Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 364 – Janvier 2017

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  Aérostation – JOBÉ (Joseph). Au Gré des Vents. Histoire illustrée des ballons libres. Lausanne, Edita, 1971, in-4° (25,5 x 30), 203 pp, 29 documents en couleurs, 177 illustrations en noir, biblio, reliure pleine toile éditeur, titre doré au dos et motif de ballon doré au 1er plat, jaquette illustrée, sous étui carton, très bon état

            80

Superbe ouvrage. Ce livre décrit la réalisation du rêve le plus ancien de l'humanité : la conquête du ciel. La sensationnelle découverte des frères Montgolfier en 1783 ouvre la voie à l'aventure des ballons libres... L'histoire passionnante des « plus légers que l'air » ... racontée par ceux qui l'ont faite.

2.                  Aérostation – LA VAULX (Jacques, comte de). Histoire des montgolfières de 1783 à nos jours. Versailles, Chez l'Auteur, 1988, gr. in-8°, xii-160 pp, préface du duc de Castries, avant-propos de Madame Dorigny, 8 pl. de photos en couleurs hors texte, 20 illustrations en noir, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, un des 1000 ex. numérotés (seul tirage)

            30

Grandeur et décadence des montgolfières ; La renaissance des montgolfières sous leur forme moderne : leurs possibilités, leur extension.

3.                  AMALVI (Christian)(dir.). Dictionnaire biographique des historiens français et francophones. De Grégoire de Tours à Georges Duby. P., La Boutique de l'Histoire, 2004, gr. in-8°, xxvi-366 pp, 350 notices biographiques, biblio, index, broché, bon état

            20

Dans tous les domaines de l'art et de la culture, le grand public dispose aujourd'hui d'excellents dictionnaires rédigés par les meilleurs experts : dictionnaires des écrivains, des philosophes, des architectes, des peintres, des sculpteurs, des compositeurs, des cinéastes, des acteurs, etc. En revanche, il n'existait pas encore, du moins en langue française, de répertoire collectif des historiens français et francophones. Par une sorte d'étrange paradoxe, ceux qui depuis environ quinze siècles écrivent l'histoire des autres en sont injustement dépourvus. Précisément en ce domaine-là, pourquoi les cordonniers seraient-ils condamnés à être les plus mal chaussés ? Certes, il est aisé de retrouver dans les grandes encyclopédies et les ouvrages spécialisés les traces bio-bibliographiques de grands auteurs – Montesquieu, Voltaire, Lamartine et Tocqueville, par exemple – qui furent aussi de brillants historiens, et celles d'historiens célèbres, reconnus pour leurs dons littéraires : Michelet, Marc Bloch, Lucien Febvre, Fernand Braudel, Georges Duby entre autres. Cependant ces noms représentent de grands arbres, dont les abondantes frondaisons cachent une profonde futaie peuplée d'essences rares – des chroniqueurs du Moyen Age aux chercheurs contemporains en passant par les humanistes, les Antiquaires, les prophètes romantiques, les érudits, sans oublier de talentueux vulgarisateurs (hommes politiques et journalistes notamment) – qui méritaient d'être identifiées par le grand public. Pour dresser une carte topographique inédite de ce Territoire des historiens, aussi représentative que possible de toutes les manières de Faire de l'histoire dans la très longue durée, Christian Amalvi a eu recours au talent des meilleurs spécialistes choisis parmi les universitaires (du collège d'enseignement secondaire au Collège de France) et les chartistes. Ensemble, ils proposent rétrospectivement à tous ceux qui ont le goût de l'histoire une sorte de Lieu de mémoire riche de près de 350 notices biographiques d'historiennes et d'historiens français et francophones, appartenant à toutes les écoles de Clio, dont les parcours contrastés s'échelonnent des Temps mérovingiens au troisième millénaire, soit une histoire culturelle sans fin.

4.                  AMALVI (Christian)(dir.). Ombres et lumières du Sud de la France. Les Lieux de mémoires du Midi. Les Indes savantes, 2015-2016, 2 vol. gr. in-8°, 359 et 526 pp, 177 planches de photos en couleurs hors texte, biblio, index, brochés, couv. illustrées, bon état

            50

Le triomphe de Tartarin de Tarascon d'Alphonse Daudet en 1872 a contribué à diffuser dans l'hexagone une vision négative des Méridionaux considérés comme des bavards, des vantards, des paresseux, des pleutres. Or, d'Alexandre Dumas à Edmond Rostand, au XIXe siècle, le Midi a souvent été identifié à la bravoure et à la bonne humeur des Gascons d'Artagnan et Cyrano de Bergerac, incarnations universelles du génie national. Néanmoins, cet ouvrage collectif ne se limite pas à l'inventaire général de stéréotypes critiques sur le grand Sud de la France, mais s'efforce d'expliquer sereinement, à travers l'évocation de ses lieux emblématiques, de la conquête du Languedoc au XIIIe siècle au troisième millénaire, la construction politique des Mémoires plurielles du Midi et l'élaboration, entre l'Atlantique et la Méditerranée, d'un grand atelier d'expérimentation sociale et de création artistique : "Sous le soleil exactement"

5.                  BAINVILLE (Jacques). Histoire de deux peuples, continuée jusqu'à Hitler. Fayard, 1947, in-12, 252 pp, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            20

Histoire des rapports entre la France et l'Allemagne. L'ouvrage se présente comme une longue réflexion sur l'évolution respective des deux peuples. À chaque époque, Bainville rappelle les constantes de l'Histoire. Dans des démonstrations rigoureuses, étayées par des textes, il donne de magistrales leçons de politique. Le bon sens revendiqué par Bainville fonde en effet la paix en Europe sur l’équilibre des puissances. Un équilibre qui ne peut qu’être rompu par l’unité allemande, qu’il convient donc d’empêcher... — Table : La monarchie héréditaire des Capétiens et l'anarchie allemande ; Les traités de Westphalie ; La France entre la Prusse et l'Autriche ; La Révolution et l'Empire prépare l'unité allemande ; « La politique que le peuple élaborait depuis 1815 » nous conduit à Sedan ; La catastrophe ; Le réveil de la Walkyrie. — "Tout s'est passé, hélas, comme Jacques Bainville l'avait prévu. Pourquoi ne l'a t-on pas écouté ?" (Maurras) — "M. J. Bainville nous offre une réédition de son Histoire de deux peuples continuée jusqu'à Hitler. L'éloge n'est plus à faire d'un volume désormais classique, où est exposée, avec cette lucidité qui est la marque propre de l'esprit de M. J. Bainville, l'évolution parallèle de la France et de l'Allemagne au cours des siècles. Etude des causes et des effets, qui dénote un sagace esprit politique, livre de haute sagesse et de profonde pénétration, que chacun devrait lire et méditer. L'édition nouvelle est heureusement complétée par deux chapitres sur la guerre et l'Allemagne d'après-guerre qui achève d'éclairer jusqu'à nos jours cette passionnante et tragique « histoire de deux peuples »." (B. Combes de Patris, Revue des études historiques, 1933)

6.                  BOISARD (Pierre). Le Camembert, mythe national. Calmann-Lévy, 1992, in-8°, 296 pp, 8 pl. de photos en noir et en couleurs, notes, broché, couv. illustrée, dos fripé, état correct

            20

Le camembert, emblème de la France, serait né sous la révolution des « amours » d’une fermière, Marie Harel, et d’un prêtre réfractaire. Pierre Boisard, sociologue – et grand amateur de camembert –, conte le récit légendaire des origines de ce fromage, véritable mythe moderne. L’auteur déroule l’étonnant parallèle entre les vicissitudes du fromage normand et celles de la nation. Il nous entraîne du palais des Tuileries aux tranchées de la Grande Guerre, où le camembert a vécu certains des plus grands moments de l’histoire de France. Pour la première fois, nous pénétrons dans l’univers secret et pittoresque des fromageries augeronnes des années vingt. Nous vivons en direct l’évolution et les crises de ce monde qui, comme la France, hésite entre tradition et modernité. Pierre Boisard met ainsi à jour les ressorts de l’identification de la France et du camembert et, auscultant sa pâte savoureuse, pénètre dans l’intimité de la nation française.

7.                  Catalogue d'exposition. Italies. Peintures des musées de la région Centre. Somogy, 1996, in-4°, 431 pp, texte sur 2 colonnes, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, index des provenances, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

En 1992 a débuté une vaste enquête portant sur l'ensemble des collections de peintures italiennes conservées dans les musées de la région Centre. Aujourd'hui, cet ouvrage restitue le travail de recherche de toute une équipe scientifique sur ces collections publiques et révèle un ensemble de près de cinq cents oeuvres, importantes, peu étudiées, parfois exilées dans les réserves et oubliées des spécialistes. Des primitifs jusqu'au XIXe siècle, une découverte.

8.                  CHAPONNIÈRE (Corinne). Le Mystère féminin ou vingt siècles de déni de sens. Oivier Orban, 1989, gr. in-8°, 287 pp, 8 pl. de gravures hors texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le corps féminin n'existe que dans le sens que lui donne le regard masculin...

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Collection Epopées et légendes. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1920-1955, volumes pt in-8°, brochés, couv. illustrées. Nous disposons des volumes suivants :

 

9.                  BÉDIER (Joseph). Le Roman de Tristan et Iseut, renouvelé par Joseph Bédier. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1955, pt in-8°, xiii-220 pp, broché, couv. illustrée, pt mque au dos, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            20

10.              DES OMBIAUX (Maurice). Le dernier des paladins. Don Juan, fils de Charles-Quint. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1926, pt in-8°, 201 pp, ornementation dessinée par Paul de Pidoll, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

Don Juan d'Autriche (1545-1578).

11.              DEVENS (André). Le Roman de l'émir Séif, d'après les anciens textes orientaux. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1925, pt in-8°, xi-232 pp, ornementation dessinée par Paul Zenker, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

L'émir Abou'l Hassan Ali Séif Eddauleh ibn Hamdan naquit à Mossoul en 916 de notre ère et mourut dans Alep, sa capitale, en 969, après avoir mené la vie la plus chevaleresque qui se puisse concevoir.

12.              FIRDOUSI (Abou' Lkasim). Le Livre de Feridoun et de Minoutchehr, rois de Perse, d'après le Shah-Nameh. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1924, pt in-8°, xlvii-272 pp, traduction de Jules Mohl, ornementation dessinée par Paul Zenker, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

13.              GERBERT de MONTREUIL. Le Roman de la Violette, renouvelé par Gonzague Truc. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1931, pt in-8°, 172 pp, bandeaux et lettrines très ornés (ornementation spécialement dessinée par Paul de Pidoll), broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

Le Roman de la violette ou de Gérard de Nevers est un roman d'aventure, écrit entre 1227 et 1229 par Gerbert de Montreuil et dédié à Marie, comtesse de Ponthieu. Le roman est bâti sur le pari que fait un chevalier, le comte Lisiard de Forez, de séduire Euriaut, la dame aimée par le comte Gérard de Nevers qui en vante la beauté et la fidélité. Lisiard découvre, en interrogeant une méchante vieille, qu'Euriaut porte depuis la naissance sur son sein une marque, une violette, dont Gérard connaît seul l'existence : il se targue, sur cette preuve, d'avoir gagné son pari. Le roi Louis, à la cour duquel appartiennent les chevaliers, malgré la sympathie qu'il éprouve pour Gérard, est lui-même frappé par le récit de Lisiard. Malgré son innocence Euriaut est déclarée infidèle, et le comté de Nevers, enjeu du pari, devient la propriété du conte Lisiard. Gérard emmène sa dame dans la forêt pour lui trancher la tête mais il est attaqué par un serpent monstrueux... — "Renouvellement fort agréable..." (Mario Roques, Romania, 1932)

14.              GOJON (Edmond). La Légende de Barberousse, roi d'Alger. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1928, pt in-8°, 171 pp, ornementation de Paul Zenker, biblio, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Epopées et légendes)

            25

15.              GUYOT (Ch.) & E. WEGENER. Le Livre des Vikings, d'après les anciennes sagas. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1924, pt in-8°, (6)-199 pp, ornementation de Gerda Wegener, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

16.              GUYOT (Charles). La Légende de la Ville d'Ys, d'après les anciens textes. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1936, pt in-8°, 149 pp, toute l'ornementation de l'ouvrage a été spécialement dessinée par H. Sworykine, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

"Une des légendes les plus répandues en Bretagne est celle d'une prétendue ville d'Ys qui, à une époque inconnue, aurait été engloutie par la mer. On montre à divers endroits de la côte, l'emplacement de cette cité fabuleuse, et les pêcheurs nous en font d'étranges récits. Les jours de tempête, assurent-ils, on voit, dans le creux des vagues, le sommet des flèches de ses églises ; les jours de calme on entend monter de l'abîme le son de ses cloches, modulant l'hymne du jour." (Ernest Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse) — "M. Charles Guyot est si bien parvenu à redonner à la légende l'étonnante grandeur que lui insufflait l'aura des vieux rapsodes, qu'on prendrait son œuvre, « la Légende de la Ville d'Ys », pour une traduction d'un poème bardique." (L'Ouest-Eclair, 29 juillet 1928)

17.              HEROLD (A.-Ferdinand). La Vie du Bouddha, d'après les textes de l'Inde ancienne. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1926, pt in-8°, 253 pp, broché, couv. illustrée, dos lég. abîmé recollé, état correct (Coll. Epopées et légendes)

            20

La Vie du Bouddha qu'on va lire n'est pas une œuvre de fantaisie, et je crois bon d'indiquer les principaux parmi les livres, anciens ou modernes, que j'ai consultés. J'ai, le plus souvent, suivi le Lalita-Vistara. Il y a du fatras dans ce livre où se mêlent aux récits légendaires les dissertations scolastiques. Là pourtant nous ont été gardées de précieuses traditions sur les origines du héros, sur son enfance, sur sa jeunesse ; on nous apprend comment il fut élevé, on nous raconte quelles furent ses premières actions. J'ai fait grand usage aussi d'un poème excellent, le Bouddhacarita d'Açvaghosha. Dans quelques chapitres j'en ai reproduit les termes presque littéralement. Le texte du Bouddhacarita a été édité par E.-B. Cowell. J'ai introduit dans le livre plusieurs jâtakas. Ce sont des contes où le Bouddha rappelle ses vies antérieures. On en trouvera un certain nombre dans un vaste recueil, l'Avadânaçataka. Deux ouvrages modernes : Le Bouddha, de M. H. Oldenberg, traduit par M. A. Foucher, et l'Histoire du Bouddhisme dans l'Inde, de M. H. Kern, traduite par M. Gédéon Huet, m'ont aussi beaucoup servi ; de même différents travaux, imprimés dans des revues scientifiques. Ainsi, pour l'émouvante histoire de Viçvantara, j'ai mis à profit une version sogdienne, publiée dans le Journal asiatique, par R. Gauthiot. Enfin, je ferais preuve de la pire ingratitude si je ne remerciais publiquement mon vieil Sylvain Lévi des affectueux conseils qll'il m'a sans cesse prodigués. Et puisse le lecteur prendre intérêt à la merveilleuse aventure du prince Siddhârtha qui sut, par la méditation, découvrir la suprême sagesse. (A.-F. Herold, avertissement)

18.              MAGALI-BOISNARD. Le Roman de Khaldoun. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1930, pt in-8°, 176 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

"La vie agitée d'un gentilhomme arabe du XIVe siècle, instable et perfide, subtil, courageux et passionné, qui chercha les joies du pouvoir et de la liberté sur toutes les pistes du monde musulman au sud de la Méditerranée entre Grenade, Biskra, Le Caire et Damas et qui, entre la quarante-deuxième et la cinquantième année, écrivit l'ouvrage qui a fait de lui le grand historien du Maghreb. Lecture agréable. Tableaux brefs, bien dessinés, de riche couleur." (Henri Clouard, La Quinzaine critique des livres et des revues, 1930)

19.              MARCHAND (Jean). Le Roman de Jean de Paris, renouvelé par Jean Marchand. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1924, pt in-8°, x-255 pp, imprimé en 2 couleurs, décorations et illustrations de B. Zworykine d'après les éditions illustrées du XVIe siècle, biblio, broché, couv. illustrée rempliée, pt mque au dos, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

"Voici que nous recevons de M. Jean Marchand une charmante adaptation en français moderne de cet agréable petit conte qu'est le “Roman de Jehan de Paris”. Le volume, imprimé avec un luxe de bon aloi et agrémenté de jolies reproductions de gravures et de vignettes du XVIe siècle, sera fort apprécié des lecteurs que rebuterait la langue de l'original, qui est de l'extrême fin du XVe siècle. Le « renouveleur » avoue qu'il a pris quelques libertés avec l'original ; il semble qu'à l'ordinaire il l'ait fait avec discrétion. Tout de même il a peut-être poussé de-ci de-là un peu loin son désir d'atténuer le mot cru. Mais c'est un excellent début, qui témoigne d'un goût délicat." (L. Halphen, Revue historique, 1925)

20.              PAUPHILET (Albert). La Roue des fortunes royales ou la Gloire d'Artus, empereur de Bretagne, d'après les anciens textes. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1925, pt in-8°, xvi-128 pp, bandeaux et lettrines ornés (ornementation spécialement dessinée par Paul de Pidoll), broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

"Cet agréable sommaire de la légende d'Artur pourra servir d'introduction à la lecture des romans arthuriens, latins et français." (Romania, 1926)

21.              RICHARD (M.). Le Chant de Hiawatha, d'après les légendes peaux-rouges recueillies par H.-W. Longfellow. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1927, pt in-8°, viii-201 pp, ornementations dessinées par H. Zworykine, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            30

L'ouvrage renvoie à l'histoire légendaire de la ligue des nations iroquoises. Le pacifisme mystique de ces « grecs américains » avait séduit Longfellow (Le chant de Hiawatha, 1855). Selon la tradition, le prophète Deganawida réussit à établir la paix entre les cinq tribus iroquoises après un songe (vers 1450 ?, 1570 ?). Son disciple, Hiawatha, entreprit une longue ambassade pour fédérer les tribus...

22.              ROTH (Georges). La Geste de Cûchulainn. Le héros de l'Ulster. D'après les anciens textes irlandais. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1927, pt in-8°, xii-175 pp, ornementation dessinée par Paul de Pidoll, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

Les aventures du plus célèbre des héros irlandais : le terrible Cuchulainn. Témoins d'une immense tradition orale celtique, les mythes irlandais ouvrent une fenêtre passionnante sur les croyances, la société et la culture des Celtes protohistoriques.

23.              ROUGER (Gustave). Le Roman d'Antar, d'après les anciens textes arabes. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1926, pt in-8°, v-182 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

La littérature arabe ancienne est marquée par des légendes, des contes, des récits. Avant l’advenir de l’Islam, cette littérature n’a pas été écrite, mais existait en forme orale, transmise de génération en génération. Parmi les héros les plus marquants des histoires de cette époque préislamique est le grand cavalier-poète, guerrier et protecteur de femmes, Antar. Antar est né d’une mère esclave, noire, et n’est pas reconnu par son père jusqu’à ce qu’il démontre d’une façon incontestable, contre toute espérance, qu’il est un cavalier redoutable. Cet homme, devenu légendaire, vit encore aujourd’hui grâce à la littérature populaire, et son histoire, le Roman d'Antar, a traversé les siècles, d’abord en forme orale, puis écrite. Le Roman d'Antar est devenu connu des Européens à partir de la fin du XVIIIe siècle ; en 1801 Joseph Von Hammer a découvert au Caire un manuscrit complet du roman dont la première moitié datait du XVe siècle, tandis que la deuxième moitié était plus récente . Terrick Hamilton a fait une traduction vers l’anglais en 1820, d’une version syrienne abrégée du roman. L'épisode racontant la mort de Antar était très admirée par Lamartine. Le compositeur russe Rimsky Korsakov s’est inspiré de la légende d'Antar pour composer une œuvre musicale en 1868 ; au début du vingtième siècle, Gabriel Dupont a composé un opéra basé sur la vie d'Antar. En 1923, Rouger a publié à Paris “Le Roman d’Antar d’après les anciens textes arabes”. En 1954, Cedric Dover s’est intéressé à l’histoire d'Antar comme un exemple ancien de littérature noire. En 1978 Diana Richmond a repris le travail de Terrick Hamilton, Devic et Gustave Rouger pour une version abrégée en anglais. En 1980, H. T. Norris a fait une traduction partielle du roman en anglais... — "En Occident, l’épopée de Antara n’est connue aujourd’hui pratiquement que des spécialistes de la littérature arabe. Pourtant, même si ses premières traductions en langues européennes virent le jour bien après celle des Mille et une Nuits, elle fut considérée par de nombreux arabisants occidentaux comme étant supérieure aux Mille et une Nuits et intéressa de nombreux intellectuels occidentaux tout au long du 19e siècle. La geste en question est connue du public européen dès 1777 grâce à la “Bibliothèque universelle des romans”, mais c’est au siècle suivant que les traductions et les études qui la concernent fleuriront, lorsque les premières versions manuscrites achetées à des conteurs locaux sont ramenées en Europe. Dès 1819 paraît “Antar, a Bedouin Romance”, une traduction partielle de l’épopée effectuée par T. Hamilton. La même année sort en français un ouvrage anonyme intitulé de la même manière, “Antar roman bédouin”, publié par Bertrand. En 1836, Fulgence Fresnel, qui a vécu en Orient, se penche à son tour sur l’épopée d’Antar, dont il traduit des extraits, dans ses Lettres sur l’Histoire des Arabes avant l’islamisme. En 1848, Gustave Dugat publie dans le Journal Asiatique la traduction d’un autre épisode de la geste, “Antar en Perse ou les chamelles açâfir”. En 1864 paraît une autre traduction, “Les aventures d’Antar fils de Cheddad”, due à L. M. Devic. La même année, Alphonse de Lamartine publie un petit essai sur le poète arabe, sobrement intitulé “Antar”, dans lequel, après un long avant-propos sur le sens de l’Histoire, puis une série de considérations romantiques sur l’esprit nomade, il narre la biographie du héros. Quelques années plus tôt, le même Alphonse de Lamartine avait offert une place de choix à Antar, à côté d’Homère, Socrate, Cicéron et Rustem, dans sa “Vie des grands hommes” éditée en 1856. En 1868 paraît “Aventures d’Antar : roman arabe”, une autre traduction partielle de l’épopée par M. De Hammer, basée sur un manuscrit conservé à la Bibliothèque impériale de Vienne. Une autre traduction, due encore une fois à L. M. Devic, paraîtra en 1898 sous le titre de “Antar. Poème héroïque arabe des temps préislamiques”. L’intérêt pour cette épopée perdurera dans les premières décennies du 20e siècle : en 1910, Chekri Ganem publie une pièce en cinq actes, en vers, intitulée “Antar”. En 1921, le même Chekri Ganem, en collaboration avec Gabriel Dupont, publie une pièce intitulée “Antar : conte héroïque en quatre actes et cinq tableaux”, s’inspirant de la fameuse épopée, et deux années plus tard une nouvelle traduction adaptée de l’épopée paraît, cette fois sous la plume de Gustave Rouger." (Xavier Luffin, La tradition épique arabe, un genre à (re)découvrir en Occident, 2011)

24.              SEGONZAC (René de). La Légende de Florinda la Byzantine. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1928, pt in-8°, 194 pp, préface du maréchal Lyautey, ornementation de l'ouvrage spécialement dessinée par H. Zworykine, biblio, broché, dos recollé, état correct (Coll. Epopées et légendes)

            20

L'ouvrage décrit le débarquement en Espagne des Arabes en 711, favorisé par l’exarque de la ville de Septem dont la fille a été violée par un prince wisigoth auquel elle était promise en mariage...

25.              SOULIÉ de MORANT (Georges). La Passion de Yang Kwé-feï, favorite impériale, d'après les anciens textes chinois. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1924, pt in-8°, x-202 pp, une gravure hors texte, jolies ornementations et lettrines dessinées par Paul Zenker, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

La belle Yang Yuhuan (719-756), connue généralement sous le surnom de Yang Guife, était la concubine favorite (c'est le sens du mot guifei) de l'empereur Xuanzong des Tang, qui régna de 712 à 756. Bien qu'elle ait été une concubine de haut rang, elle ne s'est jamais mêlée de politique. Elle est l'une des quatre beautés de la Chine antique.

26.              T'SERSTEVENS (A.). La Légende de Don Juan. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1924, pt in-8°, iii-191 pp, ornementation dessinée par Pierre Courtois, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Epopées et légendes)

            25

"La légende de Don Juan est l'une des plus complexes, ainsi que le reconnaît M. A..t'Serstevens dans l'interprétation fort ingénieuse qu'il nous en donne et où il nous montre, une fois de plus, ses hautes qualités d'écrivain. L'auteur des “Sept parmi les hommes” a le goût de la phrase bien construite, un souci tout flaubertin de sa couleur et de sa sonorité. Il connaît sans doute ce que Flaubert appelait les « affres du style », mais il nous en apporte les réussites, Comme son “Vagabond sentimental”, la “Légende de Don Juan”, de M. t'Serstevens est une œuvre de probe et saine valeur. M. t'Serstevens y a utilisé les éléments que lui imposait la tradition en n'y mettant de son cru, comme il le dit modestement, que ce qu'il fallait pour relier les différentes parties offertes par la chronique et en agrémenter le récit..." (Henri de Régnier, Le Figaro, 1924)

27.              TUFFRAU (Paul). La légende de Guillaume d'Orange, renouvelée par Paul Tuffrau. L'Edition d'Art, H. Piazza, 1920, pt in-8°, 272 pp, broché, couv. illustrée, pt mque au dos, état correct (Coll. Epopées et légendes)

            20

Ouvrage couronné par l'Académie française. — "M. T. a choisi avec goût et habileté un certain nombre d'épisodes dans les chansons du cycle de Guillaume et les a traduits ou adoptés ou contés de nouveau, parfois même avec d'importantes modifications..." (Romania, 1922)

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28.              CORBIN (Alain)(dir.). La pluie, le soleil et le vent. Une histoire de la sensibilité au temps qu'il fait. Aubier, 2013, in-8°, 246 pp, 18 gravures et photos dans le texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. historique)

            20

Stendhal détestait la pluie, Mme de Sévigné s'en amusait, le roi Louis-Philippe l'utilisa en politique. Au XVIIIe siècle, on redoutait l'action néfaste du soleil ; deux siècles plus tard, sur les plages bondées, les corps bronzent avec insouciance... L'histoire du climat, qui a fait l'objet de recherches minutieuses, est désormais bien connue ; il reste à explorer comment les hommes, au cours du temps, ont perçu ce que nous appelons aujourd'hui prosaïquement "la météo". Autour d'Alain Corbin, pionnier de l'histoire des sensibilités, neuf chercheurs audacieux sont partis sur les traces des émotions soulevées par la neige, le vent, le brouillard et autres météores. C'est qu'il n'est, disait Barthes, "rien de plus idéologique que le temps qu'il fait" !

29.              COUBERTIN (Pierre de). Textes choisis. Coordination Norbert Müller. Zurich, Weidmann, 1986, 4 vol. gr. in-8°, xiv-666, (10)-760, (12)-836 et 96 pp, préface de Juan Antonio Samaranch, soit 3 volumes de textes, contenant 82 illustrations, dans le texte et à pleine page, et des index, reliés pleine toile écrue, et un album broché de 96 pages de photographies en noir et en couleurs, l'ensemble sous étui cartonné imprimé de l'éditeur, bon état

            100

1. Révélation. Introduction générale, choix et présentation des textes par Georges Rioux ; 2. Olympisme. Introduction, choix et présentation des textes par Norbert Müller ; 3. Pratique sportive. Introduction, choix et présentation des textes par Norbert Müller et Otto Schantz ; 4. Album de photos : Pierre de Coubertin. Sa vie par l'image, par Geoffroy de Navacelle.

30.              CUNIOT (Alain). Incroyable... mais faux ! (essai critique sur l'obscurantisme moderne). Bordeaux, L'Horizon chimérique, 1989, in-8°, 323 pp, présentation de Jean-Claude Bourret, préface d'Albert Jacquard, contribution d'Henri Caillavet, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. “zététique”)

            25

La lente progression depuis ces dernières années des fausses sciences, des idées incontinentes, des convictions farfelues, du charlatanisme enveloppé, de l'irrationnel magnifié. Astrologie, voyance, numérologie, morphopsychologie, parapsychologie, se sont institutionnalisées. Elles sont devenues des parapluies sous lesquels s'abritent les fuyards de la réalité, de l'esprit scientifique et critique, de l'humanisme raisonnable...

31.              DELFOSSE (Claire). La France fromagère (1850-1990). La Boutique de l'Histoire, 2007, gr. in-8°, 271 pp, 35 gravures et photos montrant la fabrication du fromage à différentes époques, 32 cartes, 13 tableaux, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Ouvrage issu de thèse. — Si la France est le pays du fromage, cela ne s'est pas fait en un jour. Ce qui frappe sur plus d'un siècle d'histoire, c'est le bouleversement de la géographie du fromage. Sorte de bien commun élaboré à l'échelle domestique à la fin du XIXe siècle, le fromage devient par la suite un artisanat, puis une industrie. Ce faisant, une géographie de la production se dessine de façon plus nette et apparaissent les régions fromagères françaises... Ce livre retrace aussi l'évolution de la microbiologie laitière ainsi que celle des techniques. Il propose enfin un éclairage sur la constitution et l'affirmation des AOC fromagères. La première partie est consacrée à l'histoire de l'industrie fromagère, la deuxième étudie plus particulièrement le roquefort, les fromages fabriqués dans la région des Bauges, le livarot, le pont-l'évêque, le rollot et le bleu de Bresse.

32.              DEZOBRY (Ch.) et Th. BACHELET. Dictionnaire général de biographie et d'histoire, de mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée, des antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères. Troisième édition revue. Tome 1 : A-J. P., F. Tandou et Cie, 1863, fort pt in-4°, viii-1465 pp, texte sur deux colonnes, relliure demi-chagrin bleu-nuit de l'éditeur, dos à 4 faux-nerfs soulignés à froid, titres, caissons fleuronnés et tomaison dorés, encadrement à froid sur les plats, bon état

            30

Tome 1 seul (sur 2).

33.              DUVERGER (Christian). L'Origine des Aztèques. Seuil, 1983, in-8°, 371 pp, 16 illustrations, 2 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Recherches anthropologiques)

            20

Comment lire l'histoire préhispanique ? Comment interpréter la chronologie indigène ? Originairement nomades et guerriers, les Aztèques se sont progressivement insérés dans le creuset des peuples sédentaires de la vallée de Mexico. Accédant au pouvoir, ils ont alors reconstruit leur passé pour justifier leur domination sur la Méso-Amérique. Déchiffrant les codex précolombiens et les chroniques du XVIe siècle, ce livre parcourt cette histoire biseautée et rebrousse les chemins des Aztèques. Il met au jour un passé soigneusement recomposé où l'origine sert en permanence d'enjeu culturel et politique.

34.              Esotérisme – DOWLING (Levi H.). L'Evangile du Verseau, avec l'admirable histoire de l'adolescence de Jésus et de ses rapports personnels avec les détenteurs de la sagesse indo-égyptienne ; transcrite du Livre de la Souvenance de Dieu. P., Leymarie, 1991, in-8°, (8)-xvi-304 pp, traduit de l'anglais par Jacques Weiss, avec une introduction de Eva S. Dowling, broché, couv. illustrée, bon état

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L'Evangile du Verseau est un livre écrit à la fin du XIXe siècle et publié pour la première fois en 1908 en anglais sous le titre original « The Aquarian Age Gospel of Jesus, the Christ of the Piscean Age. Transcribed from the Book of God's Remembrance Known as the Akashic records. ». Ecrit à la manière des évangiles, composé de 22 livres (numérotés avec les 22 lettres hébraïques) et de 182 chapitres, l'évangile du Verseau raconte l'histoire non connue et non officielle de Jésus-Christ. Il y est notamment question de voyages et d'initiations aux Indes (livre 6), au Tibet (livre 7), en Grèce (livre 10), en Egypte (livre 11), etc., durant la période que ne mentionne pas la Bible, comprise entre son enfance et son ministère (aux âges de 12 à 30 ans). À la suite de ces voyages initiatiques, Jésus reçoit la bénédiction du « conseil des 7 sages du monde » qui sont au sommet de la hiérarchie de la sagesse sur Terre et qui orientent et façonnent les religions à chaque nouvelle ère...

35.              EVANS (Bergen). Histoire naturelle des sottises. Trois mille ans d'erreurs quotidiennes. Plon, 1961, in-8°, xii-426 pp, traduit de l'américain par Jean Mergault et Bernard Heuvelmans, 32 illustrations hors texte, notes bibliographiques, reliure souple de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

La nature et les animaux ; L'Homme ; Les races humaines ; L'Histoire ; La famille et la société ; Le monde du crime. — Qu'on le veuille ou non, nous répétons, sans nous donner la peine d'en vérifier l'exactitude, ce que nos semblables racontent, souvent depuis des siècles, parfois des millénaires. Partant en guerre contre cette insidieuse persistance des sottises, Bergen Evans a élevé un monument d'érudition ironique. Décortiquant d'innombrables idées reçues, couramment admises, il les a soumises à la lumière de la science, ou simplement du bon sens, impitoyablement. Un livre provoquant et drôle (et parfois affligeant). La conclusion est que l'erreur de jugement est le produit d'un processus particulier qui consiste à tirer conclusions de faits négatifs et d'analogies, à faire des généralisations hâtives, à vénérer des coïncidences, à confondre la rhétorique avec les faits...

36.              FARAUT (François). Histoire de la “Belle Jardinière”. Belin, 1987, in-8°, 185 pp, préface de Louis Bergeron, 48 pl. de gravures hors texte, 3 pp. de plans, notes, biblio, broché, bon état (Coll. Modernités XIXe-XXe). Peu courant

            60

Version remaniée d'une thèse de 3e cycle. — À la Belle Jardinière est l'enseigne d'une chaîne de magasins de confection qui se développa en France au XIXe siècle. Un petit mercier de La Cité, Pierre Parissot, établit quai aux Fleurs, en 1824, un commerce de vêtements confectionnés, vendus à prix fixe. L'invention, par Barthélemy Thimonnier, de la machine à coudre permet à Parissot de développer considérablement ses affaires. Le concept de magasin proposant de la confection finie et en série, à un prix adapté à la nouvelle clientèle des classes moyennes, connaît un grand succès et le petit magasin de 1824 est à l'origine d'une des premières chaînes fonctionnant en franchise. L'enseigne regroupe 190 points de vente en 1840 et 322 dans les années 1860. Des établissement scolaires y font faire leurs uniformes, comme le Collège Stanislas de Paris. Pendant la Première Guerre mondiale, ils vendent des vêtements militaires aux officiers français et alliés. La Belle Jardinière cessera son activité dans les années 1970.

37.              FEBVRE (Lucien). Pour une Histoire à part entière. SEVPEN, 1962, fort in-8°, 859 pp, broché, 2e plat lég froissé, bon état (Bibliothèque générale de l'Ecole pratique des Hautes Etudes)

            60

Important recueil d'études de Lucien Febvre (1878-1956), groupées par thèmes : Géographes et historiens ; Economies ; Sociétés ; Civilisations. — "Lucien Febvre se survit dans les recueils de ses écrits, intitulés : Combats pour l'Histoire les deux premiers tomes, Pour une Histoire à part entière ce troisième volume réunissant plus de quatre-vingts articles et préparé par lui-même avec sa minutie habituelle. L'on croit y entendre encore cette voix chaleureuse, confiante, amicale, avec laquelle il prenait plaisir à vous entraîner à sa suite pour bousculer les obstacles ou mieux pour les franchir d'un seul bond. (...) Le lecteur peut ne pas accepter toutes les assertions ; il ne parviendra point à se soustraire au besoin de réfléchir." (Henri-Bernard Maitre, 1963)

38.              FICHTE (J. G.). La destination de l'homme. Aubier-Montaigne, 1942, in-12, 214 pp, traduit par M. Molitor, préface de Martial Guéroult, reliure pleine toile écrue, dos lisse avec pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), qqs marques au stylo en marges sur 5 pp, bon état (Coll. Philosophie de l'esprit)

            25

La destination de l'homme (1800) appartient aux écrits de Fichte (1762-1814) qualifiés de populaires : "Ce livre n'est pas destiné aux philosophes de profession (...) Il devrait être compréhensible pour tous les lecteurs qui sont, d'une manière générale, capables de comprendre un livre", précise Fichte dans son avant-propos. A ce titre, ce texte constitue la meilleure introduction à la pensée du philosophe. Dans la langue allemande, ce que l'on traduit ici par destination (Bestimmung) désigne à la fois la vocation et la limitation. Ainsi, pris entre le sentiment de sa liberté et la connaissance de son inscription dans le plan universel de la nature, l'homme doit tenter de sortir de cette indécision. Après l'épreuve du Doute, il s'oriente vers l'établissement d'une première certitude, le Moi. Mais, livré, dès lors à lui-même, en proie aux affres de la mélancolie, il doit s'élever à la Croyance parce qu'il en va d'un intérêt moral : nous ne sommes certains de la réalité du monde que parce que nous avons des devoirs à y accomplir, dont les effets ne se mesurent pas seulement à l'aune de ce monde-ci.

39.              FOTTORINO (Eric). Aventures industrielles. Stock, 1996, gr. in-8°, 377 pp, dessins de Jacques Valot, broché, couv. illustrée, bon état

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Des grands moulins érigés en bord de Seine aux montagnes rouges du nickel de Nouvelle-Calédonie, des appartements de Gabrielle Chanel à l'épaisse forêt de Malaisie, Eric Fottorino fait revivre les lieux et les acteurs de l'aventure industrielle française : les frères Michelin qui ont "roulé sur l'air", les frères Pereire, aux accents saint-simoniens, rêveurs de paquebots, Pierre-Georges Latécoère et ses ailes d'albatros, Armand Peugeot qui préféra l'automobile aux crinolines familiales...

40.              (FOURNIER, Edouard). Curiosités militaires. P., Paulin et Le Chevalier, 1855, in-12, 416 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titre et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état

            50

Armes défensives ; Armes offensives ; Chars et éléphants de guerre ; Machines de guerre ; Feu grégeois – Fusées ; Poudre à canon ; L'artillerie à diverses époques ; Arquebuses, mousquets, fusils, pistolets ; Projectiles ; Armées dans l'antiquité ; Armées au moyen-âge ; Armées en France depuis le XVe siècle ; Sièges à diverses époques ; Prisonniers de guerre – Discipline – Horreurs de la guerre. — Forme l'un des volumes de la Bibliothèque de poche par une société de gens de lettres et d'érudits.

41.              FUMAROLI (Marc). Paris-New York et retour. Voyage dans les arts et les images. Fayard, 2009, gr. in-8°, 634 pp, index, broché, bon état, envoi a.s.

            20

Quelqu'un, un beau matin, se réveille en pleine rue et s'aperçoit que les images publicitaires qui prolifèrent autour de lui et qui lui ont toujours semblé innocentes, ne le sont pas autant que cela. Et si les hommes ressemblaient à l'image qu'ils se donnent d'eux-mêmes ? Ainsi commence, par ce déclic apparemment infime, un sinueux voyage dans le temps et dans l'espace, à partir de deux bases de départ successives, New York et Paris : New York, la capitale des images modernes et contemporaines, et Paris, la capitale par excellence des arts de la "Vieille Europe". Enquête historique dans le temps relativement court des États-Unis et de sa formidable industrie des images, pèlerinage aussi dans le temps long de la France et de l'Europe des arts visuels, de l'Antiquité gréco-romaine à nos jours, de son Orient byzantin à son Occident d'Amérique latine, cette exploration à facettes de l'univers européen de la vue devient peu à peu l'itinéraire d'une conversion. Une conversion à l'éternel retour de la beauté. Seule la beauté a rendu et peut rendre l'homme à lui-même et le monde humain habitable en les invitant à participer de la nature et de la grâce et à se libérer du vampirisme d'images-mirages, d'images-idoles, qui ne laissent sur leur passage, comme un vol de sauterelles, qu'un désert globalisé et privé de feuillage.

42.              GAILLARD (Albert). Le Problème juif. Enigme, élection, échec, avenir, signification d'Israël. Toulouse, Librairie évangélique, 1954, in-8°, 98 pp, 54 figures dans le texte, 3 tableaux, appendices documentaires, broché, couv. illustrée, bon état

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Cinq études données sous forme de conférences, à l'automne 1953, « dans le cadre d'un effort d'évangélisation poursuivi à Toulouse depuis plusieurs années déjà, pour intéresser le grand public aux réponses que la Bible apporte à un certain nombre de problèmes actuels. » L'auteur (1909-2000) était pasteur de l'Eglise réformée (consacré en 1933) et docteur en théologie.

43.              GUSDORF (Georges). La Révolution galiléenne. Les Sciences humaines et la pensée occidentale, III. Payot, 1969, 2 vol. in-8°, 404 et 485 pp, brochés, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique). Edition originale, ex. du SP

            80

C'est Galilée qui a détruit définitivement l'image mythique du Cosmos pour lui substituer le schéma d'un univers physique unitaire, soumis à la discipline rigoureuse de la physique mathématique, appelée à axiomatiser de proche en proche tous les secteurs de la connaissance, aussi bien dans l'ordre des sciences de la nature que dans l'ordre des sciences de l'homme. La destruction galiléenne du Cosmos est la péripétie capitale de l'histoire occidentale du savoir, événement sans précédent et peut-être sans second. Car toutes les révolutions épistémologiques ne sont, à côté de la révolution galiléenne, que des révolutions de palais dont la sphère d'influence demeure limitée, alors que l'apparition de l'intelligibilité mécaniste ne modifie pas seulement telle ou telle manière de voir ; elle impose une nouvelle pensée de la pensée. La révolution galiléenne revêt le sens d'une conversion interdisciplinaire. Ce qui change, ce n'est pas le système du monde, mais le monde comme système et l'homme dans le monde, et le rapport de l'homme avec le monde, avec lui-même et avec Dieu. La révolution technique et industrielle du XVIIIe siècle, les révolutions politiques et sociales du XIXe siècle ont eu pour condition de possibilité la mise en œuvre du nouvel instrument épistémologique créé par Galilée et ses émules. La conscience moderne s'inscrit dans le lointain prolongement de cette transfiguration de l'image du monde et de l'image de l'homme, œuvre décisive du siècle mécaniste.

44.              HALPHEN (Louis). Introduction à l'histoire. PUF, 1947, pt in-8°, viii-88 pp, index, broché, bon état

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"Réfugié de septembre 1943 à septembre 1944 dans un village des Cévennes, M. Louis Halphen voulut mettre au service du pays les trésors d'érudition et d'expérience accumulés en quarante années de recherches. Rarement furent exposés avec autant de clarté et d'une plume aussi experte les principes de la critique historique. Après avoir établi la nécessité de l'histoire, mémoire des peuples, et précisé son « objet », l'auteur, dans un chapitre profond et nuancé sur la valeur du témoignage historique, réagit utilement contre le scepticisme de ceux qui ne voient dans l'histoire « qu'une petite science conjecturale ». (...) En une centaine de pages, l'éminent professeur à la Sorbonne a réussi cette gageure de donner « une Somme » de la science historique, accessible au grand public et où cependant les spécialistes puiseront avec profit." (Paul Goubert, Revue des études byzantines, 1947)

45.              HARWICH (Nikita). Histoire du chocolat. Desjonquères, 1992, in-8°, 291 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Les origines du cacao sont fabuleuses. Boisson des dieux chez les Mayas et les Aztèques, le chocolat a tôt fait de conquérir la faveur des hommes. Rapporté en Europe par les conquistadors et les missionnaires espagnols, il est entouré d'un halo de mystère et ses vertus réelles ou supposées suscitent une longue polémique. Le monopole de l'Espagne sur le commerce du cacao éveille les convoitises. Hollandais, Anglais, Français, Portugais en implantent la culture dans leurs possessions du Nouveau Monde, tout en favorisant un fructueux trafic clandestin. Au XVIIIe siècle, le chocolat n'est encore qu'un produit exotique de luxe. Le XIXe siècle en voit la consécration. Son usage se répand dans toute la société, tandis que la culture du cacaoyer traverse l'Atlantique, gagnant l'Afrique, puis l'Asie et l'Océanie. La généralisation de sa consommation n'a en rien altéré l'énigmatique pouvoir de séduction de cette friandise, essentielle à l'imaginaire gourmand de nos sociétés.

46.              HÉRUBEL (Marcel). L'Homme et la côte. Etude d'économie maritime. Gallimard, 1937, in-8°, 219 pp, 16 pl. de photos hors texte, 42 illustrations et croquis, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Géographie humaine)

            20

L'aménagement des ports a-t-il eu, à ses origines, une signification militaire. Autrement écrit, est-ce pour se défendre ou attaquer que les peuples côtiers ont, de prime abord, bâti des digues, allongé des murs de quai, creusé des bassins, installé des écluses ? ... En bref, le besoin de sécurité a-t-il fait éclore les aménagements portuaires ?

47.              LA CROIX (Robert de). Histoire de la piraterie. France-Empire, 1974, in-8°, 388 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

L'épopée sauvage des hors-la-loi des mers. De l'Antiquité au XXe siècle, sur les grandes routes maritimes, ce livre retrace une suite de combats navals, d'attaques à l'abordage, de captures de navires chargés d'or et de marchandises précieuses. C'est aussi une extraordinaire galerie de portraits : Morgan, Barbe-Noire, Kidd, Roberts, Misson, Ann Bonney, Felix von Luckner. Tous nous apparaissent, dépouillés de leur légende suspectes, dans leur véritable dimension...

48.              LALOUP (Jean) et Jean NELIS. Culture et civilisation. Initiation à l'humanisme historique. Casterman, 1963, pt in-8°, 278 pp, 4e édition revue, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Dimensions de l'humanisme contemporain, III)

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« Chaque fois que l'homme porte son effort sur lui-même, on parle de culture, chaque fois qu'il modifie le monde, on parle de civilisation » ; l'homme est cultivé lorsqu'il a fait personnellement l'effort de l'humanisation, et civilisé quand il participe à un niveau collectif d'humanisation.

49.              LAVEDAN (Pierre) et Simone Goubet. Monuments de France. Arthaud, 1971, gr. in-8°, 804 pp, 1160 photographies reproduites en héliogravure, 86 plans et coupes, index des termes techniques, biblio, reliure pleine toile de l'éditeur, jaquette illustrée, rhodoïd, sous étui carton, très bon état, envoi a.s.

            70

"L'ouvrage, dense et épais, écrit par M. Pierre Lavedan avec la collaboration de Mlle Simone Goubet, reprend, à un mot près, le titre d'un petit livre de Brutails qui fut célèbre, mais ce seul remplacement d'un verbe par un autre suffit à établir toute la différence : Brutails prétendait seulement mettre le lecteur à même de « comprendre » les monuments de France en lui fournissant les données techniques et stylistiques élémentaires sans lesquelles on ne peut aborder l'étude de l'architecture française ; le propos de M. Lavedan est au contraire de faire « connaître » cette architecture sous tous ses aspects, au moins dans ses monuments essentiels. Il s'agit donc d'un vaste tableau du développement, au long des siècles, de l'art monumental de la France. L'ouvrage s'accompagne d'une illustration « type Arthaud », c'est-à-dire excellente et prodigieusement abondante. Toutes les photos sont commentées par de courtes notices de Mlle Goubet qui a su montrer en cette occasion sa science et sa précision habituelles. Nous avons désormais, de la plume d'un éminent spécialiste, le livre qui nous manquait sur l'architecture française, apte à rendre service aux érudits par les réflexions qu'il propose comme à plaire aux amateurs et aux débutants, par sa clarté d'exposition et par sa présentation exemplaire." (Francis Salet, Bulletin Monumental, 1971)

50.              LEFRANC (Georges). Histoire du mouvement syndical français. P., Librairie syndicale, 1937, in-8°, iv-471 pp, préface de C. Bouglé, biblio, index, broché, bon état

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"Normalien et militant syndicaliste, Georges Lefranc dirige, depuis plusieurs années, l'Institut supérieur ouvrier créé par la CGT. L'enseignement qu'il y donne forme la substance de ce volume. On y trouve un exposé clair et suffisamment impartial de l'histoire du syndicalisme français, divisée en trois périodes. La première nous conduit de l'antiquité romaine aux journées de juin 1848. Sur les confréries et compagnonnages, l'auteur donne des renseignements pittoresques. Il saute bizarrement, sans transition, de l'ancien régime à 1830. La deuxième période – Celle de l'« organisation » – va du milieu du XIXe siècle à la fondation de la CGT (que M. Lefranc a raison de placer en 1902, puisque, de 1895 à 1902, son existence fut purement théorique). La troisième période est celle de I' « action ». Un bon chapitre analyse la charte d'Amiens (dont le texte èst reproduit en appendice). Sur les grèves de 1920, sur la scission de 1921, sur la reconstitution de. l'unité syndicale en 1936, sur le « plan de la CGT », nous est fourni un ensemble d'informations précieuses. Les chapitres consacrés à l'histoire du mouvement ouvrier sont de temps à autres coupés par de brefs tableaux de la France économique, aux diverses époques, et par l'analyse des formes successives de la doctrine socialiste. Signalons une lacune : il n'est aucunement question du syndicalisme non cégétiste (par exemple, du syndicalisme chrétien)." (G. Pirou, Revue d'économie politique, 1938)

51.              LEUSSE (Comte Paul de). Etudes d'histoire ethnique depuis les temps préhistoriques jusqu'au commencement de la Renaissance. – La démocratie, voilà l'ennemi. Tome premier. P., Bloud & Barral ; Strasbourg, F. Staat, s.d. (1899), gr. in-8°, xi-720 pp, reliure demi-basane verte, dos lisse avec titres et quadruples filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, pt accroc au dos, bon état. Edition originale, envoi a.s. Rare

            100

Tome 1 seul (sur 2). — Le tome 2 va de la naissance de l'Islam à la Renaissance. — "Charles Maurras, qui récuse le gobinisme comme une forme clandestine de « germanisme », se réfère avec admiration à la somme du comte Paul de Leusse, « Études d’histoire ethnique depuis les temps préhistoriques jusqu’au commencement de la Renaissance ». En guise de sous-titre, l’ouvrage porte cette épigraphe : « La démocratie voilà l’ennemi »..." (Pierre-André Taguieff, « L'invention racialiste du Juif », Raisons politiques, 2002) — "M. Paul de Leusse a publié les volumineuses « Études d'histoire ethnique », qui attestent la souplesse de son intelligence et l'étendue de son érudition, comme elles font honneur à sa puissance de travail. L'« Essai sur l'inégalité des races humaines » de Gobineau avait été, pour lui aussi, une révélation. Mais plus consciencieux que bien d'autres qui ont pillé le grand précurseur tout en le dénigrant, il se proclame son fervent admirateur et se manifeste son disciple convaincu. M. de Leusse trouve, dans les doctrines du maître, la justification de ses convictions politiques et sociales. Dès l'abord il établit sa thèse aristocratique, puis en cherche et en trouve la confirmation dans la théorie des races supérieures..." (F. Dollinger, Revue alsacienne illustrée, 1906)

52.              Littérature – NEMIROVSKY (Irène). David Golder. Grasset, 1929, in-12, 240 pp, reliure pleine toile rouge, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), papier lég. jauni, bon état. Première édition sur papier courant

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Ruiné, malade, abandonné de tous ceux dont il pensait être aimé, David Golder n'a pas dit son dernier mot. Une occasion s'offre à lui de redevenir riche : il se lance à corps perdu dans cette dernière aventure. Peinture sans complaisance du monde de l'argent, tragédie d'un vieil homme mal aimé, fable morale, David Golder est un roman d'une remarquable puissance. Edition originale sur papier courant du second et tragique roman de l'auteure qui la rendit célèbre et fut adapté à l'écran en 1931 par Julien Duvivier.

53.              LUNEL (Pierre). Polissonnes. Les grands secrets d'alcôve de l'histoire. Editions du Rocher, 2016, in-8°, 295 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Impératrices, reines, maîtresses, princesses, philosophes, écrivains célèbres, les polissonnes sont des femmes libres et audacieuses qui, en dépit du péril dans une société machiste, osent tout ! Comme Messaline, la putain impériale à l'appétit sexuel hors du commun, ou Agrippine l'empoisonneuse. En passant par l'extravagante Agnès Sorel, la sensuelle Marie Stuart, la collectionneuse Pauline Bonaparte, l'aventurière Karen Blixen, la magnétique Marlène Dietrich ou l'ambiguë Simone de Beauvoir... Tantôt séductrices, impulsives ou fines stratèges, toujours rebelles, elles prennent des risques et ont souvent été exilées, répudiées, rudoyées par la bien-pensance. À travers le portrait de ces femmes passionnées, au tempérament de feu, Pierre Lunel revient sur les luttes de pouvoir et la brutalité de certaines époques. Il soulève avec humour les jupes de l'Histoire pour nous offrir de savoureux récits sur des secrets d'alcôve et autres bacchanales, sans oublier les complots et trahisons. Pierre Lunel nous dit tout ! Avec verve et un vocabulaire très imagé, il s'amuse à nous dévoiler les incartades de ces grandes infidèles.

54.              MANCHESTER (William). Les Armes des Krupp, 1587-1968. Laffont, 1970, fort in-8°, 826 pp, traduit de l'américain, 24 pl. de photos hors texte, généalogies, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Depuis 1587, à chaque étape de l'histoire, les Krupp sont présents, faisant la force de Bismarck ou de Guillaume ll, choisissant de se rallier à Hitler et lui donnant les moyens de sa puissance – Alfried Krupp sera arrêté en 1945 par les Américains et jugé comme criminel de guerre à Nuremberg, mais, après trois ans d'emprisonnement, il reprendra sa firme en main... Ce livre est plein de feu, de fer, de sang et de fureur, car les Krupp, en quatre siècles, ont forgé les armes de toutes les armées du monde. Ils ont passé des accords qui, au-dessus des frontières apparentes ou des ententes diplomatiques, contraignaient les gouvernements à telle ou telle politique. Ils n'ont pas hésité à utiliser la main-d'oeuvre servile des déportés, que leur fournissait l'ordre nazi. Ainsi, c'est tout un pan de l'histoire secrète de l'Europe et de l'Allemagne qu'éclaire le livre de William Manchester. Mais il est aussi le récit de l'épopée extraordinaire de grands aventuriers de l'industrie qui, alors que passent les princes, les rois, les révolutions et les Etats, continuent de maintenir et d'agrandir leur fief : la Firme. – William Manchester, durant plusieurs années, a consulté les archives, vu et interrogé les hommes ; et il a écrit, avec Les Armes des Krupp, une oeuvre maîtresse que la presse internationale a salué comme un chef-d'oeuvre.

