Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 362 – Novembre 2016

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  ABEL (Wilhelm). Crises agraires en Europe (XIIIe - XXe siècle). Flammarion, 1974, in-8°, 459 pp, traduit de la 2e édition allemande, revue et augmentée, tableaux, index, broché, bon état (Coll. Nouvelle Bibliothèque Scientifique)

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"... En définitive, le mécanisme des crises agraires dépend à la fois de la conjoncture spécifique de l'agriculture, mais aussi des prix, des salaires, de la rente foncière, du mouvement démographique ; tous ces éléments agissent en interaction les uns sur les autres. Ce livre, qui se présente comme une histoire économique « quantitative » de l'agriculture et de l'économie vivrière de l'Europe, réalise une synthèse qui en fait un des classiques de la littérature historique. Sa traduction est donc à saluer." (Jean Cavignac, Bibliothèque de l'école des chartes, 1975) — "Ricardo ressuscité. Dans ce grand livre qu'une traduction récente fournit aux lecteurs français, qui l'avaient trop longtemps boudé, Abel établit le rôle fondamental de la dialectique population/subsistance, dans le mode­lage de la conjoncture longue de l'économie européenne du XIVe au XIXe siècle." (Le Choix des Annales, Annales ESC, 1974)

2.                  ABRARD (René). Géologie régionale du Bassin de Paris. Payot, 1950, in-8°, 397 pp, 34 croquis et cartes, broché, couv. illustrée d'une carte, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique)

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La Lorraine, la Champagne, la Bourgogne et le Nivernais, le Berry, le Seuil du Poitou et ses abords, l'Anjou et la Touraine, le Maine et le Perche, la Normandie, la Picardie et l'Artois, l'Ile de France, l'Orléanais. L'auteur était professeur au Muséum national d'Histoire naturelle.

3.                  AGULHON (Maurice) et Maryvonne BODIGUEL. Les Associations au village. Actes Sud, 1981., 1981, gr. in-8° étroit, 109 pp, broché, bon état (Bibliothèque des ruralistes)

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En 1978, l'Association des Ruralistes Français organisait à Lille un colloque sur le thème "Associations et vie sociale dans les communes rurales". Cette confrontation permettait de prendre connaissance de nombreux travaux monographiques réalisés par des chercheurs et universitaires de tous les coins de France, et de souligner par ailleurs l'absence d'ouvrage de synthèse sur la question. C'est à partir de cela que Maurice Agulhon et Maryvonne Bodiguel ont rédigé les Associations au village. — "La première partie, confiée à M. Agulhon, dont on connaît les travaux pionniers dans ce domaine de l'histoire associative, nous mène de l'Ancien Régime au XXe siècle. Il y rappelle les formes de vie collective, où la distinction essentielle passe entre celles que contrôle l'Eglise et les autres, qui regroupaient alors les villageois, et souligne aussi la part de l'époque révolutionnaire dans le progrès des formes laïques et civiles. Autour du loisir profane, du travail, de la religion, les mêmes structures de sociabilité se maintiennent au XIXe siècle. Celui-ci va voir, progressivement, le recul de la veillée et le progrès des cabarets, la politisation des chambrettes méridionales, la transformation de quelques confréries de métiers en sociétés de secours mutuel, le déclin des anciennes confréries de dévotion auxquelles le clergé substitue de nouvelles formes d'association ou de rassemblement qu'il contrôle mieux. M. Agulhon esquisse enfin la chronologie et la géographie provisoires des nouvelles formes associatives sécrétées par le XIXe siècle : sociétés de musique, de gymnastique et de pompiers dès le milieu du siècle ; puis un peu plus tard, celles que suscitent l'école laïque, le service militaire, le sport et enfin le syndicalisme (avec ses différentes mutations), la vie politique et les anciens combattants..." (Jean Quéniart, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1982)

4.                  Archéologie. Manuel de recherches préhistoriques, publié par la Société Préhistorique de France. P., Librairie C. Reinwald, Schleicher Frères éditeurs, 1906, in-12, ix-332 pp, 205 gravures et figures dans le texte, 4 tableaux dépliants hors texte, annexes, reliure demi-toile vermillon, dos lisse avec titre et doubles filets dorés, bon état. Edition originale

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Ouvrage publié par la Société préhistorique de France qui venait d'être créee en 1904 : (Cet ouvrage) "est l'une des premières manifestations et l'une des plus importante de sa première année d'existence".

5.                  BIARD (Roger). La Sidérurgie française. Contribution à l'étude d'une grande industrie française. Editions Sociales, 1958, in-8°, 316 pp, 12 figures, biblio, broché, cachet de la rédaction des Editions Sociales au 1er plat, bon état

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6.                  BLUCHE (Frédéric) et Stéphane RIALS (dir.). Les Révolutions françaises. Les phénomènes révolutionnaires en France du Moyen Age à nos jours. Fayard, 1989, gr. in-8°, 500 pp, biblio, broché, bon état

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20 études érudites par Jacques Krynen, Bertrand Schnerb, Jean-Pierre Babelon, Yves-Marie Bercé, François Bluche, Jean-Louis Harouel, Guy Antonetti, Frédéric Bluche, Lucien Jaume, Jean-Clément Martin, Benoit Yvert, Georges Carrot, Jean-Luc Mayaud, Stéphane Rials, Guy Pedroncini, Léo Hamon, Philippe Raynaud, Pierre Bouretz. — "En mettant au pluriel vingt formes de révolutions françaises qui vont de 1356 à mai 1986, les auteurs ont voulu inaugurer une « histoire comparative des phénomènes révolutionnaires » considérés comme des troubles de l'ordre public, réussissant ou non à transformer l'ordre social et politique comme à changer le personnel dirigeant. « La » Révolution de 1789 est ainsi subdivisée en étude d'une «pré-révolution», d'une révolution paysanne, des journées parisiennes ou du surgissement d'une organisation partisane (avec le rôle du club des Jacobins), celle de 1830 est présentée comme un échec du maintien de l'ordre, et celle de 1848 du point de vue des provinces qui ne l'ont pas remarquée. Même la Commune du 18 mai 1871 est à juste titre remise dans la longue série des révoltes commencées le 15 août 1870 dans une ville rendue démesurée par la concentration de sa population et soumise au stress du siège. Le temps passant, la violence tombera et le XXe siècle rejoue à fins d'exorcisme les grands souvenirs du XIXe : insoumissions de 1917 ; investissement de l'Hôtel de ville en août 1944 ; coup d'Etat en 1958 ; commune étudiante en 1968 ou 1986. Pour les auteurs, la Révolution est donc bien finie, et c'est parce qu'il en est ainsi que son analyse scientifique devient possible. Certes. Mais à condition de ne pas négliger la dimension imaginaire et affective de pareils mouvements de fond." (Revue française de science politique, 1989)

7.                  BLUMENKRANZ (Bernhard)(dir.). Histoire des Juifs en France. Toulouse, Privat, 1972, gr. in-8° carré, 478 pp, 36 pl. de gravures et photos hors texte, 5 cartes, repères chronologiques, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, rhodoïd, bon état (Coll. Franco-Judaïca, 1). Edition originale, un des 3150 ex. numérotés sur vélin spécial Condat

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"... Gràce au gros volume que dix historiens, conduits par Bernhard Blumenkranz, consacrent aux Juifs français, on possède désormais une synthèse commode, claire et bien documentée, qui fournit les références indispensables, classe les faits et les dates et permet de dépasser le niveau du simple récit pour arriver à une interrogation plus profonde sur la condition et la personnalité des Juifs français." (Pierre Sorlin, Annales ESC, 1976)

8.                  BOURGIN (Hubert). L'Ecole Normale et la Politique (de Jaurès à Léon Blum). P., Londres, New York, Gordon & Breach, 1970, in-8°, 519 pp, présenté par Daniel Lindenberg, broché, qqs rares marques au crayon sur 10 pages du dernier chapitre, bon état. Réimpression de l'édition Fayard de 1938

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Le seul essai s’attaquant au problème des rapports entre l’Université et la scène politique en France. Un ancien durkheimien, passé à l’extrême droite, décrit, en 1938, avec une précision qui n’exclut pas la passion politique, les mécanismes souvent ignorés mais d’une efficacité jamais démentie qui font de l’École Normale Supérieure l’antichambre du pouvoir. Au-delà des associations qu’inspire irrésistiblement l’actualité, il faut voir dans ce livre une des rares tentatives pour ébranler un tabou bien enraciné de la sociologie : le lien occulté qui peut unir le savoir « le plus désintéressé » à l’ambition mondaine la plus crue.

9.                  BRAUDEL (Fernand). Les Mémoires de la Méditerranée. Préhistoire et Antiquité. GLM/Editions de Fallois, 1998, gr. in-8°, 399 pp, édition établie et présentée par Roselyne de Ayala et Paule Braudel, préface et notes de Jean Guilaine et Pierre Rouillard, 32 pl. de photos en couleurs hors texte, atlas cartographique in fine (15 cartes), index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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"Sur l'immense passé de la Méditerranée, le plus beau des témoignages est celui de la mer elle-même. Il faut le dire, le redire. Il faut la voir, la revoir. Bien sûr, elle n'explique pas tout, à elle seule, d'un passé compliqué, construit par les hommes avec plus ou moins de logique, de caprice ou d'aberrance. Mais elle resitue patiemment les expériences du passé, leur redonne les prémices de la vie, les place sous un ciel, dans un paysage que nous pouvons voir de nos propres yeux, analogues à ceux de jadis. Un moment d'attention ou d'illusion : tout semble revivre." On l'a compris. Ce livre est le fruit d'un vieil amoureux de la mer Intérieure qui en dévoile pour nous les balbutiements enrichis d'un savoir encyclopédique. L'historien des grands espaces et des longues durées apporte son métier et sa vision à la préhistoire et aux antiques civilisation qui, jusqu'à l'accomplissement de la conquête romaine, ont bordé et fait la Méditerranée. D'où une vision très libre et stimulante de ces civilisations dans leur milieu géographique, les mouvements de leurs populations, les conflits qui opposent nomades et sédentaires, l'interminable évolution technique de la domestication du feu à l'écriture, et la mise en situation de chaque grande réalisation culturelle des premiers moments de vie en Mésopotamie à l'épanouissement de la civilisation romaine... Des pages qui, à travers les peintures de mégalithes, de pyramides, de temples grecs ou de basiliques se découpant dans une lumière d'azur, nous renvoient l'image d'un passé éternellement présent.

10.              CALVET (Jean). Le Renouveau catholique dans la littérature contemporaine. P., Lanore, 1931, gr. in-8°, 397 pp, 16 portraits d'écrivains contrecollés hors texte, index, broché, couv. lég. salie, bon état

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Célèbre ouvrage sur la rencontre entre littérature et renouveau spirituel, qui dresse le bilan des dernières décennies ayant conduit à ce « renouveau catholique » de la littérature française. En réaction au positivisme et au scientisme d’une part, au naturalisme d’autre part, une génération de poètes se tourne vers une littérature renouant avec le catholicisme : « la littérature d’aujourd’hui (la littérature des années 1920 et à venir), celle qui compte, a une résonance chrétienne ; nous avons retrouvé le goût du mystère ; les émotions religieuses sont celles qui nous paraissent le moins usées » (p. 13). — I. Origines du Mouvement ; II Les initiateurs du Mouvement : Paul Verlaine, J.-K. Huysmans, Maurice Barrès, Paul Bourget, René Bazin ; III. Les grandes réalisations : Charles Péguy, Ernest Psichari, Paul Claudel, Francis Jammes, Louis Mercier, Emile Baumann, Louis Le Cardonnel, Georges Goyau ; IV. L'Effort actuel : Critiques et romanciers, Poètes et dramaturges, Les vies de saints, Les efforts collectifs. Conclusion.

11.              CARUCHET (William). Tatouages et tatoués. Tchou, 1977, gr. in-8°, 288 pp, 24 pl. de gravures et photos en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état

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Qui sont ces tatoués qui nous ont tous un jour intrigués par la vision furtive d'une arabesque bleuâtre sur l'avant-bras ou ailleurs ? Des marins, des bourlingueurs, des criminels ? Cela est vrai et faux. Saviez-vous que Winston Churchill, le comte Tolstoï et Charles Trenet figurent au rang de cette communauté étrange ? Saviez-vous que le tatouage est aujourd'hui très en vogue parmi les professions libérales, et que nombreux sont les avocats et médecins tatoués ? De telles révélations, W, Caruchet nous en livre tout au long de cet étonnant ouvrage consacré aux tatoués. Après une longue enquête – entamée il y a plus de huit ans – tout a la fois historique, ethnologique et journalistique, l'auteur nous initie avec rigueur et bonheur aux mille et un secrets du tatouage. A une époque comme la nôtre, en mal de communication, le tatouage loin de disparaître dans les bas-fonds ne pouvait que fleurir et s'épanouir. Les tatoueurs ne sont pas au chômage ! L'auteur nous précise d'ailleurs les différentes techniques de tatouages... et de détatouages que l'on pratique aujourd'hui. Car le tatouage, s'il demeura longtemps un signe de servitude, d'identification ou une marque judiciaire, est progressivement devenu un véritable langage. Amour, haine, espoir, foi s'y expriment avec force sur ce livre vivant qu'est le corps. Ainsi approchons-nous tour a tour Desfourneaux, le bourreau tatoué, les Maori de Nouvelle Zélande, les bataillons d'Afrique, beaucoup d'anonymes et certains grands de ce monde, qui tous forment sans le savoir une vaste confrérie, celle qui munit le mystérieux langage du tatouage.

12.              CASTELOT (André). L'Almanach de l'Histoire. P., Club des Amis du Livre (CAL), s.d. (1962), fort in-8° carré, (700) pp, nombreuses gravures dans le texte et à pleine page, texte sur 2 colonnes, reliure pleine toile décorée de l'éditeur (maquette originale de Jean Garcia), rhodoïd, ex. numéroté, bon état (Coll. Le Meilleur Livre de Luxe). Très jolie réalisation

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13.              CLÉMENT (Pierre). Enguerrand de Marigny. Beaune de Semblançay. Le chevalier de Rohan. Episodes de l'histoire de France. P., Didier, 1859, in-12, vii-439 pp, 2e édition, reliure demi-percaline verte, dos lisse avec pièce de titre basane noire, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), bon état

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"Comment ai-je été amené à choisir pour objet de mes recherches et à présenter au public, dans un même cadre, trois personnages qui semblent particulièrement appelés à devenir des héros de tragédie ou de drame ? Je ne saurais expliquer ce fait autrement que par l'attrait irrésistible et en quelque sorte magnétique qu'exercent les grandes infortunes, soit qu'elles nous apparaissent comme un acte irréprochable de la justice humaine, soit que la postérité impartiale les tienne pour imméritées. Si je ne me fais pas illusion, la fin tragique d'Enguerrand de Marigny et de Beaune de Semblançay peut, à juste titre, être rangée parmi les ingratitudes de cour les plus flagrantes que l'historien ait eu à enregistrer..." (Avant-propos)

14.              Collectif. L'Histoire et l'historien. Recherches et débats du Centre catholique des Intellectuels français. Fayard, 1964, pt in-8°, 230 pp, broché, bon état (Cahier n° 47, juin 1964)

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L'histoire en devenir (par Alphonse Dupront, Roger Aubert, Pierre Vilar, Maurice Crubellier) ; Méthodes et idéologie (par Dominique Julia, Philippe Levillain, Daniel Nordmann, André Vauchez, Pierre Sorlin) ; Histoire et culture (par Charles de la Roncière, Eugène Jarry, Jean-Marie Mayeur) ; Connaissance et interprétation en histoire (par Claude Wiéner, Jacques Bouveresse, François Bédarida) ; Chroniques (Jean-Jacques Latour, Renée Bédarida). — "Définir les « tâches existentielles » de l'historien, « aviver la conscience du service humain de l'histoire », tel est le leit-motiv des textes qui composent ce recueil, exposés ou articles nécessairement brefs, mais vigoureux et suggestifs. (...) En définitive, si l'on demande à l'historien idéal d'être de son temps et de son pays, et d'user consciemment de cette « bonne subjectivité » dont parle P. Ricoeur, c'est au prix, évidemment, d'une autocritique d'autant plus exigente. Comme le dit F. Bédarida, « il lui faut être à la fois du dedans et du dehors, toujours engagé peu ou prou, mais toujours aussi l'homme du doute méthodique » : dilemme qui est au centre de cette déontologie de l'histoire, à laquelle le présent Cahier fait utilement réfléchir." (Alice Gérard, Annales ESC, 1965)

15.              Collectif. La France contemporaine. Identité et mutations de 1789 a nos jours. Editions Sociales, 1982, fort in-12, 483 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Essentiel)

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Par Raymond Huard, Yves-Claude Lequin, Michel Margairaz, Claude Mazauric, Claude Mesliand, Jean-Paul Scot, Michel Vovelle.

16.              Collectif. La Sauvegarde de l'Art Français. Cahier 13. Picard, 2000, in-4°, 229 pp, plus de 200 illustrations et photos en noir et en couleurs, carte, plans, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Vocables, lieux de culte et communautés humaines (Marie-Clothilde Hubert) ; La cathédrale de Laon (Dany Sandron) ; Notices des édifices subventionnés en 1998.

17.              Collectif. La Sauvegarde de l'Art Français. Cahier 3. Picard, 1983, in-4°, 311 pp, 217 illustrations dont 2 en couleurs, coupes, plans, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Retour sur le passé : la présidence de la marquise de Maillé (Général Charles de Cossé Brissac) ; Pour la défense du patrimoine (1939-1946-1972)(Germaine Kindel) ; Les Evangiles carolingiens de la marquise de Maillé, Paris, Bibl. nat., Nouv. acq. lat. 2648 (Jean Vezin) ; Abbayes cisterciennes (Marquise de Maillé) ; Travaux récents dans la crypte Saint-Paul de Jouarre (Pierre Rousseau) ; Le témoignage des découvertes monétaires : quelques exemples médiévaux (Françoise Dumas) ; Les Arts précieux, à Paris, au Moyen Age (Danielle Gaborit-Chopin) ; Tombes et cimetières (Pierre Duparc) ; La conservation des anciens cimetières de l'Ouest de la France (Jean-René Gaborit) ; Mors et vita (Jean Hubert) ; La sauvegarde des orgues de France (Norbert Dufourcq) ; Peintures murales de l'église de Panjas (Gers) : un ensemble oublié (Christian de Mérindol) ; L'oeuvre de la Sauvegarde de l'Art Français en 1980 et 1981.

18.              Collectif. La Sauvegarde de l'Art Français. Cahier 4. Picard, 1987, in-4°, 296 pp, 227 illustrations dont 24 en couleurs, carte, coupes, plans, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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A propos des découvertes de Puimoisson : quelques exemples de la diversité des églises des ordres militaires (Jacques Thirion) ; Les églises anciennes du département des Landes (Bernadette Suau et Jean Cabanot) ; Conservation et restauration des peintures au musée du Louvre (Gilberte Emile-Mâle) ; L'église des Dominicains de Fanjeaux (Daniele Neirinck et Guy Durand-Roger) ; Des trésors artistiques peu connus : les grands ouvrages de botanique parus au début du XIXe siècle et leur genèse (Marie-Blanche d'Arneville) ; Les chapiteaux de la crypte de Saint-Parize (Nièvre)(Laurence Louvat) ; L'oeuvre de la Sauvegarde de l'Art Français en 1982.

19.              Collectif. La Sauvegarde de l'Art Français. Cahier 5. Picard, 1991, in-4°, 392 pp, 324 illustrations, carte, plans, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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La Chartreuse de Paris. Etude archéologique (Paule René-Bazin) ; Sculptures romanes inédites provenant de Sisteron (Jacques Thirion) ; La fondation de la cella de Saint-Michel-de-Cousson (Marie-Clothilde Hubert) ; L'Eglise de Gometz-le-Châtel (Paulette Cavailler) ; Alan, résidence des Evêques de Comminges (Germaine Kindel) ; L'oeuvre de la Sauvegarde de l'Art Français en 1983, 1984 et 1985.

20.              DARIDAN (Jean). De la Gaule à de Gaulle. Une histoire de France. Seuil, 1977, in-8°, 376 pp, chronologies, généalogies, encadrés, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Un parcours de vingt siècles au long duquel l'auteur s’est donné pour tâche de « rappeler les grandes lignes de la vie collective des Français et leurs conceptions successives de la patrie et de la nation », en écornant au passage, non sans humour, quelques images d’Épinal." (Grégoire Eldin, Bibliothèque de l'école des chartes) — "D'Ernest Lavisse à Pierre Viansson-Ponté, vingt siècles d'une histoire française qui se voudrait débarrassée des habituels préjugés nationalistes. Ainsi J.D., « chartiste devenu diplomate » sera sévère pour tous ceux – Richelieu, Louis XIV, Napoléon ou de Gaulle – qui privilégièrent la politique extérieure par rapport à l'expansion intérieure. Un livre aux formules souvent brillantes." (Revue française de science politique, 1978) — Par Jean Daridan (1906-2002), reçu premier au concours d’entrée de l’Ecole des Chartes en 1926, auteur d'une thèse consacrée à l’action de la France sur la côte de Coromandel, du rappel de Dupleix à l’arrivée de Lally-Tollendal (2 août 1754-28 avril 1758), avant de se consacrer à la carrière diplomatique à partir de 1932 (il sera notamment ambassadeur de France au Japon et en Inde).

21.              DAURON (Maurice) et Jean DEVISSE. Rome et le Moyen Age jusqu'en 1328. Hatier, 1964, gr. in-8°, 256 pp, abondamment illustré en noir et en couleurs, croquis et cartes en grand nombre, lexique, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. d'histoire Hatier)

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22.              DAVAL (Jean-Luc). Histoire de la peinture abstraite. P., Hazan, 1988, gr. in-8°, 214 pp, abondante iconographie en noir et en couleurs, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Au moment où l'abstraction n'est plus le privilège du modernisme, il devient plus aisé de saisir les intentions qui la génèrent. Avec le recul nécessaire pour déchiffrer l'histoire de l'art, Jean-Luc Daval propose le journal de 80 ans d'art moderne depuis l'abandon du système de représentation hérité du Quattrocento jusqu'au réductionnisme formel du Minimal Art. Ce parcours à travers l'abstraction n'est pas celui d'un essayiste mais d'un historien qui nous raconte la genèse et l'évolution des oeuvres majeures qui jalonnent l'art abstrait, de Kandinsky à Pollock, de Kupka à Sam Francis. Une large place est laissée à la parole : de très nombreuses citations et écrits d'artistes donnent à cet ouvrage son rythme en contrepoint des oeuvres. Un panorama accompagné de 200 oeuvres de 120 artistes et complété par 165 biographies des artistes concernés.

23.              DELUMEAU (Jean) et Yves LEQUIN (dir.). Les Malheurs des temps. Histoire des fléaux et des calamités en France. Larousse, 1987, pt in-4°, 519 pp, nombreuses illustrations dans le texte et hors texte en noir et en couleurs, biblio, index, reliure simili-cuir éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Sous ce beau titre, voici une synthèse collective dont l'aspect extérieur dévoile d'emblée les préoccupations des auteurs et de l'éditeur ; la reliure cossue, l'iconographie abondante et de qualité, la mise en page impeccable soulignent la volonté de faire là une oeuvre durable, destinée à un large public. La première tranche chronologique (Ve-Xe siècle), traitée par Michel Rouche, s'ouvre avec le franchissement du limes en 406, premier des « malheurs des temps barbares ». (...) La deuxième partie de l'ouvrage embrasse la période s'étendant du Xe siècle au milieu du XVe siècle. Robert Fossier brosse le tableau d'une peur omniprésente, étreignant des hommes isolés et dominant mal leur terroir, soumis régulièrement à la violence guerrière ou judiciaire. (...) Avec la période 1350-1450, nous entrons dans le « Temps de l'Apocalypse », jugé à juste titre comme le plus noir de notre histoire ; les pestes et la guerre étouffent alors tout dynamisme démographique. (...) Le cycle suivant (1450-1660), bien que moins calamiteux, apporte des enseignements intéressants par sa périodisation, qui remet en cause l'harmonieuse durée de la Renaissance, et par ses attitudes mentales, finalement assez inquiètes en ces temps de relative rémission. (...) Le titre de la quatrième partie, « La protection du monarque (1660-1800) », est le premier à ne plus faire référence à la divinité et traduit les progrès de l'idée de nature et de l'emprise de l'Etat sur la société. La centralisation monarchique est largement à l'origine de l'atténuation des malheurs. (...) La période contemporaine a été confiée à Yves Lequin ; sont absentes de cette partie, par ailleurs fort réussie, les guerres révolutionnaires et impériales ainsi que les deux guerres mondiales. (...) Bibliographie et index complètent cette somme particulièrement bien venue. Un ouvrage de référence." (Roger Nougaret, Revue Historique, 1988) — Par Michel Rouche, Robert Fossier, Jacques Verger, J.-N. Biraben, Hugues Neveux, Jean Céard, François Lebrun, Claude Nières, Yves Lequin, François Guéry. — "Raz de marée, tremblements de terre, accidents nucléaires, épidémies nouvelles... La nature, ses déchaînements, l'erreur, voire la folie humaine dans le monde, alimentent l'actualité et suscitent une angoisse : si cela arrivait en France ? Cela est déjà arrivé. Hier, les pestes, les famines, les pillages, les inondations, les séismes, toutes calamités mentionnées dans les livres de raison des curés, les mémoires, les registres de notaires... ont ponctué notre histoire. Elles font apparaître un fond commun d'expressions, de comportements, de représentations profanes ou religieuses, matérielles ou mentales, mythiques ou symboliques, pétries d'obsessions, de fatalité, d'espoir... C'est autour d'elles, autour des mutations et des ruptures qu'elles ont provoquées dans l'ordre psychologique, moral et social, que les historiens lisent à la fois le malheur ancien et la reconstitution du tissu social, dégagent ce qui conditionne, aujourd'hui, nos réactions face aux menaces du XXIe siècle. C'est cette dimension de notre mémoire collective que reconstitue "Les Malheurs des temps", ouvrage d'esprit nouveau réalisé par une équipe de chercheurs de renom international. Les fléaux et les calamités y sont analysés, tels qu'ils ont été vécus et représentés, tels qu'ils ont évolué jusqu'à nos jours, réactivant toujours la relation des Français à la peur, au tragique, à la mort.

24.              DU RY (Carel J.). Art of Islam. New York, Harry N. Abrams, 1970, gr. in-8° carré, 263 pp, 268 illustrations dont 194 en couleurs, biblio, index, une carte, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

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Survol érudit de l'art islamique : la céramique, les objets incrustés de bijoux, la peinture miniature, les tissus, les mosaïques, les ivoires, le verre et le travail du metal, etc.

25.              DUCHESNE (Alain) et Thierry LEGUAY. L'Obsolète. Dictionnaire des mots perdus. Larousse, 1989, in-8°, 286 pp, nombreuses illustrations tirées des archives Larousse, index, reliure cartonnée de l'éditeur, bon état (Coll. Le souffle des mots)

            25

Désamour, s'aheurter, musiquer, désheurter, sade (sans majuscule !), s'abeausir, baisailler, malencontre, remembrance, vertigo... Autant de mots savoureux et pourtant aujourd'hui absents du langage courant. Tels des orpailleurs, Alain Duchesne et Thierry Leguay les ont cherchés dans les dictionnaires d'antan comme le Littré et le Nouveau Larousse illustré (publié de 1897 à 1904) et ont assorti leurs définitions de citations d'auteurs. Des gravures, choisies une à une dans les archives Larousse, permettent d'introduire des réalités disparues comme le jeu de pet-en-gueule, la plume tête de mort ou la bigotelle, qui servait à tenir la moustache bien relevée durant la nuit. Organisée autour de six thèmes, une flânerie tantôt cocasse, tantôt émouvante pour les amoureux des mots.

26.              DUVAL (René). Histoire de la Radio en France. P., Alain Moreau, 1980, gr. in-8°, 444 pp, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            40

Dans cet ouvrage, sans doute le plus complet et le mieux documenté sur l'histoire des stations de radios françaises René Duval retrace l'histoire de la radio en France métropolitaine, depuis sa genèse jusqu'aux environs de 1978. L'auteur accorde une large place aux développements juridiques et politiques sans négliger pour autant d'évoquer les différentes étapes de l'évolution technique. La qualité essentielle de cette étude est de s'appuyer sur un travail de documentation considérable : exploitation d'une très abondante bibliographie, recherche et dépouillement d'archives (il faut noter les difficultés rencontrées pour accéder aux archives de la radio, celles du ministère des P.T.T. n'ont fait l'objet d'aucun dépôt officiel aux Archives nationales), recueil de témoignages. Il aborde l'histoire de chaque station de radio, privée ou d'Etat, à travers plusieurs chapitres :1. Le temps suspendu. Les premiers messages de l'espace ; 2. La grande aventure (1922-1933) ; 3. L'âge d'or et le baillon (1934-1940) ; 4. La radio enchaînée (1940-1942) ; 5. Le dogme et l'hypocrisie (1944 à ...). Renaissance de la radio privée ; 6. L'incohérence et le mépris. — "Un journaliste – René Duval a été parmi l'équipe des fondateurs d'Europe N° 1, puis rédacteur en chef à France Inter, puis directeur de l'information à RTL, enfin directeur de Sud Radio – nous donne un ouvrage d'historien. Pour rester sur le terrain de l'Histoire, il rapporte surtout, pièces en main, tout ce qui concerne les origines de la radio. La période de l'après-guerre est, selon lui, trop récente pour appartenir déjà à l'historien. Le détail de la mise en place des inventions et des institutions dont nous avons hérité est narré par le menu. On apprend, si on ne le savait déjà, que les polémiques autour des radios publicitaires, des radios libres de tout monopole sont aussi vieilles que la radio elle-même. N'oubliant jamais qu'il est journaliste. René Duval met en scène les innombrables anecdotes qu'il a recueillies et recoupées. Nous lirons un feuilleton à rebondissements en même temps qu'un dossier historique solidement étayé. Une rare conjonction de genres..." (Jacques Mousseau, Communication et langages, 1980) — "Un livre devenu ouvrage de référence." (Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1984)

27.              Encyclopaedia Britannica. A New Survey of Universal Knowledge. Chicago, London, Toronto, Geneva, Sydney, Tokyo, William Benton, 1965, 24 vol. in-4°, texte sur 2 colonnes, planches hors texte (quelques-unes en couleurs), figures et photos dans le texte, planches à système en couleurs pour l'article “Anatomy”, reliures simili-cuir ivoire, dos lisses avec pièces de titre et de tomaison chocolat, fleurons et filets dorés, un fleuron doré au centre des 1er plats, bon état. Texte en anglais

            200

Complet en 24 volumes, dont le dernier contenant l'index des tomes 1 à 23, un Atlas du monde (108 planches en couleurs) et un index de l'Atlas. — L'Encyclopædia Britannica est une encyclopédie généraliste de langue anglaise. Ses articles ciblent un public adulte et instruit, et sont écrits par un personnel d'environ 100 éditeurs à plein temps et plus de 4 000 contributeurs experts. La Britannica est reconnue comme l'encyclopédie la plus universitaire. L'encyclopédie est publiée pour la première fois entre 1768 et 1771 à Édimbourg, en Écosse, et grandit rapidement en popularité et en taille : sa 3e édition de 1797 et son supplément (1801) atteignent ensemble 20 volumes. Son statut grandissant l'aide à recruter d'éminents contributeurs. Une encyclopédie de référence pour son érudition et la qualité de sa rédaction. – Depuis 2012, il n'est plus commercialisé de version « papier » mais seulement une version payante « en ligne » sur internet. — Compte-tenu du poids important de l'ensemble, nous serons amenés à demander les frais d'expédition rééls en cas d'envoi.

28.              EVERDELL (William R.). La Fin des Rois. Histoire des républiques et des républicains. Publisud, 1987, gr. in-8°, 364 pp, notes et biblio, broché, bon état

            20

William R. Everdell suit la tradition républicaine depuis les commencements historiques de la civilisation occidentale jusqu’à l’administration Reagan. Le lecteur rencontrera, au fil de ces parcours, les grands noms de l’histoire : Solon, Samuel, Brutus, Calvin, Milton, le mythique Guillaume Tell, Machiavel, Thaddeus Stevens, John Adams, Benjamin Franklin, Robespierre, Gambetta, Gustav Noske, et les grands sénateurs américains qui redressèrent la barre quand leur pays menaçait de se fourvoyer. Une fresque captivante où se côtoient ceux dont la vision politique sut inspirer le cri de « Vive la République » !

29.              FEBVRE (Lucien) et Albert DEMANGEON. Le Rhin. Problèmes d'histoire et d'économie. Armand Colin, 1935, in-8°, xii-304 pp, 16 cartes et plans, biblio, broché, bon état

            35

"Suivre l'histoire du Rhin à travers les siècles ; détruire, chemin faisant, quelques légendes à la vie tenace ; comprendre le Rhin par l'Europe et l'Europe par le Rhin ; après les luttes qui ont eu le fleuve pour théâtre, retracer celles qui l'ont eu pour objet ; montrer le travail de l'homme pour utiliser un cours d'eau impétueux, et les problèmes économiques qui se posent à son sujet : tel est le but que se sont proposé deux auteurs qui depuis longtemps méditent sur ces questions complexes. MM. A. Demangeon et L. Febvre nous donnent aujourd'hui un livre de premier ordre, qui, non seulement renseignera le lecteur, mais encore l'amènera à réfléchir et à réviser sur bien des points ses propres idées. « Mythes et réalités », tel est le titre de la première partie ; et dès l'abord nous sommes dans l'esprit général de l'ouvrage. Le Rhin, frontière naturelle ? fossé entre des civilisations différentes ? limite entre des races ? entre des nations ? l'influence du traité de Verdun sur dix siècles d'histoire ? Autant de notions à reviser, après analyse serrée. Le Rhin est avant tout une route, « non un fossé, un lien » ; aucune difficulté pour le franchir. De part et d'autre, des peuples tout à fait semblables : impossible de déceler une « race » germaine, une « race » celtique..." (André Meynier, Annales de Géographie, 1935) — "S'il est vrai, pour tout dire, que les traits généraux de leur histoire, la France et l'Allemagne les ont inscrits sur les deux feuillets d'un même diptyque, comment ne pas prêter toute son attention à ce qui en est la charnière : la région rhénane ?" (Lucien Febvre)

30.              FEBVRE (Lucien). Combats pour l'Histoire. Armand Colin, 1953, in-8°, x-458 pp, biblio, notice biographique, index, broché, papier lég. jauni, qqs rares marques au crayon en marges, bon état. Edition originale, envoi a.s. à l'historien Ernest Labrousse

            80

Combats pour l'Histoire” est un recueil de trente-trois articles écrits entre 1906 et 1952 où Lucien Febvre développe sa vision d'ensemble du champ de l'Histoire, suivi de onze portraits des grands intellectuels des années 30. Un classique. — "Je définis volontier l'Histoire comme un besoin de l'humanité, le besoin qu'éprouve chaque groupe humain, à chaque moment de son évolution, de chercher et de mettre en valeur dans le passé les faits, les événements, les tendances qui préparent le temps présent, qui permettent de le comprendre et qui aident à le vivre. Et j'ajoute : recomposer la mentalité des hommes d'autrefois ; se mettre dans leur tête, dans leur peau, dans leur cervelle pour comprendre ce qu'ils furent, ce qu'ils voulurent, ce qu'ils accomplirent. Et, d'autre part, je dis les hommes. Les hommes, seuls objets de l'Histoire, d'une histoire qui s'inscrit dans le groupe des disciplines humaines de tous les ordres et de tous les degrés, à côté de l'anthropologie, de la psychologie, de la linguistique, etc., d'une histoire qui ne s'intéresse pas à je ne sais quel homme abstrait, éternel, immuable en son fond et perpétuellement identique à lui-même, mais aux hommes toujours saisis dans le cadre des sociétés, dont ils sont membres, aux hommes membres de ces sociétés, à une époque bien déterminée de leur développement, aux hommes dotés de fonctions multiples, d'activités diverses, de préoccupations et d'aptitudes variées, qui toutes se mêlent, se heurtent, se contrarient et finissent par conclure entre elles une paix de compromis, un modus vivendi qui s'appelle la Vie.

31.              FISERA (Vladimir Claude). Les Peuples slaves et le communisme, de Marx à Gorbatchev. P., Berg International, 1992, gr. in-8°, 476 pp, une carte, annexes, biblio, broché, couv. à rabats, bon état

            25

Ouvrage issu de thèse. — "Une somme sur le panslavisme et le communisme, étudiés dans leurs évolutions respectives, mais aussi à travers leurs moments de rencontre. V.C. F. nous livre ici une oeuvre pionnière et une synthèse dense de ce qui a déjà été « déblayé », l'auteur puisant aux archives disponibles et aux sources nationales, dans leur plurilinguisme. Cela nous donne la mesure du caractère scientifique de ce livre grâce auquel le lecteur français accède enfin à une documentation difficilement abordable. V.C. F. retrace le cheminement de plusieurs idéaux qui se veulent transnationaux et se cherchent un dénominateur commun, avec des alliés ponctuels, selon les étapes historiques. De Marx à Tito, on trouve brossée d'une manière exhaustive l'idéologie politique des peuples slaves." (Revue française de science politique, 1992)

32.              GAUCHET (Marcel). La condition historique. Entretiens avec François Azouvi et Sylvain Piron. Stock, 2003, in-8°, 355 pp, broché, bon état

            20

Que penser, quarante ans après, des espoirs suscités par le structuralisme dans les années 1960 ? Au-delà de la "pensée 68", y a-t-il une génération intellectuelle issue de mai-68 ? Qu'a représenté l'antitotalitarisme ? Quelle pensée de la société et de la politique après Marx ? Que faire de Freud, un siècle après la découverte de l'inconscient ? Que peut la philosophie aujourd'hui ? Que doit-elle devenir si elle veut être vraiment une philosophie pour aujourd'hui ? Où sont passés les intellectuels ? Comment comprendre le moment historique où nous nous mouvons ? Telles sont quelques-unes des questions que traverse ce dialogue autour d'un itinéraire. En faisant le point sur son travail avec François Azouvi et Sylvain Piron, Marcel Gauchet ne propose pas seulement une analyse spectrale de l'époque et de ses incertitudes. Il développe une réflexion originale sur le changement fondamental qui affecte l'humaine condition lorsqu'elle devient condition historique.

33.              GAXOTTE (Pierre). Histoire des Français. Flammarion, 1957, in-4°, 719 pp, 1600 illustrations en noir, 23 hors-texte en couleurs, reliure pleine percaline verte de l'éditeur, gardes illustrées, sans la jaquette, bon état

            30

"De savants critiques ont déjà rendu compte de l'ouvrage de M. Pierre Gaxotte. On ne résiste cependant pas au plaisir de redire combien cette Histoire des Français est attachante. L'auteur y fait montre d'une extrême maîtrise de la langue et d'un art consommé du portrait. C'est un conte souvent merveilleux, toujours dramatique, que l'on croit revivre plus qu'on ne le lit ou qu'on ne l'écoute. Lorsqu'il s'agit de décrire en un millier de pages l'histoire d'un pays sur quelques millénaires, il faut bien dégager quelques constantes et s'y tenir après avoir montré leur permanence : l'entreprise est malaisée. Elle l'est plus encore si l'on prétend, non pas retracer l'histoire de la France, mais en dépeindre le visage souriant triste ou douloureux, en empruntant ses couleurs à la vie quotidienne des Français. Peu d'historiens ont osé se risquer à ce genre de synthèse affective qui se doit d'embrasser l'extrême complexité des caractères et des tempéraments et au delà les transcender. L'auteur ne peut s'abstenir de prendre quelque parti. Il y met une grande part de lui-même, celle qu'il juge la meilleure. Nous connaissions par avance le système de pensée auquel M. Gaxotte resterait fidèle. Et pour les périodes qu'il a plus spécialement étudiées et depuis longtemps parce qu'elles satisfont ses préférences, la description est extrêmement séduisante..." (Jean Boulouis, Revue française de science politique)

34.              GERBOD (Paul). L'Europe culturelle et religieuse de 1815 à nos jours. PUF, 1977, pt in-8°, 384 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

            20

"La première partie de l'ouvrage (pp. 7-58) présente les sources, les instruments de travail et des orientations bibliographiques. La deuxième partie (pp. 59-243) résume nos connaissances sur la question. La synthèse est claire et bien charpentée. Après avoir décrit les conditions de l'évolution culturelle (les héritages, les influences économiques, sociales et politiques, les relais culturels, les modes d'information), l'auteur analyse l'impérialisme des cultures savantes de 1815 à 1914 et l'avènement de la culture de masse au XXe s. Il examine ensuite la vie religieuse sous ses différentes formes : catholicisme, protestantisme. Église orthodoxe, communautés israélites et Islam... La troisième partie, consacrée à un exposé des débats et recherches (pp. 245-351) est excellente. L'auteur décrit d'abord l'émergence tardive de l'histoire culturelle et les héritages de l'histoire religieuse. Ensuite, prenant du champ par rapport aux tendances et querelles du temps présent, il situe avec justesse l'historiographie actuelle entre la tradition positiviste et historiciste. les sollicitations et fascinations idéologiques (marxisme, structuralisme) et les démarches méthodologiques nouvelles (intrusion du quantitatif, analyse linguistique, références psychologiques et psychanalytiques)." (Jean Pirotte, Revue belge de philologie et d'histoire)

35.              GERMAIN-MARTIN (Louis-Germain Martin, dit). Les Grands Messieurs qui firent la France. P., Librairie Joseph Gibert, 1945, in-12, 415 pp, index, broché, bon état

            20

Par Louis Germain-Martin (1872-1948), chartiste spécialiste d'histoire et d'économie financière ou industrielle. — "... Il est l'auteur de deux beaux volumes, devenus classiques, sur “La grande industrie en France sous Louis XIV et sous Louis XV”, jalonnée par son “Histoire économique et financière”, formant le t. X de l'Histoire de la Nation française par Hanotaux, de multiples opuscules, de rapports et de très nombreux articles semés à travers les journaux et les revues, terminée, enfin, par ces derniers ouvrages : “De la civilisation latine à la dictature asiatique” ; “Le chef d'entreprise” ; “Les grands messieurs qui firent la France”, dénotant particulièrement un sens très vif de l'actualité et des besoins de son temps, constamment appuyé sur la référence judicieuse au passé d'une France qu'il chérissait et à la prospérité de laquelle il s'est constamment efforcé de travailler. Il avait, nous le savons, la noble ambition de pouvoir être classé parmi les émules de ces « grands messieurs », de ces « commis d'élite », serviteurs fidèles et clairvoyants de leur pays, dont il s'était appliqué, en des jours sombres, avec tant d'amour et de foi patriotiques, à rechercher les traits dans l'histoire et à camper les personnages." (Roger Grand, Bibliothèque de l'école des chartes, 1948)

36.              GOUBERT (Pierre). Initiation à l'histoire de la France, suivi d'une chronologie, de cartes, de tableaux généalogiques et d'une bibliographie. Fayard/Tallandier, 1984, in-8°, 490 pp, chronologie politique 987-1914, 7 généalogies, 14 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Approches)

            15

On croit connaître l'histoire de France : dates charnières, "grands hommes" et événements qui sont censés avoir infléchi le destin du peuple français. Or, c'est à une redécouverte que nous invite Pierre Goubert : un passé trop souvent figé retrouve relief et animation. Cette histoire de France, désormais devenue classique, s'adresse autant à notre intelligence qu'à notre imagination. Une chronologie détaillée, des tableaux généalogiques, des cartes et une bibliographie font de cette passionnante initiation un manuel précis, complet et un ouvrage de référence.

37.              GRAETZ (Heinrich). Histoire des Juifs. Traduit de l'allemand par M. Wogue et Moïse Bloch. P., A. Lévy et Librairie A. Durlacher, 1882-1897, 5 vol. in-8°, 297, 416, 358, 472 et vi-461 pp, préface de Zadoc Kahn au tome V, index, reliures demi-chagrin caramel, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres, tomaisons et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos très lég. frottés, pt accroc à la coiffe sup. du tome I, bon état. Edition originale française. Rare

            1000

Complet : I. De la sortie d'Egypte (1400) à l'Exode babylonien (534) ; II. De l'Exode babylonien (538) à la destruction du second Temple (70) ; III. De la destruction du second Temple (70) au déclin de l'exilarcat (920) ; IV. De l'époque du gaon Saadia (920) à l'époque de la Réforme (1500) ; V. De l'époque de la Réforme (1500) à 1880.

38.              GROUSSET (René). Figures de proue. Plon, 1949, pt in-8°, iii-336 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 300 ex. numérotés sur papier d'alfa

            40

D'Alexandre le Grand au Grand Mogol. — De César à Napoléon Ier, de Charles-Quint à Louis XIV, de Gengis Khan à Bismarck, quelques figures ont marqué et modifié l'histoire de l'humanité. Leur naissance, leur courage et leur stratégie de conquête leur ont donné à tout jamais une place de choix dans la mémoire collective. Recourant à la fresque monumentale, René Grousset (1885-1952), historien spécialiste de l'histoire de l'Orient, trace avec brio le portrait de ces Figures de proue qui furent en leur temps "le masque même du destin".

39.              HALBWACHS (Maurice). La Classe ouvrière et les niveaux de vie. Recherches sur la hiérarchie des besoins dans les sociétés industrielles contemporaines. (Thèse). P., Londres, New York, Gordon & Breach, 1970, in-8°, xvii-495 pp, broché, 2e plat de couv. et tranche salies, état correct. Réimpression de l'édition Félix Alcan de 1912

            30

Un ouvrage pionnier de la sociologie industrielle dans la grande tradition de Le Play et Durkheim. Contribution essentielle à la connaissance de la classe ouvrière française et de son mode de vie à la veille de de la Grande Guerre, la thèse du grand sociologue est aussi un classique de la méthodologie. Un aspect essentiel de l’oeuvre de l’auteur des « Cadres sociaux de la mémoire » revient ainsi en pleine lumière. À l’heure où le vieux débat sur les critères de définition des classes sociales reprend dans les pays industrialisés toute sa vigueur, il n’est pas sans intérêt de rendre à nouveau accessible un ouvrage qui prend comme base le fait de la consommation, qu’elle soit économique ou symbolique. Halbwachs se révèle être ainsi l’ancêtre de la problématique qui se rattache au concept désormais fameux de « société de consommation ».

40.              HUYGHE (René). Dialogue avec le visible. Flammarion, 1958, gr. in-8° carré, 447 pp, 385 illustrations reproduites en héliogravure dans le texte, 15 planches en couleurs hors texte, index, reliure pleine toile de l'éditeur, sans la jaquette, bon état

            20

Conservateur en Chef des Peintures du Louvre dès 31 ans, René Huyghe était professeur au Collège de France (chaire de Psychologie des Arts Plastiques). Dialogue avec le visible est son livre capital. Partant des faits qui permettent de comprendre l'envoûtement du public par l'art et, ainsi, un aspect essentiel de notre temps et de son esprit, il entreprend une véritable introduction à la peinture. C'est l'art de lire un tableau, de pénétrer ses richesses les plus diverses et de les comprendre que ce livre nous expose. Il s'achève par une théorie générale où l'art trouve la pleine explication de sa raison d'être et de son rôle dans la vie des hommes. L'ouvrage n'est cependant rien moins que doctrinaire : appuyé sur une illustration en noir et en couleurs, exceptionnellement riche et évocatrice, il n'avance rien qu'il n'appuie sur l'examen et l'analyse des oeuvres mêmes. (...) De la préhistoire à la Chine, des primitifs à Picasso, se dégage une “connaissance de la peinture et de l'art”, où l'étudiant et l'amateur trouveront leur profit.

41.              JOFFROY (René) et Andrée THÉNOT. Initiation à l'archéologie de la France. I. Préhistoire et Protohistoire. Tallandier, 1983, in-8°, 303 pp, 14 photos et 53 pl. de figures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée (lég. jaunie), bon état, envoi a.s. des auteurs

            20

Présenter, par le texte et l'image, les objets de la vie quotidienne depuis l'aube de la Préhistoire jusqu'aux temps mérovingiens ; en expliquer la fabrication et en montrer l'usage et la valeur artistique ou symbolique ; décrire ainsi l'évolution – ou, au contraire, les ruptures – des nombreuses cultures qui se sont succédé ou ont coexisté en France (l'un des sols archéologiques les plus riches du monde), tel est le propos du livre de René Joffroy et Andrée Thénot. A la fois atlas et aide-mémoire d'archéologie, cet ouvrage unique en son genre, avec ses cartes, sa bibliographie, son répertoire des musées archéologiques, etc., est un manuel très complet qui s'adresse à tous ceux que notre passé profond intéresse : professionnels ou archéologues amateurs, historiens, étudiants et enseignants de tous niveaux et, très largement, au public sans cesse plus nombreux que l'archéologie fascine.

42.              LABRIOLA (Antonio). Essais sur la conception matérialiste de l'histoire. P., Londres, New York, Gordon & Breach, 1970, in-8°, iv-313 pp, broché, bon état. Réimpression de l'édition Giard et Brière de 1902

            25

La traduction de ces articles fondamentaux avait été revue par le « père du marxisme italien » lui-même, en 1899. Il fut un des maîtres à penser de Gramsci. Son oeuvre représente une tentative vigoureuse pour arracher « l’immense révolution théorique de Marx » à l’affadissement positiviste à la Engels-Kautsky ou à la Plekhanov, ce pour quoi le jeune Lénine lui rendra hommage.

43.              LAMAISON (Pierre) et VIDAL-NAQUET (Pierre)(dir.). Atlas de la civilisation occidentale : généalogie de l'Europe. Hachette/France Loisirs, 1995, in-4°, 352 pp, près de 800 illustrations (160 cartes et 450 illustrations en couleurs, 80 tableaux généalogiques), index, reliure simili-cuir bleu de l'éditeur, titre doré au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, signet, bon état

            35

Autour de Pierre Lamaison, une équipe d'historiens et d'anthropologues de haut niveau offre au grand public une généalogie de l'Europe, de la préhistoire au XXe siècle. De conception inédite, cet atlas illustré de 450 documents en couleurs, propose, à travers 80 tableaux généalogiques associés à 160 cartes en couleurs, des clés pour comprendre des phénomènes de longue durée dispersés sur une aire géographique très vaste qui rendent compte de l'unité et de la variété politiques et culturelles de l'Europe actuelle. — "L'approche généalogique a été choisie comme fil conducteur pour un atlas de l'histoire de l'Europe dirigé par l'anthropologue Pierre Lamaison, assisté comme conseiller historique par Pierre Vidal-Naquet et par une équipe de trente-six auteurs spécialisés. Le terme de généalogie est sciemment utilisé aussi bien dans son sens littéral que comme métaphore. Ainsi, des dizaines de schémas de dynasties princières ont été élaborés avec grand soin pour toutes les régions du continent. D'autre part, cet ouvrage veut montrer des filiations culturelles, des transmissions de modèles qui sont également présentées sous ce concept. L'ouvrage a pour but de présenter sous une nouvelle forme schématique des données essentielles de toute l'histoire de l'Europe entière. (...) Cet atlas ouvrira les yeux de nombreux étudiants et servira comme ouvrage de référence de grande qualité." (Wim Blockmans, Revue Historique)

44.              LAUNOIS (Pierre-Emile). Les pères de la Biologie. Esquisses historiques sur les origines des sciences biologiques. P., C. Naud, 1905, in-8°, xii-167 pp, 27 gravures dont 13 à pleine page, imprimé sur beau papier, broché, bon état

            30

Ouvrage dans lequel l'auteur (1856-1914), médecin anatomiste et histologiste, a réuni une série d'intéressantes études historiques, notamment sur Leuwenhoek, Malpighi, Ruysch, Harvey, De Graaf, Buffon, Spallanzani et Bichat : 1. Les origines du microscope. Leeuwenhoek ; 2. Les origines de l'histologie. Malpighi, Ruysch ; 3. Histoire des spermatozoïdes ; 4. Les doctrines des Anciens sur la génération ; 5. Evolution des recherches sur la génération. Harvey, de Graaf, les ovistes et les spermatistes, Buffon, Spallanzani ; 6. Xavier Bichat, son influence sur les sciences biologiques ; 7. Histoire de la cytologie. — Pierre-Emile Launois est également l'auteur d'importants travaux sur le gigantisme et l'acromégalie ; il décrivit le gigantisme hypophysaire (syndrome de Launois).

45.              LAURET (Jean-Claude) et Raymond LASIERRA. La Torture et les Pouvoirs. Balland, 1973, gr. in-8°, 503 pp, biblio, broché, couv. à rabats, bon état

            25

"Dès avant le dernier conflit mondial et sans épargner nos États dits « de droit », la pratique de la torture n'a cessé de regagner le terrain qu'elle avait cédé à la fin du XVIIIe siècle. On la voit s'insinuer à nouveau dans les moeurs judiciaires et politiques, d'abord clandestine et honteuse, de plus en plus avouée ensuite, voire légitimée face à un public peu informé ... Exercice sadique d'une violence physique de l'homme tenant son semblable à sa merci ? Très souvent, sans doute. Mais avant tout, perpétuelle tentation du policier à la recherche du renseignement immédiat, du magistrat dans sa quête d'une vérité confirmée par l'aveu, de Pouvoirs qui y voient une façon de briser les oppositions par la terreur qu'elle inspire. (...) Les quelque cinq cents pages que nous livrent aujourd'hui MM. J.C. Lauret et R. Lasierra se veulent davantage exhaustives. Tentant d'abord de cerner la signification de la torture à travers la psychologie de l'homme, du gouvernement, du juge, du policier, les auteurs s'attachent ensuite à retracer l'histoire de l'institution à Rome, au Moyen Âge et dans l'Ancien Régime, puis à dégager les liens existant d'une part entre la torture et les régimes totalitaires (Allemagne nazie, Russie soviétique ...), d'autre part entre la torture et les États du tiers monde et d'Occident dans leur lutte contre la subversion et la délinquance. L'épisode de l'épuration en France en 1944-45 sera notamment évoquée comme une extériorisation particulièrement consternante de pulsions sadiques, déjà mise en lumière par Robert Aron, tandis que seront décrits, non sans réalisme, les paroxysmes insoutenables de la torture brésilienne, au service cette fois de l'efficacité technocratique et du « miracle économique »..." (Jacques Verhaegen, Revue théologique de Louvain, 1974)

46.              LEACH (Edmund Ronald). Critique de l'anthropologie. PUF, 1968, in-12, 238 pp, traduit de l'anglais, 17 figures, biblio, broché, bon état (Coll. Sup). Edition originale en français

            10

Cet ouvrage est la traduction de la seconde édition de “Rethinking Anthropology” parue en 1966 à Londres. Un ouvrage bien connu des anthropologues anglo-saxons. (...) Ceux qui s'intéressent aux problèmes soulevés par l'anthropologie structurale de l'Ecole française trouveront au chapitre III les principales critiques de Leach à la théorie du mariage des cousins croisés telle que Claude Lévi-Strauss la développe dans “Les Structures élémentaires de la parenté”. “Critique de l'anthropologie” est toujours d'une lecture stimulante, la traduction est excellente. (Y. Simonis, Revue française de sociologie, 1969)

47.              LENOIR (Frédéric) et Ysé T. MASQUELIER (dir.). Encyclopédie des Religions. P., Bayard, 1997, 2 forts vol. in-4°, xxi-2469 pp, pagination continue, très nombreuses cartes et illustrations, texte sur deux colonnes, 4 index (noms, grands textes, mythes, thématique), reliures toile gris clair de l'éditeur sous jaquettes illustrées, bon état. A l'état de neuf (prix neuf en 1997 : 151 euros)

            80

48.              LÉON (Paul). La Guerre pour la paix, 1740-1940. Fayard, 1950, in-8°, 700 pp, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            25

Une histoire de la politique étrangère de la France et de ses errements entre l'avènement de Frédéric II et la catastrophe de 1940 : "Deux siècles d'erreurs fatales ont conduit à la catastrophe que nous venons de vivre et à laquelle peu s'en fallut que nous ne puissions survivre. Est-ce une excuse recevable que celle de la fatalité ?" — "Le livre pourrait s'intituler : De la sottise de nos grands hommes d'Etat ! En novembre 1687, le bon La Fontaine écrivait à la duchesse de Bouillon : « Vous avez cent secrets pour combattre l'orage, que n'en aviez- vous un qui le sût prévenir ? » D'irréparables malheurs auraient pu être conjurés. Deux siècles d'erreurs fatales, des guerres inutiles, suscitées par la passion d'une vaine gloire, désir de revanche, mécontentement du régime, manque de préparation, aveuglement de certains voisins et c'est la catastrophe dans laquelle notre génération vient de vivre et à laquelle peu s'en fallut que nous ne puissions survivre ! Ce livre est à lire pour que, au-dessus de la lecture quotidienne des journaux, il laisse entrevoir une politique de raison et de bon sens chrétien, qui s'impose, non seulement à ceux qui se prétendent les guides des peuples, mais à tous qui, à un titre quelconque, sont appelés à juger des événements et à donner des conseils. Si certains gouvernants avaient pu lire et méditer ce beau travail, peut-ê|tre ne se seraient-ils pas engagés si légèrement dans certains conflits." (A. V., Revue des Sciences Religieuses, 1953) — Paul Léon (1874-1962) fut membre de l’Institut de France, directeur général des Beaux-Arts, professeur au Collège de France. Il fut le principal historiographe du service des Monuments historiques français.

49.              Littérature – BÉRIMONT (Luc). Le Bois Castiau. Laffont, 1963, in-8°, 286 pp, broché, papier lég. jauni, bon état. Edition originale sur papier courant, envoi a.s.

