Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Juin 2021

Catalogue 402

 

 

 

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Sommaire

 

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

TEMPS MODERNES

RÉVOLUTION

1er EMPIRE

De 1815 à 1914

De 1914 à nos jours

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

RÉGIONALISME

PARIS

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  AALPAR-ASHTON (K.). Mystères et sortilèges du chat. Textes recueillis par Kathleen Alpar-Ashton.  P., Aux quais de Paris, G. Kogan,  1983, in-8°,  282 pp, préface de Leonor Fini, introduction de Roger Laufer, nombreuses gravures, figures et photos (dont quelques dessins de Leonor Fini), broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le chat, cet être secret qui échappe à notre entendement, à nos certitudes, un animal domestique ? Allons donc ! Adoré en Egypte, en Perse, au Thibet, au Japon (on alla jusqu’à lui élever des temples), il passe en Europe, depuis le moyen âge, pour s’être compromis dans de nombreuses histoires de sorcellerie et de magie noire.  A travers les bouleversements historiques, d’une civilisation à l’autre, il reste le vivant symbole de l’étrange. — Richement documenté.

2.                  ARAGON. Ecrits sur l'art moderne.  Flammarion,  1981, gr. in-8°,  xv-377 pp, préface de Jacques Leenhardt, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Les écrits d'Aragon sur l'art publiés sous la direction de Jean Ristat. Il s'agit d'un choix de textes (essais, articles, poèmes) qu'Aragon a consacrés à l'art moderne entre 1918 et 1980. Des textes dadaïstes et provocateurs aux poèmes des années 1970, en passant par des écrits engagés dans le combat surréaliste ou pour la défense du réalisme socialiste, ce volume rassemble, pour la première fois dans leur intégralité, les écrits d’Aragon consacrés à l’art du XXe siècle. Ces textes, initialement publiés dans des revues, des journaux ou des catalogues d’expositions depuis longtemps disparus, sont pour la plupart introuvables. Aucune prise de position, dont certaines jugées plus tard avec sévérité par Aragon lui-même, n’a été écartée de ce recueil qui constitue une référence sur les rapports de la politique et de l’art, et sur l’histoire de ce siècle dont Aragon fut acteur et spectateur.

3.                  ARANJO (Daniel). Paul-Jean Toulet (1867-1920). 1. La vie, l'œuvre. 2. L'Esthétique.  Pau, Marrimpouey Jeune,  1980, 2 vol. gr. in-8°,  249 et 249 pp, 64 pl. de photos hors texte, biblio, postface de L.S. Senghor, brochés, couv. illustrées, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française). Edition originale, un des 100 ex. numérotés sur bouffant Edita, envoi a.s. sur chacun des volumes

            50

Ouvrage de référence sur l'écrivain et poète Paul-Jean Toulet, célèbre pour ses Contrerimes, une forme poétique qu'il a créée. Sans doute l'un des plus grands poètes français du 20e siècle, Paul-Jean Toulet perd sa mère à sa naissance. Tandis que son père regagne l'île Maurice, il est confié à un oncle de Bilhères, dans la vallée d'Ossau. Il séjourne trois ans à l'île Maurice où se sont installés ses parents (1885-1888) puis un an à Alger (1888-1889), où il publie ses premiers articles. Il arrive à Paris en 1898. L'année suivante il rencontre la romancière Yvonne Vernon (Noby) avec qui il a une liaison. C'est là qu'il se forme véritablement, sous la tutelle de Willy, dont il est l'un des nombreux nègres, notamment pour "Maugis en ménage". Colocataire du futur prince des gastronomes, Curnonsky, il fréquente les salons mondains et les boudoirs demi-mondains qu'il évoque dans "Mon amie Nane". Il travaille beaucoup et se livre à divers excès, dont l'alcool et l'opium. Il collabore à de nombreuses revues, dont la "Revue critique des idées et des livres" de Jean Rivain et Eugène Marsan. De novembre 1902 à mai 1903, il effectue un voyage qui le mène jusqu'en Indochine...

4.                  [Atlas] – RÉMOND (René)(dir.). Atlas historique de la France contemporaine, 1800-1965.  Armand Colin,  1966, gr. in-8°,  233 pp, 461 cartes + 2 dépliantes hors texte, cart.éditeur, bon état (Coll. U), envoi a.s. des six auteurs. Peu courant

            40

461 cartes concernant le Territoire national et l'Administration, la Population, la Vie économique et financière, les Forces politiques et l'Opinion publique, les Forces et Croyances religieuses, l'Enseignement et l'Instruction, l'Information, la Culture et les Loisirs, et les Français hors de France. — Par Paul-M. Bouju, Georges Dupeux, Claude Gérard, Alain Lancelot, J.-Alain Lesourd et René Rémond. — "On a bien souvent insisté sur le retard de la France dans le domaine de la cartographie historique. La collection U, dont on a déjà dit ici les mérites, s'est efforcée de combler cette lacune en présentant un Atlas historique de la France contemporaine qui débute à la Révolution française, quand la refonte consulaire « fixe l'essentiel des conquêtes révolutionnaires [...] et jette les fondements de la France moderne » et se prolonge jusqu'en 1965. Non seulement les auteurs ont utilisé la documentation existante souvent de premier ordre, mais ils ont remanié, refondu en simplifiant, uniformisant. Ils ont en outre conçu de nouvelles cartes qui font de cet atlas un instrument de travail de très grande qualité. Ces cartes intéressent les domaines les plus divers : territoire et administration, population, vie économique, forces politiques et religieuses, enseignement, loisirs. Un dernier chapitre « cartographie » les Français hors de France. Bref, tout y est, y compris la localisation du tir à l'arc en 1912, le judo et la boxe à Paris en 1964, la boule lyonnaise en 1965. Mais tout historien du mouvement ouvrier éprouvera un certain sentiment de culpabilité en parcourant cet Atlas. Si les élections, qu'elles soient politiques ou syndicales, sont honorablement représentées, on ne peut en dire autant en ce qui concerne, par exemple, le nombre des sections socialistes ou syndicales et leurs effectifs, le nombre des bourses du travail, le nombre de lecteurs de la presse ouvrière et socialiste... Une comparaison avec le chapitre suivant : « Forces et croyances religieuses » qui présente cinq cartes se rapportant à la diffusion du Pèlerin, de La Croix, de la Réforme... en dit long sur le retard pris par l'historiographie ouvrière. Au travail, donc, pour que les auteurs de l'Atlas, qui ne sont pour rien dans cette lacune, puissent compléter, au cours de nouvelles éditions, leur très remarquable ouvrage." (J. Maitron, Le Mouvement social, 1967)

5.                  AUBOUIN (Michel), Arnaud TEYSSIER, Jean TULARD. Histoire et Dictionnaire de la police, du Moyen Age à nos jours.  Laffont,  2005, in-8°,  1059 pp, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bouquins)

            25

Née de la cité, dont elle a tiré son nom, la police est dépositaire de la violence légitime. C’est le bras armé de la société pour assurer sa propre régulation, chargé à la fois de surveiller et de punir, comme l’aurait dit Michel Foucault. Miroir de l’État, c’est aussi le miroir du crime et de l’humaine condition. Pour la première fois, des universitaires parmi les meilleurs se sont alliés à des policiers férus d’érudition et de mémoire pour écrire une somme unique en son genre. Indissociable de l’essor de la France urbaine, c’est une histoire qui commence avec les prévôts, les chevaliers du guet et les sergents à verge de l’Ancien Régime et se poursuit jusqu’à nos jours avec les « hirondelles » et les policiers d’élite du RAID. Comment est-on passé des indicateurs du premier lieutenant de police de Paris (Nicolas de La Reynie), chargé de nettoyer la fameuse cour des Miracles, aux Brigades du Tigre, inventées par Clemenceau pour contrer les nouveaux avatars du crime ? des fiches anthropométriques de Bertillon aux cybertechniques utilisées contre les narcotrafiquants ou les pédophiles ? Qu’est-ce que le quai des Orfèvres ? La police a-t-elle manqué à ses devoirs sous Vichy ? Les flics furent-ils collabos ou résistants ? Quel fut le rôle des services de renseignements pendant la guerre d’Algérie ? C’est à toutes ces questions et à beaucoup d’autres encore que répond l’Histoire et Dictionnaire de la police, de fait le premier roman vrai de la police française. (Daniel Rondeau)

6.                  BALANDIER (Georges). Le Détour. Pouvoir et modernité.  Fayard,  1985, gr. in-8°,  266 pp, broché, bon état (Coll. L'espace du politique)

            20

"Depuis “Anthropo-logiques”, “Sens et puissance” et “le Pouvoir sur scène”, Georges Balandier s'efforce, après avoir contribué en France au renouvellement de l'anthropologie africaniste, de théoriser son expérience, de la mettre au service des chercheurs et des praticiens, en affinant ses concepts ou en entreprenant une élucidation nouvelle de ceux qui lui paraissent nécessaires à une continuation sans cesse vivifiée des sciences sociales. Ce livre – “le Détour” – prend sa place dans cette « mise en scène » dont “Histoire d'autres” nous traçait la genèse, nous révélait les intentions profondes liées à l'autobiographie intellectuelle de l'auteur et nous annonçait les prolongements. Son originalité tient à ce que, apparemment hors expérience ethnologique de terrain, mais aussi sans se concentrer sur un ou des concepts, il propose une démarche, précisément le détour par l'anthropologie, pour saisir et comprendre deux concepts et les réalités qu'ils recouvrent : le pouvoir d'une part et la modernité d'autre part... Si Balandier esquisse une comparaison entre le pouvoir monarchique en Europe occidentale sous la féodalité et le pouvoir politique dans certains despotismes africains, c'est à une réflexion sur le pouvoir – et, comme l'indique l'introduction, sur le politique – qu'il veut nous inciter..." (Louis Moreau de Bellaing, L'Homme et la société, 1988) — "Ce temps pourrait être celui des effacements et des crises, des illusions brisées et des incertitudes. Il est aussi celui des contrastes, de la poussée aux extrêmes. Aux conquêtes des sciences s'opposent des défaillances de l'économie et la dépréciation des pouvoirs, à l'affaiblissement des institutions, les essais de créativité qui révèlent le besoin de nouveaux repères, de nouveaux remèdes. Crise profonde, il y a assurément. Mais cette crise n'est pas que ruines et désespérance. Elle est d'abord mouvement, de destruction et de déstructuration comme d'émergence de nouveauté et d'inédit. Phase de transition, elle bouscule les valeurs et les hiérarchies, le droit, la justice, la sauvegarde des personnes et des biens. De ce désordre sortiront peut-être une société et une culture encore mal identifiées. Aussi Georges Balandier entreprend-il une exploration de la modernité afin de la rendre intelligible. Il voit en celle-ci une fascinante manifestation et expression du neuf, de l'inconnu, des ruptures sous-jacentes aux continuités. Pour en avoir une meilleure compréhension, il a mis en jeu son expérience d'anthropologue, il a choisi de prendre quelque distance, de comparer notre temps aux périodes d'interrègne dans les sociétés "autres". C'est un changement de point de vue, qui permet de discerner comment le politique et le pouvoir s'accomodent de la nouveauté ou s'aggripent au passé, espérant faire rejouer des anciennes structures de pensée. Le regard porté sur les autres donne la possibilité de mieux nous voir tels que nous devenons, dans les grandes catégories qui nous organisent : le corps politique, la division des sexes, la ruse politicienne, le techno-imaginaire, l'art nouveau ou les logiques de l'information et de la communication. Avec Georges Balandier, démonstration est faite que, pour l'intelligence de l'actuel et de ce que nous sommes, le détour est la ligne la plus droite." (4e de couverture)

7.                  BERTIER de SAUVIGNY (G. de). Histoire de France.  Flammarion,  1977, in-8°,  503 pp, 26 cartes et tableaux généalogiques, index, broché, bon état

            25

"Constatant qu'« il n'existe pas de simples Histoire de France qui puisse être mise entre les mains des jeunes comme première initiation ou conseillée aux étrangers curieux de notre culture », l'auteur, professeur au Collège Américain de Paris, en propose une « fortement charpentée sur la chronologie, faisant plus large place aux événements politiques et aux personnalités, minimisant en revanche la part de ces « faits de civilisation » qui sont aujourd'hui amplement favorisés dans les programmes scolaires ». Le lecteur ainsi prévenu ne s'étonnera donc pas de découvrir une histoire bien découpée en règnes, ponctuée de guerres, dans laquelle les problèmes religieux tiennent une grande place – ne s'agit-il cependant pas de « faits de civilisation » ? L'indéniable talent de narrateur de l'auteur lui permet de brosser un tableau assez complet de l'évolution politique de la France en moins de cinq cents pages. Il l'assortit de quelques cartes et d'une bibliographie quelque peu disparate, de langue française et de langue anglaise..." (Philippe Cullus, Revue belge de philologie et d'histoire, 1980)

8.                  BOLOGNE (Jean-Claude). Histoire de la pudeur.  Olivier Orban,  1986, gr. in-8°,  375 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française, Prix Théroigne de Méricourt)

            25

Une histoire de la construction et de l'évolution du sentiment de pudeur dans le monde occidental, depuis le haut Moyen Age jusqu'à nos jours, pour comprendre le rapport entre corps et nudité. — Si grande était la "pudicité" de l'empereur Maximilien qu'il se retirait seul sur sa chaise percée, "sans se servir ni de valets de chambre, ni de pages". Si grande celle d'Isabelle de Castille, qu'elle mourut d'un ulcère qu'elle n'avait pas voulu montrer : il fallut même lui administrer l'extrême-onction sous les draps, puisqu'elle ne voulait pas laisser voir ses pieds. Et que dire d'Anne d'Autriche, qui fit détruire plus de cent mille francs de tableaux "indécents" ; de Louis XIII, qui barbouillait les fresques de sa chambre ; de Mazarin, qui mutilait les statues ? A l'opposé, que dire de la baronne de Montreuil-Bellay, qui demandait à un de ses vassaux, quand elle se rendait chez lui, de la porter sur ses épaules là où lui-même allait à pied et de lui tendre, le moment venu, la mousse qui tenait lieu de papier ? Que dire d'un roi qui recevait ses courtisans sur sa chaise d'affaire, et qui demandait qu'au théâtre les sauvages fussent "habillés comme s'ils étoient presque nuds" ? Ces exemples nous invitent à étudier la pudeur dans une perspective qui n'a pas encore été exploitée : sa dimension historique. Elle permettra de fournir d'autres réponses aux éternelles questions : quels sont les rapports entre pudeur corporelle et pudeur des sentiments ? Y a-t-il une pudeur féminine et une pudeur masculine ? Pourquoi rougit-on de sa nudité ? Et d'abord qu'est-ce que la pudeur... ?

9.                  BONAPARTE (Marie). Edgar Poe. Etude psychanalytique. Ouvrage orné de vingt-sept illustrations. Avant-propos de Sigmund Freud.  P., Denoël et Steele,  1933, 2 forts vol. gr. in-8°,  xii-922 pp, pagination continue, index biographique, littéraire et bibliographique, index des oeuvres de Poe, index psychanalytique, bibliographie, broché, couv. illustrées (d'un portrait de Poe) à rabats, très bon état. Edition originale, un des 10 ex. numérotés sur Alfa (il n'a été tiré que 15 grands papiers, 5 sur vélin d'Arches et 10 sur Alfa), exemplaire nominatif

            800

Edition originale de cette étude psychanalytique, avec un avant-propos de Freud et ornée de vingt-sept illustrations. Rarissime en grand papier. — "La biographie et l'oeuvre de Poe (1809-1849) sont appréhendés ici à la manière d'un cas clinique. Le thème de la femme morte retient tout particulièrement l'intérêt de l'auteur (1882-1962), hantée par sa propre frigidité qu'elle cherche à résoudre (...) (Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France, 1994, p. 320-342). Arrière-petite-nièce de Napoléon Ier, épouse du roi Georges de Grèce, elle est entrée en analyse avec Freud, sur les instances de Laforgue, pour se soigner et acquérir une formation didactique. Intercesseur de la théorie freudienne en France, celle que ses confrères nomment "Son altesse" offre un appui financier important au maître de Vienne (qu'elle sortira des griffes des nazis en 1938) et devient une figure dominante du mouvement psychanalytique. (...) Ce livre qui ne craint pas d'aborder les fantasmes sexuels des créateurs sera d'ailleurs salué par Michel Leiris." (Boudrot, Bibliographie Denoël et Steele, 64)

10.              BOUTTIER (Michel). Monastères. Des pierres pour la prière.  Desclée De Brouwer/Rempart,  1993, in-8°,  112 pp, très nombreuses photos, figures et et plans dans le texte, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Patrimoine vivant)

            15

Les moines et les moniales constituent une population silencieuse mais agissante. La pensée, la technologie, les sciences historiques, les activités sociales, l'enseignement, les arts et notamment l'architecture sont autant de domaines qui leur sont redevables d'un progrès. “Monastères” relate l'évolution d'un type d'habitat correspondant à un mode de vie, tout en étudiant la structure et l'organisation des diverses communautés religieuses.

11.              CABANÈS (Docteur). Mœurs intimes du passé. (5e série). Les fléaux de l'humanité. Peste, lèpre, choléra, variole, grippe.  Albin Michel,  s.d. (1939), pt in-8°,  478 pp, 80 gravures, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Dans ce nouveau volume, l'auteur qui, comme on sait, s'est fait une spécialité des curiosités médicales, aborde l'histoire anecdotique des maladies contagieuses qui affligent périodiquement le genre humain : la peste, le choléra, la lèpre, la variole et, pour finir, la grippe. Sur ce sujet lugubre, le Dr Cabanes réunit une foule de renseignements intéressants ou curieux, les uns macabres, les autres plaisants, car en tout temps la gaieté conserve ses droits. La série des caricatures sur la vaccine est particulièrement riche. A tout prendre, nos ancêtres n'étaient pas des sots ; on savait observer, et si tels spécifiques contre la peste ou le choléra nous paraissent baroques, il faut reconnaître qu'en matière de prophylaxie certaines mesures n'étaient pas mal comprises. Nos méthodes sont assurément plus rationnelles. Mais le vrai progrès est dans l'observation plus stricte des prescriptions, qui rend, plus rare le retour du fléau." (Revue critique des idées et des livres, 1920)

12.              CACÉRÈS (Bénigno). Histoire de l'éducation populaire.  Seuil,  1964, in-12,  256 pp, 14 photos sur 8 pl. hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, dos passé, bon état (Coll. Peuple et Culture). Edition originale

            25

"... L'ouvrage peut se décrire comme la construction d'une « mémoire légendaire » de l'éducation populaire. Il fait se succéder une série de tableaux dessinant une histoire glorieuse et téléologique, menant à une éducation populaire professionnalisée, dotée d'équipements modernes par l'effort public et dont ont disparu conflits de classe et de religion. Les moments de convergence historique entre élite ouvrière, intellectuels et responsables politiques soucieux de progrès social sont célébrés (fondation de la LDE, Front populaire, Résistance, Libération) ; et même l'épisode des Universités populaires est présenté comme une réussite, compte tenu des conditions de l'époque..." (Frédéric Chateigner) — Benigno Cacérès (1916-1991) est un militant, historien autodidacte, figure de l'éducation populaire. Secrétaire général de Peuple et Culture pendant de nombreuses années, professeur à l’Institut des sciences sociales du travail, directeur de collection aux éditions du Seuil puis de la Découverte, il a écrit plus de 25 ouvrages sur l’histoire de l’éducation populaire et sur des thèmes liés à l’action culturelle, ainsi que des romans.

13.              CERF (Docteur Léon). Les Indécisions du sexe.  Editions de France,  1940, in-8°,  255 pp, 12 pl. de gravures hors texte, broché, couv. salie, état correct (Coll. L'Histoire vue par un médecin)

            20

Adam était hermaphrodite ; Les caractéristiques du sexe ; L'évolution de la sexualité ; L'infantilisme (les nains, les géants) ; Les indécis : féministion et virilisation (les efféminés, les hommes à poitrine, les viragos, les femmes à barbe) ; Les hermaphrodites ; Les hommes qui s'habillent en femmes ; Les femmes qui s'habillent en hommes.

14.              CHESNEAUX (Jean). Du passé faisons table rase ? À propos de l'histoire et des historiens.  Maspéro,  1976, in-12,  191 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Petite collection Maspéro). Edition originale

            12

Fameux pamphlet où Chesneaux critique le rapport que les historiens entretiennent avec le temps : la connaissance historique, le savoir historique, le métier d'historien ne sont que quelques aspects d'une relation plus générale qui est la relation que la société entretient avec son passé. L'ouvrage se présente comme une interrogation non de la discipline elle-même mais des modalités de sa pratique. L’interrogation de Jean Chesneaux procède de la remise en cause d’une pratique académique de l’histoire illustrée par la Nouvelle histoire.

15.              Collectif – FOUGÈRE (Louis)(dir.). Le Conseil d'Etat. Son histoire à travers les documents d'époque, 1799-1974.  Editions du CNRS,  1974, fort gr. in-8°,  xvi-1012 pp, 26 planches hors texte (dont 3 en couleurs), guide bibliographique, index, reliure pleine toile bleue ornée d'un médaillon doré de l'éditeur, rhodoïd, bon état

            70

"Il faut louer M. Louis Fougère d'avoir eu l'heureuse idée d'entreprendre une Histoire du Conseil d'Etat, qui fût la réalisation collective de membres du Conseil, d'archivistes et d'universitaires : il nous a montré ainsi que l'histoire administrative était encore une chose neuve : car c'est un Conseil d'Etat inconnu qui nous est révélé à travers ces pages, avec sa vie quotidienne, ses difficultés, ses conflits, ses ambitions, ses servitudes ; sur le métier de conseiller, sur la logique de l'institution, sur la situation des membres du corps, sur le rôle des personnalités qui ont animé le Conseil on trouve une foule de textes, de précisions, de témoignages qui donnent beaucoup à méditer. Les parties les plus neuves sont – pour nous – celles sur le Conseil d'Etat sous la seconde Restauration (p. 239 et suiv.) et sur le Conseil d'Etat sous la IIIe République, qui n'avaient jamais fait l'objet d'études jusqu'à présent, et qui sont une véritable « révélation » : il faut lire patiemment ces pages très riches – c'est du travail « cousu main » – pour comprendre le rôle politique de ce corps, l'un des rouages essentiels de l'Etat, notamment dans les périodes de crise. Chaque corps administratif devrait écrire ainsi son histoire à travers les âges – ne serait-ce que pour la formation de ses membres." (Guy Thuillier, La Revue administrative, 1975) — "L'ouvrage a été conçu sur un plan strictement chronologique. Il commence par un bref rappel sur les institutions qui ont précédé le Conseil d'Etat napoléonien, c'est-à-dire essentiellement sur le Conseil du Roi de l'Ancien Régime, dont une des branches essentielles portait déjà le nom de Conseil d'Etat. Suit une série de chapitres qui étudient les divers avatars du Conseil d'Etat parallèlement à la succession des régimes politiques de la France : Consulat et Empire – Restauration – Monarchie de Juillet, etc.. et cela jusqu'aujourd'hui. L'évolution est aussi jalonnée par de grandes coupures historiques provoquées par des événements tels que la première guerre mondiale. Car le Conseil, étroitement lié à la vie politique et administrative française, en a régulièrement subi les contrecoups à la fois sous la forme de modifications à ses statuts organiques et de changements de personnel. L'intérêt essentiel de ce livre est qu'il nous permet de suivre pas à pas et sans désemparer, depuis ses origines – du moins pour les temps contemporains – jusqu'aujourd'hui un de ces grands organismes qui constituent les piliers de la vie publique française. Sans doute peut-on prétendre qu'il s'agit là plutôt d'une chronique que d'une histoire. Du moins retrace- t-elle avec exactitude, avec fidélité, la courbe de l'évolution poursuivie par le Conseil et ses rapports avec le pouvoir politique. Exactitude et fidélité, mais aussi objectivité. Nous avons relevé que presque tous les collaborateurs de cette vaste entreprise sont des membres de la maison dont ils narrent les aventures. Cela ne semble pas avoir biaisé leur jugement : sans être critique, l'œuvre ne sent nullement l'apologie ni le panégyrique." (André Molitor, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1977)

16.              Collectif. L’Art culinaire au XIXe siècle. Antonin Carême. 1784-1984.  P., Délégation à l'Action artistique de la Ville de Paris,  1984, gr. in-8°,  96 pp, 72 illustrations dans le texte, un tableau synoptique, une carte, 255 numéros décrits avec courtes notices, biblio, broché, couv. illustrée (bords frottés), bon état (Catalogue de l’exposition tenue à l’Orangerie de Bagatelle à Paris, 3e arrondissement, du 6 juillet au 2 septembre 1984)

            50

Très bon catalogue réalisé à l'occasion du bicentenaire de la naissance d'Antonin Carême (1784-1833), un des plus grand cuisinier français au monde. Dès le début du XVIIIe siècle, on verra se développer à la cour comme sur toutes les grandes tables un art des desserts sucrés, de la confiserie qui sera une des marques, et non des moindres, du renouveau de l'art culinaire français avec ses fonds, ses sauces, ses glaces. Cet art de la confiserie, Antonin Carême, pâtissier de naissance, né sous l'Ancien Régime et fasciné par celui-ci, en situe l'apogée aux environs du Traité d'Utrecht, soit à l'extrême fin du règne de Louis XIV. Carême lui-même portera à son zénith l'art très particulier de la pièce montée en sucre dans les années 1804, lorsqu'il mettra ses talents au service de Talleyrand et fera de sa table la plus célèbre d'Europe. — Biographie d'Antonin Carême (Colette Gilles-Mouton), Carême, le citoyen-architecte (D. Rabreau), L'approvisionnement gastronomique de Paris au début du XIXe siècle (J.-R. Pitte), Carême et l'ancienne cuisine, les Arts de la table sous l'Empire, etc.

17.              [DALI, Salvador]. Dali de Draeger. Max Gérard a recueilli le propos de ce livre.  S.l., Le Soleil Noir, Draeger imprimeurs,  1968, in-4°,   non paginé, environ 260 pages, 243 illustrations et reproductions en noir et en couleurs, reliure toile illustrée et jaquette illustrée conçue par l'artiste lui-même, un papier métallisé et gaufré détourné, servant à l'origine pour une boîte de biscuits, gardes illustrées, bon état. Livre en bon état, jaquette un peu abîmée. Edition originale

            50

Première édition de ce bel ouvrage d'art consacré à Salvador Dali publié par Max Gérard. Elle est ornée de très nombreuses reproductions en noir et en couleurs d'œuvres de l'artiste.

18.              DELBOURG-DELPHIS (Marylène). Le Chic et le Look. Histoire de la mode féminine et des mœurs de 1850 à nos jours.  Hachette,  1981, in-8°,  280 pp, 20 illustrations dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Pour être "chic", "dernier cri", "dans le train", "up to date", "dans le vent" ou "branché", il faut porter une crinoline Dujardin, du mauve tendre et bleu scabieuse, la coupe Antoine et de la perlouze, un fourreau de satin blanc cassé, la choucroute, la mini, la "patte d'éléphant" ou le corsaire, applaudir la première de “La Grande-Duchesse de Gérolstein”, avoir aimé Bayreuth mais ne plus tenir à y aller et déclarer que le Palace "c'est fini". Depuis plus de cent ans, il faut être à la "dernière mode", c'est-à-dire à la prochaine, pour éviter d'avoir l'air trop défraîchi. Analyse chronologique de la mode féminine de 1850 à nos jours, cet essai est une histoire des faux-semblants révélateurs de la relation tantôt subie, tantôt choisie des femmes à l'univers quotidien. Enquête sur les conditions d'apparition des modes et les principes subtils qui régissent ces fantaisies quasi obligatoires, “Le chic et le look” décrit la traduction originale de l'histoire dans le monde irréductible de l'apparence, la réverbération sur les visages et les silhouettes d'événements aussi différents qu'une grande exposition des peintres vénitiens au Grand Palais, que la guerre de Crimée, celles de 14-18 ou de 39-40, ou l'apparition du twist... — "Marylène Delphis-Delbourg a écrit une histoire de la mode qui est également une histoire des femmes et des « mentalités »." (Steven Zdatny)

19.              DESCHAMPS (Hubert). Histoire de la traite des Noirs, de l'Antiquité à nos jours.  Fayard,  1972, in-8°,  338 pp, 7 cartes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'Histoire sans frontières)

            30

"M. Hubert Deschamps rend service à l'histoire, non seulement par ses travaux de première main, qui font de lui, notamment, le maître des études malgaches, mais aussi par le don de synthèse qui lui permet de projeter sur la matière de son choix, un ordre, une clarté, une élégante précision qui font merveille. L'homme cultivé s'y enrichit. L'historien s'y réfère. La traite des Noirs n'est pas un sujet vierge. Raison supplémentaire pour tenter un bilan des faits acquis. Mais il y a plus. Les historiens attirés par l'aspect économique, politique, humanitaire du problème se sont surtout occupé de la traite atlantique des XVIIIe et XIXe siècles. M. Deschamps se garde de lui enlever la première place mais il a le grand mérite de replacer le phénomène dans son cadre universel. C'est ainsi qu'on aura dans le livre de M. Deschamps un aperçu de la traite des Noirs dans l'Antiquité et une étude aussi serrée qu'il est possible de la traite musulmane, en Afrique orientale, principalement au XIXe siècle. Bien qu'il soit difficile de l'évaluer, la traite intérieure aura également sa place marquée. Il faut avouer qu'on sort de cette lecture comme on se réveille d'un cauchemar et que l'esclavage, en lui-même et par les horreurs de son « recrutement », jette un coup de projecteur sur d'inexplicables problèmes psychologiques. Ces aspects humains n'ont pas échappé à l'auteur et la lente prise de conscience dont il faut faire à une élite européenne est étudiée dans un long chapitre qu'il intitule « la contestation »..." (Carlo Laroche, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1972)

20.              DUBY (Georges) et A. WALLON (dir.). Histoire de la France rurale.  Seuil,  1975-1977, 4 vol. gr. in-8° carré,  624, 624, 573 et 672 pp, avant-propos de Georges Duby, très nombreuses illustrations et cartes dans le texte, 64 planches en couleurs hors texte, biblio, index, reliures pleine toile de l'éditeur, jaquettes illustrées, bon état (Coll. L'Univers historique)

            150

Une immense fresque de la vie rurale en France de près de deux millénaires, sous la forme de 2500 pages de texte, d'illustrations et de notes abondantes. De plus, chaque volume est relié et possède index et bibliographie propres. — Tome I : des origines à 1340 (par G. Bertrand, G. Bailloud, M. Le Glay, G. Fourquin) ; Tome II : de 1340 à 1789 (par H. Neveux, J. Jacquart, E. Le Roy Ladurie) ; Tome III : de 1789 à 1914 (par M. Agulhon, G. Désert, R. Specklin) ; Tome IV : de 1914 à nos jours (par M. Gervais, M. Jollivet, Y. Tavernier).

21.              DUCROT (Janine). Vers Compostelle. Grandes routes et petits chemins touristiques.  Nouvelles Editions Latines,  1962, in-8°,  190 pp, 32 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état, envoi a.s.

            25

"Depuis les travaux d'Emile Mâle, nombreux sont les ouvrages consacrés au pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle et aux chemins que suivent les pèlerins pour se rendre au tombeau de saint Jacques. On a peut-être exagéré parfois l'importance de ces routes, autant dans le domaine historique et littéraire que dans celui de l'archéologie et de l'art. Il n'en reste pas moins que l'on ne saurait méconnaître l'influence qu'ont eue ces grandes foules se déplaçant à travers la France et l'Espagne, sur des routes que recommande un « Guide du pèlerin » du XIIe siècle, dont Mlle Jeanne Vielliard nous a donné une édition et une traduction remarquables. Mlle Janine Ducrot connaît son sujet et le raconte avec beaucoup d'esprit et de sensibilité, et l'on parcourt avec plaisir les quatre routes de France et le « chemin français » en Espagne, qui conduisent des grands centres religieux à Saint-Jacques en s'arrêtant au passage dans tant d'églises célèbres par leurs richesses et, par la renommée des reliques qu'elles abritent. « Ce n'est pas un livre d'archéologie », nous dit l'auteur, mais c'est un nouveau « guide du pèlerin », destiné à remplacer celui du XIIe siècle : il invite les amis de la route à le suivre en s'arrêtant devant tant de sanctuaires fameux qui marquent la voix triomphale conduisant à la grande église de Saint-Jacques de Compostelle." (Marcel Aubert, Bulletin Monumental, 1962)

22.              DUPUY (Aimé). Voyageurs étrangers à la découverte de l'ancienne France, 1500-1850.  Club du Livre d'Histoire,  1957, in-8°,  432 pp, 8 pl. de gravures hors texte, tiré sur Bouffant de luxe, numéroté, reliure demi-basane carmin de l'éditeur, dos à 3 faux-nerfs, titres dorés, une garde défraîchie, bon état. Edition originale

            25

Excellent ouvrage. La France vue et décrite par les voyageurs étrangers, de la Renaissance à l'avènement des chemins de fer.

23.              FAVIER (Jean). Les Grandes Découvertes. D'Alexandre à Magellan.  Fayard,   1991, in-8°,  619 pp, 21 cartes, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Curiosité intellectuelle, maîtrise des techniques de la navigation, mais aussi soif de l'or et des richesses, et volonté d'évangélisation furent à l'origine des grandes découvertes de la fin du Moyen Age. En replaçant cette histoire dans le temps long de l'exploration de la terre par l'Occident, le livre de Jean Favier nous restitue la totalité de l'aventure qui commença dans l'Antiquité avec la mesure de la planète, les intuitions beaucoup plus précoces qu'on ne le croit de sa rotondité, les impulsions politiques et religieuses qui animèrent les premiers grands voyageurs. Il fait revivre le mélange de connaissances, de courage et d'ambition que chacun d'entre eux a dû rassembler : Alexandre, Marco Polo, Vasco de Cama, Christophe Colomb et Magellan, pour ne citer qu'eux, sont les héros de cette histoire passionnante.

24.              FERRO (Marc). Le Livre noir du colonialisme. XVIe-XXIe siècle : de l'extermination à la repentance.  Laffont,  2003, fort gr. in-8°,  843 pp, 3 index, broché, bon état

            25

Ces dernières décennies, la renaissance du terrorisme, les soubresauts en Algérie et au Proche-Orient, les récentes manifestations de repentante en France rappellent que le bilan du colonialisme, cet envers sombre de la colonisation, est plus que jamais d'actualité. Autour de Marc Ferro, une équipe d'historiens retrace les pages sanglantes, les excès, les méfaits mais aussi les discours de légitimation de l'entreprise coloniale. Les conquêtes, puis les luttes pour l'indépendance ont indéniablement constitué les épisodes les plus meurtriers de la colonisation : exterminations de peuples entiers dans un cas, guerres destructrices dans l'autre ; mais la colonisation ce fut aussi la traite et l'esclavage, c'est-à-dire la déportation de dix à quatorze millions d'hommes et femmes ; ce fut, une fois l'esclavage aboli, le travail forcé et les terribles conditions sanitaires qui lui étaient associées. Une exploitation économique que le XIXe siècle industriel accéléra et systématisa. Et tout au long de ces épisodes, les nations conquérantes défendirent une idéologie qui, loin de cacher les excès commis, comme on veut bien le croire aujourd'hui, visait à les justifier. Mais on découvre aussi que les violences de la colonisation n'émanent pas seulement de l'Occident et qu'elles ont existé dans le monde arabe puis ottoman ; que sous le vocable d'" expansion territoriale ", la Russie puis le Japon n'ont pas organisé autre chose qu'un système d'exploitation ou de négation d'une identité nationale ; et que le racisme qui a accompagné et couvert les excès de l'entreprise coloniale a pu déteindre chez certains peuples colonisés. Enfin, le colonialisme n'a pas seulement laissé des blessures difficiles à cicatriser : il se perpétue au XXIe siècle sous de nouvelles formes que Le Livre noir met en évidence.

25.              FLINT (Robert). La Philosophie de l'Histoire en France.  P., Germer Baillière,  1878, gr. in-8°,  cv-421 pp, traduit de l'anglais par Ludovic Carrau, modeste reliure pleine toile noire de bibliothèque, dos lisse avec titres dorés, fer doré de la bibliothèque au 1er plat, qqs cachets, qqs rares rousseurs, déchirure en coin sans mque de texte sur 4 feuillets, bon état (Bibliothèque de philosophie contemporaine)

            30

Table : Avant propos du traducteur ; Bodin et le cartésianisme ; Bossuet ; Montesquieu ; Turgot ; Voltaire ; Condorcet ; L'Ecole théocratique ; Saint Simon et Fourier ; Cousin et Jouffroy ; Guizot ; Suite de l'Ecole socialiste : Buchez et Leroux ; Auguste Comte ; L'Ecole démocratique : Michelet et Quinet ; Suite de l'Ecole démocratique : de Tocqueville, Odysse Barrot, de Ferron, Laurent. — Un deuxième volume est paru concernant les penseurs allemands, “La Philosophie de l'Histoire en Allemagne”. — Robert Flint (1838-1910), théologien et philosophe écossais, était professeur à l'Université d'Edinbourg.

26.              GAULTIER (Paul). Le Sens de l'Art, sa nature, son rôle, sa valeur.  Hachette,  1908, in-12,  xxxii-269 pp, préface par Emile Boutroux, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure demi-basane fauve, dos à 5 nerfs pointillés et doubles filets dorés, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

            25

"Dans ce livre, très attachant et très vivant, l'auteur développe ces deux thèses principales que l'art consiste à réaliser la beauté, et que celle-ci consiste dans une objectivation de l'émotion esthétique. Planches. Préface de Boutroux." (L'Année psychologique, 1907)

27.              GODEAU (Eric). Le tabac en France de 1940 à nos jours. Histoire d'un marché. (Thèse).  Presses de l'Université Paris-Sorbonne,  2008, gr. in-8°,  472 pp, préface de Jacques Marseille, 39 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 25 graphiques, 24 tableaux, annexes, sources et biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            50

Envahie par des volutes de fumée en 1950, la France est aujourd'hui en passe de devenir un pays non-fumeur. Le sevrage est encouragé alors qu'hier, c'est la consommation qui l'était. Comment est-on passé d'une France du tout tabac à une France de non-fumeurs ? Comment le SEITA, devenu la SEITA en 1980, unique fabricant national de tabac, a-t-il pu pendant des décennies promouvoir la cigarette, pour le plus grand profit du Trésor public, mais au risque de ruiner la santé de milliers de fumeurs ? Histoire d'une entreprise et d'un marché, histoire d'un produit de consommation des plus banals, ce livre est surtout l'histoire de l'apogée et du déclin de la civilisation du tabac. La SEITA, instrument d'État qui a longtemps favorisé la consommation, est confrontée à partir des années 1970 au retournement de la demande sociale et à la naissance d'une politique de santé publique. Engagée dans la mondialisation, l'entreprise a utilisé toutes les armes du marketing et de la publicité pour affronter les grands conglomérats anglo-saxons, jusqu'au moment où elle a été absorbée par l'un d'entre eux.

28.              GOUTTEFANGEAS (Pierre) et Pierre SIMONET. Histoire du rail en Livradois-Forez.  Chanac, La Régordane,  1994, in-4°,  128 pp, préface de Jean-Paul Quatresous, plus de 200 photos en noir et en couleurs, cartes, plans et schémas de toutes époques, biblio, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état

            60

"Des dizaines de gares SNCF offrant toutes les caractéristiques propices à une reproduction modéliste... Voilà ce que vous propose ce passionnant ouvrage qui étudie en détail l'Etoile de Sembadel, du nom de la plus haute gare (altitude : 1089 mètres) de bifurcation de l'ex-région Sud-Est. Sembadel assurait la jonction entre la ligne St-Germain-des-Fossés-Nichy-Ambert-Sembadel-Darsac-Le Puy et l'antenne vers Saint-Bonnet-Le-Château et Bonson. Nous sommes en territoire de l'ex-PLM. Les amoureux de la vapeur se passionneront pour la pittoresque rotonde à huit voies du dépôt de Sembadel.et la charmante annexe-traction d'Arlanc, bien équipée avec pont-tournant, quai à combustible, remise... Illustrée par des photos d'un intérêt exceptionnel (montrant notamment des "vapeur" et des autorails des années 50), présentant de nombreux plans de gares, des profils et des tableaux d'indicateurs Chaix, cet ouvrage procède à l'étude complète de ces lignes attachantes, tant en ce qui concerne les installations fixes que le matériel roulant." (Loco Revue, octobre 1994)

29.              GRÉGOIRE (Herman). Le Livre de l'Occident. Textes rassemblés, transcrits et présentés.  Genève, Editions Kister - P., Editions de la Grange-Batelière,  1965-1966, 4 vol. in-4°,  382, 383, 382 et 383 pp, exergue de Paul Valéry sur la spécificité européenne, préface de André Maurois, 480 illustrations en noir et en 96 en couleurs (contrecollées), index biographique dans chaque volume, reliures simili-cuir fauve de l'éditeur, trace d'humidité ancienne en marges du tome II, bon état. On joint le fascicule de présentation de l'éditeur (32 pp)

            80

T.1, La double origine ; t.2, La naissance de l'Europe ; t.3, Le temps des révolutions ; t.4, L'avenir de l'Occident. — "Ce livre, composé de quatre volumes, correspond à la vogue éditoriale française qui a marqué les années 1960 où sont produits de nombreux ouvrages, richement illustrés et destinés à un large public lettré et cultivé. Ces ouvrages visent à constituer une somme des savoirs vulgarisés et sont marqués par un style d’écriture plus littéraire que scientifique et par une prédominance accordée aux arts et aux lettres. “Le livre de l’Occident” est caractéristique de cette mode éditoriale. Son auteur, Hermann Grégoire (né en 1896) est un écrivain, essayiste, traducteur et éditeur. L’ouvrage est préfacé par André Maurois (1885-1967), écrivain, membre de l’Académie française. Le premier des volumes, consacré à l’Antiquité est centré sur la Grèce antique avec quelques passage dévolus à la culture hébraïque, à travers le texte biblique. Comme Paul Valéry, Hermann Grégoire fait des mathématiciens de la Grèce antique le commencement de la civilisation occidentale. Le tome II intitulé « la Naissance de l’Europe » traite de la Rome antique, de la naissance du Christianisme et du Moyen Âge occidental incluant la Réforme et les Grandes Découvertes. Le tome III intitulé « Le temps des révolutions » aborde la pensée moderne à partir de la Renaissance, les Lumières, les révolutions atlantiques puis les sciences nouvelles, la révolution industrielles et les sciences sociales. Le tome IV, intitulé « L’avenir de l’Occident » traite de la recherche fondamentale (notamment la physique à partir d’Einstein) et des sciences humaines puis de la liberté et du progrès et de la santé dans la cité moderne, enfin de la « conscience universelle » et de la « vocation humaine »." (Blaise Dufal)

30.              GUIRAUD (Pierre). Dictionnaire érotique. Dictionnaire historique, stylistique, rhétorique, étymologique de la littérature érotique. Précédé d'une introduction sur les structures étymologiques du vocabulaire érotique.  Payot,  1978, fort in-8°,  640 pp, broché, couv. illustrée, qqs soulignures stylo sur quelques mots sur 23 des 50 premières pages, bon état. Edition originale

            25

Le vocabulaire érotique français est d'une richesse exceptionnelle. Le grand linguiste Pierre Guiraud, dont le projet était de jeter les bases d'une sémiologie de la sexualité, lui a consacré ce dictionnaire sans équivalent, où environ 7000 mots et expressions du sexe, connus ou inattendus, limpides ou mystérieux, couvrent son évolution et son développement depuis le Moyen Age jusqu'à nos jours. En passant au crible la littérature érotique française du XVe au XVIIIe siècle, l'auteur a dénombré mille cinq cents mots pour désigner le coït, essentiellement empruntés aux lexiques des agriculteurs, bûcherons, chasseurs, menuisiers, ouvrier du bâtiment ou tapissiers... — "Invitation au vagabondage évocateur, cet ouvrage mobilise un flot de paroles autour de la sensation la plus forte, de l'appétit le plus indestructible de notre espèce : le penchant, la tendance, le dynamisme, la pulsion, la passion, l'énergie élementaire de la sexualité sans raison, qui est le propre de l'homme, avec le rire et le langage." (Alain Rey)

31.              HUNKE (Sigrid). La vraie religion de l'Europe. La foi des "hérétiques".  P., Livre-club du Labyrinthe,  1985, gr. in-8°,  286 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de gravures et photos hors texte, table chronologique, broché, couv. à rabats, bon état

            100

"Sigrid Hunke (1913-1999) s’oppose tout aussi bien aux prophètes chrétiens de la fin des temps qu’à l’idéologie américaine du New Age. Pour elle, il faut avant toute chose dépasser la calamité dualiste qui s’est abattue sur l’Europe et que nous ont apporté le christianisme (et la gnose radicale). Le dualisme distingue l’esprit de la matière, l’intelligence et l’émotion, la nature et la raison, introduit une césure radicale entre eux. Alors que l’homme, à l’origine, est essentiellement unité et holicité. Telle est la loi première de l’anthropologie et il faut la restaurer dans tous les domaines de la culture européenne, afin de faire éclore une nouvelle renaissance. C’est dans les ruines des vieilles structures dualistes, au milieu des antagonismes fallacieux et dangereux que le dualisme a provoqués, qu’un développement nouveau germera, dit Hunke, que l’Europe retrouvera son essence et redonnera du sens à l’ensemble de nos peuples." (Brigitte Sob)

32.              JOBLIN (Alain) et Olivier ROTA (dir.). Islam et protestantisme. Convergences et divergences comme points de rencontre.  Les Indes savantes,  2019, gr. in-8°,  164 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            15

L'islam se trouve depuis quelque temps maintenant au coeur d'une cruelle actualité en France. De nombreux observateurs, à commencer par les hommes politiques eux-mêmes, essayent de préciser la place de cette religion dans le paysage religieux français. Ils s'interrogent notamment sur une "représentabilité" du monde musulman français en regrettant l'absence d'un clergé capable de parler au nom de cet islam et en dénonçant de l'argent et des imams venus de l'étranger. Or, cette interrogation se formule essentiellement par rapport au modèle connu du catholicisme. Pour la majorité des Français, le catholicisme représente, en effet, la seule réalité du christianisme qui leur vienne à l'esprit : celle d'une communauté hiérarchisée dans laquelle l'autorité est organisée selon un modèle pyramidal et qui est animée par un clergé vivant un sacerdoce. La structure pyramidale du catholicisme est, cependant, une exception plutôt qu'une règle en matière d'organisation religieuse. L'islam ne correspond aucunement à ce modèle. Une comparaison entre islam et protestantisme ne serait-elle pas plus pertinente ? En effet, musulmans et protestants ont en commun de vivre leur foi en dehors de toute Eglise organisée et hiérarchisée. Cette souplesse de leurs structures d'autorité les rapproche et invite à les comparer. De même que leur insistance sur l'Unicité de Dieu et sur la Primauté de sa Parole.

33.              LAMMING (Clive). Les Trains de banlieue, 1837-1914.  Evreux, Editions Atlas,  2011, in-4°,  124 pp, 171 illustrations et photos en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, 2 plans sur les gardes, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. La Grande histoire des transports urbains)

            25

34.              LAPEYSSONNIE‎. ‎La médecine coloniale. Mythes et réalités.  Seghers,  1988, in-8°,  310 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, une carte, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Médecine et histoire), envoi a.s.

            30

"L'ouvrage particulièrement tonique du médecin général L. Lapeyssonnie a le mérite d'être une mise au point claire et compréhensible pour tout un chacun. De style agréable et parfois caustique, l'auteur montre que l'action sanitaire européenne ne date pas d'aujourd'hui et qu'il faut avoir quelque idée de ce qui a été fait pour mieux comprendre les problèmes actuels. L'auteur décrit les principales étapes du service de santé colonial français de Colbert à la création des écoles de médecine navale où furent formés la quasi-totalité des médecins coloniaux. Ils participèrent à toutes les actions coloniales et furent les acteurs des principales découvertes scientifiques. Grâce à quelques tableaux, le médecin général Lapeyssonnie donne un aperçu des réalisations effectuées, de l'évolution des différentes affections et des problèmes posés par la médecine préventive et la médecine mobile. L'épidémiologie est brièvement abordée à travers la peste, le choléra, la fièvre jaune, la variole. Le portrait du médecin colonial est frappant de vérité pour qui connaît un tant soit peu ce milieu. Si le service de santé colonial français occupe une place de choix, l'auteur n'omet pas les autres services de santé coloniaux anglais, belge, dont il se plaît à souligner l'ampleur, et portugais..." (Danielle Domergue-Cloarec, Revue française d'histoire d'Outre-Mer, 1990) — "9000 formations sanitaires créées et gérées dont 41 hôpitaux généraux, 593 hôpitaux secondaires, 2000 dispensaires ruraux, 6000 maternités, 4 écoles de médecine, 2 écoles d'assistants médicaux, 19 écoles d'infirmiers diplômés, 14 instituts Pasteur, de grands services mobiles de médecine préventive...", tel est le bilan des soixante années de la médecine coloniale française. Un dernier chiffre, étonnant: les 5000 "médecins coloniaux" (y compris les pharmaciens et gestionnaires) qui ont vécu cette aventure lui ont donné 750000 mois de leur vie! "Qui a fait mieux et où ?", comme le demande le doyen Payet. L'ouvrage de Lapeyssonnie ne se borne pas à ce rappel, pourtant nécessaire, des succès et des contraintes physiques, sociologiques, matérielles et pathologiques qui ont pesé sur cette œuvre, ces dernières n'ayant d'ailleurs pas disparu avec l'indépendance des territoires coloniaux. Il analyse les facteurs qui ont permis l'utilisation optimale des ressources humaines et financières mises enjeu et dont les plus visibles étaient l'unité de doctrine, la cohésion dans l'exécution et le suivi, autrement dit la persévérance dans l'effort. L'histoire ne se répète pas, elle bégaie, a-t-on dit. Elle aurait même tendance à bafouiller de nos jours, surtout dans le domaine de l'aide médicale aux peuples malheureux. Cette grande leçon du passé que nous donne ce livre ne pourrait-elle servir à mettre un peu de rigueur dans le discours généreux mais souvent futile qui entoure l'assistance au Tiers monde, comme si l'on voulait ignorer les tristes réalités pour mieux ciseler la beauté de ce qui n'est alors qu'un geste, pour ne pas dire une gesticulation ? (4e de couverture)

35.              LE GOFF (Jacques), Roger Chartier et Jacques Revel (dir.). La Nouvelle Histoire.  P., Retz,  1978, fort gr. in-8° carré,  575 pp, notes bibliographiques, reliure skivertex crème décorée de l'éditeur, jaquette, bon état (Coll. Les Encyclopédies du savoir moderne). Edition originale

            50

Dix essais fondamentaux sur les domaines ou concepts clés de la "nouvelle histoire" et 120 termes classés par ordre alphabétique constituent ce dictionnaire de la nouvelle histoire. L'ensemble de ces textes permet au lecteur d'appréhender et de connaître l'histoire "nouvelle" dans ses idées principales, ses objectifs, son territoire intellectuel et scientifique et ses réalisations. Par Jacques Le Goff (l'histoire nouvelle), Michel Vovelle (l'histoire et la longue durée), Krzysztof Pomian (l'histoire des structures), André Burguière (l'anthropologie historique), Philippe Ariès (l'histoire des mentalités), Jean-Marie Pesez (l'histoire de la culture matérielle), Jean Lacouture (l'histoire immédiate), Guy Bois (marxisme et histoire nouvelle), Jean-Claude Schmitt (l'histoire des marginaux), Evelyne Patlagean (l'histoire de l'imaginaire).

36.              Mélanges Pierre Guiral. Hommes, idées, journaux. Mélanges en l'honneur de Pierre Guiral, réunis par Jean Antoine Gili et Ralph Schor.  Publications de la Sorbonne,  1988, gr. in-8°,  487 pp, présentation de Pierre Guiral par Maurice Agulhon, biblio des principaux ouvrages et articles de Pierre Guiral, suivi de 37 études érudites, broché, couv. illustrée, bon état

            50

"Ce recueil d'études a été constitué en hommage à un historien de classe, aussi fin que discret, chercheur curieux et esprit indépendant. Maurice Agulhon, qui travailla longtemps près de lui à l'Université d'Aix-en-Provence, exprime en mots heureux l'attachement respectueux qu'inspire Pierre Guiral, « un patron » et « un ami qui a enrichi et aidé ceux qui l'ont approché et qui l'ont su comprendre ». Au cours d'une longue et féconde carrière, il a conseillé et encouragé de nombreux collègues plus jeunes. Une quarantaine d'auteurs lui expriment ici leur gratitude par une gerbe de contributions originales, ordonnées sur les axes qui ont orienté sa bibliographie personnelle. Sans pouvoir en reprendre toute la table des matières, signalons les thèmes dominants de cet ensemble. Auteur en 1955 d'une thèse sur Prévost- Paradol (1829-1870). Pensée et action d'un libéral sous le Second Empire, Pierre Guiral n'a jamais craint de souligner l'importance à ses yeux du fait politique, à une époque où la mode intellectuelle portait davantage vers l'économique et le social, puis vers le « culturel ». Il a notamment toujours porté beaucoup d'attention à la presse, moyen privilégié des luttes de la Cité au xixe siècle. Une première série d'articles évoque donc les combats et les fonctions de journaux placés dans des environnements contrastés, de la Révolution à la Libération, de l'Ile de la Réunion aux Alpes Maritimes, du milieu militaire au socialisme rural. On retrouve encore des journalistes, tels Charles Maurras ou Henri de Kerillis, dans la deuxième section « Histoire des idées ». Celle-ci contient également une précieuse mise au point des relations entre Tocqueville et Montalembert (André Jardin), des analyses pénétrantes sur les composantes du judaïsme français et un panorama de l'histoire militaire depuis 1945 (André Martel). En même temps, Pierre Guiral, fils de Marseille, a constamment aimé et défendu sa ville natale, souvent dénigrée à l'extérieur. Aussi plusieurs textes évoquent-ils le passé de la métropole phocéenne : ses activités économiques, ses débats internes, sa vie littéraire et artistique, son mouvement ouvrier et ses œuvres de protection sociale (Yvonne Knibiehler). Enfin, comme le maître d'Aix a suivi de près l'historiographie du Risorgimento, l'ouvrage se clôt par des articles consacrés à l'Italie. Relevons spécialement l'examen de l'anticléricalisme de Garibaldi (Jean-Pierre Viallet) et le bilan de l'attitude de l'Église catholique face au cinéma pendant la période fasciste (Jean-Antoine Gili)." (Pierre Barral, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1992)

37.              MELCHIOR-BONNET (Sabine) et Aude de TOCQUEVILLE. Histoire de l'adultère. La tentation extra-conjugale de l'Antiquité à nos jours.  Editions de La Martinière,  1999, in-4°,  215 pp, 170 illustrations en couleurs, dans le texte et à pleine page, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

L'adultère, c'est l'ombre qui plane sur tous les serments, qui effraie les uns, tente parfois les autres. Faute contre la Cité pour les Grecs, noble épreuve pour l'amour courtois du Moyen Age, figure obligée au XIXe siècle, l'adultère revêt une succession de visages contrastés qui permet de mieux comprendre les enjeux du mariage. Historiennes émérites, Sabine Melchior-Bonnet et Aude de Tocqueville ont réussi à aborder ce thème délicat en alliant le sérieux d'une recherche scientifique à un ton fluide, vivant et riche d'anecdotes.

38.              MERLIER (A.) et G. LEROUX. Géographie. Classe de fin d'études. Certificat d'études primaires. Centres d'apprentissage.  Hatier,  1962, in-4°,  134-(10) pp, très nombreuses cartes (la plupart en couleurs) et photos, 8 pl. de croquis en 2 couleurs in fine, cartonnage illustré de l'éditeur, dos toilé, très bon état

            25

"Le programme de la classe de fin d'études diffère du programme du cours moyen sur deux points. D'une part, il élargit l'étude géographique à l'ensemble du globe terrestre ; d'autre part, il précise que la France métropolitaine et la France d'Outre-Mer doivent être vues dans le cadre des grandes régions naturelles. (...) Nous disposions de 132 pages ; nous en consacrons 16 aux notions déjà acquises, et nous répartissons le reste de manière que la France métropolitaine et la France d'Outre-Mer reçoivent 68 pages, c'est-à-dire 20 de plus que la Terre, les Océans, les Continents. Nous n'oublions pas que la région dans laquelle vit l'enfant doit retenir plus spécialement l'attention des maîtres, et, comme nous ne pouvons adapter ce manuel aux exigences particulières à chaque région, nous avons choisi d'étoffer l'étude régionale, de façon que nos leçons puissent servir de cadre ou d'assise à un travail plus poussé. (...) Le nombre de cartes est considérable..." (Avertissement)

39.              MESQUI (Jean). Chemins et ponts. Lien entre les hommes.  Desclée De Brouwer/Rempart,  1994, in-8°,  144 pp, très nombreuses photos, figures et et plans dans le texte, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Patrimoine vivant)

            20

Liens entre les hommes, les routes et les ouvrages d'art sont un patrimoine anonyme et méconnu. Le voyageur qui passe sur un chemin, sur un pont, ne se donne pas le temps de les regarder. Et pourtant, si l'on se prend à parcourir les itinéraires constitués depuis des millénaires par tous ceux qui nous ont précédés comment ne pas penser aux convois, aux armées, aux diligences, mais aussi aux pèlerins et aux piétons qui ont inlassablement parcouru ces chemins et traversé ces ponts. Faisant oeuvre originale, l'auteur nous conduit à travers cette lente mutation des communications terrestres - mutation technique au premier chef, mais aussi évolution humaine et politique menant des antiques pistes de transhumances aux simples gués jusqu'aux routes nationales et aux viaducs contemporains. Ce livre est un premier travail de synthèse sur le thème des chemins et des ponts.

40.              MEYERSON (Ignace). Les fonctions psychologiques et les oeuvres. (Thèse).  Vrin,  1948, in-8°,  220 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Etudes de psychologie et de philosophie). Edition originale

            30

Définissant un nouveau domaine de recherches, Ignace Meyerson (1888-1983), principal animateur du Journal de psychologie et directeur d'études à l'E.H.E.S.S., se proposait d'éclairer les oeuvres et les institutions à la lumière de l'évolution des fonctions du psychisme incarné dans le langage et toute production de symboles. Il aura une grande influence sur le travail de certains historiens de l'Antiquité tels que Jean-Pierre Vernant. — "Créateur de la psychologie historique, dont il a établi les fondements théoriques et fixé les règles de méthode, Ignace Meyerson (1888-1983) est né à Varsovie, dans une famille juive d’intellectuels, médecins et savants. (...) Pour Meyerson, l’homme est dans ce qu’il a continûment, à travers les âges, construit, conservé, transmis : les œuvres qu’il a édifiées et où il a mis, en leur donnant une forme durable, achevée, ce qu’il avait en lui de plus fort et de plus authentique. Répertoriées par les historiens, elles constituent les grandes classes de faits de civilisation. Parce qu’ils sont variés et variables, ces faits se présentent toujours avec une date et un lieu. Impossible dès lors de continuer à poser, derrière les transformations des conduites et des œuvres humaines, un esprit immuable, des fonctions psychologiques permanentes, un sujet intérieur fixe. On doit reconnaître que l’homme est au-dedans de lui-même le lieu d’une histoire. La tâche du psychologue est d’en reconstituer le cours. (...) Dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale, Meyerson prépare les matériaux pour le livre où il va fixer les principes de la psychologie historique, justifier les fondements de la nouvelle discipline, tracer le cadre des enquêtes futures et illustrer son projet en prenant l’exemple de la personne. Le livre ne paraîtra qu’en 1948, chez Vrin, sous le titre : Les Fonctions psychologiques et les œuvres. Auparavant, chassé de l’Université par les lois raciales de Vichy, Meyerson fait front sur tous les plans : comme savant, comme citoyen. Il crée la Société toulousaine de psychologie comparative, centre de libre vie intellectuelle en zone non occupée. En juin 1941, cette société tient un colloque sur l’Histoire du travail et des techniques, avec des rapports de Lucien Febvre, André Aymard, Paul Vignaux, Marcel Mauss, Marcel Bloch, André Lalande, Daniel Faucher, Georges Friedmann. Après l’entrée des troupes allemandes en zone sud, Meyerson assure la direction du journal clandestin de l’armée secrète du Sud-Ouest. À la VIe section de l’École des hautes études (qui deviendra en 1975 l’École des hautes études en sciences sociales), où il est nommé directeur d’études en 1951, il tiendra ses séminaires jusqu’à sa mort." (Jean-Pierre Vernant)

41.              MOUTAFOFF (Léon). Le Président du Conseil des ministres en France. (Thèse).  Bordeaux, Imp. Bière,  1940, gr. in-8°,  205 pp, biblio, broché, bon état

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Thèse sous la direction du président Gidel (Université de Paris. Faculté de droit).

42.              OHRELIUS (Bengt). Vasa. Le navire arraché aux sables.  Julliard,  1963, in-8°,  159 pp, récit adapté du suédois par J. et S. Ouvaroff, 58 photographies sur 32 pl. hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

L'archéologie du seul navire du XVIIe siècle presque entièrement intact qui ait jamais été récupéré, le navire de guerre de 64 canons Vasa qui a coulé lors de son voyage inaugural en 1628. — Sous le règne de Louis XIII, le roi de Suède, pressé par les troupes de l'Empereur, commanda un superbe navire, le Vasa, destiné à délivrer la Baltique de l'étreinte des troupes impériales. On lança le Vasa en grande pompe à Stockholm ; il parcourut quelques centaines de brasses, chavira et disparut. Les candidats au renflouement de ce navire ne manquèrent pas au long des siècles, mais durent y renoncer. Ce n'est que récemment qu'un ingénieur naval passionné de renflouement mena à bien la difficile entreprise avec l'aide de la marine royale suédoise. Le commandant Bengt Ohrelius offre ici le récit fort animé de ces travaux titanesques ; un musée maritime est en cours de construction autour de l'admirable vaisseau aujourd'hui en cale sèche, et dont l'épave ressuscitée contient intact un matériel admirable exhumé de la boue. — Le musée Vasa a ouvert ses portes en 1990 et c'est le musée le plus visité de Scandinavie.

43.              OLENDER (Maurice)(dir.). Pour Léon Poliakov. Le Racisme. Mythes et sciences.  Bruxelles, Editions Complexe,  1981, gr. in-8°,  155 pp, publications de L. Poliakov, index, broché, couv. illustrée lég. défraîchie, bon état, ex. du SP

            40

Avec les contributions de Pierre Birnbaum, Jean Bottéro, Hilda Danon, Michel de Certeau, Elizabeth de Fontenay, Maurice de Gandillac, Michèle Duchet, Patrick Girard, Colette Guillaumin, François Hartog, Jacques Hassoun, François Jacob, Albert Jacquard, Naïm Kattan, Élisabeth Labrousse, Jacques Le Goff, Emmanuel Le Roy Ladurie, Francis Martens, Joseph Melèse-Mordzejewski, Arnaldo Momigliano, Serge Moscovici, Pierre Nora, Maurice Olender, Franklin Rausky, Maxime Rodinson, Jacques Ruffié, Lilly Scherr, Alain Schnapp, Michel Tardieu, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Ilios Yannakakis. — "Marque d'amitié « Pour Léon Poliakov », cet ouvrage rassemble 32 communications qui cherchent, dans des prédicateurs – les exempla – dès le 13e siècle, au moment où l'essor urbain révèle les fonctions économiques des Juifs, se lit le glissement de l'antijudaïsme chrétien vers l'antisémitisme... Naturellement, un certain nombre de communications sont consacrées aux deux problèmes rencontrés par les Juifs depuis leur émancipation par l'Etat, celui de l'assimilation et celui de l'identité culturelle. En particulier, l'étude du complot juif, inventé par «Les protocoles des Sages de Sion », au moment de l'Affaire Dreyfus, montre comment la conscience juive a réagi à une nouvelle forme de l'antisémitisme, soit par une surenchère de patriotisme assimilateur, soit par la naissance minoritaire d'un nationalisme juif. Sur l'histoire de l'antisémitisme, cet ouvrage apporte des informations nombreuses et variées ; on connaît les théories racistes de Galton et de Gobineau ; on a peut-être oublié dès positions identiques chez Teilhard de Chardin ; de même l'antisémitisme de Jung est plus présent à notre mémoire que l'antipathie kantienne pour le judaïsme... Ainsi cette suite foisonnante de communications, dont ce bref compte rendu ne peut rendre toute l'originalité et la variété, propose un examen du racisme, à travers les « mythes » et les « sciences », qui constitue en fait, un débat très enrichissant sur les tensions engendrées par l'altérité." (L. Arnaud-Matech, Raison présente, 1982)

44.              (Photographie) – CAPA (Robert). Images of War. With text from his own writings.  New York, Grossman Publishers,  1964, in-4°,  175 pp, préface de John Steinbeck, un portrait photo de l'auteur en frontispice, 175 pages de magnifiques photographies de guerre en noir et blanc par Robert Capa, commentées par ce dernier, reliure pleine toile éditeur, jaquette, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            100

Deuxième Guerre mondiale, guerre d'Espagne, Russie, Israël, etc.

