envers l’institution (il innocente aussi l’épiscopat allemand qui, nommé par le nonce et par le gouvernement allemand réunis, ne se distingua jamais de ses tuteurs), l’auteur ne mérite pas l’indignité dont l’a accablé en France le catholicisme institutionnel. La production historique a établi depuis plus de trente ans, hors de France surtout, que Pie XII fut « le pape de Hitler » (titre original du livre) : est-il scandaleux d’être choqué par le projet de béatification d’un des papes les plus antisémites, germanophiles et intégristes du siècle ?" (Annie Lacroix-Riz, Le Monde diplomatique, nov. 1999)

326.          CRÉMIEUX-BRILHAC (Jean-Louis). Les Français de l'an 40. I. La guerre, oui ou non ? – II. Ouvriers et soldats. Gallimard, 1990, 2 forts vol. gr. in-8°, 647 et 740 pp, 48 pl. de photos hors texte, 10 cartes, bibliographie et index dans chaque volume, brochés, couv. illustrées, bon état

            50

Le premier tome brosse le tableau des mentalités de guerre sur fond des années trente, du Front populaire et de Munich : les divisions de l'opinion devant l'Allemagne nazie, les incertitudes d'une nation anémiée physiquement et moralement et qui, mal remise de la saignée de la Grande Guerre, affaiblie par des années de médiocre politique, écartelée entre la crainte du communisme et la tentation fasciste, rongée de xénophobie et d'antisémitisme, se réfugie dans l'attentisme pour se lancer finalement au combat, à l'avant-garde des démocraties, à travers l'épreuve douteuse de la « drôle de guerre ». Le second tome scrute attentivement les deux fronts dont dépendait le sort du pays : industriel et militaire. Qui incriminer, si, en mai 1940, l'armement était incomplet, l'aviation insuffisante, la mécanisation manquée, la stratégie et la tactique inadaptées, le moral incertain et l'esprit d'offensive mal soutenu ? L'auteur met en lumière – autres apports de l'ouvrage – le formidable effort de guerre entrepris à partir de septembre 1939 par le ministre de l'Armement Raoul Dautry ; comme il montre, des Ardennes à la mer, le sursaut final des combattants de mai-juin 1940. Mais dans les deux cas, trop tard. L'histoire n'attend pas.

327.          DOISNEAU (Robert). Doisneau 40/44. Texte de Pascal Ory. P., Hoëbeke, 1994, in-4°, 123 pp, 114 photographies de Robert Doisneau, texte de Pascal Ory, reliure pleine toile noire de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Occupations. Résistance. Libérations. — Il y a bien des manières de donner à voir « les Années Noires ». Celle de Robert Doisneau évite le pathos, parle simplement du grand vide de l’Occupation, de la vie quotidienne : rues sans automobiles, pénuries généralisées, étalages déserts remplis seulement du maître-mot de Vichy : « Factice ». Sensible au cocasse jusque dans les situations les plus pénibles, l’œil de Doisneau repère les astuces et les incongruités du système D : un homme transforme son poêle en clapier, une parisienne fait prendre l'air à sa poule dans un jardin public. S'il décrit l’héroïsme, Doisneau montre des typographes résistants ; l'amie de Vercors, Yvonne Paraf, dite Desvignes, brochant le premier exemplaire du “Silence de la mer” dans sa cuisine ; les multiples combattants anonymes de la Libération. Pour la plupart inédites, ces photographies en disent long sur ce moment dramatique de l'histoire.

328.          DOLLMANN (Eugen). La Vie secrète de l’Axe. Du Capitole à la Roche Tarpéienne. Presses de la Cité, 1957, in-8°, 313 pp, 12 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée (défraîchie), état correct

            25

Mémoires de guerre de l'interprète officiel du Führer pour la langue italienne. Le colonel Eugen Dollmann fut à Rome un des meilleurs agents de Himmler, il a été le témoin de tous les événements publics ou secrets qui ont marqué les relations d'Hitler, de Goering, de Ribbentrop et de Himmler avec Mussolini, Ciano et la maison de Savoie. Il négocia en Suisse avec Allan Dulles la capitulation des armées allemandes d'Italie. — "Parmi les mémorialistes du national-socialisme, le colonel Eugène Dollmann occupe une place unique. Interprète du Führer pour la langue italienne, il a été témoin de tous les événements publics ou secrets qui ont marqué les relations d'Hitler, de Goering, de Ribbentrop et de Himmler avec Mussolini, le ménage Ciano et la Maison de Savoie. Et dans les années du déclin, il a même joué un rôle personnel, négociant en Suisse, avec Allan Dulles, la capitulation des armées d'Italie. Mais ce qui confère à ses souvenirs un intérêt tout particulier, c'est que Dollmann n'est pas de ces nazis bornés, prisonniers de leur credo, qui récitent la leçon de l'école du soir. De sa formation, il est historien. Par sa culture, ses goûts, ses attaches et sa race même, c'est un cosmopolite. Car ce Bavarois dans les veines de qui se mêlent le sang d'une famille princière de l'Italie du Nord et celui d'une grand-mère anglaise, a des alliances qui s'étendent jusqu'aux Wittelsbach et à la maison royale de Belgique. Dollmann brosse un tableau saisissant de l'Etat national-socialiste, cet Etat purement masculin, qui exalte la force et la beauté des jeunes guerriers et qui a trouvé son impres­sion suprême en Heydrich, l'archange luciférien. Sur la sexualité pervertie qui est la base d'une telle société, il apporte de véritables révélations, qui vont du dossier confidentiel d'Hitler, dont il a eu communication, jusqu'aux amusements napolitains de Heydrich pendant la guerre. “Du Capitole à la Roche Tarpéienne” nous offre des portraits tracés de main de maître, de saisissantes évocations, telle que celle de Pierre Laval à la villa royale de Balzano, un soir de 1945, et une mine d'anecdotes sérieuses ou frivoles mais toujours significatives. Les femmes y ont d'ailleurs la part belle – il n'est pas d'Etat masculin qui tienne ! – depuis la princesse de Bismark jusqu'à Mme Himmler, de Clara Petacci à la princesse Colonna et aux dames romaines de « la politique du terrain de golf ». De quoi satisfaire également bien des amateurs de grande et de petite histoire." (4e de couv.)

329.          DUBOIS (André-Louis). A travers trois Républiques. Sous le signe de l'amitié. (Mémoires). Plon, 1972, in-8°, 347 pp, index des noms, cart. éditeur, sans la jaquette, bon état. Edition originale enrichie d'un envoi a.s. à Philippe (Bouvard)

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Seul volume paru de ces souvenirs. — Directeur-adjoint de la Sûreté nationale en 1939, révoqué par Vichy en 1940, producteur de cinéma sous l'occupation, l'auteur décrit la vie littéraire et artistique à Paris de 1940 à 1944. André-Louis Dubois (1903-1998), un des premiers fonctionnaires révoqués par Vichy en août 1940,sera après la guerre préfet de police de la Seine en 1954, et le dernier résident général puis le premier ambassadeur de France au Maroc au moment de l'Indépendance. — Table : I. A Paris après la guerre de 14-18 ; II. La guerre de 39-40 et l'armistice ; III. Paris sous l'Occupation ; IV. La fin d'un monde ; V. La vie politique, les officiels ; VI. L'aube de la technocratie. La Quatrième République ; VII. Bône (Algérie) et mon enfance de 1910 à 1914, un vagabondage dans mes souvenirs.

330.          FILLON (François). Faire. Albin Michel, 2015, in-8°, 315 pp, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. (5 lignes)

            20

"Le récit d'une vie politique hors norme. Des confidences sur sa relation avec Sarkozy. Une analyse implacable de la situation. Son regard sur le monde qui nous entoure. Un projet pour replacer la France en tête. Un fil rouge : la liberté ! Une obligation : faire. Enfin !" (4e de couv.)

331.          GANIER RAYMOND (Philippe). Une certaine France. L'antisémitisme 40-44. Balland, 1975, gr. in-8°, 197 pp, 30 pl. de photos et documents hors texte, nombreux textes reproduits, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Sans les pages 165 à 178 et les 2 premières planches hors texte, qui contiennent des textes de Céline, supprimées par l'éditeur suite au jugement de la Cour d'Appel de Paris du 11 mai 1976, afin de permettre la remise en vente de l'ouvrage. — Selon la décision de justice : « Considérant que, sans qu'il y ait lieu de rechercher si la pensée de Céline a ou non été dénaturée par la manière dont certaines pages de cet auteur ont été publiées, il suffit de constater que la publication a été faite sans autorisation ; que l'on comprend d'ailleurs aisément, en lisant ces pages, que dame Destouches n'ait pas voulu qu'elles fussent reproduites ; que le préjudice qu'elle éprouve du fait de la violation délibérée de son droit moral n'est pas d'ordre pécuniaire ; qu'il convient donc d'ordonner la saisie de l'ouvrage... ... Dit que moyennant la suppression matérielle, sous le contrôle de l'administrateur judiciaire et de l'huissier commis, des passages incriminés, le livre y compris les exemplaires saisis, pourra être de nouveau vendu... » — "Dans une assez longue introduction, l'auteur expose, sur un ton souvent polémique et même agressif, la raison pour laquelle il a fait publier son livre : faire connaître à la jeunesse actuelle et aux générations futures les crimes inexpiables dont s'est, selon lui, rendue coupable la droite française, raciste et fascisante sous Vichy et sous l'occupation allemande. Pour ce faire, il a rassemblé et reproduit les principaux textes législatifs et réglementaires que le régime vichyssois édicta à rencontre des « Israélites » français et étrangers, des photographies et surtout des coupures de presse où le lecteur découvrira, avec une surprise qui bien vite se mue en écœurement, quelques échantillons de l'idéologie antisémite française à une époque où elle pouvait impunément cracher son venin. Céline y occupe une place de choix, en compagnie de Robert Brasilbach, de Marcel Déat, de Lucien Rebatet et de moins illustres, mais aussi virulents pourfendeurs des Juifs, pervertisseurs de la « race » et de « l'esprit » français. En une forme condensée et à dose massive, c'est une sorte de bestiaire hallucinatoire où s'étale avec complaisance la prose tonitruante ou insidieuse, sottement prophétique ou sordidement vengeresse de cerveaux malades et parfois même délirants. Il était bon, il était salutaire d'en dresser l'inventaire afin qu'aux « Hitler, connais pas » de certains ne fasse du moins plus écho un « Vichy, j'ignore »." (Léon Liebmann, Revue belge de philologie et d'histoire, 1979)