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Le Bois Castiau nous présente la vie dans les années 1920 à Ferrière-la-Grande, non loin de Maubeuge, du point de vue du petit André Leclercq. Si ses parents sont présents, c'est avant tout Man Toinette qui marque le futur Luc Bérimont. Matriarche ardennaise, cette grand-mère sévère mais immensément protectrice, voue à son petit-fils un amour exclusif. Sa mémoire inépuisable berce l'auteur d'histoires tragiques, où se bousculent les uhlans de 1870, les exils forcés, les veuvages... Bérimont serait-il devenu écrivain sans Man Toinette ? Lui-même en doute. Dans ce roman d'apprentissage, ce temps retrouvé fait aussi surgir un monde de petites gens, gentiment excentriques. Avec pour décor tout un pays oublié – ce Nord rural à la terre lourde – pays d'origine tatoué au plus profond de l'auteur, par-delà des décennies de vie parisienne...

50.              Littérature – BÉRIMONT (Luc). Le Grand Viager. P., Debresse, 1954, pt in-8°, 114 pp, un hors-texte de Fernand Léger, broché, non coupé, bon état. Edition originale, un des 600 ex. sur Bouffant Gothic, envoi a.s.

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Bien complet de la jaquette imprimée de la “Collection des Neuf” qui précise que les hors-texte illustrant chacun des ouvrages de la collection ne figureront que dans l'édition originale.

51.              Littérature – BÉRIMONT (Luc). Les Loups de Malenfance. Julliard, 1949, in-12, 206 pp, broché, papier lég. jauni, bon état. Edition originale sur papier courant, envoi a.s.

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Luc Bérimont (1915-1983), homme enthousiaste et pressé, créateur inclassable et foisonnant a vagabondé pendant plus de 68 ans dans « les forêts des mots », amateur d’herbages, il a d’abord cherché à exalter le merveilleux du réel en réaction contre les courants surréalistes. Dans les grands recueils qu’il écrit dans les années 1940, il veut être « l’homme-lige du sommeil et des blés », donnant libre cours à une poésie charnelle, gorgée de vie sauvage, célébrant le corps de la femme mais aussi les grands cycles de la nature dans une forme d’union panthéiste avec le monde ( la Huche à pain, Le Grand Viager). Mais peu à peu dans son oeuvre, on voit ce sentiment se teinter d’ambivalence, la forêt ardennaise de ses origines devient aussi un lieu de destruction et de mort (cf son roman les Loups de Malenfance) tandis que la ville livrée aux fureurs de la modernité met à mal « le vieux Pan dont le cœur cogne sourdement sous la chape du lourd ciment » (Reprise du récit). (Pascale Lismonde)

52.              MANFRED (Albert). Essais d'histoire de France du XVIIIe au XXe siècle. Moscou, Editions du Progrès, 1969, in-8°, 622 pp, reliure toile éditeur, titres en bleu au 1er plat et au dos, bon état

            30

53.              Le même, reliure toile éditeur, titres en bleu au 1er plat et au dos, pt tache au 1er plat, bon état, envoi a.s. à l'historien Ernest Labrousse

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16 études érudites : Jean-Jacques Rousseau, précurseur de la Révolution ; Jean-Paul Marat - l'Ami du peuple ; Controverses autour de Robespierre ; Maximilien Robespierre ; Robespierre dans l'historiographie russe et soviétique ; Le Comité central de la Garde Nationale de 1871, premier gouvernement révolutionnaire de la classe ouvrière ; Le mouvement révolutionnaire français après la Commune de Paris et N. Tchernychevski ; Les rapports russo-français après le Traité de Francfort (1871-1872) ; Les rapports russo-français à la fin du XIXe siècle ; Jean Jaurès contre la réaction et la guerre ; Etc. — "Albert Manfred vient de réunir en un volume un certain nombre d'études sur l'histoire de la France du XVIIIe au XXe siècle publiées pendant quelque vingt années à Moscou. Ces textes concernent aussi bien la Révolution française – en particulier les personnages de Robespierre et de Marat – que la vie politique de la France de 1871 à 1914 ou les années de l'entre-deux-guerres. Manfred soutient, tout au long de son livre une thèse qui culmine dans son dernier article : face à la croissance de l'Allemagne et aux menaces qu'elle a fait peser depuis un siècle sur l'Europe, l'entente franco-russe est inscrite dans la nature des choses dès lors que les deux pays sont soucieux de leur intérêt national, et cette entente est un élément important pour la sécurité et la paix en Europe et dans le monde. Ce point de vue, particulièrement développé dans la dernière partie de l'ouvrage inspire aussi deux gros articles de son corps central, où sont étudiées les origines de l'alliance franco-russe entre 1871 et 1891. A. Manfred y combat la thèse jadis soutenue par Georges Michon, selon laquelle l'alliance franco-russe servit, après le congrès de Berlin, les seuls intérêts de la Russie, empêtrée dans la question d'Orient..." (Madeleine Rebérioux, Annales ESC, 1971)

54.              MAXENCE (François). Jacques Benoist-Méchin. Historien et témoin du Proche et Moyen-Orient. Edition Charlemagne, 1994, in-8°, 233 pp, notes, biblio et sources, chronologie, broché, bon état. Ouvrage issu d'un mémoire de maîtrise soutenu en 1992 à l'Université Paris-Sorbonne

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55.              MAZALEYRAT (Jean) et Georges MOLINIÉ. Vocabulaire de la stylistique. PUF, 1989, gr. in-8°, vi-381 pp, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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56.              MICHAUD (Jean-François) et Baptistin POUJOULAT. Nouvelle collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France depuis le XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, précédés de notices biographiques et littéraires sur chaque auteur des mémoires et accompagnés d'éclaircissements historiques par MM. Michaud et Poujoulat avec la collaboration de MM. Bazin, Champollion, etc. Nouvelle édition, illustrée de plus de 100 portraits gravés sur acier, d'après les dessins les plus authentiques. P., Didier et Cie, 1866, 34 vol. pt in-4°, texte sur 2 colonnes, 90 planches gravées sur acier, reliures demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs, titres et tomaison dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), discrets C. de bibl., qqs rares et pâles rousseurs, bon état

            1500

Cette collection est tomée de I à XXXIV. En réalité, il n'y a pas plus de volumes que dans l'édition de 1836-1839 ; seulement, les deux parties de Victor Palma Cayet et les deux parties de Pierre de l'Estoile forment chacun un volume et ont une tomaison séparée. (Vicaire, II, 816) — "Cette collection donnera tous les Mémoires renfermés dans les cent trente trois volumes de M. Petitot ; de plus, on y trouvera plusieurs auteurs qui ne sont point dans la précédente collection. Une notice placée en tête de chacun des Mémoires caractérisera l'auteur et l'époque ; des notes distribuées au bas du texte éclairciront les points obscurs, les choses douteuses. A la suite du texte de chacun des Mémoires, les nouveaux éditeurs donneront une analyse critique et philosophique des principaux documents qui correspondent aux époques dont il est question dans les Mémoires... La collection nouvelle sera donc une véritable bibliothèque d'histoire de France pour une période de six siècles." (Liminaire)

Principaux auteurs : Ville-Hardouin, Henri de Valenciennes, Joinville, Pierre Sarrasin, Mémoires sur Duguesclin, Christine de Pisan, Boucicaut, Olivier de La Marche, Du Clercq, Comines, Fleurange, Louise de Savoie, Du Bellay, Montluc, Gaspard de Tavannes, Vieilleville, Du Villars, François de Rabutin, de Solignac, de Coligny, La Chastre, Rochechouart, Michel de Castelnau, Jean de Mergey, François de La Noue, Achille Gamon, Jean Philippi, Henri de La Tour d'Auvergne, Guillaume de Tavannes, Cheverny, Philippe Hurault, Marguerite de Valois, Jacques-Auguste de Thou, Jean Choisnin, Mathieu Merle, Palma Cayet, Villeroy, Charles de Valois (duc d'Angoulème), Pierre de L'Estoile, Fontenay-Mareuil, Sully, Jeannin, d'Estrées, Pontchartrain, Rohan, Bassompierre, Richelieu, Gaston d'Orléans, Pontis, Arnauld d'Andilly, l'abbé Arnauld, la duchesse de Nemours, le comte de Brienne, Madame de Motteville, Mademoiselle de Montpensier, le cardinal de Retz, Guy Joly, Claude Joly, Montglat, La Chatre, La Rochefoucault, Gourville, Pierre Lenet, Montrésor, Fontrailles, Duc de Guise, Maréchal de Grammont, Maréchal Du Plessis, de La Porte, Omer Talon, l'abbé de Choisy, Chevalier Temple, Madame de Lafayette, le marquis de La Fare, Maréchal de Berwick, Madame de Caylus, le marquis de Torcy, le maréchal de Villars, le duc de Noailles, Duclos, etc. — Compte-tenu du poids important de l'ensemble, nous serons amenés à demander les frais d'expédition rééls en cas d'envoi.

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57.              MORABIA (Alfred). Le Gihâd dans l'Islam médiéval. Le « combat sacré » des origines au XIIe siècle. Albin Michel, 1993, in-8°, 567 pp, préface de Roger Arnaldez, notes, biblio, tableau descriptif des auteurs, index, broché, bon état

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Le monde musulman, divisé, voit renaître des mouvements qui réclament la levée de l'Islam tout entier contre les "impies" de l'extérieur et les tièdes de l'intérieur. L'influence grandissante du courant islamiste a donné lieu à toutes sortes d'interprétations. Seule la ressaisie globale d'une notion fondamentale et de son évolution historique, des origines anté-islamiques jusqu'à l'époque classique permet d'entrer au coeur de l'Islam pour en comprendre les rythmes, les aspirations et les tentations. C'est précisément l'oeuvre accomplie ici avec rigueur et exhaustivité. Avec ce livre, Alfred Morabia, né en 1931 au Caire, disciple des meilleurs orientalistes et spécialiste des mentalités religieuses de la société musulmane, a laissé à sa mort, en 1986, la grande étude qui manquait à l'islamologie française. Il est désormais possible de comprendre les métamorphoses d'une doctrine aux multiples résonances, politiques et spirituelles, et de mesurer l'écart entre l'Islam classique et les réélaborations récentes du Gihâd.

58.              NAMER (Emile). La philosophie italienne. Seghers, 1970, in-8°, 310 pp, tableau comparatif et chronologique, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Spécialiste de la pensée italienne, M. Namer était particulièrement qualifié pour brosser ce tableau d'ensemble dont le besoin se faisait sentir. L'ouvrage va de Pietro d'Abano (XIIIe-XIVe siècles) jusqu'aux néo-thomistes et aux marxistes de ces dernières années, joignant à l'exposé des doctrines des indications biographiques et surtout de précieuses notes bibliographiques (textes et études). Peut-être la période la plus glorieuse et la plus intéressante en soi de la pensée italienne est-elle celle qu'a choisie l'auteur comme objet de ses recherches personnelles : le XVIe siècle et la première moitié du XVIIe. Sont ainsi passés en revue Cardan, Scaliger, Césalpin, Zabarella, Gremonini (aristotélicien peu original, mais courageux et intransigeant) ; Vanini est étudié plus longuement, à la lumière des dernières recherches, auxquelles l'auteur a contribué. Après ces personnages qui continuent tous, à divers titres, l'oeuvre de Pomponace, sont regroupés des « indépendants » (p. 115), Telesio, Bruno (sur lequel E. Namer a, comme on sait, beaucoup travaillé), Campanella et Galilée ; le chapitre consacré à ce dernier enrichit notamment la discussion sur « le prétendu platonisme de Galilée » (pp. 160-161)... (...) Une élégante synthèse qui permet et précise tous les prolongements d'information désirables." (Jean Bernhardt, Revue d'histoire des sciences, 1972)

59.              NATAF (André). La Révolution anarchiste. Balland, 1968, in-8°, xi-228 pp, biblio sommaire, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Survol des principales manifestations du phénomène anarchiste, complètée par les biographies des principaux penseurs. Sommaire : Cronstadt, Bakounine, Stirner, Proudhon, La Commune de 1871, La Fédération Jurassienne, Kropotkine, Malatesta, Makhno, L'Espagne libertaire.

60.              NAUDON (Paul). Histoire générale de la Franc-Maçonnerie. Fribourg, Office du Livre et P., PUF, 1987, gr. in-8°, 251 pp, deuxième édition, revue et mise à jour, 190 gravures et photos, dont 31 en couleurs, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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La Franc-Maçonnerie, telle qu'elle est pratiquée de nos jours, est née en 1717 avec la Grande Loge de Londres. Il ne s'agissait pourtant pas d'une génération spontanée. Elle s'affirme comme la continuation de la Franc-Maçonnerie de métier. Ses traces se relèvent, en Angleterre et en Ecosse, à une tradition infiniment plus ancienne. “L'Histoire générale de la Franc-Maçonnerie” précise ces origines. Les vieux statuts, charges et devoirs du métier font état de légendes qui montrent déjà une des caractéristiques de la Franc-Maçonnerie, le symbolisme. Il importe de les rappeler et d'en faire ressorti l'intérêt. Mais l'historien doit s'attacher aux sources réelles et cette recherche nous fait suivre un itinéraire allant des collegia romains aux communautés de métiers et aux corporations en passant par les associations monastiques et les confréries. Le rôle des Templiers est également considérable. En suivant cette évolution, il importe de déterminer les caractéristiques constitutives de la Franc-Maçonnerie "opérative" et l'adaptation qui en fut faite lors de la mutation en forme "spéculative". Ces motivations sont indispensables pour comprendre la nature et l'histoire de l'institution. Le livre s'applique à décrire, depuis 1717, jusqu'à l'époque présente, le développement de la Franc-maçonnerie dans le monde. Cette histoire est exposée dans le cadre de chaque pays ou contrée intéressé : Angleterre, Écosse, Irlande, France, Allemagne, Pays-Bas et Belgique, Suisse, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Suède et pays scandinaves, Russie, Amérique du Nord, États-Unis, Canada, Antilles, Etats d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud, Moyen-Orient et Asie, Afrique.
L'étude historique est faite sur le plan institutionnel de l'Ordre Maçonnique : spirituelles, artistiques, sociales, politiques... Les Francs-Maçons, qui marquèrent cette histoire, ont bien évidemment leur place et leur portrait.

61.              PAUVERT (Jean-Jacques). Anthologie historique des lectures érotiques. De Guillaume Apollinaire à Philippe Pétain. France Loisirs/Jean-Claude Simoën, 1979, fort gr. in-8°, 713 pp, reliure toile bordeaux de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, sans la jaquette, pt trace de mouillure sans gravité au 1er plat, bon état

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L'érotisme est une érudition. D'abord naquit le tome III, finement sous-titré “De Guillaume Apollinaire à Philippe Pétain” (1905-1944) ; ensuite vint “De Sade à Victoria” (1791-1904), mariage alléchant ; puis “De Eisenhower à Emmanuelle” (1945-1985), et enfin, le premier des quatre et paraissant le dernier : “De Gilgamesh à Saint-Just” (- 2000 à 1790). Et un cinquième et dernier opus fut publié en 2001 : “De l’infini au zéro” (1985-2000)...

62.              POIDEVIN (Raymond) et Jacques BARIETY. Les Relations franco-allemandes, 1815-1975. Armand Colin, 1977, gr. in-8°, 373 pp, cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U)

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De Mme de Staël au général de Gaulle, de Metternich à Briand, de Bismarck à Poincaré, de Marx à Renan, de Foch à Hitler, l'histoire des relations entre la France et l'Allemagne ne manque pas de figures de premier plan. En 160 ans, quatre guerres et trois occupations de la France, deux occupations de l'Allemagne ont mis aux prises les deux nations : les Allemands d'avant 1870 à la recherche d'une unité politique que la France monarchique et le Second Empire tantôt favorisent et tantôt combattent, l'Allemagne unifiée de 1871 à 1945 face à la France de la IIIe République, les Allemagnes d'aujourd'hui devant les IVe et Ve Républiques françaises. Histoire d'affrontements et d'agressions, de peurs, voire de hantises, mais aussi de mirages, d'espoirs et de nostalgies, les relations franco-allemandes de 1815 à 1975 concernent les vécus conscients et inconscients de deux peuples ; elles constituent aussi l'un des axes, et parfois le principal, des relations internationales.

63.              POTUT (Georges). La Banque de France, du franc de Germinal au Crédit contrôlé. Plon, 1961, pt in-8°, 230 pp, 62 gravures et photos, note bibliographique, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Histoire des grandes entreprises)

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"Cet alerte petit livre est dû à la plume de G. Potut. A vrai dire, le titre est légèrement trompeur, car la Banque de France n'est guère étudiée ici en tant qu' « entreprise ». L'auteur a mieux aimé envisager les fonctions de l'entreprise — si l'on tient à ce terme — et les résultats obtenus par elle. Ce qui explique le sous-titre, où la Banque de France n'apparaît plus que comme l'instrument destiné à assurer l'existence et la continuité de la monnaie française. Une telle ambition était fort louable et l'avantage consiste dans le fait que l'essentiel l'emporte sur l'accessoire, la description des fonctions sur celle de l'organisation..." (Jean Lhomme, Revue économique, 1964)

64.              PRADE (Marcel). Les Ponts monuments historiques. Inventaire, description, histoire des ponts et ponts-acqueducs de France protégés au titre des Monuments Historiques. P., Errance, et Poitiers, Brissaud, 1988, gr. in-4°, 430 pp, nouvelle édition revue et corrigée, 500 dessins mis au net par Roger Maupin et 380 photographies, biblio, glossaire, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Art et Patrimoine)

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Près de cinquante mille cathédrales, églises, chapelles sont répertoriées sur le territoire français. Or, il existe un nombre à peu près équivalent de ponts. Mais si les ouvrages consacrés à l'architecture religieuse sont innombrables, ceux relatifs à l'architecture militaire sont rares, quant à ceux qui traitent des ponts, ils sont pratiquement inexistants... Table : La construction des ponts aux différentes époques (des gallo-romains au XIXe siècle, L'évolution des techniques de construction), bibliographie générale, glossaire illustré ; Les ponts et ponts-aqueducs - Monuments historiques (description et historique) ; Inventaire des ponts protégés.

65.              PROUTEAU (Henri). Littérature et Franc-Maçonnerie. Henri Veyrier, 1991, in-8°, 530 pp, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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Un vaste panorama des auteurs qui se sont intéressés à la franc-maçonnerie, de Shakespeare à Mircea Eliade en passant par Montesquieu, Goethe, Nerval, George Sand, Thomas Mann, etc.

66.              RAICHVARG (Daniel) et Jean JACQUES. Savants et Ignorants. Une histoire de la vulgarisation des sciences. Seuil, 1991, gr. in-8°, 291 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Science ouverte)

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La science étant rarement communicable telle quelle, sa diffusion implique nécessairement, entre le « savant » et l'« ignorant », l'intercession d'un troisième homme, le vulgarisateur, capable non seulement de traduire la pensée savante, mais surtout de créer de toutes pièces une nouvelle voie d'accès au savoir. L'histoire de la vulgarisation des sciences est aussi longue – et aussi passionnante – que l'histoire des sciences elle-même. Des Entretiens de Fontenelle avec une marquise aux revues scientifiques modernes en passant par Jules Verne, Camille Flammarion, Figuier, Rostand, Painlevé, et bien d'autres vulgarisateurs trop mal connus, c'est le pittoresque panorama d'un vaste effort de création et de diffusion par le livre, le journal, le musée ou le théâtre, que retracent ici les auteurs.

67.              RIALS (Stéphane)(dir.). Le Miracle capétien, 987-1789. Perrin, 1987, in-8°, 402 pp, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Une évocation et un bilan des 800 ans de règne des Capétiens. Publié à l'occasion du millième anniversaire de l'élection d'Hugues Capet. Une trentaine d'études, thème par thème, par 23 historiens dont J. Barbey, C. Beaune, F. Bluche, A. Corvisier, O. Guillot, J. Meyer, J. Richard, B. Schnerb, J.-F. Solnon, E. Taillemite, J. Tulard, J. de Viguerie, etc. — "987-1987 : mille ans se sont écoulés depuis l'élection et le sacre royal de Hugues Capet et deux siècles seulement depuis la Révolution française. Pendant huit cents ans, par-delà les drames et les crises, avant comme après l'apparition du sentiment national, l'histoire de la France est restée liée à celle d'une seule dynastie : les Capétiens. Continuité, solidarité et complicité uniques en leur genre. C'est ce temps long - très long - que les auteurs de ce livre ont voulu évoquer. Avec le recul du temps, une fois oubliées les polémiques d'un autre âge, notre pays n'a pas à rougir du bilan. Le "miracle capétien" est aussi celui de la France ; il fait à jamais partie du patrimoine commun de tous les Français. Sous la direction de Stéphane Rials et de Frédéric Bluche, quelques-uns des meilleurs spécialistes actuels du Moyen Age et de l'Ancien Régime ont analysé, thème par thème, de Hugues Capet à Louis XVI, les fondements dynastiques, spirituels et juridiques de la continuité capétienne, l'action et l'évolution du pouvoir royal sur tous les plans : justice, armée, administration, instruction, arts et lettres, religion, législation, économie et finances. Des annexes importantes consacrées à la symbolique et à la généalogie des rois de France contribuent à faire de ce "livre du millénaire" une indispensable contribution à la compréhension de ces huit cents ans qui ont forgé le territoire, l'âme et le prestige de la France." (4e de couverture)

68.              ROBERTSON (R. Macdonald). Selected Highland Folktales. Gathered orally by R. Macdonald Robertson. Edited by Jeremy Bruce-Watt. Edinburgh and London, Oliver and Boyd, 1966, in-8°, xi-212 pp, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

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Fairies ; Haunted houses ; Witchcraft ; Monsters ; Merfolk ; The Highland Vision ; Miscellaneous tales.

69.              ROUAIX (Paul). Dictionnaire des arts décoratifs à l'usage des artisans, des artistes, des amateurs et des écoles. P., Librairie illustrée, s.d. (1885), in-4°, vii-1042 pp, illustré de 541 gravures dans le texte et à pleine page, reliure demi-basane brune, dos à 5 nerfs pointillés, titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé et lég. frotté, bon état

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Ameublement, Armurerie, Bijouterie, Broderie, Carrosserie, Ciselure, Costume, Coutellerie, Damasquinerie, Dentelles, Emaillerie, Faïences, Joaillerie, Miniature, Mosaïque, Orfèvrerie, Porcelaine, Poterie, Sculpture sur bois et sur ivoire, Serrurerie, Tapisserie, Tissus, Vitrerie, Vitraux.

70.              SCHNEIDER (Pierre). Le Commencement et la suite. Le dualisme illustré. Flammarion, 1994, gr. in-8°, 190 pp, 117 illustrations, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Idées et Recherches)

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“Le Commencement et la suite” offre une méditation singulière sur l'opposition, et la complémentarité, de l'origine mythique et de l'histoire temporelle, de ce qui est sans suite et de ce qui appelle la répétition, du sacré et du profane. Auteur de nombreux ouvrages d'esthétique et d'histoire de l'art, collaborateur de plusieurs revues d'art anglaises, américaines et allemandes. Pierre Schneider a été le conseiller et l'organisateur de grandes expositions sur Giacometti, Chagall et surtout Matisse, accompagnées de catalogues qui font référence.

71.              SEYMOUR (John). Métiers oubliés, métiers d'autrefois. Editions du Chêne, 1985, in-4°, 192 pp, très nombreux dessins, illustrations et photographies anciennes en noir et en couleurs, de nombreux outils, instruments et objets anciens, index, cartonnage éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Chapitres : Introduction ; 1. Métiers de la forêt : Traitement en taillis - Les claires-voies - Les râteaux - Les fourches - Les balais de bouleau - Les manches d'outils - Les cercles - Les échelles - Les mangeoires - Broches et piquets - Le découpage des semelles de bois - Le bâclage - Le charbon de bois - Les paniers en chêne ; 2. Métiers du bâtiment : Construction en bois - La maçonnerie - La chaux - Les toits de chaume - La taille des ardoises ; 3. Métiers des champs : Le recépage des haies - Les murs en pierres sèches - La fabrication d'échaliers - Le forage des puits - L'extraction de la tourbe ; 4. Métiers en atelier : Fabrication des chaises - La fonderie - La forge - La tonnelerie - Le tournage - Chariots et autres voitures - Fabrication des traineaux - Construction des bateaux - Confection des voiles - Corderie - Confection des filets - Tannage et corroyage - Confection des harnais - La sellerie - Les colliers de cheval - Bottiers et cordonniers - Sabots et galloches - La coutellerie - Rhabillage des meules - Cannes et houlettes - Barrière des champs - La poterie - Fabrication des briques - Fabrication des tuiles - Papeterie - Vannerie - Paille et jonc tressés ; 5. Artisanat domestique : Filage et tissage - Laine - Coton - Lin - Soie - Teinture - Chandelles - Savon - Index. — Cette étude présente de façon très claire et abondamment illustrée les techniques artisanales anciennes, de nombreux outils anciens sont reproduits, ce qui en fait une très intéressante documentation.

72.              SHAPIRA (David). Les Antisémitismes français. De la Révolution à nos jours. Lormont, Editions Le Bord de l'eau, 2011, in-8°, 314 pp, préface de Serge Klarsfeld, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Cet ouvrage présente les différents courants idéologiques et manifestations de l’antisémitisme en France depuis la Révolution française jusqu’à nos jours. Cette étude chronologique analyse, période par période, la spécificité et l’expression de l’idéologie antisémite. De la tendance révolutionnaire opposée à l’octroi de la citoyenneté aux Juifs résidant en France jusqu’à l’alliance des altermondialistes avec les tenants d’un Islam radical, d’un Napoléon à un autre, du socialisme farouchement opposé au « règne des banquiers » jusqu’au réveil nationaliste du 19e siècle, de l’affaire Dreyfus à l’antisémitisme d’Etat durant Vichy, ce livre étudie avec minutie l’ensemble des opinions et expressions d’une haine séculaire. Il démontre, entre autres, que, contrairement à l’Allemagne ou à l’ensemble des pays de l’Europe de l’Est, l’antisémitisme en France est souvent (à l’exception du Régime de Vichy) un phénomène mineur qui n’a pas de répercussion politique majeure. De même, l’antisémitisme n’empêche pas le judaïsme français de jouir d’une intégration modèle, preuve en est le rayonnement de la France dont le modèle est envié par l’ensemble des communautés juives dispersées en Europe avant la Seconde guerre mondiale. Ce livre, écrit dans un style clair et précis, aborde également la question des réactions des dirigeants de la communauté juive face aux différentes vagues d’antisémitisme qui ont marqué l’histoire française.

73.              SPILLMANN (Georges). De l'Empire à l'Hexagone. Colonisation et décolonisation. Perrin, 1981, in-8°, 392 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

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"C'est un trait fréquent chez les officiers supérieurs à la retraite que de se faire mémorialistes. Moins nombreux déjà sont ceux qui se veulent historiens et plus rares ceux qui y parviennent. Le général Spillmann fut de ces derniers et il a publié divers ouvrages de valeur parmi lesquels j'ai surtout apprécié : Maroc 1912-1955. Du Protectorat à l'indépendance (1967) et Napoléon et l'Islam (1969). Le général Spillmann s'était depuis peu de mois consacré à une histoire de la colonisation française lorsqu'il disparut le 23 juin 1980. Le manuscrit de son livre était, semble -t -il, à peu prés terminé. Toutefois une brève note avertit le lecteur que le professeur Jacques Valette a contribué à cet ouvrage sans que puisse être mesurée l'importance de son travail. Notre collègue nous a confié avoir notamment rédigé le chapitre « La guerre du pétrole », l'un des plus intéressants du livre à mon appréciation, ainsi que les pages consacrées à l'oeuvre de l'Institut Pasteur et à la guerre d'Indochine. Cette collaboration étendue aurait dès lors mérité de la part de l'éditeur des remerciements moins discrets ! Le général Spillmann qui servit sous Lyautey est avant tout un « Africain » et dans cette histoire la part de l'Algérie et du Maroc est évidemment prédominante. Nul ne s'en plaindra. On ne parle bien que de ce que l'on connaît et c'est surtout la partie autobiographique de l'ouvrage qui retiendra l'attention des historiens. Un ouvrage que les spécialistes eux-mêmes auraient tort de dédaigner." (Charles-Robert Ageron, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1982) — Table : Le premier Empire colonial français ; La reprise de l'expansion française au XIXe siècle ; La République bâtit notre second Empire colonial ; La fin des Empires ? ; Défense des positions essentielles.

74.              SPITZ (Huguette) et Jean MELLOT. Les Écrivains publics. Le Puy, Christine Bonneton, 1985, pt in-8°, 234 pp, qqs illustrations, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Si nous remontons jusqu'à l'Antiquité, nous trouvons dans le "scribe" mésopotamien ou égyptien, une première figure de l'écrivain public. Mais c'est principalement sur notre territoire que les auteurs nous montrent ce personnage, tout à tour "puissant ou misérable", apparaissant, au gré des circonstances économiques et culturelles, avant d'effectuer, dans les années 80, un retour massif et, semble-t-il, cette fois définitif. Beaucoup d'entre eux se sont groupés en une Académie dont l'accès implique une compétence et une honorabilité indiscutables.

75.              SULLEROT (Evelyne). Histoire et mythologie de l'amour. Huits siècles d'écrits féminins. Club Français du Livre, 1974, gr. in-8°, 316 pp, 50 illustrations, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Nul n'avait jamais exploré l'histoire de l'amour des femmes pour les hommes. Pour illustrer cette fresque (qui est aussi une histoire des moeurs et une exploration de nos mythes éternels), E. Sullerot s'est appuyée sur des centaines de textes de femmes, dont elle donne ici des extraits significatifs. Un ouvrage indispensable pour la connaissance de la psychologie féminine, pour l'histoire des rapports entre les sexes. Une réflexion vigoureuse et neuve, et d'étonnants textes de 160 femmes célèbres ou inconnues.

76.              TALBOT (Laurence). L'Histoire profane inédite. I. Les Paladins du monde occidental. Tanger, Editions Marocaines et Internationales, 1965, pt in-8°, 299 pp, notes, broché, bon état

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Une étude des traces de la culture atlante, où l'auteur expose « les grandes lignes d’essaimage des fils des Atlantes ».

77.              VALLAUD (Dominique). Dictionnaire historique. GLM/Fayard, 1998, fort pt in-8°, 1016 pp, texte sur 2 colonnes, 43 cartes dans le texte, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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D'un faible encombrement, ce 'Dictionnaire historique' fournit en quelques 4.000 notices concises la définition des institutions et des faits nécessaires à l'intelligence de l'histoire universelle, donne la biographie de ceux – dirigeants politiques, artistes, penseurs... – qui ont marqué le destin des hommes, relate les événements clefs et les périodes décisives du passé, accordant une large place aux civilisations, aux faits de société, aux religions de toutes les époques et sous toutes les latitudes. Il servira d'aide-mémoire au chercheur chevronné comme à l'amateur éclairé, de guide clair et sûr à l'étudiant comme au simple curieux. Il sera l'irremplaçable vade mecum de quiconque aura, par plaisir ou par nécessité, affaire avec l'histoire.

78.              VEYNE (Paul). Comment on écrit l'histoire. Essai d'épistémologie. Seuil, 1971, in-8°, 350 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique). Edition originale

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Qu'est-ce que l'histoire ? que font réellement les historiens, de Homère à Max Weber, une fois qu'ils sont sortis de leurs documents et archives et qu'ils procèdent à une « synthèse » ? Font-ils l'étude scientifique des diverses créations et activités des hommes d'autrefois ? Leur science est-elle celle de l'homme en société ? Bien moins que cela ; la réponse à la question n'a pas changé depuis deux mille deux cents ans que les successeurs d'Aristote l'ont trouvée : les historiens racontent des événements vrais qui ont l'homme pour acteur. L'histoire est un roman vrai.

79.              VILAR (Pierre). Or et monnaie dans l'histoire, 1450-1920. Flammarion, 1974, in-12, 439 pp, broché, bon état (Coll. Science)

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"Ce livre, pour l'essentiel, correspond au célèbre cours « polycopié » de Pierre Vilar relatif à l'histoire monétaire. La présentation est un peu scolaire ; la bibliographie est hélas sacrifiée, du fait des exigences d'un « livre de poche ». Le propos de l'auteur est éblouissant, par la richesse de l'information, par la clarté, par la pertinence des pensées." (Annales ESC, Le Choix des Annales, 1975)

80.              YETKIN (Suut Kemal). L'architecture turque en Turquie. Maisonneuve et Larose, 1962, gr. in-8°, (8)-173 pp, 104 planches de photos hors texte, 48 figures et plans dans le texte, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Histoire du monde de l'Islam)

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L'architecture des Seldjoukides ; L'architecture des principautés ; L'architecture de l'empire ottoman (Mosquées, Médressés, Turbés).

81.              ZELDIN (Theodore). Histoire des passions françaises, 1848-1945. 1. Ambition et amour. Encres, Editions Recherches, 1978, in-8°, 421 pp, traduit de l'anglais, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, bon état

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Tome 1 seul (sur 5) — "L'un des livres les plus important... jamais écrits sur la civilisation française... rappelant seulement par son ampleur et sa densité les grandes synthèses de Fernand Braudel." (Le Monde) – "Aucun historien ne pourra plus parler de la France dans ce siècle sans se référer à la lecture qu'en fait Zeldin." (E. Labrousse) – "Comment ne pas dire ma totale admiration pour ce livre, chef-d'œuvre impressionniste, synthèse réussie entre l'histoire sociale et l'histoire des mentalités ; la réussite étant d'autant plus méritoire qu'elle s'opère à l'échelle d'un “stupide XIXe siècle” qui constitua, si longtemps, le parent pauvre de nos études historiques." (Emmanuel le Roy Ladurie) – "Qu'un Anglais, professeur à Oxford, donne en cinq épais volumes le panorama le plus perspicace, le plus fouillé, le plus passionné et passionnant des passions françaises entre 1815 et 1945, voilà qui fait rêver. Quelle somme de travail, quelles plongées dans tout ce qu'on a pu écrire sur la France, en France et ailleurs. Quel amour pour nous, Français insaisissables. Quel acuité à nous observer." (Paris-Match) – "Deux mille pages, qui se lisent comme un roman. C'est une succession de portraits éblouissants, d'éclairages insolites, d'analyses qui fascinent et hérissent à la fois." (Sophie Lannes, L'Express) – "On ne pourra plus écrire sur l'histoire de notre enseignement sans se situer par rapport à cette œuvre majeure." (Antoine Prost, Le Monde de l'éducation) – "Nous connaissons peu, bien peu, de spécialistes français de la France postrévolutionnaire qui aient lu autant et qui en sachent autant sur elle." (Maurice Agulhon, Annales ESC)

82.              ZELDIN (Theodore). Histoire des passions françaises, 1848-1945. 2. Orgueil et intelligence. Encres, Editions Recherches, 1978, in-8°, 390 pp, traduit de l'anglais, une carte, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, bon état

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Tome 2 seul (sur 5) — "L'un des livres les plus important... jamais écrits sur la civilisation française... rappelant seulement par son ampleur et sa densité les grandes synthèses de Fernand Braudel." (Le Monde) – "Aucun historien ne pourra plus parler de la France dans ce siècle sans se référer à la lecture qu'en fait Zeldin." (E. Labrousse) – "Comment ne pas dire ma totale admiration pour ce livre, chef-d'œuvre impressionniste, synthèse réussie entre l'histoire sociale et l'histoire des mentalités ; la réussite étant d'autant plus méritoire qu'elle s'opère à l'échelle d'un “stupide XIXe siècle” qui constitua, si longtemps, le parent pauvre de nos études historiques." (Emmanuel le Roy Ladurie) – "Qu'un Anglais, professeur à Oxford, donne en cinq épais volumes le panorama le plus perspicace, le plus fouillé, le plus passionné et passionnant des passions françaises entre 1815 et 1945, voilà qui fait rêver. Quelle somme de travail, quelles plongées dans tout ce qu'on a pu écrire sur la France, en France et ailleurs. Quel amour pour nous, Français insaisissables. Quel acuité à nous observer." (Paris-Match) – "Deux mille pages, qui se lisent comme un roman. C'est une succession de portraits éblouissants, d'éclairages insolites, d'analyses qui fascinent et hérissent à la fois." (Sophie Lannes, L'Express) – "On ne pourra plus écrire sur l'histoire de notre enseignement sans se situer par rapport à cette œuvre majeure." (Antoine Prost, Le Monde de l'éducation) – "Nous connaissons peu, bien peu, de spécialistes français de la France postrévolutionnaire qui aient lu autant et qui en sachent autant sur elle." (Maurice Agulhon, Annales ESC)

ANTIQUITÉ

 

83.              BARTHE (Docteur Marie-Laure). Le Thermalisme gallo-romain dans les Pyrénées centrales, pays des Convenae-Consoranni. (Thèse). Argentan, Impr. G. Duverne, 1969, gr. in-8°, 150 pp, 5 cartes et plans (dont une carte dépliante hors texte), une figure et un tableau, notes, biblio, broché, bon état

            30

84.              BASANOFF (V.). Les Dieux des Romains. PUF, 1942, in-12, 158 pp, broché, bon état (Coll. Mythes et Religions)

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Par Vsevolod Basanoff (1897-1951), spécialiste de l'histoire religieuse de Rome.

85.              BLOCH (Raymond). Les Prodiges dans l'Antiquité classique (Grèce, Etrurie et Rome). PUF, 1963, in-12, 164 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Mythes et Religions)

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"Parce qu'il met en cause les rapports du monde naturel et du monde divin, le prodige est un phénomène révélateur des attitudes religieuses. L'étude de M. R. BIoch porte la fois sur les traits communs et sur les aspects différentiels du prodige dans les religions grecque, étrusque et romaine. Ce qui oppose Rome à la Grèce comme à l'Etrurie, c'est une très nette séparation entre prodiges et présages. Le prodige n'est pas le signe d'un événement plus ou moins lointain. Il est un phénomène terrifiant qui manifeste la colère des dieux. Il s'agit donc, lorqu'il apparaît, de trouver les moyens susceptibles de rétablir la paix avec le divin ; tel est l'objet des cérémonies propiatoires." (J.-P. Vernant, Archives de sociologie des religions, 1963)

86.              BURY (J. B.), S. A. COOK, F. E. ADCOCK (Edited by). The Cambridge Ancient History. Volume VI : Macedon, 401-301 B.C. Cambridge University Press, 1953, gr. in-8°, xxiii-648 pp, 8 cartes, une planche de plans de temples et un tableau chronologique dépliants hors texte, biblio, index, reliure toile brique de l'éditeur, jaquette, bon état (The Cambridge Ancient History)

            50

87.              CAESARODUNUM. Le Vicus gallo-romain. Actes du colloque. Errance, 1986, gr. in-8°, 334 pp, 2e édition, figures, phtos, nombreux plans et relevés, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. 33 études érudites

            70

"Je me réjouis de voir réédités les Actes d'un des colloques les plus originaux de Caesarodunum, épuisés depuis longtemps. Le sujet en demeure neuf, et les nombreuses données réunies dans ces pages peuvent aider les chercheurs curieux de comprendre le maillon intermédiaire entre la villa et la ville." (R. Chevallier, président du Centre de Recherches A. Piganiol, Université de Tours)

88.              CONTENAU (Georges). La vie quotidienne à Babylone et en Assyrie. Hachette, 1964, in-8°, 320 pp, une carte en frontispice, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"La civilisation de la Mésopotamie a duré vingt-six siècles, de 2900 av. J.-C. à la venue d'Alexandre (330 av. J.-C). Il ne saurait donc être question d'esquisser un tableau général de la vie quotidienne pendant un tel Iaps de temps et c'est pourquoi l'auteur se borne à la période que nous connaissons le mieux, entre 700 et 530 avant notre ère. A cette époque, l'Assyrie atteint son apogée et embrasse tout le Proche-Orient, puis la Babylonie, sa vassale, alliée aux Mèdes, secoue son joug et détruit Ninive (612 av. J.-C.) et c'est pour Babylone une prospérité dont les historiens anciens se sont fait l'écho. Survient alors le troisième acte, les Perses à leur tour attaquent Babylone, l'Asie change de maîtres et la dynastie des Achéménides préside pour deux cents ans aux destinées de l'Orient. Après des notions générales sur le pays et ses habitants, la nourriture, le travail, le commerce, la vie de tous les jours, le Dr Contenau étudie successivement le roi et l'Etat, la pensée mésopotamienne et la vie religieuse. (...) Il fallait, pour écrire ce livre, la connaissance que peut seule donner une familiarité de quarante années avec les textes, les fouilles et la vie de l'antique Mésopotamie." (Albert Vincent, Revue des Sciences Religieuses)

89.              DEUEL (Léo). Le Temps des Ecrits. Stock, 1967, in-8°, 490 pp, traduit de l'américain, 67 figures, 8 pl. de photos hors textes, 3 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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L'histoire de la découverte et de la restitution des textes anciens, inscriptions et manuscrits, auxquels nous sommes redevables de notre connaissance du passé. — "Si l'on voulait traduire exactement le titre américain, il faudrait dire : “Legs du passé”. Et pourtant le titre choisi par le traducteur indique mieux le contenu de l'ouvrage. Car c'est bien d'écrits qu'il est question, écrits sur papyrus, parchemins, tablettes d'argile, et de leur découverte. Découverte qui, à quelques exceptions près, a commencé au début du XIXe siècle et s'est poursuivie jusqu'à nos jours, en Egypte et dans le Proche-Orient. Il y a là le récit d'aventures prodigieuses. Celle, par exemple, des fouilles menées dans les décharges des anciennes villes égyptiennes amenant à jour des papyrus de toute espèce, celles qui ont permis de trouver le Sinaïticus ou les parchemins de la Geniza du Caire, et naturellement l'histoire des manuscrits de la Mer Morte, etc. La connaissance que l'Occident d'aujourd'hui avait de la vie et de la littérature de ces siècles lointains en a été bouleversée, miraculeusement enrichie. Mais plus que toute autre, c'est l'étude de l'Ancien et du Nouveau Testament qui a bénéficié de ces découvertes. L'auteur, dans son dernier chapitre a élargi le champ de son enquête à l'Asie et à l'Amérique précolombienne. On a comparé son livre à celui de Ceram, “Des dieux, des tombeaux, des savants”. A vrai dire, il en est la suite et le complément. C'est la même investigation du passé, passionnante pour les chercheurs. et pour le lecteur." (E. Tesson, Etudes, 1968)

90.              FLACELIÈRE (Robert). L'Amour en Grèce. P., Club du meilleur livre, 1961, in-8° carré, 260 pp, 50 illustrations dans le texte et à pleine page (iconographie réunie par Patrick Vloebergh), notes, reliure pleine toile de l'éditeur avec décor continu sur les plats reproduisant une peinture grecque antique, rhodoïd, ex. numéroté, bon état

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"Les Grecs ont inventé un riche vocabulaire de l'amour, qui en décrit toutes les nuances depuis l'amitié familiale jusqu'à la passion déchaînée ; ils ont connu, pratiqué et célébré toutes les formes de l'amour, et en particulier ce qu'aujourd'hui on appelle « l'amour grec ». Mais ces tendances variées se sont exprimées plus ou moins vigoureusement selon les époques : c'est cette évolution des sentiments et des idées que M. Flacelière a eu le mérite de mettre en lumière, dans un livre bien documenté, riche en aperçus de toute sorte et d'une lecture très agréable. (...) Un beau livre où les sentiments les plus profonds comme les histoires les plus scabreuses sont évoqués avec autant de finesse que de tact." (Georges Vallet, Annales ESC, 1963) — "Il n'était pas facile d'écrire ce livre. Consacrer un livre entier à cette question conduisait souvent à aborder des problèmes délicats, parfois scabreux. R. Flacelière l'a fait sans hésiter, avec la plus remarquable aisance. Les conclusions qu'il présente à la fin de son étude témoignent d'autant de justesse que de pénétration : elles offrent au grand public auquel le livre est d'abord destiné une exacte appréciation des conceptions antiques ; elles proposent de surcroit aux connaisseurs de la civilisation classique une définition sur laquelle ils auront avantage à réfléchir, présentant « l'idéal grec de l'amour, à la fois élan de tout l'être et connaissance intellectuelle, achèvement de l'homme et initiation à la vie divine »..." (Jean Pouilloux, Revue des Études Grecques, 1960)

91.              GROLLENBERG (Luc H.). Atlas de la Bible. Traduit et adapté du néerlandais par René Beaupère. Bruxelles, Elsevier, 1955, in-folio, 162 pp, 2e édition, 37 cartes en couleurs et 408 illustrations en noir, index, reliure toile crème de l'éditeur, jaquette illustrée (abîmée avec manque), bon état

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"Avec ce bel atlas, il est possible de visiter la Terre Sainte, de la comprendre et de revivre en quelque sorte les récits de la Bible. Ce travail magnifique met en oeuvre trois instruments ensemble conjugués. Des cartes tout d'abord qui nous montrent l'évolution du pays et l'emplacement des villes mentionnées dans le pays, les déplacements, les migrations et les campagnes militaires. Une heureuse innovation permet de fixer sur la carte les grands événements bibliques de l'époque. Les images sont constituées par d'admirables photographies dues en grande partie à l'auteur lui-même. Elles ont une splendide puissance évocatrice et rien n'est plus prenant, surtout pour ceux qui les ont déjà vus dans la réalité, que telle photographie du désert de Juda ou le cadre sauvage qui a conservé les manuscrits de Qumrân. (...) Entre les cartes et l'illustration un texte ordonne tout ce matériel et renvoie aux livres bibliques dans une large histoire qui va depuis les origines nomades du peuple élu jusqu'à la venue du Christ, la fondation et l'expansion de son Eglise. En voici d'ailleurs un aperçu : I. Préliminaires : Le cadre géographique et les fouilles en Palestine. – II. Formation et Vie cachée : Araméens nomades au pays de Ramsès. – III. La Jeunesse, l'Exode, l'Alliance et la Loi. L'établissement en Canaan. – IV. L'Indépendance. Fédération tribale. Unification sous David et Salomon. Le schisme. – V. Infidélité et Châtiment. Israël et Juda en Palestine. – VI. Repentir et Espérance. Retour de l'Exil et Renouveau. La Marée de l'Hellénisme. Les Maccabees et l'Emprise de Rome. – VII. Mort et Résurrection. La Palestine à l'époque des Evangiles et des Actes. La situation politique à la naissance du Christ. Nous avons là en résumé une très belle réalisation et qui rendra les plus grands services." (Albert Vincent, Revue des Sciences Religieuses, 1956)

92.              HUBAUX (Jean). Les grands mythes de Rome. PUF, 1945, in-12, 155 pp, broché, papier lég. jauni, bon état (Coll. Mythes et Religions)

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"Dans ce livre court mais dense, l'auteur s'est surtout attaché à une idée générale des Romains, à savoir que la fortune de leur empire était liée à des données spatiales et temporelles, une certaine durée d'inviolabilité étant promise à leur ville. Montrant avec clarté l'importance de la conception de l'année d'années ou grande année à l'époque républicaine, l'auteur prouve que le projet de migration à Veies, contre lequel Camillus lutta aussi victorieusement que contre les Gaulois, venait en dernière analyse de cette conception. (...) Ce livre magistral, écrit par un érudit qui a su dominer et organiser un immense matériel, sera lu avec un intérêt passionné par tous ceux qui s'intéressent à l'histoire, la religion, les lettres romaines, et je garantis que ses lecteurs y autant de profit que d'agrément." (Léon Herrmann, L'antiquité classique, 1946)

93.              JOFFROY (René). Le Trésor de Vix. Histoire et portée d'une grande découverte. Fayard, 1962, in-8° carré, 205 pp, 72 illustrations, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Résurrection du passé)

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"Le sous-titre de ce beau livre : « Histoire et portée d'une grande découverte » résume son contenu. Notre collègue Joffroy a découvert ce trésor, nul ne saurait donc mieux dire quelles circonstances ont entouré cette fouille mémorable ; mais de plus l'auteur sait conter cette histoire avec la verve et l'esprit qui lui sont propres, et n'oublie pas que nous sommes là en Bourgogne, dans une province où l'on n'est pas morose. Quant à la portée de cette trouvaille sensationnelle, elle est exposée avec autant de science que de simplicité, R. J. ne dissimule aucun problème, il en résout beaucoup ; on admire la précision des détails qui ne nuit pas à l'envolée des résultats, élevant le lecteur à une compréhension claire des rapports entre le monde classique de l'antiquité et notre pays, dès une très haute époque. L'illustration est abondante et remarquable, tant au point de vue de l'art pur qu'au point de vue, moins spectaculaire, de la documentation archéologique. Au total, un livre hautement recommandable, un parfait modèle digne d'intéresser non seulement le protohistorien spécialisé, mais encore l'amateur qui en appréciera les qualités de méthode et d'exposition, sans être rebuté par l'austérité sévère et le jargon prétentieux que trop d'auteurs croient nécessaires à de tels travaux." (G. G., Bulletin de la Société préhistorique de France, 1962)

94.              JULLIAN (Camille). Histoire de la Gaule. Hachette, 1926-1929, 8 forts vol. gr. in-8°, 534, 557, 607, 622, 381, 558, 325 et 387 pp, reliures demi-basane fauve (rel. de l'époque), dos lisses avec titres et tomaisons dorés et doubles filets à froid (rel. de l'époque), bon état

            600

Complet en 8 volumes. — I. Les Invasions gauloises et la Colonisation grecque ; II. La Gaule indépendante ; III. La Conquête romaine et les premières invasions germaniques ; IV. Le Gouvernement de Rome ; V. La Civilisation gallo-romaine. – Etat matériel ; VI. La Civilisation gallo-romaine. – Etat moral ; VII. Les Empereurs de Trèves. – I. Les Chefs ; VIII. Les Empereurs de Trèves. – II. La terre et les hommes. — Ouvrage faisant toujours autorité. "L'Histoire de la Gaule reste un témoignage historiographique magnifiquement entraînant sur l'esprit d'une époque et la part prise par l'auteur à la fabrique de la Nation." (Claude Nicolet)

95.              JULLIAN (Camille). Vercingétorix. Edition mise à jour, annotée et préfacée par Paul-Marie Duval. Tallandier, 1978, in-8°, 427 pp, une monnaie gauloise représentant Vercingétorix en couleurs contrecollée en frontispice, 40 gravures, 4 cartes, annexes, reliure plein cuir carmin très ornée de l'éditeur, tête dorée, bon état (Coll. Figures de proue)

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Avant Vercingétorix, la Gaule n'a pas d'histoire, son origine se confond-même avec la préhistoire. Sa population disséminée à travers tout le territoire ressemble à un puzzle de clans et de tribus disparates. Mais lorsqu'en 53 avant Jésus-Christ, Vercingétorix parvient à rassembler sous son autorité unique une armée de volontaires accourus des quatre coins du pays, commence alors véritablement l'histoire de la France. Camille Jullian nous fait le récit solidement documenté, le plus coloré et le plus dramatique de l'extraordinaire épopée du plus lointain artisan de l'unité nationale. Avec minutie et fidélité, il nous raconte les phases successives de sa lutte acharnée contre Jules César, la victoire de Gergovie, la défaite d'Alésia, sa mort atroce en exil. La France d'aujourd'hui est née de ces événements tragiques, de l'affrontement puis du rapprochement de deux peuples, les Gaulois et les Romains.

96.              KELLER (Werner). Les Etrusques. Fayard, 1976, in-8°, 477 pp, traduit de l'allemand, 139 croquis, illustrations et cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Bien avant Rome, au seuil qui sépare la préhistoire de la période historique, les Etrusques érigèrent au coeur de l'Italie une civilisation hautement développée, jetant ainsi les fondements de l'essor ultérieur de l'Europe. Véritables intercesseurs, ils transmirent à l'Europe l'héritage de l'Orient ancien et l'acclimatèrent à l'Ouest du continent. Aucun autre peuple en Europe n'a vu l'héritage qu'il laissait à la postérité soumis à une destruction aussi systématique. Synthèse des recherches sur le monde de l'Orient ancien, en Asie antérieure et en Egypte, ce livre tire l'Etrurie antique de l'obscurité dans laquelle l'avait plongée l'oubli de la postérité. Une mosaïque d'innombrables documents et monuments permet en effet de dresser à grands traits le tableau de la vie et des activités de ce peuple entouré de tant de mystères et de tant d'énigmes. Un peuple dont la grandeur se fonde sur une construction pacifique et qui, faisant appel aux arts et aux techniques, jeta les bases d'un développement culturel si brillant.

97.              LALLEMAND (Ferdinand). Journal de bord de Pythéas de Marseille. France-Empire, 1974, pt in-8°, 261 pp, 16 pl. de photos hors texte, plans, cartes, monnaies et dessins au trait dans le texte, broché, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.

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Journal du célèbre navigateur et géographe marseillais du VIe siècle, présenté et commenté par Ferdinand Lallemand. — "On pourra lire sur Pythéas si l'on veut, F. Lallemand, Journal de bord de Pythéas, charmant récit sans vraies prétentions scientifiques, mais qui restitue une atmosphère." (J. Bousquet, Annales de Bretagne)

98.              MACALISTER (R. A. Stewart). The Philistines. Their History and Civilization. Chicago, Argonaut, 1965, gr. in-8°, xvi-136 pp, 11 figures dans le texte. Index, reliure percaline éditeur, jaquette illustrée, bon état (The Schweich Lectures, 1911). Texte en anglais

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Les Philistins sont un peuple de l'Antiquité connus par différentes sources textuelles (assyriennes, hébraïques, égyptiennes) et archéologiques. Les Philistins apparaissent dans des sources égyptiennes au XIIe siècle av. J.-C. et sont présentés comme des ennemis de l'Égypte venus du nord, mélangés à d'autres populations hostiles connues collectivement sous le nom de peuples de la mer. Après leurs affrontements avec les Égyptiens, les Philistins se sont fixés sur la bande côtière du sud-ouest de la terre de Cana?an, c'est-à-dire dans une région longeant la Méditerranée depuis l'actuelle bande de Gaza jusqu'à Jaffa. Leurs cités ont dominé la région jusqu'à la conquête assyrienne de Teglath-Phalasar III en -732. Ils sont par la suite soumis aux empires régionaux, et semblent progressivement s'y assimiler. Les dernières mentions des Philistins datent du IIe siècle av. J.-C., dans le premier livre des Maccabées. La langue des Philistins reste inconnue, dans la mesure où on ne leur connaît aucune production textuelle.

99.              MORET (Alexandre). Histoire de l'Orient. PUF, 1936-1941, 2 vol. gr. in-8°, xxii-872 pp, pagination continue, 13 cartes, tableaux chronologiques, biblio, index, brochés, dos tachés, bon état (Coll. Histoire générale, publiée sous la dir. de Gustave Glotz)

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I. Préhistoire. IVe et IIIe millénaires. Egypte, Elam, Sumer et Akkad-Babylone ; II. IIe et Ier millénaires. Les Empires. Rivalité des Egyptiens, Sémites, Indo-Européens. — "Il était à souhaiter qu'un même historien traitât à la fois l'histoire de l'Egypte et celle de l'Asie Occidentale. M. Moret, également compétent dans l'histoire des deux régions, a bien voulu assumer cette tâche. L'étendue de l'érudition de l'auteur, sa largeur de vues, lui ont permis de tracer un tableau d'ensemble où perpétuellement les ressemblances et les dissemblances entre la Mésopotamie et l'Egypte sont rappelées, où mille faits, mille usages trouvent leur explication par l'histoire du pays voisin. Par suite, l'exposé de l'histoire de l'Orient ancien prend une ampleur insoupçonnée; la solidarité de l'Egypte et de l'Asie dans les progrès de la civilisation est beaucoup plus manifeste que si l'historien adoptait le cadre étroit des divisions par peuples ou par régions géographiques. Un autre mérite de l'ouvrage est d'avoir bien mis en relief le rôle qu'ont joué en Orient les Indo-Européens aux époques décisives de son histoire..." (Georges Contenau, Syria, 1936)

100.          PIGANIOL (André). Histoire de Rome. PUF, 1977, fort pt in-8°, lii-692 pp, 6e édition, biblio, index, broché, bon état (Coll. Clio)

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L'édition la plus complète de cet excellent manuel (niveau universitaire). — "On connaît suffisamment l'excellente collection Clio pour n'avoir pas à insister sur ses caractéristiques et sur ses mérites. Ce type d'ouvrage, où chaque chapitre, forcément succinct et rapide, est accompagné d'une étude critique des sources, d'une bibliographie complète et de l'exposé condensé des principaux problèmes historiques, requiert une science et un labeur énormes. L'éminent historien qu'est M. Piganiol s'est acquitté de sa lourde tâche avec aisance. Ce sont surtout les notes de fin de chapitres qui rendront grand service aux travailleurs. L'histoire religieuse n'y est pas oubliée : outre les bibliographies initiales, on trouvera les indications nécessaires sur la Gaule chrétienne dans les notes des derniers chapitres." (J.-R. Palanque, Revue d'histoire de l'Église de France, 1940)

101.          SAINTE FARE-GARNOT (Jean). La Vie religieuse dans l'Ancienne Egypte. PUF, 1948, in-12, viii-146 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Mythes et religions)

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"Cette introduction à l'étude des religions égyptiennes éveillera bien des souvenirs chez les anciens étudiants qui en entendirent la « version originale » en Sorbonne, il y a quelques années, et en aidera aussi beaucoup d'autres à prendre contact avec un problème ardu, d'abord souvent difficile. Petit livre précis, clair, mais dense aussi, et soucieux de rajeunir, d'assainir un sujet trop fréquemment raidi par l'érudition ou enfoui sous la prolifération des interprétations fantaisistes. M. Sainte Fare Garnot a décidé d'aborder les religions égyptiennes, non comme un froid catalogue de figures arbitraires et de pensées mortes, mais comme des forces douées et génératrices de vie. Les dieux et les dogmes ne sont point, en fait, d'immuables et abstraits objets de foi imposés du dehors au peuple qui les vénère, mais l'émanation même de la conscience religieuse des hommes. D'où la triple étude de vie proposée par ce livre : vie mentale et psychologique de l'Egyptien ; vie et évolution des dieux et des dogmes dans lesquels se sont cristallisées les aspirations religieuses du peuple égyptien ; vie, enfin, et réactions quotidiennes de ce même peuple en présence de ses dieux : les rites, la foi, la spiritualité. (...) Pour dénué qu'il soit d'appareil d'érudition, cet ouvrage n'en a pas moins été réfléchi et écrit avec un vif désir de mise à jour et d'approfondissement du sujet. Par où, il doit intéresser le spécialiste autant que le novice." (Anne Meyrieux-Léo, Revue de l'histoire des religions, 1950). "On lira donc avec plaisir le livre aisé et plein de choses à la fois que Jean Sainte-Fare Garnot consacre à La vie religieuse dans l'Ancienne Egypte. J'ai goûté particulièrement le chapitre IV, consacré au Problème de la Mort - et le chapitre V, intitulé Heurts et malheurs des religions égyptiennes. (...) Bonne bibliographie critique qui rendra des services excellents au lecteur non spécialiste." (Lucien Febvre, Annales ESC)

102.          TURTON (Godfrey). The Syrian Princesses. The women who ruled Rome, A.D. 193-235. Londres, Cassell, 1974, in-8°, (8)-209 pp, une carte de l'empire Romain vers 200, généalogie, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

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Sur les épouses des Sévères. — "Four women from an Eastern province wielded unprecedented power throughout the vast dominions of Rome at the end of the second century AD and into the start of the third. This is their story well researched from the historical records available. Includes a table of Roman Emperors from the Foundation of the Empire, Genealogical Table of Julius Bassianus, high priest of Elagabal, and double-page map of the Roman Empire circa AD 200."

