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Frédéric Blayo

         

 

Catalogue 394 – Mai 2020

 

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

TEMPS MODERNES

RÉVOLUTION

1er EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE (de 1914 à nos jours)

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

RÉGIONALISME

PARIS

 

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  ALLEN (Barbara). Destin, transmission et autonomie : le devenir du projet kibboutzique. S.l.n.n., 1997, 2 vol. in-4°, 410-(6) pp, qqs illustrations, lexique, biblio, annexes, brochés, qqs rares annotations crayon d'un des membres du jury de thèse, bon état. Thèse de doctorat en sociologie sous la direction de Eugène Enriquez soutenue en 1997 à l'Université Paris VII - Jussieu-Diderot

            60

Cette thèse vise à éclairer les relations entre l'autonomie et la transmission entre trois générations. Celles-ci sont analysées en regard du rapport à la société kibboutzique et à l'origine et au devenir du projet social dont elle procède. La transmission entre les générations est inscrite dans le cadre plus large d'une généalogie, qui procède et est constitutive d'une antériorité, celle du judaïsme. Le projet social porté par les fondateurs a été perdu en regard du sens dont il était porteur mais est apparu omniprésent comme héritage lourd à porter par la seconde génération qui ne pouvait ni s'y opposer, ni le transformer, ni élaborer un projet qui ait un sens pour elle. Or ce projet relevait d'un processus critique, d'une visée de transformation radicale de la société. Comment dès lors avait-il pu produire un univers plutot hétéronome ? l'exploration du contenu et des modalités de la transmission de la première vers la seconde génération orientée par une visée de compréhension du devenir du projet kibboutzique et resituée par rapport à une analyse de la philosophie religieuse du judaïsme nous a conduite à interroger l'opposition habituelle entre continuité et discontinuité, entre hétéronomie et autonomie. Ainsi, il ne pourrait y avoir d'autonomie dans le rejet de l'hétéronomie. Si l'autonomie ne procède pas au travers de la relation entre un soi constitué et un sujet collectif d'une élaboration de l'hétéronomie alors ce qui apparaissait comme de l'autonomie se retournerait en une hétéronomie radicale. C'est par le jeu de confrontation entre des univers hétéronomes ou vécus comme tels que l'autonomie pourrait se construire. La multiplicité des supports induirait de la différence permettant le débat, le conflit, l'élaboration et la transformation d'ou l'importance accordée au passé et a son statut. Sa capacité à proposer des médiations et un support d'étayage de la construction d'un rapport à l'avenir et donc une ouverture possible vers l'autonomie est apparue centrale.

2.                  BAINVILLE (Jacques). Histoire de France. Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1941, 2 vol. in-8°, 307 et 282 pp, 42 pl. de gravures hors texte, reliures demi-basane havane, dos à 5 doubles-nerfs filetés et soulignés à froid (les filets se prolongeant sur les plats en fleurons à froid), titres et tomaison dorés, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), dos uniformément passés, bon état (Coll. Les Maîtres de l'Histoire)

            60

Quand il était au collège, Jacques Bainville n'aimait pas l'histoire. Que discerner dans ce tissu de drames sans suite, cette mêlée, ce chaos ? Lui voulait savoir "pourquoi les peuples faisaient des guerres et des révolutions, pourquoi les hommes se battaient, se tuaient, se réconciliaient". Déjà célèbre pour son intelligence des relations internationales, il se plongea deux ans dans l'écriture d'une Histoire de France qui paraîtrait en 1924 et serait un immense succès de librairie. Ce grand ouvrage embrasse d'un seul regard, où l'élégance du style le dispute à la hauteur de l'analyse, le destin de la nation française de la Gaule romaine au premier après-guerre. Livre de chevet d'une génération, il est de ceux où l'intelligence, au-delà des partis pris politiques, vient sans cesse éclairer "l'inerte matière historique". — "Ce livre a fait du bruit, a été beaucoup lu et l'est encore, non sans raison ; il ne prétend pas être d'érudition, ni bien original ; il se contente de développer cette idée que personne aujourd'hui ne conteste : c'est la monarchie française, ce sont les rois, et surtout les Capétiens, qui ont construit la France dans un travail lent et patient de plus de dix siècles. L'auteur groupe en vingt-deux tableaux les grandes époques de l'histoire de France, depuis la conquête par les Romains, jusqu'à la dernière guerre et ses suites. Après avoir résumé dix siècles en trois chapitres, dans lesquels tout d'abord il montre comment les Carolingiens et les héritiers de Clovis jetèrent les bases ethniques, territoriales et sociales sur lesquelles travaillèrent les vrais fondateurs, les Capétiens, il aborde ceux-ci, raconte dans trois autres chapitres leurs premiers efforts et leurs luttes pour se soustraire au chaos féodal. Enfin, il pénètre au cœur de son programme avec Louis XI, et expose en détail les résultats de ce règne et des suivants, qui aboutissent à organiser de toute pièce la monarchie, c'est-à-dire la nation française. On peut dire qu'avec Louis XIV, et surtout à partir de Louis XV, c'est la Nation qui se forme, pendant que la royauté, surmenée par le grand roi, penche sur son déclin. Nous avons donc dans les dix derniers chapitres la partie vraiment neuve, vivante et instructive de l'ouvrage. (...) Le rôle néfaste des philosophes, l'opposition étroite et obstinée des parlements, la maladresse des ministres qui les rappelèrent, y compris Turgot, l'incapacité de Necker et autres fauteurs de cette Révolution sont suffisamment mis en lumière. L'auteur ne méconnaît ni Napoléon Ier, ni les Bourbons, ni Louis- Philippe, et il souligne leurs fautes comme leurs mérites ; il rend justice à Napoléon III et à la troisième république..." (P. Richard, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1925)

3.                  BÉLIDOR (Bernard Forest de). Dictionnaire portatif de l'ingénieur, où l'on explique les principaux termes des Sciences les plus nécessaires à un ingénieur. P., Charles-Antoine Jombert, 1755, in-12, ix-(3)-339-(1) pp, approbation, privilège du Roi, reliure plein veau raciné, dos à 5 nerfs guillochés et caissons dorés ornés, tranches rouges (rel. de l'époque), coiffes arasées, bon état. Edition originale

            300

Bélidor devient professeur d'artillerie à l'école de La Fère (Aisne) dès la création de cet établissement (1720) et inspecteur général des mineurs de France. En 1722, il entre comme élève à l'Académie des sciences, où il devient plus tard associé libre en 1756. Il publie en 1725 son Nouveau cours de mathématique à l'usage de l'Artillerie et du Génie, où apparaît pour la première fois le mot « sinusoïde ». Ce cours est traduit en allemand en 1745. Il sera bientôt employé dans toutes les écoles d'artillerie et servira de référence à l'École nationale des ponts et chaussées. En 1729 il fait paraître La Science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile, premier ouvrage de synthèse dans ce domaine, où sont abordés tant le tracé des ouvrages que leur résistance, ainsi que l'aménagement urbain des places. Cette dernière partie sera littéralement copiée par Louis de Jaucourt dans l'Encyclopédie. L'ouvrage est traduit en allemand et publié à Vienne en 1757. Sur la question des soutènements, Bélidor tâche d'expliciter les fondements du règlement de Vauban sur les fortifications, en prenant en considération le talus naturel des terres. Dans son éloge à l'Académie des sciences, il est dit que « Jamais ouvrage n'a mieux mérité ce titre : il contient en effet tous les principes nécessaires pour mettre tous les Ingénieurs en état d'appliquer à la pratique toutes les connoissances mathématiques que la lecture du premier ouvrage a pu leur donner. » Il publie en 1731 un traité de balistique, Le Bombardier français, suivi en 1737 de son ouvrage majeur, L'Architecture hydraulique, où le calcul intégral est utilisé pour la première fois dans la résolution de problèmes techniques. Ce sera là l'ensemble, la somme et la synthèse des connaissances de même que le fourniment enseignés et mis à disposition des ingénieurs jusqu'à la fin du siècle et l'ouvrage de référence des élèves de l'École des ponts et chaussées. Bélidor a également accompagné Giovanni Domenico Cassini et Philippe de La Hire dans leur expédition pour mesurer la méridienne de Paris dans les années 1710.

4.                  BENOIST (Alain de). Contre le libéralisme. La société n'est pas un marché. Editions du Rocher, 2019, in-8°, 343 pp, notes bibliographiques, broché, bon état, envoi a.s. à un académicien qui a souligné qqs lignes au feutre noir sur une quinzaine de pages

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Une société libérale est une société où dominent la primauté de l'individu isolé, l'idéologie du progrès, l'idéologie des droits de l'homme, l'obsession de la croissance, la place disproportionnée des valeurs marchandes, l'assujettissement de l'imaginaire symbolique à l'axiomatique de l'intérêt. Le libéralisme a acquis en outre une portée mondiale depuis que la mondialisation a institué le capital en tant que réel sujet historique de la modernité. Il est à l'origine de cette mondialisation, qui n'est jamais que la transformation de la planète en un immense marché. Il inspire ce qu'on appelle aujourd'hui la "pensée unique" libérale-libertaire. Et bien entendu, comme toute idéologie dominante, il est aussi l'idéologie de la classe dominante. Le libéralisme est une doctrine philosophique, économique et politique, et c'est comme tel qu'il doit être étudié et jugé. Le vieux clivage droite-gauche est à cet égard de peu d'utilité, puisque la gauche morale, oubliant le socialisme, s'est ralliée à la société de marché, tandis qu'une certaine droite conservatrice ne parvient toujours pas à comprendre que le capitalisme libéral détruit systématiquement tout ce qu'elle veut conserver. Ce livre se propose d'aller à l'essentiel, au coeur de l'idéologie libérale, à partir d'une analyse critique de ses fondements, c'est-à-dire d'une anthropologie essentiellement fondée sur l'individualisme et sur l'économisme – celle de l'Homo oeconomicus.

5.                  BENTLEY (Richard). L'érotisme dans l'art occidental. Editions du Chêne, 1985, in-4°, 176 pp, 170 illustrations en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, biblio, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Toutes les civilisations se sont intéressées à la représentation de la vie sexuelle. A travers les siècles, les images érotiques symbolisent les aspirations des sociétés ry mettent en valeur leur idéal esthétique. Richard Bentley retrace dans cet ouvrage l'histoire de l'art érotique à travers les âges, de l'érotisme explicite des céramiques grecques à l'évocation contemporaine de la nudité et des plaisirs. Tout concourt à faire apprécier, par un choix habile d'illustrations, un sujet qui n'a pas toujours bénéficié de l'attention qu'il mérite.

6.                  BRAUDEL (Fernand). L'Identité de la France. Tome I : Espace et Histoire. Tome II et III : Les hommes et les choses. Arthaud-Flammarion, 1986, 3 vol. in-8°, 368, 222 et 477 pp, 48 pl. en couleurs hors texte, 115 cartes et graphiques, biblio, index, brochés, jaquettes illustrées, bon état. Edition originale (achevés d'imprimer des 11 mars, 5 novembre et 19 novembre 1986)

            60

Au soir de sa vie, le grand historien nous livre avec rigueur et passion les clefs de l'histoire de France : il en observe, fasciné, l'extrême diversité ; analyse les mouvements profonds et silencieux qui traversent l'espace ; situe les enjeux de son milieu géographique et de sa position européenne ; révèle les poids énormes des origines lointaines, des techniques et des traditions qui ont modelé son paysage. Les deux volumes formant le second volet de “L'Identité de la France” – Les hommes et les choses – s'organisent autour de deux thèmes, étudiés dans la longue durée : la démographie et l'économie. Le premier volume, en décrivant l'évolution du nombre des hommes, fait apparaître une série de France successives, différentes et semblables, heureuses ou tourmentées, au gré des fluctuations qui ont, au fil des siècles, agité les masses vivantes de notre histoire. Cette relecture systématique du passé de la France est menée de la Préhistoire jusqu'à nos jours. Avancées et reculs, essors et rechutes se sont succédés de la Gaule celtique au milieu du XIVe siècle, jusqu'au cataclysme démographique de la Peste noire et de la guerre de Cent Ans qui, de 1350 à 1450 environ, fit disparaître la moitié ou plus de la population. Jamais plus, malgré les famines – fréquentes encore jusqu'au XVIIIe siècle –, malgré les guerres, la France ne connaîtra de catastrophe comparable. Une ère démographique nouvelle assure désormais une montée de la population, plus ou moins hâtive, plus ou moins régulière, mais ininterrompue depuis cinq siècles. Les problèmes de la France d'aujourd'hui ont d'autres noms : la dénatalité, générale en Europe mais amorcée chez nous beaucoup plus tôt que chez nos voisins – une originalité à expliquer –, et l'immigration, problème brûlant. Le second volume s'intéresse à la longue primauté de l' « économie paysanne » en France – forme d'économie globale où la vie rurale est encore dominante par rapport à d'autres activités, industrielles et commerciales. Tous les pays d'Europe ont vécu, des siècles durant, en « économie paysanne » et tous s'en sont dégagés plus ou moins vite. La France plus lentement que quelques autres. Cette économie de la France d'hier est d'abord présentée dans son infrastructure : la vie rurale elle-même, avec son poids démographique, les rythmes que lui impose la nature, la lente évolution de ses techniques, le rôle des nouvelles cultures importées du Nouveau Monde, la place respective de l'élevage, de la vigne, des céréales, de la forêt... Le second chapitre est consacré aux superstructures, plus sujettes au changement et aux ruptures, et montre comment les villes, l'avènement de la grande industrie, le commerce, les progrès des moyens de transport, le développement du crédit et du capitalisme modernes ont été les instruments d'une déformation progressive de l'économie paysanne. Jusqu'à l'irruption d'une autre économie, et à l'émergence d'une autre France à travers les turbulences, les changements et les violences de la contemporanéité.

7.                  BRUNSCHWIG (Henri). La Colonisation française, du pacte colonial à l'Union française. Calmann-Lévy, 1949, in-12, 299 pp, 7 cartes, index, broché, bon état (Coll. Liberté de l'esprit). Edition originale, ex.du SP, prière d'insérer conservé

            30

"En 1949, Henri Brunschwig fait paraître “La Colonisation française” ; déjà, s'y manifeste ce qui fut sa préoccupation majeure, la validité de l'assimilation, et une interrogation sur les choix à faire. « L'avenir de l'Union française dépend essentiellement de la politique culturelle de la métropole », concluait cet humaniste lucide ; l'homme n'a pas seulement besoin de pain : « C'est notre culture que les indigènes réclamaient, qu'ils accepteraient pour la plupart encore, qu'ils repousseront peut-être bientôt. Ils deviendront sûrement tôt ou tard politiquement indépendants. Ils le deviendront par nous ou contre nous »." (Marc Michel, Revue française d'histoire d'Outre-mer, 1990) — "C'est une belle réussite que d'avoir fait tenir en trois cents pages une histoire à peu près complète de l'expansion coloniale française — réussite que permet un heureux artifice de composition : l'auteur traite chaque pays séparément et à propos de chacun d'eux expose la doctrine qui s'est éprouvée et mûrie dans cette expérience particulière : la Tunisie et le protectorat, l'Afrique noire et l'assimilation, Madagascar et le despotisme éclairé... Excellentes en outre sont les notations sur la politique des militaires ou la naissance de l'anticléricalisme. Ajoutons que ce livre est « écrit », que l'érudition y nourrit à la fois l'histoire et l'anecdote : il est essentiel à tous ceux qui s'intéressent à l'Union française, pourvu qu'ils aient par ailleurs une connaissance suffisante de l'histoire qui leur permette de prendre une perspective synthétique. L'information de l'auteur paraît moins sûre pour les événements récents, mais ses conclusions sont sensiblement proches des nôtres. On aimerait cependant le voir expliquer plus nettement ses raisons de croire à une évolution nécessaire de l'Afrique noire française vers l'assimilation." (Revue Esprit, juillet 1949

8.                  CAPOGRASSI (Giuseppe). Incertitudes sur l'individu. Editions de la revue Conférence, 2013, gr. in-8°, 317 pp, traduit de l'italien par Christophe Carraud, préface par Aniello Montano, reliure pleine toile éditeur, jaquette, une petite soulignure au feutre sur une page, bon état

            20

"La Maison éditrice a recueilli dans ce volume les cinq essais qui ont mis en leur temps sur le devant de la scène la figure pudique de Giuseppe Capograssi. Ce sont les six essais [sic] inspirés par l’incertitude que déterminent les immenses tragédies vécues après la Première Guerre et culminant dans l’authentique catastrophe de la Seconde. Incertitude de tout, objectivement, donc incertitude sur l’individu qui devient subjectivement incertitude de l’individu. Un des essais les plus fameux prend précisément le titre d’Incertitudes sur l’individu, et il a été opportunément choisi comme titre de l’ensemble du recueil." (Salvatore Satta) — "On peut dire que le philosophe est celui qui a le devoir solitaire et singulier de recueillir les leçons secrètes de la vie et de les exprimer ; comprendre quelqu'un, c'est toujours chercher à en ressentir et à en éprouver à nouveau les exigences, les questions, les crises : en somme, ce pour quoi il a souffert" : telle est, chez Giuseppe Capograssi, la méthode de l'attention au monde concret des individus. “Incertitudes sur l'individu” montre cette méthode à l'oeuvre, et fait mesurer la puissance de pénétration de la pensée du philosophe dans tout l'entrelacs économique, social, juridique, métaphysique, de la réalité contemporaine. Y sont repris cinq textes décisifs de l'auteur, écrits dans la dernière partie de sa vie, de 1940 à 1955. Chacun d'eux poursuit la description de la dimension d'expérience des ordres divers par lesquels la vie se saisit elle-même (activité pratique, droit, économie, jugement...) : et cependant ces ordres en réalité n'en forment qu'un, par quoi l'individu se saisit lui-même comme vivant dans la vie concrète et poursuivant des valeurs que cette vie concrète riche d'incarner et risque de trahir. C'est à la description et à l'interprétation des modalités contemporaines de l'exister de l'individu – modalités complexes, ambiguës et souvent inquiétantes, du travail au divertissement, de la guerre à la frivolité, de l'Etat à l'action économique, de la monnaie au contrat, des fins privées à l'Histoire... – que sont donc invités les lecteurs de ces “Incertitudes”.

9.                  CARRETEIRO (Teresa Cristina Othenio Cordeiro). La souffrance comme projet de vie : recherche comparative en milieu défavorisé au Brésil et en France. S.l.n.n., 1991, in-4°, 410-(6) pp, texte dactylographié, biblio, broché, bon état. Thèse de doctorat en psychologie sous la direction de Max Pagès soutenue en 1991 à l'Université de Université Paris Diderot - Paris VII

            40

Cette thèse a pour objet d'étudier la manière dont les individus, issus de couches défavorisées en France et au Brésil, expriment leur souffrance psychique et se mettent à occuper une place d'assistés sociaux. Trois aspects sont examinés : 1) les individus ont tendance à utiliser leur corps pour exprimer leur subjectivité et ressentent de la difficulté à formuler des projets novateurs. Les récits recueillis mettent en lumière cette situation. 2) l'espace d'habitation apparaît comme un condensé des différents manques qu'endurent les individus. Il rend visible leur exclusion sociale. 3) les institutions de protection sociale, en admettant les sujets comme des malades devant être pris en charge, les reconnaissent comme des "citoyens diminués". Pour les personnes assistées, la souffrance est le seul capital dont elles disposent. La souffrance, devenue maladie, se transforme, pour elles, en projet de vie. La maladie permet aux sujets de combler les failles identificatoires pouvant exister entre leur position de fils, dans le système généalogique, et leur position de citoyen, dans le système social.

10.              CHEVALIER (Jean), Alain GHEERBRANT. Dictionnaire des symboles. Mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres. Laffont, Jupiter, 2004, in-4°, xxxii-1060 pp, édition revue et augmentée, qqs illustrations dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bouquins)

            20

"C'est trop peu de dire que nous vivons dans un monde de symboles, un monde de symboles vit en nous. De la psychanalyse à l'anthropologie, de la critique d'art à la publicité et à la propagande idéologique ou politique, sciences, arts et techniques essaient de plus en plus aujourd'hui de décrypter ce langage des symboles, tant pour élargir le champ de la connaissance et approfondir la communication que pour apprivoiser une énergie d'un genre particulier, sous-jacente à nos actes, à nos réflexes, à nos attirances et répulsions, dont nous commençons à peine à deviner la formidable puissance. Des années de réflexions et d'études comparatives sur un corpus d'informations rassemblées par une équipe de chercheurs, à travers des aires culturelles recouvrant la durée de l'histoire et l'étendue du peuplement humain, les auteurs ont tenté de donner à voir le cours profond du langage symbolique, tel qu'il se ramifie dans les strates cachées de notre mémoire. Chacun sentira bien l'importance de ce Dictionnaire. Plus de mille six cents articles, reliés par des comparaisons et des renvois, souvent restructurés à la suite d'une longue maturation, permettent de mieux approcher la nudité du symbole, que la raison dans sa seule mouvance ne parviendrait pas à saisir. Cette somme unique ouvre les portes de l'imaginaire, invite le lecteur à méditer sur les symboles, comme Bachelard invitait à rêver sur les rêves, afin d'y découvrir la saveur et le sens d'une réalité vivante." (Guy Schoeller)

11.              CLERGEOT (Bernard) . Tabac et sociétés. I. La Plante sacrée. II. L’Herbe de tous les maux. Bergerac, Musée du Tabac d’intérêt national, 1986-1991, 2 vol. gr. in-8°, 87 et 91 pp, 24 + 35 gravures et photos, la plupart en couleurs et à pleine page, biblio, brochés, couv. illustrées, bon état. Manque la carte volante des modes de consommation du tabac en Amérique du Nord annoncée au 1er volume

            35

Catalogues raisonnés des collections du Musée d'Intérêt National du Tabac de Bergerac.

12.              COLOMBEY (Emile). Ruelles, salons et cabarets. Histoire anecdotique de la littérature française. P., Adolphe Delahays, 1858, in-12, 352 pp, reliure demi-veau glacé fauve, dos à 5 nerfs soulignés à froid et orné de fleurons dorés, pièces d'auteur et de titre basane havane et noire (rel. de l'époque), bon état. Edition originale. Bon exemplaire finement relié

            60

L'histoire des cercles littéraires du dix-septième siècle, avec de nombreuses anecdotes. chez Conrart – un caprice de l'abbé de Bois-Robert, l'hôtel Rambouillet, les poètes de cabaret, l'Académie de la vicomtesse d'Auchy, Richelieu et ses collaborateurs, les Mercuriales de Ménage, le Samedi de mademoiselle de Scudéry, l'hôtel de la rue des Tournelles, de Scarron à Gui-Patin, les joueurs de quilles, le cabaret de maître Le Faucheur.

13.              COQUERELLE (Simone et Paul) et L. GENET. La Révolution française et les débuts de l'Epoque contemporaine (1789-1848). Hatier, 1970, gr. in-8°, 448 pp, très nombreuses illustrations (quelques-unes en couleurs) et cartes, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Collection d'Histoire Hatier, programme 1957, classe de Seconde)

            20

14.              COURTOIS (Stéphane) (dir). Dictionnaire du communisme. Larousse, 2007, in-8°, 640 pp, 16 pl. d'illustrations et de cartes en noir et en couleurs hors texte (3 cartes en couleurs), biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Disparu, le communisme ? L'idée est aujourd'hui communément admise. C'est oublier un peu vite que plus d'un milliard de Chinois vivent encore sous ce régime, que persiste dans certains pays de l'Europe de l'Est, parmi des couches importantes de la population, une nostalgie de la "démocratie populaire" et que se développe, dans les pays occidentaux, un néocommunisme qui tente une nouvelle mue à travers l'altermondialisme. Dix ans après la parution très remarquée et mondialement débattue du Livre noir du communisme, ce dictionnaire analyse en détail l'évolution et le fonctionnement d'un des grands systèmes totalitaires du XXe siècle. Grâce à de nouvelles découvertes dans les archives de l'ex-bloc soviétique, l'équipe d'historiens qui y a participé nous permet de comprendre comment l'idée communiste a pu avoir une telle emprise en URSS, en Chine, mais aussi en Occident et dans le monde entier. Et de mieux cerner comment elle demeure encore aujourd'hui vivace malgré la mise au jour de la nature véritable du système. — 10 ans après la parution très remarquée et débattue du “Livre noir du communisme”, le “Dictionnaire du communisme” revient sur la question de l’un des deux plus grands systèmes totalitaires du XXe siècle, en s’appuyant sur le dernier état de la recherche et de nouvelles archives. Un ouvrage organisé en trois parties : – 6 grandes questions sur l’idée même du communisme : Le marxisme mène-t-il inéluctablement au totalitarisme ? Le communisme opium du peuple ? Le communisme est-il mort ? ... – Les temps forts : de la réflexion sur les origines du communisme à l’effondrement du système en 1989. – Le dictionnaire proprement dit : plus de 150 entrées consacrées aux grandes personnalités (Marx, Lénine, Trotski, Mao, Castro etc.), aux organisations (PCUS, PCF, Kominform, police politique), aux événements (Grand bond en avant, Grande terreur, Coup de Prague, Pacte germano-soviétique) et surtout à de grands dossiers consacrés à l’économie, à la société, à la vie culturelle mais aussi à toute la face obscure du communisme (Laogai, Goulag, Khmers rouges,etc.), et l’actualité du communisme (néo-communisme, anticapitalisme...).

15.              DUBOIS (Marcel) et J.-G. KERGOMARD. Géographie économique. Quatrième édition par J.-G. Kergomard. P., Masson et Cie, éditeurs, 1934, gr. in-8°, ix-962 pp, 4e édition, reliure demi-basane olive à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

            50

"Depuis 1914, la troisième édition de cet ouvrage classique était épuisée. C'est en réalité une refonte complète que nous apporte cette quatrième édition, mise au courant de tous les faits d'ordre économique et politique survenus au cours des vingt dernières années. Le plan général de l'ouvrage est toutefois resté le même : chaque chapitre étudie un pays déterminé, en expose les conditions physiques et humaines et dresse un tableau complet de sa vie économique. Afin de permettre les comparaisons de pays à pays, tous les chiffres ont été réduits en mesures métriques, et les évaluations monétaires transposées en francs français de 1928. L'ensemble forme un instrument d'études très précieux et un livre de références indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à l'économie descriptive." (Gaëtan Pirou, Revue d'économie politique, 1935) — "Bien qu'il ne s'adresse pas spécialement aux historiens, cet ouvrage peut cependant leur rendre de grands services. Les notices de géographie humaine contiennent de nombreux renseignements de caractère général. L'ensemble constitue un répertoire précieux, auquel sa récente mise a jour donne une valeur nouvelle. Les historiens économistes y trouveront quantité de points de repère et de comparaison, dont la division très claire de l'ouvrage rend la recherche facile." (Revue d'histoire moderne, 1935)

16.              DUCLERT (Vincent), Rémi FABRE et Patrick FRIDENSON  (dir). Avenirs et avant-gardes en France, XIXe-XXe siècles. Hommage à Madeleine Rebérioux. La Découverte, 1999, gr. in-8°, 438 pp, biblio des travaux de M. Rebérioux, index, broché, bon état (Coll. Textes à l'appui)

            30

"Au reste, qu'est-ce que l'histoire si elle ne pose pas à toute la trajectoire temporelle les questions du présent", écrit Madeleine Rebérioux en 1996 dans la Revue des revues (IMEC), reconnaissant ainsi les multiples liens qui rapprochent le passé, de l'avenir. Ces questions, l'historienne du socialisme, l'historienne de la citoyenneté, l'historienne de Jaurès, n'a cessé, de les poser à ce passé proche et lointain que constituent les XIXe et XXe siècles français. Pour mieux les révéler, elle a choisi de privilégier l'étude des personnes, des groupes, des idées ou des pratiques qui exprimaient toute la tension de l'humanité pour construire un monde meilleur, plus juste, plus égalitaire, plus riche de pensées, de sentiments, de cultures, d'images et d'imaginaires. Formée d'articles, de préfaces et d'interventions, l'œuvre de Madeleine Rebérioux ne cesse ainsi de susciter des vocations, des prolongements, des débats. Dans cet esprit d'ouverture de champs nouveaux de l'histoire et d'attention particulière pour celles et ceux qui ont voulu frayer des chemins nouveaux à l'humanité, des élèves et des collègues de Madeleine Rebérioux ont choisi d'écrire ce livre en son hommage, qui est aussi et d'abord un hommage à l'histoire contemporaine. Ce choix de l'histoire est du reste la meilleure façon d'honorer une historienne du contemporain, engagée dans la politique parce que la politique est une autre manière de faire de l'histoire. Autour des pensées d'avenirs et des choix d'avant-garde, la diversité des contributions de cet ouvrage reflète les multiples influences d'une histoire sociale, intellectuelle et culturelle en constant renouvellement, retrouvant une dimension politique qu'elle n'a jamais quittée.

17.              FAURE (Elie). Histoire de l'Art. I. L'Art antique. II. L'Art médiéval. III. L'Art renaissant. IV. L'Art moderne. Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1947-1948, 4 vol. in-8°, 189, 241, 215 et 340 pp, 4 frontispices et 341 illustrations reproduites en héliogravures sur des planches hors texte, index, brochés, couv. illustrées, dos passés et lég. jaunis, bon état

            60

Vaste fresque qui va de la préhistoire au début du XXe siècle, cette célèbre Histoire de l'Art est issue des cours à l'Université populaire qu'Elie Faure donnait à Paris, ce projet, commencé en 1909, et repris plusieurs fois à chaque réédition avec des ajouts et des compléments, se présente comme une synthèse majeure de tous les arts des différentes civilisations. Cet ensemble symphonique s'impose par la hauteur de ses vues, l'immensité de son savoir et la profondeur de ses analyses. Elie Faure ne connaît nulle limite ni dans le temps ni dans l'espace. Tout ce qui relève de l'esprit créateur de l'homme le passionne. Le récit se décompose en quatre parties : L'Art antique, L'Art médiéval, L'Art renaissant et L'Art moderne. Si les grandes disciplines telles l'architecture, la sculpture et la peinture sont largement mises à l'honneur, Elie Faure s'intéresse aussi à d'autres formes d'art qui relèvent du quotidien ou de la cérémonie. Dans un style profondément lyrique, il compose de vastes tableaux qui frappent les imaginations et se font écho par un jeu de correspondances. Celui qu'Henry Miller qualifiait de « magicien » rend un vibrant hommage à l'art et, à travers lui, à la vie. — "Oeuvre majeure d'Elie Faure, a écrit Dominique Dupuis-Labbé, l'Histoire de l'Art est un poème lyrique autant qu'un traité d'esthétique, un roman de l'humanité créatrice depuis les origines jusqu'aux années vingt et trente, et une méditation autant qu'une exploration passionnée, et n'a rien à voir avec ce qu'il appelait « un catalogue sec des oeuvres plastiques des hommes »." — 345 illustrations reproduisent les oeuvres les plus représentatives de chaque époque et de chaque civilisation.

18.              FAURE (Elie). Histoire de l'Art. L'Esprit des formes. Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1949, in-8°, 308 pp, un frontispice et 124 illustrations reproduites en héliogravures sur des planches hors texte, index, broché, couv. illustrée, dos lég. jauni, bon état

            25

Qu'on suive (...) la marche parallèle des statues grecque et française, là des Orantes de l'Acropole aux athlètes de Lysippe et au mausolée de Scopas, ici des vierges et des saints des porches de Chartres à ceux des porches de Bourges en passant là par les frontons du Parthénon et d'Olympie, ici par les rois d'Amiens et les prophètes de Reims. Ou, si l'on préfère puiser au hasard dans le répertoire des formes, sans s'inquiéter des écoles et des techniques, des dates, du prétexte mythique, du caractère local, qu'on compare telle terre cuite grecque trouvée dans les tombes de Tanagra à telle terre cuite chinoise trouvée dans les tombes des Tang, tel bas-relief de Moissac ou d'Arles à tel bas-relief d'Angkor-Vat, tel rinceau d'une église d'Ile-de-France à tel rinceau d'une stupa de l'Inde, telle peinture japonaise du XVe siècle à telle peinture siennoise, et les fresques des chasseurs de rennes aux fresques des Boshimens. On y retrouvera de ces parentés émouvantes qui évoquent l'identité des origines, et font comprendre que des haches de silex ou des ossements humains ne se puissent qu'à peine distinguer les uns des autres, qu'on les découvre sous les alluvions du Missouri ou du Niger ou roulant parmi les galets d'une rivière de France ou d'un torrent de l'Alaska. Il est dès lors naturel que l'intelligence, après avoir, par la grâce des archéologues, classé rigoureusement les formes figurées qui l'expriment en tous lieux et depuis toujours, tende à retrouver sous leurs divergences une sorte d'unité de plan (...).

19.              FRANCOIS (Michel) (dir). La France et les Français. Gallimard, 1972, fort in-12, xiii-1675 pp, 49 illustrations et 14 cartes dans le texte, biblio, 2 index, reliure plein cuir doré à l'or fin de l'éditeur, demi-jaquettes papier, rhodoïd, étui carton, bon état (Coll. Encyclopédie de la Pléiade). Volume épuisé

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"Nouveau volume de l'Encyclopédie de la Pléiade, qui forme un excellent recueil de synthèses utiles et commodes. Sans doute les chapitres sont-ils d'une valeur inégale ; on trouvera cependant des chapitres très neufs de Marcelle Bouteiller sur les traditions populaires (p. 75-100), de Alphonse Dupront sur la vie religieuse du XIVe au XVIIIe, (p. 491-577), des pages excellentes de Philippe Ariès sur les problèmes de l'éducation (notamment les pages 916 et suiv.) et de R. Mandrou sur les Français hors de France (p. 1520 et suiv.). D'autres chapitres, plus rapides, par exemple sur l'alimentation (p. 133 et suiv.) et sur le parler (p. 745-774) donnent matière à réflexion." (La Revue administrative, 1972) — Contributions de Maurice Le Lannou, Paul-Marie Duval, Bernard Guénée, Marcelle Bouteiller, Jean Dollfuss, Jacques Le Goff, Albert Soboul, Jean Imbert, Eugène Jarry, Alphonse Dupront, René Rémond, Philippe Ariès, Jacques Boussard, Roland Mousnier, Georges Duby, Charles Morazé, Pierre Pierrard, Bertrand Gilles, Jean Meuvret, Alphonse Dupront et Robert Mandrou.

20.              GEISSMANN (Pierre Maurice). Essai. “Le fait colonial”. L'histoire de France et le monde arabo-musulman du Bassin méditerrannéen. P., Paul Blondel, 2004, in-8°, 144 pp, préface de Benjamin Stora, 9 pl. en couleurs hors texte (dont 5 cartes anciennes), 7 photos et un fac-similé, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

Pierre Maurice Geissmann, aviateur, fut l'un des premiers à rejoindre le général de Gaulle à Londres. Il vécut la décolonisation du Maghreb et ne cache pas son admiration pour Pierre Mendès France. Il propose ici, sous forme de courts chapitres, une synthèse de l'histoire des relations entre le monde arabo-musulman et la France, donnant son point de vue sur les débats actuels : laïcité, attentats, intégration. — "Pur produit du baby-boom de 1914-1918, Pierre Maurice Geissmann est né à Paris. – 1933 : ses parents viennent habiter Casablanca. Adolescence très politisée, le Front Populaire, la guerre d'Espagne (il était à Tanger). Puis c'est la “drôle de guerre”... descendu en combat aérien, prisonnier... évadé... rejoint en 1941 les FAFL “Squadron II /20 Bretagne”. – 1946 : démobilisé, marié, retour à Casablanca, carrière à l'International, pour de grands groupes industriels français. Fréquente le milieu des “Français libéraux”, “le mouvement Conscience Française” qui pense que l'ère coloniale est révolue ! – 1963 : Conseiller du Commerce Extérieur de la France..." (4e de couverture)

21.              GENCÉ (Comtesse de). Savoir-vivre et nouveaux usages mondains. Albin Michel, s.d. (1935), in-12, iv-438 pp, nouvelle édition, broché, bon état

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En famille : Rapports avec les membres de la famille, avec les professeurs, entre maîtres et serviteurs – Fêtes de famille – Naissances – Mariages – Décès – Deuils ; En société : Rencontres – Visites – Repas – Bals – Soirées – Hospitalité – Parties de plaisir – Conversation – Correspondance et cadeaux. — "Les anciens manuels de savoir-vivre consacraient une place importante au décès. Celui de la comtesse de Gencé, par exemple, traitait des détails les plus infimes, de la fermeture des yeux du mort au choix des vêtements en passant par les faire-part. Les manuels plus récents laissent généralement de côté ce chapitre, signe de l'occultation de la mort dans les sociétés actuelles. Voir le chapitre VII « Le décès » et le chapitre VIII « Le deuil »." (Fabrice d’Almeida)

22.              HENRY (Alan). Ferrari. Les monoplaces de Grand Prix. Editions ACLA, 1984, gr. in-8°, 319 pp, traduit et adapté de l'anglais par Christophe Montariol, préface de Clay Regazzoni, 160 photos en noir dans le texte et à pleine page, 33 photos en couleurs sur 32 pl. hors texte, annexes, palmarès, cart. toilé rouge de l'éditeur, titres dorés au dos, sans la jaquette, bon état

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L'histoire de Ferrari en Grand Prix de 1948 à 1984 par Alan Henry (1947-2016), historien spécialiste de la Formule 1, auteur de biographies de pilotes, tel Ronnie Peterson, et de livres sur les sociétés automobiles McLaren, Ferrari, Williams, March et Brabham.

23.              LAJOLAIS (Nathalie de). Le Livre des mères de famille et des institutrices sur l'éducation pratique des femmes. P., Didier, 1843, in-12, iv-439 pp, 2e édition, reliure pleine toile verte, dos lisse, titre et décor floral dorés au dos, encadrements dorés sur les plat, tranches dorées (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            50

"La littérature pédagogique de l'époque se propose d’éduquer les femmes en vue de leurs responsabilités maternelles, faisant écho aux auteurs anglaises comme Sarah Strickney Ellis ou Harriet Martineau. La protestante Nathalie de Lajolais valorise ainsi l’éducation domestique des femmes : « Avec plus de dignité et de consistance, plus de ressort moral, plus de nerf dans l’instruction, elles feront de meilleures institutrices pour leurs enfants, des compagnes plus sûres, et des instruments universels de bonheur »." (Rebecca Rogers, Les Bourgeoises au pensionnat. L'éducation féminine au XIXe siècle, 2007) — "Le livre de Mlle de Lajolais se recommande essentiellement aux mères et aux institutrices. La solidité des pensées, la sagesse des préceptes et le charme du style en sont les qualités distinctes. Plein de sentiments vrais, cet ouvrage prend l'enfant au berceau et suivant pas à pas le progrès de son intelligence, indique le moyen de comprimer les inclinations vicieuses, de développer les heureux instincts et de cultiver les facultés. Conçu dans les meilleurs principes et soutenu par l'autorité des esprits les plus élevés, l'ouvrage de Mlle de Lajolais tend à prouver que l'éducation, loin de chercher à entraîner les femmes dans la sphère d'émancipation qu'on semble leur ouvrir, doit avoir pour but de faire respecter et aimer les devoirs sacrés qu'elles sont appelées à remplir. Un de nos hommes célèbre l'a nommé un bréviaire d'éducation ; il répond en effet à tous les besoins de l'époque pour cette tâche importante et difficile. L'Académie française vient de le couronner : c'est en dire assez." (Moniteur de la Librairie encyclopédique de Perichon, 1842)

24.              LESAGE (A.) (Comte de Las Cases). Atlas historique, généalogique, chronologique et géographique. P., Leclère, 1829, in-folio, (4) pp, nouvelle édition (1829), 37 tableaux montés sur onglet et un tableau volant (feuille complémentaire de l'atlas pour l'année 1835) contenant 25 cartes en couleurs, des tableaux généraux, géographiques et généalogiques, reliure demi-basane bordeaux, dos lisse avec titres, fleurons et filets dorés (rel. de l'époque), dos frotté, coins émoussés, bon état

            300

"Dès le début de la Révolution, Las Cases émigra, rejoignit à Worms, en 1790, le premier corps royaliste, qui forma le noyau de l'armée de Condé, prit part ensuite à l'expédition de Quiberon, et se retira alors en Angleterre, où il vécut en donnant des leçons. A cette époque, il conçut l'idée de son Atlas historiette, qu'il publia plus tard (1802, in-folio), sous le pseudonyme de Lesage, et qui obtint un grand succès..." (Larousse du XIXe siècle). — Détail : Tableaux I et II : Histoire universelle ancienne – III et IV : Géographie de l'histoire – V : Le monde connu des Anciens – VI : La Grèce ancienne, fabuleuse et historique – VII : L'empire romain – VIII : L'invasion des Barbares – IX : Généalogie générale de France – X : Détails généalogiques des Capétiens, Valois, etc. – XI : Détails généalogiques des Capétiens, Bourbons, etc. – XII : Carte géographique de France – XIII : Carte généalogique et historique d'Angleterre – XIV : Carte géographique d'Angleterre – XV : Généalogie de Savoie – XVI : Carte géographique et politique d'Italie – XVII : Tableau généalogique des rois de Portugal, de Navarre, de Castille, d'Arragon, et d'Espagne – XVIII : Géographie d'Espagne et de Portugal – XIX : De l'Allemagne, 1ère partie – XX : Généalogie de la maison de Habsbourg, ancienne Autriche – XXI : De l'Allemagne – XXII : Généalogie de la maison de Lorraine ou moderne Autriche – XXIII : Généalogie de la maison de Prusse – XXIV : Généalogie de la maison de Saxe, Bavière, et Nassau – XXV : Généalogie des maisons de Brunswick, Bade, Hesse, Wirtemberg, Mecklembourg, et Anhalt – XXVI : Allemagne législative et politique en 1812 – XXVI bis : L'Allemagne politique actuelle, ou confédération germanique et celle de Suisse – XXVII : généalogie de la maison de Holstein, régnant en Danemarc, Russie et Suède – XXVIII : Carte géographique et historique de Russie – XXIX : Mappemonde, voyageurs, etc. – XXX : De l'Europe géographique, politique, statistique, etc., en 1814 – XXX bis : L'Europe politique, etc. en 1826 pour être comparée à l'Europe politique de 1812 – XXXI : Géographie de l'Asie – XXXII : Géographie de l'Afrique – XXXIII : L'Amérique actuelle avec ses nouveaux états – XXXIV : Les Etats-Unis – (XXXV) : Tableau complémentaire de l'atlas pour l'année 1828 – (XXXVI) : Tableau complémentaire de l'atlas pour l'année 1835.

25.              LOJKINE (Jean). La politique urbaine dans la région parisienne, 1945-1971. P., Copedith, Centre d’Etude des Mouvements Sociaux, 1972, gr. in-8°, xxii-314 pp, tableaux, cartes, annexes, broché, bon état (Système économique urbain - Document de travail - Action concertée des recherches urbaines)

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"La thèse soutenue par A. Lojkine est très claire : 1) II y a en région parisienne, par-delà des variations apparentes, une continuité et une unité de la politique urbaine. – 2) Cette politique est le reflet actif des intérêts de la classe dominante; étant entendu que celle-ci n'est pas monolithique : des conflits secondaires entre sous-fractions de la classe dominante peuvent faire que des décisions ne favorisent pas toujours la même fraction. Si sur certains points, je diverge nettement d'avec l'auteur sur l'interprétation à donner des faits sur lesquels il s'appuie, si je suis moins souvent assuré que lui de l'univocité de leur signification, je tiens à dire que son travail ne m'en apparaît pas moins être une étude non seulement passionnante à lire (et bien écrite, sauf quelques passages dont l'embarras semble à mon mauvais esprit révélateur), non seulement plus qu'estimable, par la quantité des matériaux repérés, analysés, présentés et (ô merveille) le plus souvent référencés, mais encore importante : après la thèse de géographie de M. Bastié consacrée à la croissance de la banlieue Sud de Paris, du début du siècle à 1950, c'est la première étude d'ensemble et qui, sans se perdre dans la profusion du détail, donne un tableau cohérent..." (Jacques Lautman, Revue française de sociologie, 1974)

26.              LUBAC (Henri de). La Pensée religieuse du Père Teilhard de Chardin. Aubier, 1962, in-8°, 374 pp, une photo de Teilhard de Chardin sur double page, appendices, broché, bon état. Edition originale

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On distingue en général deux volets dans l'œuvre du père Teilhard de Chardin. L'un de réflexion philosophique, nourri des données de la science expérimentale ; l'autre de mystique et faisant souvent appel de façon explicite à la révélation chrétienne. Le premier a son centre dans "Le Phénomène humain", le second dans "Le Milieu divin". Tous deux convergent dans "Le Christique", rédigé quelques semaines avant sa mort, le jour de Pâques 1955. Le père Teilhard s'est constamment appliqué à faire communiquer ces deux domaines, sans les confondre. C'est en effet le passage de l'un à l'autre qui pose les problèmes d'interprétation les plus délicats et c'est à juste titre que le cardinal de Lubac y consacre une part importante dans la pensée du père Teilhard. Ce livre est aussi l'amorce d'un véritable dialogue théologique où l'auteur du "Phénomène humain" est replacé dans la tradition chrétienne, celle de saint Jean, de saint Paul, des Pères de Église et des grands médiévaux. Écrit par Henri de Lubac à la demande de ses supérieurs jésuites, "La Pensée religieuse du père Teilhard de Chardin" fut publiée à la veille de l'ouverture du concile Vatican Il. Elle eut un retentissement considérable. Elle reste, aujourd'hui encore, une référence indispensable.

27.              LUGASSY (Françoise). Le discours idéologique des architectes et urbanistes. P., Copedith, 1972, gr. in-8°, 152 pp, notes, broché, bon état (Système économique urbain - Document de travail - Action concertée des recherches urbaines)

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28.              MALHERBE (Jean-François). La Philosophie de Karl Popper et le positivisme logique. Presses Universitaires de Namur, PUF, 1976, in-8°, 313 pp, 2e édition revue et corrigée, préface de Jean Ladrière, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état

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Karl Popper a profondément marqué la philosophie anglo-saxonne du vingtième siècle. Sa Logique de la découverte scientifique est un classique de l’épistémologie, et sa critique libérale du fascisme (The Open Society and Its Enemies) a été, depuis sa publication, l’objet de nombreuses controverses dans le domaine sociopolitique. Ces deux aspects de sa philosophie ne sont cependant pas dissociés : critique des sciences et critique sociale sont en effet intégrées dans une même visée émancipatrice. « Le travail réalisé par M. Malherbe se recommande par un triple mérite. Il nous donne une interprétation cohérente de l’ensemble de la pensée de Karl Popper [...]. Il situe le “rationalisme critique” de Popper en son lieu exact, entre le néopositivisme strict de l’école de Vienne et le criticisme radical de l’école de Francfort [...]. Et enfin, en procédant à cette double confrontation, il nous fait apercevoir de manière extrêmement précise et justifiée la nature de l’enjeu qui est en cause, au niveau le plus général, dans l’interprétation du phénomène moderne de la science. La rigueur, la clarté et l’élégance de l’exposé, la parfaite connaissance des textes et des problématiques sous-jacentes dont il témoigne, font du livre de M. Malherbe une oeuvre extrêmement attachante et réellement éclairante pour l’esprit.» — "Issu d'une dissertation doctorale défendue en 1975 à l'Institut Supérieur de Philosophie de Louvain et préfacé par son président, le livre de Jean-François Malherbe sur la pensée de Karl Popper doit son intérêt tant au sujet dont il traite qu'à la manière dont il en traite. Même dans le monde francophone, Karl Popper n'est plus un inconnu. Son essai polémique, Misère de l'historicisme, publié en anglais en 1944-1945, est accessible en français depuis 1956. Et son texte majeur, La logique de la découverte scientifique, publié en allemand en 1934 et en anglais en 1959, a paru en traduction française en 1973. Mais surtout, comme auparavant dans les mondes anglophone ou germanophone, les idées maîtresses de sa philosophie des sciences et de sa philosophie sociale ont commencé de pénétrer les champs de discussion les plus divers et de les marquer profondément. En effet, si parmi les grands philosophes du siècle il y en a sans doute de plus « profonds » et de plus originaux, il n'y en a aucun dont la pensée ait été si largement reçue et si âprement discutée dans une telle variété de disciplines : des politiciens aux théologiens, ses interlocuteurs de tout bord se voient mis au défi de clarifier leurs prémisses et de mettre en question les fondements de leur pratique. L'audience de Popper détermine pour une part l'intérêt du livre de Malherbe. Mais cet intérêt réside encore davantage dans la manière dont l'auteur traite son sujet. Il ne se contente pas, en effet, de mettre en relief les lignes de force de l'œuvre de Popper et d'en faire voir l'unité, il s'efforce aussi de la mettre en perspective en indiquant ce qui rapproche et sépare le « rationalisme critique » du « positivisme logique » du Cercle de Vienne d'une part et de la « théorie critique » de l'École de Francfort de l'autre..." (Philippe Van Parijs, Revue Philosophique de Louvain, 1978)

29.              MALRAUX (André). Le Musée Imaginaire de la sculpture mondiale. La statuaire. P., N.R.F., 1952, pt in-4° (18 x 23), 832 pp, 704 illustrations en héliogravure en noir dans le texte et à pleine page et sur 16 planches en couleurs hors texte, 11 cartes, reliure percaline blanche de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, jaquette illustrée (dos de la jaquette uniformément passé), bon état (Coll. La Galerie de la Pléiade). Edition originale

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Introduction inédite d'André Malraux. Documentation archéologique de Raymond Lantier, André Parrot, Jacques Vandier, Jean Charbonneaux, Vadime Elisseeff, Jacques Soustelle, Denise Paulme-Schaeffner, Françoise Girard et Marcel Aubert.

30.              MALRAUX (André). Les Voix du silence. P., N.R.F., avril 1953, pt in-4° (18 x 23), 657 pp, 428 illustrations en héliogravure en noir dans le texte et à pleine page, 15 planches en couleurs hors texte, index, reliure percaline blanche de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, jaquette illustrée, bon état (Coll. La Galerie de la Pléiade)

            50

Sous ce titre se trouve réuni l'ensemble des textes qui composent la “Psychologie de l'art”, dont c'est l'édition complète et définitive. Aux divers essais : Le Musée imaginaire, La Création artistique, La Monnaie de l'Absolu, parus chez Skira de 1947 à 1949, s'ajoutent plus de deux cents pages inédites (accompagnées de cent soixante planches nouvelles), qui apportent la conclusion d'une œuvre unique en son genre, poursuivie depuis 1935 par l'écrivain. L'exécution des gravures qui a nécessité plus d'un an de travail a été l'objet de soins tout particuliers, grâce auxquels l'intérêt documentaire et artistique de cet ouvrage ne sera pas inégal à son exceptionnelle valeur littéraire.

31.              MIQUEL (Pierre). Vive la France ! Librairie Séguier, 1987, fort in-8°, 520 pp, cartes, broché, couv. illustrée, bon état

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"Une enquête minutieuse, des cas précis et l'image se dégage d'une France en mouvement qui innove, crée, invente, prépare l'avenir. Pierre Miquel, dans le même esprit qui animait Vidal de La Blache publiant en 1911 son Tableau de géographie de la France, nous donne ici la première « photo-satellite » de la France de demain." (4e de couverture) — "Un historien se fait géographe. Pierre Miquel constate que depuis vingt ans la France a bien changé et se demande, en introduction, si le général de Gaulle la reconnaîtrait. L'évolution technologique, les crises ont « favorisé » les difficultés d'emploi, l'obsolescence de nombreuses industries, pendant que le problème des excédents agricoles ne trouve toujours pas de solution immédiate. Une bonne partie de la France est « sinistrée ». Les « friches » industrielles s'accumulent dans le Nord comme dans l'Est, dans certains sillons du Centre-Est : au Creusot, à Saint-Etienne, c'est-à-dire dans l'ancienne France sidérurgique et prospère. Le trait le plus frappant est le déplacement des pôles de développement vers le Sud : « un Sud colonial », auquel en 1955 on n'accordait pas « la moindre chance de développement » (p. 69) et qui devient un « Grand Sud » avec cinq agglomérations phares : les technopoles des Marseille, Toulouse, Bordeaux, Montpellier et son Agropolis, Nice et son « parc » de Sophia-Antipolis qui attire Japonais, Danois ou Américains. Le dynamisme, l'esprit d'entreprise se sont déplacés au point que l'auteur pose la question : « Un modèle sudiste ? » (p. 169). Le Nord et l'Est cherchent aussi à se diversifier. Y arriveront-ils ? P. Miquel hésite, somme toute, entre un pessimisme issu d'une vision lucide de l'actuelle situation et une certaine foi en l'avenir, foi dans les « forces de progrès qui se mettent en place sur le terrain » (p. 514)." (Isabelle Boussard, Revue française de science politique, 1989)

32.              MORAZÉ (Charles). Les Origines sacrées des sciences modernes. Fayard, 1986, gr. in-8°, 506 pp, 16 pl. de gravures hors texte, nombreuses figures dans le texte, 30 schémas et 6 tableaux, biblio, lexique, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"C’est avec “Les origines sacrées des sciences modernes” (1986), son dernier grand livre, que Charles Morazé (1913-2003) a apporté une contribution d’importance à l’histoire des sciences. Cet intérêt pour celles-ci, auxquelles il fut attentif dès le début de sa carrière, s’est traduit par une interrogation sur les étapes et mutations de la pensée scientifique ainsi que par une réflexion sur la démarche scientifique elle-même. Identifiant ses sources dans la religion et le mythe, il en recherche les structures élémentaires, quelles que soient les civilisations qui en étaient porteuses, jusqu’à envisager un véritable « code mental » capable de rendre compte de leurs règles de fonctionnement." (Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2003) — Reliques préhistoriques, textes des pyramides ou algèbres actuelles : tout témoigne qu'un petit lot commun de prescriptions dicte aux hommes comment faire et comment dire. L'essentiel de ce lot remonte à l'origine d'un monde subordonnant à l'espace-temps tout ce qui exista, existe, vécut et vit. Au terme de ces impératifs, l'individu peut agir, penser, parler à volonté dans l'étroite marge de liberté que lui laisse sa condition événementielle d'individu historique. Les figures du trièdre et du tétraèdre (la pyramide ou le prisme, par exemple) constituent la représentation élémentaire à l'origine des sciences modernes et de leur mathématique au lendemain de millénaires plutôt occupés par les métamorphoses du sacré. Elles définissent l'espace orienté, permettent de construire du stable dans cet espace et d'élaborer un code universel capable de décrypter l'histoire des événements, des croyances sacrées ou des sciences rationnelles. De fait, ces constantes structurelles, Charles Morazé les retrouve dans le mythe d'Horus, divinisant le calcul fractionnaire ; dans le Yi-King chinois, révélant le destin d'une des plus vieilles civilisations ; il les constate chez Descartes et ses successeurs (Hamilton et Felix Klein). Ces mêmes constantes légitiment les numérotations occidentales faites de nombres réels ou imaginaires ; elles explicitent les structures élémentaires de la parenté, le code génétique et la linguistique. En cela l'ouvrage peut être lu aussi comme le commentaire de schémas, d'oeuvres d'art ou de textes jusqu'alors incompris, différents par leur nature, leur fonction et leur époque, mais semblables dans leur signification essentielle : il est en histoire un code mental omniprésent et fonctionnel dont tout est justiciable. (4e de couverture)

33.              NÉRET (Jean-Alexis). Histoire illustrée de la Librairie et du Livre français. P., Lamarre, 1953, pt in-4°, 396 pp, 210 gravures dans le texte, index, broché, couv. illustrée rempliée, bon état

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Très bel et bon ouvrage, bien documenté, armé de nombreuses références bibliographiques pour aller encore plus loin. De l'incunable au début du XXe siècle. Cette histoire de la Librairie est peu courante, fort bien imprimée, elle est illustrée de 210 figures. — "L'étude du monde du livre après la Révolution de 1789 reste pratiquement une terre en friches, ouverte à tous les travaux futurs de recherche. Si nous excluons en effet certains ouvrages généraux d'histoire du livre – au premier rang, celui de Néret – ainsi que les monographies portant sur une entreprise déterminée, nous ne trouvons pratiquement aucun titre présentant une histoire économique, culturelle ou même institutionnelle du livre français entre 1789 et 1913..." (Roger Chartier, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1981)

34.              NICOLAIDIS (Dimitri) (dir). Oublier nos crimes. L'amnésie nationale : une spécificité française ? Autrement, 2002, in-8°, 253 pp, biblio, biographies des auteurs, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mémoires)

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Dans les consciences françaises, le crime contre l'humanité est une notion qu'on rattache à la Nation allemande et à son passé nazi. Jamais la France des Droits de l'homme et de la tradition démocratique n'aurait laissé de tels crimes en son nom! Et pourtant pour s'en tenir au XXe siècle, qui connaît l'existence des camps de concentration créés en 1939, qui a entendu parler de la répression à Madagascar en 1947, sans parler de l'Algérie avant 1954 ou de la ratonnade du 17 octobre 1961 à Paris ? Ces faits, comme tant d'autres, ne font pas partie de notre histoire officielle et ont été largement escamotés dans notre mémoire collective. Ce livre veut répondre à une interrogation fondamentale sur notre identité française. Si le travail de la mémoire est, depuis 1949, consubstantiel à la démocratie allemande, c'est parce que l'Allemagne a connu une véritable mutation identitaire, ce que la France n'a jamais connu. Depuis quelques années cependant, une mutation s'opère par défaut tandis que tombent un à un les anciens tabous. La liberté de parole retrouvée s'accompagne d'une inflation de témoignages. Plus riche, notre mémoire collective est aussi plus confuse: en détruisant le mythe national, elle entraîne du même coup une perte de sens qui laisse le champ libre aux falsificateurs de toutes sortes. Se pencher sur un tel phénomène, qui englobe l'histoire de France au moins depuis la Révolution, est pour nous un moyen de retrouver un peu de ce sens perdu, et de contribuer à une authentique mémoire républicaine. — "Quatorze auteurs ont participé à cet ouvrage. La palette de leurs formations est vaste : psychanalyste (Michel Benasayad), philosophe (Alain Brossat) rejoignent les historiens (François Bédarida, Suzanne Citron, Alfred Grosser, Jean-Clément Martin, Pierre Vidal-Naquet, Benjamin Stora, Alain Ruscio). On retiendra la tentative de définition de D. Nicolaidis (Le crime est-il une notion historique ?). L'ouvrage se lit fort bien. Malgré des inégalités de ton et de propos consécutives à la méthode choisie (contributions, entretien, table ronde), les différents chapitres sont tous fort enrichissants. La voie comparative m'a semblé surtout efficace avec les apports de Michael Jeismann (Allemagne) et surtout de Christophe Sabouret (L'ombre du soleil rouge). L'absence de sentiment de culpabilité de la société japonaise à l'égard des exactions commises en Extrême-Orient entre 1931 et 1945 montre à l'envi que cette société cède depuis longtemps au relativisme historique. Certaines contributions affirment la permanence de l'état de secret des Archives dans notre France vouée au non-dit officiel. L'analyse de Sonia Combe, à propos de la redécouverte des « fichiers juifs », et du rôle de la commission Rémond, pour intéressante qu'elle soit, n'en demeure pas moins très polémique. C'est là après tout le choix de cette publication. Il reste une réponse plutôt positive au sous-titre de l'ouvrage. L'amnésie nationale semble bien un mal spécifiquement français. Le rôle de l'Etat central étant à plusieurs reprises montré du doigt comme phénomène explicatif à cette amnésie. A tout prendre, cet ouvrage incite à une certaine mélancolie. Il montre fort bien que l'histoire savante n'a que peu de répercussions sur la mémoire. L'historien est un don Quichotte qui se bat éternellement contre des moulins que la mémoire truquée ou tronquée fait tourner devant lui." (François Cochet, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1995)

35.              NOLHAC (Pierre de). Le Testament d'un Latin. Plon, 1929, gr. in-8°, 32 pp, broché, bon état, envoi a.s.

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Par Pierre de Nolhac (1859-1936), qui fut pendant des années conservateur du Musee de Versailles. — "... Le fronton du temple, cette frise où sont sculptés les dieux, c'est le Testament d'un Latin, chant héroïque, péan triomphal, adieu reconnaissant aux beautés du monde, aux trésors de la tradition et du savoir, au génie antique et aux lumières chrétiennes. Lorsque la malade eut – pour quelques jours – abattu ses forces, obscurci son regard, le poète n'accepta point de quitter le monde radieux où il avait vécu dans les joies de l'intelligence, de l'amitié et de la gloire sans avoir fait entendre son chant du cygne. Grâce à Dieu, il lui sera donné d'en écouter longtemps l'écho, et de le reprendre à la saison nouvelle. Je voudrais que ce large et magnifique poème, vous en eussiez la lecture, comme le poète me fit la grâce de l'entendre... Le poète chante l'honneur du sang français dont il est né ; il salue son Auvergne originelle, et la splendeur de la mer latine, telle qu'elle apparut à ses vingt ans. aux rives de la terre sacrée où respirent encore les dieux. « Par ses mille chemins où chante la Sirène », les héros s'élancèrent à la découverte du monde, à la conquête d'Ilion ou de.la Toison d'Or. « Des mythes lumineux du matin et du soir » ils firent apparaitre des personnes divines. Mais « au groupe sublime » de l'Olympe « a manqué la Bonté ». II était réservé au vrai Dieu d'en apporter le mystère de salut au monde. La Méditerranée porta les apôtres de la Foi chrétienne comme les héros d'Homère ; elle entendit alors sur ses rives retentir le cri d'agonie du vieux monde : « Le grand Pan est mort ! » Une Rome nouvelle s'élève à l'empire du monde, pour régner, cette fois, dans la Paix, sur des âmes. Aux frontières assiégées des Barbares, « c'est la Gaule qui veille au salut de l'Empire ». La Gaule conquise sut conquérir à son tour les trésors de la sagesse de Rome, « participer à l'âme commune » et s'enrichir ainsi de sa défaite. Aussi le fils des Arvernes, unissant dans cet hommage pieux sa raison et son coeur, renouvelle « son serment de jeunesse à la Rome éternelle ». Mais, s'il salue l'Eglise catholique qui sait rassembler pour son œuvre de paix et d'amour « les maîtres de beauté, les savants et les saints », l'humaniste chrétien demande la permission d'exprimer un suprême regret, un adieu reconnaissant à la sagesse et à la beauté antiques Sa « journée » finira, plus douce et consolée, si c'est à l'ombre de l'Acropole qu'il relit l'Evangile. Les nouveaux barbares, acharnés à cette œuvre de mort, réussiront peutêtre un jour à briser la tradition qui a fait si longtemps la grandeur spirituelle de la France. Ce jour-là pour faire comprendre et sentir à nos enfants déshérités ce que fut la culture classique et de quelle flamme elle éclairait les esprits, il restera, du moins la ressource de leur faite apprendre par cœur le Testament d'un Latin. Puissent les siècles conserver longtemps ce précieux message." (Jean Des Cognets, L'Ouest-Eclair, 16 sept 1929) — "Les dieux latins, ils ont inspiré, on le sait, l'œuvre entière de M. Pierre de Nolhac ; sur ses poèmes surtout, leur clair sourire plane avec le plus de persuasive douceur. “Le Testament d'un Latin” exposait harmonieusement comment l'âme gauloise a reçu l'empreinte de la civilisation méditerranéenne ; il a suscité jusqu'à cinq traductions italiennes." (Le Figaro) — "... Cette inspiration qui résume son oeuvre et son âme, Pierre de Nolhac vient de l'exprimer avec ampleur dans un grave et sobre poème : “Le Testament d'un Latin”. Ce chant d'une épopée, historique et intérieure, déroule l'aventure de l'âme gauloise fécondée par l'âme latine..." (Maurice Levaillant, Le Figaro) — "M. de Nolhac m'apparaît, en effet, comme un des plus authentiques représentants de la tradition du vers doré, de la sentence enchâssée dans un écrin sans défaut. La perfection est ici atteinte sans effort ni recherche, de par la grâce modérée du Celto-Latin retrempé aux sources originelles." (Yves-Gérard Le Dantec, Revue des Deux Mondes)

36.              RAFFY (Casimir). Lectures d'histoire moderne. Histoire de l'Europe, de 395 à 1270. P., Thorin, Pédone-Lauriel et Toulouse, Privat, 1892, in-12, 480 pp, 5e édition, reliure demi-percaline carmin à la bradel, dos lisse avec fleurons et double filet doré en queue, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), bon état

            25

Coll. Lectures historiques, ou choix des plus beaux fragments des meilleurs historiens anciens et modernes, français et étrangers, disposés selon l'ordre des programmes de l'enseignement et reliés par des sommaires, véritable Cours d'histoire universelle par les grands maîtres... (classe de Troisième, programmes de 1880).

37.              RAFFY (Casimir). Lectures d'histoire moderne. Histoire de l'Europe, de 1270 à 1610. P., Thorin, Pédone-Lauriel et Toulouse, Privat, 1892, in-12, 480 pp, 5e édition, reliure demi-percaline carmin à la bradel, dos lisse avec fleurons et double filet doré en queue, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), bon état

            25

Coll. Lectures historiques, ou choix des plus beaux fragments des meilleurs historiens anciens et modernes, français et étrangers, disposés selon l'ordre des programmes de l'enseignement et reliés par des sommaires, véritable Cours d'histoire universelle par les grands maîtres... (classe de Seconde, programmes de 1880).

38.              REVERDY (Georges). Histoire des grandes liaisons françaises. Revue générale des Routes et des Aérodromes, 1981-1982, 2 vol. gr. in-8°, 237 et 326 pp, très nombreuses gravures et photos, cartes et plans, choisis dans les archives de l'auteur ou réalisés par lui-même, biblio, index, reliures pleine toile verte, titres dorés aux 1er plats et aux dos (rel. de l'éditeur), jaquettes illustrées, bon état

            80

Georges Reverdy, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, a étudié les voies de communication, chemins de terre, d'eau ou de fer, à travers les siècles en France. "Les grandes liaisons françaises sont celles qui, depuis des siècles, ont relié Paris aux grandes villes du Royaume, plus la grande voie transversale du Sud-Ouest au Sud-Est. Chacune d'elles successivement est considérée avec les divers facteurs de son évolution : politique, économique et urbain, car ce sont surtout des liaisons entre villes. Mais l'auteur donne aussi la parole à ceux qui ont discuté leurs tracés, aux ingénieurs qui les ont construites, aux usagers surtout, des premiers pèlerins aux voyageurs du TGV."