332.          JEWELL (Norman Limbury Auchinleck). Missions secrètes. L'odyssée d'un sous-marin, racontée par Cecil Carnes. Hachette, 1948, in-12, 285 pp, traduit de l'anglais (“Secret Mission Submarine: Action Report of the HMS Seraph”), broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Choses vues, aventures vécues)

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"Parmi diverses missions en Méditerranée, le sous-marin Seraph, de la marine britannique, en accomplit deux qui eurent une importance historique : ce fut lui qui transporta le général américain Clark à la fameuse entrevue de Cherchell préparatoire au débarquement en Afrique du Nord et qui, quelques jours plus tard, alla chercher le général Giraud au large de Toulon pour le mener à Gibraltar. Le récit de cette odyssée, rapporté avec humour par le commandant du sous-marin, appartient à la petite histoire de ces deux événements, et certains de ses détails ne sont pas sans intérêt pour les historiens." (A. J. P. Taylor, Revue Historique, 1951)

333.          KOLLER (Général Karl). Le dernier mois (14 avril - 27 mai 1945). Payot, 1950, in-8°, 172 pp, traduit de l'allemand par R. Jouan, liste des personnes citées, broché, bon état (Coll. de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre)

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Le 21 avril 1945, vers 9h30, le centre de Berlin est l'objet d'intenses tirs de l'artillerie lourde soviétique, ce qui ébranle Hitler qui s'étonne que les Russes soient déjà si près ; il reste incrédule lorsque le général Karl Koller lui apprend lors d'un entretien téléphonique que la batterie soviétique n'est qu'à douze kilomètres du centre-ville... — "Le général Koller fut chef d’état-major général de la Luftwaffe pendant les derniers mois de la guerre. C’est le journal qu’il tint au cours de cette période que les éditions Payot viennent de nous présenter. L’auteur affirme n’avoir rien changé à ses notes prises au jour le jour, et c’est assurément un document, extrêmement curieux. Le général Koller paraît, en effet, avoir été doté de cette qualité qui manqua le plus dans l’entourage de Hitler : le bon sens. Il se trouva comme égaré dans cette « maison de fous » ; et son témoignage qui touche parfois à la naïveté, en acquiert une très haute valeur. Nul autre document ne rend aussi bien l’atmosphère d’apocalypse qui plana sur les derniers jours du IIIe Reich. Il nous donne tous les détails sur la prétendue « trahison » de Gœring. Le journal du général Koller revêt une grande importance pour la connaissance de cette période extraordinaire qui vit s’écrouler un monde." (Revue de Défense nationale, 1952)

334.          LONGERICH (Peter). Himmler. Editions Héloïse d'Ormesson, 2010, gr. in-8°, 917 pp, traduit de l'allemand, 8 pl. de photos hors texte, archives, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Qui était Heinrich Himmler ? Souvent considéré comme un simple auxiliaire du Führer, ce personnage falot et apparemment effacé fut en réalité l'ordonnateur de l'Holocauste et le concepteur de Dachau, modèle des camps d'extermination. Peter Longerich retrace l'étonnante ascension de ce fonctionnaire du mal, qui devint un des plus grands criminels de l'histoire alors qu'il n'était qu'un type ordinaire, bien loin du mythe aryen qu'il prétendait exalter. Maître absolu de la SS, garde prétorienne du régime, Himmler ne cessa de devancer les attentes d'Hitler jusqu'à devenir l'homme le plus puissant du Troisième Reich après le Führer. À partir d'un vaste éventail de sources, dont le journal intime et la correspondance d'Himmler, et de documents inédits, cette biographie apporte un éclairage nouveau sur celui qui fut l'un des véritables piliers de l'Allemagne nazie, un fanatique impitoyable dans la peau d'un homme insignifiant et frustré. — "Jamais un chercheur n'était parvenu à pénétrer si profondément la psychologie d'un SS, à fortiori celle de leur chef." (Der Spiegel)

335.          MARTINOIR (Francine de). La Littérature occupée : les années de guerre, 1939-1945. Hatier, 1995, in-8°, 304 pp, 16 pl. de photos en noir et en couleurs hors texte, biblio, repères chronologiques, index, broché, qqs surlignures stabilo sur 7 pages de la bibliographie, bon état

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"Francine de Martinoir livre avec «La littérature occupée» un passionnant panorama de la France littéraire de 1939 à 1945. L'auteur, loin de chercher à distribuer des bons et mauvais points, cherche avant toute chose à établir des faits, quitte à bousculer, parfois férocement, quelques légendes auto-édifiées, telle celle de Sartre. Evitant l'écueil de l'aplatissement sur la biographie, elle tente de repérer ce qui dans l'oeuvre d'avant-guerre peut, selon elle déterminer une affinité pour un camp, et, à l'inverse, de monter en quoi la montée des fascismes et la guerre induiront, ou non, une modification de l'écriture. On suivra ainsi avec intérêt le parcours d'écrivains évoluant vers une plus grande simplicité, Desnos, Eluard, Aragon, Pierre Emmanuel, et ceux qui, tels Michaux ou Ponge, séparent leur engagement résistant de leur écriture. Ce panorama montre, également, que, de l'ultra-collaborationnisme à la résistance active, toute la gamme des attitudes, aux frontières parfois peu nettes, est représentée : beaucoup d'indifférents, d'égoïstes, de prudents, de malins, mais aussi d'évolutions et de remises en causes courageuses... On trouvera des analyses fines de personnages tels que Blanchot, Paulhan ou Bataille, des pendules remises à l'heure (Giono, Junger). On côtoiera Pierre Seghers, Jean Prévost, hautes et fraternelles figures méconnues. Ce précieux petit livre, qui balaye, parfois au sens propre, plus de 70 écrivains, nous en apprend beaucoup sur l'histoire, et plus encore sur la littérature." (Alain Nicolas, l'Humanité, 12 janvier 1996)

336.          MIKSCHE (Lt-Colonel F. O.). Les erreurs stratégiques de Hitler. Payot, 1945, in-8°, 204 pp, 11 cartes dans le texte, reliure demi-toile verte à bandes, dos lisse avec titres dorés, couv. conservées, qqs rares cachets de bibl. (rel. de bibliothèque de l'époque), bon état (Coll. de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre)

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"Le lieutenant-colonel de l’armée tchécoslovaque Miksche vient de consacrer un livre fort suggestif à l’étude des erreurs qui ont entraîné la défaite totale de l’Allemagne. Le Führer avait, l’auteur le rappelle, élaboré une conception, qu’il imaginait grandiose, de la stratégie allemande. Il avait d’abord pu acquérir aux moindres frais les bases de départ indispensables à sa politique, par l’annexion de l’Autriche, de la Tchécoslovaquie et grâce aux accords de Munich. Mais, c’est à ce moment que le Führer commit une faute capitale. Il s’imagina que l’Angleterre, dont il avait éprouvé la pusillanimité à Munich, en la personne de Chamberlain, continuerait à ne pas appuyer la France dans toute opposition à ses desseins conquérants. Il se décida à prononcer contre la Pologne une menace de guerre, puis il commit l’erreur capitale d’attaquer à l’ouest la France, l’ennemi n° 1 de Mein Kampf, grâce à sa supériorité mécanique. Ce faisant, il créa la situation stratégique contre laquelle ses devanciers ne cessèrent de le mettre en garde, à commencer par Bismarck : il déclencha la guerre sur deux fronts. Il s’imagina, ensuite, rester fidèle disciple de Schlieffen, quand il poussa ses divisions blindées à travers la Hollande et la Belgique, jusqu’aux ports français de la Manche et de l’Océan. En réalité, c’est contre l’Angleterre elle-même qu’il aurait dû porter l’offensive, par un franchissement audacieux du Pas-de-Calais. En Méditerranée, il surestima la force de ses alliés italiens ; il négligea l’invasion de l’Espagne jusqu’à Gibraltar. Quand, enfin, Graziani prit l’offensive contre l’Égypte, il était trop tard ; les renforts allemands furent insuffisants, Rommel ne put, faute d’essence, pousser son attaque à fond et enlever la position. Une autre faute irréparable fut l’attaque contre la Russie, d’où, celle-ci une fois conquise, il espérait se lancer, comme d’un tremplin gigantesque, contre la Grande-Bretagne. Il n’arriva pas à emporter Moscou ; il échoua devant Stalingrad ; l’extension du front épuisa ses réserves ; il s’entêta, par la suite, à ne pas vouloir, malgré ses conseillers militaires, le restreindre suffisamment pour se constituer les dernières réserves stratégiques, qui lui auraient, peut-être, permis de résister plus efficacement à l’assaut anglo-saxon contre le mur de l’Ouest. C’est tout ce tissu d’erreurs, fruit d’une insuffisance de culture, comme d’une suffisance invétérée de caractère, que le lieutenant-colonel Miksche développe sous nos yeux avec force et talent." (Henry Freydenberg, Revue de Défense nationale, 1945)