45.              PITTE (Jean-Robert). La bouteille de vin. Histoire d'une révolution.  Tallandier,  2013, in-8°,  311 pp, 15 illustrations et une carte dans le texte, 70 illustrations en couleurs sur 32 pl. hors texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

Par leurs formes qui varient dans le temps et d'une région à l'autre, les bouteilles de vin racontent une histoire passionnante. Cet ouvrage novateur le montre avec beaucoup de science et de verve. Jamais les vins n'auraient pu vieillir à l'abri de l'air et de la lumière et jamais la personnalité des terroirs et des millésimes n'aurait pu se révéler avec autant d'éclat sans l'invention de la bouteille. La révolution date du Ier siècle de notre ère, c'est la mise au point de la canne à souffler. Au début du XVIIe siècle, les productions européennes, trop fragiles, ne peuvent servir à déplacer des liquides à longue distance. C'est alors qu'un pays importateur, l'Angleterre, réalise la bouteille en verre épais et noir, élaborée dans un four chauffé au charbon. Les mêmes Anglais découvrent au Portugal les vertus du liège qui permet un bouchage hermétique et de confier aux bouteilles du vin de qualité, de les coucher, les transporter et les conserver. Bientôt ils inventent encore le champagne mousseux que les Français ne confectionneront qu'à partir de la Régence. Les bouteilles d'outre-Manche sont en oignon, en poire, puis cylindriques à épaules plus carrées. Les françaises, elles, sont plutôt ovoïdes, à épaules tombantes, tant en Champagne et en Bourgogne qu'à Bordeaux où, au XIXe siècle, s'impose la forme cylindrique à épaules carrées. À côté de ces deux grands modèles, certains vignobles en ont imaginé d'autres : la flûte rhénane, la fiasque paillée de Toscane, le bocksbeutel en forme de gourde de Franconie, le clavelin du Jura, la petite bouteille à col allongé du Tokaji ou du constantia sud-africain, etc.

46.              RÉMOND (René). L'Anticléricalisme en France de 1815 à nos jours. Nouvelle édition, revue et augmentée.  Fayard,  1999, in-8°,  x-420 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Bien qu'il ne repose pas sur un véritable corps de doctrine, l'anticléricalisme est bien une idéologie politique et sa permanence dans la vie politique française depuis deux siècles au moins montre sa vitalité. Il vit son âge d'or durant la Révolution française, rebondit sous la Restauration et la Monarchie de juillet en réaction aux excès cléricaux, revient sur le devant de la scène sous la IIIe République et connaît jusqu'à nos jours des poussées dont certaines sont inattendues (dans les années 1990, l'opposition au foulard islamique a partie liée avec lui) et d'autres plus classiques, comme le rejet de l'abrogation de la loi Falloux ou la dénonciation du voyage du pape à Reims en 1996 par le réseau Voltaire. Composante inséparable de l'histoire des idées, au début du XIXe siècle et à la fin du XXe siècle, l'histoire de l'anticléricalisme en France est aussi celle de la culture, de la religion et du pouvoir.

47.              RÉMOND (René). Les Droites en France.  Aubier,  2001, in-8°,  544 pp, cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Historique)

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Il n'y a pas, en France, une droite, mais trois : droites légitimiste, orléaniste et bonapartiste. Enoncée par René Rémond en 1954 dans “La Droite en France”, cette distinction est devenue classique, et le titre du présent ouvrage prend acte de cette acceptation. Mais, depuis, la France a changé ; les familles politiques aussi. La distinction est-elle encore valable ? La division droite-gauche elle-même a-t-elle encore un sens ? Qu'en est-il de l'extrême droite ? Comment se situe le gaullisme par rapport à ces trois traditions ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles, dans cette étude qui se prolonge jusqu'au lendemain des présidentielles de 1981, René Rémond s'attache à répondre. Loin d'être périmée par l'actualité, sa thèse éclaire en fait le sens des événements les plus récents : en retour, leur déchiffrement projette une lumière nouvelle sur les périodes plus lointaines : l'historien est conduit à faire une lecture neuve du bonapartisme, du boulangisme et des ligues. En outre, tout un chapitre a été consacré au fascisme français et à l'examen des causes de sa faible pénétration. — "La première édition de ce livre date de 1953. Une seconde, augmentée, avait paru en 1963, suivie, en 1968, par une troisième, elle aussi actualisée, présentée en deux volumes. Cette quatrième édition ne fera pas double emploi avec les précédentes : rédigée au tournant de l'élection présidentielle du 10 mai 1981, elle intègre trente ans d'une histoire chargée à son modèle d'analyse, elle utilise les nombreux travaux produits dans cette période, elle explique avec les objections faites à sa thèse. Il en résulte un livre renouvelé, jusque dans son titre passé du singulier au pluriel, mais fidèle à son interprétation première. On y trouvera, en particulier, un premier chapitre inédit (A la recherche de la droite), fondamental, la seconde partie de l'ouvrage profondément retravaillée (à partir du chapitre X et des années 1930) ou nouvellement rédigée (depuis 1968), un dossier final (points de vue et problèmes, documents, bibliographie) doublé par rapport à la première édition." (Emile Poulat, Archives des sciences sociales des religions). — "René Rémond réédite pour la quatrième fois un ouvrage devenu classique. On connaît la thèse: elle a même été si bien adoptée qu'aujourd'hui on risquerait d'oublier ce qu'en son temps elle avait apporté de nouveau. C'était en 1954. Après l'effondrement de la Libération, la droite refaisait surface. Et tout le monde de s'interroger sur le retour d'une force qui avait paru condamnée par l'Histoire. Il n'y a pas une droite répondait René Rémond, mais au moins trois droites. Pas plus que la gauche, la droite n'est une. Plus près de la réalité, le pluriel clarifiait le débat en y introduisant une note historique. Il orientait vers une connaissance qui permettait d'apprivoiser ce passé qui recommençait à gouverner le présent, sans même parler de l'avenir. Et il faut le reconnaître, l'avenir a été exceptionnellement clément pour la thèse de René Rémond à qui il a permis de constater in vivo les résultats de ce qui n'était, en 1954, qu'une hypothèse de laboratoire. Chacune à son tour, les vieilles droites nées au cours de la première partie du XIXe siècle allaient retrouver un point d'ancrage et, à ce contact, rajeunir leur vieux tempérament. La droite ultra s'incarnera successivement dans le nationalisme d'Outre-Mer et dans l'intégrisme religieux. La droite bonapartiste trouvera une extraordinaire revanche dans le gaullisme, comme la droite orléaniste ressuscitera dans le giscardisme. Bien sûr, filiation ne dit pas identité. Le contexte a changé. Les hommes sont toujours différents: le général de Gaulle n'a été ni Bonaparte ni Boulanger. C'est là une évidence. Mais si l'on regarde du côté des forces qui les ont soutenus, les ressemblances sont très fortes." (Odile Rudelle, Revue française de science politique)

48.              RIBEMONT-DESSAIGNES (Georges). Ariane.  P., Jean-Michel Place,  1977, pt in-8°,  123 pp, préface par Jean Roudaut, "Visages d'Ariane" par Maria Grazia d'Alessandro, textes réunis par Jean-Pierre Begot, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Vice versa)

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Un roman où la nudité et la pureté de l’héroïne, insoutenables pour la société, sèment le désordre, provoquant meurtres et catastrophes... Ariane (1925) est peut-être le plus beau livre et le plus poétique de Ribemont-Dessaignes (1884-1974). Ariane, une femme « atrocement belle », traverse Paris nue, dans un périple qui est celui d'une rêverie, et le monde en est changé.

49.              ROSTAND (Jean). Etat présent du transformisme.  Stock,  1931, in-12,  187 pp, broché, pt mque au dos, bon état

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Préliminaires. Les Preuves du transformisme. L'Origine de la vie. Le Lamarckisme. Le Darwinisme. Le Mutationnisme. L'Origine de l'homme. Index des principaux ouvrages consultés. — "Bonne vulgarisation, tributaire d'ailleurs d'excellents ouvrages cités en index." (Revue des Sciences philosophiques et théologiques, 1933)

50.              SEGUIN (Philippe). 240 dans un fauteuil. La saga des présidents de l'Assemblée.  Seuil,  1995, fort in-8°,  1087 pp, 45 portraits (gravures et photos) sur 12 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Un curieux livre qui tient à la fois du dictionnaire d'hommes politiques et d'un guide des évolutions historiques de la République française. Constitué de courtes notices historiques sur les présidents de l'Assemblée, on y suit en filigrane l'évolution constitutionnelle, historique et sociale. Les premières biographies de présidents de l'Assemblée pendant la Révolution française sont passionnantes, car, du fait d'un système de rotation du poste, ce sont tous ceux qui ont participé à la Révolution, noms connus comme anonymes qui défilent... — "Nul livre, jusqu'à celui-ci, n'a réuni les portraits des présidents de l'Assemblée nationale. Sans doute parce qu'ils furent nombreux - quelque 240 au total ! - et que leur importance historique se révèle inégale, comme la durée même de leur mandat : seize ans pour Jacques Chaban-Delmas, un record ; une journée pour un certain François-Henri de Virieu, élu le 27 avril 1790 et démissionnaire le lendemain. Pourtant, cette diversité elle-même est intéressante, superposant à celle des Assemblées, dont le nom et le rôle varient selon les Constitutions, celle des personnalités titulaires du "fauteuil". Ainsi défile une belle galerie de "grands noms", depuis les présidents des Assemblées révolutionnaires, élus pour quinze jours (ce qui explique leur nombre) : en 1789, Bailly ou Louis-Philippe d'Orléans ; en 1790, Talleyrand ; en 1791, Mirabeau, puis Alexandre de Beauharnais ; en 1792, Condorcet ; Danton et Robespierre en 1793, Saint-Just en 1794, sans compter ceux qui sont élus plusieurs fois, tels Sieyès ou Cambacérès ; puis viennent, sous le Premier Empire, Fontanes ; sous Louis-Philippe, Casimir Perier ; sous le Second Empire, Morny ; et c'est l'incomparable succession des grandes figures de la IIIe République, de Grévy ou Gambetta jusqu'à Bouisson ou Herriot ; enfin, s'approchent des noms mieux connus, Félix Gouin, Vincent Auriol, Edgar Faure ou Laurent Fabius. Personnages divers et rôles divers dont le président de l'Assemblée nationale, Philippe Séguin, historien de formation et de tempérament, s'est attaché à réunir la mémoire. Du haut du "perchoir", les Français pourront ainsi contempler deux siècles d'une histoire qui, jamais close, est aussi l'aventure d'une nation." (4e de couverture)

51.              THOMAS (Jacques)‎. Magie du Boomerang. Un jeu sportif moderne venu du fond des âges... Son histoire ; comment le lancer ; pourquoi il revient ; comment fabriquer un boomerang.  Lyon, chez l'Auteur,  1985, gr. in-8°,  233 pp, plus de 200 illustrations (photos et dessins), broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, un des 150 ex. numérotés réservés aux souscripteurs (sur un tirage total de 1000 ex.), enrichi du prière d'insérer, du feuillet d'errata et d'un envoi a.s.

            40

Objet légendaire, le boomerang a toujours suscité la curiosité et l'émerveillement. Comment se peut-il qu'un objet inerte, taillé dans la masse, parvienne à voler à plus de 100 mètres et à revenir au pied de son lanceur ? Sous une forme résolument moderne, le lancer du boomerang se développe aujourd'hui dans le monde entier comme un jeu sportif de plein air intelligent. En mission pour l'UNESCO dans le Pacifique, l'auteur y découvre le boomerang. Subjugué par le sujet, il lui consacre vite la plus grande partie de son temps, poursuivant des recherches en Europe, en Australie, aux Etats-Unis, participant à des tournois, se liant d'amitié avec les grands champions internationaux. Aidé par une formation aéronautique de pilote militaire, il entreprend l'étude théorique du vol et du retour, qu'il expose dans "Science & Vie", "New Scientist". Jacques Thomas est aujourd'hui l'un des meilleurs spécialistes mondiaux en la matière. "Magie du Boomerang" est le fruit des recherches et de l'expérience de l'auteur. En un bel ouvrage de près de 200 pages, comportant plus de 200 illustrations (photos et dessins), il raconte l'histoire du boomerang, de sa découverte à nos jours. Il apprend à le lancer et à le faire revenir, avec le geste du service au tennis. Il explique comment il vole et pourquoi il revient comme "par magie", à son lanceur. Il expose enfin, une méthode simple et facile pour fabriquer soi-même un excellent boomerang. Traitant du sujet de façon très complète, "Magie du Boomerang" répond à toutes les questions, des plus simples aux plus complexes. Il saura satisfaire la simple curiosité d'esprit ou le désir de découvertes techniques de ses lecteurs, qu'ils soient jeunes ou moins jeunes, néophytes ou pratiquants de longue date, et même enseignants soucieux de faire découvrir certains principes de physique élémentaires par le biais de cet objet fascinant.

52.              VALUET (Roger). Paris et sa Poste.  Presses de la Cité,  1957, in-8°,  313 pp, 4 planches en couleurs (Paris et ses timbres), une pl. dépliante de fac-similés, reproductions des cachets et marques postales dans le texte, appendice, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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En 1692, Paris compte déjà six boîtes aux lettres, et leur nombre va doubler assez rapidement, la douzième s'ouvrant en 1740 dans une boutique de la rue du Bac. Mais elles ne reçoivent que des missives à destination des provinces : une lettre Paris pour Paris serait jetée au rebut. Cette correspondance de Paris pour Paris, appelée la « petite poste », verra le jour par l'initiative du philanthrope Piarron de Chamousset le 5 mars 1758. Pour le bi-centenaire des postes parisiennes, Roger Valuet, auteur de « Coup d'Oeil sur la Philatélie », a écrit leur histoire. Il en a tiré un livre riche en anecdotes, digne d'intéresser non seulement les philatélistes, mais aussi ceux que passionne le passé de Paris et tous les lecteurs désireux de mieux connaître un aspect important de la formation du monde moderne.

53.              WEYGAND (Général Maxime). Forces de la France. Vocation de la France.  Editions contemporaines Boivin et Cie,  1951, gr. in-8°,  186 pp, 17 gravures et photos sur 10 pl. hors texte, broché, couv. illustrée rempliée, bon état

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Depuis les combats entre Gaulois et Romains, en passant par Clovis, Charlemagne, Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Henri IV et Napoléon, jusqu’à la conquête de l’Algérie et les Grandes guerres. Quelles leçons tirer du passé, quelles furent les forces et les faiblesses de notre Patrie ? Quel rôle pour la France aujourd’hui [1951] et demain ? Le général Weygand joua un rôle clef lors des deux conflits mondiaux. Interné en Allemagne de 1942 à 1945, il mourut en 1965 à l'âge de 98 ans.

 

ANTIQUITÉ

 

54.              AUDIN (Amable). Lyon, miroir de Rome dans les Gaules.  Fayard,  1965, in-8° carré,  223 pp, 80 illustrations, cartes et plans dans le texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Résurrection du passé)

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"L'intérêt de ce livre est double ; d'abord celui d'un survol historique et d'une véritable fresque, depuis la fondation de Lugdunum jusqu'à son déclin au Bas-Empire, en passant par une période de splendeur impériale ; ensuite celui de faire vivre et revivre l'épopée des fouilles de Fourvière qui ont livré un complexe monumental véritablement prestigieux. Les épisodes relatés dans la première partie, très divers, éclatants ou pathétiques, appartiennent en fait à l'histoire nationale, mais l'A., lyonnais de vieille souche, appartenant à une très vieille famille d'humanistes et d'imprimeurs, sait, en de fort belles pages, mettre l'accent sur cette capitale provinciale où Rome a voulu refléter sa force et sa splendeur, en ce grand décor formé par le confluent du Rhône et de la Saône, véritable seuil entre le midi latin et le nord celtique ; cet ensemble social, économique, artistique, avec sa ville basse de Condate, son habitat insulaire de Canabae, et surtout le haut-lieu de, Fourvière et de la Sarra, revit sous nos yeux, dans une évocation soutenue par une documentation riche et souvent inédite, avec ses fastes publics et aussi bien l'existence quotidienne de ses habitants. En cette capitale des Gaules, d'où rayonnait un admirable réseau routier qui en fit la « caput Galiarum », Auguste séjourna et fit instituer le culte impérial par son beau-fils Drusus qui devint l'idole des masses ; l'empereur Claude y naquit et ce lyonnais proclama l'admission au Sénat des représentants de l'aristocratie gauloise. Un siècle et demi plus tard, un autre empereur y vit le jour ; Caracalla, qui étendit le droit de cité à tous les sujets de l'Empire. Entre temps, en l'an 177, les premiers chrétiens avaient subi le martyre dans l'amphithéâtre dont les vestiges ont été récemment retrouvés, et l'histoire de Lyon est profondément intriquée avec celle de l'Evangélisation de la Gaule et des persécutions. Par ailleurs, M. A. Audin a attaché son nom à l'un des plus importants chantiers de fouilles contemporains, celui de la colline de Fourvière, dont il assume la direction depuis 1952 et qui a enrichi notre patrimoine antique de trois monuments incomparables : un théâtre, un odéon et un temple de Cybèle ; et c'est de première main que nous assistons à la résurrection de la Cité antique, avec son cardo et son decumanus, avec son quartier des théâtres, son Forum novum, ses murailles, son réseau d'égouts. Nous suivons l'A. pas à pas, descendant avec lui la grande artère de la cité vers le rivage de la Saône, aboutissant au quartier des Nautes de la Saône, puis au-delà du pont au vieux bourg de Condate blotti au pied de la falaise de la Croix-Rousse, tandis qu'en face de l'île des Canabae, le port des Nautes du Rhône est enserré sur une étroite bande de terrain au pied de la falaise absolument verticale de la colline. Tout autour de la cité des vivants s'étendait la cité des morts, ainsi qu'en témoignent la nécropole de la voie d'Aquitaine au sud (vallon de Trion), celle de la voie du Rhin à Vaise (Saint-Pierre) et à Saint-Clair, celle de la voie d'Italie en terre allobroge, le tout ayant livré jusqu'à présent 522 épitaphes. Des chapitres très vivants sont consacrés encore, en cet ouvrage, à la population lyonnaise, très cosmopolite, – au cadre de sa vie quotidienne ; – au développement des cultes orientaux et à leur lutte contre le christianisme. Une bibliographie commentée et une très riche iconographie éclairent un texte dont le style, simple et direct, rend la lecture agréable et aisée. Nous attendons une suite à ce livre, puisqu'aussi bien les fouilles continuent et beaucoup de trésors artistiques seront encore à publier." (Revue archéologique du Centre de la France, 1965)

55.              [AUMALE (Henri d'ORLÉANS, duc d')]. Alésia. Etude sur la septième campagne de César en Gaule.  P., Michel Lévy,  1859, in-8°,  viii-245 pp, 2 cartes sur un dépliant in fine (Alise et Alaise), reliure chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs filetés, titre, titre et caissons dorés, tranches dorées, quadruple encadrement de filets dorés et à froid sur les plats (rel. de l'époque), très peu de rousseurs (ce qui est rare pour ce livre), très bon état

            150

Edition originale en volume, bien complète de la grande planche dépliante in fine. A parution, cette monographie valut de ''puissants éloges'' à son auteur. (Barbier I, Dictionnaire des anonymes, 93-f) — "... il est bien rarement arrivé que l'emplacement d'une ville gauloise, dont le siège avait occupé une armée romaine de 40 000 hommes, soit assez incertaine pour qu'il se produise, dans les discussions géographiques, cette rare singularité à savoir : que d'habiles critiques placent cette ville en Bourgogne, landis que d'autres, pour de non moins bonnes raisons, peuvent soutenir qu'elle était située en Franche-Comté. (...) Tout récemment encore, un brillant écrivain et un érudit du plus grand mérite, qui, cependant, a gardé l'anonymat, vient de publier un travail remarquable sous bien des rapports. « Ce travail, dit M. Quicherat, se distingue par beaucoup de suite dans les idées, par une solide instruction classique et bibliographique, par la connaissance de la guerre, où il est difficile de ne pas reconnaître quelqu'un qui l'a faite. » La connaissance approfondie de l'art de la guerre devait être, en effet, un élément d'un grand poids et d'une incontestable utilité dans l'examen d'une question de géographie militaire. L'auteur de cette nouvelle publication a donc dû nécessairement apporter sa grande part de lumière dans la solution de la difficulté en litige. On trouve, dans ce travail, les mérites littéraires déjà remarqués par le savant défenseur d'Alésia, et de plus un excellent modèle de méthode pour les études historiques. Des aperçus nouveaux sur l'organisation de l'armée romaine, enfin une certaine vivacité dans l'exposition logique des faits que relèvent encore l'élégance du style et le bon goût de l'écrivain." (Auguste Castan, Revue archéologique, 1859) — "Nous avons déjà appelé l'attention de nos lecteurs sur ce travail lorsqu'il a paru pour la première fois en tirage à part de la “Revue des Deux Mondes” ; mais il vient d'être réimprimé en un beau volume précédé d'une préface très-intéressante, et augmenté de notes curieuses. La compétence de l'auteur, dont les connaissances en stratégie ont été appréciées par les divers écrivains qui se sont occupés de la question d'Alesia, nous fait un devoir de reproduire en entier la préface, qui donne une idée générale de cet important travail..." (Revue archéologique, 1859)

56.              BARADEZ (Jean). Tipasa, ville antique de Maurétanie.  Alger, Imprimerie Officielle,  1957, gr. in-8°,  110 pp, 65 photos dans le texte et à pleine page et une grande carte en couleurs dépliante hors texte, biblio, broché, couv. lég. salie, bon état

            20

Deuxième édition augmentée (la première de 1952 ne contenait que 78 pp et 52 illustrations). Jean Baradez était directeur des fouilles de Tipasa. "Il n'est pas de ruines qui s'offrent dans un cadre plus séduisant que celles de Tipasa. On devient ici archéologue, même quand on n'a pas la vocation, ne serait-ce que pour se donner un prétexte à de charmantes promenades dans un des sites les plus pitoresques de l'Algérie." — "Le colonel Baradez, à qui sont désormais confiées les fouilles de Tipasa, nous donne sur celle-ci une monographie très attachante. Les travaux strictement scientifiques étant mis à part, ce volume est à ma connaissance le meilleur exposé d'ensemble sur Tipasa, si intéressante à la fois par ses monuments romains et chrétiens et où les fouilles encore récentes de M. P. Cintas ont éclairé en partie les aspects de l'occupation punique." (Marcel Renard, Latomus, 1953)

57.              CARCOPINO (Jérôme). Alésia et les ruses de César.  Flammarion,  1958, in-12,  218 pp, 8 pl. de photos hors texte, 4 figures et 2 cartes dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Jérôme Carcopino apporte ici les preuves de l'identification d'Alésia avec la commune bourguignonne d'Alise Sainte-Reine. — "On connaît le « problème » d'Alésia. L'archéologie et la toponymie désignent Alise-Sainte-Reine. César, lui, a laissé une description assez générale qui peut s'appliquer à un grand nombre de sites d'un type commun en France, et dans le passé des théories diverses se sont autorisées de la lettre du texte pour identifier Alésia avec d'autres localités. Parmi tant de systèmes aberrants et périmés, celui d'Alaise dans le Doubs a recruté jusqu'à ce jour des défenseurs... (...) En la personne de l'auteur, on ne saluera pas seulement le grand historien, mais le grand avocat, le défenseur de la vérité scientifique. Il fallait qu'une grande voix s'élevât et plaidât le dossier, tout le dossier d'Alésia, y compris les thèses adverses, pour qu'enfin, après tant de papier gâché, tant de querelles, tant d'acrimonie, Alésia fût Alésia, pour que nos chercheurs pussent travailler en paix. Il le fallait pour l'honneur de notre pays. La cause est plaidée et gagnée par l'éloquence, par le savoir, par l'autorité de M. J. Carcopino." (Michel Rambaud, Revue des Études Anciennes, 1959)

58.              CARCOPINO (Jérôme). Rencontres de l'histoire et de la littérature romaines.  Flammarion,  1963, in-12,  281 pp, broché, bon état

            20

Table : Un Cicéron trop habile ; L'exil d'Ovide, poète néopythagoricien ; Les surprises du testament de Pline le Jeune ; La date et le sens du voyage de Rutilius Namatianus ; Shakespeare, historien de César. — "Un ouvrage de M. Carcopino ne saurait laisser indifférent, et les spécialistes de la littérature latine accueilleront avec une curiosité sympathique et admirative l'application à leur domaine de méthodes, et d'une intuition, qui ont fait leurs preuves pour tant de problèmes historiques. (...) Un ouvrage comme celui-ci vaut à la fois par les résultats qu'il apporte (ils sont considérables), et par le beau spectacle d'une intelligence critique parvenue à un étonnant degré de maîtrise. Le charme de ce livre réside, en partie, en ce qu'il ne convainc pas toujours : l'on y perçoit l'émouvant instant du passage à la limite, – une limite hardiment franchie. Ces audaces, servies par un savoir philologique très assuré, nous proposent un exemple séduisant, et dangereux. Mais j'aime mieux cette féconde témérité que les prudences aveugles auxquelles la science contemporaine ne nous a que trop habitués." (H. Bardon, Revue belge de philologie et d'histoire, 1964)

59.              CASSIN (Barbara). Voir Hélène en toute femme. D'Homère à Lacan. Peintures de Maurice Mathieu.  Les Empêcheurs de penser en rond,  2000, in-4°,  208 pp, photographies de F. Boissonnet, illustrations en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée, bon état

            40

Barbara Cassin se fait le relais et l'interprète des discours du mythe, de l'épopée, de la tragédie sur Hélène de Troie. Autour d'Hélène, le fil conducteur est une réflexion sur le rapport entre le mot et la chose, à partir de la duplication d'Hélène mise en scène par Euripide, qui distingue l'Hélène réelle, demeurée en Egypte fidèle à Ménélas, et le nom d'Hélène, simple fantôme, eidolon, mais pour lequel les guerriers moururent à Troie-où la chose est moins réelle que le mot, parce qu'elle a moins d'effets. Par là, c'est toute une réflexion sur la séduction, la voix, le vêtement l'action et la passion, et bien sûr la sexualité féminine, qui s'engage à travers des textes qui vont d'Homère à Lacan. — "Voir Hélène en toute femme", dit Méphistophélès à Faust : Hélène, une femme, la femme. La trame consiste à nouer, en textes et en images, le passé mythique – l'Hélène d'Homère ou de Gorgias, chienne et souveraine, la plus innocente des coupables, celle de Quintus de Smyrne et des vases, qui ouvre son manteau et fait tomber les glaives – à ses usages présents, modernes et contemporains. Objet de la poétique et non de la physique, tant il est vrai que la nature de l'homme, c'est sa culture. Au centre, le rapport entre le mot et la chose, à partir de la duplication-duplicité d'Hélène mise en scène par Euripide : tandis qu'Hélène intacte, la femme de Ménélas, l'attendait en Egypte, c'est pour un fantôme que les Grecs sont morts devant Troie ; seul le nom d'Hélène "Celle qui ravit", une concrétion de souffle, entrait dans le lit de Pâris et montait sur les remparts. Où l'on voit comment la guerre et l'amour, où le mot est bien plus réel que la chose, sont transis de discours. Ainsi engage une réflexion sur le lien entre femme et langage – disons : la sexualité féminine – via quelques grands avatars, depuis Marie-Madeleine, putain et docteur de l'Eglise, jusqu'à Lacan et nos poupées gonflables. (4e de couverture)

60.              CHAMPOLLION (Jean-François). Panthéon égyptien. Collection des personnages mythologiques de l'ancienne Egypte.  P., Inter-livres,  1994, in-4°,  (95) pp, non paginé, + 89 planches en couleurs hors texte par Léon Jean Joseph Dubois (1780-1846), dessinateur et lithographe, conservateur-adjoint de la section égyptienne et orientale du musée du Louvre, imprimé sur papier fort, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            50

Réimpression soignée de l'édition de Paris, Firmin-Didot, 1823, du célèbre ouvrage de Champollion, avec la reproduction de la page de titre et du feuillet de souscription de l'édition originale. — "J'obtins alors, par l'étude attentive de tous les monuments égyptiens qu'il m'a été possible d'examiner, une série très étendue de noms propres hiéroglyphiques de divinités égyptiennes, et les manuscrits sur papyrus m'ont donné les formes hiératiques de ces mêmes noms. Cette recherche m'a fourni d'importantes notions sur le matériel du culte égyptien ; elle m'a conduit à déterminer le rang hiérarchique de chacun des personnages divins figurés sur les monumens de l'Égypte ; enfin je suis convaincu du peu de succès avec lequel on a jusqu'ici appliqué aux représentations des dieux, sculptées sur les temples ou peintes sur les caisses des momies, les noms de divinités égyptiennes que nous ont transmis les auteurs grecs et latins. Les résultats généraux de cette étude seront en partie consignés dans le recueil que je publie sous le titre Panthéon égyptien." (Champollion, Précis du système hiéroglyphique, 1824)

61.              DERUELLE (Jean). L'Atlantide des mégalithes.  France-Empire,  1999, gr. in-8°,  406 pp, 38 illustrations, 26 cartes, biblio, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état

            50

L'Atlantide... Ce mot fait rêver depuis deux mille ans, suscitant d'innombrables hypothèses. En 1950 encore, le postulat d'une primauté du Proche-Orient excluait l'idée d'un « Empire grand et merveilleux » d'Occident décrit par Platon. En vieillissant de mille à trois mille ans les premières cultures des « Pays Barbares », le radiocarbone change tout ! Ce livre se propose de réécrire une préhistoire respectant la nouvelle chronologie. L'Europe y joue un rôle insoupçonné. Inventant le cuivre deux mille ans avant Sumer, les Danubiens subirent les ravages de migrations répétées dont les débordements se firent sentir jusqu'en Mésopotamie. Indo-européens, Hyksos, Guerre de Troie, Peuples de la Mer perdent leur mystère. Par un saisissant contraste, l'Occident connut, de Gibraltar au Danemark, trois mille ans de paix sous l'égide d'une civilisation mégalithique dont on suit l'expansion, par l'Andalousie, Malte et la Crète, jusqu'en Égypte où la légende d'Osiris et Horus en garde le souvenir. Ainsi surgit maintenant du passé un immense Empire dont les caractéristiques, géographiques et culturelles, peu à peu révélées par l'archéologie, s'ajustent point par point à la description du récit de Platon. Des sources ? En Égypte, dit Platon... De fait, la quasi-identité de sa dernière page et d'une inscription de Ramsès III sur les Peuples de la Mer fait de son récit le seul document historique dont nous disposons sur le lointain passé de l'Occident. Mais où était la Cité Royale engloutie ?... Voyons ! Tout le monde connaît, en Europe Occidentale, une grande île noyée sous la mer ! — L'auteur, polytechnicien ; traite les problèmes en ingénieur. N'attendez de lui aucun recours aux extraterrestres. Il s'efforce, au contraire, d'échapper à l'emprise, choquante, des idées reçues et des idéologies. — "Jean Deruelle dans “L’Atlantide des mégalithes” propose une nouvelle vision de la préhistoire respectant la chronologie imposée par le carbone 14. L’Europe y joue un rôle prépondérant. Deux mille ans avant Sumer, les Danubiens développèrent, grâce à une véritable industrie du cuivre, une opulente civilisation (trésors de Varna) qui connaissait une écriture rudimentaire (tablettes de Tartaria). Ces populations industrieuses, qui inventèrent ensuite le bronze, puis le fer, furent ruinées tous les mille ans par des migrations de Nordiques. Chacune de ces migrations déplaça des peuples vers l’Asie, marquant les civilisations successives de Mésopotamie. Par un saisissant contraste , l’Occident connut, de Gibraltar au Danemark, trois mille ans de paix sous l’égide d’une civilisation mégalithique dont les caractères particuliers attirent de plus en plus l’attention des archéologues : unité culturelle, religieuse, politique, absence d’armes, de fortifications, énormes sépultures, connaissances géométriques et astronomiques. La nouvelle chronologie proposée par l’auteur montre l’expansion des marins d’Occident en Méditerranée, par l’Andalousie et Malte, vers les Cyclades et la Crète, peut-être jusqu’en Égypte où la légende d’Osiris et Horus suggère, à l’époque prépharaonique, une implantation qui en ferait l’héritière de l’Atlantide. Le récit de Platon est-il la transcription des interrogatoires de prisonniers recueillis par les scribes huit cents ans avant Solon? Il constituerait ainsi le seul document historique concernant une formidable offensive que l’Atlantide finissante aurait lancée sur tout le Proche-Orient. Quant à l’Île engloutie avec tous ses habitants » en une seule nuit terrible ne laissant que des fonds vaseux impraticables « , ce serait le Dogger Bank dont le sol avait été fortement soulevé au temps de la glaciation et qui depuis dix-huit mille ans s’enfonce en un mouvement qui n’est pas encore terminé. Bien entendu il est possible que tout le monde ne souscrive pas pleinement à l’approche de J. Deruelle, mais son hypothèse éclaire de façon cohérente le déroulement de la protohistoire au Moyen-Orient et en Europe." (Alain Thomazeau, La Jaune & la Rouge, 1999)

62.              DESFORGES (Emile) et Dr. Pierre BALME. Gergovia.  Clermont, L'Auvergne littéraire, artistique, félibréenne,  1929, gr. in-8°,  136 pp, un dessin de Maurice Bussset en page de titre, 20 photos et une carte sur 16 pl. hors texte, 15 cartes et croquis dans le texte, silhouettes de Papillard, biblio, broché, couv. illustrée par Maurice Busset, manque au dos, état correct (L'Auvergne littéraire, artistique, félibréenne, 6e année, n° 43)

            30

I. La Montagne de Gergovie ; II. Histoire du Siège de Gergovie ; III. Gergovie, de la conquête romaine à nos jours. — "Trois Clermontois, un archiviste, un médecin et un chimiste, ayant fait la guerre et lisant César sur le terrain, ont repris l'étude de Gergovie. Ils veulent intéresser leurs compatriotes au vieil oppidum abandonné. Leur travail, édité par la revue “l'Auvergne littéraire et artistique”, n'est pas sans apporter quelques précisions à ce que l'on savait. Il se termine même par une hypothèse nouvelle qui mérite considération (Emile Desforges, Dr Pierre Balme, Gergovia, 1929, in-8°, 136 p. – L'archiviste est M. P. Fournier ; c'est à lui qu'est due l'hypothèse nouvelle). Parmi les précisions, notons, pour l'adopter entièrement, ce qui est dit du double fossé de communication entre le grand et le petit camp. Il ne s'agit pas d'un boyau de communication ; les fossés ne sont pas d'ailleurs à fond plat. C'est le commencement d'une ligne d'investissement, quelque chose d'analogue au grand fossé dont César entourera Alésia pour arrêter les escarmouches de l'assiégé. La doctrine classique localise l'attaque de César sur le versant sud de Gergovie. Elle présente des difficultés. Partant du petit camp, elle ne pouvait échapper aux vues des Gaulois. On ne trouve pas sur ce versant la vallée qui aurait empêché la première ligne d'entendre la sonnerie de retraite ordonnée par César. On ne voit pas la 'planities', où Vercingétorix arrêta le combat. La surprise ne pouvait se produire que sur le versant est, où précisément se reconnaîtraient les éléments topographiques mentionnés par César. L'attaque serait donc partie, comme il est vraisemblable, du grand et non du petit camp. Mais, avant l'attaque, César avait fait passer du grand camp dans le petit 'raros milites'. On traduit « des soldats par petits groupes ». Cependant, cette leçon n'est celle que d'un groupe de manuscrits ; les autres donnent : 'qui animadverterentur', « fit passer quelques soldats pour qu'on les voie ». En effet, disent les auteurs, calculez le temps qu'il aurait fallu pour faire passer ainsi, par petits groupes, trois légions, et ce mouvement continu aurait bien fini par être remarqué. Non, ces quelques soldats qui passent en ayant l'air de se cacher, mais dont on sait bien qu'ils seront vus, c'est la continuation de la feinte destinée à attirer l'attention de l'ennemi vers l'ouest. C'est donc par l'est qu'aurait attaqué César et nos auteurs étudient, de ce côté, les phases de la bataille." (Albert Grenier, Revue des Etudes Anciennes, 1932)

63.              GAFFIOT (Félix). Dictionnaire illustré Latin-Français.  Hachette,  1969, fort gr. in-8°,  (8)-1720 pp, texte sur 3 colonnes, nombreuses gravures et cartes dans le texte, 2 cartes en 2 couleurs sur les gardes, reliure pleine toile brique, auteur, titre, éditeur et 3 filets ondulés dorés au dos (rel. de l'éditeur), bon état

            35

"Un des meilleurs latinistes de France n'a pas craint d'entreprendre le long et fastidieux travail que comporte la confection d'un nouveau dictionnaire qui réponde non seulement aux besoins des écoles, mais encore aux exigences scientifiques imposées par les progrès de la philologie. Il a pleinement réussi dans sa tâche. Les manuels de ce genre que nous possédions jusqu'ici souffraient de plusieurs défauts graves : l'étude sémantique des mots et la répartition des exemples laissaient souvent à désirer ; la classification des constructions syntaxiques était incomplète et souvent erronée ; enfin l'absence de références précises empêchait les lecteurs de contrôler les exemples cités et les indications sémantiques. Pour la première fois, on nous offre un dictionnaire latin-français de format ordinaire, où les exemples sont accompagnés de l'indication de leur source. C'est un progrès dont on ne saurait exagérer l'importance : il facilite le travail des étudiants et les habitue à employer une méthode scientifique. M. Gaffiot a aussi amélioré considérablement la distinction et la classification des constructions syntaxiques qui se rattachent à un grand nombre de mots. C'est en cela que consiste, à mon sens, la partie la plus neuve et la plus utile de son travail : elle rendra beaucoup de services non seulement aux lecteurs des textes anciens, auxquels elle facilitera, en le simplifiant, le travail de la version, mais aussi à ceux qui s'exercent à penser et à lire en latin, parce qu'elle leur permettra de vérifier immédiatement le sens et les conditions d'emploi de telle ou telle construction. Le travail de M. G. donne toutes garanties du point de vue philologique. Les exemples ont été pris à de bonnes éditions critiques : les leçons douteuses sont signalées. La traduction des textes cités a été revisée. Le dictionnaire est illustré : c'est utile quand il se borne à représenter des objets ou à donner le plan d'une ville, la carte d'une contrée. J'ai confronté en nombre d'endroits ce manuel avec les ouvrages analogues de France et de l'étranger ; il supporte toujours la comparaison et il est nettement supérieur à tous les travaux similaires publiés jusqu'ici en français." (A. Delatte, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1936)

64.              GUILAINE (Jean). La France d'avant la France. Du néolithique à l'âge du fer.  Hachette,  1980, gr. in-8°,  295 pp, 12 pl. de photos hors texte, 6 cartes, 37 figures, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française - Prix Biguet 1981)

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"Entre le temps des derniers chasseurs et le développement des premières civilisations maîtrisant l'écriture – soit entre le VIIe millénaire et les derniers siècles avant le Christ – s'étend une période capitale de notre histoire. C'est alors qu'apparaissent les premières communautés agricoles, les plus anciens villages : l'homme se fixe au sol, défriche, plante, cultive, élève des animaux, devient le facteur écologique primordial. Puis la connaissance de la métallurgie accentue la spécialisation des individus, la stratification sociale, l'ascension de pouvoirs politiques. Jean Guilaine était tout désigné pour faire revivre le quotidien de ces premiers paysans et forgerons : titulaire de la chaire sur les premières sociétés rurales à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, maître de recherches au Centre National de la Recherche Scientifique, membre du Conseil Supérieur de la Recherche Archéologique, il est l'un des meilleurs spécialistes actuels de notre protohistoire. Bâti à partir des derniers développements de la recherche, le présent ouvrage introduit à la découverte d'une période longtemps méconnue, qui vit se dérouler la plus importante mutation économique vécue par l'homme avant que ne survienne la révolution industrielle du XIXe siècle. Un livre essentiel sur les origines de la France." (Revue archéologique de l'Oise, 1980)

65.              KRUTA (Venceslas). Les Celtes. Histoire et dictionnaire. Des origines à la romanisation et au christianisme.  Laffont,  2000, in-8°,  1020 pp, illustrations, 17 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bouquins)

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Les Celtes ont disparu mais leurs langues subsistent encore en Bretagne, en Cornouailles, en Écosse et en Irlande, au cœur d’une culture vivante et féconde. Ils ont dominé l’Europe pendant de longs siècles, avant de se fondre dans les peuples qui ont conquis leurs territoires et dont, le plus souvent, ils ont adopté la langue et l’écriture. Les auteurs grecs et latins ont exalté leurs vertus guerrières, mais l’archéologie a mis à jour des vestiges d’une civilisation bien plus riche. Nous connaissons aujourd’hui leur organisation sociale, leur religion, leur vie quotidienne, leurs mœurs. Par Venceslas Kruta, le meilleur spécialiste de l’histoire des Celtes. Un Dictionnaire de plus de 2000 entrées nous fournit une masse d’informations jamais rassemblés auparavant sur les sites, objets, coutumes, aspects de la vie quotidienne, personnages mythiques ou réels, ainsi que les bilans par pays. — Nos ancêtres les Celtes, les nôtres, c'est-à-dire ceux de vingt-deux pays d'Europe – ici Gaulois, ailleurs Boïens ou Galates... Les Celtes ont disparu, mais leurs langues subsistent encore en Bretagne, en Cornouailles, en Ecosse et en Irlande, au cœur d'une culture vivante et féconde. La conscience du rôle fondateur des anciens Celtes dans la formation de l'Europe se développe bien au-delà de ces régions atlantiques. Leur domination, culturelle, économique et militaire s'étendit pendant de longs siècles, de l'Océan aux Karpates et des grandes plaines du Nord aux rivages de la Méditerranée. Les auteurs grecs et latins exaltèrent surtout l'aspect militaire, mais l'étude des vestiges archéologiques permet d'esquisser une image des Celtes bien plus complète, surprenante pour ceux qui ne voient toujours en eux que des barbares, courageux mais incultes. Faire connaître l'histoire et la culture des anciens Celtes dans toute son extension européenne est le but et la nouveauté de cet ouvrage : après la présentation et l'analyse des sources, une synthèse historique fondée sur les derniers résultats de la recherche illustre les vicissitudes du monde celtique, depuis ses lointaines origines jusqu'à la perte de l'indépendance et l'avènement du christianisme. Un Dictionnaire de plus de deux mille entrées fournit une masse d'informations jamais rassemblées auparavant sur les sites, objets, coutumes, aspects de la vie quotidienne, personnages mythiques ou réels, ainsi que les bilans par pays. L'illustration abondante invite à poursuivre la lecture parmi les musées d'Europe et d'ailleurs qui conservent et mettent en valeur les innombrables traces des Celtes révélées par des générations d'archéologues. Le lecteur découvrira pourquoi deux semaines de sept jours font une quinzaine, pourquoi le gui est associé au Nouvel An, combien de villes de France et d'Europe sont des fondations celtiques... et bien d'autres aspects d'un richissime héritage que nous côtoyons au quotidien sans nous en apercevoir. (4e de couverture)

66.              LANCEL (Serge). Saint Augustin.  Fayard,  1999, fort in-8°,  792 pp, 3 figures dans le texte, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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"Heureuse une vie qui commence par l'amour et finit par l'ambition", dira Pascal. Le jeune Augustin a connu le premier mais se refuse vite à la seconde, et sa vraie vie débute avec le rejet des ambitions et le deuil des amours humaines. Ce natif de l'Afrique romanisée du Ve siècle qui voulait se faire moine (la règle qu'il institua influencera profondément et durablement l'organisation monastique) fut choisi comme évêque d'Hippone ; mais, malgré ses lourdes charges de pasteur, de polémiste engagé dans les plus chauds débats doctrinaux de son temps, malgré ses déplacements et ses obligations d'homme de pouvoir, il sut "voler", souvent sur le sommeil de ses nuits, les heures nécessaires à la rédaction d'une œuvre immense d'exégète et de théologien. Servie par la plume d'un écrivain de génie – il a, avec ses célèbres Confessions, inventé l'autobiographie –, elle nourrira la pensée du Moyen Age, accompagnera à la Renaissance la redécouverte de l'héritage antique et alimente aujourd'hui encore la réflexion des philosophes et des théologiens (le corpus de cette œuvre semble d'ailleurs n'être jamais clos, et l'ensemble de lettres inconnues et de sermons inédits que l'on vient de retrouver éclaire d'un jour nouveau la figure du "docteur de la grâce"). Cette biographie restitue Augustin dans toute sa complexité et toute sa profondeur, aussi bien lorsqu'elle fait le portrait d'un homme hors du commun que lorsqu'elle dégage son apport majeur à l'histoire intellectuelle et à la consolidation du christianisme latin.

67.              LEGRAS (Bernard). Lire en Egypte d'Alexandre à l'Islam.  Picard,  2002, gr. in-8°,  188 pp, 89 figures, 5 cartes et plans, biblio, glossaire, index, broché, couv. illustrée, bon état (Antiqua, 6)

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"L'historien (et papyrologue) français B. Legras fournit ici le résultat de l'enquête qu'il a menée sur les livres et les lecteurs dans l'Antiquité gréco-romaine. La place que l'Egypte a inévitablement prise dans son enquête explique le titre de l'ouvrage, mais le propos dépasse souvent le cadre géographique et chronologique ainsi annoncé. La synthèse est dense, richement documentée, excellemment illustrée. L'auteur rend bien compte des débats qu'ont suscités livres et lecteurs antiques" (Alain Martin, L'Antiquité Classique, 2004) — L'histoire du livre grec et latin trouve dans les découvertes archéologiques d'Egypte une part majeure de ses sources. Les sables des franges désertiques de la vallée du Nil et des oasis ont en effet restitué, par milliers, les plus anciens manuscrits grecs et latins, souvent de mille ans antérieurs aux copies médiévales. Ces livres sur papyrus ou sur parchemin conservaient parfois aussi des œuvres inédites. La sécheresse du climat a assuré leur préservation. Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre d'une Egypte multiculturelle, où cohabitent, dès avant la conquête d'Alexandre le Grand (332 av. J.-C.), Grecs et Egyptiens, puis, avec son intégration dans l'Empire romain, Grecs, Egyptiens et Romains. Il s'achève avec la conquête arabo-musulmane (639-642) qui met un terme à plus d'un millénaire d'intense vie culturelle grecque. Cette étude permet de réfléchir aux relations réciproques entre les civilisations. Elle aborde le contenu des livres grecs qui rassemblent les œuvres de la culture écrite grecque et les traductions des "sagesses barbares". A travers l'examen des supports du livre et de leur typologie on découvre les conditions dans lesquelles les Grecs d'Egypte renoncèrent au livre en rouleau, le "livre ancien" pour adopter cette invention romaine qu'est le codex, le "livre moderne". Notre objectif est de présenter ces livres perdus et retrouvés dans leur contexte social et culturel, en nous intéressant à la sociologie des lecteurs et aux pratiques de la lecture. Nous allons pour cela à la rencontre des lecteurs - et des lectrices -, aussi bien à Alexandrie qui accueille - entre autres - la célèbre bibliothèque du Musée, que dans les provinces égyptiennes (les "nomes"), dans cette chôra où s'est épanouie une vie culturelle brillante. Aujourd'hui la nouvelle bibliothèque d'Alexandrie apparaît comme l'héritière de sa prestigieuse aînée.

68.              LOISY (Alfred). Autres mythes à propos de la religion.  P., Emile Nourry,  1938, in-8°,  142 pp, broché, bon état

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Dans ce volume, l'auteur entreprend de réfuter quelques uns des systèmes que les savants dits mythistes ont proposés pour expliquer comment le christianisme a pu naître sans l'intervention d'un Jésus historique, autrement dit, pour mettre debout une histoire des origines chrétiennes dans laquelle Jésus n'aurait eu qu'une personnalité spirituelle. Il démonte ici les thèses d'Edouard Dujardin, dans son livre, “La première génération chrétienne, son destin révolutionnaire” et de P. Saintyves, dans “Deux mythes évangéliques, les douze apôtres et les 72 disciples”, qui nient l'historicité de Jésus et des apôtres.

69.              MEIRAT (Jean). Marines antiques de la Méditerranée.  Fayard,  1964, in-8°,  204 pp, 81 gravures, photos et cartes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Résurrection du Passé), envoi a.s.

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"Cette immense plaine liquide, qu'Homère appelait « la très verte », fut sillonnée dès la plus haute antiquité par des navigateurs, soit de cabotage porte à porte, soit de haute mer ; elle fut surtout une voie de communication et de pénétration, – de communication par exemple dans le puzzle complexe de l'archipel oriental, de pénétration des civilisations méditerranéennes orientales vers la zone centrale et tout le bassin méditerranéen. Si l'existence d'une Marine égyptienne en Méditerranée paraît douteuse, c'est parce que la vocation maritime manquait aux Egyptiens, essentiellement marins d'eau douce (le Nil ayant, été de temps immémorial leur unique voie de communication, à courte comme à longue distance) ; ils se hasarderont bien sur la Mer Rouge, mais ils laisseront à d'autres, les Phéniciens, puis les Grecs, le soin, soit d'édifier des ensembles portuaires pour leur compte, soit de naviguer au long cours en leur nom. Egyptiens mis à part, ce sont les peuples riverains de la Méditerranée qui en furent les navigateurs : et nous voyons évoluer en ce livre leurs flottes de commerce, leurs flottes de pêche, leurs flottes de guerre ; ce furent d'abord ceux de Byblos, sur la côte de Phénicie et ceux de Cnossos, en Crète ; il semble bien qu'ils soient parvenus, à peu près en même temps, mais par des moyens différents, au même résultat, c'est-à-dire assurer une circulation et une navigation régulières en haute mer. L'auteur, – vrai marin, pour qui la Méditerranée n'a pas de secret, – sait réunir et présenter les données de l'Archéologie et de l'Histoire, en replaçant les marines dans le contexte de leurs peuples et de leur histoire, dont elles furent à la fois l'expression et l'instrument. Solidement documenté, très intelligemment illustré, cet ouvrage se signale par la qualité et l'originalité de ses aperçus, ainsi que par la largeur de ses vues et de ses perspectives. Pour nous limiter, citons seulement les chapitres qui concernent : la bataille navale où les Mycéniens écrasent la flotte Cretoise vers 1450 av. J.-C, – la flotte d'Agamemnon et la guerre de Troie, – la Société d' « Export-Import » Byblos, Tyr et Cie, – les guerres puniques, – les fastes des marines grecques, – les deux marines satellites : Syracuse et Rhodes, – la Méditerranée romaine enfin." (Jean Feuga, Revue archéologique du Centre de la France, 1965)

70.              PIGANIOL (André). La Conquête romaine. Avec un supplément bibliographique établi par Claude Nicolet et divers collaborateurs.  PUF,  1974, in-8°,  669 pp, 6 cartes (dont 4 dépliantes in fine), 2 plans, une généalogie, biblio, index, reliure toile verte éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

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"Sous le titre La Conquête romaine, M. Piganiol a écrit, en réalité, une histoire de Rome depuis les débuts les plus reculés de la "res romana" jusqu'à l'avènement d'Auguste. Tout au plus peut-on dire qu'il s'est particulièrement attaché à la partie militaire de la puissance de Rome et qu'il a moins développé ce qui a trait aux institutions, à la civilisation, aux questions sociales. Il y a pourtant touché avec succès et parce que les deux ordres de faits sont connexes et parce que l'influence des vainqueurs sur les vaincus et des vaincus sur les vainqueurs fait partie dans un certain sens de la mainmise des Romains sur le monde antique. (...) M. Piganiol n'est pas un admirateur aveugle des Romains ; malgré la puissance de l'œuvre qu'ils ont accomplie, il a parfois pour eux de dures paroles. Il ne se laisse pas non plus éblouir par le prestige de leurs grands hommes dont il sait démêler les défauts et les vices. (...) Un livre de cette sorte réclame de son auteur, outre une vaste érudition, une vue générale du sujet qui aide à saisir la relation des faits entre eux, une précision extrême dans le détail, une grande clarté dans l'exposition. On trouvera tout cela dans le volume de M. Piganiol." (René Cagnat, Journal des savants)

71.              REGNAULT (Lucien). La Vie quotidienne des Pères du désert en Egypte au IVe siècle.  Hachette,  1990, in-8°,  321 pp, biblio, repères chronologiques, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

A la fin du IVe siècle, sur les bords du Nil, se déroule une épopée extraordinaire : les uns après les autres, des hommes quittent les régions fertiles et peuplées du delta pour s'enfoncer toujours plus loin dans le désert. Fondateurs de l'érémitisme chrétien, ces héros de l'ascèse et de la vertu ont atteint une célébrité hors du commun tant par leur mode de vie que par leurs sentences (ou apophtegmes) traduites dans toutes les langues et diffusées dans toute la Chrétienté. Dépouillement, silence, contemplation, prière, tel est le programme de ces moines auxquels le désert ne manque pas de tendre de nombreux pièges. Car il ne suffit pas de s'isoler pour rencontrer Dieu. Au terme d'un séjour de deux ans en Egypte sur les lieux même où ont vécu les Pères et après avoir rassemblé les paroles et les actions des premiers anachorètes égyptiens, le père Regnault a pu reconstituer de manière très suggestive l'existence de ces hommes exceptionnels.

72.              SILVER (Daniel Jeremy). Moïse. Images et reflets.  Fayard,  1984, in-8°,  379 pp, traduit de l'américain, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Moïse, prince d'Egypte, libérateur d'esclaves et prophète de la Loi de Dieu, n'a cesser de fasciner et d'intriguer Juifs et non-Juifs depuis plus de 3 000 ans. Il a été décrit comme l'humble serviteur de Dieu, un parangon de stoïcisme, un maître du Talmud, un être céleste, un maître de l'ésotérisme, un activiste social...

73.              VANDIER (Jacques). Manuel d'archéologie égyptienne. Tome I. Première partie : Les Epoques de formation. La Préhistoire.  Picard,  1988, fort in-8°,  viii-609 pp, 394 illustrations, notes, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Grands manuels Picard). Réimpression de l'édition de 1952

            40

"Le conservateur en chef du Département des Antiquités égyptiennes au Musée du Louvre, entreprend un “Manuel d'archéologie égyptienne”. Le tome I rendra d'autant plus de services que la préhistoire égyptienne, longtemps niée, sort à peine de la pénombre. Sans diminuer la difficulté des problèmes posés, M. Vandier clarifie les questions et fixe le degré de certitude que comportent les diverses théories. C'est un gros travail fort méritoire et il est important qu'il ait été entrepris par un égyptologue qui perçoit le lien avec les époques historiques. Des renseignements fort curieux sur l'ancien peuplement du désert égyptien et de la vallée du Nil sont fournis par les gravures rupestres que les préhistoriens ont fort habilement démêlées. (...) L'originalité des Égyptiens domine sur les produits fabriqués dans la vallée du Nil ; elle se marque avec éclat dans la sculpture dont M. Vandier montre la progression depuis l'époque badarienne jusqu'à la seconde époque de Nagada et à l'époque thinite où elle achève son développement." (René Dussaud, Syria, 1953) — "Dans son avant-propos, l'auteur exprime le désir de nous offrir en son livre un guide. Ce guide est indispensable, car les publications des fouilles et les travaux concernant les questions spéciales d'archéologie égyptienne sont devenus si nombreux qu'une orientation est nécessaire, même pour ceux qui s'intéressent à l'histoire ancienne de l'Egypte.  Le culte des morts, si caractéristique de l'Egypte, qui fait de la tombe une habitation, le climat égyptien, l'emplacement fréquent des tombes à la bordure du désert forment un ensemble de causes grâce auxquelles nous sommes relativement bien renseignés sur les objets de la vie quotidienne de ce pays.La situation géographique égyptienne favorisa un développement de culture plus autochtone qu'ailleurs ; il est par suite plus facile de constater les influences étrangères et de fixer leurs points de départ. D'autre part, la longueur de la vallée du Nil nous a donné des civilisations indépendantes l'une de l'autre. La préhistoire et les fouilles nous offrent un commentaire matériel des textes des pyramides, la plus ancienne collection de textes religieux. La période mouvementée avant l'époque historique, la forte influence asiatique en Egypte, la prépondérance de la civilisation du Delta à une certaine époque préhistorique (ne citons que l'importance du dieu Horus) ont leur répercussion dams la religion et l'art de l'Egypte..." (P. Bucher, Revue des sciences religieuses, 1954) — "Si, dans les domaines de l'histoire, de la religion, de l'esthétique, de la littérature, l'égyptologie dispose de nombreux ouvrages d'ensemble, il était au moins étrange que son archéologie n'ait pas encore été l'objet d'une vaste synthèse. L'ouvrage de Jacques Vandier vient à son heure pour remédier à cette lacune de l'information en abordant, cette fois, l'étude « plus pratique que théorique » des innombrables monuments que nous a légués l'ancienne Egypte. Le premier tome est consacré aux époques de formation, préhistoire, époque thinite et IIIe dynastie..." (Raymond Lantier, Journal des Savants, 1954)

74.              WALTER (Gérard). César.  Club du Livre d'Histoire,  1956, 2 vol. in-8°,  389 et 346 pp, 12 pl. de gravures hors texte, notes et références, aperçu méthodique de la bibliographie césarienne, tableau généalogique, index, tiré sur Bouffant de luxe, numéroté, reliures demi-basane carmin de l'éditeur, dos à 3 faux-nerfs, titres dorés, gardes illustrées, sous emboîtage cartonné papier fantaisie, bon état

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"Le véritable visage de l'homme, du conquérant et du chef d'Etat." — Il y a deux mille ans s'achevait l'une des plus étonnantes aventures politiques de l'histoire. De 68 à 59 avant Jésus-Christ, Caius Julius Caesar fut successivement questeur, édile, grand pontife, triumvir, puis consul, avant d'être proclamé dictateur à vie en 45. Entre-temps, il avait conquis la Gaule et déjoué les plans de son rival, Pompée, dont il pourchassa les partisans jusqu'en Orient. Il sera assassiné en 44, aux Ides de Mars, en plein Sénat. En puisant dans les œuvres des historiens romains, Gérard Walter trace un portrait saisissant de vie, celui d'un homme d'état et d'un stratège militaire qui incarna, au début de notre ère, la volonté de puissance impériale.

 

MOYEN AGE

 

75.              AUTRAND (Françoise). Charles VI. La folie du roi.  Fayard,  1986, fort in-8°,  647 pp, 8 pl. d'illustrations hors texte, chronologie, généalogies, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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1392 : un roi de 24 ans devient fou. Pendant trente ans, il va vivre une vie de souffrances, entre des crises atroces et des rémissions qui le laissent lucide et anxieux. Quelle était cette maladie ? Comment affectait-elle ses relations avec sa femme, Isabeau de Bavière, avec son frère, le brillant duc d'Orléans, marié à la belle Valentine Visconti, avec ses nombreux enfants ? Comment était-elle ressentie par ses sujets ? Scandale, fléau de Dieu, châtiment pour des péchés collectifs ? Seule l'écoute du discours du roi malade et des hommes de son temps, avec leur langage, leurs croyances, leurs peurs, permet de répondre à ces questions. Le règne de Charles VI passe à juste titre pour désastreux : guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons, guerre de Cent Ans, la moitié de Troyes, l'abandon de la couronne à Henri V, roi d'Angleterre, le dauphin déshérité, la France vaincue, coupée en deux, humiliée, et partout les divisions, la misère, les ruines. Mais, derrière le désastre, se décèle le lent progrès des structures. Le sentiment national naissant, Jeanne d'Arc elle-même, peuvent s'expliquer par l'identification qui se produit alors entre la nation souffrante et son roi de douleurs.

76.              BATAILLE (Georges). Procès de Gilles de Rais. Documents précédés d'une introduction de Georges Bataille.  Club Français du Livre,  1959, in-8°,  (10)-360-(3) pp, une planche représentant le sceau de Gilles de Rais, biblio, index, une carte volante hors texte, reliure toile noire décorée de l'éditeur, tirage numéroté sur bouffant, bon état. Edition originale. Bien complet de la carte volante, qui manque bien souvent

            50

Les textes des deux procès de Gilles de Rais ont été établis sur les minutes et annotés par Georges Bataille. Le plumitif latin du procès d'église a été traduit par Pierre Klossowski. Une longue introduction (180 pages) de Bataille précède les textes des deux procès, complétés en outre par une carte et un index qui ne seront pas repris dans l'édition suivante de Pauvert (1965). — "Georges Bataille n'a pas songé à blanchir Gilles de Rais. Il l'aimait noir, abominable, fastueux et sot. Monstrueux ? Oui, mais en cela, justement, proche." (Pierre Descargues, La Tribune de Lausanne) – "Le monstre véritable, c'est donc ce temps même : un monde, une société, une classe. Cet élargissement du procès et de l'acte d'accusation, les analyses socio-psychologiques qu'il comporte, forment la partie la plus neuve de l'étude, et celle qui provoquera le plus de remous." (Yves Florenne, Le Monde) – "(...) L'intérêt, la fascination, le trouble que cette grande figure noire, la plus noire peut-être de l'Occident, suscite aujourd'hui même..." (Alain Jouffroy, L'Express) – "Mystifié plus que mystique et chrétien comme un soudard qui veut partir pour Jérusalem après avoir massacré gaiement, tel apparaît Gilles de Rais d'après les documents du temps." (José Cabanis, Le Figaro)

77.              BERAUD-VILLARS (J.). Les Touareg au pays du Cid. Les invasions almoravides en Espagne aux XIe et XIIe siècles.  Plon,  1946, in-8°,  iii-295 pp, 8 gravures hors texte, 8 croquis dans le texte et une carte, biblio, broché, couv. illustrée (très lég. salie), bon état

            30

78.              BOSSARD (Abbé Eugène). Gilles de Rais, Maréchal de France, dit Barbe-Bleue, 1404-1440.  Jérôme Millon,  1997, gr. in-8°,  334 pp, suivi de "Eugène et Gilles" par François Angelier, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Issu d'une thèse soutenue en 1885 à Poitiers, c'est LE livre sur le seigneur de Tiffauges. En 1885, le prêtre Eugène Bossard publie cette étonnante biographie historique de Gilles de Rais (1404-1440), sire de Tiffauges et de Machecoul, rédigée à partir de documents d'époque et qui reste aujourd'hui une référence. Seigneur de Bretagne et féroce adversaire des Anglais aux côtés de Jeanne d'Arc, Gilles de Rais est surtout connu sous le nom de "Barbe-Bleue". Par les horreurs qu'il perpétra, il deviendra la figure fantasmatique du criminel sexuel et du monstre sadique. L'ambitieux travail de l'abbé Bossard raviva la mémoire du sire de Rais et, de Huysmans à Bataille, devint une formidable source d'inspiration littéraire. — "Empressement, amusement et très joyeuse curiosité, ce jour-là, 28 décembre 1885, chez la foule qui bonde la salle des soutenances de la faculté des Lettres de Poitiers : un prêtre soutient. Un prêtre, issu de ce proche bastion clérical qu’est la jeune université catholique d’Angers, ose se présenter comme candidat au doctorat ès lettres face à un jury des facultés d’état. Son nom : Théodore-Eugène Bossard. Une soutane sans guère de renom, connu des seuls catholiques angevins pour ses talents pédagogiques et sa vigueur de polémiste. De quoi va-t-on débattre ? Au programme de la soutenance latine, les rapports possibles d’influence entre Dante et Alain de Lille, au programme de la soutenance française, une biographie historique de Gilles de Rais basée sur l’exploitation de documents médiévaux (notamment des minutes de son procès). La soutenance latine qui a lieu le matin dure trois heures ; la soutenance française, attendue, elle, pour l’après-midi, va en durer quatre. Quatre sidérantes heures de cauchemars érudits, d’infernales précisions sur des crimes extirpés du vieux fond médiéval comme de la tourbe d’un marais. Quatre heures d’horreur paléographique débitée, comme une confession trahie, par un érudit d’abbé qui tient son public tel un témoin à charge dans un procès d’assises. L’abbé Bossard va lentement promener sa torche sur des fresques, au long d’une tapisserie, dont les tons vont s’assombrissant jusqu’au noir nu. D’un jour clair et triomphant à une nuit sans appel. Du grand seigneur patriote, lieutenant de Jeanne d’Arc et grand pourfendeur d’anglais, jusqu’au funèbre sataniste éventreur de pâtres, le spectre moral est déployé par l’abbé, avec minutie, degré par degré, sans qu’un détail n’échappe. Le repentir de Gilles, précédant de peu son ascension au bûcher, apporta seul, à ce public repu de noirceurs, moral quoique friand d’angoisse, une fin quon imagine de son goût. L’abbé Bossard, s’en doutait-il, venait de débusquer un mythe, de lever un monstre fabuleux dont la saisie et l’examen allaient préoccuper et enfiévrer quelques consciences troublées. « Le Braquemart », ce coutelas d’éventration dont usait le sire de Rais pour éviscérer les petits, raflés dans ses campagnes, passera de mains en mains ; en celles de Huysmans, d’abord (Là-bas, 1891), puis de Bataille et Klossowsky (Le Procès de Gilles de Rais, 1959) enfin de Michel Tournier (Gilles et Jeanne, 1983)." (L'Editeur)

79.              BOURASSIN (Emmanuel). La Cour de France à l'époque féodale (987-1483). Des rois pasteurs aux monarques absolus.  Perrin,  1975, in-8°,  416 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex éditeur, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française)

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"Ce que nous avons voulu dans ces pages, c'est reconstruire le cadre de la vie des rois capétiens durant ce demi-millénaire (987-1483) si fertile en coups de théâtre ; c'est décrire le mécanisme de l'existence publique et privée des rois de « ces temps très anciens » ; c'est enfin restituer, à la lumière d'une documentation sévèrement choisie, « l'ambiance » de la cour de France, siècle par siècle, règne par règne, durant les temps féodaux." (avertissement)

80.              GABRIELI (Francesco). Mahomet.  Albin Michel,  1965, in-8°,  398 pp, un frontispice hors texte en couleurs, chronologie, biblio commentée, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Mémorial des siècles, VIIe siècle, Les hommes)

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"Ce nouvel ouvrage est une réussite. Il campe cette fois la figure d'un homme : Mahomet. Après une introduction très suggestive, dans laquelle Gérard Walter précise « les prodromes de l'islamisme », Francesco Gabrieli, directeur de l'Institut des études islamiques de l'Université de Rome, trace un portrait du fondateur de la troisième religion monothéiste du globe, s'efforçant de retrouver le personnage « historique » en le dégageant des légendes, produit de la piété des fidèles. Si la vie de Mahomet à la Mecque demeure pleine d'obscurité, son séjour à Médine est davantage inséré dans l'histoire. Mahomet de simple prédicateur religieux, est devenu « homme politique, chef militaire et civil, législateur ». C'est le combat de Badr (624) qui donna à l'Islam un visage guerrier qu'il ne devait plus perdre. En changeant la direction de la prière, de Jérusalem vers la Mecque, le prophète rompait définitivement avec le judaïsme dont, au début, il avait cru pouvoir faire un allié. Mais il fallut attendre 630 pour que la Mecque fût conquise et le sanctuaire de la Ka'ba nettoyé définitivement des idoles qui s'y entassaient. Le 8 juin 632, le prophète mourait dans les bras de son épouse préférée, Aïcha, avec la conviction d'avoir été dans la longue chaîne des prophètes, le dernier et définitif révélateur « de l'ordre divin et de l'ordre humain subordonné au premier ». Après un tableau de concordance entre ère de l'hégire et ère chrétienne, une chronologie de la vie et de l'apostolat de Mahomet, G. Walter a réuni les textes fondamentaux qui s'appliquent au prophète : Enfance et adolescence, d'après la « Sira » d'Ibn Ichak (VIIIe siècle ap. J.-C), pour la première fois traduite en français ; Vie et œuvre de Mahomet d'après la chronique de Tabari (IXe-Xe siècles ap. J.-C), qui constituent une incroyable mine documentaire. Les derniers chapitres, fondés sur la tradition sacrée des musulmans (celle des Hadiths), sont consacrés au portrait du prophète, à ses noms, à son caractère, à ses femmes (Mahomet avait épousé quinze femmes. Quand il mourut, neuf étaient encore en vie), à ses armes, aux sentences et aux maximes qu'on lui attribue et qui furent recueillies par Maçoudi. L'ouvrage s'achève par quelques jugements de « grands esprits de l'Occident » (Dante, Voltaire, Napoléon, Carlyle, Lamartine, Renan et Victor Hugo qui lui consacra un chapitre de sa Légende des Siècles) et par trois appendices (Les foires dans l'Arabie pré-islamique, la constitution donnée à Médine, le sermon d'adieu qui est « censé avoir été prononcé par Mahomet au cours de son dernier pèlerinage à la Mecque »). Enfin une courte bibliographie, qui permet au lecteur français « d'acquérir une connaissance sérieuse de la vie et de l'œuvre de Mahomet ». L'ouvrage réalisé par M. Gérard Walter lui en donnera certainement le goût." (André Parrot, Syria, 1966)

81.              GARRIGOU GRANDCHAMP (Pierre). Demeures médiévales. Coeur de la cité.  Desclée De Brouwer/Rempart,  1994, in-8°,  128 pp, très nombreuses photos, figures et et plans dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Patrimoine vivant)

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Partout en France, des demeures construites au temps de Saint-Louis et de Louis XI, subsistent en très grand nombre et composent l'essentiel du tissu bâti de certaines villes. Maisons bourgeoises ou patriciennes, maisons de pauvres ou palais urbains, résidences ecclésiastiques ou résidences "chevaleresques" sont d'abord définis dans la première partie de l'ouvrage par leurs fonctions. Dans la seconde, Pierre Garrigou Grandchamp analyse et décompose la demeure en éléments architecturaux tout en cherchant le sens et la finalité de cet habitat. Ce livre est le premier ouvrage édité depuis le début du 20e siècle, uniquement consacré à la maison de ville médiévale.