39.              SATTA (Salvatore). L'avertissement de Socrate. Ecrits juridiques et politiques, 1945-1974. – Je vous écris avant l'aube. Correspondance avec Bernardo Albanese. Editions Conférence, 2019, 2 vol. gr. in-8°, 640 et 892 pp, traduit de l'italien, préfacé et annoté par Christophe Carraud, biblio, index, imprimés sur papier bible 50 gr., reliures souples décorées de l'éditeur, bon état (Œuvres I et II)

            35

Salvatore Satta (1902-1975) ne fut pas seulement l’auteur du roman que George Steiner considère comme l’un des plus grands du XXe siècle, Le Jour du jugement. Il laisse aussi derrière lui une œuvre considérable de juriste et d’observateur aigu de son temps. Ces deux volumes entendent donner au public français l’idée de cette œuvre majeure : ils lui permettront de mesurer l’ampleur des domaines abordés, du droit à la politique, de la critique sociale à la spiritualité, selon la guise ironique et savoureuse de celui qui savait que « l’avertissement de Socrate » n’est jamais écouté... Grand préfacier, Satta a écrit des textes acérés sur le droit, le procès, le jugement — notion qu’il fonde à nouveaux frais, notamment en matière de littérature –, ainsi que de nombreux articles pour des quotidiens et la revue qu’il fonda et rédigea seul, où l’on trouvera un témoignage de ses qualités d’écrivain et de polémiste : Satta souhaitait en effet traduire pour le grand public, sans rien brader de son exigence, les concepts juridiques et philosophiques les plus rigoureux à l’occasion des éléments d’actualité entre lesquels la pensée se devait de veiller, dans les agitations du siècle, à un ­certain discernement ; telle est la matière du premier volume. Le second présente l’intégralité de la correspondance de ­l’auteur avec celui qui deviendra le soutien amical des dernières années, le grand juriste Bernardo Albanese : cette correspondance, où l’on pourra lire un portrait civil particulièrement pénétrant des années d’après 1968, mais aussi découvrir un itinéraire spirituel et littéraire (contemporain de la rédaction du Jour du jugement) d’une rare profondeur, est inédite en Italie. C’est un ensemble exceptionnel que nous avons l’honneur de présenter au lecteur curieux et capable d’appétit. Exceptionnel, parce qu’il est exceptionnel aujourd’hui, dans le commerce ordinaire de la librairie, d’avoir le bonheur de suivre une grande pensée ; et de la suivre dans tout ce que les ressources d’un remarquable écrivain offrent d’ardent et de délectable, où se dessinent, tantôt de façon analytique et critique, tantôt sous la forme de la conversation intime que permet l’échange entre deux amis partageant le fruit de leur attention réciproque, le portrait du monde d’après-guerre et la genèse de celui où nous sommes. Exceptionnelle encore, la possibilité de présenter au lecteur français une correspondance d’une qualité rare encore inédite en Italie. On y trouvera non seulement le miroir d’une amitié, mais tous les paysages que celui-ci reflète et interroge du monde bouleversé d’après 1968 — dans l’université, dans la société en général, dans l’impitoyable réduction de tous les idéaux, et du droit lui-même, à des objets relatifs avalés par la nouvelle souveraineté sociologique si savante dans l’art de mettre en place le système des prébendes et des intérêts de groupes, avant que ces objets mêmes ne s’abîment dans le gouffre de l’exclusive évaluation économique qu’allait creuser cette souveraineté falsifiée. Salvatore Satta ne cesse de batailler par amour du monde, c’est-à-dire du destin de droiture auquel ce monde est appelé, seule source possible d’entente entre ceux que leurs intérêts propres sépareront toujours. Il le fait dans des essais, des articles, des polémiques, des méditations, des lettres, des romans : mais on y sent toujours la main aimante de celui qui griffonne le matin, pour ses proches, ses poèmes de l’aube. L’auteur de ce que George Steiner jugeait l’un des plus grands romans du siècle, Le Jour du jugement, se découvrira peut-être ainsi un peu mieux au lecteur soucieux de l’unité de pensée que forme, dans l’appréciation du présent, l’attelage décisif du droit et de la littérature.

40.              SIRINELLI (Jean-François) et Daniel COUTY  (dir). Histoire : La France et les Français. Sous la direction scientifique de Jean-François Sirinelli et le conseil éditorial de Daniel Couty. P., SGED, 1999, 4 vol. in-4°, 2284 pp, plus de 2400 illustrations en noir et en couleurs, une centaine de cartes et de schémas, 4 transvisuels, chronologie détaillée, index, reliures simili-cuir bordeaux décorées de l'éditeur, bon état (Collection Encyclopédie Bordas)

            200

Cette encyclopédie alphabétique et illustrée propose quelques 3.200 articles par 200 historiens qui traitent de la France et des Français de la préhistoire à 1998. Les textes prennent soit la forme de simples articles (plus de 3.000 d'une demi-colonne à une page et demie), soit la forme de mini-dossiers (125 d'une page). 132 dossiers plus importants (de 5 à 13 pages) sont consacrés à de grands sujets comme Les Croisades, Jeanne d’Arc, le quatorze juillet, Verdun, avec des cartes, des encadrés et des images commentées. En fin d'ouvrage, on pourra consulter une chronologie, un index des patronymes. Des cartes et des schémas figurent en annexe. Vol. 1. Abailard-décorations ; Vol. 2. Défaite de 1940-Le Chapelier ; Vol. 3. Leclerc-Rémusat ; Vol. 4. Renaissance-zouaves. — "L'affaire, pour imposante qu'elle soit (2.300 pages, 3.200 articles, près de 200 auteurs), aurait pu se contenter de fortifier le talent encyclopédique de Bordas. Il n'en est rien. Car, sous la direction de Jean-François Sirinelli et Daniel Couty, tous les territoires de l'historien sont explorés, l'historiographie de pointe est convoquée, l'iconographie est remarquable : L'Encyclopédie Bordas. La France et les Français (4 volumes, 3.430 FF) (soit 523 €) est une vraie synthèse des savoirs et des approches nouveaux, qui mérite grande attention et usage quotidien. Le 20e siècle est particulièrement bien signalé (ainsi, « Première guerre mondiale », « Années folles », « Mai 68 » ou « Patrimoine »). A noter tout spécialement, le souci d'analyse de l'ombre portée des événements et des mémoires, l'histoire de l'environnement matériel et l'exposé des symboliques." (Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1999)

41.              TOLAN (John). Mahomet l'européen. g Albin Michel, 2018, in-8°, 442 pp, traduit de l'anglais, notes, broché, couv. illustrée, bon état. Exemplaire d'épreuves non corrigées réservé à la presse et aux libraires

            20

Mahomet fascine l'Europe depuis le Moyen Age. Les caricatures et portraits polémiques se sont répandus dans les pages des manuscrits, le représentant tour à tour comme un charlatan, un hérésiarque, un personnage lubrique ou l'incarnation de l'Antéchrist. Un personnage était né : le prophète de l'islam vu par les Européens. L'historien John Tolan en retrace ici le destin dans un récit passionnant. Alors que ce sont, tout d'abord, les peurs de la Chrétienté qui se cristallisent dans les portraits de Mahomet, celui-ci deviendra pourtant au fil des siècles un objet de fascination, comme chez Goethe ou Lamartine. De même certains théologiens le tiendront pour un grand réformateur, et il sera admiré par Napoléon. Tantôt vilipendé, tantôt glorifié, Mahomet est un adversaire ou un allié toujours profitable, instrumentalisé par les Européens depuis des siècles dans leurs polémiques internes. Ainsi éclairé par une formidable érudition, il devient une figure incontournable pour comprendre comment l'Europe s'est construite. Un livre qui fera date.

42.              TRÉNARD (Louis) (dir). Charbon et sciences humaines. Industrie et artisanat. P., Mouton, 1966, gr. in-8°, 465 pp, biblio, broché, bon état

            50

Actes du Colloque de Lille, mai 1963. Le volume couvre un vaste cycle, qui mène des premières utilisations de la houille à l'âge d'or du charbon puis au déclin de celui-ci. — "La diversité et la qualité des interventions se retrouvent dans les textes de ces actes. La conférence du doyen Pierre Reboul sur la mine dans la littérature du XIXe siècle, celle de Henri Roussel sur le parler du mineur, d'Alain Touraine sur l'évolution de la conscience et de l'action ouvrière dans les charbonnages, de Y.-M. Hilaire sur la pratique religieuse dans le bassin houiller du Pas-de-Calais dans la deuxième moitié du XIXe siècle sont toutes d'un grand intérêt. Onze communications constituent un très remarquable ensemble qui fait revivre les conditions étonnantes de ce qu'a été au XIXe siècle cette révolution énergétique et les mutations industrielles et urbaines qui L4ont accompagnée. Le rapport très riche de Marcel Gillet : L'âge du charbon et l'essor du bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais ; les communications de Louis Trénard : Le charbon avant l'ère industrielle ; Claude Fohlen : Charbon et révolution industrielle en France (1815-1850) ; François Crouzet : Le charbon anglais en France au XIXe siècle ; sans omettre les interventions de Pierre Léon, apportent les résultats de recherches inédites ou de pertinentes mises au point..." (Geneviève Pinchemel, Annales de géographie, 1969)

43.              TURNER (John F. C.). Le Logement est votre affaire. Seuil, 1979, in-8°, 200 pp, traduit de l'anglais (“Housing by People”, 1976), préface de Colin Ward, 40 illustrations dont 27 photos, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Techno-critique)

            40

Se donner un toit est une activité humaine universelle. Depuis la nuit des temps, l’homme s’investit, nourrit et construit son habitat, par ses propres moyens et selon ses besoins. Mais l’Architecture était uniquement réservée à la noblesse et à l’Eglise, jusqu’aux premières œuvres d’architectes révolutionnaires comme Ledoux. Avec l’avènement du logement ouvrier (19e siècle) commandité par les patrons ou l’Etat, suivi de la construction standardisée prônée par les Congrès Internationaux d’Architecture Moderne (20e siècle), la liberté de construire fait place à l’industrialisation massive du logement, ce que rejette dès les années 1960, J.F.C. Turner, architecte "anti-big social housing projects"... Turner revendique dans ce livre (1976) le droit au logement pour tous et s’interroge quant au mode de production de l’habitat. — "À la suite de ses expériences andines et mexicaines, John Turner invite, dans son livre “Le Logement est votre affaire”, les autorités à fournir aux pauvres le support de leur logement et non le logement, celui-ci étant construit par les futurs habitants à partir de « techniques appropriées ». Ce qu'espère l'architecte britannique, proche d'Ivan Illich, avec ces deux recommandations, c'est « accroître le contrôle des gens sur leur existence », en leur assurant la maîtrise de la richesse matérielle dont ils disposent, sans y ajouter une subvention qui les transformerait en « assistés », et en préservant l'environnement. Il parle même d'agapè ; c'est dire si pour lui le logement est plus qu'une habitation, c'est la possibilité de l'échange social, de l'accueil, de l'amitié..." (Thierry Paquot, “Terre urbaine : Cinq défis pour le devenir urbain de la planète”, 2006)

44.              WILHELM (Jacques). Histoire de la Mode. Hachette, 1955, gr. in-8° carré, 95 pp, 76 illustrations, gravures et photos en noir dans le texte et à pleine page, 12 planches en couleurs hors texte, cart. illustré de l'éditeur, un mors fendu, bon état (Coll. Tout par l'image)

            20

Né en 1910, diplômé de l'École des Sciences politiques et diplômé de l'Ecole du Louvre, Jacques Wilhelm fut conservateur des musées de la ville de Paris, conservateur en chef du Musée Carnavalet et du Musée du costume de la ville de Paris (1956-1976) et professeur à l’École du Louvre (en 1958). Spécialiste de la peinture française des XVlle et XVIIIe siècles, il est également l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à Paris, à son histoire, à son influence dans le domaine artistique.

ANTIQUITÉ

 

45.              CÉSAR (Jules). Les Commentaires de César. Traduction nouvelle : avec le latin à côté. P., Joseph Barbou, 1755, 2 vol. in-12, 465 et vii-587 pp, bandeaux, vignettes, reliures plein veau marbré, dos à 5 nerfs guillochés ornés de caissons dorés ornés, pièces de titre et de tomaison basane carmin et verte, tranches rouges (rel. de l'époque), coiffe sup. du tome 1 lég. abîmée, bon état

            200

"Nous avons lu cette version en divers endroits, et nous en avons été très satisfaits... On y substitue aux anciens noms de peuples, de villes, de rivières, de montagnes, les dénominations nouvelles et usitées parmi nous : sur quoi nous avons vu former une difficulté : César n'est pas comme les autres écrivains, qui racontent ce qu'ils ont appris dans les livres et ce qu'ils n'ont point vu. Les Commentaires de ce général romain sont une relation de ses propres exploits ; et quoiqu'il ne s'y désigne jamais par la première personne, on sait néanmoins que c'est lui qui parle et qui écrit. Or l'effet naturel de cette pensée est de placer le lecteur au temps même de César, et de lui faire agréer tous les noms de peuples, de villes, de rivières, de montagnes qui étaient alors en usage. Une traduction trançaise ne change rien à cette idée ; on se souvient que la narration est de César, et l'on compte y trouver les noms anciens ; non la Lombardie, le Diocèse de Vaison, la Franche Comté, les peuples de S. Omer, etc. Cette objection est de quelque poids, et nous serions d'avis que dans une réimpression on rétablît toute la Géographie ancienne de César, sauf à l'éclaircir dans de courtes notes aux bas des pages." (Mémoires pour l'histoire des Sciences et des Beaux Arts, 1755)

46.              CUMONT (Franz). Les Religions orientales dans le paganisme romain. Conférences faites au Collège de France en 1905. Quatrième édition (1929), revue, illustrée et annotée, publiée sous les auspices du Musée Guimet. P., Paul Geuthner, 1963, gr. in-8°, xvi-339 pp, 13 figures et 16 planches hors texte, index, broché, couv. lég. salie, bon état

            80

"La première édition de ce livre maintenant classique date de 1907. L'auteur n'a point profondément remanié son texte et il n'en était pas besoin ; à le relire, on s'aperçoit avec admiration qu'il avait comme devancé des découvertes qui nous semblent d'hier. Il n'a rien eu à retoucher à ce qu'il avait écrit sur l'influence du parsisme parmi les Juifs, ou sur l'influence des Juifs à l'égard des mystères païens, ou sur l'origine orientale du feu sacré porté devant les Césars : ces problèmes ont été l'objet, récemment, de travaux approfondis, mais M. Cumont en avait comme anticipé les conclusions. Parmi les passages nouveaux, je note une page capitale [p. 67] sur la notion du triomphe sur la mort, qui est accordé aux dieux et aux initiés. A l'occasion des cultes syriens, M. Cumont fait une allusion un peu trop brève au temple du Janicule, découvert par M. Gauckler en 1908 [p. 186] ; les lecteurs auraient été heureux de trouver ici une description plus détaillée de ce sanctuaire surprenant. A l'occasion des cultes perses, M. Cumont utilise [p. 213] les découvertes de M. Rotovtzeff sur le rayonnement de l'iranisme dans l'Europe orientale. Tout un chapitre a été ajouté sur les mystères de Bacchus à Rome ; le sujet a été comme renouvelé soit par la découverte de la villa des Mystères à Pompeï, soit par la grande inscription des mystes trouvée à Tusculum ; ici encore, M. Cumont a tracé magistralement une esquisse que les études prochaines confirmeront sans doute. Ces pages enrichissent encore un ouvrage qui est regardé depuis longtemps comme un chef-d'oeuvre." (André Piganiol, La Quinzaine critique des livres et des revues, 1929) — Table : Rome et l'Orient. Les sources ; Pourquoi les cultes orientaux se sont propagés ; L'Asie mineure ; L'Egypte ; La Syrie ; La Perse ; L'astrologie et la magie ; La transformation du paganisme romain ; Mystères de Bacchus à Rome.

47.              FAURE (Paul). La Vie quotidienne en Crète au temps de Minos, 1500 av. J.-C. GLM, Hachette, 1987, in-8°, 396 pp, 2e édition mise à jour, une carte, 16 figures, tableau chronologique, biblio, notes, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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C'est à travers les mythes, les découvertes archéologiques, les inscriptions des tablettes, les comparaisons linguistiques, que Paul Faure ressuscite les temps reculés du légendaire roi Minos, période heureuse et féconde de l'histoire de la Crète, dont les lois, la religion et la culture originales sont ici reconstituées et analysées à la lumière des plus récentes découvertes. Paul Faure montre comment les prétendus palais de Knosos, de Phaistos, de Malia et de Zakro étaient de grands sanctuaires. Le Labyrinthe, un lieu d'initiation et de formation de la jeunesse. Le Minotaure, un personnage masqué. Les récits relatifs à la famille de Minos, des souvenirs historiques qui valent la peine d'être prudemment consultés. Les Crétois, désormais, ont fini de mentir.

48.              FORTHOMME (Bernard). La Folie du roi Saül. Les Empêcheurs de penser en rond, 2002, in-8°, 279 pp, index, broché, bon état

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Saül est le premier roi des Juifs. Mais Dieu lui envoie un "esprit mauvais". L'histoire de sa chute et le début de règne de David sont un épisode clef de l'invention du politique par Israël. La folie du roi Saül est le prix de ces transformations. Ce passage de la Bible est un véritable carrefour : le roi, le fou, le nécromant, le transi, le magicien, le musicien, le géant s'y rencontrent et s'y opposent sur un mode shakespearien. L'auteur mobilise une anthropologie complexe qui tend à montrer, selon les lignes directrices de l'exégèse moderne, comment le monde biblique se détache peu à peu du rapport naturaliste et magique au sacré pour accéder à un rapport au divin plus personnel dont le Christ sera la figure indépassable. Nul dogmatisme cependant dans la démonstration, mais un vrai savoir d'exégète professionnel qui mobilise une parfaite connaissance des civilisations méditerranéennes aussi bien juive que latine ou grecque. Il nous dresse le panorama de la vie sacrale, psychologique, politique de l'antiquité. Ce livre offre une grande contribution à la thérapie christique de la psyché, et l'ouverture d'une voie trop recouverte entre le meurtre rituel freudien et le pur et simple retour au paganisme. En découle une nouvelle lecture de la révélation judéo-chrétienne ou, à tout le moins, une justification concrète de sa promesse de libération des individus à l'égard des mondes de la possession.

49.              GIOT (Pierre-Roland), Jacques BRIARD et Louis PAPE. Protohistoire de la Bretagne. Rennes, Ouest-France, 1979, in-8°, 443 pp, nombreuses cartes, figures et photos, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Histoire de la Bretagne)

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La Bretagne armoricaine pendant les "Ages des Métaux". — "Après une introduction due à P.-R. Giot, la première partie est traitée par J. Briard : il s'agit de l'âge du Bronze. Un chapitre est consacré aux premiers métallurgistes : ceux-ci ont utilisé les gisements locaux d'étain, de plomb, mais l'essentiel a été importé. L'influence méditerranéenne semble beaucoup moins importante qu'on ne le croyait. Il est difficile d'attribuer une origine précise aux haches de combat, aux haches plates et aux bijoux d'or. (...) Au début du deuxième millénaire, les progrès techniques dans les alliages permettent la fabrication d'une gamme beaucoup plus étendue d'instruments. Les sépultures collectives mégalithiques sont remplacées par des tombes individuelles : « c'est le temps des tumulus ». Le Bronze final, en Armorique, est marqué par de nouveaux types d'armes, l'abondance de l'outillage. Le métal est employé pour les moindres usages. Les épées à lame élargie « pistilliforme », les haches à talon se retrouvent dans toute la zone atlantique des Pays-Bas à l'Irlande et à la Gironde. (...) L'Age du Fer est traité par P.-R. Giot. La transition entre le Bronze et le Fer s'étale sur plus d'un siècle. Le second Age du Fer commence vers 450 avant J.-C. Les populations armoricaines passent plus ou moins dans la culture celtique. Les importations méditerranéennes ou leurs copies sont rares. L'essentiel de l'habitat rural est dispersé en fermettes, cabanes ou huttes où le bois est le matériau essentiel. Les promontoires étaient souvent fortifiés. L'époque est celle des grands défrichements et de l'extension des cultures. La poterie armoricaine est variée et riche. L'extraction du sel marin est florissante. La troisième partie, consacrée aux derniers temps de l'indépendance, est l'oeuvre de L. Pape. Les très nombreuses monnaies frappées en Armorique permettent de mieux connaître le pays et les tribus qui le peuplaient. Les commentaires de César sont la principale source historique sur la conquête romaine. « L'étude des Osismi à l'époque gallo-romaine fait croire à un maintien de structures archaïques, à une prédominance de la paysannerie libre avec en corollaire un habitat dispersé qui est resté l'un des traits majeurs du paysage humain de la péninsule armoricaine. Ce conservatisme structurel explique la résistance de la langue gauloise face au latin... » Ce sec résumé des points essentiels de ce travail ne traduit pas toute la richesse des informations contenues dans l'ouvrage, de la rigueur des raisonnements qui détruisent beaucoup d'idées reçues. Puisse ce compte rendu donner envie de lire ce livre !" (R. Facon, Norois, 1979)

50.              GROLLENBERG (Luc H.). Grand Atlas de la Bible. Traduction et adaptation françaises Jean-Pierre Charlier, o.p. Bruxelles, Editions Sequoia, 1966, gr. in-4° (26 x 35), 163 pp, 2e édition, 37 cartes en couleurs et 408 photos en noir, index, reliure toile crème de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Avec ce bel atlas, il est possible de visiter la Terre Sainte, de la comprendre et de revivre en quelque sorte les récits de la Bible. Ce travail magnifique met en oeuvre trois instruments ensemble conjugués. Des cartes tout d'abord qui nous montrent l'évolution du pays et l'emplacement des villes mentionnées dans le pays, les déplacements, les migrations et les campagnes militaires. Une heureuse innovation permet de fixer sur la carte les grands événements bibliques de l'époque. Les images sont constituées par d'admirables photographies dues en grande partie à l'auteur lui-même. Elles ont une splendide puissance évocatrice et rien n'est plus prenant, surtout pour ceux qui les ont déjà vus dans la réalité, que telle photographie du désert de Juda ou le cadre sauvage qui a conservé les manuscrits de Qumrân. (...) Entre les cartes et l'illustration un texte ordonne tout ce matériel et renvoie aux livres bibliques dans une large histoire qui va depuis les origines nomades du peuple élu jusqu'à la venue du Christ, la fondation et l'expansion de son Eglise. Nous avons là en résumé une très belle réalisation et qui rendra les plus grands services." (Albert Vincent, Revue des Sciences religieuse)

51.              LEROI-GOURHAN (André). Pincevent, campement magdalénien de chasseurs de rennes. P., Ministère de la Culture, Imprimerie Nationale, 1984, in-8°, 94 pp, 52 illustrations, 16 photos en couleurs, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Guides archéologiques de la France)

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"Tous les préhistoriens savent qui est A. Leroi-Gourhan et ce qu'est Pincevent. Ils savent donc bien que l'homme qui depuis vingt ans s'identifie à la fouille de ce site ne pouvait le présenter que de façon magistrale. Ce petit livre concerne Pincevent, évidemment, avec son histoire, sa stratigraphie, ses structures archéologiques... Et l'on y trouvera pas mal d'informations jusque-là inédites. Il comporte, en outre, un exposé des méthodes de fouille et d'étude qui ont permis de dégager et d'interpréter les vestiges conservés dans les dépôts d'inondation de la Seine. A. Leroi-Gourhan a tenu à aller plus loin encore à la rencontre de son lecteur, lui donnant « le moyen d'exercer son jugement critique ». C'est pourquoi toute une partie de l'ouvrage est rédigée sous la forme de questions et de réponses distinguant les « informations matériellement explicites » de celles « marquées d'un degré de probabilité plus ou moins élevé qui laisse entrouverte la porte de l'imagination ». Ainsi, à l'occasion de cette présentation, c'est à une véritable leçon d'ethnologie préhistorique que nous sommes conviés." (Gilles Gaucher, Bulletin de la Société préhistorique française, 1985)

52.              MOREAU (Jacques). La persécution du christianisme dans l'Empire romain. PUF, 1956, in-12, 141 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Mythes et Religions)

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"M. Moreau s'est efforcé dans ce petit livre, dense et clair, de replacer dans le contexte humain et sociologique les diverses mesures coercitives subies par les chrétiens durant trois siècles. (...) C'est par de telles études qu'on parviendra à une vision plus réelle des mentalités collectives de l'Antiquité, sans laquelle il n'y a pas d'histoire satisfaisante." (Michel Meslin, Revue de l'histoire des religions, 1958)

53.              MURRAY (Oswyn). La Grèce à l'époque archaïque. Early Greece. Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 1995, pt in-8°, 382 pp, traduit de l'anglais, présenté par Claudine Leduc et Jean-Marie Pailler, 6 cartes, tableau chronologique, index, broché, couv. illustrée, soulignures crayon, bon état

            15

"Archaïque" : le mot pourrait laisser penser que le monde grec auquel s'intéresse Oswyn Murray appartient à un passé reculé, primitif, fossilisé. Il n'en est rien. La Grèce que nous invite à découvrir l'historien est résolument vivante et étonnamment moderne. La période qui s'étend entre 900 et 479 avant notre ère, d'Homère aux guerres médiques, voit en effet naître et se développer cette forme originale d'organisation politique qu'est la cité. Pour comprendre l'ensemble des phénomènes qui ont contribué à la structuration des communautés civiques préclassiques, l'auteur se livre à un examen systématique et critique des sources et en propose une analyse pénétrante et personnelle. Il restitue la complexité des dynamiques politiques, sociales, religieuses, économiques et culturelles à l'oeuvre au cours de la période. Ce livre met à la disposition du public une synthèse indispensable qui donne à voir comment l'histoire se construit. Loin d'être repliée sur elle-même, l'étude d'Oswyn Murray vise en effet à stimuler la réflexion et à nourrir de nouveaux questionnements. Son analyse pénétrante et lumineuse reste à ce jour inégalée.

54.              ROAF (Michael). Atlas de la Mésopotamie et du Proche-Orient ancien. Brépols, 1991, in-4°, 237 pp, traduit de l'anglais, 53 cartes en couleurs, 342 illustrations en couleurs, 126 illustrations en noir, chronologie, glossaire, biblio, index, reliure toile éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            45

La Mésopotamie a été qualifiée, avec raison, de "berceau de la civilisation". Située entre le Tigre et l'Euphrate et s'étendant sur les territoires actuels de la Syrie et de l'Iraq, c'est dans cette région du monde que furent établis les fondements du développement social et du progrès humain. L'atlas relate l'histoire des développements culturels, technologiques, politiques et économiques des différents peuples, races et tribus qui occupèrent le Proche-Orient pendant près de 12.000 ans. L'ouvrage évoque les premiers nomades, la rivalité des cités-états, l'émergence de Babylone et de l'Assyrie, et culmine avec le puissant empire perse de Darius et sa destruction par Alexandre le Grand en 330 av. J.C. Presque toute notre connaissance de cette époque est fondée sur les découvertes archéologiques. Celles-ci sont donc traitées en detail. Le texte, clair et destiné au non spécialiste, est accompagné de nombreuses cartes explicatives et d'illustrations en couleurs. Tous les sites majeurs sont repris en rubriques, illustrés par des plans, des dessins et des photographies. Un large éventail de rubriques thématiques est également présenté au lecteur. On y trouvera notament le Cimetière Royal d'Ur , les ziggurats et les contributions des Babyloniens aux sciences et aux mathématiques. L'ouvrage comporte un glossaire des termes techniques ainsi que des outils de réference, sous la forme de tableaux chronologiques, d'une bibliographie, d'un répertoire géographique et d'un index.

55.              ROUGÉ (Jean). Les institutions romaines de la Rome royale à la Rome chrétienne. Textes choisis et présentés. Armand Colin, 1971, in-12, 320 pp, glossaire, notices sur les auteurs, biblio, broché, couv. très lég. salie, bon état (Coll. U2)

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"Présenter clairement, et d'une manière scientifiquement acceptable, Les institutions romaines « de la Rome royale a la Rome chrétienne », et ce en 192 pages, tiendra toujours de la gageure. L'ouvrage de J. Rougé, qui prolonge et rajeunit des précis surannés, rendra de grands services aux étudiants, et à tous les lecteurs non specialisés." (Jean-Marie André, Les Études philosophiques, 1970) — "Ce livre se présente comme un manuel à l'usage des grands commençants. L'auteur a choisi quelques grands moments remarquables de l'histoire romaine pour brosser chaque fois le tableau des institutions et montrer comment les institutions de la cité ont pu, en tenant compte de l'esprit conservateur des Romains, s'adapter aux situations nouvelles. Sept chapitres traitent done de la Rome royale (avant et sous les Etrusques), des institutions au IIIe s. et au début du IIe, de l'Italie et des provinces, des répercussions des crises du dernier siècle de la république, du régime augustéen, des institutions au haut-empire, des transformations du IVe s. Ces 191 pages sont limpides, équilibrées, bien informées, qu'il s'agisse de la constitution servienne, de la crise des Gracques ou des pouvoirs d'Octavien. On y trouvera l'essentiel des connaissances sur les classes, les magistratures, les assemblées, les cités, les provinces, l'armée, le personnel gouvernemental et administratif, les finances. L'auteur, excellent juriste, introduit constamment distinctions et nuances et marque bien les évolutions. Les 110 textes retenus pour illustrer ces dernières suivent un ordre absolument parallèle, ce qui facilitera la consultation de l'ouvrage, car les textes ne sont pas commentés. On trouvera ici, outre des inscriptions, des papyri, des textes de loi (Code théodosien), des citations des auteurs suivants : Aelius Aristide, Appien, Auguste, Saint- Augustin, Aulu-Gelle, Aurelius Victor, Ausone, Saint-Basile, Cicéron, Denys d'Halicarnasse, Dion Cassius, Ennius, Festus, Libanios, Notitia Dignitatum , les Plines, Plutarque, Polybe, Rutilius Namatianus, Salluste, Suétone, Sulpice-Sévère, Tacite, Tite-Live, Valère-Maxime, Varron, Velleius Paterculus, Zozime (brèves notices sur ces auteurs, avec quelques références bibliographiques s'ajoutant à la bibliographie finale). Un glossaire complète les définitions données dans le texte." (R. Chevallier, Latomus, 1970)

56.              VAN DER MEER (Frédéric) et Christine MOHRMANN. Atlas de l'Antiquité chrétienne. P.-Bruxelles, Editions Séquoia, 1960, gr. in-4° (26 x 35), 216 pp, préface de Henri-Irénée Marrou, 42 cartes en couleurs, 614 illustrations en héliogravure dans le texte et à pleine page, 3 index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Un musée imaginaire pour les amateurs, un document pour les chercheurs et les érudits." (Le Figaro) — "La publication de ce bel ouvrage est à elle seule un événement, ainsi que le souligne justement dans sa préface le professeur Marrou : en effet, l'histoire ne s'écrit plus seulement avec des textes, comme au temps de Fustel de Coulanges, mais « avec tout ce qui peut être interprété comme un signe », donc toutes les œuvres d'art. Cet « Atlas » est précisément avant tout un recueil de 614 illustrations abondamment commentées, qui font revivre sous nos yeux toute l'histoire chrétienne jusqu'à la fin du VIe siècle. Il est aussi, cela va de soi, une collection de 40 cartes originales, dessinées par l'abbé Van der Meer, qui a collaboré pour l'ensemble de l'œuvre avec Mlle Mohrmann, éminente spécialiste du latin chrétien. Ce volume, véritablement monumental et admirablement présenté, a paru d'abord en néerlandais, puis en traductions anglaise et allemande ; il convenait qu'il eût à son tour une édition française, et celle-ci mérite d'avoir dans notre pays une large diffusion, car il apparaîtra, selon la judicieuse formule du préfacier, « comme un merveilleux instrument de culture, en même temps que la meilleure initiation possible à la connaissance du christianisme pendant les premiers siècles de sa longue histoire ». C'est bien la civilisation chrétienne, sous ses diverses formes, qui revit ici pour la plus grande satisfaction du lecteur cultivé." (Jean-Remy Palanque, Revue d'histoire de l'Église de France, 1961) — "Cet Atlas est d'abord, comme il se doit, un recueil de cartes. Celles-ci, toutes originales, forment un tableau complet de l'histoire du christianisme dans les six premiers siècles (diffusion du christianisme en ses différentes étapes, organisation de l'Église aux diverses époques, de façon globale et par provinces, cartes des principaux diocèses, plans de villes, etc.) ; à l'histoire proprement dite sont jointes l'histoire littéraire (tableaux synoptiques des auteurs chrétiens en chaque siècle) et les données archéologiques. Un heureux choix et une judicieuse utilisation des signes ont permis de faire figurer sur ces cartes une masse considérable de renseignements sans les surcharger et sans rien sacrifier de leur caractère dès l'abord expressif. Les cartes sont loin de constituer tout l' « Atlas ». La majeure partie du volume est occupée par des illustrations (en tout 614), qui sont comme le développement concret et imagé des principaux faits consignés de façon symbolique sur les cartes. Ici encore l'ordre suivi est l'ordre chronologique, les documents produits étant regroupés autour des principaux centres. Ainsi c'est toute une histoire de l'art paléochrétien qui se déroule sous nos yeux. Un texte suivi, dense et fortement nourri, les accompagne, destiné à les situer, à les expliquer et à assurer leur continuité. De nombreuses citations de textes grecs et latins, d'origine épigraphique ou littéraire, y sont incorporées et ajoutent encore à la valeur documentaire incomparable que présente ce magnifique ensemble." (A. Guillaumont, Revue de l'histoire des religions, 1961)

MOYEN AGE

 

57.              BAILLY (Auguste). Louis XI. Fayard, 1936, pt in-8°, 410 pp, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale, un des 140 ex. numérotés sur vélin pur fil des Papeteries Lafuma, à toutes marges

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"Il y a dans la vie de ce roi tant de vertu et tant de tares, tant de grandeur dans les fins et aussi tant de machiavélisme dans les moyens, que devant elle, on reste un peu décontenancé. Pour la juger, la circonspection serait donc de mise ; et cependant l'usage veut qu'on la loue ou qu'on la blâme intégralement. L'auteur l'admire sans réserve : c'est son droit. Disons dès maintenant que son livre est bien conçu, il série les événements au lieu de les exposer pêle-mêle dans l'ordre des dates, ce qui eut présenté un écheveau inextricable, Il traite bien les questions de Catalogne et d'Angleterre, magistralement celle de Bourgogne, et oublie littéralement celle d'Italie. Mais tout se tient et s'explique. Et par lui, Louis XI s'offre à nous sous un jour heureux. Que dis-je : heureux. Il nous est présenté avec une sympathie manifeste, légèrement teintée de partialité..." (Lucien Miran, Revue des études historiques, 1937)

58.              CHÉLINI (Jean). L'Aube du Moyen Age. Naissance de la chrétienté médiévale. La vie religieuse des laïcs dans l'Europe carolingienne (750-900). (Thèse). Picard, 1997, gr. in-8°, 548 pp, préface de Pierre Riché, postface de Georges Duby, 15 pl. hors texte, 3 cartes dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            40

Le siècle carolingien a été court. L'ordre politique et social se disloqua et sombra après 880. Ce naufrage ne peut abolir le projet de société que les clercs avaient élaboré. Dans ce schéma, la religion cimentait toute la construction sociale. Par le baptême reçu dans les premiers mois de la vie, l'enfant devient simultanément fils de l'Église et sujet de l'Empire. Tous apprennent le Notre Père et le Credo, symboles d'adhésion à la foi officielle. Les uns ont reçu la tonsure monastique ou cléricale et renoncé au mariage et au monde. Les laïcs se marient, mais désormais ils doivent choisir leur femme en dehors de leur parenté et la garder quoi qu'il arrive. Les nobles, qui ont reçu une éducation militaire et religieuse plus soignée, comme l'a décrite la princesse Dhuoda, conduisent les affaires du monde et font la guerre. Ces grands échappent à l'autorité de leur curé, qui s'exerce sans partage sur les paysans de sa paroisse. Pour eux, la dîme ; messe et repos obligatoires, le dimanche ; communion aux grandes fêtes après des jours de jeûne et de pénitence. L'évêque, le comte et les missi surveillent la pratique. Les récalcitrants sont soumis à la pénitence publique ou excommuniés. Cet aspect totalitaire et coercitif s'avère le plus déplaisant de la chrétienté carolingienne. Mais les germes d'évolution apparaissent. Le développement du culte des saints et des reliques, des pèlerinages, les premières étapes de la piété mariale, constituent autant d'amorces qui s'épanouiront plus tard. Encore fragiles, mais riches de promesses, les balbutiements d'une spiritualité du mariage, les progrès de la confession, la pratique de la communion plus fréquente, autant de germes d'une piété laïque plus personnelle et plus autonome. La chrétienté carolingienne est bien la mère encore rude de la chrétienté médiévale, qui deviendra plus humaine et plus raffinée. Charlemagne apparaît dans la mémoire des hommes l'idéal du prince catholique et son empire, le modèle de la société chrétienne. Il faut attendre saint Louis, pour que les hommes conçoivent un roi plus chrétien et une société plus évangélique. (4e de couv.)

59.              CLOULAS (Ivan). Jules II. Le Pape terrible. Fayard, 1989, in-8°, 391 pp, 16 pl. de gravures hors texte, généalogie, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Une étrange destinée que celle du petit batelier de Savone devenu pape sous le nom de Jules II (1443-1513). En 1474, il conduisit les troupes pontificales lors d'une campagne militaire pour ramener l’ordre à l’intérieur des États du Pape. Après avoir soumis les cités de Lodi et Spolète, il assiégea Citta di Castello, dont le seigneur, Niccolò Vitelli, était un allié de Laurent de Médicis. Archevêque d'Avignon de 1476 à 1503, il exerça pendant la même période dans la cité la fonction de légat du pape, ainsi que la fonction d'évêque de Mende (1478-1483). Il fut également évêque de Bologne du 3 novembre 1483 au 20 septembre 1499. Peu respectueux de l'obligation de continence (à différencier cependant du vœu de chasteté des moines et des religieux), il engendra trois filles et contracta la syphilis. Il consolida pour plus de trois siècles le pouvoir temporel du Saint-Siège et s'il resta sourd aux voix de Machiavel, Erasme ou Luther, il sut faire appel à de grands artistes : Bramante, Michel-Ange, Raphaël...

60.              Collectif – Cahiers de Fanjeaux. 3. Cathares en Languedoc. Toulouse, Privat, 1968, gr. in-12, 332 pp, 2 cartes, 6 pl. hors texte, index, broché, bon état (Cahiers de Fanjeaux. 3)

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I. Les études et les sources : L'état actuel des études sur le Catharisme (E. Delaruelle) ; La bible des cathares languedociens et son usage dans la controverse au début du XIIIe siècle (Christine Thouzellier) ; Les « Glosa Pater » cathares et vaudois (G. Gonnet) – II. Connaissance du catharisme : Les cathares d'après les documents de l'inquisition (Y. Dossat) ; Les cathares albigeois vus par les polémistes (M.-H. Vicaire) ; Eglises et théologies cathares (R. Manselli) ; Le catharisme vu à travers les troubadours (R. Nelli) – III. Les cathares en Languedoc : À propos du concile cathare de Saint-Félix : les Milingues (Y. Dossat) ; Le catharisme dans le diocèse de Carcassonne et le Lauragais au XIIe siècle (E. Griffe) ; Le calharisme dans le diocèse d'Albi (M. Bécamel) ; À propos de Sainte Juliane (M. Bécamel) ; Les cathares au jour le jour. Confessions inédites de cathares quercynois (H. Blaquière et Y. Dossat) ; Le catharisme languedocien et l'Italie (E. Dupré-Theseider).

61.              Collectif – J.-M. MAYEUR, Ch. et L. PIETRI, A. VAUCHEZ, M. VENARD  (dir). Histoire du Christianisme. Tome 6 : Un temps d'épreuves (1274-1449). Desclée/Fayard, 1990, fort gr. in-8°, 945 pp, 62 illustrations, 32 cartes, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            50

Tout au long du tome VI de l'Histoire du christianisme, consacré à la dernière partie du Moyen Age, on décèlera les racines du monde moderne. Il est borné par deux conciles qui ont tenté de refaire l'union entre Rome et Constantinople (Lyon en 1274 et Florence en 1439). Les deux ensembles séparés, l'Eglise latine et l'Eglise grecque, à travers la cassure et même l'affrontement, évoluent chacun de son côté. L'épisode des papes d'Avignon et le Grand Schisme d'Occident constituent également des moments majeurs et souvent dramatiques.

62.              Collectif. La Normandie au XVe siècle : art et histoire. Saint-Lô, Archives départementales de la Manche, 1999, gr. in-4° (32 x 24), 287 pp, 208 illustrations, photos et cartes en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, biblio, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, bon état

            50

Organisé par les Archives départementales (2-5 décembre 1998), ce riche colloque fait le point sur l'état de la recherche concernant le XVe siècle normand, ses acquis et ses lacunes. Paradoxalement, en effet, cette période de l'histoire normande est à la fois très connue et insuffisamment approfondie. Très connue, car les grandes lignes de l'histoire de la Guerre de Cent Ans et de la reconquête ont été amplement étudiées depuis longtemps. Très insuffisamment approfondie, car, au delà des jalons chronologiques, l'interprétation précise des événements, les conditions de la vie quotidienne, les modalités de la reconstruction et les formes de la production artistique offrent un champ d'investigation considérable et encore partiellement inexploité. — Table : Le contexte historique : Occupants et occupés (1417-1449) [Alain Sadourny] ; Le recouvrement par Charles VII de son pays et duché de Normandie (15 mai 1449-12 août 1450) [Philippe Contamine] ; La population de la Normandie - Les grands rythmes démographiques [Georges Bottin] = L'église et le clergé : Les structures ecclésiastiques [François Neveux] ; Ecclésiastiques bas normands et le Grand Schisme [Mgr Bernard Jacqueline] ; Les Italiens dans le clergé séculier [Gilles Désiré dit Gosset] ; Les établissements de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem [Michel Miguet] = Economie et société : Crises et mutation des industries normandes [Mathieu Arnoux] ; Les nouveautés dans l'activité de construction en Normandie orietnale au lendemain de l'occupation anglaise (1450-1530) [Philippe Lardin] ; La circulation monétaire au temps de Charles VII (1380-1422) [Jens Christian Moesgaard] ; Aspects de la vie quotidienne : les apports de l'archéologie [Anne-Marie Flambard-Héricher] ; Les carreaux de pavement. Les pavés à décor en relief en Basse-Normandie [par Nicola Coulthard et Florance Delacampagne] = Les arts : L'architecture flamboyante en Normandie : rayonnement et échanges avec les provinces voisines du Nord [Jacques Thiébault] ; Restaurer au XVe siècle [Maylis Bayle] ; Les antécédents de la maison normande au XVe siècle [Edward Impey] ; La sculpture normande à la fin du Moyen Âge [Yves Bottineau-Fuchs] ; La peinture murale [Vincent Juhel] ; Le vitrail : prolégomènes à l'étude [Françoise Perrot] ; L'orfèvrerie [Elisabeth Taburet-Dalahaye] ; La vie musicale [Frédéric Billiet] = Visite de l'église Notre-Dame de Saint-Lô : L'église Notre-Dame de Saint-Lô [Yves Bottineau-Fuchs] ; Les verrières anciennes de Notre-Dame de Saint-Lô [Martine Callias-Bey].

63.              FAVIER (Jean). Dictionnaire de la France médiévale. Fayard, 1993, fort gr. in-8°, 982 pp, texte sur 2 colonnes, 5835 entrées, 265 illustrations en noir et blanc, 51 illustrations en couleurs sur 32 planches hors texte, 27 cartes et plans, 19 généalogies, reliure toile éditeur, jaquette illustrée (dos de la jaquette uniformément passé), sous emboîtage illustré, bon état

            80

Plus qu'un outil, Jean Favier offre avec ce Dictionnaire de la France médiévale une véritable somme sur le Moyen Age français. Les acteurs de la vie politique et religieuse, le vocabulaire technique et spécialisé du droit, de l'économie et des arts, sans oublier les notions indispensables à la compréhension de la réalité quotidienne des villes et des campagnes, sont ici présentés dans des notices claires et concises.

64.              FAVIER (Jean). Le Temps des principautés, de l'an mil à 1515. Fayard, 1984, fort in-8°, 499 pp, 14 généalogies et tableaux, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Histoire de France, 2)

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De l'an mil aux débuts de la Renaissance, c'est l'histoire de cinq siècles aux couleurs bien diverses. C'est le temps des dynamismes que manifestent les défrichements, le réveil des villes, l'élargissement des horizons politiques, la floraison des ordres monastiques, la naissance des universités et l'ampleur nouvelle des grandes cathédrales. C'est aussi le temps des épreuves et des maturations, des crises et des épidémies, des guerres et des luttes civiles. La France passe de l'anarchie féodale à l'absolutisme monarchique, à travers la construction politique des grandes principautés. Et l'on va, dans ce même temps, des chansons de geste aux premiers fruits de l'humanisme en passant par l'aristotélisme de Thomas d'Aquin et l'universalisme encyclopédique du Roman de la Rose.

65.              GUENÉE (Bernard). L'Occident aux XIVe et XVe siècles. Les Etats. PUF, 1971, pt in-8°, 339 pp, 2 plans, importante bibliographie, index, cart. éditeur, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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"... L'inspiration générale de l'ouvrage qui, comme cela arrive souvent dans cette collection, se tient assez au-dessus du simple « manuel » pour étudiants, même avancés, est la suivante : l'histoire politique est à réhabiliter et particulièrement pour un temps où les structures et les mentalités politiques ne sont pas encore à maturité. L'Etat est alors renaissant, mais il ne peut se consolider que par l'union entre le prince et le peuple. L'aspiration de ce dernier est, comme toujours, la paix et la justice, le premier doit l'amener à croire qu'il peut les lui assurer. Il lui faut donc présenter une image du roi où se mêlera l'idée en germe de nation, consolider les bases de la force princière, finances, justice, armée, puis exercer une propagande à laquelle des serviteurs dévoués s'attacheront, notamment à chacune des occasions où le « peuple » est censé être consulté dans les « états ». L'ouvrage est d'une qualité qui n'a pas été jusqu'ici égalée en France sur un tel sujet." (Robert Fossier, Bibliothèque de l'école des chartes, 1992)

66.              GUIDO delle COLONNE, Jean COLOMBE. Histoire de la destruction de Troye La Grant. Introduction et légendes par Marcel Thomas, conservateur en chef du cabinet des manuscrits. P., Draeger, 1973, in-folio (26,5 x 40,5 cm), 108 pp, reproduction du manuscrit de la bibliothèque nationale avec la traduction en français moderne en regard, 72 planches pleine page en couleurs reproduisant le manuscrit de Paris, et 3 planches (fragments du manuscrit conservés au cabinet des estampes des musées d'Etat de Berlin-Ouest), reliure pleine toile beige de l'éditeur aux armes de la famille de Poitiers, titre en rouge au 1er plat et au dos, bon état. Edition originale hors commerce conçue et imprimée à l'intention des amis du Crédit Lyonnais

            40

Superbe réimpression du manuscrit enluminé par l’atelier des Colombe à la fin du XVe siècle, exécuté pour Aimar de Poitiers, dont il porte les armes sur plusieurs pages. Il est orné de dix-sept grandes peintures à pleine page (dont deux inachevées et une esquissée seulement) et de soixante-cinq petites peintures (dont une inachevée et une esquissée seulement) exécutées dans l'atelier des Colombe. Ce manuscrit a fait partie des collections d'Aimar de Poitiers, – de Diane de Poitiers, sa petite-fille, – du chancelier Séguier, etc. — "Le manuscrit Nouvelles acquisitions Françaises 24920 conservé à la Bibliothèque nationale de France est orné de 72 miniatures, dont 16 à pleine page, toutes d’une grande finesse d’exécution. On découvrira, dans ce véritable livre de peintures consacré à la légende troyenne, les fils du célèbre enlumineur de Bourges Jean Colombe, qui parvinrent à renouveler avec talent le répertoire de l’atelier en l’adaptant au goût du jour, davantage tourné, en cette aube de la Renaissance, vers l’Italie et les formes à l’antique. Chef-d’œuvre de l’enluminure française vers 1500, ce manuscrit de grande taille présente de saisissantes illustrations de l'histoire de la guerre de Troie. On y admirera de luxueuses pleines pages aux décors richement travaillés, l’exubérance ornementale des architectures, la savante mise en scène des batailles, la grâce des figures féminines, dans un ensemble qui porte la marque de fabrique de l’atelier Colombe." (Jacob Marie, Art de l'enluminure, 2017)

67.              LEGUAY (Jean-Pierre). Un réseau urbain au Moyen Age : les villes du duché de Bretagne aux XIVe et XVe siècles. (Thèse). Maloine, 1981, in-4°, 406 pp, 29 plans de villes et 3 cartes dans le texte et à pleine page, 25 gravures et photos, une soixantaines de tableaux et graphiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            120

"Le livre de J.-P. Leguay – sa thèse de Doctorat d'Etat – attire l'attention, à travers l'exemple de la Bretagne, sur l'importance et les rôles diversifiés des petites villes pendant le bas Moyen âge, même si elles ne représentent que 6,5 % de la population totale du duché. Leur nombre élevé dans cette région – une soixantaine – rendait le sujet difficile à maîtriser. On doit savoir gré à M. Leguay de nous avoir donné cette somme où il a réussi à faire revivre la vie et l'évolution de ces groupements urbains dans la variété de leurs aspects : administration, paysage urbain, structures sociales et économiques, pour ne citer que les chapitres majeurs. Une typologie des villes et les plans qui l'illustrent, clairement dessinés mais un peu trop dispersés, constituent de précieuses références." (Ariette Higounet-Nadal, Annales de Démographie Historique, 1982)

68.              LELONG (Charles). La Vie quotidienne en Gaule à l'époque mérovingienne. Hachette, 1963, in-8°, 222 pp, une carte, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

L'époque mérovingienne en Gaule, malgré la relative rareté des documents, nous est assez bien connue et mérite de l'être, elle nous révèle nos origines, à la fois romaines et « barbares », païennes et chrétiennes... — "Bien que l'époque mérovingienne ait duré près de trois siècles, entre la seconde moitié du Ve et la seconde moitié du VIIIe, elle est restée peu familière et nos connaissances se bornent le plus souvent aux exploits de Chilpéric et à la bonhomie du roi Dagobert. Or, ce Moyen Age, dont M. Jean Porcher a démontré qu'il fut riche en œuvres d'art et point barbare, a inspiré à M. Charles Lelong un vivant ouvrage. Ancien élève de Normale supérieure, agrégé d'histoire, professeur d'histoire ancienne en classes de Lettres supérieures au Lycée Descartes de Tours, il a réussi, en s'appuyant sur des sources écrites, à évoquer de façon précise l'homme « mérovingien » et son comportement à une époque de fusion entre les Gallo-Romains et les envahisseurs Francs. Les chapitres consacrés à l'amalgame des antiques pratiques païennes et du christianisme grandissant sont d'un intérêt tout particulier, car il a parfois laissé des traces qui subsistent encore telle la danse des « tripettes » en l'église de Barjols (Var)." (Revue des Deux Mondes, 1963)

69.              MIQUEL (André). Ousâma. Un prince syrien face aux croisés. Fayard, 1986, in-8°, 199 pp, une carte hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Inconnus de l'histoire)

            20

L'épopée des croisades, les seigneuries franques de Terre sainte, autant d'événements et de lieux qui nous sont surtout connus à travers le récit des chevaliers chrétiens, accourus d'Occident ou natifs des États latins. Plus qu'une simple biographie du prince syrien Ousâma ibn Mounqidh (1095-1187), André Miquel livre ici une véritable leçon d'écriture et de réflexion. Ousâma, chose insolite dans la littérature de son temps, a laissé une autobiographie, dont s'inspire ce récit sur la vision arabe des croisés. L'émir de Chayzar en Syrie fut le témoin de l'effondrement de l'islam et de la création des Etats francs. Il mena la vie d'un chevalier, d'un insoumis et d'un sage. Son portrait des Francs, aussi honnis qu'intriguants, ennemis dans la foi mais égaux par la valeur, est une magnifique leçon de tolérance.

70.              OSTROGORSKY (Georges). Histoire de l'Etat byzantin. Payot, 1977, fort in-8°, 649 pp, traduction française de J. Gouillard enrichie de nombreuses additions par l'auteur, préface de Paul Lemerle, 8 cartes, liste des souverains, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            30

"Cet ouvrage, désormais classique, a paru pour la première fois en 1940. L'édition actuelle est enrichie par rapport aux précédentes de tous les apports de la byzantinologie depuis trente ans. Un premier chapitre consacré au développement des études byzantines fait d'ailleurs le bilan de ces apports. Chaque chapitre est précédé d'une vaste introduction consacrée aux problèmes des sources. G. O. étudie ici à la fois l'histoire de Byzance, les institutions et le monde à l'époque byzantine. Cet ouvrage érudit, fondamental pour les spécialistes, ne pourra pas laisser indifférent..." (Revue française de science politique, 1970)

71.              OURSEL (Raymond). Les pèlerins du Moyen Age. Les hommes, les chemins, les sanctuaires. Fayard, 1963, in-8° carré, 214 pp, 73 gravures et photos, 3 cartes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Résurrection du passé)

            25

"R. Oursel s'intéresse parallèlement aux pèlerinages et à l'art roman et il a publié plusieurs études sur ces deux aspects de la vie et de l'activité des hommes de l'époque romane. Après une rapide description des premiers pèlerinages chrétiens, l'auteur décrit les conditions sociales et spirituelles des pèlerinages médiévaux et, à partir du célèbre Guide du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, il traite la question souvent étudiée des relations entre ce pèlerinage et l'art roman..." (Paul Rousset, Cahiers de civilisation médiévale)

72.              PACAUT (Marcel). Frédéric Barberousse. Fayard, 1967, in-8°, 316 pp, cartes, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes Études historiques). Edition originale, un des 100 exemplaires numérotés sur Alfa Navarre, seul tirage en grand papier

            60

"... Frédéric Barberousse n'est pas seulement le plus grand Empereur du Moyen Age, il est resté le héros national allemand, le plus prestigieux de tous peut-être dans l'imagination populaire. L'Allemagne qui lui était remise, il l'a aimée profondément. Empereur et roi durant trente-huit ans, il est mort par accident en conduisant une nouvelle croisade pour délivrer Jérusalem retombée au pouvoir de l'Islam. Sa disparition soudaine dans les eaux du Sélif le fit comparer à Moïse mourant avant d'atteindre la terre promise et servit sa légende plus qu'elle ne lui a nui. Le héros, dirent les poètes, n'était pas mort. Il était seulement endormi dans une caverne des montagnes. Un berger l'avait vu. Il sommeillait le coude appuyé sur une table de marbre. Sa barbe déjà avait fait neuf fois le tour de la table. Réveillé par le bruit des pas, il demanda : "Les corbeaux volent-ils encore autour de la montagne ? ". Sur la réponse affirmative du pâtre, il se rendormit. Son heure n'était pas encore venue. Cet homme de légende fut un homme d'action, un politique, un ambitieux. Il s'est heurté aux communes lombardes, éprises de liberté, à un grand féodal Henri-le-Lion, le Guelfe, à des grands papes, Adrien IV, Alexandre III. Sa vie fut une lutte constante. Quelles idées l'ont mené ? Quels desseins a-t-il poursuivis ? Pour raconter cette vie, expliquer l'empire, faire revivre Barberousse, ses conseillers, ses adversaires, transporter le lecteur dans ce XIIe siècle, si riche, si mouvementé, si tragique, il fallait un historien qui fût un grand germaniste et un écrivain." (L'éditeur) — "M. Pacaut s'est déjà distingué par de nombreuses publications et surtout par ses ouvrages sur le pape Alexandre III et sur Louis VII, roi de France, qui constituent une contribution importante aux recherches sur l'histoire politique et religieuse de l'Europe au XIIe s. Avec son récent ouvrage sur Frédéric Barberousse il continue ces travaux. Comme il n'existe en langue française jusqu'aujourd'hui aucun livre sur l'empereur, l'auteur veut combler en même temps une lacune dans l'historiographie française. Son ouvrage n'est donc pas destiné uniquement aux historiens proprement dits, il s'adresse expressément au public cultivé auquel il veut faire comprendre la personnalité et l'oeuvre de l'empereur. (...) Malgré la densité du texte, l'auteur a su nous donner un tableau vivant de la personnalité de l'empereur et de son oeuvre. Très utiles sont les tables généalogiques et les cartes qui accompagnent le livre." (Karl Jordan, Cahiers de civilisation médiévale, 1969)

73.              PERNOUD (Régine). Aliénor d'Aquitaine. Albin Michel, 1968, in-8°, 295 pp, biblio, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et vermillon, fleurons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), qqs annotations crayon, bon état (Prix Historia)

            45

La chronique scandaleuse s'est emparée très tôt du personnage d'Aliénor d'Aquitaine. Les Français ne lui auraient-ils pas gardé rancune d'avoir abandonné la couronne de France pour celle d'Angleterre ? Quoi qu'il en soit, la réputation fâcheuse qu'on lui a faite aura marqué, pour la postérité, une personnalité féminine hors pair. Admirablement attentive à son temps, toujours prête à faire face aux situations, si tragiques fussent-elles, elle se montra au cours d'une vie particulièrement mouvementée, capable d'organiser la défense d'une forteresse, d'administrer non seulement son duché, mais tout un royaume, de prévoir l'importance qu'allait prendre, au XIIIe siècle, la bourgeoisie des villes. En suivant pas à pas une vie romanesque s'il en fut, Régine Pernoud nous a donné avec Aliénor d'Aquitaine un livre remarquable qui a été couronné par le Grand Prix littéraire de la Ville de Bordeaux et par le prix Historia.

74.              PERNOUD (Régine). Christine de Pisan. Calmann-Lévy, 1982, in-8°, 227 pp, 2 arbres généalogiques (Maison de France et Maison de Bourgogne), biblio, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et vermillon, fleurons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            45

Personnage attachant que celui – encore méconnu – de Christine de Pisan : à travers ses écrits, en vers et en prose, la fille de l'astrologue-astronome de Charles V, née en 1365, n'hésite pas à revendiquer sa condition de femme ; elle est sans doute la première féministe avant la lettre... Et pourtant, le sort lui est contraire ; devenue veuve à vingt-cinq ans, tombée en disgrâce au sein de la Cour, elle doit affronter, tour à tour, la morgue des nantis, la servilité des gens de justice, et la mesquinerie des universitaires parisiens (de l'époque !) qui se refusent à admettre qu'une femme – c'est-à-dire, à leurs yeux, « une créature inférieure » – puisse avoir accès au savoir... Un peu à la façon d'une belle histoire, elle aura toutefois la satisfaction de voir, à la fin de sa vie, surgir une femme qui réveillera les passions et redonnera foi au peuple de France. Christine de Pisan, qui s'est tue depuis onze ans, reprendra la plume pour célébrer celle que nous appelons Jeanne d'Arc... — "Avec Régine Pernoud (1909-1998), a disparu une personnalité de premier plan, connue d'un large public en France et à l'étranger, auteur de dizaines d'ouvrages, parfois traduits à l'étranger, sur saint Martin de Tours (1996), sur Héloïse et Abélard (1970), sur Hildegarde de Bingen (1994), sur Aliénor d'Aquitaine (1966), sur Richard Cœur-de-Lion (1988), sur Blanche de Castille (1972), sur saint Louis (1985), sur Christine de Pisan (1982), sur les hommes de la croisade (1984), sur les saints au Moyen Age (1984), sur la femme au temps des cathédrales (1990)... Autant de livres composés avec simplicité et élégance, où se manifestent sa familiarité avec les chroniques, la littérature et l'art du Moyen Age, mais aussi sa profonde et touchante sympathie pour les siècles qu'elle évoque." (Philippe Contamine, Bibliothèque de l'École des chartes, 2000)

75.              PERNOUD (Régine) (dir). Le Siècle de saint Louis. Hachette, 1970, in-8°, 314 pp, 64 gravures, photos et cartes en noir dans le texte et hors texte, 16 pl. d'enluminures et photos en couleurs hors texte, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, coupures de presse sur le Moyen Age collées sur les gardes, bon état

            25

Ouvrage collectif, coordonné par Régine Pernoud, réalisé à l'occasion du septième centenaire de la mort de saint Louis. "L'état actuel des connaissances sur le temps de saint Louis" : 39 études érudites par Ch. Higounet, P. Riché, J. Hubert, A. Erlande-Brandenburg, R. Lejeune, J.-P. Babelon, E. Pognon, J. Gimpel, P. Deschamps, J. Fino, J. Meurgey de Tupigny, G.-A. Bezzola, A. Dimier, Y. Dossat, J. Levron, F. Gasparri, etc. — "Œuvre collective, cet ouvrage propose une quarantaine d'études qui, rassemblées, composent un tableau du siècle de saint Louis. On lira particulièrement les chapitres sur La vie paysanne et l'agriculture, Les villes et l'urbanisme de M. Charles Higounet, sur Saint Louis dans son palais de Paris, de M. J.-P. Babelon, sur les Routes et circuits commerciaux, de M. Jean Hubert ; – touchant la vie intellectuelle l'article de M. Bougerol sur Robert Grosseteste et saint Bonaventure, celui de M. Levron sur la Naissance des encyclopédies ou de M. Guillermon sur L'universalité de la langue française au XIIIe siècle ou encore de M. Riché sur L'instruction des laïcs au temps de saint Louis. Sous un titre assez large, Le royaume, l'Europe et l'Orient, se lisent quelques textes excellents sur Les enquêtes royales (M. François), L'abolition du duel judiciaire (J.-P. Babelon). Les arbitrages de saint Louis (E. Pognon), Le traité de Paris, en partie transcrit (J.-P. Babelon) ; – et, pour la vie religieuse, Les ordres mendiants (R. P. Vicaire), L'établissement de l'inquisition (Y. Dossat), Saint Louis et les Juifs (Mme Labarge), Royaumont et les Cisterciens (Fr. Dimier). L'histoire de l'art n'a pas été négligée et quelques études cherchent à définir ce que fut Le siècle des cathédrales. Celle de M. Erlande-Brandenburg fait le point sur Les techniques architecturales (...) Mme Perrot a résumé ce que l'on sait du vitrail au temps de saint Louis, en montrant comment l'agrandissement des fenêtres a imposé aux peintres verriers un changement de tonalité... – De son côté, M. Fino a fait un court exposé de l'organisation de l'armée, de l'état de l'armement et de l'évolution de l'architecture militaire. – Enfin je signale la brève mais suggestive étude de M. Meurgey de Tupigny sur le blason, sur le sens symbolique des émaux qui y sont employés, sur les origines et la signification de la fleur de lis et du lion dont les têtes décorent le trône du roi sur les sceaux de majesté... Une illustration agréable et bien choisie, en partie en couleurs, rehausse l'intérêt de l'ouvrage." (Francis Salet, Bulletin Monumental, 1971)

76.              PERRENS (F.-T.). Histoire de Florence depuis ses origines jusqu'à la domination des Médicis. Hachette, 1879-1883, 6 vol. in-8°, xvi-597, 541, 580, 547, 498 et 524 pp, une carte dépliante et un plan de Florence aux premières années du XIVe siècle en couleurs sur double page hors texte, notes, index dans chaque volume, reliures demi-basane bleu-nuit, dos à 4 nerfs filetés, titres, tomaisons et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos lég. frottés, coupes frottées, bon état

            300

Admirable et monumentale histoire de Florence des origines jusqu'au moment où Cosme de Médicis, chassé de Florence par la réaction aristocratique des Aibizzi, y rentre triomphant (1435). — "On savait depuis longtemps que M. Perrens travaillait à une Histoire de Florence. La première partie de son travail, qui ne s'étend que jusqu'à Dante, mais qui à elle seule comprendra au moins deux volumes, est sur le point de paraître. Nous avons pu en prendre connaissance presque entièrement et nous croyons que cet ouvrage rendra les plus grands services. Jamais encore l'histoire florentine n'a été l'objet d'un travail aussi étendu et aussi approfondi. Son ouvrage marque un pas considérable en avant et c'est même lui faire tort que de dire simplement qu'il est supérieur aux livres de Mme Allart, de Trollope ou de Capponi. Il traite pour la première fois d'une manière développée la question si compliquée des origines de la constitution florentine sur laquelle Capponi a passé si légèrement. On peut dire que l'ouvrage de M. Perrens servira de point de départ désormais à tous les travaux sur ce sujet." (G. Monod, Revue Historique, 1876) — "L'Histoire de Florence, de M. Perrens (Hachette), est une des œuvres historiques les plus considérables qui aient paru en France depuis longtemps. Les trois premiers volumes qui viennent d'être publiés ne s'étendent que jusqu'à la mort de l'empereur Henri VII (1313) ; ils contiennent la période de formation de la République, à laquelle G. Capponi n'avait accordé que 60 pages dans son histoire de Florence. L'ouvrage de M. Perrens est le premier essai d'un travail vraiment complet et approfondi sur ce grand sujet, et où toutes les ressources d'une érudition de première main soient mises au service de l'art et de la composition littéraire. Intéressant pour tous, varié et attachant comme les destinées mêmes de la ville dont il retrace l'histoire, ce livre est avant tout une œuvre de science, qui servira pendant longtemps de base aux études sur Florence." (G. Fagniez, Revue Historique, 1877)

77.              PLATT (Colin). Atlas de l'homme médiéval. Seuil, 1981, in-4°, 256 pp, environ 500 illustrations en noir et en couleurs (photos, gravures, estampes, tableaux, miniatures, dessins, cartes et tableaux), index, reliure toile havane de l'éditeur, dos lisse avec titre doré, une gravure dorée au 1er plat, sans la jaquette, bon état

            25

"Il s'agit de la version française de “The Atlas of medieval man”, London, Macmillan, 1979. Pour tenter de donner une image synchronique des sociétés humaines pendant cinq siècles de leur histoire et dans le monde entier, il fallait beaucoup d'audace sinon, penseront certains, de témérité ; on conçoit que le projet ait séduit Colin Platt qui fut l'un des créateurs et demeure l'un des principaux animateurs de la brillante et ambitieuse revue “World's Archaeology”. L'auteur a choisi pour point de départ l'an mil et pour terme final l'an 1500. Il justifie ce choix dans son introduction. Les environs de l'an mil de l'ère chrétienne ont vu, dans la plupart des régions du monde, s'opérer des mutations de portée majeure. En Europe occidentale, c'est la fin de ce que les historiens anglo-saxons appellent “The dark ages” et le début d'une croissance qui ne sera plus interrompue par de durables retours en arrière. Mais c'est aussi dans l'Islam une date-charnière : l'unité première de la “ummah” cède sous la pression des particularismes et ce fractionnement sera irréversible. Dans l'Extrême-Orient, la Chine des Song connaît, comme l'Occident, le début d'un important essor démographique, accompagné d'innovations dans la vie agricole et dans l'alimentation (introduction du riz) et de très nombreux progrès techniques (premières utilisations de la poudre à des fins militaires, emploi de caractères mobiles pour l'imprimerie, premiers compas de mer, horloge hydraulique à échappement, etc.) En Amérique du Nord, c'est l'apparition, dans le sud-ouest de ce continent, d'une société agricole d'un type nouveau, qui bâtit de grands édifices communautaires. Au Pérou apparaît l'empire Chimu ; en Amérique centrale se produit aussi une profonde mutation sociale : désormais, le guerrier tient un rôle dominant et supplante le prêtre. (...) L'ouvrage est illustré de quelque cinq cents images judicieusement choisies ; les figures en couleur, présentées assez souvent en pleine page, sont vraiment somptueuses. D'un aussi riche rassemblement de données historiques, sociologiques et archéologiques jaillissent des thèmes de réflexion et de recherche que l'auteur suggère çà et là. Dans les synchronismes observés entre deux régions très éloignées l'une de l'autre, qu'y a-t-il de fortuit ? Par exemple, dans la militarisation des sociétés de l'Europe occidentale et de la Méso-Amérique au XIe siècle ? Par quelles voies et par quels moyens pouvait s'opérer un emprunt technique, en particulier dans le domaine de la construction ? On admet que l'Europe occidentale a reçu de l'Orient méditerranéen, au Xe et au XIe siècles, nombre de techniques dans le domaine de la navigation, de l'utilisation de l'énergie hydraulique, etc... Pourquoi, dès lors, cette même Europe occidentale tarda-t-elle si longtemps à emprunter à Byzance et à l'Islam certains modèles de l'architecture militaire qui eussent été bien utiles aux premiers temps de l'âge féodal : la technique du flanquement des remparts, le tracé curviligne des ouvrages militaires ? Bref, la lecture de ce bel Atlas de l'homme médiéval est aussi enrichissante que stimulante." (Michel de Bouard, Archéologie médiévale, 1982)

78.              POESSEL (André-Edgar). La Conquête de l'Angleterre. Mayenne, Joseph Floch, 1966, pt in-8°, 167 pp, préface du prince Jean de Broglie, 2 cartes, 5 tableaux généalogiques, biblio, broché, couv. très lég. salie, bon état

            20

La Conquête de l'Angleterre ! Un tel fait peut nous sembler du domaine d'une fabuleuse Chanson de Geste ou de quelque épopée fantastique, pour ne pas dire chimérique... Le matin du 28 septembre 1066, le Duc Normand et ses troupes débarquaient sur la côte anglaise du Sussex, à Pevensey. Deux semaines plus tard, le 14 octobre, non loin de Pevensey, près de la ville d'Hastings, Guillaume de Normandie remportait sur l'armée anglo-saxonne, la célèbre et immortelle victoire qui le faisait Roi d'Angleterre. Pour l'Histoire, il devenait à jamais Guillaume le Conquérant...