337.          MODIANO (Patrick). Dora Bruder. Gallimard, 1997, in-8°, 147 pp, broché, bon état (Coll. Blanche). Véritable Edition originale sur papier d'édition (achevé d'imprimer du 18 mars 1997). Il y a bien eu 80 ex. en grand papier sur vélin, mais avec un achevé d'imprimer du 19 avril 1997, soit un mois après

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Patrick Modiano reconstitue par bribes la vie de la jeune Dora Bruder, disparue à l’âge de quinze ans à la suite d’une fugue, retrouvée et arrêtée par la police française puis déportée à Auschwitz en septembre 1942. — "J'ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait pendant les mois d'hiver de sa première fugue et au cours des quelques semaines de printemps où elle s'est échappée à nouveau. C'est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d'occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l'Histoire, le temps – tout ce qui vous souille et vous détruit – n'auront pas pu lui voler."

338.          MOUCHOTTE (René). Les Carnets de René Mouchotte, Commandant de Groupe de chasse dans la Royal Air Force, Commandant du Groupe Alsace (1940-1945). Flammarion, 1950, in-8°, 258 pp, présentés par André Dezarrois, 16 pl. de photos et documents hors texte, reliure pleine basane fauve, large nerf avec titre doré, couv., dos, jaquette illustrée et rabats de la jaquette conservés (rel. de l'époque), bon état

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C'est la mère de René Mouchotte qui, après la guerre, vint apporter à un éditeur de petits carnets bruns, crayonnés d'une écriture serrée sans ratures, de rapides croquis et le carnet de vol d'un des plus prestigieux pilotes de la France Libre. En juin 1940, quand d'autres acceptent l'armistice, René Mouchotte s'empare, sur le terrain d'Oran, par un exploit digne de nos anciens corsaires, de l'avion de son colonel, atterrit à Gibraltar et s'engage, l'un des tout premiers, dans la R.A.F. pendant la bataille de Londres. II révèle de si hautes qualités, de telles aptitudes au commandement, que les dirigeants de la chasse britannique en font rapidement un chef d'escadrille. Le Général de Gaulle lui donne, en 1942, à mettre sur pied le groupe Alsace. Il en fut l'animateur prestigieux, "un chef unique pour lequel on se ferait tuer, presque avec plaisir" a dît Clostermann qui débuta sous ses ordres. Emerveillés de ses dons de tacticien de l'air, de son génie de la manoeuvre des unités de chasse, les Britanniques lui confièrent la célèbre escadrille de Biggin Hill qu'il dirigeait au combat dans le ciel de France, quand il fut abattu, à la tête de vingt-quatre de ses pilotes, le 27 août 1943.

339.          MOUSSET (Paul). Quand le temps travaillait pour nous. Récit de guerre. Grasset, 1941, in-12, 302 pp, broché, bon état

            15

Paul Mousset (1907-1981) obtient le prix Renaudot en 1941 pour ce récit où il décrit ce qu’il avait vu pendant la "drôle de guerre"... Cinq mois d’ankylose à ne rien faire, et puis... "Le reste n’est que replis, chaos sur la route, poches de résistance, aucune stratégie, pas un seul avion français dans le ciel, abandon des postes de commandement, véhicules délaissés, hébétement des hommes, et, finalement, Dunkerque, où « des dizaines de milliers d’hommes, Français à droite, Anglais à gauche, attendent debout sur une longue grève, dans une atmosphère de Jugement Dernier »... Le livre de Paul Mousset sent les soirs de cendre et les jours de malheur. Écrit dans une langue sèche, sans aspérités ni maquillage, ce récit blême donne l’image d’un pays à l’abandon, d’une armée désarmée, d’une bidasserie vermoulue. L’erreur de Weygand fut, sans doute, de faire la guerre de 14 en 1939. « Quand le temps travaillait pour nous » est le bilan, amer et passionnant, de ce naufrage fade." (François Forestier, L'Obs, La Boîte à bouquins, 2019). Aussitôt traduit en allemand, cet ouvrage vaudra à son auteur de compter parmi les écrivains activement soutenus par la Propaganda Staffel... En 1945, à la Libération, il figurera sur une liste de 93 ouvrages interdits à la vente...

340.          NOTIN (Jean-Christophe). La Campagne d'Italie. Les victoires oubliées de la France, 1943-1945. Perrin, 2002, gr. in-8°, 629 pp, 8 pl. de photos hors texte, 7 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

L'histoire de la campagne d'Italie est celle d'une fille illégitime. Péniblement élaborée en 1943, elle a immédiatement souffert de l'absence d'une stratégie clairement définie, suscité les pires critiques dès son démarrage, pour être délaissée le 6 juin 1944, aux premières heures du débarquement en Normandie, alors que, la veille même, elle connaissait son apogée en faisant tomber une des deux capitales de l'Axe, Rome. L'oubli dure toujours, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, et bien sûr en France, à la mémoire si fragile. Pourtant, le général Juin a conduit en péninsule plus de 100.000 hommes dans des conditions effroyables. Pourtant, les combats que les Français y ont menés sont parmi les plus violents de toute la Seconde Guerre, et surtout, ils ont tous été couronnés par la victoire, quatre ans après la débâcle. Jamais un livre n'aura dépeint avec tant de précision et d'authenticité l'engagement de ce corps expéditionnaire. Nourri d'archives françaises et américaines totalement inédites et édifiantes, ainsi que de multiples témoignages, il s'intéresse à tous ses membres, généraux, lieutenants, tirailleurs, ambulancières et intendants. Mais il ne s'agit pas ici de se contenter d'une histoire-bataille. Jean-Christophe Notin retrace aussi la vie quotidienne des soldats, éclaire les relations complexes entre les Alliés comme avec les ennemis de la veille, ces Italiens qui accueillent les Français en libérateurs tout en s'en méfiant. L'auteur s'est même plongé dans les dossiers confidentiels de la police militaire pour élucider en particulier la question sensible des exactions qui furent bien facilement imputées aux tirailleurs. A travers ces pages, c'est la lente reconquête de l'honneur national que l'on peut lire, terminée à Turin, en 1945, avec le gain des derniers kilomètres carrés dont le territoire français put s'agrandir.

341.          NOWAK (Jan). Courrier de Varsovie. Gallimard, 1983, in-8°, 417 pp, traduit du polonais, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Témoins)

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Lorsque éclate la guerre en Pologne, le 1er septembre 1939, Zdzislaw Jezioranski est tout jeune professeur d'économie à l'université de Poznan. Il achève le premier chapitre de sa thèse. Elle ne sera jamais terminée. La résistance s'organise. Jezioranski s'engage à fond dans la guerre contre l'occupant en dirigeant un réseau de diffusion de presse clandestine. Bientôt, le «gouvernement général» de la Pologne occupée qui n'a pas été annexée au Reich est coupé du reste du monde. Les relations entre l'Armée de l'intérieur qui prépare l'insurrection générale à Varsovie et le gouvernement polonais en exil à Londres sont rendues impossibles. Courriers et émissaires tentent alors de forcer le blocus. Jezioranski, devenu Jan Nowak, sera l'un de ces hommes d'une trempe exceptionnelle qui maintiendront le contact entre la Pologne combattante et son gouvernement, l'enfer local et le monde libre. Au total, Jan Nowak a effectué cinq missions. Il fut le dernier émissaire à regagner Varsovie à la veille de l'insurrrection, puis le premier insurgé à parvenir à Londres après une expédition épique à travers l'Allemagne et la Suisse, en compagnie de «Greta», agent de liaison qu'il avait épousée pendant les combats. Après la guerre, Jan Nowak a poursuivi sa tâche à la section polonaise de la B.B.C. avant d'assurer la direction de l'émetteur polonais de Radio Europe Libre, de 1952 à 1976. — Le témoignage d'un officier polonais, engagé dans l'action de désinformation et d'intoxication des nazis pendant la seconde guerre mondiale. Jan Nowak montre l'autre face de l'« intox » utilisée pour la bonne cause et intitulée « L'Action N ». Il raconte son expérience d'agent de liaison passé miraculeusement en Suède pour coordonner la propagande clandestine polonaise à celle des Anglais, diffusée de Londres. L'auteur découvre alors que la société polonaise de 1943 n'est pas informée de façon complète et véridique sur le comportement du gouvernement britannique à l'égard de l'Union Soviétique et de la Pologne. Les Polonais ne savent pas, en effet, qu'à Téhéran (1942) les Anglo-Saxons ont déjà cédé la moitié de leur pays à Staline et qu'ils l'ont situé dans la sphère d'influence soviétique. L'auteur raconte la Pologne en guerre et sa propre contribution à l'effort général : son action dans la résistance et ses entretiens avec Churchill, Eden ainsi qu'avec les dirigeants polonais de l'époque, Grot-Rowecki, Bor-Komorowski, Sosnkowski, Tomasz Arciszewski et tant d'autres. On y trouve notamment l'évocation de la tragédie et de l'anihilation des Juifs de Pologne et des efforts de la Résistance polonaise pour alerter les Alliés (pp. 232-234). De précieuses informations sont également données sur le déclenchement de l'Insurrection de Varsovie... (Georges Mond, Revue d'études comparatives Est-Ouest, 1984)