55.              MARROU (Henri-Irénée). De la connaissance historique. Seuil, 1960, in-12, 317 pp, 4e édition revue et augmentée, index, broché, bon état

            20

"Un livre capital." (Philippe Ariès) – "Il s'agit ici d'un essai qui est une manière de chef-d'œuvre. Sérieusement, je ne crois pas avoir rien lu d'aussi complet ni d'aussi précis sur le travail de l'historien ; et plus d'une page en va singulièrement loin dans le mystère de la connaissance de l'homme par l'homme." (Henri Rambaud) – "Un tel livre n'est pas seulement fort utile pour les étudiants d'histoire, il devrait être un maître-livre pour quiconque veut vraiment prendre conscience des problèmes historiques d'hier et d'aujourd'hui." (Michel Carrouges) – "Rarement une exploration en profondeur des possibilités de l'histoire avait été conduite aussi loin." (Marcel Brion)

56.              Mélanges André Latreille. Religion et politique. Les deux guerres mondiales. Histoire de Lyon et du Sud-Est. Préface de M. Pacaut, J. Gadille, J.-M. Mayeur et H. Beuve-Méry. Lyon, Audin, 1972, gr. in-8°, 624 pp, un portrait en frontispice, bibliographie des écrits d'André Latreille, broché, couv. lég. salie, bon état

            50

"Il est permis assurément de contester le principe des recueils de « Mélanges » où, pour honorer un savant au terme de sa carrière, ses amis, collègues et disciples déversent leur dernière production comme dans un fourre-tout hétéroclite. Mais il faut faire des exceptions quand les contributions de chacun se rapportent aux spécialités du jubilaire et contiennent des apports de valeur à la recherche historique : c'est bien le cas avec ce beau volume offert à André Latreille par les Lyonnais qu'il a formés ou approchés. La personnalité du grand universitaire et du probe historien est célébrée comme il se doit par un bref curriculum, par une utile bibliographie et par des hommages dus à la plume de ses collègues M. Pacaut, J. Gadille et J.-M. Mayeur, à qui s'est joint H. Beuve-Méry en raison des 336 chroniques données au Monde de 1945 à 1972. L'homme et l'oeuvre y sont justement évoqués ; sa modestie m'interdirait d'ajouter une gerbe d'éloges que me dicteraient l'amitié et un simple souci d'équité. Mais il convient de signaler ici ce qui intéresse l'Église de France dans les 47 articles formant ce recueil. Je n'en relève pas moins de 22, à savoir la plupart de ceux qui sont insérés sous la rubrique « Religion et Politique » et sous celle d' « Histoire de Lyon et du Sud-Est ». L'autre rubrique elle-même n'y reste pas étrangère, puisque, à propos de la première guerre mondiale, trois articles traitent de la tentative de médiation pontificale de 1917 et qu'à cette occasion René Lacour, le doyen Renouvin et l'abbé Conzemius abordent l'attitude des catholiques français face à l'initiative de Benoit XV. (...) Je ne saurais assurément tout analyser et même énumérer, mais j'en aurai assez dit pour suggérer de posséder et de lire un recueil si riche, qui honore un bon historien du catholicisme français." (Jean-Remy Palanque, Revue d'histoire de l'Église de France, 1973)

57.              MIRCESCO (V.) (pseud. de Vasile Alecsandri). Grammaire de la langue roumaine, précédée d'un aperçu historique sur la langue roumaine par A. Ubicini. P., Maisonneuve et Cie, 1863, in-12, xxvi-179 pp, reliure pleine toile rouge , dos lisse avec titres dorés, filets et fleurons en noir, encadrements en noir sur les plats (rel. de l'éditeur), dos passé, plats lég. salis, bon état. Edition originale. Rare

            40

58.              NICOLSON (Nigel). Grandes demeures. Hachette Réalités, 1968, in-4°, 320 pp, traduit de l'anglais, textes de Nigel Nicolson, photographies de Ian Graham, préface de Wladimir d'Ormesson, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, reliure pleine toile décorée de l'éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état (Coll. Connaissance des Arts)

            40

"Après les volumes consacrés aux « Merveilles des Châteaux de France », vous allez découvrir, hors des frontières, les merveilles des « Grandes Demeures » étrangères. Vous admirerez, çà et là en Europe, toutes les formes architecturales et décoratives que les châteaux ont prises au cours des siècles." (Wladimir d'Ormesson, préface) — Table : Hochosterwitz (Autriche), Penshurst Place (Angleterre), Casa de Pilatos (Séville, Espagne), Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire), Sarospatak (Hongrie), Anet (Eure-et-Loir), Villa Foscari (Italie), Borreby (Danemark), Villa Lante (Italie), Castle Fraser (Ecosse), Langenburg (Allemagne), Parham Park (Angleterre), Balleroy (Calvados), Oiron (Deux-Sèvres), Villa Doria-Pamphili (Italie), Skokloster (Suède), Vranov (Tchécoslovaquie), Gunterstein (Hollande), Petworth House (Angleterre), Buchlovice (Tchécoslovaquie), Ludwigsburg (Allemagne), Villa Agnelli (Italie), Schönborn (Autriche), Solar Mateus (Portugal), Stratford Hall (Etats-Unis), Villa Pisani (Italie), La Fasanerie (Allemagne), Benrath (Allemagne), Mount Pleasant (Etats-Unis), Monticello (Etats-Unis), Krengerup (Danemark), Montgeoffroy (Maine-et-Loire), Ickworth (Angleterre), Beauregard House (Etats-Unis), Lyndhurst (Etats-Unis), Herrenchiemsee (Allemagne).

59.              NOLHAC (Pierre de). Le Testament d'un Latin. Plon, 1929, gr. in-8°, 32 pp, broché, 2e plat de couv. lég. défraîchi, bon état

            20

"... Cette inspiration qui résume son oeuvre et son âme, Pierre de Nolhac vient de l'exprimer avec ampleur dans un grave et sobre poème : Le testament d'un Latin. Ce chant d'une épopée, historique et intérieure, déroule l'aventure de l'âme gauloise fécondée par l'âme latine..." (Maurice Levaillant, Le Figaro)

60.              QUÉGUINER (Maurice). Introduction à l'Hindouisme. Exposé critique. P., Editions de l'Orante, 1958, pt in-8°, 309 pp, glossaire, biblio, broché, bon état (Coll. Lumières et nations)

            25

"Présentation de l'hindouisme suivant des cadres habituels aux catholiques. Après avoir passé en revue les Ecritures, la liturgie, la morale, les sectes et les écoles, l'auteur discute la pensée religieuse hindoue, sa vision de Dieu, de l'homme et du monde." (Revue française de science politique, 1960) — Par le Père Maurice Quéguiner (1909-1977), ancien Supérieur général de la Société des Missions Etrangères de Paris. Ordonné prêtre le 29 juin 1932, il reçut sa destination pour la Mission du Sikkim, où il arriva le 30 octobre 1933. Il partit ensuite pour le diocèse de Mysore, au sud de l’Inde, où il arriva au début de 1938. Pendant un an, il fut vicaire à la cathédrale de Mysore, puis il fut chargé de la paroisse de Chikmagalur qu’il dut quitter pour celle d’Ootacamund lors de la division du diocèse en 1940. Après quinze années de vie missionnaire au Sikkim et à Mysore, le Père Quéguiner revint à Paris en 1948, choisi par les Evêques des MEP en Inde pour les représenter au Conseil central de la Société. Sa connaissance des religions de l’Inde lui permit d’écrire, outre des articles de qualité sur la religion des Sikhs, l’Hindouisme et le Jaïnisme, un ouvrage intitulé « Introduction à l’Hindouisme » (1958). Sa collaboration fut sollicitée par plusieurs revues et il écrivit plusieurs chapitres de « l’Histoire universelle des Missions catholiques » publiée par Mgr Delacroix (1956-1958)... (Archives des Missions Etrangères de Paris)

61.              RAUCH (André). Paresse. Histoire d'un péché capital. Armand Colin, 2013, in-8° carré, 215 pp, 55 illustrations en noir et en couleurs, biblio, reliure illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Ce beau livre illustré retrace l'évolution passionnante de la représentation de ce péché dans la société, la littérature, la peinture, à travers les siècles. Anciennement condamné par les Pères de l'Église, mais devenu aujourd'hui un temps pour soi, qu'est-ce qui rend la paresse et son histoire si singulières ? Une invitation à la paresse dans notre société au rythme toujours plus fou.

62.              RIBOT (Th.). Psychologie de l'attention. Félix Alcan, 1913, in-12, vi-180 pp, 12e édition, reliure pleine toile grise, dos lisse avec pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), bon état

            20

Par Théodule Ribot (1839-1916), philosophe et professeur au Collège de France. Il est généralement considéré comme le fondateur de la psychologie comme science autonome en France. Il crée en 1875 la “Revue philosophique” dont il devient directeur. “La Psychologie de l'attention” (1888) est le premier traité qui contienne une analyse tout à fait spéciale de l'attention réalisée dans une perspective évolutionniste. Il montre que l'attention n'est qu'une forme supérieure, extrême, issue de formes inférieures par des procédés demi-inconscients, demi-conscients.

63.              RICHARD (pseud. de Jean-Marie Vincent AUDIN). Conducteur du Voyageur en France par Richard. Vingt-quatrième édition. P., Librairie de L. Maison, L. Hachette et Cie, s.d. (1854), pt in-12, xi-433 pp, une carte dépliante hors texte des chemins de fer français, table alphabétique des lieux décrits, cartonnage d'éditeur en percaline bleue de l'éditeur Hachette, dos lisse avec titres dorés, très bon état, mais il MANQUE la carte routière générale

            50

Ce guide consacré à la France est un titre racheté à Louis Maison par Hachette en 1855, et dont les 24 premières éditions (1823-1854) ont été publiées à Paris chez Audin puis chez Maison. Les renseignements ferroviaires qu'il contient sont organisés par compagnie.

64.              ROSENTHAL (Léonard). L'Esprit des Affaires. Réflexions d'un commerçant. Payot, 1925, in-12, 287 pp, broché, non rogné, couv. très lég. salie, bon état. Edition originale, un des ex. nominatifs sur papier vergé de Hollande “offert par Léonard Rosenthal à Monsieur Lucien de Nanxe”

            50

Par le négociant en perles et homme d'affaires français Léonard Rosenthal (1875-1955), originaire du Daghestan et proche d'Henri Barbusse, Jean Perrin, Paul Painlevé, Anatole France et Paul Léautaud. Un ouvrage où Rosenthal donne des conseils issus de son expérience d'homme devenu très riche, de négociant et de bâtisseur. Il y expose également ses théories économiques et politiques. Un chapitre (sur 10 au total) sur les Juifs : les pogroms en Russie, les dix mille volontaires juifs du mois d'août 1914, leur place dans les affaires, leur rôle dans la prospérité économique, l'antisémitisme, etc.

65.              ROUPNEL (Gaston). Histoire et Destin. Grasset, 1943, in-12, 413 pp, un portrait de l'auteur dessiné par R. Joël en frontispice, broché, bon état

            25

Un classique des sciences sociales. Sa défense d'une « histoire structurale » sera appréciée par Fernand Braudel et constitue l'une des sources de sa réflexion sur la longue durée. — "... Non seulement vous avez apprécié avec clairvoyance et indulgence, mais vous avez deviné que ce livre d'histoire avait « son » histoire. J'ai commencé de l'écrire dans les tout premiers jours de juillet 1940. Je venais de voir passer dans mon village de Gevrey-Chambertin, sur la grande route nationale, les flots de l'exode, du douloureux exode, les pauvres gens, les voitures, les charrettes, les gens à pied, une lamentable humanité, toute la misère des routes, et cela pêle-mêle avec des troupes, des soldats sans armes, les restes de l'armée française. Cette immense panique : c'était cela, la France !... Et devant notre maison campaient les soldats de la Wehrmacht, les blindés, les chefs, les guerriers, les vainqueurs !... Quelles atroces journées !... Sur mes vieux jours, aux infortunes irrémédiables de la vie privée allait s'ajouter le sentiment de l'infortune publique, nationale... A deux pas de chez nous l'Allemand était en train de construire sa frontière nouvelle : la ligne de démarcation, cette ligne qui devait pour toujours couper la France en deux !... On en était là. C'était l'aboutissement d'une vieille histoire !... Cette histoire, je l'avais enseignée pendant plus de quarante ans, enseignée avec confiance et avec foi !... De colère et de dépit j'ai commencé d'écrire cette première partie dont le ton pamphlétaire et l'allure critique ont si souvent déplu et déçu. J'en voulais à cette « histoire » qui aurait dû nous être l'expérience de la vie passée, et qui ne paraissait plus rien, qui n'était ni avertissement, ni souvenir utile, ni espoir, ni consolation !..." (Gaston Roupnel, lettre à Fernand Braudel)

66.              Le même, couv. lég. salie, pt accroc au dos, état correct

            20

67.              Le Même, reliure demi-basane verte à bandes, dos lisse, titres et quintuples filets dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), dos uniformément passé et lég. frotté, bon état

            25

68.              SCHUBART (Walter). Eros et Religion. Fayard, 1972, in-8°, 312 pp, traduit de l'allemand, broché, bon état

            25

Walter Schubart décrit ce divorce entre Eros et les dieux qui continue de marquer le christianisme.

69.              SCHUBART (Walter). L'Europe et l'âme de l'Orient. Albin Michel, 1949, pt in-8°, xii-372 pp, version français par Denise Moyrand et Nathale Nicolsky, broché, bon état

            25

Sans doute le meilleur livre qu'un Occidental ait jamais écrit sur la Russie, par le philosophe allemand Walter Schubart. – Dans son livre de 1938 “L’Europe et l’âme de l’Orient”, l’écrivain letton d’origine allemande Walter Schubart interroge la possibilité d’une renaissance spirituelle de l’Occident compromis par l’idéologie prométhéenne. À ses yeux, l’homme héroïque, c’est-à-dire l’homme qui soumet le monde à sa volonté, est à bout de souffle et doit laisser place à l’homme messianique qui seul pourra réconcilier l’Orient et l’Occident. C’est aux Russes qu’incombe la tâche de faire basculer l’Occident de l’ère prométhéenne à l’ère johannique, précisément car l’âme slave – parce qu’elle est fondamentalement orientale – est imperméable aux doctrines matérialistes et athées. Écrit en 1938, la thèse de “L’Europe et l’âme de l’Orient”, suscite d’emblée une objection : pourquoi le salut viendrait-il de la Russie alors que l’Union soviétique a réalisé sur terre l’exact inverse de ce que l’homme messianique est en droit d’espérer ? Le communisme a fait du matérialisme, de l’athéisme et du progrès technique une idéologie d’État. « Les Russes fidèles à l’Église voient dans l’Union Soviétique le “Royaume de l’Antéchrist” », précise Schubart.

70.              SÉBILLOT (Paul). Légendes et Curiosités des métiers. Marseille, Laffitte Reprints, 1981, pt in-4°, viii-641 pp, 220 gravures d'après des estampes anciennes et modernes ou des dessins inédits, dans le texte, et à pleine page, vignettes, index, sources, table des Métiers établie par R. Lecotté, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, dos lisse, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état. Réimpression de l'édition de Paris, 1894-1895

            120

Réimpression tirée à 400 exemplaires de cet excellent ouvrage, très documenté et richement illustré, sur le folklore des métiers : les meuniers, les boulangers, les pâtissiers, les bouchers, les fileuses, les tisserands, les ouvrières en gaze, les cordiers, les tailleurs, les couturières, les dentellières, les modistes, les lavandières et blanchisseuses, les cordonniers, les chapeliers, les coiffeurs, les tailleurs de pierre, les maçons, les couvreurs, les charpentiers, les menuisiers, les boisiers et les sabotiers, les tonneliers, les charrons, les tourneurs, les peintres, vitriers et doreurs, les bûcherons, les charbonniers, les forgerons, les chaudronniers, les serruriers, les cloutiers, les imprimeurs. — "Le charmant volume de M. Sébillot, “Légendes et Curiosités des métiers”, où l'on trouve reproduite une collection on ne peut plus curieuse de vieilles gravures, contient un certain nombre d'indications relatives à la Basse-Bretagne et des citations de chansons bretonnes et de proverbes bretons : sur les meuniers, sur les tisserands, sur les tailleurs, avec des gravures représentant des tailleurs bretons, sur les laveuses bretonnes, sur les charpentiers, sur les tonneliers." (Revue Celtique, 1896)

71.              SÉDILLOT (René). Survol de l'histoire du monde. Fayard, 1961, in-12, 309 pp, index, broché, jaquette, bon état (Coll. Les Grandes études historiques), envoi a.s.

            20

"Ecrire l'histoire, c'est choisir. La présente “Histoire du monde” est un choix. Ne pouvant tout dire, elle ne vise qu'à retenir le principal, ou ce qu'on aura cru tel." (L'auteur)

72.              VALLAUD (Dominique). Dictionnaire historique. GLM/Fayard, 2002, fort pt in-8°, 1016 pp, texte sur 2 colonnes, 43 cartes dans le texte, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

D'un faible encombrement, ce 'Dictionnaire historique' fournit en quelques 4.000 notices concises la définition des institutions et des faits nécessaires à l'intelligence de l'histoire universelle, donne la biographie de ceux – dirigeants politiques, artistes, penseurs... – qui ont marqué le destin des hommes, relate les événements clefs et les périodes décisives du passé, accordant une large place aux civilisations, aux faits de société, aux religions de toutes les époques et sous toutes les latitudes. Il servira d'aide-mémoire au chercheur chevronné comme à l'amateur éclairé, de guide clair et sûr à l'étudiant comme au simple curieux. Il sera l'irremplaçable vade mecum de quiconque aura, par plaisir ou par nécessité, affaire avec l'histoire.

73.              VIEUILLE (Chantal). Histoire régionale de la littérature en France. Des origines à la Révolution. Plon, 1986, in-8°, xi-454 pp, préface d'André Bourin, biblio, glossaire, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

"... Chantal Vieuille nous entretient donc, non seulement des écrivains du terroir, chantres d'une province à laquelle ils sont attachés par leurs racines et qu'ils n'ont pas quittée, mais aussi de ceux qui, bien que provinciaux de naissance, n'ont pas évoqué leur province dans leur oeuvre, ceux aussi qui, quoique nés et demeurant ailleurs, ont situé un ou plusieurs de leurs livres dans telle ou telle région, enfin ceux qui, par choix délibéré, par affinité élective, ont adopté un coin de France pour y vivre et y travailler..." (André Bourin, préface)

74.              VILLENEUVE (Roland). Les procès de sorcellerie. Verviers (Belgique), André Gérard, Marabout, 1974, pt in-8°, 320 pp, 20 gravures à pleine page, biblio, pièces annexes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Univers secrets)

            25

"Auteur de nombreux ouvrages relatifs à la sorcellerie dont il a évoqué de multiples aspects, R. V. était en mesure de fournir une ample documentation sur un sujet qu'il aborde cette fois sous l'angle le plus propice, celui de ses déterminations et de son traitement judiciaires en Europe occidentale, du haut Moyen Age jusqu'aux abords de la période contemporaine. Le plan d'étude évite la plupart des difficultés qui menacent un tel projet : une première partie, de trois chapitres, retrace le lent cheminement du Canon Episcopi aux ouvrages de procédure qui définissent l'hérésie des Sorcières, puis l'essentiel de l'ouvrage est consacré à la description des procès, depuis la mise en situation des juges et des accusés jusqu'à l'exécution des sentences. (...) Les textes présentés, rarement cités ailleurs in extenso et avec une aussi grande variété, [sont] un des grands agréments de ce livre dont on pouvait craindre qu'un dessein trop synthétique ne le réduisît à de sèches énumérations ou catalogues de faits bruts. Si l'on peut regretter l'absence délibérée de données statistiques, il faut se féliciter de trouver en appoint de ce volume succinct une bibliographie étendue et des pièces annexes dont le choix a été classique et judicieux." (Yves Castan, Revue de l'histoire des religions, 1981) — "Avec le recul du temps, les procès de sorcellerie revêtent un aspect aussi trouble que fascinant. On peut se demander s’il existait vraiment des armées de magiciens, des couvents de sorcières, acharnés à la perte du genre humain. Et si, de leur côté, les Juges avaient pleine conscience du rôle écrasant et des responsabilités qu’ils osaient assumer. L’accueil des témoignages les plus douteux, l’atmosphère morbide des cachots excitent l’imagination à la façon des romans noirs. Mais, ici, la réalité dépasse – et de loin – les fictions sadiennes. L’homme, en l’occurrence, jette le masque et apparaît dans toute sa haine, sa bêtise et sa lubricité. Rares ont été les travaux de synthèse sur les procès de sorcellerie. Il fallait tout le talent et toute la lucidité de Roland Villeneuve pour en établir enfin une qui fût à la fois objective et chatoyante." (4e de couverture)

75.              WOLF (Norbert). Albrecht Dürer. Citadelles & Mazenod, 2011, in-folio (26,3 × 37,5), 320 pp, 350 illustrations en couleur, reliure éditeur, sous jaquette et coffret illustrés de l'éditeur, très bon état

            150

Dürer, qui est considéré comme l'un des génies du XVIe siècle, est non seulement un artiste passionnant, un dessinateur remarquable, une personnalité étonnante ; c'est également un homme doté d'une grande sensualité, fasciné par la philosophie et curieux de son époque. Cet ouvrage met l'accent sur l'idéal humaniste de l'uomo universale qu'il a voulu être : pour ce faire, ses activités furent mutliples et il fut peintre, dessinateur, architecte, sculpteur, musicien, théoricien et restaurateur. Dürer fut le plus grand dessinateur de tous les temps. Son talent exceptionnel de peintre, son sens aigu de la couleur sont également étudiés longuement dans ce grand livre où figure, dans un catalogue final, l'ensemble de ses oeuvres peintes. La biographie de cet immense artiste est bien entendu évoquée dans ce très beau livre dont le grand format laisse la part belle aux magnifiques illustrations en pleine page.

ANTIQUITÉ

 

76.              Atlantide – BESSMERTNY (Alexandre). L'Atlantide. Exposé des hypothèses relatives à l'énigme de l'Atlantide. Traduction et avant-propos du Dr. F. Gidon, augmentée d'un chapitre du traducteur sur les submersions nord-atlantiques de l'Age de bronze, et de plusieurs autres pièces documentaires. Payot, 1949, in-8°, 268 pp, traduit de l'allemand, 23 figures et cartes, biblio, broché, couv. illustrée, 1er plat très lég. sali, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            30

"Dans ce livre fort agréable à lire M. Bessmertny s'est proposé de donner un aperçu rapide de l'ample littérature qui, depuis l'époque de Platon, a été consacrée à résoudre l'énigme de l'Atlantide que le Timée a proposé à la curiosité humaine. C'est île eut-elle une existence réelle ? Et dans l'affirmative où aurait-elle été située ? A ces questions qui « appartiennent aux problèmes les plus populaires et les plus discutés de l'histoire et de la géographie » nombre de réponses ont été apportées par des poètes, des philosophes, des théosophes, des occultistes et des explorateurs ; l'auteur les a exposées de manière fort pittoresque ; sans s'arrêter à cette thèse parfois soutenue que dès l'origine l'Atlantide n'aurait été qu'une fable, M. Bessmertny étudie avec une indulgence amusée les hypothèses la concernant émises depuis l'antiquité jusqu'à nos jours ; n'a-t-elle pas été supposée dans l'océan Atlantique, l'Afrique du Nord et même l'Amérique. Parmi les travaux contemporains qui sont consacrés à l'Atlantide, M. Bessmertny insiste longuement sur la théorie fantaisiste d'Hermann Wirth et sur les écrits fort importants de Joseph Karst. Nous ne pouvons ici que mentionner ses recherches impossibles à résumer brièvement et dont il faut lire les conclusions dans l'ouvrage." (Revue philosophique de la France et de l'étranger, 1932). — "Une documentation précieuse notamment en ce qui concerne les Atlantides germaniques." (Joseph Altairac)

77.              Atlantide – BRAGHINE (Colonel A.). L'Enigme de l'Atlantide. Payot, 1952, in-8°, 318 pp, 9 gravures sur 8 pl. hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            30

"... Nous n'avons pas d'autre ambition, dans cet ouvrage, que d'offrir aux personnes qui s'intéressent au problèmes de l'Atlantide un inventaire des découvertes acquises à l'heure actuelle sans nous dispenser toutefois d'indiquer les solutions auxquelles nous nous rallions nous-même et les motifs de notre choix." (Préface)

78.              Atlantide – FROBENIUS (Léo). Mythologie de l'Atlantide. Le « Poseidon » de l'Afrique Noire. Son culte chez les Yorouba du Bénin. L'Atlantide – Le peuple Yorouba – La société – La religion – Ifé, la ville sainte. Les Dieux – Edschou et la représentation du monde. Payot, 1949, in-8°, 260 pp, traduction française du Dr. F. Gidon, préface de D.-P. de Pedrals, 43 figures dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique)

            45

La traduction d'un des principaux ouvrages de l’ethnologue allemand Léo Frobenius, qui théorise l'emplacement de l’Atlantide en Afrique noire. Il tente d'établir un lien direct entre la civilisation du Bénin (Yoruba du Nigéria) et la Méditerranée orientale en soutenant l'hypothèse d'un transfert de la civilisation mère par des voies maritimes atlantiques vers l'Afrique jusqu'alors considérée sauvage. (Gattefossé, Bibliographie de l'Atlantide n° 426 pour les éditions allemandes).

79.              Atlantide – IMBELLONI (José) et Armando VIVANTE. Le Livre des Atlantides. Traduit de l'espagnol, annoté et augmenté d'un chapitre sur les grandes submersions européennes de l'Âge du Bronze, par le Dr F. Gidon. Payot, 1942, in-8°, 345 pp, 41 figures et cartes dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée, papier lég. jauni, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            30

I. Les Atlantides occidentales. II. L'Atlantide de Platon. III. Les Atlantides orientales. — "Ouvrage étourdissant d'érudition." (Joseph Altairac)

80.              Atlantide – POISSON (Georges). L'Atlantide devant la science. Etude de préhistoire. Payot, 1945, in-8°, 253 pp, 6 cartes, 3 figures, 4 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique)

            25

Par Georges Poisson (1861-1943). En 1931, il est nommé professeur à l'Ecole d'anthropologie de Paris, et il fait un cours sur l'aryanisme, qui obtint un grand succès. En 1933, il publie dans la Revue anthropologique : « L'oeuvre ethnologique du Comte de Gobineau », et dans Atlantis : « La question aryenne », édité en brochure en 1934. – En 1934 paraît à Paris son grand ouvrage : « Les Aryens », étude linguistique, ethnologique et préhistorique (Payot). En 1936, il donne une brochure sur « Les influences ethniques dans la mythologie du Nord » ; en 1939 paraît son second grand ouvrage : « Le peuplement de l'Europe, état actuel, origine et évolution ». Dès la parution de ce gros travail, Georges Poisson en entreprit un autre, une revision générale des données atlantéennes, faite suivant la méthode scientifique. « L'Atlantide devant la science » fut publié après sa mort par son petit-fils.

81.              Atlantide – PRIEUR (Jean). Navires pour l'Atlantide. Roman. Fernand Lanore, 1980, in-8°, 263 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le mythe (mais en est-ce bien un ?), le mythe solaire de l'Atlantide a engendré un nombre considérable de volumes de toutes sortes et dans toutes les langues, et cela depuis Platon, soit depuis plus de 2000 ans. Il va sans dire que ces études n'apportaient pas toujours de nouveaux éléments, mais elles avaient le mérite de poser périodiquement l'interrogation essentielle. Le livre de Jean Prieur, qui se présente comme un récit ésotérique, donne une nouvelle dimension à cette histoire éternelle... On y retrouvera tantôt clairement affirmées, tantôt suggérées en filigrane les principales idées que l'auteur de « Cet au-delà qui nous attend » devait développer par la suite et notamment celle d'une révélation primitive dont l'écho persiste dans les religions égyptienne, védique, iranienne, orphique, essénienne, précolombienne ; révélation qui demeure à la base de la tradition ésotérique universelle." — Le premier roman de l'auteur (1914-2016), originellement paru en 1941, puis réédité en 1947 et en 1980.

82.              Atlantide – SAURAT (Denis). L'Atlantide et le Règne des géants. Denoël, 1954, in-12, 244 pp, 6 dessins dans le texte et 12 photographies hors texte, reliure cartonnée verte à motifs et bordée d'une bande acajou, dos lisse avec pièce de titre acajou (rel. de l'époque), bon état. Edition originale

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"Ces traces d'une grande civilisation, antérieure au déluge... Ces statues géantes, hautes de huit mètres et pesant vingt tonnes... Ces murailles, faites de blocs de neuf tonnes creusés sur leurs six faces de mortaises inexplicables... Tous ces vestiges prodigieux que l'on découvre dans les Andes à 4000 mètres d'altitude – dans un site dont la géologie révèle qu'il était jadis baigné par les océans –, comment en expliquer l'origine sans remonter à certains passages de la Bible, aux récits de Platon qui font état de la civilisation de l'Atlantide et des désastres cosmiques qui ont profondément modifié l'aspect de la planète ? De ces textes anciens comme des découvertes récentes des géologues, Denis Saurat a fait la lumineuse synthèse dans ce livre captivant." — Dans cet ouvrage, qui fait souvent référence aux théories de Hörbiger, Denis Saurat (1890-1958) exprime un désenchantement marqué envers l'homme de science.

83.              Atlantide – SPANUTH (Jürgen). L'Atlantide retrouvée ? Plon, 1954, in-8°, iii-241 pp, traduit de l'allemand, 20 illustrations hors texte, 17 illustrations dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Identification de l'Atlantide légendaire avec le pays d'origine des peuples de la mer, envahisseurs de l'Egypte sous les dernières dynasties du nouvel empire, vers 1200 avant J.-C. ; ce pays aurait été situé au large des îles Frisonnes, dans la zone des bouches de l'Elbe ; fort de son hypothèse, l'auteur entreprend d'en faire la preuve, et à l'aide d'un scaphandrier, découvre effectivement, aux approches d'Héligoland, sous sept mètres d'eau, les ruines d'une ville engloutie, aux murailles concentriques et aux rues pavées ; serait-ce l'Atlantide ? Ce livre est le récit exact et passionnant d'une découverte sensationnelle dûe à des années de recherches.

84.              Atlantide – SPANUTH (Jürgen). L'énigme de l'Atlantide. Montreuil, Editions de La Vie Claire, 1971, in-8°, 156 pp, traduit de l'allemand, 8 pl. de gravures hors texte, 13 figures dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Selon les théories émises par Jürgen Spanuth d'abord, puis par Jean Deruelle, Sylvain Tristan et Roger Mermet ensuite, il se serait agi d'un gigantesque polder dont les digues auraient été le point de départ d'une civilisation mégalithique en mer du Nord, au large de la Hollande, et dont les îles de la Frise et particulièrement celle d'Heligoland constitueraient ce qu'il reste de son territoire, contreforts servant de digues naturelles.

85.              Atlantide – TOMAS (Andrew). Les Secrets de l'Atlantide. Laffont, 1969, in-8°, 201 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. d'illustrations hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, état correct (Coll. Les énigmes de l'univers)

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De la légende à la découverte... Alors que les Aztèques attendaient la visite d'un dieu venu d'une île située à l'Est, les Egyptiens étaient persuadés que le dieu Thot leur avait apporté les arts et les sciences d'un pays situé à l'Ouest. N'est-il pas curieux de constater que cette même terre, les Précolombiens l'appelaient Aztlan et les Méditerranéens Atlantis ? Des coïncidences de ce genre, mais aussi les objets préhistoriques, les textes sacrés, les mythes, les conceptions scientifiques de l'Antiquité, Andrew Tomas, écrivain et chercheur australien, les a tous étudiés au cours d'une longue en quête menée en Australie, en Angleterre, en Russie, en Inde et en France. Et ce n'est pas sans preuves qu'il conclut à l'existence d'une civilisation hautement développée, qui aurait légué une tradition scientifique dont l'Egypte, la Méditerranée orientale, l'Amérique du Sud recèleraient encore des traces. C'est pourquoi le sondage des Pyramides et du Sphinx aux rayons X, projeté par les U.S.A. Et la R.A.U., serait capital aux yeux de l'auteur et permettrait peut-être de déceler dans le sous-sol de Gizeh une de ces bibliothèques ou un de ces musées légués par la grande civilisation disparue. Seul un effort continu, mené avec des moyens scientifiques, permettra en effet aux chercheurs de quitter, pour résoudre l'énigme de l'Atlantide, les chemins de la légende et du mythe, pour parvenir à des certitudes. Sur cette route, l'ouvrage d'Andrew Tomas aidera le lecteur à franchir une importante étape.

86.              COLIN-SIMARD. Découverte archéologique de la France. La Préhistoire au grand soleil. Perrin, Le Livre Contemporain, 1957, in-8°, 291 pp, 8 pl. de photos hors texte, 18 figures, 5 cartes sur double page, essai de chronologie des découvertes préhistoriques, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Aventure du passé) (Grand Prix d'Histoire 1956)

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"En 1956, la "Découverte archéologique" donnait, sous la forme d'un ouvrage de vulgarisation, mais avec l'aide d'une documentation très sérieuse et généralement de première main, l'histoire du développement de la recherche préhistorique de Boucher de Perthes à nos jours." (A. Laming-Emperaire) — "Un livre manquait à la bibliothèque de l'Archéologie. Jamais encore l'Histoire des découvertes préhistoriques sur le sol français n'avait été écrite. Or la France s'est révélée le pays le plus riche du monde en vestiges préhistoriques. L'activité d'une poignée de Français a donné naissance à un mouvement de recherches passionné. Cette épopée fantastique attendait son biographe. A travers plus de 10.000 documents retrouvés, peu à peu s'est dégagé le visage extraordinaire de la science préhistorique. On assiste alors à la prodigieuse croisade des pionniers qui, pendant cent ans, s'acharnèrent à lever le voile épais recouvrant les âges obscurs de l'Humanité. Avec “La Préhistoire au grand soleil”, véritable « Découverte archéologique de la France », le lecteur apprendra qu'un paysage, un lieu proche de chez lui, ont été le théâtre d'étonnantes entreprises. Il verra surgir, de la nuit des temps, des pays familiers qui, à la lumière des révélations, prennent un relief inattendu. Et peut-être partagera-t-il la fièvre de ceux qui, la pioche à la main, ont percé les secrets de ce passé impressionnant." (2e plat de la jaquette) — Table : Les premiers pas d'une science nouvelle [Boucher de Perthes] ; La région parisienne aux temps préhistoriques ; La vallée de la Vézère, haut lieu de la préhistoire ; Le pays charentais, berceau de la science de nos origines ; Au bord de la Riviera ; La préhistoire dans les profondeurs des Pyrénées ; Les grottes d'Arcy à l'ère atomique ; L'enfer de la Préhistoire [Glozel].

87.              DETIENNE (Marcel)(dir.). Les Savoirs de l'écriture en Grèce ancienne. Presses Universitaires de Lille, 1988, gr. in-8°, 538 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Table : L'écriture et ses nouveaux objets intellectuels en Grèce (Marcel Detienne) ; L'espace de la publicité, ses opérateurs intellectuels dans la cité (Marcel Detienne) ; Aux débuts de l'écriture politique : le pouvoir de l'écrit dans la cité (Françoise Ruzé) ; Solon et la voix de l'écrit (Nicole Loraux) ; Aux origines de la codification écrite des lois en Grèce (Giorgio Camassa) ; Marchands, économie et techniques d'écriture (Mario Lombardo) ; Ecriture et pratique juridique dans la Grèce classique (Alberto Maffi) ; Discours écrit/discours réel chez Démosthène (Luciano Canfora) ; Manières d'archivage et archives de cités (Stella Georgoudi) ; La démonstration géométrique (Giuseppe Cambiano) ; Inscrire la terre habitée sur une tablette. Réflexions sur la fonction de la carte géographique en Grèce ancienne (Christian Jacob) ; Le style d'Hippocrate ou l'écriture fondatrice de la médecine (Jackie Pigeaud) ; Vérité, tragédie et écriture (Charles Segal) ; Le comédien face à l'écrit (Diego Lanza) ; Dans l'ombre de Thoth. Dynamique de l'écriture chez Platon (Mario Vegetti) ; L'art platonicien d'avoir l'air d'écrire (Patrice Loraux) ; J'écris, donc je m'efface. L'énonciation dans les premières inscriptions grecques (Jesper Svenbro) ; Inscriptions archaïques sur les statues des dieux (Pietro Pucci). — Quels sont donc les effets de l'écriture sur le régime intellectuel des Grecs ? Une écriture interrogée dans sa dimension anthropologique : comme une activité cognitive, et quand elle prend une place majeure dans la vie sociale et dans les pratiques politiques. Entre 650 et 450 av. notre ère dans les cités de la Grèce, l'écrit monumental et public conquiert son autonomie ; il produit des objets inédits, favorise l’avènement de la publicité, inaugure un régime nouveau pour l’activité intellectuelle. Comment l’écrit devenu autonome s’affirme-t-il pratique de l’intellect ? Quels sont les objets façonnés par l’exercice graphique ? Quelles possibilités nouvelles ces nouveaux objets proposent-ils à l’intelligence de ces Grecs si peu répétitifs ? Autour de ces questions, un petit groupe de chercheurs – français, italiens, américains – découvre la présence de scribes entre l’Acropole, Olympie et les montagnes crétoises ; l’action souvent complexe de législateurs anonymes ou trop connus, et comment l’écriture des lois est constituante du politique ; comment, également, sur ce terrain l’écrit affirme sa présence et ses vertus de rigueur et d’exactitude. Enquête qui a une dimension d’histoire sociale : l’avènement des archives ; les distances entre le droit et l’écriture ; les marchands, l’économie et le système de numération alphabétique. Mais dans la visée, il y a les hauts savoirs fléchés par l’écrit : la géométrie dessinant et écrivant, explorant les propriétés des figures et mettant la démonstration par écrit?; la géographie avec la carte et ses contraintes de raisonnement imposées entre écrire le monde et dessiner la terre habitée ; la médecine avec son projet d’écrire afin de décrire, d’inventer par le stylet et le style des Epidémies la maladie dans ses purs symptômes. Avec ses tracés bibliographiques, ses indices offerts au chaland, l’ouvrage ainsi paré devrait servir de livre-outil pour d’autres ateliers. (Marcel Detienne)

88.              GIVE (Bernard de). Les rapports de l'Inde et de l'Occident des origines au règne d'Asoka. Les Indes savantes, 2005, gr. in-8°, 360 pp, 3 cartes in fine, broché, couv. illustrée, bon état

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Cet ouvrage est né d'un travail doctoral préparé par l'auteur à l'Université de Louvain-la-Neuve, sous la direction du grand spécialiste du bouddhisme que fut Mgr Lamotte. L'auteur reprend les textes classiques qui témoignent des relations anciennes et profondes – commerciales, culturelles, religieuses et politiques – qui ont depuis toujours lié l'Inde à la Perse, et par-delà à la Grèce et au Moyen-Orient. De l'Indus au Nil, en recensant et en examinant méthodiquement les écrits disponibles, ainsi que les études modernes, l'auteur nous invite à un grand voyage à travers les peuples et les cultures de l'antiquité. L'épopée d'Alexandre n'est pas un accident historique, mais bien une conséquence logique de ces anciens contacts.

89.              ISRAËL (Gérard). Cyrus le Grand. Fondateur de l'Empire perse. Fayard, 1995, in-8°, 395 pp, 8 pl. de photos hors texte, 8 cartes, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Il y a vingt-cinq siècles, un Perse, Cyrus, descendait des montagnes de l'Iran, et fondait, à la tête de ses armées, un "empire universel". Il vainquit des rois héritiers de dynasties anciennes et redoutables, comme ceux de la farouche Médie, de la riche Lydie (le pays de Crésus) et surtout de la mystérieuse Babylone. Mais le maître de l'Empire perse n'était pas un conquérant comme les autres. "Roi des quatre coins du monde", il a apporté aux peuples soumis à son autorité une liberté qu'ils n'attendaient pas, et, inspiré par Zarathoustra, rechercha pour ses sujets le bien-être, l'amitié divine et, par-dessus tout, la paix. Ainsi autorisa-t-il les déportés de Babylone, notamment les Hébreux, à rentrer dans leur pays, à y construire leurs temples. Ainsi fut rebâtie Jérusalem. Symbole de tolérance aux yeux des prophètes bibliques et des historiens grecs, Cyrus, héros quasi légendaire, incarna, avant l'heure, la réconciliation de l'Orient de la spiritualité et de l'Occident du savoir.

90.              LAUBENHEIMER (Fanette). Le temps des amphores en Gaule. Vins, huiles et sauces. Errance, 1990, gr. in-8°, 182 pp, nombreuses illustrations dans le texte, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Jamais dans l'histoire un simple récipient n'avait raconté tant de choses : sur des sociétés, sur des économies, et sur des échanges, sur des lieux, et sur des modes de production, sur des habitudes alimentaires. Pendant plus de treize siècles, les amphores ont protégé et transporté les sauces de poissons, les poissons salés, les vins au goût de résine. Le temps des amphores, c'est une plongée dans le quotidien, dans la vie économique et même dans l'imaginaire. Ce sont ces lourds bateaux venus d'Italie, chargés de 10.000 amphores. Ce sont, sur les tables gauloises, les vins de l'Orient,de l'Italie, de la péninsule ibérique et de l'Afrique...

91.              MARAVAL (Pierre). Constantin le Grand. Empereur romain, empereur chrétien (306-337). Tallandier, 2011, in-8°, 399 pp, 2 pp d'illustrations, notes, chronologie, biblio, 3 index, broché, couv. illustrée, bon état

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Redoutable et ambitieux chef de guerre, Constantin 1er (272-337) s'imposa comme maître tout-puissant de l'Empire romain d'Occident puis d'Orient. Son règne fut l'un des plus longs : trente et un ans mais aussi l'un des plus remarquables. En retraçant l'ascension de ce premier empereur chrétien vers le pouvoir, son parcours et son action, Pierre Maraval offre une biographie captivante. Constantin est un personnage fondamental de l'histoire de la chrétienté : il est le premier empereur romain à se convertir au christianisme. Non seulement il marque la fin d'une ère de persécution des chrétiens, mais il aide l'Eglise chrétienne à prendre son essor. — La conversion de Constantin au christianisme est un moment décisif, tant pour l'histoire de la Chrétienté occidentale et de Byzance, que pour celle de l'Empire romain. Sa victoire sur Maxence, le 28 octobre 312 au pont Milvius, est restée célèbre puisque c'est à la veille de la bataille que Constantin aurait vu une croix lumineuse. Les conséquences sont immenses et l'Empire donne ainsi à l'église chrétienne une position officielle. En 352 sera réuni, à son initiative, le premier concile oecuménique pour mettre un terme à l'hérésie arienne qui déchirait l'Eglise. Cet empereur au long règne (306-337), maître tout-puissant de l'Empire après plusieurs guerres contre ses rivaux, rétablit la monarchie héréditaire. Homme politique d'exception, Constantin est aussi un grand bâtisseur. Constantinople, la ville qui porte son nom, sera pour onze siècles la capitale politique, culturelle et artistique de l'Empire romain d'Orient, le centre d'une brillante civilisation. A sa mort, après avoir favorisé de nombreuses réformes politiques, monétaires et fiscales, sociales et religieuses, Constantin laisse derrière lui un empire pacifié.

92.              PREAUX (Claire). Le monde hellénistique. La Grèce et l'Orient de la mort d'Alexandre à la conquête romaine de la Grèce (323-146 av. J.-C.). Tome 2. PUF, 1978, pt in-8°, 372 pp, paginé 399-770, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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Les Grecs, après Alexandre, ont dominé le monde oriental et y ont construit des royaumes aux frontières mouvantes, opposés par des guerres multiples. Il n'y eut pas de vraie civilisation mixte, car un clivage social strict fut maintenu entre conquérants et peuples conquis, les Grecs constituant un groupe dominant, exploitant depuis leurs cités le travail des paysans barbares. Se maintint pourtant le prestige des vieux cultes égyptiens, syriens ou babyloniens, et des cultures dont ils étaient les gardiens. C'est cependant dans ce monde complexe que s'élaborèrent les traits essentiels d'une civilisation dont allaient hériter, par le relais de Rome, les âges ultérieurs : sur les acquis de l'école d'Alexandrie, la science vécut jusqu'à l'époque moderne, pour les mathématiques, l'astronomie, la cosmographie ou la médecine ; l'art hellénistique devait plus tard renaître sous la forme du baroque ; le stoïcisme a inspiré les choix moraux des siècles suivants, jusqu'au nôtre...

93.              QUENNELL (Marjorie et C. H. B.). La Vie des Grecs, d'Homère à Périclès. Payot, 1937, in-8°, 257 pp, traduit de l'anglais, 166 illustrations (8 planches hors texte et 158 figures dans le texte), un tableau chronologique, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

"Bien informé et agréablement illustré d'après les monuments antiques, cet ouvrage de vulgarisation, dépourvu de pédanterie, sera lu avec agrément même par ceux qui connaissent Homère autrement que par les résumés de l'Épopée, par lesquels les auteurs anglais commencent leurs aperçus sur la Grèce mycénienne, archaïque et classique." (Guy de Budé, Revue de l'histoire des religions, 1938)

94.              SCHWALLER de LUBICZ (R.-A.). Le roi de la théocratie pharaonique. Flammarion, 1974, in-8°, 348 pp, 54 figures dans le texte, 3 tableaux, appendices documentaires, broché, couv. illustrée, bon état

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La théocratie pharaonique est une institution exceptionnelle, un ordre gouvernemental et social unique dans toute l'histoire occidentale. Dans cette nouvelle théocratie, l'ensemble de la vie du peuple est dominé par les réalités spirituelles. La croyance qui pendant quarante siècles s'est imposée à l'Egypte reposait sur la Science sacrée, comprenant aussi bien le domaine du mythe, des rites religieux, de la médecine, de la géométrie, de l'astronomie que les lois de la vie courante et de la justice. Comment a pu se réaliser en Egypte pareille unification du pouvoir temporel et spirituel Faire comprendre la réalité et l'importance de la Science sacrée, voilà toute la raison d'être de ce livre, devenu un classique. Il n'y a pas de plus grand écart qu'entre la mentalité occidentale et celle des Sages de l'ancienne l’Egypte. Ce volume est illustré d'une cinquantaine de dessins relevés sur les décorations murales des tombes, qui facilitent la compréhension des sujets traités.

95.              VERNANT (Jean-Pierre). Mythe et société en Grèce ancienne. Maspero, 1981, in-8°, 250 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Fondations)

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Le mythe ne se définit pas seulement par sa polysémie, par l'emboîtement des différents codes les uns dans les autres. Entre les termes mêmes qu'il distingue ou qu'il oppose dans son armature catégorielle, il ménage dans le déroulement narratif et dans le découpage des champs sémantiques des passages, des glissements, des tensions, des oscillations, comme si les termes, tout en s'excluant, s'impliquaient aussi d'une certaine façon. Le mythe met donc en jeu une forme de logique qu'on peut appeler, en contraste avec la logique de non-contradiction des philosophes, une logique de l'ambigu, de l'équivoque, de la polarité. Quel est d'autre part le lien entre le cadre intellectuel dégagé par l'analyse structurale et le contexte sociohistorique où le mythe a été produit ? Comment s'articulent, dans le travail concret de déchiffrement, une recherche en synchronie où chaque élément s'explique par l'ensemble de ses relations au système et une enquête en diachronie où les éléments, insérés dans des séries temporelles, s'expliquent par leurs rapports à ceux qui les ont précédés dans les séquences ainsi définies ? La réponse consisterait sans doute à montrer que, pas plus dans l'enquête historique que dans l'analyse en synchronie, on ne rencontre d'éléments isolés, mais toujours des structures, liées plus ou moins fortement à d'autres, et que les séries temporelles concernent des remaniements, plus ou moins étendus, de structures au sein de ces mêmes systèmes que vise l'étude structurale.

96.              YOURCENAR (Marguerite). Pindare. Grasset, 1932, pt in-8° (13,5 x 21), 290 pp, bibliographie sommaire, broché, couv. illustrée lég. salie avec trace de décharge de scotch en haut du dos et des plats, charnières recollées, bon état. Edition originale dont il n'a été tiré que 21 exemplaires sur grand papier. Exemplaire du service de presse sur alfax Navarre, enrichi d'un rare envoi autographe signé de l'auteur (nom du destinataire découpé)

            400

Un essai de Marguerite Yourcenar, rédigé entre 1926 et 1929 et paru en 1932 aux éditions Grasset. Elle y évoque la figure du poète Pindare sous la forme d'une étude biographique. Elle parle de la religion, de l'histoire, des femmes, de la société, des guerres, du sport, de l'art, etc. On a l’impression par moments que Pindare n’est qu’un prétexte pour présenter la civilisation grecque. Yourcenar en fit pourtant interdire la publication, le jugeant « imprudemment bâclé » et il ne sera republié qu'en 1991 dans “Essais et mémoires” (Pléiade). « Chez Pindare, nous n'avons de l’humain que ce qu’il a de parfait, de l'éphémère que ce qu'il a d'éternel. » (M. Yourcenar)

MOYEN AGE

 

97.              BARANTE (Amable-Guillaume-Prosper Brugière, baron de). Histoire des ducs de Bourgogne de la Maison de Valois, 1364-1477. P., Le Normant et Garnier, 1858, 8 vol. in-12, 435, 449, 432, 439, 369, 432, 428 et 412 pp, huitième édition, importante table alphabétique et raisonnée au dernier tome (230 pp), reliures demi-percaline carmin, dos lisses avec pièce de titres basane havane et fleuron doré (rel. de l'époque), trace de mouillure claire ancienne aux premiers feuillets du tome 2, qqs rousseurs, dos lég. passés, bon état

            250

Célèbre fresque historique sur les derniers ducs de Bourgogne (Philippe le Hardi, Jean-sans-Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire) qui valut à Barante d'être élu, en 1828, membre de l'Académie française. — "C'est une œuvre écrite avec scrupule et honnêteté." (Saffroy I, 10761) — On considère le plus souvent Prosper de Barante comme un excellent historien. Il est aussi très agréable à lire, car cet ancien ambassadeur de France à Turin et à Saint-Pétersbourg écrit non à la manière d'un universitaire, mais au contraire avec brio, inventivité et style. Citons par exemple son contemporain Césena : « Barante écrit l'histoire à la façon des grands coloristes de l'école vénitienne : au lieu d'un tableau sur la toile, c'est un tableau en livre, tableau vivant où l'on voit passer les hommes et les choses dans leur réalité. » Prosper de Barante (1782-1866) est l'auteur entre autres de la célèbre Histoire des Ducs de Bourgogne de la maison de Valois (1824-1826) en treize volumes, toujours considérée comme une référence, de l'Histoire de la Convention nationale (1851-1853) en six volumes, ou encore de l'Histoire du Directoire (1855) en trois volumes. Prosper de Barante fut préfet, conseiller d'État, député de la Loire, et élevé à la qualité de Pair de France en 1815.

98.              BRUHL (Carlrichard). Naissance de deux peuples. Français et Allemands, IXe-XIe siècle. Fayard, 1995, gr. in-8°, 388 pp, traduit de l'allemand. Edition française établie par Olivier Guyotjeannin, 8 pl. de gravures hors texte (dont 4 en couleurs), 3 cartes, sources et biblio, index, broché, pt trace de mouillure ancienne sans gravité sur la tranche, bon état

            45

L'apparition des premiers sentiments nationaux dans les royaumes nés du partage de l'empire carolingien, par Carlrichard Brühl (1925-1997), un des plus grands médiévistes européens. Issues d'une même construction territoriale – l'empire carolingien –, la "France" et l' "Allemagne" en sont venues un jour à se constituer en entités politiques autonomes. Comment les Francs, présents sur les deux rives du Rhin, sont-ils, après avoir exercé leur domination sur des peuples aussi divers que les Aquitains et les Saxons, les Bavarois et les Gascons, devenus les uns des "Français", les autres des "Allemands", séparés par des frontières politiques, par le barrage des langues et plus tard par le "sentiment national" ? Ce long processus s'est amorcé au milieu du IXe siècle au moins et s'est poursuivi jusque vers les années 1050. Pour en cerner l'émergence et la progression, il fallait repasser au crible l'ensemble des sources disponibles et y examiner les événements politiques, les structures d'encadrement et les relations entre entités détachées du grand Regnum Francorum depuis sa partition en 843 jusqu'au moment où l'on a le sentiment que deux nations distinctes suivent chacune un chemin propre. Mais, pour écarter les risques de contresens, il était d'abord nécessaire de faire table rase des mythes nationalistes, de se défier des traditions historiographiques, des clichés de la propagande belliciste et des appellations reçues, en bref d'introduire un doute méthodique sur toutes les expressions consacrées par l'usage et d'enquêter sur leur fixation. Ce qui n'était à l'origine que précaution intellectuelle est devenu une recherche en soi, l'examen rigoureux des terminologies menant à l'histoire des idéologies. Carlrichard Brühl démonte ainsi la lente construction savante qui, du XVe siècle à la première moitié du XXe siècle, a vu enrôler Charlemagne comme "roi allemand" et Charles le Chauve comme "roi français", Arminius et Vercingétorix comme héros respectivement "allemand" et "français". Qu'est-ce qu'un Gaulois pour un lettré du XIIe siècle ou un humaniste allemand ? Quel est le sens précis du terme "franc" ? Quand les adjectifs "français", "allemand", "teuton", "tudesque", apparaissent-ils ? Qu'est-ce qu'un "royaume" au haut Moyen Age ? Autant de questions - capitales - que des siècles d'hostilité ont privées de réponses et qui sont ici résolues. Le présent livre a d'abord été publié en allemand en 1990 sous une forme très volumineuse. L'édition française, établie par Olivier Guyotjeannin en étroite collaboration avec l'auteur, est pourvue d'une information bibliographique mise à jour et conserve du très lourd apparat critique de sa première version tout ce qui a une utilité directe pour la lecture (les textes latins indispensables ont été traduits, les références allégées, les excursus abrégés ou intégrés au fil des démonstrations).