82.              GUERDAN (René). Vie, Grandeurs et Misères de Byzance.  Club du Livre d'Histoire,  1956, in-8°,  249 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 84 dessins dans le texte, biblio, tiré sur Vergé Bouffant, numéroté, reliure demi-basane carmin de l'éditeur, dos à 3 faux-nerfs, titres dorés, bon état

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"De Byzance, que nous reste-t-il en général ? La vision d'un empire livré à toutes les discussions théologiques les plus futiles et les plus vaines, une ville qui est une tête monstrueuse et qui se livre aux factions de l'hippodrome, des drames de palais, un clergé qui possède le tiers des terres de l'empire, le paradis du privilège, du monopole et du protectionnisme pour finir dans un drame sans grandeur. Malgré tout cela, Byzance nous laisse une image qui n'est pas sans gloire. Pendant dix siècles l'Empire a connu une fortune éclatante. Durant des siècles il a été le rempart de la Chrétienté contre l'Islam et nous lui devons en grande partie la conservation du prestigieux passé de Rome et d'Athènes. L'ouvrage ne rentre pas heureusement dans la catégorie de « l'histoire Bataille». Son but n'est pas de nous donner la suite complète des basileis, il fait mieux. Il nous donne une idée juste de ce qu'a été la civilisation byzantine, rites, culte, superstitions. L'organisation économique et sociale ne peut guère s'y séparer des questions religieuses. Le chapitre sur le Basileus en campagne est tout à fait révélateur de cette fusion entre un luxe raffiné et une barbarie qui ne tient aucun compte des lois morales les plus élémentaires. L'immense mérite de cet ouvrage sera d'avoir rendu accessibles des connaissances jusqu'ici réservées aux spécialistes et tiré de l'injuste oubli sous lequel on les avait ensevelis une civilisation et un héritage religieux dont nous sommes à tant d'égards tributaires." (Albert Vincent, Revue des sciences religieuses, 1956)

83.              HEERS (Jacques). Gilles de Rais.  Perrin,  1994, in-8°,  250 pp, notes et références, 6 généalogies, chronologies, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Vérités et légendes)

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C'est l'oeuvre d'un grand médiéviste que fatiguent les légendes. Il met en cause les ouvrages plus ou moins romancés qui ont fait de Gilles de Rais le « grand-chef-de-guerre-compagnon-de-Jeanne-d'Arc », devenu satanique, massacreur et sodomiseur de centaines de jeunes garçons, inspirateur de Barbe-Bleue, ou, a contrario, la victime à la fois de l'Inquisition, de sa famille et des appétits du duc de Bretagne, confessant sous la torture des crimes qu'il n'avait pas commis. Se fondant sur les seuls documents connus, les confrontant à ce que l'on sait de la France féodale au temps de la guerre de Cent Ans, Jacques Heers fait de Gilles de Rais et de son époque le tableau le plus fidèle possible à la réalité. Sur son dévouement à Jeanne d'Arc, sur son illustration et son importance en tant que chef de guerre et baron de Bretagne, sur ses dépenses somptuaires, sur les accusations, sur le déroulement et la nature des procès qui l'ont envoyé à la mort, il apporte un regard critique, novateur, donnant un Gilles de Rais débarrassé des interprétations romanesques, anachroniques ou hasardeuses.

84.              HUTIN (Serge). La Vie quotidienne des alchimistes au Moyen Age.  Hachette,  1977, in-8°,  247 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Qui n'aura entendu parler des vieux alchimistes du Moyen Age, oeuvrant en quelque sombre laboratoire, fugitivement éclairé par la lueur rougeoyante des flammes de l'athanor (fourneau hermétique) ? Serge Hutin les fait revivre à travers leurs mystérieux travaux poursuivis malgré échecs et déceptions, menaces et traverses. Que cherchaient-ils donc avec cette ardeur passionnée ? N'aspiraient-ils qu'à trouver les formules d'un extraordinaire enrichissement magique ? Leur quête n'aurait-elle pas comporté un aspect spirituel, sacré, impliquant une vision du monde radicalement opposée aux conceptions scientifiques courantes ? Comment devenait-on alchimiste ? Dans quels milieux de la société médiévale se recrutaient les adeptes ? Quels furent les rapports exacts des alchimistes avec l'Eglise, l'Université, les Grands, la Couronne ? Autant de questions auxquelles l'auteur répond au fil de ces pages empreintes de rigueur historique et de ferveur, tout en évoquant maintes silhouettes d' "artistes" obscurs en même temps que les alchimistes les plus célèbres comme Nicolas Flamel et son épouse Dame Pernelle.

85.              KANTOROWICZ (Ernst). Oeuvres. L'Empereur Frédéric II – Les Deux Corps du Roi – Postface : Histoires d'un historien, Kantorowicz, par Alain Boureau.  GLM, Gallimard,  2000, fort in-8°,  1368 pp, 95 illustrations et plans, 5 cartes, bibliographies, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Ernst H. Kantorowicz (1895-1968), l'un des plus grands historiens du XXe siècle, publie en 1927 la biographie de Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250). Il y renouvelle le genre dans une tentative aboutie d'histoire "totale" qui associe aussi bien les apports de l'économie, de la culture, que de l'interprétation sociale et psychologique. Frédéric, héros hors du commun, se prête à l'exercice : aussi habile en politique qu'à la chasse, précurseur des princes de la Renaissance, il crée une cour où se rencontrent les plus grands lettrés de la culture chrétienne, juive et musulmane. Passionné par l'astrologie et la divination, architecte à ses heures, il écrit lui-même un traité de fauconnerie. Avec L'Empereur Frédéric II, Kantorowicz ouvre des perspectives complètement nouvelles. Il s'intéresse autant aux "réalités" événementielles qu'à la construction de la symbolique et de l'imaginaire politiques et met en lumière les conditions de formation, dès l'époque médiévale, de l'Etat moderne, séculier, en lutte contre la papauté. Trente ans plus tard (1957), Kantorowicz donne un second chef-d'œuvre : Les Deux Corps du Roi. Il y poursuit son enquête sur la généalogie de l'Etat moderne en tirant, avec une éblouissante érudition, le fil des mutations de la doctrine médiévale de la royauté bicorporelle, et la prolonge par une analyse sur les origines des "religions politiques modernes". Victime des lois de Nuremberg en Allemagne, puis opposant au maccarthysme aux Etats-Unis, Kantorowicz s'emploie à éclairer la genèse des pathologies politiques du XXe siècle.

86.              LE GLAY (Edward). Histoire des Comtes de Flandre et des Flamands au Moyen Age. Tome I : des origines au XIIIe siècle.  Cressé, Editions des Régionalismes,  2011, gr. in-8°,  348 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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Tome I seul (sur 2). — Ce volume embrasse l'histoire de la Belgique septentrionale depuis l'établissement de la dynastie de Flandre en la personne de Baudouin Bras de Fer, fils d'Ingelram (862), jusqu'à Marguerite de Constantinople (1244-1251). L’ouvrage de cet archiviste du département du Nord mérite d’être tiré de l’oubli (la dernière édition datait de 1886). Déjà, au moyen âge, au carrefour des puissances européennes, la Flandre et ses comtes défraieront les chroniques par l’éclatante prospérité du pays et par la turbulence avérée qui caractérise leurs relations. Creuset du pouvoir communal qui se heurte frontalement à une féodalité arrogante, la Flandre a connu une histoire complexe et dramatique.

87.              LOTH (Joseph)(éd.). Les Mabinogion. Contes bardiques gallois.  Les Presses d'aujourd'hui, L'Arbre double,  1979, in-8°,  xxx-286 pp, traduction du gallois par Joseph Loth, notes, broché, bon état

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En mettant à la disposition du public français les onze histoires qu'une tradition, peut-être discutable mais bien établie, a regroupée sous le titre de Mabinogion, nous avons le sentiment de réparer une grave lacune. Pour cette simple raison qu'il s'agit d'un des trésors de la littérature médiévale de l'Occident, en même temps que d'une des composantes majeures de cette fameuse « matière de Bretagne » qui irrigue l'ensemble du « cycle arthurien »... Les trois groupes de contes des Mabinogion sont susceptibles d'intéresser à la fois l'historien, l'ethnologue, le mythologiste, le critique littéraire et le linguiste, mais aussi – et c'est là l'essentiel – de ravir tous ceux qui ne boudent pas leur « plaisir exrême » à se laisser conter des histoires merveilleuses. (L'Editeur)

88.              MADAULE (Jacques). Le drame albigeois et le destin français. Essai historique.  Grasset,  1962, in-8°,  262 pp, 2 cartes hors texte, chronologie, biblio, broché, bon état

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"Jacques Madaule se penche sur la Croisade contre les Albigeois. De son aveu, son ouvrage est un « essai historique » sur la naissance de la « nation française ». L'auteur commence par regretter que ses prédécesseurs aient surtout insisté sur les aspects religieux du « drame albigeois ». En effet, il s'agit avant tout pour lui d'un affrontement entre deux nations en gestation. Le rappel des faits est intéressant. Le dernier chapitre examine ce que fut le « destin français » du Languedoc, jusqu'à nos jours..." (Jean Séguy, Archives des sciences sociales des religions, 1962) — "La croisade des Albigeois est un des drames les plus cruels de notre histoire nationale. Elle a fait l’objet, ces dernières années, tant en France qu’à l’étranger, d’une série d’études, qui dispenseraient d’y revenir encore une fois si, quelle que soit leur tendance propre, elles n’étaient viciées par un préjugé fâcheux, qui consiste à majorer l’aspect religieux du drame et à diminuer d’autant son aspect politique et proprement national. L’auteur de cet ouvrage ne s’est donc pas proposé d’écrire une fois de plus l’histoire des événements, mais plutôt de dégager les lignes de force qui les ont conduits. On ne peut pas dire que la civilisation méridionale, au début du XIIIe siècle, soit différente dans son essence de celle qui fleurissait aussi entre la Loire et le Rhin. Mais un sentiment authentique commençait alors à se développer dans le Midi languedocien. La France n’était pas faite. Deux possibilités existaient alors : celle d’un Etat occitano-catalan, groupé par les rois d’Aragon de part et d’autre des Pyrénées et celle d’un Etat purement occitanien autour de Toulouse. Elles ont été l’une et l’autre écartées par la Croisade, au profit de la France capétienne. Tel est le drame dont l’auteur s’est efforcé de dégager la ligne d’ensemble dans un essai historique qui ne s’appuie sur le délai des événements que pour en mieux marquer l’enchaînement. Le lecteur y découvrira de larges perspectives qui l’amèneront à réfléchir sur les origines de la nation française et sur la signification de notre unité nationale d’autant plus solide qu'elle a été plus difficilement conquise." (4e de couverture)

89.              MENANT (François), Hervé MARTIN, Bernard MERDRIGNAC et Monique CHAUVIN. Les Capétiens. Histoire et dictionnaire 987-1328.  Laffont,  1999, fort in-8°,  1312 pp, 42 cartes, qqs illustrations, chronologie, généalogies, biblio, filmographie, discographie, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bouquins)

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L'époque capétienne, depuis l'avènement d'Hugues Capet (987) jusqu'à celui de Philippe VI de Valois (1328), est l'une des périodes majeures de la construction de la France et de l'Europe. Construction politique, favorisée par la continuité dynastique, la longueur des règnes et l'intelligence des quinze souverains qui se succèdent à la tête du royaume. Construction économique aussi : ces siècles voient un essor décisif de la population et de l'activité. Le paysage rural, tel que nous le connaissons aujourd'hui, se façonne alors pour l'essentiel. Le monde urbain se développe : les bourgades deviennent des villes, les cathédrales et quelques grands châteaux témoignent encore de la qualité des techniques et de la hardiesse des conceptions de ce temps. Construction intellectuelle et spirituelle enfin : c'est le temps des grands ordres monastiques, des premières universités et des hérésies. La culture, les mœurs, le confort connaissent un véritable bouleversement. Les exploits de Louis VI le Gros, les conquêtes de Philippe Auguste, les croisades de saint Louis et les affaires troubles du règne de Philippe le Bel ponctuent cet ouvrage captivant qui s'ouvre aussi sur les mondes extérieurs. Le lecteur pourra ainsi situer la France capétienne au sein de l'Europe et des empires byzantin, musulman, mongol ou des royaumes slaves. Loin de se juxtaposer au récit et à l'analyse historique, le Dictionnaire les complète et les précise en un dialogue permanent. Grâce à de nombreux outils (cartes, chronologie, arbres généalogiques, index), Les Capétiens, Histoire et Dictionnaire offrent une vue synoptique de trois cent cinquante années de l'histoire de France.

90.              NAVARRE (Marcel). Louis XI en pèlerinage.  Bloud et Cie,  1908, in-8°,  ix-252 pp, broché, couv. défraîchie, bon état (Nouvelle bibliothèque historique). Peu courant

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"On sait quel infatigable voyageur fut Louis XI. II n'était jamais en place et cette activité fébrile fit certainement une partie de sa politique et de ses succès. M. Navarre a eu l'idée ingénieuse de nous montrer en Louis XI le pèlerin, car ce souverain cauteleux et peu scrupuleux tenait à se mettre en règle avec le ciel par ses dévotions envers la Vierge et les saints. C'est le Louis XI saint homme que nous montre M. Navarre, avec une abondance de détails qui ne laisse rien à désirer. Son seul tort est de conclure de la dévotion de Louis XI à sa piété. Certainement il croyait, mais croire et être religieux sont deux. On peut être dévot et brigand..." (Gabriel Monod, Revue Historique, 1908) — "Parmi les nombreux ouvrages d'histoire consacrés à Louis XI et qui l'étudieut sous tous les rapports possibles, à toutes les époques et dans toutes les circonstances de sa vie, on en eût jusqu'ici trouvé difficilement un, croyons-nous, consacré uniquement à sa dévotion. Eh bien ce Louis XI dévot, ce Louis XI au chapeau chargé de médailles de plomb, ce Louis XI-là a tenté la curiosité érudite de M. Marcel Navarre ; et c'est là, certes, un sujet attachant. Que le plus grand politique du Moyen Age en ait été peut-être aussi le plus grand dévotieux, il y a là deux aspects dont il vaut d'étudier les rapports. Ils sont peu conciliables à première vue. Louis XI n'hésita jamais à se parjurer, c'est un fait que l'ouvrage de M. Navarre n'infirme point ; et, après Péronne, le Téméraire pouvait demander « Par quel Dieu jurera-t-il dont il n'ait déjà mérité la colère ? » Mais la vérité d'une physionomie gît dans la conciliation de ses aspects les plus opposés. Il sentait que le sens des choses était pour lui, ce Louis XI, ce faiseur d'unité nationale. Il multipliait les pèlerinages, du Nord au Midi, au Mont Saint-Michel, à Soulac, à Rocamadour, à Saint-Denis en France, à Notre-Dame de Hal (après l'humiliation de Péronne), à Notre-Dame de Celles, Notre-Dame de Béhuart, Notre-Dame de Fourvière, etc., etc. M. Marcel Navarre a recueilli minutieusement tous les faits (autant que possible), classés d'après les dates mêmes de la vie de Louis XI. Tous les gestes de la dévotion de Louis XI sont là, mis à leur place dans la série de ses guerres, de ses négociations, de ses entreprises, des vicissitudes de sa fortune. De la sorte, le lecteur aura toutes les pièces en mains, et grâces en soient rendues à M. Marcel Navarre, qui lui permettront de conclure sur la valeur de la piété de Louis XI, sur la fonction en quelque sorte de cette piété non seulement dans la religion de l'homme, mais encore dans la politique du roi, dont, selon nous, elle ne reste pas distincte." (Edmond Barthèlemy, Mercure de France, 1908)

91.              PERRENS (F.-T.). Etienne Marcel et le gouvernement de la bourgeoisie au quatorzième siècle (1356-1358).  Hachette,  1860, in-8°,  xi-440 pp, index, reliure demi-veau fauve, dos à 5 nerfs orné de fleurons dorés, pièce de titre chagrin carmin, tranches pennées (rel. de l'époque), dos et mors frottés, avec qqs épidermures et pt mques en tête, coins émoussés, qqs rares rousseurs, néanmoins bon état. Edition originale

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"... F.-T. Perrens, fidèle à la tradition « républicaine », loue en 1860 dans son “Etienne Marcel” l'intelligence politique des États généraux de 1357, leur « instinct précoce des institutions libérales », et se prend à regretter le succès final du dauphin Charles : « Quel progrès pour la France, écrit-il, si le gouvernement de la nation par elle-même y eût prévalu dans le même temps qu'il s'établissait en Angleterre. ». Mais Perrens est presque seul et le restera. Il s'attire, dès 1860, l'indignation de S. Luce, qui tonne contre « ces iconoclastes de l'histoire qui semblent avoir pris à tâche de... jeter dans la boue les statues... de nos plus grands rois », et « contre ces odieuses débauches d'esprit qui sont une insulte faite au patriotisme aussi bien qu'à la vérité ». Il ne rencontrera plus tard que le scepticisme des historiens critiques, peu enclins à reconnaître chez les bourgeois du XIVe siècle la volonté consciente d'une réforme constitutionnelle démocratique et libérale..." (Bernard Guenée, Revue Historique, 1964)

92.              PIQUET (Victor). L'Espagne des Maures. Esquisses historiques.  De Boccard,  1946, in-8°,  228 pp, 23 gravures, broché, couv. illustrée, bon état

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"M. Piquet est l'auteur d'un agréable petit volume intitulé “L'Espagne des Maures”. Chacun des sept chapitres groupe autour de la description d'un monument ou d'une ville de l'Espagne arabe, un certain nombre de données – généralement bien choisies et ingénieusement présentées – concernant une époque déterminée du passé musulman de la péninsule ibérique. C'est ainsi que l'histoire du califat umaiyade est évoquée à propos de la mosquée de Cordoue et, en ce qui concerne spécialement la période d'éclat sous Abd-er-Rahman III et Almanzor, à propos de ce que nous savons du palais disparu d'Az-Zahra. Pour l'époque des royaumes des taifas, après l'effondrement du califat, la Giralda, Tolède, Saragosse et Valence servent de prétexte à des « esquisses » traitant du royaume de Séville, de celui de Tolède ou de la carrière, éblouissanté et paradoxale, du Cid Rodrigue de Bivar. L'Alcazar de Séville rappellera Pierre le Cruel et l'Alhambra la Grenade des rois nasrides. C'est donc surtout l'Espagne des taifas qui est à l'honneur, et l'exposé de M. P. en donne une bonne idée d'ensemble que goûtera certainement le grand public cultivé." (Ch. Verlinden, Revue belge de philologie et d'histoire, 1948)

93.              RICHARD (Alfred). Histoire des Comtes de Poitou. Tome I (n.s) : 778-1058.  Cressé, Editions des Régionalismes,  2011, in-8°,  272 pp, tableaux généalogiques, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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L’Histoire des Comtes de Poitou d’Alfred Richard – ancien archiviste du département de la Vienne –, éditée pour la première fois en 1903, est fondamentale pour la connaissance de l’histoire du Poitou et de l’Aquitaine des Xe, XIe, et XIIe siècles. Et pour mieux comprendre l’épopée de ces comtes qui devinrent les plus puissants seigneurs du royaume des Francs – ducs d’Aquitaine, ducs de Gascogne, et même, comtes de Toulouse – avant d’être sacrés, au XIIe siècle, reines et rois d’Angleterre. La lente montée en puissance des comtes de Poitou qui deviennent ducs d’Aquitaine, au milieu du Xe siècle, et assoient leur puissance face aux comtes de Toulouse, d’Auvergne et, avec plus de difficulté, face aux ambitieux comtes d’Anjou.

94.              RUNCIMAN (Steven). La Civilisation byzantine, 330-1453.  Payot,  1934, in-8°,  341 pp, traduit de l'anglais, notes bibliographiques, index, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre basane carmin (rel. de l'époque), bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"En douze chapitres, nourris de faits bien choisis par une étude personnelle des textes, l'auteur a décrit avec sa clarté habituelle les divers aspects de la civilisation byzantine : constitution impériale, administration, religion, armée, marine, diplomatie, vie urbaine et rurale, commerce, littérature, art, influence byzantine en Europe. Les faits essentiels ont été mis en lumière. On lira avec un intérêt particulier l'analyse de la « constitution impériale », regardée comme un des éléments de la durée millénaire de l'empire, aboutissement de l'expérience de longs siècles et organisée de manière à empêcher l'exercice du pouvoir par un incapable. Il est exact, et St. Runciman a raison d'insister sur ce point, que l'empereur, source de la loi, se considère lui-même comme soumis à la loi et que son pouvoir ne peut devenir légitime qu'après avoir été reconnu par le sénat, l'armée et le peuple, puis sanctifié par le couronnement. Nous ne pouvons qu'indiquer la richesse des faits réunis pour illustrer la vie urbaine et rurale." (Louis Bréhier, Revue Historique, 1935) — "Un volume dont la réputation n'est plus à faire." (André Chastagnol, Annales ESC, 1963) — Sir Steven Runciman (1903-2000), qui fut professeur à Cambridge, est l'un des plus grands historiens du XXe siècle. Il est l'auteur d'une magistrale Histoire des Croisades (1951-1954), sur lesquelles il porte un regard objectif et sans complaisance, et de nombreux ouvrages sur le monde méditerranéen médiéval, dont Le Manichéisme médiéval, Les vêpres siciliennes, The Fall of Constantinople.

95.              SAMARAN (Charles) et Charles HIGOUNET. Recueil des actes de l'abbaye cistercienne de Bonnefont en Comminges.  P., Bibliothèque Nationale,  1970, gr. in-8°,  330 pp, index, reliure toile bordeaux de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, 1er plat lég. frotté, bon état

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"Il y a bien longtemps que j'avais entrepris de rassembler les éléments de ce travail de patience qui embrasse plusieurs siècles, depuis la fondation du monastère (1136) jusque et y compris la Révolution. Je n'en serais pas venu à bout, tant ces éléments sont dispersés, sans l'aide précieuse de M. Higounet, professeur à la Faculté des Lettres de Bordeaux et Commingeois de naissance. Ces actes, au nombre de plus de 600, en latin, en languedocien ou en français, sont donnés in extenso chaque fois que l'original ou une copie ont pu en être découverts, et sous forme d'analyses, dans le cas où ces actes, aujourd'hui perdus, ont été vus et résumés avec plus ou moins de détails par des érudits ou des feudistes du XVIIe ou du XVIIIe siècle dont les notes ont pu être retrouvées. Nous avons abouti de la sorte à la reconstitution au moins partielle, d'un fonds d'archives monastique important dont on pourra dorénavant tirer parti facilement grâce aux index des noms de personnes, de lieux et de matières dont nous l'avons assorti, grâce aussi, espérons-nous, à la documentation graphique, cartographique et photographique qui a permis de « visualiser », comme on dit, certains aspects de l'histoire de cet important établissement. L'introduction, d'une cinquantaine de pages, porte d'abord sur l'histoire des archives de l'abbaye, partiellement conservées après les destructions révolutionnaires, dans plusieurs dépôts, publics et privés. Elle étudie aussi le contenu diplomatique, l'écriture, la langue, les usages chronologiques des originaux, le développement du temporel de l'abbaye, les granges qui ont servi à la mise en valeur de ses domaines, l'économie rurale, pastorale surtout, qui la caractérise (en raison du voisinage des vallées pyrénéennes), les bastides enfin, fondées par elle en accord avec le roi de France, les comtes de Toulouse et de Comminges. On y rappelle aussi le triste destin des bâtiments de l'abbaye et de l'église abbatiale, dont il ne subsiste sur place aujourd'hui que la porcherie et un colombier. Des fragments de l'église se retrouvent dans le pays, mais c'est à New York, à la section des Cloîtres du Metropolitan Muséum, qu'il faut chercher plus de la moitié des vestiges subsistants du cloître de Bonnefont. C'est là que j'ai eu, il y a quelques années, le plaisir mélancolique de les contempler, sans pouvoir dire, au demeurant, de façon précise comment ils sont parvenus, en fin de compte, sur les bords de l'Hudson." (Ch. Samaran, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1970) —  "Personne, mieux que les auteurs, grands spécialistes de l'histoire du Sud-Ouest, n'aurait pu reconstituer avec tant de bonheur les archives de l'abbaye cistercienne de Bonnefont, au diocèse de Comminges, fondée en 1136, c'est-à-dire au temps de la splendeur de l'Ordre, celui de saint Bernard. (...) C'est sur la vie économique de Bonnefont que les sources projettent le plus de lumière : l'accroissement du temporel, important jusqu'aux alentours de 1295 (cf. le remarquable diagramme p. 25), l'exploitation des granges (classées en deux « générations »), les mutations de l'économie traditionnelle, etc., tout cela est traité magistralement. Loin de seulement « suggérer » les principaux aspects éclairés par ce « Recueil », comme ils l'écrivent trop modestement, les auteurs ont donné une nouvelle impulsion à l'histoire cistercienne." (Guy Fourquin, Revue du Nord, 1971)

96.              SCHMITT (Jean-Claude). La Raison des gestes dans l'Occident médiéval.  Gallimard,  1990, in-8°,  432 pp, 40 illustrations, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

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Charlemagne se tord la barbe et pleure ; devant Guillaume le Conquérant, Harold prête serment les mains posées sur des reliques ; les bras tendus, le prêtre élève l'hostie que les fidèles, à genoux et les mains jointes, fixent du regard ; tous font des signes de croix. Qu'ils nous surprennent ou nous paraissent aujourd'hui encore familiers, tous ces gestes sont liés à une culture et à son histoire. Car il n'existe pas de gestes "naturels", mais des usages sociaux du corps, propres à chaque civilisation et qui changent au cours du temps. Ce livre explore l'histoire des gestes en Occident, depuis l'Antiquité tardive jusqu'au Moyen Age central. D'entrée de jeu, il souligne un problème crucial : l'historien, à l'inverse de l'ethnologue ou du sociologue, n'atteint pas directement les gestes du passé, mais toujours dans des écrits ou des images, des représentations des gestes qui en sont aussi des interprétations données par la culture du temps. Ce qui déplace et enrichit le questionnaire de l'historien : qu'est-ce que "faire un geste" dans la société chrétienne du Moyen Age ? Comment juge-t-on à cette époque le corps, son mouvement et ses attitudes ? Existe-t-il alors une ou des théories du geste ? Ainsi le spectacle des gestes est-il un défi permanent lancé à la raison, qui cherche, non sans difficultés ni malentendus et à chaque époque d'une manière nouvelle, à imposer aux gestes un ordre et du sens. C'est dans cette dialectique des gestes et de la pensée, à laquelle les clercs du Moyen Age ont donné en leur temps une expression systématique, que s'est construite au cours des siècles une culture singulière du corps et de ses usages. — "Le cœur a ses raisons, les gestes en ont aussi. Et plus largement que les gestes, cette « culture du corps » dont J.-C. Schmitt a voulu montrer tous les aspects perceptibles au Moyen Age occidental. Ce que livrent les réflexions théoriques, les représentations iconographiques, les aperçus des textes narratifs, sur le corps en ses fonctions d'expressivité, c'est-à-dire en ce qu'il a de plus fugace et de plus difficile à décrire et à transmettre, l'auteur a réussi la gageure de le rassembler et de l'interpréter en un tout cohérent. L'étendue des lectures et la qualité de l'analyse déployée pour ce résultat est remarquable : la richesse du sujet apparaît nettement à la diversité des sources utilisées, certaines attendues, d'autres plus surprenantes au premier abord, ce qui montre bien que le problème de l'expression du corps est beaucoup plus pregnant sur les esprits qu'on ne pouvait l'attendre. Hugues de Saint- Victor, Jean de Garlande, d'autres encore apparaissent comme auteurs de réflexions originales sur le sujet. (...)  Une approche du Moyen Age sous l'angle de l'attention au corps : c'est ce que propose J.-C. Schmitt, parmi détours et retours, avec un choix d'images toujours en rapport étroit avec le texte, des aperçus nouveaux, un choix complaisant de textes savoureux ou bien dits, bref un plaisir de lecture constant." (Pascale Bourgain, Bibliothèque de l'École des chartes, 1992)

97.              SCHNERB (Bertrand). Les Armagnacs et les Bourguignons. La maudite guerre.  Perrin,  1988, in-8°,  309 pp, tableaux généalogiques, biblio, broché, couv. illustrée, 2e garde lég. salie, bon état

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Les motifs et le déroulement de cette guerre civile qui opposa au début du XVe siècle les deux partis, dégénérant en guerre civile, épisode primordial de la guerre de Cent Ans. — La guerre civile qui opposa, au début du XVe siècle, les Armagnacs aux Bourguignons a longtemps été considérée comme un phénomène secondaire dans le cadre de la guerre de Cent Ans. Cet affrontement de deux partis, qui revêt d'abord la forme d'une querelle entre les deux princes les plus puissants de la cour de France et dégénère ensuite en une inexpiable guerre civile, paraît, la plupart du temps, difficilement compréhensible. Ses motifs semblent obscurs. Son déroulement est souvent masqué par les péripéties du conflit franco-anglais. Il était donc nécessaire de centrer l'ouvrage sur des événements qui, loin d'être secondaires, constituent les signes extérieurs d'une des crises les plus profondes que l'Etat monarchique ait eu à surmonter au Moyen Age. Trop souvent, la tendance est à la simplification. Armagnacs et Bourguignons sont présentés comme les partisans de deux seigneurs féodaux se disputant les dépouilles d'un pouvoir royal en pleine décomposition. La réalité est différente : dans ce conflit, ce sont deux conceptions de l'Etat qui s'affrontent. Le royaume de France tout entier se partage en deux camps. Le personnage même de Jeanne d'Arc ne peut être évoqué en dehors de ce contexte de guerre civile dans lequel notre "héroïne nationale" a grandi et s'est forgé ses propres convictions. Le long conflit franco-anglo-bourguignon devient facile à lire et à comprendre tant Bertrand Schnerb relate avec précision et clarté ses causes directes et son déroulement. Cet ouvrage est aussi un livre d'histoires – au pluriel. L'auteur y privilégie le récit pour montrer, de manière saisissante, ce qu'est une guerre à la fin du Moyen Age. Derrière les événements politiques et militaires, il cherche à retrouver la réalité humaine. Le plus souvent possible, il se réfère aux récits contemporains, vibrant de passions partisanes, ou aux documents judiciaires qui éclairent d'une lumière crue la réalité de la guerre. L'ensemble constitue un tableau très éloquent de la France au début du XVe siècle.

98.              SENZIG (Roger) et Marcel GAY. L'Affaire Jeanne d'Arc.  Florent Massot,  2007, gr. in-8°,  285-xxv pp, 8 pl. de photos et documents en couleurs hors texte, 23 pp. de documents en annexe in fine, broché, couv. illustrée, bon état

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"Jeanne a-t-elle vraiment entendu des voix ? A-t-elle été mandatée par Dieu pour sauver le royaume de France ? Que sait-on finalement du destin hors du commun de cette petite bergère de Domrémy qui a donné son nom à un nombre incalculable de rues, inspiré plusieurs milliers de livres, une demi-douzaine d'opéras et une quarantaine de films ? A quoi ressemblait-elle ? Quelle langue parlait-elle ? Comment a-t-elle appris à chevaucher de fougueux destriers, à manier l'épée, à faire la guerre ? L'histoire officielle n'apporte pas de réponse à ces questions pourtant légitimes. Parce que l'histoire a été sciemment falsifiée. Le dossier a été truqué. Voici pourquoi. Voici comment." (4e de couverture)

99.              UNDSET (Sigrid). Catherine de Sienne.  Bruxelles, Editions Biblis,  1953, in-8°,  355 pp, reliure simili-cuir vert, dos lisse avec titres et filets dorés (rel. de l'éditeur), bon état

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Etude biographique sur Catherine de Sienne par Sigrid Undset (1882-1949), prix Nobel de littérature en 1928. — "Sainte Catherine de Sienne a trouvé son dernier biographe – non le moins ardent ou le moins pathétique et tout à son image – dans la romancière suédoise Sigrid Undset. Catherine naissait à Sienne, vingt-quatrième enfant – on a bien lu – du teinturier Benincasa – le 25 mars 1347. Son élection se manifestait dès son enfance par des ravissements, et elle entrait dans le tiers ordre des soeurs de la pénitence de Saint-Dominique – les Mantellates – ainsi nommées à cause de leur costume. Cette fille du Christ exerçait une action domestique, politique, sociale et religieuse durant toute sa vie. Elle était un des agents du retour à Rome de la papauté d'Avignon, elle intervenait dans les guerres où se déchiraient les petites principautés italiennes ; elle dirigeait les papes Grégoire XI et Urbain VI. Illettrée – elle n'aurait appris à lire que sur le tard – et par miracle elle dictait sa vaste correspondance. Elle mourait le 29 avril 1380. On voit à Rome son tombeau sous le grand autel de Santa-Maria-Sopra Minerva, à côté du Panthéon." (Hommes et mondes, 1953)

100.          WALLON (H.). Jeanne d'Arc. Edition illustrée d'après les monuments de l'art depuis le quinzième siècle jusqu'à nos jours.  P., Librairie de Firmin-Didot et Cie,  1876, in-4°,  vii-552 pp, 26 planches hors texte (14 chromolithographies sous serpentes, 4 photogravures, 3 gravures sur bois, 3 fac-similés, une carte du royaume de France en couleurs et un tableau généalogique), 200 illustrations gravées sur bois dans le texte, reliure demi-chagrin carmin, plats de percaline carmin richement ornés de croisillons à froid chargés en leur centre de flammèches dorées, large frise florale d'encadrement en noir et or ; au centre du premier plat un étendard surmontant le titre, une couronne de roses croisée d'une épée et d'un rameau de feuilles, le tout doré, dos lisse à l'ornementation reprenant celle des plats, titres dorés, tranches dorées, gardes illustrées (semis de fleurs de lys dorées sur papier glacé noir) (rel. de l'éditeur par Ch. Magnier, décor de Souze), 1er plat lég. défraîchi (trace d'humidité ancienne) avec pt accroc, mais intérieur sans aucune rousseurs, ce qui est rare, bon état (prix Gobert de l'Académie française). Première édition illustrée (Vicaire VII, 1150)

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La vie de Jeanne d’Arc est un des épisodes les plus émouvants de nos annales : c’est comme une légende au milieu de l’histoire ; c’est un miracle placé au seuil des temps modernes comme un défi à ceux qui veulent nier le merveilleux. Jamais matière ne parut plus digne de la haute poésie : elle réunit en soi les deux conditions de l’épopée, sujet national, action surnaturelle...

 

TEMPS MODERNES

 

101.          ARAGONNÈS (Claude). Madeleine de Scudéry, reine du Tendre.  Armand Colin,  1934, in-8°,  255 pp, biblio, broché, couv. lég. défraîchie, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française), envoi a.s.

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Claude Aragonnès est le pseudonyme de Marguerite Teillard-Chambon (1880-1959), la cousine de Pierre Teilhard de Chardin.

102.          CAMPARDON (Emile). Les Spectacles de la foire : théâtres, acteurs, sauteurs et danseurs de corde, monstres, géants, nains, animaux curieux ou savants, marionnettes, automates, figures de cire et jeux mécaniques des Foires Saint-Germain et Saint-Laurent, des Boulevards et du Palais-Royal, depuis 1595 jusqu'à 1791: Documents inédits recueillis aux Archives Nationales.  Genève, Slatkine Reprints,  1970, 2 vol. in-8°,  xlviii-405 et 511 pp, reliure pleine toile verte, dos lisse avec titres dorés, bon état. Réimpression de l'édition de Paris, 1877

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"On ne saurait sans injustice refuser à M. Emile Campardon l'honneur d'avoir ouvert une source entièrement nouvelle à l'étude des deux derniers siècles. Cette source, ce sont les archives des commissaires au Châtelet, supprimés en 1791 et obligés, par la loi du 5 germinal an V, de déposer leurs papiers aux Archives Nationales. Ces papiers constituent aujourd'hui une partie importante de la série Y (Châtelet de Paris) et forment 5,303 liasses numérotées qui vont de 1595 à 1791. L'ancienne administration française, surtout celle qui a précédé immédiatement la Révolution, est aujourd'hui si peu connue, même des érudits, que quelques-uns de nos lecteurs ne seront peut-être pas fâchés d'apprendre en quoi consistaient les fonctions des commissaires au Châtelet. M. Campardon a pris soin dans sa préface de satisfaire une curiosité aussi légitime. Les magistrats dont il s'agit avaient les attributions des commissaires de police actuels et remplissaient de plus, en diverses circonstances, les fonctions exercées aujourd'hui par nos juges de paix. En matière criminelle, ils faisaient les informations sur l'ordonnance du lieutenant-général de police et les interrogatoires des accusés, décrétés d'ajournement personnel. En matière civile, ils apposaient les scellés après décès, faillite ou interdiction. (...) Enfin, ils se rendaient en personne sur les marchés, et avaient à tour de rôle la police des foires Saint-Germain, Saint-Laurent, Saint-Ovide et Saint-Clair. Comme beaucoup des pièces publiées par M. Campardon sont des procès-verbaux dressés à l'occasion de ces foires, il importe de dire quelques mots de ces assises annuelles du commerce et aussi des divertissements, qui ont tenu une si grande place dans l'histoire de Paris, au moyen âge et même dans les temps modernes. Mentionnée pour la première fois pendant la seconde moitié du XIIe siècle, déplacée par Louis XI au mois de mars 1482, la foire Saint-Germain, dont la durée avait plusieurs fois varié durant cet intervalle, s'ouvrait au XVIIIe siècle le 3 février et se fermait le dimanche de la Passion. Postérieure d'un siècle et demi par sa fondation à la foire Saint-Germain, la foire Saint-Laurent s'ouvrait ordinairement au dernier siècle le 9 août, veille de la fête de ce saint, et finissait le 29 septembre, jour de la Saint-Michel. Après s'être tenue primitivement entre Paris et le Bourget, elle avait fini par se rapprocher de l'église Saint-Laurent, et dans les derniers temps elle était installée sur les terrains occupés aujourd'hui par les bâtiments du chemin de fer de l'Est. Quant à la foire Saint-Ovide, l'origine en remonte seulement à 1665, année où Charles, duc de Créquy, pair de France, qui affectionnait beaucoup les Capucines de la place Vendôme, fit présent à ces religieuses du corps de saint Ovide exhumé des Catacombes. Depuis cette année, pendant l'octave de la fête de ce saint, qui se célébrait le 31 août, un concours immense de peuple venait honorer les reliques. Cette affluence s'accroissant de plus en plus, on avait construit en 1764 des loges de charpente pour les marchands tout au pourtour de la place Vendôme. Cette foire, qui se tenait du 14 août au 15 septembre, avait pris ainsi tout à coup un développement considérable qu'augmenta encore sa translation à la place Louis XV, où elle resta de 1771 à 1777, époque où elle fut incendiée. Enfin, une quatrième foire, la foire Saint-Clair, qui s'ouvrait le 18 juillet et durait huit jours, se tenait le long de la rue Saint- Victor. C'est seulement à la fin du XVIe siècle qu'on voit apparaître aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent ces représentations de troupes ambulantes, ces théâtres forains, d'un ordre plus ou moins inférieur, qui ont fourni à M. Campardon la matière principale de son livre. L'histoire de ces théâtres funambulesques n'intéresse véritablement l'art dramatique qu'à partir des dernières années du XVIIe siècle. Les comédiens italiens ayant été expulsés au mois de mai 1697 par Louis XIV, les entrepreneurs forains se portèrent leurs héritiers de fait et de droit et s'emparèrent de leur répertoire. Ainsi naquit, au prix d'une lutte acharnée et sans cesse renaissante contre les prétentions rivales de la Comédie française et de l'Académie royale de musique, un genre nouveau, l'Opéra-Comique, qui compta parmi ses fournisseurs Lesage, Panard, Sedaine, et qui vit éclore le talent si français de la plus touchante comédienne du XVIIIe siècle, de Justine Favart. Toutefois, on se tromperait étrangement si l'on s'imaginait que l'ouvrage dont nous rendons compte apporte seulement un appoint considérable à l'histoire des théâtres parisiens. Cet ouvrage mérite aussi au plus haut degré d'attirer l'attention du moraliste. Les Français et surtout les Parisiens, contemporains de Louis XV, ont offert au monde ce spectacle, plus intéressant encore, nous en demandons pardon au savant archiviste, que les spectacles de la foire, d'une société dont la tête se pique de ne croire à rien, excepté à l'esprit, au plaisir et à la sociabilité la plus raffinée. C'est un fait que nous constatons ici simplement. Le livre de M. Campardon nous permet de saisir sur le vif, dans un raccourci aussi exact que pittoresque, les conséquences pratiques de ce fait dominant..." (Siméon Luce, Bibliothèque de l'École des chartes, 1877)

103.          CHAUNU (Pierre) et Michèle ESCAMILLA. Charles Quint.  Fayard,  2000, in-8°,  854 pp, chronologie, 5 cartes, généalogie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Une biographie incontournable qui contribue à révéler la profonde singularité du règne de Charles Quint. On découvre enfin l'homme derrière le roi au destin exceptionnel. Par les hasards dynastiques, Charles Quint (1500-1558) régna sur les Pays-Bas, une bonne partie de l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne et une demi-douzaine de royaumes, principautés et duchés. Jamais souverain ne disposa en Europe d'une telle puissance territoriale. Affichant son ambition de créer un empire universel et pacifié, il lutte contre les coups de boutoir du monde ottoman, fait face aux guerres que lui livrent les Français et tente de s'opposer à la rupture religieuse de Martin Luther. Miné et désabusé par ses échecs, il finit par abdiquer.

104.          CLEMENCEAU JACQUEMAIRE (Madeleine). La vie sensible de Louis XIV.  Editions du Pavois,  1946, in-8°,  529 pp, 30 pl. de gravures hors texte, sources, index, broché, couv. illustrée lég. salie, sinon bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française)

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"Sous ce titre, Mme Clemenceau-Jacquemaire s’est attachée à l’histoire des amours célèbres du Roi Soleil. Sujet qui tenta maints auteurs mais qu’elle renouvelle brillamment en y apportant une finesse d’intuition toute féminine. Pour ce travail considérable (cinq cents pages), aucune source n’a été négligée. Il témoigne de lectures innombrables, poursuivies durant des années, de patientes recherches dans les Archives et d’une connaissance vraiment familière du siècle. Il contient une richesse de documentation qui en ferait une remarquable thèse de doctorat. Historien sagace et impartial, qui sait pratiquer la plus consciencieuse méthode, Mme Clemenceau-Jacquemaire éclaire les textes – beaucoup d’entre eux sont inconnus – sans jamais les « solliciter ». Gardant avec fermeté son indépendance d’opinion et d’expression – toujours vigoureuse, parfois rude – elle nous dit tout ce que les hérédités croisées, proches ou lointaines, l’éducation, l’époque, les coutumes, les privilèges du rang souverain expliquent dans la psychologie de Louis XIV et permettent à tout écrivain, dont le jugement est libre, de prononcer sur des égarements amoureux – qu’une grande voix de l’Église réprouvait – certains qualificatifs, même sévères. Ce qui ne diminue ni la grandeur de Louis XIV ni celle de son règne. En couronnant ce beau livre de Mme Clemenceau Jacquemaire, écrit dans une langue vigoureuse et de haute tenue, nos souvenirs saluent un nom glorieux, une mémoire vers laquelle toute âme française s’élève dans le frémissement de la reconnaissance, un nom qui, particulièrement ici, éveille des échos où vibre l’émotion patriotique." (Georges Lecomte, Secrétaire perpétuel de l'Académie française, 1947)

105.          COURTEAULT (Henri). La Fronde à Paris. Premières et dernières journées.  Firmin-Didot,  1930, in-8°,  193 pp, 12 gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

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"L'auteur est trop connu des historiens pour qu'il soit besoin de louer ici sa compétence. Il ne pouvait évidemment se permettre d'écrire un livre, même destiné à la curiosité du grand public, sans se documenter de première main. Le volume n'est pas – le titre le montre et il faut s'en féliciter – un récit de la Fronde, mais seulement celui de deux crises l'une initiale, la journée des Barricades, l'autre, terminale, (?), le massacre de l'Hôtel de Ville. Les deux sont connues, et M. Courteault n'ajoute pas de nouveautés essentielles à notre version des événements. Mais son érudition lui permet d'écrire comme le reportage, heure par heure, de ces crises ; son volume est comme un cinéma, découpé en épisodes. Ici c'est Broussel, là le futur cardinal de Retz, là encore les Parlementaires, la reine, le cardinal ; à toutes les pages, c'est le peuple parisien, bourgeois et populace. Le style, vivant, coloré, précis, semble comme une sténographie des conversations." (Léon Cahen, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1930) — "Un livre à la fois solidement documenté et si agréable à lire." (Ch. Samaran, Annales du Midi)

106.          COUSIN (Victor). Madame de Longueville pendant la Fronde.  P., Didier et Cie,  1867, in-12,  viii-490 pp, documents en appendice, broché, bon état (Vicaire II, 1062)

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Sœur du Grand Condé, Anne Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville (1619-1679), intelligente et cultivée, vécut de tumultueuses aventures durant la Fronde puis devint une ardente janséniste. ‎— "Comme elle l’avait fait en 1649, à la suite de sa participation à la première guerre de Paris, la duchesse de Longueville entend utiliser sa stature politique pour imposer ses vues à Condé. Victor Cousin est un des premiers historiens à avoir identifié l’ampleur de son pouvoir et la diversité de ses soutiens à ce moment-là. "Après Stenay, écrit-il, l’éclat qui l’environnait lui était plus personnel en quelque sorte. Elle venait de déployer des qualités éminentes, qui la relevaient presque à l’égal de Condé. [...] Elle avait été le chef d’un grand parti ; elle avait traité de puissance à puissance avec l’Espagne […]. Les hommes d’État estimaient sa capacité, et la foule admirait son courage et sa constance. [...] Elle était alors l’idole de l’Espagne, la terreur de la cour, une des grandeurs de sa famille." C’est précisément pour cette raison que Condé, après sa libération, ne rechigne pas à inclure sa sœur parmi ses conseillers. Il sait que sa popularité d’héroïne est susceptible de renforcer le parti qu’il représente et d’accroître son influence au sein de l’État..." (Sophie Vergnes, La duchesse de Longueville et ses frères pendant la Fronde : de la solidarité fraternelle à l'émancipation féminine, 2011)

107.          DELUMEAU (Jean)(dir.). La mort des pays de Cocagne. Comportements collectifs de la Renaissance à l’âge classique.  P., Publications de la Sorbonne,  1976, gr. in-8°,  214 pp, 6 cartes, 23 tableaux, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

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"Après avoir animé durant plusieurs années un séminaire de recherches très vivant au Centre d'histoire moderne de l'Université de Paris I, Jean Delumeau présente un ensemble de mémoires de maîtrise qui y furent préparés sous sa direction. Ce sont donc 16 mémoires, oeuvres de 21 étudiants, qui se trouvent ici, tantôt sous forme de résumés, tantôt par de larges citations, tirés de l'oubli et mis à la disposition du public. Et le professeur, loin de s'effacer, a présidé au choix et fourni les fils conducteurs du recueil. Celui-ci s'organise en deux ensembles, « les hommes de la Renaissance » et « l'acculturation chrétienne », sous lesquels on reconnaît les deux pôles de la thèse quasi-provocatrice lancée voici quelques années par Jean Delumeau, et qui se trouve ici encore plusieurs fois rappelée : le Moyen Age avait laissé le peuple tout imprégné de paganisme ; une prise de conscience de ce fait a inspiré le formidable effort de christianisation mené concurremment par les deux Réformes, protestante et catholique. Sans s'attarder au débat suscité par cette thèse, Jean Delumeau et ses élèves enrichissent considérablement le dossier..." (Marc Venard,  Revue d'histoire de l'Église de France, 1978)

108.          DESPRAT (Jean-Paul). Le guerrier philosophe. Mémoires apocryphes du prince Eugène de Savoie (1663-1736).  Seuil,  2020, in-8°,  546 pp, un tableau généalogique, broché, couv. illustrée, bon état

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Versailles, 1683. Louis XIV hausse les épaules lorsque son jeune cousin, Eugène de Savoie-Carignan, demande de pouvoir le servir dans ses armées. Eugène n'a rien d'un guerrier : il vient à peine de quitter le petit collet qui faisait de lui un ecclésiastique, il n'a jamais porté l'épée, il est de plus bossu et rachitique. Quant à sa mère, Olympe Mancini, elle a été gravement compromise dans l' "affaire des poisons". Le Roi-Soleil vient pourtant de commettre l'une des plus funestes erreurs de son règne. Deux mois plus tard, Eugène est en Autriche. Il se met au service de l'empereur Léopold au moment où Vienne est assiégée par les Turcs. C'est le début d'une prodigieuse carrière d'un demi-siècle qui va faire de lui le généralissime des troupes impériales, le chef du Conseil de guerre, le gouverneur des Flandres et du Milanais et, surtout, le principal ennemi de Louis XIV. Toutes les pires défaites de la France jusqu'en 1710 seront le fruit de son génie tactique. Eugène, qui n'aura pas de descendance, est par ailleurs un intellectuel, aussi bien philosophe que théologien, lié aux principaux artistes de son temps, constructeur de palais gigantesques et magnifiques, tels le Belvédère de Vienne ou, aux frontières de la Hongrie, le Schloss Hof qui évoque Versailles. Une destinée éblouissante... mal connue en France pour cette simple et triviale raison qu'il fut notre ennemi et que nous n'aimons pas nous rappeler nos défaites, surtout lorsqu'elles nous sont infligées par un homme qui, comme Eugène, est né à Paris, en plein quartier des Halles.

109.          DESSERT (Daniel). Les Daliès de Montauban. Une dynastie protestante de financiers sous Louis XIV.  Perrin,  2005, in-8°,  304 pp, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le 7 avril 1713, les cloches de la paroisse Saint Jacques de Montauban sonnent l'office funèbre de Samuel Daliès. La mort, à l'âge de 78 ans, d'un vieillard resté célibataire, austère janséniste, n'a pas soulevé d'émotion particulière. Avec lui, pourtant, s'évanouit tout un monde dans lequel des hommes de l'ombre contribuèrent efficacement, et bien plus que maintes gloires resplendissantes, au prestige du Roi-Soleil. Dans le cadre de son enquête sur le Grand Siècle, Daniel Dessert retrace l'ascension sociale des financiers Daliès, depuis leurs premières fréquentations chez Henri de Navarre, futur Henri IV, jusqu'au très loyal service auprès de Colbert. Antoine l'ancêtre, Jean le bon fils, Samuel enfin ont ainsi travaillé plus d'un siècle au service de la monarchie - malgré toutes les difficultés, parfois les avanies liées à leur confession protestante. Samuel, finalement, choisira la conversion tandis que toute sa famille quittera la France. En ce sens, le parcours de l'ultime représentant de cette dynastie florissante reflète l'ensemble des problèmes économiques, politiques, monétaires qui ont agité le XVIIe siècle. Mais il illustre aussi les tragiques querelles religieuses en France, et les contradictions vécues par un hérétique au service de l'Etat.

110.          DETHAN (Georges). Mazarin, un homme de paix à l'âge baroque, 1602-1661.  Imprimerie Nationale,  1981, gr. in-8°,  413 pp, un portrait en couleurs hors texte, 66 illustrations et documents reproduits, biblio, index, reliure plein cuir brun de l'éditeur, bon état

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"Pour nous faire connaître le vrai visage de Mazarin, G. Dethan s'appuie sur la documentation que le cardinal lui-même nous a laissée, principalement sa correspondance active et passive aujourd'hui conservée pour l'essentiel dans les archives du Quai d'Orsay et restée en grande partie inédite. A l'aide de ces sources, il trace de son héros un portrait bien différent de celui auquel nous sommes habitués : il fait justice de la traditionnelle duplicité sournoise du personnage ; il montre au contraire sa franchise, sa générosité, son humanité, son idéal élevé, son attachement sincère à la France et à la paix de la chrétienté. La méthode d'exposition mise en oeuvre par G. Dethan est originale. Son livre n'est pas une biographie à proprement parler ; il ne cherche point à suivre pas à pas l'existence de Mazarin depuis sa naissance à Rome en 1602 jusqu'à sa mort à Vincennes en 1661, ni à récrire l'histoire de la période. Alliant le talent de l'avocat à la probité de l'historien, il nous présente une série de dossiers, nourris d'abondantes et riches citations, de notes critiques et de références, dans lesquels il fait revivre le personnage dans son milieu familial, dans son réseau de relations, de clientèles, aux différentes époques de sa vie. (...) Il serait trop long de détailler tous les éléments nouveaux d'appréciation que le livre de G. Dethan apporte à notre connaissance de Mazarin. Sans cesse, le lecteur est invité à réviser son jugement, des faits ou des attitudes jusqu'alors systématiquement décriés sont éclairés d'un jour nouveau." (Bernard Barbiche, Bibliothèque de l'école des chartes, 1982)

111.          DINFREVILLE (Général Pierre d'Esneval, dit Jacques). Louis XIV. Les saisons d'un grand règne.  Albatros,  1977, gr. in-8°,  586 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 9 tableaux généalogiques, biblio, index, reliure simili-cuir bleu nuit de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Le Roi Soleil n’a cessé de fasciner Français et étrangers. Dans cet ouvrage l’auteur a voulu présenter une vue synthétique du XVIIe siècle, donner de Louis XIV un portrait vivant, complet et coloré. Jacques Dinfreville passe en revue les proches du Roi : tous ceux qui l’ont aidé dans sa tâche, sans oublier les 20 millions de Français qui ont accepté des sacrifices afin qu’il puisse aller jusqu’au bout de sa peine durant les sombres années de la fin du règne, car Louis XIV ne fut pas seulement un travailleur efficace et un homme de goût. Il avait aussi cette qualité essentielle du chef: le caractère. C’est dans l’adversité qu’il a gagné à l’arraché son titre de Grand. L’auteur a aussi éclairé le Roi à la lumière d’aujourd’hui en comparant les moyens dont celui-ci disposait à ceux que nos chefs d'Etat peuvent utiliser de nos jour car le Grand Siècle est aussi celui de la marine à voile, du coche d’eau, du cheval, de la brouette. — Le général d’Esneval, qui écrit sous le pseudonyme de Jacques Dinfreville, était qualifié pour écrire ce livre. Il appartient à une famille de notables normands qui ont servi l’Etat au XVIIe siècle. Il a ainsi trouvé dans les archives familiales des sources inédites. Sa carrière de soldat et d’officier du 2e bureau, qui s’est déroulée sur quatre continents, le prédisposait à bien retracer les événements militaires du grand règne, comme son histoire diplomatique. Il a écrit une histoire navale du XVIIe siècle, couronnée par l’Académie française : Le chevalier d’Infreville et les marquis de la mer.

112.          ENGEL (Claire Eliane). Le Grand Siège de Malte.  P., Société de l'Histoire de l'Ordre de Malte,  1965, in-8°,  123 pp, un portrait de Jean de La Valette en frontispice et 15 illustrations sur 8 pl. hors texte, biblio, index, broché, bon état

            25

"Voici, précédé d'un avant-propos de M. Meurgey de Tupigny, Président de la Société de l'Histoire de l'Ordre souverain de Malte, le récit du siège soutenu en 1565 à Malte par Jean de La Valette, qui en était alors l'énergique Grand Maître. Ses adversaires étaient les Turcs, ses alliés les souverains de France, d'Espagne et de Naples. Or si les premiers étaient farouchement disposés à vaincre, les seconds se montraient peu empressés à aller le secourir. Ils attendirent en effet, que les Turcs fussent décimés pour débarquer des contingents de chevaliers, qui, eux, brûlaient depuis des mois de secourir l'héroïque garnison. Mlle Claire-Eliane Engel, dont nos lecteurs ont eu maintes occasions d'apprécier l'érudition et qui est allée plusieurs fois à Malte pour consulter les archives de l'Ordre, a mené ce récit dans un mouvement et avec une fougue propres à tenir le lecteur en haleine. Elle trace de Jean de La Valette, qui a donné son nom à la capitale construite après les dévastations de ce siège, et de divers chevaliers, de vigoureux portraits." (André Gavoty, Revue des Deux Mondes, 1965)

113.          ENGERAND (Roland). Trois grandes dames de petite vertu.  Tours, Arrault,  1947, pt in-8°,  (8)-195 pp, préface de Maurice Bedel, 21 illustrations de Ferdinand Dubreuil, dont 4 compositions hors texte en bistre, reliure pleine toile écrue lég. salie, dos muet, couv. illustrée conservée, bon état

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La reine Margot, les demoiselles Babou de la Bourdaisière et Aliénor d'Aquitaine. A Amboise, à la Bourdaisière et à Fontevrault... — "M. Roland Engerand a bien de la chance : il se promène dans le passé avec la même aisance qu'il flâne dans le présent, et toujours dans la compagnie d'une jolie femme. C'est tantôt avec la belle Aliénor d'Aquitaine, dont il dénoue et caresse les célèbres cheveux au cours de sa promenade, tantôt avec une jeune femme, appelée Aude, qu'il guide par les chemins de l' « adorable Touraine », et dont il ne nous dit pas s'il lui caresse les cheveux, quoi qu'il nous parle très gentiment de son sein..." (Maurice Bedel) — Roland Engerand fit comme officier de chasseurs à pied la guerre de 1914-1918, au cours de laquelle il reçut trois blessures. Nommé comme commandant à Tours en 1923, il quitta l’armée en 1937 pour se consacrer à la littérature. Il est l’auteur, entre autres, de “La Chevauchée de Jeanne d’Arc”, couronné par l’Académie française, d’ “Adorable Touraine” (1935), “Les Amours d’Alfred de Vigny” (1943), “Les Rendez-vous de Loches” (1946), etc.

114.          ERLANGER (Philippe). Louis XIV.  Perrin,  1978, in-8°,  592 pp, 16 pl. de gravures hors texte, reliure skivertex carmin de l'éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            25

Avant d'être le Roi-Soleil, Louis XIV fut un enfant humilié, souffrant du froid, de la faim et des horreurs de la guerre civile. Un jeune homme ombrageux, convaincu du caractère sacré de sa mission. Un souverain intraitable – mais aussi un malade harcelé par les médecins. Pour Philippe Erlanger, c'était l'occasion de tracer un portrait nuancé, souvent inattendu, de ce personnage longtemps considéré comme un caractère monolithique. Il s'est efforcé d'éclairer le règne de Louis XIV à la lumière des événements de notre temps. Marcel Pagnol a écrit de Philippe Erlanger qu'il était « le Simenon de l'Histoire » et Jean Cocteau que « non content d'instruire, il savait faire rêver ».

115.          FAVIER (René). Les Européens et les Indes orientales au XVIIIe siècle.  Ophrys,  1997, in-8°,  160 pp, 7 cartes et tableaux, repères chronologiques, biblio, broché, couv. illustrée, état correct

            15

Porté par des consommateurs de plus en plus demandeurs d’exotisme, le commerce des Indes orientales connut au cours du XVIIIe siècle un essor spectaculaire au point de supplanter l’Amérique dans l’imaginaire collectif comme symbole de l’enrichissement. La connaissance plus sûre des routes maritimes et les progrès de la navigation permirent à toutes les nations européennes de consolider leur présence sur les rivages d’Asie, à Batavia, Bombay, Pondichéry, Calcutta, Canton... Aux profits du commerce d’Europe vinrent s’ajouter pour les compagnies à monopole comme pour les nouveaux nababs ceux du commerce d’Inde en Inde. Mais son succès même fut aussi source de difficultés. L’âpreté de la concurrence s’aviva avec l’engorgement des marchés. Elle engagea plus ou moins volontairement les compagnies à transformer leur présence commerciale en présence coloniale, au prix d’investissements dont elles n’avaient pas toujours les moyens, et les nations dans des affrontements répétés dont les Britanniques sortirent grands triomphateurs à la fin du siècle.

116.          FUNCK-BRENTANO (Frantz). Le Drame des Poisons.  P., Jules Tallandier,  1977, in-8°,  259 pp, préface de Philippe Erlanger, 8 pl. de gravures hors texte, reliure plein cuir caramel richement ornée de l'éditeur, tête dorée, bon état

            30

Marie-Madeleine de Brinvilliers – Le drame des poisons à la cour de Louis XIV – La mort de « Madame » – Racine et l'Affaire des poisons – « La Devineresse ». — À moins que l'on découvre un jour (et c'est là une hypothèse bien improbable) quelque cassette pleine de documents inédits, cet ouvrage restera le grand livre sur l'affaire des poisons ; une affaire qui, comme le souligne Philippe Erlanger dans la préface qu'il donne à cette nouvelle édition, a fait trembler Louis XIV et même a ébranlé l'Ancien Régime. Le décor, c'est un XVIIe siècle méconnu, friand de sorcellerie et d'alchimie, baignant dans l'irrationnel à l'heure de Descartes, de Spinoza et de Leibnitz. Les acteurs, ce sont les « gens de qualité », le Roi, la Cour, le petit monde des magiciens et des sorciers, des faiseuses d'anges et des prêtres parjures, mais aussi La Reynie, lieutenant de police du roi, une figure remarquable. Frantz Funck-Brentano, qui rédigea le catalogue des archives de la Bastille et, à ce titre, a eu toutes les pièces en mains, replace les éléments du dossier dans leur contexte historique grâce à une connaissance intime de l'époque. Sa critique des sources et l'examen clinique des cas d'empoisonnement l'amènent à la même conclusion : si, aujourd'hui encore, on peut parler de « drame des poisons », il n'est plus possible de parler de « mystère des poisons ».