342.          PIÉTRI (François). Mes années d'Espagne, 1940-1948. Plon, 1954, in-8°, iv-295 pp, broché, un morceau de la bande éditeur (“Périls oubliés, services méconnus...”), collé au 1er plat, bon état

            30

Souvenirs de l'ambassadeur de Vichy en Espagne pendant toute la durée de la guerre. — "Après Sir Samuel Hoare, l'ambassadeur britannique, et M. Carlton Hayes, l'ambassadeur américain, l'ancien représentant du gouvernement de Vichy auprès du général Franco publie à son tour ses souvenirs. L'auteur cherche naturellement à justifier sa propre attitude et son action, en même temps parfois que celle du gouvernement qui l'avait envoyé ; cela nous vaut quelques précisions intéressantes sur les méthodes et l'atmosphère de travail de Pétain et de son entourage. Mais on trouvera de surcroît dans ce livre une documentation de première main sur l'attitude de l'Espagne pendant le conflit mondial que l'on pourra confronter utilement à celle que donnent, avec les autres « souvenirs » rappelés plus haut, ceux encore de l'ancien ministre Serrano Suner, et des recueils de documents publiés ces dernières années – la thèse de M. Piétri étant que la politique extérieure patiente et adroite de l'Espagne a rendu, malgré la pression allemande, les plus grands services à la cause des alliés." (Revue française de science politique, 1954)

343.          SARTRE (Jean-Paul). Les Carnets de la drôle de guerre (novembre 1939 - mars 1940). Texte établi par Arlette Elkaïm-Sartre. Gallimard, 1983, in-8°, 432 pp, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. Blanche)

            25

"Je faisais une guerre à mon image : bourgeois, j'avais choisi mon arme par recommandation ; pacifiste, je l'avais prise pacifique ; antimilitariste, je l'avais voulu faire comme simple soldat (antimilitariste parce qu'intellectuel) ; inapte à la vie physique (borgne), je la faisais dans l'auxiliaire. Le résultat fut que j'écrivis d'abord sur la guerre et finalement sur moi." — "Mobilisé dès le 1er septembre 1939, J.-P. Sartre n'a pas tardé à tenir son journal. Ce sont cinq de ces carnets, dont un grand nombre sont égarés, que réunit le présent volume. S'ils sont intéressants par le récit très quotidien que fait l'auteur de ses journées, ils possèdent en outre l'intérêt de nous introduire étroitement dans la démarche de pensée de Sartre chez qui le romancier, le philosophe et le chroniqueur cohabitent sans cesse. On y assiste à la genèse des « Chemins de la liberté », mais aussi de ce qui deviendra « L'Etre et le néant », voire de toute l'oeuvre future de l'écrivain. C'est un témoignage capital et l'un des chefs d'oeuvre de l'auteur." (Lectures n° 14, juillet-août 1983)

344.          SPEARS (Major général Sir Edward L.). Témoignage sur une catastrophe. Tome 1 : Prélude à Dunkerque. Tome 2 : La Chute de la France. Presses de la Cité, 1964, 2 vol. in-8°, 362 et 372 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, 4 cartes de la Bataille de France (Attaque et percée allemandes, 10-20 mai 1940, L'encerclement, 20-31 mai 1940, Situation le 5 juin et Rupture du front de la Somme), cart. éditeur, jaquettes illustrées, décharges de scotch sur les gardes du 1er volume, qqs rares annotations stylo en marges au tome 2, bon état. Rare complet des 2 volumes

            60

La défaite française de mai 1940 vue par le général britannique détaché auprès du gouvernement français qui dans les derniers moments de l'invasion embarquera le général de Gaulle dans son avion en partance pour l'Angleterre. Le tome 1 traite des événements qui se sont déroulés du 1er août 1939 au 31 mai 1940. — "Dans ce tome II, le général Spears poursuit l'histoire des événements qui se sont déroulés depuis la chute de Dunkerque : la rupture de la ligne Maginot, la retraite de Bordeaux, l'éclipsé de Paul Reynaud sont décrits minutieusement et avec talent. L'ouvrage s'achève sur le départ du général de Gaulle pour l'Angleterre dans l'avion du général Spears." (Revue française de science politique, 1965) — "Dans le premier volume, le général Spears raconte toute l'histoire de sa mission en tant que délégué de Winston Churchill auprès du gouvernement français en 1940. Le livre commence en août 1939. L'auteur est à Chartwell, déjeunant avec Churchill. Ils projettent une visite à la Ligne Maginot. Là, ils rencontrent le général Georges et s'entretiennent sur l'éventualité d'un prochain conflit. Rappelé précipitamment à Londres, l'auteur décrit les scènes historiques au Parlement et la chute du gouvernement Chamberlain. De retour en France, Spears accompagne le gouvernement français et assiste, horrifié et impuissant au "viol" de la France par les Allemands. Ce premier tome s'achève sur le drame de Dunkerque où les armées françaises et anglaises sont prises en tenaille par les Allemands. — Dans le second et dernier volume, le général Spears raconte toute l'histoire de sa mission en tant que délégué personnel de Winston Churchill auprès du gouvernement français en 1940. Plongé au cœur des évènements catastrophiques affectant les sphères politiques et militaires françaises, le récit d'Edward Spears débute le 1er juin 1940, au lendemain de la conférence de Paris et la retour de Churchill à Londres. Au jour le jour, Spears narre, avec une verve toute britannique, les tribulations des dirigeants français qui ont perdu à la fois l'initiative et l'espoir. La retraite à Bordeaux, la lutte pour sauver la France des défaitistes, l'offre dramatique de l'Acte d'Union proposé par Churchill à la France, l'éclipse de Paul Reynaud, les colères hystériques de Weygand... sont décrits avec les accents tantôt d'une tragédie antique, tantôt d'une comédie burlesque. Lorsque le gouvernement Pétain traite avec l'ennemi en vue d'un armistice, c'est le moment où le général Spears apporte son appui au général de Gaulle qui incarne l'esprit de la Résistance en France. L'ouvrage s'achève le 17 juin 1940 sur la fuite du général de Gaulle en Angleterre dans l'avion du général Spears. Le lecteur appréciera particulièrement les portraits des protagonistes : de celui, ravageur, de la comtesse Hélène de Portes (la maîtresse de Reynaud) à celui tout en nuance et tendresse de Mandel." (Francis Deleu, 2006)

345.          TERNON (Dr. Yves) et Dr. Socrate HELMAN. Le Massacre des aliénés. Des théoriciens nazis aux praticiens SS. Tournai, Casterman, 1971, in-8°, 271 pp, biblio, index biographique des médecins ayant participé activement au massacre des aliénés, broché, état correct

            25

"Le massacre des débiles mentaux, voulu par Hitler, pour débarrasser la race aryenne germanique de ses éléments asociaux, débuta des l'automne 1939. Preparé dans le plus grand secret par la chancellerie du Führer, il fut l'oeuvre exclusive du Parti national-socialiste. Le gouvernement du Reich n'intervint pas dans son élaboration ; aucune loi ne fut votée pour justifier le programme d'extermination désigné sous le nom de code Action T 4. Ce programme fut réalisé en vertu d'un décret ultra-secret, émis en 1938, par un organisme nazi créé tout spécialement par la chancellerie du Führer. Dès le début de la campagne de Pologne, le recensement des aliénés fut organisé au moyen de questionnaires que durent remplir les directeurs d'asiles ; une societé de transport SS fut créée pour amener les malades de leur asile à un institut où des experts, se basant sur les réponses données par les médecins des asiles, décidaient sans appel de l'envoi des victimes aux chambres à gaz. Un bureau légalisait les décès et envoyait aux familles des lettres de condoléances. L'opposition des clergés Protestant et catholique, qui rencontrait l'appui des populations, le mécontentement de l'armée, indignée de l'exécution d'un certain nombre d'invalides de la première guerre mondiale et, peut être aussi, le fait que l'Action T 4 avait atteint un de ses objectifs, celui de former des équipes de tueurs en vue de la Solution finale du problème juif, sont autant d'explications complémentaires à l'ordre donné par Hitler en août 1941 de suspendre l'extermination collective des aliénés. Toutefois, si la chancellerie du Führer cessa ses pressions sur les directions d'asiles, des médecins nazis continuèrent jusqu'à la fin de la guerre à pratiquer l'extermination individuelle. L'ouvrage des Dr. Ternon et Helman est une intéressante synthèse de l'abondante littérature historique suscitée par le comportement du corps medical allemand sous le regime nazi. L'exploitation d'un certain nombre de sources inédites a permis aux auteurs de faire oeuvre originale." (L. Papeleux, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1973)

346.          VERCORS. La Bataille du Silence. Souvenirs de minuit. Presses de la Cité, 1967, in-8°, 350 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale (il nest pas annoncé de grand papier)

            25

Les souvenirs d'un des fondateurs des clandestines éditions de Minuit. — « L’essentiel des souvenirs de Vercors porte bien évidemment sur la création des Editions de Minuit, dans Paris occupé, entre 1942 et 1944. Véritable légende de la Résistance, qu’il est assez émouvant de lire dans sa version de 1967, vingt-deux ans à peine après les événements. » (Antoine de Gaudemar, Libération) — Vercors (1902-1991) a publié aux Editions de Minuit clandestines "Le Silence de la mer" achevé d’imprimer le 20 janvier 1942, puis en 1943 "La Marche à l’étoile". Il a publié, par ailleurs, une quarantaine d’ouvrages, œuvres romanesques, de théâtre ainsi que des albums.