79.              RENUCCI (Paul). L'Aventure de l'humanisme européen au Moyen-Age (IVe-XIVe siècle). Les Belles Lettres, 1953, in-8°, 266 pp, copieuse bibliographie (pp 197-231), triple index analytique, broché, bon état (Coll. Les Classiques de l'Humanisme). Edition originale

            40

La thèse de l'auteur a été publiée en deux volumes, aujourd'hui épuisés, “l'Aventure de l'humanisme européen au Moyen Age” (1953) et “Dante disciple et juge du monde gréco-latin” (1954), Paul Renucci (1915-1976) a tenté de reconstituer le système sous-jacent d'interprétation du monde ancien que Dante s'était forgé et de le situer dans le fil de l' "odyssée de la culture classique" pendant les siècles dits médiévaux. Le plan de ce volume est extrêmement clair : il s'agit de suivre, au fil des siècles, l'odyssée de la culture classique en Occident. L'enquête commence au moment où « la voix des Pères couvre les dernières rumeurs du paganisme agonisant » ; elle se termine avec le Trecento. Ce livre demeure une des œuvres les plus remarquables pour la compréhension des relations entre les cultures française et italienne.

80.              RICHÉ (Pierre). Gerbert d'Aurillac, le pape de l'an mil. Fayard, 1987, in-8°, 332 pp, 6 illustrations, 4 cartes hors texte, 5 tableaux généalogiques, notes, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, une garde lég. salie, bon état

            25

Gerbert fut un philosophe et un savant curieux de tout, passionné de mathématiques comme d'astronomie, aussi bon connaisseur de la science arabe que de la culture antique. Elevé à Saint-Géraud d'Aurillac et formé en Catalogne, écolâtre de la cathédrale de Reims (c'est-à-dire responsable de l'un des, tout premiers centres d'enseignement en Occident), il fut le plus grand "intellectuel" de son temps. Abbé du très riche monastère italien de Bobbio, archevêque de Reims, puis de Ravenne, avant d'occuper le trône de saint Pierre de 999 à 1003 sous le nom de Sylvestre II, ce simple moine auvergnat à la personnalité très affirmée sut être, au terme d'une surprenante ascension sociale, un homme d'influence et de pouvoir. Grand politique, il fut le précepteur et l'ami de l'empereur Otton III, et l'élection d'Hugues Capet ne se serait pas faite sans son intervention auprès du haut clergé franc... Enfin, c'est grâce à ses initiatives que virent le jour les Eglises nationales de Hongrie et de Pologne qui sont aujourd'hui parmi les plus florissantes. Qu'il s'agisse des affaires politiques, des problèmes religieux, du débat des idées, il a imprimé sur la fin du XIe siècle sa marque indélébile. Le premier pape français est bien l'homme clé de l'an mil.

81.              TUCHMAN (Barbara W.). Un Lointain miroir. Le XIVe, siècle de calamités. Fayard, 1979, gr. in-8°, 562 pp, traduit de l'américain, 2 cartes sur les gardes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Grand Prix des lectrices de Elle)

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L’ouvrage retrace l’histoire des calamités qui affectèrent l’Europe du XIVe siècle. Le XIVe siècle n’a pas d’équivalent dans l'histoire pour sa série de famines, d'infections, de chaos social et de guerres. Il présente un contraste terrible avec les progrès et les réalisations admirables qui avaient marqué les XIIe et XIIIe siècle en Europe. L’historienne Barbara Tuchman le décrit comme « une époque violente, tourmentée, sans repères, un âge de souffrance et de désintégration, dans lequel beaucoup voyaient le triomphe de Satan. » Par exemple, en 1347, la peste noire décime, cette année-là, quasiment la moitié de la population : « Aucune [cloche] ne sonnait, et personne ne pleurait parce que presque tous s’attendaient à mourir [...] des gens disaient et croyaient : « c’est la fin du monde [...].» Le père abandonnait son enfant, la femme, son mari, un frère, l’autre frère. Et moi, Agnolo di Tura dit le Gros, j’ai enterré mes cinq enfants de mes mains et bien d’autres ont fait comme moi » (p. 88). — "Barbara Tuchman, dans “Un Lointain miroir”, démontre que le XIVe siècle était à certains égards similaire au XXe (destructions, guerres, insécurité), et le résultat est éclairant pour le lecteur." (Steven Englund) — "Un ouvrage merveilleusement écrit, précis et d'une grande érudition. Barbara Tuchman réussit mieux que personne à nous montrer « comment c'était »." (The New York Review of Books)

TEMPS MODERNES

 

82.              ANDRIEUX (Maurice). Henri IV. Fayard, 1955, pt in-8°, 510 pp, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale, un des 50 ex. numérotés sur velin pur fil des Papeteries Lafuma, à toutes marges

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"La Révolution et les débuts du XIXe siècle n'ont pas rendu à Henri IV la justice qui lui était due et la Restauration n'a utilisé sa légende que pour l'opposer au prestige napoléonien. C'est de ce temps que date le portrait du roi Henri, image d'Epinal en nuances molles et fades ! Heureusement ce portrait faux les historiens modernes l'ont récusé et nul aussi bien que M. Andrieux n'a remis en belle lumière les traits virils dont on avait paradoxalement dépouillé un personnage qui est sans doute le plus haut en couleurs de notre histoire." (Albert Vincent, Revue des Sciences religieuses, 1956)

83.              BONAVENTURE des PERIERS / PEYNET. Les Nouvelles Récréations & Joyeux Devis, illustrés par Peynet. Choix de textes et préface de V. J. Sirot. Club Français du Livre, 1961, gr. in-8° carré, (14)-113 pp, 16 illustrations hors texte en couleurs par Peynet, reliure toile orange de l'éditeur avec une illustration de Peynet en médaillon au 1er plat (maquette de Jacques Darche), bon état

            25

Bonaventure Des Périers (ca 1510-1543) a baigné dans le courant de l'humanisme évangélique du premier XVIe siècle, représenté notamment par Clément Marot, Etienne Dolet et Jacques Lefèvre d'Etaples ; secrétaire de Marguerite de Navarre – sœur de François Ier –, on lui attribue le philosophique et sulfureux Cymbalum mundi, ouvrage anonyme qui fit sensation en 1537. Mais, pour le grand public, il se rattache à la lignée des auteurs de "contes à rire" avec ses Nouvelles Récréations et Joyeux Devis (posth., 1558). Son originalité tient sans doute à son art de conteur et à la subtilité de son inspiration, oscillant entre facétie, mélancolie et sourde satire.

84.              BRITSCH (Amédée). La Maison d'Orléans à la fin de l'Ancien Régime. La jeunesse de Philippe-Egalité (1747-1785), d'après des documents inédits. Payot, 1926, in-8°, 480 pp, 8 gravures hors texte, sources, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque Historique), envoi a.s. à Jacques Bainville

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"Voici un beau livre, documenté à loisir pendant vingt ans dans les archives publiques et privées, d'une critique sereine et avisée qui fait justice des innombrables légendes accumulées par des pamphlétaires sans vergogne, d'un style élégant et châtié où on sent l'écrivain de race. Son intérêt ne vient pas seulement du personnage dont il retrace la vie au vrai. Le duc d'Orléans – si calomnié – ne fut ni meilleur ni pire que les autres princes ses contemporains et M. Britsch n'a pas songé à dissimuler ses vices. Mais, autour de ce viveur épris de curiosité et d'amour des nouveautés, malheureusement blasé de bonne heure et sans énergie, il nous fait revivre par touches discrètes et vives, en une profusion de détails précis, la vie de la Cour et des grandes familles et toute la société des dernières années de l'ancien régime. Nul tableau n'est plus propre à nous faire toucher du doigt les causes profondes de la Révolution qui s'annonçait. (...) M. Britsch nous initie à tous les secrets, à tous les intérêts, à tous les calculs de la maison d'Orléans dont le chef en sa qualité de premier prince du sang jouait à la Cour sinon dans l'Etat le rôle le plus considérable. Il renouvelle, par exemple, l'histoire du parlement Maupeou en nous révélant que la maison d'Orléans fut unanime à prendre le parti de l'ancien parlement et qu'elle refusa de reconnaître le nouveau. (...) Le duc de Chartres fut grand maître de la maçonnerie, un grand maître indifférent et tout honorifique. C'est une occasion pour M. Britsch d'écrire un des meilleurs chapitres de son livre. Son tableau de la maçonnerie française, exact, admirablement documenté, fait justice des romans passionnés qui ont trouvé créance jusque sous la signature de professeurs de l'Université qu'on voudrait plus renseignés et plus respectueux des bonnes méthodes. Les francs-maçons qui peuplaient les loges de l'ancien régime appartenaient à l'élite de la société. Ils ne craignaient rien tant, dit justement M. Britsch, que de se brouiller avec le gouvernement et ils s'attachaient à gagner sa confiance. Les réunions des loges n'étaient pour eux qu'une distraction. (...) Je n'exagère pas en disant qu'un tel ouvrage renouvelle sur des points importants notre connaissance de la société française à son déclin. Je n'en vois pas d'aussi approfondi, d'aussi nourri, ni d'aussi attrayant. Il plaira à la fois au grand public et aux érudits. Je souhaite vivement qu'il ait bientôt une suite. En étudiant, dans le même esprit, le rôle de Philippe-Egalité dans la crise révolutionnaire, M. Britsch rendra à nos études le plus grand service." (Albert Mathiez, Annales historiques de la Révolution française, 1926)

85.              BUSSY-RABUTIN (Roger de Rabutin, comte de Bussy). Histoire amoureuse des Gaules, suivie de La France galante. Romans satiriques du XVIIe siècle attribués au comte de Bussy. Introduction et notes par Auguste Poitevin. Seconde édition revue et augmentée des maximes d'amour et de la carte géographique de la Cour. P., Adolphe Delahays, 1857-1858, 2 vol. in-12, 464 et 426 pp, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titres, tomaisons et fleurons dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            80

Version avec les noms cryptés, offrant au lecteur la clef en notes. — En 1665, lorsqu'elle fut diffusée dans l'entourage royal, “l'Histoire amoureuse des Gaules” fit scandale : le bruit se répandit que le comte de Bussy-Rabutin (1618-1693), âgé de quarante-deux ans, gentilhomme, guerrier, homme de cour et d'esprit, y tournait en ridicule certaines personnalités de la cour. Le verdict ne se fit pas attendre : le comte fut emprisonné à la Bastille, où il resta treize mois... Il est vrai que ce roman satirique dépeint sans complaisance les frasques des grands de ce monde et présente, sous des pseudonymes, les principaux personnages de la Cour dans leurs aventures amoureuses : on y apprendra les badinages et les intrigues de la comtesse d'Olonne, de Mme de Sévigné – la cousine de l'auteur – ou encore du prince de Condé en personne. Mais, au-delà de cette peinture subtile des moeurs de son temps, Bussy offre un récit plein de sel qui, plus de trois siècles plus tard, continue de séduire par l'ironique finesse et la pureté de sa prose. — “Nous avons vu que ce pamphlet avait une très grande importance en histoire. D’abord, c’est un tableau exact des mœurs du temps ; ensuite c’est un mémoire utile à consulter pour l’histoire politique elle-même du règne de Mazarin” (Paul Boiteau). – "Le récit factuel ne s’adresse plus aux lecteurs malins, mais aux historiens soucieux de connaître la société de Louis XIV dans tous ses aspects, même les plus scandaleux – même s’il est néanmoins vraisemblable que ce discours de l’érudition serve lui-même de masque à la satisfaction d’une certaine curiosité pour la vie érotique fantasmée des contemporains de Louis XIV." (Anna Arzoumanov, Littératures classiques, 2004)

86.              CLINQUART (Jean), Jean-Claude BOY. L'Administration des douanes en France sous l'Ancien Régime. Neuilly-sur-Seine, Association pour l'Histoire de l'Administration des Douanes, 1976, in-8°, 212 pp, une pl. en couleurs en frontispice, 5 gravures en noir, qqs fac-similés, notes, annexes, broché, bon état

            30

87.              COTINAT (Jacques-René). La Fondation et les débuts de l'hôpital Necker à Paris (hospice de Charité). Son fonctionnement sous l'Ancien Régime. P., IPPAR, s.d. (1972), in-4°, 106 pp, 35 planches et fac-similés, multigraphié, broché, couv. illustrée, bon état (Thèse pour le doctorat en médecine, Paris, Université René-Descartes, Faculté de médecine Necker-Enfants-malades)

            60

La plupart des documents relatifs à la fondation de l'Hôpital Necker se trouvent aux Archives Nationales dans les dossiers de maître Jozeau, avocat au Parlement de Paris, cousin de sœur Cassegrain, supérieure de l'hospice, dossiers séquestrés à la suite de son émigration. Le Dr Raymond Gervais, auteur d'une thèse sur cet hôpital (Paris, 1855), n'a pas eu connaissance de ce dossier. La fondation de l'hôpital date officiellement du 1er juillet 1778. Jean-Joseph Faydit de Terssac, curé des paroisses Saint-Sulpice et du Gros-Caillou, loue le monastère des Bénédictines de Notre-Dame-de-Liesse, pour lequel une procédure d'extinction est engagée, et y installe l'Hospice de Charité. L'installation avait commencé en fait en juin. Ce prêtre s'était déjà consacré pendant de nombreuses années au soulagement de la misère dans sa paroisse et voulait maintenant porter secours aux malades. Les difficultés ne se font pas attendre. Le loyer excessif, un nantissement important versé en garantie, des réparations coûteuses, une résiliation possible d'un moment à l'autre diminuent beaucoup les secours que les malades sont en droit d'attendre d'une si belle œuvre. Le nom de Mme Necker apparaît pour la première fois dans l'acte d'établissement de onze sœurs de la Charité (21 juillet 1778). Cet acte contient les accords et les conventions passés entre le roi, par l'intermédiaire de son ministre Necker, et les sœurs. Il est, en outre, stipulé que cet hospice est placé sous l'administration de Mme Necker et du curé de Saint-Sulpice. Les armoiries des deux personnages qui figurent sur deux des vases de l'apothicairerie de l'hospice conservés au musée de l'Assistance publique témoignent de cette doublé autorité. Ce statut persistera jusqu'à la Révolution. Lors de la confiscation des biens de l'église en 1792, l'hospice passera sous la tutelle de l'Etat en prenant le nom d'Hospice de l'Ouest. Ce n'est qu'en 1802, sous le Consulat, qu'il prendra le nom de Necker. L'installation de l'Hospice de charité fait apparaître de nombreux aménagements. L'hygiène y est améliorée et, nouveauté, il n'y a plus qu'un seul malade par lit. La plupart des remèdes sont fabriqués par les sœurs apothicaires avec les plantes du jardin botanique. En 1779, on a acheté toutefois de la manne, du séné, des tamarins, des fleurs de roses, du tartre stibié, du kermès, de l'ipéca, du lait et du beurre frais pour les vésicatoires. Les dépenses de pharmacie varient de 200 à 250 livres par mois venant après celles de la viande, du pain et du vin, soit 7,6 % des dépenses totales, contre 2 à 3 % dans les autres hôpitaux. Le prix de journée, 17 sols, est le plus bas de tous ceux qu'on observe dans les autres hôpitaux : 29 sols à l'Hôtel-Dieu, 30 à la Charité, 40 à l'Hôtel des Invalides, 42 aux Incurables. La qualité des soins dans l'établissement fut fort controversée et on y observe une des plus fortes mortalités hospitalières de Paris. Malgré ses imperfections, on y voit poindre une évolution dans les secours aux malades, la notion de « justice sociale » tendant à supplanter celle de « charité librement distribuée ». (Jacques-René Cotinat, Revue d'Histoire de la Pharmacie, 1975)

88.              CRAVERI (Benedetta). L'âge de la conversation. Gallimard, 2002, gr. in-8°, 486 pp, traduit de l'italien, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Du règne de Louis XIII à la Révolution, la société française a élaboré un art de vivre dont la conversation fut l'ingrédient essentiel. Née comme un simple passe-temps, comme un jeu destiné au délassement et au plaisir, bientôt élevée au rang de rite cardinal de la société mondaine, elle s'ouvrit peu à peu à l'introspection, à l'histoire, à la réflexion philosophique et scientifique, au débat d'idées. Son théâtre privilégié était les " ruelles ", puis les salons où la noblesse, ayant déposé les armes et exclue de la sphère politique, fondait désormais sa supériorité sur un code raffiné de bonnes manières et un idéal de perfection esthétique. Dans cet espace de liberté disjoint de la Cour, ce sont les femmes qui dictaient la règle du jeu et présidaient aux échanges entre mondains et gens de lettres, contribuant ainsi de façon décisive à la formation du français moderne, au développement de nouvelles formes littéraires, à la définition du goût. De la marquise de Rambouillet à Madame du Deffand et Julie de Lespinasse, en passant par la duchesse de Longueville, la marquise de Sévigné, Ninon de Lenclos, autant de figures emblématiques par lesquelles Benedetta Craveri s'est laissé guider pour retracer de l'intérieur, dans sa chatoyante diversité, l'histoire de cette société mondaine qui fut un phénomène unique en Europe. Et son livre, élégant, savant sans en avoir l'air, comme le demandait l'idéal de la conversation, nous fait comprendre pourquoi ce monde disparu continue d'exercer un attrait irrésistible. C'est alors qu'est née l'idée d'une élite fondée sur le principe de la cooptation entre des hommes et des femmes qui se voulaient égaux et se choisissaient sur la base d'affinités réciproques. C'est alors que l'homme moderne a fait de la sociabilité un art et l'a portée à sa suprême perfection.

89.              DELTOUR (Félix). Les Ennemis de Racine au XVIIe siècle. (Thèse). Hachette, 1879, in-12, xix-393 pp, 3e édition revue et corrigée, reliure demi-chagrin bordeaux, dos à 4 nerfs, titres et caissons dorés très ornés, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état

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Par Nicolas-Félix Deltour, né à Paris en 1822. Elève de l'Ecole normale (promotion de 1842), il fut successivement professeur de rhétorique aux lycées Louis-le-Grand, Bonaparte et Saint-Louis, inspecteur général de l'instruction publique et inspecteur général honoraire. Outre ses thèses : De Sallustio catonis imitatore (1859) et les Ennemis de Racine au XVIIe siècle (1859, plusieurs éditions), il a écrit : De l'Enseignement secondaire classique en Allemagne et en France (1880); Histoire de la littérature grecque (1884) ; Histoire de la littérature latine (1887-1888, 2 vol.) ; De la Réforme universitaire (1872) ; etc.

90.              DESCARTES (René). Sagesse de Descartes. Choix de textes et presentation par Samuel S. de Sacy. Club des Libraires de France, 1956, in-8°, 369-(12) pp, reliure pleine toile grise de l'éditeur, titre doré au 1er plat et au dos, rhodoïd (maquette de Pierre Faucheux), tirage numéroté sur papier alfa (Coll. Livres de Sagesse)

            25

"Roman d’un esprit, aventure de l’esprit : voilà bien justement ce qu’on trouve chez Descartes. Personne mieux que M. de Sacy ne pouvait nous aider dans cette découverte : il nous propose ici un bréviaire des textes majeurs de Descartes (dont le Discours) présentés et annotés par lui " (Yves Florenne, Le Monde diplomatique, 1956)

91.              DUPATY (Charles). Lumières d'Italie. Lettres choisies de 1785. Payot, 2013, in-8°, 185 pp, édition établie, annotée et présentée par Mario Pasa, broché, couv. illustrée, bon état, ex. du SP

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Charles Marguerite Jean-Baptiste Mercier Dupaty (1746-1788), que Voltaire qualifiait d' "idolâtre de la tolérance", fut un magistrat célèbre de son vivant, notamment pour avoir dénoncé des erreurs judiciaires. Son périple de 1785 en Italie est à la fois un voyage culturel initiatique, dans la tradition du Grand Tour, et un voyage politique de maturité, dans la mouvance prérévolutionnaire. Après l'injustice pontificale à Avignon, les galériens à Toulon et les poitrinaires à Nice, il découvre les républiques aristocratiques et délétères de Gênes et de Lucques, la Toscane du plus parfait des despotes éclairés, Rome et sa médiocrité heureuse, Naples et son désordre organisé, Paestum et ses touristes, le Vésuve en colère et bien sûr Pompéi, si prometteur mais si lent à revoir le jour - aussi lent que les lois à changer, pourrait constater cet auteur des Lumières. A travers les Italiens, c'est l'homme qu'étudie Dupaty dans ces lettres où, malgré quelques préjugés, il conjugue avec bonheur raison, sensibilité et humour.

92.              DUPONT (Jacques), François MATHEY. Le Dix-septième siècle. Les tendances nouvelles en Europe de Caravage à Vermeer. Genève, Skira, 1951, in-4° carré, 140 pp, riche iconographie en couleurs (reproductions collées), reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Coll. Les grands siècles de la peinture)

            25

93.              GIGNOUX (C.-J.). Turgot. Fayard, 1945, pt in-8°, 307 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale, un des 50 ex. numérotés sur papier vélin pur fil des Papeteries Lafuma, à toutes marges

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"... Ce qui intéresse l'auteur, économiste réputé, c'est de confronter les projets et l'action de Turgot avec les théories de l'économie politique, science qui prétend avoir établi, malgré les démentis que les faits s'obstinent à lui infliger, les lois de l'activité humaine dans la production et le développement des richesses. Turgot, qui se défendait avant tout d'être l'homme d'un système, se trouve évidemment en état d'infériorité, au banc de cet examen a posteriori..." (Ernest Lavaquery, Revue d'histoire de l'Église de France, 1946) — "Depuis quelque temps, il y a un regain d'actualité autour de Turgot... M. C.-J. Gignoux ne ménage pas la critique et condamnant à la fois l'homme et son époque : il leur reproche une certaine naïveté maladroite dans la pensée et dans l'action, si ce n'est une sorte d'encyclopédisme primaire..." (Jules Conan, Annales ESC, 1952)

94.              GOZZI (Carlo). Mémoires inutiles. Texte français, introduction et notes de Nino Frank. Genève, Editions Rencontre, 1970, pt in-8°, 498 pp, reliure simili-cuir brun foncé de l'éditeur, dos lisse orné avec titres dorés sur cartouche vert, bon état (Bibliothèque des Lettres anciennes et modernes)

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Sur Venise au XVIIIe siècle (le théâtre, le carnaval, les intrigues, les complots) : le livre des livres ! Le plus drôle mais surtout le plus méchant de la littérature de l'époque – Schopenhauer faisait son régal de l'intraitable Gozzi. Intraitable... et pourtant bizarrement pathétique : car le comte Gozzi, prompt à s'amouracher des pires garces, est la première victime de cette Commedia qui élève la rosserie au rang des beaux-arts. Rival de Carlo Goldoni à Venise, Carlo Gozzi est un auteur secret. De lui, on connaît surtout les fables théâtrales (L'Amour des trois oranges, L'Oiseau vert, Turandot). Moins célèbres sont ses Mémoires qualifiés d'inutiles, écrits en 1780, et publiés seulement en 1797 alors que la République de Venise disparaît. Plus qu'un livre mémoriel, il s'agit d'un livre-réquisitoire où Gozzi règle ses comptes avec ceux, comédiens, hommes politiques, amis et amies, qui l'ont, pense-t-il, trahi.

95.              HAECHLER (Jean). L'Encyclopédie. Les combats et les hommes. Les Belles Lettres, 1998, gr. in-8°, 449 pp, illustrations, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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L'Encyclopédie a été un gigantesque dictionnaire raisonné rassemblant toutes les connaissances et les raccordant entre elles ; mais elle n'a pas été que cela. Elle a suscité d'immenses affrontements entre les hommes qui l'ont combattue et ceux qui l'ont défendue : caprices, fringales, amitiés, rancoeurs, camouflets, harcèlements, duplicités, trahisons, vengeances et drames entre ces grands fauves qu'étaient ces hommes supérieurs constituent une véritable épopée ; affrontements également entre les puissances obsédées par sa destruction et celles déterminées à la sauver : l'Assemblée du Clergé, la Sorbonne jésuite, le Parlement janséniste, les dévots, le pouvoir et ses clans, l'opinion publique, les cours étrangères et les papes en ont été les acteurs aux alliances inattendues, souvent contre nature. Lettres ouvertes, pamphlets et anathèmes, emprisonnements et expatriations dévoilent turpitudes et scandales avec une permanence où l'intolérance et les censures de tous ordres ont armé des adversaires aussi déterminés qu'irréductibles. Elle a été une immense entreprise économique par sa dimension financière, le nombre de ses collaborateurs et ouvriers, les matières véhiculées puis transformées, le matériel mis en oeuvre et... ses profits énormes. Minutieusement analysées, ce sont toutes ces facettes qui sont ici dévoilées, où chaque personnage acquiert sa dimension, et où sont relatées avec beaucoup de vie et de réalisme des scènes parfois inouïes. — Table : Naissance d'un grand projet (1744-1750) ; 1750, l'époque Janus ; Haro général (1751-1752) ; Le combat de tranchée (1753-1756) ; L'exécution (1757-1759) ; Clandestinité et grand guignol (1759-1760) ; Activité, efficacité et drames intérieurs (1761-1765) ; La délivrance (1766).

96.              HAUSER (Henri). La Prépondérance espagnole (1559-1660). PUF, 1948, in-8°, 592 pp, troisième édition, biblio, index, broché, soulignures stylo sur 26 pages, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

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"Ecrit d'une plume alerte et dû à un seul auteur, ce volume met en relief, par son titre et son contenu, le rôle prépondérant de l'Espagne dans la politique européenne pendant un siècle. Il s'impose à notre attention, et il la mérite..." (Georges Cirot, Bulletin Hispanique, 1934) — "Quand j'étais jeune étudiant ma forme d'esprit s'adaptait assez mal aux ouvrages de la collection Halphen et Sagnac. L'un deux faisant exception à la règle : c'était 'La prépondérance espagnole' d'Henri Hauser. Bien construit, agréable à lire, désencombré de détails inutiles, c'était une réussite de l'esprit. On comprend donc qu'à la différence des autres, il ait été réédité sans modification. Dans son introduction Pierre Chaunu montre que le « Hauser » n'a vieilli que sur deux points : L'histoire démographique et celle des mentalités. Tous ceux qui veulent comprendre l'importance de l'Espagne en Europe dans cette période et ainsi mieux comprendre ce que fut la civilisation espagnole doivent lire ce guide précieux." (Frédéric Mauro, à propos de la réédition de 1973)

97.              KRAKOWSKI (Edouard). Le Comte Jean Potocki. Un témoin de l'Europe des Lumières. Gallimard, 1963, in-8°, 234 pp, 8 pl. de gravures hors texte, broché, bon état (Coll. Leurs figures)

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Biographie de Jean Potocki (1761-1815). — "Le Comte Jean Potocki, né le 8 mars 1761, élevé, entre douze et quinze ans, à Lausanne et Genève, vécut en la partie dévolue à l'Autriche de la Pologne, fut lieutenant du génie à Vienne, s'embarqua, en 1779, pour aller combattre les Barbaresques, revint vivre à Varsovie, fut pris d'un prodigieux zèle pour les études les plus sérieuses et devint ainsi « un témoin de l'époque des lumières ». Il épousa, en 1785, Julie Lumbomirska, fille de feu Stanislas et de la brillante et intelligente Isabelle Lumbomirska, née Czartoriska, sœur du prince Adam, amie de l'abbé Delille et de nombreuses personnalités littéraires et artistiques françaises rencontrées par elle lors d'un séjour de deux ans qu'elle avait fait à Paris. De Julie, le comte Jean Potocki eut deux fils qui servirent dans les armées de Napoléon Ier, tandis que lui-même rédigeait “Le manuscrit trouvé à Saragosse”... Voyageur infatigable à travers l'Europe, l'Afrique et la Chine, témoin du bouleversement apporté sur le continent par la Révolution française, familier de l'Empire des Tsars, après avoir été celui de la cour de Marie-Thérèse d'Autriche, Jean Potocki avait une formation très marquée par le XVIIIe siècle et une science encyclopédique. Pourtant, six mois après Waterloo et souffrant de névralgies cruelles, il fit fondre une balle d'argent prélevée sur le métal d'une théière, la fit bénir par son chapelain et se la logea dans la tête. Ce contemporain de l'époque des Lumières avait adopté la mort romantique du Werther de Gœthe. Un peu dense parfois, l'ouvrage de M. Edouard Krakowski témoigne d'une ample et soigneuse documentation. Il rend la vie à un personnage ignoré de nos contemporains, et qui méritait bien d'inspirer cette curieuse et attachante biographie." (A. G., Revue des Deux Mondes, 1963)

98.              L'ESTOILE (Pierre de). Journal de L'Estoile. Le règne de Henri III. Edition établie et préfacée par Patrice Boussel. Livre Club du Libraire, 1963, in-8°, 366 pp, 15 pl. de gravures hors texte (dont 7 planches doubles), imprimé sur offset des papeteries Prioux, reliure toile noire éditeur, premier plat décoré d'une gravure de soldat en rouge, gardes illustrées, rhodoïd (lég. abîmé), bon état

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"M. Patrice Boussel a publié une précieuse édition du Journal de Pierre de L'Estoile. Le règne de Henri III. (Le Livre Club du Libraire). Pierre de L'Estoile est né en 1546 et mort en 1611. Il appellait son journal ses « Registres-journaux », ou « le magasin de mes curiosités ». C'est, nous dit M. Boussel, pour les règnes de Henri III et de Henri IV, « la plus précieuse, la plus vivante, la plus variée et la plus étendue des collections de documents ». En 1666, son beau-père résigna à son profit sa charge d'audiencier en la Chancellerie de Paris. En 1689, il fait partie des quelques trois cents bourgeois convaincus de favoriser la politique du roi de Navarre et enfermés à la Conciergerie. Il sera relâché huit jours plus tard. Pierre de L'Estoile s'était formé une riche bibliothèque qui fut dispersée après sa mort. En janvier 1589, la prudence lui avait déjà commandé de brûler « une grande quantité de livres censurés et défendus, avec tout plain d'autres escrits à la main meslés de bon et de mauvais». La même année, il écrit: «Le jour de la Pentecoste, Loïs Delestoille, mon fils aisné, aiant crocheté mon estude, me dérobba à divers fois tout plain de bons livres grecqs et latins qui vendist à non pris, m'aiant cousté bien cher. Ce propre fils m'affligea plus que toute la perte que j'avois faite ni toutes les recherches et menaces que ceux de la Ligue me faisoient journellement, à tort et sans cause. » L'édition du Journal de L'Estoile donnée par M. Patrice Boussel est abondamment illustrée et donne des reproductions de portraits, de peintures, de tapisseries et de gravures. Parmi les gravures, nous citerons les suivantes, appartenant au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale: le Jeu de paume; la Procession de la Ligue; estampe allégorique contre les partis politiques fauteurs de guerre civile (la France est figurée sciée en deux par les guerres de religion, par la superstition et la rébellion, avec, à gauche, le duc de Guise, à droite, Gaspard de Coligny) ; l'assassinat du duc de Guise et de son frère la cardinal, 1588; l'assassinat de Henri III par frère Clément, estampe satirique; planches extraites du Traité d'escrime, dédié à Henri III et gravées par G.-A. Lovino, de Milan, A mentionner aussi un curieux portrait satirique d'Henri III, en tête d'une pièce intitulée: l'Isle des Hermaphrodites." (Amédée Boinet, La Bibliofilía, 1964)

99.              LABRACHERIE (Pierre) et François MILLEPIERRES. La Conspiration de Cellamare. Quand la duchesse du Maine conspirait... Del Duca, 1963, in-8°, 261 pp, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Grandes conspirations de l'Histoire), envoi a.s. des deux auteurs au général Koenig

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La conspiration de Cellamare fut un complot ourdi par l’Espagne en 1718 pour retirer la régence du royaume de France à Philippe d’Orléans. Elle tire son nom d’Antonio del Giudice, prince de Cellamare, ambassadeur en France du roi d’Espagne, Philippe V. La duchesse du Maine, épouse d’un bâtard légitimé de Louis XIV, Louis-Auguste de Bourbon, intriguait contre le régent, qui, en faisant casser le testament du vieux roi, avait écarté son mari de tout rôle politique. Elle entra en correspondance avec le premier ministre de l'Espagne, le cardinal italien Giulio Alberoni. Avec l’appui de l’ambassadeur du roi d’Espagne, un projet de complot fut bientôt tramé dans l’entourage de la duchesse... Le 9 décembre, le régent faisait arrêter le prince de Cellamare, qui fut aussitôt expulsé, et tous ceux qui, de près ou de loin, avaient participé à la conjuration : le duc du Maine, envoyé à la forteresse de Doullens, la duchesse exilée à Dijon, le duc de Richelieu mis à la Bastille etc. Tous obtinrent leur pardon quelques mois après sans avoir été envoyés à l’échafaud. Le 9 janvier 1719, la France saisit l’occasion pour déclarer la guerre à l’Espagne...

100.          LA FAYETTE (Madame de). Histoire de Madame Henriette d'Angleterre. Suivie de Mémoires de la Cour de France pour les années 1688 et 1689. Edition présentée et annotée par Gilbert Sigaux. Mercure de France, 1988, in-8°, 252 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

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La plus grande romancière du XVIIe siècle ; on le savait. Mais aussi un des plus grands mémorialistes de son temps. La voici confidente privilégiée de l'Histoire. Fidèle à soi, mais véridique. Aucun document n'est plus authentique que l'Histoire d'Henriette d'Angleterre, les chercheurs et les spécialistes l'ont suffisamment montré. Tout est révélé ici de la princesse, de son œuvre politique et sociale, des influences, avouées ou souterraines, qui s'exercent sur elle. Mais l'information ne suffirait pas à composer ce portrait d'une femme, d'un cœur, d'une destinée d'exception qu'un grand écrivain fait revivre pour nous. On retrouvera dans les Mémoires de la Cour de France pour les années 1688 et 1689 la même alliance subtile de l'art et de la vérité. Mais, derrière les grands événements politiques, voici les intrigues sordides, les traits généreux ou héroïques, les anecdotes savoureuses : un siècle, ses grandeurs, ses misères.

101.          LE ROY LADURIE (Emmanuel). L'Etat royal. De Louis XI à Henri IV, 1460-1610. Hachette, 1987, in-4°, 357 pp, abondamment illustré en noir et en couleurs, 11 cartes et généalogies, chronologie, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée en couleurs, bon état (Coll. Histoire de France Hachette, 2)

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"Ce volume se place sous le signe de quelques idées majeures : continuité, croissance, ouverture. Continuité : la démographie, la société et l'économie françaises, si "chahutées" soient-elles, ne sont plus en proie dorénavant aux phénomènes de désintégration apocalyptique qui étaient intervenus jadis entre la Peste noire et les temps difficiles de Jeanne d'Arc ou du jeune Charles VII. Croissance : l'appareil du pouvoir passe de 5000 fonctionnaires ("officiers") sous François 1er à 50 000 au temps des premiers Bourbons. Ouverture : une longue et sanglante recherche, plus que séculaire, détermine enfin, vers 1600, au temps d'Henri IV, un triple et favorable résultat : coexistence pacifique avec les puissances huguenotes ; bonne entente avec les puissances protestantes, libérales, capitalistes (Angleterre, Genève et surtout Hollande) ; accent heureusement mis, enfin, sur l'expansion, du reste spontanée, de l'économie nationale." (Emmanuel Le Roy Ladurie)

102.          LE ROY LADURIE (Emmanuel). l'Ancien Régime, de Louis XIII à Louis XV, 1610-1770. Hachette, 1991, in-4°, 461 pp, abondamment illustré en noir et en couleurs, 12 cartes, généalogies, chronologie, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée en couleurs, bon état (Coll. Histoire de France Hachette, 3)

            40

"Marie de Médicis, régente après 1610, recueille les derniers soupirs de la monarchie tempérée. Avec l'absolutisme, inauguré par Richelieu entre 1614 et 1627, se met en place un système brillant, coûteux, belliqueux, relativement souple, efficace, emprunt de Raison volontaire et bientôt modernisatrice, mais fondé pour l'essentiel, en l'absence d'assemblées représentatives à l'échelon national, sur une concentration, assez théorique en fait, de la souveraineté : celle-ci s'incarne dans un monarque individuel (le roi Bourbon) et dans une instance collective : la "robe du Conseil", classe politico-fonctionnelle des conseillers d'Etat et des maîtres des requêtes. L'énarchie de l'époque... Le compromis de base qu'avait instauré Henri IV (accommodement avec les huguenots indigènes, entente avec les nations protestantes, croissance des richesses du pays) finit par se changer en son contraire, sous Louis XIV vieillissant : persécution contre les réformés, cassure avec les Pays-Bas et l'Angleterre, difficultés économiques dues aux guerres interminables. Et cependant (le Roi-Soleil ayant disparu) l'absolutisme, tout en restant fidèle à lui-même, va se laisser aller, sous Philippe d'Orléans, puis Louis XV ; à des phases d'ouverture séduisantes : il y a derechef coexistence factuelle quoique fort agitée avec les jansénistes, voire les huguenots ; rapprochement à éclipse en direction des puissances maritimes, libérales, capitalistes ; puissant essor économique. Considérée dans sa totalité, la monarchie absolue représente sur le continent, à l'étranger comme en France, et non sans fluctuations, un stade fréquent, quoique pas obligatoire, du développement institutionnel et politique. Etape fréquente, liée à la naissance de l'Etat moderne, mais limitée dans la durée. A partir de 1775, s'amorce un nouveau passage ; il s'étalera sur près d'un siècle ; une transition s'effectue en effet, qui mène de la légitimité aristo-héréditaire, celle de jadis, jusqu'à la nouvelle légitimité démocratique ou, pour le moins, représentative : la nôtre. Le phénomène s'affirme avec violence, dès 1789, sous forme d'une rupture spectaculaire, suivie d'une longue vacance de légitimité." (Emmanuel Le Roy Ladurie)

103.          MAGNE (Emile). Le Cœur et l'esprit de Madame de Lafayette. Portraits et documents inédits. Emile-Paul, 1927, fort in-12, 400 pp, 8 gravures hors texte (7 portraits et un fac-similé), index, broché, papier lég. jauni, bon état

            25

"Un récit alerte, vif, documenté. Toujours fidèle à son époque de prédilection, M. E. Magne en fait revivre l'atmosphère charmante, en témoignant une fois de plus d'une incomparable variété d'information." (Revue des Etudes historiques) — "Dans un volume nouveau, nourri de documents inédits, “Le Cœur et l'Esprit de Madame de Lafayette”, M. Emile Magne étudie la maturité et la vieillesse de l'illustre créatrice du roman psychologique. Nos lecteurs apprécieront certainement l'attrait de ce travail de haute qualité historique." (Le Figaro, 23 juillet 1927)

104.          MAGNE (Emile). Scarron et son milieu. Documents inédits. Emile-Paul, 1924, in-12, 344 pp, nouvelle édition entièrement remaniée et augmentée de documents inédits, un portrait gravé de Scarron en frontispice et 3 gravures hors texte, poésies inédites, lettres inédites et documents inédits sur la famille de Scarron en appendice (pp. 297-322), index, broché, bon état

            25

"Nouvelle édition, fortement remaniée et enrichie. On sait que M. Magne, avant d'écrire ses biographies, travaille au Cabinet des manuscrits, à l'Arsenal, aux Affaires étrangères, aux Archives nationales, et que sa bibliographie est au courant (en l'espèce Henri Chardon est copieusement utilisé et loyalement cité). Son livre est un intéressant tableau de certains coins de la société provinciale et parisienne du XVIIe siècle et un bon récit des débuts de Françoise d'Aubigné. M. Magne croit, en principe, à l'authenticité des lettres publiées par La Beaumelle et que rejettent d'ordinaire « les biographes, facilement scandalisés ». Il semble avoir fait la preuve pour l'une d'entre elles (p. 188-189). Rien n'est piquant comme le projet de voyage du cul-de-jatte et de la belle Indienne pour la France equinoxiale. Scarron est à joindre à la liste des auteurs qui ont vanté, entre Jean de Léry et Rousseau, les vertus de la vie sauvage. Quelques poésies et lettres inédites ; documents sur la famille Scarron." (Henri Hauser, Revue Historique, 1924)

105.          MAUREPAS (Arnaud de) et Florent BRAYARD. Les Français vus par eux-mêmes. Le XVIIIe siècle. Anthologie des mémorialistes du XVIIIe siècle. Laffont, 1996, fort in-8°, 1440 pp, préface par Daniel Roche, notices biographiques, chronologie, index des noms de personnes et des noms de lieux, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et vermillon, fleurons dorés, couv. conservées, bon état (Coll. Bouquins)

            70

"Du siècle des Lumières si souvent visité, il restait une image audacieuse à donner : laisser parler les témoins. C'est ce qu'ont entrepris Arnaud de Maurepas et Florent Brayard en accompagnant des auteurs oubliés ou méconnus vers de nouveaux lecteurs pour leur permettre, mieux et plus fort que jamais, de faire entendre leur voix. Voix singulières et variées : Mercier, Saint-Simon, Morellet, d'Argenson, et d'autres issues de toutes catégories sociales et de tous les âges, Brancas, Ligne, Vigée-Lebrun, Wille. Chacun a un style, une manière de raconter, des préoccupations et des sentiments divers. Tous ensemble nous sommes conviés à un véritable enchantement où l'humour, le sens de la beauté ou celui de l'anecdote, la profondeur des réflexions et le sentiment du tragique, parfois, attisent tour à tour l'attention ou comblent les sens. Tout est raconté de ces choses qui ont fait le caractère d'une époque : des perruques toujours plus hautes aux intrigues de la Cour, de l'attentat de Damiens au sacre de Louis XVI. Assortie de notices biographiques, d'un index et d'introductions, la présente anthologie promet à ses lecteurs de vrais bonheurs à la mesure de la grande diversité des textes présentés. De telles promesses sont parfois illusoires : elles ne peuvent ici qu'être exaucées." (Guy Schoeller)

106.          MONTAIGNE (Michel de). Sagesse de Montaigne. Chapitres des Essais, choisis et presentés par Samuel S. de Sacy et suivis d'un glossaire. Club des Libraires de France, 1957, in-8°, xxiv-438 pp, reliure pleine toile grise de l'éditeur, titre doré au 1er plat et au dos, rhodoïd (maquette de Pierre Faucheux), tirage numéroté sur papier bouffant blanc (Coll. Livres de Sagesse)

            25

107.          MONTESQUIEU. Cahiers, 1716-1755. Textes recueillis et présentés par Bernard Grasset. Entièrement revus sur les manuscrits par M. André Masson, archiviste-paléographe, conservateur de la Bibliothèque municipale de Bordeaux. Grasset, 1941, in-8°, xxviii-305 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, couv. en partie insolée, bon état

            25

"Peu avant la guerre, la ville de Bordeaux achetait à l'hôtel des ventes de Paris trois volumes de manuscrits inédits au dos desquels Montesquieu avait fait frapper en or sur maroquin rouge ce titre « Mes Pensées ». M. Bernard Grasset, qui s'en assurait aussitôt les droits de publication, réalise aujourd'hui cette première édition avec tout le soin désirable. Sur lui-même, sur l'homme, sur les ouvrages de l'esprit, le caractère des nations, les croyances et les sciences, Montesquieu donne ses impressions sous une forme lapidaire. Aussi fàut-il dès maintenant ranger ces Cahiers entre les Lettres persanes et de l'Esprit des lois dans toutes les bibliothèques rassemblant les œuvres de nos grands classiques." (Revue des Deux Mondes, 1942)

108.          NOLHAC (Pierre de). Louis XV et Marie Leczinska, d'après de nouveaux documents. Calmann-Lévy, 1904, in-12, 345 pp, sources, reliure demi-basane noire, dos à 5 faux-nerfs, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état (Etudes sur la cour de France)

            25

"Dans ce volume, M. de N. étudie la jeunesse de Louis XV et de Marie Leczinska jusqu'à la maladie du roi à Metz (1744) et aux incidents qui entraînèrent la séparation définitive du ménage royal. Si le couple royal reste au premier plan, l'auteur retrace le milieu où il a vécu et analyse tous les événements qui ont eu une influence sur les sentiments réciproques des deux époux. Il nous donne donc en même temps une biographie de Marie Leczinska, un tableau de la Cour de France dans les premières années du règne de Louis XV, le récit d'un certain nombre d'épisodes. Mais quelque complexe que puisse paraître un sujet ainsi entendu, et quelques digressions qu'il puisse contenir, tout est fort adroitement ramené à la reine Marie Leczinska, et, dans son ensemble, l'ouvrage est bien composé. Il comprend quatre chapitres : Le mariage (vie des Leczinski à Wissembourg, intrigues qui amenèrent le duc de Bourbon et la marquise de Prie à combiner le mariage, récit détaillé des préparatifs du mariage et du mariage) ; Les années heureuses (naissance des enfants de Louis XV et de Marie Leczinska, disgrâce de M. le Duc et de Mme de Prie, rapports de la reine et de Fleury, popularité de la reine) ; L'abandon (les affaires de Pologne, les premières maîtresses du roi) ; La bonne reine (l'entourage et la vie de Marie Leczinska à Versailles et à Trianon, le départ du roi pour l'armée et les événements de Metz, la mort de Mme de Châteauroux). La plupart des faits que renferment ces différents chapitres nous sont déjà connus, au moins partiellement, pourtant il s'en faut de beaucoup que le livre de M. de N. ne soit qu'un résumé de tous les travaux publiés sur le sujet. M. de N., en effet, ne se dispense jamais de recourir aux sources, et son ouvrage est un modèle de critique historique." (P. Muret, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1902) — Il est assez nouveau de présenter la Cour de Louis XV en y mettant au centre la figure un peu effacée de la reine Marie Leczinska. Grâce à ses recherches approfondies, Pierre de Nolhac nous révèle les véritables traits de son caractère. Quant à son rôle, il n’est pas dépourvu d’intérêt... Ce livre raconte la jeunesse de Louis XV et de la reine Marie Leczinska jusqu'au moment où les incidents du voyage de Metz amènent la définitive séparation du ménage royal...

109.          NOLHAC (Pierre de). Marie-Antoinette Dauphine, d'après de nouveaux documents. Calmann-Lévy, s.d. (1904), in-12, 339 pp, sources, reliure demi-basane noire, dos à 5 faux-nerfs, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), un mors faible, bon état (Etudes sur la cour de France)

            25

110.          Le même, s.d. (1930), reliure demi-toile bleue, dos lisse avec titres, fleurons et doubles filets dorés (rel. de l'époque), un mors faible, bon état

            25

Louis XV régnait depuis plus d’un demi-siècle, quand il se décida à marier le Dauphin, son petit-fils, à l’archiduchesse Marie-Antoinette...

111.          PLATONOV (Sergueï). Boris Godounov. Tsar de Russie (1598-1605). Payot, 1929, in-8°, 269 pp, traduit du russe, 19 gravures sur 16 pl. hors texte, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et vermillon, fleurons dorés, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            45

"Il y a un Boris Godounov légendaire. C'est celui qu'on connaît le mieux en Occident, grâce au drame de Pouchkine, à l'opéra de Moussorgski et à l'incarnation quasi géniale de Chaliapine. La littérature et la musique ont fait de Boris un intrigant, un scélérat qui accéda au trône par la violence et le crime. Le professeur Platonov dissipe la légende et s'attache â la réhabilitation morale de ce boïard du XVe siècle, qui fut, comme il le dit justement, « une des personnalités les plus dramatiques non seulement de l'histoire russe, mais de l'histoire universelle ». S'appuyant sur la documentation historique la plus sûre, il nous le montre sous ses traits véritables: remettant de l'ordre dans le chaos qui suivit le règne d'Ivan le Terrible, redressant le prestige perdu de Moscou dans les relations internationales, refrénant les ambitions dynastiques de quelques familles aristocratiques. Un vrai chef de gouvernement, un excellent administrateur, se souciant du bien du peuple, un homme doux, accueillant aux étrangers, tel nous apparaît le soi-disant assassin de Dmitri. Un homme d'Etat énergique, digne précurseur de Pierre le Grand. Une carrière exceptionnellement brillante, mais brève; une dynastie qui, à peine fondée, fut anéantie au lendemain même de la mort de son chef. Sur le fond de la Russie aux moeurs rudes du XVIe siècle, le portrait de Boris se détache en haut relief et efface définitivement la fausse image transmise à la postérité par la tradition. Dix-neuf illustrations hors texte aident à la compréhension de la vie et des moeurs de l'ancienne Moscovie. On admirera surtout la belle gravure de la page 176 : c'est un Boris barbu, aux yeux ardents et sombres, beaucoup plus expressif que le Boris banalement stylisé de la couverture." (André Pierre, La Quinzaine critique des livres et des revues, 1938) — "Dans ce livre sur Boris Godounov, Platonov met au point toutes les controverses qui se sont enchevêtrées au cours des siècles autour du tsar élu en 1598. II conclut par une réhabilitation complète de Boris, qui n'a jamais songé à établir le servage et qui n'a pu être le meurtrier conscient du dernier rejeton de la race de Rurik." (G. Gautier, Revue Historique)

112.          PUJO (Bernard). Vauban. Albin Michel, 1991, gr. in-8°, 374 pp, 16 pl. de gravures hors texte, un plan, notes, sources et biblio, glossaire, index, broché, couv. illustrée, bon état. On joint 3 coupures de presse sur Vauban

            20

Trois siècles ont passé depuis la mort de Vauban, mais son souvenir est toujours présent dans beaucoup de villes et villages de France. Bernard Pujo, en étudiant les nombreux écrits de Vauban et grâce à des sources privées non encore exploitées, en redécouvrant les lieux où il a vécu, en particulier ce coin de Morvan auquel il était très attaché, a recherché l'homme sous l'effigie et la légende. Derrière le guerrier qui a mené cinquante sièges victorieux et le bâtisseur qui a construit plus de trente places neuves et en a fait restaurer plus d'une centaine, apparaît une personnalité aux multiples ressources, ingénieur et architecte, urbaniste et hydrographe, économiste, statisticien et financier, stratège mais aussi philosophe et moraliste, un esprit étonnamment inventif, un homme en avance sur son siècle, traversé par des intuitions fulgurantes. Ce soldat, sans cesse sillonnant les chemins de France pour mettre en place une défense cohérente, le « pré carré », se bat aussi avec sa plume. Écrivain prolifique, il traduit sa pensée dans un style savoureux. Grand serviteur de l'État, profondément attaché à son Roi, il est en même temps un esprit libre qui n hésite pas à exprimer ses désaccords aux ministres et au souverain lui-même. Face au microcosme versaillais, il est en définitive le représentant de la France profonde, défendant le « menu peuple » dont, mieux que personne, il connaît les misères. Là encore précurseur, Vauban sera le défenseur de la liberté d'opinion et de la dignité des hommes.

113.          REBELLIAU (Alfred). Vauban. Fayard, 1962, in-8°, 316 pp, préface du général Weygand, 3 cartes in fine, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Les temps et les destins)

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"Ce « Vauban » est une biographie, sans doute, puisque le héros est suivi de ses humbles commencements au sommet de son ascension. Mais il est bien davantage : le tableau d'une époque, une savante page d'histoire dont le talent de l'écrivain, l'allure du récit procurent au lecteur autant d'agrément que de profit..." (Préface)

114.          REYNAUD (Elisabeth). Marie-Antoinette. L'indomptée. L'Archipel, 2020, gr. in-8°, 451 pp, 8 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, biblio sélective, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. à un académicien

            20

Qui fut vraiment Marie-Antoinette ? Pour le découvrir, il a fallu, par-delà les siècles, entendre sa voix. En s'appuyant sur les correspondances, chroniques, mémoires rédigés au XVIIIe siècle par les ambassadeurs, ministres, gouvernantes, duchesses et femmes de chambre, Elisabeth Reynaud nous donne à lire son journal intime. Celui d'une femme, qui eut le courage d'afficher sa singularité et de s'affranchir de l'étiquette pesante de la cour de France, où elle arrive en 1770, à 14 ans, pour épouser le dauphin. On y entend ses cris d'amour, d'orgueil, de colère ou d'angoisse. On découvre au plus près celle qui fut l'épouse de Louis XVI, l'amante du comte de Fersen, l'amie passionnée de la Polignac, mais aussi la mère de quatre enfants, dont trois moururent en bas âge. Le portrait de celle qui monta à l'échafaud le 16 octobre 1793, à la veille de ses 38 ans, ayant affronté son destin.

115.          SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, Duc de). Anecdotes, scènes et portraits extraits des Mémoires du duc de Saint-Simon. Livre Club du Libraire, 1961, in-8°, xxiv-314 pp, préface de Pierre Gaxotte (18 pp), fac-similé de la page de titre de l'édition originale de 1788 et 10 gravures hors texte (2 dépliantes et 6 doubles provenant « de la Suite des appartements ou amusements de la famille royale à Versailles », reliure toile carmin de l'éditeur à l'imitation du portefeuille aux armes de Saint-Simon contenant le manuscrit des Mémoires conservé à la Bibliothèque Nationale, dos en partie passé, rhodoïd, bon état. Bien complet du dépliant volant présentant 2 pages du manuscrit en fac-similé

            25

116.          SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, Duc de). Mémoires sur le règne de Louis XIV et la Régence. Extraits suivis par Aug. Dupouy, agrégé de l'Université. Larousse, 1930, 4 vol. pt in-8°, 192, 192, 190 et 208 pp, 5 gravures dont 4 hors texte, index des personnages cités, brochés, couv. rempliées, bon état (Coll. Bibliothèque Larousse)

            50

"Les immenses Mémoires du célèbre duc, dans lesquels revivent par milliers les personnages de la cour de Versailles, avaient au plus haut degré, le double caractère de l'objectivité et de l'arbitraire délibérément exploité. On trouve dans les Mémoires des portraits que la passion, joyeusement méchante, de leur auteur, dessine avec une férocité digne de Goya ou de Jérôme Bosch. Une telle violence ne semble pas annoncer une âme capable des inquiétudes chrétiennes. Et pourtant cet écrivain chez qui l'injustice et l'agressivité ont quelque chose de génial par leur excès même, est tenté par les plus hautes formes de la vie spirituelle et contemplative : chaque année il fait un séjour à la Trappe. Certains passages de son œuvre sont d'une gravité et d'une piété bouleversantes. Ce grand mémorialiste était un grand poète en prose ; ce chasseur de signes avait une âme profonde ; son univers allie violemment le vrai le plus authentique et les outrances les plus passionnées." (P. Vicaire, Bulletin de l'Association Guillaume Budé)

117.          SORIANO (Marc). Les Contes de Perrault. Culture savante et traditions populaires. Gallimard, 1968, in-8°, 525 pp, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Bibliothèque des idées)

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"Bien que relevant stricto sensu de la critique littéraire, l'ouvrage de Marc Soriano ne manquera pas d'attirer l'attention de l'ethnologue. En effet, pour atteindre le but qu'il se donne : identifier l'auteur des Contes du temps passé (est-ce l'œuvre de Charles Perrault l'académicien, ou celle de son fils Pierre Darmancour, ou encore le fruit d'une collaboration ?), Soriano utilise concurremment plusieurs méthodes d'investigation : littéraire, historique, psychanalytique, folklorique. Il affirme d'emblée, et là personne ne le contestera, que la vraie source des Contes, c'est la littérature de voie orale. Mais dès lors se pose le problème auquel se heurtent les folkloristes : la difficulté de faire le partage, dans les matériaux qu'ils recueillent, entre les éléments d'origine populaire et ceux d'origine lettrée, venus de la « culture savante ». Dans une partie qu'il intitule « La Piste du folklore », l'auteur étudie très soigneusement toutes les sources orales et écrites de chacun des Contes. Même s'il a beaucoup emprunté aux spécialistes de la littérature orale française, c'est là un travail qui ne manquera pas d'être utile. La conclusion de cet examen, c'est que « le travail d'élaboration de Perrault s'exerce à partir d'une version écrite d'un conte populaire »." (Nicole Belmont, L'Homme, 1971) — "Une fois l'ouvrage refermé, on sait quels récits traditionnels (pris dans la littérature savante ou dans la tradition orale) Perrault a transcrits, et dans quel contexte (historique, psychologique, culturel). Le résultat de l'enquête n'est pas mince." (Jeanne Favret, Revue française de sociologie, 1971)

118.          [Titien] – Catalogue d'exposition. Titien. Le pouvoir en face. Skira, 2006, in-4° carré (24,2 x 28 cm), 242 pp, nombreuses reproductions en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, biographie, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition présentée au musée du Luxembourg en 2006-2007 regroupant des toiles du Titien et de certains de ses contemporains sur le thème des portraits des hommes de pouvoir du XVIe siècle. Textes de Edouard Pommier, Enrico Castelnuovo, Jennifer M. Flrycher, Roberto Zapperi, Antonio Paolucci. Tiziano Vecelli (1490-1576), plus communément appelé Le Titien en français, est un peintre italien de la fin de la Renaissance. Il est considéré comme l'un des plus grands portraitistes de cette époque, notamment grâce à son habileté à faire ressortir les traits de caractère des personnages. L'ouvrage présente l'activité de portraitiste du peintre vénitien, qui eut pour modèles des princes, des papes, des empereurs, des hommes de lettres célèbres... Ses portraits témoignent de son évolution stylistique au cours de sa longue carrière, de son ascension sociale et de sa renommée européenne.

RÉVOLUTION

 

119.          BAZELAIRE (Max de). Le Père de Clorivière (1735-1820). Simple esquisse. Toulouse, Société d'édition de l'Apostolat de la prière, 1966, in-8°, 96 pp, broché, bon état

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Maximilien de Bazelaire (1882-1970), de la Compagnie de Jésus, fut Père Recteur du collège du Caousou à Toulouse (1923-1925), puis Supérieur de la maison jésuite d'exercices spirituels (Troisième An) de La Barde, en Dordogne (1944-1946).

120.          BEAUNIER (André). Joseph Joubert et la Révolution. Perrin, 1918, in-12, 352 pp, notes, broché, trace de mouillure ancienne au dos, bon état

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"C'est ici la deuxième partie d'une biographie de Joubert, dont nous avons analysé ici même (cf. t. CXXI, p. 331) le premier, consacré aux années de jeunesse et aux débuts à Paris. Nous voici en 1786 : Joubert est dans un grand marasme du cœur et de l'esprit. Pendant quelque temps, il étudie, à la campagne, la linguistique et la philosophie; il se remet du désordre de sa vie parisienne ; il aspire à une existence honnête, calme et ordonnée. C'est, chemin faisant, et suivant l'agréable méthode descriptive de M. André Beaunier, moyen de nous faire connaître maint contemporain, car il s'agit toujours moins du seul Joubert que de Joubert et de son temps. (...) Voici, aux approches de la Révolution, le mariage de Fontanes (p. 176 à 229). Fontanes n'est que l'ami de Joubert, mais il passe délibérément au premier plan. C'est un peu sa manière ; l'impayable et incorrigible bohème rejette très aisément dans l'ombre les moins médiocres de ses contemporains. Ici, vraiment, l'extraordinaire arriviste, dissipé, paresseux, et pourtant toujours sympathique, met son camarade en poche; c'est de Fontanes qu'on croit lire l'histoire. Le lecteur n'y perd rien. D'ailleurs, pour ne pas demeurer en reste, puisqu'il a marié Fontanes, M. Beaunier fiance Joubert (p. 230 à 281), et il le fait juge de paix (p. 282 et suiv.). Occasion agréable de voir fonctionner à leur début ces magistratures électives que l'Assemblée constituante venait de substituer tout d'un coup à l'ancien système judiciaire, et aussi de saisir comment la Révolution, qui fut surtout parisienne, s'étendit aux petites villes du royaume. Il s'agit ici de Montignac, dans le Périgord. Par ce chapitre terminal, le livre justifie son titre, car il n'avait pas encore été question, en vérité, de la Révolution. On peut se demander, au surplus, si Joubert l'a jamais comprise. « Les révolutions », a-t-il écrit plus tard, « sont des temps où le pauvre n'est pas sûr de sa probité, le riche de sa fortune et l'innocent de sa vie. » Un volume attrayant à l'écriture élégante." (Roger Lévy-Guenot, Revue Historique, 1920)

121.          BÉRAUD (Henri). Mon ami Robespierre. Plon, 1927, in-12, v-283 pp, broché, bon état (Coll. Le Roman des grandes existences)

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"Récit des plus ambigus : Robespierre y est davantage dépeint en « pontife enivré de l'être suprême » ou en « politique impitoyable », qu'en héros national. C'est que Béraud revisite la Révolution française avec l'oeil du romancier revenu de Rome et de Moscou. Son Robespierre ressemble à son Mussolini et à son Lénine..." (Frédéric Monier, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1993)

122.          BESSAND-MASSENET (Pierre). La France après la Terreur (1795-1799). Plon, 1946, in-8°, 289 pp, 8 pl. de gravures hors texte, broché, bon état

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"Cet ouvrage nourri de documents inédits, abonde en détails pittoresques sur les moeurs du temps, l'anarchie généralisée, les haines politiques, le dérèglement de la société, la misère des rentiers, le luxe des parvenus, la soif de plaisir qui domine tout et finalement la carence de tout esprit public. Peu à peu, on voit se dégager la personnalité de Bonaparte dont le prestige se double d'une grande expérience politique, où l'habilité frise parfois la duplicité." (L'Editeur) — "Existe-t-il beaucoup de livres dont on puisse dire qu'ils font avancer l'Histoire ? Du moins, en voici un. Racontant la vie de la France entre Thermidor et Brumaire, P. Bessand-Massenet a apporté quelque chose de neuf. Il a travaillé aux archives anglaises, au Record Office, et il y a découvert un champ à peu près inexploré, grâce auquel il a pu jeter une lumière curieuse sur une période particulièrement troublée, hésitante et confuse..." (Pierre Gaxotte)

123.          BOUCHER (Paul). Charles Cochon de Lapparent, conventionnel, ministre de la Police, préfet de l'Empire. Picard, 1969, in-8°, 306 pp, 6 portraits hors texte, pièces justificatives, reliure demi-maroquin carmin à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. et dos conservés, dos uniformément passé, bon état. Exemplaire très bien relié

            60

"Cette biographie intéresse à plusieurs titres les dix-huitiémistes. En premier lieu M. P. Boucher retrace de façon intéressante la carrière sociale d'un personnage qui a sinon joué un rôle de premier plan, du moins un honnête second rôle dans les assemblées de la Révolution. C'est un bon exemple de ces représentants de la bourgeoisie provinciale qui accélèrent leur ascension sociale avec les événements. Fils de petit officier, propriétaire de seigneurie et de biens fonciers, élève des oratoriens de Niort, étudiant de l'école de Droit de Poitiers, conseiller du Roi à la sénechaussée de Fontenay-le-Comte, petit gentilhomme vivant bourgeoisement ou bon bourgeois vivant noblement, Cochon de Lapparent se rallie très vite au mouvement et en tire les conséquences (Ch. I à VII p. 10-103). En second lieu, on suivra avec intérêt la longue carrière politique et administrative du conventionnel radical, mais habile, et qui saura survivre, jouant un rôle important au comité de la guerre, envoyé en mission en Vendée et en Hollande, mêlé de par ses fonctions de ministre de la police à l'affaire Babeuf. Cochon de Lapparent fut l'un des réorganisateurs de « l'armée grise » de cette police secrète qui sera promise à un avenir décisif par le premier consul (p. 104-225). Révoqué le 15 juillet 1797, il deviendra préfet de Poitiers puis d'Anvers. Cette biographie qui retrace la carrière d'un homme peu connu fourmille de renseignements sur les milieux politiques du Directoire, du Consulat et de l'Empire." (Daniel Roche, Dix-Huitième Siècle, 1971) — La famille Cochon est originaire de La Rochelle au XVIe siècle, puis s'établit à Coulonges-sur-l'Autize.

124.          DUTEMPLE (Edmond) et Louis POVILLE. Vie politique et militaire du général Hoche (1768-1797). P., Auguste Ghio, 1879, in-12, 230 pp, précédée du discours de M. Gambetta, prononcé à Versailles, à l'anniversaire du général Hoche, un portrait gravé en frontispice, un tableau dépliant des états de service du général Hoche hors texte in-fine, broché, dos factice, bon état

            25

"M. Edmond Dutemple est un républicain de la veille qui, après avoir combattu l'empire en 1869 et 1870, a mené, par ses livres, ses brochures, ses articles, de vigoureuses campagnes contre les réactionnaires, notamment en 1876 et au 16 Mai 1877." (La Charente, 4 avril 1886)

125.          ESPITALIER (Albert). Vers Brumaire. Bonaparte à Paris (5 décembre 1797 - 4 mai 1798), d'après des documents inédits. Perrin, 1914, in-12, 302 pp, broché, bon état

            30

"Le volume de M. Albert Espitalier, Vers brumaire, est la tentative originale d'un écrivain de talent ; il s'est appliqué à rechercher, en remontant vers le passé, et le plus avant possible dans la pensée du général Bonaparte, les premières aspirations vers un pouvoir supérieur à celui qu'il pouvait espérer dans les limites de la Constitution de l'an III. Ce n'est pas et ne veut pas être une histoire complète du futur premier consul depuis son retour d'Italie jusqu'à son départ pour l'Egypte. L'auteur part de l'idée que, Corse avant tout, Napoléon a toujours fait pivoter sa politique autour de la Méditerranée ; qu'il n'a pu détacher son esprit de cette mer qui le fascine ; en même temps, il a besoin de se séparer, aux yeux du peuple, de ce Directoire détesté qui le jalouse, qui est heureux de le voir se perdre en Orient et sera terrifié quand il reviendra soudain. Durant les sept mois dont M. Espitalier prétend nous raconter l'histoire secrète, il ne s'est rien passé qu'on sache avec certitude ; « heureux », dit l'auteur lui-même, « quand on peut, sur certains points, resserrer le vaste champ des hypothèses ». Talleyrand, le grand correspondant et interlocuteur de Bonaparte, son confident à cette époque, – s'il en a eu un, – n'a rien dit ni écrit au sujet des rêves caressés alors par celui qui revenait de Mombello, « ne sachant plus obéir ». Seuls, dans leurs Mémoires, Barras et Bourrienne fournissent quelques lueurs, combien vagues, combien sujettes à caution ! (...) Il est certain que M. Espitalier a un talent particulier à débrouiller les fils de sa trame, à suppléer ceux qui lui manquent et à nous amener ainsi peu à peu à croire qu'il pourrait bien avoir trouvé la clef des divers faits et gestes de Bonaparte depuis son retour d'Italie, en décembre 1797, jusqu'à son départ pour l'Egypte en août 1798. Page finement observée de la psychologie napoléonienne, l'étude sagace de M. Espitalier sera lue avec grand plaisir." (Rod. Reuss, Revue Historique, 1915)

126.          FLEURY (Vicomte). Les derniers jours de Versailles. Perrin, 1929, in-12, 240 pp, notes, index, broché, couv. lég. abîmée, état correct

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"Les derniers jours de Versailles ont été été évoqués par M. le Vicomte Fleury avec beaucoup d'art et de charme. Ce n'est point une histoire de la Révolution qu'il nous offre, mais une résurrection de l'atmosphère bruissante de Versailles pendant les Etats-Généraux, et l'on peut dire qu'à travers ces lignes aimables, il est possible de découvrir quelques détails oubliés du grand drame dont la Cité des eaux fut le théâtre." (Combe de Patris, Revue des Etudes historiques, 1929) — Table :Le 1er janvier 1789 à la cour ; Les enquêtes de M. de Villedeuil ; Versailles accueille les députés ; Les premiers jours de mai ; Autour de l'hôtel des Menus ; La mort du Dauphin et le dernier "Marly" ; Versailles de juin à septembre ; Les dernières heures.