103.          VERNANT (Jean-Pierre)(dir.). Problèmes de la guerre en Grèce ancienne. P., et La Haye, Mouton, 1968, gr. in-8°, 319 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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17 études érudites (dont 2 en anglais) — "C'est une joie que d'avoir à rendre compte ici d'un ouvrage aussi foisonnant de qualités que l'est ce volume réalisé sous la direction de J.-P. Vernant. Avant d'examiner plus en détail les nombreuses études qui le constituent (treize études répondant à l'intitulé général du volume, augmentées de quatre notes consacrées aux problèmes du char en Grèce et hors de Grèce), ainsi que la présentation synthétique qui les introduit, je voudrais souligner les mérites de l'ouvrage dans son ensemble. Le plus grand, celui dont tout le reste découle, en revient sans conteste à J.-P. Vernant ; et c'est d'avoir accueilli au Centre de recherches comparées sur les sociétés anciennes qu'il dirige, et d'avoir fait participer à une réflexion commune sur un thème commun un ensemble de spécialistes aussi éminents, de chercheurs aussi originaux ou de jeunes historiens aussi talentueux qu'Elena Cassin, Paul Courbin, Marcel Détienne, Pierre Ducrey, M. I. Finley, Paul Garelli, Yvon Garlan, Jacques Gernet, G.-S. Kirk, Michel Lejeune, Pierre Lévêque, Claude Mossé, Jacqueline de Romilly, J. Taillardat, Francis Vian et Pierre Vidal-Naquet. (...) Le résultat est un ouvrage exemplaire à bien des égards..." (Jean-Pierre Darmon, Annales ESC, 1970)

MOYEN AGE

 

104.          ASSE (Eugène). Louis XI et Charles le Téméraire. P., Firmin-Didot, 1890, gr. in-8°, 251 pp, 59 gravures dans le texte et à pleine page, reliure percaline carmin, dos à 4 faux-nerfs, titres et caissons dorés, encadrements à froid sur les plats, tranches dorées, bon état

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105.          BAILLY (Auguste). Saint Louis. Tallandier, 1977, in-8°, 377 pp, une miniature médiévale en couleurs représentant saint Louis contrecollée en frontispice, 36 gravures, chronologie, reliure plein cuir carmin très ornée de l'éditeur, tête dorée, bon état (Coll. Figures de proue)

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"Sans recherches nouvelles, mais avec son art habituel, M. Bailly évoque tous les épisodes et tous les aspects du règne de saint Louis. A signaler le chapitre qui traite de d'intérêt qu'il a porté à la vie intellectuelle de son royaume ; celui qui analyse, de façon nuancée, ses rapports avec l'Église ; celui enfin qui évoque sa conception du « service de Dieu » et qui explique, en grande partie, son oeuvre." (Revue d'histoire de l'Église de France)

106.          BEGUIN (Pierre). L'Anonyme de Pérouse. Un témoin de la fraternité franciscaine primitive confronté aux autres sources contemporaines. Traduction, introduction et notes, étude comparative des textes par Pierre-B. Beguin. P., Editions franciscaines, 1979, in-8°, 295 pp, 3 index, annexes, broché, bon état

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«Anonyme» parce que l'auteur en a été longtemps ignoré ; «de Pérouse» parce que le seul manuscrit connu se trouvait à Pérouse. – L'auteur est aujourd'hui identifié avec le frère Jean «compagnon du vénérable frère Gilles» que cite la lettre-préface de la “Légende des trois Compagnons”. Pierre Beguin apporte, en outre, de sérieux arguments pour fixer la rédaction de cet ouvrage en 1240-1241. Plutôt qu'une «Vie de saint Francois», l'auteur a l'intention de conserver, comme il le dit, le souvenir «de la naissance et de la fondation de l'Ordre», ainsi que «les faits et gestes des premiers frères mineurs». C'est dire l'importance de ce document, dont on savait déjà qu'il est une des principales sources de la “Légende des trois compagnons”, mais que les péripéties des discussions menées par les spécialistes de la « Question Franciscaine » avaient maintenu dans l'ombre pour le grand public.

107.          BOURASSIN (Emmanuel). La France anglaise, 1415-1453. Chronique d'une occupation. Tallandier, 1981, in-8°, 320 pp, 16 pl. de gravures hors texte, une carte, un tableau généalogique, biblio, reliure plein cuir carmin très ornée de l'éditeur, tête dorée, bon état

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108.          BRION (Marcel). Charles le Téméraire, Grand-duc d'Occident. Tallandier, 1977, in-8°, 402 pp, un portrait en couleurs en frontispice, 43 gravures, une carte, chronologie, reliure plein cuir carmin très ornée de l'éditeur, tête dorée, bon état (Coll. Figures de proue)

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Charles le Téméraire (1433-1477) est longtemps passé pour un homme de guerre brutal, un peu borné, rêvant de plier l'Europe entière à sa loi. Ce fut, en réalité, un être attachant, homme d'Etat au plein sens du terme, parfait chevalier et, sans doute, le plus "moral" des princes de son temps. Comte de Charolais puis, en 1467, duc de Bourgogne, il sut pendant des années contrer les menées de son redoutable adversaire Louis XI, l' "universelle araigne". On put même croire, au début des années 1470, que Charles ferait des Etats bourguignons un ensemble territorial cohérent, situé au cœur de l'Europe occidentale, véritable puissance d'un saint Empire romain germanique dont le Téméraire recevrait la couronne. Mais cet attardé de l'âge féodal vivait dans des chimères, à une époque où les banquiers et les marchands commençaient à tenir le haut du pavé, où les réalités de la diplomatie prenaient le pas sur l'idéal chevaleresque. Charles se vouait en nouvel Alexandre, en nouveau Hannibal. il ne connut, en fait d'épopée, que deux déroutes humiliantes face aux Suisses, an fait de gloire, qu'une mort anonyme, de la main d'un simple chevalier, aux portes de Nancy.

109.          BRUN (Robert). Avignon au temps des Papes. Les monuments, les artistes, la société. Armand Colin, 1928, in-8°, 287 pp, 8 gravures hors texte, plan, index, tableau chronologique des Papes d'Avignon, broché, couv. rempliée, bon état

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"L'histoire d'Avignon au XIVe siècle a déjà été l'objet de nombreux travaux auxquels sont attachés les noms de Müntz, de l'abbé Requin, de Labande, de Colombe, et les essais brillants de Robert André-Michel. M. Brun résume de tout ce que l'on sait grâce à ces savants, et y ajoute des précisions nouvelles, des points nouveaux dus à ses recherches sagaces et bien informées. C'est la présentation de la ville qui jouit d'une fortune inespérée du jour où Clément V y fixa la résidence de la papauté, jusqu'au moment où, à la fin du XIVe siècle, le grand schisme et les guerres vinrent la ruiner. De ce moment, Avignon retomba dans son obscurité, mais durant cette période de près d'un siècle elle jouit d'un éclat incomparable..." (Léon Mirot, Bibliothèque de l'école des chartes, 1928)

110.          CAHEN (Claude). L'Islam, des origines au début de l'empire ottoman. Bordas, 1970, gr. in-8°, 280 pp, 80 illustrations, photos et cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoire universelle)

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1. Les arabes avant l'Islam. 2. Mahomet. 3. La fondation de l'empire arabo-islamique. 4. La période omayyade (660-750). 5. L'évolution des esprits au milieu du VIIe siècle : la "révolution abbaside". 6. Le premier siècle abbaside. 7. L'élaboration d'une culture nouvelle. 8. Economie et société dans le monde musulman classique (jusqu'au XIe s.) 9. L'armée et les transformations politiques et sociales (milieu IXe s. - milieu Xe s.) 10. L'évolution des mouvements politico-religieux (milieu IXe s. - milieu Xe s.) 11. Morcellement politique et apogée culturel du monde musulman médiéval. 12. La culture musulmane du milieu du IXe au milieu du XIe siècle. 13. Du XIe au XIIIe siècle : les nouveaux empires, l'évolution sociale et culturelle. 14. Des Mongols aux Ottomans.

111.          CHAMPION (Pierre). Le Roi Louis XI. Tallandier, 1978, in-8°, 420 pp, une miniature médiévale en couleurs contrecollée en frontispice, 43 gravures, une carte, arbre généalogique des Valois, biblio, reliure plein cuir carmin très ornée de l'éditeur, tête dorée, bon état (Coll. Figures de proue)

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"Dures à détruire sont les vieilles légendes. Le « petit homme cruel » de Voltaire était l'un des plus grands rois que la France ait eus. Le livre clair, vivant, convaincant de M. Pierre Champion l'établit définitivement. Ce Roi Louis XI est vraiment inoubliable." (Le Figaro, 1936)

112.          CHARPENTIER (John). L'Ordre des Templiers. Tallandier, 1977, in-8°, 370 pp, sceau des templiers en couleurs contrecollé en frontispice, 30 gravures, une carte, pièces justificatives, sources, reliure plein cuir carmin très ornée de l'éditeur, tête dorée, bon état (Coll. Figures de proue)

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De l'histoire des Templiers, la mémoire collective a surtout retenu une incroyable opération de police menée dans l'ensemble du royaume de France en 1307, un bûcher dressé à Paris un soir de mars 1314, une malédiction proférée à l'encontre d'un pape veule, Clément V, et d'un roi arrogant, Philippe le Bel, et surtout un Fabuleux trésor jamais retrouvé... Bien malgré eux, les Templiers ont nourri depuis sept siècles les fantasmes des auteurs de tout genre. Rares sont les écrivains qui ont abordé l'ordre du Temple en véritables historiens. John Charpentier est de ceux-là. Loin des élucubrations habituelles, il rend intelligible l'histoire de la Milice des pauvres chevaliers du Christ, de sa création à Jérusalem en 1119 à sa dissolution en 1312. Il nous fait revivre le quotidien de ces soldats de Dieu, engagés dans la guerre sainte, des sables de l'Orient aux marches ibériques. Il suit le procès des moines soldats, concluant, au terme d'un réexamen complet des textes, en leurs faveurs. Aucune trace d'hérésie, sinon une vision du monde plus large et plus haute que celle du temps. Débauche ? Calomnie pure et simple. Alors apparaît la vérité crue : l'ambition d'un roi voulant asseoir son autorité et humilier la papauté. Quant au trésor du Temple...

113.          CLÉMENT (Olivier). Byzance et le christianisme. PUF, 1964, in-12, 122 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mythes et Religions). Edition originale

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Dans ce texte, Olivier Clément, grand théologien orthodoxe et historien, montre combien va se forger peu à peu, notamment à partir du XIVe siècle, une identité spirituelle propre à l'univers de l'orthodoxie, avec en particulier le courant de l'hésychasme (du mot silence ou union à Dieu), des personnalités comme Grégoire Palamas, Nicolas Cabasilas, jusqu'au XVIIIe siècle et la relève prise par le monde russe. — Ce volume étudie le XIVe et le XVe siècle, jusqu'à la chute de Constantinople en 1453, c'est-à-dire ce que l'on considère d'ordinaire comme une période de déclin. M. Clément veut, au contraire, mettre en évidence la grande vitalité intellectuelle et spirituelle de cette période où se réalisent les grandes synthèses qui le message de l'« éternelle Byzance ». La plus importante de ces synthèses est celle que Grégoire Palamas fait de la tradition hésychaste, diffusée depuis le XIIIe siècle. Cette spiritualité, si elle a son principal foyer à l'Athos,. ne se confine cependant pas dans les cloîtres ; avec Nicolas Cabasilas, on assiste à une véritable spiritualité de laïcs et M. Clément se plaît à y voir une synthèse de l'hésychasme et de la culture hellénique. Il étudie aussi, dans ce livre, la « relève russe » et consacre de belles pages; à l'art religieux byzantin et russe. Les rapports avec l'Occident latin sont aussi étudiés, ainsi que les tentatives d'union, qui, précipitées sous la pression des événements politiques, aboutissent à l'accord, superficiel et sans lendemain, de Florence, en 1439. Un livre bien informé, soutenu par une compréhension intime des sujets traités qui constitue une initiation très recommandable à la spiritualité byzantine. (A. Guillaumont, Revue de l'histoire des religions, 1967)

114.          CLÉMENT (Pierre). Jacques Coeur et Charles VII. L'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle. Etude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaises. P., Perrin et Cie, 1886, in-12, lxxii-514 pp, nouvelle édition revue et corrigée, pièces justificatives, reliure demi-percaline verte, dos lisse avec pièce de titre basane noire, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), bon état

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"En étudiant avec un soin minutieux cette grande et impérieuse figure de Jacques Coeur, l'auteur jette de vives lumières sur l'industrie, le commerce, les monnaies, les finances, l'administration intérieure et extéreure, la justice, l'armée, la politique, la population, le territoire, les sciences, les lettres, les arts en France au quinzième siècle." (Nouvelle Biographie Générale)

115.          COCHIN (Henry). Le Bienheureux Frà Giovanni Angelico de Fiesole (1387-1455). P., Gabalda, 1924, in-12, 283 pp, reliure demi-percaline bleu-nuit, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, filets dorés sur les plats (rel. de l'époque), qqs rares annotations, une photo d'Henry Cochin collé sur une garde, bon état (Coll. Les Saints)

            25

116.          DECAENS (Henry). Le Mont-Saint-Michel. La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1990, pt in-4°, 96 pp, 2e édition, 48 héliogravures hors texte, 4 pl. en couleurs hors texte, 6 plans, biblio, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Les travaux des mois 20)

            25

117.          DECARREAUX (Jean). Byzance ou l’autre Rome. Editiond du Cerf, 1982, in-8°, 274 pp, lexique, biblio, broché, bon état

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Byzance. Ce mot évoque pour nous le faste d'un empire prestigieux, d'une Eglise illustrée par d'innombrables saints et docteurs de l'Eglise, par des milliers et milliers de moines et d'ascètes. “L'autre Rome” évoque la rivalité séculaire, puis les conflits entre l'Eglise grecque et l'Eglise latine, qui devaient aboutir à la séparation, on ne sait au juste à quel moment. Les Eglises d'Orient ont longtemps été méprisées et méconnues par les chrétiens latins. Aujourd'hui, elles fascinent nombre de catholiques. Pour autant, les connaissent-ils mieux ? Dans cet ouvrage, le P. Décarreaux nous invite à un voyage dans le temps et dans l'espace. A grands traits, il nous présente l'histoire de l'empire byzantin, de sa décadence, de sa conquête par les croisés latins puis par les Turcs, de sa survivance. Il nous montre l'aventure extraordinaire des moines grecs d'hier et d'aujourd'hui. Il nous raconte enfin tous les efforts de rapprochement au cours des siècles entre Latins et Grecs, jusqu'à la rencontre extraordinaire de Paul VI et du patriarche Athênagoras. Il nous révèle enfin le rayonnement de l'Eglise grecque, dans le monde slave notamment. Cet ouvrage se lit comme un passionnant récit de voyage, car le P. Décarreaux n'est pas seulement un érudit connaissant tout de l'histoire de Byzance ; il connaît de l'intérieur l'Eglise grecque, y ayant fait de longs séjours, en particulier au Mont Athos. Quiconque aura lu ce livre comprendra mieux à la fois les chances et les difficultés d'un rapprochement entre les deux Eglises "soeurs", pour reprendre la formule même de Paul VI. Il ne pourra pas ne pas s'en faire l'apôtre.

118.          DEPREZ (Eugène). Les Préliminaires de la guerre de Cent Ans. La papauté, la France et l'Angleterre (1328-1342). (Thèse). P., Fontemoing, 1902, gr. in-8°, xiii-450 pp, pièces justificatives, biblio, index, broché, bon état (Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome, fasc. 86)

            80

"Sorti en bon rang dans la promotion de 1898 de l'Ecole des chartes, avec une thèse sur Hugues Aubriot, prévôt de Paris sous Charles V, Eugène Déprez (1874-1951) fut désigné pour l'Ecole française de Rome pendant quatre années. L'étude qu'il avait abordée du règne de Charles V l'attira vers la publication des bulles intéressant la France de deux des papes d'Avignon, Clément VI et Innocent VI. Il en tira le sujet d'un ouvrage qui fut sa thèse principale pour le doctorat es lettres : Les préliminaires de la guerre de Cent ans, révélés par la correspondance diplomatique du Saint-Siège. Le grade de docteur lui fut conféré par la Sorbonne le 4 juin 1902..." (B.-A. Pocquet Du Haut Jussé, Bibliothèque de l'école des chartes, 1952)

119.          DUBY (Georges)(dir.). Histoire de la France urbaine. 2. La ville médiévale, des Carolingiens à la Renaissance. Volume dirigé par Jacques Le Goff. Seuil, 1980, fort in-8° carré, 653 pp, plus de 400 illustrations et cartes, 16 pl. en couleurs hors texte, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            35

Par André Chédeville, Jacques Le Goff, Jacques Rossiaud. — "Cet ouvrage constitue une synthèse de premier plan indiscutablement appelée à faire date. Nous avons ici en effet une vue d'ensemble saisissante sur tout l'aspect urbain des travaux des médiévistes français dans les trente dernières années, dont la richesse et l'abondance ressortent admirablement, soulignées d'ailleurs par une iconographie à la fois originale et judicieuse..." (Alain Guerreau, Bibliothèque de l'école des chartes, 1981)

120.          DUCELLIER (Alain). Le drame de Byzance. Idéal et échec d'une société chrétienne. Hachette, 1976, in-8°, 318 pp, biblio, glossaire, repères chronologiques, sources, broché, bon état (Coll. Le Temps et les Hommes)

            25

Byzance souffre d'un préjugé défavorable : monde compliqué, superficiel, ostentatoire et stérile. Pourtant, en se plongeant dans certaines sources particulièrement vivantes comme des textes hagiographiques ou des chroniques, Alain Ducellier a découvert le drame caché d'une civilisation éminemment chrétienne, déchirée entre le règne idéal de Dieu et la vie terrestre des hommes. Cette coïncidence impossible s'est transmise au-delà du Moyen Age et peut encore expliquer certains aspects actuels du monde orthodoxe.

121.          DUPARC (Pierre). Procès en nullité de la condamnation de Jeanne d’Arc. Tome V : Etude juridique des procès. Contribution à la biographie de Jeanne d’Arc. P., Klincksieck, 1988, gr. in-8°, xx-310 pp, sources, bibliographie, index, broché, 2 feuillets salis, couv. salie, état correct

            30

Les tomes I à IV du Procès en nullité de la condamnation de Jeanne d'Arc contiennent le texte latin (tomes I-II) et la traduction en français (tomes III-IV), établis et publiés par P. Duparc.

122.          FABRE (Lucien). Jeanne d'Arc. Tallandier, 1977, 2 vol. in-8°, 345 et 337 pp, 2 reproductions de miniatures médiévales en couleurs contrecollées en frontispices, 54 gravures, chronologie, reliures plein cuir carmin très ornées de l'éditeur, têtes dorées, bon état (Coll. Figures de proue)

            35

L'auteur a cherché à comprendre la nature profonde de la "mission" de la Pucelle, à saisir le sens historique de cette épopée qui dépasse l'entendement. Et il a trouvé des clefs : des clefs qui "sont dans les caractères de l'époque et ceux des personnages", dit-il. C'est là toute l'originalité de ce livre à l'écriture dense et animée, où d'incomparables portraits des acteurs du drame voisinent avec des tableaux frémissants de la vie et des moeurs du XVe siècle.

123.          FAVIER (Jean). Un conseiller de Philippe le Bel : Enguerran de Marigny. (Thèse). PUF, 1963, gr. in-8°, xxiv-256 pp, 2 planches hors texte (portrait, fac-similés de sceaux), 3 cartes dont une dépliante hors texte, sources, biblio, pièces justificatives, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Mémoires et documents publiés par la Société de l'École des chartes, XVI)

            80

"Un remarquable travail qui nous décrit tous les détails restituables de la carrière de Marigny, de l'origine à la chute. Nous possédons ainsi une biographie sûre dans ses étapes et dans ses dates, ce qui n'est pas un mince mérite. Je crois qu'on n'y ajoutera guère de références. Quand d'autres chercheurs auront accompli, à leur tour, le même travail pour les autres membres éminents de l'entourage de Philippe le Bel et de ses fils, on verra, je pense, pâlir la gloire des « légistes » devant celle des nobles et des ecclésiastiques des conseils. Contrairement à ce que l'on a pensé un temps, nous manquons de « vies de grands hommes ». Puissent-elles être de la valeur de celle-là." (R. Cazelles, Bibliothèque de l'école des chartes, 1963) — "... Marigny n'était pas un intellectuel et ne reçut aucune formation juridique ; peut-être même savait-il mal le latin. Mais son histoire est étroitement associée à celle des légistes de Philippe le Bel et l'apogée de sa carrière (1313-1314) se place précisément au moment où Nogaret et Plaisians – indiscutablement des légistes – disparaissent de la scène (1313). Cette carrière fut éclatante et brève : elle mena ce chevalier de petite noblesse normande non pas aux premiers postes de l'état – ses titres officiels demeurèrent toujours assez minces – mais à une situation de fait qui lui permit de contrôler l'ensemble des finances et de la diplomatie royales. Le secret de cette ascension est bien mis en lumière par J. Favier : il réside avant tout, semble-t-il, dans l'adresse de Marigny à étendre son rôle à partir des champs d'activité qui lui étaient assignés, et cela, à la faveur d'une intimité croissante avec le souverain..." (Henri Platelle, Revue du Nord, 1963)

124.          FLICHE (Augustin). La Chrétienté médiévale (395-1254). De Boccard, 1929, in-8°, 501 pp, broché, bon état (Coll. Histoire du Monde)

            30

125.          GRABAR (André). La Peinture byzantine. Etude historique et critique. Genève, Skira, 1953, in-4° carré, 201 pp, 106 reproductions en couleurs contrecollées, une carte, biblio, index, reliure pleine toile verte de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Grands siècles de la peinture)

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"... Cent six magnifiques planches en couleurs accompagnent le texte savant et condensé, et nous permettent de voir – avec nos yeux – certains détails et certaines des oeuvres byzantines les plus belles et les mieux conservées, fresques, mosaïques, miniatures, émaux. (...) La plupart des documents publiés par M. André Grabar sont pour la première fois reproduits en couleurs. (...) Pour réaliser cet exploit, il a fallu armer une véritable expédition photographique, étudier des procédés de reproduction nouveaux, notamment pour les bleus et les ors. Après plusieurs voyages et un périple de plus de dix mille kilomètres à travers divers pays, de Castelseprio à Istanbul, de Païenne à Chios, sans parler des principales bibliothèques européennes, l'expédition parvint à réunir cet ensemble d'impressions dont, en matière de peinture byzantine, on ne retrouve aujourd'hui l'équivalent nulle part..." (Michel Carsow, Journal des savants, 1953) — Cet ouvrage réunit une documentation unique, composée de 106 reproductions en couleurs de mosaïques, fresques, enluminures, peintures à l'émail... Chaque grand centre artistique est étudié. Constantinople avec Sainte Sophie bien sur, mais aussi Rome, Venise ou la Sicile. Ces reproductions sont commentées et expliquées par un des plus éminents byzantinistes, André Grabar, qui réussit à rendre accessible au grand public cet art sans en négliger aucun aspect.

126.          GUIDETTI (Massimo). La Formation des peuples européens. Une perspective méditerranéenne, Ve-Xe siècle. Aix-en-Provence, Edisud ; Tunis, Alif ; Casablanca, Toubkal, 2000, in-12, 158 pp, traduit de l'italien, biblio, broché, bon état (Coll. Encyclopédie de la Méditerranée)

            15

127.          HADENGUE (Antoine). Philippe Auguste et Bouvines. Bouvines, victoire créatrice. Tallandier, 1978, in-8°, 345 pp, une reproduction de vitrail médiéval en couleurs contrecollée en frontispice, 34 gravures, 2 cartes, biblio, reliure plein cuir carmin très ornée de l'éditeur, tête dorée, bon état (Coll. Figures de proue)

            25

La victoire du roi Philippe Auguste à la bataille de Bouvines (27 juillet 1214) consolida les réformes administratives initiées depuis 1190, renforça l’idéologie royale, imposa l’autorité royale dans les territoires angevins du nord-ouest et du centre de la France, ouvrit la voie à la croisade albigeoise dans le Midi, et élimina les menaces flamandes et germaniques au Nord et à l’Est. La bataille eut donc d’importantes conséquences pour les affaires intérieures de l’Angleterre, de la Flandre et de l’Empire. En somme, Bouvines assura la suprématie des Capétiens tout au long du XIIIe siècle...

128.          HEERS (Jacques). L'Occident aux XIVe et XVe siècles. Aspects économiques et sociaux. PUF, 1966, pt in-8°, 408 pp, 2e édition revue et augmentée, 13 cartes et plans, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

            20

"Une bibliographie méthodique et sélective constitue la première partie du livre de M. Heers : quelque quatre cent cinquante titres... En notes, à travers le livre, sont cités les travaux jugés moins fondamentaux. La seconde partie est consacrée à un exposé général, ordonné selon un plan fort simple – campagnes, villes – dont les inconvénients sont largement réduits par une excellente étude des relations économiques et sociales entre la ville et la campagne, étude placée en fin de volume. Cet exposé général est enrichi de références bibliographiques judicieuses. Le titre du livre n'est pas usurpé. C'est vraiment une histoire comparée qu'a écrit M. Heers, dont la vision occidentale ne néglige ni la Scandinavie, ni la Bohême, ni la Sardaigne. Mais le grand mérite de l'auteur, c'est, selon nous, de refuser au lecteur les facilités de la simplification..." (Jean Favier, Bibliothèque de l'école des chartes)

129.          KLEINCLAUSZ (Arthur). Charlemagne. Tallandier, 1977, 2 vol. in-8°, 403 et 387 pp, 2 frontispices en couleurs contrecollés, 75 illustrations hors texte, 7 cartes, chronologie, généalogie des Carolingiens, reliures plein cuir carmin très ornées de l'éditeur, têtes dorées, bon état (Coll. Figures de proue)

            35

"Si étrange que cela puisse paraître, il n'existe aucune histoire de Charlemagne digne de ce nom. M. Kleinclausz a entrepris de combler une lacune surprenante et nous apporte le fruit d'un long travail. Bien informé, M. Kleinclausz l'est à coup sûr. Il a lu et relu les textes ; il s'est tenu au courant de tout ce qui a paru sur l'époque qu'il étudie, à peu de chose près. Depuis l'apparition (1902) de sa thèse de doctorat, L'Empire carolingien, ses origines et ses transformations, et la publication (1903) du t. II de l'Histoire de France de Lavisse, où il a rédigé la majeure partie des chapitres consacrés à l'ère carolingienne, trente années se sont écoulées au cours desquelles M. Kleinclausz n'a jamais perdu de vue son dessein d'écrire un jour l'histoire du grand empereur. (...) Le livre de M. Kleinclausz constitue l'exposé d'ensemble le plus judicieux et le plus agréable que nous possédions présentement sur Charlemagne et son règne. C'est un très bon livre." (Ferdinand Lot, Revue Historique, 1934)

130.          KURTH (Godefroid). Clovis. Tallandier, 1978, 2 vol. in-8°, xxxiv-441 et 385 pp, 2 miniatures médiévales en couleurs contrecollées en frontispices, 86 gravures, 2 cartes, bibliographie récente par Pierre Riché, reliures plein cuir carmin très ornées de l'éditeur, têtes dorées, bon état (Coll. Figures de proue)

            35

Clovis n'a que quinze ans lorsqu'il succède à son père Childéric en 481. Le nouveau roi des francs est ambitieux ; son ascension sera foudroyante. Vainqueur en 486 de Syagrius, dernier représentant de l'autorité romaine en Gaule, Clovis établit sa capitale à Soissons. Il contrôle toutes les terres jusqu'à la Loire. Mais cette soif de conquête ne s'arrête pas là. Après avoir repoussé les Alamans à Tolbiac, ce païen comprend l'avantage qu'il peut retirer d'une conversion au catholicisme. Il obtiendrait l'appui des évêques mais également celui des populations gallo-romaines. Poussé par son épouse Clotilde, Clovis choisit le jour de Noël 496 pour se faire baptiser à Reims par saint Remi. Cet acte, avant tout politique, apporte la stabilité dans un royaume en pleine expansion. Celui-ci s'étendra bientôt du Rhin jusqu'aux Pyrénées après la victoire contre les Wisigoths d'Alaric Malheureusement, cette œuvre unificatrice sera réduite à néant après sa mort en 511 avec le partage entre ses quatre fils. On a souvent réduit Clovis à quelques clichés - son baptême, le vase de Soissons, etc. C'était oublier ses qualités de guerrier, de fin diplomate, mais aussi de politique visionnaire, lui qui fut le premier à comprendre que l'alliance avec le clergé gaulois lui permettrait d'unifier son royaume. — "... Un ouvrage d'une rare valeur. Soit au point de vue scientifique, soit au point de vue littéraire, c'est l'un des meilleur livres d'histoire publiés dans ces dernières années en notre langue. Nous ne serions pas très étonné qu'après avoir fortement marqué sa trace dans la science européenne, il conquière encore peu à peu une place durable dans la littérature française." (Marius Sepet, Revue des questions historiques, 1901)

131.          LABANDE-MAILFERT (Yvonne). Charles VIII. Le vouloir et la destinée. Fayard, 1986, in-8°, 512 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

"Aujourd'hui qu'il a quitté le monde, notre espérance s'est évanouie. Nous n'en conservons qu'une étincelle." Voilà bien le mot qui convient pour désigner le souvenir d'un homme devenu roi à treize ans – à la mort de Louis XI en 1483 – et mort accidentellement à vingt-huit. On l'a prétendu borné, capricieux, dépourvu de maturité politique. Pourtant, la façon dont il a obtenu le rattachement de la Bretagne à la France fut un chef-d'œuvre d'habileté et de tact, et les divers traités qu'il a signés avec les Grands assurèrent la paix intérieure au royaume. Son grand dessein – conquérir Naples pour, de là, organiser le "grand passage" et recouvrer la Terre sainte – fut certes une erreur, tout comme fut coupable sa négligence pour les affaires financières. Mais il se tira plutôt bien de l'entreprise italienne et donna à cette occasion à la France l'une de ses grandes victoires militaires (Fornoue) ; quant à la réforme du clergé, il venait d'en apercevoir la nécessité lorsqu'il fut fauché par la mort. Etait-il donc si facile d'y voir clair en ce monde si perturbé du tournant du XVIe siècle ? Louis XII et François Ier firent-ils mieux que Charles VIII, surent-ils méditer ses erreurs, résister au mirage italien et réorganisèrent-ils l'Eglise ? Rien, évidemment, ne nous permet d'affirmer que Charles VIII eût pu accorder sa destinée à son vouloir s'il avait vécu, mais tout nous incite à lui laisser le bénéfice du doute...

132.          LECLERCQ (Jean). Le mariage vu par les moines au XIIe siècle. Editions du Cerf, 1983, in-8°, 162 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"A propos de la tradition concernant l'amour et le mariage, certains préjugés ont la vie dure. Selon la thèse classique soutenue par Denis de Rougemont dans “L'amour et l'Occident” (1939) et récemment reprise par Marie-Odile Métral, G. Duby, J.-L. Flandrin et d'autres, le moyen âge chrétien aurait ignoré le désir et la tendresse dans le mariage. L'affection entre un homme et une femme n'aurait été possible qu'avec l'avènement du couple dans l'amour courtois, c'est-à-dire dans une relation amoureuse en dehors du mariage. Le fondement historique de cette théorie ne résiste pas à la démonstration qu'apporte le nouveau livre de Dom J. Leclercq. Celui-ci montre que, dans la littérature canonique, théologique et spirituelle du 12e siècle, l'amour existe dans le mariage..." (H. Wattiaux, Revue théologique de Louvain, 1985)

133.          LUCE (Siméon). La France pendant la guerre de Cent Ans. Episodes historiques et vie privée aux XIVe et XVe siècles. Hachette, 1890, in-12, vi-396 pp, reliure demi-percaline havane, dos lisse avec pièce de titre basane noire, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), bon état

            60

"M. Siméon Luce a réuni dans ce volume divers mémoires qui sont le fruit des études si curieuses et si approfondies auxquelles il s'est livré sur notre histoire aux XIVe et XVe siècles. Une brève énumération suffira pour montrer la variété et l'intérêt qu'ils présentent ; la marine normande à la bataille de l'Écluse ; Pierre Gilles, un des meneurs de la Commune de Paris en 1358 ; les Anglais et le roi de Navarre en 1358 ; la famille d'Étienne Marcel et les créanciers de sa succession ; Guillaume l'Aloue et le Grand Ferré ; l'Hôtel-Dieu de Paris sous Charles V ; les jeux et les divertissements au XIVe siècle ; Charles V et les Rouennais ; les Juifs sous Charles V ; le principe électif, les traductions d'Aristote et les parvenus au XIVe siècle ; Jean, duc de Berry ; Du Guesclin, dixième preux ; un copiste interpolateur sous le règne de Charles VI : Raoul Tainguy ; Jeanne d'Arc : son lieu natal et ses premières années ; Philippe le Cat : un complot contre les Anglais à Cherbourg à l'époque de la mission de Jeanne d'Arc ; le Maine sous la domination anglaise ; les menus du prieur de Saint-Martin-des-Champs ; l'exploitalion des mines et la condition des ouvriers mineurs au XVe siècle ; Louis XI et les chiens de guet du Mont-Saint-Michel. – Le succès qui a accueilli cette publication, déjà parvenue à sa seconde édition, montre l'attrait de ces études, qui initient le lecteur à une foule de détails négligés par les historiens et que l'auteur a su très habilement mettre en relief." (Revue des questions historiques, 1890)

134.          MALE (Emile). La Fin du paganisme en Gaule et les plus anciennes basiliques chrétiennes. Flammarion, 1950, in-8°, 329 pp, 16 pl. de photos hors texte, illustrations dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Intéressante étude qui éclaire le passage du paganisme au christianisme : la plupart des églises, basiliques, abbayes, chapelles, calvaires, etc. ont été construits sur l'emplacement ou par dessus les lieux de culte païen ; la fin du paganisme n'est en réalité qu'une intégration, dans toutes les contrées du monde, d'une partie des croyances originelles, qui se sont amalgamées, notamment dans les rites, au christianisme. Avec cet ouvrage, Emile Mâle ambitionnait de terminer sa grande étude sur l'art religieux, commencée avec le XIIIe siècle soixante ans plus tôt et complètée par le XIIe siècle, la fin du Moyen Age, puis la Renaissance et la Contre-Réforme.

135.          PERNOUD (Régine). Les Hommes de la Croisade. Tallandier, 1977, in-8°, 428 pp, une miniature du XVe siècle en couleurs contrecollée en frontispice, 33 gravures, une carte, reliure plein cuir carmin très ornée de l'éditeur, tête dorée, bon état (Coll. Figures de proue)

            25

Cette étude de référence décrit la manière de vivre, la vision du monde, l'organisation matérielle des protagonistes des Croisades, épisode majeur du Moyen Age. Du marchand au roi en passant par le clerc ou le baron, Régine Pernoud évoque leurs motivations – foi, esprit de conquête ou appât du gain –, leur étonnement devant les pays découverts et les relations entre civilisations. Ce véritable tableau vivant restitue les mille épreuves qu'ils durent subir en traversant des pays inconnus, la façon remarquable dont ils surent s'adapter, bâtir églises et forteresses et "tenir" pendant deux siècles face à un adversaire supérieur en nombre.

136.          PERROY (Edouard). Les Croisades et l'Orient latin, 1095-1204. CDU, s.d. (v. 1967), in-8°, 175-iv pp, texte dactylographié, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. Les cours de Sorbonne)

            25

137.          PETIT (Ernest). Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne. Avec des documents inédits et des pièces justificatives. Dijon, Imp. Darantière et P., Picard, 1885-1905, 9 vol. in-8°, 520, xxiv-491, 524, vi-490, xviii-514, 558, viii-541, viii-511 et xii-527 pp, 137 planches et 13 tableaux généalogiques dépliants hors texte, 7 écus, 37 médailles et monnaies des ducs, 86 blasons, généalogies dans le texte, brochés, qqs dos lég. abîmés, qqs rousseurs, ex-dono de l'auteur au tome III, état correct. Très rare, particulièrement complet des 9 volumes parus de 1885 à 1905. Les deux premiers volumes ont en effet été tirés à 200 ex. seulement

            600

Par le médiéviste et historien de la Bourgogne Ernest Petit (1835-1918). — I. La Bourgogne sous le roi Robert, le duc Robert Ier, Hugues Ier, Eudes Ier (Borel), Hugues II dit Borel et le Pacifique (1002-1125) ; II. Règne de Hugues II dit Borel (Suite), Eudes II, Hugues III (1125-1183) ; III. Règne de Hugues III (Suite, 1183-1218) ; IV. Régence de la duchesse Alix de Vergy et Règne de Hugues IV (1218-1251) ; V. Règne de Hugues IV (suite, de 1251 à 1272) ; VI. Règne de Robert II (octobre 1272 à mars 1306) ; VII. Règnes de Hugues V et Eudes IV (mars 1306 à février 1345) ; VIII. Règne d'Eudes IV (Suite et fin, 1344 à 1349) ; IX et dernier. Règne de Philippe de Rouvre (1349-1361). La Bourgogne sous le roi Jean II (1361-1363).

138.          TOURAULT (Philippe). Anne de Bretagne. Perrin, 1990, in-8°, 325 pp, 8 pl. de gravures hors texte, chronologie, biblio, reliure simili-cuir bordeaux de l'éditeur, bon état

            20

Unique héritière de son père François II, duc de Bretagne, Anne, née à Nantes en 1477, lui succéda en 1488, à l'âge de onze ans. Mariée par procuration en 1490 à l'archiduc Maximilien d'Autriche, la jeune duchesse de Bretagne est contrainte de renoncer à lui pour épouser l'année suivante l'envahisseur de son duché, le roi de France Charles VIII. Un mariage politique qui, contre toute attente, se mua en un grand amour. Après la mort accidentelle de Charles (1498), elle se remaria avec son successeur Louis XII, non sans avoir obtenu préalablement la garantie de l'autonomie de la Bretagne dont elle demeurait la duchesse. Reine de France, elle eut toujours à coeur de défendre les intérêts de sa patrie d'origine, mais épaula parfaitement ses deux époux, tenant les rênes du royaume pendant qu'ils guerroyaient. Intelligente, tenace, raffinée, elle donna de l'éclat à la vie de cour et suscita le renouveau artistique de la France à travers, notamment, les demeures de Nantes, d'Amboise et de Blois où elle mourut en 1514. Philippe Tourault s'est attaché à restituer la riche personnalité de cette reine souvent accusée d'être restée plus bretonne que française.

139.          VORAGINE (Jacques de). La Légende Dorée. Introduction, adaptation et notes de Michel Leturmy. Club Français du Livre, 1956, in-8°, xviii-336 pp, 32 bois gravés en noir dans le texte, notes, lexique des noms propres, glossaire, biblio, tiré sur papier bouffant, reliure pleine basane crème, un bois gravé dans une teinte légèrement plus foncée frappé au 1er plat, ex. numéroté, bon état

            25

La Légende dorée (Legenda Aurea) est un ouvrage rédigé en latin par Jacques de Voragine entre 1261 et 1266 qui raconte la vie de 180 saints, saintes et martyrs chrétiens ainsi que certains épisodes de la vie du Christ et de la Vierge, suivant le calendrier liturgique. On a ici un choix se limitant à 32 légendes, d'après le texte de la version française, imprimée à Paris en 1521 par Michel Lesclencher pour Pierre Viart et Bernard Aubry. Les figures reproduisent des vignettes de diverses éditions anciennes.

140.          WALTER (Gérard). La Ruine de Byzance. Club des Editeurs, 1960, 330-lxviii pp, un frontispice, chronologie, appendices, biblio, index, reliure toile rouge éditeur, une illustration contrecollée au 1er plat, rhodoïd, bon état (Coll. Hommes et faits de l'Histoire). Un des 150 ex. numérotés de I à CL destinés aux collaborateurs

            25

"... Le but de l'auteur est de montrer comment succombe un État, jadis puissant et riche, qui n'a pas su se servir utilement de sa puissance et de sa richesse. Byzance en est un exemple éclatant ; la IVe Croisade la frappa à mort, avec « les Croisés français, complices des marchands vénitiens ». L'auteur expose sa thèse en deux grandes parties : du règne d'Andronic Ier Comnène (1183-1185) à la prise de Constantinople par les Croisés de la IVe Croisade (1204) ; de la reconquête de Byzance à sa chute (1261-1453). L'auteur connaît les sources, qu'il utilise largement..." (Rodolphe Guilland, Revue des Études Grecques, 1960)

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

141.          AMIGUET (Philippe). L'âge d'or de la diplomatie. Machiavel et les Vénitiens. Albin Michel, 1963, in-8°, 334 pp, biblio, broché, couv. illustrée, dos passé, bon état

            25

"... Situation de l’Europe au temps de Machiavel, récit et analyse des négociations du secrétaire florentin avec les Pisans et avec César Borgia, de ses missions auprès de Louis XII et auprès des deux moitiés de Dieu : Jules Il et Maximilien. Ces relations d’ambassades, tout comme les descriptions, parfois pittoresques, familières non exemptes d’humour, des voyages et des usages, du cérémonial et du protocole, comme aussi tout ce qui peint la figure et la vie (la vie amoureuse y tient une bonne place) de Machiavel, sont présentées de façon intelligente et probe par M. Amiguet. Un bon tableau de l’activité politique de Machiavel et de la diplomatie florentine et européenne au commencement du XVIe siècle. La deuxième partie traite de la diplomatie vénitienne. Les institutions et les mœurs de la Sérénissime y sont soigneusement décrites : Conseil des Dix et Inquisiteurs, c’est la même dépense prodigue d’intrigues, d’empoisonnements, de noyades, de courtisanes payées pour recueillir sur l’oreiller les secrets d’Etat..." (Y. Florenne, Le Monde diplomatique, 1963)

142.          Anonyme – ROQUELAURE (Duc de). Mémoires secrets du duc de Roquelaure. P., Alexandre Cadot, s.d. (v. 1860), 4 vol. in-12, 287, 286, 288 et 286 pp, brochés, couv. imprimées jaunes, qqs rousseurs, bon état

            80

"Surnommé avec raison l'homme le plus laid de France, Gaston-Jean-Baptiste, duc de Roquelaure (1617-1676) fut en revanche un des plus braves et des plus spirituels gentilhommes de son temps ... Il se rendit célèbre par sa gaieté, un esprit fécond en saillies et par de brillants faits d'armes" (Larousse du XIXe siècle). Ces “mémoires secrets” écrits par un auteur anonyme évoquent des événements jusqu'au début des années 1670.

143.          BOIS (Jean-Pierre). Don Juan d'Autriche (1547-1578). « Le héros de toutes les nations ». Tallandier, 2008, in-8°, 409 pp, 5 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Le 7 octobre 1571, la flotte de la Sainte Ligue (Espagne, Venise et papauté) remporta sur les Turcs la victoire de Lépante, mère des batailles entre l'Occident et l'Orient, entre la Chrétienté et l'Islam. De son chef, don Juan d'Autriche, Voltaire écrira plus tard que, "comme vengeur du Christ, il était le héros de toutes les nations". Le fils naturel de Charles Quint, alors âgé de 24 ans seulement, avait déjà à son actif la répression de la révolte des morisques en Espagne, et fut nommé cinq ans plus tard, par son demi-frère Philippe II, gouverneur des Pays-Bas soulevés contre la souveraineté espagnole. Charmant, généreux, doué de tous les talents, mais portant comme une croix sa bâtardise impériale, il a, durant sa courte existence, irradié le sombre éclat du Siècle d'Or d'un éclair étincelant. Aussi sa figure attachante et superbe n'a-t-elle pas cessé de fasciner.

144.          BORDES (Maurice). L'administration provinciale et municipale en France au XVIIIe siècle. SEDES, 1972, in-12, 378 pp, documents, biblio, broché, bon état (Coll. Regards sur l'Histoire), envoi a.s. à l'historien Ernest Labrousse

            30

"On sait qu'en étudiant l'administration française au XVIIIe siècle, à partir de l'expérience qu'il en avait faite à propos de l'intendance d'Auch, Maurice Bordes en a acquis une connaissance très profonde et précise. Il en donne un exposé remarquablement clair et alerte dans ce petit volume, que nous signalons ici en raison de la place importante – nul ne s'en étonnera ni ne le regrettera – qu'y occupent nos pays méridionaux." (Philippe Wolff, Annales du Midi) — "Claire et commode mise au point." (Michel Antoine, Louis XV, Fayard 1993)

145.          CASTAGNOS (Pierre). Richelieu face à la mer. Rennes, Ouest-France, 1989, in-8°, 287 pp, 7 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. De mémoire d'homme : l'histoire)

            25

"Le propos de Pierre Castagnos est moins d'apporter du nouveau sur le sujet que de faire la synthèse des travaux de ses devanciers et de situer la place des problèmes maritimes dans l'action politique du cardinal considérée dans son ensemble, en temps de paix comme en temps de guerre. Le mérite de l'auteur est de montrer l'originalité des vues du « grand maître et surintendant général de la navigation et commerce de France » non seulement dans le domaine administratif (où il apparaît bien comme le précurseur de Colbert), mais aussi en ce qui concerne l'expansion coloniale (illustrée par de très bonnes cartes) et la conduite de la guerre (les victoires navales de Cadix en 1640 et de Barcelone en 1642 sont, autant que les victoires terrestres, des signes du déclin de la puissance espagnole). Servi par un style alerte, l'auteur n'ignore rien de la production historique récente et a fait notamment un usage judicieux des Papiers de Richelieu édités par Pierre Grillon et Adolf Wild." (Danielle Rosenthal, Bibliothèque de l'école des chartes, 1990)

146.          CASTRIES (Duc de). Le Testament de la monarchie. I. L'Indépendance américaine, 1774-1784. Fayard, 1958, in-8°, 369 pp, sources, biblio, car. éditeur, rhodoïd imprimé, bon état (Coll. Le Temps et les destins)

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"En appuyant la Révolution américaine, Vergennes et Louis XVI voulaient avant tout rendre à la France, déconsidérée depuis le traité de Paris de 1763, une place honorable en Europe. M. le duc de Castries montre bien que ce ne fut pas sans peine : sans parler des difficultés financières entraînées par la guerre, il faut bien reconnaître que ni les opérations militaires ne furent en tout point remarquables, ni les laborieuses tractations diplomatiques avec nos alliés espagnols ou américains toujours couronnées de succès. L'auteur pense pourtant que la monarchie a légué à la France de la Révolution une position diplomatique renforcée et, en la personne des États-Unis, un ami dont la reconnaissance sera plus tard un précieux atout. Écrit avec une certaine distinction, ce récit a l'intérêt de mettre en œuvre les papiers du Maréchal de Castries, alors ministre de la Marine ; le rôle de Vergennes n'en sort pas grandi, et l'auteur est pour lui plus sévère qu'on ne l'est communément." (Etienne Celier, Etudes, 1960)

147.          CHASTENET (Jacques). Elisabeth 1ère. Edition accompagnée de douze documents du temps et d'un tableau comparatif des divers évènements du règne. Club des Libraires de France, 1957, in-8°, 284 pp, 16 pl. de gravures, un fac-similé dépliant et un tableau chronologique dépliant hors texte, tirage numéroté sur alfa, reliure soie blanche ornée d'un portrait en médaillon et rhodoïd éditeur (maquette de Pierre Faucheux), rhodoïd, bon état

            25

Bonne biographie de Elisabeth 1ère (1533-1603), reine d'Angleterre et d'Irlande de 1558 à sa mort. Élisabeth était la fille du roi Henri VIII d'Angleterre mais sa mère Anne Boleyn fut exécutée trois ans après sa naissance et elle perdit son titre de princesse. Son demi-frère Édouard VI nomma comme héritière sa cousine Jeanne Grey, ce qui écarta Élisabeth et sa demi-sœur catholique, Marie, de la succession au trône même si cela contrevenait à la législation. Le testament d'Edouard VI fut néanmoins ignoré, et Marie devint reine en 1553 et Jeanne Grey fut exécutée. Élisabeth lui succéda cinq ans plus tard après avoir passé près d'un an en prison en raison de son soutien supposé aux rebelles protestants...

148.          Collectif – COULET (Henri)(dir.). La Ville au XVIIIe siècle. Colloque d'Aix-en-Provence, 29 avril - 1er mai 1973. Aix-en-Provence, Edisud, 1975, gr. in-8°, 297 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Centre aixois d'études et de recherches sur le XVIIIe siècle)

            45

1. La ville du XVIIIe siècle dans la littérature et l'histoire des cités de France ; 2. Histoire de la ville au XVIIIe siècle. Démographie, urbanisme, historiographie ; 3. Littérature de la ville et culture urbaine à l'étranger.

149.          Collectif. Images du peuple au XVIIIe siècle. Colloque d'Aix-en-Provence, 25 et 26 octobre 1969. Armand Colin, 1973, gr. in-8°, 357 pp, 21 pl. de gravures hors texte, dont une en frontispice, broché, annotations crayon sur 2 études (24 pp), bon état (Centre aixois d'études et de recherches sur le XVIIIe siècle). 28 communications érudites

            50

L'image du peuple au travail dans les planches de l'Encyclopédie (Jacques Proust), Meslier et le peuple (Roland Desné), La représentation du peuple chez un prédicateur, François Léon Reguis (1725-1789) (Guy Besse), Présence et rôle du peuple dans la tragédie française de 1683 à 1715 (Jean-Marie Goulemot), Le silence du peuple chez Prévost (Jean Sgard), La notion de peuple dans la correspondance de Blin de Sainmore (Michèle Sicault et Marc Bouloiseau), etc.

150.          DARMON (Pierre). Mythologie de la femme dans l'Ancienne France, XVIe-XVIIIe siècle. Seuil, 1983, in-8°, 222 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Selon Pierre Darmon, la guerre des sexes « style baroque » se distingue par une férocité anormale. Ce livre, bien documenté, intéressant, même amusant à lire, ne se présente pas comme un livre purement académique, mais comme une « histoire à thèse » : il nous offre une critique de la culture bourgeoise, à travers le débat sur la sexualité aux XVIIe et XVIIIe siècles. D'inspiration mi-Foucaultienne, mi-psychanalytique, il initie ses lecteurs au discours misogyne des hommes sur la femme et sur la sexualité, et présente également ses adversaires, ces « hommes-féministes » avant la lettre qui ont fait célébrer la femme et ses qualités en la défendant. Il ne manque que les voix des femmes... En ce qui concerne le XVIIIe siècle Darmon insiste sur la domestication, la pacification de la femme et de la sexualité par le langage érudit et scientifique des Lumières bourgeoises, tel que l'exprime le docteur Pierre Roussel, auteur du Système physique et moral de la femme (1775). Il caractérise la production de ces écrivains de « féminisme paternaliste », qui régit les femmes par l'éloge, et en même temps les circonscrit toutes dans un rôle très délimité (selon lui) : celui d'épouse et de mère. Cette « colonisation » de la femme prépare le chemin pour son impuissance légale institutionalisée dans le code Napoléon..." (Karen Offen. Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1984) — "L’homme est un loup pour l’homme, dit la sagesse des nations. Et la femme, donc ? Quand on ne veut suivre des près le discours que l’homme tient sur la femme, rien que depuis la Renaissance, on est frappé par la haute dose d’agressivité et de peur masculines qu’il révèle. C’est cette histoire de la misogynie, depuis la plus virulente, la plus violente et la plus paillarde, jusqu’à la subtile, la plus paternaliste et la plus féministe d’apparence, que Pierre Darmon nous retrace. La femme a toujours représenté pour l’homme un mélange de séduction et de danger. Ce qui a varié, et qui est ici relaté, c’est la manière de dire l’ "infériorité" de la femme, pour mieux la rendre réelle dans les mœurs et dans la loi." (4e de couverture)

151.          DASSONVILLE (Michel)(dir.). Ronsard et l'imaginaire. Studi di Letteratura Francese, XII. Etudes réunies par Michel Dassonville et présentées par Robert Aulotte. Florence, Leo S. Olschki, 1986, gr. in-8°, 280 pp, 4 illustrations sur 3 pl. hors texte, broché, bon état (Biblioteca dell'«Archivum Romanicum»). 14 études érudites (12 en français et 2 en anglais)

            30

"... D'entrée de jeu la préface de R. Aulotte offre des aperçus très divers sur l'imaginaire de la Renaissance qui tenterait, par le mythe et la métaphore d'établir un nouveau rapport de l'homme avec Dieu et avec l'univers. De là un imaginaire du temps et un imaginaire de l'espace, issu des grandes découvertes. (...) M. Dassonville découvre, autour des années soixante, une coupure et même un renversement dans l'esthétique du poète. Auparavant Ronsard «se sait et se dit inspiré», l'ivresse, l'hallucination, la fureur amoureuse ou poétique exaltent en lui le pouvoir de l'imagination. Mais le déchaînement des guerres de Religion le conduit à condamner dans les Discours et dans le poème «Les Nuées», l'imagination source de la vaine opinion..." (Henri Weber, Bulletin de l'Association d'étude sur l'humanisme, la réforme et la renaissance, 1986)

152.          DAUPHIN-MEUNIER. La Vie intime et amoureuse de Mirabeau. Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1933, in-8°, 303 pp, 16 gravures hors texte, sources, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Maîtres de l'Histoire)

            25

Joseph Dauphin Meunier (1868-1927) s'est depuis longtemps consacré à l'étude de Mirabeau. Il explore et utilise avec une rare pénétration d'esprit les documents inédits permettant de mieux faire revivre l'homme. Ses ouvrages précédents, tous couronnés par l'Académie française, abordaient la biographie de Mirabeau du côté des femmes : “Lettres inédites de Mirabeau à Julie Dauvers écrites du donjon de Vincennes et publiées sur les manuscrits originaux” (1907) ; “La comtesse de Mirabeau, 1752-1800, d'après des documents inédits” (1908) ; “Louise de Mirabeau, marquise de Cabris, 1752-1807” (1914). Il a également publié “Autour de Mirabeau” (1926) et “La vie intime et amoureuse de Mirabeau”, d'après sa correspondance inédite (1930). « Aucun guide, dit M. Barthou, n'est mieux préparé que M. Dauphin Meunier à une promenade variée autour de Mirabeau et des temps qui précédèrent la Révolution. Il a la science et la grâce, l'érudition et une simplicité du meilleur aloi, le style clair et alerte ». (Revue belge de philologie et d'histoire)

153.          ERLANGER (Philippe). Charles Quint. Perrin, 1997, in-8°, 388 pp, 16 pl. de gravures hors texte, une carte, un tableau généalogique, biblio, reliure souple illustrée de l'éditeur, trace de mouillure au coin des 6 derniers feuillets, bon état

            20

Souverain des Pays-Bas, roi des Espagnes et des Deux-Siciles, empereur germanique, Charles Quint était le maître d'un des plus grands empires que l'histoire ait connus. Or il se trouve investi de cette prodigieuse puissance au moment où l'Occident change de cap. Se considérant comme le restaurateur sous son sceptre impérial de l'universalité chrétienne, comme le garant suprême de la paix du monde dans l'unité de la foi catholique, il se heurte à la montée des particularismes nationaux et religieux et au dépérissement des valeurs médiévales. La puissance ottomane, l'explosion de la Réforme et enfin le comportement réaliste de la France qui, n'obéissant qu'à l'intérêt national, s'alliait aussi bien aux Turcs qu'aux princes protestants, contribuèrent à l'échec de ce que Philippe Erlanger fait apparaître comme la lutte héroïque et désespérée du dernier César, "gérant de la chrétienté", pour sauver l'Ancien Monde.