347.          WELLERS (Georges). L'Etoile Jaune à l'heure de Vichy. De Drancy à Auschwitz. Fayard, 1973, gr. in-8°, vi-453 pp, préface de Jacques Delarue, postface du R. P. Riquet, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'ouvrage de Georges Wellers qui a vécu, en interne, dans le « camp juif » de Compiègne, dans les camps de Drancy et d'Auschwitz et, finalement, dans le camp d'evacués à Buchenwald est à la fois un témoignage de ce qu'a été, sous le IIIe Reich, la vie concentrationnaire des Juifs et une analyse des conditions qui expliquent comment a pu être entreprise et pratiquée l'incroyable et pourtant si réelle « solution finale de la question juive », par l'extermination systématique de millions d'êtres humains. Cette analyse a pour base une connaissance approfondie de multiples travaux scientifiques sur le nazisme et de la documentation de l'époque nazie concernant la question juive, particulièrement en France. L'ouvrage est une contribution de valeur aux efforts pour éclairer la solution nazie de la question juive dans son principe et dans son exécution en France. En particulier, l'exposé de l'histoire du camp d'internement de Drancy contribue à remplir une lacune dans l'historiographie concentrationnaire." (J. Billig, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1975) — "Né en Russie en 1904, établi en France en 1929, Georges Wellers, athée, est frappé par les mesures antiiuives en 1941, séjourne à Drancy assez longtemps pour assister à soixante déportations, avant d'être déporté à son tour vers Auschwitz et Buchenwald. A la Libération, tout en reprenant ses recherches en physiologie (CNRS), il se fait l'historien de la persécution des Juifs et du phénomène concentrationnaire. Parmi ses ouvrages, “L'Etoile Jaune à l'heure de Vichy” reste irremplaçable sur le camp de Drancy." (Annales ESC, 1993)

348.          WORMSER (Olivier). Les Origines doctrinales de la "Révolution Nationale". Vichy : 10 juillet 1940 - 31 mars 1941. Plon, 1971, in-8°, 276 pp, biblio, broché, bon état

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"L'ouvrage que vient de publier M. Olivier Wormser est a verser au dossier déjà bien fourni des origines de la Révolution nationale. II aurait été, en effet, regrettable que cette étude, rédigée à la demande de M. Emmanuel Monick, alors secrétaire général du Protectorat au Maroc, entre octobre 1940 et mars 1941, demeurat plus longtemps dans la malle où son auteur l'a retrouvée en avril 1971, car elle apporte d'intéressantes lumières sur l'influence que l'Action française – et Maurras tout le premier – exercèrent sur l'idéologie du régime de Vichy. (...) C'est le propre des maîtres livres que d'être des excitants pour l'esprit et des éveilleurs de problèmes. Assurèment, celui-ci entre dans cette catégorie." (Claude Lévy, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1974) — "Une nation aussi ancienne que la France est parcourue par des courants de pensée très divers et ces courants apparaissent tour à tour en pleine lumière. En quarante ans d'une histoire constitutionnelle très riche, la France a eu l'occasion d'emprunter à diverses reprises des chemins opposés. Rien ne permet de comprendre les influences qui se sont exercées, mieux que le très intéressant livre de M. Olivier Wormser. A l'annonce de la défaite, un de mes camarades s'exclama : « Enfin la République est morte. » Cette phrase est peut-être encore plus claire que l'expression de Charles Maurras la « divine surprise ». On a trop longtemps supposé que l'œuvre intérieure du maréchal Pétain lui avait été imposée par le vainqueur. En fait, ce régime est l'application logique d'une doctrine déjà ancienne et dont on peut trouver l'expression dans l'Enquête sur la Monarchie de Charles Maurras. L'exergue de l'enquête était « Oui ou non, l'institution d'une monarchie traditionnelle héréditaire, anti-parlementaire et décentralisée n'est-elle pas de salut public ? » C'est ce rapprochement entre les conceptions de Charles Maurras et les actes du maréchal Pétain que M. Olivier Wormser s'efforça de décrire en 1941 à la demande du Gouverneur Monick alors secrétaire général du Protectorat du Maroc. M. Wormser publie aujourd'hui cette étude demeurée confidentielle. Mais le livre reste actuel, l'auteur s'étant efforcé, à l'époque, de définir les fondements d'institutions équilibrées en revenant aux sources : Montesquieu et Rousseau." (Robert Bordaz, Revue des Deux Mondes, 1971)

Histoire militaire, Militaria

 

349.          ANGOT (E.) et R. de LAVERGNE. Le Général Vuillemin. Une figure légendaire de l'aviation française de 1914 à 1940. La Palatine, 1965, pt in-8°, 258 pp, 12 pl. hors texte (17 photos et documents), un fac-similé dans le texte, documents en annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le sous-titre de cet ouvrage, qui a reçu le prix d'histoire de l'Académie française, est : « une figure légendaire de l'aviation française de 1914 à 1940 ». Légendaire est un mot dont il convient de ne pas abuser, mais qui s'impose à propos de ces hommes qui, par leur foi et leur vaillance, compensaient la fragilité de leurs mécaniques, et faisaient de l'aviation une arme efficace. Le général Vuillemin fut l'un d'eux. On trouve dans ce livre attachant toutes les étapes de sa carrière. D'abord artilleur, il obtient d'être versé dans l'aviation, et apprend à voler sur de fragiles « coucous ». La guerre de 1914 le verra lieutenant et bientôt chef d'une escadrille, la fameuse C. 11, dont l'emblème était une ironique cocotte en papier, comme celles que fabriquent les enfants. Son but est essentiellement l'observation et la reconnaissance, ainsi que la destruction des « drachen » (les ballons d'observation allemands). Mais le lieutenant Vuillemin ne se contente pas de ces tâches, déjà si importantes pour le sort de la bataille. Il recherche constamment le combat avec les avions ennemis. Imagine-t-on ce que pouvaient être ces combats ? Au début de la guerre au moins, l'avion n'est armé que d'un mousqueton de cavalerie, que le pilote manie d'une main, tenant de l'autre le manche à balai ! Tout au long des quatre années de guerre, le lieutenant, puis capitaine Vuillemin allie à une audace étonnante le souci de l'organisation et de l'efficacité. Il a constamment le souci de travailler en liaison avec les troupes du sol. Vers la fin de la guerre, il est chargé de l'organisation de l'aviation de bombardement, qui remportera de solides succès. La guerre finie, l'aviation continue. Le commandant Vuillemin devine que l'avion est l'outil de liaison naturel, par dessus le Sahara, entre l'Afrique blanche et l'Afrique noire. Il veut unir ces territoires alors français, et c'est la première traversée du Sahara en 1920. Trois avions au départ, un seul hélas à l'arrivée : c'est au cours de ce raid que meurt le général Laperrine. Les tempêtes de sable, et la force du vent étaient alors des ennemis presque invincibles, pour des avions sans radio, et dont la vitesse ne dépassait pas le 125 km/h. Quelques années plus tard, le général Vuillemin, après avoir commandé l'aviation en Algérie, puis au Maroc, recommencera. Avec une trentaine d'avions, il bouclera un circuit immense au-dessus de l'Afrique, avec la traversée du Sahara dans les deux sens. Ce sera la célèbre « croisière noire » (1933). Nommé inspecteur de l'aviation de bombardement, le général lutte contre l'idée insensée de l'Etat-Major, qui veut imposer un type unique d'avion de combat, chargé de toutes les missions (reconnaissance, chasse, bombardement). Une nouvelle guerre approche, et le général Vuillemin est nommé en 1938 chef d'Etat-Major général de l'Armée de l'air, c'est-à-dire commandant suprême des forces aériennes françaises. Lucidement, et courageusement, le général indique au gouvernement français la faiblesse de notre aviation de guerre. Un voyage en Allemagne lui a montré la puissance de l'aviation allemande. Et l'écart tend à s'accroître, du fait de troubles dans nos usines, tandis que les usines du Reich tournent sans arrêt ! En un an, le général Vuillemin œuvre pour redresser la situation. Son prestige auprès des aviateurs, son sens de l'organisation font en tout cas qu'il utilise au mieux l'outil qui lui est confié. Après le désastre de 1940, le général Vuillemin peut dresser ce bilan : avions allemands descendus : 982; avions français : 306, et l'aviation française se battait à un contre cinq. Sur les 2000 prisonniers allemands faits par l'armée française, 700 étaient des aviateurs, pris après la destruction de leur appareil. Le général Vuillemin obtint, de Gœring plein de respect, que les appareils français ne soient pas livrés, au moment de l'armistice. La plupart gagnèrent l'Afrique du Nord ; le général se retira lui-même à Alger. Etonnante carrière, où les vertus les plus diverses, audace et mesure, sens de l'initiative et discipline, se trouvent constamment unies. C'est une belle figure d'homme d'action que font revivre MM. Angot et de Lavergne dans ce livre attachant, d'un grand intérêt historique." (Revue des Deux Mondes, 1966)

350.          GAGET (Général Robert). Commando Cobra. Les ceinturons noirs en Algérie. P., Editions Grancher, 2000, gr. in-8°, 375 pp, présenté par le général Bigeard (Bruno), 125 photos et 48 cartes dans le texte, broché, couv. illustrée (lég. insolée), bon état