117.          GÉRARD-GAILLY (Emile). Les sept couches de Madame de Grignan. Les sept fiancés de Charles de Sévigné.  P., Editions Albert,  1936, in-12,  247 pp, broché, couv. lég. salie, bon état, envoi a.s.

            25

Les accouchements de Françoise-Marguerite de Sévigné, comtesse de Grignan (1646-1705), fille de Madame de Sévigné. – Les sept fiancés de Charles de Sévigné. – Piaga d'amore maï si sana (une pensée d'amour de Mme de Sévigné). – Pomenars ou le joyeux condamné à mort (un faux monnayeur ami de Madame de Sévigné). – Les trois mousquetaires : d'Artagnan, Courtilz de Sandras et Alexandre Dumas. – Christophe Uzanne le Guérisseur, 1633-1713 (un précurseur de l'Antoinisme). – Le supplice d'Hélène Gillet (1625).

118.          GIGNOUX (C.-J.). Monsieur Colbert.  Grasset,  1941, in-12,  252 pp, un portrait et une gravure hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Lenôtre)

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Mieux que Lenotre : pas de la "petite histoire". Un traitement bref, intelligent, quoique anecdotique, d'un grand sujet. Colbert, mal aimé, peu aimable, avait la passion de l'ordre, du travail créatif, de la magnificence. Malheureusement, il était attaché au "mercantilisme" dans sa forme la plus étroite : mendier auprès de son voisin, vendre de plus en plus, acheter de moins en moins, encaisser et amasser la différence. Naïf autant que méchant. Colbert a dû combattre (un combat perdu d'avance) l'inconscience de Louis XIV, les traditions encombrantes des corporations, la timidité des bourgeois, l'effroyable inefficacité et la corruption des fonctionnaires. Colbert lui-même, comme Richelieu et Mazarin, s'est enrichi au service du Roi. Et pourquoi pas, si l'on croit au caractère sacré de la motivation du profit ? (Albert Guerard. Université de Stanford, Books Abroad, 1946)

119.          GUYOT (Charly). Un ami et défenseur de Rousseau, Pierre-Alexandre DuPeyrou.  Neuchâtel, Ides et Calendes,  1958, gr. in-8°,  228 pp, 12 pl. de gravures et portraits hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Ouvrage incontournable. Pierre-Alexandre Du Peyrou (1729-1794), né en Guyane hollandaise d'une famille huguenote, négociant en produits coloniaux, était un notable de Neuchâtel, à la tête d'une énorme fortune et un esprit indépendant qui se lia notamment avec Jean-Jacques Rousseau. C'est lui qui, après la mort de l'écrivain, publia à Genève, en 1788, la première édition complète de ses œuvres. En 1790, il publia encore à Neuchâtel la deuxième partie des "Confessions".

120.          HAMON (Philippe). L'Argent du roi. Les finances sous François Ier. (Thèse).  P., Comité pour l'histoire économique et financière de la France,  1994, fort in-8°,  xliii-609 pp, préface de Jean Jacquart, avant-propos de Françoise Bayard, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, très bon état

            120

Parce qu’il désire mettre en œuvre une politique extérieure ambitieuse et qu’il succombe à la fascination du « mirage italien », François Ier trouve les moyens de réaliser ses projets et ses rêves. C’est avant tout d’argent dont il a besoin : il aura donc à cœur d’augmenter de façon substantielle ses ressources. Au cours de son règne, de nouvelles formes de prélèvement se développent, touchant en particulier le clergé, les villes, les officiers. Mais taxes et impôts ne suffisent pas : les problèmes de trésorerie demeurent et imposent un recours croissant au crédit. La monarchie, en ce domaine, utilise des réseaux multiples. Mais les circuits de l’argent restent encore assez rudimentaires et l’efficacité technique de l’appareil d’Etat s’avère limitée. Le flot des réformes administratives comme le nombre des procès instruits par le roi contre ses principaux officiers de finances soulignent tout à la fois l’ampleur de la tâche à accomplir et les difficultés de sa réalisation. L’étude des finances offre à l’historien de l’État un terrain d’observation privilégié. A travers elle, en effet, apparaissent les contraintes permanentes de la mobilisation des fonds, mais aussi des problèmes plus généraux : rivalités politiques, idéologies du pouvoir ou relations entre la royauté et ses sujets. Les questions d’argent révélent ainsi les ambiguïtés d’une monarchie mal assurée de son droit à imposer et parfois réticente devant sa propre croissance. Avec cette passionnante étude c’est donc au coeur du « mystére de l’Etat » que Philippe Hamon convie son lecteur. — "... Ce livre fera date dans l'histoire du 16e siècle, comme il le fera dans l'histoire financière de la France. Il constitue une somme qui, par les informations et les nuances qu'elle apporte, renouvelle l'histoire d'un règne qui en avait bien besoin, loin de la légende et d'à priori en tous sens que le « beau 16e siècle » et la Renaissance propagent inévitablement sur la période. Ce livre est complet et il n'est pas près d'être égalé. Les historiens de l'Etat, ceux de la vie politique, économique et sociale de l'Ancien Régime y trouveront une mine d'informations et de réflexions qui montrent que, décidément, les chemins de la première modernité sont encore à parcourir." (Alain Guery, Annales, 2000)

121.          HÉRARD (Madeleine. Madame de Sévigné, demoiselle de Bourgogne.  Dijon, chez l'Auteur,  1959, in-8°,  273 pp, biblio, broché, bon état

            25

"Madeleine Hérard adorait Madame de Sévigné. Sa vive intelligence se régalait des traits d'espris de « la spirituelle marquise ». Sa sensibilité alguë vibrait aux cris d'amour passionnés de la mère déchirée par l'éloignement de sa fille. Elle savait donc spontanément lire les lettres avec finesse et avec son coeur... Elle remarqua que cette parisienne de naissance s'était un jour fièrement affirmée « demoiselle de Bourgogne » à Roger de Bussy-Rabutin. son cousin bourguignon. Elle fit de cette appellation le sujet de son étude, puis le titre de son beau livre, dressant pour la première fois la synthèse que personne n'avait encore songé à réaliser, de tout ce qu'on savait des liens de la marquise et de la Bourgogne... C'est en Bourgogne, Madeleine Hérard le savait et l'a écrit, que s'est scellé le destin épistolaire de Madame de Sévigné. Appréciées par Bussy, qui recopiait dans ses registres celles qu'il recevait, les lettres de sa cousine lui durent leur première gloire. Les Lettres à Madame de Grignan, qui forment la plus belle et la majeure partie de la Correspondance, doivent â son fils aîné d'avoir été largement préservées de la destruction grâce à une copie établie au début du XVIIIe siècle au château de Bussy. Perdu pendant deux siècles, le manuscrit en fut un beau jour de 1873 miraculeusement retrouvé a Dijon cher un antiquaire par un professeur de la Faculté de droit. C'est aussi par celte surprenante renaissance que Madame de Sévigné mérite, depuis, son beau titre de « demoiselle de Bourgogne »... Ayant su s'informer et s'imprégner de l'environnement bourguignon de l'épistolière, contemporain ou passé, Madeleine Hérard a écrit avec bonheur un essai fervent, qui découvre avec verve et précision un côté inattendu de la riche personnalité de Marie de Rabutin Chantal, marquise de Sévigné." (Roger Duchêne, 1992)

122.          HUMIÈRES (Louise d'). Une reine, Catherine de Médicis.  Club du Livre d'Histoire,  1956, in-8°,  395 pp, 12 pl. de gravures hors texte (4 doubles), biblio, tiré sur Bouffant Prioux, numéroté, reliure demi-basane carmin de l'éditeur, dos à 3 faux-nerfs, titres dorés, sous emboîtage cartonné papier fantaisie, bon état

            20

Une biographie, assez peu connue, qui rend justice à cette grande reine de France, mère de trois rois, et régente du royaume pendant trois années.

123.          JACQ (Jean-François). L'Age d'or des corsaires, 1643-1815. Morlaix, Paimpol, Bréhat, Binic.  Rennes, Editions Apogée,  2011, in-8°,  255 pp, préface de Patrick Villiers, 20 illustrations, 3 index, glossaire, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            40

La célébrité de Saint-Malo, cité corsaire, a longtemps éclipsé le rôle des autres ports de la côte nord de la Bretagne, dans la guerre de course. Pourtant, une telle activité y existe dès le XVe siècle, avec l'île de Bréhat pour point d'ancrage. À la fin du XVIIIe siècle, les îliens les plus entreprenants essaiment sur le continent, à Paimpol, Binic, Saint-Malo, Morlaix et même à Bordeaux, où ils deviennent armateurs à succès et notables. Les bateaux, les armements, les gains (et les pertes !), le déroulement d'une course et le sort des prisonniers,... Avec rigueur et passion, l'auteur rend justice à ces oubliés de la « grande » histoire maritime. — Les clichés médiatiques ont parfois du vrai : Saint-Malo et Dunkerque ont bien été les deux grandes cités corsaires du royaume au XVIIIe siècle. Mais la guerre de course ne s`'est pas limitée à ces deux grands ports. Plusieurs ports de moindre notoriété y ont participé avec plus ou moins de bonheur. C'est un des grands mérites de Jean-François Jacq d'avoir cherché à étudier l'un de ces ports secondaires et analyser la course dans toute sa complexité: les armateurs mais également leurs actionnaires, les équipages, leurs origines, leur formation et bien évidemment les capitaines. Mais la course étant une activité du temps de guerre, il y a donc un avant et un après. Que faisaient les acteurs avant la guerre et que sont-ils devenus ? Le recours à la micro-histoire et à la généalogie est indispensable pour tenter d'appréhender ces questions. C'est également là l'un des intérêts de l'ouvrage car les archives sont multiples et dispersées : archives familiales, archives des Chambre de commerce, archives judiciaires, archives de l'Amirauté, archives de la Marine à Cherbourg et à Brest, Archives nationales et Service Historique de la défense à Vincennes Il fallait évidemment rechercher l'origine de la tradition corsaire du Goëlo. Après avoir rappelé la tradition corsaire de Saint-Malo et celle de Morlaix, Jean François Jacq s'attache à raison à rechercher l'influence possible des deux ports sur la naissance de la tradition corsaire à Paimpol. Il montre combien les premiers débuts furent modestes et les résultats peu brillants. Le rôle de Bréhat apparait décisif notamment au niveau des capitaines comme des armateurs, souvent eux-mêmes anciens capitaines. Un corsaire doit parfaitement connaître la région où il navigue aussi bien pour se cacher que pour s'échapper et ceci est particulièrement vrai des corsaires de faible tonnage. Les capitaines qui naviguent en paix au cabotage sont particulièrement formés à ce type de navigation. Bréhat, île de capitaines au cabotage depuis le moyen âge fournit logiquement des capitaines corsaires. La pêche côtière fournit également d'excellents capitaines mais également la pêche à la morue à Terre-Neuve. Il s'agit cependant dune activité très aléatoire même si l'image du corsaire débarquant sur le quai les poches remplies de pièces d'or continue de s'imposer.

124.          JOUANNA (Arlette), Philippe HAMON, Dominique BILOGHI, Guy LE THIEC. La France de la Renaissance. Histoire et dictionnaire.  Laffont,  2001, fort in-8°,  1248 pp, 31 figures et cartes, 17 illustrations, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bouquins)

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« Un siècle si plein de lumières »… C'est ainsi que Rabelais qualifie son époque. Les contemporains de la Renaissance – étiquette qui a été collée à cette période par l'historiographie du XIXe siècle – ont cru à l'avènement d'un nouvel âge d'or : il allait faire disparaître définitivement l'ignorance et triompher des « ténèbres gothiques » du Moyen Âge. La France – après l'Italie – participe à ce bouleversement. Elle s'ouvre à la révolution de l'imprimé ; les guerres d'Italie resserrent les liens entre les lettrées et les artistes de part et d'autre des Alpes. Les noms de Ronsard et du Bellay en littérature, de Philibert Delorme et Jean Goujon en architecture et sculpture, de Clément Janequin en musique, d'Ambroise Paré et Jean Fernel en médecine, attestent l'éclat de la culture française protégée par un grand roi, François Ier. C'est aussi un temps d'affermissement du pouvoir royal, d'essor démographique, de dynamisme des échanges. Mais le sentiment de renouveau ne touche qu'une frange de la population ; paysans, artisans et pauvres voient les travaux et les jours se succéder sans changement notable. L'ébranlement du vieil édifice des idées et des mœurs suscite bien des inquiétudes, dont le soupçon de l'hérésie, avec la diffusion des doctrines de Luther puis de Calvin. Les premiers bûchers s'allument, prélude aux guerres civiles. Ce volume offre d'abord une synthèse des connaissances que nous avons acquises de cette période. De la politique à l'économie, de la littérature à l'architecture, de l'art à la religion, aucun domaine n'est négligé. Un Dictionnaire de plus de quatre cents articles propose des biographies, des aperçus sur des notions de droit (Anoblissement), des questions scientifiques (Astrologie, Mathématiques) ou religieuses (Athéisme, Indulgences), etc., recensés dans une Table méthodique des entrées.

125.          LE ROY LADURIE (Emmanuel). L'Argent, l'amour et la mort en pays d'Oc. Précédé du roman de l'abbé Fabre, "Jean-l'ont-pris" (1756).  Seuil,  1980, gr. in-8°,  588 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, index des ouvrages cités, sources, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

            30

Au départ, un texte à la fois célèbre et méconnu, "Jean-l'ont-pris", conte occitan qu'avait mis en forme l'abbé Jean-Baptiste Castor Fabre, au milieu du dix-huitième siècle, et qu'on tenait souvent pour une simple et fidèle représentation de la vie quotidienne du village languedocien sous l'Ancien Régime. A l'arrivée, au terme de la magistrale enquête d'anthropologie historique menée par Emmanuel Le Roy Ladurie, le paysage dépeint par l'abbé Fabre gagne en profondeur et en complexité. Ce que "Jean-l'ont-pris" reflète, c'est l'ensemble de la culture occitane de l'âge classique, avec ses obsessions caractéristiques ; elles gravitent autour du mariage, contrat essentiel de la vie privée. Plus encore, "Jean-l'ont-pris" rend possible une vaste recomposition de l'imaginaire paysan, tel que le révèlent les folklores de l'Europe entière, et même du Nouveau Monde, sous les traits du conte merveilleux de la « Mort-parrain ». En forme d'énigme, Fabre a produit une manière de Faust languedocien, qui signe un pacte avec le Trépas, faute d'en conclure un avec le Diable. Historien des mentalités, l'auteur de "Montaillou" et du "Carnaval des Romans" illustre l'efficacité de l'analyse systématique d'un récit, quand celle-ci se combine avec les ressources globales de la démarche historique. Ce livre donne, pour la première fois, une publication critique et complète des deux versions du roman de l'abbé Fabre, Jean-l'ont-pris, avec édition occitane et traduction française dues à Philippe Gardy.

126.          MAURO (Florence). Emilie du Châtelet.  Plon,  2006, in-8°,  187 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Mathématicienne reconnue, férue de littérature et d'opéra, elle est le grand amour de Voltaire. Pour le protéger de ses ennemis, elle l'héberge au château de Cirey qui devient alors le centre de l'Europe des Lumières. Une intense correspondance s'établit avec Frédéric II de Prusse. Les amants de Cirey sont de tous les débats de ce temps : définir la nature du feu, valider les théories de Newton, ou suivre les tribulations d'une expédition scientifique au pôle nord. Femme d'esprit et de cœur, sincère et aimante, telle est Emilie du Châtelet, dont Voltaire, "le premier des Emiliens", disait : "Il faut, pour lui faire sa cour, lui parler métaphysique quand on voudrait parler d'amour."

127.          MOTTEVILLE (Mme de) – François BERTHOD. Mémoires de Madame de Motteville (1643-1666) – Mémoires du Père Berthod (1652-1653).  P., Chez l'éditeur du Commentaire analytique du Code civil,  1838, pt in-4°,  625 pp, texte sur 2 colonnes, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 larges faux-nerfs ornés, caissons dorés et à froid, titres et tomaison dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état (Nouvelle Collection des Mémoires pour servir à l'histoire de France depuis le XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe, avec des notices, par MM. Michaud et Poujoulat)

            70

"Dame de compagnie d'Anne d'Autriche, Françoise de Motteville (1621-1689) a laissé un témoignage vivant sur les événements de la Régence. Le texte de cette édition est revu sur une copie faite par Conrart." (Bourgeois et André II, 773) – "Le Père Berthod fut un de ces agents que la royauté employait pour intriguer et négocier, afin d'attirer à elle la population. Il s'acquitta de sa tâche à Paris, et surtout à Bordeaux, où, pendant la Fronde, 1652-1653, il courut parfois de graves dangers." (Bourgeois et André II, 812).

128.          NÉRAUDAU (J.-P.). L'Olympe du Roi-Soleil. Mythologie et idéologie royale au Grand Siècle.  Les Belles Lettres,  1986, in-8°,  283 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

L'Olympe du Roi-Soleil ou comment la mythologie et l'Antiquité furent mises au service de l'idéologie monarchique sous Louis XIV à travers la littérature, la peinture, la musique, les fêtes, la sculpture, l'architecture et les jardins, à Vaux-le-Vicomte, Meudon, St Cloud, Sceaux, Marly, St Germain et Versailles. "Le savoir antique avait offert à la définition de la monarchie les prestiges d'un âge séculaire, qui ancraient le pouvoir royal dans l'éternité, et les enchantements profanes et sensuels d'un monde que seul le monarque sage et puissant pouvait recréer... La mythologie fut une pédagogie et une propédeutique qui devaient imposer à l'imaginaire les images transfigurées du roi, de son règne et de son royaume."

129.          NOAILLES (Vicomte de). La Mère du grand Condé. Charlotte-Marguerite de Montmorency, princesse de Condé (1564-1650).  Emile-Paul,  1924, in-8°,  vi-406 pp, un portrait en frontispice, 3 grands tableaux généalogiques dépliants hors texte, notes, index, broché, bon état

            50

"Charlotte-Marguerite de Montmorency. princesse de Condé, n'a été – ce qui est bien cependant quelque chose – qu'une grande dame du grand siècle. Deux dons seulement la distinguent réellement des autres et lui ont écrit deux pages bien à elle dans l'histoire : sa beauté et sa maternité ; ses charmes attisèrent la dernière passion d'un roi décidément trop « vert-galant », et elle a été la mère du grand Condé. Comme, d'autre part, autant par sa naissance que par son mariage elle appartenait à la plus haute classe sociale et la plus proche du trône, à celle qui commandait à la nation et au sein de laquelle, d'ailleurs, des familles et des factions se disputaient bien fâcheusement, à coups de force ou d'intrigues, le pouvoir et les emplois, M. le vicomte de Noailles a pu, tout naturellement, en racontant la vie de la “Mère du grand Condé”, raconter presque toute une époque, événements politiques et. militaires, mœurs de la cour, aperçus littéraires, etc." (Ch. Baussan, La Croix, 21 sept 1924)

130.          ROMIER (Lucien). Le royaume de Catherine de Médicis : la France à la veille des guerres de religion.  Perrin,  1925, 2 vol. in-8°,  xxxvi-244 et 304 pp, notes, brochés, bon état

            70

"M. Lucien Romier, poursuivant avec méthode l'étude qu'il a entreprise de la période, encore si mal connue, des guerres de religion, vient de donner un tableau général de l'état de la France à la mort de Henri II, au point de vue politique, social et religieux. Le titre de son livre peut sembler un peu étrange, mais s'explique par l'importance du rôle de la reine-mère. Notre confrère connaît bien les sources de son sujet, et son travail se signale, de plus, par un rare et constant souci d'impartialité. Il a consacré sa préface à établir la valeur relative des témoignages utilisés, en présentant la bibliographie de son sujet sous forme d'une dissertation critique concentrée. Les vues de l'auteur sont originales et claires. Il a recours à une classification des sources, tout à fait justifiée, en textes documentaires (actes, correspondances, dépêches) et récits narratifs (journaux, pamphlets, mémoires, biographies, histoires), et donne un tableau des valeurs de ces sources pour leur emploi, suivant leur importance et leur véracité. M. Romier insiste ensuite sur deux faits importants : il montre combien l'emploi des « mémoires », utilisés longtemps par des historiens trop facilement satisfaits, a faussé les données les plus importantes, puis il remarque combien des publications incomplètes d'extraits, plus ou moins soigneusement choisis, ont contribué à créer des erreurs et à entretenir des légendes. Il donne ensuite successivement des chapitres sur la famille royale et la cour, les questions diplomatiques, la situation des différentes classes de la nation. Il consacre ensuite deux études à l'état de l'Eglise catholique et des confessions protestantes. Chacun de ces essais se concentre autour d'une personnalité ou d'un événement. L'organisation du pouvoir central, par exemple, est dominée par la figure de Catherine de Médicis, sur le rôle et le caractère de laquelle M. Romier insiste d'heureuse façon. Cette femme ne fut qu'une habile politicienne, qui est arrivée à maintenir l'unité du royaume et à sauver la dynastie des Valois ; mais par quels moyens ! L'importance des intérêts en présence, à la veille du conflit, explique la valeur du tableau que vient de donner notre confrère; son travail met à sa place chacun des acteurs du drame. Son livre est un remarquable essai, d'excellent esprit historique, s'appuyant sur une recherche scrupuleuse et impartiale de la vérité. La valeur technique en est évidente et, de plus, il se présente d'agréable façon, ce qui le rend accessible à tous." (Paul-M. Bondois, Bibliothèque de l'École des chartes, 1922) — "Les amis de la Revue n'ont pas oublié les très pénétrantes études de M. Romier sur les protestants français à la veille des guerres de religion. L'auteur, qui est l'un des connaisseurs les plus érudits de notre XVIe siècle, nous avait apporté, par avance, le dernier chapitre d'un ouvrage d'ensemble en deux tomes qu'il publie aujourd'hui, une sorte de tableau de l'histoire politique, sociale et religieuse de la France en ces heures critiques et décisives qui suivirent la mort de Henri II. Dans l'ensemble, l'impression qu'il nous donne de l'époque a toutes les chances d'être vraie. Tout au plus peut-on croire, sans romantisme, que les hommes étaient plus brutaux qu'il ne le laisse parfois entendre. Il a, en traits simples mais précis, caractérisé la vie économique et signalé le grand mal : le recul des forces productives de l'activité devant le commerce, plus fructueux et plus facile des valeurs mobilières. Parmi ces valeurs, il faut classer les offices vénaux : M. Romier a fait, du rôle de ces offices dans la vie économique et sociale, une analyse dont je crois que la minutieuse et riche exactitude n'a jamais été atteinte. Sur l'affaire, si importante, du « surhaussement des monnaies », les quelques pages de M. Romier sont claires et fermes, et il a le mérite d'appuyer sur des phénomènes trop peu entrevus, obscurs encore : la fuite des écus d'or et les effets du change. Nous passerons plus rapidement sur l'étude de l'église gallicane et du parti protestant. Des partis protestants plutôt : car le mérite principal de l'auteur est d'analyser les divers éléments, les régions géographiques, la stratification sociale, les tendances politiques, celle de Coligny et des pasteurs, celle des gentilshommes et de Condé. Nos lecteurs ont déjà goûté ces pages, fortes et lumineuses." (Henri Hauser, Revue Historique, 1923)

131.          SARMANT (Thierry). Pierre le Grand. La Russie et le monde.  Perrin,  2020, gr. in-8°,  557 pp, 8 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, une carte, glossaire, chronologie, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            20

Pierre le Grand est une des figures les plus extraordinaires de l'histoire de la Russie. Né en 1672, tsar de 1682 à 1725, il a modernisé son empire à marche forcée, réformé tout à la fois l'armée, l'Etat et l'Eglise, créé de toutes pièces une marine de guerre et initié une véritable révolution culturelle dont la Russie actuelle est l'héritière. Parmi les premiers chefs d'Etat à nourrir une vision géopolitique globale, il a porté ses ambitions conquérantes vers la mer Noire et la Baltique, mais aussi vers la Sibérie, l'Asie centrale et la Perse, et jusqu'à l'Inde et l'Amérique du Nord. Thierry Sarmant, d'une plume brillante et passionnée, s'appuyant sur les travaux les plus récents des chercheurs russes, allemands, français et anglo-saxons, brosse avec brio la vie de ce géant bâtisseur – dont Saint-Pétersbourg reste assurément le plus bel écrin – en le confrontant notamment à ses "collègues monarques" à la charnière des XVIIe et XVIIIe siècles, Louis XIV, Guillaume d'Orange ou encore Frédéric-Guillaume de Prusse. Ce faisant, il s'interroge aussi bien sur les troubles de l'identité russe que sur les ressorts de l'occidentalisation du monde et livre une biographie de haut vol appelée à demeurer une référence incontournable.

132.          SOLNON (Jean-François). La Cour de France.  Fayard,  1987, gr. in-8°,  649 pp, généalogies, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. à André Castelot

            40

Loin d'être un archaïsme ou un lieu de frivolité, la cour de France est, depuis François Ier, l'un des rouages essentiels de l'Etat moderne. Instrument de pacification nobiliaire, elle a permis à la monarchie de s'affermir. Foyer de culture et de civilisation, elle a été pour l'Europe entière un modèle envié, imité, mais jamais égalé. Trois siècles durant, les Valois puis les Bourbons ont ainsi forgé une subtile mécanique rayonnante, portée à son apogée par Louis XIV, mais dénaturée sous ses successeurs. Jean-François Solnon nous offre la seule synthèse qui met en lumière les facettes politiques, culturelles, sociales et civilisationnelles de la cour. Un ouvrage de référence écrit d'une plume alerte.

133.          TAINE (Hippolyte). Les Origines de la France contemporaine. L'Ancien Régime.  Hachette,  1880, in-8°,  viii-553 pp, mention de 10e édition, reliure demi-maroquin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, tites dorés (rel. de l'époque), dos frotté, soulignures crayon, rousseurs éparses, bon état

            30

Dans “Les Origines de la France contemporaine”, son oeuvre majeure, entreprise au lendemain de la débâcle de 1870, Hippolyte Taine (1828-1893) s'interroge sur les causes profondes qui ont conduit la France à la défaite. Il a connu quatre régimes politiques : Restauration, monarchie de Juillet, IIe République, second Empire ; un cinquième est en gestation – république ou monarchie – depuis la journée parisienne du 4 septembre 1870. Il a traversé trois révolutions, sans compter d'innombrables journées révolutionnaires, préludes à la Commune. Dans le même temps, le pays a mis en usage quatre Constitutions. Comment expliquer, par l'étude des révolutions survenues entre 1789 et 1804, l'état d'instabilité politique et d'inquiétude sociale dont souffre la France moderne et dans lequel Taine voit un facteur d'affaiblissement graduel ? Tel est le projet de l'enquête à laquelle il entend se livrer. Quel est le mal ? D'où vient-il ? Le diagnostic posé – la France est malade –, la recherche des causes du mal conduit Taine à y voir avant tout un problème scientifique. Pour lui, l'histoire est un art, certes, mais d'abord une science. Scientifique, le problème est aussi de nature psychologique : il s'agit de comprendre et de tenter de modifier un état mental propre à la France qui la porte à enfanter des principes abstraits qu'elle s'obstine à vouloir faire entrer de force dans la réalité. A ce niveau, le problème atteint à une dimension politique, celle de l'Etat. Par leur richesse, les Origines se prêtent à de multiples approches critiques. A la fois philosophie politique, histoire psychologique, morale sociale, l'ouvrage entraîne aussi, par sa qualité d'écriture, une critique littéraire. L'oeuvre de Taine mène enfin à une réflexion actuelle sur la démocratie. Ce n'est pas son moindre mérite. (Jean-Paul Cointet)

134.          TORLAIS (Jean). Réaumur : un esprit encyclopédique en dehors de « l'Encyclopédie ». D'après des documents inédits.  Desclée De Brouwer,  1936, pt in-8°,  447 pp, un portrait de Réaumur et 10 pl. de gravures hors texte, références, index, broché, bon état

            40

"René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757) est célèbre à la fois comme biologiste, entomologiste, inventeur, métallurgiste, naturaliste et physicien. Ce grand rival de Buffon manifeste en effet son génie en de nombreuses branches de la science et son œuvre concernant la métallurgie ou la thermométrie est aussi importante que celle qu'il a réalisée en entomologie et en embryologie. Esprit libre, il se méfie du savoir livresque et n'accorde pleinement sa confiance qu'à ce qu'il a observé lui-même. Comme le note P. -P. Grassé : « Le caractère le plus marquant de l'œuvre de Réaumur est sa totale objectivité. La méthode d'investigation qui l'a inspirée ne diffère point essentiellement de celle des chercheurs actuels... Reconnaître dans Réaumur l'auteur d'admirables découvertes est juste, mais il faut surtout voir en lui l'instaurateur de la méthode objective et expérimentale d'où la Biologie moderne est issue ». Cet ouvrage est une importante étude par le Dr Jean Torlais, éminent historien de la science du XVIIIe siècle. Cette belle monographie est considérée à juste titre comme l'ouvrage principal de référence concernant Réaumur et continuera à être lue et consultée avec profit par tous ceux qui s'intéressent à la science de la première moitié du XVIIIe siècle et au milieu scientifique français de cette période." (René Taton, Annales ESC, 1965)

135.          VILLAIN (Jean). Mazarin, homme d'argent.  Club du Livre d'Histoire,  1956, in-8°,  264 pp, 8 gravures hors texte (4 doubles), biblio, tiré sur Vergé Navarre, numéroté, reliure demi-basane carmin de l'éditeur, dos à 3 faux-nerfs, titres dorés, gardes illustrées, bon état

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Une fortune ministérielle du Grand Siècle. Le livre de Jean Villain apporte de précieuses informations sur les débuts, la carrière, la famille et le mode de vie de Mazarin.

 

RÉVOLUTION

 

136.          AUBRY (Octave). Quand la France attendait Napoléon.  Amiot-Dumont,  1952, pt in-8°,  254 pp, reliure pleine toile écrue, dos lisse avec pièce de titre basane carmin, une illustration en couleurs contrecollée au 1er plat, bon état (Coll. L'Histoire en flânant)

            25

"Un historien disparu trop tôt, Octave Aubry, avait installé ses quartiers de chercheur dans la Révolution et l'Empire. On publie aujourd'hui de lui "Quand la France attendait Napoléon" : une série de portraits brossés de main de maître, l'enchaînement des articulations au sein d'une période où tant d'événements capitaux s'étaient pour ainsi dire donné rendez-vous. Un bref avant-propos sur les difficultés de l'histoire constitue un véritable testament de métier, le fruit d'une expérience. Aubry ne croit pas à l'histoire absolument objective, il estime que les individus exceptionnels jouent un rôle de premier plan. "Seules comptent quelques personnes dans un siècle. Deux ou trois centaines d'hommes et de femmes pensent et créent. Les autres peuvent les suivre, mais sont incapables de prévoir". Voilà qui doit suffire à nous rendre bien modestes..." (Roger Duhamel, L'Action universitaire (Montréal), juillet 1953)

137.          BARRAS (Paul-Jean-François-Nicolas). Mémoires de Barras, membre du Directoire. Publiés avec une introduction générale, des préfaces et des appendices par Georges Duruy.  Hachette,  1895-1896, 4 vol. in-8°,  lxxxiii-372, xvi-543, xxxvi-526 et xxxii-548 pp, 7 portraits en héliogravure dont 4 en frontispice, 3 fac-similés et 2 cartes, index, reliures demi-chagrin bordeaux, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, têtes dorées (rel. de l'époque), un coin abîmé au tome IV, bon état. Edition originale

            300

Complet en 4 volumes — Tome I : Ancien Régime - Révolution ; tome II : Le Directoire jusqu'au 18 fructidor ; tome III : Le Directoire du 18 fructidor au 18 brumaire ; tome IV : Consulat, Empire, Restauration. Index analytique. — Barras est une des personnalités de premier plan et des plus controversées de la Révolution et de l'Empire : Conventionnel régicide, proche de Bonaparte à partir du siège de Toulon, nommé général commandant les armées de Paris pour réprimer Robespierre et son parti, puis, plus tard, l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV à l'aide de Bonaparte, il est élu Directeur le 31 octobre 1795. Jugé trop dangereux par Napoléon, il est écarté de la vie politique sous le Consulat et l'Empire. La publication de ses mémoires est très controversée. Il faut lire à ce sujet la longue notice de Jean Tulard (n° 82 de sa bibliographie) ainsi que l'article de Biré dans les Mémoires et Souvenirs (III, 83-102). Edition originale de ces importants et intéressants mémoires qui correspondent aux papiers que Barras avait légués à Rousselin de Saint-Albin et que ce dernier avait renoncé à publier. (Fierro, 78. Tulard, 82)

138.          BERTAUD (Jean-Paul). La Vie quotidienne des soldats de la Révolution, 1789-1799.  Hachette,  1985, in-8°,  326 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

De la porte des casernes, depuis les estrades enrubannées de tricolore qui les virent s'engager, nous suivons le long chemin qui conduisit les volontaires, les requis ou les conscrits vers les campements ouverts, pour sa défense, par la Révolution. Autour de la marmite qui les rassemblait le soir venu, nous écoutons ces soldats citoyens raconter leurs misères, leurs joies ou leurs déconvenues. Ils écrivaient à leurs parents et nous lisons leurs lettres ; ils jouaient, buvaient, se querellaient autour des femmes qui emplissaient leurs cantonnements et s'agenouillaient lorsque retentissait ce que Goethe appelait leur Te Deum, La Marseillaise. Nous vivons au milieu de leurs camps qui devinrent, en l'an II, un espace politisé. La bataille qu'ils menèrent fut comme "révolutionnée" par des stratégies et des tactiques nouvelles et par une guerre subversive qui n'a rien perdu de son actualité. Le lendemain des combats s'accompagna ici de gestes de générosité à l'égard des vaincus, là de pillages. Ce fut aussi, pour certains, le temps de l'hôpital – antichambre de la mort –, de la prison de guerre ou de la Maison des invalides où se réfugia une armée qu'on qualifia de "morte" et où se recrutèrent encore bien des révolutionnaires. Tous finirent par être les conteurs d'une épopée qui fonda la République. Ce livre est celui de la vie au jour le jour de "ces héros de la patience" qui, ainsi que l'écrivait Michelet, devinrent – sans pain et sans souliers, presque sans habits – la démocratie en armes.

139.          BREDIN (Jean-Denis). Une singulière famille. Jacques Necker, Suzanne Necker et Germaine de Staël.  Fayard,  1999, gr. in-8°,  454 pp, 12 pl. de gravures et portraits en noir et en couleurs hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            18

"Tous trois à genoux, en constante adoration les uns des autres." Ainsi Napoléon Ier a-t-il décrit Jacques et Suzanne Necker et leur fille Germaine, les yeux évidemment fixés sur cette insupportable Madame de Staël qu'il poursuivit de sa haine. Celle-ci a revendiqué hautement cette "adoration familiale" : "Je laisserai donc dire à qui se plaira dans cette observation bien gaie à côté de la mort que nous sommes une famille qui nous louons les uns les autres. Oui, nous nous sommes aimés, nous avons eu besoin de le dire, et, dédaignant de jamais repousser les attaques de nos ennemis, de faire usage de notre talent contre eux, nous leur- avons opposé un ferme sentiment d'élévation et de fierté." "Singulière famille que la nôtre", assurait de soit côté Jacques Necker, et sa fille ajoutait : "Singulière peut-être, mais qu'il lui soit permis de rester telle ; la foule ne se presse pas dans la voie qu'elle a choisie." C'est cette fière famille que ce livre évoque. Jacques Necker, trois fois ministre de Louis XVI - et deux fois congédié - idolâtré par les Français en Juillet 1789 parce qu'il leur semblait le symbole de la liberté, est entré dans l'histoire, exalté par les uns, vilipendé par les autres. Sa femme Suzanne, qui tint avant la Révolution un salon très influent et fonda l'hôpital qui porte toujours son nom, fut une épouse dévouée corps et âme à l'homme qu'elle adorait, et la mère trop rigide d'une fille trop douée. Quant à Germaine, elle a conquis la gloire par son œuvre littéraire, par ses amours, par son courage, par cet exaltation du cœur et de l'esprit dont elle demeure un extraordinaire exemple. Tous trois, ils ont vécu la plume à la main. Tous trois ont eu le culte de la vertu, même s'ils ne l'ont pas toujours vue de la même façon. Tous trois ont aimé Dieu, l'amour, l'amitié, la liberté - qui ne devait, pour eux, jamais se séparer de la modération - et encore la mélancolie et le désespoir et aussi toutes les images de la mort. Tous trois se prêtèrent mutuellement du génie. Tous trois, ils ont rêvé d'incarner la noblesse de l'âme et la grandeur de l'esprit.

140.          CANTREL (Emile). Nouvelles à la main sur la comtesse du Barry, trouvées dans les papiers du Comte de ***, revues et commentées par Emile Cantrel.  P., Henri Plon,  1861, in-8°,  iv-441 pp, ntroduction par Arsène Houssaye, 2 portraits et un autographe hors texte, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs pointillés soulignés à froid, titre et caissons fleuronnés dorés (rel. de l'époque), bon état

            100

Bien complet des 2 portraits dont un en rouge et un en frontispice ainsi que du billet en fac-similé autographe, tous en hors texte. Les nouvelles à la main ou gazettes à la main est le nom donné aux gazettes manuscrites, ou gazetins, secrètement diffusées avant l’invention des journaux, et que l’on continua ensuite à diffuser clandestinement pour traiter de matières qui auraient été interdites par la censure.

141.          CASTELOT (André). Madame Royale, d'après des documents inédits.  Club du Livre d'Histoire,  1956, in-8°,  343 pp, 12 pl. de gravures et fac-similés hors texte, sources, tiré sur Bouffant de luxe, numéroté, reliure demi-basane carmin de l'éditeur, dos à 3 faux-nerfs, titres dorés, sous emboîtage cartonné papier fantaisie, bon état

            20

"M. Castelot a pu consulter près de trois cents lettres inédites de la fille de Louis XVI. Cette documentation lui a été précieuse pour pénétrer plus avant dans la vie et la psychologie profonde de la malheureuse princesse. Il apparaît assez clairement, par exemple, que Madame Royale n'a pas toujours été cette femme revêche, maussade, rancunière, qui a si mal servi, sous la Restauration, la cause de la monarchie. Ce ne sont pas tant, semble-t-il, les souvenirs atroces de la Révolution qui l'ont définitivement marquée, que sa demi-captivité à la Hofburg et son union absurde avec le duc d'Angoulême. L'auteur n'a pas éclairé sans doute tous les « secrets » de Madame Royale, à commencer par le « mystère du Temple », mais il nous a donné sur sa douloureuse existence un livre émouvant. On reste confondu en vérité devant une telle accumulation de malheurs. Entre la sévérité à son égard et la compassion, c'est encore la compassion qui, jugement de l'histoire, devra l'emporter. Dans les premières pages du livre, M. Castelot insiste un peu lourdement sur les débuts malheureux de l'union du dauphin et de Marie-Antoinette. Il eût pu s'exprimer de façon plus discrète sans dommage pour la vérité." (Joseph Lecler, Revue Etudes)

142.          CHARMELOT (Madeleine-Anna). Saint-Just ou le Chevalier Organt.  Editions Sésame,  1957, in-12,  95 pp, broché, un portrait de Saint-Just en couverture, couv. lég. tachée, bon état

            20

"Les Editions Sésame présentent Saint-Just ou le Chevalier Organt de Mme M.-A. Charmelot, qui voit dans Organt un poème prémonitoire. Je ne suis pas assez "saint-justien" pour me prononcer et je me bornerai à dire que l'ouvrage est bien écrit et qu'il se lit avec intérêt. Mais l'auteur, grace à des recherches poursuivies pendant vingt années et à la découverte de nombreux inédits, se propose de publier une biographie de son héros qui doit apporter bien du nouveau. Déjà ce qu'elle en dit ici est certes curieux et on ne peut que souhaiter une prochaine réalisation de ce projet." (Jean Maitron, L'Actualité de l'histoire, 1958)

143.          CHEVALLIER (Jean-Jacques). Barnave ou les deux faces de la Révolution, 1761-1793.  Payot,  1936, in-8°,  360 pp, préface de Gabriel Hanotaux, 8 pl. de gravures hors texte, note bibliographique, reliure demi-maroquin carmin à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid avec titres dorés, couv. illustrée et dos conservés, dos légèrement et uniformément passé, bon état. Edition originale, exemplaire très bien relié

            90

"La France de 1789 était pleine de jeunes avocats qui faisaient écho au cri d'amertume de Barnave : « Les chemins sont fermés de toute part ». A quelques-uns, la Révolution offrit la chance d'une vie glorieuse mais courte. Barnave et Robespierre furent du nombre, le premier victime du second. Barnave, jeune et talentueux bourgeois de Grenoble, quelque peu dandy, admirateur de Montesquieu, fit d'abord carrière dans l'orbite de Mounier. Mais au lendemain du 14 juillet, ne lâcha-t-il pas à la tribune de l'Assemblée qu'il ne fallait point s'attendrir sur le sort des victimes : « Ce sang était-il donc si pur ? ». Avec ses amis Duport et les frères Lameth, il batailla à la tribune et sur le pré contre les aristocrates ; son éloquence en fit presque l'égal de Mirabeau. Et puis tout bascule. Il y eut d'abord la discussion sur les colonies, où il défendit, contre Brissot, les « Grands Blancs » contre les mulâtres. Surtout Robespierre se révéla un adversaire redoutable pour ceux qui voulaient, comme Barnave, affermir l'acquit constitutionnel de 1789-90, sans aller au-delà. Ajoutons « l'ébranlement sentimental qui va pousser à son terme une évolution politique déjà bien avancée » : il alla chercher le roi à Varennes et s'entassa « dans la berline avec la Monarchie souffrante ». Il s'imagina alors qu'il pouvait sauver la monarchie et correspondit secrètement avec la reine. La découverte de ce commerce le mena à l'échafaud (29 févr. 1793). Pour Barnave, il ne s'agissait pas de savoir comment finir une grève, mais comment terminer une révolution, dont il jugeait qu'elle avait atteint son but." (C. Michaud, Dix-Huitième Siècle)

144.          CHRISTOPHE (Robert). Danton.  Perrin,  1964, in-8°,  426 pp, 16 pl. de gravures hors texte, sources, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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« Sanson. tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine ! » Telles furent les dernières paroles de Danton, adressées au bourreau Cette tête avait porté la France. Enorme, laide au repos et presque belle quand l'homme parlait, elle avait combiné mille plans de batailles politiques, militaires, sentimentales, financières. En trente-quatre années d'une existence consacrée au barreau, à l'amour, à la France, à la Liberté, à la débauche, à l'argent, à la gloire, Danton avait épuisé toutes les jouissances de la vie. « Je suis saoul des hommes », affirmait-il avant de mourir. A la fois vénal et patriote, froussard et téméraire selon son humeur, passionné pour sa première femme et cependant infidèle, asservi à la seconde el néanmoins la dominant, éloquent à faire trembler les vitres, Danton fut le coeur de cette Révolution dont Robespierre était l'âme et Desmoulins la crécelle. Par deux fois, il sauva la France en guerre contre toute l'Europe. Grâce à lui, la Déclaration des Droits de l'Homme ne disparut pas dans le gigantesque incendie. La première fois, Danton usa-t-il, pour vaincre l'ennemi, de l'onéreuse cavalerie de saint Georges que représentaient les diamants de la Couronne ? L'étude que voici essaye de résoudre ce problème... La seconde fois, Danton construisit pierre à pierre la Terreur. Tout simplement. Et Ia Terreur se vengea en le dévorant lut-même. Danton illustre un chapitre pareillement atroce et sublime de l'histoire de France. Atroce, parce que le sang répandu et l'argent mal acquis en ternissent les pages. Sublime, parce que les immortelles conquêtes de la liberté y brillent en caractères tricolores. « Oui, criait Danton dans un roman de Victor Hugo, je suis une fille publique ! J'ai vendu mon ventre, mais j'ai sauvé le monde ! » Si Victor Hugo imagina la phrase, au moins n'avait-il pas inventé la chose. Elle était l'expression de la vérité.

145.          DUNOYER (Alphonse). Deux jurés du Tribunal révolutionnaire : Vilate « le petit maître », Trinchard « l'homme de la nature ».  Perrin,  1909, in-8°,  xi-332 pp, une planche en frontispice et 4 planches hors texte, dont 3 de fac-similés d'autographes, broché, bon état

            50

"Ce ne sont pas deux bien illustres personnages auxquels M. Dunoyer a consacré tout un volume. L'un, Joachim Vilate, dit Sempronius Gracchus, ex-prêtre et professeur dans la Creuse, petit-maître défroqué, fut le compagnon de débauche de Barère et de Hérault de Séchelles à Clichy, l'espion du Comité de Salut public et périt sur l'échafaud avec Fouquier-Tinville, le 19 mai 1795, à vingt-six ans. L'autre, François Trinchard, de Bordeaux, capucin, puis soldat et menuisier, se qualifiait lui-même « d'homme de la nature » et fut un des plus fidèles soutiens de l'affreux tribunal. Il échappa pourtant au dernier supplice parce qu'il n'avait pas eu de « mauvaises intentions » en votant la mort de tant de malheureux innocents. Aussi put-il, après être sorti de prison en octobre 1795, reparaître l'année d'après comme agent de la police secrète du Directoire. Mais pourquoi écrire si longuement (la fête de l'Être suprême, par exemple, est racontée en vingt-deux pages !) la biographie d'infâmes coquins ? ..." (Revue Historique, 1910)

146.          FOURNIER (Elie). Turreau et les Colonnes infernales.  Albin Michel,  1986, in-8°,  265 pp, préface de Pierre Chaunu, 10 cartes et documents, broché, couv. illustrée, bon état

            20

23 décembre 1793 : la Vendée, qui vient de semer cent mille cadavres sur les routes de Normandie et de Bretagne, expire à Savenay. "La France, l'Europe entière, écrira Kléber, connaissent toutes les atrocités qu'on a exercées sur ces misérables. Ma plume se refuse de les décrire." La Convention ne pourrait-elle se contenter de cette victoire sanglante et accepter le dialogue plusieurs fois amorcé par les insurgés ? Non, "il faut envoyer dans ce pays une armée incendiaire, en sorte que pendant un an nul homme, nul animal ne puisse subsister sur ce sol". La proposition a été faite, le 7 novembre, à l'Assemblée nationale. Alors arriva en ce pays Turreau, à qui le Pouvoir donne une consigne précise : "Extermine les brigands jusqu'au dernier, voilà ton devoir !" Pendant qu'à Paris la Révolution éreintée par la Terreur, tourbillonne sur elle-même et entre en convulsion, Turreau, en Vendée s'essouffle à massacrer et à brûler. Ses torches rallument un conflit prêt à s'éteindre et que ses auteurs qualifient désormais d'acharné, horrible, exécrable, infernal...

147.          HUGUET (Jean). Un coeur d'étoffe rouge. France et Vendée 1793, le mythe et l'histoire.  Laffont,  1985, in-8°,  272 pp, 15 pl. de gravures hors texte, 3 cartes, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, pt déchirure avec mque en haut d'un feuillet avec perte de qqs lettres (pp. 65-66), sinon bon état

            15

La guerre de Vendée – les Vendéens disent "la Grande Guerre" – est un des événements majeurs de notre histoire. Surgie spontanément en mars 1793, elle embrasa trois départements de l'Ouest au sud de la Loire et, en quatorze mois, fit près d'un demi-million de morts, Blancs et Bleus. C'est la plus grande guerre civile de l'histoire de France, la plus atroce...

148.          KÉRIGANT (Pierre-Marie Garnier de). Les Chouans. Episodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord depuis 1792 jusqu'en 1800, suivis d'une Notice sur la prise d'armes des Royalistes de ce département pendant les Cent Jours de 1815.  Louédac, Yves Salmon,  1988, in-12,  192 pp, pièces justificatives, broché, couv. illustrée à rabats, dos lég. sali, état correct. Réimpression de l'édition de Dinan, 1882

            25

149.          LEFEBVRE (Georges). Les Paysans du Nord pendant la Révolution française. (Thèse).  Armand Colin,  1972, gr. in-8°,  xxv-1013-v pp, nouvelle édition, tableaux, biblio, index, broché, bon état. Peu courant

            150

Reproduction à l'identique de la première édition (Lille, 1924). — "Il n'y a pas à rendre compte à proprement parler de la thèse du regretté G. Lefebvre. Elle date de 1924, et chacun en connaît, sinon le contenu précis, du moins la portée, puisque toute l'oeuvre ultérieure de Georges Lefebvre, récrivant à partir de ces investigations sociales en profondeur l'histoire de la Révolution française, l'a en quelque sorte élargie et prolongée.  Quant au contenu propre de cette oeuvre, le but de cette réédition est précisément de le rendre accessible par une édition plus largement diffusée que ne le fut (300 exemplaires !) l'original de 1924. (...) Ce livre présente « les paysans à la fin de l'ancien régime » et « les paysans et la Révolution » ; est-il besoin de dire cependant que l'ancien régime et la révolution ne s'opposent pas ici comme le noir et le blanc, mais que, si les tares de l'ancien régime sont démontrées avec une force et une précision accablantes, les lacunes de l'oeuvre, pourtant considérable, du nouveau régime en faveur des paysans sont pour la première fois mises en lumière. C'est ici en effet que prend naissance ce thème majeur (et bien connu) de l'oeuvre de G. Lefebvre : l'existence d'un corps complexe de revendications paysannes (surtout de la paysannerie pauvre), aspirations sociales, indépendantes des régimes et des valeurs politiques, aspirations dont la Révolution a satisfait les principales en abolissant droits féodaux et dîmes, par exemple (et c'est pourquoi l'ancien régime – G. Lefebvre conclut sur cette assertion – n'a jamais été regretté), mais dont elle a méconnu beaucoup, soit du fait de l'incompréhension des bourgeois individualistes à l'égard des vieilles pratiques sociales communautaires, soit tout simplement du fait des circonstances, guerre et réquisitions, inflation et disette, répression enfin..." (Maurice Agulhon, Études rurales)

150.          MATHIEZ (Albert). Danton et la paix.  P., Renaissance du Livre,  1919, in-12,  viii-262 pp, index, broché, bon état. Edition originale. Peu courant

            25

"M. Mathiez aura peut-être mieux réussi que certains enragés réactionnaires à priver de leur auréole tant de révolutionnaires fameux... La Révolution reste grande malgré tout, mais combien de ses « héros » sont des énergumènes ou des coquins ! Dans son ouvrage, “Danton et la paix”, on se demande vraiment si la statue colossale du tribun ne sera pas déboulonnée bientôt sous les coups formidables que lui portent la logique acérée et l'impitoyable érudition du professeur de Dijon... Déjà, la vénalité de Danton, jouisseur vulgaire, n'est plus sérieusement discutée entre les juges compétents ; le nouveau travail de M. Mathiez semble mettre en doute son intelligence politique. Il nous montre le fougueux orateur, qui criait à la tribune : « De l'audace, de l'audace et encore de l'audace, et la France est sauvée ! » comme un « défaitiste » au moment de la crise qui menace d'anéantir la France et la République. Quelque étrange que puisse paraître, au premier abord, une accusation pareille, il faut bien reconnaître que l'auteur a su lui donner, par l'interprétation des textes allégués et l'abondance des détails groupés par lui, un tel air de vraisemblance que les admirateurs de Danton – il en reste – se verront obligés d'examiner de très près les arguments réunis dans ce livre, et qui nous paraissent d'autant plus pressants que la valeur morale de l'homme ne peut plus être alléguée désormais pour protéger sa mémoire contre les pires soupçons ; car M. Mathiez ne lui impute pas seulement « la poursuite aussi infructueuse qu'opiniâtre d'une paix insaississable » (p. 140), alors « qu'il prodiguait les airs de bravoure en public », mais d'avoir été pendant tout ce temps « l'agent de l'Angleterre » et « l'instrument de la coalition » (p. 234). II finit par le caractériser comme un « aventurier sans scrupules, très capable de se vendre à l'ennemi », comme le « chef honteux, mais redoutable, de tous les défaitistes », comme « traître à la France et à la République » (p. 250)..." (Rod Reuss, Revue Historique, 1920)

151.          MICHELET (Jules). Histoire de la Révolution française.  P., Jean de Bonnot,  1974, 7 vol. in-8°,  380, 445, 478, 418, 536, 430 et 396 pp, imprimé sur papier vergé filigrané, nombreuses gravures d'époque dans le texte et pleine page hors texte, reliure cuir vert éditeur, dos lisses et plats richement décorés à l'or fin (symboles révolutionnaires, filets et guirlandes), têtes dorées, bon état

            200

La fameuse et superbement écrite "Histoire de la Révolution française" de Michelet,  des origines jusqu'à la mort de Robespierre (10 thermidor), publiée originellement de 1847 à 1853. — Pour la nation française, la Révolution est une résurrection. Des profondeurs cachées de l'âme populaire monte un chant glorieux qui abolit une réalité devenue stérile et qui célèbre l'avènement d'une humanité nouvelle. C'est bien ainsi que l'Europe accueillera la parole de la Révolution, comme l'Empire romain, jadis, avait accueilli la parole évangélique: une route jusque-là ignorée s'ouvre, où les siècles futurs trouveront racine. Tel est le paysage où, pendant plus de dix ans, Michelet va s'aventurer, dans une fièvre où l'enchantement et l'angoisse sont constamment mêlés. A travers la Révolution, Michelet s'abandonne à la quête fascinée des passions humaines confrontées à un drame de nature divine, puisque là, l'homme cherche à fonder une histoire antérieurement gouvernée par les dieux. Mais son vrai projet, c'est sa propre résurrection. Comme tout être vivant au cours de son périple terrestre, il est alors en proie à son propre enfer, rongé par le doute, la désespérance et la mélancolie. Cette image noire de sa propre existence, il va la régénérer en la plongeant dans la lumière. Il en sortira illuminé. Et c'est par là que la lecture de l'Histoire de la Révolution française reste si fondamentale pour tout homme d'aujourd'hui. Car ici est manifesté de manière exemplaire comment, au-delà de nos déchirements ou de nos incertitudes personnelles, une vision amoureuse du passé peut nous aider à retrouver place dans le devenir humain et à restituer ainsi une signification à notre destin individuel si souvent abandonné au hasard. Contre les puissances de mort à l'oeuvre dans notre temps, Michelet a inscrit ici l'histoire dans une polyphonie somptueuse où la Vie éclate avec une bouleversante fécondité. (Claude Mettra)

152.          PHOTIADÈS (Constantin). La Reine des Lanturelus. Marie-Thérèse Geoffrin, marquise de la Ferté-Imbault (1715-1791).  Plon,  1928, in-12,  v-282 pp, 2 gravures hors texte, broché, couv. illustrée, état correct

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"On ne se souvient guère aujourd’hui de Madame de La Ferté-Imbault, marquise d’Étampes, née à Paris en 1715 – l’année où disparut Louis XIV – et morte, toujours à Paris, en 1791, à la veille de l’exécution de Louis XVI. Personnalité importante de la société mondaine de son temps, Madame de La Ferté-Imbault n’apparaît pas seulement dans les mémoires et les correspondances de ses contemporains; elle a laissé un témoignage direct de sa vie et de son monde dans divers Mémoires, Anecdotes, Lettres, Portraits aujourd’hui encore inédits. C’est à partir de ces manuscrits que les deux plus grands spécialistes de notre comtesse, le marquis de Ségur et Constantin Photiadès, ont élaboré leurs biographies." (Benedetta Craveri, Revue d'histoire littéraire de la France, 2005) — "Un livre bien fait, bien écrit, qui, par le fond et la forme, contraste avec ces biographies bâclées dont est encombré en ce moment le marché littéraire... Cette fois, on n'a pas ravaudé en hâte des pages ramassées au hasard, on n'a pas démarqué de compilations périmées ; M. Constantin Photiadès a cherché les éléments de vérité à des sources inédites, il les a découverts dans les Archives nationales et dans les archives privées, notamment dans les papiers conservés par le marquis d'Estampes et par le comte Wladimir d'Ormesson. Son livre a amplement bénéficié de cette consciencieuse information ; c'est avec une très vivante précision qu'il évoque la figure du personnage auquel il, est consacré et le milieu où fut goûtée la fantaisie calculée de “La Reine des Lanturelus”. La marquise de La Ferté-Imbault avait l'esprit robuste et profond; son éducation et son penchant naturel l'attiraient vers les livres sérieux, les méditations graves ; il y avait en elle l'étoffe d'un moraliste. Elle était belle et bien faite, sa brune beauté lui valait de nombreux hommages, et au premier rang de ses admirateurs elle compta un roi, le bon Stanislas Leczinski. Mais de bonne heure les déboires et les tristesses ne manquèrent pas à sa vie ; veuve prématurément d'un mari léger et futile, elle vit mourir sa fille alors que celle-ci entrait. à peine dans l'adolescence ; et un peu plus tard elle eut la douleur de perdre sa nièce par alliance, morte en donnant le jour à une fille qui devait devenir la vicomtesse de Bourdeilles. Mais, pour ne pas entrer constamment en conflit avec sa mère si impérieuse, si jalouse de sa royauté salonnière, Marie-Thérèse s'était de longue date entraînée à la contrainte. Elle avait pris le parti de cacher tous les côtés graves et réfléchis de sa nature. Elle dissimulait sa réelle valeur sous les dehors du caprice et de l'étourderie. Elle babillait, elle ironisait, tout lui était prétexte à plaisanterie, et à folle plaisanterie bref, pour parler comme elle, « sa raison se déguisait sous un domino de déraison ». Ainsi allait, dans le bal masqué que lui semblait le monde, cette jeune femme qui était vertueuse et pieuse et qui, aux heures de solitude, avait les plus graves lectures, faisait sa compagnie préférée des Pères de l'Eglise, des prédicateurs chrétiens, des moralistes du seizième et du dix-septième siècle de ceux qu'elle appelait « ses vieux amis morts ». On ne voyait, on ne voulut voir longtemps en elle qu'une personne aimable, gaie, fantasque, dont la verve folle déridait les plus moroses – bref, le boute-en-train des Lanturelus. Le « Sublime Ordre des Lanturelus » avait été fondé au cours de l'hiver 1771. A l'instar des confréries occultes qui pullulaient alors, des sociétés badines se constituaient et prenaient figure de sociétés secrètes. Un secret qui était bientôt celui de Polichinelle ! On parlait des Lanturelus dans toutes les cours d'Europe. On savait que le baron de Grimm était « doyen de l'Ordre », le cardinal de Bernis « grand protecteur », le duc de La Trémoïlle « grand fauconnier », Le Pelletier de Saint-Fargeau « chancelier », etc. Marie-Thérèse avait débuté comme « grande-maîtresse », mais, de par la volonté de ses sujets, elle était devenue « Sa Très Extravagante Majesté Lanturelienne, fondatrice de l'Ordre et autocrate 'de toutes les Folies »... Il y a là un aspect de la vie mondaine du dix-huitième siècle qui méritait d'être fixé. (...) Il faut savoir beaucoup de gré à M. Constantin Photiadès de nous avoir fait mieux connaître cette femme d'esprit qui fut une femme de tête, une femme de coeur et une honnête femme." (Raymond Lécuyer, Le Gaulois, 15 mars 1928)

153.          PRAVIEL (Armand). Monsieur du Barri et sa famille.  Armand Colin,  1932, in-8°,  238 pp, qqs notes bibliographiques, broché, imprimé sur papier d'alfa, bon état (Coll. Ames et visages)

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L'histoire de Mme du Barri n'est plus à faire, mais celle de M. du Barri, pourtant fort intéressante, est restée dans l'ombre. Comment ce hobereau, enlisé dans son domaine familial de Gascogne, voit-il soudain la fortune s'offrir à lui, au prix de quel marchandage donne-t-il son nom à la maîtresse du roi, quels avantages en résultent pour lui et pour les siens, c'est ce que nous conte avec esprit M. Armand Praviel. Piquantes anecdotes, tableau fidèle et animé de la Cour, de Toulouse, sous Louis XVI et sous la Révolution, esquisse brillante des paysages de Gascogne, tout contribue à faire vivre cet ouvrage, captivant comme un conte, mais scrupuleusement établi sur les documents les plus sûrs. (L'Editeur) — Jean-Baptiste Dubarry, comte du Barry-Cérès, vidame de Châlons-en-Champagne, né en 1723 à Lévignac et guillotiné à Toulouse le 17 janvier 1794 a été l'amant puis le beau-frère de la comtesse du Barry, devenue la favorite du roi Louis XV.

154.          REINACH-FOUSSEMAGNE (Comtesse H. de). Une fidèle : la marquise de Lage de Volude, 1764-1842, d'après des documents inédits.  Perrin,  1908, fort in-8°,  xvii-448 pp, préface par le marquis Costa de Beauregard, un portrait en frontispice sous serpente et 12 pl. de gravures et portraits hors texte, un tableau généalogique dépliant, 2 fac similés, index, reliure demi-basane bleue, dos à 5 nerfs soulignés à froid, auteur et titre dorés, couv. conservées (pt accroc au 2e plat de couv.) (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état, envoi a.s. à l'académicien Alfred Mézières

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Les souvenirs de la marquise de Lage de Volude, dame de la princesse de Lamballe, ayant émigré à Coblence en 1792 puis en Espagne, ont servi de trame à cette intéressante biographie. Mme de Lage fut mêlée de près aux grands événements de la Révolution et de l'Empire : à la Cour avant la Révolution ; la Révolution ; l'émigration en Suisse et en Allemagne ; en Espagne ; en Angleterre ; la Terreur à Bordeaux ; chez la duchesse d'Orléans à Figueras (1805-1807) ; installation à Saintes en 1807 ; Restauration ; Révolution de Juillet ; exil et mort à Bade en 1842. — "Légitimiste ardente et de revanche avide / Dans son intransigeance elle se verrouillait / Mais sous cape la dame acceptait un subside / De l'ogre Bonaparte et du roi de Juillet."

155.          SOBOUL (Albert). Mouvement populaire et gouvernement révolutionnaire en l'An II, 1793-1794.  Flammarion,  1973, in-12,  508 pp, un tableau, 2 cartes et plans, broché, bon état (Coll. Science)

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Quatre-vingt-treize et l'an II virent donc, de la chute des Girondins à celle de Robespierre et du Gouvernement révolutionnaire, du 2 juin 1793 au 9 thermidor, l'essor, puis l'arrêt, enfin le déclin du mouvement populaire. Ce livre s'attache essentiellement à l'étude de la sans-culotterie parisienne organisée dans ses quarante-huit sections : force sociale déterminante dans le processus révolutionnaire en 1793-1794. Alors s'affirmèrent, au cœur d'un complexe et terrible jeu politique et social, les problèmes essentiels de la pratique révolutionnaire : problème des rapports d'un mouvement populaire et d'un gouvernement révolutionnaire, et donc de la dualité des pouvoirs, du nécessaire passage des cadres dans les appareils, et aussi de la bureaucratie révolutionnaire et du nouveau conformisme... —  "Reprise d'une partie de la thèse d'A. S. publiée en 1958 et consacrée à l'histoire de ce mouvement populaire parisien que fut la « sans-culotterie ». Ici l'événement cède le pas : c'est à la composition sociologique de la sans-culotterie, aux aspirations sociales, aux mentalités, aux idées politiques, aux types de comportements, aux formes d'organisation, à la vie quotidienne des sans-culottes que s'intéresse A. S. Un chapitre final tente de dresser le bilan du mouvement populaire de l'an II." (Revue française de science politique)

156.          TISSERAND (Chanoine E.). Histoire de la Révolution française dans les Alpes-Maritimes.  Marseille, Laffitte Reprints,  1974, in-8°,  viii-499 pp, notes, index, reliure simili-cuir marron de l'éditeur, dos lisse, pièce de titre carmin, soulignures et annotations stylo (sur la première garde et 27 des 41 premières pages) et crayon, sinon bon état. Réimpression tirée à 300 ex. seulement de l'édition de Nice, 1878

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"Le seul dessein que je me propose dans cette Histoire de la Révolution française dans les Alpes-Maritimes, c'est de compléter les Monographies de Nice, de Vence et d'Antibes qui s'arrêtaient à 1789, et de mettre en ordre les documents puisés dans les archives communales et dans celles de la préfecture, sur les évènements si émouvants de notre grande Révolution. Nos contrées en ont ressenti d'autant plus les effets qu'elles étaient plus rapprochées de la frontière. Aussi presque tous nos grands généraux sont-ils venus s'illustrer dans les Alpes-Maritimes. C'est chez nous que Bonaparte et Masséna ont débuté. (...) J'atteste que je n'ai écrit que sur des documents officiels. Il serait trop ambitieux de prétendre tout dire, mais c'est peut-être un titre à l'indulgence de mes collègues, et de tous, d'avoir ouvert le champ à ceux qui voudront encore découvrir et écrire après moi sur la Révolution française dans les Alpes-Maritimes." — Le chanoine Eugène Tisserand (1816-1879), directeur du pensionnat de Vence, puis aumônier du lycée de Nice, a apporté une abondante contribution à la connaissance historique et archéologique des Alpes-Maritimes.