154.          GAZIER (Michèle et Bernard). Or et Monnaie chez Martin de Azpilcueta. Economica, 1978, in-8°, xii-138-xliviii pp, préface de Jean-Louis Guglielmi, traduction du Comentario Resolutorio de Cambios et index des monnaies citées en annexes, broché, bon état (Recherches Panthéon-Sorbonne, Université de Paris I, Série Sciences économiques)

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"Cet ouvrage a été publié à partir de la thèse soutenue par Bernard Gazier. La seconde partie est la traduction française du Comentario Resolutorio de Cambios de Martin de Azpilcueta (1556), l'auteur étant plus connu comme un membre éminent de l'école monétaire dite de Salamanque sous le nom de Navarro. Son oeuvre était destinée aux confesseurs. Marjorie Grice Hutchinson le considère comme l'inventeur de la théorie quantitative de la monnaie. La première partie du livre est surtout constituée par une analyse de l'économie européenne du XVIe siècle où Michèle et Bernard Gazier essaient de replacer le texte de Navarro dans la révolution économique du temps. Ils montrent que l'étude de la monnaie et des prix ne suffit pas pour comprendre le phénomène de l'inflation à cette époque, mais qu'il faut les situer dans l'ensemble de la dynamique conjoncturelle internationale. C'est une occasion d'offrir au lecteur une quantité assez importante de graphiques et de cartes et d'analyser l'apport à la connaissance du XVIe siècle d'un certain nombre d'ouvrages de l'école historique française. Donc un effort intelligent pour mieux connaître le XVIe siècle et pour montrer l'intérêt de l'oeuvre d'Azpilcueta." (Frédéric Mauro, Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, 1980)

155.          LAUNAY (Jacques de). La Croisade européenne pour l'indépendance des Etats-Unis, 1776-1783. Albin Michel, 1988, gr. in-8°, 258 pp, préface de René de Chambrun, 16 pl. de gravures hors texte, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

156.          MARGAIRAZ (Dominique). Foires et marchés dans la France préindustrielle. Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Siences Sociales, 1988, in-8°, 279 pp, 4 pl. de gravures hors texte, 18 cartes, 7 graphiques, biblio, broché, bon état. Bien complet des 2 cartes volantes

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"L'historiographie dresse généralement le tableau d'un irrésistible déclin des foires dans la France du XVIIIe siècle. (...) Sur base de sondages effectués dans les almanachs royaux, le nombre de foires demeure relativement stable jusqu'en 1760. Il enregistre une augmentation de 25% au cours de la décennie suivante et progresse plus notablement encore de 1770 à 1780 (+ 33%). Succède un tassement, voire une stagnation jusqu'en 1793. (...) Basé sur une solide enquête documentaire et recourant aux méthodes éprouvées de la géographie économique, cet ouvrage résolument dynamique et stimulant est servi par un exemplaire dossier cartographique." (Jean-Marie Yante, Revue belge de philologie et d'histoire, 1993)

157.          POMIAN (Krzysztof). Collectionneurs, amateurs et curieux. Paris, Venise : XVIe - XVIIIe siècle. Gallimard, 1987, in-8°, 367 pp, notes, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

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"Quatre sur cinq des tableaux du musée d'Orsay, nombre de chefs-d'oeuvre du Louvre, une dizaine de collections devenues musées à part entière, du Moyen Âge de Cluny à l'Extrême-Orient de Guimet : une part essentielle du patrimoine artistique de Paris est l'oeuvre des collectionneurs. Dans chaque ville en France et en Europe on ferait un constat analogue. Cependant l'histoire ne s'est intéressée que fort peu à une pratique réputée futile. On la réhabilite ici en montrant la portée et les effets. Le présent livre entend jeter les bases d'une étude systématique de l'étrange activité qui consiste à rassembler des objets pour constituer une collection. Il propose une anthropologie de la collection : phénomène universel, apparemment coextensif à la culture même et véhicule privilégié de ses transformations. Il donne une étude historique des principaux genres de collection dans l'Europe moderne, des antiquités à l'histoire naturelle, de la numismatique à la peinture. C'est un nouvel éclairage sur la genèse du musée qui est suggéré, la collection particulière révélant son rôle crucial d'institution novatrice." (4e de couverture)

158.          STAAL-DELAUNAY (Mme de). Mémoires de Madame de Staal-De Launay, avec une préface par Mme la baronne Double et quarante-et-une eaux-fortes par Ad. Lalauze. P., Jouaust, Librairie des Bibliophiles, 1890, 2 vol. in-12, xxx-203 et 211 pp, un portrait de Mme Staal-De Launay en frontispice, 8 eaux-fortes à pleine page hors texte et 32 dans le texte par Ad. Lalauze, imprimé sur papier vergé, reliures demi-maroquin bleu à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, têtes dorées, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), bel exemplaire

            150

Madame de Staal-Delaunay, quoique de petite naissance, et qui n'était d'abord que Mademoiselle Delaunay, fut bientôt, avant d'épouser Monsieur de Staal, une des dames d'honneur les plus proches et les plus intimes de la duchesse du Maine. Nous sommes, par sa plume, à la cour de Sceaux, cour de beaux esprits, de vie brillante et de plaisir, caractéristique des premiers temps de la Régence. On y converse, on y reçoit – on y intrigue aussi, et la duchesse elle-même est à la tête du fameux complot. On conspire avec élégance : pour préparer une révolution de palais, faut-il cesser de s'amuser ? Madame de Staal-Delaunay eut une vie peu chargée d'événements personnels et elle ne parle guère d'elle-même. Mais elle parle de la duchesse et de son entourage et nous dépeint, vive et spirituelle, un monde brillant, futile, qui respire l'intelligence et le raffinement des sens et du cœur.

159.          VAISSIÈRE (Pierre de). De quelques assassins. Récits du temps des troubles (XVIe siècle). Jean Poltrot, seigneur de Méré – Charles de Louviers, seigneur de Maurevert – Jean Yanowitz, dit Besme – Henri III et les « Quarante-cinq » – Jacques Clément. P., Emile-Paul, 1912, in-8°, x-405 pp, un frontispice et 21 pl. de gravures hors texte, index, reliure demi-toile écrue à coins, dos lisse avec pièce de titre basane prune, couv. et dos conservés, bon état

            70

"M. Pierre de Vaissière a réuni en un volume les brillantes études qu'il a consacrées à « quelques assassins » de ce XVIe siècle, que l'on peut appeler le siècle de l'assassinat. Au service d'un talent d'exposition très captivant, il a su mettre une érudition prodigieusement étendue et précise. (...) La thèse maîtresse de l'auteur : dans tous ces meurtres, à l'exception du dernier, on retrouverait la main de Catherine ou celle de son fils Henri." (Henri Hauser, Revue Historique, 1912)

160.          WIER (Jean). De l'Imposture des Diables. (1570). Analectes, 1970, gr. in-8°, 252 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Edition hors commerce publiée a l'occasion de la LXVIIIe session du Congrès de psychiatrie et de neurologie de langue francaise, Milan 7-12 septembre 1970 ; du IVe centenaire de l'oeuvre de Jean Wier : “De l'Imposture des Diables”, 1570-1970. — Jean Wier (1515-1588) devint en 1550 le médecin personnel du duc Guillaume de Clèves. Au sein de cette cour ouverte à l'influence humaniste d'Erasme et tolérante en matière de religion, il rédigea et publia en 1563 à Bâle son œuvre principale, le “De praestigiis daemonum” (Des illusions des démons), puis d'autres traités de pharmacologie, de psychiatrie et de médecine. En 1578, il laissa sa position du médecin personnel du duc à son fils Galenus. Il continua néanmoins à reprendre ses ouvrages jusqu'à sa mort en 1588. Son ouvrage s'oppose au “Malleus Maleficarum” (Le Marteau des sorcières), Jean Wier y fait la distinction entre les « magiciens infâmes », réellement coupables de crimes diaboliques, et les sorcières, qui sont elles la proie d'illusions maladives. Pour le médecin Jean Wier, les illusions des sens sont le résultat d'un dérèglement des « humeurs », en particulier de la bile noire supposée être à l'origine de la mélancolie et « qui infecte le siège de l’esprit », et ce qu'il appelle leur « vertu imaginative», « phantasie » ou « imagination ». Les « mélancoliques » croient voir des « monstres phantastiques » pendant leur rêves, ou même éveillés en plein jour dans les pires des cas. L'influence du diable est cependant loin d'être systématiquement niée, car les humeurs ou l'imagination seule peuvent engendrer ces fantasmes... Le texte connut de nombreuses rééditions. Traduit en allemand dès 1565, il le fut en français dès 1567. Le livre fut attaqué par Thomas Erastus, avec lequel Wier correspondit, et auquel il répondit en 1577 dans son “De lamiis” (Des sorcières), qui est en fait un abrégé de ses thèses. Des attaques bien plus violentes furent le fait du juriste français Jean Bodin dans sa “Démonomanie des Sorciers” (1580), dans lequel il ridiculise les arguments juridiques de Wier, et l'accuse d'être un mage démoniaque. Le livre fut brûlé par l'Université luthérienne de Marbourg et mis à l'Index par le gouverneur catholique des Pays-Bas, le duc d'Albe Ferdinand Alvare de Tolède. Ses arguments furent la base des opposants à la chasse aux sorcières repris par Jodocus Hocker (1569) Johann Ewich (1584), Johann Georg Gödelmann et Hermann Witekind (1597), jusqu'à Friedrich Spee von Langenfeld (1631). Pour Thibaut Maus de Rolley, il s'agit d'« un texte singulier, aux conclusions audacieuses ; mais la postérité a eu tendance à exagérer le caractère radical et novateur des arguments, au point de caricaturer quelquefois son auteur et d’en faire le précurseur des aliénistes du XIXe siècle ou des psychiatres modernes. » (Tracés. Revue de sciences humaines, 2005). À partir du XIXe siècle Wier fut vu comme un champion de l'humanisme contre l'obscurantisme et comme un précurseur ou un fondateur de la psychiatrie. Freud affirma que le “De praestigiis daemonum” était l'un des dix livres les plus importants jamais écrits.

RÉVOLUTION

 

161.          BERTAUD (Jean-Paul). Les Amis du Roi. Journaux et journalistes royalistes en France de 1789 à 1792. Perrin, 1984, in-8°, 283 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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De 1789 à 1792, de Versailles à Paris, les rangs s’éclaircissent autour de Louis XVI. Certains le quittent pour organiser des prises d’armes en province. D’autres pour mettre sur pied, à partir de l’étranger, une croisade. Les uns et les autres, en ces combats douteux, sont moins ses fidèles que ceux de ses frères. C’est alors que se lèvent des hommes qui veulent défendre le trône plus que par la plume que par l’épée et rassembler autour du monarque des sujets devenus citoyens. Lucides et habiles, ils dénoncent une Révolution qui, en ses commencements, viole ses propres principes. Mais, de plus en plus crispés sur leurs certitudes, les Amis du roi ne comprennent pas le sursaut que produisent la guerre et l’appel de la Patrie en danger. Ils périssent au 10 août. Ils ne disparaissent pas. De nos jours la plupart des histoires de la Révolution les ignorent. Or, leur rôle fut décisif. Par leurs journaux au tirage considérable pour l’époque, ils créent la peur, le réflexe de défense et la volonté punitive des Jacobins et des sans-culottes. Le 10 août et la chute de la monarchie, les massacres de septembre et bientôt la Terreur ne se comprennent que si on lit leurs petites feuilles jaunies extirpées des archives. En ces débuts de la Révolution, les Amis du Roi firent entendre une voix. Comme celle de Robespierre ou de Danton, il arrive qu’on la retrouve encore sur les lèvres de nos contemporains. Qu’on accepte ou qu’on récuse leur message, il importe de les connaitre. Car la Révolution, ce fut eux, aussi.

162.          BIZARDEL (Yvon). Les Américains à Paris pendant la Révolution. Calmann-Lévy, 1972, in-8°, 291 pp, 8 pl. de gravures et documents hors texte, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Quel rôle ont joué les Américains dans la Révolution française ? Pour la première fois un historien raconte quelle fut l'attitude de la communauté américaine dans le Paris des années 1789-1799 ; On y découvre les intrigues diplomatiques du ministre plénipotentiaire Thomas Jefferson et de Gouverneur Morris, l'influence politique du pamphlétaire Thomas Paine, l'activité des négociants et celle, plus clandestine, des corsaires qui profitent de la guerre navale. La République, dès son avènement, essaie d'obtenir l'appui de George Washington pour reprendre la Louisiane aux Espagnols et reconquérir les positions françaises perdues sous Louis XV. En même temps la fuite de la noblesse vers le nouveau monde fait naître un véritable trafic des promoteurs qui vendent aux émigrés des lotissements sur l'Ohio. Dans ce Paris en fièvre, la politique se poursuit en intrigues amoureuses, comme celle de Gouverneur Morris avec la maîtresse de Talleyrand, Adélaïde de Flahaut. Les citoyens des Etats-Unis s'y marient d'autant plus facilement qu'ils profitent du divorce institué par les lois révolutionnaires. Les Américains à Paris ? Des citoyens pas comme les autres, qui jouent leur propre jeu dans la Révolution.

163.          CASTRIES (Duc de). Mirabeau. Fayard, 1974, in-8°, 594 pp, archives, sources, biblio, iconographie, broché, couv. illustrée, qqs rares marques au crayon en marges, bon état

            25

"Cette biographie de Mirabeau est incontestablement la meilleure de celles qui ont été publiées depuis que parut, en 1913, le Mirabeau de Louis Barthou. L'ouvrage est bien écrit et se lit avec agrément. La documentation réunie par l'auteur est considérable. Il a consulté, bien entendu, les ouvrages imprimés de Mirabeau, mais aussi tous les manuscrits, et notamment ceux qui ont été réunis à la Bibliothèque Arbaud, d'Aix-en-Provtšnce. Il publie même, en appendice, l'inventaire du fonds Mirabeau de cette bibliothèque, établi par son conservateur, M. Augustin Roux ; cet inventaire pourra rendre de grands services aux chercheurs. (...) La partie la plus neuve de ce livre est sans doute celle qui traite de la vie de Mirabeau avant la Révolution. C'est à ce propos que le duc de Castries a utilisé le plus d'inédits. Ceux-ci confirment toute- fois ce qu'on savait déjà : la corruption, les vices, l'immoralité de Gabriel Honoré, mais ils mettent aussi en lumière les tares de la famille qui expliquent, sans les excuser, les frasques du fils aîné. De la carrière révolutionnaire de Mirabeau, le duc de Castries veut surtout retenir son attachement foncier à la monarchie. Il s'efforce de démontrer que Mirabeau, depuis qu'il se « vendit » à la Cour, en mars 1790, n'a pas joué « double jeu ». Il n'y a eu déclare- t-il, que « les apparences du double jeu ». Cette démonstration, pour brillante qu'elle soit, n'est cependant pas convainquante..." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1962)

164.          COBB (Richard). Terreur et subsistances, 1793-1795. Etudes d'histoire révolutionnaire. P., Librairie Clavreuil, 1965, in-8°, 396 pp, index, broché, bon état

            50

"Heureuse initiative, incontestablement, que d'avoir regroupé en un commode in octavo ces douze études de Richard Cobb, parues de 1952 à 1959 à l'exception de la dernière, demeurée inédite. Outre qu'il est ainsi remédié à l'inconvénient d'aller rechercher ces études dans sept collections de revues différentes, ce volume fait mieux apparaître encore ce que nous avions déjà eu l'occasion d'apprécier : à savoir le riche éventail des curiosités de l'auteur en matière d'histoire de la France révolutionnaire. Curiosités thématiques, méthodologiques, géographiques, qui sont celles d'un historien avide d'emprunter toutes les avenues, d'explorer toutes les régions, et que guide le souci d'arriver à donner de notre Révolution une image précise et nuancée, au besoin « démythifiée »..." (Louis Bergeron, Annales ESC, 1966)

165.          COLBERT de CHABANAIS (Napoléon-Joseph). Traditions et souvenirs touchant le temps et la vie du général Auguste Colbert, 1793-1809, par le marquis de Colbert Chabanais (son fils). Tome I. P., Victor Havard, 1882, fort in-12, xi-530 pp, deuxième édition, notes et pièces justificatives, reliure demi-percaline verte, dos lisse avec pièce de titre basane vermillon, fleuron et double filet doré en queue (rel. de l'époque), bon état

            80

Tome I seul (sur 3) — Témoignage capital sur la Vendée, la campagne d'Italie, la prise de Malte et l'Expédition d'Egypte. Cadet d'une fratrie de trois généraux d'Empire, Auguste Colbert fut tué à Cacabelos le 3 janvier 1809. Dans l'armée en septembre 1793, il participa à la guerre de Vendée, aux campagnes d'Allemagne et d'Italie. Un important chapitre est consacré à la vie parisienne sous le Directoire. La moitié de ce volume est consacrée à l'Expédition d'Egypte. (Tulard, 339)

166.          DUPONT de NEMOURS, MIRABEAU, TALLEYRAND, MONTESQUIOU, etc. L'inflation. Discours prononcés en septembre 1790 à la tribune de l'Assemblée Constituante par Mirabeau, La Galissonnière, Beaumetz, Du Pont de Nemours, l'abbé Maury, Montesquiou, l'évêque d'Autun (Talleyrand) pour ou contre les assignats. P., Editions Laville, 1926, gr. in-8°, vi-208 pp, 7 portraits, reproductions d'assignats divers, broché, couv. illustrée (reproduction d'un assignat de dix livres), morceaux de scotch au dos, bon état. Tiré sur papier vergé baroque à 2150 ex.

            35

Edition collective des rapports et discours des principales personnalités politiques de la Révolution sur la question des assignats et de l'inflation. Suivis des "Opinions des places de commerce de France" (par ville).

167.          FOURCY (Ambroise). Histoire de l'Ecole polytechnique. Introduction et annexes par Jean Dhombres. Belin, 1987, in-8°, 198-viii-516 pp, importante biblio, index, index biographique, broché, couv. illustrée, bon état (Librairie du Bicentenaire de la Révolution française)

            40

Reproduction de l'édition unique de 1828 (516 p.), précédée d'une introduction (69 p.) et suivie d'annexes dues à Jean Dhombres (principalement : notes (36 p.), bibliographie (30 p.), notes biographiques (50 p.)). — "Ambroise Louis Fourcy-Gauduin, né en 1778, d'abord militaire, fut ensuite à l'Ecole polytechnique, en 1816, sous-inspecteur pour les études ; puis, en 1818, bibliothécaire, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort en 1842. L'Histoire de l'Ecole polytechnique reproduite ici, dont il ne restait que de rares exemplaires, mérite une attention particulière par sa richesse, son intelligence, la qualité de l'exposé et son objectivité, du moins jusqu'en 1816, car, à la Restauration, l'auteur ne jouissait plus, bien évidemment, d'une pleine liberté d'expression. Il existe certes déjà de nombreuses histoires de l'Ecole polytechnique. Elles sont de valeur inégale et certaines ont une fâcheuse propension au panégyrique. Mais, pour la période allant de la création de l'Ecole en 1794 à 1828, surtout jusqu'à la chute de l'Empire, aucune n'égale l'histoire de Fourcy... L'intérêt de cette publication se double des importants compléments de Jean Dhombres. Tant ses notes que son introduction éclairent le récit de Fourcy, le complètent et, parfois, le rectifient..." (François Russo, Revue d'histoire des sciences, 1989)

168.          GARÇON (Maurice). Louis XVII ou la fausse énigme. Hachette, 1952, fort in-8°, 586 pp, 4 plans, broché, bon état

            25

A la manière d'un juge d'instruction enquêtant dans l'histoire, l'auteur, célèbre avocat, a conduit des recherches très poussées sur les circonstances de la mort, réelle ou supposée, du fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Il en conclut, preuve à l'appui, que l'enfant mort en 1795 est bien Louis XVII. Un livre intéressant car, sans rien apporter de véritablement nouveau, l'auteur reprend toutes les hypothèses, preuves et documents rassemblés jusque là sur cette énigme dont la passion, et peut-être les illusions entretenus par la Convention auprès des chefs vendéens, ont obscurci le raisonnement des chercheurs. L'auteur nous livre sa conviction et reconnaît que la vérité n'est pas totalement établie. — "M. Maurice Garçon, après avoir, dans plus de la moitié de son livre, passé en revue la formation de la légende et la série des faux dauphins, a examiné de nouveau le « mystère du Temple » dans une quatrième partie. Il montre combien la disposition des lieux et la réglementation de la surveillance rendent invraisemblable l'hypothèse de l'évasion. Reconnaissant que celle de M. Hastier le séduisit un moment, il estime que, tout compte fait, on ne peut exclure la négligence des gardiens dans le commentaire des comptes de la blanchisseuse et que, sans atteindre la certitude quant à la topographie des locaux, il n'y a pas lieu d'admettre la claustration de l'enfant. Conclusion : l'énigme du Temple n'existe pas." (Jacques Godechot, Revue Historique, 1955)

169.          GASC-DESFOSSÉS (Edouard). La Révolution française. IV. Le Directoire et le Dix-huit Brumaire. Beauchesne, 1929, in-8°, 356 pp, 8 gravures hors texte, broché, bon état

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170.          GOUGES (Olympe de). L’Esclavage des Noirs ou l'heureux naufrage (1792). P., Côté-femmes éditions, 1989, pt in-8°, 138 pp, préface d'Eléni Varikas, broché, couv. illustrée, bon état

            15

"... cette révolution à laquelle je n'ai participé en rien que par la prophétie que j'en ai faite. Cependant on me blâme, on m'accuse sans connaître même l'Esclavage des Noirs, reçu en 1783 à la Comédie Française, imprimé en 1786, et représenté en Décembre 1789. Les Colons, à qui rien ne coûtait pour assouvir leur cruelle ambition, gagnèrent les comédiens..." – Si la pièce d'Olympe de Gouges mérite notre intérêt aujourd'hui, ce n'est pas tellement pour sa valeur dramatique mais surtout pour ses idées ; non seulement parce que, comme tant d'autres pièces de la période, elle résiste mal au passage de deux siècles, mais aussi parce que c'est sur ce terrain que l'auteur elle-même l'a défendue... Comment expliquer le peu d'écho que rencontrèrent les protestations d'Olympe de Gouges, dans cette période marquée par les luttes pour la liberté d'expression, notamment dans le domaine du théâtre ? Il est possible – poursuit Eléni Varikas, dans sa préface – que le sexe et l'identité de l'auteur aient contribué au sort de l'Esclavage des Nègres... — "En 1791, Olympe de Gouges prit la défense des droits des colons « libres de couleur », comme le parti des « colons blancs » les nommait. En mai 1791, il y eut un très important débat, qui aborda les trois questions suivantes : 1) faut-il conserver les colonies ? 2) Les colons « libres de couleur », discriminés par les colons « blancs », sont-ils susceptibles de l’égalité en droit ? 3) L’esclavage doit-il être maintenu ? Le parti colonial était lui-même divisé par le parti des « colons blancs », qui avait pris le pouvoir dans la grande colonie de Saint-Domingue, en 1789, et cherchait à discriminer les « colons de couleur », afin de leur prendre leurs biens et leur conférer un statut juridique de « libres subalternes », intermédiaire entre celui de libre et celui d’esclave. Il existait aussi un courant critique du système colonial, qui commençait à réfléchir à des formes de décolonisation, comme le fit la Société des Citoyens de couleur et ses alliés, et prépara l’indépendance d’Haïti. Il y avait encore un courant favorable à une forme de néo-colonialisme, avec « adoucissement » de l’esclavage, comme le proposa la Société des Amis des Noirs. Olympe de Gouges avait réussi à faire jouer sa pièce de théâtre “Zamor et Milza” en 1789 et fut calomniée par le parti colonial. À la suite du débat de mai 1791, elle prit la défense des droits des colons « libres de couleur ». Il faut toutefois noter qu’elle n’abordait ni la critique du système colonial, ni celle de l’esclavage des captifs africains déportés en Amérique. Un peu plus tard, en mars 1792, elle fit rééditer sa pièce sous un nouveau titre “L’esclavage des Noirs ou l’heureux naufrage”, avec une préface où elle défend le projet officiel de la Société des Amis des Noirs, c’est-à-dire un projet colonialiste, qui se limitait à « adoucir » les conditions de vie des esclaves, ce qui n’est pas abolir l’esclavage ! ..." (Florence Gauthier)

171.          GRALL (Jeanne). Girondins et Montagnards. Les dessous d'une insurrection (1793). Rennes, Ouest-France, 1989, in-8°, 215 pp, 56 gravures et fac-similés, notices biographiques, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Il n'est pas de plus curieux ni de plus complexe épisode de l'histoire de la Révolution que celui de la lutte entre Girondins et Montagnards. Dégénérant en mouvement dit du Fédéralisme, cette lutte mit aux prises les Montagnards - partisans de la Terreur - et les Girondins, soucieux du respect des lois en dépit de fatales erreurs. L'attentat politique du 31 mai 1793 marquant la victoire de la Montagne devait entraîner la révolte de la plupart des départements, provoquer l'insurrection...

172.          HUPIN (Gérard). Victime de la subversion. Une grande reine : Marie-Antoinette. Nouvelles Editions Latines, 1972, pt in-8°, 189 pp, préface de Alexis Curvers, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"La vie de la Reine Martyre – la « Chevalière de la Mort » comme l'appela Léon Bloy – a suscité de très nombreux ouvrages. Aucun, croyons-nous, n'a suffisamment mis en lumière le complot ourdi par la Subversion contre Marie-Antoinette. Ce qui fait l'originalité et l'intérêt historique de ce livre de Gérard Hupin, c'est précisément l'importance qu'il accorde aux prémices et au développement de ce complot, à ceux qui en ont assuré le succès, et notamment à la Maçonnerie dont l'hypocrite participation n'est pas douteuse. L'auteur démonte le mécanisme de la campagne de basses calomnies menée contre Marie-Antoinette. Il a pris connaissance de nombreux pamphlets orduriers qu'il est parvenu à se procurer. Ces pamphlets, parfois « ornés » de gravures pornographiques, inspirés et diffusés par les soins de la Maçonnerie, d'agents révolutionnaires et même de canailles à la solde de puissances étrangères, ont puissamment contribué à saccager la réputation de la reine et à la faire mourir sur l'échafaud. De ces libelles, l'auteur dresse un inventaire et reproduit certains passages, révélateurs de la pourriture des esprits qui explique en partie les horreurs et les crimes de la Révolution. Dans la dernière partie de l'ouvrage, Gérard Hupin fait ressortir, en des pages émouvantes, combien Marie-Antoinette fut grande, non seulement par le courage, par la résistance opiniâtre et intelligente qu'elle opposa, pendant plus de quatre ans, aux ennemis de la Monarchie, mais aussi par l'acceptation sublime de son destin et des souffrances indicibles qui lui furent infligées." (4e de couverture)

173.          LEFEBVRE (Georges). Les Paysans du Nord pendant la Révolution française. (Thèse). Armand Colin, 1972, gr. in-8°, xxv-1013-v pp, nouvelle édition, tableaux, biblio, index, broché, couv. très lég. salie, qqs soulignures crayon, bon état. Peu courant

            180

Reproduction à l'identique de la première édition (Lille, 1924). — "Il n'y a pas à rendre compte à proprement parler de la thèse du regretté G. Lefebvre. Elle date de 1924, et chacun en connaît, sinon le contenu précis, du moins la portée, puisque toute l'oeuvre ultérieure de Georges Lefebvre, récrivant à partir de ces investigations sociales en profondeur l'histoire de la Révolution française, l'a en quelque sorte élargie et prolongée. Quant au contenu propre de cette oeuvre, le but de cette réédition est précisément de le rendre accessible par une édition plus largement diffusée que ne le fut (300 exemplaires !) l'original de 1924. (...) Ce livre présente « les paysans à la fin de l'ancien régime » et « les paysans et la Révolution » ; est-il besoin de dire cependant que l'ancien régime et la révolution ne s'opposent pas ici comme le noir et le blanc, mais que, si les tares de l'ancien régime sont démontrées avec une force et une précision accablantes, les lacunes de l'oeuvre, pourtant considérable, du nouveau régime en faveur des paysans sont pour la première fois mises en lumière. C'est ici en effet que prend naissance ce thème majeur (et bien connu) de l'oeuvre de G. Lefebvre : l'existence d'un corps complexe de revendications paysannes (surtout de la paysannerie pauvre), aspirations sociales, indépendantes des régimes et des valeurs politiques, aspirations dont la Révolution a satisfait les principales en abolissant droits féodaux et dîmes, par exemple (et c'est pourquoi l'ancien régime – G. Lefebvre conclut sur cette assertion – n'a jamais été regretté), mais dont elle a méconnu beaucoup, soit du fait de l'incompréhension des bourgeois individualistes à l'égard des vieilles pratiques sociales communautaires, soit tout simplement du fait des circonstances, guerre et réquisitions, inflation et disette, répression enfin..." (Maurice Agulhon, Études rurales)

174.          MARIE (André). Napoléon à Saint-Cloud. Le Coup d'Etat (18-19 Brumaire, An VIII). Saint-Cloud, Impr. Girault, 1954, in-8°, 62 pp, 2 pl. de photos hors texte, une illustration à pleine page, broché, couv. illustrée, qqs rares rousseurs, bon état

            20

175.          Mirabeau. Les Mirabeau et leur temps. Actes du colloque d'Aix-en-Provence (17-18 décembre 1966). P., Société des études robespierristes, 1968, gr. in-8°, 252 pp, avant-propos d’Albert Soboul, broché, bon état (Centre aixois d'études et de recherches sur le XVIIIe siècle)

            45

17 études érudites par Michel Vovelle, Jean Ehrard, Jacques Voisine, Jean Fabre, Daniel Ligou, André Lebois, Roger Barny, Maurice Agulhon, Pierre Guiral, Madeleine Rebérioux, etc. — La première partie de ce volume est consacrée à Mirabeau père, Victor Riqueti, marquis de Mirabeau, dont l’ouvrage célèbre "L’Ami des hommes" est réexaminé et replacé dans son contexte. La deuxième partie intéresse celui dont l’éloquence révolutionnaire fit la gloire du nom, Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau. Comment faire l’étude d’une pensée sans considérer le contexte de sa naissance et de son développement ? « il faut saisir ce commencement, puis suivre son mouvement en relation avec le monde des pensées vivantes de son temps ; avec l’histoire aussi, c’est-à-dire avec une situation historique concrète et des rapports sociaux précis, ceux de la société française dans la seconde moitié du XVIIIe siècle » (A. Soboul)

176.          PLUCHON (Pierre). Toussaint Louverture. Un révolutionnaire noir d'Ancien Régime. Fayard, 1989, fort in-8°, 654 pp, 2 cartes, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

"En dépit des principes clamés à la face du monde, la Déclaration des Droits de l'homme (blanc...) n'eût sans doute jamais débouché sur l'abolition de l'esclavage sans l'agitation qui s'empara de Saint-Domingue à l'annonce des troubles de la métropole et sans l'action décisive de Toussaint Louverture. Allié tantôt aux Espagnols (qui tenaient l'autre partie de l'île) contre les Français, tantôt à ceux-ci contre les Anglais (qui avaient porté la guerre outre-mer), cet ancien esclave autodidacte (affranchi en 1776), énergique et courageux, doué d'un sens politique exceptionnel, finit par obtenir la libération de ses frères de race puis par faire concéder à l'ensemble de l'île une indépendance de fait. Bien plus tard, à Sainte-Hélène, Napoléon devait regretter de n'avoir pas mieux su utiliser un homme aux capacités aussi évidentes et de l'avoir fait emprisonner au fort de Joux (Jura)... Mais est-ce à dire que ce libérateur voulut imposer aux habitants de la "perle des Antilles" les principes de 89 ? En un mot, fut-il un révolutionnaire ? Certainement pas ! Ce n'est pas un fils des Lumières : catholique fidèle sinon bigot, il ne remet pas en cause l'ordre du monde ; Noir, il oeuvre pour les Noirs et se moque du sort des sang-mêlé (quand il ne les massacre pas). Fasciné par l'apparat de l'Ancien Régime, il en copie les pompes et le protocole. En tout, il cherche à reconstituer la structure coloniale, mais seulement en faveur des Noirs. Toussaint Louverture fut en fait, et sans paradoxe, un révolutionnaire d'Ancien Régime désireux seulement de substituer à l'ordre blanc un ordre noir." (4e de couverture)

177.          ROULLAND (André). Comprendre la Révolution en Périgord, 1789-1795. Bayac, Editions du Roc de Bourzac, 1989, in-8°, 192 pp, gravures et fac-similés, documents annexes, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Une étude historique de la société périgourdine et de l'attitude de ses membres au moment de la Révolution.

178.          SCHOELCHER (Victor). Vie de Toussaint Louverture. Karthala, 1988, in-8°, xxviii-456 pp, introduction de Jacques Adelaïde-Merlande, un portrait de l'auteur en frontispice, une gravure et un portrait de Toussaint Louverture, une carte, index des noms, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état

            25

"Il s'agit de la réédition photographique du livre publié en 1889 par Schoelcher, pour le centenaire de la Révolution Française. L'introduction de Jacques Adelaïde-Merlande nous retrace comment l'opinion française et les hommes de lettres s'étaient intéressés à l'histoire de la naissance d'Haïti et comment Schoelcher a été préparé à écrire son oeuvre. Souhaitons de nombreuses rééditions du même type d'ouvrages classiques importants devenus introuvables." (Frédéric Mauro, Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, 1983)

179.          VAUSSARD (Maurice). Correspondance Scipione de Ricci - Henri Grégoire, 1796-1807. Florence, Sansoni et P., Didier, 1963, gr. in-8°, 152 pp, notes bibliographiques, broché, couv. lég. salie, bon état (Publications de l'Institut français de Florence), envoi a.s. à Maurice Reclus. Peu courant

            40

Maurice Vaussard a eu la bonne fortune de retrouver la correspondance échangée entre Scipion de Ricci, l'évêque de Pistoia, avec l'abbé Grégoire, dans les archives de la famille Ricci, maintenant conservées aux archives d'Etat de Florence. On voit tout l'intérêt de cette correspondance entre celui qu'on peut considérer comme l'un des chefs du jansénisme italien et le chef de l'église constitutionnelle française. Effectivement, Ricci abonde dans le sens de Grégoire, loue ses encycliques, ses sermons et ses livres, tout au moins jusqu'en 1805. Car en 1806, Ricci se rétracta tandis que Grégoire persévéra dans sa doctrine. Mais l'intérêt de la correspondance ne réside peut-être pas tellement dans les idées échangées sur le jansénisme et sur le gallicanisme, que dans la documentation qu'elle nous apporte sur les événements de l'époque et les opinions professées par les deux hommes à leur sujet. Ainsi, ni Ricci, ni Grégoire ne déplorent la chute du pouvoir temporel et la création d'une République romaine. Ricci se montre même violent et parfois injuste envers le pape Pie VI... (...) Dans l'ensemble, ces lettres forment une importante contribution à l'histoire religieuse, et même à l'histoire générale du Directoire, du Consulat et de l'Empire. (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1966) — "Cette correspondance entre l'ancien évêque de Pistoja et Prato et l'évêque constitutionnel de Blois a été tirée par Maurice Vaussard du fonds Ricci qui est aux Archives d'Etat de Florence. Ricci dut prendre sa retraite en 1802 et Grégoire, ayant donné sa démission d'évêque de Blois en 1801, fut membre du Corps législatif et bibliothécaire à l'Arsenal. (...) Grégoire envoyait à Ricci les décisions du concile constitutionnel de 1797, ainsi que la consultation de la Faculté de Fribourg-en-Brisgau sur les troubles de l'Église gallicane et les divers serments. De son côté, Ricci faisait part à Grégoire de ses avis au sujet de la préparation du concile de 1801. Faisant allusion à la persécution qui, sous la Terreur, frappa le clergé, aussi bien constitutionnel que réfractaire, l'évêque de Blois écrivait qu'elle « a fait le triage des bons et des mauvais ». Mais au nombre des premiers, il range uniquement les constitutionnels. Grégoire accuse les réfractaires d'avoir encouragé l'assassinat des prêtres jureurs, faisant sans doute allusion aux troubles nés de la guerre de Vendée..." (Jean Boussoulade, Revue d'histoire de l'Église de France, 1964)

180.          VERNÈRE (Xavier). Cahiers d'un volontaire de 91, Xavier Vernère. Publiés pour la première fois par M. X. Gérin-Roze, son petit-fils. Fayard, s.d. (1911), gr. in-8°, 186 pp, texte sur deux colonnes, 92 gravures et documents du temps dans le texte et hors texte, reliure simili-cuir carmin, dos lisse avec titres, fleuron révolutionnaire et filets dorés, couv. illustrée conservée, bon état (Coll. Mémoires et souvenirs publiés sous la direction de F. Funck-Brentano)

            60

"Les publications de cette excellente collection se succèdent avec une telle rapidité que nous avons quelque peine à tenir nos lecteurs au courant. Cette rapidité ne nuit d'ailleurs en rien à l'intérêt et à la valeur de ces éditions des mémoires. (...) On lira avec intérêt les Cahiers d'un volontaire de 91, Xavier Vernère (exactement Werner de Schlestadt), entré à seize ans en 1791 au régiment d'Anjou et qui, d'après ses notes et ses souvenirs, a raconté au commencement du XIXe siècle ses campagnes de 1791 à 1797 en Allemagne, en Flandre, en Hollande et en Italie. M. Gérin-Roze a annoté ces souvenirs auxquels leur exactitude et leur sincérité donnent tout leur prix." (Gabriel Monod, Revue Historique, 1911)

181.          VILLIERS du TERRAGE (Edouard de). L'expédition d'Egypte. Journal d'un jeune savant engagé dans l'état-major de Bonaparte (1798-1801). Présentation et dossier d'Alain Pigeard. Cosmopole, 2001, pt in-8°, 420 pp, 7 cartes et plans, un croquis, 159 portraits dans le texte (portraits de militaires et de membres de la Commission des sciences et des arts et de l’Institut d’Égypte gravés par Dutertre), biblio pour le dossier, reliure pleine basane carmin, dos lisse avec titres, fleuron révolutionnaire et filets dorés, couv. illustrée et dos conservés, bon état

            60

Aventure militaire et politique, l'expédition d'Egypte va devenir, sous l'impulsion de Bonaparte, une épopée scientifique sans précédent. Edouard de Villiers du Terrage, jeune polytechnicien de 18 ans est embarqué parmi les 167 savants, diplômés des plus grandes écoles françaises. Sa mission de géomètre topographe, lui permet de découvrir Thèbes et les monuments antiques dont il deviendra un spécialiste incontesté. Passionné par ses découvertes, impatient, curieux et fougueux, il nous fait découvrir, jour après jour, les difficultés et les émerveillements d'un jeune garçon qui, à l'image de Bonaparte, reviendra auréolé de gloire de cette Egypte au passé prestigieux. Il participera au grand ouvrage : La description de l'Egypte et rédigera son journal à partir des notes prises au fil de son voyage. Ce témoignage captivant, est accompagné des portraits des membres de l'expédition d'Egypte gravés par Dutertre. Ces portraits n'avaient pas été publiés dans leur intégralité depuis 1836. Le dossier permet de comprendre l'évolution des travaux de la commission des sciences et des arts et de l'Institut d'Égypte.

182.          WALTER (Joseph). Les souvenirs historiques de Joseph Walter, Officier de l'Armée des Etats Belgiques Unis, sur les événements militaires de la Révolution brabançonne (1789-1790). Bruxelles, Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire, 1972, gr. in-8°, 163 pp, 15 pl. de gravures hors texte, index, reliure simili-cuir noir, dos lisse avec titres et filets dorés, bon état. Ouvrage non mis dans le commerce

            100

On trouve relié à la suite : “1790, le drapeau des Volontaires Binchois” (par Paul-Clovis Meurisse) et “1790. Le carnet de campagne du capitaine Maximilien-Usmer-Joseph de Biseau de Hauteville, commandant la compagnie des volontaires binchois” (Luttre, Office international d'édition, s.d. (1925), 112 pp, 6 pl. de gravures hors texte, index) — J. Walter (1773-1845) apporte des précisions et des détails souvent inédits et généralement peu connus sur l'histoire militaire de la Révolution brabançonne (Introduction).

PREMIER EMPIRE

 

183.          BOISSON (Jean). Napoléon était-il franc-maçon ? P., Chez l'Auteur, 1967, pt in-8°, 96 pp, broché, non coupé, bon état. Peu courant

            30

"L'auteur d'une histoire monumentale de la Franc-Maçonnerie, Gérard Serbanesco, soutient que Bonaparte, en route pour l’Égypte, s'arrêta à Malte en juillet 1798, et se fit initier à cet ordre, auquel seraient dus, en partie tout au moins, ses succès et son élévation au rang suprême. Jean Boisson, devant déclaration si audacieuse : Napoléon « ne pouvait pas ne pas être maçon », a pris sa loupe, examiné cette théorie, plus fragile que toile d'araignée, et en a dispersé tous les fils. Bien des témoignages feraient croire en effet que Napoléon appartint à la Franc-Maçonnerie, mais les auteurs se bornent à des affirmations sans apporter aucune preuve, se référer à aucun document. Or, il faudrait savoir avant tout s'il y eut, dans le cas de Napoléon, initiation aux rites, aux secrets, aux devoirs de cette société fort exigeante envers ses membres. Si l'on peut tenir pour à peu près établi que l'Empereur n'a pas appartenu à la Franc-Maçonnerie, il est impossible de soutenir qu'il fût effectivement franc-maçon. C'est avec beaucoup de talent, une louable économie de mots, une logique imperturbable que l'auteur arrive à sa conclusion." (G.-M. Tracy, Miroir de l'Histoire, n° 217, janvier 1968)

184.          BONAPARTE (Napoléon). Lettres d'amour à Désirée, Joséphine, Marie et Marie-Louise. L'Archipel, 2005, in-8°, 327 pp, préface de Max Gallo, portraits de Désirée Clary, Joséphine de Beauharnais, Marie Walewska et Marie-Louise, broché, couv. illustrée, bon état

            15

"Je crois que l'amour fait plus de mal que de bien, que ce serait un bienfait d'une divinité protectrice que de nous en défaire et d'en délivrer les hommes." Tels sont les mots de Napoléon Bonaparte en exil à Sainte-Hélène... après vingt ans de triomphes et de défaites, après avoir séduit la jeune Désirée Clary, Joséphine de Beauharnais, ensorceleuse et experte, Marie Walewska la Polonaise et la douce Marie-Louise, qui lui donna un fils mais regagna l'Autriche lorsque l'Empereur perdit son trône... Pour la première fois rassemblée en un volume, la correspondance amoureuse de Bonaparte en dit long sur ses rapports avec les femmes. On y découvre un Napoléon tour à tour tendre mais distant, passionné et impatient. Exalté lorsqu'il déclare son amour, sincère lorsqu'il avoue sa souffrance.

185.          BONNEVILLE de MARSANGY (Louis). Madame Campan à Ecouen. Etude historique et biographique, d'après des lettres inédites et les documents conservés aux Archives nationales et à la Grande-Chancellerie de la Légion d'honneur. Précédée d'une notice sur le château d'Ecouen, avec gravure. P., Champion et Pontoise, Alex. Seyès, 1879, in-8°, vi-343 pp, une gravure du château d'Ecouen en frontispice, imprimé sur papier vergé, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid orné de fleurons dorés, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), nerfs lég. frottés, bon état. Rare

            150

"... Ce fut en 1805 que Napoléon conçut pour la première fois l'idée d'un institut spécial pour les filles des membres de la Légion d'honneur. L'éducatrice et l'Empereur échangèrent leurs idées à ce sujet. Mme Campan soumit au Maître un plan qui avait un double but : 1) confier au gouvernement la surveillance générale de tous les établissements privés d'éducation de jeunes filles ; 2) créer un ou plusieurs pensionnats publics, dans lesquels seraient élevées, gratuitement ou à peu de frais, les filles de certaines catégories de serviteurs de l'Etat. Cette généreuse conception, modifiée par les idées de l'Empereur, donna naissance à un projet qui, renvoyé en Conseil d'Etat, fut approuvé par Napoléon le 15 décembre 1805. Le premier de ces pensionnats, destiné aux filles de légionnaires, fut fondé à Ecouen en 1806. On avait hésité entre plusieurs locaux et plusieurs villes et finalement on se décida pour l'ancien domaine des Montmorency qui, après avoir passé dans plusieurs mains, avait été confisqué aux Condé en 1793 et s'était trouvé successivement transformé en hôpital militaire et en prison. Ce ne fut qu'en novembre 1807 que le bâtiment fut en état de recevoir ses premières élèves. Mme Campan en avait été déjà nommée directrice par décret du 5 septembre 1807 et s'y était installée. Napoléon veilla d'ailleurs, avec sa minutie habituelle, à l'organisation de cette maison, désignant lui-même les élèves et les dames, instituant une hiérarchie, des conseils de direction, écrivant au grand chancelier de la Légion d'honneur pour lui dicter ses ordres en détail. Cela ne diminuait en rien la prépondérance ni les responsabilités de Mme Campan qui, d'ailleurs, ne se privait pas de faire entrer dans la Maison Impériale d'anciens serviteurs de sa famille tels que sa fidèle Voisin qui lui demeura toujours attachée, Mlle Martin et M. Fouché. Le nombre des élèves alla grossissant. De 30 en 1807 il monta bientôt à 300, les élèves étant classées en 6 divisions, jusqu'au jour où l'on fut amené en 1809 à créer à Saint-Denis une nouvelle maison, cause de bien des déboires pour Mme Campan, mais qui ne fut inaugurée que le ler juillet 1811. L'organisation achevée, Napoléon ne fit d'ailleurs que trois visites en tout à la Maison d'Ecouen, dont la protectrice officielle fut la reine Hortense..." (Pierre Sabatier, Le Correspondant, 1929)

186.          CASTELOT (André). Joséphine. Perrin, 1965, fort in-8°, 630 pp, 24 pl. de gravures hors texte, sources, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

La Joséphine d'André Castelot reste la plus vivante des biographies qui aient été consacrées à la première impératrice des Français. Marie-Rose Tascher de la Pagerie, née à la Martinique en 1763, fut d'abord la malheureuse épouse du vicomte de Beauharnais avant de devenir en 1796 la générale Bonaparte et une égérie du Directoire. La délicieuse, aimable et insouciante créole cessa d'être infidèle à son mari quand celui-ci revint d'Egypte. Elle devint alors une auxiliaire efficace de sa marche au pouvoir, encore qu'elle eût aimé qu'il se contentât d'un consulat. "Bonaparte, je t'en prie, ne te fais pas roi", osa-t-elle lui dire. Elle devinait sans doute que, si elle devenait impératrice, son incapacité de donner un héritier à Napoléon la condamnait à terme. Elle n'évitera pas le divorce (1809) mais Napoléon était sincère quand il disait : "Incomparable Joséphine... C'est la femme que j'ai le plus aimée."

 

187.          CATHELIN (Jean). La Vie quotidienne en Belgique sous le régime français, 1792-1815. Hachette, 1967, in-8°, 247 pp, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Dans cet excellent livre, Jean Cathelin explique que l'esprit révolutionnaire « à la française » s'est manifesté chez les Wallons et au Pays de Liège, avant même le déclenchement de la Révolution française et que les révolutionnaires mosans et brabançons ont exercé une influence majeure sur l'optique de la Révolution, la faisant passer de la défense nationale à l'offensive internationale de libération des peuples (...). Loin d'être dédaignés, ces « Français de l'extérieur » avaient été vite adoptés dans les milieux révolutionnaires parisiens et nombreux étaient les réfugiés qui s'étaient vu confier des fonctions officieuses, comme s'ils eussent été considérés de facto comme des nationaux français...

188.          FLEISCHMAN (Théo). Napoléon au bivouac. La vie de l'Empereur en campagne. Illustrations de Bellangé, Charlet, de Faber du Faur, Pils, Raffet. Bruxelles, Brepols, 1958, in-8°, 161 pp, 2e édition, 27 gravures sur 12 planches hors texte, notice sur les illustrateurs, biblio, reliure toile verte de l'éditeur, sans la jaquette, bon état

            35

"Grâce aux témoignages palpitants des contemporains prudemment confrontés avec les faits, T. Fleischman dévoile le chef d'armée intime menant l'existence nomade et aventureuse des soldats. Il cite les détails pittoresques et peu connus de ses randonnées de Paris à l'armée, à travers l'Europe, son labeur quotidien et sa vie la plus intime dans ses haltes guerrières, souvent dans des logis sordides, dénommés souvent quand même "Palais", ou sous sa tente, ses propos de hâtifs bivouacs et ses colloques, mêlés de trivialité ou de grandeur avec ses grognards..." (Georges Mauguin)

189.          GAETE (Duc de). Notice historique sur les finances de la France (de l'an 8 - 1800 - au 1er avril 1814). P., Imprimerie d'Ange Clo, 1818, in-8°, 8-240 pp, cartonnage plein papier bleu de l'époque, dos lisse avec titres et larges filets dorés, plats très frottés, intérieur propre et sans rousseurs, bon état. Edition originale

            150

Martin-Michel-Charles Gaudin, duc de Gaëte fut ministre des finances de 1799 à 1814, puis gouverneur de la Banque de France. — "M. le duc de Gaëte ne parle que de choses qu'il a vues et auxquelles il a prit part. Son livre est certainement le plus intéressant à consulter sur les finances de l'Empire." (Blanqui dans : Coquelin et Guillaumin, Dictionnaire d'Economie Politique, 1/816)

190.          GAVOTY (André). Amours et aventures au temps de Napoléon. Hachette, 1969, in-8°, 254 pp, broché, couv. illustrée d'une reproduction de Goya, bon état

            25

Les amours du roi Joseph ; La maréchale Lefebvre ; Maître Radigueau ; Moustache contre Borghèse ; Les demoiselles Guilbaud ; La disparition de M. Pfister. — La liste des amours du frère aîné de Napoléon, Joseph, roi d'Espagne, aussi bien à Naples et à Madrid qu'à Paris, est au moins aussi longue que celle des amours d'Henri IV ou de Louis XIV. Ce personnage aimable et superficiel vit surtout dans la couronne un moyen d'avoir d'agréables aventures. André Gavoty en relate quelques-unes de la manière la plus piquante. On trouvera dans ce volume d'autres chapitres, à la fois instructifs et divertissants, l'histoire de la maréchale Lefebvre, qui, duchesse de l'Empire, entra dans la légende sous le nom de Madame Sans-Gêne, ou l'étonnante aventure de Monsieur Pfister, premier maître d'hôtel de Napoléon, qui devint fou.

191.          GAVOTY (André). Les drames inconnus de la Cour de Napoléon, 1804. Fayard, 1962, pt in-8°, 248 pp, appendices, broché, bon état. Edition originale, ex. du SP, envoi a.s.

            25

La disparition d'Octave de Ségur ; La démission de Madame de Vaudey ; Une soirée au camp de Boulogne.

192.          GAVOTY (André). Les drames inconnus de la Cour de Napoléon, 1805-1806. Fayard, 1964, in-8°, 227 pp, sources, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            20

La dame rouge de Napoléon ; Le prince Eugène et la cousine de Bolivar ; Les trois maris d'Eléonore ; L'enlèvement de Mlle Eckart.

193.          GOURDIN (Jean-Luc). L'Ange gardien de Bonaparte. Le colonel Muiron (1774-1796). Pygmalion, 1996, gr. in-8°, 428 pp, préface de Jean Tulard, une planche hors texte (buste du colonel Muiron), biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Grand Prix d'Histoire 1996 de la Fondation Napoléon)

            20

Biographie du colonel Muiron qui, sa vie durant, sera présent aux côtés de Napoléon Bonaparte. — Jean-Baptiste Muiron, né le 10 janvier 1774 et mort le 15 novembre 1796 à Arcole, était l'un des aides de camp du général Bonaparte. C'était le fils d'un fermier général et le petit-fils d'un chirurgien. Il rencontra Napoléon lorsqu'ils étaient tous les deux artilleurs au siège de Toulon. Ils se lièrent d'amitié très vite. Chef de bataillon à vingt ans, colonel l’année suivante, il partage la bonne fortune de Napoléon. Il est à ses côtés le 13 vendémiaire et le suit durant la campagne d’Italie. Le 15 novembre 1796, sur le pont d’Arcole, alors qu’il charge à la tête de ses troupes, le général Bonaparte est mis en joue par un Autrichien. Muiron s’en aperçoit et se jette devant Napoléon pour le protéger de son corps. La balle que reçoit le colonel Muiron lui est fatale. Napoléon ne l’oubliera jamais. Devenu Premier Consul puis empereur, Napoléon Ier prendra la famille de Muiron sous son aile afin qu'elle ne manque de rien, et donnera le nom de Muiron à une frégate. C'est sur cette frégate qu'il rentrera d'Égypte quelques semaines avant son coup d'État du 18 brumaire.

194.          MARSHALL-CORNWALL (James). Masséna, l'enfant chéri de la victoire. Plon, 1967, in-8°, 383 pp, traduit de l'anglais, préface du général Catroux, 8 pl. de gravures hors texte, cartes de l'Italie du Nord et du Portugal sur les gardes, chronologie, cart. éditeur, jaquette illustrée, envoi a.s. de la traductrice à André Castelot

            30

"La vie du principal adversaire de Wellington en Espagne. L'auteur avait pour cette campagne une documentation plus riche que celle des historiens français, de là un intérêt particulier de son ouvrage. C'est toute la carrière de Masséna qui nous est racontée, et d'abord ses campagnes heureuses et brillantes." (Etudes, 1968)

195.          MARTINEAU (Gilbert). La Vie quotidienne à Sainte-Hélène au temps de Napoléon. Hachette, 1966, in-8°, 266 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

« Ce n'est pas un joli séjour ! J'aurais mieux fait de rester en Égypte. Je serais aujourd'hui empereur de tout l'Orient » confie Napoléon dans un murmure, le 14 octobre 1815. Il sait que sa dernière demeure sera ce rocher sombre qu'il examine depuis le large, en s'aidant de la lorgnette d'Austerlitz et en s'appuyant sur l'épaule du valet Marchand, sous le regard consterné des autres Français. « C'est le diable qui a ch... cette île ! » crie une dame dont le langage ne manque pas de verdeur. Les portes de l'enfer ? Non, mais un bon endroit pour établir un bagne ; il faut convenir que Sainte-Hélène manque de séduction. Le décor idéal pour un drame en huis clos de cinq ans et cinq mois. Appréciés par les uns, détestés par les autres, Napoléon et ses fidèles y côtoient une société coloniale mesquine et fortement hiérarchisée : insulaires de toujours, fonctionnaires venus d'Angleterre dans les malles de la Compagnies des Indes, soldats préposés à la garde du « tyran français », mais aussi pauvres esclaves raflés sur les côtes d'Afrique ou d'Asie. Les lieux, les événements, les personnages qui ont traversé les 1973 jours de l'Empereur exilé reprennent ici vie dans une mise en scène époustouflante.

196.          PUTIGNY (Bob). Le grognard Putigny, baron d'Empire. Copernic, 1980, in-8°, 189 pp, 8 pl. de gravures hors texte, une carte des campagnes de Putigny, reliure simili-cuir vert, dos lisse avec titres, fleurons et filets dorés, 1er plat illustré conservé, bon état

            45

"Mémoires très arrangés..., les récits d'Auerstaedt, Eylau, Wagram, de la campagne de Russie et de Waterloo sont probablement enjolivés." (Tulard, 1191)

197.          PUYMAIGRE (Comte Alexandre de). Souvenirs sur l'émigration, l'Empire et la Restauration. Publiés par le fils de l'auteur. Plon, 1884, in-8°, vii-448 pp, reliure simili-cuir vert, dos lisse avec titres, fleurons et filets dorés, 1er plat conservé, qqs rousseurs, bon état

            150

Mémoires d'un grand intérêt : "Il traite de son émigration en 1791, l'armée de Condé, la guerre en Allemagne, puis son départ pour la Russie." (Fierro, 1212) ; "Ecrits tardivement sous la Monarchie de Juillet, mais leur intérêt n'en est pas moins grand : le retour des émigrés, Paris au moment de l'affaire Cadoudal, l'entrée dans l'administration des droits réunis, les villes hanséatiques et l'écroulement de la domination française en Allemagne, Paris en 1814. Excellent appareil critique." (Tulard, 1195).

198.          RAPP (Général Comte Jean). Mémoires du général Rapp, aide de camp de Napoléon. P., Editions de Troie, 1973, in-8°, 14-viii-452 pp, un portrait en frontispice, imprimé sur vergé teinté, reliure demi-basane fauve éditeur, dos à faux nerfs orné de caissons ornés, tête dorée, bon état

            60

Mémoires recherchés. Réimpression de l'édition de 1823, reproduite avec les annotations en marge d'un officier. "Portrait assez fouillé de Napoléon..., solides récits d'Austerlitz, d'Iéna, d'Essling..." (Tulard, 1207)

199.          SAINT-ELME (Elzima van Ayl de Jonghe, dite Ida). Mémoires d'une contemporaine, ou Souvenirs d'une femme sur les principaux personnages de la République, du Consulat et de l'Empire. Nouvelle édition entièrement refondue, augmentée de documents inédits, de trois portraits, d'un fac-similé tirés du Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale et d'une préface par Napoléon Ney. Flammarion, s.d. (1895), in-8°, xxxv-438 pp, 3 portraits d'Ida (en 1820 en frontispice, en 1806 et en 1834) et une gravure au trait d'après le marbre sculpté de Lemot, figurant Ida Saint-Elme en odalisque à l'âge de 19 ans, reliure demi-percaline vermillon, dos lisse avec titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état

            60

Ces Mémoires insolents frisent l'extrême limite tolérée par la censure de l'époque. Ils eurent une vogue inouïe et firent la fortune de l'éditeur. Surnommée La Contemporaine ou la Veuve de la Grande Armée, l'actrice eut des bontés pour Moreau et des faiblesses pour Ney – tout en renseignant Fouché ! – sans omettre Duroc, Talleyrand, le roi Ferdinand VII et même un cardinal à Rome. Née en Toscane en 1778, Ida Versefeldt de Jong mourut à Bruxelles en 1845. Parmi les teinturiers qui lui prêtèrent leur plume, on cite Pichot, Charles Nodier, Malitourne et Lesourd. La publication suscita envers la Contemporaine un certain nombre de réactions, libelles et procès auxquels elle répondit. – Quérard qualifie l'ouvrage de très spirituel, très amusant et très productif (Supercheries I, 782) – "Souvenirs de la célèbre aventurière qui faillit épouser Moreau, fut la maîtresse de Ney et servit dans la police secrète du Premier Empire." (Tulard, 1299) – Voir aussi la “Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour...” III, 151.