99.              Collectif – Cahiers de Fanjeaux 4. Paix de Dieu et guerre sainte en Languedoc au XIIIe siècle. Toulouse, Privat, 1969, gr. in-12, 366 pp, 7 pl. hors texte, index, broché, couv. à rabats, bon état (Cahiers de Fanjeaux, 4)

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"Le thème traité est abordé de multiples façons par une équipe de médiévistes : A. Dupront, E. Delaruelle, G. Sicard, R. Bonnaud-Delamare, M.H. Vicaire, R. Lejeune, R. Foreville, Y. Dossat, R. Nelli, H. Blaquière. Il s'agit d'expliquer comment la croisade, devenue institution de chrétienté au XIIIe siècle, a pu être dirigée contre des hérétiques, alors qu'originairement elle est destinée à combattre des païens. L'institution de la « paix de Dieu » semble faire le pont entre les deux formes de croisade, que R. Foreville différencie très habilement à partir des textes. En effet, l'Eglise accuse les comtes de Toulouse de ne pas assurer la paix dans leurs terres, et ce pour deux raisons : parce qu'ils ne mettent pas fin aux activités de routiers nombreux ; parce qu'ils tolèrent l'hérésie, qui trouble aussi la paix civile et religieuse. En assimilant routiers et hérétiques par les effets de leur activité, l'Eglise put justifier une intervention d'un genre inédit en chrétienté. La « croisade contre les albigeois » fut, ainsi, une opération de pacification, à laquelle on appliqua – en gros – la législation régissant les expéditions en Terre sainte. (...) Les exposés rassemblés ici présentent les résultats de la recherche en termes accessibles au grand public. Mais il faut noter l'importance donnée aux notes et références bibliographiques, qui font de ces recueils d'excellents instruments de travail..." (Jean Séguy, Archives de sociologie des religions, 1970)

100.          DANIEL (Norman). Héros et Sarrasins, une interprétation des chansons de geste. Editions du Cerf, 2001, gr. in-8°, 322 pp, traduit de l'anglais, sources, index, broché bon état (Coll. Patrimoines Islam)

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L'attitude officielle de l'Occident chrétien envers l'islam, celle des théologiens, a fait l'objet de nombreux travaux. En revanche, les attitudes "non officielles" ont été peu étudiées. Elles font précisément l'objet du présent ouvrage de Norman Daniel. Le problème des sources se pose d'emblée car les attitudes non officielles ne s'expriment pas dans une langue explicite. L'historien doit alors exhumer, deviner, supposer, mettre en relation différents éléments. A sa disposition au Moyen Age, les Chansons de geste écrites par des poètes et destinées aux laïcs, principalement les soldats. Ces chansons, œuvres d'imagination, de fiction, perpétuent la mémoire d'un passé lointain, inexact certes mais fondé sur des souvenirs authentiques d'événements ; elles restituent le climat, l'esprit du temps. Elles ont perduré plusieurs siècles, en adaptant les thèmes à la mode, principalement celui des Sarrasins. Dans Héros et Sarrasins, Norman Daniel analyse les idées développées dans les Chansons. Il se livre à un travail d'historien des mentalités, avec pour seul objectif la moise en lumière de l'image de l'islam et des Arabes que se faisait l'Occident chrétien.

101.          DUBY (Georges). Le Temps des cathédrales. L'art et la société, 980-1420. Gallimard, 1976, in-8°, 379 pp, 32 pl. de gravures hors texte, broché, bon état

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Devant le trésor de Saint-Denis ou les vitraux de Chartres, les fresques de Giotto ou les palais florentins, qui ne s'est interrogé sur les conditions sociales et les représentations mentales qui ont environné et inspiré le geste de leurs créateurs ? Cette vaste sociologie de la création artistique, chef d'œuvre d'un grand historien doublé d'un écrivain, replace l'ensemble des hautes productions de l'Occident médiéval dans le mouvement général de la civilisation. Elle offre des clés pour pénétrer cet univers de formes complexe et fascinant. Georges Duby montre donc comment, au XIe siècle, ce que nous avons appelé la féodalité transféra des mains des rois à celles des moines le gouvernement de la production artistique ; comment, cent ans plus tard, la renaissance urbaine établit la cathédrale au foyer des innovations majeures ; comment, au XIVe siècle, l'initiative du grand art revint aux princes et s'ouvrit aux valeurs profanes. Le temps des cathédrales est ainsi encadré, entre celui des monastères et celui des palais. L'influence de cet essai n'a cessé d'être déterminante aux avant-postes de la recherche historique...

102.          FAVIER (Jean). De l'or et des épices. Naissance de l'homme d'affaires au Moyen Age. Fayard, 1987, gr. in-8°, 481 pp, 7 cartes hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Entre le temps des foires de Champagne et des premières audaces au-delà de Gibraltar et celui des Médicis et des Fugger, le marchand médiéval s'est mué en homme d'affaires. Ses horizons se sont élargis, ses ambitions ont dépassé le monde de la marchandise, ses techniques se sont enrichies. Il a appris à connaître et à maîtriser ses affaires, il a créé ces formes du crédit qui vont devenir le jeu bancaire, il sait prendre et limiter ses risques. L'homme d'affaires médiéval s'est fait organisateur de la production, inventeur du capitalisme, il a intégré l'économie dans la vie politique. A l'heure de la Renaissance, il y a toujours du monde dans la boutique et dans l'atelier, mais l'or et les épices auront donné à l'Europe des princes et des mécènes.

103.          JOINVILLE (Jean, sire de). Histoire de Saint Louis, suivie du Credo et de la Lettre à Louis X. Texte ramené à l'orthographe des chartes du Sire de Joinville et publié pour la Société de l'Histoire de France par M. Natalis de Wailly, membre de l'Institut. P., Mme Veuve Jules Renouard, 1868, gr. in-8°, xliii-410 pp, éclaircissements, vocabulaire, table alphabétique des matières, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

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"Importante publication historique et philologique de l'une des sources primordiales de l'histoire médiévale." — Commandé au compagnon de croisade et de captivité de Louis IX par Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel, le livre "des saintes paroles et des bons faiz de saint Loys" fut achevé en 1309. La première version imprimée, en 1547, était très imparfaite. — "L'oeuvre de Joinvillle est un récit dicté par un homme candide et intelligent, qui voit bien et sait raconter avec grâce. Joinville a une mémoire excellente, surtout la mémoire des yeux ; les événements extérieurs ont sur son esprit une forte influence qu'il sait rendre et marquer. Ami de Saint-Louis, il a su parler de celui-ci, et le biographe est digne du modèle ; il a su reconnaître et marquer avec modestie en quoi Louis lui était supérieur, mais il a peint l'homme et le roi beaucoup mieux que les autres contemporains." (Molinier, Sources III, 2537)

104.          LEGUAY (Jean-Pierre). La rue au Moyen Age. Rennes, Ouest-France, 1984, in-8°, 253 pp, abondamment illustré de photos et plans dans le texte et à pleine page, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"... L'une des richesses de l'ouvrage est de s'attacher souvent à la toponymie, révélatrice de l'aspect de la rue : les immondices, ordures, et autres « fiens qui engendrent pestilences » (et qui peuvent être à l'origine de grandes infections) se devinent dans les « Rue Sale » ou « Foireuse » (Angoulême), « Passage Merdeux » (Chartres), « Rue Merdière » (Lagny), etc.. Pourquoi cette saleté et ces odeurs dans la rue médiévale ? Problème d'éducation du riverain ? Oui, répond l'auteur, mais pas seulement ; à cette cause, viennent s'en ajouter beaucoup d'autres : les enceintes empêchent l'écoulement hors de la ville, les insuffisances des « retraits » ou « chambres courtoises » (latrines), l'abondance des métiers nuisibles à la salubrité publique (bouchers qui égorgent dans la rue (« Rue de l'Ecorcherie » à Paris), foulons, teinturiers, etc.), des habitudes encore rurales (élevage d'animaux sur la chaussée)... La seconde partie de l'ouvrage s'attache à décrire le monde de la rue : description très minutieuse, très documentée, très réaliste de la sociabilité médiévale..." (Didier Lett, Médiévales, n°7, 1984)

105.          LEMARIGNIER (Jean-François). La France médiévale. Institutions et société. Armand Colin, 1978, gr. in-8°, 416 pp, 17 cartes, 5 tableaux, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. U)

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"Cette synthèse est d'abord exemplaire par l'enchaînement des idées, la clarté de l'étude de chaque point appuyée sur les ouvrages classiques, le souci d'aller à l'essentiel dans la progression de l'exposé : c'est ainsi que nous suivons le glissement du monde romain au monde franc, l'évolution de la féodalité de la fin du IXe siècle au milieu du XIIe siècle, le développement du pouvoir royal et des institutions monarchiques. Un index fournit des définitions toujours très précises, les schémas forment une excellente illustration et l'orientation bibliographique indique plus de 300 titres." (Bernard Demotz, Cahiers d'histoire) – "Une vue dynamique des institutions les plus riches de signification, plutôt qu'un inventaire analytique. Jamais les institutions étudiées ne se trouvent, en quelque sorte, désincarnées, j'entends présentées autrement que dans le cadre de l'époque qui les a fait naître et du courant historique qui a déterminé leur évolution." (Jean Yver, Cahiers de civilisation médiévale) – "Net et solide... écrit sans recherche et sans abus de termes techniques, dans une langue simple et accessible." (L. Génicot, Revue d'histoire ecclésiastique) – Désormais classique, La France médiévale répond à quelques questions essentielles : comment les hommes sont-ils organisés dans la société ? Quelles en sont les structures politiques et comment se prolongent-elles en des structures administratives, juridiques, financières ? Quelle place y tient l'Eglise, à travers ses structures et ses relations avec le pouvoir civil ? Car il ne s'agit pas ici d'aborder sous le seul jour du droit des institutions françaises qui, du IXe au XVe siècle, ont connu des mutations fondamentales. Intimement liées aux évolutions de la société tout entière, à celles des penseurs et des dirigeants, comme aux mouvements des idées, les institutions suivent pas à pas la structuration politique du royaume de France et l'affirmation d'une civilisation française. L'histoire des institutions françaises – qui ne sont, en fait, qu'une forme d'une civilisation qui a ses racines jusque dans l'Antiquité gréco-romaine – peut se répartir en deux périodes : la première, qui s'étend jusqu'au milieu du XIIIe siècle, est avant tout marquée par la féodalité, d'abord anarchique puis plus structurée, pour aboutir enfin à la seconde, qui voit la croissance de l'autorité du roi de France et la naissance des institutions monarchiques qui sont à l'origine de l'Etat des temps modernes.

106.          LOT (Ferdinand) et Robert FAWTIER (dir.). Histoire des institutions françaises au Moyen Age. Tome II : Institutions royales (Les droits du Roi exercés par le Roi). PUF, 1958, gr. in-8°, 623 pp, index, broché, couv. lég salie, dos abîmé recollé, dernier cahier froissé, état moyen

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"M. Robert Fawtier a entrepris de mettre au jour une monumentale Histoire des institutions françaises au Moyen Age, projetée et ébauchée par Ferdinand Lot, tâche immense dont l'accomplissement est en grande partie réalisé. Déjà un tome premier a traité des institutions seigneuriales en tant que servant de cadres à de petites entités monarchiques provinciales. M. Fawtier annonce, d'autre part, un troisième tome dont le titre, L'Église de France, indique le sujet. Pour le moment voici le volume qui, sans doute dans l'idée des auteurs, contient l'essentiel de leurs vues et de leur programme. L'importance matérielle de ce tome en révèle l'une des principales qualités, c'est la richesse des matériaux réunis. Celle-ci n'est pas le résultat d'une surenchère d'érudition, elle tient à un principe : historien autant que juriste, M. Fawtier, comme F. Lot, ne s'est pas contenté d'une synthèse analogue à celles que ses prédécesseurs – des Paul Viollet aux Olivier-Martin – nous ont offertes. Il les révère, il utilise largement leurs travaux, mais dans un contact constant avec les archives ou avec les livres qui les ont exploitées de première main, il rectifie, il nuance un tableau qui n'aura pas la logique équilibrée de certains autres mais qui sera plus conforme à la réalité. (...) Je ne doute pas que ce livre ne rende de très grands services, il aidera puissamment à suivre la marche – peu prévisible – des institutions royales depuis l'avènement du premier Capétien jusqu'au mariage de Charles VIII." (B.-A. Pocquet bu Haut-Jussé, Revue d'histoire de l'Église de France, 1959)

107.          Marco Polo. Le Livre de Marco Polo, ou le Devisement du Monde. Texte intégral, mis en français moderne et commenté par A. t'Serstevens. Albin Michel, 1955, in-8°, 347 pp, nombreux bois gravés dans le texte et 16 pl. de gravures hors texte, une carte, tirage sur papier alfa, broché, couv. illustrée, bon état

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Récit des voyages de Marco Polo, dicté, en 1299, par l'auteur à Rusticien de Pise, qui le rédigea en franco-italien.

108.          MASSERON (Alexandre). Saint Yves, d'après les témoins de sa vie. Albin Michel, 1952, in-12, 223 pp, index, broché, couv. illustrée lég. salie, état correct

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Le saint patron des avocats, Yves Hélory de Kermartin (ou Yves de Tréguier, ou saint Yves dans la tradition catholique), 1253-1303. — "Saint Yves est resté un saint très populaire ; non seulement en Bretagne, sa patrie, où son prénom est un prénom très répandu, à cause de lui, mais dans le monde entier grâce au patronage des corporations judiciaires. Peu de saints patrons ont conservé comme lui l'attachement d'un corps de métier. C'est sans doute, pensera-t-on, parce que lui-même fut du métier. Mais nous savons en réalité fort peu de chose sur la façon dont il l'exerça. C'est ce qui ressort à l'évidence de l'ouvrage de M. Masseron, qui a le grand mérite d'avoir composé un portrait du saint par un simple classement – mais très habile et très judicieux – des données de notre principale source de documentation : son procès de canonisation. M. Masseron, qui est avocat, a bâti son livre à la manière de ces exposés du Palais qui sont faits d'éléments empruntés au dossier de l'affaire, et reliés par un minimum de commentaire. Or il résulte d'un examen du « dossier de saint Yves » que les pièces se rapportant à son activité judiciaire se réduisent à fort peu de chose. Nous savons qu'il fut official – il le fut même deux fois : à Rennes, puis à Tréguier, sa ville natale – nous savons qu'il avait la réputation d'un juge intègre, consciencieux et savant, nous savons d'autre part qu'il donnait gratuitement des consultations juridiques et même qu'il plaidait pour de pauvres gens, mais peut-on dire pour autant qu'il fut avocat en titre, avocat professionnel ? Certes, c'est avec cette qualité – advocatus et non latro – qu'il est passé à la postérité, mais on oublie trop souvent qu'il fut aussi curé des paroisses de Tridrez et de Louannec, et, surtout, prédicateur ambulant. II prêcha beaucoup plus qu'il ne plaida (...) La réussite de ce portrait du saint de Tréguier fait que nous sommes en présence d'un travail définitif, ce à quoi M. Masseron nous a habitués de longue date. Peut-être restera-t-il à glaner du côté du culte de saint Yves (mais ce n'est pas son histoire, sinon son histoire posthume), et du côté des institutions judiciaires de l'Église médiévale, dont le fonctionnement et même l'organisation ne seront jamais étudiés d'assez près. Mais le portrait de saint Yves, dessiné de main de maître par M. Masseron, pourra demeurer sans retouche." (C. Laplatte, Revue d'histoire de l'Église de France, 1953)

109.          MOURIN (Ernest). Les Comtes de Paris. Histoire de l'avénement de la troisième race. P., Didier et Cie, 1869, in-8°, xxviii-528 pp, reliure demi-basane noire, dos lisse avec titres et filets dorés (rel. de l'époque), coiffes et mors frottés, un plat très frotté, intérieur propre et frais, sans rousseurs, bon état général. Edition originale (Grand prix Gobert de l'Académie française 1871)

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"Ce volume s'ouvre par une préface étendue et bien écrite, qui renferme beaucoup de vues élevées et de considérations judicieuses. (...) L'auteur, docteur ès lettres, agrégé d'histoire, s'est attaché à éclairer la partie la plus obscure et la plus négligée par nos annalistes, celle qui s'étend du roi Eudes à la mort de Hugues Capet. S'appuyant principalement sur les chroniques de Frodoard et de Richer et sur les lettres de Gerbert, il montre, dans un récit plein de mouvement, les derniers efforts du système impérial prolongeant une résistance désespérée, L'Eglise pénétrant de son influence spirituelle la société naissante, les chefs de la féodalité achevant l'oeuvre de leurs ancêtres et détruisant les derniers restes de la centrallsation romaine. L'auteur porte sur la cause principale de la révolution de 987 un jugement tout opposé à celui d'Augustin Thierry, qui pensait que les Carlovingiens avaient été exclus parce qu'ils étaient trop Germains. D'après M. Mourin, au contraire, les Carlovingiens, malgré leur origine germanique, personnifiaient « l'idée latine », la monarchie impériale, la centralisation romaine, et c'est pour cela qu'ils ont été rejetés." (Journal des Savants, juin 1870) — "... En 1869, un savant universitaire, M. Mourin, consacrait un livre de premier ordre aux comtes de Paris. Mais les catastrophes de 1870 emportaient presque aussitôt l'ouvrage avec tout le reste..." (Le Figaro, 30-12-1884)

110.          PERNOUD (Régine). Dans les pas de Jeanne d'Arc. Photographies de Frédérique Duran. Hachette, 1964, in-4° (24 x 30), 128 pp, 61 planches de photos en noir reproduites en héliogravure, 8 planches en couleurs hors texte, une carte des chemins de Jeanne d'Arc sur double page, broché, jaquette illustrée, qqs rousseurs, bon état

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Excellent album photographique.

111.          PERNOUD (Régine). Dans les pas des Croisés. Photographies de Frédérique Duran. Hachette, 1959, in-4°, 128 pp, 69 planches de photos en noir reproduites en héliogravure, 8 planches en couleurs hors texte, une carte des itinéaires des principales Croisades sur double page, broché, jaquette illustrée, bon état

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"Magnifique album de photographies qui représente les principaux lieux visités jadis par les Croisés, depuis les points de concentration au départ (Le Puy, Vézelay, Aigues-Mortes) jusqu'à Constantinople, la Grèce, la Syrie, la Palestine, l'Egypte, Rhodes, etc. Une introduction de Régine Pernoud retrace brièvement l'histoire des Croisades dans leur cadre géographique et monumental. A la fin du volume, des notices historiques et archéologiques expliquent toutes les illustrations et sont complétées par une carte des itinéraires des principales croisades." (Revue d'histoire de l'Église de France, 1960)

112.          ROQUEBERT (Michel). Saint Dominique. La légende noire. Perrin, 2003, in-8°, 341 pp, 8 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 5 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Il s'appelait Domingo de Guzman y Aza. Né vers 1170 dans un village replié de la vieille Castille, il a une enfance marquée par une grande spiritualité. Ce sont les hasards d'une ambassade qui le conduisent à traverser le Languedoc. La religion cathare y a fait de tels progrès que la menace de croisade brandie par les légats du pape n'y est d'aucun effet. Pour le jeune chanoine, l'hérésie est sans nul doute le symptôme de la crise que traverse une Eglise dissolue et trop riche. Il faut incarner l'exemple d'une vie humble, basée sur la mendicité, la prière et l'étude. Ce sera le modèle dominicain. En consultant des sources de première main, Michel Roquebert livre ici une biographie argumentée et passionnante d'un saint Dominique peu connu du grand public, dont l'ambition d'une vie dépouillée offrit une réponse aux questionnements que la plus grande crise spirituelle de l'Eglise avait soulevés. Ainsi l'ordre des Frères prêcheurs fut-il une chance et un défi pour le Saint-Siège qui lui apportera son soutien complet. Cette entente aura son revers : elle viendra servir la légende noire d'un saint Dominique officiant à la lumière des immenses bûchers de l'Inquisition, la redoutable institution policière et judiciaire confiée à son ordre. Mais, en réalité, ce fut bien des années après sa mort.

113.          SASSIER (Yves). Hugues Capet. Naissance d'une dynastie. Fayard, 1986, in-8°, 357 pp, 3 cartes, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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En mai 987, le Carolingien Louis V meurt des suites d'un accident de chasse. Six semaines plus tard, l'accession au trône du duc des Francs, Hugues Capet, marque l'avènement d'une dynastie qui régnera pendant huit siècles sur la France. Le succès du "coup d'Etat" qui fait de Hugues Capet un roi n'est pas purement fortuit. Il tient aux bouleversements politiques et sociaux d'un Xe siècle volontiers décrit comme la période la plus sombre du Moyen Age. Il tient aussi à l'exceptionnelle réussite d'un lignage, celui des Robertiens, qui, en moins de deux générations, est parvenu à imposer sa primauté dans l'ordre politique franc. Enfin, il doit sans doute beaucoup à la personnalité d'un homme longtemps méconnu et maltraité par l'historiographie. Prince sur le déclin, Hugues Capet n'eut certes ni la vigueur d'un conquérant ni les moyens matériels de s'imposer comme un grand chef d'Etat. Dans ce royaume franc, déchiré depuis près d'un siècle par les luttes entre grands, théâtre de l'effondrement des structures carolingiennes, il se contenta de mériter sa royauté, de l'assumer avec dignité et mesure en tenant à distance ceux qui la menaçaient, et de la transmettre à sa descendance. Ce faisant, il en rehaussa l'éthique, la sauva du naufrage et prépara l'avenir.

114.          SCHNERB (Bertrand). Les Armagnacs et les Bourguignons. La maudite guerre. Perrin, 1988, in-8°, 309 pp, tableaux généalogiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Les motifs et le déroulement de cette guerre civile qui opposa au début du XVe siècle les deux partis, dégénérant en guerre civile, épisode primordial de la guerre de Cent Ans. — La guerre civile qui opposa, au début du XVe siècle, les Armagnacs aux Bourguignons a longtemps été considérée comme un phénomène secondaire dans le cadre de la guerre de Cent Ans. Cet affrontement de deux partis, qui revêt d'abord la forme d'une querelle entre les deux princes les plus puissants de la cour de France et dégénère ensuite en une inexpiable guerre civile, paraît, la plupart du temps, difficilement compréhensible. Ses motifs semblent obscurs. Son déroulement est souvent masqué par les péripéties du conflit franco-anglais. Il était donc nécessaire de centrer l'ouvrage sur des événements qui, loin d'être secondaires, constituent les signes extérieurs d'une des crises les plus profondes que l'Etat monarchique ait eu à surmonter au Moyen Age. Trop souvent, la tendance est à la simplification. Armagnacs et Bourguignons sont présentés comme les partisans de deux seigneurs féodaux se disputant les dépouilles d'un pouvoir royal en pleine décomposition. La réalité est différente : dans ce conflit, ce sont deux conceptions de l'Etat qui s'affrontent. Le royaume de France tout entier se partage en deux camps. Le personnage même de Jeanne d'Arc ne peut être évoqué en dehors de ce contexte de guerre civile dans lequel notre "héroïne nationale" a grandi et s'est forgé ses propres convictions. Le long conflit franco-anglo-bourguignon devient facile à lire et à comprendre tant Bertrand Schnerb relate avec précision et clarté ses causes directes et son déroulement. Cet ouvrage est aussi un livre d'histoires – au pluriel. L'auteur y privilégie le récit pour montrer, de manière saisissante, ce qu'est une guerre à la fin du Moyen Age. Derrière les événements politiques et militaires, il cherche à retrouver la réalité humaine. Le plus souvent possible, il se réfère aux récits contemporains, vibrant de passions partisanes, ou aux documents judiciaires qui éclairent d'une lumière crue la réalité de la guerre. L'ensemble constitue un tableau très éloquent de la France au début du XVe siècle.

115.          SEYDOUX (Philippe). Forteresses médiévales du nord de la France. P., Editions de la Morande, 1979, in-4°, 320 pp, préface de Louis Grodecki, texte sur deux colonnes, très nombreuses figures, cartes et illustrations photographiques en noir et en couleurs, la plupart à pleine page, reliure pleine toile beige titrée au plat sup. de l'éditeur, jaquette illustrée, étui cartonné, très bon état

            70

Ces dernières années ont vu fleurir les livres d'art consacrés aux châteaux du Moyen Age : beaucoup d'entre eux ne valent que par la qualité des photographies, les textes n'ayant qu'un intérêt très limité. Dans cette série de beaux livres, il en est deux qui se distinguent très nettement : le “Dictionnaire” de Charles-Laurent Salch, et les “Fortifications du nord de la France”, de Philippe Seydoux. L'ouvrage concerne les trois départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme, se proposant d'analyser l'architecture des fortifications privées bâties avant 1500 dans cette contrée. Il se posait, dans cette région bien plus que dans d'autres, le problème des édifices disparus ou détruits : l'auteur l'a résolu en se bornant aux seuls vestiges monumentaux, ne traitant des sites détruits que si des sources documentaires ou des fouilles en permettent la reconstitution. L'ouvrage est formé de deux parties : la première fournit un panorama de l'histoire régionale, puis présente les caractères généraux de la fortification dans les départements considérés. La seconde contient les monographies individuelles consacrées aux fortifications que l'auteur a retenues dans le cadre de son étude. Soixante-dix édifices au total, qui bénéficient de notices solides, et d'une illustration de tout premier plan, constituée à la fois par des gravures anciennes, des plans anciens et modernes, des photographies aériennes et in situ. (...) En définitive, voici donc un nouvel ouvrage à inscrire dans la bibliographie générale, sans cesse grandissante, de la « castellologie médiévale ». (Jean Mesqui, Bulletin Monumental, 1980)

116.          THIERRY (Augustin). Récits des temps mérovingiens, précédés de Considérations sur l'Histoire de France. P., Garnier frères, s.d. (1939), 2 vol. in-12, 403 et 384 pp, nouvelle édition revue avec le plus grand soin, brochés, bon état

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Dans ce travail, Augustin Thierry a cherché à peindre, par le développement d'une suite d'épisodes choisis, les principales scènes de la vie politique et civile des hommes du VIe siècle : Les quatres fils de Chlother Ier – Leur caractère – Leurs mariages – Histoire de Galeswinthe (561-568) ; Suites du meurtre de Galeswinthe – Guerre civile – Mort de Sighebert (568-575) ; Histoire de Merowig, second fils du roi Hilperik (575-578) ; Histoire de Praetextatus, évêque de Rouen (577-586) ; Histoire de Leudaste, comte de Tours – Le poète Venantius Fortunatus ; Le monastère de Radegonde, à Poitiers (579-581) ; Hilperik théologien – Le juif Priscus – Suite et fin de l'histoire de Leudaste (580-583) ; Révolte des citoyens de Limoges – Grande épidémie – Douleur maternelle de Fredegonde – Histoire de Chlodowig, troisième fils du roi Hilperik (580) ; Pièces justificatives.

117.          TOUATI (François-Olivier). Marc Bloch et l'Angleterre. P., La Boutique de l'Histoire, 2007, in-8°, 299 pp, 9 portraits, repères biographiques, index, broché, bon état

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Une étude des affinités intellectuelles de Marc Bloch avec l'Angleterre depuis sa formation à l'Ecole normale supérieure jusqu'aux années 1940. — « J'ai, en Grande-Bretagne, de chers amis » écrit Marc Bloch au lendemain de « l'étrange défaite » de 1940 : cet aveu récapitule toute une vie (1886-1944), celle d'un historien majeur du XXe siècle dont l'ouvre a profondément contribué à façonner les contours actuels de la discipline historique, des Rois thaumaturges à la Société féodale en passant par Les Caractères originaux de l'histoire rurale française et la fondation des Annales. Or, si l'on s'est plu à reconnaître l'apport de l'École historique allemande dans cette révolution historiographique, les échanges instaurés avec l'Angleterre avant même la signature de l'Entente cordiale en 1904, et la fascination que ses économistes, juristes, ethnologues ou sociologues exercent à côté des historiens se révèlent tout aussi déterminants que le « modèle » britannique lui-même. L'attraction qu'en subit Marc Bloch, ses contacts et ses séjours répétés, à Londres, Cambridge ou Oxford, cadre d'une rencontre surréaliste avec Ernst Kantorowicz, auprès d'esprits aussi pionniers que celui d'Eileen Power, à l'avant-garde de l'histoire des femmes, de l'histoire économique, ou des mentalités, forment une constante. Intellectuelle, mais aussi existentielle jusqu'à l'engagement ultime face au nazisme. Histoire totale à laquelle n'échappent ni les corps ni les âmes. Le parcours retracé ici se propose dans toute son épaisseur, d'en relire l'un des fondements, passé inaperçu.

118.          VERDON (Jean). Le plaisir au Moyen Age. Perrin, 1996, in-8°, 200 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Jean Verdon étudie les plaisirs apportés par tous les sens en un temps où la mentalité et la sensibilité apparaissent fort différentes des nôtres, même si dans ses profondeurs, la nature humaine est immuable. La sexualité – conjugale et extra-conjugale – occupe une part importante du livre ; l'auteur ne manque pas de souligner qu'elle engendrait un plaisir non dénué de remords dans une société dominée par l'Église dont la morale reposait sur beaucoup d'interdits. Jean Verdon évoque aussi les plaisirs apportés par la table, par le vin (deux litres par Personne et par jour dans les monastères !), par Les fêtes et par les activités physiques et ludiques, par l'audition de chants et de musique, par la contemplation d'œuvres d'art et de spectacles. Outre les conditions de vie et la structure de la société, l'action ou le poids de la religion entraîne une conception du plaisir Propre au Moyen Age qui, au-delà de la part si importante faite au corporel, de la sublimation due à l'esprit et à la sensibilité esthétique, le subordonne à Dieu, chez une élite tout au moins. L'ouvrage de Jean Verdon n'est jamais pesant parce qu'il ne prétend pas à l'exhaustivité sur un sujet aussi vaste. Il donne une vision générale grâce à une sélection judicieuse d'exemples vivants, d'informations concrètes et de documents significatifs.

119.          WISE (Terence). Medieval Warfare. London, Osprey Publishing, 1976, in-8°, xiii-258 pp, 242 photos, cartes, plans, dessins et figures, dont 181 figures héraldiques, sources, biblio, glossaire, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

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RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

120.          ANGOT (E.). Dames du Grand Siècle. Madame de Sévigné et Madame de Grignan - Madame de La Fayette - La présidente de Motteville. P., Emile-Paul Frères, 1919, in-12, 356 pp, reliure plein papier fantaisie, pièce de titre basane fauve, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), papier lég. jauni, mors lég. frottés, bon état

            30

Trois bonnes études. — "Il semble que tout ait été dit sur Madame de Sévigné et son entourage, M. Angot nous la montre cependant sous de curieux aspects dans ses rapports avec sa famille. Il nous présente sous un nouveau jour la fille de la divine marquise, et la lave de l'accusation d'indifférence filiale, que de nombreux critiques lui avaient prodiguée. Il est plus sévère pour Madame de la Fayette qu'il nous dépeint comme femme d'affaires avant tout, sans finesse dans l'esprit, sans grandeur dans le caractère et à laquelle il refuse le titre de femme de lettres. C'est assurément pour la Présidente de Motteville que l'auteur se montre le plus indulgent ; il nous fait un portrait très vivant de l'illustre mémorialiste dont il semble prendre plaisir à nous vanter la discrétion de bon aloi, la franchise sans rudesse, et la vertu sans ostentation." (Vicomte de Reiset, Société des études historiques, 1919)

121.          ARNAULD (Antoine). Oeuvres philosophiques. Nouvelle édition collationnée sur les meilleurs textes et précédée d'une introduction par Jules Simon. P., Charpentier, 1843, in-12, xli-563 pp, reliure demi-veau vert bouteille, dos à 4 faux-nerfs guillochés, fleurons dorés et palette en queue, titres dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), coiffe sup. arasée, un mors faible, bon état

            40

122.          BABELON (Jean). Charles-Quint, 1500-1558. Club du meilleur livre, 1958, in-8°, 305 pp, 25 gravures hors texte (certaines dépliantes), biblio, reliure pleine toile violine éditeur, un portrait de Charles-Quint en médaillon au 1er plat, rhodoïd, imprimé sur papier velin de Condat, bon état. Bien complet du dépliant volant (2 généalogies et une carte) qui manque souvent

            25

"Un ouvrage sur Charles-Quint par un Français, M. Jean Babelon, conservateur au Cabinet des Médailles. Livre alerte, clair, rempli de détails anecdotiques. L'auteur ne s'est pas astreint à un ordre strictement chronologique. Il dépeint l'activité dé l'empereur en une série de tableaux : « Gestes et attitudes », « le Roi d'Espagne », « la France incommode », « l'Or et les Epices »... Bien qu'il n'ait mis aucune référence, on sent chez l'historien un contact familier avec les sources." (Joseph Lecler, Etudes, 1948)

123.          BASCHET (Armand). Les Archives de Venise. Histoire de la Chancellerie secrète. Le Sénat, le Cabinet des ministres, le Conseil des Dix et les Inquisiteurs d'Etat dans leurs rapports avec la France. Plon, 1870, gr. in-8°, vi-708 pp, annexes, index, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs filetés soulignés à froid, titres dorés et caissons à froid (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire très propre et bien relié, sans les habituelles rousseurs

            200

Rare et bel ouvrage consacré à l'histoire politique de Venise et à ses archives.

124.          BELJAME (Alexandre). Le Public et les hommes de lettres en Angleterre au dix-huitième siècle, 1660-1744. (Dryden - Addison - Pope). (Thèse). Hachette, 1881, in-8°, viii-506 pp, biblio, broché, bon état

            45

"Etude pionnière qui reste utile. Elle a été traduite en anglais par E. O. Lorimer et publiée en 1948 par Routledge & Kegan Paul. Voir surtout la seconde partie sur Addison et sur le rôle du “Spectator” dans la formation du public (pp. 225-338)." (Alain Bony, Addison & Steele et l'essai périodique - Bibliographie critique, 1999)

125.          BENNASSAR (Bartolomé et Lucile). Les Chrétiens d'Allah. L'histoire extraordinaire des renégats, XVIe-XVIIe siècles. Perrin, 1989, gr. in-8°, 493 pp, 16 pl. de gravures hors texte, liste des renégats français, lexique, biblio et sources, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Aux XVIe et XVIIe siècles, des centaines de milliers d'hommes et de femmes, convertis à l'islam, sont devenus des "renégats". La plupart furent emmenés en captivité un soir de défaite, après une razzia ou victimes de la course "barbaresque" en Méditerranée ou sur l'Atlantique. Certaines conversions furent volontaires. C'est l'histoire extraordinaire de ces milliers de destins, archivés par l'Inquisition, que retracent Lucile et Bartolomé Bennassar. — "Histoire dramatique, passionnée et passionnante, d'une grande richesse, reconstituée par B.B et L.B au moyen de deux sources documentaires : comptes rendus de procès des tribunaux inquisitoriaux dont était passible tout renégat et documents des chroniqueurs de l'époque. Combinant deux méthodes d'approche, histoire sérielle (analyse d'un échantillon de 1550 cas) et biographies (six "histoires singulières"), les auteurs lèvent en particulier le voile sur cette zone demeurée obscure de l'histoire de la Méditerranée et posent des questions fondamentales du point de vue des sciences sociales des religions : signification de la notion d'adhésion religieuse, pertinence ou non du concept de conversion dans la définition d'un processus d'une grande complexité, relation entre religion et politique..." (Sossic Andezian, Archives de sciences sociales des religions, 1990)

126.          BERCÉ (Yves-Marie). Fête et révolte. Des mentalités populaires du XVIe au XVIIIe siècle. Hachette, 1976, in-8°, 253 pp, notes, biblio, broché, bon état (Coll. Le Temps et les hommes). Edition originale

            25

Réjouissances et violence : mariage inéluctable ou fortuit ? En posant la question originelle des échanges de la fête et de la révolte, Yves-Marie Bercé est amené à préciser le dialogue de la culture et de l'événement. La fête ne serait-elle pas le prélude à la révolte ? Sinon, pourquoi les autorités se seraient-elles attachées à réprimer les fêtes populaires, contribuant ainsi à l'effacement progressif du folklore ? Pourtant, l'auteur réfute l'idée selon laquelle la révolte est forcément dans la fête. Si la violence fait souvent partie de la fête, la révolte, elle, la nie.

127.          BLANCPAIN (Marc). Monsieur le Prince. La vie illustre de Louis de Condé, héros et cousin du Grand Roi. Hachette, 1986, in-8°, 302 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            25

L'ouvrage fait fait revivre le Grand Condé dans toute sa vérité. Il rend pleine justice à ce "héros né pour la guerre" et que ses contemporains n'osaient comparer qu'à César ou à Alexandre le Grand – sans rien dissimuler, pourtant, de ses fautes et de ses cruautés légendaire. Cette biographie du "plus grand homme du Royaume" (c'est ainsi que l'appelait Louis XIV) se lit comme un roman : le roman d'un homme, le roman d'un siècle. Qui était Condé ? se demande Marc Blancpain en conduisant son ouvrage à la manière d'une enquête policière. Un génie militaire ? Certes. Mais aussi – surtout – "une grande âme", plus proche de Corneille que de Du Guesclin. Marc Blancpain insiste aussi sur la solitude de ce "Prince de Chantilly", lecteur de Spinoza et de Malebranche au soir de sa vie, et dont le corps fut toujours torturé par la maladie ou les blessures. Après sont "Mardi de Rocroi", il nous livre ainsi une enquête irréprochable sur l'homme qui en fut le symbole.

128.          Collectif. Guide des recherches dans les Fonds judiciaires de l'Ancien Régime. P., Imprimerie Nationale, 1958, pt in-4°, xiii-417 pp, introduction par Charles Braibant, 10 planches de documents et 2 tableaux dépliants hors texte, index, broché, bon état

            60

Par M. Antoine, H.-Fr. Buffet, S. Clémencet, F. de Ferry, M. Langlois, Y. Lanhers, J.-P. Laurent, J. Meurgey de Tupigny. — "... Malgré la multiplicité des sources, l'œuvre conserve une remarquable unité, puisque chaque auteur s'est plié au thème général, sans pour autant abdiquer toute initiative et renoncer à ordonner son propos suivant les caractéristiques du fonds qu'il présentait. Chaque corps judiciaire est d'abord l'objet d'une notice, aussi brève que précise : son histoire, son organisation et sa compétence sont utilement décrites, si bien que ce Guide apprend souvent et précise toujours, avouant honnêtement ce qui est connu et ce qui ne l'est pas encore. Viennent ensuite une présentation des documents conservés dans chaque fonds et, pour terminer, de précieuses indications sur son intérêt historique et ses possibilités d'utilisation en vue de la recherche..." (P.-C. Timbal, Bibliothèque de l'école des chartes, 1960)

129.          Collectif. Les Utopies à la Renaissance. Colloque international, avril 1961. Bruxelles, Presses universitaires de Bruxelles et P., PUF, 1963, gr. in-8°, 276 pp, 4 planches de gravures hors texte, index, broché, bon état

            40

Table : Avant-propos (J. Lameere) ; La Cité idéale de la Renaissance italienne (E. Garin) ; Les "semi-utopies" scientifiques, politiques et religieuses du cardinal Nicolas de Cues (M. de Gandillac) ; L'Utopie de Robert Burton (P. Mesnard) ; Jérôme Cardan et l'Utopie (A. Corsano) ; L'Utopie de Thomas Morus (R. Mucchielli) ; Kaspar Stiblin, utopiste (L. Firpo) ; L'Utopie en France : Morus et Rabelais (V. L. Saulnier) ; Le courant utopique dans la Pologne de la Renaissance (Cl. Backvis) ; L'urbanisme utopique de Filarete à Valentin Andreae (R. Klein) ; Les utopies et le droit (P. Foriers) ; Conclusion (A. Gerlo).

130.          CONSTANT (Benjamin). Les Chevaliers. P., Simon Kra, 1927, pt in-8°, 79 pp, avant propos de G. Rudler, un fac-similé d'une lettre autographe de B. Constant en frontispice, broché, couv. rempliée, bon état. Edition originale, tirage unique à 600 exemplaires numérotés sur vélin

            30

Edition originale de ce roman héroïque en cinq chants, composé à douze ans (1779), dont le manuscrit fait partie des Archives d'Estournelles de Constant. — "Les Chevaliers forment un cahier de 21 x 16 cm, relié en veau mélangé, rouge sur tranches. La couverture s'encadre sur les plats d'un joli motif doré rehaussé intérieurement d'un fleuron d'or aux quatre coins : elle présente cinq ou six trous de vers profonds et larges. – Le dos divisé par les nerfs en six plats décorés au fer, porte sur la seconde une étiquette verte déchirée au bord droit, sur laquelle se lit encore ROMA HERO. Le cahier compte 141 pages numérotées, non compris le verso du feuillet de garde sur lequel se trouve l'Epître dédicatoire et le recto du premier feuillet, où se trouve le titre. Les feuillets 30-31, 62-63, 115-116 ont été arrachés après la pagination totale ; mais rien ne manque au texte. Les pages 32, 64, 88, 116 reproduisent le titre général avec des différences insignifiantes d'orthographe ou de disposition. L'écriture est large, les lignes peu serrées. Les quatre premières pages offrent quelques ratures et surcharges, de la main même de Benjamin, semble-t-il, quoique l'écriture en soit un peu plus déliée el l'encre plus noire. Le reste est une mise au net à peu près sans retouches..." (Gustave Rudler, Bibliographie critique des oeuvres de Benjamin Constant, 1909)

131.          COULET DU GARD (René). La Course et la piraterie en Méditerranée. France-Empire, 1980, pt in-8°, 315 pp, 12 pl. de gravures hors texte, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

La piraterie barbaresque en Méditerranée.

132.          DAUPHIN-MEUNIER. La Vie intime et amoureuse de Mirabeau. Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1930, in-8°, 303 pp, 16 gravures hors texte, sources, reliure demi-chagrin bordeaux à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et caissons dorés, couv. illustrée d'un portrait en médaillon conservée, tête dorée (rel. de l'époque), mque les pages de faux-titre et de titre, qqs rares soulignures stylo, mors lég. frottés, bon état (Coll. Les Maîtres de l'Histoire)

            25

Joseph Dauphin Meunier (1868-1927) s'est depuis longtemps consacré à l'étude de Mirabeau. Il explore et utilise avec une rare pénétration d'esprit les documents inédits permettant de mieux faire revivre l'homme. Ses ouvrages précédents, tous couronnés par l'Académie française, abordaient la biographie de Mirabeau du côté des femmes : “Lettres inédites de Mirabeau à Julie Dauvers écrites du donjon de Vincennes et publiées sur les manuscrits originaux” (1907) ; “La comtesse de Mirabeau, 1752-1800, d'après des documents inédits” (1908) ; “Louise de Mirabeau, marquise de Cabris, 1752-1807” (1914). Il a également publié “Autour de Mirabeau” (1926) et “La vie intime et amoureuse de Mirabeau”, d'après sa correspondance inédite (1930). « Aucun guide, dit M. Barthou, n'est mieux préparé que M. Dauphin Meunier à une promenade variée autour de Mirabeau et des temps qui précédèrent la Révolution. Il a la science et la grâce, l'érudition et une simplicité du meilleur aloi, le style clair et alerte ». (Revue belge de philologie et d'histoire)

133.          DURAND (Frédéric). Balthazar, un prince de Timor en Chine, en Amérique et en Europe au XVIIIe siècle. Les Indes savantes, 2015, in-8°, 369 pp, 8 figures, 5 cartes et 4 tableaux dans le texte, chronologie, biblio, index, couv. illustrée, bon état

            25

L'histoire de Balthazar, Prince des îles de Timor et de Solor, s'avère tout à fait étonnante. Au milieu du XVIIIe siècle, ce jeune homme a voyagé dans les îles de la Sonde, puis en Chine, avant de naviguer vers la France, de s'embarquer sur des bateaux corsaires en partance vers les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Ecosse et le Québec. En France, où il a vécu pendant quarante ans, il a écrit aux rois Louis XV et Louis XVI, ainsi qu'à d'autres grands personnages comme Voltaire, avant de vivre la Révolution française en 1789. L'existence de Balthazar avait été signalée par des historiens du XXe siècle, mais sans que ne soit perçue la dimension de ce personnage que les chroniques de l'époque ont comparé au mage Cagliostro et au chevalier d'Eon. Une abondante documentation inédite de lettres, de mémoires et de manuscrits permet désormais de reconstituer son parcours. Loin d'être anecdotique, la vie du Prince de Timor permet également d'éclairer de manière plusieurs aspects importants de l'histoire de France, notamment le rôle de la Compagnie royale des Indes dans le commerce avec l'Asie, le poids de la noblesse dans l'Ancien régime, les liens entre médecine et alchimie, ainsi que l'apparition des discriminations envers les "gens de couleurs" dans les années 1770. La postérité du Prince de Timor au XIXe siècle est non moins riche, car il a fait l'objet de nombreuses publications, dont un roman picaresque. Il est même entré dans le dictionnaire de la langue française, avant de tomber provisoirement dans l'oubli.

134.          DURAND (Yves). Les Fermiers généraux au XVIIIe siècle. (Thèse). PUF, 1971, gr. in-8°, 664 pp, biblio, index, broché, couv. lég. salie, bon état

            120

"Une lumière nouvelle sur toute la société du XVIIIe siècle nous est apportée par la très belle thèse d'Yves Durand sur les Fermiers généraux. Dans la voie tracée par les travaux de Roland Mousnier et de François Bluche, l'auteur s'est attaché à l'étude d'un groupe social, relativement ouvert, un groupe de pression, voyant et décrié, qui parvint à s'introduire dans la société aristocratique. C'est donc essentiellement d'une histoire sociale des 167 Fermiers généraux dont il s'agit plutôt que d'une étude de l'institution : montrer ceux qui imprimaient le mouvement des systèmes financiers, en faisant l'histoire critique des dynasties de la ferme, depuis le rétablissement de la ferme générale en 1726 jusqu'au procès des Fermiers généraux et à la mort de la Ferme sous la Convention." (Claude J. Nordmann, Revue du Nord, 1972)

135.          ERLANGER (Philippe). L'Etrange mort de Henri IV, ou Les jeux de l'amour et de la guerre. Perrin, 1969, in-8°, 311 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex bordeaux éditeur, bon état

            25

Philippe Erlanger privilégie l'hypothèse de l'assassinat téléguidé par un trio formé de Jean-Louis Nogaret de la Vallette, duc d'Epernon, Henriette d'Entragues, marquise de Verneuil et mère de deux enfants naturels d'Henri IV, Charlotte du Tillet, amie d'Henriette, et ancienne maîtresse du duc d'Epernon.

136.          FARGE (Arlette). Dire et mal dire. L'opinion publique au XVIIIe siècle. Seuil, 1992, in-8°, 311 pp, broché, jaquette illustrée, bon état

            20

Quelque chose se passe au XVIIIe siècle qui permet au peuple d'exister en politique. Le goût pour l'information, la curiosité publique se développent dans un espace urbain qui met les individus en situation de "savoir sur l'autre". Le public vit entre le vrai et le faux, l'information et le secret, la rumeur et la publicité, le possible et l'invérifiable; ses incertitudes, aiguisées par les manipulations politiques et policières, renforcent encore sa soif de savoir. Car le menu peuple veut connaître les ressorts qui animent les rumeurs sur l'assassinat du roi, ou encore les affaires de diables, de poisons, d'alchimie et d'autres magies. Dans ce livre, Ariette Farge montre comment se construit une parole publique que les autorités craignent, pourchassent et incitent tout à la fois. Elle observe quelles sont les tactiques d'approche de la chose publique pour ceux qui en sont les exclus. Avec Dire et mal dire, Arlette Farge nous donne un livre sur un sujet inédit qu'elle défriche dans les archives : l'opinion publique au XVIIIe siècle.

137.          HEROARD (Jean). Journal de Jean Héroard, médecin de Louis XIII. Edité sous la direction de Madeleine Foisil. Présentation et notes de Madeleine Foisil. Préface de Pierre Chaunu. Fayard, 1989, 2 forts vol. gr. in-8°, 3127 pp, pagination continue, 24 illustrations et fac-similés, 7 cartes, glossaire, sources et biblio, 2 index, reliure toile éditeur, jaquettes illustrées, sous emboîtage illustré, bon état

            120

Edition intégrale du journal d'Héroard, pourvue d'un appareil critique exceptionnel (Bourgeois & André II, 669). — "Il ne faut certes pas rechercher, dans ce journal, un exposé de la politique générale de la France pendant la première partie du règne de Louis XIII. On ne peut pourtant pas accepter l'opinion défavorable de Tallemant des Réaux. Si les détails oiseux et les minuties abondent, si l'esprit critique fait absolument défaut à l'auteur, l'ouvrage de celui-ci est très utile, presque indispensable, pour connaître la personne même du roi de France, sa faiblesse physique pendant son enfance et sa jeunesse, ses humeurs, sa mélancolie, ses goûts préférés. De plus, Héroard, vivant à la cour, insère assez fréquemment dans son livre des renseignements curieux et parfois piquants sur ceux qui dirigent les affaires, sur leur entourage, et aussi sur plusieurs artistes avec lesquels il était en relations : il le fait sans aucune passion, sans aucun parti pris : c'est un homme d'une bonne foi absolue. Enfin, très méticuleux et très ordonné, il écrit au jour le jour et, par suite, sa chronologie exacte peut servir à contrôler celle, plus irrégulière, des auteurs de mémoires de cette époque. A ce triple point de vue, la valeur de son livre est considérable." (S.H.F.).

138.          LOGETTE (Aline). Le Prince contre les juges. Grâce ducale et justice criminelle en Lorraine au XVIIIe siècle. Presses Universitaires de Nancy, 1994, gr. in-8°, 170 pp, broché, bon état

            18

Selon la tradition d'Ancien Régime, en Lorraine comme en France, le souverain délègue le pouvoir de rendre la justice à un ensemble de magistrats divers et hiérarchisés, mais on dit qu'il la "retient" en même temps, puisqu'il se réserve le droit d'intervenir, quand et comme il le veut, dans le cours de celle-ci. Ce faisant, il s'oppose bien évidemment à "ses" juges et l'exercice du droit de grâce en est la parfaite illustration. Ainsi, le prince peut accorder la vie sauve à un "insensé", un maladroit ou un malchanceux que ses juges ordinaires ont châtié comme un criminel, parce que le droit de l'époque ne leur permet guère de faire autrement. Mais il peut tout aussi bien épargner un véritable délinquant, parce qu'il est plus sensible que ne le furent ses juges à telle circonstance particulière de la cause, ou parce qu'il tient compte d'une "recommandation"... ou tout simplement parce que "ainsi lui plaît" ! Même s'il leur est permis, alors, d'exprimer solennellement leur désapprobation, les juges devront la plupart du temps s'incliner, reconnaissant ainsi que, depuis des siècles, le prince est source de toute justice.