157.          VANDAL (Albert). L'Avènement de Bonaparte.  Plon,  1902-1907, 2 vol. gr. in-8°,  ix-600 et 540 pp, brochés, couv. lég. défraîchies, bon état

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I. La Genèse du Consulat – Brumaire – La constitution de l'an VIII ; II. La République consulaire, 1800. — « Depuis la chute de Robespierre jusqu’à l’avènement de Bonaparte, un fait domine l’histoire politique de la Révolution : l’effort des révolutionnaires nantis, en possession des places et de l’influence, pour se maintenir au pouvoir, pour s’y perpétuer obstinément, malgré et contre la nation. » Importante étude analysant « comment Bonaparte s’empara du pouvoir, dans la France révolutionnée, et comment, affranchissant les Français de la tyrannie jacobine sans les courber encore sous la lourdeur de son despotisme, il posa les premières bases de la réconciliation et de la reconstitution nationales. » A noter une analyse remarquable de la constitution de l'an VIII au premier volume. Professeur à l’Ecole des Sciences politiques et membre de l’Académie française, Vandal se place au premier rang des historiens français.

 

1er EMPIRE

 

158.          BASCHET (Roger). Le général Daumesnil, "l'ange gardien de Napoléon".  Hachette,  1938, pt in-8°,  253 pp, sources, broché, couv. illustrée d'un portrait de Daumesnil, bon état

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Biographie du célèbre gardien de Vincennes, qu'un colonel autrichien sommait de rendre les murailles de Charles V, et à qui il fut répondu : "Colonel, rendez moi ma jambe et je rendrai Vincennes !!!" — "Le général Daumesnil est célèbre parce que c'est le « Général à la jambe de bois » qui refusa de rendre le fort de Vincennes aux Alliés en 1814 et en 1815. Né à Périgueux le 27 juillet 1776, il s'engage à Toulouse, le 10 novembre 1793, au 22e régiment de chasseurs à cheval qui rejoint l'armée d'ltalie au début de 1796. Désormais Daumesnil va faire campagne avec Bonaparte à Arcole, en Egypte, en Palestine puis dans la garde consulaire. C'est à Wagram, où il servait comme colonel, qu'il eut la jambe fracassée par un boulet. II fallut l'amputer. II continua à servir, et fut nommé en 1812 gouverneur de Vincennes. Dans la nuit du 30 au 31 mars 1814, il réussit à rassembler au fort des fusils, des munitions, des équipements ; ce qui lui permit de résister jusqu'au 12 avril, longtemps après la capitulation de Paris et l'abdication de Napoléon. De même en 1815, il résiste du 9 au 14 juillet et ne se rend que sur les injonctions du nouveau ministre de la Guerre, Gouvion Saint-Cyr. Après ces exploits, il jouit d'une paisible retraite, et mourut du choléra le 17 aout 1832." (J. Godechot, Revue Historique)

159.          BILLARD (Dr Max). La Conspiration de Malet. Un interrègne de quelques heures, la nuit du 23 octobre 1812.  Perrin,  1907, in-8°,  198 pp, 27 gravures, illustrations et fac-similés (dont 12 hors texte), un plan, broché, couv. lég. défraîchie, état correct

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"Divers écrivains nous ont conté l'histoire de la conspiration du général Malet. Et voici le docteur Max Billard qui, à son tour, fait le récit de ce qu'il appelle, d'une façon un peu exagérée, « un interrègne de quelques heures ». On sait que le théâtre a représenté un drame sur cette affaire ; et, en vérité, si le dénouement de ladite affaire n'avait pas été si tragique, un vaudevilliste aurait certainement trouvé là un sujet des plus hilares. Je m'explique. Feuilletez, à travers les peuples et les âges, la longue histoire des conspirations : vous ne découvrirez rien qui approche, même de loin, le comique des débuts de cette extraordinaire aventure qui embruma si fort la puissance impériale et mit tout le Paris frondeur du temps en belle humeur. Voilà, en effet, un pauvre diable de prisonnier, tenu pour fou, qui s'évade paisiblement d'une maison de santé et qui, avec le concours de deux abbés brouillons, d'un caporal rêvant l'épaulette et d'un poète de dixième ordre, fraîchement arrivé de sa province, conçoit l'idée folle de renverser, en un tour de main, le trône du plus grand potentat de l'Europe. Il s'adjoint ensuite des généraux, d'autres officiers, inconscients ou à peu près, et fait marcher toutes ces marionnettes vers le but qu'il s'est tracé. Et il s'en faut de peu que la tintamarresque combinaison ne réussisse. M. le docteur Billard expose les faits d'une façon très divertissante jusqu'à la page 103 de son livre. Mais alors commence la tragédie : Malet, démasqué, est arrêté puis, avec la plupart de ses complices, il est jugé, condamné, et bientôt exécuté. La répression fut aussi rapide que l'attaque avait été soudaine. De sorte que quand Napoléon, accouru des steppes de Russie, où la Grande Armée avait fondu, reprit possession de Paris, il n'eut plus qu'à récompenser les intelligents et les dévoués et à châtier les sots. Le volume du docteur Billard est orné d'un certain nombre de gravures, la plupart documentaires ; deux, toutefois, sont d'une jolie fantaisie et d'un comique achevé (p. 41,  « l'arrivée de Rateau chez l'abbé Cajamano », et, p. 112, « le baron Pasquier chez l'apothicaire Sillan »)." (E.Chapuis-Gaudot, Revue des Questions historiques, 1907)

160.          BOURGET-BESNIER (Elisabeth). Une famille française sous la Révolution et l'Empire. La famille de Lezay-Marnesia.  P., chez l'Auteur,  1985, in-8°,  149 pp, 8 gravures, portraits et fac-similés, broché, dos lég. sali, bon état. Peu courant

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pp. 125-138 : Une fille adoptive de Napoléon, Stéphanie de Beauharnais. Son éducation dans la pension de Mme Campan.

161.          COIGNET (Jean-Roch). Aux Vieux de la vieille ! Souvenirs de J.-R. Coignet.  Genève, Editions de Crémille,  1971, in-12,  236 pp, une photo de l'auteur (âgé) et 11 gravures hors texte, tiré sur papier Bouffant de luxe, reliure simili-cuir de l'éditeur titrée au dos : "Vingt ans de grogne et de gloire avec l'empereur", bon état

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"Souvenirs de J.-R. Coignet, soldat de la 96e demi-brigade, soldat et sous-officier au 1er régiment des grenadiers à pied de la garde, vaguemestre du petit et du grand quartier impérial, capitaine d'état-major en retraite, premier chevalier de la Légion d'honneur, officier du même ordre." — Publiés d'abord par leur auteur en 1851-1853 sous le titre "Aux Vieux de la vieille ! Souvenirs de Jean-Roch Coignet", ces mémoires furent en partie réédités en 1883 chez Hachette par Lorédan Larchey sous le titre "Les Cahiers du Capitaine Coignet".

162.          DIMITRIADIS (Dicta). Mademoiselle Lenormand. La reine de la voyance.  Perrin,  1990, in-8°,  260 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 3 fac-similés, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Terres des Femmes)

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Née en mai 1772 à Alençon, Marie-Anne Lenormand décida, à l'âge de quatorze ans, munie d'un baluchon contenant un jeu de tarots, une robe blanche et un écu de six francs, de partir pour Paris. Les sentiers de la gloire seront pour elles cahotiques et pittoresques, qui lui feront connaître à la fois les prisons et les palais. Mlle Lenormand régna quarante ans sur le monde de la voyance. Son appartement de la rue de Tournon vit défiler pendant la Révolution, sous le Consulat et l'Empire, une étonnante gamme de célébrités. Ainsi Robespierre et Marat (auxquels elle prédit une fin difficile), la consulteront-ils, de même que le tsar Alexandre et George IV d'Angleterre. Son intimité avec Joséphine – elle lui aurait prédit dès 1796 : "Vous serez plus que reine" – irritait Bonparte qui lui interdit les Tuileries. Elle aurait pourtant annoncé au Corse un grand destin alors qu'il était capitaine. Clairvoyante certainement, psychologue habile, douée de bon sens, bien informée, elle faisait des prédictions parfois très précises – telle celle de "la mort d'un prince" (Enghien) ou du divorce de l'Empereur – qui ne pouvaient qu'intriguer la police. Et Fouché ne se privait pas de la faire espionner. La grande réputation, le culot et aussi la dégaine de Mlle Lenormand, qui se disait arrière-arrière-petite-fille de la Sibylle de Cumes (!), lui valaient d'être brocardée par les journalistes, dont certains toutefois la consultaient. Dévorée par la passion d'écrire, elle laissa quatorze ouvrages et ne manqua pas de faire sa propre publicité en livrant "ses souvenirs prophétiques" que l'auteur utilise avec l'esprit critique qui convient. — "Etonnante voyante que cette Lenormand qui, de Louis XVI à Louis-Philippe, traverse tous les régimes, tous les salons, toutes les prisons. Tantôt portée au pinacle par les femmes que ses prédictions sur leur vie sentimentale transportent, tantôt jetée dans les cachots par les hommes au pouvoir que ses prédictions exaspèrent, Mademoiselle Lenormand compte, parmi ses clients et clientes, le comte de Provence, la princesse de Lamballe, Marat, Robespierre, Saint-Just, Joséphine de Beauharnais, le tsar de Russie et autres personnages illustres. Il a fallu à Dicta Dimitriadis beaucoup de mérite, mais aussi beaucoup de recherches, pour démêler le vrai du faux dans la vie et les prédictions de cette voyante qui, en plus, se mêlait d'écrire " (Jean Chalon, Le Figaro)

163.          FAIN (Agathon Jean-François, baron). Mémoires. Présentation et notes par Charles-Eloi Vial.  Perrin,  2020, in-8°,  xvi-372 pp, 2 plans, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. de Charles-Eloi Vial

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Publiés il y a plus d'un siècle, les passionnants Mémoires du premier secrétaire du cabinet sont d'une lecture incontournable pour quiconque s'intéresse à l'homme Napoléon et à son règne. D'une construction originale, ils dépeignent le quotidien de l'Empereur en faisant pénétrer le lecteur dans ses différents lieux de travail, de pouvoir et de vie (châteaux, bureaux, bivouacs...), avant de proposer un portrait mémorable du souverain à l'âge de 40 ans. Sous la plume fidèle de Fain, Napoléon parle, dicte, commande, agit, mange vite et dort peu. Ministres, maréchaux, courtisans et grands commis de l'État impérial forment à ses côtés une fresque de personnages et d'anecdotes ciselée à la perfection. Il manquait à ces Mémoires d'État une édition critique de référence. Charles-Éloi Vial l'établit au moyen d'une introduction substantielle et de plus de 500 notes explicatives éclairantes. — "Secrétaire de Napoléon de 1806 à 1814, puis en 1815, Fain (1778-1837) décrit l'organisation de son cabinet intérieur, les conseils (conseil des ministres, conseils d'administration, conseil d'Etat), les audiences, les voyages en temps de paix et en temps de guerre, l'entourage des Tuileries. ...Ces mémoires s'achèvent par un portrait de l'Empereur. Une source de tout premier ordre pour l'histoire de l'Empire." (Tulard, 522).

164.          FAIN (Baron). Souvenirs de la campagne de France (manuscrit de 1814). Nouvelle édition publiée avec une préface de G. Lenotre.  Perrin,  1914, pt in-8°,  xvii-260 pp, préface par G. Lenotre, 10 planches hors texte, broché, bon état

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Premier secrétaire du cabinet de l'Empereur, Fain a assisté aux premières loges à la fin du Premier Empire. Il raconte avec talents la guerre héroïque de la campagne de France avec les dernières victoires (Champaubert, Montmirail, Château-Thierry, Vauchamps, Montereau), les menées de Talleyrand et du parti royaliste, la trahison de Marmont et "l'agonie de Fontainebleau". Son témoignage est considéré comme fondamental par tous les historiens du Premier Empire.

165.          GAUBERT (Henri). Le Sacre de Napoléon Ier.  Flammarion,   1964, in-8°,  246 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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"Cet ouvrage s'appuie sur des travaux sérieux et récents, comme l'ouvrage de Mgr Leflon sur Bernier, qui est cité plusieurs fois. Traitant de toutes les questions qui se sont posées à propos du sacre, il s'arrête par exemple longuement aux négociations difficiles qui furent engagées avec Rome pour obtenir que le pape vînt à Paris pour sacrer l'empereur. Il montre comment le cérémonial traditionnel du sacre des rois fut corrigé et simplifié par Portalis et par Bernier, pour ne pas trop heurter un entourage en partie athée et hostile. Il précise que, dès le 30 novembre, deux jours avant la cérémonie, le pape fut averti, sans trop réagir, qu'après le sacre proprement dit Napoléon se couronnerait lui-même et couronnerait l'impératrice. Il met au point la question du mariage religieux de Napoléon et de Joséphine, célébré la veille du sacre, mais dans des conditions un peu irrégulières qui permirent par la suite l'annulation prononcée par l'officialité de Paris. Il y aurait encore bien d'autres détails à relever qui ne manquent pas d'intérêt..." (Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1965)

166.          LEJEUNE (Louis-François, général baron). Sièges de Saragosse. Histoire et peinture des événements qui ont eu lieu dans cette ville ouverte pendant les deux sièges qu'elle a soutenus en 1808 et 1809. Les matériaux de cette description ont été recueillis sur les lieux pendant le second siège. Les récits des Espagnols ont été vérifiés, et ce travail a été complété au moyen de pièces officielles réunies dans l'ouvrage de J. Belmas.  P., Firmin-Didot,  1840, in-8°,  vii-269 pp, broché, qqs rousseurs, bon état (Tulard, 891). Sans le plan dépliant de Saragosse in fine

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Edition originale du récit des sièges de Saragosse de 1808 et 1809 menées par Napoléon durant la campagne d’Espagne, le second étant considéré comme l’une des batailles les plus brutales des guerres napoléoniennes. Il fut rédigé par le peintre, graveur et général de brigade du Premier Empire Louis François Lejeune (1775-1848). Il participa à pratiquement toutes les campagnes napoléoniennes dont celle d’Espagne où il fut blessé et fait prisonnier.

167.          LEWANDOWSKI (Cédric). Lucien Bonaparte. Le prince républicain.  Passés Composés,  2019, in-8°,  460 pp, 8 pl. d'illustrations en noir et en couleurs hors texte, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Lucien Bonaparte aurait pu se contenter d’être le frère de l’Empereur. Son intelligence, sa passion de la politique et son courage en ont décidé autrement. Révolutionnaire, député, président du Conseil des Cinq-Cents, sauveur du coup d’État du 18 brumaire, ministre de l’Intérieur avant même d’avoir 25 ans, il appartient à ceux qui savent brusquer les événements pour changer le cours de l’histoire. À l’autoritarisme de Napoléon, qui n’a eu de cesse de minimiser l’importance du rôle de ce jeune frère dans son ascension, Lucien Bonaparte préfère la liberté. Par conviction autant que par orgueil. Parfois avec regrets et amertume. Du pouvoir à l’exil, du chaos de la Révolution française au calme de sa retraite italienne, son parcours politique et personnel n’emprunte jamais les chemins déjà tracés. Devenu prince de Canino par la grâce du pape Pie VII, il reste profondément attaché à la République qu’il espère voir triompher un jour. Républicain de cœur, prince de circonstance, Lucien Bonaparte est un prince républicain.

168.          LIGNEREUX (Aurélien). Gendarmes et policiers dans la France de Napoléon. Le duel Moncey-Fouché.  Service historique de la Gendarmerie nationale,  2002, gr. in-8°,  275 pp, préface de Jean Tulard, annexes, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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La police de Napoléon est bien connue ; cependant, elle est trop souvent réduite aux seuls agents du ministère de la Police générale, sans prendre en compte la gendarmerie, l'autre pièce majeure du complexe policier impérial. La guerre des polices sous Napoléon semble tout aussi familière ; or, on la limite en général aux rivalités opposant le ministère à la préfecture de police ou aux polices militaires de Savary et de Duroc, sans guère s'attarder sur le conflit pourtant essentiel qui le mit aux prises avec l'inspection générale de la gendarmerie. Le personnage de Fouché est pour le moins fameux : symbolisant à lui seul la police de Napoléon, il a exercé une fascination qui, entre admiration et répulsion, a pu confiner au mythe ; or, une telle attraction laisse dans l'ombre son rival, le maréchal Moncey, lui aussi chef symbole du corps dont il eut la charge. Et si le contentieux entre Moncey et Fouché a suscité quelque curiosité, c'est surtout celle d'une petite histoire, sensible aux aspects spectaculaires du heurt de ces deux caractères, ou d'une histoire identitaire, attentive au choc de ces deux figures emblématiques. Leur face-à-face fut pourtant d'une toute autre portée. Derrière la guerre des chefs, il faut voir une confrontation aux formes multiples : querelles de personnes et disputes de mots, préjugés et prétentions réciproques, noyautage et provocations, course à l'information et dénigrement du rival auprès de Napoléon... La guerre des bureaux, née du choc des ambitions antagonistes de Moncey et de Fouché, se nourrissait d'une guerre des images dont l'enjeu n'impliquait pas moins l'indépendance, les missions et les représentations de la gendarmerie. Napoléon a préféré ne pas trancher entre un régime policier et un État gendarme pour imposer une collaboration de raison, tout en exploitant ces tensions qui, en cette époque de fondations, ont posé les fondements d'une guerre de deux cents ans. Car, plus qu'un exemple de guerre des polices, le conflit entre Fouché et Moncey en fournit le prototype. (4e de couverture) — "Les policiers et les gendarmes qui écrivent l’histoire de leurs corps respectifs en font presque systématiquement remonter les origines au Moyen Âge, voire à l’Antiquité. La dualité des forces de l’ordre en France serait, par conséquent, multiséculaire, peut-être millénaire, à en croire ces auteurs. La rivalité de la police et de la gendarmerie, qui ressurgit régulièrement depuis le début du XIXe siècle – de même que les débats politiques pour tenter de l’apaiser – épouse-t-elle cette ancienneté ? L’étude d’Aurélien Lignereux a l’ambition de contribuer à la compréhension des « origines du vieux contentieux opposant gendarmes et policiers ». L’actualité gouvernementale confère donc à ce livre une pertinence qui fait ressortir toutes les qualités d’une maîtrise menée sous la direction de Jean-Noël Luc à l’Université Paris IV-Sorbonne et distingué par le prix littéraire de la gendarmerie en 2001." (Laurent Lopez, Revue d'histoire du XIXe siècle, 2006)

169.          LIGNEREUX (Aurélien). Les impériaux. Administrer et habiter l'Europe de Napoléon.  Fayard,  2019, gr. in-8°,  426 pp, 8 portraits en couleurs sur 4 pl. hors texte, 21 cartes, 5 tableaux, 18 graphiques, sources et biblio, annexes, 2 index, broché, couv. illustrée, bon état

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Taillé à coups de sabre dans le continent pour nourrir les guerres et venir à bout de l'Angleterre, et pourtant destiné à offrir aux Européens un espace de droit et de civilisation, le Grand Empire de Napoléon fascine autant par ses proportions que par les tensions qui le parcouraient. Or que sait-on des fonctionnaires chargés de lui donner corps ? Les états d'âme de ces hommes, à la fois missionnaires impériaux et pères de famille désorientés par de tels déplacements, sont ceux de toute une génération partagée entre souci de stabilité et désir de mobilité, et reflètent les contradictions d'une France portée à 130 départements, qui se construit simultanément en Etat-Nation et en Etat-Empire. En s'attachant à l'expérience sensible, sociale et culturelle de l'expatriation, ce livre entend réintégrer l'ère napoléonienne au sein d'une histoire toujours plus ouverte et connectée des circulations d'hommes et de savoirs. L'enquête suit, pas à pas, une cohorte de 1 500 Impériaux, du préfet au préposé des douanes, depuis leur départ hors des vieilles frontières jusqu'à la mémoire d'un épisode ayant conjugué l'épreuve intime du dépaysement au sentiment gratifiant d'avoir écrit l'Histoire. Se dessinent alors une sociologie de ces agents happés par le marché impérial des emplois publics ainsi qu'une anthropologie de l'expatrié au fil d'une immersion au sein des correspondances privées. A leur retour en France, ces experts occupent des postes clefs dans les administrations fiscales, les Eaux et Forêts ou les Ponts et Chaussées ; la leçon qu'ils ont tirée de la domination napoléonienne contribue à redéfinir le rapport au monde de leurs compatriotes : ces praticiens du droit d'un peuple à disposer des autres se font, après 1815, les partisans du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, tout en poussant au rebond mondial de l'expansionnisme français.

170.          MARTINEAU (Gilbert). Napoléon se rend aux Anglais.  Hachette,  1969, in-8°,  284 pp, fac-similés de 2 lettres, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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171.          MARTINEAU (Gilbert). Napoléon se rend aux Anglais.  Hachette,  1969, in-8°,  284 pp, fac-similés de 2 lettres, biblio, reliure toile verte, dos lisse, pièce de titre basane carmin, couv. illustrée conservée, bon état

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Vaincu à Waterloo, Napoléon se rend aux Anglais, persuadé qu'il sera traité en souverain, et non en prisonnier politique. Ce malentendu terrible durera toute la traversée de l'Ile d'Aix à Plymouth... — "Le consul de France à Sainte-Hélène apporte des éléments inédits sur la reddition de Napoléon tirés des archives anglaises." (Jean Tulard, Annales historiques de la Révolution française, 1970) — "L'auteur a utilisé quelques documents inédits, extraits des papiers de l'amiral Keith. Aussi le récit des réactions anglaises à la reddition de Napoléon en est-il, dans une certaine mesure, renouvelé." (J. Godechot, Revue Historique) —  "Dans les histoires de Napoléon les derniers jours de l'Empire ne sont qu'un chapitre auquel les auteurs n'ont pu donner un développement particulier, ce qui nous prive de connaître maint détail et les péripéties, combien nombreuses, qui se précipitèrent, se chevauchèrent en un court espace de temps. Cette lacune Gilbert Martineau, consul de France et conservateur des domaines français de Sainte-Hélène, la comble avec un certain bonheur. Partant du soir de Waterloo son récit conduit le lecteur jusqu'à l'embarquement sur le « Northumberland » emmenant l'Empereur déchu à Sainte-Hélène. On apprend les tractations qui se nouèrent, les menées des Anglais pour s'emparer de Napoléon, les intentions hostiles des ministres, la haine active de lord Bathurst. Que de mensonges, de tromperies, de fourberies, de lâchetés, de trahisons autour de celui que le monde flagornait quelques mois auparavant !" (Revue des Deux Mondes, 1969)

172.          SÉGUY (Philippe). Histoire des modes sous l'Empire.  Tallandier,  1988, in-8°,  282 pp, 12 pl. de gravures hors texte (dont 4 en couleurs), biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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La mode n'est pas futile ! Jamais, sous l'Empire, elle n'a été aussi étroitement liée à l'histoire politique, économique et idéologique d'un règne. "Ce que je cherche avant tout, c'est la grandeur ; ce qui est grand est toujours beau", disait un jour Napoléon à Vivant Denon. Telle sera la mode sous l'Empire : luxueuse, ostentatoire, riche en tissus, draps, soiries, dams, velours, brocards. Cette mode, en rupture avec celle de l'Ancien Régime, est le ciment d'une société nouvelle issue de la Révolution, un moyen politique utilisé par l'empereur afin de frapper les esprits en France comme en Europe. Jamais il n'y eut de conjonction plus étroite, presque unique en son genre, entre la mentalité d'un homme et le goût vestimentaire de l'élite d'une société. (4e de couverture)

173.          THOMAZI (Auguste). Les Marins de Napoléon.  Tallandier,  1977, in-8°,  373 pp, 16 pl. hors texte de gravures, portraits et plans de batailles, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Bibliothèque napoléonienne)

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Napoléon se préoccupa beaucoup des questions maritimes. Sur le navire qui l'emmenait à Sainte-Hélène, il confessa "je n'ai point assez fait pour la marine", preuve de l'importance qu'elle avait pour lui. Mais l'héritage de la Révolution, la tradition et le manque de temps génèrent son grand projet de redressement et de développement. Aboukir, Trafalgar et l'échec de l'invasion de l'Angleterre ne doivent pas faire oublier cette partie de son oeuvre. Unique et vaste synthèse (les ports, les matériels, la guerre de course, la stratégie des escadres, les épisodes de la guerre navale...), l'ouvrage d'Auguste Thomazi met également en lumière les marins de l'Empereur. Des hommes plutôt rudes de manières, qui sentaient le goudron et le tabac et formaient un petit monde à part, isolés du reste de la nation par leur vie à bord et dans les ports. Étrangers à l'intrigue, très particularistes, un peu dédaigneux des terriens, ils ont écrit certaines des plus belles pages de l'épopée napoléonienne. — Officier spécialiste des sous-marins, chef d’Etat-major de l’amiral Ronarc’h en 1914-1918, Auguste Thomazi (1873-1959) quitta la marine en 1920 pour se consacrer à l’histoire. Son oeuvre considérable atteint son point culminant avec Les Marins de Napoléon (Tallandier), étude qualifiée de « magistrale » par Etienne Taillemite.

 

De 1815 à 1914

 

174.          Almanach. Almanach de l'arrondissement de Cosne pour l'année 1813.  Cosne, chez Saradin,  s.d. (1813), in-16,  64 pp, non paginé, broché, couv. papier bleu muette de l'époque, bon état. Très rare

            30

Avec le tableau des foires des départements de la Nièvre, du Cher, de l'Allier, de l'Yonne et du Loiret (16 pp).

175.          BAC (Ferdinand). La Princesse Mathilde, sa vie et ses amis.  Hachette,  1928, gr. in-8°,  251 pp, un portrait en frontispice, broché, bon état (Coll. Figures du Passé)

            30

"M. Bac a fort bien dégagé les traits essentiels du caractère de la princesse, ce qui en faisait l'originalité : se double ascendance, d'un côté le sang jeune et ardent des Bonaparte, de l'autre la noblesse et les traditions de la cour de Wurtemberg. Le récit est intéressant, émaillé de nombreuses anecdotes. Sans doute l'impartialité n'est pas complète, et la sympathie que l'auteur éprouve pour son héroïne l'amène, par exemple, à passer rapidement sur le mariage russe. Toutefois il ne cache pas les défauts de la princesse, et, groupés autour du sien, les portraits de ses amis, Sainte-Beuve, Gautier, Popelin, Giraud vivent réellement sous nos yeux, et aussi «la vieille portière », Viel-Castel, dont M. Bac a tracé une figure intéressante et favorable, ami fidèle qui connaît tous les scandales, toutes les vilenies de son monde et qui met en garde la princesse contre ceux qui l'entourent, contre Nieuwkerke surtout, le favori grossier et sans délicatesse. Remercions M. Bac de nous avoir intéressés si habilement à cette princesse Mathilde qui « est entrée dans l'Histoire, moins par sa parenté avec l'Empereur Napoléon que par l'hospitalité offerte à la gloire de ses amis »." (Jean Casevitz, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1930)

176.          BAINVILLE (Jacques). Bismarck.  Editions du Siècle,  1932, in-12,  xi-270 pp, une photo de Bismarck en couv., broché, bon état (Coll. L'Histoire vivante). On joint 2 coupures de presse sur Jacques Bainville

            25

Réédition de "Bismarck et la France", paru en 1907 à la Nouvelle Librairie Nationale, second livre de Jacques Bainville. Table : La jeunesse de Bismarck, Bismarck et la France d'après les mémoires de Hohenlohe, les souvenirs de Mr Gontaut-Biron et sa mission à Berlin, les idées de Napoléon III et l'unité allemande, les alliances de 1870... — "C'est dans cet essai de jeunesse que Jacques Bainville formulera, peut-être le plus clairement, quelques-unes des raisons qui, le détournant de la tradition républicaine de sa famille, expliquent qu'il se soit rapproché de l'Action française. L'ignorance des enjeux profonds et durables de notre politique étrangère, jointe à cette stupide propension à sacrifier « le réalisme des intérêts à des principes idéologiques » tels que celui des nationalités, qu'il voyait à l'oeuvre chez la plupart des « héritiers » de la Révolution, de Napoléon Ier à Napoléon III, de Lamartine à nombre de dirigeants de la IIIe République, le révulsaient. De même était-il indigné par le fait qu'ils aient sans cesse contribué à renforcer la Prusse, puis l'Allemagne, au détriment de l'Autriche, donc de la France. « Inconcevable puissance d'une idée contre laquelle tout proteste », écrit Bainville : « la raison et l'histoire autant que l'intérêt français »." (Jean de Ribes, Revue des Deux Mondes, 2013)

177.          BARBIER (Pierre) et France VERNILLAT. Histoire de France par les chansons. 6. La Restauration.  Gallimard,   1958, gr. in-8° carré,  208 pp, une double planche hors texte, index des chansons choisies, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Près de 100 chansons avec texte et musique notée. — "Pierre Barbier et France Vernillat, amateurs éclairés de grande et de petite histoire, viennent de rendre aux historiens de profession un service de taille, en publiant, aux Editions Gallimard, huit volumes consacrés à la chanson politique française, des Croisades à 1920. La composition de ces recueils est simple : les auteurs ayant fait leur choix après des recherches minutieuses (essentiellement à la Bibliothèque Nationale), ont adopté une présentation capable de guider le lecteur le moins doué pour l'histoire. Chaque chanson se trouve ainsi précédée d'un petit texte de présentation ; il s'y ajoute même parfois une note morale (la sottise des émigrés ou la maladresse de Napoléon) ; puis les chansons, qui nous sont livrées, paroles et musique, avec une scrupuleuse exactitude. Le choix fait par les auteurs « suit les événements historiques réputés aujourd'hui importants », tout en tenant compte des mouvements d'opinion signalés par « les témoins du temps ». Pierre Barbier souligne fort bien à cet égard la signification passionnelle des bouts rimes plaqués sur une musique de rengaine, qui ont exprimé, dès la fin du Moyen Age, l'indignation et la colère populaire, avec plus ou moins de bonheur. Selon lui, l'histoire est d'abord une « vie passionnelle », mal connue, mal mise en place : « une psychologie des foules reste à écrire », dit-il encore ; et nous ne saurions lui donner tort. Son chansonnier politique est une heureuse contribution à l'élucidation d'un problème capital pour une histoire générale digne de ce nom : l'information politique des masses populaires, avant et même après l'avènement de la grande presse. (...) Bornons-nous à souligner que la connaissance de ce répertoire est indispensable à quiconque veut prendre la juste mesure de notre histoire française : le lecteur attentif ne manquera pas d'y faire des découvertes ; ainsi, l'audace des paroliers, leur maniement sans scrupules de la langue la plus verte pour brocarder princes et souverains, constituent dès le XVIe siècle une tradition... qui s'est perdue sous les Républiques du XXe siècle..." (Robert Mandrou, Annales ESC, 1962)

178.          BAZAINE (François-Achille, maréchal). L'Armée du Rhin depuis le 12 août jusqu'au 29 octobre 1870.  P., Henri Plon,  1872, gr. in-8°,  308 pp, 11 cartes hors texte, dont 4 dépliantes en couleurs, broché, non rogné, couv. imprimée lég. défraîchie, bon état. Edition originale, bien complète de toutes ses cartes

            70

"Ce texte peut-être considéré comme les souvenirs du maréchal, commandant en chef du 3e Corps d'armée, sur les événements qui se sont déroulés d’août à octobre 1870. Document d’une importance capitale (...) complété par des lettres, dépêches, télégrammes. Toutes les phases importantes y sont relatées. On y trouvera également un « état général des officiers, sous-officiers et soldats tués, blessés ou disparus » ainsi qu'une « situation des ressources au 9 octobre 1870 » d'une rare précision." (Bourachot, 30) — "Nous nous rappellerons que le maréchal Bazaine a pris et exercé le commandement de l'Armée du Rhin, au milieu de difficultés inouïes ; qu'il n'est responsable ni du désastreux début de la campagne, ni du choix des lignes d'opérations. Nous nous rappellerons qu'au feu il s'est toujours retrouvé lui-même ; qu'à Borny, à Gravelotte, à Noisseville, nul ne l'a surpassé en vaillance et que le 16 août, il a, par la fermeté de son attitude, maintenu le centre de sa ligne de bataille. (...) Considérez l'état des services de l'engagé volontaire de 1831 ; comptez les campagnes, les blessures, les actions d'éclat qui lui ont mérité le bâton de Maréchal de France..." Cette magnifique citation est signée d'Henri d'Orléans, duc d'Aumale, au nom des six autres officiers généraux. Tous les sept venaient de condamner à mort l'infortuné maréchal...

179.          BLOY (Léon). Le Salut par les Juifs.  P., Kontre Kulture,  2013, pt in-8°,  126 pp, broché, bon état (Coll. Les InfréKentables). Edition retirée de la vente à la suite d'une décision de justice

            30

"L'auteur franchement hostile aux antisémites dont il démontre le néant intellectuel, ne craint pas de prendre parti pour la race d'Israël, au nom des intérêts les plus hauts, et il va jusqu'à prétendre que le salut du genre humain est solidaire de la destinée des Juifs. Ce livre où Léon Bloy, si connu pour son éloquence extraordinaire, paraît s'être surpassé, sera sans doute regardé comme la réponse la plus directe aux agressions injurieuses dont l'Eglise catholique, elle-même, condamne les emportements." (Prospectus de l'éditeur) — « Salus ex judaeis est », Le Salut vient des Juifs. J'ai passé quelques heures précieuses de ma vie à lire, comme tant d'autres infortunés, les élucubrations anti-juives de M. Drumont, et je ne me souviens pas qu'il ait cité cette parole simple et formidable de Notre Seigneur Jésus Christ, rapportée par Saint Jean au chapitre Quatrième de son Evangile." (début du Salut par les Juifs) — "Je connais, de Léon Bloy, un livre contre l'antisémitisme : Le Salut par les Juifs. Un chrétien y défend les Juifs comme on défend des parents pauvres. C'est très intéressant. Et puis, Bloy sait manier l'invective. Ce n'est pas banal. Il possède une flamme qui rappelle l'ardeur des prophètes. Que dis-je, il invective beaucoup mieux. Cela s'explique facilement, car sa flamme est alimentée par tout le fumier de l'époque moderne..." En quelques lignes, un certain Franz Kafka salue ainsi avec enthousiasme l'un des plus grands textes de Léon Bloy. Ce dernier réagissait avec violence, à la fin du XIXe siècle, au pamphlet antisémite d'Edouard Drumont "La France juive". Encore marqué de fortes ambivalences, le propos de Léon Bloy fustige alors l'antisémitisme moderne qui s'annonce et invite à voir en Jésus la figure du Juif pauvre. Un essai paradoxal. — 'La justice a ordonné aujourd'hui, en référé, l'interdiction pour antisémitisme d'un livre édité par l'essayiste proche de l'extrême droite Alain Soral, une décision rare, et la censure partielle de quatre autres. "L'Anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme" de Paul-Eric Blanrue, édité en 2013 et vendu sur le site internet des éditions Kontre Kulture, devra être retiré de la vente "dans un délai d'un mois", selon une décision du tribunal de Bobigny. Certains passages de quatre autres ouvrages du XIXe et du XXe siècle, republiés par Alain Soral, "La France juive" d'Edouard Drumont, "Le salut par les juifs" de Léon Bloy, "Le juif international" d'Henry Ford et "La controverse de Sion" de Douglas Reed devront être retirés. La justice reproche à ces ouvrages les délits "d'injure envers une groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion déterminée", de "négation de crime contre l'humanité" et de "provocation à la haine raciale". La maison d'édition et Alain Soral sont également condamnés à verser, "à titre de provision", 8000 euros à la Licra, ainsi qu'à payer une partie des frais de justice. Lors de l'audience le 27 septembre, la Licra avait demandé 20.000 euros de dommages et intérêts par ouvrage.' (Le Figaro, 13 nov. 2013)

180.          BONAPARTE (Louis-Napoléon). Œuvres de Napoléon III.  P., Henri Plon et Amyot,  1854-1856, 4 vol. gr. in-8°,  480, 546, 437 et 424 pp, brochés, couv. imprimées, dos du tome 1 fendu avec manque de papier, sinon bon état

            150

Edition collective rare des oeuvres du souverain, parue en quatre volumes de 1854 à 1856. Elles est très bien imprimée sur papier vélin par Henri Plon. – Détail : Tome I : L'idée napoléonienne ; Des idées napoléoniennes (1839) ; Fragments historiques 1688 et 1830 (1841) ; Réponse à M. de Lamartine ; Rêveries politiques (1832) ; Mélanges (un grand nombre de lettres et de pièces variées). – Tome II : Mélanges (suite) ; Extinction du paupérisme (1834) ; Analyse de la question des sucres (1842) ; Projet de loi sur le recrutement de l'armée ; Considérations politiques et militaires sur la Suisse (1833) ; Quelques mots sur Joseph-Napoléon Bonaparte (1844) ; Le canal de Nicaragua. – Tome III : Discours, proclamations, messages, de 1848 à 1855. – Tome IV : Du passé et de l'avenir de l'artillerie.

181.          BOURCET (Marguerite). Le duc et la duchesse d'Alençon. Un couple de tragédie.  Perrin,  1964, in-8°,  364 pp, 16 pl. de gravures hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état

            20

"... Le sujet prêtait à la littérature facile, à l'histoire romancée, au sentimentalisme à bon compte. Le duc et la duchesse d'Alençon sont des personnages tragiques. On dirait que la vieille fatalité du drame antique les étreint. Mme Marguerite Bourcet sent et fait sentir cette marche inexorable, sans monter sur un trépied. Son récit est vivant, familier, mais d'une familiarité qui ne cesse jamais d'être de bon goût. L'analyse des caractères, des esprits et des sentiments est nuancée... Un bien beau livre." (A. Albert-Petit, Journal des débats politiques et littéraires)

182.          BOURGET (Paul). André Cornélis. Illustrations de Bocchino.  P., Alphonse Lemerre,  1899, in-12,  ii-288 pp, nombreuses gravures sur bois dans le texte, reliure demi-chagrin brun-vert, dos lisse orné en long, titres dorés, tête dorée, couv. illustrées conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            30

La postérité a été dure pour  Paul Bourget, qui à joui de 1880 à 1930 d'une réputation littéraire mondiale au moins égale à celles d'Anatole France et de Zola. Frais émoulu de sa province, le jeune Bourget monte à Paris dans l'espoir de s'imposer dans les belles-lettres ; ce sont d'abord les années besogneuses et presque misérables d'un journaliste et conteur obscur (il publie son premier récit en 1872), d'un Rastignac comme il y en a tant, qui va se choisir pour Vautrin l'éminent idéologue du positivisme athée, le Spencer français, Hippolyte Taine, alors au sommet de sa renommée. Bourget, disciple de Taine, vend son âme au déterminisme athée et au pessimisme : la mode idéologique y oblige. Un Rastignac ? C'est ce que Jules Lemaître voit dans ce futur académicien qu'un « goût inné » porte, dit-il « vers la vie qu'on mène aux alentours de l'Arc de Triomphe et vers les âmes et les corps des femmes qui y habitent ». On n'est pas plus aimable. Puisque du côté du naturalisme les places sont prises, reste à Bourget la psychologie, marquée du sceau matérialiste de Taine, de Spencer, de Schopenhauer : Bourget sera « pessimiste », donc « moderne ». Cependant il souffre, dis-je ; son âme profondément conservatrice regimbe devant ce rôle démoralisateur qui, jusqu'en 1889, lui apporte la renommée. Aussi va-t-il successivement, dans trois romans, raconter une même histoire : celle d'un esprit « satanique » qui jette dans la haute société un jeune homme d'origine modeste, vite perverti, lequel finit .par commettre un meurtre. Voici d'abord l'embryon de ce roman du pousse-au-crime dans "la Passion d'Armand Cornelis" (1877-1878) : Adrien Six fait sur le jeune Armand l'« expérience » de le lancer dans la société chic, jusqu'à ce qu'un enchaînement prévisible de circonstances lui fasse assassiner Madame de Sormani. Ce premier roman reste à l'état de manuscrit, mais il n'est pas impossible d'y lire déjà le grand reproche que Bourget adresse à son père spirituel, Taine : tu m'as lancé dans le beau monde avec pour bagage tes désespérantes doctrines et tu crois être quitte avec moi : n'es-tu pas le seul responsable des « crimes » que je pourrais commettre ? Curieux Œdipe : le Fils détourne sur le Père la responsabilité d'un Meurtre. Par trois fois, Bourget procédera ainsi à l'assassinat symbolique de Taine : avec "Armand Cornélis" en 1877-1878; en 1886 avec "André Cornélis"; en 1889 avec "le Disciple"... (Marc Angenot, Littérature, 1983)

183.          BRUNET-MORET (Jean). Le Général Trochu, 1815-1896.  Editions Haussmann,  1955, in-8°,  304 pp, préface du général Weygand, un portrait hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Officier, Trochu sert en Algérie, en Crimée, en Italie. Son livre "L'armée française en 1867", où il dénonce la désorganisation de l'armée impériale, entraîne sa disgrâce mais il est rappelé comme Gouverneur de Paris. Président de fait de la République, après la capitulation de Napoléon III,  il est l'âme de la résistance jusqu'à la Commune. Une vie trop peu connue et décriée sans fondement (Victor Hugo disait: "Trochu, participe passé du verbe trop choir"). — "1870-1871. Pourquoi la chute du Second Empire eût-elle comme conséquence la proclamation de la République ? Quelles furent les divergences de vues qui séparèrent l’Impératrice Eugénie du Gouverneur de Paris ? Comment Gambetta s’opposa-t-il aux conceptions stratégiques du Président du Gouvernement de la Défense nationale ? Malgré les apparences, le siège de Paris n’est-il pas une page glorieuse de nos annales militaires, ainsi qu’en témoignent les conditions d’armistice ? Ces questions, et beaucoup d’autres, se posent à propos d’une période de notre histoire si mal connue de beaucoup de Français et qui est dominée par la belle figure du général Trochu. L’auteur de ce livre a eu le privilège de pouvoir puiser dans la correspondance privée du général. Il le fait revivre avec Bugeaud en Algérie, avec Saint-Arnaud en Crimée, avec Canrobert en Italie, et enfin dans son rôle de chef d’État. En rétablissant la vérité historique, il nous convainc que le général Trochu, par son jugement sûr, sa force de caractère et son désintéressement total, fut un très grand Français." (Revue de Défense nationale, 1957)

184.          CAMBOR (Kate). Belle Epoque.  Flammarion,  2009, in-8°,  392 pp, traduit de l'anglais, biblio, broché, couv. illustrée (très lég. abîmée), bon état

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Le fils d'Alphonse Daudet, la petite-fille de Victor Hugo, le fils du professeur Charcot : Léon, Jeanne et Jean-Baptiste sont tous trois les héritiers des plus grands noms du XIXe siècle, la fleur d'une jeunesse dorée qui a grandi sous les yeux admiratifs, médusés et jaloux de leurs contemporains. Trois vies intimement liées : nés dans les années 1860, ils ont évolué dans le même milieu ; enfants, ils ont joué ensemble, jeunes gens ils se sont aimés. Parce que leur existence s'est déroulée sous les feux de la rampe, Kate Cambor nous fait entrer, avec ses personnages, dans la chair même de leur époque. Les dîners littéraires réunissant Daudet, Flaubert, Zola, Tourgueniev et Goncourt, les leçons spectaculaires de Charcot père à la Salpétrière, le mariage si couru de Léon Daudet et de Jeanne Hugo, le scandale de Panama, l'affaire Dreyfus, les aventures du Pourquoi-Pas ?, le vaisseau de Jean-Baptiste Charcot, sa mort tragique en mer... Fourmillant de personnages et d'arrêts sur image saisissants, le livre de Kate Cambor se dévore comme un film, comme un roman... le roman de la Belle Époque.

185.          CASTELOT (André). Le duc de Berry et son double mariage, d'après des documents inédits.  P., SFELT,  1951, in-8°,  333 pp, 5 pl. de gravures hors texte, 2 tableaux généalogiques (maisons de Bourbon et de Bourbon-Artois), broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Ce livre a pu être écrit grâce à de nombreux documents inconnus jusqu'à ce jour et provenant principalement d'archives privées. Le prince Rogatien de Faucigny-Lucinge, arrière-petit-fils du duc de Berry et d'Amy Brown, a bien voulu mettre à ma disposition de volumineux Mémoires qui n'ont pas encore été publiés et qui furent écrits par son père. Celui-ci, né en 1824, filleul de Charles X, vécut en exil dans l'intimité des derniers Bourbons, et, chaque soir, notait ce qu'il avait entendu, vu et appris. Cette masse de documents inédits apporte des faits nouveaux et des précisions importantes sur la duchesse de Berry, le comte Lucchesi-Palli et les personnages ayant gravité autour de ce ménage pittoresque..." (Préface).

186.          CHADEAU (Emmanuel). Les Inspecteurs des Finances au XIXe siècle (1850-1914). Profil social et rôle économique.  Economica,  1986, gr. in-8°,  184 pp, 20 tableaux, 3 cartes, sources et biblio, notices biographiques individuelles, index nominatif, broché, bon état, envoi a.s.

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Hier : Caillaux. Aujourd'hui : Giscard d'Estaing, Rocard et d'autres inspecteurs des Finances au premier plan de la politique. Comment quelques poignées de fonctionnaires proches des ministres, chargés de faire "la police générale" d'une administration qui était, au XIXe siècle, en transition entre la fonction publique d'Ancien régime réglée par la vénalité et la protection, et celle d'un Etat Moderne, stable et réglementée, sont-ils, entre 1850 et 1914, devenus le symbole même d'une "Elite" organisée et efficace ? Au point d'être demandés par les grandes sociétés privées en quête de dirigeants, par les politiciens parlementaires en mal d'experts, par des ministères "techniques" dépensiers mais sous-équipés. Dans cette spectaculaire évolution, nul "complot" de groupe cimenté à l'image d'une secte ou d'une confrérie mais une grande influence des études (l'inspection fut le premier Corps civil à recruter par concours), et, plus largement, la dynamique des besoins d'un pays sous-équipé en personnel qualifié de haut niveau. Face aux incessantes luttes civiles et politiques, le service public put paraître comme un modèle d'Ordre, de Régularité, de Pérennité.

187.          CHALON (Jean). Thérèse de Lisieux. Une vie d'amour.  Editions du Cerf, Flammarion,  1996, in-8°,  294 pp, 16 pl. de photos hors texte, brève biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Grande épistolière, poète, auteur de pièces de théâtre dont une remarquable Jeanne d'Arc accomplissant, peintre de fleurs, sainte Thérèse de Lisieux est, comme le fait remarquer dédaigneusement l'une de ses compagnes du carmel, « une artiste ». C'est surtout ce que l'on appellerait aujourd'hui une marginale, qui, pendant toute sa brève existence – Thérèse Martin naît à Alençon en janvier 1873 et meurt à Lisieux en septembre 1897 –, sera sans cesse montrée du doigt. Sa beauté, son hypersensibilité en font d'emblée une femme à part. À l'Abbaye où elle est écolière comme au carmel où elle est considérée comme une incapable, Thérèse paie cher sa différence, qu'elle explique ainsi : « Mon excuse, c'est que je suis une enfant ». Grâce au ciel, elle gardera toujours l'esprit d'enfance dans lequel elle puisera l'inspiration de sa fameuse « petite voie » et sa volonté déclarée de devenir une sainte en menant une vie d'amour. Cette fille de feu aurait dû vivre en Espagne, du temps de Thérèse d'Avila et Jean de la Croix, qu'elle rejoint dans leurs plus sublimes élans. En son époque ravagée par la peur du péché mortel et la terreur de la damnation éternelle, Thérèse apporte l'apaisement d'un espoir en l'infinie miséricorde de Dieu... (Jean Chalon)

188.          CHAMS (Eric). Un amour inconnu du jeune Victor Hugo. Honorine Babillon, fille de la générale Lucotte, et le poème « Sur Glycère ». Décembre 1817.  La Ferté-Vidame, Editions Les Temps neufs,  2020, in-8°,  73 pp, 8 pl. d'illustrations hors texte en couleurs, postface de Jean-Marc Hovasse, biographe de Victor Hugo, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale sur papier courant tirée à 200 ex. seulement

            12

Il est un petit poème que Victor Hugo a composé à l’âge de quinze ans, en 1817, mais qui n’a été publié qu’en 1934, peu avant le cinquantenaire de sa mort, et qui dissimule dans son acrostiche le prénom, inaperçu depuis deux siècles, d’un amour de prime jeunesse : Honorine. Qui était Honorine ? En admirateur inconditionnel et passionné du grand écrivain depuis ses vertes années, Éric Chams, qui a percé le secret de ce poème découvert à dix-neuf ans en 1973, conduit pas à pas le lecteur dans les arcanes d’une (en)quête au long cours. Avec une minutie implacable, comme dans sa seconde recherche relative à un mot trompeusement flatteur de Sainte-Beuve sur Hugo, dont il restitue le véritable sens. Et un humour acéré que révèle le billet d’humeur final visant à extirper le grand Hugo de la griffe du temps présent.

189.          CHANZY (Général Antoine). La deuxième Armée de la Loire. Campagne de 1870-1871.  Plon,  1888, in-12,  544 pp, 9e édition, 30 pp de documents en annexe, reliure percaline bordeaux, dos lisse avec titres et fleuron dorés, monogramme doré du Cercle de l'Union artistique au 1er plat (rel. de l'époque), étiquette de bibl. au dos, C. de bibl., reliure défraîchie, intérieur propre et sans rousseurs, bon état

            40

Orléans – Josnes – Vendôme – Le Mans – Laval – Poitiers. — "... Au moment où chacun discute sur ce qui s'est passé pendant la guerre si fatale que nous venons de soutenir, lorsqu'on cherche à se rendre compte des causes de nos désastres, j'ai jugé utile de publier les faits. importants auxquels il m'a été donné de prendre part dans des conditions qui m'ont permis de voir les choses d'assez près pour les exposer fidèlement. J'ai commandé une de nos armées les plus importantes : je lui dois de raconter ses efforts pour défendre le pays et sauver son honneur. Je rapporte les faits militaires sans les commenter, avec une exactitude qui ne sera contestée par personne... Je ne dissimulerai pas nos imperfections, nos défaillances et nos défaites ; mais je dirai, sans les exagérer nos efforts et les quelques succès dont le pays a le droit de s'enorgueillir. Ne voulant écrire que ce que j'ai vu, je ne parlerai pas des autres armées..." (Préface, datée du 20 juin 1871)

190.          CHARLOT (Bernard) et Madeleine FIGEAT. Histoire de la formation des ouvriers, 1789-1984.  Editions Minerve,  1985, fort in-8°,  620 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Voies de l'histoire)

            30

"L'ouvrage de Bernard Chariot et Madeleine Figeat vise, en étudiant sur une période longue (deux siècles), la formation des ouvriers, à combler une lacune de l'historiographie. Il faut souligner l'ampleur du travail de recherche accompli par les auteurs, qui s'appuient sur une documentation dispersée et d'accès souvent difficile. Ils ont eu à cœur de dépouiller, en particulier pour le XIXe siècle et les débuts du XXe siècle, nombre d'ouvrages auxquels leur date de publication confère le statut de sources imprimées. Le plan suivi est chronologique. Après une rapide introduction sur la formation professionnelle avant 1789, ils définissent quatre grandes périodes: 1789-1851, l'enfant prolétaire ; 1851-1919, formation à l'atelier ou écoles professionnelles ; 1919-1959, l'Etat et la formation professionnelle des ouvriers; 1959-1984, l'ère des grandes réformes, où ils repèrent l'émergence des différents types ou structures de formation et analysent les positions des parties en présence, la classe ouvrière, le patronat et l'Etat. Ce n'est en effet que très progressivement que s'est constitué le réseau relativement dense d'établissements d'enseignement technique hiérarchisés et intégrés dans le système général d'éducation que nous connaissons actuellement. (...)  L'un des mérites de ce livre est toutefois d'attirer l'attention sur un domaine encore trop négligé par les historiens. Si les écoles les plus prestigieuses ont fait l'objet, dans le cadre de recherches sur la formation des élites, d'études récentes, l'enseignement technique élémentaire et moyen, malgré quelques recherches en cours, fait encore figure de parent pauvre." (Thérèse Charmasson, Revue française de pédagogie)

191.          CHATEAUBRIAND (François-René-Auguste de). Le Paradis perdu de Milton.  P., Pourrat frères,  1840, 2 vol. gr. in-8°,  xxiii-383 et 495 pp, vignettes gravées sur les pages de titre, reliures demi-chagrin vert, dos lisses ornés en long, titres (Chateaubriand. Le Paradis Perdu 1 et 2), tomaison et décor romantique noir et or dans un encadrement doré, filets à froid sur les plats, tranches marbrées (rel. de l'époque), dos légérement et uniformément passés, qqs rousseurs, bon état (Oeuvres complètes de M. le Vicomte de Chateaubriand. Tomes XXXV et XXXVI). Texte bilingue. Exemplaire élégamment relié

            80

Traduction en prose par M. de Chateaubriand. Dans les Remarques qui tiennent lieu de préface, Chateaubriand s'est longuement expliqué sur la manière dont il a conçu cette traduction : " .... C'est une traduction littérale dans toute la force du terme que j'ai entreprise... J'ai calqué le poème de Milton à la vitre... j'ai employé de vieux mots ; j'en ai fait de nouveaux pour rendre plus fidèlement le texte..." Le texte original figure en regard de la traduction.

192.          CHRISTOPHE (Robert). Le Siècle de Monsieur Thiers.  Perrin,  1966, in-8°,  457 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bel envoi a.s.

            25

Excellente synthèse. — "Avec son mètre cinquante-quatre surmonté d'un toupet, sa faconde, ses façons de parvenu, sa fortune aux origines aussi troublantes que les spéculations qui l'arrondirent, et ses "trois femmes" qu'il traîne partout : une maîtresse dont il a épousé la fille et une jeune belle-sœur, dont on chuchote qu'il est le père, M. Thiers fait humainement piètre figure. Sa sagesse ? Faire passer pour de l'indépendance d'esprit un arrivisme qui interdit les convictions compromettantes : "Je ne suis d'aucun parti." Sa morale, celle des résultats. A côté de cela, un fort tempérament doublé d'une égale puissance de travail. "Paris est à qui se lève tôt." Il y a du Rastignac, avec des aspects sympathiques, et d'autres assez laids, dans un personnage qui ajoute, aux petits moyens pas toujours avouables, les dons les plus vifs de l'intelligence, de la diplomatie et de la ruse, de l'éloquence aussi, en soignant une culture qui deviendra encyclopédique. Député à trente-trois ans, ministre à trente-quatre, académicien à trente-cinq, chef de gouvernement à trente-neuf (en 1836), durant plus d'un demi-siècle il figurera aux premiers rangs avec une seule interruption sous le Second Empire. Tandis que les régimes galopent, lui va l'amble de sa réussite personnelle. L'étude de R. Christophe ordonne ce déchaînement d'activités multiformes, auxquelles un désastre va apporter leur couronnement. Comme Clemenceau, Thiers ne se révèle pleinement qu'en sa vieillesse, l'un "père" d'une victoire, l'autre liquidateur d'une défaite." (Ginette Guitard-Auviste, Le Monde, 23 déc 1966)

193.          CLAUDE (Antoine-François). Mémoires de Monsieur Claude, Chef de la police de Sûreté sous le second Empire.  Club Français du Livre,  1962, in-8°,  328 pp, un portrait gravé de l'auteur en frontispice et 50 gravures du temps, gardes illustrées, reliure pleine toile vermillon de l'éditeur, une gravure en médaillon au 1er plat, bon état

            25

Version abrégée des dix volumes de l'édition Rouff. — Antoine François Claude dit Monsieur Claude (1807-1880), chef de la police de sûreté sous le Second Empire, plus précisément de 1859 à 1875 –, a consigné ici ses souvenirs de premier policier de France. Des salons du second Empire aux prisons de la Commune, il dresse une hallucinante galerie de portraits, où se croisent de grands criminels, comme Lacenaire et Troppmann, aussi bien que des hommes politiques dévorés d'ambition, tels Thiers et Napoléon III. Espionnes charmeuses, terroristes fanatiques, politiciens éphémères ou personnages surpris par leur destin, Monsieur Claude juge tout de son œil de policier, donnant à ses mémoires les couleurs mêlées du feuilleton rocambolesque, du roman d'aventures et du livre d'histoire. Selon l'éditeur : "On a parfois douté de l'authenticité de ces Mémoires, ou du moins que M. Claude en eût écrit l'intégralité. Une lecture attentive fait apparaître assez nettement ce qui a pu être « développé » par la famille, et ce qui, au contraire, a les plus grandes chances d'être issu, tel quel, des carnets de notes du policier retraité. Faut-il dire que notre choix a précisément porté sur ces fragments, ceux qui d'ailleurs donnent des bas-fonds et dessous de l'époque l'image la plus précise et la plus saisissante."

194.          CLÉMENT (Jean-Paul). Chateaubriand. Biographie morale et intellectuelle.  Flammarion,  1998, gr. in-8°,  700 pp, notes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Grandes biographies)

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A la date du 5 juillet 1848, Victor Hugo a consigné dans Choses vues : " Chateaubriand vient de mourir. Une des splendeurs de ce siècle s'éteint. " C'était l'ultime hommage d'un démiurge des lettres à celui qui s'était imposé comme le plus grand écrivain français de la première moitié du XIXe siècle. François-René, vicomte de Chateaubriand, est né le 4 septembre 1768 à Saint-Malo et a rendu son dernier soupir à Paris, rue du Bac, le 4 juillet 1848. Dans l'intervalle, à travers une œuvre monumentale, il aura décrit sa vie comme un destin et donné à sa propre image tout le lustre qu'il entendait léguer à la postérité. La minutieuse enquête de Jean-Paul Clément s'impose désormais comme l'un des exercices d'admiration les plus réussis que l'on ait jamais consacré à l'auteur des Mémoires d'outre-tombe. Au fil des pages de ce Chateaubriand, tout l'homme et toute l'œuvre sont restitués dans leur force et leur singularité. L'amoureux volage, le politique inspiré, l'aventurier courageux, le prosateur doué, le romantique éclairé, le créateur visionnaire, le voyageur audacieux, le solitaire sourcilleux, le chrétien militant : séquence après séquence, le lecteur découvre chacune des facettes d'un être complexe et attachant, qui aura durablement marqué son époque et contribué à la gloire des lettres françaises.

195.          Collectif. La France des années 1870. Naissance de la IIIe République. Actes du colloque du 27 avril 2000.  Fondation Singer-Polignac,  2000, gr. in-8°,  130 pp, broché, bon état. On joint la carte de visite de Gabriel de Broglie

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11 contributions érudites par René Rémond, Jean-Pierre Babelon, Raoul Girardet, Philippe Levillain, John Rogister, Joseph Rovan, Odile Rudelle, Jérôme Grévy, Jean-Pierre Machelon, Jean-Marie Mayeur, Gabriel de Broglie. — "Ouvert par René Rémond qui a noté la nécessité de revisiter les premières années de la Troisième République à la lumière des événements postérieurs, ce colloque a eu trois points forts : la description du château de Versailles, vu comme lieu politique de la délibération et du vote d'une République aux pouvoirs séparés, avant de connaître les épisodes du Congrès qui élira le président de la République et votera la révision constitutionnelle, en particulier celle qui ramène les chambres séparées à Paris ; la relecture par Jean-Marie Mayeur de la crise du 16 mai au travers de l'analyse de Jules Ferry, qui n'est pas celle de Gambetta ; et, bien sûr, la réévaluation par Gabriel de Broglie de la personne de Mac-Mahon, ce soldat légal, ce qui n'était pas sans mérite à une époque de coup d'Etat ; ainsi a-t-il été le premier chef de l'Etat républicain à faire de la Constitution sa règle suprême ; ce dont la République allait profiter en s'installant, contre ses propres amis, dans une durée qui serait celle de la République parlementaire." (Revue française de science politique, 2000)

196.          DAUDET (Ernest). L'ambassade du duc Decazes en Angleterre (1820-1821).  Plon,  1910, in-8°,  iv-374 pp, broché, dos très lég. abîmé, bon état

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"En faisant presque seulement parler les documents, notamment ceux des archives de la Grave, propriété de Decazes, et d'autres dont la source n'est pas indiquée, M. Ernest Daudet publie un ouvrage d'une lecture très attachante sur l'Ambassade de Decazes à Londres. Ony trouvera des notes précieuses sur Londres même, sur le mémorable procès de la reine, de jolies lettres de la jeune duchesse-ambassadrice sur la société anglaise. Mais on y suivra surtout le déclin de l'amitié « paternelle » de Louis XVIII pour Decazes, en proportion de l'influence croissante de Mme du Cayla ; il s'y rencontre des pages réellement dramatiques à cet égard : sur la fuite de Decazes, le guet-apens préparé par les gardes du corps à son passage à Versailles, plus tard l'ordre qui lui fut donné de quitter Paris dans les huit jours malgré la maladie très grave de sa jeune femme, la défense au duc d'Angoulême de le voir à Bordeaux au retour d'Espagne : l'esprit de parti inspira rarement de pareilles folies et d'aussi ridicules méchancetés. Dans un ordre d'idées moins triste, on notera ce joli trait de Louis XVIII donnant à sa favorite un recueil des Évangiles richement relié et illustré, les feuilles de garde remplacées par des billets de 1000 francs : « Si jamais vous tombez dans l'adversité, vous trouverez dans ce saint livre un soulagement efficace. » M. Daudet reproduit en appendice une lettre de Decazes au duc d'Angoulême, en date du 2 janvier 1828, sur la situation politique : l'ancien ministre y démontre avec éloquence la nécessité d'une « administration nationale », avertissement très pressant, très clairvoyant et très inutile." (Edouard Driault, Revue Historique, 1912)

197.          DÉGUIGNET (Jean-Marie). Mémoires d'un Paysan Bas-Breton.  An Here,  1999, gr. in-8°,  462 pp, édition établie et annotée par Bernez Rouz, broché, couv. illustrée, bon état

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Publiées en partie dans la « Revue de Paris » en 1905, et dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère en 1963, les mémoires de Jean-Marie Déguignet (1834-1905) sont enfin disponibles dans une version non édulcorée. Ce fils de journalier agricole du fin fond de la Bretagne bretonnante nous a en effet laissé un témoignage exceptionnel sur la société du XIXe siècle. Tour à tour mendiant, vacher, soldat, sergent, cultivateur, assureur, débitant de tabac, miséreux, Déguignet nous apporte une vision décapante de la Bretagne du siècle dernier, mais aussi de l'armée impériale... Un témoignage unique sur quatre campagnes du Second Empire : la Crimée, l'Italie, la Kabylie et le Mexique.

198.          DELEROT (Emile). Versailles pendant l'occupation [1870-1871]. Recueil de documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande, publié par E. Delerot.  P. et Versailles, Librairie Plon et Librairie de Versailles,  1873, gr. in-8°,  iii-332-(1) pp, texte sur 2 colonnes, 2 facs similés hors texte, tableaux, reliure demi-papier anthracite, dos lisse, pièce de titre chagrin carmin (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire fort bien relié

            120

Une grande page de l’histoire de la ville de Versailles par Emile Delerot (1834-1912), directeur de la bibliothèque de Versailles (1873-1899) ; cofondateur de l’Union libérale dans les dernières années du Second Empire ; spécialiste de Goethe.

199.          DES CARS (Jean). Haussmann. La gloire du Second Empire.  Perrin,  1978, in-8°,  358 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

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Haussmann est-il uniquement un démolisseur ou, au contraire, le sauveur de Paris ? La question ne cesse d'agiter historiens, architectes et urbanistes. Dans ce livre, première biographie du préfet de la Seine sous Napoléon III, Jean des Cars montre combien la postérité a été injuste avec ce remarquable administrateur qui avait une solide expérience de la province avant d'être nommé par l'Empereur pour forger le nouveau Paris. Il y trouve une ville sale, en proie aux épidémies, aux communications inexistantes et d'une dangereuse vétusté. De 1853 à 1870, Georges Eugène Haussmann, préfet à poigne, réalise le grand rêve de Napoléon III, souverain visionnaire. Boulevards et avenues, aménagement de parcs et squares, assainissement de l'eau et réseaux d'égouts, immeubles à l'esthétique uniforme, création des halles centrales et des lignes d'omnibus, c'est l'œuvre, fantastique, d'Haussmann. Bénéficiant de la confiance absolue de l'Empereur, le préfet, infatigable travailleur, est jalousé, envié, critiqué, mais il remplit sa mission : transformer une cité vermoulue en capitale moderne. Seul le déclin de l'Empire entraînera son limogeage. Aujourd'hui, le bilan est largement en sa faveur, surtout comparé aux fautes de ses successeurs... Après les calomnies et les critiques financières – justifiées –, en dépit des ses erreurs, Haussmann est bien le véritable inventeur de la « vie parisienne », un art de vivre qui a servi de modèle à plusieurs grandes villes d'Europe.