            25

On a beaucoup parlé des "Commandos Cobra", ces soldats de Bigeard qui, sans être des professionnels ni des paras, se sont néanmoins couverts de gloire dans le Secteur de Saïda et la Zone Sud Oranais. Qui étaient-ils, ces nouveaux guerriers en casquettes ? Voici leur véritable Histoire ! Le Général Robert Gaget, alias "Cobra" nous décrit la formation de ses hommes, leur engagement, leur foi, leur réussite. Il nous entraîne derrière ses Sticks, dans les épais maquis de Saïda, sur les monts brûlés des Ksour, le long des falaises de la frontière Algéro-marocaine. Il nous invite à découvrir comment cette Unité de circonstance, formée à la méthode Bigeard, va devenir le fameux Commando de deux cents guerriers capable d'agir en finesse contre l'organisation politico-militaire adverse ou de donner l'assaut à une Katiba retranchée dans les rochers du Djebel. (4e de couverture)

351.          GAULOT (Paul)( dir). Bibliothèque de souvenirs et récits militaires. P., Henri Gautier, s.d. (v. 1890), 104 fasc. de [32] pp en 8 vol. in-8°, 3328 pp, 104 fascicules contenant 272 gravures et 38 cartes dans le texte, plus des frontispices et culs-de-lampe par Alfred Paris, sous chemises cartonnées de l'éditeur : ces emboitages sont en fine toile grenat, biseautés, ornés d'élégants fers dorés d'après les dessins de E. Vulliemin et Alfred Paris, et l'emboitage est accompagné du titre, du faux titre, de la table des matières et de celle des gravures, chaque emboîtage regroupe treize livraisons, bords des chemises décolorés, intérieur propre, état correct

            250

Complet. — Collection de récits militaires puisés dans des souvenirs ou extraits de mémoires de grands auteurs, chaque article étant précédé d'une notice biographique sur l'auteur et d'un rapide aperçu du contexte historique par l'historien Paul Gaulot (1852-1937). Souvent inédits, les mémoires couvrent toutes les époques (Ancien Régime, Révolution et Empire, XIXe siècle dont en particulier la période du Second Empire), et ont été publiés périodiquement par l'éditeur Gautier dans les années 1890. Se répartit comme suit : Vol. 1, fasc. 1-13. Vol. 2, fasc. 14-26. Vol. 3, fasc. 27-39. Vol. 4, fasc. 40-52. Vol. 5, fasc. 53-65. Vol. 6, fasc. 66-78. Vol. 7, fasc. 79-91. Vol. 8, fasc. 92-104. — N° 1: D'Ulm à Austerlitz, général baron Thiébault. – N° 2: Sébastopol, S.M.I. Alexandre III. – N° 3: Paris assiégé, Champigny, Buzenval, Jules Clarétie. – N° 4: Le siège de Dantzig, général Rapp. – N° 5: Thermidor et Fructidor (récits de témoins occulaires), par le gendarme Méda et l'adjudant-général Ramel. – N° 6: La campagne de France. Valmy, Goethe. – N° 7: Mes rêveries; L'armée de l'avenir, Maurice de Saxe. – N° 8: Aventures d'un Polonais au service de la France (Guerre d'Espagne), général de Brandt. – N° 9: La Fronde : le combat du faubourg Saint-Antoine, Mlle de Montpensier. – N° 10: Exploits du corsaire Tom Souville, Henri Chevalier. – N° 11: La Vendée en armes, comtesse de La Bouère. – N° 12: La guerre noire (campagne du Dahomey), commandant Aublet. – N° 13: Les derniers jours de Maximilien (Mexique), Paul Gaulot. – N° 14: La bataille de Paris (1814), Henry Houssaye. – N° 15: Les héros en guenilles (Lodi, Arcole, Rivoli), un officier de la 32e demi-brigade. – N° 16: La conquête du Pérou: I. L'Empire des Incas et la marche en avant de François Pizarre), W.H. Prescott. – N° 17: La conquête du Pérou: II. Capture et supplice de l'Inca. Triomphe de Pizarre, W.H. Prescott. – N° 18: Metz. Souvenirs de 1870, E.A. Spoll. – N° 19: Les voyages d'Anthony Jenkinson, vice-amiral Jurien de la Gravière. – N° 20: La guerre d'Amérique (1780-1783), comte Jean Axel de Fersen. – N° 21: Les prisonniers de Cabrera, L.-F. Gille. – N° 22: La bataille de Solférino, Alfred Duquet. – N° 23: Aux grandes manoeuvres. Notes d'un réserviste, Paul Ginisty. – N° 24: Les Français en Egypte, un officier de la 32e demi-brigade. – N° 25: Bonaparte en Syrie, un officier de la 32e demi-brigade. – N° 26: La mort de Gustave-Adolphe, Schiller. N° 27: Le peuple aux Tuileries; journée du 20 juin 1792, Roederer. – N° 28: La conquête des Gaules, Jules César. – N° 29: La victoire de Coulmiers, commandant Rousset. – N° 30: Essling, Wagram, général Mathieu Dumas. – N° 31: Sadowa, d'après les carnets du prince royal de Prusse (Frédéric III), Edmond Neukomm. – N° 32: Le combat naval de Fou-Tchéou, Maurice Loir. – etc., etc. jusqu'au N° 104.

352.          GUILLAUME (Général Augustin). Homme de guerre. France-Empire, 1977, gr. in-8°, 302 pp, 19 photos sur 16 pl. hors texte, 6 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Mémoires. D'une plume gaillarde, le général Guillaume nous raconte ses souvenirs de Saint-Cyr, la Première Guerre mondiale et sa captivité en Prusse Orientale ; Odessa en 1919 face à l'Armée Rouge ; au Maroc de 1919 à 1924, dans l'Atlas dissident ; en Europe centrale avec des officiers du S.R. en 1924 ; encore au Maroc de 1934 à 1936 où il prépare en secret les fameux Tabors dont il sera le chef légendaire ; la Seconde Guerre mondiale en Afrique du Nord, en Italie avec le général Juin, à l'Armée « Rhin et Danube » avec de Lattre ; puis attaché militaire à Moscou en 1945 ; commandant en chef en Allemagne de 1947 à 1951 ; enfin Résident général au Maroc de 1951 à 1953.

353.          LARTÉGUY (Jean). Un million de dollars le Viet : la seconde guerre d'Indochine. Raoul Solar, 1965, in-8°, 318 pp, 56 photos et 3 cartes, tableau chronologique, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            15

Le titre du dernier livre de Lartéguy explique tout : chaque vietcong tué au cours de cette seconde guerre d’Indochine revient à 5 millions de francs. Les Etats-Unis dépensent douze milliards de dollars par an pour cette guerre au Vietnam. A l’aide de leur matériel, le plus prodigieux du monde, ils essaient de poursuivre d’insaisissables guérilléros dont les sandales sont faites de vieux morceaux de pneus. Lartéguy, après un long séjour au Vietnam où il a vécu la guerre avec les “Marines” et les vietcongs, nous a rapporté un document extraordinaire dont la puissance évocatrice est saisissante.

354.          LE MASSON (Henri). Du Nautilus (1800) au Redoutable. Histoire critique du sous-marin dans la marine française. Presses de la Cité, 1969, in-8°, 455 pp, 32 pl. de photos hors texte, qqs figures et plans, annexes sur les sous-marins de la marine française, sources et biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

L'histoire du sous-marin dans la marine française commence sous le Consulat lorsque le célèbre ingénieur Fulton construit son “Nautilus” à Paris. Puis il y eut le “Plongeur” de Bourgeois et Brun, et le “Goubet”, le micro sous-marin qui venait de Russie. En 1886, le “Gymnote” est le premier sous-marin dans le monde qui navigue convenablement en plongée. C'est ensuite en 1899, la révolution du submersible avec le “Narval” de Laubeuf qui se prolonge jusqu'à une nouvelle révolution, celle du sous-marin nucléaire en 1954. L'année 1969 voit les essais du “Redoutable”, premier sous-marin français lanceur de missiles à propulsion nucléaire...