139.          MARICOURT (Baron André de). Madame de Souza et sa famille. Les Marigny - Les Flahaut - Auguste de Morny (1761-1836). P., Emile-Paul, 1907, in-8°, x-399 pp, un portrait en frontispice, reliure demi-percaline bleue, pièce de titre basane carmin, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), bon état

            100

"A cheval sur deux siècles, mêlée, depuis son enfance, qui se rattache aux souvenirs de la cour de Louis XV, jusqu'aux années de sa vieillesse, dont la joie principale fut l'éducation de son petit-flls illégitime, le futur duc de Morny, aux sociétés les plus illustres et les plus curieuses, Mme de Souza, qui avait d'abord été Mlle Filleul et puis Mme de Flahaut, est par excellence une de ces figures de second plan dont la biographie constitue un lien naturel entre une foule d'épisodes ou de personnages caractéristiques et est éminemment propre à illustrer une époque. Mme de Souza fut intelligente, indulgente, assez bonne, très prudente et sagement égoïste. Ses qualités et ses défauts nouèrent autour d'elle un cercle de relations qu'accrurent ses maris et ses amants. Talleyrand, Hortense de Beauharnais et Louis-Philippe lui tinrent de près à des titres divers. Elle fut la mère de Charles de Flahaut, l'un des « lions » de l'Empire. D'autres célébrités aussi considérables, sinon davantage, furent de ses familiers. Elle écrivait des romans médiocres, mais dont la valeur, comme peinture de moeurs, est appréciable. Elle avait d'innombrables correspondants. Parfaitement au courant de la documentation de l'époque, M. de Maricourt a trouvé dans son entourage tous les éléments d'un récit copieux, souvent instructif et toujours amusant. Son volume ne pourra être negligé par aucun de ceux qui traiteront de la société du temps. Et combien de biographes auront au moins une note à consacrer à une dame qui connut tant de monde et de si près !" (André Lichtenberger, Revue historique, 1908)

140.          MENTION (Léon). L'Armée de l'ancien Régime. De Louis XIV à la Révolution. P., Société française d'éditions d'art L.-Henry May, s.d. (1900), gr. in-8°, 312 pp, 98 gravures, portraits et fac-similés dans le texte et à pleine page, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, dos muet, couv. conservées, qqs rousseurs, bon état (Bibliothèque d'Histoire illustrée)

            40

"Si l'histoire de notre ancienne armée a été l'objet de nombreuses et intéressantes publications, elle reste malgré tout peu connue, sans doute parce que les ouvrages parus jusqu'à ce jour ne sont pas suffisamment accessibles à tout le monde. Ecrit d'un style sobre et concis, documenté aux meilleures sources, le livre de M. Mention contient un nombre considérable d'illustrations qui constituent des pièces justificatives empruntées aux collections les plus autorisées, telles que les albums de Callot, le cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, les médailles du Musée d'artillerie, etc. L'ouvrage est divisé en 16 chapitres il nous fait assister à la transformation successive et lente de l'ancienne armée féodale en une armée royale dont les différents rouages se trouvent centralisés entre les mains d'un sous-secrétaire d'État. Les réformes introduites dans l'artillerie par Vallière et Gribeauval, réformes qui précèdent de quelques années celles du comte de Saint-Germain dans l'organisation militaire, y sont exposées avec beaucoup de netteté, et le lecteur, en suivant les différents chaînons qui relient l'armée de l'ancien Régime à celle de 1789, s'explique mieux les succès des guerres de la Révolution et de l'Empire." (Emmanuel D. de Montcorin, Revue des études historiques, 1901)

141.          MONNIER (Francis). Le Chancelier d'Aguesseau. Sa conduite et ses idées politiques, et son influence sur le mouvement des esprits pendant la première moitié du XVIIIe siècle, avec des documents nouveaux et plusieurs ouvrages inédits du chancelier. P., Didier, 1863, in-8°, 507 pp, 2e édition, reliure demi-chagrin cerise, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, encadrements à froid sur les plats, fer de prix au 1er plat, tranches dorées (rel. de l'époque), bon état

            70

"L'ancienne magistrature française a eu, en quelque sorte, sa dernière expression dans le chancelier dAguesseau. Tout le monde connaît sa carrière politique et judiciaire, tout le monde a lu ses plaidoyers et ses mercuriales, à la solennité un peu apprêtée. Et cependant, malgré tout ce qui a été écrit sur le chancelier, il restait encore une double tâche à remplir. Il y avait d'abord à nous le faire mieux apprécier, à nous le montrer au château de Fresnes, pratiquant avec une aimable douceur les vertus de famille. Il y avait ensuite à établir le véritable rôle de d'Aguesseau comme législateur, à faire voir en lui l'auteur d'un plan de réforme générale de nos lois, les ordonnances qu'il a promulguées n'étant dans sa pensée que les premières pierres d'un nouvel édifice. C'est cette double tâche que vient de remplir, d'une manière distinguée, à l'aide de documents inédits, M. Francis Monnier, professeur au collège Rollin. (...) Nous n'avons que des éloges à donner à une oeuvre aussi intéressante qu'approfondie. Nous n'avons pu qu'indiquer les richesses qu'elle renferme." (E. Bonnier, Revue historique de droit français et étranger, 1860)

142.          Mozart – LABIE (Jean-François)(dir.). Wolfgang Amadeus Mozart. Editions du Chêne, 1985, in-8°, 298 pp, 134 gravures, dont quelques-unes en couleurs, annexe, discographie, biblio, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Génies et réalités)

            20

"La figure du musicien de Salzbourg n'a cessé de provoquer études et controverses. Entre l'homme angélique et le révolutionnaire, l'homme de cour et l'affreux petit contestataire, le philosophe et le musicien de divertissement, il y a place pour un autre portrait : celui d'un homme comme tout le monde, écrasé par le poids de son génie et que, depuis deux cent ans, musicologues, historiens, metteurs en scène, philosophes et animateurs de festivals s'efforcent d'enfermer chacun dans leur interprétation. Connaissons-nous Mozart ? Non, certainement pas. Les auteurs de cet ouvrage collectif ont cherché à sortir des sentiers battus et des certitudes tranquilles. Il est quand même bon de rendre à la légende ce qui lui appartient et qu'elle essaie depuis si longtemps de nous faire passer pour la réalité. Tant pis pour les dentelles déchirées et les perruques de travers." (Jean-François Labie) — Par Jean-François Labie, Alfred Kern, Antoine Goléa, Jacques Bourgeois, Michel Guiomar, l'abbé Carl de Nys, Claude Samuel, Georges Liebert.

143.          MUSCAT (Joseph) & Andrew CUSCHIERI. Naval Activities of the Knights of St John, 1530-1798. Malte, Midsea Books, 2002, gr. in-8°, xiii-239 pp, 132 gravures et cartes en noir, 13 illustrations en couleurs sur 8 pl. hors texte, notes bibliographiques, glossaire, biblio, index, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Maltese Social Studies series). Texte en anglais

            50

Au XVIIe siècle, la course devint l’activité principale de Malte. L’île avait toujours pratiqué cette activité, de façon privée depuis le Moyen Âge, puis par un investissement public de l’Ordre dès après son installation. Mais à partir du début du xviie siècle, Malte se transforma en véritable État corsaire et représenta indiscutablement la référence par excellence de la course chrétienne, au même titre qu’Alger ou Tunis symbolisaient la course barbaresque. Hormis la galère qui restait l’apanage de l’Ordre de Malte, la plupart des navires mixtes étaient employés lors de courses privées, menées par des chevaliers ou par des particuliers maltais et étrangers. L’utilisation combinée des voiles et des rames était évidemment d’une grande utilité pour les corsaires, permettant une grande rapidité de manœuvre et d’approche des navires à aborder. À l'époque, était appelé frégate tout navire qui n’était pas assez grand et pas assez large pour être considéré comme un galion. Les frégates étaient donc des bateaux à trois mâts, pourvus de voiles carrées, et munis de plusieurs rangs de rames, fort différents des frégates et des corvettes du XVIIIe siècle.

144.          NECKER (Jacques). De l'importance des opinions religieuses. A Londres, et se trouve à Paris, Hôtel de Thou, 1788, 2 vol. in-12, 228 et 276 pp, un portrait de Necker peint par Duplessis et gravés par Guibert en frontispice, reliures demi-veau fauve, dos lisses avec pièces de titre (“Opinions religieuses”) et de tomaison basane tabac et filets dorés (rel. de l'époque), coiffes du tome 1 arasées, dos lég. tachés, exemplaire très frais, bon état

            120

Contrefaçon parue la même année que l'édition originale. Einaudi, 4098, Quérard VI, 394, Cioranescu, 47913-14, ne signalent pas cette édition.

145.          NOAILLES (Adrien-Maurice, duc de). Mémoires politiques et militaires, pour servir à l'histoire de Louis XIV & de Louis XV, composés sur les pièces originales, recueillies par Adrien-Maurice, duc de Noailles, maréchal de France & ministre d'Etat. Par M. l'abbé Millot. P., Chez Moutard, 1777, 6 vol. in-12, xl-411, 429, 462, 406, 451 et 427-(2) pp, reliures plein veau raciné, dos lisses à caissons ornés et fleurons dorés, pièces de titre et de tomaison basane carmin et noire, tranches rouges (rel. de l'époque), coiffes arasées, pt manques de cuir sur les plats et sur 4 cm au dos du tome 1, inscriptions manuscrites sur les gardes du tome 1, intérieurs propres, état correct

            200

Ces mémoires composés par l'abbé Millot, ont pour fondement d'innombrables pièces manuscrites recueillies par le duc maréchal de Noailles (les archives mentionnent 200 volumes in-folio) ; ces pièces couvrent la période de 1682 (Révocation de l'édit de Nantes, le duc d'Anjou sur le trône d'Espagne, la France de Louis XV et la guerre de succession d'Espagne d'Autriche) à 1766. Avant d'être ministre d'état, président du Conseil des finances et secrétaire aux affaires étrangères, le duc de Noailles fut un militaire à la carrière impressionnante, couvert de succès et de gloire.

146.          PEILLARD (Léonce). Magellan, mon maître... P., Editions Lumière, 1948, in-8°, 196 pp, 5 planches et une carte dépliante hors texte, broché, couv. illustrée (très lég. salie), bon état

            25

"Quel est l'homme qui, le premier, fit le tour du monde ? Léonce Peillard s'est penché sur ce problème. Grâce à de nombreux documents, manuscrits espagnols et portugais, il a réussi à démontrer que les croyances communes étaient erronées. « Magellan , mon maître » est le manuscrit d'un esclave inconnu, Henrique, qui, le premier, « boucla la boucle » et fit le tour du monde, du Levant au Ponant. Le récit passionnant débordant d'aventures pittoresques, de notations prises sur le vif, intéressera tous ceux qui se sont laissé prendre au charme de la mer et ceux que n'effraie pas une thèse audacieuse. Léonce Peillard , fils de marin, marin lui-même, s'engagea à 17 ans en 1916 dans la marine. Durant ses nombreux voyages, il « engrangea » selon l'expression de Colette ou plutôt « mit-en cales » de nombreux souvenirs dont il émaille ses récits. Il emploie des termes maritimes, les « vrais », qui donnent à son oeuvre un accent de vérité. Dans « Magellan, mon maître », le héros est la mer, avec toutes les Joies et toutes les déceptions qu'elle pouvait apporter à des navigateurs du XVIème siècle en quête de l'or fabuleux et des épices nouvelles." (Feuille d'avis de Neuchâtel, 3 sept. 1948)

147.          PICOT (Joseph). Les Jésuites à Lyon de 1604 à 1762. Le Collège de la très saincte Trinité. Lyon, Editions aux Arts, 1995, in-8°, 251 pp, préface du R.P. André Ravier, 14 illustrations et 2 cartes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

148.          PLOUVIEZ (David). La Marine française et ses réseaux économiques au XVIIIe siècle. Les Indes savantes, 2014, gr. in-8°, 541 pp, préface de Martine Acerra, 57 tableaux, 33 graphiques, 29 cartes, 20 figures, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Concevoir une marine de guerre impose la démesure. Ainsi s'exprime David Plouviez dont l'entreprise présente la même ampleur impressionnante. En effet, ses travaux publiés aujourd'hui portent sur les logiques de fonctionnement des réseaux d'approvisionnements de la marine militaire française au XVIIIe siècle, modalités indispensables à l'élaboration d'un outil naval performant dont l'objectif tend à la maîtrise des mers. Ce choix ambitieux, au pari réussi, place David Plouviez au plus haut niveau de cette jeune génération de chercheurs qui s'emparent allègrement de l'histoire, à la connexion de plusieurs domaines de recherche. L'histoire de la construction et de l'administration de l'Etat croise inévitablement l'économie de marché, l'histoire des techniques et celle de la marine. Avant de fendre les flots sous l'autorité de son commandant et de devenir une affaire de marins, le navire de guerre est une affaire de terriens. L'auteur en donne pour preuve, avec un sens certain de la mise en scène, cet inventaire à la Prévert que constitue la liste des pièces et objets nécessaires à la mise en oeuvre du navire de guerre. Le colossal volume, l'énormité des masses de matières premières et d'objets manufacturés forment l'entrée en matière d'un sujet essentiel à l'histoire de la marine d'Etat et de sa relation avec l'économie privée au cours du XVIIIe siècle." (Martine Acerra)

149.          ROCHE (Daniel). Les Républicains des lettres. Gens de culture et Lumières au XVIIIe siècle. Fayard, 1988, gr. in-8°, 393 pp, cartes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Deux cents ans après, il est encore un mythe solidement établi : la Révolution serait fille des Lumières. Daniel Roche, qui n'est pas historien à se contenter de clichés ni de lieux communs, a très tôt décidé d'aller voir au plus près les Lumières – non plus seulement dans les salons des élites parisiennes, mais au plus profond des provinces. Pister leur diffusion dans la France d'Ancien Régime, c'est assurément visiter la République des lettres qui rassemble toutes les activités de l'esprit – production du livre, rapports avec les pouvoirs de contrôle et de censure, participation aux institutions de sociabilité culturelle (académies, loges, sociétés littéraires) – auxquelles participent écrivains, savants, philosophes et auteurs. Mais c'est également découvrir – hors des institutions – la pluralité des mondes de l'intelligence qui, chacun à sa manière, selon ses caractéristiques sociales et son outillage mental, s'appropria les Lumières. Pendant que salons et académies instaurent des codes littéraires, proposent des normes de goût et définissent les objectifs du travail savant, que lisent les nobles perdus dans les châteaux de province, les aristocrates frivoles des hôtels parisiens, les négociants avides de connaissances pratiques? Quelles valeurs – nouvelles et anciennes – reprend et propage un notable du Midi dans sa correspondance adressée de par la vaste Europe ? Quel credo diffusent les médecins, attachés à l'idéal nouveau de l'expérience et de l'expertise, rêvant de l'aménagement utilitariste d'un monde laïcisé ? Qu'écrivent, lisent et comprennent les Rousseau du ruisseau, intellectuels demi-soldes et précepteurs qui gavent de savoirs éclairés les enfants de la noblesse mais se repaissent eux-mêmes, blessés dans leur orgueil, à la table de leurs palefreniers ? Voilà des Lumières plurielles étrangement partagées entre modernité et archaïsme. Et le lecteur, à la suite de Daniel Roche, de regarder tout ce monde, faire à son échelle l'Histoire, la Révolution comme la Contre-révolution.

150.          ROLLAND (J.-F.). Les Portugais à la conquête de l'Asie (1415-1524). Club Français du Livre, 1956, in-8°, 256 pp, 23 gravures et portraits, biblio, reliure toile brique de l'éditeur, bon état. Edition originale tirée sur papier offset et numérotée. Bien complet de la carte dépliante volante

            20

Henri le Navigateur ; De Jean II à Vasco de Gama ; L'ère d'Albuquerque. — "M. J.-F. Rolland nous offre un récit très alerte des principales étapes des découvertes portugaises et de la création de l'empire, de 1415 à 1524. Le tableau brossé par M. Rolland, outre ses indéniables qualités littéraires, possède de nombreux mérites. L'auteur n'a pas été dupe d'une pseudo-historiographie qui n'est que propagande officielle maladroite, mais qui, misant à fond sur la « mythologie » formée autour de l'expansion des XVe et XVIe siècles, reste le cadre mental et du grand public et d'une partie des historiens. Il a été assez habile pour débiter cet ensemble de légendes de façon à ne pas dérouter le lecteur, tout en lui dévoilant, comme c'était indispensable, leur caractère légendaire et leur fonction historique. Puis il montre qu'en critiquant cette mythologie et en l'expliquant, on parvient à saisir les fils cachés du développement et à éclairer les grandes forces mouvantes qui le déterminèrent. Ainsi, M. Rolland ouvre au lecteur courant, et même aux spécialistes marginaux, des horizons qui leur restent habituellement voilés... Ce livre agréable et sympathique pourra rendre de nombreux services... " (Vitorino Magalhães-Godinho, Revue historique, 1958)

151.          SEELEY (Sir John Robert). Formation de la politique britannique. Armand Colin, 1896, 2 vol. in-12, xxix-427 et 394 pp, traduit par le colonel Baille (“The Growth of British Policy. An historical essay”), index, reliures demi-percaline rose brique, dos lisses avec fleuron et double filet doré en queue, pièces de titre basane havane (rel. de l'époque), ex-libris Bibliothèque du Château de La Roche Guyon, bon état

            60

1. Elisabeth ; 2. Réaction (Jacques Ier, Charles Ier) ; 3. Cromwell et l'Etat militaire ; 4. La seconde réaction (Charles II) ; 5. Guillaume III et l'Etat commercial. — "... Ce qu'il y a d'abord d'admirable dans cet ouvrage, c'est la manière dont la politique anglaise est étudiée, non dans sa structure intime et dans son développement constitutionnel, mais dans ses rapports avec les autres Etats. Pour Seeley en effet, les destinées d'un Etat dépendent moins de ses institutions que de sa position dans le monde. Étudiée à la lumière de cette idée, l'histoire d'Angleterre au XVIe et au XVIIe siècle s'élargit considérablement. Les grands actes de cette politique paraissent sous un tout autre jour, et l'on voit en même temps clairement le contre-coup des grands faits de la politique européenne (contre-réforme, guerres continentales, etc.) sur le développement de la politique nationale. En même temps, les figures des souverains et des hommes d'état prennent d'autant plus de relief que ces personnages ont joué un rôle plus considérable dans la politique européenne : de là l'importance toute particulière que Seeley donne en Angleterre à Élisabeth, à Cromwell et à Guillaume III ; en France à Henri IV, à Richelieu, à Mazarin : les portraits politiques de ces hommes sont parfaits..." (Antoine Guilland, Revue historique, 1897)

152.          SOLNON (Jean-François). La Cour de France. Fayard, 1987, gr. in-8°, 649 pp, généalogies, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Pour beaucoup de nos contemporains, la Cour n'est qu'un lieu de divertissements et de plaisirs, les courtisans, des gens oisifs et inutiles. L'escadron volant de Catherine de Médicis, le scandale des Poisons, l'affaire du Collier résumeraient son histoire. En réalité, loin d'être un archaïsme, la cour de France est, depuis François Ier, une création de l'Etat moderne. Instrument de pacification nobiliaire, elle a permis à la monarchie de s'affermir. Foyer de culture et de civilisation, elle a été un modèle imité de l'Europe entière. Trois siècles durant, les Valois puis les Bourbons ont ainsi forgé une subtile mécanique, portée à son apogée par Louis XIV, rayonnante mais déjà dénaturée sous ses successeurs. Réfutant les légendes et les clichés, Jean-François Solnon montre dans cet ouvrage – le premier consacré à la cour de France – les forces et les faiblesses de l'institution la plus brillante des temps modernes. Tant il est vrai qu' "un monarque sans cour est un grand arbre déraciné que le moindre coup de vent renverse".

153.          THOMAS (Jérôme). L'Evangélisation des populations andines au XVIe siècle. “Policía Cristiana” et conquête des corps. Les Indes savantes, 2014, gr. in-8°, 394 pp, 16 pl. de gravures hors texte, glossaire, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

« Pour en faire de bons catholiques, il faut tout d'abord que les Indiens deviennent des hommes et ensuite leur enseigner la doctrine chrétienne ». Cette réflexion traverse toute l'époque coloniale. En effet, la découverte de l'Amérique et la conquête des terres andines s'accompagnent d'une politique de transformation des sociétés indigènes en étroite relation avec l'évangélisation, sous le regard de l'Eglise catholique, pièce maîtresse et pilier de cette action. La conquête spirituelle des populations amérindiennes associée à celle des corps et au remodelage des modes de vie traditionnels est connue sous le nom de policía cristiana. Cette lame de fond puise ses racines dans l'époque médiévale, elle-même héritière d'une longue tradition antique que l'auteur étudie avec précision. Il s'agit de changer l'Homme américain en façonnant son corps, son apparence autant que son âme, en s'attachant à modifier radicalement son rapport à l'hygiène, ses vêtements, ses gestes, son environnement quotidien pour qu'il entre de plein pied dans la « civilisation ».

154.          TOUCHARD-LAFOSSE (G.). Chroniques de l'Œil-de-boeuf des petits appartements de la Cour et des salons de Paris sous la Régence. Texte intégral présenté et annoté par Hubert Juin. Livre Club du Libraire, 1964, in-8°, 291 pp, 13 gravures (dont 10 sur double page) et 2 fac-similés hors texte, imprimé sur vélin des papeteries Prioux, reliure pleine toile gris-bleu de l'éditeur ornée d'un décor à froid, avec un œil-de-bœuf découpé au centre du 1er plat (révélant 2 visages de la gravure reproduite sur la garde), gravures sur les gardes, rhodoïd, bon état, exemplaire H.C. (hors commerce). Très jolie réalisation

            25

155.          TOUCHARD-LAFOSSE (G.). Chroniques de l'Œil-de-boeuf des petits appartements de la Cour et des salons de Paris sous le règne de Louis XIII. Edition établie et présentée par Hubert Juin. Livre Club du Libraire, 1965, in-8°, 347 pp, 10 gravures hors texte (dont 2 sur double page), imprimé sur vélin des papeteries Prioux, reliure pleine toile bleue de l'éditeur ornée d'un décor à froid, gravure sur les gardes, rhodoïd, bon état. Très jolie réalisation

            25

156.          VALLOT (Antoine), A. DAQUIN et G.-C. FAGON. Journal de la santé du roi Louis XIV de l'année 1647 à l'année 1711, écrit par Vallot, d'Aquin et Fagon, tous trois ses Premiers-Médecins, avec introduction, notes, réflexions critiques et pièces justificatives par J.-A. Le Roi. P., Auguste Durand, 1862, in-8°, xxxvi-441 pp, reliure demi-basne fauve, dos lisse à quadruples filets dorés, pièces de titre et d'années basane carmin et noir (rel. de l'époque), bon état

            300

Première édition d'un ouvrage à tirage restreint, très rare et recherché car constituant un document exceptionnel et de première importance pour l'histoire de la médecine au XVIIe siècle. Antoine Vallot (1594-1671), premier médecin du roi Louis XIV, eut l'idée de rédiger un journal relatant toutes les affections du roi et tous les remèdes prescrits, avec souvent les formules des potions, lavements ou emplâtres. Ce recueil d'observations cliniques, poursuivi par d'Aquin et Fagon, couvre la période allant de 1652 à 1711. — "Le Journal de santé de Louis XIV, rédigé durant cinquante-huit années de la vie du monarque par ses médecins, A. Vallot, A. Daquin et G.-C. Fagon, constitue en effet, aux côtés du Journal d’Héroard, un monument d’histoire médicale et culturelle du XVIIe siècle, en même temps qu’un document indispensable à une « bio-histoire » de la monarchie. « Le roi, de page en page, est purgé et chanté » : c’est ainsi que Michelet en résume le contenu dans sa célèbre Histoire de France. Et c’est bien en effet un dévoilement du simple corps du roi auquel on assiste au fil du texte, celui des « incommodités » et des misères physiques, bien loin des postures hiératiques de la légende monarchique : fièvres, migraines, embarras digestifs, selles, vents, cicatrices, cauchemars, mauvaise haleine, tænia, une gourmandise maladive, une goutte qui finira par se transformer en gangrène, et bien sûr la fameuse opération de cette fistule venue saper le fondement même de l’incarnation monarchique. Et l’on réalise alors à quel prix ce prince, « si travaillé de l’intérieur » comme dit Sainte-Beuve, sut faire d’un idéal stoïcien de maîtrise de soi un programme de gouvernement, afin de conserver à la majesté le double corps de son apparence." (Stanis Perez)

157.          VANDAL (Albert). Louis XIV et l'Égypte. P., Alphonse Picard, 1889, in-8°, 53 pp, notes bibliographiques, broché, la couv. imprimée très fragile, un peu abîmée (sur laquelle on distingue un envoi a.s. de l'auteur - le nom du destinataire a disparu), a été renforcée par un dos factice et un rhodoïd autocollant au 1er plat, état correct. Extrait du "Compte-rendu de l'Académie des Sciences morales et politiques". Rare

            20

Leibniz voulut persuader à Louis XIV de conquérir l'Égypte, et le Roi fit répondre que les guerres saintes étaient passées de mode depuis saint Louis. Cette parole dédaigneuse laisserait croire que Louis XIV, tout entier à d'autres projets, détourna volontairement ses regards d'une terre que jadis la France semblait avoir fait sienne en la marquant de son sang. Cette supposition serait injuste, car aucun prince de sa race ne s'occupa de l'Égypte avec plus d'attention que le grand roi : l'établissement dans cette contrée de notre prépondérance commerciale, qui devait durer jusqu'à la Révolution, date de son règne...

158.          VILAR-BERROGAIN (Gabrielle). Guide des recherches dans les fonds d'enregistrement sous l'Ancien Régime. P., Imprimerie Nationale, 1958, pt in-4°, 388 pp, 7 illustrations dans le texte, biblio, broché, bon état

            60

"Les formalités qui avaient pour but avoué d'assurer aux actes de la pratique la publicité nécessaire (insinuation) ou une date incontestable (contrôle) tirent un certain caractère équivoque du fait que dans la réalité elles ont servi beaucoup de « spécieux prétexte » (Malesherbes cité p. 87) aux gouvernements, toujours besogneux, pour leur procurer des ressources par le moyen des taxes auxquelles elles étaient soumises. Il n'en reste pas moins qu'elles ont fait entrer dans nos dépôts d'archives une masse impressionnante de documents qui ne devraient pas laisser les historiens indifférents. Mme Vilar-Berrogain retrace l'histoire des différentes sortes de formalités. Ces registres apportent une documentation abondante et dense pour diverses branches des études historiques. Le tableau statistique qui forme l'appendice 3 (p. 380-385), et où Mme Vilar-Berrogain a relevé près de 30.000 mentions de professions ou qualités diverses extraites du fichier des insinuations au Châtelet entre 1682 et 1704, donne une idée de la richesse des fonds de cette nature à cet égard..." (P.-F. Fournier, Bibliothèque de l'école des chartes, 1962)

159.          VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit). Candide ou l'optimisme. P., Georges Crès et Cie, 1921, in-12, 255 pp, illustré de 36 compositions dessinées et gravées sur bois par Gérard Cochet, reliure demi-percaline verte, dos lisse avec pièce de titre basane carmin, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), coins émoussés, bon état

            40

160.          WOLFFLIN (Heinrich). L'Art classique. Initiation au génie de la Renaissance italienne. Traduit de l'allemand par Conrad de Mandach. Avec préface du traducteur. Stock, 1970, gr. in-8°, 345 pp, 126 illustrations dans le texte et hors texte, reliure pleine toile citron illustrée de l'éditeur (très lég. salie), bon état

            40

Depuis sa parution en 1898, “l'Art classique” d'Heinrich Wölfflin est devenu un classique mondial de l'histoire de l'art, c'est-à-dire un livre indispensable non seulement pour l'étudiant et le spécialiste, mais aussi pour l'honnête homme. Wölfflin n'ignore rien des travaux des écrivains de l'époque : L.-B. Albert, Léonard de Vinci, Politien, Castiglione, Vasari, etc. Il traite des précurseurs, Gioto, initiateur de la Renaissance italienne, les Pisani, Donatello, etc. Il montre admirablement le génie de Michel-Ange, ce qui caractérise celui de Raphaël, de Fra Bartolommeo, d'Andre del Sarto. Dans la seconde partie, Wölfflin, plus systématique, expose les divers aspects d'un sentiment, d'un idéal, d'une esthétique qui a contribué plus qu'aucune autre à l'enrichissement de l'humanité. Wölfflin a su rendre l'art classique extrêmement vivant et proche de nous. A l'influence de la race, du milieu, de l'époque, du climat, du génie particulier de chacun, il a su ajouter une conception purement optique et plastique de l'art qui font que ce classique est aussi un moderne. (L'Editeur)

161.          YRIARTE (Charles). César Borgia, sa vie, sa captivité, sa mort. D'après de nouveaux documents des dépôts des Romagnes, de Simancas et des Navarres. P., J. Rothschild, 1889, 2 vol. in-8°, 312 et 351 pp, 19 planches hors texte (dont 3 fac-similés et un tableau généalogique dépliants), une gravure dans le texte, table alphabétique, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaison dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            120

"Ce livre est aussi intéressant que possible. Il est visible que M. Charles Yriarte a pris beaucoup de plaisir à l’écrire. C’est un grand curieux que M. Charles Yriarte. Son histoire de César Borgia, très étudiée dans l’ensemble, contient des parties neuves. Je signalerai particulièrement à cet égard les chapitres sur la captivité et la mort du héros, ainsi que quelques pages sur l’épée que César se fit faire en 1498 avec cette devise : Cum Numine Cesaris Omen." (Anatole France, La vie littéraire. Quatrième série, 1892) — "... Avec une sérénité singulière, une impartialité évidente, nous devons bien le dire, l'auteur, appuyé pas à pas sur tous les documents connus et sur un grand nombre de témoignages nouveaux, étudie tour à tour Alexandre VI, César, Lucrèce Borgia, reprend un à un les faits qu'on leur a reprochés ; ici les absout, plus loin les condamne, et substitue l'histoire vraie à la légende, sans se demander s'il ne valait pas mieux jeter une ombre discrète sur les arcanes du Vatican au temps des Borgia. Ceci dit, et nous devions ne point le taire pour dégager notre responsabilité vis-à-vis des lecteurs, il y a là un effort considérable, les marques d'une persévérance et d'une ténacité singulières, et nous croyons effectivement que la figure de César, cette fois, est dessinée d'une façon définitive." (Le Figaro, Supplément littéraire du dimanche, 1889)

162.          ZUBER (Roger) et Laurent THEIS (dir.). La Révocation de l'Edit de Nantes et le protestantisme français en 1685. Actes du colloque de Paris (15-19 octobre 1985). P., Société de l'histoire du protestantisme français, 1986, gr. in-8°, 396 pp, 6 illustrations à pleine page, annexes, index, broché, bon état

            35

19 contributions érudites autour de trois grands thèmes : les acteurs, les victimes, les témoins de la Révocation. — Table : Les Acteurs : 1. La décision royale ? Un système de la Révocation (Pierre Chaunu) ; 2. Sociologie et psychologie juridiques de l'Edit de Révocation (Jean Carbonnier) ; 3. Deux évêques devant la Révocation : Le Camus et Cosnac (Pierre Bolle) ; 4. Les évêques du Bas-Languedoc et la Révocation (Robert Sauzet) ; 5. Le rôle des intendants dans les préliminaires de la Révocation (Robert Poujol) ; 6. La conscience et la théologie moderne (Jacques Le Brun) ; 7. Les "donneurs d'avis" et la Révocation (Janine Garrisson) - Les Victimes : 8. Les protestants bordelais des années 1680 et la Révocation (Jean-Pierre Poussou et Philippe Loupès) ; 9. Louis XIV et les protestants alsaciens de 1680 à 1690 (Bernard Vogler) ; 10. Les académies réformées de l'Edit de Nantes à la Révocation (Jean-Paul Pittion) ; 11. Claude Pajonet les mutations de la théologie réformée à l'époque de la Révocation (Olivier Fatio) ; 12. Les premières "Lettres pastorales" (Elisabeth Labrousse) ; 13. La destruction des temples (Solange Deyon) - Les Témoins : 14. Les papes et la Révocation (Pierre Blet) ; 15. L'écho de la Révocation dans les Provinces-Unies à travers les gazettes et les pamphlets (Hans Bots) ; 16. La Révocation de l'Edit de Nantes, événement mémorable ? (Philippe Joutard) ; 17. Une correspondance inédite : Misson, Beausobre et un Nouveau Converti (Eric Roland Briggs) ; 18. Les arts à la rescousse de l'Edit de Fontainebleau ? Les paradoxes des Académies royales (Hélène Himelfarb) ; 19. Les difficiles émergences de la tolérance (Jean Delumeau) - Conclusions du colloque (Roger Zuber).

RÉVOLUTION

 

163.          ALMÉRAS (Henri d'). Barras et son temps. Scènes et portraits. Albin Michel, 1930, in-8°, 388 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 8 gravures dans le texte, broché, un portrait en médaillon en couv., bon état. Edition originale

            30

"Barras, le chef des Pourris." (Napoléon)

164.          BESSAND-MASSENET (Pierre). Babeuf et le parti communiste en 1796. Hachette, 1926, in-12, 123 pp, biblio, reliure demi-percaline bleue, dos lisse avec pièce de titre basane noire, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), bon état (Coll. Récits d'autrefois)

            30

165.          BLUCHE (Frédéric). Septembre 1792. Logiques d'un massacre. Laffont, 1986, gr. in-8°, 268 pp, préface de Jean Tulard, documents en annexe, broché, couv. illustrée (très lég. défraîchie), bon état

            25

Septembre 1792 : vingt-trois jours après l’émeute du 10 août qui a renservé le trône constitutionnel de Louis XVI, des attroupements plus ou moins incontrôlés entreprennent de purger les prisons de Paris. Des simulacres de tribunaux populaires se forment. Les "condamnés" sont exécutés sur-le-champ, non sans quelques raffinements de cruauté, par des "patriotes" armés de sabres, de piques et de massues. En vingt-quatre heures, plus de 900 prisonniers sont immolés sur l’autel de la Révolution triomphante, et près de 400 autres au cours des quatre journées suivantes. 70 % des victimes étaient des détenus de droit commun. Les autorités politiques et municipales ont laissé faire. Longtemps enveloppés de brouillard par l’historiographie, les massacres de Septembre apparaissent aujourd’hui comme ce qu’ils ont été : un acte de violence totale, à la fois irrationnelle et stratégique. Loin d’être accidentelle, cette violence s’inscrit dans la logique profonde du phénomène révolutionnaire enclenché en 1789 : une logique de l’élimination. On ne saurait opérer un tri entre la "gloire" et l’ignominie. Comme le proclamait Clemenceau : "La Révolution française est un bloc, un bloc dont on ne peut rien distraire parce que la vérité historique ne le permet pas."

166.          BONNET (Jean-Claude) (dir.). La Carmagnole des muses. L'homme de lettres et l'artiste dans la Révolution. Armand Colin, 1988, gr. in-8°, 425 pp, 79 illustrations, notes, repères chronologiques, index, broché, couv. illustrée, bon état

            35

"L'équipe de J.-Cl. Bonnet récidive après une originale “Mort de Marat”, voici maintenant, plus ambitieuse dans son objet mais similaire dans sa démarche, cette belle Carmagnole des muses. Dix-sept signatures permettent de répondre à une interrogation plus vaste : comment la Révolution a-t-elle touché l'homme de lettres et l'artiste ? La multiplicité des points de vue et l'accumulation des compétences sont ici bienvenues pour surmonter les inévitables obstacles dont le principal est constitué par l'obsessionnelle dichotomie : Révolution destructrice - Révolution "conservatrice". (...) Les contributions sont regroupées autour de cinq pôles d'intérêt : institutions culturelles, destin de l'art, puissance du verbe, violence et identité, les oeuvres de la Révolution. Ces contributions attendues, solides et subtiles, constituent l'ossature obligée de l'ouvrage. (...) Mais ce qui fait tout autant la spécificité d'un tel recueil, par-delà la pluralité des approches, est la qualité de l'écriture et la justesse générale du ton..." (Claude Langlois, Annales ESC, 1989)

167.          BOURBON-CONTI (Stéphanie-Louise). Mémoires historiques. Pierre Horay, 1986, gr. in-8°, 237 pp, 16 gravures et 2 fac-similés, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

"Stéphanie-Louise Bourbon-Conti, née en 1762, morte en 1825, a soutenu toute sa vie qu'elle était fille naturelle de Louis-François de Bourbon-Conti, père du dernier prince de Conti. Elle aurait eu pour mère, s'il faut l'en croire, la belle duchesse de Mazarin, dont le nom se reproduit, en effet, avec celui de Conti, dans le nom anagrammatique de “Mont-Cair-Zain” qui aurait été donné, avec le titre de comtesse, à cette prétendue fille d'un prince du sang. Ses “Mémoires historiques”, écrits par elle même, finissent avec l'année 1798. A cette époque, son sort n'était pas mieux fixé qu'il n'avait été jusqu'alors. Il paraît qu'il ne s'améliora, ni sous le gouvernement impérial, ni même depuis la restauration, car elle continua de vivre dans l'indigence, sans rien rabattre toutefois de ses hautes prétentions, et portant toujours un cordon bleu..." (Weiss, Biographie universelle ou Dictionnaire historique, I, 1838) — L'édition originale (Paris floréal an VI, 2 vol in-8°) a servi à l'établissement du présent texte. L'orthographe, la ponctuation ont été modernisées. Le texte a été allégé des documents administratifs et notariés invoqués par l'auteur.

168.          BURKE (Edmund). Réflexions sur la Révolution de France, et sur les procédés de certaines sociétés à Londres, relatifs à cet événement. En forme d'une lettre, qui avait dû être envoyée d'abord à un jeune homme, à Paris. Par le Right honourable Edmund-Burke. Traduit de l'anglais ; Cinquième édition, corrigée par l'auteur. P., Chez Laurent et fils, et à Londres, Chez Edwards, 1791, in-8°, (vi)-420 pp, les 3 dernières pages paginées par erreur 458-460, reliure demi-veau acajou, dos lisse à larges filets dorés, roulette dorée en queue, titre doré, tranches marbrées, plats de papier fantaisie marbré, signet (rel. de l'époque), les 4 derniers feuillets habilement restaurés avec pt manque de texte sur qqs lignes, bon état

            300

Cinquième édition de la traduction française de cet ouvrage célèbre. L'auteur, ardent défenseur de la liberté des peuples au moment de la guerre d'Amérique, s'y révèle l'un des adversaire les plus acharnés de la Révolution, au nom de la constitution traditionnelle de la Grande-Bretagne et de son évolution naturelle. En effet, les journées des 5 et 6 octobre vont provoquer chez Burke une violente colère contre la Révolution française. Celle-ci va s'accentuer avec le cours des événements. Il entreprend de rédiger ses Réflexions comme une lettre adressée à un ami de France à l'occasion de l'assemblée de la Société de la Révolution, le 4 novembre 1789. Il se propose d'adresser une double critique, d'abord à l'égard des événements qui surviennent en France, ensuite à l'encontre de la Société britannique de la Révolution et les sociétés analogues qui s'efforçaient de rapprocher la Révolution de 1789 et la révolution britannique de 1688. Il fait ainsi naître une véritable doctrine de la contre-révolution basée sur un raisonnement solide et sous-tendu par une philosophie de l'histoire. Ses contemporains eux-mêmes ont reconnu en Burke le père de la pensée contre-révolutionnaire. (Martin et Walter, I, 5590 ; Monglond, II, 131)

169.          CERTAIN de LA MESCHAUSSÉE (Pierre-Gaspard). Souvenirs d'un gentilhomme limousin (1767-1801). Aurillac, Impr. Poirier-Bottreau, 1933, in-8°, 416 pp, un portrait en frontispice, broché, dos lég. abîmé, pt trace de scotch ancien au bas de la couverture, bon état. Tirage à très petit nombre, destiné à la famille et aux amis. Très rare

            300

"Capitaine de cavalerie, l'auteur de ces souvenirs émigre en 1790 et rejoint l'armée de Condé, puis le régiment de Damas. Il fait campagne en Flandre et aux Pays-Bas. Retiré en 1796 à Hambourg, il y donne des cours de mathématiques, collabore avec Madame de Genlis, revient en France en 1801. Ses souvenirs sont intéressants pour la peinture du milieu des émigrés." (Fierro, 288)

170.          CHANTELAUZE (R.). Louis XVII. Son enfance, sa prison et sa mort au Temple, d'après des documents inédits des archives nationales. P., Firmin-Didot, 1895, in-12, xix-377 pp, un portrait-frontispice du dauphin sous serpente, d'après un portrait attribué à Mme Vigée-Lebrun, et une planche hors texte, broché, dos toilé factice, état correct

            30

"Le livre de M. Chantelauze se distingue de celui de M. de Beauchesne, non seulement par l'apport de documents inédits, mais encore par le ton de la narration. Les faits y sont plus savamment contrôlés. L'auteur s'appuie notamment sur les procès-verbaux des témoignages fournis par l'enquête, confiée en 1817 au comte Decazes afin de rechercher et de récompenser tous les “hommes de coeur” qui avaient fait preuve de dévouement envers les augustes prisonniers du Temple. Ceci permit de retrouver employés, gardiens et médecins qui avaient donné les derniers soins au dauphin." (Parois, 229)

171.          JULIA (Dominique)(dir.). Les enfants de la Patrie. Education et enseignement sous la Révolution française. Institut national de Recherche pédagogique, 1989, in-8°, 205 pp, broché, jaquette illustrée, bon état (Numéro spécial de la revue “Histoire de l'Education”)

            30

"A l'occasion du bicentenaire, la revue “Histoire de l'Education” nous offre un numéro spécial qui nous invite à "ne pas oublier le lien fondateur qui unit (...) l'émergence de la citoyenneté, la difficile naissance de la démocratie et des valeurs qu'elle porte, et la genèse de notre système d'instruction publique" (D. Julia). Plutôt que des plans et projets désormais bien connus, les auteurs ont choisi de traiter un certain nombre de réalisations, d'examiner comment l'utopie s'est heurtée à la réalité." (Jacques Gavoille, Annales ESC, 1991) — Les études réunies ici visent à mesurer l'impact de la décennie révolutionnaire dans le dispositif de l'instruction publique. Les auteurs s'interrogent sur le rapport que l'on peut établir entre le niveau de la mobilisation culturelle révolutionnaire et les disparités régionales révélées par d'autres indicateurs culturels. Ils examinent aussi la novation des contenus enseignés et des pédagogies dans les écoles créées par la Convention...

172.          LA GORCE (Pierre de). Martyrs et apostats sous la Terreur, 1793-1794. Nouvelle édition. Plon, 1934, in-12, 314 pp, 8 gravures hors texte, cartonnage éditeur, dos frotté, état correct (Coll. Bibliothèque historique Plon)

            15

I. La Terreur. II. Apostats et confesseurs. III. L'armée des martyrs.

173.          MARION (Marcel). La liquidation du papier-monnaie révolutionnaire. dans La Revue universelle, 15 janvier 1929, gr. in-8°, 38 pp, broché, bon état

            15

174.          MICHELET (Jules). Histoire de la Révolution française. Nouvelle édition, revue et augmentée, avec illustrations par Vierge. P., Le Vasseur, s.d. (1868), 9 vol. in-8°, xlvii-384, 395, 320, ix-396, 394, 455, 360, 367 et 366 pp, nombreuses gravures à pleine page hors texte, vignettes et culs de lampe dessinées par Daniel Vierge, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés (rel. de l'époque), bon état

            300

175.          ROLAND (Marie-Jeanne Phlipon, Madame). Lettres choisies de Madame Roland, annotées par C. A. Dauban. P., Henri Plon et Ch. Delagrave, 1867, 415 pp. – Suivi de : ROQUE (Phocion). Athènes d'après le colonel Leake. Ouvrage mis au courant des découvertes les plus récentes. 2e édition. Introduction de M. C. Wescher. Dessins de L. Breton, d'après des photographies. Plon, 1876, xx-336 pp. P., Henri Plon et Ch. Delagrave ; Plon, 1867 et 1876, in-12, 415 et xx-336 pp, 8 planches et un plan dépliant d'Athènes et des environs hors texte dans le 2e ouvrage, les deux ouvrages reliés ensemble en un volume demi-toile havane, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), bon état

            40

176.          ROLAND (Manon, née Jeanne Marie Phlipon). Mémoires de Madame Roland. Edition présentée et annotée par Paul de Roux. Mercure de France, 1986, in-8°, 428 pp, notes, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            25

Les Mémoires de Mme Roland se situent à la croisée du public et du privé, de l’histoire et de l’intime. Elle les a rédigés lors de son incarcération à la prison de l’Abbaye en 1793. Ils sont divisés en deux parties très distinctes : d’une part des Mémoires proprement historiques, d’autre part des « Mémoires particuliers » qui sont une chronique de la vie privée de la moyenne bourgeoisie parisienne entre 1760 et 1780, et permettent d’entrer dans l’intimité de la jeune Marie-Jeanne dite Manon Phlipon. — C'est à Paul de Roux que l'on doit d'avoir établi cette édition des passionnants Mémoires de madame Roland, grande figure du XVIIIe siècle intellectuel et politique, qui doit notamment sa postérité à ces mots prononcés en montant à l'échafaud : « Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! » — "Source exceptionnelle pour l'histoire de la Révolution entre 1789 et 1793." (Fierro, 1282) — "Madame Roland naît en 1754, fait des études brillantes, épouse un financier du roi : ces prémices aboutissent en général à un salon bourgeois. Elle eut un salon. Elle y rencontra l'Histoire, et l'Histoire ne la lâcha plus. Roland de la Platière, son mari, devint ministre de l'Intérieur, alors elle put penser qu'elle triomphait, et avec elle l'idéal révolutionnaire : Plutarque, les stoïciens, la justice, l'égalité, la vertu. Mais le vent tourna. Les Girondins avaient tous fréquenté chez elle : elle fut suspecte comme eux, et comme eux condamnée. Toute la Révolution défile dans ces Mémoires, avec ses frémissements et ses violences." (4e de couverture)

PREMIER EMPIRE

 

177.          ANDRÉ (Eugène). Le Maréchal Exelmans, 1775-1852. Bar-le-Duc, Imp. Comte-Jacquet, 1898, in-8°, xi-162 pp, un portrait en frontispice, broché, couv. lég. piquée, bon état. Très rare

            80

178.          BERTIN (Ernest). La Société du Consulat et de l'Empire. Hachette, 1890, in-12, v-344 pp, reliure demi-toile verte, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), bon état

            30

Lucien Bonaparte ; Mémoires de Mme de Rémusat ; Lettres de Mme de Rémusat ; Mémoires de Metternich ; Le Maréchal Davout ; Mme de Custine. — "... A propos des Mémoires de Lucien Bonaparte, M. Ernest Bertin montre les premiers débuts de la famille, l'esprit déjà avisé de l'aîné ou qui se dit tel, le rôle d'important que joua Lucien toute sa vie. Les Mémoires de Mme de Rémusat nous transportent à la cour, nous en révèlent les mœurs, que façonne le maître, les ambitions, les petitesses : assurément, M. Bertin, tout en s'inspirant de son auteur, l'a résumé et même étendu avec avantage. Les lettres de Mme de Rémusat révèlent une épouse et une mère qui contrastent avec celles que nous avait léguées le XVIIIe siècle. Dans le maréchal Davout, l'homme de guerre tout entier à son art, sincère, hardi, plein d'initiative et d'une indépendance qui portait ombrage, brille de tout son éclat, à côté du fils, du père, de l'époux dont M. Bertin nous trace le portrait avec quelque complaisance. C'est par Mme de Custine que se clot le volume : triste histoire d'une femme qui, après avoir vu mourir sur l'échafaud son beau-père et son mari, consent à devenir l'une des muses éphémères de Chateaubriand. C'est ainsi que ce livre, en ne paraissant retracer que des portraits d'individus, nous donne certains aspects de la société de ce temps-là et correspond ainsi à son titre. M. Bertin a une manière originale de traiter ses sujets. Son style est distingué, brillant ; il n'a pas seulement le trait juste, il a le relief. En le lisant, on oublie un peu les documents ; On s'en repose. Mais sans les documents, son livre n'était pas possible à écrire ; mais, après la lecture agréable qu'il nous procure, on est disposé à convenir que ces mêmes documents gagnent singulièrement à être interprétés ainsi." (Victor Pierre, Revue des questions historiques, 1890)

179.          CALVET (Stéphane). Dictionnaire biographique des officiers charentais de la Grande Armée. Rivages des Xantons, 2010, gr. in-8°, 352 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Ce dictionnaire est le complément de l'ouvrage issu de la thèse de l'auteur, 'Les Officiers charentais de Napoléon au XIXe siècle. Destins de braves'. Il comprend 516 notices biographiques d’officiers charentais dont les carrières se déroulèrent sous la Révolution et l’Empire. Il a nécessité un monumental travail de recherche dans les dossiers du Service Historique de la Défense mais aussi dans les archives nationales et départementales. En outre, l’auteur a eu accès à de nombreuses sources privées, qui lui ont permis de compléter ce travail. Certaines des notices comportent également les noms des épouses et des descendants. Grâce à l’exhaustivité du travail de recherche, les biographies des officiers issus de classes inférieures, souvent négligées jusque-là, apparaissent tout aussi passionnantes que celles des officiers issus de classes supérieures. L’index des batailles auxquelles ont participé ces officiers complète l’intérêt de cet instrument de recherche pour les professionnels, et suscitera l’émotion pour les descendants.

180.          CHAFFANJON (Arnaud). Napoléon et l'univers impérial. P., Serg, 1969, gr. in-8°, 406 pp, belle iconographie : un frontispice en couleurs et de nombreuses illustrations dans le texte et à pleine page, petit lexique de l'héraldique impériale, armorial des personnages de l'univers impérial, biblio, reliure percale verte de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, motif et encadrement dorés au 1er plat, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état

            40

"Le livre de M. Chaffanjon est un instrument de travail commode. Il ne vise pas à l'érudition, mais seulement à fournir des renseignements sommaires, très précis, sur l'entourage de Napoléon et la noblesse impériale. On le consultera un peu comme l'on se sert du « Who's who ». En cinq chapitres, il donne une centaine de notices biographiques et généalogiques : I. la famille impériale ; II. les ducs, princes et grands dignitaires de l'Empire ; III. les maréchaux de l'Empire ; IV. les généraux et les grands soldats ; V. les grands serviteurs de l'Empire ; VI. les femmes autour de Napoléon. Le tout est suivi d'un lexique de l'héraldique impériale et d'un armorial des personnages de l'univers impérial, puis d'une bibliographie. Chaque notice est accompagnée d'un portrait luxueusement reproduit et de ses armoiries, avec des notices héraldiques et généalogiques très précises. L'auteur prouve sa maîtrise dans ce domaine, qui nous a valu déjà d'importantes études sur la descendance de Mme de Sévigné, de Racine et de Mme de Staël." (André Masson, Bulletin des bibliothèques de France, 1970)

181.          GANIÈRE (Dr Paul). Sainte-Hélène. Perrin, 1972, in-8°, 472 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex éditeur, rhodoïd (pt mque au rhodpïd), bon état, envoi a.s.

            25

L'histoire de la captivité de Napoléon à Sainte-Hélène est celle d'un drame qui a duré six années. Pendant ces semaines et ces mois interminables, l'Empereur vaincu et enchaîné n'a cessé de se débattre. Il cherchait à se libérer de la poigne de fer des Anglais qui, trop heureux d'avoir enfin réduit à l'impuissance leur impitoyable ennemi, le gardaient prisonnier sur un minuscule îlot de l'Atlantique-Sud. C'est l'histoire de cette lutte que Paul Ganière a voulu reconstituer grâce à la multitude de documents conservés dans les archives, et notamment les archives anglaises, grâce aux mémoriaux laissés par les témoins de la tragédie et, en particulier, ceux émanant de deux des plus fidèles compagnons de Napoléon, le Grand Maréchal Bertrand et le valet de chambre Marchand, mémoriaux qui n'avaient pas encore été livrés à la publication, grâce enfin à un séjour prolongé à Sainte-Hélène. On apprend tout d'abord les conditions, jusqu'alors mal connues, dans lesquelles l'Empereur fut amené à se livrer aux Anglais ; on partage ses espoirs ; on mesure ses illusions. On peut imaginer son embarquement pour l'île maudite, son installation à Longwood, ses démêlés avec ceux qui s'étaient engagés à le suivre, et surtout le dur combat qu'il mena inlassablement contre ses gardiens, en particulier contre celui qui incarnait, à ses yeux, l'orgueil et la mauvaise foi britanniques : le gouverneur, Sir Hudson Lowe. Lorsque le captif, enfin terrassé par la maladie, sentira venir le moment suprême, on le verra prévoir, avec une lucidité parfaite, les conséquences de son martyre et remporter ainsi, par-delà la mort, une ultime et magnifique victoire.

182.          GROCOTT (Terence). Shipwrecks of the Revolutionary and Napoleonic Eras. London, Caxton Editions, 2002, in-8°, xvi-430 pp, glossaire, biblio, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            30

Malheureusement, il n'existe pas de livre récent en français consacré à la marine anglaise à l'époque napoléonienne.

183.          LACHOUQUE (Commandant Henry). Napoléon à Waterloo. J. Peyronnet, 1965, pt in-8°, 226 pp, 16 pl. de gravures et documents hors texte, une carte, broché, couv. à rabats, bande éditeur conservée, bon état

            35

"Que faut-il admirer le plus, le travail de documentation effectué par le Cdt Lachouque ou la manière alerte d'écrire un récit de guerre rempli de noms, de chiffres, de dates et qui devrait être sèchement rébarbatif ? Le Cdt Lachouque a été aidé dans ses recherches, il ne manque pas d'ailleurs de remercier les intéressés mais cela ne suffit pas pour écrire un livre aussi bien documenté ; c'est l'oeuvre d'un spécialiste objectif qui a déjà beaucoup écrit sur Napoléon et son époque. (...) Le récit de la bataille de Waterloo, complété de 16 illustrations, est suivi d'un « Ordre de bataille des armées » donnant une liste précise des officiers et des troupes ainsi que de quatre itinéraires à suivre pour visiter la région des combats de 1815." (H. Hartmann, Revue militaire suisse, 1966)

184.          LARGEAUD (Jean-Marc). Napoléon et Waterloo : la défaite glorieuse de 1815 à nos jours. (Thèse). P., La Boutique de l'Histoire, 2006, gr. in-8°, 462 pp, une carte dépliante hors texte, sources, iconographie, biblio, index, broché, bon état

            30

L'ouvrage étudie plusieurs aspects de l'histoire de la célèbre bataille du 18 juin 1815. En adoptant une durée longue, de 1815 à nos jours, le livre décrit une histoire politique et culturelle du souvenir et de la mémoire de l'événement en France. Il commence par une analyse inédite des circonstances militaires et politiques et des images diverses qui donnèrent corps à la notion de défaite glorieuse dès l'origine. La mémoire des combattants est ensuite mise à contribution (en particulier le témoignage, inédit, du commandant Rullière) pour restituer ce que furent la journée de Waterloo et les spécificités de la guerre napoléonienne. Le livre se poursuit par l'exploration des arguments et des attitudes qui font de Waterloo le point de départ d'une culture politique de la défaite nourrie par toutes les familles politiques du XIXe siècle. La mobilisation de la gloire à des fins partisanes a des effets insoupçonnés. Car en voulant penser la bataille au nom de la Nation on l'a enrichie d'une mythologie politique dont le sens allait bien au-delà de la bataille du 18 juin 1815, et dont le but n'était pas la revanche sur l'Angleterre mais sur l'ennemi intérieur. Les dernières parties de l'ouvrage retracent la manière dont Waterloo s'est inséré dans une construction culturelle d'une grande diversité. Le livre éclaire en effet l'historiographie de la bataille et particulièrement la naissance de l'histoire militaire où l'étude de Waterloo joua un rôle décisif. Il recense aussi l'ensemble des sources littéraires et iconographiques qui ont pris le 18 juin 1815 pour objet, décrivant ainsi la genèse, l'évolution et la réception de représentations qui expliquent en définitive pourquoi Waterloo en France n'évoque pas seulement Napoléon et l'indomptable courage des grenadiers de la Garde, Cambronne et des mots fameux, mais aussi, Victor Hugo, Chateaubriand, Fabrice del Dongo et Stendhal.