200.          THIERS (Adolphe). Histoire du Consulat et de l'Empire. Edition abrégée et présentée par Raoul Girardet. Laffont/Club Français du Livre, 1972, gr. in-8°, xxv-695 pp, un frontispice en couleurs, nombreuses gravures dans le texte et à pleine page, 3 cartes dépliantes en couleurs hors texte (l'Europe napoléonienne, Trafalgar, Austerlitz), généalogie, chronologie, reliure simili-cuir rouge éditeur, dos orné, tête dorée, bon état (Coll. Les Grands Monuments de l'Histoire)

            25

201.          TULARD (Jean). La Vie quotidienne des Français sous Napoléon. Hachette, 1988, in-8°, 313 pp, sources, broché, couv. illustrée avec trace de mouillure ancienne, état correct

            12

Le Premier Empire ce n'est pas seulement Austerlitz, Iéna et Wagram, les amours de Joséphine ou les conspirations royalistes, c'est aussi la vie quotidienne d'un peuple de paysans qui ne découvre les horreurs de la guerre qu'à travers les bulletins de la Grande Armée ou le tirage au sort des conscrits. De son côté, l'industrie demande son contingent de paysans voués à la prolétarisation urbaine. Paris, véritable Minotaure, dévore une quantité d'hommes aussi grande que celle que requiert l'interminable combat contre les coalitions européennes. De nouvelles catégories sociales apparaissent, du notable à l'employé de bureau. Un monde nouveau se met en place, celui de la bourgeoisie dont s'empare la comédie de moeurs, où s'illustrent Collin d'Harleville et Picard. Citadins et campagnards sont les héros de ce livre avec les gens de la route, brigands et colporteurs, soldats et mendiants. Une image du Premier Empire où Napoléon laisse la place à ses sujets : l'envers de la Légende en quelque sorte.

202.          VIVIEN (Jean-Stanislas, Commandant). Souvenirs de ma vie militaire, 1792-1822. P., Librairie des Deux Empires, 2003, in-8°, 351 pp, reliure pleine basane chocolat, dos lisse avec titres, fleurons et filets dorés, 1er plat illustré conservé, bon état. Réimpression de l'édition de 1907

            80

"Le témoignage du commandant Vivien est avant tout un recueil d'épisodes, d'anecdotes de tout ce qu'il a pu voir et vivre durant sa carrière, « une suite de tableaux lestement brossés et de scènes amusantes ou tristes qui font successivement revivre l'existence en campagne et dans les cantonnements de l'officier et du soldat des grandes guerres de la Révolution et de l'Empire ». Il s'agit de la première réédition depuis 1907 de ce témoignage passionnant." (Ch. Bourachot)

203.          WAGRÉ (Louis-Joseph). Souvenirs d'un caporal de grenadiers, 1808-1809. Les Prisonniers de Cabrera. Librairie des Deux Empires, 2003, in-8°, vii-295 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Réimpression de l'édition de Paris, 1902

            40

"Rien de plus attachant et de plus émouvant que les Souvenirs d'un Caporal de grenadiers. Avec plusieurs milliers de ses camarades, Wagré fut déporté à l'île de Cabrera après la capitulation de Baylen (1808). Simplement, il fait le récit de ses souffrances et de ses incroyable privations ; et les chapitres se succèdent, mouvementés, curieux, toujours intéressants. Dans ce petit livre, au reste, il n'est pas que des tableaux navrants. Il est aussi des tentatives d'évasions... ; Il apparaît enfin quelques riantes figures de femmes qui consolent le caporal de grenadiers à son retour en France". (Gustave Davois, Bibliographie napoléonienne française jusqu'en 1908, 1911) — "Cabrera, une île des Baléares où furent entassés les prisonniers français après Baylen, au prix de seize mille morts." (Tulard, 1511)

204.          WALTER (Jakob). Les mémoires de Jakob Walter, 1812. La marche en Russie des fantassins wurtembergeois au service de l'Empire. Editions historiques Teissèdre, 2003, gr. in-8°, 189 pp, traduction, avant-propos et notes de Jean Dif, 16 pl. de cartes et illustrations en noir et en couleurs hors texte, biblio commentée, index, reliure pleine basane chocolat, dos lisse avec titres, aigle impérial et filets dorés, couv. illustrées conservées, bon état

            50

Les mémoires de Jakob Walter constituent un récit vivant, fourmillant d'anecdotes et de détails pittoresques, qui se lit comme un roman. A ce titre, ces mémoires sont susceptibles d'intéresser un large public. Pourtant, il ne s'agit pas d'une œuvre de fiction. Leur auteur a réellement participé aux événements qu'il relate. Les nombreux recoupements réalisés avec d'autres témoignages apportent ici la preuve de l'authenticité de ces mémoires. Ils satisferont donc aussi la curiosité des amateurs de l'histoire napoléonienne. Les historiens et les chercheurs spécialisés sur cette période de notre histoire y trouveront des informations inédites qui compléteront leurs connaissances sur la campagne de Russie et sur la place qu'y tinrent les troupes allemandes. Ces informations sont d'autant plus intéressantes qu'elles proviennent d'un soldat wurtembergeois et que les témoignages d'hommes de troupe de la Confédération du Rhin sont rares. Les mémoires sont accompagnés d'un important appareil critique qui permet de se faire une idée précise de la campagne et du rôle qu'y jouèrent les fantassins wurtembergeois. Les amateurs d'uniformologie trouveront en fin de l'ouvrage plusieurs planches d'uniformes de l'armée wurtembergeoise à l'époque napoléonienne.

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

205.          ANDRY (Marc). Edmond Rostand. Le panache et la gloire. Plon, 1986, in-8°, 210 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            20

En une soirée, Edmond Rostand devient, grâce à “Cyrano” le roi de la Belle Epoque. Il n’a que vingt-neuf ans. Sa vie et ses amours demeurent mal connues. La tendre Rosemonde Gérard, la première, tombe amoureuse de ce jeune Marseillais lancé à la conquête de Paris. Sa fantastique réussite, il la doit aussi à Sarah Bernhardt. Le poète et son interprète connaîtront une liaison passionnée et c’est elle qui créera “l’Aiglon” avec une fougue sublime. La comédienne Simone sera éblouie, à son tour, par l’auteur de “Chantecler”. Et, plus tard, Anna de Noailles, géniale et baroque, Marie Marquet, débutante émerveillée. Autour de lui revivent ces acteurs que Cocteau a nommé “les monstres sacrés” : Lucien Guitry, Coquelin, de Max, Le Bargy. En 1900, Edmond Rostand est un dieu. Il habite un somptueux ermitage à Cambo mais ne vit que dans la fièvre du théâtre. Cette biographie, pleine de charme, nous le ressuscite dans tout l’éclat de son triomphe.

206.          ARENBERG (Prince Jean-Engelbert d'). La Couronne de Belgique et le Saint-Siège (1830-1831). Enghien (Belgique), Studium Arenbergense, 1991, gr. in-8°, 279 pp, 85 illustrations (portraits, fac similés) et 3 cartes dans le texte, index, reliure pleine basane chocolat, dos lisse avec titres, fleuron et filets dorés, 1er plat et dos conservés, bon état

            50

Etude des événements à travers les principaux protagonistes : les papes de Pie VI à Grégoire XVI, la maison de Nassau Orange, le duc Prosper-Louis d'Arenberg, ainsi qu'à travers les archives du Vatican et celles d'Arenberg à Enghien. En 1831, Prosper-Louis d'Arenberg fut le candidat du Vatican à l'élection du roi des Belges.

207.          AZEMA (Jean-Pierre) et Michel WINOCK. Les Communards. Seuil, 1970, in-12, 189 pp, nombreuses gravures et photographies dans le texte et à pleine page, chronologie et liste des Communards en fin d'ouvrage, broché, photo d'une barricade en couverture, bon état (Coll. Le temps qui court)

            15

Entre mars et mai 1871, Paris connut une insurrection révolutionnaire qui devait rapidement aboutir à la mise en place d’un conseil populaire, la Commune. Moins de deux mois plus tard, les insurgés capitulaient devant les troupes régulières et le gouvernement de Thiers, replié à Versailles. La répression fut sanglante. La Commune est un moment singulier dans l’histoire de France et demeure encore aujourd’hui l’enjeu d’une bataille mémorielle. Dans ce texte d’une grande clarté, richement illustré, Jean-Pierre Azéma et Michel Winock évoquent l’avènement puis la chute de la Commune, mais également ses représentations ultérieures et ses conséquences à long terme.

208.          BAINVILLE (Jacques). Le Coup d'Agadir et la guerre d'Orient. Nouvelle Librairie Nationale, 1913, in-12, ix-323 pp, broché, bon état. Edition originale

            30

Luttes et conflits de la Triple Entente et de la Triplice. La politique des grandes monarchies autoritaires du XXe siècle. Décadence du libéralisme et avenir de la réaction dans l'Europe contemporaine. — "... Jacques Bainville, avec son étonnant esprit de précision, montrait dans les articles qui ont formé son livre “Le Coup d'Agadir et la guerre d'Orient”, combien M. Caillaux, qui croyait avoir calmé l'Allemagne en lui cédant notre Congo, la mettait en plus grand appétit..." (Charles Maurras, L'Allemagne et nous)

209.          BEAU de LOMÉNIE (E.). Les Responsabilités des dynasties bourgeoises. II : De Mac-Mahon à Poincaré. Denoël, 1963, gr. in-8°, 490 pp, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Tome II seul (sur 5 volumes publiés de 1943 à 1973). — Ce deuxième volume va jusqu'à la veille de la guerre de 1914, à travers le Boulangisme, l'affaire Dreyfus et la formation du bloc de l'Alliance démocratique. — "Un noyau de familles de haute bourgeoisie – ce que M. Beau de Loménie nomme les "dynasties bourgeoises" – exerce sur la vie publique française une action continue depuis plus de 150 ans. Ce noyau s'est constitué dans les toutes dernières années du XVIIIe siècle, à travers le Directoire, le Consulat et l'Empire. Jouant des vicissitudes de la vie politique, s'imposant aux régimes successifs, ces familles ont peu à peu formé les cadres dirigeants de la nation. On les retrouve avec des fortunes diverses, dans le Gouvernement, au Parlement, dans la haute administration, dans les milieux d'affaire qui les ont soutenus et tenus, tantôt au premier plan, tantôt dans la coulisse. Quelles sont ces familles ? Quelles sont leurs origines ? En compte-t-on 200 comme l'affirmait autrefois une certaine propagande ? Ces dynasties ont-elles abusé, au profit de leurs intérêts particuliers et contre l'intérêt public, des instruments qu'elles avaient en main, des relations dont elles disposaient ? Portent-elles des responsabilités dans l'évolution politique et sociale qui a abouti aux désastres présents ? M. Beau de Loménie répond à ces questions d'une façon méthodique, sans indulgence comme sans parti-pris de polémique en historien et en critique des moeurs. Les conclusions auxquelles il arrive – et elles sont sévères – s'imposent après une recherche et une analyse des faits dont personne ne niera la probité et l'intelligence." (L'Editeur)

210.          BERGERON (Louis). Les capitalistes en France (1780-1914). Gallimard/Julliard, 1978, in-12, 234 pp, 16 pl. de gravures hors texte, index, broché, couv. illustrée, soulignures crayon sur 3 pages, bon état (Coll. Archives), envoi a.s. à l'historien Ernest Labrousse

            20

Non pas le capitalisme mais les capitalistes : des propriétaires fonciers aux maîtres de forges, des banquiers aux patrons techniciens, des grands spéculateurs aux nouveaux industriels, voici la longue ascension des rois du siècle. Journaux intimes et proclamations publiques, généalogies et papiers d'affaires disent la diversité, les valeurs communes et les contradictions d'un groupe qui, ancien et nouveau mêlés, conquiert opiniâtrement sa place parmi les élites d'une société dont il ne met en cause ni les rigidités, ni les hiérarchies. Leur percée sociale accomplie, les capitalistes auront su proposer à la France du XIXe siècle des valeurs : le travail, l'enrichissement ; et l'idéalisation de leur personnage collectif : le patron est l'homme par qui le bien-être arrive. (4e de couverture) — "L. Bergeron propose un livre excellent (...) L'analyse porte tous ses feux sur les capitalistes de la France profonde, sur les obscurs de la réussite de la croissance, sur les soldats qui ont été légion et sur leur fourmillement territorial. Ce grouillement d'entrepreneurs et d'hommes d'affaires à la campagne et à la ville, dans les moyennes agglomérations et les plus grandes villes, dans les diverses branches des activités, nous rappelle à bon droit la généralité, la massivité d'un phénomène (« la percée sociale de l'industriel », p. 216) ; la diversité de ses voies et moyens ; la palette de ses incarnations locales, régionales et sectorielles ; l'extraordinaire complexité, enfin, tant au point de vue économique que mental, d'une « formation sociale » où le futur jaillit lentement du présent et où le présent est encore tout imprégné de passé, tout au long de ce long temps séculaire..." (Jean Bouvier, Annales ESC, 1979)

211.          BRUNO (G.). Le Tour de la France par deux enfants. Devoir et patrie. Livre de lecture courante, avec 212 gravures instructives et 19 cartes géographiques. Cours moyen. Belin, 1985, in-12, 322 pp, 212 gravures et 19 cartes, cart. illustré de l'éditeur, dos toilé brun, bon état. Réimpression à l'identique de l'édition de 1905 de cet ouvrage rédigé par Augustine Fouillée (née Tuillerie) sous le pseudonyme de G. Bruno

            25

Publié originellement en 1877, le livre servait de livre de lecture du cours moyen des écoles de la IIIe République. Son succès fut tel qu’il avait atteint un tirage de six millions d’exemplaires en 1900 et fut utilisé jusque dans les années 1950. Le texte très patriotique vise à la formation civique, géographique, scientifique, historique et morale de la jeunesse, qu’il fallait aussi préparer à reconquérir l’Alsace et la Lorraine. Chaque chapitre commence par une maxime et s’organise autour d’un thème principal. Il s’agit de faire connaître le territoire de France avec toutes ses activités. Aux questions des enfants sont toujours apportées des réponses simples, avec des cartes pour l’enseignement de la géographie.

212.          BURNAND (Robert). La Vie quotidienne en France de 1870 à 1900. Hachette, 1964, in-8°, 305 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée (partie sup. de la jaquette découpée sur 2 cm), bon état

            20

"M. Robert Burnand égrène dans ce volume les souvenirs d'une époque heureuse. Tour à tour on voit défiler le parlement, la famille, la capitale et la province. On assiste aux réceptions de souverains venant de tous les points du monde : le Tsar de Russie, le roi Alphonse XIII et jusqu'au shah de Perse en 1899, qui « impressionna les parisiens par l'ampleur démesurée de ses moustaches et les parisiennes par le luxe de ses aigrettes et de ses uniformes de gala ; il était positivement brodé, surbrodé, cousu de diamants....» Ce sont aussi, brièvement évoquées les grandes affaires de l'époque : le boulangisme, l'affaire Dreyfus, le mouvement anarchiste qui aboutit à Lyon, à l'assassinat du président Carnot, « le plus digne et le plus inoffensif des hommes tombait, victime d'excitations anonymes qui troublaient la cervelle d'un petit italien illettré nommé Caserio... ». Les jeunes liront avec un haussement d'épaules la manière étrange dont s'habillaient alors leurs pères, les plus âgés souriront en se rappelant par exemple la manière du gilet : c'était « chaque jour un gilet nouveau, soyeux, plucheux, brodé, pailleté, fleuri, sévère ou tendre, rude d'aspect ou doux au toucher ».... Ou encore celle du monocle : « Le monocle est tout-puissant, le monocle est roi. Un homme du monde, sans cet attribut, se sentirait incorrect, déshabillé, nu. C'est la marque de fabrique, l'estampille. Il est civil, aussi bien que militaire. Pas un jeune officier, surtout parmi les cavaliers, qui ne pare son orbite d'un disque ou d'un carreau de verre. Si bien vissé d'ailleurs que l'officier de cavalerie parfait doit pouvoir, sans que son monocle tombe, franchir les obstacles et même faire panache .... » Et l'on ferme le livre en retenant qu'un jeune parlementaire appelé pour la première fois au pouvoir demandait à son président du Conseil d'avoir égard à son inexpérience. Et celui-ci : « Je vais vous donner les Finances, c'est facile, de tout repos, il n'y a rien à faire .... » Heureux temps !" (Louis Jacob, Revue du Nord, 1947)

213.          DAUDET (Léon). Le Pays des Parlementeurs. Flammarion, s.d. (1901), in-12, 385 pp, broché, bon état. Edition originale sur papier d'édition (il n'a été tiré que 20 ex. sur papier de Hollande, seul grand papier)

            30

Livre dédié à Edouard Drumont, « Prophète en son pays, avec admiration et tendresse ». Journaliste et homme politique français (1867-1942), monarchiste orienté à l'extrême-droite, Léon Daudet fut l'une des principales figures politiques de l'Action française et l'un des collaborateurs les plus connus du journal du mouvement. Ecrivain passionné, il a beaucoup écrit. La bibliographie de ses oeuvres est énorme : plus de 300 notices sur le catalogue de la BNF. Il reste aujourd'hui son oeuvre de mémorialiste, six volumes de « choses vues » de 1880 à 1921, « prodigieux souvenirs », selon Marcel Proust qui ajoutait : « Les ressemblances entre Saint-Simon et Léon Daudet sont nombreuses : la plus profonde me semble l'alternance, et l'égale réussite, des portraits magnifiquement atroces et des portraits doux, vénérants, nobles. »

214.          DESSAL (Marcel). Un révolutionnaire jacobin, Charles Delescluze, 1809-1871. (Thèse). P., Marcel Rivière, 1952, in-8°, 443 pp, préface de Georges Bourgin, biblio, index, broché, non coupé, bon état, envoi a.s. à l'historien Ernest Labrousse

            70

Le 26 mai 1871 tombait héroïquement à la barricade du boulevard Voltaire, le « délégué à la guerre » de la Commune, Charles Delescluze. Ecrit à partir de la découverte à la Bibliothèque municipale de Lille d'une « grande partie de la correspondance de Delescluze », une "minutieuse et complète biographie..." (Le Quillec, 1407), "un livre consciencieux et attachant." (Robert Schnerb, Annales ESC, 1952).

215.          DUMAY (Jean-Baptiste). Mémoires d'un militant ouvrier du Creusot (1841-1905). Maspero, Presses universitaires de Grenoble, 1976, in-8°, x-431 pp, introduction et notes par Pierre Ponsot, préface d'Ernest Labrousse, 3 portraits, un fac-similé et 2 plans, 3 index, broché, couv. illustrée à rabats (salie), état correct (Coll. du Centre d'histoire du syndicalisme)

            25

"Un livre qui fera date puisqu'il s'agit d'une des seules autobiographies d'un militant ouvrier de la seconde moitié du XIXe siècle et d'un ouvrier dont le témoignage est d'autant plus précieux qu'il travaillait au Creusot, symbole s'il en fut de la première révolution industrielle. Ces mémoires, consciencieusement introduites et annotées par P. Ponsot, nous décrivent donc la vie mouvementée de Dumay, depuis sa naissance de fils posthume au Creusot, jusqu'à son élection au siège de député de Belleville, puis à la régie de la Bourse du travail de Paris qui clôt sa carrière politique. C'est d'abord le témoignage exceptionnel d'un ouvrier, politiquement conscient, sur les événements de son époque, avec les traits d'un caractère farouche, tenace et non dépourvu d'orgueil comme le prouvent ses démêlés avec son camarade Alphonse Assi en 1870. Ensuite – avec le dense et indéfinissable vécu que cela sous-tend – c'est un exemple vivant d'attitude politique sur l'écheveau tout aussi embrouillé que de nos jours, des idéaux révolutionnaires : Dumay est à la fois et tour à tour réformiste, révolutionnaire et nationaliste comme bien des militants ouvriers de son époque sur lesquels le sens de l'histoire marxiste exerce encore peu d'influence. Enfin, l'historien des mentalités populaires du XIXe siècle découvrira un trésor dans la lecture du récit du « Tour de France » et du service militaire du jeune creusotin." (J.-R. Trochet, Ethnologie française, 1977)

216.          DUPUY (Aimé). 1870-1871. La Guerre, la Commune et la presse. Armand Colin, 1959, in-12, 255 pp, 58 illustrations, bibliographie des journaux parisiens par J.-P. Seguin, biblio, broché, bon état (Coll. Kiosque. Les faits, la presse, l'opinion), prière d'insérer, envoi a.s. à l'historien Ernest Labrousse (Le Quillec, 832)

            25

"La presse parisienne en 1870-1871. – Une lecture divertissante et instructive, encore rehaussée par des illustrations remarquables. Les professeurs puiseront dans ce petit livre maints textes curieux. Les spécialistes eux-mêmes ne bouderont pas leur plaisir : c'est à eux que s'adressent, en fin de volume, une bibliographie sommaire, un tableau du tirage quotidien des journaux politiques entre décembre 1869 et juillet 1870, et une liste sans doute provisoire mais déjà fort utile, des journaux et périodiques publiés à Paris pendant les mois de crise. Cette liste mentionne, pour la plupart, la périodicité, le nom du directeur ou rédacteur en chef, et la cote qui permet de les retrouver aux bibliothèques Nationale ou de l'Arsenal." (Revue belge de philologie et d'histoire, 1961)

217.          FLAMMARION (Dr. Jules). Le Bonapartisme. Une page d'histoire contemporaine. Gap, Les Editions Napoléoniennes, 1950, in-12, 198 pp, 6 pl. de portraits hors texte, biblio, généalogie de la branche du roi Jérôme, broché, couv. illustrée (très lég. salie), bon état

            20

I. Le bonapartisme et sa doctrine. Sous la 3ème République. Napoléon III (1871-1873). Louis, prince Napoléon (1873-1879). Jérôme, prince Napoléon (1879-1891). Victor, prince Napoléon (1891-1926). Louis, prince Napoléon (1926-1939) ; II. Aperçu de l'œuvre civile (sociale et économique) de Napoléon 1er et de Napoléon III. — "Pro-Bonapartist, but an interesting example of lingering Bonapartism." (Roger Lawrence Williams, The Mortal Napoleon III, Princeton University Press, 1971)

218.          FRANCE (Anatole). Dernières pages inédites d'Anatole France, publiées par Michel Corday. Calmann-Lévy, 1925, in-12, ii-197 pp, broché, bon état. Edition originale sur papier courant

            20

219.          Le même. Edition originale, un des 375 ex. numérotés sur papier de Hollande (seul grand papier)

            30

"Ce volume, publié avec un soin pieux par un des plus fervents disciples du maître, n'ajoutera rien à sa gloire ; mais il sera pour ceux qui voudront étudier les méthodes de travail d'Anatole France, le mécanisme de sa pensée, et même ses procédés de composition, le document le plus précieux. Ce ne sont que de courts fragments, des notes, des brouillons ; et pourtant, dans ces pages inachevées, s'affirme la persistante jeunesse de ce grand esprit qui regarda la mort en face et sut mourir en philosophe. Le plus considérable des morceaux édités par M. Michel Corday est un “Dialogue sur la métaphysique et l'existence de Dieu”. (...) Ce livre contient d'autres fragments de dialogues inachevés sur la vieillesse, l'avenir, la pudeur, la guerre et des notes sur l'astronomie dont l'étude occupa ses derniers jours. Il reproduit également quelques lignes d'un roman qu'Anatole France avait fait le projet d'écrire en 1919 : “Le Cyclone”, et le thème d'une fantaisie qu'il méditait sur un moment de la vie de Napoléon. Ces reliques, que M. Michel Corday entremêle de commentaires nombreux et perspicaces, font plus vivement regretter encore que soit à jamais glacée la main qui écrivit tant de chefs-d'œuvre." (Le Figaro, 24 octobre 1925)

220.          FREREJEAN (Alain). Napoléon IV, un destin brisé (1856-1879). Albin Michel, 1997, in-8°, 307 pp, préface de Philippe Séguin, 8 pl. de gravures hors texte, un plan, généalogie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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L'histoire du fils unique de Napoléon III, mort à 23 ans sous l'uniforme anglais. — « Qui est ce Napoléon IV, inconnu de nos manuels d'histoire ? Est-ce le "petit prince", chéri du peuple français, et célébré par l'imagerie d'Épinal ? Celui de la chanson "Lundi matin, l'Empereur, sa femme et le petit prince..." ? Le seul Bonaparte né pour régner et qui ne régna jamais ? Alain Frerejean, intrigué de voir en Angleterre des rues et des monuments portant le nom du fils de Napoléon III et d'Eugénie, s'est documenté Outre-Manche sur le destin de ce Napoléon méconnu en France. Son récit, dense et précis, fourmillant d'anecdotes, nous promène à travers la fête impériale, la débâcle de 1870, l'exil en Angleterre et les complots bonapartistes. Mais plus extraordinaire encore est d'apprendre que ce descendant de l'Empereur exilé par ses ennemis anglais sur l'île de Sainte-Hélène, seul membre de la famille à être tombé au champ d'honneur, a trouvé la mort alors qu'il portait l'uniforme rouge des Britanniques. » (présentation de l’éditeur)

221.          GALLO (Max). Le Grand Jaurès. Biographie. Laffont, 1984, gr. in-8°, 637 pp, 32 pl. de photos et gravures hors texte, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Jaurès ? Quel est cet homme, assassiné le 31 juillet 1914, alors que le mot même de socialisme auquel il était identifié semble vidé de sa part de rêve ? Pour répondre, Max Gallo, avec érudition et passion, a reconstitué jour après jour l'existence de Jaurès. Et l'on découvre un homme extraordinaire que les souvenirs officiels ont enseveli. Voici l'enfant dans la campagne du Tarn, l'étudiant exceptionnel dans le Paris des années 1880, le mari conformiste, le jeune député et le tribun, le visionnaire qui, avec une sensibilité de poète, voit la guerre et l'avenir tels qu'ils seront. Voici l'homme politique qui conciliait raison et passion. L'homme intime qui s'interrogeait sans cesse sur le sens de la vie et la signification de l'univers. Voici l'homme calomnié et admiré. Et l'homme de tous les jours, mangeant comme un paysan, crachant dans son mouchoir et, distrait comme un artiste pris par son rêve, négligeant son apparence, s'épongeant le front avec une chaussette ! En utilisant tous les témoignages, Max Gallo rend présents un homme et son temps. Car Jaurès, c'est aussi ce monde autour de lui : Paris en état de siège le 1er Mai, les mineurs de Courrières ensevelis par centaines à la suite d'un coup de grisou, les vignerons en révolte, les régiments qui se rebellent, les anarchistes qui tuent à l'aveuglette et que l'on guillotine, l'affaire Dreyfus qui divise toute la nation. Et puis la tour Eiffel, la bicyclette, la Belle Epoque, l'automobile et l'avion. S'il fut un temps qui ressemble au nôtre, c'est bien celui de Jaurès, cette époque de bouleversements profonds, où la guerre point dans les Balkans, où chacun avec angoisse se demande ce que sera le siècle qui vient, ce XXe siècle, comme nous, nous attendons le XXIe. Que faire, que penser ? Jaurès, parce qu'il a été assassiné, n'a pu faire entendre sa voix. Et ses mots, son élan, après des décennies de glaciation, retrouvent vie aujourd'hui. A l'orée d'un nouveau siècle, Jaurès reste jeune. Celui qui écrivait : "Le premier des droits de l'homme, c'est la liberté individuelle" ou encore : "Il n'y a pas de vérité sacrée, c'est-à-dire interdite à la pleine investigation de l'homme... Ce qu'il y a de plus grand dans le monde, c'est la liberté souveraine de l'esprit", celui-là est non pas un grand ancêtre, mais bien le Grand Jaurès, notre contemporain.

222.          GOUT (Raoul). William Booth et le monde ouvrier. Genève, P., Labor et Fides, Editions Altis, 1955, in-8°, 379 pp, un frontispice et 4 pl. hors texte, notes chronologiques, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"II y a du talent dans ce livre de Raoul Gout consacré au fondateur de l'Armée du Salut, William Booth. Il y a aussi un grand souci d'exactitude, un grand effort de reconstitution d'un homme dans un milieu et à une époque déjà lointaine (1840-1880). L'historien y trouve son compte. Livre essentiel, en fait, pour la compréhension de tous les « pécheurs d'âmes » de tradition anglo-saxonne et en particulier de ceux qui réagirent, selon leurs convictions, à cette atroce misère des quartiers de l'Est londonien où s'entassaient, sans espoir, ceux qui n'avaient pas « à croire ou à ne pas croire à l'enfer », puisque, selon le mot de John Galsworthy, « ils y étaient déjà ». Le Centre National de la Recherche Scientifique a bien fait de faciliter la publication de ce livre, qui éclaire toute une période de l'histoire sociale d'Angleterre et toute une psychologie religieuse qui n'est pas l'apanage du seul William Booth mais que partagèrent, avant lui et avec lui, tant d'hommes de moindre rayonnement." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1957)

223.          GUIRAL (Pierre). La Vie quotidienne en France à l'âge d'or du capitalisme, 1852-1879. Hachette, 1976, in-8°, 285 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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1852 : Napoléon III est élu Empereur des Français. 1879 : Au lendemain de l'exposition de 1878 qui a démontré que la France, ayant pansé les blessures du désastre de 1870, a reconstitué ses forces vives, la démission du maréchal de Mac Mahon consacre l'établissement de la IIIe République. Entre ces deux dates, le capitalisme connaît, en France, un essor indiscuté. Les banques se multiplient, les chemins de fer se construisent à un rythme rapide ; les principales villes s'agrandissent et se modernisent, les grands magasins se développent ; le rôle de Paris s'accroît à la grande inquiétude de la province. Un tel bouleversement se traduit-il dans les moeurs et les habitudes ? Cette époque que l'on croit paisible voit la naissance du prolétariat urbain, les souffrances ouvrières, éprouvera l'atroce déchirement de la Commune. Cette société raisonnable et sévère connaîtra les frivolités de la fête impériale et la fièvre de l'affairisme. Mais, de temps en temps, cette image contrastée se corrige : la patrie retrouve un visage unanime ; toujours jeune et naïf, le peuple de Paris se rend à Longchamp, voir la revue, rêver de revanche, proclamer son espérance de grandeur.

224.          HASKELL (Francis). La Norme et le caprice. Redécouvertes en art. Aspects du goût et de la collection en France et en Angleterre, 1789-1914. Flammarion, 1986, gr. in-8°, 277 pp, traduit de l'anglais, 255 illustrations, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (série Art, Histoire, Société)

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Cet ouvrage retrace l'évolution du goût artistique en Angleterre et en France de la Révolution française à la Première Guerre mondiale. L'auteur examine de façon empirique les raisons de ces changements, résultant de facteurs très divers : impact et validité des chefs-d'oeuvre reconnus par les collectionneurs et les "connaisseurs" ; rôle de l'art contemporain qui modifie souvent l'appréciation du passé ; importance des fidélités politiques et religieuses ; rayonnement des collections publiques et privées ; influence de la littérature d'art et des nouvelles techniques de reproduction. Chemin faisant, Francis Haskell campe toute une série de portraits de collectionneurs, critiques, écrivains, rendant hommage à tous ceux qui, en regard d'un goût "Officiel" flottant, éclectique voire inexistant, furent de véritables découvreurs. — "La traduction attendue d'un grand livre." (Annales ESC, 1986)

225.          HENWOOD (Philippe). Bagnards à Brest. Rennes, Ouest-France, 1986, in-8°, 204 pp, 56 gravures dans le texte et à pleine page, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Lorsque le roi se décida enfin en 1748 à supprimer le corps des galères dont l'existence n'avait plus aucune justification navale, il fallut cependant trouver une solution pour assurer la fonction répressive de cette institution. C'est ainsi que, pendant plus d'un siècle, la marine continuera a être chargée, à son grand dépit d'ailleurs, de la gestion des bagnes remplaçant les galères. Après les très beaux travaux d'André Zysberg et de Marc Vigié sur le monde des galériens jusqu'à 1748, Philippe Henwood nous offre aujourd'hui une étude de la période suivante, de 1749 à 1858, qui vit défiler au bagne de Brest environ 70.000 condamnés. Utilisant avec talent l'abondante documentation dont il a la charge en qualité de conservateur des archives de la IIe Région maritime, l'enrichissant de nombreux témoignages littéraires, l'auteur nous brosse un tableau très complet et vivant de ce que fut la vie dans cet univers carcéral dont les propos de Vautrin, de Vidocq ou de Jean Valjean nous avaient donné un apercu. (...) Un livre riche de talent et d'érudition completé par une excellente iconographie et de précieuses annexes." (Etienne Taillemite, Revue Historique, 1987)

226.          HUREAU (Joëlle). L'Espoir brisé : le duc d'Orléans, 1810-1842. Perrin, 1995, gr. in-8°, 394 pp, notes bibliographique, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Un jour d'été 1842, les espoirs de la monarchie orléaniste se brisent avec la chute fatale de l'héritier du trône sur les pavés de la porte Maillot. L'auteur retrace l'éducation originale d'un prince influencé par trois cultures (italienne, française et anglaise) et décrypte les rapports familiaux complexes en particulier avec Louis-Philippe.

227.          JARDIN (André). Alexis de Tocqueville, 1805-1859. Hachette, 1984, fort gr. in-8°, 522 pp, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Aujourd'hui, l'oeuvre d'Alexis de Tocqueville connaît un exceptionnel regain de faveur. Les études qui lui sont consacrées se multiplient partout dans le monde. Les hommes politiques ne cessent de s'en réclamer et les intellectuels d'en redécouvrir la richesse. Tocqueville, tant dans La Démocratie en Amérique, que dans L'Ancien Régime et la Révolution, nourrit à la fois la réflexion sur la société démocratique, sur la crise de l'État providence, et sur l'expérience totalitaire. Ce penseur prophétique eut moins de chance avec son propre temps. Célèbre observateur de la démocratie américaine, analyste incomparable de l'Ancien Régime français, il fut également ; entre ses deux grands livres, député sous la monarchie de Juillet ; ministre des Affaires étrangères sous la Deuxième République, opposant irréductible au Second Empire. Il put ainsi alimenter son inquiétude sur l'avenir de la civilisation démocratique, non seulement à la rigueur de sa pensée, mais à l'échec de son action. Paradoxalement, Tocqueville n'a fait l'objet jusqu'ici d'aucune étude biographique approfondie. C'est ce qui fait l'intérêt exceptionnel de ce livre, écrit par un des meilleurs spécialistes du sujet, puisqu'il s'agit du secrétaire scientifique de la Commission nationale chargée de publier les oeuvres complètes de Tocqueville en trente volumes. André Jardin a dépouillé toutes les archives familiales, une masse énorme de correspondances souvent inédites, des mémoires manuscrits: sa biographie sera désormais indispensable à la connaissance, et même à la lecture, d'un des plus grands penseurs politiques modernes.

228.          KESSEL (Patrick). « Moi, Maréchal Bugeaud » (un soldat de l'ordre). Editeurs Français Réunis, 1958, in-12, 94 pp, références, biblio sommaire, broché, bon état (Petite bibliothèque républicaine)

            20

229.          LINDENBERG (Daniel) et Pierre-André MEYER. Lucien Herr. Le socialisme et son destin. Calmann-Lévy, 1977, in-8°, 318 pp, broché, couv. illustrée, soulignures crayon sur une cinquantaine de pages, bon état, envoi a.s. à l'historien Ernest Labrousse

            30

Bibliothécaire de l'Ecole normale supérieure, Lucien Herr, mort en 1926, a, par sa pensée et son action, préparé la difficile alliance du socialisme et de la liberté. Il fut, de cette génération qui vit naître le socialisme français, l'un des inspirateurs les plus remarquables. Mentor du jeune Péguy, de Jean Jaurés et de Léon Blum, il joua aussi le rôle de catalyseur dans l'affaire Dreyfus et d'artisan de l'unité socialiste.?

230.          MANÉVY (Raymond) et Philippe DIOLÉ. Sous les plis du drapeau noir. Le drame de l'anarchie. Domat, 1949, in-12, 146 pp, broché, état correct

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"... L'ouvrage retrace l'histoire du mouvement anarchiste français de Ravachol à Bonnot. Les auteurs encadrent les actes de Ravachol et de ses continuateurs par l'affaire Duval et les exploits de la bande Bonnot, le terrorisme entre deux affaires d'illégalisme. Des annexes disparates – elles comprennent « le scandale de Panama », « le drame de Fourmies »... – complètent le volume." (J. Maitron, L'anarchisme français 1945-1965, dans Le Mouvement Social, 1965)

231.          MAURRAS (Charles). Trois idées politiques : Chateaubriand, Michelet, Sainte-Beuve. P., Champion, 1912, pt in-8°, 82 pp, 3e édition, complet du catalogue de l'éditeur imprimé sur papier rose, broché, couv. à rabats (lég. salie), bon état

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"L'année 1898, traversée d'agitations profondes, ne pouvait manquer d'introduire la politique et la religion dans ses trois grandes commémorations littéraires : le centenaire de la naissance de Michelet, le cinquantenaire de la mort de Chateaubriand, l'érection du buste de Sainte-Beuve. Mes réflexions d'alors aboutirent à des conclusions générales qui n'ont pas perdu tout leur intérêt aujourd'hui, car elles ne furent pas étrangères à la fondation de notre Action française sept mois plus tard. Je leur dois mes relations intellectuelles avec quelques-uns de ceux dont je suis le collaborateur depuis quatorze ans. Ce souvenir précieux me fera pardonner l'amitié que je garde à ce petit livre et le plaisir avec lequel j'ai cédé à mes vieux amis, les éditions Honoré et Édouard Champion, quand ils m'ont proposé de le réimprimer dans la maison où il a vu le jour..." (Ch. Maurras, Note à l'édition de 1912)

232.          MOISSONNIER (Maurice). La Révolte des Canuts : Lyon, novembre 1831. Editions Sociales, 1975, in-12, 197 pp, 2e édition revue et augmentée, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Dans les années 1830, Lyon fait figure de ville pionnière pour les révoltes ouvrières. Le quartier de la Croix Rousse était un quartier peuplé d'ouvriers et d'artisans, fabriquant notamment de la soie, surnommés les canuts. La révolte des Canuts, à Lyon en France, en 1831, est l'une des grandes insurrections sociales du début de l’ère de la grande industrie.

233.          NORMAND (C.) et P. Caussat, J.-L Chiss, J. Médina, C. Puech, A. Radzinski. Avant Saussure : choix de textes, 1875-1924. Bruxelles, Complexe, 1978, gr. in-8°, 216 pp, notes biographiques, biblio, index, broché, bon état

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"... C’est en qualité d’historienne que Claudine Normand publie en 1978 (avec la collaboration de Pierre Caussat, Jean-Louis Chiss, Jacques Medina, Christian Puech et Annie Radzinski) un “Avant Saussure”. C’est un recueil de textes qui situe l’œuvre du maître de Genève dans son contexte historique, et offre, en supplément, quelques-uns des comptes rendus auxquels a donné lieu la publication, en 1916, du “Cours de linguistique générale”. De Meillet à Jespersen, de Vendryès à Bloomfield, de Séchehaye à Schuchardt, on repère, tant par les approbations que par les réserves, le rôle qu’allait prendre le Cours dans l’évolution ultérieure de la linguistique." (Michel Arrivé, « Hommage à Claudine Normand », Langages 1/2012)

234.          PERROT (Philippe). Le Travail des apparences, ou les transformations du corps féminin, XVIIIe-XIXe siècle. Seuil, 1984, in-8°, 281 pp, 24 illustations, notes, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. à l'historien Ernest Labrousse

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"A coup sûr, le livre mérite de figurer sur la liste des plus brillants travaux consacrés récemment à l'histoire de la culture somatique et de la psychologie sociale."(Alain Corbin, Annales ESC) – "Voici un marathon impressionnant ; Philippe Perrot a décidé de traverser sur deux siècles les apparences du corps féminin (XVIIIe-XIXe siècle). Il le fait avec brio." (Arlette Farge, Le Matin) – "Son point de vue n'est pas d'un moraliste, mais d'un historien nouvelle manière, qui prête au monde du symbolique autant d'attention qu'au réel. (...) Une masse affolante d'informations (...) d'une lecture délectable." (Yves Harsant, L'Express) – "Il n'est pas si fréquent qu'un essai historique, en même temps que savant, se montre brillant et même sensuel. C'est pourtant le cas de l'ouvrage de Philippe Perrot." (L'Histoire) – "L'un de nos meilleurs historiens de la mode et des apparences." (Jean-Noël Jeanneney, Le Monde)

235.          QUINET (Edgar). Histoire d'un enfant (Histoire de mes idées). Hachette et Cie, 1905, gr. in-8°, 190 pp, 2e édition, 11 planches hors texte, cart. percaline bordeaux de prix, 1er plat et dos décorés, tranches dorées, bon état (Bibliothèque des Ecoles et des familles)

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Deuxième édition de cette autobiographie intellectuelle d'Edgar Quinet.

236.          RICARDO (David). Principes de l'économie politique et de l'impôt. Calmann-Lévy, 1970, gr. in-12, lxviii-349 pp, préface de Christian Schmidt, broché, couv. à rabats, bon état

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"Les Principes de Ricardo (1817) sont loin de constituer une oeuvre achevée : nés d'une polémique avec Malthus, James Mill et J.-B. Say, au sujet de la rente et des lois de la population d'une part, des coûts et de la demande de l'autre, conservant également la trace des controverses sur la loi des pauvres, ils combinent l'analyse de la reproduction de Quesnay avec celle des mécanismes du marché de Smith. Refusant la coupure classique entre le Ricardo du chapitre sur le commerce extérieur et la monnaie, jugé quantitativiste et libéral, et celui du chapitre sur la valeur, réservé à Marx, Christian Schmidt veut souligner l'unité du projet ricardien. Recensant tout d'abord l'héritage transmis aux économistes modernes, il analyse la théorie quantitative de Ricardo, sa théorie des coûts comparatifs, et montre comment sa théorie des rendements décroissants a pu mener au raisonnement « à la marge ». En seconde partie, est décrit le fonctionnement du système ricardien, ancêtre des modèles d'équilibre dynamique de nature causale..." (J. Hecht, Population, 1971)

237.          RIOUX (Jean-Pierre). La Révolution industrielle, 1780-1880. Seuil, 1971, in-12, 248 pp, 18 tableaux, chronologie, biblio, broché, soulignures stylo sur 27 pp, bon état (Coll. Points Histoire). Edition originale, ex. du SP, envoi a.s. à l'historien Ernest Labrousse : « A notre maître E. Labrousse, cet essai de “synthèse”. En très respectueux hommage »

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238.          ROUGERIE (Jacques). Procès des Communards. Julliard, 1964, in-12, 258 pp, 30 illustrations sur 16 pl. hors texte, biblio, broché, bon état (Coll. Archives), bel envoi a.s. à l'historien Ernest Labrousse

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Devant le conseil de guerre : ils sont là, Louise Michel, Courbet, Rossel, Ferré, parmi les 36.000 détenus dont aucun historien de la Commune n'a jamais entendu la voix. L'ouverture récente des Archives de Vincennes – 15 000 dossiers inédits de la justice militaire – permet à Jacques Rougerie d'instruire ici publiquement, pour la première fois, le nouveau procès des communards. Réhabilitation ? À vous de juger.

239.          ROUX (Marquis de). La Restauration. Fayard, 1930, fort in-12, 466 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

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"L'histoire de la monarchie constitutionnelle est de plus en plus etudiée. M. le marquis de Roux s'est attaché, avec une sympathie évidente encore que fort adroite, à raconter la Restauration. La principale nouveauté de son ouvrage résulte moins de cela que d'un document qu'il a découvert : les Souvenirs de Bertier de Sauvigny ; l'organisation secrète des chevaliers de la Foi, qui domina toute la politique des ultra-royalistes, y est révélée. L'auteur a fait d'autres recherches, notamment au fonds Bourbon des Affaires étrangères. Son récit – il vaudrait mieux dire son plaidoyer – est sincère et habile tout ensemble. II est vivant et se lit avec beaucoup d'agrément." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1931) — Par Louis-Amédée-Joseph-Marie, marquis de Roux (1878-1943), avocat, historien et journaliste français. Issu d'une famille noble du Languedoc établie en Poitou au XIXe siècle, le marquis de Roux fut l'un des principaux activistes du mouvement monarchiste français d'entre-deux-guerres. Il a consacré sa vie à l'Action française dont il était l'avocat et l'un des collaborateurs réguliers.

240.          RUBLE (Baron Alphonse de). L'Armée et l'Administration allemandes en Champagne. Hachette, 1872, in-12, 279 pp, reliure demi-percaline bleue, dos lisse avec pièce de titre basane carmin, fleuron et doubles filets dorés en queue (rel. de l'époque signée Matot-Braine), qqs rares rousseurs, bon état

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"Ce volume est d'une grande importance pour l'histoire de l'invasion allemande en France, et spécialement pour l'histoire de l'occupation de la Champagne, depuis le mois de septembre 1870 jusqu'au mois de mars 1871. – M. le baron de Ruble a exécuté une œuvre patriotique, mais bien triste à écrire. En effet, il retrace toutes les exactions, tous les excès et tous les crimes dont la Champagne fut victime pendant cette malheureuse période. La moitié du volume est consacrée à la reproduction de cent soixante-trois actes officiels, promulgués par les autorités allemandes, qui prouvent l'exactitude des faits racontés par l'auteur." (Léon Techener, Bibliothèque champenoise, 1886)

241.          (SCHWARTZKOPPEN, Maximilien von). Les carnets de Schwartzkoppen. La vérité sur Dreyfus. Edités par Bernhard Schwertfeger et traduits sur le texte allemand par Alexandre Koyré. Préface de Lucien Lévy-Bruhl. Rieder, s.d. (1930), in-12, xxviii-376 pp, traduit de l'allemand, une photo de l'attaché militaire allemand, M. de Schwartzkoppen, en frontispice, broché, papier lég. jauni, bon état

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"... M. Schwertfeger a été autorisé par la veuve de Schwartzkoppen, l'ancien attaché militaire à l'ambassade d'Allemagne à Paris (10 décembre 1891-10 mai 1896), qui mourut à Berlin en janvier 1917, à publier ses mémoires sur l'Affaire ; ils ont été rédigés en août 1903, avant la réhabilitation d'Alfred Dreyfus, et présentent un intérêt exceptionnel. Ils exposent, en effet, avec la plus grande précision dans les faits et dans les dates, les relations que le colonel eut avec Esterhazy. C'est le 20 juillet 1894 que celui-ci vint, sans dire encore son nom, offrir ses services à l'officier allemand : il avouait de très grands besoins d'argent et, tout en reconnaissant ce que sa démarche avait de louche et de vil, il ne trouvait pas, disait-il, d'autre moyen de payer promptement ses dettes. Fort mal reçu d'abord par l'attaché militaire qui lui fit honte d'un acte pareil, Esterhazy revint à la charge, promit et finit par apporter d'intéressants secrets militaires. Encore hésitant, parce qu'il pouvait craindre une tentative de contre-espionnage, Schwartzkoppen en référa, non à l'ambassadeur, le comte de Münster, mais à ses chefs directs de l'État-major à Berlin ; autorisé par eux à suivre cette piste utile, il consentit à recevoir Esterhazy et lui paya le juste prix de sa félonie. Parmi les pièces secrètes ainsi livrées, si certaines contenaient de très utiles indications, d'autres étaient insignifiantes ou fausses, au point que Schwartzkoppen finit par rompre avec son informateur. Il fut d'ailleurs rappelé bientôt à Berlin où l'attendait un avancement rapide..." (Ch. Bémont, Revue Historique, 1930)

242.          STAËL (Germaine Necker, Madame de). De l'Allemagne, par Mme la baronne de Staël Holstein. Tome second. Upsala., Em. Bruzelius, 1814, in-8°, iv-303 pp pp, reliure demi-basane prune, dos lisse, titres et encadrement orné dorés, palette dorée en queue, tranches marbrées citron (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état. Tome II seul de cette rare édition suédoise en français

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En 1813 parait à Londres un essai promis à un bel avenir : De l’Allemagne. Son auteur, Madame de Staël, est l’une des figures intellectuelles dominantes de cette période. Républicaine, elle est la plus farouche opposante à l’Empereur, animant à Coppet (Suisse) un cénacle qui regroupe une grande partie de l’intelligentsia européenne. Alternant œuvre politique, essais littéraires et romans (Delphine, Corinne ou l’Italie), elle annonce une nouvelle sensibilité. Dans De l’Allemagne, Madame de Staël trace un portrait en profondeur de ce pays. Elle inscrit la culture allemande dans son contexte politique, social, historique, mais aussi climatique et géographique. Elle pense que les Français, à l’image de leurs voisins, devraient chercher une nouvelle inspiration, un nouveau style, puisant dans leurs traditions, s’ouvrant aux écrivains étrangers, et laissant libre cours à l’émotion voire la passion. Le succès de cet ouvrage est retentissant car il jette les bases du Romantisme français. Mais Madame de Staël ne verra pas le triomphe de ses idées : elle meurt en 1817, à 51 ans.

243.          VIER (Jacques). La Comtesse d'Agoult et son temps. Avec des documents inédits. Tome 1. Le Faubourg Saint-Germain (1805-1835). Les années de pèlerinage (1835-1839). Armand Colin, 1955, gr. in-8°, 429 pp, broché, couv. salie, bon état

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Tome 1 seul (sur 6) de la biographie de référence, essentielle pour l'histoire de la presse et du parti républicain, et d'une rareté proverbiale complète. — "Premier tome d'une monumentale thèse de doctorat es lettres qui doit comprendre cinq volumes. J. V., qui a pu consulter de nombreux documents inédits, raconte d'une façon très vivante l'histoire de la comtesse d'Agoult, née Marie de Flavigny, dont on connaît la liaison avec Liszt mais dont les oeuvres signées Daniel Stern sont aujourd'hui bien oubliées. Dans ce premier tome, le spécialiste de science politique retiendra surtout une des­cription très fouillée du faubourg Saint-Germain et des idées qui y avaient cours dans les dernières années de la Restauration et les premières années de la Monarchie de Juillet, ainsi que des précisions intéressantes sur l'in­fluence de Lamennais (que Liszt admirait beaucoup) et celle de George Sand. Il sera désormais impossible d'évoquer le mouvement des idées et l'évolution de la sensibilité au XIXe siècle sans se référer à ce livre." (Revue française de science politique, 1956)

244.          VIGIER (Philippe) et Alain FAURE (dir.). Répression et prison politiques en France et en Europe au XIXe siècle. P., Créaphis, 1990, gr. in-8°, 327 pp, présentation par Philippe Vigier, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Pierres de mémoire). 21 études érudites

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Après “Maintien de l'ordre et polices en France et en Europe au XIXe siècle”, voici le second volet du travail de recherche et de réflexion mené par la Société d'Histoire de la Révolution de 1848 sur le thème de l'ordre et la répression au XIXe siècle ; après les instruments et les techniques, les institutions et l'idéologie du maintien de l'ordre traités dans le précédent ouvrage, ce sont les victimes, les hommes qui subirent les effets de la répression, qui constituent le sujet du présent volume : que deviennent les vaincus une fois l'ordre rétabli ? Comment, par le biais des institutions judiciaires et pénitentiaires, le pouvoir politique gère-t-il sa victoire, à court et à long terme ? C'est donc du déploiement même de la répression, de son plein exercice en quelque sorte, dont il est question ici : l'échelle des peines et les conditions de leur accomplissement, la question de l'éventuelle grâce à solliciter, celle de la « réinsertion » politique après la libération – la répression en brisant l'homme annihile-t-elle le militant ? –, la transformation de la victime en martyr dans la mémoire et la mythologie politique... autant d'aspects de multiples destins, tous irrémédiablement marqués par les exils et les prisons.

245.          WAGNER (Richard) et Franz LISZT. Correspondance de Richard Wagner et de Franz Liszt (1841-1882). Gallimard, 1943, in-8°, 520 pp, traduit par L. Schmidt et J. Lacant, avant-propos de G. Samazeuilh, photos des 2 compositeurs en frontispice, sources, indications biographiques, reliure demi-toile écrue, dos lisse avec pièce de titre basane carmin, fleuron et double filet doré en queue, couv. conservées (rel. de l'époque), qqs minuscules taches au dos, bon état (Coll. Les Classiques allemands)

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"Le génie n'aime pas le génie contemporain, c'est un fait", affirmait Péguy. Sans doute n'est-il pas de démenti plus éclatant à cette formule que l'amitié de Liszt et Wagner : une amitié de près de quarante ans, orageuse parfois, entrecoupée de refroidissements, et même frôlant la rupture, telle que permet de la retracer leur correspondance, unique entre deux compositeurs. Couvrant principalement les années 1850, cette correspondance permet de suivre la genèse des travaux théoriques de Wagner et de plusieurs de ses chefs-d'œuvre : L'Anneau du Nibelung, Tristan et Isolde, tandis que Liszt a renoncé aux lauriers du virtuose pour devenir Kapellmeister à Weimar et se métamorphoser en un compositeur fécond et inventif. Comme tous deux étaient en relation avec nombre d'autres musiciens : Berlioz, Schumann, Bülow, Joachim, notamment et qu'ils furent de grands voyageurs, leurs lettres constituent une source d'informations précieuses sur la vie musicale de leur temps en Allemagne et dans la plupart des pays d'Europe où ils se sont produits à la fois en tant que créateurs et interprètes. Ce livre comblera donc les wagnériens, les lisztiens, mais aussi tous les mélomanes désireux de mieux connaître une des époques les plus florissantes de l'histoire de la musique occidentale.

20e SIÈCLE

 

246.          ACHILLE-DELMAS (Dr. François). Adolf Hitler. Essai de biographie psycho-pathologique. P., Marcel Rivière, 1946, in-12, xiii-257 pp, broché, état correct

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La personnalité étrange d'Hitler étudiée par un psychiatre éminent.

247.          ALBARET (Céleste). Monsieur Proust. Souvenirs recueillis par Georges Belmont. Laffont, 1973, gr. in-8°, 455 pp, 32 pl. de photos et documents hors texte, qqs fac-similés, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Vécu)

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Céleste Albaret fut la gouvernante et l'unique confidente de Marcel Proust pendant les huit années où il écrivit son chef-d'oeuvre – elle est d'ailleurs une des clefs du personnage de Françoise dans La Recherche. Jour après jour elle assista dans sa vie, son travail et son long martyre, ce grand malade génial qui se tua volontairement à la tâche. Après la mort de Proust en 1922, elle a longtemps refusé de livrer ses souvenirs. Puis, à quatre-vingt-deux ans, elle a décidé de rendre ce dernier devoir à celui qui lui disait : "Ce sont vos belles petites mains qui me fermeront les yeux." Par rapport aux centaines de livres publiés sur lui, ce que ce témoignage capital apporte, c'est l'image, unique de vérité, d'un Proust sortant de la plus fidèle des mémoires, celle du cœur, pour revivre parmi nous.

248.          ALLEG (Henri)(dir.). La Guerre d'Algérie. Par Henri Alleg, Jacques de Bonis, Henri J. Douzon, Jean Freire, Pierre Haudiquet. P., Temps Actuels, 1981, 3 vol. gr. in-8°, 609, 607 et 613 pp, très nombreuses gravures et photos dans le texte et à pleine page, 48 planches de photos en couleurs hors texte, cartes, lexique, notices biographiques de quelques personnalités algériennes, index, reliures toile éditeur, jaquettes illustrées, bon état

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1. De l'Algérie des origines à l'insurrection. – 2. Des promesses de paix à la guerre ouverte. – 3. Des complots du 13 mai à l'indépendance. — "Henri Alleg, militant communiste qui fut directeur d'Alger Républicain, au début des années 1950 avant d'entrer dans la clandestinité aux côtés du FLN est connu pour son célèbre ouvrage de dénonciation de la torture, “La Question”. C'est dire que son histoire de la guerre d'Algérie est une oeuvre engagée. Luxueusement présentée, accompagnée d'une abondante illustration, le premier tome raconte les origines de l'insurrection de novembre 1954. Henri Alleg et Henri J. Douzon analysent l'imbrication complexe des problèmes algériens, français et internationaux au moment du soulèvement. – Dans le deuxième volume, Pierre Haudiquet analyse l'année 1956, moment de l'embrasement général de l'Algérie. Face à des Algériens de plus en plus actifs, le gouvernement, en faisant voter les "pouvoirs spéciaux", jette dans le combat des centaines de milliers d'appelés et porte la guerre à Suez. Jacques de Bonis fait la chronique des années les plus terribles de la guerre, des combats dans les djebels et de la Bataille d'Alger où s'affrontent et se renforcent parallèlement les troupes françaises et de l'Armée de Libération Nationale, ALN). – Le troisième volume traite de la période "gaullienne". Sous la Ve République, la guerre se poursuit plus de trois ans encore avec la même âpreté, sur fond de ratissages, de putschs, de manoeuvres diplomatiques. La marche vers la paix se conclut par les Accords d'Evian, et le référendum d'autodétermination du 1er juillet. L'auteur accorde une large place aux activités du Parti Communiste Français." (Benjamin Stora, Dictionnaire des livres de la guerre d'Algérie)

249.          AMBROSI (Chistian et Arlette) et Bernadette GALLOUX. La France de 1870 à nos jours. Armand Colin, 1999, gr. in-8°, 504 pp, 7e édition mise à jour, biblio, index, broché, qqs soulignures stylo, bon état (Coll. U)

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Excellent manuel — L'évolution de la France de 1870 à nos jours s'inscrit dans de multiples contradictions. Contradiction liée à une vie politique féconde marquée par les rivalités profondes et les défaillances morales d'une classe politique, cependant dominée par de grandes figures attachées à la stabilisation et à l'enracinement des institutions républicaines dans le pays. Contradiction aussi d'une puissance appuyée sur un vaste empire colonial et sur un rayonnement culturel remarquable qui lui permettent, durant le premier vingtième siècle, d'exercer une influence de premier ordre, alors même que sa faiblesse démographique et que le recul de ses positions économiques constituent des signes tangibles de déclin. Contradiction enfin entre l'effondrement militaire le plus sévère de son histoire et la puissante mutation de l'après Deuxième Guerre mondiale faite, jusqu'au milieu des années soixante-dix, de sursaut démographique, de croissance et de modernité. Depuis 1974, les perspectives se sont brutalement modifiées : ni l'alternance politique ni les remèdes économiques successivement employés ne semblent pourvoir enrayer une crise désormais inscrite dans la longue durée et dont les effets sapent les fondements mêmes de la société française.