127.          FURET (François) et Denis RICHET. La Révolution française. Fayard, 1989, in-8°, 544 pp, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Cet ouvrage a marqué, au milieu des années 60, un tournant majeur dans l'histoire de la Révolution française. Très attaqué à sa parution par les tenants de la tradition jacobine, il est aujourd'hui devenu un classique de l'historiographie révolutionnaire. La question qu'il cherche à décrire et à comprendre est celle de la pluralité des formes politiques successivement manifestées par la Révolution depuis 1789 jusqu'au coup d'Etat du général Bonaparte en 1799 : monarchie constitutionnelle, dictature terroriste, République parlementaire, enfin césarisme démocratique. Il y a, à l'intérieur de ce qu'on appelle la Révolution française, plusieurs révolutions – celle des élites, celle des paysans, celle du petit peuple urbain –, et, succédant à l'Ancien Régime, plusieurs types de pouvoirs nés de la nouvelle société. Ce livre inaugure ainsi une interprétation de la Révolution française qui est plus culturelle et politique que sociale et économique.

128.          GARROS (Louis). Le Dossier de l'Affaire du courrier de Lyon. Tallandier, 1987, in-8°, 202 pp, préface par Alain Decaux, 16 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bord extérieur du 1er plat découpé sur 1 cm, sinon bon état

            20

"La plus extraordinaire et la plus mystérieuse énigme policière de tous les temps." — L'affaire du courrier de Lyon est un fait divers criminel survenu à l'époque du Directoire. Dans la nuit du 8 au 9 Floréal an IV (27 au 28 avril 1796), la malle-poste qui va de Paris à Lyon est attaquée, près du village de Vert-Saint-Denis (actuelle Seine-et-Marne) par cinq individus qui volent l'argent convoyé par cette malle-poste et assassinent les deux postillons. L'instruction et le procès de l'affaire vont conduire à ce qui a pu être considéré comme une erreur judiciaire avec l'exécution du nommé Joseph Lesurques... — "Lesurques était-il innocent ? Le mystère est demeuré entier. Et c'est ce qui fait de ce drame l'un des plus pathétiques de l'histoire du crime. C'est ce qui fait de l'affaire du courrier de Lyon l'une des énigmes policières les plus attachantes. les plus extraordinaires que l'on connaisse. Le livre de Louis Garros est passionnant. L'affaire et le procès sont présentés de manière remarquable et le lecteur est invité à juger sur pièces..." (Lectures n° 42, 1988)

129.          GONCOURT (Edmond et Jules de). Histoire de la société française pendant le Directoire. P., Didier et Cie, 1876, in-12, 435 pp, 4e édition, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs filetés soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

            30

Avant l'an IV, prennent fin les rites barbares de la Révolution, tandis que se prépare un monde nouveau livré au culte du corps et de l'antique. Hiatus étrange, monde de l'entre-deux, le Directoire des Goncourt est en proie à toutes les ambiguïtés. On y accumule des richesses et on dilapide des héritages, on liquide le sacré et on se livre aux folies de la mode, à la licence des mœurs, à la célébration des actrices, à une inflation devenue règle de vie. On se presse dans trente-deux théâtres, six-cent quarante-quatre bals publics, deux mille restaurants, une myriade enfin de cafés, de glaciers, de maisons de jeu et de promenades, lieux de toutes les aventures. Les Goncourt collectionnèrent le Directoire, au même titre que les tableaux et porcelaines dont ils s'entouraient : rassemblant dans les livres les plus obscurs, dans les pamphlets, les journaux, les feuilles, les affiches, une infinité de détails et de notations, de rites oubliés de tous ordres, restituant mieux que quiconque l'esprit d'une époque. Ils complétaient là le projet commencé avec l'Histoire de la société française pendant la Révolution, celui de « peindre la France, les mœurs, les coutumes, la physionomie nationale » et surtout, ajouterait-on, « la couleur des choses » entre 1789 et 1800. — "Les auteurs ont dépeint la France, les moeurs, les âmes, la physionomie nationale, la couleur des choses, la vie et l'humanité de 1789 à 1800." (Revue militaire française, 1929)

130.          JOURDAN (Jean-Paul) et Michel PERONNET. La Révolution dans les Basses-Pyrénées, 1789-1799. Le Coteau, Editions Horvath, 1989, gr. in-8°, 147 pp, 110 gravures, fac-similés et cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Lorsque Louis XVI, acculé à la banqueroute, convoque les Etats Généraux, la France bouillonne de mécontentement... On attend des 1214 députés élus au printemps 1789 une réforme complète du régime. Comment cette opposition, qui s'est manifestée, parfois violemment, au cours des mois précédents, dans toutes les provinces du royaume a-t-elle engendré la Révolution française dont les grandes dates sont entrées dans la légende ? Comment ce foisonnement d'idées, de philosophies nouvelles, de grands principes, mais aussi ce déchaînement de violence ont-ils été vécus par les départements français créés par la Constituante dès décembre 1789 ? C'est à cette double question que répondent les ouvrages de la collection “La Révolution française dans les départements”, à laquelle les plus éminents spécialistes ont participé.

131.          MATHIEZ (Albert). Autour de Robespierre. Payot, 1957, in-8°, 258 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque historique), envoi a.s. à Georges Michon

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Robespierre jeune –Aigoin – L'Être Suprême – Catherine Théot – Herman – Truchon – Marcandier – Fouquier-Tinville – Le 9 thermidor – Barère et Vadier – Babeuf. — "Dans ce volume, M. Mathiez a réuni douze études critiques et documentaires qui ont déjà paru pour la plupart dans différentes revues. Elles tendent toutes à éclairer la véritable physionomie de Robespierre et à dissiper les légendes, nées pendant la réaction thermidorienne, sous lesquelles on a voulu accabler la mémoire du grand tribun d'Arras. Il y a là une très utile contribution à l'histoire générale de la Révolution et, en particulier, de la Terreur. Les travailleurs qui voudront entreprendre, en ce qui concerne la région du Nord, l'étude de cette période tragique, méthodiquement et sans préjugé, auront profit à lire et à méditer les travaux de M. Mathiez, et je suis certain que sur beaucoup de points, l'examen impartial des documents les conduira à des conclusions analogues aux siennes. Ils pourront, par exemple, constater que, dans le département du Nord, le représentant Florent Guiot pratiqua, bien avant la révolution de thermidor, une politique de détente tout à fait semblable à celle de Robespierre le jeune en Franche-Comté, et conforme aux désirs de Robespierre l'aîné. Signalons aussi l'hommage que M. Mathiez, s'appuyant sur des textes irréfutables,. rend à l'intégrité d'un des compatriotes et collaborateurs de Robespierre, Herman, qui fut l'un des chefs du parti révolutionnaire dans le Pas-de-Calais avant de devenir président du Tribunal révolutionnaire de Paris, puis Ministre de l'Intérieur et, enfin, Commissaire aux administrations civiles, police et tribunaux." (C. Richard, Revue du Nord, 1926)

132.          MATHIEZ (Albert). La Mobilisation générale en l'An II. dans la Revue de Paris, 1917, gr. in-8°, 22 pp, broché, bon état

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On trouve dans le même numéro : Y. L'Odyssée d'un transport torpillé. I. (par Maurice Larrouy, paraît anonymement en épisodes dans la Revue de Paris en 1917, en plein conflit, 40 pp). - Hector Berlioz. Lettres (Le Musicien errant). II. (une abondante série de lettres qui s'étendent de 1842 à 1854 et qui embrassent une partie des années vagabondes de Berlioz, 36 pp). - Gabriel Millet. Les Zemstvos à la Veille de la Révolution (22 pp). - Joseph Reinach. A propos des Cartes allemandes (7 pp, 3 cartes hors texte) – "On sait déjà par deux articles de M. Joseph Reinach parus dans la “Revue de Paris” (1er décembre 1916 et 1er avril 1917) qu'un officier attaché à l'État-Major de Moltke ou de von Kluck a publié en Allemagne, à la librairie Mittler et fils, une version habilement paradoxale de la retraite allemande sur la Marne; cet officier concluait que la bataille ne s'était pas terminée par une défaite des Allemands, mais qu'elle avait été volontairement interrompue par eux « pour des motifs purement stratégiques »." (Ch. B., Revue Historique).

133.          MAUGRAS (Gaston). Journal d'un étudiant pendant la Révolution, 1789-1793. Plon, 1910, pt in-8°, vii-331 pp, broché, bon état

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"M. Maugras a publié, sous le titre : Journal d'un étudiant pendant la Révolution, des lettres écrites de Paris, de décembre 1789 à décembre 1792, par un jeune Bordelais, Edmond Géraud, fils d'un négociant protestant, envoyé à Paris pour achever son éducation. Ces lettres, écrites par un bon jeune homme, sans mérite transcendant, appartenant à la bonne bourgeoisie libérale, vivant en dehors du monde de la politique, sont très précieuses pour la connaissance des mouvements de l'opinion publique pendant les trois premières années de la Révolution. En 1790, il parle avec attendrissement de Louis XVI, « ce roi citoyen, si digne du nom de roi des Français, » et ne manifeste même aucun éloignement pour la reine. Il voit avec la plus sereine confiance, avec le plus naïf enthousiasme l'ère de bonheur et de liberté que la nouvelle Constitution ouvre à la France. Mais, à la fin de 1790, l'émigration, l'opposition du clergé à la Révolution commencent à exciter chez lui des craintes et de l'irritation. En 1791, cette irritation grandit avec les menaces de l'étranger et le soupçon que la cour est complice des émigrés et de l'Autriche. La fuite du roi change cette irritation en fureur, au moins contre Marie- Antoinette, « cette reine infâme, cette Médicis moderne. » Le roi est encore « bon, honnête, vertueux, victime de son coeur et de sa faiblesse. » Mais, avec 1792, avec la résistance du roi à la Constitution civile du clergé, avec l'attente d'une guerre prochaine, ce reste de respect disparaît. Louis XVI n'est plus qu'un « traître, un parjure, vrai tigre déguisé en cochon. » C'est qu'alors, indépendamment de l'attitude menaçante de l'étranger et des émigrés, de la certitude d'une complicité secrète des Tuileries et des agitations royalistes dans les départements, il y a dans Paris même une réaction très forte en faveur du roi et contre l'Assemblée législative. Les lettres du jeune Géraud sont des documents très précieux sur ce point; elles montrent par quelles angoisses passèrent alors les partisans de la Révolution. Ils se sentaient menacés de toutes parts, entourés de conspirateurs. De là la joie avec laquelle ils saluent le 20 juin, le 40 août, et, il faut le dire, le peu d'horreur que leur causèrent au premier abord les massacres de septembre. Nous avons des lettres d'Edmond Géraud du 4 et du 6 septembre ; il parle des massacres, mais sans s'y arrêter, comme d'une explosion naturelle de la fureur populaire, et il insiste surtout sur l'enthousiasme belliqueux qui anime toutes les classes de la population. « Le patriotisme est dans son triomphe, » dit-il le 6, «... la gaieté et la sécurité marchent au son du tambour... Nous n'avons pas l'air d'un peuple menacé ni d'un peuple abattu, mais d'une grande famille qui est en liesse. » Mais aussitôt se produit dans les âmes honnêtes cette réaction de pitié que Michelet a si bien observée. Edmond Géraud, jusqu'alors très sympathique aux Jacobins, n'a plus que des paroles de mépris pour Marat et Robespierre, et il écrit le 16 octobre : « Que voit-on dans Paris, dans cette ville qui devrait donner aux départements l'exemple du patriotisme et de la soumission la plus aveugle aux lois ? Ils y voient un amas impur d'hommes dont tous les projets tendent à perpétuer l'anarchie sans laquelle ils ne sont rien , des hommes tout dégoûtanls encore du sang qu'ils ont versé dans les journées de septembre. » Le 11 novembre, il demande que les Bordelais marchent sur Paris pour délivrer l'Assemblée des assassins qui l'entourent. A la fin de 92, il s'enrôle et se rend au camp de Toulouse. On peut dire qu'on retrouve dans les lettres d'Edmond Géraud l'état d'âme girondin. A ce point de vue, elles sont un document d'une grande valeur..." (G. Monod, Revue historique) — "Ce n'est pas vraiment un journal, mais une biographie de ce jeune bourgeois bordelais fasciné par la Révolution, qui arrive à Paris en décembre 1789 (...). On y suit sa déception croissante devant les excès de la Révolution jusqu'en 1793 (...)" (Fierro, 618)

134.          [Robespierre]. Robespierre vu par ses contemporains. Témoignages recueillis et présentés par Louis Jacob. Armand Colin, 1938, in-8°, 225 pp, index, broché, un portrait en médaillon au 1er plat, bon état (Coll. Les Classiques de la Révolution française)

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"Cet ouvrage est un volume de documents. M. Jacob a demandé aux contemporains de Robespierre ce qu'ils pensaient de lui, de ses actes, de ses interventions à la Constituante et à la Convention, de sa vie privée, de son caractère. C'est une série d'interviews rétrospectives d'après les écrits, les discours et les lettres de personnes ayant vécu plus ou moins étroitement avec Robespierre, collaboré avec lui ou appartenu aux mêmes assemblées que lui. Un pareil recueil ne prétend pas épuiser la matière, car.il faudrait de nombreux volumes pour rapporter tout ce qu'on a pu dire et écrire sur celui qui fut le personnage le plus important de la Révolution. Comme M. Jacob dédie son ouvrage « à la mémoire d'Albert Mathiez » et qu'il le présente comme la réalisation par un disciple fidèle d'un volume qu'une mort prématurée ne permit pas au maître de composer lui-même, on aurait pu croire que l'auteur ne citerait que des témoins favorables à Robespierre. Rendons cette justice à M. Jacob qu'il a fait un choix objectif, reproduisant côte à côte les éloges et les réquisitoires dont il a été l'objet..." (La Croix, 4 sept 1938)

135.          ROLAND (Marie-Jeanne Phlipon, dite Madame). Mémoires. Notice biographique par Mme Carette. P., Ollendorff, 1894, in-12, xl-325 pp, 4e édition, reliure demi-percaline carmin à la bradel, dos lisse avec fleurons et double filet doré en queue, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), bon état (Choix de mémoires et écrits des femmes françaises aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, avec leurs biographies par Mme Carette, née Bouvet)

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Passionnants Mémoires de madame Roland, grande figure du XVIIIe siècle intellectuel et politique, qui doit notamment sa postérité à ces mots prononcés en montant à l'échafaud : « Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! » — Madame Roland naît en 1754, fait des études brillantes, épouse un financier du roi : ces prémices aboutissent en général à un salon bourgeois. Elle eut un salon. Elle y rencontra l'Histoire, et l'Histoire ne la lâcha plus. Roland de la Platière, son mari, devint ministre de l'Intérieur, alors elle put penser qu'elle triomphait, et avec elle l'idéal révolutionnaire : Plutarque, les stoïciens, la justice, l'égalité, la vertu. Mais le vent tourna. Les Girondins avaient tous fréquenté chez elle : elle fut suspecte comme eux, et comme eux condamnée. Toute la Révolution défile dans ces Mémoires, avec ses frémissements et ses violences.

136.          RUAULT (Nicolas). Gazette d'un Parisien sous la Révolution. Lettres à son frère, 1783-1796. Textes rassemblés par Anne Vassal. Perrin, 1976, in-8°, 493 pp, introductions de Christiane Rimbaud et Anne Vassal, notes de Christiane Rimbaud, 16 pl. de gravures hors texte, reliure skivertex éditeur, bon état

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Intéressants documents de famille, riches pour la connaissance du sentiment religieux d'un bourgeois parisien libraire, érudit, éditeur de la correspondance de Voltaire et lui-même « philosophe » : une partie de ses lettres à son frère curé normand, dix lettres à un instituteur d'Evreux, et des extraits de son journal.

137.          SAGNAC (Philippe) et Jean ROBIQUET. La Révolution de 1789, d'après Michelet, Thiers, Mignet, Stendhal, Taine, les Goncourt, Sorel, Jaurès, Lavisse, F. Masson, Aulard, Mathiez, et MM. Barthou, Lefèbvre, Lenôtre, Madelin, de Nolhac, etc. Par Philippe Sagnac. Iconographie de l'époque réunie sous la direction de Jean Robiquet. P., Editions Nationales, 1934-1938, 2 vol. gr. in-4°, xv-390 et 412 pp, nombreuses illustrations en noir dans le texte et 62 planches hors texte, quelques-unes en couleurs, qqs fac-similés, index iconographique, reliures percaline carmin, dos ornés, 1er plats ornés d’une plaque d’attributs révolutionnaires, têtes rouges, couv. et dos conservées (rel. de l'éditeur), bon état

            100

Magnifique ouvrage en deux volumes, d'une valeur documentaire et artistique de premier ordre. Une excellente synthèse, particulièrement précieuse pour la très riche iconographie en noir et en couleurs et les nombreux fac-similés. — "M. Sagnac n'a pas voulu écrire une nouvelle histoire de la Révolution. Le texte se compose surtout d'extraits tirés des écrivains antérieurs, disposés de façon qu'ils constituent un récit continu à l'aide de paragraphes écrits par l'auteur afin de ménager la transition. Cependant M. Sagnac a placé en tête un panorama de la littérature historique relative à la Révolution ; arrivé au gouvernement révolutionnaire, un Avis au lecteur expose les points de vue opposés qui continuent à en dominer l'étude; enfin des pages inédites résument les résultats acquis sur plusieurs questions telles que l'état de l'Europe à la fin de 1792, le Comité de Salut public et sa politique économique et sociale, le 9 thermidor, etc. Destinées au grand public elles ont le mérite de le mettre au courant des recherches poursuivies depuis une trentaine d'années par les historiens et dont il est habitué à ne rien trouver dans les ouvrages que lui recommandent la plupart des éditeurs. Des passages non expurgés des mémoires de Madame Royale seront retenus par les érudits (II, 214, 222) ; à propos de sa mère : « on dit que la prison lui avait donné beaucoup de religion » ; et de Louis XVII : « mon frère, de son naturel, était sale et paresseux ». La richesse et l'éclat de l'illustration séduiront particulièrement. M. Robiquet a reproduit les pièces les plus célèbres de Carnavalet et du Cabinet des Estampes ; en outre, il a recouru aux musées de province ; celui de Rouen lui a fourni une photographie du lit de Marie-Antoinette au Temple ; celui de Nantes, un 18 brumaire de Sablet ; celui d'Orléans, les prisons d'Hubert Robert ; celui d'Angers, le Dumouriez de Houdon. Les collections particulières surtout ont procuré de magnifiques reproductions inédites ou peu connues ; la Marie-Antoinette de Kucharski, le Robespierre de Mme Labille-Guiard, l'André Chénier de Suvée, le Sieyès, le Saint-Just (vraiment admirable), le Barère de David ; des bustes de Marat et de Vergniaud. Ajoutons d'abondantes images populaires et caricatures étrangères, dont certaines en couleur. Par sa perfection technique, le recueil est bien supérieur à ceux de Dayot et se recommande aux historiens comme aux amateurs." (G. Lefebvre, Annales historiques de la Révolution française, 1935) — "L'ouvrage est un choix de textes en même temps qu'une iconographie de l'époque. Celle-ci, réunie sous la direction de M. Jean Robiquet, est particulièrement abondante et soignée. Un très précieux index iconographique personnages, villes et lieux, auteurs (peintres, dessinateurs, sculpteurs), allégories, caricatures et images populaires, décor de la vie sous la Révolution, etc., permet la consultation commode des documents de Carnavalet, des estampes de la Nationale, des fac-similé des Archives Nationales, des portraits en hors-texte, de l'imagerie populaire en couleurs, le tout d'une extraordinaire force de suggestion. Quant aux textes, choisis par M. Philippe Sagnac, ils sont empruntés à Michelet autant qu'à Jaurès, à I'« Histoire de France contemporaine » d'Ernest Lavisse, aux travaux d'Albert Mathiez ou de Mr Georges Lefebvre. Des notes renvoient aux thèses les plus récentes sur la période. Une introduction fait le point sur l'histoire et les historiens de la Révolution française, et rappelle ses origines, surtout intellectuelles. Une œuvre d'ensemble pleinement réussie." (P. Leuilliot, Annales d'histoire économique et sociale, 1935)

138.          SAINTE-CLAIRE DEVILLE (P.). A la recherche de Louis XVII. Flammarion, 1946, fort in-8°, 460 pp, 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, papier un peu jauni, dos recollé, état correct (Parois, 973)

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Ouvrage patient et méritoire. Sainte-Claire Deville est partisan de l'évasion de Louis XVII en 1794, organisée par le général royaliste Puisaye.

139.          TOUSTAIN (Victor-Louis-Alexandre). Mémoires du marquis de Toustain, 1790-1823, publiés par la marquise de Perry de Nieüil. Plon, 1933, in-8°, ii-427 pp, une gravure en frontispice, annexes documentaires sur l'armée de Condé en 1796, index, broché, bon état

            50

"Emigré en 1791, à l'Armée des princes dans la légion de Mirabeau, puis en Russie, Toustain sera officier dans l'armée portugaise à partir de 1801." (Fierro, 1412) — "Excellente édition critique, ... Toustain donne un récit vivant des événements de 1814 vus de province puis de Paris." (Tulard, 1428) — "La premiere partie de ces Mémoires présente un très réel intérêt : s'étendant de 1790, date de l'émigration de Toustain, à 1800, elle raconte avec précision et, semble-t-il, avec exactitude, les campagnes de la légion de Mirabeau en Allemagne, puis la vie d'un émigré au service de la Russie. Le récit, que fait ensuite Toustain, des six années qu'il passa en Portugal à la solde de l'Angleterre, n'ajoute rien à ce que nous savons déjà par les Mémoires de Rochechouart. De même, les pages sur les Cent Jours et la fuite à Gand peuvent être parcourues assez rapidement. Mais les chapitres relatifs a la Restauration devront être consultés pour toute étude sur l'état d'esprit de l'armée et surtout sur l'affaire des quatre sergents de La Rochelle, dont Toustain était le colonel. Les notes contiennent beaucoup de renseignements sur les personnages." (André Fugier, Revue d'Histoire moderne, 1934) — Voici en 1791 un jeune noble, sous-lieutenant de cavalerie aux Chasseurs de Flandres, dont la famille est profondément attachée à l'ancienne monarchie. Son oncle le général comte de Vioménil, futur Maréchal de France à la Restauration, a déjà émigré, il passe la frontière à son tour et va prendre du service à l Armée de Condé. Jusqu'en 1797, Toustain fera campagne contre les armées de la Révolution en Allemagne, puis sous Wurmser, avec l'armée Autrichienne. Mais après le Traité de Campo Formio, il suivra son oncle le général de Vioménil en Russie ou les émigrés militaires français sont les bienvenus. Le Tsar Paul 1er l'envoie dans un régiment de Dragons en Sibérie au milieu des Kirghiz et des Tartares. En 1799, la Russie ayant déclaré la guerre à la France, Toustain nommé aide de camp de son oncle, rejoint l'Angleterre ou le Tsar a constitué une armée de débarquement dont le Quartier Général est à Jersey. Quand survient l'assassinat du Tsar Paul 1er, l'oncle et le neveu demandent leurs congés définitifs des armées du Tsar et passent dans l'Armée anglaise ou Toustain est nommé capitaine et envoyé au Portugal. Il y connaît de nombreuses aventures militaires et politiques avant d'assister à l'entrée à Lisbonne des troupes françaises du général Junot en 1808. Ayant demandé à être rayé de la liste des émigrés, Toustain rentre en France et n'y joue qu'un rôle volontairement effacé jusqu'en 1814. Mais dès la Première Restauration, le marquis de Toustain est aux premières places, dans les Gardes du Corps du Roi à la Compagnie commandée par le Maréchal Berthier. Aux Cent Jours il accompagne Louis XVIII à Gand et ne rentre qu'après Waterloo. Il est alors nommé colonel, commandant la Légion d Eure-et-Loir (nouvelle appellation des régiments), celle-là même qui devint, en 1821, le 45e de Ligne, envoyé en 1822 à la Rochelle. C'est ainsi que ses mémoires fournissent les plus précieux renseignements sur les origines et le développement de la célèbre affaire du complot dit « bonapartiste » des Quatre Sergents de la Rochelle qui passionna et divisa l'opinion publique de la Restauration. Le marquis de Toustain quittera le service comme Maréchal de Camp en 1823 après avoir participé à l'expédition d Espagne menée victorieusement par les troupes françaises du Roi Louis XVIII jusqu'à Cadix. Ces passionnants mémoires évoquent avec brio trente-deux ans d'histoire au temps des convulsions de la Révolution, de l Empire et de la Restauration vus par un officier français fidèle partisan de la monarchie légitime des Bourbons de Louis XVI à Louis XVIII.

140.          TRANIÉ (Jean) et J.-C. CARMIGNIANI. La Révolution française. L'album du bicentenaire 1789-1795. Lavauzelle, 1987, in-4°, 91 pp, 43 gravure et portraits en noir, 7 planches en couleurs, biblio, index, reliure simili-cuir bleu de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

141.          WALTER (Gérard). Hébert et le Père Duchesne. J. B. Janin, 1946, in-8°, 425 pp, 11 pl. de gravures dans le texte et hors texte, avec un Lexique de la langue d'Hébert et une Table analytique du « Père Duchesne », biblio, index, broché, couv. lég. défraîchie, trace de mouillure ancienne au coin des premiers feuillets, état correct

            20

Qui était Jacques-René Hébert ? En vérité, rien moins que l'auteur du journal le plus lu de la Révolution, un membre éminent du Club des Cordeliers, le substitut du procureur de la Grande Commune de 1793, une figure des Jacobins. Celui que l'on avait fini par surnommer partout « le Père Duchesne » était en fait un agitateur violent, féroce, qui par son puissant journal populaire symbolisa toute une époque de l'épopée révolutionnaire : la plus noire, celle de la guillotine, de la Terreur. — "Lors de la parution de cette étude sur Hébert, des critiques s'étaient alors élevées, trouvant que le portrait du Père Duchesne était poussé au noir." (Jacques Godechot)

142.          WALTER (Gérard). La guerre de Vendée. Plon, 1953, in-8°, 362 pp, chronologie, biblio, broché, dos fendu recollé, état correct

            30

Excellente analyse de la structure intérieure de la Grande Armée catholique et royale depuis sa naissance jusqu'à sa mort (4 mars - 23 décembre 1793).

143.          WENDEL (Hermann). Danton. Payot, 1978, in-8°, 389 pp, traduit de l'allemand, préface de Pierre Caron, un fac-similé, biblio, reliure demi-maroquin carmin à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. et dos conservés, dos uniformément passé, bon état (Coll. Bibliothèque historique). Exemplaire très bien relié

            60

Remarquablement écrite et traduite, cette biographie de Danton fait pénétrer le lecteur dans la "fabrication" de la Révolution. Danton y a joué, comme Mirabeau et Robespierre, un rôle majeur ici décrit avec un souffle littéraire impressionnant. Le lecteur est conduit "de l'intérieur" dans les méandres qui ont fait de la Révolution ce qu'elle a été. — Hermann Wendel (1884-1936) était un homme politique allemand, historien, journaliste et écrivain. Elu député SPD au Reichstag aux élections de janvier 1912, il restera député jusqu'en novembre 1918. Hermann Wendel fut un actif partisan du mouvement ouvrier et un défenseur sincère de l'Entente franco-allemande. En 1933, il émigra en France et milita pour la cause sociale-démocrate. Outre de nombreux écrits sur le mouvement ouvrier, il a publié de nombreux essais politiques, historiques, ou ethnographiques, notamment sur les Slaves du Sud.

1er EMPIRE

 

144.          BOURGOGNE (Adrien-Jean-Baptiste-François). Mémoires du sergent Bourgogne (1812-1813). Publiés d'après le manuscrit original par Paul Cottin et Maurice Hénault. P., Hachette, 1900, in-4°, xvi-251 pp, illustré de 24 gravures, soit 12 planches hors texte en couleurs gravées par M. Reymond d'après les aquarelles de M. Alfred Paris et imprimées en couleurs par M. Draeger, six en-tête et six culs-de-lampe tirés en noir, reliure de l'éditeur demi-basane fauve à coins, dos lisse orné d'un fleuron doré, titre doré sur pièce de titre de cuir bleu, tête dorée, 1er plat de percaline bleue orné d'une composition polychrome au shako et au trophée d'armes, couv. en couleurs conservées (P. Souze relieur), bon état

            120

Superbe édition illustrée de ces célèbres mémoires. Le 22 juin 1812 commence la campagne de Russie, l'une des plus mémorables des temps modernes. Une armée de 650.000 hommes se lance à la conquête d'un immense empire. Six mois plus tard, à peine en revint-il un sur dix. Adrien Bourgogne, sergent vélite de la Garde impériale, fut de ceux qui, à pied, parcoururent ces milliers de kilomètres et furent de tous les combats. Borodino, l'incendie de Moscou, la retraite et le passage de la Bérézina, il y était, et il raconte l'horreur à nu. Son témoignage, d'une extraordinaire intensité de vie, représente le point de vue du soldat sur cette épopée qui tourna au désastre. — "Quelle vie !" (Tulard, 208)

145.          CHASTENET (Jacques). Wellington, 1769-1852. Fayard, 1945, in-12, 365 pp, 2 cartes (guerre d'Espagne et Waterloo), biblio, index, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale, un des 50 ex. numérotés sur vélin pur fil des Papeteries Lafuma

            45

"Les études sur la vie et l'œuvre du « Duc de Fer » ne manquent pas. Qu'il suffise de rappeler celles de Maurel (1853), Gleig (1858), Hooper (1889), Maxwell (1899), Moriss (1904) et Wellesley (1938). Mais nous n'avions à notre disposition aucune étude d'ensemble en langue française. M. Jacques Chastenet vient de combler cette lacune. L'auteur des biographies de Godoï et de William Pitt – ce dernier ouvrage couronné du Prix Thérouanne – a consacré un fort bon travail à celui qui, d'abord modeste Arthur Wesley, termina ses jours en qualité de duc de Wellington, après avoir vaincu les Mahrattes, terrassé Napoléon et « donné le ton » à l'Angleterre de la première moitié du XIXe siècle. Outre qu'il évoque très agréablement la vie du vainqueur de Waterloo, l'ouvrage de M. Chastenet fournit aussi de très vivants tableaux des pays où Wellington a joué un rôle important. Nous songeons surtout à l'évocation de l'Inde à la fin du XVIIIe siècle et à celle de l'Angleterre après Waterloo. En somme, un livre solidement pensé, bien composé, joliment écrit et doté d'un excellent aperçu bibliographique ainsi que d'un fort utile index alphabétique." (Marcel Walraet, Revue belge de philologie et d'histoire, 1946)

146.          COIGNET (Jean-Roch). Les Cahiers du capitaine Coignet (1776-1850). Publiés d'après le manuscrit original par Lorédan Larchey, illustrés par Julien Le Blant. P., Hachette, 1903, in-4°, viii-288 pp, 9 planches hors texte en couleurs et 87 gravures en noir dans le texte par Julien Le Blant, reliure percaline bordeaux, dos lisse avec titres et décor de motifs floraux, 1er plat avec titres, frise d'encadrement et motifs floraux noir et or, tranches dorées (rel. de l'éditeur), bon état

            60

147.          Le même. Hachette, 1900, même reliure de l'éditeur, qqs rousseurs, ors ternis, état correct

40

Parus pour la première fois en 1851, les Cahiers du capitaine Coignet ont connu à chacune de leur édition un succès comparable à celui des Mémoires du sergent Bourgogne. Ils figurent parmi les témoignages le plus souvent cités sur les guerres de l'Empire. Jean-Roch Coignet (1776-1865) commence sa carrière militaire à vingt-trois ans. Campagne d'Italie, admission dans la Garde, Austerlitz, Iéna, Friedland. Chevalier de la première promotion de la Légion d'honneur (15 juillet 1804), caporal en 1807, sergent en 1809, lieutenant pendant la campagne de Russie, il est nommé capitaine en 1813. Retiré à Auxerre après la première abdication, il rejoint l'Aigle lors de son retour triomphal de l'île d'Elbe. Il se battra encore à Fleurus, et enfin à Waterloo. Le 31 octobre 1815, il est renvoyé comme "demi-solde" dans ses foyers, à Auxerre, où il mourra dans son lit, après avoir participé à quarante-huit batailles sans jamais recevoir une seule blessure. — "D'une lecture indispensable pour comprendre la mentalité des grognards." (Tulard 336) — "Les Cahiers du capitaine Coignet, publiés par M. Lorédan Larchey, et illustrés de 9 planches hors texte en couleurs et de 87 gravures, d’après les aquarelles et les dessins du peintre Julien Le Blant, ne sont pas, on le sait, une œuvre de fantaisie. Ce sont les mémoires bien authentiques, et imprimés d’après le manuscrit original, d’un honnête soldat du premier Empire, qui naquit dans l’Yonne, en 1776. Après avoir été tour à tour berger, valet d’écurie, aide-jardinier, Coignet est pris par la conscription et part pour l’armée d’Italie. Plus tard, il est décoré et admis dans la garde. A trente-trois ans seulement, il devient caporal, et c’est alors qu’il apprend à lire et à écrire. Finalement, il parvient au grade de capitaine, après avoir fait toutes les campagnes de l’Empire. Mis en demi-solde par la Restauration, à l’âge de soixante-douze ans, l’idée lui vient de rédiger ses souvenirs. De là ces pages où se reflète, en des scènes réellement vécues, l’humeur sincère et naïve du « vieux de la vieille » qui raconte les choses telles qu’il les a vues." (Le Figaro) — "Avec Coignet, on n’a certes pas le détail des opérations d’une armée, mais on a la physionomie du combattant, les incidents de la marche, la couleur du champ de bataille, l’imprévu de l’action, le chaud de la mêlée. Ah le vrai livre de soldat, et comme M. Lorédan Larchey a bien fait de le sauver de l’oubli. M. Le Blant a trouvé, pour illustrer ces pages où bat un cœur de troupier, des compositions singulièrement pittoresques. Ce n’est pas la guerre idéalisée, c’est la guerre vue de près." (Paul Ginisty, L’Année littéraire) — "La maison Hachette a réédité les Cahiers du capitaine Coignet avec des illustrations où M. Le Blant a rendu toute la saveur pittoresque de l’original. Les Cahiers de Coignet sont un des plus précieux documents psychologiques que nous possédions sur l’époque impériale. L’âme même de la Grande Armée y respire et ce récit des campagnes de Napoléon, fait par un des plus obscurs héros qui y ont pris part, mérite d’être placé à côté des Mémoires de Ph. de Ségur. Ce paysan qui n’a appris à écrire qu’à l’armée pour pouvoir devenir sous-officier et qui ignorait l’orthographe au point de ne pas savoir toujours séparer ses mots, ce paysan est un écrivain de talent, tant il est vrai que le style nait de la netteté des pensées et de la force des sentiments. M. Lorédan-Larchey, l’heureux possesseur de ces incomparables cahiers, les a allégés de quelques longueurs et de quelques passages un peu trop libres pour que, sous leur forme luxueuse et artistique, ils pussent être mis dans toutes les mains. Cette épopée familière, rendue encore plus vivante par les dessins de M. Le Blant, aura auprès du grand public le succès qu’elle a déjà eu, sous une forme plus modeste, auprès de tous ceux qui s’intéressent à l’histoire." (La Revue historique) — "La librairie Hachette réédite, en format un peu réduit, avec les illustrations de M. Julien Le Blant mises en couleur, les Cahiers du capitaine Coignet. Le livre publié par M. Lorédan Larchey est définitivement classé, non seulement parmi les mémoires militaires, mais parmi |as documents d’humanité. Jean-Roch Coignet ne nous renseigne pas seulement sur Marengo, Tilsitt, la Russie, la campagne de France, les Cent jours. Il nous révèle, ce qui est si rare en histoire, la vérité d’impressions d’un être venu de la foule, d’un résigné qui traverse les événements avec tranquillité et bonne humeur. Quel roman donnera une vérité comparable à celle du récit de l’enfance, conclura par des pages, étonnantes d’innocence, de non-inventé, telles que celles-là écrites par l’ancien soldat en retraite, ayant pris ses quartiers d’hiver dans la petite ville de l’Yonne. Singulier livre, naïf et fin, qui mérite sa fortune et sera conservé par l’avenir parmi les livres des historiens et des écrivains. Ce Coignet, avec très peu de mots à sa disposition, ne devient-il pas un écrivain à tout instant par l’expression juste, le tour de phrase ? La ressemblance est grande avec la littérature sincère d’Erckmann-Chatrian, mais ici nulle espèce d’arrangement, d’ornement : la phrase qui file tout droit, le mot le plus simple placé sans recherche et sans peine et donnant une sensation de résumé, le récit le plus bref et le plus évocateur. Au total, une forte leçon de style fréquemment donnée par un brave homme qui ne s’est jamais douté de ce que c’était que le style. Telle est la signification littéraire de ces cahiers d’un illettré doué d’observation et de sensibilité." (Gustave Geffroy, La Justice)

148.          Collectif. Bulletin du Musée Bernadotte. Numéro 6, décembre 1961. Pau, Société des Amis du Musée Bernadotte, 1962, gr. in-8°, 68 pp, 4 portraits et 2 fac-similés sur 6 pl. hors texte, arbre généalogique de la branche aînée de la famille Bernadotte en dépliant hors texte, broché, couv. illustrée, étiquette de bibl., bon état

            15

Les Maisons dites de « Bernadotte » à Pau (chanoine Laborde) ; Est-ce la mère de Charles XIV Jean ? (Märta Upmark) ; Une lettre de Charles Jean à Oscar (Axel A:son Liljencrantz) ; Portraits équestres de Charles XIV Jean (Gunnar W. Lundberg) ; Jean-Pierre Gré (1761-1838) (Françoise Debaisieux).

149.          Collectif. Bulletin du Musée Bernadotte. Numéro 7-8, décembre 1963. Pau, Société des Amis du Musée Bernadotte, 1964, gr. in-8°, 64 pp, 12 pl. de portraits et photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Les Souverains de Suède à Pau à l’occasion du bicentenaire de Bernadotte (David Ojalvo) ; Conférence sur Bernadotte à l’université d’Uppsala (Sten Carlsson) ; Le Sabre d’honneur de Charles XIV Jean (Brynolf Hellner) ; Velléités de voyage de la reine Désirée (Astrid Ljungström) ; À propos d’un portrait de Bernadotte (Nils Forssell) ; La Maison natale de Bernadotte (Françoise Debaisieux) ; Carl Andreas Dahlström, peintre de batailles suédois (Gunnar W. Lundberg).

150.          Collectif. Bulletin du Musée Bernadotte. Numéro 14, décembre 1969. Pau, Société des Amis du Musée Bernadotte, 1970, gr. in-8°, 48 pp, 6 pl. de portraits et photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Charles XII, roi de Suède, vu par un gouverneur de Béarn (Raymond Ritter) ; Les Souvenirs du roi Oscar II de sa grand-mère Désirée, reine de Suède et de Norvège ; Un cousin de Bernadotte : le capitaine Henri Casenave (1819-1898) (André Henry) ; Une royale leçon de bicyclette (Arthur Knodel).

151.          Collectif. Bulletin du Musée Bernadotte. Numéro 18, décembre 1973. Pau, Société des Amis du Musée Bernadotte, 1973, gr. in-8°, 80 pp, 12 pl. de portraits, gravures et photos hors texte (une en couleurs), broché, couv. illustrée, bon état

            15

Un roi noble et généreux (Stig H:son Ericson) ; Un humaniste sur le trône de Suède (Gunnar Unger) ; In memoriam. La princesse Sibylle de Suède (1908-1972) ; Un mariage forcé à la cour de Suède au XVIIIe siècle (Gabriel Girod de l’Ain) ; En remuant de vieux papiers (Raymond Ritter) ; La Montre de Charles XII (René Cuzacq) ; Le Roi Oscar II de Suède à Biarritz et le passage à Pau (René Cuzacq) ; Les Parcs et jardins de Pau (G. Anthony).

152.          Collectif. Bulletin du Musée Bernadotte. Numéro 20, décembre 1975. Pau, Société des Amis du Musée Bernadotte, 1976, gr. in-8°, 68 pp, 19 pl. de portraits, gravures et photos hors texte (6 en couleurs), biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Le Mariage du prince Oscar (Gabriel Girod de l’Ain) ; Bernadotte et l’émeute de Marseille (1790) (René Cuzacq) ; Le Général baron Lejeune (1775-1848) (Marguerite Gaston) ; Anecdotes sur Bernadotte (Julien Le Rousseau) ; La Compagnie de Jean de Gassion au service du roi Gustave II Adolphe de Suède (Uno Lindgren) ; La Suède au cinquantenaire de l’académie de Béarn (André Masson).

153.          Collectif. Bulletin du Musée Bernadotte. Numéro 21, décembre 1976. Pau, Société des Amis du Musée Bernadotte, 1977, gr. in-8°, 77 pp, 21 pl. de portraits, gravures et photos hors texte (3 en couleurs), biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Bernadotte, ambassadeur de France à Vienne, jugé par la police autrichienne (Rodolphe Entz) ; « L’Ami Chiappe » (1760-1826) (Gabriel Girod de l’Ain) ; À propos de quelques toilettes de Julie et de Désirée Clary (Nicole Hubert) ; Le Musée Bernadotte, son histoire et ses artisans (Gunnar W. Lundberg) ; Un portrait de Bernadotte à Coppet (Othenin d’Haussonville) ; Le Comédien Boutet de Monvel : son iconographie (Gunnar W. Lundberg) ; Un peintre suédois en Béarn : Pehr-Gabriel Wickenberg (1812-1846) (Pierre C. Lamicq) ; La Laponie suédoise [résumé d’une causerie de Jean Bruno].

154.          Collectif. Bulletin du Musée Bernadotte. Numéro 22, décembre 1977. Pau, Société des Amis du Musée Bernadotte, 1978, gr. in-8°, 91 pp, 15 pl. de portraits, photos et fac-similés hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Le Lieutenant-général Victor Somis, oncle de la reine Désirée et de la reine Julie, (1745-1836) (Gabriel Girod de l’Ain) ; Pehr Loefling, le disciple préféré de Linné (Olivier Baulny) ; Le Général baron Axel Rappe (1838-1918) (Yves Barjaud) ; Souvenirs de la dynastie Bernadotte, gardés dans la famille Boettiger, à Stockholm (Erik Bottiger) ; Les intérêts maçonniques de la maison Bernadotte (Harald Qvistgaard).

155.          COTTON (Sergent-major Edouard). Une voix de Waterloo. Histoire de la bataille livrée le 18 juin 1815. Editions Douin, 2016, in-8° à l'italienne, 174 pp, illustrations, une carte en couleurs en frontispice et une grande carte dépliante en couleurs hors texte, broché, bon état. Première réédition de la traduction française publiée en 1874 à Bruxelles chez Jules Combes

            32

L'original, un petit volume in-16 de 328 pages, a été reproduit ici au format 14,5 x 20 cm à l'italienne avec 2 pages par page. “Une voix de Waterloo” est le récit modeste d'un ancien soldat, qui fut le témoin oculaire et un des acteurs de beaucoup de scènes qu'il essaye de décrire. Ce texte prend une importante valeur originale de part le fait que son auteur resta sur le champ de bataille pendant 14 ans comme guide et descripteur de la bataille. Il a donc eu le grand avantage de rencontrer sur place de nombreux "vétérans" qui sont revenus sur les lieux et qui ont pu conforter et compléter son propre témoignage. La grande carte dépliante donne l'état des forces en présence le 18 juin au coucher du soleil.

156.          FACON (Patrick), Renée GRIMAUD et François PERNOT. Les plus belles victoires de Napoléon. Editions Atlas, 2003, in-4°, 128 pp, très nombreuses illustrations et cartes en couleurs, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. La glorieuse épopée de Napoléon)

            15

"L'art d'être tantôt très audacieux et tantôt très prudent est l'art de réussir." (Napoléon Bonaparte, Empereur des Français)

157.          GARROS (Louis). Le Général Malet, conspirateur. Plon, 1936, in-12, 306 pp, broché, bon état

            25

"Ainsi que I'auteur le souligne dans le titre de son livre, Malet fut, un jour, un Conspirateur et presque le Conspirateur, poussé par une idée géniale, mais comme le génie, proche voisine de la folie. Au demeurant ce Général fut toute sa vie un maladroit, un malchanceux et, à dire vrai, un malheureux. (...) il prépare et met sur pied une nouvelle conspiration, perfectionnée sur un point capital. L'idée vient à Malet de supposer la mort de l'Empereur, alors à Moscou et d'instituer un Gouvernement provisoire où il occupera le poste éminent de Commandant Militaire de Paris. (...) M. Garros connait à fond le sujet dont il indique les principales sources originales. Son récit de la journée du 22 octobre passe en intérêt tous les romans policiers." (Albert Meynier, Revue d'histoire moderne, 1936)

158.          GAVOTY (André). Amours et aventures au temps de Napoléon. Hachette, 1969, in-8°, 254 pp, broché, couv. illustrée d'une reproduction de Goya, bon état

            25

La liste des amours du frère aîné de Napoléon, Joseph, roi d'Espagne, aussi bien à Naples et à Madrid qu'à Paris, est au moins aussi longue que celle des amours d'Henri IV ou de Louis XIV. Ce personnage aimable et superficiel vit surtout dans la couronne un moyen d'avoir d'agréables aventures. André Gavoty en relate quelques-unes de la manière la plus piquante. On trouvera dans ce volume d'autres chapitres, à la fois instructifs et divertissants, l'histoire de la maréchale Lefebvre, qui, duchesse de l'Empire, entra dans la légende sous le nom de Madame Sans-Gêne, ou l'étonnante aventure de Monsieur Pfister, premier maître d'hôtel de Napoléon, qui devint fou.

159.          GAVOTY (André). Les Drames inconnus de la Cour de Napoléon, 1805-1806. Fayard, 1964, in-8°, 227 pp, sources, cart. éditeur, sans la jaquette, bon état (Coll. Toute l'Histoire...)

            20

"Voici le deuxième volume des “Drames inconnus de la Cour de Napoléon”. Il contient cinq récits d'inégale longueur mais d'un égal intérêt, qui tous ont trait à des faits restés ignorés. André Gavoty s'efforce, en effet, de résoudre des problèmes que Frédéric Masson regrettait de n'avoir pas eu le temps d'élucider. Il recherche également dans les vingt-huit volumes de la “Correspondance Générale” de Napoléon et dans ses annexes de Lecestre, Bretonne, Chuquet, Picard et Tuetey, les ordres ou décisions de l'Empereur qui surprennent par leur sévérité, leur mystère ou leur ironie. Dès lors, il mène son enquête avec la passion d'un détective et l'indépendance d'un juge d'instruction. Comme il s'agit de faits datant d'un siècle et demi, la connaissance qu'il a patiemment acquise des divers milieux de la société française entre 1795 et 1815, ainsi qu'un répertoire personnel des autographes passés en vente depuis Louis-Philippe lui rendent la tâche moins aride. Les lettres révèlent, en effet, mieux la réalité des faits que les Mémoires, dont les auteurs ont toujours tendance à embellir le rôle qu'ils ont joué. Les lecteurs trouveront dans le présent volume La Dame Rouge de Napoléon, Le prince Eugène et la Cousine de Bolivar, Tempête sur Calmelet, l'Enlèvement de Mlle Eckart et Les Trois maris d'Eléonore. Contés avec vivacité et mouvement, ces cinq récits, dont l'Empereur reste le personnage central, révèlent son comportement dans des cas précis relevant de la vie privée. C'est déjà ainsi qu'en étudiant “Les Amoureux de l'Impératrice Joséphine”, André Gavoty est parvenu à dégager le véritable caractère de celle qui fut « plus que reine »." (Revue des Deux-Mondes, 1964) — "... Les Drames inconnus de la Cour de Napoléon (...) ne sont pas moins riches en découvertes qui avaient échappé à la vigilance de Frédéric Masson et de ses émules : la Dame rouge de Napoléon, Une intrigue du Prince Eugène avec une cousine de Bolivar, Les trois maris. Eléonore (...) sont autant de récits attrayants, lestement menés et riches en détails inédits sur l'entourage de Napoléon. Voici la conclusion qu'en tire l'auteur, et qui donne à réfléchir : « Sur les quelque deux ou trois cents personnages qui composèrent la Maison de l'Empereur, de l'Impératrice, des frères et sœurs de Napoléon, la majorité ne fut mêlée à aucun autre drame que ceux dont s'accompagnent, hélas ! toutes les existences humaines. Dans son ensemble, en effet, la cour des Tuileries fut plus décente et morale que celles, contemporaines, du régent d'Angleterre, de la reine Marie-Louise d'Espagne, ou de la reine Marie-Caroline des Deux-Siciles, sans parler des petites cours allemandes, encombrées d'épouses plus ou moins morganatiques ou de favorites avouées »." (Albert Dubeux, Revue des Deux-Mondes, 1967)

160.          GOTTERI (Nicole). Soult, maréchal d'Empire et homme d'Etat. Besançon, La Manufacture, 1991, gr. in-8°, 670 pp, 12 cartes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Maréchal d'Empire, ministre de Louis-Philippe, Jean-de-Dieu Soult n'a peut-être pas laissé le souvenir d'un personnage de tout premier plan et son nom se confond avec ceux d'autres maréchaux d'Empire sans émerger réellement. Aussi la biographie établie par N. Gotteri permettra- t-elle de réviser un jugement trop sommaire et beaucoup d'idées reçues. Longue carrière que celle du maréchal Soult entamée dès avant la Révolution, précisément dans les armées royales dans lesquelles son origine sociale honorable et modeste ne lui aurait laissé que peu d'espoir de promotion. Mais les armées révolutionnaires et les guerres nationales allaient au contraire lui permettre une rapide ascension ; capitaine de l'armée du Rhin en 1793, adjudant chef de brigade en 1794, général à 25 ans. Il ne s'agit pas là d'un phénomène unique dans les annales révolutionnaires, néanmoins Soult apparaît comme l'un de ces hommes aptes à assurer très jeune des commandements importants. Puis tout devait s'enchaîner : les campagnes de Suisse, le siège de Gênes, le commandement en Piémont et dans les Pouilles. Sous le Consulat, dès 1801-1802, Soult ayant regagné Paris, pouvait songer à une vie bien établie dans la capitale comme en témoignent les acquisitions d'une maison de campagne et d'une demeure parisienne rue de l'Université. Mais sous le Consulat et sous l'Empire, les officiers généraux ne disposaient guère de loisirs pour se livrer aux délices de Capoue. Rappeler la carrière de Soult promu maréchal en 1804 paraît inutile tant elle se confond avec les campagnes impériales, tout au plus pourrait-on relever dans la biographie de N. Gotteri ce qui n'est pas toujours souligné ailleurs, le soin apporté par Soult à l'intendance, son souci de la santé des soldats, la surveillance de la nourriture des troupes et du paiement de la solde. Cependant on doit souligner tout ce qui a trait aux campagnes dans la péninsule ibérique où le maréchal Soult devait passer quatre ans sans un congé, et en contrepartie hériter d'une réputation détestable de pilleur d'œuvres d'art et autres biens. (...) Il faut attendre l'avènement de la Monarchie de Juillet pour voir le maréchal Soult ainsi qu'une bonne partie du personnel impérial rappelé aux affaires : ministre de 1830 à 1834, puis après une mise à l'écart de 1834 à 1839, Soult sera le président du conseil du ministère le plus long du règne de Louis-Philippe, de 1839 à 1847, jusqu'à ce que ses forces le trahissent et l'empêchent de continuer à exercer ses fonctions. (...) Mais la vie du maréchal ne se résume pas à son œuvre militaire et à son rôle politique : sa vie privée est largement évoquée et rend plus humaine la figure de cet homme d'action. Des sources d'archives familiales ont permis d'éclairer cette biographie, la correspondance entre le maréchal et sa femme témoigne d'un mariage particulièrement heureux, de l'intérêt porté à leurs enfants, de leur goût pour les tableaux et les livres. Tous ces détails gomment l'austérité d'une vie toute entière tournée vers le service de la France, vie racontée avec bonheur dans cette biographie passionnée." (J. Charon-Bordas, Revue Historique, 1992)

161.          JOSÉPHINE (Impératrice). Correspondance, 1782-1814. Edition établie, présentée et annotée par Bernard Chevallier, Maurice Catinat et Christophe Pincemaille. Payot, 1996, in-8°, vii-420 pp, généalogies des Tascher et des Beauharnais, chronologie, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

Marie Joseph Rose de Tascher de la Pagerie Impératrice des Français (1763-1814). Née à la Martinique et mariée à un gentilhomme avec qui elle ne s'entendait guère, Joséphine connut les prisons de la Terreur, la pauvreté et la vie dissolue du Directoire. Rien ne la prédisposait à une destinée grandiose, si ce n'est son charme, sa culture, bien supérieure à la moyenne et son intelligence de la vie en société. Veuve en 1794, elle épousa le général Bonaparte en 1796 ; elle avait alors trente-trois ans et deux grands enfants. En 1799 Joséphine, pourtant désargentée, acheta en son nom personnel le château de la Malmaison qui restera dès lors son havre de prédilection et dans lequel elle fit installer une importante bibliothèque très variée. Répudiée par Napoléon, elle conserve la Malmaison et sa belle bibliothèque. Lorsqu'elle meurt d'un refroidissement pendant la débâcle napoléonienne, les volumes deviennent la propriété d'Eugène. Après un abandon de quinze ans, une grande partie des livres fut vendue aux enchères sur place en 1829 (le libraire Mongie rédigea un catalogue très sommaire) et une autre demeura dans les murs ou fut emportée par Eugène. — "Bien que réputée allergique à l'écriture, Joséphine écrit en moyenne une ou deux lettres par semaine entre 1782 et 1814. Dans cette correspondance rééditée, sur 524 missives deux seulement sont adressées à Napoléon, mais on y trouve constamment trace d'affectivité et de sensibilité. En même temps, Joséphine conserve une grande discrétion qu'elle justifie parfois par la hâte avec laquelle elle s'oblige à correspondre, au milieu des cérémonies, des bals et des déplacements qu'elle est obligée d'assumer. Ecrites sans manières, avec rapidité, ces lettres qui ne sont pas toujours très longues, montrent la façon directe et vive qu'a Joséphine d'appartenir aux siens et à la société, si bien qu'une lecture suivie donne l'impression d'une femme précise et juste, à la sensibilité moderne, envahie de sensations qu'elle ne cherche ni à évacuer ni à amplifier. Deux thèmes traversent cette correspondance: les séparations et la filiation. Joséphine est souvent séparée de Bonaparte comme de Napoléon ; elle l'est aussi de ses enfants (Hortense et Eugène) nés en 1781 et 1782 ; elle l'est encore de sa mère. Si bien que ses lettres tissent une grande toile qui relie les uns aux autres et transmet les nouvelles. En filigrane apparaît Bonaparte-Napoléon: Joséphine s'étonne de son attachement pour elle et s'émerveille de ses attentions. Dès lors, elle a le ton d'une toute jeune fille. En revanche, lorsqu'elle évoque les séparations provoquées par les déplacements, les guerres, les conquêtes, elle exprime la douleur d'une femme quoique soumise aux désirs de Napoléon lui demandant sans cesse d'être là ou non, d'aller là, ou encore ailleurs. Séparée aussi de ses enfants elle écrit beaucoup et vite comme pour faire passer en mots la tendresse et le soin, et que se sache son attachement pour eux. Les lettres relient encore l'Empereur à cette aventure familiale et l'on s'aperçoit vite du lien entre Napoléon et Hortense. Avant 1809, la séparation entre Joséphine et l'Empereur n'est pas choisie; après le divorce, faute d'héritier, elle est imposée et provoque une immense affliction chez l'impératrice. Quelque chose de désolé s'infiltre dans chaque phrase, accompagné de l'attente des nouvelles de l'Empereur qui viennent, semble-t-il, régulièrement. Joséphine, séparée de fait puis de droit, vit intensément ses relations de fille, de mère puis de grand-mère. Ce sont sûrement ses plus belles lettres, celles qui viennent s'inquiéter d'Hortense, de ses maternités, d'Eugène et de sa femme eux aussi parents. Et lorsque Hortense perdra un fils, la douleur de Joséphine éclate violemment: sa chair parle avant que sa main ne prenne la plume. Profondément mère et grand-mère, elle souffre dans son corps, et ses lettres sont le prolongement délicat et profond d'une maternité vécue dans des conditions difficiles et d'une autre maternité à elle refusée, celle qui aurait donné à Napoléon l'enfant souhaité par les deux époux. Joséphine est fragile, elle éprouve des difficultés à suivre le rythme de son mari qu'elle trouve « très fort »; elle se soigne aux eaux, a de menus accidents, souffre de fièvres. Elle parle beaucoup de ce corps, sans trop s'y attarder pourtant, mais on sent une grande fatigue nourrie de douleurs et de chagrins. « Je vis dans des transes et une anxiété terribles », écrit-elle un mois et demi avant sa mort à son fils Eugène, frappée dans son coeur des nouvelles de l'abdication de l'Empereur. Les lettres de Joséphine dessinent une telle figure de femme qu'on se demande pourquoi l'Histoire, les historiens et leurs légendes ne nous enseignent pas aussi l'énigmatique simplicité des événements et des êtres." (Arlette Farge, Libération, 2 janvier 1997)

162.          MAHAN (Alexandre). Marie-Louise : la Némésis de Napoléon. Payot, 1933, in-8°, 303 pp, 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            30

"Ce qui fait l'intérêt de la biographie de Marie-Louise : la Némésis de Napoléon, publiée par M. A. Mahan et traduite par le colonel G. Cros, c'est qu'elle est basée sur les archives de la Cour de Vienne, ouvertes aux chercheurs par la révolution de 1918. Ainsi que le laisse entendre le sous-titre de l'oeuvre, elle tend à prouver que Marie-Louise fut l'instrument de la ruine et de la déchéance de l'empereur et que, consciemment ou inconsciemment, elle exerça sur lui la plus funeste influence, en se révélant comme une mauvaise fée de tous les instants." (Combe de Patris, Annuaire de la Société des études historiques, 1934)

163.          NABONNE (Bernard). Pauline Bonaparte, 1780-1825. Hachette, 1948, in-8°, 255 pp, notes et références, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et vermillon, fleurons dorés, couv. illustrée conservée, bon état

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"On a beaucoup écrit sur Pauline Bonaparte, princesse Borghèse : soit hâtivement comme J.-H. Rosny jeune – qui en 1938, fit paraître sur la soeur de Napoléon Ier un livre romanesque, dépourvu d'esprit critique – soit avec des idées à priori hostiles ou favorables à cette femme d'humeur fort galante, soit comme Frédéric Masson, bonapartiste convaincu et toujours prêt à innocenter ou à excuser son héroïne. De telles conceptions du rôle de l'historien ne peuvent donner naissance qu'à des oeuvres imparfaites : à de l'histoire romancée, genre hybride, ou à des études dépourvues d'objectivité. Le nouveau livre de Bernard Nabonne correspond heureusement à la conception de l'histoire scientifique, c'est-à-dire uniquement basée sur les documents et sans parti pris. C'est la seule acceptable. Honnêtement, l'historien béarnais expose ce qui découle des textes mêmes. Quand ceux-ci sont contradictoires, quand la thèse des partisans de Pauline et celle de ses ennemis s'opposent et qu'aucune des deux ne paraît concluante, Bernard Nabonne ne tranche pas : il se contente de montrer le pour et le contre des deux versions." (Louis Saurel, Revue Europe, 1949)

164.          NAPOLÉON Ier. La Stratégie et l'amour. Correspondance avec Joséphine, Marie-Louise et Marie Walewska, accompagnée de lettres et documents historiques classés selon la chronologie. Choix et présentation de Claude Roy. Club Français du Livre, 1962, in-8°, 303 pp, 90 petits portraits, gravures et fac-similés dans le texte, reliure soie verte de l'éditeur, 1er plat orné d'un aigle impérial et de motifs dorés (maquette de Jacques Daniel), signet, rhodoïd, bon état (Coll. Mémoires)

            25

165.          ROEDERER (Pierre-Louis, comte). Mémoires sur la Révolution, le Consulat et l'Empire. Plon, 1942, pt in-8°, xxiii-276 pp, textes choisis et présentés par Octave Aubry, reliure toile vert-bouteille, dos lisse, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), bon état

            40

"Vers 1855, paraissaient, tirés à cent exemplaires non destinés au commerce, les huit volumes des Œuvres de Roederer, publiées par son fils. Ils furent aussitôt utilisés par Thiers et de nombreux historiens frappés par leur intérêt et leur véracité. En 1907, un in-octavo extrait de ces huit volumes fut édité et presque immédiatement épuisé. L'édition nouvelle des Mémoires de Roederer, due à M. Octave Aubry, sera donc la bienvenue. Relatant avec précision ce qu'il a vu et entendu, Roederer sait transcrire le détail caractérisant la scène évoquée ou le trait échappé des lèvres mêmes de ses interlocuteurs. Comme ceux-ci sont Napoléon, Joseph, Lucien ou Mme Bonaparte, Siéyès, Talleyrand ou Lasalle, on conçoit l'importance de son témoignage. Le choix des textes fait par M. Octave Aubry ainsi que ses notes et une brillante préface accroissent l'attrait de ce volume." (Revue des Deux Mondes, 1942) — "Roederer (1754-1835) rapporte fidèlement les propos de Bonaparte sur les affaires intérieures du Consulat : complots, institutions, assemblées. On peut compléter ces mémoires de tout premier ordre par les souvenirs de famille de Blanche Roederer, belle-fille du comte." (Tulard, 1265)

166.          SCHUMACHER (Joseph-Gaspard). Journal et souvenirs de Gaspard Schumacher, capitaine aux Suisses de la garde royale (1798-1830), traduits et publiés avec une introduction par Pierre d'Hugues. Fayard, s.d. (1910), gr. in-8°, 141 pp, 105 gravures et fac-similés dans le texte et à pleine page, broché, couv. illustrée, bon état

            40

Les campagnes de Suisse, d'Espagne et de Russie... Pendant la campagne de Russie, Schumacher est capitaine au 4e suisse, dans le 2e corps de Oudinot. (Tulard, 1328) — "Ce brave Lucernois qui servit la France pendant trente ans, sans jamais apprendre à écrire notre langue, est né en 1776 et mourut à Orléans en 1847. Après avoir été d'abord soldat dans son pays, il fut incorporé dans l'armée napoléonienne en 1807, mais « jamais âme de soldat ne fut moins belliqueuse », comme le déclare l'éditeur lui-même, et sa façon de raconter ses campagnes est tout ce qu'il y a de plus prosaïque. Néanmoins, les récits de la capitulation de Baylen, des atrocités des guérilleros espagnols et des pontons de Cadix, des horreurs de la retraite de Moscou fournissent quelques traits d'autant plus émouvants qu'ils sont dits avec une placidité que rien ne semble avoir pu ébranler." (Revue Historique, 1910)

167.          SÉGUR (Philippe-Paul, comte de). Un Aide de Camp de Napoléon. De 1800 à 1812. Mémoires du général comte de Ségur. Firmin-Didot, 1894, in-12, xxiii-454 pp, un portrait gravé en frontispice et une carte dépliante hors texte, reliure demi-toile vert empire, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), bon état

            40

Edition nouvelle publiée par les soins du petit-fils de l’auteur, le comte Louis de Ségur, illustrée d'un portrait et d'une carte repliée : description des conspirations de 1804 organisées par l'Angleterre, exécution du duc d'Enghien, camp de Boulogne, Austerlitz, campagnes d'Allemagne, d'Espagne, etc.. — "Devenu aide de camp de Napoléon sous l'Empire puis attaché à la cour de Joseph, Ségur a laissé d'attachants mémoires... On a peut-être accordé trop de crédit à ces souvenirs, au demeurant fort bien écrits." (Tulard, 1331)

168.          SUTHERLAND (Christine). Marie Walewska, le grand amour de Napoléon. Perrin, 2000, in-8°, 309 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de gravures hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

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Né en 1786 (et non en 1789 comme le mentionnent les dictionnaires), mariée à dix-sept ans au comte Walewski, qui avait cinquante ans de plus qu'elle, Marie Walewska subit la pression du prince Joseph Poniatowski, de son propre mari et finalement de toute la société de Varsovie pour qu'elle cède, en 1807, dans l'intérêt de la Pologne, au désir de Napoléon. Elle résista, mais l'empereur profita, semble-t-il, d'un évanouissement pour abuser d'elle. Non seulement Marie pardonna, mais elle devint une maîtresse aimante et lui donna un fils, Alexandre, en 1810, ce qui le détermina à répudier Joséphine pour "épouser un ventre" qui lui donnerait un héritier. Fidèle jusqu'au bout à l'Empereur, Marie lui rendra visite à l'île d'Elbe en compagnie de son fils et le retrouvera une dernière fois à La Malmaison après Waterloo.

169.          TARLÉ (E.). La Campagne de Russie, 1812. Gallimard, 1941, in-8°, 270 pp, traduit du russe, une carte en frontispice, broché, couv. illustrée, bon état

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"La traduction de l'important ouvrage de M. E. Tarlé sur la campagne de 1812 offre aux historiens de langue française une synthèse des ouvrages russes, enrichie par les recherches personnelles de l'auteur, et aussi, pour la première fois, une histoire de la résistance à l'invasion, conçue du point de vue populaire, en sorte que la guérilla y tient une place importante, ainsi que la tactique de Koutouzof, qui apparaît ici comme un chef national. Le sens général du livre est d'exalter le patriotisme du peuple russe qui a fait le vide devant l'adversaire et l'a harcelé avec une ardeur qui ne peut se comparer qu'à celle du peuple espagnol. Toutefois, on aperçoit bien que, si Napoléon, demeurant fidèle à la Révolution, avait annoncé l'intention de libérer les paysans, les choses auraient pu tourner un peu autrement, et c'est bien ce que la noblesse redoutait ; en fait, certains événements montrent qu'en prenant part à la lutte, des paysans se sont crus autorisés à espérer une amélioration de leur sort ; leur cause n'a pas été sans éveiller des sympathies; en sorte que, par un cruel détour, la guerre n'a pas été sans fruit pour la cause de l'émancipation, de même du reste qu'en Espagne..." (G. Lefebvre, Revue Historique, 1946)

170.          WAGENER (Françoise). La Reine Hortense (1783-1837). JC Lattès, 1992, gr. in-8°, 476 pp, 8 pl. de gravures hors texte, généalogie, chronologie, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Grand Prix d'Histoire de la Vallée-aux-Loups 1992, Prix Napoléon III 1993)

            25

Par la volonté de son beau-père, Napoléon, Hortense de Beauharnais devint la reine Hortense (1783-1837). Comme sa mère, Joséphine, épousant la gloire des Bonaparte, elle vécut de l’intérieur cette monarchie-spectacle que fut l’Empire. L’Europe la courtisait, chantait ses romances, la tenait pour l’une des femmes les plus accomplies et les plus élégantes de son temps. Née à la frontière de deux sociétés, Hortense incarne le meilleur de leurs valeurs. Cette héroïne pré-romantique qui ressuscita la chevalerie, bien avant la duchesse de Berry, qui découvrit la montagne et la belle nature, qui sut écrire aussi joliment qu'elle dansait ou peignait, enchantait ses amis, le tsar Alexandre ou Mme Récamier. Elle aurait pu n'être qu'une Iphigénie d'antichambre, elle demeure la plus intéressante des "Napoléonides". On ne s'étonnera pas qu'elle ait transmis son entendement politique au plus célèbre de ses fils : Napoléon III.