185.          PETITEAU (Natalie). Guerriers du Premier Empire. Expériences et mémoires. P., Les Indes savantes, 2011, in-8°, 191 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

L'histoire des guerre napoléoniennes a longtemps ignoré toute approche anthropologique de leurs acteurs. Pourtant, on ne peut écrire l'histoire de la France du XIXe siècle sans connaître le contenu de l'expérience de guerre de ces hommes. La façon dont ils ont rencontré les données du politique au sein de l'armée, les voies par lesquelles la guerre a modifié leur destins dans la société de leur temps en disent long non seulement sur le réalités de la France napoléonienne mais aussi sur celle de l'après 1815. Car ces hommes sont porteurs, jusque dans la France du Second Empire, de ces expériences singulières. De plus ils les transmettent, en les déformant souvent, par leurs récits ou par leur mise en écrits. Si bien que c'est tout l'univers social et politique de la France du XIXe siècle qui est marqué par l'existence, à l'orée de la période contemporaine, de ces multiples destins militaires. De l'enrôlement jusqu'à la bataille en passant par des moments où les hommes en armes sont avant tout des voyageurs, cet ouvrage saisit les réalités de la vie au quotidien sous les drapeaux. De la politique symbolique adoptée après 1815 à l'égard des anciens de la Grande Armée à l'image que ceux-ci ont laissée dans la littérature du XIXe siècle, ce livre montre la place de ces hommes dans la France du XIXe siècle.

186.          PETITEAU (Natalie). Lendemains d'Empire. Les soldats de Napoléon dans la France du XIXe siècle. P., La Boutique de l'Histoire, 2003, in-8°, 396-(4) pp, biblio, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Les légendes nationales font une large part aux soldats de Napoléon, des grognards aux Marie-Louise en passant par la garde de Waterloo ou par les maréchaux hauts en couleurs. Mais si l'attention s'est souvent portée sur leurs exploits, sur leurs destinées exceptionnelles ou sur leurs talents de propagandistes, la masse des hommes de troupe qui passèrent quelques années dans les armées, avant de revenir dans la vie civile pour le reste de leur existence, est restée dans l'ombre. Ce livre tente de reconstituer les destins de ces anonymes. Comment ont-ils vécu les combats, quelle a été leur expérience de la guerre, qu'ont-ils pu en retenir ? Mais leur histoire ne s'arrête pas en 1815. Comprendre leur devenir après la guerre révèle l'importance des années 1800-1815 pour toute l'histoire du XIXe siècle : la conscription a brassé des milliers d'individus, dont les attitudes politiques, les trajectoires sociales ou encore les choix culturels ont marqué le siècle. En croisant de multiples sources, lettres, mémoires, enquêtes, listes d'invalides ou de décorés, archives judiciaires ou notariées, ce livre explore les modalités du passage de la vie militaire à la vie civile en montrant quelles ont été les réalités humaines cachées derrière tous les clichés de la légende napoléonienne. Paradoxalement, ces hommes, aux origines et aux expériences disparates, souvent décriés dans les années 1820, se retrouvent peu à peu réunis dans une communauté de fait devant l'opinion du pays, indépendamment de leurs réussites sociales ou de leurs échecs. C'est donc l'histoire de la constitution d'un groupe essentiel de la France contemporaine qui est proposée ici.

187.          SÉGUR (Philippe-Paul, comte de). Un Aide de camp de Napoléon. De 1800 à 1812. Mémoires du général comte de Ségur. Edition nouvelle publiée par les soins de son petit-fils le Cte Louis de Ségur. Firmin-Didot, 1895, in-12, xxiii-454 pp, un portrait gravé en frontispice et une carte dépliante pour l'historique des campagnes d'Allemagne hors texte, reliure demi-basane lie-de-vin, dos lisse avec titres et triples filets dorés (rel. de l'époque), dos uniforméménr passé, bon état

            50

Première partie des Mémoires. Description des conspirations de 1804 organisées par l'Angleterre ; Exécution du duc d'Enghien ; Camp de Boulogne ; Austerlitz ; Campagnes d'Allemagne, d'Espagne ; etc.

188.          TRANIÉ (Jean) et J.-C. CARMIGNIANI. Napoléon et la campagne d'Espagne (1807-1814). P., Copernic, 1978, in-4°, 235 pp, d'après les notes et documents du commandant Henry Lachouque, texte sur 2 colonnes, 13 planches d'illustrations d'uniformes et 4 planches de drapeaux en couleurs par Louis de Beaufort, 22 illustrations en couleurs, une carte de la situation politique en Europe en 1807, une carte de l'Espagne, 6 cartes schématiques des principales actions militaires, 404 illustrations en noir dans le texte, chronologie des évènements militaires des campagnes d'Espagne et de Portugal de 1807 à 1814, reliure toile verte de l'éditeur, jaquette illustrée, sous étui cartonné, bon état

            70

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

189.          BARRIÈRE (Marcel). La Nouvelle Europe, Anté-Histoire de la dernière Guerre. P., Lemerre, 1911, in-12, xii-506 pp, broché, bon état (La Dernière épopée, II). Rare

            50

"C'est un étrange et terrible livre que le roman publié par M. Marcel Barrière sous le titre : la Nouvelle Europe. Avec une surprenante précision stratégique, l'auteur y trace l'histoire, l'« anté-histoire » de la dernière guerre, de la dernière épopée, celle d'où sortira la nouvelle Europe, l'universelle république. Cette guerre ultime elle est, selon M. Marcel Barrière, inéluctable et ce n'est pas une idée de revanche française qui la déchaînera, mais l'impérialisme allemand lui même, tel que le conçut Bismarck. Cette thèse, l'auteur la développe dans sa préface et l'établit solidement sur des raisons de haute politique, et il passe ensuite au récit prophétique de la guerre, récit poignant, formidable et dont l'optimisme se base sur des raisonnements graves et réfléchis (...) Vous ai-je dit que ce roman tumultueux, formidable et savant, avait été publié il y a plus de trois mois, bien avant certains événements qui occupent en ce moment l'attention européenne, et que l'auteur en situait l'action dans quelque cinquante ans, sous le règne du petit-fils de Guillaume II ?..." (Ph.-Emmanuel Glaser, Le Mouvement Littéraire, 1911) — "Roman d'anticipation publié en 1911 et qui prédit la Grande Guerre ; passages anticatholiques." (Abbé Bethleem, Romans à lire et romans à proscrire, 1932) — "... Le romancier était mauvais prophète. Intitulé “La Nouvelle Europe, Anté-Histoire de la dernière guerre”, le roman qui suit “Le Monde noir” dans son « heptalogie » raconte en 1911 la façon dont la France écrase l’empire d’Allemagne en quarante jours d’une guerre de mouvement..." (Jean-Marie Seillan, « La (para)littérature (pré)coloniale à la fin du XIXe siècle », Romantisme, 2008)

190.          BAUTAIN (Abbé). La Religion et la Liberté. P., Librairie Hachette, 1865, in-12, iii-394 pp, reliure demi-basane fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid orné de fleurons dorés, pièces d'auteur et de titre basane carmin et noire (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

            25

"Louis Bautain, né à Paris en 1796, mort en 1867, ne se destinait pas d'abord à la carrière ecclésiastique. Après sa sortie de l'Ecole normale, il professa la philosophie au collège de Strasbourg. Passionné pour l'étude et voulant tout connaître, il fit dans la faculté de cette ville des études de médecine, obtint le titre de docteur, qui vint ainsi s'ajouter à celui de docteur es lettres qu'il avait déjà. Disciple et ami de Victor Cousin, il vit son cours suspendu en 1823, à cause des vues trop libres qu'il y professait. En 1828 une conviction intérieure des plus sincères le poussa dans l'Eglise : il devint prêtre. Nommé professeur au grand-séminaire, il s'attira les censures de son évêque pour avoir dénoncé la méthode scolastique qui résidait à l'instruction du clergé et le manque de culture scientifique qui en était le résultat. L'abbé Bautain eut d'autres démêlés encore avec l'autorité supérieure à cause des articles « à tendance hégélienne » qu'il avait insérés dans “L'Ami de la religion”. Peu soucieux de compromettre son avenir, Bautain rétracta ses hérésies (1837), et fut nommé l'année suivante professeur de philosophie et doyen de la faculté des Lettres de Strasbourg. Les vues exposées dans ses cours et dans ses livres sont un mélange des idées de Kant, de Jacobi et de saint Augustin." (Lichtenberger, Encyclopédie des sciences religieuses, 1877)

191.          BOUILLY (Jean-Nicolas). Mes récapitulations. P., Louis Janet, s.d. (1836-1837), 2 vol. in-8°, xxiii-436 et 445 pp, un portrait en frontispice au tome 1, reliures demi-basane carmin, dos lisses avec titres, tomaisons, fleurons et triples filets dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), bon état

            60

Tomes 1 et 3 seuls (sur 3) — "Homme de lettres, auteur de nombreuses pièces de théâtre et d'opéras, Bouilly a laissé des souvenirs dépourvus de toute date, des portraits d'hommes de lettres, de compositeurs, d'interprètes masculins ou féminins, avec des anecdotes sur certaines représentations, la composition de quelques oeuvres." (Bertier de Sauvigny, 156)

192.          BRUHAT (Jean), Jean DAUTRY et Emile TERSEN (dir.). La Commune de 1871. Editions Sociales, 1960, in-4°, 435 pp, plus de 400 documents, gravures et photos, chronologie, notes biographiques, index, reliure pleine toile écrue de l'éditeur, jaquette illustrée, très bon état

            60

Ecrit avec la collaboration de Pierre Angrand, Jean Bouvier, Henri Dubief, Jeanne Gaillard et Claude Perrot. Selon Le Quillec (707) : "... l'histoire n'est pas biaisée, et les nombreux documents d'archives et l'iconographie importante et choisie, ainsi que la copieuse bibliographie, en font un instrument de travail très précieux." — "Une somme." (Michel Winock, Le Socialisme en France et en Europe) — "Fondamental, mais un peu trop soucieux, à mon sens, d’annexer la Commune au marxisme." (Henri Guillemin)

193.          CAPUS (Alfred). Les Mœurs du temps (Première série). – Les Mœurs du temps. Deuxième série. Grasset, 1912-1913, 2 vol. in-12, 326 et 290 pp, reliures demi-chagrin chcolat, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passés, nerfs lég. frottés, bon état. Premières éditions (il y a eu 12 ex. sur Hollande). Peu courant

            60

La condition des écrivains ; Criminels modernes ; Le monde des théâtres ; La peine de mort et les apaches ; La catastrophe du Titanic ; Le testament de Bonnot ; M. Gustave Hervé et l'anarchie ; La paix ou la guerre ; La guerre des Balkans et le pacifisme ; La marche des Bulgares sur Constantinople ; Patriotisme et anarchie. La mode ; L' "Etat" balkanique. Le nationalisme élargi ; Le Congrès de la Paix ; Les francs-maçons et la morale nouvelle ; etc. — "Notre éminent collaborateur et ami Alfred Capus réunit, cette semaine, en volume, la deuxième série des brillantes et spirituelles chroniques de la vie parisienne qui enchantent, chaque lundi, dans le Figaro, les admirateurs de son délicieux « Courrier de Paris ». Les “Mœurs du temps”, tel est le titre de ce volume exquis, où notre époque se reflète dans le miroir d'une observation véridique et souriante. On ne sait ce qu'il faut le plus aimer, de la vigueur de pensée qui donne à ces pages leur valeur philosophique, de l'ironie douce qui fait leur charme, ou de cette simplicité attique qui assure leur durée dans notre littérature. En réalité, on aime tout cela et on a raison de tout aimer ; car c'est l'harmonie de ces qualités élégantes, rares et fortes qui compose le talent si français d'Alfred Capus. D'octobre 1912 à octobre 1913, le recueil concentre tout ce qu'il y a d'essentiel dans l'histoire de l'esprit de Paris : il est amusant, et, malgré sa gaieté, il est presque grave... Tel est Alfred Capus lui-même : son humour a de là profondeur, et sa profondeur a de la grâce." (Le Figaro, 23 nov. 1913)

194.          Collectif. Balzac dans l'Empire russe. De la Russie à l'Ukraine. Paris-Musées/Des Cendres, 1993, gr. in-8°, 204 pp, 36 illustrations sur 31 pl. hors texte, broché, couv. à rabats (2e plat de couv. sali), bon état

            20

Etudes par Roger Pierrot, Jean-Claude Fizaine, Michel Lichtlé, Véra Miltchina, Mikhail Fainstein, Véra Biron. — En 1843, après huit ans de séparation, l'auteur de La Comédie humaine retrouve Mme Hanska à Saint-Petersbourg, où il séjourne quelques mois. Placé sous la surveillance stricte des fonctionnaires de la redoutable police de Nicolas Ier, il est autorisé, quelques années plus tard, à se rendre en Ukraine, au Château de Wierzchownia, domaine de Mme Hanska, où il passe les deux dernières années de sa vie. Le 14 mars 1850, quelques mois avant sa mort, le mariage est célébré à Berditcheff, près de Kiev...

195.          COURIER (Paul-Louis). Collection complète des Pamphlets politiques et opuscules littéraires de Paul-Louis Courier. Bruxelles, chez tous les Libraires, 1827, in-8°, xv-462 pp, un portrait en frontispice, reliure demi-basane fauve, dos lisse à doubles filets et titres dorés, tranches marbées (rel. de l'époque), coiffe sup. arasée, dorure effacée, intérieur propre, qqs rares rousseurs, état correct

            80

"Les genres dans lesquels a brillé Courier (le dialogue, la correspondance, le pamphlet), genres courts, il les pratique comme si les Lumières voltairiennes, se résumant et s’aiguisant en lui, pouvaient faire échec à l’hypocrisie de la Restauration. Il est une preuve vivante que la littérature ne marche pas au pas cadencé et qu’elle n’est pas le reflet docile de la société, comme le prétendait M. de Bonald." (Marc Fumaroli)

196.          COURNOT (A.). Souvenirs. (1760-1860). Précédés d'une introduction par E.-P. Bottinelli. Hachette, 1913, in-8°, xxxviii-266 pp, imprimé sur papier vergé écru, index des noms, broché, dos brisé avec manques, intérieur propre. En l'état

            30

Edition originale de ces souvenirs écrits en 1859 : La Franche-Comté au milieu du XVIIIe siècle et pendant la Révolution. L'état des esprits sous l'Empire et à la fin de l'Empire. Le salon du maréchal de Gouvion Saint-Cyr. Les fautes de la Restauration. La Révolution de 1830. Louis-Philippe - L'Eglise française. Considérations sur l'Université et l'enseignement. Considérations sur l'état des esprits en France, de 1840 à 1848. Etc. — Antoine-Augustin Cournot (1801-1877), mathématicien de formation, est une personnalité considérable de la pensée du XIXe siècle. Philosophe et économiste, il appliqua ses connaissances mathématiques à ces deux disciplines : ainsi le résultat de ses recherches sur le calcul des probabilités lui permit de renouveler les réflexions sur la théorie du hasard. L’économiste (l’un des plus importants de l’histoire selon Schumpeter) établit le principe de la loi de l’offre et de la demande.

197.          COURNOT (Antoine Augustin). Matérialisme, vitalisme, rationalisme. Etudes des données de la science en philosophie. Hachette, 1923, in-8°, (8)-286 pp, broché, dos lég. abîmé, état correct

            30

L’œuvre de Cournot constitue, à côté de la pensée d’Auguste Comte, l’une des deux grandes épistémologies françaises du XIXe siècle, visant à penser le développement de l’ensemble des sciences de son époque. Antoine-Augustin Cournot (1801-1877), mathématicien de formation, est une personnalité considérable de la pensée du XIXe siècle. Philosophe et économiste, il appliqua ses connaissances mathématiques à ces deux disciplines : ainsi le résultat de ses recherches sur le calcul des probabilités lui permit de renouveler les réflexions sur la théorie du hasard. L’économiste (l’un des plus importants de l’histoire selon Schumpeter) établit le principe de la loi de l’offre et de la demande.

198.          COURNOT (Antoine Augustin). Oeuvres complètes II. Essai sur les fondements de nos connaissances et sur les caractères de la critique philosophique. Edité par Jean-Claude Pariente. Vrin, 1975, in-8°, x-550 pp, notes de l'éditeur, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des textes philosophiques)

            50

199.          COURNOT (Antoine Augustin). Oeuvres complètes III. Traité de l’enchaînement des idées fondamentales dans les sciences et dans l'histoire. Edité par Nelly Bruyère. Vrin, 1982, in-8°, viii-637 pp, notes de l'éditeur, appendices, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des textes philosophiques)

            50

200.          COURNOT (Antoine Augustin). Oeuvres complètes IV. Considérations sur la marche des idées et des événements dans les temps modernes. Edité par André Robinet. Vrin, 1973, in-8°, viii-607 pp, notes de l'éditeur, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des textes philosophiques)

            50

201.          COURNOT (Antoine Augustin). Oeuvres complètes IX. Principes de la théorie des richesses. Edité par Gérard Jorland. Vrin, 1981, in-8°, x-412 pp, notes de l'éditeur, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des textes philosophiques)

            40

202.          COURNOT (Antoine Augustin). Oeuvres complètes V. Matérialisme, vitalisme, rationalisme, étude sur l’emploi des données de la science en philosophie. Edité par Claire Salomon-Bayet. Vrin, 1987, in-8°, xiv-272 pp, notes de l'éditeur, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des textes philosophiques)

            30

203.          COURNOT (Antoine Augustin). Oeuvres complètes VI-2. De l’origine et des limites de la correspondance entre l’algèbre et la géométrie. Edité par Nelly Bruyère. Vrin, 1989, in-8°, viii-422 pp, 3 pl. dépliantes in fine, notes de l'éditeur, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des textes philosophiques)

            30

204.          COURNOT (Antoine Augustin). Oeuvres complètes VII. Des institutions d’instruction publique en France. Edité par Angèle Kremer-Marietti. Vrin, 1977, in-8°, x-402 pp, notes de l'éditeur, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des textes philosophiques)

            30

205.          COURNOT (Antoine Augustin). Oeuvres complètes VIII. Recherches sur les principes mathématiques de la théorie des richesses. Edité par Gérard Jorland. Vrin, 1980, in-8°, xi-196 pp, notes de l'éditeur, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des textes philosophiques)

            25

206.          COURNOT (Augustin M.). Matérialisme, vitalisme, rationalisme. Etudes sur l'emploi des données de la science en philosophie. Ristampa anastatica della prima edizione del 1875. Roma, Ed. Bizzarri, 1969, in-8°, 395 pp, broché, dos lég. frotté, bon état (Ristampe anastatiche di opère antiche e rare, XLVI, a cura di Oscar Nuccio)

            30

"L'habitude de republier certaines grandes oeuvres du passé se développe de la façon la plus heureuse. Il faut féliciter M. Nuccio de nous rendre ainsi accessibles quantités de textes. Toutefois, et outre que le volume est cher (9.900 lires), cette réédition pèche un peu à deux points de vue. Une introduction, n'eût-elle été que de quelques pages (biographie, place de l'ouvrage dans l'oeuvre, appréciation, bibliographie), manque et pourtant elle serait bien utile. D'autre part, dans l'original, on lit : « par M[onsieur] Cournot ». M[onsieur] Nuccio, n'ayant pas compris, a fait de A.A. Cournot, un Augustin M. à la mode yankee, dont ce digne auteur se serait fort bien passé. Ce livre, qui est en quelque sorte le résumé de ses vues, est le dernier publié par A.A. C. peu avant sa mort. Admirablement écrit, il soutient la comparaison avec les grandes oeuvres d'Auguste Comte, ou de H. Spencer. Qui le lit, ou le relit, verra combien, en un siècle, les idées scientifiques peuvent se modifier : ceci devrait remplir d'humilité les savants et philosophes d'aujourd'hui. Ce beau et bon livre se termine par un appel à la tolérance scientifique, plein de noblesse." (G. -H. Bousquet, Revue économique, 1971)

207.          (D'HEYLLI, Georges) (pseudonyme d'Antoine Poinsot). Les Souteneurs de la Commune. Prussiens et Bonaparte. Documents sur la Commune. P., Librairie générale, 1871, in-12, 67 pp, broché, dos brisé, qqs rousseurs, état correct. Edition originale (Del Bo, pp. 98 et 107 ; Le Quillec 4317). Rare

            30

Attribué à Poinsot d’Heylli. — "Les Prussiens et la révolution, toujours unis pour accabler la France." – "... Révolutionnaire de principe, le gouvernement de la Prusse ne pouvait manquer d'avoir des liens secrets avec les sectaires toujours prêts à attaquer la France et le catholicisme. Il est donc aisé de dévoiler son jeu dans la Commune : « M. de Bismarck, n'a-t-il pas prévu, favorisé, et soudoyé l'insurrection du 18 mars ? ». De telles affirmations ont trouvé place lors des investigations de la commission d'enquête, surtout dans le témoignage de Trochu. Il avait désigné « Fränkel, Dombrowski et tant d'autres étrangers » comme des agents prussiens connus depuis longtemps. On y ajoute parfois le nom de Marx. On trouve dans cette brochure des extraits de journaux où il est question de la complicité de Bismarck, attestée par la décision de laisser ses armes à la Garde Nationale, dans le dessin de détruire Paris par l'incendie, par le ravitaillement de la Commune même après le commencement du combat." (J. M. Roberts, La Commune considérée par la Droite : dimensions d'une mythologie, 1972)

208.          DANIEL-ROPS. L'Eglise des révolutions. En face de nouveaux destins. Fayard, 1960, fort in-12, 1045 pp, biblio, tableaux chronologiques, index, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            20

"Avec ce huitième volume de son « Histoire de l'Eglise du Christ », D.-R. couvre la période qui s'étend de 1789 à 1870. Comme les précédentes, cette synthèse repose sur une abondante bibliographie. L'ouvrage se termine par un tableau chronologique, un index des noms et une table des matières détaillée, qui en facilitent la consultation." (Revue française de science politique, 1961)

209.          DELÉCLUZE (Etienne-Jean). Journal de Delécluze, 1824-1828. Texte publié avec une introduction et des notes par Robert Baschet. Grasset, 1948, in-8°, 512 pp, 16 pl. de gravures et 8 pp de fac-similés hors texte, index, broché, bon état

            30

La vie parisienne sous la Restauration. — "En marge de sa thèse sur Delécluze, « témoin de son temps », M. Robert Baschet a publié le Journal de Delécluze (1824-1828). Cette chronique de la Restauration est riche de faits et, ce qui ne gâte rien, foisonne d'idées. Elle n'ajoute pas seulement à la connaissance intime de Stendhal, ou de Mérimée, de Lamartine ou de Chateaubriand, à celle du mouvement artistique (voir les pages sur les obsèques de Girodet et la mort de David) et théâtral (à propos des représentations du théâtre anglais à Paris, à la fin de la Restauration) ; elles constituent encore un témoignage historique de valeur." (Paul Leuilliot, Annales ESC, 1950) — Peintre et critique d'art, élève de David, Delécluze a tenu un journal dans lequel figurent de très nombreux renseignements sur la vie littéraire, artistique et accessoirement politique de la Restauration. (Bertier, 314)

210.          DUFEUILLE (Eugène). Trente-cinq ans après : septembre 1870 - septembre 1905, avis qu'on ne demandait pas. – Du souverain dans notre république. Calmann-Lévy, s.d. (1906 et 1907), 2 vol. in-8°, (6)-85 et (6)-110 pp, les deux ouvrages reliés ensemble en un volume demi-percaline gris-clair, dos lisse avec pièce de titre basane noire, fleuron, double filet et initiales Y.G. dorés (rel. de l'époque), qqs marques au crayon en marges, bon état. Editions originales, envoi a.s. dans chaque livre à l'homme politique et économiste Yves Guyot (1843-1928). Peu courant

            100

Défenseur de la monarchie constitutionnelle, Eugène Dufeuille (1842-1911) faisait partie de l'entourage du comte de Paris. — "... Après avoir écrit au “Journal des Débats”, au “Journal de Paris”, au “Français”, au “Correspondant”, à la “Revue de Paris”, M. Dufeuille, peu après la mort du comte de Chambord, abandonnait sa carrière pour faire partie du bureau politique du comte de Paris, qui avait pour lui la plus grande estime et le plus profond attachement. Il devenait ensuite chef du bureau politique de Monseigneur le duc d'Orléans, puis après quelques années, il s'était retiré de la politique. Il tenait pourtant à dire, de temps à autre, son mot sur les affaires de son pays. Il faut lui rendre la justice qu'il ne se faisait guère plus d'illusions que nous-mêmes sur la république et qu'il ne lui ménageait pas ses vérités, tout en n'en combattant plus le principe. M. Eugène Dufeuille était peut-être l'homme de ce temps-ci le plus répandu dans tous les cercles politiques et le plus versé dans l'histoire du dernier demi-siècle. S'il laisse dès mémoires, ils feront la fortune de leur éditeur et ils feront vivre son nom." (Le Gaulois, 8 avril 1911) — "... Eugène Dufeuille appartint au bureau politique du comte de Paris ; il fut ensuite chef du bureau politique du duc d'Orléans, mais il résigna ces fonctions en 1897. Depuis lors, il se tint à l'écart de la politique militante. Mais il consacra ses loisirs à l'étude d'une saine théorie politique. Il s'était de bonne heure fait connaître comme écrivain. Il n'avait guère plus de vingt ans, lorsqu'il publia un examen de la “France nouvelle”, de Prévost-Paradol, qui révélait un esprit judicieux, clair et profond. Il entra au “Journal des Débats”, où il donna nombre d'articles remarqués. Puis il collabora au “Journal de Paris” et au “Français”. Les “Réflexions d'un monarchiste”, “Trente-cinq ans après”, “Du souverain dans notre république”, “Que faut-il craindre de notre république ?”, ces divers ouvrages sont de l'ordre de ces traités théoriques que publiait, il y a cent ans, un Bonald et qu'on néglige peut-être un peu aujourd'hui parce que le désordre général l'emporte énormément sur tout espoir d'une vie publique ordonnée. Sa doctrine se résume en deux mots : l'ordre et la liberté. Dufeuille, sous les expresses réserves qu'exige la nécessité de l'ordre, a été un grand libéral..." (Le Figaro, 8 avril 1911)

211.          ENCREVÉ (Florence). Les sourds dans la société française au XIXe siècle. Idée de progrès et langue des signes. Créaphis, 2012, gr. in-8°, 389 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

En 1880, à la suite du congrès de Milan – réuni officiellement « pour l'amélioration du sort des sourds-muets » – le gouvernement français décide de proscrire la langue des signes des écoles pour sourds et d'y imposer l'usage du français oral, tant pour la transmission des connaissances que pour les échanges quotidiens des professeurs et des élèves, y compris des élèves entre eux. Aujourd'hui encore, aux yeux des sourds, ce congrès symbolise une véritable « révolution négative », incompréhensible et aux conséquences lourdes puisqu'elles sont encore perceptibles en ce début de XXIe siècle. Comment expliquer une telle décision ? La langue des signes est victime de l'idée de progrès. Entre 1830 et 1860, Ferdinand Berthier et ses « frères » sourds parviennent à faire entendre à la société qu'ils sont en mesure d'accéder à l'égalité civile grâce à l'utilisation de la langue des signes. L'idée de progrès n'a pas encore de grandes implications. En cette période des débuts de la révolution industrielle, tout est encore possible et les sourds peuvent revendiquer l'utilisation de la langue des signes dans tous les domaines. Entre 1860 et 1880, l'idée de progrès conquiert peu à peu presque tous les domaines de la société et au lendemain du Congrès de Milan en 1880, les sourds ne peuvent plus revendiquer l'utilisation de la langue des signes comme c'était le cas après la révolution de 1830. Paradoxe surprenant au premier abord : alors que la société progresse vers davantage d'égalité civile, comment expliquer que les sourds se sentent en situation d'inégalité et demandent à être à nouveau considérés comme ils l'étaient auparavant ? Telle est l'interrogation centrale de ce livre.

212.          ESTRADE (Paul). Severiano de Heredia. Ce mulâtre cubain que Paris fit « maire », et la République, ministre. Les Indes savantes, 2011, gr. in-8°, 161 pp, 19 illustrations en couleurs sur 4 pl. hors texte, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Severiano de Heredia est un personnage politique de la IIIe République, méconnu à ce jour. Sa carrière a été assez longue puisqu'il est élu Conseiller du quartier des Ternes dès 1873, Président du Conseil Municipal de Paris en 1879, soit en fait Maire de Paris, puis député de Paris en 1881, et enfin ministre des Travaux publics en 1887. Radical progressiste, laïque, libre-penseur, franc-maçon, il défend l'école publique, prône la formation continue, se montre même écologiste puisqu'il se passionne pour la voiture électrique. Les Parisiens ont donc choisi pour les représenter quelqu'un venu d'ailleurs et dont l'apparence physique ne prêtait pas à équivoque. Et si quelques quolibets et articles racistes ont émaillé sa carrière, ils n'ont pas empêché le public et ses amis politiques de l'apprécier à sa juste valeur et de lui confier des responsabilités de manière durable. L'intelligentsia cubaine et des écrivains noirs dans le monde entier le reconnaissent : il est temps aujourd'hui d'apprécier la modernité de ce personnage attachant qui a démontré qu'exercer des responsabilités en étant né à l'étranger, et de couleur, était déjà possible dans la France du XIXe siècle.

213.          Exposition universelle – BITARD (Adolphe). L'Exposition de Paris (1878), rédigée par A. Bitard avec la collaboration d'écrivains spéciaux. Edition enrichie de vues, de scènes, de reproductions d'objets d'art, de machines, de dessins et gravures par les meilleurs artistes. P., Librairie Illustrée et Librairie M. Dreyfous, 1878, gr. in-4°, (2)-327 pp, près de 270 gravures dans le texte (certaines à pleine page, sur double page ou dépliantes dont une en couleurs in fine), texte sur 3 colonnes, reliure demi-chagrin carmin, dos lisse à triples filets et titres dorés, tranches pennées (rel. de l'époque), mors lég. frottés, bon état. Bel exemplaire sans rousseurs

            150

Complet des 40 numéros de "L'Exposition de Paris, journal hebdomadaire", paru pendant la durée de l'Exposition à partir du 6 avril. — L'Exposition universelle de 1878 est appelée l'exposition des nouvelles technologies. Elle a eu lieu du 20 mai au 10 novembre 1878 (Champ de Mars, colline de Chaillot, annexes agricoles, quai d'Orsay et esplanade des Invalides) et accueillit près de 16 millions de visiteurs. 1878 fut l’exposition des technologies nouvelles grâce à l'énergie électrique. Au Palais du Champ de Mars, le public découvrait pour la première fois que l’électricité produisait de la lumière grâce à la bougie électrique. La tête creuse de la statue monumentale de la Liberté de Frédéric-Auguste Bartholdi, qui sera offerte aux Etats-unis en 1886, peut se visiter, pour 5 centimes ce qui fait dire aux persifleurs que « la liberté n’a pas de cervelle ». Pour la première fois, on installe des fontaines Wallace, offerte par sir Richard Wallace...

214.          [Exposition universelle] – DUCUING (François). L'Exposition universelle de 1867. Illustrée. Publication internationale autorisée par la Commission impériale. Paris, 1867, 2 vol. gr. in-4°, 480-(4) et 480 pp, 700 gravures dans le texte, texte sur 3 colonnes, reliures demi-basane carmin, dos lisse à quadruples filets dorés, titre et tomaison dorés, palette en queue, tranches pennées (rel. de l'époque), qqs épidermures, bon état. Bel exemplaire sans rousseurs

            450

L'exposition universelle de 1867, également appelée Exposition universelle d'Art et d'industrie, est chronologiquement la septième exposition universelle et la seconde se déroulant à Paris après celle de 1855. Elle s'est tenue du 1er avril au 3 novembre 1867 sur le Champ-de-Mars, à Paris. 41 pays étaient représentés à l'exposition. Cette exposition sera surtout une démonstration et un exposition des fastes et du pouvoir du Second Empire. Voulue par Napoléon III, celui-ci nommera à la tête de l'exposition des hommes clefs de la vie économique et politique. Le Champ de Mars fut choisi pour emplacement. Elle accueillit près de 15 millions de visiteurs.

215.          FAURE (Sébastien). Mon opinion sur Dieu. P., Contre-Courant, 1956, in-12, 128 pp, broché, bon état. Numéro spécial (juillet 1956) de “Contre-Courant, Cahiers mensuels d'études sociales”

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Réédition de trois études ou conférences – jadis publiées en brochures – de Sébastien Faure (1858-1942), philosophe et orateur libertaire, dont la célèbre : Douze preuves de l'inexistence de Dieu. Pour l’opinion commune, la question de l’existence de Dieu relèverait de la foi : il serait impossible de démontrer l’existence ou l’inexistence de ce que Michel Bakounine nommait le fantôme divin. Par conséquent, la raison devrait laisser place à la croyance. Or, affirmer cela reviendrait à mettre sur le même plan l’affirmation délirante selon laquelle un pur esprit serait à l’origine du monde et les données de l’expérience. En renvoyant dos à dos la croyance et l’incroyance, on légitime la première. Il est pourtant possible de démontrer l’inanité de l’illusion religieuse en faisant appel à un usage critique de la Raison. C’est ce à quoi s’attache Sébastien Faure dans ses Douze preuves de l’inexistence de Dieu. Dans les Méditations Métaphysiques, publiées en 1647, Descartes avait fourni trois preuves de l’existence de Dieu. Ces prétendues preuves, absconses et alambiquées sont loin d’être convaincantes. Au contraire, les douze arguments fournis par Sébastien Faure sont d’une efficacité redoutable. Faure s’attaque au Dieu des religions monothéistes pour mettre en évidence l’absurdité fondamentale de ce concept...

216.          FOHLEN (Claude). Une Affaire de famille au XIXe siècle : Méquillet-Noblot. Armand Colin, 1955, gr. in-8°, 142 pp, figures, biblio, broché, page de titre réparée, dos recollé, sinon bon état (Cahiers de la Fondation nationale des Sciences politiques)

            50

Une firme cotonnière à Héricourt (Haute-Saône), de 1802 à 1897. — "Thèse complémentaire. L'auteur retrace l'histoire d'une entreprise fondée en 1802 à Héricourt, en Franche-Comté. Cette entreprise, qui est restée strictement familiale jusqu'à nos jours, a évolué d'une façon très caractéristique au cours du XIXe siècle et elle a connu les principales crises de l'industrie cotonnière. Les archives utilisées par C. F. ne contiennent malheureusement que peu de précisions sur la vie sociale de la firme Méquillet-Noblot, et notamment sur les rapports entre patrons et ouvriers, mais elles lui ont permis d'apporter une contribution originale à l'histoire économique – et de démontrer, s'il en était besoin, l'intérêt que peuvent présenter les monographies d'entreprises." (Revue française de science politique, 1956)

217.          FOUCHER (Paul). Saynètes. P., Madame Charles-Béchet, Lecointe et Pougin, Werdet, 1832, in-8°, iv-437-(3) pp, reliure demi-chagrin bleu-nuit, dos à 5 nerfs pointillés, titres et monogramme dorés, tête pennée (rel. de l'époque), dos frotté, qqs très rares rousseurs, bon état. Édition originale, ornée d'une vignette romantique de Tony Johannot gravée sur bois par Porret sur la page de titre, de ce recueil de 5 pièces (Escoffier, p. 220). Un des romantiques les plus recherchés. Rare

            150

Edition originale de ce recueil de petites pièces composée par le frère d'Adèle Foucher, épouse de Victor Hugo. Dès ses débuts, Foucher (1810-1875) s’annonça comme un dramaturge inspiré et prolifique, produisant dans une succession rapide, des Saynètes (1832), La Misère dans l'Amour (1832) et Les Passions dans le Monde (1833). Comme devait l’écrire à sa mort le New York Times : « Peu d’hommes de lettres ont été si actifs, ou fait un si bon usage de leur temps. » — « Théodore. — Il est mort !... Rapt, adultère, inceste, parricide, pour cette femme j'ai tout commis et inutilement... que devenir ?... Commettre tous les crimes !... Et pourtant je ne suis point un scélérat... mais je vais le devenir !... (Il jette son fusil.) La fatalité qui m'a fait subir la peine de mes actions ne m'empêchera pas d'en recueillir le prix. Léontine est une belle femme, et je veux la posséder... Où est-elle ?... Léontine ! // Madame d'Ofelly. — N'approche pas !... qui que tu sois... n'approche pas !... Vois-tu ? le tonnerre est tombé sur cet homme... Vois-tu ? C'est électrique... // Théodore. — Quels mots insensés ! // Madame d'Ofelly. — Oui, vois-tu ce sang rouge dans ses cheveux blancs ?... Tiens, regarde...! (Elle amène Théodore jusqu'au corps de M. d'Ofelly, puis s'enfuit avec des éclats de rire effrayants.) » (Fatalité, une des Saynètes de Paul Foucher)

218.          GAUCHET (Marcel) et Gladys SWAIN. La Pratique de l'esprit humain. L'institution asilaire et la révolution démocratique. Gallimard, 1980, gr. in-8°, 519 pp, broché, état correct (Coll.Bibliothèque des Sciences humaines). Edition originale, ex. du SP

            25

La raison moderne a-t-elle exclu la folie, comme le veut la thèse devenue dominante depuis Foucault ? Et si au contraire le parcours moderne avait été celui d'une inclusion ? Et si le travail séculaire de l'égalité avait consisté à défaire l'antique et implacable altérité de la folie ? Telle est la relecture que propose ce livre, en se fondant sur une analyse en profondeur du "moment 1800" qui a vu l'émergence du savoir psychiatrique en même temps que l'avènement de l'institution asilaire. II dégage les conditions qui ont permis l'entrée de l'insensé dans le cercle de la communication et de la ressemblance. II montre, parallèlement, comment cette découverte du "sujet de la folie" s'est perdue dans le mirage de l'institution, supposée capable de produire un homme nouveau, mirage dont l'asile a été l'un des premiers laboratoires. Ainsi se sont nouées la nouvelle image du pouvoir de la société et une interrogation inédite sur le rapport de l'individu à lui-même. C'est ce qui fait de cet épisode, une fois extrait des mythologies qui l'ont recouvert, une date dans l'histoire de la modernité démocratique.

219.          GUYOT (Yves) et Sigismond LACROIX. Etudes sur les doctrines sociales du christianisme, par Yves Guyot et Sigismond Lacroix (Brouillet, 1873) – La Morale de la concurrence, par Yves Guyot (Armand Colin, 1896). P., J. Brouillet, Armand Colin, 1873 et 1896, 2 vol. in-12, xxiv-185 et 60 pp, les deux ouvrages reliés ensemble en un volume demi-basane verte, dos lisse avec titres et triples filets dorés, couvertures de la “Morale de la concurrence” conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état. Editions originales

            50

Disciple de Turgot, de Jean-Baptiste Say et de Frédéric Bastiat, l'économiste et publiciste Yves Guyot (1843-1928) a aussi été, dans le sillage de son mentor Léon Gambetta, l'une des grandes figures républicaines de la IIIe République. En 1868, il est rédacteur en chef de l'Indépendant du Midi, où il côtoie Jules Guesde puis il est chargé de la rédaction de la journée politique au journal Le Rappel (1870). Conseiller municipal de Paris (1874-1885), il siège à gauche. Membre fondateur de l'Ecole d'anthropologie (1875), il entre en 1881 à la Société d'économie politique. Député radical de Paris (1885-1893), Guyot se porte à la tête du combat contre le général Boulanger. Il devient pendant trois ans ministre des Travaux publics (1889-1892), puis rédacteur en chef du célèbre Journal des économistes, directeur du journal Le Siècle (1892-1902) mais aussi président de la Société d'Économie politique (1913-1922) et de la Société de statistique de Paris. Il participa activement à tous les grands débats publics de son époque – où il intervint autant en libre penseur partisan de la séparation de l'Eglise et de l'Etat et en dreyfusard de la première heure, qu'en farouche partisan de la liberté économique sous toutes ses formes.

220.          JOLY (Bertrand). Nationalistes et conservateurs en France, 1885-1902. Les Indes savantes, 2014, gr. in-8°, 390 pp, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Une étude approfondie sur une période charnière de la vie politique française : avec le déclin des partis monarchistes – royalistes de diverses tendances, bonapartistes – une nouvelle droit apparaît, porteuse de nombreux courants se déterminant par des termes appelés à marquer le XXe siècle : nationalisme, patriotisme, antisémitisme... Une partie importante est consacrée au boulangisme, carrefour des oppositions à la nouvelle République et moment important – quoique éphémère – de la vie politique française. L'ensemble de cette étude éclaire la genèse d'une partie des idées politiques et des partis – ou courants de pensée – qui vont façonner l'histoire de France au XXe siècle.

221.          JURIEN de LA GRAVIÈRE (Vice-Amiral). L'Amiral Baudin. Plon, 1888, in-12, 172 pp, 7 grandes cartes et plans dépliants hors texte (Saint-Jean d'Ullua, Vera-Cruz, Ile de France, Ile de la Réunion, etc.), reliure demi-toile chocolat, dos lisse avec titres et fleuron dorés, couv. conservées (rel. vers 1930), bon état (Coll. Les Gloires maritimes de la France). Première édition

            80

Novice en 1799, Baudin embarque sur la Digilente et l’Ulysse (1805-1806) puis la Piémontaise (1808) et perd un bras dans un combat livré contre les Anglais en océan Indien. Capitaine de frégate en 1812, il commande le Renard à Gênes (1810-1812), la Dryade (1813-1814), puis la Bayadère (1815). Protégé de l’Empereur, pressenti pour le conduire en Amérique, il est admis à la retraite par ordonnance royale de 1816. Rappelé à l’activité quatorze ans plus tard, en 1830, il commande l’Héroïne envoyée à Livourne. Capitaine de vaisseau en 1833, commandant du Triton puis du Suffren au Levant et devant Alger, Contre-Amiral en 1838, il commande la division navale destinée à bloquer les côtes du Mexique. Avec vingt-trois bâtiments il bombarde et occupe la forteresse de Saint-Jean d’Ulloa. Vice-Amiral en 1839, il commande les Forces navales françaises en Amérique du Sud. Préfet maritime à Toulon en 1841, commandant en chef des Forces maritimes en Méditerranée en 1848, président du Conseil des travaux en 1852, il est promu amiral le 27 mai 1854, quelques jours avant sa mort. — "C'est une intéressante figure que celle que l'amiral Jurien de la Gravière vient de présenter au public. L'amiral Baudin avait consigné ses souvenirs, jusqu'à l'année 1815, dans un manuscrit rédigé en 1847 et qui ne contient pas moins de 357 pages in-folio. C'est à l'aide de ce document, dont nombre de pages sont transcrites ici, que l'habile narrateur nous raconte la carrière de l'amiral depuis ses débuts en 1800 jusqu'à la campagne du Mexique en 1838, dernier et brillant fait d'armes de Baudin." (Emm. d'A., Revue des questions historiques, 1888)

222.          KRADITOR (Aileen S.). The Ideas of the Woman Suffrage Movement, 1890-1920. New York, London, Columbia University Press, 1965, in-8°, xv-313 pp, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée (lég. salie), bon état. Texte en anglais

            30

"A.S. K. se demande si les femmes qui militèrent aux Etats-Unis pour obtenir le droit de vote, à la fin du XIXe siècle, avaient une idéologie commune, et conclut par la négative. Par rapport aux générations précédentes – où l'on était abolitionniste et « suffragette » en même temps – les féministes du début du siècle étaient moins radicales, plus opportunistes et mieux organisées. Dans le Sud, par exemple, le mouvement regroupait uniquement des femmes blanches tout à fait hostiles à l'égalité raciale, alors que les premiers mouvements féministes avaient été étroitement associés aux campagnes abolitionnistes." (Revue française de science politique, 1966)

223.          KYRIA (Pierre). Jean Lorrain. Seghers, 1973, pt in-4°, 142 pp, illustrations de la couverture, de la page de titre et culs-de-lampe de Audrey Beardsley, 4 planches hors texte, notes, oeuvres de Jean Lorrain, biblio critique, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, ex. numéroté sur bouffant

            35

224.          LAMBERT (Dominique). Rougé Louis, braconnier. Le Mans, Editions Cénomane, 1987, in-8°, 295 pp, 2e édition revue et complétée avec de nombreux documents inédits, 16 pl. de gravures et photos hors texte, annexes, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            25

9 juillet 1854, Rougé, déjà plusieurs fois condanné pour braconnage, est surpris par deux gendarmes. Un coup de sang, de terreur, de folie, allez savoir ! il tire sur l'un deux. A cinq reprises. Par miracle, le gendarme n'est que légèrement blessé... — "Le 9 juillet 1854, un petit homme surpris en flagrant délit de braconnage tout près de Daumeray (Maine-et-Loire) fait feu sur deux gendarmes. Il s'acharne même sur l'un d'eux qui, laissé pour mort, survivra en fait à ses blessures. Le meurtrier « prend le maquis » et pendant deux ans et demi va narguer la gendarmerie, et même la troupe, lancées à sa poursuite. Finalement trahi et livré par une femme (par simple cupidité), il sera condamné au bagne à perpétuité, et mourra lamentablement à Cayenne en avril 1858. (...) Les Éditions Cénomane viennent de donner mieux qu'une réédition de ce livre, une nouvelle version (tout au moins pour les premiers chapitres) dont l'écriture alerte fait qu'on le lit comme un roman bien qu'il s'agisse en fait d'un véritable travail d'historien. Le livre, étayé de son appareil critique, s'est enrichi de quelques annexes dont d'utiles tableaux généalogiques et d'un beau cahier de photographies. Dominique Lambert a donné à son histoire la profondeur de champ nécessaire en restituant avec minutie les antécédents historiques du héros, de sa famille, du milieu dans lequel il a évolué, cette zone de marches de la chouannerie au nord de l'Anjou où le peuple s'était entredéchiré 3/4 de siècle auparavant, et dont les soubresauts, jusqu'au début des années 30 du XIXe siècle, avaient entretenu le souvenir. (...) Au total, un livre qu'on lira avec passion, mais aussi un précieux élément de réflexion offert aux historiens pour la compréhension des révoltes populaires, dans ce qu'elles ont de quasi intemporel dans les sociétés traditionnelles, que le pouvoir soit exercé au nom du roi, de la république, ou de Napoléon." (Claude Petitfrère, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1989)

225.          LANDRIOT (Mgr). La Femme Forte. Conférences destinées aux femmes du monde. P., Victor Palmé ; Poitiers, Henri Oudin, 1869, in-12, 436 pp, 9e édition, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 petits nerfs soulignés à froid, caissons à froid, titres dorés, tranches dorées, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état

            30

Entretiens où se trouvent expliqués, d'après les paroles de l'Ecriture sainte, quelques-uns des principaux devoirs de la Femme chrétienne vivant dans le monde.

226.          LANDRIOT (Mgr). Les Péchés de la langue et la jalousie dans la vie des femmes. Suivis de conférences sur les jugements téméraires, la patience et la grâce. P., Victor Palmé, 1870, in-12, viii-387 pp, 8e édition, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 petits nerfs soulignés à froid, caissons à froid, titres dorés, tranches dorées, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état

            30

La femme chrétienne a une admirable mission à remplir en ce monde, mais il faut qu'elle sache et comprenne bien ses devoirs. (...) Si la femme n'est point pieuse d'une manière intelligente, et avec un amour sincère de ses devoirs, elle peut faire beaucoup de mal...

227.          LAUTREC (Gabriel de, Prince des humoristes). Souvenirs des jours sans souci. P., Editions de la Tournelle, 1938, gr. in-8°, 124 pp, 30 portraits et caricatures dans le texte et à pleine page de Joseph Hémard, Joseph Apoux, Georges Villa, Adolphe Willette, et B. Moloch (Hector Colomb dit), broché, couv. imprimée avec un dessin de Joseph Hémard, broché, couv. lég. salie, sinon bon état

            30

Souvenirs et anecdotes sur Verlaine, Leconte de Lisle, Raoul Ponchon Marcel Schwob, Alphonse Allais, Colette et Willy, Curnonsky, Courteline, Dorgelès, Barrès, Adolphe Retté, etc. — "Gabriel de Lautrec est né à Béziers le 20 février 1867. Il était apparenté aux Toulouse-Lautrec, branche cadette des comtes de Toulouse. Célèbre humoriste des années 1900-1920, compagnon d’Alphonse Allais au Chat Noir (1889-1893), dans lequel il publie ses premières proses, puis à la Vie drôle (à partir de 1893), il fréquente le Tout-Paris littéraire, des rédacteurs du Mercure de France à la jeune génération des soirées du Lapin agile : Pierre Mac Orlan, Max Jacob, Paul-Jean Toulet, André Salmon et Francis Carco. Monté à Paris au début des années 1890, Lautrec fait plusieurs rencontres décisives, Allais bien sûr, mais surtout Marcel Schwob. Parallèlement à une carrière d’écrivain orientée vers l’humour et la fantaisie, commence alors une activité de traducteur. En 1920, il est élu Prince des humoristes par ses pairs : Courteline, Auriol et Docquois. En 1929, il prend sa retraite de professeur de latin et de grec. Au début des années 30, il échoue à la candidature à l’Académie française. Peu de temps avant sa mort à Paris le 25 juillet 1938, il publie son autobiographie, Souvenirs des jours sans souci (en 1937 dans Le Courrier d’Épidaure, puis en volume en 1938), qui rendent imparfaitement compte de l’intense activité littéraire de ses débuts. Entre 1890 et 1911, il prétend, en effet, avoir publié plus de deux cents nouvelles, chroniques et fantaisies, sans parler de ses textes pour enfants dans un grand nombre de revues comme Le Chat Noir, La Vie drôle, Le Rire, Fantasio, La Revue blanche, Le Sourire, Le Mercure de France, etc." (X. Legrand-Ferronnière)

228.          LINDENBERG (Daniel) et Pierre-André MEYER. Lucien Herr. Le socialisme et son destin. Calmann-Lévy, 1977, in-8°, 318 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Bibliothécaire de l'Ecole normale supérieure, Lucien Herr, mort en 1926, a, par sa pensée et son action, préparé la difficile alliance du socialisme et de la liberté. Il fut, de cette génération qui vit naître le socialisme français, l'un des inspirateurs les plus remarquables. Mentor du jeune Péguy, de Jean Jaurés et de Léon Blum, il joua aussi le rôle de catalyseur dans l'affaire Dreyfus et d'artisan de l'unité socialiste.

229.          LUCAS (Maurice). La Cornouaille politique, 1870-1914. Etude sur le berceau de la Bretagne républicaine. Les Indes savantes, 2014, gr. in-8°, 542 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Ouvrage issu de thèse. — La mémoire nationale a longtemps désigné le «bloc conservateur de l’Ouest» comme l’espace politique caractéristique du maintien des traditions religieuses et sociales et de leur traduction politique. La réalité est plus nuancée et fait apparaître des territoires en contradiction avec cette image convenue. André Siegfried avait qualifié la Cornouaille, c’est-à-dire essentiellement le sud du département du Finistère, de «berceau de la République» et de «foyer originel des idées démocratiques en Bretagne». Plusieurs facteurs y concourent : l’héritage révolutionnaire est présent dans les villes et le principe de l’égalité a essaimé dans les campagnes ; le prolétariat maritime est à la source d’un véritable «sans-culottisme» ouvert aux idéologies de contestation ; la petite bourgeoisie des nombreux petits centres urbains se réclame de la modernité ; enfin, le «catholicisme bleu» y sépare souvent la foi religieuse des engagements profanes. La Cornouaille est, dès 1870, un espace politique ouvert. Si elle se reconnaît dès juillet 1871 dans la République modérée, elle n’en est pas moins sensible aux courants du radicalisme et du socialisme : le premier, présent dans les ports dès 1870, se répand dans les campagnes à la fin du siècle ; le second, sous sa forme anarcho-syndicaliste, essaime à partir de ses bases brestoises et nantaises au début du XXe siècle.

230.          MARCILLAC (Pierre-Louis de Crusy, marquis de). Histoire de la guerre d'Espagne en 1823. Campagne de Catalogne. Par M. le Marquis de Marcillac, commissaire du Roi dans le département de l'Aveyron en 1815, nommé Préfet de ce département, le 15 juin même année, par S.A.R. Mgr. Duc d'Angoulême, colonel à l'état-major du quatrième Corps, armée d'Espagne, en 1823. P., Adrien Le Clère et Cie, 1824, in-8°, iv-lii-454 pp, reliure plein veau moucheté, dos lisse avec caissons très ornés, fleurons et palette dorés en queue, pièce de titre basane carmin, coupes filetées (rel. de l'époque), qqs lég. rousseurs, bon état. Edition originale

            250

"Les résultats de la guerre d’Espagne ont dépassé toute espérance par la promptitude qu’on a mise à les obtenir. […] Les armées françaises ont justifié la confiance qu’on avait de leur courage, de leur bonne discipline, comme de leur fidélité. L’écrivain est fier d’avoir à tracer de beaux tableaux et de pouvoir prouver le ridicule des patriotes espagnols qui menaçaient l’armée française des Fourches Caudines." (Marcillac)

231.          Mélanges Philippe Vigier. La Terre et la Cité. Mélanges offerts à Philippe Vigier. Textes réunis par Alain Faure, Alain Plessis et Jean-Claude Farcy. P., Créaphis, 1994, gr. in-8°, 399 pp, préfaces de Jean-Jacques Becker, René Rémond, Maurice Agulhon, bibliographie des travaux de Philippe Vigier, broché, couv. illustrée, bon état

            25

23 études érudites. — Ce livre se veut d'abord un hommage à Philippe Vigier, historien spécialiste du XIXe siècle français, auteur de nombreux travaux de recherche et de synthèse consacrés aussi bien à l'histoire des campagnes qu'à l'histoire des villes, à l'histoire politique qu'à l'histoire sociale. (...) Les études qui forment la matière de cet ouvrage, écrites par ses disciples et amis, reflètent la variété des centres d'intérêts de Ph. Vigier. L'histoire rurale, comme il se doit, occupe une place de choix : les communautés paysannes du XIXe siècle, encore si robustes, nous sont ici concrètement décrites à travers plusieurs exemples, régionaux ou nationaux. Les villes – ou plutôt la Ville, c'est-à-dire Paris, Paris et ses banlieues – s'offrent ensuite au lecteur, comme elles s'offraient déjà aux ruraux en ce grand siècle de la mobilité... Enfin l'histoire politique est représentée par un bouquet d'articles traitant des militants, de la répression et des groupes de pression : plusieurs contributions proposent aussi une réflexion sur l'explication des préfèrences politiques traduites dans le vote. Au-delà de l'hommage à l'historien, le lecteur pourra reconnaître toute l'importance de ce siècle fondateur de notre présent – le XIXe siècle est le vrai sujet de cet ouvrage – à travers la formation des villes, la confrontation des formes politiques et la recomposition permanente de la société.