250.          Archives secrètes de la Wilhelmstrasse. Les Archives secrètes de la Wilhelmstrasse. I. De Neurath à Ribbentrop (Septembre 1937 - Septembre 1938). Documents traduits de l'allemand par Michel Tournier. Plon, 1950, fort in-8°, x-613 pp, broché, bon état

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"... On y trouve les procès-verbaux de toutes les réunions importantes, des notes et des télégrammes, toute une correspondance qui porte les signatures de Hitler, de Ribbentrop, de Neurath, de Neville Henderson, d'André François-Poncet, etc." (Le Figaro) — "Ce ne sont que des documents publiés à la suite des uns des autres, mais des documents capitaux, riches de sens, et de renseignements inédits et à qui cette succession confère toute leur signification et une sorte de vie secrète... L'ouvrage aide à comprendre l'histoire de l'avant-guerre, de ces années tragiques qui précédèrent 1939." (La Revue des Deux Mondes) — "Ce livre est d'un grand intérêt pour mieux apprécier les prodromes du conflit qui mettra aux prises les puissances de l'Axe et leurs adversaires. Il montre les failles qui auraient pu être exploitées, les occasions manquées. ... Les étudiants en diplomatie y prendront des leçons de psychologie et de rédaction." (Les Nouvelles Littéraires)

251.          Archives secrètes de la Wilhelmstrasse. Les Archives secrètes de la Wilhelmstrasse. II. L'Allemagne et la Tchécoslovaquie (1937-1938). Documents traduits de l'allemand par Michel Tournier. Plon, 1951, fort in-8°, iii-632 pp, broché, bon état

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"Ce ne sont que des documents publiés à la suite des uns des autres, mais des documents capitaux, riches de sens, et de renseignements inédits et à qui cette succession confère toute leur signification et une sorte de vie secrète... L'ouvrage aide à comprendre l'histoire de l'avant-guerre, de ces années tragiques qui précédèrent 1939." (La Revue des Deux Mondes)

252.          Archives secrètes de la Wilhelmstrasse. Les Archives secrètes de la Wilhelmstrasse. IV. Les suites de Munich (octobre 1938 - mars 1939). Documents traduits de l'allemand par Michel Tournier. Plon, 1953, fort in-8°, ii-612 pp, broché, bon état

            30

"Ce livre est d'un grand intérêt pour mieux apprécier les prodromes du conflit qui mettra aux prises les puissances de l'Axe et leurs adversaires. Il montre les failles qui auraient pu être exploitées, les occasions manquées. ... Les étudiants en diplomatie y prendront des leçons de psychologie et de rédaction." (Les Nouvelles Littéraires)

253.          ARGOUD (Antoine). La Décadence, l'imposture et la tragédie. Fayard, 1974, gr. in-8°, 360 pp, 16 pl. de photos et 15 pl. de documents hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Ce que personne n'avait encore osé écrire. Partisan de l'Algérie francaise, adversaire du général de Gaulle dont il conteste toute l'action, le colonel Argoud est de ceux qui se rallièrent au général en mai 1958, comptant qu'il se prononcerait en faveur d'une Algérie francaise. L'illusion fut courte. Dans son livre, le colonel Argoud ne recule devant la description d'aucune scène, devant la mise en cause d'aucun des collaborateurs les plus proches du chef de l'Etat. Et l'on ne s'étonnera pas que cet ouvrage soit probablement le document le plus explosif de l'après Algérie francaise." — Le colonel Antoine Argoud devient à quarante-quatre ans l'un des plus jeunes colonels de l'armée francaise. Très proche du général Massu jusqu'en 1960, il rompt avec la « légalité républicaine » lors du putsch d'Alger. Il devient, après l'échec du putsch, l'un des dirigeants de l'O.A.S. Enlevé à Munich par des barbouzes, il est condamné à la détention criminelle à perpétuité, puis amnistié en 1968.

254.          AURIOL (Vincent). Journal du Septennat, 1947-1954. Tome VII : 1953-1954. Version intégrale établie, introduite et annotée par Jacques Ozouf. Armand Colin, 1971, gr. in-8°, xlv-862 pp, une photo de Vincent Auriol et René Coty en frontispice, documents en annexes, sommaire des conseils des ministres, index des noms de personnes et index des thèmes, reliure pleine percaline verte de l'éditeur, qqs soulignures et marques marginales au crayon sur 15 pages de l'introduction, bon état

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Elu président de la République le 16 janvier 1947, Vincent Auriol trouva dans l'exercice de sa fonction élyséenne l'apogée d'une longue carrière politique, commencée en 1914 sur les bancs SFIO de la Chambre, poursuivie au sein du Front populaire comme ministre des Finances, dans la Résistance, et enfin à la tête des deux Assemblées constituantes de l'après-guerre. Durant les sept années passées à la tête du pays, Auriol a consigné dans son journal l'ensemble de ses actions. Même si le président effectua une sélection dans cette masse documentaire considérable, le lecteur y trouvera une source indispensable sur la France de l'après-guerre et, au-delà, sur l'exercice quotidien de la fonction présidentielle. La publication de ce Journal du Septennat, commencée en 1970 par Pierre Nora, ne comporte que 6 volumes (sur 7 prévus) : le président François Mitterrand s'était en effet opposé à la parution de l'année 1950, son propre rôle lui semblant modeste et sous-estimé... Le Tome 4 (année 1950) n'a jamais paru dans cette édition et n'a finalement été édité qu'en 2003 par les Editions Tallandier.

255.          AUSSARESSES (Général). Services spéciaux. Algérie, 1955-1957. Perrin, 2001, in-8°, 197 pp, broché, bon état

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Militaire de carrière et agent secret, Paul Aussaresses (1918-2013) a joué un rôle central dans la bataille d'Alger en 1957 ; il y fut l'homme des pires besognes, des exécutions sommaires, de la torture systématique. Des massacres de Philippeville à la pendaison du leader du FLN, il revendique ses actes... — "De 1955 à 1957, la République française a dépêché en Algérie l'un de ses meilleurs agents secrets, Paul Aussaresses. Même si son nom est encore inconnu du grand public, dans les cercles très fermés des services spéciaux, cet ancien parachutiste de la France libre, baroudeur de la guerre d'Indochine et fondateur du 11e Choc (le bras armé du Sdece), était déjà considéré comme une légende vivante. Mais, sans l'avoir aucunement cherché, ce héros de roman se trouva entraîné dans une mission qui allait s'avérer la plus difficile de toutes. L'objectif ? Lutter par tous les moyens contre la rébellion, et le terrorisme érigé en système par le FLN. Paul Aussaresses avait fait le voeu de silence qui s'impose aux hommes de l'ombre et ses secrets auraient pu disparaître avec lui. Ce qu'il a fait en Algérie, peu de gens le savaient. Pourtant, il a décidé de raconter, avec une franchise impressionnante, comment il a accompli sa mission au cours de deux épisodes décisifs dont il fut, dans l'ombre, l'un des acteurs essentiels : l'affaire de Philippeville en 1955 et la "bataille d'Alger" en 1957. Sans fausse honte et sans complaisance, Paul Aussaresses ose dire une vérité souvent difficile, parle de la torture et des exécutions sommaires. Un témoignage essentiel, des révélations capitales." (4e de couverture)

256.          BADIA (Gilbert). Feu au Reichstag. L'acte de naissance du régime nazi. Editions Sociales, 1983, in-8°, 332 pp, un plan, biblio, index, broché, couv. illustrée, trace de mouillure ancienne en marge inf., état correct

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"Gilbert Badia retrace, dans ce livre, la première provocation du gouvernement hitlérien ; il en donne tous les détails. On se souvient que Hitler a accédé au pouvoir d'une manière légale et qu'il a été nommé par le Président Hindenburg, le 30 janvier 1933, Chancelier à la tête d'un gouvernement de coalition. Il n'y avait que trois ministres national-socialistes entourés d'une dizaine de conservateurs monarchistes. Les modérés en Allemagne étaient donc, au début, rassurés. Ils oubliaient seulement que Goring avait été nommé ministre de l'Intérieur de Prusse avec la haute main sur la Police. (Celle-ci fut prise en main dans l'Allemagne du Sud par Himmler, chef des S.S.) C'est d'ici que partit la véritable conquête du pouvoir. Dans le courant de février, Goring recruta 15 000 S.A. et S.S. comme « police auxiliaire » et les autorisa d'ouvrir le feu sur sur les militants de gauche sans sommation. A la fin du mois, des perquisitions furent effectuées au siège du Parti Communiste. Un communiqué fut publié selon lequel des armes et du matériel de guerre en vue d'une insurrection y auraient été confisqués; Après cette première manipulation de l'opinion publique, le Reichstag flamba dans la soirée du 27 février. Immédiatement, avant que le début d'une enquête eût pu avoir lieu, le gouvernement rendit officiellement les communistes responsables du sinistre. Plus de 4000 personnes, surtout des communistes, mais aussi quelques social-démocrates, furent arrêtés dans la nuit même du 27 au 28 février. Dans les jours suivants, ils furent transférés dans les premiers camps de concentration. Le lendemain, le 28, furent promulgués les deux décrets « pour la protection du Peuple et de l'État » qui suspendirent les articles de la Constitution de Weimar garantissant la liberté des personnes, l'inviolabilité du domicile, le secret postal, la liberté d'opinion, la liberté de réunion, les droits d'association et les droits de propriété. Ces décrets avaient été de toute évidence préparés auparavant et ils devaient rester en vigueur jusqu'à la fin du Troisième Reich en 1945 ; la dictature était donc établie..." (Charles Bloch, Revue d'histoire moderne et contemporaine)

257.          BAINVILLE (Jacques). Journal 1901-1935. P., Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1948-1949, 3 vol. pt in-8°, 221, 274 et 285 pp, brochés, état correct (Coll. Bainvillienne). Edition originale (tome I, un des 6500 ex. numérotés sur vélin V.B.A. des Papeteries Navarre ; tome II, un des 5200 ex. numérotés sur vélin des Papeteries Prioux ; tome III, un des 5000 ex. sur vélin des Papeteries de Condat)

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Tome I : 1901-1918 ; Tome II : 1919-1926 ; Tome III : 1927-1935. — Il faut « concevoir historiquement, c'est-à-dire dans leurs rapports de conséquence et de dépendance, les événements de la politique ». (J. Bainville, Journal 1901-1918, p. 146)

258.          BAINVILLE (Jacques). Réflexions sur la politique. P., Editions d'histoire et d'art, Librairie Plon, 1941, in-12, 120 pp, broché, état correct

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Principes et maximes ; Le gouvernement ; La diplomatie ; La guerre et la paix ; Economique et politique ; Les nuées et les esprits faux ; Civilisation et progrès.

259.          BARRAL (Pierre). Il y a trente ans, la guerre froide. Armand Colin, 1984, in-8°, 246 pp, 7 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, soulignures crayon, bon état

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L'union des USA et de l'URSS contre le IIIe Reich nazi ne devait pas résister aux épreuves de la paix. André Fontaine avait déjà réalisé une brillante “Histoire de la guerre froide”. Depuis, l'étude des documents s'est décantée. L'ouvrage de Pierre Barral fait le récit des événements, reconstitue les faits, étudie les motivations tant politiques qu'idéologiques, les répercussions économiques et stratégiques. Avec objectivité, lucidité, l'auteur fait le point sur cette époque, sur l'affrontement qui fit craindre un nouveau conflit mondial.

260.          BARTHÉLEMY (Victor). Du communisme au fascisme. L'histoire d'un engagement politique. Albin Michel, 1978, gr. in-8°, 508 pp, index, broché, bon état

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Ancien militant communiste, Victor Barthélemy devient secrétaire général du P.P.F. de Doriot en 1939 et s'engage résolumment dans la voie de la collaboration et de la lutte antibolchevique. — "Né en 1906, Victor Barthélemy adhéra, à l'âge de vingt ans, au Parti communiste. Il fut alors, pendant dix années, un militant enthousiaste et actif. Il suivra successivement les cours de formation du parti à Bobigny et à Moscou et participera, sur la côte méditerranéenne, au "travail illégal". Les remous qui secouèrent, entre les deux guerres mondiales, l'Internationale communiste, l'emprise grandissante de Staline et la transformation des espérances de la Révolution d'Octobre en une forme de "national-communisme" identifié à l' "impérialisme russe", provoquèrent, chez nombre de militants qui avaient fait cette analyse, une crise de conscience. En France, une scission, dont l'un des principaux acteurs sera Jacques Doriot, se produira dans le parti. Opposant désormais déclaré au P.C. (Section française de l'Internationale communiste) après en avoir été l'un des dirigeants, Doriot fondera, en 1936, le Parti Populaire Français, qui connaîtra rapidement un grand succès. Victor Barthélemy rejoindra le P.P.F. dont il deviendra le secrétaire général en 1939. Il sera associé, au premier plan, à cette expérience politique qui, marquée par la formation marxiste des fondateurs, débouchera sur une forme de socialisme aux couleurs nationales et proche du fascisme. Pendant toute l'Occupation, Victor Barthélemy suivra l'engagement sans cesse grandissant du P.P.F. dans la collaboration et la lutte antibolchevique. Et cela jusqu'aux heures ultimes de la Seconde Guerre mondiale. C'est donc un itinéraire d'exception que restitue ce témoignage. Victor Barthélemy, qui n'a rien renié de ses options, nous le livre avec une sérénité totale. Fourmillant de faits, d'anecdotes, de révélations, d'entretiens exclusifs (avec Doriot, Laval, Darnand, Mussolini, Goering, etc.), il passionnera tous ceux qui s'intéressent à ces vingt-cinq ans, si riches en bouleversements, de notre histoire."

261.          BÉRAUD (Henri). Ce que j'ai vu à Rome. Editions de France, 1929, in-12, vii-260 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 115 ex. numérotés sur papier vélin pur fil Lafuma (3e papier)

            70

Un chapitre du livre de reportages sur l'Italie fasciste, “Ce que j'ai vu à Rome”, publié à la fin de l'année 1929, intitulé « Ce qu'en pense l'homme de la rue », sert de point de départ à une réflexion critique qui porte sur la France : « Un raffermissement de l'autorité paraît souhaitable à tous, aussi bien qu'une urgente modification des moeurs parlementaires. Nous aussi aspirons à l'ordre ; nous aussi sommes las de certaines faiblesses, écoeurés de certains scandales, inquiets des ravages de la politique de clocher, des abus du contrôle parlementaire, et d'autres choses encore, dont je n'ai pas à traiter ici ». (p. 99). (F. Monier, Les obsessions d'Henri Béraud, 1993)

262.          BICHET (Robert). La Démocratie chrétienne en France. Le Mouvement républicain populaire (M.R.P.). Besançon, Jacques et Demontrond, 1980, in-8°, 392 pp, broché, couv. à rabats, bon état, envoi a.s.

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Important témoignage sur le MRP et la IVe République. — "Ecrit par un militant devenu ministre, ce livre ne prétend pas à l'objectivité. Prenons-le donc pour ce qu'il est : le récit brûlant des années où la Démocratie chrétienne accédait enfin au pouvoir. Le meilleur est évidemment dans la peinture des débuts : les années d'avant-guerre, celles où autour de L'Aube ou de l'Action catholique se nouèrent des amitiés de bronze qui se retrouvèrent dans la Résistance. Le moins bon est la double hargne contre de Gaulle et P. Mendès France. Le premier qui, en 1945 comme en 1958, voulut construire un Etat capable de gouverner. Le second accusé successivement d'avoir bradé l'Empire et torpillé l'amitié européenne..." (Revue française de science politique, 1981)

263.          BLUM (Léon). Du Mariage. Albin Michel, s.d. (1936), in-12, 342 pp, 19e édition (la 1ère en 1907), broché, couv. lég. défraîchie, bon état

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Le président du Conseil, le chef du gouvernement, M. Léon Blum, est aussi un moraliste ; il a écrit un livre sur le mariage. Et c'est immonde. Dans ce livre, en effet, M. Léon Blum se révèle sous les traits d'un psychologue érotique et corrupteur, dont le style, avec l'élégance en plus et un cynisme encore plus odieux parce qu'il arbore des prétentions pédagogiques, rejoint dans les bas-fonds les obscénités des feuilles de la sociale. (...) Malgré l'auréole de vénération dont le Front populaire entoure le « cher Blum », à lire ces tranquilles polissonneries sous la plume d'un sexagénaire qui joue au moraliste, invinciblement revient aux lèvres le mot dont on qualifia jadis le régime du Directoire : « Pourriture des pourritures »." (coupure de presse de 1936, insérée dans l'ouvrage) — Léon Blum (1872-1950) dans “Du mariage”, écrit en 1905, publié en 1907, préconise l’égalité des sexes dans les expériences pré-maritales. Il prône l'initiation précoce des jeunes filles à l'amour, et le droit au bonheur. C’est un essai contre l’inégalité entre l’homme et la femme. Le texte, qui sera republié en 1936, fait scandale... C’est à la fois un des ouvrages les plus célèbres de Léon Blum et l’une des pièces maîtresses des campagnes antisémites contre lui... La thèse centrale peut se résumer ainsi : L’opinion publique doit admettre pour la femme ce qu’elle admet pour l’homme. L’acquisition d’une expérience de l’amour physique, avant le mariage (“ le mariage à l’essai ”) est un garant de la cohésion sociale. Blum choque à gauche (Jaurès) et dans les milieux littéraires, notamment Gide qui dans une lettre à Marcel Drouin dit avoir été exprimé à Blum lui-même ses extrêmes réserves sur ce livre qui enferme le bonheur dans l'alcôve et « qui semble une habile préface à tout le théâtre juif d'aujourd'hui » !... Même les suffragettes de l’époque le trouvent trop hardi, ce qui causera à Blum une certaine déception... (Patrick Malivet et Sylvie Durand-Savina). Quelques extraits : "L'homme et la femme sont d'abord polygames puis, dans l'immense majorité des cas, parvenus à un certain degré de leur développement et de leur âge, on les voit tendre et s'achever vers la monogamie. Les unions précaires et changeantes correspondent au premier état ; le mariage est la forme naturelle du second." - "L’essence même du mariage, tel qu’il est institué dans nos mœurs est d’unir une jeune fille vierge à un homme déjà fait, et de remettre à l’expérience de l’homme l’éducation de la vierge. A la base du système se trouve le principe ou, selon moi, le préjugé de la virginité des filles. Mais en accordant que les filles doivent parvenir au mariage dans cet état de fraîcheur et d’ignorance, encore faudrait-il que ces novices y trouvassent de bons maîtres, et que leur préparation conjugale fût confiée à de sûres mains. Le système actuel interdit aux filles d’acquérir avant le mariage une expérience même théorique de l’amour." - "Les jeunes filles quitteront l'abri de la famille le jour où elles se sentiront de force à voler seules. (...) Elles n'auront rien d'altéré dans leurs façons ni dans leur visage ; il n'y aura rien de flétri dans la pureté de leur regard. Ce qui altère ou dégrade, c'est la crainte ou la conscience de la faute. Mais, en suivant l'impulsion de leur nature, les filles ne heurteront plus ni l'opinion, ni la tendresse protectrice de ceux qui les aiment, ni les principes artificiellement introduits dans leur conscience. La liberté de l'instinct ne gâtera donc pas la fraîcheur de leur jeunesse. Elles reviendront de chez leur amant avec autant de naturel qu'elles reviennent à présent du cours ou de prendre le thé chez une amie.

264.          BOISSELIER (Jackie). Une Guerre contre le risque. La vie et l'oeuvre de Pierre Caloni (1889-1970). P., SCHSC, 1971, in-8°, (18)-259 pp, préfaces de Henri Faure et de Gustave Capron, 18 pl. de photos hors texte, biblio, index, reliure pleine toile éditeur, bon état. Peu courant, envoi a.s.

            25

Pierre Caloni fut à l'origine de la prévention des risques d'accidents dans le bâtiment. Table : Du berceau à l'armistice (1889-1918) ; L'entre deux guerre (1918-1939) ; La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) ; L'après-guerre (1945-1970) ; L'humaniste. — « J’ai été frappé du peu d’attention que l’esprit humain apportait à ce fait mal connu, mal expliqué, qu’on s’accorde à laisser dans l’ombre et que l’on appelle accident du travail. Je crois pourtant nécessaire que chacun s’intéresse aux problèmes nombreux et divers que soulève sa prévention. Mieux que moi, les hommes qui font et défont l’opinion publique, qui la brassent, l’éclairent et la guident, seraient bien inspirés de s’attaquer à cette tâche. » Ces quelques lignes écrites par Caloni (1960), montrent combien ce grand préventeur reste contemporain et démontrent tout l’intérêt du travail réalisé par Boisselier (1971) pour sortir de l’ombre la vie et l’oeuvre de ce grand homme dans un livre au titre criant de modernité : Une guerre contre le risque. Cette bataille est encore loin d’être gagnée, mais que nous poursuivons comme eux avec passion. La richesse des savoirs des préventeurs puise dans les écrits de leurs prédécesseurs." (J. Bellaguet, Les accidents du travail dans le BTP : un compromis collectif socialement invisible, dans J.-M. Mur (dir.). L'Emergence des risques (au travail), 2008)

265.          BONA (Dominique). Romain Gary. Mercure de France, 1987, gr. in-8°, 406 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, envoi a.s.

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Cette première grande biographie de Romain Gary éclaire les mille facettes de celui qui fut l'auteur d'une des plus belles mystifications littéraires de tous les temps : Emile Ajar. Il y eut l'enfant juif, pauvre, né à Moscou en 1914, l'adolescent ambitieux qui se fit connaître de Kessel et de Malraux, le soldat de De Gaulle, aviateur dans les Forces françaises libres, le diplomate qui sillonna l'Europe avant de conquérir l'Amérique, le Consul général de France à Los Angeles, le mari de Jean Seberg. Gary, deux fois prix Goncourt, resta toujours obsédé par la recherche lancinante du dépassement de soi-même. Il fut un homme de vastes ambitions et de grandes passions, un artiste dans son siècle et un magicien du rêve.

266.          BROCHE (François). L'assassinat de Alexandre Ier et Louis Barthou. Marseille, le 9 octobre 1934. Balland, 1977, in-8°, 197 pp, une carte, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Crimes politiques)

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L'assassinat du roi Alexandre Ier et de Louis Barthou eut lieu le 9 octobre 1934 à Marseille. Le roi de Yougoslavie et le ministre français des Affaires étrangères furent victimes d'un attentat commis par un nationaliste bulgare, Vlado Georgiev Tchernozemski (alias Petrus Kalemen), qui s'avèrera être un terroriste oustachi. Les deux hommes succombèrent le même jour. Quatre autres personnes furent mortellement atteintes...

267.          BUFFET (Cyril). Mourir pour Berlin. La France et l'Allemagne, 1945-1949. Armand Colin, 1991, in-8°, 326 pp, préface de Jacques Bariéty, 4 cartes, notes, sources, biblio, index, broché, bon état (Ouvrage issu de thèse)

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"Issu d'une monumentale thèse de doctorat soutenue en 1987 et préfacée par Jacques Bariéty, le livre de C. Buffet, qui a exploité des sources américaines et allemandes et des archives françaises inédites, est consacré au blocus de Berlin des années 1948-1949. En trois grandes parties, l'auteur démonte le mécanisme de cette première grande crise de la guerre froide et étudie le fonctionnement de ce conflit multilatéral de longue durée dans lequel aucune des parties en présence n'a un intérêt primordial à "mourir pour Berlin", et où la tension, pour être vive, n'atteint jamais un seuil critique..." (Jean-Marie Flonneau, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1993)

268.          CALLEY (Lieutenant William). Ma confession. Recueillie par John Sack. France-Empire, 1970, pt in-8°, 235 pp, traduit de l'américain (“Lieutenant Calley: his own story”), broché, jaquette illustrée, bon état

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“En mars 1971, la cour martiale de Fort-Benning, en Géorgie, déclare le Lieutenant Calley coupable de meurtres prémédités sur les personnes de vingt-deux civils vietnamiens le 16 mars 1968 à My-Laï. Pour la première fois, en pleine guerre, un officier subalterne était jugé par son propre pays...“ — William Calley (né en 1943) est un officier de l'armée américaine, responsable en 1968 du massacre de My Lai pendant la guerre du Viêt-Nam, événement qui a eu un grand retentissement dans l'opinion publique internationale. En mars 1968, le jeune lieutenant William Calley, chef de section au Viêt Nam, a conduit un massacre de civils vietnamiens principalement des femmes, des enfants et des vieillards dans un hameau proche du village de My Lai. Le carnage ne fut stoppé que lorsque deux sous-officiers américains en hélicoptère remarquèrent l'effroyable massacre et intervinrent pour empêcher leurs compatriotes d'assassiner plus de civils. Parmi les 26 officiers et soldats inculpés pour ce massacre ou pour l'avoir couvert par la suite, seul le lieutenant Calley fut condamné.

269.          CARREL (Dr. Alexis). L'Homme, cet inconnu. Plon, 1948, pt in-8°, viii-400 pp, broché, bon état

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"... L'homme Carrel (1873-1944) mérite en effet d'être connu. Prix Nobel de médecine en 1912, il fait paraître en 1935 un ouvrage qui connaîtra un franc succès auprès des classes moyennes, dans lequel il se fait le champion de l'eugénisme (plutôt américain et plutôt positif, disent ses laudateurs – vivent les « biens doués » et les « forts » !). Mais Carrel est aussi l'héritier, par une sorte d'imprégnation logique à fondement social-darwiniste, ainsi que le montre Patrick Tort, de l'hygiène raciale allemande, creuset idéologique du nazisme. En 1941, il revient de New York pour se mettre au service de Pétain et de l'État de Vichy, qui lui permet de créer enfin sa « Fondation » à objectifs eugénistes. Carrel était en particulier obsédé par les malades mentaux..." (Armand Ajzenberg, L'Homme, 1994)

270.          CARREL (Dr. Alexis). Réflexions sur la conduite de la vie. Plon, 1950, in-8°, xix-289 pp, un portrait de l'auteur en frontispice, broché, bon état

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271.          CARRÈRE d'ENCAUSSE (Hélène). Lénine. GLM/Fayard, 1998, in-8°, 684 pp, biblio, chronologie, glossaire, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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La vie de Lénine (1870-1924) couvre deux périodes distinctes. D'abord vingt ans d'exil passés à rêver la révolution et à forger son instrument : le parti bolchevique. En février 1917, la révolution russe se fait pourtant sans lui. Mais en octobre, Lénine s'empare du pouvoir. En quatre ans seulement, il édifie un Etat tout-puissant, reconstruit l'Empire, crée le Parti mondial de la révolution, installe le communisme dans l'histoire pour soixante-dix ans. Comment expliquer, dans un pays peuplé de cent quarante millions d'habitants, la conquête puis le maintien au pouvoir d'un parti qui ne compte à l'origine que quelques milliers de membres ? Comment expliquer la pérénnité et le rayonnement mondial du léninisme ? En dépit du bilan terrible du régime qu'il a institué – plus de cent millions de morts –, le constat s'impose : génie politique, Lénine a été l'inventeur d'un système de pouvoir sans équivalent dans l'histoire de ce siècle.

272.          CENTASSI (René) et Gilbert GRELLET. Tous les jours, de mieux en mieux. Emile Coué et sa méthode réhabilités. Laffont, 1990, gr. in-8°, 261 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Combien de Français, au XXe siècle, ont été reçus triomphalement aux États-Unis, ont mobilisé des foules enthousiastes à Chicago comme à San Francisco ? Clemenceau, de Gaulle. Le compte est vite fait. C'est oublier celui que les Américains acclamèrent en 1923 et 1924 : Emile Coué, père de la pensée positive moderne. Pharmacien champenois d'origine bretonne, installé en Lorraine au tournant du siècle, Coué (1857-1926) devint une célébrité mondiale dans les années 1920 avec sa méthode de guérison par autosuggestion consciente. On venait de partout voir à Nancy le "marchand de bonheur" et il sillonna l'Europe et l'Amérique pour y transmettre son message d'espoir et d'optimisme. Ce grand précurseur est toujours admiré à l'étranger, en Suisse comme aux États-Unis. En France, on ne cesse de brocarder la méthode Coué, toujours citée à contresens. Il était temps de réparer une telle injustice, illustration caricaturale du "Nul n'est prophète...". René Centassi et Gilbert Grellet nous livrent ici la première biographie détaillée de ce "Maître à bien vivre" et révèlent l'étendue de son héritage, de la sophrologie aux techniques du "New Age". Une vibrante réhabilitation pour cet apôtre de la santé par l'esprit. (4e de couverture)

273.          CHADEAU (Emmanuel). Latécoère. Olivier Orban, 1990, gr. in-8°, 330 pp, 8 pl. de photos hors texte, sources et références, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Pierre-Georges Latécoère a été plus qu'un industriel brillant ; il a créé un mythe. Ses hydravions aux ailes d'albatros ont porté Mermoz et les rêves des enfants de l'entre-deux-guerres. Héritier ambitieux, qui songe à la politique, aux femmes et aux plaisirs de l'esprit, Pierre-Georges Latécoère devient industriel malgré lui. Mais il n'aura de cesse de transformer l'entreprise paternelle de gros oeuvre en multinationale de transport aérien et de construction aéronautique. En vingt-ans, tout ce qui compte dans l'aviation française est passé chez Latéocoère. Emmanuel Chadeau, spécialiste de l'histoire de l'aéronautique, a eu le privilège d'avoir, le premier, accès à l'ensemble des archives familiales, depuis les carnets secrets de Latécoère jusqu'aux dossiers de l'entreprise. Ainsi s'esquise, autour d'une biographie exceptionnelle, la chronique de la France d'avant 1940 à travers l'odyssée d'un enfant de Tarbes devenu prince de Toulouse.

274.          CHASTENET (Jacques). Histoire de la Troisième République. V. Les années d'illusions, 1918-1931. Hachette, 1960, in-8°, 352 pp, cartes, index, reliure demi-toile gris-vert, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, couv. illustrée et dos conservés (rel. de l'époque), bon état

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Tome V seul (sur 7) — "Comme dans les volumes antérieurs de cette histoire, J. C. met l'accent sur les événements politiques et notamment sur la conjoncture internationale. Les problèmes économiques sont traités en quelques pages, à la suite des problèmes financiers." (Revue française de science politique, 1960)

275.          CHASTENET (Jacques). Histoire de la Troisième République. VI. Déclin de la Troisième, 1931-1938. Hachette, 1962, in-8°, 302 pp, cartes, index, reliure demi-toile gris-vert, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, couv. illustrée et dos conservés (rel. de l'époque), bon état

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Tome VI seul (sur 7).

276.          CHASTENET (Jacques). Quatre fois vingt ans. Souvenirs, 1893-1973. Plon, 1974, in-8°, 556 pp, 16 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Curieux livre de souvenirs personnels du journaliste, historien, diplomate et académicien Jacques Chastenet (1893-1978), où il retrace son existence et les bouleversements politiques, intellectuels, économiques, sociaux et moraux qu'il a vécu. Un témoignage sur l'histoire contemporaine.

277.          CHEVALLEY (Gabriel), René DITTERT, Raymond LAMBERT. Avant-premières à l'Everest. P., Grenoble, Arthaud, 1954, in-8°, 310 pp, introduction du Dr Ed. Wyss-Dunant, 36 photos en héliogravure hors texte, 2 croquis, une carte, broché, jaquette illustrée en couleurs (lég. abîmée), bon état (Coll. Sempervivum)

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"L'ouvrage essentiel sur les deux expéditions au Mont Everest entreprises en 1952 où R. Lambert et Tensing s'élèvent jusqu'à 8600 m. Le récit des expéditions suisses est un journal, avec les avantages et les inconvénients de cette formule ; il est suivi d'une Chronologie himalayenne de Félix Germain, brève mais substantielle et très claire." (Paul Veyret, Revue de géographie alpine, 1954)

278.          Collectif. Le Siècle des communismes. Sous la direction de Michel Dreyfus, Bruno Groppo, Claudio Ingerflom, Roland Lew, Claude Pennetier, Bernard Pudal, Serge Wolikow. Editions de l'Atelier, 2000, gr. in-8°, 542 pp, index, broché, qqs soulignures stylo sur 18 pages en début d'ouvrage, bon état

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Le communisme a traversé et marqué profondément l'histoire du XXe siècle. Funeste production de l'imaginaire pour certains (Furet), entreprise essentiellement criminogène pour d'autres (Le livre noir du communisme), le communisme est une réalité autrement plus complexe. L'heure est venue d'interprétations plus distanciées et plus lucides. Les contextes différents dans lesquels le communisme s'est développé, les investissements militants multiples dont il fit l'objet, les contradictions qui le caractérisent, expliquent l'extraordinaire diversité et l'ambivalence du communisme. Participant aux luttes libératrices du XXe siècle, offrant aux classes populaires des voies d'accès à la vie politique, d'un côté, il se singularise aussi, d'un autre côté, par le recours à de multiples formes de violence physique et symbolique. Toute la difficulté – et l'enjeu de ce livre – est de penser ensemble ces dimensions contradictoires. Une équipe internationale d'une vingtaine d'universitaires, historiens, politologues, sociologues, propose dans cet ouvrage une somme d'analyses et de synthèses, d'une grande lisibilité, nourries par la consultation d'archives longtemps inaccessibles.

279.          De Gaulle – Revue Paris Match. Paris Match - Numéro Hors Série - Charles de Gaulle, 1890-1970. Filipacchi, 1979, gr. in-4° (265 x 330), 190 pp, très nombreuses photographies en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée d'une photo de De Gaulle, dos lég. abîmé, bon état. Bien complet du disque vinyle 33 tours, double face, flexible, incassable, et pratiquement inusable

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Paris-Match se fait un devoir de rendre au général de Gaulle un hommage exceptionnel. Ce numéro hors série, qui n'a pas eu de précédent, a pris la forme d'un album-souvenir. Il a été réalisé par toute l'équipe des journalistes de Paris-Match, avec leurs défauts et leurs qualités, c'est-à-dire très vite mais avec le souci de témoigner et d'honorer. Les historiens dresseront la statue. Ce n'en est ici que le socle et l'ébauche. Nous avons simplement assemblé les textes de nos écrivains, les images de nos reporters, les échos de l'émouvante voix gravée dans le disque...

280.          DESCHODT (Eric). Saint-Exupéry. Biographie. JC Lattès, 1980, in-8°, 396 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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De tous les auteurs français contemporains, Saint Exupéry est sans doute le plus lu aujourd'hui dans le monde. Mais sait-on qu'il fut le plus extraordinairement vivant des écrivains de ce pays ? Homme de nuit, de femmes, de bars, de Bugatti, trompe-la-mort couvert de dettes ; ramassé quatre fois en miettes d'avions en miettes ; fiancé officiellement à Louise de Vilmorin, ce que Malraux ne fut jamais. Lucide sur Staline dès 1935 après un voyage à Moscou. Lucide sur Franco qui lui interdira l'Espagne après sa victoire. Lucide sur Vichy qui interdira “Pilote de Guerre”...

281.          DIETRICH (Noah). Trente-deux ans avec l'extravagant Howard Hughes. Laffont, 1972, gr. in-8°, 344 pp, traduit de l'américain, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Vécu)

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Voici le vrai Howard Hughes. Il y a quelques mois, un auteur américain en mal de succès a forgé de faux mémoires. La presse, depuis, s'est évertuée à retrouver en vain Howard Hughes. Il est ici, dans ce livre. Howard Hughes l'extravagant, le fabuleux. Homme d'affaires, contrôlant des compagnies aériennes, des chaînes de radio et de télévision, des sociétés de productions de film ; Hughes, roi de Hollywood que l'on voit au bras des stars : Jane Russell, Katharine Hepburn, Bette Davis, Ginger Rogers, Ava Gardner ; pilote d'essai, fêté à New York comme un chef d'Etat, après avoir battu le record de vol autour du monde... Seul Noah Dietrich, qui fut pendant trente-deux ans, à ses côtés, le conseiller et le témoin quotidien, pouvait rendre compte de la vie de Howard Hughes. Son témoignage fait surgir un personnage de légende, un excentrique aux étranges lubies, fascinant comme un héros de film, incarnation du mythe du milliardaire américain...

282.          EDWARDS (Jorge). Persona non grata à Cuba. Plon, 1976, in-8°, 407 pp, traduit de l'espagnol, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Lorsqu'en 1970 les relations diplomatique reprirent entre le Chili et Cuba, Salvator Allende décida d'envoyer Jorge Edwards en tant que chargé de mission auprès de Fidel Castro pour préparer l'arrivée de l'ambassadeur chilien. Ce jour à La Havane, entamé dans un climat apparemment amical, se transforma au fil des jours en un cauchemar de suspicion et d'angoisse. Véritable roman d'espionnage sans fiction dont les héros sont Fidel Castro, son frère le mystérieux Raul, les écrivains cubains, et qui s'achève à Paris avec Pablo Neruda et le président Georges Pompidou, ce récit vivant et passionnant illustre admirablement un problème universel à notre époque : le conflit entre la création littéraire et la raison d'Etat.

283.          FAINSOD (Merle). How Russia is Ruled. Revised Edition. Harvard University Press, 1965, gr. in-8°, ix-698 pp, notes, index, reliure pleine toile brique de l'éditeur (un peu défraîchie), soulignures stylo, état correct. Texte en anglais

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Le politologue américain Merle Fainsod a publié en 1953 un livre important, “How Russia is ruled” (une édition révisée a été publiée en 1963). L’étude fondamentale de Fainsod a influencé toute une génération d’analystes de l’Union soviétique.

284.          FREREJEAN (Alain). C'était Georges Pompidou. Fayard, 2007, gr. in-8°, 434 pp, 8 pl. de photos hors texte, notes, sources et biblio, repères chronologiques, index, broché, couv. illustrée, bon état

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À la différence de tant d'autres, le grand Premier ministre et le grand président de la République que fut Georges Pompidou n'avait pas un goût inné du pouvoir. Plutôt que par l'ambition personnelle, il a été poussé au-devant de la scène par la curiosité intellectuelle et le dévouement à un homme d'exception. Les cinquante-deux premières années de sa vie, tour à tour professeur de lycée, chargé de mission, commissaire adjoint au Tourisme, maître de conférences à Sciences Po, maître des requêtes au Conseil d'Etat, fondé de pouvoir d'une maison de banque, Georges Pompidou travaille très vite, pour profiter pleinement de ses heures de loisir. Bon époux, bon camarade, bon vivant, amateur de bonne chère, de peinture et de poésie, ce surdoué est un sceptique. La vie, il la regarde avec humour et l'actualité avec recul. Certes, de juin à décembre 1958, il apporte dans l'ombre un concours inestimable au général de Gaulle en l'aidant à fonder les institutions de la Ve République et à préparer l'entrée sans douleur de la France dans le Marché commun. Mais au bout de six mois, sa mission accomplie, il s'empresse de quitter les ors des palais nationaux pour retrouver les chemins de la liberté. Trois ans après cette brève parenthèse, il est enfin happé par le destin. Un destin qui, par deux fois, le fait échapper à des attentats et le métamorphose en homme d'Etat. Lorsque de Gaulle le bouscule en faisant de lui son chef du gouvernement, il entre en politique sans être sûr d'y faire carrière. Or voici qu'après quelques années dans l'ombre du géant il prend goût à la fonction et se prépare même à lui succéder au terme d'une extravagante course d'obstacles. Ce parcours inhabituel a de quoi intriguer, cette lutte perpétuelle entre la nonchalance, longtemps dominante, et le désir de primer, qui finit par l'emporter du seul fait du hasard. Jamais cet épicurien ne force la main du destin. Le destin le guide, il ne s'y refuse pas, il l'accepte. Et, stoïque devant la maladie, il meurt à la tâche.

285.          GAMELIN (Général). Servir. Tome II : Le Prologue du drame (1930- août 1939). Plon, 1946, in-8°, xxxii-479 pp, broché, état correct

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Tome II seul (sur 3) des mémoires de Gamelin : Années 1930, 1931, 1932, 1933, 1934, 1935, 1936, 1937, 1938, 1939, Conclusions, Annexes.

286.          GARDET (Mathias). Les colonies de vacances. Le Cherche-Midi, 2014, pt in-4° carré (23 x 25), 256 pp, très nombreuses photos et documents en noir et en couleurs, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Expérience souvent fondatrice de notre enfance, les colonies de vacances sont profondément enracinées dans nos souvenirs et notre imaginaire. Malgré les mutations sociologiques et idéologiques qu'elles ont connues durant plus d'un siècle, elles semblent parfois échapper à l'emprise du temps et des modes, comme en témoignent les milliers de clichés conservés par des collectionneurs nostalgiques ou par des associations. Ce sont ces archives extrêmement riches et jamais publiées que revisite Mathias Gardet en suivant l'emploi du temps d'un séjour type en colonie. Car ce qui caractérise ces vacances destinées à faire connaître aux petits citadins les vertus du grand air, c'est la répétition immuable des activités qui, du réveil à l'extinction des feux, rythment la vie des colos de la fin du XIXe siècle aux années 1970 : travaux manuels, sieste, repas, promenade, courrier, petits et grands jeux, sport... ou le quotidien de nos plus belles vacances. — Mathias Gardet est historien, spécialiste des politiques sociales de la jeunesse et maître de conférences HDR en sciences de l'éducation à l'université de Paris VIII.

287.          GEIGER (Hermann). Pilote des glaciers. Récit recueilli par André Guex. P., Grenoble, Arthaud, 1959, in-8°, 204 pp, nouvelle édition augmentée, préface de Félix Germain, 6 dessins à la plume, 48 photos en héliogravure hors texte, 6 croquis techniques, broché, jaquette illustrée, bande éditeur conservée, bon état (Coll. Sempervivum) (Grand Prix littéraire de la Montagne 1956)

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"La grande presse a popularisé le nom et les exploits d'Hermann Geiger, l'extraordinaire pilote suisse qui pose son avion presque partout en haute montagne. Geiger se raconte dans ce livre, où l'on a tenu la plume pour lui, et c'est un récit aussi passionnant qu'instructif. Il explique comment le comportement des oiseaux dans la tempête l'aida à concevoir sa technique de vol car, avec son petit avion de 135 CV, il s'agit pour lui de ruser avec une nature hautement hostile, qu'il s'agisse du sol hérissé de reliefs, totalement dépourvu de facilités d'atterrissage, ou de l'atmosphère dont les vents violents et les nuages sont des adversaires terribles. On n'est que plus émerveillé de voir cet homme extraordinaire jongler avec tant de danger, non pas pour son plaisir mais pour être utile. Il effectue normalement les transports de haute montagne, soit pour les refuges, soit pour les chantiers, et à un rythme presque incroyable : en 1952, pendant quatre mois, jusqu'à 25 vols par jour pour larguer des matériaux de construction alternativement sur le glacier de la Kander et sur celui de Ferpècle au flanc de la Dent Blanche. A l'occasion, Geiger transporte des visiteurs pressés ou bien, et c'est ce qui l'a rendu célèbre, évacue les blessés de la haute montagne. Dans ces cas, il ne s'agit plus de larguage, mais d'atterrissage, souvent sur des espaces restreints et en forte pente que le pilote remonte de bas en haut ! Il est vrai que l'envol est plus facile : il suffit de pousser l'avion vers le vide ! C'est bien une véritable conquête de la montagne par l'avion, mais une conquête encore solitaire, ou presque." (Paul Veyret, Revue de géographie alpine)

288.          GERMAIN (Anne). Renaud-Barrault. Les feux de la rampe et de l'amour. Editions du Félin, 1992, in-8°, 203 pp, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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289.          GOLDBERG (Jean-Michel). Écorché juif. Récit. Hachette, 1980, in-8°, 217 pp, broché, pt accroc au 1er plat, bon état

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Capturé au cours de la rafle de l'UGIF, Joseph Goldberg est mort en déportation. Trente deux ans plus tard, en 1975, son fils Michel s'est rendu en Bolivie pour retrouver Klaus Barbie avec l'intention de le tuer. Puis il y a finalement renoncé. "J'avais une arme sur moi, la deuxième fois où je l'ai vu, mais je n'ai pas tiré... Par la suite, étrange réflexe psycho-somatique, ma main droite est resté bloquée. Je n'en ai retrouvé totalement l'usage que pour écrire mon livre : 'L'Ecorché juif'..." De son face à face avec Barbie, Michel Goldberg à retenu un jugement sans appel : "C'est un médiocre." Parce qu'à l'époque il était convaincu que jamais Klaus Barbie ne se retrouverait devant un tribunal, Michel Goldberg avait décidé individuellement de lui appliquer le châtiment suprême : "Il était le seul élément identifiable de la disparition de mon père..."

290.          GRIGORENKO (Piotr). Mémoires. Presses de la Renaissance, 1980, fort in-8°, 782 pp, traduit du russe, préface de Pierre Daix, une carte, index, broché, bon état

            25

"L'autobiographie du célèbre général de l'Armée Rouge devenu une grande figure de la dissidence. De la terreur stalinienne d'hier aux hôpitaux psychiatriques d'aujourd'hui, un document exceptionnel sur l'histoire de l'Union Soviétique". — L'ex-général Grigorenko fait partie de ces "géants" de l'histoire contemporaine dont les mémoires constituent un événement international exceptionnel. Né en 1907, Grigorenko n'est pas un dissident comme les autres : avant d'être arrêté et interné en hôpital psychiatrique spécial, il a connu l'autre camp, celui du stalinisme. Cadre militaire au plus haut niveau, héros de la deuxième guerre mondiale, professeur à l'Académie militaire de Moscou, Grigorenko a d'abord été un personnage important du régime, familier des maîtres de son pays (Brejnev, Joukov, Malinosky, Ponomarev...). Ukrainien d'origine paysanne, Grigorenko a vécu dans son ennfance et son adolescence la création des premiers soviets et les drames de la guerre civile dont sa mémoire vigoureuse nous donne une version d'une étonnante authenticité. Entré très jeune dans les Komsomols, il adhère au parti communiste en 1927 puis, officier de l'Armée Rouge, témoigne des "grandes purges" staliniennes de 1936-37, avant de combattre sur le front d'Extrême-Orient et d'Ukraine pendant le conflit mondial. Mais peu à peu, le doute s'installe. Par glissements successifs, Grigorenko s'est trouvé par la force des choses, presque malgré lui, en position de dissidence. En 1961, la rupture est consommée et en 1964, il connaît une première fois l'hôpital psychiatrique. Déclaré fou, il est destitué de son grade de général ; il rejoint alors les rangs de la dissidence militante aux côtés de Boukowsky, Kostérine, Guinzbourg, Sakharov, Soljenitsyne et beaucoup d'autres... Il s'engage à fond dans la lutte en faveur des Tatars de Crimée, minorité opprimée. En 1969, il est arrêté à nouveau et détenu pendant cinq ans dans un asile "très" spécial. En 1977, il part pour les Etats-Unis où il rend visite à l'un de ses fils. Là, il apprend qu'il est déchu de la nationalité soviétique. Condamné à l'exil, Grigorenko décide alors d'écrire ses mémoires, tout en continuant de l'extérieur le combat de la dissidence.

291.          HARRIS (André) et Alain de SÉDOUY. Voyage à l'intérieur du Parti communiste. Seuil, 1974, gr. in-8°, 444 pp, glossaire, broché, bon état

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"Encore un livre sur le P.C., diront certains en faisant la fine bouche. D'autres s'alarmeront à l'idée d'un livre écrit par deux journalistes, certes non-communistes, mais avec la bénédiction et toutes les facilités de la direction du parti. Pourtant les uns et les autres auront tort. Ni les moues dédaigneuses ni les mines soupçonneuses ne sont ici de saison. Par sa franchise, son honnêteté, son ton direct, le livre tranche sainement avec bien des compilations bâclées et des descriptions plus ou moins orientées. Appelé à faire parler de lui, ce livre est un ouvrage important et qui donne à réfléchir, non seulement à ceux pour qui le P.C.F. représente un sphinx perpétuel, mais aussi bien à l'intérieur du parti. C'est que le propos des auteurs, la méthode suivie, les résultats obtenus sont fort originaux..."(François Bédarida, Esprit, 1975) — "Des Français tout à fait comme les autres ? Un parti susceptible d'accéder un jour au pouvoir, d'y rester et d'en partir au gré du suffrage universel ? Des "nouveaux communistes", désormais résolus à bannir tout ce qui les maintenait enfermés dans leur ghetto politique ? Il faut bien reconnaître que les opérations du style "le Parti à cœur ouvert" ne fournissent pas à ces questions des réponses décisives - pour une raison au moins : les communistes français se connaissent moins eux-mêmes qu'on ne le croit. Mais le moment était sans doute venu de prendre au mot cette volonté d'ouverture. De fait, carte blanche fut donnée par la direction du Parti à André Harris et Alain de Sédouy – producteurs du film “Le Chagrin et la Pitié” et coauteurs de “Français si vous saviez” – pour mener pendant plusieurs mois, auprès de tous les dirigeants actuels, mais aussi bien dans les cellules, les entreprises, à Paris comme en province, dans des instances jusque-là hermétiquement closes à tout non-communiste, une enquête sans précédent à l'intérieur du Parti, d'autant plus révélatrice et passionnante qu'elle a coïncidé dans le temps avec des événements clés : l'affaire Soljénitsyne, la "crise", le lancement du Programme commun et la consolidation de l'Union de la gauche, etc. Voici donc comment on est communiste en France dans les années soixante-dix, que l'on s'appelle Marchais, Duclos, Fajon, Piquet, Juquin, Andrieu, Leroy ou Henri Alleg, que l'on soit jeune journaliste à l'Humanité ou directeur de la Nouvelle Critique, historien , artiste ou responsable d'une municipalité, polytechnicien ou vendeuse au "Printemps", ingénieur en électronique, réalisateur à la télévision ou militant chez Citroën, viticulteur du Gard ou paysan vendéen, cadre à l'EDF ou smicard à la SNCF, étudiant ou lycéen, membre du Bureau politique, permanent du Parti ou simple militant. Un extraordinaire document politique et humain pour la compréhension de la France d'aujourd'hui." (4e de couverture)

292.          IBAZIZEN (Augustin). Le testament d'un Berbère. Un itinéraire spirituel et politique. Albatros, 1985, in-8°, 211 pp, préface de René Rémond, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Itinéraire d'un Kabyle chrétien dans la haute administration en France. — "(L'auteur) se définit comme un Berbère-Français et le trait d'union qui relie fortement les deux termes n'est pas négligeable. Placé par la naissance à cheval sur deux sociétés dont l'histoire avait associé les destins, plutôt que de choisir l'une contre l'autre, il a voulu très délibérément les unir dans son existence et a voué sa vie entière à les faire dialoguer. Sans renier ses origines, sans jamais rompre les liens qui l'unissaient à sa Kabylie natale, il a opéré une double conversion : à la culture française et au catholicisme. Pour être originale, cette trajectoire n'en a pas moins une signification exemplaire : comme A. lba Zizen l'observe lui-même, entre son point de départ et son point d'aboutissement s'inscrivent les soixante dernières années de l'histoire de l'Algérie. Quant à l'intervalle qui sépare la tribu de son enfance et le Conseil d'État où cet avocat terminera sa carrière professionnelle, en mesure l'ampleur le sous-titre de son premier livre : “un bon de mille ans”. Voilà qui suffit à faire pressentir la portée du témoignage." (René Rémond)

293.          ISORNI (Jacques). Le Silence est d'or ou la parole au Palais-Bourbon. Flammarion, 1957, in-12, 200 pp, index, broché, bon état

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"Nulle trace d'antiparlementarisme dans ce vivant tableau du Parlement par le défenseur du maréchal Pétain. C'est avec bonhommie que J. Isorni parle de ses adversaires politiques (y compris MM. Mendès-France, Cot et Duclos)." (Revue française de science politique, 1958)

294.          JULLIARD (Jacques). L'Argent, Dieu et le Diable. Face au monde moderne avec Péguy, Bernanos, Claudel. Flammarion, 2008, in-8°, 230 pp, broché, bon état

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« Péguy, Bernanos, Claudel. Si je rapproche ici ces noms, ce n'est pas parce qu'ils sont tous trois ce que l'on est convenu d'appeler des écrivains catholiques. Catholiques, ils le sont, chacun à sa manière, mais cela ne suffit pas, loin de là, à les définir. Si je les ai réunis, c'est d'abord parce que chacun d'eux a représenté, à diverses époques de ma vie, un formidable instrument d'émancipation intellectuelle. Ils m'ont aidé à me libérer de mon temps, à prendre des distances vis-à-vis de lui, et plus encore, vis-à-vis de moi-même. Quand le monde tout entier paraît s'affaisser sur son axe et que l'on se sent gagné par la lâche tentation de composer avec ce qu'il charrie de plus médiocre, alors Péguy, Bernanos et Claudel sont des recours. Ils nous arrachent à la vulgarité ambiante et bien souvent nous en protègent. Non que chacun d'entre eux n'ait eu, à l'occasion, ses faiblesses. Mais leurs erreurs n'ont jamais été inspirées par la complaisance à leur époque ; ils n'ont jamais emprunté leurs aveuglements à leurs contemporains. Leur marginalité fut à la fois un fait subi et une situation voulue. Subie, parce qu'elle est en effet pour partie liée à leur position d'écrivains catholiques. Voulue, parce qu'en érigeant l'ostracisme dont ils furent victimes en sécession délibérée, ils ont fait de ce défi à leur temps la source principale de leur inspiration. Les grandes oeuvres peuvent bien exprimer leur époque, elles n'en sont pas moins bâties sur la solitude volontaire et la résistance à la contrainte extérieure. » (J.J.)

295.          KEPEL (Gilles) avec Antoine Jardin. Terreur dans l'hexagone. Genèse du djihad français. Gallimard, 2015, in-8°, 330 pp, index, broché, bon état

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Pendant les dix ans qui séparent les émeutes de l'automne 2005 des attentats de 2015 contre Charlie Hebdo puis le Bataclan, la France voit se creuser de nouvelles lignes de faille. La jeunesse issue de l'immigration postcoloniale en constitue le principal enjeu symbolique. Celle-ci contribue à la victoire de François Hollande aux élections de 2012. Mais la marginalisation économique, sociale et politique, entre autres facteurs, pousse certains à rechercher un modèle d' "islam intégral" inspiré du salafisme et à se projeter dans une "djihadosphère" qui veut détruire l'Occident "mécréant". Le changement de génération de l'islam de France et les transformations de l'idéologie du djihadisme sous l'influence des réseaux sociaux produisent le creuset d'où sortiront les Français exaltés par le champ de bataille syro-irakien. Fin 2015, près de mille d'entre eux l'ont rejoint et cent cinquante y ont trouvé la mort, sans compter ceux qui perpètrent leurs attentats en France. Dans le même temps, la montée en puissance de l'extrême droite et les succès électoraux du Front national renforcent la polarisation de la société, dont les fondements sont aujourd'hui menacés de manière inédite par ceux qui veulent déclencher, dans la terreur et la désolation, la guerre civile. C'est à dénouer les fils de ce drame qu'est consacré ce livre.