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

171.          AGOULT (Comtesse d')(Daniel Stern). Mémoires (1833-1854). Avec une introduction de M. Daniel Ollivier. Calmann-Lévy, 1927, in-12, xii-246 pp, 2e édition, broché, dos bruni, bon état

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Marie de Flavigny (1805-1876) mariée toute jeune au comte d'Agoult, fit scandale en abandonnant mari et enfants pour suivre Franz Liszt, qui lui donna deux filles. En juin 1835, après deux ans de liaison secrète, les amants s'échappent pour la Suisse. Indifférents au scandale, ils vivent leur amour au grand jour pendant quatre années : accueillis par George Sand à Nohant, ils séjournent ensuite pendant plus de deux ans en Italie (Milan, Venise, Gênes, Florence, Rome). En octobre 1839, la comtesse regagne Paris afin que Liszt puisse aller donner des concerts par toute l'Europe. Les amants se retrouvent à intervalles réguliers en France et en Allemagne. Pourtant, en mai 1844, survient la rupture : «Je veux bien être votre maîtresse, pas une de vos maîtresses», déclare Mme d'Agoult. Entourée de nombreux admirateurs, elle accueille alors dans son salon écrivains, artistes et hommes politiques...

172.          AUCLAIR (Marcelle). La vie de Jean Jaurès, ou la France d'avant 1914. Seuil, 1954, fort pt in-8°, 673 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, chronologie, index biographique, broché, couv. illustrée à rabats (lég. salie), bon état

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"M. A. a consacré à Jaurès une biographie « hagiographique ». Elle a rassemblé une solide documentation et présente un très vivant tableau de la France avant 1914. Les historiens regretteront qu'entraînée par le désir de fuir l'austérité universitaire, M. A. ait cru nécessaire de juxtaposer propos imaginés et propos réellement tenus. Elle s'expose ainsi au reproche d'avoir versé dans la biographie anecdotique et romancée, alors que le sérieux de son enquête lui permettait de faire oeuvre historique. D'autre part, M. A. raconte la vie de « Jean » plus qu'elle n'explicite les idées de Jaurès." (Revue française de science politique, 1955)

173.          BERCÉ (Françoise). Les premiers travaux de la Commission des Monuments historiques, 1837-1848. Procès-verbaux et relevés d'architectes. Picard, 2001, pt in-4° (21 × 27 cm), xii-452 pp, 177 illustrations sur 140 planches hors texte, biblio, 3 index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Bibliothèque de la Sauvegarde de l'Art français), envoi a.s.

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"On pourra s'étonner que les délibérations d'un organisme aussi important que la Commission des Monuments historiques soient demeurées confidentielles... Quoi qu'il en soit, c'est aujourd'hui seulement que ces procès-verbaux sont publiés, tout au moins pour les dix années ayant suivi la création de la Commission. Cet ouvrage, réalisé par Mme Françoise Bercé, conservateur des archives et de la bibliothèque des Monuments historiques, comporte une préface de M. Jean Hubert. La période 1837-1848 a été choisie à bon escient. Les premières années de son histoire furent, en effet, déterminantes pour la Commission des Monuments historiques, qui définit alors ses méthodes de travail, affirma son identité et établit son autorité. C'est la matière même des délibérations qui nous est offerte et on s'en félicitera, car nous pénétrons ainsi dans l'intimité des débats, ce qui est la meilleure manière de procéder pour prendre connaissance des questions, juger de la valeur des arguments avancés et des solutions retenues. Notre tâche est encore facilitée par une bonne introduction et des notes qui éclairent le texte. Mme Bercé a soigneusement retracé les conditions ayant présidé à la création de la Commission. Il s'agit d'un mouvement d'opinion favorable à la conservation du patrimoine monumental de la France. Guizot avait d'abord créé, en 1830, le poste d'inspecteur général des Monuments historiques, dont le premier titulaire fut Ludovic Vitet, et auquel avait succédé, en 1834, Prosper Mérimée. Il fallut ensuite faire un choix entre les monuments, autrement dit les « classer » par ordre d'intérêt, afin de répartir d'une manière judicieuse les subventions de l'État. Les institutions sont ce que les hommes les font. Dans la jeune Commission des Monuments historiques, le premier rôle est tenu, non par des architectes – ils ne sont que deux, d'ailleurs – ni par les politiques, appartenant au monde parlementaire, mais par ceux qu'on peut appeler les archéologues : Ludovic Vitet, Prosper Mérimée, le baron Taylor, Auguste Leprévost, Charles Lenormant et Léon de Laborde. D'ailleurs, si au départ la direction est collégiale, à. la fin de la période, en 1848, Mérimée rapporte presque seul toutes les affaires en commission..." (Marcel Durliat, Bulletin Monumental, 1979) — "Françoise Bercé publie ici un ouvrage tout à fait passionnant, qui intéressera aussi bien l'historien que l'architecte ou l'archéologue. Elle rassemble les procès-verbaux des réunions de la Commission des Monuments Historiques, tenues pendant la Monarchie de juillet (1837-1848). La Commission fut établie en 1837 auprès du Ministre de l'Intérieur; elle complétait la création par Guizot en 1830 du poste d'inspecteur des Monuments Historiques dont le premier titulaire fut Ludovic Vitet à qui succéda, en 1834, Prosper Mérimée. Parallèlement, Guizot confiait à une commission – le Comité des Arts dépendant du Ministère de l'Instruction Publique – la publication de tous les documents inédits de l'histoire de France. (...) Après la présentation des différentes instances s'occupant de la conservation des bâtiments, l'Auteur dresse une liste des membres de la Commission des Monuments Historiques, accompagnée d'une courte biographie de chacun d'eux et elle insiste sur le rôle des correspondants de province, transmettant par le biais des préfets, leurs remarques sur des projets de restauration ou de destruction, sur les fouilles. (...) Il est intéressant, en parcourant les procès-verbaux, de voir que des problèmes soulevés alors, restent encore aujourd'hui d'une brûlante actualité. La Commission subventionne des fouilles archéologiques mais favorise surtout les fouilles de sauvetage. Par ailleurs, faut-il centraliser les objets découverts – ce qui facilite leur étude scientifique – ou les laisser sur place ? Il est en tout cas décidé que les trouvailles exceptionnelles iront à Paris. (...) La Commission va s'attacher avec persévérance à la restauration des monuments antiques de Nîmes, d'Arles et d'Orange, des églises de Vézelay et de Tournus, de la Sainte-Chapelle, mais aussi des monuments «celtiques» de Bretagne. Elle choisit quasi constamment des réparations et consolidations plutôt que des altérations (!) de style. (...) La doctrine de la Commission s'élabore au «coup par coup», hésitant, prenant tantôt un parti tantôt le parti opposé ; ce qui rend la lecture de cet ouvrage si précieux pour l'histoire des sensibilités..." (Françoise Dierkens-Aubry, Revue belge de philologie et d'histoire, 1984)

174.          BERNARDOT (F.). Le Familistère de Guise, Association du Capital et du Travail et son fondateur, Jean-Baptiste André Godin. Étude faite au nom de la Société du Familistère de Guise, Dequenne & Cie. Elibron Classics, 2007, in-8°, 296 pp, appendice, un portrait en frontispice et 20 planches et tableaux graphiques hors texte, 37 tableaux synoptiques, broché, bon état. Réimpression de la 2e édition de 1892

            20

175.          BLANQUI (Adolphe). Des classes ouvrières en France pendant l'année 1848. Première et deuxième partie. P., EDHIS, 1979, in-8°, 255 pp, les 2 parties réunies en un volume, broché, bon état

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Réimpression de l’édition originale publiée chez Pagnerre en 1849 qui constituait la douzième livraison des “Petits Traités de l’Académie des Sciences Morales et Politiques”. Cette enquête du célèbre économiste libéral, est une réponse directe à la Révolution de février 1848. Aux sites industriels classiques qu’avait visités Villermé (le Nord, Rouen, Lyon et Saint-Etienne), Blanqui ajoute un périple dans le Midi. Important document sur la condition ouvrière et l’état social de la France dans les premiers mois de la Seconde république. (Michèle Perrot, "Enquêtes sur la condition ouvrière", p. 54). L'ouvrage est cité par Marx dans "Le Capital". (Coquelin & Guillaumin, I, 181)

176.          BURNAND (Robert). Napoléon III et les siens. Hachette, 1948, in-8°, 384 pp, reliure demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vermillon et vert, fleurons dorés, couv. illustrée conservée, dos uniformément passé, bon état

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"L'activité de Robert Burnand (1882-1953) en tant qu'homme de lettres ne peut être ici rappelée en détail. Il collabora à des revues de caractères très divers, notamment à la “Revue de Paris”. Sensible, dans la considération du passé, aux côtés curieux et piquants, il travaillait avec zèle à l'édition intégrale du Journal des Goncourt qui lui avait été heureusement confiée. Il était préparé à la mener à bien par sa connaissance des hommes et des événements de la fin du XIXe siècle. Ses livres si pétillants, La vie quotidienne en France en 1830, puis de 1870 à 1900 (1947), Napoléon III et les siens (1948), Le duc Aumale et son temps (1949), Paris 1900 (1951), sont des meilleurs dans le genre anecdotique, la petite histoire, dit-on, qui, malgré les rares qualités exigées, doit payer par la brièveté l'étendue du succès. On peut dire d'elle ce que Pascal a dit de l'éloquence, « qu'il y faut de l'agréable et du réel, mais que cet agréable soit lui-même pris du réel ». Il présida la Société des Etudes historiques. Il venait d'être élu vice-président de la Société de l'Ecole des chartes." (G. Brunel, Bibliothèque de l'école des chartes, 1953)

177.          CECIL (David). Lord Melbourne ou le plaisir de vivre. Amiot-Dumont, 1956, in-8°, 309 pp, traduit de l'anglais, chronologie sommaire, biblio, reliure pleine toile brique de l'éditeur, gardes illustrées, demi-jaquette illustrée, bon état

            25

"Très agréable biographie de William Lamb, Lord Melbourne (1779-1848). Cet ouvrage ne prétend pas à l'érudition, et l'accent est mis sur l'homme, plutôt que sur l'homme d'État et son rôle politique. Néanmoins, il s'agit d'une étude de haute qualité, qui se lit non seulement avec beaucoup de plaisir (grâce notamment à un style agréable et à un sens historique plein de finesse), mais aussi avec profit. Lord David a d'ailleurs utilisé de nombreuses sources manuscrites, en particulier les archives de Windsor, qui lui ont beaucoup apporté sur les relations de la reine Victoria avec son premier ministre. Et il a su brosser à petites touches un remarquable portrait de cet aristocrate du XVIIIe siècle, de l'un des derniers grands whigs, quelque peu égaré à l'époque du Reform Bill et du chartisme. Sceptique, épicurien, indolent, mais en même temps administrateur efficace et appliqué, Lord Melbourne était aussi conservateur qu'on peut l'être, et hostile par instinct à tout changement. Mais, en même temps, il était prêt à accepter des réformes presque radicales quand il lui semblait qu'il était devenu impossible de les ajourner sans danger de révolution ; d'un autre côté, il détestait le désordre et, comme Home Secretary de 1830 à 1834, il maintint l'ordre avec fermeté et même rigueur. Plus anecdotiques, mais très agréables, sont les chapitres que Lord David consacre à l'étonnante amitié amoureuse qui se développa entre Victoria et son premier ministre. Il n'est pas douteux que Melbourne s'éprit de sa jeune souveraine, et le mariage de celle-ci en 1840 fut pour lui une épreuve pénible ; l'année suivante, son cabinet fut renversé, et il cessa d'être en relations quotidiennes avec la reine. Il ne se releva pas de ce double choc et eut une attaque dès 1842. Au total, un livre agréable et intéressant." (François Crouzet, Revue Historique)

178.          CHEVRIER (Raymond). Sissi : Vie et destin d'Elisabeth d'Autriche (1837-1898). Genève-P., Minerva, 1987, in-4°, 181 pp, 278 gravures et photos en couleurs, reliure toile éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            30

Très beau livre illustré.

179.          CIAMPINI (Raffaele). Thiers et le “Risorgimento”, d'après des documents inédits. Florence, Publications de l'Institut francais de Florence, 1948, gr. in-8°, 70 pp, broché, bon état

            20

"Notre but a été surtout de faire connaître quelques lettres inédites échangées avec Thiers par des personnages marquants italiens et français et relatives au Risorgimento." (R. C.)

180.          CORBIN (Alain). Le Territoire du vide. L'Occident et le désir du rivage, 1750-1840. Aubier, 1988, in-8°, 411 pp, 24 pl. de gravures hors texte, glossaire, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. historique). Edition originale

            25

A l'aube du XVIIIe siècle, les colères de l'océan accentuent la répulsion inspirée par les grèves désertes et lugubres. Nulle part, excepté dans l'oeuvre de rares individus, ne se dit l'admiration pour l'espace infini des flots ; nulle part ne s'exprime le désir d'affronter la puissance des vagues, de ressentir la fraîcheur du sable. C'est entre 1750 et 1840 que s'éveille puis se déploie le désir collectif du rivage. La plage alors s'intègre à la riche fantasmagorie des lisières ; elle s'oppose à la pathologie urbaine. Au bord de la mer, mieux qu'ailleurs, l'individu se confronte aux éléments, jouit de la sublimité du paysage. Le long des grèves septentrionales, l'alternance du flux et du reflux, le spectacle d'un peuple de "petits pêcheurs", simple, héroïque et redoutable, conduisent l'errance et la rêverie. Dans le saisissement de l'immersion, qui mêle le plaisir et la douleur de la suffocation, s'élabore une façon neuve d'appréhender son corps... — "Comment naît, entre le XVIIIe et le XIXe siècle, le bord de mer comme lieu d'investissement scientifique, thérapeutique, touristique mais d'abord affectif. Alain Corbin place son investigation à la croisée de toute une série d'histoires particulières qui finissent, autour de 1850, par bouleverser le paysage sensible des Européens. Un livre compliqué et savoureux." (Le Choix des Annales, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 1988)

181.          CZAPSKA (Maria). Une famille d'Europe Centrale, 1772-1914. Plon, 1972, in-8°, 329 pp, préface de Philippe Ariès, 4 pl. de gravures hors texte, une carte, un tableau généalogique, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Civilisations et mentalités). Peu courant

            40

Chronique familiale des Czapski, aristocrates polonais cosmopolites à l'âge du nationalisme et de la démocratie. Maria Czapska (1894-1981), issue d'une illustre famille polonaise, possède aussi une intéressante et prestigieuse ascendance autrichienne, balte et russe. En exploitant la correspondance et les mémoires de ses grands-parents, elle trace un panorama de l'aristocratie de la Mitteleuropa de la fin du XVIIIe siècle à l'aube du XXe siècle. Elle livre ensuite ses propres souvenirs d'enfance et d'adolescence, passées dans le domaine familial de Przyluki, près de Minsk, aux confins de l'ancienne Pologne, devenue Biélorussie. À travers la vie de sa famille, de ses parents, de ses sept frères et sœurs, de sa chère gouvernante, de ses institutrices et de tout leur entourage, c'est une société appelée à disparaître avec la Première guerre mondiale et la Révolution russe qui est brossée avec charme et délicatesse. — "Philippe Ariès, co-directeur de la collection « Civilisations et mentalités » où cet ouvrage a paru, rappelle à juste titre dans sa substantielle préface que « le temps de nos vies privées est aussi un temps d'histoire ». C'est en effet un travail d'historien et pas seulement de mémorialiste qu'a accompli Maria Czapska en reconstituant, moitié grâce à des correspondances échappées à la destruction, moitié grâce à ses souvenirs personnels, le « Livre de raison » de sa famille et des familles alliées depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu'à la guerre de 1914. Mais elle a sur un historien étranger le double avantage d'avoir connu beaucoup des personnages qu'elle met en scène et d'avoir véritablement respiré l'atmosphère du passé, atmosphère quasi féodale qui, à l'époque de sa naissance en 1894 dans le domaine familial de Przyluki, aux environs de Minsk, s'était encore conservée à peu près intacte. De là le relief de ses portraits et, pour employer une expression de théâtre, la « présence » de ses modèles. Les Czapski, première maison patricienne de Poméranie – territoire polonais jusqu'au partage de 1772 – s'étaient établis en Biélorussie à la suite du mariage du voïévode François Stanislas, trisaïeul de l'auteur, avec une Radziwi qui y était possessionnée. Leur fils Charles fut chambellan du roi Stanislas-Auguste, leur petit-fils Emeric, partisan sincère d'une intégration de la Pologne à la Russie, fut vice-gouverneur de Moscou. Lorsqu'il démissionna en 1879 pour protester contre le changement de la politique tsariste à l'égard de son pays, il se retira sur ses terres – retraite égayée par de fréquents voyages à travers l'Europe – et sa seule forme de résistance à l'oppresseur consista à vendre sa collection de monnaies russes qu'il remplaça par une collection, d'ailleurs unique, de monnaies polonaises. L'oncle de Maria, Charles, élu président de la ville de Minsk, consacra à la modernisation de la vieille cité non seulement toutes ses forces mais la majeure partie de sa fortune. Quant à son père, il se contenta de mener l'existence d'un grand propriétaire terrien, dirigeant lui-même l'exploitation de ses vastes domaines. Comme l'écrit Philippe Ariès, le régime, inchangé depuis deux ou trois cents ans, auquel ceux-ci étaient encore soumis, était à la fois seigneurial et colonial. A Przyluki, les valets saluaient leurs maîtres d'un « Loué soit Jésus-Christ », à quoi ces derniers répondaient « Dans les siècles des siècles ». Les enfants avaient un précepteur polonais et trois institutrices, une Polonaise, une Française et une Allemande. Les repas étaient servis à trois tables, celle des maîtres, celle du maître d'hôtel, du cuisinier et de la première femme de chambre, celle des bonnes, des garçons d'office et des marmitons, et comportaient trois menus différents. Malgré ce luxe, surtout domestique, les filles étaient habillées avec une simplicité qui touchait à l'austérité, les déplacements étaient rares et les seules distractions, les visites de parents et de voisins, en particulier des curés des environs qui arrivaient le samedi soir pour célébrer la messe du lendemain dans l'église la plus proche, la chasse pour les hommes et, pour les femmes, la correspondance qui occupait une partie de la journée. Il est curieux de voir vers 1910 une évolution se dessiner dans la jeune génération, qui devient à la fois patriote et démocrate, presque révolutionnaire à la manière utopique d'un Tolstoï, alors que les Czapski dans l'ensemble avaient été jusque-là conservateurs et européens. Cet européanisme s'était manifesté en particulier dans leurs alliances. La mère de Maria, qui mourut jeune, appartenait à l'illustre maison autrichienne des Thun-Hohenstein dont une branche, la sienne, s'était fixée en Bohême après la bataille de la Montagne Blanche. Catholiques comme les Czapski, ils étaient de père en fils au service de la Double Monarchie. Leo, le frère de son aïeul, fut après 1848 gouverneur de la Bohême puis ministre des Cultes et de l'Education publique. Frédéric, son grand-père, fut président de la Diète de Francfort et ambassadeur à Saint-Pétersbourg. Fonctionnaires de la Couronne, ils ne géraient pas eux- mêmes leurs terres mais ils avaient des tendances slavophiles, le souci sincère d'améliorer le sort de leurs paysans. La grand-mère paternelle de l'auteur était l'une des filles du baron Meyendorff, dont les ancêtres s'étaient établis en Livonie au XIIIe siècle. Allemands de nom et d'origine, sujets russes et parlant de préférence le français, les Meyendorff, écrit leur descendante, étaient comme la plupart des barons baltes fidèles au trône et servaient dans l'armée, la diplomatie, l'administration et à la Cour des princesses allemandes devenues tsarines. Cosmopolites dans l'âme, ils étaient chez eux à Naples comme à Saint-Pétersbourg, à Nice comme à Wiesbaden. A la différence des Czapski et des Thun, ils étaient protestants. A travers le récit de l'auteur, ils apparaissent comme les représentants typiques de cette « société » d'Europe centrale qui n'a pas survécu à la guerre de 14. C'est elle, avec son pittoresque, son faste, son sens du bonheur et son charme, qui ressuscite dans l'ouvrage de Maria Czapska – témoignage aussi précieux qu'attachant." (Jacques de Ricaumont, Revue des Deux Mondes, 1973)

182.          DEBRÉ (Jean-Louis). La Justice au XIXe siècle. Les Magistrats. Perrin, 1980, in-8°, 224 pp, 16 pl. de gravures et documents hors texte, notes, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état, envoi a.s.

            25

Un portrait vivant des magistrats du XIXe siècle. L'influence de la politique, de la religion et de la franc-maçonnerie sur leur carrière. La vie quotidienne, les moeurs des juges et procureurs qui rendaient la justice à Paris et en province. Par un magistrat d'aujourd'hui.

183.          DES GARETS (Comtesse, née Marie de Larminat). L'impératrice Eugénie en exil. Souvenirs d'une demoiselle d'honneur publiés par Marie-Louyse Des Garets. Calmann-Lévy, 1929, pt in-8°, iii-280 pp, broché, bon état (Nouvelle collection historique) (Bourachot 181)

            30

Second volume seul (sur 2). —"Dans un premier volume, Mlle de Larminat a raconté ses débuts à la Cour impériale. Ce second volume concerne la période d'exil qui s'étend depuis la chute de l'Empire jusqu'en 1879. Il renferme de nombreux détails sur la vie de l'impératrice en Angleterre, sur ses déplacements à Arenenberg, en Italie, en Espagne, et sur le prince impérial." (Revue militaire française, 1929)

184.          DOLLOT (René). Romain Rolland au Palais Farnèse (1889-1891). Scènes de la vie diplomatique. P., Pédone, 1958, in-8°, 64 pp, broché, bon état (Bibliothèque internationale et diplomatique). Peu courant

            20

Tiré à part de la “Revue d'histoire diplomatique”. — "Peu après son retour de Rome, à l’extrême fin du XIXe siècle, Romain Rolland fit aux « philosophes » de Louis-le-Grand quelques conférences sur l’histoire de l’art : il compta alors parmi ses auditeurs M. René Dollot, que la philosophie conduirait tout naturellement à la diplomatie et à l’histoire diplomatique. Il y avait donc plus d’une raison pour que l’ancien et fugitif disciple de Romain Rolland recherchât chez celui-ci des portraits et des traits sur la Rome diplomatique des années 1890. Surtout quand l’observateur a la culture, l’enthousiasme et aussi la lucidité, la malice, l’impitoyable coup d’œil d’un Romain Rolland de vingt-trois ans. Observation au jour le jour, car, durant les quelque quatre années qu’il passa au palais Farnèse, Romain Rolland écrivit à sa mère une lettre quotidienne. C’est cette correspondance que M. Dollot a dépouillée, pour porter certes son attention sur ce qui intéresse au premier chef l’histoire diplomatique..." (Yves Florenne, le Monde diplomatique, 1958)

185.          DOLLOT (René). Stendhal et les prestiges de la diplomatie. P., Pédone, 1954, gr. in-8°, 23 pp, notes, broché, bon état (Bibliothèque internationale et diplomatique), envoi a.s.

            20

Tiré à part de la “Revue d'histoire diplomatique”. — Sur les rapports de Stendhal comme consul avec l’ambassadeur à Rome, Saint-Aulaire, et son successeur, Latour-Maubourg.

186.          DREYFUS (Robert). M. Thiers et la Révolution du 4 Septembre. dans la Revue de Paris, 1928, gr. in-8°, 26 pp, broché, bon état

            12

On trouve aussi dans ce numéro : Pierre Bernus. La Politique des Etats-Unis (37 pp). - Louis Roussel. La Littérature de la Grèce moderne (21 pp). - etc.

187.          DU PARC (Yves). Stendhal, Lysimaque et Fabreguettes. Lettres de Malte. P., Pédone, 1958, gr. in-8°, 21 pp, notes, broché, bon état (extrait de la “Revue d'histoire diplomatique”), envoi a.s.

            15

188.          [FAYARD, Arthème, sous le pseud. de L. BERTHIER]. Troisième invasion. Histoire de la Guerre de 1870-1871. Sedan, Metz, Strasbourg, Châteaudun, Péronne, Belfort, Toul, etc., etc. Siège de Paris. – Histoire de la Commune de 1871. P., Arthème Fayard, s.d. (1875), in-4°, 350-403-(3) pp, 2 pages de titre avec portraits gravés, un frontispice gravé (une page de titre et le frontispice insérés entre les pages 220-221), 183 gravures et portraits, 9 cartes à pleine page, reliure demi-basane verte, dos lisse avec titre (“Histoire de la Guerre de 1870-71 et de la Commune”), filets guillochés et fleurons dorés (rel. de l'époque), pt accroc à la coiffe inf., plats frottés, qqs rares pages avec rousseurs, bon état

            60

Edition populaire sur deux colonnes, avec bois gravés, en un seul volume comme souvent, de l'Histoire de la Guerre de 1870-1871, et de l’Histoire de la Commune, par F. de La Brugère, publiées originellement en livraisons, et écrites toutes deux à chaud, très peu de temps après les évènements. F. de La Brugère est le pseudonyme de l'éditeur Arthème Fayard (1836-1895). — "Le 24 juin 1871 fut adressée aux libraires et aux marchands de journaux la première livraison de l’Histoire de la Commune de Paris en 1871, par De La Brugère, paraissant deux fois par semaine, ouvrage complet en 50 livraisons à 10 centimes la livraison illustrée, avec l’annonce de la publication de la Guerre de 1870-1871. Histoire de la troisième invasion. Siège de Paris, par le même auteur, qui fut réédité en 1873. En 1875, domicilié provisoirement chez sa belle-mère, 11 rue Blottière, Arthème Fayard réédita, sous le pseudonyme « L. Berthier » (nom de jeune fille de son épouse), l’Histoire de la Commune de Paris et l’Histoire de la Guerre de 1870-1871." (Jean-Paul Fontaine, dit Le Bibliophile Rhemus) — L'Histoire de la Guerre de 1870 comprend 78 gravures et portraits, et 8 cartes. L'Histoire de la Commune comprend 105 portraits et vignettes, et une carte. — "Fayard, 35 ans en 1871, est « classiquement » hostile à la Commune ; les « empiriques de Belleville » n'étaient que des révolutionnaires en chambre, des inconnus « affiliés de fait ou de sympathie et de dévouement à la grande société de l'Internationale... »." (Le Quillec, 2585). — Son Histoire de la Commune manque parfois de recul et ne se hasarde pas à analyser les événements. Le texte, malgré ses partis pris, n’en reste pas moins très bien documenté. Cet ouvrage est illustré de nombreuses et remarquables gravures par les meilleurs artistes de l’époque : portraits d'hommes politiques, de chefs militaires et d'acteurs des évènements, de scènes de combats, dessinés et gravés sur bois, qui en augmentent grandement l'intérêt, en particulier les portraits gravés de la plupart des acteurs de la Commune.

189.          FRANCIS (Claude) et Fernande GONTIER. Partons pour Icarie. Des Français en Utopie : une société idéale aux Etats-Unis en 1849. Perrin, 1983, in-8°, 391 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Un jour de 1849, une poignée d'hommes et de femmes débarquaient sur la terre américaine avec dans leurs bagages le rêve et les plans d'une société idéale. Ces pionniers, qui avaient traversé l'Atlantique dans l'enthousiasme et croyaient enfin jeter un pont entre l'imaginaire et la réalité, ne doutaient pas de réinventer le monde. Cette première communauté icarienne qu'ils allaient fonder ici de leurs mains, ils la voyaient radieuse et conforme aux idées d'Etienne Cabet : comme quelques autres dans ce XIXe siècle où tout semblait possible, Cabet le généreux bâtissait un château en Espagne. Un monde plus juste et plus heureux, une société sans classe et sans violence où chacun s'épanouirait dans le service de tous et de l'idéal commun, Icarie fut un grand rêve, une de ces utopies qui traversent l'époque. Les adeptes du penseur, qui quittèrent la France portés par les ailes de l'espoir, ne pouvaient savoir ce qui les attendait : les difficultés d'une terre inconnue, et d'abord du climat, la maladie qui allait manquer faire sombrer toute l'entreprise... Grâce aux archives inédites que Claude Francis et Fernande Gontier ont eu le bonheur de retrouver, voici le récit vivant de cette extraordinaire aventure dans l'Amérique du siècle dernier, l'histoire quotidienne, haute en couleurs, d'une grande illusion.

190.          GIRARD (A.) et F. DUMAS. Histoire de la Guerre de 1870-71. P., Librairie Larousse, s.d. (v. 1908), pt in-8°, 144 pp, 5e édition, 110 gravures, 23 cartes et plans de bataille, cart. illustré de l'éditeur imprimé en noir et rouge, état correct

            25

C'est pour vous, écoliers francais, que nous avons composé ce petit livre, et c’est à vous que nous le dédions. Nous n'avons pas eu la prétention d'écrire une histoire complète de la guerre de 1870. Nous avons voulu simplement vous faire connaître les principaux événements de celle lutte qui a eu pour notre chère France de si funestes conséquences. Car – beaucoup d'hommes compétents l'ont remarqué et le déplorent – si vous savez ce que firent, au moyen âge, Clovis, Charlemagne ou Louis IX, vous ne pourriez pas raconter le rôle joué, il y a un quart de siècle, dans cette Année terrible par Bazaine ou par Chanzy, ni préciser les souvenirs qu'éveillent aujourd'hui les noms de Metz ou de Sedan, de Coulmiers ou de Bapaume. Nous n'oublions pas toutefois que cette histoire constitue l'un des derniers chapitres de vos succints manuels el que, faute de temps, vos maîtres, même les plus zélés, se voient dans l'impossibilité de vous entretenir des diverses péripéties de la querre franco-allemande. Votre ignorance est donc excusable, mais il faut qu’elle cesse ; il faut que, dès l'école, vous soyez instruits d'événements aurquels des membres de votre famille ont pris part ou dont ils ont été les témoins et qui ont amené la perte de deux de nos plus belles provinces, l'Alsace et La Lorraine ! Et puis, n'êtes-vous pas les soldats de demain, ceux en qui la France a mis toutes ses espérances ? Apprenez donc ce qu'ont souffert vos aînés, les vaincus de 1870, et ce qu'ils ont dépensé de vaillance, d'héroïsme et de dévouement avant de succomber. Ils vous offriront maints exemples bons à méditer el à suivre, Ainsi notre petit livre, en comblant une lacune dans notre enseignement national, servira à fortifier en vous, écoliers francais, cet amour de la patrie qu'on ne saurait trop vous inculquer, el qui n'a cessé de nous guider dans notre modeste travail ! (A. Girard et F. Dumas)

191.          GIRARDET (Raoul). Le Nationalisme français, 1871-1914. Textes choisis et présentés. Armand Colin, 1966, pt in-8°, 277 pp, repères chronologiques, notes biographiques, biblio, broché, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. U. Idées politiques)

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"Une anthologie finement commentée qui rendra d'immenses services. Vingt années ou presque de travaux neufs n'ont remis en cause ni la démarche du livre ni la spécificité du thème qu'il traite à petites touches. Un beau renfort français et américain de thèses savantes n'a pas effacé distinction, conflictuelle et perdurable jusqu'à la Grande Guerre, entre un nationalisme d'héritage jacobin et un nationalisme né avec le boulangisme, conservateur par raison, « révolutionnaire » par velléités et surtout antisémite avec préméditation. Le nationalisme a incontestablement modelé la conscience collective. Et le nationalisme serait-il une variante française d'une sorte de préfascisme européen ? Girardet récuse les thèses de Nolte sur l'Action française mais suivrait assez volontiers celles du Sternhell de "La droite révolutionnaire". L'avènement de l'Etat-nation intervient dans l'obsession de la décadence, la hantise de la guerre et l'irruption des masses en politique..." (J.-P. Rioux, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1984).

192.          GUERRINI (L.). Lamartine, secrétaire de légation. dans la Revue de Paris, 1915, 2 vol. gr. in-8°, 224 et 224 pp, brochés, bon état. L'étude de L Guerrini fait 52 pages (26 + 26)

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"Le principal incident de l'existence de Lamartine, secrétaire de la légation à Florence en 1825-1826, fut son duel avec le colonel napolitain Gabriel Pepe ; aussi est-ce cet événement que M. L. Guerrini élucide surtout dans les deux articles publiés par lui dans la Revue de Paris (15 octobre et 15 novembre 1915). Les causes en furent une fausse interprétation d'une tirade du “Dernier chant de Childe Harold”. Le napolitain s'en était ému et avait relevé vivement les assertions du poète. Un échange d'explications s'en suivit, puis un duel, qui, retardé d'abord par un accident de cheval de Lamartine, fut précipité ensuite par les tracasseries de la police florentine. Lamartine, blessé au bras, devint ensuite l'ami de son adversaire, dont la conduite est exposée dans le travail de M. L. Guerrini. Le poète y revit aussi tel qu'il se montra dans cette circonstance, loyal, ferme, courageux, aussi décidé vis-à-vis de son adversaire, qu'il se montra généreux dans la suite." (Revue d'Histoire littéraire de la France, 1916) — On trouve aussi dans ces deux numéros : 15 octobre. - ***. Aux Dardanelles. L'attaque des détroits. I : récit d'un témoin (du 1er février au 17 mars) (30 pp). - Sir Thomas Barclay. L'effort anglais. - Olivier Guihéneuc. La Résurrection de la Marine russe (19 pp). - Martine Rémusat. Christine de Suède prétendante au trône de Pologne (en 1668) (19 pp). - F. Farjenel. Les Allemands en Extrême-Orient (27 pp). = 15 novembre. - A. Chevrillon. L'Angleterre et la guerre (suite ; montre la puissance de l'effort moral que ce pays a su s'imposer pour fournir à Lord Kitchener les milliers d'hommes dont il déclare qu'il a besoin, et aussi la valeur morale de ces hommes). - Brada. Jeunesses d'antan (souvenirs d'une dame qui fut, sous le second Empire, élève à l'institution Beaujon à Paris ; intéressante description du système d'éducation donné dans un pensionnat à la mode, 25 pp). - Marcel Barrière. La Regénération de la Russie par la Guerre (20 pp). - Contre-Amiral Degouy. Réflexions et Souvenirs (20 pp). - Tony d'Ulmès. Ces Dames de la Croix-Rouge (15 pp), etc.

193.          GUIRAL (Pierre) et Guy THUILLIER. La Vie quotidienne des domestiques en France au XIXe siècle. Hachette, 1978, in-8°, 281 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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La quasi-totalité des histoires de la société française à l'époque contemporaine ignore les domestiques. Quant aux romanciers, l'image qu'ils en donnent est suspecte : Germinie Lacerteux des Goncourt ou la Françoise de Marcel Proust ne reflètent en effet qu'une réalité déformée par le jeu naturel de la création. Comment vivaient les gens de maison ? Quels étaient leur logement, leurs gages, leur nourriture, leur costume, leurs sentiments religieux, leurs convictions politiques ? Comment étaient-ils traités ? D'une manière générale, les domestiques étaient méprisés, mais l'Église se souvenait qu'ils avaient une âme et de bons maîtres tempéraient une cruauté inconsciente et admise. Rassemblant une documentation restée jusqu'à présent éparse et fragmentaire, ce livre nous restitue dans sa vérité, avec ses ombres et ses servitudes, un milieu social ignoré malgré son importance : pendant longtemps n'y eut-il pas environ un domestique pour trois ouvriers ? — "Voici une étude sur la vie quotidienne des domestiques. On s'étonne qu'un tel sujet n'ait pas été davantage traité. Les auteurs nous exposent avec précision les différences considérables de genre de vie et de rémunérations des domestiques des grandes familles qui employaient souvent vingt à trente domestiques et les payaient, pour un travail souvent moins pénible, mieux ou moins mal que les familles bourgeoises. Celles-ci se contentaient souvent d'un seul domestique dont le nom de « bonne à tout faire » est tout un programme. Travail plus exténuant, salaire moindre étaient le lot de ces malheureuses. Enfin, on a relevé que le sort des domestiques dans les campagnes ou les petites villes était plus misérable qu'à Paris. Peut-être les auteurs du livre, malgré quelques phrases prudentes, ont-ils exagéré l'aspect misérable de la vie des domestiques et, s'appuyant sur leurs sources littéraires, ont-ils fait davantage confiance à Pot-Bouille qu'aux romans de la comtesse de Ségur. Il reste, de toute façon, que pèse sur l'ensemble de cette classe, quelle que soit sa diversité, le poids du mépris et, comme il est rappelé d'après plusieurs souvenirs, on serre la main d'un ouvrier, mais jamais celle d'un domestique... Le XIXe siècle marque l'âge d'or des domestiques ; leur déclin commença au début du XXe siècle..." (Robert Marquant, Bibliothèque de l'École des chartes, 1979)

194.          GUIRAL (Pierre). Clemenceau en son temps. Grasset, 1994, gr. in-8°, 457 pp, préface de Philippe Seguin, 35 gravures et photos sur 16 pl. hors texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Né en Vendée en 1841, médecin de formation, député dès 1875, chef de la gauche radicale, il combattit la politique coloniale de Jules Ferry, prit fait et cause pour Dreyfus. Président du Conseil et ministre de l'Intérieur (1906-1909), il rompit avec les socialistes. De nouveau au pouvoir en 1917, il se consacra à la poursuite de la guerre et négocia en vainqueur le Traité de Versailles avant d'être écarté de la présidence de la République (1920). "Le Tigre" continuera à se passionner pour la médecine : en 1884, quand la Chambre lui refuse la création d'une commission d'enquête sur Toulon touché par une épidémie de choléra, il part quand même, visite tous les hôpitaux de la ville et prend le pouls des cholériques. Précurseur de la médecine du travail, il se fera, encore, le héraut de la lutte contre l'alcoolisme populaire ou contre le manque d'hygiène aux armées, et créera le premier ministère du Travail en 1906. Journaliste enfin, l'on s'émerveille d'apprendre qu'au plus fort des batailles parlementaires il dirige un quotidien. Le personnage mythique et truculent aimait les femmes, les bons mots, les mondanités, les voyages... — "Biographe de Prévost-Paradol et de A. Thiers, professeur de P. Séguin qui préface le livre en insistant sur « l'esprit de résistance » du héros, P. Guiral a choisi de peindre l'homme en donnant une large place aux contemporains : J. Ferry et R. Poincaré pour les adversaires, L. Blum ou J. Jaurès pour les compagnons de l'affaire Dreyfus, M. Barrés et L. Daudet pour le Père la Victoire. Le portrait est nuancé et, à côté des aspects progressistes qui se fondent dans le souvenir de la Révolution regardée comme un « bloc », n'oublie de rappeler ni l'hostilité de Clemenceau aux lois de 1875, ni son hostilité au vote des femmes." (Revue française de science politique, 1995)

195.          GUIZOT (François). Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps. P., Michel Lévy, 1858-1867, 8 vol. in-8°, 483, 521, 507, 582, 521, 532, 546 et 634 pp, brochés, qqs couvertures lég. salies, bon état

            240

Mémoires incontournables pour l'histoire de la Restauration et de la monarchie de Juillet. Nombreuses pièces justificatives à la fin de chaque volume. Ces Mémoires ont été publiés du vivant de Guizot, et il s'attache à retracer plutot l'histoire des années 1815-1848 qu'à se mettre en scène. — "Texte capital pour l'histoire politique du XIXe siècle." (Tulard, 677) — "Mémoires publiés du vivant de Guizot. Le premier chapitre est consacré à la jeunesse de l'homme d'état. Quelques détails sur l'Université impériale ... Mais les mémoires commencent réellement avec l'entrée de Guizot dans la vie publique en 1814. Deux chapitres importants sur la première Restauration et les Cent-Jours." (Bertier, 508) — "Son témoignage, écrit avec élégance pour les personnes, recul pour les événements et minutie pour les faits, est capital pour l'histoire du temps. Il illustre la volonté politique des doctrinaires de terminer la Révolution par l'avènement d'une monarchie constitutionnelle assise sur les classes moyennes, fondée sur l'équilibre des pouvoirs et le respect des libertés individuelles héritées de 1789." (Benoit Yvert, Politique libérale).

196.          HAMANN (Brigitte). Elisabeth d'Autriche. Fayard, 1997, in-8°, 611 pp, traduit de l'allemand, 2 généalogies, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, tranche lég. salie, bon état

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Impératrice d'Autriche-Hongrie, la monarchie la plus autoritaire et la plus compassé qui fût en Europe, elle haïssait l'Etiquette et se disait démocrate ; Bavaroise d'origine et autrichienne par son mariage avec François-Joseph, elle n'aimait que la Hongrie ; censée animer la Cour et rehausser l'éclat de Vienne, elle vivait le plus souvent à la campagne ou dans de lointains séjours méditérranéens. Elle ne manifesta qu'indifférence pour l'Empire (sauf quand il s'agissait de la Hongrie), fut une épouse distante et négligea son seul fils, le prince héritier Rodolphe, dont la mort dramatique ne la toucha pas plus que celle de plusieurs autres proches. Martyrisant son corps par d'extravagants régimes alimentaires et d'épuisants exercices de gymnastique afin d'être toujours plus belle, elle était insensible aux hommes et ne cherchait à plaire qu'à elle-même. Rarement personnage officiel aura autant revendiqué le droit de vivre sa vie – et le XIXe finissant fut peut-être la période de l'Histoires qui s'y prêtait le moins... – , et pourtant elle ne cultiva ni le plaisir ni le devoir. Intolérables furent ses frustrations, terrible fut sa solitude, bien peu réconfortantes furent les consolations que lui procurèrent les exercices de plein air et les milliers de vers gauchement imités de Heine qu'elle composait. Certes, voilà un destin pathétique, mais combien loin des clichés douceâtres complaisamment distillés depuis bientôt cent ans sur une femme prise à tort pour une héroïne romantique ! C'est grâce à une fantastique érudition – des milliers de lettres ont été dépouillées, des dizaines de journaux intimes consultés, des centaines de poèmes inédits analysés – que l'historienne autrichienne Brigitte Hamann est parvenue pour la première fois à faire le portrait véridique de la légendaire Sissi.

197.          HARRIS (Frank). Ma vie et mes amours. Gallimard, 1933-1934, 3 vol. in-12, 330, 336 et 283 pp, traduit de l'anglais par Madeleine Vernon et Henry Davray, reliures papier carmin à la bradel, dos lisses avec titres et tomaisons dorés, couv. et dos conservés, têtes dorées (rel. de l'époque), dos frottés avec pt mques de papier, coiffes sup. arasées, état correct

            60

Tomes I à III seuls (sur 4). — Irlandais, comme Oscar Wilde, dont il fut l'ami et qu'il défendit dans un ouvrage devant l'opinion anglaise – plaidoyer désintéressé car, on le verra par ces Mémoires, il était loin de partager les goûts de l'auteur du Portrait de Dorian Gray –, Frank Harris (1856-1931) a laissé une trace brillante et tumultueuse dans l'histoire et la littérature de son temps. Voyageur, cow-boy dans le Far-West à l'époque héroïque de la marche vers l'Ouest et des combats contre les Indiens – cette partie de sa vie a fait l'objet d'un film – ouvrier ; étudiant ; écrivain ; défenseur des causes perdues, il a connu les hommes les plus remarquables de son temps, il a assisté à des épisodes mémorables, comme celui de l'incendie de Chicago dont il trace une magnifique description. Pays, artistes, idées, personnalités de grand format, Frank Harris s'est intéressé à tout, il a voulu tout connaître. Mais il s'est surtout intéressé aux femmes, il les a aimées sous toutes les latitudes, dès son plus jeune âge, et la narration qu'il fait de ses amours innombrables évoque celle de son illustre devancier, Casanova. Un Casanova anglo-saxon, libéré des influences puritaines, des contraintes familiales, adversaire, à l'époque de son plus grand éclat, de l'impérialisme anglo-saxon, et déjà « européen » par ses idées et par ses amitiés, tel fut ce personnage paradoxal et savoureux qui a trainé toute sa vie derrière lui une odeur de scandale. Son autobiographie est l'une des plus hardies et des plus émouvantes qui aient jamais été écrites : c'est une véritable confession, à propos de laquelle il n'est sans doute pas ridicule d'évoquer Rousseau ou Pepys, si l'on préfère rester dans ces pays froids où l'amour, sans être tout à fait le même qu'ailleurs, n'est pas moins entreprenant. — Son autobiographie “My Life and Loves”, compte en tout quatre volumes, publiés entre 1922 et 1927. La réputation de l'ouvrage doit beaucoup aux descriptions très crues des relations sexuelles prétendues de Frank Harris et à l'exagération de l'étendue de ses aventures ainsi que de son rôle dans l'histoire. Un cinquième volume, prétendument écrit selon les notes de Harris mais d'une origine douteuse, a été publié en 1954, longtemps après sa mort. “My Life and Loves” fut interdit dans plusieurs pays autour du monde pour son traitement explicite de la chose sexuelle, et une tentative de vendre son livre à Paris échoue en 1923, celui-ci étant saisi par les autorités françaises...

198.          HAYWARD (Fernand). Pie IX et son temps. Plon, 1948, in-8°, 439 pp, un portrait en frontispice, broché, couv. lég. défraîchie, bon état

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Giovanni Maria Mastai Ferretti (1792-1878) est le 255e pape de l’Église catholique, élu le 16 juin 1846 sous le nom de Pie IX. Son pontificat de 31 ans est le plus long de l'histoire de la papauté après, selon la tradition, celui de Pierre. Aux prises avec la vague révolutionnaire qui bouleverse la politique européenne, Pie IX est partagé entre le statut de pasteur universel et celui de pape-roi d'un État indépendant. Résolument conservateur, il est l'auteur du Syllabus et de l'encyclique Quanta cura, qui condamnent toute forme de modernisme dans l'Église. Quand les troupes piémontaises envahissent Rome. Pie IX, dernier souverain des États pontificaux, se déclare alors « prisonnier du Vatican », situation qui va, dès lors, provoquer la Question romaine, qui ne trouvera sa solution qu'en 1929, avec la signature du traité du Latran entre l'État du Vatican, qui devient alors de droit international, et l'État italien. — "En fermant ce livre agréablement écrit et suffisamment informé, peut-on se vanter de connaître Pie IX à fond ? On voit tour à tour un prélat bienveillant, aimable et caustique, un Italien impétueux et prompt aux colères, un souverain obstiné dans la défense de ses droits, un pontife ardent à combattre l'erreur et à promouvoir la vérité. Mais il est difficile de faire une synthèse de tous ces personnages, et l'âme de Pie IX, ce qui fait son unité profonde, nous apparaît difficilement. Il nous reste l'image d'un homme doué de qualités moyennes, fermé aux subtilités de la diplomatie, foncièrement pieux et charitable, désireux de proclamer les droits de Dieu et de l'Église envers et contre tous, sans se soucier des conséquences. On aurait aimé connaître sa vie intérieure, pouvoir analyser les causes de son revirement, étudier plus profondément les raisons de ses actes, élucider pleinement la question de ses rapports avec Antonelli. Doit-on croire, comme l'auteur le laisse entendre, qu'il ne comprenait rien à la politique et qu'il était trop heureux de se décharger de ce souci sur un personnage qu'au fond il méprisait ? Le tableau de Rome et des États romains pendant ce long pontificat est agréablement tracé..." (Ed. Bruley, Revue d'histoire de l'Église de France, 1949)

199.          HEFFER (Jean) et William SERMAN. Des Révolutions aux Impérialismes, 1815-1914. Hachette, 1973, gr. in-8°, 272 pp, + un atlas de 16 cartes hors texte in fine, index, broché, bon état

            15

Cet ouvrage constitue une synthèse claire et précise sur la période 1815-1914. Pour mieux en dégager les lignes de forces, il adopte une approche thématique, au lieu de reprendre les schémas traditionnels des histoires nationales. Les illustrations, définitions, et graphiques en marge, ainsi que l’atlas de fin d’ouvrage, le rendent particulièrement utile. — Au XIXe siècle, l'histoire semble soudain s'accélérer. L'ordre ancien est ébranlé par une succession de révolutions : démographique, économique, sociale, politique, culturelle. Les pays qui se développent alors sont encore aujourd'hui les plus riches et les plus libres. Recul de la moralité, croissance à long terme ininterrompue, essor de la démocratie libérale et représentative, épanouissement de la culture scientifique, tels sont quelques-uns des legs que nous a laissés un siècle où les progrès émergent au milieu des tensions sociales. L'exposé met l'accent sur les analyses structurelles et les grandes tendances ; il retrace les évolutions non seulement dans le monde occidental, mais aussi dans les autres parties du globe qu'on a parfois trop tendance à négliger. Il s'appuie sur tout l'apparat pédagogique nécessaire : cartes, bibliographies, définitions de termes techniques, citations de textes, index et modèles d'explication de documents. — Table : 1.La population. 2. La vie économique. 3. La vie sociale. 4. La vie politique. 5. Les relations internationales. 6. La vie scientifique.

200.          LA BRUGÈRE (F. de). L'Affaire Bazaine. Compte rendu officiel et in extenso des débats, avec de nombreuses biographies. Orné de gravures, cartes, plans, etc. P., Arthème Fayard, 1874, in-4°, 846 pp, 33 gravures et 68 portraits dans le texte, 4 cartes à pleine page (environs de Metz, Rézonville, Borny, Saint-Privat) et une grande carte dépliante de Metz et ses environs en août-octobre 1870 (62 x 45), texte sur 2 colonnes, reliure demi-chagrin noir, dos lisse, titres et caissons dorés, bon état. Bel exemplaire

            80

Condamné à mort par un tribunal militaire qui l'avait jugé pour avoir livré, le 27 octobre 1870, la place de Metz sans avoir opposé toute la résistance qui aurait pu être déployée, le Maréchal Bazaine était parvenu à s'évader de sa geôle en 1874. Il devait finir ses jours à Madrid. “L’Affaire Bazaine”, par De La Brugère, parut en 1874, à 10 centimes la livraison illustrée. F. de La Brugère est le pseudonyme de l'éditeur Arthème Fayard, 38 ans en 1874.

201.          LEGRAND (Henry). Le Cercle amoureux d'Henry Legrand, d'après ses manuscrits cryptographiques conservés à la Bibliothèque nationale, transcrits et présentés par Jean-Paul Dumont et Paul-Ursin Dumont. Gallimard, 1979, in-12, 192 pp, 2 pl. hors texte, appendices, notes, broché, bon état (Coll. Les Vies parallèles). Edition originale

            20

Il existe, à la Bibliothèque nationale, un étrange manuscrit : des dizaines de volumes couverts d'une écriture chiffrée qu'on a crue, un temps, « orientale ». Ils venaient de l'héritage d'un certain Henry Legrand (1814-1876), architecte au milieu du XIXe siècle et mort à l'asile. Pierre Louÿs, qui s'est intéressé pendant plusieurs années à ce texte, dit avoir trouvé le code. Jean-Paul et Paul-Ursin Dumont ont poursuivi le jeu. Du mélange de ces incertitudes et de ces probabilités naît un récit dont la valeur de vérité est sans doute à jamais perdue. Mais après tout, l'important, dans un récit, c'est sa réalité, c'est-à-dire le simple fait qu'on le raconte. Laissons flotter le reste. — Michel Foucault projetait de faire une collection intitulée les Vies parallèles. Les souvenirs d'Herculine Barbin (1838-1868), tirés des “Annales d'hygiène publique”, devaient inaugurer la parution d'une série d'archives médico-légales traitant de la sexualité et notamment de l'hermaphrodisme. Après “Herculine Barbin”, la collection ne connaîtra qu'un seul titre : “Le Cercle amoureux d'Henry Legrand”, publié en 1979. — "Les Anciens, écrivait Michel Foucault, aimaient à mettre en parallèle les vies des hommes illustres ; on écoutait parler à travers les siècles ces ombres exemplaires. Les parallèles, je sais, sont faites pour se rejoindre à l'infini. Imaginons-en d'autres qui, indéfiniment, divergent. Pas de point de rencontre ni de lieu pour les recueillir. Souvent elles n'ont eu d'autre écho que celui de leur condamnation. Il faudrait les saisir dans la force du mouvement qui les sépare ; il faudrait retrouver le sillage instantané et éclatant qu'elles ont laissé lorsqu'elles se sont précipitées vers une obscurité où « ça ne se raconte plus » et où toute « renommée » est perdue. Ce serait comme l'envers de Plutarque : des vies à ce point parallèles que nul ne peut plus les rejoindre."

202.          LOLIÉE (Frédéric). Les Femmes du Second Empire (Papiers intimes). P., Félix Juven, s.d. (1906), in-8°, xi-369 pp, 45 planches de gravures et photos hors texte, index, reliure demi-basane verte, dos lisse avec fleuron et doubles filets dorés, pièce de titre basane havane, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état. Edition originale

            60

Les femmes de la Cour impériale et les parvenues du plaisir, artistes et demi-mondaines. Frédéric Loliée évoque le Paris brillant, joyeux et enfiévré du Second Empire, avec ses spectacles éclatants et frivoles, ses aventures romanesques et piquantes. Son récit, bourré de détails savoureux et d'indiscrétions, intéressera vivement les lecteurs curieux des à-côtés de l'Histoire. — "Presque quarante après la chute du Second Empire, le temps est venu pour la nostalgie d'un certain Paris, gai et insouciant, empreint tout de même d'une forte réprobation pour la ville de débauche. On admire à la fois les bals costumés aux superbes et étonnants travestissements, les lumières des cafés et théâtres, et si on réprouve les trajectoires de vie dissolues des cocottes, on aime à lire les anecdotes de "luxe et volupté". Frédéric Loliée, critique littéraire et féru de théâtre, s'en fit une spécialité : il aima dresser les portraits des personnalités de la Fête impériale, les membres de la noblesse, et aussi les femmes classées dans la catégorie sociale "Hors du Monde" (patriciennes de la galanterie, artistes, lorettes ...) certes immorales mais tellement affriolantes. On suit ces dames dans un Paris de spectacles, de bals, de dîners, et qui élaborent leurs fortunes de bras en bras. Les portraits photographiques insérés en hors texte, leur donnent une dimension très proche." (Chantal Lheureux-Prévot, Pages napoléoniennes)

203.          LOLIÉE (Frédéric). La Fête impériale. Les femmes du Second Empire. P., Félix Juven, s.d. (1907), in-8°, xi-371 pp, 40 planches de photos hors texte, une vingtaine de fac-similés d'autographes in fine, index, reliure demi-vélin à la bradel, dos lisse avec pièces d'auteur et de titre basane havane et fleuron doré (rel. de l'époque), bon état. Edition originale

            60

Les femmes de la Cour impériale et les parvenues du plaisir, artistes et demi-mondaines. Frédéric Loliée évoque le Paris brillant, joyeux et enfiévré du Second Empire, avec ses spectacles éclatants et frivoles, ses aventures romanesques et piquantes. Son récit, bourré de détails savoureux et d'indiscrétions, intéressera vivement les lecteurs curieux des à-côtés de l'Histoire. — "Presque quarante après la chute du Second Empire, le temps est venu pour la nostalgie d'un certain Paris, gai et insouciant, empreint tout de même d'une forte réprobation pour la ville de débauche. On admire à la fois les bals costumés aux superbes et étonnants travestissements, les lumières des cafés et théâtres, et si on réprouve les trajectoires de vie dissolues des cocottes, on aime à lire les anecdotes de "luxe et volupté". Frédéric Loliée, critique littéraire et féru de théâtre, s'en fit une spécialité : il aima dresser les portraits des personnalités de la Fête impériale, les membres de la noblesse, et aussi les femmes classées dans la catégorie sociale "Hors du Monde" (patriciennes de la galanterie, artistes, lorettes ...) certes immorales mais tellement affriolantes. On suit ces dames dans un Paris de spectacles, de bals, de dîners, et qui élaborent leurs fortunes de bras en bras. Les portraits photographiques insérés en hors texte, leur donnent une dimension très proche." (Chantal Lheureux-Prévot, Pages napoléoniennes)

204.          LOLIÉE (Frédéric). Frère d'Empereur. Le duc de Morny et la société du Second Empire, d'après des papiers de famille et les archives secrètes du Ministère de l'Intérieur. Emile-Paul, 1909, in-8°, x-366 pp, 22 illustrations hors texte, idex, reliure demi-vélin à la bradel, dos lisse avec pièces d'auteur et de titre basane havane et fleuron doré (rel. de l'époque), bon état, ex-libris gravé Bourlon de Rouvre

            80

"Il pouvait sembler difficile, jusqu'à ces dernières années, de considérer avec impartialité les hommes et les choses du second Empire. Le temps passant, la République ayant obtenu la consécration de la durée et celle du succès, cette période relativement récente a fini par entrer dans l'histoire et c'est avec un sentiment de curiosité affranchie qu'on peut aujourd'hui en entr'ouvrir les archives. C'est ce que vient de faire pour une des physionomies les plus discutées et les plus attrayantes de cette époque, M. Frédéric Loliée. Le duc de Morny, dont l'élégante silhouette était restée jusqu'ici mystérieuse, a été placé par ses soins dans la pleine lumière de documents authentiques et c'est avec intérêt qu'on suit après lui la carrière d'un homme qui, libre de tout scrupule, connut plus de succès et retint plus de sympathies qu'aucun de ses contemporains. La naissance seule de Morny est déjà un roman. M. de Talleyrand, que sa qualité d'êvèque n'avait jamais empêché d'aimer les femmes et de leur plaire, avait eu en 1785 un fils d'une liaison avec Mme de Flahaut, qui devait devenir plus tard la fameuse Mme de Souza. Ce fils de Talleyrand, qui s'appelait Flahaut, comme son père supposé, eut lui-même des succès flatteurs et fixa notamment l'attention de la reine Hortense. C'est de cette rencontre que naquit, en 1811, Charles-Auguste-Louis-Joseph de Morny. Arrivé l'âge d'homme, au temps de la monarchie de Juillet, le jeune homme fut à vingt ans promu sous-lieutenant de lanciers, au titre curieux de « vainqueur de Juillet » et sans avoir pris d'ailleurs aucune part à la révolution qui renversa Charles X. Il resta officier quelques années, fit avec courage les campagnes d'Algérie mais d'une complexion délicate, il donna sa démission et rentra à Paris, où il se partagea entre le monde et la politique. Il ne semble pas qu'il fût à ce moment en relations intimes avec l'autre fils de la reine Hortense, qui devait être un jour Napoléon III. Il se contentait d'être un des lions de l'époque, de courir les clubs et les salons. C'est en 1849 qu'on le voit se rapprocher soudain du prince président, et presque aussitôt leur amitié va jusqu'à la complicité qui s'affirmera le 2 Décembre. Morny est le véritable metteur en scène du coup d'Etat..." (Jean Frollo, Le Petit Parisien, 13 août 1909)

205.          MARGUERITTE (Paul et Victor). Histoire de la guerre de 1870-71. Ouvrage illustré de 52 portraits et 24 plans de bataille. P., Hachette, 1909, pt in-8°, ix-229 pp, 52 portraits et 24 plans dans le texte, reliure percaline carmin de l'éditeur, dos lisse avec titre doré, encadrements à froid sur les plats, fer doré de la ville de Paris au 1er plat, bon état

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"Nous avions de savantes histoires, stratégiques et diplomatiques, de la guerre de 1870 : celles de MM. Sorel, Rousset, Chuquet, etc., pour ne citer que des ouvrages français. Le général Niox avait écrit un précis de la guerre, destiné aux bibliothèques militaires, où les faits essentiels étaient exposés avec netteté et précision. Et cependant le petit livre de MM. Paul et Victor Margueritte vient à son heure. C’est une histoire morale de la guerre de 1870. Il ne s’inspire pas d’une pensée de haine. « Nul homme digne de ce nom, écrivent les auteurs en parlant de «cette cruelle chose qu’est la guerre », n’oserait souhaiter de gaîté de cœur le retour d’un pareil fléau ». Il s’efforce simplement d’entretenir un souvenir qui a « pour signification profonde le respect des morts et le culte sans fétichisme de la race ». Aussi le récit de nos défaites ou de nos éphémères victoires ne sera-t-il pas la seule partie intéressante et vivante de cette histoire. MM. Paul et Victor Margueritte se sont surtout préoccupés de faire au cours de leur récit le départ des responsabilités. La plus grave et la plus écrasante à leur avis c’est celle de la France tout entière, engourdie sous l’empire par une prospérité matérielle, qui lui faisait oublier jusqu’à sa liberté perdue, réveillée par Sedan et Metz, mais incapable de mener jusqu'au bout l’effort viril qu’elle avait tenté pour repousser l’étranger, et consentant à une paix désastreuse par lassitude et par découragement : « La France en 1871 n’a pas voulu. Là est le dernier secret, non de ses premiers, mais de ses derniers échecs ». Cette idée, si souvent exprimée dans les « Tronçons du Glaive » Paul et Victor Margueritte l’ont reprise à nouveau et en ont fait le leitmotiv de leur livre. Par cette condamnation collective, la portée des fautes individuelles n’est cependant pas diminuée. Sans doute, comme bien d’autres – et le contraire eût été un paradoxe insoutenable – ils dénoncent l’incurie et la nullité du gouvernement impérial, son chef malade et sans volonté, l’impératrice uniquement préoccupée du sort de sa dynastie, Emile Ollivier qui s’est jugé lui-même par quelques mots devenus historiques, les maréchaux incapables ou jaloux, Mac-Mahon se laissant enfermer dans Sedan, Bazaine négociant, puis capitulant et peut-être trahissant dans Metz ! Mais n’est-ce pas Thiers, qui dès la fin de 1870 eût voulu la capitulation de Paris, qui a été l’homme de la paix contre Gambetta, l'homme de la guerre, parce qu’il « se jugeait l’homme providentiel de demain », l’élu de tous ceux qui préféraient leur petite fortune à la France ? Et encore ne faut-il pas oublier l’œuvre principale de Thiers, la Commune, comme viennent de le montrer tout récemment, MM. Paul et Victor Margueritte. D’autres furent plus coupables, parce que moins habiles et moins actifs. Jules Favre, bavard sentimental que Bismarck jouera plus facilement qu’il n’avait dupé Napoléon III ; Trochu, stratégiste de grandes manœuvres, rédacteur de proclamations, incapable d’action ? La sévérité de MM. Paul et Victor Margueritte à leur égard se double d’une admiration profonde, bien qu’éclairée pour ceux qui ne désespérèrent pas, pour Gambetta, pour Chanzy et pour Faidherbe. Et leur livre se termine sur d’optimistes conclusions, au rappel de ce qu’est redevenue en peu d’années cette France dont on était presque autorisé à désespérer en 1871. « Morale : il ne faut jamais désespérer de rien, ni de personne, ni surtout d’un peuple, qui, au fort delà crise, fait preuve d’une semblable vitalité, et qui après la crise, est si prompt à panser, à effacer ses blessures »." (C. Gennevier, Revue internationale de l'enseignement, 1904)

206.          MERIMÉE (Prosper). Notes de voyages, présentées par Pierre-Marie Auzas. Hachette, 1971, fort in-8°, 770 pp, un portrait en couleurs de Mérimée en 1834 hors texte, cartes, notes, index des noms de lieux et des noms de personnes, reliure simili-cuir de l'éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd (abîmé), bon état

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Edition complète du Centenaire tirée sur papier bouffant VII des Papeteries Condat à 3300 ex. numérotés. Mérimée fut le second Inspecteur Général des Monuments Historiques de France, nommé par Thiers en 1834 ; le poste avait été créé par Guizot en 1830, et Vitet en avait été le premier titulaire. — "A l'occasion du centenaire de sa mort, 23 septembre 1870, la mémoire de Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, a été honorée par la réédition, en un seul volume, de ses Notes de voyages qui constituent la part la plus importante de son œuvre d'archéologue. On sait, en effet, que ses fonctions d'inspecteur des Monuments historiques l'ont conduit dans presque toutes les régions de France et que les notes qu'il en a rapportées ont été aussitôt publiées en volumes séparés : voyage dans le Midi de la France en 1835, dans l'Ouest en 1836, en Auvergne en 1838, en Corse en 1840. Ces textes, qui sont les notes personnelles rédigées par lui en marge de ses rapports officiels au ministre de l'Intérieur, sont trop connus pour que je m'attarde à cette partie de l'ouvrage, sinon pour louer l'excellence de la présente édition et applaudir à l'heureuse idée de grouper en un seul ouvrage les écrits proprement archéologiques de Prosper Mérimée. Leur intérêt a été parfaitement défini par M. Pierre-Marie Auzas dans sa préface qui retrace la carrière de Mérimée, nommé inspecteur général en 1834, au lendemain de la démission de Ludovic Vitet..." (Francis Salet, Bulletin Monumental, 1974)

207.          MONTALEMBERT (Charles de) et Léon CORNUDET. Lettres à un ami de collège, 1827-1830. Nouvelle édition augmentée des réponses de Léon Cornudet avec avant-propos et épilogue par Michel Cornudet. P., Victor Lecoffre, 1884, in-8°, xiv-467 pp, 2 portraits hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

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"Les “Lettres à un ami de collège” se rapportent à trois époques de la jeunesse de M. de Montalembert : son séjour au collège (1827-1828), son voyage en Suède (1828-1829), et son voyage en Irlande (1830). Au retour de son dernier voyage, il s'attacha, bien jeune encore, – il avait moins de vingt et un ans, – au journal de M. de Lamennais, “L'Avenir”. Là s'arrête la partie ignorée de sa jeunesse ; Là aussi devait s'arrêter notre publication. On a beaucoup hésité à publier des lettres d'un caractère si intime, et où quelques-uns pourront trouver des détails un peu puérils. Mais on a cédé au désir de faire mieux connaître et aimer ce noble chrétien. On a voulu procurer aux lecteurs qui savent apprécier les jouissances délicates du cœur et de l'esprit, le délicieux plaisir de contempler dans la fraîcheur de leur premier épanouissement « ces ardeurs, ces transports d'admiration et de résolution pour le bien », qui ont rempli cette grande âme jusqu'à son dernier soupir..." (Préface) — "Intéressant pour les idées de la jeunesse catholique libérale." (Georges Weill, Histoire du catholicisme libéral en France, 1828-1908)

208.          PANGE (Comtesse Jean de). Comment j'ai vu 1900. Grasset, 1968, pt in-8°, 252 pp, 8 planches de photos hors texte, broché, couv. illustrée, décharges de scotch sur les gardes, bon état

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Premier volume (sur 4 parus de 1962 à 1973) des souvenirs délicieux et vifs de Pauline de Broglie, arrière-arrière-petite-fille de Madame de Staël et de Necker, petite-fille du fameux ministre de la "République des Ducs", petite-nièce de la comtesse de Ségur et sœur des grands physiciens Maurice et Louis de Broglie. — Pauline a grandi dans une famille vivant dans une tradition au parfum d'Ancien Régime, tout en ayant su entrer dans le monde moderne. Dans un hôtel particulier, deux valets gardent l'escalier d'honneur, un maître d'hôtel commande à quatorze domestiques et les repas sont aussi solennels qu'à la cour de Versailles. Un temps où l'on savait vivre heureux : l'hiver à Paris, dans de vastes demeures ; les jeux, les fiacres, les soirées somptueuses ; puis la transhumance estivale vers Dieppe, les demeures à la campagne, les déjeuners sur l'herbe... On a peine à croire qu'on ait pu vivre ainsi, au début du XXe siècle : on perçait alors les Champs Elysées pour y bâtir les deux palais de l'exposition universelle ; on rêvait que bientôt le métropolitain gronderait sous les pavés, et que des arches franchiraient la Seine d'un seul bond... C'était l'avenir. C'était 1900 !