232.          MOREAU (Christian). Louis Benjamin Fleuriau de Bellevue : savant, physicien naturaliste, géologue et philanthrope rochelais (1761-1852). Les Indes savantes, 2014, gr. in-8°, 482 pp, 20 pl. d'illustrations hors texte, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

La biographie de Louis-Benjamin Fleuriau de Bellevue peut sembler une gageure, tant elle conduit l'auteur à aborder des domaines différents. Les intérêts commerciaux et coloniaux de cette ancienne famille de La Rochelle sont tournés vers les îles à sucre sous l'Ancien Régime. Les études du jeune Fleuriau le conduiront à Genève, patrie du calvinisme. Son intérêt pour la science balbutiante qu'est la géologie le mènera dans différentes régions d'Europe, et notamment en Italie en compagnie des pionniers qui font alors naître cette nouvelle science. Fleuriau se fait ainsi un nom parmi les scientifiques du début du XIXe siècle, par des réflexions et des études multiples sur le volcanisme. De retour à La Rochelle, ses intérêts scientifiques concerneront les météorites, la forêt pétrifiée de l'île d'Aix, des améliorations utiles à l'agriculture. Fleuriau jouera un rôle très important dans le développement des institutions scientifiques du département de la Charente-Inférieure, et de La Rochelle, ce qui lui donne également une place incontournable dans les études régionales. Cette nouvelle édition a bénéficié des apports importants d'archives de Fleuriau, jusque-là inédites.

233.          ([NOUVEAU, Germain) – VÉRANE (Léon). Humilis, poète errant. Grasset, 1929, in-12, 256 pp, un portrait de Germain Nouveau en frontispice, broché, bon état (Coll. La vie de Bohème)

            25

"Germain Nouveau (1851-1920) – moins inconnu sous le pseudonyme d'Humilis – doit être rangé parmi les poètes chrétiens. Parmi les bohèmes aussi, car il est difficile d'imaginer vie plus errante que la sienne. C'est cette existence de nomade que M. Vérane a voulu nous conter, et c'est avec le plus vif plaisir qu'on suit le poète et l'historien à Londres et à Charleville, à Meudon et en Terre Sainte, à Rome, Alger et Saint-Jacques de Compostelle, pour revenir ensuite à Pourrières (Var), l'humble village natal, où le poète trouve enfin le repos et la paix." (Le Populaire, 1929)

234.          ORMESSON (Wladimir d'). Enfances diplomatiques. Saint-Petersbourg, Copenhague, Lisbonne, Athènes, Bruxelles. Hachette, 1933, in-12, 256 pp, broché, bon état, bande éditeur conservée (“La vie intime des Cours. La vie mondaine des Ambassades. La vie secrète des Chancelleries”)

            30

Délicieux souvenirs d'enfance d'un fils de diplomate. — "... Comment n'aurait-on pas de larges horizons et les connaissances les plus variées sur notre monde contemporain lorsque, dès qu'on a pu comprendre, on a recueilli de la bouche de son père des souvenirs sur la Russie tsariste, la cour de Danemark où autour du roi Christian IX, « l'aïeul de l'Europe », se réunissaient périodiquement ses filles et, ses gendres, les souverains de Russie, d'Angleterre et de Grèce. (...) Ces souvenirs rétrospectifs de son enfance ont permis à M. d'Ormesson d'esquisser de nombreux portraits de personnages historiques ou anecdotiques : ceux de la princesse Waldemar de Danemark, fille du duc de Chartres ; de la reine Amélie de Portugal, fille du comte de Paris : du roi Georges de Grèce, de la reine Olga et de leur fils le roi Constantin qui fut détrôné par les alliés ; du roi Léopold II de Belgique et du prince Victor-Napoléon, son gendre. Sur certains d'entre eux, il porte un jugement assez indépendant de l'opinion publique... (...) Ce long article sur un livre qui n'est pas excessivement volumineux, n'est-ce pas la preuve tangible de la richesse de son contenu, de l'intérêt des pensées qui y sont développées et du profit que l'on doit en tirer en faisant, ce qui ne nuit jamais, une fort agréable lecture ?" (Jean Guiraud, La Croix, 18 sept. 1932)

235.          PESSARD (Hector) et A. WACHTER. La Guerre de 1870-71. Histoire politique et militaire. Illustrée par A. Darjou. Première série. P., E. Lachaud, 1873, pt in-4°, 160 pp, 14 gravures dont 10 à pleine page, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

            25

236.          PINAUD (Pierre-François). Les Receveurs généraux des Finances, 1790-1865. Etude historique, répertoires nominatif et territorial. Genève, Droz, 1990, in-8°, 251 pp, préface de Michel Bruguière, broché, bon état

            40

L'ouvrage retrace l'évolution administrative de ces "Préfets financiers" qui forment un puissant lobby de fonctionnaires financiers. Une série de 461 notices biographiques figure en seconde partie du volume, ainsi qu'un répertoire par départements de la France.

237.          PINAUD (Pierre-François). Les Trésoriers-payeurs généraux au XIXe siècle. Répertoires nominatifs et territorial. Editions de l'Erudit, 1983, in-8°, 240 pp, préface de Michel Prada, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Histoire prosopographique)

            30

Edition du répertoire prosopographique de la thèse de doctorat de l'auteur sur "Les trésoriers-payeurs généraux de 1865 à 1915" (dir. Louis Bergeron). — "Les trésoriers payeurs généraux sont sûrement un des corps les plus mal connus du XIXe siècle. Pierre-François Pinaud s'emploie depuis quelques années à combler ce vide historiographique par sa thèse de 3e cycle inédite sur Les Receveurs généraux de l'an VIII à 1865, par ce dictionnaire et, ultérieurement, par sa thèse d'Etat en cours..." (Christophe Charle, Annales ESC, 1984)

238.          PUJOL (Rosemonde). Nicolas Appert. L'inventeur de la conserve. Denoël, 1985, in-8°, 213 pp, 4 pl. de gravures hors texte, un plan, biblio, chronologie, broché, couv. illustrée (pelliculage lég. décollé), bon état, prière d'insérer joint

            30

Il n'a ni tombe ni tombeau, mais il vit chaque jour dans nos assiettes à travers sa découverte : la conserve. Du petit pot pour bébé au jus de fruit en bouteille, de la boîte de petits pois au corned-beef, du lait longue conservation au concentré de tomates, Nicolas Appert a tout inventé. Il y a deux siècles de cela. Cet homme qui vécut quatre-vingt-onze ans a consacré près de soixante-dix ans à ses recherches durant la période la plus bouleversée de notre histoire : pas moins de dix gouvernements successifs comptant cinq rois, la Révolution, l'Empire...

239.          RIDDING (Laura). Sophia Matilda Palmer, comtesse de Franqueville, 1852-1915. A Memoir. By her sister Lady Laura Ridding. London, John Murray, 1919, in-8°, viii-381 pp, 5 planches hors texte, dont le frontispice, index, reliure pleine percaline bleue de l'éditeur (défraîchie), intérieur propre, état correct. Texte en anglais

            25

The biography of a courageous and gifted woman, the friend of statesmen, poets and artists, who was a pioneer of the Entente Cordiale between France and England. Lady Sophia Matilda Palmer, comtesse de Franqueville (1852-1915) was the daughter of the first Earl of Selborne, and aunt of Mabel, Countess Grey, wife of the fifth Earl Grey. She married Charles Franquet, comte de Franqueville (1840-1922) in 1903.

240.          Saint-Simonisme – GERITS (A.). Additions and corrections to Jean Walch “Bibliographie du Saint-Simonisme”. Amsterdam, A. Gerits & Son, 1986, gr. in-8°, 51 pp, introduction en français et en anglais, détails bibliographiques et notes en anglais, broché, couv. lég. salie, bon état (Supplements to existing handbooks, 2)

            30

Bibliographie commentée, recensant environ 400 corrections et additions.

241.          Saint-Simonisme – WALCH (Jean). Bibliographie du Saint-Simonisme. Avec trois textes inédits. P., Librairie Philosophique J. Vrin, 1967, gr. in-8°, 132 pp, broché, dos abîmé avec manques, intérieur propre, état correct (Bibliothèque d'histoire de la philosophie)

            30

"Bien qu'elle ne veuille, – et ne puisse, – s'affirmer exhaustive, cette bibliographie comporte cependant plus de mille numéros. L'auteur insiste sur son usage : « C'est un modeste instrument de travail, destiné à venir en aide, au début de leurs recherches, à ceux qui désirent approfondir leur connaissance du saint-simonisme ». Voici les sections de cette bibliographie : Le contexte historique, Histoire du mouvement saint-simonien, Saint-Simon et les Saint-Simoniens, Les aspects du saint-simonisme, L'influence du saint-simonisme en France et à l'étranger. Signalons dans la troisième section la bibliographie des oeuvres des nombreux disciples de Saint-Simon. Le volume s'achève par trois inédits : le testament de Prosper Enfantin, une lettre de Georges Guéroult et une lettre d'Hortense Cazeaux." (Jean-Pierre Deschepper, Revue Philosophique de Louvain, 1967)

242.          VOGÜÉ (Eugène-Melchior de). Les Morts qui parlent. Scènes de la vie parlementaire. Plon, s.d. (v. 1910), in-12, 382 pp, reliure demi-basane mordorée, dos lisse orné en long avec pièce de titre chagrin noir, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire joliment relié

            30

L'édition originale date de 1899. — "Un roman politique : Les Morts qui parlent. – Daria Véraguine est une version russe de femme fatale. Riche et belle, elle est pourtant nihiliste et entend se servir des hommes pour aider à ses desseins. A cause d'elle, le député socialiste Elzéar Bayonne se fera tuer en duel, et le valeureux officier Pierre Andarran ne devra son salut qu'aux "morts qui parlent", aux ancêtres porteurs des vraies valeurs chrétiennes et patriotiques, qui le raméneront dans le droit chemin et dans les bras de sa fiancée, la douce et pieuse Marie. 'Les Morts qui parlent' est un violent pamphlet, explicitement dirigé contre la corruption des moeurs parlementaires et, plus sournoisement, antisémite et xénophobe. Publié en 1899, il est le fruit des déceptions de l'auteur dans son expérience politique. Eugène Melchior de Vogüé avait été élu député de l'Ardèche en 1893, mais n'avait pas sollicité le renouvellement de son mandat en 1898. Profondément traditionaliste dans son attachement au terroir et aux valeurs militaires, il n'en est pas moins sensible aux façons de penser nouvelles, à l'attrait de la science qu'il souhaite voir s'épanouir en accord avec l'éthique et la foi catholique... Dans le roman, l'auteur joue sur les oppositions : capitale gangrénée contre France profonde (en l'occurence Eauze dans le Gers), patriotisme contre cosmopolitisme, loyauté et courage militaires contre compromission et hypocrisie du pouvoir civil, enfin, épouse chrétienne contre Eve tentatrice, Française contre Russe, Marie contre Daria..." (Janine Neboit-Mombet, L'image de la Russie dans le roman français, 1859-1900, 2005)

243.          WEBER (Jacques). Le siècle d'Albion. L'Empire britannique au XIXe siècle, 1815-1914. Les Indes savantes, 2011, gr. in-8°, 748 pp, 24 pl. de photos et 12 pl. de cartes et illustrations en couleurs hors texte, notices biographiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Le projet ambitieux que Jacques Weber nous propose ici est une approche synthétique de l’histoire complexe des colonies britanniques, allant de la fin des guerres napoléoniennes à la veille du premier conflit mondial. Dans un style clair et accessible, l’auteur explore les évolutions de l’Empire britannique ainsi que celle des différentes aires conquises. J. Weber a eu le soin d’insérer, au fil du récit, de nombreux extraits de sources d’époque (journaux, pamphlets, romans, rapports officiels, traités diplomatiques, récits d’explorateurs, etc.) dont il assure souvent la traduction. Dans le même registre, il faut souligner l’ajout de nombreuses cartes en couleur reflétant expansion et conflits coloniaux. Une cinquantaine de notices biographiques présentes à la fin de l’ouvrage se révèlent être très fournies et utiles. (...) Le propos est fluide, et il faut souligner l’immense travail de synthèse accompli par l’auteur. Pour ne citer que quelques exemples parmi d’autres, le passage sur les colonies australiennes (pp. 219-245) offre un récit détaillé (chiffres et sources à l’appui) de la naissance d’une société complexe qui fait parfois figure de « laboratoire d’expérimentation » pour la métropole. De même, la présence britannique en Inde est traitée avec précision – ainsi, J. W. présente avec finesse les différentes lectures de la Révolte des Cipayes (1857-1858). On appréciera également la manière dont Jacques Weber aborde la question des migrations de coolies indiens dans l’empire (indentured labourers) dans un contexte post-abolitionniste (pp. 334-340)." (Géraldine Vaughan, Relations internationales, 2012) — Aucune puissance, ni l'Espagne de la Renaissance, ni les Etats-Unis du XXe siècle, n'a plus que la Grande-Bretagne contribué à la naissance du monde contemporain, à la diffusion des progrès scientifiques et technologiques et des valeurs religieuses, morales et politiques du vieux continent. C'est à l'Angleterre que l'on doit l'ouverture du monde, le décloisonnement des civilisations et des sociétés. Différents facteurs expliquent l'avance et la puissance d'Albion au XIXe siècle et l'empreinte qu'elle a laissée sur le monde : la conquête des libertés et le consensus autour des institutions, la puissance économique et la domination des océans, l'efficacité du Foreign Office dans les affaires européennes, l'esprit d'entreprise de ses fils, tels Thomas Stamford Raffles à Singapour, James Brooke, le "rajah blanc de Bornéo", et Livingstone, qui incarne les valeurs morales de sa nation. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage d'importants développements sur la situation politique et sociale et sur les mentalités de l'Angleterre victorienne, sur son essor industriel et commercial et sur les difficultés du tournant du siècle, quand émergent de niveaux géants, sur sa politique d'équilibre sur le continent et de maîtrise de la Méditerranée et de la route des Indes. L'hétérogénéité de l'empire est analysée en détail : des colonies de peuplement qui accèdent au self-government et des colonies d'exploitation, où les droits politiques des "indigènes" sont inexistants ; des possessions tantôt administrées directement, tantôt régies par l'indirect rule. L'histoire intérieure des plus importantes est privilégiée, et notamment les secousses qui les agitent, comme la révolte des Cipayes et la guerre des Boers, sans vraiment ébranler les certitudes de Londres.

244.          WORONOFF (Michel)(dir.). La Séparation en province. Akadémos, 2005, in-8°, 285 pp, préface de Pierre Messmer, qqs photos dans le texte et 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, pt trace de mouillure au coin des premiers feuillets, bon état

            25

Ce livre réunit les actes du colloque des 4 et 5 novembre 2005, sur le thème : « la Séparation en province ». La commémoration du centenaire de la Séparation ne pouvait raisonnablement séparer l'histoire nationale de l'histoire locale. Les hommes politiques qui ont élaboré la loi de 1905 étaient bien conscients que le sort de la grande réforme se jouerait in fine, en province. Les mêmes questions que chacun se posait en 1905 ont guidé les vingt-deux acteurs de ce livre en 2005 : suffit-il de voter une loi à Paris, dans l'enchevêtrement des enjeux politiques et des intérêts de partis, pour que la séparation des Eglises et de l'Etat soit acceptée par la population ? La loi risque-t-elle d'amener la France au bord de la guerre civile ? En suivant, grâces aux sources locales, les répercussions en province des longs débats de la Séparation, puis en évaluant les tensions qui ont accompagné l'application de la loi – notamment les fameux Inventaires –, les études réunies dans ce recueil permettent de mieux comprendre la portée réelle de la loi de 1905 sur la société française.

20e SIÈCLE

 

245.          AMIN (Samir). Mémoires. L'éveil du Sud. Les Indes savantes, 2015, gr. in-8°, 624 pp, biblio, annexes, broché, couv. illustrée avec petit manque, bon état

            20

Historien, économiste et président du Forum mondial des alternatives, l'auteur raconte son enfance à Port-Saïd, ses études en France, son parcours politique en Egypte et dans d'autres pays d'Afrique. En spécialiste des problématiques du tiers-monde, il livre ses analyses concernant les problèmes Nord-Sud et la situation du socialisme et du capitalisme dans le monde. Samir Amin a toujours associé réflexion théorique et action militante, raison pour laquelle ses analyses des défis auxquels les peuples sont confrontés ont eu une influence reconnue. Les étapes de son dialogue permanent avec les mouvements populaires en lutte pour un avenir meilleur, en Afrique, dans le monde arabe, en Asie, sont retracées avec précision dans ces Mémoires. Une lecture fascinante, originale et riche d'enseignements.

246.          AVELINE (Claude). Moi par un Autre. Chronique d'une enfance et d'une adolescence dans les vingt premières années de ce siècle. Avec la collaboration de Nicole Toussaint du Wast. Pierre Bordas et fils, 1988, in-8°, 354 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Mémoires de l'écrivain Claude Aveline (l'Abonné de la ligne U, la Double Mort de Frédéric Belot, etc.) : Aveline enfant assiste au premier meeting mondial d'aviation, jeune garçon, il vit à sa manière la guerre de 1914, adolescent, il est un intime d'Anatole France. Puis il participera à la création des Maisons de la Culture, appuiera le Front populaire et l'Espagne républicaine, comptera parmi les tous premiers résistants de 1940 et les fondateurs du groupe du Musée de l'Homme, échappera de justesse à la Gestapo, etc.

247.          BAILLY (Auguste). Maeterlinck. Firmin-Didot, 1931, in-12, 213 pp, avec un portrait de Maurice Maeterlinck en frontispice, un fac-similé d'autographe et un essai de bibliographie par Francis Ambrière, broché, papier lég. jauni, bon état (Coll. Visages contemporains)

            20

Un volume qui serait en partie une réponse aux révélations sensationnelles de Madame Georgette Leblanc, longtemps la muse de Maeterlinck, dans “Souvenirs 1895-1918”.

248.          BAUMONT (Maurice). La Faillite de la paix (1918-1939). Tome II : De l'affaire éthiopienne à la guerre (1936-1939). Cinquième édition revue et mise à jour. PUF, 1968, in-8°, 415 pp, paginées de 533 à 948, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

            30

"C'est en 1945 que parut la première édition de cet ouvrage sur les relations internationales entre les deux guerres. La qualité du récit, et plus particulièrement l'analyse de l'engrenage par lequel les démocraties perdirent le bénéfice de leur victoire, ont assuré le succès de ce livre qui atteint sa cinquième édition." (Revue française de science politique, 1968)

249.          BENOIST-MÉCHIN (Jacques). Histoire de l'Armée allemande. Tome I : L'Effondrement, 1918-1919. Albin Michel, 1964, in-8°, 380 pp, 6 cartes (dont 2 dépliantes hors texte), broché, jaquette, bon état

            20

Tome I seul (sur 6 parus) de l'édition définitive, couvrant toute la période de 1918 à 1939. Les premières éditions des tomes I et II sont parues en 1936 et 1938. — L'auteur expliquait dans sa préface de 1941 que : "le titre qui s'inscrit sur la couverture de cet ouvrage – Histoire de l'Armée allemande – n'est qu'à moitié satisfaisant. Il s'agit en réalité de plus que cela, puisqu'on trouvera ici, outre l'histoire militaire, celle de la révolution nationale-socialiste et l'ébauche d'une biographie d'Hitler (...) Ce que j'ai fait, en réalité, c'est une histoire de l'Allemagne contemporaine, vue à travers l'histoire de son armée."

250.          BIGEARD (Général). Adieu ma France. Editions du Rocher, 2005, gr. in-8°, 252 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Adieu ma France... Tu n'es plus celle que j'ai connue, le pays du respect des valeurs, de l'hymne et du drapeau, le pays de la fierté d'être français. Adieu ma France des trafics en tous genres, du chômage, de l'islamisme, de la polygamie, du laxisme, de la permissivité, de la famille décomposée... Adieu ma France réduite à l'état d'urgence, ma France déconstruite, en guerre avec elle-même. Je veux, néanmoins, demeurer optimiste et croire en ton sursaut. Mais qui te sauvera ? Adieu ma France : Le livre testament du général Bigeard.

251.          BRISSAUD (André). Hitler et l'Ordre Noir. Histoire secrète du national-socialisme. Perrin, 1969, in-8°, 476 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, chronologie, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

"Le sous-titre nous révèle le véritable objet du livre « Histoire secrète du national-socialisme » En effet, on ne voit souvent dans Hitler que le tribun ambitieux qui a su s'emparer du pouvoir en Allemagne, et dans la S.S. qu'une simple garde prétorienne. Pour l'auteur ces aspects ne sont pas les plus profonds ni les plus décisifs. Hitler avait une mystique. Il avait été fortement influencé par des idées nébuleuses sur l'origine du peuple allemand et par le mythe du sang. Peut-être même avait-il été reçu comme initié par l'un ou l'autre de ces groupes semi-secrets qui essayaient de répandre ces conceptions plus ou moins consistantes. C'est pourquoi il a voulu que Himmler fonde un véritable Ordre noir de chevaliers, la S.S. Bien des pages de ce livre sont trop touffues et tous n'admettront pas les explications de l'auteur. Mais celui-ci a au moins le mérite de nous apporter du nouveau sur l'idéologie et la psychologie des maîtres du IIIe Reich." (E. Tesson, Etudes, 1969)

252.          BUCHANAN (George). Mémoires de Sir George Buchanan, ancien ambassadeur d'Angleterre en Russie (1910-1917). Payot, 1925, in-8°, 308 pp, traduit de l'anglais, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre)

            40

Par George Buchanan (1854-1924), diplomate britannique, ambassadeur en Russie pendant la révolution de 1917. — "Le protecteur et inspirateur de Kérensky, Buchanan, a eu l'imprudence de nous raconter dans ses Mémoires ce que furent pour lui et ses pareils la guerre et la révolution. Bien des mois après Octobre, Buchanan décrivait dans les termes suivants l'année russe 1916 – terrible année de défaites de l'armée tsariste, de désarroi économique, année où l'on faisait partout la queue pour se ravitailler, année pendant laquelle les gouvernants jouèrent à saute-mouton, sous le commandement de Raspoutine : « Dans une des plus charmantes villas que nous visitâmes (Buchanan parle de son voyage en Crimée, en 1916), nous ne fûmes pas seulement accueillis avec le pain et le sel présentés sur un plat d'argent, mais, lors de notre départ, nous trouvâmes dans l'automobile des douzaines de bouteilles de vieux bourgogne dont je célébrai les mérites en le dégustant à déjeuner. Il est infiniment triste de jeter un regard en arrière sur ces jours heureux (!), perdus à tout jamais, et de songer à la misère et aux souffrances dont a été fait le sort de personnes qui nous avaient reçus avec tant d'amabilité et d'hospitalité. » Buchanan n'envisage pas ici les souffrances des soldats dans les tranchées et des mères affamées qui prenaient leur tour aux portes des boutiques ; il parle des souffrances des anciens propriétaires de délicieuses villas, il regrette pour eux les plateaux d'argent et les fins bourgognes. Quand on lit des lignes aussi sereinement impudentes, on se dit : non, ce n'est pas à tort que la révolution d'Octobre est venue au monde ! Ce n'est pas à tort qu'elle a balayé non seulement les Romanov, mais un Buchanan et un Kérensky !" (Trotsky, Ma vie, 1930)

253.          CHANSON-JABEUR (Chantal), Alain FOREST, Patrice MORLAT (dir.). Colonisation et répressions. Les Indes savantes, 2015, gr. in-8°, 489 pp, 17 gravures et photos, 7 cartes et plans, broché, couv. illustrée, bon état

            25

28 études érudites. – Les colonisateurs ont souvent tenté de faire passer la répression des populations dominées comme un acte de police "normal", contrôlé ou prolongé par la meilleure des justices... Cela en vertu d'un pouvoir de violence qui serait la prérogative d'un Etat lui-même "normal"... C'est oublier que le pouvoir colonial est un "Etat d'exception". Si les modes d'exploitation et les fonctions dévolues aux indigènes évoluent au fil des décennies coloniales, ces évolutions s'opèrent dans un cadre qui, lui, ne bouge pas... et ne doit pas bouger : celui de la domination d'un peuple sur les autres ; c'est-à-dire, inéluctablement, celui de la violence faite par un peuple aux autres. On aura beau tourner la question coloniale en tous sens, on ne peut donc faire l'économie d'une de ses constantes, indissociable du maintien sous tutelle et en situation d'infériorité : la répression, brutale ou quotidienne, toujours en état de vigilance. Au fil des différents articles de cet ouvrage, les meilleurs spécialistes actuels des sociétés non-occidentales éclairent différents aspects de cette répression : la répression "brutale", les "régimes" et appareils répressifs, les procédures de neutralisation des individus - notamment les bagnes -, les tentatives d'étouffement des mouvements sociaux et de contrôle des opinions. Enfin, l'ouvrage se prolonge par l'examen de la question dans des situations coloniales contemporaines, au Bangladesh, au Tibet.

254.          DAMON (Louis). Ministres et ministrables. P., Henry Goulet, 1926, in-12, 294 pp, table des noms, reliure demi-basane mordorée, dos à 5 nerfs, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, titres un peu effacés, papier lég. jauni, trace de mouillure ancienne sur la tranche et en marges des premiers feuillets, état correct

            25

Réunion de 112 portraits de deux à cinq pages chacun des personnages politiques de l'époque : Alexandre Israël, Maurice Ajam, Vincent Auriol, Joseph Barthélemy, André Berthelot, Aimé Berthod, Paul Faure, Pierre-Etienne Flandin, Justin Godart, James Hennessy, l'amiral Louis Jaurès, M. Jeanneney, Georges Leygues, Adrien Marquet, Albert Milhaud, Jean Montigny, M. de Moro-Giafferri, André-François Poncet, M. Queuille, Albert Sarraut, Jammy Schmidt, T. Steeg, Pierre Taittinger, etc., etc. Naguère, Louis Damon intéressait nombre de lecteurs en brossant savamment le portrait des ministres et des ministrables.

255.          DELIGNY (Fernand). Graine de Crapule. S.l., Editions du Scarabée, Centre d'entraînement aux méthodes d'éducation active, 1960, pt in-8°, 76 pp, dessins originaux de l'auteur à pleine page, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Fernand Deligny (1913-1996) est un éducateur et un animateur socioculturel, une des références majeures de l'éducation spécialisée. Il a été un opposant farouche à la prise en charge asilaire des enfants difficiles ou délinquants et des enfants autistes. Son expérience avec ces enfants est à l'origine de lieux alternatifs de l'éducation spécialisée, à l'image des lieux de vie. Avec un préface de l'auteur (1913-1996) de janvier 1960 où il fait une autocritique partielle de son livre écrit en 1943 et paru pour la première fois en 1945.

256.          DUROSELLE (Jean-Baptiste). La Décadence, 1932-1939. Imprimerie Nationale, 1985, fort et gr. in-8°, 568 pp, 3e édition revue et corrigée, 20 pl. de photos hors texte, index, reliure souple éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Politique étrangère de la France)

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La diplomatie française de 1932 à 1939. — "... De droite ou de gauche, tous les gouvernements qui se succèdent à Paris de 1932 à 1939 ont leur part dans cette « décadence » que Jean-Baptiste Duroselle analyse en puisant aux meilleures sources. En effet, directeur de l’Institut d’histoire des relations internationales contemporaines et président de la Commission pour la publication des documents relatifs aux origines de la guerre 1939-1945, J.-B. Duroselle a admirablement sélectionné et interprété une énorme masse d’archives pour aboutir à un récit vivant et nuancé..." (Claude Julien, Le Monde diplomatique) — "Dès sa publication, “La Décadence” a été signalé, dans la grande presse, par des articles qui en soulignent l'intérêt, le qualifiant de « maître livre » : l'hommage ainsi rendu à un travail historique d'apparence austère est assez exceptionnel pour mériter d'être relevé. Mais ce concert d'éloges n'a rien d'excessif. C'est un ouvrage qui fera date et que, pendant longtemps, devront méditer ceux qui s'intéressent à cette période lamentable de notre histoire. (...) II faut enfin dire combien ce livre est attachant, nonobstant le caractère grave, voire dramatique du sujet. Cela tient au talent de J.-B. Duroselle, à son art de ramener à des données simples les problèmes en apparence les plus complexes, de conter les anecdotes les plus significatives, de tracer des portraits vivants, au point de vue physique comme au point de vue psychologique. Au total, un grand livre, clairvoyant et honnête, qui fait honneur à son auteur et à la science historique française." (J.-M. d'Hoop, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale) — "L'histoire des relations internationales pendant les sinistres années 30 ne cesse de s'enrichir. J.-B. Duroselle nous livre sa contribution ; elle porte sur la diplomatie française entre 1932 et 1939. Il a eu accès aux archives françaises (ainsi qu'aux documents diplomatiques étrangers) ; c'est là un gros progrès par rapport aux travaux antérieurs. Il a également utilisé de nombreux mémoires, rapports et thèses rédigés par ses étudiants. Nous voici donc en présence d'une synthèse scrupuleuse et rigoureuse. J.-B. Duroselle consacre d'abord cinq chapitres à la période qui va du retour d'Edouard Herriot en juin 1932, à la crise rhénane de 1936. Il examine aussi la politique d'Herriot (seul « apport positif » : l'accord franco-soviétique), celle de Paul Boncour, qui cherche à se rapprocher de l'Italie, le redressement trop vite interrompu de « l'ère Barthou », la diplomatie complexe et fuyante de Laval, ainsi que « l'enlisement » auquel aboutit l'affaire de la Rhénanie. Puis Duroselle examine ce qu'il appelle l'ambiance, l'état du civisme, les aspects casaniers de la France de cette époque, le choc en retour de l'immigration, les effets des propagandes étrangères sur l'opinion. Il étudie les intérêts économiques de la France dans le monde, la situation militaire – doctrine, forces et commandement – et la « machine diplomatique », dont il brosse un tableau nuancé et plutôt positif. Enfin, il revient à l'histoire proprement dite : le Front populaire, Munich, la période d'incertitude qui suivit Munich, l'échec de la négociation avec l'URSS, la marche à la guerre. (...) L'ouvrage vaut à la fois pour le tableau d'ensemble qu'il nous donne, et pour les détails. On retiendra en particulier l'analyse précise des intérêts bancaires, industriels et commerciaux à l'étranger, celle des divergences et nuances qui séparèrent Daladier et Bonnet, celle des dernières manœuvres de Bonnet entre le 1er et 3 septembre 1939. Duroselle, comme d'autres, montre l'attitude cavalière des dirigeants anglais à l'égard de la France, tenue en laisse, et la dépendance acceptée par les dirigeants français, surtout à partir de 1936. Ce n'est certes pas la faute de l'auteur si cet ouvrage mesuré et documenté est un livre accablant." (Stanley Hoffmann, Politique étrangère, 1980)

257.          EISENHOWER (Dwight D.). Celui que je fus. Souvenirs de guerre et de paix. Cercle du Nouveau Livre d'Histoire, 1969, gr. in-8°, 395 pp, avec une suite iconographique contenant 47 photos hors texte, reliure toile éditeur avec une vignette illustrée au premier plat, rhodoïd, bon état

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Les Etats-Unis des années 30, la Seconde Guerre mondiale, la Maison Blanche... — Ce fils de paysan texan ne semblait pas prédestiné à devenir le commandant en chef des armées alliées en Europe ni encore moins le président des Etats-Unis aux deux mandats ! Par son travail, son sens de la diplomatie et de la statégie, il le devint. Dans cet ouvrage, sous-titré "Souvenirs de guerre et de paix", il nous livre ses mémoires dans un style simple et dépouillé comme le resta ce personnage hors du commun.

258.          FAIPEUR (Jean-Claude). Crime de fidélité. Au coeur de l'affaire Speidel 1957-1958. Les Indes savantes, 2015, gr. in-8°, 569 pp, préface de Julien Lauprêtre, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

En 1956, un général allemand, Hans Speidel, est nommé à la tête des troupes terrestres de l'OTAN. En juin 1940 il était à Paris comme chef d'état-major de von Stülpnagel. Il est à ce titre responsable des opérations de police allemande et de l'exécution des résistants et des otages. Après un séjour sur le front de l'Est, il revient en France en 1944 comme chef d'état-major de Rommel. Il trempe dans le complot raté contre Hitler du 20 juillet 1944. Mais, arrêté par la Gestapo, jugé, il sera le seul conjuré acquitté. Tous les autres seront condamnés à mort. Speidel, jamais inquiété après la guerre, fut le conseiller d'Adenauer, puis chef de l'OTAN, car il a su se forger un passé de résistant. Sa nomination au commandement de l'OTAN (dont la France était membre) remua de funestes souvenirs chez beaucoup de Français, résistants et déportés. En 1957, des fils de fusillés et de déportés en âge d'accomplir leur service militaire refusent de servir sous les ordres d'un homme qu'ils pouvaient considérer comme l'assassin de leurs pères. Vingt et un jeunes fils de martyrs, pupilles de la nation, furent arrêtés. L'auteur fut emprisonné en 1956-1957, pour cette raison : son père avait été déporté à Auschwitz après avoir passé un an à Compiègne. Il fit partie du convoi du 6 juillet 1942. Le général Speidel était peut-être le responsable de sa déportation. Une formidable campagne de solidarité s'engagea dans tout le pays en leur faveur, montrant l'indignation soulevée par cette nomination.

259.          FERRER (Sol). Le véritable Francisco Ferrer, d'après des documents inédits, par sa fille. P., Les Deux Sirènes, 1948, pt in-8°, 285 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Francisco Ferrer (1859-1909) demeure un symbole. L'« affaire » demeure – le procès Ferrer – mais la physionomie de celui qui en fut le héros s'est estompée. "Un livre très attachant où Mme Sol Ferrer nous décrit à la fois la physionomie de Ferrer et son rayonnement intellectuel. Sans doute s'agit-il là d'un ouvrage pieux, puisqu'il est celui d'une fille ; sans doute aussi l'auteur a-t-elle donné à son récit un caractère quelque peu romancé (elle l'a agrémenté de dialogues qui ne sont visiblement que des « reconstitutions »). Mais ce défaut, heureusement, est racheté par l'intelligence avec laquelle Mme Sol Ferrer a mis en oeuvre une documentation abondante et en grande partie inédite : à ce titre son livre mérite d'être lu par tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la pensée contemporaine." (J. Stengers, Revue belge de philologie et d'histoire, 1950)

260.          FOLIN (Jacques de). Indochine, 1940-1955. La fin d'un rêve. Perrin, 1993, in-8°, 362 pp, préface d'Olivier Todd, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. On joint une coupure de presse de l'époque sur le livre

            30

"Le lecteur rencontrera ici, écrit Olivier Todd, un esprit libre, maîtrisant une époustouflante et succulente documentation. Jacques de Folin repère et découpe au laser bévues bureaucratiques et bourdes sanglantes. Il décape l'Histoire de ses mythes." Jacques de Folin rectifie et démolit en effet bien des idées reçues. Son objectif n'était pas de raconter par le menu la guerre d'Indochine proprement dite (décembre 1946 - juillet 1954). S'il en rappelle naturellement les principales phases, il s'attache principalement à décrire des épisodes et des comportements ignorés, mal connus, oubliés ou déformés : le gouvernement de l'amiral Decoux, les désastreuses menées des émissaires gaullistes à partir de 1944, les responsabilités dans le coup de force japonais, les circonstances parfois scandaleuses du retour des français en 1945, les négociations avec un Hô Chi Minh moins nationaliste que communiste fanatique, les conditions exactes dans lesquelles la guerre s'est nouée, l'opération "Vautour" qui nous vaut de découvrir pourquoi et comment les Américains ne sont finalement pas intervenus dans la bataille de Diên Biên Phu. Enfin, la consultation des archives diplomatiques ouvertes depuis quelques années, les souverains des principaux acteurs joints à ceux de l'auteur, restituent le contexte intérieur et international de ces quinze années qui aboutirent au compromis de Genève, puis à l'instabilité, Hô Chi Minh étant bien décidé à ne pas supporter un Sud-Vietnam non communiste.

261.          FONTENOY (Jean). L'Armée rouge décapitée. dans La Revue universelle, 1er juillet 1937, gr. in-8°, 12 pp, broché, bon état

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Jean Fontenoy adhère au Parti populaire français de Jacques Doriot en 1937. Comme pour Céline et l'antisémitisme, difficile de déterminer avec certitude ce qui fait plonger Fontenoy du côté du fascisme. Officiellement, ce serait en réaction aux purges staliniennes : il prend sa carte au PPF le jour de la condamnation du maréchal Toukhatchevski... — On trouve dans le même numéro un article de Luis Duran y Ventosa : “Vers l'Espagne nouvelle” (9 pp), etc.

262.          GARELICK (Rhonda K.). Mademoiselle: Coco Chanel and the Pulse of History. New York, Random House, 2014, gr. in-8°, xxiii-576 pp, 16 pl. hors texte d'illustrations et photos en noir et en couleurs, 70 illustrations et photos dans le texte, biblio, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état. Texte en anglais

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Coco Chanel transformed forever the way women dressed: Arguably, no other individual has had a deeper impact on the visual aesthetic of the world. But how did a poor orphan become a global icon of both luxury and everyday style? Raised in rural poverty and orphaned early, the young Chanel attracted the attention of a powerful admirer and parlayed his support into her own hat design business, which evolved into a clothing empire. For the rest of Chanel’s life, the professional, personal, and political were interwoven. Her lovers included composer Igor Stravinsky; Grand Duke Dmitri, a Romanov heir; the Duke of Westminster; a diplomat; a Nazi officer; and several women as well. By age forty, Chanel had become a household name, and her Chanel Corporation remains the world's highest-earning privately owned luxury goods company. In “Mademoiselle”, Garelick delivers the most probing, well-researched, and insightful biography to date on this seemingly familiar but endlessly surprising figure – a work that is truly both a heady intellectual study and a literary page-turner.

263.          GIANSOLDATI (Franca). L'affaire Maciel. Le Diable au Vatican. Albin Michel, 2015, gr. in-8°, 172 pp, traduit de l'italien, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            12

Pédophile en série, morphinomane, coupable d'avoir détourné des sommes faramineuses à des fins illicites... comment Marcial Maciel, qui fonda les Légionnaires du Christ en 1941, a-t-il pu échapper toute sa vie à la justice ? Prêtre marié clandestinement et simultanément à deux femmes, ayant abusé de ses propres enfants comme il l'avait fait avec des dizaines de séminaristes pendant des décennies, comment ce démon a-t-il pu entrer dans l'intimité de Jean-Paul II, et surtout rester son protégé alors que ses crimes étaient devenus patents ? C'est à cette énigme que tente de répondre l'enquête de Franca Giansoldati, qui mène le lecteur à travers les machinations incroyables qu'avait montées Maciel pour asseoir son pouvoir. Elle analyse aussi les raisons politiques et ecclésiales de son irrésistible ascension, et l'aveuglement des prélats du Vatican. Elle s'interroge enfin sur la personnalité diabolique de cet homme qui passait presque pour un saint aux yeux des fidèles fanatisés de sa congrégation. Voici l'histoire sidérante du plus grand scandale que l'Eglise ait connu depuis des siècles.

264.          GILLIARD (Pierre). Le Tragique destin de Nicolas II et de sa famille. Treize années à la cour de Russie (Péterhof, septembre 1905 - Ekaterinbourg, mai 1918). Payot, 1938, in-8°, 256 pp, 59 photos hors texte, 3 fac-similés, 2 cartes et 3 plans dans le texte, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre)

            50

L'auteur était précepteur du grand-duc héritier Alexis Nicolaiévitch.

265.          GRIMM (Frédéric). Hitler et la France. Plon, 1938, pt in-8°, iv-182 pp, préface de J. von Ribbentrop, broché, couv. lég. salie, état correct

            30

"Il est permis de témoigner quelque défiance à un volume publié par un professeur allemand, préfacé par M. J. von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich et destiné à nous convaincre des excellentes dispositions de M. Adolf Hitler à l'égard de la France. Sous ce titre : Hitler et la France, M. F. Grimm nous offre un choix habile des discours du Führer, témoignant de sa bienveillance, de sa bonne foi, de son sincère et profond désir de rapprochement avec la France. Ce volume est précieux comme recueil de documents officiels, complétés par des commentaires de la presse française dont tous ceux qui sont favorables au Führer sont groupés sous le titre « Voix de la raison ». Mais, lorsqu'on songe à la réalisation méthodique et progressive du programme si net exposé dans Mein Kampf, on ne peut s'empêcher d'évoquer les froides menaces réservées à la France dans ce livre qui reste toujours l'Evangile du Nazisme et le guide essentiel de la politique allemande." (B. Combes de Patris, Revue des études historiques, 1938) — Friedrich Grimm (1888-1959), est un juriste, écrivain et journaliste allemand, agent des services de propagande du régime nazi, en particulier en France durant la période de l'Occupation.

266.          HOBSBAWM (Eric). Franc-tireur. Ramsay, 2005, gr. in-8°, 521 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Né en 1917 à Alexandrie d'une mère autrichienne et d'un père anglais, Eric Hobsbawm quitte Vienne pour Berlin à l'été 1931 et assiste aux derniers soubresauts de la République de Weimar. Quand Hitler arrive au pouvoir, le jeune Eric Hobsbawm se convertit au communisme, et part pour l'Angleterre dès 1933. A Cambridge, il côtoie Philby, Burgess, MacLean et Blunt, que leur engagement communiste, analogue au sien, conduira à la plus fantastique histoire d'espionnage au profit de l'Union soviétique du XXe siècle. Son engagement marxiste va fournir le fil conducteur de sa vie, le conduisant à une bagarre mémorable avec Koestler en 1956, à rencontrer durant ses nombreux voyages les dirigeants d'un tiers-monde émergent, de Che Guevara à Salvador Allende, puis à analyser l'émergence des nationalismes après la chute du Mur. Une passionnante traversée des tumultes du siècle servie par une plume alerte.

267.          JACQUET (Joseph)(dir.). Les Cheminots dans l'histoire sociale de la France. Editions Sociales, 1967, in-8°, 318 pp, préface de Benoît Frachon, 24 pl. de gravures, fac-similés et photos hors texte, biblio, broché, 2e plat taché, qqs soulignures stylo, C. de bibl, état correct

            20

"Voilà un livre qui contribuera beaucoup à l'histoire vraie du mouvement ouvrier en France et à celle de la CGT. A travers la naissance et le développement de l'organisation des cheminots ce sont, en réalité, des problèmes se rapportant à l'évolution générale de la classe ouvrière de notre pays qui sont évoqués et étudiés avec un soin particulier et un esprit d'analyse qui font honneur à leurs auteurs. (...) Ils ont réalisé un travail digne du plus grand intérêt et utile à l'histoire du mouvement ouvrier dans sont ensemble." (Benoît Frachon, président de la CGT)

268.          JAUBERT (Jacques). Une éducation chez les bons pères. Albin Michel, 1991, in-8°, 220 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Récit de l'entrée, à huit ans, d'un enfant chez les “bons pères”, dans une ronde infernale de classes, de messes, de devoirs, de vêpres, de leçons et de promenades en rang par trois (le jeudi). Asphyxié, au bord du gouffre, les vacances sauveront l'auteur : il tiendra jusqu'au bachot, l'année Quarante. Les “bons pères” avaient bien dit que ces gouvernements sans Dieu conduiraient à la catastrophe...

269.          JUDT (Tony). Un passé imparfait. Les intellectuels en France, 1944-1956. Fayard, 1992, gr. in-8°, 404 pp, traduit de l'anglais, note bibliographique, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Au lendemain de la Libération, les intellectuels français reviennent sur le front de l'Histoire. Ce livre étudie les idées politiques, les passions, les errements de quelques figures célèbres – Sartre, Mounier, Merleau-Ponty – et d'autres, moins en vue, qui gravitaient dans leur sillage. Pour Tony Judt, leurs pratiques intellectuelles, de 1944 à 1956, et leurs choix politiques ne sont intelligibles qu'à la lumière du passé récent : le déclin de la IIIe République, la défaite de 1940, l'Occupation, la Collaboration..., événements ressentis comme autant d'humiliations et qui éclairent quelques traits essentiels de leur itinéraire : leur impatience, au sortir de la guerre, de ranimer les aspirations universelles de la France ; leur idée de l' "engagement", inspirée moins d'un impératif moral que de la volonté de "se situer" par rapport au sens de l'Histoire ; la propension aussi, pour certains, de s'ériger en juges incléments des faits de collaboration ; la passion, surtout, élevée à la dignité d'une philosophie, de nier la légitimité du présent au nom des promesses d'un avenir meilleur. C'est qu'ils nourrissent une solide aversion pour la démocratie parlementaire, le capitalisme, la société bourgeoise... Ils préfèrent à l'individu l'intérêt général ; aux incertitudes républicaines, l'utopie révolutionnaire. Par où ils rencontrent le mouvement communiste, dont ils vont partager les haines et les illusions à défaut de lui donner leur âme. Ils lui reconnaissent une légitimité indépendante de ses méfaits et se montrent plus préoccupés par le tort qu'il fait à son image que par le sort qu'il réserve à ses victimes. Ce livre étudie longuement leurs réactions à la répression en Europe de l'Est et son lot de procès truqués, d'aveux arrachés, de meurtres exemplaires. Il décrit leur aveuglement, leur refus d'écouter, leur conviction naïve de pouvoir apprivoiser le communisme par la force du verbe. Il suggère aussi que les événements et les révélations de 1956 ont moins entamé leurs passions qu'ils n'en ont déplacé l'objet. Il examine enfin ce que devait le débat public de ces années aux tensions et aux contradictions de la culture politique héritée de la Révolution française.

270.          KASPI (André). Franklin Roosevelt. Fayard, 2007, in-8°, 647 pp, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Elu quatre fois à la présidence des Etats-Unis, Franklin Roosevelt tient une place primordiale dans l'histoire du XXe siècle. Au cours des années trente, il a engagé le spectaculaire redressement qui a fait de son pays la superpuissance économique de notre temps. En instaurant l'Etat-providence, il a réintégré dans la communauté nationale de nombreux laissés-pour-compte et proposé un modèle de démocratie sociale. A travers les périls, les écueils et les succès, il a conduit les Etats-Unis dans la guerre contre le Japon et l'Allemagne nazie, et ouvert ses compatriotes aux responsabilités mondiales. Enfin, par son rayonnement personnel, par la coalition politique qu'il a rassemblée autour de lui, il a donné à la Maison Blanche un rôle qu'elle n'avait encore jamais tenu et qu'elle a conservé depuis. Bref, il a incarné une Amérique dynamique et généreuse. L'homme est aussi attachant que le politique. Ardent et combatif, charmeur, courageux, il a surmonté la terrible infirmité qui l'a frappé bien avant son accession à la présidence et incarné la foi dans l'homme, la confiance dont les Etats-Unis avaient tant besoin en ces temps de désespérance, la modernité à visage humain. Sans doute a-t-il eu des lacunes, des illusions et des échecs. Mais, par son style, ses méthodes et ses idées, il est, depuis un demi-siècle, la référence obligée – explicite ou non – de tous les politiciens d'outre-Atlantique. Il demeure le plus prestigieux des présidents américains.

271.          LAFUE (Pierre). La Défaite du Troisième Reich. dans La Revue universelle, 15 juillet 1934, gr. in-8°, 8 pp, broché, bon état

            10

On trouve dans le même numéro la 2e partie des “Souvenirs d'un journaliste” de Lucien Corpechot (sur l'année 1903 : 19 pp), un article de Lucien Rebatet sur les Le Nain (8 pp), etc.

272.          LARCAN (Alain) et Jean-François LEMAIRE (dir.). De Gaulle et la médecine. Suivi de : Les médecins de la France Libre et de Eléments de pathobiographie de Charles de Gaulle. Fondation Charles de Gaulle/Synthélabo, 1995, in-8°, 264 pp, préface de Pierre Messmer, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Empêcheurs de penser en rond). Actes du colloque tenu au Val-de-Grâce, 16 novembre 1994

            20

Quelle fut la part du Général de Gaulle dans les bouleversements qui marquèrent la médecine durant ses deux passages à la tête de l'État ? La création de la Sécurité Sociale, la réforme hospitalo-universitaire, le lancement de l'Inserm ou du Cire survinrent-ils sous de Gaulle ou par de Gaulle ? À ces questions, le colloque tenu récemment sous les auspices de la Fondation Charles de Gaulle et dont ce volume constitue les actes, fournit les réponses les plus précises. S'y joint l'analyse du seul discours de De Gaulle aux médecins (1966) où, en matière de responsabilité médicale, le Général fait montre du don de visionnaire qui lui fut souvent propre. Aux actes de ce colloque s'ajoutent une étude sur le rôle souvent méconnu du Service de santé de la France Libre ainsi qu'un essai de pathobiographie de Charles de Gaulle. Dans ce dernier cadre, deux questions se posent : une hypothèque sur son avenir, décelée par ses médecins en 1955, devait-elle être portée à sa connaissance ? Si elle l'avait été, aurait-elle pesé sur ses choix ultérieurs ?

273.          LENORMAND (Henri-René). Les Confessions d'un auteur dramatique. Albin Michel, 1949-1953, 2 vol. in-8°, 344 et 384 pp, brochés, bon état

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Très intéressants mémoires de 1880 à 1945 par Henri-René Lenormand (1882-1951), célèbre dramaturge de la première moitié du XXe siècle aujourd'hui bien oublié. Pour explicable qu'il soit, l'oubli dans lequel est tombé Henry-René Lenormand paraît excessif. Après avoir été le centre de nombreux événements de théâtre dans l'entre-deux-guerres, après avoir eu pour metteurs en scène Gémier, Baty et surtout Pitoëff, Lenormand n'a plus été joué et doit se contenter maintenant de rapides mentions ou de quelques paragraphes de présentation dans des ouvrages généraux. Ses “Confessions” sont son chef-d'oeuvre, un document de premier ordre sur la sensibilité et les moeurs d'une époque. L'auteur évoque le monde du théâtre de 1906 à 1940 et ses acteurs, mais aussi ses amitiés littéraires, la prostitution, les entraineuses d'Ajaccio, la guerre et l'occupation, ses voyages dans toute l'Europe (y compris l'Espagne républicaine), en Tunisie, aux Etats-Unis et en URSS. Le premier tome resssucite le monde du théâtre et ses figures de 1900 à 1919 avec un rare talent : Firmin Gémier, les Pitoëff, Lugné-Pöe, François de Curel, Saint-Georges de Bouhélier, Maeterlinck, Paul Claudel, etc.

274.          LHANDE (Pierre). Le Christ dans la banlieue. Enquête sur la vie religieuse dans les milieux ouvriers de la banlieue de Paris. Plon, 1928, in-12, iv-279 pp, une carte dépliante hors texte, reliure demi-chagrin noir à coins, dos lisse avec titres dorés, décor doré et à froid, tête dorée, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état

            30

La personnalité du Père Lhande (1877-1957) est surtout connue pour son apostolat en milieu ouvrier dont des titres comme “Le Christ dans la banlieue” ou “La Croix sur les fortifs” témoignent fortement. De 1927 à 1934, le père jésuite sera égalementi le prédicateur le plus écouté de la radio et un véritable pionnier en matière de prédication radiophonique inventant un style parlé, voire des sermons dialogues avec ses auditeurs.

275.          LUNEL (Pierre). Sexe, mensonges et politique. Ces obsédés qui nous gouvernent. L'Archipel, 2012, in-8°, 309 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

À l'examen de leur vie privée, un constat s'impose : bien des politiques sont des séducteurs parfois plus fidèles à leurs promesses qu'à leur femme, quand bien même ils n'ont pas le profil d'un Casanova. Ainsi, Staline empestait la vodka, Mussolini était petit, Bokassa cruel, Berlusconi porte moumoute, Giscard n'en porte pas... Oui, mais tous ont un philtre d'amour irrésistible : le pouvoir, « aphrodisiaque absolu » selon Henry Kissinger.Tout le monde a son talon d'Achille. Le leur, c'est le sexe. Et leur devise tient en un seul mot : séduire. Pierre Lunel dresse le portrait sans concession de quelques-uns des modernes héritiers d'Henri IV (58 maîtresses avouées) et de Napoléon, « sportifs de haut niveau des délices d'alcôves », tel Arnold Schwarzenegger et ses soubrettes ou Bokassa et ses impératrices.Au fil des pages, on apprend que Mao s'était fait construire un lit immense pour y accueillir une dizaine de jeunes vierges, que François Mitterrand faisait volontiers « l'amour à la foule » ou que VGE se disait « amoureux de 17 millions de Françaises » !Ce livre raconte les obsessions et dévoile les secrets de ces tartuffes qui, de JFK à DSK, soumis à la loi de leur libido, n'en craignent pas moins le scandale lié à la révélation de leurs frasques...

276.          MARTY (Albert). Alerte au Monde. Cri d'alarme... et chant d'espoir. Nouvelles Editions Latines, 1962, pt in-8°, 155 pp, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

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Dans ce livre, Albert Marty rapporte les prophéties et commente les dernières prédictions. — Comment furent prédites les guerres de 1914 et 1939 ; Est-ce de Gaulle qu'ont annoncé Mme Royer et Marie-Julie ? ; Le Grand Monarque et le Grand Pape ; L'Orient contre l'Occident ; Sommes-nous proches du dénouement ? ; Appendices : I. Fatima et l'Histoire depuis 1917 ; II. L'URSS vue par Zacharie (l'abbé Fatacioli).