200.          DOUMIC (René). Lettres d'Elvire à Lamartine.  Hachette,  1906, in-12,  97 pp, 2e édition, 2 fac-similés hors texte, broché, couv. rempliée, bon état

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En 1816, alors qu'il était en convalescence à Aix-les-Bains, sur les bords du lac du Bourget, Alphonse de Lamartine rencontra celle qui devint l'Elvire du Lac, Julie Charles, une femme mariée avec qui il vécut une idylle intense mais brève, puisque la jeune femme mourut de phtisie l'année suivante... — "Nous avons signalé déjà la trouvaille faite à Saint-Point de quatre lettres de Mme Charles à Lamartine et leur publication par M. René Doumic dans la Revue des Deux Mondes. Cette étude vient de reparaître sous ce titre : Lettres d'Elvire à Lamartine, en un élégant petit volume, orné de deux fac-similés des autographes conservés à Saint- Point. On y trouvera aussi sept lettres inédites qui sont publiées là pour la première fois : une lettre de Bonald adressée le 21 septembre à Mme Charles, au sujet des vers que Lamartine avait composés pour lui (22e méditation, le Génie) ; quatre lettres du docteur Alin, consacrées à donner à Lamartine des nouvelles de la maladie et de la mort de Mme Charles ; deux lettres d'Aymon de Virieu, l'une sur les derniers moments de la même Mme Charles et l'autre contenant des conseils au poète." (Revue d'Histoire littéraire de la France, 1905)

201.          DUMAS (Alexandre). Les poules de M. de Chateaubriand et autres rencontres extraordinaires à travers le monde.  Les Belles Lettres,  1999, in-8°,  xi-351 pp, choix, présentation et préface de Daniel Zimmermann, broché, couv. illustrée, bon état

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Les Poules de M. de Chateaubriand est un choix des meilleurs récits de voyages d'Alexandre Dumas. On y verra Dumas rendant visite à Chateaubriand en exil volontaire en Suisse et qui s'occupe moins de politique internationale que de nourrir ses poules, à Garibaldi pour qui il achète des armes, à la reine Hortense et à son tout jeune fils, qui deviendra longtemps après Napoléon III, au pape Grégoire XVI, mais aussi à quantité de gens extraordinaires, pour n'être pas forcément célèbres. Nous croiserons des brigands dans la Sierra Morena, assisterons à une noce juive à Tanger, parlerons avec l'homme qui est monté au sommet du Mont-Blanc, verrons un incendie à Moscou, et ferons bien d'autres rencontres, sous la conduite du plus jovial et du plus entraînant des guides.

202.          DUMONT-WILDEN (L.) et Léon SOUGUENET. La Victoire des Vaincus. Deux journalistes belges en Alsace-Lorraine.  P., Arthème Fayard,  s.d. (1910), in-12,  319 pp, notes et documents in fine, broché, couv. illustrée par Hansi, dos fendu, état correct

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"La question que posaient et qu'ont résolue MM. Dumont-Wilden et Souguenet : que devient, après de longues années de conquête, une région durement soumise à l'entreprise du vainqueur ? A bicyclette, ils ont parcouru les villes et les villages des pays annexés, causant avec les gens qu'ils rencontraient, couchant à l'auberge, interrogeant les paysans, les bourgeois, les fonctionnaires, les hommes politiques, écoutant bien, regardant avec soin ; et ils ont travaillé « avec tout le désir d'impartialité dont se croyaient capables deux hommes vivant dans l'atmosphère fiévreuse et passionnée de ce temps. » Ils ont recueilli tous les témoignages, sans fausseté ; et ils les ont tous interprétés avec bonne foi. Leur enquête n'aurait eu, autrement, nul intérêt. Ils examinent le problème de la germanisation dans nos provinces et répondent : non, ces provinces ne sont pas germanisées, au bout de quarante ans. Le livre que leur enquête leur a donné porte ce titre : “La Victoire des vaincus” . Notre victoire, à nous vaincus de 1870, ce fut, en attendant mieux, l'âme française demeurée intacte, en Alsace et en Lorraine. Remercions ces écrivains belges, tant est forte leur joie d'annoncer la victoire des vaincus." (André Beaunier, Revue des Deux Mondes, 1914)

203.          GAMBETTA – Collectif. Hommage à Léon Gambetta. Exposition, Musée du Luxembourg, 18 novembre 1982-9 janvier 1983.  P., Délégation aux célébrations nationales,  1982, pt in-4°,  159 pp, 118 portraits, gravures et photos en noir, 4 illustrations en couleurs, généalogie, 406 numéros décrits, biblio, broché, couv. illustrée (en partie passée), bon état. Catalogue de l'exposition au Musée du Luxembourg, 18 novembre 1982-9 janvier 1983, organisée par le Ministère de la culture

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La République de Gambetta, ou Gambetta et nous (Philippe Vigier) ; Les ascendants français de Léon Gambetta (Jean Fourastié) ; Gambetta, jeunesse et genèse d'un homme politique (Jeanne Gaillard) ; Gambetta avocat (B. de Granrut) ; Gambetta et la Défense nationale (Maurice Agulhon) ; L'envol de Gambetta à bord de l'Armand-Barbès le 7 octobre 1870 (Patrick Favardin) ; Le père fondateur de la République (Jean Elleinstein) ; L'individualisme républicain de Gambetta (Jean-Thomas Nordmann) ; Gambetta patron de presse (Pierre Albert) ; Gambetta et le gouvernement républicain des chemins de fer (Marie-Noelle Thibault) ; Le Grand Ministère de Gambetta (14 nov 1881-26 janvier 1882) (Jean-Marie Mayeur) ; Le ministère des Arts (P. Favardin et Ch. Lassalle) ; Les Jardies (O. A. Schmitz) ; Les gambettistes après la mort de Gambetta (Jean El Gammal) ; Joseph Reinach (Corinne Touchelay) ; Gambetta et Jaurès (M. Rebérioux).

204.          GARCOT (Maurice). Sébastopol.  Berger-Levrault,  1955, pt in-8°,  222 pp, 8 gravures et 2 cartes hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Le siège de Sébastopol est l'épisode principal de la guerre de Crimée. Pénible et meurtrier, il dura onze mois, du 9 octobre 1854 au 11 septembre 1855. Le choléra, le scorbut et d’autres maladies firent de nombreux morts...

205.          GEORGES-ROUX. Napoléon III.  Flammarion,  1969, gr. in-8°,  457 pp, sources, reliure pleine toile verte de l'éditeur, rhodoïd, bon état

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"Napoléon ler, à Sainte-Hélène, disait : « Quel roman que ma vie ! » A plus forte raison faudrait-il le dire de l'autre Bonaparte qui monta sur le trône de France. Enfant royal, exilé, plus ou moins aventurier, prisonnier à Ham, évadé, au seul bénéfice de son nom, il est porté à la Présidence de la République par une France déconcertée. Et ce fut le règne aux apparences fastueuses. Puis l'effondrement en quelques semaines. Dans un récit clair, rapide, M. G. Roux raconte tout cela. Quelle matière à réflexion !" (E. Tesson, Etudes, 1969) — "La figure et le caractère de Napoléon III sont décevants pour les historiens, qui les décrivent difficilement, tant ils paraissent flous, changeants, discutables. Georges Roux, comme ses prédécesseurs, s’est heurté au mystère – si mystère il y a – de cet homme d’aventure que le peuple français porta au poste suprême, dans un élan d’enthousiasme incontrôlé, et que, déçu par les désastres des débuts de la guerre de 1870, il oublia presque aussitôt. Le seul fait qu’il était le neveu – mais l’était-il ? – du grand Napoléon n’explique pas l’engouement des Français pour l’homme ni cette extraordinaire réussite politique, qui, de conspirations en geôles, mène Napoléon III au trône. L’ouvrage est centré sur Napoléon III lui-même : il a favorisé personnellement la naissance en France de l’économie moderne, de la législation sociale, de l’urbanisme ; il a continué la politique de regroupement des États allemands et italiens qu’avait inaugurée son oncle ; il s’est laissé emporter par la vague de chauvinisme et d’aveuglement qui précipita notre pays dans la guerre contre la Prusse, qu’il ne désirait pas et dont il comprit rapidement qu’elle ouvrait une ère sanglante pour l’Europe et pour le monde. Il a eu, des questions coloniales, une vue moderne, très en avance sur son temps. Autant de titres contradictoires, certes, mais qui devraient le placer à un rang, dans notre histoire, auquel les historiens ne l’ont pas fait accéder." (Jean Nemo, Revue de Défense nationale, 1969)

206.          GRANDIN (Commandant). Le dernier Maréchal de France : Canrobert.  P., Tolra et Simonet,  s.d., gr. in-8°,  (xv)-367 pp, nombreuses illustrations de Louis Maîtrejean, cartonnage toilé carmin de l'éditeur, décors noir et or sur les plats et au dos, tranches dorées, cartonnage lég. défraîchi, charnières faibles, état correct (Biographies et récits militaires) (Ouvrage couronné par l'Académie française)

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Enfance et formation, 1809-1828 (chap. I) ; l'Algérie, 1835-1850 (chap. II-VIII : Mascara, le Sig, l'Habra, le Chélif, la Tafna, Tlemcen, prise de Constantine (1837), les chasseurs d'Orléans, la Mitidja, le Dahra, siège de Zaatcha (1849), dans le Djebel-Aurès) ; Paris ; le Coup d'Etat du 2 décembre 1851 (chap. IX) ; la guerre de Crimée, 1854-1855 (chap. X) ; de Paris à Solférino, la guerre d'Italie, 1856-1859 (chap. XI) ; la Guerre de 1870 et l'Armée du Rhin (chap. XII) ; la retraite et la mort (chap. XIII-XV). — "C'était une belle figure de soldat que celle du maréchal Canrobert. Originaire du département du Lot, qui a fourni à la France tant de généraux comme les Murat, les Bessières, les Marbot, François-Antoine de Certain de Canrobert appartenait à une famille de noblesse d'épée. Né le 27 juin 1809 à Saint-Céré, il entrait dans la vie à l'heure où Napoléon était, à l'apogée de sa gloire ; des légendes et des récits de bataille bercèrent sa première enfance. Élevé à Vaugirard comme fils de chevalier de Saint-Louis, Canrobert entre à Saint-Cyr en 1826, et deux ans plus tard est nommé sous-lieutenant au 47e régiment d'infanterie. On connaît les étapes de sa longue et glorieuse carrière militaire. A la Tafna, à la prise de Constantine, à Zaatcha, en Crimée, à Solférino, à Saint-Privat, partout il se révèle soldat héroïque, chef avisé, aussi brave que dépourvu d'ambition et d'envie. Dans cette substantielle biographie, le commandant Grandin aborde le rôle politique, secondaire d'ailleurs, joué par le maréchal, qui accepta d'être attaché, après le coup d'État, au prince Napoléon en qualité d'aide de camp. Un ouvrage de valeur, parsemé d'anecdotes et illustré de nombreuses compositions par Maitrejean." (Revue des Questions hustoriques, 1893) — "L'ouvrage du commandant Grandin sur le maréchal Canrobert présente toute une période de notre histoire disparue avec lui et qui a donné l'éclat de la gloire aux plus belles vertus militaires dont l'armée française peut s'enorgueillir. Précédé d'une introduction sur le maréchalat de France, le volume fait revivre dans toute sa carrière l'homme de guerre. L'auteur le suit depuis son enfance jusque dans sa vieillesse, dans sa vie privée aussi bien que sur les champs de bataille où il a servi son pays, dans les bons comme dans les mauvais jours. Par cette biographie aussi pleine de souvenirs que d'enseignements, qui peut prendre place à côté de celles des hommes illustres de Plutarque, l'auteur a bien mérité la récompense de 500 francs de l'Académie française." (Le Figaro, 14 sept 1895)

207.          GRANDIN (Commandant). Le général Bourbaki.  Berger-Levrault,  1898, in-8°,  vi-302 pp, un portrait en frontispice et une lettre en fac-similé dépliant, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), dos lég. sali, qqs rares rousseurs, bon état. Peu courant

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"Le général Bourbaki, soldat de haute mine et de crâne allure, ressemblait au duc d'Aumale par la bravoure et par la loyauté. Très épris du métier des armes, comprenant à merveille tous les détails du service, aimant avec une sorte de tendresse amoureuse la beauté de sa profession, Bourbaki a été peut-être le meilleur capitaine et le plus séduisant colonel de l'armée française. Un de ses compagnons d'Afrique, le général du Barail, a fixé l'impression que les plus calmes observateurs ressentaient, malgré eux, en présence de cet intrépide et sympathique turco « Le capitaine Bourbaki était le type le plus brillant de l'officier français. Encore dans un grade inférieur, il était universellement connu et aimé dans l'armée d'Afrique. » Là-bas, autour des feux de bivouac, on racontait intarissablement les exploits de Bourbaki. Les narrateurs en « chéchia » rouge et en pantalon « flottard » devenaient homériques dès qu'ils prononçaient le nom de ce nouvel Achille. (...) La biographie de Bourbaki, si j'avais le loisir d'en rapporter tous les traits, se confondrait avec l'histoire de toutes les grandes batailles qui, de son vivant, furent livrées par la France. Je suis obligé de renvoyer le lecteur au copieux récit du commandant Grandin..." (Gaston Deschamps, Le Figaro) — "Le Commandant Grandin, l'historiographe de nos hommes de guerre, publie à la librairie Berger-Levrault, sous ce titre Le Général Bourbaki, une étude d'une documentation consciencieuse et exacte sur le malheureux mais irréprochable commandant de l'Armée de l'Est. Dans un récit vivant et pittoresque, il passe en revue toute la vie du vaillant soldat qui fut le type accompli, vraiment sympathique, de l'Africain hardi et chevaleresque." (La Nouvelle revue, 1897)

208.          GUÉRIOT (Paul). Napoléon III. Tome I. L'enfance. L'adolescence. Le prétendant. Le conspirateur. Le président de la République. L'empire autoritaire. – Tome II. L'évolution vers l'Empire libéral. L'insurrection polonaise de 1863. Le Mexique. La catastrophe de 1870. L'exil et la mort.  Payot,  1933-1934, 2 vol. in-8°,  300 et 334 pp, biblio, index, brochés, couv. illustrées, bon état (Coll. Bibliothèque historique). Edition originale

            50

"La vie aventureuse et étonnante de Napoléon III a fourni à M. Paul Guériot le sujet d'un livre, qui sera suivi d'un autre volume consacré à l'Empire libéral et à la fin du règne,mais qu'il faut considérer dès maintenant comme une bonne histoire du souverain. Sans accumuler les anecdotes plus ou moins authentiques, comme tel de ses prédécesseurs, il se contente d'exposer les taits avec sobriété, sans passion, et de les expliquer, quand le caractère resté toujours assez mystérieux de l'Empereur permet de le faire avec fruit. Par l'habile présentation du sujet, par le choix de détails précis relatifs à certains aspects de la question parfois négligés : la bonté et la générosité de Napoléon III, son insouciance, son imprévoyance foncière dans la gestion de ses finances privées par exemple, M. Guériot, sans renouveler un chapitre de notre histoire, apporte un ouvrage intéressant et agréable à lire. Tout en gardant une stricte impartialité, il semble éprouver de la sympathie pour son héros, tout en reconnaissant les fautes qu'il a commises, et l'on discuterait volontiers son essai de justification rétrospective de la Constitution de 1852 (pp. 180 et suivantes). Il a adopté le plan chronologique et suit l'histoire de Napoléon III depuis ses années de jeunesse jusqu'à la fin de la guerre d'Italie en insistant surtout sur les événements politiques et en négligeant les développements faciles sur la vie des Tuileries, sur l'entourage impérial sans oublier de montrer comment l'Empereur avait su conquérir l'opinion par une mise en scène somptueuse : brillants uniformes, revues militaires, cour nombreuse et élégante,etc. Sans chercher à grouper dans un tableau d'ensemble les éléments d'un portrait moral de Napoléon III, et aussi de son rôle personnel, il a porté des jugements très exacts sur son caractère, obstiné et secret dès la jeunesse. Enfin, puisqu'il écrivait non seulement l'histoire d'un homme, mais aussi celle d'un règne, M. Guériot a réservé un long chapitre à la politique extérieure de Napoléon III, c'est-à-dire aux expéditions de Crimée et d'Italie, en s'arrêtant surtout aux opérations militaires. Son livre est une contribution à l'histoire de l'opposition sous Louis-Philippe (tentatives de Strasbourget de Boulogne ; propagande bonapartiste) et à l'histoire de la Seconde République,en même temps qu'à celle du Second Empire." (Revue des questions historiques, 1935, à propos du tome I)

209.          GUILLEMIN (Henri). L'héroïque défense de Paris (1870-1871). Les origines de la Commune.  Gallimard,  1973, in-8°,  421 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. la Suite des temps)

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Somme minutieuse et passionnée, cet ouvrage affiche l'ambition d'étudier de manière approfondie le déroulement de la guerre de 70 dans l'objectif d'y trouver les racines de l'insurrection parisienne de 1871. — "Ce livre est la suite de "Cette curieuse guerre de 1870". Relatant dans le même style les événements de septembre et octobre 1870, H. G. continue à se déchaîner contre « les Jules », tout particulièrement contre Jules Favre, contre Trochu et contre Thiers. Il s'attache à démontrer que leur seul souci est de capituler au plus tôt pour préserver l'ordre bourgeois, tandis que le peuple de Paris manifeste le plus ardent patriotisme." (Revue française de science politique, 1960)

210.          [Jaurès]. La vie d'un grand disparu : Jean Jaurès, apôtre de la paix.  P., Librairie Hayard,  1960, in-8°,  16 pp, imprimé sur papier saumon, broché, couv. illustrée, bon état

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Extrait de ses œuvres et notes biographiques. Discours prononcés à sa mort par Anatole France, Edouard Vaillant, Albert Thomas.

211.          JELOUBOVSKAIA (E.). La chute du Second Empire et la naissance de la Troisième République en France. (Thèse).  Moscou, Editions en langues étrangères,  1959, in-8°,  688 pp, traduit du russe, biblio, index, reliure toile éditeur, titres en noir et or au 1er plat et au dos, bon état

            30

"Pour l'auteur, au 4 septembre, « ce sont les ouvriers... qui renversèrent l'Empire, en dépit de l'opposition active des républicains bourgeois » ; puis « la bourgeoisie s'approprie les fruits de la victoire remportée par les ouvriers, le 4 septembre » : ses éléments républicains et royalistes se coalisent pour enrayer la poussée populaire, tandis que la classe ouvrière commet l'erreur de « se borner à la lutte contre les occupants prussiens », et le gouvernement de la Défense nationale n'hésite pas à rechercher un accommodement avec ceux-ci (Marx n'appelait-il pas ce gouvernement gouvernement « de la Défection nationale » ?). Mme Jeloubovskaïa se refuse à faire pour Gambetta une honorable exception : « Tout comme les autres républicains bourgeois, Gambetta réprimait implacablement le mouvement républicain et démocratique en province, paralysait l'initiative des masses populaires qui voulaient défendre la République, et entravait par tous les moyens le développement du mouvement des francs-tireurs ». Et pour ces raisons mêmes, ses efforts en vue d'obtenir le succès dans la lutte contre l'ennemi extérieur se trouvèrent infructueux. On saura d'ailleurs gré à l'auteur soviétique d'avoir poussé loin son enquête. Maints détails neufs sont remarquablement instructifs et l'ensemble de cet exposé narratif se lit avec profit. Signalons les pages consacrées à la propagande germanique en faveur du rattachement de l'Alsace et de la Lorraine au futur Reich, à la dureté de l'occupation allemande, comme aussi, et naturellement, aux réactions de l'Internationale. Mais elle met l'accent sur le mouvement ouvrier et c'est par là que le récit vient à l'appui d'une démonstration qui se veut plus générale. Car ce livre sur la chute du Second Empire reprend les choses de plus haut. Il se présente d'abord comme une étude économique et sociale du régime... (...) Ce n'est pas rien..." (Robert Schnerb, Annales ESC, 1961) — "...  Mme Jeloubvskaia rejoint, dans sa dénonciation des députés de la gauche, de Favre et Ferry à Gambetta, l'auteur de l'Héroïque défense de Paris, M. Guillemin. Mais ce dernier est plus favorable à Gambetta, sinon à ses coéquipiers. Nous pensons que la gauche, plus près du gouvernement, mesurant mieux l'ensemble des données, était mieux placée pour se faire accepter de l'ensemble du pays. Et encore ! que l'on songe aux élections à l'Assemblée nationale ! C'est ce qui explique l'échec de la Commune. Il est certain que l'insurrection parisienne a, tout au moins, contribué à rendre impossible une restauration monarchique. Et le livre de Mme Jeloubvskaia, solidement documenté, clairement composé, apporte au public français une étude à lire sur les origines de la Commune." (Louis Girard, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1961) — "Enna Jeloubovskaïa (1901-1970), avait terminé ses études, sous la direction de Loukine et de Volguine, en 1930. Elle avait en particulier fréquenté, en 1928-1929, le séminaire de Loukine consacré à l’histoire du socialisme sous la Troisième République. Elle se spécialisa dès lors dans l’histoire du mouvement ouvrier français dans la seconde moitié du XIXe siècle. Sa thèse, La chute du second Empire et l’avènement de la Troisième République, publiée en français en 1959, est reconnue comme un classique par tous les spécialistes. (...) Il faudrait dire ici les qualités de cœur d’Enna Jeloubovskaïa, son sens de l’amitié, son attachement à notre pays et à son histoire... Nous saluons sa mémoire avec émotion." (Albert Soboul, Annales historiques de la Révolution française, 1970)

212.          JUDET (Ernest). Le Véritable Clémenceau.  Berne, Ferd. Wyss,  1920, in-8°,  xxxvi-362 pp, broché, pt mque au coin du 1er plat, bon état. Peu courant

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Par un ennemi juré de Clemenceau, dont le nom est ici orthographié avec un « é » accent aigu. — Rédacteur au quotidien Le National à partir de 1879, Ernest Judet (1851-1943) se présenta sans succès aux élections de 1881. Il collabora ensuite à La France et à La Nouvelle Presse, puis entra, en 1886, au Petit Journal d'Hippolyte Marinoni. Trois ans plus tard, il devint chef du service politique et, en fait, le véritable directeur du quotidien : il y poursuivit une violente campagne contre Georges Clemenceau, et fut un adversaire acharné de la révision du procès Dreyfus. Privé de son poste, en 1904, par le successeur de Marinoni, l'imprimeur Cassigneul, il prit la direction, l'année suivante, de L'Éclair, qu'il avait pu acheter grâce à l'aide de Mme de Loynes. Germanophile, il entretint des relations clandestines, pendant la Grande Guerre, avec le ministre allemand en Suisse, le baron von Romberg, et fut reçu en juin 1917 par le pape Benoît XV. En décembre, se sentant surveillé, il vendit L'Éclair et partit pour la Suisse. Inculpé de trahison en 1919, il fut condamné par contumace en 1923: il rentra peu après en France, et fut acquitté. À partir de 1925, il collabora à La Volonté d'Albert Dubarry. — "Dans son pamphlet publié à Berne, en 1920, “Le Véritable Clemenceau”, Ernest Judet, l'éternel ennemi de Clemenceau, a mis en avant les vrais pères de l'armement moderne selon sa version, le président Félix Faure et son « lieutenant », le président du Conseil, Jules Méline. Ce dernier félicita d'ailleurs Judet pour son article paru dans “L'Éclair” le 17 août 1914 et dans lequel il révélait au grand public que les deux hommes politiques – authentiques patriotes à ses yeux – avaient couvert la préparation du « 75 » en lui affectant des crédits officiellement destinés à un autre usage." (Jean-Yves Mollier, Revue d'Histoire du XIXe siècle-1848, 1995)

213.          JUNG (Didier). Jean-Daniel Coudein, Commandant du radeau de la Méduse.  Les Indes savantes, Le Croît Vif,  2018, in-8°,  179 pp, 15 pl. de portraits, photos, cartes et fac-similés en noir et en couleurs hors texte, tableaux généalogiques, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Jean-Daniel Coudein, officier de marine de la première moitié du XIXe siècle, doit certainement sa notoriété à l’épisode du radeau de la Méduse, et à son génial metteur en scène, Géricault. Il fit pourtant une carrière complète et honorable dans la Royale, commencée à l’âge de dix ans comme mousse, sous le Consulat, terminée au début du Second Empire, capitaine de vaisseau et major du port de Rochefort. La biographie de Didier Jung est de fait la première consacrée à Jean-Daniel Coudein. L’auteur fait la part belle au pays qui l’a vu naître. La Tremblade, dans le pays d’Arvert, est un berceau de marins depuis des siècles, pour la pêche, le commerce, la marine de guerre, sans oublier la course. Coudein a de nombreux officiers et commandants de bord parmi ses ancêtres. Dont son père, qui le prend avec lui comme mousse en 1803. Les Coudein sont également représentatifs de leur région car c’est une vieille famille de protestants. Profondément ancrée dans la Saintonge maritime, l’histoire de Jean-Daniel Coudein a rejoint l’histoire nationale par le destin qui le conduisit à commander le fameux radeau de la Méduse.

214.          KURTZ (Harold). L'Impératrice Eugénie.  Perrin,  1967, in-8°,  491 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de gravures et photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, une garde lég. salie, bon état

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"Avec cette biographie savante et minutieuse, tenons-nous un portrait flatté de l'impérarice ou son image véritable ? L'auteur qui semble anglo-saxon est à l'abri de nos préjugés historiques. Pour lui, Eugénie de Montijo ne fut pas la souveraine belliqueuse et bigote dont on parlait sous la IIIe République, mais une femme intelligente, mesurée, courageuse, qui fut de bon conseil pour l'utopique et secret Napoléon III, garda dans l'exil toute sa dignité et sut faire front à la dernière épreuve, la mort du prince Impérial dans un combat contre les Zoulous. Quand l'impératrice n'était qu'une enfant, Stendhal lui racontait l'épopée de Napoléon Ier. A la fin de sa vie, Lucien Daudet lui présenta Cocteau... On trouvera de plus dans le livre d'H. Kurtz de nombreux extraits de lettres de Mérimée, pleines d'intelligence, de justesse, de scepticisme aussi, qui évoquent un second Empire qui n'est ni celui de la légende parisienne (Offenbach) ni celui de la légende politique (les Châtiments) et dont la voix vaut d'être entendue." (Revue des Deux Mondes, 1967) — Table : Les Années de jeunesse, 1826-1853 ; Le Règne, 1853-1870 ; L'Exil, 1871-1880 ; La Fin d'une vie, 1880-1920.

215.          LACENAIRE (Pierre-François Gaillard, dit). Mémoires, avec ses Poèmes et ses Lettres. Suivis de Témoignages, Enquêtes et Entretiens présentés par Monique Lebailly.  Albin Michel,  1968, in-8°,  345-(4) pp, un portrait en frontispice, 8 gravures sur 4 pl. hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Au cours de l'hiver 1835, une affaire criminelle apparemment bien banale réussit à détourner l'attention du public fixée sur l'attentat de Fieschi. Sordide meurtrier d'un repris de justice indicateur de police et de sa vieille mère quasi impotente, Pierre-François Lacenaire s'attire pourtant la sympathie et même l'admiration de journalistes, d'écrivains, d'hommes de loi et de science ; la police l'estime ; les femmes de la bonne société suivront passionnément son procès. C'est qu'il est romantique et qu'on le soupçonne d'être républicain..." — "Ecrit durant ses derniers jours en prison avant son exécution, les mémoires de ce célèbre criminel eurent un grand succès. Censurés par l'administration pénitentiaire, ils racontent sa brève existence : études à Lyon, ses deux engagements dans l'armée suivis de désertions, ses crimes." (Bertier de Sauvigny, 572).

216.          LA FAYE (Jacques de). La Princesse Mathilde, une nièce de Napoléon, 1820-1904.  Emile-Paul,  1929, in-8°,  365 pp, broché, couv. illustrée, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française)

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La princesse Mathilde est un des personnages les plus intéressants de la société du second Empire. La nièce de Napoléon Ier, l'amie des artistes et des écrivains, méritait de fixer l'attention. On suit son enfance à la cour de Sttutgart, auprès de son oncle le roi de Wurtemberg, l'idylle avec le prince Louis-Napoléon, le futur Napoléon III, puis le mariage inattendu avec un prince russe, Demidoff, mariage malheureux qui aboutit après cinq ans à une séparation. Vient ensuite l'installation à Paris, l'apparition du chevalier servant, le comte de Nieuwkerke, dont elle fit plus tard un surintendant des Beaux-Arts et qui sut tirer gloire de cette liaison impériale. Nous suivons ensuite la princesse Mathilde dans ses demeures, à Saint-Gratien, à Paris rue de Courcelles, entourée des amis, Sainte-Beuve, Théophile Gautier, le peintre Eugène Giraud, qu'elle appelait «ma vieille giraille ». Enfin, la retraite après la chute de l'Empire, l'hôtel de la rue de Berry, où elle vit en coquetterie avec le nouveau régime, et le vide se faisant peu à peu autour de la princesse, jusqu'à la disparition, le 2 janvier 1904, entourée des derniers fidèles. Le livre est bien informé : l'auteur a puisé abondamment dans les Mémoires du temps, les lettres et, souvenirs d'écrivains, et il a recueilli les confidences des derniers familiers de la princesse, le comte Primoli, M. d'Ocagne, la comtesse Benedetti.

217.          LECOMTE (Georges). La vie héroïque et glorieuse de Carpeaux.  Plon,  1928, in-12,  312 pp, biblio, broché, dos lég. abîmé, bon état (Coll. Le roman des grandes existences)

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Biographie du sculpteur, peintre et dessinateur Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875). Une de ses œuvres les plus connues est son groupe La Danse (1869), situé sur sur la façade sud de l'Opéra Garnier à Paris, qui a provoqué à l'époque l'indignation pour sa liberté et son réalisme.

218.          LECOMTE (Georges). Thiers.  Dunod,  1933, in-12,  316 pp, broché, dos fendu proprement recollé, bon état, envoi a.s. à René Pinon

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"Il ne s'agit ni d'une vie quelque peu romancée à la manière de M. Reclus, ni d'un ouvrage d'érudition comme celui de M. Henri Malo. Avec la sûreté d'un talent qui se possède pleinement, M. Georges Lecomte a tracé le portrait beaucoup plus qu'il n'a conté l'existence de Thiers. A vrai dire l'exposé des événements auxquels Thiers a été mêlé durant près d'un demi-siècle ; – le récit savoureux de sa vie familiale entre sa femme, sa belle-mère, « son incomparable, prodigieuse et vraiment unique belle-mère, qui suffirait à réhabiliter l'espèce », sa belle-soeur, « fille de grand coeur et de grand caractère » ; – la critique fort judicieuse de ses travaux historiques ; – la description des milieux où il a vécu : tout cela vaut surtout par les réflexions et les suggestions de l'auteur et par la conclusion qui serait à citer tout entière. Thiers, déclare M. Lecomte, était, très intelligent, très instruit, très orgueilleux ; il a été un répertoire universel, un spécialiste en tout. Sa tâche en fut facilitée ; mais cette omniscience l'a poussé à tout décider, à tout conduire, à tout faire, et aussi à sous-estimer ses adversaires. Jamais il n'a reconnu une erreur. « Moi, Monsieur, disait-il à Guizot, je ne me trompe jamais. » Il a paru libéral, il fut autoritaire et sectaire. Il parut curieux ; il fut en réalité routinier et rebelle au progrès. Très orgueilleux, il a eu cet orgueil qui veut à toute force le pouvoir et le poursuit âprement. Il ne s'en est saisi que sur le tard. Alors, toute la frénésie du commandement, qui s'était accumulée en lui, s'est déchaînée. Et c'est en grande partie pour cela qu'il a poussé à la République, où il devait être le premier. Mais c'est alors que s'est révélé ce génie constructeur qu'avaient deviné Talleyrand, Balzac, Chateaubriand, Lamartine. Thiers avait commencé par détruire deux monarchies, sans compter de nombreux ministères. « Mais détruire, ce n'est jamais bien difficile, c'est d'un homme politique. Rebâtir, c'est d'un homme d'État. » Or, Thiers a rebâti la France. Et la France lui a voué l'admiration qu'il méritait. Elle s'est retrouvée en lui, dans sa vivacité d'esprit, dans son audace mêlée de finesse, dans la fertilité de ses ressources, dans son patriotisme. C'est la reconstruction de la France – dont le récit occupe la moitié de l'ouvrage – qui a permis à « ce petit bourgeois qui avait l'âme fière » de devenir un personnage national et un grand Français." (Pierre Mandoul, Revue d'histoire moderne, 1934)

219.          LÉONARD (Jacques). La Vie quotidienne du médecin de province au XIXe siècle.  Hachette,  1979, in-8°,  285 pp, notes, notices biographiques sur quelques grands médecins parisiens cités dans l'ouvrage, broché, couv. illustrée, bon état

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Au carrefour de l'histoire et de la médecine, ce livre basé sur des archives officielles, des documents administratifs, mais aussi une enquête personnelle approfondie et nombre de papiers privés, retrace l'évolution de la condition médicale dans la France provinciale et rurale du XIXe siècle. Au cours du siècle, des guerres de l'Empire au septennat tragiquement interrompu de Sadi Carnot, la médecine a fait un bond prodigieux. A une thérapeutique tâtonnante a succédé une véritable science expérimentale et il y a loin du médecin de campagne évoqué par Balzac ou de l'officier de santé Charles Bovary, au docteur formé par les disciples de Claude Bernard et de Louis Pasteur. Mais s'ils se posent dans un contexte historique et un décor social différents, les mêmes problèmes demeurent : l'organisation de la profession et les hiérarchies qu'elle implique, la diversité des apprentissages, les difficultés matérielles, les vicissitudes des carrières et des clientèles, les rapports avec les malades, avec les sorciers et rebouteux, les rivalités d'ordre professionnel, la place et le rôle du médecin de province dans la société, son influence politique croissante. A mesure que son combat contre la maladie s'avère victorieux, le médecin de province voit s'affirmer la considération morale dont il bénéficie. Désormais il est un notable. Mais avant de respirer l'encens officiel dans un fauteuil de conseiller général, le médecin de province chevauche par tous les temps, entre une dysenterie et une variole, du château à la chaumière, du lit de l'enfant moribond à celui du vieillard grabataire.

220.          LÉVY-BRUHL (Lucien). Quelques pages sur Jean Jaurès.  Librairie de l'Humanité,  1916, in-12,  85 pp, broché, qqs rousseurs sur les 4 derniers feuillets, couv. lég. défraîchie, bon état

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"Les pages qui suivent ont été écrites pour l'Annuaire de l'Ecole Normale supérieure, c'est-à-dire pour les camarades d'école de Jaurès". — "Pour rédiger cet ouvrage, Lévy-Bruhl s’est appuyé sur une lettre de son ancien élève Louis Enjalran, ami de Jaurès à Albi. (...) Lorsqu’il rédige ses « quelques pages sur Jean Jaurès », Lévy-Bruhl vient de lire L’Armée nouvelle, où Jaurès définit les conditions dans lesquelles la France peut s’engager dans le conflit avec l’Allemagne sans trahir la classe ouvrière... Ces pages éclairent alors l’action de Lévy-Bruhl pendant la guerre. Tout se passe comme si la mort de Jaurès forçait Lévy-Bruhl à s’engager lui-même politiquement et à découvrir de nouveaux aspects de l’expérience humaine." (Frédéric Keck, Lévy-Bruhl, Jaurès et la guerre, 2012) — Table : Enfance et jeunesse ; Jaurès député et journaliste ; Les idées philosophiques et religieuses de Jaurès ; L'action politique et sociale de Jaurès.

221.          [Littérature] – LORRAIN (Jean). La Maison Philibert.  Albin Michel,  s.d. (1932), in-12,  (4)-331-(1) pp, 120 illustrations en noir de George Bottini dans le texte, broché, couv. illustrée en couleur par Bottini, 1er plat de couverture recollé, papier lég. jauni, état correct

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La première édition est de 1904. La Maison Philibert est une maison de tolérance, bien entendu. Jean Lorrain (1855-1906), diversement décrit comme “homme scandaleux”, “écrivain décadent”, “journaliste corrosif”, “esthète, dandy, éthéromane”... aurait écrit ce roman afin d’acquitter une amende infligée lors d’un procès en diffamation. Rachilde, dans le Mercure de France de septembre 1904 : “Ça ne tourne mal qu’à partir du moment où le patron Philibert cherche des éléments de corruption genre parisien. Oh ! alors, Jean Lorrain se déchaîne ! Toute la tourbe du grand monde va épaissir le pur cloaque...” Agréables illustrations de George Bottini, dans un style réminiscent de Toulouse-Lautrec.

222.          LOLIÉE (Frédéric). Le Roman d'une favorite. La comtesse de Castiglione, 1840-1900, d'après sa correspondance intime inédite et les "Lettres des Princes".  Emile-Paul,  1912, in-8°,  xii-360 pp, 18 pl. de gravures et 30 pp de fac-similés hors texte, index, reliure demi-basane bleue, dos à 5 nerfs soulignés à froid, auteur et titre dorés, couv. conservées, bon état, envoi a.s. à l'académicien Alfred Mézières

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"M. Frédéric Loliée a été assez heureux pour mettre la main sur une correspondance intime, absolument inédite, et sur les lettres des princes qui lui ont permis de reconstituer ce prodigieux roman, cette vie de la célèbre et très mal connue comtesse de Castiglione, surnommée « la Divine » pour sa beauté supra-humaine et qui, après avoir été la voix secrète, aux Tuileries, de la politique italienne, « la favorite », disait-on, de Napoléon III, la conseillère et l'amie des princes de la maison d'Orléans, termina, loin du monde, lasse de tout et de tous, son étrange aventure de rayonnement et de conquête. Il y a toujours eu dans la vie de cette femme étrange et belle, qui a pu dire, en exagérant un peu son rôle : « J'ai fait l'ltalie et sauvé la Papauté », de l'obscurité et du mystère, un mystère que le livre si captivant de M. Loliée n'éclaircit pas tout à fait, et c'est tant mieux : cette ombre qui plane autour d'elle rehausse encore le prestige de cette beauté souveraine, de cette femme faite pour l'amour et qui, ayant été très admirée, ne fut pas beaucoup aimée."  (Ph.-Emmanuel Glaser, Le Mouvement Littéraire, 1912)

223.          LOOSEN (Michel). Rose Doise. Une erreur judiciaire en Flandre.  Steenvoorde, chez l'auteur,  1985, in-8°,  135-(4) pp, 5 photos et 3 fac-similés, broché, couv. illustrée, bon état

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Rose Doise (Rosalie Pauline) est née le 11 novembre 1833 à Bailleul et grandit dans une famille modeste au pied du Mont-Noir. Elle épouse un tisserand nommé Séverin Gardin à l’âge de 27 ans. Au décès de sa mère en 1860, Rosalie se joint à ses frères et sœur pour exiger le partage des biens détenus par le patriarche Martin Doise. Presque ruiné, Martin garde une rancune tenace. Cette  mauvaise entente entre Rose et son père ne fait que s’accentuer avec le temps ; la jeune femme profère des menaces contre son père, et cela même devant les voisins. De son côté, Martin Doise se plaint beaucoup du mauvais caractère de sa fille. Le soir du 14 janvier 1861, deux malfaiteurs cambriolent la fermette du père Doise, qui vivait seul, et l’abattent à coups de pioche. Rose est accusée du meurtre le 13 août 1861. Le Juge et le Procureur s’étonnent qu’elle ne dégage aucune émotion devant le corps sans vie de son père ; famille et amis n’ont pas manqué de rapporter ses fréquentes altercations avec Martin, souvent suivies de menaces. Durant son emprisonnement à la maison d’arrêt d’Hazebrouck, Rose apprend qu’elle est enceinte de son premier enfant ; elle finit par avouer à tort sa culpabilité dans l’espoir de porter son enfant dans des conditions de détention plus douces. Elle accouche le 30 avril 1861 d’un garçon, qui meurt le 28 mai 1861. Il s’appelait comme son père Séverin. Son mari, au départ suspecté du meurtre de Martin Doise, déclare qu’il croit sa femme coupable et il est libéré sur une ordonnance de non-lieu. Rose Doise passe devant la Cour d’assises de Douai le 20 juin 1861 ; elle se rétracte et nie avoir tué son père. Pourtant les témoins sont nombreux, jusqu’à son propre mari. Le jury déclare Rosalie coupable avec des circonstances atténuantes, et elle est transférée à la prison de Doullens. Pendant ce temps, les deux voleurs et assassins du père Doise continuent d’écumer les fermes de la région, pillant et tuant sur leur passage. Ils sont enfin arrêtés en 1862, dénoncés par l’une de leurs victimes. Un interrogatoire serré permet aux enquêteurs de dresser la liste de leur forfaits... C’est ainsi que l’un des truands est condamné aux travaux forcés à perpétuité, le second à la peine capitale, et que Rose est acquittée et innocentée en novembre 1862. Rose Doise mourut le 16 février 1899 et Séverin le 11 juin 1905. Ils avaient donné le jour à sept enfants

224.          MARGUERITTE (Paul et Victor). Histoire de la guerre de 1870-71, illustrée de 52 portraits et de 24 plans de bataille.  P., Georges Chamerot,  s.d. (1903), pt in-8°,  ix-229 pp, 52 portraits à la plume et 24 plans dans le texte, reliure pleine toile à la bradel, pièce de titre chagrin bordeaux, couv. conservée, bon état. Edition originale

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"Nous avions de savantes histoires, stratégiques et diplomatiques, de la guerre de 1870 : celles de MM. Sorel, Rousset, Chuquet, etc., pour ne citer que des ouvrages français. Le général Niox avait écrit un précis de la guerre, destiné aux bibliothèques militaires, où les faits essentiels étaient exposés avec netteté et précision. Et cependant le petit livre de MM. Paul et Victor Margueritte vient à son heure. C’est une histoire morale de la guerre de 1870. Les auteurs se sont surtout préoccupés de faire au cours de leur récit le départ des responsabilités. La plus grave et la plus écrasante à leur avis c’est celle de la France tout entière, engourdie sous l’empire par une prospérité matérielle, qui lui faisait oublier jusqu’à sa liberté perdue, réveillée par Sedan et Metz, mais incapable de mener jusqu'au bout l’effort viril qu’elle avait tenté pour repousser l’étranger, et consentant à une paix désastreuse par lassitude et par découragement. Cette idée, si souvent exprimée dans les « Tronçons du Glaive » Paul et Victor Margueritte l’ont reprise à nouveau et en ont fait le leitmotiv de leur livre. Ils dénoncent l’incurie et la nullité du gouvernement impérial, son chef malade et sans volonté, l’impératrice uniquement préoccupée du sort de sa dynastie, Emile Ollivier qui s’est jugé lui-même par quelques mots devenus historiques, les maréchaux incapables ou jaloux, Mac-Mahon se laissant enfermer dans Sedan, Bazaine négociant, puis capitulant et peut-être trahissant dans Metz ! D’autres furent plus coupables, parce que moins habiles et moins actifs. Jules Favre, bavard sentimental que Bismarck jouera plus facilement qu’il n’avait dupé Napoléon III ; Trochu, stratégiste de grandes manœuvres, rédacteur de proclamations, incapable d’action ? La sévérité de MM. Paul et Victor Margueritte à leur égard se double d’une admiration profonde, bien qu’éclairée pour ceux qui ne désespérèrent pas, pour Gambetta, pour Chanzy et pour Faidherbe. Et leur livre se termine sur d’optimistes conclusions, au rappel de ce qu’est redevenue en peu d’années cette France dont on était presque autorisé à désespérer en 1871..." (C. Gennevier, Revue internationale de l'enseignement, 1904)

225.          MESSAGER (Henri). Lettres de déportation, 1871-1876 : Deux cent trente-neuf lettres d'un Communard déporté. Ile d'Oléron, Ile de Ré, Ile des Pins.  P., Le Sycomore,  1979, gr. in-8°,  377 pp, préface et notes de Jean Maitron, postface de Charles Vildrac, broché, couv. illustrée, bon état

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Les Lettres de déportation d’Henri Messager, sont un document exceptionnel sur la Commune, ses suites politiques et la vie en déportation. Henri Messager, père de l’écrivain Charles Vildrac, apparaît comme un témoin original : ni chef, ni acteur obscur. Cette confession presque quotidienne, vraie aussi de ses petitesses humaines qu’aggrava la réaction versaillaise, enrichit notre connaissance des Communards. — "Henri Messager avait 21 ans en 1871. Il combattit pour la Commune comme capitaine dans l'artillerie de la Garde Nationale." (Le Quillec, 3144)

226.          MICHAELI (Frank). Un bon et fidèle serviteur : Auguste Drancourt (1846-1937).  Dijon, chez l'auteur, ou chez Mme Drancourt, Lemé (Aisne),  1938, in-12,  100 pp, 4 pl. de photos hors texte, broché, bon état, envoi a.s.

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Auguste Drancourt, né à Saint-Quentin en 1846, mort à Lemé en 1937, industriel protestant. Un chapitre sur son Journal de guerre en 1914 à Reims.

227.          MONTCALM-GOZON (Armande Marie-Antoinette Du Plessis, marquise de). Mon Journal pendant le premier ministère de mon frère, 1815-1818. Publié par Sébastien Charléty.  Grasset,  1935, pt in-8°,  368 pp, index, broché, couv. illustrée, pt morceau de scotch au dos, qqs rares marques au crayon en marges, bon état. Edition originale, ex. du SP, envoi a.s. de S. Charléty (nom du destinataire découpé)

            30

Ce texte, inédit jusqu'à cette édition, apporte des précisions et quelques détails sur les luttes de partis au début de la Restauration. — "Soeur du duc de Richelieu, la marquise défend la politique modérée de son frère contre les ultras et tente dans son salon de rapprocher les diverses sensibilités monarchistes." (Bertier, 744) — "Le témoignage de la marquise de Montcalm, sœur de Richelieu, dont les Mémoires viennent d'être publiés et excellemment préfacés par M. Charléty. Cette grande dame, toute dévouée aux Bourbons et encore plus à son frère, a le salon politique le plus intéressant de Paris. Malgré sa santé précaire, elle reçoit tout ce qui compte en France et même en Europe. Autour de sa chaise longue se rencontrent Pozzo di Borgo, Capo d'Istria, le comte Apponyi. La comtesse de Boigne qui est mauvaise langue l'accuse d'avoir trop bonne opinion de ses mérites, mais il est vrai qu'elle en a, qu'elle est de bon conseil, qu'elle n'aime pas les opinions préconçues ni les discussions stériles, et que son jugement sévère sur Chateaubriand n'est pas sans psychologie. « Poussé par un orgueil actif que rien ne saurait arrêter, il veut à toute force être persécuté dans la crainte d'être un seul instant oublié. » Chateaubriand avait demandé un ministère, elle n'avait pu lui obtenir que l'Instruction publique sans le titre de ministre et sans entrée au Conseil, ce qu'il avait considéré comme au-dessous de lui..." (A. Albert-Petit, Revue de Paris, 1936)

228.          NORRE (Henri). Comment j'ai vaincu la misère. Souvenirs et réflexions d'un paysan présentés par Emile Guillaumin.  Editions Balzac,  1944, in-12,  viii-(2)-235 pp, une photo d'Henri Norre en frontispice, broché, couv. illustrée rempliée lég. salie, bon état

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Mémoires d'Henri Norre, exploitant à Durestal en Périgord. Dès le printemps 1914, juste avant la guerre, Guillaumin corrige et publie les souvenirs d'Henri Norre, cultivateur comme lui : texte repris et augmenté pour devenir Comment j'ai vaincu la misère (Valois, 1932 ; édition définitive chez Balzac-Calmann-Lévy en 1944).

229.          OLLIVIER (Emile) et Carolyne de SAYN-WITTGENSTEIN. Correspondance 1858-1887. Publiée par Anne Troisier de Diaz.  PUF,  1984, gr. in-8°,  383 pp, introduction d'Anne Troisier (21 pp), 4 pl. de portraits et fac-similés hors texte, biblio, index, broché, défraîchi, couv. abîmée, état correct

            25

Correspondance croisée entre Emile Ollivier et Carolyne Sayn-Wittgenstein, transcrite et annotée par Anne Troisier, petite-fille de Emile Ollivier. Emile Ollivier, gendre de Franz Liszt, entretint entre 1858 et 1887 une correspondance très suivie avec la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein, aristocrate polonaise qui fut l'amie de Liszt dans sa maturité et sa vieillesse.

230.          PALÉOLOGUE (Maurice). Journal de l'affaire Dreyfus. L'affaire Dreyfus et le Quai d'Orsay, 1894-1899.  Plon,  1955, in-8°,  iv-271 pp, broché, jaquette, bon état

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"La publication posthume de ce journal présente un grand intérêt historique, car Maurice Paléologue était chargé au Quai d'Orsay de suivre l'affaire Dreyfus et il était en constants rapports avec les officiers du Service de renseignements. II se déclare certain que de 1886 à 1896 plusieurs officiers français ont alimenté l'ambassade d'Allemagne en documents confidentiels et il met en cause en termes voilés (pp. 156-159) un « officier d'un très haut grade » qui aurait occupé « durant plusieurs années des fonctions importantes au ministère de la Guerre ». Ces révélations tardives seraient évidemment plus probantes si elles étaient plus précises et surtout si les convictions intimes de M. P. l'avaient parfois amené à se départir de la réserve diplomatique qui constitue la règle constante de son attitude. Le journal de Maurice Paléologue est le journal d'un parfait fonctionnaire ; il constitue un excellent – et parfois bien involontairement cruel – tableau du Quai d'Orsay à la fin du siècle dernier. Ce n'est pas le moindre intérêt de ce livre." (Revue française de science politique, 1956) — "Grand commis au Ministère des Affaires étrangères, Maurice Paléologue a connu, pendant sa carrière, beaucoup de secrets d'Etat. Il a vécu au plus près les péripéties shakespeariennes de l'Affaire Dreyfus et en a tenu un journal quotidien, que les Editions Plon nous font connaître. Les contemporains de cette « affaire », dont certains aspects demeurent encore troubles, liront avec passion ces pages, qui sont celles d'un grand mémorialiste. Les autres n'auront pas à superposer leurs propres souvenirs aux faits racontés par Paléologue, mais ils y ramasseront une ample moisson de faits dramatiques. Là, l'histoire est un roman quotidien avec, pour fond de décor, les coulisses des Affaires étrangères, de l'Etat-Major et du 2e Bureau." (Bernard Simiot, Hommes et mondes, 1956) — "Maurice Paléologue avait tenu un journal. Pendant les seules années dramatiques de l'affaire Dreyfus ? On ne sait. Toujours est-il que le récit qu'il en a tiré et qu'on vient de publier ne se rapporte qu'à elle. Ultérieurement, il détruisit les annales que le récit résume ; et on le regrette, car, on va le voir, il est au moins probable qu'elles comporteraient bien davantage. Paléologue reconnaît qu'il n'aimait pas les Juifs et l'aspect physique, l'attitude de Dreyfus lui furent antipathiques ; il crut à la culpabilité comme presque tout le monde. Mais, diplomate et mondain, il apprit beaucoup ; le doute s'insinua, puis la conviction s'affirma d'une erreur judiciaire ; finalement, il conclut que Dreyfus avait été victime d'une criminelle machination destinée à couvrir trois traîtres : Esterhazy ; un second officier, Maurice Weil ; et un troisième, « de très haut grade », dont la carrière n'aurait souffert aucun dommage, mais qu'il ne nomme pas. Henry, ami et débiteur d'Esterhazy, Lauth, préoccupé de sauver l'anonyme pour des motifs privés, ourdirent la trame qui perdit Dreyfus. On ne peut douter que le journal rapportait les renseignements qui appuyaient le bref exposé qu'on lit aux pages 156-157. Telle quelle, la publication rouvre le problème de l'affaire et on peut s'attendre à en voir d'autres, un jour ou l'autre, la compléter ou la contredire." (G. Lefebvre, Annales ESC, 1957)

231.          PROLÈS (Charles). La vérité sur la Revolution du 18 mars 1871.  P., Dépôt général,  1902, gr. in-8°,  17 pp, 5 gravures dont une à pleine page, deux pages in fine sur ce que sont devenus les élus de Paris de février 1871, broché, couv. illustrée, trace de pli, état correct. Rare (3 ex. seulement recensés dans le monde : un seul en France, à la BnF, un à la British Library à Londres, et un à l'International Institute of Social History (IISG) à Amsterdam)

            40

232.          ROBIN (Christian)(dir.). Un éditeur et son siècle, Pierre-Jules Hetzel (1814-1886). Textes et iconographie réunis et présentés par Christian Robin.  Saint-Sébastien, ACL Editions,  1988, gr. in-8°,  366 pp, 72 pl. de gravures hors texte (dont 8 en couleurs), biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Magnifiquement illustré, orné de nombreuses reproductions en noir et en couleurs, ce volume retrace la diversité des contributions au colloque de Nantes, en mai 1986, et permet au lecteur de disposer aujourd'hui d'une multitude de travaux concernant l'éditeur le plus connu, le mieux aimé en France, Pierre-Jules Hetzel. A la différence des ouvrages antérieurs, celui-ci n'hésite pas à mettre en relief certains aspects jusque-là cachés de la personnalité de l'éditeur de Hugo ou de l'homme politique. Ainsi Sheila Gaudon s'est-elle attachée à suivre une étrange « mission » dans le cadre de la Belgique, en mars 1848, Olivier Dumas à étudier le « censeur » de Jules Verne ou Guy Gauthier la morale de l'écrivain P. J. Stahl sous la IIIe République. Alain Buisine dessine de bien curieuses figures du contrat passé entre l'auteur Verne et son éditeur Hetzel, dégageant de nouvelles voies pour la recherche pluridisciplinaire. Xavier Noël, en présentant les rapports d'André Laurie et d'Hetzel, rappelle la destinée littéraire d'un Communard oublié, Paschal Grousset, tandis que Christian Robin clôt le volume par une présentation des textes rares et inédits de Jules Verne. Sans aucun doute, ce livre suffirait à montrer, à lui seul, combien des rencontres universitaires de haut niveau, en mêlant intelligemment chercheurs, érudits et amateurs passionnés, peuvent donner naissance à une œuvre au sens plein, un livre véritable et non une simple collection d'articles disparates." (J.-Y. Mollier, Revue d'Histoire du XIXe siècle-1848, 1989)

233.          ROUX (Georges). La guerre de 1870.  Fayard,  1966, in-12,  374 pp, chronologie, 6 cartes, broché, couv. à rabats, pt morceau de scotch au bas du dos, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            25

"L'auteur expose de façon claire et suivie le déroulement du conflit, en manifestant une hostilité marquée pour la Commune de Paris." (Revue française de science politique, 1967) — "Georges Roux examine le déroulement des faits à l'aide de documents d'origine française et germanique. On ne peut le suivre sans un serrement de cœur. Nation-femme, avec ses crises de nerfs, et plus encore femelle, quand l'instinct viscéral l'aura emporté sur la raison, ainsi nous apparaît la France de l'époque. On connaît l'histoire de la dépêche d'Ems et le contresens de traduction si bien exploité par Bismarck pour "piquer une banderille sur le taureau français furieux". Le grave, c'est que la France, trop susceptible et arrogante, est seule ; sans amis, sans alliés, après trop d'intempestives ingérences dans les affaires de l'Europe et du monde, elle est militairement impréparée. Ni Guillaume Ier ni Napoléon III ne désirent s'affronter ; le jour de la renonciation officielle de Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen au trône d'Espagne, un même mot leur échappe : " Quel soulagement ! " Mais, à Paris, le ministre des affaires étrangères, la plupart des sénateurs et des députés, les journaux, précédés plus encore que suivis par la foule de la rue, crient à l'offense et appellent réparation. Un véritable accès de folie, dont les conséquences seront coûteuses..." (Ginette Guitard-Auviste, Le Monde, 23 déc 1966)

234.          SERMAN (William). Les Origines des officiers français, 1848-1870. (Thèse).  Publications de la Sorbonne,  1979, in-8°,  406 pp, 15 graphiques, 24 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Parmi les officiers en activité entre 1848 et 1870, seuls 8 % proviennent de la noblesse. C'est l'une des conclusions frappantes de l'étude de William Serman, fondée sur l'analyse d'une masse de documents inédits ou peu connus. Au milieu du XIXe siècle, en effet, le corps des officiers français combine deux systèmes démocratiques de recrutement : la sélection par concours de jeunes éléments d'avenir et la promotion interne de serviteurs déjà anciens. Certes la situation de l'enseignement en France, le coût des études préparatoires, le prix de la pension dans les Écoles militaires et la priorité longtemps accordée aux fils de courtisans ou de fonctionnaires pour l'attribution de bourses limitent la démocratisation du recrutement des Saint-Cyriens et des Polytechniciens. Mais l'augmentation du nombre d'emplois à pourvoir, le renouvellement rapide du personnel en temps de guerre et la répartition sociale des vocations militaires dans la nation favorisent la promotion massive de sous-officiers issus des classes populaires. Les classes moyennes poussent nombre de leurs fils vers l'armée, qui offre un important débouché à la jeunesse instruite et des possibilités exceptionnelles de promotion sociale à des milliers de jeunes d'humble origine. — "Rompant avec l'histoire militaire traditionnelle, l'auteur montre qu'un corps de fonctionnaires relativement prestigieux, comme les officiers, est un enjeu entre les classes ou les fractions de classes qui cherchent à instaurer les modalités de recrutement les plus favorables à leurs intérêts. Aucune n'arrive jamais à imposer totalement ses vues, ne serait-ce que parce que les mécanismes sociaux généraux qui déterminent le choix d'une carrière comme le métier des armes échappent en partie aux acteurs sociaux. W. Serman souligne à juste titre que le double recrutement découle d'un compromis nécessaire entre les intérêts des classes supérieures et ceux des classes moyennes, voire d'une partie des classes populaires. Les conservateurs ou les fractions conservatrices de la bourgeoisie désireraient un corps d'officiers de type aristocratique, mais faute de vocations en nombre suffisant, du fait du discrédit de l'état militaire par rapport aux carrières civiles, il faut compléter par un recrutement plébéien. Inversement, les milieux démocrates ne peuvent instaurer une méritocratie complète pendant les courts moments où ils sont au pouvoir, ce qui reviendrait, en raison de la fonction conservatrice du système d'enseignement, à fermer encore plus l'accès à l'épaulette aux catégories sociales les plus modestes..." (Christophe Charle, Annales ESC, 1980)

235.          SILVESTRE de SACY (Jacques). Le Maréchal de Mac Mahon, duc de Magenta (1818-1893).  P., Editions Inter-Nationales,  1960, gr. in-8°,  386 pp, 9 gravures et photos, une grande carte dépliante de l'Algérie et 4 plans de bataille (Magenta, Solférino, Froeschwiller, Sedan) hors texte, biblio, broché, couv. illustrée (lég. défraîchie), bon état (Prix Broquette-Gonin de l'Académie française)

            35

La prise d'Alger - La Campagne de Crimée (Malakoff) - La guerre d'Italie (Magenta, Solférino) - Gouverneur Général de l'Algérie (Réformes civiques et économiques. Incidents avec Mgr Lavigerie) - La guerre de 1870-1871 (Sedan, la Commune) - A la présidence de la République - Mac Mahon et l'essai de Restauration monarchique (le comte de Chambord). L'auteur a eu accès à certains papiers privés.

236.          TÉRY (Gustave). Jean Jaurès, II. Le poète lyrique.  L'Oeuvre,  s.d. (1904), in-12,  36 pp, broché, dos lég. abîmé, bon état

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Il a la tête faite pour parler au loin et regarder en l'air.

237.          [Victor Hugo] – Collectif. Victor Hugo.  Hachette,  1967, gr. in-8°,  294 pp, 8 planches en couleurs, 70 gravures, portraits et fac-similés en noir dans le texte, imprimé sur papier vergé, reliure simili-cuir vert bouteille décoré de l'éditeur, rhodoïd, étui carton, bon état (Coll. Génies et Réalités)

            25

Hugo (Jacques de Lacretelle) ; Le Romantique (Pierre Moreau) ; Le Dramatique (Pierre-Aimé Touchard) ; Le Lyrique (Gilbert Sigaux) ; Le Romancier populaire (Roger Ikor) ; Le Visionnaire (Paul Zumthor) ; Le Politique (Henri Guillemin) ; L'Homme (André Maurois) ; Hugo, en somme... (Claude Roy). — "On sait avec quel soin sont édités, illustrés et reliés les volumes de la collection « Génies et Réalités »." (André Gavoty, Revue des Deux Mondes)

238.          WOLFF (Ed.). Campagne de 1870-71. Siège de Soissons. Souvenirs d'un officier de la Mobile.  Arras, Imp. H. Schoutheer,  1872, in-8°,  ii-77 pp, broché, bon état. Rare

            50

L'auteur était lieutenant au 2e bataillon des Mobiles de l'Aisne (17e Régiment de marche).

 

De 1914 à nos jours

 

239.          ALMEIDA (Fabrice d'). La Vie mondaine sous le nazisme.  Perrin,  2005, gr. in-8°,  418 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, état correct, envoi a.s.

            25

Ce livre constitue la première étude systématique sur les rapports entre la haute société allemande et les nazis. Les archives inédites, les carnets privés et les documents diplomatiques montrent comment les gens du beau monde se livrent à une course du zèle auprès de Hitler, comment les anciennes élites – à commencer par les fils du Kaiser – festoient en compagnie de parvenus et de quelle manière acteurs, aristocrates, technocrates de la SS, diplomates forment une étrange cour. De l'ascension de Hitler à sa chute, Fabrice d'Almeida brosse la fresque fascinante et dérangeante d'un groupe dont rien, ni la guerre, ni le pillage de l'Europe, ni les exterminations, ne vient troubler le cynisme et les loisirs – de la chasse aux régates, de l'opéra aux bals, des dîners au tennis.

240.          BARTHÉLEMY (Victor). Du communisme au fascisme. L'histoire d'un engagement politique.  Albin Michel,  1978, gr. in-8°,  508 pp, index, broché, état correct

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Ancien militant communiste, Victor Barthélemy devient secrétaire général du P.P.F. de Doriot en 1939 et s'engage résolumment dans la voie de la collaboration et de la lutte antibolchevique. — "Né en 1906, Victor Barthélemy adhéra, à l'âge de vingt ans, au Parti communiste. Il fut alors, pendant dix années, un militant enthousiaste et actif. Il suivra successivement les cours de formation du parti à Bobigny et à Moscou et participera, sur la côte méditerranéenne, au "travail illégal". Les remous qui secouèrent, entre les deux guerres mondiales, l'Internationale communiste, l'emprise grandissante de Staline et la transformation des espérances de la Révolution d'Octobre en une forme de "national-communisme" identifié à l' "impérialisme russe", provoquèrent, chez nombre de militants qui avaient fait cette analyse, une crise de conscience. En France, une scission, dont l'un des principaux acteurs sera Jacques Doriot, se produira dans le parti. Opposant désormais déclaré au P.C. (Section française de l'Internationale communiste) après en avoir été l'un des dirigeants, Doriot fondera, en 1936, le Parti Populaire Français, qui connaîtra rapidement un grand succès. Victor Barthélemy rejoindra le P.P.F. dont il deviendra le secrétaire général en 1939. Il sera associé, au premier plan, à cette expérience politique qui, marquée par la formation marxiste des fondateurs, débouchera sur une forme de socialisme aux couleurs nationales et proche du fascisme. Pendant toute l'Occupation, Victor Barthélemy suivra l'engagement sans cesse grandissant du P.P.F. dans la collaboration et la lutte antibolchevique. Et cela jusqu'aux heures ultimes de la Seconde Guerre mondiale. C'est donc un itinéraire d'exception que restitue ce témoignage. Victor Barthélemy, qui n'a rien renié de ses options, nous le livre avec une sérénité totale. Fourmillant de faits, d'anecdotes, de révélations, d'entretiens exclusifs (avec Doriot, Laval, Darnand, Mussolini, Goering, etc.), il passionnera tous ceux qui s'intéressent à ces vingt-cinq ans, si riches en bouleversements, de notre histoire."