209.          PIERRARD (Pierre). Juifs et catholiques français. D'Edouard Drumont à Jacob Kaplan, 1886-1994. Editions du Cerf, 1997, gr. in-8°, 456 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Ce livre est la réédition, augmentée de deux chapitres, d'un ouvrage, paru chez Fayard en 1970, qui portait sur les relations entre juifs et catholiques depuis la parution de “La France juive” d'Edouard Drumont jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'auteur poursuit son analyse jusqu'au temps présent, en montrant comment le monde catholique passe d'un antisémitisme virulent à la fin du XIXe siècle à une meilleure compréhension de la question juive... L'antisémitisme tient la part belle dans cet ouvrage, l'auteur analysant tour à tour les publications, revues et organisations diverses nées dans la mouvance antisémite. Mais il fait aussi une place aux réflexions d'un abbé Frémont ou d'un Léon Chaîne au moment de l'affaire Dreyfus ou à celles plus nombreuses, développées essentiellement dans les milieux démocrates-chrétiens dans les années 1930. L'accumulation de faits fournis par l'auteur est impressionnante, d'autant mieux qu'il connaît parfaitement l'ensemble de la littérature produite à ce sujet..." (Jacques-Olivier Boudon, Archives des sciences sociales des religions, 1998)

210.          PONSON DU TERRAIL (Pierre Alexis). Rocambole. Verviers, Marabout, 1963-1965, 6 forts vol. in-12, préface de Léon Thoorens, brochés, couv. illustrées, bon état (Coll. Bibliothèque Marabout Géant)

            40

Les 6 premiers volumes (sur 8 parus) : 1. L'Héritage mystérieux. 532 pp – 2. Les Exploits de Rocambole. 794 pp – 3. La Revanche de Baccarat. 282 pp – 4. Le Club des Valets de Coeur. 795 pp – 5. Le Bagne de Toulon. Les Orphelines. 505 pp – 6. Madeleine. Rédemption. La Vengeance de Wasilika. 534 pp. — Rocambole, l'homme supérieur triomphant d'une société de forbans ou d'imbéciles, I'aventurier intrépide à qui Dieu même « n'a rien à refuser », à la fois magnanime et sans scrupules, c'est le type même du héros prestigieux et diabolique héritier du surhomme romantique. Ses aventures foisonnent de péripéties qui défient toute description : assassinats, duels, intrigues politiques, châtiments effroyables, évasions extraordinaires, etc... C'est du roman à l'état brut, de l'aventure déchainée qui contient en puissance tous les thèmes, toutes les extravagances que Ie roman noir et le roman policier exploiteront par la suite... — "Rocambole fit la joie de millions de lecteurs entre 1857 et 1884. Le héros, voyou devenu justicier, connaît des tas d'aventures fantastiques, extraordinaires et, pour tout dire, invraisemblables. On n'y croit pas un instant mais c'est palpitant. Jeune, nous dévorions les forts volumes de Rocambole édités par Marabout. On y cherchait les calembours qu'affectionnait le vieux Ponson. Genre : « En voyant le lit vide, son visage le devint aussi », ou « ses mains étaient aussi froides que celles d'un serpent », ou encore le célèbre « d'une main, il leva son poignard, et de l'autre il lui dit. ». Une bonne tranche de rigolade. D'ailleurs une rocambole, autrefois, était synonyme de jeu de mots, de plaisanterie." (Didier Pourquery, Libération, 5 juillet 2008)

211.          RADZIWILL (Princesse). Au lendemain de la guerre de 1870. Souvenirs. dans la Revue de Paris, 1931, gr. in-8°, 37 pp, broché, bon état

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Souvenirs relatifs à l'entrevue des trois empereurs en 1872, au début du Kulturkampf, engagé par Bismarck contre l'Eglise catholique, et à la difficile politique intérieure du chancelier de fer. — On trouve dans le même numéro : Jean-Louis Vaudoyer. Albert Besnard (21 pp). - Georges Marot. Le plan austro-allemand et l'Europe (20 pp). - Ernest de Ganay. Poésie et Jardins au XVIIIe siècle (19 pp). - etc.

212.          RICHARDSON (Joanna). Les Courtisanes. Le demi-monde au XIXe siècle en France. Stock, 1968, gr. in-8°, 272 pp, traduit de l'anglais, 80 planches de gravures et photosen noir et 8 planches en couleurs hors texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

La courtisane, dite aussi : femme de qualité, femme galante, scandaleuse, cocotte, demi-mondaine... La différence entre une prostituée et une courtisane : celles-ci sont plus lettrées (écrivaine, poétesse, philosophe, scientifique, actrice, chanteuse), elles vivent avec des hommes célèbres (écrivains, artistes), politiques, riches hommes d’affaires, nobles (prince, comte, roi, empereur), hommes d’Église. L’argent, la célébrité, les titres de noblesse restent l’objectif premier de la courtisane, elles représentent le côté romantique et idéalisé de la prostitution. De la Païva à Marie Duplessis, la Dame aux Camélias, Joanna Richarson nous présente les plus célèbres...

213.          ROHAN-CHABOT (Philippe de). Les Cinq cercueils de l'Empereur. Souvenirs inédits de Philippe de Rohan-Chabot, commissaire du roi Louis-Philippe. France-Empire, 1985, gr. in-8°, 201 pp, avant-propos de René de Chambrun, 16 pl. de gravures hors texte, une carte, nombreux documents en annexe, broché, couv. illustrée, bon état

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Récit du retour des cendres de Napoléon de Sainte-Hélène, en 1840, à bord de la « Belle Poule », par Rohan-Chabot qui fut envoyé par Louis-Philippe comme commissaire du roi. — Sur base de documents retrouvés dans les archives du château de Lagrange, lettres, rapports, comptes-rendus, de la main de Philippe de Rohan-Chabot, commissaire du roi Louis-Philippe pour la translation du corps de Napoléon de Sainte-Hélène à Paris, René de Chambrun, en reliant les documents entre eux par des textes écrits à la première personne, a composé ce qu'on pourrait appelé "Les Mémoires apocryphes de Rohan-Chabot pour l'année 1840". Nous sommes en 1840. La France vit en paix depuis un quart de siècle. Elle s’ennuie. Elle rêve aux gloires impériales... Sous la pression de l’opinion, Louis-Philippe obtient de l’Angleterre le retour des cendres de Napoléon. Une mission ira à Sainte Hélène sur la « Belle Poule » commandée par le fils du Roi, le Prince de Joinville. Tout un passé ressurgit... Philippe de Chabot, dont la mère était irlandaise et dont le père a combattu Napoléon jusqu’à sa chute, va recevoir de Louis-Philippe l’ordre le plus inattendu : le représenter comme chef de la mission, « Commissaire du Roi ». Avec lui, pendant cinq mois, nous allons parcourir les mers, et faire des escales fabuleuses aux Açores et en Amérique du Sud... Entouré des survivants de l’épopée, Bertrand, Gourgaud, Marchand, le fils Las Cases et les serviteurs, Philippe de Rohan Chabot fera ouvrir les cinq cercueils et découvrira le visage quasi intact de Napoléon, plus « jeune » de 25 ans que tous ses anciens compagnons et serviteurs présents... Moment extraordinairement émouvant ou le passé rejoint le présent. Les Français rassemblés pleurent. Il faut maintenant ramener le corps de l’Empereur en France. On apprend que la guerre menace contre l’Angleterre. Chacun sera prêt à mourir aux côtés de la dépouille de l’Empereur. Des dispositions sont même prises par le Prince de Joinville pour faire sauter la « Belle Poule » afin que l’Empereur mort ne retombe pas aux mains « impies » des Britanniques... Rohan Chabot ne perdra pas son flegme britannique. Il en aura besoin jusqu’au bout du voyage et l’apothéose inouïe à Paris...

214.          ROTH (François). La Lorraine annexée, 1870-1918. Etude sur la Présidence de Lorraine dans l'Empire allemand. (Thèse). Université de Lille III, Service de reproduction des thèses, 1976, gr. in-8°, 765 pp, 43 figures, dont une carte de la Lorraine annexée (1871) et un plan de la ville de Metz en 1914 dépliants hors texte, notes, sources et biblio, index, broché, bon état

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A la suite de la désastreuse guerre de 1870, la Moselle a été annexée à l'Allemagne. Elle est devenue alors la Lorraine et a été associée à l'Alsace dans le cadre de l'Alsace-Lorraine. Les Mosellans ont subi l'annexion. Ceux qui ont refusé de devenir Allemands, ont opté pour la France et quitté le pays. La majorité des autres a du s'adapter aux faits accomplis : apprendre l'allemand à l'école et, pour les jeunes gens, porter le casque à pointe dans l'armée du Kaiser. Dans leur coeur ils gardaient le souvenir de la France et vivaient dans l'attente de son retour, tout en bénéficiant des aspects positifs de la présence allemande : législation sociale avancée, urbanisme moderne, progrès économiques, civile et religieuse. Pour résister à la germanisation, les Mosellans ont développé leur propre identité, comme le souligne cette formule de l'époque : « Français ne peux, Allemand ne veux, Lorrain je suis ». C'était pour eux le moyen se distinguer des Allemands immigrés s'étaient installés dans le pays conquis, principalement à Metz. Du côté allemand, ce que l'on appelait la marche de l'Ouest de l'Empire était un glacis militaire défendu par la place forte de Metz, la plus moderne de toute l'Europe. Cette première annexion a duré près d'un demi-siècle. Elle a laissé des traces dans la législation, un patrimoine de bâtiments lies et privés que l'on redécouvre aujourd'hui et une empreinte sur les mentalités et les comportements.

215.          SIMON (Jules). Souvenirs du 4 septembre. Origine et chute du second Empire. Le gouvernement de la défense nationale. Edition illustrée de scènes dessinées par Daniel Vierge, A. Marie, etc., et de portraits dessinés par Gilbert, Bichard, Gill, etc. P., Librairie illustrée, s.d. (1874), in-4°, 476 pp, un portrait de l'auteur en frontispice, 41 portraits gravés et 25 gravures dans le texte, reliure demi-basane noire, dos lisse, titres et filets dorés (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

            50

Edition très bien illustrée de ces souvenirs de Jules Simon (1814-1896), adversaire politique de Gambetta dans le Gouvernement de la Défense nationale. — En 1848, Jules Simon (1814-1896) siège parmi les modérés à la Constituante. Il sera député républicain de 1863 à 1871 sous le second Empire. Après la guerre de 1870, il deviendra ministre de l’Instruction publique du gouvernement provisoire au lendemain du 4 septembre 1870. En 1873, il dépose le projet d’enseignement primaire obligatoire et se retire aussitôt à la suite d’un discours officiel où il attribue à Thiers seul l’œuvre de la libération du territoire. En 1874, seront publiés “La Réforme de l’enseignement secondaire” et “Souvenirs du 4 septembre”. Le 16 décembre 1875, il est élu sénateur inamovible et membre de l’Académie française. Un an plus tard, il prend la présidence du Conseil et est ministre de l’Intérieur jusqu’en mai 1877...

216.          VALLOTTON (Henry). Bismarck. Fayard, 1961, fort in-12, 565 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale, un des 50 ex. numérotés sur Lafuma Navarre (n° 25)

            45

217.          Le même. Edition originale imprimée sur alfa Navarre

            30

C'est en 1862 que commence véritablement la carrière politique d'Otto Edouard Léopold, prince de Bismarck (1815-1898). Nommé Premier ministre de Prusse et ministre des Affaires étrangères par Guillaume 1er, il affirme que les grands problèmes du temps ne sauraient être résolus que "par le sang et par le feu". Sous la houlette de la Prusse, il réalise l'unité allemande et prépare la guerre contre la France. Le 18 janvier 1871, dans la galerie des glaces du château de Versailles, il fait proclamer Guillaume 1er "empereur allemand" (Deutscher Kaiser). Chancelier d'Empire, Bismarck cherche à consolider l'unité conquise. Il lutte contre les socialistes, dont l'influence s'accroit en raison du déséquilibre social provoqué par un formidable essor économique. Mais il échoue à maintenir le statu quo qui assure à l'Allemagne l'hégémonie en Europe. Il quitte le pouvoir en 1890, en raison des désaccords qui l'oppose au jeune empereur Guillaume II... — "Il était dans l’ordre des choses que M. Vallotton, diplomate et historien suisse, consacrât un jour ou l’autre une étude à Bismarck, après avoir présenté à ses lecteurs avec brio et compétence Catherine II, Pierre le Grand et Ivan le Terrible..." (Le Monde diplomatique, 1962)

20e SIÈCLE (de 1914 à nos jours)

 

218.          ALPHAND (Hervé). L'Etonnement d'être. Journal 1939-1973. Fayard, 1977, gr. in-8°, 614 pp, index, broché, couv. à rabats, bon état

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1939 : Hervé Alphand assiste impuissant et désespéré aux tentatives dérisoires des gouvernements vacillants de la Troisième République à la veille du deuxième conflit mondial. L'un des premiers, sinon le premier inspecteur des Finances à rallier la France Libre, il est à Alger, à Washington, à Londres... Puis c’est le retour à Paris, l’immense effort de reconstruction, la naissance de l’Europe. Un an aux Nations unies, neuf d’ambassade aux Etats-Unis, au milieu des crises de Suez, de l’Algérie, de Cuba, de Berlin, du Vietnam, de l’OTAN et tant d’autres, sous les présidences successives d’Eisenhower, de Kennedy, de Johnson, sept ans de secrétariat général au Quai d’Orsay et de missions au Moyen-Orient, en URSS, en Inde, en Chine, en Algérie... Un autoportrait rempli de révélations historiques, notamment sur la politique étrangère du général de Gaulle, d'anecdotes et de portraits psychologiques...

219.          ARON (Raymond). De Gaulle, Israël et les Juifs. Plon, 1968, in-8°, 186 pp, broché, bon état (Coll. Tribune libre)

            20

Ce livre polémique a été publié à la suite de la conférence de presse du général de Gaulle du 27 novembre 1967 au cours de laquelle ce dernier s’exprima à propos des Juifs et d’Israël en un raccourci « un peuple fier, sûr de lui-même et dominateur » qui devait marquer les esprits et suscita chez Raymond Aron des réflexions restées d’actualité. — "Avant d’écrire “Le Temps du soupçon”, commentaire de la dernière conférence de presse du Président de la République, j’ai longuement hésité. Si certaines voix s’étaient élevées, si François Mauriac ou André Malraux avaient répondu au général de Gaulle ce qu’ils auraient répondu à tout autre homme d’État tenant de pareils propos, je serais resté en dehors d’un débat dans lequel je ne puis m’engager en toute sérénité. Aucun des écrivains, honneur des lettres françaises, n’a parlé. Je me suis donc résolu ou résigné à plaider contre un réquisitoire d’autant plus insidieux qu’il demeure camouflé. J’ai pensé que ce témoignage ne prendrait sa pleine signification qu’à la condition d’y joindre les articles publiés pendant la crise du printemps 1967 et deux études sur Israël et les Juifs, écrites en 1960 et 1962, à l’époque où l’alliance franco-israélienne assurait aux Français d’origine juive une sécurité morale dont les privent, aujourd’hui, les péripéties de l’Histoire." (Raymond Aron, 1968) — "Document historique, ce recueil de textes est aussi une magistrale leçon de philosophie politique." (L'Incorrect)

220.          ATTALI (Jacques). Un homme d'influence. Sir Siegmund Warburg, 1902-1982. Fayard, 1985, fort in-8°, 572 pp, notes bibliographiques, index, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grands papiers)

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Le récit d'un destin multiforme vécu comme plusieurs romans à la fois ; celui de Sir Siegmund Warburg, un des hommes les plus influents du monde, mais aussi un des plus discrets. Issu d'une très ancienne famille de banquiers juifs, Siegmund Warburg, devant la montée du nazisme, quitte son pays, l'Allemagne, pour Londres, avec son nom pour tout capital. Il invente alors les modes de financement des Alliés en guerre et contribue à briser ceux de l'Allemagne. Après la guerre, il crée à Londres sa propre banque qui deviendra la première banque d'affaires européenne et invente les principales techniques de la finance d'aujourd'hui. Egalement avant les autres, il voit se profiler l'impuissance de l'Europe, la rébellion du tiers monde, les difficultés d'Israël... A travers la vie de cette personnalité exceptionnelle, vigile d'un temps de barbarie, prince de la finance, ont l'obsession unique est de relever son nom et d'en prolonger l'influence au cœur des principaux cyclones e notre temps, Jacques Attali nous raconte l'histoire de notre siècle.

221.          BAINVILLE (Jacques). L'Angleterre et l'Empire britannique. Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1946, pt in-8°, viii-243 pp, préface de W. Morton Fullerton, broché, bon état (Coll. bainvillienne)

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Edition originale collective posthume. Ensemble d'articles publiés pour la plupart dans l'Action Française, La Liberté ou Candide, le premier datant de 13 avril 1914, le dernier du 22 mars 1935. Jacques Bainville appelait entre les deux guerres à plus de collaboration avec l'Angleterre, où il voyait le soutien du capitalisme contre le bolchevisme et, grâce à sa flotte, le seul défenseur des empires coloniaux européens et de la suprématie blanche dans le monde.

222.          BALL (George W.). Les Etats-Unis face à leur puissance. Laffont, 1968, in-8°, 369 pp, traduit de l'américain, broché, couv. à rabats, bon état

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"Parue l'an dernier sous le titre, “The Discipline of Power”, l'étude de M. George W. Ball sur la politique extérieure américaine est désormais accessible au public de langue française dans une remarquable traduction de Jacqueline Remillet. Par son propos, ce livre s'inscrit dans le courant de réflexion suscité outre-Atlantique par les avatars récents de la diplomatie de Washington, mais la personnalité de l'auteur et les responsabilités qu'il a exercées sous les présidents Kennedy et Johnson le distinguent des productions analogues de type universitaire. On ne saurait trop en recommander la lecture à tous ceux qui s'interrogent encore sur les « grands desseins » de l'administration démocrate pendant les années 60 et se soucient du rôle des Etats-Unis dans les affaires mondiales. (...) Quelles que soient les réserves formulées sur tel ou tel aspect de la politique préconisée par M. Ball, voire sa conception globale des relations internationales, on ne peut dénier à son livre le mérite de poser en toute clarté les problèmes essentiels auxquels sont confrontés les Etats-Unis. Les responsabilités qu'il a exercées au Département d'Etat lui permettent de s'exprimer en connaissance de cause sur tous les sujets qu'il aborde et son retrait des affaires publiques l'autorise à une franchise qui ne sera peut-être pas du goût de tous ses compatriotes. Sa culture historique, ses talents d'écrivain et l'ampleur de ses vues dans le domaine des relations internationales achèveront de convaincre le lecteur de l'importance du livre de M. Ball à la fois pour la connaissance des « desseins » successifs des présidents Kennedy et Johnson et pour la prévision des tendances actuelles de la diplomatie américaine." (Jean Klein, Politique étrangère, 1969)

223.          BIROLLI (Bruno). Ishiwara, l'homme qui déclencha la guerre. Armand Colin, Arte Editions, 2012, in-8°, 252 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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Qui est le général Ishiwara, cette figure hors du commun et romanesque dont la vie a marqué le destin du Japon en précipitant son pays dans la Seconde Guerre mondiale ? L’homme, issu d’une famille de samouraïs, se hisse rapidement au sommet de l’armée impériale et devient une figure incontournable du paysage intellectuel de l’extrême droite japonaise. Formé en Allemagne dans les années 1920, il revient au Japon fort des nouvelles théories de la Guerre totale. Aventurier politique, en rébellion ouverte contre l’establishment, il participe aux putschs qui contribuent à déstabiliser la démocratie, puis s’engage dans l’invasion de la Mandchourie en 1931. Oublié aujourd’hui, cet événement marque pourtant le début de la guerre qui va ravager la Chine et nourrir une idéologie fasciste et raciale au Japon, conduisant le pays à l’attaque contre les États-Unis en 1941.

224.          BONAPARTE (Marie). Guerres militaires et guerres sociales. Méditations. P., Ernest Flammarion, 1920, in-12, 240 pp, broché, dos passé, non coupé, bon état (Coll. Bibliothèque de Philosophie scientifique). Edition originale dont il n'a pas été tiré de grands papiers

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Par la pionnière de la psychanalyse en France. Marie Bonaparte s'était liée d'amitié avec Gustave Le Bon, déjà âgé, pour discuter avec lui les idées qu'il exposait. Ce fut l'époque où elle publia un livre : “Guerres militaires et guerres sociales”, montrant son grand intérêt à l'égard des problèmes sociaux et psychologiques, avant même qu'elle ait lu Freud...

225.          BONIFACE (Pascal). Les intellectuels faussaires. Le triomphe médiatique des experts en mensonge. JC Gawsewitch, 2011, in-8°, 249 pp, broché, qqs rares soulignures crayon, bon état

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La scène médiatique est trop souvent occupée par des "faussaires" qui assènent sans scrupule des contrevérités pour défendre telle ou telle cause et qui restent quasi intouchables. Trop peu de personnes osent dénoncer leurs (petits) arrangements avec la vérité. Pourtant, le triomphe de ces "serials menteurs" représente une véritable menace pour l'information et la démocratie. Les "intellectuels faussaires" dont il est ici question sont bien connus. Ils s'affichent dans les médias et se drapent dans la morale pour mieux nous faire avaler leurs couleuvres. En levant le voile sur leurs pratiques, Pascal Boniface dénonce une nouvelle "trahison des clercs".

226.          BONNEFOUS (Edouard). Avant l'oubli. 1. La vie de 1900 à 1940. Laffont/Nathan, 1984, fort in-8°, 564 pp, préface de Jean-Baptiste Duroselle, 16 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, scotch au bas du dos, bon état. Edition originale, ex. du SP

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"Une œuvre magistrale, riche et foisonnante de vie qui embrasse tout le XXe siècle. Dans la préface du premier tome, Jean Baptiste Duroselle écrit : « De cette France, Edouard Bonnefous a-t-il tout vu ? Je dirais volontiers qu’il a regardé dans toutes les directions ». Effectivement, Edouard Bonnefous a regardé dans toutes les directions et rien de ce qui se passait en France et dans le monde ne lui est demeuré étranger. Edouard Bonnefous rappelle que les quatre premières décennies du XXe siècle sont marquées par l’alternance de deux périodes heureuses : la Belle époque puis les Années folles, séparées par une période tragique : la Grande guerre de 1914-1918. Il démontre comment la France, malgré cette épreuve, a réussi à se redresser, à réparer ses ruines, à faire face à des charges financières très lourdes et à maintenir sa capitale comme le centre rayonnant d’une vie intellectuelle, artistique, théâtrale si exceptionnelle que l’élite du monde entier devait s’y retrouver. La société avec ses salons, le monde des chasses, des bals et des réceptions somptueuses brille de ses derniers feux. Edouard Bonnefous décrit avec un grand talent les derniers bals d’Etienne de Beaumont, la féerie du bal Besteigui à Venise au Palais Labia, célèbre par ses fresques de Tiepolo, le bal Patino..." (André Vacheron) — "Ce livre n'est pas comme les autres. (...) il comporte tant d'informations, de réflexions d'ensemble et de détails pittoresques qu'on devra y puiser lorsqu'on essaiera de connaître et de comprendre la vie politique et sociale des Français." (J.-B. Duroselle)

227.          BOYER de LATOUR (Pierre). Vérités sur l'Afrique du Nord. Plon, 1956, in-8°, xx-204 pp, préface de Emile Roche, une carte, broché, bon état

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Par un chef militaire qui a joué un rôle de premier plan en Afrique du Nord, un ouvrage où l'on trouve d'intéressants éléments d'information, voire de réflexion." (Revue française de science politique, 1959) — "... La décolonisation de ces pays a lieu le plus souvent sous la surveillance des généraux, dans des contextes extrêmement tendus. En Tunisie, les civils restent aux commandes, sauf dans la phase ultime de l’indépendance, après la visite de Pierre Mendès France, avec la nomination du général Boyer de Latour, qui conduit fort habilement sa mission de juillet 1954 à août 1955. Au Maroc, où les tensions sont plus fortes, l’on nomme de fortes personnalités militaires pour contrer l’expansion nationaliste mais surtout pour surveiller un sultan trop indépendant : les généraux d’armée Juin (de 1947 à 1951) puis Guillaume (de 1951 à 1954) se succèdent, et en 1955, avant le retour du sultan déposé en 1953 et la conclusion de l’indépendance en 1956, le général Boyer de Latour y fait un bref séjour (août-novembre), beaucoup plus difficile que sa mission en Tunisie. Il quitte d’ailleurs Rabat en totale opposition avec la politique d’Edgar Faure, après avoir tenter en vain de s’y opposer. Sur le rôle des « résidents militaires » dans la fin des protectorats, voir les mémoires très orientés de Pierre Boyer de Latour, “Vérités sur l’Afrique du Nord” (Paris, 1956), et d’Alphonse Juin, “Le Maghreb en feu”, (Paris, 1957)." (Jean-Claude Allain et Michel Catala, Généraux et diplomates en France, 2006) — "Sur quarante-deux années de service, le général Pierre Boyer de Latour en a passé vingt-quatre dans le Maghreb. Depuis 1916, à part deux ans d'école et trois ans de commandement de troupes métropolitaines, il a toujours eu sous ses ordres des troupes nord-africaines. Il s'est acquis leur confiance et c'est avec leur concours qu'après l'armistice de 1940 il reconstitua un régiment de Tabors. Médaillé militaire, Grand Croix de la Légion d'Honneur, le général Boyer de Latour est titulaire de 24 citations dont 18 à l'ordre de l'armée et a reçu la D.S.O. (Distinguished Service Order) britannique et la D.S.C. (Distinguished Service Cross) américaine. A ses fonctions militaires sont presque toujours venues s'ajouter des fonctions administratives et politiques. Appelé en février 1951 à Rabat pour exercer auprès du Maréchal Juin les fonctions de secrétaire général des Affaires politiques et militaires, désigné ensuite, en mars 1954, comme Commandant des Troupes de Tunisie, puis comme successeur de M. Voizard à la Résidence, à Tunis, le général Boyer de Latour fut appelé de nouveau à Rabat, en août 1955, comme Résident général en remplacement de M. Grandval, démissionnaire. Deux mois plus tard, le général démissionnait lui aussi, à la suite de l'affaire du Conseil du Trône et du revirement du Glaoui. Ces trois missions correspondent à trois moments cruciaux de notre politique en Afrique du Nord. Partisan depuis longtemps d'une évolution hardie mais progressive, qui aurait dû comporter d'abord des réformes économiques et sociales, le général Pierre Boyer de Latour raconte ici comment cette évolution fut compromise et perdue par les indécisions et les inconséquences d'un irréalisme politique qui a conduit la France et l'Afrique du Nord à la tragique situation d'aujourd'hui.

228.          BRENAN (Gerald). Le Labyrinthe espagnol. Origines sociales et politiques de la guerre civile. P., Ruedo Iberico, 1975, gr. in-8°, xviii-285 pp, traduit de l'anglais, tableau chronologique, 9 cartes hors texte in fine, biblio, index, broché, bon état

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"Il y a environ quatre-vingt-dix ans, Karl Marx faisait remarquer que l’on connaissait fort mal l’histoire de l’Espagne : « Aucun pays, disait-il, n’est aussi mal connu ni aussi mal jugé du reste de l’Europe. » Il en voyait la raison dans le fait que les historiens, « au lieu de savoir apprécier la force et le dynamisme des organismes locaux, ont puisé leur information dans les archives des cours royales ». De nos jours, ce jugement contient encore une très large part de vérité. L’histoire classique de la Péninsule donne une idée fausse de la réalité. A quoi cela est-il dû ? Surtout à ce que l’Espagne étant si différente, sur le plan économique et social, des autres pays d’Europe occidentale, la plupart des mots avec lesquels on écrit l’histoire – féodalisme, autocratie, libéralisme, Église, armée, Parlement, syndicalisme, etc. – y ont un sens bien éloigné de celui qu’ils ont en France ou en Angleterre. Ce n’est qu’en insistant sur ce point, en décrivant un à un tous les rouages de l’appareil politique et économique, en élucidant les problèmes régionaux et en montrant de quelle façon les différents particularismes influent les uns sur les autres, que l’on parviendra à donner une idée exacte de la situation." — "La seule étude globale de l'anarchisme espagnol accessible au lecteur français jusqu'à une date récente était celle présentée de façon magistrale mais brève par Gerald Brenan dans deux chapitres de son “Labyrinthe espagnol”." (Guy Hermet, Revue française de science politique, 1971) — "Avec cet ouvrage, originellement publié en anglais en 1943, Brenan fut le premier à analyser la Guerre civile comme un affrontement à caractère social, directement lié aux problèmes du monde rural espagnol et susceptible d'être replacé dans le long terme." (Yusta Rodrigo Mercedes) — "L'une des études politiques et sociales les plus brillantes [sur] l'essence de l'Espagne. Ce qui est remarquable dans le compte rendu de Brenan sur la Seconde République espagnole de 1931 à 1936 est l'étonnante impartialité qui lui permet de résister à l'épreuve du temps." (Raymond Carr)

229.          BRESSIEUX (Solange de). Trois douzaines plus un. Récit optimiste. Editions du Scorpion, 1960, in-8°, 188 pp, broché, bon état (Coll. Alternance), envoi a.s. (Prix Montyon de l'Académie française 1962)

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Souvenirs d'une enseignante en banlieue parisienne en 1959, sociétaire des Gens de Lettres et des Poètes Français. Elle avait une classe de CE2 de 37 filles, soit "3 douzaines +1".

230.          BROMBERGER (Merry et Serge). Les Secrets de l'expédition d'Egypte. (1956). Editions des 4 Fils Aymon, 1957, pt in-8°, 280 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état

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"Ce qu'a été l'expédition d'Egypte vaut la peine d'être raconté, les énigmes historiques qu'elle pose méritent aussi d'être éclairées, sinon éclaircies." (Avant-propos) — "Two French journalists present a number of "révélations" concerning the 1956 attack on Egypt, especially with respect to Israeli-French planning and cooperation prior to the invasion. The book has caused considerable controversy in Europe." (Henry L. Roberts, Foreign Affairs, 1957)

231.          BURE (Guillemette de). Les Secrets de l'Aéropostale. Les années Bouilloux-Lafont, 1926-1944. Toulouse, Privat, 2006, gr. in-8°, 397 pp, 16 pl. de photos et une carte en couleurs hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Saint-Exupéry, Mermoz, Blériot... Ces grands noms de l'Aéropostale nous renvoient à la période mythique de l'essor de l'aviation commerciale des années 1920 et 1930 et fascinent encore un large public. Aux antipodes des légendes ou de l'histoire officielle véhiculée par les médias sur l'Aéropostale, cet ouvrage lève le voile sur certains des aspects les moins connus et les plus étonnants de l'aventure de l'aviation commerciale, teintés de scandales politico-financiers et d'intrigues. Centrée sur la personnalité de Marcel Bouilloux-Lafont et soutenue par des sources inédites, cette oeuvre fait figure d'événement. Homme d'affaires brillant installé en Amérique du Sud, spécialisé dans les transports, il rachète l'Aéropostale en 1926 à Pierre-Georges Latécoère et finance ensuite la construction d'une quinzaine d'aérodromes dotés d'un équipement moderne, ce qui lui vaut « l'affection et le dévouement » de Mermoz. Mais bientôt, le krach de Wall Street et la révolution brésilienne d'octobre 1930 puis les promesses non tenues des autorités françaises vont fragiliser cette belle réussite et conduire l'Aéropostale au dépôt de bilan. Au-delà de la réhabilitation de l'authentique patriote et visionnaire que fut Marcel Bouilloux-Lafont, mort ruiné en 1944, ce livre constitue aussi un tableau des moeurs politiques de l'époque en même temps qu'une fresque historique tout à fait nouvelle.

232.          CAILLAUX (Joseph). Mes Mémoires. Tome I : Ma jeunesse orgueilleuse, 1863-1919. Tome II : Mes audaces. Agadir, 1909-1912. Tome III : Clairvoyance et force d'âme dans les épreuves, 1912-1930. Plon, 1942-1947, 3 vol. in-8°, 306, 260 et 398 pp, 27 gravures hors texte, brochés, bon état

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"Ces Mémoires, littérairement, valent en soi." (Emile Henriot) — "Joseph Caillaux a joué un rôle éminent entre 1900 et 1914, dirigeant une des négociations diplomatiques les plus délicates entre la France et l'Allemagne, transformant le système fiscal français, devenant le chef du parti radical et radical-socialiste, qui était alors le grand, le seul parti de gouvernement. Les épreuves qu'il a traversées depuis le drame du Figaro, en 1914, jusqu'à son arrestation en 1917 et sa condamnation par la Haute Cour, sa réhabilitation de 1924 et sa rentrée active dans la constellation politique en 1925 ont permis de dire que ce fils de l'ancien ministre du 16 mai, inspecteur des Finances, ministre de Waldeck-Rousseau, l'homme de la paix à l'époque d'Agadir, a connu, comme il se plaît à l'écrire lui-même, un « destin hors série ». Mais ses Mémoires ne dessinent pas clairement les aspects divers de sa carrière exceptionnelle et marquent mal ce qui fait la grandeur de l'homme et de son action. Cela tient sans doute au fait qu'elles ont été rédigées après coup, sur des notes, des dossiers, de la correspondance, et non sur un agenda où l'homme d'État, chaque jour, aurait consigné à grands traits les démarches de sa pensée et les faits principaux auxquels il aurait été mêlé..." (Jacques Kayser, Politique étrangère, 1947) — "... Le schéma est donc très simple : sitôt arrivé au pouvoir, Poincaré, de complicité avec Isvolsky, nous achemine à la guerre ; comme Caillaux risque de faire échouer cette politique, Poincaré, Barthou et Klotz lancent contre lui la campagne de Calmette. La guerre éclate ; en 1917, deux politiques : celle de Caillaux, qui est de hâter la paix afin de rendre possible une réconciliation continentale ; celle de la guerre jusqu'au bout, qui a pour effet de livrer la France à la tutelle des Anglo-Saxons ; pour battre Caillaux, Poincaré et Clemenceau se réconcilient, et le ministère Clemenceau est constitué. (...) Ce qui demeure intéressant, ce sont les professions de foi que fait Caillaux en matière de politique extérieure, et notamment l'exposé (p. 192-193) de ses projets en 1917 ; on voit clairement la filiation qui relie ses positions à celles des défenseurs de l'accord de Munich, d'un homme comme Georges Bonnet, peut-être même de certains des « collaborateurs » du régime de Vichy. Dans un curieux passage, Caillaux déclare d'ailleurs qu'il aurait admis, en 1917, d'être frappé d'une espèce d'ostracisme ; ce qu'il n'a pas admis, c'est un procès en haute trahison dépourvu de fondement. Reconnaissons que, autant ses jugements de politique générale sont critiquables, autant ses plaidoyers personnels paraissent solides. Ce dernier tome des Mémoires est suivi de divers appendices. Le plus important, « Comment j'ai donné le Maroc à la France », se compose essentiellement de lettres de Jules Cambon au président du Conseil au cours des négociations d'Agadir ; si ces lettres ne contredisent pas la thèse exposée par Caillaux dans le volume II des Mémoires, elles ne la confirment qu'avec une grande discrétion, compréhensible d'ailleurs sous la plume d'un diplomate. Puis viennent deux lettres de Poincaré à Clemenceau sur l'affaire Bolo, quelques pièces justificatives se rattachant au procès Caillaux, enfin le récit d'une conversation avec Briand, en 1932, sur la responsabilité de Poincaré dans le déclenchement de la guerre de 1914 ; Caillaux porte contre Poincaré des accusations si énormes qu'on aimerait en trouver des confirmations irréfutables..." (Jacques Néré, à propos du tome III, Revue Historique, 1948) — "Nous avons dans les Mémoires de Joseph Caillaux des morceaux d'histoire pleins de suc et qui feront naître dans le coeur des jeunes hommes de justes haines et un vigoureux mépris." (Pierre Cazenave, La Tribune des Nations)

233.          CHASTENET (Jacques). Winston Churchill et l'Angleterre du XXe siècle. Fayard, 1956, in-12, 583 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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"Après ses livres justement appréciés sur William Pitt, sur Wellington, sur la reine Victoria, J. C. nous offre aujourd'hui deux livres en un seul : une biographie de Churchill et un tableau de l'Angleterre au XXe siècle. L'auteur connaît admirablement l'Angleterre et son livre se lit avec agrément, dans la meilleure tradition des « Grandes études historiques ». Il est à craindre cependant que les historiens ne trouvent un peu rapide le tableau de l'Angleterre qui constitue la toile de fond de cette biographie : on peut ainsi estimer qu'il n'était pas indispensable dans un livre sur Churchill d'évoquer en termes nécessairement sommaires le cinéma et la littérature anglaise contemporaine ou de publier des cartes sur l'offensive allemande de juin 1940, sur le désert de Libye, etc. Ni le talent de J. C. ni sa compétence ne sont en cause. Mais peut-être la maison d'édition aurait-elle avantage à se demander si la formule même d'une collection où ont été publiés beaucoup d'ouvrages classiques n'appellerait pas aujourd'hui quelques retouches." (Revue française de science politique, 1956)

234.          [Cinéma] – LAURENT (Clara). Danielle Darrieux, une femme moderne. Editions Hors Collection, 2017, gr. in-8°, 442 pp, 16 pl. de photos en noir et en couleurs hors texte, biblio, filmographie, index, broché, couv. illustrée, manque la page de titre, bon état

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Les initiales DD ont été célèbres bien avant BB. Danielle Darrieux, jeune Bordelaise "montée à Paris" à l'âge de 2 ans, a tourné son premier film en 1931, elle avait 14 ans. Elle atteint le statut de star en 1936 grâce à “Mayerling” d'Anatole Litvak où elle partage la vedette avec Charles Boyer. Le film est un succès mondial qui lui ouvre les portes d'Hollywood, elle signe un contrat de 7 ans avec les studios Universal. Dans les années 30, elle incarne un fantasme de la société de l'entre-deux-guerres, le personnage de la femme moderne. A cette époque, elle est la plus populaire des actrices françaises, elle est également la mieux payée. Toutes les jeunes femmes veulent lui ressembler. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle tournera “Premier rendez-vous” pour la firme de cinéma allemande Continental ; ce voyage en Allemagne en 1941 lui sera longtemps reproché. DD revient à l'écran dans un film de Claude Autant-Lara “Occupe-toi d'Amélie” (1949) ; ce nouveau succès fait oublier les années grises et sa carrière se poursuivra, presque sans interruption, jusqu'en 2010. Danielle Darrieux s'est mariée à trois reprises, une première fois avec le réalisateur Henri Decoin,une deuxième fois avec un playboy diplomate, Porfirio Rubirosa et une troisième et dernière fois avec le scénariste Georges Mitsinkidès. Cette actrice élégante avait démarré une carrière de chanteuse avant de se consacrer entièrement au cinéma au début des années 30. Elle aura exploré tous les registres, de l'ingénue à la femme tragique en passant par la coquette, la naïve ou encore la vieille femme indigne. Danielle Darrieux, c'est aussi plus de 80 ans de cinéma, une filmographie impressionnante, un hymme à la gloire du cinéma français.

235.          Collectif. Sur 1905. Champ Libre, 1974, in-8° étroit, 238 pp, notes, broché, couv. à rabats, bon état

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Textes de Jacques Baynac, René Girault, Avraham Yassour, Laura Engelstein, E.L. Keenan, sur la première révolution russe. — Peut-on réduire la première révolution russe de 1905 au modeste sort de « répétition générale » de celle de 1917 sans s'ôter le moyen de comprendre la nature de l'une aussi bien que de l'autre ? Et encore : par-delà les différences d'époque, de niveau économique et de rapports de force à l'échelle mondiale, quelles ressemblances ont fait ressurgir, ici et maintenant, les questions alors posées là-bas par les questions nationales, par la stratégie de guérilla urbaine, par les rapports entre spontanéité et organisation, par la concurrence entre les soviets et les partis ? (4e de couverture) — "Cet ouvrage collectif s‘organise autour de quelques thèmes précis de recherche : documentation (quel parti tirer des témoignages français sur la Révolution de 1905); problème des nationalités (la haine inter-raciale, attisée par le gouvernement oblitére parfois, dans les provinces caucasiennes, les tentatives d‘union sacrée pour l’éradication de l‘autocratie). L‘apport le plus intéressant porte toutefois sur le problème des rapports et du rôle respectif des partis d‘extrême gauche d‘une part (presque partout, sauf au Soviet de Moscou, les mencheviks sont au premier plan) et, d‘autre part, des organisations spontanées issues de la révolution des masses urbaines et de ces mêmes partis. Dès la n de l‘année 1904. la grève de Bakou révèle le rôle primordial joué par une organisation ouvrière spontanée, « maximaliste » (elle s‘oppose victorieusement aux directives du P.S.D., qui estime qu‘il faut savoir nir une grève) et dirigée par des chefs à la personnalité charismatique, les frères Sendrikov. A Moscou, lorsqu‘en décembre 1905 la grève générale se mue en insurrection armée, ce sont les comités de quartier qui sont de beaucoup les plus actifs, face à un soviet et surtout, à un comité bolchevik qui se borne à préconiser après coup les tactiques successives et contradictoires (des barricades et des regroupements révolutionnaires aux combats de partisans isolés) nées de l‘expérience insurrectionnelle. En n, à Pétersbourg, S. D., mencheviks et bolcheviks, que la conjoncture révolutionnaire a, ici comme ailleurs, tendance à rapprocher, font preuve d‘une extrême mé ance devant ces «centres de l‘auto-administration ouvrière » que. spontanément. constituent les soviets. L‘article d‘A. Yassour s‘efforce de cerner le concept de « soviet » (composantes prolétariennes. buts révolutionnaires de prise du pouvoir par l‘insurrection armée, constitution «spontanée», hors de toute légalité et hors de toute influence des Partis)..." (Simone Blanc, Annales ESC, 1976)

236.          DAUER (Jacques) et Michel RODET. Le 13 Mai sans complots. P., La Pensée Moderne, 1959, in-12, 192 pp, broché, bon état

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Jacques Dauer fut l'un des principaux gaullistes de gauche. Responsable au RPF, il fonda ensuite “Le Télégramme de Paris” (1955-1972) qui fut, pendant la traversée du désert, l'un des seuls journaux d'opinion gaulliste. Avec Michel Rodet, il est l'auteur de deux ouvrages retentissants : “Le 13 Mai sans complots” et “Les orphelins du Gaullisme”. — "Mis en vente le 13 mai 1959, notre premier livre, “Le 13 Mai sans complots”, rassemblait les souvenirs d'une équipe de militants gaullistes pour une période d'action s'étendant de décembre 1955 à janvier 1959. Il décrivait la constitution progressive d'un mouvement de combat pour l'appel à de Gaulle, autour d'un groupe issu des Jeunes du R.P.F. et d'un petit journal mensuel “Le Télégramme de Paris”, fondé au moment des élections législatives de 1956." (Jacques Dauer et Michel Rodet, 1962)

237.          DAVIES (Joseph E.). Mission à Moscou. Recueil de dépêches confidentielles au Département d'Etat, de lettres officielles et personnelles, de notes d'un agenda ordinaire et du journal personnel de l'auteur, comprenant des faits et des commentaires consignés jusqu'en octobre 1941. Montréal, Editions de l'Arbre, 1944, fort in-8°, 569 pp, traduit de l'américain, chronologie, index, broché, bon état

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L'auteur a été Ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union Soviétique de novembre 1936 à juin 1938. — "Le livre de Joseph Davies, relatant ses aventures d'ambassadeur en URSS avant la guerre, reprenait fidèlement à son compte les affirmations de la propagande soviétique sur tous les sujets, notamment la culpabilité des victimes des purges." (Henry Kissinger) — "Le livre de Joseph E. Davies est un recueil de lettres personnelles, de notes prises au jour le jour et d'extraits des rapports officiels de l'ancien ambassadeur des États-Unis en URSS. Les textes qui sont ainsi réunis se rapportent à la période 1936-1941. La plus grande partie est datée des années 1936-1938, pendant lesquelles s'accomplit la mission de J.-E. Davies à Moscou. Sans doute Davies choisit-il parmi ces textes ceux qui lui parurent les mieux appropriés à la situation internationale de 1941. Ceux qui nous sont présentés attestent de la part de l'auteur une remarquable lucidité politique en même temps qu'un souci profond d'information objective. Lorsque, au mois d'août 1936, il fut convoqué par le secrétaire d'État Cordell Hull, puis sollicité par le président Roosevelt d'accepter un poste diplomatique à l'étranger, Davies n'était pas de ceux que leur formation a préparés à la « carrière ». Juriste, spécialisé dans les études économiques et financières, c'est aux étroites relations d'amitié qu'il n'avait cessé d'entretenir avec le président et non à la routine d'un avancement bureaucratique qu'il dut sa nomination. Davies fut envoyé à Moscou. Il y connut un tel succès que, dans la présentation de “Mission à Moscou”, Maxim Litvinov décrit l'ouvrage comme un « manuel de technique diplomatique où les diplomates les plus avertis ne trouveront pas moins leur profit que tes novices ». Nombreux sont les exemples où s'avère la clairvoyance de Davies en regard de l'étonnante myopie de certains prétendus spécialistes. Ainsi, en février 1939, Davies, alors ambassadeur à Bruxelles, y rencontre M. Hudson, du Board of Trade britannique, qui se rend à Moscou à la tête d'une mission commerciale ; après une conversation sur la Russie, M. Hudson dit son effarement d'entendre de la bouche de l'ancien ambassadeur à Moscou un exposé de la situation totalement contradictoire avec les rapports que lord Chilston, le représentant de la Grande-Bretagne en URSS, transmettait alors au Foreign Office : c'est que, note Davies, « dans toute organisation bureaucratique, il y a toujours une tendance à rapporter aux supérieurs ce qu'il leur plaît de s'entendre dire ». Quant à lui, pendant les deux années cruciales où s'accomplit sa mission, il prend soin de voir et d'interpréter par lui-même, d'informer son gouvernement, sans souci des idées préconçues qui pouvaient avoir cours à Washington. Davies visite ainsi l'Ukraine et ses fermes collectives, les régions industrielles du Donetz, les ports de la mer Noire. Pour prévoir une évolution politique dont peut dépendre la guerre ou la paix, il pense qu'il faut d'abord connaître l'état réel des possibilités économiques et militaires de l'URSS. De même, il se refuse à chercher dans les fameux procès de 1937 et 1938. une occasion d'alimenter les campagnes anti soviétiques. Il discerne parfaitement la méfiance et l'humiliation croissantes des Russes devant les manœuvres dilatoires des démocraties occidentales ; il prédit, après Munich, le triomphe d'un isolationnisme soviétique, au cas où la France et la Grande-Bretagne donneraient encore au Kremlin des raisons de penser que l'on veut laisser à l'URSS, seule face à l'Allemagne, le soin de tirer les marrons du feu. En août 1939, il note dans son journal l'erreur tragique de Chamberlain, qui place sa confiance dans le gouvernement de Beck et considère comme négligeables les forces des Soviets. On relira enfin avec profit les appréciations de l'auteur sur les relations germano-russes d'août 1939 à juin 1941. Notons que le réalisme politique et la bonne foi de l'auteur n'impliquent de sa part aucune sympathie pour le régime économique et social de l'Union soviétique ; c'est un démocrate américain intimement persuadé de la supériorité du libéralisme économique et des conceptions morales de son pays qui nous parle. A tous égards, la lecture de ce livre est instructive, bien qu'il ait été publié en 1941, ce livre n'a rien perdu de son intérêt." (Jacques Vernant, Politique étrangère, 1945)

238.          [De Gaulle]. Hommages du monde au Général de Gaulle. Editions du Palais-Royal, 1970, in-8°, 309 pp, 2 photos, 2 fac-similés, index, reliure pleine toile bleue de l'éditeur, titre et croix de Lorraine dorés au 1er plat, bon état

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Nous présentons aujourd'hui au public un livre du souvenir : l'immense témoignage de la France et du monde au général de Gaulle, non point seulement parce que ses fidèles le pleurent, mais surtout parce qu'aucuns des témoins de cet événement, pour ou contre sa personne ou sa politique, n'a pu rester indifférent, insensible. Ce que nous avons donné au public et à l'Histoire, c'est le témoignage vivant de l'immense émotion qui a soulevé la France et le monde, une sorte de « document à chaud », pris sur le vif de l'événement qui sera pour les générations à venir et pour celles qui l'ont vécu, le témoin et la preuve de ce qui a été vu, entendu, déclaré et fait depuis le jour où fut annoncée la mort du général de Gaulle jusqu'à ses obsèques... (Les Editeurs)

239.          DE GAULLE (Charles). Lettres, Notes et Carnets. 1905-1918. Plon, 1980, in-8°, 547 pp, reliure skivertex bleu de l'éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

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Les Lettres, Notes, et Carnets rédigés par la plume magnifique du Général de Gaulle tandis qu'il réalisait ses premiers pas militaires entre 1905 et 1918. — "Des lettres, notes et carnets que mon père a pu rédiger à la réflexion ou griffonner à la hâte depuis sa jeunesse et jusqu'à sa mort, et qu'on a retrouvés à ce jour, en voici deux premiers volumes qui vont de 1905 au 18 juin 1940. Ces recueils correspondent à la période obscure, puis à peine notoire de sa vie : celle du collégien qui s'essaye à versifier, du lieutenant perdu dans la masse de l'infanterie française, du blessé de Verdun ramassé par les Allemands, de l'officier d'état-major inconnu qui participe à la formation et aux opérations de l'armée polonaise reconstituée, du théoricien militaire qui gêne les autorités en s'efforçant désespérément de les convaincre de créer l'indispensable corps de bataille cuirassé, enfin du colonel précipité au commandement de la dernière division blindée française de 1940, avant de devenir l'éphémère sous-secrétaire d'État qui tente sans succès d'empêcher l'effondrement de la Défense nationale et de l'État. Dans ces Lettres, Notes et Carnets, on trouvera par ordre chronologique les lettres familiales ou officielles, les télégrammes personnels ou gouvernementaux, les travaux, minutes, directives, billets, récits et brouillons divers dont les copies ou les manuscrits sont restés en ma possession, ou que nous avons déjà remis aux Archives sous le nom de leur auteur, ou encore que d'autres détenteurs nous ont fait connaître. Beaucoup de ces pièces sont inédites, mais pour des raisons de nomenclature et de récollection, on a cru bon de reproduire aussi celles qui ont pu être plus ou moins régulièrement publiées ailleurs. Par contre n'ont pas été reprises celles fîgurant déjà en annexes des oeuvres précédemment éditées du général de Gaulle." (Philippe de Gaulle)

240.          DE GAULLE (Charles). Lettres, Notes et Carnets. 1919 - Juin 1940. Plon, 1980, in-8°, 512 pp, reliure skivertex bleu de l'éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            20

Ce deuxième volume rassemble Lettres, Notes, et Carnets rédigés par la plume magnifique du Général de Gaulle au coeur même de sa carrière militaire, de sa créativité littéraire, mais également au moment d'événements déterminants pour sa vie personnelle, entre 1919 et 1940. L'édition des Lettres, Notes et Carnets permet de trouver, par ordre chronologique, une sélection de lettres familiales ou officielles, les télégrammes personnels ou gouvernementaux, les travaux, minutes, directives, billets, récits et brouillons divers écrits par le général de Gaulle et recueillis par son fils, l'amiral Philippe de Gaulle. En étudiant, déchiffrant et finalement en publiant ces manuscrits inédits, le fils du Général nous permet d'apprécier le talent d'écrivain de son père, et de découvrir "l'homme qu'il était véritablement (chef militaire ou homme d'Etat assurément, homme politique souvent et politicien jamais) et comment il s'est toujours efforcé de faire face aux événements de notre Histoire au mieux des intérêts de Français" (Avant-propos de Philippe de Gaulle). Ce deuxième volume rassemble les manuscrits rédigés entre les années 1919 et 1940. Cette période est riche en faits militaires: il est affecté en 1919 en Pologne pour soutenir l'armée polonaise, puis entre à l'Ecole supérieure de guerre et fait parti de l'Etat-Major du Maréchal Pétain, et mène plusieurs actions militaires contre les Allemands. Enfin, il lance son fameux appel à la Résistance contre les Allemand le 18 juin 1940. Mais, cette période est aussi déterminante pour sa vie personnelle et intellectuelle puisqu'il se marie et rédige de nombreux ouvrages.

241.          DE GAULLE (Charles). Lettres, Notes et Carnets. 1905-1958. Club français des Bibliophiles, 1982-1985, 10 vol. in-4°, 286, 286, 286, 279, 284, 286, 284, 286, 286 et 286 pp, très riche iconographie, photos, fac-similés, etc., reliures plein skivertex fauve de l'éditeur, dos lisses avec titres dorés, premiers plats enrichis d'une médaille gravée par Albert de Jaeger, rhodoïds, exemplaire numéroté, bon état

            250

"Un ensemble d'un intérêt exceptionnel pour qui cherche à regarder à l'intérieur de la « boîte noire » de la mécanique étatique. Sous la direction de Ph. de Gaulle, l'édition a été assurée par Olivier Germain-Thomas, Dominique Chagnollaud, Cécile de Gaulle et Estelle Germain-Thomas, responsables de la mise en place chronologique et des notes biographiques. Un avant-propos précise que le recours au texte original a été la règle, ce qui veut dire qu'il s'agit là de manuscrits originaux ou de notes corrigées ou complétées de la main de l'auteur. Largement ouvertes, les archives familiales permettent la découverte d'un style moins épique et officiel que celui des Mémoires de guerre, moins didactique aussi que celui des Discours et Messages qui rassemblent les discours prononcés. Ici tout se mélange dans la spontanéité et le côte à côte insolite de la vie quotidienne : lettres fort conventionnelles aux proches dans des circonstances gaies ou tristes, suppliques adressées aux grands de ce monde par un colonel en quête de notoriété, notes de lecture et premiers jets d'oeuvres ultérieures, télégrammes gouvernementaux ou apostilles écrites en travers d'une note de collaborateur. Cette variété est féconde car elle permet d'assister à une extraordinaire mise en mouvement de la pensée et des hommes par le jaillissement du langage transformé en arme de conquête puis d'exercice du pouvoir. Allant de 1905 à 1958, ces trois mille pages constituent un fabuleux gisement de mots utilisés pour « penser la guerre » : d'abord la revanche contre l'humiliation de 1870, puis la réponse aux défis des dictatures dont la victoire de mai 1945 n'est considérée que comme le premier acte, puisque, dès le 7 novembre 1945, le Général écrit à J. Paul-Boncour qu'on serait à nouveau « entre deux guerres ». Tout le combat du RPF qui échoue finalement aux élections de 1951 est encore entrepris sous cette lumière. Il sera donc mené selon ce même style militaire où le commandement ne tolère aucune réplique..." (Odile Rudelle, Revue française de science politique, 1985) — "Dans ces “Lettres, Notes et Carnets”, on trouvera par ordre chronologique les lettres familiales ou officielles, les télégrammes personnels ou gouvernementaux, les travaux, minutes, directives, billets, récits et brouillons divers dont les copies ou les manuscrits sont restés en ma possession, ou que nous avons déjà remis aux Archives sous le nom de leur auteur, ou encore que d'autres détenteurs nous ont fait connaître. Beaucoup de ces pièces sont inédites, mais pour des raisons de nomenclature et de récollection, on a cru bon de reproduire aussi celles qui ont pu être plus ou moins régulièrement publiées ailleurs." (Philippe de Gaulle). — Comte tenu du poids des volumes, des frais de port supplémentaires sont à prévoir en cas d'envoi.

242.          DECHERF (Dominique). L'Institution de la Monarchie dans l'esprit de la Ve République. (Thèse). P., LGDJ, 1979, gr. in-8°, (8)-320 pp, broché, bon état (Bibliothèque constitutionnelle et de science politique)

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Depuis 1958, le débat sur la constitution de la Ve République n’a pas cessé de tourner autour de la même question : s’agit-il d’une constitution présidentielle ou demeure-t-elle parlementaire, et dans quel sens convient-il de l’infléchir ? Docteur en droit et auteur d’une thèse sur « L’institution de la monarchie dans l’esprit de la Ve République », Dominique Decherf a voulu dépasser cette problématique, et poser la question du fondement de la « République gaullienne ». Le titre de l’ouvrage indique clairement le sens de la réflexion : si la Ve République demeure « républicaine » dans la lettre des textes, le souci du général de Gaulle et le fondement des institutions sont monarchiques. Un ouvrage très savant, fondé sur une connaissance approfondie des mécanismes juridiques, des principaux théoriciens du droit et des principes fondamentaux de la Couronne britannique.

243.          DELARUE (Jacques). L'O.A.S. contre de Gaulle. Fayard, 1981, gr. in-8°, 312 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, broché, bon état

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Pourquoi le général de Gaulle a-t-il échappé aux nombreux attentats fomentés contre lui ? ... parce que la police possédait, au sommet de l'OAS, un informateur exceptionnel (Pastis, alias Benoît...) – Des années d'une lutte acharnée. ... la police avait détecté la présence d'une Taupe au cœur de l'Elysée ! – Pourquoi L'OAS contre de Gaulle commence-t-il dès 1957 ? ... des révélations sur une affaire ignorée qui met en présence à Alger tous les protagonistes... On connaît Jacques Delarue comme historien (“Histoire de la Gestapo”), on découvre ici le témoin. Commissaire de police, il a participé au premier rang à la lutte contre l'OAS. Un témoignage unique et passionnant sur le métier de policier ; un document exceptionnel sur une des pages les plus dramatiques de notre Histoire.

244.          DESSAIGNE (Francine). La Paix pour dix ans : Sétif, Guelma, mai 1945. Calvisson, Editions J. Gandini, 1990, gr. in-8°, 321 pp, préface de Jacques Soustelle, illustrations, 74 pp d'annexes, biblio, broché, couv. illustrée, surlignures au stabilo jaune, bon état

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"Sur les émeutes du Nord-Constantinois et leur répression, ce livre apprendra à tous ceux qui n'ont pas vécu ou étudié cette tentative insurrectionnelle ce que furent ces événements tragiques qui, en moins de deux semaines, entraînèrent la mort de 88 civils européens, 14 militaires français et 1165 Algériens, du moins selon le rapport du général Duval. L'auteur raconte clairement comment les ruraux de la Kabylie des Babor et de la Kabylie orientale, parce qu'ils croyaient sans doute comme tous les Algériens que la victoire des Alliés allait leur permettre d'arracher l'indépendance, se soulevèrent spontanément en massacrant les Européens isolés. Peut-être Mme Dessaigne aurait-elle pu souligner qu'aucun parti n'avait programmé le déclenchement de cette jacquerie qui se fit aux cris de « guerre sainte dans la voie de Dieu » (Al jihad fi sabil Allah). Cependant le Parti du peuple algérien (et non le « Parti populaire algérien », comme l'écrit l'auteur), fut amené à donner le 18 mai un ordre d'insurrection armée qui devait prendre effet dans la nuit du 23 au 24 mai. Mais devant l'ampleur de la répression, il dut lancer in extremis un contre-ordre. Or, comme le confirme Aït Ahmed dans ses Mémoires d'un combattant, « des foules de paysans rassemblées dans les montagnes [de la Kabylie au Djurdjura] s'apprêtaient à déferler sur les petites villes de la colonisation après avoir dit la prière du jihâd ». (...) Pour écrire ce livre, Mme Dessaigne a vu les archives militaires, alors confidentielles, aujourd'hui largement publiées par le Service historique de l'armée de terre, et quelques-uns des nombreux rapports civils. Ce qui gêne l'historien, dans ce livre écrit avec passion, c'est le ressentiment qui l'anime. Mme Dessaigne, qui se veut « une mère de famille pied-noir », n'aime pas « les Métropolitains » et moins encore « l'intelligentia [sic] germano-pratine ». Elle s'emporte même contre les articles de Camus (qui n'était pourtant pas « métropolitain »)..." (Charles-Robert Ageron, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1991)

245.          DREYFUS-ARMAND (Geneviève). L'exil des Républicains espagnols en France. De la Guerre civile à la mort de Franco. Albin Michel, 1999, gr. in-8°, 475 pp, 8 pl. de photos hors texte, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Pendant et après la Guerre civile (l936-1939), conflit particulièrement meurtrier, des centaines de milliers d'Espagnols – hommes, femmes et enfants – franchirent les Pyrénées et cherchèrent refuge en France. Plus du tiers d'entre eux devait y demeurer. Geneviève Dreyfus-Armand retrace dans cet ouvrage novateur le long chemin parcouru par les combattants républicains depuis leur arrivée sur le sol français – souvent dans des camps d'internement – jusqu'à la mort de Franco en 1975 et leur installation parfois définitive sur cette terre d'accueil. Restituant les étapes de ce qui fut une grande aventure humaine, elle évoque le combat mené par les partisans de la République, loin de leur pays, dans une France parfois hostile. Combat pour la liberté qui dut attendre plus de trente ans pour trouver son accomplissement.

246.          DUBOIN (Jacques). Demain ou le socialisme de l'abondance. S.n.n.l., 1942, in-12, 347 pp, avant-propos daté du 5 mai 1941, broché, dos lég. sali, bon état

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Jacques Duboin (1878-1976), banquier, industriel et homme politique est le créateur de l'économie distributive : il s’agit de substituer au capitalisme une organisation démocratique, qui mette l’économie au service d’une humanité libérée tant de l’obligation de croissance que de la nécessité de faire du profit. — "Curieux destin que celui de Jacques Duboin ! C'est à peine si son nom figure dans quelques manuels d'économie politique, et pourtant ses thèses eurent entre les deux guerres un succès foudroyant dans un milieu – de classes moyennes notamment – traumatisé par la crise de 1929. Ce mélange d'idées, où le "bon sens" flirtait avec une doctrine révolutionnaire, eut un effet magique sur certains, qui se prolonge aujourd'hui dans un cercle assez restreint de disciples défendant vigoureusement les thèses " bondancistes". C'est beaucoup moins son livre sur la Stabilisation du franc, écrit en 1925, que la Grande Relève des hommes par la machine (1932), qui fit connaître Jacques Duboin. L'année même de la publication de cet ouvrage, son auteur lançait le Mouvement français pour l'abondance (M.F.A.), né de la vision absurde offerte par la "grande crise". Alors que les nations industrialisées comptaient alors, d'après les statistiques du Bureau international du travail, plus de trente-trois millions de chômeurs secourus, les marchés, les magasins, les entrepôts, regorgeaient de denrées alimentaires et de marchandises qu'il était impossible de vendre. Révolté par les procédés d' "assainissement du marché", qui conduisirent à dénaturer le blé ou à brûler du café dans les locomotives brésiliennes, Jacques Duboin démontre que le système capitaliste fondé sur le profit et la rareté est complètement inadapté à une époque où la science et les techniques procurent normalement l'abondance. "L'économie distributive" doit remplacer l'autre. Elle est essentiellement fondée sur une répartition du pouvoir d'achat telle qu'elle permette d'absorber tous les produits de la société industrielle. Chaque individu recevrait de sa naissance à sa mort un revenu social et devrait à la communauté nationale, pendant sa vie active, un service du travail, mais il n'y aurait pas de lien direct entre la rémunération touchée et les tâches effectuées..." (Le Monde, 19 mars 1976)

247.          DUROSELLE (Jean-Baptiste). Le Monde contemporain. Fernand Nathan, 1973, gr. in-8°, 256 pp, nombreux portraits, photos et cartes, broché, couv. illustrée, bon état (manuel scolaire, collection Monnier, classes Terminales)

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1. La Grande Guerre. L'établissement des fronts (1914-1916) – 2. La Grande Guerre. Les crises et la victoire de l'Entente (1917-1918) – 3. Le rétablissement de la paix (1918-1921) – 4. La vie économique du monde de 1919 à 1939. – 5. La France de 1919 à 1939. – 6. Le Royaume-Uni de 1918 à 1940. – 7. L'avènement du fascisme : l'Italie et l'Allemagne. – 8. La Russie soviétique de 1917 à 1939. – 9. Les Etats-Unis de 1919 à 1941. – 10. Les grands problèmes extra-européens (Etats-Unis et URSS exceptés) de 1919 à 1939. – 11. Les forces religieuses dans le monde de 1914 à 1945. – 12. Les relations internationales de 1919 à 1933. – 13. Les crises internationales de 1929 à 1939. – 14. La phase européenne de la Deuxième Guerre mondiale (1939-1941). – 15. La phase mondiale de la guerre jusqu'en 1945. – 16. La défaite de l'Axe et les difficultés entre Alliés.

248.          FABRE-LUCE (Alfred). L'Anniversaire. Fayard, 1971, in-8°, 216 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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De Gaulle vu par Fabre-Luce, version définitive. — "Avec un recul de plus de trente ans maintenant, à une époque où la personne du général de Gaulle et son rôle historique ont été transfigurés, comme la mémoire le fait pour tous les grands personnages de l'histoire de France qui deviennent des figures de légende, le livre de Fabre-Luce, écrit par un témoin partial de tout son parcours historique, mérite cependant encore d'être lu. Il nous montre un « autre de Gaulle », bien éloigné de la mythologie actuelle. De la part d'un maréchaliste jusqu'en 1942, d'un contempteur des excès de l'épuration à la Libération, d'un adversaire résolu du « grand dessein » qui se retournait contre l'Europe, l'analyse du rôle historique du général de Gaulle ne pouvait être que fort critique..." (Daniel Garbe, “Alfred Fabre-Luce : Un non-conformiste dans le tumulte du XXe siècle”, 2009)

249.          FANON (Frantz). Les Damnés de la terre. La Découverte, 1985, in-8°, 238 pp, préface de Jean-Paul Sartre, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Cahiers libres)

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"La violence qui a présidé à l'arrangement du monde colonial, qui a rythmé inlassablement la destruction des formes sociales indigènes, démoli sans restrictions les systèmes de références de l'économie, les modes d'apparence, d'habillement, sera revendiquée et assumée par le colonisé au moment où, décidant d'être l'histoire en actes, la masse colonisée s'engouffrera dans les villes interdites. Faire sauter le monde colonial est désormais une image d'action très claire, très compréhensible et pouvant être reprise par chacun des individus constituant le peuple colonisé." (Frantz Fanon) — Publié en 1961, à une époque où la violence coloniale se déchaîne avec la guerre d'Algérie, saisi à de nombreuses reprises lors de sa parution aux Editions François Maspero, ce livre, préfacé par Jean-Paul Sartre, a connu un destin exceptionnel. Il a servi – et sert encore aujourd'hui – d'inspiration et de référence à des générations de militants anticolonialistes. Son analyse du traumatisme du colonisé dans le cadre du système colonial et son projet utopique d'un tiers monde révolutionnaire porteur d'un "homme neuf" restent un grand classique du tiers-mondisme, l'oeuvre capitale et le testament politique de Frantz Fanon.

250.          FAUX (Emmanuel), Thomas LEGRAND, Gilles PEREZ. La Main droite de Dieu. Enquête sur François Mitterrand et l'extrême droite. Seuil, 1994, in-8°, 264 pp, sources, index, broché, couv. illustrée, C. de bibl., bon état

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« Je vois bien le cheminement de vos questions. Vous instruisez mon procès. Je serai dans un tribunal, on ne me poserait pas de questions différentes. Mais c’est votre droit, vous êtes libres ! – Monsieur le président, nous souhaiterions que vous nous aidiez à lever les ambiguïtés concernant votre passé. Acceptez notre démarche comme celle de trois journalistes de trente ans qui se sont assigné un devoir de mémoire... Il s’agit d’essayer de comprendre et d’éclairer par votre parcours certains de vos choix. » Pourquoi François Mitterrand a-t-il favorisé la percée du Front national ? Pourquoi a-t-il tenu à faire déposer, chaque année, une gerbe sur la tombe de Pétain ? Pourquoi a-t-il pardonné aux généraux putschistes d’Algérie ? Pourquoi a-t-il conservé d’anciennes amitiés vichyssoises ? Les réponses à ces questions, il faut les chercher en fouillant un demi-siècle d’histoire occultée, en explorant les relations entretenue depuis sa jeunesse par François Mitterrand avec des personnages marqués à l’extrême droite. Un an d’enquête, près de cent cinquante entretiens, l’étude de documents oubliés, parfois inédits, ont permis de mettre au jour des faits irréfutables. Derrière l’amnistie des généraux, le jeu ambigu avec le Pen et les couronnes par le Maréchal, on retrouve toujours « la main droite de Dieu ».