Voyages, Pays étrangers

 

355.          AMUNDSEN (Roald) et ses collaborateurs. Au Pôle Sud. Expédition du “Fram”, 1910-1912. Hachette et Cie, 1913, pt in-4° (20 x 26,6), xv-371 pp, adapté du norvégien et préfacé par Ch. Rabot, introduction de Fridtjof Nansen, ouvrage illustré de 125 photographies sur 72 pl. hors texte et d'une carte dépliante en couleurs hors texte, reliure percaline verte de l'éditeur, 1er plat illustré d'une vignette dorée d'après le dessin de la page de titre (le drapeau norvégien planté au Pôle Sud, avec un attelage de chiens au repos et un des explorateurs), second plat muet, dos avec titres et médaillon représentant une boussole dorés, qqs rares rousseurs, bon état

            250

Roald Amundsen (1872-1928) est un marin et explorateur polaire norvégien. En 1905, il est le premier à franchir le passage du Nord-Ouest qui relie l'océan Atlantique au Pacifique dans le Grand Nord Canadien. Il commande plus tard l'expédition qui, la première, atteint le pôle Sud, le 14 décembre 1911, après être arrivé dans la baie des Baleines le 14 janvier de la même année. Préparée avec méticulosité, cette entreprise hardie était aussi le fruit du hasard. Deux ans auparavant, Amundsen avait échafaudé des plans pour étendre son exploration de l'océan Arctique et se laisser dériver jusqu'au pôle Nord. Mais il avait reçu la nouvelle que Robert Peary avait annoncé l'avoir déjà atteint (ce qui fut ensuite contesté). « À cet instant, racontera plus tard Amundsen, je décidai de modifier mon objectif, de changer du tout au tout, et d'aller vers le Sud ». Amundsen escomptait que la conquête du pôle Sud lui assurerait la gloire aussi bien que le financement des explorations suivantes. Faisant semblant de se préparer pour le Nord, il organisa secrètement son départ pour le Sud. Mais parvenir le premier au pôle Sud n'allait pas de soi. Commandée par le capitaine Robert Falcon Scott et entourée d'une abondante publicité, une expédition britannique s'y destinait également. Amundsen n'ignorait rien des ambitions de son rival. La note du 12 septembre dans son journal de bord en témoigne : tenaillé par l'idée que Scott pourrait le prendre de vitesse, il se mit en route avant l'arrivée du printemps polaire, malgré une météo défavorable et fut le premier à atteindre le pôle Sud... Amundsen reste, avec Douglas Mawson, Robert Falcon Scott et Ernest Shackleton, l'un des chefs de file de l'exploration polaire en Antarctique entre 1900 et 1912.

356.          APTHEKER (Herbert), David WALKER. “One Continual Cry": David Walker's Appeal to the Colored Citizens of the World (1829-1830), Its Setting and Its Meaning by Herbert Aptheker, together with the full text of the third – and last – edition of the “Appeal“. New York, Humanities Press, 1965, in-8°, (viii)-150 pp, reliure toile éditeur, jaquette illustrée lég. défraîchie, bon état. Texte en anglais

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David Walker (1796-1830) est un abolitionniste Noir américain. Alors qu'il vit à Boston (Massachusetts), il publie un brûlot contre l'esclavage : Walker's Appeal to the Coloured Citizens of the World, un appel à l'union des Noirs face à l'esclavagisme qui connaît un grand retentissement et influence par la suite de nombreux activistes. Aptheker reproduit ici fidèlement la troisième édition de l' “Appeal“ avec la ponctuation erratique de Walker, les phrases en italique et les majuscules inchangés.

357.          APTHEKER (Herbert)(edited by). A Documentary History of the Negro People in the United States. Volume 2: From the Reconstruction era to 1910. New York, The Citadel Press, 1968, in-8°, vi-410 pp, paginé vi-(533)-942, index, broché, couv. illustrée, bon état. Texte en anglais

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From the Reconstruction years to the founding of the N.A.A.C.P. (National Association for the Advancement of Colored People) in 1910. A history of the Negro people told in their own words. The source and historical significance of each document is explained in the editor's introductory remarks and notes. — "A highly valuable contribution to the literature of its field." (American Historical Review)

358.          BARIETY (Jacques) et Jacques DROZ. Histoire de l'Allemagne. 3. République de Weimar et Régime hitlérien, 1918-1945. Hatier, 1973, gr. in-8°, 224 pp, 7 cartes et tableaux, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. d'Histoire contemporaine)

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"Deux historiens français, J. Bariety et J. Droz, dont les ouvrages sur l'Allemagne sont avantageusement connus, nous donnent conjointement une étude très ramassée sur la période cruciale qui va de l'effondrement du Reich wilhelminien a celui du IIIe Reich. Malgré son volume réduit, l'essentiel est dit et bien dit dans cette synthèse, qui reste lumineuse même quand les problèmes traités sont délicats et ardus. Chacune des deux grandes parties consacrées, l'une à la République de Weimar, l'autre à la période national-socialiste, est assortie d'une bibliographie raisonnée, de documents bien choisis, de cartes et de tableaux très éclairants. L'abondance de détails significatifs, peu ou pas connus, présuppose à la fois une étonnante connaissance des choses de l'Allemagne (et pas seulement de son histoire politique), la lecture des derniers ouvrages parus, ainsi que la fréquentation des archives de la Chancellerie du Reich. Les faits les plus importants sont rappelés et les portraits des principaux protagonistes retracés sans que l'ouvrage relève de la pure histoire évenementielle. Les auteurs n'ont garde d'oublier la psychologie des Allemands traumatisés par les catastrophes successives qui s'abattent sur eux : défaite, bouleversement politique, inflation et crise. Et, très opportunément, ils indiquent l'exploitation qui en est faite par les forces de conservation sociale. Même si certaines préférences des auteurs transparaissent parfois, l'effort d'objectivité est incontestable ; de même le courage avec lequel ils portent la main sur certains personnages jusque-là auréoles d'un nimbe de pacifisme ou de bonne volonté. Ainsi, ils ne partagent guère l'admiration sans bornes que vouent tant d'historiens à Stresemann... (...) Si nous nous sommes ainsi attardés à la critique du présent ouvrage, c'est qu'il en vaut largement la peine. Nous ne pouvons que le recommander chaleureusement." (Pierre Angel, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1974)

359.          BOURDET-PLÉVILLE (Michel). Le Drame de La Méduse. P., André Bonne, 1951, in-12, 250 pp, un croquis de la frégate, 5 fac-similés, 3 cartes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Grande et la Petite Histoire)

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"M. Michel Bourdet-Pléville, dont nous avions ici-même donné un aperçu de la belle étude sur Surcouf, vient de consacrer une étude vraiment passionnante au naufrage de la Méduse (juillet 1816). Elle est fondée sur de longues et minutieuses recherches aux Archives nationales, aux services historiques de la marine et de la guerre, aux archives du port de Rochefort et de la France d'outre-mer. Nous pouvons grâce à lui évoquer ce drame, qui avait commencé par un échouage lamentable, sur la côte d'Afrique occidentale, dû à l'impéritie du commandant Chaumareys ; il se termina en une atroce tragédie, à l'horreur de laquelle rien ne manqua, pas même les scènes d'anthropophagie, et qu'a popularisée le tableau célèbre du Radeau de la Méduse. M. Bourdet-Pléville se révèle ici, une fois de plus, non seulement un parfait connaisseur des choses de la mer, mais aussi un peintre vigoureux, un véritable auteur dramatique. L'ouvrage eût certainement plu à son frère, le regretté Edouard Bourdet." (Le Monde, 21 janvier 1952)

360.          CHALIAND (Gérard). Les Empires nomades, de la Mongolie au Danube (Ve-IVe siècles av. J.-C.-XVe-XVIe siècles ap. J.-C.). Perrin, 1998, in-8°, 221 pp, 23 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, tranche lég. salie, bon état

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Gérard Chaliand a réussi une très précieuse synthèse de la lutte entre les nomades des steppes eurasiatiques et les sédentaires, une opposition qui, durant deux millénaires, a été le fondement essentiel des conflits du monde antique et médiéval entre le Ve siècle avant notre ère et le XVIe siècle. De la Chine à l'Occident, les nomades des steppes asiatiques - dont certains illustres, tels Attila, Gengis Khan ou Tamerlan - ont été des perturbateurs, des prédateurs et aussi, après avoir été policés et convertis par les sédentaires, des créateurs d'empires prestigieux. La prééminence des nomades eurasiatiques ou de leurs héritiers est restée totale jusqu'au XVe siècle. C'est la contre-offensive de la Russie, son expansion continue vers l'est et le sud à partir du XVIe siècle qui sonna la revanche des sédentaires, encore que les nomades mongols soient restés jusqu'au XVIIIe siècle un danger pour l'Empire chinois. Un livre illustré par 23 cartes, et conçu comme un précis d'histoire des empires des steppes.

361.          Collectif. Notre président Ho-Chi-Minh. Hanoi, Editions en langues étrangères, 1970, pt in-8°, 219 pp, broché, bon état

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En guise d'introduction le discours prononcé le 19 mai 1970 par le ministre Pham Van Dong, à l'occasion du 80e anniversaire de la naissance du président Ho Chi Minh (52 pages), suivis d'une biographie de Ho Chi Minh, établie par la Commission d'étude de l'histoire du Parti des Travailleurs du Vietnam, et de quelques témoignages reçus après sa mort le 3 septembre 1969.

362.          Congrès Archéologique de France. 105e Session tenue en Souabe en 1947 par la Société française d'archéologie. Bade, Editions Art et Science, 1949, in-8°, 318 pp, 88 illustrations photographiques et plans, une carte, broché, pt mque au coin du 1er plat, dos scotché, bon état (CVe session, 1947)

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Publié sous les auspices de la direction générale des affaires culturelles du haut commissariat de la République française en Allemagne. En juin 1947, alors qu'il était chef du service des beaux-arts en Allemagne, Michel François (1906-1981) organisa en Souabe la 105e session du Congrès archéologique de France et y fit deux communications. — Table : Pierre-Michel d'Ixnard (Maurice Jardot). Eglise et monastère de Saint-Blaise (Maurice Jardot). Reichnau, les peintures murales d'Oberzell (Marc Thibout). Goldbach (Paul Deschamps). Eglise de Birnau (Jacques Vanuxem). Salem : architecture (Marcel Aubert). Salem : mobilier et décor (Maurice Jardot). Abbbaye de Weissenau (Jacques Vanuxem). Abbaye de Weingarten (Jacques Vanuxem). Abbaye de Schussenried (Jacques Vanuxem). Eglise de Steinhausen (Jacques Vanuxem). Eglise de Buchau (Maurice Jardot). Zwiefalten (Jacques Vanuxem). Bibliographie générale sur l'architecture religieuse en Souabe au XVIIIe siècle (Jacques Vanuxem). Abbaye de Bebenhausen (Marcel Aubert), Abbaye d'Herrenalb (Marcel Aubert). Baden-Baden, les bains romains (Michel François). Château de la Favorite (Michel François).