241.          BASCH (Françoise). Victor Basch ou la passion de la justice. De l'Affaire Dreyfus au crime de la Milice.  Plon,  1994, gr. in-8°,  389 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, liste des publications de Victor Basch, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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"Victor Basch et sa femme, Hélène, furent assassinés à l’âge de quatre-vingt-un ans, aux portes de Lyon, le 10 janvier 1944, par un groupe d’hommes de vingt-cinq à trente ans, auxiliaires français de la Gestapo. Sur les corps, les tueurs laissèrent des écriteaux : « Terreur contre terreur. Le juif paye toujours. Ce juif paye de sa vie l’assassinat d’un national. A bas de Gaulle et Giraud. Vive la France. » A cet escadron de la mort se rattache le nom de Paul Touvier, incriminé pour complicité dans le rapport d’instruction. En 1945, l’exécuteur en chef, le milicien Lécussan, revendiqua le meurtre dans un mémorandum, Pourquoi j’ai tué Victor Basch : « Ce juif hongrois... président de la Ligue des droits de l’homme, symbolisait la mafia judéo-maçonnique ayant asservi la France ; cet échappé des ghettos de l’Europe centrale était l’une des puissances occultes... Il fut le créateur du Front populaire qui devait conduire notre pays à la catastrophe... Professeur à la Sorbonne, il pourrissait la jeunesse française. » Tels furent les mobiles des criminels qui, peu avant leur déroute, écumaient le pays sous la protection de l’occupant. Françoise Basch, sa petite-fille, retrace avec rigueur et conviction la longue carrière intellectuelle et politique qui, de l’affaire Dreyfus aux manifestations pour la République espagnole, a fait de Victor Basch la victime désignée des bourreaux." (Philippe Videlier, Le Monde diplomatique, 1994)

242.          BAUNE (Huguette). On m'a volé 37 ans. Bloqué en URSS. Souvenirs de Nicolas Cherbakoff.  L'Harmattan,  2001, in-8°,  295 pp, 9 photos et une carte in fine, broché, couv. illustrée, bon état

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Juin 1945. Ca y est, j'ai réussi ! Je pars en vacances en URSS avec un convoi d'ex-prisonniers soviétiques tout heureux de rentrer chez eux. Des soldats américains nous adjurent de ne pas quitter « le monde libre » ! Cela ne me concerne pas : j'ai 16 ans, je suis français, mes papiers sont en règle, et je vais voir enfin la famille de mon père. Ma valise est pleine de cadeaux ! Quelques mois plus tard, au goulag, en Nouvelle-Zemble, au-delà du cercle polaire, par –50° j'avance péniblement avec mes compagnons. Gare à ceux qui tombent : les chiens veillent. Bien peu ont dû survivre. Mais pour moi, un jour, miraculeusement, les portes se sont ouvertes et je me suis retrouvé libre. Libre ? Pas tout à fait. Surtout compte tenu de mon caractère ! Et ma vie en URSS a été particulièrement mouvementée. Il m'a fallu 36 ans avant de parvenir à rejoindre mon pays, la France. J'étais dans un état pitoyable mais vivant !

243.          BENNIGSEN (Alexandre) et Chantal LEMERCIER-QUELQUEJAY. Sultan Galiev, le père de la révolution tiers-mondiste.  Fayard,  1986, in-8°,  305 pp, analyse critique des sources, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Inconnus de l'histoire)

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Que veulent les Musulmans révolutionnaires ? Alexandre Bennigsen et Chantal Lemercier-Quelquejay, tous deux islamologues et turcologues, ont les premiers redécouvert le rôle-clé joué dans l'émergence de leurs idées par un instituteur et journaliste tatar, Sultan Galiev, des débuts de la révolution d'Octobre à la fin de 1928, date de son élimination par Staline. Sultan Galiev est le père de la révolution tiers-mondiste, parce qu'il a élaboré la doctrine du "communisme national musulman", un socialisme réalisé par les travailleurs musulmans et non imposé par le prolétariat européen, impliquant aussi la décolonisation des territoires occupés par l'ancien empire tsariste. Si des dirigeants du Tiers-Monde comme Nasser, Ben Bella, Tan Malaka ou Khadafi ont reconnu en lui un précurseur, c'est qu'il fut l'un des inspirateurs de la révolution coloniale qui a embrasé l'Afrique et l'Asie. Calomnié ou "oublié" par l'historiographie soviétique (pour qui il fut un "Trotsky musulman") Sultan Galiev, révolté contre tous les impérialismes, est donc un peu le prophète des grandes luttes de libération d'aujourd'hui, de celle des combattants palestiniens à celle des Modjahidins afghans. Au coeur de ces luttes, sa vie pose la question fondamentale de la coexistence du marxisme et de l'Islam. Les auteurs sont tous deux spécialistes de l'Union soviétique et des musulmans en Asie.

244.          BERNHARD (Georg). Le Suicide de la République allemande.  Rieder,  1933, in-12,  511 pp, traduit de l'allemand par André Pierre, broché, bon état

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Georg Bernhard (1875-1944) est un journaliste et écrivain allemand, qui a lutté contre le nazisme. D'origine juive et contraint à fuir l’Allemagne en 1933, il fut le fondateur dun grand titre de la presse d’opinion allemande en exil, le “Pariser Tageblatt”. — "Un brillant – et partial – démocrate allemand se penche sur l'histoire de la République allemande. Sur un point important, ses conclusions rejoignent celles de la plupart des observateurs impartiaux : les sociaux-démocrates n'avaient pas la vision, l'expérience, le courage et la détermination nécessaires pour construire une République sur les ruines du bureaucratique Reich impérial. Depuis la Révolution jusqu'à leur étonnante capitulation devant von Papen, ils n'ont pas réussi à sauvegarder la liberté politique en Allemagne. Et pourtant, ils conservent une grande part de la sympathie de l'auteur. Il n'en va pas de même pour Bruning, Papen, Schleicher et Hitler. Trop de passion politique entre dans le traitement que l'auteur réserve à ces quatre chanceliers." (Books Abroad, 1934)

245.          BOUKOVSKY (Vladimir). Cette lancinante douleur de la liberté. Lettre d'un résistant russe aux Occidentaux.  Laffont,  1981, in-8°,  245 pp, traduit du russe, broché, couv. à rabats, bon état

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On se souvient : en décembre 1976, Brejnev et Pinochet échangeaient Vladimir Boukovsky contre le chef communiste chilien Louis Corvalan. Depuis lors, Boukovsky vit donc ici, en Occident. Comment cet homme qui, à trente-quatre ans, avait passé douze ans dans les prisons et hôpitaux psychiatriques d'URSS voit-il et juge-t-il le « monde libre » ? Il nous répond dans ce livre témoignage, incisif, sans indulgence pour nos travers, nos lâchetés, nos illusions. Nous croyons encore au « visage humain » d'un socialisme à venir. Nous ne voyons pas comment la contagion du « modèle soviétique » nous paralyse peu à peu. Les camps n'avaient pu briser Boukovsky. Le douillet confort du monde occidental et la notoriété ne l'ont pas entamé. C'est une leçon de rigueur qu'il nous donne ici, en nous apprenant qui nous sommes. Et comment résister.

246.          BOYLE (Andrew). Un climat de trahison.  JC Lattès,  1980, in-8°,  424 pp, traduit de l'anglais, notes, broché, bon état

            25

"La plus incroyable affaire d'espionnage des temps modernes – McLean, Burgess, Philby, Blunt : 50 ans de manipulations des services secrets britanniques par le KGB – Le livre qui a révélé l'espion de la Reine." — L'« affaire Blunt » éclate officiellement en novembre 1979, quand la presse britannique révèle que Sir Anthony Blunt (1907-1983), l'un des plus grands historiens d'art de son temps, "redécouvreur" de Poussin et inspecteur des tableaux de la collection royale, a servi les intérêts de l'Union soviétique. Les Français connaissaient les célèbres espions Burgess, MacLean et Philby, mais il manquait à ce trio un chaînon sans lequel la trahison au profit de l'Est de ces trois gentlemen issus de Cambridge aurait gardé son mystère. En 1939, Blunt est déjà une autorité en matière de peinture. Promis au plus bel avenir au sein de l'élite britannique, il va cependant devenir espion au profit de l'URSS durant les années de guerre, tandis qu'il travaillera pour le MI5 (Military Intelligence), le contre-espionnage britannique. Outre livrer des informations aux Soviétiques, il s'emploiera à couvrir d'autres agents sur lesquels pèse le soupçon. Après la victoire des Alliés, il est chargé par Georges VI de récupérer en Allemagne un dossier compromettant sur le "philonazisme" du duc de Windsor, ex-Edouard VIII, et devient inspecteur des tableaux de la collection royale puis directeur de l'illustre Institut Courtauld. La carrière prestigieuse de ce membre à part entière de l'establishment ne sera pas brisée lorsque, en 1964, il acceptera de passer aux aveux sur ses activités d'espion et celles de ses "complices" en échange d'une immunité totale. Ce sera le secret le mieux gardé d'Angleterre jusqu'en 1979, quand le journaliste Andrew Boyle révélera tout dans son livre « Un climat de trahison ».

247.          BRANCHE (Raphaëlle) et Fabrice VIRGILI (dir.). Viols en temps de guerre.  Payot,  2011, in-8°,  270 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Ce livre pionnier éclaire la place et le sens des viols en temps de guerre. Parce que les victimes étaient majoritairement des civils et des femmes, les viols furent longtemps relégués au second plan, à la marge du champ de bataille. Ils étaient pensés entre butin et repos du guerrier, sans effet sur le cours de la guerre, marquant l'assouvissement de la pulsion sexuelle masculine. Vingt auteurs se penchent ici sur les différents conflits du XXe siècle, des guerres mondiales aux guerres civiles, de la Colombie à la Tchétchénie. Pour la première fois, ils tracent l'histoire de cette violence, en soulignent la complexité et l'ampleur, présentent la diversité des situations, le poids des imaginaires, les conséquences sociales et politiques, mais aussi intimes et émotionnelles.

248.          CHANCEL (Jacques). La nuit attendra.  Flammarion,  2013, in-8°,  353 pp, broché, bon état, bande éditeur illustrée d'un portrait de l'auteur conservée

            15

Les souvenirs d'Indochine de Jacques Chancel, où il évoque sa quête de liberté, décrit la guerre et ses tourments, parle de ses amis, de ces héros de roman croisés au détour d'une rue ou dans la jungle et ressuscite un monde perdu, une époque violente et flamboyante. Un récit fascinant qui nous entraîne dans une Saïgon méconnue. — "J'ai découvert l'inconnu d'un monde, étrange dépaysement, à mon arrivée sur la rivière de Saïgon après cinquante-cinq jours de traversée ; je n'avais d'yeux que pour les centaines de paillottes sur pilotis, tout au long des berges, l'avancée lente, cérémonieuse, des buffles de la rizière, retenus à la corde par des paysans à chapeaux coniques, pantalons retroussés. J'ai entendu les premières rafales de la guerre à la Pointe des Flâneurs. Des miliciens viets isolés, cachés dans les hautes herbes, tiraient sur le bateau et nous étions sur le pont, comme au spectacle, déjà perdus par cette inconscience qui allait être ma sauvegarde."

249.          CIANO (Comte Galeazzo). Journal politique 1937-1938.  Les Editions de Paris,  1949, in-8°,  329 pp, traduit de l'italien, broché, bon état

            25

"... Sur la période qui a précédé la guerre en Italie (1936-1939), les mémoires, journaux ou souvenirs sont parmi les textes les plus importants. La contribution essentielle, celle qui a longtemps remplacé les documents non accessibles, est à cet égard le journal de G. Ciano qui, tant par ses fonctions de ministre des Affaires étrangères que par ses liens familiaux, occupait un poste d'observation incomparable. Partisan enthousiaste et inconditionnel de Mussolini jusqu'en 1937, on peut reprocher au ministre des Affaires étrangères de n'avoir pas compris que la guerre était l'aboutissement logique de la politique qu'il cautionnait..." (Geneviève Bibes, Le fascisme italien : Etat des travaux depuis 1945, Revue française de science politique, 1968)

250.          Collectif – Collège d'études politiques. Les écrivains et de Gaulle.  Albin Michel,  1999, gr. in-8°,  168 pp, broché, bon état (Revue de politique française 2)

            15

251.          Collectif. Témoignages complémentaires pour l'histoire de l'Espagne. La guerre civile 1936-1939.  Madrid, s.n. (Ministerio de Justicia),  1961, gr. in-8°,  390 pp, 4e édition, 164 planches hors texte de photographies (souvent atroces) et de fac-similés, broché, bon état

            60

Publication profranquiste. — La "Causa general instruida por el Ministerio Fiscal sobre la dominación roja en España" (Cause Générale instruite par le ministère public sur la domination rouge en Espagne) était un vaste processus d'enquête promu par le ministre de la Justice de Franco, Esteban Bilbao, après la guerre civile, par décret du 26 avril 1940, dans le but d'instruire « les actes criminels commis sur tout le territoire national pendant la domination rouge ». Plusieurs auteurs ont émis des doutes sur l'objectivité du processus, encadré et utilisé par la propagande franquiste, bien qu'il ait une valeur en tant que source bibliographique. Comme l'a souligné Daniel Oviedo Silva, la "Causa General" ne servait pas seulement à souligner les responsabilités de l'ennemi mais « il fonctionnait à son tour comme un outil de propagande pour fixer une histoire des années républicaines, du conflit et de sa violence ». — Table : I. Assassinat de Calvo Sotelo. II. José Antonio. III. Terreur anarchique. IV. Les Tchékas. V. Persécution religieuse. VI. Assassinats commis dans la prison modèle de Madrid le 23 août 1936. VII. Prisons et assassinats collectifs de prisonniers. VIII. Terreur policière. IX. Manifestations de l'influence soviétique. X. L'Armée rouge. Caractéristiques des Brigades Internationales. XI. La Justice rouge. XII. Le Gouvernement marxiste et le patrimoie national. XIII. Autres aspects de la vie rouge.

252.          COSTON (Henry). Les Financiers qui mènent le monde. Nouvelle édition corrigée et augmentée, illustrée par Chard.  Publications Henry Coston,  1989, fort in-8°,  566 pp, 24 illustrations hors texte et nombreuses illustrations dans le texte par Chard, index des noms cités, broché, bon état

            35

"Le polémiste antisémite Henry Coston (1910-2001) a construit sa notoriété de publiciste sur la dénonciation de la finance juive et des trusts et poursuivi des décennies durant, sa lutte contre “Les Financiers qui mènent le monde” (1955), dont il dénonce les méfaits dans sa revue “Lectures françaises” et dans des ouvrages aux titres évocateurs : “Le Retour des deux cents familles” (1960) et “Les 200 Familles au pouvoir” (1977). Henry Coston peut être considéré comme une forme d’héritier d’Édouard Drumont, non seulement parce qu’il fut le dernier directeur de “La Libre Parole” de 1930 à 1939, mais surtout parce qu’il n’a pas manqué de rappeler sa dette à son égard et de souligner les éléments de continuité entre les analyses formulées par Drumont à la fin du 19e siècle et les siennes ainsi que leur acuité pour comprendre les enjeux de la fin du 20e siècle." (Olivier Dard, 2012)

253.          DANIEL (Yann). Les Chemins de la Belle. Aragon 1936, Galicie 1942.  Quimperlé, La Digitale,  1990, in-8°,  229 pp, broché, couv. à rabats, bon état

            25

"J'avais vingt ans en 1936, quand je suis parti faire la guerre en Espagne avec cinquante francs en poche et la plaie saignante de mon premier amour au coeur..." — "Passant de camps de travail en camps de représailles, prisonnier de guerre, puis déporté et enfin bagnard, Yann Daniel qui se donne volontiers pour un "anti-héros" écrit avec une simplicité dépouillée et un refus total d'apitoiement sur lui-même. Il ne cesse de rager et de rire, et de nous faire rire, avec une verve et une générosité qui forcent l'admiration. On songe parfois à Céline..." (Françoise d'Eaubonne)

254.          DE GAULLE (Philippe). De Gaulle, mon père. Entretiens avec Michel Tauriac.  Plon,  2003-2004, 2 vol. gr. in-8°,  578 et 556 pp, 32 pl. de photos hors texte, chronologie, index, brochés, couv. illustrées, bon état

            35

S'il est un homme d'Etat qui a inspiré les biographes, c'est bien Charles de Gaulle. Mais qui peut mieux le connaître que son propre fils, ce témoin privilégié qui a vécu au plus près toutes les étapes de son épopée ? Qui peut mieux le décrire en famille, toutes portes de la maison refermées, entouré de ses enfants et petits-enfants, et veillé amoureusement par son épouse, l'écouter quand il parle et ne veut pas être entendu, traduire la moindre inflexion de sa voix et ses silences ? Qui peut atteindre son cœur jusque dans les moments les plus secrets, partager ses confidences sur tout, aussi bien sur sa vie privée que sur l'Histoire, sur ses bras de fer avec Churchill et Roosevelt, sur ses démêlés avec Pétain ou Giraud ? Sur la poésie et sur la forêt, comme sur l'échec de Dakar, ses relations avec les résistants et son face à face avec Staline ? Si Philippe de Gaulle a accepté pour la première fois de se livrer aussi profondément aux questions incisives de Michel Tauriac, ce n'est pas seulement pour répondre aux interrogations que l'on continue de se poser sur l'auteur de ses jours, c'est également pour détruire les affabulations et les interprétations abusives, remettre les pendules à l'heure, éclaircir les mystères qui planent encore sur différentes affaires - tels l'assassinat de Darlan et le coup de force du Général contre les Alliés pour libérer Paris, conserver Strasbourg et traverser le Rhin. Plus qu'un recueil d'entretiens, ce livre est un témoignage sans précédent qui se lit comme un roman. Au moment où s'ouvre le second tome, le Général vient d'entrer à l'Elysée, et bientôt, à Alger, va éclater la tragédie. Dix années vont se succéder, magnifiques ou terribles, à travers lesquelles nous suivrons Charles de Gaulle pas à pas et au plus près. Rien ne nous échappera jamais. Nous vivons avec lui en famille, l'entendons deviser avec ses proches, assistons au cheminement de ses idées, prenons part à ses réflexions intimes. Nous sommes à ses côtés quand les généraux se révoltent, quand on tire sur sa voiture au Petit-Clamart, quand il nomme Pompidou Premier ministre puis se fâche avec lui, quand éclate la chienlit, quand il atterrit à Baden-Baden, quand il perd le référendum et se retire dans son village. Et, loin des affabulations et des légendes trompeuses, s'éclaire la vérité dans toute sa rigueur. Mais cette biographie définitive veut également corriger les coups de ciseau qui ont ébréché la statue de l'homme de Gaulle par négligence ou malveillance. Dans la bouche du fils apparaît alors à nu, près d'une mère assez inattendue, un père insoupçonné avec les multiples secrets de son caractère. Apparaît aussi, jusqu'à ses derniers jours dont les mystères sont levés, l'amour exceptionnel d'une femme qui se serait fait tuer pour son mari.

255.          DEBRÉ (Michel) et Pierre MENDÈS-FRANCE. Le Grand Débat.  Gonthier,  1966, in-8°,  204 pp, préface de Georges Altschuler, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Edition des trois débats organisés par Europe n° 1, dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle. On lit avec plaisir et l'on suit avec attention les argumentations des deux leaders concernant « les problèmes économiques et sociaux », « la situation de la France dans le monde », et « les institutions »." (Revue française de science politique, 1966) — "L'un des débats les plus importants, celui qui opposa sur les antennes d'Europe n° 1 Michel Debré et Pierre Mendes-France, a fait l'objet d'une publication intégrale." (Jean-Luc Parodi, Revue française de science politique, 1967)

256.          DIESBACH (Ghislain de). Proust.  Perrin,  1991, fort gr. in-8°,  xiii-776 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio choisie, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Une grande biographie, renouvelée à l'aide de nombreux documents inédits, notamment les Souvenirs de Ferdinand Bac et diverses correspondances. — Le monde et la vie de Proust racontés et disséqués dans un livre perspicace, brillant et piquant. Ghislain de Diesbach a connu des survivants de ce monde auquel Proust rêvait d'appartenir et qu'il a coloré de tous ses artifices et de toutes les nuances de son génie. Nul ne pouvait mieux que lui en restituer les différents aspects. Que ce soit du côté de Guermantes ou de celui de Cabourg, du côté du boulevard Haussmann ou de celui de Mme Verdurin, Ghislain de Diesbach observe, avec finesse et souvent ironie, le jeu des acteurs, leurs méthodes et leur mentalité, dans cette nouvelle Comédie humaine montée, de sa chambre de liège, par cet écrivain de la nuit, cette "altesse des ténèbres" que fut Proust. C'est, suivant une formule célèbre, "l'histoire réussie d'une vie ratée" que relate Diesbach en contant les passions et les coquetteries, les intrigues et les tourments, les plaisirs et les nuits de Proust, virtuose de l'art de souffrir et habile à créer sa légende. En toile de fond, son biographe évoque les salons parisiens et trace de savoureux portraits de personnages qui ont formé l'univers sentimental ou mondain de Proust. Outre le ton, l'élégance du style, la sensibilité et l'humour incisif de Ghislain de Diesbach qui suffiraient à renouveler le sujet, des documents inédits, comme les Souvenirs de Ferdinand Bac, témoin sagace de son temps, la Correspondance générale publiée par Philip Kolb et les diverses sources dont George D. Painter ne disposait pas à l'époque, achèvent de faire de ce nouveau Proust une grande biographie. (4e de couverture)

257.          DU VÉOU (Paul). La Passion de la Cilicie, 1919-1922. Mémoires.  Le Cercle d'écrits caucasiens,  2004, gr. in-8°,  417 pp, préface du général Brémond, 13 pl. de photos hors texte, 7 cartes, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, jaquette illustrée, bon état

            50

Témoignage sur le protectorat français de Cilicie et les Arméniens de Cilicie en 1922. Il s’agit d’un ouvrage qui tient à la fois de l’essai historique (archives du ministère de la Guerre et du Quai d’Orsay) et des Mémoires. La première édition de l’ouvrage, en 1938, fut très vite épuisée. — L'accord Sykes-Picot de mai 1916 partageait entre Anglais, Français et Russes l'empire ottoman gouverné par les Jeunes-Turcs allié de l'Allemagne, Autriche-Hongrie et Bulgarie. A l'armistice, ce partage eut lieu, mais les Russes en furent exclus, les bolchéviks au pouvoir ayant signé une paix séparée en mars 1918. Entre autres régions, la Cilicie revint à la France qui y avait une longue tradition depuis le XIIe siècle et bénéficiait de la sympathie et du soutien des Arméniens. Mais dès la fin de la guerre, les vieilles rivalités franco-britanniques refirent surface. Acharnés à vouloir rester maîtres du jeu, les Anglais ne tardèrent pas à trahir leurs alliés d'hier, Français et Arabes, et à s'aboucher avec les vaincus turcs qu'ils s'étaient pourtant jurés de punir pour l'extermination des Arméniens. Alors que depuis le début les Français avaient la maîtrise totale du terrain avec des troupes relativement réduites mais commandées par des officiers supérieurs patriotes et brillants comme le général d'armée Julien Dufieux, le général Andréa, le colonel Romieu, le colonel Gracy de La Hayrie , le colonel Brémond, la France, trahie aussi par certains des siens qui intriguaient avec les kémalistes, dut évacuer dans des conditions tragiques la Cilicie pour laquelle des milliers des soldats français et des volontaires arméniens de la Légion d'Orient avaient héroïquement versé leur sang. C'est cette épopée de la reconquête de la Cilicie puis de son abandon que Paul du Véou, capitaine dans la Légion d'Orient, relate avec la véracité d'un témoin oculaire et un rare talent d'historien. En plus du patriotisme et d'une haute idée de la France, son témoignage célèbre aussi la fraternité d'armes franco-arménienne qui n'est pas un vain mot dans sa bouche. Ce témoignage dense, régulièrement mis à contribution pour des thèses de doctorat, retrace aussi la genèse du mouvement kémaliste, héritier direct du régime jeune-turc, qui bénéficia des trahisons dont furent victimes Français, Arméniens et Grecs, et éclaire magistralement l'imbroglio et la violence dans lesquels le Proche-Orient se trouve encore aujourd'hui. — "Les Français n'ont pas compris la gravité de la défaite que nous avons subie dans le Levant de 1920 à 1925. L'Accord Franco-Britannique de 1916 donnait à la France la Syrie, Les pétroles de l'Irak, les cuivres d'Argana, les cotons de Cilicie, le contact avec l'Iran, c'est-à-dire l'indépendance économique. Les uns après les autres ces gages se sont évanouis, abandonnés par des ministres ignorants ou par des soldats dont le courage civique n'était pas à la hauteur de la valeur militaire. Quelles sont les causes mystérieuses de cette série de catastrophes, ce livre en apporte le récit documenté. On lira dans ce livre d'admirables faits d'armes et des exemples merveilleux de vaillance militaire ; par contre certaines réputations se trouveront fortement diminuées." (A. Vincent, Revue des Sciences Religieuses, 1939)

258.          FONTAINE (Pierre). La mort mystérieuse du Gouverneur Général Renard.  P., Jean-Renard,  1943, in-12,  198 pp, broché, bon état

            30

La mort tragique de Edouard Renard, Gouverneur général de l'Afrique occidentale française. — "Le 5 janvier 1935, Renard se rend en tournée d’inspection à bord d’un trimoteur type Bloch 120 piloté par le capitaine aviateur Gaulard et son copilote. Parti de Brazzaville, à 8 heures du matin, l’avion prend la direction de l’équateur, survole le fleuve Congo, puis plane au-dessus de la canopée dense et verdoyante de cette forêt interminable et, pour une raison inconnue, effectue un atterrissage d’urgence dans une clairière près de Bolobo, au Congo belge. La suite nous est connue par l’enquête minutieuse d’un journaliste d’investigation, Pierre Fontaine, qui s’est attelé à démêler l’écheveau quelques années après le « drame de Bolobo ». Lorsque la nouvelle de l’accident tombe, les rumeurs d’un complot monté pour se débarrasser de Renard vont bon train et comme le démontre Fontaine, la thèse officielle selon laquelle l’avion s’écrasa au sol ne tient pas devant les preuves accablantes, notamment les photographies confisquées, mais aussi les quelques témoignages oculaires qui indiquent que l’avion se serait posé au sol et aurait roulé quelques instants avant que se produise une déflagration causée par un objet étranger et non pas par le réservoir d’essence que l’on retrouva vide, perforé à maints endroits par les débris..." (Didier Gondola, Anticolonialisme et citoyenneté en Afrique-Équatoriale française, 2021)

259.          FOREST (Eva). Journal et lettres de prison.  Editions des femmes,  1976, in-12,  252 pp, traduit de l'espagnol par le collectif de traduction des éditions des femmes, broché, couv. illustrée, bon état

            10

En septembre 1974, Eva Forest (1928-2007) est arrêtée en même temps que d’autres camarades anti-franquistes, accusée de complicité dans deux attentats. Elle est incarcérée à Yeserías, la prison pour femmes de Madrid, où elle passera dix-sept jours au secret. Apprenant son arrestation et la menace de mort qui pesait sur sa vie, le MLF lance alors un appel à la solidarité internationale signé par des milliers de personnes. Eva Forest fut libérée de prison le 1er juin 1977, après de grandes manifestations de solidarité. — "Et si elle a accepté la publication de ces lettres, c’est pour que s’amplifie le cri d’alarme, l’appel à la solidarité non pour elle, mais pour tous ceux qui partagent son sort et que menace la peine capitale. Lire Eva Forest, c’est donc le premier acte de solidarité. Mais c’est aussi découvrir une femme qui résiste. Pleine d’inquiétude pour ses enfants, et pourtant résolue. (...) Enfermée, elle ne cède pas. Fait un sermon sur la drogue pour mettre en garde ses enfants, les inviter à être du côté de « ceux qui veulent que l’homme devienne un homme ». Les murs de la prison ne la séparent pas de la vie." (Max Gallo, L’Express, 21 juillet 1975)

260.          GARDIN (Bernard). Paroles d’ouvrières et d’ouvriers. Textes édités et présentés par Nanon Gardin et Josiane Boutet.  Limoges, Editions Lambert-Lucas,  2005, in-8°,  404 pp, biblio, broché, bon état

            25

Les éditeurs ont composé ce second tome d’œuvres de Bernard Gardin à partir de ses recherches sur deux grands corpus : les tracts de la grève avec occupation aux usines Renault de Cléon, en 1978, et les comptes rendus de réunion des Groupes d’expression directe mis en place dans les grandes entreprises par la loi Auroux (1982). Autour de ces études de la parole ouvrière viennent des analyses des productions discursives des leaders politiques et syndicaux dans des contextes tantôt polémiques, tantôt coopératifs d’interlocution, à la recherche du lien entre les formes de la langue et l’idéologie. — "Bernard Gardin est né en 1940, issu d'un milieu populaire. On note le fait parce que toute sa vie la réflexion sur l’appropriation du langage par le peuple fut sa préoccupation constante, on peut sans doute dire principale. Il est mort en 2002. Il a d'abord enseigné dans divers établissements du secondaire, puis à l'Université de Rouen à partir de 1971 jusqu'à sa mort. Deux considérations d'ordre différent ont justifié cette publication. D'une part le rôle qu'il a joué dans la réflexion sur le langage et la façon dont on peut ou doit l'étudier est à nos yeux exceptionnel. D'autre part, ses œuvres sont éparses, souvent difficiles à retrouver. B.Gardin a fait partie de ces linguistes qui, dès le début des années soixante-dix, ont fondé un champ en France, celui de la sociolinguistique. L'ouvrage de Marcellesi-Gardin, “Introduction à la sociolinguistique” publié en 1974 chez Larousse fut, on le sait, de toutes les bibliographies. B. Gardin, qui avait une admiration profonde pour la thèse de Louis Guilbert, “La formation du vocabulaire de l'aéronautique”, partageait avec lui cet intérêt pour la vie sociale des mots, pour la néologie, pour l'idéologie qu'ils véhiculent, pour leur circulation et leurs modifications dans les pratiques sociales, leur irruption dans les discours. Il a fortement contribué à construire deux courants qui, au fil des années, ont fini par prendre une autonomie relative : la sociolinguistique et l’analyse de discours. Ce qui lui était important, vital même, c’était de pouvoir utiliser son savoir, ses connaissances de linguiste à des fins de connaissance et de transformation de la société. C’était de pouvoir donner une légitimité à la parole de syndicalistes ou de simples ouvrières : ainsi ses travaux sur les syndicalistes ou son intérêt dans les années 80 pour les Groupes d’Expression Directe (Paroles d’ouvriers et d’ouvrières)..." (Josiane Boutet et Frédéric François, Langage et société, 2006)

261.          GOMEZ (Manuel). Joseph Caillaux, traître ou visionnaire.  Dualpha Editions,  2007, in-12,  285 pp, 17 illustrations, portraits, caricatures.., broché, couv. illustrée, bon état

            25

Si son épouse n'avait pas assassiné Calmette, le « patron » du quotidien Le Figaro, en 1914, Joseph Caillaux aurait sans doute été élu Président de la République à la place de Clemenceau. Dès lors, le destin de la France, et celui de l'Europe, auraient été tout autres. Il a été condamné par une Haute Cour de justice pour intelligence avec l'ennemi et Haute trahison. Ce « visionnaire », s'il avait été entendu et écouté, aurait sans doute évité à la France la Première Guerre mondiale (1914-1918) et ses conséquences : l'apparition du nazisme, la montée au Pouvoir d'Adolf Hitler et, peut-être, la Seconde Guerre mondiale (1939/1945). Avec Jean Jaurès, Clemenceau, Gambetta et Poincaré, Caillaux fut l'un des hommes forts et incontournables de la IIIe République. De nombreuses fois ministre des finances, président du Conseil et vice-président, Joseph Caillaux a été « l'inventeur » de l'impôt sur les revenus.

262.          HAMON (Hervé) et Patrick ROTMAN. Les Porteurs de valises. La résistance française à la guerre d'Algérie.  Albin Michel,  1979, gr. in-8°,  434 pp, chronologie, repères biographiques, sources, index des noms, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Février 1960. Guerre d'Algérie, an VI. Les premières pages des quotidiens s'illustrent des portraits de femmes et d'hommes accusés d'aider le FLN. L'accusation est fondée, et plus encore qu'on ne le devine : depuis trois années, des réseaux clandestins fonctionnent. Autour du philosophe Francis Jeanson et du communiste Henri Curiel, des groupes se sont organisés. Hébergement des responsables algériens, passages de frontières, transport des fonds collectés au sein de l'émigration algérienne, imprimeries secrètes constituent le plus courant de leurs activités. Une passionnante enquête, des dizaines et des dizaines d'interviews, quatre cents heures d'enregistrement, des kilos d'archives privées ont permis à Hervé Hamon et Patrick Rotman de retracer cette histoire totalement inédite. Page après page, les révélations se succèdent : rencontres confidentielles entre la direction du PCF et Francis Jeanson, filières internationales de faux papiers, de fausse monnaie et de vraies armes, évasions à ce jour inexpliquées... Mais ce livre n'est pas seulement un livre d'aventures. L'évocation de ces militants qui ont choisi l'illégalité pour « faire la guerre à la guerre coloniale » c'est le dilemme de la gauche française face au drame algérien. Emancipation du Tiers Monde, violence et terrorisme, justice et libertés, communisme et gauchisme, révolte de la jeunesse, mobilisation des chrétiens, intervention des femmes, le débat n'est pas clos. Les « porteurs de valises » – communistes, catholiques, trotskistes, libertaires, militants en quête d'une nouvelle gauche – nous interrogent également sur le présent. — "Un livre passionnant, bourré de révélations et de documents inédits." (Bernard Alliot, Le Monde) – "Une grande honnêteté. Ceux qui n'ont pas connu les évènements d'Algérie apprendront ici ce qui n'a jamais été publié." (Paul-Marie de la Gorce, Le Figaro) – "Documentation exceptionnelle, enquête minutieuse... une exceptionnelle réussite dans l'investigation historique... Ce livre peut être lu comme un roman d'aventures." (Jean-Louis Péninou, Libération) – "Un livre passionnant qui ouvre un dossier dont la censure et la prudence avaient caviardé bien des pages." (Dominique Jamet, L'Aurore) – "A notre sens, ils (les auteurs) donnent... une image fidèle et véridique de l'état des relations entre le Front de libération nationale, dirigeant la lutte pour la reconquête de l'indépendance, et les divers partis de la gauche française." (R.C., El Moudjahid, 29-12-1979)

263.          HARENBERG (Bodo) et Lieven STRUYE (dir.). Le Bilan du XXe siècle.  Bruxelles, Harenberg,  1992, in-4°,  479 pp, nombreux tableaux et cartes en couleurs, nombreuses photos en noir et en couleurs, 2 index, reliure simili-cuir carmin de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état

            30

Textes de Brigitte Beier, Bruno Bernaerts, Wolfgang Blum, etc. Il s'agit d'un véritable ouvrage de référence. Il rassemble en un volume l'essentiel des événements, péripéties historiques, scientifiques, sociales et culturelles du 20e siècle. Il dresse l'inventaire des découvertes, des évolutions et des révolutions d'une époque très agitée et propose une analyse claire et structurée de tout un siècle à travers plus de 200 thèmes. Avec de nombreuses illustrations, cartes et graphiques, un index des personnes et des matières.

264.          Institut Charles-de-Gaulle. Bibliographie internationale sur Charles de Gaulle, 1940-1981, établie par l'Institut Charles-de-Gaulle.  Plon,  1981, in-8°,  155 pp, broché, bon état

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La bibliographie gaullienne, qu'elle soit française ou internationale, compte des milliers d'ouvrages consacrés, de près ou de loin, au portrait en pied du Général ou à l'analyse de son action. Ce très utile état des lieux dressé par l'Institut Charles-de-Gaulle recense environ 1200 titres publiés entre 1940 et 1980.

265.          KÉHAYAN (Nina et Jean). Rue du Prolétaire rouge. Deux communistes français en URSS.  Seuil,  1978, in-8°,  222 pp, broché, couv. illustrée, qqs rares annotations stylo, bon état

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Témoignage désabusé et critique sur l'Union soviétique de deux anciens militants communistes. Tout a commencé par une histoire d'amour pour un pays, pour un peuple. Communistes français, Nina et Jean Kéhayan sont partis travailler en URSS, au service du PCUS, de 1972 à 1974. Pendant sept cents jours, avec leurs deux jeunes enfants, ils ont partagé intensément la vie quotidienne des Soviétiques. Revenus en France, ils ont voulu témoigner : la course folle aux produits de toutes sortes, la paupérisation sexuelle, l'alcoolisme, l'enfance livrée à la propagande, le parti-réducteur-de-têtes... mais aussi l'autodéfense individuelle et puis encore, lointaines, colorées, vivaces, les terres de Russie, de Géorgie, d'Arménie. Une dénonciation des mensonges colportés pendant des décennies par le parti communiste français sur la vraie nature de l'Union soviétique. — Deux communistes français en URSS. "Pour y aller, c'est très simple. Tu prends le métro à Kirov, après Marx tu changes à Place-de-la-Révolution, tu descends à Maïakovski, puis laissant derrière toi l'hôtel Pékin, tu longes la ceinture des jardins sur le trottoir qui fait face à l'ambassade du Chili, et tu tournes à gauche dans la rue du Prolétaire rouge, celle qui se trouve avant le théâtre de marionnettes d'Obreztsov. Impossible de te tromper. Il n'y a qu'un restaurant." Un restaurant de Moscou. Les touristes n'y mettent jamais les pieds. On est ici entre Soviétiques, et l'on peut parler à cœur ouvert. Dans le calme. Le juke-box, en panne, ne risque pas de couvrir les voix. Travaillant en URSS au service du PCUS, Nina et Jean Kéhayan s'y rendent à la moindre occasion pour discuter avec des Russes, des Arméniens, des Juifs des Ouzbeks et tant d'autres... Communistes français, ils partagèrent intensément la vie quotidienne des Soviétiques. Pendant sept cents jours. Avec leurs deux enfants. Aujourd'hui, préoccupés de l'enjeu démocratique en France, ils témoignent. La course folle aux produits de toutes sortes, la paupérisation sexuelle, I'alcoolisme, I'enfance livrée à la propagande, le parti-réducteur-de-têtes... mais aussi l'autodéfense individuelle... et, lointaines, colorées, vivaces, les terres de Russie, de Géorgie, d'Arménie... Leur livre impose une vision sans précédent de l'Union soviétique. Pourtant, tout avait commencé pour eux par une histoire d'amour pour un pays, pour un peuple. (4e de couverture)

266.          KÉHAYAN (Nina et Jean). Le Chantier de la place Rouge.  Seuil,  1988, in-8°,  126 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Que se passe-t-il dans l'Union soviétique d'aujourd'hui ? Peut-on entrevoir une possibilité de renouveau dans une société monolithique où parti unique et pouvoir d'État se confondent ? A ces questions qui pouvait mieux répondre que Nina et Jean Kéhayan ? Dix ans après leur livre « Rue du prolétaire rouge », qui avait levé un coin du voile sur le naufrage de l'ère Brejnev, ils ont obtenu un visa et sont retournés voir les amis dont ils avaient partagé la vie deux ans durant avec leurs enfants. De Khabarovsk à Irkoutsk, dans les gares, les marchés, les rues, les Soviétiques d'aujourd'hui leur ont parlé en toute confiance. Parce que, si les magasins sont toujours aussi mal approvisionnés, la parole, elle, a pris des airs de liberté. Le chantier de la place Rouge nous restitue au quotidien ce que les Soviétiques espèrent et ce qu'ils redoutent. Ces témoignages ne coïncident pas toujours avec ce que croit l'Occident.

267.          KÉHAYAN (Nina et Jean). La Complainte du dernier kolkhoze.  Seuil,  1995, in-8°,  183 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Nina et Jean Kehayan ont été interdits de séjour en URSS pendant dix ans après la publication de “Rue du Prolétaire rouge”. Leur témoignage sur deux années passées à Moscou avait suscité débats et polémiques, en particulier au sein du PCF dont ils étaient membres. En 1988, ils reçoivent enfin un visa et retournent régulièrement en Russie. En 1994 : ils acceptent l'invitation de passer l'été dans une isba du village de Lieskovo. Là, accueillis dans une famille amie, ils vont partager la vie de ceux qui hier encore s'appelaient des kolkhoziens. Ils en rapportent un livre inattendu qui, à travers les conversations, les rencontres, les promenades, les confidences, dresse le portrait d'un peuple désemparé par les récents bouleversements. Un peuple qui malgré tout retrouve les réflexes et la solidarité que l'histoire tumultueuse n'a pas entamés. La mémoire des babouchkas, les récits de l'ère stalinienne, des déportations, de la guerre. Et une pointe de nostalgie pour la Russie «d'avant». Confidences aussi de jeunes sans avenir, du président de l'ex-kolkhoze qui a perdu de sa morgue mais conservé ses pouvoirs. Etonnants dialogues avec un fougueux tractoriste, partisan de Jirinovski ; avec les femmes qui évoquent le soir sur les bancs les derniers épisodes de «Santa Barbara». Et les hommes qui boivent et boivent encore, et la statue de Lénine, et la vieille église de briques, rescapée des pioches révolutionnaires. Tout un monde, loin des villes, loin des gangs, raconte la vraie Russie d'aujourd'hui.

268.          LATTRE (Simonne de). Jean de Lattre, mon mari.  Presses de la Cité,  1972, 2 forts vol. in-8°,  509 et 417 pp, 64 pl. de photos et documents hors texte, notes, cart. éditeur, jaquettes illustrées, bon état, envoi a.s. de la maréchale dans chaque volume

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Tome I : 25 septembre 1926 - 8 mai 1945 ; Tome II : 8 mai 1945 - 11 janvier 1952. — "Voici bientôt vingt ans disparaissait le général de Lattre qui fut sans doute le seul "héros", la seule figure légendaire que la France ait connu depuis un demi-siècle. Il avait eu le courage et la victoire, l'élégance et le prestige, le malheur aussi, et ce grand soldat tombait en pleine gloire, à la veille d'une nouvelle victoire. Il avait conduit la 1ère Armée Française sur le Rhin et le Danube ; en Indochine, il semblait proche de gagner la paix. Durant ses derniers mois, alors qu'il se sentait mourir, le général avait reçu un livre intitulé : "Mon mari, le général Marshall". - Si tu écris sur moi, dit-il à sa femme, tu appelleras ton livre "Jean de Lattre, mon mari". C'est pour obéit à ce voeu, à cet "ordre" que paraissent aujourd'hui les pages que nous avons le grand honneur de publier. De 1926 à 1945, ce sont les années heureuses, les années glorieuses. C'est aussi, au jour le jour, très simplement l'histoire d'un chef qui "empoigne", conquiert ses troupes comme naguère Bonaparte par un ascendant d'homme à homme et sa 14e division sera invaincue au milieu du désastre de 40. C'est l'histoire d'un Français inquiet de l'avenir de son pays, qui pèse les défaillances des hommes de la IIIe République et juge avec une étonnante lucidité un Staline, un Mussolini, un Hitler surtout. C'est l'histoire d'un mari et d'un père tendre, enfin celle d'un chrétien qui toujours se souvient que seul compte l'esprit. Bref, derrière le héros, nous découvrons l'homme et cet homme est grand, il incarne les meilleures vertus de notre race : courage, intelligence, sens du possible, coeur chaud. Mais cet homme est mêlé à trente années de l'histoire de notre pays et "Jean de Lattre, mon mari" est un témoignage que nul ne pourra négliger car après la vérité sur l'homme, ces pages apportent aussi la vérité sur les faits. Un très grand document. Humain."

269.          LATTRE de TASSIGNY (Simonne de). Jean de Lattre, ma raison de vivre.  Presses de la Cité,  1978, in-8°,  416 pp, 32 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s. de la maréchale

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Lorsque Simone de Lattre, en janvier 1952, se retrouve seule, elle sait qu'il lui faut à la fois survivre et poursuivre la mission. Survivre : une foi profonde, sereine, contagieuse va d'abord l'y aider. Poursuivre la mission devient vite une tâche absorbante, multiple, difficile mais riche de contacts humains. C'est cette belle histoire que 'Jean de Lattre, ma raison de vivre' retrace avec la simplicité qui caractérisait déjà les deux premiers volumes de la trilogie aujourd'hui achevée. Il y a d'abord Mouilleron-en-Pareds, le bourg vendéen où plane le souvenir de Clemenceau et de Jean de Lattre. Continuant une tradition familiale, Simone de Lattre succédera à son beau-père et se montrera un maire actif et à l'esprit ouvert. Elle fondera deux musées, celui des Deux Victoires et celui de la Maison natale, qui font aujourd'hui de ce village un haut lieu du tourisme vendéen. Il y a ensuite les oeuvres : "Tu t'occuperas de mes anciens soldats", a dit le Maréchal à sa femme au lendemain de la victoire, et c'est ainsi qu'était née l'Association Rhin et Danube, que furent créées plus tard celle des Parents de Tués et la Fondation Maréchal de Lattre. Mais aussi, surtout, il y a l'Alsace, la belle province libérée par la l'Armée où s'éleva, à Wildenstein, la Maison de Bernard, centre de repos et de vacances. Avec les grandes épreuves, Indochine, Algérie, de nouvelles tâches surgissent : aider les uns, défendre les autres, ainsi Simone de Lattre témoigne au procès du général Salan... La seconde partie du livre est le récit des rencontres au cours de vingt-cinq années d'une existence riche d'expériences : hommes d'Etat, princes de l'Esprit, princes de l'Eglise, enfin les voyages en Terre-Sainte où Simone de Lattre sera hôtesse à la Maison d'Abraham et aidera à accueillir les pèlerins de tous âges, de toutes races, de toutes formations. Un livre émouvant qui montre comment, tout au long de ces années, suivant les mots de l'auteur, a été semée, a germé "une graine riche et généreuse, les exemples et les enseignements de Jean de Lattre, mon mari, et de Bernard, notre fils".

270.          LEFRANC (Pierre). De Gaulle, un portrait.  Flammarion,  1994, gr. in-4°,  255 pp, 350 photos, qqs-unes en couleurs, tableau généalogique, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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Pierre Lefranc, engagé dès 1940 dans la Résistance, est l'un des gaullistes historiques qui a participé à toutes les entreprises du général de Gaulle. Officier des Forces Françaises Libres, Délégué national du rassemblement du Peuple Français, compagnon de la traversé du désert, Chef de Cabinet puis Conseiller technique du général de Gaulle, Pierre Lefranc a été le témoin privilégié de tous les grands événements de la période marquée par les initiatives du fondateur de la Ve République. Il donne ici un superbe album de photographies commentées, un portrait qui fourmille d'anecdotes et où percent souvent humour et émotion.

271.          LOUVRIER (Pascal). Brasillach : l'illusion fasciste.  Perrin,  1989, in-8°,  278 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. On joint trois articles de presse sur Brasillach (Le Monde)

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6 février 1945. Au fort de Montrouge, Robert Brasillach, accusé d’intelligence avec l’ennemi, est fusillé. Il a trente-cinq ans. L’ex-rédacteur en chef de "Je suis partout", hebdomadaire collaborationniste et antisémite, a refusé de fuir à l’étranger après le débarquement allié. Il a souhaité assumer jusqu’au bout sa responsabilité d’écrivain engagé dans une cause politique qu’il savait pourtant perdue depuis août 1943, date de son départ de "Je suis partout". Par fidélité envers ses lecteurs qu’il avait pu entraîner et, si paradoxal que cela puisse paraître, par un amour de la patrie qu’il croyait compatible avec la Collaboration, Brasillach a accepté d’affronter, à chaud, une justice dont il n’ignorait pas qu’elle l’accablerait. Une fois le verdict rendu, au terme d’une comédie judiciaire, il a tenu à regarder la mort en face. Nombre de ses adversaires se joignirent à ses amis pour obtenir, du général de Gaulle, la grâce de ce poète fourvoyé. Brasillach continue d’exercer sa séduction. C’est un jeune historien, Pascal Louvrier, qui a voulu retracer l’itinéraire existentiel de cet éternel jeune homme, né à Perpignan en 1909, sensible et doué, nostalgique inconsolable de l’enfance et de l’adolescence, amoureux de la fraternité, s’émerveillant devant la Méditerranée tranquille, et les beautés pittoresques du Paris de l’entre-deux-guerres. Et il tente de répondre à cette lancinante question : pourquoi Brasillach, écrivain aux multiples talents, auteur – entre autres – de "Comme le temps passe", un roman débordant de douceur et de charme, a-t-il choisi le camp fasciste ? Pour cela, Pascal Louvrier a immergé Brasillach dans l’Histoire, il l’a campé dans le cadre complexe et tragique des dix dernières années de sa vie. Car l’évolution de l’auteur de "Notre avant-guerre" est indissociable des événements et des images qu’il en retire, celles de la liturgie à Nuremberg, celle des prisonniers de 40. À travers de nombreux textes, documents et témoignages, Pascal Louvrier parvient à expliquer, sans pour cela l’absoudre, l’engagement de Brasillach, et montre comment ses illusions se défirent sous le poids des réalités.

272.          MALOUBIER (Bob). Bazooka. La confession de Philippe Castille.  Filipacchi,  1988, gr. in-8°,  304 pp, préface de Jean Lartéguy, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'attentat contre Raoul Salan révélé par son exécuteur". — Il y a 30 ans, mai 1958. De Gaulle revient au pouvoir. Dans l’ombre s’agite un nébuleux groupe activiste. Dès 1957, ils veulent voir le général Cogny, gaullien fidèle, régner à Alger d’où ils comptent bousculer un gouvernement faible et une IVe République à l’agonie. Mais, sur place, Salan fait obstacle. Il incarne le général républicain Vieille-École. On le surnomme « le Mandarin », souvenir de ses campagnes d’Extrême-Orient. Franc-maçon, on le soupçonne d’influences occultes : « Qu’on le liquide, décident ses ennemis, sinon il cisaillera le retour du Général ! » Qui se chargera de la mission ? Une bande : le docteur Kovacs, ex-Hongrois, mystique ; sa femme, pasionaria qui lit dans les astres et... Philippe Castille. C’est lui qui appuiera sur la gâchette du bazooka Très boy-scout, ex-officier, ancien para. Sang, prison, barricades vont jalonner ce récit historique. On y verra l’OAS, à pleins feux, jusqu’à « la nuit bleue » du plastic qui, en 1962, traumatise Paris. Condamné par De Gaulle en 1958, amnistié au seuil de mai 1968, Philippe Castille n’avait jamais parlé. C’est à Bob Maloubier qu’il s’est confié. Pourquoi ? Parce qu’à la création du 11e Choc de la DGSE, ils ont tâté ensemble plastic et bazooka... Il subsisterait aujourd’hui un rapport secret, prouvant sans conteste un complot...

273.          MAO Tse-toung. Citations du Président Mao Tsé-Toung. (Le « Petit Livre rouge »).  Pékin, Editions en langues étrangères,  1966, pt in-12 (9,1 x 13,3 cm),  v-347 pp, mention "première édition 1966", un portrait de Mao tiré en sépia en frontispice et un fac-similé d'une calligraphie de Lin Piao hors texte, préface de Lin Piao, broché avec couverture vinyle rouge frappée à froid du titre et d'une étoile rouge au 1er plat, bon état. Première édition en langue française

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Rare première édition française publiée à la fin de 1966, deux ans après la première mise en circulation chinoise, de ce recueil de pensées qualifié par Lin Piao de « bombe atomique morale d’une puissance incomparable » et devenu le symbole et l’outil de la Grande Révolution Culturelle. Parce qu’il était bien placé pour en juger, le général Lin Piao, ministre de la défense et chef de l'Armée de libération pensa qu’il serait judicieux que ses soldats, au moins l’élite de l’armée, possèdent une sorte de pense-bête, si l’on ose ainsi qualifier la “bible chinoise”, des principaux diktats du maître. Consignés et publiés en différentes versions depuis 1949, le Comité central décide donc en mai 1964 l’impression de ce recueil où se trouvaient classés en trente chapitres les écrits ou les discours du président Mao. D’abord destiné aux membres de l'armée, ce petit guide devait bientôt être plus largement diffusé jusqu’à devenir le symbole de la Révolution culturelle. Eu égard à leur couverture en vinyle rouge, les Citations du président Mao sont aujourd’hui célèbres sous le nom de « Petit Livre rouge ». Les premières éditions contiennent le fac-similé d’un message d'encouragement de Lin Pao et une préface de cinq pages du même. En septembre 1971, lors de la disgrâce de Lin Piao qui avait tenté rien moins que d’assassiner Mao, tous les citoyens reçurent l’ordre d'arracher de leurs exemplaires du « Petit Livre Rouge », le feuillet maudit signé par le félon. Et les éditions postérieures à cette date ne comportent plus ce feuillet, ni la préface...

274.          MARIE JOSÉ. Albert et Elisabeth de Belgique, mes parents.  Plon,  1971, in-8°,  429 pp, 44 photos et documents, une carte, généalogies, index, cart. éditeur, bon état. Edition originale

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La reine Marie José (1906-2001), épouse du roi Humbert II (il ne régna qu'un mois en 1946), relate les souvenirs qu'elle a de sa famille en s'appuyant sur une correspondance et les notes de l'agenda de la reine Elisabeth. Elle explique l'amour que se portaient ses parents, raconte les années tragiques de la Première Guerre mondiale et la période de l'entre-deux-guerres. — "Un ouvrage essentiel pour la connaissance de la personnalité des souverains, de leurs faits et gestes et de l'époque qui s'étend de l'avant-guerre à 1934. Pour l'écrire, l'auteur a bien sûr puisé dans ses souvenirs personnels mais aussi dans une abondante correspondance inédite et, surtout, dans les notes de l'agenda de la reine Elisabeth qu'elle garde jalousement dans ses archives. Le style de l'ouvrage est simple, clair, concis et sobre. Qualités qui n'entravent pas le sens aigu de l'observation et la subtile ironie hérités des Saxe-Cobourg. Les portraits d'Aristide Briand, Poincaré, Sixte de Bourbon-Parme, Lord Curzon, la reine Hélène d'Italie, Gabriele d'Annunzio, Théo Ysaye, Woodrow Wilson etc., sont d'une veine débordante d'alacrité." (Georges-Henri Dumont) — "Il arrive aux reines d'avoir du talent. Ce fut le cas, on le sait, de la reine Elisabeth de Belgique dont il est ici question, mais sa fille n'est pas en reste. Marie José, reine d'Italie, se révèle dans ses souvenirs une "plume" doublée d'une fine observatrice de la vie d'une cour (celle de Belgique) peu banale en des années moins banales encore. Elle sait transmettre ce qu'elle a vu en phrases précises, simples, justes et nous la suivons dans les heures heureuses ou malheureuses, souvent contraintes, de l'existence d'une petite fille dont, plus que d'une autre, on attendait qu'elle soit modèle. Jamais elle ne juge ses parents ; ni la réserve maladive d'Albert ni le gracile enjouement d'Elisabeth qui fait fi parfois des timidités, ne sont rendus avec le ton dur du reproche. Au contraire, on voit s'élever la stature du roi (qui détestait tant qu'on l'appelât chevalier) et rayonner la reine musicienne, fine, élégante, farceuse, aussi décidée à vivre que son époux paraissait se destiner au sacrifice. De l'enfance de Marie José on fait un roman : un peu de Thomas l'Imposteur à la Panne (Léopold futur Léopold III, avec son visage de "jeune fille sage" lui ressemble comme un frère), beaucoup de Proust à Paris où la comtesse Greffulhe semble donner de la voix dans des bagarres idéologiques, telle une soprane dans un opéra. Albert et Elisabeth de Belgique c'est aussi – peut-être surtout – un grand livre d'Histoire où l'on voit que les têtes couronnées comme les enfants aux cheveux d'un blond filasse sont emportés par une muse cruelle, folle, qui jette les destinées dans le monde tels des dés. Ce n'était que le début d'un rêve confus et de l'âge dit adulte." (Yves-William Delzenne)

275.          MASON (Tim). La Classe ouvrière sous le Troisième Reich, suivi de L'opposition des travailleurs dans l'Allemagne nazie.  Echanges et Mouvement,  2005, in-8°,  70 pp, traduit de l'anglais, biblio, broché, bon état

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Timothy W. Mason (1940-1990), universitaire anglais d’Oxford, consacra d’abord toutes ses recherches à la classe ouvrière allemande sous le nazisme. Sa thèse de doctorat, “National-Socialism Politics towards the German Working Classe 1925 to 1939”, soutenue en 1971, ne fut jamais publiée en anglais. Son intérêt reposait pourtant sur une exploration des archives nazies, non suspectes de complaisance eu égard au sujet abordé : elles montrent avant tout que les dirigeants nazis étaient bien conscients, tout comme les dirigeants capitalistes, du rôle central des travailleurs dans le système de production et plus particulièrement dans la survie de leur propre régime. S’il publia de nombreux articles sur ce sujet, dispersés dans des revues universitaires plus ou moins confidentielles, son travail resta ignoré dans toute l’Europe, sauf en Allemagne même. En 1975 parut en allemand un volumineux ouvrage, “Sozialpolitik im Dritten Reich : Arbeiterklass und Volksgemeinschaft (Dokumente und Materialen zur deutsche Arbeiterpolitik, 1936-1939)”, qui reprenait l’ensemble des recherches et matériaux ayant servi à l’élaboration de la thèse, précédés d’une longue analyse de la politique sociale du IIIe Reich et des résistances ouvrières. Cette introduction, révisée et complétée, devint elle-même un livre publié au format de poche en allemand en 1977. Ce ne fut qu’en 1993 (vingt-deux ans après la soutenance de ses premiers travaux et deux ans après le suicide de l’auteur), que parut en anglais, par les soins du cercle universitaire qui avait soutenu ses recherches, “Social Policy in The Third Reich. The Working Class and The « National Comunity « (éd. Berg, Providence/Oxford), la traduction depuis l’allemand de l’introduction du livre de 1975. Cet ouvrage a été suivi, en 1995, d’un recueil d’articles, sous le titre “Nazism, Fascism and the Working Class” (Cambridge University Press). Les trois textes qui figurent ici permettent de donner un aperçu de l’œuvre de Tim Mason.

276.          MAURIAC (Jean). Mort du général de Gaulle.  Grasset,  1972, pt in-8°,  183 pp, broché, bon état

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Du référendum de 1969 au 9 novembre 1970, les derniers mois du Général. — "J'ai été blessé en Mai 68. Et maintenant, ils m'ont achevé. Et maintenant, je suis mort." C'est par ces mots que le général de Gaulle accueillit le Non des Français au référendum d'avril 69. Entre cette mort politique et la fin à Colombey, dix-neuf mois vont s'écouler durant lesquels le général va voyager, compléter ses Mémoires, s'entretenir avec des proches, se mesurer à la solitude, à la souffrance. Compte à rebours dramatique minutieusement restitué par Jean Mauriac. Son sens du détail, l'enchaînement des tableaux composent un destin et disent un discret chagrin. Voici de Gaulle grandiose dans l'adversité, solitaire et quotidien, hanté par la mort. De Gaulle, la France au coeur, aux derniers feux de sa vie.

277.          MAUROIS (André). D'Aragon à Montherlant.  Perrin,  1967, in-8°,  312 pp, 8 pl. de photos hors texte, cart. imprimé de l'éditeur, rhodoïd, bon état. Première édition

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Un recueil de courts textes et articles écrits par Maurois sur divers auteurs anciens et modernes pour “dire aux lecteurs, jeunes et vieux, les raisons de mes choix et de mes délices.” Ouvrage publié en décembre 1967, trois mois après la mort de Maurois qui s’éteignit dans sa quatre-vingtième année.

278.          MITTERRAND (François). Les Forces de l'esprit. Messages pour demain.  Fayard, Institut François-Mitterrand,  1998, in-8°,  160 pp, préface de Roland Dumas, broché, bon état. Edition originale (achevé d'imprimer en décembre 1997)

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Ce livre est composé de neuf textes, certains inédits, les autres mal connus, qui correspondent à autant d'interventions publiques ou privées prononcées par François Mitterrand de 1993 à 1995. Le Président lutte contre la maladie, il sait que la mort est proche, il a décidé d'aller jusqu'au bout de son mandat. C'est alors qu'il entreprend une « tournée des adieux » pour remercier et encourager à l'action tous ceux qui l'ont soutenu depuis le premier septennat: ses amis socialistes, ceux qui ont assumé des responsabilités publiques depuis 1981, le peuple de gauche, certains chefs d'Etat étrangers, etc. Nulle nostalgie dans tout cela, mais beaucoup d'émotion. Jamais d'apitoiement, mais la conviction que l'histoire reconnaîtra l'oeuvre accomplie. Ce n'est pas un vieil homme affaibli qui prend congé, mais l'incarnation d'un certain génie français qui désigne d'un geste assuré et affectueux le chemin qu'il faudra arpenter pour relever les défis de demain: la construction européenne, la défense des conquêtes sociales, la solidarité entre générations notamment. (4e de couverture)

279.          NOËL (Léon). La Traversée du désert.  Plon,  1973, in-8°,  283 pp, broché, bon état

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Souvenirs, réflexions et révélations sur la période 1946-1958, par l'ambassadeur Léon Noël, membre du Conseil des Directions du RPF, député (1951-1955) et membre du Comité consultatif constitutionnel, qui apporta un concours particulièrement actif au général de Gaulle de 1947 à son retour au pouvoir. — "La traversée du désert retrace l'histoire de la lutte entre le gaullisme et l'establishment de la Quatrième République depuis le 20 janvier 1946 jusqu'à cette élection présidentielle qui, le 21 décembre 1958, porta à l'Elysée celui qui, quelques mois auparavant « était encore la bête noire de l'immense majorité des hommes politiques », ceux qui « avaient tout mis en oeuvre pour lui barrer la route ». Le livre entremêle la reproduction littérale de notes prises au jour le jour par son auteur et des réflexions, commentaires et remémorations ultérieurs, ce qui lui donne un caractère exceptionnellement vivant. Il témoigne dans les jugements portés sur certains hommes d'une liberté d'expression à laquelle on n'est guère habitué, et qui contribue pour une notable part à l'intérêt soutenu avec lequel on en prend connaissance. Mais l'essentiel n'est pas là : il est dans le tableau d'une impitoyable précision que dresse Léon Noël des faiblesses, des contradictions et des vices d'un système, en somme expressément organisé pour faire échec aux tendances au « pouvoir personnel » imputées à de Gaulle par les partis qui dominaient les Constituantes de 1945 et de 1946... Un témoignage qui n'éclaire pas seulement la période sur laquelle il porte, mais aussi celle qui l'a suivie..." (François Goguel, Revue française de science politique, 1974)

280.          PAPON (Maurice). Les Chevaux du pouvoir. Le préfet de police du général de Gaulle ouvre ses dossiers, 1958-1967.  Plon,  1988, gr. in-8°,  539 pp, 22 pp de documents en annexes, la plupart en fac-similé, broché, bon état, envoi a.s. (nom du destinataire gommé)

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"Sous-titre de ce livre : « Le préfet de police du général de Gaulle ouvre ses dossiers ». M. Papon vint en effet d'Algérie pour s'installer à la préfecture de police en mars 1958 et il la quitta en janvier 1967 pour prendre la présidence de Sud- Aviation que Georges Pompidou lui accorda pour le remercier de dix années, ou presque, de bons et loyaux services. Ouvert par une apostrophe de Colbert à Louis XIV qui peint le lieutenant de police en homme « de simarre et d'épée », le livre est un long plaidoyer en style noble : pour le préfet, homme « d'autorité, de courage » et pourvu du sens de la décision ; pour ses collaborateurs « qui conjuguent le brio de l'intelligence, le dévouement à la chose publique, le courage dans les épreuves » ; pour les forces de l'ordre toujours exemplaires ; pour l'action d'un de Gaulle imperpurbablement « génial » et, au bout du compte, un hymne prolongé à la raison d'Etat. M. Papon, il est vrai, eut fort à faire aux pires heures de la guerre d'Algérie et dans les vagues d'attentats du FLN et de l'OAS. Mais il n'ouvre pas tout grands ses dossiers aux moments les plus délicats. C'est ainsi qu'il néglige ses rendez-vous avec l'histoire à propos des événements tragiques du 4 octobre 1961, quand il lui fallut tenir Paris face au déferlement, dit-il, de la « marée écumante » des Algériens, ou quand il maintient que le 8 février 1962, à Charonne, c'est « un mouvement de foule incontrôlé » qui poussa les manifestants vers la bouche de métro d'où l'on releva huit cadavres. L'auteur, in fine, n'est pas tendre pour son successeur, Maurice Grimaud, dont la police au vif des événements de mai 1968 serait restée « sur la défensive... comme en 1940 ». Il est vrai que M. Grimaud, lui, avait donné chez Stock en 1977 des souvenirs humains, équilibrés et profonds." (Jean-Pierre Rioux, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1988) — Maurice Papon a attendu vingt cinq ans pour livrer ses mémoires de préfet de police, emplis des évènements et des hommes qui ont occupé la scène de 1958 jusque après son départ de la Cité. Chargés d'assurer la paix publique et la sécurité des pouvoirs dans la capitale, la préfecture de police et son chef ont traversé bien des tourments en ces temps difficiles. Neuf années durant-le record depuis le préfet Lépine- il affrontera de graves évènements tels que ceux de Mai 1958 marqués par un changement de république, ainsi que les rebellions du FLN et de l'OAS avec leur cortège d'attentats, de complots et d'émeutes.Il a eu l'exaltant et ingrat privilège de vivre une période historique, ponctuée de maintes péripéties et dominée par l'exceptionnelle stature du général de Gaulle. (4e de couverture)

281.          ROTH (François). Robert Schuman. Du Lorrain des frontières au père de l'Europe.  Fayard,  2008, in-8°,  656 pp, 33 photos sur 8 pl. hors texte, sources et biblio, chronologie, 2 index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Le 9 mai 1950 naissait la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), ancêtre de l'actuelle Communauté européenne. A l'origine de ce projet historique qui bouleversa le vieux continent, un homme discret et méconnu : Robert Schuman. Né en 1886 à Luxembourg, Robert Schuman est alsacien-lorrain, donc sujet de l'Empire allemand. Il ne deviendra français qu'en 1918, à l'âge de 32 ans. Élu député de la Moselle, sous-secrétaire d'État aux Réfugiés dans le gouvernement de Paul Reynaud, il est arrêté par les nazis et emprisonné pendant sept mois avant d'être envoyé en résidence surveillée dans le Palatinat. Il poursuivra une brillante carrière politique après la guerre. Ministre des Affaires étrangères de 1948 à 1953, il est, entre autres, l'initiateur d'une nouvelle politique française à l'égard de l'Allemagne, qui vise à mettre fin aux affrontements meurtriers du passé. Homme de la frontière, marqué par deux conflits mondiaux qui concernèrent en premier chef ses deux patries successives, Robert Schuman, ce "saint en veston" comme certains le baptiseront, était sans doute prédestiné à devenir le visionnaire de la réconciliation franco-allemande et de la pacification de l'Europe.