251.          FRANK (Pierre). Histoire de l'Internationale communiste. Tome 1 : 1919-1943. Editions La Brèche, 1979, in-8°, 462 pp, 2 photos, notes, broché, bon état

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L'Internationale communiste se donne pour objectif de former dans chaque pays un parti capable de conduire les luttes des masses à la conquête du pouvoir pour construire la société socialiste mondiale. Les deux premiers congrès définissent les principes de l'Internationale. Les premières années de l'IC sont des années d'espoir et de croissance. Dans plusieurs pays importants, dont l'Allemagne, des partis communistes de masse se développent. Des problèmes nouveaux de stratégie et de tactique soulèvent des difficultés au sein de l'IC. La tactique du front unique est élaborée à ses 3e et 4e congrès. Cinq années après Octobre, un « tournant obscur » se produit dans l'Union soviétique. La bureaucratie pèse d'un poids croissant dans la société soviétique et s'éloigne d'une politique révolutionnaire. La majorité du bureau politique en comprend mal les dangers. L'IC ne résiste pas mieux et se trouve entraînée, avec ses sections, dans le processus de dégénérescence bureaucratique. La défaite sans combat en Allemagne en 1923 clôt la période révolutionnaire qui suit la Première Guerre mondiale, et renforce les positions de la bureaucratie soviétique. Une ère de confusion s'ouvre dans l'IC. — "Contrairement à tout ce que l'on pourrait croire, s'attaquer à l'histoire de l'Internationale communiste revient encore à faire œuvre de pionnier en France. Ainsi en est-il de l'ouvrage solidement documenté que vient de consacrer Pierre Frank à ce grand sujet ; un livre qui se veut militant et retient comme tel l'attention du lecteur. Fort bien resituée, on y retrouve l'Internationale de la révolution mondiale jusqu'à cet automne tragique de 1923 qui vit l'effondrement sans combat de l'Allemagne révolutionnaire. C'était le temps de la révolution vivante, avec ses manifestes exaltants, ses grands débats d'idées, ses rapports et "contre-rapports", ses votes et ses critiques irrespectueuses. Pierre Frank se livre à une étude détaillée du "tournant obscur". S'appuyant aussi sur des documents tombés dans l'oubli, Pierre Frank a repris la vision trotskiste classique de la formation et de la bureaucratisation, sur fond d'arriération et d'isolement, de l'État-parti guide : il la nuance toutefois par des considérations sur l'insuffisance des réactions de Lénine et de Trotski, trop longtemps obnubilés par la menace d'un retour au capitalisme. À partir de 1928 et du sixième congrès mondial, entraînés dans l'ultra-gauchisme, enflammé par les affrontements de rue, persuadés de l'imminence de la guerre et de la révolution, surmotivés par la crise de 1929, nombre de jeunes et courageux révolutionnaires acceptent la stalinisation de l'I.C. Sept ans plus tard, à l'été 1935, vient le septième et dernier congrès de l'I.C. celui du grand tournant vers le Front populaire ; pour tous c'est l'ouverture maximum sur l'extérieur. Pour tous aussi, ce sont les débuts de la grande glaciation intérieure. L'I.C. bascule entièrement dans la dévotion à la personne de Staline, ainsi que dans le rite des approbations unanimes et des ovations savamment dosées. Pierre Frank décrit avec force une Internationale qui accepte et justifie totalement les grands procès, quand elle n'y prête pas la main. Ainsi, lors de cette mystérieuse réunion des dix-sept P.C. européens, tenue à Paris le 21 avril 1937, dont l'auteur se demande si elle n'a pas servi à préparer les sanglantes liquidations de militants antistaliniens en Espagne républicaine. Ainsi, à l'été 1938, lorsque – prélude au renversement des alliances ? – Staline fait entériner par la direction de l'I.C. la dissolution du P.C. polonais. Attirés à Moscou, livrés au bras séculier, des centaines de militants responsables sont alors déportés ou exécutés..." (Philippe Robrieux, Le Monde, 1980)

252.          GALTIER-BOISSIÈRE (Jean). Mon Journal dans la drôle de paix. P., La Jeune Parque, 1947, in-12, 336 pp, broché, papier lég. jauni, bon état. Edition originale sur papier d'édition (achevé d'imprimer du 20 janvier 1947)

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“Mon journal dans la drôle de paix” s'étend sur la période qui va de septembre 1945 à septembre 1946. Nous sommes dans l'immédiat après-guerre, lorsque l'on compte les victimes et l'on se réjouit d'accueillir les survivants ; au temps des procès pour collaboration (Pétain, Laval,...) et des affrontements politiques au sein du gouvernement provisoire de De Gaulle. Chroniqueur invétéré de son temps, le fondateur du Crapouillot poursuit sa critique mordante de la haute société tout en recueillant les anecdotes les plus succulentes de la rue ou du bistrot.

253.          GARRIGUES (Jean) (dir). La France de la Ve République, 1958-2008. Armand Colin, 2008, gr. in-8°, x-628 pp, préface de Jean-Noël Jeanneney, plus de 240 articles par 80 auteurs, 22 photos sur 8 pl. hors texte, index, reliure éditeur, jaquette illustrée collée sur la reliure (ex. de bibliothèque réformé), mque la page de titre, état correct

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Il y a un demi-siècle, le général de Gaulle donnait à la France la Constitution de la Ve République. A cette époque, les Français faisaient la guerre en Algérie, fumaient des gauloises, roulaient en 2 CV ou en DS, écoutaient Europe n°1 ou Radio-Luxembourg, découvraient les Amants de Louis Malle ou Lolita de Nabokov, et fredonnaient les chansons de Dario Moreno ou de Sacha Distel. Que reste-t-il de cette France, hormis le parfum nostalgique des souvenirs ? D'abord, et avant tout, un régime politique qui s'est révélé comme le plus solide de notre histoire. Pour célébrer sans tabou les noces d'or de la société française et de ce régime, il fallait un livre à la fois informatif, stimulant et pluriel. Ce dictionnaire historique est construit en quatre parties :– Les temps forts racontent 34 moments forts du demi-siècle écoulé (du 13 mai 1958 jusqu'à l'élection présidentielle de 2007, – Les figures brossent l'itinéraire de plus de 100 personnalités qui ont façonné ou marqué ce demi-siècle, – Les pouvoirs et les contre-pouvoirs qui ont pesé sur l'évolution du régime , – Les enjeux explorent les grands défis posés à la société française.

254.          GENTON (Bernard). Les Alliés et la culture : Berlin 1945-1949. PUF, 1998, in-8°, 451 pp, 20 pl. de photos hors texte, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Ouvrage issu de thèse. — Cette étude se propose de saisir un moment particulier de l'histoire européenne : la coopération, puis la confrontation culturelle entre les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, sur le terrain de Berlin, ville qui deviendra à l'issue de la période l'un des enjeux, et le symbole de la guerre froide. L'originalité de ce travail est double : elle tient en premier lieu à la démarche comparative, puisque l'auteur, s'appuyant sur des archives et des sources nécessairement variées et asymétriques, s'est efforcé d'interroger de manière égale les pratiques culturelles respectives des Américains, des Britanniques, des Français et des Soviétiques chargés à Berlin d'administrer l'art de la rééducation. La seconde originalité de cet ouvrage vient de l'attention prêtée aux contenus des manifestations culturelles, ainsi qu'à leurs effets sur la population berlinoise. Cette enquête résolument narrative se situe à niveau d'homme, de lecteur, de spectateur.
C'est ainsi que l'on a cherché à faire revivre une brève période de dialogue international, sur fond de renaissance de la culture allemande : bonnes volontés initiales, incertitudes, improvisations, mais aussi arrogance et susceptibilités de vainqueurs inégaux entre eux, humiliation et sentiment de culpabilité des vaincus, méfiances, soupçons, calculs, manipulations, ce sont aussi les émotions de l'immédiat après-guerre qui constituent le corps de ce récit.

255.          GUITARD-AUVISTE (Ginette). Jacques Chardonne ou l'incandescence sous le givre. Olivier Orban, 1983, in-8°, 426 pp, 12 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale enrichie d'un envoi a.s. à André Bay, beau-fils de Jacques Chardonne, directeur littéraire aux Editions Stock pendant 40 ans et président de l'« Association des Amis de Chardonne » de 1971 à 1998

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"Cette biographie est un monument, et que l'on oublie, de grâce, l'usure du mot. Tout y est : « la Charente, le cognac, la qualité des grands négociants, la misère des institutions modernes, les amis d'hier et d'aujourd'hui, les intermittences du couple, les mystères de l'âme », selon l'énumération de Stephen Hecquet. Cependant, zèle, minutie, estime, affection n'empêchent ni souffle ni loyauté. Si Ginette Guitard-Auviste « fait le compte des merveilles », elle n'escamote pas les égarements. Vie et passion coulent dans chaque page : Chardonne « bouillonnant d'idées, foisonnant, mobile, curieux de tout, paradoxal, injuste (mais toujours prêt au repentir), drôle, gentil et féroce, attentif au prochain, atroce s'il démérite à ses yeux », Chardonne dans sa quête inlassable qui est « d'essayer de concilier les exigences impossibles du coeur et la réalité quotidienne », Chardonne, « cet homme qui jouait au sage, à l'averti, au blasé et qui n'est jamais parvenu à un équilibre ». Alors pourquoi s'être mêlé de politique, ce redoutable danger pour les écrivains « contraints d'écrire trop vite sur des sujets qu'ils connaissent mal et qui, pris en mains, s'avancent en aveugles dans une impasse » ? Ginette Guitard-Auviste ne s'épargne aucune question, voire les plus pénibles. Elle redoute trop « ces coups d'encensoir qui finissent par assommer ceux à qui ils sont destinés ». Résultat : elle réussit à faire mentir Francis Scott Fitzgerald : « On ne peut écrire une bonne biographie d'un bon romancier. Il est trop de monde à la fois. » Devant nous s'écoule plus d'un siècle, depuis les origines anglo-saxonnes d'une mère altière, lointaine (les Haviland de Limoges, branche de Wiltshire) et d'un père tendre, effacé, fervent de littérature. On observe Chardonne écolier, n'offrant aucune prise à l'enseignement (« il a toujours ignoré les sciences. Les noms propres se mélangeaient dans sa tête et il était incapable de retenir deux vers. Les principes de grammaire semblaient avoir glissé sur lui comme de l'eau sur de l'huile. Son extravagance orthographique touchait au délire »), et on le voit, tel que l'indique Roger Nimier, « haïr Clemenceau, ne cessant de dénoncer les bellicistes (de Delcassé à Péguy) qu'il prétend les auteurs de tous nos maux et ceux qu'il nomme les falsificateurs de l'Histoire ». Ainsi le suit-on dans son estime pour Jean Jaurès, dont il fut l'ami, et Joseph Caillaux, lequel voulait la paix, souhaita obstinément en saisir l'opportunité à la mort de François Joseph, en 1916, et fut accusé de trahison. Ginette Guitard-Auviste a compulsé toutes les archives, rencontré les gens qu'il convenait d'interroger, décrypté les moindres détails. Pour le lecteur de son livre, celui qui affirmait avoir « opté pour une vie souterraine » promène sur l'existence « un oeil vierge, curieux de tout, malgré l'obsession de soi »..." (Louis Nucéra, “Ils ont éclairé mon chemin. Mes 50 écrivains de chevet”, 2010)

256.          HENRIOT (Philippe, député de la Gironde). Le 6 février. Flammarion, 1934, in-12, 247 pp, reliure demi-basane fauve, dos lisse avec titres et triples filets dorés (rel. de l'époque), bon état

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Ce livre est le récit haletant, heure par heure, de la séance du 6 février 1934 au Palais Bourbon, alors transformé en forteresse, et de ce qui survenait dans les rues et les avenues alentour, et plus particulièrement place de la Concorde. Au fil de la progression des événements, le style de la narration devient épique et tragique... Ce texte constitue un document précieux. Rédigé peu après le nuit du 6 février par un témoin direct : Philippe Henriot, qui expose ici les manœuvres qui selon lui, visent à instaurer dans un régime parlementaire « une dictature de gauche ». Au-delà des événements qui en sont le sujet principal, l'ouvrage dresse le portrait de la France avant le Front Populaire, une France qui commence de subir les conséquences du Krach financier de 1929, et qui baigne dans les remous de l’affaire Stavisky. Les principaux personnages politiques du drame, leur personnalité et leur rôle, y sont décrits d’une manière particulièrement vivante.

257.          HIGHAM (Charles). Wallis Simpson. La scandaleuse duchesse de Windsor. JC Lattès, 2005, in-8°, 476 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Sa vie a passionné le monde entier, son amour a changé le destin d'une nation. L'histoire de Wallis Simpson, devenue duchesse de Windsor, a les apparences d'un conte : une jeune Américaine divorcée séduit le prince charmant, le futur Edouard VII d'Angleterre, qui abandonne son trône par amour pour elle. D'où venait son pouvoir mystérieux ? Les recherches menées par l'auteur nous révèlent le secret de la naissance de Wallis qui l'a empêchée de devenir reine, son premier mariage avec un aviateur alcoolique et bisexuel, ses expériences dans les bordels et les salles de jeux d'une Chine dévastée par la guerre civile dans les années 20, ses amitiés avec les plus hauts dignitaires nazis, sa véritable activité d'espionne au service de l'Allemagne, la fin brutale de son unique grossesse, les raisons des célèbres griefs de la reine mère à son égard... Ainsi se déroule la vie étonnante d'une femme ambitieuse et cérébrale, douée pour les intrigues internationales et mondaines, une des figures féminines les plus célèbres du XXe siècle.

258.          KLABUNDE (Anja). Magda Goebbels. Approche d'une vie. GLM, Tallandier, 2006, in-8°, 414 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de photos hors texte, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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La destinée méconnue de Maria Magdalena Goebbels est à l'image du basculement d'une civilisation vers la folie et le meurtre. Née en 1901, elle est élevée à Berlin par son beau-père, juif pratiquant. Mariée à un industriel protestant, elle divorce en 1929. En 1931, elle épouse Joseph Goebbels. Deux ans plus tard, son amour de jeunesse et figure centrale du sionisme militant Victor Arlosoroff disparaît, peut-être assassiné sur ordre de Goebbels. La suite est mieux connue : Hitler au pouvoir en 1933, Goebbels ministre de la Propagande du IIIe Reich, la guerre. Dans le bunker de Hitler, Magda empoisonne ses six enfants avant de se donner la mort avec son mari le 1er mai 1945.

259.          LACOUT (Dominique) et Christian LANÇON. La mise à mort de Jean-Edern Hallier. Presses de la Renaissance, 2006, gr. in-8°, 429 pp, préface de Laurent Hallier, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Grandes biographies), envoi a.s. de Laurent Hallier

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Un livre si stupéfiant par ses implications que l'on se surprend à penser : ai-je vraiment vécu dans cette France-là, dans cette République-là, sous la présidence de cet homme-là ? C'est la face obscure du mitterrandisme qui est ici dévoilée, et sous un jour insoupçonné. Tombé dans le piège obsessionnel tendu par un écrivain fantasque et talentueux, le président de la République, dont les secrets accumulés depuis des décennies constituent et l'armure et le talon d'Achille, met en place un système de persécution dont on découvre ici l'extravagante ampleur. Nous connaissions déjà le passé et les amitiés troubles de François Mitterrand, président romanesque et dissimulateur. Nous n'ignorions pas que cet "aventurier sans principes et sans scrupules", dixit Jacques Chirac, aimait à confondre vie publique et vie privée. Mais une chose est de le savoir, une autre de le voir dans la pratique quotidienne, dans le détail. Cette enquête aux accents kafkaïens reconstitue avec minutie l'histoire d'une persécution, celle de Jean-Edern Hallier qui, nous le savons désormais, disait la vérité quand d'autres se taisaient. Dominique Lacout et Christian Lançon se font au fil des pages les chroniqueurs d'un combat sans merci que se livrent un écrivain armé de sa seule plume et un chef d'Etat qui n'hésite pas à user contre lui de tout l'arsenal, légal et illégal, à sa disposition. Toute notion de morale, d'honneur, de sens de l'Etat, de dignité enfin est piétinée pour des raisons chaque jour plus troubles. La mort rôde. La peur règne. Et tout est vrai, même le plus ahurissant. Basé sur de nombreux documents inédits, cet ouvrage percutant, dérangeant, nécessaire est publié à l'occasion du 10e anniversaire de la mort de Jean-Edern Hallier.

260.          LARIGAUDIE (Guy de). Le Beau Jeu de ma vie. Lettres autobiographiques. Editions du Seuil, 1947, in-12, 253 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, bon état. Edition originale sur papier courant

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Recueil des lettres écrites par Guy de Larigaudie, chef scout, aventurier et écrivain, "le routier de légende", qui devait mourir au combat à 32 ans en mai 1940 face aux Allemands, dans le bois de Musson, à la frontière du Luxembourg, dans une dernière "aventure". Guy de Larigaudie est mort à cheval comme il en avait sans doute rêvé. Ces lettres font apparaître une personnalité fort riche et aventureuse animée par un besoin impérieux de tout donner à Dieu à travers l'amour de ses frères scouts. — "Me voici maintenant au grand baroud. Peut-être n'en reviendrai-je pas. J'avais de beaux rêves et de beaux projets, mais n'était la peine immense que cela va faire à ma pauvre mère et aux miens, j'exulterai de joie. J'avais tellement la nostalgie du Ciel et voici que la poste va bientôt s'ouvrir..." (Extrait de sa dernière lettre trouvée sur lui après sa mort).

261.          LE BRETON (Auguste). Les Pégriots. Laffont, Plon, 1973, gr. in-8°, 531 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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En 1934, alors que la République chancelait dans le scandale Stavisky, Georges Simenon, qui suivait « l'Affaire » en reporter, catapulta à la « une » des journaux un petit homme qui l'avait fasciné et qu'il baptisa Jo la Terreur. Le petit homme était redoutable : il détenait les talons de chèques de Stavisky, de quoi damner le Régime. Mais Jo était bien autre chose. À trente-huit ans, il était déjà le dernier survivant d'une époque héroïque, celle des Grands Truands de la Pègre, bien avant AI Capone, Chicago et la Mafia. Ces Pègriots étaient des chevaliers du crime, non des industriels comme leurs successeurs. Leur capitale mondiale était Paris ; leurs femmes, des Casque d'Or, croqueuses de diams et de princes. À dix-huit ans, Jo s'imposa parmi eux. À elle seule, son équipée sauvage serait un livre. — "Si un jour t'es pas capable de tout laisser à la seconde, de tout briser, femmes, enfants, foyer, amis, c'est que t'es devenu un bon à rien, une lope, un mec pas digne de vivre !" Auguste le Breton nous fait découvrir la vie du gangster français Georges Hainnaux plus connu sous le nom de "Jo la Terreur". Des bas fonds de Montmartre aux bordels d'Amérique du Nord en passant par les tripots de Londres, c'est un demi-siècle d'aventures et une authentique histoire du milieu français de 1880 à 1945. Parmi les héros de ce roman vrai, Bonnot, Carbone et Spirito, Stavisky, Bonny et Lafont. Et surtout une foule de personnages du peuple de Paris : prostituées, souteneurs, affranchis, policiers et malfrats. Dans ce monde, on tue pour un regard et on pleure sur une chanson des faubourgs. La force d'Auguste le Breton, personnalité en marge du monde de la littérature policière, fut de ne rien inventer dans ses livres : il avait presque tout vécu. — "Que reste t-il de morale et d'humanité quand on s'est affranchi de l'une et de l'autre ?" (Bertrand Poirot Delpech, Le Monde) — "Le meilleur livre d'Auguste Le Breton." (Le Canard Enchaîné) — "Une histoire vraie et tellement puissante, quelque part entre Monte-Cristo et Il était une fois en Amérique..." (Olivier Marchal)

262.          LIPPER (Elinor). Onze ans dans les bagnes soviétiques. Nagel, 1950, in-12, 271 pp, traduit de l'allemand, une carte, broché, bon état

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Fille de parents juifs, Elinor Lipper (1912-2008) fit sa scolarité aux Pays-Bas et en Allemagne. Devenue communiste lors de ses études en médecine à Berlin (1931-1933), elle se réfugia chez sa mère installée à Ascona (canton du Tessin) et commença à travailler pour l’OMS (département des relations internationales). Tout en travaillant à la librairie socialiste Hans Oprecht à Zurich, Lipper poursuivit son activité clandestine pour l’OMS en attirant les soupçons des autorités helvétiques. Elle partit pour Moscou en janvier 1937 avec un passeport au nom "Ruth Zander" afin d’y travailler comme rédactrice aux Éditions pour les travailleurs étrangers. Arrêtée le 26 juillet 1937, elle passa 14 mois en détention et fut condamnée en septembre 1938 à cinq ans de camps pour "activité contrerévolutionnaire et trotskyste". Cinq années qui seront prolongées jusqu'à la fin de la guerre puis au-delà, elle en ressortira après onze ans, en 1948. Libérée de la Kolyma en 1948, Lipper put rentrer en Suisse et écrivit le récit de son calvaire en Sibérie. Elle témoigna en février 1949 et avec Margarethe Buber-Neumann au procès Kravtchenko à Paris et, l’année suivante, au procès de David Rousset sur l’existence du Goulag...

263.          MAILFERT (André). Au pays des antiquaires. Confidences d'un « maquilleur » professionnel. Flammarion, 1962, in-8°, 171 pp, 20 planches de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Les souvenirs publiés en 1935 de l'antiquaire faussaire André Mailfert (1884-1934) qui, avec une équipe de plus de deux cents menuisiers, ébénistes, peintres et doreurs, produisit de nombreux meubles et abusa des experts en art et en mobilier, allant jusqu'à inventer de toutes pièces une Ecole de la Loire dans la lignée d'un maître ébéniste purement imaginaire du XVIIIe siècle, Jean-François Hardy. Ce faussaire en meubles, verrier de formation, s'installe à Orléans, rue Royale, en 1908. Il compte parmi les faussaires en meubles les plus connus, parce qu’il a raconté sa vie dans ce livre de mémoires, où il avoue avoir produit de toutes pièces de faux meubles anciens, sur une grande échelle, et dans l’intention délibérée de permettre à ses clients de tromper leurs propres clients, antiquaires et collectionneurs. Il avait compris qu'en matière de meubles anciens, une patine subtilement travaillée et appliquée sur des meubles réalisés selon les techniques traditionnelles de l'ébénisterie et des bois anciens, rendait difficile voire impossible la distinction entre vrai et faux.

264.          MARTIN DU GARD (Maurice). Les Mémorables. I. 1918-1923. II. 1924-1930. Flammarion, 1957-1960, 2 vol. in-8°, 362 et 460 pp, reliures demi-basane fauve mordorée, dos à 5 nerfs, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frottés avec qqs épidermures, bon état

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Excellents souvenirs littéraires et politiques. L'histoire de la littérature n'est pas seulement celle des œuvres mais l'histoire des hommes, des idées, de la sensibilité qui, à chaque époque, composent la vie littéraire. Du traité de Versailles à l'avènement de la IVe République, celle-ci, exceptionnellement riche et haute en couleur, a eu son mémorialiste : Maurice Martin du Gard, cousin de Roger, longtemps directeur des « Nouvelles littéraires » qui furent un des foyers intellectuels des années 1920-1930. De cet observatoire privilégié, il contempla le Tout-Paris de la littérature, du monde et de la politique. Admirateur de Barrès, qu'il rencontra souvent, ses amis s'appelaient Drieu la Rochelle, Léautaud, Valéry, Claudel, Mauriac, Larbaud... Ces figures, et d'autres encore, de Gide à Bernanos, de Cocteau à Guitry, Clemenceau, Mandel, Giraudoux, Paul Fort, Julien Benda, Edouard Dujardin, Cassou, Roger Martin du Gard, Max Jacob, Boylesve, Boni de Castellane, Tzara, Breton, Aragon, Soupault, Peret, Ribemont-Dessaignes, Colette, Montherlant, Léon-Paul Fargue, Derême, Jacques Rigaut, Radiguet, Anna de Noailles, Thibaudet, Proust, Gourmont, Jacques Rivière, les Tharaud, Duhamel, Francis Jammes, Dorgelès, Maeterlinck, Jouhandeau, Maurras, Béraud, Romain Rolland, Rainer Maria Rilke, l'abbé Bremont, Edouard Herriot, Suarès, Poincaré, etc, etc., revivent dans Les Mémorables avec l'intensité des personnages de roman. "Un dictionnaire des écrivains de l'entre-deux-guerres", a dit Bernard Frank, mais un dictionnaire incomparable : animé, vivant, en cinémascope. A mi-chemin du journal et des mémoires, le témoignage du fondateur des « Nouvelles littéraires » est un document unique sur la vie littéraire en France dans la première partie du XXe siècle.

265.          MAURRAS (Charles). Gaulois, Germains, Latins. (Extraits). Librairie de France, 1926, pt in-4°, 197 pp, un portrait de l'auteur en frontispice, broché, couv. rempliée, bon état (Les Cahiers d'Occident n° 1), ex. numéroté sur vélin bouffant Lafuma Navarre

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Au sein de l’Action française, Charles Maurras, pétri de culture latine et formé très jeune aux humanités, défendit ardemment l’union latine entre les peuples latins d’Europe mais aussi d’Amérique par germanophobie. L’Italie était tout naturellement au centre de ce dessein et la défense de l’union latine guida les positions de l’Action française jusqu’à la guerre. La dichotomie entre latinité et barbarie va nourrir et renforcer le sentiment anti-allemand de l’extrême droite française, en tout cas jusqu’au déclenchement du second conflit mondial. Dans les années 1930, la doctrine de l’Action française en matière de politique extérieure se résume à un antigermanisme sans nuances, résumé dans l’ouvrage de Maurras “Gaulois, Germains, Latins”.

266.          MAURRAS (Charles). La Bagarre de Fustel, ou les débuts de la Ligue d'Action française. Librairie de France, 1928, pt in-4°, 190 pp, avec un portrait de Fustel de Coulanges par Stival, broché, couv. rempliée, bon état (Les Cahiers d'Occident n° 1, 2e série), ex. numéroté sur papier d'Alfa Navarre

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"Cette célébration de Fustel de Coulanges nous fit nous heurter à l'offensive passionnée de toutes les Gauches, de L'Humanité au Journal des Débats. Jaurès, germanomane dans l'âme, était déchaîné. On trouvera tous les détails de cette échauffourée dans ma brochure “La Bagarre de Fustel”." (Ch. Maurras, L'Allemagne et nous) — "C’est en 1905 que l’Action française s’est annexé, de façon certainement abusive, l’héritage de l’auteur de la “Cité antique”, célébrant avec fracas le soixante-quinzième anniversaire de la naissance de l’historien. Louis Dimier, secrétaire général de l’Institut d’action française, qui a eu l’idée de la commémoration de 1905, rappelle dans ses souvenirs que Fustel de Coulanges tenait le premier rang des écrivains dont les ligueurs d’Action française avaient coutume de citer les écrits lors de leurs discussions politiques au café de Flore, et ce « à cause de son patriotisme historique, et de sa réfutation des théories germanistes touchant l’origine de nos institutions ». Ce qui séduit l’Action française en effet, c’est que les recherches de Fustel – et notamment son Histoire des institutions politiques de l’ancienne France – ont confirmé, « leçon essentielle, la primauté de la continuité latine sur la mythologique origine germanique dans l’histoire de France »." (Catherine Valenti) — "L'Action française organise le 18 mars 1905, à l'initiative de Louis Dimier, une célébration publique destinée à frapper les esprits et à conférer au mouvement sa figure tutélaire d'historien « national ». C'est l'occasion de célébrer la mémoire de Fustel comme historien impartial et ardent patriote, défenseur de l'érudition française contre la « science germanique », hostile aux théories de « guerre civile » qui opposent les Francs aux Gaulois dans la genèse de la nation française et victime de l'incompréhension et de la vindicte de l'université républicaine ; deux de ses articles – sa réponse à Mommsen, L'Alsace est-elle allemande ou française ? (1870), et son étude De la manière d'écrire l'histoire en France et en Allemagne depuis cinquante ans (1872) – sont exaltés comme le signe annonciateur de la renaissance d'une histoire « nationale ». Voici Fustel de Coulanges annexé post-mortem au mouvement maurrassien ; et la « bagarre de Fustel », devenue un épisode fondateur dans la stratégie d'auto-commémoration de la geste de l'Action française. En dépit des protestations de Paul Guiraud, de Camille Jullian et même de Jean Jaurès, qui récusent cette lecture comme une simplification des positions de l'historien – qui n'était ni « romaniste » ni « germaniste » et s'était rallié à la République – et une instrumentalisation abusive de son nom et de son autorité, l'Action française continuera par la suite à se réclamer de son patronage." (Philippe Boutry)

267.          McKITTRICK (David), Seamus Kelters, Brian Feeney, Chris Thornton, David McVea. Lost Lives: The stories of the men, women and children who died as a result of the Northern Ireland troubles. Edinburgh and London, Mainstream Publishing, 2012, fort gr. in-8°, 1696 pp, 16 pl. de photos hors texte, 2 cartes, 20 tableaux, glossaire, biblio, index des victimes, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, qqs surlignures stabilo sur 5 pages, bon état. Texte en anglais

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This is a unique work filled with passion and violence, with humanity and inhumanity. It is the story of Northern Ireland troubles told as never before; it is not concerned with the political bickering but with the lives of those who have suffered and deaths which have resulted from more than three decades of conflict. The authors – four of them Belfast-born and the fifth an American – are journalists and historians. For over a decade, they have examined every single death that was directly caused by the troubles. Their research has seen them interview witnessess, scour published material and draw on a huge range of investigative sources to produce a work of epic proportions. Never before has conflict anywhere in the world been subjected to such meticulous scrutiny. “Lost Lives” traces the origins of the conflict from the firing of the first shots, through the carnage of the 1970s and 1980s to the republican and loyalist ceasefires and beyond. All the casualties are here: the RUC officer, the young soldier, the IRA volunteer, the loyalist paramilitary, the Catholic mother, the Protestant worker, the newborn baby. Each account is impossible to ignore. As a reference book, “Lost Lives” is indispensable; as a landscape of history painted in fine detail it is unique. For anyone interested in Northern Ireland – or in the human cost of conflict everywhere – this is destined to be the defining work.

268.          MENDRAS (Henri). La Seconde Révolution française, 1965-1984. Gallimard, 1990, in-8°, 329 pp, cartes et tableaux, biblio, index, broché, bon état (Bibliothèque des Sciences humaines)

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"Dans l'avant-propos de cet ouvrage, Henri Mendras explique qu'en l'écrivant il s'est proposé de « donner aux Français une image de l'extraordinaire bouleversement social qu'ils viennent de vivre, dont chacun certes est conscient, mais sans en percevoir la profondeur et les conséquences ultimes ». Ce but, il me semble qu'il l'a parfaitement atteint. Son livre présente, ordonne et met en perspective les apports des nombreuses recherches sociologiques, portant sur des points particuliers, qui sont mentionnées dans la bibliographie. Il en propose une interprétation d'ensemble tout à fait convaincante. La seconde révolution française, Henri Mendras en situe le début en l'année 1965, et cela pour beaucoup de raisons. C'est cette année-là que l'économie française rattrape la projection de la courbe de croissance 1900-1914 ; que le nombre de femmes qui prennent un emploi hors du foyer commence à augmenter, comme celui des immigrés. C'est aussi l'année au cours de laquelle, pour la première fois (depuis 1848), le président de la République est élu au suffrage universel, ce qui consacre une transformation radicale du fonctionnement des institutions républicaines. L'année 1965 est aussi celle de l'achèvement du concile de Vatican II, qui réforme la discipline et les rites de l'Eglise catholique ; celle où s'ouvre l'Université de Nanterre, « futur détonateur de mai 1968 » ; celle enfin où s'affirme le développement foudroyant des « grandes surfaces », dont la première est apparue en 1963, tout comme celui du « livre de poche », qui date de la même année... Le livre d'Henri Mendras démontre que les changements qui ont suivi 1965 ont provoqué dans la société française, sous quelque angle qu'on l'examine, des changements si profonds, si rapides et si divers que leur substance, sinon les formes qu'ils ont revêtues, mérite bien d'être considérée comme une révolution. On ne saurait résumer un ouvrage aussi riche..." (François Goguel, Revue française de science politique, 1989) — La Seconde Révolution française (1965-1984) est désormais un ouvrage classique. Le premier il a montré l'extraordinaire mutation qui, en vingt ans, a bouleversé les équilibres nés de la première révolution française. Après un siècle de stagnation démographique et de lente industrialisation, la production économique a quintuplé en vingt-cinq ans. Paysannerie et bourgeoisie traditionnelles ont presque disparu devant la monté eu tertiaire et des "cadres" devenus le pôle organisateur d'une classe moyenne généralisée. Les grandes institutions nationales ont perdu leur aura symbolique en même temps que le drapeau, le sabre et le goupillon cessaient d'être un enjeu idéologique. L'unification achevée par l'école, la diffusion du français, le développement des communications et des médias ont rendu la décentralisation possible et nécessaire. Une nouvelle civilisation des mœurs s'édifie sur l'individualisme. Devant l'écroulement du monde qui s'était construit sur les ruines de l'Ancien Régime, et tout habitués aux architectures massives et aux conflits tranchés, nous déchiffrons à tâtons où va cette société complexe et diversifiée tissée de régulations intermédiaires, de forces locales et de stratégies de groupes. Un tel livre, lucide, raisonnable et hautement documenté est fait pour nous y aider.

269.          MUSSOLINI (Benito). My Autobiography. With a Foreword by Richard Washburn Child. New York, Charles Scribner's Sons, 1928, xix-318 pp, 8 planches de photos hors texte, index, cart. pleine toile verte de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, plats tachés, qqs soulignures au feutre rose sur 4 pages, bon état. Texte en anglais

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Par Richard Washburn Child, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Italie entre 1921 et 1924 et admirateur de Mussolini. Il rédigea cette autobiographie en anglais, qui parut en épisodes dans le “Saturday Evening Post” de mai à octobre 1928. Le volume décrit la jeunesse de Mussolini, ses années comme agitateur et journaliste, ses expériences de la Première Guerre mondiale, la formation et les luttes révolutionnaires du Parti fasciste, la Marche sur Rome, et ses premières années au pouvoir.

270.          PAULY (Danièle). La Rénovation scénique en France. Théâtre années 20. Norma Editions, 1995, in-4°, 247 pp, 250 illustrations en noir et en couleurs, notes, notices biographiques, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Cet ouvrage retrace l’histoire d’une poignée d’hommes qui, en France, dans les années 20, a réinventé la forme théâtrale. Prenant comme point de départ l’Exposition des arts décoratifs de 1925, avec la salle expérimentale des frères Perret et les sections françaises et étrangères au Grand Palais, l’auteur montre l’influence des rénovateurs européens sur l’avant-garde française. Dès 1909, l’explosion picturale des Ballets russes bouleverse l’art du décor. À la même époque, Jacques Rouché, médiateur décisif, introduit les idées de Fuchs et Erler au Künstler Theater de Munich, de Max Reinhardt au Deutsches Theater de Berlin, de l’Anglais Edward Gordon Craig et du Suisse Adolphe Appia, précurseurs de la scénographie moderne. Metteurs en scène et acteurs remettent en cause l’espace et les dispositifs scéniques. Firmin Gémier le premier en 1911, avec le Théâtre national ambulant, suivi de Copeau, Jouvet, Baty, Dullin, les Pitoëff, Édouard Autant et Louise Lara, Artaud, acteurs de cette fulgurante révolution théâtrale qui anticipe les expérimentations de la seconde moitié du XXe siècle.

271.          PICHON (Jean-Charles) et Cie. Tambour battant. Confessions d'un comédien. Editions de Paris, 1956, in-12, 230 pp, broché, jaquette illustrée, bon état (Série Blonde)

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Biographie du comédien Robert Dalban (1903-1987), écrite en collaboration avec Noëlle Fougères (Noëlle Loriot). — "Un comédien, connu du grand public, est le narrateur de cette histoire, dont Jean-Charles Pichon se défend d'être plus que le « traducteur littéraire ». Cinquante-trois ans de la vie d'un homme : la lente carrière d'un jeune commis qui veut « faire du théâtre », ses moments de difficulté, de misère, de réussite, ses amitiés, ses amours surtout. D'étranges amours, en vérité. Des femmes plus étranges encore, nymphomanes, hystériques. Et la non moins curieuse évolution d'un caractère – de l'adolescent affamé de sensations rares à l'homme avide seulement de comprendre et d'aimer. C'est tout cela que raconte “Tambour battant”, une confession inhabituelle, dont, au passage, des silhouettes célèbres, Edith Piaf, Clouzot, Gabin, Michèle Morgan, etc. authentifient la parfaite sincérité." (Rabat de la jaquette) — "Ce livre n'est pas un roman. C'est la retranscription, à peine stylisée (le moins possible) d'un récit authentique. Le narrateur, comédien, acteur de cinéma, ne me demande pas de taire son nom. Je le tais cependant, pour ne pas donner prise à la tentation du scandale. Mon but n'a pas été d'écrire des « mémoires » mais, plutôt, de faire apparaître ce que généralement on oublie : l'envers de la pièce. Plus que la notoriété du comédien m'ont intéressé l'homme, ses secrets, ses problèmes, qui sont ceux d'un grand nombre. A défaut de la distance, une confession sincère, ou « retrouvée » exige l'anonymat. Circonstance heureuse en effet, la jeune femme qui prit en sténo ces confidences a vécu l'un des épisodes qu'elles racontent. Sur un point du moins, sa version recoupe la version du narrateur ; laquelle se présente, par suite, comme une « confession objectivée ». Pour cette raison, je crois, l'intérêt de l'ouvrage peut déborder celui d'une simple « histoire ». Pour la même raison, je ne pouvais le signer seul." (J.C.P., Pré-pile).

272.          PONTY (Janine). Polonais méconnus. Histoire des travailleurs immigrés en France dans l'entre-deux-guerres. (Thèse). Publications de la Sorbonne, 1988, gr. in-8°, xx-474 pp, préface de J.-B. Duroselle, 16 pl. de photos hors texte, 29 schémas et cartes, sources et biblio, index, broché, bon état, envoi a.s.

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Il ne s'agit pas de tous les Polonais en France mais de la catégorie la plus nombreuse : ceux qui, recrutés à l'appel du patronat français, reçurent le statut de "travailleurs étrangers". Après la conclusion d'une convention franco-polonaise d'émigration en 1919, c'est par centaines de milliers que des paysans pauvres, des chômeurs et des mineurs de Westphalie acceptèrent de signer un contrat de travail. Cet ouvrage s'appuie sur des archives et des témoignages recueillis auprès des immigrés eux-mêmes. Il cherche, d'une part à préciser les conditions du recrutement et du voyage vers la France, la vie dans les mines, l'industrie et l'agriculture avec un point d'ancrage prioritaire, mais non exclusif en Nord-Pas-de-Calais. D'autre part, il analyse l'effort accompli par les intéressés pour préserver leur langue et leur culture nationales, les tentatives du gouvernement de Varsovie pour encadrer la communauté polonaise à l'étranger, les effets dramatiques de la grande crise économique, la courte embellie du Front populaire assortie d'une soudaine syndicalisation, puis le repli sur soi à la veille de la guerre de la part d'ouvriers dont l'intégration aux valeurs françaises n'est encore qu'à peine amorcée à cette date.

273.          POZZO DI BORGO (Joseph). La Rocque fantôme à vendre. P., Fernand Sorlot, 1938, in-12, 206 pp, reliure demi-basane fauve, dos lisse avec titres et triples filets dorés (rel. de l'époque), bon état. Peu courant

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Le duc Joseph Pozzo di Borgo (1890-1966) fut l'un des dirigeants des Croix-de-Feu. Il est soupçonné d'avoir appartenu à la Cagoule. L’itinéraire politique de Pozzo di Borgo dans l’entre-deux-guerres fait de lui un activiste d’extrême droite, antiparlementaire, anticommuniste, antimaçon et antisémite. Il appuie d'abord l'accès du colonel François de La Rocque à la présidence des Croix-de-Feu, avant de se détacher progressivement de lui à partir de 1935. Il rompt avec lui au moment de la dissolution des Croix-de-Feu en juin 1936, hostile à sa stratégie légaliste. Les deux hommes s’affrontèrent dans des procès en diffamation retentissants en 1937-1938. D'abord condamné, Pozzo di Borgo bénéficie d’un non-lieu. Il publie ses souvenirs de captivité dans “Le Jour” et un recueil de ses articles accompagnés de documents, intitulé “La Rocque fantôme à vendre” et utilisé par les adversaires du chef du PSF... — "Joseph Pozzo di Borgo, qui participa à la fondation des Croix-de-Feu, démissionna du mouvement en 1936, en raison de la modération inacceptable de son chef et de ses mots d’ordre, et participa aux tractations de la Cagoule. Son pamphlet, “La Rocque fantôme à vendre”, met également en lumière la différence qui pouvait alors exister entre un activiste et le colonel." (Michel Winock, Retour sur le fascisme français. La Rocque et les Croix-de-Feu, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2006)

274.          PRÉVOTAT (Jacques). Les catholiques et l'Action française. Histoire d'une condamnation 1899-1939. (Thèse). Fayard, 2001, gr. in-8°, iv-742 pp, préface de René Rémond, 7 cartes, notes, sources et biblio, chronologie, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Pour une histoire du XXe siècle)

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Pie XI et Maurras, le Lombard et le Provençal, deux hommes, deux chefs s'affrontant en un duel acharné, qui est aussi une noble querelle, un grand débat d'idées, un combat théologico-politique. Le premier exerce le magistère suprême dans l'Eglise, le second bénéficie d'une emprise qui équivaut à un véritable magistère politique sur l'intelligentsia (écrivains et artistes) ainsi que sur de nombreux catholiques en France et hors de France. Jusqu'où s'étend la liberté de citoyens qui professent la foi catholique ? Comment concilier le double devoir de catholique fidèle et de citoyen français ? A qui appartient l'autorité dans l'Eglise ? Comment commande-t-elle ? Quel degré d'obéissance et d'adhésion l'autorité suprême est-elle en droit d'attendre de la part des croyants ? Eternelles questions que la crise de la condamnation de l'Action française (1929) fait resurgir avec la même acuité qu'au temps du jansénisme et du gallicanisme. Interrogations déchirantes posées à la conscience des catholiques français, qui préfigurent celles auxquelles les régimes totalitaires les acculeront à formuler une réponse quelques années plus tard. — "Cette publication est l’édition condensée et mise à jour de la thèse d’État de Jacques Prévotat. L’originalité du livre est de privilégier l’examen des aspects religieux et doctrinaux liés à la double condamnation de l’Action française par le Saint-Siège, en 1914 et en 1926, ce qui amène l’auteur à étudier, d’une part, ces sanctions pontificales et, d’autre part, les questions théologiques sous-jacentes. Il en résulte une passionnante approche d’histoire religieuse et politique et d’histoire des idées. Une double interrogation guide le travail de J. Prévotat : comment la conjonction durable d’une partie non négligeable des élites catholiques françaises avec l’école maurrassienne a-t-elle pu se produire ? En outre, comment celle-ci en est-elle venue à contester radicalement l’autorité de la papauté après l’avoir activement soutenue ? (...) Les apports du livre de J. Prévotat sont aussi importants que nombreux. On pourra notamment retenir la présentation approfondie des débats philosophiques soulevés par le maurrassisme, en particulier entre Maritain et Blondel. Le rôle, la pensée et l’influence de ce dernier sont ici solidement mis en évidence, alors que l’historiographie a plutôt eu tendance à privilégier l’étude du premier. Au total, il s’agit d’une somme considérable sur un événement majeur du catholicisme du premier XXe siècle, qui s’achève avec la levée des sanctions en 1939. S’appuyant sur un riche appareil critique, servie par un style très élégant, complétée par un index remarquable de précision et par d’utiles annexes, elle s’impose comme une oeuvre de référence." (Xavier Boniface, Revue du Nord, 2003)

275.          ROY (Jules). Mémoires barbares. Albin Michel, 1989, gr. in-8°, 569 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Je suis né en même temps que l'aéroplane dans la plaine de la Mitidja, au sud d'Alger. J'ai passé mes premières années avec ma mère, ma grand-mère, mon oncle Jules et un vieil ouvrier agricole indigène qui s'appelait Meftah. On s'éclairait à la bougie, le pétrole et la lampe Pigeon étaient un luxe, nous allions à Boufarik dans un break à deux chevaux, les premières autos commençaient à rouler en soulevant un nuage de poussière, il y avait des fusils partout, le soir je m'endormais dans le hululement des chacals et la voix qui appelait les Arabes à la prière. J'ai appris à lire et à écrire dans “Le Chasseur français”. Au lycée d'Alger, je fus un cancre, on m'expédia au séminaire : notre professeur de grec sondait l'éther avec un poste à galène et notre professeur de littérature entrait en transe en lisant Lamartine. Ma vocation, je la trouvai dans l'armée. Je devins officier. Mes inspirateurs furent un merveilleux mandarin omniscient à demi loufoque, Montherlant et deux poètes alors à Tunis, Jean Amrouche et Armand Guibert. Quand la Deuxième Guerre mondiale éclata, j'étais dans l'aviation, le désastre nous chassa jusqu'à Alger et le drame de Mers el-Kébir nous rangea du côté de Pétain. Antijuif et antiarabe, je fus un homme de droite jusqu'à l'arrivée des Alliés en 1942. La confusion qui régnait fut mon salut : j'allai où je devais. Mon premier livre, “La Vallée heureuse”, raconte comment les bombardiers lourds de la RAF écrasèrent l'Allemagne. A mon retour en France en 1945, Camus m'ouvrit les yeux sur le monde, puis je marchai seul. Après ce que je vis en Indochine, je quittai l'armée. Après ce que je vis en Algérie, je devins un subversif. Je le suis toujours.

276.          SAINT-AULAIRE (Charles de Beaupoil, comte de, Ambassadeur de France). Confession d'un vieux diplomate. Flammarion, 1953, fort in-8°, 794 pp, broché, couv. lég. tachée, bon état

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La « Carrière » vue par le diplomate français Charles, comte de Saint-Aulaire (1866-1954). Après des débuts en Tunisie (premier secrétaire de la Légation française à Tanger en 1902, il est chargé d'une mission à Fès, et est reçu par le Sultan Moulay Abd el-Aziz en avril 1904), il fut un des collaborateur de Lyautey au Maroc (1912-1916), puis devint ambassadeur en Roumanie (1916-1920), en Espagne (1920) et en Grande-Bretagne (1921-1924). Successeur de Paul Cambon à l'ambassade de Londres en décembre 1920, il sera révoqué par Herriot en juin 1924. Il abandonne alors la carrière diplomatique pour se consacrer à l'écriture de biographies (Talleyrand, 1936 ; François-Joseph, 1945) et à celle de ses Mémoires. — "Dans cet ouvrage, l'auteur retrace ses souvenirs qu'il émaille de nombreuses anecdotes sur les personnalités rencontrées au cours de sa carrière avant la grande guerre, puis, entre 1916 et 1920 en Roumanie, enfin en Angleterre de 1920 à 1924." (Revue française de science politique, 1953) — Table : Avant la Grande Guerre (au Maroc avant et avec Lyautey) ; En Roumanie (1916-1920) ; En Angleterre (1920-1924).

277.          SANGER (David E.). L'Héritage. Les grands défis internationaux. Belin, 2009, gr. in-8°, xxiii-577 pp, traduit de l'américain (“The Inheritance: The World Obama Confronts and the Challenges to American Power”), notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

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L'administration Bush, toute à son obsession de la guerre en Irak, a ignoré le reste du monde, qui a su mettre à profit cet aveuglement : l'Iran et la Corée du Nord par leur chantage nucléaire, le Pakistan en jouant double jeu face au retour des talibans dans un Afghanistan à l'abandon, la Chine, enfin, en investissant massivement sur tous les continents. Barack Obama a hérité de ce monde de tous les dangers, et nous tous avec lui. Dans une Amérique ébranlée par la crise, comment relever le défi international, sans menacer la paix ?

278.          SIMOËN (Jean-Claude) et Claude MAILLARD. Hitler à travers la caricature internationale. Albin Michel, 1974, gr. in-8°, 187 pp, 286 caricatures, broché, couv. illustrée (très lég. salie), bon état

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Raconter la vie d'un personnage comme Adolf Hitler est une entreprise trop banale. Heureusement, nous avons la caricature, loupe toujours passionnée – passionnante – posée sans délicatesse sur un fait, une attitude, un personnage, LE personnage. Vision humoristique, déformation satirique, la caricature va beaucoup plus loin, frappe beaucoup plus juste, fait beaucoup plus mal qu'une accumulation d'écrits, fussent-ils vengeurs. Et c'est la caricature qui va nous donner la clef du personnage d'Hitler. Dans cet ouvrage élaboré comme une biographie, c'est-à-dire en suivant l'ordre chronologique, Adolf Hitler illustré se raconte, se « légende » même puisque chaque dessin est souligné, éclairé, par un extrait de Mein Kampf ou de tel ou tel discours du Führer. La caricature prend ainsi une nouvelle dimension. Ce n'est plus l'arroseur arrosé, c'est Adolf ridiculisant Hitler. De paradoxes en contradictions, on découvre alors, à travers le fil d'une vie, l'innénarable sottisier du national-socialisme.

279.          SOLJÉNITSYNE (Alexandre). L'Archipel du Goulag, 1918-1956. Essai d'investigation littéraire. Seuil, 1974-1976, 3 vol. gr. in-8°, 446, 510 et 473 pp, traduit du russe, 61 portraits et photos, 6 cartes, index biographique et index des noms géographiques, brochés, bon état

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Un livre de combat, qui a ébranlé les fondements du totalitarisme communiste et qui brûle encore les mains. Ecrit de 1958 à 1967 dans la clandestinité, par fragments dissimulés dans des endroits différents, il a été activement recherché, et finalement découvert et saisi par le KGB en septembre 1973. Aussitôt, le premier tome a été publié d'urgence en Occident, la pression de l'opinion publique des pays libres étant la seule force capable de sauver l'auteur et tous ceux qui l'avaient aidé. Arrêté en février 1974, Soljénitsyne fut inculpé de trahison, puis, par décret du Présidium du Soviet suprême, déchu de la nationalité soviétique et expulsé d'URSS. Jusqu'à sa publication partielle par la revue Novy mir en 1990, l'Archipel ne sera lu en URSS que clandestinement, par la partie la plus courageuse de l'intelligentsia. Mais, en Occident, il sera répandu à des millions d'exemplaires et provoquera une mise en cause radicale de l'idéologie communiste.

280.          THOMAS (Bernard). Ça n'arrive qu'aux autres. Chroniques du Canard Enchaîné, 1974-1986. Editions du Rocher, 1999, gr. in-8°, 280 pp, 47 dessins, broché, bon état

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Seul volume paru. — Pendant vingt-deux ans, de 1974 à 1996, entre rogne frémissante et humour mordant, Bernard Thomas a distillé près de 1200 chroniques dans “Le Canard enchaîné”. Internements abusifs et erreurs judiciaires, délires d'embryons surcongelés, sauts de puce dans l'espace et grands trous noirs dans les budgets, rêves d'écologie mondiale et naufrage d'ozone, tiers-monde poubelle et téléthons gagnants à l'audimat, banquiers véreux et espoirs mazoutés, il ne s'est jamais privé d'un sujet de révolte. Beaucoup de lecteurs achetaient “Le Canard enchaîné” pour ses échos politiques, certains pour l'album de la Comtesse ou pour les mots croisés : pendant près d'un quart de siècle, ils furent nombreux à attendre les maux croisés du mercredi réunis dans la rubrique « Ça n'arrive qu'aux autres », sous le signe du bonhomme cornu, cocu de la société inventé par Escaro. Ce ne fut pas une mince affaire d'en extraire deux centaines du lot. Les laissés-pour-compte se débattaient comme des enterrés vifs. Le tout donne un portrait non exhaustif du temps : une mosaïque ou plutôt quelques coups de pinceau dans le brouillard. Des coups de gueule, de crève-cœur en coups d'éclat. Ce premier tome concerne les années 1974 à 1986.

281.          THOMAS (Gordon) et Max MORGAN-WITTS. Le jour où Guernica mourut. Belfond, 1977, gr. in-8°, 303 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos et un plan hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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La guerre civile d'Espagne a commencé le 17 juillet 1936. Pour venir à bout du gouvernement républicain, le général Franco a reçu le renfort des troupes d'Hitler et de Mussolini. Et c'est le chef d'état-major allemand, après accord de son homologue nationaliste, qui décide de bombarder Guernica, une cité de quelque 7.000 habitants, à 30 kilomètres de Bilbao, jugée d'importance stratégique. Ce 26 avril 1937, le temps est beau. Les avions de la Légion Condor, dont les flancs portent le dessin de l'oiseau charognard, décollent. L'ordre du général Wolfram von Richthofen est de mitrailler et lâcher les bombes, "sans égards pour la population civile". A Guernica, on est familiarisé avec la guerre. Les soldats républicains se replient en traversant la ville. Les rationnements, le défilé des blessés, les querelles intestines ponctuent la vie quotidienne des habitants. Mais comment imagineraient-ils qu'ils seront bientôt les victimes de la plus grande attaque aérienne d'avant la Seconde Guerre mondiale ? Après deux ans d'enquête, Gordon Thomas et Max Morgan-Witts ont reconstitué, minute par minute, le jour où Guernica mourut. Grâce à leur grand talent d'historiens, le lecteur se trouve lui aussi à Guernica: deux religieuses sont en observation sur le toit du couvent des carmélites; bizarrement, un cinéma continue à fonctionner ; des enfants jouent sur la place du marché ; dans l'eglise San Juan, le curé manipule son appareil photographique à plaques... Tout à coup à l'horizon, apparaît l'escadrille des Heinkel-111 de Rudolf von Moreau, qui précède trois escadrilles de Junker-52...

282.          THOMAS (Hugh). La Guerre d'Espagne. Robert Laffont, Le Spectacle du Monde, 1973, fort gr. in-8°, 697 pp, traduit de l'anglais, 24 pl. de photos hors texte, 34 cartes, biblio, index, reliure simili-cuir noir de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, rhodoïd, bon état

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Il y a plus de quatre-vingts ans débutait la guerre civile en Espagne. Elle devait durer trois ans. Elle n'a pas cessé d'être l'objet d'études, de débats et de controverses. Hugh Thomas présente une analyse objective d'un conflit dans lequel se trouvèrent engagés à la fois le fascisme et la démocratie, le communisme et le christianisme, le centralisme et le régionalisme, une guerre civile qui prit une dimension internationale. "Un livre prodigieux, a écrit le critique anglais Michael Foot. C'est avec une application sans borne, littéralement inouïe, et une intelligence de tous les instants que l'auteur a su réunir et étudier toutes les connaissances possibles et imaginables sur l'épisode le plus héroïque et le plus pitoyable de ce siècle." Cyril Connolly, à son tour, dans le "Sunday Times", écrivait : "Je l'ai lu de la première à la dernière page, tout simplement captivé... Hugh Thomas possède la plus haute qualité de l'historien, un formidable appétit de détails et le sens de l'essentiel... Dans ce superbe ouvrage, il n'est pratiquement aucun aspect de la guerre civile, aussi douloureux ou impopulaire soit-il, qui lui ait échappé." Un document historique de premier ordre.

283.          VAJDA (Sarah). Jean-Edern Hallier. L'impossible biographie. Flammarion, 2003, gr. in-8°, 468 pp, 8 pl. de photos hors texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Grandes biographies)

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Escroc ? Voyou ? Maître chanteur ? Homme de lettres ? Génie ? Provocateur ? Prince des mauvais sujets ? Idole des jeunes ? Ennemi public ou emmerdeur numéro 1 ? Jean-Edern Hallier fut tout cela à la fois. On peut ajouter mythomane, mythographe, star pour finir : avant tout le symptôme de l'époque, son martyr et sa victime, son plus parfait reflet, l'exacte résultante de son éducation. Sa vie demeure le meilleur belvédère d'où regarder s'effacer et renaître les années noires, les années rouges, les années roses et les années de plomb : 1940, 1956, 1968, 1981 et le bel aujourd'hui. Grand-bourgeois entré en dissidence, gauchiste investissant François Mitterrand, se retournant contre lui, soutenant ensuite le candidat Chirac, distribuant des pommes en scandant du Rimbaud, hurlant "Ouvrez la fenêtre et fermez la TV", pour y finir, insolent du 20h45. En filigrane de cette vie singulière, une succession de gestes collectifs, de figures, dégradés en modes. De “Tel Quel” à Canal +, à peine vingt ans. Que de chemin parcouru par l'intelligence et la raison... Hallier aurait-il pu naître ailleurs qu'en France ou incarne-t-il, à son corps défendant, puis consentant, l'âme nationale ?

284.          VALLON (Louis). L'Anti-de Gaulle. Seuil, 1969, in-8°, 121 pp, broché, bon état (Coll. L'Histoire immédiate)

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Le pamphlet qui a valu à Louis Vallon d'être exclu de l'UDR. — "Ceux qui chercheront dans le pamphlet de M. Louis Vallon, l'Anti-de Gaulle, des révélations spectaculaires, la mise au jour des rouages d'un complot tendant à évincer le général, des documents inédits et des accusations accablantes pour ses successeurs, seront bien déçus. Car son livre, tout compte fait, n'est pas plus virulent et son réquisitoire n'est guère plus nourri que les diatribes multipliées par l'opposition dans ses discours, ses articles et ses ouvrages. Mais ce qu'on peut souffrir d'adversaires n'est pas supporté d'un ami... L'Anti-de Gaulle, c'est tout simplement M. Georges Pompidou lui-même, mais l'auteur ajoute aussitôt : ce qui "n'implique pas nécessairement une attitude hostile à de Gaulle, mais une vision de la politique très différente de la sienne". La thèse de M. Vallon est la suivante : "Une manœuvre concertée", une machination conduite par "les forces d'argent... exploitant l'ambition et la félonie de quelques-uns", a réussi "à faire partir de Gaulle de l'Élysée pour lui substituer Georges Pompidou". Comment ? Déçu de n'avoir pas été désigné par le général pour être candidat à la présidence de la République en 1965, M. Pompidou commence, dès 1966, "à recruter de nouveaux hommes publics qui auront l'impression de ne rien devoir à de Gaulle et attendront de lui leur carrière à venir". L'UNR-UDT, devient "une machine électorale à son service". Comme il n'est pas favorable à la participation "telle que de Gaulle la conçoit", il s'emploie avec succès à faire échouer toute tentative sérieuse dans ce domaine, freine et sabote la réforme, trouvant pour cette opération "de puissants appuis dans le monde des affaires". Au fil des événements, le premier ministre "accentue le caractère personnel de son jeu politique", coupe le général de l'opinion, le pousse même à se retirer, "bien entendu à son profit", peuple la nouvelle Assemblée "de gaullistes douteux", place ses hommes et, lorsqu'il est chassé, lance "l'OPA de Rome", "une offre publique d'achat de la présidence de la République", en annonçant qu'il briguera la succession du général..." (Pierre Viansson-Ponté, Le Monde, 30 oct. 1969) — Dans son livre, L'Anti-de Gaulle, Louis Vallon (1901-1981) tient Georges Pompidou pour l'un des responsables du rejet du référendum du 28 avril 1969 qui avait abouti à la démission de la présidence du général de Gaulle. Affichant une constante hostilité à l'égard de Georges Pompidou, Louis Vallon est alors exclu du Bureau politique du groupe UDR. Les gaullistes de gauche se détachent de plus en plus de la majorité de l'UDR dont ils n'approuvent plus la politique, mais n'arrivent pas à refaire leur unité et s'éparpillent en plusieurs mouvements...

285.          VILLEMAREST (P. F. de). Le mystérieux survivant d'Octobre. Genève, Editions Famot, 1984, in-8°, 295 pp, 19 photos et fac-similés sur 12 pl. hors texte, annexes, cart. havane de l'éditeur, titres dorés au 1er plat eu dos, bon état (Coll. Les Grandes erreurs historiques)

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Sur Michel Goloniewski, le plus important transfuge qui soit jamais passé à l’Ouest (le jour de Noël 1960), qui prétendra être le tsarevitch Aleksei Nikolaievitch Romanov...

286.          VILLIERS (Philippe de). J'ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu. Fayard, 2019, gr. in-8°, 414 pp, notes, archives et documents déclassifiés, biblio, broché, bande éditeur conservée, bon état, envoi a.s. à un académicien

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A la fin d'une conversation qui roulait sur la "construction européenne", l'ancien ministre des Affaires étrangères du général De Gaulle, qui savait tout sur tout le monde, laissa tomber d'un air entendu : "Philippe, il vous suffira de tirer sur le fil du Mensonge et tout viendra...". Des décennies plus tard, en y consacrant un temps discret et beaucoup d'ardeur, bénéficiant par ailleurs de complicités au plus haut niveau des arcanes de l'Europe, Philippe de Villiers décide de tirer sur le fil. Alors tout est venu. Il a mené ses recherches jusqu'au bout du monde, à Stanford, à Berlin, à Moscou et partout où pouvaient se trouver des documents confidentiels récemment déclassifiés. Et les archives ont parlé. Elles ont livré des secrets dérangeants. L'envers de l'Europe est apparu. Ce n'est pas du tout ce qu'on nous avait dit. De ce travail d'enquête, Philippe de Villiers a fait un livre de révélations sur le grand Mensonge. Il a résolu de publier les preuves. Elles sont accablantes. Tout y passe : les Mémoires apocryphes, les dollars, la CIA, les agents, le passé qu'on efface, les allégeances qu'on dissimule, les hautes trahisons. Le récit est parfois glaçant. Mené au rythme d'une enquête haletante, il se lit comme un polar. On n'en ressort pas indemne. C'est la fin d'un mythe : ils travaillaient pour d'autres et savaient ce qu'ils faisaient, ils voulaient une Europe sans corps, sans tête et sans racines. Elle est sous nos yeux.

287.          WARESQUIEL (Emmanuel de) (dir). Le Siècle rebelle. Dictionnaire de la contestation au XXe siècle. Larousse, 1999, in-4°, 672 pp, nombreuses photographies en noir et en couleurs, index, reliure pleine toile noire de l'éditeur, titre en rouge au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, bon état

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« Le Siècle rebelle », dictionnaire de la contestation au XXe siècle, qui vient de paraître aux éditions Larousse, dresse le premier bilan intellectuel et culturel de notre histoire contemporaine. A travers le prisme de la révolte qui sert de fil conducteur à ce gros ouvrage collectif de cent soixante-dix auteurs, le livre tente de donner un sens aux grandes mutations de ce siècle. Il s'agit là d'un bilan décalé, volontairement optimiste, qui donne leur place à tous ceux (individus, mouvements, objets) qui, en refusant l'ordre dominant, ont résisté au totalitarisme ou ont fait respirer les démocraties : un mode d'action qui n'est pas seulement politique mais passe aussi par toutes les formes d'expression artistiques, de la littérature aux arts plastiques, au cinéma, à la musique, au théâtre et à la danse. L'originalité du livre est d'avoir saisi la révolte sous une forme polyphonique : du refus absolu à la marginalité en passant par les utopies, de la recherche des paradis perdus à l'espoir de lendemains qui chantent. La révolte apparaît ainsi, vue sous toutes ses facettes, comme une clé de compréhension majeure de l'histoire de ce siècle. (Revue des Deux Mondes, 1999) — Les dictionnaires donnent du mot "rebelle" une définition simple : celui qui se révolte contre l'autorité, la règle établie. Simple affaire de limites et de transgression ? En réalité, toute l'histoire de notre siècle prouve à quel point les révoltes sont diverses : violentes ou non, individuelles ou collectives, humanistes ou nihilistes. Le XXe siècle, qui n'est pas seulement celui des totalitarismes et du désenchantement, a osé toutes les révoltes, dans tous les domaines : l'art, la vie en société, l'organisation politique. Il a été façonné par elles. En voulant comprendre notre époque à travers ses rébellions, nous avons voulu être résolument optimistes. Après tout, ce sont elles qui nous ont sauvés des dictatures ; ce sont elles aussi qui font respirer les démocraties. Résister, aider les hommes à retrouver leur humanité perdue, donner un sens aux marges où certains ont choisi de vivre : autant d'individus, d'objets, de lieux, d'événements, de mouvements que nous avons tenté de mettre en lumière, de façon sans doute arbitraire. Mais la révolte, parce qu'elle est la dernière raison de vivre quand l'idée nous vient - et elle vient toujours - qu'il ne reste plus rien de notre vie, n'est-elle pas plus subjective et l'a moins partagée de nos actions comme de nos attitudes ? Le "désordre" alphabétique sert à l'ouvrage, depuis "Action directe" et "Actionnisme viennois" Jusqu'à "Zapata" et "Zorro" : 500 articles, cohérents entre eux, confiés à plus de 150 auteurs – philosophes, sociologues, historiens, historiens d'art, essayistes, journalistes –, des avant-gardes à nos jours, des pères fondateurs aux enfants de 68... Lorsque "faire quelque chose", c'est vouloir aussi "reculer les limites du possible".

288.          WELTER (Gustave). La France d'aujourd'hui. Agriculture, Industrie, Commerce. Payot, 1927, in-8°, xii-346 pp, préface de Guillaume de Tarde, 5 cartes dépliantes hors texte et 21 graphiques, reliure demi-basane rouge, dos à 5 nerfs pointillés, pièces d'auteur et de titre basane carmin, couv. conservées, bon état

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"L'inventaire précis et exact que M. Welter dresse de nos ressources économiques en 1927 est assuré de répondre à son objet pendant quelques années au moins. L'auteur, en s'aidant de nombreuses données statistiques, des enseignements de la géographie économique, de documents publiés ou privés, énumère les forces productives de la France, décrit son outillage économique, expose le mouvement et la situation de son commerce tant intérieur qu'extérieur. On trouvera là, réunis dans une classification commode, présentés avec clarté et sous une forme matérielle qui en facilite la consultation, une quantité de renseignements qu'on ne trouve, en général, qu'à l'état dispersé et cachés dans des publications encombrantes. C'est dire combien ce livre rendra service, comme aide mémoire, à tous ceux qui ont à écrire ou à traiter de questions d'économie nationale." (Revue d'histoire économique et sociale, 1927)

289.          WINDSOR (Duc de). Histoire d'un Roi. Les Mémoires de son Altesse Royale le Duc de Windsor. Amiot-Dumont, 1951, in-8°, 508 pp, 49 photos sur 30 pl. hors texte, imprimé sur vélin 50 des Papeteries de Savoie, reliure demi-toile verte, dos lisse avec titres dorés, 1er plat de la jaquette illustrée conservé (photo du duc de Windsor par Philippe Halsman) (rel. de l'époque), dos uniformément passé, coupes frottées, bon état (Coll. Archives d'histoire contemporaine)

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Mémoires de Edouard VIII (1894-1972), roi du Royaume-Uni et empereur des Indes du 20 janvier au 11 décembre 1936, il provoqua une crise constitutionnelle en demandant en mariage la mondaine américaine Wallis Simpson qui avait divorcé de son premier époux et était en instance de divorce d'avec le second, et dut finalement abdiquer. — "Le grand public ne cherchera sans doute dans ce livre qu'un roman royal relevé d'une abdication sensationnelle. Au vrai, il ne trouvera à ce sujet – discrétion louable – que l'exposé des difficultés politiques nées d'une liaison. Mais l'historien aurait tort de le négliger. De nombreux faits sont à glaner : qu'il s'agisse des règles imposées aux souverains anglais pour leur mariage, des liens entre la couronne et la religion, de la position prise par Baldwin et par Churchill – ce dernier soutenant, contre le premier, qu'il ne peut y avoir crise constitutionnelle tant que la question litigieuse n'a pas été portée devant le Parlement – doctrine à peine esquissée d'un parti mort-né, le parti du roi. Une moisson plus ample peut encore être faite. Ce récit qui vibre, en maint endroit d'un accent très personnel, n'éclaire pas seulement la psychologie d'un prince en révolte contre les traditions et le cérémonial qui lui semblent surannés, et plus soucieux peut-être que ses parents du social et des réalités du monde contemporain ; il apporte quantité de menus faits révélateurs sur l'éducation des jeunes princes anglais, sur le caractère d'Edouard VII et de George V, sur l'évolution de la monarchie britannique..." (Henri Calvet, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1954)

290.          WOLTON (Thierry). Le KGB en France. Grasset, 1986, in-8°, 311 pp, annexes, sources, index, broché, bon état

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A travers des histoires vraies, des centaines d'anecdotes puisées aux meilleures sources, mettant en scène les grands noms de la vie politique et intellectuelle de ces quarante dernières années, Thierry Wolton, journaliste, nous dévoile : comment le KGB, infiltre les plus hautes instances, contraint, manipule des hauts fonctionnaires, des officiers supérieurs... ; comment le KGB déstabilise les services secrets français ; comment le KGB pille la technologie occidentale pour permettre à l'armée soviétique d'être la plus puissante du monde. Dans ce livre passionnant, nous avons aussi accès au dossier ultra-secret, explosif, appelé "Farewell" du nom de code d'un des espions les plus importants de ce siècle. Grâce à "Farewell", la France a pu expulser quarante-sept "diplomates" en 1983 et une centaine d'espions de Moscou ont été découverts dans le monde entier.