277.          MONIER (Frédéric). La Politique des plaintes : clientélisme et demandes sociales dans le Vaucluse d'Edouard Daladier (1890-1940). P., La Boutique de l'Histoire, 2007, gr. in-8°, 411 pp, 14 illustrations, sources et biblio, index, broché, bon état

            20

Les pratiques de recommandation et d'influence ont été tolérées et dénoncées tout au long de la IIIe République. Incompatibles avec le projet républicain d'égalité des chances, les services d'intérêt privé rendus par des élus à des Français ordinaires ont alimenté une légende noire. La République des camarades ou des comités, la République radicale aurait favorisé le clientélisme, la corruption et le passe-droit. Ce livre invite à renverser les perspectives et à aller plus loin que ces discours polémiques, du côté des élus, des fonctionnaires chargés de la gestion officieuse des plaintes, et surtout de la masse des solliciteurs, restée dans l'ombre. Qui demande quoi à son député, et pour quelles raisons ? Comment un élu intervient-il en faveur d'un tiers ? Quels soutiens politiques engagent les services espérés ? À partir de correspondances de parlementaires radicaux, croisées avec des sources multiples, ce livre montre comment les demandes sociales personnelles et les liens politiques se sont imbriqués, dans un département provençal – le Vaucluse – dominé, de 1924 à 1940, par la figure d'Édouard Daladier, homme politique de premier plan. Évoluant au rythme de la France radicale, les pratiques clientélistes se sont peu à peu démocratisées, avant de subir le contrecoup de la crise des années 1930. En dépit de la popularité nationale d'Edouard Daladier, un fossé s'est creusé entre ces attentes sociales, les expressions politiques et les choix du gouvernant. L'entrée dans la deuxième guerre mondiale a donné le coup de grâce à ces systèmes de pouvoir, avant le sabordage du régime. L'analyse localisée, appuyée sur des comparaisons avec des pays voisins – Espagne, Italie – explore la faillite des clientélismes libéraux, dans l'Europe méditerranéenne du premier XXe siècle. En France, cette faillite, plus tardive, est liée aux effets différés de la Grande Guerre, ainsi qu'à la conversion difficile de l'État, de l'assistance aux plus fragiles à l'assurance des ayants droit. Faisant du « piston » ordinaire un objet d'histoire, ce livre donne un coup de sonde dans l'épaisseur sociale de la représentation politique, en démocratie.

278.          NAEGELEN (Marcel-Edmond). Avant que meure le dernier... Plon, 1958, in-8°, xiv-228 pp, broché, état correct

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"Souvenirs d'un homme de la « génération des Anciens Combattants » : M.-E. N. évoque tour à tour son enfance alsacienne, Verdun, le 18 juin 1940, la Résistance, le socialisme, l'Algérie, etc. Il s'efforce de dire quelle fut la foi des hommes de son âge, quelle leçon il convient de tirer de leur expérience, « avant que meure le dernier... » (Revue française de science politique, 1959)

279.          NAEGELEN (Marcel-Edmond). L'Hexagonie. Essai fantaisiste d'histoire contemporaine. Presses du Mail, 1963, pt in-8°, 221 pp, broché, bon état, envoi a.s.

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"Sous des noms évocateurs, nous sont racontés les machinations qui ont abouti au gouvernement personnel, à la décolonisation et à l'Algérie indépendante." — Par Marcel-Edmond Naegelen, homme politique et écrivain (1892-1978). A partir de 1955, il s’engagea publiquement dans le camp de l’Algérie française. Lors de la crise de mai 1958, tout d’abord opposé au retour au pouvoir du général de Gaulle, il vota son investiture le 1-6-1958 et se prononça pour le « oui » au référendum. constitutionnel. Battu aux élections législatives de novembre 1958 dans les Basses-Alpes et atteint de la maladie de Parkinson, il se retira de la vie politique.

280.          NAEGELEN (Marcel-Edmond). Mission en Algérie. Flammarion, 1962, in-12, 314 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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L'auteur relate son expérience au poste de Gouverneur général de l'Algérie de 1948 à 1951, suivi de réflexions sur l'Algérie et la Cinquième République.

281.          NAEGELEN (Marcel-Edmond). Une route plus large que longue... Laffont, 1964, in-8°, 348 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. L'histoire que nous vivons), envoi a.s.

            25

L'ancien Gouverneur général de l'Algérie analyse le drame algérien. Les chemins de l'abandon. Les accords d'Evian. Le châtiment des Français d'Algérie. Ben Bella au pouvoir. Les Pieds-Noirs dans l'hexagone. Les conséquences pour l'Algérie, la France, l'Occident, la paix. — Marcel-Edmond Naegelen est fils d’Alsaciens émigrés de leur commune natale à Belfort, pour demeurer Français. En 1948, il abandonne durant plusieurs années une brillante carrière politique pour, sur la demande du gouvernement, dont il fait partie, tenter de redresser en Algérie une situation gravement compromise. Il apprend à aimer ce pays et ses habitants de toutes origines. Il conquiert leur confiance et quand il les quitte ce n’est pas sans avoir réclamé en vain les réformes nécessaires. Depuis, l’ancien Gouverneur général suit avec angoisse et déchirement le déroulement des événements en Algérie. En vain, il multiplie les avertissements et les appels. Son analyse des causes de la rébellion, de l’état moral et politique des Algériens, de la trop longue indifférence du peuple français, des raisons profondes de la capitulation devant le F.L.N., des conséquences redoutables qu’elle entraîne, est à la fois implacable et douloureuse. Les souffrances des Français d’Algérie, Pieds-Noirs et Musulmans, sont peintes avec émotion et vérité. L’origine alsacienne de M. E. Naegelen, son expérience algérienne lui ont fait vivre ce malheur et permis de la comprendre. Ce livre restera comme un document sincère et complet sur ce que l’on appelle « le drame algérien ».

282.          NOWORYTA (Joséphine). Chemin noir, chemin blanc. Récit d'une intégration. Editions Henry/Les Ecrits du Nord, 2007, in-8°, 349 pp, broché, couv. illustrée, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.

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"Joséphine Noworyta est d'origine polonaise. Jeune immigrée d'une famille ouvrière, elle a épousé en France un mineur de fond. Adulte et autodidacte, elle est devenue infirmière par son goût de l'étude et la force de sa vocation, avant de terminer sa carrière au rang de surveillante-chef du Centre Hospitalier de Lens. En écrivant ainsi le récit de ses joies et de ses peines, l'auteur se livre en exemple. Elle va plus loin que la plupart d'entre nous pour nous donner à lire de quoi inspirer nos propres vies. En cette année de célébration de la polonité, elle affirme devant qui en douterait encore la chance que représentent pour un pays les vagues successives d'une immigration qui nourrit la terre qui les accueille." (Raphaël Lluch, Maire-adjoint de Noyelles-sous-Lens) — "Dans la région, un habitant sur huit est d’origine polonaise. Cette forte présence est l’héritière d’une succession de flux migratoires remontant surtout au début du 20e siècle. L’intégration des Polonais en France ne s’est jamais faite au détriment de leur culture et l’histoire des Polonais du bassin minier du Nord et du Pas de Calais tient une place notable dans le patrimoine français et européen." (Jean-Marie Krajewski, Vice-président du Conseil Général du Pas-de-Calais)

283.          OLIVIER (Fernande). Souvenirs intimes, écrits pour Picasso. Calmann-Lévy, 1988, in-8°, 253 pp, 4 pl. hors texte de photos et un fac-similé de lettre, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

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"Picasso aimait les jolies dames, il n'aimait pas qu'elles écrivent sur lui. Qui ne se souvient du « scandale » à propos du livre de Françoise Gilot « Vivre avec Picasso » ? (Calmann-Lévy, 1965). Les « Souvenirs intimes » de Fernande Olivier, qui ont trait à la grande pauvreté des débuts (1905-1912), n'ont pourtant rien d'explosif mais on raconte qu'à une époque où elle songea à publier certains textes, Pablo, déjà célèbre, lui offrit une forte somme pour qu'elle ne le fit pas Avec la publication des confidences de « la première compagne » célébrée dans les toiles, justice est rendue à la belle Fernande, aussi belle que la Sarah des affiches de Mucha. Toute jeune, Fernande commença à tenir un journal auquel elle confiait le récit de sa triste vie de gamine, abandonnée à une tante acariâtre, puis mariée à une brute imbécile qui la rendit frigide et qu'elle fuit un jour pour se retrouver à Paris, chez les peintres et les scultpeurs de Montparnasse, où elle devint modèle. Ce témoignage, que dominent une absolue innocence et un désir de croquer la vie à belles dents, constitue un portrait, extraordinaire dans sa simplicité, de la condition féminine misérable de ce début de siècle. Avec acuité, sans céder à la lamentation, elle raconte sa vie dans les ateliers, ses amants, les aventures du Bateau-Lavoir et de ses passagers fous, dressant de jolis portraits de Pablo-le-jaloux, obsédé par le travail, d'Apollinaire, de Frédé, le patron du Lapin agile, de Gertrude Stein à qui elle écrit sa passion et sa rupture en quatre lettres inédites. On se prend à rêver qu'avec un peu moins d'innocence, moins de piété sans doute envers ce grand amour de génie, Fernande-la-pure aurait pu devenir un réel écrivain." (Marie Chaix, Le Nouvel Observateur, 1988)

284.          OPPENHEIMER (J. Robert). La Science et le bon sens. Gallimard, 1955, in-12, 196 pp, traduit de l’anglais (“Science and the Common Understanding”), broché, bon état

            20

Cet ouvrage de J. Robert Oppenheimer est composé d'une série de conférences faites en 1953 par le grand savant atomiste américain au micro de la BBC. Le propos en était le suivant : élucider ce qu'il y a de pertinent, de salutaire et d'exaltant pour les hommes dans les récents progrès de la physique atomique. Le problème est à la fois très vaste et très simple : c'est celui du conflit ou de la conciliation des idées générales, sur lesquelles vit l'humanité depuis des millénaires, avec les vérités découvertes par la science depuis Descartes et Newton. J. R. Oppenheimer a fait ici ce dont peu de savants ont été capables : il a transcendé les problèmes scientifiques les plus ardus et les a convertis en problèmes humains.

285.          Opus Dei – ARTIGUES (Daniel). L'Opus Dei en Espagne, Son évolution politique et idéologique. 1 : 1928-1957. P., Ruedo Iberico, 1968, gr. in-8°, 172 pp, biblio, index, broché, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état

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Daniel Artigues est le pseudonyme de Jean Bécarud (1925-2014). Le tome 2 n'est jamais paru. — "Une étude originale consacrée à un mouvement qui s'apparente sur certains points à une franc-maçonnerie religieuse, et qui a profondément marqué la vie politique, économique et culturelle de l'Espagne depuis 1939. Le présent volume, traitant de la période qui prend fin en 1957, porte essentiellement sur la genèse et sur l'idéologie de l'Opus Dei. La qualité de l'information présentée dans ce premier volume conduit à souhaiter la publication rapide du suivant, qui doit traiter de la période écoulée depuis le remaniement ministériel de 1957 et la « venue au pouvoir » de l'Opus Dei." (Revue française de science politique, 1969)

286.          Opus Dei – MEDINA (Javier). Alvaro del Portillo, un homme fidèle. Bois Colombes, Le Laurier, 2014, gr. in-8°, 591 pp, traduit de l'espagnol, 16 pl. de photos en noir et en couleurs hors texte, 3 dessins, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état

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Cet ouvrage se propose, à partir de très nombreux témoignages, de décrire un homme qui, de son vivant, n'a jamais cherché à paraître ou à se mettre en avant. Il ne voulait qu'une chose : servir l'Opus Dei pour servir l'Eglise. Mgr Alvaro del Portillo (1914-1994) est né à Madrid. Il fut ordonné prêtre en 1944. En 1935, il entra dans l'Opus Dei. Peu de temps après, il devint le plus proche collaborateur de son fondateur, saint Josémaria Escriva de Balaguer, à qui il succéda en 1975.

287.          Opus Dei – PORTILLO (Alvaro del). Entretien sur le fondateur de l'Opus Dei, réalisé par Cesare Cavalleri. Bois Colombes, Le Laurier, 1993, in-8°, 285 pp, traduit de l'italien, chronologie, note bibliographique, broché, couv. illustrée, bon état

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288.          PÉRET (Benjamin) et G. MUNIS. Les Syndicats contre la Révolution. Préface de Jehan Mayoux. P., Eric Losfeld, Le Terrain vague, 1968, in-12, 96 pp, broché, bon état

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Les « syndicats contre la révolution » forment un tout composite constitué d’articles du plus radical des surréalistes, Benjamin Péret, parus dans “Le Libertaire”, en 1952, et d’un important envoi critique de Georges Munis écrit en 1960 après sa sortie de prison, en Espagne, où il avait été arrêté pour ses activités révolutionnaires clandestines. Le tout empruntant le titre d’un des articles de Péret.

289.          POUGET (Père Guillaume). Mélanges. Préface de Jacques Chevalier. Plon, 1957, in-12, xii-236 pp, broché, bon état

            25

Travaux philosophiques et théologiques, composés de 1914 à 1932 : Questions et réponses concernant la philosophie et la foi ; La vie de Dieu en nous ; Le surnaturel d'après la Bible ; Le sacrifice dans l'Eglise du Christ ; La rédemption du monde moral par le Christ. Selon Jacques Chevalier (préface, page xi) : "Le P. Pouget doit être lu comme on lit les Pères. C'est peu de dire qu'il renoue la tradition scripturaire et patristique : il se l'est incorporée, il la repense, il en vit, en homme ouvert à toutes les préoccupations et à toutes les acquisitions de notre âge, mais qui ne se laisse jamais distraire par elles de l'unique nécessaire, et qui, avec une hardiesse qu'autorise la sûreté de sa vision, remonte et plonge jusqu'aux sources vives de la pensée chrétienne."

290.          RAIN (Pierre). L'Europe de Versailles (1919-1939). Les traités de paix, leur application, leur mutilation. Payot, 1945, in-8°, 314 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

"Dans cet ouvrage, à peu près complètement écrit dès 1940, M. Rain est le premier historien qui ait tenté, en France, de retracer l'évolution des relations internationales entre 1919 et 1939. (...) C'est à l'Anschluss que M. Rain arrête son étude : « Le 11 mars 1938 annihile la victoire du 11 novembre 1918. » L'ouvrage est un guide commode, sérieux et sobre, qui n'est pas l'oeuvre d'un « partisan ». C'est un mérite qu'il n'est pas superflu de souligner." (Pierre Renouvin, Revue historique, 1947)

291.          ROUXEL (Roger). Le Monde des Postes, Télégraphes et Téléphones à la Belle Epoque. Marly-le-Roi, chez l'Auteur, 1987, in-8°, 174 pp, 41 illustrations et photos, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Origine des carrières et métiers des PTT.

292.          ROUXEL (Roger). Le Monde des PTT au cours des Années Folles, 1919-1927. Marly-le-Roi, chez l'Auteur, 1986, in-8°, 187 pp, 29 illustrations et photos, broché, couv. illustrée, bon état

            25

293.          SAINTENY (Jean). Histoire d'une paix manquée. Indochine 1945-1947. Fayard, 1967, in-8°, 295 pp, 15 pl. de photos et une carte hors texte, note des éditeurs à la seconde édition, avertissement et postface des éditeurs à la première édition, 16 annexes (dont la Déclaration d'Indépendance de la République du Viêt-Nam du 2 septembre 1945, l'Acte d'abdication de S.M. Bao-Daï du 25 août 1945, le Message du Prince Vinh Thuy [ex-Empereur Bao-Daï] à la France, le Rapport du général Leclerc du 27 mars 1946), broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines), envoi a.s.

            40

Seconde édition, revue et complétée (Première édition : Amiot-Dumont, 1953). "Nul n'ignore le rôle central qu'a eu Jean Sainteny lors des entretiens franco-vietnamiens de cette époque. L'ancien Commissaire de la République au "Tonkin" a attaché son nom à la politique de négociation, de recherche de solution pacifique avec le Viet Minh. Dans cet ouvrage, (...) Jean Sainteny fait un récit, non polémique, de l'échec de cette politique. L'état d'esprit de Ho Chi Minh, dont le portrait est très positif, est résumé par une formule qui lui est attribuée, au lendemain de l'accord du 6 mars: "Respecter les lois et les accords, tout en se préparant à tout événement imprévu" (p. 169). La dégradation sur le terrain, du printemps à l'automne, est décrite. Le bombardement français sur Haiphong est critiqué (...). Mais son jugement est tout aussi sévère sur les agissements du Viet Minh, le 19 décembre 1946. Ho Chi Minh, explique l'auteur, "semble être rentré dans le rang" (p. 215) alors que le poids de Giap croît. C'est cette victoire des durs du Viet Minh qui expliquerait les événements de Hanoï." (Ruscio, La guerre "francaise" d'Indochine, 1945-54). — "... L'ancien commissaire de la République française au Tonkin montre notamment comment l'anticolonialisme des Américains fut en 1945 le principal appui des communistes indochinois." (Revue française de science politique, 1968)

294.          SARTORI (Jean). De Chautemps à Daudet. Bandit d'honneur : vingt ans dans le maquis parisien. P., Editions de l'Empire français, 1941, pt in-4°, 448 pp, une photo de l'auteur en frontispice hors texte, texte sur 2 colonnes, nombreuses illustrations, caricatures et fac-similés, broché, couv. illustrée, bon état

            80

Souvenirs polémiques de Jean-Mathieu Sartori, né en 1882, qui règle ses comptes avec à peu près tout le monde et plus particulièrement avec l'Action Française. Jean Sartori était le directeur de “La Bonne Guerre”, « tribune libre, politique et financière », qualifiée par Paul Jankowski (Cette vilaine affaire Stavisky, p. 250-252) de « misérable feuille à scandales adressée à quatre ou cinq mille parlementaires, magistrats et financiers ». Sartori tenta de faire chanter Stavisky au printemps 1933, puis concluera par la suite, selon Fred Kupferman : « quand nous publions avec un an d'avance le dossier complet de l'affaire Stavisky, c'est du chantage. Quand la grande presse se décide à en parler, c'est de l'information. »

295.          TARDIEU (André). L'Epreuve du pouvoir. Flammarion, 1931, in-12, 282 pp, broché, état correct

            15

"Lorsque Tardieu accéda au pouvoir, en novembre 1929, c'est la « génération du feu » qui se saisit des responsabilités. Au pouvoir, Tardieu a voulu réaliser deux objectifs : 1) dépasser les divisions de gauche et de droite et réaliser l'union des Français, ou, plus exactement, l'union nationale contre les tenants du marxisme ; 2) transformer l'Etat parlementaire, déchiré par les rivalités de partis et de personnes, en Etat fort, défendant l'idée que l'Etat démocratique doit être un Etat fort. Laissons de côté le danger que présente une telle définition, pour constater, qu'en réalité, ce grand bourgeois conservateur se proposait seulement d'équilibrer les pouvoirs en renforçant l'autorité de l'exécutif par le droit effectif de dissolution et le retrait de l'initiative des dépenses au législatif. Les élections de 1932 marquèrent l'échec de sa tentative, échec dans lequel le parti radical-socialiste joua un rôle déterminant..." (Ph. Machefer, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1973)

296.          THOMAS (Hugh). La Guerre d'Espagne. Laffont, 1964, fort gr. in-8°, 697 pp, traduit de l'anglais, 24 pl. de photos hors texte, 34 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Voici le premier ouvrage publié à ce jour qui puisse valablement s'intituler « Histoire de la guerre d'Espagne ». Hugh Thomas était un enfant quand, le 17 juillet 1936, le premier coup de feu de la guerre civile éclata au-dessus de l'Espagne. Vingt ans après, c'est en historien – l'historien qu'ont fait de lui Cambrigde et la Sorbonne – et non en partisan que Hugh Thomas entreprend les longues recherches qui, en quatre années, lui ont permis de mener à bien ce livre dont la presse anglaise et la presse américaine unanimes ont vanté l'exactitude, l'honnêteté et l'objectivité. Fondé sur la documentation la plus sûre, puisée aux sources des deux camps et de toutes les nations qui se trouvèrent mêlées au conflit, La Guerre d'Espagne est cependant plus qu'une « étude ». C'est un livre vivant, animé, passionnant, qui fait réellement « participer » son lecteur à cette guerre qui demeure la plus grande aventure politique et morale de notre temps.

297.          TURPIN (Frédéric). André Diethelm, 1896-1954. De Georges Mandel à Charles de Gaulle. Les Indes savantes, 2004, gr. in-8°, 277 pp, préface de George-Henri Soutou, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            19

Parmi les plus proches collaborateurs du général de Gaulle à Londres, André Diethelm est à ce jour resté dans l'ombre ; sa mort prématurée n'a guère favorisé l'engouement historiographique que d'autres connaissent encore. Et pourtant cet ardent patriote d'origine alsacienne (1896-1954) fut un acteur privilégié de son temps. Normalien, combattant de la Grande guerre, inspecteur des finances en mission à Belgrade et en Indochine, directeur des services financiers des usines Renault puis directeur de cabinet de Georges Mandel, il rejoint en 1941 la France libre. A Londres, à Alger puis à Paris, il occupe successivement différents commissariats nationaux, en particulier celui de l'Intérieur où il rencontre plusieurs fois Jean Moulin. Proche collaborateur du général de Gaulle, il officie en 1944-1945 à la tête du ministère de la Guerre. Ce gaulliste historique poursuit sous la IVe République une carrière politique et parlementaire dans les rangs du RPF. Président du groupe gaulliste au Palais du Luxembourg, puis au Palais Bourbon, il milite sans relâche pour le retour au pouvoir du général de Gaulle. Fruit de plusieurs années de recherche, cette biographie a notamment bénéficié de l'utilisation des archives du général de Gaulle ainsi que de témoignages et papiers personnels inédits.

298.          VALETTE (Michel). De Verdun à Cayenne : Robert Porchet (1891-1964). Les Indes savantes, 2011, in-8°, 443-(6) pp, préface d'Albert Jacquard, illustré par l'auteur, qq documents en fac-similé, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            16

D'après un manuscrit authentique de Robert Porchet, l'histoire vraie d'un Français ordinaire qui n’a pu supporter les exactions de la guerre de 14, qui raconte ce qu’il a vécu, comment il a déserté, comment il a été condamné au bagne et ce qu’il a pu constater et subir dans les bagnes de Thouars et de Guyane... Son observation des débordements des gardes chiourmes, sa dénonciation de la politique d’extermination lente des condamnés, ses récits documentés qui se recoupent avec d’autres documents comme ceux d’Albert Londres par exemple, font de ce livre un témoignage qui a valeur de document.

299.          VAN (Marcel). Autobiographie. Saint-Paul Editions religieuses, 2005, gr. in-8°, 450 pp, préface de Mgr F.-X. Nguyen Van Thuan, repères chronologiques, généalogie, broché, couv. illustrée, bon état (Oeuvres complètes, 1)

            20

Ecrits autobiographiques de Marcel Van (1928-1959), élève spirituel de Thérèse de Lisieux. Van renoncera au sacerdoce et entrera comme frère rédemptoriste au monastère de Hanoï. Alliant une grande sensibilité à une audace folle, celle d'un "saint", il brûle sa vie dans le silence, avec comme toile de fond des bouleversements politiques jusqu'à sa mort dans un camp du Nord-Vietnam.

300.          VERMEIL (Edmond). L'Allemagne. Essai d'explication. Gallimard, 1945, in-8°, 458 pp, biblio, broché, bords de la couv. renforcés avec du scotch, bon état. Achevé d'imprimer du 28 novembre 1945

            20

"Ce livre venait d'être publié et quelques exemplaires dédicacés avaient déjà atteint ceux à qui ils étaient destinés quand est survenue la défaite de la France. Après l'avoir interdit, les autorités d'occupation ont détruit les volumes qui se trouvaient chez l'éditeur ou en librairie. Mais par un juste retour des choses, l'ouvrage va paraître à nouveau en terre française (...) J'ai cru pouvoir tenter ici une synthèse dans laquelle se résument presque quarante années de réflexions et de travaux sur l'Allemagne. Il fallait toutefois la rendre actuelle pour l'instant de sa réimpression. Je me suis contenté d'y introduire quelques changements de détail et quelques aperçus sur le mouvement philosophique ou littéraire de 1815 à nos jours, d'ajouter au chapitre neuvième un paragraphe sur la guerre présente et de modifier la dernière partie de la conclusion..." (E. V., Préface à la réimpression, automne 1944)

1ère GUERRE MONDIALE

 

301.          ASHMEAD-BARTLETT (E.). La vérité sur les Dardanelles. Payot, 1929, in-8°, 362 pp, traduit de l'anglais, 17 photos et 3 cartes hors texte, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            40

"Voilà un titre qui promet beaucoup et l'on peut dire sans flatterie que le texte tient ce que le titre promet. Envoyé spécial de la presse de Londres aux Dardanelles, l'auteur a beaucoup vu. Journaliste de guerre expérimenté, ayant pris part à toutes les guerres balkaniques, il a beaucoup compris. Soumis à la censure officielle il n'a, pendant la campagne elle-même, pas pu dire grand'chose. Dès le début cependant, il n'a pas caché son opinion sur la conception fautive et la direction maladroite de l'entreprise. Cela à tel point qu'à fin septembre 1915, l'état-major du corps expéditionnaire le renvoya du jour au lendemain en Angleterre. Les événements ne tardèrent d'ailleurs pas à lui donner raison. Un mois à peine après son départ, le général Jan Hamilton était relevé de son commandement ; son successeur le général Munro, télégraphiait à Kitchener : « Je conseille l'évacuation de la presqu'île. » L'orgueil anglais se rebiffa quelque temps contre cette humiliation. Il fallut, pour forcer la décision, l'ouragan qui, à fin novembre, dévasta les plages et rendit les tranchées intenables. Le 7 décembre, l'ordre d'évacuation fut donné ; le 8 janvier 1916, le dernier soldat anglais quittait le cap Helles. Aujourd'hui, Ashmead-Bartlett raconte sans ambages ce qu'il a vu et dit ce qu'il a prévu. Son livre est un document historique du plus haut intérêt." (Revue militaire suisse, 1929)

302.          BLOND (Georges). La Marne. Presses de la Cité, 1962, in-8°, 309 pp, 24 pl. de photos hors texte, une carte en couleurs sur les gardes, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            20

A l’enthousiasme qui a soulevé les Français après la déclaration de guerre dans les premiers jours d’août 1914 succède la stupeur : le mois n’est pas fini que nos troupes reculent partout, de la Somme aux Vosges. L’Etat-major français, obsédé par une tactique d’offensive inconditionnelle et de charges à l’arme blanche, a été totalement surpris par la puissancé du feu allemand. Un million de soldats en pantalons rouges. battent en retraite, en ordre, parcourant parfois soixante kilomètres sans manger ni dormir. Au milieu du désastre, le généralissime Joffre reste impavide, mais limoge vingt généraux. Les Allemands ont en ligne plus de treize cent mille hommes. Ils sont déjà au bord de la Marne, le gouvernement a fui à Bordeaux. Le 3 septembre, le général Galliéni, qui a reçu l’ordre de défendre Paris « à outrance » apprend que l’armée de von Kluck, placée à l’extrême droite du dispositif allemand, vient d’infléchir sa course vers l’Est au lieu de poursuivre l’enveloppement de la gauche française. L’ennemi offre son flanc. Sur l’insistance de Galliéni, le généralissime donne l’ordre le 6 septembre de stopper la retraite et de contre-attaquer. L’opération réussira grâce au courage extraordinaire des soldats pourtant épuisés, sous-alimentés, intoxiqués de fatigue. A pied, à cheval, en taxis parisiens réquisitionnés – les fameux Taxis de la Marne – les effectifs sont dirigés vers le secteur crucial de la contre-attaque. Georges Blond a reconstitué l’énorme bataille (plus de deux millions de combattants en action) avec précision et avec un impressionnant talent d’évocation.

303.          BOUTEFEU (Roger). Les Camarades. Soldats français et allemands au combat, 1914-1918. Fayard, 1966, in-8°, 459 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Pour rédiger son livre, Roger Boutefeu avait organisé avec de nombreux journaux de province un concours qui lui a fourni 425 témoignages. "Une juxtaposition de témoignages recueillis par l'auteur, constituant par la suite une source du travail d'Antoine Prost sur les anciens combattants." (Alexandre Lafon)

304.          BOUTET (Marjolaine) et Philippe NIVET. La bataille de la Somme. L'hécatombe oubliée, 1er juillet-18 novembre 1916. Tallandier, 2016, in-8°, 269 pp, 9 illustrations et photos, 3 cartes, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            15

1er juillet 1916. 400.000 Britanniques et 200.000 Français se lancent à l'assaut de 50.000 Allemands retranchés sur la Somme, de Gommecourt au nord à Fouquescourt au sud. Le bilan est effroyable. 57.470 Britanniques sont mis hors de combat – dont près de 20.000 perdent la vie – pour gagner 7,8 km2, soit 2,5 morts et 49 blessés par mètre carré. C'est le jour le plus meurtrier de l'histoire du Royaume-Uni. La percée du front, espérée depuis fin 1914 et défendue par Joffre, semble à portée de main. Mais les lignes allemandes résistent au bombardement de plus de 3 millions d'obus et aux multiples assauts. Plus britannique que française du fait de Verdun, la bataille se terminera, cinq mois plus tard, le 18 novembre, sans victoire décisive. Philippe Nivet et Marjolaine Boutet soulignent la dimension industrielle de cette bataille, où artillerie, mitrailleuses, aviation, tanks ont joué un rôle déterminant et ont profondément affecté les soldats de toutes nationalités. Ils montrent également que l'arrière-front n'est pas épargné par les combats, et que les souffrances endurées ont été terribles. Enfin, ils interrogent la place particulière de la bataille dans les mémoires nationales (française, britannique et allemande) depuis un siècle. La bataille de la Somme totalisera plus d'un million de victimes, soit plus que la bataille de Verdun. Pourtant, cette hécatombe, si présente dans la mémoire anglo-saxonne, a été largement oubliée en France.

305.          BUCHAN (John). La bataille de la Somme. P., Edinburgh, New York, Londres, Thomas Nelson & Sons, s.d. (1917), in-12, 102 pp, 30 pl. de photos hors texte, 2 cartes, dont une sur double page, une carte dépliante en 2 couleurs hors texte, broché, qqs soulignures crayon, bon état

            25

306.          BUGNET (Charles). Messimy et les premiers jours de la guerre (juillet 1914 - 26 août 1914). dans La Revue universelle, 15 juillet 1935, gr. in-8°, 28 pp, broché, 1er plat déchiré en coin, sinon bon état

            12

On trouve dans le même numéro un article de Marthe Oulié sur Haïti : “Là où fut Saint-Domingue. Survivances françaises en Haïti” (14 pp), des “Souvenirs sur le roi Louis-Philippe” de Pelet de La Lozère (14 pp), etc.

307.          CARR (Lt. William Guy). A la grâce de Dieu ! Les sous-marins anglais dans la guerre mondiale. Payot, 1931, in-8°, 230 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de photos hors texte, reliure demi-percaline noire, dos lisse avec titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre)

            35

Le rôle des sous-marins anglais pendant la Première Guerre mondiale. William Guy Carr nous emmène à bord des sous-marins de Sa gracieuse Majesté principalement en Méditerranée orientale et dans la Mer Baltique. Le rôle d'arme anti-sous-marine est également mis en avant.

308.          Collectif. En guerre. Du 5 au 7 août. 4e, 5e et 6e jours de la mobilisation. La bataille de Liège. Escarmouches en Lorraine. Premières prises navales. Berger-Levrault, 1914, in-12, 80 pp, broché, couv. piquée avec pt mque au 2e plat, bon état (Coll. Pages d'histoire)

            15

Réunion de documents officiels, télégrammes d'agences, récits de journaux sur les premiers jours de la guerre.

309.          CONQUET (Colonel). La bataille de Caporetto dans les cadre des opérations sur le front italien. Une surprise tactique et stratégique. Plon, 1936, in-8°, 318 pp, préface du maréchal Pétain, 18 croquis (dont 5 sur 2 dépliants in fine), biblio, broché, couv. défraîchie, soulignures crayon, état correct

            30

"Le colonel Conquet, actuellement en stage au centre des hautes études militaires, publie chez Plon une étude remarquable sur la bataille de Caporetto. Ce serait lui faire injure de voir dans son livre un geste discourtois à l'égard de l'armée italienne. Il aurait pu aussi bien traiter dans le même esprit du désastre de mars 1918 sur le front anglais ou de celui du 27 mai au Chemin des Dames. Comme ce livre embrasse l'événement sous ses multiples aspects, que les éléments politiques, stratégiques, tactiques, moraux de l'action s'y trouvent dégagés d'un main sûre, le lecteur a le sentiment que la synthèse se trame sous ses yeux." (Le Figaro, 1937)

310.          DANILOV (Youri). La Russie dans la Guerre mondiale, 1914-1917. Payot, 1927, in-8°, 558 pp, préface du Maréchal Foch, 12 cartes dépliantes hors texte, reliure demi-percaline noire, dos lisse avec titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            80

Par l'Intendant en chef de l’armée tsariste. Première édition russe en 1924 (à Berlin). « Ce livre représente avant tout un volume de mémoires. Il ne prétend pas au titre de travail historique et cela pour deux raisons. D’une part, j’ai été trop intimement mêlé personnellement aux évènements ; de l’autre, je n’avais pas à ma disposition, en écrivant, les sources qui doivent nécessairement servir de base à tout ouvrage historique. Néanmoins, j’ai consacré beaucoup de temps et d’efforts à documenter mon travail aussi solidement que possible. J’ai consulté de nombreuses pièces dans les archives existant à Paris ; j’ai soigneusement étudié la littérature, pauvre il est vrai, qui concerne la guerre sur le front russe ; j’ai aussi profité des renseignements qui m’ont été aimablement fournis ainsi que des récits de quelques personnes ayant participé aux évènements passés. » (avant-propos de l’édition russe)

311.          DOCTEUR (Amiral). Carnet de bord, 1914-1919. P., La Nouvelle Société d'Edition, 1932, in-12, 252 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

            25

Le journal de bord d'un officier de marine, affecté pendant toute la guerre en Méditerranée (Adriatique, Syrie, Grèce, Dardanelles) comme sous-chef d'état-major de la 1ère Armée navale puis comme commandant d'un cuirassé. Capitaine de frégate en 1912, Jules Théophile Docteur (1868-1966) appartenait en 1914 à l'état-major de la 1ère Armée navale, à bord du “Courbet”. Capitaine de vaisseau en 1916, il commanda le cuirassé “Démocratie” en 1917. Contre-amiral en 1922, vice-amiral en 1926. — Table : La préparation à la guerre ; L'aventure du “Goeben” ; Le blocus de l'Adriatique ; La hantise des sous-marins ; Sur les côtes de Syrie ; L'imbroglio des affaires grecques ; Entre Adriatique et Dardanelles ; L'armistice ; Dans la mer Noire ; Smyrne convoitée.

312.          FARRÈRE (Claude). Quatorze histoires de soldats. Flammarion, 1916, in-12, 303 pp, jolie reliure demi-chagrin noir, dos lisse orné en long, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Edition originale sur papier courant

            35

"On se souvient du grand succès qu'avait obtenu, à la veille de la guerre, le beau livre que Claude Farrère avait publié alors sous ce titre : Dix-sept histoires de marins. Claude Farrère vient de donner en librairie une œuvre nouvelle : Quatorze histoires de soldats. C'est un livre admirable. Bien qu'il contienne, comme son titre l'annonce, quatorze histoires séparées, le nouveau livre, le nouveau chef-d'œuvre de Claude Farrère est vraiment, à proprement parler, un roman. C'est le roman des soldats. Toute l'âme des soldats, vibrante, chevaleresque, héroïque, y est chantée par un de leurs frères, qui est aussi un conteur merveilleux, et un merveilleux poète." (L'Editeur)

313.          GALLIÉNI (Joseph). Mémoires du général Galliéni. Défense de Paris, 25 août–11 septembre 1914. Payot, 1920, in-8°, 269 pp, 4 photos hors texte, 8 fac-similés d'autographes et d'affiches, 7 cartes dépliantes hors texte, reliure demi-basane noire, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos frotté, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre)

            50

Le 11 novembre 1918, lors de la séance solennelle à la chambre des députés, Georges Clemenceau déclara : "Sans Galliéni, la victoire eut été impossible". Retiré du service actif du fait de la limite d'âge, le général Galliéni, rappelé le 1er août 1914, est nommé gouverneur militaire de Paris le 26 août 1914. Alors que le premier mois du conflit est désastreux pour les armées françaises, il prit, pour protéger la capitale menacée du renouvellement du scénario de 1870, une initiative hardie en déclenchant les combats de l'Ourcq et en n'hésitant pas à dégarnir le camp retranché dont il avait la garde pour se porter sur les flancs de l'ennemi. La postérité n'a retenu que l'épisode des Taxis de la Marne ! En fait, la dislocation de la 1ère armée allemande mit un terme au succès du plan Schlieffen : Paris était sauvé. Ce récit, entièrement de la main du général Galliéni, retrace clairement la part prise dans les événements de septembre 1914 par le gouverneur militaire de Paris et constitue un témoignage irréfutable de ces journées dramatiques de "la bataille de la Marne". — « Ah ! ces Mémoires de Galliéni, quelle page d'histoire ! Quel modèle ! Livre digne de Tacite, par la briéveté comme par la force. » (Victor Margueritte)

314.          GRAF (H., capitaine de frégate de la marine impériale russe). La Marine russe dans la guerre et dans la révolution, 1914-1918. Payot, 1928, in-8°, 426 pp, traduction de A. Thomazi, capitaine de vaisseau de réserve. Suivie d'une liste de la marine russe de 1914 à 1918, dressée par le lieutenant Serge Terestchenko, ancien maître-de-quart du destroyer “Jarky”, 20 photos sur 8 planches et une grande carte dépliante hors texte, reliure demi-percaline noire, dos lisse avec titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            50

"La marine russe est celle dont le rôle dans la Grande Guerre est le moins connu, car le gouvernement des Soviets n'a pas jugé utile de publier les documents officiels dont il disposait. Aussi n'avons-nous sur ce sujet que des relations incomplètes, écrites surtout avec des souvenirs personnels, tels que “La Marine russe dans la guerre et dans la révolution”, de Graf..." (A. Thomazi, Le Figaro)

315.          JOCHIM (Colonel Th.). Les Opérations et les arrières de la 1ère Armée allemande pendant la Bataille de la Marne en 1914. Payot, 1935, in-8°, 269 pp, préface et traduction du colonel L. Koeltz, 18 croquis dans le texte, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale). Peu courant

            50

"Nul n'étais plus qualifié que le colonel Jochim pour traiter cette question, puisque ce fut lui qui dirigea, au jour le jour, les mouvements de tous les organes de ravitaillement de la 1ère armée, aussi bien ceux des étapes que ceux des unités du front..." (Préface)

316.          KRIEGEL (Annie) et Jean-Jacques BECKER. 1914, la guerre et le mouvement ouvrier français. Armand Colin, 1964, in-12, 243 pp, 211 illustrations, repères chronologiques, repères biographiques, biblio, broché, bon état (Coll. Kiosque. Les faits, la presse, l'opinion)

            20

"Issu de la vaste enquête entreprise par A. Kriegel sur les origines du communisme français, ce petit livre éclaire l'attitude de la S.F.I.O. et de la C.G.T. dans les semaines qui ont précédé la guerre de 1914 et montre tout l'intérêt que présenterait une étude d'ensemble sur la diffusion des thèmes patriotiques, voire nationalistes, dans les milieux ouvriers. A signaler une longue et importante annexe sur l'état des forces ouvrières en 1914 (effectifs, composition des instances dirigeantes, publications, textes de résolutions, etc.)." (Revue française de science politique, 1966)

317.          LARROUY (Maurice). Les Vagabonds de la Gloire. II. Trois étapes. Plon, 1926, in-12, ii-303 pp, broché, bon état

            25

Deuxième volume seul (sur 3) : L'Armée d'Orient. L'Aviation maritime. L'Italie. — Originellement publié sous le pseudonyme de René Milan en 1917, ces souvenirs de guerre sur les opérations des Dardanelles seront réédités sous son vrai nom après 1918. — "Sous le titre de “Trois Etapes”, la librairie Plon-Nourrit publie la deuxième série des “Vagabonds de la Gloire”, par René Milan. Après nous avoir fait connaître, dans son premier volume, l'effort persévérant et la fatigue de la marine de guerre, l'auteur nous conduit à travers quelques-unes des étapes singulières de sa carrière errante. Rattaché désormais à l'aviation maritime, il nous décrit le travail de celle-ci, la veille contre les sous-marins, la protection des navires et des côtes. Mais ses yeux avertis ne dédaignent aucun des spectacles voisins : l'armée serbe, l'armée d'Orient, les aspects divers de la Grèce, les traversées en temps de guerre, la France et l'Italie au printemps 1916. Cette observation toujours en éveil est servie par une langue où le bonheur d'expression s'unit à la sincérité et à une clarté que la variété des récits rehausse particulièrement. Ce sont là qualités bien françaises, et, parmi les nombreux volumes qu'aura suscités cette guerre, aucun ne surpasse “Trois Étapes” pour faire comprendre au public de France et du monde entier ce mélange de courage calme et de lucidité qui distingue notre patrie entre tous les champions de la victoire." (La Nouvelle revue, 1917)

318.          LICHNOWSKY (Karl Max von). Le Mémoire du prince Lichnowsky. Texte complet et commentaires. Payot, 1918, in-8°, 125 pp, traduit de l'allemand, paginé de 908 à 1032, reliure demi-basane mordorée, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état (Coll. Les Etudes de la Guerre, cahiers 11 et 12, publiés sous la direction de René Puaux)

            60

"Le mémoire du prince Lichnowsky porte comme titre : Ma mission à Londres, 1912-1914. C'est en effet au sujet de son activité comme ambassadeur d'Allemagne à Londres, de 1912 à 1914, que le prince a cru nécessaire, vis-à-vis de ses enfants comme de ses amis, de fournir des explications. Lorsque la guerre fut déclarée et qu'il revint en Allemagne le prince fut violemment attaqué. On l'accusait de n'avoir pas prévenu le gouvernement que l'Angleterre se rangerait aux côtés de la France, on lui reprochait de n'avoir pas été assez habile pour empêcher cette intervention de l'Angleterre. C'est à ces accusations que le mémoire répond. Il est d'une importance considérable, car c'est un Allemand, et des plus qualifiés, qui porte en cassation le jugement que le peuple allemand s'était laissé imposer par son gouvernement au sujet de l'Angleterre. La culpabilité de l'Allemagne apparaît avec une lumineuse évidence. Tout ce que les historiens de l'Entente avaient  jusqu'ici écrit, en se basant sur l'étude critique des faits, est entièrement confirmé par l'un de ceux qui étaient le plus à même de savoir la réalité." (René Puaux)

319.          LUDENDORFF (Général Erich). Documents du G.Q.G. allemand sur le rôle qu'il a joué de 1916 à 1918, publiés par Erich Ludendorff. Tome II. Payot, 1922, in-8°, xiv-459 pp, préface et traduction du chef de bataillon d'Infanterie Delestraint, reliure demi-percaline noire, dos lisse avec titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            30

Tome 2 seul (sur 2). — "Après avoir prononcé sa propre apologie sous forme de “Souvenirs de guerre”, Ludendorff a tenu à publier un recueil de pièces justificatives. Le tome I de ce recueil intéressait surtout l'organisation intérieure de l'Allemagne. Le tome II est consacré plutôt aux questions de politique extérieure. Les documents publiés se rapportent : 1) à la création du royaume de Pologne ; 2) à la guerre sous-marine et l'offre de paix de l'Allemagne ; 3) à la tentative de paix séparée de la maison de Bourbon-Parme ; 4) à la chute de Bethmann-Hollweg et la résolution de paix de juillet 1917 ; 5) à la proposition de paix du pape et au coup de sonde anglais en vue de la paix en août et septembre 1917 ; 6) à l'armistice avec la Russie (15 décembre 1917) ; 7) au premier semestre 1918 ; 8) aux négociations de paix (août-novembre 1918) ; 9) aux buts de guerre des « États ennemis ». Le choix des documents est aussi tendancieux que possible : il s'agit avant tout de démontrer que Ludendorff a été d'une clairvoyance infaillible et qu'il ne porte en rien la responsabilité du désastre final. La démonstration d'ailleurs n'est nullement probante. Il reste que les documents publiés sont de la plus grande importance pour l'histoire de la politique de guerre allemande : que ne sommes-nous aussi bien renseignés sur l'histoire de la politique de guerre française !" (Jules Isaac, Revue historique, 1923)

320.          MOREAU (Laurent). A bord du cuirassé “Gaulois”. (Dardanelles-Salonique, 1915-1916). Payot, 1930, in-8°, 175 pp, 28 photos de l'auteur hors texte, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            35

Le journal de bord d'un marin embarqué sur le cuirassé “Gaulois” pour la campagne des détroits turcs dans les Dardanelles du 1er février au 25 mars 1915 et dans l'imbroglio de Salonique qui voit le réembarquement des troupes française et britanniques en fin d'année 1915. L'auteur, né en 1882, était le médecin-major du “Gaulois” : « A su faire profiter les blessés de ses connaissances chirurgicales supérieures. A soigné les survivants du “Bouvet” déposés à bord, avec le plus grand dévouement. Par les mesures intelligentes qu'il avait prises avant le combat, a paré, malgré la faiblesse de ses moyens, aux plus graves inconvénients. A dirigé l'évacuation des blessés et des malades avec ordre et méthode, lorsque le bâtiment s'enfonçant au point de faire croire qu'il allait couler, le commandant donna l'ordre d'embarquer la 1ère bordée. » Chevalier de la Légion d'Honneur et Croix de Guerre, l'auteur sera ensuite chef du service d'électrothérapie de l'Hôpital maritime Sainte-Anne à Toulon.

321.          PERRIER (Edmond). France et Allemagne. Payot et Cie, 1915, in-12, 325 pp, broché, bon état

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"Prenant la race prussienne à ses débuts, l'auteur étudie les progrès de la philosophie de nos ennemis, « philosophie de roman », qui aboutit à l'affirmation d'un rêve d'hégémonie mondiale, et retarde l'avènement des principes et méthodes vraiment scientifiques. La conséquence en est une mentalité régressive et barbare. Parallèlement, il décrit l'évolution de la mentalité française, qui est l'aspiration inverse vers la fraternité des peuples. La science, instrument de domination pour l'Allemagne, est pour la France un instrument de civilisation, destiné à réaliser la paix universelle dans la liberté." (Jean Vic, La Littérature de guerre. Manuel méthodique et critique, 1918)

322.          RAUZIER (Ives). 14-18... Correspondance d'un territorial meusien, Emile-Augustin Lefèvre (1876-1917), soldat au 44e Territorial, 9e Compagnie. Chez l'auteur, 2016, in-8°, 576 pp, 157 photographies et fac-similés, broché, couv. illustrée, bon état

            27

Le 25 avril 1917, Emile Augustin Lefèvre est mortellement touché par un éclat d’obus. Lorsque le conflit éclate en août 1914, Emile est tailleur d’habits et demeure, avec sa famille, à Etain dans la Meuse. Il rejoint le 44e Régiment Territorial alors que son épouse Lucienne, sa belle-mère, ses enfants Roger et Simone doivent évacuer la ville devant l’avancée allemande. Comme tous les soldats mobilisés, Emile va correspondre, presque quotidiennement, avec sa famille. Cartes-lettres, cartes postales de franchise militaire ou non, lettres, tout est bon pour donner signe de vie et préserver le lien avec les siens. Avec cet ouvrage, nous partageons la vie quotidienne d’un soldat territorial.

323.          RENOUVIN (Pierre). La Crise européenne et la Grande Guerre (1904-1918). Félix Alcan, 1939, fort in-8°, vii-649 pp, deuxième édition, revue et augmentée, biblio, index, reliure pleine percaline crème de l'éditeur, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

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"Un ouvrage dont l'éloge n'est plus à faire. Historiens et étudiants apprécieront que les facteurs militaires, diplomatiques, économiques et sociaux, qui 'influencèrent le cours des événements de 1904 à 1919, soient présentes ici avec la clarté qui distingue le professeur et le souci des nuances qui révèle le spécialiste parfaitement informé." (Revue française de science politique)

324.          REPINGTON (Lieut.-Colonel Charles à Court). La Première Guerre mondiale (1914-1918). Notes et souvenirs traduits par B. Mayra et le Lt-Colonel de Foulongue. Payot, 1922-1924, 2 vol. in-8°, 711 et 641 pp, reliures demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres avec dorure effacée (rel. de l'époque), étiq. de bibl, bon état

            60

Charles à Court Repington (1858-1925), ancien officier de l'armée britannique, était le correspondant de guerre du “Times” pendant la Grande Guerre. — "... Il est juste de reconnaître que les volumineux mémoires du colonel Repington abondent en détails curieux et surtout nous font bien connaître l'état d'esprit qui régnait pendant la guerre dans les milieux britanniques influents, milieux politiques, militaires ou mondains. On notera particulièrement leur hostilité tenace contre l'expédition de Salonique, hostilité partagée par le colonel Repington ; ne déclare-t-il pas d'un ton solennel (en mai 1916) « avoir averti Briand que l'histoire se montrerait sévère à son égard si nous avions le malheur de perdre la guerre en Occident, alors que nous laissions un quart de million d'hommes inactifs en Grèce et en Macédoine... » ? Le colonel Repington a fréquenté aussi le G. Q. G. français : il relate d'intéressants entretiens qu'il eut en avril 1917 – en pleine crise du commandement – avec Painlevé, Nivelle, Foch et Pétain." (Jules Isaac, Revue historique, 1923) — "Le second volume des souvenirs du lieutenant-colonel Repington concerne les événements qui se sont déroulés du mois d'avril 1917 à la signature du traité de Versailles. A sa lecture, on peut se rendre compte du rôle joué par son auteur au cours de la guerre. Critique militaire du “Times” puis du “Morning Post”, le colonel Repington circule constamment entre Paris et Londres, est reçu par tous les Anglais de marque et, chez nous, par tous nos grands chefs militaires, nos diplomates et nos hommes politiques. Et, comme il note au jour le jour les conversations qu'il a eues avec ces diverses personnalités, son journal apporte à l'histoire de cette période une très précieuse contribution. Une des questions qui, dès 1917, préoccupe au plus haut point le colonel Repington, est celle du commandement unique. (...) Les anecdotes abondant dans cet intéressant ouvrage..." (Revue militaire française, 1924) — "Les hommes que peint le lieutenant-colonel Repington ne sont ni bien grands, ni bien beaux ; ce sont des hommes qui font leurs affaires et aussi brassent celles du monde. Exemple terrible et un peu décevant pour ceux qui allaient se battre pendant que ces messieurs étaient censés les diriger pour le bien de l'humanité et la victoire du droit." (L'Action Française)

325.          RIMBAULT (Capitaine Paul). Propos d’un marmité, 1915-1917. P., L. Fournier, 1920, pt in-8°, 238 pp, broché, couv. lég. salie avec une déchirure angulaire au 1er plat, envoi a.s. Peu courant

            30

Dans les taillis de l'Argonne. Fille-Morte, Côte 285, Sarralié (juillet 1915 - juillet 1916) ; Des Eparges au Chemin des Dames (octobre 1916 - juillet 1917) ; Voyage autour de la Guerre. —  "Ce volume se compose de deux oeuvres distinctes : un journal de 74 pages (p. 17 à 97) et des jugements et réflexions de 123 pages (p. 101 à 238). Le journal, dans ce volume, est très irrégulier : assez court, il s'étend sur une période de deux ans qu'un séjour de six mois à l'hôpital divise en deux parties : du 25 juillet au 26 septembre 1915 et du 23 mars 1916 au 1er juillet 1917. La majeure partie du volume est consacrée aux réflexions, datées d'entre le 6 avril 1916 et juillet 1917. L'auteur n'a pas publié son oeuvre avant l'armistice car la censure aurait effacé les passages les plus intéressants." (Norton Cru)

326.          ROUQUEROL (Général J.). La guerre en Argonne. La Harazée. Le Four de Paris. Varennes. La Chalade. Le Bois de la Gruerie. La Fille Morte. Payot, 1937, in-8°, 198 pp, 4 croquis, reliure demi-percaline noire, dos lisse avec titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            80

"Cette étude d'un épisode particulièrement important de la guerre est certainement une des meilleures monographies qui aient été publiées. Quoique rédigée bien des années après les événements, elle a le grand mérite d'être très exacte, appuyée sur une documentation solide, bien contrôlée, consultée avec prudence et mise en oeuvre avec talent. Les faits sont présentés avec méthode et clarté, judicieusement expliqués, intelligemment commentés. L'auteur est un artilleur très au courant de la technique de son arme et de l'art militaire. Son livre sera lu avec facilité par les gens du monde, avec profit par les historiens. Quand les fronts se sont stabilisés de la Suisse à la mer du Nord, ils ont été coupés par la forêt d'Argonne, large de deux à trois lieues, et dans laquelle on ne pouvait prolonger les lignes de tranchées parce que les occupants de ces lignes n'auraient eu aucune vue en avant d'eux. Il aurait fallu, pour en établir qui fussent utiles, abattre ou détruire les arbres et déblayer le terrain. Force était donc pour les deux partis de lutter pour la possession de la forêt, de façon à pouvoir s'y installer en toute sécurité et à relier les lignes dont elle interrompait la continuité. La lutte dura quinze mois et coûta la vie, d'après les données recueillies par le général R., à quelque 200.000 hommes (pour un front de 10 à 12 kilomètres !) On y a employé un materiel considérable. On y a eu recours à des engins nouveaux, à des moyens inédits, qui ont fait ainsi leurs débuts. On y a fait appel à des procédés tombés en désuétude. L'étude de tout ce matériel, de sa création, de ses effets, de son emploi, est faite avec sobrieté, mais aussi complétement qu'il est nécessaire pour qu'on se rende compte du rôle qu'il a joué. Mais l'étude du personnel intéressera sans doute davantage, et celle des doctrines, et aussi I'historique de la préparation à la guerre qu'elles étaient destinées à faire. L'insuffisance de certains chefs, les erreurs de certains autres, la façon dont le commandement a été exercé, sont l'objet d'appréciations souvent sévères, mais toujours motivées et toujours exprimées avec mesure. Des croquis très simples, mais suffisants, servent à éclairer un texte dont on ne saurait trop faire l'éloge..." (E. Mayer, Revue d'histoire moderne, 1938)

327.          SAVOYE (André). Guerre et après-guerre en banlieue nord parisienne, 1914-1922. Editions Soteca, 2010, in-8°, 413 pp, préface de Jacques Frémeaux, postface de Olivier Forcade, 11 photos dans le texte, 6 cartes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Vivre dans la guerre)

            20

Ouvrage issu de thèse. — Quand éclate la Grande Guerre, le nord du département de la Seine, épargné par les opérations militaires, participe néanmoins par le biais des réquisitions, à l'effort consacré à la défense de la France. Cette banlieue ne connaît guère le feu qu'à travers les raids aériens allemands et les explosions qui se produisent dans les dépôts de munitions. Les premières conséquences de la guerre sont les mouvements de populations qui l'affectent dès l'origine et tout au long du conflit, et notamment le flot incessant des réfugiés qui fuient devant l'armée allemande. Touchée par le manque et la cherté des denrées alimentaires et du combustible, elle a pu, et notamment grâce à la politique interventionniste de ses élus, passer, non sans quelques privations, ce cap difficile, mais ceci au prix d'un endettement des communes. Cependant, le conflit est pour la banlieue nord et nord-ouest de Paris, une période de plein emploi qui contraste avec la situation d'après-guerre. L'essor de l'industrie a procuré du travail aux anciens résidants comme aux nouveaux arrivants, mais néanmoins, en raison de la hausse vertigineuse du coût de la vie, les dernières années de la guerre voient se développer des mouvements sociaux importants ainsi qu'une progression des idées socialistes, dans un environnement matériel et moral dégradé.