282.          SHIRER (William L.). Les années du cauchemar, 1934-1945. Mémoires d'une vie plongée dans son temps.  Plon,  1985, gr. in-8°,  449 pp, traduit de l'américain, broché, bon état

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L'hallucinant périple de William Shirer, témoin de l'apocalypse de l'Occident. Résidant à Berlin à partir de 1934, fasciné et horrifié par Hitler, spectateur d'une dictature entraînant une nation vers une guerre de conquêtes et de ravages, il couvre le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale pour la radio américaine CBS. N'hésitant pas à dénoncer la censure dont il était victime et refusant de se plier aux exigences propagandistes du régime nazi, il quitte l'Allemagne en décembre 1940. De retour à Berlin à l'automne 1945, il découvre le nouveau visage, vaincu et dévasté, du pays. Ces mémoires nous livrent ses réflexions d'alors sur les terribles événements qui se déroulèrent inexorablement sous ses yeux. — "Le titre français, “Les années du cauchemar 1934-1945”, risque d'induire le lecteur en erreur. En effet, abstraction faite de l'épilogue d'une vingtaine de pages, le livre s'arrête au moment où l'auteur retourne aux Etats-Unis, c'est-à-dire en décembre 1940, peu après l'échec allemand dans la fameuse bataille d'Angleterre. Un journaliste chevronné se penche sur une tranche de sa vie particulièrement passionnante. II nous fait part des événements dont il a été le témoin, de ses expériences, de ses impressions, de ses réflexions. Sans doute lui arrive-t-il de mêler à sa relation des faits des parcelles de sa vie privée, intime, familiale. Grâce à ses qualités, à sa capacité aussi de trouver des informateurs sérieux, il exerce au mieux sa profession, compte tenu de l'existence d'une censure rigoureuse et d'une surveillance permanente. Ses notes de l'époque, souvent citées, sont surtout des constatations ou des intuitions qui se révèlent exactes et confirment ce que l'on sait de Hitler, de ses paladins et de son IIIe Reich. (...) Au total, nous ne regrettons pas cette lecture agréable, parfois instructive, voire passionnante. Peut-être l'ouvrage aurait-il gagné à être essentiellement un document subjectif, un témoignage personnel qui aurait complété et éclairé les oeuvres d'érudition. Le récit autobiographique aurait du dominer davantage l'ensemble qu'il aurait rendu plus original." (Pierre Angel, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1986)

283.          SOVICHE (Gilles). Pierre Soviche, aviateur. Récits et témoignages.  P., Gutenberg XXIe s.,  2000, in-8°,  293 pp, 29 photos sur 12 pl. hors texte in fine, une carte, 16 pp de fac-similés, qqs dessins dans le texte, broché, bon état

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Ce livre rassemble des extraits de lettres de Pierre Soviche, qui a raconté au fil des jours les différents épisodes de sa vie militaire, ainsi que des lettres retrouvées qui lui avaient été adressées. L'édition en a été établie par son fils Gilles Soviche, dont quelques lignes ajoutées aux textes transcrits éclairent la lecture de l'ensemble. La narration du voyage en Tchécoslovaquie et celle de la mission diplomatique en Russie ont été écrites par Pierre Soviche lui-même. L'historique du groupe de chasse I/1 est celui déposé au service historique. de l'armée de l'air et qui a été signé par le capitaine Garde, commandant d'escadrille. L'ensemble de ces témoignages et documents retracent une vie militaire faite d'enthousiasme, à une époque où l'aviation présentait quelques imprévus... — Table : Jusqu'à l'âge d'homme ; Tours (1926-1929) - Mission en Tchécoslovaquie (1928) ; Sénégal et Mauritanie (1931-1933) ; Mission en Russie (août 1939) ; Commandement du groupe de chasse I/1 (1940) ; En guise d'épilogue.

284.          THÉOFILAKIS (Fabien). Les prisonniers de guerre allemands. France, 1944-1949. Une captivité de guerre en temps de paix. (Thèse).  Fayard,  2014, gr. in-8°,  762 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, 12 cartes, 5 tableaux, 4 graphiques, notes, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Entre 1944 et 1948, presque 1 000 000 prisonniers de guerre allemands sont détenus en France, d'abord dans des enceintes sauvages et des sites provisoires, puis dans des camps réguliers, enfin chez des particuliers. Figures honnies de l'Occupation, ces soldats de Hitler deviennent, vaincus, un enjeu majeur de la sortie de guerre de l'Europe en pleine reconstruction. Les Allemands réclament leur libération, les Américains comptent sur eux lorsque la Grande Alliance cède la place à la guerre froide et le gouvernement français entend se servir de cette main-d'oeuvre peu chère et docile pour effacer les traces de la défaite. De sa plongée au coeur des archives françaises, allemandes, suisses, américaines, britanniques, vaticanes, Fabien Théofilakis nous offre une connaissance renouvelée de la transition française de la guerre à la paix. A partir de documents inédits et de nombreux témoignages d'anciens prisonniers qu'il a recueillis, il rend compte de cette captivité oubliée. Il campe ainsi le face-à-face inversé entre vainqueurs et vaincus d'hier dans une France qui a du mal à surmonter les traumatismes de l'Occupation et de la collaboration. Il dévoile une cohabitation intime comme les petits entrelacs d'une vie quotidienne tendue entre Français et Allemands. Il interroge le lien ambigu de la société allemande sous le nazisme puis sous occupation française avec ses prisonniers jusqu'à leur rapatriement. Il resitue l'enjeu des prisonniers de guerre dans la redéfinition des relations entre Alliés. Ce travail magistral comble une lacune et propose une autre vision de l'immédiat après-guerre, celle du retour de la paix en Europe occidentale. — "Sur un sujet sensible et d’importance considérable, bien que très rarement traité, Fabien Théofilakis publie une très belle monographie issue de sa thèse. Le style est élégant, le récit passionnant, la réflexion théorique bien exposée, le travail de recherche en archives est extrêmement impressionnant, tout ceci expliquant pourquoi son travail a été primé à quatre reprises. La question des prisonniers de guerre allemands détenus par la France pendant et après la Seconde Guerre mondiale constitue en effet une lacune de l’historiographie tant française qu’allemande, lacune qui s’explique en particulier parce que jusqu’à la fin des deux blocs, la question centrale en RFA est celle des prisonniers détenus en URSS, mais aussi par la volonté de préserver la relation franco-allemande. Et pourtant l’affaire fut d’importance : il s’agit de près d’un million de soldats (entre métropole et Afrique du Nord), dont un petit tiers directement faits prisonniers par les Français, les autres étant livrés par les Américains. D’abord gardés dans des camps de regroupement, ils sont progressivement transformés en main-d’œuvre au service de la reconstruction française. En métropole, les premiers prisonniers sont faits pendant la reconquête de la France après le débarquement, les derniers quittent la France en janvier 1949, sauf ceux qui ont souhaité y rester au titre de travailleurs libres (quelque 70000 personnes tout de même). L’ouvrage de F. Théofilakis comble donc une lacune inexcusable de notre historiographie, vu l’ampleur, l’importance politique et mémorielle de cette étape de l’histoire franco-allemande, et il le fait avec une quasi-exhaustivité. La question centrale peut être résumée ainsi : comment gérer une captivité de masse, en particulier dans une période de paix ? Mais l’auteur soulève aussi, dans des perspectives multiples, de nombreuses questions annexes, fondamentales dans la mise en place des nouvelles relations franco-allemandes après la guerre. (...) Un ouvrage très agréable à lire, malgré sa longueur, dont la richesse ne peut être rendue à sa juste valeur dans un simple compte rendu." (Françoise Berger, Revue d’histoire moderne & contemporaine, 2015)

285.          TOURNOUX (J.-R.). Pétain et de Gaulle.  Plon,  1964, in-8°,  556 pp, 29 photos et documents en fac-similé sur 30 pl. hors texte, index, broché, couv. illustrée à rabats, dos lég. creusé, bon état

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"Historien de l’histoire « non officielle », M. Tournoux se met en quête des textes, des paroles, des témoignages ; dès lors qu’ils sont authentiques, ils sont souvent plus vrais que ceux qui ont été rédigés et proférés pour l’histoire officielle. Par exemple, quand M. Tournoux met vivement en scène le général Weygand rapportant le mot que lui soufflait Foch lors de la remise du bâton à Pétain : « Dire que nous l’avons amené là à coups de pieds dans le... », ce mot-là en dit long sur l’opinion qu’avaient du maréchal ses anciens chefs et ses pairs en 1918, et le général Weygand lui-même en 1940. Les jugements sur Pétain sont d’autant plus accablants qu’ils sont prononcés, la mort dans l’âme, par ses clients, ses partisans, son entourage. Derrière la façade majestueuse, l’édifice est vide : plus guère d’intelligence et plus du tout de volonté ; mais il reste un cramponnement de vieillard, la passion sénile du pouvoir. Tout se résume en somme dans le mot de celui qui l’a tant admiré, et qui depuis le 10 juin 1940 le tient pour un « traître » : Le maréchal est mort en 1925. Le malheur est qu’il reste le seul à ne pas s’en apercevoir. Car tout le monde maintenant s’en aperçoit. Mais si de Gaulle avait été le premier à découvrir cette mort intérieure, d’autres avaient su assez tôt à quoi s’en tenir. Mort, sans doute, mais pas assez pour ne plus servir. A la veille de la guerre, deux paroles se rencontrent qui ne se cherchaient pas : « Il n’y a plus rien à faire avec le maréchal », dit de Gaulle. « On peut tout faire avec le maréchal », dit Laval. (...) Parmi les pages les plus captivantes, les plus instructives aussi, il faut compter celles, nombreuses, qui éclairent les rapports de la France, ceux de la France asservie et ceux de la France libre, avec les Anglo-Saxons, qui, visiblement, avaient un faible pour la première. (...) Le livre s’arrête en 1946. Il est, je le répète, d’un historien qui, cherchant à voir clair, refuse l’éblouissement : le général de Gaulle y est regardé, sans trop de complaisance, moins en héros qu’en homme..." (Yves Florenne, Le Monde diplomatique, 1964) — "Les cinquante années écoulées couvrent les événements les plus passionnants, les plus mystérieux, mais aussi les plus tragiques de notre histoire nationale. Personnalités illustres de la France contemporaine, les “Monstres Sacrés” des deux guerres mondiales dominent cette époque. Au coeur du demi-siècle, une grande tragédie nationale et un grand drame humain ont séparé deux chefs, jadis unis par les liens très étroits d'une admiration profonde : Philippe Pétain et Charles de Gaulle. Brisant les clichés conformistes, ce livre renouvelle l'histoire contemporaine, celle qui n'accepte pas les idées reçues, les préjugés, les « tabous »." (L'Editeur)

286.          VALIER (Jacques). Le Parti communiste français et le capitalisme monopoliste d'Etat.  Maspéro,  1976, in-12,  233 pp, notes, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Petite collection Maspéro)

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"A partir d'une comparaison des contenus du concept de « dévalorisation du capital » chez Marx et dans la théorie de la crise du capitalisme monopoliste d'Etat développée par le PCF, J. V. montre que les économistes communistes occultent, en analysant le rôle des monopoles, la compréhension du capital comme rapport social de production. Pour lui, ce glissement théorique a pour but de légitimer la stratégie politique du rassemblement antimonopoliste défendue par le PCF, et, en particulier, la place qui est accordée dans cette stratégie aux nationalisations et à l'alliance avec les petites et moyennes entreprises. Cette actualisation des positions de la Quatrième Internationale à l'égard du cas français n'échappe pas, bien que l'auteur s'en défende, à une lecture « talmudiste » de Marx et des positions du PCF." (Revue française de science politique, 1976)

287.          VALLERY-RADOT (Robert). Dictature de la Maçonnerie.  Grasset,  1934, in-12,  302 pp, biblio, broché, bon état. Edition originale imprimée sur vélin Edita des Papeteries Prioux, ex. du SP

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Pamphlet anti-maçonnique. — "C'est un sujet bien difficile que celui auquel M. Robert Vallery-Radot s'attaque. Le mystère qui règne sur les institutions maçonniques, l'ignorance et les confusions qu'une habile propagande entretient et nourrit dans la foule, les négations grâce auxquelles on ne manque pas de dérouter les chercheurs, en y joignant des diversions de toutes sortes, font que beaucoup, aujourd'hui encore, hésitent devant l'évidence et l'enchaînement de certains faits. Augustin Cochin, Max Dolente, Mgr Jouin et tant d'autres ont cependant déjà découvert l'essentiel, de manières fort diverses, pour ne parler que des auteurs français. M. Robert Vallery-Radot est digne de les continuer. "Dictature de la Maçonnerie" se propose de nous faire traverser près de deux siècles d'une histoire, si obscure qu'on ne la peut saisir bien souvent que par des intuitions, des indiscrétions, des recoupements. C'est dire avec quelles nuances, quelle prudence et quelle lucidité l'auteur s'engage dans l'étude des sociétés de pensée, dont la Franc-Maçonnerie est demeurée la principale, au XVIIIe siècle, dans leur action avant et pendant la révolution de 1789, sous l'Empire, sous la Restauration même, et, en particulier, au cours des révolutions de 1830 et 1848, ainsi que sous le Second Empire, la Commune et la IIIe République, jusqu'à la guerre... Parvenu aux événements qui ont marqué de scandales, à peu près sans égaux dans notre histoire, ces dernières années, M. Robert Vallery-Radot montre la naissance, la puissance et l'évolution d'une idéologie. Il faut lire l'ouvrage si l'on veut découvrir, page après page, l'image saisissante de collusions, de rapprochements et d'actes qui prouvent l'action certaine de la secte qui n'avoue jamais en public. Nous nous bornerons à indiquer seulement, pour l'histoire contemporaine, le chapitre qui a trait aux affaires romaines sous le Second empire, et celui qui expose la « laïcisation » de l'Etat français, puis la politique dite du « Ralliement ». Si tentés que beaucoup soient peut-être de qualifier d'excès certains passages, ils liront avec fruit cette savante et scrupuleuse étude." (Jean Baudry, Revue des Questions historiques, 1935)

288.          VENNER (Dominique). Baltikum. Dans le Reich de la défaite, le combat des Corps-francs, 1918-1923.  Laffont,  1974, in-8°,  366 pp, 47 photos hors texte, carte, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale

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Ce sont les réprouvés célébrés par Ernst von Salomon, les « porteurs maudits de forces créatrices » annoncés par Ernst Jünger. Ils surgissent dans l'Allemagne chaotique et affamée de novembre 1918, sur les décombres de l'armée vaincue. Ce sont les premiers Corps-francs, une poignée de volontaires résolus à tout pour maintenir un Reich chancelant et des frontières menacées. Tour à tour utilisés puis rejetés par les politiciens de Weimar, ils écraseront les soulèvements spartakistes à Berlin, Hambourg, Munich et bien d'autres villes. Loin vers l'Est, dans les Pays baltes, face à l'Armée rouge, ils tenteront de reconquérir les terres du Baltikum, un nom qui deviendra leur symbole. Trahis et reniés par le pouvoir qu'ils ont sauvé, ils découvriront au fond du désespoir la révolution du nihilisme. Ils deviendront les acteurs du putsch de Kapp, des combats de Haute-Silésie, de l'assassinat de Rathenau, de la naissance du nazisme. Ils offriront à Hitler ses premiers partisans. Mais, chez eux, se recruteront aussi ses plus farouches opposants...

289.          VIANSSON-PONTÉ (Pierre). Après de Gaulle, Qui ?  Seuil,  1968, in-8°,  280 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Histoire immédiate)

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"Cherchant un an avant son départ un héritier au général de Gaulle, P. V.-P. y trouvait l'occasion de passer en revue les principaux leaders politiques : 44 répondaient à l'appel, que l'auteur hiérarchisait en « prétendants » (Pompidou, Mitterrand, Giscard), « suppléants » (Debré, Peyrefitte, Chaban, Edgar Faure, Lecanuet, Defferre), « caciques » (Guy Mollet, Waldeck Rochet, Duhamel, etc.) et « alchimistes, apparatchiks et alevins ». Les portraits sont bien venus, le choix ne prête guère à discussion et l'ensemble constitue une bonne introduction à l'étude du personnel politique français contemporain." (Revue française de science politique) — Par le brillant chroniqueur politique du “Monde” qui devait disparaître prématurément.

290.          WALINE (Pierre). Un patron au Bureau international du travail, 1922-1974.  France-Empire,  1976, pt in-8°,  301 pp, témoignages en postfacs de Fernando Yllanès Ramos, Naval Tata et Ernst Gerhard Erdmann, broché, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.

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"Sans être une histoire complète du BIT, cet ouvrage en fournit un aperçu. Les souvenirs de P. W. sont riches de détails instructifs. Les pages consacrées à Albert Thomas ou Léon Jouhaux méritent particulièrement d'être lues." (Revue française de science politique, 1976)

291.          WEYGAND (Jacques). Weygand, mon père.  Flammarion,  1970, fort in-8°,  503 pp, 44 photos et 4 illustrations sur 24 pl. hors texte, 8 pl. de documents en fac-similé hors texte, pièces annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le général Weygand tenait, depuis le début de sa carrière, des cahiers de notes où il s'exprimait librement sur les faits et les hommes. S'il s'en est certainement servi pour rédiger ses “Mémoires”, son fils y a puisé plus largement encore et il en cite souvent des extraits suffisants pour en montrer l'intérêt. Jacques Weygand s'est étendu davantage sur les époques que les “Mémoires” de son père laissent quelque peu dans l'ombre : la vie de garnison de l'officier de cavalerie d'avant 1914 (c'est tout un aspect de l'histoire de la société de la IIIe République), la Pologne et plus encore le commandement au Levant, surtout, enfin, les années de guerre et d'après-guerre, à partir de novembre 1941 : la résidence surveillée dans le Midi, la captivité en Allemagne, le retour et le jugement... L'auteur se montre amer envers bien des hommes, et porte un jugement mitigé sur le maréchal Pétain. L'ouvrage ne manque ni de vie ni d'intérêt." (J.-M. d'Hoop, Revue historique, 1971)

292.          WOLTON (Thierry). La France sous influence. Paris-Moscou : 30 ans de relations secrètes.  Grasset,  1997, in-8°,  507 pp, 16 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

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De la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 70, la France a davantage subi l'influence soviétique que d'autres démocraties. La fascination d'une grande partie des intellectuels français pour l'Est et le poids d'un parti communiste aux ordres de Moscou ont favorisé cette politique. Mais le Kremlin a surtout trouvé en France un terrain favorable pour mener ses opérations subversives en jouant sur la peur exercée par l'Allemagne sur les dirigeants français et sur la volonté de ceux-ci de s'émanciper des Etats-Unis. Les archives diplomatiques soviétiques, mises au jour pour la première fois dans ce livre, démontrent les méthodes utilisées par l'URSS. De de Gaulle à Pierre Mendès-France, d'Edgar Faure à Michel Debré, c'est toute la classe politique que les Soviétiques ont cherché à circonvenir pour servir leurs intérêts. A travers des centaines de documents inédits, on découvre : - comment Moscou a utilisé la France pour lutter contre le plan Marshall ; - comment le Kremlin a manipulé journalistes, hommes d'affaires et politiciens pour interdire le réarmement de l'Allemagne ; - comment l'URSS a apprécié le retour au pouvoir du général de Gaulle ; - comment les dirigeants soviétiques se sont félicités de ses alliés à la fin des années 60. En dévoilant les coulisses de la politique nationale et internationale vues depuis Moscou, la France sous influence apporte un éclairage nouveau sur les événements qui ont marqué la seconde moitié de ce siècle.

 

1ère GUERRE MONDIALE

 

293.          ADAM (Dr Frantz). "Sentinelles... Prenez garde à vous...". Souvenirs et enseignements de quatre ans de Guerre avec le 23e R.I. 2e édition augmentée d'une carte et d'une lettre à Norton Cru (second tirage, corrigé).  P., Amédée Legrand,  1933, in-12,  205 pp, une carte dépliante hors texte, broché, bon état. Peu courant

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"Le docteur Frantz Adam, qui vit la mobilisation à Châlons-sur-Marne, intègre le 23e R.I. qui s’est stabilisé dans les Vosges au début de novembre 1914. Il est médecin aide-major de 2e classe de réserve du 1er bataillon (cdt Rosset). Il participe à l’organisation d’un secteur qui va devenir terrible, celui de la Fontenelle au Ban-de-Sapt. D’autres lieux vont suivre ; la Somme, Verdun, le Kemmel ou les Flandres dans lesquels l’officier fait son travail avant d’être promu médecin-major, en 1917. Ses souvenirs sont alors le prétexte à dissection de son environnement, afin d’en tirer des enseignements. (...) Outre le témoignage d’un médecin du front, ce livre fournit à l’Historien le regard d’un témoin honnête et observateur dont la volonté est de tirer des enseignements du conflit qu’il a traversé. La large évocation du front vosgien, – où le régiment a passé deux années – moins évoqué dans la littérature de guerre, vient renforcer l’intérêt de ces souvenirs de guerre... Dans la seconde édition, sa lettre à Norton Cru, empreinte d’adhésion et de contestation, lui reproche ses analyses sur le pacifisme d’après-guerre, précisant que les enfants des poilus « ne savent pas grand-chose de la guerre » (page 200) et que le désarmement n’empêchera pas la prochaine guerre." (Crid 14-18)

294.          BLANCHET (Eugène Louis). En représailles.  Payot et Cie,  1918, in-12,  205 pp, préface de Benjamin Vallotton, 9 illustrations (6 planches hors texte et 3 dessins dans le texte), broché, couv. illustrée par Jean-Pierre Laurens (lég. salie), bon état

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"Un intellectuel, promené à travers tous les bagnes que les Allemands avaient imaginés pour dompter l'énergie morale des prisonniers de marque et pour amener les Alliés à accepter des conditions de paix ignominieuses, décrit le douloureux calvaire auquel il fut soumis avec ses compagnons de captivité. Qu'il soit question des travaux dans les marais, du « camp des Moustiques », des solitudes glacées, où le Prussien obligeait les prisonniers à remplir des sacs de sable dont le contenu était ensuite méthodiquement jeté dans la Baltique, on est profondément ému à la lecture de ces pages qui nous laissent l'impression, non d'un acte implacable d'accusation, mais d'un chapitre d'histoire effrayant par les faits qu'il dévoile. Dans l'antiquité, l'esclave travaille pour vivre ; en Allemagne, le captif est scientifiquement condamné à la mort. Que sont les souffrances révélées par la « Case de l'oncle Tom », ce livre de chevet de notre enfance qui nous fit pleurer, à côté de la peine du poteau, de la fusillade en masse, de la propagation du typhus et du choléra, un certain nombre de « contaminés » étant mis dans les camps, de ces tortures épouvantables, plus cruelles que le pire des tourments imaginés par les Achéménides ou par les Chinois, et qui consistent à faire espérer jusqu'au bout soit la visite sanitaire, soit même le départ pour la Suisse, puis à refuser au dernier moment cette perspective d'affranchissement suprême ? L'ouvrage de M. Blanchet est un document accablant que l'on doit répandre afin de révéler au public ce que fut l'Allemagne dans sa laideur inexpiable." (Revue Historique, 1919)

295.          BLANCHIN (Léon, blessé rapatrié). Chez eux. Souvenirs de guerre et de captivité.  Delagrave,  1916, in-12,  180 pp, qqs illustrations dans le texte, broché, bon état

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"Ces souvenirs écrits très simplement nous donnent bien, je crois, l’impression de ce que peuvent souffrir des blessés faits prisonniers. L’auteur n’est pas un écrivain, il raconte ce qu’il a vu en toute sincérité. Son livré est un témoignage qui mérite d’être recueilli." (Revue pédagogique, 1916)

296.          BOULOGNE (Eric) et Mario SERVIABLE. Roland Garros au Panthéon, 2018.  Sainte-Clotilde (Ile de La Réunion), ARS Terres Créoles,  2016, pt in-4°,  111 pp, préface de Daniel Vaxelaire, 21 photos en noir et en couleurs, la plupart à pleine page, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état

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Roland Garros au Panthéon : un projet piloté par ARS-Terres-Créoles. La France célèbrait en 2018 le 100e anniversaire de la disparition du Lieutenant Roland Garros, pionnier de l’aviation civile et militaire, d’origine réunionnaise et héros de la Grande Guerre tombé pour la France. Initiateur d'un projet pour faire entrer en octobre 2018, Roland Garros au Panthéon comme représentant des combattants de la Première Guerre mondiale, Mario Serviable avait lancé une vaste mobilisation afin de convaincre au plus haut niveau de l'État. Le fondateur de l'Association réunionnaise Terres créoles croyait fermement à sa concrétisation. A ses côtés, le général de gendarmerie à la retraite Yvon Lucas et Éric Boulogne, cartophile bien connu, auteur d'un des ouvrages de référence sur Roland Garros ; et avec le soutien de l'Académie de l'île de la Réunion, dont Mario Serviable et Éric Boulogne sont membres... Faire entrer Roland Garros au Panthéon permettait de rendre hommage à l'Outre-Mer combattante surtout quand on connaît le rôle et l'engagement des colonies. Retraçant le parcours de l'aviateur réunionnais, Éric Boulogne souligne que si « Roland Garros fait son entrée au Panthéon, ce ne sera pas pour ses exploits mais pour son humanisme. C'est le symbole de la France combattante et de la Grande Guerre. » —   Un livre plaidoyer pour faire entrer l’illustre aviateur (1888-1918) au Panthéon.

297.          CHARLES-ROUX (François). Souvenirs diplomatiques. Rome, Quirinal. Février 1916 - février 1919.  Fayard,  1958, in-8°,  377 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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"Avant de devenir ambassadeur auprès du Vatican, F. C.-R. exerça pendant la première guerre mondiale les fonctions de secrétaire puis de conseiller à l'Ambassade de France auprès du gouvernement italien. Ses souvenirs fournissent des précisions intéressantes sur les relations franco-italiennes, sur les hommes d'Etat italiens et sur la personnalité de Barrère, alors ambassadeur à Rome, pour lequel l'auteur professe la plus grande admiration. Un chapitre très sévère sur Caillaux à propos de son voyage en Italie en 1916." (Revue française de science politique, 1960) — "... on lira avec l’intérêt le plus vif les chapitres relatifs à la première offensive de paix austro-allemande, préparée entre les deux partenaires par une négociation si réellement secrète que nul, chez les Alliés, ne la soupçonna et qu’elle demeura encore inconnue dix ans plus tard quand M. Charles-Roux en révéla l’existence et le détail. (...) M. Charles-Roux apporte ici le témoignage le plus direct, les informations les plus détaillées et les plus précises, qui se trouvent être assez accablantes, sur le séjour à Rome de Joseph Caillaux, ses relations avec des personnages tarés, sa propagande à rebours, ses conversations officieuses, son audience au Vatican, le dépôt en lieu sûr de ses papiers, dont le fameux dossier « Rubicon », projet de prise du pouvoir, de mise en congé des Chambres, de limogeage de tous les commandants d’armée, le commandement en chef étant donné à Sarrail, et d’ouverture immédiate des pourparlers de paix. Sur cette tragi-comédie se greffe la farce des démêlés de Mme Caillaux avec l’ambassade (que Joseph Caillaux n’honorait pas de sa visite, sinon pour y faire viser son passeport diplomatique établi sous un faux nom !) La farce, il est vrai, serait plus drôle si elle n’avait suscité tant de remous, d’embarras et d’interventions. « Barrère et moi, note M. Charles-Roux, nous fûmes surpris et un peu écœurés que, dans la tragédie alors vécue par la France, un président du conseil français crût devoir insister à ce point auprès d’un ambassadeur, pour apaiser les susceptibilités d’une voyageuse dont, après tout, le seul titre personnel à la notoriété était un assassinat prémédité, ce qui n’était pas fait pour lui ouvrir toutes grandes les portes d’une ambassade française... » L’activité romaine du passeur de Rubicon (qui, à la différence de César, n’envisageait pas de sauter le pas à la suite d’une victoire, mais pour mieux assurer une demi-défaite) eut pour conséquence de grandes alarmes chez les alliés, redoutant que la France fût sur le point de les « lâcher ». Plus tard, à Clemenceau qui exprimait devant lui un certain doute sur ce que Cailloux eût « positivement trahi », et qui lui demandait ce qu’il en pensait, M. Charles-Roux fit cette réponse (concernant le seul épisode italien), qui demeure sa conclusion d’aujourd’hui : « Je pense (qu’il) a été l’instrument d’un agent de l’ennemi, Cavallini, qui avait été chargé par la propagande allemande d’aider au succès de la manœuvre pacifiste de décembre 1916. » Le livre relate ensuite les nouvelles tentatives de paix, les ouvertures de l’empereur Charles par l’intermédiaire de ses beaux-frères, les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme ; puis Caporetto, le redressement italien vigoureusement appuyé par les alliés ; l’armistice, les griefs et les rancœurs de l’Italie, la tension franco-italienne, et le rôle décisif que joua Barrère tout au long de ces diverses crises. Tout empli qu’il soit par les événements dont n’était que trop riche cette période de l’histoire, le livre fait sa place au pittoresque, à l’observation des mœurs et des hommes, aux croquis et aux portraits." (Yves Florenne, Le Monde diplomatique, 1958)

298.          COBLENTZ (Paul). Le Silence de Sarrail.  P., Louis Querelle,  1930, in-12,  309 pp, 2 portraits et une carte hors texte, broché, bon état

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« Sarrail a sauvé Verdun malgré le G.Q.G. Il a tenu à Salonique malgré les coupables faiblesses de M. Briand. Malgré Clemenceau, il a préparé la victoire finale en Orient. Sarrail a sauvé du massacre les chrétiens de Syrie, malgré le Colonial Office, malgré l'Echo de Paris et sa campagne pro-druse et malgré l'indécision des gouvernements de gauche... » — Table : Chez lui ; La jeunesse de Sarrail et sa carrière d'avant-guerre ; 1914 : Deux conceptions stratégiques ; 1914-1915 : Le rôle de la IIIe Armée pendant la bataille de la Marne et en Argonne ; La IIIe Armée en Argonne et la première disgrâce de Sarrail ; Salonique ; Quelques années de vie civile ; Sarrail à Beyrouth, 1924-1925 ; La mort du Loup.

299.          Collectif. Armistice.  Gallimard,  2018, in-4°,  304 pp, reliure cartonnée de l'éditeur, bon état

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Chacun de nous, cent ans après, entretient avec la Grande Guerre une relation intime faite de souvenirs familiaux, de récits, de lectures, de reconstructions imaginaires. Comment cette déflagration mondiale a-t-elle infléchi les destins individuels et les histoires familiales ? Quel regard porter sur l'Armistice de 1918 ? Comment résonne-t-il dans les consciences, encore aujourd'hui ? Quelles histoires le dépôt des armes a-t-il laissées derrière lui ? L'Armistice annonce-t-il la paix, ou simplement le début de l'entre-deux-guerres ? Autant de questions qui ont inspiré des textes très personnels réunis par Jean-Marie Laclavetine. Fiction, récit, chant, discours, essai, lettre... Une trentaine d'écrivains racontent ce que l'Armistice de 1918 évoque pour eux. Le livre est illustré de gravures et d'estampes empruntées notamment á Fernand Léger, Félix Vallotton, Otto Dix, Frans Masereel... — Textes d'Aurélien Bellanger, Yiǧit Bener, Pierre Bergougnioux, Alain Borer, François Cheng, Velibor Čolić, Didier Daeninckx, Marc Dugain, Marie Ferranti, Cynthia Fleury, Sylvie Germain, Roger Grenier, Durs Grünbein, Jean Hatzfeld, Stefan Hertmans, Anna Hope, Alexis Jenni, Pierre Jourde, Hédi Kaddour, Carole Martinez, Akira Mizubayashi, Anna Moï, Scholastique Mukasonga, Marie Nimier, Grégoire Polet, Jean-Christophe Rufin, Alix de Saint-André, Danièle Sallenave, Boualem Sansal, Hans-Ulrich Treichel, Philippe Videlier.

300.          Collectif. La Dernière lettre écrite par des soldats français tombés au champ d'honneur, 1914-1918.  P., Union des pères et des mères dont les fils sont morts pour la Patrie, Ligue des chefs de section et des soldats combattants, Flammarion,  1922, in-12,  283 pp, préface du Maréchal Foch, broché, couv. un peu défraîchie, bon état

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"Ces lettres ont été choisies par des pères qui pleurent un enfant mort pour la France et par d'anciens combattants réunis sous la présidence du Maréchal Foch." — "En 1922 paraît aux éditions Flammarion un recueil titré de la façon suivante : La Dernière lettre écrite par des soldats français tombés au champ d'honneur. Une centaine de lettres, derniers messages envoyés aux vivants par ceux qui vont mourir, sont ici rassemblées, avec une préface du maréchal Foch : « Le sacrifice de tous les soldats tombés pour la défense de la patrie fut d'autant plus sublime qu'il fut librement consenti. Les « Dernières lettres » montrent de façon touchante l'esprit idéal et pur dans lequel ce sacrifice a été fait ; c'est un monument de plus à la Gloire impérissable du Soldat français ». Même si l'on peut rester dubitatif devant les propos de Foch – le libre consentement à la mort – , on peut rendre hommage à l'idée de considérer ces « dernières lettres » comme des objets dignes d'attention, à l'idée d'en fabriquer un recueil – recueil où l'on entre comme dans une sorte de sanctuaire. Qu'est-ce qu'une dernière lettre ? Il s'agit d'un texte conçu dans l'imminence de la mort, où l'auteur se met en quelque sorte en règle avec le passé et l'avenir, propose un ultime autoportrait, à la fois rétrospectif (il s'agit de rappeler les liens qui l'ont constitué, de quoi son existence a été faite, et de donner un sens à sa mort) et prospectif : se penser déjà comme mort (de façon parfois très concrète, dans le souci du destin de son corps) et objet de mémoire. La lettre joue le rôle d'un passage, d'une transition entre l'état de vivant et celui de souvenir. Un lieutenant, mort en 1917, écrit ainsi : « le jour où tu liras ces mots, je ne serai plus de ce monde. [...] Voilà, ma chère maman, ce que j'avais à te dire et maintenant que je suis disparu, tombé glorieusement pour mon pays, je te demande autre chose : ne pleure pas ma mort »..." (Carine Trevisan, Revue d'Histoire littéraire de la France, 2003)

301.          DAX (André). La Volupté de tuer. Roman de l'après-guerre.  Flammarion,  1922, in-12,  285 pp, broché, bon état. Edition originale, prière d'insérer joint (il y a eu 30 ex. en grand papier). Peu courant

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Un roman où l'auteur étudie le cas singulier d'un intellectuel chez qui quatre années de guerre et la vision des horreurs dont elle s'accompagne, ont fait renaître des instincts primitifs de violence... "Michel Dupuis note sur son carnet de tranchées le désir farouche de tuer qui naît en lui."

302.          DEVERIN (Edouard). R.A.S., 1914-1919. Du Chemin des Dames au G.Q.G.  Les Etincelles,  1931, in-12,  169 pp, dessins de Richard Maguet, broché, bon état

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Souvenirs, de la retraite à l'armistice, en passant par les tranchées de l'Aisne et de la Somme par un soldat des 26e et 48e Bataillon de Chasseurs à Pieds. — "Ces notes directes et volontairement non romancées ne sont et ne veulent être qu'un choix de souvenirs et d'images, de la retraite à l'armistice, en passant par les tranchées de l'Aisne et de la Somme Par leur forme, elles ne rappellent, je crois, aucun des ouvrages de mes camarades écrivains combattants, ouvrages dont le succès fut d'ailleurs si mérité." (Préface) — "Livre mâle et vrai. L'uniforme quitté, Deverin a repris un jour son petit carnet de poche où les dates, les noms de pays et de secteurs formaient « un grimoire ». Ces signes obscurs donnant le branle à sa mémoire, il s'est mis à écrire les Feuillets que voilà. Il dit la vie quotidienne du soldat, les peines et les soucis du téléphoniste ; il rend sensible ce précieux détail et cette affreuse monotonie des jours boueux et sanglants. A la dernière page, l'expression d'une inguérissable tristesse : « Nous ne redeviendrons plus jamais les hommes d'autrefois, car nous sentons bien que, sur nos joies futures, pèseront désormais trop de souvenirs et trop de pensées »." (Orion [Eugène Marsan], “L'Action Française”) — Table : Préface - Le calendrier - Le pillage et la pagaille (Noisy-le-Sec) - Chimay et la retraite (Août 1914) - Reims (13-14 septembre 1914) - TSF - La maison des cercueils – L'Aisne (1915-1916) : Au créneau (Soupir) - Réglage de tir - 14 juillet devant la ferme Saint-Victor - Nocture - Relève à Confrécourt - Secteur calme – La Somme (juin-octobre 1916) : L'espoir de la Somme - le "105" devant Belloy - En réserve au "Chancelier" - Benoit, téléphoniste - Faune – Des abords de Saint-Quentin à Metz (1917-1918) : Le repli (mars 1917) - Benay - La ferme Lambay - Pernin dit "le petit" - Chemin des Dames - Le Communiqué (G-Q-G) - Les derniers jours de Compiègne - Metz (la farandole et les prisonniers).

303.          DUBOURG (Gabriel). Mes Guerres.  Nouvelles Editions Debresse,  1984, in-8°,  183 pp, Illustré de photos et de fac-similé de documents, broché, un peu défraîchi, état correct

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Souvenirs 1914-1919 et 1939-1942. — "L'auteur, originaire de Gascogne, a participé aux deux guerres franco-allemandes. Etudiant de première année de Droit, il est appelé en 1915. Après le peloton de Joinville, aspirant, il est affecté au 418e régiment de marche. De Lorraine à la Somme, de la Somme en Champagne, il écrit au jour le jour son carnet de route. Il y note les épisodes de ses deux guerres, en 1917, sur l'ordre de Nivelle, la meurtrière attaque du Chemin des Dames, les combats  auprès  des  Anglais  et,  l'armistice  signé,  son  affectation  comme  adjoint  du  Commissaire  du Gouvernement dans un Conseil de Guerre. Après la reprise des occupations civiles dans les Landes, l'ancien combattant reprend du service et note avec amertume les déboires de nos armées et notre défaite. Ce Journal de bord est attachant par sa spontanéité et son accent de vérité, sans vaine littérature." (Pierre Germain, Académie Nationale de Reims, 1987)

304.          DUPONT (Marcel). En campagne (1914-1915). Impressions d'un officier de légère.  Plon,  1916, in-12,  iii-321 pp, broché, couv. salie, état correct

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"L'auteur, officier de cavalerie légère, a fait campagne depuis la fin d'août ; il a rejoint son régiment au moment où l'armée française battait en retraite au delà de la Marne, au désespoir de certains qui, ayant combattu victorieusement l'ennemi, ne comprenaient point pourquoi il leur fallait reculer. Vient la bataille de la Marne et l'ivresse de la victoire. Puis c'est la guerre de tranchées : les chasseurs à cheval sont envoyés pour renforcer les lignes de l'Yser et ici encore, malgré le service inattendu qu'on commande à des cavaliers, la victoire récompense leurs efforts héroïques. L'auteur ne fait pas l'histoire de ces hauts faits d'armes ; il conte seulement la part qu'il y a prise à son rang. Ce sont les infiniment petits de la lutte géante. Mais ces récits sont si prestement menés, avec tant de sincérité et de simplicité, qu'une fois le livre commencé il faut le lire jusqu'au bout." (Ch. Bémont, Revue historique, 1915)

305.          GRAPPE (Georges). Villes meurtries de France. – Villes de l'Est.  Paris et Bruxelles, Librairie d’art et d’histoire G. Van Oest et Cie,  1920, in-12,  64 pp, 24 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Villes meurtries de Belgique et de France)

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"L'éditeur Van Oest a voulu dresser le martyrologe des villes de Belgique et de France victimes de la barbarie allemande au cours des quatre années de guerre. Il s'est adressé à des écrivains particulièrement qualifiés pour parler de ces cités, évoquer leur passé et décrire leurs monuments et œuvres d'art. (...) M. Georges Grappe a, dans un style coloré, dépeint les villes de l'Est : d'abord Verdun; puis Bar-le-Duc, Lunéville, Saint-Mihiel, Nancy, Pont-à-Mousson, Nomény, Thann, etc., avec les ravages que l'ennemi y exerça. A l'heure où l'Allemagne essaie d'échapper aux sanctions méritées par ses sauvages méthodes de guerre, on ne saurait trop recommander la lecture de ces petits livres où l'éloquence des images s'ajoute aux précisions du texte pour documenter pleinement sur les ravages accomplis dans nos provinces." (A. M., Chronique des arts et de la curiosité, 1921)

306.          GRAS (Général Yves). Castelnau ou l'art de commander, 1851-1944.  Denoël,  1990, in-8°,  466 pp, 16 pl. de photos hors texte, 5 cartes, sources et biblio, index, cartonnage pleine toile de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Castelnau a été l'un des meilleurs généraux de la Grande Guerre, tant par ses méthodes de commandement que par ses idées stratégiques, très supérieures à celles des généraux que le pouvoir politique lui a préférés. Il a joué un rôle décisif dans plusieurs circonstances très critiques, notamment en Lorraine en août 1914, où il a remporté la première victoire française de la guerre, et à Verdun en février 1916, où c'est lui, au moins autant que Pétain, qui a sauvé la situation. Il fut pendant un an le second de Joffre au G.Q.G. Mais le Gouvernement, pour des raisons politiciennes, l'écarta obstinément du commandement en chef où Gallieni, puis Lyautey, éphémères ministres de la Guerre, voulurent le porter. Il n'osa cependant jamais limoger celui que Clemenceau surnommait le Capucin botté. Castelnau, seul commandant d'armée d'août 1914 à exercer encore un grand commandement le 11 novembre 1918, est ce jour-là le seul des généraux du front qui ait fait, jeune officier de dix-neuf ans, la guerre de 1870. Après la Grande Guerre, il dirigea la Fédération nationale catholique, puissant mouvement de défense religieuse qu'il créa pour faire échec à la politique anticléricale du Cartel des gauches, et il assura, avec le cardinal Verdier, la promotion de l'Action catholique en France. Grâce à des documents inédits, le général Gras retrace la vie de ce grand chef qui a pour toile de fond près d'un siècle de notre histoire, du Second Empire à l'Etat français de Vichy. Sa biographie va bien au-delà du personnage. Elle éclaire d'un jour nouveau les événements, les problèmes politiques et stratégiques ainsi que les principaux acteurs, non seulement de la Grande Guerre, mais de toute la IIIe République.

307.          LAFON (Alexandre). La Camaraderie au front, 1914-1918.  Armand Colin, Ministère de la Défense,  2014, gr. in-8°,  541 pp, 36 illustrations et photos, sources et biblio, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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Si l'autorité militaire et le discours dominant du temps de guerre évoquent la "camaraderie" des hommes et leur solidarité patriotique face à un ennemi barbare durant la Grande Guerre, qu'en a-t-il vraiment été sur le front ? Sur le terrain, c'est en effet tout un univers relationnel complexe qui se met en place à travers une triple identité : sociale, militaire et combattante. Qui est alors réellement le camarade ? Les anciens combattants ont développé après guerre l'idée d'une "fraternité des tranchées" pour donner un sens à leur expérience collective de la guerre. Les témoignages privés de combattants, écrits ou photographiques (parmi lesquels ceux des écrivains Dorgelès, Barbusse ou Genevoix) donnent à lire, au-delà de la violence de la situation, ce que les soldats ont pu vivre, ressentir et penser de l'égalité tant promise par la République et que la guerre a mise à l'épreuve. — "La Camaraderie au front se lit comme une très riche plongée dans la guerre des tranchées, au plus près des hommes." (Le Monde des livres)

308.          LECHEVALIER (Auguste-Ernest). Précis historique de la Guerre de 1914. Cours moyen-supérieur. Par A. Lechevalier, instituteur à Cuverville-en-Caux (Seine-Inf.).  Chez les libraires classiques et chez l'Auteur,  s.d. (1919), in-12,  108 pp, 13 cartes et 26 portraits photo dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

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"... Les discours destinés et adaptés à la jeunesse sont brutaux. Ceux-ci représentent de véritables embrigadements. L'enfant participe à l'effort de guerre par l'intermédiaire de l'école. Cette dernière le met à contribution par la confection de vêtements ou de colis pour les combattants. Le discours de L’instituteur Lechevalier surenchérit ce fait : « On peut penser qu'à soutenir le courage de ces héros. On leur écrit, on leur envoie des colis contenant toutes sortes de bonnes choses (...) les jeunes enfants même savent se rendre utiles. Tout le monde travaille pour la France »." (Aymeric Brody, L'éducation patriotique au service de la Grande Guerre, 2013) — Cet ouvrage sera interdit par la Section des publications de la Propaganda-Staffel de Paris en 1940 : « En vertu des pleins pouvoirs qui m'ont été conférés par le Führer et Chef Suprême de l'Armée, je décrète ce qui suit : 1. En raison des propos offensants et injustifiés qu'ils contiennent contre le peuple allemand et son armée, les livres de classe mentionnés ci-après seront interdits dans toutes les écoles françaises du territoire occupé ; 2. Les éditions existantes desdits livres de classe seront confisquées et détruites ; 3. Cette ordonnance entrera en vigueur le jour de sa publication ; 4. Le personnel enseignant qui se servira, pour ses cours, des livres de classe interdits, sera frappé d'emprisonnement allant jusqu'à une année et d'une amende, ou bien de l'une de ces deux peines ». Cette interdiction, publiée au Journal officiel du 16 septembre 1940, frappait également trois autres ouvrages d'histoire de France à l'usage des écoles primaires... (voir Alain Choppin, Le cadre législatif et réglementaire des manuels scolaires, dans Histoire de l'éducation, n° 34, 1987)

309.          LINTIER (Paul). Avec une batterie de 75. Le Tube 1233. Souvenirs d'un chef de pièce (1915-1916). Précédé de Souvenirs sur Paul Lintier par Henri Béraud.  Plon,  s.d. (1934), in-12,  247 pp, cart. éditeur, bon état (Coll. Figures et Souvenirs)

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"P. Lintier est l'un des trois ou quatre meilleurs auteurs de livres (sur la guerre de 14)." (Norton Cru).

310.          LOUBRADOU (Paul). Le Cahier de Jean Lascar, 1914-1918.  P., Editions Victor Thomas,  1934, in-12,  299 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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Par Paul Loubradou (1883-1961), militant communiste et député. Caporal au 308e de ligne, il sera gazé. Démobilisé, son état de santé est très préoccupant. Comme beaucoup de poilus affectés par le sacrifice inutile de milliers de conscrits dans la guerre de tranchées, ses positions politiques se radicalisent à son retour du front. Militant syndical, il organise la structure du syndicat CGT à la Poudrerie nationale de Bergerac (Dordogne) où il travaille depuis son retour du feu. Un établissement où 12.000 ouvriers travaillent pour "l'effort de guerre". Une action syndicale qui le conduira à rejoindre les rangs de la SFIO locale dont il devient en 1918, le secrétaire départemental... Le livre contient le récit émouvant d'une scène de fraternisation, sur le front français, pendant ta guerre.

311.          MALO (Henri). Villes meurtries de France. – Villes de Picardie.  Paris et Bruxelles, Librairie d’art et d’histoire G. Van Oest et Cie,  1920, in-12,  97 pp, 24 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Villes meurtries de Belgique et de France)

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"L'éditeur Van Oest a voulu dresser le martyrologe des villes de Belgique et de France victimes de la barbarie allemande au cours des quatre années de guerre. Il s'est adressé à des écrivains particulièrement qualifiés pour parler de ces cités, évoquer leur passé et décrire leurs monuments et œuvres d'art. M. Henri Malo, enfant de la Picardie, familiarisé depuis longtemps avec son histoire, a tracé un tableau précis et vivant d'Amiens, de Saint-Quentin, de Péronne, de Ham, de Montdidier, d'Albert, d'Abbeville, de Boulogne-sur-Mer et de Calais avant et depuis le passage des Allemands. (...) A l'heure où l'Allemagne essaie d'échapper aux sanctions méritées par ses sauvages méthodes de guerre, on ne saurait trop recommander la lecture de ces petits livres où l'éloquence des images s'ajoute aux précisions du texte pour documenter pleinement sur les ravages accomplis dans nos provinces." (A. M., Chronique des arts et de la curiosité, 1921)

312.           [MANDIN, Louis]. Notre Passion, par l'auteur d'« Ariel esclave ».  P., Edition de la Phalange, Georges Crès & Cie,  1916, in-12,  82 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale enrichie d'un envoi a.s. Très rare

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Louis Mandin publiait dans la presse des poèmes émouvants sur la guerre. Ne trouvant aucun éditeur, il les fit imprimer à ses frais en juillet 1916, sans son nom, sous le titre : “Notre Passion, par l'auteur d'« Ariel esclave «. Il se résigna à réduire le volume, qui ne fut plus qu'une forte plaquette. Son ami Jean Royère lui prêta la marque “la Phalange”, et un éditeur, M. Crès, consentit à prendre le volume en dépôt... En 1920, une version plus complète, avec les poèmes inédits et augmentés de ceux écrits au front sera publiée à la Renaissance du Livre. — "Louis Mandin est né le 14 avril 1872 : il vient à Paris, on le rencontre dans les milieux littéraires, attentif et timide. Mais il a déjà des amis, des admirateurs. Et Valette le prendra comme secrétaire de la rédaction au “Mercure de France”. La guerre de 1914 éclate. Un écrivain, à qui il répugnait de porter les armes pour la défense de son pays, lui reproche un livre de poèmes qui exaltait les combattants. Le lendemain, Mandin, cet homme de quarante-deux ans qui a craché le sang pendant toute sa jeunesse, se présente devant le conseil de révision et sollicite un engagement dans le service armé. On le repousse. Il va trouver un de ses amis, Guy Lavaud, alors attaché parlementaire du général Galliéni ministre de la Guerre. En vain son ami le supplie-t-il de mépriser une injure trop basse pour être relevée et lui rappelle-t-il sa faiblesse physique. De guerre lasse, il intervient et obtient l'incorporation de Mandin dans le service auxiliaire, étant bien spécifié que cela n'ira pas plus loin. Mais c'était mal connaître ce caractère. Persécuté, partout où il passa, par des camarades, eux aussi auxiliaires, et qu'offensait son entêtement à combattre, il devient mitrailleur à Verdun et traverse cet enfer dans une sorte d'exaltation joyeuse, priant que la mort choisît pour une cause sainte sa fragile dépouille, écrivant aussi des vers sous les obus et les feux des mitrailleuses..." (Anthologie des écrivains morts à la guerre 1939-1945, 1960)

313.          MANDIN (Louis). L'Aurore du Soir. Notre Passion (1914-1918).  La Renaissance du Livre,  1920, in-12,  272 pp, broché, dos lég. sali, bon état, envoi a.s. (nom du destinataire proprement effacé)

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Louis Mandin publiait dans la presse des poèmes émouvants sur la guerre. Ne trouvant aucun éditeur, il les fit imprimer à ses frais en juillet 1916, sans son nom, sous le titre : “Notre Passion, par l'auteur d'« Ariel esclave «. Il se résigna à réduire le volume, qui ne fut plus qu'une forte plaquette. Son ami Jean Royère lui prêta la marque “la Phalange”, et un éditeur, M. Crès, consentit à prendre le volume en dépôt... En 1920, une version plus complète, avec les poèmes inédits et augmentés de ceux écrits au front sera publiée à la Renaissance du Livre. — "Louis Mandin est né le 14 avril 1872 : il vient à Paris, on le rencontre dans les milieux littéraires, attentif et timide. Mais il a déjà des amis, des admirateurs. Et Valette le prendra comme secrétaire de la rédaction au “Mercure de France”. La guerre de 1914 éclate. Un écrivain, à qui il répugnait de porter les armes pour la défense de son pays, lui reproche un livre de poèmes qui exaltait les combattants. Le lendemain, Mandin, cet homme de quarante-deux ans qui a craché le sang pendant toute sa jeunesse, se présente devant le conseil de révision et sollicite un engagement dans le service armé. On le repousse. Il va trouver un de ses amis, Guy Lavaud, alors attaché parlementaire du général Galliéni ministre de la Guerre. En vain son ami le supplie-t-il de mépriser une injure trop basse pour être relevée et lui rappelle-t-il sa faiblesse physique. De guerre lasse, il intervient et obtient l'incorporation de Mandin dans le service auxiliaire, étant bien spécifié que cela n'ira pas plus loin. Mais c'était mal connaître ce caractère. Persécuté, partout où il passa, par des camarades, eux aussi auxiliaires, et qu'offensait son entêtement à combattre, il devient mitrailleur à Verdun et traverse cet enfer dans une sorte d'exaltation joyeuse, priant que la mort choisît pour une cause sainte sa fragile dépouille, écrivant aussi des vers sous les obus et les feux des mitrailleuses..." (Anthologie des écrivains morts à la guerre 1939-1945, 1960)

314.          MARQUISET (Jean). Les Allemands à Laon (2 septembre 1914 - 13 octobre 1918).  Bloud et Gay,  1919, in-12,  280 pp, broché, bon état. Edition originale

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Edition originale. En avant-titre : "La Vie aux pays occupés". — "Publié en 1919, ce témoignage se présente sous la forme d’un journal tenu d’août 1914 au 13 octobre 1918, jour de la libération de Laon. Les notes sont d’abord quotidiennes puis leur régularité évolue en fonction du contexte. Jean Marquiset ne se livre pas dans son journal mais il décrit des scènes dont il a été témoin en ville, recopie des ordres allemands, et livre ses commentaires sur ces ordres : « Ceux qui ne sont pas demeurés à Laon, ne peuvent se faire une idée de l’existence qui fut la nôtre pendant ces quatre années, de nos tristesses, de nos misères et de nos angoisses. » (...) Le journal de Jean Marquiset rend assez bien compte de la manière dont les différentes phases de la guerre impriment leur marque sur Laon. L’entrée des Allemands à Laon, le 2 septembre 1914, est bien marquée par des pillages et quelques incidents mais elle se déroule dans un certain ordre et sans les violences qui ont pu être connues ailleurs. Le reflux allemand après l'offensive de la Marne est observé à partir du 14 septembre du haut des remparts, d’où les combats sur le Chemin des Dames sont visibles et attirent les spectateurs (p. 33). En janvier 1915, ce sont les canons de la bataille de Soissons qui se font entendre (p. 71) puis en septembre, la préparation d’artillerie pour les offensives en Champagne (p. 111). En juillet 1916, le « Trommelfeuer » s’abattant sur la Somme est entendu sans interruption (p. 157). Et de nouveau, la population oisive va sur les promenades pour entendre le canon (p. 158). Mais cette guerre se rapproche au moment de l’offensive du Chemin des Dames : dès février 1917, les troupes affluent en ville, des hôpitaux de campagne sont créés et les circulations sont davantage contrôlées. Début mars, Laon n’est plus qu’un « vaste casernement » (p. 193). La canonnade devient intense à partir du 25 mars (p. 199) et se transforme en un roulement ininterrompu le 12 avril (p. 203). Laon, qui a déjà été victime de bombardements aériens, est désormais touchée par les canons français : Jean Marquiset compte, du 14 au 24 avril, une salve toutes les 10 minutes dirigée vers les faubourgs et le bas de ville... La ville de Laon n’est pas seulement témoin de la guerre, elle est transformée par cette guerre. Les Allemands en font une ville de garnison stratégique puis elle devient une ville du front après le 25 octobre 1917." (Philippe Salson, CRID 14-18, 2009)

315.          MERMEIX (Gabriel Terrail, dit). Fragments d'histoire 1914-19.  P., Ollendorff,  1919-1924, 7 vol. in-12,  368, 242, 272, 296, 355, 308 et 460 pp, pièces justificatives, brochés, qqs couv. salies, dos fendu réparé au tome V, bon état général

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I. Joffre. La première crise du Commandement (novembre 1915 - décembre 1916) – II. Nivelle et Painlevé. La deuxième crise du Commandement. (décembre 1916 - mai 1917) – III. Le Commandement unique. Foch et les armées d'Occident – IV. Le Commandement unique. Sarrail et les armées d'Orient – V. Les Négociations secrètes et les quatre armistices – VI. Le combat des Trois. Notes et documents sur la Conférence de la paix – VII. Au sein des Commissions. Millerand, Briand, Galliéni, Messimy, Freycinet, Painlevé, Poincaré, Charles Humbert, Général Baquet. — "Ce volume est le tome V des « Fragments d'histoire » (1914-19..). M. Mermeix continue ses révélations, en homme qui est ou prétend être au courant de tout ce qui se passe dans les coulisses, de tout ce qu'on appelle « secrets d'État ». Quoi qu'il en soit, on lira avec intérêt son nouvel ouvrage. La première partie nous fait connaître tout le détail des principales intrigues allemandes en France et des négociations secrètes de 1917 : tentative du prince Sixte de Bourbon, propositions Lancken-Coppée à M. Briand, pourparlers Armand-Revertera. D'après les documents produits par M. Mermeix, ce comte Armand, qui servit pendant la guerre comme officier de complément au deuxième bureau de l'État-major, auquel ses chefs et le gouvernement lui-même confièrent les plus importantes missions de confiance, aurait été dès avant la guerre un agent de l'Allemagne, en rapports étroits avec l'ex-directeur de l'Éclair, Judet. La deuxième partie du livre est consacrée aux pourparlers d'armistice et contient de longs extraits des Procès-verbaux du Conseil supérieur de guerre interallié. Tels que les publie M. Mermeix, ces procès-verbaux établissent que le Conseil supérieur adopta presque sans modifications les clauses d'armistice arrêtées par Foch et que les accusations si souvent lancées contre le président Wilson à ce sujet ne reposent absolument sur rien." (Revue Historique, 1923, à propos du tome V)

316.          MIQUEL (Pierre). Le Chemin des Dames.  Perrin,  1997, in-8°,  269 pp, 3 cartes hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, état correct

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Le Chemin des Dames reste dans toutes les mémoires le drame le plus effroyable de la Première Guerre mondiale. Une offensive française, lancée le 16 avril 1917 sur l'Aisne, aboutit à la perte de plus de 100 000 hommes en quelques jours, et cela sans résultat notable. Héroïques, les unités engagées se rendirent compte que la percée promise par le général Nivelle était illusoire. Qui est responsable de ce carnage ? Une commission d'enquête fut constituée par le gouvernement. Mais les conclusions ne purent aboutir à une mise en accusation et le pouvoir ne souhaita pas poursuivre. D'ailleurs, les politiques qui avaient choisi Nivelle et l'avaient laissé faire n'étaient-ils pas également coupables ? Pierre Miquel rapporte ici l'événement dans toute sa complexité et son horreur, et se livre à une passionnante analyse des rapports entre pouvoir politique et pouvoir militaire.

317.          MONTHERLANT (Henry de). Chant funèbre pour les morts de Verdun.  Bernard Grasset,  1925, in-12,  136 pp, broché, dos uniformément passé avec pt mque en queue, papier lég.  jauni, bon état. Edition originale, achevé d'imprimer du 6 décembre 1924, un des exemplaires du service de presse, enrichi d'un envoi a.s. (nom du destinataire découpé)

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Mobilisé en 1916 dans le service auxiliaire, puis dans le service actif au 360e Régiment d’Infanterie, Henry de Montherlant (1895-1972) fut blessé et décoré. Marqué par cette expérience, il en tirera « Songe », roman autobiographique, et son « Chant funèbre pour les morts de Verdun », exaltation de l’héroïsme de la Grande Guerre. "Ceux qui vous traitent de brute casquée se méprennent du tout. Ils ne comprennent pas que ce que vous regrettez dans la guerre, c’est l’amour ; c’est le seul lieu où vous avez pu aimer puissamment les hommes." — "Le « chant funèbre pour les morts de Verdun », contient peut-être les plus belles pages qu’on ait écrites sur la guerre." (Roger Cadot)

318.          MORTANE (Jacques). Roland Garros, génie du geste et de la pensée.  Editions Baudinière,  1938, in-12,  92 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, dos recollé, état moyen. Peu courant

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Né en 1883, d'abord professeur d'histoire, Jacques Mortane, de son vrai nom Joseph Jacques Philippe Romanet, devient journaliste sportif dès 1908 et écrit notamment dans La Vie au grand air, puis il se passionne pour l'aviation naissante, devient vite l'intime des plus grands et se spécialise dans le journalisme d'aviation pendant la Première Guerre mondiale. Il publie ses articles concernant l'aviation militaire française dans de nombreux journaux, dont Le Matin, L'Illustration, Le Journal et La Revue de Paris. En novembre 1916, après avoir publié ses articles dans la revue J'ai vu, il fonde son propre hebdomadaire : La Guerre aérienne illustrée qui prendra le nom de La Vie aérienne début 1919. Confident de plusieurs As, dont Georges Guynemer, Charles Nungesser ou René Dorme, il n'en oublie pas pour autant les bombardiers et les observateurs qu'il s'efforce de sortir de l'ombre. Il a publié de nombreux ouvrages dédiés aux As de l'aviation, et a ainsi contribué à la légende qui les entoure. Décoré de la Légion d'honneur, enseignant à l'École nationale supérieure d'aéronautique, il décède en juillet 1939.

319.          NOTIN (Jean-Christophe). Foch.  Perrin,  2008, gr. in-8°,  638 pp, 8 pl. d'illustrations en noir et en couleurs hors texte, 4 cartes, notes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Louis-Marin 2009)

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Qui incarne mieux la victoire de 1918 que le maréchal Ferdinand Foch (1851-1929) ? Adulé de son vivant, il reçut des funérailles nationales dignes de celles de Victor Hugo avant de devenir, dans la conscience collective, l'égal d'une Jeanne d'Arc, d'un Turenne et même, pour certains, d'un Bonaparte. La postérité a sculpté le buste impressionnant d'un général sûr de lui, de ses théories et de son commandement, renversant le cours des batailles auxquelles il prenait part. Mais qui était le "vrai" Foch. Avec l'aide de nouvelles archives, françaises ou étrangères, l'auteur a repris l'une après l'autre chacune des étapes de la carrière du maréchal en tentant de démêler le mythe de la réalité. De ce long et passionnant travail ressort un portrait beaucoup plus balancé. C'est ainsi que les enseignements de Foch à l'Ecole de guerre apparaissent avoir programmé les revers de 1914 plus que prévu la victoire de 1918. Sa conduite de la bataille, ses échecs durant les trois premières années et le limogeage qui s'ensuivit prennent une autre résonance, tout comme son retour en grâce et sa nomination au commandement suprême en 1918. Mais isoler ses erreurs permet aussi de mettre en relief sa formidable contribution. Fédérateur, clairvoyant et inspirant, Foch, à lui seul, a semblé porter quatre ans durant l'espoir inextinguible de la victoire. Jean-Christophe Notin analyse également de manière inédite et approfondie l'influence exercée par le maréchal, pendant mais aussi après la conférence de la Paix. La statue de Foch en sort rénovée et se pare enfin de couleurs qui lui rendent sa vraie et grande valeur.

320.          PRÉVOST (Marcel). D'un poste de commandement (P.C. du 21e C.A.), Bataille de l'Ailette (23 octobre - 2 novembre 1917).  Flammarion,  1918, in-12,  247 pp, une carte sur double page hors texte, en appendice “La Bataille de l'Ailette vue par les Allemands”, broché, bon état

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Officier supérieur de réserve dans l'artillerie, Marcel Prévost (1862-1941) est remobilisé pour la Grande Guerre. En mai 1917 l'état-major de l'armée française organise enfin un « service des informations militaires » pour rendre compte des opérations militaires en complément au « communiqué ». Basé au château d'Offémont à Tracy-le-Mont dans l'Oise, ce service dirigé par le lieutenant-colonel Marcel Prévost est composé de journalistes accrédités, portant un uniforme d'officier de l'armée française assorti d'un brassard vert. Le plus célèbre correspondant de guerre de ce service est Albert Londres. En octobre 1917, Marcel Prévost est envoyé auprès du 21e Corps du général Degoutte pour assister à la victoire de la Malmaison dont il fera le récit dans “D'un poste de commandement – bataille de l'Ailette”. — "Marcel Prévost a été admis à séjourner dans un P.C. de C.A. pendant les jours qui ont précédé la bataille de l’Ailette et pendant la bataille elle-même. Il rapporte ce qu’il a vu, avec une simplicité parfaite, sans recherche de l’effet, sans développement de littérature, et plutôt avec une netteté, je dirais presque une sécheresse voulue. C’est le récit de la bataille vue d’un côté d’où on n’a pas coutume de nous la montrer. De là son originalité." (René Doumic, Revue des Deux Mondes, 1918)

321.          RAUZIER (Ives). Un trimestre au front en 1918. Correspondance de Paul Fischer.  Ives Rauzier,  2020, in-8°,  130 pp, introduction de Ives Rauzier, 42 illustrations dans le texte (photos, cartes postales anciennes et fac similés), broché, couv. illustrée, bon état

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