296.          KRAVCHENKO (V.-A.). J'ai choisi la liberté ! La vie publique et privée d'un haut fonctionnaire soviétique. Editions Self, 1947, in-8°, 638 pp, traduit de l'américain par Jean de Kerdéland, broché, bon état

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"... Dans ce livre, qui a connu la plus large diffusion possible (on parle d'une vingtaine de traductions dans le monde à partir de l'édition originale en américain et de plus de 500.000 exemplaires vendus en France même) et qui a été l'objet d'une large « médiatisation » à l'occasion du procès auquel il a donné lieu au début de 1949, tout est dit sur la nature, le fonctionnement et les redoutables effets du système soviétique. L'information n'a pas été réellement contestée par l'intelligentsia non communiste (tout juste a-t-on pu dire que la présentation en était « romancée »...), mais tout a été fait pour qu'elle ne soit pas reconnue et qu'il n'y en ait pas d'usage. Il a fallu attendre le rapport Krouchtchev en 1956 et, six ans plus tard, “Une journée d'Ivan Denissovitch” de Soljénitsyne pour que, non seulement tombent les écailles, mais que les actes commencent à suivre. (...) Kravchenko, c'est d'abord un livre, un gros livre de plus de six cents pages, un livre fleuve. Sans doute son auteur n'est-il pas le premier à porter témoignage des aspects négatifs de la réalité à l'Est. Dès avant-guerre, des « voyageurs » ont été pris de remords (Gide, Céline) et des « exilés », plus tard, ont fait des révélations (Victor Serge, Arthur Koestler), sans parler de la connaissance quasi directe que l'on avait déjà des procès de Moscou. L'originalité et la force de “J'ai choisi la liberté” viennent de la nature et du niveau des responsabilités occupées par Kravchenko ; le caractère ou l'allure autobiographique du récit (en sous-titre : « La vie publique et privée d'un haut fonctionnaire soviétique ») contribue aussi à son intérêt. En suivant les étapes de la vie et de la carrière d'un homme, le lecteur prend une connaissance concrète des problèmes et rentre dans l'intimité des interrogations et des tourments. Il est significatif que cette construction et cette écriture aient été prises comme telles et, comme telles, décriées, c'est-à-dire par là même où le texte risquait de faire mouche. (...) Kravchenko n'est pas de la génération qui a fait la révolution ; en revanche, il est de celle qui a été appelée à construire le socialisme. D'une certaine manière, il est le produit d'une société, d'un système qu'il contribue lui-même à produire. A ce titre, il constitue une sorte de cobaye actif : ce qu'il dit, il le donne à voir à partir de lui-même. Or, sur trois points essentiels, son apport est capital et n'a en aucune manière été démenti par les «découvertes» qui ont accompagné les décennies récentes : on peut même dire que le livre de Kravchenko est beaucoup plus précis et beaucoup plus percutant que la plupart de ceux qui sont parus ultérieurement. Ces trois points essentiels sont : la « dékoulakisation », les purges, le goulag." (Louis Bodin, "Autour de Kravchenko", Politix, 1992)

297.          KURTZ (Harold). Le Deuxième Reich. L'Allemagne de Guillaume II. Lausanne, Editions Rencontre, 1971, in-8°, 128 pp, 108 photos et illustrations en noir et en couleurs, 2 cartes, un tableau de la constitution impériale, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Les dossiers du 20e siècle)

            20

298.          LACROIX-RIZ (Annie). Le Choix de Marianne : les relations franco-américaines de la Libération aux débuts du plan Marshall (1944-1948). Messidor/Editions sociales, 1986, in-8°, 222 pp, sources, broché, qqs soulignures stylo sur les 3 dernières pages, bon état

            25

Ouvrage issu de thèse. — "... De la Libération à la signature, en janvier puis en juin 1948, des accords bilatéraux franco-américains dans le cadre du plan Marshall, Paris s’installe graduellement dans la dépendance de Washington. Le choix décisif, en France comme ailleurs en Europe occidentale, a consisté à opter pour une reconstruction fondée sur l’aide américaine, alors qu’une stratégie visant à compter d’abord sur ses propres forces, préconisée notamment par lord Keynes, n’était pas absurde. Annie Lacroix-Riz fait justice du caractère « désintéressé » du plan Marshall, qui consistait à prêter des dollars pour financer l’achat des productions excédentaires des Etats-Unis. Au-delà de la contribution à la réécriture de l’histoire d’une période décisive pour la France, le Choix de Marianne est aussi la chronique d’une aliénation – l’atlantisme." (Bernard Cassen, Le Monde diplomatique, 1986)

299.          LEGAY (Kléber). Un Mineur français chez les Russes. P., Pierre Tisné, 1937, in-12, 123 pp, préface de Georges Dumoulin, ancien Secrétaire de la CGT, ancien mineur, broché, état correct

            20

Témoignage ouvrier défavorable à l'URSS, par un mineur du Pas-de-Calais membre de la tendance pacifiste et anticommuniste «Syndicats» de la CGT conduite par R. Belin. Cet ouvrage de propagande anti-soviétique sera diffusé à la sortie des mines... — "... Kléber Legay, militant syndicaliste important prit position contre les Procès de Moscou à partir de 1936. Lui aussi avait fait le voyage en URSS dont il était revenu fort critique." (Michel Dreyfus, 1986)

300.          LEONI (Paul). A l'ombre des Grands de la politique et du spectacle. Chez l'Auteur, 2002, in-8°, 245 pp, 25 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état. Bien complet du CD joint au livre

            20

Dans ce livre, Paul Léoni raconte sa vie, ses instants de folies, de bonheurs, ses émotions, ses colères, et ses coups de bâton, ainsi que ses moments insolites et privilégiés qu'il a passé à côté des grands de la chanson, de la politique et du sport. Passionné de chanson, il parle de ses joies et de ses déceptions et des moments mémorables partagés avec Jacques Hélian, Ray Ventura, Tino Rossi, Johnny Hallyday, Enrico Macias, Claude François et d'autres encore. Il fait aussi le récit des périodes où il fut garde du corps de François Mitterrand et de ses combats électoraux fervents et passionnés aux côtés de son cousin Joseph Franceschi qui fut député-Maire d'Alfortville et secrétaire d'Etat aux personnes âgées puis à la sécurité publique. Il nous fait partager de nombreuses anecdotes burlesques et parfois sarcastiques concernant toutes ces personnalités. Il révèle aussi certains comportements et dévoile certaines vérités, sans aucune concession. On découvre ici un homme, sensible et sincère, qui décide aujourd'hui à soixante et un ans de ne plus se taire et de parler librement. Paul Léoni joint à ce livre un CD qui contient des chansons qu'il a écrites et composées à différentes périodes de sa vie. Il espère ainsi vous faire découvrir et partager sa sensibilité artistique.

301.          LEROY (Géraldi) et Anne ROCHE. Les écrivains et le Front populaire. Presses de la FNSP, 1986, in-8°, 323 pp, 12 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Phase de terreur et de folie pour les uns, moment de bonheur, « embellie » pour les autres, lieu d'affrontement exacerbé des courants idéologiques des années 1930, le Front populaire n'a cessé de fonctionner comme référence contradictoire où s'alimentent encore nos querelles d'aujourd'hui. Pourtant, à la différence de 1848 ou de la Commune de Paris, 1936 n'a pas donné lieu à de puissantes évocations littéraires : la vigueur de l'engagement journalistique des écrivains y contraste avec la relative pauvreté de l'expression romanesque. Les auteurs, s'attachant à défaire les visions manichéennes, ont voulu répondre à ce paradoxe : ils ont interrogé plusieurs témoins et acteurs du Front populaire et dépouillé la production journalistique et romanesque sur la période et le sujet considérés. En même temps qu'un panorama des idéologies en conflit, l'ensemble forme la première histoire littéraire du Front populaire.

302.          LINDBERGH (Charles). Trente trois heures pour Paris. Presses de la Cité, 1953, in-8°, 430 pp, traduit de l'américain, 24 pl. de photos, carte et documents hors texte, cart. éditeur, sans la jaquette, bon état

            25

Le 21 mai 1927 Charles Lindbergh (1902-1974) atterrissait au Bourget, réalisant ainsi la première traversée de l'Atlantique nord sans escale. Profitant de l'enthousiasme populaire et de la confusion qui régnait ce soir-là sur l'aéroport, un admirateur indélicat vola le journal de bord du “Spirit of Saint-Louis”, privant Lindbergh et ses contemporains d'un document « vécu » irremplaçable. L'aviateur mit plus d'une vingtaine d'années pour reconstituer l'enchaînement des événements. L'ouvrage parut finalement en France aux Presses de la Cité en 1953 sous le titre “Trente-trois heures pour Paris” (“The Spirit of St-Louis”). Le livre mêle souvenirs d'enfance et récit objectif de la traversée.

303.          MADIRAN (Jean). Ils ne savent pas ce qu'ils disent. Nouvelles Editions Latines, 1955, in-12, 183 pp, broché, bon état. Edition originale

            20

304.          MADIRAN (Jean). Ils ne savent pas ce qu'ils font. Nouvelles Editions Latines, 1955, in-12, 188 pp, broché, bon état. Edition originale

            20

Ouvrage ouvertement polémique par Jean Madiran, penseur du catholicisme traditionaliste. — "C’est un intellectuel catholique influent autant qu’un témoin et acteur des combats de la droite nationale qui est mort le 31 juillet 2013 à l’âge de 93 ans. Né en 1920, il était un des rares français encore vivants à avoir connu personnellement Charles Maurras et à avoir participé aux combats de l’Action française d’avant-guerre, écrivant déjà en 1940 dans le quotidien éponyme. Originaire de Libourne, attaché toute sa vie au Béarn, il était pour l’état-civil Jean Arfel. Il reste dans l’histoire comme le fondateur de la revue Itinéraires (1956) et du journal Présent (1982), auquel il collaborait encore quelques mois avant sa mort et qui demeure le seul quotidien pérenne se réclamant de la droite nationale à avoir été publié après 1944. Il avait en outre publié une trentaine d’ouvrages dont on retiendra “Ils ne savent pas ce qu’ils disent” (1955) et “Ils ne savent pas ce qu’il font” (1955), ainsi qu’en 1964, “L’intégrisme, histoire d’une histoire” et enfin en 1992, un “Maurras” qui peut être lu comme une chronique de son attachement indéfectible, mais parfois critique, envers le théoricien du nationalisme intégral..." (Jean-Yves Camus, août 2013)

305.          MARCHAIS (Georges). L'Espoir au présent. Editions Sociales, 1980, in-8°, 201 pp, broché, couv. illustrée d'une photo de G. Marchais, bon état

            12

306.          MARCHAIS (Georges). Le Défi démocratique. Grasset, 1973, in-8°, 249 pp, broché, bon état

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"Ecrit au lendemain des élections législatives de 1973, l'ouvrage de G. M. constitue une synthèse des analyses, des objectifs et de l'image de lui-même que le Parti communiste français entend promouvoir pour détruire les préventions qui existent à son égard et qui font obstacle à la victoire
électorale de l'union de la gauche. Reprenant les critiques essentielles adressées par le mouvement communiste au régime capitaliste et à « ce qu'on appelle par antiphrase “le monde libre” », il s'attache surtout à démontrer le caractère humaniste, patriotique et démocratique du projet et de la pratique communistes. G. M. réaffirme l'attachement de son parti aux valeurs et aux procédures de la démocratie représentative et renouvelle les garanties offertes notamment à la petite propriété, à la démocratie locale, aux libertés intellectuelles et religieuses par le « régime démocratique nouveau » que le PCF entend contribuer à instaurer. D'une lecture aisée, l'ouvrage aborde de front la plupart des questions posées au PCF, même si les réponses qu'il y apporte n'emportent pas toujours la conviction, par exemple lorsque, prompt à déceler et à dénoncer l'antisoviétisme, il brosse un tableau fort peu critique de la réalité socialiste en Europe orientale, tout en niant l'existence d'un « modèle » de socialisme. L'ensemble traduit néanmoins un incontestable effort pour dépeindre avec simplicité et sincérité un Parti communiste « à coeur ouvert » qui entend assumer tout à la fois l'ambition révolutionnaire et l'héritage de la tradition française." (Revue française de science politique, 1974)

307.          MARCHAIS (Georges). Parlons franchement. Grasset, 1977, in-8°, 224 pp, broché, couv. illustrée d'une photo de G. Marchais, bon état

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"Amis ou adversaires, les Français ont les yeux tournés vers le Parti communiste. Ils voient en lui une force influente de la vie nationale. Ils veulent savoir ce que sont les communistes et ce qu'ils proposent. Ils le veulent d'autant plus qu'ils ont conscience de vivre un de ces moments importants où beaucoup de choses peuvent changer en France. Parmi les questions innombrables qui lui sont posées au cours de ses nombreux déplacements à travers les régions de France, ou dans son courrier quotidien, Georges Marchais a retenu celles qui reviennent constamment. Il s'agit d'interrogations essentielles, qui portent sur des points auxquels les Français attachent une importance décisive. Ces questions sont au nombre de dix : dans ce livre, Georges Marchais y répond à son habitude. Franchement." (4e de couverture)

308.          MASSIS (Henri). Au long d'une vie. Plon, 1967, in-8°, 276 pp, préface de Thierry Maulnier, cart. éditeur, jaquette, bon état. Edition originale sur papier courant, enrichie d'un envoi a.s.

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Souvenirs de Henri Massis (1886-1970). C'est par sa collaboration avec Alfred de Tarde, pour la publication d'enquêtes sur "Les Jeunes Gens d'aujourd'hui", que Massis se fait connaître en 1911. Né à Paris, proche de Péguy de 1910 à 1914, il se rapproche de Maurras, à qui il restera fidèle toute sa vie. Mais il n'appartiendra jamais lui-même à l'Action française. En 1919, il lance le "Manifeste du Parti de l'intelligence", qui recueille un nombre très grand de signatures dans les milieux de l'intelligentsia conservatrice. Fort de ce succès, il fonde l'année suivante, avec Jacques Bainville, "La Revue universelle", qu'il dirigera jusqu'en 1944. Ami de Maritain, il soutient Bernanos à ses débuts littéraires et se trouve à ses côtés lors de la condamnation de l'Action française en 1926. Par contre, il attaque violemment André Gide, en qui il voit le représentant d'une pensée et d'un art décadents et délétères. Pour faire contre-feu à la condamnation de l'Italie par la S.D.N. (1935) après l'invasion de l'Ethiopie, Massis, qui est partisan d'une entente avec le régime fasciste de Mussolini, se fait le porte-parole d'une certaine droite lorsqu'il rédige le "Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe". Membre, en 1940, du Conseil national du maréchal Pétain, son activité ne se ralentit pas après la guerre ; militant à l'Union des intellectuels indépendants, il collabore à de nombreux journaux et revues d'extrême droite comme "Aspects de la France", "La Nation française", "Itinéraires". Penseur rigoureux, et même quelque peu rigide, Massis écrivain s'illustra surtout dans le genre de l'essai littéraire et politique ("Défense de l'Occident", 1927 ; "D'André Gide à Marcel Proust", 1948 ; "Maurras et notre temps", 1951). L'Académie française l'accueillit en son sein, en 1960. Il publia encore "Barrès et nous" (1962) et des Mémoires : "Au long d'une vie" (1967).

309.          MÉGEVAND (Louis). Le vrai Salazar. Nouvelles Editions Latines, 1958, in-12, 219 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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310.          MÖLLER (Horst). La République de Weimar. GLM, 2005, in-8°, 367 pp, traduit de l'allemand, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Née de la révolution de novembre 1918, victime de la prise de pouvoir nationale-socialiste en 1933, la république de Weimar a laissé un souvenir ambigu : d'un côté, un régime fragile, ébranlé de 1919 à 1923 par les insurrections, les tentatives de coup d'Etat, la crise économique et l'occupation alliée, incapable d'enrayer la montée en puissance d'Hitler et de ses partisans ; de l'autre, la première tentative de démocratie allemande, ère sans précédent de liberté politique, de foisonnement intellectuel et de créativité artistique. Dans ce livre, devenu un classique en langue allemande, l'historien Horst Möller nous met en garde contre tout déterminisme. Si ses chances de réussite étaient faibles, la république de Weimar n'était pas irrémédiablement vouée à l'échec. Héritiers de la défaite et de la révolution, chargés du lourd fardeau du traité de Versailles, ses fondateurs parvinrent à construire un nouvel ordre constitutionnel et offrirent à l'Allemagne quelques brèves années de stabilité. Son échec final ne se comprend que dans le moyen terme de la période 1918-1945, marquée par la contestation et le renversement de la légalité ; l'idéologisation et la polarisation de tous les secteurs de la société. Son histoire est une leçon de culture politique, d'un actualité inentamée, sur la possibilité de la démocratie et les dangers qui la guettent. Une leçon qu'ont retenue les bâtisseurs de l'Allemagne moderne et que doivent méditer tous ceux, qui, en Europe, considèrent la démocratie non comme un acquis, mais comme un combat.

311.          MORLAND, BARANGÉ, MARTINEZ. Histoire de l'Organisation de l'Armée Secrète. Julliard, 1964, fort in-8°, 605 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

Les auteurs sont des trois fonctionnaires de police impliqués dans la lutte contre l'OAS, qui écrivent sous pseudonymes, et présentent une histoire-réquisitoire de l'OAS, "société anonyme à irresponsabilité illimitée". "Le temps est maintenant venu d'en étudier les causes, d'en démonter le mécanisme, d'en toucher du doigt les incertitudes, d'en démontrer la malfaisance et finalement l'inutilité". — "Publié hâtivement – sous des noms peut-être empruntés – cet ouvrage ne manque cependant pas d'intérêt quand il traite des années 1960-1962 : les renseignements invérifiables qu'il fournit sont plausibles et semblent souvent provenir de dossiers de police. Aucune histoire de la fin de l'Algérie française ne pourra éviter de s'y référer, même si les analyses ne brillent pas par leur compréhension vis-à-vis des défenseurs de l'Algérie française." (Revue française de science politique) — L'un des trois auteurs est le commissaire Delarue (selon Anne-Marie Duranton-Crabol, “Le Temps de l'OAS”, 1995).

312.          MOSCO. Mémoires d'Ex. Le PCF de 1920 à 1989. Ramsay, 1991, gr. in-8°, 211 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

En janvier 1991, La Sept et FR3 programment en trois parties la série Mémoires d’Ex, réalisée par Mosco Boucault sur d’anciens membres du PCF de 1920 à nos jours. Les trois diffusions sont immédiatement suivies de violentes polémiques. En effet, encensé ou dénigré, puissant ou faible, le PCF a marqué des générations d’hommes et de femmes. Mosco Boucault retrace son histoire en dressant le portrait de trois générations de militants qui en furent exclus. Mêlant interviews et archives, il revient sur leurs combats, leurs espoirs fanés et leurs doutes. Le livre contient le script des émissions ainsi que des témoignages qui ne sont pas passés à l'antenne et d'utiles précisions concernant la présence de Georges Marchais en Allemagne, durant la guerre. — "... Mosco présente le script enrichi de ses émissions consacrées à quelques ex-communistes hors du commun. En ne s'intéressant qu'au "côté humain" de cette aventure souvent tragique, souvent monstrueuse, presque toujours destructrice pour ses acteurs, le livre nous fait mieux comprendre quels types de dispositions dans quels types de contextes ont pu produire des comportements qui présentés isolément pourraient paraître incommensurables avec ceux du monde extérieur au communisme..." (Jacques Lévy, Espaces Temps, 1992)

313.          NOËL (Léon, ambassadeur de France). Les illusions de Stresa. L'Italie abandonnée à Hitler. France-Empire, 1975, pt in-8°, 206 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Au printemps de 1935, le peuple italien n'aspirait qu'à la paix et Mussolini espérait encore que l'Anschluss pourrait être évité. A cette fin, il était prêt à passer avec la France des accords militaires défensifs face à l'Allemagne. Dans le même temps, toutefois, le gouvernement britanique s'obstinait à chercher un terrain d'accommodement avec Hitler et se préparait à conclure avec lui, à notre insu, un accord naval. Ce fut dans ce climat d'équivoque que se déroula, en avril 1935, la Conférence de Stresa dont l'objectif devait être de constituer un front commun franco-anglo-italien contre la politique expansionniste du IIIe Reich...

314.          NOLTE (Ernst). Les Mouvements fascistes. L'Europe de 1919 à 1945. Calmann-Lévy, 1969, in-8°, 363 pp, biblio, broché, couv. à rabats, bon état

            20

Grand classique de l'histoire contemporaine, l'ouvrage d'Ernst Nolte dresse le portrait des nombreux mouvements fascistes européens de 1919 à 1945. Comment le fascisme s'est-il développé ? Par quelles figures a-t-il été porté au pouvoir ? Tout en cherchant à définir les traits essentiels de l'idéologie fasciste, Ernst Nolte examine les singularités de chacun des mouvements qui s'en revendiquent, livrant une analyse comparative de la montée du fascisme en Europe. Salazarisme portugais, métaxisme grec, oustachis croates, Croix fléchées hongroises : tous sont ici présentés et étudiés à l'aune d'un contexte historique européen aux enjeux complexes.

315.          PALMIER (Jean-Michel). Sur Marcuse. UGE, 1968, in-12, 188 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. 10/18)

            10

Herbert Marcuse arrivait en France au moment où commençait le mouvement étudiant de Mai, qui se réclame de lui. Sur le bureau de Rudi Dutschke, leader du S.D.S., à Berlin, "L'homme unidimensionnel" voisine avec les oeuvres de Marx. Pourtant, il y a quelques années, la traduction d' "Eros et Civilisation" n'avait pas été un événement. Qui est donc Marcuse, l'un des plus brillants philosophes de cette école freudo-marxiste allemande des années 30, condamnée et baillonnée par le national-socialisme, et depuis, si méconnue. Un jeune philosophe, Jean-Michel Palmier, nous fait découvrir l'un des rares penseurs révolutionnaires qui, à soixante ans, ait une audience internationale et une influence déterminante.

316.          PASSERON (André). De Gaulle parle : des Institutions, de l'Algérie, de l'armée, des Affaires étrangères, de la Communauté, de l'économie et des questions sociales (1958-1962). Plon, 1962, in-8°, 592 pp, préface de J.-R. Tournoux, broché, bon état

            25

"Ce recueil méthodique des principales déclarations du général de Gaulle, de mai 1958 à avril 1962, constitue un ouvrage de référence du plus grand intérêt. Les extraits sont classés sous les différentes rubriques énumérées dans le titre. Un texte de liaison permet de restituer le climat dans lequel ont été prononcées les paroles du chef de l'Etat. En annexes, la chronologie des déclarations, allocutions et conférences de presse, celle des voyages en province et en Algérie." (Revue française de science politique, 1962)

317.          PASSERON (André). De Gaulle parle, 1962-1966. Fayard, 1966, in-8°, 450 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            25

"Ce livre fait suite au De Gaulle parle 1958-1962 ; alors que le problème algérien dominait la période précédente, c'est surtout à la réforme constitutionnelle et aux problèmes de politique étrangère que le général de Gaulle applique, à partir de 1962, son génie du verbe ; A. P. offre ainsi une vue d'ensemble du premier septennat considéré sous l'angle, inusité mais combien révélateur, de « l'expression verbale de la politique gaulliste et de son évolution vivante ». En annexe, un « Dictionnaire des mots gaullistes » renseigne le lecteur, avec pittoresque, sur « le fiel, la bile et le vinaigre ». Comme le précédent ouvrage du même auteur, ce recueil constitue un très précieux instrument de référence." (Revue française de science politique, 1966)

318.          PAXTON (Robert O.). Le Fascisme en action. Seuil, 2004, in-8°, 435 pp, traduit de l'anglais, essai bibliographique, 2 index, broché, couv. illustrée, soulignures stylo, bon état

            15

Qu'est-ce que le fascisme ? En réponse à cette question, maints historiens, sociologues ou politiques se sont employés à identifier une essence et à donner une définition abstraite du phénomène. Robert 0. Paxton. lui, a voulu partir du vécu historique. Il suit, étape par étape, comment germent les mouvements fascistes, comment ils prennent leur place dans un système politique en crise, comment ils accèdent au pouvoir, en exploitant. les difficultés d'une société aux abois et en profitant de nombreuses complicités jusqu'au cœur de l'establishment. Le chef "charismatique", les hommes de main et les propagandistes ne sont pas absents, mais relégués à leur juste place dans un phénomène politique global.

319.          PEYREFITTE (Roger). Manouche. Flammarion, 1972, pt in-8°, 267 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Manouche, née Germaine Germain en 1912 et morte en 1982, a été la compagne du truand marseillais Paul Carbone. Elle "l'assistait" dans ses affaires de maisons closes. Après la mort de Carbone, dont elle a eu un fils, elle a tenu des restaurants, à Paris puis à Tanger. Manouche se caractérisait par un goût prononcé pour le whisky, et un franc-parler souvent ordurier qui ravissait la cour de jeunes gens froufroutants qui lui tenait compagnie. — "Pas un cinéaste, pas un romancier, pas un artiste n'eût osé inventer Manouche, son personnage, son caractère, son destin. Elle a été belle, adulée, couverte de bijoux par les truands et les lords. Elle a donné, pas tout à fait exprès, un fils au célèbre Carbone. Elle a connu le Tout-Paris et les maisons aux volets clos, les faiblesses des grands, la grandeur et la bonté des petits. Elle a été traînée dans la boue, ruinée, mais toujours crainte et, d'une certaine façon, respectée. Roger Peyrefitte lui a prêté sa plume et son immense talent, sans retenue et sans pudeur. Le résultat, le voilà : un recueil de souvenirs tellement extraordinaire, vivant et haut en couleurs qu'on en sort éberlué et presque incrédule. Pourtant c'est vrai, tout est vrai."

320.          PEYREFITTE (Roger). Tableaux de chasse, ou la vie extraordinaire de Fernand Legros. Albin Michel, 1976, in-8°, 441 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Fernand Legros (1931-1983), est un marchand d'art américain d'origine française, qui fut condamné pour vente de faux tableaux dans les années 1970. Il est considéré comme un des plus grands fraudeurs du marché de l'art de la seconde moitié du XXe siècle.

321.          PHILIPPON (Jean). La Nuit des longs couteaux. Histoire d'une intox. Armand Colin, 1992, fort in-8°, 436 pp, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Ouvrage issu de thèse)

            30

La Nuit des longs couteaux ? De Müzenberg, génie de l'agit-prop, à Brecht, Visconti ou Marlis G. Steinert, le même scénario a été présenté : une bonne dose de lutte des classes, un diktat des généraux au Führer ou une mystérieuse convergence des intérêts de la Réaction et de Hitler, avec un zeste de barbarie germanique. Un vrai roman : mais la réalité dépasse cette fiction... — "Version abrégée d'une thèse de doctorat mettant à jour des éléments jusqu'alors mal connus de la « nuit des longs couteaux » (29-30 juin 1934) et de l'élimination de Rohm et des SA par le chancelier Hitler. Ce travail se fonde sur un dépouillement exhaustif de la littérature existant à ce sujet. Il apporte en outre des informations inédites tirées de pièces administratives de toutes espèces : archives régionales, télégrammes de police en particulier, provenant de fonds situés pour l'essentiel dans l'ancienne Allemagne de l'Ouest (ces archives de l'ex-RDA étant demeurées inaccessibles à l'auteur). Hors cette lacune, un éclairage à peu près définitif sur l'écrasement de l'aile «révolutionnaire» du national-socialisme allemand." (Revue française de science politique, 1997)

322.          PLUMYÈNE (Jean) et Raymond LASIERRA. Les Fascismes français, 1923-1963. Seuil, 1963, in-8°, 319 pp, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, C. de bibl., bon état

            25

Le fascisme ne s'est pas imposé à la France comme à l'Allemagne et à l'Italie – ou, sous des formes bâtardes, à l'Espagne ou au Portugal. Il lui a fallu l'occupation allemande pour se saisir par effraction d'une partie du pouvoir... Qu'est-ce donc, en France, que le fascisme ? De Georges Valois à Marcel Déat, de Doriot à Bardèche, de Drieu La Rochelle à Susini et aux hommes de l'O.A.S., Jean Plumyène et Raymond Lasierra recensent, à travers un demi-siècle d'histoire de France, les effectifs, les techniques et les thèmes du fascisme français. Sans céder aux commodités du conformisme antifasciste ils décrivent ici les avatars d'une idéologie. — "La France de l'entre-deux guerres n'a pas connu les bouleversements économiques et sociaux de l'Italie et de l'Allemagne. La révolution a avorté dans l'œuf. Si l'on admet en schématisant, selon la thèse d'un ouvrage récent (Les fascismes français 1923-1963), que le fascisme a été l'expression d'une crise nationale dans des pays en proie à une rapide transformation industrielle, la France n'a connu ni l'un, ni l'autre. En revanche, la stagnation économique lui a valu un bouleversement qui, pour être silencieux, n'a pas été moins profond..." (Pierre Nora, Annales ESC, 1964)

323.          PONCINS (Léon de). Espions soviétiques dans le monde. Nouvelles Editions Latines, 1961, in-12, 192 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

            20

Loin de vouloir « coexister pacifiquement », le Communisme occupe déjà et compénètre, de ses agents sans nombre, toutes les nations du globe... — Le vicomte Léon de Poncins (1897-1976) est un catholique traditionnaliste, antisémite et anticommuniste. Il explique la plupart des grands bouleversements politiques et révolutionnaires de la modernité par l'action de courants issus de certaines sociétés secrètes porteuses d'une « foi » opposée à celle du christianisme : il vise notamment des mouvements révolutionnaires, juifs, sionistes ou autres, ainsi qu'une « guerre secrète » dirigée par une « foi » de nature diabolique. Ses écrits portent parfois des thèses à caractère anti-maçonnique où l'on reconnait certaines idées de la contre-révolution. Dans ses essais conspirationnistes, il dénonce des complots maçonniques (les liens entre la franc-maçonnerie et la Révolution française, la Société des Nations, etc.) et l'influence juive dans les affaires catholiques. De Poncins se montre particulièrement antijudaïque, anti-communiste et anti-progressiste. Jusqu'à sa mort, il dénonce les forces occultes et les organisations qui mènent le monde et corrompent le christianisme. — Table des matières : L'espionnage soviétique au Canada – Le procès d'Ottawa ; L'affaire Alger Hiss – Wittaker Chambers aux Etats-Unis ; Les morts mystérieuses aux Etats-Unis ; L'affaire Fuchs-Rosenberg aux Etats-Unis ; L'affaire Burgess-MacLean en Angleterre ; L'affaire Pontecorvo – Canada, Angleterre, Italie ; L'espionnage soviétique en Extrême-Orient, l'affaire Sorge ; Les répercussions de l'affaire Sorge aux Etats-Unis ; L'espionnage communiste en France ; Conclusions générales qui se dégagent de ces affaires d'espionnage ; La guerre subversive.

324.          POTOCKI (Comte). Châtelain en Pologne. Mémoires du comte Potocki. Julliard, 1961, in-8°, 349-(16) pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de gravures et photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. de la comtesse Potocki et du traducteur. Peu courant

            50

Mémoires d'un aristocrate polonais cosmopolite. L'auteur (1886-1958) descend de la duchesse de Dino et de sa fille Pauline de Talleyrand, marquise de Castellane. Il naît au château de Lancut, en Galicie, région de la Pologne, province autrichienne jusqu'en 1918. A l'avènement du régime communiste en Pologne, il s'installe en France, l'hôtel Potocki étant l'actuelle Chambre de commerce, 27 avenue de Friedland à Paris.

325.          PROST (Antoine). Petite histoire de la France au 20e siècle. Armand Colin, 2002, gr. in-8°, 153 pp, repères chronologiques, cartes, notices biographiques, tableaux, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. U)

            20

Pour comprendre l'évolution de la France du début du 20e siècle a nos jours, voici un manuel court qui est en même temps une synthèse originale. C'est un manuel : plan clair, repères chronologiques au début de chaque chapitre, annexes statistique et bibliographique, notices sur les principaux hommes politiques. L'essentiel est dit. Il constituera un utile instrument de travail. Il est court : 160 pages, y compris les annexes et les cartes. C'est une synthèse : l'auteur ne se limite pas à tel ou tel aspect de l'évolution française ; il ne traite pas seulement l'histoire politique ou la croissance économique. Il s'efforce au contraire de nouer solidement ensemble l'économique, le social et le politique, et de montrer leurs influences réciproques. Elle est originale. La manière même dont l'auteur découpe son sujet et dont il articule les six chapitres du livre suggère une interprétation largement personnelle. Les événements ne sont pas juxtaposés de façon scolaire, mais intégrés à un récit cohérent qui met en perspective notre histoire depuis un siècle.

326.          PUGET (René). 10.000 heures de vol. Flammarion, 1959, in-8°, 229 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'aventure vécue), envoi a.s.

            25

"Ces 10.000 heures sont celles d'un pilote de guerre devenu pilote de ligne d'une grande compagnie. Comment un garçon, passionné, comme beaucoup d'autres, par l'aviation, alors qu'il était enfant, mais touché aussi de cette vocation impérieuse que requiert le pilotage, parvint à fléchir la volonté de ses parents, à faire son apprentissage dans l'armée de l'Air, comment il servit dans la R.A.F. puis, plus tard, sur les lignes commerciales, voilà ce que révèlent ces pages. Tout y est empoignant : la flamme qui anime le débutant, la ténacité qu'il faut pour vaincre les obstacles jusqu'à devenir pilote confirmé, le courage avec lequel, dans la R.A.F., il affronte les dangers qu'il lui faut traverser lors des missions de bombardements et, plus tard, les péripéties de sa carrière de pilote de ligne. On y apprend beaucoup sur la vie à bord d'un long ou moyen-courrier, les responsabilités du chef de bord, la façon de celui-ci fait si souvent face à l'imprévu sans qu'aucun passage s'en doute, les précautions prises. Voilà de quoi rassurer ceux qui prennent souvent l'avion, s'il en est encore qui s'inquiètent. L'auteur dit simplement ce qu'il a vu, ce qu'il a senti, quelles joies lui donna l'aviation. Il entraîne ainsi le lecteur à sa suite dans ce monde de l'air si merveilleusement exaltant." (2e plat de la jaquette)

327.          RÉMI (Fernand, prêtre ouvrier et colporteur). Mission publique. Aventures d'un curé. Récit vécu. Mouvement précurseur des prêtres ouvriers. P., aux Editions de l'œuvre de tous, 1951, in-12, 152 pp, broché, bon état

            20

C'est l'histoire de trois paroisses d'une ville ouvrière qui font donner une Mission dans chacune. Pendant ce temps, un prêtre ouvrier visite l'extérieur des paroisses et fait une quatrième Mission à domicile chez ceux qui ne fréquentent pas l'Eglise. En dépit des péripéties avec l'Evêché et la police, on remarque des flots innombrables de confessions pascales et de communions, autant chez les convertis que chez les non-pratiquants. Les ouvriers adhèrent au mouvement Mission et laïcat chrétien - aux vérités de foi, de justice, de dévouement... Le tout est écrit en un style attachant et très humoristique. (Prière d'insérer)

328.          ROUSSEL (Eric). Pierre Mendès France. Gallimard, 2007, gr. in-8°, 605 pp, 73 photos sur 32 pl. hors texte, notes, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Biographies)

            25

Pierre Mendès France (1907-1982) est, avec le général de Gaulle, le seul grand acteur de la vie publique qui, dans la seconde moitié du XXe siècle, a suscité un mythe. Sa trace dans l'Histoire ne se limite pas à son bref passage au pouvoir de juin 1954 à février 1955, sept mois et dix-sept jours marqués par le règlement de la guerre d'Indochine et le début du processus d'indépendance de la Tunisie. Le rayonnement et l'influence de cet homme de gauche réaliste se sont exercés bien au-delà de sa famille politique d'origine. Pour plusieurs générations de hauts fonctionnaires, de cadres dirigeants, d'intellectuels et de citoyens anonymes, Mendès France a été une référence morale. Si de Gaulle avait une certaine idée de la France, lui incarnait une certaine idée de la République, avec pour principes le souci du bien commun, le respect de l'adversaire, la volonté de dire toujours la vérité. S'écartant d'une légende simplificatrice, Eric Roussel est parti à la recherche de cet homme courageux, complexe, attachant, quelquefois paradoxal. De ses débuts de jeune élu radical en Normandie à ses relations passionnelles avec de Gaulle et compliquées avec François Mitterrand, maints épisodes que l'on croyait connus apparaissent sous un jour nouveau, tandis que se révèle un être sensible, très marqué par le procès inique que lui intenta le régime de Vichy, et plus d'une fois en proie au doute. Fondé sur une vaste enquête dans les archives françaises et étrangères, les témoignages de proches de Mendès France et ses écrits inédits les plus intimes, ce livre éclaire un destin d'exception profondément ancré dans la mémoire nationale.

329.          ROUVIÈRE (J.-L.-L.). Vérités premières de la dernière heure. Editions du Conquistador, 1952, in-12, 300 pp, broché, non coupé, bon état

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Enfin, la Vérité !... — Table : Quelques vérités générales ; Quelques vérités particulières ; Et maintenant ? ; Quelques vérités prémonitoires adressées, en leur temps, à certains «Consuls» pour qu'ils prennent garde ; Tours d'horizon depuis la Libération ; Documents officiels et secrets.

330.          SAYERS (Michel) et Albert E. KAHN. La Grande conspiration contre la Russie. Ed. Hier et Aujourd'hui, 1947, fort in-12, 461 pp, traduit de l'américain, broché, bon état

            25

"... Ceux qui veulent connaître dans tous ses détails la conspiration trotskiste, ceux qui veulent apprendre ce que signifia le trotskisme pour la Russie ; ceux qu’il intéresse de savoir à quelle source viciée les trotskistes actuels puisent leurs arguments et les motifs de leurs provocations, qu’ils lisent ce livre : ils y trouveront l’histoire complète, minutieuse de cet homme que Lénine appelait le « Judas de la Révolution russe », et de tous ses adeptes vendus comme lui aux fascistes allemands et japonais. Sayers et Kahn, pierre après pierre, élèvent sous nos yeux la Cinquième colonne, qui, à l’intérieur de l’URSS, cherchait à ébranler, puis à perdre le régime soviétique. Ils montrent Trotsky lançant ses campagnes de propagande meurtrière, “tenant bon”, espérant la mort de Staline, et se reposant sur Hitler du soin de préparer son effondrement, avec l’aide de ses disciples ; Trotsky en qui vinrent se fondre tous les venins de l’antibolchévisme, et qui servit le capitalisme de tout son pouvoir, jusqu’à sa mort." (Léopold Durand, Cahiers du Communisme, n° 10, octobre 1947)

331.          THOMAS (Hugh). La Guerre d'Espagne. Laffont, 1964, fort gr. in-8°, 697 pp, traduit de l'anglais, 24 pl. de photos hors texte, 34 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, état correct

            25

Voici le premier ouvrage publié à ce jour qui puisse valablement s'intituler « Histoire de la guerre d'Espagne ». Hugh Thomas était un enfant quand, le 17 juillet 1936, le premier coup de feu de la guerre civile éclata au-dessus de l'Espagne. Vingt ans après, c'est en historien – l'historien qu'ont fait de lui Cambrigde et la Sorbonne – et non en partisan que Hugh Thomas entreprend les longues recherches qui, en quatre années, lui ont permis de mener à bien ce livre dont la presse anglaise et la presse américaine unanimes ont vanté l'exactitude, l'honnêteté et l'objectivité. Fondé sur la documentation la plus sûre, puisée aux sources des deux camps et de toutes les nations qui se trouvèrent mêlées au conflit, La Guerre d'Espagne est cependant plus qu'une « étude ». C'est un livre vivant, animé, passionnant, qui fait réellement « participer » son lecteur à cette guerre qui demeure la plus grande aventure politique et morale de notre temps.

332.          TOURNOUX (J.-R.). La tragédie du Général. Plon/Paris-Match, 1967, fort in-8°, 697 pp, documents inédits en annexes, index, cart. éditeur, jaquette, bon état

            25

"Cette oeuvre est importante pour connaître de Gaulle, ses expressions, son style, ses jugements sur les événements et les hommes. Qu'il s'agisse de l'attente à la Boisserie, avec ses déceptions renouvelées, ou des drames plus récents, ceux de l'Algérie et des déchirements qui ont suivi les accords d'Evian, ou des méditations sur la succession, nous avons là des secrets ou des demi-secrets recueillis auprès des gens les mieux renseignés. Et même plusieurs fois le Général de Gaulle a reçu l'ancien officier devenu journaliste. Petite histoire, grande histoire : tout se tient. Est-il besoin de dire après cela que ce livre souffre des limites du genre adopté par l'auteur. Les services de renseignements sont indispensable ; Dangeau, Luynes ou Caulaincourt sont précieux pour l'histoire, mais leurs contributions sont à contrôler ; et puis une confidence même reçue d'un homme autorisé est inévitablement enlevée au contexte même de l'entretien ; le ton, la réticence peut-être, le sourire, tout cela disparaît dans le récit suivi que nous donne l'auteur et qui n'est plus qu'une transposition, qu'une interprétation parmi d'autres possibles. Cette réserve faite, on est repris par l'intérêt de tant de richesses. Notons entre autres, dans le chapitre VI de la deuxième partie, les révélations sur la position religieuse du Président. Elles exigeraient, c'est sûr, des compléments et des mises au point. Mais une première indication sur ce sujet capital est déjà pleine d'intérêt." (E. Tesson, Etudes, 1968)

333.          ULAM (Adam B.). Les Bolcheviks. Fayard, 1973, fort in-8°, 654 pp, traduit de l'américain, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Histoire sans frontières)

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Le plus grand mystère du XXe siècle, c'est la prise du pouvoir en novembre 1917 de l'immense empire tsariste par une poignée de révolutionnaires : les Bolcheviks. — "L'importante étude qu'Adam Ulam a consacrée à Lénine et aux bolcheviks constitue certainement une des meilleures contributions non seulement à la connaissance de la personnalité de Lénine mais plus encore aux idées et à l'action politique du premier dirigeant bolchevik. Son Lénine est sans doute le plus « humain » et le plus compréhensif de tous, et l'analyse que donne Ulam de la transformation de l'intellectuel révolutionnaire en homme d'Etat responsable est extrêmement pénétrante. Cet ouvrage de synthèse a par ailleurs le grand mérite de replacer les idées de Lénine dans la tradition de la pensée révolutionnaire russe du XIXe siècle qui, aux yeux de l'auteur, est un élément d'explication indispensable dans l'étude du léninisme." (Renata Bournazel, Revue française de science politique)

334.          WALTON (Paul). La Légion des Caraïbes. Société de presse et d'éditions, Collection Action, 1965, in-8°, 201 pp, 4 pl. de photos hors texte, jaquette illustrée, bon état

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Des agents américains aux côtés de Fidel Castro et des révolutionnaires sud-américains dans les années d'après-guerre. — "Le 17 avril 1961, vers deux heures du matin, une curieuse flotille dans la Baie des Cochons, au sud de Cuba. Cinq vieux rafiots rouillés, trois péniches de débarquement et un yacht transformé en navire-hôpital transportent la force d'intervention qui doit renverser Fidèle Castro. L'opération, mal préparée, échoue après quelques jours de combat. Le monde apprend alors le nom de l'instigateur de cette sanglante équipée. Il s'agit d'Allan Dulles, chef de la toute puissante C.I.A. (Central Intelligence Agency), vouée aux missions spéciales de la politique américaine. Quelques années plus tôt, la même C.I.A. avait couvé une autre force d'intervention, la « Légion des Caraïbes » et un de ses dirigeants : un certain Fidel Castro... Ce sont les évenements peu connus de cette période et de la vie de cet homme qui sont rapportés dans ce livre. L'auteur n'est pas un écrivain mais un agent secret. Il fut chargé par son gouvernement de fournir des renseignements sur la « Légion des Caraïbes », dont il devint membre de 1948 à 1954..." (Avertissement des Editeurs)

335.          ZEMMOUR (Eric). L'homme qui ne s'aimait pas. Balland, 2002, in-8°, 247 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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L'itinéraire de Jacques Chirac de 1956 à 2001. L’auteur passe en revue l'entourage du chef de l'État : parents, belle-famille, Bernadette, Claude... On y croise aussi Charles Pasqua, Marie-France Garaud et tous ceux qui ont mené (parfois malgré eux) Jacques Chirac au pouvoir. — "Cent fois, il a pensé s'arrêter, cent fois, il a continué. Cent fois, il a trouvé les autres meilleurs que lui ; cent fois, il les a abattus. Toute sa vie il a fait de la politique comme on va au boulot, chaque matin, sans se prendre pour le maître du monde. Pourtant, depuis qu'il est à l'Elysée, il songe parfois avec orgueil que son modeste métier est devenu destin. La politique a été pour lui un hasard et une nécessité, un mode de vie pour mettre à distance la vraie vie, un moyen commode de courir pour mieux se fuir, une manière festive de croquer l'existence avec ses grandes dents de loup faites pour manger tous les petits Chaperons rouges ; donner un peu de bonheur individuel aussi parfois. Il n'a jamais cru au grand soir, jamais cru que la politique changerait le monde. On lui reproche d'avoir mélangé caisse publique et caisse privée. Mais a-t-il eu une vie privée ? Il veut être protégé, respecté, considéré. Il ignore superbement l'avertissement du général de Gaulle : "L'aventure individuelle est une passion enfantine." Il s'en moque." (4e de couverture)

1ère GUERRE MONDIALE

 

336.          CHURCHILL (Winston S.). Mémoires de la Grande Guerre. Tome 2 : 1915-1918. Tallandier, 2014, gr. in-8°, 596 pp, préface de François Kersaudy, broché, couv. illustrée, bon état

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Tome 2 seul (sur 2). — "C'était quelques minutes avant la onzième heure du onzième jour du onzième mois de l'année 1918. Je me tenais à la fenêtre de mon bureau en attendant que Big Ben nous annonce la fin de la guerre. Mon esprit vagabond se reportait, par-delà ces années de souffrances, à la nuit de tension à l'Amirauté où j'attendais le même carillon pour donner le signal des hostilités aux flottes et aux escadres répandues sur le monde. Et maintenant, tout était fini !" – Ce second volume des “Mémoires de la Grande Guerre” s'ouvre sur l'année 1915, pour s'achever avec la victoire de 1918. Rendu responsable du sanglant échec de l'opération des Dardanelles, Winston Churchill, alors Premier lord de l'Amirauté, doit démissionner du gouvernement en novembre 1915. Mais il n'en reste pas moins actif et rejoint le front de France. C'est en tant que chef de bataillon réserviste qu'il participe aux combats dans les tranchées des Flandres jusqu'en mai 1916. Député à la Chambre des Communes, il porte un regard acéré sur cette Europe devenue un immense champ de batailles, et analyse avec justesse les batailles de Verdun et de la Somme. Nommé ministre de l'Armement en juillet 1917, il devient le Carnot de la Grande Guerre, tout en suivant le déroulement des opérations sur le terrain jusqu'à l'armistice final. – Churchill se fait le chroniqueur des événements qui ont bouleversé l'Europe et dont il a été le témoin autant que l'acteur. On y retrouve des jugements bien tranchés sur les hommes politiques et les militaires de l'époque, un ton épique, un style admirable et un humour omniprésent. Un document irremplaçable sur l'histoire de la Première Guerre mondiale.

337.          COLLAS (Philippe). Mata-Hari. Sa véritable histoire. Plon, 2003, in-8°, 403 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Mata Hari est un mythe, mais que savons-nous vraiment d'elle ? Pour la plupart des gens, Mata est l'archétype de l'espionne, de la femme fatale, de la beauté exotique et tragique... Une héroïne romantique en somme, une nouvelle et moderne incarnation d'Eve porteuse du péché. Pourtant, comme c'est presque toujours le cas, l'imaginaire est venu masquer une réalité qui dépasse la fiction. Savez-vous qu'elle a été arrêtée alors qu'elle espionnait pour les Français ? Savez-vous qu'elle travaillait pour Paris en se faisant financer par Berlin ? Savez-vous qu'elle a tenté tout cela par amour, pour l'amour d'un homme qui avait l'âge exact de son fils assassiné ? Savez-vous que son corps tant désiré ne sera jamais réclamé et finira disséqué ? Princesse, putain, créatrice, amoureuse, aventurière... Mata était tout cela, mais bien plus encore... Construit comme une enquête policière, ce livre suit à la trace celle que l'on peut considérer à juste titre comme la première femme du XXe siècle jugée et exécutée par des hommes qui défendaient les valeurs puritaines qu'elle avait toujours combattues. Fondé sur les documents les plus récents, il donne enfin une vision globale de Mata, de sa vie, de sa personnalité. Ajoutons qu'étant le petit-fils de Pierre Bouchardon, l'homme qui instruisit le procès de Mata, Philippe Collas a eu accès à des éléments familiaux, à des archives encore secrètes, à des éclairages jusque-là passés sous silence.

338.          Collectif. Simples récits de guerre. La campagne de 1914-15 dans la Meuse. Bar-le-Duc, Imprimerie Saint-Paul, 1915, in-12, 262 pp, qqs photos, broché, manque le 2e plat de couverture, état correct. Peu courant

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Le 6 septembre 1914, les Prussiens commencent à bombarder vers 11h puis pénètrent dans les rues de Revigny vers 13h, c'est alors que les bombardements français débutent... Une grande partie de la ville est touchée et brûle. La population était partie et seule une soixantaine d'habitants était restée... Le curé de Revigny à cette époque est l'abbé Halbin, qui faisait partie des habitants qui n'avaient pas quitté la ville ; il a laissé son témoignage de ces jours difficiles dans ce livre. On y trouve aussi le récit de ce qui s'est passé dans des villages voisins.

339.          DORGELÈS (Roland). Les Croix de bois. Albin Michel, s.d. (1919), in-12, 383 pp, reliure demi-chagrin lie-de-vin, dos à 5 nerfs filetés, titres dorés (rel. de l'époque), dos légèrement et uniformément passé, bon état, mais la couverture illustrée par Daragnès n'a pas été conservée

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Edition originale sur papier d'édition (ll n'a été tiré que 55 ex. en grands papiers) de ce livre inspiré de l'expérience vécue par l'auteur durant la Grande Guerre, qui obtint 4 voix sur 10 pour le prix Goncourt 1919, finalement remporté par Marcel Proust. “Les Croix de bois”, chef-d’œuvre de Roland Dorgelès, engagé volontaire, est un témoignage exceptionnel sur la Première Guerre mondiale. Avec un réalisme parfois terrible mais toujours d’une généreuse humanité, la vie des tranchées nous est décrite dans toute son horreur et aussi sa bouffonnerie, son quotidien et ses moments d’exception.

340.          FORESTIER (Ignace-Emile). Gendarmes à la Belle Epoque. Souvenirs recueillis par le colonel Jacques Forestier. France-Empire, 1983, 287 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Si 1900 m'était conté)

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Un officier de gendarmerie de la belle Epoque raconte ses souvenirs... et cela nous vaut un document exceptionnel sur la vie militaire et civile de cette période, dans un décor de chevaux et d'uniformes. “Toujours droit, sans compromission d'aucune sorte avec qui que ce soit” : tel fut la devise d'Ignace-Emile Forestier. Il légua à sa famille des cahiers qui renferment l'histoire de sa vie... C'est tout un monde disparu qui surgit d'entre ces pages et l'auteur excelle à nous brosser des scènettes de la vie provinciale, les bals de sous-préfectures, la chasse aux vagabonds et aux contrebandiers, puis les multiples aspects d'un Paris du temps de vivre. Son ton devient grave pour décrire les péripéties de la Grande Guerre. Chargé de la conduite des convois de ravitaillement en première ligne, il est cité et décoré. Un témoignage précieux.

341.          GAUDY (Georges). L'Agonie du Mont-Renaud. Souvenirs d'un poilu (du 57e régiment d'infanterie), Mars-Avril 1918. Nouvelles Editions Latines, 1957, in-12, 189 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Précédé d'un avant-propos : “Brèves réflexions sur sept livres de guerre”, où l'auteur rappelle que ce livre a été en 1942 interdit par les Nazis et explique son opposition à Norton Cru, lequel a pourtant apprécié la plupart des livres de Gaudy. — Mobilisé au 57e RI à partir de février 1916, Gaudy y combat jusqu’à la fin de la Grande Guerre. Il a publié ses Souvenirs d'un poilu en quatre volumes : Les Trous d’obus de Verdun (1922) ; Le Chemin des Dames en feu (1923) ; L’agonie du Mont-Renaud (1921) ; Le drame à Saconin et l’épopée sur l’Ingon (1930). Ce sont de très bons témoignages, les passages décrivant le croisement des troupes de relève, angoissées, avec les unités descendantes, fourbues et hagardes, sonnent vrai. C'est le caractère plat, a-littéraire, terne dans sa parfaite correction, du style de Gaudy, qui semble à Thibaudet le mieux cerner une vérité qui échappe au "trop travaillé" comme au "trop fruste".

342.          KASPI (André). Le Temps des Américains. Le concours américain à la France en 1917-1918. (Thèse). Publications de la Sorbonne, 1976, gr. in-8°, xiv-375 pp, préface de Jean-Baptiste Duroselle, 3 cartes, biblio, index, grand in-8, broché, couv. illustrée, soulignures crayon, bon état

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"... Les pages qui suivent ne sont pas seulement limpides et riches d'informations claires et bien établies. Elles expriment toute la richesse du contact qu'une guerre menée en commun a provoqué entre deux peuples animés, pendant toute leur histoire, d'une étrange amitié. André Kaspi a conçu et senti ce phénomène. Il l'a magistralement exposé et expliqué. Un professeur de mon âge est fier d'avoir de tels élèves." (Jean-Baptiste Duroselle, préface)

343.          LAWRENCE (T. E.). Les Sept Piliers de la sagesse. Payot, 1989, fort in-8°, 826 pp, traduit de l'anglais par Charles Mauron, broché, couv. illustrée, bon état

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Roman d'aventure, roman d'espionnage, roman d'initiation, “Les Sept Piliers de la sagesse” retracent l'itinéraire qui a conduit T. E. Lawrence du désert d'Arabie à la conférence de la Paix de Versailles, des rêves de la Révolte à la victoire amère de la Realpolitik. Appartenant à la lignée des Chateaubriand et des Barrès, Lawrence est un rêveur, un rêveur qui a transformé ses désirs en réalités : "je n'avais eu qu'un grand désir dans mon existence : pouvoir m'exprimer dans quelque forme imaginative. Mais mon esprit, trop diffus, n'avait jamais su acquérir une technique. Le hasard, avec un humour pervers, me jetait dans l'action, m'avait donné une place dans la Révolte arabe – m'offrant ainsi une chance en littérature l'art-sans-technique !" Cette chance nous a valu un des maîtres-livres de la littérature européenne. Malraux, Drieu La Rochelle et bien d'autres s'en inspireront. Quant au choc qu'il raconte entre l'Occident et l'Islam, nous en ressentons toujours les séquelles. — En 1926, Thomas Edward Lawrence publie “Les Sept Piliers de la sagesse”, autobiographie fascinante dans laquelle il mêle au récit de ses aventures en Arabie, analyses politiques et réflexions philosophiques. C'est comme une sorte de croisé qu'il est engagé dans la Grande Guerre : envoyé en Arabie pour établir la liaison avec le chérif de la Mecque en révolte contre le pouvoir ottoman. Il participe au soulèvement anti-turc et continue son action jusqu'à la Conférence de la paix où ses propositions sont écartées, et dénoncées les promesses qu'il avait faites d'unifier l'Orient arabe sous la souveraineté hachémite. Le colonel Lawrence démissionne de ses fonctions mais se rengage aussitôt, sous des noms d'emprunt, comme simple soldat. Il meurt en 1935, peu après avoir quitté l'armée, dans un accident de motocyclette. Lawrence a-t-il été, dans la révolte arabe, un chef de guerre, inventeur inspiré de la guérilla ? Ou bien un agent secret mythomane et doué pour les lettres ? Sa transformation en bédouin est-elle autre chose qu'un travestissement ? Qu'en est-il de son homosexualité ? Le mythe de Lawrence tient à une existence et à une personnalité hors du commun. Mais il ne serait rien sans ce texte qui s'impose comme un grand moment de la prose anglaise du XXe siècle.

344.          LUGAND (Fernand). Carnets de guerre d'un « poilu » savoyard. Montmélian, La Fontaine de Siloé, 2000, in-8°, 157 pp, présentés par Xavier Charvet, préface de Jean-Jacques Becker, 12 photos, 4 illustrations, 4 cartes, repères bibliographiques, généalogie, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Les souvenirs de guerre de Fernand Lugand auraient très bien pu demeurer enfouis à jamais dans les archives familiales où ils reposaient. Le devoir de mémoire de ses petits-enfants et l'œil perspicace du professeur Jean-Jacques Becker, éminent spécialiste de l'histoire de la Grande Guerre, les livrent enfin à la lumière et à la connaissance du grand public. Ce document brut, sans retouches, possède une valeur historique rare. Les experts lui reconnaissent une qualité exceptionnelle, car il "donne la clé de la guerre de 1914". Pour faire comprendre ce que furent ces combattants, l'auteur, chasseur alpin "de base", nous entraîne dans la montagne dévastée par la guerre. Dans son journal, il nous confie ses émotions et ses pensées les plus intimes...