328.          SIMS (Contre-amiral William Sowden). La Victoire sur mer. Le rôle de la marine américaine pendant la guerre. Payot, 1925, in-8°, 378 pp, traduit de l'anglais par H. Le Masson, avec une préface de M. G. Lacour-Gayet, 4 cartes hors texte, reliure demi-percaline noire, dos lisse avec titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            40

Le livre du contre-amiral Sims, qui commandait en chef pendant la guerre les forces navales américaines, s'intitule La victoire sur mer : le rôle de la marine américaine pendant la guerre. C'est, en réalité, de la lutte contre les sous-marins qu'il s'agit, à peu près uniquement. L'auteur montre quels moyens ont été mis en oeuvre ; il explique la méthode du convoi ; décrit les procédés adoptés pour la destruction des sous-marins : bateaux-pièges, barrages de mines, grenades. L'exposé s'adresse au grand public : il est alerte et vivant, appuyé par des exemples et par des anecdotes. Naturellement, l'amiral Sims a le légitime souci de mettre en relief le rôle joué par la marine américaine dans cette lutte difficile ; mais, en réalité, l'activité de ses propres navires est inséparable de celle des navires anglais et français ; c'est seulement pour l'escorte des transports de troupes américaines à travers l'Atlantique que les marins américains ont eu un rôle prépondérant. Au point de vue de l'histoire générale, c'est le récit de la mission de l'amiral Sims à Londres, en avril 1917, qui retiendra surtout l'attention du lecteur : les entretiens de l'amiral avec les grands chefs anglais lui dévoilent tout à coup l'ampleur des destructions de tonnage et l'étendue du péril que fait courir à la cause des alliés la guerre sous-marine. L'auteur nous dit son angoisse. Il n'est pas possible de le taxer d'exagération, lorsqu'on a lu les indications précises que donnent, dans « l'Histoire officielle de la guerre » rédigée sous les auspices du gouvernement anglais, les volumes relatifs à la marine marchande. (Pierre Renouvin, Revue historique, 1927)

329.          SMITH (Thomas F. A.). L'âme allemande jugée par un Anglais. Belin Frères, 1917, in-12, 392 pp, traduit de l'anglais, préface d'Emile Boutroux, broché, couv. défraîchie, état correct

            25

"C'est un Anglais, un Anglais qui a vécu douze ans en Allemagne, qui a vu et qui a réfléchi, qui nous donne aujourd'hui son opinion sur l'âme allemande, sur la fameuse Kultur, sur le militarisme prussien et sur cette universelle immoralité dont il cite de si curieux exemples." (La Nouvelle revue, 1917) — "L'auteur a vécu pendant douze ans en pays d'outre-Rhin ; il a été professeur à l'Université d'Erlangen. Il est rentré en Angleterre au moment de la déclaration de guerre, et a été révoqué par ses supérieurs allemands trois mois après. Il expose de façon méthodique ses souvenirs et observations sur la famille allemande, les écoles, les universités, la religion, l'armée, etc. Appréciant du point de vue anglais, il témoigne d'une vive antipathie pour l'Allemagne, ses institutions et ses habitants." (Jean Vic, La Littérature de guerre. Manuel méthodique et critique, 1923)

330.          THOMAS (Lowell). Le Diable de la mer. Aventures du comte Félix de Luckner, commandant du Seeadler. Payot, 1932, in-8°, 314 pp, traduit de l'anglais, broché, haut du dos en partie factice, C. de bibl, état correct (Collection de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            25

En 1917, le comte Félix de Luckner connut son heure de gloire dans le Pacifique sud à bord du trois-mâts allemand le Seeadler. Ce grand voilier en fer, paisible en apparence, était en réalité un vaisseau corsaire bien armé de 1700 tonneaux. Le Seeadler avait quitté l'Allemagne en décembre 1916, avec pour mission d’attaquer, de piller et de couler le maximum de cargos alliés à travers le monde. Sous le camouflage d’un inoffensif navire de commerce, il adoptait, selon les circonstances, l’apparence d’un navire britannique ou américain afin de mieux tromper ses proies, pouvoir les approcher sans risque et ne se dévoiler qu'au moment fatidique.

331.          THOMAZI (Auguste). La Guerre navale dans la zone des armées du Nord. Payot, 1925, in-8°, 263 pp, préface du vice-amiral Ronarc'h, 5 cartes et croquis hors texte, index, broché, état correct (La Marine française dans la Grande Guerre, I)

            30

"L'auteur, écrivain maritime distingué, était chef d'état-major de l'amiral Ronarc'h. Son livre est, en même temps qu'une page d'histoire, un récit vécu. Tous les épisodes relatés, depuis le départ de l'amiral Rouyer avec sa division de l'Atlantique, jusqu'à l'embouteillage d'Ostende, concourent aux mêmes buts : protéger le va-et-vient des troupes et du matériel entre les Iles Britanniques et la France, empêcher les sous-marins ennemis de franchir le Pas-de-Calais, établir une liaison entre le front terrestre et le front maritime en cette zone vitale de notre action. « Quel était, en effet, le principal rôle de la marine aux environs du Pas-de-Calais ? Avant tout, d'assurer le passage, à travers le détroit, des troupes britanniques qui venaient combattre en France, de leur matériel et des approvisionnements destinés aux armées alliées et à la population française. Or, plus de six millions d'hommes ont fait la traversée sans qu'un seul fût perdu à la mer ; plus d'un million de blessés ou de malades ont été ramenés en Angleterre. En outre, cent cinquante mille navires marchands ont passé aux Dunes. Si le mot de « maîtrise de la mer » a un sens, on ne saurait mieux l'appliquer qu'à cette région, la plus importante de toutes par l'intensité de son trafic. Ces résultats décisifs ont été obtenus grâce à l'étroite solidarité des forces franco-anglaises ». – Pour se faire une idée de la guerre navale, il faut lire le récit attachant du commandant Thomazi." (L. M., Revue du Nord, 1925)

332.          TIRPITZ (Alfred von). Mémoires du Grand-Amiral von Tirpitz, ministre de la Marine allemande (1897-1916). Payot, 1922, in-8°, 609 pp, broché, dos lég. abîmé, bon état, bande conservée (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale). On joint une coupure de presse de l'époque

            40

"L'amiral von Tirpitz méritait de voir ses Mémoires publiés dans la collection Payot. Ils dépassent, par leur envergure et leur abondance d'information, la période de guerre. Homme politique et grand chef de la marine allemande durant plus de vingt ans, Tirpitz a joué un rôle prépondérant dans la vie politique de l'Empire. On en trouvera les détails dans son volume, plein d'aveux précis et de mordantes révélations." (Revue des études historiques, 1922)

333.          TYL (Marie). Journal de guerre. Cherbourg 1914-1919. Rassemblé, présenté et annoté par Patrick Manificat. Les Indes savantes, 2015, gr. in-8°, 400 pp, 6 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L'auteur a tenu tout au long de sa vie un journal intime dont la partie concernant la Première Guerre mondiale est transcrite dans le présent ouvrage. C'est un témoignage particulièrement intéressant sur « l'arrière » car l'auteur vit à Cherbourg ; veuve d'un officier, elle reçoit chez elle de nombreux militaires, et a une connaissance de l'intérieur des évènements, des mentalités, du moral des troupes et des opérations, particulièrement dans la Marine. Autant dire que le « bourrage de crâne » n'a pas prise ici... Royaliste convaincue et farouche adversaire de la République, Marie Tyl n'en est pas moins profondément patriote, et ses convictions politiques confrontées à la Grande Guerre sont un autre centre d'intérêt de l'ouvrage. La précision de ses observations et ses commentaires toujours pertinents sont un autre point fort de ce Journal.

334.          WITSCHETZKY (F., capitaine de corvette). Le Navire noir. Le croiseur auxiliaire “Wolf”, 1916-1918. Payot, 1929, in-8°, 249 pp, traduit de l'allemand, 19 photos hors texte, broché, dos lég. abîmé, sinon bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            30

Le croiseur auxiliaire allemand “Wolf” partit faire la guerre de course après avoir forcé le blocus en 1916-1918. Le récit de ce périple, qui, des glaces islandaises, descend au Cap pour gagner la mer des Indes, (Revue militaire française, 1930)

335.          WOOLLARD (Claude). Les Flottilles de Harwich, 1914-1918, sous les ordres du Commodore Tyrwhitt. Payot, 1932, in-8°, 219 pp, traduit de l'anglais, préface du duc de Montrose, 2 cartes, reliure demi-percaline noire à coins, dos lisse avec titres, fleuron et filets dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            30

Les flottilles de Harwich avaient le rôle d'avant-postes navals et étaient chargées de surveiller les côtes allemandes. Le premier coup de canon des forces navales britannique fut tiré par un de leurs destroyers le 5 août 1914.

2ème GUERRE MONDIALE

 

336.          AGAWA (Hiroyuki). Yamamoto : amiral de la Marine impériale, chef de guerre malgré lui. France-Empire, 1982, in-8°, 437 pp, 8 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

"L'amiral Yamamoto fut l'un des plus prestigieux chefs militaires du Japon durant la seconde guerre mondiale. Il élabora et conduisit l'attaque sur Pearl Harbor. L'auteur nous le présente sous l'aspect d'un guerrier réaliste, convaincu de la défaite à long terme de son pays mais patriote à l'extrême, répondant avec une fidélité absolue à l'appel du devoir." (Lectures n° 12, mars-avril 1983)

337.          AZÉMA (Jean-Pierre) et François BÉDARIDA (dir.). 1938-1948. Les années de tourmente, de Munich à Prague. Dictionnaire critique. Flammarion, 1995, fort pt in-4°, 1137 pp, 40 planches hors texte d'illustrations en noir et en couleurs, 9 cartes, chronologie, liste alphabétique des articles, des auteurs, des illustrations, des cartes, index, reliure toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            70

1938-1948. Les années de tourmente cumulent sur le mode paroxystique les conflits d'un siècle pourtant riche en violences. De la "drôle de paix" à la guerre froide, à travers le choc des Etats et des économies, l'affrontement des idéologies s'expose dans toute sa nudité et sa brutalité : Fascisme, communisme et démocratie se livrent une lutte à mort. 1938 voit s'effondrer, au milieu des prodromes d'une nouvelle guerre, dans une atmosphère de veillée d'armes, l'ordre établi par les vainqueurs de 1914-1918. Sous les coups de la crise générale des années 30 – marquées par la débâcle économique, le fracas des idéologies totalitaires et l'exaltation de la force – de grandes turbulences, parties d'Europe, secouent bientôt la planète entière. Dorénavant, les armes sont appelées à trancher le destin du monde. Au seuil des années 40, il s'en faut de peu que disparaissent la liberté et les droits de l'homme. Ce n'est qu'après des années d'épreuves sanglantes et incertaines que les fascismes seront emportés dans la tourmente de la défaite et la honte des crimes découverts. L'année 1948 symbolise la glaciation de l'univers né de la Seconde Guerre mondiale, tout en consacrant la rivalité des deux Grands et l'installation dans la guerre froide. Tandis que la décolonisation progresse spectaculairement en Asie, avec les balbutiements de ce qui va devenir le tiers-monde, ce nouvel ordre va durer près d'un demi-siècle, jusqu'à la chute du système communiste. Ce dictionnaire critique a pour ambition d'embrasser la période charnière et fondatrice qui clôt le premier XXe siècle et ouvre le second. De Munich à Yalta, de l'ère des Empires à la décolonisation, du temps des crises à l'aube des Trente Glorieuses, de l'horreur d'Auschwitz à la bombe d'Hiroshima. Cet ouvrage regroupe 105 essais dus à des historiens de renom et ordonnés en six chapitres : La Violence et la guerre, Economies et idéologies, Géopolitiques, Acteurs, Lieux, événements et enfin Controverses et enjeux de mémoire. Bénéficiant de l'historiographie et de la recherche les plus récentes, remettant en perspective les interprétations, il propose au lecteur un regard novateur et réfléchi sur cette décennie et offre une vision originale et globale d'une époque dramatique dont notre présent est issu.

338.          BACQUE (James). Morts pour raisons diverses. Enquête sur le traitement des prisonniers de guerre allemands dans les camps américains et français à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sand, 1990, in-8°, 320 pp, traduit de l'anglais, 2 cartes, qqs documents, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            35

Printemps 1945. On sait aujourd'hui que les lois internationales qui protégeaient les prisonniers allemands dans les camps américains et français n'ont pas été respectées. Et que plusieurs centaines de milliers d'entre eux sont morts en quelques mois. Comment ? Dans quelles conditions ? C'est le sujet de ce livre...

339.          BÉCAMPS (Pierre). Libération de Bordeaux. Hachette, 1974, gr. in-8°, 221 pp, préface de Jacques Chaban-Delmas, 8 pl. de photos hors texte, 3 cartes, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. La Libération de la France)

            25

340.          BEKKER (Cajus). Mer maudite. Journal de guerre de la marine allemande. Traduction de G. Lévy. France-Empire, 1975, pt in-8°, 541 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

A partir des journaux de bord, des archives de la Kriegsmarine et avec le concours de centaines de marins de tous grades qui lui ont communiqué leurs souvenirs, Cajus Bekker a entrepris d'écrire l'histoire de la marine allemande pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ainsi éclate une vérité : les Allemands ont perdu cette guerre essentiellement sur mer...

341.          BERTAUX (Pierre). Libération de Toulouse et de sa région. Haute-Garonne, Ariège, Gers, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne. Hachette, 1973, gr. in-8°, 270 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. La Libération de la France)

            25

Pierre Bertaux était commissaire de la République à Toulouse après la Libération. Universitaire, spécialiste de Hölderlin, il sera aussi directeur général de la Sûreté ; dans l'affaire des Bijoux de la Bégum, on l'accusa de protéger le truand Leca, son compagnon au camp de Mauzac en 42-43. — "... En 1944, Jean Cassou fut désigné par le gouvernement provisoire de la République, qui siégeait à Alger, pour assumer les fonctions de Commissaire de la République .c'est-à-dire de préfet régional dans la région qui, approximativement, forme aujourd'hui la région Midi-Pyrénées, et Pierre Bertaux, à qui on avait d'abord pensé pour ce poste fut désigné comme suppléant : il pensait n'avoir jamais à remplir une telle fonction. Le destin en décida autrement. Le 19 août 1944 au soir, en revenant d'une réunion où avaient été réglées les dernières dispositions relatives à la mise en place des autorités nouvelles, la voiture de Jean Cassou est arrêtée par une ultime patrouille allemande ; Jean Cassou assommé à coup de crosse est laissé pour mort sur le pavé. Le 20 au matin, des camarades de Cassou, qui connaissaient la désignation de Bertaux vinrent le chercher : les derniers Allemands avaient quitté Toulouse, il devait s'installer à la Préfecture... Voilà comment Pierre Bertaux devînt commissaire de la République, et donc témoin capital de la libération de Toulouse. En fait Toulouse n'a pas été libérée, quoiqu'on en ait dit et écrit, par une action militaire quelconque des F.F.L., mais simplement évacuée par les troupes allemandes. Les problèmes qui se posaient à Bertaux n'étaient donc pas d'ordre militaire, comme il y en eut dans d'autres régions, mais politiques et économiques... Un livre passionnant, et qui se lit d'un trait." (Jacques Godechot, Annales du Midi, 1974)

342.          BOURDERON (Roger). Libération du Languedoc méditerranéen. Hachette, 1974, gr. in-8°, 283 pp, 8 pl. de photos hors texte, 2 cartes, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. La Libération de la France)

            25

343.          BRENNECKE (Jochen) et T. KRANCKE. Le raid de « L'Admiral Scheer ». France-Empire, 1978, pt in-8°, 375 pp, traduit de l'allemand, 12 pl. de photos hors texte, une carte et un croquis, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

L'histoire de l'épopée du croiseur lourd Admiral Scheer, racontée par son ancien commandant l'amiral Krancke et l'un de ses officiers, le lieutenant Brennecke. En 1939, la Kriegsmarine comptait trois croiseurs lourds de 10.000 tonnes, tonnage maximum que lui autorisait le traité de Versailles. Elle les avait armé de canons de 280 et équipés de moteurs Diesel ultra-modernes leur donnant un rayon d'action considérable : 19.000 milles. Le raid qu'effectua l'un d'eux, l'Admiral Scheer, en Atlantique et dans l'océan Indien, se jouant pendant six mois des forces adverses importantes mobilisées contre lui, est certainement l'un des exploits les plus étonnants de la Seconde Guerre mondiale. Parti de Gotenhafen le 23 octobre 1940, il débouchait en Antarctique par le détroit du Danemark entre le Gröenland et l'Islande et révélait sa présence en attaquent le 12 novembre un convoi de 38 navires, le HX-84. Semblant bénéficier d'une chance insolente, due pour une large part à l'habileté tactique de son commandant, le Scheer surgit à l'improviste dans une zone donnée, en disparaît après avoir remporté une série de succès, réapparaît loin de là, brouille les pistes des unités adverses lancées à sa poursuite, retrouve ponctuellement aux rendez-vous convenus son fidèle ravitailleur Normark, et d'autres raiders allemands : Thor, Kormoran, Pinguin, Atlantis, Komet, Orion, pousse le luxe jusqu'à effectuer à la mer la révision périodique de ses moteurs et à réparer ceux d'un sous-marin...

344.          BROGLIE (Marguerite de). Le Fou de sept heures. Monaco, Editions de l'Acanthe, 1958, pt in-8°, 234 pp, préface du Duc de Lévis Mirepoix, reliure demi-toile vermillon à la bradel, dos lisse, pièce de titre basane noire, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            35

Recueil de nouvelles par la Princesse Mathilde de Broglie, marquise de Lubersac (1883-1973), peintre (sous le nom de Béatrice Carebul, son nom de jeune fille) et poète. 8 textes sur 24 (pp. 143-234) forment les “Les Petites Histoires de la Grande Guerre” (qui pour l'auteur est la Seconde Guerre monsiale).

345.          BUISSON (Patrick). 1940-1945 Années érotiques. 1. Vichy ou les infortunes de la vertu. Albin Michel, 2008, gr. in-8°, 570 pp, 16 pl. de photos hors texte, notes, index, couv. illustrée, bon état

            20

« Travail, Famille, Patrie. » Lorsqu’on regarde la France occupée à travers le prisme de la sexualité, que reste-t-il de ce triptyque qui devait symboliser la « Révolution nationale » ? Des divergences entre la droite conservatrice et cléricale et le courant fasciste fasciné par le modèle allemand : l’ordre moral des premiers ne parvient pas à cohabiter avec l’ordre viril des seconds ; entre une France vaincue, humiliée et contrite, et le développement d’une sexualité de guerre marquée par le goût pour la fête, à Paris et à Vichy surtout. Couvrant aussi bien l’histoire politique, littéraire, cinématographique que la chanson, la mode ou les faits divers, Patrick Buisson révèle la face cachée de l’Occupation dans une enquête sans précédent, qui justifie une relecture vertigineuse de cette période.

346.          CHARLET (Gaston G.). Karawanken, le bagne dans la neige. Souvenirs et récits de déportation. Limoges, Rougerie, s.d. (1955), in-8°, 191 pp, frontispice de Jacques Lamy, broché, couv. lég. salie, bon état. Peu courant

            40

"Si les noms de Birkenau ou de Dachau sont maintenant tristement célèbres, il existe relativement peu d'ouvrages consacrés aux kommandos des camps. Les souvenirs des déportés se rapportent surtout à la vie dans les grandes « centrales » de mort, d'où partirent les troupeaux de main-d'oeuvre non qualifiée, paysans ou avocats, étudiants, prêtres ou médecins, journalistes ou poètes, pour aller travailler dans les usines secrètes ou creuser la montagne pour obéir aux impératifs de guerre du Grand Reich. C'est ainsi que Gaston Charlet quitta Mauthausen avec un groupe de bagnards pour aller creuser, dans le massif des Karawanken, un tunnel de 1700 mètres conduisant au col de Loibl-Pass, entre Autriche et Yougoslavie. L'intérêt de ses souvenirs, c'est de montrer de quelle manière le système concentrationnaire était appliqué dans toute sa rigueur, qu'il s'agisse d'un marché d'esclaves de cinquante mille hommes comme Mauthausen, ou d'un groupe de 400 déportés entassés dans deux baraques dans les neiges des Alpes : une poignée de S.S., un peloton de « personnel de maîtrise », ayant droit de vie et de mort sur le troupeau, maniant pelle et pioche au flanc des Alpes par un froid meurtrier, punis de vingt-cinq coups au moindre prétexte, soumis à toutes les fantaisies opératoire du médecin S.S. y compris la piqûre mortelle, à celles du dentiste venant extraire des dents « à la chaîne », et sans anesthésie, pour récupérer l'or. Parmi ce troupeau quelques hommes s'efforçaient de se souvenir qu'ils avaient été des hommes, de parler encore entre eux un langage d'hommes. Gaston Charlet insiste sur quelques « avantages » de leur situation : l'éloignement de la Centrale et les difficultés de transport incitent les S.S. à ne pas exterminer trop vite la main-d'oeuvre, rentable, si inexperte soit-elle puisque louée, comme la plus grande proportion de main-d'oeuvre concentrationnaire, à une firme civile. Le froid leur épargne aussi le typhus, tandis que la montagne et l'éloignement des grands centres permit la réussite de quelques évasions qui s'en allèrent grossir les rangs des partisans yougoslaves. Le caractère particulier de cet ouvrage, où se retrouvent toute la complexité de la vie concentrationnaire, toutes les modalités des tortures et de la mort, tous les aspects que peut prendre la volonté de « tenir », consiste dans la démonstration du caractère prémédité et presque scientifique du système, puisque dans un kommando de 400 hommes perdus dans les neiges se poursuit rigoureusement la politique d'exploitation totale et d'extermination des irrécupérables dont les grandes « Centrales » appliquent les normes sur une plus grande échelle. Ce livre représente aussi l'accomplissement d'une promesse faite par Gaston Charlet à ses camarades morts, qui voulaient que leur supplice prît aux yeux de ceux qui ne l'avaient pas subi valeur de signe et d'avertissement." (Olga Wormser, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1956) — "Au fur et à mesure que passent les années, il n'est pas sûr que les souvenirs de déportés ne gagnent pas en précision ; ils se dégagent mieux de l'épouvantable grisaille de leur vie quotidienne où s'imposaient à eux les impératifs, toujours recommencés, d'esquiver le coup de « gummi », de tromper la faim, d'éviter le travail exténuant, de « tenir » contre le froid, les poux, la solitude, la perte de la personnalité ; ils dégagent mieux les grandes lignes de ce que furent leur séjour et leur place dans le camp de concentration. Avec M. Charlet, nous pénétrons dans un kommando de quelques centaines d'hommes installés dans les Karawanken pour percer un tunnel doublant la voie stratégique du col de Loibl-Pass. Certes, les conditions de vie sont celles de tout le système : promiscuité, pouvoirs exorbitants des SS, conditions exténuantes de travail, mélange de peuples et de langues, brutalités des kapos. Mais le kommando présente aussi quelques caractères spécifiques : moindres risques de typhus, conditions de couchage un peu meilleures, disette moins redoutable. Par contre, il est impossible aux détenus de se perdre dans la foule de ces grandes villes qu'étaient Buchenwald ou Dachau ; de ce fait, trop connus de leurs geôliers, ils sont entièrement à leur merci ; par ailleurs, les postes sont rares dans l'administration interne et il est plus difficile aux déportés « politiques » de s'y introduire pour en contrôler les rouages à leur profit. La partie la plus intéressante peut-être de l'ouvrage de M. Charlet est celle où il expose de quel secours lui fut la poésie pour s'évader, par moments, de son enfer ; elle apportait l'oubli, le rappel de quelques valeurs irréductibles, et un apaisement temporaire, certes, mais bénéfique pour l'esprit et pour le corps ; elle permettait de « tenir » sur le grabat du Revier, elle provoquait des amitiés durables et comme une complicité clandestine, dont la portée dépassait de loin le simple échange de poèmes par des hommes de Lettres ; elle devenait le dernier refuge, inaccessible, de l'intelligence et du coeur. C'est un trait à noter, tout à fait caractéristique de la singulière société engendrée par le système concentrationnaire." (Henri Michel, Annales ESC, 1956)

347.          Corse. La Corse libérée. s.l. (Londres), s.d. (décembre 1943), pt in-12 (10,5 x 13), (26) pp, texte sur 2 colonnes, 28 photographies, broché, titre en noir entouré d'un cartouche bleu-blanc-rouge, 2e plat indiquant “Apporté par vos amis de la R.A.F.”, bon état

            25

Opuscule de propagande parachuté sur la France métropolitaine par la R.A.F.

348.          DEGRELLE (Léon). Feldpost. Erpe, De Krijger, 2007, in-8°, 176 pp, préface de Léon Degrelle datée "Front de l'Est, novembre 1943", 22 photos, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Réédition d'un ouvrage quelque peu mythique (car souvent cité) mais très méconnu. Il est pourtant de la propre main du chef de Rex, Léon Degrelle. On y trouve une série de lettres écrites sur le front et envoyées en Belgique, via la poste militaire (d'où le titre : Feldpost, poste de campagne). Ces missives ne sont certes pas innocentes. Dès le départ, Degrelle envisageait en effet la publication de ces écrits qui n'ont dès lors aucun caractère privé mais servent souvent de prétexte pour développer diverses idées politiques ou des conceptions typiquement « degrelliennes ». par contre, le scripteur n'a nullement cherché à idéaliser la vie du front et ces lettres complètent et confirment dès lors avec vigueur celles de ses camarades de combat qui, comme Degrelle, affrontèrent le froid glacial, l'ennui continuel tout en se heurtant aux actions des partisans soviétiques. Dès lors, la volonté de « politiser » ces lettres ne peut oblitérer les nombreuses informations militaires transparaissant à chaque ligne. Cet ouvrage donne donc une nouvelle vision de ce que fut la vie des « légionnaires wallons » tout au long du très rigoureux hiver 1941-1942... (4e de couverture)

349.          DEGRELLE (Léon). La Cohue de 40. Récit d'un effondrement. Avalon, 1991, pt in-8°, v-524 pp, 16 pl. de photos hors texte, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, pt trace de choc au 2e plat, bon état

            80

Cet ouvrage "de provenance étrangère" a été, à sa sortie, interdit de mise en vente, de diffusion et de circulation sur le territoire français. Elle a également été interdite en Belgique. Selon Degrelle, "le tirage en fut saisi et détruit en Suisse même." — "En une trentaine de chapitres, écrits avec la verve d'un redoutable polémiste, Léon Degrelle règle ses comptes avec tous ceux que la victoire allemande, à l'issue de la Blitzkrieg, incita avant lui à la collaboration. Il n'épargne personne, ni ses compatriotes flamands, qui se croient les vainqueurs d'une sorte de libération germanique, ni les financiers, ni les francs-maçons, ni les socialistes, ni les communistes, ni les catholiques, tous disposés à collaborer en 1940 avec l'occupant. A l'en croire, les trois quarts de la population belge, les anciens ministres (et futurs résistants) et même le roi Léopold III étaient prêts à jouer la carte allemande." (Henri Landemer)

350.          DELAGE (Franck). Oradour. Ville martyre. Mellottée, 1945, in-12, 115 pp, 17 planches de photos hors texte, 3 cartes et plans, 2 dessins, broché, papier lég. jauni, bon état

            25

351.          DUQUESNE (Jean). Les Catholiques français sous l'Occupation. Grasset, 1986, in-8°, 457 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Il faut d'abord louer l'auteur, journaliste catholique connu, d'avoir osé entreprendre une première synthèse sur ce difficile sujet. Le plan du livre est chronologique et ses quatre parties suivent naturellement l'évolution de l'opinion française en face du régime de Vichy : jusqu'au retour au pouvoir de Laval en avril 1942 et surtout jusqu'à l'occupation de la zone libre en novembre suivant, les deux premières parties traitent du contraste entre une adhésion de la majorité des catholiques, derrière la hiérarchie, et d'autre part, des pôles de résistance isolés, de la part des fidèles du général de Gaulle et des groupes de Lyon, Toulouse, des équipes de Combat et de Témoignage chrétien. Au fil du récit, les problèmes essentiels sont successivement abordés : position personnelle de Ph. Pétain en matière religieuse, assez indifférente, mais attraction immédiate de son programme de « révolution nationale » sur les catholiques, soutenus par un sursaut de vie religieuse collective, sous le coup de la défaite ; les déclarations significatives de l'épiscopat au cours des déplacements du Maréchal en province, ses négociations pour la modification du régime scolaire et des relations entre l'Église et l'État, sont analysées ; une politique « réaliste » est finalement définie, qui tient fermement à la légitimité du régime de Vichy, mais veut se garder de toute compromission avec les thèses et les excès du nazisme : le tournant se produit justement sur la mise en cause des mouvements de jeunesse et des syndicats chrétiens, et sur la persécution des Juifs, qui font l'objet des trois premiers chapitres de la troisième partie. Face à une orientation de plus en plus nette vers la résistance armée à partir de 1943, J. Duquesne insiste moins sur l'aide effective apportée par le clergé séculier et les religieux aux « requis » du Travail obligatoire et aux maquis, que sur l'ambiguïté et l'indécision des protestations officielles de la hiérarchie. Déjà abordés antérieurement, les efforts de renouvellement apostolique (naissance des prêtres-ouvriers), théologique et liturgique (l'année 1943, à Lyon notamment, et à Marseille), les regroupements des démocrates-chrétiens de la Résistance pour constituer un nouveau parti politique, tout cela fait l'objet d'une quatrième partie, intitulée : « l'Après- guerre se dessine ». La question de l'épuration dans l'Église est enfin abordée en guise de conclusion..." (Jacques Gadille, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1969)

352.          DURAND (Yves) et Robert VIVIER. Libération des Pays de Loire : Blésois, Orléanais, Touraine. Hachette, 1974, gr. in-8°, 271 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. à rabats (très lég. abîmée), bon état (Coll. La Libération de la France)

            25

"Un ouvrage remarquablement construit, probe, clair. L'analyse des faits, leur mise en place, la valeur des conclusions témoignent de la maltrise des auteurs." (Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1976)

353.          DURAND (Yves). La Captivité. Histoire des prisonniers de guerre français, 1939-1945. FNCPG-CTAM (Fédération Nationale des Combattants Prisonniers de Guerre et Combattants d'Algérie, Tunisie, Maroc), 1982, gr. in-8°, 542 pp, très nombreux documents et photos d'époque, 8 pl. hors texte en couleurs, une carte dépliante hors texte, biblio, tiré sur papier couché mat Berry, reliure pleine toile éditeur, titres et décors estampés or au 1er plat et au dos, gardes illustrées, sans la jaquette, bon état

            60

Un ouvrage de référence, extrêmement complet, sur les prisonniers de guerre français et la vie dans les camps durant la Seconde Guerre mondiale.

354.          EZQUERRA (Miguel). Berlin : la vie ou la mort. Regelem (Belgique), Veronika Editions, 2005, in-8°, 202 pp, traduction de “Berlin, a vida o muerte”, préface de Henri Mounine, 3 pp. de fac-similés in fine, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale en français, un des 1000 ex. numérotés

            25

Première traduction française de ce récit, paru en 1947 au Portugal, qui raconte les derniers combats dans Berlin des rescapés de la Division Azul, les volontaires espagnols enrôlés dans les Forces de l'Axe pour combattre le bolchevisme. Miguel Sanchez Ezquerra (1903 ?-1984) était un phalangiste espagnol, soldat et membre bénévole de la Waffen-SS. Il a combattu pendant la guerre civile espagnole, et la Seconde Guerre mondiale, dans un bataillon de la Division Azul.

355.          FAURE (Christian). Le Projet culturel de Vichy. Folklore et révolution nationale, 1940-1944. (Thèse). Lyon, Presses universitaires de Lyon ; P., Ed. du CNRS, 1989, gr. in-8°, 335 pp, préface de Pascal Ory, 16 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 83 illustrations et photos en noir dans le texte et hors texte, 4 cartes, sources, biblio, chronologie, broché, bon état

            45

"Folklore et Révolution nationale entretiennent un rapport étroit pendant le gouvernement de Vichy. Le folklore touche l'instruction, la jeunesse, l'agriculture, l'équipement, la propagande…, légitimé en cela par la science ethnologique. Son concept, étroitement imbriqué à celui du régionalisme, en appelle au système de représentation de tout un peuple et incite la société à rechercher son identité culturelle dans un espace clos où langues, savoir-faire, habitats, fêtes, arts populaires… en deviennent les signes majeurs. La communauté ethnique reconnue ici est le paysan et son corollaire l'artisan. L'affirmation d'une appartenance s'accompagne d'un programme de retour aux traditions, aux ancêtres, à la communauté, à travers la pureté de la race, et fait du folklore, par glissements successifs du jeu de la science, de la science à la reconstruction du visage de la France un modèle normatif, partie intégrante de l'idéologie vichyssoise. Le folklore comme forme et sens de la Révolution nationale livre, à travers ses apologies renouvelées du terroir, le racisme de l'ordre nouveau et la paix sociale, fondement de sa durée." ; "Le sous-titre du livre est plus éclairant que le titre : « Folklore et révolution nationale » est le vrai sujet. La politique folklorique n'a pas été « inventée » par le gouvernement de Vichy. Mais l'Etat français assure la consécration de cette politique et surtout en change profondément la finalité : le folklore sert désormais à véhiculer les idées de la Révolution nationale, il devient un instrument de propagande aux mains du pouvoir. Mouvements de jeunesse, enseignement, théâtre, cinéma, presse, radio, sont mobilisés au service d'une cause : combattre les. tendances, jugées néfastes, de la IIIe République et les remplacer par une idéologie enracinée dans les terroirs et la religion. Cette politique est menée surtout en zone Sud et durant les deux premières années du régime. C.F. montre bien que le retour de Laval « met fin à l'idéologie de la Révolution nationale, telle qu'en rêvait le Maréchal » (p. 270). L'auteur s'appuie sur une abondante bibliographie et des sources nombreuses : archives nationales, départementales, fonds du collège d'Occitanie, de la bibliothèque municipale de Toulouse, etc. L'ouvrage est remarquablement illustré : affiches, vignettes, cartes, images d'Epinal, parmi lesquelles on retrouve plusieurs œuvres du meilleur graveur français sur bois de son temps : Jean Chièze." (Revue française de science politique, 1989)

356.          FRY (Varian). La Liste noire. Plon, 1999, in-8°, 282 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, broché, une photo de Varian Fry en 1940 en couv., bon état

            25

Juin 1940 : l'effondrement militaire de la France laisse des milliers de réfugiés totalement à la merci des nazis. Mandaté par une organisation humanitaire, un jeune Américain de trente-trois ans, Varian Fry, diplômé de Harvard, débarque à Marseille. Sa mission : sauver des intellectuels et des artistes menacés par les nazis. Seul, sans moyens ni soutien, il va en treize mois aider quatre mille personnes et en sauver près de deux mille, parmi lesquelles Marc Chagall, Max Ernst, André Breton, Victor Serge, André Masson, Hannah Arendt. Abandonné par les autorités américaines, il sera expulsé en août 1941 par Vichy, sous l'accusation d' "avoir protégé des Juifs et des anti-nazis". Dans ce livre, publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1945 et resté inédit en France, Fry relate son aventure hors du commun. Un témoignage exceptionnel et bouleversant qui se lit comme un roman d'espionnage.

357.          GAMBIEZ (Général). Libération de la Corse. Hachette, 1973, gr. in-8°, 318 pp, 8 pl. de photos hors texte, 7 cartes, 9 croquis, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. La Libération de la France)

            30

"Dès octobre 1943, la Corse a eu le privilège, et aussi le mérite, d'être le premier département français libéré de l'occupation italienne et allemande. Le général Gambiez était, à cette époque, le commandant du « bataillon de choc » venu d'Alger à l'aide des patriotes insulaires. II est maintenant président de la Commission française d'Histoire militaire. Ses souvenirs, ses archives personnelles, celles du Service historique de l'Armée, ont fourni le meilleur des informations que nous offre cet ouvrage. (...) En avril 1944, les troupes françaises de Corse passaient sous l'autorité du général de Lattre. Ce livre souligne bien quelques-uns des enseignements qu'on put tirer de l'expérience corse : attitude des troupes italiennes placées devant la nécessité d'un choix ; efficacité d'une collaboration entre résistants et troupes régulières, qui augmentait les chances des Français de jouer au milieu des Alliés un rôle non négligeable. Mais un autre mérite essentiel de l'ouvrage est d'avoir, par son sérieux et son objectivité, rendu à l'histoire un épisode de la seconde guerre mondiale dont s'emparalt déjà la légende." (H. Chaubin, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1975)

358.          GRANDVAL (Gilbert) et A. Jean COLLIN. Libération de l'Est de la France. Hachette, 1974, gr. in-8°, 275 pp, préface de C. Hettier de Boislambert, 12 pl. de photos et documents hors texte, 3 cartes, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. La Libération de la France),

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"L'ouvrage porte la signature d'un acteur et d'un historien. Chef des F.F.I, de la région C depuis novembre 1943, M. Gilbert Grandval a cumulé ces fonctions avec celles de D.M.R. désigné par le G.F.L.N. avant d'être nommé, par le général de Gaulle, commandant militaire du 20e corps. Quant à A.-J. Collin, c'est un universitaire de souche lorraine, qui a participé tout jeune à la Résistance..." (Claude Lévy, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale)

359.          GUILLAUME (Paul). La Résistance en Sologne. Orléans, J. Loddé, 1946, in-8°, 251 pp, 17 cartes et fac-similés dans le texte, 28 photos et une carte dépliante hors texte, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

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360.          GUILLAUME (Paul). La Sologne au temps de l'héroïsme et de la trahison. Orléans, Imprimerie Nouvelle, 1950, in-8°, 392 pp, 96 pl. de photos hors texte, 38 cartes et illustrations dans le texte et à pleine page, documents consultés, broché, couv. illustrée, bon état

            80

La Sologne et la Résistance ; La Wehrmacht et la Résistance : Goliath et David ; Naissance et croissance du réseau « Adolphe » ; La mort du réseau « Prosper » ; La dispersion du réseau « Adolphe » ; Epilogue à l histoire du réseau « Adolphe » : « L affaire » ; Les étudiants, martyrs de la Résistance ; En 1944 le réseau Buckmaster renaît avec le sous-réseau « Antoine » ; Le maquis de Souesmes ; Le maquis de Saint-Viâtre et le maquis du Chêne ; FFI et FTP en Sologne ; La lutte dans les parages du Cher ; La guérilla en bordure de la Loire ; Les corps-francs « Vengeance » en Sologne ; Le maquis de Sologne-Loiret ; La colonne Leye à travers la Sologne ; La libération de la Sologne ; Après la libération de la Sologne. — Ouvrage extrêmement documenté et passionnant.

361.          GUILLAUME (Paul). Les Martyrs de la Résistance en Sologne. Orléans, J. Loddé, s.d. (1945), pt in-8°, 31 pp, introduction d'André Mars, préface du général Delmas, 7 photos sur 2 planches hors texte, broché, bon état. Peu courant

            25

362.          GUIRAL (Pierre). Libération de Marseille. Hachette, 1974, gr. in-8°, 222 pp, préface de Gaston Defferre, 8 pl. de photos hors texte, 3 carte, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. La Libération de la France). On joint un menu de l'association "Rhin et Danube" pour le 25e anniversaire de la libération de Marseille

            30

363.          HOSTACHE (René). De Gaulle 1944. Victoire de la légitimité. Plon, 1978, in-8°, 222 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Espoir)

            25

"R. H. cherche ici à décrire et à démonter les mécanismes qui ont permis au général de Gaulle de prendre le pouvoir en août 1944. Ces divers rouages étaient situés à la fois à Alger et en métropole. Les deux problèmes les plus importants étaient l'unification des réseaux intérieurs et leur liaison avec les « institutions » peu à peu mises en place à Alger. R. H. mène son étude à l'aide de souvenirs personnels, de recoupements des très nombreux mémoires des principaux acteurs et du dépouillement de quelques archives, notamment celles du BRAL (Bureau de renseignements et d'action de Londres). Soulignons l'utilité des annexes qui précisent la signification, parfois difficile à retrouver, de tous les sigles employés dans l'ouvrage." (Revue française de science politique, 1979)

364.          INGRAND (Henry). Libération de l'Auvergne. Hachette, 1974, gr. in-8°, 206 pp, 8 pl. de photos et documents hors texte, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. La Libération de la France)

            25

(...) On pourra suivre l'organisation et le développement de la Résistance, ses premières actions, l'apparition des maquis, la préparation de la prise du pouvoir, la repression, les combats de 1944, la mise en place de la IVe République, l'épuration et, enfin, le retour progressif à la vie normale...

365.          JEANTET (Gabriel). Pétain contre Hitler. La Table Ronde, 1966, gr. in-8°, 338 pp, préface de Jacques Laurent, 4 pl. de photos hors texte, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. L'histoire contemporaine revue et corrigée)

            25

"Tout est dit sur la « collaboration » du maréchal Pétain. Beaucoup ont dit sur sa « résistance » véritable. Mais l'essentiel reste à dire et à prouver. C'est dit et prouvé dans ce livre : il a souhaité l'assassinat d'Hitler et donné le feu vert à certains de ses agents. Le détail de cette action est relaté dans cet ouvrage par un témoin et un acteur." — Gabriel Jeantet était un des cinq membres du "comité secret" de la Cagoule avec Deloncle, Crespin, Corrèze et le général Duseigneur.

366.          JUIN (Maréchal). Mémoires. Tome I : Alger, Tunis, Rome. Tome II : Libération de la France. Avènement de la IVe République, 1944-1947. Maroc 1947-1951. Alliance atlantique 1951-1958. Fayard, 1959-1960, 2 vol. in-8°, 405 et 380 pp, 12 pl. de photos hors texte, 10 cartes, index, brochés, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            60

"Le maréchal Juin a consacré le premier tome de ses Mémoires au récit de ses années de commandement en Afrique du Nord et en Italie de 1941 à 1944. L'ouvrage n'intéresse pas seulement la chronique militaire de la seconde guerre mondiale. L'histoire politique de la période qui a immédiatement précédé et suivi le débarquement allié de novembre 1942 y trouvera de nombreux éléments nouveaux d'information et d'appréciation." (Revue française de science politique, 1959) — "Le premier volume des mémoires d'A. J. évoquait le chef militaire. C'est bien plutôt l'homme politique qui apparaît dans le deuxième tome. Ayant accompagné le général de Gaulle à Moscou en 1944, l'auteur décrit en termes pittoresques Staline au Kremlin. Chargé de mission en Indochine, il trace le portrait du leader de la rébellion indochinoise. Mais, après le Maroc, c'est de l'Algérie qu'il est question dans les dernières pages, où est condamnée la politique gaulliste en Afrique du Nord, dont l'auteur affirme qu'elle est « une équivoque assez vivement ressentie par toute la communauté franco-musulmane ». En annexe, six lettres ou rapports de l'auteur au gouvernement (sur l'Afrique du Nord et sur l'Indochine)." (Revue française de science politique, 1961)

367.          KEITEL (Maréchal Wilhelm). Le Maréchal Keitel. Souvenirs, lettres, documents présentés par Walter Gorlitz. Fayard, 1963, in-8°, 348 pp, traduit de l'allemand, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            30

"Pendu le 16 octobre 1946 après le procès de Nuremberg, le maréchal Keitel, chef du Commandement de la Wehrmacht, représentait auprès Hitler l'ensemble des forces armées. Mais paradoxalement il ne détenait aucun pouvoir de décision ni de commandement. Il a endossé des responsabilités qu'il désapprouvait. Ses lettres et souvenirs, pour la plupart inédits, donnent des informations intéressantes sur les problèmes du Haut-Commandement de l'armée hitlérienne et sur le conflit entre obéissance militaire et morale humaine." (Revue française de science politique, 1964)

368.          LORRAINE (Jacques). Les Allemands en France. Origines, Bretagne, Zone interdite Est, Bourgogne, Alsace et Lorraine. P., Office Français d'Edition, 1945, gr. in-8°, 349 pp, 37 photos, fac-similés et plans dans le texte et sur 16 pl. hors texte, broché, bon état

            40

Une description de l'occupation nazie dans différentes régions de France, plus spécifiquement consacrée aux tentatives de démembrement de la France vaincue, précédée et accompagnée d'une analyse de l'idéologie nazie et des ses racines. Cet ouvrage est aussi très documenté sur les liens entre le mouvement séparatiste breton et l'occupant nazi. Par Jacques Lorraine, pseudonyme d'Edmond Huntzbuchler, qui rejoindra Londres dès 1940 et sera chef des publications de la France libre (sous le pseudonyme de Desforges). — Table : I. La théorie du sang et la France ; II. La zone interdite Est ; III. La Bretagne ; IV. L'Alsace et la Lorraine, terre d'épreuve ; V. La révolte ; VI. Vernichtung Frankreichs ; En guise de conclusion ; Annexes : La Paix de Bruxelles ; Le paganisme en Alsace ; Liste des principaux changements de noms de villages et de villes en Alsace et en Lorraine ; Liste des curés expulsés de Lorraine le 28 juillet 1941 ; Une liste de condamnations.

369.          LUDWIG (Emil). Comment traiter les Allemands. New York, Editions de la Maison française, 1944, in-12, 167 pp, traduit par Jean Liénard, broché, couv. lég. salie, bon état

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Par Emil Ludwig (1881-1948), écrivain allemand célèbre pour ses biographies. Ce qui le consacra et lui valut la vindicte de l'extrême-droite allemande, c'est, en 1929, son livre “Juillet 1914”. Ce livre fut interdit puis brûlé par les nazis. Reconnu citoyen suisse en 1932, il émigre aux USA en 1940. Devenu un ennemi irréductible du Troisième Reich, il se met au service du gouvernement américain. Il publie plusieurs pamphlets antifascistes dont “Comment traiter les Allemands”, et en 1945, “La conquête morale de l'Allemagne”. Après 1945, il retourne en Suisse où il meurt le 17 septembre 1948.

370.          MONTETY (Etienne de). Honoré d'Estienne d'Orves. Un héros français. Perrin, 2001, in-8°, 337 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

La seule biographie de référence d'un héros, symbole de la France libre. Quand on a le panache d'un chevalier, comment accepte-t-on le risque d'un destin obscur et sans gloire, d'une vie errante, entre faux papiers, espionnage et conspiration ? Quand, depuis la première heure de la défaite de 1940, on éprouve l'occupation nazie comme une oppression, par quel mystère surmonte-t-on son ardeur patriotique jusqu'à se choisir pour ultime confident un aumônier allemand ? Eclaircir ces paradoxes qui ont nourri la légende d'Honoré d'Estienne d'Orves, tel est le pari réussi dans ce livre, grâce à de nombreuses sources inédites.

371.          MORDAL (Jacques). A la poursuite du “Bismarck” (18-27 mai 1941). P., Les Deux Sirènes, 1948, pt in-8°, 192 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Marines et marins au combat)

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L'aventure du “Bismarck” est l'un des épisodes les plus sensationnels de la bataille de l'Atlantique. Pendant cinq jours entiers, le monde fut suspendu aux nouvelles de la gigantesque poursuite où s'affrontèrent, sur les immenses étendues de l'Atlantique, le fameux cuirassé de trente-cinq tonnes et la flotte britannique presque entière.

372.          PESCHANSKI (Denis). Vichy, 1940-1944. Contrôle et exclusion. Bruxelles, Complexe, 1997, in-8°, 208 pp, 2 index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Questions au XXe siècle)

            25

"Cet ouvrage est un recueil de huit contributions publiées par Denis Peschanski entre 1986 et 1995. Ce sont les dix années d'un parcours historiographique et d'une trajectoire intellectuelle consacrées en grande partie à l'étude de l'encadrement et du contrôle des esprits, à celle de la persécution et des répressions antisémites et anticommunistes, à l'éclairage sur le rôle de Vichy dans la politique d'extermination et enfin à l'analyse des soubresauts et des silences de l'opinion. (...) En dix années, l'historien de l'IHTP s'est donc évertué à démêler l'écheveau répressif d'un régime sans précédent et dont l'exclusion était consubstantielle. L'exemple de la répression anticommuniste dans le département de la Seine en 1940-1942, est fort convaincant, montrant corrélativement la richesse des archives d'Angelo Tasca. Au total, ce livre offre une bonne vision d'ensemble sur un pan essentiel de l'histoire de la société française, entre 1940 et 1944." (Eric Alary, Vingtième Siècle, 1998)

373.          PICKER (Dr. Henry). Hitler, cet inconnu. Un nouveau Mein Kampf. Presses de la Cité, 1969, fort in-8°, 566 pp, traduit de l'allemand par R. Jouan ("Hitlers Tischgespräche im Führerhauptguartier"), présentation et introduction de Percy Ernst Schramm, reliure skivertex éditeur, jaquette illustrée, bon état

            45

Propos de table tenus par Hitler à son quartier général en 1942, d'après les notes prises par le Dr. Picker. "Un véritable document historique d'une importance comparable à celle de Mein Kampf."

374.          RÉMY (Gilbert Renault, dit le Colonel). Trente ans après, 6 juin 1944 - 6 juin 1974. Perrin, 1974, in-8°, 312 pp, 16 pl. de photos hors texte, 6 cartes, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

On l'appelait « Passy ». C'est à lui que le général de Gaulle, en juillet 1940, donna l'ordre de créer, de toutes pièces, le Bureau central de renseignements et d'action, le fameux BCRA. En fait, il se nomme André Dewavrin et il a porté sur le réseau Confrérie Notre-Dame, dirigé par l'auteur de ce livre, le jugement d'un orfèvre : « Comme me l'a dit souvent le chef de l'Intelligence Service, Rémy fut l'un des plus extraordinaires agents secrets de tous les temps. Il contribua au premier rang, par le fruit de ses efforts, au succès du débarquement de 1944. » Nul mieux que Rémy n'était en mesure de reconstituer, sous l'angle des services secrets, la préparation de la plus gigantesque opération d'assaut tentée au cours de l'Histoire...

375.          ROMANS-PETIT (Henri). Les Maquis de l'Ain. Hachette, 1974, gr. in-8°, 167 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. La Libération de la France)

            30

376.          RUDE (Fernand). Libération de Lyon et de sa région. Hachette, 1974, gr. in-8°, 287 pp, préface par Pascal Copeau, 8 pl. de photos hors texte, 2 cartes, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. La Libération de la France)

            25

"Par Fernand Rude, résistant et historien de métier, un ouvrage de grand mérite qui se veut avant tout récit et en possède les qualités : clarté, mouvement, couleurs et, quand il le faut, recours au tragique et à l'épique." (Gilbert Garrier, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale)

377.          SCHELLENBERG (Walter). Le Chef du contre-espionnage nazi parle (1933-1945). Perrin, 1966, in-8°, 411 pp, traduit de l'allemand, 8 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Document historique de premier ordre sur les rouages complexes des services secrets allemands et la lutte entre ces services et ceux du contre-espionnage soviétique. Ces mémoires abondent en détails intéressants sur les chefs nazis dans l'entourage desquels vécut W. S., ainsi que sur certains événements restés souvent obscurs (négociations avec le Japon, tentatives manquées de paix, etc.)" (Revue française de science politique, 1958)

378.          SEREAU (Raymond). L'Armée de l'Armistice (1940-1942). Nouvelles Editions Latines, 1961, in-12, 124 pp, préface du général Weygand, une carte, annexes, broché, bon état

            15

Le colonel Sereau indique que pour constituer cette armée, il a d'abord fallu, pour atteindre les effectifs prévus, maintenir sous les drapeaux le 3e contingent de la classe 1939, et qu'à sa libération, au début de 1942, il y avait un déficit de 50.000 hommes – sur les 100.000 –, qui ne fut jamais comblé.

379.        &nb