363.          DAUMAS (Lieutenant-Colonel Eugène). Le Sahara algérien. Etudes géographiques, statistiques et historiques sur la région au sud des établissements français en Algérie. P. et Alger, Langlois et Leclercq, Fortin, Masson et Cie ; Dubos Frères, 1845, gr. in-8°, xvi-339 pp, ouvrage rédigé sur les documents recueillis par les soins de M. le lieutenant-colonel Daumas, directeur central des Affaires arabes à Alger, et publié avec l'autorisation de M. le Maréchal, duc de Dalmatie, une grande carte dépliante in fine, reliure demi veau glacé aubergine, dos lisse avec titre, doubles filets et fleurons dorés, palette en queue (rel. de l'époque), qqs rousseurs en début d'ouvrage et sur la carte, bon état

            250

Edition originale de cet important ouvrage sur la colonisation du Sahara établi à partir « de documents recueillis pendant deux années de la bouche même de 2.000 Arabes au moins, voyageurs, pèlerins ou marchands », agrémenté d'une grande carte repliée, dressée par M. Gaboriaud (Taillart 1138). — "Vers 1840, les Français d'Alger ne pouvant songer à pénétrer eux-mêmes dans le désert, décident d'utiliser systématiquement des informateurs indigènes. En interrogeant patiemment les voyageurs qui fréquentent le Sahara, marchands, chefs de caravanes, pèlerins... on peut obtenir des renseignements assez précis sur des contrées encore interdites aux chrétiens. Le champion de cette méthode est le général Daumas, directeur des affaires indigènes sous Bugeaud et créateur des Bureaux arabes. Pendant deux ans, Daumas a interrogé un millier d'indigènes, notamment des gens de Biskra, des marchands de Bou-Saada et du Mzab, des habitants de Touggourt, des Chaamba, des Ouled-Naïl, sans parler des pèlerins de La Mecque passant par Alger. Pendant ces enquêtes, le secrétaire Ausone de Chancel prenait des notes et le capitaine Gaboriaud portait les renseignements sur une carte. Par principe, on ne retient que les informations recoupées par au moins deux témoignages. Le résultat de ces patientes investigations est “Le Sahara algérien” (1845), première synthèse consacrée au grand désert. Daumas fait alterner vues générales, descriptions d'itinéraires et monographies d'oasis ou de tribus. Le désert présente plusieurs nuances : « Le mot 'Sahara' n'entraîne point nécessairement l'idée d'une immensité déserte. Habité sur certains points, il s'appelle 'Fiafi' ; habitable sur certains autres, il prend le nom de 'Kifar' (...) ; inhabité et inhabitable sur d'autres, on le nomme 'Falat'...»." (Numa Broc, Les Français face à l'inconnue saharienne : géographes, explorateurs, ingénieurs, 1830-1881, Annales de géographie, 1987)

364.          DAVID-NÉEL (Alexandra). Le Bouddhisme. Ses doctrines et ses méthodes. Monaco, Editions du Rocher, 1947, in-12, 257 pp, appendices, broché, papier lég. jauni, qqs rares soulignures crayon, bon état

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Né prince, fils d'un souverain de la puissante tribu des Sakya, au VIe siècle avant Jésus-Christ, il vécut dans le luxe et l'opulence avant de tout quitter pour partir sur les routes, seul, à la recherche de la sagesse. Il avait vingt-neuf ans, il s'appelait Siddharta Gautama, il allait devenir le Bouddha. Alexandra David-Néel a été l'une des premières Occidentales à pénétrer au Tibet et à comprendre la spiritualité orientale. Nul mieux qu'elle ne pouvait écrire cette présentation du bouddhisme du Bouddha en étant totalement fidèle au message et parfaitement accessible aux lecteurs occidentaux.

365.          DOUVILLE (R.) et Jacques-Donat CASANOVA. La Vie quotidienne en Nouvelle-France. Le Canada de Champlain à Montcalm. Hachette, 1964, in-8°, 268 pp, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Les qualités de cette collection sont bien connues. A côté de chapitres qui se lisent comme autant de romans d'aventures (les explorateurs et les coureurs des bois, la vie missionnaire, etc.) on en rencontre d'autres, plus documentaires, dont l'intérêt n'est pas moindre. Tout ce qui concerne la vie familiale, sociale, économique des premiers Canadiens est exposé avec clarté et détails. L'administration, mélange unique d'organisation civile, militaire et religieuse est fort bien expliquée. On retiendra certaines institutions ou pratiques, spécifiquement canadiennes, comme les mariages à la gaumine, ou un surprenant système de papier-monnaie, antérieur à Law, et constitué de cartes à jouer. On retiendra surtout l'étonnante épopée du peuplement français, œuvre des premiers colons. Ce sont surtout leurs unions avec les « filles du roi », envoyées par Colbert, unions d'une grande fécondité qui devaient assurer ce peuplement, avec une rapidité exceptionnelle. Malheureusement, tandis que l'Angleterre encourageait l'émigration, en France et malgré Colbert, le mouvement restait limité, ce qui fut la cause du drame." (Population, 1967)

366.          DUMONT (René). Révolution dans les campagnes chinoises. Seuil, 1957, in-8°, 463 pp, 4 cartes, 39 figures, notes, annexes, un tableau, biblio, reliure pleine basane carmin, dos à 4 nerfs, pièce de titre basane havane (rel. de l'époque), dos frotté, bon état

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"René Dumont a eu le privilège de visiter seul, avec un interprète, quarante-trois villages, de la Mandchourie au Yunnan, du Sseutchouan au Kiangsou, et les observations qu'il y a faites lui ont permis de brosser un véritable tableau de l'agriculture chinoise d'aujourdhui. Sans cesser de rester fidèle à la méthode monographique, qui l'avait si bien servi lorsqu'il avait étudié l'Amérique et la France, il s'efforce en effet de la « déborder » dans l'ouvrage qu'il vient de consacrer à la Chine, en passant inlassablement de l'observation du détail au renseignement d'ordre général. Le « récit du voyage », en outre, occupe sans doute la majeure partie (la seconde) de cet ouvrage ; mais il est encadré par deux études d'un caractère plus général relatives aux conditions dans lesquelles s'est opérée la collectivisation des campagnes de l'Empire du Milieu (première partie) et à l'avenir de cette collectivisation (troisième partie). En Chine, plus encore que dans les autres pays communistes, les choses vont vite. Mais le livre de René Dumont est toujours d'actualité : il l'est parce qu'il fait état des chiffres de l'année 1956, l'année-tournant de la Chine communiste, du point de vue de la collectivisation, point de vue auquel l'année 1957, au contraire, aura été une année de pause ; il l'est surtout – et il le restera – parce que c'est un phénomène, et non un ensemble d'événements, qui s'y trouve scrupuleusement étudié, sans considérations superflues. Tel quel, c'est l'un des plus neufs, l'un des plus riches et l'un des plus solides qui aient été écrits en France sur la Chine contemporaine, depuis de nombreuses années..." (Claude Cadart, Revue française de science politique, 1957)

367.          DUQUENNE (Lucien) et Pierre BIONDINI. L'Argentine de Peron. Bordeaux, Impr. Samie, 1954, in-8°, 267 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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"Lucien Duquenne et Pierre Biondini nous proposent “L'Argentine de Peron” en exemple. Le livre est un document, non sur l'Argentine certes, mais sur eux-mêmes... Leur idéologie cherche des modèles contemporains, elle pense en avoir trouvé un dans l'Argentine de Peron promue au rang de l'Italie mussolinienne dans l'entre-deux-guerres. Il n'entre pas dans notre propos – cela nécessiterait une enquête trop longue – d'apprécier dans quelle mesure Lucien Duquenne et Pierre Biondini se sont trompés, encore que ce soit finalement notre conviction. Leur idéologie se définit aisément par ses références (nombreuses références à Mussolini, au Mussolini de 1945 en termes dithyrambiques (p. 68 notamment). Haine fanatique à l'égard de F. D Roosevelt et de tout ce qui rappelle les États-Unis du New Deal, condamnation de l'entrée en guerre de décembre 1941, sympathie non dissimulée pour la cause de l'Axe, antisémitisme délirant, emplois fautifs des mots « races, ethniques » ..., références fréquentes aux mots réactifs et creux de latinité, argentinité, etc.), entendez, dans le cadre du grand courant de la droite anti-intellectualiste, un fascisme particulièrement primaire, démagogique, celui du début et de la fin de tous les fascismes, fondamentalement antichrétien sous toutes ses formes... Pour une étude des survivances des idéologies fascistes dans l'Europe d'après les deux guerres mondiales, “L'Argentine de Peron” est un livre précieux. Pour la connaissance de l'Argentine actuelle, par contre, il n'en va pas de même. Non que tout y soit faux. Les auteurs ont notamment un goût touchant du chiffre, du chiffre inexact – inexact pour les besoins d'une cause... Duquenne et Biondini donnent toutefois, en français, d'abondants extraits des œuvres d'Eva Peron et sur ce point, on peut leur faire confiance..." (Pierre Chaunu, Annales ESC, 1955)

368.          FAURE (Dr Jean-Louis).