345.          POINCARÉ (Raymond). Au service de la France. Neuf années de souvenirs. I. Le Lendemain d'Agadir. 1912. Plon, 1929, in-8°, 391 pp, 2 photos sur 2 planches hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin bleu, tête dorée, couv. conservées, imprimé sur beau papier blanc, bon état

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346.          POINCARÉ (Raymond). Au service de la France. Neuf années de souvenirs. II. Les Balkans en feu. 1912. Plon, 1929, in-8°, 429 pp, 2 photos sur 2 planches hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin bleu, tête dorée, couv. conservées, imprimé sur beau papier blanc, bon état

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347.          POINCARÉ (Raymond). Au service de la France. Neuf années de souvenirs. III. L'Europe sous les armes. 1913. Plon, 1929, in-8°, 367 pp, 11 photos sur 8 planches hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin bleu, tête dorée, couv. conservées, imprimé sur beau papier blanc, bon état

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"Ces trois premiers volumes constituent un remarquable tableau d'histoire contemporaine. Toutes les grandes questions de politique européenne qui ont été traitées à la veille de la guerre mondiale sont exposées ici de lumineuse façon et, à leur lecture, on se rend compte que l'attitude de l'Allemagne conduisait infailliblement le monde à un cataclysme. Le règlement de la question marocaine au lendemain de l'incident d'Agadir n'avait pas satisfait tout le monde en Allemagne. Une partie de l'opinion publique estimait qu'on avait cédé devant la France. Notre attaché militaire à Berlin, le colonel Pellé, écrivit alors un rapport fort documenté sur l'état d'esprit en Allemagne, rapport dont M. Poincaré donne de larges extraits. D'après le colonel Pellé, l'état-major de Berlin tient l'armée française en piètre estime : la discipline y est relâchée, les grèves et le sabotage gêneront la concentration ; de ce fait, la croyance dans la supériorité militaire de l'AIIemagne est un dogme profondément ancré dans tous les esprits. (...) Le troisième volume offre un intérêt capital. C'est l'histoire de l'année 1913. Les nuages s'amoncellent dans le ciel diplomatique. En janvier, ce sont les armements autrichiens. En face d'une France pacifique, ce sont maintenant les armements allemands. Nous y répondons par une augmentation de la durée du service militaire... L'orage s'annonçait. Il n'a même pas attendu pour éclater, la fin de 1914 !" (Revue militaire française, 1927)

348.          POINCARÉ (Raymond). Au service de la France. Neuf années de souvenirs. IV. L'Union sacrée. 1914. Plon, 1929, in-8°, 551 pp, 14 photos sur 8 planches hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin bleu, tête dorée, couv. conservées, imprimé sur beau papier blanc, bon état

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349.          POINCARÉ (Raymond). Au service de la France. Neuf années de souvenirs. V. L'Invasion. 1914. Plon, 1929, in-8°, 543 pp, 24 photos sur 16 planches hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin bleu, tête dorée, couv. conservées, imprimé sur beau papier blanc, bon état

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350.          POINCARÉ (Raymond). Au service de la France. Neuf années de souvenirs. VI. Les Tranchées. 1915. Plon, 1930, in-8°, 357 pp, 12 photos sur 8 planches hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin bleu, tête dorée, couv. conservées, imprimé sur beau papier blanc, bon état

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351.          POINCARÉ (Raymond). Au service de la France. Neuf années de souvenirs. VII. Guerre de siège. 1915. Plon, 1931, in-8°, 378 pp, 12 photos sur 8 planches hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin bleu, tête dorée, couv. conservées, imprimé sur beau papier blanc, bon état

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"... Toujours rédigée sous la forme d'un journal, nourrie presque exclusivement de textes du temps, les tomes VI et VII des Souvenirs sont documentaires par les pièces de correspondance diplomatique insérées et par les témoignages de l'ancien président sur des entretiens qui n'ont pas laissé de traces écrites. Le lecteur y prend donc une idée précise des vains pourparlers menés en été 1915, sur l'initiative russe, avec la Bulgarie, des discussions avec Londres sur l'expédition d'Orient et sur le sort de la Syrie... Les données sur les relations des politiques français et avec les militaires sont du plus vif intérêt..." (A. Lajusan, Revue d'histoire moderne, 1933)

352.          POINCARÉ (Raymond). Au service de la France. Neuf années de souvenirs. IX. L'Année trouble. 1917. Plon, 1932, in-8°, 448 pp, 13 photos sur 8 planches hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin bleu, tête dorée, couv. conservées, imprimé sur beau papier blanc, bon état

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"Ce volume des Souvenirs du grand homme d'Etat est comme les précédents, présenté sous forme de Journal. L'ouvrage est intéressant, et souvent important, pour l'étude de la politique intérieure française, et des rapports entre le gouvernement et le commandement. A côté de passages curieux ou piquants, le portrait de Ribot qui « porte le deuil de la liberté », les scènes nerveuses de Viviani, les préoccupations personnelles de tel autre, (car le Président ne ménage à peu près personne), les pages les plus notables ont trait à l'attitude de M. Painlevé lors des mutineries de mai 1917, aux dissentiments qui se manifestent à l'intérieur du Cabinet Ribot et qui aboutissent à la démission de l'amiral Lacaze, à la formation du ministère Clemenceau. Par contre, pour la politique extérieure, l'ouvrage est décevant. Les événements sont à peine indiqués c'est en quelques lignes que les révolutions russes sont mentionnées (« mauvaises nouvelles de Russie », disent les notes, et c'est tout) ; la résolution de paix du Reichstag et la suggestion du Saint-Siège ne le sont point du tout; les événements de Grèce et la déposition de Constantin sont presque passés sous silence. Sur l'affaire Sixte, les notes de M. Poincaré n'apportent aucun élément nouveau. Le seul fait d'ordre diplomatique qui retienne l'attention (parce qu'il a des répercussions de politique intérieure) c'est l'affaire Briand-Lancken..." (Pierre Renouvin, Revue d'histoire de la guerre mondiale, 1933)

 

353.          POINCARÉ (Raymond). Au service de la France. Neuf années de souvenirs. X. Victoire et armistice. 1918. Plon, 1931, in-8°, 467 pp, 10 photos sur 8 planches hors texte, reliure demi-basane prune, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin bleu, tête dorée, couv. conservées, imprimé sur beau papier blanc, bon état

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"Les nouveaux Souvenirs de M. R. Poincaré, toujours composés de notes journalières, traitent d'une « administration », celle de G. Clemenceau, peu riche en épisodes parlementaires et diplomatiques. Ce volume n'en reste pas moins important par ce qu'il dit, curieux par ce qu'il ne dit pas. Le président, s'il a pleinement apprécié la valeur unique du concours de G. Clemenceau, a mal supporté son personnalisme joyeusement agressif..." (A. Lajusan, Revue d'histoire moderne, 1934)

354.          ROY (Jules). Guynemer. L'ange de la mort. Albin Michel, 1986, gr. in-8°, 352 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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As des as, à qui on attribue toutes les vertus, éblouissant (53 victoires), Guynemer vit à peine le temps de devenir superstar et à 22 ans il disparaît dans le ciel. Comme Mermoz. Comme Saint-Exupéry. Pour mettre fin à son existence inouïe, presque illégale, immatérielle et incroyable, il n'y a que cette note le 12 septembre 1917, sur le carnet de comptabilité en campagne de I'escadrille n° 3 : "1 capitaine disparu". De lui, il reste un nom étrange, une figure d'illuminé, un regard volontaire, habité d'une chose inconnue, presque d'halluciné. Et une légende. Toute neuve. Elle sent les relents des popotes d'officiers de campagne, l'huile de ricin des moteurs Gnome-Rhône, l'odeur de pétrole brûlé des petites torpédos qui s'arrêtaient devant chez Maxim's et le Fouquet's. Légende encore avec la douce haleine des fourrures d'actrices, l'âcre fumée des obus, la teinture d'iode des hôpitaux, et l'encens des grand-messes. Héros de légende, héros rimbaldien, habité d'une quête, vague et terrible, d'absolu, mais qui, lui, ne renonce à rien. Le monde aura toujours besoin de saints et de poètes, de salauds et de héros. En voilà un, doublé d'un chevalier, tellement plus grand que sa légende. Il n'y en a plus. C'est le dernier. Et voilà qu'il revit. Jules Roy, l'auteur de “La Vallée heureuse” et ancien pilote lui-même, a enquêté pendant plusieurs mois auprès de la famille et des survivants ; il a fait parler des témoins que personne n'avait jamais interrogés. Et voici que derrière des révélations étonnantes sur Guynemer, sur ses amours avec Yvonne Printemps, sur sa mort, surgissent enfin l'émotion, la foi, le lyrisme, le doute, l'hésitation, la vraie étoffe d'un homme.

355.          SPEARS (Major Général Sir Edward). Prélude à la victoire. Presses de la Cité, 1968, in-8°, 475 pp, 12 pl. de photos hors texte, reliure skivertex éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Description et analyse de l'offensive de 1917 conçue par le général Nivelle. L'auteur décrit les souffrances et l'héroïsme des troupes, les controverses et les intrigues des généraux, les inévitables incompréhensions entre les Alliés, les relations du Haut Commandement avec les politiciens des deux nations. La chute de Joffre, le plan Nivelle, le moral de l'armée française, Clermont et Paris, la conférence de Calais, Haig et Nivelle, la conférence de Londres, la retraite allemande, ce qu'était la guerre de tranchée, les craintes de Nivelle, Sir Douglas Haig, Vimy, le front d'Arras, la conférence de Compiègne, la bataille d'Arras, les propositions autrichiennes, Saint-Quentin, la bataille de l'Aisne...

2ème GUERRE MONDIALE

 

356.          ALY (Götz). Comment Hitler a acheté les Allemands. Le IIIe Reich, une dictature au service du peuple. Flammarion, 2005, gr. in-8°, 373 pp, traduit de l'allemand, 8 photos et 2 illustrations, notes bibliographiques, annexes, index, broché, qqs soulignures crayon, bon état

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Comment cela a-t-il pu arriver ? Comment les Allemands ont-ils pu, chacun à son niveau, permettre ou commettre des crimes de masse sans précédent, en particulier le génocide des Juifs d'Europe ? Invoquer la haine raciale dont le nazisme était porteur ne suffit pas : l'idée qu'un antisémitisme exterminateur animait la population allemande tout entière, dès avant l'arrivée de Hitler au pouvoir, est dépourvue de fondement. L'explication purement idéologique tourne à vide. Ce que démontre Götz Aly, au terme d'une enquête minutieuse dans les archives auxquelles il a pu avoir accès, c'est que le consensus entre les dirigeants du Reich et le peuple a eu pour clé... le confort matériel de l'Allemand moyen. La guerre la plus coûteuse de l'Histoire s'est faite avec un objectif : préserver le niveau de vie de la population, à laquelle le régime ne pouvait promettre, comme Churchill, "du sang, de la sueur et des larmes" sans risquer l'implosion. Bien loin de profiter à quelques dignitaires nazis seulement, le pillage de l'Europe occupée et la spoliation, puis l'extermination des Juifs, ont bénéficié au petit contribuable, soigneusement préservé de toute hausse d'impôts jusqu'à la fin de la guerre, comme au soldat de la Wehrmacht envoyé au front, de même qu'à la mère de famille restée en Allemagne. Les Allemands, tous complices ? C'est bien la thèse de ce livre, qui fera date dans l'historiographie de la Shoah.

357.          ARON (Raymond). L'Age des empires et l'avenir de la France. Editions Défense de la France, 1946, in-8°, 369 pp, broché, très bon état. Edition originale

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Réunion de 16 études publiées à Londres dans la revue “La France libre”. La réflexion du philosophe en pleine tourmente, sur la nation, la guerre, les religions séculières, le destin des démocraties, la nature du totalitarisme, où Raymond Aron se refuse aux polémiques excessives et au ton de propagande qui caractérisent tant d'écrits de guerre.

358.          ARON (Robert). Histoire de l'épuration. Tome III, volume 1 : Le monde des affaires, 1944-1953. Fayard, 1974, in-8°, 396 pp, annexes, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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359.          ARON (Robert). Histoire de l'épuration. Tome III, volume 2 : Le monde de la presse, des arts, des lettres... 1944-1953. Fayard, 1975, in-8°, 420 pp, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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Avec le présent volume se termine L'Histoire de l'épuration, dont la rédaction s'est échelonnée sur quinze années et a nécessité un travail considérable de documentation ayant recours le plus souvent à des sources inédites et destinées la plupart du temps à le rester. Les deux premiers volumes parus en 1967 et 1969 traitaient de l'épuration politique (premier volume “De l'indulgence aux massacres”, deuxième volume “Des prisons clandestines aux tribunaux d'exception”). Les troisième et quatrième volumes concernent l'épuration professionnelle. L'un d'eux, paru en 1974, relate l'épuration du monde des affaires. Le présent volume, qui est le dernier de la série, est consacré au monde de la presse, à la vie littéraire, à la vie administrative, syndicale et parlementaire. Pour l'épuration de la presse, principal sujet de ce livre, le lecteur en connaîtra les causes, la doctrine et surtout les applications. Pourquoi certains grands journaux ont-ils été supprimés, remplacés par d'autres ou au contraire autorisés à reparaître ? Comment s'est installée et a évolué la presse née de la Résistance ? C'est là une histoire pleine d'épisodes sensationnels et de révélations surprenantes. On y voit les intentions les plus nobles et des intérêts partisans ou particuliers... En dehors de la presse, ce livre aborde l'Eglise, l'Académie française, l'Académie Goncourt, le théâtre, le cinéma, la carrière médicale, l'administration, l'armée, le syndicalisme, la vie parlementaire.

360.          AUBRAC (Raymond). La Résistance. Hazan, 1997, in-12, 198 pp, 141 photographies, la plupart à pleine page, broché, couv. illustrée, pt accroc au 2e plat, état correct (Coll. Lumières)

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La Résistance intérieure racontée par Raymond Aubrac (pp. 7-39), illustrée de très nombreuses photos d'archives : Les étapes de la Résistance intérieure française ; L'Occupation ; Propagande, faux papiers ; Manifestations, sabotages, attentats ; Les maquis ; La répression ; Exécutions, exécutés ; La Libération. — « C'est un chapitre singulier de l'histoire de la France qui, entre une terrible défaite et la participation à la victoire, déroule des péripéties à peine croyables. Comment, dans un pays écrasé par une armée irrésistible, administré par un gouvernement servile devant l'occupant, se lèvent des patriotes, volontaires venant de toutes les couches de la société et surtout des plus modestes ; comment ils vont petit à petit se grouper, s'unir et, malgré une répression de plus en plus féroce, reprendre le combat, aidés par des compatriotes qui se battent, hors de France, aux côtés des alliés. C'est l'histoire de la Résistance intérieure. »

361.          AUDIAT (Pierre). Paris pendant la guerre (juin 1940 - août 1944). Hachette, 1946, in-12, 331 pp, broché, papier lég. jauni, bon état

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362.          AUPHAN (Amiral) et Jacques MORDAL. La Marine française dans la Seconde Guerre mondiale. France-Empire, 1967, fort pt in-8°, 650 pp, 12 pl. de photos hors texte, 17 cartes, index, cart. éditeur, jaquette illustrée (déchirure avec pt manque au 1er plat de la jaquette), bon état, envoi a.s. des deux auteurs

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363.          Le même. Cart. éditeur, sans la jaquette, rhodoïd, 2e plat de la jaquette collé sur une garde, C. de bibl. (trace au bas du dos), bon état

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Sanctuaire traditionnel de la discipline, la Marine française a subi de 1939 à 1945 une très rude épreuve. Partie pour se battre en mer, elle a vu successivement tous ses ports pris par l’intérieur, ne pouvant qu’évacuer, comme à Dunkerque, ce qui pouvait l’être sans laisser à l’ennemi un seul de ses bâtiments. L’Armistice de juin 1940 lui a imposé d’autres devoirs : défendre le patrimoine et faire vivre la métropole en liaison avec l’empire dans l’espérance de temps meilleurs, tandis qu’une poignée des siens poursuivait la guerre du côté de la France Libre. Les Anglais ont-ils demandé que la flotte passât de leur côté préalablement à tout armistice ? Comment s’explique le drame de Mers El-Kébir, le sabordage de l’escadre de Toulon, la riposte au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord et cent autres péripéties tragiques de la guerre. Ce livre vous le dira. Les deux auteurs qui l’ont écrit ont vécu intensément cette époque, l’Amiral Auphan aux postes les plus élevés de l’Amirauté française puis comme secrétaire d’Etat à la Marine, Jacques Mordal à la mer, à Dunkerque notamment, où il fut deux fois coulé et grièvement blessé. Tous les deux, depuis la guerre, se sont consacrés à l’étude de l’histoire et leurs travaux font autorité. Cet ouvrage s’appuie sur une documentation rigoureuse enrichie de multiples témoignages français et étrangers. Il a fait l’objet, il y a dix ans, d’une première édition en France, aux Etats-Unis et en Allemagne. L’édition française, aujourd’hui épuisée a obtenu en 1959 l’un des Grands Prix d’histoire de l’Académie française. Depuis lors le texte a été soigneusement revu et complété sur certains points au vu des publications étrangères les plus récentes ou des innombrables lettres reçues par les auteurs. Comme un manuel écrit sans passion mais sans cacher non plus l’aspect politique des problèmes, ce livre constitue une mise au point définitive de l’histoire trop souvent méconnue de la Marine française dans la Seconde Guerre mondiale. (2e plat de la jaquette)

364.          BARUCH (Marc Olivier). Servir l'Etat français. L'administration en France de 1940 à 1944. (Thèse). Fayard, 1997, gr. in-8°, 737 pp, préface de Jean-Pierre Azéma, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le maintien de l'ordre public, indispensable à la vie de la nation, doit être assuré par des mains françaises, des bras français, des têtes françaises", déclarait en janvier 1942, devant la police parisienne réunie pour prêter serment de fidélité au maréchal Pétain, le ministre de l'Intérieur Pucheu. Mais revendiquer ainsi une pleine souveraineté – grâce à laquelle Vichy entendait construire, sur les ruines de la République, la France autoritaire, corporatiste et xénophobe de la Révolution nationale – était illusoire, dans un pays occupé aux trois cinquièmes et dont tous les actes étaient contrôlés étroitement par les Allemands. A partir d'une analyse minutieuse des rouages de l'Etat français, Marc Olivier Baruch démontre à quel point la revendication de servir face à l'ennemi dont se firent gloire les hauts fonctionnaires de Vichy revint trop souvent à servir l'ennemi. Pour n'avoir pas su, ou pas voulu, dépasser l'obligation d'obéissance formelle et réfléchir à la portée de ses actes, la plus grande part de la fonction publique française se trouva engagée, parfois à son corps défendant, dans la collaboration avec l'occupant nazi – jusque dans ses aspects les plus sombres, quand vint le temps de la répression et des rafles. Quelques rares fonctionnaires cependant sauvèrent l'honneur en s'engageant dans une action résistante, parfois au prix de leur vie; on ne saurait pour autant voir dans la masse, pour l'essentiel attentiste et au mieux résistante de la onzième heure, des serviteurs fidèles de Vichy autre chose qu'une bureaucratie d'abord soucieuse de préserver sa place dans l'Etat.

365.          BERGOT (Erwan). La 2ème D.B. Presses de la Cité, 1980, gr. in-8°, 288 pp, préface du général Massu, 16 pl. de photos hors texte, annexes, sources, broché, couv. illustrée, bon état

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La 2ème D.B.: division de légende des Forces Françaises Libres (F.F.L.). On se souvient que le colonel Leclerc avait rallié très tôt les F.F.L. Parallèlement au destin de la 1ère Division de la France Libre, engagée aux côtés des Britanniques, la 2ème Division Blindée allait constituer une grande division de combat bâtie dès la reconquête de l’Afrique du Nord française par les Alliés. De fait, cette grande unité allait faire son chemin durant la campagne de 1944 puis de 1945 dans l’ordre de bataille de l’Armée américaine. Son historique gaulliste, la personnalité de son chef charismatique, Leclerc, allaient évidemment l’éloigner du Corps Expéditionnaire français en Italie d’un Juin ou de la 1ère Armée française d’un De Lattre avec lesquels les relations n’étaient guère les meilleures compte tenu des parcours différents de tous ces supérieurs. Si la 2ème D.B. ne fait pas partie des unités d'assaut lors du D-Day, sa campagne de Normandie fut talentueuse et éprouvante, elle s'achèvera par l'entrée des premières unités gaullistes dans Paris libéré. On retrouvera également la 2ème D.B. dans l'offensive sur l'Alsace où Leclerc pourra tenir son serment de Koufra. L'aventure se terminera par la prise du Nid d'Aigle d'Hitler à Berchtesgaden en mai 1945.

366.          BERNADAC (Christian). L'holocauste oublié. Le massacre des tsiganes. France-Empire, 1979, pt in-8°, 413 pp, annexe, broché, couv. illustrée, bon état

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Renouant avec la tradition de ses grandes enquêtes historiques sur les camps d'extermination de la seconde guerre mondiale – dix ouvrages, dont les témoignages inédits constituent l'acte d'accusation le plus complet et le plus irréfutable contre la barbarie nazie – Christian Bernadac s'est attaché dans “L'Holocauste oublié” au martyre inconnu de ce peuple du voyage, les tsiganes, qui était condamné au même titre que les juifs, par les lois raciales du Reich. L'horreur et l'immensité de la « Solution finale » du problème juif ont le plus souvent masqué le massacre organisé des tsiganes européens. Aucun tsigane ne témoigna au procès de Nuremberg. Ce « silence » sur la disparition d'au moins 250.000 tsiganes trouve une explication logique dans l'absence de langue écrite tsigane, mais aussi et surtout dans la « mauvaise conscience » de tous ceux qui ont eu à coeur, pendant des siècles, de mépriser, insulter, poursuivre, rejeter, condamner ces bohémiens, romanichels ou autres « voleurs d'enfants et de poulets », marginaux non par atavisme, mais par la seule force des attitudes de leurs contemporains. Sait-on que les autorités françaises avaient commencé l'internement « des nomades » dans de véritables camps de concentration français, construits sur le territoire français dans les mois qui ont précédé la seconde guerre mondiale ? Christian Bernadac a retrouvé les archives de ces camps que l'on néglige aujourd'hui encore de mentionner. Ces documents et un ensemble inégalable de témoignages ont permis à l'auteur de retracer dans L'Holocauste oublié la longue persécution de ces familles marquées depuis « la fuite indienne » par une malédiction, en de nombreux points comparables à celle qui frappa la race juive. “L'Holocauste oublié”, une révélation qu'il faut – enfin – avoir le courage de découvrir et de lire.

367.          BÉTEILLE (Pierre) et Christiane RIMBAUD. Le Procès de Riom. Plon, 1973, in-8°, 284 pp, biblio, cart. éditeur, sans la jaquette, bon état

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"Attendu que les accusés : Léon Blum, Général Gamelin, Edouard Daladier, Pierre Cot, Guy La Chambre et Pierre Jacomet, sont responsables du désastre de 1940, Nous, Cour suprême de Riom, les inculpons..." — Pierre Béteille, né le 29 février 1896, est nommé juge d’instruction au Tribunal de la Seine en mai 1936. Entre 1936 et 1939, il est chargé d’instruire les affaires des ligues dissoutes et de « la Cagoule » (CSAR, Comité secret d’action révolutionnaire, situé à l’extrême droite). Après la Libération, il est nommé à la commission d’instruction pour la Haute Cour de Justice en charge des présidents du Conseil (Philippe Pétain, Pierre Laval, Pierre-Étienne Flandin et Camille Chautemps) ainsi que des secrétaire d’État à la présidence du Conseil (Jacques Benoist-Méchin, Henri Moysset et Fernand de Brinon).

368.          BIKONT (Anna). Le Crime et le Silence. Jedwabne 1941, la mémoire d'un pogrom dans la Pologne d'aujourd'hui. Denoël, 2011, gr. in-8°, 512 pp, traduit du polonais, broché, couv. illustrée, bon état

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Le 10 juillet 1941, quelques semaines après que l'Allemagne a attaqué l'URSS, la quasi-totalité des Juifs de Jedwabne, petite ville de l'est de la Pologne, ont été massacrés par leurs voisins. Alors que la propagande communiste imputait ce massacre aux nazis, on sait désormais grâce aux travaux de Jan T. Gross qu'il a été perpétré par des Polonais. Une remise en cause de l'histoire officielle d'une nation victime qui a suscité en Pologne une violente indignation. Faisant le constat de cette mémoire en friche, Anna Bikont a souhaité partir à la recherche des personnes susceptibles d'apporter un éclairage sur le drame. Rédigé à partir de documents d'archives inédits, d'observations recueillies au cours de nombreux séjours à Jedwabne et, surtout, de conversations avec les acteurs du pogrom (rescapés, témoins et bourreaux), “Le Crime et le Silence” mêle habilement le retour sur les faits historiques à l'interrogation sur le présent. Cette enquête mémorielle livre un portrait bouleversant d'individus confrontés à des centaines de morts dont nul ne veut se souvenir, décrit leur évolution face aux preuves qui s'accumulent et donne à voir la réaction d'une communauté clouée au pilori pour des faits survenus soixante ans plus tôt. En filigrane, c'est à une réflexion sur la mémoire collective que nous invite Anna Bikont. Qu'arrive-t-il à une société qui refuse d'admettre une vérité susceptible de détruire sa bonne conscience ? Comment accepter son passé, fût-il horrible ?

369.          BLOCH (Marc). L'Etrange défaite. Témoignage écrit en 1940. Avant-propos de Georges Altman. P., Société des Editions Franc-Tireur, 1946, in-12, xix-194 pp, un portrait de Marc Bloch en frontispice, broché, bon état. Edition originale

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Ces pages seront-elles jamais publiées ? Je ne sais. Il est probable, en tout cas, que, de longtemps, elles ne pourront être connues, sinon sous le manteau, en dehors de mon entourage immédiat. Je me suis cependant décidé à les écrire. L'effort sera rude : combien il me semblerait plus commode de céder aux conseils de la fatigue et du découragement ! Mais un témoignage ne vaut que fixé dans sa première fraîcheur et je ne puis me persuader que celui-ci doive être tout à fait inutile. Un jour viendra, tôt ou tard, j'en ai la ferme espérance, où la France verra de nouveau s'épanouir, sur son vieux sol béni déjà de tant de moissons, la liberté de pensée et de jugement. Alors les dossiers cachés s'ouvriront ; les brumes, qu'autour du plus atroce effondrement de notre histoire commencent, dès maintenant, à accumuler tantôt l'ignorance et tantôt la mauvaise foi, se lèveront peu à peu ; et, peut-être les chercheurs occupés à les percer trouveront-ils quelque profit à feuilleter, s'ils le savent découvrir, ce procès-verbal de l'an 1940.

370.          BONIFAS (Aimé). Détenu 20801 dans les bagnes nazis. P., FNDIRP, Graphein, 1999, in-8°, 201 pp, 5e édition augmentée de “Les déportés et le christianisme” et “Les révisionnistes ou le mythe des camps”, broché, couv. illustrée, bon état

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Le pasteur Aimé Bonifas, résistant, fut arrêté en 1943. Il connut les prisons de Saint-Girons, Toulouse, le camp de Royallieu, avant d’être déporté à Buchenwald. “Détenu 20801”, écrit « à chaud » dès le retour des camps, a été publié au début de 1946. C’est un des témoignages remarqués sur la déportation. Il a été traduit en Allemagne, aux Etats-Unis, en Amérique latine. Cette cinquième édition française conserve les deux importantes postfaces de la précédente édition. L’une évoque le comportement des chrétiens dans les camps. L’autre traite des origines du « révisionnisme » et des thèses défendues par ses protagonistes, qui nient la réalité des camps et la volonté d’extermination qui animait les nazis. Sur la base d’une documentation irréfutable, le pasteur Aimé Bonifas analyse une entreprise de falsification de I’histoire toujours d’actualité, qui vise à la réhabilitation du nazisme.

371.          BRISSAUD (André). La Tragédie de Vérone. Grandi et Ciano contre Mussolini, 1943-1944. Perrin, 1971, in-8°, 396 pp, 16 pl. de photos hors texte, annexes documentaires, sources, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Pourquoi Mussolini a-t-il fait exécuter, en 1944, son gendre le comte Ciano, ministre des Affaires étrangères d'Italie ?" ; "La tragédie de Vérone... C'est un drame réel qui aurait pu être imaginé par Shakespeare. Nous sommes au coeur du conflit le plus sanglant, le plus cruel des temps modernes. Ce conflit est à la fois politique, patriotique et familial. Les personnages ? D'abord Mussolini, le dictateur de l'Italie depuis vingt et un ans ; sa femme, Rachele, terrible paysanne romagnole aux prémonitions extraordinaires ; leur fille, Edda, la préférée du Duce ; le comte Galeazzo Ciano, mari d'Edda, ministre des Affaires étrangères jusqu'en 1943 puis ambassadeur au Vatican. Ciano, c'est Brutus qui va payer de son sang sa décision courageuse de s'opposer à César. Autour des membres de cette famille italienne, des personnages importants du régime fasciste. Tout d'abord le comte Dino Grandi, grande figure politique du XXe siècle, fasciste de la première heure, qui pose le problème : «Fait-il éliminer le fondateur du fascisme pour sauver la patrie en danger ?» Il sera le meneur de jeu de la dramatique nuit du Grand Conseil Fasciste (24-25 juillet 1943), appuyé par Ciano, Bottai et d'autres. Dans un clan opposé, il y a des hommes comme Carlo Scorza et Farinacci, puis il y aura les «ultras» comme Pavolini et Buffarini qui participeront à la fondation de la République Sociale italienne, monteront de toutes pièces le procès de Vérone et l'exécution de cinq condamnés. Cette Tragédie de Vérone, pleine de passions, de fureur et de sang, traité par André Brissaud sur un rythme haletant, a étonné par son objectivité, sa précision, son souci du détail vrai et ses révélations, les survivants italiens qui ont joué un rôle de premier plan dans ce tournant capital de l'histoire de la seconde guerre mondiale.

372.          BRUNET (Jean-Paul). Jacques Doriot. Du communisme au fascisme. Balland, 1986, fort in-8°, 562 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"J.-P. Brunet vient d'administrer la preuve que les historiens français peuvent produire des ouvrages de référence sur la Collaboration et ses chefs. Son ouvrage renouvelle considérablement les travaux publiés à l'étranger, notamment celui de Dieter Wolf, paru à Stuttgart en 1967 et traduit, l'année suivante, chez Fayard. Cette biographie se présente comme une histoire qui dépasse de beaucoup les péripéties de l'individu Doriot et de sa « bande » : en raison du rôle joué par lui, de sa jeunesse à sa fin pitoyable, c'est, en fait, toute la première moitié de notre siècle qui se déroule devant nous à travers un « prisme » peu commun..." (Claude Lévy, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1986)

373.          CLÉMENT (Jean-Louis). La Collaboration des évêques, 1920-1945. Les Indes savantes, 2011, gr. in-8°, 273 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Edition revue et considérablement augmentée de “Les Evêques au temps de Vichy” paru en 1999 chez Beauchesne. l'auteur analyse les relations entre les évêques et l' "Etat français" (gouvernement de Vichy). Il montre que la décision des évêques d'adopter l'attitude de "loyalisme sans inféodation" découle en grande partie des débats intellectuels de l'entre-deux-guerres, particulièrement sur les rapports entre l'Eglise et l'Etat. C'est cette attitude qui entraînera une incompréhension avec les catholiques résistants et une position délicate à la Libération quand il s'agira de choisir le gouvernement légitime. Il montre également que cette attitude a été appliquée différemment suivant les diocèses, certains évêques étant plus loyaux qu'inféodés et d'autres plus inféodés que loyaux. Et il s'appuie sur à peu près toutes les sources disponibles, avec un regard critique qui s'impose car elles sont d'un maniement particulièrement délicat.

374.          Collectif. La Presse clandestine 1940-1944. Conseil général de Vaucluse, 1986, in-8°, 266 pp, 8 pl. de reproductions de journaux hors texte, broché, bon état

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Actes du Colloque d'Avignon les 20-21 juin 1985, sous le patronage de l'Institut d'Histoire du Temps Present C.N.R.S. Textes de C. Lévy et D. Veillon, P.-H. Teitgen, R. Bédarida, A. Rayski, L. Aubrac, C. Bourdet, G. Willard, P. Seghers, etc.

375.          Collectif. Le Mouvement syndical dans la Résistance. P., Editions de la Courtille, 1975, gr. in-4°, 239 pp, 35 numéros de la Vie Ouvrière clandestine en fac-similé, 20 photos (quelques-unes de Robert Doisneau) et fac-similés, table des tracts, papillons et photos, index des noms, cart. illustré de l'éditeur, bon état

            30

Actes des Journées d'études sur le mouvement syndical dans la Résistance, Université Paris VIII Vincennes, 28-30 septembre 1972. — "Comme tous les actes d'un colloque, cet ouvrage souffre du caractère morcelé ou juxtaposé des contributions. Le titre lui-même est en léger décalage avec le contenu dans la mesure où il s'agit principalement de la CGT, la CFTC étant peu présente dans ces pages. Malgré ces faiblesses et cette limite, l'ouvrage est doublement intéressant. D'excellentes contributions exposent ce qu'était la Charte du travail, ce que fut l'action des militants révolutionnaires, dans les syndicats légaux et en dehors, pour organiser grèves, sabotages, revendications, enfin quelles formes prit la répression. En outre une riche iconographie et la reproduction de trente-cinq numéros de La Vie Ouvrière sur environ 250 publiés clandestinement pendant la guerre donnent une valeur documentaire assez exceptionnelle à ce volume pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du mouvement ouvrier en France." (Revue française de science politique, 1976)

376.          CONAN (Eric) et Henri ROUSSO. Vichy, un passé qui ne passe pas. Fayard, 1994, gr. in-8°, 328 pp, biblio, index, broché, soulignures stylo, bon état

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"Faut-il ranger le devoir de mémoire au pupitre ? Non pas, mais que cesse ce rituel infantile consistant à s'indigner tous les six mois parce qu'un scoop révèle que des Français ont collaboré, ou que Vichy fut complice de la “Solution finale” : On le sait, on le dit, on l'enseigne et on le commémore. L'important aujourd'hui n'est plus de dénoncer ni de dévoiler des secrets. Il est de comprendre et plus encore d'accepter. Non pas se résigner, mais accepter que ce passé, et peut-être plus encore la manière dont il a été géré après la guerre par la génération qui l'a subie, est révolu. D'autant que l'insupportable avec "Vichy" n'est pas tant la collaboration ou le crime politique organisé que ce qui fut au fondement même de l'idéologie pétainiste et qui eut, un temps, les faveurs du plus grand nombre : la volonté de mettre un peuple tout entier hors de la guerre et le cours de l'Histoire entre parenthèses. Cette tentation n'appartient pas seulement au passé : elle est constante – et les Français n'en ont en rien l'apanage. Il suffit, entre deux documentaires sur le Débarquement et la Libération, de s'interroger sur le sens de ces images lointaines venues du Rwanda ou de Bosnie, et d'imaginer ce que nous diront les générations futures. Elles ne parleront pas de Munich ou de Vichy. Mais de Kigali et de Sarajevo. C'est cela qui rend le souvenir de l'Occupation si obsédant : il est le reflet permanent non pas de “nos” crimes, commis toujours par une minorité, mais de notre indifférence et de la difficulté de rompre, comme le firent naguère les premiers Résistants. (...) Faire exploser les tabous fut en ce sens nécessaire et salutaire, et hommage soit rendu à ceux qui ont allumé la mèche ou lancé les pavés. Mais aujourd'hui ? Le devoir de mémoire donne-t-il le droit d'ouvrir un procès perpétuel à la génération de la guerre ? D'autant que, pour la nôtre, l'obsession du passé, de ce passé-là, n'est qu'un substitut aux urgences du présent. Ou, pis encore, un refus de l'avenir." (E.C. H.R.)

377.          COUDERC (Frédéric). Les R.G. sous l'Occupation. Quand la police française traquait les résistants. Olivier Orban, 1992, gr. in-8°, 185-(72) pp, 68 pp de fac-similés en annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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En août 1944, dans la pagaille de la Libération, les archives des Brigades spéciales disparaissent. Trente-six ans plus tard, un journaliste, membre du parti communiste français, confie à l'auteur ces documents ultra-secrets, frappés du sceau des Renseignements généraux. Filatures, manipulations d'informateurs, comptes-rendus d'arrestations et d'interrogatoires : ces policiers très spéciaux apparaissent en chair et en os, courant Paris et la province à la poursuite des communistes, des "terroristes", des Juifs, bref de quiconque se dressait contre l'occupant nazi. On découvre ainsi comment les techniques de la police scientifique conduisent au démantèlement des réseaux les plus hermétiques, comme celui des Jeunesses communistes ou de la MOI dirigée par Manouchian. Les nombreux documents reproduits ici pour la première fois permettent de mesurer l'ampleur de la chasse menée par les RG, ainsi que l'intensité de la lutte opposant les policiers résistants à leurs collègues. Les Brigades spéciales ont bien constitué le fer de lance de la police allemande. Or, mises à part quelques condamnations pour l'exemple, ces policiers de l'horreur ont été, après guerre, libérés, amnistiés voire réintégrés dans leurs fonctions. Ce n'est pas la moindre révélation de ce livre-événement qui plonge au cœur des années noires.

378.          COURTOIS (Stéphane). Le PCF dans la guerre. De Gaulle, la Résistance, Staline... (Thèse). Ramsay, 1980, fort gr. in-8°, 585 pp, annexes, biblio, index, broché, bon état, prière d'insérer joint

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1939-1944... Avec le PCF dans la guerre, Stéphane Courtois aborde le chapitre le plus controversé, le plus dramatique et le plus secret de l'histoire du communisme français. Sans esprit polémique, il a laissé parler les textes et les faits. Son analyse sereine de la crise majeure affrontée par le PCF aux heures les plus sombres de notre passé bouscule bien des idées reçues... (4e de couv.)

379.          DALLIN (Alexander). La Russie sous la botte nazie. Fayard, 1970, in-8°, 500 pp, 15 cartes et organigramme, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. l'Histoire sans frontières). Peu courant

            40

De juin 1941 à 1944 la domination nazie s'est étendue sur une partie des territoires soviétiques. Si l'histoire militaire de ce conflit de géants est assez bien connue, nul, avant Alexander Dallin, n'a mis à nu les ressorts, les contradictions, les incohérences de la politique imposée par la "race des seigneurs" aux "sous-hommes" conquis. Du doctrinaire Rosenberg, sans caractère ni influence, vaticinant dans ses rêves d'encercler la "Moscovie", à la brutalité d'Himmler et de Bormann, des exigences pratiques qui s'imposaient à la Wehrmacht aux visées chimériques de l'entourage de Hitler, ce fut un jeu puéril de rivalités sur le fond sinistre d'une des plus effroyables saignées que l'humanité ait jamais connues.

380.          DELARUE (Jacques). Histoire de la Gestapo. Fayard, 1963, in-8°, 473 pp, biblio, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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"Une somme publiée en 1962, traduite en 22 langues, récompensé par deux prix littéraires... Si la Seconde Guerre mondiale a suscité des milliers d’ouvrages, seul celui de Delarue retrace l’histoire complète de la Gestapo. L’auteur s’appuie sur une documentation considérable : publications des gouvernements neutres ou alliés, à commencer par les 42 volumes des procès de Nuremberg, productions des nazis, études et témoignages divers. Il a en outre accumulé un matériau de première main, les notes qu’il a prises de 1945 à 1954 lors des procès intentés en France aux agents de la Gestapo comme à leurs chefs ainsi qu’aux « collabos ». Au cours de cette période, Delarue a pu rencontrer les hommes qui ont dirigé les services policiers allemands dans la France occupée. Ces contacts lui permettent à la fois de reconstituer les structures de l’organisation générale de la Gestapo, ses modes de fonctionnement et la psychologie des hommes qui y servirent. Il excelle du reste à portraiturer certains responsables, Heydrich et Himmler notamment. Delarue décrit la marche des nazis vers le pouvoir, de 1919 à 1933, et leur alliance de circonstance avec des militaires qui refusent la défaite. Mais il montre comment, à partir de Stalingrad, les généraux jugent le régime fini et fomentent des attentats contre lui (dont celui du 20 juillet fut le plus près de réussir). Il analyse la naissance, l’ascension, le règne sans partage et, finalement, la chute d’une organisation à nulle autre comparable par sa complexité, le degré de pouvoir qu’elle détint et sa « perfection dans l’efficacité et l’horreur ». L’ouvrage contient un solide appareil critique auquel il manque, un index des noms. Néanmoins, il s’agit bel et bien d’un ouvrage de référence." (Jean-François Dominé, Revue historique des armées)

381.          DELPERRIÉ de BAYAC (Jacques). Histoire de la Milice, 1918-1945. Fayard, 1969, fort in-8°, 684 pp, 8 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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Par Jacques Delperrié de Bayac, un fin connaisseur de la Milice. Publiée en 1969, son “Histoire de la Milice” est étayée avant tout sur le témoignage – important – de Francis Bout de l'An (1910-1977), collaborationniste français, surtout connu pour avoir été responsable du service de propagande et d'information, puis secrétaire général, de la Milice française pendant l'Occupation, sur le dossier d'instruction du procès Darnand, depuis lors versé aux Archives nationales, enfin sur le long rapport établi par la gendarmerie nationale au printemps 1945 et classé dans le dossier d'instruction. (Jean-Pierre Azéma) — "Véritable classique qui n'a jamais été remplacé, le livre de Jacques Delperrié de Bayac jette à terre bien des idées reçues sur Vichy et l'Occupation. L'histoire de la Milice, cette unité supplétive que commandait Joseph Darnand et dont le chef légal était Pierre Laval, est révélée avec son cortège d'horreurs. L'auteur a eu accès aux documents les plus indiscutables et a recueilli d'innombrables témoignages. Ce livre est le tableau de la "guerre coloniale" que, sur le sol de France, certains Français, aux côtés des Allemands et avec l'appui officiel du gouvernement de Vichy, livrèrent à d'autres français. On sait enfin comment fut armée avant la guerre la Cagoule ; on découvre toute une France qui n'a pas admis la Révolution de 1789, rejette les Juifs au point, parfois, de faire de la surenchère sur les exigences de l'occupant ; on apprend pourquoi Georges Mandel fut assassiné par la Milice avec l'aide de certains SS : ce fut pour empêcher Pierre Laval de quitter la voie de la collaboration. Etc. La sobriété du récit accentue encore l'aspect presque insoutenable de certains épisodes. L'objectivité, jamais prise en défaut, et le talent d'évocation de l'auteur lui permettent de tracer des portraits saisissants. Voilà pourquoi ce livre demeure depuis sa parution un ouvrage de référence constamment cité et utilisé." (L'Editeur)

382.          EBERLE (Henrik) et Matthias UHL (prés. par). Le dossier Hitler. Le dossier secret commandé par Staline. D'après les interrogatoires des deux plus proches collaborateurs de Hitler. GLM/Presses de la Cité, 2006, gr. in-8°, 509 pp, traduit de l'allemand, 53 photos et 2 plans sur 32 pl. hors texte, biographies, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Matthias Uhl, jeune historien allemand, découvre dans les archives russes un document d'un intérêt historique majeur. Intitulé Le Dossier Hitler, rédigé à l'usage exclusif de Staline, il a été établi sur la base des procès-verbaux des interrogatoires de deux officiers SS : Otto Günsche, l'aide de camp personnel de Hitler, et Heinz Linge, son majordome. Débriefés par le NKVD, les services secrets soviétiques, de 1945 à 1949, les deux hommes avaient évolué dans la proximité immédiate de Hitler durant de longues années. Apportant une foule de renseignements inédits sur la vie au jour le jour du dictateur, de sa prise de pouvoir en 1933 à son suicide en 1945, ce document unique contient non seulement un grand nombre de détails qui étaient restés ignorés sur la politique et la conduite de la guerre de Hitler, mais il donne également une image sans fard de ce qui se passait réellement dans son entourage. Publié récemment à grand fracas en Allemagne, cet ouvrage fascinant constitue à coup sûr l'une des sources historiques les plus impressionnantes récemment mises au jour sur le Troisième Reich.

383.          EL-HAI (Jack). Le nazi et le psychiatre. Les Arènes, 2013, in-8°, 369 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les hauts responsables nazis sont jugés à Nuremberg. Les Alliés veulent un procès exemplaire. Avant de passer en jugement, chaque prévenu doit être préalablement déclaré sain d'esprit et responsable de ses actes. Douglas Kelley, un jeune psychiatre américain, a carte blanche pour étudier le profil psychologique de Hermann Göring et d'autres chefs nazis... L'historien Jack El-Hai s'est plongé dans les archives de ces analyses et entrevues.

384.          FACON (Patrick) et Françoise de RUFFRAY, sous la dir. de Madeline Astorkia. Inventaire sommaire des archives du secrétariat d'Etat à l'aviation et du secrétariat général à la défense aérienne (1940-1944). Vincennes, Service Historique de l'Armée de l'Air, 1980, gr. in-8°, 213 pp, index, broché, bon état

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385.          FLORENTIN (Eddy). Quand les Alliés bombardaient la France, 1940-1945. Perrin, 1997, gr. in-8°, 470 pp, 16 pl. de photos hors texte, notes, principaux lieux cités, broché, couv. illustrée, bon état

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Une bombe sur cinq larguée sur l'Europe pendant la Seconde Guerre mondiale est tombée en France. Le résultat fut impressionnant : 1.570 localités touchées, 67.078 Français tués, 90.000 habitations détruites... Eddy Florentin s'est fait l'historien méticuleux de ce désastre, recueillant les témoignages directs ville par ville, utilisant les archives régionales pour reconstituer les raisons, la préparation, l'exécution et les conséquences des raids. Instrument de référence autant que récit poignant sur les comportements des Français, ce livre s'est imposé comme un classique.

386.          FORESTER (C. S.). “Coulez le Bismarck”. Julliard, 1960, in-12, 157 pp, traduit de l'anglais, une carte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Le 18 mai 1941, le Bismarck, le plus dangereux des cuirassés de son époque, quitte la baie de Gdynia et, après avoir déjoué la surveillance anglaise, fonce dans l'Atlantique pour y détruire tout ce qui passera à portée de ses terribles canons. « Coulez le Bismarck ! C'est une question de vie ou de mort. Faites tout ce qui est possible, faites même l'impossible, mais coulez le Bismarck ! » Churchill a parlé. C'est plus qu'un ordre, c'est un cri. En effet, à ces heures sombres de la guerre, l'existence même de l'Angleterre extrêmement dépendante de son trafic maritime, se trouve menacée par le formidable corsaire. Le 24 mai, le Bismarck sort de la brume, au large de l'Islande et coule le Hood, le plus puissant des cuirassés britanniques, puis redisparaît. De Londres, l'Amirauté rameute tous les bâtiments et tous les avions de la Home Fleet pour les lancer à la poursuite de l'Allemand. On le perd de vue, les heures passent, lorsque le 27 mai...

387.          GAFENCO (Grégoire). Derniers jours de l'Europe. Un voyage diplomatique en 1939. Fribourg et P., Egloff, LUF, 1946, in-8°, 252 pp, index, broché, bon état

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Par le ministre des affaires étrangères de Roumanie entre le 23 décembre 1938 et le 31 mai 1940. — Entre avril et mai de l'année 1939, le diplomate roumain entreprend une tournée politique dans les pays occidentaux et balkaniques : à Varsovie, à Berlin, à Bruxelles, à Londres, à Paris, à Rome et au Vatican. En juin, il part en Yougoslavie, en Grèce, en Turquie, et en Bulgarie. Toutes ses impressions sont publiées dans son livre Derniers jours de l'Europe, paru en 1946.

388.          GAFENCO (Grégoire). Préliminaires de la Guerre à l'Est. De l'accord de Moscou (21 août 1939) aux hostilités en Russie (22 juin 1941). Fribourg, Egloff et P., LUF, 1945, in-8°, 408 pp, broché, bon état

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"Le livre que M. Gafenco, ancien ministre des Affaires étrangères de Roumanie, a consacré aux événements d'où est sorti le conflit germano-russe, mérite une attention particulière. Écrit directement en français, “Préliminaires de la Guerre à l'Est” retrace, avec une clarté digne des meilleurs ouvrages historiques, les étapes des relations entre l'URSS et l'Allemagne depuis le pacte du mois d'août 1939 jusqu'au 22 juin 1941. L'auteur, dernier ambassadeur de Roumanie à Moscou, apporte donc un témoignage particulièrement autorisé. Par sa connaissance du sujet, par sa finesse politique, il parvient à donner à la période d'histoire qu'il évoque toute son intensité et tout son poids. Écrivain et psychologue, M. Gafenco ne se contente pas d'exposer les faits bruts, mais s'efforce de noter le comportement individuel des hommes d'État, acteurs principaux du jeu diplomatique, et de révéler leur personnalité par leurs réactions intimes. M. Gafenco rappelle d'abord la stupéfaction universelle à la nouvelle de la conclusion du pacte de Moscou, suivant de si près les conversations franco-anglo-russes. Au bord de la guerre, l'Europe et le monde croyaient encore à une hostilité profonde entre Berlin et Moscou. (...) Dans la deuxième partie de son étude, M. Gafenco examine « le drame des États situés entre l'Allemagne et l'URSS ». Il évoque notamment, outre la question d'Orient, la politique extérieure de la Roumanie, qu'il dirigea du 23 décembre 1938 au 19 mai 1940..." (Jacques Lebar, Politique étrangère, 1946)

389.          GALTIER-BOISSIÈRE (Jean). Mon Journal pendant l'Occupation. P., La Jeune Parque, 1944, in-12, 294 pp, un portrait de l'auteur par Jean Oberlé en frontispice, broché, état correct. Edition originale sur papier courant (achevé d'imprimer du 30 décembre 1944)

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Journal d'août 1940 à septembre 1944. — "L'homme a un grand talent qu'il a déjà mis à profit dans Le Crapouillot, feuille non conformiste parue en 1915 pour faire contrepoids «au bourrage de crâne» de la presse orthodoxe. Germanophobe, il ne se gêne pas pour décocher ses traits acérés à l'égard de ceux qui collaborent avec l'occupant, et compte les points : que de retournements de veste dans la presse ! notant au passage les noms. Au fil des pages, il relève bobards et bons mots. Mais rien n'échappe à sa vigilance. Les premiers otages fusillés, la persécution des juifs, les bombardements. Les faits et gestes d'un Paris en guerre aux prises avec la pénurie, le froid, les queues tiennent une place importante parce qu'ils tissaient à l'époque une bonne partie de l'existence quotidienne..." (Dominique Veillon, Vingtième Siècle. Revue d'histoire)

390.          GAMELIN (Général). Servir. Tome I : Les Armées françaises de 1940. Plon, 1946, in-8°, xxi-380 pp, 2 croquis, broché, état correct

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Tome I seul (sur 3) des mémoires de Gamelin : Questions d'ordre général ; L'effort militaire français pour l'armée de terre ; Notre conception de la guerre ; La bataille de la Meuse. — Maurice Gamelin (1872-1958) commande l'Armée française pendant la drôle de guerre de 1939-1940 et voit sa stratégie mise en déroute par les Allemands lors de la percée de Sedan. Pendant le régime de Vichy, Gamelin est arrêté et interné en Allemagne. De retour en France, il publia ses mémoires, sous le titre Servir, mémoires consacrés essentiellement à justifier sa conduite de la guerre durant la campagne de France en 1939-1940. Churchill l'évoque ainsi dans ses propres mémoires : « C'était un homme qui aimait son pays, plein de bonnes intentions et qui connaissait son métier. »

391.          GEOFFRE (François de). Normandie-Niémen. Souvenirs d'un pilote. P., André Bonne, 1960, in-8°, 285 pp, 12 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

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Par le commandant François de Geoffre de Chabrignac (1917-1990). Après avoir rejoint les FFL en 1940, il est affecté au quartier-général La Fayette en 1942 et vole sur un Curtiss P-40. Il rejoint le Normandie-Niemen et arrive à Toula en URSS le 7 janvier 1944. Pilotant un Yak-9, il comptabilise 9 victoires dont 7 homologuées. Il était surnommé Le Baron ou L'homme de la Baltique. Après la Libération il travaillera dans l'aviation civile et dans le journalisme, comme grand reporter.

392.          GEORIS (Michel). Nuts !... La bataille des Ardennes. France-Empire, 1969, pt in-8°, 246 pp, 8 pl. de photos hors texte, 4 cartes, annexes, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état

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Le 16 décembre 1944, à l'aube, mille panzers crèvent le front américain des Ardennes sur 90 kilomètres. Une vague de crainte ou d'espoir déferle sur le monde. Les amis du Reich croient à nouveau à la victoire d'Hitler. Les populations libérées depuis peu par les Alliés se remettent à trembler. Dans les camps de concentration, de nombreux prisonniers sombrent dans le désespoir. En même temps, 3.000 Allemands déguisés en G.I., sous les ordres du lieutenant-colonel Skorzeny, mondialement connu par ses téméraires entreprises dont les enlèvements de Mussolini et de l'amiral Horthy, tentent de plonger un demi-million de combattants dans la confusion en se glissant dans leurs rangs. Après un moment de panique, les Alliés se ressaisissent et opposent une résistance farouche. C'est alors que le général Mac Auliffe, assiégé dans Bastogne, repond à l'ultimatum du commandant des forces allemandes par un seul mot : "Nuts !", un mot qui va devenir aussi célèbre que celui prononcé, dans des circonstances analogues, par le général Cambronne à Waterloo. Sans doute, l'histoire de cette décisive bataille de la Seconde Guerre mondiale a-t-elle déjà fait l'objet de plusieurs livres. Et pourtant l'essentiel restait à écrire. Sans vaine provocation, comme sans ménagement, Michel Georis dit enfin toute la vérité sur les aspects troublants de la bataille des Ardennes. Il a rassemblé les témoignages inédits et découvert des documents militaires discrets sinon secrets, il est en mesure d'évoquer, pour la première fois, l'ampleur de la déroute américaine et les funestes tergiversations de l'état-major Allié. Il démontre que l'offensive de Von Runstedt ne fut pas, ainsi que le prétend l'histoire officielle, un coup de tête d'Hitler, mais bien une remarquable opération stratégique soigneusement préparée. Il prouve que le vrai vainqueur de cette bataille des Ardennes fut Patton, ce général "sang et tripes" auquel son pays n'a jamais rendu pleine justice. Le scrupule de l'historien, l'exactitude de l'enquêteur et l'entrain du reporter se conjuguent dans "Nuts !". Et font de cet ouvrage à la fois un document de premier ordre et une vivante chronique.

393.          GRANCHER (Marcel-E.). Le temps des “Colonels”. Editions Rabelais, 1955, in-12, 383 pp, broché, jaquette illustrée, bon état

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Juillet 1939. « Je crois… que l’armée française a une valeur plus grande qu’à aucun autre moment de son histoire : matériel de première qualité, moral excellent, fortifications de premier ordre, haut commandement remarquable… Si l’on nous oblige à gagner une nouvelle victoire, nous la gagnerons ! » Général Weygand, à Lille. (p. 37)

394.          GRANDAIS (Albert). La Bataille du Calvados (1944). Presses de la Cité, 1979, in-8°, 473 pp, 32 pl. de photos hors texte, 15 cartes, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Attirer et retenir les divisions Panzer autour de Caen afin de faciliter la rupture du front allemand dans le Cotentin, telle était l'idée directrice de la stratégie alliée...

395.          GUILLON (Jean-Marie) et Pierre LABORIE (dir.). Mémoire et Histoire : la Résistance. Toulouse, Privat, 1995, in-8°, 352 pp, index, broché, couv. illustrée, soulignures stylo, bon état

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En France, à la différence des autres aspects de la période de guerre où la solidité des connaissances a progressé de façon spectaculaire au cours des dernières années, les travaux sur la Résistance marquent le pas. Les simplifications et les stéréotypes perdurent. C’est une des raisons qui ont conduit des historiens à se mobiliser. Convaincus du rôle irremplaçable de la mémoire et de l’importance de ses enjeux, mais soucieux de ne pas entretenir de confusion entre commémoration et exigences de la recherche, ils jugent que l’histoire de la Résistance reste à faire et qu’il y a urgence. Quelques grandes priorités se détachent : forger des outils conceptuels, confronter les modèles - y compris étrangers - dans une démarche comparative, saisir le phénomène dans sa diversité, réfléchir sur les liens entre population et Résistance, retrouver les systèmes de représentations mentales, élargir les analyses au-delà des seuls appareils ou centres de décision. Les textes réunis dans ce volume se situent dans ces perspectives. Ils font l’état des lieux et donnent une large place aux débuts de la Résistance, en particulier dans la France méridionale. Que ce soit à propos des formes d’engagement, de la formation des mouvements ou des réactions de divers milieux - immigrés, juifs, protestants, et bien d’autres - la tension entre Mémoire et Histoire parcourt le livre. Elle n’y est pas dialogue de sourds ou prétexte à suspicion rageuse, mais effort commun d’intelligence auquel participent de grands témoins comme Daniel Cordier, Serge Ravanel et Jean-Pierre Vernant. (4ème de couverture)

396.          HALLIE (Philip P.). Le Sang des innocents. Le Chambon-sur-Lignon : village sauveur. Stock, 1980, in-8°, 413 pp, notes, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Pendant les années les plus sombres, de la Seconde Guerre mondiale, quand une grande partie du monde était soumise à la cruauté et à la démence politique, et que le joug nazi semblait définitivement posé sur l'Europe, il se passa une chose extraordinaire, presque miraculeuse, dans un petit village protestant du sud de la France, Le Chambon-sur-Lignon. Sous les yeux du gouvernement de Vichy et d'une garnison SS stationnée tout près, tranquillement, discrètement, sans violence, les Chambonnais et leurs pasteurs sauvèrent des milliers d'adultes et d'enfants juifs d'une mort certaine. Ce livre en est le récit inédit. Il révèle le courage exceptionnel de ce petit huguenot qui, par la force de ses convictions morales, par sa richesse spirituelle et son abnégation, osa affronter le mal et lui résister.

397.          HEIBER (Helmut)(publié par). Hitler parle à ses généraux. Comptes rendus sténographiques des rapports journaliers du Q.G. du Führer (1942-1945). Présentation de Helmut Heiber. Préface de Benoist-Méchin. Albin Michel, 1964, in-8°, xxxv-351 pp, 37 photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Entre 1942 et 1945, les conférences militaires journalières tenues par Hitler à son Grand Quartier général furent sténographiées. Des fragments de ces comptes rendus inestimables, en partie incinérés contre la volonté du Führer à la veille de la chute du IIIe Reich, ont été retrouvés et sont ici rassemblés. Ils livrent, sur le vif, la pensée, les méthodes de commandement, les réactions du maître du Reich, sa fureur lors de la capitulation de Stalingrad, ses projets pour faire enlever le roi Victor-Emmanuel d'Italie, occuper le Vatican... Pages passionnantes, parfois étonnantes, où retentissent les voix des collaborateurs directs d'Hitler, des principaux chefs de la Wehrmacht (Keitel, von Below, Jodl, Rommel, Guderian...) et des dignitaires du régime (Goering, Himmler...) qui tentent d'échapper à l'abîme qu'ils ont eux-mêmes creusé sous leurs pieds. Introduit, présenté et annoté par Helmut Heiber, historien allemand spécialiste du nazisme.

398.          HOHNE (Heinz). Canaris. La véritable histoire du chef des renseignements militaires du IIIe Reich. Balland, 1981, gr. in-8°, 594 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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L'amiral Canaris, le mystérieux maître-espion d'Adolf Hitler. — Peu avant de se suicider, Adolf Hitler a fait exécuter celui qui, de 1935 à 1944, avait dirigé les services de renseignements de l'armée (l'Abwehr) : l'amiral Wilhelm Canaris. Depuis, il s'est bâti une légende autour de cet homme qui, tout en créant un réseau d'espionnage, terreur des armées alliées, serait devenu le champion de la résistance intérieure au nazisme. Le portrait qu'en trace Heinz Höhne, grâce à des documents d'archives inédits, est beaucoup plus nuancé. Homme de droite, nostalgique de l'ordre et de la discipline, et en cela très représentatif de la caste militaire prussienne, Canaris est resté très longtemps fasciné par Hitler, même s'il n'en a pas partagé toute l'idéologie. Intelligent, secret, rusé, il avait une vision romanesque de l'espionnage ; il aimait l'action, supportait difficilement les tâches bureaucratiques et a laissé par là-même se développer une sorte d'anarchie dans les différents départements de l'Abwehr, dont certains ont effectivement eu pour chef des anti-nazis acharnés. Lorsqu'il a compris que l'Allemagne était perdue, Canaris a tenté d'éviter le pire,