291.          WOLTON (Thierry). Le négationnisme de gauche. Fayard, 2019, in-8°, 221 pp, broché, bon état, envoi a.s. à un académicien

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"Nier l'existence des crimes contre l'humanité, en minimiser les faits ou les déformer est du négationnisme. Sont des négationnistes ceux qui doutent de la réalité des camps d'extermination nazis, qui remettent en cause l'unicité de la Shoah. Refuser de reconnaître ou relativiser le génocide arménien et le massacre des Tutsis est aussi du négationnisme. En revanche, minimiser le nombre des victimes du communisme, dénier aux régimes communistes leur caractère totalitaire, continuer à présenter l'enfer vécu par ceux qui l'ont connu comme une nostalgie, n'est pas considéré comme une négation de l'histoire du XXe siècle. Pourquoi ne parle-t-on pas de négationnisme de gauche, d'où vient ce blocage, quels sont ceux qui le pratiquent, que cachent-ils, quelles conséquences cet escamotage du passé a-t-il sur notre monde actuel qui en est l'héritage ? Ce livre décrit les mécanismes de cette résistance aux vérités dérangeantes, et analyse la manière dont cet aveuglement historique conditionne les enjeux actuels : terrorisme islamique, montée du populisme, renouveau du nationalisme, retour de l'antisémitisme. Regarder l'histoire en face, sans mensonge ni omission, est une nécessité pour se garder de ce que la nature humaine est toujours capable de reproduire. Dénoncer le négationnisme de gauche au même titre que les autres négationnismes n'est pas seulement une affaire de morale, c'est aussi une question de sauvegarde." (Thierry Wolton)

292.          YNFANTE (Jesús). La prodigiosa aventura del Opus Dei. Génesis y desarollo de la Santa Mafia. P., Ruedo Iberico, 1970, gr. in-8°, (8)-452-lxxii pp, annexes, broché, couv. à rabats, bon état. Texte en espagnol

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L'étude la plus complète sur l'Opus Dei. L’ouvrage eut une très grande répercussion en Espagne. — "L'œuvre qui marque une date dans l'étude de l'Opus Dei, en raison de l'ample information qu'elle utilise, est celle de Jésus Ynfante : “La prodigiosa aventura del Opus Dei”, 1970, qui surpasse sa contemporaine : Yvon Le Vaillant : “Sainte Maffia, le dossier de l'Opus Dei”, Mercure de France, 1970." (Carlos Manuel Rama, L'Église catholique dans la structure d'Etat en Espagne, Raison présente, 1976)

293.          ZELLER (André). Dialogues avec un général. Plon, 1974, in-8°, 313 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, annexes, chronologie, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Troisième acte d'une trilogie entamée en 1914, ce récit s'applique à la période 1954-1961, au cours de laquelle l'auteur se trouvait placé dans les difficiles fonctions de chef d'état-major de l'armée... Circonstances qui l'ont conduit à rompre avec tout un passé de discipline, en contribuant à la révolte militaire d'avril 1961 en Algérie. Aujourd'hui, il apporte un témoignage vécu des faits auxquels il a pris part ou assisté, tant en Métropole qu'en Afrique..." — "Les réflexions d'un homme qui fut une figure importante de l'armée française pendant la guerre d'Algérie. Chef d'Etat-major de l'Armée de terre en 1955, André Zeller démissionne de son poste en 1957, publie des articles sur les problèmes posés à l'armée "par les nouvelles formes de guerre subversive en Algérie". Il est rappellé en mai 1958 et devient Chef d'Etat-major des Forces Terrestres. Il s'oppose rapidement à De Gaulle et participe au putsch d'avril 1961." (Benjamin Stora)

294.          ZITRONE (Léon). L'URSS a bien changé ! Del Duca, 1964, in-8°, 310 pp, 12 pl. de photos et une carte hors texte (Zitrone avec Khrouchtchev, avec Gagarine, avec Tatiana Samoilova...), broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale enrichie d'un envoi a.s.

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Un ouvrage tout à la gloire du régime en place sous Nikita Khrouchtchev. Zitrone dit des choses ahurissantes et d’une drôlerie confondante : les routes russes sont dans un état déplorable mais cela n’a aucune importance car les Russes prennent l’avion comme nous Français prenons le métro !... — "M. Léon Zitrone a des dons multiples. Il commente les courses de chevaux et les courses cyclistes, les événements nationaux et internationaux. Il sait aussi le russe. Devant un micro ou sur une feuille de papier, il s'exprime avec une aisance souveraine qui plaît au public. Après un voyage – le cinquième ou le sixième – à Moscou, il écrit ce livre : l'U.R.S.S. a bien changé. Le récit en est vif, les phrases courtes, les conclusions rapides, parfois trop. On a l'impression, par exemple, en lisant M. Zitrone, que la liberté religieuse pose peu de problèmes et que "ceux qui ne croient pas laissent aujourd'hui les croyants prier en paix" On pourrait ainsi nuancer la plupart des jugements que porte l'auteur. Mais il faut prendre son livre pour ce qu'il est : un simple carnet d'esquisses et de croquis." (Le Monde, 1er avril 1964)

1ère GUERRE MONDIALE

 

295.          BALDIN (Damien) et Emmanuel SAINT-FUSCIEN. Charleroi, 21-23 août 1914. Tallandier, 2012, pt in-8°, 222 pp, 2 cartes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Histoire en batailles)

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La guerre de 14-18 évoque immédiatement les tranchées de Verdun et de la Somme. Mais on oublie qu’elle commença par une guerre de mouvement avec la bataille dite des frontières, où les armées françaises lancent l’offensive contre les Allemands sur le front nord-est. La bataille de Charleroi en fut la première rencontre. Le 21 août, alors que les soldats français, appelés depuis seulement 20 jours, n’ont eu que le temps de rejoindre leur caserne, prendre le train et marcher jusqu’au front, ils se heurtent à la violence du feu allemand. L’Armée française a gardé ses uniformes, ses armements et ses tactiques hérités de la guerre de 1870 et se retrouve balayée par la puissance de feu du XXe siècle de l’armée allemande. Les Allemands ont démontré leur supériorité tactique, notamment sur leur méthode de progression systématique et en matière d’emploi des mitrailleuses, et leur supériorité matérielle avec une artillerie lourde qui apparaît omniprésente. Alors que le général Joffre ordonne la poursuite des combats, le général Lanrezac va ordonner la retraite au bon moment. Débordé sur ses flancs, sa position serait devenue intenable s’il avait persisté. En outre, ses troupes lourdement malmenées ont su garder une bonne discipline et retraitent en bon ordre malgré des conditions de ravitaillement très aléatoires. Cet aspect sera un élément essentiel de succès pour les futures batailles de la Guise et de la Marne. Un mois et demi plus tard, les armées alliées creuseront les tranchées et s’enfonceront dans une guerre d’enlisement. — La bataille de Charleroi n'est ni Verdun, ni la Somme. Presque occultés par la longue guerre des tranchées qui s'en suivit, ces trois premiers jours de combat sont pourtant les plus meurtriers de la Première Guerre mondiale pour l'armée française. Opposant la 5e armée du général Lanzerac aux premières, IIe et IIIe armées allemandes entre Sambre et Meuse, Charleroi ouvre la voie à l'invasion du Nord de la France. En ce vendredi 21 août 1914, sous une chaleur écrasante, des milliers de soldats tout juste mobilisés et engoncés dans leurs pantalons garances vivent là leur baptême du feu. Sous la puissance de feu inédite de l'artillerie allemande, l'armée française vit les heures les plus meurtrières de son histoire – près de 7 000 soldats français sont tués le 22 août à Charleroi, presque 40 000 entre le 21 et 23 août sur l'ensemble du front. La violence des combats n'épargne pas non plus les civils. Pour la première fois, les combats s'engagent dans les rues, les maisons, les usines. Désorganisée, l'armée française recule à l'intérieur de ses frontières. Ni prévue, ni anticipée, la bataille signe l'échec du plan stratégique, tourné vers l'offensive, conçu par des généraux, dont les postures sont héritées du XIXe siècle, quand Charleroi est « la première bataille du XXe ». Cette crise du commandement trouve son épilogue dans le renouvellement massif des chefs mené par Joffre début septembre.

296.          BOUDON (Victor). Mon lieutenant, Charles Péguy (Juillet-Septembre 1914). Albin Michel, 1964, in-8°, 301 pp, préface de Maurice Barrès (1916), hommages de Romain Rolland (1914 et 1943), une photo d'un buste de Péguy et 4 cartes hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Un récit de la conduite de Charles Péguy pendant la guerre et de sa mort héroïque, le 5 septembre 1914, au moment où s'engage la première bataille de la Marne. L'ouvrage décrit minutieusement le déroulement des combats du 276e régiment d'infanterie. Victor Boudon, soldat au 276e régiment d'Infanterie, fut le témoin de la mort de Péguy. Il décrit les quelques jours qui ont précédé la guerre et donne la description détaillée du parcours de la 19e compagnie du 276e RI, de la mobilisation au 6 septembre 1914. Il écrit : Au moment de la mobilisation à la gare de Bel-Air-Raccordement à Paris : au sujet du seul officier qui prend en charge l'embarquement des troupes « Un d'entre eux (des hommes que Péguy saluait) à qui je demande qui est ce lieutenant, paraissant si cordial dans sa sévérité, me répond "C'est le lieutenant Péguy". ...Péguy... ? Ce nom ne me dit rien et je suis loin de penser qu'il s'agit de Charles Péguy , l'écrivain et poète, fondateur et animateur des "Cahiers de la quinzaine" ainsi que je l'apprendrai plus tard... trop tard... lieutenant de territoriale, maintenu sur sa demande au même régiment de réserve (le 276e RI) et à la même compagnie (la 19e) auxquels il était affecté depuis 1905 ». (p. 73).

297.          BOURCIER (Emmanuel). Gens du Front. P., Société Littéraire de France, 1918, in-12, viii-154 pp, vignettes illustrées par Louis Charve, broché, bon état. Edition originale, ex. numéroté

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Les civils de la zone de guerre derrière les lignes alliées sont décrits dans cet agréable petit livre. Bourcier nous donne des croquis charmants de la vie d'un village près du front, victime de tirs intermittents d'obus par les Allemands, jusqu’au jour où toutes les maisons sont détruites par un bombardement intense... — "Ce village-ci est à trois mille mètres des Boches : à portée de la balle perdue d'un Mauser, et sous les canons de Krupp, masqué d'arbres, il résiste depuis deux étés, trois hivers. Ses gens aussi, et ses soldats. Charve et moi l'habitons depuis ces temps-là, par intervalles, quand nous sortons, boueux des tranchées. (...) Le voici, dans les pages d'un livre, écrit, illustré, en pleine terre, au fond des cai-nhas, en alerte, en repos, en combat, sous la pluie, sous la neige et le fer, et les gaz, et le reste...". (liminaire). Bourcier fut vice-président de l’Union des Combattants.

298.          BRETTEVILLE (Commandant Paul). Avec le 106e Bataillon de Chasseurs : Verdun, juin 1916. Editions le Cor de chasse, Impr. Bretteville frères, 1962, in-8°, vii-120 pp, 9 pl. de portraits et photos et 5 plans dépliants in fine hors texte, qqs dessins dans le texte, annexes, notes sur les unités ayant pris par aux combats du 23 juin 1916, broché, couv. illustrée, bon état

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Paul Bretteville, jeune sous lieutenant de réserve en juin 1916, témoigne des combats dans lesquels il a été engagé avec le 106e bataillon de chasseurs sur les crêtes de Thiaumont. — Table : La nation et son armée en 1915 ; Verdun vu par « les grands » ; Pourquoi Verdun ? ; Le Poilu de Verdun ; « Direction Verdun »...! ; L’attaque du 21 février 1916 ; La bataille du 17 juin ; Du 18 au 22 juin ; Froideterre, point culminant de l’avancée Aallemande ; L’attaque allemande du 23 juin 1916 ; Après le 23 juin.

299.          BUGNET (Lt.-Colonel Charles). Rue Saint-Dominique et G.Q.G., ou les trois dictatures de la guerre. Plon, 1937, pt in-8°, 331 pp, 14 photos hors texte, broché, bon état

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"Mettant en scène les relations parfois difficiles du pouvoir civil et de l'autorité militaire au cours de la guerre de 1914-1918, cette étude nous dévoile ce qui s'est passé entre les gouvernants et les chefs de l'armée. Elle nous fait connaître les causes de leurs conflits, causes qui sont les sentiments des uns et des autres, leurs passions, leurs parti-pris, leurs erreurs de jugement, leurs caractères. Ces conflits, qui ont été dramatiques, qui ont provoqué des péripéties émouvantes, forment trois actes bien nettement différenciés les uns des autres. Dans le premier, le ministre de la guerre – que ce soit un civil, comme Messimy ou Millerand, que ce soit un militaire, comme Gallieni ou Roques, – se subordonne au généralissime dont il se fait le principal collaborateur, Pendant cette période, Joffre exerce donc une véritable dictature. Mais le Parlement reprend le dessus. quand c'est un Lyautey, et surtout quand c'est un Painlevé, qui s'installe dans l'hôtel de la rue Saint-Dominique. Enfin Clemenceau vient qui prend le portefeuille de la guerre et qui impose sa volonté, d'une part, au chef de l'armée ; d'autre part, à la représentation nationale. C'est bien lui qui est, à cette époque, le vrai dictateur. De là, le sous-titre du livre : Les trois dictatures de la guerre (commandement, parlement, gouvernement). (...) L'auteur analyse avec infiniment de délicatesse, de précision, de justesse, avec une remarquable objectivité aussi, les protagonistes que les vicissitudes de la guerre ont, le plus souvent, rendus antagonistes. Certes, on peut n'être pas sur tous les points en complet accord avec lui, mais, sur la quantité dés portraits qu'il trace, des faits qu'il analyse, des dissections psychologiques auxquelles il nous fait assister, on ne saurait trop louer le lieutenant-colonel Bugnet de sa pénétration, et surtout de sa volonté de justice ainsi que de son indépendance d'esprit." (Lieutenant-colonel E. Mayer, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1938)

300.          CAILLAUX (Joseph). Devant l'histoire. Mes Prisons. P., Editions de la Sirène, 1920, in-12, v-350 pp, broché, qqs soulignures crayon, bon état

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"Un livre plein de révélations sur la guerre, sur la paix, sur l'économie, sur les finances..." (Le Petit Parisien) — Par Joseph Caillaux (1863-1944). Il commence sa carrière politique parmi les républicains modérés, adhérant à l'Alliance républicaine démocratique à sa création en 1901, alors qu'il est ministre des Finances de Waldeck-Rousseau, avant de rejoindre le Parti radical dans les années 1910, dont il devient rapidement l'une des principales figures. Instigateur de l'impôt sur le revenu et partisan d'un pacifisme libre-échangiste, ses prises de positions et sa personnalité difficile suscitent une haine véhémente parmi ses anciens amis et la droite nationaliste, qui mènent contre lui de violentes campagnes de presse. L'une d'elle débouche sur le meurtre de Gaston Calmette, patron du “Figaro”, par son épouse Henriette Caillaux, événement qui, avec sa propre condamnation pour « intelligence avec l'ennemi » pendant la Première Guerre mondiale, mettra en suspens sa carrière politique... — "Il suffit de lire ce volume d'une haute tenue littéraire, pour comprendre que la politique préconisée par M. Caillaux fut, avant et pendant la guerre, une politique intelligente et clairvoyante. Intelligente, car elle écartait le conflit ; clairvoyante, car elle pouvait limiter le désastre. Il est permis de croire que la guerre aurait pu être évitée, si la France avait eu à sa tête M. Joseph Caillaux, dont la sage et prudente diplomatie avait fait ses preuves en sauvant la paix européenne, lors des incidents marocains. Dans son livre, “Mes Prisons”, M. Caillaux expose ses conceptions sur notre politique intérieure, puis réduit à néant les accusations aussi puériles qu'infâmes sous lesquelles la justice de M, Clemenceau tenta de l'étouffer. Après avoir montré qu'il tint à s'effacer le plus possible aux débuts des hostilités, et que l'« Union Sacrée », qui servit si bien les desseins de la Réaction ne joua point pour lui, M. Joseph Caillaux expose quelles furent ses premières angoisses, au début de 1915. Il lui parut que si les gouvernants commençaient à organiser la guerre, ils ne songeaient pas du tout à prévoir la paix. Or, ne fût-ce que par humanité, leur souci le plus impérieux aurait dû être de chercher à saisir l'occasion la plus favorable pour arrêter le cataclysme. Combien peu nombreux étaient ceux qui, en 1915, songeaient à entrevoir des possibilités de paix ?... Maintenant, nous comprenons que la véritable sagesse et le patriotisme éclairé eussent été, pour tous les peuples, de conclure une paix de transaction, en l'été de 1915, lorsqu'on s'aperçut, des deux côtés des tranchées, que la guerre allait s'immobiliser pendant de longues années. Cette paix, ainsi que M. Caillaux le montre, eût été tout à l'avantage de la France, car elle l'eût laissée plus riche et plus prospère que la paix de 1918. Que de milliers d'hommes seraient encore en vie !... Que de milliards économisés !... Que de ruines évitées !... « La paix qui serait intervenue en 1915, – écrit M. Caillaux – n'eût certes pas été la paix d'écrasement des empires centraux qui a pris place en 1918, mais, si l'on fait le bilan de l'hypothèse et de la réalité, si 'on étudie les choses ert excluant la passion, avec le souci des intérêts de notre pays, force est de constater que la paix après la Marne et l'Yser eût conféré l'hégémonie, l'hégémonie morale s'entend, à la seule nation qui fût victorieuse alors, à la France. En a-t-il été de même en 1918 ? Il me suffit de poser la question... » (page 35)..." (Armand Charpentier, Le Populaire, 2 janvier 1921)

301.          CARR (Lt. William Guy). A la grâce de Dieu ! Les sous-marins anglais dans la guerre mondiale. Payot, 1931, in-8°, 230 pp, traduit de l'anglais, préface de l'amiral S. S. Hall, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. très lég. salie, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            25

Le rôle des sous-marins anglais pendant la Première Guerre. — Table : Premiers combats dans la Marmara ; Le E-11 dans les eaux turques ; Le E-12 et le E-2 ; Les sous-marins contre la côte turque ; Sacrifices et victoires ; L'entrée en Baltique ; Les Anglais dans les eaux russes ; En mer du Nord ; Les étranges aventures des C-boats ; La vie à bord ; Les effrayantes méprises ; Batailles ; Sous-marins contre sous-marins ; De l'humour et du courage ; Comment ils vivent et comment ils meurent.

302.          CHACK (Paul). Branlebas de combat. Editions de France, 1942, in-12, 211 pp, 8 croquis, broché, couv. illustrée par Léon Haffner lég. salie, bon état

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Un des ouvrages, beaux et tragiques, de Paul Chack. La première partie est le récit, poignant, du naufrage du croiseur "Léon Gambetta", torpillé, en 1915, au large des falaises d'Otrante par l'U.5 un vieux sous-marin allemand, déjà presque déclassé, du type Holland. C'est un véritable hommage que rend Paul Chack à ces marins, dont il cite souvent les noms... "La troisième spéciale" relate la croisière du trois-mâts "Normandy", armé de quatre canons de 75 camouflés. En 1917, mené par le capitaine Thoumire et l'enseigne Schillemans, ce vaisseau, apparemment inoffensif, va se lancer au travers la mer de la Manche à la poursuite des sous-marins allemands... La troisième et dernière partie de l'ouvrage fait le récit des campagnes de pêche menées, à partir de 1917, pour faire pièce au blocus allemand opéré par les sous-marins qui frappent le ravitaillement allié. Les eaux du Finistère et du Morbihan sont devenues meurtrières. Les pêcheurs, riverains français de l'Atlantique, ont déclaré qu'ils ne sortiraient qu'en compagnie de navires armés. Pour créer des flottilles de patrouille et de garde-pêche, d'invraisemblables rafiots retraités, qu'on a orné de minuscules bouches à feu, sont rendus à la vie active ou achetés en Espagne, en Norvège, en Islande, partout...

303.          CHACK (Paul). On se bat sur mer. Nouvelle édition revue et augmentée. Editions de France, 1942, in-12, 282 pp, 11 cartes dressées par l'auteur, broché, couv. illustrée par Léon Haffner, dos lég. abîmé avec pt manque, état correct

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"Le commandant Chack, qui est à la tête du Service historique de la marine et qui a publié un important ouvrage sur la “Guerre des croiseurs” du 4 août 1914 à la bataille des Falkland, a consacré les divers chapitres de son nouveau volume à diverses opérations ou à divers théâtres maritimes de la Grande Guerre : le beau fait d'armes du “Nord Caper” en Méditerranée en novembre 1915, la fin du “Königsberg” dans la Roufidji, les combats pour la possession du canal de Suez, les événements saillants de la guerre dans l'Adriatique. M. Chack met au service de ses récits des croquis sommaires et commodes, une documentation abondante et précise et, ce que je goûte beaucoup moins, une langue fortement imagée, opiniâtrement technique, par laquelle il croit les relever, alors qu'ils valent par leur contenu même." (G. Bourgin, Revue Historique, 1926)

304.          CHACK (Paul). Pavillon haut. Editions de France, 1929, in-12, 269 pp, 6 cartes et 5 photos hors texte, broché, couv. illustrée par Léon Haffner, bon état

            20

Les marins français aux Dardanelles (la bataille navale du 18 mars 1915) et en Syrie.

305.          CHATTERTON (E. Keble). L'Aventure du “Koenigsberg”, août 1914- juillet 1915. Payot, 1932, in-8°, 268 pp, traduit de l'anglais, 4 croquis et 15 photos hors texte, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

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Le conflit mondial qui oppose les grandes puissances européennes à partir de 1914 touche logiquement l’Afrique de l’Est puisque deux des principaux protagonistes de la guerre sont présents dans la région. Les Anglais ont l’avantage de contrôler l’accès maritime. Ils massent leurs troupes sur les îles de Zanzibar et Pemba, et, au sud du Kenya, à Mombasa et Nairobi. Mais les Allemands vont opposer jusqu’à 1916 une résistance farouche et efficace. En septembre 1914, le croiseur léger Königsberg coule près de Zanzibar un important navire anglais, le Pegasus. Le navire allemand, pourchassé par la Royal Navy, se fait oublier en se cachant un peu plus au sud dans un delta de la rivière Ujiji. Il faudra dix mois aux Britanniques pour le retrouver et en venir à bout...

306.          CHATTERTON (E. Keble). Les Bateaux-pièges Q-Ships contre les sous-marins allemands. Payot, 1928, in-8°, 248 pp, traduit de l'anglais, 26 photos hors texte et 13 croquis dans le texte, reliure demi-percaline verte, dos lisse avec fleuron et double filet doré en queue, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

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Durant la Première Guerre, il n'existait que peu d'armes anti sous-marines pour détecter et attaquer les U-Boots. Parmi toutes les idées avait germée celle de les prendre au piège. Si on lui offrait une cible facile, trop petite pour justifier l'usage d'une torpille, il était probable que l’U-Boot ferait surface pour la détruire au canon. Le navire-Q pouvait alors dévoiler sa propre artillerie et couler l'imprudent. Sous ce vocable mystérieux de "Navires-Q", se cachent des bateaux-pièges (en anglais : "Q-ships"). Les Britanniques les mettront en œuvre dés 1915. Les Français les imiteront l'année suivante. Ce sont de petits navires, cargos ou voiliers, choisis pour leur aspect commun et qui ne doivent pas attirer l'attention. Les canons sont camouflés derrière des cloisons amovibles, simulant des superstructures. Précaution supplémentaire, leurs cales sont remplies de tonneaux vides, de poutres de bois ou autres matériaux susceptibles de leur permettre de flotter (et continuer même à combattre) s'ils venaient à être torpillés. En plus des canons, on rajoute des mitrailleuses pour tirer sur l'équipage du sous-marin et, en particulier sur les servants de son canon ou les officiers présents sur le kiosque. La technique choisie voit le "Q-ship" croiser sur une route utilisée par les navires marchands. Il est même prévu qu'il se déguise en neutre, arborant des couleurs de compagnies maritimes de ces pays. Il est simplement recommandé d'arborer le pavillon national réel avant d'ouvrir le feu. Attaqués par un U-Boot, ils doivent se comporter comme un marchand, obéissant sans discuter à l'ordre de stopper. S'il est sous le feu du sous-marin, une partie de l'équipage, en civil, doit simuler une évacuation précipitée, pendant que l'autre reste, cachée, auprès des canons. Quand le sous-marin est assez proche, les fausses cloisons sont rabattues pour permettre le tir des canons. Si c'est possible, le "Q-ship" cherche à éperonner son adversaire. Le premier succès date du 24 juillet 1915. Le “Prince Charles” coule l’U 36... Au long du conflit, 180 "Q-ships" auront été armés par les Britanniques. Lors de 150 engagements, ils couleront 14 U-Boots, revendiqueront des dommages causés à 60 autres, pour le prix de 27 "Q-ships" coulés. Il faut noter aussi que jusqu'à la fin du conflit, les britanniques nieront l'existence de tels navires. La crainte de rencontrer ces bateaux-pièges conduira les Allemands à minimiser les risques en torpillant désormais sans avertissement le cargo rencontré. — Lors du déclenchement du conflit, Edward Keble Chatterton (1878-1944) s'engage dans la Royal Naval Volunteer Reserve (R.N.V.R.). Il finira par commander une flottille de bateaux-pièges à Queenstown (côte sud-ouest de l'Irlande). En 1919, il quitte la Marine avec le grade de capitaine de corvette. Il a publié trois volumes de souvenirs sur ses années de guerre, dont celui-ci où il décrit le combat du “Prince-Charles”, un bateau-piège anglais, et du sous-marin allemand U36, qui avait pour mission de s'attaquer aux navires de guerre dans le secteur ouest des Hébrides.

307.          COCHIN (Claude). Dernières pages. Notes du front et de l'arrière. Hachette, 1920, in-12, xxxvi-226 pp, bibliographie des écrits de Claude Cochin, reliure demi-chagrin bleu-nuit, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et date dorés en queue, tête dorée, couv. et dos conservés (rel. de l'époque signée Franz), coiffes et nerfs frottés, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier). Peu courant

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"Il a passé les cinq premiers mois de la guerre sans un jour de repos. Il était en Lorraine, devant Saint-Mihiel et fut de ceux qui s'avancèrent non loin de Metz. Puis son armée se replie. Mais, il est à la bataille de l'Ourcq. Il est dans les tranchées lorsque la guerre s'immobilise; et il subit, aux alentours de Soissons, la lenteur des jours, l'hiver. Au printemps, il est en Artois, à Carency, Ablain-Saint-Nazaire, au Cabaret Rouge, à Notre-Dame-de-Lorette. Il gagne son deuxième galon, la croix de guerre. Ses lettres sont datées de Berry-au-Bac, de Moulin-sous-Touvent, de Fleury, de Craonne. Sa dernière citation, du mois de septembre 1918, montre que, du commencement à la fin de la guerre, il était là. Ses pages de guerre sont extrêmement belles, et sont charmantes. Elles n'ont rien de forcé ou d'emphatique. On y sent la vérité d'une âme qui se montre avec assurance et modestie, n'ayant ni à se vanter ni à se dissimuler. Il n'est pas devenu à la guerre un autre homme. Il y accomplit sa besogne de soldat, qui n'est pas celle qu'il préfère : il l'accomplit d'autant mieux, avec toute sa volonté que ne guident pas ses préférences. Et il garde son grand amour de la nature et des arts. Ses notes de guerre sont d'un poète et d'un archéologue, naïvement. (...) Au mois d'avril 1917, il est aux avancées de Verdun ; son secteur joint la ferme des Chambrettes ; la ruine et la désolation : « De loin en loin, une corvée, portant des planches, ou des hérissons de fil de fer, se détache sur le ciel balayé de nuages. Ils montent le ravin comme un calvaire. » Le bon soldat de la Grande Guerre demeurait tout ce qu'il était avant cela et demeurait chartiste. Un chartiste à la guerre ! Érudit, archéologue, artiste, soldat, chrétien fidèle et l'homme politique le plus attentif aux résolutions opportunes, il a donné à tout ce qu'il a fait toute son âme." (André Beaunier, Revue des Deux Mondes, 1922) — "Une des pertes les plus cruelles qu'ait faites l'érudition française en ces derniers temps est la disparition prématurée du délicat esprit, de l'écrivain érudit et fin qu'était Claude Cochin. Ancien élève de l'Ecole des Chartes puis de l'Ecole de Rome, et ayant déjà à son actif de nombreux travaux de valeur dont on trouvera la liste à la fin du livre, héritier du siège de Lamartine à la Chambre des députés, il était l'espoir à la fois de nos assemblées politiques et des lettres françaises. La mort, qui l'avait épargné durant les quatre années où il servit vaillamment sur le front, est venue, deux mois après l'armistice, faucher soudainement toutes ces belles promesses. On en éprouvera encore plus de tristesse en lisant ses écrits et discours de guerre, ces pages où il a mis le meilleur de lui-même : qu'il s'agisse d'impressions du front de bataille, sur l'Aisne, en Artois, à Craonne à Verdun ; d'hommages attendris à la mémoire de camarades disparus ou d'ardentes effusions à l'égard de nos malheureuses églises captives ou martyres..." (Chronique des arts et de la curiosité, 1920) — Claude Cochin, historien chartiste spécialiste du Grand Siècle était le cousin d'Augustin Cochin. — Reliure signée de Franz Ostermann, dit Franz, relieur d’origine alsacienne, qui avait son atelier à Paris boulevard Malesherbes (dès 1872), puis rue Ampère, il exerça jusqu’en 1938.

308.          DAMPIERRE (Jacques de). L'Allemagne et le droit des gens, d'après les sources allemandes et les archives du gouvernement français. L'impérialisme. P., Berger-Levrault, 1915, pt in-4°, 262 pp, 105 photographies et fac-similés de documents et 13 cartes, broché, très bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française), envoi a.s.

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"En deux chapitres remarquables, M. Jacques de Dampierre commence par nous dire comment s'est formé l'impérialisme allemand ; il prouve que les tendances essentielles de ce germanisme sont contraires au droit des gens; l'Allemagne, avec sa population accrue, son industrie florissante, se persuade qu'elle a le droit de déborder hors de ses frontières sur le monde entier, de se créer un vaste empire colonial, d'imposer aux autres peuples sa culture supérieure, de faire disparaître les petits états et d'organiser l'univers. Et de haut en bas, par les écoles à tous les degrés, par l'armée, ces idées se sont répandues, si bien que toute la nation allemande a voulu la guerre, aurore de la grande Allemagne; et, à notre avis, M. de Dampierre rejette trop le crime sur la collectivité, atténuant la responsabilité des dirigeants, particulièrement celle de l'Empereur qui, certainement, aurait eu le pouvoir, s'il l'avait voulu, d'arrêter la catastrophe. Après ces deux chapitres généraux, M. de Dampierre montre que les excès commis par les soldats allemands sont une conséquence logique des principes mêmes de l'impérialisme allemand ; il prouve ces excès à l'aide d'une soixantaine de fac-similés – proclamations de généraux allemands ou carnets de soldats – et aussi de photographies faites par les Allemands, en général des cartes postales. Au nom du droit des gens, il proteste contre les pillages en règle, contre la spoliation des populations vaincues, contre les incendies des villages et des villes, contre les évacuations en Allemagne des populations civiles, contre tout le système de terrorisme. M. Jacques de Dampierre connaît fort bien la langue allemande; ses traductions nous paraissent toujours fidèles. Son livre est d'autant plus impressionnant qu'il est écrit sur un ton très modéré, en une belle langue française ; on n'y trouvera ni injures ni déclamation. Avouerons-nous même que nous y souhaiterions parfois plus d'indignation et plus de flamme ? Par la connaissance précise du sujet, par sa forme, par toute sa tenue, ce livre, fort bien imprimé et fort bien illustré, est un des plus remarquables qui aient été publiés sur la guerre." (C. Pfister, Revue Historique, 1916) — "Notre confrère M. le marquis Jacques de Dampierre a fait, au cours de la dernière séance de la Société de l'École des chartes, appel à nos confrères pour l'aider à fixer certains points de l'histoire de la présente guerre. « II y a loin, en effet, entre les récits plus ou moins fantaisistes des journaux et les observations rigoureusement exactes que seules doit enregistrer l'historien. Ayant entrepris une étude d'ensemble sur « l'Allemagne et le droit des gens », il tient à n'y insérer que des faits exactement contrôlés ; c'est pourquoi il demande à tous nos confrères, qui pourraient en posséder, de lui adresser des documents (autant que possible des photographies) permettant de déterminer d'une façon précise la nature et l'étendue des crimes et délits commis par les Allemands en France, soit sur les personnes, soit sur les propriétés privées, soit sur les monuments publics, les collections ou les œuvres d'art. » (Bibliothèque de l'école des chartes. 1914) — Table : Le droit des gens devant l'Impérialisme allemand. La violence, terme de la politique allemande. La guerre allemande et la spoliation. Le terrorisme allemand.

309.          DE GAULLE (Charles). La Discorde chez l'ennemi. Plon, 1971, in-8°, 276 pp, tiré sur papier bouffant VII crème des Papeteries de Condat, reliure skivertex bleu de l'éditeur, rhodoïd, bon état

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Premier livre publié par un quasi inconnu, le capitaine Charles de Gaulle, en 1924, “La Discorde chez l'ennemi” est un essai d'histoire immédiate, le seul d'envergure consacré aux causes profondes et directes de l'effondrement du Reich wilhelmien. L'auteur explique et raconte les dissensions au sommet, les erreurs stratégiques et diplomatiques, comme la guerre sous-marine à outrance ; enfin, la crise militaire et politique entraînant la déroute de l'automne 1918, conclue par la chute de Guillaume Il et l'armistice du 11 Novembre. D'emblée, l'écrivain perce sous l'historien et le politique derrière le militaire... — Table : Avant-propos ; La désobéissance du général von Kluck ; La déclaration de guerre sous-marine renforcée ; Les relations avec les Alliés ; La chute du chancelier Bethmann-Hollweg ; La déroute du peuple allemand.

310.          ÉTÉVÉ (Albert). La Victoire des cocardes. L'aviation française avant et pendant la Première Guerre mondiale. Laffont, 1970, in-8°, 322 pp, 53 photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Etévé (polytechnicien en 1900) est affecté en 1906 dans l'aérostation, où il obtient son brevet de pilote de ballon libre en 1907. Promu capitaine en 1908 pour faits de guerre au Maroc, il entre au laboratoire de Chalais-Meudon : il est breveté pilote de dirigeable en février 1910. Pilote-aviateur en juin 1910 sur le biplan Wright livré à l’armée et sur lequel il a adapté un stabilisateur automatique de son invention, il ne cesse d'améliorer la sécurité en vol. Il crée en 1911 un indicateur de vitesse à palette, réglementaire à bord des avions militaires, avant l'apparition de l'anémomètre Badin. Chef de l'Ecole d'aviation militaire de Versailles, il la commande jusqu'en 1914. Noté par le général Rocques, chef de l’aviation de 1910 à 1912, "aussi excellent officier que pilote remarquable et ingénieur brillant", il est alors affecté, en tant que chef du service des avions chargé du suivi et du contrôle des travaux constructeurs, au Service des fabrications de l'aviation (1914-1916 avions série et proto) puis à la Section technique de l'aéronautique (1916-1918 avions nouveaux). C'est à cette période du début de l'aviation qu'il a consacré un ouvrage "La Victoire des cocardes", que son chef à la STA en 1918, le commandant Albert Caquot qualifiera de "témoignage impartial et objectif". Par sa carrière de pilote et d’ingénieur, Etévé fait partie de la génération des grands pionniers de l’aéronautique.

311.          INGOLD (Commandant François). Les Troupes Noires au combat. Cas concrets pour servir à l'étude des formes de la guerre. Berger-Levrault, 1940, gr. in-8°, viii-(2)-154 pp, préface du général d'armée Bührer, 9 photos sur 7 pl. hors texte, 10 cartes et croquis dans le texte, broché, bon état

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Un des rares ouvrages sur les Tirailleurs sénégalais en 1914-1918. En 1915, nommé sous-officier, le futur général Ingold (1894-1980) rejoint le Sénégal où se recrute alors l'Armée noire réclamée par le général Mangin. De retour en France en juillet 1916 avec un détachement sénégalais, il gagne le front de la Somme. Récits de combats au Maroc (août 1914), sur l'Yser (novembre 1914), aux Dardanelles (25-26 avril 1916), dans la Somme (7-10 juillet 1916), à Verdun (24 octobre 1916), dans l'Aïr (la défense d'Agadès, décembre 1916-mars 1917), au Chemin des Dames (16-17 octobre 1917), à la Malmaison (19-21 octobre 1917), dans la défense de Reims (29 mai-2 juin 1918), sur la Marne (18 juillet 1918), en Orient (Dobropolié, 15 septembre 1918) ; Enseignement d'ordre général ; Citations à l'ordre de l'Armée.

312.          LINTIER (Paul). Avec une batterie de 75, 1914-1916. Bernard Giovanangeli, 2013, gr. in-8°, 317 pp, présentation par Bernard Giovanangeli, préface et notes de Dominique Rhéty, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Parmi les nombreux témoignages écrits des combattants de 14, les deux livres de l'artilleur Paul Lintier, “Ma pièce” et “Le Tube 1233”, se distinguent par leurs hautes qualités documentaires et littéraires. Ces journaux sont des chefs d'oeuvre, qui donnent une vision réaliste de la guerre et restituent les pensées de ceux qui y ont pris part. Ils sont parus pendant la Grande Guerre, après que leur auteur fut mort pour la Patrie à l'âge de 23 ans. Celui-ci avait voué sa vie aux lettres et son récit est celui d'un maître, qui a les dons d'émotion et d'observation. Dans un style pur, le jeune écrivain alterne les descriptions de paysages, les portraits, les scènes de combat et des tableaux qu'il brosse se dégage avec force "l'émouvante et multiple réalité" de l'épreuve dont il témoigne. Lintier raconte avec lucidité la guerre des simples canonniers, celle qu'il a faite. Quelque particuliers que soient ses écrits, ceux-ci ont une portée universelle. — Sous le titre “Avec une batterie de 75” sont réunis ici en un seul volume les deux livres de guerre de Paul Lintier, “Ma pièce, Souvenirs d'un canonnier, 1914” et “Le Tube 1233, Souvenirs d'un chef de pièce, 1915-1916”. La présente édition rétablit pour la première fois les passages du “Tube 1233” censurés pendant la Grande Guerre. Elle est enrichie de nombreux documents iconographiques et annexes.

313.          ROUMIGUIÈRES (Alfred). Un instituteur tarnais dans la guerre, 1914-1918. Extraits des carnets et de la correspondance d'Alfred Roumiguières choisis et présentés par François Pioche. Castres, Société culturelle du Pays Castrais, 2013, gr. in-8°, 210 pp, photographies, fac-similés, cartes et plans, broché, couv. illustrée, bon état

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Alfred Roumiguières, 27 ans, est instituteur dans le Tarn quand la mobilisation l'affecte comme sergent au 343e RI de Carcassonne qui rejoint les Vosges dès la mi-septembre 1914. En 1915 il est victime d'une grave blessure qui lui vaut une convalescence d'un an à l'issue de laquelle il devient instructeur pour le 15e RI. Il est réaffecté au front en 1918. Il rejoint le Nord, subit le choc des offensives allemandes du printemps, est à nouveau blessé, connaît l'Armistice dans le Nord et traverse la Belgique libérée mais ravagée. Son carnet et ses lettres à sa femme Rosa couvrent la période du 3 août 1914 au 19 février 1919. — Né en 1887 dans une famille paysanne de Saint-Martin Laguépie (Tarn), Alfred Roumiguières exerce en 1914 comme instituteur à Sorèze avec son épouse Rosa. Il s'est engagé très tôt en politique (au parti socialiste SFIO) et dans le syndicalisme enseignant en gestation. A la mobilisation, il rejoint Carcasonne, comme sergent au 343e régiment d'infanterie. Arrivé le 16 août à Belfort, le régiment entre en Alsace mais se replie rapidement et gagne le front des Vosges, à l'est de Saint-Dié. Alfred Roumiguières y combat durement d'octobre 1914 à octobre 1915, jusqu'à ce qu'une grave blessure l'éloigne du champ de bataille alors qu'il venait d'être promu adjudant. Evacué sur les hôpitaux de Bruyères (Vosges) puis de Marseille, il se rétablit et reprend du service en janvier 1916, devenant cadre instructeur à Carcassonne. En octobre 1916, il est affecté au 15e régiment d'infanterie comme instructeur des recrues sur le front, dans la région de Saint-Dizier (Haute-Marne). Il revient en ligne en mars 1918 au 26e régiment d'infanterie, parcourant le front de Montdidier à Dunkerque en appui des troupes. Il est à nouveau blessé, plus légèrement, en juillet 1918. Il apprend à Loon, près de Dunkerque, la signature de l'armistice et parcourt alors avec son unité la Flandre belge avant d'être démobilisé. Grand écrivassier comme il le dit lui-même, Alfred Roumiguières a écrit tout au long de la guerre une multitude de lettres (près de 1600), adressées pour l'essentiel à son épouse et à ses deux jeunes enfants. Il a aussi rédigé au cours de sa première année de guerre des carnets relatant au jour le jour les évènements. Ses écrits, dont un choix est donné ici, constituent un remarquable témoignage de la vie quotidienne du soldat sur le front ou à l'arrière. Ils manifestent la volonté de leur auteur d'être irréprochable dans son engagement à libérer la patrie envahie. Socialiste, attaché aux valeurs de la dictrine de Jaurès, Alfred Roumiguières souligne maintes fois l'horreur de la guerre, mais l'Allemagne impériale ayant attaqué la France, il est partisan de l'Union sacrée et de la guerre patriotique jusqu'à la victoire... Après la guerre, Alfred Roumiguières et son épouse seront nommés à Castres où ils exerceront jusqu'à leur retraite.

314.          VARILLON (Pierre). Joffre. Fayard, 1956, fort in-12, 602 pp, 7 cartes, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale, ex. du SP

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"A l'image d'Epinal, représentant « le grand-père », bonasse, « d'esprit lent et presque endormi », passivement dirigé par son entourage, l'auteur a, avec raison, substitué le portrait d'une personnalité très puissante, très avertie, d'un grand bon sens, consciente de sa force, au sang-froid imperturbable, à la volonté inflexible, et d'esprit très fin sous ses apparences rustiques. Son désir de défendre et d'exalter son héros l'a entrainé à étudier à fond certains de ses actes et de ses décisions, et le livre est devenu, en fait, une copieuse biographie, précieuse pour le grand public, qui révéle les éminentes qualités de Joffre, le prestige qu'il exerça sur les Alliés et les difficultés que lui opposèrent plusieurs hommes politiques français, parmi les meilleurs..." (Général Lestien, Revue Historique) — "N'était-elle pas irritante, l'éternelle image de ce Joffre que nous présentaient – depuis Jean de Pierrefeu, dans son « Plutarque a menti » – nombre d'historiens, de ce généralissime amorphe et inactif au trop robuste appétit, gagnant la bataille de la Marne par sa passivité même. Si la vérité était toute différente, on le savait de longue date, la légende n'en avait pas moins la vie dure. C'est pourquoi on ne peut que féliciter Pierre Varillon de nous présenter dans sa pleine réalité la figure de ce Joffre, sinon le principal, du moins l'un des principaux artisans de la victoire alliée de 1918. Foch ne confiait-il pas au lieutenant-colonel Fabry, en avril 1917: « C'est le plus grand de tous ». Et c'est bien le sentiment que l'on éprouve en fermant cet important ouvrage. (...) Le général Joffre commande, coordonne, impose sa volonté. Il mène son jeu, déplace posément ses pions sur l'échiquier, brise ceux de ses commandants d'armée qui n'acceptent pas, ou mal, son autorité. D'où les affaires Lanrezac et Sarrail qui lui vaudront des inimitiés solides. D'où aussi, la victoire de la Marne... Celle-ci ne lui fera pas trouver grâce aux yeux des amis politiques du général Sarrail, qui soulèveront contre lui le pouvoir civil, désireux de s'assurer un contrôle effectif sur les milieux du grand Etat-Major. Joffre refusera cette intrusion dans le domaine purement militaire de la conduite des opérations. D'où les luttes continuelles avec le gouvernement au sein duquel les généraux Lyautey et Galliéni, successivement ministres de la guerre, jouent un rôle dont on regrette de constater qu'ils ne sortent pas grandis. A Joffre ne sera pas refusée l'auréole de la disgrâce. En pleine bataille de la Somme, sa promotion au maréchalat masque son éloignement de la conduite de la guerre. La France se prive volontairement d'un chef dont le prestige était immense et qui avait su imposer son autorité aux commandants de toutes les armées alliées. Le maréchal se retire à Paris, avec un état-major réduit – dont refuse de faire partie un collaborateur des toutes premières heures, le général Gamelin, qui argue « de sa carrière à faire » Il entre dans une demi-obscurité d'où il ne sortira que pour une mission triomphale aux Etats-Unis et où il obtiendra la coopération active de l'armée américaine. A Paris, les nouveaux grands chefs se tournent avec inquiétude vers lui. Le maréchal reçoit les visites de Pétain, de Foch, en son bureau de l'Ecole de Guerre, et une liaison régulière ne tarde pas à s'établir entre l'ancien généralissime et ses subordonnés de jadis, qui connaissent sa valeur, son bon sens, la sûreté de son jugement. Le peuple de Paris ne s'y trompera pas qui fera au vainqueur de la Marne une ovation formidable le jour du défilé de la victoire, comme à l'un des plus grands des serviteurs de la France. Intéressant, le livre de Pierre Varillon l'est à plus d'un titre. Mais il l'est surtout par la figure qu'il nous donne de ce grand homme de guerre, puissant, capable, honnête, trop honnête et qui aurait pu faire sienne la parole fameuse : « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis ... Je me charge de mes ennemis »." (Revue militaire suisse)

2ème GUERRE MONDIALE

 

315.          AMAURY (Philippe). De l'information et de la propagande d'Etat. Les deux premières expériences d'un "Ministère de l'information" en France. L'apparition d'institutions politiques et administratives d'information et de propagande sous la IIIe République en temps de crise (juillet 1939 - juin 1940). Leur renouvellement par le régime de Vichy (juillet 1940 - août 1944). (Thèse). P., LGDJ, 1969, fort in-8°, [10]-874 pp, préface de Pierre-Henri Teitgen, photos et documents, un tableau dépliant hors texte, index, reliure pleine toile bordeaux, dos lisse avec pièce de titre chagrin noir, bon état, envoi a.s.

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"Comme le souligne dans la préface M. le Pr. Pierre-Henri Teitgen, la thèse de doctorat en droit de M. Amaury nous offre un bel exemple d'étude « pluridisciplinaire ». Conçue à l'origine sur une base essentiellement juridique, la description des structures des services d'Information de « la drôle de guerre » et sur leur comparaison avec celles des organismes d'information et de propagande du gouvernement de Vichy, la recherche de M. Philippe Amaury s'est étendue à l'histoire de ces institutions et de ceux qui les ont dirigées. Il va sans dire que ce travail, qui a exigé trois années de patientes recherches, rendra de multiples services aux historiens de la presse et de la propagande, qui ne disposaient jusque-là d'aucun instrument solide. Pratiquement, l'auteur a lu tout ce qui, de près ou de loin, se rapportait à son sujet. L'inventaire des sources, qui n'occupe pas moins de dix pages (pp. 843-853) est particulierement suggestif. (...) L'ouvrage se divise en trois parties. La première couvre la période de la IIIe République finissante (pp. 11-72) ; la seconde le régime de Vichy (pp. 75-305) ; la troisième étudie les structures administratives de l'Information et de la Propagande (pp. 309-684), M. Philippe Amaury leur a consacré environ le tiers de sa thèse et il nous en a donné une analyse à la fois précise et fouillée. (...) On ne saurait trop recommander la lecture de cet ouvrage aux spécialistes de l'histoire de Vichy comme à ceux qu'intéressent les problèmes de la propagande politique. Encore que le sujet lui-meme fût austere, M. Philippe Amaury a su le rendre aussi vivant que possible : quelques portraits – Jean Giraudoux, Paul Marion, Philippe Henriot – sont particulièrement bien venus ; quelques anecdotes illustrent heureusement un texte dense et solidement structuré." (Claude Lévy, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1970)

316.          ANDERS (Général W.). Katyn. France-Empire, 1949, in-8°, 349 pp, traduction de Jean Sendy, broché, sans la jaquette, bon état

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Le crime de Katyn, c'est le massacre au printemps 1940 par le NKVD d'environ 15.000 militaires polonais internés en automne 1939. Le premier ouvrage récapitulant les enquêtes des autorités polonaises sur les fosses de Katyn et la responsabilité des soviétiques, par le général Wladyslaw Anders (1892-1970).

317.          ANDERS (Général Wladyslaw). Mémoires, 1939-1946. La Jeune Parque, 1948, in-8°, 478 pp, traduit du polonais, 16 photos hors texte, 7 cartes et plans, index, broché, bon état

            30

Mémoires de Wladyslaw Anders (1892-1970), général de l’armée polonaise, commandant en chef de l’armée polonaise en Union soviétique, puis au Moyen-Orient 1942-1945, sous l'autorité du chef suprême de l'armée polonaise, le général Wladyslaw Sikorski, puis du général Kazimierz Sosnkowski après la mort de Sikorski. L'Armée du général Wladyslaw Anders, libéré d'une prison russe, a été formée en 1942-43 en URSS après l'attaque allemande contre l'Union soviétique. Cette armée était composée des Polonais déportés en Sibérie entre septembre 1939 et mai 1941, « amnistiés » et relâchés en partie après l'accord Sikorski-Maïski, puis Sikorski-Staline scellant une nouvelle alliance polono-soviétique. L'Armée d'Anders composée de près de trois Divisions incomplètes (au total 75,000 hommes) est passée sous le commandement britannique en Iran et en Iraq. Elle a héroïquement lutté en Afrique et en Inde forte d'autres Polonais qui rejoignaient ses rangs en cours de route, remportant l'ultime victoire de Monte Casino, où repose aujourd'hui le général Anders. La majeure partie des survivants qui avaient vécu l'enfer soviétique de la terreur stalinienne, sont demeurés en exil après la guerre. Ses mémoires illustrent, avec amertume, ce qui sera appelé la "Trahison de l'Ouest". — Table : Année 1939, la guerre en Pologne ; Prisons ; L'armée polonaise en URSS ; L'armée polonaise au Moyen-Orient ; Combats du 2e corps polonais en Italie ; Après la capitulation allemande ; L'ombre de la Russie s'abat sur le monde. — "Le général Anders, qui avait fait la guerre 1914-1918 dans une unité russe de cavalerie, a commandé deux divisions polonaises dans la guerre de septembre 1939; il a été fait prisonnier par les Russes au moment ou il essayait de passer en Roumanie. Toute la première partie de l'ouvrage est remplie de souvenirs amers sur le sort réservé aux soldats polonais dans les prisons et les camps russes. Mais l'agression allemande contre l'URSS change les données du problème : Anders est alors nommé chef de l'armée que l'accord polono-soviétique du 14 aout 1941 doit permettre de constituer avec les soldats polonais détenus prisonniers en URSS. II se promène alors dans toute l'URSS – c'est la deuxième partie de l'ouvrage – à la recherche de ses soldats et se plaint de ne rencontrer que très peu d'aide de la part des autorités soviétiques, sans peut-être considérer suffisamment les difficultés que l'avance allemande leur imposait a ce moment. En définitive, les troupes furent envoyées aux environs de Tachkent, pour se reconstituer et s'entraîner, au début de l'année 1942 ; puis, en Iran, et enfin en Irak au cours de l'été de la même année, où elles sont armées et équipées par les Anglais. Toutes ces pages sont marquées d'un vif ressentiment à l'égard des Russes et coupées de remarques et de dures appréciations sur le régime soviétique, la politique de Staline, etc. Une extrême méfiance réciproque caractérise d'ailleurs les rapports polono-russes, même lorsqu'une grande cordialité de ton est apparente comme au cours des entretiens Sikorski-Staline, à Moscou, le 3 décembre 1943 (le compte rendu sténographié, très intéressant, figure dans l'ouvrage). 115.000 hommes furent ainsi évacués (le général Anders évalue à 1.500.000 personnes le nombre de Polonais déportés en Russie entre 1939 et 1941) ; à partir de septembre 1942, les Russes refusèrent de donner l'autorisation de nouveaux départs. Ils redoutaient probablement que ces troupes ne finissent par leur être opposées. (...) Le corps Anders, devenu le 2e corps polonais, combattit en Italie dans les rangs de la 8e armée britannique à partir de mars 1944. Son chef raconte par le menu, avec beaucoup de précision, son rôle dans la campagne. Le corps participa d'abord, avec éclat, à la prise du mont Cassin (mai 1944); puis, à partir de juin 1944, il prend position sur le front de l'Adriatique avec mission de prendre Ancone, ce qui fut fait le 18 juillet 1944. (Ces succés furent obtenus alors que, depuis le discours de Churchill du 22 février 1944, les Polonais savaient que les Alliés ont abandonné aux Russes l'est de la Pologne en acceptant le tracé de la « ligne Curzon »). Le général Anders donne quelques précisions sur la Résistance intérieure polonaise..." (Henri Michel, Cahiers d'histoire de la guerre, 1950)

318.          BIDAULT (Suzanne). Souvenirs de guerre et d'occupation. La Table Ronde, 1973, in-8°, 259 pp, broché, bon état

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Mémoires de Suzanne Borel-Bidault : « L'armée française était à l'image des Français : des veaux, déjà des veaux. Du moins une majorité de veaux. Car, n'en déplaise aux tristes auteurs du film : Le Chagrin et la pitié, je découvris peu à peu entre ces veaux et le nombre infime de résistants de choc, une minorité importante de gens tranquilles, civils et militaires, qui à toute occasion devenaient nos complices. S'ils ne nous avaient pas cachés, s'ils n'avaient pas recueilli et dissimulé nos papiers, s'ils ne s'étaient pas tus sur ce qu'ils pouvaient savoir de nos activités, nous n'aurions pas fait tout ce que nous avons pu faire – et je ne parle pas seulement des paysans et d'ouvriers, mais de bourgeois cossus, d'aristocrates réactionnaires. Seulement, dans ces premiers mois, je n'avais pas su les distinguer : je ne voyais que les intrigants, les jouisseurs et les traîtres, et c'était horrible. » (p. 99-100)

319.          BLESY (Louis). La Résistance à Sevran. Municipalité de Sevran et Comité local des Anciens combattants de la Résistance (ANACR), 1989, pt in-8°, 148 pp, 27 photos, annexes, chronologie, broché, bon état

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Né à Béziers en 1910, Louis Blesy rejoint en 1937 les brigades internationales et participe à plusieurs combats aux côtés des républicains espagnols jusqu'à la bataille de l'Ebre. Prisonnier de guerre en 1940, il s'évade et rejoint la France libre après un périple de près de 300 km à pied. Il intégre le mouvement de résistance des Francs-Tireurs partisans (FTP) et en devient l'un des dirigeants sous le nom de colonel Granville. En janvier 1944, il prend le commandement militaire de la région Provence et conduit les opérations de sabotage et de guérillas jusqu'à la Libération. Après 1945, Louis Blesy-Granville intégre l'armée active. Il a publié en 1989 « la Résistance à Sevran » aux Editions municipales. Commandeur de la Légion d'honneur, croix de guerre, médaillé de la Résistance et des Evadés, Décédé en 2004 à l'âge de 93 ans, Louis Blesy-Granville restait l'un des derniers compagnons de la Libération en région parisienne.

320.          BLUMENSON (Martin). Duel pour la France. 1944. Denoël, 1963, in-8°, 415 pp, 12 pl. de photos hors texte, 4 cartes à pleine page, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Ce livre traite des mois qui suivirent le débarquement allié en Normandie. M. B. retrace ici la campagne de France de l'été 1944. Il évoque avec précision le comportement des chefs et des troupes en présence avant que la victoire alliée n'apparaisse comme irréversible, et critique de façon assez systématique les initiatives du commandement français, notamment dans la lutte pour la libération de Paris." (Revue française de science politique, 1964)

321.          BRISSAUD (André). La Tragédie de Vérone. Grandi et Ciano contre Mussolini, 1943-1944. Perrin, 1971, in-8°, 396 pp, 16 pl. de photos hors texte, annexes documentaires, sources, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Pourquoi Mussolini a-t-il fait exécuter, en 1944, son gendre le comte Ciano, ministre des Affaires étrangères d'Italie ? — La tragédie de Vérone... C'est un drame réel qui aurait pu être imaginé par Shakespeare. Les personnages ? D'abord Mussolini, le dictateur de l'Italie depuis vingt et un ans ; sa femme, Rachele, terrible paysanne romagnole aux prémonitions extraordinaires ; leur fille, Edda, la préférée du Duce ; le comte Galeazzo Ciano, mari d'Edda, ministre des Affaires étrangères jusqu'en 1943 puis ambassadeur au Vatican. Ciano, c'est Brutus qui va payer de son sang sa décision courageuse de s'opposer à César. Autour des membres de cette famille italienne, des personnages importants du régime fasciste. Tout d'abord le comte Dino Grandi, grande figure politique du XXe siècle, fasciste de la première heure, qui pose le problème : « Faut-il éliminer le fondateur du fascisme pour sauver la patrie en danger ? » Il sera le meneur de jeu de la dramatique nuit du Grand Conseil Fasciste (24-25 juillet 1943), appuyé par Ciano, Bottai et d'autres. Dans un clan opposé, il y a des hommes comme Carlo Scorza et Farinacci, puis il y aura les « ultras » comme Pavolini et Buffarini qui participeront à la fondation de la République Sociale italienne, monteront de toutes pièces le procès de Vérone et l'exécution de cinq condamnés...

322.          CLERGEAU (Michel) et Henri RIVIERE. La Résistance dans le canton de La Ferté-Saint-Aubin, 1940-1945. De l'Occupation à la Libération, des témoins racontent... ACSPF (Association pour la connaissance et la sauvegarde du patrimoine fertésien), 2005, gr. in-8°, 203 pp, 108 photos, une carte volante en couleurs, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Les grands faits de la Résistance en Sologne. Recueil de dizaines de témoignages, ce livre retrace la vie de tous les jours des fertésiens qui n’ont pas accepté de baisser les bras en résistant à l’occupant. L'ouvrage raconte aussi l'enchaînement des faits qui a conduit de jeunes étudiants parisiens à venir en Sologne et comment quarante et un d'entre eux, non armés, ont été massacrés au By et au Cerfbois. Les autres ont été déportés ou ont continué le combat avec la Résistance locale, allant pour certains jusqu'en Allemagne ou en Italie, avec les troupes des alliés jusqu'à la victoire finale de 1945. Ce livre a obtenu une mention spéciale exceptionnelle du jury du Prix Littéraire de la Résistance 2006 décernée par le Comité d’Action de la Résistance.

323.          DE GAULLE. Les principaux appels et discours du Général de Gaulle, 1940-1943. [Alger], Office français d’édition, s.d. (1943), in-8°, 77 pp, agrafé, pt tache au niveau de l'agrafe, bon état. Edition rare

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324.          DE GAULLE (Charles). Discours et Messages. Plon, 1970, 5 vol. in-8°, xlix-677, xliii-662, xxxiii-443, xxvi-457 et xxviii-418 pp, aide-mémoire chronologique, carte en couleurs en pages de garde du tome I, reliures skivertex bleu de l'éditeur, rhodoïds, bon état. On joint le prospectus publicitaire de l'éditeur (8 pp avec 5 photos du général à diverses époques)

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Complet en 5 volumes : en 1970 paraît à la librairie Plon « Pendant la guerre », premier tome des “Discours et Messages” rassemblant les principaux discours du général de Gaulle du 18 juin 1940 au 20 janvier 1946. Le second tome « Dans l’attente » (janvier 1946-mai 1958) paraît le 21 mai 1970. Le troisième intitulé » Avec le renouveau » (mai 1958-juillet 1962) est publié le 18 juin, le suivant « Pour l’effort » (août 1962-décembre 1965) paraît le 3 juillet. Enfin, « Vers le terme », cinquième tome couvrant les années 1966 à 1969, est présenté le 1er septembre.

325.          DE GAULLE (Charles). Lettres, Notes et Carnets. Juin 1940 - Juillet 1941. Plon, 1981, in-8°, 521 pp, index, reliure skivertex bleu de l'éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

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Le troisième volume de cette édition rassemble les Lettres, Notes, et Carnets rédigés par la plume magnifique du Général de Gaulle pendant les années 1940 et 1941, au moment où son destin devint celui de la France. L'édition des Lettres, Notes et Carnets permet de trouver, par ordre chronologique, une sélection de lettres familiales ou officielles, les télégrammes personnels ou gouvernementaux, les travaux, minutes, directives, billets, récits et brouillons divers écrits par le général de Gaulle et recueillis par son fils, l'amiral Philippe de Gaulle. En étudiant, déchiffrant et finalement en publiant ces manuscrits inédits, le fils du Général nous permet d'apprécier le talent d'écrivain de son père, et de découvrir "l'homme qu'il était véritablement (chef militaire ou homme d'Etat assurément, homme politique souvent et politicien jamais) et comment il s'est toujours efforcé de faire face aux événements de notre Histoire au mieux des intérêts de Français" (Avant-propos de Philippe de Gaulle). Ce troisième volume rassemble les manuscrits rédigés par le Général de Gaulle durant les premières années de la Résistance des années 1940 et 1941.

326.          DE GAULLE (Charles). Mémoires de guerre. Plon, 1969-1971, 3 forts vol. in-8°, 680, 712 et 653 pp, 13 cartes en couleurs sur 3 dépliants hors texte, reliures pleine toile bleue, blanche et rouge de l'éditeur, titres dorés aux 1er plats et aux dos, rhodoïds (un peu abîmés), bon état

            60

Tome I : L'Appel, 1940-1942. Tome II : L'Unité, 1942-1944. Tome III : Le Salut, 1944-1946. — "Lorsqu'on a refermé ce volume, deux impressions se détachent d'abord et dominent toutes les autres : l'extrême beauté du style, et la science extraordinaire du récit qui de toute une série d'événements dans l'ensemble connus réussit à faire une palpitante aventure. Ces deux éléments sont d'ailleurs intimement mêlés, et le général de Gaulle, comme tout grand écrivain classique, n'utilise ni procédés ni artifices. Une étonnante sobriété, une précision absolue et exigeante dans le choix des termes, un sens de l'harmonie qui se retrouve dans la composition des phrases comme dans celle des chapitres, une majesté naturelle sans la moindre emphase, tout cela place d'emblée ce premier volume fort au-dessus, sur le plan littéraire, des autres mémoires d'hommes politiques ou de militaires français de la première ou de la seconde guerre mondiale. (...) Mais on ne saurait se borner à tirer de ce livre des émotions de caractère esthétique, ou à le lire comme un récit constamment poignant. Il nous apporte d'abord des renseignements historiques, et une interprétation des événements. Il nous donne ensuite sur la personnalité du général des renseignements extrêmement précieux, d'autant plus qu'ils proviennent d'un homme dont le moins qu'on puisse dire est qu'il se livre habituellement peu. (...) Dans ce livre, il y a plus de modestie qu'on ne l'eût cru à priori : « Je m'apparaissais à moi-même, seul et démuni de tout, comme un homme au bord d'un océan qu'il prétendrait franchir à la nage [p. 67] ... Devant le vide effrayant du renoncement général, ma mission m'apparut, d'un seul coup, claire et terrible. En ce moment, le pire de son histoire, c'était à moi d'assumer la France ». Cette idée de mission, ce mélange de grandeur et de consciente humilité, donnent une allure déconcertante au personnage dans le jeu des événements ordinaires. Il était fait pour le drame..." (Jean-Baptiste Duroselle, Revue française de science politique, 1955)

327.          DIAMANT (David). Combattants, héros et martyrs de la Résistance (Biographies, dernières lettres, témoignages et documents). Editions Renouveau, 1984, gr. in-8°, 315 pp, 15 planches de portraits, illustrations et fac-similés hors texte, index biographique, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Nouvelle édition augmentée, revue et corrigée de "Héros juifs de la Résistance française" (1962).

328.          DRONNE (Raymond). La Libération de Paris. Presses de la Cité, 1970, fort in-8°, 345 pp, 8 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

... Le 22 août, le général Leclerc reçoit l'ordre de marcher sur Paris. Le 23, la 2e DB est en route vers Chartres et Rambouillet, épaulée par la 4e division d'infanterie américaine. Le lendemain soir, une foule en liesse accueille à l'Hôtel de Ville un détachement blindé commandé par le capitaine Dronne. Au matin du vendredi 25 août, les chars Sherman de Leclerc entrent dans Paris en trois colonnes par le sud et l'ouest, rejoints par les FFI. A midi, le drapeau français flotte sur la tour Eiffel...

329.          DU MOULIN de LABARTHETE (Henry). Le Temps des illusions. Souvenirs (Juillet 1940 - Avril 1942). A l'enseigne du Cheval Ailé, 1946, in-8°, 436 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

            30

Par l'homme de confiance et l'éminence grise du maréchal Pétain, du moins pendant l’année 1940 et la première moitié de 1941. — "Auteur d’un ouvrage, 'Le temps des illusions', où il se donne souvent le beau rôle, largement utilisé par tous les historiens de la période en raison de sa précision et de sa hauteur de vue, Du Moulin est un esprit « extrêmement brillant », ainsi que le précise Joseph Barthélemy dans son ouvrage 'Ministre de la Justice, Vichy 1941-1943'. Aimant l’intrigue, exerçant une forte influence sur le maréchal qu’il a bien connu à l’ambassade d’Espagne avant la guerre, il demeure un personnage ambigu, malgré la constance de ses convictions antiallemandes. Très fidèle au maréchal Pétain, ennemi du Paris de la collaboration, il est l’un des inspirateurs des grands thèmes de la Révolution nationale. Son brio tant à l’écrit qu’à l’oral, sa faconde gasconne séduisent infiniment le maréchal qui l’a vu à l’œuvre. Et qui connaît ses convictions religieuse, nationaliste et antiparlementariste. Bref les deux hommes se sont reconnus parce qu’ils partagent la même idéologie malgré la différence d’âge..." (Philippe Valode, Les hommes de Pétain, 2013)

330.          DUCELLIER (Jean-Pierre). La guerre aérienne dans le Nord de la France. Les raids de l'aviation alliée sur le Nord, l'Artois, la Picardie, le Pays de Caux, la région parisienne. 18 février 1944. « Jéricho », les secrets du bombardement de la prison d'Amiens. Abbeville, F. Paillart, 2002, gr. in-8°, 757 pp, nombreuses illustrations (photos, croquis, cartes), biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            50

"Depuis plus de 50 ans, le mystère de ce raid aérien spectaculaire était resté total. Comme il en a maintenant l'habitude, l'auteur s'est plongé dans les archives britanniques, françaises et alliées pour reprendre toute la genèse de cette extraordinaire épopée et va ainsi nous la décrire dans ses moindres détails depuis sa conception jusqu'à ses ultimes conséquenses..." (4e de couverture)